Page 628 - La Sainte Bible, qui contient le Vieux et le Nouveau Testament. Edition nouvelle, faite sur la version de Genêve, reveüe et corrigée, enrichie, outre les anciennes notes, de toutes celles de la Bible flamande, de la plus-part de celles de M. Diodati, & de beaucoup d'autres ; de plusieurs cartes curieuses, et de tables fort amples, pour le soulagement de ceux qui lisent l'Ecriture sainte. Le tout disposé en cet ordre, par les soins de Samuel Des Marets, docteur & premier professeur en theologie, en l'université provinciale de Groningue & d'Ommelande, & de Henry Des Marets son fils, ministre du S. Evangile, en l'eglise françoise de Delft
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Chap. VIII . JO B.
vent, & que mon œil ne retournera point | permettras-tu point que j'avalle ma fa
25 C. pour jouïr à la
veuedes autres hommes, 25 pour voir le bien. live ?
des biens caduques &
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periflables de cete vie , 8 L'œil de ceux 26 qui me regardent 20 55 J'ai peché : 56 que te ferai- je , ss cfi tu me veux ju
je me confeffe povre pe
comme la finite le mon- 27 neme verra plus : tes 28 yeuxferont fur 57 confervateur des hommes ? pourquoi gera larigueur de ta Loi,
tre: Car d'ailleurs il avoit
m'as-tu mis pour t'eftres en bute,& que incapable de te
une ferme confiance de moi , & 29 je neferai plus.
voir les biens de la vie à fatisfaire. F.par interroga
venir , fous ch. 13. 15. & 9 Comme la nuée defaut & s'en va , je fois " en charge à moi-meſme ? tion, Ai-jepeche ? aff. de
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19. 25. Or voir le bien, ainfi celui qui defcend ³° au fepulcre ne 21 Et pourquoi n'oftes-tu mon for quelque fecret & particu
c'eft l'obtenir & lepoffe lier peché qui me foit in
der : Ainfifousch . 9. 25. remontera plus. fait , & ne fais-tu " paffer outre mon ini connu à moi-meme , en
chátiment duquel je fois
Pf . 128.5. Ecclef.5.17. En
méme fens eft-ildit , voir
10 Il ne reviendra plus à fa maifon, & quité ? Car 2 je dormirai maintenant expofe à toutes ces cala
mités.
le repos Gen. 49.15 . voir 32 fon lieu ne le reconnoiftra plus. en la pouffiere , & 63 fi tu me 6+ cherches
la lumiere fous ch. 33. 28. 56 Aff . pour t'appaifer
65 & étre reconciliéavec toi,
voir la vieJean 3. 36. voir
11 33 Pourtant je ne retiendrai point de matin , "s je neferai plus . afin de fortir de tous ces
desbonsjours , ou , desjours
heureux', 1 Pier. 3.10 , &c . ma bouche , je parlerai en l'angoiffe de maux. 57 Ou, gardiendes hommes , c. qui tiens tous les homines en céte vie fous ta
mainfouveraine comme en garde, & les y conferves en leur étre jufqu'au tems de la mort & du
26 Aff. icifur la terre : mon efprit , je difcourrai 3+ en jugement à venir. Et Job feinble oppofer ce titre à ce que Dieu faifoitenvers lui , commepre
Ou , clairvoyant , c. fort l'amertu -
nant à tâche de détruirefa vie , aulieu de la conferver: Ou, obfervateur des hommes , c. prenant
perçant , fort vif, &qui me de mon ame.
void de loin. garde de fort piés àce quetous les hommesfont , pour les punir ou les châtier des qu'ils ont
27 Afl. quand la mort 12 35 Suis-je une mer, ou 3 une balei- failli. 58 Le mot H.finifie proprement lacourfeimpetueufe de quelqu'un qui courtde
toutefa force contre quelque chofe, ou quelque perfonne, pourla rompre , la brifer ou l'affron
m'aura délogé d'ici.
ne , que tu 37 pofes des gardes contre
28 Aff pour me bien ter , comme il arrive dans les tournois , principalement quand on court à la quintaine pour
faireen la prefente glori- moi? rompre contre lefaquin. On pourroit aufli le prendre en general pour le blanc auquel l'archer
fication de mon ame, & vife entirant fes fleches. Confere fous ch. 16. 12. 59 Aff. partoutes les fouffrances
en la future refurrection
13 Quandje dis , Mon lict me fou épouvantables que tu me fais fentir dehors & dedans , au fujet defquelles ma viem'eft defor
maisintolerable.
de mon corps ; mais tou 60 Ou, nemepardonnes-tupoint monpech ? par une remiffion gratuite,
tefois je ne ferai plus ici lagera : ma couche emportera quelque qui n'éteint pas entierement le peche dans lefidele pour n'y plus étre du tout , mais qui l'ôte
de devant la face de Dieu , pourne le plusaccufer en jugement & ne lui étreplus imputé àcon
fur la terre , pour yjouir chofe de ma complainte : damnation. Et ilfemble vouloir dire, Au cas que foit vrai ce que pretendent mes amis , que
de tes graces fpirituelles
& detes biens temporels.
