DICTIONNAIRE DE LA
BIBLE
ou
CONCORDANCE
RAISONNÉE DES SAINTES ÉCRITURES
JEAN-AUGUSTIN BOST 1849
corrigé, rénové, et augmenté de plusieurs notes

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CONTENANT, EN PLUS DE 4,000 ARTICLES:
1. La
Biographie sacrée;
2. L'Histoire
sainte;
3. L'Archéologie
biblique;
4. La
Géographie biblique;
5. L'Histoire
naturelle biblique, la Botanique, la Zoologie et la Géologie;
6. L'Esprit
de la législation mosaïque;
7. Des
Introductions spéciales aux livres de l'Ancien et du Nouveau Testament;
8. Des
Essais sur diverses portions des Écritures;
9. L'Interprétation
et l'explication d'un grand nombre de passages obscurs ou mal traduits;
10. Des
Directions pour l'étude de la prophétie, etc.
________________________________________
DICTIONNAIRE DE LA BIBLE
MM.
Howeker, libraire à Amsterdam.
L.
Van Bakkenes, libraire à Amsterdam.
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et Comp., libraires à Amsterdam.
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J.
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Librairie Évangélique, rue de l'Impératrice, 33, à Bruxelles.
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et Comp., libraires, Soho-Square, à Londres.
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et Oakey, 34, Paternoster Row, à Londres.
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G.
Bridel, libraire à Lausanne.
Veuve
Duret-Corbaz, libraire à Lausanne.
Michaud,
libraire à Neuchâtel.
Ch. Twietmeyer, libraire à Leipzig.
Si la destructivité est peut-être le caractère
dominant de notre siècle, si la destructibilité est le caractère de toutes les
puissances qui cherchent sur la terre un point d'appui; s'il n'y a plus rien
ici-bas qui soit aujourd'hui respecté, si tout est ébranlé, si les royaumes se
dissolvent, si la propriété est menacée d'une transformation, si par
quelques-uns la famille est niée au point de vue humanitaire; si la tiare
pontificale, vulgairement appelée religion, est elle-même compromise, si les
États de l'Église sont menacés dans leur existence comme les Églises de l'État,
si les puissances les mieux établies semblent être à la merci du premier vent qui
souffle, il reste encore une puissance que rien n'a jamais pu renverser, ni
ébranler: une puissance qui n'a pu être détruite ni par les révolutionnaires
français du dix-huitième siècle, ni par les révolutionnaires romains du
douzième et du seizième; une puissance contre laquelle ont échoué les
dragonnades de Louis XIV, et les flammes du clergé; une puissance qui a résisté
à la force plus délétère encore de l'oubli, de l'indifférence, de l'ignorance,
du mépris; une puissance que n'ont pu compromettre ni les moines oisifs des
couvents, ni les moines furieux de l'inquisition, ni ceux qui élevaient leurs
bâtards sur le trône des papes, ni ceux qui brûlaient Jean Huss; une puissance
qui s'est montrée plus forte que les supplices, plus forte aussi que la corruption;
une puissance enfin qui depuis dix-huit siècles toujours la même, toujours
sereine et pure, préside à la chute de tous ses ennemis, offre à tous les
malheureux d'ineffables consolations, et reste seule debout, seule forte, au
milieu des débris nombreux qui jonchent la terre autour d'elle.
Cette puissance, c'est la Parole de Dieu.
Sa force, c'est de ne renfermer aucun alliage humain.
Elle est esprit et vie. Insensible à toute action terrestre, elle grandit par
ses revers comme par ses succès, à l'inverse de tous les pouvoirs matériels,
ecclésiastiques ou civils, qui, souillés de terre, tombent par leurs succès non
moins que par leurs revers.
Il semble que la société moderne commence à le
comprendre; elle se détache toujours plus, et surtout en religion, de ces
autorités sans force morale qui pendant longtemps ont voulu s'imposer à elle.
Assez longtemps on lui a dit: Occupez-vous du matériel, je m'occuperai du
spirituel. Et maintenant ce matériel lui pèse; elle s'en effraye; elle veut,
elle aussi, s'occuper du spirituel; elle le cherche, mais où le
trouvera-t-elle? Dans l'énervante et fade lecture des romans et des livres
d'imagination? elle l'a essayé, et n'en veut plus. Dans les préoccupations
politiques? elle l'a essayé, elle a espéré, elle n'a trouvé que déceptions.
Dans la religion? mais laquelle? À laquelle donnera-t-on ce nom? Dieu a permis
que celle que Voltaire appelait l'infâme, et que la main des hommes ne saurait
détruire, se détruisît elle-même, qu'elle tombât de son propre poids, qu'elle
arrachât elle-même le bandeau à ses prétendus sectateurs, et qu'elle leur dît:
Je ne suis pas une puissance spirituelle, je ne suis qu'une puissance
matérielle; je ne succomberai point; j'ai 300,000 baïonnettes pour me soutenir.
Il a fallu (Dieu l'a permis) qu'elle se montrât non point la colonne et l'appui
de la vérité, mais la fille des armes et du mensonge. Depuis longtemps on le
soupçonnait, on le sait aujourd'hui. Qui recueillera son héritage?
Il n'y a plus que deux prétendants en présence, la
Parole de Dieu, et l'incrédulité. Le grand nombre sans doute se rangeront dans
les rangs de ce dernier, l'incrédulité, qui peut s'accommoder de toutes les
formes religieuses, parce qu'elle a la conscience qu'elle les détruira toutes
dès qu'elle le voudra. Le petit nombre se grouperont autour de la Parole de
Dieu, et ils s'y grouperont tous, parce que l'idole que quelques-uns adoraient
encore par habitude ou par préjugé, se décompose de jour en jour, et perd
jusqu'à son prestige extérieur. Les âmes pieuses de toutes les communions
sentent le besoin impérieux de s'unir entre elles et de se séparer du monde.
L'unité factice, dont le pesant niveau a si longtemps écrasé les peuples et
l'Église, ne suffit plus aujourd'hui, pas plus en religion qu'en politique; le
temps des fictions est passé, parce que l'âge de majorité est venu. Une lutte
sourde, un travail souterrain s'accomplit au sein de toutes les sectes de la
chrétienté: le protestantisme n'est pas moins divisé que le catholicisme,
quoique par sa nature plus spirituelle, il ait moins à souffrir à l'extérieur:
dans aucun pays protestant on n'aurait songé à faire venir de la troupe pour
imposer un pasteur à ses paroissiens. Mais si, chez nous, la lutte est plus
théologique, plus ecclésiastique, moins mondaine, elle n'en existe pas moins;
si le principe de la liberté, qui est la base de notre constitution comme
Église, est lui-même notre sauvegarde contre les excès de la liberté, et ne
nous protège pas contre l'incrédulité; sous ce rapport même, parce qu'on n'a
pas l'habitude de se repaître de chimères, de se payer de mots, les
déchirements intérieurs sont plus visibles, plus sensibles, plus apparents, et
l'on peut compter et classer nos diverses Églises. Mais ce travail de
décomposition, ce travail qui se fait partout, n'est que le prélude nécessaire
de la recomposition: la déformation annonce non seulement une réformation, mais
une transformation. L'énigme est posée, mais elle n'est pas encore résolue, le
mot n'en est pas encore trouvé. Ce que l'on peut affirmer seulement, c'est que
c'est autour de la Parole de Dieu que l'Église chrétienne se constituera, des
fragments de tous ces corps qui auront été brisés entre les deux écueils de la
superstition et de l'irréligion, du fanatisme et de l'incrédulité: la Parole de
Dieu sera la seule autorité de l'Église nouvelle, parce que seule elle est
infaillible et spirituelle, parce que son autorité a déjà subi toutes les
épreuves sans ployer et sans rompre sous aucune. C'est même une chose assez
remarquable déjà, quoiqu'on ne puisse pas en conclure tout ce que les prémices
feraient attendre, que la Bible se soit créé un public en dehors du monde
religieux qui fait reposer sur elle ses espérances et sa foi. Les sciences
profanes, la philosophie, la philologie, l'histoire naturelle, étudient cet
antique document d'un vieux monde passé, et viennent tour à tour lui rendre
hommage; nos grands historiens cherchent dans la divinité la clef, le secret de
l'histoire; c'est dans la religion que les littérateurs vont puiser leurs plus
belles inspirations; les politiques, les économistes en appellent à la Bible,
et les journalistes même, dans l'examen des questions sociales, empruntent à la
législation hébraïque, aux discours de Jésus, aux enseignements des apôtres des
arguments dont le point de départ, du moins, aurait bien étonné les
encyclopédistes, et les désorienterait tout à fait s'ils n'avaient pas, pour se
retrouver en chemin, le point commun d'arrivée et de but. La Bible a rompu les
digues que les hommes avaient élevées pour la contenir, elle est entrée dans le
domaine public, le principe de la réforme a triomphé comme triomphe toujours
tout principe véritable; il reste maintenant à le développer, à l'appliquer.
C'est le moment de la crise. Tous les partis ont fait cette expérience qu'il
est plus aisé de remporter une victoire que d'en profiter, et que
l'organisation définitive est bien rarement accomplie par les mêmes mains qui
ont fait la conquête.
Quels que soient les hommes nouveaux de cette œuvre
nouvelle, et quels que soient leurs devoirs, ce n'est que dans la Bible qu'ils
pourront trouver et leur raison d'être et leurs moyens d'action. Ils ne seront
pas appelés à créer ou à inventer; leur but peut être immense, mais leur tâche
continuera d'être modeste; ils auront à comprendre la théologie, à l'appliquer,
mais ils ne pourront pas en faire une nouvelle. Ils devront autant se garder de
faire quelque chose de moderne, que d'évoquer les traditions de l'ancienne
scolastique. La simple, mais consciencieuse et savante étude de la Bible doit
toujours plus devenir à cet égard le grand juge des controverses, la règle de
la foi, le mobile de la vie; et cette étude n'est autre que la théologie. Qu'il
y ait encore bien des choses à comprendre, et même à apprendre, c'est ce qui
est évident pour tous ceux qui n'auront pas un parti pris d'avance de ne rien
apprendre, et de ne rien oublier. L'étude des prophéties et plusieurs points de
la dogmatique renferment des obscurités qui ne doivent point être éternelles,
et l'on ne saurait avoir tout dit, quand on a dit: C'est un mystère. Dans la
pratique le degré du renoncement à soi-même, le degré de l'amour que l'on doit
avoir pour son prochain (degré est un triste mot pour des choses qu'on aime à
se représenter comme devant être sans limites), les rapports des hommes les uns
avec les autres, des riches avec les pauvres, les droits et les devoirs d'un
État chrétien, le point où la désobéissance à l'État devient un devoir pour le
chrétien (dans la question du service militaire par exemple), les
divertissements légitimes, etc., sont autant de sujets sur lesquels il faut
réfléchir encore, autant de points sur lesquels la théologie prononcera plus
sûrement encore quand elle sera débarrassée des préoccupations personnelles,
des langes du passé, et de l'ignorance accidentelle ou systématique de ceux que
l'on pourrait quelquefois croire ses représentants.
La théologie! ce mot ne sera guère bien vu de tout le
monde. On l'a condamné pour l'abus qu'on en a fait. Aux uns il rappelle la
scolastique du moyen âge; pour les autres il est le synonyme d'idéologie; c'est
pour plusieurs une vaine théorie, une science faussement ainsi nommée, la foi
sans les œuvres, ou une pédantesque érudition. C'est une chose assez ordinaire
de faire porter aux systèmes la peine des fautes de leurs partisans; le
christianisme a été attaqué souvent à cause de la conduite des chrétiens; la
théologie, au même titre, a dû pâtir des fautes des théologiens; mais
l'imputation n'est pas plus juste dans un cas que dans l'autre. La théologie ne
diffère pas plus du christianisme que la foi ne diffère des œuvres; la
théologie c'est le christianisme acquérant la conscience de lui-même; la
théologie c'est l'étude des saintes lettres, la contemplation de Dieu en
Jésus-Christ.
Sans doute on pourra dire encore qu'en définitive la
théologie n'est que de la théorie; mais ce que l'on ne dira pas, c'est le mal
qu'un semblable indifférentisme a fait à l'Église. Ce dédain pour la science
théologique est tout aussi légitime que le serait le mépris du voyageur pour
celui dont les rêves ont imaginé l'application de la vapeur à la mécanique. On
peut se passer de la science théologique comme on peut se passer des
élucubrations astronomiques de tous ceux qui ont tracé et calculé la marche des
astres; ils ont travaillé dans le ciel, et les praticiens sont sur la terre.
Comme science, la théologie n'est sans doute pas le christianisme, mais elle en
est à la fois l'avant-garde, et la sauvegarde. La théologie a souvent fait
fausse route, mais qui nous dira combien de fois l'ignorance s'est jetée dans
les travers du mysticisme ou de l'incrédulité? Qui nous dira les écueils contre
lesquels sont venues se heurter des âmes simples et sérieuses naviguant sans la
connaissance des eaux? Qui nous dira combien de fois, en marchant sur cette
terre inconnue, à tâtons au milieu de précipices dont rien n'indiquait la
présence, des âmes pieuses et des Églises entières ont versé pour ne se relever
qu'avec peine, ou ne point se relever, et compromis ainsi une cause qu'elles
voulaient servir avec zèle, mais sans connaissance? Qui nous dira jusqu'à quel
point cette ignorance n'a pas, de nos jours encore, fatalement influé sur la
durée, la profondeur et la réalité du réveil religieux, dont on avait pu
concevoir tant et de si belles espérances! Pourquoi si peu de fruits après tant
de fleurs? Ah! sans doute, lorsque la foi est ce qu'elle doit être, vive,
enfantine et pure, elle peut suppléer à la connaissance, parce qu'elle est
elle-même la démonstration des choses qu'on ne voit point. Mais elle ne le peut
qu'à la condition d'être entière et sans tache ni défaut. Elle ne le peut aussi
que parce qu'il est dans sa nature même de ne point rester incomplète, mais de
s'agréger la connaissance, de s'approprier la science, de croître en
s'assimilant tous les éléments de la révélation. Elle ne veut perdre aucune des
paroles qui lui ont été données comme «propres à enseigner, à instruire, à
convaincre, pour que l'homme de Dieu soit accompli, et parfaitement instruit
pour toute bonne œuvre.» Elle ne se contente pas de connaître en partie, elle
aspire à connaître parfaitement. Du jour où l'ignorance cesse de lui peser,
c'est que l'indifférence a commencé; c'est que la foi languit; alors cette
plénitude de vie et de force qui la soutenait au milieu des difficultés de la
route l'abandonne; alors aussi cette connaissance qui était pour elle un besoin
intérieur, devient pour elle, bon gré mal gré, un besoin extérieur. La force
qui lui manque au-dedans, il faut qu'elle la retrouve au dehors; après comme
avant, à la foi il faut ajouter la science. C'est une nécessité pour l'individu
comme pour l'Église.
Il suffirait d'ailleurs pour s'en convaincre de
consulter l'état de nos paroisses, ou de lire quelques-uns de ces pâles
sermons, maigres, étiques, sans substance, dont on les repaît si habituellement
en tant de lieux. De la morale, de la dogmatique, délayée en trois points
filandreux, de bons vœux, sans doute, parfois des descriptions pathétiques, de
touchants tableaux, mais le retour invincible aux lieux communs, au cadre tout
fait, au moule convenu, enfin l'horreur des questions élevées et précises,
scientifiques et complètes; voilà ce qui leur a valu depuis un certain nombre
d'années cette réputation de somnolence dont ils auront de la peine à se
débarrasser. Et pour peu que cela continue quelque temps encore, nous n'aurons
bientôt plus grand chose à envier sous ce rapport aux prônes des curés de
village; nous aurons même le pittoresque de moins. Les paroisses de leur côté,
ou plutôt les paroissiens, ne cessant d'entendre les mêmes choses sous toutes
les formes, et ne distinguant plus les sermons que par les textes, ne tardent
pas à s'imaginer qu'ils en savent aussi long que leurs conducteurs, et partant
ils cessent d'étudier l'Écriture; bientôt ils cessent même de la lire; ils ne
fréquentent plus le culte, ou s'ils le fréquentent encore, ce n'est que par
accident. On a des anciens qui ne connaissent plus, même les éléments de la
vérité religieuse, et des catéchumènes dont l'unique préoccupation, puisqu'ils
en savent autant que leurs pères, est d'avoir vite expédié la formalité de
l'instruction religieuse. Il en est sans doute autrement dans les grands
centres, où, sur le nombre, il s'est conservé un noyau vivant de ces chrétiens
de la vieille roche qui veulent encore que la Bible soit étudiée comme elle
doit l'être, sérieusement et à fond; et ce qui prouve le mieux en faveur de
l'idée sur laquelle nous croyons devoir insister, c'est ce double fait que,
partout, ceux qui ont la foi cherchent à la nourrir et à la fortifier par
l'étude de l'Écriture, partout aussi, ceux qui n'ont pas la foi négligent
jusqu'à la simple lecture de la Parole de Dieu.
Et qu'on ne dise pas que cette étude suffise à elle
seule et sans aucune espèce de secours. L'Écriture a beau être simple et claire
comme le jour, pour tout ce qui concerne les points essentiels de la morale et
de la foi, elle n'en renferme pas moins des difficultés de fait, matérielles,
résultant pour nous des temps et des lieux où elle a été écrite. On dira sans
doute, pour pouvoir continuer de dormir, que les détails importent peu
lorsqu'on est sûr de l'ensemble, et que, pourvu que les points fondamentaux
soient solidement acquis, et clairs à entendre, on peut se passer de
l'intelligence de tout ce qui n'est que matériel, lettre, et non esprit. Avec
ce faux spiritualisme, invoqué déjà par les docètes, avec cette spirituelle
paresse, avec ce dédain pour les faits et pour les détails, on ira, et l'on a
été déjà plus loin qu'on ne voulait. Le Verbe éternel du Père a été mis dan un
corps humain: les Juifs n'ont crucifié que la matière. La Parole divine a été
incarnée dans un livre: ceux qui le brûlent ne brûlent que la matière, du
papier. On reconnaît la divinité du Saint-Esprit, mais on nie sa personnalité;
on garde l'esprit, on ne repousse que la forme: on n'a plus qu'un pas à faire
pour prétendre, avec Strauss, conserver l'esprit du christianisme et rejeter le
Christ historique, le mythe, la forme, la matière. Mais, comme en général on
est trop faible, trop inconséquent pour pousser jusqu'au bout les principes, on
taxera d'exagération ces déductions, car la pratique habituelle ne les justifie
pas. Eh bien! l'on aura autre chose. Vous aurez un bon frère du Béarn qui lira,
dans une assemblée chrétienne, la parole de Jacques: «L'homme est justifié par
les œuvres et non par la foi seulement», et qui, pour tout commentaire de la
doctrine de l'apôtre, vous dira simplement «qu'il y a là sans doute une faute
d'impression.» Vous aurez tel autre bon frère de la Suisse française, qui fera
un commentaire de dix minutes sur la chrétienne naïveté de saint Paul qui nous
dit: «Il vaut mieux se marier que de se brûler.» Vous aurez surtout cette foule
de petits docteurs qui ont le bonheur de ne douter de rien, qui, non seulement,
ne diront pas avec Socrate: Je ne sais qu'une chose, c'est que je ne sais rien;
mais qui ne diront pas même avec saint Paul: Je ne veux savoir autre chose que
Jésus-Christ et Jésus-Christ crucifié. Docteurs irréfragables, mais non pas
angéliques, ils savent tout, affirment tout, et n'admettent pas même qu'on
puisse avoir un autre sentiment que le leur. Si vous leur faites quelque
objection, ils vous citeront, avec plus de mémoire et de piété que
d'intelligence et de sens, une foule de passages qu'ils comprendront peu, mais
dont ils refuseront de discuter la signification réelle; genre de controverse
facile, et dont on trouve des exemples ailleurs que chez ceux qui sont simples
de langage, de fortune, de titres ou de position. Et si c'est à l'orthodoxie
qu'on peut surtout adresser ce reproche, c'est que, seule aussi, elle risque de
tomber dans cet excès: l'indifférence religieuse a tout l'aplomb de la sagesse
et les plus parfaits dehors de la langueur et du marasme. Les uns ont un zèle
sans connaissance, on le leur reproche souvent; les autres n'ont ni zèle ni
connaissance, et c'est ainsi qu'ils se maintiennent en équilibre. Les premiers
lisent la Bible, mais ils ne l'étudient pas; les autres ne lisent rien, ou bien
ils lisent des romans ou des journaux. Il serait instructif, sous ce rapport,
de comparer le nombre des protestants de langue française, avec l'écoulement
moyen des publications qui leur sont adressées, en ne prenant même que les
publications hors ligne par le talent, et qui s'adressent à toutes les
intelligences, à toutes les consciences, à toutes les convictions. Quoi qu'il
en soit, on lit peu; on ne se nourrit pas, il semble que chacun tienne à ne se
plus nourrir que de sa propre substance, et l'on aura beau dire, ce ne sera
jamais une nourriture fort substantielle; les individus languissent, et l'Église!
l'Église elle-même, elle a fait ses preuves, et le moins qu'on puisse dire
c'est qu'elle languit aussi, c'est qu'elle est affaiblie, c'est que ces temps
généreux et forts des Dubosc, des Jurieu, des Basnage, des Dumoulin, des
Drelincourt, des Duplessis-Mornay, sont passés et n'ont laissé aux siècles qui
devaient suivre qu'un souvenir toujours vénéré, mais qu'on n'a ni le courage,
ni parfois même le désir d'imiter.
Nous possédons d'excellents ouvrages de controverse,
de dogmatique, d'histoire, d'excellents recueils de sermons; notre littérature
religieuse a des richesses de circonstance: elle possède aussi quelque travaux
d'un intérêt général, mais il y en a peu dans le nombre qu aient directement
pour objet l'étude et l'explication de l'Écriture sainte.
Cette lacune, j'ai essayé de la combler, du moins en
partie. L'empressement avec lequel l'annonce de cette publication a été reçue
presque généralement, prouve qu'un travail de ce genre était désiré, et que le
Dictionnaire de la Bible répond à un besoin réel et senti. L'ouvrage est
maintenant entre les mains du public; je n'ai plus à en expliquer la nature, et
chacun pourra voir si j'ai réalisé les promesses de mon prospectus. «Le
Dictionnaire, disais-je, traite de tout ce qui est matériellement et naturellement
obscur dans la Bible, des mœurs, des lieux, des hommes, des noms de plantes,
d'animaux, de minéraux, etc. J'explique par un mot la signification des noms
hébreux conservés dans les traductions, je rapporte les étymologies, les
divisions, les opinions diverses; j'ai cherché à donner des définitions claires
et précises, et à éviter tout ensemble les répétitions inutiles et la confusion
qui résulterait d'une trop grande concision. — J'ai conservé la chronologie
d'Ussérius. — J'ai cherché à mettre à profit la plupart des ouvrages de notre
littérature religieuse, et comme mon travail a pour but l'instruction plus que
l'édification proprement dite, ou plutôt, comme il se propose l'édification de
l'Église par son développement intellectuel, je suis sobre de réflexions, mais
je cite habituellement les ouvrages, dissertations, sermons, commentaires,
etc., qui peuvent suppléer à ce que je suis forcé d'omettre ou d'abréger.» — Je
n'ai pas consacré d'articles spéciaux aux noms de villes ou d'hommes qui ne se rencontrent
que dans les listes généalogiques ou dans les tables géographiques, sans aucun
détail qui les caractérise, parce qu'il n'y avait rien à en dire.
Le Dictionnaire de la Bible de dora Calmet, le
Realvœrterbuch de Winer, la Biographie sacrée de M. Coquerel, ont été mis à
profit pour la composition du présent travail, ainsi que les ouvrages spéciaux
de l'Allemagne et de l'Angleterre, Harris, Horne, Hævernick, Hengstenberg,
Tholuck, Olshausen, Schrœder, Harless, Steiger, etc. Quelques amis, MM. le comte
de Saint-Georges, A. Bost, Fr. Chavannes, Arm, de Mestral, Chatelanat,
Woringer, Golliez, etc., m'ont fourni des articles ou des renseignements
utiles. Je dois en particulier à M. de Saint-Georges les deux importants
articles Déluge et Création. Élève de l'École de Théologie de Genève, j'ai cru
pouvoir aussi me servir sans indiscrétion des notes de mes anciens maîtres,
auxquels je suis d'autant plus heureux de restituer publiquement une partie de
ce qui leur est dû, que vu le caractère privé de ces emprunts, je n'ai pu citer
chaque fois mes autorités, comme je l'ai fait lorsqu'il s'agissait de livres
tombés dans le domaine public.
Sans doute ce travail, le premier de ce genre qui ait
été entrepris dans notre Église, présentera des imperfections; je suis bien
loin de me le dissimuler, mais je ne veux pas anticiper sur la critique, et
surtout je ne veux pas me critiquer moi-même. Assez d'autres se chargeront de
ce soin; et je ne doute pas qu'ils ne soient plus indulgents que je ne pourrais
l'être et que je ne le suis réellement. Ils trouveront peut-être aussi que
malgré ses imperfections, ce livre occupera une place utile dans toutes les
maisons chrétiennes, et qu'il est de nature à rendre de vrais services aux
familles et aux Églises.
Quoique j'aie évité les articles de dogmatique
proprement dits, on s'apercevra aisément, et je ne m'en suis point caché, que
mes convictions sont celles qu'on connaît généralement sous le nom
d'orthodoxes, ou évangéliques. J'en bénis Dieu. Mais je ne le bénirais pas si,
sous un rapport quelconque, j'étais un homme de parti; c'est là une première
réserve. Je n'aime pas les partis, et je n'ai jamais su m'affilier à aucun; ils
sont presque toujours faux, et les partisans risquent d'aliéner, entre les
mains de leurs chefs, leurs doctrines, leur responsabilité, et leur
spontanéité. Les partis creusent la tombe de l'Église, parce que l'Église ne
vit que d'amour, les partis que de haine. — Je suis orthodoxe, mais je ne le
suis que sous bénéfice d'inventaire; c'est ma seconde réserve; on la trouvera
très simple, parce qu'elle ressort de l'idée même du protestantisme, mais
aujourd'hui ce qui est simple et logique n'est guère à l'ordre du jour. Toutes
les fois donc que, dans les 1200 pages de ce livre, je suivrai la route
(d'autres diraient la routine) orthodoxe, je le ferai non point par devoir, ou
comme un parti pris d'avance, mais par conviction personnelle et réfléchie,
qu'il s'agisse d'une question d'authenticité, d'un miracle, ou d'une
interprétation. — Enfin, et c'est ma troisième réserve, si pour moi
l'orthodoxie est essentielle à la vie, elle n'est cependant point la vie. C'est
sur ce point surtout que J'abonde dans le sens de cette vieille et vraie
brochure de mon père: Christianisme et Théologie, dont l'apparition a fait tant
de bruit et suscité tant de clameurs.
J'ai eu le temps de contracter bien des obligations
depuis que j'ai mis la main à l'œuvre, et je saisis avec joie l'occasion de
remercier ici collectivement les nombreux amis, connus et inconnus, qui m'ont
aidé, les uns de leur collaboration, les autres par l'appui chaleureux et
sympathique de lettres affectueuses auxquelles je n'ai pu répondre toujours,
mais que je conserve comme un des plus doux souvenirs qui me restent de mon
travail. Je dois en particulier des remerciements à mon collègue et ami M. le
pasteur Bastie, qui a bien voulu se charger de revoir la plus grande partie de
mon manuscrit; à M. Marc Ducloux dont le désintéressement a assuré la
publication de cet ouvrage, et dont l'intelligente activité a su tenir plus
encore qu'il n'avait promis; à M. Juste Olivier, enfin, l'ancien professeur de
l'académie de Lausanne, le poète populaire qui, lorsqu'il chantait:
Il est doux, il est doux d'avoir une patrie,
Des montagnes, des bois, un lac, un fleuve à soi,
Vignes, vergers, champs d'or, fraîche et verte
prairie,
Un cimetière en fleur, un autel pour sa foi!
O qu'il est donc amer d'errer à l'aventure,
Privé de tous ces biens!...
ne se doutait pas et ne pouvait guère se douter, qu'un
jour ces paroles de l'exilé seraient les siennes, et qu'il ne pourrait plus
chanter que de loin cette belle patrie où Dieu l'avait fait naître, et où ses
compatriotes s'étaient habitués à voir en lui le chantre et l'historien naturel
de leur nationalité.
Les circonstances, en le portant ailleurs, m'ont
favorisé d'une collaboration qui m'a été d'autant plus précieuse qu'elle avait
pour objet un travail minutieux et pénible, la surveillance et la vérification
de détails que l'auteur est, moins que personne, à même de faire d'une manière
convenable, et qui n'en exige pas moins tous les efforts d'une intelligence
attentive et clairvoyante. M. Olivier a ainsi contrôlé, la Bible sous les yeux,
toute cette multitude de chiffres qui y renvoient, afin de s'assurer que sur ce
point capital, où, avec mon système de notation abrégée, le moindre faux trait
de lettre ou de plume pouvait entraîner aisément et bientôt multiplier de
graves erreurs, les épreuves n'en laisseraient pas subsister. Le lecteur peut
donc avoir à cet égard une sécurité qui, surtout dans les ouvrages du genre du
mien, est une chose assez rare en typographie, pour qu'il soit juste de la
mentionner ici. — Deux ou trois passages, sur lesquels il y avait eu un
malentendu, ont été rétablis dans le supplément.
Je m'arrête. Cependant encore un mot, un mot pour moi
plus que pour le lecteur. Après dix années d'un travail pénible que
n'encourageait pas même la perspective d'un heureux dénouement, il m'est permis
d'être ému lorsque je vois enfin tous les obstacles aplanis, et cette
entreprise, peu considérable pour d'autres, mais très importante pour moi, bien
grande en comparaison de mes faibles forces, se réaliser au gré de mes désirs
et au-delà de tout ce que j'eusse pu espérer. Pour la première fois depuis dix
ans, je puis respirer à pleins poumons l'air pur de la campagne, et voir une
amie dans cette reine des nuits qui s'incline à l'horizon, saluer avec joie ces
premiers feux du jour qui tant de fois m'ont surpris dans un travail angoissé,
qui me trouvent aujourd'hui traçant ces dernières lignes, le cœur plein de joie
et de reconnaissance pour ce Dieu fidèle et bon qui seul m'a soutenu et
conduit. J'ai fait une fois de plus la douce expérience de sa fidélité; j'ai
compris une fois de plus qu'il vaut mieux se reposer sur l'Éternel que sur les
principaux d'entre les hommes. C'est pour Lui que j'ai travaillé; c'est entre
ses mains aussi que je remets avec confiance l'avenir de ce travail, le
suppliant de le bénir pour l'Église comme il l'a béni pour moi-même.
Templeux-le-Guérard, le 3 juillet 1849, au matin.
J.-Aug. Bost.
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Dictionnaire de la
Bible J.-A. Bost 1849-A
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AARON,
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Lévite, fils ou descendant de Hamram et de Jokébed,
frère aîné de Moïse et cadet de Marie, Exode 6:20 Nombres 26:59, naquit en
Égypte l'an du monde 2430, une année avant la loi cruelle qui ordonnait la
destruction des enfants mâles des Hébreux. Il épousa Élisébah, qui lui enfanta
quatre fils, Nadab, Abihu, Éléazar et Ithamar. On a fort peu de détails sur ses
premières années, et c'est à l'âge de 83 ans seulement que commence pour nous
son histoire. Doué d'une grande éloquence naturelle, il fut donné à Moïse pour
porter la parole soit devant Pharaon, soit devant le peuple d'Israël, Exode
4:14-16. Il annonce à ses malheureux compatriotes les desseins de Dieu à leur
égard; il leur promet une prompte délivrance, et dénonce au roi d'Égypte les
châtiments qui l'attendent s'il refuse de se soumettre à la volonté de
l'Éternel. Bientôt les deux frères accomplissent leurs menaces, et le peuple,
délivré de la servitude, traverse la mer Rouge et s'avance dans le désert. Là,
deux mois après, les Hébreux sont attaqués par les Hamalécites; Moïse monte sur
une colline et prie: la victoire est au peuple qu'il conduit, aussi longtemps
qu'il étend les mains vers le ciel. Mais Moïse est vieux, ses mains sont
devenues pesantes, et Aaron son frère, ainsi qu'un autre ami, le soutiennent
dans l'attitude de la prière, pendant que Josué combat dans la plaine, Exode
17:12. Après la promulgation de la loi, Aaron, suivi de ses deux fils aînés et
de soixante-dix anciens d'Israël, accompagne Moïse sur le Sinaï. Il s'arrête en
chemin avec ses amis; mais il peut voir de près et sans en éprouver aucun
dommage, les signes glorieux par lesquels l'Éternel manifeste sa présence à
Moïse 24:1-2,9-11. Peu après, Aaron est choisi pour exercer, lui et sa
postérité, la sacrificature jusqu'à la venue du Messie promis, 29:1 et
suivants. À peine est-il revêtu de cet honneur insigne, qu'il fait la chute la
plus grave. Sollicité par le peuple de lui faire des dieux pour le conduire à
la place de ce Moïse qui ne revient pas, il rassemble tous les bijoux d'or et
d'argent qu'il peut trouver (peut-être pour détourner Israël de l'idolâtrie, en
lui demandant d'immenses sacrifices), et en fait un veau d'or, à l'imitation du
bœuf Apis, que les Égyptiens adoraient; il fait placer l'idole sur un piédestal
et proclame une fête à l'Éternel. Triste mélange de judaïsme et de paganisme,
condescendance d'autant plus dangereuse qu'elle semblait vouloir conserver le
vrai culte avec les cérémonies païennes! Moïse revient, qui censure avec force
son coupable frère. Aaron cherche d'abord à s'excuser; mais bientôt il
s'humilie, et Dieu lui pardonne. Environ deux mois après, il est revêtu des
ornements sacerdotaux, ainsi que ses quatre fils, et Moïse les consacre par des
purifications, par l'onction sainte et par des sacrifices, Lévitique 8.
Aussitôt Aaron offre un holocauste pour la congrégation d'Israël, et pendant
qu'il bénit l'assemblée, le feu du ciel descend et consume le sacrifice
(chapitre 9). Après cela, au mépris de l'ordonnance divine, les deux fils aînés
d'Aaron, Nadab et Abihu, voulant offrir le parfum, prennent ailleurs que sur
l'autel d'airain le feu dont ils remplissent leurs encensoirs et sont consumés
par l'Éternel. Aaron supporte avec résignation ce coup terrible, mais juste; ni
lui ni ses fils ne prennent le deuil de ces rebelles: cependant ils ne mangent
point les restes de la victime qui avait été offerte en propitiation pour les
péchés du peuple, et comme Moïse, irrité, leur reproche d'avoir ainsi violé la
loi de l'Éternel, Aaron justifie ses enfants, rappelle la brèche qui a été faite
dans sa famille, et demande si dans cette circonstance douloureuse ils auraient
pu se réjouir par un festin (chapitre 10). Une année s'était à peine écoulée,
que Aaron et Marie, jaloux de l'autorité qu'exerçait Moïse, lui reprochèrent
durement son mariage avec une Éthiopienne. Aaron, dont la présence au
tabernacle était journellement nécessaire (et qui peut-être était moins
coupable), ne reçut aucun châtiment de son insubordination; mais Marie fut
frappée de la lèpre. Le souverain sacrificateur reconnut aussitôt la faute
qu'il avait commise, il demanda son pardon et celui de sa sœur, implorant avec
instance la guérison de cette dernière, Nombres 12. Quelque temps après, Coré
et ses complices portant à leur tour envie au souverain sacrificateur, voulurent
s'ingérer dans les fonctions du sacerdoce. Le Seigneur ayant détruit
miraculeusement ces rebelles, le peuple s'éleva contre les deux frères comme
s'ils eussent été les meurtriers de Coré et des siens; mais le châtiment ne se
fit pas attendre, et l'Éternel envoya sur eux un fléau qui menaça de détruire
la congrégation toute entière. Aaron, dont les prières avaient déjà arrêté le
bras de Dieu lorsqu'il frappait les premiers coupables, sauva encore, au péril
de sa vie, ses frères si ingrats et si injustes envers lui. Il court entre les
vivants et les morts, l'encensoir à la main; il fait propitiation pour leurs
péchés, et le fléau s'arrête. En récompense de sa charité, et pour couper court
à toute contestation future sur les fonctions sacerdotales, Dieu confirme Aaron
dans son office, en faisant fleurir la branche d'amandier qu'il avait déposée
dans le tabernacle, tandis que celles qu'y avaient placées les onze autres
tribus demeurèrent sèches et stériles, Nombres 16 et 17.
Il n'est plus reparlé d'Aaron jusqu'à la journée de
Méribah, en laquelle lui et Moïse péchèrent par un manque de confiance en
l'Éternel. Pour punir cette offense et pour montrer que la sacrificature
lévitique n'était pas capable d'introduire les hommes dans l'héritage céleste,
Dieu déclara qu'Aaron n'entrerait pas dans la terre promise. Aussi, bientôt,
pendant le campement de Motséra, Aaron, sur l'ordre de Dieu, monta sur le mont
Hor, où Moïse le dépouilla de ses vêtements sacerdotaux, dont il revêtit son
fils Éléazar; puis il mourut âgé de cent vingt-trois ans. Son fils et son frère
l'ensevelirent dans une grotte, et le peuple mena deuil pendant trente jours;
Nombres 10. Deutéronome 10:6. Sa postérité reçut le nom de Aaronites, et devint
si nombreuse que treize villes lui furent données en héritage dans les tribus
de Juda et de Benjamin. 1 Chroniques 12:27; 6:54-60; Josué 21:13-19. Le nom
d'Aaron accompagne presque toujours les mentions qui sont faites de sa race
dans l'Écriture; il se trouve encore cité Josué 24:5; 1 Samuel 12:6; Psaumes
77:21; 99:6; 105:26; 118:3; 133:2; Michée 6:4; Actes 7:40; Hébreux 5:4; 7:11;
9:4.
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AB,
un des mois de l'année juive; il ne se trouve pas dans
la Bible,
— Voir: Mois.
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ABADDON
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(destruction), nom hébreu de celui qui est aussi
appelé Apollyon (grec, destructeur). C'est l'ange de l'abîme, le roi des
sauterelles, Apocalypse 9:11. Il semblerait que son nom nous soit donné en
hébreu et en grec pour indiquer qu'il étendra ses ravages sur les Juifs et sur
les Gentils.
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ABANA et Parpar,
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deux rivières ou fleuves de Syrie, que Naaman le
lépreux estimait plus propres à le guérir que toutes les eaux d'Israël, 2 Rois
5:12. Abana est probablement le Barrady ou Chrysorrhoas qui, venant du Liban,
coule doucement vers le sud, et après un cours de quelques lieues, se divise en
trois branches; la plus considérable, celle du milieu, traverse la ville de
Damas, les deux autres l'entourent et en fertilisent les magnifiques jardins.
Ces trois rivières se réunissent de nouveau vers le sud et vont, après un cours
d'environ 22 kilomètres, se perdre dans les sables du désert. Maundrel et Benjamin
de Tudéla pensent que le bras du fleuve qui traverse la ville est l'Abana, et
que les deux bras qui parcourent les jardins portaient l'un et l'autre le nom
de Parpar; cependant il est plus probable qu'il faut entendre par ce dernier
l'Orontes, la plus considérable des rivières de Syrie, qui, prenant sa source
un peu au nord ou nord-est de Damas, coule à travers une plaine délicieuse,
passe à Antioche, et après un cours nord-ouest d'environ 300 kilomètres, va se
jeter dans la Méditerranée.
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ABARIM
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(les passages), nom d'une chaîne de montagnes
rocailleuses qui s'étendent à l'est de la mer Morte, au sud et au nord de
l'Arnon, entre le grand désert et le plateau habité par les Moabites. Elles
portent aujourd'hui les noms de Orokarayeh, Tarfouyeh et Ghoweytheh. Les
Israélites, en venant du sud, sous la conduite de Moïse, longèrent d'abord la
partie méridionale de cette chaîne de montagnes, qu'ils laissèrent à gauche,
passèrent le Zéred et l'Arnon, qui partagent ces montagnes dans la direction de
l'est à l'ouest, et vinrent camper dans la partie septentrionale de ces monts,
au pied du Nébo. Cf. Nombres 21:11-13; 33:44-47; Deutéronome 2:18,24; Juges
11:18, et articles Nébo, Pisga et Péhor.
