L'ILLUMINATION DE
LA RÉFLEXION VIVIFIANTE

par Jean leDuc
Novembre 2025
Mise en pages par
Jean leDuc et Alexandre Cousinier
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DES TÉNÈBRES A LA LUMIÈRE DE L'ESPRIT DES VIVANTS
L'ILLUMINATION EST LE FONDEMENT DE LA VÉRITÉ
LA SAINTE PRÉSENCE CONFÈRE L'ILLUMINATION
LA SOURCE EXCELLENTE DE LA LUMIÈRE D'EN HAUT
RÉVÉLATION ET CONNAISSANCE DE LA VÉRITÉ
L'AUTEUR ET INTERPRÈTE DU LIVRE DE LA VIE
LE MOYEN DE LA VIE SPIRITUELLE DE L'ÂME
LA VÉRITABLE LUMIÈRE SPIRITUELLE DE LA FOI
L'ILLUMINATION DONNÉE A DES DEGRÉS DIVERS
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DES TÉNÈBRES A LA LUMIÈRE DE L'ESPRIT DES VIVANTS
Après avoir examiné le dessein général de l'offrande de la Sainte Présence de Christ qui habite en chacun de ses élus, tant pour les réprouvés de la disposition charnelle, que pour ceux qui ont été convoqués à renaitre, et décrit le chemin ou le processus par lequel une âme est transférée du royaume des ténèbres au royaume du Fils bien-dévoué qui est l'Esprit des vivants engendré dans la chair, je me propose d’illustrer séparément les diverses étapes de l’œuvre de la Sainte Présence de Christ en nous, ou ses opérations successives sur l’âme, depuis le moment où elle est prise pour la première fois sous son enseignement, jusqu’à ce qu’elle soit rendue « digne de l’héritage des saints dans la lumière ». Signalons que l'expression Sainte Présence désigne le Saint-Esprit et signifie aussi la Réflexion Vivifiante de Christ en nous, l'anticipation de la gloire.
L'une des œuvres les plus essentielles de l'Esprit des vivants, est celle par laquelle il transmet la lumière spirituelle de sa Réflexion Vivifiante à notre entendement ou raisonnement charnel dont le but est notre instruction et notre transformation; et c'est à cette partie de son œuvre, si importante qu'elle est souvent considérée comme l'ensemble, que l'apôtre fait référence lorsqu'il parle de la Sainte Présence comme de « la Réflexion Vivifiante de sagesse et de révélation », et qu'il prie pour que, par la Réflexion Vivifiante, « les yeux de notre entendement soient éclairés » (Éph. 1. 17, 18), et lorsqu'il décrit les vrais convertis comme ayant eu les yeux ouverts et étant passés des ténèbres à la lumière; mieux encore, transfigurés des ténèbres à l'admirable lumière de l'Esprit des vivants.
L'ILLUMINATION EST LE FONDEMENT DE LA VÉRITÉ
L’œuvre illuminatrice de la Sainte Présence en nous, peut être considérée comme le fondement de toutes ses autres actions; car c’est par la vérité connue et crue que la Réflexion Vivifiante de Christ en nous, accomplie toutes les fonctions de son glorieux ministère. En éclairant notre raisonnement par la connaissance du péché, il pose les bases de la conviction dans la conscience; en nous permettant de saisir la portée et le sens de l’Évangile ou Message de la grâce, il nous offre des motifs de conversion; en nous enseignant une juste conception de l'Esprit des Vivants et de nous-mêmes, de nos privilèges et de nos perspectives, il nous apporte du réconfort; en nous montrant la nature et la nécessité de la sainteté selon la grâce de l'élection, il fait progresser l’œuvre de sanctification; en nous révélant, selon les Écritures, nos besoins spirituels, il suscite en nous l’attitude de prière; et, d’une manière générale, il agit selon sa nature propre, par la connaissance de son Essence sublime. Il est donc important d’accorder une attention particulière à cet aspect de l’œuvre de Sainte Présence de Christ, afin d’être prêts à comprendre et à mettre en pratique, comme il se doit, tout ce qui sera révélé concernant ses autres actions bienfaisantes sur l’âme. Tel est, en effet, le lien indissociable, ou plutôt la véritable affinité, de toutes les grâces salvatrices de la Réflexion Vivifiante, qu'aucune ne peut exister sans être accompagnée ou suivie de toutes les autres merveilles; et par conséquent, chacune d'elles peut signifier la présence de toutes. Ainsi, la connaissance, la foi, la repentance et le renoncement sont mentionnés séparément dans l'Écriture comme englobant ou impliquant tout ce qui est essentiel au salut du pécheur élu; et par conséquent, une explication complète de l'un quelconque de ces fruits de la Réflexion Vivifiante pourrait inclure une description de l'œuvre entière de la Réflexion Vivifiante de Christ en nous. Ce n'est donc pas dans le but de les séparer, ni d'établir l'ordre précis de leur production, que nous distinguons une partie de l'œuvre de la Réflexion Vivifiante d'une autre, mais plutôt dans le but de la déployer, dans toute l'ampleur de son étendue et la variété de ses aspects, telle qu'elle est manifestée dans le Message de la grâce de l'Esprit des Vivants.
LA SAINTE PRÉSENCE CONFÈRE L'ILLUMINATION
La Sainte Présence de Christ en nous est celle qui éclaire le peuple d'élus de l'Esprit des vivants et qui lui confère une illumination spirituelle glorieuse.
