Page 45 - LE MANUEL DE LA BIBLE

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quelques parties d'Esaïe, on remarque des formes de langage, principalement
araméennes, qui trahissent un élément étranger.
Après eux commence la troisième période, qui est celle de la décadence.
Sophonie, contemporain de Josias, Jérémie, Daniel et Ezéchiel, témoignent
tous de l'influence exercée par le contact des nations étrangères; il en est de
même, à pins forte raison, des écrivains qui parurent pendant les jours de
l'exil, ou immédiatement après, Esdras, Ester et Néhémie; on rencontre chez
tous des locutions qui étaient entièrement inconnues des Hébreux de la
première période. Les derniers prophètes, Aggée, Zacharie et Malachie, se
rapprochent davantage de l'hébreu classique, et l'on peut supposer que cela
tient en partie à ce que l'hébreu avait presque cessé, pendant la captivité, d'être
une langue vivante, populaire, parlée, pour n'être plus qu'une langue écrite. Ils
écrivaient pour être lus, et abandonnaient des expressions qui n'avaient cours
que dans la conversation familière; leurs oracles devaient être expliqués et
interprétés par les prophètes en langue vulgaire et dans les écoles publiques.
A toutes ces époques l'hébreu reste une langue pauvre eu égard au nombre de
ses racines, qui ne dépasse pas cinq cents, et de ses mots, que Leusden évalue
à cinq mille six cent quarante-deux; mais c'est une langue riche par le
développement ingénieux de son organisme grammatical, par les modifications
de sens d'un seul mot, produites par les conjugaisons, par la possibilité de lier
plusieurs particules, et par le grand nombre de nuances synonymiques qu'elle
possède pour les idées qu'elle veut exprimer en détail, principalement pour les
idées abstraites, morales et religieuses.
Ces faits prouvent tout à la fois l'antiquité des Ecritures et la composition
successive de ses différents livres. Ils montrent aussi l'importance qu'il y a,
lorsqu'on traduit un livre. à se rendre bien compte du sens particulier que tel
mot pouvait avoir à l'époque même où ce livre fut écrit. (Pour l'étude de
l'hébreu, voir les différentes grammaires et dictionnaires, Simonis, Gesenius,
Cellérier, Preisswerk, Bonifas, etc.)
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