Page 763 - La Sainte Bible, qui contient le Vieux et le Nouveau Testament. Edition nouvelle, faite sur la version de Genêve, reveüe et corrigée, enrichie, outre les anciennes notes, de toutes celles de la Bible flamande, de la plus-part de celles de M. Diodati, & de beaucoup d'autres ; de plusieurs cartes curieuses, et de tables fort amples, pour le soulagement de ceux qui lisent l'Ecriture sainte. Le tout disposé en cet ordre, par les soins de Samuel Des Marets, docteur & premier professeur en theologie, en l'université provinciale de Groningue & d'Ommelande, & de Henry Des Marets son fils, ministre du S. Evangile, en l'eglise françoise de Delft
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PI . CXL .                                  PSEAUME S.                                                         330

            5 C.tu connoisexacte- foit que je m'arrefte , &  as accouftumé , chofes 32 eftoyent écrites  en ton livre,  32 C.queDieu en avoit
           ment tout ce que je fais
                                                                      és jours qu'elles fe formoyent , mefme deja defleigne le patron
           &toutce queje laiflè ; & toutes mes voyes.
           je ne fçaurois rien entre                                                                          lon lefquelles tout l'on
           prendre qui te foit caché  4  Voire  devant que la parole foit  34 lors qu'il n'y avoit aucune d'elles.  vrage fut depuis tiré : Er
           & que tu ne trouves fur ma langue , voici , ô Eternel , tu con  17 Et pourtant , ô Dieu Fort, " com  qu'ainfiil avoit foigneu
           comme par experience &                                                                             fement avife à tout ce
           par coûtume: C'est une nois déja le tout.                 bien me font precieufes    les confidera  qui avoit été de lacon
           metafore tirée des hom
                                                                                                                  exactement connu
           mes , qui obtienent la  5 Tu me tiens ferré par derriere ,  tions que j'ai de tes faits , & combien  formation; ou qu'il avoit
                                                                                                              & fceu ce qui en reüfli
           connoifiance des chofes, & par devant, & 7 tu as mis fur moi ta font grandes 37 leurs fommes !
           par l'experience & par                                                                             roit, que s'il l'avoit leu
           l'habitude.     main.                                        18    Les veux-je denombrer ? elles   de fes propres yeux ecrit
            6 C. devant que je par  ³                                                                         en unlivre.
                              6   Taſcience eft par trop merveilleu  font en plus grand nombre que le fa       33 C. au livre de tes
           le tu fçais ce que jeveux
           dire,parceque tu connois fe pour moi , & fi haut élevée , que  je  blon : 39 fuis-je réveillé ? je fuis encore a confeils & de ta provi
           lescoeurs, & que c'eſt de                                                                          dence eternelle: Ou en
           l'abondance du cœur que n'en fçaurois venir à bout.       vec toi.                                 celui de tous les evene
           labouche parle.                                                                                        qui arrivent au
            7 C.tu m'arrêtes & me  7 10 Où irai-je arriere " de ton Eſprit?  19 O Dieu , ne tuëras-tu pas le  mef monde , fous fon aduel
           faifis deta main puiffan- & où fuirai-je arriere de ta face ?  chant ? & pourtant , ô 40 hommes de le  &tagedirection : C'eft
           te, fans quej'en puiffe é                                                                          pourquoi quelques - uns
           chapper; ou pour m'ap-  8  12 Sije monte aux cieux tu y es,  fi  fang , retirez-vous arriere de moi.  traduilentici, s'ecrivoyent
           prendre   dois en
           tierement dependrede ta je me trouve gifant 14 au fepulcre , t'y  20 Dautant qu'ils ont parlé  de toi,  34 Il veut dire que
           providence.     voila.                                    42 pourpenfant quelque mefchanceté : Dieu avoitconnu toutes
            8 C. céte tiene toute                                                                             les parties de fon corps,
           fcience , par laquelle tu  95 Si je prens les ailes de l'aube du  3 ils ont élevé tes ennemis en mentant.  non feulement lors qu'el
           connois univerfellement            16                                                              les fe formoyent , mais
           touteschoſes.   jour , & je me loge 1 derriere la mer :      21 Eternel , n'aurois-je point en hai  méme devant qu'elles
            9 Aff .pourlacompren
                              10 17 Là auffi me conduira ta main, &  ne ceux qui te haïffent ? &  neferois-je commençaflent de fe for
           dre & l'expliquer conve                                                                            mer& de toute eternité :
           nablement , & enfa tota  ta dextre¹³ m'y empoignera.      point deſpité contre ceux qui s'élevent    appelleles chofes qui ne
           lité. D'autres , jen'ypuis                                                                         font point comme fi elles é
           rien,aff. pourme dérober  II Sij'ai dit , Au moins les tenebres  contre toi ?                      toyent, dit l'ApôtreRom.
           a fa lumiere. D'autres,je 19 me couvriront : voila 20 la nuit quifer
           n'ypuus atteindre , àcaufe                                   22 Jeles ai haïs + d'une parfaite hai  35 17. C.combien m'eftin
                                                                                                              comprehenfible ton foin
           de fon eminence & defa virade lumiere tout autour de moi.
