Page 51 - LE POISON SUBTIL DE LA TOLERANCE

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siècle auraient été les apôtres d'une tolérance
universelle et absolue, d'une tolérance conçue
comme vertu philosophique ou comme valeur,
en faveur de laquelle il aurait fallu
inconditionnellement militer.
Admettons que la tolérance, malgré certains de
ses bienfaits, ne doive pas être érigée en vertu:
l'intolérance devra-t-elle être considérée comme
un vice ? Y aurait-il un vice dont l'antonyme ne
serait pas une vertu ? Évidemment que non, la
logique rationnelle le demande ainsi car cela est
inévitable. Plusieurs de nos contemporains
tendent vers pareille attitude, telle Carole
Bouquet qui, dans une interview au journal
Télérama, voyait dans l'intolérance le vice le plus
grave. Mais, dans la seconde moitié du 18e
siècle, en tout cas, tolérance et intolérance sont
regardées comme un couple inséparable
puisqu'il ne peut y avoir de tolérance sans
intolérance et vice versa: le vrai problème est de
savoir quel doit être le domaine de chacune
d'entre elles.
Point de tolérance pour les