Page 826 - La Sainte Bible, qui contient le Vieux et le Nouveau Testament. Edition nouvelle, faite sur la version de Genêve, reveüe et corrigée, enrichie, outre les anciennes notes, de toutes celles de la Bible flamande, de la plus-part de celles de M. Diodati, & de beaucoup d'autres ; de plusieurs cartes curieuses, et de tables fort amples, pour le soulagement de ceux qui lisent l'Ecriture sainte. Le tout disposé en cet ordre, par les soins de Samuel Des Marets, docteur & premier professeur en theologie, en l'université provinciale de Groningue & d'Ommelande, & de Henry Des Marets son fils, ministre du S. Evangile, en l'eglise françoise de Delft
P. 826
Chap. II . LE CANTIQUE DES CANTIQUES .
S
58 Ou, un bouquet de 14 Mon bien-aimé m'eft comme su- 3 QUEL eft le pommier entre les Ceft l'Epoufe qui
eamphre , ou, de cypre: Le
arbres d'une foreft , tel est mon bien-ai- parle à la louange de Je-
fus Chrift : Il efffouvent
cypre eftune plante affes negrappe de troifne és vignes ›› de Hen-
" de Hen-
femblable au troëne ou
commeil fenomme l'ar-
liguftre , laquelle produit guedi. mé 10 entre les jeunes hommes : l'om- accomparé à un arbre,
des fleurs blanches en
15 60 TE VOILA belle , magrand ' brage duquel j'ai defiré , & m'y fuis affi- bredevie Apoc. 2.7 . &
grapes , ou comme S.Je- 22. 2. mais ici il eſt re-
61
rome la décrit, un fruit ou amie , te voila belle : 62 tes yeux font fe, & 12 fon fruit a efté doux à mon pa- prefenté commeunpom-
une gomme en formede lais. mier,pourdire qu'autant
comme ceux des colombes .
grappe qui commence à que cetarbre fruitierfur-
fleurir, d'une odeur ex-
16 TE VOILA 63 beau, mon bien- 4 13 Il m'a menée 14 en la fale du fe- paffe tous les fauvageons
traordinairement desforêts, autantfurpafle
agrea-
ble. Quelques - unspen- aimé , 6+ voire plaifant ; aufli efts noftre ftin , & fa livrée que je porte , c'eft J. Chrift tous les autres
fent que foit ici enten- 16 AMOUR hommes, qui nefont de
couche verdoyante . .
due une grappe naturelle leur nature que des fau-
de raifins , qui s'appelle
17 66 LES POUTRES de nos mai- 5 17 Faites moi revenir le caur is
toutebonne production :
eypre, H. copher, parce avec vageons , incapables de
que les grappes de Hen- fons font de cedres , & 7 nos foliveaux du vin ; 19 faites moi une couche de Et comme le
par fon branchage épais
guedi avoyent legoûtdu 68 de fapin .
cypre,à caufe quela plan- pommes : car 20 je me pafme d'amour . & touffu fournit une
te ainfi nommée y croiffoit en abondance : Voi les Herboriftes. Quoi que c'en foit il s'entend 6 a Que 21 fa main gauche foit 22 fous ombre commode contre
par là un fruit excellent & d'une odeur exquife , auquel J. Chrift eft accomparé, euégard àfon l'ardeur dufoleil , & pro-
merite de bonne fenteur &à tousfes dons precieux : Car fon fangnous nettoye de tous pe matefte , & que fa droite 23 m'embraffe. duit du fruit agreable ,
nourriffant & rafraichif
ches rJean 1. 7. & il en eftla propitiation devantDieu 1 Jean 2. 2. qui a flairéenfonfacrifi-
ce une odeur foueve d'appaifement , Gen. 8. 21. Eph. 5. 2. 59 Voi touchant ce lieu 7 24 FILLES de Jeruſalem , 25 je fantcelui quien mange;
delicieux en la tribudeJuda Jof. 15.62. & 1 Sam . 24. 21. &ce qui s'y remarque.