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ABBA
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(syr., père). Plusieurs mots hébreux ont été conservés
par les auteurs du Nouveau Testament, quoiqu'ils écrivissent en grec; tels sont
Abba, Hosanna, Jéhovah, Sabbat, Alléluia, etc.: d'où l'on peut conclure que ces
mots exprimaient des idées difficiles à rendre dans une autre langue. C'est
ainsi que le mot Abba ne répond pas simplement à l'idée de père, mais il
renferme encore ce quelque chose de tendre et de familier qui se trouve dans
l'expression d'amour et de confiance d'un petit enfant envers ses parents. Au
plus fort de ses souffrances en Gethsémané, notre Sauveur s'adresse au Père en
l'appelant Abba, Père, Marc 14:36. Et saint Paul voulant faire comprendre aux Romains
les glorieux privilèges qui sont attachés à leur nouvelle qualité de membres de
l'Église chrétienne, leur dit qu'ils ont reçu l'esprit d'adoption par lequel
ils crient «Abba, Père», c'est-à-dire qu'ils sont avec lui dans les relations
les plus intimes; Romains 8:15; cf. Galates 4:6.
— On a fait la remarque bien juste que dans toutes les
langues les premiers bégaiements des enfants ont une étonnante ressemblance
avec l'Abba des Hébreux.
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ABDIAS
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(serviteur de l'Éternel) (avant J.-C. 904).
1. Intendant
d'Achab roi d'Israël, au temps d'Élie. Pendant que la méchante Jézabel
exterminait les prophètes, cet homme pieux préserva de la mort cent d'entre
eux, qu'il cacha dans deux cavernes et qu'il nourrit secrètement aussi
longtemps que dura la persécution. Plus tard, il entra comme serviteur dans la
maison d'Achab, qui lui accorda, sinon son affection, du moins sa confiance.
Pendant que la famine prédite par Élie désolait le pays, Abdias fut envoyé par
son maître pour chercher auprès des sources et des fontaines un peu d'herbe
pour les chevaux du roi. Dans une de ses courses il rencontra Élie, qui voulut
l'envoyer auprès d'Achab pour lui annoncer son arrivée. Abdias craignant que, pendant
qu'il ferait son message, Élie ne fût transporté ailleurs, et lui-même mis à
mort pour avoir trompé ce roi cruel, hésita d'abord à se charger d'une mission
aussi dangereuse; mais le prophète l'ayant rassuré, Abdias se rendit auprès
d'Achab et lui raconta son entrevue. Cet homme fut sans doute un des 7,000 qui
ne fléchirent point le genou devant Bahal; mais on n'a pas d'autres détails sur
sa vie. Quelques-uns l'identifient avec celui des petits prophètes qui porte ce
nom; d'autres ajoutent qu'il était l'époux de la Sunamite chez laquelle logeait
Élisée, et que c'est lui qui fut le troisième centenier envoyé par Achazia pour
se saisir d'Élie au mont Carmel; mais ces traditions ne reposent sur aucun
fondement solide.
2. Abdias,
le quatrième des petits prophètes, et l'auteur du livre le plus court de
l'Ancien Testament. Son nom revient fréquemment dans les Chroniques, mais avec
des détails trop vagues pour que l'on puisse y reconnaître le prophète. On ne
sait rien de sa famille ni de son histoire; l'époque même à laquelle il vécut
est incertaine. On s'accorde généralement à penser qu'il prophétisa entre la
prise de Jérusalem (587 avant J.-C.) et la destruction des Iduméens par
Nébucadnetsar (583). Il aurait donc été contemporain de Jérémie, qui semble avoir
répété et reproduit une partie de ses prophéties; cf. Jérémie 49:14-16,7-10; et
Abdias 1-9.
— Les seize premiers versets annoncent la destruction
des Édomites, à cause de leur orgueil, de la joie maligne qu'ils témoignèrent
lors de la chute de Jérusalem, et de leur lâcheté à augmenter les malheurs des
vaincus en cherchant à en faire leur profit. Depuis le verset 17, le prophète
annonce le rétablissement d'Israël et le relèvement de Jacob. Luther fait
remarquer que ce livre est particulièrement consolant pour ceux qui ont, comme
les Israélites, à gémir de la haine ou des insultes de leurs proches. Les
oracles d'Abdias s'accomplirent probablement en partie sous Nébucadnetsar qui,
cinq ans environ après la prise de Jérusalem, se leva contre les nations limitrophes
de la Judée; en partie sous les Maccabées.
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ABED-NÉGO ou Habed-Négo,
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(606 avant J.-C.) ou Habed-Négo, nom chaldéen que
l'officier du roi de Babylone donna à Hazaria, l'un des trois compagnons de
Daniel, Daniel 1:7. Ce nom signifie serviteur de Négo, le soleil, ou l'étoile
du matin, ainsi nommée à cause de son éclat (hébreu nagah, briller). Négo
(négro): signifie: celui qui est brûlé, le noir, le brillant, un des noms de Nimrod,
fondateur de Babylone. Jeune encore il fut transporté à Babylone avec Daniel,
Hanania et Misaël, et tous les quatre, à la cour du grand roi, préférèrent
l'abstinence et le jeûne aux repas somptueux qu'on leur destinait. Ils vécurent
ainsi trois ans, et crûrent en beauté extérieure et en sagesse; leur science
fit leur renommée, et sur la recommandation de Daniel, ses trois jeunes
compagnons furent établis gouverneurs de Babylone, Daniel 2:49. De pareils
succès firent des jaloux, et lorsque Nébucadnetsar eut élevé dans la plaine de
Dura la haute statue que tous les grands seigneurs devaient adorer, Daniel 3,
on accusa Sadrac, Mésac, et Abed-Négo de ne s'être point prosternés. Sur leur
refus réitéré de le faire, ils furent jetés dans une fournaise si ardente que
leurs bourreaux en furent consumés; mais eux n'en reçurent aucun mal, selon
qu'ils l'avaient annoncé au roi idolâtre: «Voici, notre Dieu peut nous
délivrer, et il nous délivrera de ta main.» Nébucadnetsar, confondu en voyant
les trois condamnés se promener au milieu des flammes avec un quatrième
personnage semblable à un fils de Dieu, les appela hors de la fournaise: pas un
de leurs cheveux n'était brûlé, leurs vêtements n'étaient point changés, et
l'odeur du feu n'avait pas même passé sur eux. Une si éclatante délivrance
augmenta le crédit dont ils jouissaient, et confondit leurs ennemis.
Le mot de Nébucadnetsar: «La forme du quatrième est
semblable à un fils de Dieu», (la bonne traduction est: «semblable au Fils de
Dieu»), prouve que les nations païennes d'alors, surtout celles qui se
trouvaient en rapport avec les Juifs, n'ignoraient pas les promesses relatives
au Messie. Quelle vive représentation n'avons-nous pas d'ailleurs ici, de ce
salut accompli par le Fils de Dieu! Il a pris la forme d'un serviteur, il a
marché dans la fournaise ardente de la colère de Dieu, et il en délivre les
membres de son Église, sans que même une étincelle puisse les atteindre.
— Le commencement du verset Hébreux 11:34 est très
probablement une allusion à la conservation miraculeuse de ces trois jeunes
fidèles.
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ABEILLES.
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Elles ont toujours été et sont encore très nombreuses
en Orient. On en élève beaucoup dans des ruches; les forêts et les campagnes
sont remplies d'abeilles sauvages. Le pays de Canaan était particulièrement
riche sous ce rapport, de sorte que la dénomination de pays découlant de miel,
serait presque littéralement exacte; car les abeilles sauvages s'établissent
dans les fentes des rochers, sur les buissons, sur les arbres, dans tous les
trous ou ouvertures qui leur conviennent, pour y construire leurs rayons, et la
grande chaleur de ces contrées fait fondre et répand tout à l'entour le miel
renfermé dans leurs cellules.
— Voir: Miel.
Juges 14:8, nos traductions parlent d'abeilles
établies dans la charogne d'un lion: il faut lire «dans la carcasse», car les
abeilles fuient toute odeur forte, et notamment toute odeur de putréfaction;
mais elles se plaisent à bâtir leurs rayons dans les carcasses desséchées et
décharnées des animaux, qui sont pour elles des ruches commodes et toutes
faites.
Il suit de Ésaïe 7:18 et suivant qu'on avait alors
déjà des abeilles en ruches; car ce passage contient une allusion à la coutume
de faire sortir les abeilles pour les envoyer dans les champs, et de les
rappeler à l'approche d'un orage ou à la chute du jour, ce qu'on faisait en
sifflant. C'est ainsi que l'Éternel menace de réunir les ennemis de Juda de
tous les côtés, quelque éloignés qu'ils puissent être, et d'en composer une
armée formidable, acharnée, irrésistible. Les abeilles, en Orient, surtout les
abeilles sauvages, sont beaucoup plus irascibles que chez nous; leur piqûre est
plus brûlante et plus dangereuse, et l'Écriture sainte tire souvent ses
comparaisons des abeilles pour désigner des armées ennemies. Moïse, Deutéronome
1:44, compare aux abeilles les Amorrhéens, le plus acharné de tous les peuples
cananéens contre les Israélites, qu'il attaquait avec fureur et sans relâche,
— Voir: aussi Psaumes 118:12.
L'abeille était au nombre des animaux déclarés impurs
par la loi cérémonielle. Lévitique 11:20,23.
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ABEL,
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Genèse 4, le second fils du premier couple humain,
naquit probablement la 2e ou 3e année du monde; d'autres disent la 15e et même
la 30e année; on ne possède aucune donnée sur ces dates. Certains commentateurs
ont examiné la question de savoir si Caïn et Abel étaient frères jumeaux (c'est
entre autres l'opinion de Calvin), ou si étant nés en des années différentes,
ils ont eu chacun une sœur jumelle, questions qui n'ont évidemment aucune
importance.
— Ses parents le nommèrent Abel (hébreu habél),
c'est-à-dire vanité, peut-être pour marquer leur conviction que depuis la chute
toutes les jouissances terrestres n'étaient que passagères. Entre «les diverses
manières dont Dieu a parlé à nos pères par les prophètes», Hébreux 1:1, les
noms prophétiques donnés à certains hommes par inspiration ne sont pas une des moins
remarquables. (Abel: littéralement Abba-El ou Dieu le Père, avec la notion
d'être insignifiant.)
— Abel fut le premier sur lequel s'exécuta cette
sentence de malédiction: «Tu es poudre, et tu retourneras en poudre»; il est
aussi le premier que l'on puisse citer à l'appui de la déclaration du
Psalmiste: «Certainement l'homme se promène parmi ce qui n'a que l'apparence;
ce n'est que pure vanité de tout homme, quoiqu'il soit debout» Psaumes 39:5-6.
— Abel était berger et Caïn laboureur; c'était
l'accomplissement de cette autre partie de la malédiction: «Tu mangeras ton
pain à la sueur de ton visage.» Bien qu'héritiers de l'empire du monde, ils
devaient gagner leur subsistance par le travail. (Ëtre berger signifie aussi
«être pasteur» et prendre soin des brebis du Seigneur. Il est fort possible que
cela était le rôle primordial d'Abel dans cette période obscure de la
pré-histoire.)
— L'auteur inspiré décrit en peu de mots, mais d'une
manière bien propre à fixer l'attention, le culte qu'ils rendaient à l'Éternel.
«Or, il arriva qu'au bout de quelque temps... Abel offrit des premiers-nés de
son troupeau et de leur graisse. «Ce passage, rapproché de Hébreux 11:4, montre
en quoi consistait l'adoration des premiers temps. Plein de foi dans le Messie
promis, dans cette postérité de la femme qui devait détruire les œuvres du
diable, Abel offrit son oblation. Ces deux circonstances, le choix qu'il fit
dans son troupeau (les premiers-nés), et la partie de l'animal dont il composa
surtout son offrande, montrent l'idée relevée qu'il se faisait de celui auquel
il regardait par la foi; ce sacrifice offert à Dieu était l'ombre ou la
représentation des souffrances et de la mort de Christ pour les coupables. Dieu
eut égard à Abel et à son oblation. Pourquoi? Quelques commentateurs ont mis en
avant diverses conjectures, et ont vu soit dans la composition, soit dans la
nature même des sacrifices, le motif de la différence que Dieu fit entre celui
d'Abel et celui de Caïn. La meilleure réponse à cette question se trouve dans
le passage déjà cité, Hébreux 11:4. L'offrande d'Abel fut plus agréable que
celle de Caïn, parce qu'il l'offrit avec foi. La manière dont Dieu manifesta sa
préférence pour Abel n'est pas indiquée; on ne sait pas si le feu du ciel
consuma son offrande, s'il y eut vision ou simple révélation intérieure. Quoi
qu'il en soit, Caïn, jaloux et irrité, fut rempli de cette haine que l'Apôtre
décrit avec tant de force, Jean 8:44 et 1 Jean 3:12. Abel fut le premier martyr
de sa foi, et cette histoire des premiers frères ennemis est demeurée dans tous
les âges comme un exemple terrible des résultats auxquels peuvent conduire
l'envie et la colère.
Abel, quoique mort, parle encore; il est mis au nombre
de ceux qui obtinrent un bon témoignage par la foi, de ceux dont nous devons
imiter la foi et la patience. Il est mort victime du malin, et type de celui
qui a souffert par excellence. Le sang de l'aspersion prononce de meilleures
choses que celui d'Abel, Hébreux 12:24; celui-ci criait vengeance, celui de
Christ apporte la paix; mais si le sang d'Abel fut vengé jusqu'à sept fois sur
Caïn, combien le sang de Christ ne pèsera-t-il pas avec plus de force sur ceux
qui le crucifièrent? Et si le sang d'Abel le juste a été redemandé à la
génération qui rejeta le Seigneur, Matthieu 23:34-38, quels terribles
châtiments ne sont pas réservés à ceux qui ont immolé tant de martyrs à leur
haine pour le Juste, Jacques 5:6. Jésus, l'anti-type d'Abel, le chef et le
sauveur des martyrs. Cf. Apocalypse 1:5, etc.
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ABEL
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(prairie, plaine, et deuil), nom propre de plusieurs
villes ou places de la Palestine, ordinairement accompagnées d'une épithète.
— Abel-Beth-Mahaca (ou Abel-Majim, plaine des eaux, 2
Chroniques 16:4) ville forte et assez considérable, située vers la partie
méridionale du mont Liban, au nord du lac Mérom, aux environs de Dan, de Hatsor
et de Kédès; elle appartenait probablement à la tribu de Nephthali. Sébah, fils
de Bicri, s'y réfugia, lorsqu'il était poursuivi par les troupes de David.
D'après les conseils d'une femme prudente, et pour échapper au siège terrible
dont Joab les menaçait, les habitants firent périr le rebelle et jetèrent sa
tête hors de la ville par-dessus la muraille, 2 Samuel 20:14-18.
— Environ 80 ans après, Ben-Hadad, roi de Syrie, prit
cette place et la dévasta, 1 Rois 15:20. Deux siècles plus tard Tiglath-Piléser
s'en empara de même, et en transporta les habitants captifs en Assyrie, 2 Rois
15:29. Cette ville fut rebâtie par la suite, et devint le chef-lieu de
l'Abilène.
— Voir: Mahaca.
— Abel-Kéramim (plaine des vignes), bourg situé à
l'est du Jourdain, à 10 kilomètres de Rabbath, capitale des Ammonites. C'est
jusque-là que Jephthé poursuivit ses ennemis vaincus, Juges 11:33.
— Abel-Méholah (plaine de la danse), ville de la tribu
d'Issachar, à 25 kilomètres environ au sud de Beth-Séan, 1 Rois 4:12; ce fut
près de là que Gédéon défit miraculeusement les Madianites, Juges 7:22. La
principale gloire de cette localité est d'avoir été la patrie du prophète
Élisée, 1 Rois 19:16.
— Abel-Mitsraïm (deuil des Égyptiens), aussi nommé
l'Aire-d'Atad, Genèse 50:10-11. Ce fut là que les Égyptiens firent le deuil de
Jacob, lorsqu'on transporta son corps à Macpélah. Selon saint Jérôme, c'est le
même endroit près de Jérico, à 3 ou 4 kilomètres du Jourdain, qui, plus tard,
reçut le nom de Beth-Agla.
— Abel-Sittim (plaine des acacias), à 14 kilomètres
est du Jourdain, vis-à-vis de Jérico, dans le pays de Moab et près du mont
Péhor. Cette ville s'appelle quelquefois simplement Sittim, Nombres 25:1; Josué
3:1. C'est là que les Hébreux campèrent peu avant la mort de Moïse; ils y
tombèrent dans l'idolâtrie et dans la souillure par la séduction des Moabites,
et surtout par celle des femmes madianites. Punis par la mort de 24,000 d'entre
eux en un seul jour, leurs lamentations firent peut-être donner à cet endroit
le nom d'Abel, qui signifierait alors deuil de Sittim, Nombres 33:48-49.
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ABI
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(mon père).
1. Fille
de Zacharie, épouse d'Achaz, et mère d'Ézéchias, 2 Rois 18:2; elle s'appelle
Abija, 2 Chroniques 29:1.
2. Surnom
de Hiram, q. y.
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ABIA,
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— Voir: Abija.
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ABIASAPH
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(un père consumant), fils ou petit-fils de Coré, Exode
6,24; 1 Chroniques 6:23.
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ABIATHAR
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(père excellent), le dixième des souverains
sacrificateurs depuis Aaron, et le quatrième depuis Héli. Quand Saül, à Nob,
fit mourir Ahimélec son père et les autres sacrificateurs, Abiathar échappa
seul et s'enfuit au désert auprès de David, 1 Samuel 22. Il emporta l'Éphod
avec lui dans sa fuite, et put servir de sacrificateur à l'armée de David; nous
le voyons en effet consulter l'Éternel à Kéhila et à Tsiklag, 1 Samuel 23:9;
30:7. Pendant ce temps Saül, en haine d'Ahimélec qu'il croyait avoir trahi ses
intérêts, avait conféré le sacerdoce à Tsadoc, de la branche d'Éléazar; lorsque
David monta sur le trône il ne renversa point Tsadoc, mais il lui adjoignit
Abiathar qu'il voulait récompenser de sa fidélité, 2 Samuel 20:25: il y eut
donc deux sacrificateurs tout le temps de son règne. Abiathar présida aux
cérémonies qui accompagnèrent le retour de l'arche, demeurée jusqu'alors chez
Hobed-Édom, 15:24; il resta fidèle à David pendant la révolte d'Absalon, 15:35;
17:15, calma les esprits après que les troubles eurent cessé, 19:11; puis, par
une triste et inconcevable contradiction, se joignit au parti du conspirateur
Adonija, 1 Rois 1:7, et trahit dans sa vieillesse son vieil ami, son vieux roi.
David ne le punit point lui-même, mais Salomon, tout en lui taisant grâce de la
vie, le priva de son office et le relégua à Hanathoth, 2:26-27. C'est ainsi que
la famille d'Héli se vit à jamais exclue du souverain sacerdoce, comme Dieu le
lui avait annoncé, 1 Samuel 2:30-31,36. La sacrificature rentra dès-lors dans
la famille d'Éléazar, fils aîné d'Aaron, dont elle était sortie pour passer par
Héli dans la branche d'Ithamar.
Le nom d'Abimélec, 1 Chroniques 18:16, et celui
d'Ahimélec, 2 Samuel 8:17, désignent dans ces deux passages le fils d'Abiathar,
et non son père. Cela peut s'expliquer ou par une transposition du copiste, ou
par le fait assez probable que le père et le fils auraient eu l'un et l'autre
le double nom d'Abiathar et d'Ahimélec. (Dans le passage des Chroniques, il est
possible encore qu'il faille lire Ahimélec au lieu de Abimélec.) Le nom
d'Abiathar, Marc 2:26; cf. 1 Samuel 21:1, désignerait alors son père; mais il
pourrait cependant aussi se rapporter au fils, car il est certain qu'il vivait
alors, et son nom se trouverait là comme indication de l'époque (au temps
d'Abiathar), parce qu'il était plus connu que son père.
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ABIB ou Nisan,
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(ou Nisan, Néhémie 2:1; Esther 3:7), premier mois de
l'année religieuse, et 7e de l'année civile des Juifs; il était de trente jours
et correspondait à notre mois de mars (fin de mars et commencement d'avril). Ce
mot signifie «fruit mûr ou mûrissant»; nos versions le traduisent par «au mois
que les épis mûrissent», Exode 13:4; 23:15; Deutéronome 16:1. C'est dans ce
mois que les Juifs commençaient leurs moissons: le 10e jour on mettait à part
l'agneau de Pâque, le 14e on le mangeait; pendant les sept jours suivants on
observait les pains sans levain, et le dernier de ces sept jours avait lieu une
convocation solennelle, Exode 12 et 13. Le 15 du mois ils cueillaient la gerbe
des prémices de l'orge, et ils l'offraient le lendemain, après quoi ils
pouvaient commencer la moisson, Lévitique 23:14. Le 29, ils demandaient, par
des prières publiques, les pluies de l'arrière-saison.
— Les Juifs modernes observent encore plusieurs jeûnes
pendant ce mois: le 1er pour la mort de Nadab et d'Abihu, le 10 pour la mort de
Marie, sœur de Moïse, et le 27 pour la mort de Josué.
— Voir: Année, Mois, etc.
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ABIDAN,
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chef de la tribu de Benjamin dans le désert, Nombres
1:11.
— Voir: Tribu.
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ABIEL
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(mon père est Dieu), 1 Samuel 9:1, appelé aussi
Jéhiel, 1 Chroniques 9:35-36; père de Kis et de Ner, grand-père de Saül.
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ABIGAÏL
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(joie de mon père), femme de bon sens et belle de
visage, 1 Samuel 25:3, ayant appris la manière dont le riche Nabal, son époux,
avait traité les serviteurs de David en fuite qui, à l'époque de la tonte des
brebis, étaient venus lui demander quelques provisions pour leur maître, se
hâta de réparer le mal que Nabal avait fait. Elle se rappelait que David avait
protégé dans le désert de Paran et sur le Carmel de Juda les troupeaux de son
mari; elle savait d'ailleurs que David était assez fort pour châtier
l'insolence de Nabal: sans consulter personne elle fait une ample provision de
vivres, qu'elle met sur des ânes, et descend, accompagnée de quelques
serviteurs, à la rencontre de David qui s'approchait. Ses présents et ses
paroles pleines de sagesse lui gagnèrent l'estime de David, qui consentit à
pardonner à Nabal. Heureuse de ce qu'elle avait fait, Abigaïl retourna sur la
montagne auprès de son mari, et lui raconta le lendemain le danger dont elle
l'avait préservé. Peu de jours après Nabal étant mort, elle épousa David, le
suivit à Gath, 27:3, fut prise à Tsiklag, resta prisonnière jusqu'après la
victoire de David sur les Hamalécites, 30:5,18; et le suivit à Hébron, 2 Samuel
2:2. Elle n'eut de David qu'un seul fils, nommé Kiléab, 2 Samuel 2:3, et Daniel
1 Chroniques 3:1.
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ABIHAÏL
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(la force de mon père).
1. Fils
de Huri et père de Micaël, Messulam et quelques autres, 1 Chroniques 5:14.
2. Père
de Zariel de la famille de Mérari. Nombres 3:35.
3. Père
d'Ester et oncle de Mardochée, Esther 2:15; 9:29.
4. Fille
d'Éliab, frère de David, et femme de Roboam roi de Juda, 2 Chroniques 11:18.
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ABIHALBON
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(père d'intelligence), natif d'Arbath, un des
vaillants guerriers de David, 2 Samuel 23:31.
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ABIHU
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(mon père lui-même) fils d'Aaron le souverain
sacrificateur, et d'Élisébah, Exode 6:23, fut consumé avec son frère Nadab par
le feu de l'Éternel (la foudre ou une flamme sortie de l'autel?), parce qu'ils
avaient offert l'encens avec du feu pris ailleurs que sur l'autel des
holocaustes (1490 avant J.-C.);
— Voir: l'article Autel.
Cet événement terrible et souvent rappelé, Lévitique
10:1; 16:1. Nombres 3:4; 26:61; 1 Chroniques 24:2, eut lieu peu de jours après
la dédicace du tabernacle et la consécration d'Aaron et de ses fils, peu de
jours après qu'ils eurent été admis à l'insigne faveur de voir le Dieu
d'Israël, Exode 24:9-10. De la défense qui est faite immédiatement après aux
sacrificateurs de boire du vin, l'on peut supposer que les deux frères étaient
dans un état d'ivresse lorsqu'ils se présentèrent devant l'Éternel pour
officier. Quelques commentateurs prétendent qu'il n'y avait au fond rien de
très criminel dans la conduite des deux fils d'Aaron, mais qu'ils furent punis
avec cette sévérité pour apprendre aux ministres du Seigneur l'exactitude et la
fidélité qu'ils doivent mettre dans l'exercice de leurs fonctions. On peut y
voir cependant une instruction plus grande encore: c'est un exemple éclatant de
la colère divine contre ceux qui prétendent servir Dieu autrement qu'il ne l'a
commandé, et qui vont allumer leur encens ailleurs que sur l'autel sur lequel
s'est offerte la victime qui sauve les pécheurs et sanctifie leur culte.
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ABIJA ou Abia,
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(l'Éternel est mon père).
1. Second
fils de Samuel et frère de Joël ou Vasni, 1 Samuel 8:2; 1 Chroniques 6;28.
Samuel leur ayant confié l'administration de la justice et le gouvernement du
peuple, ils s'acquittèrent si mal de leurs fonctions, se détournant après le
gain déshonnête et recevant des présents, que les Israélites y trouvèrent un
prétexte pour demander un roi (1095 avant J.-C.).
2. Abija
ou Abia, 1 Chroniques 24:10; Luc 1:5, descendant d'Ithamar, se trouva le chef
du huitième ordre de sacrificateurs, lorsque David en fit la distribution en
vingt-quatre classes (1016 avant J.-C.).
3. Abija,
fils de Jéroboam le premier roi des dix tribus, étant tombé dangereusement
malade, sa mère se rendit auprès du prophète Ahija pour l'interroger. Ahija
l'ayant reconnue à travers son déguisement lui annonça la mort de son enfant;
il ajouta que seul de sa famille il recevrait les honneurs de la sépulture et
serait pleuré d'Israël, mais que tous les autres seraient mangés des chiens ou
dévorés par les oiseaux, en punition de l'ingratitude et de l'impiété de
Jéroboam. La parole du prophète fut accomplie; Abija mourut au moment où sa mère,
de retour, franchissait le seuil du palais. (954 avant J.-C.) Il fut retiré de
devant le mal, et sa mort ne fut un châtiment que pour son père.
4. Abija,
1 Chroniques 3:10; 2 Chroniques 13:1; ou Abijam, 1 Rois 15:1, fils de Roboam et
de Mahaca, succéda à son père sur le trône de Juda, dont il fut le second roi
depuis la séparation des dix tribus. Abija n'était sans doute pas l'aîné des
nombreux enfants de Roboam; mais il était le fils de l'épouse préférée, et ce
fut cette raison qui l'éleva au-dessus de ses frères, 2 Chroniques 11:21-22. Il
descendait de David par son père et par sa mère, mais dans les trois années de
son règne (957-955) il suivit le mauvais train de son père, et mourut en paix
au milieu de ses 18 femmes et de ses 60 concubines. Hiddo le prophète a
recueilli non seulement ses actions, mais plusieurs de ses paroles, 2
Chroniques 13:22, ce qui permet de croire qu'il avait des talents et de
l'esprit; d'ailleurs son discours, 2 Chroniques 13, montre une grande finesse
et beaucoup d'habileté. Il fut en guerre pendant sa vie avec Jéroboam roi
d'Israël; ce dernier vint avec 800,000 hommes contre Abija, qui n'en avait que
400,000. Abija s'était campé dans les montagnes d'Éphraïm, à peu près là où fut
bâtie depuis la ville de Samarie. Pendant qu'il haranguait ses troupes et qu'il
les engageait au nom de l'Éternel à monter hardiment contre leur ennemi
adorateur des faux dieux, Jéroboam, joignant la ruse à la force, dressait des
embûches à ceux de Juda et envoyait ses troupes pour les cerner de toutes
parts. Mais l'Éternel combattit avec le descendant de David, ceux de Juda
poussèrent un cri de joie, les trompettes sacrées se firent entendre, et Abija
fut vainqueur. Jéroboam fut humilié pour tout le temps que le fils de Roboam
fut sur le trône.
— Quant à l'énormité des chiffres indiquant le nombre
des hommes d'armes.
— Voir: articles Armées et Nombres.
5. Abija,
fille de Zacharie, femme d'Achas, et mère d'Ézéchias, 2 Chroniques 29:1.
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ABIJAM,
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— Voir: l'article précédant.
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ABILÈNE,
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beau défilé et petit canton de la Syrie, situé au
Nord-Ouest de Damas, entre le Liban et l'Anti-Liban, ainsi nommé de sa capitale
Abila dont parlent Ptolémée, Polybe et Flavius Josèphe, et qu'il ne faut pas
confondre avec une autre Abila dont les ruines se trouvent encore aujourd'hui
en Décapolis. Ni l'une ni l'autre de ces deux villes n'est mentionnée dans la
Bible; mais Luc 3:1, nous parle de la province d'Abilène, comme étant une des
quatre tétrarchies, gouvernées par des princes indigènes, mais sous la tutelle
des Romains. Lysanias en était le gouverneur dans la quinzième année de Tibère,
lorsque Jean-Baptiste commença l'exercice de son ministère. L'histoire de cette
petite province est peu connue, parce que ce n'est qu'en passant que les
auteurs la mentionnent.
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ABIMAËL,
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fils de Joktan et patriarche d'une tribu arabe, Genèse
10:28. Les savants ont fait beaucoup de recherches pour trouver les traces
d'une ville ou d'une province de ce nom. Ptolémée et Abulféda parlent d'un
endroit nommé Mani près de la Mecque. Théophraste mentionne une tribu Mali (ou
Mani) dans les mêmes contrées; peut-être ces noms pourront-ils nous diriger
dans la recherche des descendants d'Abimaël.
— Voir: Sem.
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ABÎME.
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L'Écriture donne ce nom à l'enfer, Luc 8:31; Romains
10:7; Apocalypse 9:1; 11:7, etc.; aux profondeurs de la mer, Genèse 7:11; Exode
15:5, etc., et au chaos sur lequel l'Esprit de Dieu se mouvait à l'origine du
monde, au milieu des ténèbres, Genèse 1:2. C'est dans l'abîme que l'Écriture
nous montre les trépassés, Proverbes 15:24; Psaumes 71:20; et notamment les
rois orgueilleux et cruels qui se sont élevés contre le peuple de Dieu: ceux de
Babylone, Ésaïe 14:9, ceux de Tyr, Ézéchiel 26:19, ceux d'Égypte, ib. 31:18;
32:19.
L'Apocalypse appelle abîme la demeure des impies, des
démons et de Satan. Dans l'opinion des Hébreux, Ecclésiaste 1:7, les sources et
les rivières venaient de l'abîme ou de la mer; elles en jaillissaient par des
canaux invisibles et y retournaient en suivant les lits qu'elles s'étaient
creusés. Au moment du déluge les fontaines du grand abîme furent rompues et
franchirent les limites qui leur étaient assignées, Proverbes 8:28-29; les
sources forcèrent leurs digues et se répandirent sur la terre, en même temps
que les bondes du ciel éclataient pour inonder le monde pécheur, Genèse 7:11.
— Voir: Déluge.
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ABIMÉLEC
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(mon père est roi).
1. Roi
des Philistins. Ayant été frappé de la beauté de Sara femme d'Abraham qui était
venu se fixer à Guérar, et croyant d'après ce qu'Abraham lui avait dit qu'elle
n'était que sa sœur, il l'enleva et la prit chez lui dans l'intention d'en
faire sa femme. Dieu ne permit pas que ce mariage s'accomplît; il apparut en
songe à Abimélec et le menaça d'une mort soudaine s'il ne renvoyait cette femme
à son mari: déjà même, en châtiment de ce péché d'ignorance, la famille et la
maison de ce prince toute entière avait été frappée de stérilité. Abimélec,
dont rien ne prouve qu'il fût idolâtre, s'excusa auprès de l'Éternel sur ce
qu'il avait été induit en erreur par Abraham, rendit à ce dernier sa femme en
le censurant à cause de son mensonge, lui fit un présent considérable, et lui
demanda de prier pour sa famille malade. Abimélec donna entre autres à Sara
mille pièces d'argent (environ 2600 fr.) pour acheter un voile dont elle pût
couvrir son visage encore éclatant de beauté malgré ses quatre-vingt-dix ans.
C'était à la fois reconnaître publiquement Sara comme l'épouse du patriarche,
et blâmer ce dernier pour la dissimulation dont il avait usé à son égard.
Abraham continua de demeurer à Guérar, et environ quatorze ans après, lors de
la naissance d'Isaac, Abimélec craignant la puissance toujours croissante de
son riche voisin, vint avec Picol, le général de ses troupes, lui proposer un
traité qui atteste le rang éminent du patriarche au milieu des nations, et
qu'Abraham s'empressa d'accepter (1897 avant J.-C.).
2. Abimélec,
fils et successeur du précédent à ce que l'on croit (1804 avant J.-C.), fut
trompé par Isaac comme son père l'avait été par Abraham: mais ayant aperçu de
sa fenêtre" quelques familiarités entre Isaac et Rébecca, il en conclut
qu'ils étaient dans des rapports plus intimes qu'ils ne le lui avaient avoué.
Il fit donc venir Isaac et lui reprocha la gravité de son mensonge. Isaac
n'allégua d'autre excuse que la beauté de sa femme et la crainte qu'il avait
eue qu'on ne le fît mourir afin de pouvoir s'emparer d'elle. Abimélec défendit
en conséquence à tous ses sujets, sous peine de mort, de faire aucun mal aux
deux époux. Mais comme Isaac s'enrichissait, et que sa prospérité excitait la
jalousie des Philistins, Abimélec l'engagea poliment à quitter son territoire;
Isaac se rendit d'abord dans la vallée de Guérar, puis à Béer-Sébah, où les
bénédictions divines continuèrent de s'attachera sa maison; ce qu'ayant vu
Abimélec, il se repentit de ce qu'il avait fait, et voulut renouveler avec
Isaac l'alliance qui avait existé entre leurs pères; il vint donc auprès de lui
avec Ahuzat son ami et Picol chef de son armée, et confirma solennellement
cette alliance à Béer-Sébah, où Isaac lui donna un grand festin, Genèse 26.
3. Le
nom d'Abimélec paraît avoir été celui des rois Philistins en général, comme
Pharaon celui des rois d'Égypte, et le Psaume 34, qui donne le nom d'Abimélec
au roi Akis, cf. 1 Samuel 21:10, en est une preuve convaincante.
— Voir: Akis.
4. Fils
illégitime de Gédéon; méchant, ambitieux et sanguinaire, il réussit, à force
d'énergie et d'habileté, dans les plans de destruction qu'il conçut contre ses
frères et contre les Sichémites. Il finit par trouver la mort sous les murs de
Tébets, qu'il assiégeait, et périt par la main d'une femme (1235 avant J.-C.).
5. —
Voir: Abiathar et Ahimélec.
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ABINADAD
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(mon père est prince, ou père d'un noble).
1. Lévite
de Kiriath-Jéharim dans la maison duquel l'arche rendue par les Philistins fut
déposée, et où elle resta pendant soixante-dix ans sous la garde de son fils
Éléazar (1116 avant J.-C.) 1 Samuel 7:1.
2. Fils
aîné d'Isaï et frère de David, 1 Samuel 16:8.
3. Fils
de Saül tué en Guilboah, 1 Samuel 31:2; 1 Chroniques 8:33; 10:2.
4. Inconnu,
dont le fils, un des douze commissaires d'Israël, épousa Taphath, fille de
Salomon, 1 Rois 4:11.
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ABIRAM
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(mon père est haut élevé).
1. Dathan
et Abiram, fils d'Éliab, conspirèrent avec Coré contre Moïse et Aaron: Coré,
par jalousie de famille peut-être; Dathan et Abiram, comme chefs de la tribu de
Ruben, qui aurait voulu voir tout le gouvernement d'Israël entre les mains du
premier-né de Jacob. Moïse ayant engagé le peuple à se retirer dans leurs
tentes, car un cas tout nouveau devait atteindre les rebelles, Abiram et Dathan
restèrent debout avec les leurs, dehors, pour braver l'Éternel; mais la terre
s'entr'ouvrit sous eux et les engloutit, eux, leurs familles, leurs adhérents
et leurs biens, Nombres 16, etc. Cet événement est rappelé Psaumes 106:17.
— Voir: Coré.
2. L'aîné
des fils de Hiel, de Béthel.
Il perdit la vie lorsque son père voulut rebâtir les
murs de Jérico, 1 Rois 16:34. Sa mort fut l'accomplissement d'une prophétie de
Josué 6:26.
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ABISAG
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(l'erreur de mon père)
jeune femme de Sunam, dans la tribu d'Issachar,
remarquable par sa grande beauté, et que les serviteurs de David donnèrent à
leur maître pour femme, lorsque, l'âge ayant diminué la chaleur vitale, le
vieux roi ne put plus trouver dans l'abondance des vêtements la chaleur dont il
avait besoin. Abisag s'attacha tendrement à lui et lui donna tous les soins
qu'une fille donnerait à son père. Après la mort de David, Adonija la demanda
en mariage, moins par amour sans doute que par ambition; mais Salomon ayant
démêlé les motifs qui le faisaient agir, et pensant avec raison qu'Adonija
voulait se frayer le chemin du trône en épousant la veuve du défunt roi, le fit
mettre à mort. (1013 avant J.-C.) 1 Rois 1:3; et suivant.
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ABISAÏ
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(récompense de mon père)
fils de Tséruia, soeur de David, 1 Chroniques 2:16,
vaillant guerrier qui fut des premiers à embrasser le parti de son oncle et qui
ne cessa jamais de lui être fidèle. Étant entré avec David dans la tente de
Saül, il sollicita la permission de tuer le tyran; mais David n'y voulut point
consentir, 1 Samuel 26:7,11. Il fit la guerre contre Is-Boseth, et poursuivit
vigoureusement l'ennemi dans sa fuite, 2 Samuel 2:18-24. Dans la guerre contre
les Iduméens il tailla en pièces 18,000 hommes, 1 Chroniques 18:12. Dans la
campagne contre les Syriens et les Hammonites, ce fut lui qui engagea le combat
avec ces derniers et qui les mit en déroute, 2 Samuel 10:10-14, et dans la
guerre des Philistins, il tua de sa propre main Jisbi-Bénob, géant fameux qui
était près de faire tomber David sous ses coups, 21:16-17. Une autre fois il
attaqua seul un corps de 300 hommes et les détruisit tous jusqu'au dernier,
23:18-19; 1 Chroniques 11:20-21. Irrité des insolences de Simhi, il l'aurait
frappé de son épée si David ne s'y fût opposé, 2 Samuel 16:9-11. Enfin il
commanda le tiers des troupes qui défirent Absalon, 18:2, et fut mis à la tête
des soldats de la maison du roi, qui poursuivirent Sébah, fils de Bicri,
20:6-7. On ignore l'époque et le genre de sa mort. Sa bravoure et sa force le
placèrent dans l'armée de David immédiatement après les trois plus grands
guerriers de ce prince. Le premier ordre ou la première liste était composée de
Jasobham, Éléazar et Samma; Abisaï forma avec Bénaja et Hazaël la seconde; on
sait que la troisième se composait de trente hommes, du moins d'après les
indications de 2 Samuel 23:23, car dans 1 Chroniques 11, le nombre de ces
guerriers est plus considérable, différence qui tient soit à ce que la première
de ces listes fut formée au commencement du règne de David, et la seconde à la
fin, soit peut-être à ce que la première fut plus tard complétée ensuite de
diverses réclamations. Ces catégories de guerriers étaient apparemment des
espèces d'ordres honorifiques semblables à ceux de la chevalerie.
