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LES CONFLITS D'ARIEL

DANS LE PAYS DES ÉGLISIENS

 

Allégorie des chroniques d'Ariel, ses premières rencontres avec les ennemis du Roi Arignon.

 

Par Jean leDuc

 

Août 2021

 

 

ENTRAÎNEMENT D'ARIEL DANS L'ART DU COMBAT

 

LE PREMIER VOYAGE CHEZ LES ÉGLISIENS

 

EXCURSION DANS LA CITÉ REINES DES CANTONS

 

UN NOVICE CHARMÉ PAR UNE SORCIÈRE DE NATAS

 

LES TROIS TRAÎTRES DE LA CONTRÉE MARGINALIA

 

PRÉPARATION POUR LE GRAND VOYAGE D'ARIEL

 


 

ENTRAÎNEMENT D'ARIEL DANS L'ART DU COMBAT

 

Les discussions s'intensifièrent autour de la table. Quatre hommes, tous des membres du mouvement de résistance, Cœur de Lion, tous des guerriers du Roi Arignon, parlent d'un évènement récent qui est arrivé dans un village, non loin du leur. On a pendu un Robe Noire Catholicaïn pour avoir violé un enfant. Un tel crime odieux envers des enfants, n'était pas tolérable, par les guerriers d'Arignon, et ils se promirent, par la puissance de leur Roi, qui demeurait en eux, de tout faire pour qu'une telle abomination ne se reproduise jamais, surtout dans leur contrée de Valtaille. Le monde des hommes était devenu entièrement corrompu et dépravé, et c'est pour cela qu'existait leur mouvement de résistance. Ils élaborèrent plusieurs stratégies pour combattre cette dépravation et toutes formes d'injustices parmi les hommes. Le grand jour approchait, et ils s'empressèrent pour accomplir leur mission.

 

Derrière eux, auprès du feu dans le foyer, un jeune homme nommé Ariel, se réchauffait, et écoutait attentivement leurs discussions. La tempête grondait à l'extérieur. Le tonnerre craqua, la pluie tomba à profusion, et les éclairs frappèrent très près de la maison où ils se trouvèrent. La décharge fut tellement violente que tous sursautèrent. Soudainement les volets de la fenêtre s'ouvrirent violemment, poussé par la force du vent orageux, et mystérieusement une lumière éblouissante apparue sur chacun d'eux. Ils furent tous remplis d'une joie inexprimable, et ils furent tous donnés la réalisation de la Sainte Présence dans un souffle époustouflant. C'était un message du Roi Arignon, qui intervenait d'une façon particulière dans leurs conversations. Une lumière brillante reposait sur Ariel, le remplissant comme un fleuve d'eau vive. Ariel était complètement émerveillé, et des larmes de joie ne cessèrent de couler sur son visage. Il se leva brusquement d'auprès du feu, et alla fermer les volets et les verrouiller, car la lumière de la vérité leur était réservée, il fallait qu'elle soit contenue à l'intérieur, car elle leur apportait une grande révélation.

 

Les hommes cessèrent leurs discussions, et regardèrent le jeune Ariel d'une façon très étrange. Ils voyaient en lui, par les yeux de l'Esprit d'Arignon qui était sur eux, le prochain guerrier qui renverserait le monde des hommes. Ils l'appelèrent à la table pour l'examiner. Ils le questionnèrent sur le Livre de Vie qui était sur la table devant eux. Mais Ariel avait déjà beaucoup lu en ce livre, qui se nomme aussi le Livre de la Vigne d'Emmanuel, et quoique sa connaissance était limitée à ce temps, il répondit avec satisfaction à toutes leurs questions.

 

Quelques années auparavant, un ami d'Ariel lui avait donné une copie de ce livre merveilleux. Il en avait entendu parler, mais il ne l'avait jamais vu. Il y fut attiré comme un aimant. Il avait entendu parler du Roi Arignon depuis son enfance et voulait le connaître, mais ne savait pas comment, ni où il se trouvait. Plusieurs lui disaient que ce n'était qu'une fable, mais quelque chose en lui, qu'il ne pouvait comprendre, lui disait autrement. Il réalisa, pour la première fois, que la vie d'Arignon était écrite en ce livre mystérieux, que la majorité des gens craignaient. Son attirance étant plus grande que sa crainte, il l'ouvrit et se mit à lire. Mais quelque chose d'étrange se produisit. Il ne pouvait plus cesser de lire, son esprit était rempli d'une lumière vive et prodigieuse. Il lisait tous les jours du matin au soir, et continua sa lecture même dans ses rêves. Il était complètement saturé de son texte sacré, et réalisa qu'il ne lisait pas le livre, mais que c'était le livre qui le lisait. Il comprit alors que son texte était vivant, et qu'il était le respire de l'Esprit des vivants. Quand la lecture du livre fut terminée, il s'enferma dans une chambre haute pour trois jours en jeûne et en prière. Quand il en sortit, il brillait de la lumière de la Sainte Présence et sa vie fut complètement changée. Il se mit à dévorer des livres, comme un homme affamé, sur tous les sujets qui s'y rapportaient. Il se mit à étudier toutes les différentes théologies systématiques qui existent, et sur la direction de l'Esprit, il apprit le Grec en très peu de temps, et se lança dans l'étude des anciens manuscrits. Il se donna aussi à l'étude l'Hébreu, mais cette langue n'était pas autant nécessaire pour lui, quoiqu'il pût se débrouiller sous l'instruction et la direction de la Sainte Présence qui résidait en lui. Bref, Ariel avait tout pour faire un solide guerrier.

