LE DISCERNEMENT DES ESPRITS

 

par Jean leDuc

 

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L'ÉGLISE DU LIBRE-CHOIX DES DERNIERS TEMPS

 

DISTINCTION ENTRE LE CHOIX NATUREL ET LE CHOIX SPIRITUEL

 

LE FAUX DISCERNEMENT DES ESPRITS

 

LA GUERRE SPIRITUELLE ET L'AMOUR DE DIEU

 

LES DIFFÉRENTS ASPECTS DU DISCERNEMENT SPIRITUEL

 

EXPOSER LES FAUSSES DOCTRINES

 

LES CAUSES DU MANQUE DE DISCERNEMENT

 

 


 

L'ÉGLISE DU LIBRE-CHOIX DES DERNIERS TEMPS

Disons le en partant, le discernement des esprits n'est pas la faculté de voir ou d'imaginer des bibittes mythiques, des créatures fantasmagoriques, des petits éléphants roses qui voltigent dans votre chambre à coucher, ou des petits démons invisibles et fantaisistes qui s'accrochent ici et là après le corps d'une personne pour lui causer des ennuis. Même que certains sont tellement détraqués mentalement qu'ils affirment avoir littéralement vu Satan et des démons, ceux-ci sont des candidats pour la chambre ronde. Le discernement des esprits est le discernement des raisonnements, des pensées, des paroles, et des attitudes. Il est la grâce de la perception de la vérité et de la révélation de Dieu accordée par la Sainte Présence qui nous habite, mais il est aussi la perception du mensonge et de la duplicité dans les propos tortueux qui déforment la grâce du salut que nous recevons dans les mérites du sacrifice de la croix. Simplement dit, le discernement c'est Christ en nous qui regarde à travers nos yeux et notre esprit, physiquement et spirituellement. On ne peut en avoir une meilleure description.

 

Nous sommes sans aucun doute à la fin de la dispensation de la grâce, et le Seigneur Jésus est dû pour apparaître bientôt pour prendre les siens avec lui dans son Royaume Éternel. Dans les Écritures, à plusieurs reprises, la fin d'une dispensation est toujours caractérisée par un état d'aveuglement spirituel et nous n'en sommes pas l'exception, tout comme l'apôtre Paul nous dit en parlant des réprouvés qui sont exclus de la grâce du salut: «C'est pourquoi Dieu leur enverra une puissante falsification, pour qu'ils croient au mensonge; afin que tous ceux qui n'ont pas cru à la vérité, mais qui ont pris plaisir dans la fraude spirituelle, soient condamnés.» (2 Thes. 2:11,12) Dans son état naturel, l'homme est aveugle spirituellement, il est dans les ténèbres de la mort à cause du péché. Ces ténèbres morales l'ont envahi parce que le péché l'a éloigné de Dieu, seule source de lumière et de vie. La lumière divine fait ressortir l'opposition, l'incompatibilité qui existe entre elle et les ténèbres. «Et le raisonnement de cette lumière a brillé dans les ténèbres de l'ignorance, et les ténèbres de l'inconscience ne l'ont point perçue.» (Jean 1:5; Bible de Machaira). L'absence de discernement conduit souvent le croyant à se laisser guider par ses propres sentiments et il devient une proie facile pour les séducteurs et les manipulateurs. Lorsque nous parlons de croyants, cela ne signifie pas que ces gens sont réellement des chrétiens authentiques, car plusieurs de nos jours s'imaginent être des chrétiens nés de nouveau lorsqu'ils sont des imposteurs ayant été séduits par un faux évangile. Combien, par exemple, seraient en peine d'expliquer pour quelle raison ils se rattachent à telle dénomination plutôt qu'à telle autre ? Ils ont trouvé quelque sympathie, on leur a manifesté une affection à laquelle ils ont été sensibles et par laquelle ils ont été manipulés, c'est ce qui, en définitive, les a décidés. Cela dénote, au fond, de l'égoïsme et un orgueil grossier, une satisfaction purement mondaine: n'est-ce pas dire que les gens vont dans des rassemblement ou réunions d'églises que pour soi, car tout ce qui importe pour eux est la recherche d'émotions qui plaisent à l'entendement charnel et aux sentiment de bien-être qu'ils ressentent. Lorsque les gens se sentent bien dans leur peau ils sont facilement dupés. Si, au contraire, on a saisi par la foi reçue dans le Don de Christ que c'est Dieu qui rassemble les siens comme il veut, quand il veut, et où il veut, et cela en général est en dehors du contexte d'une église structurée, on sera conduit à rechercher dans sa Parole les enseignements qu'il nous donne à cet égard. Ce ne seront plus alors les sentiments naturels qui guideront, mais la Parole de Dieu et l'Esprit de Christ. Dans cette optique, un frère avait dit: «Dieu est partout, sauf dans les églises», et il avait parfaitement raison dans sa façon de voir les choses, car il signifiait par cela que toutes les églises sont fausses sans exception. Inutile de chercher un discernement spirituel et biblique dans ces milieux, il n'y a que cécité et confusion dans de vastes et nombreuses interprétations particulières ou opinions personnelles dans lesquelles ils disent tous avoir raison, lorsqu'aucun n'est dans la vérité et que tous sont dans la duplicité par l'aveuglement de leur conscience.

 

Ce que la Parole de Dieu dit au sujet de la fin de l'histoire de l'Église contient des enseignements qui concernent tout spécialement les prétendus chrétiens aujourd'hui, puisqu'ils sont au terme de cette histoire, comme nous voyons dans l'Apocalypse qui décrit la dernière phase de l'Église comme étant celle de Laodicée: «Écris aussi à l'ange de l'Église de LAODICÉE : Voici ce que dit l'Amen, le Témoin fidèle et véritable, le Principe de la création de Dieu: Je connais tes œuvres; je sais que tu n'es ni froid ni bouillant. Oh ! si tu étais froid ou bouillant ! Ainsi, parce que tu es tiède, ni froid, ni bouillant, je te vomirai de ma bouche. Car tu dis: Je suis riche, je me suis enrichi, et je n'ai besoin de rien ; et tu ne connais pas que tu es malheureux, et misérable, et pauvre, et aveugle, et nu. Je te conseille d'acheter de moi de l'or éprouvé par le feu, pour devenir riche ; et des vêtements blancs, pour être vêtu, et que la honte de ta nudité ne paraisse point, et un collyre pour oindre tes yeux, afin que tu voies. Je reprends et je châtie tous ceux que j'aime; aie donc du zèle, et te repens. Voici, je me tiens à la porte, et je frappe; si quelqu'un entend ma voix et m'ouvre la porte, j'entrerai chez lui, et je souperai avec lui, et lui avec moi. Celui qui vaincra, je le ferai asseoir avec moi sur mon trône, comme moi j'ai vaincu et suis assis avec mon Père sur son trône. Que celui qui a des oreilles, écoute ce que l'Esprit dit aux Églises.» (Apoc. 3:14-22; Bible Ostervald 2008)

 

Or le mot «Laodicée» signifie littéralement «choix du peuple, libre-choix», rejoignant ainsi la signification du mot «hairesis» ou «hérésie» dont le sens littéral est «action de choisir, faire un choix, décision personnelle, libre-choix», terme généralement traduit par le mot «sectes» dans la majorité des versions de la Bible ce qui malheureusement a contribué à cacher sa signification réelle. On a pas à se demander pourquoi il en est ainsi. Or ceci correspond exactement au christianisme contrefait moderne de nos jours avec sa fausse doctrine du libre-choix dans la grâce du salut et la sanctification, ce qui se nomme aussi «choix de la foi», notion hérétique issue de l'Arminianisme par laquelle les crédules acceptent Jésus par une décision personnelle afin d'être sauvés. Il s'agit en effet de la notion sectaire d'un faux évangile, un évangile de disgrâce dans lequel une personne s'élève au même niveau que Dieu, se faisant elle-même Dieu par l'importance de son indépendance (Gen. 3:5; 2 Thes. 2:4), recherchant constamment à être valoriser dans ses choix et ses actions, c'est à dire dans ses œuvres avec lesquels elle s'imagine contribuer à son salut. La grande majorité ne réalisent point que la doctrine du libre-choix est la base même de l'Église Catholique Romaine qu'elle infiltra, par le moyen des Jésuites, dans le protestantisme avec les notions de sa Contre-Réforme (voir: Les Jésuites, espions et assassins du Vatican). La doctrine du libre-choix devint rapidement le dénominateur commun de toutes les églises dites chrétiennes, surtout au niveau évangélique. En fait, les églises évangéliques sont fier de dire: «On ne naît pas évangélique, on le devient par choix personnel et engagement individuel», nous donnant ainsi la preuve irréfutable que l'église évangélique est en fait «l'Église de Laodicée» des derniers temps. Le christianisme moderne, qu'il soit traditionnel, évangélique, pentecôtiste ou charismatique, n'est en réalité que du néo-catholicisme avec des idoles plus subtils, le Moi ou l'Ego, l'égocentrisme, la fierté d'un orgueil démesuré, l'indifférence d'une tolérance répugnante, l'obstination des opinions, l'hypocrisie d'une fausse dévotion, et la dignité dans l'illusion d'une liberté qu'on se donne dans son choix de croire; tous des caractéristiques engendrés par le libre-choix, l'idole évangélique. Dans l'appel du Seigneur à Laodicée (Apoc. 3:14-22), on voit que l'un des traits qui caractérisent cette «église du libre-choix» des derniers temps, est un aveuglement causé par une indifférence face à la victoire de Christ et sa royauté (v.21). Ce qui est plus grave encore, c'est qu'elle n'en a même pas conscience: «Tu ne connais pas que, toi, tu es…. aveugle…» (v.17). L'assemblée à Laodicée se glorifie de tout ce qu'elle croit posséder et estime n'avoir besoin de rien, lorsqu'elle n'a rien de valide en son milieu, son libre-choix est une abomination aux yeux de l'Éternel, une hérésie perfide sophistiquée qui mène inévitablement à la perdition. Comme elle connaît peu son véritable état ! Elle n'a pas le sentiment de sa misère, de sa pauvreté, de son aveuglement. Elle ne sait pas ce qui est selon la pensée de Dieu. Tout y était, a-t-on dit, obscur quant à la vérité et incertain quant au jugement du mal.

 

DISTINCTION ENTRE LE CHOIX NATUREL ET LE CHOIX SPIRITUEL

L'expression «libre-choix» est composée de deux mots qui ne vont réellement pas ensemble. La liberté ou pouvoir qu'a l'homme vivant à l'état de nature d'user comme bon lui semble de ses facultés sans contrainte ou restriction, n'est qu'une illusion, une hypothèse philosophique sans fondement réel. L'être humain est libre d'agir seulement dans un contexte de lois ou principes qui régissent ses actions, ses pensées, ses expressions, ses déplacements, en d'autres mots il n'est pas libre du tout. On est soit libre du péché en étant esclave de Christ, ou libre de Christ en étant esclave du péché; ou encore, on est soit libre du mensonge et esclave de la vérité, ou libre de la vérité et esclave du mensonge. Mais certains diront: «Je suis libre de choisir entre une chose ou une autre, entre ce qui est bien et ce qui est mal, entre ce qui est chaud et ce qui est froid, entre ce qui est trempe et ce qui est sec, entre ce que j'aime et ce que je n'aime pas». Nous ne contestons pas cela, évidemment que l'être humain a la capacité de choisir, cette capacité est naturelle en chacun de nous, sans elle nous serions pires que des légumes, nous ne pourrions même exister. Mais ce qu'il faut réaliser est que la capacité de faire des choix est une faculté essentielle de la volonté et celle-ci n'est pas libre, elle est esclave de la chair et du péché. Les choix que nous posons ne sont donc pas libre, ils se rapportent à l'état de notre chair, à toutes les conséquences et à toutes les circonstances qui affectent notre état d'être et qu'on ne peut échapper, qu'on en soit conscient ou non, qu'on le veule ou non. Puisque la chair n'existe pas sans l'esprit qui lui donne le souffle et la raison d'être, nous voyons que notre capacité de faire des choix n'est pas libre de l'influence déterminante de notre esprit et que celui-ci est esclave du péché, ses raisonnement se nourrissent constamment de ses égarements, il ne peut faire autre que d'agir ainsi car il porte la condamnation de Dieu sur lui depuis le début des temps pour avoir déclarer son indépendance en se voulant maître de son destin. Tout, absolument tout ce qui compose l'être humain est sous l'effet de la corruption du péché et doit périr, rendez-vous dans un cimetière et vous en obtiendrez la preuve. Tous doivent mourir à cause du péché, personne n'est libre d'y échapper, car nous sommes tous pécheurs. Celui qui dirait qu'il a le libre-choix d'échapper à la mort serait un insensé ou une personne mentalement détraquée. On a pas le choix de naître, on a pas le choix d'exister, on a pas le choix de mourir, nous ne sommes pas libre en aucune de ces choses. Où donc est le libre-choix ? il n'existe simplement pas ! Il y a toutefois une distinction entre le choix naturel et le choix spirituel: le choix naturel se rapporte aux besoins de la chair dans ses activités de tous les jours; tandis que le choix spirituel se rapporte aux besoins de l'esprit de pacifier la culpabilité d'une conscience révoltée. Lorsqu'une personne dit qu'elle a le libre-choix de croire ou non, elle entre dans le domaine du choix spirituel et elle se révolte contre Dieu et la vérité de la révélation biblique, car elle ment en s'imaginant libre puisqu'elle est sous la condamnation du péché et aucun menteur n'héritera de la vie éternelle. Il est donc impossible à une personne de recevoir la grâce du salut par la capacité d'un choix spirituel. Personne ne peut choisir d'être sauvé, le choix du salut appartient à Dieu et non à l'homme. Telle est la triste condition de l'Église de Laodicée ou Église du libre-choix, c'est à dire de l'Église Évangélique moderne avec toutes ses factions: Baptiste, Amish, Mennonite, Darbyste, Disciple, Adventiste, Irvingien, Pentecôtiste, Charismatique, etc., et tous les groupes dissidents et personnes individuelles qui se disent chrétiens nés de nouveau par décision personnelle. La doctrine du libre-choix produit seulement des fruits de duplicité, d'imposture, d'hypocrisie, d'arrogance, de tolérance et de tiédeur.

