Page 811 - La Sainte Bible, qui contient le Vieux et le Nouveau Testament. Edition nouvelle, faite sur la version de Genêve, reveüe et corrigée, enrichie, outre les anciennes notes, de toutes celles de la Bible flamande, de la plus-part de celles de M. Diodati, & de beaucoup d'autres ; de plusieurs cartes curieuses, et de tables fort amples, pour le soulagement de ceux qui lisent l'Ecriture sainte. Le tout disposé en cet ordre, par les soins de Samuel Des Marets, docteur & premier professeur en theologie, en l'université provinciale de Groningue & d'Ommelande, & de Henry Des Marets son fils, ministre du S. Evangile, en l'eglise françoise de Delft
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Chap . II. ECCLESIAST E. 354
19 Aff. par les veines fleuves " retournent au lieu d'où ils ef pience , ily aabondance +3 de chagrin : 43 Ou , de décourage
fontfous la terre , par ment , ou, decolere, ou, de
lefquelles l'eau de lamer toyent partis , 20 pour revenir enlamer. & qui s'accroift + fcience , s'accroiſt deplaifir.
fe purifie & s'adoucit , & 44 H.ajoute,ou,adjoint.
fourd en divers endroits 8 21 Toutes chofes 22 travaillent plus 4 fafcherie. 45 C. que celui qui
du monde. Sage veut dire quel'homme 23 ne fçauroit dire: 24l'oeil veut beaucoup fçavoir , a auffi beaucoup d'inquietude & defoin. 46 Ou, peine, ou,
20 Le
que les rivieres font au n'eftjamais foul de voir , ni l'oreille af- douleur, ou , vexation , ou , inquietude.
monde , comme le fang fouvie d'ouïr.
aucorps humain, dans u
necirculation continuel- 9 e25 Ce qui a efté , c'est ce qui fera. CHA P. II.
traduifent , que le vraibonheur ne confifte pas
le . D'autres duitot : Et ce qui a efté fait , c'est ce qui fe fera, Salomon montre
fleuves retournent toû
aux chofesquifont agreables à la chair, comme de batir des fomptueux
jours àallerau mémelieu, & n'y a 26 rien de nouveau fous le foleil . edifices , deplanterdes magnifiquesjardins , ou de beaux vergers , ou des
où ilsont accoûtumé
vignobles exqus, v. 1,2, &c. maus en lajouiſſancepaifible,gaye &mo
ler.
10 Y a-t'il quelque chofe dont on deréedesbiensque Dieufait aux hommes, 24, &c.
21 F. Toutes ces
aff . fus -mentionnées : puiffe dire , Regarde cela, il eſt nouveau? 1 H.Vamaintenant.
I 'Ai dit en mon cœur , ' Or çà ,
Mais rien n'empéche 27 il a déja efté és fiecles qui ont efté de
qu'on ne 2 Salomon parle ici à
verfellement de toutes vant nous. J que je t'éprouve maintenant foi-même, ou afon cœur,
3
leschofes du monde. & prens du bon temps : & comme s'il difoit , Je veux
11
22 C.font fi pleines de II 23 Il n'est point de memoire des par lajoye , eflayer fi lavolupté , les
delices & les plans des
e ainfi tellement fujet. chofes qui ontprecedé , aufli ne fera - t 'il Voila, cela auſſi eſt vanité.
& S
2 J'ai dit touchant le ris , Il est in chofes mondaines, tout le
tes au changement ,qu'el- point de memoire des chofes qui feront fouverain bien de ceux
les ne fçauroyent rendre fenfé : & touchant lajoye 7 de quoi
l'homme bienheureux. au temps àvenir , entre ceux qui feront fert qui en abordent & s'y
& peuvent leur
elle?
23 Oui- mémenepour- puis apres. procurer la vraye tran
roit fuffisamment enten 10
3 J'ay recherché en mon cœur 1° le quilitede l'efprit & une
dre ou comprendre : & 12 29 Moi le Preſcheur,j'ai eſté roi ſur folide felicite. D'autres ,
ainfi toutes ces chofes moyen de me traitter delicatement , quejebanquette.
qu'on oit & qu'on voit Ifraël àJerufalem : a Luc 12. 19.
le
au monde , ne peuvent 12 & que mon cœur cependant s'accouf 3 H. verdens te bien , c.
produire à l'homme un 13 Et j'ai adonné mon cœur à recher raffafie-toi debien, & te
tumaft à fapience , & comprift que c'eft
folidecontentement , ni cher , & fonder par fapience 3° tout ce plongedans les delices de
une vraye tranquillité qui fe faifoit fous les cieux , 3 qui eft une
31 3 de folie , 1+jufques à ce que je viffe ce la vie.
d'efprit. 4 Aff.