 

Les guerriers d'Arignon lui demandèrent alors, s'il aimerait faire partie de leur groupe de Résistance, mais qu'il aurait à traverser un dur entraînement dans l'art du combat, et que cela prendrait beaucoup de détermination et de temps. À cela Ariel répondit par l'affirmative, car l'Esprit d'Arignon le poussa irrésistiblement dans cette voie, sans qu'il en soit pleinement conscient.

 

Durant plusieurs années, Ariel fut entraîné dans toutes les techniques de combat, et maîtrisa toutes les armes pour la défensive et l'offensive. À sa graduation on lui dit de choisir son arme préférée, qui deviendrait l'insigne de son caractère de guerrier. Mais il ne trouva pas, d'entre toutes les armes, celle qui lui convenait. Étant poussé d'une façon mystérieuse, et regardant dans tous les coins de l'endroit où il se trouvait, il vit un bâton de voyageur contre un mur. Il le prit entre ses mains, et il était d'un bois dur comme du fer, et il déclara en toute humilité, qu'il le prenait pour son arme préférée. Regardant de plus près, il vit que son nom était déjà écrit sur le bâton. Il le prit et frappa une grosse pierre à côté du foyer, et elle éclata en pièces. Alors tous les guerriers du Roi Arignon, rendirent gloire à l'Esprit des vivants, d'avoir choisi Ariel, pour une mission de voyageur, très spéciale. Et il fut donné le nom de Lion de Dieu, car il avait reçu la puissance féroce et prodigieuse, de déchirer en pièces tous les ennemis. Mais avant, il devait être mis à de douloureuses épreuves pour sa formation, et il avait encore beaucoup à apprendre. Comme un disciple aux pieds du Maître, son instruction fut assurée sous la direction de sa Sainte Présence, de même que sa protection dans les combats. Mais Ariel était jeune et avait beaucoup de chemin à faire avant d'atteindre son plein potentiel, pour l'accomplissement des dessins de son Roi.

 

 

LE PREMIER VOYAGE CHEZ LES ÉGLISIENS

 

Il y avait, dans le monde des hommes, peuplé d'Égoriens et de Crétiniens, un endroit appelé le pays des Églisiens. Il faisait partie, avec plusieurs autres, de l'empire du royaume de Charnael dont la capitale était la cité Hérésiane. Ariel avait entendu parler des Églisiens, on racontait toutes sortes de choses étranges à leur sujet, mais il n'avait jamais rencontré une de ces viles créatures. Il décida donc de partir de la cité Endogène où il habitait, pour faire un voyage en ce pays étrange, afin d'en connaître plus long, ce qui servirait aussi à sa formation et son instruction.

 

Arrivé dans le pays des Églisiens, dont la capitale se nommait Séminairiane, il vit qu'elle était habitée principalement par les Catholicaïns en Robes Noires, des assassins professionnels du roi Céraste. Il entra dans un de ses nombreux temples idolâtres, et fut étonné de toutes les abominations qu'il voyait. Il y avait une statue d'une prostituée, nommée la reine du ciel, et un grand nombre de cierges allumés. Il y vit aussi plusieurs images bizarres d'un dieu à trois têtes pour des timbrés sans têtes. Puis il vit les fidèles de la place, s'avancer devant un hôtel de sacrifice au dieu Mithra, le fils du Soleil, où un homme vêtu d'une robe noire, leur plaça sur la langue une petite galette solaire, puis ils mangèrent leur dieu galette, faisant attention de ne pas le croquer, de crainte de lui briser un bras ou une jambe, et pire de lui arracher la tête. Car quoiqu'ils ne pouvaient le voir, ils croyaient, comme des idiots, qu'il vivait dans la galette. Il vit par après que le dieu galette vivait aussi au centre d'un soleil en or, et quand l'homme à la robe noire le soulevait au-dessus de ses bras, que tous baissèrent la tête pour l'adorer. Mais aucun ne brillait de la lumière du soleil, tous étaient dans les ténèbres les plus profondes.