 

Existe-t-il un remède pour cette situation déplorable de l'Église du Libre-Choix. L'Esprit du Seigneur semble l'indiquer dans Apoc. 3:18: «Je te conseille d'acheter de moi de l'or éprouvé par le feu, pour devenir riche; et des vêtements blancs, pour être vêtu, et que la honte de ta nudité ne paraisse point, et un onguent pour oindre tes yeux, afin que tu voies.» (v.18), autrement elle sera vomie de la bouche du Seigneur Jésus (v.16). Mais que veux dire exactement ce passage, car nous savons que l'Apocalypse parle toujours en termes figurés. Il est évident qu'il ne s'agit pas d'acheter littéralement du Seigneur de l'or, des vêtements, et un onguent. Le mot «acheter» ou «agorazo» en Grec signifie «être sur la place d'un marché, faire du marchandage, des débats, de la critique, des objections, des disputes». La caractéristique primaire d'être sur la place d'un marché est d'examiner attentivement les produits qui s'y vendent, de marchander, de débattre, de critiquer, de disputer avec le vendeur de la qualité et du prix d'un produit qu'on veut acquérir. En d'autres mots, la notion d'examiner est la base de l'interprétation de ce passage, mais examiner quoi ? La première chose à examiner est «l'or éprouvé par le feu». Nous savons d'après 1 Pierre 1:7 qu'il s'agit ici de «l'épreuve de la foi», c'est à dire que notre foi ou confiance en Christ est épurée ou purifiée par des conflits de toutes sortes, et cela est nécessaire si nous voulons être glorifié avec Christ. Mais nous savons aussi que la foi vient de Christ, il s'agit en effet de la foi ou confiance de Christ dans l'accomplissement de son ministère de sacrificateur en notre faveur. Cette foi, confiance ou assurance, nous est donnée gratuitement et sans condition dans les mérites du sacrifice de Christ sur la croix, elle nous est attribuée comme si elle était la nôtre. Mais pour les disciples du libre-choix il s'agit de leur propre foi qui n'est aucunement une confiance ou assurance, mais une faculté intellectuelle de présomption imprégnée d'amour-propre, d'orgueil, d'arrogance, d'opinions, de prétention et de supposition. En d'autres mots, la foi qui provient de la doctrine du libre-choix n'est pas la foi de Christ, mais la foi de l'homme en Christ et là est toute la différence. Il s'agit donc d'une fausse foi, d'une foi purement humaine et charnelle par laquelle les crédules s'imaginent êtres sauvés. Ainsi nous comprenons mieux pourquoi l'Église de Laodicée ou Église du libre-choix est fortement châtiée par le Seigneur Jésus et qu'elle sera vomie de sa bouche.

 

Le deuxième élément à examiner sur la place du marché spirituel est «les vêtements blanc» avec lesquels un chrétien authentique est revêtu, mais non les imposteurs. Évidemment il ne s'agit pas d'être revêtu littéralement de vêtements blanc. Le mot «blanc» ou «leukos» en Grec vient du mot «lumière» et signifie «être éblouissant, être pur, être rendu innocent». Un passage parallèle à celui-ci est Apoc. 7:14 où il est dit: «Ce sont ceux qui sont venus de la grande tribulation, et qui ont lavé leurs robes, et ont blanchi leurs robes dans le sang de l'Agneau». Ces deux passages se complètes l'un et l'autre ou plutôt l'un dans l'autre. L'enseignement des deux est identique, clair et précis, se revêtir de vêtements blanc signifie «être rendu pur ou innocent par le sacrifice de Christ sur la croix, c'est à dire «être justifié ou rendu juste». Il s'agit donc ici de la justice des saints, et ceux-ci sont rendu juste, innocentés à travers ou plus précisément par «une grande tribulation». En d'autres mots, la «grande tribulation» n'est pas à venir, elle n'est pas une phase que l'Église doit traversée à la fin des temps, elle est plutôt une période précise de transition d'un mode de vie à un autre qui se rapporte directement au sacrifice de la croix. Le verbe «venir» dans Apoc. 7:14 est «erchomai» et quoique ce terme est souvent utilisé pour indiquer «un arrivée d'un lieu vers un autre», il peut signifié aussi «l'arrivée ou manifestation d'un état d'être vers un autre». En fait, une de ses nuances principales est «être établi», c'est à dire d'être «installé dans une position stable», et c'est exactement cela qui se produit avec celui qui est rendu innocent ou justifié en Christ par son sang versé sur la croix. En termes figuratifs, il a changé ses vêtements sales pour des vêtements propres, il a subi une transition vers une nouvelle vie, il est devenu un saint, c'est à dire qu'il a été mis à part pour la gloire éternelle. Or la grande tribulation qui occasionne cette transition ou changement de vêtements est exactement la mort de Christ sur la croix. Le mot «grande» ou «megas» dans le Grec porte la notion d'une grande violence, et celui de «tribulation» ou «thlipsis» signifie «une détresse, une affliction, un tourment, une souffrance». En d'autres mots, la «grande tribulation» est la violence extrême subit pat Christ dans ses souffrances sur la croix qui justifie le pécheur et le rend innocent aux yeux de Dieu à cause du sang versé qui nous purifie de tous nos péchés.

 

Mais les disciples du libre-choix détiennent l'opinion que la grande tribulation est encore à venir, elle se produirait seulement à la fin des temps avant l'apparition finale de Christ en ce monde. Ils attribuent la grande tribulation à la puissance de l'Antichrist, c'est à dire à Satan, qui est supposé persécuté l'Église. Ainsi dans les délires imaginaires de leurs opinions fantaisistes, ils attribuent le sacrifice de la croix à Satan et se retranchent eux-mêmes de la grâce du salut, ils indiquent par cela qu'ils ne sont pas justifiés par le sang de Christ et qu'ils ne sont pas regardés comme innocent mais coupable de leurs péchés sous prétention d'en être délivré. Cela se voit davantage en ce que pour eux la justice est un principe philosophique fondamental, juridique et moral, en vertu duquel les actions humaines doivent être sanctionnées ou récompensées en fonction de leur mérite au regard du droit, de la morale et autres sources prescriptives de comportements. Ils ont inversé la justice de Dieu pour la justice de l'homme, un croyant ne serait donc plus justifié en Christ, innocenté et purifié par son sang versé; mais il serait justifié plutôt par l'obéissance aux principes de la morale, sanctionné ou récompensé en fonction de sa persévérance dans cette voie subversive qui est celle de la loi et de la justification par les œuvres. En d'autres mots, les disciples du libre-choix sont tous des faux chrétiens, sans exception. S'ils ne se retirent de leurs voies pernicieuses pour se tourner à Christ en reconnaissant la souveraineté absolue du Dieu Tout-Puissant pour obtenir le pardon de leurs péchés, la repentance et la foi, la justification et l'adoption, ils périront tous. Sous-entendu que ce changement de direction primordial et essentiel se fait uniquement par la puissance du Saint-Esprit selon le décret d'élection et sans aucune contribution de l'homme, car l'Esprit est celui qui retire le pécheur de ses voies tortueuses et l'attire ou le traîne à la croix par une force irrésistible qui l'abaisse dans la poussière de l'humilité et le fait mourir en Christ, afin qu'il renaisse dans une nouvelle vie.

 

Le troisième et dernier élément à être examiné est celui de «l'onguent ou «collyre» pour oindre les yeux» qui donne aux chrétiens authentiques la capacité de voir, faculté manquante chez les disciples du libre-choix qui demeurent aveugles à cause de leur orgueil. En fait le mot «collyre ou onguent» est «ophthalmos» dans le Grec et ce terme signifie proprement «la faculté de connaître, le regard, la perception», c'est à dire «le discernement» et dont le contraire est «l'aveuglement et la confusion», et nous savons que l'aveuglement est une des caractéristiques du libre-choix (Apoc. 3:17), condition courante dans le monde évangélique. Le discernement des esprits a son contraire au niveau de la chair. Il s'agit de l'impression ou intuition des sensations charnelles ou spirituelles qui est commune à tous les hommes plus ou moins éveillés. L'intuition est l'action de deviner, pressentir, sentir, comprendre, connaître quelqu'un ou quelque chose d'emblée, sans parcourir les étapes de l'analyse du raisonnement ou de la réflexion. Il s'agit de l'aptitude de la pensée qui sert de principe et de fondement à la spéculation pour formuler des théories à partir de l'imagination. L'esprit étant captif de la chair et du péché ne peut jamais saisir la vérité, il en obtient seulement des impressions approximatives et superficielles. Cette faculté de l'esprit charnel n'est pas du discernement réel qui lui est «une grâce imprégnée par le Saint Esprit ou Sainte Présence» qui habite en tous les élus seulement. Le discernement ou impression des disciples du libre-choix est plutôt une faculté du psyché humain considérée comme un genre de spiritualité qui donne des fausses perceptions. Il est égocentrique et non christocentrique, un faux raisonnement, un délire qui fait dérivé l'esprit dans mille et une imaginations. Ce genre d'impression ou intuition est le domaine occulte du spiritisme, des voyants ou médiums, de ceux qui ont des prémonitions et qui donnent des prédictions. Ces dispositions spirites sont adaptées au christianisme moderne des mouvances extatiques, pentecôtistes et charismatiques, comme étant des visions et des prophéties, séduisant ainsi le plus grand nombre avec des contrefaçons bibliques. C'est la coutume parmi les disciples du libre-choix d'interpréter ce genre d'impression ou intuition comme étant du discernement, ce qu'il n'est pas en aucune façon, il n'est pas une grâce mais une disgrâce, et ceux qui se l'attribuent pour l'utiliser spirituellement sont exclus de la grâce éternellement.

 

En considérant toutes ces choses dans l'analyse du passage de Apocalypse 3:18 et en vérifiant le Grec de ce même passage en utilisant l'étymologie, ont voit qu'il peut se traduire ainsi: «Je te conseille d'examiner devant moi mes épreuves, pour fructifier et être vêtu de ma justice, afin que l'évidence de ta disgrâce ne se manifeste point, et d'éclaircir ta perception». A Laodicée, on avait cherché les satisfactions de son cœur, on s'était laissé guider par ses propres sentiments, on n'avait pensé qu'à soi, au fond. Il faut porter le fer rouge à tout cela, réaliser Rom. 6:11; Gal. 2:19-20; 5:24-25; 6:14, - quelque douloureux que ce soit pour la chair. Puis le cœur se tournera vers Christ ! Plus d'aveuglement lorsque l'œil est fixé sur ce seul objet ! – «L'œil est la perception du corps: si donc ta perception est franche, tout ton être sera éclairé; Mais si ta perception est mauvaise, tout ton être sera dans les ténèbres. Si donc la lumière qui est en toi n'est qu'obscurité, combien vaste sera cette noirceur!» (Matt. 6:22,23; Bible de Machaira). Les yeux ouverts par le divin collyre, le discernement spirituel, qui résulte de ce que nous avons «l'onction de la part du Saint», est retrouvé.

 

LE FAUX DISCERNEMENT DES ESPRITS

Le discernement, et d’une façon plus précise le discernement des esprits, pour le distinguer du discernement naturel; demeure une réalité dont notre époque a besoin de redécouvrir l’importance, pour ne pas dire l’urgence. Tout un ensemble confus de sectes d’origine récente gravite en effet autour des mouvements pentecôtistes et charismatiques du christianisme moderne contrefait. La plupart prétendent s’appuyer sur la Bible, mais elle est tordue de mille manières, mutilée, ou mêlée des produits de l’imagination humaine; les manifestations spirituelles passent à des formes mélangées d’occultisme, de spiritisme, et de là à des pratiques consternantes rivalisant d’aberration; quant aux déviations doctrinales, elles s’écartent de la révélation biblique initiale jusqu’à rejoindre les fables des religions non chrétiennes.

