LE VOYAGE D'ARIEL

DANS LE ROYAUME DE CHARNAEL

 

Allégorie des chroniques d'Ariel. Son voyage à l'Auberge d'Emmanuel, et la rencontre avec Gracié.

 

Par Jean leDuc

Juillet 2021

 

 

LE PUIT DU VIVANT ET LE BERGER SOZÈNE

 

LE SENTIER DE L'ÉPREUVE ET LE MIROIR HORRIFIANT

 

LA VASTE CITÉ DE L'OUBLI ET LES SBIRES DE CÉRASTE

 

LA FORÊT ENCHANTÉE, ET L'AUBERGE D'EMMANUEL

 


 

LE PUIT DU VIVANT ET LE BERGER SOZÈNE

 

Traversant un vaste champ de blé, brillant comme de l'or au soleil du midi, agité d'un vent doux comme des vagues ondoyantes, et borduré par de hautes montagnes aux sommets enneigés, un voyageur du pays lointain de Valtaille et de la grande cité Endogène, arrive dans la campagne à l'endroit où se trouve le Puit du Vivant. Fatigué de la longue route de son pèlerinage, il s'y arrêta pour se reposer. Puis il puisa de l'eau pure du puit, et fut complètement rafraîchi, rempli d'une nouvelle vigueur qui n'est pas de ce monde. Il s'y trouvait aussi un Berger nommé Sozène, qui abreuvait son troupeau de brebis. Ariel, car c'était le nom du voyageur, lui demanda s'il y avait un endroit dans la région pour le repos des voyageurs. Sozène lui répondit, regarde au loin près des montagnes, il y a un sentier qui longe le fleuve d'eau vive. Suis-le, mais attention à la brèche qui s'y trouve, pour ne pas y tomber et te blesser. Dans deux jours de marche, tu parviendras dans une forêt enchantée, à une maison champêtre qui se nomme l'Auberge d'Emmanuel, L'Aubergiste, qui se nomme Paraclet, prend un grand soin des voyageurs, et tu feras la connaissance de Gracié et sa femme Irènia, la paix de son âme, qui y logent depuis sept années. Dis-leur que c'est moi qui t'envoie, et tu seras très bien reçu.

 

Ariel remercia le Berger, mais il se faisait tard et la nuit commença à tomber. Le Berger l'invita à coucher dans sa tente, car il devait prendre soin de ses brebis, et les protéger contre les loups qui viennent dans la nuit comme des malfaiteurs et des voleurs. Ariel accepta gracieusement son invitation, et pénétra dans la tente du Berger pour se reposer jusqu'au matin.

 

Dans la nuit il eut un songe. Un messager nommé Phostère, éclatant comme la lumière du soleil, lui apporta un message du Roi Arignon, du Royaume d'Houranion: Ne crains point de suivre le conseil du Berger, et prend le sentier qu'il t'a proposé. Sois sans inquiétude pour la brèche qui s'y trouve. Elle se nomme le Bourbier du Désespoir, et il est pour la rechute des voyageurs imprudents. Mais j'y relèverai ceux que j'ai choisi, et le reste périront. Or pour toi, j'ai envoyé mes ouvriers y construire un pont, que tu verras seulement par la perception de ma Sainte Présence, qui te parlera comme une voix qui vient derrière tes oreilles. Lorsque tu rencontreras Gracié, dit lui que le temps est venu pour qu'il se mettre à l'œuvre, et que je serai son Guide. Il comprendra tes paroles, et se soumettra à ma volonté, car je l'ai choisi, éprouvé, et formé comme guerrier pour la gloire de mon nom.

 

À son réveil, Ariel, plein de la Sainte Présence, se rendit voir le Berger qui revenait des champs, et lui annonça ce qui était arrivé, et le quitta pour continuer son voyage. Le Berger lui donna des fruits, du fromage, et une outre de vin nouveau, puis lui dit: bon courage guerrier d'Arignon. Ils s'embrassèrent et se quittèrent.