Cette partie de l'œuvre de la Sainte Présence suppose nécessairement un état antérieur d'obscurité spirituelle chez ceux qui en sont sujets; et l'état naturel de tous les hommes est très souvent représenté par les figures de l'obscurité, de la cécité et de l'ignorance. Ils sont décrits comme « marchant dans la vanité de leur raisonnement, l'entendement obscurci, éloignés de la vie de l'Esprit des vivants par l'ignorance qui est en eux, à cause de la cécité de leur cœur ». Et encore: « L'homme naturel ne reçoit pas les choses de la Réflexion Vivifiante de l'Esprit des vivants, car elles sont une folie pour lui; il ne peut les connaître, car c'est spirituellement qu'on en juge. »
Remarquez ici que ces ténèbres spirituelles sont universelles; elles sont attribuées à tous les Gentils, et nous verrons qu'elles le sont également à tous les Juifs incrédules: elles appartiennent à l'homme naturel, c'est-à-dire à tout homme tel qu'il est par nature. Elles ne sont pas dissipées par les notions communes de l'Esprit des vivants et des choses divines qu'un raisonnement non renouvelé peut acquérir par l'exercice de ses facultés. Leur pouvoir prédominant n'est pas non plus réfuté par l'existence de ces notions, pas plus que le pouvoir prédominant du péché n'est réfuté par l'existence de certaines notions de la différence entre le bien et le mal. Bien plus, comme dans la nature elle-même il n'y a pas de ténèbres sans un mélange de lumière, une lumière qui ne sert qu'à rendre les ténèbres visibles, il en va de même pour l'âme non renouvelée; ses notions communes de l'Esprit des vivants ne suffisent pas à dissiper les ténèbres qui l'enveloppent. C’est pourquoi l’apôtre déclare à un endroit que, lorsque « les hommes connaissaient l'Esprit des vivants, ils ne le glorifiaient pas comme Esprit des vivants »; et, considérant cela comme une preuve d’un défaut radical dans leur connaissance de lui, il en parle ailleurs comme s’il ne s’agissait d’aucune connaissance; car, dit-il, « le monde, par la sagesse, n’a pas connu l'Esprit des vivants ». Et ne pouvons-nous pas appliquer à ces notions communes, qui ne contiennent rien de la véritable lumière céleste, la remarque solennelle de notre Seigneur lui-même: « Si la lumière qui est en toi est ténèbres, combien grandes sont ces ténèbres ! » Ces ténèbres ne consistent pas seulement en l’absence de lumière extérieure, mais en « l’aveuglement du raisonnement », un aveuglement qui obstrue la pénétration de la lumière, même lorsqu’elle brille glorieusement autour de nous. Ainsi, il est dit des Juifs incrédules qu’ils demeuraient dans les ténèbres spirituelles, bien qu’ils aient eu la révélation de l'Esprit des vivants entre leurs mains: « Mais leur esprit était aveuglé :Car jusqu'à ce jour, le même voile demeure sur la lecture de l'Ancien Testament; ce voile est ôté en Christ. Mais même aujourd'hui, quand on lit Moïse, le voile est sur leur cœur. Néanmoins, quand ils se tourneront vers le Seigneur par la foi, le voile sera ôté. (2 Cor. 3.14-16). Il est ici question d'un double voile: celui qui recouvrait l'Ancien Testament avant la venue du Christ, par qui il fut expliqué et accompli ; et l'autre qui recouvrait leurs âmes et les empêchait de voir, même après que le premier « voile fut ôté en Christ ». Ainsi, il est dit que de nombreuses personnes qui vivent dans la pleine lumière de l'Évangile ou Message de la grâce demeurent intérieurement dans les ténèbres spirituelles. Car « si notre Évangile est voilé, il l’est pour ceux qui se perdent, pour ceux dont la divinité de ce monde a aveuglé l’intelligence, afin que la lumière de l’Évangile glorieux du Christ, qui est l’image de l'Esprit des vivants, ne brille pas pour eux » (2 Corinthiens 4.3-4). Si ces ténèbres spirituelles sont naturelles à tous les hommes, et si elles peuvent exister malgré les notions communes de l'Esprit des vivants et de religion prétendument chrétienne qu’ils acquièrent par leurs facultés naturelles, et malgré l’enseignement encore plus supérieur de la Parole écrite, il s’ensuit qu’elles ne peuvent être dissipées que par une action intérieure du Christ sur le raisonnement lui-même, et cela est expressément attribué à l’influence éclairante de la Sainte Présence. « Le Seigneur est cette Sainte Présence; Et là où est la Réflexion Vivifiante du Seigneur, là est la liberté véritable. Si nous voulons contempler la gloire du Seigneur, le visage découvert, ce doit être par la Réflexion Vivifiante du Seigneur.
