Nous lisons, Job 39:3: «Qui est-ce qui apprête la nourriture au corbeau, quand ses petits crient au Dieu
fort, et qu'ils vont errants, parce qu'ils n'ont point de quoi manger?» et Psaumes 147:9. «Dieu donne la
pâture au bétail, et aux petits du corbeau qui crient vers lui.» Quelques auteurs ont pensé que ces deux
passages étaient une allusion à ce que l'on dit que le corbeau, lorsqu'il voit ses petits nouvellement, éclos,
et couverts d'un poil blanc, les prend en dégoût, les abandonne, et ne retourne à eux que lorsque ce
premier duvet étant tombé, ils commencent à se revêtir d'un plumage noir. La mue et le changement de
couleur sont un fait, mais quant à cette aversion c'est une fable. «Dans les premiers jours, dit Buffon, la
mère semble un peu négliger ses petits; elle ne leur donne à manger que lorsqu'ils commencent à avoir
des plumes; et l'on n'a pas manqué de dire qu'elle ne commençait que de ce moment à les reconnaître à
leur plumage naissant, et à les traiter véritablement comme siens. Pour moi, je ne vois dans cette diète des
premiers jours que ce que l'on voit plus ou moins dans presque tous les animaux, et dans l'homme lui-
même: tous ont besoin d'un peu de temps pour s'habituer à un nouvel élément, à une nouvelle existence,
etc.» Les deux passages dont nous parlons ont fait naître beaucoup d'autres conjectures: on a supposé que
les corbeaux abandonnaient quelquefois leurs petits, ne pouvant suffire à leur extrême voracité; on a dit
que quelquefois ils les oubliaient, sans y mettre de malveillance; d'autres encore, s'appuyant de l'autorité
d'Aristote, de Pline, etc., ont avancé que les corbeaux chassent leurs petits de très bonne heure, et les
obligent ainsi de chercher fort jeunes leur pâture; et c'est ainsi que l'on a voulu s'expliquer l'intervention
directe de Dieu que Job et le prophète paraissent admettre dans l'alimentation des petits corbeaux. Mais
la paraphrase la plus vraie de ces deux passages nous paraît être dans ces beaux vers de Racine:
Aux petits des oiseaux il donne la pâture,
Et sa bonté s'étend sur toute la nature.
C'est ce que dit Calmet, en d'autres termes: «Il y en a qui, sans y chercher plus de finesse, tiennent que la
Providence s'étend sur les animaux à quatre pieds, et sur les oiseaux, qui crient à lui à leur manière, et
que les corbeaux sont mis dans les endroits que nous avons cités, au lieu des oiseaux en général.» Jésus
rappelle la même chose lorsqu'il dit: Considérez les corbeaux, ils ne sèment, ni ne moissonnent, et
cependant Dieu les nourrit, Luc 12:24. Dans le passage parallèle, Matthieu 6:26, il y a l'idée générale, au
lieu de l'exemple particulier: Considérez les oiseaux du ciel.
Agur, dans le 30e chapitre du livre des Proverbes, verset 17, dit que les corbeaux du torrent crèveront les
yeux du mauvais fils qui se moque de son père et qui méprise l'enseignement de sa mère, voulant
annoncer peut-être qu'il sera privé de sépulture, jeté aux champs, et livré à la voracité des corbeaux qui,
dit-on, commencent toujours par crever les yeux des cadavres qu'ils dévorent.
Les Septante et la Vulgate, dans Sophonie 2:14, au lieu de désolation, lisent: «Le corbeau sera au seuil»,
par où les uns entendent qu'on nourrissait des corbeaux dans la maison, et d'autres, avec plus de raison,
que Ninive sera tellement désolée que ses ruines serviront de retraites aux corbeaux; mais cette
traduction ne peut être admise.
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CORE,
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— Voir: Homer.
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CORÉ.
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1.
Un des descendants d'Ésaü, Genèse 36:16, nommé Korah dans nos versions, quoique son nom
s'écrive dans le texte hébreu de la même manière que celui de Coré le lévite.
2.
Coré, fils de Jitshar, fils de Kéath, fils de Lévi, Exode 6:21, cousin de Moïse, dont le père,
Hamram, était frère de Jitshar, verset 18, nous est connu par son ambition, ses intrigues, sa révolte et sa
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