 

LE SENTIER DE L'ÉPREUVE ET LE MIROIR HORRIFIANT

 

En admirant la grande beauté de l'endroit, et voyant le sentier, Ariel s'approcha avec prudence, son bâton de voyageur à la main. Puis une voix vint, comme derrière ses oreilles, lui disant: Arrête, la brèche est devant toi. Maintenant ferme tes yeux, et regarde par la perception de ma Sainte Présence, et tu verras le pont que tu dois traverser. Ariel se pencha en toute humilité et soumission, et fit comme il avait été dit. Fermant les yeux, il regarda avec les yeux de l'Esprit qui animaient sa conscience, et vit dans une lumière scintillante la forme du pont, et où se trouvait la passerelle pour traverser. Puis s'avançant lentement, comme un aveugle, il sentit ses pieds toucher à la passerelle, et traversa le pont en toute sécurité. De l'autre côté, il ouvrit les yeux, et fut complètement émerveillé en voyant ce qui s'était produit, puis il rendit gloire à l'Esprit des vivants qui éclaire la conscience de ses guerriers.

 

Il s'avança ainsi sur le sentier, et après quelques heures de marche, il vit deux hommes venir vers lui, mais qui s'en allaient dans la direction opposée. La voix vint encore derrière ses oreilles, pour l'aviser qu'il s'agissait de deux Égoriens du royaume de Charnael, qui étaient épris de crainte, des choses qu'ils avaient vus dans un petit village, situé à quelques lieux de l'endroit où il était. C'était la coutume dans ce village, depuis la visite d'un guerrier du Roi Arignon, nommé Gracié, de faire regarder les habitants et les voyageurs dans un miroir, et ils en furent horrifiés et se sauvèrent en courant le plus rapidement que possible, pour ne pas devenir prisonniers de cet endroit dangereux. Ariel aurait voulu leur parler pour en savoir plus long, mais ils passèrent trop rapidement à ses côtés, criant: malheur, malédictions, et tourments, puis dans leur fuite affolée, ils tombèrent et s'enfoncèrent dans le Bourbier du Désespoir, et Ariel ne les revit jamais plus.

 

Puis après un certain temps, fatigué de sa marche et se questionnant sur tout ce qu'il avait vu et entendu, décida de se reposer et de prendre un peu de nourriture pour récupérer des forces. Il se trouva un endroit à l'ombre d'un arbre et caché du sentier par des buissons, ce qui lui permit d'être à l'abri des curieux. Ceux qui s'adonneraient à passer, ne pourraient le voir, mais lui le pourrait sans s'exposer au danger.

 

Après avoir mangé il s'endormit, mais fut réveillé, au clair de la lune, par un bruit affreux et des hurlements terrifiants. Un carrosse venait à l'épouvante sur le sentier, tiré par six griffons, le feu dans les yeux, et ayant des queues comme des scorpions. Il s'arrêta soudainement devant l'endroit où il se trouvait, car les bêtes infernales, crachant du feu, ressentaient qu'il y avait quelque chose d'anormale. Le cocher, vêtu d'une robe à capuchon écarlate, brandissait une épée flamboyante, forgée dans le feu de l'enfer. Mais Ariel ne bougeait pas, il était en sécurité, toutefois le moment était pour lui comme l'éternité. Après quelques instants, le carrosse repartit comme la foudre, et Ariel relâcha un grand respire. Il apprit par après, que le carrosse amenait Natas, le prince du royaume de l'Oublie, au palais du roi Céraste, dans la cité Hérésiane, capitale du royaume de Charnael, pour un entretien avec son associé. Un bal de macabres et des bacchanales étaient prévues pour les convives, et le Bouc de Mendèz était le centre de l'attraction.

 

