Page 829 - La Sainte Bible, qui contient le Vieux et le Nouveau Testament. Edition nouvelle, faite sur la version de Genêve, reveüe et corrigée, enrichie, outre les anciennes notes, de toutes celles de la Bible flamande, de la plus-part de celles de M. Diodati, & de beaucoup d'autres ; de plusieurs cartes curieuses, et de tables fort amples, pour le soulagement de ceux qui lisent l'Ecriture sainte. Le tout disposé en cet ordre, par les soins de Samuel Des Marets, docteur & premier professeur en theologie, en l'université provinciale de Groningue & d'Ommelande, & de Henry Des Marets son fils, ministre du S. Evangile, en l'eglise françoise de Delft
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Chap IV . LE CANTIQUE DES CANTIQUES. 363
.
21 D'autres , bátiepour David , 2 baſtie à creneaux , à laquelle | yeux , & 45 par l'un des carquans 46 de 45 Ou , par l'un des co-
l'exercice des armes : Car liers deton col, c. par les
on pourroit conjecturer pendent 22 mille boucliers , & toutes les ton col. ornemens exquis de tes
que ç'ait été la maiſon bonnes œuvres , & de
des vaillans, mentionnée targes 23 des vaillans hommes. 10 47 Combien font belles tes a
la charité , qui procede
Nehem. 3. 16. F. bàrie • 24
22
5 Tes deux mammelles font mours , ma fœur , mon efpouſe : com- d'un cœurpur ,d'une bon-
pouryfufpendre des armes ne confcience & d'une
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Ou, pourun arfenal, ou, comme " deux enfans jumeaux d'une bien font bonnes tes amours , + plus foi fans hypocrific. Voi
Prov. 1.9. L'Epouſe n'a
pour un magafin deroute 26 chevrille 27 pafturant 28 parmi le mu-
forted'armes Le mot H. que le vin : & l'odeur 49 de tes par- pointde joyaux ni de co-
ne fe trouve qu'ici : Et guet.
en ce cas ilfaudroit l'en- fums plus qu'aucune drogue aroma- liersde perlesque ce que
fon Epoux lui en don-
tendre d'armes offenfi- 6 29 Devant que le vent du ferein
tique. ne; & ce queJefus Chrift
ves ,qui fervent à repouf- fouffle , & que les ombres s'enfuyent , je I I
fer & à batre l'ennemi , 11 " Tes levres , mon efpoufe , s2 di- cherit en fon Eglife , ce
ne font pas les produ-
comme les boucliers ou m'en irai en la montagne de myrrhe , & ftilent rayons de miel : 3 miel & laict ctions de la nature cor-
les rondaches, qui s'y joi- rompue, mais les effets
gnent , font pour la de- à la montagnette d'encens. font deffous ta langue , & + l'odeur de de fa grace , & ce font
fenfive, & pour rendre fes propres dons qu'il
Lescoupsinutiles. 7 30 Tu es toute belle , ma grand' tes veftemens eft comme s l'odeur du couronne dans les fiens.
Voifusch. 1. 11,
Liban.
22 Ce nombre demille amie , & n'y a point ¹¹ de tache en toi .
eft un nombre defini,mis, 46 C. qui l'environ-
comme fouvent ailleurs 8 32 Vien du Liban avec moi , mon
12 Ma fœur , mon eſpouſe , tu es un nent & l'ornent.
en l'Ecriture , pour un 47 C. combien m'eſt
grand & indefini. efpouſe , 33 du Liban avec moi , regarde jardin clos , $7 une fource clofe , & une agreable de connoître
que tu m'aimes . Voi
23 Ou , des braves , 34 du coupeau 35 d'Amana , du coupeau fontaine cachetée.
ou , des heros. Voi tou- fus chap. 1. 2. Et céte a-
chant les braves & les de 36 Sçenir , & de 37 Hermon , des re-
13 59 Tes jettons font 60 un parc de mour de Jefus Chrift
vaillans de David,& leurs 39 confifte à garder fes
exploits & belles a- paires des lions , & des montagnes grenadiers , avec fruicts delicieux 62 de commandemens 1 Jean
2.3, 4, 5.
ations , 2 Sam. 23. 8. & des leopards . troifne , avec l'afpic:
1 Chron. II. 10 , &c. Et 48 Voifus chap. 1.2,4.
ilfemble que leurs bou- 9 Tu m'as 4 ° fouftrait 4 mon cœur ,
14 Afpic & faffran , " rofeau aroma- & ce qui s'y remarque ,
c. plusque toute forte de
cliers ou leurs écus é 42 ma four , mon efpoufe : +3 tu m'as tique & cinnamome , avec 64 tout arbre delices.
