Page 830 - La Sainte Bible, qui contient le Vieux et le Nouveau Testament. Edition nouvelle, faite sur la version de Genêve, reveüe et corrigée, enrichie, outre les anciennes notes, de toutes celles de la Bible flamande, de la plus-part de celles de M. Diodati, & de beaucoup d'autres ; de plusieurs cartes curieuses, et de tables fort amples, pour le soulagement de ceux qui lisent l'Ecriture sainte. Le tout disposé en cet ordre, par les soins de Samuel Des Marets, docteur & premier professeur en theologie, en l'université provinciale de Groningue & d'Ommelande, & de Henry Des Marets son fils, ministre du S. Evangile, en l'eglise françoise de Delft
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LE   CANTIQUE            DES CANTIQUES                .
                  Chap . V.
                   70 Ou, Eveille-toi:C'eft  16 7° Leve-toi, Bife, & t'en vien,vent | tefte eft pleine de rofée , &  mes floc-  16 C. les floquets des
                   encore une benediction                                                                             cheveux de ma tête, ou
                   que Dieuenvoye furfon de Midi , " fouffle parmi 72 mon jardin :  quets des gouttes de la nuict.    ma chevelure : Et ainfi
                  jardin , c. à fon Eglife , 73 afin que fes drogues aromatiques di-  3  7J'ai defpoüillé ma robe ,  difois- je, fous . 11. D'autres , ma
                   que lesvents commodes                                                                              perruque.
                   yfoufflent,pour leraftai- ftilent. Que mon bien-aimé vienne en  18 comment la reveftirois-je? 19 J'ai la-  17 Ceft la réponſe
                   chir , en purifier l'air ,                                                                         qu'elle fait
                                                                                                                             à fonEpoux ,
                                                                                                              fouille- diac
                                                & 74 qu'il mange de fes
                   &le rendre ainfi plus fer- fon jardin , & 74 qu'il        ve mes pieds ,    comment les fouille- dificultant de lui ouvrir
                                                                                                                      & de l'admettre lors
                   tile : Et par ce vent fa- 75 fruicts delicieux.
                                                                             rois-je ?
                   vorable au jardin de l'E-                                                                          qu'ilheurtoit: En fede-
                   glife il faut entendre le                                   4  Mon bien-aimé 20 a avancéfa main vétant elleavoit intermis
                   S. Efprit , qui excite, anime &vivifiedans les fideles les graces & les vertus qu'il y a mi-       fes hautes & fes fubli-
                   fes , afin qu'elles ne demeurent point oifives & inutiles : Ainfis'entend & fe finifie PE-  par le pertuis de la porte, & 21 mes en-  mes meditations ,dont
                   fprit de Dieu par le vent , Jean 3.8 . & Act. 2. 2. Et bien que leventdu Nord ou la Bife  trailles ont efté efmeuës 22 à caufe de lui . elles'enveloppoit & s'or-
                   foit d'uneautre qualité & opere autrement que le vent d'aval oudu Sud , celui-là étant              noit auparavant ; & fe
                   froid & fee, celui-cichaud & humide, celui-là diffipant les nuées , & celui-ci les amaf-  5 23 Je me fuis levée pour ouvrir à mettant au lit , elles'é-
                                                                                                                       toit compofée au repos
                   fant & épaiffiffant , ils font pourtant tous deux également neceffaires à ce jardin myfti-
                                                                             mon bien-aimé , &
                   que de l'Eglife ; qui tantôt a befoind'unevehemente cenfure, & tantôt d'une confolation  la myrrhea décou- & aux ailes du monde,
                                                                                                                       chent & retardent
                    douce & agreable : Le S. Efprit quelquefois y écarte les nuées , pour ferener les confcien- lé de mes mains , voire 25 la myrrhe fran- qui quelquefois empé- les
                    ces , & quelquefois il lesy condenfe , pour les faire diftiler en larmes de repentance : Il
