Page 670 - La Sainte Bible, qui contient le Vieux et le Nouveau Testament. Edition nouvelle, faite sur la version de Genêve, reveüe et corrigée, enrichie, outre les anciennes notes, de toutes celles de la Bible flamande, de la plus-part de celles de M. Diodati, & de beaucoup d'autres ; de plusieurs cartes curieuses, et de tables fort amples, pour le soulagement de ceux qui lisent l'Ecriture sainte. Le tout disposé en cet ordre, par les soins de Samuel Des Marets, docteur & premier professeur en theologie, en l'université provinciale de Groningue & d'Ommelande, & de Henry Des Marets son fils, ministre du S. Evangile, en l'eglise françoise de Delft
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• Ceft ainfi qu'il eft
                      nommé par notre Sei
                                                          LE              LIVRE
                      gneurJ.C. Luc 20.42. &
                      par $. Pierre A&. 1.20.


                                  DES                        PSEAUMES
                                                                                                                           .




                                                             ARGUMEN                          T.

                                       E livre a toûjours été reputépar l'Eglife de Dieu entreles livres Canoniques du V. T.pour unjoyauparticulier, duquelle prix & la valeur
                                       nefepeut affesconcevoir, bien loin de s'exprimerſuffiſammentpar écrit oude vive voix: Quelques-uns l'ont nommé le Jardin des delices
                                       du Chrétien, rempli defleurs odorantes & defruits exquis : Lesautres l'ont appelléfonMagafin  fon Arfenal , où il trouvedes armes à
                                       l'épreuvepour toutes fortes de combats : Les autres, la chambredefon Threfor , rempliedeprecieuses richeffes : Et les autres encoreune
                                       Boutique d'Aporiquaire fourniede medicamens excellens & de remedes infaillibles contre toutes les diverſes maladies defoname. D'au-
                                       tresenontparlécommede l'Anatomie de l'amefidele ; d'un Miroir exquis de ladiverfe & inconcevablegrace de Dieu ; d'unAbbregépar-
                            fait de toute laBible, c. dela Loi  de l'Evangile , de la vraye connoiffance de Dieu & de fon legitime fervice.  Car ilcontient plufieursinftructionsfalu-
                            taires touchant l'effence de Dieu & la S. Trinité, lesproprietés defa nature ,fon confeil eternel, fafainteParole , fesgrandes œuvres , cellesparticulieremens
                            defa beneficence & defa mifericorde enversfonEglife , & defonjuftejugementfur les ouvriers d'iniquité. Ily eft auffi traité delaperfonne & de l'officefa-
                            lutairedu MESSIE , aff. notre Seigneur 7. C. defon eternelle Deité, defon incarnation, defes fouffrances & de famort , de fa refurrection , defon
                            afcenfion auciel, defafeance àladroite defon Pere, & de l'établiſſement& del'étenduedefon regnefur les Gentilspar lapredication de fonS. Evangile:
                            Et encore, dutrifte état de l'homme fous lepeché , de la nature & condition de la regeneration, de la vraye repentance , de l'amour de Dieu & defa
                            craintes delanaturede la vrayefoi , de la confiance en unfeul Dieu, pour nefeglorifierqu'en lui, de la certitude dufalut , du combat de l'efpritcontrela
                            chair , commeauffide l'Eglife Catholique recueilliedesJuifs & des Gentils , de la difcipline Ecclefiaftique , de la communion des Saints , delaremiſſiondes
                            pechés, de la refurrectionde la chair  de la vie eternelle. D'ailleursfe trouve auffi en ce livre toute forte defaints & defpirituels exercices depieté,
                            commeles modeles  lesformulaires des louanges duS. Nom de Dieu , des actions degracequi luifont dûëspour fes bien-faits , despromeſſes & des vœuxde
                            reconnoiffance & degratitude ; d'ungrand nombre deprieres zelées & preffantes , pour tout cequi pourroit concerner la gloiredeDieu  l'interét desfide-
                            les , tant engeneralqu'enparticulier , principalement entoutefortede croix , decalamités  d'afflictions ; avec beaucoup de faintes meditations, defolides
                            &depuiffantesconfolations, & d'argumens efficacespour nousfortifier en lafoi , enlapatience , enl'efperance & entoutes lespartiesdelapieté: Tellement
