Page 825 - La Sainte Bible, qui contient le Vieux et le Nouveau Testament. Edition nouvelle, faite sur la version de Genêve, reveüe et corrigée, enrichie, outre les anciennes notes, de toutes celles de la Bible flamande, de la plus-part de celles de M. Diodati, & de beaucoup d'autres ; de plusieurs cartes curieuses, et de tables fort amples, pour le soulagement de ceux qui lisent l'Ecriture sainte. Le tout disposé en cet ordre, par les soins de Samuel Des Marets, docteur & premier professeur en theologie, en l'université provinciale de Groningue & d'Ommelande, & de Henry Des Marets son fils, ministre du S. Evangile, en l'eglise françoise de Delft
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Chap. I.                        LE     CANTIQUE DES                 CANTIQUES.                                       31
                  18 Aff moi & mes fil. 18 efgayerons & réjouïrons " en toi :
                                                                               quoi ferois-je comme une femme erran-
                                                                      21
                 les , ou mes compagnes : 20 nous celebrerons  tes amours 2 plus
                 Car l'Eglife ayant pre-                                       te vers les parcs de tes compagnons ?
                                                                                 8 38 SI TU NE le fçais ,        39 ô la 38 D'autres , Puifque tu
                 mierement parlé de foi que le vin : 22les droituriers 23t'ont aimé.
                 eu fingulier , & fous li-                                                                               ne le faus pas , aff. où je
                 mage d'une feule perfon-
                                     5 24 O filles deJerufalem 25jefuis bru-  plus belle d'entre les femmes , 4° fors fui- paismesbrebis : C'eft ce
                 ne,Tire-moi, en parle puis                                                                              que répond Jefus Chrift
                 apresau pluriel&comme ne , mais 26 de bonne grace , 27 comme  vant le trac 4¹ du troupeau , & 42 pais tes à la demande precedente
                                                                                                                         amiablement
                 de plufieurs ;parcequ'elles tentes de Kedar , & comme 2 les
                 le eft compofee & fe raf-                                    chevrettes auprés des cabanes des ber- defon Epouse ,cenfizgant
                 femble de la multitude courtines de Salomon .                                                           rance en un fujet fi im-
                 de tous les fideles : Et ou-                                 gers.                                      portant: Ou , en cas que
                                                                                                         43
                 tre que leur grande joye  6 29 Ne regardez pas à moi de ce que  9 f Ma grand' amie , +3 je t'accom- tu l'ignores ,&ne leffaches
                                                                  3º
                                                                                                                        informerai.
                 fera a foncomble,quand                             le foleil  pare 44 à la plus belle couple de che- pointde toi- meme, je t'en
                 ilsferont reçûs au ciel en je fuis brunette , dautant que
                                                  3¹
                 la joye de leur Seigneur , il m'a regardée :  les enfans de ma mere  vaux que j'aye parmi les chariots de  39 H. to belle entre
                                                                                                                           Cant.5.9 . &6. 1. les
                 eft certain que plus ils a-
                vancenten la fainte con- 32 fe font colerés contre moi , ils m'ont  Pharao.                             femmes, c.toi qui es la
                                                                                                                        plus belle : Ainti l'Ange
                 noiffance , plus ils pene- mife 3  à garder les vignes : & 34je n'ai
                trent enfes cabinets, plus                                      10 & Tes jouës 45 font de bonne gra-
                                                                                                                        difoit à la S. Vierge Ma-
                                                                              ce avec 46 les atours    & ton col avec   rie , tu es benite entre les
                ils favourent les dou- point gardé la vigne qui eftoit à moi.
                ceurs de fagrace,plus auffi                                                                             femmes, c.la tres-benite,
                s'augmente la joye inte-  7 c35 Declare-moi ,, dô toi , qu'aime  47 les carquans.                       & laplus benite de tou-
                rieure de leursefprits & la                                                                             tes les femmes , Luc 1.
                tranquillité de leurscon- mon ame , 36 où tu pais , & où tu fais re-  II 48 Nous teferons des atours d'or  . 28 , 42. Ainfi le lion
                fciences.                                                                                               eft dit fort entre les bêtes,
                 19 C'est au Roi que  poſer ton troupeau fur le midi : car 37 pour-  avec49 des boutons d'argent.       c.le plus fort,Prov.30.30.
