Page 484 - La Sainte Bible, qui contient le Vieux et le Nouveau Testament. Edition nouvelle, faite sur la version de Genêve, reveüe et corrigée, enrichie, outre les anciennes notes, de toutes celles de la Bible flamande, de la plus-part de celles de M. Diodati, & de beaucoup d'autres ; de plusieurs cartes curieuses, et de tables fort amples, pour le soulagement de ceux qui lisent l'Ecriture sainte. Le tout disposé en cet ordre, par les soins de Samuel Des Marets, docteur & premier professeur en theologie, en l'université provinciale de Groningue & d'Ommelande, & de Henry Des Marets son fils, ministre du S. Evangile, en l'eglise françoise de Delft
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ROIS , ,
IIRO IS Chap. V. Naaman gueri de fa lepre.
Miraclesd'Elifée.
& voila l'enfant mort qu'on avoit cou- , qu'ils mangent. Car ainfi a dit l'Eter-
88
60 C.fur le litd'Elife ché 6 furfon lict. nel , Ils mangeront , & " il y en aura de i Jean 6.11 .
homme deDieu, fus .21.
88 Comme Matt. 14
lequel lit étoit en la
33 Eteftant entré enfa chambre il refte. y. 20. & ch.15.37.
chambre que la Sçunami- Il mit donc cela devant eux , & ils
te avoit fait bâtirchéselle ferma l'huis 2 fur eux deux, & fit requef- 44
pour la retraite & leloge-
ment du Prophete, fus te à l'Eternel.. mangerent , & en laifferent de refte , fui-
.10. vant la parole de l'Eternel .
34 Puis 63 monta , & 64 fe coucha fur
61 Aff. comme nous le
fuppléons , en la chambre, l'enfant , & mit fa bouche fur fa bouche,
où il avoit fouvent logé,
& où le corps mort de &fes yeux fur fes yeux , & fes paumes fur CHAP. V.
l'enfant étoit pofe fur le fes paumes , & fe pancha fur lui , telle- Naaman vient à Eliſée , pour étregueri de fa lépre, v. 1, &c. Etant
lit.
chargédefebaigner dans le fordain , il lejuge d'abord inutile , 10. 10-
Matt. 6.6. 2 Rois 4. ment que la chair de l'enfant fut échauf-
tefois apres illefait , 13 , & eftqueri , 14. Ilprend congéd'Elifée , qui
V.4. refufe fesprefens, & lerenvoye en paix, 15. Guehazifonferviteur en re-
62 C.furfoi& fur l'en- fée. en npunition dequoi la léprede Naaman s'attache à
fant. 35 Puis il fe retiroit & alloit par la soit les prefens , 20.
lui, 25.
63 Aff . furlelit,furle-
quel étoitl'enfant mort : maiſon , tantoft çà , tantoft là , "s & re-
Etainfi auy.fuiv. I
64 Voi de pareils exem- montoit , & fe panchoit derechef fur lui : OR Naaman chef de l'armée du
roi de Syrie eftoit homme de H. &F.ungrand homme ,
ples d'Elie, 1 Rois 17.21 . Fenfin l'enfant eſternua par ſept fois,& 2 avoit de
& de S. Paul, Act. 20. 10. grande reputation envers fon feigneur, credit & de pouvoir, en
AinfiJ.C. s'applique tout Ouvrit fes yeux. à qui on faifoit grand honneur , confideration de fes bel-
entier à nous & en tous &
fes benefices , par fafagef- 36 Alors Elifee appella Guehazi , & pource que S l'Eternel avoit donné de- bertus & de fes loua-
od. 11.3. Orce mémeé-
par fon merite à nos dé. lui dit , Appelle cette Sçunamite , le-
livrance aux Syriens par fon moyen
loge peut convenir aux
merites,par fonobeiffian- quel l'appella : & ellevint vers lui . Et il mais cet homme fort & vaillant eftoit PhilofophesPayens : Ilse
ce à notre criminauté, par toyent eneffet de grands
fa fanctification à nosvo- lui dit , Pren ton fils. hommes , mais toutefois
7 lepreux.