                    agit ouen rafraichiffement de confolation , ou en ardeur de zele.  71 C'eft Dieu qui  che de mes doigts , 26fur les garnitures vrais fideles & les enfans
                    tire le vent defes trefors , Pf. 135.7.  72 Il peutétre reputé lejardin non fculement              de Dieu, de confeflerle
                    de l'Eglife , comme elle le nomme mon jardin, mais auffi de Jefus Chrift , comme elle  27 du verroüil.  nom de Jefus Chrift fi
                    le qualifie peu apres fon jardin : Jefus Chrift en eft le proprietaire & le Seigneur foncier;  6 25J'ouvris à mon bien-aimé : mais promtement & fi alaigre-
                    mais les Conducteurs de l'Eglife font fes ferviteurs & fes jardiniers, qui font chargesde          ment qu'ils devroyent
                    l'arrofer , de le farcler & de le cultiver : C'eft d'ailleurs le jardin de l'Eglife , parce que  mon bien-aimé 29 s'eftoit retiré , 29 & ef-  lorsqu'il les yappelle , &
                    chacun de fes membres y a fa part en vertu de la communion des Saints ,  Corinth.                  qu'ilfrappe,pour lesyé-
                    3.9. C'eft auffi le jardin de JefusChrift objectivement & poffeflivement , parce qu'illui  toit paffé outre : 3° mon ame fut tranffie  mouvoir , à la porte de
                                                                                                                       leurs cœurs , craignans
                    appartient ; mais celui de l'Eglife fubjectivement & formellement, parce que c'eft ellequi  ¹  de l'avoir ouï parler :
                    le conftitue & lecompofe.  73 Ou, afin que fes épiceries fleuriffent , c. que leur odeur  jele cherchai , quecelane leurcaufedu
                    s'épande : C'eft cequi a faitdire aux poëtes , que les Zephirs , qui fontdes vents doux &  mais 32 je ne le trouvai point : je l'appel- mefaife & de l'incom-
                                                                                                                       modité.
                    temperés , étoyent amoureuxdes rofes & des autres fleurs.  74 C. qu'il jouiffe des
                    fruits que nous lui produifons par la vertu &par l'operation de fon S. Efprit , & par lef-  lai , mais il ne me refpondit point.  18 C. jene la puis re-
                    quels nous fommes obligés de l'honorer , Rom. 6. 22.  75 Voifus y. 13.                             prendre fans peine & fans
                                                                                 7 33 Le guet qui faifoit la ronde par m'incommoder.
                                                                              la ville 34 me trouva : 35 ils me battirent ,  19 Et c'eftencore pour
                                                                                                                        marquer quel'Epoule s'é-
                                                 CHAP.       V.
                                                                              ils me blefferent : les gardes des murailles toit mife en état de pren-
                                                                                                                        dre fon aife, & fe com-
                                                                              m'ofterent 3 mon voile de deffus moi.
                                      Ici l'Epoux répond àl'invitation del'Epouse au dernier verf. du chap.             pofer au repos : Car aux
                                    preced. & donne a connoitre qu'il prend un fingulier plaisir auxfruits              païs chauds,oùilsvontor-
                                    de l'Epouse , v. 1. Elle confeffe d'avoir unefois negligé d'introduire fon  dinairementpieds nuds , ilsont coûtume de laverleurs piedsaufoirpourlemettreau lit : Ce
                                    Epoux , 2. Et que s'étant apres levée Pour lerecevoir , 5. ils'en étoit  que l'Epoule ayant déja fait , ellenefe fut pas volontiers levée pour ouvrir à fon Epoux,
                                    alle, ce qui l'affligea fort , 6. En quelles difficultés elle tombe en le  par crainte, ce dit-elle , de les falir de nouveau. Voi de femblables excufes inutiles Luc
                                    cherchant, 7. Elle declare à fes compagnes l'amour extréme qu'elle lui  14. 18, &c.  20  C'est unedefcription de la vertu de Jefus Chrift à faire interieure-
                                    porte, , 8. avec unedefcription defa beauté & defonport, 10.  ment dans les fideles parfon Efprit, ce qu'il leur ordonne exterieurement par fa Parole A&t.