24 C.que l'homme de qui feroit bon aux hommes de faire fous dont il aufibien quece
firant toujours de voir & Occupation fafcheufe que Dieu a don
qui confifte en la recuer
les cieux , pendant lesjours de leur vie.
d'ouir des chofes nouvel- née aux humains , 32 afin qu'ils s'y occu che,laperquifition& con
les , fe témoigne mal-ſa
4 15Je me fuis fait 16 des chofes ma noifiance profonde es
tisfait & dégoûté des au- pent. chofes naturelles & avi
tres; rien ne le pouvant gnifiques : je mefuis bafti des maifons : les; tellement quic
14 J'ai regardé tout ce qui fe faifoit
contenter à plein, que la pliquant la doctin de
Salomon aux diventes o
doctrine de la verité , fous fous le foleil , & voila , tout eft vanité , & je mefuis planté ¹? des vignes.
18
ch. 12.15.
5 Je me fuis fait desjardins & " des pinions des Philofophies
e Eccl. 3.15. payens , il faudra mettre
33 rongement d'efprit.
25 C.que méme ce plai
vergers , & y ai planté des arbres 20 frui en méme rangcelles d'E
fir que l'hommeprend en 15 Ce qui eft tortu 3* ne fe peut re picure & deZenon , tou
Etiers de toutes fortes.
chantle fouverain bien.
cére varieté , & le defir dreffer : & 35 ce qui defaut ne fe peut
qu'il a de voir & d'ouïr
6 Je me fuis fait des eftangs d'eaux, s C. j'ai jugé de la vie
des chofes nouvelles , eft nombrer. delicieufe &
faux & vain ; veu que 36 pour en arrofer 22 le parc planté d'ar qu'elle fait toutne: la té
proprement rien n'arrive 16 3 Je parlois en mon cœur , difant, te, & quecesjoyes excel
bres. fives & immoderées , qui
de nouveau au monde, & Voici , 37 je me fuis agrandi & accreu en
que fous le confiftent à jouer ,fauter,
7 23 J'ai acquis 24 des ferviteurs & des
chanter , danfer, yvro
de noms & d'habits , c'eft fapience , par deffus tous ceux qui ont
toûjours une méme co fervantes , &j'ai eu 25 des ferviteurs nez
des c . fontplus fean
tes
medie qui s'yjouë. efté devant moi fur Jerufalem , & mon gner, & des
26 Affà l'égard des cho
en ma maiſon , & j'ai eu plus 26 de gros & perfonnes de fens raffis ,
fes qui arrivent fuivant cœur³ a veu beaucoup de fapience & de
menu beftail que tous ceux qui ont efté Prov.20.1.& 21.17 . Bien
l'ordre & le cours ordi- fcience. que le risgrave & moderé
nairedela nature , & des dans l'occafion, ne fe doi
affaires civiles des hom- 17 Et 39 j'ai adonné mon cœur 4º à 27 devant moi enJerufalem . , ve point condamner en
mes ; mais à l'exception connoiftre que c'eft de fapience , & à 8 28 Je me fuis auffi amaffé de l'argent tierement.
œuvres 6 Aff. la joye charnelle
jos
res & miraculeufes du connoiftre que c'eft de fottifes & folie, & de l'or , & des plus precieux joyaux & mondaine.
Seigneur , & des change 29
qui fe trouvent par devers les rois & 7 Ou , quft-ce que tu
mensque fadroitefait. mais j'ai connu que cela auffi eftoit 4¹ un fau ? ou, fais tu
27 C. que rien n'arrive
parmi les provinces : 30 jeme fuis acquis cela ? Le lens eit que cete
de fi furprenant dans le rongement d'efprit.
des chantres & des chantereffes , & les joye mondaine n'apporte
cours ordinaire du mon aucune utilité , & nefert
18 Carlà où ilya abondance de fa
de & des affaires humai
delices des hommes , 32 une harmonie derien au veritable bon
nes,quechofe pareille neſe ſoit veüe ci-devant en un tems ou en l'autre. 28 C. quece heur: Elle retiemble au
qui fe trouve & quel'onpenfe arriver de nouveau en l'opinion des hommes , leur paroit tel chatouillement des aiffelles, qui tient plus de la douleur quedu plaifir, & fouvent elle le termi
par leur ignorance , & fautede fçavoir ce qui eft arrivé au tems paflé & d'en avoirgarde lame ne par des larmes , & à une fuoefte cataſtrophe. 8 Le motfinifie une perquifition & une
moire, commecelles qui fe feront encore dans le futur, s'oublieront parles fucceffeurs de confultation fort exacte,comme celle d'un chaffeur,qui recherche la pifte & lespailees dugibier.
