LA SOLITUDE DANS L'AME

par Ioannes Alaythia

Février 2026

 

 

Concept et mise en pages par

Ariel Polemistês

 

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ISOLEMENT SOCIAL SUBJECTIF

 

PSYCHOLOGIE SOCIALE

Cognition et régulation des émotions

 

MESURES DU SENTIMENT DE SOLITUDE

Conditions expérimentales

Physiologie et neurosciences sociales

Santé mentale dans l'isolement social

Santé physique dans l'isolement social

Sociologie: Groupes à risque

 

SOLITUDE CONTAGIEUSE DANS UN RÉSEAU SOCIAL

 

L'HOMME EST UN ANIMAL SOCIAL

Les six dimensions de la solitude

 

LA MISE EN ÉVIDENCE DES PARADOXES

Une épée de Damoclès

Le couple et la famille: derniers bastions du lien social

Un problème de santé publique

 

LA CONFIANCE POUR VAINCRE LA SOLITUDE

 

LA SOLITUDE DANS LA BIBLE

Seul, comme membre du corps

La difficile adolescence

 

COMMENT VAINCRE LA SOLITUDE ?

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ISOLEMENT SOCIAL SUBJECTIF

Certains individus se sentent seuls dans un groupe ou une collectivité. État d'une personne qui est isolée par manque d'amitié, d'amour, d'affection, de relations, par défaut de communication. Situation (morale, intellectuelle, matérielle) d'une personne dont les préoccupations sont éloignées de celles du plus grand nombre ou qui se singularise par ses choix, ses idées, ses actes, sa manière d'être.
La solitude (du latin solus signifiant « seul ») est l'état, ponctuel ou durable, plus ou moins choisi ou subi, d'un individu qui n’est engagé dans aucun rapport avec autrui.

Certains auteurs parlent de solitude objective pour distinguer cet état du sentiment subjectif associé à l'isolement social.

La solitude est très différente selon qu'elle soit choisie ou subie. Un individu peut temporairement choisir intentionnellement la solitude, pour s'éloigner de problèmes interpersonnels, ou pour avoir le temps de développer une activité créative, intellectuelle, spirituelle. La solitude est alors une situation appréciée et voulue. En revanche, la situation subie de solitude chronique et intense est très douloureuse. De nombreuses études montrent que l'isolement social est associé à des risques accrus de problèmes de santé physique et mentale (dépression, suicide) et corrélé à une mortalité et un risque de maladies de longue durée accru.

La solitude est un sujet étudié sur le plan scientifique depuis la fin du XIXe siècle, avec les débuts de la sociologie (avec Durkheim et le concept d'anomie), et de la psychologie de l'enfant (Bowlby et ses études sur l'attachement), les études sur le deuil et la mortalité associée. Depuis le début du XXIe siècle, la solitude est particulièrement étudiée par les neurosciences sociales. Des études sur les moyens de remédier ou de prévenir la solitude et les problèmes qui lui sont souvent associés se multiplient.

Définitions
La langue française et d'autres langues latines utilisent le mot solitude (en espagnol, soledad) pour désigner à la fois le fait d'être seul et le sentiment douloureux qui accompagne parfois cette situation. Ces mots dérivent du latin solitudo.

Les langues germaniques distinguent deux notions: le fait d'être seul ou le fait d'en souffrir. En Allemand, « Je suis seul » se dit « Ich bin allein. » et « je me sens seul » se dit « Ich fühle mich einsam » (nom commun: Einsamkeit). En néerlandais, ces deux phrases sont traduites respectivement par: « Ik ben alleen » et « Ik voel me eenzaam » (nom commun: eenzaamheid). En langue anglaise, le sentiment douloureux de solitude est appelé loneliness (de l'adjectif lonely). À l'origine, lone signifie avoir été rejeté, exclu. L'utilisation du mot solitude est plus récent dans la langue anglaise (il est emprunté au français) et désigne le fait d'être seul, isolé. Ainsi, le mot solitude en anglais peut désigner la situation d'une personne heureuse d'être seule (par exemple, un artiste cherchant l'inspiration dans la solitude).

 

PSYCHOLOGIE SOCIALE

L'attachement augmente les chances de survie dans les espèces grégaires.
La solitude peut faire référence à un sentiment: c'est le fait de se sentir seul et d'en souffrir. Dans ce sens, elle est décrite comme une souffrance sociale — un mécanisme psychologique alertant un individu d'un isolement non désiré et le motivant à chercher une connexion sociale.

Le sentiment de solitude peut être douloureux. Il est souvent décrit par une douleur physique dans le langage courant de plusieurs langues (un « cœur brisé »). Depuis les descriptions de l'attachement entre l'enfant et sa mère (ou autre caretaker) par le chercheur anglais John Bowlby, la solitude a été décrite comme un état de souffrance sociale (social pain). Tout comme le corps peut avoir faim ou soif car il manque de nourriture ou d'eau, la personne seule manque d'une relation à autrui qui se traduit par une douleur, jouant le rôle d'un signal d'alerte. Tout comme la soif protège l'animal de la déshydratation, la solitude est un signal qui protégerait l'individu, très précocement, contre l'abandon et favoriserait ainsi la survie des espèces animales grégaires. Pendant l'enfance, l'objet d'attachement est la mère ou la personne qui joue ce rôle. Les attachements se diversifient ensuite. À l'adolescence commence un nouveau type d'attachement, l'attachement amoureux.

La solitude serait une réponse normale à certaines situations, et non pas un indice de faiblesse psychologique, selon le psychologue américain Robert S. Weiss, qui s'est spécialisé sur la question dans les années 1970. Selon Weiss, la solitude peut être soit un isolement émotionnel, soit un isolement social. La solitude s'accompagne de sentiments de vide, d'anxiété, d'agitation et de marginalisation.

Lorsque la solitude est de brève durée, elle augmente la motivation de l'individu à chercher de nouvelles connexions. Cependant, si les sentiments de déconnexion se prolongent, la solitude commence à engendrer des effets négatifs sur l'individu et ses interactions sociales.

La solitude serait associée au sentiment de peur. La connexion sociale rassure, par exemple la présence des parents rassure l'enfant et la présence du groupe de pairs rassure le jeune adolescent. Le manque de connexion sociale serait, à l'inverse, associé à un sentiment d'insécurité et de danger. La solitude peut être utilisée comme punition, par un groupe entier contre les individus qui commettent ce qui est considéré comme des infractions ou déviances des conventions sociales. C'est l'ostracisme (observé dans les sociétés humaines comme dans les églises ou sectes dites chrétiennes, et dans les groupes de grands singes), l'isolement dans les prisons, le bannissement, l'exclusion d'un groupe. L'ostracisme du groupe provoque beaucoup de douleurs, ou souffrances, chez la personne (ou l'animal) qui en est victime.