lontés & à nos affections Et elle s'en vint donc , & 67 fe lepreux , parceque defti-
corrompuës , &c. pour la 37 2 Et quelques troupes eftoyentfor- tuésde la foi enJ. C.
vivificationde nos ames. 2 Aff. le Roi de Sytie:
jetta à fes pieds , & fe profterna ju-
65 Les miracles fe tron- ties de Syrie , & avoyent amené prifon- Ainfifous y. 4, 18.
vent faits en deux façons : fqu'en terre : puis elle prit fon fils , & niere une petite fille du pais d'Ifraël , Ou , for bonaré. H. é
Lesuns en uninftant , & levédeface, c. enhautee-
fortit. 10
toutàcoup, par change- laquelle fervoit à la femme de Naa- ftime envers un chacun.
ment fans mouvement , 38 Ce fait Elifée revint en " Guil- D'autres,fort agreable; ſe-
man :
comme i Rois 1 8.37,38. lon unecertainefaçonde
Jean 11.43,44. & icifous gal. Or il y avoit famine au païs, & 9 les
.41. Les autresfucceffi- 3 Et elle dit à fa maiftreffe , Je fouhai- parler , de laquelle voi
Gen. 32. 20.
70
vement & par degrés , fils des prophetes 7° eftoyent aflis devant
terois que mon feigneur ſepreſentaft de- 4 C. parce que les Sy-
II
comme ici , & 1 Rois 1. lui. Et il dit à fon ferviteur , 7 Mets la vant le Prophete qui eft en Samarie , il plufieurs victoires fous
sens avoyent obtenu
44, 45. & Marc 8. 24,
25. Et en ceux-ci Dieu grande chaudiere , & cui du potage pour l'auroit tout auffi-toft 12 delivré de fa le- fa conduite & par fon
nous propofe l'image de les fils des prophetes . moyen.
s Bien qu'ils fuffentido-
l'oeuvredefa grace , pour pre. latres & horsde l'allian-
nôtre converfion & la re- 39 Mais quelqu'un fortit aux champs
generation de nos ames. 4 13 Quelqu'un donc vint & le rap- ce, Dieu nelaiffoit pas de
f1 Ros 17.21.2Ross 8. pour cueillir des herbes : & il trouva 72 de
porta 14 à fon feigneur , difant , La fille les gratifier de quelques
v. 1. Act. 20. 10. bien-faits temporels, A& t.
la vigne fauvage , & en cueillit des 73 co-
66 D'autres, baailla.
qui eft du païs d'Ifraël , a parlé ainfi , & 14-17
6 Aff. dans les neceffi-
47 Pour le remercierloquintes fauvages pleine fa robbe,& s'en
par un honneur civil du ainfi. tés de laguerre , &dans
bien-fait que Dieu lui a- vint, &les mit par pieces en la chaudie- 5 Dont le roi de Syrie dit , Sus , va- lesperils publics ,oùDieu
lesavoit favorile de lavi-
voitconferé par fon mini-
ftere & parfa main. re où eftoit le potage : car 74on ne fça- t'y en: & j'envoyerai des lettres au roi étoire par la bonne con- &
duite , le fage confeil
68 Voi fusch. 2. 1.
voit que c'eftoit.
69 Voifus ch. 2. 3. 40 Ets on dreffa de cepotage 76 à quel- d'Ifraël. Il s'y en alla donc, & " prit 16 en les belles actions de cet
70 Aff. comme fes di- homme.
fa main dix ¹7 talens d'argent , & fix mil- 7 Voi touchant céte ma-
fciples à fespieds, pouré-
18
8 Ou,LesSyriens
tre enfeignés de lui com- ques-uns pour en manger : lefquels fi- le 13pieces d'or , & dix robbes de re- ladieLevit. 13.2. étoyens
me de leurprecepteur & toft qu'ils eurent mangé de ce potage , ils
de leur maître , & écouter change. fortispartroupes.
Le mot H. finifie des
9
attentivementla doctrine. s'écrierent , & dirent , Homme de Dieu, 6 Et rapporta des lettres au roi d'If - bandes militaires , oudes
Voifus ch. 2. 3. & Deut.