                                                                               16. 14. Car non content de faire aux fiens des inftances preffantes par la Parole, quand
                                                                               ils different d'yacquiefcer incontinent , il remuë tellement leurs cœurs par lavertu inte-
                                       I
                      1 C.àmon Eglife : Car  E SUIS venu'en mon jardin,        rieure defa grace & defon Efprit, qu'il y excite une fainte & une ardenteaffection enverslui:
                     ici l'Epoux répond au
                                         JE                              j'ai  Bien qu'il nedéployepas toujours céte efficace enmémedegré , comme ici fon actionva bien
                                            2ma fœur , mon efpoufe:
                     fouhait ou à l'invitation
                                                                               à produire une grande émotion au cœur de l'Epoufe , maisnon pas à uneentiere perfuafion
                     de l'Epoufe , le conviant cueilli +ma myrrhe , enfemble mes dro-  lui ouvrir incontinent : Car autrement il auroit på brifer les portes d'airain & caffer les
                     de venir en fon jardin                                    barreaux de fer Pf. 107.16. & commander aux portesde s'ouvrir d'elles-mémes Pf. 24.7, 9.
                     fus ch. 4. 16. Auffi ac- gues aromatiques :  j'ai mangé  mes
                                                                               A&t. 5. 19. & 12. 10. comme il peut bien venir à ſes diſciples & fe trouver au milieud'eux
                     complit-il le fouhait de rayons de miel , enſemble mon miel : j'ai  apresqu'ils avoyent ferméles portes fort furement , Jean 20. 19, 26. Mais ilfufpend quel-
                     ceux qui le craignent , Pf.                               quefoischés les fiens le dernier effet de fa grace pour leur châtiment & pour leur épreuve,
                     145. 19. Voi Exod. 20. beu mon vin, enſemble mon laict :  mes  quand ils ne s'y font point foûmis avec toute l'humilité & l'obeiflance convenable : Tou-
                     Y. 24.
                                            8                                  tefoisd'autres traduifent ici , a retiré fa main de troude la porte , aff. pour s'en aller , com-
                      2 Voi fusch. 4. 8, 9.  7 amis ,  mangez, beuvez : › faites bonne
                                                                               me ileftdit fousy. 6. Car le mot H.fçalach , fepeut prendre autant encéteaction pourre-
                      3 C. j'ai reçû & admis chere , mes bien-aimez.           lâcher ou retirer la main , quepour l'avancer , comme le Latin mittere , fepeutégalement
                     les prieres & les actions                                 prendrepour immittere , ou , remittere , ou, omittere.  21 Ou, mon interieur: Ou, mes
                     de grace des fideles , &  2 10J'ESTOIS endormie, " mais mon  entrailles ont étéémuës enmoi à caufe , &c. Et par cesparoles l'Epouſefait connoître l'émotion
                     les doux & agreables                                      queproduifoit en touteslesaffections , céteaction defon Epoux , tant pourl'inquietude , le
                     fruits des bonnes ou cœur veilloit : & voici la voix de mon
                                                                               regret & ledéplaifir qu'elle conçut d'avoir fi dédaigneufement refufé de lui ouvrir , quandil
                                                12
                     vres, que j'ai excitées & bien-aimé ¹² qui heurte , difant , 13 Ou-  l'en convioitfusy. 3. que pour la refolution qu'elle forma de répondre à fa vocation &de le
                     produites en eux par la
                                                                                                                              22 H.fur lui , c.à
                                                                               fuivre. Confere touchant ces émotions Jerem. 4. 19. & 31.20.