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ABISUAH,
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Prêtres.
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ABIUD,
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Matthieu 1:13. Un des ancêtres de Jésus-Christ selon
la chair, et fils de Zorobabel, q.v.; on a cru le reconnaître dans le Hodaïvahu
de 1 Chroniques 3:24; d'autres n'y ont vu qu'un surnom signifiant père de Jude.
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ABLUTIONS,
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— Voir: Baptême.
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ABNER
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(lampe de mon père)
fils de Ner, cousin de Saül, 1 Samuel 14:50, et
général de ses troupes. Comme il était habituellement à l'armée et qu'il y
occupait une place importante, il n'est pas étonnant qu'il ne connût pas David
lorsque celui-ci vint à Soco et combattit Goliath, 1 Samuel 17:53-58; mais il
est plus difficile de concevoir qu'il gardât assez mal son maître pour que
David et Abisaï aient pu pénétrer dans le camp sans être aperçus, 26:5-14.
Après la mort de Saül, Is-Boseth son fils lui succéda et fut couronné par
Aimer, qui pendant sept ans soutint les prétentions de la famille déchue; mais
dans presque toutes les batailles il dut se retirer avec perte. Les troupes de
David et celles d'Is-Boseth s'étant rencontrées près de Gabaon, Abner eut la
barbarie de proposer, soit comme simple prélude, soit pour gagner du temps, un
combat singulier entre douze hommes de chaque parti. Les vingt-quatre
combattants se furent bientôt égorgés les uns les autres, une affreuse mêlée
s'ensuivit, et les troupes d'Abner furent mises en pleine déroute. Vivement
poursuivi par Hazaël, Abner frappa ce guerrier et retendit sur le carreau après
l'avoir d'abord vainement sollicité de s'éloigner; mais Joab et Abisaï, frères
d'Hazaël, n'en furent que plus acharnés à poursuivre l'armée ennemie; enfin, au
coucher du soleil, Abner demanda que le combat fût suspendu, et profita des
ténèbres pour se retirer avec les siens. Cependant Abner avait noué une
intrigue avec Ritspa, concubine de Saül; Is-Boseth, soit qu'il y vît une tache
pour sa famille, soit qu'il crût y voir plutôt les prétentions de son général
au trône, lui en fit des reproches. Abner, piqué au vif, répondit avec aigreur,
rappela à Is-Boseth les services qu'il lui avait rendus, et jura de livrer tout
le royaume entre les mains de son adversaire. Aussitôt il entre en effet en
correspondance avec David, lui fait rendre sa femme Mical que Saül avait donnée
à un autre, et se rend auprès de lui à Hébron. À peine est-il sorti du festin
auquel David l'avait invité, que Joab, informé de ce qui se passait, tâche de
persuader au roi son oncle qu'Abner est venu dans de perfides intentions. Puis,
sans s'ouvrir davantage sur ses desseins, il envoie à Abner un messager qui Je
ramène à Hébron; là, il le tire à l'écart et lui donne la mort, poussé à ce
crime par le souvenir du meurtre de son frère Hazaël, mais sans doute aussi par
la crainte de voir Abner prendre rang sur lui dans les armées et dans la faveur
du roi. David détesta cette coupable action de son neveu, qui avait répandu
durant la paix le sang qu'on répand en temps de guerre, 1 Rois 2:5; il rendit
de grands honneurs à la dépouille mortelle du général, il composa un hymne sur
sa mort, et près de sa fin rappela à Salomon ce crime qui ne devait pas rester
impuni. 1 Rois 2:5,32-34.
— Voir: encore 2 Samuel 2 et 3.
(Le capitaine Abner, qui joue un si beau rôle dans
l'Athalie de Racine, est un personnage purement fictif qui n'a pas de
correspondant dans l'histoire sainte.)
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ABRAM ou ABRAHAM,
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Genèse 11:26-25:10, fils de Taré, naquit à Ur, ville
des Chaldéens, l'an du monde 2008, avant J.-C. 1996. Il passa les premières
années de sa vie dans la maison de son père, qui était idolâtre; peut-être
adora-t-il lui-même les idoles pendant quelque temps, mais Dieu lui ouvrit les
yeux, et l'on prétend qu'Abraham fut, à cause de sa conversion, exposé à toutes
sortes de persécutions de la part de ses compatriotes. Il paraît assez probable
que Taré fut aussi convaincu de la vanité des faux dieux, puisqu'il partit d'Ur
avec son fils et qu'il l'accompagna dans le lieu que l'Éternel leur avait
désigné. Ils se rendirent d'abord à Caran en Mésopotamie, où Abraham eut la
douleur de perdre son père: de là, il vint en Palestine avec Saraï sa femme,
Lot son neveu, leurs serviteurs et leurs troupeaux, et ils se fixèrent
momentanément dans cette contrée habitée parles Cananéens, mais dont Dieu
promit à Abraham que sa postérité la posséderait. Toutefois, Abraham n'y
posséda jamais lui-même un pouce de terrain (sauf la caverne qu'il acheta pour
y ensevelir son épouse), mais il y demeura toujours comme étranger. Peu de
temps après son établissement dans ce pays, il survint une grande famine qui le
contraignit de descendre en Égypte, et, dans la crainte que les Égyptiens
frappés de la beauté de sa femme ne voulussent la lui ravir et ne lui ôtassent
la vie à lui-même, peut-être aussi pour se soustraire à l'opprobre que lui
aurait causé la stérilité de Saraï, il la fit passer pour sa sœur. Pharaon la
fit en conséquence enlever et voulut la mettre au nombre de ses femmes; mais
averti par une vision et par les châtiments divins, il se hâta de la rendre à
son mari avec de grands présents. La famine ayant cessé, Abraham retourna en
Canaan avec Lot qui l'avait toujours accompagné jusqu'alors, et dressa ses
tentes entre Béthel et Haï, où précédemment il avait élevé un autel. De
fréquentes contestations entre les bergers de l'oncle et du neveu au sujet des
citernes et des pâturages dont ils voulaient jouir exclusivement les uns et les
autres, leur montrèrent que «la terre ne les pouvait porter pour demeurer
ensemble.» Abraham laissa généreusement à Lot la liberté de choisir le premier
l'endroit où il se fixerait; et Lot ayant choisi l'Orient et le Midi, toute la
plaine du Jourdain, Abraham se rendit dans les plaines de l'Amorrhéen Mamré
près d'Hébron (1920, avant J.-C.) Quelques années après, Lot ayant été fait
prisonnier par Kédor-Lahomer et ses alliés, Abraham avec 318 de ses serviteurs
et quelques Cananéens de son voisinage, part, poursuit les vainqueurs, les
joint à Dan, près des sources du Jourdain, délivre son neveu, lui fait rendre
tout ce qui lui avait été enlevé et reprend le chemin du retour. Les rois de la
plaine voulaient abandonner à Abraham tout le butin qu'il avait fait, et ils le
supplièrent de leur rendre au moins les prisonniers, mais Abraham leur rendit
le tout ne voulant rien garder pour lui-même et réservant seulement une faible
part pour les Cananéens qui l'avaient secondé dans son expédition. Comme il
passait devant Salem (plus tard Jérusalem), Melchisédec, roi de cette ville et
sacrificateur du Dieu fort souverain, vint à sa rencontre, le bénit, et lui
offrit du pain et du vin pour le restaurer lui et ses gens. Quelques-uns
pensent que ce fut plutôt à Dieu qu'il offrit ce pain et ce vin en sacrifice
d'actions de grâce; Abraham lui donna la dîme du butin, Hébreux 7:4. À cette
occasion, l'Éternel renouvela les promesses qu'il avait faites à son serviteur,
lui réitérant l'assurance qu'il posséderait le pays de Canaan; un fils lui fut
promis, et Dieu, le conduisant hors de sa tente, lui annonça que sa postérité
serait aussi nombreuse que ces étoiles qui brillaient au firmament. Abraham
offre alors un sacrifice d'après l'ordre que Dieu lui en donne, une génisse de trois
ans, une chèvre de trois ans, un bélier de trois ans, une tourterelle et un
pigeon; puis, quand le soir est venu, il voit en vision le feu du ciel passer
entre les victimes, et Dieu lui dévoile l'avenir, lui annonce la captivité
d'Égypte, sa fin glorieuse, et les biens qui seraient le partage de sa
descendance.
Cependant ces promesses ne se réalisaient pas; le
patriarche avançait en âge, et tout semblait annoncer qu'Élihézer son intendant
serait aussi l'héritier de ses richesses. Saraï, pensant que peut-être ce
n'était pas à elle qu'était destiné l'honneur de donner un fils à Abraham,
engagea son mari à prendre pour femme Agar sa servante égyptienne, espérant que
Dieu accomplirait ses promesses dans les enfants qu'il aurait d'elle; Saraï de
son côté les aurait adoptés et pris pour siens, suivant la coutume de ces
temps. Mais quand Agar se vit sur le point de devenir mère, elle méprisa sa
maîtresse et voulut s'élever au-dessus d'elle. Abraham maintint Sara dans ses
droits; Agar maltraitée dut s'enfuir, mais l'ange de l'Éternel lui apparut au
désert et lui ordonna de retourner chez Abraham et de se soumettre à sa
maîtresse; elle obéit et donna le jour à Ismaël. (1910, avant J.-C.)
Treize ans après, le Seigneur renouvela son alliance
avec le patriarche, et changea son nom d'Abram (père illustre) en celui
d'Abraham (père d'une multitude), et celui de Saraï (ma princesse) en celui de
Sara (princesse). Comme signe et pour confirmation de l'alliance, il lui
ordonna de se circoncire lui et tous les mâles de sa famille et de sa maison,
et il lui promit positivement qu'avant le terme d'une année, il lui naîtrait un
fils de Sara.
Mais les énormités qui se commettaient dans la contrée
où Lot s'était retiré, à Sodome, à Gomorrhe, et dans les villes voisines,
avaient décidé l'Éternel à les détruire toutes avec le sol même sur lequel
elles reposaient. Un jour qu'Abraham était assis a la porte de sa tente, il vit
s'approcher trois personnages, Genèse 18. Sans les attendre, il court à eux,
les invite à entrer pour se rafraîchir, leur lave les pieds, et prépare avec
Sara de quoi leur servir à manger. Quand ils eurent achevé leur repas, ils se
firent connaître pour ce qu'ils étaient, et répétèrent au patriarche la
promesse que l'Éternel lui avait faite peu de jours auparavant. Mais Sara
n'ayant pu retenir un sourire d'incrédulité, l'Éternel dit à Abraham: «Pourquoi
Sara a-t-elle ri? Y a-t-il quelque chose qui soit difficile à l'Éternel?» Puis
les messagers célestes reprirent leur voyage, marchant vers Sodome, et Abraham
les accompagnait. C'est ici que se place une des scènes les plus touchantes
dont il soit fait mention dans l'Écriture, une scène qu'on ne peut lire sans la
plus vive émotion, l'intercession d'Abraham auprès de l'Éternel en faveur des
villes de la plaine. Pendant que les deux anges marchaient en avant, l'Éternel
communiquait à Abraham ce qu'il allait faire à l'égard de ces villes, et
Abraham ne cessa de plaider pour leur conservation que lorsque les réponses
pleines de grâce et de miséricorde du Seigneur l'eurent persuadé que ces
malheureuses cités étaient tombées en effet dans la plus affreuse dégradation.
Les dix justes ne se trouvaient pas dans toute cette contrée. Au jour suivant,
Abraham, se levant de bon matin, vint à l'endroit où la veille encore il s'était
tenu devant l'Éternel; une fumée comme celle d'une fournaise s'élevait à la
place qu'avaient occupée les villes maudites.
Quelque temps après, Abraham quitta les plaines de
Mamré et, se dirigeant vers le sud, alla demeurer à Guérar où régnait Abimélec.
Éprouvant en ce lieu les mêmes craintes qu'il avait déjà eues en Égypte, il
employa le même moyen pour échapper au danger qu'il redoutait et, pour la
seconde fois, fit passer Sara pour sa sœur (— Voir: Abimélec); mais sa ruse, de
nouveau découverte, eut pour Abimélec les mêmes suites qu'elle avait eues pour
Pharaon, et attira au patriarche des reproches plus vifs encore. C'était la
dernière fois que ce subterfuge était possible, car bientôt après, la même
année, Sara donna à Abraham un fils qui rendit leur union manifeste et plus
intime. L'enfant fut nommé Isaac, et lorsqu'on le sevra, Abraham fit un grand
festin: ce fut alors, à ce qu'il paraît, que Sara vit Ismaël tourmenter son
petit frère, et qu'elle supplia son mari de chasser le fils de l'Égyptienne, afin
qu'il ne partageât pas l'héritage avec Isaac. Abraham, connaissant les
promesses relatives à Ismaël, refusa d'abord de complaire à sa femme; mais, sur
un avertissement de l'Éternel qui lui confirmait ce qu'il lui avait annoncé au
sujet de cet enfant, il n'hésita plus à le renvoyer, ainsi que sa mère.
Vers le même temps à peu près, Abimélec se rendit en
visite auprès du patriarche et fit alliance avec lui. Il s'agissait d'un puits
que les serviteurs du prince avaient enlevé par violence aux bergers du patriarche.
Abraham le racheta en offrant volontairement sept jeunes brebis en échange; ils
appelèrent ce lieu Béer-Sébah (puits du serment), parce que leur traité fut
ratifié par un serment solennel. Abraham y planta un bois de chêne et y demeura
quelque temps.
Vingt années environ se passèrent sans qu'il arrivât
rien de remarquable dans la vie ou dans la famille du patriarche; le fils sur
lequel reposaient tant d'espérances et de promesses précieuses grandissait et
semblait réaliser déjà tout ce que ses parents en attendaient, lorsqu'il
faillit être enlevé à leur tendresse par l'ordre de ce même Dieu qui l'avait
accordé à leurs prières et à leur foi. Abraham dut offrir son Isaac en
holocauste à l'Éternel, épreuve terrible, mais nécessaire, et qui devait faire
d'Abraham le père des croyants: il prit donc son fils et deux de ses
serviteurs, et se mit en chemin pour se rendre à la montagne que Dieu devait
lui indiquer. Deux jours de voyage furent pour Abraham un exercice de foi dans
lequel il put se demander bien souvent ce qu'allaient devenir ces promesses qui
lui avaient été faites d'une innombrable postérité; mais il connaissait
l'Éternel et savait qu'il n'est pas homme pour mentir ni fils de l'homme pour
se repentir, et il estimait que Dieu le pourrait même ressusciter d'entre les
morts. Au troisième jour la montagne funèbre apparut: c'est là que devait se
consommer un sanglant sacrifice. Isaac cherche où est la victime pour
l'holocauste; son père lui répond: «Mon fils, l'Éternel y pourvoira.» Déjà les
deux patriarches ont atteint seuls le sommet de la colline; le bois est prêt,
l'autel est dressé, la victime est liée, le bras du père est levé sur son fils
comme le couteau du sacrificateur sur sa victime. Abraham n'hésite pas; mais du
haut des cieux une voix se fait entendre, la voix de celui qui n'a permis qu'un
seul sacrifice humain, celui de l'homme-Dieu son fils. L'épreuve avait été
suffisante, et un bélier remplaça sur l'autel le fils unique de l'ami de Dieu.
Ils rejoignirent donc leurs serviteurs et retournèrent à Béer-Sébah.
— Douze ans après, Sara mourut à Hébron. Abraham,
étranger dans le pays et n'y possédant aucun fonds de terre, acheta de Héphron
le Héthien, pour le prix de 400 sicles d'argent (environ 1300 francs), le champ
de Macpélah où se trouvait une caverne propre à servir de lieu de sépulture, et
il y ensevelit sa femme après en avoir fait le deuil suivant l'usage du pays.
Se sentant vieillir, Abraham envoya Élihézer, son
intendant, en Mésopotamie, pour y chercher une jeune fille de sa parenté qu'il
pût donner en mariage à Isaac. C'était trois ans après la mort de Sara. Le
fidèle serviteur s'acquitta de sa mission avec zèle, sagesse et promptitude, et
obtint pour son maître la main de Rébecca fille de Béthuel, petite-fille de
Nacor et petite-nièce d'Abraham. Le patriarche vécut encore 35 ans depuis le
mariage de son fils, et il eut de Kéturah, sa seconde femme, six fils qui
furent pères de divers peuples ou peuplades de l'Arabie et des environs. Il
mourut âgé de 175 ans, un siècle après son arrivée dans le pays de Canaan. Il
ne paraît pas que, durant les 33 dernières années de sa vie, il ait eu ni
d'éclatantes révélations ni de grandes épreuves. Les jours des fidèles, même
les plus éminents, ne sont pas tous marqués par des interventions signalées du
Seigneur, et il est beaucoup de ses serviteurs qui s'en vont tout doucement et
sans éclat dans le lieu du repos. Telle fut la fin de la carrière d'Abraham; il
mourut rassasié de jours et fut recueilli vers ses peuples. Son corps retourna
dans la terre comme celui de ses ancêtres, et son âme rejoignit celle des
hommes qui avant lui avaient appartenu au peuple de Dieu, Hébreux 11,13-16. Il
fut enseveli dans la grotte de Macpélah par ses fils Isaac et Ismaël (avant
J.-C. 1821); ce dernier avait alors 89 ans, et Isaac 75.
L'antique figure du patriarche est une des plus belles
que nous présente l'Ancien Testament; elle est noble, vivante et prophétique;
elle n'a rien de plastique, comme celle de Noé; elle est davantage la
représentation d'une vie réelle: Abraham n'est pas le dieu des abîmes et du
déluge, il est le père des croyants.
Parmi les observations nombreuses auxquelles son
histoire pourrait donner lieu, nous nous bornerons aux suivantes:
1. L'auteur
sacré introduit Abraham d'une manière très abrupte, en quelque sorte sans
préparation: «Et Dieu dit à Abraham, etc.» Genèse 12:1. Mais pour qu'un homme
entreprenne un voyage lointain, fatigant, et sans terme à lui connu, il faut
nécessairement qu'il ait confiance en celui par qui l'ordre et le signal du
départ est donné. L'Éternel avait donc fait entendre sa voix à Abraham
auparavant, et peut-être même à plus d'une reprise, quoique nous ne sachions
pas de quelle manière. Or, indépendamment de ce que l'Écriture nous atteste
Josué 24:2,14.
— Voir: Taré,
nous apprenons par d'autres sources que l'idolâtrie
régnait en Caldée à cette époque, et tout porte à croire que ce fut un des
principaux motifs du déplacement d'Abraham.
2. Abraham
n'était point dépourvu de moyens de subsistance lorsqu'il se mit en route pour
le pays de Canaan: «il prit avec lui Saraï et Lot, et tout leur bien qu'ils
avaient acquis et les personnes qu'ils avaient eues à Caran.» Ce ne fut donc
pas dans un intérêt terrestre, et comme ferait un aventurier qui cherche
fortune, qu'il quitta sa famille et sa parenté pour se rendre en d'autres
lieux.
3. La
première épreuve de la foi d'Abraham fut dans la famine qui le contraignit à
quitter momentanément cette terre de Canaan que l'Éternel avait promise à sa
postérité. L'épreuve fut plus forte qu'on ne le suppose au premier moment, et
il est impossible de ne pas voir que la foi du patriarche en souffrit d'abord
quelque peu; car, se méfiant de l'Éternel pendant qu'il est en Égypte, il
s'abandonne à des craintes excessives qui le font tomber dans le péché. Son
mensonge n'est sans doute pas des plus grossiers et des plus révoltants;
néanmoins, en donnant à entendre autre chose que la stricte vérité, il
induisait son prochain en erreur et pouvait devenir l'occasion d'un grand
crime; en sorte que les reproches de Pharaon, parfaitement fondés, durent
humilier le patriarche plus que ne le réjouirent les grands présents qui lui
furent offerts.
4. On
apprécierait bien mal la valeur morale des actions humaines, si l'on en jugeait
toujours par leurs résultats les pires prochains. Abraham semble récompensé de
son mensonge par les grands biens qu'il emporta d'Égypte, mais cet
accroissement de fortune fut la cause d'un de ses plus grands chagrins
domestiques: il dut se séparer de Lot, son neveu, qu'il aimait tendrement et
qui était pour lui comme son fils adoptif.
5. Si
la foi des enfants de Dieu a ses éclipses, comme le soleil les siennes, elle ne
reparaît ensuite que plus brillante. Il n'est personne qui n'ait remarqué la
débonnaireté, la douceur et la confiance en Dieu qu'Abraham manifesta dans sa
conduite avec Lot lorsqu'ils durent se séparer, Genèse 13. C'est ainsi que le
père des croyants fut relevé de sa chute par la grâce du Seigneur.
6. Le
salut du fidèle est fondé sur les promesses et sur la véracité de l'Éternel:
«Ce n'est point par les œuvres, afin que nul ne se glorifie.» Cependant le
fidèle ne fait jamais une œuvre, n'accomplit jamais quelque devoir difficile,
ne remporte jamais quelque victoire sur le péché, sans que Dieu ne lui donne un
sentiment plus vif de sa miséricorde; c'est-à-dire que la grâce qui sauve
sanctifie l'âme qu'elle veut sauver, et console celle qu'elle sanctifie.
— Après qu'Abraham eut montré sa foi par ses œuvres
dans sa conduite avec Lot, l'Éternel lui renouvela ses promesses, les lui
rendit plus claires et même les agrandit, car il ne lui avait pas encore
annoncé que sa postérité serait innombrable, Genèse 13:14-17. La même chose lui
arriva plus tard en de semblables occasions, particulièrement après la défaite
des rois de la plaine, 15:1; et après le sacrifice d'Isaac 22:16.
7. Nous
avons une preuve de la grandeur et de la puissance d'Abraham dans l'histoire de
la délivrance de Lot. Il fallait qu'il eût de grands biens, celui qui pouvait
armer 318 esclaves nés dans sa maison, car cela suppose naturellement qu'il en
avait d'autres qui n'étaient pas nés chez lui, en qui il avait peut-être moins
de confiance, et qu'il laissa pour la garde de ses troupeaux. Si l'on y ajoute
encore les femmes et les petits enfants, on comprendra que les Héthiens aient
pu lui dire: «Tu es un prince excellent parmi nous», 23:6. Ainsi
s'accomplissait déjà une partie des promesses qui lui avaient été faites. Ce
qui n'est pas moins à remarquer, c'est le désintéressement et l'esprit de
justice qui le portèrent à refuser la propriété du butin, tout en réservant la
part des Cananéens qui lui avaient donné du secours, 14:21,24.
8. Quanta
l'union d'Abraham et d'Agar, on s'exposerait à porter un faux jugement si l'on
voulait juger cette action d'après nos mœurs et en se mettant uniquement au
point de vue de l'Évangile. D'abord, il est évident que le patriarche ne
contracta pas ce mariage, ou plutôt cette union passagère, pour satisfaire les
inclinations de la chair; de plus, il le fit non pas malgré Saraï, ni avec le simple
consentement de son épouse légitime, mais sur sa demande expresse; enfin, la
polygamie était déjà généralement adoptée par les mœurs dégénérées de l'Orient.
On peut ajouter que l'Éternel n'avait pas encore dit à Abraham que c'était de
Sara que naîtrait la postérité promise: il pouvait donc s'abandonner à la
pensée qu'une autre femme devait accomplir pour lui la parole de l'Éternel.
Tout cela peut expliquer sa conduite, et diminuer ce qu'elle eut de blâmable
sans toutefois la justifier pleinement. Cependant, quand on réfléchit
qu'Abraham est le premier des descendants de Sera qui se soit écarté de
l'institution primitive du mariage, que cet écart fut le résultat d'une
faiblesse dans sa foi, l'on ne peut s'empêcher d'y voir une chute. Comme Adam,
Abraham eut tort d'obéir à la parole de sa femme, Genèse 3:47; il eut tort de
penser un seul instant qu'il dût amener la réalisation des promesses divines
par une voie de péché; et certes, cette fois comme toujours, la peine du péché
fut à la porte. Dès ce moment Abraham eut de grands chagrins domestiques, la
division se mit dans sa famille, et plus tard il dut renvoyer de chez lui cet
Ismaël qu'il aimait tendrement, et cette Agar qui, selon toute apparence, était
redevenue simplement son esclave, puisqu'il n'en eut pas d'autres enfants,
Genèse 25:1-2, mais qui n'en était pas moins la mère de son premier-né.
— Voir: Gaussen (Abraham épousant Agar); Grandpierre,
sur le Pentateuque.
9. L'alliance
de l'Éternel avec Abraham était à la fois temporelle et spirituelle; elle
reposait d'ailleurs tout entière sur des promesses. Abraham sera grand, il aura
une nombreuse postérité, plusieurs nations sortiront de lui, et le pays de
Canaan sera son héritage. D'autre part il lui est annoncé que toutes les
familles de la terre seront bénies en sa postérité.
— Abraham est grand, même à ne parler que selon la
manière de voir des hommes; son nom est vénéré non seulement des juifs et des
chrétiens, mais encore des musulmans, c'est-à-dire par la moitié de la race
humaine; il n'y a pas d'homme qui ait eu une gloire pareille, et tous les
détails de sa vie occupent une grande place dans les traditions des Orientaux.
De lui sont sortis divers peuples: par Ismaël, les Arabes; par les fils de
Kéturah, les Madianites et d'autres encore; par Ésaü, les Iduméens, et par
Jacob, les Israélites, qui demeurent une grande nation au milieu des peuples de
la terre. Enfin, lorsque le temps marqué fut accompli, la famille d'Abraham
prit possession de ce pays de Canaan promis depuis plusieurs siècles. Voilà pour
le temporel.
— Quant au spirituel, un Rédempteur est venu, qui
selon la chair, est fils d'Abraham sa vraie postérité, et par qui le salut a
été acquis aux pécheurs de toute langue, de toute tribu, peuple et nation.
Abraham lui-même, et tous les fidèles qui l'avaient précédé, ainsi que ceux qui
l'ont suivi, ont été bénis en ce Rédempteur promis dès les premiers jours du
monde aux deux premiers pécheurs. Cette grande bénédiction spirituelle, qui
était la partie essentielle de l'alliance faite avec Abraham, donne à toutes
les parties de cette alliance une signification spirituelle. Abraham est grand
par sa foi et parce qu'il est le père des croyants; de lui sortent
spirituellement tous les vrais fidèles qui sont sa postérité, et une postérité
aussi nombreuse que les étoiles du firmament; enfin il possède avec eux, pour
l'éternité, la Canaan céleste, dont la terrestre n'était que le type.
10. Il
importe de remarquer ici, quoique ce ne soit pas le lieu d'entrer dans des
détails sur ce point, que l'ange qui apparut au patriarche sous les chênes de
Mamré, qui lui annonça la naissance d'un fils et la destruction de Sodome,
Genèse 18, qui lui retint plus tard le bras lorsqu'il allait sacrifier son
unique, 22:15, etc., etc., est constamment appelé du nom de l'Éternel, et qu'il
ne cesse de parler lui-même comme le Dieu tout-puissant.
— Voir: l'article Ange.
11. L'Ancien
et le Nouveau Testament sont remplis de la gloire d'Abraham, de son nom, de sa
mémoire, de son alliance, de ses épreuves, de sa foi. Sans entrer dans l'examen
des divers passages où il est parlé de lui, nous nous bornerons à en indiquer
ici rapidement les principaux:
Ancien Testament.
Genèse, passim. Exode 2:24; 3:6,15-16. 6:3; 32:13;
33:1; Lévitique 26:42; Nombres 32:11; Deutéronome 1:8; 6:10; 9:5; 29:13; 30:20;
34:4; Josué 24:3; 1 Rois 18:36; 2 Rois 13:23; 1 Chroniques 16:16; 29:18; 2
Chroniques 20:7; 30:6; Néhémie 9:7; Psaumes 47:9; 105:6,9,42; Ésaïe 29:22;
51:2; 63:16; Jérémie 33:26; Ézéchiel 33:24; Michée 7:20.
Nouveau Testament.
Matthieu 3:9; 8:11; Luc 1:55; 3:8; 13:16,28; 16:22;
19:9; Jean 8:33, etc., Actes 3:13; 7:2; 13:26. Romains 4:1; 9:7; 11:1; 2
Corinthiens 11:22; Galates 3:6, etc., 4:22; Hébreux 2:16; 7:1; etc. 11:8,17-19.
Le sein d'Abraham, Luc 16:22, désigne le ciel ou le
lieu du repos. Les Juifs avaient trois manières d'exprimer le bonheur des
justes à leur mort: ils allaient au jardin d'Éden, sous le trône de gloire, ou
dans le sein d'Abraham. Ce patriarche étant le père des croyants, leur semblait
devoir être naturellement chargé de les recueillir dans la félicité céleste.
Cette même expression se retrouve dans ce que dit notre Seigneur, que les
fidèles seront à table avec Abraham, Isaac et Jacob; car on sait que les
anciens se plaçaient à table de telle manière que chacun se trouvait comme
couché sur le sein de son plus proche voisin.
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ABSALON
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(père de paix)
troisième fils du roi David, eut pour mère Mahaca,
fille de Talmaï, roi de Guésur. Ce qui le distinguait entre les fils de David,
c'était sa grande beauté et surtout sa longue chevelure; il la coupait chaque
année, ou plutôt, comme on peut aussi traduire, à de certaines époques, et elle
pesait jusqu'à 200 siècles, c'est-à-dire environ deux kilogrammes et demi. Il
eut trois fils, qui moururent en bas âge, et une fille remarquablement belle,
nommée Tamar, 2 Samuel 14:27, du nom d'une des sœurs d'Absalon, qui fut victime
de l'amour incestueux d'Amnon, un autre fils de David. Absalon, résolu de
venger l'insulte faite à sa sœur, attendit l'occasion de le faire. Au bout de
deux ans, lors de la tonte des moutons, il fit un festin auquel il convia son
frère, et lorsque celui-ci fut ivre, il le fit égorger par ses serviteurs, et
s'enfuit à Guésur, auprès de son grand-père. Il y était depuis deux ans,
lorsque Joab, voyant que David ne serait pas éloigné de pardonner à son fils,
imagina, pour le faire rappeler, une ruse qui lui réussit comme il l'espérait.
Une femme de Tékoah 2 Samuel 14, se présenta devant David pour solliciter sa
protection; elle se disait veuve et n'avait que deux fils, l'un desquels avait
tué l'autre dans une querelle, et sa famille voulait venger le mort par la mort
du meurtrier, de telle sorte qu'elle serait privée des deux à la fois, et elle
suppliait le roi d'intercéder en faveur du coupable. David comprit ce qu'on
voulait, et devina même l'auteur de la ruse; il consentit à ce qu'Absalon fût
rappelé de son exil; mais il refusa de le voir, et deux nouvelles années se
passèrent. Cependant Absalon, fatigué de cette longue disgrâce, cherchait à en
sortir, et comme il ne pouvait pas même obtenir une entrevue avec Joab, il le
contraignit à venir, en faisant mettre le feu à un champ d'orge que Joab
possédait près d'une propriété appartenant à Absalon. Ils entrèrent en
pourparlers; Joab intervint auprès du roi, et Absalon ayant reçu de David
l'assurance d'un entier pardon, profita de sa liberté et de l'influence qui lui
était rendue, pour conspirer presqu'aussitôt contre son père. Il trompa le
peuple par sa popularité, se concilia sa faveur par des intrigues et des
promesses, employa toutes sortes d'artifices pour parvenir à ses fins, se
procura des chevaux et des chariots, et s'entoura d'une garde permanente de 50
archers. Enfin, la quatrième année depuis son retour de Syrie, il se rendit à
Hébron, sous prétexte d'y accomplir un vœu: deux cents personnes de distinction
l'y attendaient, mais sans suspecter ses desseins. Aussitôt il s'ouvre à ceux
qui étaient là, et fait proclamer dans toutes les villes d'Israël qu'il a fixé
le siège de son empire à Hébron, là même où David, son père, avait été sacré
roi quarante ans auparavant, 2 Samuel 2:1-11. Achithophel est des premiers à
joindre l'usurpateur; la masse du peuple suit cet exemple, et David s'enfuit de
Jérusalem avec une poignée d'amis sûrs et fidèles. Absalon s'y rend aussitôt,
et le vengeur d'un inceste devient lui-même incestueux, d'après l'avis de son
principal conseiller, en se faisant livrer les femmes de son père, pour rendre
toute réconciliation impossible. Achithophel voulait encore qu'Absalon lui
remît le soin de poursuivre immédiatement David, avec 12,000 hommes de troupes
choisies; mais cet avis ne fut pas écouté, grâces à Cusaï, qui, feignant
d'entrer dans la révolte, afin de mieux servir son maître légitime, et flattant
l'amour-propre d'Absalon, lui conseilla d'attendre, de réunir d'abord tout le
peuple en une formidable armée, et de marcher ensuite lui-même à la tête de ses
troupes. Une victoire brillante lui était assurée. Pendant qu'Absalon rassemblait
ainsi le peuple, il donnait à David le temps de réunir ses vieux soldats, et ce
furent eux qui le délivrèrent de ses ennemis dans la bataille qu'ils livrèrent
au milieu des forêts d'Éphraïm. Vingt mille hommes restèrent parmi les morts,
et Absalon lui-même, en traversant l'épaisseur de la forêt, demeura suspendu
aux branches d'un arbre, entre lesquelles sa tête ou sa chevelure s'embarrassa.
Son cousin Joab l'ayant appris, il courut en hâte, et, de sa propre main, lui
arracha la vie, malgré la défense expresse du roi, qui voulait qu'on
l'épargnât. (1021, avant J.-C.) Ce fut donc un neveu de David qui le priva d'un
fils, bien coupable sans doute et peu digne d'intérêt, mais auquel son père
n'avait pas retiré son affection. Absalon, pour éterniser sa mémoire, s'était
fait ériger un monument, près duquel il désirait peut-être qu'on l'ensevelît.
L'historien Flavius Josèphe dit que c'était une colonne de marbre, et qu'elle
était à 300 pas de Jérusalem, dans la vallée de Josaphat. Mais son corps fut
jeté dans une fosse immédiatement après le combat, et recouvert d'un monceau de
pierres. Quand David apprit la mort de son malheureux fils, il versa sur lui
d'abondantes larmes, dont l'amertume était bien justifiée par une si triste vie
suivie d'une si triste fin, 2 Samuel 18:33.
— Le nom d'Absalon ne se trouve, en dehors des livres
historiques, que dans l'épigraphe du Psaumes 3.
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ABSINTHE.
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Cette plante, bien connue chez nous, contient un jus
amer. Les Hébreux, qui regardaient les plantes amères comme nuisibles, et comme
vénéneuses (— Voir: Apocalypse 8:10 et 11), se servent souvent du nom de cette
plante pour désigner ce qui est généralement désagréable, nuisible et
pernicieux; et le paraphraste caldéen appelle cette plante «absinthe de mort.»
Les versions orientales et les rabbins traduisent l'hébreu Lahenah par
absinthe, tandis que les versions grecques d'Alexandrie lui substituent le nom
des choses représentées. Ainsi, Deutéronome 29:18, elles traduisent absinthe
par amertume; Jérémie 9:15, par nécessite; 23:15, par douleur. Les idolâtres
sont représentés, Deutéronome 29:18, sous l'image même d'une racine qui produit
de l'absinthe, cf. Hébreux 12:15. La Bible lui compare aussi les attraits d'une
femme de mauvaise vie, Proverbes 5:4; les juges iniques, Amos 5:7. 6:12;
Jérémie 9:15; 23:15, les souffrances et les tribulations, Lamentations 3:15,19.
Quelques savants pensent, mais sans raison, que la plante mentionnée dans la
Bible n'est pas l'absinthe ordinaire, mais l'absinthium santonicum, ou chiha
des Arabes, qui croît librement et sans culture dans les plaines de la
Palestine.
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ACACIA,
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— Voir: Sittim (bois de).
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ACCAD,
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ville bâtie par Nimrod au pays de Sinhar, Genèse
10:10. Il faut la chercher en Babylonie ou en Assyrie. Les Septante lisent
Arcad, ce qui a fait penser à Bochart qu'elle était située aux environs du
fleuve Argade, dans la Sittacène.
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ACCOUPLEMENTS
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hétérogènes. Il était défendu aux Hébreux d'allier,
dans le cours de leur vie et dans les affaires les plus ordinaires, les choses
qui ne devaient pas naturellement aller ensemble, Lévitique 19:19; Deutéronome
22:9 et suivant. Ils ne pouvaient pas, en particulier:
1. porter
des habits faits d'étoffes différentes, de laine et de lin ensemble (demi-laine);
2. semer
dans un même champ deux sortes de graines différentes;
3. atteler
à la charrue deux animaux différents, un âne et un bœuf;
4. accoupler
pour la propagation des bêtes d'espèces différentes qui auraient produit des
animaux neutres et bâtards, des mulets.
L'Écriture n'explique nulle part la cause de cette
défense, et les Juifs eux-mêmes ne paraissent pas l'avoir comprise d'une
manière plus claire. Mais l'idée qui se présente le plus naturellement à
l'esprit, et qui est le plus conforme à l'ensemble des dispositions mosaïques,
c'est que le législateur voulait, en défendant l'union de choses étrangères,
inculquer toujours plus fortement au peuple à part l'horreur des alliances
étrangères, soit avec les Égyptiens qu'ils venaient de quitter, soit avec les
Cananéens qu'ils allaient rencontrer, et avec lesquels ils ne devaient se
rencontrer que pour les déposséder et les extirper. La semence sainte allait se
trouver sur le même sol que la semence maudite: ils devaient avoir horreur de
cet alliage, de ce mélange qui les souillerait; ils devaient l'empêcher par
l'extermination du mal.
La défense d'accoupler des animaux d'espèces
différentes se comprend mieux que les autres. Pervertir en effet le cours de la
nature pour essayer de produire ce que Dieu n'a pas créé, forcer ou favoriser
une marche différente de celle qui est établie, et faire des monstres, était
une pensée qui devait répugner déjà au simple sens moral et religieux, et
provoquer des mesures préventives; en outre, et a fortiori, cette interdiction
disait le dernier mot sur le crime de la bestialité si fréquent parmi les
anciens païens, et que le législateur n'a pas même osé nommer; ce crime, la
plus grande des monstruosités morales, était banni même de la loi, comme le
parricide l'était des lois de Solon.
— Du reste il n'était pas défendu d'acheter et de
nourrir des mulets, et les Israélites en faisaient venir pour leur usage des
pays étrangers.
Quant à la défense d'atteler à une même charrue des
animaux différents, Flavius Josèphe et Philon la regardent comme une loi
d'humanité en faveur des animaux laboureurs; on sait, en effet, que de
semblables attelages sont pour l'un et l'autre animal une charge pénible et
difficile, à cause de la différence de pas, de forces et d'allure.
Les rabbins ont donné encore beaucoup d'autres
explications, toutes plus ou moins satisfaisantes: ils ont dit, par exemple,
qu'il était défendu au peuple de porter des vêtements mi-laine, parce que ce
devait être le costume des seuls sacrificateurs, ce qui n'est pas prouvé. Ils
ont dit encore que par laine la loi n'entendait absolument que la laine de
moutons, et qu'elle permettait celle de chameaux et d'autres animaux; que cette
défense ne s'appliquait qu'aux vêtements, et point à tous les autres tissus que
l'on pouvait faire, tapis, linges, couvertures, essuie-mains, etc. Ces
explications de détail ne mènent guère loin.