 

Cognition et régulation des émotions
Au-delà des circonstances de la vie, certaines personnes se sentent seules plus que d'autres. Spécialiste en neurosciences sociales et ayant publié un grand nombre d'études sur la solitude, John Cacioppo (en), de l'Université de Chicago, défend l'idée que les personnes souffrant de solitude ne diffèrent pas beaucoup des autres sur le plan physique ou intellectuel: elles ne diffèrent pas quant à leur quotient intellectuel, quant à leur apparence physique, quant à leur âge ou à leur poids. Les personnes qui souffrent de solitude ne passent pas forcément plus de temps seules que d'autres: Cacioppo observe qu'il y a une corrélation mais une corrélation cependant assez faible entre l'isolement objectif (le fait d'être seul) et le ressenti de solitude. Selon lui, ces personnes n'auraient pas moins d'habiletés sociales que d'autres mais elles les emploieraient moins souvent.

Cacioppo défend que le sentiment douloureux de solitude a pour origine trois facteurs qui sont essentiellement d'ordre psychologique, cognitif et émotionnel:

La sensibilité à l'exclusion sociale. Cette sensibilité pourrait être d'ordre génétique. Cette sensibilité provoque des signaux de détresse, une douleur ressentie lorsqu'un besoin de connexion est ressenti. Or le seuil de douleur diffère selon les personnes. Lorsque ce seuil est bas, la personne souffre plus rapidement et plus intensément que d'autres lors de situations d'isolement (ou perçues comme telles).
La capacité à auto-réguler les émotions ressenties lors d'un ressenti d'isolement. Il s'agit de la capacité de résilience lorsque la solitude (objective ou ressentie) commence à se faire sentir et vient interférer avec les processus de pensée. Il s'agit de la capacité d'une personne à aller trouver des activités ou pensées qui vont soigner et apaiser ce sentiment (le sommeil par exemple; les personnes qui souffrent de solitude ont des troubles du sommeil). Cette capacité peut aider des personnes à faire face, en attendant de retrouver de nouveaux liens sociaux (amour, amitié, communion fraternelle, entre-aide).
La capacité à raisonner, les attentes et les représentations mentales c'est-à-dire la cognition sociale en lien avec la situation de solitude. Ces représentations sont influencées par le bien-être ou la souffrance de la personne et influencent son habileté à faire face, à être résiliente. Ainsi, certaines personnes entrent dans des pensées et des comportements contre-productifs et auto-destructeurs (destructeurs de relations): sous l'effet de la solitude, une personne sourit moins, se méfie des autres, interprète incorrectement certains signaux sociaux, etc. et finalement n'attire pas autrui autant qu'une personne sans cette souffrance.
Cacioppo et ses collaborateurs ont mené de nombreuses études cherchant à comprendre les particularités de la cognition sociale des personnes qui se sentent seules. Cacioppo défend l'idée que la solitude engendre une distorsion cognitive et augmente la fréquence des interactions auto-destructrices, en augmentant l'agressivité et l'hostilité, lorsque la solitude est prolongée et chronique. Dans une série d'expériences menées sur des étudiants d'un campus américain, Cacioppo et plusieurs collaborateurs montrent que les personnes qui se sentent seules sont engagées dans une spirale dont il est difficile de se dégager: se sentant seule, insatisfaite, et souffrant d'une plus mauvaise estime de soi, la personne se montre plus irritée et désagréable envers les autres, voire défensive et agressive envers autrui.

 

MESURES DU SENTIMENT DE SOLITUDE

Il est possible d'estimer l'intensité du sentiment de solitude ainsi que l'isolement social objectif des personnes. Des échelles standardisées permettent de comparer les résultats entre différentes études de la manière la plus objective possible et de mieux comprendre les mécanismes et les conséquences de la solitude sur de larges populations ou sur des populations expérimentales (par exemple, lorsque des interventions sont testées pour remédier aux problèmes causées par la solitude chez des personnes âgées).

L'échelle de solitude, la Loneliness Scale de l'Université de Californie et Los Angeles (UCLA) est mise au point par Daniel Russell et collaboratrices en 1978 et révisée. Cette échelle a été traduite et validée au Canada français sous le nom de l'Échelle de solitude de l'Université de Laval ou ÉSUL.

D'autres mesures ont été mises au point en langue anglaise. Les échelles en langue française sont cependant un peu moins nombreuses. L'Échelle de Solitude Sociale et Émotionnelle (l'ÉSSÉ) a été traduite et validée à partir de la version courte de l'échelle Social and Emotional Loneliness Scale for Adults (SELSA-S) de DiTommaso, datant de 1993. La SELSA s'appuie sur la typologie de la solitude de Weiss (1973).

Certaines échelles ont été créées et validées pour être utilisées dans des contextes spécifiques. L'échelle du sentiment d'appartenance sociale (ÉSAS) est utilisée dans le milieu de travail.

Mary Elizabeth Hugues et collaborateurs, dont John Cacioppo (en) (chercheur en psychologie qui a initié un grand nombre d'études sur la solitude) a mis au point un questionnaire très bref qui peut facilement être administré par téléphone. Ce questionnaire est destiné aux études à grande échelle.

 

Conditions expérimentales
Pour étudier les processus cognitifs et les émotionnels engagés lors d'expériences subjectives de solitude, des paradigmes expérimentaux ont été mis au point. Dans certaines expériences, le niveau de solitude est mesuré par des échelles standardisées, avant l'expérience proprement dite. Les résultats (la moyenne et l'écart-type) du groupe de personnes ayant des scores élevés peuvent être comparées aux résultats moyens du groupe de personnes ayant des scores faibles. Utilisant cette approche, des expériences ont montré que des étudiants adultes (aux États-Unis) dont les scores sont élevés sur l'échelle de solitude ont des scores plus faibles sur des épreuves d'attention sélective.

Roy Baumeister et ses collaborateurs ont mis au point un paradigme expérimental pour provoquer la peur d'être seul dans le futur. Dans une de ses études, des étudiants devaient compléter deux questionnaires, et un piège était tendu à certains d'entre eux. On annonçait à certains étudiants qu'ils avaient de la chance, car ils avaient un type de personnalité qui allait favoriser les relations sociales durables, comme un mariage heureux et des amitiés durables, et qu'ils attireraient toujours à eux des personnes qui se soucieraient de leur bien-être. On annonce à d'autres étudiants qu'ils auront sans doute un avenir solitaire. Un troisième groupe (contrôle) reçoit une prédiction neutre sans rapport avec les relations interpersonnelles. Pour des raisons éthiques, les participants sont informés après la passation de l'expérience de la manière dont ils ont été manipulés émotionnellement. Après cette manipulation dont ils n'ont pas conscience, les trois groupes d'étudiants doivent passer différents tests cognitifs. Sur les tests de mémoire, aucune différence n'était notable entre les groupes. Cependant sur des tests de raisonnement, les performances étaient affectées négativement par la peur de la solitude. Ce paradigme a été utilisé par Baumeister et son équipe dans une série d'expériences pour mesurer l'impact de la peur de la solitude sur l'autorégulation (maîtrise de soi, contrôle de soi) et les performances cognitives.

Un autre paradigme des mêmes auteurs provoque plus directement un sentiment de rejet et d'exclusion. Là encore, les participants sont informés en fin d'expérience de la manipulation dont ils ont été l'objet. Dans ce paradigme, les participants doivent travailler seuls sur une tâche où des cookies au chocolat doivent être dégustés et notés. Or, avant cette tâche, les expérimentateurs font croire à chaque participant qu'il doit travailler en groupe. Puis, on lui annonce qu'en fait, il devra travailler seul: à une moitié des participants, on explique, individuellement, que c'est parce que personne ne voulait travailler avec lui ou elle (rejet social); à l'autre moitié des participants, on dit que les autres personnes voulaient bien travailler avec lui ou elle, mais que le groupe serait trop grand (acceptation sociale). Les résultats indiquent clairement que les étudiants se sentant rejetés ont mangé deux fois plus de cookies que ceux qui se croyaient acceptés; ils ont également noté les cookies comme ayant un meilleur goût.

