Page 280 - Dictionnaire de la Bible J.A. Bost

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Corinthiens lui avaient faites sur le mariage, sur les choses consacrées aux idoles, sur la cène, sur la vraie
charité, sur la résurrection de la chair, sur les dons spirituels.
Il paraît, en effet, que peu d'églises avaient été favorisées autant que celle de Corinthe, par des dons
miraculeux; mais ces dons même étant devenus une occasion d'orgueil et de chute, cette église se
corrompit plus que toutes les autres. Apprenons de là, dit Bickersteth, la différence qu'il y a entre les dons
et la grâce, et ne soyons pas abattus si les premiers nous manquent, pourvu que nous ayons celle-ci, qui
est infiniment plus nécessaire et plus précieuse. L'apôtre, chapitre 16, leur rappelle les collectes qui se font
pour les saints, leur annonce sa prochaine visite, et termine par des salutations.
Signalons que les dons miraculeux étaient temporaires, ils étaient désignés comme signes du ministère apostolique
pour la fondation de l’Église, et cessèrent lorsque la révélation de l’amour de Dieu dans le sacrifice de Christ fut
achevée d’être mise par écrit dans les livres du Nouveau Testament. Désormais cette perfection divine de la
révélation de Dieu était tout ce qui était nécessaire pour dévoiler la voie du salut en Jésus-Christ. La reprise des dons
miraculeux dans notre êre moderne sont des contrefaçons qui séduisent ceux qui ont été destinés à la perdition
éternelle. Il s’agit en effet de la grande apostasie des derniers temps, marques évidentes d’un faux peuple de Dieu qui
proclame un faux évangile et un faux Jésus.
— Cette lettre eut tout le succès que l'apôtre en pouvait désirer; elle produisit une tristesse salutaire, une
plus grande crainte de Dieu et une sainte vigilance contre les désordres qu'il avait signalés.
Seconde épître. Peu de temps après le départ de la première lettre survint l'émeute de Démétrius, qui
obligea Paul à quitter Éphèse. Il se rendit en Macédoine, Actes 19:20, espérant apprendre là quels étaient
les résultats que sa lettre avait obtenus à Corinthe; il avait envoyé Timothée dans cette ville, 1 Corinthiens
4:17; mais soit que Timothée fut déjà parti à l'arrivée de la lettre, soit autre motif, il n'apprit rien par ce
disciple, et envoya Tite, pendant que lui-même s'occupait encore à évangéliser autour de lui en
Macédoine. C'est après le retour de ce dernier qu'il rédigea sa seconde lettre (qui est la troisième), pour
les féliciter du succès de sa première, et pour les mettre toujours plus dans la disposition d'esprit dans
laquelle il désirait les trouver lorsqu'il arriverait, 2 Corinthiens 7:7.
— Tite et deux frères qui ne sont point nommés, 8:16,18,22, furent chargés de porter cette lettre; il est
probable que Luc était l'un des deux, versets 18 et 19, soit parce que ce qui en est dit se rapporte
parfaitement à lui, soit parce qu'il est nommé dans une apostille à cette épître, addition inauthentique
sans doute, mais fort ancienne; soit enfin parce que saint Luc qui, dans les Actes a jusque là parlé à la
première personne, se met subitement à parler de saint Paul à la troisième, Actes 20:1, comme n'étant plus
lui-même compagnon de voyage de l'apôtre: et comme c'est à cet endroit des Actes que l'on doit placer la
deuxième aux Corinthiens, on peut supposer que Luc fut un de ceux qui la portèrent à sa destination. Elle
fut écrite un an environ après la première, et, à ce que l'on croit, de Philippes.
L'apôtre commence par remercier les Corinthiens de la consolation que leurs prières lui ont fait éprouver
dans ses maux; puis satisfait de leur conduite sévère à l'égard de l'incestueux, il les engage à le recevoir
de nouveau et à le consoler. Passant à ses rapports personnels avec les Corinthiens, il est amené à parler
de la différence du ministère dans les deux économies, et à glorifier l'alliance nouvelle du christianisme.
Ce sont les trois premiers chapitres.
— Dans la seconde partie (chapitres 4-9), appelé à défendre son caractère et sa mission, il se montre
comme ambassadeur de la réconciliation, comme affligé souvent, mais se consolant par la certitude qu'il a
de la résurrection de la chair; il engage les Corinthiens à se fortifier par la même foi pour renoncer au
monde et à ses convoitises; il leur rappelle de nouveau les collectes qui se font pour les saints, et se réjouit
de la libéralité qu'ils ont toujours montrée à cet égard.
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