                                                                     ne, 46 ils m'ont efté pour ennemis.
           hauteur.                                                                                           prevoyant & ton admira
            10 Veu que Dieu eft  12 Meſme les tenebres 21 ne me ca      23   O Dieu Fort, fonde-moi, & con     le gouvernement,par le
           prefentpar tout d'effence, cheront point arriere de toi , & la nuict                               toutes
                 & de puiffan                                        fidere mon cœur : efprouve-moi, & con    que tuhofesentoncon
                                                                                                              feil eternel , & comment
           ce, on nefe peut fouftrai- refplendira comme le jour , 22 autant te  fidere mes difcours.  ย
           re ni à fa main , ni à fes                                                                         elles doivent arrivercha
           yeux , ni fortir du diftri& t font les tenebres que la lumiere.  24 Et regarde s'il y a en moi 47 aucun  cune en leurtems ? Pf.40.
           de fa jurifdiction : Un  13 Or 23 tu as poffedé 24 mes reins ,                                          26.
           payen méme a dit que                                      deffein de travailler autrui , & me con   36 H. F. &d'autres , res
                                                                                                              penfees, c.ou les penſées
           touteft pleindeJupiter : des-lors que tu m'as 25 enveloppé au ventre dui + par la voye du monde.
           Et un autre , Où                                                                                   que j'ai de toi , ouplûtôt
           tu miferable  en quel- de ma mere.                        cellesque tu te donnesde nous.  37 H. leurstétes. Voi Nomb. 1. 2. & les notes.
           quelieu que tu ailles,fub                                  38 VoiPf. 40. 6.  39 C. quandjemeréveille au matin , & queje inedite & confide
           Jovefemper eris.   14. Je te celebrerai de ce que j'ai eſté  re tes œuvres de prés, je n'enpuis pasvenir à bout, mais jedemeuretoûjours occupe à les
            11 Ceci nous eft un fait                                 admirer , & je reftecontinuellement attaché de mespenfees à toi : Ceci fe pourroit peut-étre
                           fait par fi eftrange & émerveillable ma
           grand argument de la di                                   auffi appliquerà l'efperance qu'ale fideledefa refurrection glorieuse, & qu'apres cegrandréveil
           vinité , de l'immenfité & niere : 2 tes œuvresfont merveilleufes, &  il feratoûjours avec le Seigneur. D'autres , quand memeje veillerois , jeferoisencore avec toi , afl.
           de la toute -fcience du                                   pourconfiderer tes œuvres avec toute admiration.  40 H. hommesdesfangs , c. qui épan
                           mon ame le connoift tres-bien.
           S. Efprit.                                                dés cruellement lefang desinnocens. Voi Pf. s. 7.  41 Ou , contretei , ôDieu , & con
            a Job 26.6. Amos 9.                                      tre tousceux qui t'aiment & qui t'honorent.  42 Ou, ignominieuſement, ou, blasfematoi
           v. 2, 3, 4. Heb. 4. 13.  15 b27 L'agencement de mes os ne t'a  rement, ou,frauduleuſement, ou, en méchanceté.  43 C.que nonfeulementils font le mal,
            12 C. en quelque lieu point efté caché ,  lors que j'ai efté fait  mais qu'auffi ils avancent les autres méchans & ennemis de Dieu aux honneurs & aux dignites
           queje penfafie me retirer,                                du fiecle par lefaux témoignage qu'ils leurrendent : Ou , ils ontpriston Nom en vain , tesen
           pour échaper à tesyeux, en lieu fecret , & 28 façonné comme de  nemus.  44 Ou , n'aurois-jepoint à contre-caur , en averfion & en abomination.
           ou à tonbras,je n'yfçau- broderie 29 és bas lieux de la terre.  45 H. avecperfection de haine.  46 C.je les aitenu & tienspour mes ennemis.
