C'est le huitième jour après leur naissance que devaient être circoncis les descendants d'Abraham, Genèse
21:4; Lévitique 12:3; Luc 1:59; 2:21; toutefois Moïse lui-même semble présenter à ce fait une première
exception dans l'histoire de son propre fils, Exode 4:25; cf. 2:22, et nous en trouvons une seconde bien
plus frappante dans le peuple du désert, dont aucun de ceux qui naquirent pendant le voyage ne furent
circoncis que lorsqu'ils eurent pris possession de la terre promise, Josué 5:2,5. D'autres que les Juifs
pouvaient être soumis à la circoncision, et ils étaient par le fait même incorporés au peuple de Dieu;
c'étaient les prosélytes de la justice qui désiraient obtenir le sceau de l'alliance, Exode 12:48, et les
esclaves, achetés, faits prisonniers, ou nés dans la maison, auxquels leurs maîtres devaient faire subir
cette opération, afin de les mettre par là, même malgré eux, sous la juridiction théocratique, Genèse 17:12.
Cette opération n'était point considérée comme un travail, et pouvait se faire le jour du sabbat, Jean 7:22;
c'était même un proverbe reçu que la circoncision chasse le sabbat. Un Israélite quelconque,
ordinairement le chef de la famille, Genèse 17:23, était chargé de l'exécution, cf. Exode 4:24; les païens
seuls ne pouvaient naturellement pas s'en mêler; pour les adultes, on requérait cependant volontiers
l'assistance d'un médecin: l'on se servait d'un couteau tranchant d'acier, ou plus ordinairement de pierre,
estimant que cette dernière sorte était moins douloureuse, moins dangereuse, et causait moins
d'inflammation. Exode 4:25; Josué 5:2. L'enfant peut se guérir de la plaie en vingt-quatre heures; pour les
adultes, il paraît, d'après Genèse 34:25, qu'au troisième jour la douleur est encore vive et la fièvre assez
ardente. C'est au moment de la circoncision, comme chez nous au moment du baptême, que le nom était
imposé à l'enfant,
— Voir: Nom, et cf. Luc 1:59; 2:21.
Nous avons indiqué déjà l'une des raisons qui concoururent à faire introduire la circoncision chez les
Hébreux. La première et la plus importante fut sans doute le choix de Dieu, libre, simple, spontané, sans
que nous ayons à sonder ses desseins; ce fut le sceau sanglant de son alliance avec Abraham et Moïse,
comme l'arc-en-ciel fut le sceau de son alliance avec Noé, comme la croix de Christ l'est de son alliance
avec nous. Mais si l'on peut découvrir, à côté de ce grand motif, quelques autres traits accessoires, et les
avantages extérieurs qui devaient en résulter pour le peuple de l'alliance, nous essaierons de les indiquer
par un mot. Comme le symbole du baptême représente l'homme perdu pour le monde et enseveli aux
vanités et aux péchés de cette terre, la circoncision était le signe le mieux choisi pour marquer la pureté, le
renoncement à toute souillure, qui devait être le grand caractère et le point dominant de toute la loi
judaïque. Le jeune enfant était censé rejeter loin de lui toute chose impure, et semblait accomplir par
avance le commandement de notre Sauveur: «Si tel ou tel de tes membres te fait broncher, coupe-le;»
Matthieu 5:29; 18:8-9. La circoncision, par son étrangeté même, était en outre destinée à séparer toujours
plus les Hébreux des peuples voisins, en leur inspirant les uns pour les autres un mépris réciproque.
Enfin, sous le point de vue de la santé, il paraît que cette opération était de nature à prévenir un grand
nombre de maladies qui se développent particulièrement dans les pays chauds, et que l'on trouve plus
fréquemment chez les peuples qui de nos jours ne pratiquent pas la circoncision, que chez les autres.
On a vu déjà que chez les Hébreux le terme d'incirconcis ou prépuce, 1 Samuel 17:26, était une des plus
grandes insultes qu'on pût adresser à un homme; à Rome, au contraire, c'était le nom de circoncis, ou de
verpus, qui tenait lieu d'injure. À l'époque d'Antiochus Épiphanes, qui voulut ramener tous ses sujets au
paganisme par le ridicule et la persécution, plusieurs Israélites prirent tellement à honte leur circoncision,
qu'ils cherchèrent à en faire disparaître les traces par des moyens extérieurs, des remèdes et de nouvelles
opérations, 1 Maccabées 1:16. Sur l'horreur des Juifs pour l'incirconcision, cf. encore Juges 14:3; 15:18; 1
Samuel 14:6; 2 Samuel 1:20; Ésaïe 52:1; Ézéchiel 28:10; 31:18.
Saul, voulant se défaire de David, lui fit demander comme douaire, pour obtenir la main de sa fille, cent
prépuces de Philistins, 1 Samuel 18:25. David en apporta deux cents. On se rappelle l'usage des Turcs et
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