33-3- 77 la mort est en la chaudiere : & " n'en raël , 20 qui contenoyent ces chofes , troupes de foldats , qui
font des courfes en quel-
71 Ou, mets le grand
pot , ou , la grandemarmite peurent manger . Maintenant fi-toft que ces lettres feront que pais pour ypiller &
butin :
au feu Ou le prepare 41 Et il dit , 7 Apportez -moi de la faire du burn . Ainf 13.
1 Sam. 30. 8. fous ch.
pour ycuire du potage. parvenues à toi , " ſcache que je t'ai en-
72 Hlavigne des champs ,farine : && il la jetta dedans la chaudie- 4. 21.& 24.2.
voyé Naaman mon ferviteur , afin 22 2 que 10 H. qui étoitdevantla
c. qui croit d'elle-méme à
femmede Naaman,c. étoit
la campagne , ou fur la re : puis il dit , Qu'on en dreſſe à ce peu- tu le delivres de fa lepre. en fonfervice. Carétre ou
bruyere : Et ainfien fuite ple, afin qu'il mange : & il n'y avoit plus 7 Or fi-toft que le roi d'Ifraël eut leu affifter en prefence de
descoloquintes des champs,
c. des coloquintes fauva- so rien de mauvais en la chaudiere . les lettres , il déchira fes veftemens , & quelqu'un , ou devant fa
face , c'eft le fervir. Voi
ges, qu'on appelle autre- 81 a
ment des courges d'outre- 42 Alors vint un homme de Bahal- dit , Suis-je Dieu pour faire mourir , & Autrement on pourroit .
Deut. 1.38 . 1 Rois1.2
mer,ou,courges fauvages, fçalifça , qui apporta à l'homme de Dieu pour remettre en vie, que cettui-ci en- traduire qu'elle étoit de-
73 Dont la figure , en
leursfeuilles& en leurs dupain 2 des premiers fruicts , affavoir voye vers moi , pour delivrer un homme vant la facede la ferme de
Naaman , c. enfapreſen-
branches , approche celle 83
des vignes:Et il fepeutfai- 33 vingt pains d'orge , & 4 du grain en de fa lepre
d'orge , & 4 du grain en
de fa lepre ? ? Parquoi fçachez mainte- «. II Cecifembles'enten-
re qu'en cétecampagne fe efpi eftants avec fa paille. Et Elifee dit,
fufient provignées quel- nant , & voyez qu'il cherche occafion dre plátor de tout le pais,
86 que delaville.
ques branches devigne, Baille cela à cepeuple afin qu'ils man- contre moi. 12 F. déchargé . H. raf .
& qu'entre fes farmens &
fes feuilles fe fuffent en- gent. 8 Mais il avint que fi-toft qu'Elifée femblé Tellement que
céte façon deparler, raf
tre-mélées des courges
43 Et fon ferviteur lui dit , h7 Que homme de Dieu eut entendu que leroi femblerquelquis de fale
fauvages ; & que cétui-ci
fans les diftinguer leseut baillerois-je ceci à cent hommes ? Mais d'Ifraël avoit déchiré fes veftemens , il pre , vaut autantàrd ,& &
que raffemblerfa lepre,
cueillies pele-méle. Ou
que les coloquintes s'expri- il lui refpondit , Baille-le à ce peuple , & envoya dire au roi , 24 Pourquoi as-tu ainfil'oter & l'en guerit
ment parle nom de vigne parce que ce qui fe raf-
fauvage , à caufe qu'elles reffemblent aux vignes. 74 Ou, ils ne lesconnoiffoyentpas, aff. déchiré tes veftemens ? qu'il s'en vien- femble eft ôté & tire du
que leurfruitfür fi amer& fi dangereux. 75 H.ils verferent , c . qu'ils drefferent de ce lieu où ilétoit premiere-
quiétoitcuit en la marmite, en le mettant dans les plats ou dans les vaifleaux d'où ils de- ment. Voi Pf. 26. 9. Toutefois quelques -uns tienent que ceci a égard à la feparation des le-
voyentmanger. 76 H. & F. aux hommes, c. à ces fils des Prophetes, pour qui le tout étoit preux , & à leur reiinion à l'aflemblée & commune focicté du peuple , auquel ilsfe raflem-
13 H. &
preparé. 77 C. que lepotage étoit fi amer au goût , & caufoit de fi violentes trenchées, bloyent quand ils étoyent gueris. Voi Nomb. 12. 14. Etainfifous . 6,7, 11.