 

Devant de telles insanités abominables, Ariel aurait voulu tout détruire ces Catholicaïns, mais ce n'était pas encore le moment. Le jour viendrait dans lequel il dirigera une armée d'Élusiens contre eux. Il apprit par après, que le roi Céraste et ses sbires Hérésiens étaient derrière toutes ces absurdités infernales, et qu'il avait le contrôle total sur le pays des Églisiens. Il quitta rapidement ce lieu de perversions, de crainte de se souiller.

 

Ariel se rendit donc dans un autre endroit du pays, dans la cité des Évangélipaïens, habitée par les Baptichiens, la secte principale des Immersiens. Entré dans l'un de leurs temples prestigieux, il vit un Manipulien pasteurisé, un Poimen, au-devant des pantins, élevé sur une balustrade comme un petit dieu, leur faisant la leçon. Puis on leur amena leur dieu Ruinâme sur un plateau d'argent, sous la forme minuscule d'un petit morceau de pain et d'une petite coupe de jus de raisin, puis tous, à un signal donné, se penchaient la tête en regardant leur nombril ou leurs souliers, pour adorer leur dieu chimérique de leurs délires psychotiques. Après on passa le panier pour récolter de l'argent, afin de payer pour ce merveilleux repas, qui ferait crever une souris de faim. Ils avaient aussi une coutume fluidique Neptunienne, de plonger leurs victimes sous les eaux de leurs abominations, afin de laver leur cerveau pour en faire des fantoches.

 

Les Baptichiens donnèrent naissance à plusieurs branches de leurs perversions, comme les serpents venimeux sur la tête de la Méduse Églisienne, qui tourne en statue de pierre ceux qui la regardent. De cette façon les cœurs sont endurcis par la prolifération de leurs séductions.

 

De là Ariel visita différents pays. Chez les Darbypioches, des Immersiens, il vit que les habitants étaient divisés en deux groupes, les frères étroits qui séparaient les femmes des hommes, et celles-ci n'avaient pas le droit de parler; et les frères larges où elles avaient le droit d'être avec les hommes et de s'exprimer. Mais les deux groupes avaient une même pratique de se réunir autour d'une table sacrée, pour manger du pain et boire du vin. Arrivé dans cet endroit, Ariel avait faim et soif, mais ils refusèrent de partager leur repas avec lui, en lui disant qu'il n'était pas digne, et ils le chassèrent.

 

Chez les Charispentes, des Immersiens fortement déréglés et agités, Ariel eut la surprise d'être reçu par un barrage d'habitants, qui parlaient tous le charabia en même temps, et sautant comme des crapauds affolés. Il se disait qu'ils étaient tous fous, et partit de cet endroit plein d'absurdités.

 

Mais chez les Réformeriens et les Presbyriens, il fut reçu comme un frère bien-aimé. Ils étaient grandement impressionné par lui, ils lui offrirent même une position dans leur direction, mais leur dieu à trois têtes le répugnait et il les quitta.

 

Ariel se vit encerclé par un groupe de ces vipères, qui le martelaient sans cesse de leurs présomptions et de leurs intimidations, ne lui laissant pas le temps de penser. Les dérives étaient tellement nombreuses, qu'Ariel avait de la difficulté à tout comprendre, et tomba dans la confusion et le découragement. Son esprit, ne pouvant, à ce moment, en saisir toute la profondeur. Il lui fallut beaucoup de temps pour mettre de l'ordre dans ses pensées, mais l'Esprit des vivants avait tout prévu, car rien n'arrive sans sa volonté souveraine.

 

Ariel retourna en son pays dans un état lamentable. Son premier voyage, comme il le pensait, avait été un fiasco de proportion immense. Mais le contraire était vrai, il avait oublié qu'il lui fallait traverser des épreuves douloureuses, en voie de préparation pour sa mission. Mais la Sainte Présence ne le quitta point, sa protection était sur lui durant tout ce temps, afin de le ramener au temps déterminé. Entretemps il fut comme enchaîné dans une lutte désespérée, ne pouvant plus voir la lumière dans sa conscience. Après quelques années, ayant atteint le bas fond de son existence, il cria à l'Esprit des vivants et fut réveillé de sa stupeur, et restauré sur la bonne voie. Il restait encore, en lui, quelques forteresses à détruire, mais cela ne tarda point, elles tombèrent toutes en ruines successivement, l'une après l'autre, et au temps désigné.

