Page 652 - La Sainte Bible, qui contient le Vieux et le Nouveau Testament. Edition nouvelle, faite sur la version de Genêve, reveüe et corrigée, enrichie, outre les anciennes notes, de toutes celles de la Bible flamande, de la plus-part de celles de M. Diodati, & de beaucoup d'autres ; de plusieurs cartes curieuses, et de tables fort amples, pour le soulagement de ceux qui lisent l'Ecriture sainte. Le tout disposé en cet ordre, par les soins de Samuel Des Marets, docteur & premier professeur en theologie, en l'université provinciale de Groningue & d'Ommelande, & de Henry Des Marets son fils, ministre du S. Evangile, en l'eglise françoise de Delft
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Chap. XXX . JO B.
11 C'est une façon de
6. Quand je lavois mespas en beur
parler hyperbolique, pour moi , & 47 mon arc 43 eftoit renforcé en 47 C. fon pouvoir &
les moyens qu'il avoit de
inifier une grandiflime re , & que12 des ruiffeaux d'huile me de ma main. s'y maintenir & s'y defen
abondance de biens , & couloyent du rocher. 21 On m'efcoutoit , & on attendoit, dre contre toure violen
nommement de beurre ce nuifible: Car ainfi
& de lait: Expreflion af 13 l'arc fe prendpour la for
fes femblable a celle qui 73 Quandjefortois vers la porte par & on fe taifoit apres mon confeil. ce & pour les moyens,
fe trouve Gen. 49. 11,12 . la ville , & queje me faifois dreffer 14 ma 22 5. Ils ne repliquoyent rien apres
Gen. 49. 24. 1 Sam . 2. 4
& à celle quifuit ici.
12 Confere Deut. 32. chaires en la place. mon dire , & ma parole " diftilloit fur & c.
48 H. & F.fe changeoit,
.13. & ch. 33. 24. &Job aff. s'avançant de forceen
8 Les jeunes gens m'ayant apperceu eux.
20. 17. H.& quela roche force, & prenant tous les
auprésde moi étoit verfant 16 fe cachoyent , les plus anciens 17 fe le 23 52 Ils m'attendoyent comme
destorrensd'huile. la jours quelque nouveau
13 C. lors que me trou- Voyent & fe tenoyent debout. pluye : ils ouvroyent leur bouche , com degré de vigueur.
49 Aff parcequ'il étoit
vant aux affemblées pu- 9 Les principaux 18 s'abftenoyent de fi bien fondé , qu'onn'y
me apres la pluye de l'arriere-faifon.
bliques , j'étois honoré pouvoit rien ajoûter, &
ss
& refpeété de tous : Car parler , & 19 mettoyent la main fur leur 24 54 Riois -je avec eux? ils ne
ici la porte finifie le lieu bouche . le qu'on n'y trouvoit point
de la judicature , ou la croioyent point : & so ne faifoyent point So
redire. H.Ils ne redoubloyent
Courdejuftice.Voifus ch. pas : Ainfi 1 Sam. 26. 8.
5.4. & Gen. 22. 17. 10 La voix des conducteurs 20 eftoit dechoir la clarté de mon vifage. & 2 Sam. 20. 10.
58
14 Il entend fon fiege retenue , & leur langue eftoit attachée 25 57 Voulois-je aller avec eux? ' j'ef SI Comme une mé
judicial , deffus lequel , en à leur palais . nuë
qualité defupreme Magi tois affis " au haut bout , j'eftois entre nu pluye fur la terre
qui la penetre
ftrat , il prenoit con
noiffance des differens II 22 L'oreille qui m'oyoit , 23 di eux 60 comme un roi en fon armée , & doucement. Voi Deut.
32.2.
qui étoyent nés entre foit que j'eftois bien- heureux , & l'œil comme celui qui confole les affligez. 52 C ils fouhaitoyent
les citoyens, & en deci de m'ouïr & d'entendre
1 doit.
qui me voyoit , 24 me rendoit tefmoi mes difcours & mes confeils, comme on fouhaite & on attend la pluye en la grandefechereffe.
15 Qui joignoit lapor VoiDeut. 32. 2. Pf . 72.6. 53 C. lapluye de la moiſſon , fortrare ence païs-là , mais
te delaville, où le peuple gnage. auffifort defirée , pour lerafraichiffement de l'air , la nourriture du grain , & d'autresgrands
s'affembloit, pour plaider 12 a Car je delivrois l'affligé s'ef avantages. Voi Deut. 11. 14. Prov. 26. 1. Zach. 10. 1. 54 Ou, Sijejoüouaveceux.