14 Alors tu m'eftonnes par fonges, jefuis ainfi affligé de toi en punition de mes pechés , & pour en fatisfaire à tajuftice , (bien
qu'en ma confcience je fois du contraire) ne me pardonnerois-tu ces
40
Ce queles Saintspourtant & me troubles par + viſions. pechéspar ta mifericorde , afin que je ne trempe point plus long-tems fous l'infupportablefaix
fouhaitoyent, en partie
de céte calamité? 61 Ainfi H. Voi 2 Sam.12.13. 62 Ou, jem'en vaidormir , ou,
pour fervir encore ici à 15 Parquoi 41 mon ame choiſiroit
je feraigifant. 63 Ou, tu me chercheras. Confere fus v.8 . & voi les notes. 64 Car
Dieu & y avancer la gloi
42
re de fou Nom ; en par. pluftoft + d'eftre eſtranglée , & la mort le feul motH. ici employé finifieproprement , chercher au matin: Maistoute diligente recherche
43 s'exprime parce mot , parce que les chofes qui fe fontde bon matin , fefont avecdiligence
tie pour le fortifier par pluftoft +3 que mes os. & exactitude. Voi fous ch. 8. 5. Pf. 63. 2. Prov.7. 15. 65 Voifus ch.3.16.
l'ufage des benedictions
temporelles du Seigneur, 16 44Je me fafche de vivre , auffi-bien
en l'affurance de fon a
mour & en l'efperance ne vivrai-je pas toûjours : 45 retire-toi ar CHAP. VIII.
des biens celeftes. VoiPf. riere de moi , b car mes jours nefont que
6. 6. & 88. 11, 12, 13. & Bildad cenfurelespropos de Job, v. 1 , &c. celebre lajuftice de Dieu,3.
122. 1,2. & 128. 5. taxe les enfans deJob, 4. mais lui promet, s'ilfe convertit, grace & bene
46 vanité.
29 Aff. en céte vie. Voi diction de Dieu , 5. prouvant au contraire , par Pexperience desfiecles
fus ch.3.16.
17 Qu'est-ce que de l'homme mortel pales,la ruine des impies, 8. & confolantJob , fifapieté estfincere, par
30 Voitouchantlafini lespromeffesdu Seigneur, 20.
47
fication du mot H. fcheol, que tu en faffes fi grand cas , & 48 que
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Gen. 37.35 . & les notes. tupenfes à lui? Lors Bildad Sçuhite prit la paro
31 Aff. en ce monde
A
perifiable & à céte vie a le , & dit ,
18 Et que tu 49 prennes garde à lui
SI
nimale & mortelle :Car so chaque matin , que tu ¹¹ le fondes ¹²à 2 Jufques à quand parleras-tu ainfi ,
que Job ait creu ferme
ment la refurrection des tous momens ?
& les paroles deta bouche feront comme
morts au dernierjour,on
le void fous chap. 19. 25, 53 un vent impetueux ?
19 Jufques à quand " ne te retireras- 1 Ici lespropos de Job
26, 27. Et bien que nous
ayons au V. & au N. T. tu point arriere de moi , & ne me 3 a Le Dieu Fort renverferoit-il le fe comparent à un vent
impetueux, parce qu'ils
quelques exemples de
droict , & le Tout-puiflant renverferoit naifloyent d'une vehe
perionnes reffufcitées pour céte vie animale , ce font des miracles extraordinaires , qui font des mente commotion , con
exceptions rares à la regle ordinaire & generale dela nature , qui fe propofe ici , mais ne la ren il lajustice ? tre la moderation requi
verlent point. 32 C.fes amis, fes concitoyens , ceux defon anciene connoiflance, de
4 Sites enfans ont peché contre lui, fe , & paroifloyent méme
meurans enfa maiſon , en fa ville & enfon pais: Ainfi fons ch.8.18. & 20.9 . Pl.37.10 . C'est par choquer le refpect quife
unefemblable metonymie, par laquelle lesfentiers & les chemins fe prenent pourceux qui ypal auffi les a-t'il livrez entre les mains de doit à Dieu.
