Page 175 - LE MANUEL DE LA BIBLE

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en être ébranlée, l'examen de la science moderne, et révèle un auteur dont le
regard a sondé les entrailles de la terre et les profondeurs des cieux.
Aristote, et après lui les Grecs et les Latins, ne voyaient au-dessus de leurs
tètes qu'une voûte solide, pavée d'étoiles; ils considéraient le ciel comme
quelque chose de ferme, firmamentum.
Les Orientaux admettaient une influence maligne des astres, de mauvaises
étoiles, (désastre). Ils ne reconnaissaient que quatre corps simples qu'ils
appelaient des éléments: le feu, l'air, la terre et l'eau, qui sont au contraire des
corps composés. Mahomet enseignait que les montagnes ont été placées sur la
terre pour la retenir et l'empêcher de bouger. Lactance disait de la rotondité de
la terre que personne n'était assez dépourvu de sens pour y croire.
Combien n'est-il pas admirable que la Bible qui, certes, n'a pas eu pour
mission de rien enseigner sur ces matières, soit cependant exempte de toute
erreur de ce genre; bien plus, qu'elle trahisse une si parfaite connaissance de la
vérité sur ces points toutes les fois qu'elle affirme et qu'elle parle.
La terre est un globe suspendu sur le néant (Esaïe, XL, 22. Job, XXVI, 7-10.
Prov., VIII, 27). Les eaux ont leur équilibre, nécessaire à la stabilité des
continents. L'air, dont jusqu'à Galilée on ignorait la pesanteur, a reçu de Dieu
son poids (Job, XXVIII, 25). Les cieux sont l'étendue. La lumière est
indépendante du soleil. La terre est pleine d'un feu intérieur. Si le soleil s'arrête
à la voix de Josué, la lune doit s'arrêter aussi. Quand le Fils de l'homme
apparaîtra, une moitié du monde sera livrée au travail, l'autre au sommeil;
pour l'une, il fera jour; pour l'autre, nuit. Le nombre des étoiles est
innombrable comme le sable de la mer; Ptolémée en comptait mille vingt-six.
L'unité de la race humaine, l'unité primitive de son langage sont constatés. Les
époques géologiques sont racontées, et les révolutions du globe ressortent des
récits de Moïse aussi savantes que des profondes recherches de Cuvier (1).
On peut, il est vrai, opposer à cette règle générale quelques exceptions (Job, IX,
6; XXXVIII, 6. Ps. CIV, 3. Prov., III, 20). Mais le langage poétique aime à décrire,
les splendeurs de la nature telles qu'elles apparaissent bien plus que telles
qu'elles sont en réalité. Ce langage vulgaire, même celui des savants, se