La lumière du matin, ne vint pas assez rapidement pour Ariel. Il reprit la route, pleinement conscient des dangers qui l'attendaient, et se tenait constamment sur ses gardes. Il arriva à un petit village de pêcheurs où Gracié, avait eu auparavant, un dur combat avec l'ennemi de nos âmes. Il avait obtenu la victoire par la voix de la Sainte Présence qui lui parlait, comme derrière les oreilles. Il fit face à l'ennemi, et se retrouva revêtu d'une robe d'un blanc éclatant. Le Livre de Vie se retrouva entre ses mains, écrit en lettre d'or. Le prisonnier fut amené devant lui pour recevoir sa sentence. Gracié leva les yeux et vit l'ennemi, comme se regardant lui-même dans un miroir, et le condamna à l'enfer éternel. Alors la voix de la Sainte Présence convoqua l'ange Gabriel, qui se manifesta en remplissant toutes les molécules de l'air, et jeta l'ennemi dans le lac de feu. Puis Gracié fut transporté instantanément au pied du trône d'Arignon, pour recevoir les instructions du Roi, puis fut renvoyé pour accomplir sa mission. Depuis ce temps, on avait construit à cet endroit le temple du Miroir Horrifiant, ou miroir de l'âme, et tous les habitants devaient venir s'y regarder, une fois l'an, pour subir des corrections.

 

Or Ariel vint à la place du marché au centre du village, et il y avait une grande commotion. Deux guerriers se trouvaient en plein combat mortel l'un avec l'autre: un guerrier du Roi Arignon et l'autre du roi Céraste. Le guerrier d'Arignon, nommé Adelphes, tua de son épée, le guerrier de Céraste, et le peuple était dans la crainte de représailles de son roi, qui dominait comme un tyran cruel sur eux. Ariel prit donc Adelphes avec lui pour le protéger, et les deux se retirèrent de l'endroit sans qu'aucun ne les virent. De retour sur le sentier, les deux discutèrent des merveilles d'Arignon, et devinrent des compagnons inséparables.

 

Du temps qu'ils firent chemin, un messager avait été envoyé au roi Céraste dans la cité Hérésiane, lui signalant la présence de deux étrangers qui avaient quitté le Village des Pécheurs, et qu'un d'eux, un guerrier d'Arignon, car ils ne connaissaient pas Ariel, avait tué un de ses guerriers dans un combat. Les gardiens du village avaient cherché le village, mais ne purent les trouver. Alors Céraste appela un de ses officiers, et lui dit de relâcher le Cerbère Nicéen, le chien à trois têtes, le gardien des portes de l'enfer pour les retrouver, ce qu'il fit immédiatement. Entre temps Ariel et Adelphes prenaient un repos dans un endroit nommé le Champ du Sang, là où un ancien traître d'Arignon s'était pendu. Mais ils ne s'éloignèrent pas du sentier.

 

Après quelques heures de repos et de partage, ils reprirent la route. Mais le Cerbère Nicéen avait retrouvé leur piste, et s'approcha dangereusement d'eux. Entendant un bruit affreux, ils se tournèrent et virent ce monstre derrière eux, qui était de la taille d'un homme. Il s'approcha, mais Ariel lui donna un solide coup de bâton sur une de ses têtes, ce qui l'enragea encore plus. Adelphes tenta de le frapper de son épée, mais ne put réussir. Toutes tentatives des deux guerriers furent futiles. Alors Adelphes eut une idée et dit à Ariel: le monstre à peut-être trois têtes, mais il a un seul cœur, et c'est là qu'il faut frapper. Alors il sortit de ses bagages quelques morceaux de viande salée, disant à Ariel, lance cela dans les airs au-dessus de ses têtes. Ariel fit comme son frère lui dit, et pendant que les trois têtes cherchèrent à attraper la viande, Adelphes prit une course et se glissa sur le sol, l'épée à la main, et se retrouva dessous la bête, et lui plongea l'épée de la vérité en plein cœur, puis sortit rapidement en se roulant sur le sol, avant qu'elle s'écrase sur lui. Et le Cerbère Nicéen tomba mort à leurs pieds. Ce fut une grande victoire sur l'ennemi, car le Cerbère Nicéen tenait les peuples esclaves depuis de nombreuses générations.

 

À l'entente de cette nouvelle, le roi Céraste fut pris d'une rage incontrôlable, et fit tuer sept de ses propres guerriers.