& attendre la fentence
55 Aff. que je me jouaffe , ou queje voulufle rire, c. qu'ils m'avoyent en fi grand refpect
des Juges. D'ici & de ce criant , enſemble l'orphelin qui n'avoit qu'ils feponvoyent à peineperfuader queje vouluffe condefcendreàunefigrandeprivanté , &
qu'ilsprenoyent en un fensferieux , cela méme que je difois en jeu & paruneinnocenteraille
qui fuiton peutrecueillir, perfonne qui lui aidaft. rie. 56 C.qu'ilsne m'en méprifoyent point, comme onditque la familiarité engen
bien que
pas roi ni monarque,mais 13
25 La benediction de celui qui dre le mépris , & ne concevoyent mémede ma gaye humeur aucune matiere ni de trifteffe ni
dehonte, comme fe reputant méprifés ou offenfés par elle ; ce qui m'auroit tourné à déplai
vivoit fous ungouverne- 26 s'en alloit perir , venoit fur moi , &je 57 H. & F. Choififfois-je leurchemin ? c.merefolvois-je d'aller de moi-même lesvifi
ment
fir.
ter, pourles réjouir & les edifier par des inftructions folides , des confeils falutaires&des dou
voit pourtant unegrande faifois que le cœur 27 de la veuve 23 chan cesconfolations. 58 C. j'étoisprifé & refpectédetous , à caufe de inon credit & de mon
part , & le plus
autorité. 59 H. pour la tête, ou , àlatête. 60 C. que non feulement il étoit
haut rang au gouverne- toit dejoye.
ment de la republique. craint &refpecté, à caufe defon autorité, maisauffi cheri & aimé, àcaufe de fadouceur, de
16 Aff. par crainte & 14 b29J'eftois veftu dejuftice, & 30el- fa beneficence &de fa promtitude à fecourir & à confolerles affligés.
par refpect, comme ayant le 31 me veftoit ; 32 mon equité m'eftoit
honte de fe montrer où
j'étois,plein d'autorité & comme 33 une manteline , & comme une
de magnificence. CHA P. XXX.
17 Aff. par reſpect & tiare.
pourme fairela reveren Foboppose àsafelicitépaffée , fa prefente calamité, qui confiftoit eu
ce, fetenant debout juf I5 34 +Je fervois d'yeux à l'aveugle , & l'extreme mépris auquel les plus méprisables l'avoyent , v. 1 , &c. en
unerudetentation , qu'il fourenoit en fon esperance & enfafoi , 12. en
ques à ceque jefufle af de pieds au boiteux.
degrandesfrayeurs , 15. en beaucoup d'angoiffe, 16. endes douleurs cor
& I Rois 2.19. porelles , 17. en uneextréme oppreffion & depreffion, indigne de lui ,19. en
16 J'eftois pere aux pauvres , &
unmortel affoibliffement de fa vigueur , 22. nonobftantfaprobité, 25.
18 C.feretenoyent&
35 m'enquerois diligemment de la cauſe en la violencedefa maladie , 27. en trifleffe& en lamentation, 31
tant pas le refpectde fa di- qui ne m'eftoitpoint connuë.
gnité, quepour I
avec attention & fans Mais maintenant ceux-là fe moc
17 36Je caffois 37 les groffes dents du
l'interrompre. quent de moi , qui font plus 1 H. & F. moindres,ou,
19 C. fe taifoyent en pervers , & lui arrachois la proye d'en petitsde Ainfi
jeunes d'âge que moi : lesperes defquels
tierement, faifant filen fousch. 32. 6.Lemot de
tre fes dents.
ce avec reſpect , & écou ' j'euffe defdaigné de mettre avec les jourseftquelquefoisomis
tantfes difcours graves & le mémefens demeurant,
18 Et pource difois-je , " Je mour chiens de mon troupeau
folides avec admiration. . Gen. 19. 31. & 48.14 .
Voi fus ch. 21. 5. Jug. 18. rai 4° en mon nid , & multiplierai mes Jof.6.26.Jug.6.13. Ainfi
Y. 19. 2 Et de fait 3 dequoi m'euft fervi la les grandsfe prenent pour
26 H. fe cacheit, entant jours comme le gravier.
force de leurs mains? la vieilleffe eftoit lesvieux , fous ch. 32. 9.
