Page 635 - La Sainte Bible, qui contient le Vieux et le Nouveau Testament. Edition nouvelle, faite sur la version de Genêve, reveüe et corrigée, enrichie, outre les anciennes notes, de toutes celles de la Bible flamande, de la plus-part de celles de M. Diodati, & de beaucoup d'autres ; de plusieurs cartes curieuses, et de tables fort amples, pour le soulagement de ceux qui lisent l'Ecriture sainte. Le tout disposé en cet ordre, par les soins de Samuel Des Marets, docteur & premier professeur en theologie, en l'université provinciale de Groningue & d'Ommelande, & de Henry Des Marets son fils, ministre du S. Evangile, en l'eglise françoise de Delft
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                 Chap . XIV .                                                                                                     266
                                                                      JOB .
                  33 C.bien que je fçache rai- je en lui :  3 tant ya que +je main-  9
                 que Dieu fera toujours                                         28 " Et cet homme s'en va par pieces    59 Il entend foi - mé-
                                                                                                                       me, marquant comme du
  Happines
                 mon refuge , & en la vie & tiendrai le train de ma vie en fa pre-
                                                                             comme bois vermoulu , & comme une doigt fapovre chair&fon
                enla mort, toutefoisje ne fence.                                                                       corps déchiré d'ulceres &
                veux pas abandonner la                                       robbe que la tigne a rongée.
                                                                                                                       deplayes, pour émouvoiť
                defente de macaufe con-
                                    16 Voire,      lui-mefme me fera en
                tre ces miens amis.                                          le Seigneur& fes amis à compaflion parce triftefpectacle : Et le fens  eft , que Dieu ne defiftoit
                                                                            pasde le reduire aux dernieres angoifles , nonobftant fagrande foibleffe , &qu'il n'avoit plus
                 34 Ou , je bailleraià é delivrance. Car  celui qui fe contrefait
                                                                             quelapeau & les os. D'autres l'entendent du corps humain &del'homme en commun , com.
  2.4                                                                        meilfuit ch. 14. I.
                plucher , aff : m'aflurant ne viendra point devantfa face.
                fur le témoignage de ma
                bonne confcience , & fur  17  37 Efcoutez attentivement mes
                la faveur & lé fupport
                                                                                         CHAP.      XIV .
                                 propos , & mettez en vos oreilles ce que
  pour          dont le Seigneur ufe en- propos ,
                verslesfiens.
                 35 All.Dieu , qui en me Je vous declare .                    Job cherchantde trouver pardevers Dieu quelque foulagement àfes
                delivrant fera paroître que  18 Voila incontinent  quej'aurai  maux , décrit la commune mifere de la viehumaine , v. 1, &c. De-
                                             ,
                                                                       demandede pouvoir étredelivré pourquelque tems de fes afflictions, 13. fe
               je lui aurai été agreable,
                & autre que vous ne di- duit par ordre 3 mon droict , je fçai que  plaint delarigueur queDieu exerce contre les hommes , nommément con-
                                                                            trefoi, 16. & contre d'autres & leursdefcendans , 21.
               tes.
                36 F. & d'autres , Phy. 39jeſeraijuſtifié.
                                                                            I  2                              2        a       9. &
               pocrite, ou , leprofane le-
                                                                                                                        7690.56 ,3.6 10
  etde bel!                                                                     L'Homme¹ néde femme , 2 eft de        V.12. & 103. 15. & 144. .
                                   19 4 ° Qui eft celui qui veuille debat-
               cret,telquevous me qua-
                                                                                   courte vie , & ³ plein d'ennui :   v.4.Jag. 4.14.
               lifiés à faufles enfeignes, tre contre moi ? Car maintenant  ſije                                       1 f . par la voye ordi-
               & en faisant tort à Dieu,  42
               qui connoit mon cœur ,& metais, +2je mourrai.                  2 b Il fort comme une fleur , puis eft  naire & naturelle; duquel
                                                                                                                     pourtant lageneration eft
               quipar fon S. Efprit m'y                                    coupé,    & s'enfuit comme l'ombre , qui
               rend un bien autre té-  20  Seulement ne mefais point 43 CÉS                                          fouillée & fous la maledi-
                                                                                                                     ation de Dieu, Gen. 3.16.
