Hellé, sur l'Euphrate; dans l'Arabie Heureuse, à 2 ou 3 lieues de Sanaa; et sur la route d'Ispahan à Schiras;
enfin, d'après Eusèbe, la tradition montrait encore la maison de Job à Hastaroth-Karnajim.
— En résumé, il paraît évident que l'auteur a, comme les poètes, puisé son sujet dans l'histoire, qu'il l'a
développé poétiquement, et qu'il a approprié l'histoire à son but; dans tous les cas, il serait hardi de
vouloir déterminer ce qui appartient absolument à l'histoire et ce qui est absolument fiction.
Quant à l'époque de la composition de ce livre, plusieurs pensent qu'il a été rédigé pendant la captivité (le
Talmud, Gesenius, De Wette); mais il y a eu une foule d'autres idées émises sur ce sujet, et toutes aussi
probables ou improbables que celle-là. Cette première idée s'appuie de présomptions plutôt que
d'arguments. On dit, par exemple,
a.
que l'idée de Satan assistant au conseil de Dieu est venue aux Hébreux par les Caldéens; on
suppose alors que la Genèse a aussi été écrite dans ce temps; quand on en vient là, on n'a plus d'opinions,
mais des préjugés, des préoccupations dogmatiques.
b.
On trouve dans la doctrine des anges un coloris caldéen, 4:18; 5:1; 15:15; 21:22; 33:23,24; 38:7. Il est
vrai que la doctrine des anges, dans Job, a quelque chose de particulier, d'étrange, mais ce doit être
expliqué en grande partie par le caractère des personnes qui parlent; les détails que Daniel nous donne
sur les Caldéens ne s'appliquent pas ici, et la foi de l'Orient a toujours été qu'il y a dans les cieux des
saints qui sont les serviteurs de Dieu; rien n'empêche d'accorder à cette doctrine une haute antiquité,
c.
On a voulu voir des allusions aux tristes événements de l'exil dans 9:24; 3:14; 12:17-25; 15:28; 16:7;
30:14,15; mais il faut pour cela une imagination à la fois vive et pauvre, et on ne peut le faire à toute
rigueur qu'en détachant ces passages de leur contexte; c'est, au reste, le même principe en vertu duquel
quelques théologiens modernes (De Wette) veulent donner à des psaumes un caractère exclusivement
national,
d.
On se fonde enfin sur le coloris araméen du langage; mais cette objection ne repose que sur un
examen très superficiel de la langue, car c'est un coloris tout à fait particulier que celui de la langue de
Job. Que l'on compare ce livre avec ceux qui ont été composés au temps de l'exil, et l'on verra que
l'influence de l'araméen dans Job a été tout à fait originale, comme celle d'une langue beaucoup plus
rapprochée de l'hébreu qu'elle ne l'était lors de la captivité. Une autre influence, d'ailleurs, se fait sentir,
que l'on oublie entièrement, c'est celle de l'arabe; il y a dans Job des formes et des constructions qu'on ne
peut expliquer que par l'arabe, et si quelques auteurs ont été un peu trop loin en voulant voir des
arabismes là où il n'y en avait pas (Schullens), cependant on en trouve qui ne peuvent nullement
s'expliquer si l'on place la rédaction du livre au temps de la captivité.
D'autres théologiens ont fixé l'âge de Salomon comme celui de la composition de Job; oh a voulu même
donner à ce livre Salomon pour auteur (Grégoire de Naziance, Luther, Dœderlin, Richter, Rosenmuller).
Cette opinion ne repose que sur l'analogie que l'on trouve entre quelques phrases de Job et des Proverbes,
preuve qui ne prouve pas beaucoup; car rien n'est plus naturel que cette analogie, parce que Job parle
souvent en forme de sentences, construction peu susceptible d'une grande diversité. En général la poésie
de Job est telle qu'elle a dû fréquemment servir de modèle aux auteurs postérieurs.
Enfin, une troisième opinion très-répandue regarde Moïse comme auteur de ce livre (quelques
talmudistes, plusieurs Pères, Jacques d'Édesse, Éphrem Syrus, Eusèbe, Jahn, Michaélis). Ce qui plaide en
faveur de cette hypothèse, c'est que Job renferme des allusions assez fréquentes à l'Égypte, et que la
description du crocodile en particulier suppose une certaine connaissance de ce pays; on ajoute que le
séjour de Moïse dans les déserts de l'Arabie peu après sa fuite d'Égypte, a été un temps très favorable à la
composition d'un livre où l'auteur expose que la prospérité n'est pas une preuve de justice, ni le malheur
une preuve de péché. On remarque enfin l'analogie qu'il y a entre Job et le Pentateuque pour le style. Ces
circonstances prouvent seulement que l'époque de Moïse, fort ancienne, doit avoir été celle de la
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