En conséquence, le changement qui s'opère dans le raisonnement au moment de sa conversion est comparé à une transition des ténèbres à la lumière, ou au passage de la nuit au jour. Il est dit du Père ou Essence de l'existence qu’«il nous a délivrés du pouvoir des ténèbres et nous a fait passer dans le royaume de son engendrement comme Fils bien-dévoué», qu’«il nous a appelés des ténèbres à son admirable lumière», et du Christ qu’il a chargé Paul «d’ouvrir leurs yeux, de les faire passer des ténèbres à la lumière et du pouvoir de Satan ou esprit de la chair, à l'Esprit des vivants». Mais que cela ne pouvait s’accomplir par un simple enseignement humain ressort de ce passage frappant où l'Esprit des vivants en parle comme de son œuvre propre et laisse entendre que cela ne pouvait être accompli que par cette puissance créatrice qui, «lorsque la terre était informe et vide, que les ténèbres couvraient l’abîme et que la Réflexion Vivifiante de l'Esprit des vivants planait au-dessus des eaux», dit: «Que la lumière soit !» et la lumière fut. Car l’apôtre dit: « L'Esprit des vivants, qui a ordonné à la lumière de briller dans les ténèbres, a fait resplendir sa lumière dans nos cœurs, pour y faire resplendir la connaissance de sa gloire, qui resplendit sur le visage de Jésus-Christ. » Et alors le disciple émerveillé s’écriera: « Une chose est sûre: j’étais aveugle, et maintenant je vois. »
LA SOURCE EXCELLENTE DE LA LUMIÈRE D'EN HAUT
Ce grand changement est attribué à l'action immédiate de Sainte Présence de Christ sur l'âme. Il est attribué, certes, au Père dit aussi Essence de l'existence, « source de lumière, de qui descend tout don excellent et parfait », dans son engendrement comme Fils, aussi Prophète Oint de la Convocation à renaître, « lumière de cette disposition d'existence ». Mais c'est la Sainte Présence, qui procède de l'Essence de l'existence dans son engendrement comme Fils, par l'action personnelle et immédiate duquel s'opère cette illumination de notre faculté de raisonner. Notre Seigneur lui-même a promis de revenir dans sa Réflexion Vivifiante comme un Illuminateur: « Quand il sera venu, la Réflexion Vivifiante de vérité, elle vous conduira dans toute la vérité. Elle me glorifiera. » car elle recevra de ce qui est à moi, et vous l'annoncera. Le Consolateur, qui est ma Sainte Présence comme Essence de l'existence dit aussi le Père ou Esprit Éternel, viendra en ma désignation, et vous enseignera toutes choses, et vous rappellera tout ce que je vous ai dit. Que cette précieuse promesse ne fût pas réservée aux apôtres, ni limitée au christianisme primitif, ressort du contexte précédent: « Je prierai l'Essence de mon existence comme Père ou Esprit Éternel, et il vous donnera une différente consolation, afin qu'il demeure éternellement avec vous, la Réflexion Vivifiante de vérité », par sa présence constante et la grâce continue de lequel il accomplit cette autre promesse: « Voici, JE SUIS avec vous tous les jours, jusqu'à la fin du monde. »
RÉVÉLATION ET CONNAISSANCE DE LA VÉRITÉ
La Réflexion des saints élus de Christ, en tant qu’Illumination de l’âme, exerce diverses actions distinctes: (1) Elle révèle la vérité, la faisant connaître aux prophètes et aux apôtres, car « des hommes saints d’autrefois ont parlé , poussés par la Sainte Présence; l'Esprit des vivants nous l’a révélée par sa Réflexion Vivifiante, car la Réflexion Vivifiante sonde tout, même les profondeurs de l'Esprit des vivants ». (2) Il est l’Auteur des Écritures, inspirant les prophètes, et les apôtres à écrire ce qui devait être conservé et consigné pour la conviction du monde et le réconfort du peuple d'élus, à travers les âges, car « toute l’Écriture a été donnée par son inspiration ». Ainsi, chaque élu est redevable à la Sainte Présence de Christ de chaque rayon de lumière qui a éclairé son entendement et raisonnement à travers les Écritures qui respirent de la Réflexion Vivifiante. La Bible authentique est le message de la Réflexion Vivifiante; c’est le livre vivant que l'Esprit des vivants a donné à son peuple d'élus appelé à renaitre en Christ. (3) Mais il y a, et il doit y avoir, une action plus directe de la Sainte Présence de Christ sur chaque âme élue éclairée par sa vérité. Il ne suffit pas qu’il ait révélé la vérité à ses apôtres et qu’il l’ait incarnée et préservée dans une Bible authentique complètement inspirée et providentiellement préservée. La lumière glorieuse peut briller autour de nous sans pour autant pénétrer nos cœurs, elle doit demeurer en nous comme la perle de grand prix. Il y a une vision défaillante qui doit être guérie, un œil aveugle qui doit s’ouvrir, un voile qui doit être ôté, une épaisse obscurité intérieure qui doit être dissipée par son commandement créateur: « Que la lumière soit ! » Malgré toute l’abondance de la lumière du Message de la grâce, nous devons veiller à ce qu'il demeure pur et vrai. Comme toujours, « l’homme naturel ne reçoit pas les choses de la Réflexion Vivifiante de l'Esprit des vivants »; que personne ne connaît le Fils, si ce n’est l'Essence de son existence comme Père ou Source de la vie éternelle; nul ne connaît le Père, si ce n'est son engendrement comme Fils et celui à qui le Fils veut bien le révéler; et il lui plaît souvent de cacher ces choses aux sages et aux intelligents, et de les révéler aux tout-petits, à ceux qui sont considérés indignes et vauriens.