 

Mais d'autres épreuves attendaient Ariel et Adelphes. Ils arrivèrent à un endroit où se trouvait le temple de la Méduse Églisienne. Elle sortit à la rencontre des deux guerriers d'Arignon. Mais Ariel en avait entendu parler en son pays, et savait qu'un seul regard de sa tête pleine de serpents, pouvait tourner un homme en une statue de pierre. Il dit à Adelphes de mettre un bandeau sur ses yeux et de pas regarder avant qu'il lui dise. Il prit l'épée, puis fermant les yeux et regarda par les yeux de l'Esprit, et trancha la tête de la Méduse Églisienne, puis la lança dans le feu qui brûlait à l'entrée du temple. Alors il dit à Adelphes d'enlever son bandeau et lui remit son épée. Il expliqua à son frère le pourquoi de tout cela, et ils rendirent gloire à l'Esprit des vivants.

 

Les Hérésiens et les Églisiens de la cité Hérésiane, perdirent une grande puissance sur les peuples, et le cœur noir du roi Céraste bouillait de rage contre le Roi Arignon.

 

LA VASTE CITÉ DE L'OUBLI ET LES SBIRES DE CÉRASTE

 

Dans leur voyage, les deux guerriers d'Arignon arrivèrent à la cité sombre et funeste de l'Oublie, et dont les habitants sont tous des Égoriens. On y trouve aucun guerrier d'Arignon depuis Gracié. Elle se trouvait sur le territoire des anciens Boquillons, ce qui se voyait par le dialecte de certains qui parlaient encore leur jargon particulier, nommé le Joual. Ce fut l'ancienne demeure de Gracié, au temps qu'il fut enchaîné par Natas, le prince de l'Oublie. Mais la cité avait beaucoup changé depuis ce temps. Le trou où se trouvait la Dame de Perdition n'était plus, et le temple du dieu Co-Caïn avait été détruit et réduit en poudre, qui fut dissipée par le vent. Mamon, un des associés du roi Céraste, était maintenant l'idole qu'ils adoraient tous. L'endroit et les habitants demeurèrent ainsi sous le contrôle du roi Céraste.

 

Un grand nombre d'Hérésiens en avaient fait leur demeure, et il y eut plusieurs conflits avec les deux guerriers d'Arignon. Lors d'une confrontation avec un groupe de sbires de Céraste, un nommé Poimen, du clan des Manadiers, frappa Adephes par derrière, comme un lâche. Ariel vint immédiatement à la défense de son frère, et terrassa solidement Poimen, d'un coup de son bâton de voyageur, puis aida Adelphes à se relever. Alors ce fut la bataille générale. Le combat fut ardu, car les sbires de Céraste étaient beaucoup plus nombreux, et plusieurs utilisaient des dagues empoisonnées. Ariel et Adelphes combattaient comme des lions furieux, et tous les sbires de Céraste furent vaincus par les deux guerriers d'Arignon.

 

Mais Adelphes fut gravement blessé dans le combat. La blessure qu'il avait reçu du lâche Poimen, s'aggrava, et ses forces furent graduellement dissipées. En plus il avait une fièvre violente. Malgré tous les soins d'Ariel, il fut transporté dans le Royaume d'Arignon avec une grande gloire. Dans une grande colère, Ariel prit alors l'épée d'Adelphes, puis se rendit parmi d'autres groupes des sbires de Céraste, et les massacrèrent tous, et leur trancha tous la tête, puis il pleura son frère. Il n'avait jamais connu une telle rage et une telle répugnance contre les Hérésiens, et se donna la mission de tous les exterminer. Mais le Roi Arignon lui envoya un messager brillant, dans un songe durant la nuit, pour lui dire de quitter la cité maudite de l'Oublie, et de reprendre la route. À son réveil, Ariel prit ses bagages, son bâton de voyageur, et l'épée d'Adelphes, et parti de cette cité maudite, destinée au feu de la colère d'Arignon. Il oublia tout ce qui était arrivé, mais les Hérésiens ne l'oublièrent pas. Il leur avait causé de sérieux dommages, et son nom resta gravé sur leur conscience pour tous les temps, jusqu'à la fin des temps. Ils craignaient fortement Ariel, se disant si un seul guerrier d'Arignon peut faire un tel carnage, que ferons-nous devant toute une troupe.