Sur la base de ces paradigmes, Baumeister et d'autres collaborateurs et spécialistes en psychologie sociale et cognitive, ont mis en évidence que le sentiment de solitude amène les personnes à adopter des comportements dont elles savent qu'ils ne sont pas bons pour elles dans le long terme (trop manger, trop boire, se montrer agressifs...). Ils ont mis en évidence des liens avec les seuils de douleurs ou encore les comportements agressifs. Dans des tâches cognitives (telles que mesurant des performances académiques), les personnes seules ont les mêmes scores que d'autres. Cependant, sur des tâches identiques présentées comme engageant les relations sociales, leurs scores sont plus faibles. Les auteurs expliquent ce phénomène par une anxiété plus forte chez les personnes qui se sentent seules, dans les situations sociales.

 

Physiologie et neurosciences sociales

Cortex cingulaire antérieur (CCA), animation.
Dans une étude utilisant l'imagerie cérébrale (IRM fonctionnel) et publiée dans la revue Science en 2003, Naomi Einsenberger et ses collaborateurs ont montré que le sentiment d'exclusion sociale, crée artificiellement pendant l'expérience, activait des zones du cerveau similaires à celles activées lorsque l'individu éprouve une douleur physique. Leurs recherches sur ce problème ont continué à indiquer l'implication du cortex cingulaire antérieur dans la douleur (ou souffrance) engendrée par le rejet des pairs ou d'autres conditions d'exclusion sociale contrôlées expérimentalement. Ces résultats sont discutés par les spécialistes en neurosciences sociales et leur interprétation n'est pas consensuelle.

 

Santé mentale dans l'isolement social

IRM montrant le cortex cingulaire antérieur (en jaune).
Depuis le travail séminal du sociologue Émile Durkheim, dans son ouvrage Le suicide (1897), qui mit en évidence un lien statistique fort entre anomie et suicide, les données épidémiologiques ont confirmé un lien fort et consistant entre l'isolement social et les problèmes de santé, physique et mentale, ainsi que le risque de suicide. L'intérêt pour ce sujet en psychologie a pris son essor dans les années 1970 avec les travaux de Bowlby et les études sur le deuil. La solitude aurait une forte corrélation avec la conscience et la représentation générale de soi: la faible estime de soi, la timidité, l'introversion et le manque d'assurance.

La solitude est liée à la dépression[Comment ?] et est ainsi un facteur de risque pour le suicide. Les individus désocialisés peuvent avoir une qualité de sommeil médiocre voire faible. La solitude est également liée à un trouble schizoïde dans lequel un individu fait l'expérience d'une aliénation.

Chez les enfants et adultes, la solitude a souvent un impact dans la compréhension et la mémoire. Dans des cas d'isolement long et total - navigateurs solitaires, etc. -, des phénomènes hallucinatoires ont été rapportés. La solitude peut jouer un rôle important [évasif] dans l'alcoolisme et la toxicomanie. Chez les enfants, un manque de connexions sociales est directement lié à de nombreux comportements antisociaux et autodestructeurs et peut notamment conduire à l'hostilité et à la délinquance.

 

Santé physique dans l'isolement social
La relation entre l'isolement social et le sentiment de solitude, d'une part, et les maladies chroniques graves et la mortalité d'autre part, a souvent été observées sur les études épidémiologiques portant sur les personnes d'âge mûr. Les raisons de ces corrélations sont l'objet de beaucoup de débats entre spécialistes. Plusieurs liens de cause à effet semblent impliqués.

Plusieurs études sur de larges cohortes montrent que des personnes adultes d'âge moyen ou des personnes âgées ont un risque de mortalité plus élevé lorsqu'elles ont moins de liens sociaux. Une étude longitudinale menée en 1979 aux États-Unis montrait que le risque de mortalité, sur une période de 9 ans, était 2,3 fois plus élevé chez les hommes et 2,8 plus élevés chez les femmes ayant peu de connexions sociales (amis, famille et voisinage). Des études suggèrent que la solitude et / ou l'isolement social sont corrélés au risque d'accident vasculaire cérébral et de maladie cardio-vasculaire. Le problème est si important, qu'il en est devenu un problème de santé publique dans plusieurs pays, comme au Royaume-Uni.

Une relation directe de cause à effet entre le sentiment de solitude et l'augmentation de la mortalité, ne semble pas démontrée: la solitude certes accompagne l'isolement social et a un impact négatif sur la qualité de vie qui est démontré. Cependant, il est possible que seul l'isolement social ait un impact négatif sur la mortalité et la santé physique. Cette question ne fait pas l'objet d'un consensus et reste étudiée et débattue.

Plusieurs hypothèses, qui ne s'excluent pas mutuellement, peuvent expliquer les liens observés entre solitude d'une part, et problèmes de santé et mortalité due aux maladies de longue durée. L'une des hypothèses est que l'isolement social diminue la fréquence des comportements bénéfiques à la santé. Cette hypothèse repose sur les observations de la psychologie cognitive montrant que la solitude diminue le contrôle de soi et les fonctions cérébrales du contrôle exécutif, et augmente les problèmes d'estime de soi et les risques de comportements auto-destructeurs. Au contraire, les personnes entourées bénéficient de l'influence de leur entourage pour adopter ou mieux respecter les règles d'une bonne hygiène de vie. C'est l'hypothèse du contrôle social. Chez les jeunes populations, les comportements de nutrition, activité physique ou consommation d'alcool ne semblent pas différer significativement. Avec l'âge cependant, des différences sont observées entre les personnes qui se sentent seules, et les autres. Les personnes souffrant de solitude ont moins d'activité physique vigoureuse et tendent à consommer plus de graisses (35 % de leurs calories proviendraient des graisses, contre 20 % pour le reste de la population du même âge, observations faites aux États-Unis).

L'isolement social et le sentiment de solitude augmente la fréquences des événements de vie stressants. Cet effet n'est pas observé chez les jeunes, mais apparaît chez les personnes plus âgées[32]. La solitude objective, ou isolement social, augmente modestement le risque de mortalité à cause du stress et de l'inflammation.

 

Sociologie: Groupes à risque

Les personnes âgées, en perdant leur autonomie, ont plus de mal à maintenir des relations sociales.
En sociologie, un individu peut choisir intentionnellement la solitude dans le but de s'isoler de son entourage, ce qui diffère d'une solitude subie engendrant de l'isolement social.

La solitude peut résulter d'une rupture amoureuse, un divorce, la perte d'un proche ou plus généralement de l'exclusion sociale. Dans les sociétés développées, la solitude est plus largement répandue dans certaines catégories sociales, comme les personnes agées, les femmes, les individus vivants dans une commune à faible densité de population, les groupes marginalisés, les chômeurs et chez les jeunes âgés entre 18 et 35 ans. Les causes peuvent entre autres impliquer l'arrêt brutal de la scolarité.