fent & y cheminent , fus ch. 6. 19. 33 Le fens eft , Puifque la vie de l'homme encom a Deut. 32. 4. 2 Chron.
mun eftpleine devanité & de mifere , & que de plus je metrouve en mon particulier accablé leur forfait. 19.7. Dan.9. 14.
d'une triftefle extraordinaire, & denué de toute profperite & confolation temporelle, il faut que
5 bMais fi tu + recherches le Dieu 2 H. illes a envoyés , c.
dumoins en mes plaintes & en mes doleances je décharge par ma bouche l'angoifle lamenta il a permis qu'ils tombaf
ble de mon cœur. 34 C. en une tres-profonde trittelle de mon coeur. Voi 2 Rois 4. 27.
Fort de bon matin , & que tu demandes fenten la puiflance dupe
35 C. je ne puis juger que mes maux foyent à autre but que pour me tenir enferre & en che pour combler leur
fure garde : Mais pourquoi y employerune fi grande force , & mevifiter d'une fi rude affli grace au Tout-puiſſant : mefure, & étrepar la me
Ation , veu queje ne fuis qu'unpovre & foible vermifleau de terre ? 36 Voi de laforce
6 Si tu es pur & droit , certainement nés en perdition : Et ain
de ce monftrueux & prodigieux animal fous ch. 41. 37 Aff. parces grandes douleurs qui filesafoumis à la peine
m'environnent de tout côte , & m'affligent le cœur jour & nuit. Il femble dire que Dieuvou il fe refveillera pour toi , & fera
il fe refveillera ' pour toi , &
fera pro meritée , pour recevoir
loit par là le retenir en bride , afin qu'il ne fift mal à perfonne, comme s'il étoit une meraf leur falaire.
freule , ou un monftre marin , qui par les dunes , par les falaifes & par les écueils fedoi fperer la demeure de ta juſtice. b Job 22.23.
vent retenir audedans de leurs limites, afin qu'ils n'endommagent ni la terre , ni les hommes. 7 Et ton commencement aura efté Comme s'il difoit ,
38 Aff. en moi-même , c. quand je penfe & efperede trouver quelque foulagement en mon Tes enfans font en effet
lit, par le fommeil. Voi Gen.20.11. 39 C. pardes effroyables, Dieu de petit , & ta condition derniere fera miferablement peris enu
tomber fur les perfonnes melancoliques , triftes & affligées , ou par la nature de leur mal ,qui ne jufte punition de leur
trouble leur imagination , ou mémepar l'artifice dudiable , qui prenant fon tems fe fertde beaucoup accreuë. peché,le mal depeine,ou
leurs humcurs melancoliques , pour exciter & former des reprefentations affreufes en leurs 10 fatisfactoire , ou medeci
efprits. 40 Semblables aux réveries & aux autres fiayeurs qui troublent ceux qui fontfort 8 Car , je te pric , to enquiers-toi nale, prefuppofant toù
malades: Outre que Satan fe pouvoit méler avec celles-ci , par la permiflion de Dieu. II
41 C.ma perfonne , comme en H. le mot d'amefe prend fouvent en ce fens. D'autres, en des âges precedens , & te difpofe à t'in jours le mal de coulpe ;
mais quant àtoi , au cas
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mon ame je choifirois plûtôt , &c. 42 C. qu'il auroit volontiers prefere à céte longue
former foigneufement de leurs peres. que tu recherches l'Eter
& continuelle angoitie & à cetevie languiffante, une mort violente & foudaine. neldebon cœur , & que
43 Ou , que d'avoir detelses : Ainfi puans & commedemi-pourris, à caufe des ulceres puans ୨ d Car 13 nousfommes du jour d'hier, tu lui demandesgrace , &
с net d'un peché
& fluans dont je fuis plein. Ou , que mes os , c.que mavie , en laquelle il ne me reste plus & ne fçavons rien : dautant que nos quetufoisperd ,ilfau
que les os. Et il fait pour exprimer vie , une mention de fes os , parce que enorme & criant,
mal avoit penetré jufques en fon interieur & jufques à fes os: Et ainfi les os fe prenent pour
jours font fur la terre comme 14une om- ra bien t'aider en tems
vie, pour la force & pour le dedans du corps , Prov. 14. 30. & 17. 22. Efa. 38.13 . convenable,& te remettre
44 D'autres, Je n'enpuis plus, ou, Je suistout ennuyé. F. Je les meprife, afl. mes os. 45 Ou, bre. en tapremiere condition.