 

Comment «mettre à l'épreuve» les gens qui prétendent avoir l'Esprit? Les apôtres disent de «vérifier» les déclarations de nos interlocuteurs. Si ce qu'ils prêchent est «conforme» à la pensée générale des Écritures, cela est bien, mais ceux qui tordent les Écritures font de même pour supporter leurs aberrations. Le Saint-Esprit ou Sainte Présence vient pour donner de la valeur à Jésus-Christ et non à des manifestations surnaturelles. Il ne s'agit donc pas ici de «vérifier» à partir de la grâce du discernement des esprits, sans passer par le miroir des Écritures, et sans l'assurance certaine de Jésus-Christ qui nous habite par sa Sainte Présence pour nous instruire dans ses voies. Que ses paroles «que ma volonté ne se fasse point, mais la tienne» (Luc 22:42), nous soutiennent dans le discernement essentiel de sa révélation, car elles en sont l'essence même. Considérant que la volonté est la source de nos choix personnels, nous comprenons mieux alors la signification des paroles du Seigneur Jésus dans leur application d'un discernement réel et valable, dont la seule source est la volonté souveraine et absolue du Dieu Tout-Puissant. Le critère du discernement des esprits est la souveraine volonté de Dieu, c'est à dire «le choix de Dieu», et jamais le choix de l'homme, qu'il soit chrétien ou non. Inverser ce principe essentiel c'est attribué à l'homme, dont la volonté est esclave de la chair et du péché, le discernement des esprits qui appartient à Dieu seul. De quel genre de discernement peut-on nous attendre dans un tel cas, et quel genre d'esprits seraient discernés ? Les ténèbres ne peuvent discerner que les ténèbres, ou comme le dit si bien l'apôtre Paul: «Car qui est-ce qui connaît ce qui est en l'homme, si ce n'est l'esprit de l'homme qui est en lui?» (1 Cor. 2:11)

 

La Bible mentionne, tout au long de l’histoire de l’homme, les magiciens, les évocateurs d’esprits, les devins, etc., et il n’en manque pas de nos jours au sein des mouvances pentecôtistes et charismatiques. L’objet est toujours de détourner les âmes de la vérité et de les faire croire au mensonge. D’où les mises en garde: «Éprouvez toutes choses»; «ne croyez pas tout esprit, mais éprouvez les esprits pour voir s’ils sont de Dieu» (1 Jean 4:1). L'embûche ici est le mot «esprits» car il engendre toutes sortes d'imaginations absurdes dans la pensée des gens. Les esprits mentionnés ne sont pas des démons imaginaires, des anges déchus, ou des créatures mythiques, mais des raisonnements ou réflexions, c'est à dire «des facultés qu'a la pensée de faire retour sur elle-même pour examiner une idée, une question, un problème. Il s'agit ainsi de l'ensemble des arguments issus d'une réflexion, mis en œuvre dans une discussion, et qui ont pour but de convaincre quelqu'un ou de démontrer, de prouver quelque chose». Une traduction plus précise de 1 Jean 4:1 nous dit: «Très-dévoués, ne croyez pas chaque réflexion, mais examinez les raisonnements, pour voir s'ils sont de Dieu; car plusieurs faux prophètes sont venus dans cette disposition.» (Bible de Machaira). L’avertissement vaut pour les fausses doctrines comme pour les faits par lesquels on prétend les confirmer. Sans parler des nombreuses supercheries, il y a des explications toutes naturelles de phénomènes étranges présentés comme charismes — résultats d’états nerveux, d’excitations, de suggestions, de dérèglements de conscience, d’exaltations psychiques relevant de ce domaine du subconscient dont s’occupe la psychothérapie. Là est le domaine réel des actions diaboliques, car ne l'oublions pas, le mot diable signifie proprement «contrariété charnelle» pour nous indiquer que la chair de l'homme déchu est en opposition à l'Esprit de Dieu, comme nous l'indique l'apôtre Paul: «le raisonnement charnel est hostile contre Dieu; car il ne se soumet pas à la loi de Dieu; et en effet, il ne le peut.» (Rom. 8:7); «Car la chair a des désirs contraires à l'Esprit, et l'Esprit en a de contraires à la chair, et ces deux choses sont opposées l'une à l'autre; de telle sorte que vous ne faites point les choses que vous voudriez.» (Gal. 5:17).

 

Un «discernement» est donc indispensable. Il ne s’agit pas seulement de distinguer entre vrais et faux croyants en examinant s'ils soutiennent la volonté de l'homme ou la volonté de Dieu dans la grâce du salut, mais entre d’un côté l’enseignement et l’action du Saint Esprit, et de l’autre son imitation par de mauvais esprits ou raisonnements fallacieux sur la Parole de Dieu par de prétendus chrétiens qui en tordent le sens. Ce discernement nous est en effet indispensable pour ne pas être entraînés par des séducteurs, et pour répondre avec sagesse à ceux qui sont séduits, et qui font montre souvent d’un intrépide prosélytisme. Il nécessite toutefois une assurance inébranlable dans la direction de Christ, et au moins une connaissance de base des langues originales de la Bible, de l'étymologie, des principes de traduction, des anciens manuscrits, et de l'histoire des peuples. Il n'est donc pas suffisant de dire qu'il faut se baser uniquement sur la Bible pour avoir du discernement, car les imposteurs font de même tout en affirmant qu'ils sont dirigés par l'Esprit de Dieu pour le faire. Nous ne vivons plus dans des temps de simplicité dans lesquels il y avait peu de moyens pour faire des recherches, mais dans des temps de complexité qui nécessite de s'approprier tout ce que le Seigneur met à notre disposition pour approfondir notre connaissance de la vérité. Ceux qui veulent demeurer naïfs sont sujets à la séduction et l'ennemi en profite à son avantage. Que le Seigneur protège les siens et les dirige est une chose merveilleuse, mais cela n'est pas une excuse pour ne pas s'informer correctement si nous ne voulons pas tomber dans les nombreux pièges des imposteurs.

 

LA GUERRE SPIRITUELLE ET L'AMOUR DE DIEU

Nombreux sont ceux qui s'imaginent que la vie chrétienne est une vie de paix et de bonheur, remplie de joie, de douceur, d'affections fraternelles, et surtout d'amour. S'il est vrai que la Bible parle de ces choses, ils négligent toutefois trop facilement les paroles du Seigneur qui dit: «Ne pensez pas que je sois venu apporter la paix sur la terre: JE SUIS venu apporter, non la paix, mais l'Épée. Car JE SUIS venu mettre la division entre le fils et le père, entre la fille et la mère, entre la belle-fille et la belle-mère. Et l'homme aura pour ennemis ceux de sa maison (de son église, de sa dénomination, de son groupe).» (Mat. 10:34-36); «JE SUIS venu mettre le feu sur la terre; et qu'ai-je à désirer s'il est déjà allumé!» (Luc 12:49) En d'autres mots, l'Épée de la Parole divise, elle apporte des conflits de tous genres, elle provoque les ennemis, elle sépare la vérité du mensonge, elle cause une distinction entre le vrai et le faux chrétien, et elle brûle les imposteurs au feu qui ne s'éteint point (Mat. 3:12), bref, elle sème la guerre, non une guerre charnelle mais une guerre spirituelle sans merci, une guerre entre les fils de la Lumière et les fils des ténèbres, entre les élus et les exclus. Ce n'est qu'entre les combats que le guerrier se repose dans la paix de son Maître et prend le temps de se réjouir en sa Présence, pansant ses blessures avec le baume de la grâce et se nourrissant de la vérité afin d'être restauré pour le prochain combat. D'entre les ennemis sur le champ de bataille, les premiers qui tombent sont ceux qui disent être remplis d'amour et de douceur, car leur amour est charnelle et mondaine et leur douceur est aigreur et malveillance. Ce sont des lâches et des traîtres qui cherchent à se sauver devant les conflits, tentant de se réfugier dans leur tiédeur et leurs opinions pour ne pas subir les coups de l'Épée. Ils s'imaginent en sécurité sous la bannière de leurs croyances, mais lorsque la trompette sonne l'assaut ils sont les premiers à fuir; tandis que les insensés de leurs troupes affrontent la tempête avec les tiges maniables de leur tolérance répugnante et se font massacrés sans pitié.

 

Souvenons-nous que la Parole de Dieu est l’Épée de l’Esprit, et que nos combats sont des combats spirituels; sans l’Esprit, une personne s'expose à manier la Parole comme le ferait dangereusement un enfant ou un homme ivre avec une épée à deux tranchants. On ne soulignera jamais trop que la mission de l’Esprit Saint, Esprit de vérité, Consolateur des élus, est, dans sa portée générale, de glorifier Jésus, car il est lui-même le Seigneur Jésus (Rom. 8:9; 2 Cor. 3:17) dans la gloire de son ministère d'exaltation. Il accomplit son œuvre entre autres en communiquant aux siens ce qu’il prend de Lui pour le leur annoncer et les instruire, et cela pour leur joie et pour leur édification; de sorte que l’homme spirituel est heureux de reconnaître les preuves de la présence et de l’action de Christ en lui, l'espérance de la gloire, et par lesquelles il décèle, pour s’en écarter, ce qui n’est pas de la vérité. Ces critères sont toujours en rapport étroit avec la Personne du Seigneur Jésus. Tout ce qui porte atteinte au nom de Christ est manifesté par l’Esprit, et chaque fruit de l’action de l’Esprit de Christ dans le fidèle met en évidence un caractère de Christ, en contraste avec les œuvres de la chair (Gal. 5:22).

 

La Bible nous demande «d'examinez les raisonnements, pour voir s'ils sont de Dieu (1 Jean 4:1)», c'est à dire d'examiner à la lumière de la Parole de Dieu et de l'Esprit de Christ, les idées ou les pensées formulées pour exprimer des opinions et pour rédiger des doctrines, et un tel examen doit être consciencieux, méticuleux, et rigoureux. Le témoignage de la révélation se trouve dans les Écritures, particulièrement dans leurs langues originales, et rendu évident dans l'histoire des peuples, surtout dans celle du christianisme. Puisque nous ne pouvons séparer la révélation d'avec l'histoire, l'accord entre les deux en démontre souvent l'accomplissement. Si le témoignage de la révélation ne s'accorde pas avec le témoignage l'histoire sur une doctrine particulière, il y a généralement raison de se méfier; le cas demande donc des recherches plus intenses et plus prolongées, accompagnées de beaucoup de prières et de confiance en Christ. Néanmoins les Écritures seules demeurent toujours la base de la foi du croyant. La révélation nous demande aussi de nous tenir en garde contre l'apostasie et la séduction, mais faut-il encore comprendre exactement c'est quoi l'apostasie afin d'éviter la séduction. Pour les disciples du libre-choix l'apostasie signifie «l'abandon de la foi», ce qui est évident seulement si la foi n'est qu'une faculté intellectuelle qui repose sur des efforts personnels. Puisque nous savons que la foi est le don de Dieu que nous recevons en Jésus-Christ, l'apostasie ne peut être l'abandon de la foi comme l'affirme les imposteurs. L'apostasie est plutôt «la déformation de la foi» en lui attribuant une autre signification que celle dont elle détient généralement dans les Écritures, et c'est exactement cela que font les disciples du libre-choix avec leur définition de la foi. Dans 2 Cor. 11:4, L'apôtre Paul va jusqu'à dire aux Corinthiens que «si quelqu'un vient à eux en leur annonçant un autre Jésus, un autre esprit, et un autre Évangile, ils le supportent fort bien !» Nous voyons aujourd'hui de nombreuses doctrines nouvelles complètement erronées parcourir l'Église par véritables vagues, particulièrement au niveau des dons surnaturels ou psychiques. Dans beaucoup d'églises, il y a de nombreuses manifestations dont les Chrétiens ne peuvent discerner l'origine (divine, charnelle ou psychopathique). Toutes sortes de prophéties plus délirantes l'une que l'autre, sont diffusées dans les églises, et particulièrement sur Internet dans des Blogs et Forums qui sont que des nids de vipères propices à toutes sortes de dérèglements et de cancans malicieux. De nombreux imposteurs comme Michelle d'Astier de la Vigerie, et Christian Becquet du Cameroun, Jean Luc Burnod, Edgard Hirschler, Gilles d'Abitibi (pseudo), François Grenier, Frédéric Klumpp, Christine Floreck, Hervé Pouget, Lilianne Clauss, sont reconnus pour déformer les propos des gens afin de rapporter des ragots aux internautes dans le but de se donner quelque importance illusoire aux yeux de la vermine qu'ils manipulent.

 

Le discernement provient de deux sources:

1- Il y a d'abord celui qu'on obtient par le renouvellement de l'intelligence qu'opère en nous le Saint-Esprit: «Et ne vous accommodez point au présent siècle, mais soyez transformés par le renouvellement de votre compréhension, afin que vous discerniez que la volonté de Dieu est gracieuse, recevable et pondérée.» (Rom 12.2) Le discernement de la volonté de Dieu est la clé de ce principe, elle se rapporte directement à sa souveraineté absolue sur toutes choses, sur tous évènements, sur toutes circonstances, sur les pensées et les actions des hommes, sur l'idéologie des nations, et surtout en ce qui concerne la grâce inconditionnelle de son salut et sanctification qu'il accorde seulement à ses élus. L'essence même du discernement dans la guerre spirituelle et actuelle dans laquelle nous nous trouvons présentement à la fin des temps, est de discerner entre les disciples de la Souveraineté de Dieu qui enseignent les doctrines de la grâce et la foi de Christ; et les disciples du libre-choix qui enseignent les doctrines de la disgrâce et la souveraineté de l'homme dans le salut et la sanctification. Les premiers utilisent souvent des paroles rudes et déplaisantes dans le but de bouleverser les esprits afin que quelques-uns puissent être réveiller. Les deuxièmes utilises des paroles douces et mielleuses afin de mieux manipuler les gens pour les endoctriner dans des contrefaçons subtiles et raffinées qui mènent à la perdition éternelle. La différence entre la volonté de Dieu et le libre-choix de l'homme est la seule façon de discerner entre un vrai et un faux chrétien. Dans un tel cas le discernement n'est pas difficile, toutes personnes qui disent avoir le libre-choix de croire ou qui déclarent avoir accepté Christ par une décision personnelle, sont des faux chrétiens, et toutes doctrines qui sortent de leurs bouches ou de leurs écrits sont fausses.