Un faible capital social serait corrélé à la solitude subie.

SOLITUDE CONTAGIEUSE DANS UN RÉSEAU SOCIAL

Des études sociologiques utilisant des modèles d'analyse des réseaux sociaux de Cacioppo, James H. Fowler et Nicholas A. Christakis ont apporté une nouvelle compréhension sur la manière dont la solitude peut s'étendre dans un réseau social.

Réseaux sociaux en ligne
Des études menées en 2002 et en 2010 montrent que « l'utilisation d'Internet diminuerait significativement les sentiments de solitude et de déprime […] » et qu'Internet « avait un rôle important dans la vie des individus, qui leur permettent d'accéder à une liberté et un contrôle, qui ont un impact positif sur le bien-être et la joie ». Les catégories sociales habituellement plus isolées et au capital social plus faible, bénéficieraient de l'usage d'internet pour interagir avec d'autres et briser l'isolement social.

Certaines recherches montrent que les internautes seraient les plus touchés par la solitude.

L'utilisation de réseaux sociaux peut aussi être une cause de solitude; certains individus préfèrent passer leur temps sur les réseaux sociaux plutôt que de nouer des liens sociaux (zone de confort).

Prévalence
Il existe plusieurs estimations et facteurs de la solitude. Il est estimé qu'approximativement 60 millions d'individus aux États-Unis (soit 20 % de la population active) se sentent seuls. Une autre étude montre que 12 % des Américains n'ont personne avec qui passer leur temps libre ou pour discuter. D'autres recherches suggèrent que ces statistiques se sont accrues au fil du temps.

Une étude a suivi 45 000 individus âgés de 45 ans et plus souffrant de problèmes cardiovasculaires. L'étude montre que ceux qui vivaient seuls avaient un haut risque d'être victimes d'une crise cardiaque, d'accident vasculaire cérébral et d'autres complications cardiovasculaires durant une période de quatre jours. Dans cette étude, le risque est plus élevé chez 14 % des jeunes individus, ceux qui vivaient seuls. Vivre seul accroît le risque de problèmes cardiovasculaires et de mort prématurée chez 24 % des individus âgés de 45-65 ans, et chez 12 % des 66-80 ans.

Traitements

Un anachorète (Amiens).
Il y a différentes manières de traiter la solitude, l'isolement social ou la dépression clinique. La première étape que recommandent les docteurs est la thérapie. La thérapie est un moyen commun, parfois avec succès, de traiter la solitude. La thérapie à court terme, le moyen le plus commun pour traiter les patients atteints de solitude et de dépression, dure typiquement de 10 à 20 semaines. Durant la thérapie, l'emphase est de comprendre les causes de cette solitude; tenter de déceler les pensées négatives, l'état des émotions, et explorer les différents moyens d'aider le patient. Certains docteurs recommandent également une thérapie de groupe dans le but d'aider le patient à établir un contact avec d'autres patients souffrant de la même maladie psychologique [52]. Les docteurs prescrivent fréquemment des antidépresseurs aux patients en tant que traitement standard ou en conjonction avec la thérapie. Cela prend généralement du temps au patient avant de trouver l'antidépresseur adéquat. Certains patients peuvent développer une résistance à certains médicaments et ont besoin de prendre périodiquement une pause durant les prises de médicaments prescrits.

Des approches alternatives sont également suggérées pour traiter la dépression due à la solitude. Ces traitements peuvent inclure l'exercice, la diète, l'hypnose, la sismothérapie, l'acupuncture, l'herboristerie, et autres types alternatives. Un autre traitement utilisé pour traiter la solitude et la dépression est la thérapie animale, ou plus connu en tant que zoothérapie. Certaines études démontrent que la présence d'un animal de compagnie tel que les chiens, les chats, les lapins ou même les cochons d'Inde peuvent diminuer les sentiments de dépression et de solitude parmi certains malades. D'après les Centres pour le contrôle et la prévention des maladies, il existe un bon nombre d'effets bénéfiques à sentir la présence d'un animal.

En 2011, le gouvernement français choisit comme Grande Cause nationale la lutte contre la solitude, à la demande du collectif associatif « Pas de solitude dans une France fraternelle ». La méditation a également été proposée pour prévenir ou lutter contre la solitude.

Spiritualité
La solitude peut être utilisée positivement pour ajouter des opportunités de méditation individuelle, de concentration, d'introspection ou de prière et pour atteindre un état de paix et de consolation.

Dans l'art et la littérature

Ed. Hopper: New York Movie.

Ed. Hopper: High Noon.
Livres
Liste de livres qui parlent de la solitude:

La Bible authentique.

Documents d'édification spirituelle.

 

L'HOMME EST UN ANIMAL SOCIAL

Selon Sébastien Dupont, l’humain est un animal social ! Et pourtant nos manières de vivre, notamment dans nos sociétés occidentales, engendrent souvent de la solitude. Il met bien en évidence les principales dimensions de la solitude en précisant comment elles se présentent à nous et nous affectent dans notre quotidien. Il souligne les répercussions néfastes de la solitude sur la santé physique et mentale.

Deux valent mieux qu’un, parce qu’ils retirent un bon salaire de leur travail. Car, s’ils tombent, l’un relève son compagnon; mais malheur à celui qui est seul et qui tombe, sans avoir un second pour le relever ! (Ecclésiaste 4,9)

L’être humain est un animal social qui n’est pas prédisposé à la solitude. Pendant des millénaires, les communautés humaines se sont structurées autour de liens étroits et contraignants qui donnaient peu de place aux individualités et donc à la solitude. Les personnes isolées étaient généralement stigmatisées, voire diabolisées; elles étaient perçues comme des êtres marginaux, porteurs de malheur. Seuls des représentants religieux (chamanes, sorciers, pasteurs, prêtres ou moines, par exemple) pouvaient aspirer à une vie solitaire, considérée comme la condition d’un contact privilégié avec les forces invisibles.

Il faut attendre la modernité occidentale pour que la solitude devienne une expérience accessible à tous, avec ses aspects positifs (liberté de pensée et de mouvement, indépendance, intimité) et négatifs (isolement subi, détresse psychologique, dépression, crise spirituelle).

Les six dimensions de la solitude
La solitude est une expérience humaine complexe et souvent paradoxale, qui recouvre des notions très différentes. Pour clarifier ce domaine, nous pouvons distinguer six grandes dimensions de la solitude:

-- le sentiment de solitude: la solitude telle qu’elle est ressentie et exprimée par les individus. Ce sentiment peut être défini comme le sentiment qu’autrui, présent ou non, est inaccessible.
-- l’expérience concrète de la solitude: le fait de se retrouver physiquement isolé dans un contexte donné et à un moment précis.
-- la solitude résidentielle: le fait d’habiter seul.
-- l’isolement relationnel: une carence en liens sociaux vécue sur une période significative.
-- le célibat: le fait de ne pas se considérer en couple, hors de toute considération sur le statut matrimonial. (Même si cette dimension est en réalité une sous-catégorie de l’isolement relationnel, il paraît utile de la distinguer, étant donné l’importance que les individus occidentaux accordent aujourd’hui à la relation conjugale.)
-- la solitude existentielle ou spirituelle: un sentiment de déréliction lié à un vide métaphysique ou religieux; la personne éprouve le manque d’un dieu en lequel croire, d’une cause, d’un sens à la vie.