qu'il fembloit quecefûtdu poifon,&querien ne s'en deût attendre quela mort. Confere Exod. F. Il vint donc , afl. Naaman le Syrien , ayant feu le difcours que tenoit la petite fille Ifraëlitequi
10. 17. 78 Acaufedefon extréme amertume. 79 H. prenés-moi , aff. pour me fervoit fa femme. 14 C. au Roi de Syrie, qui étoit fon feigneur & maître.
l'apporter, Voi Gen.12.15. g Exod.15.25. So H. pointde mauvaiſe chofe : Ce nefut 15 A deffein d'en faire au Prophete un honete prefent, apres étre gueri. Voi 1 Rois 14 .
point la farine par aucune proprieté naturelle, qui produifit cechangement & ce correctif; mais .3. 16 C. avec foi. Confere 1 Sam. 9. 8. 2 Sam. 8. 10. 1 Rois 14. 3. &icifousch. 8.
18 Ou , ficles d'or.Voitou-
cefutlafeule vertu de Dieu , qui fe déploya miraculeufement en ce fujet, auxprieres d'Elifee, & y. 8. 17 Voi de la valeur d'un talent Exod. 25. 39.
delaquelle céte farine nefut quele fymbole & le figne. 81 Ou ,dela plame deScalifça. chantlavaleur d'unficle commun d'or, Gen. 24. 22. Nomb. 7.14. 19 Voi Gen.45.22.
& Jug. 14.12. 20 H. difant. 21 H. voila. 22 Aff.par lesmains &le miniftere
C'étoit une contrée du païs de Benjamin. Voi 1 Sam. 9. 4. 82 Ou , despremices: Quife
devoyent prefenter auxSacrificateurs felon la Loi, Nomb.18.12. Mais en Ifraël parfaute de vrais de ton Prophete Elifee : Car on peut bien prefumer de ce qui eftdit fus au y. 4. que telle étoit
& legitimes Sacrificateurs 1 Rois 12. 31. lesperfonnes devotes les prefentoyent aux Prophetes, fon intention :Bien que le Roi d'Ifrael en prit lefens autrement, & commefi le Syrien eût pre-
qui fuppléoyent pour les Sacrificateurs à unepartie deleurs charges. 83 C'étoyent fans tendu que lui-meme perfonnellement eût deu guerir le General Naaman defa lepre , ainfiqu'il
doute de petits pains : Carautrement il n'y auroit point eu de miracle. 84 F. desépics fe void au y. fuiv. a Deut. 32. 39. 1 Sam. 2. 6. 23 C. matiere &pretextedeme
verds enleurgouffe, ou, en leurpaille, le grain n'en étant pas encore batu & feparé. 85 Ou,
declarer la guerre, parceque je n'aurai point gueri fon Naaman , encore qu'il fache bien que
enfarobe. 86 C. aux fils des Prophetes. h Jean 6.9. 87 Ou, Comment cela n'eft point en ma puiffance. 24 C'est pour dire qu'il ne devoit point avoir dé
mettroi-je ceci devant cent hommes ? H. mettrai je en leur prefence. Il eftime ce pain fort peu en chire les vêtemens par indignation d'une telle demande , ou par crainte d'une mauvaile
comparaison d'une part de la multitude des perfonnes , qui étoyent au nombre de cent , & fuite; mais qu'il auroit deu à ce fujetconfulter parlui la bouche de l'Eternel. Confere fus
d'autre côté de la petiteffe des pains , defquels un feul homme , comme onticat, en pouvoit ch. 1. 6, 16.
bienporterunevingtaine fans s'incommoder. ConfereJean 6. 9.
ne

