Page 263 - Dictionnaire de la Bible J.A. Bost

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précieux dont on ne cède pas facilement l'usage à d'autres tribus, ainsi qu'il paraît d'après Nombres 21:22.
Il résulte, de là que ces citernes devaient être des occasions de rixes et de combats fréquents, soit entre
tribus, soit entre particuliers, Genèse 21:25; 26:15.
Dans la saison chaude de l'année, et en général quand les citernes sont vides, elles servent de prisons;
Joseph, et Jérémie y furent enfermés, Genèse 37:22; Jérémie 38:6, et les prophètes emploient des images de
cette nature pour exprimer les angoisses de leur âme ou les maux qui les oppressent, Psaumes 55:24;
69:15; 88:7. L'ne citerne est mentionnée en passant, 2 Samuel 17:18, comme ayant servi de cachette et de
lieu d'abri.
Il y avait ordinairement dans les villes des citernes publiques et banales, de la grandeur moyenne
desquelles on peut juger par le fait qui nous est rapporté, Jérémie 41:6-8, de soixante et dix hommes dont
Ismaël fit jeter les cadavres dans la citerne (Martin, mal traduit, une fosse). Elles étaient tantôt carrées,
tantôt cylindriques, et solidement enduites de mortier et de chaux, afin d'empêcher l'eau de fuir et de se
perdre; quelques-unes cependant n'étaient que creusées dans la terre, et présentaient, lorsqu'elles
venaient à être à sec, un fond de vase et de boue, Jérémie 38:6. On les couvrait d'une pierre, Exode 21:33,
ou bien on les entourait d'une barrière, soit comme garde-fou, pour prévenir des accidents, soit surtout
pour les préserver elles-mêmes. Les particuliers opulents avaient dans la cour de leurs maisons des
citernes pour leur usage particulier, 2 Samuel 17:18, et ce n'était pas pour eux un médiocre sujet de
satisfaction intérieure.
De nos jours encore on trouve bon nombre de puits ou citernes dans les plaines et dans les villes à moitié
désertes de l'ancienne Canaan; c'est là qu'à la tête de leurs troupeaux, et montés sur quelqu'une de leurs
bêtes, on voit s'avancer vers le soir les bergers, les chevriers, les âniers ou les chameliers, qui seuls entre
eux, ou avec leurs bergères, font, pendant que leurs bestiaux s'abreuvent, bourdonner les airs d'un
murmure de conversations vives, piquantes, animées, relatives sans doute aux anecdotes qu'ils ont pu
recueillir pendant le jour, ou aux besoins des animaux dont la garde leur est confiée; c'est alors une ville
bruyante et gaie, puis au bout de deux heures, lorsque le bruit des sonnettes s'est éteint peu à peu, ce n'est
plus qu'un désert, c'est un cimetière; on y vit au milieu des morts, et les souvenirs d'un passé, bien passé,
animent seuls pour le voyageur la citerne, les palmiers et les blocs de marbre qui se trouvent sur ce
théâtre abandonné. Alors on se transporte à l'époque des patriarches, et l'on voit, dans ces jours où les
pasteurs jouissaient d'une estime si générale, la scène d'Élihéser et de Rébecca, Genèse 24:11,13, celle de la
première rencontre de Jacob et de Rachel, et leurs pleurs au bord de la citerne, 29:3-11, et la scène, moins
naïve mais plus sérieuse, du premier roi d'Israël qui, la veille de son sacre, prie les jeunes filles
rassemblées autour de la fontaine de vouloir bien lui indiquer la demeure du prophète Samuel, 1 Samuel
9:11.
C'est volontiers auprès des sources que les guerriers et les voyageurs aimaient à s'établir pour y passer la
nuit, 1 Samuel 29:1; 2 Samuel 2:13; et la preuve qu'un grand nombre de villes s'établissaient dans le
voisinage des sources, se trouverait au besoin dans le fait même de la composition de leurs noms.
— Voir: toutes celles qui commencent par Béer, etc.;
cf. les noms allemands Geisselbronn, Niederbronn, Heilbronn, Brunnen, Lauterbrunnen; et en français,
Aubonne, Bordeaux, Fontainebleau, etc.
Il y avait d'autres puits qui n'étaient point de simples citernes ou réservoirs, mais qui, élevés sur des
sources d'eaux vives, avaient une eau toujours nouvelle, fraîche et pure: ils étaient plus recherchés, mais
aussi bien plus rares, Lévitique 14:5; 15:13; Nombres 19:17.
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