L'AUTEUR ET INTERPRÈTE DU LIVRE DE LA VIE
La Parole de l'Esprit des vivants, Expression de sa Réflexion Vivifiante, est l'instrument de l'Esprit des vivants, est l'agent actif de l'illumination et de la révélation, dans cette grande œuvre d'instruction et de transformation. La Bible authentique est le livre actuellement inspiré, mais la Réflexion Vivifiante de Christ en nous est elle-même le Maître. Elle n'est pas seulement l'auteur de ce livre, mais aussi son interprète, nous guidant vers la connaissance de ses vérités. Elle met la Bible entre nos mains, comme une lumière à nos pieds et une lampe sur notre sentier; mais, sachant que nous sommes naturellement aveugles et incapables de voir au loin, elle ouvre nos yeux et fait briller sa lumière dans notre cœur et conscience. Toute la vérité que la Réflexion Vivifiante de Christ enseigne se trouve dans la Parole vivante de sa Sainte Présence; mais elle ne pénétrerait jamais dans nos cœurs s'il ne l'y avait pas placée en nous. La Parole inspirée est une épée – une épée acérée à double tranchant – mais son efficacité dépend de ceci: elle est l'épée de la Réflexion Vivifiante. La Parole est lumière; mais c’est « dans sa lumière que nous voyons la lumière ». « L’entrée de sa Parole vivante donne la lumière », mais elle n’entre que lorsqu’« elle ouvre le cœur ». D’où la prière du psalmiste: « Ouvre mes yeux, afin que je contemple les merveilles de ta loi »; et la prière encore plus remarquable de l’apôtre: « C’est pourquoi je fléchis les genoux devant le Père, notre Seigneur Jésus-Christ, afin qu’il vous accorde, selon la richesse de sa gloire, d’être fortifiés en puissance par sa Réflexion Vivifiante dans l’homme intérieur. » Voilà une œuvre puissante de la Réflexion Vivifiante sur l’âme des élus; elle doit être fortifiée en puissance. Et dans quel but ? « Afin que vous puissiez comprendre avec tous les saints quelle est la largeur, la longueur, la profondeur et la hauteur; et de connaître le renoncement de Christ, qui surpasse toute connaissance, afin que vous soyez remplis de toute la plénitude de l'Esprit des vivants. Ici, aucune vérité nouvelle n’est révélée; mais ce qui est contenu dans la Parole vivante est rendu connu par l’illumination intérieure de la Sainte Présence de Christ en nous.
LE MOYEN DE LA VIE SPIRITUELLE DE L'ÂME
L’efficacité de tous les moyens de grâce dépend de l’enseignement de la Sainte Présence de Christ en nous, et en particulier celle de la lecture et de la prédication de la Parole inspirée. Sans la Sainte Présence de Christ en nous, le ministère de la Parole serait totalement stérile pour la conversion au salut. Il pourrait certes être une bénédiction sociale, contribuant à maintenir vivant le sens de la morale commune dans le monde, mais jamais il ne saurait être le moyen de la vie spirituelle de l’âme, à moins d’être accompagné de la grâce éclairante de la Sainte Présence de Christ. Quoi de plus puissant que le ministère des apôtres ? Quel raisonnement plus vigoureux, quels appels plus irrésistibles, quelle éloquence plus sublime, quel zèle plus ardent que ceux de Paul ? Quel renoncement plus ferme, quelle tendresse plus touchante, quelle éloquence plus émouvante, quelle onction plus riche et plus douce que ceux de Jean ? Quel orateur sacré mieux préparé à sa vocation qu’Apollos, dont il est écrit: « C’était un homme éloquent et versé dans les Écritures » ? Pourtant, même le ministère des hommes éclairés, la prédication des apôtres du Christ eux-mêmes, dépendait, pour toute son efficacité salvifique, de la grâce de la Sainte Présence de Christ. Car, dit l'apôtre: « Qui donc est Paul, et qui est Apollos, sinon des ministres par lesquels vous avez cru, selon ce que le Seigneur a donné à chacun ? J'ai planté, Apollos a arrosé, mais c'est l'Esprit des vivants qui a fait croître. Ainsi donc, celui qui plante n'est rien, ni celui qui arrose, mais l'Esprit des vivants qui fait croître. » « Nous sommes ouvriers avec l'Esprit des vivants; mais vous êtes le champ de l'Esprit des vivants, vous êtes l'édifice de l'Esprit des vivants. » Les ministres sont souvent employés comme instruments pour éclairer et convertir les âmes ; et c'est pourquoi on peut dire, dans leur ministère, qu'ils sont les pères spirituels de leurs convertis. Cependant, ce n'est pas par leur propre pouvoir, mais par la puissance de la Sainte Présence de Christ. Ainsi, tout ministre accompli pourrait bien dire avec les apôtres: « Hommes d’Israël, pourquoi vous étonnez-vous de cela ? Pourquoi nous regardez-vous avec tant d’insistance, comme si c’était par notre propre puissance ou notre sainteté que nous avions fait marcher cet homme ? » Cette grande vérité, si elle révèle la faiblesse du ministre, prouvera aussi la force même de son ministère; car jamais il ne sera aussi profondément touché par la grandeur de son œuvre ni par la dignité de sa mission que lorsqu’il est pleinement convaincu que l’efficacité de toute sa prédication dépend de la puissance de la Sainte Présence de Christ. Cela le fortifiera d’une force nouvelle et l’inspirera d’une espérance nouvelle, lorsque toutes les apparences sont les plus sombres. Et fort de cette foi simple, il se tiendra prêt à délivrer son message devant n'importe quel public, sauvage ou civilisé, assuré que la même Réflexion Vivifiante qui a fait entrer la vérité au plus profond de son âme peut aussi la faire entrer, avec démonstration et puissance, aussi bien dans la sphère paysanne obtuse et illettrée que dans la sphère raffinée, peut-être sceptique ou méprisante, du monde scientifique.
