— Voir: Néhuslan,
se sont montrés infidèles à leur foi; Ézéchias a brisé la relique, Rome l'a raccommodée.
Saint Jean, 3:14-15, nous apprend, quant à ce détail de l'histoire juive, ce que saint Paul nous dit de
l'histoire juive tout entière, 1 Corinthiens 10:11. Hébreux 3:4, que le serpent d'airain était un type de Jésus-
Christ. Le venin est le symbole du péché qui donne la mort; les serpents brûlants rappellent le serpent
ancien qui est Satan, et Jésus, comme le serpent d'airain, de même forme et non de même nature, a dû être
élevé, crucifié pour être vu de tous, et guérir tous ceux qui auraient confiance en lui;
— Voir: Moïse dévoilé, et le sermon de Gaussen sur ce sujet.
Ajoutons encore ici quelques observations détachées.
1.
Satan est appelé le serpent ancien, le dragon, Apocalypse 20:2, parce qu'il prit la forme d'un
serpent pour séduire nos premiers parents. La condamnation qui frappa l'animal est-elle juste? Quelle
est-elle? Le serpent avait-il des pieds avant cette époque? Le serpent se nourrit-il réellement de terre, etc.?
Bien des questions curieuses ont été faites, et il n'est pas nécessaire d'y répondre. Quant à la justice de la
condamnation, l'on ne discute pas avec Dieu; pourtant on peut dire que la complicité la plus indirecte
établit déjà parmi les hommes une solidarité, et que Satan choisit le serpent, parce qu'il était le plus rusé
des animaux; être distingué par le diable, c'est une condamnation, comme être reconnu de Dieu c'est une
grâce. Quant à la nature de la peine, il est probable que le serpent avait avant cette époque ses quatre
pieds, dont on peut encore reconnaître les rudiments sous sa peau; il ne paraît pas, quoique ce fût une
opinion répandue chez les Grecs et les Romains, qu'aucun serpent mange de la terre; dans sa
condamnation, Genèse 3:14; Michée 7:17; cf. Ésaïe 65:25, il n'est pas dit qu'il mangera volontiers de la
terre; on peut entendre, au contraire, que la privation de ses pieds, le forçant de ramper, l'obligera
souvent à avaler de la poussière malgré lui; il y a cependant aussi une terre grasse et argileuse que
certaines espèces de serpents aiment à manger.
2.
La ruse et la prudence du serpent sont indiquées dans l'Écriture comme des qualités qui le
distinguent de tous les autres animaux, Genèse 3:1; Matthieu 10:16, et l'ancien Orient a développé cette
même idée sous toutes les formes; il n'est sorte de fables qu'on n'ait inventées: le serpent a l'art de se
rajeunir; quand il boit, il jette sa première gorgée de peur de s'empoisonner; il se bouche les oreilles pour
ne pas entendre la voix de l'enchanteur, cf. Psaumes 58:4-5, etc. Dans ce dernier passage, le psalmiste fait
allusion aux préjugés reçus, sans entendre ni les partager, ni les confirmer.
— La docilité du serpent entre les mains des enchanteurs de l'Orient, aura aussi contribué à lui donner
cette merveilleuse réputation de prudence et d'habileté.
3.
Le serpent a été autrefois l'un des principaux objets du culte et des superstitions païennes; les
Égyptiens l'employaient dans tous leurs symboles, dans la coiffure d'Osiris, autour de son sceptre, dans
leurs représentations de l'Être suprême, etc. De même, chez les Grecs et les Romains, Anchise, devenu
dieu, envoie un serpent goûter aux oblations mortuaires que lui offre son fils, le pieux Énée; et deux
serpents annoncent la ruine de Troie, puis se retirent sous le bouclier de Minerve après la mort de
Laocoon. Esculape, le dieu de la médecine, était représenté sous la forme d'un serpent; et le caducée,
emblème de la paix, était un bâton, ou une croix, autour de laquelle deux serpents entrelaçaient leurs
corps annelés. On a voulu faire intervenir la fable du dieu de la médecine dans l'explication des motifs
qui dictèrent à Moïse le symbole destiné à guérir les Israélites mordus par les serpents du désert. Trop de
gens sont encore tentés d'expliquer la Bible par la mythologie plutôt que par la Bible elle-même.
4.
La secte des ophites, ou serpentiniens, qui parut vers l'an 150 après Christ, adoraient Christ dans
le serpent qui avait le premier affranchi l'humanité. Le Dzaldabaoth avait créé l'homme pour l'aider dans
sa lutte contre les puissances supérieures; mais il ne voulut pas que l'homme s'émancipât, il voulait le
maintenir sous tutelle et lui avait interdit le fruit de l'arbre de la science; l'âme du monde, Christ, se servit
du serpent pour pousser l'homme à secouer le joug d'un créateur indigne, et le Dzaldabaoth irrité
1115