toyent pendus en ce lieu
pour en conferver une e- fouftrait mon cœur , ++ par l'un de tes avec 49 Ou, de tes huiles,
ternelle memoire , en fi- d'encens : myrrhe , & " s aloë c. les fonctions & les
gure de ceux qui par le " toutes les principales drogues aroma- exercices des dons du
bouclier de la foi ont executé de grandes & de belles chofes , dont l'Apôtre en rapporte S. Efprit, qui lui ont été
quelques-unes Heb. chap. 11. c Cant. 7.3. 24 Par lefquelles il faut ici enten- tiques. divinement departis. Voi
dre les inftructions & les confolations qui fe trouvent au V. & au N. Teft. dont les fidelesfont Philipp. 4. 18. 1Jean 2.
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15 67 O FONTAINE des jardins ,
allaittés , nourris & raffafiés. Voi Efa. 66. 11. & 1 Pier. 2. 2. D'autres entendent par les deux . . 20, 27. Sus chap.1.3 .
mammelles de l'Eglife , le miniftere de la Parole & l'adminiftrationdes faints Sacremens , par ôpuits 68 d'eau vive , & ruiffeaux 69 de- l'Epoufe celebre l'odeur
le moyen dequoi les brebis & les agneaux du Seigneur font nourris en un pâturage gras des parfumsde J. Chrift,
& bon. 25 C. qu'ellesfont également belles , pleines &rondes , & femblables Pune à coulans du Liban ! & ici Jefus Chrift loue
l'autre, comme la conformité eft exacte & admirable du V. & du N. Teft. Outre que la fimi- celle des parfums ou des
litudede ces animaux appliquée aux mammelles de l'Eglife , fert à marquer l'uniformité de huiles de fon Eglife. Voi
fon cœur, fans varieté d'hypocrifie & de feinte , & le naturel de ces bêtes fort douces & Efa. 62. 4, 5. so Ou , qu'aucunes épices , c. qu'aucunes drogues de bonne fen-
fans fiel , la douceur & la fimplicité des ames fideles. Voi Prov. 5. 19. 26 Ou, che- teur, comme étoyent celles dont fe faifoit la fainte onction , Exod. 30. 23. Voi auffi
vreuille. 27 C. quifontapprivoifés , & ont dépouillé leur naturel fauvage & farouche. 2 Chron. 9. 1 , 9. & 16. 14. Efth. 2. 12. SI Il entend les levres de l'Eglife en com-
28 Ou, entre les lis , c. en des pâturages bons & fains , qui finifient la bonne & lafaine mun & de tous les membres fideles en particulier, par lesquelles , fanctifiées du charbon
doctrine de l'Eglife. Voi fouschap. 5. 13. 29 Ou, En attendant que le vent de ce vifpris de fon autel , Dieu eft invoqué , fon Nom celebré , fa Parole préchée , & le pro-
jour-la fouffle, & que ces ombres , &c. Voide ceci fus chap. z. 17. & ce qui y eft annoté : chain edifié. 52 C. que les difcours de fa bouche font auffi agreables & ont au-
Or ici l'Epoux previent l'objection que fon Eglife pouvoit faire , & lui dire , SeigneurJe- tant de douceur que le miel , dequoi voi Pf. 19. 11. & 119.103. $3 C'est pour
fus , fi je te fuis fi agreable & fi belle , pourquoi differes-tu fi long-tems l'accomplifle- exprimer le méme : En l'Eglife primitive on faifoit goûter du lait & du miel aux nou-
$4 C.l'o-
ment & la confommation de notre mariage ? Mais ici il lui declare qu'elle doit atten- veaux bâtifés , par allufion à ce qui fe dit Heb. 6.4, 5. & 1 Pier. 2. 2.
dre le tems que Dieu a ordonné pour cela de toute eternité , qui eft celui du rétabliffe- deur foueve de tes bonnes œuvres & de ta fainte converfation , en l'exercice des dons
1
ment de toutes chofes, Act. 3.21 . Et c'eft comme s'il lui difoit , Jufques à ce qu'arrive de mon Efprit defquels je t'ay revêtuë. Voi Gen. 27. 27. Pf. 45. 14, 15. Ezech. 16. 11,13.