 

Ariel reprit son voyage et arriva au pays de Tradition, devant un château majestueux en ruine du nom de Réformation, qui anciennement était la gloire du Souverain, le Roi Arignon. Or ce château renfermait un trésor précieux, complètement négligé, du nom de TULIPE, et qui appartenait au Roi Arignon. Ce trésor se trouvait au centre d'un labyrinthe nommé Formalisme. Il y avait une seule entrée qui se nommait Dénomination, mais dont le nom secret est Domination, qui anciennement était Démonimation. Ariel fut conduit par l'Esprit des vivants pour le récupérer. Ce labyrinthe était rempli d'embûches, de serpent venimeux, et des ossements de ceux qui avaient tenté d'atteindre le trésor divin. La porte fut gardé par deux guerriers du roi Céraste en armure, et qui avait pour nom Credo et Symbole. Ceux-ci s'adressèrent à Ariel, lui disant: N'es-tu pas ce membre de la résistance Cœur de Lion, qui voyage à travers notre contrée, et qui s'oppose à nos coutumes et nos instructions, disant à nos habitants qu'ils peuvent être libéré de nous par la grâce seul d'Emmanuel ? Refusant l'entré à Ariel, une lutte acharné s'engagea dans laquelle Ariel maîtrisa aisément ses adversaires avec son bâton de voyageur nommé Conviction. Il pénétra sans difficulté dans le cœur du labyrinthe, et prit la TULIPE qu'il serra en son sein. A cet instant, il se manifesta une sortie inconnue du labyrinthe qui se nomma Liberté et qui ouvrait sur la voie qui se nomme Vérité; et il s'enfuit rapidement de ce pays rempli de scorpions, de vipères, et de toutes sortes de parasites qui rongent le fondement de la foi réelle qui est l'assurance d'Emmanuel. Dorénavant la TULIPE fut gravée sur son bâton comme signe et appui de la vérité, pour indiquer la voie du salut.

 

Méditant sur ces choses, Ariel fut saisi d'étonnement devant ce fléau qui dévore les âmes de ceux qui font de ce territoire infâme leur refuge, se croyant en sécurité dans sa grandeur et sa puissance. Et comme il se questionnait sur ces choses, la voix de l'Esprit d'Emmanuel qui réside en lui, surgit dans sa conscience, lui disant: Ce territoire provient du gouffre infernal du cœur de l'homme, pour lui donner une satisfaction charnelle et une fausse sécurité. En son sein est l'hypocrisie, l'intolérance, l’intimidation, la présomption, la médisance, l'égoïsme, l'arrogance, la cruauté, le sarcasme, la fraude et l'impulsivité. Son nom est la Religion, et la multitude qu'elle a dévoré sont les boucs qui ont infiltrés le troupeau du Divin Berger.

 

EXCURSION DANS LA CITÉ REINES DES CANTONS

 

Sous la direction de la Sainte Présence qui habitait en lui, Ariel plongea dans de profondes études sur les merveilles de la grâce, et fut grandement fortifié, au point même qu'il devint le guerrier d'Arignon le plus redoutable, et le plus féroce. Aucun ne lui était comparable.

 

Ariel avait fait la connaissance d'un nommé Yanierre, un Baptichien devenu Charispente qui demeurait dans la cité Reine des Cantons. Ariel avait été envoyé dans ce vaste territoire en rébellion contre le Roi Arignon, par le mouvement de résistance Coeur de Lion pour y apporter des corrections, et redresser les Crétiniens, si cela était encore possible. Il connaissait Yanierre et sa femme depuis de nombreuses années lorsqu'ils demeuraient dans la cité de l'Oubli, et le visitait chaque fois qu'il faisait un voyage dans la région. Par son entremise, il rencontra plusieurs Évangélipaïens, un Grondipion, un Chiensauveur, une famille de Pignoteux, et plusieurs autres Crétiniens de la trempe des Évangélipaïens. Tous étaient des esclaves du Cerbère Nicéens et tous pliaient le genou à l'idole du libre-choix, et à celui de l'estime de soi nommé aussi «le dieu Nombrilleux du spiral vertigineux».

 

Un soir, dans la maison de Yanierre, deux Évangélipaïens questionnaient Ariel, qui était en visite, sur la différence entre le verbe actif de accepter, et le verbe passif de recevoir, comme pour se moquer du concept. Ariel, assis devant les deux, frustré devant une telle ignorance, se leva brusquement en frappant la table fortement, et s'élança pour frapper de son poing un d'eux en pleine face. Mais il ne le toucha pas, son poing s'arrêta à quelques centimètres de son nez. Puis le regardant, avec le feu dans les yeux, il lui dit: «Si je t'aurai frappé, tu ne l'aurais pas accepté, mais tu l'aurais assurément reçu. Comprends-tu la différence maintenant.» Tous étaient sur le choc, et les deux Évangélipaïens tremblaient de peur. Aucun ne s'attendait d'une telle réaction de la part d'Ariel, mais aucun n'oublia jamais la leçon vitale qu'il venait d'apprendre.

