Page 953 - Dictionnaire de la Bible J.A. Bost

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— Voir: Psaumes 25, 34, 119, 145; Lamentations 1:2:4; Proverbes 31:10; et suivants.
Cet artifice était-il destiné à faciliter la mémorisation de ces vers? était-ce un jeu de l'esprit, une entrave
que le poète s'imposait à lui-même? y avait-il là une signification maintenant perdue? nous l'ignorons,
mais cette dernière supposition est la moins probable.
En plaçant dans le parallélisme des membres la principale différence qui distingue la poésie de la prose,
nous ne contestons pas qu'il ait pu y avoir encore d'autres différences, un rythme particulier, des pieds et
des rimes; Flavius Josèphe, Origène, Eusèbe et saint Jérôme, paraissent avoir connu encore toutes les
beautés de la poésie hébraïque, et avoir possédé le secret de ses règles: ils parlent, et leur grande science
les mettait à même de parler en connaissance de cause, de vers héroïques, de trimètres, et de pentamètres;
saint Jérôme va jusqu'aux vers alcaïques, iambiques, et saphiques pour les Psaumes; et il voit des
hexamètres et des pentamètres dans les cantiques du Deutéronome et d'Ésaïe, dans le livre de Job et dans
ceux de Salomon. Quant à Leclerc (Hist. abrégée de la poésie chez les Hébreux), il essaie de prouver dans
sa dissertation que la poésie des Hébreux était rimée à peu près comme la poésie française, opinion qui
n'a pas manqué de partisans. D'un autre côté, Scaliger et d'autres, estiment et soutiennent qu'il n'y a ni
mesures, ni pieds, dans les vers hébreux, et que cette langue, non plus que la plupart des langues
sémitiques, n'est pas susceptible de cette espèce de gêne poétique.
Quoi qu'il en soit de cette question, il faut avouer que le vrai caractère de la poésie est dans la diction
même, et que celle-ci se distingue par un choix de mots et de locutions qui ne se rencontrent jamais, ou
du moins fort rarement dans les ouvrages en prose, ou qui, lorsqu'ils s'y trouvent, ont dans la prose une
signification et une portée différente que dans la poésie; la forme grammaticale même des noms, des
pronoms suffixes, des verbes, et les règles de la syntaxe, s'éloignent également de la forme ordinaire, et
des règles qui sont constamment observées dans les ouvrages en prose. La préférence de certaines
expressions est fondée sur la préoccupation du poète d'éviter les termes et les formes de langage
journalières, ordinaires et communes; souvent celui-ci était conduit à se servir de certaines formes
anciennes comme plus simples, plus grandes, et plus énergiques; peut-être aussi que son choix était
déterminé dans certains cas, par des considérations de rythme et de mesure. Sous ce rapport on peut
considérer les poètes hébreux comme les poètes classiques de l'antiquité profane, parce que la poésie est
la même partout, ses exigences partout semblables; il a dû y avoir des licences poétiques chez les uns
comme chez les autres.
Le cercle d'idées des poètes hébreux se meut principalement dans la sphère de l'Orient, il touche à la
nature et à l'histoire de la Palestine, aux époques diverses de la vie nationale, aux grands événements de
l'existence du peuple de Dieu. Un certain nombre d'images semblables se reproduisent chez les uns et les
autres, et si l'on en excepte quelques-uns, Job, Amos, Habacuc, Ézéchiel, on a la clef de tous quand on a la
clef de l'un d'eux: l'intelligence d'Ésaïe, par exemple, entraîne promptement l'intelligence des autres
prophètes considérés comme poètes. Il serait intéressant de comparer sous ce rapport la poésie hébraïque
à la poésie orientale et à celle de l'Occident, aux classiques anciens et aux chantres du moyen âge, à
Homère et à Ossian.
L'élévation de la pensée qui atteint chez plusieurs prophètes la hauteur la plus sublime, cette simplicité
pleine d'expression, cette variété pleine d'unité, ces figures, ces sentiments, cette action, tout cela réuni,
qui pourrait se retrouver chez les poètes profanes, est encore relevé par l'idée religieuse qui anime,
entoure, vivifie tous ces élans, qui est le centre et le fond de la poésie elle-même chez les Hébreux.
Parmi les auteurs qui ont traité ce sujet nous n'indiquerons que Carpzov, Lowth, Leclerc, Herder (Esprit
de la poésie hébraïque), et une dissertation spéciale de Calmet dans son Commentaire.
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