Page 436 - Dictionnaire de la Bible J.A. Bost 1849
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«Elle sera néanmoins sauvée en mettant des enfants au monde», ou plutôt, «par l'enfantement», 1
Timothée 2:15. Pour l'intelligence de ce passage, il faut reconnaître que l'apôtre qui a parlé d'Ève en
passant, généralise cependant ce qu'il a à dire de son sexe: l'idée qu'il développe, c'est que la femme ne
doit pas enseigner; elle est par nature plus susceptible pour les impressions qui viennent du dehors;
Adam ne fut pas tenté par le serpent, il le fut par Ève qu'une séduction extérieure fit tomber; la femme
donc doit s'abstenir d'enseigner; cependant elle sera sauvée, mais le salut qui lui a été promis après la
chute ne détruit pas sa position inférieure, ni même les douleurs de l'enfantement qui lui furent imposées
comme peine naturelle extérieure. Dans l'idée de l'apôtre la femme chrétienne ne peut pas dire; «Il est
vrai que c'est la femme qui est tombée la première, et que c'est elle qui est en général la partie la plus
faible, mais il n'y a pas de différence dans le règne de la grâce.» C'est aux paroles de Genèse 3:15-16, que
se rapportent les exhortations de saint Paul, et les douleurs de l'enfantement peuvent être considérées
comme un exercice de la foi. On peut ajouter comme une idée secondaire peut-être et cachée dans
l'arrière-plan, le salut qui devait sortir pour la femme comme pour l'homme de la malédiction elle-même
reposant dans l'enfantement, c'est que de la semence de la femme devait naître Celui qui briserait la tête
du serpent, et rendrait à l'humanité le bonheur éternel qu'il avait perdu par la chute. Mais il faut
repousser toute une série d'interprétations sensuelles, qui sont contraires à l'analogie de la foi comme au
sens naturel du passage, celle qui met le salut de la femme dans la vie de famille, et dans l'éducation de
ses enfants, celle qui prend le texte à la lettre (et quelle lettre!), à savoir que la femme sera sauvée en
faisant des enfants, excluant de, fait celles qui restent vierges ou qui sont stériles, l'idée qu'elle sera sauvée
malgré l'enfantement, celle que les douleurs de l'enfantement ne seront pas mortelles pour elle et qu'elle y
résistera (Benson et quelques Anglais), etc.
Toutefois, à l'interprétation que nous avons donnée, il ne faut pas oublier de joindre les réserves mises
par Paul lui-même à la fin du verset: «Pourvu qu'elle persévère dans la foi, dans la charité, et dans la
sanctification avec modestie.»
Une nouvelle traduction nous éclaire davantage sur ce sujet : 1 Timothée 2 :13-15: - 13 Car les êtres humains ont
été formés en premier, et la vie ensuite. 14 Et ce n'est pas les êtres humains qui ont été séduit; c'est leur réalisation
de la vie qui, séduite, occasionna la transgression. 15 Toutefois elle fut délivrée en sa procréation du GERME,
persévérant avec modestie dans la foi, la charité et la sainteté. (Bible de Machaira)
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ÉVÊQUE,
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en grec έπισκοπος, surveillant, inspecteur. Employés ecclésiastiques, institués, à une époque et d'une
manière inconnue, mais déjà du vivant des apôtres; ils portaient encore le nom de πρεσβύτεροι (prebtres,
prêtres), ainsi qu'on le voit dans plusieurs passages où les deux mots sont employés l'un pour l'autre;
Paul étant à Milet fait venir les prêtres (ou anciens) de la ville, et leur dit: «Prenez garde à vous-mêmes, et
à tout le troupeau sur lequel le Saint-Esprit vous a établis évêques.» Actes 20:17,28;
— cf. encore Tite 1:5 et 7, où l'apôtre, en engageant Tite à ne choisir pour anciens que des hommes
recommandâmes, ajoute: «car il faut que l'évêque soit irrépréhensible, etc. «Cela ressort également du
nombre d'évêques qui se trouvaient à Philippes, Philippiens 1:1, où saint Paul en salue plusieurs, avec les
diacres. Depuis qu'on a établi une hiérarchie il faut plusieurs villes pour un évêque; aux jours
apostoliques il y avait plusieurs évêques pour une ville. On le prouve encore par le fait que lorsque les
employés de l'Église sont classés et énumérés, comme 1 Timothée 3:1,8. Philippiens 1:1, les évêques seuls
sont nommés à côté des diacres, sans aucun dignitaire intermédiaire. Les pères de l'Église sont d'ailleurs
tellement d'accord sur ce point, Clément Romain, Irénée, Théodoret et Jérôme (olim idem erat presbyter,
qui et episcopus), que les catholiques-romains, au moins plusieurs d'entre eux, reconnaissent ce fait, et
Calmet le dit positivement dans son Commentaire sur Philippiens 1:1. «Anciennement le nom d'évêque et
celui de prêtre étaient communs et réciproques.» Il paraît que le titre d'évêque n'était pas extrêmement en
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