le foir & la fin du monde , en laquelle je te prendrai à moi & rendrai confommée ta 55 Car fur le mont Liban croiffoyent beaucoup d'arbres & d'herbes odorantes , parti-
felicité & ta gloire , je m'en irai cependant à la montagne de myrrhe & d'encens , c. je culierement les arbres d'encens, d'où méme , comme quelques-uns le penfent , céte monta-
monterai au ciel, qui eft le fiege de l'incorruption &de l'immortalité, figurée par ces dro- gne tiroit fon nom ; car Lebona en H. finifie de l'encens : Bien que d'autres pretendent que
gues qui prefervent les corps de corruption , pour y offrir & prefenter à Dieu les prieres l'arbre qui jette ou qui diftile l'encens , ne croiffe qu'en Arabie. Dieu promet à Ifraël
3
& les oraifons des fideles , qui font comme de la myrrhe & de l'encens de bonne fenteur Ofée 14. 6, 7, 8. que fon odeur feroitcomme celle du Liban par la roféede fa grace. Voi
(fous chap. 5.13. ) étant ſanctifiées par mon interceflion : Et demeurant là j'y ſerai ton 2 Corint. 2. 14, 15. 56 Ou , unjardin fermé de verroux ou de ferrure : C'est pour
interceffeur & ton avocat envers le Pere celefte , jufques à mon dernier retour pour le finifier l'immaculée pureté & lachafteté fpirituelle del'Eglife , qui ne reçoit aucun étranger,
jugement de l'univers. 30 Sus . 1. & chap. 1. 15. il eft dit de l'Eglife qu'elle eft & nedonnepoint d'accés ni d'audience aux feducteurs : Maisd'autres l'expliquent dela pro
belle, mais ici qu'elle est toute belle , tant par la remiflion de fes pechés au fang de Je- tection particuliere de Dieu , par laquelle il garde & preferve fon Eglife contre le degât des
fus Chrift , qui fait que Dieu en contemple tous les membres comme faints & fans ta- bètes feroces , c. contre la violence des tyrans. Efa. 5. 2. l'Eglife s'accompare à une vigne
che, que par la regeneration de fon S. Efprit , qui les reforme tous à fon image ; d'où qui eftenceinte d'une cloifon de pierres , & Zachar. 2. 5. Dieu promet d'étre à Jerufalem
vient que l'Eglife nous eft décrite comme accomplie & parfaite en Jefus Chrift , Ephef. une muraille de feu , pour la garantir de l'invafion de fes ennemis. 57 D'où jail-
5.25 , 26, 27. Coloff. 1. 22. & 2. 10. Apoc. 14. s . Or c'eft ce tien ocuvre que Jefus Chrift lit l'eau claire du S. Evangile , qui reftaure & qui rafraichit les cœurs angoiffes Pf. 23. 2.
confidere, approuve & loue en fon Eglife , non pas les reftes du vieil homme qu'elle conformement à la promefle que Dieu fait à fon Eglife Efa. 58. 11. C'est pourquoi céte
a
traine encore ici bas , lefquelles il couvre du manteau de fa juftice, & les abolit peu à peu fource fe décrit clofe & fermée , parce que céte eau de grace n'appartient qu'aux membres
par fon Elprit , jufques à ce qu'elle en foit entierement affranchie au ciel. de l'Eglife ; & perfonne n'y aborde & n'y puife que par Jefus Chrift. 58 C'estpour
31 Ou, detare , ou , dedefaut. Voi de ce mot Prov. 9.7. 32 Ou, Tu viendras nous conduireaux affurances & à la confirmation efficace que Jefus Chrift donne de fagrace
& tu me verras, &c. C'est ce que dit Jefus Chrift à fon Epoufe , de laquelle il venoit de à fon Eglife ; & ce à elle feule ; car ce qui eft féellé pour quelques-uns , n'eſt pas com-
T louer la beauté, comme pour la convierdevenir au ciel vers lui , qu'elle contemploit déja mun à tous. Voi Efa. 8. 16. 2 Corint. 1. 22. Ephef. 1. 13. 59 Ou , Tesplantes, ou,
.