2- Et puis il y a le discernement qui vient de l'expérience vécue: «Mais la nourriture solide est pour ceux qui sont d'âge mature, pour ceux qui, par l'habitude, ont le jugement exercé à discerner le bien et le mal.» (Héb 5.14) Il faut absolument reconnaître que Dieu est entièrement Souverain sur tous les êtres humains sur la face de la terre, et que rien n'arrive sans sa volonté, malgré qu'une telle notion est souvent difficile à comprendre. Mais les Écritures nous donnent toutefois une réponse à ce dilemme: «Car mes pensées ne sont pas vos pensées, et vos voies ne sont pas mes voies, dit YEHOVAH. Car autant les cieux sont élevés au-dessus de la terre, autant mes voies sont élevées au-dessus de vos voies et mes pensées au-dessus de vos pensées. Car, comme la pluie et la neige descendent des cieux, et n'y retournent pas sans avoir arrosé et fécondé la terre et l'avoir fait produire, pour donner de la semence au semeur et du pain à celui qui mange, ainsi en est-il de ma Parole, qui sort de ma bouche; elle ne retourne pas à moi sans effet, sans avoir fait ce que j'ai voulu, et accompli l'œuvre pour laquelle je l'ai envoyée.» (Es. 55:8-11). Dieu est en contrôle, même si le monde semble dominer par l'esprit du mal, rien n'échappe à la volonté toute-puissante de notre Dieu, le Seigneur Jésus. Les pensées de Dieu diffèrent de celles des hommes: quoi de plus normal puisque l'entendement divin est la vérité quand l'intelligence des hommes part constamment à la recherche du vrai ! Pourtant, il ne s'agit pas ici d'une spéculation sur les mérites comparés des intelligences. Il s'agit ici de faire, comme Simon-Pierre, l'expérience douloureuse de la révélation d'un Sauveur qui ne correspond pas exactement à ses attentes et qui bouleverse même la compréhension de la relation à Dieu. Dès lors, le Seigneur Jésus nous entraîne à la conversion de nos représentations et de nos mentalités religieuses. La réaction de Pierre aux paroles de Jésus (Marc 8:27-33) montre la difficulté que l'on peut avoir devant la réalisation de la volonté de Dieu chez plusieurs prétendus chrétiens. Dans ce moment de vérité où Jésus se confie et se livre à ses disciples, il est «tenté» par celui qu'il vient de nommer «la pierre» sur laquelle il va ériger sa convocation à renaître (son Église). Pierre réagit comme un homme, et c'est bien normal: nul ne souhaite à un ami le destin de Jésus. Mais Pierre réagit charnellement en pensant comme un adversaire de la vérité, l'Esprit de Dieu n'est pas encore tombé sur lui, il devra attendre à la Pentecôte, ses pensées ne peuvent faire autrement que de suivre son cœur irrégénéré. En substance il se dit: «le Messie que l'on suit ne peut être maltraité et mis à mort». Ce sont là des pensées humaines qu'il faut convertir en pensées divines. La force d'âme de Jésus tient dans cette capacité à résister à toutes les tentations de le détourner de sa mission de Sauveur pour laquelle il est venu dans le monde. Encore aujourd'hui, le Seigneur Jésus appelle à le suivre, à prendre sa croix et à marcher à sa suite. Certains entendent cet appel à répondre à la volonté de Dieu. Que sommes-nous pour eux ? Des frères qui les aident sur ce chemin difficile et exigeant qu'est la réponse qu'on trouve dans le fait que Dieu est souverain; ou des obstacles qui empêchent et la réalisation de la volonté de Dieu et la réponse en déclarant que l'homme est libre de croire et ainsi maître de son destin ? Pourtant, on le sait bien, la volonté de Dieu sur un élu est «comme un feu dévorant» (Jer. 20:9), et personne ne peut l'éteindre quand il brûle dans un cœur passionné. Plus encore, le Dieu Tout-Puissant dont parle saint Paul et la victoire de la vie sur la mort dans la résurrection du Christ, nous assurent que rien de mauvais ne peut arriver à celui qui accomplit sa volonté (Ro. 8:28). Dès lors, la prière «Que ta volonté soit faite» et non la nôtre, indique clairement la souveraineté de Dieu et non le libre-choix, et signe pour nous la conversion de nos pensées humaines en pensées de Dieu !

 

Comment donc savoir ce qu'est le bien et ce qu'est le mal ? A quels critères, à quelle autorité se référer ? Il n'y a pas si longtemps, certains comportements étaient considérés comme répréhensibles. Aujourd'hui, ils sont excusés, admis et même reconnus par notre société qui ne veut plus s'appeler chrétienne. On les accepte en les expliquant par des causes biologiques. Quel en est le résultat ? Les critères moraux établis par notre Dieu Créateur pour assurer le bonheur de sa créature sont abandonnés. La conscience s'endurcit; les idéaux s'évanouissent. La génération qui grandit dans cet environnement n'est visiblement pas plus heureuse que les précédentes. Souvent livrée à elle-même, elle ne peut que se blesser parmi les ruines d'une société en décadence, qui ne sait plus distinguer le bien du mal. Sans repères, sans consolations, elle cherche désespérément une raison de vivre dans les philosophies orientales, l'occultisme, ou les sectes évangéliques, notamment chez pentecôtistes et les charismatiques. Les raisonnements des hommes sans Dieu fourvoient et conduisent au mal. Seule la Parole de notre Dieu, le Seigneur Jésus, garde son autorité et montre le chemin du bien au milieu du mal qui nous entoure. La Bible, voilà la référence absolue, universelle et invariable, il faut toutefois une version fidèle aux originaux Hébreu et Grec, à défaut il faut consulter directement ces textes qui seuls font autorité sur les traductions. Le bien, c'est ce qui est conforme à la pensée de Dieu, ce qui l'honore. Tout ce qui est opposé à Dieu et aux enseignements de sa Parole inspirée est mal.

 

Pour se rendre compte du caractère bon ou mauvais de nos actions, nous devons d'une part nous en remettre à la loi de notre conscience écrite par Dieu dans le cœur de tous les hommes (Rom. 2:12-15) et codifiée par Moïse en dix commandements pour le peuple Hébreu, et d'autre part laisser le temps nous enseigner si notre conscience était droite ou pas. Il ne nous est pas demandé d'attendre d'avoir en main toutes les variables du présent pour agir, ce serait nous contraindre à l'inertie totale. Toujours, nous devons agir selon ce qui nous semble être le meilleur, et nous ne pouvons rien faire de mieux que de nous soumettre à Christ. Nous pouvons aussi profiter de l'expérience que nous avons du bien et du mal, de notre expérience de vie et de l'expérience des autres. On peut questionner les autres, demander conseil -- référence à l'expérience d'autres. On peut aussi questionner les lois, les règles -- référence à l'expérience collective. Les lois sont toujours basées sur des situations rencontrées dans le passé et pour lesquelles on croit avoir trouvé la meilleure solution. Cette solution est codifiée de façon à couvrir le plus grand nombre de cas particuliers possible et d'orienter chacun vers une résolution du problème qui soit - conformément à ce que nous enseigne l'expérience collective - dans le sens du plus grand bien de tous et de chacun. Mais rappelons-nous que l'expérience n'a pas l'autorité qu'a la Parole de Dieu qui détermine pour nous ce qui est bien et ce qui est mal. Quand on questionne Jésus à savoir quel est le plus grand des commandements, il répond: «Tu aimeras ton Dieu de tout ton cœur, de toute ton âme et de toute ta force. Et voici le second: Tu aimeras ton prochain comme toi-même. Toutes les autres lois ne sont là que pour mener à celles-ci.» Toutefois la grande majorité n'a aucun discernement, les gens interprètent l'amour de Dieu comme étant un sentiment humain qui déclenche toutes sortes d'émotions. Impossible de leur dire autrement, ils ne veulent absolument rien comprendre, les illusions de leurs opinions priment sur la vérité. Ils ne connaissent pas l'amour de Dieu, ils en n'ont aucune notion car l'Esprit de Christ, Esprit de renoncement Suprême, n'est pas en eux. Leur cœur rebelle refuse de voir autrement à cause qu'ils en reçoivent un sentiment de bien-être et ils s'illusionnent être dans la vérité. Or l'amour de Dieu n'est pas un sentiment bonasse de tolérance répugnante comme nous retrouvons chez les disciples du libre-choix, mais une attitude de renoncement, une disposition sacrificielle qui vient de Dieu et qui retourne à lui dans des gestes concrets en se sacrifiant l'un pour l'autre pour la vérité et la gloire de Christ.

 

LES DIFFÉRENTS ASPECTS DU DISCERNEMENT SPIRITUEL

Aux instructions orales données à Moïse concernant le tabernacle, et au modèle montré sur la montagne, le Seigneur Jésus avait jugé bon d’ajouter le don d’une sagesse spéciale. Il l’avait accordée à Betsaleël et à d’autres, par l’action de son Esprit. De la même manière, Dieu nous donne aujourd’hui les ressources de son Esprit et du discernement qu’il produit dans les cœurs des siens par son moyen. C’est un grand sujet. Nous voulons essayer d’en considérer quelques aspects.

 

L’insuffisance de l’intelligence naturelle

Notre intelligence naturelle, si grande qu’elle puisse être, ne nous est d’aucun secours pour comprendre les pensées et la volonté de Dieu. Elle peut même nous fourvoyer. Le Seigneur a dit: «Je te loue, ô Père, Seigneur du ciel et de la terre, de ce que tu as caché ces choses aux obstinés et aux rusés, et que tu les as révélé à ceux qui sont discrets.» (Matt. 11:25). L’apôtre Paul développe ce sujet dans 1 Corinthiens 1 et 2, dont nous retenons en particulier ceci: «Car qui est-ce qui connaît ce qui est en l'homme, si ce n'est l'esprit de l'homme qui est en lui? De même aussi, personne ne connaît ce qui est en Dieu, si ce n'est l'Esprit de Dieu. Pour nous, nous n'avons pas reçu le raisonnement de cette disposition, mais l'Esprit qui vient de Dieu, pour connaître les choses qui nous ont été gratuitement données de Dieu.» (1 Cor. 2:11,12). Le Saint Esprit ou plus précisément la Sainte Présence nous est nécessaire pour comprendre les choses de Dieu: «car l'Esprit sonde toutes choses, même les profondeurs de Dieu... Or, l'homme naturel ne comprend point les choses de l'Esprit de Dieu; car elles lui sont folie, et il ne peut les connaître, parce que c'est spirituellement qu'on en discerne. Mais l'homme spirituel examine toutes choses, et n'est lui-même questionné par personne. Car qui a connu la pensée du Seigneur pour l'instruire? Mais nous, nous avons la pensée de Christ.» (v.10,14,15,16). L’apôtre Jean dit aussi: «Mais l'onction que vous avez reçue de lui, demeure en vous; et vous n'avez pas besoin qu'on vous enseigne; mais comme cette même onction vous enseigne toutes choses, et qu'elle est véritable, et qu'elle n'est point un mensonge, demeurez en lui, selon qu'elle vous a enseignés.» (1 Jean 2:27). Quoique l’action du Saint Esprit va en fonction de notre démarche, selon que nous nous laissons conduire par la chair ou par l’Esprit, Dieu demeure Souverain sur notre vie pour nous former dans ses voies.

 

Croissance spirituelle

Dans ce passage de 1 Corinthiens 3, les chrétiens charnels sont assimilés à «de petits enfants» en Christ, qui doivent encore être nourris au «lait», et ne peuvent supporter «la viande» (v.2). De la même manière, le chapitre 5 de l’épître aux Hébreux présente l’enseignement chrétien sous les deux images contrastées du lait et de la nourriture solide — le lait pour les petits enfants et la nourriture solide pour les hommes faits (v.12-14). C’est la même parole de Dieu, mais présentée à des niveaux différents, selon l’état des auditeurs. Aux uns, on ne peut communiquer que «les premiers rudiments des oracles de Dieu»; aux autres, on peut annoncer «tout le conseil de Dieu» (Act. 20:27), même «les choses difficiles à expliquer». Il est bien normal qu’au début de sa carrière, un chrétien soit encore un petit enfant en Christ, et ait besoin d’une nourriture simple, adaptée à son développement. C’est ce qui lui permet de croître jusqu’à l’état d’homme fait. La croissance des Corinthiens avait été entravée par leur état charnel, et celle des Hébreux par leur paresse à écouter. Qu’en est-il de la nôtre ?

 

Discernement du bien et du mal

«Mais la nourriture solide est pour ceux qui sont d'âge mature, pour ceux qui, par l'habitude, ont le jugement exercé à discerner le bien et le mal.» (Héb. 5:14). L’homme possède par naissance une certaine faculté de discerner le bien et le mal, c’est sa conscience. Mais le verset ci-dessus nous montre que cette aptitude se développe, s’exerce par la pratique. Le fait de «l’habitude...» Quelle habitude ? Sans vouloir être limitatif, donnons deux éléments de réponse à la question.

1° On peut penser tout d’abord à un contact constant et profond avec la parole de Dieu dans toutes ses parties. Dieu exerce par là notre faculté de jugement, d’appréciation. II nous enseigne, dans des situations complexes, à démêler ce qui est bien et ce qui est mal. Car en fait, le bien et le mal, le juste et le faux, se superposent souvent dans la même action. Par exemple, lorsque Jacob se fait passer pour Ésaü afin de voler la bénédiction qu’Isaac veut donner à son premier-né, en Genèse 27, nous sommes conduits à faire deux évaluations de son action. D’une part il est mû par le désir excellent d’obtenir la bénédiction divine — comme en d’autres circonstances de sa vie (25:29-34; 32:24-33) — et d’autre part, il utilise dans ce but une tromperie hautement répréhensible.

2° On peut penser ensuite à l’habitude de mettre la parole de Dieu en relation avec toutes les situations que nous vivons. Si cette Parole «habite en nous richement», nous laisserons sa lumière éclairer nos actions. À la même lumière, nous évaluerons celles des personnes que nous côtoyons. Quant à nous-mêmes, nous pourrons être amenés à voir plus clairement quels sont les motifs qui nous conduisent; et quant aux autres, nous laisserons Dieu juger de leurs motifs, nous limitant à apprécier les actions selon les normes que la Parole nous fournit. Voilà, entre autre, comment nous pouvons acquérir «des sens exercés».