 

Lors d'un autre voyage, sept mois après, Yanierre parlait avec Ariel d'un conflit qu'un de ses amis venait d'avoir, il y a quelques semaines, avec les Anges de l'Enfer, et lui raconta une histoire horrifiante. Il demanda à Ariel, qui connaissait les Anges de l'Enfer, d'aller avec lui voir son ami, un Crétinien, qui demeurait loin dans la campagne. Ariel décida de l'accompagner par pure curiosité, car il savait déjà que les Anges de l'Enfer dominaient dans cette cité, et il n'était pas appelé à se préoccuper de tels dérèglements civils, ce qui était le travail des autorités de l'endroit.

 

Ils partirent et se rendirent à la maison de son ami qui était heureux de voir son ami Yanierre et de faire la connaissance d'Ariel. Il les fit entrer et présenta Ariel à un groupe d'hommes qui s'y trouvaient, tous des durs à cuire, puis leur offrit quelque chose à boire. Ceux qui s'y trouvaient, curieux de la présence d'Ariel, lui posèrent de nombreuses questions. Alors Ariel leur parla des merveilles de la grâce du Roi Arignon. Après un certain temps, il prit une pause et sortit dehors pour prendre un peu d'air et mettre de l'ordre dans ses pensées. Le Crétinien, voyant cela, se rendit auprès d'Ariel pour parler seul avec lui, loin des oreilles des curieux. Il parla de choses terribles. Premièrement il lui dit que les hommes à l'intérieure de la maison étaient là pour le protéger. Deuxièmement il lui raconta que les Anges de l'Enfer avaient capturé lui et un groupe de ses copains et les avaient tous tués sans pitié, et qu'il fut, par miracle, le seul épargné. Ariel connaissait très bien la malice et la cruauté de ces suppôts de Satan qui utilisaient la violence extrême pour semer la crainte dans leur territoire. Ariel ne pouvait toutefois que consoler ce Crétinien, ce qu'il fit aussi avec tous les autres. Il leur parla durement mais avec compassion, car il savait que l'Esprit des vivants est en parfait contrôle sur toutes choses, et que toutes choses ont été déterminées d'avance depuis avant la fondation du monde pour la gloire de son nom. Puis lui et Yanierre partirent et il ne les revit jamais plus, car cela importait peu pour lui.

 

Il y fit plusieurs autres voyages, car la Reine des Cantons était le point central d'un vaste territoire qui avait été dominé par les Catholicaïns, et particulièrement par les Robes Noires. Lors de son dernier voyage dans cette région, la femme de Yanierre, les deux étant des parleurs en langues de babouins, Ariel chercha à les corriger de cette hérésie démoniaque. Se frapper la tête sur un rocher aurait donné un même effet. Le rêve de sa femme était de devenir une grande chasseuse de démons, et d'entrer dans des maisons hantées et de prendre le contrôle sur les mauvais esprits. Cela était, selon elle, le but de son existence, elle en était complètement obsédée, et ne réalisa point qu'elle était elle-même possédée de démons. Ses dérèglements de conscience et ses emportements en témoignaient abondamment.

 

Elle disait ces choses à Ariel qui la questionnait lors d'une discussion de groupe avec sept personnes. Elle était frustrée d'entendre les gens autour d'elle de mentionner constamment le mot Seigneur. Puis elle dit à Ariel, devant témoins, qu'elle ne croyait pas en Christ à cause qu'elle n'avait pas obtenu la puissance qu'elle désirait, mais elle continua à parler en langues, de même que son mari qui pratiquait aussi le tirage au sort avec une pièce de monnaie. Elle renia Christ devant plusieurs témoins, et son mari n'a jamais dit rien. Cela mis un frein à la discussion et aux relations, une fois pour toutes. Un Grondipion, qui était présent, trahi Ariel quelques temps après, car il se dévoila être un adorateur du Cerbère Nicéen, trahissant aussi Christ avec son copain le Chiensauveur, puis quelque temps après la famille des Pignoteux, comme de vraies girouettes, suivirent dans la même voie large et spacieuse qui mène à la perdition. Après de mûres réflexions, Ariel cessa de visiter cette région qui avait sombré dans l'apostasie, et se concentra, sous la direction de Christ, sur un différent territoire.

 

Il envoya ainsi un message, porté par Agellos, à la résistance Coeur de Lion, disant: «Frères et guerriers d'Arignon, la cité Reine des Cantons est tombée et n'est plus récupérable. Le roi Céraste et ses sbires en ont pris le contrôle total, comme l'Esprit des vivants l'avait déterminé de toute éternité. Je suis maintenant appelé, par sa Sainte Présence, vers un différent territoire pour la gloire d'Arignon. Persistez dans vos prières et votre support. Votre frère Ariel

 

De retour à sa demeure, Ariel aimait se reposer en jouant aux échecs avec un de ses amis, tout en prenant un bon vin. Ce jeu de stratégies servait à aiguiser son esprit pour les nombreux combats qu'il du encourir. Un soir, lors d'une partie avec son ami, on frappa à sa porte. Il était exactement minuit. Il ouvrit et vit deux Baptichiens qui venaient soliciter son aide. Ils savaient que l'Esprit des vivants lui avait donné la puissance féroce d'un lion pour déchirer ses ennemis en pièces. Il y avait une réunion chez une de leurs soeurs, et quelqu'un avait amené un étranger dans le groupe, et ils craignaient pour leur sécurité. Ariel était pour refuser, mais l'Esprit de la Sainte Présence le poussa fortement à les aider, sans qu'il puisse comprendre pourquoi. Il s'excusa auprès de son ami qui retourna chez-eux, puis il se rendit à cette réunion.