De plus, la Parole inspirée, le ministère et les autres moyens d'instruction sont adaptés à la nature rationnelle de l'homme et sont, par leur nature même, aptes à la finalité pour laquelle ils sont employés; certes, les hommes peuvent, par l'usage de leurs facultés naturelles, être instruits, impressionnés et touchés par la lecture et l'écoute de la Parole; mais ils ne peuvent être sauvés et éclairés sans l'enseignement de la Réflexion Vivifiante de Christ.
L’action de la Sainte Présence de Christ est adaptée à la nature humaine, être rationnel et intelligent, être capable de réfléchir; il œuvre par les facultés de l’âme. C’est ce raisonnement, aujourd’hui dans les ténèbres, qui doit être éclairé; cette même compréhension, aujourd’hui ignorante, qui doit être informée; cet œil, aujourd’hui aveugle, qui doit s’ouvrir et voir. La Sainte Présence de Christ exerce généralement son pouvoir par des moyens appropriés. Sans aborder ici le cas des nourrissons, qui peuvent être sanctifiés, selon le décret d'élection, dès le sein maternel par l’action secrète de la Sainte Présence de Christ, il est clair que chez les adultes, le raisonnement est éclairé par la vérité, appelée ainsi « lumière de l’Évangile glorieux » et « étoile du matin qui se lève sur le cœur ». La Parole de l'Esprit des vivants est un moyen approprié pour éclairer la faculté de réfléchir; c’est un instrument parfaitement adapté à l’usage auquel il est destiné. (1 Timothée 3.14). Si certains demeurent dans les ténèbres malgré la Bible, ce n'est pas parce qu'elle est dépourvue de lumière, mais parce qu'ils n'ont pas le regard spirituel pour la discerner. Toute la vérité qu'un croyant éclairé acquiert par l'enseignement de la Sainte Présence de Christ est en réalité contenue dans la Bible, même s'il ne l'y avait pas perçue auparavant. Une grande partie de cette vérité se trouvait peut-être dans les articles de sa profession de foi, mais elle n'était pas connue, comprise ni vécue dans toute sa plénitude spirituelle, comme elle l'est maintenant. Souvent, il est simplement amené à voir sous un jour nouveau ce qu'il professait auparavant croire, afin d'en comprendre et d'en ressentir la portée et la puissance spirituelles, en tant que vérité divine.
Étant un moyen approprié et adapté aux facultés du raisonnement humain, il n'y a aucune raison de douter que la Bible, comme tout autre livre, puisse transmettre de nombreux enseignements à un homme non converti. Affirmer qu'un homme naturel ne peut connaître les choses de la Réflexion Vivifiante de l'Esprit des vivants n'implique pas que la Bible soit inintelligible, ni qu'il soit incapable de comprendre le sens et la signification des propositions scripturaires, et donc d'en donner une explication rationnelle. Car il peut examiner le sens littéral des Écritures et, ce faisant, se faire une idée précise de nombre de leurs affirmations, percevoir leurs liens mutuels, raisonner à leur sujet, voire les exposer. Pourtant, au sens scripturaire, il peut demeurer dans l'ignorance. Il existe dans la Bible des vérités qui peuvent être reconnues, voire prouvées par la raison naturelle, car « les choses de l'homme peuvent être connues par le raisonnement de l'homme qui est en lui »; et même « les choses de la Réflexion Vivifiante de Christ », lorsqu'elles sont révélées, peuvent être comprises au point d'affecter et d'impressionner le raisonnement qui, pourtant, n'est pas converti. Les pharisiens possédaient « l'apparence de la connaissance dans la loi »; ils étaient les grands théologiens de l'Ancien Testament. Pourtant, notre Seigneur déclare que, malgré leur érudition et leur instruction, et leur capacité à expliquer les écrits de Moïse, ils ne connaissaient pas réellement l'Esprit des vivants, ni ne comprenaient les écrits de Moïse. Simon le Magicien devait avoir une connaissance théorique correcte des vérités principales de l'Évangile, et devait être capable de les exposer de manière intelligible, lorsqu'il fit cette profession de foi que les apôtres eux-mêmes considérèrent comme un motif suffisant pour son admission au baptême. Pourtant, il n'avait pas encore reçu l'illumination spirituelle, car « il était encore prisonnier de l'amertume et des liens de l'iniquité ». Ainsi, notre Seigneur lui-même parle de certains qui entendent la Parole et la reçoivent aussitôt avec joie. Ils n'ont pas seulement une vague idée de son sens, mais aussi une certaine intuition de sa puissance; pourtant, ils n'ont pas la « lumière de la vie ». Ils sont comme Hérode, « qui craignait Jean, sachant qu'il était un homme juste et saint, et l'observait; et lorsqu'il l'entendit, il fit beaucoup de choses, et l'écoutait avec joie ». Il existe une grande différence entre les conceptions, même chez les hommes simples, de la vérité divine, différence que les trois gouverneurs romains, Festus, Agrippa et Félix, emploient dans des propos très différents au sujet de la prédication de Paul, illustrent de façon frappante . Festus s'exprima avec la fougue d'un homme naturel, pour qui la prédication de l'Évangile était une folie: « Paul, tu es hors de toi; trop de savoir te rend fou. » Agrippa fut impressionné et ému, car il dit: « Tu me persuades presque de devenir chrétien »; et il fut encore plus profondément ému, car, « tandis que Paul expliquait la justice, la tempérance et le jugement à venir, Félix tremblait ». L'homme naturel peut donc connaître quelque chose de la vérité divine, il peut même en être impressionné et touché, sans pour autant acquérir cette connaissance salvatrice que notre Seigneur lui-même déclare être « la vie éternelle ».