 

L’intelligence spirituelle

L’expression «intelligence spirituelle» se trouve une seule fois dans l’Écriture, dans un passage remarquable de l’épître aux Colossiens: «C'est pourquoi depuis le jour où nous l'avons appris, nous n'avons cessé de prier pour vous, et de demander que vous soyez remplis de la connaissance de sa volonté, en toute sagesse et intelligence spirituelle; de telle sorte que vous vous conduisiez d'une manière digne du Seigneur, pour lui plaire en toutes choses, portant des fruits en toutes sortes de tâches gracieuses, et croissant dans la connaissance de Dieu.» (Col. 1:9,10). Ce passage a une portée éminemment pratique, il parle du renoncement selon l'Esprit (v.8) produit en nous par sa puissance glorieuse (v.11) dans des actions de grâce ou œuvres de confiance en Christ pour toutes choses dans notre vie. L’apôtre prie pour les croyants, afin qu’ils marchent d’une manière digne du Seigneur, qu’ils aient une conduite qui lui plaise à tous égards. Et quelle est la source d’une telle marche ? — Essentiellement, l’état intérieur. L'apôtre Paul ne mentionne pas des commandements ou des directives formelles, il parle de cœurs remplis de la connaissance de la volonté de Dieu. Quelle expression ! Ce ne sont pas des hommes qui tâtonnent à la recherche de cette volonté, ils en sont remplis. La vie de Christ en eux, le lien vital des sarments avec leur Cep, produit en eux cette intelligence spirituelle qui leur donne d’entrer dans les pensées de Dieu et de comprendre sa volonté. Voilà l’état d’homme fait ! La fin du verset 10 nous montre le secret de la croissance qui conduit à cet état: «croissant dans la connaissance de Dieu». Aux Corinthiens qui s’étaient laissés ébranler par de fausses doctrines, l’apôtre dit: «quelques-uns sont sans la connaissance de Dieu» (1 Cor. 15:34). Or il s'agissait de ceux qui étaient «des mauvaises compagnies qui corrompent les bonnes habitudes.» (v.33), c'est à dire des faux chrétiens qui s'étaient glissés parmi eux car un chrétien réel n'est pas sans la connaissance de Dieu, autrement il ne serait pas chrétien. Une connaissance vraie et profonde de Dieu par la puissance de sa Sainte Présence qui nous habite, voilà la sauvegarde contre tous les égarements, voilà ce qui amène le croyant dans le chemin de Dieu. La connaissance de Dieu conduit à la connaissance de la volonté de Dieu, de la réalisation de sa Souveraineté absolue pour porter le fruit d'une confiance totale en Christ.

 

L’acquisition de la sagesse

En fait, même avant la venue du Saint Esprit sur la terre pour habiter dans les croyants, la compréhension de la pensée de Dieu et la connaissance de sa volonté étaient déjà indissolublement liées à l’état pratique de l’âme. Le livre des Proverbes, de façon très particulière, indique le chemin vers la sagesse, l’intelligence, la connaissance, l’instruction, le discernement: «Mon fils, si tu reçois mes paroles et que tu caches par devers toi mes commandements pour rendre ton oreille attentive à la sagesse, si tu inclines ton cœur à l’intelligence, si tu appelles le discernement, si tu adresses ta voix à l’intelligence, si tu la cherches comme de l’argent et que tu la recherches comme des trésors cachés, alors tu comprendras la crainte de l’Éternel et tu trouveras la connaissance de Dieu» (v.1-5); «Car l’Éternel donne la sagesse; de sa bouche procèdent la connaissance et l’intelligence» (v.6); choses qui sont l’œuvre de Dieu dans nos cœurs, c'est à dire une grâce de Dieu.

 

État intérieur et discernement spirituel

Par trois passages des Psaumes, soulignons la croissance spirituelle qui y est enseignée: «Le secret de YEHOVAH est pour ceux qui le craignent, et il leur fera connaître son alliance.» (Ps. 25:14). La crainte de Dieu — c’est-à-dire le fait de donner à Dieu sa juste place, de lui reconnaître ses droits — prépare nos cœurs à recevoir la connaissance de son alliance en Jésus-Christ. Dans le psaume 51, le psaume de l’humiliation, David dit, dans le sentiment profond de la gravité de ses fautes: «Voilà, tu aimes la vérité dans le cœur, tu m'as fait connaître la sagesse au-dedans de moi.» (v. 6). C’est à «un cœur brisé et humilié» que Dieu fera connaître sa pensée (v.17), et c'est exactement cela que l'Esprit de Dieu produit dans le cœur du pécheur qu'il attire à la croix.

 

L’exemple de Moïse

Pendant que Moïse est sur la montagne de Sinaï, recevant la loi et les instructions de Dieu concernant le tabernacle, le peuple d’Israël érige le veau d’or (Ex. 32). Dans sa colère contre son peuple, le Seigneur Dieu est prêt à le consumer. La conduite de Moïse dans cette circonstance est bien remarquable. Il dresse une tente hors du camp, et l’appelle la tente d’assignation (33:7), du nom même que Dieu avait donné au tabernacle à construire (29:4). C’est vers cette tente que sortent «tous ceux qui cherchaient YEHOVAH». Ce que Moïse fait là ne nous est pas présenté comme l’exécution de commandements formels de Dieu, mais comme résultant du discernement spirituel d’un homme qui vit près de Dieu et qui a sa pensée. La colonne de nuée, symbole de la présence divine, se tient à l’entrée de la tente; elle manifeste l’approbation de Dieu à l’égard de Moïse qui donne une représentation anticipatoire du sacrifice de la croix. Ainsi nous voyons que le discernement des esprits se rapporte toujours au sacrifice de la croix.

 

«Sortons donc hors du camp, pour aller à lui, en portant son déshonneur.» (Héb. 13:13). Le déshonneur de Christ... ! Sommes-nous disposés à le porter aujourd’hui encore, et même, comme Moïse au début de sa carrière, l’estimait comme étant «un plus grand trésor que les richesses de l’Égypte» (Héb. 11:26) ?

 

EXPOSER LES FAUSSES DOCTRINES

Il est bon d'être loyal quand nous défendons la vérité, et quand notre motivation est juste. Mais nous ne devons pas accorder notre loyauté à ceux qui répandent le mensonge, ni nous engager à les suivre: «Celui qui déclare juste le méchant, et celui qui déclare méchant le juste, sont tous deux en abomination à YEHOVAH.» (Prov. 17:15). Il va de soi qu'on ne peut exposer des fausses doctrines sans connaître les vraies, toutefois de nos jours il existe un sérieux problèmes à ce niveau. Il y a tellement de fausses doctrines prétendument bibliques, versets à l'appuis, parmi les disciples du libre-choix qu'il devient pénible de discerner dans ce domaine, mais non impossible. De nos jours, surtout au niveau des mouvances pentecôtistes et charismatiques, les fausses doctrines sont considérées vraies, et les vraies sont regardées comme fausses. Lorsque nous voulons découvrir ce qui est vrai et ce qui est faux, nous devons faire une enquête, écouter les deux parties, et aboutir à un jugement final: «Le cœur de l'homme intelligent acquiert de la science, et l'oreille des sages cherche la connaissance.» (Prov. 18 :15). Nous vivons à une époque où l'on aime les phrases faciles à retenir et les clichés. Sur ce plan, les chrétiens peuvent être comme les autres. Par exemple, lorsque la Bible nous demande de ne pas toucher aux «oints de Dieu», que veut-elle dire exactement ? Nous aimerions bien que ceux qui aiment répéter cette phrase étudient le contexte dans lequel elle a été prononcée. Qui étaient ceux que la Bible appelle les «oints de l'Eternel» ? Or il s'agit des rois de la nation d'Israël (1 Sam. 12:3,5; 24:6,10; 26:9,11,16,23; 2 Sam. 1:14,16; 19:21; Psaume 20:6; Lam. 4:20). Il s'agit aussi des prophètes et des patriarches (Psaume 105 :8-15 ; 1 Chron. 16 :15-22).

 

La première chose que nous devons remarquer est que le verbe «toucher» signifie «agresser physiquement ou «tuer». Il ne signifie pas «dire publiquement la vérité sur quelqu'un». Par exemple, David a refusé de «toucher» (d'agresser physiquement ou de tuer) Saül, qui était roi d'Israël à cette époque. Mais David, ainsi que le prophète Samuel, ont «touché» Saül, quand ils ont dénoncé la désobéissance du roi. Dieu avait demandé à Saül de frapper Amalek, et de dévouer par interdit tout ce qui lui appartient. «Maintenant va, et frappe Amalek, et vouez à l'interdit tout ce qu'il a; et ne l'épargne point, mais fais mourir et les hommes et les femmes, et les jeunes enfants et ceux qui tètent, et les bœufs et les brebis, et les chameaux et les ânes.» (1 Sam. 15:3). Au lieu de cela, Saül se contenta d'un compromis, et épargna «les meilleures brebis et les meilleurs bœufs, afin de les sacrifier à l'Eternel» (v.15). Samuel lui dit que son attitude était de la rébellion, et que cette rébellion était aussi grave que la sorcellerie et l'idolâtrie (v.24). Il ajouta que le royaume lui serait enlevé, parce qu'il n'avait pas obéi à Dieu. Saül admit qu'il avait craint le peuple, et qu'il avait obéi à sa voix.

 

Nous lisons dans 1 Samuel 16:13-16 que David avait été oint comme roi, avant même que Dieu ait ôté la royauté à Saül. David a toujours refusé de s'attaquer physiquement à Saül, mais il ne s'est pas privé de dire publiquement la vérité sur Saül, ni devons-nous nous priver de dire la vérité sur les imposteurs dans le christianisme moderne contrefait. Nous pouvons voir, dans 1 Samuel 26:9,11,23, que David ne fit aucun mal physique à Saül. Il se contenta de lui prendre sa lance et sa cruche. Au verset 15, David reprend sévèrement Abner pour n'avoir pas gardé le roi, et lui dit même qu'il mérite la mort. Saül entend l'altercation et sort. David le reprend publiquement, devant toutes ses troupes. Il lui demande pour quelle raison il s'en prend à sa vie, puisqu'il est innocent. David prend même un ton de moquerie, en disant à Saül qu'il s'est mis en marche «pour chercher une puce, comme on chasserait une perdrix sur les montagnes». Saül manifeste alors une repentance temporaire, et regrette sa conduite violente, en s'accusant même d'être un insensé. David lui fait confiance, et lui fait remettre ses objets personnels, en proclamant qu'il n'a pas «voulu porter la main sur l'oint de l'Eternel»: «Mais David dit à Abishaï: Ne le mets point à mort; car qui porterait la main sur l'oint de YEHOVAH, et serait innocent ? Et David dit: YEHOVAH est vivant! C'est YEHOVAH seul qui le frappera, soit que son jour vienne et qu'il meure, soit qu'il descende au combat et y périsse.» (1 Sam. 26:9-10). Saül avait été oint comme roi d'Israël. Il occupait une position d'autorité qui devait bientôt lui être enlevée. Mais David refusa toujours de porter la main sur le roi que Dieu avait oint, et de le chasser de sa position. Il savait pourtant qu'il devait lui succéder. Ce serait Dieu, et non David, qui devait chasser Saül de son trône (1 Sam. 26 :8-10).

 

Nous devons aussi remarquer un aspect important de cette histoire. C'était Saül qui poursuivait David, qui le chassait, et qui en voulait à sa vie. Saül pensait que sa position était menacée, et il voulait tuer David, qui était innocent. N'est-ce pas ce que nous voyons aujourd'hui ? Ceux qui occupent une position d'autorité dans le pentecôtisme et le charismatisme poursuivent avec leurs pantins ceux qui ont été oints par Dieu en l'Oint, c'est à dire Christ, parce que ces derniers osent les braver, dénoncer ce qu'ils disent, et dévoiler leurs mauvaises actions. Occupant une position d'autorité, ces imposteurs ont habitué les gens à les écouter, et ils veulent réduire au silence ceux qui les dénoncent. Ils les poursuivent en les menaçant avec des versets bibliques, et en leur disant: «Ne touchez pas aux oints de Dieu, sinon vous allez commettre un blasphème contre le Saint-Esprit, parce que vous critiquez un homme qui est aussi un homme de Dieu !» Ils ignorent que le blasphème contre le Saint-Esprit consiste à attribuer les miracles de Jésus à un mauvais esprit. Mais ce n'est pas blasphémer contre le Saint-Esprit que de dénoncer les prétendus miracles accomplis par un homme !

 

Ce sont toujours ceux qui marchent selon la chair qui persécutent ceux qui marchent selon l'esprit, comme Saül l'a fait avec David. Ceux qui obéissent à l'Esprit de Dieu sondent Sa Parole pour se garder dans la vérité, malgré tout ce que leurs ennemis peuvent dire ! Il est intéressant de lire ce que l'apôtre Jean écrit dans Apocalypse 6:9: «Quand il ouvrit le cinquième sceau, je vis sous l'autel les âmes de ceux qui avaient été immolés à cause de la parole de Dieu et à cause du témoignage qu'ils avaient rendu». Ils avaient été mis à mort parce qu'ils étaient restés attachés à la Parole de Dieu, malgré toute l'opposition qu'ils avaient subie, et ils étaient devenus des martyrs. Ce sont toujours ceux qui sont tombés dans l'apostasie, c'est à dire dans la déformation de la foi, qui haïssent ceux qui gardent la Parole de Dieu.

