Page 1116 - Dictionnaire de la Bible J.A. Bost

Version HTML de base

7.
Le nachash, Genèse 3:1; Exode 4:3; 7:15; d'après l'étymologie, ce serait un serpent qui siffle;
d'après le contexte des divers passages où il est nommé, ce serait un serpent en général, sans désignation
spéciale; il est probable que c'était en effet le nom de l'espèce et non celui d'un genre en particulier. Il
rappelait cependant l'idée de grandeur, et a donné son nom à la constellation du serpent.
Toutefois,
l’étymologie du mot «nachas» nous indique qu’il s’agit du serpent dans la conscience de l’homme, c'est-à-dire son
intelligence, sa faculté de raisonner. Ce terme porte les nuances d’être brillant, attrayant, captivant, célèbre,
distingué, fastueux, flamboyant, illustre, luisant (Lucifer), prestigieux, remarquable, séduisant, somptueux,
trompeur. Tous des caractéristiques qui se rapportent à l’esprit de la chair en l’homme. Jésus lui-même se compare
au serpent dans le désert Jean 3 :14, nous indiquant que l’esprit de la chair, qui est le même que l’esprit de la loi, a
été crucifié sur la croix et que sa puissance était désormais rendu inactive pour condamner ses élus.
— Voir: Astres. Cf. aussi Ésaïe 27:1,
et ce qui en sera dit plus loin.
8.
Le saraph, ou serpent brûlant, que les Israélites rencontrèrent dans les déserts de l'Arabie,
Nombres 21:6,8; Deutéronome 8,15. Le même saraph est désigné comme un animal qui vole, Ésaïe 14:29;
30:6, mais par le contexte même, on doit reconnaître dans ces mots une image poétique plutôt qu'une
description zoologique; car, bien que plusieurs auteurs, les anciens surtout, Hérodote, Élien, et même
quelques modernes, aient soutenu l'existence de serpents volants en Arabie et en Égypte, cet animal n'a
pas été vu de ceux en l'assertion desquels on pourrait avoir le plus de confiance; et comme les plus dignes
de foi de ces témoins ajoutent expressément que ces serpents ailés ont des pieds, il est fort à croire qu'ils
auront confondu des serpents avec des lézards. Il paraît, en effet, que dans certaines parties du sud de
l'Asie, on trouve une espèce de lézards volants, dont les pattes parallèles sont unies par une fine
membrane semblable à celle des ailes de la chauve-souris. Les théologiens ne sont pas d'accord sur
l'espèce de serpents désignée sous le nom de serpents brûlants. Le voyageur Laborde pense que les
Israélites furent mordus par des scorpions, fort abondants dans cette contrée, où ils ont même donné leur
nom à la vallée d'Hakrabbim, et que ces scorpions furent nommés brûlants (saraph), à cause de la
douleur cuisante que causaient leurs morsures; mais cette explication est inadmissible, et l'on doit se
contenter de l'idée générale exprimée par saraph, de serpents très venimeux.
Le serpent d'airain, que sur l'ordre de Dieu, Moïse dressa à la vue de tout le camp, afin que ceux qui le
regarderaient fussent guéris, a naturellement fort préoccupé les interprètes. Les uns ont mis la force
curative du remède dans la force d'imagination du malade, aidée de quelques herbes ou potions
administrées conjointement avec la foi au serpent; d'autres ont pensé que c'était un échantillon, un
modèle destiné à faire connaître aux Israélites la forme de l'animal, de manière à ce qu'ils pussent le
distinguer et l'éviter; pour d'autres, le mouvement que se donnaient les Israélites mordus dans la
campagne pour arriver au plus tôt en présence de l'image, était le véritable remède; la course faisait
transpirer, et le venin sortait avec la sueur, comme on dit en Italie que le mouvement de la danse guérit
de la tarentule celui que la piqûre de cette araignée a affligé de la rage de la danse. D'autres, beaucoup
plus simplement encore, prétendent que le serpent d'airain était l'enseigne de l'hôpital général où ceux
qui avaient été mordus, étaient sûrs de trouver tout ce dont ils avaient besoin, médecins, médecines,
infirmiers, etc. On voit que ces explications sont tout à fait naturelles et passablement ridicules. Quelques
Juifs en ont donné de plus recherchées, et ils expliquent la vertu du serpent d'airain par l'influence des
constellations sous lesquelles il avait été fondu et travaillé. Mais la vraie vertu du remède, le vrai sens
dans lequel doivent être prises les paroles de Moïse, nous est indiqué dans le chapitre même; le peuple
s'était repenti, Moïse avait supplié l'Éternel, et Dieu, pour guérir des blessures inguérissables, devait
intervenir miraculeusement; il ne mettait à la guérison de tous qu'une condition, la foi; il guérissait par sa
puissance tous ceux qui, en faisant acte de confiance, montraient qu'ils regrettaient leurs rébellions et
leurs murmures passés. Le serpent d'airain n'était qu'une image, un signe visible; mais comme il a plu à
Dieu, même sous la nouvelle alliance, de rattacher à des signes visibles des grâces réelles, de même, la
contemplation de ce signe, acte d'obéissance et de foi, procurait aux malades croyants la guérison de leurs
corps. Le signe n'était rien en lui-même, et les Juifs, en s'en faisant une relique,
1114