                                                                               fon occafion , & pour l'amourde lui , aff.del'Epoux.  23 Ou, Jemelevai: Parlà l'E
                     vertu du S. Elprit. Voi vre-moi , 14 ma fœur , magrand' amie ,
                     touchant l'excellence de ,
                                                                                pouſe fait paroître leregret qu'elle avoit de fon refus , avecdes marques expreffes de repen-
                     la myrthe fus chap. 1. ma colombe , ma parfaite :  car  s ma  tance & d'amendement, (qui font les veritables fruits d'une converfion falutaire ) puisqu'el
                     y. 13.                                                     le fe leve, qu'elleouvre la porte, qu'elle appelle & qu'elle cherchefon Epoux, qui s'étoit retiré
                      4 Notés queJefus Chrift appellefienes toutes ceschofes , car il ditmamyrrhe, mes drogues, &c.  & s'en étoit allé.  24 C. l'huilede myrrhe , pour finifier que la commotion & l'opera-
                     Et en effetfans lui nous ne pouvons rien , Jean 1 , 16. & 15.5. & 1 Corinth. 4. 7. Apoc. 3.  tion deJ. C. aucœur desfiens par fon Eſprit, eft d'une grandevertu , pour charger& remplir
                     y.18.    S  C.j'ai pris plaifirà tesbons fruits & àtes faintes œuvres ; mais à l'oppo-  leurs mains debonnes & de faintesactions , & que la fentanten leurs ames , ils fe difpo-
                     fite lesmauvais fruits des pecheurs s'appellent des grappes de fiel,des raitins amers, &duvenin  fent promtement à le recevoir , par la foi & par larepentance, quifont aufli des drogues aro-
                      dedragon, Deut.32.32, 33.  6 La Parole de Dieu & fadoctrine , avec l'obeiflance qui s'y  matiques de grand prix devant Dieu.  25 H. la myrrhe paffant devant , ou, furman-
                      rend, & l'ufage desfaints Sacremens , s'accomparent à de la viande , à du miel , àdu vin , & à  tant , c.la myrrhe exquife , & la plus pure, qui furmontede beaucoup l'ordinaire en valeur,
                                                                                en odeur & en vertu.  26 D'autres, fur les anfes de laferrure. H. fur les mains, c.les
                      dulait , Pf. 19. 11. & 119. 10 ;. Efa. 55. 1. Jean 4. 34. 1 Pier. 2. 2. Car comme le miel , le
                      vin & le lait , ſont des choſes douces & convenables pour la nourriture des corps , ainfi  cliches ou les crochets où l'on met la main pour ouvrir une porte, & enreculer les verroux:
                      font agreables les chofesfusmentionnées , & convenables pour reftaurer & pour raffatier l'ame.  Et certescomme les ferrures & les verroux s'ouvrent plus promtement quand onles graiffe
                       a Efa. 41.8. Jaq. 2. 23.  7 Ceux-là font les amis deJefus Chrift, qui font lavolonté  d'huile, auffi l'huile de myrrhe tombéefur les verroux & fur laferrure du cœur del'Epou-
                      defon Perecelefte , Jean 15. 14.  8 IciJefusChriftconvie lesfaints Anges , lesefprits  fe , en rendoit tous les reflorts plus ductiles & plus fouples : Soitqu'on entende cecide la
                      bienheureux , & tousles amis , quifontfes fideles , de fe réjouir avec lui , au fujet des beaux  myrthedont l'Epoux les avoit trempés & qu'il yavoit laiffée en avançantfa main par leper-
                      & desexcellensfruits , c. desbonnes &des faintes œuvres d'obeiſſance & de fanctification que  tuis , & dont l'Epoufe y portant lafiene , l'en fentit toute découler ; foit qu'on l'entendede