 

Nous connaissons la fin de Saül. David avait été écarté de la bataille au cours de laquelle Saül et son fils Jonathan trouvèrent la mort. David était allé combattre les Amalécites. On lui amena un Amalécite qui avait les vêtements déchirés et la tête couverte de poussière. C'étaient des signes de deuil. David l'interrogea, et l'homme lui dit qu'il avait tué Saül. David lui répondit: «Comment n'as-tu pas craint d'avancer ta main pour tuer l'oint de YEHOVAH? Alors David appela l'un de ses gens, et lui dit: Approche-toi, jette-toi sur lui! Il le frappa, et il mourut. Et David lui dit: Ton sang soit sur ta tête! car ta bouche a témoigné contre toi, en disant: J'ai fait mourir l'oint de YEHOVAH.» (2 Sam. 1:13-16). Il est donc clair que «toucher l'oint de YEHOVAH» signifie «agresser physiquement» ou «tuer». Si vous prenez ce mot au sens figuré, ou si vous le spiritualisez, vous pouvez lui faire dire ce que vous voulez ! N'est-ce pas ce que font tous les imposteurs ! Dans 2 Samuel 1:17-19, nous voyons David prendre le deuil à cause de Saül, et ordonner que les enfants de Juda apprennent le cantique funèbre qu'il composa à cette occasion: «Voici le cantique funèbre que David composa sur Saül et sur Jonathan, son fils, et qu'il ordonna d'enseigner aux enfants de Juda. C'est le cantique de l'arc: il est écrit dans le livre du Juste: L'élite d'Israël a succombé sur tes collines ! Comment des héros sont-ils tombés ?» David parle de ceux qui ont «succombé». David n'a trouvé aucun plaisir au fait que Saül était tombé dans l'apostasie (la déformation de la foi) et qu'il avait connu une telle fin. Mais il a pleuré.

 

De nos jours, la plupart de ces prétendus «oints de Dieu» ou «faux chrétiens» enseignent la Parole de Dieu hors de son contexte. Il n'est donc pas surprenant qu'ils citent un verset de l'Écriture hors de son contexte, et qu'ils en tordent le sens dans le but d'assurer leur protection. Ceux qui s'écrient: «Ne touchez pas aux oints de Dieu !» pensent qu'ils accomplissent les œuvres de Dieu. Mais ils examinent rarement les faits qui leur sont présentés. Ils ne remettent pas en cause ceux qui les enseignent, et ne veulent pas écouter ceux qui leur présentent autre chose. Ils se bouchent eux-mêmes les oreilles pour ne pas entendre la vérité ! Parfois, même quand on leur a prouvé qu'ils avaient écouté des faux enseignements et des fausses prophéties, ils n'en ont cure, mais préfèrent s'attacher à des gens reconnus qui s'efforcent de gagner leur loyauté. Ils refusent d'écouter la raison, qui est leur pire ennemi ! Ils ne réalisent pas qu'ils ont subi un véritable conditionnement, comme les chiens de Pavlov, et qu'ils réagissent toujours de la même manière. Il est temps de briser ce joug !

 

Que devons-nous donc faire ?

Il est facile de ne pas dénoncer le mensonge. Mais il est devenu encore plus facile de dénoncer ceux qui révèlent le mensonge ! Combien de gens vous diront: «Ne touche pas à l'oint de Dieu !», lorsqu'ils mériteraient qu'on leur arrache la langue et qu'on leur tranche la tête. Mais combien ont vraiment cherché à étudier les arguments que pourraient leur présenter ceux qui ont pris la peine de découvrir la vérité concernant ces prétendus «oints» ? Très peu, nous pouvons vous le dire par expérience ! Pourquoi donc ? Parce que la plupart n'ont pas eu accès à ces informations. Pour être plus précis, nous dirions plutôt qu'on ne leur a pas permis d'avoir accès à ces informations ! Nous le répétons: pourquoi ?

 

Ce fut un apôtre nommé Paul qui eut l'occasion de dire que les Béréens étaient plus nobles que les autres. Pour quelle raison ? Parce qu'ils sondaient les Écritures pour vérifier si ce que Paul leur enseignait était exact, mais spécifions qu'au temps de Paul ils sondaient les textes Hébreux et Grec, et non des traductions qui en donnent qu'une approximation. Ceux qui font cela aujourd'hui voient les partisans de leurs enseignants favoris leur reprocher de «toucher à l'oint de Dieu» ! Paul n'a jamais dit aux Béréens: «Ne touchez pas à l'oint de Dieu ! Ne faites aucun mal à Ses prophètes !» Vous n'entendrez jamais un véritable apôtre vous dire cela, et vous ne verrez jamais cela écrit dans le Nouveau Testament, pas une seule fois ! Pourquoi donc ? Pourtant, Paul faisait l'objet de critiques. Pourquoi n'a-t-il jamais dit cela ? Au contraire, Paul considère que ceux qui vérifiaient ce qu'il enseignait étaient «plus nobles» que les autres. Cela signifie qu'ils étaient de meilleures brebis que les autres. Êtes-vous noble ? Ou suivez-vous toujours le courant dominant comme des moutons aveugles ? Acceptez-vous de prendre position en faveur de la Parole de Dieu, malgré les critiques ? Ou préférez-vous suivre des moutons qui courent vers le précipice ? Si vous empêchez les gens de sonder les Écritures et de dénoncer les faux enseignements, comme David a osé dénoncer Saül, et si vous affirmez qu'ils ne doivent pas «toucher aux oints de Dieu», vous empêchez ceux qui ont la Parole de Dieu de l'utiliser correctement, et vous devenez ennemis de la vérité ! David lui-même, alors qu'il était devenu roi, a accepté d'être sévèrement repris et corrigé par le prophète Nathan. Il ne lui a pas répondu: «Ne touche pas à l'oint de Dieu !» Il n'a pas cherché à se protéger en utilisant ce verset. Aucun partisan d'un ministère quelconque ne devrait donc le faire, seuls les prétentieux et les faussaires le font.

 

Qui sont les «oints» ?

Être oint signifie simplement être chrétien, un disciple de Christ qui est l'Oint de Dieu, un sujet du Roi des rois. Un chrétien est celui qui reconnaît la royauté de Christ actuelle dans sa vie, c'est à dire «la souveraineté de Dieu», car les deux signifient une seule et même chose. Pour un chrétien Christ n'est pas seulement son Sauveur, mais surtout son Seigneur car il règne sur lui dans son cœur par sa Sainte Présence qui l'habite. Ce qui veut dire qu'un chrétien réel n'est pas et ne peut être un disciple du libre-choix, puisqu'il est un sujet de la volonté de Dieu, un esclave de la grâce divine et souveraine, un possédé de la vérité: «Sanctifie-les par ta vérité: ta parole est la vérité» (Jean 17:17). Si quelqu'un n'enseigne pas la Parole de Dieu correctement, il n'enseigne pas la vérité, même s'il affirme qu'il est «oint», et même s'il possède un «grand ministère» qui obtient de supposés grands résultats.

 

Comment vont donc agir ceux qui sont réellement des hommes et des femmes que Dieu a oints, c'est à dire qu'il a choisi pour être chrétiens ? Vont-ils vous empêcher de rechercher dans la Parole de Dieu si leurs enseignements sont justes ? Non, évidemment ! Le chrétien authentique est celui qui garde fermement la Parole de Dieu: «Gardant fermement la Parole de foi qui doit être enseignée, afin qu'il soit capable, tant d'exhorter, selon la saine doctrine, que de convaincre ceux qui s'y opposent.» (Tite 1:9). Les véritables apôtres n'ont jamais affirmé qu'ils étaient «oints» dans le sens pentecôtiste et charismatique. Ils ne parlent pas comme cela ! Ils ne disent pas: «Ne touchez pas aux oints de Dieu !» Ceux qui sont réellement oints de Dieu sont les élus, et ils ne décourageront jamais les gens de discerner la vérité. Ils aiment assez les brebis du Seigneur pour vouloir les protéger de l'erreur. Ils veulent les voir grandir. Ils aident les brebis à croître et à réfléchir par elles-mêmes. Notre onction est celle du Saint-Esprit qui nous habite. Le Saint-Esprit est l'Esprit de Vérité et non de duplicité. Il ne ferme jamais les yeux sur le mensonge, mais le dénonce chaque fois que cela est nécessaire, et il est très occupé à cela en ces derniers temps. Il est toujours prêt à nous enseigner la Vérité de la Parole de Dieu, pour nous éloigner de l'erreur et du mensonge.

 

Nous devons donc nous poser cette question: «Qui sont les oints de Dieu ?" La Bible nous dit que tout le Corps de Christ a reçu l'onction de Dieu. Ce ne sont pas seulement certains membres du Corps de Christ qui sont oints: «Or, celui qui nous affermit avec vous en Christ, et qui nous a oints, c'est Dieu, qui nous a aussi marqués de son sceau, et nous a donné dans nos cœurs les sommes de son Esprit.» (2 Cor. 1:21,22). Permettez-nous de poser la question suivante à ceux qui prétendent que nous ne devons pas «toucher aux oints de Dieu»: «Croyez-vous que seuls certains ministères sont "oints», ou admettez-vous que tout le Corps de Christ est oint ?» Si c'est tout le Corps de Christ qui est oint, cessez donc d'utiliser ce verset tiré hors contexte de l'Ancien Testament, comme si certaines personnes étaient aujourd'hui les seules ointes, à l'instar des rois et des prophètes de l'Antiquité, et repentez-vous car vous avez péché en déformant la Parole de Dieu pour lui faire dire ce qu'elle ne dit pas. Le Nouveau Testament considère comme «oints» tous ceux qui ont reçu le Seigneur Jésus (Jean 1:12,13) et l'ont confessé ouvertement (Rom. 10:8-13), formant ainsi le Corps de Christ (1 Cor. 12:13). Les «oints» ne sont pas seulement un petit groupe d'hommes qui sont les prétendus dirigeants de l'Église, comme l'étaient les prophètes et les rois de l'Ancien Testament. Tout le Corps de Christ est oint, car Christ est l'Oint. Ceux qui font des menaces et qui forcent les gens à se taire, quand ces derniers discernent quelque chose qui ne va pas dans leur ministère, sont ceux-là mêmes qui persécutent les oints de Dieu ! Car tous les chrétiens authentiques partagent la même onction, non l'onction d'un libre-choix illusoire, mais l'onction du Dieu Souverain et Tout-Puissant. Réfléchissez bien à cela, avant de chercher à protéger votre ministère favori, en disant: «Ne touchez pas à l'oint de l'Eternel !» Ne menacez pas de ce verset ceux qui sondent les Écritures pour votre bien ! Car il se peut que ce soit vous qui soyez en train de toucher à l'Oint de l'Eternel, à Jésus même qui habite en nos cœurs, l'auteur de Sa Parole, qui est la Vérité !

 

Le Nouveau Testament nous enseigne que tous les chrétiens réels ont reçu la même onction, et ont reçu le même Saint-Esprit: «Mais l'onction que vous avez reçue de lui, demeure en vous; et vous n'avez pas besoin qu'on vous enseigne; mais comme cette même onction vous enseigne toutes choses, et qu'elle est véritable, et qu'elle n'est point un mensonge, demeurez en lui, selon qu'elle vous a enseignés.» (1 Jean 2 :27). Comment le Saint-Esprit nous enseigne-t-il ? Par la Parole de Dieu. C'est par la Parole de Dieu que nous pouvons distinguer la vérité de l'erreur. Un peu plus tôt, Jean avait dit: «Mais vous avez une onction de la part du Saint, et vous décelez toutes choses. Je vous ai écrit, non que vous ne connaissiez pas la vérité, mais parce que vous la connaissez, et parce que nul mensonge ne vient de la vérité.» (1 Jean 2:20-21). Si donc quelqu'un annonce un mensonge concernant Christ ou Sa Parole, il ne parle pas par l'Esprit de Dieu et évidemment il ne présente pas la vérité mais la duplicité, une contrefaçon subtile et raffinée conçue dans le but de séduire. C'est de cela que parle Jean. Il dit les choses très simplement, pour que tout le monde puisse comprendre. Jean nous dit que nous connaissons déjà la vérité, parce que nous sommes nés de nouveau, régénéré d'en haut par la puissance de l'Esprit de Dieu, et parce qu'à ce point de la rédaction de son épître les enseignements du Seigneur dans le Nouveau Testament circulaient déjà dans toute l'Église, et plusieurs en faisaient des copies exactes qui plus tard firent partie de la famille des manuscrits Byzantins.

 

Quand nous écoutons quelqu'un nous enseigner ou lisons un livre d'instructions pour notre édification, nous devons toujours nous poser les questions suivantes: «L'enseignement donné est-il selon la Bible et surtout d'après les textes originaux; ou est-il seulement une interprétation particulière d'une personne qui donne ses opinions, dans le but de nous conduire dans une expérience ? Même que parfois il s'agit d'un mélange des deux et nous devons savoir discerner. L'enseignement est-il animé par le Saint-Esprit, ou animé par un autre esprit comme s'est souvent le cas avec l'instruction qui provient des milieux pentecôtistes et charismatiques ?» A cause de la fourberie, de l'hypocrisie, et de la tromperie des fausses doctrines; l'enseignement de la saine doctrine peut être rude et tranchante, ébranlant les consciences de gens fragiles, mais il contient un baume qui nous restaure dans la grâce et nous garde en communion avec le Seigneur Jésus. Si quelqu'un vous demande de ne pas vous soucier de la doctrine, et de ne rechercher que l'amour ou une expérience, fuyez, parce qu'il s'agit d'un mensonge ! La Bible dit: «Quiconque est transgresseur et ne demeure pas dans la doctrine de Christ, n'a point Dieu. Celui qui demeure dans la doctrine de Christ, celui-là a aussi le Père, à savoir le Fils. Si quelqu'un d'autre vient à vous, et n'apporte point cette doctrine, ne le recevez point dans votre maison, et aussi ne lui accordez point la réjouissance de Dieu. Car celui qui lui accorde la réjouissance de Dieu, participe à ses mauvaises œuvres.» (2 Jean 1:9-11). L'apôtre Paul nous parle aussi de la doctrine en disant: «Comme je t'exhortai, lorsque je partis pour la Macédoine, à demeurer à Éphèse, pour recommander à certaines personnes de ne pas enseigner une doctrine étrangère, et de ne pas s'attacher à des fables et à des généalogies sans fin, qui produisent des disputes, plutôt que l'édification divine qui est dans la foi de Christ.» (1 Tim. 1:3,4). Où pouvons-nous trouver la saine doctrine ? Dans la Sainte Bible, bien entendu, et surtout dans les originaux.