                            que l'on nepeut concevoir aucune condition dufidele encéte vie , foit de profperité ou d'adverfité, foit de tentation ou de delivrance , foit de combat oude
                            victoire, foit demaladie ou defanté, à quoiil ne puiffe trouver de l'entretienconvenable en ce livre pour la tranquillité defaconfcience & l'avancementde
                           fonfalut. Etau lieu quedans les autres livres de l'Ecriture Dieu nous enfeigne comment illuiplaît deparler àfon Eglife , il nous apprend en celui-cicom-
                            mentenfonEglife nous avons à luiparler , n'y ayantpoint de confeil dans l'angoiffe, ni defoûtien dans l'affliction , ni de reſtaurant en la douleur , nideremer-
                            cimens& d'élevations enverslui enlajoye, dont ilne rempliffe les cours& les bouches defes enfans, en la meditation de cespoëmesfacrés, quipar la vertu du
                            S. Efprit, enaccompagnant les nombres & la diction, réveillent en leurs amesdes faillies toutes celeftes ; deforteque tout ce qui s'eftjamais dit de l'efficacede
                            la musique, pourémouvoir diverſement les affectionsdes hommes , charmer leurs chagrins &appaifer tous les troubles deleurs efprits , convient d'unefaçon
                            eminente à la Harpe myfterieusedeDavid  à ces divins Cantiques. Il n'y a pointdemauvais efprit que céte fainte musique ne chaffe, point de pierres
                            qu'elleneremue, point deforêtqu'ellen'ébranle, point de trifteffe dont ellene triomfe. C'est pourquoi chaque Chrétien enfa condition , pour eminentequ'elle
                            luiparoiffe , oupourchétive qu'il lafente , doit lire & mediterce livre avec untres-grandfoin , pour s'accoutumer auftyle & aulangage particulierde l'E-
                            Sprit de Dieu, lequely eft employé : Etant certain quequand ilen aura biengoûté l'efficace & lefuc , ce luifera en l'ame comme une exquife & uneſalutaire
                            rofée ,qui luiapporteraun rafraichiffement agreable, & lafecondera aux bonnes œuvres ; & ilneprendrapoint de plusgrandplaisir qu'à enporter toujours
                            lespiecesfurfon cœur, enfa bouche  enfesmains, comme unprefervatif affure contre la contagion du fiecle & la corruption quiy regne : Aquoi auffi ce
                            faintouvragenous eftfouvent recommandé par le S. Efpritdans le V. T. & parJ. C. lui-méme &fes Apôtres auNouveau , & a étéconfigné à l'Eglife par
                            la Sageffe& laBontéparticuliere de nôtreDieu enformede Cantiques , pour le nous rendreplus agreable, d'un uſage plus familier  plusfacile à retenir.
                            LesHebreuxl'ont intitulé Tehillim , oupar abregéTillim, c.des cantiques deloüanges , parce qu'unegrandepartiedes Pfeaumes font de céteforte-là, &
                            que c'eft effectivement un recueil dechansons vraimentfpirituelles , qui ont étédivinement inspiréespour nous apprendre à louer & à celebrer convenablement
                            lenom de l'Eternel. Les InterpretesGrecs du V.T. ont employépour l'exprimer, le mot de Plautier, & celui de Pfeaumes, ou de Pfalmes, que lesfacrésEcrivains
                            du Nouveau ontauſſi retenu, & qui enfuite a étéadoptépar les Latins & par les autres nations Chrétienes , mémespar la nôtre ; bienque le motGreccon-
                            cerneſpecifiquement lesfaints Cantiques , quifejoüoyentfur des inftrumens de Mufique qu'on touchoit desdoigts , felon lapratique duV. T. dans le Taberna-
                            ele  dans le Temple ,pour lefervicepublic. Et comme ceuxqui en cesderniers tems delapatiencede Dieu ont appliqué ce nom de Pfautier àleurs roſaires¿
                            àleurschapelets , méconnus de toutel'Antiquité Chrétiene , nepeuvent s'excuferd'une infignefuperftition ; auffifefont-ils evidemmentfouillés d'une impieté
                           notoire, quandenfubftituant le nom deNôtreDame, à celuide NôtreDieu, entout celivre, ils l'ont metamorfofe au Pfautier de la S. Vierge , quidetefterois
                           elle-méme cefacrilege, fi elle le voyoit. On appelle ordinairement ces faints Cantiques les Pleaumes deDavid , parce queDavid , douépar le S. Espritdece
                           donparticulier (comme il eft dit 2 Sam. 23. 1, 2.) de compofer les douces chanfons d'Ifraël, en afait laplusgrand' part ; leresteayantété composépar d'au-
                           tres Prophetes  hommes deDieu , comme Moyfe,Afaph, &c. Et le tout ayant étédepuisramaffe par Efdras , commeon tient , apres la captivitéde Baby-