                      fon Eglife produit en la terre. Voi Luc 2. 13 , 14. & 15.7 , 10.  9 Ou, enyvres-vous d'a-  celle qui découloit de fes propres mains, & dontelle vient de parler.  27 Ceci fe doit
   1
                      mours. Voi de la finification du mot H. Gen. 43. 34. Et ici Jefus Chriftconvie fesamis à s'en-  entendre du verrouil ou de la ferrurede la porte par où elle ſe fermoit en dedans , quitenoit
                      yvrerdu vin de fobrieté , commeunAncienen parle , & à étre pleins d'amour pourlui , & les  Jefus Chrift dehors & l'empéchoit d'entrer; mais qui graiffé maintenant d'huilede myrrhe,
                      unspour les autres : Ou àétre abondamment raflafiés & comme tranfportés d'une joye in-  & touchéde la vertu efficace de fa grace, fe recule fans peine & l'admet fans difficulté,
                      enarrable & glorieufe 1 Pier. 1.8. qui demeure eternellement & ne leurferajamais ravie, Jean  tellement qu'il peut entrer quand il lui plaît versfon Epoufe , pour recevoirlesfruits detou-
                       16. 22. Voi Prov. 9. 5. Efa. 25.6. & 53.1, 2.  10 Ici l'Epoule raconte une nouvelle  tes lesgraces qu'il lui a faites.  28 Elle avance encore d'un degré ; puifque nonfeule-
                      vifitationdeJefus Chrift, avecdes circonftances differentes de celles des autres : Et il yeft re-  ment ellefe leve, maisauffielle ouvrela porte , pourrecevoir leRoi degloire; fansplus s'arrê-
                       prefenté comment l'Epoufe ou quelques membres de l'Eglife , apres avoir mange & beu,  ter aux excufes frivoles qu'elle alleguoit auparavant, pour s'empêcher de jouir defachere&
                       c. apres s'étre liberalement raflafiés des bienfaits du Seigneur & dufentiment de fes graces,  precieuſe preſence.  29 29 Par ce redoublement de parolesqu'employel'Epoufe pourfe
                       tombent enquelque relâchement, & commencent à s'endormir & à fonmeiller , pour ne  plaindrede la retraitefiinopinéedefonEpoux , elle exprime la profondeurdefa trifteffe , de ce
                       pluscontinuer avec laméme vigueur, allegreffe & zele que par lepaffe , auxdevoirsde la pieté  qu'elle ne pourra point jouir defa favorable prefence , commepar lepaffe ; carainfi jamais ne
                       & de la fanctification, mais paffentà la nonchalance & à quelquevicieufe fecurité. Voi Matt.  connoiflonsnous la valeur des chofes , qu'apres les avoir perduës.  30 Ou,mon efprits'en
                       25.5. Rom. 13. 11. 1 Theff. 5. 6,7.  11 C. quepourtant elle n'oublioit pas entiere-  alioit, c.j'étois horsde moi-méme, &prêtede rendre l'ame defrayeur & decrainte. Voi Gen.
                       mentfon Epoux , mais qu'elle en confervoit toûjours la penfee & l'amour au cœur: Et  35.18. & 42. 28. & ce qui y eftannoté , comme auffi 1 Rois 10.5 . Ou, mon efpritmedefaillois,
                       par le cœur , il faut entendre ici l'homme de dedans & l'homme nouveau , c.ce qu'il y  c. je mepâmois d'amour& d'impatience de levoir.  31 Ou, ausujet defaparole. D'au-
                       a de regeneré en chaque fidele , qui fe diftingue de la chair & du vieil homme Rom.  tres, quandilparloit , c. de ce qu'il m'avoit parlé ficonfolamment fusy. 2. ce qu'alors je ne
                       2. 28, 29. Voi auffi Matt. 26.41 . Gal. 5. 17.  12 Elle remarque en ceci l'amour  prenois pointtant à cœur; mais maintenant j'en refte touteémeuë.  b Cant. 3. 1.
