Page 262 - Dictionnaire de la Bible J.A. Bost

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d'autres peuples orientaux, de compter les morts de leurs ennemis par les têtes, les nez ou les oreilles
qu'on en apporte; mais comme souvent les serviteurs de ces despotes asiatiques, pour mieux mériter de
leurs chefs, vont jusqu'à faire subir ces tristes opérations aux morts mêmes de leur parti, afin d'avoir plus
d'organes à présenter, les calculs sont sujets à de bien graves erreurs. Saül n'avait rien de pareil à
craindre, et ce qu'il demandait ne pouvait se trouver que chez les ennemis de son peuple.
La circoncision du cœur, dont parle l'apôtre saint Paul aux Romains, 2:29, n'était point quelque chose de
nouveau; ce n'était point une spiritualité de la nouvelle alliance, comparée au matérialisme de l'ancienne;
l'ancienne aussi était spirituelle, comme elle était sainte, pure, salutaire; c'était déjà l'ancienne qui
pressentait l'inutilité de la circoncision faite de main en la chair; c'était déjà l'ancienne, et Moïse lui-même,
qui de la part de l'Éternel appelait les Hébreux à la véritable sainteté, lorsqu'il leur dit: «Circoncisez donc
le prépuce de votre cœur. Deutéronome 10:16.
Après la mort de Jésus, et dès les premiers temps de l'établissement de son Église sur la terre, des
disputes s'élevèrent entre ses disciples sur la nécessité d'assujettir ou non à cette cérémonie les païens qui
passaient au christianisme: nous aurons à en reparler ailleurs; rappelons seulement ici que saint Paul
déclara d'une manière générale et positive «que celui qui se circoncit reste sous l'obligation d'accomplir
toute la loi», Galates 5:3, et que le concile de Jérusalem délivra officiellement les fidèles d'entre les païens
de toutes les cérémonies mosaïques, et en particulier de celle de la circoncision. Actes 15:24,28-29.
Reste enfin le cas de Timothée, Actes 16:3, la circoncision que saint Paul donna à ce disciple, et qui paraît
contradictoire avec la conduite qu'il tint plus tard avec Tite, Galates 2:3. Il n'y a aucune contradiction dans
la manière dont les deux récits nous sont présentés; dans les Galates, il est dit qu'on n'obligea point Tite,
et dans les Actes rien ne semble indiquer que Timothée ait manifesté quelque répugnance à se soumettre
à cette cérémonie: s'il y était volontairement disposé, il n'y avait rien dans le système de Paul qui pût
l'empêcher d'y consentir; cet apôtre disposé à se faire tout à tous, et Juif aux Juifs, 1 Corinthiens 9:20,
devait plutôt saisir avec joie l'occasion qui lui était offerte de faire aux hébraïsants une légère concession
pour leur prouver son peu d'entêtement, son laisser-aller dans les choses secondaires, sa tolérance et son
amour pour la paix, qui le faisait céder lorsqu'il ne s'agissait que de vues personnelles, particulières, sur
des points peu importants, mais qui ne l'amenait cependant à aucune concession sur les articles mêmes
de la foi.
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CITERNES.
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Comme les pluies ne tombent que deux fois l'an en Palestine, que les sources y sont rares, et que les villes
sont presque toutes bâties sur des hauteurs, il faut par divers moyens obvier au manque d'eau qui se fait
si généralement sentir. Les citernes sont des réservoirs destinés à recueillir les eaux du ciel. Les Orientaux,
et les Hébreux en particulier, en avaient creusé un grand nombre dans les plaines et sur les montagnes, et
l'on montre encore dans les environs de Nablus (Sichem) la fontaine de Jacob, Jean 4:6, au bord de
laquelle s'assit notre Sauveur parlant avec la Samaritaine. Ces citernes prenaient en général le nom de la
ville la plus voisine, ou le nom de leurs propriétaires, comme, Deutéronome 10:6, les citernes (Bééroth)
des fils de Jaliakan. Assez étroites à leur ouverture, elles s'élargissaient ordinairement à mesure qu'elles
étaient plus profondes, et cette forme, qui les rendait peu propres à recueillir en abondance l'eau du ciel,
empêchait du moins l'évaporation trop abondante des eaux renfermées dans le réservoir. On les fermait
au moyen d'une pierre, Genèse 29:2, pour les abriter contre le sable mouvant du désert, ou contre la soif
des étrangers et de leurs troupeaux; et les Bédouins savent si bien encore fermer l'ouverture de leurs
citernes, qu'il est presque impossible de les découvrir, cf. 2 Samuel 17:19. À l'approche d'un ennemi, ou
pour se venger de quelqu'un, l'on comblait les puits et les citernes, pour essayer de faire périr par la soif,
ou du moins pour faire souffrir cruellement ceux qui auraient compté s'y désaltérer, Genèse 26:15; 2 Rois
3:25; 2 Chroniques 32:3; Ésaïe 15:6. Les nomades regardent la propriété de ces puits comme un bien
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