                           lone en un corps , telque nous l'avons maintenant,fans que l'ordredutems auquel chaque Pfeaume a étéfait s'ygarde. Les Hebreux ont partagé celivre (qui
                           fenommeauffi le livre des Pfeaumes parnotre Seigneur J. C. Luc 20.42.) encinqmembres differens ; dont lepremier s'acheve à lafindu Pfeaume 41,
                           quifefinitpar Amen, oui Amen. Lefecond s'acheve à lafin du Pfeaume 72 , quife termine auffipar Amen, oui Amen , avec ces mots , Ici finiffent les re-
                           quetes de David fils d'Ifaï. Le troifiéme s'acheve avec le Pfeaume 89, quife finit auffipar Amen , oui Amen. Le quatrièmefefinit avec le Pſeaume 106,
                           duquella conclufion eft , Amen, Halelujah : Et le cinquième avec le Pfeaume 150, qui eft le dernier, & quifinitpar Halelujah, c. loués le Seigneur.
                                                                                          ΤΟ
                                             PSEAUME PREMIER.
                                                                               fied point   au banc " des mocqueurs :          au
                                                                                                                          10 Ou , am fiege,ou , es
                                                                                                                         la chaire , oulà où ilstie-
                                                                                                                 12
                                      Defcription de laconduite& de lafelicitédes gens de bien , & au con-  2 b Mais duquel le plaifir eft
                                     trairedela condition & du miferable état des méchans.                         en la nentleursfeances, (com-
                                                                                                                         exercer enfemble leurs
                                                                               Loi de l'Eternel , tellement qu'il 13 me- me Pf . 107.12 . )poury
                      1 Comme ayant les I 'S                  Quebien-heu-     dite 14jour & nuict en fa Loi.            profanes moqueries de
                     promeffes de la vie pre-                        2                         C                         tout ce qu'il y ade faint,
                    fente & decelle qui eft à                reux eft  le per-    3 Car il fera comme ''un arbre   plan- de religieux & de facré,
                     venir, 1 Tim.4.8 . Le mot                         a
                     H.finifieles beatitudes, &              fonnage     qui   té prés des 16 ruiſſeaux d'eaux , qui rend felon que cesramasde
                                                                                                                         pécheurs endurcis & def
                     il eftpluriel , parce que la            3ne    chemine                                              efperément perdus ont
                                                                               accoûtumé de faire.
                     vraye felicité requiert la                     +                            11 C. de ceux qui font une profeffion ouverte de l'impieté.
                     prefence & l'affemblage                 point   fuivant    b Deut. 6. 6, &c. & 17. 19. Jof . 1. 8. Pf.119 . 1, &c,  12 Ou , enla dottrine: Car
                     de tous biens , qui neſe                le confeil   des  parce motde Loi , ailleursen toutcelivre , ne s'entend pas fimplement la Loi Mofaïque,com-
                     trouvent qu'au Seigneur.                                  me ellefediftingue de l'Evangile ; mais generalement tout ce queDieu nous a revele de fa Pa-
                      2 H. F. & d'autres ,                    meſchans  ,  &   roledans les faintesEcritures ; le fidele devant tirer des promeffes defagrace, lefondementde
                     l'homme, c. la perfonne,                                  fafoi & laconfolation de fa conſcience ; de fes commandemens , la regle defavie ; &detoute
                                                             qui    ne   s'ar- fa doctrine,les lumieres defon inftructionfalutaire. Et c'eft là l'une despremieres marquesde la
                     de quelque fexe ou con-
                     dition qu'elle foit. Voi                                  regeneration , que de prendre plaifir en la Parole de Dieu & en faire fesplus agreables deli-
                                                             reſte point 7 au  ces.