60 la vous adjure 26 par les chevreuls & par les auffi l'Eglife trouve tou-
joursdel'ombrage,du re-
Labeauté de l'Eglife de Dieu lui vient de fagrace , fondée uniquement au fang& ens
juftice de Jefus Chrift. Voi fous ch. 4. I. 61 Ce redoublement fertà confolerdeplus biches des champs , 27 que vous n'efveil-
ftaurant , & de la prote-
enplus l'Eglife dans le fentimentde fes defauts, & à la fortifier contre la perfecution de fes & tion en Jefus Chrift &
ennemis. 62 C. quelesyeux font également fimples & chattes. Voi fousch.4.1. Et liez, ni ne refveilliez m'amour, 28 jufqu'à fous les aulesde fagrace,
tant contre l'ardeurdela
c'eftpour exprimerla fpirituellepureté, la fimplicité & la chaftetedel'Eglife de J. Chrift , qui ce 29 qu'elle le veüille.
nefichefes yeux que fur lui , & ne cherche qu'en lui feul lefalut & lavie. Voi Pf. 123. 1, 2. colere de Dieu, quecon-
Matt.10. 16. Quelques-uns pourtant entendent ici par les yeux de l'Eglife, fes Paſteurs & 8 C'EST ici la voix de mon bien- tre celle de l'affliction :
C'est pourquoi elle cher-
fes Evêques , qui devant étre les conducteurs des aveugles & les docteurs des ignorans , doi - aimé
ventaufli en l'Eglife avoir laveuë plus vive & plusperçanteque les autres.Voi Nom . 10.31.Job : le voici qui vient , 3² fautelant che de s'y retirer, pour y
29.15. Pf. 32. 8.Cant.4.1. h Cant. 4.1.5.12 63 J.C. eftbeaude nature, parce trouver deux chofes fi
qu'il eftl'agneaufans tare Exod. chap. 12. mais l'Eglife eft bellepar la grace, & par le merite neceffaires,la nourriture & la protection. 9 C.qui croiffent dansles bois ou d'eux-mémes
deJ.Chrift, Jean 1. 16. 64 C. doux & debonnaire, non pas auftere, nifier : Auffi nous auxlieuxqui nefont point cultivés : Hors deJ. C. tous les hommes nefont que des fauva-
convie-t-il fort amiablement à foi , Venés à moi vous tous qui eftes travaillés & chargés , &je vous
geons Rom . 11. 17 , 24. fteriles au bien , & quiproduifant quelques fruits n'en portent quede
foulagerai, Matt. 11. 28. 65 Lacouche nuptiale où l'Eglife reçoit Jefus Chrift eft or- mauvais , defagreables au goût & nuisibles à lafanté , & nepeuvent fructifier àbonnes œuvres
née de feftons , de feuillage & de verdure , & là s'engendrent tous les jours à Dieu beaucoup jufques à ce qu'ils foyent inferés & entes par la foi en J. C. Matt.7. 18. Jean 15.4, 5 .
d'enfans fpirituels par lafemence incorruptible de fa Parole , 1 Pier. 1.23. C'eft à l'égard de 10 H. & F. entre lesfils, atl. les fils d'Adam, ou les fils des hommes : Lesfilsaufli fe peuvent
céte couche fi feconde que l'Eglife fe nomme la mere de tous les croyans , Gal. 4. 26. prendre,comme nos Interpretes l'ont fait, pour lesjeunes gens , que J. C. furpaffe infiniment
66 L'Eglife loue fademeure pour y convier & conduire les autres : Elle nomme l'affem- enbeauté , en integrité & en force, Pf. 45.3 . 11 Aff. l'ombragedece pommier, c.lapro-
blée des fideles , des maisons au pluriel , parce qu'ils fe recueillent en plufieurs Eglifes parti- tection du Seigneur ; comme un arbre nous enombrant nous affranchit de l'ardeur cuifante
culieres : Il faut entendre par leurs poutres , les doctrines des Prophetes & des Apôtres , par du foleil, ainfi J.C. nous couvre & nous protegecontre l'ardeur de la colere de Dieu , &contre
lefquelles l'Eglife eft fortement unie & ferrée à J. Chrift , commeàfon unique fondement, laperfecution ardentedes méchans. Voi Pf . 121. 5,6,7 . Efa. 25.4. Voi encore Pf.91.1 . avec les
notes. 12 C'eft ici un autre avantage que l'Eglife reçoit deJ. Chrift , aff. quenonfeule-
Ephef. 2. 20. Et cespoutres font de cedres , c. qu'elles font incorruptibles & inébranlables ,
parce que la Parole de Dieu demeure eternellement , Efa. 40. 8. 1 Pier. 1. 25. Voi touchant ment il la garantit de tout le mal qu'elle pourroit craindre , mais lui confere de plustout le
la folidité & la durée du cedre , fymbole de l'eternité , Jug. 9. 15. J. Chrift parlant de la du- | bien qu'elle pourroit ſouhaiter , en la communion de tous les fruits de fon obeïflance , defa
rée & de la fermeté inébranlable de fon Eglife , dit que lesportes de l'enfer ne prevaudront mort , de fa refurrection & de fon affomtion en gloire. D'autres entendent par les fruitsde
pointcontre elle , Matt. 16. 18. 67 Ou , nosgaleries , ou , nos planchers, ou , nospro- ce pommier , les confolations de J. C. qui font fortdouces & fort favoureufes au palaisde la
menoirs, ou , nos lambris : Le méme mot fe trouve Gen. 30. 38, 41. pour finifier les auges ou foi & à l'ame fidele. 13 Ou , Il me mene , c. que Jefus Chrift introduit les fiens enfa
les canaux des abbreuvoirs. 68 F. & d'autres , de cyprés , ou , de boratin: Le mot H. communion falutaire. 14 H. & F. en la maison du vin , c. en la maifon de joye que
berothim , qui nefe trouve nulle-part en l'Ecriture qu'en ce lieu-ci , a quelque rapport à céte nous concevons en nos cœurs parla vertu & par l'operation puiffante du S. Efprit, 2 Corint. 1.