                                                        44
               moignage que le vôtre. deux chofes , & alors + je ne me cache-  n'arreſte point.                      fous ch. 15.14.
  me ca
               Confere fusch. 8. 13. &
  127                                                                         3 d Et tu   as ouvert tes yeux  fur un
                                rai point de devant ta face.                                                          2 H.&F.eftcourtdejourt,
               ce qui s'y remarque.
  tets                                                                          6                                    c. eft d'une vie peu du-
                37 H. En écoutant écou-                                    tel, ❝ & me tires en cauſe contre toi.
                                  21 45 Efloigne de moi ta main, & que                                               rable & fort courte : Ain-
               tés , c. prêtés audience à
                                          46                                  4i tirera le net de ce qui eft fouil- fi la longueur dejoursfini-
               mes propos , & oyés-les ta frayeur + ne me trouble point.                                             fie une longue vie. Voi
   &
              attentivement.                                                                                         Prov. 3. 2. & les notes.
               38 Ou, le droit de ma  22 Et puis 47 appelle-moi , & je ref-  lé? 7 Pas un.
                                                                                                                      3 F. facul d'inquietude.
              caufe , ou de mon diffe- pondrai , ou je parlerai , & tu me refpon-  5 f  Si, fesjours font determinez ,
              rend ; felon lequel ilde-                                                                           tu H. Tafafié de commotion,
                                                                           asle nombre de fes mois 10 par devers toi:
              clare & maintient n'étre dras.                                                                         fâcherie , d'émotion ,
                                                                                                                     crempli d'agitation , de de
              pastel qu'il étoit déchifié
  car                                                                                                     12
              par les amis.       23  ** Combien ai- je d'iniquitez & de   tu lui as prefcrit " fes limites , "  & il ne vexation & de travail, qui
                                                                                                                     l'accueillent de tous côtés
                                                                                                                    par les miferes ordinaires
               39 C.declaré jufte en cé- pechez ? Montre - moi mon forfait &  paffera pas outre.
              te caufede la partdeDieu,
                                                                             6 & Retire-toi donc is de deffus lui ,  & decéte vie. ConfereEccl.
                                                                                                                    2.23. & voi une méma
              & abfous de l'accufation mon peché.
              que mes mauvais amis in-
              tentent contre moi: Car  24  49  Pourquoi tu so caches ta face ,  qu'il 14 foit àrepos :  s jufques à ce qu'il façon deparler fus ch. 7.
                                                                                                                     . 4. & les notes.
                                                                          en foit venu à bout , h comme 16 un ou-
              ici il a égard à lajuftifica- f & si metiens pour ton ennemi.                                         "b Pf.103.15. Efa.40.6.
              tion de fa caufe ; bien                                                                               1 Pier. I. 24.
              que d'ailleurs il fûtper-  25  s² Montreras-tu tes forces contre  vrier à loüage 17 de fajournée.      c Job 8.9. Pf. 90. 6,18.
             fuadé de la juftification                                                                      19
                                                                            7 ¹³Car fi un arbre eft coupé, " 9 il y a  102.12 . & 144.4.
  CRI         defa perfonne en remif- une feuille que le vent emporte? pour-                                         d Job 7. 17, 18. & 10.
                                                                          v. 20.
  Cik         fionde fes pechés, par la fuivras-tu du chaume tout fec?             4Comme pour rechercher exactement tout fon train, & luienfaireporterlapu
             grace de Dieu , fuivant le                                   nition, quelque miferable qu'ilfoit déja.  5 Aff .quieftfi neceffiteux & fi miferable , &
             témoignage qu'il en avoit    53
                                 26 Que     tu decretes contre moi des commes'il difoit , fur une chofe fivile &de fi peu devaleur : Car il femble que l'homme en
             du S. Efprit en fon cœur,                                    lui-mémefoittellement indigne & méprifable, qu'il ne vaillepas lapeine queDieu, qui eft d'u-
             Rom. 8. 32.
                              peines ameres , &   mefaffes + percevoir   ne Majefté fifublime , daigne s'en méler aucunement , beaucoup moins qu'il déploye contre
                                                                         luifesgrands efforts pour l'accabler de tant demaux. Voifus ch. 7. 17. & 13.25.  6 H. t#
              40 Cya-t-il quelqu'un le fruit des iniquitez de ma jeuneſſe ?
             quiveuille plaider contre                                   memenes , ou ,fais venir enjugement.  e Gen. 5.3. Pf.51.7. Jean 3.6. Rom. 5.12. Ephef .