 

La route l'amena vers le Village du Réveil, construit sur le bord d'un grand lac nommé Agitation. Ses habitants étaient des Hérésiens, et certains d'eux avaient pris le nom de Méthodiens qui donnèrent naissance aux Charispentes écervelés, Il s'y trouvait le temple des Mysticieux où les Méthodiens se rendaient pour sauter comme des crapauds, se rouler sur le plancher comme un porc se roule dans ses excréments, et tous parlaient un charabia qui est nommé, le parler en langues de babouins, et dans une frénésie collective tous tombèrent dans des trances extatiques dans l'adoration de Céraste. Lorsque Ariel vu cela, il fut fort troublé devant de tels dérèglements et emportements diaboliques. Il en fut complètement dégoûté à vomir. Il ferma et scella la porte du temple, s'assurant qu'aucun ne pouvait sortir, et mit le feu à la place, et tous périrent atrocement. L'odeur du porc rôti se répandait partout dans le village, et Ariel quitta cet endroit infernal. Dorénavant l'endroit fut appelé Village du Brûlé. Céraste fut tellement furieux, qu'il fit rangé ses troupes pour attaquer le Royaume Houranion, et détruire les forces du Roi Arignon.

 

LA FORÊT ENCHANTÉE, ET L'AUBERGE D'EMMANUEL

 

La fin de son voyage et l'accomplissement de sa mission s'approchèrent, et Ariel en était pleinement conscient. Il y avait une cité paisible en bordure de la Forêt Enchantée, nommée Champ de Grâce, et Ariel s'y arrêta quelque peu pour se reposer. Il fit la connaissance d'un boulanger nommé Artos, et il était le fournier du pain de vie.

 

Ils partagèrent le pain de gloire, et Ariel fut grandement fortifié. Ils eurent de grandes discussions sur les merveilles de la grâce, et Artos lui disait que Gracié et sa femme Irènia venaient régulièrement chercher de son pain, pour partager avec les voyageurs. Le Paraclet qui était l'Aubergiste de de l'Auberge où ils logeaient, s'en servait pour renouveler leurs forces, et l'Esprit des vivants fut grandement glorifié.

 

Ariel voyait en Artos un frère et un vrai guerrier d'Arignon, et avait beaucoup d'affection pour lui, et ils devinrent de grands amis.

 

Mais Ariel dut le quitter, car sa mission n'était pas encore terminée. Avant de partir, Artos lui donna quelques conseils: il n'y a qu'un seul chemin qui mène à l'Auberge d'Emmanuel, et la route est encore longue. Tu y rencontreras un seul obstacle. Il y a un petit village avant d'arriver à l'Auberge, qui se nomme Commérage. Ne t'y arrête pas, mais continue ta route, sans dévier ni à gauche ni à droite. Les habitants de ce village ont tous des langues de vipères, et il est préférable des éviter, car ils rapportent tout à Céraste. L'Auberge se trouve plus loin dans la forêt, et n'est connue de personne, sauf des guerriers d'Arignon. Soit donc prudent afin qu'elle demeure ainsi.

 

Ariel remercia Artos et fit comme il lui dit. Il prit la route pour entrer dans la Forêt Enchantée, et fut émerveillé par sa beauté. Partout il y avait des lacs et des rivières, et de merveilleuses chutes qui se déversaient de rocher escarpés. Les ruisseaux regorgeaient de poissons, et les animaux couraient librement dans les champs, et les oiseaux laissaient constamment entendent leurs chants.

 

Le parcours était plaisant et sans incident, et pour une fois Ariel pouvait se détendre. Arrivé au village de Commérage, il fit comme Artos lui avait conseillé, et le traversa sans s'y arrêter ni parler à aucun habitant. D'autre part, l'Esprit des vivants avait envoyé une puissance d'aveuglement sur les habitants, pour qu'ils ne se préoccupent point de la présence d'Ariel, et pour les garder dans l'ignorance à propos de l'Auberge d'Emmanuel, afin que ses guerriers soient en sécurité. Pour le reste du chemin, la voix d'Arignon servait de guide à Ariel.