 

Qui est celui qui ne permit à personne de toucher à Ses oints ? C'est Dieu ! «Il ne permit à personne de les opprimer, et il châtia des rois à cause d'eux, disant: Ne touchez pas à mes oints, et ne faites point de mal à mes prophètes!» (Psaume 105:14-15). Tout le peuple d'Israël devait être un royaume de sacrificateurs et de rois pour Dieu. Il avait été mis à part pour servir le Seigneur, et c'est Dieu qui empêchait qu'on lui fasse du mal. Les prophètes et les rois d'Israël ne se souciaient pas trop de ce que les autres racontaient à leur sujet, mais ils se souciaient de ce que leurs ennemis racontaient sur Dieu. C'est ce qu'il faut demander aujourd'hui à ceux qui veulent protéger les prétendus «oints de Dieu»: Que voulez-vous protéger, la Parole de Dieu, ou un homme ? Inutile de répliquer, nous savons déjà la réponse !

 

Si nous discernons que les enseignements d'une personne sont destructeurs, ce qui est le cas la majorité du temps avec les disciples du libre-choix, la Bible nous demande de juger sévèrement. Il s'agit d'un ordre et non d'une proposition. Si vous demandez à quelqu'un de ne pas juger, en lui disant de «ne pas toucher à l'oint de Dieu», vous leur demandez en fait de désobéir à Dieu. C'est clair et simple ! Cela n'a absolument rien à voir avec le fait de ne pas toucher aux oints de l'Eternel. Si nous citons ce verset hors de son contexte, nous ne faisons qu'étaler notre ignorance de la Parole. L'interdiction de toucher aux «oints de Dieu» est une tentative de nous empêcher d'exercer notre jugement biblique. Ceux qui demandent de «ne pas juger», tout en s'efforçant d'expliquer à tout le monde qu'ils doivent juger selon la Bible, ne se rendent pas compte de la contradiction. Pour eux, le fait de dire: «Ne jugez pas !» est déjà un jugement en soi. C'est la Parole de Dieu que nous devons utiliser, quand nous jugeons quelqu'un. Il ne s'agit pas de notre jugement personnel, mais du jugement de Dieu. En obéissant au commandement de juger selon la Parole, nous faisons exactement ce que Jésus nous demande, c'est-à-dire de «juger selon la justice». Dans Jean 7:24, Jésus a dit: «Ne jugez pas selon l'apparence, mais jugez selon la justice». Vous voyez bien que Jésus nous demande de juger ! En outre, si nous étudions Matthieu 7:1-5 dans le contexte, nous voyons que si nous enlevons la poutre qui est dans nos yeux, nous pourrons porter un jugement équitable. Mais ce domaine n'est pas sans problèmes, car ceux qui sont jugés n'acceptent pas le jugement et jugent en retour. Nous avons donc besoin d'un barème, c'est à dire d'un répertoire et celui-ci est «la Souveraineté absolue de Dieu face au libre-choix capricieux de l'homme». La distinction n'est pas difficile à voir, le premier donne la gloire à Dieu, le deuxième donne la gloire à l'homme. Tous les enseignements ou doctrines issus du libre-choix élèvent la dignité de l'homme dans ses efforts pour contribuer à la grâce de Dieu afin d'en tirer quelque gloire. Tandis que tous les enseignements ou doctrines issus de la Souveraineté de Dieu abaisse l'homme dans la poussière de l'humilité afin d'élever Christ à qui seul appartient toute la gloire. La vraie voie du salut est clairement discernée.

 

Il semble que beaucoup de chrétiens, si chrétiens ils sont, préfèrent écouter les hommes, au lieu d'écouter Dieu, car ils doivent bien comprendre le contexte des passages de la Bible qu'ils citent, mais nous savons qu'ils souffrent tous de cécité spirituelle. Ceux qui se sont eux-mêmes nommés conducteurs de l'Église ont enseigné aux gens à raisonner d'une façon tordue, comme ils le souhaitent, parce qu'ils se sont eux-mêmes déclarés «oints». Ils ont appris à leurs partisans à citer ces versets à ceux qui les reprennent, pour assurer leur propre protection. Le problème est évident. Mais ils ne peuvent que citer quelques versets choisis pour tenter de fermer la bouche à tout le monde ! Pierre, Paul et Jean ont passé beaucoup de temps à juger, comme la Bible demande de le faire. De nombreuses épîtres ont été écrites pour juger les faux enseignements, et pour enseigner la vérité en réfutant l'erreur. Dans 2 Timothée 2:17, Paul met en garde Timothée contre les hérésies enseignées par deux hommes, dont il révèle publiquement les noms, et n'oublions pas que le mot «hérésie», traduit par «sectes» dans la majorité des versions de la Bible, signifie littéralement «libre-choix». Il n'y a donc aucun doute, selon les Écritures, que la doctrine du libre-choix est une hérésie sectaire dangereuse qui déforme la vérité de la révélation biblique par rapport à la grâce du salut. Plus loin, dans la même épître (4:0), Paul juge encore, en mettant en garde contre un homme nommé Démas. Lorsqu'il s'agit de faux docteurs, Paul ne se prive pas de juger sévèrement ! Rappelez-vous que ses lettres, dont certaines sections sont parfois d'une raideur et d'une fermeté intransigeante, sont inspirées par le Saint-Esprit. Il importe de mentionner cela car pour les disciples du libre-choix, surtout chez les pentecôtistes et les charismatiques, la raideur et le fermeté sont des qualités non-acceptables, pour eux tout ce qui importe sont un amour et une douceur qui les faits ressentir bien dans leur peau, tout ce qui s'oppose à ces sentiments est diabolique. Inutile de se demander pourquoi le christianisme moderne est dans un si piètre état.

 

Nous avons donc l'obligation de juger les fausses doctrines. Dans l'épître aux Hébreux, l'auteur nous dit que «la nourriture solide est pour les hommes faits, pour ceux dont le jugement est exercé par l'usage à discerner ce qui est bien et ce qui est mal» (Hébreux 5:14). Il faut du temps pour apprendre à grandir dans le discernement. Seuls les bébés en Christ, les immatures, et les imposteurs peuvent affirmer que nous ne devons jamais juger. Réfléchissez bien à cela.

 

Nous ne devons pas rester passifs, quand nous voyons que certaines «révélations spirituelles» viennent modifier la Parole de Dieu, quand on abandonne les doctrines fondamentales de la grâce pour s'attacher à des «nouvelles révélations», ou quand certains se laissent aller à leurs visions, leurs rêves et leurs visitations angéliques pour interpréter la Bible à leur façon ! Nous devons les dénoncer avec rigueur et les exposer publiquement ! C'est ce que la Bible exige. Nous devons rester attachés à la vraie parole telle qu'elle a été enseignée, sans négliger qu'il faut souvent se référer aux originaux dans l'Hébreu et le Grec, «afin d'être capable d'exhorter selon la saine doctrine et de réfuter les contradicteurs» (Tite 1:9). Il ne s'agit pas de notre opinion personnelle. Nous ne sommes pas en train de persécuter certaines personnes parce qu'elles ne nous plaisent pas ! Il s'agit de la doctrine biblique, celle que nous devons pratiquer. Ceux qui discernent l'erreur doivent éviter ceux qui la répandent: «Cependant, je vous exhorte, frères, à dénoncer ceux qui causent des subversions et des duperies qui s'opposent à la doctrine que vous avez apprise, et à vous éloigner d'eux. Car de telles gens ne servent point notre Seigneur Jésus-Christ, mais leur propre augmentation; et par des beaux mots et des discours éloquents ils séduisent le cœur des simples.» (Rom. 16:17,18), autrement il y a danger de nombreux conflits interminables.

 

Dieu nous a donné la Vérité objective, pour que nous vivions par elle. Il ne nous a pas révélé une vérité tellement vague et imprécise que tout le monde doive l'interpréter à sa manière, comme le font les sectes évangéliques, pentecôtistes et charismatiques. Mais Il nous a donné des instructions très claires, qui sont toujours valables et applicables aujourd'hui. Dieu nous a donné des moyens objectifs de connaître la Vérité, pour que nous marchions avec Lui en obéissant à sa Parole écrite. Les brebis entendent la voix du bon Berger, telle qu'ils la trouvent dans sa Parole. Ils n'écouteront pas les paroles que des hommes prétendent avoir reçues de Dieu dans leurs délires psychotiques. Les brebis du Seigneur sont attirées à sa Parole. Ils y trouvent la réponse à toutes leurs questions. Si certains se prétendent «oints de Dieu» et «conduits par l'Esprit», tout en enseignant régulièrement des choses contraires à la Parole, ou hors de leur contexte biblique, et non dans les originaux, vous pouvez être certains qu'ils ne sont pas conduits par l'Esprit dans toute la vérité. Cela est particulièrement important quand il s'agit des doctrines fondamentales de la Bible.

 

Bien entendu, cela ne signifie pas que tout ce que nous enseignons sera toujours parfaitement exact. Il faut du temps pour étudier les Écritures et pour parvenir à une compréhension correcte de la Parole. Mais nous aspirons à cet objectif. Si quelqu'un tord la Parole de Dieu ou la réduit en pièces, s'il en modifie ou en rejette le sens original, comme chez les disciples du libre-choix, nous pouvons en conclure qu'il n'est pas chrétien ou n'a pas passé assez de temps à l'étudier, ou pire qu'il ne s'en est pas soucié. Il ne devrait en aucun cas l'enseigner. S'il persévère dans ses erreurs ou ses mensonges du libre-choix, il ne faut plus hésiter à le dénoncer, pour protéger les bébés en Christ, les immatures et les naïfs. Il faut les empêcher d'absorber un tel poison.

 

La seule parade est d'avertir le public en général des fausses doctrines qui circulent déjà, et qui minent les fondements de la foi de Christ qui est la nôtre. Nous sommes tous censés devoir veiller sur nos frères, et certains sont appelés à veiller sur l'Église. Si nous choisissons d'ignorer cette nécessité, nous aurons du sang sur les mains (Actes 20:26). Si nous choisissons d'avertir les chrétiens menacés, nous serons animés de l'amour pour la vérité et de la sollicitude dont Jésus-Christ Lui-même a fait preuve.

 

LES CAUSES DU MANQUE DE DISCERNEMENT

Les insuffisances doctrinales

Une des causes principales est que «les doctrines de la grâce» ne sont plus proclamée dans les églises, il ne puis donc y a voir de vrais convictions dans le christianisme moderne sans cette base essentielle. Beaucoup de membres d'églises n'ont de la Parole de Dieu qu'une connaissance et une foi superficielle. Enseigner ces doctrines est une charge qui requiert une foi réelle basée sur la Souveraineté de Dieu; mais les églises ont toutes sombrées dans l'apostasie, elles enseignent l'hérésie du libre-choix dans le salut par la grâce. Dans «A Call to Discernment» (Plaidoyer pour le discernement), on lit ces propos d'un conseiller chrétien, le professeur Jay Adams: «Dans des émissions radiophoniques ou autres, de prétendus "experts", nantis de doctorats en psychologie, en sociologie et en pédagogie, mais ayant un niveau tout juste élémentaire pour ce qui est de la connaissance de la Bible, se mettent à pontifier sur ce qu'est la vie chrétienne. Ils se font passer pour des porte-parole de Dieu... Leur enseignement, et l'usage qu'ils font de la Bible (si toutefois ils s'en servent) sont souvent bien éloignés de ce qu'affirme l'Écriture si elle est interprétée correctement. A quoi en arrive-t-on alors ? Une première conséquence, particulièrement évidente, est la tendance actuelle à faire du langage théologique un usage bien imprécis... Non seulement on utilise les termes bibliques de façon vague, semant ainsi la confusion un peu partout dans l'église, mais encore on tolère des enseignements erronés en tous genres. Il en est ainsi parce que très peu nombreux sont ceux qui ont assez de discernement pour identifier ces erreurs et pour les réfuter. Même ceux qui se rendent compte que quelque chose ne va pas ont un discernement trop peu aiguisé pour mettre avec précision le doigt sur ces erreurs. Ou alors, s'ils savent repérer les erreurs, ils sont dénoncés par d'autres, et traités de "chasseurs d'hérésies" (Eugene, Oregon, Editions Harvest House, 1987, pp. 35-36)».

 

En diluant ainsi la doctrine biblique de la grâce, on a conditionné l'église d'aujourd'hui pour l'amener à désirer seulement ce qui la conforte et lui donne un sentiment de satisfaction. Le pasteur anglais Martyn Lloyd-Jones disait: «La pensée précise, les définitions et les dogmes sont affreusement dévalués. On insiste constamment sur l'idée que la religion est une puissance à notre service, destinée à nous procurer le bonheur. On met beaucoup trop l'accent sur les émotions et les sentiments au détriment de l'intelligence. Bien trop souvent on donne aux gens l'impression que la foi chrétienne doit leur apporter une série ininterrompue de délivrances miraculeuses, pour les libérer de tous les maux possibles et imaginables... On leur fait croire qu'il suffit de demander à Dieu tout ce dont ils pensent avoir besoin à un moment donné, pour que cela leur soit accordé... Nous nous sommes tellement focalisés sur nous-mêmes, sur nos états d'âme, nos sentiments, et notre état intérieur, que devant un problème extérieur (qui toutefois nous affecte en profondeur) nous ne savons plus que penser ni par où commencer. (Cité par Iain Murray dans "David Martyn Lloyd-Jones, The Fight of Faith", Vol.2, Editions Banner of Truth, 1990)».