I Sam. 17.28.
qu'ils gardoyent filence 19 42 Ma racine 43 eftoit ouverte aux
& nefonnoyent mot. 2 C. qu'il en faifoit fi
21 C. qu'ils n'ofoyent eaux, & la rofée demeuroit toute la nuit perie en eux. peu decas , que bien loin
De ' difette & de famine ils fe te- de leurconfier la condui
parler devant lui : Car cé- 44 fur mes branches. 3
te de fon troupeau , il
teexpreffion finifie le fi 20 45 Ma gloire 4 fe renouvelloit en noyent a part , fuyant 8 és lieux arides , n'auroit pas méme vou
lence , ou méme l'im
puiflance de parler. Voi ' tenebreux , 1° defolez & deferts. lu leur confier le foin
des chiens établis à lafu
la encore Pf.137.6.Ezech.
3. 26. & confere Pf. 22. 16. 22 L'oreille & l'œil fe prend ici pour la perfonne qui 4 Ils coupoyent des herbes fauva reté & à la garde de fes
oit & qui void. 23 H. mebien-heuroit , ou , mefelicitoit. 24 Aff. de ma & brebis &de fes chevres.
de ma probité, qui fe reconnoiffoit en toutes mes paroles & en toutes mes actions , & des grages auprés des arbriffeaux , 12 & la racine
3 C.qu'ils ne lui pou
ces& des de Dieu deffus moi. a Tf . 72. 12. Prov. 21. 13 . 25 C.le 13 degenevre ¹+ pour ſe chauffer . voyent étre utiles à rien,
tant ils étoyentchetifs &
bien;ou lebon-heurque me fouhaitoit celui que je retirois de peril & garantiffois deruïne.
26 C. quiétoitfur le point d'étreperdu & ruiné, fije ne l'eufle retiré duperil &puiflamment 5 Ils eftoyent dechaffez " d'entre les langoureux: Ou,bien que
fecouru de confeil & defait. 27 Afl. delivrée ou en corps.
fes difficultés. 28 C. fe réjouifloit grandement pour les bien-faits & le fecours qu'elle gens, & crioit-on apres eux comme apres forts& outres de
avoitreçûde moi en fes perplexités. b Efa. 59. 17. Ephef . 6. 14, &c. 1 Theff. 5.8. un larron : s C.que leurgrand âge
leur étoit inutile , ence
29 Le fens eft , que commeJob s'étoit tellement appliqué à la justice , qu'il s'en dépouil
loit moins de feshabits, auffi céte mémevertu, à il s'attachoit fi conftamment , lui 6 16 Tellement qu'ils habitoyent és qu'il neleuravoit appor
fervoit d'un ornement confiderable , pour lui concilier du refpect & de l'eftimeparmi les au
adreffe,
tres. Confere fous ch. 40. 5. Pf . 132.9. Ef . 52. I. 30 Aff. la juftice. 31 Ou crevaffes des torrens , éstrous de la terre te , experience ,qui
dence ,
comme d'autres , me revêtoit , c. m'ornoit de fon luftre. 32 Ou comme F. monjugement, & des rochers. eft ce qu'on eftime dans
c.ladroiture que jegardois en jugement pour la protection des innocens. 33 Ou , un lesvieilles gens. D'autres,
manteau , aff. d'honneur & de magnificence , par lequel les perfonnes illuftres fe diftin 7 Ils 7 bruioyent entre les arbrif elle étoitperie de vieilleſſe.
guoyent du vulgaire ; ce qui fe doit auffi entendre de latiare. 34 C'eft pourdite qu'il af la force de leurs
avoit fecouru & aidé les miferables , non feulement par des paroles d'inftruction , d'averti mains. 6 A laquelle leur pareffe & leur imprudente fecurite les avoit reduits.
fement , de confeil & de conſolation , mais auffi par des effets & des realités de beneficence 7 Ou, ils étoyent folitaires ; & déchaffes des lieux habitables , ils cherchoyent l'écart , &
& de liberalité. 35 Ou, j'examinois la caufe de celui qui ne m'étoit point connu , aff. pour n'avoyent pour retraite que des deferts , où ils fedevoyent nourrir d'herbes fauvages.