                                                                                                        " I                            :
                s'adreffe ce difcours , comme il eft l'unique objet & le feul fondement de nôtre confolation &  12 STANDIS que  le Roia efté  Voi ce qui y eft annoté
                denôtre joye, Philip. 4. 4.  20 C. nous annoncerons & magnifierons la gracefinguliere de
                                                                                  ¹²                               fonglifedeDieueftnom-
                                                                             affis  à table " mon afpic   + a rendu     mée la plus belle , parce
                J.C. qui nous a appellés des tenebres à fa merveilleufe lumiere , 1 Pier. 2.9 . Voi aufli Pf. 45.18.
                & 71. 16. Efa.12.3 , 4. & 63.7.  21 C.nous celebrerons &annoncerons , ô Seigneur,  odeur.               qu'elle eft lavée & puri-
                ta fainte grace, avec beaucoup plus d'exultation & de joye , que leshommes du fiecle ne s'en            fiée de tous fes pechés
                donnent pour les delices de la terre : Carla paix de Dieu furmonte tout entendement , Phil. 4.  13 55 Mon bien-aimé eft avec moi ,  parle fang & par l'Esprit
                 .7. Voi Pf . 4. 8.  22 Ainfi H. mais F. lesfinceres , c. tous ceux qui fe nomment fus                  de Jefus Chrift Ephef. s.
                                                                                comme un fachet de myrrhe : "7 il paf-
                filles ouvierges , en l'efprit defquels il n'y a point d'hypocrifie ni de fraude , Pf . 32. 2. Jean      .26,27.&ornéede tou-
                1.48.    23 Ou, t'aiment.  24 C.vous fideles enfans de Dieu ; car la Jerufalem d'en-                    te forte de vertus fpiri-
                                                                             fera la nuict entre mes mammelles.
                haut Gal. 4.26. eft leur mere commune : Et ainfi les Eglifes particulieres , ouï méme les fingu-        tuelles ; bien que d'elle-
               liers des croyans, qui nepeuventavoir Dieu pourpere, qu'ils n'ayentauffi l'Eglife pour mere,fe  méme & de fa nature elle foit laide & méprifable, Ezech. 16.3, 4. Voi fus . §. & fous
                nommentfilles deJerufalem, & vierges , 2 Cor. 11.2. Apoc.14.4. Et Pf.45.13,14. l'Eglife uni-  .15,16.  40 C.fors de cœur & d'affection hors de ce monde corrompu, en imitant l'e-
               verfelle fe nomme lafille du Roi : Or ces filles deJerufalem font ici confolées&premunies con-  xemple des S. Patriarches & de mesautres élus , qui font ornés en l'Ecriture d'un témoignage
               tre le fcandale de la croix & les foibleffes qui l'accompagnent.  25 Entens par céte noir-  glorieux , Heb. ch. 11. Suis & leur foi & leurs œuvres : Marche fur la pifte de tous ceux qui
               ceurlesincommodités & les traverſes de l'Eglife ici bas , qui lui furvienent oudu dehors par la  depuis le commencement du monde m'ont connu & fuivi , confiderant quelle a été l'iffuë de
               violence des perfecuteurs & des tyrans , ou du dedans par les herefies , les fchifmmes & les fcan-  leur converfation , Heb. 13.7 . & ch 11. 1 , 2 , &c. & 12. 2. Voi auffi Jerem. 6. 16. & 1 Co-
               dales qui la travaillent. Voi Pf.119.83 . Lament. 4.8. & 5.10.  26 D'autres , belle. F. ai-  rint. 11. 1. Les regles enfeignent , mais lesexemples contraignent.  41 F. des brebu
               mable: Et l'unfuit de l'autre: Or la beauté , ou la bonne gracede l'Eglife, qui la rend aima-  Parletroupeau de brebis &par les chevres , qui ont leur trac marqué aux exemples anciens,
               ble, confifte en ce qu'elle eft lavée & purifiée au fang de J. Chrift & par l'Esprit de notre  ilfaut entendre les Chrétiens , & tous ceux qui fe joignent à l'Eglife de Jefus Chrift pour étre
               Dieu  I 1 Corinth. 6. 11. tellementqu'en cet égard elle eftbelle & luifante comme l'aile d'un  fauvés, Jean 21. 15 , 16. & 1 Pier. 2. 25. Or l'Epoux veut que l'Epoufe, c. l'Eglife , les pre-
               pigeongarnie d'argent ou brunie d'or , Pf. 68. 14. Voi auffi Pf. 45. 14, 15, &c. & Ephef. s.  ne en fonfoin, & lespaiffe de la pâturefpirituelle des ames.  42 C. conduis ton petit
               y. 26, 27.  27 Ou, jefuis comme les tentes de Kedar , c. des defcendans de Kedar , fe-  troupeau aux parcs & aux pâturages , que les Prophetes & les Apôtres ont fuivi & defi-
               cond fils d'Ifmaël Gen. 25. 13. qui demeurent en des tentes , & n'ayant point dedomicile  gne dans les faints livres qu'ils t'ont laifles pour t'informer de tout. Voi PL 77.21 . & 78.