ceuxqui les auront veües. 29 Comme s'il difoit , Etant Roi puiflant & bienentendu, 9 C.en moi-meme. 10 C. je mefuispropofe de joindre enfemble l'étude & le plailir , la
j'ai eu l'occation & la commodité de faire tout ce qui fuit , beaucoup plus que ceux qui n'ont fageffe & lavolupté, la prudence & les delices; & de temperer la feverite de la fagefle, par des di
point eucommemoi , ni lepouvoir , ni les richefies , ni l'occafion ni le fçavoir requispour vertiffemens moderes. 11 H. d'étendrema chair au vin, c.dem'adonner aux longs & aux volu
effayer de tout , & en pouvoir parler par leur propre experience. Voi fousch. 2. 5 , 6, 7, 8 , &c. ptueux feftins, &de m'accoûtumer, oui de m'abandonner au vin , & d'y noyer & difloudre les
D'autrespenfent qu'il faudroit ici traduire , MoiKoheleth, &c. 30 Tantce qui arrivoit foucis &les inquietudes de la vie : Par fa chair, il entend fon corps, & par le vin, toute forte de
felon lecours & les loix ordinaires de la nature i Rois chapp. 3. & 4. que ce qui s'en éloi- [ viandesexquifes & de bruvages delicieux, & generalement toute forte de voluptés corporelles.
gnoit. 31 Carbien quechacun foit obligé de rechercher & d'acquerir tout ce quilui eft 12 C.qu'il avoit projetté de tellement retenir & conferver en fon cœur la fagefiedelaquelle
neceffaire enfavocation legitime pour s'en bien aquiter , comme Salomon s'étoit applique à Dieu l'avoit beneficié , queneanmoinsil pût auffi biaiferpour le dehors vers lafolie, & s'aban
bien connoître les affaires du monde, pourmieux fournir à fa charge de Roi , la perquifition donneraux foles voluptés de la chair & duventre , pour les connoître par fa propre experience.
neanmoins en eft penible & laborieuſe , toûjours defectueule & imparfaite , & incapablede 13 Voifusch.1.17. 14 C. attendant de me refoudre unebonne fois,fur la forted'une vie
fournir un entier contentement. H. une mauvaise occupation , ou, follicitude , ou , fatigue : uniforme, en laquelle je trouvafle un pleinacquiefcement. 15 H. J'aifait mes ouvrages
Elle fe nommefacheuſe , ou , mauvaiſe , parce que l'homme s'y occupe , fans en retirer une grands ; non feulement à la proportion de la neceffité , mais auffi à la meſure de ma dignite,
vraye utilité; veu qu'on ne peut jamais arriver à une entiere & parfaite connoiffance de pour une marquede ma grandeur,& à mon plein contentement. 16 C. des ouvrages d'ar
toutes chofes & de leurs caufes, leplus habile detous les Philofophes ayant profeflé de ne chitecture , tant en batimensqu'en plantages , comme il s'en explique auffi-tôt tant en ce f.
fçavoir qu'une chofe , c'eft qu'il ne fçavoit rien du tout ; outre qu'il eft tout-à-fait mal-aifé qu'aux 2 fuivans. 17 Aff. en Baallamon, Cant. 8.11. 18 Plantes & remplisdetoute
à l'homme debien appliquer , pratiquer & mettre en œuvre , ce qu'il ade lumiere &defcien forte debonnes herbes & de belles fleurs. 19 H. Pardefim, c. des paradis, ou des jardins de
ce.
32 Ou , pours'y occuper , ou , pour en étre vexes , ou , pour les humilierpar cemoyen. plaifance,plantés d'arbres exquis &ornés de belles allées,de fontaines & dejets d'eaux : Ou,dès
33 C. qui n'eft pas un fimple rompement de tête , mais une vexation , un rongement, pares , dans lefquels on nourrit des bêtesfauvespour le plaifir de lachaffe , au moins eft-ce ce
une affliction & une confomtion de l'efprit. D'autres , une påture de vent , c. une chofe queportechesles Perfes l'ufage dece mot, comme Aulus Gellius a remarque. 20 H.de tout
dont l'homme ne tire point plus de reftaurant , ni de fatisfaction pour fon efprit , ques'il fruit , c.de touteforte defruits. 21 C. des refervoirs d'eau , & où ily en a toûjours , foit
vouloit repaître & nourrir fon corps de l'air & du vent. Voi unepareille expreffion jerem. qu'ils retienentl'eaude lapluye, foit qu'ils s'entretienent par de vivesfources, comme lesfon
22.22. Ofée 12. 2. 34 Aff par aucune adrefle & induftrie purement humaine ; mais
taines, les jets d'eau & lesviviers , contribuent de beaucoup àl'ornement des beaux jardins.
ce qui eft impoffible aux hommes eft facile à Dieu ; c'est pourquoi David lui dit Pf. s 1. 22 C.mesvergers & mesparteries. 23 Ou, J'aiacheté , ou,j'ai poffede' , ou,j'ai conquis.
