l'autre, hhemah, qui ne se dit que du poison animal, Deutéronome 32:24. Le mot rôsh, que les anciens
traduisent quelquefois par venin, quelquefois par fiel, désigne dans quelques passages une espèce de
plante vénéneuse qui croît dans les champs, Osée 10:4, et dont les fruits ressemblent aux grappes de
raisin, Deutéronome 32:32, et sont amers; les uns pensent que c'est la morelle, d'autres le tithymale,
d'autres la coloquinte, d'autres l'ivraie, d'autres enfin, comme Gesenius, que c'est le pavot, dont le suc
finit par devenir un poison, l'opium; cf. l'eau de fiel, Jérémie 8:14; 9:15; 23:15. Il est souvent nommé à côté
de l'absinthe; ainsi dans les passages indiqués, et Deutéronome 29:18. Quant à son amertume,
— Voir: Psaumes 69:21; Lamentations 3:5.
Des caractères donnés par les livres saints à cette plante vénéneuse, il est aisé de conclure au rejet de
plusieurs des suppositions que nous avons indiquées; il l'est moins de se prononcer définitivement pour
l'une ou pour l'autre.
— Marc 16:18, renferme une allusion à l'usage d'adoucir ou d'abréger au moyen du poison les souffrances
du condamné.
— 2 Maccabées 10:13, nous offre un cas de suicide par empoisonnement.
________________________________________
POISSONS.
________________________________________
On voit par Nombres 11:8; Ézéchiel 29:4-5, que l'Égypte, et notamment le Nil, abondait en poissons de
toute espèce; cf. Exode 7:18. Hérodote 2, 93. Strabon 17, 823. La Palestine en possédait également
beaucoup dans ses rivières et dans ses lacs, et le lac de Génésareth était sous ce rapport tout
particulièrement renommé, Jean 21:11; cf. Matthieu 14:17; 15:34. Les habitants de ses rivages vivaient de la
pêche, Luc 5:2, mais travaillaient chacun pour son compte sans être réunis en corporation ou en corps de
métier. On se servait pour pêcher, de filets de différentes grandeurs et de différentes formes, Matthieu
4:18; Jean 21:6, de hameçons, Ésaïe 19:8; Habacuc 1:15; et de crochets, crocs ou sorte de harpons. Amos
4:2; cf. Job 40:20-21. C'était surtout la nuit, Luc 5:5, ou au matin avant le lever du soleil, Pline 9:23, que les
pêcheurs vaquaient à leur tranquille et silencieuse occupation. Les Phéniciens firent connaître les
poissons de mer à la Jérusalem restaurée et reconstruite, Néhémie 13:16, du moins il n'en est pas fait
mention plus tôt. Il ressort de plusieurs passages que les Juifs, surtout les Juifs postérieurs à l'exil,
mangeaient volontiers le poisson, en comprenant sous ce nom tous les animaux aquatiques munis
d'écaillés et de nageoires, car les autres, tels que la murène, le polype, la sèche, étaient déclarés impurs
par la loi, Lévitique 11:9;
— Voir: Nombres 11:5; Néhémie 13:16; Matthieu 14:17; 15:36; Luc 9:13; 24:42; Jean 6:9, etc.;
mais ils n'en faisaient pas, comme les catholiques romains, une des délicatesses du jeûne. Il y avait à
Jérusalem un marché spécial destiné à la vente de la pêche, et une porte des poissons, 2 Chroniques 33:14.
Néhémie 3:3; 12:39. Cette viande ne figure jamais dans les sacrifices, non qu'elle fût souillée, mais parce
qu'elle était considérée comme peu forte, peu nourrissante, et peu digne d'être offerte à la divinité;
d'après Hérodote 2, 37, il était même défendu aux prêtres d'Égypte d'en manger.
Il ne paraît pas que les Hébreux aient su désigner les différentes espèces de poissons par des noms
particuliers; du moins on n'en trouve aucun exemple nulle part; le poisson même qui engloutit Jonas n'est
pas désigné autrement en son lieu que par l'épithète de grand, Jonas 2:1; il est appelé baleine dans la
mention qui en est faite, Matthieu 12:40, d'après la traduction des Septante, mais on est presque
généralement d'accord à penser qu'il ne s'agit pas de la baleine dans ce passage: Hare l'entend de l'orque,
grand poisson de l'espèce du dauphin; Bochart et la plupart des commentateurs actuels, du requin
953