L'homme naturel est capable d'acquérir, par l'usage de ses facultés rationnelles, une connaissance des vérités de la Parole de l'Esprit des vivants suffisante pour se sentir responsable de leur application. Sans nous étendre sur d'autres points, considérons la doctrine qui affirme l'obscurité de l'entendement humain et la nécessité de la grâce éclairante de la Sainte Présence de Christ, souvent perçue comme une menace pour la responsabilité humaine en la matière. À moins d'être instruit par l'Esprit des vivants, l'homme ne peut acquérir cette connaissance empirique propre au croyant exercé, et il est probable qu'il ne s'y soumettra pas. Pourtant, cette doctrine est énoncée en termes clairs et intelligibles. Il ne peut lire la Bible sans prendre conscience de cette vérité, ni exercer son entendement sans en acquérir une connaissance générale de la portée. Cette connaissance, bien que ni spirituelle ni salvifique, est amplement suffisante comme fondement de l'obligation morale. De plus, il peut aussi apprendre de la même source et de la même manière comment on obtient la grâce éclairante de la Réflexion Vivifiante, car il ne peut lire de tels passages: « Si quelqu'un manque de sagesse, qu'il la demande à l'Esprit des vivants, qui donne à tous généreusement et sans reproche, et elle lui sera donnée »; et « Si vous qui êtes mauvais, vous savez donner de bonnes choses à vos enfants, à combien plus forte raison votre Père qui est dans les cieux donnera-t-il sa Sainte Présence à ceux qui le lui demandent ? » — il ne peut lire de tels passages sans se faire une idée de la prière comme moyen de dissiper ses ténèbres naturelles; Et si, malgré sa perception naturelle et claire de ces doctrines, il refuse d'y croire ou persiste à négliger la prière pour la Sainte Présence de Christ, il faudra désormais le traiter selon un principe bien différent et le juger selon une règle bien différente de celle qui s'applique uniquement à ceux qui n'ont ni Bible pour les instruire, ni raisonnement rationnel à instruire. On ne peut pas avoir suivi un ministère pendant des années sans acquérir une connaissance largement suffisante pour assumer les plus lourdes responsabilités. Il est solennel de penser que cette connaissance doit soit être « la source de vie pour la vie », soit « la source de mort pour la mort ». Si elle n'est pas le moyen de votre conversion, elle sera le fondement de votre condamnation, car voici la condamnation: la lumière est venue dans le monde, et les hommes ont préféré les ténèbres à la lumière, parce que leurs œuvres étaient mauvaises. Mais celui qui aime la lumière vient à la lumière ; et celui qui aime la lumière de l’Évangile ne reculera pas devant l’œuvre éclairante de la Réflexion Vivifiante.
Il faut néanmoins toujours se rappeler que toute connaissance qu'un homme naturel puisse acquérir par l'exercice de ses facultés rationnelles sur la Parole de l'Esprit des vivants n'est ni spirituelle ni salvifique s'il n'est pas éclairé par la Réflexion Vivifiante. Si l'on me demandait d'exposer la différence précise entre la connaissance naturelle et la connaissance spirituelle de la vérité divine, ou comment les distinguer au mieux, je ressentirais la difficulté inhérente à la distinction entre deux états d'esprit présentant une certaine ressemblance, et dont la différence réside dans une qualité que l'homme naturel ignore, faute d'expérience. De même qu'il est difficile de décrire une couleur à un aveugle, ou une musique à un sourd, il est difficile de décrire à un homme naturel les perceptions particulières de celui dont les yeux ont été ouverts par la Réflexion Vivifiante de Christ. Et cette difficulté n'est pas diminuée, mais accrue, par le fait qu'il possède une forme de connaissance commune au véritable croyant, trop facilement confondue avec celle exigée par l'Évangile. L’explication la plus plausible que nous puissions donner consiste peut-être à vous demander d’imaginer un homme qui voit, mais n’a aucun sens de la beauté, ou un homme qui entend, mais n’a aucun sens de l’harmonie; tel est le cas de l’homme naturel, qui voit la vérité sans en percevoir l’excellence spirituelle, et à l’oreille duquel le son de l’Évangile parvient sans éveiller de musique dans son âme. La connaissance salvatrice n'est pas une connaissance littérale ou superficielle de l'Évangile, mais une connaissance de la vérité dans « sa lumière, son éclat et sa gloire »; une « connaissance savoureuse » qui recèle le goût de la vérité comme excellence: « Goûtez et voyez combien le Seigneur est bon ! » C'est « la lumière de la connaissance de la gloire de l'Esprit des vivants dans le visage de Jésus-Christ ». Imaginez les différentes conceptions du Christ que se faisaient ceux qu'il côtoyait en Judée, et cela vous aidera à comprendre la différence, ou du moins à voir qu'il y en a une, entre ces deux types de connaissance. Tous les Juifs qui ont vu le Christ avaient des opinions à son sujet ; mais pour le regard charnel, « il n'avait ni forme ni beauté ». Et lorsqu'ils le virent, il n'y eut en lui aucune beauté qui pût les attirer ; tandis qu'aux yeux spirituels, il était « plus beau que dix mille, et d'une beauté parfaite »; car, dit l'apôtre, « il a habité parmi nous, et nous avons contemplé sa gloire, une gloire comme celle du Fils unique venu comme Père, plein de grâce et de vérité ». Et comme il en était alors, il en est de même maintenant : de même que le Christ, essence même de l'Évangile, est venu comme la lumière, « et les ténèbres ne l'ont point comprise »; de même qu'« il était dans le monde, et le monde a été fait par lui, et le monde ne l'a point connu ». Ainsi, l’Évangile, qui est le Christ révélé, peut être lu et entendu. Pourtant, « en voyant, nous ne percevons point, et en entendant, nous ne comprenons point », jusqu’à ce que la Réflexion Vivifiante « prenne des choses du Christ et nous les révèle », en « brillant dans nos cœurs ».