             moi je l'en defie : Carje        55                         23.     7 Parce que l'effet ſe doit reffentir de la condition de facaufe , & que par lesloix
                                 27 hEt que      tu mettes mes pieds
             mourrois de déplaifir, s'il                                 de la nature , chaque animaldevant engendrerfon femblable en toutesles qualités qui lui con-
             me faloit retenir cet ar- aux ceps , &  efpies tous mes chemins ?  vienentfpecifiquement ,l'hommepecheur & mortel nepeut qu'engendrer des enfans mortels &
             dent defir  j'ai de de-
             batre ma caufe : Ou, qu'il
             barre deque,ou , quit 57 & que tu t'imprimes  aux talons de  pecheurs comme lui ; tellement que nul homme ne fepeut trouver pur & fans peché , étant en-
                                                                         gendré,felon lecours ordinairede la nature,d'unpere pecheur & corrompu: EtainfiJobfecon-
             fe prefentevite pour dif                                    feffepecheur&fouillé , fouhaitant queDieuvoulût ne lui étre pas moins propice & favorable
                              mes pieds ?
             puter avec moi , car je                                     qu'aux autrespecheurs repentans , & ne le point affliger plus qu'eux : Et par cela méme confef-
 骂           m'envaismourir.  41 C. aucas quemaintenant, fihonteufement depeint, je ne faffepa-  fant fa naturelle & originairecorruption, il fait voir , premierement, que fi Dieu le confideroit
             roître de lavigueur à defendremon innocence, il faudra que je meure d'angoifle & de déplaitir.  enfoi-meme, il n'y trouveroit que toute matierede condamnation : Secondement, que la ju-
             42 Ou,j'expirerai. F. jerendrai l'efprit , ouje le perdrai peu à peu , jufques à ce que la mortait  ftice & l'integrité qu'il femble s'attribuer quelquefois, doit étre entenduecomparative& Evan-
             entierement éteint ma vic.  e Job 9. 34. & 33.7.  43 Afl. defquelles il eftparlé  gelique,& non pas abfoluë ni Legale.  f Job 7.1.  8 Cefi, n'eftpas de doute,mais d'affer-
             auy.fuiv. dont l'une eft, qu'il lui plaife de luidonner quelque répit & quelque relâche de fes  tion,comme fus ch.8 . 4. & vaut autant que car, oupuifque ; comme s'ildifoit , Veu que le tems
             maux, & neles lui pointcontinuer inceflamment ; & l'autre , qu'ilne le veuillepas toûjours  de chacun & defa vie eft determiné & arrêté par le confeil deDieu , il ne faut pas penfer qu'on
            confterer parl'éclat de fa Majefté , devant laquelle ilne pourroit fubfifter pour reprefenter fon  puifle paffer les bornesquil apofes pour les mois & pour fadurée : D'où il veut inferer que
            droit. Il a parlé de ces deux mémes chofes fus ch. 9. 34. & Elihu lereprend encore fous ch.33.  Dieu devroit traiter les povreshumainsplus doucement , & leur laiffer devider le peu quirefte
             .7.    44 C.jecomparoîtrai hardiment devant toi pourdefendre mon droit; je n'yfe-  de leur fufée en quelque tranquillité , veu qu'ils tendent toûjours à leur fin, & que fouventils
            raipointde defaut , & ne chercherai point de fins declinatoires , ni de delais.  45 C. que  defirent méme la mort comme la finde leurs miferes, fansefperance deplus retournerau mon-
            ta main fevere ne s'appefantifle plus fur moi , & qu'elle s'en retire : Carpar la mainde Dieu de.  9 C. le tems defa vie : Ainfi Gen. 5.4, 5. & 11. 32. Confere fus y. 1. & les notes.
            s'entend ici la calamité , le mal & la douleur extreme dont Job étoit travaillé : Ainfi Jüg. 2.  En méme fens il eft aufliparlé ici deſes mois , felon quefousch. 29. 2. il appellemoisdejadi, le
            V. 15. Ruth 1. 13. 1 Sam . 5. 6,7, 11. Pf. 81. 15. Lain. 2. 8, &c. Act. 13.11.  46 Ou,  temspaffe de fa vie.  10 C. quele tout eftarrêté par fon confeil immuable.
