Page 435 - Dictionnaire de la Bible J.A. Bost 1849
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œuvres qui sont la conséquence naturelle de la véritable foi, du véritable amour pour le Dieu-Sauveur.
(A. Bost, Qu'est-ce que l'Évangile? 4e édition.)

On a étendu plus tard, ou restreint, le nom d'Évangile aux livres inspirés qui nous racontent l'histoire de
cette bonne nouvelle, et dont nous reparlerons aux articles de ceux qui les ont écrits, et qui sont appelés
évangélistes. Ce dernier nom se donne encore dans l'Écriture aux hommes chargés de faire connaître la
mort et la résurrection bénie du fils de Dieu; ils sont distingués, Éphésiens 4:11, des apôtres, des
prophètes, et des pasteurs et docteurs, parce que leur mission était plus spécialement la prédication,
plutôt que la cure d'âmes ou l'enseignement proprement dit. C'étaient des missionnaires chrétiens,
comme paraissent l'avoir été Philippe, Actes 8:5; 21:8, Timothée, 2 Timothée 4:5, etc., sans doute aussi
tous les autres apôtres, quoiqu'ils ne soient pas désignés sous ce nom. Cette charge, la plus grande et la
plus belle de celles qui se trouvent sous le ciel, ne prend vie dans l'Église que lorsque l'Église elle-même a
de la vie. Aujourd'hui un grand nombre de ces saints messagers parcourent la France, envoyés par des
sociétés fondées dans ce but à Genève, à Paris, à Lyon, à Bordeaux, et dans un grand nombre de villes.
Les chrétiens ne peuvent faire mieux que de les assister de leurs dons et les soutenir de leurs prières: c'est
l'œuvre directe du Seigneur. On donne plus ordinairement le nom de missionnaires aux évangélistes
envoyés chez les peuples non chrétiens, quoiqu'au berceau du christianisme cette distinction n'existât
point, et ne pût même pas exister. Cette œuvre de l'évangélisation qui a fait des prodiges, excite
naturellement les cruelles antipathies de ceux pour qui la bonne nouvelle n'est qu'un système entre
plusieurs autres, une théorie bonne entre plusieurs autres, et Jésus-Christ un saint et un ange, mais point
l'incarnation de la divinité: tous ceux qui n'auront connu véritablement, ni Jésus, ni le Père, feront souffrir
persécution à ceux qui voudront vivre selon la fidélité, et les ténèbres seront toujours ennemies de la
lumière.
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ÈVE,
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Genèse 3:20; 1:27; 2:18; 3:1; etc. 2 Corinthiens 11:3; 1 Timothée 2:13, la première femme et la première
pécheresse. L'homme ayant par la chute perdu l'immortalité, donna à sa femme le nom de vie, Ζωή,
(Sept.), hébreu Hhivvah, puisque son existence devait se continuer infiniment par sa descendance; cette
espèce d'immortalité remplaça pour lui l'immortalité corporelle qu'il avait perdue; il devait encore
trouver dans la postérité de sa femme une immortalité plus précieuse et plus glorieuse, mais il ne put la
comprendre qu'en partie lorsqu'elle lui fut annoncée. L'histoire de la chute et de la peine prononcée
contre la femme est trop connue pour qu'il y ait lieu à la répéter, on peut se borner à quelques
observations. La femme fut créée pour l'homme, mais tirée de l'homme; ce double fait établit de la
manière la plus claire les rapports qui doivent exister entre eux, rapports que les peuples non éclairés de
la lumière d'en haut ont vainement cherché à déterminer, les uns ayant fait de la femme la reine de la
société, les autres l'ayant ravalée au niveau de la brute. Dieu ayant destiné l'homme et la femme à vivre
ensemble, a dû les faire dissemblables et inégaux en force afin d'empêcher les luttes et les frottements; il a
fait l'homme le chef pour commander, et il lui a donné une aide formée après lui et pour lui, 1
Corinthiens 11:8-9, mais à son image et à sa ressemblance, afin d'effacer ainsi ou de diminuer la distance
qui les eût séparés autrement. Ils sont de même essence et de même nature, ils sont égaux; mais la femme
est venue après, elle est plus faible, elle doit obéir. Cette inégalité de forces a si bien été reconnue déjà dès
le commencement, que c'est à elle que le tentateur s'adresse en premier lieu, c'est contre elle qu'il dresse
ses premières embûches, et il la séduit en flattant sa sensualité, son orgueil, et son amour pour ce qui est
beau à voir.

— La peine imposée à la femme a paru grande à ceux qui regardaient sa faute comme petite, mais il n'est
aucune femme chrétienne qui ne comprenne cette parole du livre de Job, que Dieu exige de nous
beaucoup moins que notre iniquité ne mérite (11:6). Saint Paul, dans un passage bien connu et souvent
mal compris, envisage comme moyen de salut ce que Dieu infligea à la femme comme peine, lorsqu'il dit:

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