Il pouvait arriver aussi des translations forcées d'une famille à une autre famille, lorsqu'un homme
mourait sans enfants, ou ne laissait que des filles qui en se mariant faisaient nécessairement passer sous
un autre nom, et sans retour, la possession de leurs ancêtres. Et de toute manière, si l'on tient compte
surtout de la fécondité hébraïque, cette institution devait à la longue entraîner bien des inconvénients, et
finir par tomber en désuétude. Les privilèges accordés au premier né, qui obtenait la part de deux,
Deutéronome 21:17, mesure qui tendait à conserver à la famille sa possession, allaient d'un autre côté à
rencontre du but du législateur en rompant l'égalité de richesse, et ils contribuèrent pour leur part à
l'abandon du principe constitutif de la propriété. Aussi voit-on déjà dans l'Ancien Testament des
possessions acquises ou abandonnées, la suite des héritiers de familles rompue, les riches entassant
propriété sur propriété, joignant maison à maison, approchant un champ de l'autre, Ésaïe 5:8; Michée 2:2;
cf. Néhémie 5, et les rois eux-mêmes s'appropriant par des confiscations, judiciaires ou arbitraires et
violentes, les propriétés des particuliers, 1 Rois 21:16; cf. 2 Samuel 16:4; Ézéchiel 45:9; 46:18. Après l'exil,
après qu'un grand nombre de familles eurent par leur séjour prolongé dans la terre de leur captivité,
renoncé de fait à leurs droits sur la terre d'Israël, après que les limites des tribus elles-mêmes, et bien plus
encore celles des héritages de familles, eurent été effacées, oubliées, transposées, les lois relatives à la
fixité des possessions devinrent en plusieurs lieux impossibles, partout difficiles à exécuter; elles furent
presque généralement abandonnées, des métiers s'établirent, l'industrie rapportée de Babylone s'éleva à
côté de l'agriculture, et de nombreux mendiants couvrirent le pays.
— Pour plusieurs détails,
— Voir: encore Héritages, Lévirat, Vœux, etc.
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POSSESSIONS, Possédés.
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Ces affections malheureuses, affligeantes, effrayantes, dont les Évangiles renferment divers exemples,
appartiennent au nombre des faits qui ont suscité le plus de débats dans l'Église chrétienne, et parmi les
théologiens. Il est impossible d'approfondir ici tout ce qu'il y a de grave dans les questions qui ont été
soulevées à ce sujet; l'essentiel, les traits généraux devront suffire. L'Écriture nous montre partout que la
source du bien et du mal n'est pas dans l'humanité elle-même. Elle montre le bien comme quelque chose
d'absolu, le mal comme étant seulement relatif, quoique réel: le principe du bien existe seul, le mal n'est
pas un principe, mais une position, une opposition, une négation. La rédemption n'est possible qu'autant
que le mal est en dehors de l'humanité, dans une sphère d'esprits plus élevée; si l'humanité était elle-
même le mal, le péché, la corruption, il n'y aurait plus lieu à restauration, à rédemption; on ne rachète que
ce qui est perdu, mais non le principe même de la destruction. De même que le principe du bien se
manifeste dans les anges de lumière, le mal s'individualise dans les esprits de ténèbres, et l'influence
pernicieuse de ces forces occultes se révèle dans ceux que l'Écriture appelle possédés, comme il se
manifeste aussi d'une manière plus spirituelle, plus intérieure dans ceux qui sont appelés d'une manière
générale les méchants. Les représentants du mal dans le monde sont d'une part les faux prophètes, les
anti-Christs, les méchants, qui ne sont jamais appelés des possédés, quoiqu'il soit dit de Judas Iscariot que
Satan entra en lui, Jean 13:27; de l'autre, les possédés. Chez ces derniers le mal moral est toujours
accompagné de certaines affections maladives, principalement de crampes épileptiques, en même temps
que la conscience qu'ils ont d'eux-mêmes est émoussée ou détruite. Ces affections ne constituent
cependant, pas le caractère exclusif, ni même distinctif, de la possession, car elles peuvent se reproduire
en d'autres circonstances purement accidentelles, sans qu'il s'y joigne aucune influence morale: un
possédé est muet, Luc 11:14, mais il peut se rencontrer des muets qui ne soient pas possédés, des hommes
à qui l'on a coupé la langue, d'autres encore qui ont cette infirmité de naissance et qui glorifient Dieu dans
leur vie: un possédé est fou, maniaque, mais un autre peut l'être aussi, peut avoir eu l'esprit dérangé par
un accident, une peur, sans qu'on puisse conclure à une possession chez lui.
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