           rois tellement me cacher                                   d Job 31. 6. Pf. 26. 2.  47 H. aucun chemin detravail , ou , defacherie , ou , de tort,
           que tu ne m'y vifles , &                                  c. aucunepenfee de violence ou d'iniquité , proteftant ainfide n'avoir point dirigé fes confeils
           que je ne t'y trouvaffe  16 Tes yeux m'ont veu 30 quand j'ef  ni lecoursde fa vie à fairetort à fes prochains.D'autresentendent ici parlavoye inique ouhon
           prefent.        tois comme un peloton , & " toutes ces    teufe , ou de tourment ,la voye ou l'inclination à l'idolatrie , parce que l'Idole s'exprime quel
            13 Ou,fijefais mongite.                                  quefois enl'Ecrituredu méme mot, gnotfebh, qui eftici employé. Voi Pf.16.4.  48 C. tan
            14 Ou , en l'enfer: Car ici le mot H.fcheol feprend pour le centre & les plus bas lieux de  dis qu'il teplaira me conferver en vie parmi les hommes : Ou , d'un train continuel. D'autres,
           la terre. VoiJob 11.8 . & 26.6. Amos 9.2.  15 C. felon quelques-uns , quand je pour  par la voye eternelle. H. par la voye de l'eternité, c. par la voye qui peutfubfifter eternellement ,
           rois courir auffi vite que le foleil , dont le mouvement eftfirapide de l'Eft à l'Ouest, ou  ou par la voye qui meconduiſe àla vieeternelle : Ou , par le vieux chemin. Confere Jerein..
           du levant au couchant , qu'il ſemble voler par le firmament. Voi de céte rapidité du ſoleil  y. 16. & 18. IS.
           en fa courfe, Pf. 19. 6, 7. Mais d'autres rapportent ces ailes aux rayons du foleil levant ,
           parce qu'ils femblent comme voler en un moment partout le vague de l'air. Voi touchant
           les ailes du foleil pris pour fesrayons , Mal . 4. 2. Mais toûjours le but du Prophete eft de di
           re, Si jevolois en unclin d'oeil , & en un moment , jufques aux endroits les plus reculés de  PSEAUME  CXL.
           l'univers , comme le foleil épand en un inftant fa lumiere auxlieux les lus éloignes de tout
           l'hemifphere , ou avec autant devîtefle qu'il fournit tous les jours facarriere , je ne mepour  David priepourétre delivré des méchans , avec declaration d'une
           rois pasdéroberà ta prefence.  16 Ou , aux dernieres extremités de la mer : Ou , parde  ferme confiance au Seigneur , duquel il demande auffi laruinedes calo
            a la mer  Ou , andernier bout de la mer, c. au dernier bout du monde ; car cesdeux termes op  miniateurs , en s'appuyant fermement furfon invariable justice.
           pofès , del'aube du jour , c. de l'Eſt ou de l'Orient , & de la mer, c. de l'Occident & de l'Oueſt,
           nous marquent en quelque forte la longitude du monde , & la plus grande diftance que nous  I Pleaume de David, baillé  au maif -  1 Voi Pf . 4. 1 .
           ypuiffions concevoir. Voi Pf. 65.6. & 72.8 . & 103. 12. Efa. 24. 14.  17 C. ce fera
           comme fi tu m'y avois mené par la main , je t'y trouverai prefent , & j'y refterai foumisà ta di-  tre chantrepour le chanter.
           vine Providence & à tafage conduite : Et ainfi il marque que la Providence de Dieu n'eft pas  2
           une connoiflance oifive , mais une conduite active & efficace.  18 Ou , m'y tien  Ternel, delivre-moi  de l'hom  2 Les uns l'entendent
           dra , fans que j'en puiffe aucunement échaper, ou yfubfifterfans fa direction &fans ion fe  ET  de de Doeg , & les autres de
                                                                              me mauvais : garde - moi
           cours.  19 Ou , me cacheront , aff. enforte que Dieu ne m'y puifle trouver. H. propre              Saul: Quelques - uns le
                                                                     l'homme outrageux
           aient, me briferont , ou , fouleront aux pieds.  20 C. je ferai aufli peu caché à tes  .           traduifent au pluriel , de
                                                                                                              tous les méchans,quiper
           yeux, quand meme les tenebres m'auroyent couvert de leurs plus noires ombres , que fi j'e
           toisexpofe aux plus clairsrayonsdu midi ; & la nuit méme fera comme une grande clar  3  Lefquels ont pourpenfé  des  fecutoyent David par tou
           te pour medécouvrir à nud enta prefence. VoiJob 26. 6. & Heb. 4. 13.  21 Ou, n'ob-  maux en leur coeur : ils affemblent  tous  tesvoyes d'hoftilite, com
           fourcirontriendevant tui , pour le cacher & le couvrir tes yeux. ConfereJob 34. 22. Jerem.         me fous y. 3.