Y. 12. O Dien, crée en moi un cœur net, & renouvelle au dedans de moi un esprit bien remis. 24 C. des efclaves de l'un & del'autresexe. 25 H. & F. des enfans de la maison : Non pas
Voi fous chap. 7. 13. 35 C. qu'il y a tant de defauts & d'imperfections aux des filsdefamille , inaisdes enfans engendrés & nés en fa maifon defes propres efclaves , qui
chofes du monde & dans les affaires humaines , qu'on ne les fçauroit méme mettre par
conte. 36 C. je difcourois ainfi en moi-même , pour connoître s'il y auroit quel. fenomment en G. oikogeneus , & en L. verna. Confere Gen. 12. 5. & 14.14. & 15. 3. &
17.12.
26 H. & F. debœufs & de brebis : Mais fous ces deux efpeces fe doivent enten
que moyen de trouver la vraye felicité dans les choſes du monde ; & ainfi ordinairement dre toutes fortes d'animaux , que les hommes ont coûtume de nourrir pour leurufage , com
en ce livre. 37 Ou , j'ai aggrandi & multiplié la fageſſe , c. j'ai beaucoup avancé
en la connoiffance des chofes naturelles & civiles. Voi 1 Rois 3. 12. & 4. 29. & 10. 7,23. menosInterpretes l'expriment. 27 C. plus que David fonpere ,& que Saul lepremier
Roi d'Ifrael, & que tous les Roispayens qui avoyent cu leurfiege en céteville-là , avant que
Eccl. 2.9. 1
38 C. a experimenté & trouvé. Voi Job 7.7. 39 C. je me fuis David l'eut toute conquife. 28 Voi 1 Rois 9. 28. & 10. 14, 21 , 22, 26. 29 C. qu'on
foigneufement appliqué à bien comprendre en quoi confifte l'excellence & le preciput de puiffetrouverchés les Rois magnifiques , & dansles pais étrangers: Ou qui font fort eftimés
la fageffe " en lui oppofant & contrepefant la folie qui lui eft contraire ; parce que les par les Rois & par les peuples. 30 H.j'aifait. 31 H. F. & d'autres , les delices
chofes contraires comparées enfemble fe connoiffent beaucoup mieux, & fe prêtent une des enfansdes hommes; foit pour dire qu'il s'eft procuré toutes les plus grandes delices dont
mutuellelumiere. Voi fous ch. 2. 12. 40 C. àpenetrerjuſques où vont les égaremens
les hommes puiflentjouir en ce monde ; foit pour donnerparticulierement cet éloge àla mu
& les extravagances de l'efprit humain. 41 Voifus . 14. annot. 33. 42 Parce
fique , qui charme l'ame par les oreilles & chatouille les fens d'un fortgrand plaifir.
que ceux qui excellent en fagefle & en prudence humaine ( car c'eft de celle-là qu'il parle,
32 H. Schiddah vefchiddoth : Ces deux mots ne fe rencontrant point ailleurs font diverfe
comme fouvent l'Ecritureailleurs ) , remarquent beaucoup de chofes qui repugnent à leurs
ment expofes: Car outre l'expofition de nos Interpretes , il y en aqui les traduifent , mufi
loix, ce qui leur donne beaucoup de déplaifir , entant qu'ils voudroyent que tout allât quefimple & musiquede concert. D'autres , accord musical , ou , diverfes melodies d'inftrumens de
bien, & font obligés de fouffrir , fouvent méme avec beaucoup d'indignités , ce qu'ils ne
musique. D'autres , des caroffes. D'autres , un verfeur , & des verfeufes de vin. D'autres , des brecs
peuvent corriger: Et auffiparce que l'efprit de l'homme , mémeduplusfage , nepeut execu
& destaffes à boire. D'autres, des femmes d'élite prifes en guerre ; pour s'en fervir à toutes les
terni mettre en œuvre toutes fes conceptions.
chofes aufquelles lesfemmesfont proptes.
d'in