par la foi, en méme façon que fi elle regardoit tout le païs de Canaan des montagnes circon- tes provins , ou, tes rejettons , c. que les vrais fideles & les membres de l'Eglife , appellés
Z voitines qui s'expriment ici ; mais toutes fujettes , comme le font toutes les grandeurs & tou- des jettons ou des jeunes plantes , comme qui diroit des neophytes , en comparaiſon
tes les eminences du monde , à la domination des tyrans , ici finifiés par les leopards & par de la perfection & de la maturité qu'ils obtiendront au Royaume des cieux , font abondam-
les lions. Voi Pf. 57.4. Quelques-uns entendent par ces montagnes, fituées aux diverfes fron- ment ornés& enrichis de bonnes œuvres , comme unegrenade eft pleine de pepins : Ilsfont
tieres de la Judée , non feulement la vocation des Juifs , mais aufli celle des Gentils de comme des arbres fruitiersplantésle long des eaux fraiches , Pf.1.3. & 92.13. 60 H. &
toutes les quatre plages du monde. 33 Le Liban , ou Libanon , étoit bien un lieu F. un paradis , c. un verger, un jardin de delices : Ce mot finifie d'ordinaire un beau plan-
fort agreable Deut. 3.25. mais neanmoins comparé à d'autres endroits cultivés & fertiles , tage , ou un jardin planté d'arbres , comme il fe voit Ecclef. 2. 5. Bien qu'il fe prene quel-
c'etoit comme un defert Efa. 29. 17. & comme un lieu de chafle & une retraite de bêtes quefoispourun bois ou une forêt renfermée , où l'on nourritde la venaifon & des bêtes fau-
fauvages , 2 Rois 14. 9. A quoi il femble que l'Elprit de Dieu regarde ici : Toutefois ailleurs ves, pour leplaifir de la chaffe , ce que nous appellons proprement un parc , & quife nomme
en l'Ecriture le Liban finifie des chofes exquifes & defirables , eu égard à quantitéde beaux des Latins, vivarium: Or il fe prend en ce fens Nehem. 2. 8. 61 Ou , fruitsnobles &
bres qui y croiffoyent , comme fus chap . 3.9. & fous chap. 5. 15. 34 Ou , de exquis : Ainfife nomment les bonnes œuvres des fideles , auffi agreables à Dieu que le font
5. la pointe. H. de la tête. 35 C'est une montagne en Syrie où il y avoit une vallée & aux hommesles citrons ou les grenades. 62 Ou, cefont des troënes avec l'afpic. H.des
une rivierede méme nom , appellée autrement Abana , 2 Rois 5. 12. Strabon remarque cyprés avec nards, au pluriel , bien que ce dernier s'employe au fingulier fous . 14. Quel-
lib. 14. que céte montagne fut autrefois occupée & poffedée par divers tyrans. 36 F. & ques-uns les nomment plantesde cypre & de nard, ou d'afpic. Voide la troëne ou du cypre,
d'autres , Senir , duquel & de Hermon , dont Sçenir faifoit une partie , voiDeut. 3. 9. (d'autres l'appellent du liguftre , & d'autres du camphre, à caufe du mot H. chopher)fusch.1.
37 C'est une celebie montagne , de laquelle voi Pf. 42.7. & 89.13 . Elle s'appelle auffi . 14. & du nard ou de l'afpic , fus ch. 1.12. Il y en a qui à cauſe du pluriel ici employé (par-
Sion , avec un Schin , ou Sin , Deut. 4. 48. 38 Ou, deslionnes. 39 L'Eglife cepeut étre qu'il y a plufieurs fortes de nard ) penfent qu'il faille ici entendre lesfeuilles de
eft appellée de ces montagnes de lions & de leopards , pour finifier, que par céte vocation cesdeux plantes ( cypre & nard ) qui fentent auffi fort bon. 63 Ou , canne odorante:
à la gloire celefte , elleferoit affranchie du peril ou elle étoit en cemonde, &verroitl'heureu- Cela s'appelle dans les boutiques calamus , qui eft le nom dont le F. l'exprime : Céte drogue
fe & affurée condition dont elle feroit jouiffante eternellement ; car auffi quelque chofe de & lacannelle ou la cinnamome entroyent avec la myrrhe en la compofition de la fainte huile,
femblable fe doit icifuppléer. Voi 1 Corint. 6. 9, 10, II. 40 Ou , ravi , ou , gagné, Exod . 30. 23. 64 C.des arbres qui produisent ou qui jettent l'encens, & defquels ilfe
aff. paraffection , Efa. 62. 5. Le mot H. finifie , Tu m'asdécauré, (s'il fe pouvoit ainsidire, cueille en forme de larme ou de gomme. 65 Ou,ſandal. Voi Nomb. 24. 6. Prov.7.