           23.24.                                                                                              3 H.del'homme des vio
                    22 H. comme les tenebres , comme la lumiere : C'eft une frate Hebraique affès  les jours des combats.  lences. Voi 2 Sam 22.49.
           frequentede mettre un double comme , quand il s'agit de comparer l'une chofe avec l'autre.
            23 C. tuas mes reins en ta puiflance , & comme tu connois toutes mes penfees les plus fe  4 Ils  affilent leur langue comme un  4 C. qui non feulement
           cretes & mes plusintimes affections , aufli tu les gouvernes & les dirigesfelon qu'il te plaît.
                                                                     ferpent : venin 7 de viperes etfous leurs  tâchentde me furprendre
            24 C. mes inclinations , mes penfées & mes affections. Voi Job 19. 27. & les notes.               parfraudes & par finefles,
            25 Ou , convert , afl. de peau & de chairpar ta Providence : Oude l'arrierefaix dont l'enfant  levres :  Selah .  mais encore joignent la
                                                                                                              peau du lion où celle du
           eft enveloppé auventrede fa mere ; ou meme de cétepellicule , de laquelle quelques enfans  9
           naiflent coiffes, c. en effet depuis le tems que j'ai été conçû au ventre de ma mere.  5 Eternel ,  garde-moi des mains du  renard ne peut atteindre,
            26 Ou, partes œuvres merveilleuses.  b Job 10.8, 10.  27 Ou , L'affemblage de  mefchant, contregarde -moi 1 ° de l'hom  vio
           mesos: C'estune defcription poëtique de l'artifice admirable de la fage Providence du Sei          fence & pat vive force.
           gneur,formantnos corps au ventre de nos meres. Voi Job 10. 8, 10.  c Ecclef. 11.5.  me outrageux , de ceux qui ont pour  s Ainfi H. au pluriel ,
            28 C.conftruit & tiflu fort artificiellement de nerfs , deveines, d'arteres , de mufcles , de     c. beaucoupde mal.
           tendons & des autres parties du corps , comme enune riche & exquife brodure , plufieurs  penfé " de me heurter pour me faire  Afl. en rufes , en ca
                                                                                                              Jomnies, enfaux rapports
           parcelles d'étoffe & de couleur differente s'ajuftent & fe joignent enfemble fort artiftement  tomber.
           pour la perfection detoute la piece , & pour en faire naître ou quelque beau portrait , ou quel    & en detractions : Et les
           querichepaïfage.  29 Il appelle ainfi lamatrice, qui eft le receptacle de la generation
                                                                        6 Les outrecuidez m'ont caché le      naturaliftes difent que le
           & conformation de l'embryon , auventre de la mere , en forte toutefois qu'il femble avoir          ferpent affile & aiguifefa
           egard à la premiere origine des hommes , Gen. 2. 7. Oubien il compare la matriceà un fe-  laqs , & ont tendu avec des cordes une langue,lorsqu'etant irri
           pulere , dans lequel l'enfant eftcomme enfeveli avant fa naiffance : Ouparles bas lieuxde  rets  à l'endroit de mon paffage , bils té il effaye d'en piquer
           la terre, fe peut entendre cétepartie inferieure du monde que nous habitons , où nousfom           quelqu'un. Voi Pf. 58. 5 .
           mesconçûs , formes & nouns , depuis le premier commencement de nôtre étre jufqu'àla  m'ont mis des tresbuchets : Selah .  a Tf. 58.5. Rom. 3.13.
           mort, apres laquelle céteméme terre qui nous a portés nous reçoitenfon fein. Confere Ephef.raignées . Voi une méme metafore Pf. § 3. s. Etilfemble ici entendre céte fortedeviperes , qui
                                                                                                               7 Ou, d'afpics, ou, d'a
           4.9.    39 C.lors quejecommençai d'étre conçû & formé dans le ventrede ma mere, &
           que mon premier germe , ou la maffe encore informe & imparfaite de mon corps étoit com  peuventcracherleurvenin de loin.  8 VoiPf. 3.3.  9 C. nepermetspas queje tombe
           meun peloton de fil , entortillé enfemble. D'autres, quand j'étois une maffe informe, ou, un  en fes mains.  10 Voifusy. 2.  11 H.depouffermespas,c .derenverfet mesvoyes, &
           embryon. VoiJob 10. 10.  31 C. tous mesmembres, contenus comme enunpremier  de m'yfaire trébucher en ruïne.  12 H. à lamainde l'orniere , c. dufentier , aff . par lequel
           crayon , en céte mafle informe,                           ilsfçavent quej'ai coûtumedepaffer.  b Jerem. 18.22.
                                                                                                      7 J'ai
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