De nombreuses enquêtes ont été menées au cours des dernières décennies pour évaluer ces différentes dimensions de la solitude. Même s’il existe des différences selon les pays et les catégories sociales, un phénomène significatif émerge de ces données: étude après étude, ces six dimensions de la solitude augmentent dans les sociétés occidentales.

 

LA MISE EN ÉVIDENCE DES PARADOXES

Il est d’autant plus important de distinguer ces six dimensions de la solitude qu’elles ne sont souvent pas corrélées les unes aux autres. De nombreuses recherches ont mis en évidence ces paradoxes apparents de la solitude: les personnes qui se sentent les plus seules ne sont pas nécessairement les plus isolées socialement, et vice versa; les personnes célibataires ont en moyenne une vie sociale plus riche et plus variée que celles qui sont en couple; certaines personnes (qui souffrent de dépression notamment) se sentent parfois plus seules lorsqu’elles sont entourées de leurs proches ou de leurs collègues que lorsqu’elles sont physiquement isolées; etc.

Le sentiment de solitude – soit la composante la plus psychologique de la solitude – est subjectif et relatif: chacun juge son « capital social » à l’aune du niveau de sociabilité auquel il aspire ou de celui que la société qui l’entoure présente comme souhaitable. Le sentiment de solitude fonctionne un peu à la manière du sentiment de pauvreté; on se sent d’autant plus pauvre que l’on côtoie des gens riches où que la société qui nous entoure nous fait penser que l’on pourrait devenir riche (à Las Vegas, par exemple, tout le monde peut se sentir relativement pauvre, eu égard aux potentialités d’enrichissement que les casinos font miroiter). Il en est de même de la « richesse relationnelle »: lorsque l’on côtoie des gens qui bénéficient d’un « capital social » qui paraît beaucoup plus élevé que le sien ou que l’on a l’impression que l’on pourrait ou que l’on devrait avoir un niveau de socialisation plus élevé, alors on peut dévaluer sa propre vie affective et sociale. On comprend ainsi pourquoi la culture des multimédias et des réseaux sociaux, qui démultiplie les possibilités de contacts virtuels, tend paradoxalement à accentuer la solitude subjective.

 

Une épée de Damoclès
Si l’expérience subjective de la solitude n’est pas toujours corrélée à l’expérience vécue, c’est aussi parce que les personnes ne basent pas leur appréciation uniquement sur ce qu’ils vivent au présent, mais aussi sur ce qu’ils pourraient vivre dans l’avenir. La solitude dont souffrent les individus contemporains est pour beaucoup une solitude que l’on pourrait dire « potentielle » ou « virtuelle », qui plane, telle une épée de Damoclès, au-dessus de leur tête. Cette angoisse de la solitude prend plusieurs visages selon les domaines de la vie sociale (le travail, les loisirs, la vie familiale et affective): la crainte de l’exclusion, la peur du chômage, les angoisses de séparation dans le couple.

Nos sociétés produisent bien sûr de l’exclusion réelle, mais elles produisent aussi de l’exclusion virtuelle, qu’elles inscrivent dans l’imaginaire collectif aussi bien qu’individuel. Chacun, depuis l’enfance, est confronté à la menace de l’exclusion: depuis celle du redoublement à l’école à celles de l’orientation scolaire imposée, de l’incapacité à intégrer une formation professionnelle, du chômage, du licenciement, de la paupérisation, de la rupture affective, du divorce, du veuvage, de la dégradation physique et psychique. Toute sa vie, l’individu peut ainsi se sentir menacé de ne pas trouver ou de perdre sa place dans la société, de ne pas pouvoir y nouer ou y préserver des liens.

Le couple et la famille: derniers bastions du lien social

L’Admirable Esprit des vivants dit: Il n’est pas bon que l’homme soit seul; je lui ferai une compagne semblable à lui. (Genèse 2,18)

La famille – dans des formes très différentes selon les cultures – a toujours été un rouage et un cercle d’appartenance essentiels des sociétés humaines. L’accession au statut d’adulte a longtemps été définie par l’union conjugale et la fondation d’un foyer. Dans la plupart des sociétés traditionnelles, il n’est point de salut hors de la famille et de la parenté: chacun est inséré, d’une manière ou d’une autre, dans un ménage familial. L’anthropologue Claude Lévi-Strauss avait ainsi remarqué que « dans la plupart des sociétés dites primitives, le célibat apparaît répugnant, voire condamnable ». De la même façon, en Occident et jusqu’aux années 1950, il était très mal vu, voire exclu, de vivre une vie de célibataire autonome et infertile (hors vœu de chasteté à vocation religieuse): les femmes et les hommes qui étaient dans ce cas vivaient généralement avec leurs parents ou dans la famille d’un frère ou d’une sœur, ou étaient intégrés à une autre institution sociale qui se substituait à la famille, tels les ordres religieux, les communes, ou l’armée.

Nos sociétés contemporaines sont plus ambivalentes vis-à-vis du célibat. Bien qu’il soit moins stigmatisé que par le passé, il reste perçu assez négativement (y compris par les individus qui le vivent). Mais, simultanément, le célibat rejoint certains idéaux contemporains, tels que la disponibilité affective et sexuelle, la liberté et l’autonomie individuelles. Même si les individus d’aujourd’hui ne sont plus prêts, comme les générations précédentes, à accepter des « mariages de raison » ou à supporter un conjoint insatisfaisant « jusqu’à ce que la mort les sépare », la relation de couple reste très fortement valorisée, à condition que le couple soit construit et entretenu sur la base du sentiment amoureux. La difficulté à atteindre cet idéal culturel rend paradoxalement l’engagement anxiogène et les unions de plus en plus fragiles6. Si bien que, au cours des dernières décennies, la proportion d’adultes célibataires ne cesse d’augmenter. De leur côté, les personnes qui sont en couple nourrissent de grandes attentes envers leur partenaire, qui représente souvent leur principal rempart face à la solitude.

Plus encore que le couple, la famille est perçue par nos contemporains comme le dernier bastion du lien social dans un monde anonyme et concurrentiel, le dernier espace de solidarité inconditionnelle et désintéressée, le dernier filet protecteur en période de crise économique8. Et en effet, à une époque où les liens deviennent de plus en plus fragiles et éphémères, qu’ils relèvent de la sphère de l’emploi, de l’amitié ou des diverses appartenances religieuses et identitaires, le lien de filiation s’impose comme une base de stabilité.

 

Un problème de santé publique
La problématique de la solitude est centrale dans les troubles psychologiques qui tendent à se développer en Occident (dépression, addictions, anxiété, phobie sociale, etc.). Cette nouvelle « psychopathologie du lien » se manifeste sur deux versants : l’individu peut être aussi bien angoissé à l’idée de perdre autrui et d’être abandonné (dépression, mélancolie, dépendance affective), qu’être méfiant à l’égard d’autrui et se sentir envahi par sa présence (angoisses paranoïdes, angoisses d’intrusion, hyperactivité, méfiance, troubles d’opposition, phobie sociale).