               fixe ni affuré , vaguent en Arabie de lieu à autre. Voi Pf . 120. 5, 6. & ce qui y eft annoté :  . 70, 71, 72. 2 Pier. 1. 19. & 3. 2.  f Cant. 2. 2, 10, 13. & 4.1 , 7. & 5.2. & 6.4.
               Lesenfans deDieu au monde ne fontpour l'exterieur , ni fort beaux, ni fort parés ; le hâlede  Jean 15. 14, 15.  43 Ou , je t'ai fait taire , c. j'ai commandé que tu te tinfles coye
               jourles confume & de nuit la gelée , & ils n'ont point ici bas decité permanente ; mais étant  & que tu te donnaffes repos , auprésde la gendarmerie de Pharao , fuivant l'expofition de ceux
               voyagers , paffans & étrangers au monde , ils tendent vers leur veritable patrie , & attendent le  qui rapportent ce qui eft ici dit à l'affection que le Seigneur montra aux Ifraelites , lors qu'il
               royaume qui ne peut étre ébranle.  28 Ou, les pavillons : Qui ne femblent pas beaux
                                                                             les delivra de la main de Pharao fur la mer rouge. Voi Exod. 14. 13. Mais l'interpretation
               par dehors , àcaufe de la noirceur, que le foleil , la pluye & le vent y produifent ; mais  ordinaire eft plus naturelle.  44 Ou, à l'attelage de l'undes coches de Pharao : Il eft
               font tres-beaux & tres-magnifiques endedans : On pourroit auffi entendre ceci par oppofition  parlé en divers lieux de l'Ecriture des beaux chevaux & de la puiffance des chariots d'Egy-
               aux tentesde Kedar , comme fi l'Eglife s'attribuoit d'étre de vrai en fon exterieur aufli chétive  pte, comme Exod. 14. 17. 1 Rois 10. 28. 2 Chron. 9. 28. Efa. 31. 1. Ezech. 17. 15. Et l'E
               & méprifable que les tentes de Kedar , mais d'avoir en fon interieur la beauté & la valeur des  glife de Jefus Chriftleur eft ici accomparée, tant pour la beauté, que pour la celerité defa cour-
               courtinesde Salomon , de l'excellence defquelles voi Jofephe Antiq. lib. 8. cap. 2. Parce que  fe au chemin defa vocation , &pourlaforce & le pouvoir qu'elle a reçû de fon Epoux , con-
              la fille du Roi eft toute pleine de gloire en dedans Pf. 45. 14. & queles enfans deDieu ont les  tretousles ennemis,afin d'en remporter la victoire, 2 Corint. 10.4. Les Prophetes & les Apô-
               ames ornées des precieux dons de fon Efprit , de foi , d'efperance , de charité , de pieté , d'hu-  tres ont éclaté particulierement parmi céte cavalerie myftique : C'eftpourquoi Elie & Eli-
               milité , &c.  29 C. ne vous arrêtés pas à ma chétiveté exterieure, ni aux incommodités
                                                                            fée font nommés le chariot d'Ifraël & fa chevalerie , 2 Rois 2. 12. & 13. 14. Comme ayant
              quejefouffreici bas ; & ne me méprifés pas pour cela ; mais prenés garde à ma condition in-  pû beaucoup plus exploiter par leurs feules prieres , qu'une grande multitudede chevaux
              terieure , toute de pourpre & d'or.  30 AinfiH. & cefoleil qui noircit & hâle l'Eglife en  & dechariots par tout leur equipage. Voi Apoc. 19. 14, 15.  g Ezech. 16. 11,12,13.