            n: m'épouvantepoint : C'est toûjours pour dire , Ne me preffe point en redoublant mes affli-  11 Aff. du progrés , de la durée &de la fin de fa vie.  12 Ou, lefquelsil n'outrepaf-
            &tions , & donne-moi la forcede pouvoir porter la grandeurde ta Majefté fans confterna-  fera pas  aufli ce ne feroyentpas des bornes , s'ils n'étoyent fixes.  g Job 7.16, 19. &
            tion, c. traite-moi en pere benin, & non pas enjuge fevere, & lors je plaiderai ma caufedevant  10. 20.  13 Aff. pour ne lepoint affliger de la forte.  14  Ou, s'arrête, aff. de
            toi : Maisbien que Jobfe fonde en ce difcours fur la bonté & lamifèricorde deDieu , & le té-  fe dolenter & defe plaindrepour fesgrands maux , &jouiffe enfa vie de quelque tranquillité :
           moignage de fa confcience , ilfemble pomitant exceder en ce propos.  47 C. prens la  Ou, s'arrête &ſoit a repos , felon d'autres , c. ceffe de vivre , comme le mot H. fe prend ence
           qualitéqu'il te plaira , de demandeur ou de defendeur , je fuisprêt à tout.  48 Comme fens , Deut. 15. 11. Car lavie gît en mouvement & en action , maisla mort en ceflation & en
           s'il difoit, Jefçaibien que je fuis de nature un povre pecheur , maistoutefois m'ayant accordé  repos : Quand la montre eft arrêtée, elle nefonne & ne marque plus les heures.
           gratuitement la remiffion de tous mes pechés , tu n'es plusen droit de les punir en juge, ni  is D'autres, jusques à ce que defranche volentéilacheveſa journée comme un mercenaire. F.ju-
           de les retirer du fond de la mer de tes mifericordes, où tu les asjettes, pour les faire de nouveau  fques à ceque comme un ouvrier à loage, il ait du contentement enfajournée: Ou ,jusques à cequ'il
           comparoître enta prefence & me les imputer à condamnation : Comment donc me pourroit-  voyecommeun mercenaire l'agreablefindefajournée. H. jufques à cequ'il veuille, ou , acheve, com-
           onfairevoire quels & combiengrands font les pechés, en punition judiciaire defquels mes amis  meun mercenaire , fa journée.  h Job 7.1 , 2.  16 H. unmercenaire : Il l'accompare
           penfent que tu me traites fi rigoureuſement , mefurant parunefaufiegeometrie , à lagrandeur  àun ouvrier qui s'eft loué parjour, ou pourun certain temsarrêté & coffvenu; parce que les
           demon affliation la grandeur de ma coulpe ?  49 C'eftdemander à Dieu qu'ilveuille lui  hommesfont établis deDieu pour un tems deterininé en fon confeil à travailler aux fonctions
           montrerquelles font les impietés & lescrimes pour lefquels il femble étre fifort rebuté de lui.
                                                                       deleurvocationjufqu'à lamort.  17 C.defa tâche achevée : Et ce qu'eft lajournée finie
           On lepourroitaufli, comme F. & d'autres , expofer par interrogation , Pourquoi caches-tutaface  & fournie par le mercenaire , cela l'eftà l'homme le jour de fa mort, comme fous ch. 15.
          &metiens-tupour ton ennemi ?  so Dieueft dit cacherfaface auxgens debien , lors qu'il  y. 32. Et en lerapportant là , ce feroit pour dire, jufques à ce queraflafié du travailde cétevie,
          femblen'avoir point d'égard à eux en leur neccffité , ne point écouter leurs prieres , & leur re-
                                                                       ilacheve fa tâche avec plaifir (comme un mercenaire finit ſa journée avec ſatisfaction) , ou
          fufer toutfecours. Voi Deut.31 . 17. & unepareille expreffion , Pf. 13. 2. & 69. 18. & 102.3 .  fouhaite méme la mort & le repos eternel , comme un mercenaire las & haraffé de travail , de-
          Ef. 54. 8. Mich. 3. 4.  f Job 16.9. & 19. 11. & 33. 10. Lam. 2. 5.  51 C. me  fire ardemment & avecaffection fon falaire & lerepos que la nuit apporte. Que fi nous ad-
          traites fi rudement par toutes lescalamités qui m'accueillent , qu'il mefemble quetu metiens
                                                                       mettonsici le mot d'achever , ou de venir à bout par l'homme defajournée , ainfi qu'un mer-
          pour tonennemi , bien que je fois ton enfant & ton ferviteur.  52 Oucomme F. &
                                                                       cenaire , achever ſa journéc , finifiera proprement finirfavie : Etainfi le tems de fa vieſe nom-
          d'autres, Briferas-tu unefeuille, &c. c. ta haute & tatoute-puiſiante Majefte , uſera-t-elle d'un
                                                                      meroitunejournée , felon qu'il s'exprime par des jours fusy.1 & 5. &cepour en mieux mar-
          fi grand effort à m'affliger , moi qui ne fuis qu'un povre verde terre, & qui ai moins de vigueur  quer labreveté, comme en pareil fens les hommess'appellent par les G. hemerioi , c.journa-
          à t'oppofer , que du chaume fec ou des feuilles feches que leventemporte ?  53 H. &F.