comme nous difons que celui nous dérobe qui nous prend la robe ) c. tu t'esacquis & attiré .17. & Pl. 45. 9. 66 H. touteslestêtes de drogues aromatiques , ou , d'épiceries , c.toute
monaffection & ma faveur , nonobftant la multitude de tes foibleffes & de tes defauts. forte des plus exquifes & des plus recherchées : Et ilfaut fous-entendre duy. 13. que telles
41 Ou , Tu m'aspris lecœur , c. tafoi vive en moi fait que je te donne monamour & mon font lesjeunes plantes, ou les rejettons du jardin de l'Eglife : Et partoutes ces plantes odoran-
coeur, Pf. 45. 11, 12. 42 Abraham & Ifaac dirent auffi de leurs femmes que c'é- tes & drogues aromatiques , fe finifient les divers dons du S. Efprit, defquels les enfans de Dieu
toyent leursfœurs. Voi 1 Corint. 9. 5. Et l'Eglife deJefus Chrift , qui eft fon Epouſe, eft auffi fontbeneficiés. Voi 1 Corint. 12. 5 , 6 , &c. Gal. 5. 22, 23. 1 Pier. 4. 10. 67 Ou, Tu es
fa four, parce que tous les fideles , de l'affemblage defquels refulte fon Eglife , ont l'hon- lafontaine , lepuits & lesruiffeaux : L'Epoufe par ces paroles loie & celebre fon Epoux , qui la
neur d'étre fes freres , entant qu'il a pris à foi notre chair & nótre fang, & qu'il nousa fait gratifie d'abondance d'eaux, c. de plufieurs dons & graces de fon Efprit , neceflaires pour ar-
par la foi enfans adoptifs de Dieu , fes freres & fes coheritiers , Matt. 12. 5o. Jean 1. 12. roferun tel jardin que l'Epoux l'avoit lui-méme qualifiée fus y. 12. & defquelles tousfes par-
Rom. 8. 16, 17. Heb. 2. 11. 43 C'eft pourquoi tu dois bien t'affurer que je ne terres & fes carreaux , c. toutes les Eglifes particulieres, s'humectent & s'arrofent, pour pro-
t'abandonnerai point à toûjours. 44 C. par la vraye foi de laquelle tu me regardes duire quantité defruits. Voi Efa. 58. 11. Or à Jefus Chrift fe donnent ces trois noms , defon-
, & mie gagnes le cœur comme ton cher époux : car fans la foi il eft impoflible de taine , de puits & de ruiffeau , parce qu'il peut étre confideré comme une fource enfa na-
& embraffes
plaire àDieu ture divine Pf. 36. 10. commeun puits en fa charge de Mediateur , Dieu ramaffant en lui
, Heb . 11. 6. A l'Eglife
en general & à chaque fidele en particulier , fe peuvent at-
tribuër trois yeux ; celui du fens , celui de la raifon & celui de la foi ; la lumiere du foleil toutes les eaux dela grace , afin que nous en puifions en joye Jean 1. 16. &comme un ruif-
éclaire le premier ; la lumiere du difcours le fecond , & la lumiere de la grace & de la Parole feau , en lacommunication de fon Efprit , Jean 7. 38. Confere Efa. 12. 3 .
de Dieu : Le premier nous comme 68 C.d'eauqui n'eft pas croupiffante ou dormante, mais qui a une vive veine , laquelle ne
le troifiéme convient à des animaux , le fecond comme
à des hommes comme à des fideles feche , ne tarit , & ne lecorromtpoint , mais eft toûjours propre pour defalterer & rafraichir
, & le troisième : Le premier s'arrête aux fuperficies , aux
figures & aux couleurs des corps ; le fecond paffe à la confideration des chofes ſpirituelles & les perfonnes. Voi Gen. 26. 19. Et c'eft unetelle cau que Jefus Chriftproinet & donne aux
; mais s'éleve des chofes : fiens Jean 4. 10, 14. & 7.38 . Efa. 12. 3. 69 Il femble qu'il fe fait ici allufion à la
& revelées
le troifiéme
furnaturelles
immaterielles
à la contemplation
Et il n'y a que celui -ci qui gagne & qui ravifle le cœur de Jefus Chrift , qui lui en fubftituera riviere du Jordain , quia fa double fource au pied du montLiban , & traverſe le païs promis,
en fon tems , pour non plus par la foi , mais par la veüe , lors que la pour l'arrofer: Et ilfe voit Apoc. 22. 1. que du trônedeDieu & de l'Agneau , qui eftJ.Chrift,
cheminer
un quatrième
de la gloire celle de la grace & du fens , Tortoit un fleuve d'eau vive, claire commecryftal.
lumiere engloutira , de la raiſon
16 Leve-
PPP 3