in'eu bien informer, & pour connoître s'il y auroit moyen de le favorifer en fon bon droit. 8 Où ils étoyent confinés , comme indignes de la focieté humaine : Ou qu'ils avoyent
Il veutdire, quenon feulement il avoit expedié en droiture les affaires qui avoyent étépor choifi eux-mémes de peur & de honte , pourfe dérober aux yeux de tous. 9 Ou,
tées devant lui en fa qualitéde Juge , mais qu'il s'étoit méme informé foigneufement des fombres : Le mot H. fe prend proprement pour la nuit paffee , ou pour le foir precedent,
caufes & des actions des opprefles , qui ne fe traittoyent pasencore devant lui , pour cher Gen. 19. 34. mais ici il fe prend pour l'obscurité, ou pour des lieux obfcurs & fombres,
cher le moyende les redrefler , & de les affifter en tems. 36 C. je m'oppofois à la vio comme font les halliers épaix des forêts , les profondes fpelonques & les landes inhabi
lence des méchans , lesempéchant , tant que je pouvois , de faire tort à perfonne. tées & éloignées de l'habitation & de la frequentation des hommes. D'autres , jadis de
37 C. la violence des hommes iniques , cherchant d'opprimer les povres & les foibles. Voi folés , &c. 10 Ces deux mots fejoignent ici pour mieux exprimer une grande & une
une pareille expreffion Pf. 3. 8. & 57. 5. & 58. 7. Prov. 30. 14. Joel 1. 6. 38 C.je fai affreufe folitude : Ainfi fous ch. 38. 27. Soph. 1.15. II Ou, des herbes qui cross
foismon conte dejouir long-teins d'une telle profperité ; veu que m'appliquant à lafainteté & fent dans les terres falées : Quelques-uns tienent , que ce foitde la mauve. qui fervoit de .
à lajustice,par lagracedeDieu, j'y avois experimenté fa faveur & fa benediction. 39 F.je viande auxpovres : D'autres , que cefoit l'herbe nommée halymus , qui eft auffi une especede
rendrai l'efprit , c.je m'en irardoucement &peu à peu , & ne mourrai que de vieilleffe. Confere mauve, oude pourpier marin. 12 Ou, & desracines , & legenevreleurfervoit de viande.
ce quifuit. Le mot H.femble fe prendre ence fens Gen.25.8. & 49.33. 40 C. en ma 13 Voi de cete plante 1 Rois 19.4. & les notes : Il veut dire que ces gens étoyent reduits
maiſon &parmi les miens : C'estune comparaifon empruntée des oifeaux. 41 Ou, lefa à fe nourrir de ce qu'autrement on ne mange point. 14 Confere Ela.47.14. ou
ble,c. engrand nombre. Voi Gen. 41.49. 42 C. quefon autorité & faprofperité croiffoit le mot H. s'employe ainfi : Ou , pour leur viande. Is H. & F. du milieu , all des
toûjours & alloit en augmentant, comme un arbre duquel la racine eft humectée d'eau par le villes , oudes hommes ; parce qu'on avoit mauvaiſe opinion d'eux , & qu'on s'en defioit.
pied , & par enhautde la rofée du ciel. Confere fus ch. 18. 16. & Pf. 1.3. " 43 Ainfi H. D'autres , de la focieté, ou , de la compagnie , aff . des autres , qui faifoyent quelque profef
c. que l'eau entroit de tous côtés pour arrofer fa racine , & que toutes fortes de benedictions fion d'honneur & devertu. 16 C. que pour l'horreur & la defiance queles autres
abondoyent furlui &fur lesfiens. On le pourroit auffi traduire au tems prefent , eftouverte : avoyent d'eux , ils étoyent contraints de s'en feparer & de prendre une honteufe retraite en
Et ainfi enfuite, jufqu'au y. 21. commeficefut une continuation du difcours precedent en la des lieux inhabitables. 17 Ou , rugiffoyens , ou , gemiffoyent , c. quepar lefentiment
defcription du bon-heur qu'ilfe promettoit. 44 H.fur ma moiffen. Voi fus ch. 14. 9. de leut mifere , de leur neceffité & de leur prefent peril , ils recannoyent comme desânesfau
45 C.l'honneur & lerefpect auquel j'étois parmi les hommes , a caufe de ma grande pro- vages quiont faim : Carle mot H.fe prend en ce fens fus ch. 6. s . & unautre qui l'appro
fperité. 46 C. que fa gloire ne demeuroit pasfeulementen un méme état, inais qu'el- che fort, fus ch. 24. 12. Et bien qu'ils fuffent ainfi retirés à l'écart, ils ne s'y trouvoyent
lefaifoittouslesjours de nouveaux progrés. point affurés , &fe plaignoyent inceffamment & d'indigence & de peur.
feaux ,