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ACHAB
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1. (918,
avant J.-C.), 1 Rois 16:28-22:40, fils et successeur de Homri, monta sur le
trône d'Israël lorsque Asa régnait à Jérusalem; il fut le plus impie de sa
race, et ne fut surpassé peut-être que par sa digne compagne Jésabel ou Izebel,
fille d'Ethbahal, roi de Sidon. Son idolâtrie fut punie par une famine qui
désola le pays pendant trois ans et six mois, et qui lui fut annoncée parle
prophète Élie. À la fin de ce temps, une épreuve solennelle fut proposée par
Élie: les ministres de Banal se réunirent au Carmel, offrirent des sacrifices
et prièrent leur dieu qu'il voulût bien faire tomber la pluie sur la terre;
mais ils prièrent en vain pendant une demi-journée. Élie, s'approchant à son
tour, bâtit un autel et pria le Dieu d'Abraham, d'Isaac et de Jacob, de se
manifester comme le seul et vrai Dieu: le feu du ciel consuma l'holocauste, un
petit nuage parut à l'horizon, comme la paume de la main, et Achab, montant sur
son char, s'enfuit en hâte à Jizréhel avant que l'orage l'atteignît. Quelques
années après commença la guerre avec Ben-Hadad, roi de Syrie, et trente-deux
autres rois, 1 Rois 20; mais quelque nombreux que fussent les ennemis d'Israël,
l'Éternel n'était point avec eux, et leur déroute fut complète; ils furent
vaincus par deux fois sur la montagne et dans la plaine. Achab pouvait et
devait exterminer Ben-Hadad, mais par orgueil, ou par une générosité hors de
saison et que Dieu réprouvait, il préféra faire alliance avec lui. Cette
désobéissance lui devint fatale: un prophète, 20:35 (probablement le même
Michée que 22:8), lui annonça que puisqu'il avait laissé échapper l'homme que
Dieu lui avait donné à détruire, sa vie répondrait pour celle de Ben-Hadad, et
son peuple pour le sien. Irrité de ces paroles prophétiques, de
l'accomplissement desquelles il ne pouvait douter, Achab revint à Samarie et ne
fit que pécher davantage au lieu de chercher à apaiser l'Éternel. Sa femme fit
lapider Naboth dont la vigne plaisait à Achab; mais pendant que le malheureux
roi parcourait sa nouvelle possession, Élie se présenta devant lui, et l'âme
coupable et bourrelée s'écria comme le démoniaque du Nouveau Testament:
«Pourquoi viens-tu me tourmenter? Me chercheras-tu toujours? Suis-je ton
ennemi?» Tu l'es, lui répondit le prophète, et en même temps il lui annonça les
maux qui devaient l'accabler lui-même et fondre sur sa coupable famille.
Épouvanté de tant de malheurs, Achab déchira ses vêtements dans cette vigne
même dont un crime l'avait rendu l'infortuné propriétaire, il se couvrit d'un
sac et se traînait en marchant. L'Éternel eut égard à cette humiliation,
sincère peut-être, mais passagère, et renvoya d'une génération
l'accomplissement de ses menaces. «Tant il est vrai, ajoute Saurin, ce que nous
disons, que Dieu aime tant la repentance qu'il en couronne quelquefois les
dehors, et qu'il en récompense quelquefois jusqu'aux apparences.» (Sermon sur
les dévot. passag.) Trois années après, 2 Chroniques 18, Achab s'unit à
Josaphat, roi de Juda, pour reprendre la ville de Ramoth de Galaad, et fit
mettre en prison le prophète Michée, qui lui prédisait sa mort et la défaite de
son armée. Cette mesure séculière n'empêcha pas l'accomplissement de la parole
divine: Achab fut blessé malgré son déguisement et mourut malgré son armure;
une flèche tirée presque au hasard le frappa au défaut de la cuirasse, il tomba
au fond de son chariot et mourut vers le soir, baigné dans son sang, après un
triste règne de 22 ans (897 avant J.-C.). On lava son char et ses armes dans le
vivier de Samarie, et les chiens léchèrent son sang, ainsi que l'Éternel
l'avait annoncé. L'auteur sacré nous trace en deux mots le caractère de ce
méchant prince. «Achab fît ce qui déplaît à l'Éternel, plus que tous ceux qui
avaient été avant lui. Et il arriva que, comme si ce lui eût été peu de chose
de marcher dans les péchés de Jéroboam, fils de Hébat, il prit pour femme Izebel;
puis il alla et servit Bahal et se prosterna devant lui; et il lui dressa un
autel, et fit un bocage», 1 Rois 16:30-33. Son histoire est la plus triste
peut-être de toutes celles des rois d'Israël et de Juda, et l'Écriture sainte
s'en sert comme d'un terme de comparaison pour juger l'impiété de ses
successeurs,
— Voir: 2 Rois 8:18; 9:7; 10:1; 21:3; 2 Chroniques
21:6; 22:3; Michée 6:16.
2. Achab,
fils de Kolaja, et Sédécias, faux prophètes qui séduisaient le peuple juif
captif à Babylone, et qui joignaient à des paroles de mensonge des mœurs
impures, Jérémie 29:21-22. Leur mort passera en proverbe et deviendra un
formulaire de malédiction, dit Jérémie, et l'on dira: «Que l'Éternel te mette
en tel état qu'il a mis Achab et Sédécias, lesquels le roi de Babylone a
grillés au feu.» On ne sait rien de plus sur leur compte; quelques-uns ont
voulu les confondre avec les deux anciens de l'histoire de Suzanne; mais, même
en admettant cette histoire comme vraie, l'identité serait plus que douteuse,
car il est dit que les deux vieillards furent lapidés et non point brûlés.
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ACHAÏE.
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Actes 18:1-12; 2 Corinthiens 1:1. Originairement ce
nom ne désignait que la côte septentrionale du Péloponèse, mais du temps des
apôtres il comprenait toute la province romaine, c'est-à-dire l'ancienne Hellas
(Livadie) et le Péloponèse (Morée). Elle fat successivement régie par des
proconsuls et des procurateurs. Elle avait pour capitale Corinthe, la seule ville
un peu considérable de son territoire; Gallion y résidait lorsque Paul y prêcha
l'Évangile et qu'il y fonda plusieurs congrégations chrétiennes.
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ACHAIQUE,
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disciple de saint Paul, dont le nom semble indiquer la
patrie. On ne sait rien de particulier sur sa vie, et son nom ne se trouve que
1 Corinthiens 16:17, où nous voyons saint Paul le recommander avec force aux
Corinthiens. Envoyé de Corinthe vers l'apôtre, avec Stéphanas et Fortunat, ce
fut peut-être encore lui qui fut chargé de remettre aux fidèles de sa patrie la
1re épître qui leur est adressée.
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ACHAZ,
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2 Rois 15:38; 16:20; 23:12; 2 Chroniques 28; fils de
Jotham, roi de Juda, épousa, fort jeune encore, Abija dont il eut Ézéchias. Il
monta sur le trône à l'âge de 20 ans, 742 avant J.-C., et régna 16 ans. Il
s'adonna tout entier à l'idolâtrie, fit passer ses enfants par le feu en
l'honneur de Moloch, et sacrifia aux idoles dans le temple même de Jérusalem.
Bientôt il vit réunis contre lui Retsin, roi de Syrie, et Pékach, roi d'Israël,
avec une armée formidable; vaincu dans une sanglante bataille, il s'enferma
dans sa capitale où ses ennemis l'assiégèrent, pendant que d'un autre côté les
Iduméens et les Philistins ravageaient ses états, s'emparaient de ses
forteresses et dépouillaient tous ceux qu'ils rencontraient. Achaz fit alors
alliance avec le roi d'Assyrie Tiglath-Piléser, dont le secours ne lui fut pas
fort avantageux. Dans ces tristes circonstances, Dieu restait encore à la
postérité de David; il envoya vers le malheureux monarque le prophète Ésaïe,
pour lui annoncer une prochaine délivrance, Ésaïe 7 et 8. Ésaïe offrit même au
prince, en garantie de cette promesse, de lui donner tel signe qu'il voudrait;
mais Achaz, sous prétexte de ne pas tenter Dieu, Deutéronome 6:16, refusa; sa
véritable crainte était justement de recevoir ce signe, qui l'aurait alors
obligé de Suivre la voie indiquée par le prophète, et d'abandonner l'alliance
assyrienne. Toutefois ce signe lui fut donné: une vierge enfanterait un fils,
et avant que l'enfant pût prononcer les noms de père et de mère, Achaz serait
délivré. Cette prophétie eut son accomplissement: le roi d'Assyrie, pour des
raisons peut-être personnelles, fondit sur les ennemis de Juda, prit Damas dont
il transporta les habitants, et fit mourir Retsin. Achaz alla rendre visite au
vainqueur et lui fit hommage des trésors du temple et du palais de Jérusalem.
Frappé de la beauté d'un autel d'idoles qu'il vit à Damas, il en envoya le
modèle au grand prêtre Urie, et lui enjoignit d'en faire construire un
semblable pouf le mettre à la place de celui de Salomon dans le temple de
l'Éternel, auquel il fit encore plusieurs autres changements également
coupables et impies. Pendant ce temps, Ésaïe et le prophète Michée, 3:3-12, ne
cessaient de prononcer contre Jérusalem de redoutables menaces. Elles
demeuraient inutiles: d'autres prophètes, plus nombreux et plus agréables,
flattaient les goûts du roi et de la multitude, et Achaz, se plaisant en leurs
voix séductrices, mourut au milieu de ses iniquités, 726 avant J.-C. On
l'ensevelit à Jérusalem, maison ne lui donna pas de place dans le sépulcre à
côté des rois ses ancêtres.
— Son nom ne se retrouve plus que pour servir de date
aux oracles des prophètes, Ésaïe 1:1. Osée 1:1, etc.
— Cadran d'Achaz,
— Voir: Cadran.
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ACHAZIA.
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1. Fils
d'Achab, d'abord son associé pendant un an, puis son successeur au trône
d'Israël, 1 Rois 22:40; 2 Rois 1; 2 Chroniques 20:35-37, marcha dans
l'idolâtrie comme son père et comme sa mère Jésabel, fut malheureux dans une
alliance qu'il contracta avec Josaphat pour l'équipement de vaisseaux de
commerce, et laissa les Moabites se soustraire à son pouvoir. Il tomba de son
palais de Samarie «par le treillis de sa chambre haute», qui donnait à la fois
sur la cour intérieure du palais par une trappe, et sur la rue ou sur les
parvis extérieurs par la balustrade dont le toit était environné,
— Voir: Maison;
comme il était fort malade de sa chute, il envoya
consulter Bahal-Zébub, dieu de Hébron; ses serviteurs ne purent remplir leur
message et revinrent annoncer à leur maître qu'un prophète les ayant rencontrés
leur avait annoncé la mort prochaine et sûre d'Achazia. Le roi, sur la
description qui lui en fut faite, reconnut le prophète Élie, et, pensant tuer
la prophétie en tuant le prophète, il envoya l'une après l'autre deux compagnies
de cinquante hommes au Carmel pour le saisir. Une troisième troupe fut encore
envoyée, dont le chef (— Voir: Abdias), au lieu de prendre le ton impérieux qui
avait attiré le feu du ciel sur les deux premiers, s'agenouilla devant le
prophète et le supplia de le suivre auprès du roi. Élie descendit, alla vers le
roi et lui répéta ce qu'il avait déjà dit à ses serviteurs: «Tu ne descendras
pas du lit sur lequel tu es monté, mais certainement tu mourras.» Il mourut en
effet, suivant la parole du Seigneur, et sans postérité, un an après la mort de
son père, 896 avant J.-C.; Joram, son frère, lui succéda.
2. Achazia,
2 Rois 8:25; 9:29, ou Jehoachaz, 2 Chroniques 21:17; 22:1, appelé aussi Hazaria
22:6 (à moins que ce ne soit une faute de copiste), fils de Joram et d'Hatalie,
monta sur le trône à l'âge de 22 ans, 885 avant J.-C., et ne régna qu'un an. Il
combattit avec Joram contre les Syriens, et lorsque celui-ci, blessé, eut dû
s'enfuir à Jizréhel, Achazia vint lui faire visite. Cependant Jéhu, simple capitaine,
que son maître avait laissé au siège de Ramoth de Galaad, ayant été oint roi
par Élisée, se souleva, tua Joram et poursuivit Achazia qui, bien que blessé
mortellement à la montée de Gur, put encore s'enfuir dans la contrée de
Samarie, à Méguiddo, où Jéhu l'ayant découvert le fit mettre à mort. Ses
serviteurs l'emmenèrent à Jérusalem, et il fut enseveli avec ses pères, 2 Rois
8:25; 9:29.
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ACHIM,
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fils de Sadoc, père d'Éliud, de la tribu de Juda,
nommé dans la généalogie du Sauveur, Matthieu 1:14, mais du reste, inconnu.
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ACHITHOPHEL
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(frère de ruine ou de folie), 2 Samuel 15:16 et 17,
natif de Guilo, père d'Éliham, 2 Samuel 23:34, et grand-père de Bathsébah, cf.
11:3, courtisan fort habile dont les avis étaient reçus comme des conseils de
Dieu, 16:23, fut des premiers à embrasser le parti d'Absalon révolté contre son
père, et l'on suppose que ce fut pour venger l'affront fait par ce prince à la
personne de sa petite-fille. Du moins on ne voit pas quel intérêt aurait pu
porter ce vieillard à trahir son premier maître; et toute sa conduite, ses
paroles, ses conseils, ses actions respirent la haine personnelle la plus
violente contre David. Il veut une rupture complète et conseille à son nouveau
roi d'abuser en public des femmes de son père, afin que tout le peuple, en
voyant ce crime, comprenne qu'Absalon ne reculera pas devant tous les autres; puis
il demande qu'on lui donne 12,000 hommes, avec lesquels il partira la nuit même
et poursuivra le roi sans lui donner de repos; il se jettera sur lui et ne
frappera que lui. Ce féroce conseil était bon et digne d'un homme d'État
consommé, mais Dieu le dissipa. Cusaï, ami secret de David, conseilla des
lenteurs qui furent approuvées et qui perdirent Absalon. Achithophel, prévoyant
que David serait vainqueur, et sachant bien qu'il ne pouvait en espérer aucun
pardon, fit seller son âne, revint à Guilo, mit en ordre ses affaires et
s'étrangla, 1021 avant J.-C.
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ACHMÉTHA,
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— Voir: Ecbatane.
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ACIER,
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— Voir: Fer.
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ACSAPH
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(un prisonnier), ville cananéenne dont le roi fut
vaincu par Josué, Josué 11:1; 12:20, et qui fit plus tard partie de la tribu
d'Aser, 19:25. Elle était près du mont Thabor. M. Buckingham, qui a visité ces
lieux en 1816, dit que c'est actuellement une petite ville nommé Idippa ou
Ecdippa, près de la Méditerranée, entre Tyr et Ptolémaïs. Au temps de saint
Jérôme, environ quatre siècles après Christ, c'était, à ce qu'il paraît, un
petit village nommé Chassalus.
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ACTES DES APÔTRES.
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Actes (actions ou faits) des Apôtres. Ce livre est le
5e et dernier des livres historiques du Nouveau Testament Il fait suite aux
Évangiles et sert d'introduction préparatoire aux apôtres. Il contient
l'histoire inspirée de ce que les apôtres ont fait et souffert depuis
l'ascension du Seigneur; il est plein de récits d'un haut intérêt et fournit
une foule de preuves éclatantes du pouvoir et de la grâce de Dieu. Pierre,
Jean, Paul et Barnabas en sont les principaux personnages. Après avoir raconté
l'ascension de Jésus-Christ, les Actes parlent du choix qui fut fait de
Matthias en remplacement de Judas, puis de l'effusion du Saint-Esprit à la
Pentecôte, de la prédication miraculeuse des apôtres, de leurs succès, des
persécutions qu'ils eurent à éprouver. On voit ensuite l'élection des diacres,
le martyre d'Étienne, la dispersion des fidèles en Samarie, la honteuse
conduite de Simon le magicien, le baptême de l'eunuque d'Éthiopie. Les
chapitres 9-15 nous montrent Pierre ressuscitant Dorcas, baptisant Corneille,
annonçant l'Évangile aux païens et s'en justifiant auprès des Juifs convertis.
Partout on recueille des aumônes pour les fidèles de Jérusalem qui souffrent de
la famine; Jacques est décapité; Pierre emprisonné est délivré par un ange,
Hérode est rongé des vers. L'assemblée de Jérusalem condamne ceux qui veulent
faire de l'observance des cérémonies lévitiques une condition de salut, mais
elle ordonne de s'abstenir des choses consacrées aux idoles, de la fornication,
des viandes étouffées et du sang.
— Le reste du livre (et déjà les chapitres 11 et 13,
et une portion du 9e), raconte la conversion, les travaux et les souffrances de
Paul, et fait l'histoire abrégée de la fondation et du gouvernement de l'Église
chrétienne pendant environ trente années.
L'évangéliste Luc est l'écrivain dont Dieu s'est servi
pour nous transmettre ces faits, et le livre des Actes est la suite immédiate
de l'Évangile du même disciple. L'usage fréquent de la première personne du
pluriel montre que l'auteur a été souvent le témoin des choses qu'il raconte.
On croit que son principal dessein, en entreprenant ce travail, a été d'opposer
une véritable histoire des apôtres aux faux actes et aux contes absurdes que
l'on commençait à répandre en grand nombre. Le premier et le dernier verset de
ce livre déterminent tout ce que l'on peut savoir quant à l'époque à laquelle
il fut composé: ce fut après l'Évangile, et après le séjour de deux ans que
saint Paul fit à Rome. Saint Luc l'écrivit en grec et dans un style plus
élégant que celui des autres écrivains sacrés du Nouveau Testament
— L'authenticité de ce livre n'a jamais été contestée;
quelques hérétiques seuls, dont les doctrines s'y trouvaient trop fortement
condamnées, les marcionites et les manichéens, l'ont rejeté. Les ébionites le
traduisirent en hébreu et le défigurèrent grossièrement. D'autres essayèrent,
mais en vain, de faire admettre par l'Église plusieurs imitations de ce livre,
sous les titres mensongers d'Actes des apôtres par Abdias, Actes de Pierre, de
Paul, de sainte Thècle (qui nous raconte le baptême d'un lion), de Jean,
d'André, de Thomas, de Philippe, de Matthias, etc.
— Voir: Paul et Luc.
La plus grande difficulté du livre des Actes est
certainement la partie chronologique: on a déjà fait beaucoup de travaux à cet
égard sans arriver à des résultats bien satisfaisants et bien concluants; mais,
comme en pareille matière il vaut mieux avoir une idée fixe et arrêtée,
fût-elle même fausse, que de n'en avoir point, et puisqu'il faut choisir entre
plusieurs systèmes peu sûrs celui qui présente le plus de garanties, nous
renvoyons nos lecteurs français aux Deux dissertations de M. Bost sur le droit
des Papes, suivies d'une table chronologique des Actes des apôtres,
— et à l'Histoire de l'établissement du Christianisme,
par le même, 1er vol., p. 5-53;
— Voir: encore l'ouvrage de Néander, traduit par M.
Fontanès (Établ. et direction de l'Égl. chr. parles ap.); quelques pages de
Sardinoux (sur les Galates), et de Rilliet (Philippiens); Concordance de
Mackenzie, Introduction, etc.
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ACZIB
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(menteur),
1. ville
de la tribu d'Aser, Josué 19:25,29, peut-être la même que Acsaph.
2. Autre
ville du même nom dans la tribu de Juda, Josué 15:44. Michée, jouant sur la
signification du nom de cette ville, dit (1:14): «Les maisons d'Aczib mentiront
aux rois d'Israël», c'est-à-dire que les gens d'Aczib et leurs forces ne leur
seront d'aucun secours pendant l'invasion des Assyriens.
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ADAM.
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Dieu dit au commencement: «Faisons l'homme à notre image»,
et l'homme fut tiré de la poudre; Dieu les créa maie et femelle, Genèse
1:26-27. Le mot Adam signifie terre; c'est un nom qui aurait pu, dans sa
généralité, s'appliquer à tous les individus de la race humaine, mais qui est
demeuré le nom propre de notre premier père. (Le nom Adam, terme désignant
l'humanité, incluant mâles et femelles Gen. 5:2, provient d'adamah et porte
aussi les notions de «l'intelligent, l'astucieux, le brillant, le clairvoyant,
l'éclairé, le lucide, le raisonnable, le sage, le spirituel, le subtil, le
vif.)
— Quand l'organisation matérielle de ce vaste univers
fut achevée, le Créateur compléta son œuvre en créant l'homme à son image et
selon sa ressemblance. Dieu lit l'homme droit, non pas impeccable, non pas doué
de la toute puissance, ni de la toute-science, mais pur de cœur et sain
d'entendement comme de corps. En connaissance, en justice et en vraie sainteté,
il réfléchissait l'image sans tache de son puissant Créateur, et il était
pourvu de ce qu'il lui fallait pour exercer l'empire sur les œuvres de la
création. Celles-ci étaient alors» très bonnes» à tous égards. Ce vaste
ensemble n'était qu'harmonie et bénédiction; le gouverneur suprême en remit la
domination à Adam, et lit passer devant lui toutes les créatures afin qu'il les
nommât et qu'il décidât ainsi de leur rang et de leur qualité, car c'est ce
qu'emportait chez les Hébreux le droit de donner le nom à quelqu'un ou à
quelque chose. Mais tout ce monde et ces milliers d'êtres ne présentaient pas à
l'homme le secours et la communion de sympathie dont il avait besoin; Adam
était seul; nul être ne pouvait partager son bonheur et répondre à ses
sentiments. C'est pourquoi l'Éternel le plongea dans un profond sommeil, et
d'une de ses côtes lui forma une compagne: la femme est créée, le mariage est
institué, et l'homme exprime, en ternies pleins d'énergie, ses nouvelles
affections et le sentiment qu'il a de l'intimité qui doit régner entre lui et
celle qui est un autre lui-même: le nom qu'il lui donne d'abord (Adamah,
Hommesse, 2:23), est destiné à rappeler constamment ce fait. Comme les saisons
n'avaient point encore leurs intempéries, et que le sentiment de la honte et de
la pudeur, premier fruit du péché, était inconnu à nos premiers parents, ils
marchaient dans l'innocence des petits enfants, sans songer à voiler leur corps
par des vêtements. (— Voir: Création, Ève, Femme.)
Plus l'homme était haut placé, plus l'autorité que
l'Éternel lui avait donnée sur les œuvres de la création était grande, plus il
importait aussi que quelque chose vînt sans cesse lui rappeler qu'il avait un
maître au-dessus de lui, un Seigneur qui l'avait créé pour sa gloire et auquel
il devait hommage et obéissance. Peu importait en soi quel que fut le signe de
cette dépendance. Dieu défendit sévèrement à l'homme le fruit d'un des arbres
du jardin qui, pour cela, fut nommé l'Arbre de la connaissance du bien et du
mal. Le bonheur d'Adam était ainsi entre ses mains et dépendait de ses œuvres:
s'il obéissait au commandement, lui et les siens, il jouirait avec eux et à
toujours d'un bonheur sans mélange, dans la communion de Dieu. Vie éternelle,
vie spirituelle, voilà ce qui lui avait été donné avec la vie naturelle, et ce
que son obéissance devait lui conserver. L'arbre de vie qui est au milieu du
jardin sert de signe à ces promesses. Mais s'il manque à la loi qui lui est
imposée, alors tout le contraire lui arrivera: la mort naturelle, la mort
spirituelle, la mort éternelle seront son partage, à moins que la miséricorde
divine n'intervienne; mais Dieu ne lui fait encore aucune promesse à cet égaré,
parce qu'il ne veut pas préjuger sa chute.
Le grand adversaire que nos versions appelle Satan et
le Diable, celui qui est menteur dès le commencement, et père du mensonge, se
sert du serpent pour séduire la femme, il parvient à glisser la tentation dans
son cœur. La convoitise de la chair, la convoitise des yeux, l'orgueil de la
vie, 1 Jean 2:16, suffirent à faire succomber Ève: quand elle vit que le fruit
de l'arbre était bon à manger, et qu'il était agréable à la vue, et que cet
arbre était désirable pour donner de la science, elle en prit du fruit et
entraîna son mari dans sa chute; (— Voir: un Sermon de Hor. Monod sur les trois
Convoitises.) Dès lors l'image de Dieu dans l'homme fut effacée; Adam et Ève
sont morts spirituellement, et leur communion avec Dieu se trouvant rompue, ils
apprennent ce que c'est que le trouble et la honte; ils cousent ensemble des
feuilles de figuier et s'en font une ceinture autour des reins; puis, lorsque
la voix, la parole de l'Éternel, se fait entendre dans le jardin, ils se
cachent au milieu des arbres et pensent pouvoir celer à Dieu ce qu'ils ont
fait. Bien plus, quand Adam voit que tout est découvert aux yeux de celui à qui
nous devons tous rendre compte, il essaye de rejeter toute la faute sur celle
qu'il devait aimer comme lui-même, et indirectement, par un horrible blasphème,
sur l'Éternel qui lui avait donné cette compagne. Toutefois, avant de frapper,
l'Éternel fait entendre aux coupables l'Évangile, la bonne nouvelle du salut, c'est
que la postérité de la femme brisera la tête du serpent: puis il leur annonce
la malédiction qui reposera sur Adam et sur toute sa race, même sur les élus
qui auront part à la grande délivrance finale. Infirmités, douleurs de
l'enfantement et sujétion à son mari, telle sera la part spéciale de la femme;
travail et fatigues, récoltes précaires et arrosées de sueurs, toutes sortes de
peines et d'infortunes, et la mort après tout, voilà ce qui attend Adam et le
genre humain tout entier dont il est le représentant et le père. «Tu es poudre
et tu retourneras dans la poudre», sentence pleine de miséricorde pour le
fidèle quand on la compare à l'éternelle mort qu'il a méritée, et quand on
pense à l'éternelle félicité que la grâce de Dieu lui assure.
(Le mot serpent ou
NACHASH porte aussi le sens «le raisonnement, l'intellect», c'est à dire «être
brillant, être éblouissant, être flamboyant, être illustre, être magnifique,
être séduisant, être trompeur. Tout porte à penser que le serpent n'est qu'un
terme figuratif qui représente l'esprit de la chair en l'homme, un esprit de
contrariété humaine qui veut son indépendance de Dieu et s'oppose à toutes ses
voies.)
Adam nomma sa femme Ève, c'est-à-dire vivante, parce
qu'elle devait être la mère des vivants: l'immortalité de l'individu fut
remplacée sur la terre par celle de la race, mais ce fut toujours
l'immortalité. Puis l'Éternel, les ayant revêtus de robes de peaux, les chassa
du paradis, dont il fit garder l'entrée par un ange armé d'une épée
flamboyante. Bientôt après naquirent Caïn et Abel portant l'un et l'autre
l'image de leur père terrestre, c'est-à-dire pécheurs et mortels comme lui.
D'autres enfants en grand nombre, des fils et des filles, furent donnés à Adam;
Seth est le seul dont le nom soit conservé; il naquit la 130e année de son
père. Adam mourut huit siècles après, à l'âge de 930 ans. Lémec, père de Noé,
en avait alors 56.
Observations détachées.
1. On
a pensé, mais sans fondement, que le mot Adam signifiait premier créé; d'autres
ont cru y reconnaître le mot sanscrit Adim, qui signifie le premier; enfin,
l'on a prétendu qu'il dérivait d'un mot hébreu signifiant ressemblance. Ce qui
est plus probable, c'est qu'il vient de Adamah, terre: le corps d'Adam fut
formé de terre, et c'est encore à présent la terre végétale, ou terreau, qui,
varié de mille manières, est le principe constitutif, non seulement des
végétaux, mais encore des animaux.
2. La
création de l'homme est racontée de manière à nous montrer combien d'importance
l'esprit de Dieu donne à la formation de ce chef-d'œuvre sorti des mains du
Créateur. Le récit ne nous dit pas simplement que l'homme a été formé, mais il
nous fait part des pensées divines qui précédèrent ce grand et dernier acte de
la création; l'Éternel tient conseil et veut que nous sachions l'idée
essentielle que sa puissance va réaliser. «Faisons l'homme à notre image et à
notre ressemblance.»
3. «Dieu
souffla en l'homme une respiration de vie, et l'homme fut fait en âme vivante,
ce qui veut dire, non seulement que Dieu donna la vie à l'homme comme il
l'avait déjà donnée aux animaux, mais encore qu'il lui donna une âme, siège de
l'intelligence et du sentiment, et qu'il le doua d'un sens moral qui était la
vie de son âme et son privilège essentiel. Par ses sens, dont rien ne troublait
le libre et droit exercice, l'homme était en rapport avec la nature matérielle,
et les facultés de son entendement dans leur force originelle le mettaient en
état de saisir tous ces rapports et de les combiner, en sorte qu'il avait, hors
de lui et en lui, la source de toutes les connaissances naturelles qu'il devait
progressivement acquérir. D'un autre côté, il pouvait s'élever par le sens
moral aux relations qui l'unissaient à Dieu, et les pieuses affections de son
cœur devaient tendre à se développer par la contemplation et par l'exercice.
Tel nous parait avoir dû être le premier homme quand il sortit des mains de son
Créateur, sans toutefois que nous croyions possible d'arriver à quelque chose
de bien certain sur sa nature, vierge encore de toutes impressions, que les uns
croient avoir été extrêmement développée, et que d'autres comparent à celle
d'un enfant admirablement doué de la puissance d'acquérir, mais qui n'a encore
rien acquis.
4. La
dégradation dans laquelle tombe le premier homme, et les rapides progrès qu'il
fait dans la voie du mal, sont vraiment effrayants. On peut remarquer trois
faits dans cette chute: la faiblesse singulière du pécheur, qui cède à la voix
de sa femme; sa lâcheté à vouloir s'excuser en l'accusant; enfin, et surtout,
l'endurcissement qu'il manifeste au point de n'exprimer aucune repentance de
son péché. C'est que le repentir est impossible là où il n'y a point
d'espérance, et nulle promesse de pardon n'était encore sortie de la bouche de
l'Éternel. Mais, dès que la promesse d'un libérateur eut été prononcée, il y
eut pour Adam une voie de retour à Dieu, et le nom même qu'il donna à sa femme
semble indiquer qu'il entra aussitôt dans cette voie. Il l'appela Vivante et
Mère des vivants, au moment que la sentence de mort contre elle et contre sa
postérité venait d'être portée; ce qui rend probable qu'il lui donna ce nom en
vue de la promesse, c'est-à-dire par la foi.
5. Si
le Seigneur afflige quelqu'un, il en a aussi compassion selon la grandeur de
ses gratuités, a dit Jérémie, Lamentations 3:32; et non seulement, après la
chute, Dieu donne la promesse d'un Rédempteur, mais même plusieurs parties de
la malédiction sont de réelles bénédictions, un bonheur dans le malheur, de
tristes remèdes, mais pourtant salutaires à l'homme. Que fussions-nous en effet
devenus si, le mal étant entré dans le monde, nous n'eussions pas été
assujettis à travailler pour vivre, et que de maux l'oisiveté n'eût-elle pas
amoncelés sur le genre humain! Quel avenir de bonheur n'y a-t-il donc pas dans
ces paroles: «Tu mangeras le pain à la sueur de ton visage»!
— Et si l'homme, après s'être maudit lui-même par sa
chute, eût continué d'être immortel, combien son sort n'aurait-il pas été
déplorable! L'immortalité dans la misère! Mais Dieu prend soin qu'il ne puisse
plus toucher à l'arbre de la vie, et cette privation, ce châtiment apparent
tourne encore au meilleur bien de la créature.
6. On
suppose, et non sans raison, que les robes dont l'Éternel recouvrit Adam et
Ève, furent faites avec la peau d'animaux qu'ils durent offrir en sacrifice par
l'ordre de Dieu, quoique cet ordre ne soit pas mentionné par Moïse. Ces robes
seraient alors une figure de la justice de Christ, dont le Seigneur revêt ses
élus.
7. L'Éternel
ayant chassé Adam et Ève du paradis, prit des mesures pour qu'ils n'y pussent
rentrer. C'est ainsi que les fidèles eux-mêmes, aussi longtemps qu'ils sont
ici-bas, ne peuvent être pleinement rétablis dans la pureté et la félicité
originelles; et c'est dans ce sens qu'ils ne sont «sauvés qu'en espérance.»
8. La
longévité d'Adam et des premiers hommes a eu pour but, évidemment, d'augmenter
plus promptement la famille humaine, et de suppléer en même temps, par la
tradition, au défaut de la parole écrite. Quand la population n'aurait alors
doublé que tous les cinquante ans, il y aurait eu sur la terre, à la mort
d'Adam, près d'un million et cinq cent mille individus issus de lui; et Lémec,
qui mourut cinq ans seulement avant le déluge, avait pu recevoir de la bouche
d'Adam lui-même le récit des premières révélations de l'Éternel.
9. La
Parole de Dieu nous montre en Adam un type de notre Seigneur Jésus-Christ,
Romains 5:12-19; 1 Corinthiens 15:45. Comme le corps d'Adam fut formé par la
puissance de Dieu et pris de la terre, de même Jésus-Christ homme a été formé par
cette puissance dans le sein de Marie. Christ est l'image du Dieu invisible, sa
parfaite ressemblance. Jésus, en sa qualité de Messie, de Christ, a reçu la
domination sur toutes choses. Il est le premier-né d'entre ses frères, le chef
et la tige de tous les élus. Enfin, de même que le péché d'Adam est devenu le
péché de toute sa race, la justice de Christ appartient à tous ceux qui sont
spirituellement sa postérité.
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ADAM,
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Josué 3:16, peut-être la même qui est appelée Adama et
Adaminébek, 19:33,36; ville de la tribu de Nephthali, située près de
l'extrémité sud de la mer de Tibériade. Ce fut près de là que les eaux du
Jourdain s'amoncelèrent lors de l'entrée des Hébreux en Canaan.
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ADAMA et Adaminébek,
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— Voir: l'article précédent.
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ADAR
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(haut, éminent)
le douzième mois de l'année religieuse des Juifs, et
le sixième de leur année civile. Il n'avait que vingt-neuf jours et
correspondait à notre mois de février et aux premiers jours de mars. Ce fut le
troisième jour de ce mois que l'on acheva et que l'on dédia le second temple,
Esdras 6:15. Le septième jour, les Juifs célèbrent un jeûne pour la mort de
Moïse. Le treizième, ils font la commémoration du jeûne d'Ester et de
Mardochée. Le quatorzième, a lieu le jeûne de Purim, Esther 3:12; 4:1, etc.,
9:17. Le vingt-cinquième enfin, célébration de la délivrance de Jéhojachin,
Jérémie 52:31. Tous les trois ans on ajoutait après ce mois, à l'année, un mois
supplémentaire de vingt-neuf ou trente jours, qu'on appelait Be-Adar ou second
Adar.
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ADDI,
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fils de Cosam et père de Melchi, un des ancêtres de
notre Seigneur, d'après Luc, 3:28; du reste, inconnu.
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ADMA
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(terrestre)
la plus occidentale des quatre villes détruites par le
feu du ciel lors de l'embrasement de Sodome, Genèse 14:2. Deutéronome 29:23. La
version de Martin porte Adama en Osée, 11:8; il faut lire Adma.
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ADMINISTRATION,
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— Voir: Gouvernement.
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ADONI-BÉZEK
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(seigneur de Bézek)
Immédiatement avant que Josué entrât en Canaan, Adoni
avait fait aux rois de son voisinage une guerre sanglante; soixante et dix
d'entre eux étaient tombés en son pouvoir; il leur avait fait couper les pouces
des mains et des pieds, sans doute afin de leur ôter la possibilité de manier
les armes, et il les nourrissait des débris de sa table, comme des chiens.
Après la mort de Josué, les tribus de Juda et de Siméon, continuant la guerre
d'extermination contre les peuplades maudites, battirent Adoni-Bézek, le firent
prisonnier et le traitèrent comme il avait traité lui-même ses captifs; il
reconnut la justice de ce châtiment, et mourut à Jérusalem. Juges 1:4-7.
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ADONIJA
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(le Seigneur est mon maître)
quatrième fils de David, par Hagguith, 2 Samuel 3:4; 1
Chroniques 3:2, naquit à Héglon. Après la mort de ses deux frères aînés, Amnon
et Absalon (et peut-être aussi Kiléab, dont on ne sait autre chose que le nom),
son père étant affaibli par l'âge et les infirmités, il tenta de s'assurer le
trône auquel il pensait avoir des droits par le privilège de sa naissance,
quoique son frère cadet, Salomon, fût désigné comme l'héritier légitime. Il se
procura un magnifique train de chevaux et de chariots, et s'entoura d'une garde
de cinquante cavaliers, comme précédemment son frère Absalon. Son père, qui
l'aimait, le laissa faire d'abord sans en manifester son déplaisir. Cependant
son influence augmentait rapidement à la cour; il avait dans son parti Joab, le
général des troupes royales, et Abiathar, le souverain sacrificateur. Mais
Bénaja, Tsadok et le prophète Nathan ne s'étaient point laissés entraîner. Au
jour fixé pour faire éclater la conjuration, Adonija fit un grand festin près
de la fontaine de Roguel, et il y invita tousses frères (à l'exception de
Salomon), et avec eux ses principaux adhérents.
— Pendant qu'ils se livraient aux excès de la table et
qu'ils saluaient leur nouveau roi, Nathan et Bathsébah vinrent informer David
de ce qui se passait, et reçurent de lui l'ordre de faire couronner
immédiatement son fils Salomon, que l'Éternel lui-même avait désigné comme son
successeur. Adonija et les siens, instruits de la chose par les acclamations du
peuple et par le rapport que vient leur en faire Jonathan, fils d'Abiathar,
sont saisis de terreur et se dispersent; Adonija se réfugie aux cornes de
l'autel, probablement dans l'aire d'Arauna; Salomon lui tend une main de paix,
à condition qu'il ne lui donnera plus, à l'avenir, aucun sujet de plainte, et
Adonija rentre dans sa maison, après avoir reconnu Salomon pour son roi, 1 Rois
1.
— Mais à peine David a-t-il rendu le dernier soupir, 1
Rois 2:13, etc., qu'Adonija, laissant percer de nouveau l'ambition qui le
dévore, fait demander pour lui la main d'Abisag la Sunamite, dernière épouse du
roi son père. C'est Bathsébah, mère de Salomon, qui se charge de ce message et
qui demande à son fils d'exaucer la prière d'Adonija. Une si haute intercession
fut cependant inutile, et comme, dans les mœurs du temps, c'était afficher des
prétentions au trône, Salomon dut ordonner à Bénaja de faire mourir Adonija.
Cela arriva une année environ après sa première révolte, 1013 avant J.-C.
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ADONIRAM
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(seigneur haut élevé)
1 Rois 5:14, le principal receveur de l'impôt ordonné
par Salomon, et le directeur en chef des 30,000 hommes qui furent envoyés au
Liban pour couper le bois nécessaire à la construction du Temple et de ses
magnifiques dépendances.
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ADONITSÉDEC
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(seigneur de justice), roi de Jérusalem, 1451 avant
J.-C. Quand il eut appris que Josué s'était emparé de Jérico et de Haï, et que
les Gabaonites avaient fait leur soumission, il se coalisa avec quatre rois ses
voisins pour châtier les Gabaonites, et pour empêcher ainsi que les autres
Cananéens ne suivissent leur exemple. Les Gabaonites recoururent à la
protection des Israélites, qu'ils obtinrent sans peine. Josué marche alors à la
rencontre des cinq rois, les attaque et les met en déroute. Une pluie de
pierres, envoyée par l'Éternel, détruit un grand nombre d'ennemis, et le soleil
s'arrête pour donner aux Israélites le temps d'achever leur œuvre de
destruction. Les rois s'étant réfugiés dans une caverne, on les y tint renfermés
jusqu'à l'arrivée de Josué, puis on les en tira et on les pendit à cinq
potences; leurs cadavres furent ensuite jetés dans la caverne, dont on referma
l'entrée au moyen de gros blocs de pierres qu'on y laissa en mémorial. Le
résultat de cette victoire fut la prise et le sac des villes appartenant à ces
Cananéens, à l'exception toutefois de Jérusalem. Josué 10.
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ADORAM
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(leur louange).
1. Receveur
général du roi David, 2 Samuel 20:24, peut-être le même qu'Adoniram (?),
2. Trésorier
en chef de Roboam et l'intendant de ses travaux. Il fut envoyé aux dix tribus
pour essayer de les ramener à l'obéissance du fils de Salomon; mais les
Israélites, le soupçonnant peut-être d'avoir conseillé la levée des impôts
oppressifs qui avaient causé leur révolte, le lapidèrent sur place, 1 Rois
12:18; 2 Chroniques 10:18; dans ce dernier passage on lit Hadoram.