                     Job 12.10.                                                       13 H. proprement , meditera , confiderera , ou traitera , decoeur &de bouche ; &
                      a Pf.26.4. Prov . 1. 10 , train  des pecheurs , & qui  ne s'af-  ainfi en la fuite : AufliDieu ne recevoit pourvictimes legitimes que les bêtes qui ruminent.
                     15.4. 14, 15.1 Corint.                                    Ce changement de tems eft frequent en l'Ecriture , (felon qu'il y a proprementau .pre-
                     15.33.Ephef.5.11.  3 D'autres,n'eftpoint allé au conſeil des méchans, c.qui en deliberant tou-  ced.n'a pointcheminé, nes'eftpoint arrêté, ne s'estpoint affis ) & méme en nôtre langue nous
                     chantfa façondevivre, n'a point fuivi ni l'exemple ni les fuggeſtions des méchans.  4 C. ne  nous fervons quelquefois d'une pareille expreffion ; car nous difons , qu'un hommede
                                                                               bienne ferapoint tellechofe , ou qu'un méchant homme en ufera ainsi , un bon arbrepor-
                     forme & ne drefle point fa conduite & fa vie (exprimée ordinairement en l'Ecriture par le mot
                     decheminer,parceque c'eftun chemin qui commence en la naiffance & qui s'acheve en la mort,)  tera fon fruit en fa faifon ; pourdire qu'un homme debien n'a point coûtume d'agir ainfi
                     fur le moule des mauvais confeils & des pernicieuſes fuggeftionsdesenfans de ce fiecle, & ne les  ou qu'un méchant agit ordinairement de laforte.  14 C. continuellement , inceffam-
                     confulte pas, pour former avec eux des concluſions & des reſolutionsvicieuſes. VoiJob 21.16.  ment & toute favie; tellement qu'il en entretient fes penfeées à fon réveil , ou mémequ'il
                      5 Ou,desmal-vivans : Lemot femble finifier des gens impies , injuftes, perfides, inquiets&  fe réveille pour y penfer. Confere Pf. 16.7. & 17.3 . & 63.7. & 77.7. & 82.2. & 119.
                     corrompus. Voi Nom.35.31 .  6 S'affermiflant & s'endurciflant en la coûtume & enl'habi-  55, 62. Orcomme l'affiduitéauxprieres , qui nous eftfouvent recommandée en l'Ecritu
                     tude du peché.  7 H. F. & d'autres , enla voye, ou, au chemin : Et ainfi ordinairement en ce  re, ne détruit point la diligence que Dieu requiert de chacun en fa legitime vocation , auffi
                     livre:Or ne s'arrêter point au train des pecheurs, c'eft n'avoiraucune part à leur façon de vivre vi-  céte affidue meditation de la Parole du Seigneur , ne fedoitpointtirer à fujetdepareffe& d'oi-
                                                                               fiveté.  c Jerem. 17. 8.
                     cieuſe,ni àleurconduite déreglée & à leur méchanteconverfation.Voi Gen.6.12. & ici fous .6.  15 Les hommes s'accomparent fouvent à des arbres
                      8 C.de ceuxquifont profeflion ordinaire du peché , & fur lefquels le peché a un entier& un  en l'Ecriture ; mais on peut dire de l'homme debien, que c'eft un arbre renverfe , qui a fa ra
                                                                               cine auciel & qui porte fes fruits en la terre.  16 Quelques-uns ajoûtent ici lemotde
                     libreempire,que l'Ecriture nomme fouvent ouvriersd'iniquité: Ainfifous y.5. & Pl.26.9. & 104.
                                                             I
                      .35.Ecclef.2.26.& 9.2.Efa.65.20.Matt.26.45 . Rom.5.8.Voi aufli 1 Sam.15.18.  9 C.n'a  courantes , qui eft fuperfiu; carles ruiffeaux d'eau courent deneceflite. H. proprement , divi
                     point acquiefcé au mal par une confcience cauterifée , ni rejetté & méprife profanement toute  fions, ou ,feparationsd'eaux, c. des bras & des ruifleaux d'eau, quicourent & ferpentent çà &
                                                                               là. Confere Pf. 46. 5. Prov. 5. 16.
                     correction & route apprehenfion du jufte jugement deDieu. Voi Prov.18.1 . & 21.24.
                                                                                                                    fon
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