efpece finguliere de cyprés , que les Latins nomment bruta, & peut- etre les Grecs brathy , v. 5. Outre que levin defaltere & etanche la foif,il rejouït auffi le cœurPf.104.15. & lui fait
mots affes approchans du beroth H. qui épand ſes rameaux au large , (au contraire du cyprés oublier fon ennui , Prov. 31.6,7. Tous les enfans de Dieu font conviés à céte maifon de fe-
commun ) dont le bois eft dur & folide , & l'odeur agreable : Les uns pretendent que cebois ftin & de joye , Prov. 1. 20. & 9. 1 , &c. Méme ils yfont tous conduits & introduits parJeſus
nefoit connu qu'en l'Orient , (voi Pline hift. nat. liv. 12. chap. 17.) Et les autres penfent que Chrift ; dés cétevie en fa fale de grace , oùil nous fait fervir defes mets exquis par fa Parole
ce foitlefavinier, appellé des Latins , fabinafecunda : Selonl'original H. on pourroit tradui- & par les Sacremens , qu'il accompagne de l'efficace de fon S. Efprit , & leur courſe ache-
vée enfafalede gloire , Pf. 16. 11. & 17.15. & 65.5. Is Ou, fon enfeigne , ou, fa
te , Nospoutresfont descedres, & nosfoliveaux desfapins , ou , descyprés: Et ainfi F.
baniere, c'est l'amour qu'il a pour moi : Comme lesfoldats font diftingués par leurs drapeaux &
par leurs enfeignes , auffi lesvraismembres du corps deJ. Chrift fediftinguent & fereconnoif-
I
fent d'avec leshypocrites , par l'Efprit d'adoption & par fesfruits , Rom. 8. 14. 1 Jean 3. 24.
La baniere deJ. Chrift finifie de plus fa protection contretous nos ennemis fpirituels , le peché,
CHA P. II. le diable , la mort & l'enfer : Et il nous dreffe du ciel céte baniere de fon amour , pour nous
y adreffer àfafuite: Mais en retenant nôtre interpretation ordinaire , & enfuivant la meta-
L'excellencedeJ. Chrift , v. 1. &defon Eglife , 2. Le foin que fe fore du feftin , on pourroit dire que comme le marié donne à fes paranymphes , & mémes à
donneJ.Chrift defon Epouse,& la confolation qu'ellereçoit delui, 3. Sol- fon époufe, quelque chofe de fes livrées , & des marques defon amour , auffi J. C.donne ſa li-
licitation à confeffer ouvertementJefus Chrift, veu que l'hyver de la per- vrée à fes fideles en les menant en la fale defon feftin,& leurcommuniquedes marques eviden-
fecution eftpaffe , 11. Avertiffement pour les ennemisfecretsde l'Egli- tes de l'amour qu'il leur porte. 16 Entens l'amour duquel J. C. nous a aimés, Eph. 5.2.