                       & lefoin defon Epoux , qui ne la vouloit point laiffer endormir en ce litdefecurité charnelle  32 C'est l'unedes plus grandesdifficultés aufquelles les enfans deDieu font quelquefois
                       & decommodités terrienes : Or J. Chrift frappe & heurte à la portedenoscœurs , pour nous  expofés , qu'il leur femble quele Seigneur s'affourdiffe à leursprieres , bien qu'ils l'invoquens
                        réveiller de nôtreaffoupiffement, par faParole ,par fon Efprit & parlesafflictions , Apoc. 3 .  jour & nuit , Pf. 22.3 . Efa. 59. 1,2,3.  33 Ou, Lagarde. Voi fusch.3.3 . Et ceci montre
                        y. 20.  13 Aff. la portedeton cœur, pour m'yrecevoirpar une vive action de foi &  queDieupermet quelquefois quefon Eglife foitperfecutée & affligée par les grands & par les
                        d'obeiffance : Réveille-toi du dormirdu peché , réveille méme & rallume les mouvemens de  tyrans dela terre, pretextans qu'elle trouble le repospublic,& mémepar lesfeducteurs, pourla
                        tafoi , & fouffie que j'habite par elle en ton cœur , qui eftle feul lieu de mademeure & de  châtierde fa lâcheté &de fa nonchalance, & pour réveiller favigilance & fon zele à l'avenir.
                        mon repos en la terre.  14 Cesnoms fi doux & fi aimables que Jefus Chrift donne à  34 Ilparoît d'ici que l'Epoufene fortit pas feulement à laportepour chercher fon Epous,
                        fon Epouſe, lors méme qu'elle eft emportée par fes infirmités , découvrent la grande & ardente  mais qu'elle paffa plusloin & qu'elle alla le cherchant par touslescoinsdelaville.  35 On
                        amour qu'illuiporte, l'aimant fitendrement, bien qu'elle vive encore en lachair, & felaif-  nebat pointfeulement quelqu'un de la main & du bâton ou de l'épée,mais auffi de la langue,
                        fe furprendre à fes affectionsvicieuſes , & ne lui voulantpoint imputer fes defauts & fespe-  comme il le voit Jer. 18.18 . Mémecemot debatre finifie quelquefoisvexer& molefter quel-
                        chés.   15 C. j'ai fouffert beaucoup d'incommodité pour veniràtoi : Et ceci fervoit à  qu'un, de quelque maniere quece foit , Pf.69.27. Efa.53.4.  36 Ou, mon crépe: Le mot
                        predire queJ.C.auroit àfouffrirbeaucoup &à devorer plufieursamertumes&difficultés pour  H. vientd'un autre , quifinific s'étendre ou s'épandre , parce que les femmes étendent leurs
                        racheter fon Eglife & lapurifier de fes pechés: Carc'eftune grande incommodité que d'étre  écharpes ou leurs voilesfur leurs tètes , enpartie pour ornement Efa. 3. 23. en partie par une
                        mouillé de la roféede la nuit Gen.31.40. &celafinifie iciétre reduità unegrandemifere & à  honête pudeur Gen. 20. 16. & 24. 65.Jerem. 2. 32. & enpartie pour marque defujettion,
                        fouffrirbeaucoup, commeDan.4.25. La pluye cft auffifortincommode quand on n'a point le  1 Corint. 11.6, 7, 10. D'où vientqu'arracher à unefemmeunetellecouverturedetête, c'eft
                        couvert , nidequoi lui refifter: Et ainfilesgouttesfinifient quelque concours d'eau, c. quel-  lui faire un grand affront & une injure atroce : Deforte que l'Epoufe a icifujet de s'enplain-
                        quevexation & adverfité , Amos6. 11. D'autresprenentainficesparoles : Quecomme la ro-  dre, commefi on l'avoit prifepour une perdue & une débauchée. Voi Ezech. 23.26. Quelques-
                        fee& lapluyedétrempentla terre & lafecondent, auffi la doctrine deJefus Chrift, avec laquel-  unsentendentici par l'écharpe , le crépe ou le voile , la liberté de la profeflionpublique de la
                        leil vient à fonEglife, la rend & fes membresfertiles aux bonnes œuvres. Voi Deut.32. 2. Pf.  verité: Car c'eftcete fainte liberté & ce voile d'honneur aveclequel l'Eglife paroit enpublic,
                        72.6. Ofte 14.6.                                          quelesperfecuteurs & les feducteurs tâchent toûjours de lui enlever.
                                                                                                                   8 Filles
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