Mais la solitude n’est pas seulement impliquée dans les problèmes de santé mentale; de nombreuses études ont démontré son impact considérable sur la santé physique. L’isolement social est corrélé à une espérance de vie inférieure à la moyenne et à une probabilité plus importante de connaître des problèmes de santé divers telles que les maladies infectieuses ou cardiovasculaires. Ces résultats s’expliquent en partie par des variables comportementales: les personnes seules ont tendance à faire moins d’exercice et à avoir des habitudes de vie néfastes pour la santé, en termes d’alimentation et de consommation d’alcool par exemple. Statistiquement, l’isolement est aussi nuisible à la santé que le tabac et davantage que l’obésité. Des recherches plus pointues ont mis en évidence que le facteur de risque le plus significatif n’est pas l’isolement relationnel objectif d’une personne, mais la solitude ressentie. Le sentiment de solitude – lorsqu’il est élevé et durable – peut ainsi avoir un impact sur le système immunitaire comme sur la qualité du sommeil (et donc sur sa fonction réparatrice pour l’organisme).

La solitude apparaît comme un phénomène de société qui transforme radicalement l’existence de chacun, dans sa vie quotidienne, dans sa relation à ses semblables, mais aussi dans le sens qu’il donne à sa vie. Si l’on considère ses répercussions sur la santé physique et morale, la solitude subie s’impose comme l’une des grandes maladies du XXIe siècle.

Ce constat appelle une mobilisation des pouvoirs publics, mais aussi une mutation des dispositifs médicaux, sociaux et psychologiques. Longtemps, les professionnels de l’aide et du soin se sont concentrés sur les individus. Aujourd’hui, il paraît plus que jamais indispensable d’appréhender les personnes non comme des êtres isolés, mais comme des êtres sociaux, inscrits dans des liens et des appartenances à mobiliser et à renforcer. Les professionnels doivent veiller à ne pas se substituer à l’entourage d’une personne, mais au contraire à aider celle-ci à solliciter ou à retrouver des ressources relationnelles. Cette perspective éthique plaide pour l’intégration des proches dans le soin et pour le développement des dispositifs qui soignent moins des individus que des relations et des appartenances (le couple, la famille, la communauté).

 

LA CONFIANCE POUR VAINCRE LA SOLITUDE

Nous sommes tous seuls à des degrés différents. Cette solitude sera associée au plaisir ou à la souffrance selon le sens qu’on lui donne, selon nos attentes ainsi que selon la richesse des liens que nous établissons avec les gens. Notre capacité de nous relier à l’autre n’est pas une question de distance physique ou de sexe. Il s’agit de notre capacité de comprendre et de toucher le coeur et l’esprit de l’autre et de nous laisser toucher par lui.

1. Intéressez-vous à vous-même.
C’est en améliorant la relation que vous avez avec vous-même que vous commencerez ce cheminement.

2. Identifiez vos émotions, vos points forts et vos points vulnérables.
Il y a bien des avantages à se connaître. Cela vous permettra de mieux vous comprendre, de vous améliorer et de développer votre propre identité.

3. Reconnaissez l’existence de la solitude et profitez de ses plaisirs.
Profitez de l’instant présent.

4. Prenez le temps de vous informer.
Développez une perception juste et nuancée des événements et des personnes.
Donnez-vous le temps de réfléchir, et de faire le ménage dans vos préjugés.
Identifiez les stratégies inefficaces et les attitudes mentales nuisibles. Renoncez aux solutions inefficaces. Faites des choix plus sains.

5. Faites le point quant aux personnes de votre histoire.
Remettez en question vos habitudes et vos croyances. Démasquez la nature de certains de vos rêves. Renoncez à l’impossible pour mieux vivre. Identifiez ce qui est vraiment essentiel et mettez de côté ce qui est secondaire.

6. Reconnaissez votre part de responsabilité.
Attribuez-vous une responsabilité partielle. Prenez le temps de faire le point et de vous réorienter. Respectez votre rythme.

7. Faites de votre mieux pour vous rapprocher de vos buts.
Fixez-vous des objectifs réalisables. Cherchez la suite de votre vie. Recherchez la satisfaction de vos besoins. Trouver votre propre voie.

8. Profitez de ce que la société nous offre comme occasion de contacts.
Affrontez progressivement vos peurs. Choisissez des relations saines. Prenez soin de vous-même. Assurez-vous d’être disponible.

9. Motivez-vous en imaginant ce que vous souhaitez obtenir, ainsi que ce que vous souhaitez éviter.
Utilisez les images, les paroles, et les sensations associées à votre passé, à votre présent et à votre avenir. Comparez-vous avec vous-même, et prenez conscience du chemin parcouru. Reconnaissez ce qui vous donne plus de plaisir ou vous procure moins de souffrance.

10. Vivez vos deuils.
Cherchez un sens à la perte.
Cheminez par étapes suite au choc, à la sensation d’abandon, aux désillusions, à l’acceptation puis à la réconciliation avec la vie. Acceptez les différences. Laissez-vous vivre votre deuil à votre façon et à votre rythme.

11. Choisissez vos amis et vos groupes d’appartenance.
Laissez évoluer vos relations. Soyez vous-même. Respectez l’autre. Prenez votre temps. Soyez actif. Explorez différents types d’activités. Respectez vos valeurs et votre valeur. Présentez-vous à votre meilleur. Laissez-vous connaître progressivement. Demandez-vous: Est-ce que cette personne est capable d’identifier et de partager ses sentiments ? Est-elle intéressée à développer ses capacités ? Est-elle honnête et digne de confiance? Est-elle autonome? A-t-elle une attitude positive envers la vie ? Partage-t-elle mes valeurs ? Est-elle disponible et prête à s’engager ?

 

LA SOLITUDE DANS LA BIBLE

Avec d’abord une pensée pour les personnes souffrant d’isolement, quelles qu’en soient les raisons. Il y en a plus que jamais. Jusqu’au XXe siècle les grands drames étaient la guerre, les épidémies, ou le terrorisme; aujourd’hui s'ajoute les suicides, la dépression, l’isolement, la perte de sens et de souffle, les attachements devenus volatiles. La peine des personnes ressentant l’isolement est incommensurable, pourtant elle se cache souvent, comme honteuse.

La Bible parle de cette détresse à travers ses héros bibliques. Comme le prophète Élie qui dit: « je suis resté, moi, isolé » (1 Rois 19:10), comme le roi David « je suis seul et malheureux, les angoisses ont rempli mon cœur » (Psaume 25:16), comme l’apôtre Paul « personne ne m’a aidé, tous m’ont abandonné » (2 Tim 4:16).

Le Christ nous a appris à regarder autour de nous, et à faire ce que nous pouvons, comme une graine jetée en terre, nous dit souvent Jésus. Elle disparaît alors. De temps en temps elle produit une récolte miraculeuse d’abondance. Cette main tendue venant briser la bulle de solitude de l’isolé n’est pas un geste spécifiquement chrétien ni même croyant: il fait partie de notre instinct, visant la survie de notre espèce. Car l’humain est un animal social. En ce temps qui est le nôtre, peut-être qu’il va falloir reprendre ces fondamentaux, tout simplement parce que le basculement que nous vivons nous l’impose. Des liens et des fondations qui nous tenaient ensemble sont ébranlés. Notre planète devient comme un village de bientôt dix milliards de personnes. Nous avons la mémoire de la solidarité entre les habitants d’un village isolé de montagne, indispensable à leur survie. Nous apprendrons à vivre ensemble dans le village de demain. Cela me semble être le défi de notre siècle, particulièrement en tant que chrétien. Car l’Évangile du Christ approfondit cette question de l’humain comme animal social et spirituel, pensant, priant et agissant. Cet Évangile n’est pas une leçon ni une recette: c’est une démarche, c’est une ouverture à ce qui permet de trouver comment vivre et éventuellement ressusciter notre vie présente.