 

Comme dans la pratique on a placé l'expérience et l'émotion au-dessus de la révélation divine, beaucoup se disent chrétiens sans avoir le moindre fondement biblique pour se déclarer tels. Par exemple, au cours d'un entretien radiodiffusé sur une station qui passait pour être chrétienne, l'hôtesse demandait: «Comment devient-on chrétien ?» La réponse qui lui a été donnée était pourtant simple, nous devenons chrétiens par la volonté souveraine de Dieu qui nous attire à Jésus-Christ. Le salut est le choix de Dieu et non le choix de l'homme. Nous devons comprendre que nous sommes des pécheurs perdus incapables de nous sauver nous-mêmes, et qu'il faut l'intervention de l'Esprit de Dieu afin que nous puissions venir à la croix dans une profonde humilité pour recevoir la repentance et le pardon de nos péchés dans son sang versé en comptant uniquement sur la miséricorde de Dieu. Il faut recevoir le don de la foi dans les mérites du sacrifice de Christ qui sont attribués gratuitement et sans condition à ses élus, et obtenir l'assurance que Jésus-Christ est Dieu lui-même manifesté dans la chair comme Fils unique, qu'en mourant Il a payé le prix de nos péchés comme notre substitut, et qu'en ressuscitant Il est devenu le garant de notre justification.

 

Certains disent: «la doctrine engendre des divisions.» C'est vrai, il ne peut en être autrement puisque la doctrine de la Parole est une épée à deux tranchants. Si on écarte la vérité biblique, et si on se tait par crainte d'offenser les autres, les oppositions disparaîtront et l'erreur règnera suprême. D'autres réalités disparaîtront du même coup: la vérité, la sainteté, et Dieu Lui-même. Les passages de Jude 1:3,4 nous enjoignent de nous affirmer avec ferveur pour la foi réelle, c'est à dire de combattre pour la foi: «Très-dévoués, lorsque je me suis appliqué avec toute diligence pour vous écrire de notre salut commun, il était nécessaire pour moi de vous informer et vous encourager à vous affirmer avec ferveur pour la foi réelle qui a été accordée irrévocablement aux saints. Car, il s'est glissé secrètement et par négligence parmi vous, un certain genre d'hommes, qui étaient auparavant et de toute éternité, désignés par écrit à être condamnés; des imposteurs impies, qui transforment la grâce de notre Dieu en sujet d'insolence, et qui renient le seul Souverain, JÉSUS Le MESSIE, notre Dieu et Seigneur.». Si on dilue la doctrine, on ne fait que faciliter la tâche de ceux qui, en cachette, s'efforcent de saccager l'église.

 

La pensée relativiste

Dans l'église d'aujourd'hui, beaucoup pensent en termes de "continuité", c'est-à-dire qu'ils perçoivent la réalité comme un continuum, un tout dans lequel il est impossible d'établir des séparations. Loin de voir le monde en noir et blanc, de séparer le bien du mal et le juste du faux, ces gens préfèrent tout transposer dans une gamme de gris, avec une infinité de nuances. L'esprit de concurrence de la nature humaine déchue en empêche beaucoup de penser en termes d'antithèses et d'oppositions; il remporte ainsi de grands succès, car aujourd'hui l'Église ne sait plus distinguer entre la vérité divine et l'erreur. Le chrétien doit acquérir une mentalité qui fonctionne de manière antithétique, et non une mentalité relativiste. Selon le Professeur Jay Adams: «Ceux qui étudient la Bible pensent en termes d'antithèses. Ils raisonnent en termes de contrastes, d'opposés. De la Genèse à l'Apocalypse, les voies de Dieu sont présentées comme étant au-dessus de toute autre voie. La Bible n'enseigne pas que de nombreuses voies plaisent à Dieu, et que toutes se valent. Elle n'enseigne pas que de multiples opinions peuvent correspondre, plus ou moins bien, aux voies de Dieu. Ce que la Bible enseigne d'un bout à l'autre, c'est que toute pensée, toute voie qui ne correspond pas en tous points aux voies de Dieu est entièrement fausse, et doit être rejetée. D'après la Bible, rater la cible de peu ou de beaucoup, c'est toujours rater. Il y a un seul Dieu, et un seul chemin de la vie: Son chemin. Nombreux, aujourd'hui, sont ceux qui n'aiment pas entendre de tels propos, même dans l'église. Pourquoi ? Parce qu'ils ont une autre mentalité. Beaucoup n'ont pas connu la Bible dès leur enfance, ou alors ils ne l'ont jamais étudiée sérieusement par la suite. Ils ont une mentalité étrangère à la Bible. Les pasteurs autant que les autres membres sont marqués par notre environnement: or celui-ci tend à percevoir toutes choses comme un continuum. La notion même d'antithèse subit une érosion croissante, car on s'efforce de plus en plus d'amalgamer la Bible, la sociologie, la psychologie, et les principes de gestion de l'entreprise. (Voir A Call to Discernement, pp. 29 et 32)».

 

Loin d'amalgamer la pensée du monde et la vérité de Dieu, le psalmiste les sépare nettement: «Heureux l'homme qui ne marche pas selon le conseil des méchants, qui ne s'arrête pas sur le chemin des pécheurs, et qui ne s'assied pas sur le banc des moqueurs, mais qui trouve son plaisir en la loi de l'Eternel, et qui médite sa loi jour et nuit.» (Psaume 1:1,2).

 

Une méthodologie selon le monde

L'église manque aussi de discernement parce qu'elle se préoccupe de son image, et veut faire de sa propre influence une clé pour l'évangélisation. Aujourd'hui elle croit que pour gagner les perdus elle doit d'abord gagner leur estime. Elle n'enseigne donc plus les doctrines bibliques de la double prédestination, du péché, de l'enfer, la croix et de la repentance, de peur d'offenser les perdus ou de les mettre mal à l'aise. Non, elle se vend elle-même; elle se transforme en une entreprise bienveillante, sans danger pour quiconque, et dont le but premier est de s'attirer prestige et popularité. Elle cherche à se faire accepter, intellectuellement parlant, par les perdus. Son raisonnement est le suivant: «S'ils commencent par nous apprécier, alors ils finiront par apprécier notre Jésus.» Il est vrai que l'église véritable qui est «un état d'être et non une institution ou organisation» doit annoncer le message de la grâce; mais jamais elle ne doit édulcorer l'enseignement de la Parole de Dieu. Martyn Lloyd-Jones avait conscience de ce que «les éléments d'avertissement et d'opposition à l'erreur sont une composante essentielle dans tout engagement biblique authentique; et donc c'est une faute grave que de désapprouver toute polémique dans l'Église chrétienne». Martyn Lloyd-Jones n'attendait aucune approbation de la part de ceux qui voulaient "l'amour par-dessus toutes choses", et qui estimaient que les discussions doctrinales n'avaient pas leur place parmi les chrétiens. Cette attitude-là, disait-il, «a dépouillé la prédication de son autorité. L'accusation de 'dogmatisme', comme le refus de toute réprimande et de toute correction reviennent en fait à critiquer l'Écriture Sainte elle-même" (The Fight of Faith, p. 650)».

 

Considérons attentivement l'exemple de l'Apôtre Paul. Il a sévèrement réprimandé l'Église de Corinthe, trop préoccupée de sa propre image: «Car qui est-ce qui te distingue ? Qu'as-tu que tu n'aies reçu ? Et si tu l'as reçu, pourquoi te glorifies-tu, comme si tu ne l'avais pas reçu ? Déjà vous êtes rassasiés, déjà vous êtes riches, sans nous vous avez commencé à régner ! Et puissiez-vous régner en effet, afin que nous aussi nous régnions avec vous ! Car Dieu, ce me semble, a fait de nous, apôtres, les derniers des hommes, des condamnés à mort en quelque sorte, puisque nous avons été en spectacle au monde, aux anges et aux hommes. Nous sommes fous à cause de Christ, mais vous, vous êtes sages en Christ; nous sommes faibles, mais vous êtes forts. Vous êtes glorieux, et nous sommes déshonorés ! Jusqu'à cette heure, nous sommes exposés à la faim, à la soif, au dénuement, aux coups, à une vie errante; nous nous fatiguons à travailler de nos propres mains; insultés, nous bénissons; persécutés, nous supportons; calomniés, nous consolons; nous sommes devenus les balayures du monde, le rebut de tous, jusqu'à maintenant» (1 Corinthiens 4:7-13).

 

Les chrétiens authentiques sont une offense pour ceux qui rejettent la vérité. Christ a dit à Ses disciples: «Si le monde vous hait, sachez qu'il m'a haï avant vous. Si vous étiez du monde, le monde aimerait ce qui est à lui; mais parce que vous n'êtes pas du monde, et que je vous ai choisis du milieu du monde, à cause de cela, le monde a de la haine pour vous. Souvenez-vous de la parole que je vous ai dite: Le serviteur n'est pas plus grand que son maître. S'ils m'ont persécuté, ils vous persécuteront aussi» (Jean 15:18-20). Hébreux 10:33 affirme que les chrétiens sont «exposés en spectacle par les opprobres et les tribulations».

 

Des interprétations erronées de la Parole

L'église d'aujourd'hui n'interprète pas correctement la Parole de Dieu, parce que pour une large part elle ne lui voue que de l'indifférence, et que pour d'autre part elle souscrit à l'hérésie du libre-choix. Il y en a qui enseignent dans l'église sans avoir appris à étudier la Parole de Dieu, et qui ont une théologie faussée qui se base sur l'arminianisme, quoique la majorité n'en connaisse pas le terme. D'autres ont bien la formation nécessaire, mais ils ont un penchant pour l'anecdote, ou alors ils mêlent des idées humaines à la vérité biblique. D'autres encore sont tout simplement trop paresseux pour avoir à cœur d'interpréter correctement la Parole de Dieu et ils font que copier les idées des autres. Il en est aussi qui arrivent à ce qu'ils croient être la vérité, par quelque intuition mystique, quelque expérience, ou quelque émotion. Par ailleurs, l'église actuelle considère plus ou moins que tout un chacun doit être considéré comme un expert en matière d'interprétation de la Bible. Un disciple du libre choix a écrit: «La plus grande expérience de l'amour que j'aie jamais faite a eu lieu au pied de la Croix tandis que le sang de Jésus se déversait sur moi. Il m'a alors rempli de Son Esprit, et m'a fait traverser le voile dans la ville de Jérusalem pour m'introduire dans le Saint des Saints. Là, je me suis contemplé moi-même en Lui, et Lui en moi. J'ai reçu comme un baptême de feu et depuis lors Son amour demeure en moi. Quotidiennement je suis en communion avec cette réalité-là. Je n'éprouve pas le besoin d'étudier les Écritures: je connais Jésus, car Il s'est révélé à moi intérieurement. Il demeure en moi, et donc là réside la Parole. Les Écritures sont une source secondaire.» Faut-il s'étonner, dans ces conditions, de ce que l'Église soit si faible et si peu capable de discerner la vérité ?

 

L'interprétation de la Parole de Dieu est une science exigeante qui demande de la connaissance, du discernement, du savoir-faire, de la précision, et surtout de l'Esprit de Christ pour nous diriger. A moins qu'un chrétien n'ait été bien enseigné, n'ait de bonnes connaissances, et n'ait été formé à l'interprétation par le Seigneur ou quelqu'un qui sait comment faire, il y a peu de chances qu'il sache interpréter les Écritures correctement.

 

L'immaturité spirituelle

Beaucoup, dans l'église, ne connaissent la Parole de Dieu que superficiellement. Pour connaître la vérité, ils font confiance à leurs expériences personnelles et à leurs sentiments. Ou alors la recherche du succès et du bien-être personnel constitue pour eux un mode de vie. Ceux qui n'ont pas de maturité spirituelle ont tendance à gober les faux enseignements parce qu'on ne leur a pas appris à distinguer la vérité divine de l'erreur. Les passages suivant d'Éphésiens 4:14,15 nous disent: «Pour que nous ne soyons plus des petits enfants, flottants et emportés çà et là à tous vents de doctrine, par la tromperie subtile des hommes, et par les pièges rusés avec lesquels ils veulent nous tromper; mais que, professant la vérité dans le renoncement, nous croissions en toutes choses dans celui qui est le Chef (la Tête), Christ» La clé de la maturité spirituelle, c'est une compréhension approfondie de la Parole de Dieu sous la direction du Saint-Esprit qui nous habite. Nous lisons dans Hébreux 5:12-14: «Alors que vous deviez, avec le temps, être des maîtres, vous avez de nouveau besoin qu'on vous enseigne les premiers principes élémentaires des oracles de Dieu: vous en êtes venus à avoir besoin de lait et non de nourriture solide. Or quiconque en est au lait n'a pas l'expérience de la parole de justice, car il est un enfant. Mais la nourriture solide est pour les hommes faits, pour ceux qui, par l'usage, ont le sens exercé au discernement du bien et du mal.» Vous êtes nombreux à faire preuve de discernement dans le domaine de la vie quotidienne. Vous lisez les étiquettes des produits alimentaires parce que vous voulez rester en bonne santé. Avant d'investir en bourse, vous lisez les comptes-rendus boursiers – y compris ce qui est écrit en petits caractères. Si vous devez subir une opération chirurgicale, vous choisissez avec soin le chirurgien. Peut-être savez-vous bien analyser les questions politiques, et êtes-vous au fait de la situation intérieure comme de la politique étrangère. Peut-être êtes-vous un ailier trois-quarts expert en tactiques offensives et défensives. A la bonne heure ! Mais savez-vous faire la différence entre la vérité divine et l'erreur ?

 

Or, à celui qui peut vous préserver lui-même de chuter, et vous établir sans imperfection devant la présence de sa gloire, dans une joie extrême, à Dieu, seul sage, notre Sauveur, soient gloire et majesté, force et puissance, maintenant et pour toujours envers chacun de nous! Amen. (Jude 24,25)

 

A Christ seul soit la Gloire