 

Arrivé à la porte, il frappa et on lui ouvrit et le laissa entrer car on l'attendait. Il y avait une vingtaine de personnes tous grandement excitées, quelques-uns parlant avec l'étranger. Ariel s'assit par terre devant lui, car il n'y avait pas de place, et aucun ne lui offrit son siège ni rien à boire, pas même un ver d'eau. Ariel regarda l'étranger, il avait de grands cheveux châtain bouclé, et sa barbe était nettement soignée. Il était vêtu d'une salopette comme un fermier, et un petit chien blanc était sur ses genoux. Ariel le regarda dans les yeux et ressenti immédiatement une connexion avec lui. Les gens le bombardaient de questions, mais il ne répondit rien, regardant seulement Ariel d'une façon mystérieuse. Alors Ariel lui posa une question sur le Livre de Vie, et quand il ouvrit sa bouche pour répondre, ce fut comme des fleuves d'eau vive qui ne cessèrent de couler dans une lumière éblouissante. Fortement émerveillé, Ariel se leva debout et lui dit: Viens coucher chez-moi ce soir, car ces gens veulent ta destruction. Alors les deux partirent, laissant les Baptichiens bouche bée.

 

Arrivé chez Ariel, il lui montra un endroit pour dormir confortablement, puis lui fit un breuvage chaud. Parlant avec lui, il lui demanda son nom et d'où il venait ? Il répondit: Mon nom est Philippe et je rend gloire à l'Esprit des vivants pour toi et ta maison. Je viens de par toute la terre, et j'ai traversé toutes les nations pour venir te rencontrer et t'apporter la bénédiction à toi et ta famille. Partout où je vais, je dis au gens de quitter les églises et de suivre seulement Christ. Cela est mon message et il deviendra le tiens. Puis Ariel se pencha et relevant la tête, il ne le vit plus, il avait disparu. Étant perplexe devant un tel phénomène étrange, la voix de la Sainte Présence surgit dans sa conscience, lui disant: Vous avez hébergé des anges sans le savoir.

 

 

UN NOVICE CHARMÉ PAR UNE SORCIÈRE DE NATAS

 

Il fut donné à Ariel de rencontrer un Crétinien Égorien nommé Martainvien, qui voulait être instruit dans la bonne voie. Il le prit sous son aile, dans l'espérance d'en faire un bon soldat. Il lui enseigna les rudiments de la grâce et de la vérité du Royaume d'Ouragnon et de son Roi Arignon. Il l'amena avec lui dans de nombreux voyages, dans lesquels il y avait vu de nombreux combats. À chaque fois Ariel avait la victoire, et le novice Égorien en fut fort impressionné, jamais il n'avait vu de telles choses. De nombreuses fois il vit le Lion de Dieu déchirer ses ennemis en pièces.

 

Chez les Catholicaïn, il réduisit en poussière la reine du ciel, donna leur dieu galette aux chiens galeux dans la rue, brûla leurs images avec leurs chandelles, et trancha la tête de plusieurs Robes Noires.

Dans un temple des Darbypioches qui boulonnent inutilement, Ariel fit table rase de leur repas sacré, et déstabilisa leur unité, et ils perdirent l'équilibre, se frappant la tête sur les murs. Dans un temple des Réformeriens, qui déforment tout par leur culte de l'intelligence, il détruisit leur condescendance et leurs assomptions, et coupa la tête du serpent dans leur conscience, puis réduit à rien leur dieu à trois têtes et se retrouvèrent tous sans têtes.

Dans un temple des Charispentes, il coupa en pièces leurs prophètes, et arracha la langue des Charabiens, rendit malades les guérisseurs, et chassa les chasseurs de démons imaginaires.