L’apôtre Paul tire ainsi de l’Évangile (le message de la grâce) du Christ une réflexion pour la communauté des appelés à renaître de Corinthe, qui connaît elle aussi une crise de croissance. Dans ce texte, Paul travaille la question de la nature de la personne humaine au sein du groupe, et de l’aide que l'Esprit des vivants peut apporter à vivre cela.

 

La gloire d’être seul
Je parlais tout à l’heure, en reprenant l’expression de Tillich, de la bonne solitude qui est la gloire d’être seul (en son genre), à ne pas confondre avec le tragique isolement. L’apôtre Paul développe bien cela avec son image des membres différents d’un même corps. Si Paul dit que l’œil ne peut pas dire à la main « je n’ai pas besoin de toi », c’est bien qu’il y a là une des difficultés dans la communauté de Corinthe, et dans l’humanité en général. Notre nature, en tant qu’individu tout à fait singulier implique une solitude. C’est notre condition première, une richesse reçue assez mystérieusement. Cette solitude est glorieuse, comme le dit Tillich, mais elle que nous sommes trouverait bien plus confortable d’être un troupeau. C’est fatiguant d’être unique, cela impose d’inventer sa propre vie et de vivre avec notre prochain qui nous semble être extraterrestre. Comme le suggère Paul, la main « voit » sans doute l’œil comme un organe un peu mouillé, vitreux, incapable d’attraper quoi que ce soit, et en plus refusant le moindre contact. L’œil lui rend la pareille en voyant la main comme inquiétante, comme une araignée sèche, griffue, et capable de surprenants mouvements. Pourtant quel magnifique service ils peuvent se rendre mutuellement, et quelle formidable équipe ils forment ensemble.

Saisir cette gloire d’être seul est un travail en soi. Paul dit que c’est un travail de la Réflexion Vivifiante de l'Esprit des vivants en nous. Il reprend cela du 2ie récit de la création de l’humain dans la Genèse. Ce souffle de création de l'Esprit des vivants, qui est l’unique par excellence, nous crée ainsi comme fils ou une fille unique, de la même façon que le Christ est le fils unique en son genre avec une vocation unique si particulière de sauveur ultime pour ses élus. Nous avons comme lui à saisir et à élaborer notre propre vocation avec l'Esprit des vivants.

Cela se travaille par la Réflexion Vivifiante de Christ en nous. Non pas que nous ayons à devenir unique (nous le sommes), nous avons simplement à l’être. C’est ce que dit Jésus avec une autre image, celle de la lumière (Jean 1, Mat 5 :14). Il nous dit que chacun de nous est une lumière indispensable pour que le monde soit éclairé. Pas mal ! Il ne nous ordonne pas de refléter la lumière de l'Esprit des vivants, ni d’être une lumière. Nous le sommes déjà. Il nous dit seulement « que votre lumière brille », sans menace ni promesse de récompense, simplement parce que ce serait bien, comme tout ce que l'Esprit des vivants espère. Jésus dit que le geste naturel est d’élever la lampe que nous sommes sur LE chandelier ou lampadaire, ce qui évoque le chandelier du temple de Jérusalem, signe de la présence de l’Admirable Souverain Suprême au cœur du monde. L'Esprit des vivants a pour projet de se faire notre marchepied pour mieux mettre en valeur notre apport unique dans le monde dans lequel nous sommes que des pèlerins. C’est le travail de la Réflexion Vivifiante de Christ en nous.

C’est pourquoi Jésus nous dit de prier « notre Père » dans la solitude, dans le secret de notre intimité (Mt 6:6). Cet apprentissage de la gloire d’être seul se fait dans la solitude et dans la prière. C’est là que nous pouvons relire la journée que nous venons de vivre et prendre conscience de l’amour dont nous avons été un petit peu aimé. Par telle ou telle personne et par l'Esprit des vivants. Et le ruminer afin que l'Esprit des vivants, par son souffle créateur nous en tricote un vêtement pour nous donner le courage d’être seul ce que nous sommes, qu’il nous forge un chandelier, qu’il nous donne une armature qui nous permette d’élever notre lumière et d’être une bénédiction pour de multiples personnes présentes et futures.

L’histoire d’Abraham parle bien de cet arrachement hors de la masse, grâce à l'Esprit des vivants, pour être soi-même et être une bénédiction. « l’Admirable lui dit: Va-t’en de ton pays, du lieu de tes origines et de la maison de ton père, vers le pays que je te montrerai. Va ‘pour toi’ (לך לך Lekh Lekha en hébreu, en route vers toi-même). Je ferai de toi une grande nation et je te bénirai ; je rendrai ton nom grand, et tu seras bénédiction. » (Genèse 12 :1).

Sur le Who’s Who (Qui est-ce) tenu par l'Esprit des vivants, à votre nom il est donc indiqué ces distinctions: « lumière du monde, bénédiction pour une multitude. » Car c’est une réalité non seulement pour l'Esprit des vivants mais pour le monde. Dans la mesure où nous sommes en forme spirituellement nous n’avons plus alors à nous démener puérilement pour être reconnu des autres, ni d’ailleurs à se fondre dans la masse afin d’oublier que nous sommes unique. Alors, quand nous faisons quelque chose ce n’est plus dans le but de nous sentir vivant, mais nous ferons quelque chose parce que nous sommes vivant. Et cela change tout.

 

Seul, comme membre du corps
C’est encore la Réflexion Vivifiante qui nous fait sentir cette autre caractéristique essentielle de notre nature « Il n’est pas bon que l’humain soit seul » comme l'Esprit des vivants se le dit à lui même en créant l’humain (Gen 2:18). C’est le 2ie rôle de la Réflexion Vivifiante selon Paul.

La pratique de la solitude à laquelle Jésus nous appelle  (et qu’il pratiquait régulièrement) ce n’est pas un refus de relation avec les autres. Ce n’est pas non plus une fuite du monde (comme cela l’est un peu chez Rousseau). Ces parenthèses de solitude sont un temps pour que la Réflexion Vivifiante nous ouvre à la conscience d’être un membre essentiel d’un corps, d'un ensemble. La Réflexion Vivifiante de Christ en nous a ainsi deux fonctions: elle nous abreuve et nous sommes plongés dedans (1 Cor 12:13-14). Il y a l'Esprit des vivants en nous et l'Esprit des vivants autour de nous. Il nous aide à vivre notre différence et à nous réunir en un corps, le corps mystique (spirituel) du Christ.