fe, 15. Amour étroite & reciproque de l'Epoux & de l'Epouse, 16. C'eftpourquoi quelques-uns traduiſent ainfi ces paroles , fa baniere eft amour envers moi. Voi
2 Theff. 2. 16. Rom. 5. 5. Et comme nous avons à combatre fous la baniere de l'amourde
1 C'eft apparemment 2 J. Chrift envers nous , & à en porter la livrée, pour entrer en la fale de fonfeftin , faute de
I E SUIS la rofe de 3 Scaron, quoi nous en ferions exclus , commecelui qui n'avoit point de robbe de noces , auffi devons
'Epoux qui parle ici à
fon tour ; bienque quel-
ㄓ le muguet des vallées. nousfaire porterà fès povres la livrée de l'amour que nousavons pour lui , & lafaire paroître
ㄨ
. &
ques-uns pretendent que S entoute nôtre converfation. 17 D'autres , Confortés-moi ; ou, foûtenés-moi : L'Eglife
ce foyent les paroles de 2 Quel est le muguet entre les ef- s'adrefle ici aux amis de l'Epoux , qui font les fideles miniftres de fa Parole Jean 3. 29. les
l'Epouse. rofe eft la plus no- pines , telle eft entre les filles ma grand ' printqu'ils la veuillent foutenir & la fortifier en fes foiblefles par les confolations de l'Evan-
2 La
7 gile, avant qu'elle tombe tout-à-fait en pâmoiſon. 18 H. & F. avec des bouteilles , ou,
ble& la reine de toutes amie. desbocals , c. avec du vin , qui s'y refferreou qui s'en verfe, comme Luc 22. 20. & Ofée 3.
les fleurs , & fon odeur V. 1. Etcesbouteillesfont les S. Ecritures du V. & du N. Teft. d'où J. Chrift nous fait verfer
réjouit le cerveau & le levin & le lait de fes confolations & de fespromeffes. Voi Pf. 94. 19. & 119.92.
fortifie : Par les rofes de Scaron , c. qui croiffent en ce lieu-là , s'entendent de tres-belles 19 Ou , fortifiés-moi avecdespommes , pour prevenir mes defaillances ou me faire revenir
rofes, comme par le muguet ou par le lis des vallees , un lis ou du muguet fort beau àmoi méme par leur odeur , à quoi fervent principalement lespommes d'orange & les ci-
& de fort bonne odeur. Salomon en toute fa gloire ne fut point fi magnifiquement trons : Etparces pommes cordiales , s'entendent les doctrines confolantesde l'Ecriture tou-
vêtu , Matt. 6. 29. Ces deux fortes de fleurs s'employent en la defcription de J. Chriit , chant la grace de J. C. envers nous & fon merite pour nous. 20 D'autres , je languis
pour marquer fa beauté & fa bonne odeur tout enfemble , & parce qu'il faut confiderer d'amour. F.jefuis maladed'amour , c.jefuis foible &tombe en fyncope , en attendantfi long-
en lui le vermeil de la rofe , en l'effufion de fon fang ; & la blancheur du muguet ou tems les confolations de mon Epoux, lesfentimens & les affurances defa grace. Voi Pf. 63. 2.
du lis, enl'innocence & en la candeur de fa vie : Mais veu qu'il eft ici parlé des roles & 42. 2. Cant. 3. 1 , 2. & 5. 6, 8. C'eft Dieu quiguerit toutes nos infirmités , Pf. 103.3.
qui croiffent dans les campagnes de Sçaron , &des lis oudu muguetdes vallées , nonpas a Cant. 8.3. 21 Ainfi l'Eglife attend & fouhaite le fecours favorable & confolantque
de celles qui croiffent & fe cultivent par l'induftrie des hommes dans des jardins fermés , fon Epoux lui ferafentir enfa neceflité, luifeul par fa Parole &parfon Efprit pouvant la fou-
auffiferoit-il par là donné à connoître que l'Eglife de J. Chrift ( fi cesparoles fur tout fe pre- lagerdans les foibleffes qui la furprenent en lefuivant : Mémeil faut qu'il ytravaille à deux
nent pour celles de l'Epouſe , à qui choſe pareille s'attribue auy.fuiv.) eftexpofee à l'oppref- mains. Voifous ch. 8. 3. Ephef. 5. 29. 22 Aff. en forme decouffin pour m'y repoſer:
fion ,ainfi que les fleursdes champs fe cueillent facilement par les paflans , & font méme fou- Par le peché toutela tête eft en douleur & tout le cœur eft amatti Efa. 1.5. Mais par la confo-
lées ou broutées par les bêtes. 3 F. & d'autres, Saron; mais H. comme nous : C'étoit lation de l'Esprit deDieu , nos confciences font fortifiées en l'aſſurance &aufentiment du par-
un quartierfort beau & fortagreable, qui tiroit & s'étendoitde Cefarée à Joppe, gueres loin donde nos pechés , caufe unique de nôtre mifere. Voi Rom. 14.17 . 1 Jean 2.12. & 3. 24.
de la mer Mediterranée : Il y eut en céte contrée-là une ville qui s'appelloit de meme nom . 23 Pour me relever de mes chûtes , me proteger contre les efforts du dehors , & m'affurer
Voi de Sçaron plus au long i Chron. 5. 16. Efa. 33.9. & 35.2 . & 65. 10. Act. 9. 35. de plus de fa fainte dilection , comme les embraffemens font des fignes exterieurs d'amitié.