              rayonnantfur elle , c'eſt celui des afflictions & des perfecutions , comme Matt. 13.6, 21 .  45 Parce que la beauté fpirituelle de l'Eglife ne confifte pas en fes qualités naturelles ,
               3  Ceci , comme Pf.69.9 . Efa. 48. 1 , 2. Act. 20.30. s'entend des faux freres, qui feglorifient  maisauxdons &aux graces queJefus Chrift lui accorde par fon S. Efprit , & qu'il couronnera
              bien d'avoirl'Eglife pour mere , mais à faufles enfeignes, puis qu'ils n'ont point Dieu pour pe-  enfin de fa gloire.  46 Lemot H. qui fe trouve ici & au . fuiv. finifie proprement des
              re.Voi Deut.32.5.Jean 8.44. On le pourroit auffi etendre à tous les enfans du fiecle, de méme  tourterelles , comme Levit. chap. 12. & ailleurs : Mais ici il fe prend pour des ornemens de
              racehumaine que l'Eglife , (comme les fages ont nommé la terre la mere commune de tous)  femmes femblables à ceux dont la nature a paré les tourterelles d'un agreable vermeil au-
              qui s'irritant de faprofeffion, &dece qu'elle fe fepare d'avec eux , la travaillent & la tourmen-  tourde leurcou : Ainfi font belles les joues de l'Eglife, lavées au fang de J. Chrift , & or-
              tent en diverfesfortes.  32 Ou,fefont embrafes de courroux, c. m'ont travaillée & malme-
                                                                            nées des gracesfalutaires de fonEfprit , comme de brillansexquis & de perlesprecieuſes : no-
              née : Les inimitiés & les perfecutions des faux freres fe content 2 Cor. 11. 26. entre les plus  tamment de douceur & d'humilité, quifont de grand prix devantDieu , 1 Pier. 3. 4.
              grands perils aufquels les Chrétiens font exposés. Voi Gal. 2. 4.  33 C. que l'Eglife eft  47 C. les coliers de perles & de pierres precieufes , aufquels les vertus Chrétienes s'accom-
              affujettie au monde à beaucoup d'inquietudes & de veilles : Par les vignes s'entendent fouvent  parent fort à propos , parce que tous les fruits & les faintes habitudes de la regeneration
              en l'Ecriture des affemblées d'hommes , tant bons que mauvais. Voi des premiers Pf. 8o. Efa.  le joignent & s'enfilent neceflairement enfemble , Prov. 1. 9. & 20. 15.  48 Ceci fe
              5.1.7.Matt.ch.20. Et des feconds Deut. 32.32. Apoc. 14. 18. Et ainfi par les vignes en celieu  dit au nom de la S. Trinité ; car ceux qui gardent la parole deJ. Chriſt , ſont aimés du Pere &
              quelques-uns entendent les Egliſes corrompuës & errantes en commun , ou les membres hy-  du Fils Jean 14. 21 , 23. & le S. Efprit demeure eternellement avec eux , Jean 14. 16.
              pocrites ou fcandaleux en particulier , à la condition defquels les enfans defa mere tâchent à  49 Ou , despoints d'argent: Ainfi s'expriment par ce mélange de l'argent avec l'or, toutes
              reduire l'Eglife , la voulant affervir à garder & à fuivreles doctrines , les coûtumes & les tradi-  fortes de vertus Chrétienes , Theologiques & morales , dont vol une particuliere ſpecifica-
             tions des hommes. Voi Marc 7.13 . Act.15.1 , 10.Gal.6.12,13 . Coloff.2.20,21,22,23 . Méme il  tion Galat. 5. 22, 23. & Colofl. 3. 12.  50 Ou, Auffi long-tems , &c. C'eſt l'Epou-
             femble quel'Eglife fe plaigne ici,qu'elle eft quelquefois tellement maîtrifée par les fauxfreres,  fe qui parle à fes compagnes , & leur reprefente l'excellence de fon Epoux.  SI Aff
             quefes Evéques & fes Conducteurs favorifent bien davantage les boucs que les brebis ; leshe-  J. Chrift, le Roi des Rois , commefus v. 4.  52 D'autres , à fon banquet. F. àſa tableron
             retiques &lesfchifinatiques , que les orthodoxes & les vrais croyans : D'où nepeut proceder  de. Voi 1 Sam. 16.11. Et par céte table fedoit entendre la gloire celefte & eternelle , où J. C. eft
             en l'Eglife, que beaucoup de confufion & de defordre.  34 C. je n'ai pas pris tout le foin  entré en fuite defes fouffrances. Voi Matt. 8. 11. & 26. 29. Luc 24. 26. Apoc. 3. 20. Et
             quejedevois, nide moi méme, qui fuis la vigne du Seigneur, ni des Eglifes particulieres , dont  l'Eglife veut dire que pendant que Jefus Chrift regne en fa gloire à la droite de fon Pere,
             legouvernement m'étoit confie ; en étant diftraite & empéchée , ou par mes propresinfirmi-  environné de ceux qui font affis à table avec lui , elle s'étudie de lui offrir l'exercice de fes
             tés, ou par les traverſès des faux freres , ou par la violence & par la perfecution des tyrans. D'au-
                                                                           vertus , &fur tout la predication de l'Evangile 2 Corinth. 2. 15. & les fonctions de la re-
             tres prenentces paroles, comme fi l'Epoufe,foûtenant la perfonne des Docteurs de l'Eglife primi-  pentance &de l'amendement , qui lui font les odeurs plus foüéves & plus agreables.