Dans le chapitre suivant de sa lettre, Paul appelle « renoncement » (agapè) cette Réflexion Vivifiante qui nous donne vie et qui fait de nous un corps qui est l'ensemble des élus. Un don de soi qui nous résigne et dont les fruits sont la foi en nous, l’espérance et aussi l’altruisme qui nous anime alors, nous, personnellement. Cette résignation rejoint la force primale qui fait de l’humain un animal social, il éveille cette dimension en nous, comme il éveille notre unicité.

C’est ce qui nous permet de ne pas faire tous la même chose, et de ne pas penser exactement la même chose, mais de souffrir avec l’autre quand il souffre et de se réjouir quand l’autre est glorifié, c’est-à-dire quand il est bénédiction à sa façon pour quelques autres et donc pour l’ensemble des élus de Christ.

C’est ce qui nous permet d’accepter d’avoir besoin de l’autre, comme l’œil peut dire à la main « j’ai besoin de toi ». Quand j’accepte d’avoir besoin de l’autre: cela me rend service, évidemment. En plus: je rends service à l’autre qui peut actualiser le fait d’être une bénédiction, et enfin: par cette circulation entre nous, c’est au corps entier que nous faisons du bien.

La Réflexion Vivifiante de l'Esprit des vivants fait du chaos primordial un monde en évolution vers la vie, et que de quelques poussières d’atomes il fait émerger un être doué d’une personnalité unique et capable de raisonner et s'exprimer. La Réflexion Vivifiante de Christ en nous éveille ainsi chacun des membres, et il suscite des liens entre les membres. Un attachement plein de souplesse et de tendresse.

La difficile adolescence
Les douleurs de croissance de l’adolescent ne sont pas inconnues dans ce parcours spirituel. Car le portrait de l’humanité que Paul nous offre ici est, comme souvent dans la Bible, une visée ultime à vivre dans notre réalité complexe. C’est pourquoi notre attente de la Réflexion Vivifiante de Christ en nous et nos combats spirituels sont notre quotidien. Même pour Jésus. Il vit son unicité mais il en souffre aussi quand il n’est pas compris par ses proches. A chaque moment clef, il se questionne, il le fait en prière devant l'Esprit des vivants et demande aussi à ses proches « vous, qui dites-vous que JE SUIS ? » (Mt 16:13-15), ce n’est pas seulement une question rhétorique, il le demande à ses proches dans le corps de ses élus. Nous le voyons à Gethsémané être soutenu directement par l'Esprit des vivants, et en même temps avoir un besoin d’être soutenu par quelques amis.

La croix du Christ nous parle du dégât que provoque le corps chaque fois qu’il rejette un membre unique, et l’espérance que l'Esprit des vivants rend possible malgré tout. Le tombeau vide nous parle de notre difficulté à intégrer que notre corps n’est pas seulement matériel mais aussi spirituel. Enfin, le récit de l’Ascension dite aussi Exaltation dans la suprématie exaltée nous parle de cet arrachement difficile à avoir, même du Christ, ou de nos parents quand nous quittons leur foyer, afin de pouvoir être nous-mêmes et devenir bénédiction à notre façon unique. Ceci fut réalisé pleinement par Jésus qui revint le jour de la Pentecôte pour habiter le coeur de ses élus véritables.

 C’est pourquoi, nous prions pour que plus de la Réflexion Vivifiante de Christ en nous, nous soit donné chaque jour, à chaque élu vivant dans le monde. La création tout entière soupire de nous attendre. (Rom 8:22).

 

COMMENT VAINCRE LA SOLITUDE ?

Hébreux 13: 5,6
 

5 Que votre conduite soit sans avarice; soyez contents de ce que vous avez; car L’ESPRIT DES VIVANTS Unique a dit: Certainement je ne te délaisserai point, et je ne t'abandonnerai point. Ex. 23. 8; De. 16. 19; De. 31. 6; De. 31. 8; Jos. 1. 5; 1 Ch. 28. 20; Pr. 15. 16; Ph. 4. 11; 1 Ti. 6. 6; 1 Ti. 6. 8;

6 De sorte que nous disons avec assurance: le SOUVERAIN PRINCE est mon aide, et je ne craindrai point; que me fera l'homme ? Ps. 56. 4; Ps. 118. 6;

 

Les gens peuvent souvent expérimenter une solitude imposée par la perte d'un être cher ou par des circonstances de la vie hors de leur contrôle. Par exemple, lorsque des individus déménagent d'une province à une autre, il se peut qu'ils expérimentent une période de solitude et d'ajustement. Cependant, il y a une autre sorte de solitude que je désire examiner, celle causée par l'isolation volontaire d'une personne.

Parfois, une personne seule souffre de la solitude car elle a choisi de chérir dans son coeur une blessure, la rancoeur et l'amertume au lieu de choisir le pardon. Parfois, une personne spirituellement immature est aussi perpétuellement blessée. Son orgueil l'invite à se concentrer toujours sur son nombril. Elle se voit toujours comme une victime de la vie et des gens qui l'entourent: « Pauvre de moi! Personne ne m'aime! » Bref, ses blessures et son rejet de la guérison érigent en elle des murs d'isolement. Cela peut sembler lui offrir une certaine protection émotionnelle, mais ces mêmes murs l'empêchent de recevoir de l'amour. Finalement, cette personne « mal-aimée » ne s'ouvre à personne. Sa crainte d'être déçue à nouveau la garde prisonnière de son passé et elle ne peut qu'éprouver plus de douleur dans la solitude.

Comment une personne vaincra t-elle cette solitude imposée ? Elle devra renier son dieu ! « Quoi ?! » Oui, elle devra renier son « je » qui détient l'importance principale dans sa vie. Cette personne doit se repentir d'avoir été si orgueilleuse qu'elle a refusé de marcher dans le pardon et dans l'amour! Elle doit relâcher la haine qu'elle ressent envers ceux qui l'on blessée.

1 Jean 4 : 20
20 Si quelqu'un dit: J'aime l'Esprit des vivants, et qu'il haïsse son frère, c'est un menteur; car celui qui n'aime pas son frère qu'il voit, comment peut-il aimer l'Esprit des vivants qu'il ne voit pas ?
Lorsque cet individu aura accepté de s'humilier devant l'Esprit des vivants et devant les hommes, la guérison et la réconciliation sera possible. Souvent, ses anciens amis qu'il a abandonnés le recevront avec joie. Nous voyons fréquemment qu'une personne seule s'est retirée d'elle même et que les gens aimeraient bien être là pour elle. Cependant, ils ne le peuvent pas car elle refuse tout contact.

Une chose est certaine, la guérison est possible et est le désir du Seigneur. Par contre, cette guérison ne peut jamais venir en rejetant Celui qui guérit. Aujourd'hui, si vous êtes cette personne blessée et seule, vous n'avez que deux choix devant vous: Vous pouvez demeurez seul(e) et sombrer dans un plus grand chagrin, OU vous pouvez pardonner et remonter sur la surface de la vie. Je vous exhorte au nom de Jésus, cessez de vous faire voler ! Retrouvez vos amis, votre famille et votre vie ! Choisissez le chemin du pardon et de l'amour dès aujourd'hui !

Jean 10: 10
10 Le voleur ne vient que pour dérober, égorger et détruire; moi, JE SUIS venu afin que les brebis aient la vie, et qu'elles soient dans l'abondance.

 

 

A Christ seul soit la Gloire