fortes, pour pouvoir résister à l'effort du mouvement, et afin que le chariot fût moins sujet à verser, au
milieu des heurts et des chocs que sa forme irrégulière pouvait lui faire rencontrer. Le siège du cocher
était une espèce de petite tour de bois bien solide, à hauteur d'appui, et le cocher s'y tenait, armé de toutes
pièces et couvert de fer.
Les plus anciens chariots de guerre dont on ait connaissance sont ceux de Pharaon, qui furent submergés
dans la mer Rouge. Nous en voyons encore dans l'armée des Cananéens, Josué 11:4, dans celle des
habitants de la vallée que la tribu de Juda ne put déposséder, Juges 1:19, dans celle de Siséra, Juges 4:3,
chez les Philistins qui, dans leur guerre contre Saül, ne comptèrent pas moins de 30,000 chariots attelés et
6,000 chevaux de cavalerie, 1 Samuel 13:5, et, enfin, dans l'armée de Hadarhéser, à qui David prit mille
chariots, dont il conserva cent pour son usage; mais il ne paraît pas que ni lui, ni aucun autre roi hébreu,
se soient jamais servis de chariots pour la guerre, et nous ne voyons aucune expédition dans laquelle
Salomon ait employé un seul des 1,400 chariots et des 12,000 chevaux qu'il possédait, 1 Rois 10:26; aussi
l'inégalité du terrain en eût-elle rendu l'usage fort inutile et fort embarrassant.
Quant aux chars que montaient les rois et les généraux dans les batailles, on n'en connaît pas bien la
forme; mais on peut croire qu'à l'exception des accessoires meurtriers, elle se rapprochait assez de celle
des autres chariots de guerre par la longueur de l'essieu et le peu de hauteur des roues; ils étaient
ordinairement suivis d'un autre chariot vide, afin que s'il arrivait un accident au premier, la course et les
travaux du roi ne fussent pas interrompus, 2 Chroniques 35:24; cf., Genèse 41:43.
C'est dans un chariot de feu que le prophète Élie fut enlevé de la terre, 2 Rois 2:11, et le prophète Élisée,
voulant fortifier la foi de son serviteur (ce n'était plus Guéhasi) contre les entreprises du roi de Syrie, lui
fit voir la montagne pleine de chevaux et de chariots de feu, l'armée de l'Éternel, qui entouraient Élisée.
Soit que l'Écriture ait voulu descendre aux formes humaines pour expliquer la présence et la force
divines, soit que les choses du ciel ne diffèrent des choses humaines que par leur perfection et par leur
sainteté consumante, soit enfin que, dans un moment donné, l'armée céleste ait revêtu l'apparence des
armées terrestres, mais pour se montrer en même temps une armée foudroyante, nous devons admettre
les faits tels qu'ils nous sont racontés, sans nous arrêter à des considérations ou à des hypothèses plus ou
moins légères ou frivoles, sur la nature de ces chariots, ou plutôt sur la question de savoir s'ils ont été
réels ou s'ils n'ont été qu'apparents. Il y a des chariots de feu dans l'armée qui veille autour des rachetés
de Jésus. Et le paganisme qui, souvent, n'est qu'une grossière défiguration de la vérité, avait aussi
consacré à ses divinités des chars et des chevaux; Hérodote, Xénophon et Quinte-Curce parlent des
chariots blancs, traînés par de magnifiques chevaux de la même couleur et couronnés de guirlandes, que
les Perses consacraient au soleil dans leurs cérémonies solennelles. Le roi Josias fit brûler des chariots que
ses prédécesseurs avaient voué au culte de cet astre, 2 Rois 23:11.
L'Écriture parle encore d'une autre espèce de chariots, ceux des aires, dont on se servait pour briser la
paille ou pour séparer le grain de l'épi,
— Voir: Ésaïe 25:10; 28:27; 41:15; Amos 1:3; 2:13.
Ils étaient portés sur des roues fort basses, garnies de fer, qu'on roulait sur la paille; d'autres fois même
c'étaient de simples rouleaux de bois armés de crocs, des espèces de herses, 2 Samuel 12:31, que l'on
faisait passer sur les gerbes; cf. Virgile; Géorg. 1, 163; 164. (Dans ce passage de Virgile trahea est un
chariot sans roues, et tribula une espèce de chariot armé de dents de toutes parts). Ces chariots
champêtres ont une fois, et à la honte d'un grand roi, été employés à broyer des ennemis vaincus: David
s'étant emparé de Rabba, ville de Hammon, en prit les habitants et les mit sous des scies et sous des
herses de fer, etc., 2 Samuel 12:31. Ces scies n'étaient probablement pas autre chose que les chariots à
roues, appelés scies par les Septante et par saint Jérôme (plaustrum habens rostra serrantia), et les herses
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