4 Ou , comme F. & d'autres , le lus : Levulgaire des jardiniers appellele muguet lilium con- Voi Gen. 29. 13. & 48. 10. 24 Ces paroles s'attribuent des uns à l'Epoux , arrivant
vallium , c. le lisdes vallees : Bien que le muguet fe nomme d'ailleurs par les Herboriftes, inopinément pendant que l'Epoufe s'étoit endormie enfes langueurs , & des autres à l'Epou-
gallium , ou , hemerocalles. S C'eft pour dire qu'autant que lelisou le muguetcompa- fe: Et par ces filles de Jerufalemfe doivent entendre lesamies & lescompagnes de l'Epoute ,
ré avecles épines lesfurmonte de beaucoup en valeur & enbeauté , auffi labien-aimée de J.C. c. les Eglifes particulieres & les perfonnes fideles. Voi fous ch. 3. 5. & 8.4. 25 C.je
furpafleinfiniment toutes lesautres filles , & l'Eglifeobtient la preference au deflus de toutes vous exhorte ferieufement & vous en conjurefort. 26 C. autant que cesanimauxvous
les autres focietes humaines quelles qu'elles foyent , puis qu'en leur corruption naturelle ce fontchers & quevous les aimés : Mais d'autres , je vous adjure vous qui étes près deschevreuls
ne font quedesépines , c. desplantesfteriles, nuifibles & deftinées au feu : Tellement qu'il desbichesdes champs , c.qui vous occupés auxtracas & aux fatigues de la chaffe , viveima-
nefe fautpasperfuader , ni quecefoit ici une autre plante que celle du y. preced. puis qu'elles ge des travaux decete vie : ou qui reflemblés à ces animaux, fort amiables & fort doux,
fonttoutesdeux exprimées au texte H. par un méme mot ; ni que l'Eglife foit ici accomparée comme Jefus Chrift lui-même s'accompare à ces animaux , fous §. 8 & 9. Mais en quelque
à du muguetou à un lis qui s'épanouit , & qui rend fon odeurparmi les épines des afflictions fens qu'on le prene,ce ne fera pas une adjuration formellepar ces creatures , par lesquelles on
& des affections corrompues du fiecle, quitâchentde l'étouffer ; non plus qu'à céte plante que nepourroit effectivement jurer fans offenſer Dieu , Matt. 5. 34, 35. - 27 C. quevous
quelques-uns appellent liliuminterfpinas , qui eftle caprifolium , ou , le chevrefeuille des Bo- n'interrompiés point le repos ou de l'Epoux ou de l'Epoufe, latroublant & l'irritant par des
taniques; mais feulementconcevoir que l'Époufe eft ici autant relevée pardeffus lesautres herefies , ou par desfcandales. 28 C. qu'ilne faut troubleraucunementfonrepos.
filles , que le lis furpaffe les épines en beauté& en dignité. 6 Les méchans & les im- 29 Ou , qu'ille veuille, c.qu'il lui plaife. 30 L'Eglife, qui parleici , reconnoît incon
pics s'appellentfouvent des épines en l'Ecriture , & mémefelon quelques-uns en ce lieu-ci, tinent J. C.à la voix ; car fes brebis connoiffent fa voix & la fuivent : Et c'estcomme si elle
en partie a caufe de leur fterilité &deleur incapacité à produirede bons fruits , & enpartie à difoit , qu'elle entend fort bienquelles font fes inftructions. Voi Jean 10. 3 , 4. & 18.37.
caufe deleur nuifance , entant qu'ils ne font quepoindre les bons & les piquer jufques au vif. Act.13.46 , 47. Heb.3.7 . 31 Afl. à monfecours, à mon aide & à mon entiere redemtion,
VoiNomb. 33. 55. Prov. 22.5. Ezech. 28. 24. 7 L'Ecriture appellefilles toutes les af- comme Ela.35. 4. Jean 14.23 . Apoc. 22. 20. 32 Ou,fautantfur lesmontagnes & bondif-
femblées & les focietés d'hommes ; quelquefois bons,commequand l'Eglife deDieufe nom- fantfurles côtaux : C'est une metafore tirée de ces animaux , pour décrire non feulement l'a-
me lafille de Sion Ela . 37. 22. quelquefois mauvais , comme il fe paile de lafilledeBabel miable douceur deJ. C. quileur eft accomparé encore fous . 9. mais aufli la promtitude de fes
Ff. 137. 8. & de lafilled'Edom , Lament. 4. 21. affections à nousvouloirfecourir , &laviteffe avec laquelleil s'y employe.
par