3. Genèse
10:27.
— Voir: Hadoram.
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ADORATION,
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hommage religieux que l'on rend à la divinité, soit
intérieurement, soit extérieurement; ce terme, pris dans son sens étymologique,
signifie proprement l'acte de baiser quelque chose en le portant à sa bouche.
L'adoration était différente suivant la nature des cultes eux-mêmes. Chez les
païens elle consistait à se couvrir d'un voile, à mettre la main sur la bouche
et à faire plusieurs fois le tour de l'autel. On trouve, Job 31:26-27, une
allusion à ce mode de culte rendu au soleil et à la lune;
— Voir: encore 1 Rois 19:18:
«Je me suis réservé 7,000 hommes de reste en Israël,
savoir, tous ceux qui n'ont point fléchi leurs genoux devant Bahal et dont la
bouche ne l'a point baisé;»
— et Psaumes 2:12: «Baisez le Fils, de peur qu'il ne
s'irrite.» Le passage Genèse 41:40; peut de même se traduire «tout mon peuple
baisera sa main en ta présence.» On adorait encore de diverses manières: Jésus
est à genoux, Luc 22:41; Salomon a les mains étendues vers les cieux, 1 Rois 8:22;
David paraît debout, 2 Samuel 7:18, etc. Mais l'adoration la plus fréquente
était la prostration: l'on s'inclinait profondément, ou même on se prosternait
jusqu'à terre, pour témoigner un grand respect soit à Dieu, soit à des
personnages de distinction qu'on voulait honorer. C'est de cette manière
qu'Abraham reçoit, dans les plaines de Mamré, les trois messagers célestes
qu'il prend pour des voyageurs, Genèse 18:2. Lot également se prosterne devant
eux le visage contre terre à la porte de Sodome, 19:1. Et lorsqu'Abraham veut
obtenir des Héthiens un champ pour la sépulture de Sara, nous le voyons se
prosterner devant le peuple du pays, 23:7.
— Voir: encore Exode 4:31, et ailleurs.
— L'adoration intérieure est la plus pure et le plus
digne du vrai Dieu, mais elle aime à se manifester quelquefois par des actes
extérieurs: les deux peuvent être unies, mais, par leur nature, elles sont
indépendantes. C'est par cette sainte action que nous élevons nos cœurs vers
l'Éternel pour magnifier sa grandeur, ou pour célébrer ses gratuités et ses
merveilles envers les fils des hommes; c'est un culte qui ne cessera jamais, et
que nous rendrons à Dieu dans les joies même de l'éternité, Apocalypse 5:14;
7:11, etc. L'Écriture sainte nous apprend à n'adorer que Dieu, c'est à lui seul
que nous devons un culte, Exode 20:5, et tout hommage rendu à la créature est
une transgression.
— Voir: Idolâtrie.
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ADRAMMÉLEC.
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1. C'était
avec Hanammélec l'idole des colons de Sépharvajim, transportés en Samarie, 2
Rois 17:31, à la place des Israélites emmenés au-delà de l'Euphrate. On rendait
à ces deux fausses divinités le même culte qu'à Moloch, c'est-à-dire qu'on
faisait passer des enfants par le feu en leur honneur.
Adrammélech, selon quelques-uns, était représentée
sous la forme d'un mulet: d'autres disent qu'elle avait la figure d'un paon.
Mais le nom de ces deux divinités qui signifie, en hébreu et en assyrien, l'un
un roi magnifique, l'autre (Hanammélec) un roi débonnaire, peut nous porter à
voir, avec Jurieu, dans le premier le soleil, et dans le second la lune qui,
chez plusieurs Orientaux (comme encore chez les Allemands), n'était pas féminin
mais masculin, et était adoré comme un dieu. Adrammélec veut dire en persan roi
des troupeaux, et Hanammélec présente également une signification analogue, qui
pourrait nous faire supposer qu'on regardait ces divinités comme protectrices
du bétail.
2. 2
Rois 19:37; Ésaïe 37:38, Adrammélec et Saréetser, fils de Sanchérib, trempèrent
leurs mains dans le sang de leur père pendant qu'il adorait, dans la maison de
Nisroc, son dieu. Peut-être furent-ils poussés à ce crime par la crainte que
leur père ne les offrît en sacrifice à l'idole. Après ce parricide ils
s'enfuirent en Arménie et laissèrent le trône à Ésar-Haddon, leur frère. Encore
une révolution qui n'a profité en rien à ses auteurs!
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ADRAMITE.
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1. ville
sur la côte septentrionale de l'Afrique, à l'ouest de l'Égypte;
2. ville
sur la côte occidentale de la Mysie dans l'Asie Mineure, vis-à-vis de l'île de
Lesbos. Ce fut sur un vaisseau de cet endroit que saint Paul fit le voyage de
Césarée à Myra, Actes 27:2.
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ADRIATIQUE,
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Actes 27:27, ne signifie pas seulement le golfe de
Venise, mais se prend pour tout l'espace maritime compris entre la Grèce et
l'Italie, jusque sur les côtes de la Sicile. Hésychius a même appelé Adriatique
la mer Ionienne; mais les plus anciens auteurs, Pline 3, 16, 29, distinguent
l'une et l'autre, et font commencer la différence des noms là où le golfe
Adriatique commence à s'élargir, près des îles Ioniennes.
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ADULTÈRE.
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Ce mot dans son sens littéral désigne les relations
charnelles de deux personnes dont l'une ou l'autre, ou toutes les deux, sont
unies à une autre par les liens du mariage. Il faut observer seulement que la
polygamie étant admise chez les Hébreux, l'homme ne pouvait commettre adultère
qu'en s'unissant avec une femme mariée. La loi de Moïse punissait de mort
l'adultère, Lévitique 20:10, et l'on suppose, d'après Jean 8:5, que la
lapidation était le supplice ordinaire en pareil cas. Anciennement c'était
peut-être le supplice du feu, d'après Genèse 38:24. Mais s'il importait dans
ces climats brûlants du Midi, que le législateur accordât une satisfaction à
l'époux offensé, il n'était pas moins nécessaire qu'il protégeât une femme
innocente contre la jalouse et terrible passion d'un époux soupçonneux. C'est
dans ce but, pour condamner la coupable et pour absoudre celle qui ne l'était
pas, que Moïse avait institué la loi des jalousies, l'épreuve des eaux amères
que l'on trouve Nombres 5:12, et suivants. Le mari conduisait sa femme au
sacrificateur; et là, devant l'autel et tenant dans ses mains le gâteau de
jalousie sans huile ni encens, elle devait repousser avec serment l'accusation
portée contre elle. La formule du serment, accompagnée d'exécrations, était
ensuite mise par écrit, puis effacée avec l'eau sainte d'amertume mélangée avec
quelques herbes amères et quelque peu de poussière prise sur le sol du
tabernacle. L'accusée prenait ce breuvage, et aussitôt qu'elle l'avait bu, la
sentence était prononcée: elle était déclarée innocente et fidèle, si elle n'en
était pas incommodée; mais elle enflait aussitôt par tout le corps, elle
pâlissait et périssait dans d'affreux tourments, si elle avait manqué à la foi
conjugale. La fiancée adultère était punie aussi sévèrement que si elle eût été
mariée, à l'exception des fiancées esclaves, Lévitique 19:20, qui, étant moins
libres de leurs actions, en étaient aussi moins responsables.
Job 31:9-12, et le livre des Proverbes expriment en
plusieurs endroits l'horreur profonde que ce crime doit inspirer, et l'Écriture
sainte en général met tous ces genres de souillures au nombre des plus grandes
iniquités, au point d'appeler adultère et prostitution spirituelle l'abandon du
vrai Dieu, l'idolâtrie et l'apostasie; cf. Jérémie 3:9; Ézéchiel 23:43, etc..
C'est dans ce sens que Jésus appelle les Juifs une nation adultère et
pécheresse, Marc 8:38, etc.
L'histoire de la femme adultère, Jean 8, renferme une
bien grande leçon d'humilité, lorsqu'elle nous montre Jésus en appeler à la
conscience de tous, et tous se retirer convaincus en eux-mêmes du même crime.
Dieu, d'ailleurs, va plus loin que les hommes, et la nouvelle économie va plus
loin que l'ancienne en appelant adultère ce que la loi de Moïse nommait
simplement convoitise; cf. Matthieu 5:27-28; avec Exode 20:14.
— Voir: Divorce.
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ADUMMIM,
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montagne et ville du lot échu à la tribu de Benjamin,
entre Jérusalem et Jérico; ce passage fut souvent infesté de voleurs, et c'est
peut-être à cette circonstance qu'il fut redevable de son nom qui signifie
rouge de sang. Josué 15:7. 18:17. Jésus y a placé l'histoire ou la parabole du
bon Samaritain. Luc 10:30-36.
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AGABUS,
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prophète, et peut-être l'un des soixante-dix disciples
envoyés par Jésus, annonça, Actes 11:28, l'approche d'une grande famine qui eut
lieu en effet la 4e année de Claude César, 44 après J.-C., et qui, au dire de
l'historien Flavius Josèphe, fut particulièrement violente en Palestine. Plus
tard, vers l'an 60, Agabus alla voir Paul à Césarée et lui prédit par une
action symbolique qu'il serait mis dans les chaînes à Jérusalem, Actes 21:10.
C'est tout ce que l'on sait de la vie de ce prophète; les Grecs assurent qu'il
fut martyrisé à Antioche.
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AGAG
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paraît avoir été un nom commun à tous les rois
d'Hamalek. Ils étaient déjà puissants au temps de Moïse, et Balaam les nomme
comme tels dans une de ses prophéties, Nombres 24:7. (c'est par erreur que
quelques éditions de Martin lisent Agar), La défaite et la mort d'un de ces
rois nous est racontée 1 Samuel 15. Saül reçut la nouvelle de sa déchéance,
parce que au lieu de détruire Agag et ses troupeaux à la façon de l'interdit,
ainsi qu'il en avait reçu l'ordre, il les avait épargnés.
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AGAR,
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Genèse 16 et 21, servante égyptienne que Sara donna
pour femme à Abraham. Sur le point de devenir mère, elle dut fuir pour avoir
méprisé sa maîtresse; mais l'ange de l'Éternel qui lui apparut, lui rappela son
devoir en la nommant «servante de Saraï; «lui montra ses torts en lui
demandant: «D'où viens-tu?» et l'avertit des dangers qu'elle courait au désert,
par cette seule parole: «Où vas-tu?» C'est qu'en effet elle fuyait loin de son
devoir, et l'on ne rencontre que dangers et malheurs hors des sentiers du
devoir. Plus tard, lorsqu'Ismaël eut atteint l'âge de 17 ou 18 ans, il se moqua
de son jeune frère Isaac que l'on sevrait, et la servante dut s'enfuir pour
toujours avec son fils. L'ange de l'Éternel lui apparut de nouveau dans sa
détresse, lui fit voir une source d'eau, 21:19, et lui annonça les glorieuses
destinées réservées à Ismaël.
Les mahométans font d'Agar une épouse légitime
d'Abraham, et, légitimant ainsi la naissance d'Ismaël, ils prétendent qu'il
jouit des privilèges du droit d'aînesse; ils en voient même une preuve dans le
fait qu'Isaac n'a obtenu en héritage que la Palestine, tandis qu'Ismaël possède
les contrées beaucoup plus étendues et plus riches de l'Arabie.
Saint Paul, Galates 4:22-31, représente la synagogue et
la loi sous la figure d'Agar qui ne produit que des esclaves, fils selon la
chair mais non selon la promesse, et il distingue les deux alliances et les
deux Jérusalem, et les rattache ainsi, en les comparant, à la double postérité
du père des croyants. Le nom d'Agar, signifiant en arabe rocher, pierre,
pouvait d'autant mieux être employé par l'apôtre pour marquer la dure montagne
sur laquelle la loi avait été promulguée.
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AGATHE,
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Exode 28:19; 39:12, pierre précieuse qui est
proprement une composition de quartz, de pyrite, de jaspe et d'autres minéraux,
ce qui fait qu'on la trouve tantôt plus, tantôt moins transparente, et de
différentes couleurs souvent mélangées d'une manière fort curieuse, de noir et
de blanc, d'or et d'améthyste. Elle est peu rare; on la trouve ordinairement
dans les rivières près des montagnes de roche primitive, et selon quelques
auteurs, elle tirerait son nom d'un fleuve de Sicile où elle se rencontrait en
assez grande abondance. Anciennement elle était fort estimée, mais déjà du
temps de Pline le naturaliste, elle avait beaucoup perdu de sa valeur; on s'en
servait comme de nos jours pour ornements. L'agathe était la 8e pierre du
pectoral d'Aaron, mais elle n'est pas nommée comme faisant partie des
fondements de la nouvelle Jérusalem de l'Apocalypse.
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ÂGE.
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L'âge a toujours été, chez tous les peuples et dans
tous les temps, la mesure de l'honneur que l'on devait rendre à chacun. Partout
un âge avancé a trouvé chez des hommes plus jeunes la vénération qui lui était
due, et que tous lui accordent soit involontairement, soit par un simple
mouvement naturel, soit par la considération de la longue expérience attachée à
une longue carrière. Cette coutume instinctive, à laquelle tous les auteurs
profanes rendent témoignage, est également consacrée dans le plus ancien livre
des Hébreux, Job 12:12; 15:10; 29:8. Ce dernier passage nous montre même les
jeunes gens se cachant ou se retirant par respect à l'approche d'un vieillard,
et la loi de Moïse ordonne au jeune homme de se lever devant les cheveux
blancs, Lévitique 19:32. Le livre des Lamentations 5:42, met au nombre des plus
grands crimes le manque de respect pour le vieillard.
— Et ce respect chez les Hébreux était si loin de
n'être qu'une formalité, que nous voyons au contraire les chefs des villes, des
tribus, ou du gouvernement, toujours choisis parmi les anciens et toutes les
choses importantes ou honorables données à des hommes âgés.
— Voir: Anciens.
Le respect pour l'âge a beaucoup diminué dans la
société moderne. Ce qu'on vénérait chez un vieillard, c'est moins son âge que
les qualités de son âge; or la civilisation prétend, pour bien des choses,
remplacer ces qualités; on acquiert, on apprend, on vieillit vite, et l'on
mûrit de bonne heure, mais on mûrit mal; dans le bouleversement de notre
système social, à une époque où toute autorité est remise en question, celle de
l'âge devait se voir aussi contestée; c'est un signe fâcheux; nous signalons le
fait, l'explication qu'on en pourrait donner ne le justifie pas.
Le mot âge a encore dans l'Écriture sainte différents
sens:
1. le
moment où les facultés d'un homme sont à leur maturité, sans indiquer cependant
la vieillesse, Jean 9:21,23;
2. une
période de temps passé, présent ou à venir, Éphésiens 3:5; 2:7;
3. les
hommes qui vivent ou qui ont vécu en quelqu'une de ces périodes, Colossiens
1:26.
On divise ordinairement en âges ou périodes l'histoire
de la théocratie; c'est commode, mais arbitraire, et chacun peut choisir la
division qu'il aime le mieux. Un premier âge trouvera cependant ses limites
naturelles dans la formation de l'ancien monde et son bouleversement sous Noé.
L'époque suivante, dans laquelle Dieu se manifeste à ses enfants sans avoir
encore choisi un peuple dépositaire de ses oracles, formerait le second âge
allant depuis Noé jusqu'à Abraham; un troisième, d'Abraham à Moïse; un
quatrième, jusqu'à la mort de Samuel, comprendrait la conquête du pays de
Canaan et le gouvernement des Juges; cinquièmement enfin, la royauté jusqu'au
retour de la captivité sous Esdras. C'est ici que finissent les livres
historiques de l'Ancien Testament. Un sixième âge renfermerait le temps écoulé
depuis cette époque jusqu'aux jours de Christ.
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AGGÉE,
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prophète hébreu qui vivait au commencement du règne de
Darius fils d'Hystaspe, 522 avant J.-C. On ne sait rien de particulier sur sa
vie.
— Sa mission était d'activer la construction du second
temple; pour cela il fallait agir sur les dispositions morales du peuple en
général; il fallait l'amener à se repentir de son ingratitude envers Dieu et de
son manque de zèle; mais il fallait aussi relever son courage qui pouvait
facilement être abattu par la vue d'un état de choses qui correspondait si peu
aux espérances magnifiques qu'on avait cru pouvoir concevoir d'après des
prophéties précédentes: c'est pourquoi Aggée annonce que la gloire du second
temple surpassera celle du premier (2:6-9), et c'est ce qui fut accompli par la
venue du Messie,
— Voir: Temple.
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AGNEAU,
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— Voir: Brebis.
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AGRAFE.
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Ésaïe 3:18; Les versets 16 à 24 de ce chapitre d'Ésaü
renferment des difficultés philologiques presque insurmontables, et dont
l'examen dépasserait les bornes de notre travail. Ceux qui voudraient entrer
plus avant dans l'explication de ce passage, pourront consulter l'ouvrage de
Schrœder «Commentarius philologicocriticus de vestitu mulierum hebræarum, ad
intelligentiam Ésaïe 3:16-24. Leyde 1745.» Ce livre sert de guide à tous les
interprètes modernes.
— Quant au sens du mot hébreu traduit par agrafe, il y
a deux explications: selon les uns, ce seraient quelques ornements en forme de
filet destinés à garnir la tête; selon d'autres, ce seraient de petits soleils;
il y aurait alors parallèle ou opposition avec le mot suivant, boucles, ou
plutôt petites lunes. On ne peut décider entre ces deux opinions.
— Nous traduirions ainsi les versets d'Ésaïe
susmentionnés:
18. En
ce temps-là le Seigneur ôtera l'ornement des bracelets (pour les pieds), des
coiffes, et des croissants;
19. et
les perles, et les bracelets, et les longs voiles;
20. et
les bonnets, et les chaînettes (qui lient les bracelets des pieds), et les
rubans, et les flacons odoriférants, et les oreillettes (servant d'amulettes);
21. et
les boucles d'oreilles, et les bagues du nez;
22. et
les habits de fête, et les longs habits à manches, et les manteaux, et les
poches;
23. et
les miroirs, et les chemises (ou crêpes), et les turbans, et les voiles de
gaze;
24. (les
punitions sont rattachées au luxe) et il arrivera au lieu de senteurs
aromatiques, de la puanteur; et au lieu de ceinture, une corde; et au lieu de
boucles poudrées d'or (Vitringa), une tête chauve; et au lieu d'habits larges
et somptueux, des ceintures de cordes de sac; et des stigmates au lieu de
beauté.
Cette traduction, trop littérale pour aspirer à un
autre mérite, n'a pour but que d'indiquer avec précision, et une fois pour
toutes, le sens des modifications qui devraient être introduites dans une
nouvelle version de ce passage; la plupart des changements adoptés sont
empruntés à l'ouvrage de Schrœder cité plus haut.
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AGRIPPA.
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1. Hérode
Agrippa, Actes 12:1,23,
— Voir: Hérode.
2. Agrippa,
fils de celui-ci, était à Rome auprès de l'empereur Claude lorsque son père
mourut, l'an 44 de Jésus-Christ. L'empereur penchait à lui transférer toute
l'autorité dont son père avait joui, mais ses courtisans l'en détournèrent, en
considération de la jeunesse du prince, à peine âgé de 17 ans. L'année
suivante, le gouverneur de la Syrie voulut un instant contraindre les Juifs à
lui remettre les ornements de leur souverain sacrificateur pour les placer dans
la tour Antonia, sous la garde des Romains; mais Agrippa obtint la révocation
de cet ordre.
— Hérode, oncle d'Agrippa, roi de Chalcide, étant
mort, l'an 49, sa succession fut donnée à son neveu, mais lui fut de nouveau
retirée au bout de quatre ans: l'empereur l'en dédommagea, du reste, en lui
conférant le gouvernement de cinq provinces, notamment de l'Abilène et de la
Trachonite, auxquelles Néron ajouta bientôt Julia dans la Pérée, et une partie
de la Galilée, à l'occident de la mer de Tibériade. Il s'occupa avec zèle
d'embellir les villes de son ressort, et surtout Jérusalem; mais malgré cela il
ne fut jamais aimé des Juifs, à cause de l'arbitraire avec lequel il déposait
des souverains sacrificateurs et en établissait de nouveaux. Lorsque Festus fut
nommé gouverneur de la Judée, l'an 60. Agrippa et sa soeur Bérénice se
rendirent à Césarée pour le complimenter. L'apôtre Paul y était alors détenu et
venait d'en appeler à César. Festus ayant entretenu Agrippa de cette affaire,
celui-ci désira vivement d'entendre le prisonnier; il fut tellement charmé du
sens droit et de la majesté qui régnait dans le discours de Paul, qu'il se
sentit à moitié convaincu de la vérité de l'Évangile. «Tu me persuades à peu
près d'être chrétien!» s'écria-t-il un moment, comme s'il oubliait son
caractère déjuge et de roi; mais ce ne fut, hélas! qu'une émotion passagère:
homme juste, doux, et bon Juif du reste, Agrippa ne voulait de la religion que
ce qui ne gênait pas sa morale particulière, et il ne considéra les paroles de
Paul qu'en juge chargé d'en examiner la culpabilité, sans penser qu'elles
pussent le concerner lui-même. Après la ruine de Jérusalem, il se retira à Rome
avec sa sœur, et mourut âgé de 70 ans. (90 après J.-C.).
— Voir: Actes 25 et 26.
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AGUR,
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fils de Jaké, auteur du chapitre 30 des Proverbes, du
reste inconnu. Quelques-uns pensent que c'est Salomon lui-même qui aurait voulu
se cacher sous ce pseudonyme; opinion qui ne se peut guère soutenir. En effet,
pour quelle raison aurait-il changé de nom? Pourquoi se serait-il caché;
pourquoi d'ailleurs Salomon qui s'appelle encore fils de David alors même qu'il
change de nom, Ecclésiaste 1:1, se serait-il appelé ici fils de Jaké sans aucun
motif plausible? Le style de ce chapitre n'est point non plus celui de Salomon
dans le reste des Proverbes; ce n'est pas l'homme qui a reçu de Dieu une
sagesse extraordinaire qui peut venir dire: «Certainement je suis le plus
hébété de tous les hommes, et il n'y a point en moi de prudence humaine», verset
2; ce n'est pas non plus l'homme et le roi le plus riche du monde qui peut dire
à Dieu: «Ne me donne ni pauvreté ni richesse», verset 8, et la lecture de ce
chapitre tout entier trahit évidemment une personnalité différente.
Agur parle à ses deux amis ou disciples, Ithiel et
Ucal, de sa grande ignorance dans les mystères des profondeurs divines; il
exprime sa vénération pour la parole de Dieu, et semble répondre à des
questions qui lui auraient été adressées.
— Composé peut-être par un des sages dont il est parlé
24:23, ce fragment aura sans doute été recueilli par les gens d'Ézéchias, de
même que les cinq chapitres qui précèdent. Cf. 25:1.
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AHA!
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Psaumes 35:21,25; 40:16; Ézéchiel 25:3, interjection
qui exprime le mépris, la dérision, l'insulte; à l'exception peut-être d'Ésaïe
44:16, où elle marquerait la satisfaction.
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AHAVA,
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Esdras 8:15,21,31, petite rivière de la Caldée ou de
l'Assyrie, sur les bords de laquelle Esdras rassembla les captifs qu'il devait
ramener en Judée, et où il publia un jeûne, «afin, dit-il, de nous humilier
devant notre Dieu, le priant de nous donner un heureux voyage pour nous et pour
nos familles.» Selon quelques-uns, ce serait le fleuve connu sous le nom
d'Adiava qui coulait dans l'Adiabène; d'autres, à cause de Esdras 8:15,
prennent Ahava pour une ville ou un district et le comparent avec le pays de
Hava nommé, 2 Rois 17:24.
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AHIHÉSER.
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1. Chef
des enfants de Dan, Nombres 2:25; 7:66-71.
2. Benjamite
et parent de Saül, 1 Chroniques 12:2-3, etc., chef d'archers et de frondeurs,
et vaillant homme, vint au secours de David, lorsque, fuyant devant Saül, ce
malheureux roi était enfermé dans Tsiklag.
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AHIJA
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(frère de l'Éternel).
1. Fils
d'Ahitub et arrière-petit-fils d'Héli, souverain sacrificateur du temps de
Saül, 1 Samuel 14:3, probablement le même que Ahimélec 22:9.
— Voir: Ahimélec.
2. Prophète
du Seigneur, qui habitait à Silo. Ce fut lui, selon toute apparence, qui
encouragea Salomon à construire le temple, 1 Rois 6:11, et qui le menaça
ensuite du démembrement de son royaume, 11:9,29; 12:15. Ayant rencontré
Jéroboam dans un champ, il déchira sa robe en douze pièces, et lui en donna
dix, comme signe de la domination qu'il exercerait sur dix tribus d'Israël.
Plus tard, et dans sa vieillesse avancée, le même prophète fit entendre au même
roi des paroles bien différentes, lorsqu'il annonça à son épouse déguisée la
mort de leur fils Abija et la ruine de toute leur maison, 14:2, lia écrit des
mémoires sur les temps de Salomon et de Jéroboam, mais ces prophéties, comme
tant d'autres, se sont perdues, 2 Chroniques 9:29.
3. De
la tribu d'Issacar, père de Bahasa, le meurtrier et le successeur de Nadab, 1
Rois 15:27.
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AHIKAM,
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fils de Saphan et père de Guédalia, 2 Rois 22:12;
25:22; 2 Chroniques 34:20; Jérémie 26:17-24; 40:6. Il fut envoyé par Josias,
roi de Juda, auprès de Hulda la prophétesse, pour la consulter sur le livre de
la loi qui avait été trouvé dans le temple. Sous Jéhojakim, il prit le parti de
Jérémie et empêcha qu'il ne fût livré au peuple, et qu'on ne le fît mourir.
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AHIMAHATS.
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1. Beau-père
de Saül, 1 Samuel 14:50.
2. Fils
et successeur de Tsadok, souverain sacrificateur, 2 Samuel 15:36; 17 et 18,
rendit à David d'importants services pendant la rébellion d'Absalon. Chargé de
faire passer au monarque les précieux avis de Cusaï, il se tenait avec
Jonathan, caché derrière la fontaine de Roguel. Une servante vint leur annoncer
les résolutions qui venaient d'être prises par Absalon, et ils partirent; mais,
dénoncés par un garçon qui les avait découverts, ils furent poursuivis et
durent se cacher à Bahurim, dans la maison d'un partisan de David, qui avait au
milieu de sa cour un puits au fond duquel ils descendirent. La femme de la
maison étendit un grand drap sur l'ouverture de la citerne et y répandit du
grain pilé; puis, lorsque les émissaires furent arrivés, elle les éloigna par
de faux renseignements et rendit la liberté à ses hôtes.
— Ce fut encore Ahimahats qui annonça le premier à
David la défaite d'Absalon, mais il remit à un autre le soin de lui répondre
sur le triste sort de son fils, sachant bien qu'une pareille nouvelle serait
peu favorable à celui qui l'apporterait.
— Hazaria, son fils, lui succéda dans l'exercice de la
sacrificature. 1 Chroniques 6:8.
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AHIMAN,
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Josué 15:14. Juges 1:10, un des fils de Hanak, fut
chassé de Hébron après que Caleb eut pris cette ville.
— Voir: Hanak.
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AHIMÉLEC
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(mon frère est roi).
1. Fils
d'Ahitub. Au milieu des difficultés qui mettent tant de confusion dans
l'histoire de la succession des grands prêtres, on ne sait pas encore si Ahitub
a eu deux fils souverains sacrificateurs, ou s'il n'en a eu qu'un seul portant
à la fois les deux noms d'Ahija et d'Ahimélec (à ce dernier il faut en tout cas
joindre encore celui d'Abiathar, — Voir: ce mot). D'après 1 Samuel 22:14,
Ahimélec paraît avoir rempli pendant longtemps les fonctions de son ministère,
ce qui rend assez difficile la supposition qu'un frère les aurait exercées
avant lui. Il est donc probable que Ahija et Ahimélec ne sont qu'un seul et
même individu. Ce fut lui qui, pendant l'expédition de Migron contre les
Philistins, consulta l'Éternel et qui, ne recevant point de réponse, fit
connaître au peuple que Jonathan avait, sans le vouloir, violé le serment de
Saül qu'il ne connaissait pas. Il avait sa résidence à Nob avec le tabernacle
et un certain nombre de sacrificateurs. David, fuyant la cour et Saül, se
réfugia auprès d'Ahimélec, qui lui donna à manger des pains de proposition. Il
remit de plus à David l'épée de Goliath, que l'on conservait dans le tabernacle
comme le trophée d'une grande et glorieuse victoire. Ahimélec fit cela, ne
connaissant rien des discussions qui régnaient entre David et Saül; il vivait trop
loin de la cour, et n'avait eu aucun moyen d'apprendre ces querelles intestines
et domestiques entre le gendre et le beau-père; mais l'ombrageux et jaloux
monarque n'en eut pas été plus tôt informé par Doëg, qu'il fit massacrer le
grand pontife et tous les prêtres de Nob.
2. Ahimélec
ou Abimélec, fils d'Abiathar (ou Ahimélec), exerça la souveraine sacrificature
de concert avec Tsadok que Saül avait mis à la place du premier Ahimélec son
père. Ce serait alors le même qu'Abiathar q.v. En tous cas ce fut sous son
ministère que David distribua les sacrificateurs en 24 ordres ou séries, 1
Chroniques 24:3,6; 18:16; 2 Samuel 8:17; 20:25.
3. Héthien
à qui David proposa, de même qu'à Abisaï, de l'accompagner au camp de Saül, 1
Samuel 26:6.
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AHINOHAM.
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1. Fille
d'Ahimahats et femme de Saül, 1 Samuel 14:50. On ne voit pas que Saül ait eu
d'autre femme (sauf Ritspa, 2 Samuel 3:7) et l'on peut croire que ce premier
roi d'Israël s'est écarté des mœurs orientales soit par respect pour la loi de
Dieu, Deutéronome 17:17, soit pour ne pas effrayer le peuple déjà prévenu, 1
Samuel 8,13.
2. Ahinoham
de Jizréhel, 1 Samuel 25:43, seconde femme de David, mère d'Amnon, 1 Chroniques
3:1, suivit son mari à Gath, 1 Samuel 27:3, fut faite prisonnière par les
Hamalécites lors du pillage de Tsiklag, 30:1-5, fut délivrée par David, verset
18, et l'accompagna à Hébron, 2 Samuel 2:2; 3.
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AHIO ou Ahjo,
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2 Samuel 6:3; 1 Chroniques 13:7, allait devant l'arche
pendant que son frère Huza marchait à côté, lorsqu'on ta reconduisait de la
maison d'Abinadab à Jérusalem. S'il eût été à la place de son frère, il eût eu
sans doute la même tentation si naturelle de retenir l'arche chancelante, et il
eût péri comme lui. Pourquoi Dieu a-t-il assigné à deux frères des emplois qui
devaient amener pour l'un et pour l'autre un résultat final si différent? C'est
le mystère qui se retrouve dans toute vie d'homme.
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AHITUB
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(père de bonté).
1. Fils
de Planées et frère d'Icabod. Son père étant mort dans cette fameuse journée où
l'arche tomba entre les mains des Philistins, il succéda à son grand-père Héli
et remplit ainsi les fonctions de souverain sacrificateur sous Samuel. Il fut
remplacé par son fils Ahija ou Ahimélec, 1 Samuel 14:3.
2. Fils
d'Amaria, descendant d'Éléazar, fils d'Aaron, ne paraît pas avoir exercé la
sacrificature; il eut pour fils Tsadok, 1 Chroniques 6:8.
3. Fils
d'un autre Amaria, et père d'un autre Tsadok, 1 Chroniques 6:11.
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AHOLA et Aholiba,
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Ézéchiel 23, deux noms supposés, le premier signifiant
sa tente (de l'Éternel), le second, ma tente est là. Ces deux femmes, filles
d'une même mère, et qui se sont prostituées aux Égyptiens et aux Assyriens,
représentent, l'une, le royaume d'Israël ou de Samarie, et l'autre, le royaume de
Juda, qui ont imité les abominations idolâtres de l'Égypte et de l'Assyrie:
aussi l'Éternel a réduit ces épouses adultères à la plus dure servitude, et
elles ont été menées en captivité.
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AHOLIAB,
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— Voir: Betsaléel.
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AHOLIBAMA.
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Genèse 36:2; sq., femme d'Ésaü et mère de Jéhus,
Jahlam et Korah. Un de ses descendants fut le chef d'une tribu du même nom,
verset 41.
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AHUZAT,
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ami du second Abimélec qu'il accompagna, de même que
Picol, lorsqu'il vint pour traiter alliance avec Isaac, Genèse 26:26. (Quelques
versions traduisent «une compagnie d'amis», au lieu de Ahuzat et son ami.)
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AIGLE.
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Exode 19:4; Lévitique 11:13; Deutéronome 32:11; et
ailleurs. L'aigle a toujours été regardé, dans le langage populaire, comme le
roi des oiseaux à cause de sa force, de sa férocité, de la rapidité et de
l'élévation de son vol, et de la terreur qu'il inspire aux autres habitants de
l'air. C'est un oiseau solitaire, parce qu'il lui faut une grande étendue de pays
pour se procurer sa nourriture: deux paires d'aigles ne se trouvent jamais dans
le même voisinage. Il n'attaque l'homme que rarement, et les petits animaux
jamais. S'il ne peut dévorer sa proie en entier, il n'y revient pas une seconde
fois, car il méprise la chair qui sent. Il niche seulement sur les rochers les
plus élevés et les plus inaccessibles à l'homme; et Balaam, dans sa prophétie,
Nombres 24:21, lui compare sous ce rapport les Kéniens.
— Voir: encore Habacuc 2:9; Abdias, 4.
— Job 39:30 sq. nous donne l'histoire naturelle de cet
oiseau. Deutéronome 32:11, nous parle des soins tout particuliers de l'aigle
pour apprendre à voler à ses jeunes aiglons. Exode 19:4, est une allusion à
l'ancienne croyance que l'aigle emporte ses petits sur ses ailes, ou qu'il les
aide à voler en planant au-dessous d'eux pour les soutenir s'ils venaient à
tomber. Job 39:33, est littéralement vrai de certaines espèces d'aigles qui
mangent les corps morts, à moins qu'ils n'exhalent une odeur de putréfaction
trop forte. Notre Sauveur fait une espèce d'allusion à ce passage lorsqu'il
dit: «Où sera le corps mort, là s'assembleront les aigles.» Dans Matthieu
24:28, cette parole semble avoir le sens plus général: partout où la corruption
se montre on trouve de faux Christs tout prêts à en profiter; mais Luc 17:37,
doit s'entendre particulièrement des aigles romaines qui fondirent sur le
peuple juif pour s'en emparer, après qu'il eut perdu toute vie religieuse et
nationale et qu'il ne fut plus qu'un corps mort.
— Du reste, dans le passage de Job, quelques-uns
pensent que l'aigle serait ici confondu avec le vautour, comme cela se fait
souvent dans le langage ordinaire.
— Voir: encore Proverbes 30:17.
— Michée 1:16, ne peut s'appliquer qu'au vautour; les
mots qui mue ne se trouvent pas dans l'original, et le prophète veut parler
d'un oiseau qui a naturellement la tête nue; or aucune espèce d'aigle n'est
dans ce cas. Il est souvent fait allusion dans l'Écriture à la rapidité du vol
de l'aigle, Deutéronome 28:49; 2 Samuel 1:23; Jérémie 4:13, etc.; à la distance
extraordinaire de laquelle il découvre sa proie, Deutéronome 28:49; Habacuc
1:8; à l'impétuosité avec laquelle il se précipite pour s'en emparer, Job 9:26;
Proverbes 30:19. Le vol de l'aigle est aussi grandiose qu'il est impétueux et
rapide; aucun autre oiseau ne s'élève aussi avant dans les airs; il laisse
derrière lui les nuages et les régions du tonnerre et de l'éclair; son nid
s'élève sur les sommets des rochers, et «entre les étoiles», Abdias 4; Jérémie
49:16; Job 39:30-31. Cette immense élévation, jointe à une vue rapide et si
perçante qu'il passait pour regarder le soleil en face, l'ont fait prendre
comme symbole du prophète.
L'aigle est un des quatre animaux qui entrent dans la
composition des chérubins, Ézéchiel 1:10; Apocalypse 4:7.
— Psaumes 103:5; Ésaïe 40:31, se rapportent à
l'opinion anciennement très répandue que par la mue l'aigle, chaque printemps,
renouvelle son plumage et rajeunit ses forces, ou selon d'autres, qu'il atteint
un âge très avancé, et que dans sa vieillesse il mue et acquiert une nouvelle
jeunesse avec de nouvelles plumes. Cyrus, qu'Ésaïe 46:11, compare
prophétiquement à un aigle, avait en effet cet oiseau pour ses armes. Les
Perses, d'après les anciens auteurs, avaient pour enseignes un aigle d'or aux
ailes déployées: il est probable qu'ils tenaient ce symbole des Assyriens qui
le portaient déjà sur leurs bannières, circonstance qui nous fait comprendre
pourquoi les écrivains sacrés font si souvent allusion à l'aigle et à ses ailes
quand ils décrivent la marche victorieuse des armées assyriennes, Osée 8:1;
Jérémie 48:40; Ésaïe 8:8, et ailleurs.
— Voir: Animaux impurs, et Vautour.
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AIRAIN.
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L'hébreu Nechosheth, dans la Bible, désigne le cuivre,
et non pas le métal que nous appelons communément airain ou bronze, lequel est
d'une invention plus moderne. Anciennement les outils, instruments, etc., qui
dans la suite se firent en fer, étaient surtout en cuivre. Déjà dans la septième
génération après Adam, Tubal-Caïn travaillait ce métal, Genèse 4:22. Chez les
anciens Hébreux les armes étaient de cuivre, même les arcs, 1 Samuel 17:5;
6:38; 2 Samuel 22:35; 1 Rois 14:27; Job 20:24. Les Philistins lièrent Samson
avec des chaînes de cuivre, Juges 16:21. Beaucoup de meubles et ustensiles du
tabernacle, les colonnes du temple de Salomon, 1 Rois 7:13-21, le grand bassin
appelé la mer d'airain, 2 Rois 25:13, et d'autres objets qui servaient aux
sacrifices étaient pareillement de cuivre, 2 Chroniques 4:16, de même que les
miroirs de femmes, Exode 38:8; cf. Job 37:18. Les marchands de Mésec et de
Tubal apportaient des vases de cuivre au marché de Tyr, Ézéchiel 27:13.
Il est aussi parlé ailleurs de cuivre poli et
brillant, et l'on croit que c'était le métal connu des Grecs et des Romains
sous le nom d'aurichalcum. Il y en avait de naturel et d'artificiel; ce
dernier, appelé œs pyropum, ou
χαλκός
χρυτοείδης par Aristote, était une sorte de cuivre jaune ou de
laiton. L'aurichalcum naturel est peu connu: les anciens ne nous ont laissé que
des renseignements incomplets à cet égard; il paraît qu'il avait l'éclat et la
couleur de l'or, et la dureté du cuivre, et comme on le tirait des Indes,
quelques savants pensent que c'était notre platine; mais la chose est peu
probable. Le trésor de Darius renfermait plusieurs vases de ce métal.
— Voir: encore Esdras 8:27.