LA VÉRITABLE LUMIÈRE SPIRITUELLE DE LA FOI
Une autre différence entre les deux formes de connaissance réside dans le fait que la véritable lumière spirituelle possède une force manifeste et s'accompagne d'une conviction profonde de sa certitude, d'une foi inébranlable en sa vérité. Lorsque l'œil s'ouvre à la gloire de l'Évangile ou Message de la grâce, le raisonnement de l'homme perçoit intuitivement son autorité divine; elle « se recommande à la conscience aux yeux de l'Esprit des vivants », et le pécheur sent que « l'Esprit des vivants y est véritablement présent ». L'Esprit des vivants a « magnifié sa Parole au-dessus de tout son nom »; elle porte en elle une empreinte plus frappante de ses perfections divines que toute autre manifestation par laquelle il s'est jamais fait connaître; et lorsque l'œil s'ouvre à la gloire de l'Esprit des vivants dans le visage de Jésus-Christ, le raisonnement ne peut plus croire que la Parole ait pu être écrite, pas plus que le monde ait pu être créé, par quiconque d'autre que l'Omniscient.
Mais le critère décisif qui distingue la connaissance naturelle de la connaissance spirituelle de la vérité divine réside dans son influence pratique et ses fruits concrets. La lumière spirituelle s'accompagne de renoncement; elle est vitale et puissante, transformant, renouvelant et purifiant l'âme qui l'accueille. Car si nous contemplons la gloire de l'Esprit des vivants, nous sommes par là changés à son image; nous aimons ce que nous discernons comme bon, nous admirons ce que nous percevons comme excellent, nous imitons et nous conformons à ce que nous estimons et admirons. Ce n'est pas une lumière froide comme celle de la lune ou des étoiles, mais une lumière vive, vivifiante et féconde; elle harmonise toutes les facultés de l'âme au service de l'Esprit des vivants, telle la lumière qui se posa sur la statue de Memnon et réveilla les cordes de sa lyre endormie.
La différence entre la connaissance naturelle et la connaissance spirituelle de la vérité divine est non seulement réelle, mais immense. Elle est comparable à la différence entre les ténèbres et la lumière, ou entre la nuit et le jour. Tout homme naturel, aussi instruit soit-il, est « éloigné de la vie de l'Esprit des vivants par l’ignorance qui est en lui ». Il peut être plus versé dans la lettre des Écritures, plus érudit en littérature, plus rigoureux dans sa conviction dogmatique, plus éloquent dans ses illustrations et ses arguments, que nombre de ceux qui sont « instruits directement de l'Esprit des vivants »; mais « je vous le dis, le plus petit dans le royaume des cieux est plus grand que lui ». Il ne s’agit pas d’une différence de degré, mais de nature. Dans ce qui leur est commun, l’homme naturel peut avoir un degré de connaissance supérieur à celui de l’homme spirituel; mais dans ce qui est propre à ceux qui sont instruits directement de l'Esprit des vivants, il n’y a point lieu de comparaison. Ce genre de connaissance, bien qu'elle admette elle aussi différents degrés de maîtrise chez le peuple d'élus de l'Esprit des vivants, n'appartient à personne d'autre qu'à ceux qui sont instruits par sa Réflexion Vivifiante. Et cette différence est grande, à tel point que le peuple d'élus de l'Esprit des vivants, dont les yeux sont ouverts à la compréhension des Écritures, reçoit « une nouvelle compréhension ». « Le Fils, l'Esprit des vivants lui-même, est venu et nous a donné l'intelligence pour connaître le Véritable »; non pas qu'une autre faculté soit créée, mais que l'ancienne soit pleinement renouvelée. Et ce changement s'opère sur l'entendement lui-même. Il ne suffit pas que les affections soient détachées du péché, de manière à lever les obstacles au bon fonctionnement d'un raisonnement supposément « pur, noble et sans tache »; non, l'entendement a participé aux ruines de la chute et est lui-même perverti. et à ce titre, elle doit être renouvelée par celui qui l'a créée, sinon elle déformera à jamais la lumière, aussi clairement qu'elle puisse briller sur la page de l'Écriture.
L'entendement étant la faculté principale de l'âme, et manifestement destiné à influencer, contrôler et gouverner toute autre par sa lumière, les ténèbres sont ici la cause prolifique de nombreux maux moraux et spirituels. L'entendement doit donc être éclairé pour que le cœur puisse être renouvelé. Les ténèbres spirituelles sont décrites dans l'Écriture non comme une simple chose passive ou négative, mais comme une force positive; le « pouvoir des ténèbres » est expressément mentionné, et les anges apostats sont représentés comme retenus par des « chaînes de ténèbres », comme si celles-ci imposaient des entraves à l'âme, et nul ne peut briser ces chaînes, si ce n'est celui qui a fait tomber la chaîne de fer des mains et des pieds de son disciple prisonnier.