 

Arrivé à l'Auberge d'Emmanuel, où on l'attendait avec anticipation, il en fut émerveillé. En entrant sur le terrain, Ariel remarqua que l'air était rempli d'un parfum céleste et agréable, qui provenait de nombreuses fleurs exquises, dont l'odeur mettait son esprit dans une paix indescriptible. Il vit aussi un grand jardin avec toutes sortes de plantes, de fruits, de vignes de raisin pleines de grappes, et de rangées de légumes, qui servaient tous pour la nourriture des saints. y avait aussi un petit ruisseau plein de poissons, dont les eaux, pur comme du cristal, découlaient dans de petites chutes, formant un étang merveilleux. Il était même tenté d'y plonger et de se faire masser par l'eau des chutes. Mais une chose à la fois, et un jour à la fois.

 

Il fut reçu par Gracié et sa femme Irènia, qui vinrent vers lui, avec une grande joie, tout comme s'ils recevaient Arignon lui-même. Tous étaient dans l'allégresse la plus sublime. Ils entrèrent dans l'Auberge en toutes jubilations, comme il est possible seulement à des fils d'Arignon. L'Aubergiste, nommé le Paraclet, avait préparé une table pleine de délices: du pain de vie, des fruits et des légumes du Jardin d'Arignon, de l'Agneau broché, et du vin de la Vigne d'Emmanuel.

 

Assis à la table des vainqueurs, ils prirent un repas céleste, réservé au plus hauts dignitaires d'Arignon. Ariel leur raconta ses aventures, puis Gracié fit de même. Il y avait quelque chose de mystérieux dans l'air, qu'ils ne purent comprendre. Alors le Paraclet vint et alluma la Lampe de la Conscience, et sa lumière reposa sur Gracié et sur Ariel, et la femme de Gracié fut complètement époustouflée. Elle voyait qu'Ariel et Gracié était un seul, complètement identique en tous les détails, et pourtant ils étaient deux. Comment cela se pouvait-il, elle se disait ? Gracié regardait Ariel et se voyait lui-même comme dans un miroir; et ce fut de même au sens inverse avec Ariel. Alors Ariel vint pour donner le message du Roi Arignon à Gracié), mais il le connaissait d'avance, il connaissait tout ce qui est en Ariel, puisque les deux sont une seule et même personne.

 

Ils demeurèrent plusieurs jours, voire même plusieurs mois en cet état glorieux, car ce fut comme si le temps n'existait plus. Un soir, Ariel fut donné un songe dans la nuit d'Arignon, qui lui dit de sortir dehors auprès du Jardin, ce qu'il fit, ne réalisant pas sur le moment que Gracié avait reçu la même vision, car les deux formaient un seul homme. Alors Ariel était auprès du Jardin de la Grâce, et regarda les étoiles étincelantes dans les cieux. Mais soudainement elles se mirent à bouger, et tombèrent tous sur la terre aux pieds d'Ariel. Ce fut une troupe d'anges dont le chef était Gabriel. Il avança vers Ariel, plia le genou et lui remit une épée, et son nom était écrit en Hébreu sur le manche. Elle avait été formée dans la forge du Divin Forgeron. Son manche avait été trempé dans le sang du soleil, sa lame dans le lait de la lune, et ses tranchants dans le scintillement des étoiles. C'était l'Épée de Gloire des guerriers invincible. Alors Ariel la prit de la main de l'ange et devint le capitaine de la troupe. Puis il plia le genou et rendit gloire Roi au Arignon. Puis se levant, il entendit un bruit, et se tournant il vit un cheval ailé, d'un blanc pur éclatant. Il savait que l'heure était venue. Levant la tête, il vit que Gracié et sa femme Irènia étaient à ses côtés, et ils s'embrassèrent avec larmes et avec joie. Puis Ariel monta sur le cheval, l'Épée de gloire à la main, et parti comme une étoile filante dans le ciel étoilé, la troupe d'anges le suivant par derrière.

 

Gracié et sa femme, Irènia, retournèrent dans l'Auberge, et le Paraclet les dirigea dans l'adoration de l'Esprit des vivants. Puis regardant son mari profondément dans les yeux, elle le reconnut, et elle appela son nom, Ariel, et le caressa fortement. Puis ils furent rempli à surabondé de toutes les merveilles de la grâce. Amen !

 

Deuzième partie

 

À Christ seul soit la Gloire

Amen !

 

Rédigé par Jean leDuc sous la direction de Christ

pour la communauté mondiale des élus.