De nos jours il y a des savants qui croient que
l'aurichalcum est un métal dont parle le voyageur Chardin et dont il dit qu'il
se trouve dans l'île de Sumatra, qu'il y est plus estimé que l'or, et que les
rois seuls ont le droit de le posséder: il tient le milieu entre l'or et le
cuivre. Sa couleur est un rose pâle très fin; il se laisse facilement polir et
surpasse l'or en lustre et en éclat. Bochart et d'autres encore supposent que
ce métal est désigné, Ézéchiel 1:4,27; 8,2, par le mot chaldéen Hasmal (qui
signifie composition d'or et de cuivre), auquel le prophète compare la clarté
lumineuse et brillante qu'il voyait dans sa vision céleste. Les versions
grecque et latine traduisent ce dernier mot par Electrum, qui désigne non
seulement l'ambre jaune, mais encore un métal composé d'or et d'argent, très
estimé des anciens à cause de son éclat. L'apôtre Jean, dans l'Apocalypse 1:15;
2:18, rend ce mot par
Χαλκολίδανον, cuivre ardent, ou cuivre qui brille comme s'il était
ardent; Luther le rend par laiton, Bochart y voit une composition d'or et d'argent;
mais ces traductions ne sont que des hypothèses plus ou moins probables, et
toutes les savantes recherches que l'on a pu faire jusqu'à nos jours n'ont
encore amené aucun résultat clair et satisfaisant sur ce point.
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AJALON.
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1. Ville
de la tribu de Dan, assignée aux lévites descendants de Kéhath, Josué 21:24,
près de Timnah et non loin de Bethsémès, 2 Chroniques 28:18. Il paraît qu'elle
demeura au pouvoir des Amorrhéens jusqu'au temps de Hozias ou de quelque autre
puissant roi de Juda. Les Philistins la reprirent sous Achaz. Ce fut là
peut-être que Saül cessa de poursuivre l'armée des Philistins, battue à Micmas;
cf. Josué 19:42; 21:24; 1 Samuel 14:31. On pense que c'est au-dessus de cette
ville que Josué commanda à la lune de s'arrêter; elle devait être non loin de
Haï et de Gabaon. Josué 10:12.
2. Ville
de Benjamin, à 5 ou 6 kilomètres environ à l'est de Béthel (Eusèbe); elle fut
fortifiée par Roboam. 2 Chroniques 11:10.
3. Dans
Zabulon, sépulture d'Élon, juge d'Israël. Juges 12:12.
Quelques-uns comptent une quatrième ville de ce nom en
Éphraïm près de Sichem; mais nous pensons que cette ville n'est autre que la
première qui serait tombée entre les mains des Éphraïmites, cf. Josué 21:24,
avec 1 Chroniques 6:69.
— Vallée d'Ajalon, espèce d'enfoncement dans le
plateau d'Éphraïm, se dirigeant de l'est à l'ouest, long d'environ 18
kilomètres et large de 9. Cette vallée, près de Gabaon, est celle sur laquelle
la lune s'arrêta au commandement de Josué.
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AKIS.
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1. Roi
de Gath, auprès de qui David se réfugia par deux fois. La première fois, il
contrefit l'insensé afin de donner le change aux officiers philistins qui
paraissaient avoir reconnu en lui le vainqueur de Goliath et le héros d'Israël,
1 Samuel 21:10-15; la seconde fois, toujours en fuite, il revint avec 600
hommes, et Akis, sur sa demande, lui donna Tsiklag pour demeure. David y passa
seize mois en paix avec les Philistins, mais faisant des excursions
continuelles sur les terres de leurs amis. Il devait même servir dans les
troupes d'Akis contre Saül; mais la méfiance des principaux officiers l'éloigna
de l'armée, au regret d'Akis lui-même.
2. Autre
roi de Gath du temps de Salomon, 1 Rois 2:39-40.
Akis est appelé Abimélec au Psaumes 34:1, ce qui
s'explique par le fait que ce dernier nom était une désignation générale
s'appliquant à tous les rois des Philistins, comme Padischa aux rois de Perse,
Pharaon aux Égyptiens, etc.
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ALBÂTRE.
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Matthieu 26:7; Marc 14:3; Luc 7:37. Espèce de
carbonate ou de sulfate de chaux, pierre gypseuse assez semblable au marbre,
mais moins dure et plus difficile à polir; ordinairement blanche comme la
neige, quoiqu'on en trouve aussi qui tire sur le gris, le rouge ou le brun.
C'est en Égypte, en Syrie, en Grèce qu'elle est en plus grande abondance.
Quelques savants croient que l'albâtre est aussi désigné sous le nom d'onyx.
L'albâtre blanc était autrefois très estimé: on le travaille facilement pour en
faire des ornements de sculpture, des meubles, des pieds de lits, des chaises,
des vases, des écuelles, des boîtes de senteur, etc. Comme on préférait les
flacons d'albâtre pour garder les parfums, parce qu'on pensait qu'ils s'y
conservaient mieux que dans d'autres (Pline 13, 2; Hérodote 3, 20), le mot
albâtre désignait par extension un vase ou flacon d'albâtre: ces derniers
avaient pour l'ordinaire un long col, et l'ouverture en était cachetée, de
sorte que pour en faire sortir les parfums il fallait briser le cachet: c'est
ce qui est indiqué Marc 14:3, où nous voyons la femme pécheresse répandre sur
la tête du Sauveur le nard du vase précieux: elle ne rompit pas le vase
lui-même, ce qui n'eût pas été facile en tous cas aux faibles mains d'une
femme, mais elle en rompit le cachet, ou, comme on peut aussi traduire, elle
l'entama sur sa tête, elle commença à le verser sur la tête de Jésus (Matthieu
et Marc), et répandit le reste sur ses pieds (Jean 12:3).
— Dans le passage 2 Rois 21:13, les Septante
(probablement pour la raison indiquée plus haut) traduisent par albâtre le mot
hébreu qui signifie proprement une écuelle.
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ALEPH,
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première lettre de l'alphabet hébreu. On trouve
quelques psaumes (25, 34, 37, 111, 112, 119 et 145) dont le premier verset
commence par un Aleph et les autres versets par chacune des lettres suivantes
de l'alphabet. Quoi qu'en pensent les Juifs, il n'y faut pas chercher de
mystère; c'est une forme de vers acrostiches que le poète sacré a préférée, et
voilà tout. Ces psaumes étaient plus faciles à retenir parce que, pour chaque
verset, la mémoire était aidée de l'ordre alphabétique. Le roi Lémuel,
Proverbes 31, a suivi une marche semblable dans les paroles d'instruction qu'il
nous a conservées; et Jérémie a de même écrit en vers abécédaires ses quatre
premières élégies sur la ruine de Jérusalem. Les chapitres 1, 2 et 4 ont 22
versets suivant le nombre des lettres de l'alphabet; le chapitre 3 en a 66,
parce que trois versets de suite commencent par la même lettre.
— Voir: l'article Lamentations.
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ALEXANDRE.
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1. Fils
de Simon de Cyrène, Marc 15:21. Son frère Rufus, leur mère et lui semblent
avoir été bien connus des premiers chrétiens: ils étaient eux-mêmes, selon
toute apparence, membres de l'Église.
2. Alexandre
Lysimaque d'Alexandrie, frère du célèbre Philon, et le plus riche des Juifs de
son temps, fit au temple de magnifiques présents, il fut jeté en prison par
l'ordre de Caligula, qu'il avait sans doute refusé d'adorer, et ne fut rendu à
la liberté que par l'empereur Claude. Quelques auteurs pensent que c'est lui
que nous voyons, Actes 4:6, dans la compagnie des souverains sacrificateurs et
des anciens, lorsqu'on fit emprisonner les apôtres après la guérison de
l'impotent. Cependant l'identité est peu probable, car le frère de Philon
remplissait à Alexandrie les fonctions d'alabarque (premier magistrat, chef des
Juifs en Égypte), et ne pouvait par conséquent pas faire partie du sanhédrin à
Jérusalem. On ne saurait alors autre chose de cet Alexandre sinon qu'il était de
la race sacerdotale.
3. Le
forgeron, 2 Timothée 4:14-15; cf. Actes 19:33; 1 Timothée 1:20. S'agit-il d'une
seule personne, ou de deux, ou de trois dans ces différents passages? Dans les
Actes, pendant l'émeute d'Éphèse, un Juif, nommé Alexandre, veut parler au
peuple; c'est un ouvrier en argenterie, et le nom de forgeron peut s'appliquer
à lui dans ce sens; mais on ne sait pas s'il veut parler pour sauver Paul, ou
si c'est pour rejeter sur les chrétiens toute la faute en déchargeant les
Juifs. Luc a écrit, selon toute apparence, à Rome et pour quelqu'un qui ne
connaissait pas en détail les affaires de l'Asie, et cependant il parle
d'Alexandre comme d'un personnage connu, d'où l'on peut conclure que cet
Alexandre avait fait plus tard un voyage à Rome. Paul, écrivant à Timothée (2e
épître), semble bien avoir en vue ce même individu, d'autant plus qu'il ne lui
donne pas d'autre désignation que celle de son métier, la croyant suffisante
pour le faire reconnaître. Celui de la 1re épître est plus difficile à déterminer;
il paraît que c'était un Juif qui cherchait à faire du mal à Paul en attaquant
publiquement sa doctrine. Saint Paul le livre à Satan pour qu'il apprenne à ne
plus blasphémer, et l'on peut croire qu'il est différent d'Alexandre le
forgeron, puisque dans la 2e à Timothée, écrite plus tard, l'apôtre parle de ce
dernier comme d'un homme qui n'a pas encore reçu la récompense de son impiété.
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ALEXANDRIE,
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ville célèbre de la Basse Égypte. Elle était située
entre le lac Maréotis et le Canopique ou bras le plus occidental du Nil, à peu
de distance de la Méditerranée. Alexandre le Grand en fut le fondateur et ne
tarda pas à y être enseveli dans un cercueil d'or.
— Le célèbre Dinocrate avait fait le plan de cette
ville et en avait donné les dimensions; elle occupait un espace d'environ 25
kilomètres. Le palais, qui faisait à lui seul la cinquième partie de la ville,
était du côté de la mer, et renfermait la résidence royale, le musée et les
tombeaux des princes. La principale rue avait 35 mètres de largeur et
traversait toute la ville. Les Ptolémées, qui succédèrent à Alexandre, en
tirent pendant deux siècles la capitale de l'Égypte. Sa proximité de la mer
Rouge et de la Méditerranée, y attirait le commerce du monde entier, de sorte
qu'après Rome il n'y avait pas de cité plus florissante. Elle possédait une
bibliothèque fameuse, recueillie par les ordres de Ptolémée-Philadelphe; c'est
le même prince sous les auspices duquel fut commencée la première traduction
des livres saints, 280-222 avant J.-C. Quoique ce travail soit connu sous le
nom de version des Septante, le nombre de ceux qui y coopérèrent est fort
incertain: les auteurs le font varier de cinq à soixante et douze, et le chiffre
le plus faible semble approcher davantage de la vérité.
— La bibliothèque d'Alexandrie fut brûlée par les
Arabes ou Sarrasins l'an 642 de l'ère chrétienne. Lorsqu'ils s'emparèrent de
cette ville, elle comptait 4,000 palais, 400 places, 4,000 maisons de bain, et
12,000 personnes uniquement employées à la vente des légumes et des fruits. Ce
n'est plus guère maintenant qu'un immense village qui n'a rien de remarquable
que ses ruines, et un commerce assez étendu.
Cette capitale de l'Égypte a toujours eu pour
habitants, depuis l'époque d'Alexandre, un grand nombre de Juifs, quelquefois
jusqu'à cent mille et au-delà. Une partie d'entre eux étant revenus à
Jérusalem, concoururent à la persécution dont Étienne fut le premier martyr,
Actes 6:9. Apollos était natif d'Alexandrie, 18:24, et le vaisseau qui
transporta saint Paul à Rome venait de cette ville, (27:6) dont les navires,
chargés de blé, faisaient assez ordinairement le trajet d'Égypte en Italie et
débarquaient à Pouzzoles, 28:13.
— 50,000 Juifs y furent massacrés par l'ordre de
Néron; et quand les Arabes en tirent la conquête, ils y trouvèrent 40,000 Juifs
qui leur payèrent le tribut.
Le christianisme s'introduisit de bonne heure à
Alexandrie, par le ministère, à ce que l'on croit, de saint Marc l'évangéliste,
vers l'an 59 ou 60: après sa mort il fut remplacé par Anien qu'il avait
converti dès ses premières prédications. Clément, Origène, le grand Athanase et
beaucoup d'autres illustres serviteurs de Dieu furent successivement la gloire
de cette Église. Pendant plusieurs siècles, l'évêque d'Alexandrie partagea avec
ceux d'Antioche, de Constantinople et de Rome, la direction souveraine de
l'Église chrétienne; il avait sous sa juridiction les églises de la partie
orientale de l'Afrique. L'école d'Alexandrie jouit longtemps d'une fort grande
vogue, l'école juive d'abord, puis l'école chrétienne. Outre d'éloquents
prédicateurs, elle a produit d'habiles copistes des saintes Écritures, et sous
ce dernier rapport nous avons un échantillon de leurs travaux dans le célèbre
manuscrit d'Alexandrie, qui se trouve maintenant au Musée britannique de
Londres, et qui fut écrit par Thécla, jeune fille noble de cette cité.
— Voir: Steiger, Introduction aux livres du Nouveau
Testament, p. 87 et 88.
— La Vulgate a traduit à tort par Alexandrie la ville
de No qui se trouve Nahum 3:8; Jérémie 46:25; Ézéchiel 30:14-15, et ailleurs.
— Voir: No.
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ALGUES,
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— Voir: Roseaux.
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ALGUMMIM,
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— Voir: Almugghim.
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ALLIANCE.
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On appelle ainsi la relation qui s'établit entre des
parties qui, séparées antérieurement, se rapprochent l'une de l'autre sous
diverses conditions et dans divers buts, et qui consolident ce rapprochement
par certains rites et par certaines promesses qui le rendent sacré. Ce
rapprochement est donc opéré par un lien, et comme ce lien introduit souvent
entre ceux qu'il rattache un genre d'unité ou de communauté, alliance désigne
quelquefois non pas le lien seulement, mais encore ce qui fut lié ou plutôt
l'état d'union qui en dérive. Dans ce cas, alliance et communion ont un même sens,
Matthieu 26:28; 1 Corinthiens 10:16. Or, une même communauté ou un même corps
ne pouvant être animés que d'une seule et même vie, on comprendra facilement
pourquoi toute participation à une même nourriture (comme principe de cette
même vie) constatait une alliance déjà consommée ou acceptée, tout comme ce qui
déterminait un droit à cette participation commune, constatait la consommation
elle-même de l'alliance; cf. Exode 24, les versets 4, 5, 6, avec 9, 10, 11.
Quant à l'alliance, c'est-à-dire quant aux liens proprement dits, ils
ressortaient nécessairement de la qualité et des circonstances des personnes
qui entraient dans de pareils rapports, car de cette qualité ou de ces
circonstances se tiraient les considérations qui fixaient, non seulement la
nature et le caractère du traité que l'on voulait former, mais celles surtout
par lesquelles se spécifiaient encore les intérêts et les avantages des
personnes qui y voulaient entrer, Exode 19:4; 20:2; Genèse 31:43; 15:7; Josué
9:9; 1 Samuel 20:15. Du reste, une alliance ne se faisait point sans qu'elle
imposât des obligations qui lui étaient particulières, et qui, le plus souvent,
se trouvaient réciproques pour chacune des parties. Genèse 26:28; Exode 19:5;
Genèse 31:50,52,54. Observer ces obligations devenait indispensable,
puisqu'elles étaient autant de conditions sans l'accomplissement desquelles le
contrat formé ne pouvait obtenir la réalisation de sa fin. On devait, par
conséquent, envisager de pareilles obligations ou de pareilles conditions comme
si étroitement unies aux alliances, que si, de part et d'autre, elles n'étaient
pas fidèlement remplies, les liens du traité lui-même se rompaient
inévitablement. Toute la valeur de l'alliance dépendait ainsi de l'engagement
que prenait chaque partie de respecter les nouveaux devoirs qu'elle venait de
contracter et de ne se rien permettre qui pût détruire ou troubler les nouveaux
rapports dans lesquels elle venait d'entrer. Or cet engagement consistait en
une promesse solennelle, c'est-à-dire accompagnée de serments et de
témoignages, et comme le traité tirait d'elle toute sa force, faire cette
promesse et la garder se disaient l'un et l'autre: confirmer l'alliance,
Galates 3:15 et 17; Daniel 9:27. Cette confirmation étant une promesse
d'observer une alliance faite, suivait naturellement l'alliance elle-même.
Pour qu'une alliance fût consommée, il fallait que
cette alliance et que la promesse de la garder fussent consacrées par certains
actes religieux. Ces actes avaient deux buts:
1. de
réclamer une intervention et par conséquent une sanction divine;
2. de
consommer le traité, en d'autres termes, de le mettre en activité par une
démonstration solennelle qui exprimait à la fois son caractère et sa réalité.
L'acte qui réclamait l'intervention et la sanction de
la Divinité, consistait dans une reconnaissance formelle d'un Dieu, et comme
témoin de la vérité des traités, et comme exécuteur du bien et du mal que leur
observation ou que leur transgression méritait.
Ces fonctions de témoin et d'exécuteur des contrats,
quoiqu'elles appartinssent à Dieu proprement, pouvaient cependant, par une
autorisation légale ou spéciale de sa part, être transmises à d'autres. Mais
ces deux fonctions étant réunies en Dieu, le devaient être également dans ceux
qui les recevaient de lui, Deutéronome 17:7. Du reste, l'une et l'autre avaient
un même office; elles exigeaient un témoignage rendu à l'inviolabilité des
traités, par conséquent leur exécution, en tant qu'elle dépendait de Dieu et
non plus des hommes seulement. Ce témoignage ou cette exécution n'étaient donc
qu'un jugement de Dieu direct ou indirect, c'est-à-dire sa bénédiction ou sa
malédiction, imposées en vertu de l'alliance elle-même, et suivant la fidélité
des contractants.
L'acte religieux qui, dans une alliance quelconque,
consacrait une sanction pareille était d'une double espèce: c'était d'abord un
signe qui, comme symbole, constatait quelle était cette intervention dont
chacune des parties reconnaissait la validité, et qui, comme témoignage
quelquefois monumental, constatait en même temps la réquisition que l'on en
avait faite; c'était ensuite un serment par lequel on déclarait se soumettre et
s'attendre à être jugé par le tiers intervenant (appelé témoin), selon les
termes de l'alliance et selon la manière dont on l'aurait gardée. Quant au
serment lui-même, la nature du traité le pouvait aussi modifier, c'est-à-dire
qu'il appelait séparément la bénédiction ou la malédiction, ou qu'il certifiait
la possibilité de l'une et de l'autre. Dans certains cas, il était accompagné
d'un symbole qui montrait que la sentence méritée était immédiatement imposée,
symbole dont le sens devenait alors sacramentel.
L'acte qui servait à consommer une alliance, ou plutôt
à la mettre en vigueur par une démonstration solennelle, laquelle devait exprimer
à la fois et la réalité et la nature du lien qu'elle établissait entre les
contractants, cet acte précédait le serment et variait d'après la nature du
contrat. Il paraît, du moins, s'être distingué de certains rites païens par ce
côté essentiel, que jamais, dans ses formes, il ne confondait une alliance
profane avec une alliance dont le but était proprement religieux. Enfin, il
était lui-même réclamé comme témoignage; et indépendamment d'un rapport
quelconque avec la religion, certains symboles lui donnaient, par leur
signification, le caractère sacré qu'il devait toujours posséder. Quant aux
rites qui accompagnaient de semblables contrats, ils offrent des modifications
que la variété des circonstances sert à expliquer. Ces explications sont donc
renvoyées à l'article qui traite le sujet particulier auquel elles se
rapportent. Nous nous bornons ici à indiquer les formes les plus indispensables
et les plus inhérentes au cérémonial des alliances contractées.
Ce qui figurait l'alliance comme lien et communauté,
c'est-à-dire ce qui figurait l'alliance elle-même, c'était ordinairement un
repas pris en commun, Genèse 26:30; 31:46; Josué 9:14. Quand la communauté
fondée était une communauté religieuse, alors seulement le repas se faisait
avec les victimes du sacrifice, Deutéronome 27:7. Le pain et le vin, mais
surtout le sel, paraissent avoir été habituellement employés. Le sel
particulièrement tirait des qualités qui lui appartiennent, un sens symbolique
correspondant à l'idée même d'alliance. Par cette puissance qu'il a d'attaquer
dans un corps certaines parties, en même temps qu'il en conserve d'autres, par
cette action amie et ennemie qu'il exerce à la fois sur tout aliment, il était
le symbole le plus naturel d'un contrat dont la vertu propre est justement de
vous rendre et l'ami de ceux qui sont les amis de votre allié, et l'ennemi de
ceux qui en seraient les ennemis, Genèse 12:3. Mais une alliance faite en ces
ternies: «Je bénirai ceux qui te bénissent, et je maudirai ceux qui te
maudissent», étant considérée comme l'alliance la plus sacrée et la plus
indestructible que l'on pût former, le sel, dont la propriété est de conserver,
exprimait doublement le caractère de semblables alliances, de ces alliances
éternelles que, dans certains endroits, l'Écriture nomme également, à cause de
cela, des alliances de sel, Nombres 18:19; 2 Chroniques 13:5. Enfin, l'épithète
d'alliance accompagne le mot sel là où il est ordonné de le faire entrer dans
la composition de tout ce que l'on devait offrir à Dieu d'après son alliance,
Lévitique 2:13.
Un autre rite non moins solennel et non moins répandu
dans toute l'antiquité (il a donné son nom au mot hébreu qui signifie alliance,
Berith, de Barah, disséquer, tailler, partager), consistait à partager un ou
plusieurs animaux en des parts qui se plaçaient de manière à se correspondre,
Genèse 15:10; les parties contractantes passaient entre ces moitiés, et
donnaient ainsi à entendre qu'elles entraient dans les mêmes rapports qui
avaient précédemment uni les membres de la victime. Cette interprétation sera
peut-être contestée, mais toutes les autres se fondent sur des points de vue
qui semblent inconciliables avec le seul exemple que l'Écriture nous fournisse
d'une alliance faite de cette manière, l'alliance de Dieu avec Abraham.
— Jérémie 34:18, n'est point en opposition avec ce que
nous venons de dire; car rien ne prouve que les deux parts représentassent les
deux parties contractantes.
Un dernier usage que nous consignerons sur ce point,
et dont il est parlé Genèse 21:28, fut de donner à celui avec lequel on voulait
contracter, une portion de son propre bien.
Les parties contractantes, leur sincérité dans les
engagements qu'elles avaient pris, sont également figurés dans le rituel des
alliances par des signes matériels et visibles, destinés à servir quelquefois
de témoignages permanents, Genèse 31:46. Les symboles employés dans ce but
étaient habituellement des pierres; on les érigeait en un monceau, suivant le
nombre des parties contractantes, et si l'alliance où elles entraient était une
alliance religieuse, on en faisait un autel, Exode 24:4. À l'égard de ces
autels, il est constamment ordonné de les construire de pierres non taillées,
Exode 20:25; Deutéronome 27:5; Josué 8:31. Cet ordre fut donné, d'abord afin
que ces autels ne fussent point une occasion de révolte contre le commandement
exprès de n'offrir des sacrifices qu'au lieu que l'Éternel aurait désigné
lui-même (pour cette même raison ils se faisaient de terre dans les autres
cas), mais surtout afin qu'ils marquassent plus expressément leur genre de
destination et qu'ils représentassent par leur propre intégrité la vie, la
plénitude, la sainteté du témoignage dont ils faisaient foi, Deutéronome 27:8;
1 Pierre 2:5; 1 Rois 6:7; Éphésiens 2:22; Jean 19:36; Exode 12:46. La consécration
des alliances, en tant que ces alliances sont une promesse à garder, trouve
dans le rituel des symboles correspondants. Cette consécration consiste,
avons-nous dit, dans l'invocation d'un témoignage divin, invocation qui
imposait au lien établi, et surtout à la promesse donnée, un caractère
inviolable et sacré; néanmoins elle ne les convertissait jamais en des rapports
proprement religieux, si déjà ils ne l'étaient pas par eux-mêmes. Ce témoignage
invoqué était habituellement représenté par des pierres; tantôt ces pierres
étaient carrées, alors elles étaient le symbole reconnu de l'univers; tantôt
elles étaient non taillées, et elles représentaient davantage l'œuvre de Dieu:
dans ce dernier cas elles étaient tout ensemble un témoignage rendu à Dieu, et
un témoignage venant de Dieu. Dans l'un et dans l'autre cas, les cieux ou la
terre étaient invoqués en témoignage. Ces pierres donnaient à entendre que
celui qui est l'auteur de la création devait être le Dieu du témoignage,
l'auteur des serments, le Dieu par lequel on devait jurer, cf. Philippiens
2:10-11; Apocalypse 5:8, etc., Josué 24:22, et Deutéronome 27:9. Celui qui
érigeait une telle pierre faisait donc un acte de foi, et il en usait comme
d'un gage de sa propre fidélité. C'est pourquoi aussi Dieu, voulant donner à
son peuple, au sujet de son alliance avec lui, un gage (ou un témoin) de sa
propre fidélité, il employa pour signe dans le second temple une pierre carrée
(Théod. Hasæns, de lapide fundamenti, dans le Thésaurus Ugolini. t. VIII), et
dans le premier deux tables de pierre, qui sans doute, sous une forme
appropriée aux circonstances, représentaient ces cieux et cette terre où Dieu a
partout écrit de son doigt le témoignage, c'est-à-dire sa loi. Le nombre sept
avait une place sacrée parmi les symboles destinés à la consécration du
serment. Il représente le monde dans sa durée; mais cette durée, elle est
envisagée elle-même dans son rapport avec le témoignage de Dieu. De là l'emploi
de ce nombre dans notre cas; Hérodote 3, 8; Genèse 21:30. Christ comme témoin
est également représenté par une pierre à sept yeux, Zacharie 3:9; cf
Apocalypse 5:6.
Enfin la consécration des alliances, en tant que ces
alliances sont un lien et une communion établis entre plusieurs, ne se
célébrait point d'après des rites religieux, si les rapports fondés sur ces
alliances n'étaient eux-mêmes essentiellement religieux. Ainsi aucun sacrifice,
aucune libation, aucune participation à la victime, aucun signe d'une
consécration personnelle n'accompagnait une alliance purement humaine. Les
cérémonies païennes, par exemple celles des Grecs (Iliad. III, 251), celles des
anciens Arabes (Hérodote 3, 8), celles des Scythes (Hérodote 4, 70; comp. Sali.
Cat. 22), celles des Lydiens et des Mèdes consistaient toutes au contraire dans
une participation des contractants à la victime (Iliad. III, 273), ou dans une
corrélation établie mystiquement entre eux par la communication de leur propre
sang (Hérodote 1, 74). L'un et l'autre étaient défendus à l'Israélite; boire le
sang lui était interdit, le sacrifice appartenait au temple.
L'usage de partager un animal en deux moitiés, et de
passer entre elles, fut commun à plusieurs peuples de l'antiquité. De là sont
venues, en hébreu, les expressions Berith (partage), Karath Berith (partager);
mais rien ne prouve que les mots foedus icere, ferire, percutere, et
δρκια
τέμνειν, en soient également déduits (voyez cependant le
passage de l'Iliade cité plus haut). Quoi qu'il en soit, rien ne nous oblige à
voir dans ce rite un sacrifice proprement dit, plutôt qu'un acte symbolique et
solennel dont le sens a été indiqué, lequel paraît certain à l'égard des Juifs:
rien ne prouve qu'il en fût autrement chez les autres nations (Hérodote 2, 139;
7, 39; comp. Liv. 1, 24. Sophonie Aj. 1177, sq.). Cela explique pourquoi nous
ne trouvons rien de pareil dans la consécration des alliances de Dieu avec son
peuple, et pourquoi encore ce signe n'était point un signe de réciprocité, et
s'employait seulement quand l'une des parties était sommée par l'autre de
donner un témoignage figuratif des engagements qu'elle contractait, Genèse
15:8.
De là dérivent néanmoins certaines formules
d'imprécation ou de malédiction, qui pourtant ne contredisent en rien ce que
nous venons d'avancer, puisqu'elles démontrent justement que l'animal partagé
ne figurait que l'une des parties du contrat, Jérémie 34:19.
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ALLON-BACUTH,
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Genèse 35:8, chêne sous lequel fut ensevelie Débora,
nourrice de Rébecca; son nom signifie chêne des pleurs.
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ALMODAD,
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Genèse 10:26, peuplade arabe de la famille des
Joktanides, mais du reste inconnue. Bochart pense aux Allonmaïotes de Ptolémée
dans l'Arabie Heureuse.
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ALMUGGHIM, ou Algummim,
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1 Rois 10:11-12, ou Algummim, 2 Chroniques 2:8-11, nom
d'une espèce de bois qui se trouvait au nombre des marchandises que la flotte
syrienne apportait d'Ophir, du temps de Salomon. Ces deux noms désignent la
même chose, car de pareilles transpositions de lettres se font presque
involontairement, et ont leurs analogues dans toutes les langues.
— Dans le passage du livre des Rois, les Septante
traduisent ce mot par «du bois travaillé et taillé», Jérôme et la Vulgate par
«ligna thyina», et dans les passages des Chroniques, les Septante le rendent,
ainsi que les traductions latines, par «bois de pin.» S'attachant à ces
anciennes interprétations, quelques savants ont cru que l'Almugghim était un
bois résineux et odoriférant; mais un tel bois n'aurait pu être propre à
l'usage auquel le destinait Salomon, car il en fit faire, non seulement des
instruments de musique, mais encore des barrières et des piliers. Par la même
raison, et plus encore, il faut repousser l'idée qui veut traduire ce mot par
corail.
— Les anciens commentateurs juifs les plus célèbres,
Kimhi et autres, pensent que ce bois d'Ophir était celui que les Arabes nomment
El-Bakam, bois du Brésil, ou de Sandal rouge, lequel en tout cas fut connu et
décrit bien antérieurement à la découverte du Brésil. Cet arbre croît dans les
Indes; son bois, dur et pesant, est noir au dehors, rouge au centre, et sans
odeur; il sert à la teinture, à la menuiserie et à la sculpture.
— D'autres interprètes pensent que c'était une espèce
de pin du mont Liban, 2 Chroniques 2:8; mais c'est peu probable à cause de ce
qui est dit, 1 Rois 10:12, qu'il n'était point encore venu de ce bois, et qu'on
n'en avait point vu jusqu'à ce jour: un bois si précieux, et dans un voisinage
aussi rapproché, n'aurait pas échappé longtemps à l'attention des architectes.
— Enfin, les plus modernes prennent ce bois pour le
Santalum Album de Linné, arbre de haute futaie qu'on trouve dans les Indes, en
Arabie et en Afrique: ce serait le bois appelé citrus par les Romains, et
thyion par saint Jérôme. Il est très odoriférant, et d'autant plus qu'il est
plus près de terre et que la couleur en est plus foncée. On s'en servait comme
d'encens, mais plus généralement encore pour la construction des temples, et
pour la sculpture. Cette opinion qui est la plus probable est confirmée par le
témoignage de Flavius Josèphe (Antiquités Judaïques 8, 7). «Les vaisseaux
d'Ophir, dit-il, apportaient des pierres précieuses et des pins dont Salomon
faisait faire des colonnes pour le temple et pour son palais, et des
instruments de musique. Ce bois était plus grand et plus fin qu'aucun autre
bois connu jusqu'alors; il avait l'apparence de bois de figuier, mais il était
encore plus blanc et plus éclatant.»
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ALOÈS,
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Nombres 24:6; Proverbes 7:17, etc., genre d'arbre dont
Tournefort compte quatorze espèces; celui dont il est question dans la Bible
n'est pas l'aloès de nos jardins, mais un arbre des Indes, le bois d'aloès
appelé aussi bois d'aigle. Il a de huit à dix pieds de hauteur; sa cime est
couronnée d'une touffe de feuilles ovales, dentelées, épaisses et longues
d'environ quatre pieds; ses fleurs, d'un rouge mêlé de jaune ou de blanc,
exhalent un parfum délicieux; son fruit est de la grandeur d'une cerise; de
sorte que c'est un des plus beaux arbres qui existent. L'aloès a une sève
extrêmement amère, et son écorce recouvre trois couches de bois différentes; la
couche extérieure est noire, dure et pesante; la seconde est brune, très
poreuse et pleine d'une résine odoriférante; enfin l'intérieur du bois a une
odeur aromatique extrêmement forte. Les anciens faisaient déjà grand cas de
cette dernière couche et l'estimaient plus que l'or. On s'en sert pour parfumer
les habits, les appartements, etc., soit en le réduisant en poudre, soit en le
brûlant, soit en en mettant de petits morceaux appelés calumbaks dans les
objets que l'on veut parfumer: on garde ordinairement ces calumbaks dans des
flacons pour empêcher l'odeur de s'évaporer.
Balaam, pour indiquer combien le peuple d'Israël est
agréable à son Seigneur, et précieux devant lui, le compare à des arbres
d'aloès que l'Éternel a plantés, Nombres 24:6. Parmi les attraits que la femme
de mauvaise vie met en usage pour séduire, Salomon lui fait dire qu'elle a
parfumé son lit d'aloès, Proverbes 7:17. La myrrhe, l'aloès et la casse sont
dans les vêtements de la reine chantée Psaumes 45:8; et l'épouse du Cantique,
4:14, dit que la myrrhe, l'aloès et tous les parfums aromatiques se trouvent
dans le jardin de son époux. Quand le corps de notre Seigneur eut été descendu
de la croix, Jean 19:39, Nicodème apporta de la myrrhe et de l'aloès, non pour
embaumer le corps, mais pour mettre ces aromates dans les linges, verset 40,
afin de conserver le corps jusqu'après le sabbat.
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ALPHA,
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a, première lettre de l'alphabet grec, dont oméga (ou
o long) est la dernière. Le Saint-Esprit désigne par ces deux lettres
l'éternité de Dieu et celle de Jésus-Christ, Apocalypse 1:8,11; 21:6; 22:13.
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ALPHÉE.
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1. Père
des apôtres Jacques le mineur, et Jude; époux de Marie sœur de la mère de
Jésus, Matthieu 10:3; Marc 3:18; Luc 6:15; Actes 1:13; Marc 13:40; le même que
le Cléopas de Jean 19:25, mais différent de celui qui est nommé Luc 24:18.
— Voir: Cléopas.
On ne sait, du reste rien sur sa vie.
2. Père
de Lévi ou saint Matthieu, Marc 2:14, également inconnu. Peut-être est-ce le
même que le précédent, et, dans ce cas, Matthieu son fils, qui n'est jamais
indiqué parmi les enfants de Marie, serait le fils d'un premier mariage.
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ALTASCHETH,
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inscription des Psaumes 57, 58, 59 et 75, signifie ne
détruis point.
«On ne saurait, dit Calvin, amener de certaine raison
pourquoi l'inscription de ce psaume (57) est ne détruis point; et pourtant les
expositeurs sont différents d'opinion, comme en une chose obscure et douteuse.
Aucuns pensent que c'était le commencement de quelque vieille chanson. Les
autres estiment que ce sont les mots que David prononça se voyant environné de
toutes parts sans espoir d'échapper, «O Dieu, ne détruis point.» Les autres
sont d'advis que la preud'hommie de David est louée par cette sentence, lequel
empescha et destourna Abisaï qui voulait aller tuer Saül, pour ce aussi que
l'histoire sainte exprime nommément cette repréhension en ces termes: Ne le
deffais point, 1 Samuel 26:9. Mais pour ce que David avait fait cette prière et
psaume déjà auparavant (comme on le voit par l'inscription même), ceste opinion
ne peut convenir. Par quoy il nous faut tenir à l'une de ces deux expositions,
ou que ce psaume a été composé sur le chant d'une chanson commune, ou que David
a voulu yci noter en brief, comme une chose mémorable, la prière qu'une frayeur
soudaine lui tira de la bouche.»
Ainsi parle Calvin, et depuis lui la science n'a rien
découvert que l'on puisse ajouter à son explication. La version de nos Bibles
est défectueuse dans ces inscriptions, et ne donne aucune idée du vrai sens du
mot.
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AMANA,
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Cantique 4:8, une des cimes de l'Anti-Liban, à ce
qu'il paraît d'après le contexte du passage cité. C'est probablement de cette
montagne que sortait le fleuve Abana, q.v. Une correction apportée au texte
hébreu de 2 Rois 5:12; autorise à croire que le vrai nom du fleuve est plutôt
Amana comme celui de la montagne.
— Quelques-uns placent l'Amana au-delà du Jourdain,
dans la demi-tribu de Manassé; d'autres, le cherchant au nord-est, pensent
qu'il séparait la Syrie de la Cilicie.
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AMANDIER,
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Genèse 30:37; 43:11; Exode 25:33-34; 37:19-20. Les
mots hébreux Louz et Shaked que nos versions rendent par amandier, ou par
coudrier, Genèse 30:37, désignent deux espèces différentes de pêchers dont les
fleurs et les feuilles se ressemblent beaucoup. L'un de ces arbres, dont le
fruit ne mûrit qu'au mois de septembre, est le premier à fleurir aussitôt après
les rigueurs de l'hiver, avant même qu'il ait poussé des feuilles. Cette
particularité lui a fait donner en hébreu le nom de Shaked qui signifie
«prompt, expéditif, qui se réveille de bonne heure, vigilant», et l'a fait
prendre, Jérémie 1:11, pour le symbole de la rapidité avec laquelle les
jugements de Dieu allaient éclater sur Israël. Jérémie a fait dans ce passage
un jeu de mot conforme au goût des Orientaux, mais difficile à rendre dans
notre langue.» Que vois-tu, Jérémie?» dit l'Éternel, et le prophète répond: «Je
vois une branche shaked;» ce qui signifie tout à la fois: je vois une branche
d'amandier, et je vois une branche, un bâton vigilant, qui veille, qui se hâte.
Aussi l'Éternel, continuant d'employer le même mot dans son double sens, répond
encore: «Tu as bien vu, car je me hâte d'exécuter ma parole.«C'est donc sur ce
nom significatif de l'amandier que repose tout le sens de cette vision.
Dans le passage Ecclésiaste 12:7, cet arbre qui
fleurit déjà lorsque ses branches sont encore dénuées de feuilles, est pris
pour image de la tête du vieillard couverte seulement de quelques touffes de
cheveux blancs.
— La verge d'Aaron qui le confirma dans sa dignité de
grand prêtre, Nombres 17:8, était une verge d'amandier; et, selon quelques
savants, une verge de ce bois était le signe distinctif des chefs des tribus
israélites qui devait leur rappeler la vigilance.
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AMARIA.
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1. Souverain
sacrificateur, 1 Chroniques 6:7; il vécut du temps des juges, et paraît avoir
fonctionné immédiatement avant Héli.
2. 1
Chroniques 6:11.
3. Esdras
10:42.
4. Sophonie
1:1.
5. 2
Chroniques 19:11. Souverain sacrificateur, placé par Josaphat à la tête de la
cour suprême des juges d'Israël.
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AMATSIA.
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1. Neuvième
roi de Juda, fils de Joas et de Jéhohaddan, 2 Rois 12:21; 14:1; 1 Chroniques
3:12; 2 Chroniques 24:27; 25:1. Il avait vingt-cinq ans lorsqu'il monta sur le
trône, 839 ans avant J.-C., et régna vingt-neuf ans à Jérusalem. Il commença
par faire mourir les meurtriers de son père, mais ne permit pas qu'on fît le
moindre mal à leurs enfants, mesure de grâce et de justice, bien rare alors,
bien opposée aux moeurs barbares de ces temps, mais conforme à l'esprit et à la
lettre de la loi mosaïque, Deutéronome 24:16. Il comptait dans son royaume
300,000 hommes en état de porter les armes; il s'en adjoignit encore 100,000 du
royaume d'Israël, pour les envoyer contre les Iduméens qui s'étaient soustraits
sous Joram à l'obéissance des rois de Juda, environ cinquante ans auparavant.
