Page 960 - Dictionnaire de la Bible J.A. Bost

Version HTML de base

etc. L'épithète de mangeurs de pourceau désignait les idolâtres les plus corrompus et les plus endurcis,
Ésaïe 65:4; 66:17. D'après plusieurs rabbins, les Juifs ne pouvaient pas même posséder des pourceaux, et
les troupeaux mentionnés Matthieu 8:30; cf. Luc 15:16, appartenaient sans doute à des étrangers, ou peut-
être à des Galiléens, qui pouvaient bien sous ce rapport, comme ils l'avaient fait sous tant d'autres, s'être
relâchés de la sévérité des prescriptions de leur loi, en nourrissant des animaux qu'ils ne devaient
revendre qu'à des étrangers; d'ailleurs les Juifs modernes ne se font pas de scrupule à cet égard, et ils
vendent des porcs aussi bien que des vaches. On peut croire qu'en interdisant comme impure l'usage de
cette viande, le législateur avait un but diététique, attendu que cette nourriture forte et grasse favorise le
développement des maladies de la peau, auxquelles les habitants de l'Orient ne sont déjà que trop sujets;
on dit en particulier que le lait de truie engendre la lèpre. Les habitudes sales de cet animal, 2 Pierre 2:22,
et les boutons dégoûtants dont il est fréquemment affligé, ne pouvaient qu'augmenter l'horreur des Juifs,
en fortifiant la nécessité de l'interdiction; il fût resté immonde quand il n'aurait pas été déclaré tel. Les
anciens Égyptiens, les Arabes, les Éthiopiens, les Phéniciens, et peut-être en quelques lieux les Indiens,
partageaient le même dégoût, et Mahomet a imposé à ses sectateurs la même abstinence que Moïse au
peuple de Dieu. Les Égyptiens cependant, et quelques autres peuples, offraient des porcs en sacrifice à
certaines divinités, et les Crétois regardaient cet animal comme sacré.
Le porc sauvage, ou sanglier, est nommé Psaumes 80:13; terrible au sol, aux arbres, et aux jardins, il se
trouve encore en Syrie et en Palestine. On a cru aussi que les bêtes sauvages des roseaux, Psaumes 68:30,
désignaient des sangliers, parce que cet animal s'établit volontiers dans les terrains marécageux, au milieu
des joncs; mais la définition est un peu trop vague pour qu'on puisse en faire un trait caractéristique.
________________________________________
PORTES, Portiers,
________________________________________
— Voir: Maisons.
________________________________________
POSSESSION.
________________________________________
Le terrain foncier, les biens-fonds, sont la plus grande richesse d'un peuple adonné à l'agriculture, comme
l'étaient les Israélites. D'après la constitution du pays, chaque individu, à l'exception des membres de la
tribu de Lévi, avait droit à une portion du sol de la terre sainte, qui était partagée au peuple comme une
propriété de l'Éternel, et ce terrain appartenait à sa famille en propriété inaliénable, Lévitique 25:23. (La
constitution de Lycurgue avait introduit chez les Spartiates une disposition semblable). Le propriétaire
pouvait cesser un moment d'en être le possesseur; il pouvait la vendre, l'aliéner pour éteindre des dettes,
mais il conservait toujours le droit, lui ou ses plus proches parents, de la racheter quand il le voulait,
Lévitique 25:25; cf. Jérémie 32:7, et en outre elle rentrait de droit dans sa famille l'année du jubilé, sans
qu'il eût à en payer le rachat,
— Voir: Année.
Ce principe prévenait dans le pays, d'un côté la mendicité, de l'autre l'aristocratie des richesses, la
noblesse des terres avec ses suites économiques et politiques; il maintenait, ou ramenait bientôt l'égalité
des citoyens, il stimulait et favorisait l'agriculture, il détournait le peuple de l'industrie et du commerce
avec les nations voisines. Le trop grand morcellement des propriétés, qui devait être la suite de leur
division et subdivision entre les descendants du propriétaire primitif, pouvait être retardé, du moins
pour un certain temps, par le fait que lors du premier partage, il resta dans le pays une quantité de terres
encore incultes qui, ne pouvant être travaillées par une population moins nombreuse, purent être
cultivées plus tard, et partagées entre les descendants des premiers propriétaires. Cet inconvénient même
n'aurait pas existé si, comme Hug le prétend, les aînés héritaient seuls de la propriété foncière, mais ce
n'est qu'une hypothèse qui ne s'appuie sur aucun texte, et qui semble combattue par Deutéronome 21:17.
958