             tive,vouloitdire,J'ai été établie pourprendre les autres Eglifes fous macharge,en quitant le foin  53 Ou, mon nard: C'eftune herbe fort exquife, de l'huile de laquelle on avoit accoûtumé au-
             de la premiere ; & j'en ai feme d'autres par tout le monde, ne pouvant retenir ni cultiver la pre-  trefois deverfer à table fur la tête & fur les cheveux des Princes & des perfonnes d'une eminen-
             miere qui s'étoit plantée à Jerufalem , à caufede la perfecution des Juifs & des autres tyrans.  te dignité. Voi Marc 14. 3,8. Luc 7:37 .Jean 12. 3,7 . Et le S. Efprit eft accomparé à céte huilë
              c Deut. 12.5.  35 Ou,Du moi,ou,fais moi connoitre:L'Epoufe parle ici derechefàfon Epoux,
                                                                           de fenteur, à caufe defesgraces odorantes, bien plus liberalement épandues fur les croyans
  2.         & luidemande l'efprit de difcretion,pourn'étre point feduitepar les faux docteurs: Car il devoit
                                                                           apres l'afcenfion de Jefus Chrift que devant , Jean 7.39.  54 Ou, donne, c. que
             venir desfaux Prophetes , qui diroyent, Voici,le Chrift eft ici,ou il eft la, Marc 13.21 . Et quelque-
                                                                          le S. Efprit qu'il m'envoye de par fon Pere , m'a confolé , ou me confole en toutes mes an-
            fois Dieucache fon vifage aux fiens Deut . 32.20. & leurdit , Je ne vous paitrai plus , Zachar.11 .  goiffes, & produit en moi les fruits odorans d'une regeneration falutaire , & fous fes fain-
             y. 9.   d Cant.3.1,2,3.  36 J. C. eft lefouverain Paſteur des brebis Pf. 23. 1. pro-
                                                                          tes infpirations je m'étudie à toute fortede bonnes œuvres qui lui foyent agreables : Car rien
            mis Ezech. 34. 23, 24. Les Prophetes, les Apôtres, & les fideles annonciateurs de fa Parole font
                                                                          n'empeche que cete odeur de l'afpic ne s'entende tant decelle qu'il exhale au fein de l'Eglife
            fes commis & fes miniftres, qu'il charge de paître fes brebis en fon nom , Jean 21. 15 , 16, 17.
                                                                          & de l'ame fidelepour fa confolation , que de celle qu'il en pouffe audehors par les œuvres
            Et ici l'Eglife demande inftamment ou elle trouvera pâture & repos , en la grande chaleurdes
                                                                          de laconverfion &de la fanctification aux narines de l'Epoux : Et en cedernier fens l'Epouſe
            perfecutions , des herefies & des fchifmes , quandles brebis femblent s'étouffer & fepâmer
                                                                          declareroit qu'elle employe fort bien les dons qu'elle a reçûs de lui & ne les enfevelit pas , mais
            fous l'ardentde la croix. Confere Efa. 49. 10. Jean 16. 33. D'autres difent que l'Eglife laffe
                                                                          qu'elle met peine de leur faire épandre leur odeur en bonnes & en faintes actions qui lui
            & haraffée des travaux du monde, a recours au Souverain Paſteur, pour étre conduite à la jouif-
                                                                          foyent agreables.  55 C. la penfée , la memoire & la meditation de la grande amour de
            fance & au plus beau midi de fa gloire , où il paît immediatement les fiens & les conduit aux  Jefus Chrift, feellée par de fiameres fouffrances, m'eft comme un bouquet odorant de myrrhe,
            vivesfontaines des eaux , Apoc. 7. 15 , 16, 17.
