Page 970 - Dictionnaire de la Bible J.A. Bost

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Jacob, Job, Jéthro, Moïse même, nous apparaissent les uns après les autres dans l'histoire, tour à tour
princes et pontifes. Mais après que les descendants d'Abraham eurent pris la consistance d'un peuple,
une tribu d'entre les douze fut choisie de Dieu et mise à part pour le service du sanctuaire, et dans cette
tribu, qui se composait de trois familles principales, une caste sacerdotale fut choisie d'entre les
Kéhathites; tous les autres enfants de la tribu furent destinés d'une manière générale au service du
tabernacle comme aides, serviteurs, frères laïques (— Voir: Lévi); les Kéhathites, et parmi eux la famille
d'Aaron seulement, Nombres 4:2; Exode 28:1, furent appelés à fournir des pontifes à la nation, et la peine
de mort fut prononcée contre tous ceux qui, appartenant à une autre famille, tenteraient de remplir les
fonctions sacerdotales, Nombres 3:6,38; 16:40. Hozias, roi de Juda, qui voulut offrir l'encens à l'Éternel, fut
frappé de la lèpre, mis hors de son palais et exclu des affaires publiques jusqu'à sa mort, 2 Chroniques
26:19. On voit cependant que dans certaines occasions, mais seulement en rase campagne et toujours hors
du temple, des hommes non prêtres, des juges et des rois d'Israël, surtout avant que le tabernacle eût été
fixé dans Jérusalem, ont offert des sacrifices à l'Éternel, 1 Samuel 7:9; 9:13; 16:5; 2 Samuel 6:13; 24:24; 1
Rois 18:33; 2 Chroniques 1:5, ou porté l'éphod, consulté le Seigneur et béni le peuple, 2 Samuel 6:14,18; 1
Samuel 23:9; 30:7; 1 Rois 8:55-56. Les interprétations données pour expliquer ces faits autrement que
d'une part active, mais partielle et momentanée, prise par ces personnages au sacerdoce public, sont
forcées et presque toutes inadmissibles, tandis qu'il est assez naturel de croire qu'en faveur de quelques
élus, tels qu'Élie et David, Dieu ait autorisé des cérémonies qui étaient peut-être calculées pour préparer
les Juifs à l'idée du sacerdoce universel.
L'Écriture ne fixe pas l'année en laquelle les prêtres pouvaient entrer en fonctions; d'après les
Guémaristes, ce n'était qu'après l'âge de vingt ans, mais comme plus tard on voit l'exemple d'un jeune
homme déjà souverain sacrificateur (Flavius Josèphe, Antiquités Judaïques 12, 3, 3), il est évident qu'avec
les simples prêtres on avait fini par devenir moins sévère encore. Ils étaient tenus de prouver leur filiation
directe de la famille sacerdotale, et ils attachaient à cause de cela une grande importance à leurs registres
généalogiques, Esdras 2:62. Néhémie 7:64. La première consécration des prêtres fut faite par Moïse en la
personne d'Aaron et de ses fils, Exode 29, Lévitique 8; on ignore si une cérémonie semblable se
renouvelait à l'entrée en fonctions de chaque prêtre, ou si elle fut faite une fois pour toutes, les prêtres
n'ayant plus qu'à faire constater leurs droits et leur aptitude, ou si enfin ils étaient tenus à l'offrande du
gâteau, Lévitique 6:12,14, mais à cela seulement. Quant au souverain sacrificateur dont la consécration
était plus solennelle que celle des simples prêtres, on doute qu'elle se renouvelât à chaque élection
nouvelle, telle qu'elle avait eu lieu en la personne d'Aaron, et l'on croit que l'on se contentait de revêtir le
nouveau pontife des habits de son prédécesseur, comme cela se fit à la mort d'Aaron, Nombres 20:25-26;
cf. 1 Maccabées 10:21.
Les prêtres portaient pendant qu'ils officiaient, et peut-être toutes les fois qu'ils étaient dans le temple, des
vêtements de fin lin, décrits d'une manière générale Exode 28, cf. Lévitique 6:10. Flavius Josèphe donne
quelques détails sur les diverses pièces de cet habillement, Antiquités Judaïques 3, 7, 1; 2; 3; sur les
caleçons, espèce de large pantalon comme en portent généralement les Orientaux; sur la tunique, qui était
sans couture; sur la ceinture, de diverses couleurs, tissu fort lâche, large de trois doigts, creuse comme la
peau d'un serpent; sur le bonnet ou turban, composé de plusieurs tours d'une bande de lin repliée et
cousue, avec une toile qui enveloppe le tout et descend jusque sur le front pour cacher la difformité des
coutures. Les rabbins et saint Jérôme varient sur quelques détails peu importants.
Le souverain sacrificateur se distinguait des autres prêtres par plus de richesse dans ses vêtements, et par
quelques pièces accessoires. Le rocket était une robe qui tenait depuis le cou jusqu'aux genoux tout
autour du corps; elle était composée de filets très déliés, de couleur hyacinthe; au bas étaient des figures
de grenades, de lin retors et de pourpre, entre lesquelles pendaient de petites clochettes d'or afin qu'on en
entendît le son lorsque le sacrificateur entrait dans le sanctuaire ou en sortait; ce qui signifie que le
chrétien, en marchant dans ce monde, doit porter des fruits et faire entendre le bruit de l'Évangile, joindre
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