Notre apostasie envers l'Esprit des vivants se caractérise principalement par nos ténèbres spirituelles. La finalité même de notre existence était de glorifier l'Esprit des vivants, comme le font et doivent les êtres intelligents, en percevant, en adorant et en nous réjouissant de sa gloire: tel est le plus grand exercice des anges et des séraphins. Et si, à présent, un voile obscur nous dissimule ses perfections, si nous pouvons avoir l'Esprit des vivants présent à nos pensées sans percevoir sa gloire, c’est là à la fois la preuve et l’essence de notre triste chute.
Ces ténèbres ne sont pas seulement l'ombre mortelle sous laquelle notre inimitié envers l'Esprit des vivants trouve refuge et protection, mais elles en sont aussi, d'une certaine manière, la cause, car elles engendrent d'innombrables préjugés contre l'Esprit des vivants, qui la nourrissent et la maintiennent en vie, ainsi que des illusions multiformes, allant du plus simple athéisme aux formes les plus terribles de superstition. Et si ces préjugés et ces illusions doivent être balayés, et si l'inimitié qu'ils engendrent et nourrissent doit être anéantie, ce ne peut être que par celui qui a ordonné à la lumière de briller hors des ténèbres, de briller dans nos cœurs, pour nous donner la lumière de la connaissance de la gloire de l'Esprit des vivants dans le visage de Jésus-Christ.
L'ILLUMINATION DONNÉE A DES DEGRÉS DIVERS
Cette illumination de la Réflexion Vivifiante concerne toute la vérité de l'Évangile, mais elle est donnée à des degrés divers, tout en englobant toujours ce qui est nécessaire à la connaissance et à la foi pour le salut. « Vous avez reçu l'onction du Saint, et vous connaissez toutes choses. » « L'onction que vous avez reçue de lui demeure en vous; et vous n'avez pas besoin qu'on vous enseigne, car cette même onction vous enseigne toutes choses, et elle est vérité et non mensonge; demeurez en lui, selon l'enseignement qu'elle vous a donné. » De ces paroles, il ressort clairement que quiconque est instruit par l'Esprit des vivants connaît ce qui est nécessaire à la foi pour le salut, et qu'il n'est pas entièrement dépendant d'un simple enseignement humain; mais il ressort tout aussi clairement du contexte que cette onction ne remplace pas l'usage des aides et des moyens d'information que l'Esprit des vivants a gracieusement mis à la disposition de son peuple d'élus, comme les Saintes-Écritures et tous les outils d'études et de recherches à son propos. Au contraire, le même apôtre déclare: « Je vous écris, pères, parce que vous connaissez celui qui est dès le commencement; je vous écris, petits enfants, parce que vous connaissez le Père; je ne vous écris pas parce que vous ignorez la vérité, mais parce que vous la connaissez. » La lettre de l’apôtre était conçue pour leur instruction et s’avérait utile, non seulement pour « raviver leur conscience par le souvenir », mais aussi pour les aider à appliquer la vérité aux exigences de leur condition, tout comme elle les exposait aux séductions des faux docteurs et leur permettait de progresser dans la connaissance de l'Esprit des vivants. Car parmi les chrétiens véritables, il existe différents degrés de lumière spirituelle, comme parmi les hommes il existe différents degrés de connaissance profane; et l’une peut croître et s’approfondir, et dépend de l’usage des moyens ordinaires, au même titre que l’autre. Nous pouvons connaître le Seigneur, comme Apollos; et pourtant, nous pouvons être amenés, comme lui, à « connaître plus parfaitement la voie du Seigneur ». La connaissance commune à tous ceux qui reçoivent l'enseignement de l'Esprit des vivants englobe tout ce qui est nécessaire au salut, tandis que, transmise à des degrés divers, elle peut engendrer une diversité d'opinions, même parmi les vrais chrétiens, sur des points mineurs, mais jamais sur des majeurs. Ainsi, nous comprenons l'origine et la nature de cette merveilleuse uniformité de sentiment qui caractérise l'unité de la foi chrétienne endogène authentique quant aux vérités fondamentales de la Parole de l'Esprit des vivants. En revanche, nous pouvons raisonnablement nous attendre à trouver une variété d'opinions, issues de différents degrés de compréhension, même parmi ceux qui, dans l'ensemble, sont unis. Toutefois il faut être conscient qu'une opinion est toujours basée sur des suppositions et est naturellement instable. Il n'y a aucune certitude ou assurance dans l'opinion, et il faut s'en garder dans la mesure du possible et demeurer honnête avec soi même et les autres.
C'est une précieuse vérité biblique que la grâce éclairante de la Sainte Présence de Christ, qui est spécialement promise aux élus seuls. La communication directe de chaque âme élue avec l'Esprit des vivants, démontre la place du peuple d'élus dans l'Essence spirituelle de son appel à renaitre en Christ en une nouvelle existence éternelle. Bien que l'Esprit des vivants ait gracieusement pourvu à leurs besoins d’assistance ministérielle et de guides spirituels, il ne les a pas laissés dépendants d’une quelconque hiérarchie humaine, comme la religion prétendument chrétienne avec son orthodoxchie de christophobiens de trinitarés idolâtres; à plus forte raison, il ne les a pas soumis à une simple autorité humaine en matière de foi et de conscience: « leur foi ne doit pas reposer sur la sagesse des hommes, mais sur la puissance de l'Esprit des vivants ».
A Christ seul soit la Gloire