deportetoidemoi, c. defifte d'ainfi m'affliger & de mevexer , afin que j'aye le loifir de refpirer 4 Aff. en tenis & foi
de me difpofer enpaix à ma moit prochaine , fous v. 19. Ou felon les autres , retire toi de moi gneufement. Voi fus ch. 7. 21. s C. non fouillé de quelques crimes fecrets & enor
afin que n'étant plus maintenu en vie par le concours & le foûtien de ta vertu , je meure dés ines, & donttu ne fois point repentant. 6 C. enta faveur, pour l'amour de toi&
aufli-tôt. b Pf. 62. 10. & 144. 4. 46 C. pallagers & inftables de leur nature, pour te bien faire. H. fur toi. 7 D'autres , rendra paisible. F. parfera , ou accompli
& rienque duvent , commefus y. 7. Or la viede l'homme fe nomme vanité, non feulement ra , c. le reftituera & le rétablira en fon premier état. 8 C. ta maison , en laquel
parcequ'elle eftcourte &difparoîtbien-tôt fous ch. 15.31. mais auffi parce que l'homme n'y le tu auras exerce juftice & probite : Ou , fuivant l'integrité & la juftice à laquelle tu te
trouvepoint leveritable bien qui le peut rendre fouverainement heureux, veu qu'elle n'eft plei feras appliqué. 9 C. qu'il te fera grand de petit , exalté d'humilié , riche de povre,
ne que de travail & d'affliction. Conferefus y. 3. & les notes. c Pf.8.5. & 144. 3. Heb.
& heureux de mal- heureux, te benifiant de plus en plus : Et ainfi ta derniere condition
2.6 . 47 C. que tu prenes garde à lui , fivil & fi miferable , tel que je fuis maintenant, fera beaucoup meilleure que la premiere , fi in te convertis fericufement à Dieu : Ce qui
& ne dédaignes point de te meler de lui. Confere aveccete expreffion fus ch.1.8. & les notes. eſt aufli arrivé , bien que d'une autre façon que Bildad ne penfoit. Voi fous ch. 42. 12.
48 H. & F. que tu y mettes ton cœur ? c. que tu t'y arrêtes , comme fi tu en voulois avoir raiſon, c Deut. 4. 32. 10 C.rappelle à ta memoire les documens desperes , qui par l'avan
l'affligeant en toute forte. 49 H. F. & d'autres , le vifires , aff. detesverges & de tes châ tage de leur plus longue vie & d'autres dons , avoyent plus de fcience & d'experience que
timen . Voi Gen. 21. 1. so Il fe reprefente & propofe ceci pour montrer : I. Que Dicu nous. II C. des chofes arrivées aux fiecles paffes , & des jugemens de Dieu obler
nous vifite diligemment & d'un foin particulier. Confere Lam. 3. 23. II. Que Dieu ne nous vés par les ancêtres. Ou , de lagenerationpaffée , c. d'une telle multitude d'hommes quiont
épargne pas, non pas méme lors que nous fommes au plus fort du travail. III. Que non feule vécu enfemble quelques années & enun méme fiecle. Voi Gen. 6. 9. & Pf. 12. 8.
ment le milieu & la fin , mais aufli le commencement de nôtre vie & de notre travail , eft fu.
12 C. de ceux qui les ont encore precede , & qui tant par leur longue experience & par la
jet à beaucoup d'afflictions , Pf. 88.16. & 90.9. 51 Voi comment Dieu fonde & éprou longueur de leur vie, que par la frequence des apparitions & des revelations divines , a
velesfiens Gen. 22. 1. 52 Ou, à chaque moment , c. fouvent , promtement , à l'impour voyent aquis beaucoup d'intelligence & de fagefie. d Gen. 47.9. I Chron. 29. 15.
veu & exactement. 53 Aff. enceffant de me traiter fi rigoureufement. 54 C. ne Job 7.5 , 6, 7. Pf. 39. 13. & 144.4. 13 Nullement compatables avec nos ancêtres,
medonneras- tu point au moins le loifir de refpirer? Avalerfafalive , finifie reprendre halei d'uneviebien pluscourte & de bien moindre experience qu'eux , & point avantages de fific
ne, fous ch.9.18 . Et c'estune façon de parler proverbiale , qui denote un tems aufli court, qu'il quentes revelations , nide communications fiprivees avec Dicu. e Pf.102. 12. & 144.
v. 4.
enfaut pour refpirer; comme fi Jobdifoit , Abftiens-toide me fraperdu moins pour un mo 14 Qui eft fortpeu ftable, fort muable, fort fuyante,& fans aucunefolidité. Con
ment, afin queje puiffe un peu refpirer & reprendre halcine. fere Pf . 102. 12. & 144.4.
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