Dans un temple des Lutteriens qui combattent contre le vent, il fit sauter leur fondation et ils furent rendu bredouille. Dans un temple des Baptichiens, qui le craignaient plus que tous, il détruisit tous leurs idoles d'une liberté illusoire, trancha la tête de plusieurs de leurs Poimens pasteurisés, et tourna l'eau des Immersiens en vinaigre. Quand ils plongeaient leurs concombres Égoriens dans l'eau, ils devenaient immédiatement des cornichons. Puis prenant un de leurs Poimens en formation, par le chignon du cou, il s'assit devant lui pour écouter son message, et lui dit: «Fait la moindre erreur et tu répondras à ma fureur.» Il s'y rendit de nouveau sept jours après, et apostropha le Poimen pasteurisé qui produisait du lait sûr, publiquement, devant ses acolytes, en exposant ses manipulations et ses intimidations. Le Poimen le déclara son pire ennemi, l'homme le plus dangereux qu'il avait connu, puis il convoqua une réunion close, afin de prier pour sa mort. Quelques temps après, un Baptichien tenta d'assassiner Ariel, mais fut arrêter dans sa folie par des anges d'Arignon. Il mourut par après d'une maladie étrange, et dans de grandes souffrances.

 

Mais dans un de ses voyages, le novice Égorien, Martainvien, fit la connaissance d'une sorcière du prince Natas, et il tomba sous ses charmes. Les belles sorcières étaient sa faiblesse. Les chamans et les démons étaient ses guides, et elle adorait aux pieds Asmadeus, le roi des démons. Le culte du Phallus était sa spécialité. Elle le tourna contre Ariel qu'elle détestait, car il l'avait mise à sa place très rudement, et elle amena Martainvien avec elle dans la cité de l'Oublie. À la dernière nouvelle, le novice fit une excursion dans le pays des Églisiens, et ne fut jamais retrouvé. Il disparut de la face de la terre, comme s'il n'avait jamais existé.

 

Un soir, Ariel eut un songe, dans lequel il vit le Puits du Vivant et un Berger qui l'attendait, puis un sentier qu'il devait prendre. Mais il ne savait où était le sentier ni où il menait. Alors il se retrouva dans une cité étrange au milieu de la nuit. Il n'y avait personne, pas même un chat, ni aucun bruit. Il se disait en lui-même: «Qu'importe, je n'y connais réellement personne, et il n'y a aucun frère que je puisse partager avec.» Il ressentait sa solitude et en était attristé, lorsqu'il entendit une voix lui parler, en lui disant: «Ariel, mon frère, je suis maintenant en ville, et je désir te voir. Il a y longtemps que nous ne sommes pas rencontrés, mais j'habite ici maintenant en permanence.» Complètement épaté, Ariel se réjouissait de finalement avoir un frère pour partager avec. Il reconnaissait sa voix, mais ne put se souvenir d'où il l'avait connu. Alors il répondit: «Où demeures-tu que je puisse te voir ?» La réponse vint immédiatement: «Lève ta tête et regarde devant toi». Ariel regarda et vit dans le fond de la cour d'une vieille maison, qu'il avait déjà vu, un appartement qui n'existait pas auparavant, et il trouva cela vraiment étrange. Or il vit son frère au milieu d'une grande fenêtre, dans une lumière éblouissante, lui faisant signe de venir. Il s'avança avec prudence jusqu'à la porte qui s'ouvrit, et son frère sortit et le caressa avec larmes de joie. Ariel fut complètement émerveillé et se réjouissait grandement, les larmes ne cessant point de couler sur son visage. Son frère le fit entrer dans son humble demeure, lui fit un breuvage chaud, et les deux s'assirent à table et discutèrent des merveilles de la grâce de l'Esprit des vivants. Son frère se réjouissait des documents qu'Ariel avait rédigé, et surtout de la Bible de Machaira. Alors Ariel se leva et lui dit de venir avec lui, car il l'invita à souper et voulait qu'il rencontre sa femme. Son frère se leva et le caressa. Les deux se regardèrent dans les yeux, et Ariel vit le visage de son frère plein de sagesse, un sourire sur les lèvres, et les yeux comme des diamants. Puis Ariel s'éveilla de son songe.

 

Un peu après Ariel se remit au travail mais avec difficulté, car il ne pouvait s'empêcher de penser à son songe, il cherchait à se rappeler qui était ce frère qu'il avait vu dans son rêve. Sept heures après il se leva pour prendre une pause, lorsque soudainement son frère se tenu devant lui, et sa mémoire lui revint en fixant son regard sur lui. C'était le Roi Arignon Lui-même, le Lion de la tribu de Judah, et il s'écria en dansant de joie, «Mais c'est toi Seigneur, tu es vraiment un Dieu de surprise», et il passa le reste de la journée à le louer, car il connaissait maintenant qui était son frère et son ami le plus intime. Il était venu souper avec lui, et quel festin ce fut.

 

LES TROIS TRAÎTRES DE LA CONTRÉE MARGINALIA

 

Dans ses voyages, Ariel avait entendu parler d'un endroit qui n'était pas encore sous le contrôle du roi Céraste, peuplé d'anticonformistes, et nommé contrée de Marginalia. Elle était située dans une des vallées des montagnes Réfractaires, qui l'entouraient et la protégeaient contre ses ennemis. Difficilement accessible, Ariel engagea un paysan du nom de Partiellos qui connaissait l'endroit, comme guide pour s'y rendre. Après un périple dangereux à travers les montagnes, ils arrivèrent à la contrée de Marginalia et se rendirent dans la ville capitale de Zonard.