                                                                      Liers; parce quefemblables aux fleurs ephemeres, quis'épanouiffent & s'évanouiffentoutom-
          tu écris: Ce qui fe dit à la façon des juges terriens , qui font coucher par écrit le dictonde
                                                                      bent &fefletriffent en un mémejour. On peut aufli prendre la journée ici pour la tâche &
          leurs fentences contre les criminels , avec l'expreffion des peines aufquelles ils font condamnés
                                                                      l'ouvraged'un jour , ou d'un certain tems arrêté; ou pour lafin de la journéedu mercenai-
          & qui leur fontdecernées ; tellement que l'écrire ici finifie , decerner, arrêter, ordenner & af-
         fermir ce qui a été refolu.  g Pf.25.7.  54 H. F. & d'autres , heriter les iniquitésde  re, lors qu'il reçoit lefalaire de fon travail , & que l'ayant achevéil fe compofe aurepos : Et
                                                                      ainfi l'ont entendu nos Interpretes ; maispour l'entendre de la journée de l'homme méme,
         mejeuneffe , c. foûtenir & porter lespeines que j'ai meritées par mes iniquitésdepuis ma jeu-
                                                                      il faudroit ôter le fupplément du moten , & lire, jusques à cequ'il soit venu à bout defajour-
         neffe : Carainfi ailleurs les iniquités & les injufticesfe prenent pour les peines qui leurfont
         dues. Voi Levit. 5. 1.  h Job 33.11.  55 C.quecomme on metles mal-faiteurs  née, commeun ouvrier àloage.  18 Le fens eft , qu'un arbreétant coupé eft encore capa-
         en des étroites & dures prifons , ainfi fob étoit tellement ferré , enceint & enchainé par tou-  ble de repouffer ; maisqu'un hommeabbatu parplufieurs miferes & reduit à la mort, nepeut
                                                                      plus retournerà la jouïance & aux fonctionsde favie, tellement qu'en cet égard la condi-
         tesles afflictions , qu'il n'en pouvoitfortir , & ne voyoitpoint d'iffue à fes douleurs.
                                                                      tion des hommes eft plus miferable que celle des arbres, bien qu'on ait dit que l'homme eft
          56 C. jene fuispas feulement enfermé de tous côtés , mais tu pofes de plus des gardes con-
                                                                      unarbre renverfe: Ce qu'il reprefente pour émouvoir Dieu à mifericorde , à ce qu'il luiplaife
         tre moi , afin queje nepuiffe aucunement échaper. Confere fus ch. 7. 12.  57 Ou, &
         que tescepsfoyent engravés en mestalons ? ou , & que tu me talonnes ? mnepourfuivant defi prés,  par céte confideration lui donner quelque répit & quelque repospendant qu'il vit encore. Con-
         que jene fçaurois échaper. Il veut dire que non feulement Dieu avoit pofe fes gardes aux en-  fere fus chap. 7. 7, 8, &c.  19 Ou, ily a de l'attente ; ou , ila , aff. l'arbre , de l'arten-
                                                                      te , C. de l'efperance: Car des affections , de l'intelligence , desfens & du difcours , s'attribuent
         virons de lui , mais auffi le ferroit de fi piés , que les traces ou lesveftigesde fespieds , c. les
         témoignages de fon rigoureuxjugement , étoyent comme imprimés furfestalons , les appro-  quelquefois aux arbres & aux autresplantes improprement & figurément , commeauffi aux
         chantaufii prés qu'ilfe peut.  58 H.F. & d'autres , auxracines de mespieds , c. aux plan-  creatures qui n'ont pas mémede vie vegetative , ainfi quefont l'abîme, la mer , les pierres , la
         tes de mespieds. Il veutdire que Dieu ne le pouvoit ferrer & angoiffer de plus prés qu'il faifoit,  terre, &c. pour donnerplus de luftre , de clarté & d'efficace à la matiere qui fe traite , la pref-
        lui marchant fur les talons & le tenant comme par lespieds , tellementqu'il ne pouvoit s'éloi-  fer davantage , & exciterle lecteur ou l'auditeur à plus d'attention. VoiJug. 9. 8. &ce qui s'y
        gnerd'unfeul pas de fon affliction.                          remarque , & ici fousy. 9. où le flairer & le fens de l'odorat s'attribuë à l'arbre. Voi encore fous
                                                                     ch. 28.14, 22. & 31. 38.
                                                                                      Yy 2                  de
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