Mais un prophète lui ayant rappelé que toute alliance avec les tribus rebelles
serait fâcheuse au royaume de Juda, il comprit que c'est Dieu seul qui donne la
victoire et qui met en fuite, et il se hâta de licencier les troupes
étrangères, en faisant le sacrifice des cent talents (près d'un million) qu'il
avait donnés pour les enrôler. La victoire se prononça en faveur de celui qui
avait cru; il vainquit les Iduméens dans la vallée du Sel. Ici s'arrête la
première partie de la vie d'Amatsia; sa foi ne l'accompagna pas dans toute sa
carrière, parce que ce n'était pas une foi véritable; il se détourna de
l'Éternel, et la fin de ses jours, à dater de cette victoire, ne fut plus que
péchés et malheurs. Au nombre des objets pris sur l'armée d'Édom se trouvaient
les idoles de Séhir. Amatsia les adora; puis, lorsqu'un prophète vint lui
reprocher son incroyable idolâtrie, le culte de ces dieux vaincus, Amatsia lui
répondit: «Qui t'a établi conseiller du roi. Cesse de m'importuner, car
pourquoi te ferais-tu tuer?» Le prophète se retira donc, après lui avoir
annoncé les châtiments que Dieu ferait tomber sur lui. Et Dieu aussi s'était
retiré de la cour et des conseils du malheureux roi. Enivré de sa récente
victoire, il osa défier son voisin d'Israël, et lui offrit le combat. On peut
croire que la cause ou le prétexte de cette guerre, ce furent les déprédations
que les 100,000 Israélites, frustrés du butin qu'ils avaient espéré de
remporter sur Édom, avaient commises en s'en retournant dans leur pays, et dont
le roi de Juda crut devoir demander satisfaction. Joas, roi d'Israël, se
comparant lui-même au cèdre du Liban, et son adversaire à quelques ronces de la
montagne, voulut le dissuader de son entreprise téméraire; mais Amatsia ne
l'écouta point (car cela venait de Dieu). Les deux armées se rencontrèrent à
Bethsémès, et le roi de Juda, fait prisonnier avec une partie de son armée, vit
les remparts de Jérusalem démolis, ses trésors transportés à Samarie, et les
principaux des siens emmenés comme otages. Il survécut encore quinze ans à
Joas, et par conséquent à sa défaite; mais la fin de son règne fut sans gloire,
et il périt victime d'une conjuration. Il fut assassiné à Lakis où il s'était
réfugié, et son corps fut transporté à Jérusalem où on l'ensevelit avec ses
pères.
2. Amatsia,
sacrificateur du veau d'or à Béthel (784 avant J.-C.), Amos 7:10 et sq.,
dénonça à Jéroboam les prophéties d'Amos, et ses menaces contre le culte
idolâtre d'Israël. Amos répondit au faux prophète, qui l'engageait à s'enfuir
de devant la colère du roi: «Je n'étais qu'un bouvier, piquant des figues
sauvages (pour les faire mûrir), lorsque l'Éternel me dit: Va et prophétise à
la maison d'Israël.» Et après avoir donné à Amatsia la preuve de sa divine
mission, Amos lui annonça à lui-même les maux qui fondraient sur sa maison, sur
sa femme, et sur ses enfants.
— Cyrille d'Alexandrie, Épiphane et d'autres pères,
ajoutent qu'Amatsia employa la violence pour forcer le prophète à se taire, et
qu'il lui fit souffrir divers supplices.
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AMBASSADEUR,
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officier d'un prince, envoyé pour annoncer quelque
importante nouvelle, ou pour traiter quelque grande affaire. Les anciens
n'avaient pas d'ambassadeurs titrés et à poste fixe; ce n'était qu'une charge
temporaire, en vue d'un objet unique, et qui cessait après la négociation
terminée. Élihézer, serviteur du patriarche Abraham, fut l'ambassadeur de ce
riche et puissant prince auprès de Nacor, Genèse 24:1. Plus tard cette mission
prit un caractère plus politique, ainsi que nous le voyons 2 Chroniques
32:9,31.
— Les ministres de l'Évangile sont appelés
ambassadeurs de Christ, parce qu'au nom de ce Roi des rois, peu nombreux sur la
terre, ils sont chargés de dire aux hommes sa volonté, et de proclamer le
traité de grâce qu'il a fait avec eux; 2 Corinthiens 5:20. Éphésiens 6:20.
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ÂME.
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C'est le mot par lequel on traduit ordinairement
l'hébreu néphesh dans l'Ancien Testament, et le grec
ψυχή dans le Nouveau, cf. Deutéronome 6:5; Matthieu 22:37.
L'hébreu leb, cœur, et le grec
καρδια, désignent l'organe par lequel l'âme a la conscience
d'elle-même, et perçoit les impressions, cf. Genèse 8:21; Exode 10:20; etc.
Cette distinction ne saurait cependant s'appliquer à tous les cas, et l'on doit
reconnaître que dans le sommaire de la loi, à moins de supposer une tautologie,
l'âme et le cœur sont deux choses différentes, dont l'une n'est pas l'organe de
l'autre, mais qui ont chacune un rôle indépendant, une action spéciale dans
l'organisme moral. Le cœur représenterait davantage l'élément actif, le
principe de l'aspiration, du désir; et l'âme, l'élément passif et susceptible
de recevoir des impressions.
Les paroles du Deutéronome 6:5, sont citées trois fois
dans les Évangiles, et chaque fois d'une manière différente, qui s'éloigne
également du texte hébreu, et de la traduction des Septante. Il est aisé de voir
que les évangélistes ont cité de mémoire, en s'occupant du sens plus que des
mots.
Dans le texte hébreu du Deutéronome, on trouve en
effet, et dans l'ordre suivant, les mots: cœur, âme, forces (Septante,
δύναμις).
Dans saint Matthieu: cœur, âme, pensée (διανοία).
Saint Marc 12:30: cœur, âme, pensée (διανοία), force (ίσχύς): au verset 33 l'ordre des mots est encore
interverti, et, en outre,
συνέσις est mis à la place de
διανοία.
Saint Luc 10:27: cœur, âme, force, pensée.
Le mot force (Deutéronome et Luc) désigne, presque
sans contestation, l'action de la volonté, l'activité, la pratique; le mot
pensée (ou intelligence, Marc 12:33) comprend les facultés intellectuelles; les
mots cœur et âme, qui se retrouvent dans les quatre passages, ne peuvent avoir
que le sens qui a été indiqué: la force serait alors l'expansion au dehors des
impressions reçues, des désirs, et des résolutions formées par l'activité
intérieure.
L'emploi et la distinction des mots cœur et âme, dans
les plus anciens livres des Hébreux, indiquent déjà, même en admettant un
certain matérialisme, que les Juifs avaient une idée de la spiritualité de
l'homme. Comme la plupart de leurs notions religieuses, théologiques,
philosophiques, psychologiques, cette idée était confuse et vague, parce que
l'analyse n'était pas intervenue, parce que le temps ne l'avait pas mûrie.
Moïse pouvait dire: L'âme de la bête est dans son sang, Lévitique 17:11;
Deutéronome 12:23; cf. Genèse 9:4, sans être accusé d'hérésie, sans heurter le
sentiment public et la délicatesse des sages. Longtemps après, on pouvait
confondre encore par une même expression l'âme et la vie matérielle,
ψυχή, Matthieu 16:26. Mais l'idée n'en existait pas moins
qu'une substance immatérielle, qu'une réalité spirituelle était jointe au
corps, à la matière; quelque intime que fût l'union, ce n'était qu'une union,
et non une identité, une confusion. En disant l'esprit, l'âme et le corps,
l'Écriture renferme des indices, sinon une théorie formelle sur la composition
de l'homme, Ésaïe 57:16.
Le récit de la création même implique la distinction
de nature entre le corps formé de la terre, et l'âme formée par le souffle,
l'esprit de Dieu, et renferme par conséquent le germe de l'idée d'immortalité,
Genèse 2:7, quoique les mots respiration de vie se retrouvent plus loin, 7:22,
appliqués aux animaux, par suite de cette absence de précision, qui n'est pas
l'erreur, mais qui accompagne toute définition encore incertaine, toute science
dont les termes sont encore à créer. Les mots âme vivante sont également
appliqués aux animaux, 1:20,30, et l'âme semble désigner simplement le principe
vivifiant, comme Jonas 4:3, où le texte porte: ôte-moi, je te prie, l'âme, car
la mort me vaut mieux que la vie. Cf. 1 Corinthiens 15:45. C'est encore le
souffle, Ecclésiaste 12:9, qui retourne à Dieu, après que la poudre est
retournée dans la terre.
— Voir: plus loin l'article Immortalité.
«L'âme dit Calvin, est prise pour la volonté et désir,
à savoir, d'autant qu'elle est le siège de la volonté et du désir. En ce sens,
il est dit que l'âme de Jonathan était liée à l'âme de David, et l'âme de
Sichem adhéra à Dina, fille de Jacob... Quelquefois l'âme est simplement prise
pour la personne, ou homme ayant âme, comme quand il est dit que «septante-six
âmes descendirent avec Jacob en Égypte.» Item.: «L'âme qui aura péché
mourra...» Et davantage, l'Écriture use de cette façon de parler que «l'âme se
départ», au lieu que nous disons coutumièrement: «rendre l'âme...» Davantage,
nous savons que quand ces deux mots, âme et esprit, sont conjoints ensemble,
par l'âme est signifiée la volonté, et par l'esprit l'entendement;... il faut
prendre en ce même sens ce que l'apôtre aux Hébreux dit, que «la parole de Dieu
est vive et pleine d'efficace, et plus pénétrante que tout glaive à deux
tranchants, et atteint jusqu'à la division de l'âme et de l'esprit...»
Toutefois, en ce dernier passage, aucuns aiment mieux par l'esprit entendre
cette essence en laquelle est la raison et la volonté.... et par l'âme, le
mouvement vital, et les sens que les philosophes appellent supérieurs et
inférieurs.»
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AMEN.
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1. Vrai,
fidèle, certain. C'est le mot que nos traductions ordinaires rendent par «en
vérité». Quand il est redoublé, il équivaut à la solennité du serment. Des
quatre évangélistes, saint Jean est le seul qui ait conservé la répétition de
ce mol, et cette différence entre lui et les synoptiques, se retrouve même dans
les passages parallèles; cf. Matthieu 26:21,34; et Jean 13:21,38. Y aurait-il
un sens mystérieux et caché dans le fait de cette double affirmation? C'est
l'opinion de Bengel. La parole de Christ est la vérité à l'égard de celui qui
parle, et à l'égard de ceux qui croient; cf. 1 Jean 2:8. Elle est la vérité
quant à la forme et quant au fond. Christ n'est pas seul à rendre témoignage:
lui et son Père sont uns à le rendre, Jean 8:18; 2 Corinthiens 1:20. Et lors
même qu'on ne verrait pas dans cette répétition tout ce que Bengel y voit et
qu'il développe d'une manière si intéressante, on ne saurait y méconnaître une
affirmation solennelle. Des exemples de cette répétition se trouvent aussi dans
l'Ancien Testament, par exemple Psaumes 41:14.
2. Ainsi
soit-il, Deutéronome 27:26; Jérémie 28:6; Apocalypse 1:18. Formule d'adhésion,
d'approbation, d'affirmation, ou de souhait, ordinairement employée à la fin
des prières comme pour en sceller le contenu, par exemple à la fin de l'oraison
dominicale. On ne la trouve cependant ni à la fin de la prière sacerdotale,
Jean 17:26, ni lors de la présentation de Matthias et Joseph à l'apostolat,
Actes 1:25. Presque tous les écrits du Nouveau Testament se terminent par ce
mot, qui semble être la récapitulation et la confirmation des faits et des
renseignements qui s'y trouvent renfermés.
3. Un
des noms donnés à Christ, parce qu'il est le Véritable, le Dieu de vérité, la
substance de la vérité révélée, le prophète infaillible, le fidèle et vrai
témoin, Apocalypse 3:14. Toutes les promesses sont oui et amen en lui; elles
sont inébranlablement fondées sur sa parole et sur son serment, irrévocablement
ratifiées par sa mort, et scellées par son esprit, 2 Corinthiens 1:20.
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AMÉTHYSTE.
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Exode 28:19; 39:12; Apocalypse 21:20. Pierre
précieuse, espèce de quartz transparent dont la couleur est un mélange de rouge
et de bleu, de sorte qu'il y a des améthystes de couleurs diverses, tirant sur
le pourpre, le rose ou le violet, selon que le rouge ou le bleu prédomine; il y
a même des améthystes blanches. Les plus fines se trouvent en Arabie, en Syrie,
en Arménie et dans les Indes. Les anciens, qui se faisaient déjà des bijoux de
cette pierre précieuse, croyaient qu'elle préservait de l'ivresse, et lui ont,
à cause de cela, donné le nom qu'elle porte, et qui pourrait se traduire par
désenivrante.
— Les Rabbins ont aussi leurs étymologies, et
prétendent que le nom hébreu de l'améthyste vient de ce qu'elle fait voir des
songes à celui qui la porte; ce serait une songeuse.
— C'était la neuvième pierre dans le pectoral du
souverain sacrificateur, Exode 28:19; elle forme dans le Nouveau Testament le
douzième fondement de la Jérusalem céleste, Apocalypse 21:20.
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AMI,
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— Voir: Amon #3.
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AMINADAB.
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1. Fils
d'Aram, père de Naasson, nommé dans la généalogie de notre Sauveur, Matthieu
1:4; Luc 3:33. C'est le même que Hamminadab, Exode 6:23; Nombres 1:7; Ruth
4:19-20; 1 Chroniques 2:10. Sa fille Élisébah était femme d'Aaron.
2. —
Voir: Hamminadab.
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AMNON,
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l'aîné des fils de David, qui l'eut d'Ahinoham sa
seconde femme, 2 Samuel 3:2; 1 Chroniques 3:1. Ce malheureux, épris d'une
fureur coupable pour sa sœur de père, Tamar, que les lois de Moïse ne lui
permettaient pas d'épouser (Lévitique 18; 20:17; Deutéronome 27:22), la
déshonora, et se porta envers elle aux plus criminels excès, puis il la chassa
honteusement comme «ne ennemie. Absalon, frère de Tamar, attendit pendant deux
ans entiers l'occasion de venger l'outrage fait à sa sœur, et enfin finit par donner
l'ordre à ses serviteurs de l'assassiner. Amnon périt misérablement au milieu
d'un festin, 2 Samuel 13. Le crime fut puni: ce qu'Amnon avait semé, il le
moissonna; Absalon trouva plus tard aussi la peine de sa vengeance; mais ces
deux crimes furent un châtiment envoyé de l'Éternel sur David pour son adultère
et pour le meurtre d'Urie. Amnon avait été une verge de Dieu: triste ministère
que celui d'un fils dont Dieu se sert contre l'auteur de ses jours! Considérée
en elle-même, l'histoire d'Amnon est un terrible exemple des excès auxquels
peut porter une passion que l'on ne cherche pas à combattre, mais que l'on
héberge comme un hôte, que l'on nourrit et que l'on entretient. La chute
d'Amnon, précipitée et peut-être amenée par des conseils étrangers, doit nous
apprendre en même temps à choisir nos amis parmi les fidèles, et à nous
accompagner de ceux qui révèrent le nom de l'Éternel, Psaumes 119:63.
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AMON.
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1. Gouverneur
de la Samarie, auquel Achab ordonna d'emprisonner le prophète Michée, 1 Rois
22:26, jusqu'à son retour de l'expédition contre Josaphat.
2. Fils
de Manassé et de Mésullémet, quinzième roi de Juda, monta sur le trône à l'âge
de vingt-deux ans, et régna deux ans. Ce fut un monstre de méchanceté; trop
fidèle imitateur des désordres de son père, il ne l'imita pas dans sa
repentance. Il fut assassiné par les gens de sa maison; mais le peuple, dont il
avait su flatter les désordres ou les superstitions, le vengea et fit périr les
meurtriers. Il ne fut pas, non plus que son père, enseveli dans le tombeau des
rois, mais on le plaça dans son sépulcre, au jardin de Huza. Son fils Josias
lui succéda. 2 Rois 21:18-26; 2 Chroniques 33:20-25; Matthieu 1:10; Jérémie
1:2; Sophonie 1:1.
3. Ou
Ami. Esdras 2:57; Néhémie 7:59. Un des principaux chefs des Juifs qui revinrent
de la captivité.
4. —
Voir: No.
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AMORRHÉENS.
________________________________________
C'était la peuplade cananéenne la plus considérable.
Ils descendaient de Cam par son quatrième fils Canaan, et de Canaan aussi par
son quatrième fils, Genèse 10:6,15-16. Plusieurs d'entre eux étaient des géants
dont Amos dit, 2:9, que leur hauteur était comme celle des cèdres, et qu'ils étaient
forts comme des chênes. Ils avaient à l'est du Jourdain les deux puissants
royaumes de Basan et de Hesbon, gouvernés par Hog et par Sihon, Josué 9:10, qui
s'étendaient depuis le torrent d'Arnon jusqu'à la montagne de Hermon,
Deutéronome 3:8. Sihon s'était emparé d'une grande partie du territoire des
Moabites et des Hammonites, Nombres 21:24; Juges 11:13. (Ce dernier passage
indiquant les prétentions des Hammonnites sur une partie du pays qui leur avait
appartenu, disent-ils, avant que les Amorrhéens le possédassent, est le seul
indice d'une conquête faite sur les enfants de Hammon par les Amorrhéens.) Mais
Moïse lit la conquête de toute cette contrée, et la donna aux tribus de Ruben
et de Gad et à la demi-tribu de Manassé, Nombres 32:33; Deutéronome 3:8,12-13.
— Il y avait encore d'autres royaumes amorrhéens dans
la partie méridionale de Canaan, à l'ouest du Jourdain, dans le voisinage de
Hébron et de Hatsatson-Tamar, Genèse 14,7, occupant le territoire de la
montagne de Juda, Nombres 13:30. Ce sont ceux-là qui battirent les Israélites à
Horma, Nombres 14:45; Deutéronome 1:44; mais environ quarante ans après, Josué
vainquit leurs cinq rois, Josué 10:5, et distribua leur pays aux tribus de
Juda, de Siméon, de Dan et de Benjamin, Josué 15 et 19. Cependant ils ne purent
être entièrement assujettis, et Josué même ne put les empêcher de se relever
quelquefois et de faire des conquêtes sur Israël, Juges 1:34; 3:5; 1 Samuel
7:14; les Gabaonites, en particulier, un reste des Amorrhéens, subsistèrent
longtemps, 2 Samuel 21:2; cf. Josué 9. Les nombreux débris de cette nation ne
furent définitivement soumis que par Salomon qui les fit tributaires, 1 Rois
9:20; 2 Chroniques 8:7.
Comme les Amorrhéens occupaient le premier rang au
milieu des Cananéens, il n'est pas rare que leur nom serve à désigner
l'ensemble de ces peuplades, et Canaan tout entier, Genèse 15:16; Juges 6:10; 1
Rois 21:26; 2 Rois 21:11.
Dieu dit aux Juifs que leur père était Amorrhéen, et
leur mère Héthienne, Ézéchiel 16:3, pour leur faire comprendre qu'ils n'étaient
en réalité pas plus dignes des grâces de Dieu que les pires des Cananéens, et
que, s'ils descendaient physiquement de Sem au lieu de descendre de Cam, il n'y
avait en eux-mêmes rien qui les rendît plus agréables à Dieu que ces peuplades
qu'ils avaient dépossédées, et dont ils habitaient le territoire.
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AMOS.
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1. Le
troisième des douze petits prophètes. Il vécut environ 800 ans avant J.-C.,
sous les règnes de Hozias roi de Juda, et de Jéroboam II roi d'Israël, et
commença son ministère au moins en 784, année de la mort de Jéroboam; il se
trouvait ainsi contemporain d'Osée, de Joël et d'Ésaïe, Amos 1:1. Il était
originaire de Tékoah dans la tribu de Juda, et exerça d'abord la profession de
berger, ou de bouvier, s'occupant parfois à piquer les figues sauvages pour les
faire mûrir, 7:14; des images empruntées à son genre de vie se retrouvent
fréquemment sous sa plume, 3:12; 4:1; 7:1-2. S'il paraît, 7:14, se refuser à lui-même
le titre de prophète, il faut l'entendre seulement dans ce sens qu'il n'avait
pas été élevé dans les écoles de prophètes, qu'il n'avait pas reçu l'éducation
régulière des prophètes; car en luttant contre Amatsia il insiste fortement
lui-même sur la divinité de sa mission; et la grande connaissance du
Pentateuque, par exemple, qui perce dans ses écrits, montre qu'il était bien
préparé pour remplir ses importantes fonctions.
C'est auprès des Juifs des dix tribus qu'il exerça
essentiellement son ministère; l'idolâtrie, la corruption qui y régnaient, la
tyrannie et les injustices des grands, forment le sujet de ses exhortations
prophétiques, dans lesquelles il dénonce, pour une époque plus ou moins
éloignée, de terribles jugements de Dieu. Sa sévère franchise lui attira la
haine des prêtres qui s'efforcèrent d'obtenir du roi son expulsion, et la
tradition nous le représente même comme étant mort victime de leurs cruels
traitements.
Les six premiers chapitres contiennent dans un langage
simple et sans figures, des prédictions, d'abord contre les ennemis du peuple
théocratique, puis, depuis 2:4, contre le royaume même d'Israël. Les trois
derniers chapitres dénoncent en un langage symbolique, les jugements de Dieu
sur Israël, et se terminent, depuis 9:8, par des paroles consolantes. Le style
est en général peu animé, mais toujours plein de dignité.
2. Luc
3:25; Un des ancêtres de notre Seigneur, par Marie; inconnu.
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AMOTS.
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2 Rois 19:2; Ésaïe 1:1; Père du prophète Ésaïe. Nous
ne savons rien sur lui de positif. Les uns le confondent, mais sans fondement,
avec Amos le prophète; les autres le font fils de Joas et frère d'Amatsia, rois
de Juda, en sorte qu'il aurait été de la famille royale.
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AMPHIPOLIS,
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ville de la Macédoine, et colonie athénienne, sur les
confins de la Thrace. Paul et Silas la traversèrent lorsque, délivrés de la
prison de Philippe, ils se rendirent à Thessalonique, Actes 47:1. Elle était
située non loin de la mer, sur le Strymon qui l'entourait de tous les côtés;
c'est de là que lui est venu son nom, d'après Thucydide 4, 102. Elle porte
aujourd'hui le nom d'Acra, ou d'Emboli.
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AMPLIAS,
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Romains 16:8; Disciple bien-aimé de Paul qui le salue,
mais du reste inconnu.
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AMRAPHEL,
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Genèse 14:1; Petit roi de Sinhar, contemporain
d'Abraham et allié de Kédor-Lahomer, q.v.
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ANANIAS.
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1. Le
mari de Saphira, Actes 5:1. Il prit place au nombre des chrétiens de la primitive
église de Jérusalem, et séduit par tout ce qu'il y avait d'honorable et de
touchant dans le dévouement et l'abnégation des autres disciples, il voulut les
contrefaire sans avoir le courage de les imiter, vendit une possession, retint
une partie du prix d'accord avec sa femme, et en apporta le reste aux pieds des
apôtres, mentant par son silence, comme s'il eût apporté la valeur entière de
sa propriété. Son mensonge, qui ne s'adressait pas à l'homme, mais à Dieu, fut
puni de Dieu lui-même, et l'hypocrite tomba mort aux pieds des apôtres. On
connaît le beau tableau que ce sujet a inspiré à M. Paul Delaroche.
Il semble que ce ne fût qu'un mensonge: c'était un
sacrilège. Ananias voulait-il s'enrichir aux dépens des frères en versant une
partie de ses biens dans la bourse commune pour obtenir par là le droit d'être
entretenu, lui et sa femme, aux frais de l'Église? Regardait-il les biens de la
communauté comme une espèce de caisse d'assurances qui lui rapporterait un
intérêt viager supérieur aux intérêts de la somme par lui déposée? Voulait-il
peut-être seulement acquérir des droits à la considération des frères, en
faisant un acte brillant de charité chrétienne? Il est probable qu'il y eut un
mélange de tout cela dans son cœur livré à Satan, verset 3; l'intérêt et la
vanité furent la source de l'hypocrisie et du mensonge.
Le châtiment de ces deux coupables peut paraître
sévère, si on ne le considère qu'en lui-même, et surtout encore si on le
compare avec le crime de Simon le magicien (chapitre 8), ou d'Élymas (chapitre
13), et la conduite des apôtres à leur égard. Quelques réflexions montreront
qu'Ananias et Saphira furent punis justement, et que leur mort était nécessaire
à la gloire de Dieu.
1. Moins
coupables en apparence que Simon le magicien et qu'Élymas, ils l'étaient plus à
cause des grâces qu'ils avaient reçues et de la lumière dont ils jouissaient.
Élymas était décidément un impie, ignorant peut-être jusqu'à l'histoire même de
l'Évangile; et quant à Simon, qui paraît avoir eu plus d'instruction positive,
et dont il est dit même qu'il crut, qu'il fut baptisé, et qu'il était comme
ravi hors de lui-même, il paraît qu'il se laissa séduire par la grandeur de ces
miracles qu'il ne pouvait imiter; mais il n'eut aucune idée de ce qu'était la
vie chrétienne, la lumière de la Parole ne pénétra pas dans son cœur, il ne
comprit pas l'Évangile: c'est là tout son crime, tout son malheur, et il agit
comme un homme qui n'avait ni part ni héritage dans cette affaire, 8:21; il ne
chercha pas à tromper les apôtres, il se trompa lui-même, tandis qu'Ananias,
témoin peut-être des merveilles de la Pentecôte, et dans tous les cas, témoin
des merveilles de l'amour fraternel, paraît avoir joui lui-même un certain
temps de la lumière divine: il a trompé les autres sans s'être trompé lui-même.
2. Le
mensonge d'Ananias ne fut pas un simple mensonge, ce fut une tromperie dans les
choses religieuses; il voulut servir Dieu et Mammon, jouir de la considération
des chrétiens et des délices du péché, se faire des amis avec ses richesses
iniques en conservant ces richesses dont il affectait de faire l'entier
sacrifice; il feignit la piété, et si tout mensonge est un crime, celui qui
ment au Saint-Esprit commet le plus grand des crimes; les tartufes débordent la
mesure, ce sont des monstres qui étalent sur le devant de leur boutique les
choses de Dieu pour gagner et pour s'enrichir; les vendeurs et les changeurs
furent chassés du temple par Jésus parce qu'ils se logeaient dans la maison de
Dieu pour faire leur commerce; mais il n'est point de fouet à cordelettes assez
fort pour réprimer ceux qui vendent les choses saintes elles-mêmes, et
l'encensoir et la manne. Le Saint-Esprit voyait d'avance tous ceux qui
viendraient couverts du masque de la religion pour voiler les noirceurs de leur
cœur et de leur conduite, et il a voulu les effrayer par le sort de ce premier
trompeur.
3. Si
la ruse d'Ananias eût réussi, et qu'elle eût été découverte plus tard, ce fait
seul eût suffi pour saper, et avec raison, toute l'autorité des apôtres: un
infidèle se glissant dans l'Église primitive, et se faisant honorer par ses
crimes, sans que les apôtres découvrissent la supercherie, eût fait douter que
l'esprit d'en haut habitât en eux véritablement.
4. Enfin,
remarquons que si le précepte de saint Paul, Éphésiens 4:25: «Parlez en vérité
chacun avec son prochain, car nous sommes les membres les uns des autres»,
devait jamais avoir une actualité vivante et forte, c'était bien à cette époque
de réveil, où la multitude de ceux qui croyaient n'étaient qu'un cœur et qu'une
âme, Actes 4:32, où tous par conséquent étaient les membres les uns des autres;
une même sève de vérité jeune et vigoureuse, devait circuler de l'un à l'autre
sans être altérée, et l'on pouvait regarder comme mort et corrompu tout membre
qui ne transmettait pas à ceux qui {'entouraient la droiture et la pureté:
l'Église devait le retrancher comme tel, et le Saint-Esprit a dû retrancher
Ananias, parce que celui-ci, par le fait seul de son mensonge, montrait qu'il
n'appartenait pas au corps des fidèles dont Christ est le chef.
5. La
mort subite d'Ananias et de Saphira devait servir d'exemple, comme leur péché
avait été une provocation; le châtiment devait contrebalancer les effets de la
chute. Ces deux coupables furent punis en quelque sorte pour le public, plutôt
que pour eux-mêmes; et nous ne pouvons pas savoir s'ils ont trouvé grâce devant
le Seigneur, ou s'ils sont morts sous la condamnation divine. Si leur foi était
réelle, ce n'est pas parce qu'ils sont morts en état de chute qu'ils auront été
condamnés; si leur foi était fausse, leur condamnation a été prononcée dans le
ciel, non à cause de leur tromperie, mais à cause de leur manque de foi. La
chute n'a été punie que d'une mort soudaine et prématurée.
2. Disciple
de Jésus-Christ, Actes 9:10-18. Peut-être l'un des soixante et dix
évangélistes. Il prêchait l'Évangile à Damas, lorsqu'une nuit il fut appelé par
une vision à se rendre auprès du fameux Saul de Tarse, trop célèbre alors par
les persécutions qu'il exerçait contre les chrétiens. Ananias résista d'abord;
il savait quels projets amenaient à Damas le disciple de Gamaliel, et les
indications de l'ange étaient trop précises pour qu'il pût douter que celui
qu'il devait visiter ne fût le même que l'ennemi furieux de l'Église primitive.
Mais le Seigneur le rassure et lui annonce les brillantes destinées de Saul.
Ananias part donc humble et confiant; il trouve Saul, évite de lui rappeler son
égarement, lui donne le titre de frère, et a l'honneur de consacrer le premier,
par l'imposition des mains, Paul l'apôtre des gentils et le grand missionnaire.
Longtemps après, saint Paul, parlant de cette entrevue solennelle, montre qu'il
en avait conservé un souvenir bien vivant, et il appelle Ananias un homme qui
craignait Dieu selon la loi, et qui avait un bon témoignage de tous les Juifs
qui demeuraient là, Actes 22:12.
3. Ananias,
Actes 23:2; 24:1. Souverain sacrificateur, d'un caractère altier, susceptible
et remuant, était, d'après Flavius Josèphe, fils de Nébédée. Il succéda, vers
l'an 48 de Jésus-Christ, à Joseph fils de Kamyde, dans les fonctions
pontificales. Quadrants, gouverneur de Syrie, ayant réussi à étouffer les
troubles excités en Judée par les Juifs et les Samaritains, envoya cet Ananias
à Rome, pour y rendre compte de la conduite qu'il avait tenue aux milieu de ces
désordres. Il parvint à se justifier entièrement, et l'empereur Claude le
renvoya dans son pays. Quelques années après le retour d'Ananias, Paul eut à
comparaître devant le Sanhédrin qu'il présidait, et comme l'apôtre, plein
d'assurance et de modération, commençait à parler pour justifier le tumulte de
la veille, 22:22-23; 23:1, Ananias le fit frapper au visage, sans qu'on puisse
expliquer cette violence autrement que par l'irritation que lui causa le titre
d'hommes frères, dont Paul se servit en s'adressant aux membres du conseil.
Alors Paul, soit qu'il refusât de reconnaître Ananias en qualité de
sacrificateur, soit qu'il ignorât effectivement qu'il fût le souverain
sacrificateur en charge, lui reprocha son hypocrisie, et lui dénonça les châtiments
de Dieu. On peut croire que les quarante assassins qui complotèrent pour faire
périr l'apôtre, furent poussés à ce projet par Ananias et quelques autres de
ses collègues, vieille manière, mais bien commode, de répondre aux arguments de
ses adversaires. On sait, du reste, que ce crime ne put s'accomplir, parce que
l'apôtre fut transféré à Césarée. Ananias l'y poursuivit encore, accompagné
d'un certain rhéteur ou avocat nommé Tertulle, et ne discontinua ses
accusations que lorsque Paul en eut appelé à l'empereur.
— Il est probable qu'il s'agit encore d'Ananias, 25:2,
quoiqu'il ne soit pas nommé, dans la comparution de Paul devant Festus.
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ANCIEN.
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1. Qui
appartient aux temps passés, 1 Samuel 24:14; 1 Chroniques 4:22.
2. Un
vieillard, Job 12:12.
3. Les
chefs du peuple, soit civils, soit ecclésiastiques, sont appelés anciens, Ésaïe
3:14; Jérémie 19:1; 26:17. C'est le même mot traduit quelquefois par sénateurs,
et quelquefois par prêtres dans le Nouveau Testament, Luc 7:3; Actes 11:30;
14:23; 15:2 sq. 16:4; 1 Timothée 4:14; Tite 1:5, etc. Les anciens formaient un
conseil, un sénat, une espèce de municipalité religieuse, chargée de diriger
les affaires de la communauté, sans avoir exclusivement la charge de
l'enseignement et de la prédication, ce droit étant alors en quelque sorte
illimité, et appartenant à tous les membres de l'Église. Le titre d'ancien
était à l'origine synonyme du titre d'évêque, ainsi qu'on le voit clairement
par Actes 20:17,28; Tite 1:5-7. Don Calmet lui-même avoue que «anciennement le
nom d'évêque et celui de prêtre étaient communs et réciproques.»
— Voir: articles Évêque et Synagogue.
4. Dieu
est appelé l'Ancien des jours, pour désigner son éternelle existence, Daniel
7:9.
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ANCRE.
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Instrument dont on se sert pour arrêter les vaisseaux
en rade ou au port. Ce furent d'abord de grandes pierres attachées avec des
câbles: telles étaient les ancres des Argonautes. On se servit ensuite de
pièces de bois chargées de plomb, ou de paniers pleins de pierres, espèce
d'ancre encore en usage chez les Japonais. Les ancres faites de deux barbes ou
dents, furent inventées par Eupalamius, ou par le Scythe Anacharsis, peu de
temps après le retour des Juifs de la captivité. Dans les grands vaisseaux on
tenait trois ou quatre ancres, mais il y en avait toujours une dont on ne se
servait qu'à la dernière extrémité: on l'appelait ancre sacrée, et maintenant
encore on l'appelé maîtresse-ancre. Autrefois on jetait les ancres de la poupe,
Actes 27:29; de nos jours on les jette de la proue. Les ancres modernes sont de
fer; elles ont la forme de crocs, en sorte que, de quelque manière qu'elles
tombent, elles entrent dans le sable.
— L'espérance du salut est comparée par l'apôtre,
Hébreux 6:19, à une ancre sûre et inébranlable, qui, allant se fixer au-delà du
voile dans le ciel, vers Jésus et les choses invisibles, nous affermit au
milieu des orages et de la tempête des passions, et nous empêche de flotter à
tout vent de doctrines, cf. Jacques 1:6; Jude 13; 1 Timothée 1:19; Éphésiens
4:14.
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ANDRÉ,
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fils de Jonas, frère de Simon Pierre, et pêcheur comme
lui, était de Bethsaïda, et fut un des premiers disciples de Jean-Baptiste.
C'est aussi lui que Jean 1:35-42; nous montre comme le premier de ceux qui se
joignirent à Jésus: il suivait le Maître timidement et sans lui adresser la
parole, jouissant en silence de cette divine compagnie, ignorant même,
peut-être, que Jésus l'eût aperçu. Mais Jésus s'approcha de lui (cf. Jacques
4:8) et le conduisit dans sa propre demeure où il le logea, car le jour était
déjà avancé. Toutefois ce ne fut que plus tard que Jésus l'appela comme apôtre
sur les bords de la merde Galilée, Matthieu 4:18; Marc 4:16, et dès lors il
accompagna le Seigneur jusqu'à la fin. Son caractère était moins vif et moins
ardent que celui de son frère, et son rôle fut modeste; nous ne le voyons
qu'une fois seul dans la compagnie des trois grands apôtres, Marc 13:3. Il
paraît avoir été lié plus particulièrement avec Philippe, qui le consulta, Jean
12:22, sur le désir de quelques Grecs de voir Jésus, cf. aussi Jean 6:7-8.
— Après la Pentecôte, la tradition nous le montre
tournant ses pas vers la Scythie, puis vers Byzance où il aurait établi
Stachys, Romains 16:9, comme premier évêque de cette future métropole. Partout
il eut à combattre la magie et la foi au démon, et il le fit avec puissance et
par des prodiges qui lui obtinrent des succès signalés. Il paraît qu'après
avoir prêché l'Évangile dans la Grèce, il souffrit le martyre à Patras, en
Achaïe.
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ANDRONIQUE,
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Romains 16:7, probablement le mari de Junias; on ne
les connaît, l'un et l'autre, que par ce qui en est dit dans ce seul verset. On
ignore où ils furent prisonniers avec Paul, si ce fut à Rome ou ailleurs. Saint
Paul les appelle ses parents, mais le mot employé pourrait aussi ne s'entendre
que dans le sens de compatriotes, issus d'une même famille, peut-être d'une
même tribu. Ils sont distingués entre les apôtres, dit saint Paul, et le mot
d'apôtre dans cette phrase a l'acception étendue qu'il a lorsqu'il est donné à
Barnabas, Actes 14:14, et à d'autres disciples. On pourrait traduire aussi,
mais c'est moins probable, «ils sont distingués par les apôtres.»
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ÂNE.
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Le nom hébreu de l'âne est Hhamor, qui signifie roux,
roussâtre, parce que c'est, en Orient, la couleur ordinaire de cet animal; on
en trouve cependant aussi de gris, et quelquefois même de noirs et de blancs.
Bien différent de l'âne humble et méprisé de nos contrées, l'âne oriental est
actif, grand et vigoureux, plein d'énergie et de légèreté dans ses mouvements;
son poil est lisse et beau, son pas est sûr et agréable; en marchant il relève
avec vivacité ses pieds légers, et porte la tête haute, en sorte que l'épithète
de noble animal pourrait s'appliquer à lui tout aussi bien qu'au cheval. C'est
peut-être à cause de sa vivacité qu'il est dit, Proverbes 26:3: «Le fouet est
pour le cheval, et la bride pour l'âne;» on dirait le contraire chez nous. En Orient
l'âne est aussi infatigable et plus fort que le cheval, et on le préfère pour
les courses et les voyages dans les contrées montagneuses. Plusieurs voyageurs
célèbres, comme Niebuhr et Myller, rapportent qu'ils faisaient souvent d'une
lieue et demie à deux lieues par heure, montés sur ce léger coursier.
On trouve quelquefois en Asie des ânes entièrement
blancs; ils sont considérés comme les plus beaux de leur espèce, et sont un
objet de luxe; on les soigne mieux que les autres, on les couvre d'étoffes et
de harnais plus précieux et plus brillants, et l'on n'épargne ni couleurs, ni
sonnettes pour les parer. Quelquefois on marque leur poil blanc de taches et de
raies rouges, avec le jus d'une plante nommée henna; la crinière et la queue
sont de même teintes en rouge. C'est à cette coutume que se rapporte une
discussion sur le sens du passage Juges 5:10, où il est question d'ânesses
blanches (d'après le mot hébreu), et où quelques savants, s'appuyant sur le
sens du même mot en arabe, veulent ajouter tachetées de rouge; toutefois, il
est peu probable que les anciens Hébreux connussent l'art de peindre les
animaux, et, en tout cas, nous n'avons aucune trace de cet usage.
— Comme ces ânes blancs sont plus rares et plus beaux
que les autres, il n'y a que les grands et les riches qui puissent s'en
procurer, et ces animaux sont, par là même, devenus une marque de distinction
pour ceux qui les montent.
De tout temps, les ânes ont été fort estimés en
Orient; et autrefois on leur donnait, surtout aux ânesses, autant de soins que
les Arabes en donnent maintenant à leurs nobles chevaux. Ils composaient en
grande partie la richesse des patriarches, Genèse 12:46; 22:3; 24:35; Exode
4:20; Nombres 22:21; Josué 9:4; Juges 5:40; 12:14; 2 Samuel 16:2; 1 Rois 13:13;
Néhémie 7:69; Job 1:3, etc., etc.; et l'on comprend que les ânesses surtout
dussent être d'un grand prix pour des peuples nomades. Comme l'élève des
chevaux était presque nulle en Palestine, les Israélites se servaient d'ânes
pour transporter leurs effets, tourner la meule ou traîner la charrue, cf.
