Les patriarches regardaient déjà le chameau comme une de leurs principales richesses, Genèse 12:16;
24:10; 30:43; 31:17; 32:7. Job, dans le temps de sa prospérité, possédait 3,000 chameaux; plus tard il en eut
jusqu'à 6,000, Job 1:3; 42:12. Les Madianites, les Hamalécites et les peuplades voisines des Hébreux
possédaient des chameaux aussi nombreux que le sable qui est au bord de la mer, Juges 6:5; 7:12; 1
Samuel 15:3; 27:9; Genèse 37:25; Jérémie 49:32. Les Israélites des temps postérieurs ne firent pas moins de
cas de ces utiles animaux, 1 Chroniques 27:30; Esdras 2:67; cf. Tobie 9:1. Sa chair leur était interdite
comme impure, Lévitique 11:4; Deutéronome 14:7; mais il paraît que son lait ne l'était pas. On se servait
des chameaux pour le transport des marchandises ou des bagages militaires, Genèse 37:25; Juges 6:5; 1
Rois 10:2; 2 Chroniques 9:1; 2 Rois 8:9; Ésaïe 21:7; 30:6; 60:6, à cause de leur force, de leur sobriété, et de la
sûreté de leur pas dans les sables ou sur les montagnes; ils servaient aussi de montures, Genèse 24:64; 1
Samuel 30:17; les femmes s'asseyaient dans des espèces de corbeilles ou paniers, solidement attachés des
deux côtés de l'animal, couverts d'un dais et garnis de tentures, souvent magnifiques; on en voit un
exemple, Genèse 31:34; les hommes cependant montaient plus ordinairement, comme cela se fait encore
en Arabie, sur des selles légères, ou sur le poil nu de l'animal, comme sur nos chevaux. On employait
aussi les chameaux dans les guerres; ils étaient ornés et équipés somptueusement. Ceux qui parurent
dans les guerres des Madianites portaient des croissants autour du cou, comme si le croissant eût déjà dû
par avance être le signe symbolique des infidèles de l'Orient, Juges 8:21,26. Cyrus avait également une
cavalerie d'archers montés sur des chameaux, Ésaïe 21:7, et les historiens Hérodote et Xénophon
racontent que les chevaux de Crésus, effrayés à la vue de ce spectacle inattendu, se ruèrent sur leurs
cavaliers et donnèrent ainsi la victoire à Cyrus. Les Arabes, de nos jours, montent des chameaux aussi
bien que des chevaux lorsqu'ils se mettent en campagne.
Ainsi qu'on vient de le dire, cet animal mue chaque printemps, et perd en un ou deux jours tout son poil,
qu'on recueille avec soin, et dont on fait des couvertures, des tapis, des sacs, ou de grossiers vêtements.
L'apôtre de la solitude et de la repentance, Jean-Baptiste, dont notre Sauveur a dit qu'il n'était point vêtu
d'habits précieux. Matthieu 11:8, était en effet couvert d'un manteau de poil de chameau, Matthieu 3:4.
Nous trouvons, Matthieu 19:24; Marc 10:25; Luc 18:25, un proverbe cité par notre Seigneur, et qui n'est
pas toujours bien compris: «Je vous dis qu'il est plus aisé qu'un chameau passe par le trou d'une aiguille,
qu'il ne l'est qu'un riche entre dans le royaume de Dieu.» Cette figure, peu en rapport avec celle que nous
emploierions, a paru à quelques interprètes si forcée, qu'ils ont cru devoir substituer au mot grec camélos
le mot camilos qui se prononce à peu près de même, et qui signifie une grosse corde, un câble de
vaisseau; rien n'empêche que cette variante ne soit admise, rien, excepté cependant l'accord des
manuscrits. Mais comme cette variante, qui s'accommode assez avec nos usages, ne s'accommode pas
avec ceux de l'Orient, il faut s'en tenir au texte ordinaire; c'était une habitude orientale, pour exprimer la
difficulté d'une chose, de dire qu'il serait plus facile de faire passer un chameau, ou un éléphant, par le
trou d'une aiguille.
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CHAMEAUPARD, ou Caméléopard,
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hébreu Zémèr, animal dont Moïse permet l'usage aux Hébreux. Les uns font du chameaupard le produit
d'une panthère et d'un chameau, ou plutôt d'une chamelle et d'une panthère mâle; mais outre que ce
produit serait un animal fabuleux, on ne peut admettre que Moïse ait donné comme une viande pure,
celle d'une bête issue de deux bêtes impures. D'autres pensent que par chameaupard ou Zémèr, il faut
entendre la girafe (Ostervald, Sacy); mais il est peu probable que Moïse ait donné une place dans la loi sur
les viandes à cet animal qui appartient exclusivement aux régions brûlantes de l'Inde au-delà du Gange.
Luther enfin traduit Zémèr par élan; cette espèce de cerf n'appartient point non plus aux latitudes de
l'Asie mineure, il habite les pays froids, et rien ne vient à l'appui de cette interprétation (Bochart,
Gesenius, Winer, Rosenmuller). L'opinion moderne est que le Zémèr doit signifier une espèce particulière
de gazelle ou d'antilope, sans que l'on puisse préciser laquelle.
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