                                               37 C. pourquoi fouffrirois -tu , e.ne
                                                                          pourreftaurer mes elprits & me réjouir le ca ur : La myrrhe eft une drogue ou unegomme pre-
            fouftrayant ton affiftance & ta grace , & la bonne conduite de ta Parole & de ton Efpr , que
                                                                          cieufe , d'une odeur fort foüéve, dont on fe fervoit ancienement pour parfumer les habitsdes
            je fuffe auperil d'étre feduite ? Car il y en abeaucoup qui prenent le nom de tes cor pagnons,
                                                                          Princes. Voi les remarques fur Exod. 30. 23. & Pf.45.9 . On en fait un bruvage fort agrea-
            (& nousfçavons qui font ceux qui fe l'attribuent aujourd'hui & fe qualifient les compagnons,
                                                                          ble, pourfortifierle coeur & pour purifier le fang , comme dit Pline , quand on la méleavec
            & la compagniede Jefus ) de tes ferviteurs & detes amis , Matt. 24. 5, 24. & 2 Pier. 2. 1 , 2.  duvin : On s'en fervoit aufli autrefois avec d'autres drogues aromatiques pour embaumer
            quifontveritablement tes ennemis & des feducteurs , 2 Corint. 11. 3. Voi ce qui arriva aux
                                                                         les corps morts , Jean 19. 39. C'eſten ſomme une épicerie fort exquife & digne d'étre offerte
            Galates , Gal.1. 6,7. Tous ceux qui n'ont point leur demeure en l'heritage du Seigneur , font
                                                                         en preſent aux Rois. Voi Gen. 37. 25. & 43.11 . Matt.2. 11. C'eft pourquoi il ne fefautpas
            en peril de tomber au fervice des dieux étrangers, 1 Sam.26.19 . Mais d'autres traduifent, Pour-
                                                                         étonner que l'amour deJ. Chrift , declarée fur tout par l'amertume de fès fouffrances pour
            quoiferous-je comme unefemme voilée , prés desparcsdetes compagnons ? c. pourquoi permettrois-tu
                                                                         nous , aufquelles fe pourroyent bien appliquertoutes lesproprietés de la myrrhe , foit ici fi-
            que je fuffecomme une femme angoiffée , allantçà.& là , le vifage couvert detrifteffe &de
                                                                         nifiéepar elle.  56 Ou, m'eft unfaiffeaude myrrhe.  57 Cecife peut rapporter, ou
           déplaifir , ( car levifage couvert eft un figne de trifteffe &de honte) ou comme une vagabon-
                                                                         àJ. Chrift méme, repofant doucement au fein defon Eglife & entre fes deux mammelles , qui
           de, delaiffée de fon mari , (felon que les femmes impudiques fe tenoyent voilées parmi les
                                                                         fontle V. & le N. T.d'où fetire par tous fes enfans le lait d'intelligence 1 Pier. 2. 2. & habi-
           champs Gen. 38.14.) nefçachant où te trouver , éloignée de toi & privéede ta prefence, & au
                                                                         tant par la foiaucœur de chacun des fiens Ephef. 3. 17. Ou à cefachet ou bouquet de myrrhe,
           milieu des autres peuples quife vantent tous de la prefencede leurs dieux? Toûjours l'Eglife
                                                                         c. à l'agreablepenfée & commemoration defon Epoux, qu'elle veut toûjours retenir au cœur,
           fouhaitede fçavoir où fon Epouxpaît, pour ſejoindre à lui , pour n'étrepoint expofée niau  principalement durant la noire & orageufe nuit de l'affliction , pour en tirer l'affermiffement
           mépris ni à la feduction.
                                                                         de fafoi , & la douceur de ſes confolations.
                                                                                    PPP                  14 Mon
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