 

L'endroit n'était pas accueillant pour les visiteurs, les habitants se méfiaient grandement des étrangers. Heureusement le guide d'Ariel avait des amis dans la région, et ils se rendirent sur un d'eux, un mesquin nommé Fierté. Il était un patriote de la langue fourchue, et avait entendu parler du Roi Arignon, sans le connaître vraiment. Il invita Partiellos et Ariel à briser le pain avec lui, et les trois discutèrent toute la soirée de choses concernant le Royaume d'Ouragnon. Le lendemain, après un bon repos, ils partirent et avec l'aide de Partiellos, Ariel se trouva un logis dans la ville, car il était attiré à cet endroit sans savoir réellement pourquoi, pour le moment. Son guide retourna chez-eux, et Ariel s'installa confortablement pour entreprendre une nouvelle aventure. Avec le temps il fit la connaissance d'un autre mesquin du nom de Résonnance, un maître des Muses qui faisait vibrer les expressions dans des sentiments d'admirations. Il disait connaître le Roi Arignon depuis plusieurs années, mais Ariel appris à son chagrin que Résonnance était un Pénisiens hypocrite, un dégoûtant adorateur de phallus qui aimait sucer des queus. Il cherchait constamment à pacifier sa conscience troublée en composant et chantant des cantiques à l'Esprit des vivants, puis il persista à dire qu'il était dans les bonnes grâces du Roi Arignon en qui il avait entèrement confiance. Ariel leva le coeur devant une telle abomination et vomi tout son repas.

 

Résonnance avait une sœur lointaine nommée Masbella, c'est à dire la plus belle qui a une vie d'ange, mais qui signifie dans le langage de Marginalia, la poubelle qui est une vidange. En effet Masbella était reconnue pour fouiller dans les poubelles du monde, tellement qu'elle devint elle-même une poubelle. Elle envoya à son frère Résonnance les ordures qu'elle trouvait dans les vidanges, et il en dégusta et en partagea avec d'autres, comme Fierté qu'il aimait beaucoup à cause de son indifférence. Ariel réprimenda fortement Masbella, et dans sa colère elle cessa toutes communications avec lui et il n'entendit plus jamais parlé d'elle. Mais son frère Résonnance sombra encore plus profondément dans l'idolâtrie de sa musique, cherchant à plaire à Dieu pour justifier ses penchants dégradants, et persistant dans sa sécurité illusoire, se pensant sans danger de subir le châtiment de Dieu. Un autre mesquin du nom de Éloquence, d'une lâcheté ignoble, se rebella contre l'Esprit des vivants pour supporter l'idolâtrie de Résonnance et l'indifférence de la tiédeur de Fierté. Alors la colère d'Ariel s'enflamma, et l'Esprit d'Arignon le fit enchaîner et enfermer ces trois traîtres, dans un lieu de ténèbres et de souffrances sans fin. Puis il quitta la contrée de Marginalia destinée à la destruction d'un feu dévorant.

 

PRÉPARATION POUR LE GRAND VOYAGE D'ARIEL

 

De retour dans la cité Endogène, Ariel prit un bon repos. Il savait que de durs combats étaient encore à venir. Il revisita ses techniques de combat, et l'utilisation des armes. Il fallait éliminer toutes erreurs possibles, pour ne pas laisser d'avantages à l'ennemi. Il plongea de nouveau dans des études très profondes, sans négliger le moindre détail. Puis il en sortit comme un lion rugissant. Il était en pleine forme, et pouvait faire face à toutes éventualités.

 

D'autres guerriers d'Arignon lui proposèrent des joutes d'entraînements, et il accepta volontiers, car il lui fallait affiner son art de combat. Il en fut le vainqueur incontestable, et reçu une couronne de gloire du Roi Arignon.

 

Le jour de son départ pour le grand voyage dans le royaume de Charnael, on lui fit la fête, et on le combla de grâces merveilleuses. Tous savaient qu'il ne reviendrait jamais plus dans sa contrée natale, et tous était conscient qu'ils étaient pour le revoir de l'autre côté du voile entre les deux mondes, pour la bataille finale. Le Roi Arignon le préserva pour ce grand jour.

 

Ariel prit ses bagages et son bâton de voyageur, et les quitta au milieu de chants de gloire et de victoire, et prit la route qui l'amenait vers le Puits du Vivant.

 

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À Christ seul soit la Gloire

Amen !

 

Rédigé par Jean leDuc sous la direction de Christ

pour la communauté mondiale des élus.