Deutéronome 22:10; Exode 23:12; Ésaïe 30:24; on les montait aussi comme nous
montons les chevaux, Genèse 22:3,5; Exode 4:20, et les riches, comme on l'a vu,
préféraient les ânesses, les ânes blancs ou les ânons, coutume qui s'est
conservée jusqu'à nos jours. On bride l'animal, Nombres 22:21; Juges 19:10; on
lui jette une couverture ou des habits sur le dos en guise de selle, Matthieu
21:7, et le conducteur marche à côté ou par derrière, Juges 19:3; 2 Rois 4:24.
Quand les chevaux commencèrent à être introduits en
Israël, on s'en servit principalement pour la guerre et comme montures, et les
ânes cessèrent d'être un objet de luxe; en sorte que la prophétie de Zacharie
9:9, que notre Seigneur ferait son entrée à Jérusalem monté sur un ânon, tout
en étant conforme aux idées théocratiques des anciens temps, n'emportait plus
l'idée de grandeur, mais celle de paix; et l'entrée de notre Seigneur dans
cette métropole du vrai culte annonçait le triomphe de la paix. Christ allait
accomplir, à cet égard, les anciennes prophéties messianiques, cf. Ésaïe 62:11;
Zacharie 9:9; et l'épithète de débonnaire qui lui est donnée, doit être
comprise dans ce sens.
Il paraîtrait, d'après 2 Rois 7:7, qu'à la guerre on
ne chargeait ordinairement que le bagage sur les ânes; toutefois, dans la
description prophétique de l'armée de Cyrus, roi des Perses, Ésaïe 21:7, il est
question d'une cavalerie montée de ces animaux. Strabon, de même, assure que
les Caramaniens, peuple soumis aux Perses, se servaient d'ânes pour leur
cavalerie, et Hérodote nous raconte que, dans une bataille contre les Scythes,
Darius, fils d'Hystaspe, n'avait pas d'autre monture pour ses cavaliers. Les
historiens rapportent encore que, huit siècles après Jésus-Christ, un calife
possédait une cavalerie montée d'ânes, et que ces animaux étaient si courageux,
que depuis cette époque le mot a passé en proverbe chez les Arabes: «Âne de
guerre ne fuit pas».
— Voir: d'Herbelot.
On croit que la défense, Deutéronome 22:10, d'atteler
un âne et un bœuf ensemble à la charrue, de même que plusieurs lois du même
genre, était une loi purement symbolique, soit qu'elle eût pour but de rappeler
aux Israélites de se garder toujours de toute alliance inconvenante, tant en
religion qu'en politique, cf. 2 Corinthiens 6:14, soit qu'elle dût leur
apprendre l'humanité, même à l'égard des animaux, soit enfin qu'elle fût
destinée à les préserver de certaines pratiques superstitieuses en usage chez
les païens, et qui n'étaient pas sans rapport avec ces sortes d'alliances.
— Voir: Accouplements.
Quant à l'ânesse de Balaam, à laquelle le Seigneur
ouvrit la bouche, Nombres 22:28.
— Voir: Balaam.
nous ferons seulement observer que chez les Romains
aussi l'on trouve des traditions relatives à des animaux qui auraient parlé, et
ce cas était toujours un présage funeste.
— Voir: Valér. Maxim. 1, 6; Pline, Hist. Nat. 8, 10;
70; et Bochart.
— Le passage Juges 15:19; a été expliqué de diverses
manières; on peut voir l'article Samson et ce que nous avons dit dans l'Histoire
des Juges d'Israël, p. 103. La traduction généralement adoptée est la seule
littérale, et dans tous les cas, celle qui se justifie le mieux. D'après
Lévitique 11:4, l'âne était mis au nombre des animaux impurs dont il était
défendu de manger la chair; mais on comprend que dans les cas de famine, comme
2 Rois 6:25, cette défense n'ait pas été bien strictement observée. L'énormité
de la somme payée pour une seule tête d'âne montre à quelle extrémité les
habitants de Samarie étaient réduits.
Âne sauvage. Cet animal, connu aussi sous le nom
d'onagre, surpasse de beaucoup l'âne domestique, même celui de l'Orient, par la
beauté de sa taille et la proportion de ses membres; il ne saurait être dépassé
en vitesse, même par le cheval arabe. Il se distingue par une crinière laineuse
et foncée; son cou est un peu long et courbé, ses oreilles sont droites et très
longues, son front est élevé, sa peau lisse et rayée de brun sur un fond
couleur d'argent, tirant sur le jaunâtre vers le ventre; cependant on en trouve
aussi d'une couleur plus foncée. Il est sauvage, vit, uniquement dans les
déserts et ne se laisse pas approcher par l'homme, Job 39:8-9; Genèse 16:12;
Ésaïe 32:14; Daniel 5:21. Il ne marche que par petites bandes ordinairement
composées d'un mâle et de plusieurs femelles. Cf. Jérémie 2:24; Psaumes 104:11.
De nos jours il habite surtout les déserts de l'Asie centrale, tandis qu'il se
trouvait autrefois jusque dans les parties montagneuses et désertes de l'Asie
Mineure, de la Syrie et de l'Arabie. Le livre de Job 6:5; 39:8-11, donne une
belle description de ses habitudes et des lieux où il se tient de préférence.
Les Bédouins, Job 24:5, aussi bien que leur père Ismaël, Genèse 16:12, sont
comparés à des onagres, à cause de leur vie indépendante et libre dans les déserts,
de leur opiniâtreté et de leur rapidité dans la fuite.
Outre l'âne sauvage, que nous venons de décrire, il en
existe dans la Mongolie une autre espèce appelée djiggetaï ou ziggetaï (longue
oreille), sorte de mulet sauvage et naturel qui tient le milieu entre le cheval
et l'onagre. Presque tout ce que la Bible dit de l'âne sauvage pourrait se
rapporter à ce djiggetaï; mais on ne le trouve pas dans l'Asie antérieure, et
les anciens ont toujours soigneusement distingué ces deux animaux.
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ANET,
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Matthieu 23:23, herbe connue chez nous et dont les
anciens employaient la graine comme épice, Pline 19, 61. Les juifs scrupuleux
portaient leur zèle aveugle pour l'observation de la loi mosaïque jusqu'à payer
la dîme de l'anet aussi bien que celle des autres productions de la terre, et
le Talmud rémunère expressément parmi les objets soumis à la dîme. Notre
Sauveur reproche aux pharisiens hypocrites d'être par ostentation fidèles dans
les petites choses, mais infidèles dans les grandes.
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ANGE ou Messager,
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nom générique donné aux intelligences célestes par qui
Dieu exécute une partie de ses desseins, et qui sont toujours prêts à lui
obéir. Tous les peuples qui ont eu l'idée d'un esprit souverain y ont joint
celle d'esprits subalternes ou génies. Il y a, en effet, lieu de supposer entre
nous et la divinité une vie plus relevée que celle dont nous vivons ici-bas,
une nature plus subtile, plus puissante, plus accomplie. De là, dans le monde
païen, l'idée de ses demi-dieux dont il a peuplé l'espace, inventant jusqu'à
des êtres protecteurs de peuples, de familles, même d'individus. La révélation
est remarquable dans la pureté des conceptions qu'elle nous offre sous ce
rapport, repoussant comme indigne en elle-même l'idée de dieux imparfaits, mais
justifiant celle d'esprits supérieurs à nous, et qui animent ce monde immense
encore caché à nos regards; elle place leur création au-dessus de l'origine de
notre présent monde, et en distingue de bons et de mauvais. Job 38:7; Jean
8:44; Genèse 3:4; 1 Jean 5:18; 2 Pierre 2:4; Jude 6.
Les bons sont représentés comme plus élevés en
intelligence, en force, en bonté, et par cela même en bonheur. Ils sont classés
parmi les choses invisibles qui font aussi partie de la création. Colossiens
1:16; Hébreux 1:14; Luc 24:39 (1 Corinthiens 15:42-50); Matthieu 28:3; Marc
16:5; Luc 1:11; 2:9; 24:23; Actes 1:10; 6:15; 12:7; 2 Corinthiens 11,14;
Apocalypse 1:20; Ésaïe 6:1, etc. Leur désignation commune de messagers ne
renferme ni attribution de divinité, ni droit à aucun culte; ils sont comme les
hommes, serviteurs clans le royaume et pour la loi, mais occupant un rang plus
élevé. Ils sont appelés l'armée des deux, Luc 2:13; gardiens, Daniel 4:13-14;
fils de Dieu, Job 1:6; élus, 1 Timothée 5:21; saints, Luc 9:26; Daniel 4:13.
— Ils paraissent classés en catégories variées: les
séraphins, Ésaïe 6:2,6; les chérubins, Ézéchiel 10:1. Leurs rôles sont
assignés, Exode 32:34. Enfin ils sont représentés comme ayant un corps, Juges
13:3, cf. verset 6. Leur armée est immense, et les divers noms qui leur sont
donnés font supposer qu'il y a diversité de rangs parmi eux. Psaumes 68:17;
Daniel 7:10; Matthieu 26:53; Colossiens 1:16; Apocalypse 5:2. (Car, même en
admettant que ces noms soient le fruit d'un tradition babylonienne, ils sont
consacrés dès qu'ils sont reçus par les écrivains inspirés, et par les anges
eux-mêmes.)
— L'Écriture établit une grande liaison entre le monde
invisible et le nôtre, liaison qui a été plus fréquente dans ses manifestations
jusqu'à l'établissement complet de l'Église, et qui subsiste, quoique cachée,
jusqu'à la fin, Hébreux 1:14. Quand tout ce qui est caché sera mis en évidence,
et que le règne de Dieu prévaudra complètement, alors l'apparition des anges
redeviendra un signe de communication libre entre les cieux et la terre.
Matthieu 13:41,49; 16:27; 24:31; 25:31; 1 Thessaloniciens 4:16; 2
Thessaloniciens 1:7.
Quant aux anges déchus, leur histoire est et sera
toujours une énigme pour nous jusqu'au jour où nous connaîtrons parfaitement.
La possibilité de la chute finale d'êtres aussi excellents et aussi élevés,
devait entrer dans le dessein primitif de leur Créateur, et nous lisons, Job
4:18: «Il met, ou il a mis de l'imperfection dans ses anges.» C'est la vraie
traduction du passage. La question de cette chute se lie, du reste, à celle de
l'origine du mal dans le monde, et nous ne pouvons l'examiner ici. Il reste
seulement que l'œuvre de Dieu étant harmonique, il n'a pu créer deux principes
contraires et hostiles: les anges déchus, comme tels, n'appartiennent pas à la
création; leur existence tient à leur péché qui fut peut-être l'orgueil, et
notre raison ne peut rien alléguer contre la possibilité d'une condition telle
que ces anges en soient sortis par un usage plein, outré, poussé jusqu'à
l'abus, de leur propre gloire; et comme parmi les hommes on voit celui qui est
tombé chercher à entraîner les autres et, devenu séducteur, devenir ensuite
persécuteur des bons qui résistent à son action funeste, on peut concevoir
qu'une réaction semblable ait eu lieu chez ces grandeurs déchues et qu'elles
cherchent maintenant à nous entraîner avec elles. Leur caractère est tracé dans
ces paroles: «séduisant et étant séduits.»
Des apparitions d'anges dans le Nouveau Testament se
lisent, Matthieu 1:20-21; 2:13,19; 4:11; Luc 1, passim; 2, passim; 22, 43; 24;
Actes 1:10-11; 5:19, etc.
Dans une foule d'endroits de l'Ancien Testament, nous
retrouvons l'action des anges; mais il est un de ces messagers célestes qui est
appelé par excellence l'ange de l'Éternel, et même Jéhovah, l'Éternel, dans
lequel il est impossible, malgré son refus de se nommer lorsque Jacob ou Manoah
lui demande son nom, de ne pas voir le grand médiateur entre Dieu et les
hommes, le Fils unique issu du Père, Dieu manifesté en chair; Genèse 16:7-13;
22:11,15-18; 31:11-13; 32:24-30; 48:15-16. Exode 3:2-6. Juges 2:1;
6:11,16,21-24; 13:16-22.
— Voir: Gaussen.
Gédéon devant l'ange de l'Éternel.
Contrairement à la
notion populaire, les anges célestes de la cour de Dieu ne sont pas des êtres
créés mais des émanations de Dieu. Dans les nombreuses émanations de Dieu
lui-même, nous retrouvons les anges de sa puissance, messagers de sa gloire
éternelle. L'Écriture nous donne le nom de deux anges seulement, Michael et
Gabriel, mais ceux-ci suffisent pour nous indiquer une telle notion.
L'étymologie du nom Michael signifie proprement «la présence de Dieu» et celle
de Gabriel signifie «la force de Dieu», nous indiquant que les anges ne sont
pas des créatures mais des émanations des différentes caractéristiques de
l'essence du renoncement divin. Sans parler de la préexistence des élus qui
sont éternellement les membres du Corps de Christ, on voit dans l'étymologie du
nom Elohim ou «Lui-eux-qui-sont» qu'ils sont rassemblés avec les anges dans «la
cité du Dieu vivant, la Jérusalem céleste» (Héb. 12:22-24), pour former le
Conseil de Dieu. Ceci nous indique que les anges sont la manifestation personnelle
de Dieu dans ses caractéristiques phénoménales qui transmettent son message et
sa puissance dans une circonstance donnée. Ainsi Gabriel transmet la force de
Dieu et Michael sa présence requise dans une situation particulière. Toutes les
caractéristiques qualificatives de l'Esprit de Dieu sont ainsi des anges, et
puisque Dieu est infini, les anges sont innombrables. En suivant cette pensée,
nous trouvons ainsi dans l'étymologie des termes hébraïques l'ange Dabâriel,
messager de la Parole de Dieu; l'ange Owriel, messager de la Lumière de Dieu;
l'ange Chokmaniel, messager de la sagesse de Dieu; l'ange Ahabiel, messager de
l'amour de Dieu; l'ange Chananiel, messager de la Grâce de Dieu; l'ange
Mélékiel, messager de la Royauté de Dieu; l'ange Aphiel, messager de la colère
de Dieu; ainsi de suite, à l'infini.
Ceci nous laisse
supposer que chaque ange a sa propre identité et sa propre existence, sans
toutefois être indépendant de l'unité de l'essence divine dans laquelle il
puise sa puissance et son existence. L'essence de Dieu est entièrement contenue
en chaque ange, tout comme chaque ange est contenu dans l'essence divine, étant
partie intégrale de la nature de Dieu comme des effets de la cause primaire.
Par ceci nous voyons que les anges ne sont pas des êtres créés, mais des
émanations phénoménales des différentes caractéristiques de Dieu qui est le
centre de toute existence. Selon cette notion et en regardant le mot hébraïque
«Ahabiel» qui signifie «l'amour de Dieu», lorsque Dieu se manifeste dans son amour
il se dégage ou plutôt s'exhale comme l'ange Ahabiel, mais l'ange Ahabiel n'est
point Dieu dans sa plénitude, il est seulement qu'un reflet d'une des
différentes caractéristiques de Dieu. Il en est ainsi pour tous les anges.
Cette conception nous fait réaliser l'impossibilité qu'un ange se rebelle
contre Dieu, puisque cela voudrait dire que Dieu se rebellerait contre
Lui-même. Ainsi nous voyons que la doctrine de la chute des anges n'est qu'une
fiction formulée par des versets tirés hors de contexte dans le but
d'impressionner les crédules afin de les séduire avec toutes sortes de fausses
doctrines.
Le seul passage
dans toute la Bible qui semble indiquer une création des anges se trouve dans
les Psaumes 148:1-8, mais en regardant attentivement on voit tout un autre
aperçu que celui qui lui est généralement attribué. Il ne s'agit aucunement des
anges célestes dans ces passages des Psaumes. Le mot "anges" ou
«Malâk» en Hébreu signifie «messager, envoyer, expédier» et nous indique dans
le contexte de ces passages que toutes les forces de la nature dans la Création
servent de «messager» pour exécuter la volonté de Dieu. En effet, l'apôtre Paul
lui-même nous dit que la Création existe pour rendre témoignage de la puissance
de Dieu et sa divinité (Rom.1:20).
La Parole de Dieu
nous indique trois classes d'anges: 1) les esprits célestes; 2) les éléments de
la nature; 3) les serviteurs de Dieu. Il faut avouer qu'il n'est pas toujours
facile de discerner quand le mot «ange» s'applique à des êtres célestes, aux éléments
de la nature, ou à des êtres humains. Une étude diligente du contexte où il
apparaît, est le seul moyen d'en déterminer l'application. Généralement
lorsqu'il s'agit d'être humains, le mot «messager» est utilisé, et lorsqu'il
s'agit d'êtres célestes, on emploi le mot «ange» littéralement. Ceci est la
règle employée par les traducteurs du Texte Sacré, mais cette règle n’est pas
inviolable comme nous allons voir.
Un passage qui
semble problématique à cause de la restriction d'un contexte insuffisant, est 1
Tim.5:21 qui mentionne «des anges élus». Sûrement si nous acceptions la
possibilité non scripturaire d'une chute des anges, nous ne pourrions arriver
qu'à la conclusion d'y voir que les anges qui n'ont pas chuté sont les anges
élus, tandis que ceux qui auraient chuté seraient enchaînés dans l'abîme pour
être réservés au jugement (2 Pi.2-4). Mais sachant qu'il n'y a jamais eu de
chute d'anges, puisque cela est impossible, nous indique que les anges élus se
rapportent à des êtres humains, c'est à dire aux saints, les élus, qui exercent
le ministère de messagers de la Parole pour prêcher le salut, tel que les
prophètes et les apôtres le furent. C'est dans ce contexte là qu'on doit aussi
comprendre Heb. 1:13,14 où nous voyons que les anges ou messagers «sont envoyés
pour servir en faveur de ceux qui doivent recevoir l'héritage du salut»,
principalement lorsque nous comparons ces deux versets avec Marc 16:15-20, d'où
nous voyons le ministère des apôtres comme celui de messagers de l'Évangile du
salut.
Il est assez
intéressant de voir aussi dans Heb.1:14 que le mot «envoyés» est en Grec
«Apostellomena», mot qui vient de «Apostolos» ou «Apôtre». Ceci ne signifie pas
que les anges en tant qu'esprits célestes n'exercent pas un ministère
spécifique dans la vie des chrétiens, mais que ces textes se rapportent plutôt
à des êtres humains. Nous savons d'ailleurs que certains, en exerçant
l'hospitalité, ont logé des anges sans le savoir (Heb. 13:2), ce qui s'applique
aussi bien aux messagers de l'Évangile qu'aux anges célestes qui se manifestent
en ce monde pour exercer un ministère en faveur des enfants de Dieu.
Pour ce qui
concerne les anges qui ont péchés (2 Pi.2:4) et qui n'ont pas gardé leur
origine, mais qui ont abandonné leur propre demeure (Jude 6), et les anges élus
(l Tim.5:21); il faut comprendre le mot «anges» comme s'appliquant à des êtres
humains, dont certains sont vivant et d'autres morts, plutôt qu'aux esprits
célestes de la cour de Dieu. Une telle approche n'est pas injustifiée, car
l'Écriture abonde d'exemples en ceci dans l'original. Dans Mat.11:10, Mc.1:2,
et Luc 7:27, Jean-Baptiste est appelé «un ange». Dans Luc 7:24 les disciples de
Jean-Baptiste sont appelé «des anges». Dans Luc 9:52 les disciples de Jésus
sont appelé «des anges». Dans Jac.2:25, Rahab reçoit chez-elle «les anges»
Israélites envoyés par Josué comme des espions (Jos.2:1,2). Dans Gen.32:3 Jacob
envoya devant lui «des anges» à Ésau. Dans Nom. 20:14, Moise envoya «des anges»
au roi d'Édom. Il existe en tout cent cinq exemples de la sorte, lorsque nous
vérifions le mot «messager» dans une bonne Concordance qui donne l'étymologie
des mots comme celle de Strong. Pour ce qui est du mot «Archange», il signifie
«Chef des anges» et se rapporte au Seigneur Jésus-Christ qui est le Chef de la
Création de Dieu et le Maître de tous les élus. Ce mot apparaît seulement deux
fois dans l'Écriture et est toujours au singulier, ce qui nous indique qu'il
n'existe aucune classe d'anges qui s'appelle des Archanges. Michael l'Archange
est tout simplement un autre nom pour Jésus-Christ qui signifie «la Présence de
Dieu, le dirigeant des messagers» (Dan.10:13,21; 12:1; Jude 9; Apoc.12:7).
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ANIMAUX.
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La Bible appelle en général les animaux êtres vivants,
et leur principe vital âme ou souffle de vie. Dans la description que Moïse
nous donne de la création, Genèse 1:20-29, les animaux sont nommés dans l'ordre
suivant:
1. petits
animaux aquatiques,
2. oiseaux,
3. grands
animaux aquatiques (poissons et amphibies),
4. quadrupèdes,
5. reptiles.
Dans le 28e verset du même chapitre ils sont énumérés et classés sommairement
comme suit:
1. poissons
de la mer,
2. oiseaux
des cieux,
3. toute
bête qui se meut sur la terre.
La même classification, dans un ordre peu différent,
se retrouve 9:2; et, dans le récit du déluge, tous les animaux, à l'exception
des aquatiques, sont compris dans les classes des oiseaux, des quadrupèdes et
des reptiles, 6:20. Les quadrupèdes eux-mêmes sont divisés en bétail et bêtes
des champs, division naturelle qui sanctionne celle que nous avons établie
entre animaux domestiques et bêtes sauvages. Lévitique 11:3,26-27, la
distinction est faite entre quadrupèdes,
1. qui
marchent sur des pattes,
2. qui
ont l'ongle divisé, et
3. qui
ont le pied fourchu;
dans ces deux dernières classes, Moïse distingue
encore les animaux qui ruminent et ceux qui ne ruminent pas. Les animaux qui
vivent dans l'eau sont divisés en deux classes, ceux qui ont des nageoires et
des écailles, comme les poissons, et ceux qui n'en ont pas. Parmi les reptiles,
ce législateur distingue ceux qui ont à la fois des ailes et quatre pieds, de
ceux qui n'ont point d'ailes et qui rampent ou marchent sur quatre pieds ou
davantage encore. C'est sur ces divisions que se fonde la distinction en
animaux purs et animaux impurs, c'est-à-dire en animaux que l'usage transmis
par les patriarches, et la loi de Moïse, permettaient ou interdisaient de
manger. Lévitique 11.
Presque tous les animaux désignés comme purs, et
quelques-uns de ceux qui sont déclarés impurs, nous sont connus; mais jusqu'à
nos jours les savants ne sont pas encore parvenus à déterminer exactement et
avec certitude quels sont les autres animaux impurs nommés dans la loi de
Moïse. Il est évident, du reste, que cette distinction n'est pas arbitraire;
elle existait déjà du temps de Noé, Genèse 7:2; 8:20, et date peut-être de la
création même, ou plutôt de la chute. Cependant il ne faut pas croire que les
animaux déclarés impurs fussent, pour cette seule raison, détestés, craints ou
bannis du pays: leur chair seule était défendue, mais les Israélites s'en
servaient pour d'autres usages. Ils possédaient des ânes, des chameaux, ainsi
que plusieurs autres animaux de cette classe, et les estimaient pour leur
utilité de tous les jours. Nous remarquons même que le lion et l'aigle, qui
étaient des animaux impurs, entraient dans la composition des chérubins,
Ézéchiel 1:10; Apocalypse 4:7. Les Israélites éprouvaient cependant, à l'égard
du plus grand nombre de ces animaux, la même aversion naturelle à l'homme, que
nous ressentons également à leur vue, quoique ce ne soient plus des motifs
religieux qui nous l'inspirent.
Le Lévitique, au chapitre cité, indique les marques
auxquelles on pouvait reconnaître et distinguer les animaux purs des animaux
impurs, et ces caractères extérieurs sont si simples et si appropriés au but
que se proposait le législateur, que les hommes les moins instruits du peuple
pouvaient les reconnaître et les retenir; nos savants même ont été forcés d'admirer
la simplicité, l'exactitude et la justesse de ce système mosaïque. Mais le
législateur se tait sur les raisons qui l'ont guidé dans la distinction qu'il a
faite entre ces animaux: le Seigneur l'avait prescrite, et cela devait suffire.
Cependant, comme on doit admettre que Dieu avait certainement de bonnes raisons
fondées sur la nature des objets en question, et sur les circonstances dans
lesquelles les Juifs se trouvaient, les savants de tous les temps se sont donné
beaucoup de peine pour découvrir ces motifs, et nous les trouvons dans les
considérations suivantes:
1. Il
est écrit, Lévitique 20:25-26: «Séparez la bête nette de la souillée, et ne
rendez point abominables vos personnes, en mangeant des bêtes et des oiseaux
immondes... ni rien de ce que je vous ai défendu comme une chose immonde; vous
me serez donc saints, car je suis saint, moi l'Éternel, et je vous ai séparés
des peuples, afin que vous soyez à moi»; cf. Deutéronome 4:2-3,20. La pureté
spirituelle et morale à laquelle les Juifs étaient appelés, devait être
exprimée et représentée par toutes leurs actions jusque dans celles de la vie
ordinaire: l'extérieur devenait ainsi comme l'emblème et le signe de la vie
intérieure, Lévitique 11:43-44. En habituant les Juifs à distinguer entre ce
qui est pur et ce qui ne l'est pas, et à ne servir leur Dieu qu'avec des objets
purs, ils se pénétraient d'amour pour la pureté et d'horreur pour l'impureté,
aussi bien pour les choses spirituelles que pour les objets matériels. Aucun
des dieux innombrables des païens n'exigeait la pureté et la sainteté: bien
souvent, au contraire, leur service consistait dans des rites et des sacrifices
moralement et physiquement impurs, qui ne répondaient que trop bien aux
attributs de ces divinités, tandis que chez les Juifs le service du Dieu saint
était une éducation continuelle qui devait élever l'âme et la remplir de
sentiments nobles, saints et purs; cf. Ésaïe 65:3-4; 66:17.
2. La
distinction dont nous parlons était en outre le moyen le plus efficace de
séparer le peuple de Dieu des nations environnantes; elle empêchait toute
communion religieuse, et par là tout rapport familier avec les païens; car rien
ne contribue tant à rendre les hommes intimes les uns avec les autres qu'une
même religion, les mêmes cérémonies, et des festins en commun; et la table des
païens eût été un filet continuel tendu sous les pas des Hébreux.
— Voir: Psaumes 69:22.
Cette distinction servait même à créer une certaine
aversion mutuelle entre les Juifs et les païens, puisqu'elle faisait abhorrer
aux uns ce qui, pour les autres, était un objet de vénération ou de jouissance,
et obligeait les premiers à s'unir plus étroitement entre eux. Lorsque, par
exemple, les fils de Jacob furent descendus en Égypte, Pharaon leur assigna une
contrée à part, et comme en dehors de l'Égypte proprement dite. Il arrivait
aussi que les Israélites et les Égyptiens ne pouvaient manger ensemble, s'ils
ne voulaient se souiller les uns et les autres; car les uns s'occupaient et se
nourrissaient de choses qui étaient presque invariablement réputées impures
chez les autres. Genèse 43:32; 46:34.
3. De
plus, nous voyons par la loi elle-même que Moïse avait aussi des motifs
d'hygiène publique et privée: il importait, en effet, beaucoup à un bon
législateur de veiller à la santé du peuple, surtout dans un pays aussi chaud
que la Palestine, où le climat développe les germes de maladie avec une telle
rapidité, qu'il leur fait prendre facilement un caractère épidémique, ou les
rend presque inguérissables. En s'abstenant ainsi de tout aliment qui
prédisposait au moins à certaines maladies s'il ne les produisait pas lui-même,
les Juifs non seulement n'engendraient pas ces maladies, mais ils se
préservaient encore des maux épidémiques contagieux qui auraient pu se
développer chez les peuples voisins.
4. Nous
trouvons un dernier motif à ces distinctions dans l'influence incontestable que
la nourriture exerce sur le tempérament et les facultés intellectuelles de
l'homme. On a observé de tout temps que certains aliments développent ou
émoussent telles ou telles facultés, morales ou spirituelles, qu'ils rendent
l'homme dur, sanguinaire, stupide, ou doux, léger, bienveillant, intelligent.
Or, comme les Juifs devaient être un peuple religieux et moral, pur, propre à
être guidé par l'influence de l'Esprit de Dieu et à recevoir ses révélations,
il fallait bien leur interdire, entre autres choses, toute nourriture qui
aurait favorisé et fortifié en eux des dispositions contraires. Il est évident
que la nourriture, et en général la manière de vivre, rendent l'homme plus ou
moins propre à servir d'organe à l'Esprit-Saint. Les observances du nazaréat
sont tout entières fondées sur ce principe. L'Église chrétienne même, pour
laquelle cette distinction détaillée entre aliments purs et impurs n'existe
plus, Actes 10:10; sq., a néanmoins toujours senti et reconnu la même vérité;
c'est ce que les règles des anciens ordres monastiques, des anachorètes, et
bien d'autres témoignages, suffisent amplement à prouver.
— La chair de toute une série d'animaux, depuis les
plus parfaits jusqu'aux plus imparfaits, contient une matière toute
particulière, très acre et peut-être vénéneuse, qui en rend l'usage, comme
nourriture, très désagréable, et qui répugne à la nature humaine: ce sont
précisément ceux-là qui sont déclarés impurs par la Bible. La constitution
intérieure de ces animaux correspond à cette propriété de leur chair; leur
système ganglionnaire paraît plus développé que celui des autres; ceux en
particulier que la loi mosaïque déclarait impurs étaient regardés par les
Égyptiens et par d'autres peuples païens comme divinatoires (μαντυιά), tels que les chevaux et les chiens, par exemple.
(Origène contre Celse, 4). Les Juifs croyaient que l'organisme intérieur de ces
animaux les rendait particulièrement propres à subir l'influence des démons;
cf. Matthieu 8:31-32, et ailleurs.
Ces lois sur les bêtes pures ou immondes n'étaient pas
des préceptes de religion de l'observation desquels dépendît le salut des âmes,
et leur transgression ne constituait pas un péché proprement dit, mais une
souillure légale: les étrangers qui séjournaient parmi les Israélites n'étaient
pas même tenus de les observer. Le concile des apôtres, Actes 15:29, n'interdit
aux fidèles que les choses sacrifiées aux idoles, le sang et les bêtes étouffées:
pour tout le reste, l'Église donne liberté plénière de manger ou de ne pas
manger, pourvu que l'on rende grâces à Dieu, avec reconnaissance, dans un cas
et dans l'autre. La vision de saint Pierre, Actes 10, dans laquelle des animaux
impurs sont déclarés purs sous la nouvelle dispensation de Christ, est
expliquée par cet apôtre lui-même, verset 28: «Dieu, dit-il, m'a montré que je
ne devais plus estimer aucun homme être impur ou souillé»; les animaux immondes
qu'il avait vus dans la vision représentaient les païens de toutes les nations.
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ANNE.
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1. L'épouse
d'Elkana, rivale de Péninna, stérile d'abord, puis mère de Samuel et de
plusieurs autres enfants. 1 Samuel 1. Son histoire simple et touchante nous
apprend ce que pouvait être la foi des Hébreux, et comment ils étaient
récompensés pour avoir cru en, celui qu'ils ne voyaient pas. Pour plus de
détails,
— Voir: Juges d'Israël, p. 114-118.
2. Fille
de Phanuel, de la tribu d'Aser. Elle fut mariée de bonne heure, et resta veuve
après sept ans de mariage. Dès ce moment, elle se dévoua tout entière au
service de Dieu: tous les malins et tous les soirs elle assistait aux
sacrifices qui s'offraient dans le temple. Elle avait quatre-vingt-quatre ans
lorsque Marie vint y apporter son enfant quarante jours après sa naissance; et
après que Siméon eût béni Dieu de lui avoir fait voir son salut, Anne, inspirée
par le Saint-Esprit, loua l'Éternel, et dirigea sur Jésus l'attention de tous
ceux qui croyaient aux promesses de Dieu, en le leur annonçant comme le Messie
promis à leurs pères. C'est elle qui, la première après Zacharie, prononça le
mot de délivrance, rachat ou rédemption (Δύτρωτις) en l'appliquant à l'œuvre que Jésus venait accomplir
sur la terre. Luc 2:36-38.
3. Anne
ou Annanus, souverain sacrificateur, fils de Seth et beau-père de Caïphe. Il
eut plusieurs enfants, dont cinq fils qui remplirent successivement les mêmes
fonctions que leur père, les uns de son vivant, les autres après sa mort. L'un
d'eux, pareillement nommé Annanus, présida, selon Flavius Josèphe, à la mort de
l'apôtre Jacques. Anne fut déposé de ses fonctions par Quirinus, légat impérial
sous le règne de Tibère, mais continua d'exercer encore une grande influence
sur les affaires; il conserva le titre honorifique de souverain sacrificateur,
Actes 4:6, et fut probablement vicaire (ou Sagan) de son beau-père, le
grand-prêtre Caïphe. C'est devant lui que Jésus fut conduit d'abord après son
arrestation, et soit qu'il voulût se débarrasser d'une affaire désagréable,
soit que, pour une cause de cette importance, il crût ne pas pouvoir la prendre
sous sa responsabilité, il renvoya le prisonnier devant Caïphe, qui était le
souverain sacrificateur de cette année-là, Jean 18:13. L'un et l'autre furent
persécuteurs des apôtres, et nous les retrouvons Actes 4:6, au nombre de ceux
qui devaient juger Pierre et Jean coupables d'avoir guéri un impotent.
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ANNEAUX,
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— Voir: Boucles.
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ANNÉE.
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L'année des Hébreux se divisait en six saisons,
composées chacune d'un mois et de deux demi-mois. Ils avaient deux époques, à
dater desquelles ils comptaient le commencement de l'année, suivant les objets
qu'ils avaient en vue: ils avaient ainsi deux aimées différentes qui
s'enchâssaient l'une dans l'autre, l'année sacrée et l'année civile. Cette
dernière commençait, comme encore chez les Juifs de nos jours, au mois de
Tisri, (mi-septembre); elle servait pour régler les jubilés et toutes les
affaires civiles, Lévitique 25:8-10. L'autre, l'année sacrée, commençait au
mois d'Abib ou Nisan (mi-mars), parce que c'est dans ce mois que les Israélites
furent délivrés de la captivité d'Égypte, Exode 12:2. C'est d'après elle que se
réglaient les fêtes et les services religieux; la fête de Pâque qui tombait au
milieu du premier mois, était comme la dédicace ou la mère des autres
solennités.
Comme les mois des Juifs suivaient plus que les nôtres
la marche de la lune, et qu'ils étaient alternativement de 29 et de 30 jours,
leur année était nécessairement plus courte que la nôtre, et ne comptait que
354 jours et 8 heures. Pour la faire correspondre avec l'année solaire, ils
devaient par conséquent intercaler tous les deux ou trois ans, un mois
supplémentaire qui se plaçait après le mois Adar, le douzième de l'année
sacrée, et qu'on appelait pour cette raison second Adar (Beadar ou Veadar).
Nous donnons ici les noms des douze mois, en renvoyant pour plus de détails
soit à l'article mois, soit à leurs articles respectifs, pour ce qu'il y a à
dire sur chacun de ces mois en particulier.
Année civile.
Tisri ou Ethanim (correspondant à notre fin de
septembre et commencement d'octobre; nous n'indiquons, pour abréger, que le
mois de septembre);
Marchesvan ou Bul (octobre);
Kisleu (novembre);
Tebeth (décembre);
Sébat (janvier);
Adar (février, suivi de Beadar quand il y avait lieu);
Nisan ou Abib (mars);
Jyar ou Zif ou Jiar (avril);
Sivan (mai);
Thammuz (juin);
Ab ou Af (juillet);
Élul (août).
Les noms de Tisri, Marchesvan, Jiar, Thammuz et Ab ne
se trouvent pas dans l'Écriture.
L'année sacrée, commençant avec le septième mois de
l'année civile, et se rapprochant davantage de la nôtre, comptait donc les mois
dans l'ordre suivant:
1. Abib
(mars);
2. Jyar;
3. Sivan;
4. Thammuz;
5. Ab;
6. Élul;
7. Tisri;
8. Bul;
9. Kisleu;
10. Tebeth;
11. Sebat;
12. Adar;
le mois intercalaire Beadar était le dernier de
l'année sacrée.
— Voir: sur ce sujet le Traité de l'année juive de L.
Bridel (Bâle, 1810); la matière y est savamment traitée.
Nous avons à mentionner ici deux institutions
mosaïques bien extraordinaires pour nos mœurs, mais dont l'intention, dans la
pensée du législateur, ne saurait être douteuse, savoir l'année du sabbat et
l'année du jubilé.
Il y avait année sabbatique ou de repos fous les sept
ans. Les travaux de la campagne devaient être interrompus; on ne pouvait ni
ensemencer les champs, ni tailler la vigne dans cette année extraordinaire,
Lévitique 25. Le propriétaire même ne pouvait pas jouir exclusivement des
produits naturels de son domaine, et les fruits de la terre devaient être la
propriété des pauvres, Exode 23:11. Les esclaves hébreux pouvaient être
affranchis s'ils le voulaient. Et pour rassurer le cultivateur inquiet, Dieu
promit aux propriétaires que l'année qui précéderait celle du sabbat, il
enverrait sa bénédiction sur la terre, de telle sorte qu'elle produirait pour
trois années, Lévitique 25:21. Durant cette septième année, le livre de la loi
devait être lu publiquement devant tout Israël, d'après un commandement exprès
de Dieu.
La loi sabbatique fut probablement observée au temps
de Josué et des anciens qui lui survécurent; puis Israël se révolta contre
l'Éternel pour servir Bahal, et comme il n'en est plus fait mention
postérieurement, la fêle de la septième année ne fut probablement plus
considérée que comme une division de temps, et comme une institution civile.
Cette négligence, et le mépris de cette loi, fut l'une des causes de la
captivité des soixante et dix années, 2 Chroniques 36:21.
Dans quel but Moïse a-t-il pu donner une loi si
contraire en apparence au dessein qu'il s'était proposé d'arracher les Hébreux
à leur vie nomade, et d'en faire un peuple d'agriculteurs? Cette loi ne
devait-elle pas d'ailleurs, sous un point de vue tout à fait matériel, fausser
les notions agricoles des Hébreux, et nuire au sol plutôt que de lui profiter?
Remarquons à cet égard que, si chez nous un an de paresse pour la terre est
comme un an de paresse pour l'homme et pour ses facultés intellectuelles,
c'est-à-dire un temps de détérioration, nous ne devons pas juger du climat et
du sol oriental d'après ce que l'un et l'autre sont chez nous. Plus vigoureuse
et plus féconde, la vigne de la Palestine pouvait mieux supporter une année de
repos et de mauvaise taille; et les champs autrement travaillés que les nôtres,
plus fertiles, plus chauds, et peut-être mieux entretenus dans la sixième
année, pouvaient conserver pour l'année sabbatique une force naturelle qui les
fit travailler même sans le concours de la charrue et des engrais. D'ailleurs
l'Éternel avait promis sa bénédiction pour cette année qui devenait la sienne,
et ceux qui se confient en l'Éternel connaissent la valeur d'une semblable
promesse. On peut croire aussi que cette loi servait de transition entre la vie
précédente nomade, et la vie future des Hébreux; ce devait être pour eux comme
un point de répit au milieu des rudes travaux de l'agriculture, qui les eussent
effrayés sans l'espérance de cet otium dulce. Mais plus tard, accoutumés à ce
nouveau genre de vie, ils voulurent l'utiliser tout entier, et négligèrent
l'année de l'Éternel et des pauvres. De plus, en annonçant aux riches une année
sans revenu, la loi les excitait au travail, à la prévoyance, à l'économie,
tout comme elle y poussait les pauvres eux-mêmes, en leur donnant cette
richesse passagère qu'ils devaient être jaloux de faire durer pendant les
années qui devaient s'écouler jusqu'à la prochaine jachère septennale. Enfin,
un dernier motif de cette loi, et qui certes n'était pas le moindre en
importance comme en actualité: elle tendait à conserver au milieu des Hébreux
le souvenir de la création et à augmenter leur respect pour l'institution d'un
jour de repos au milieu d'eux. Aucun doute ne peut s'élever à cet égard, et
l'on ne saurait méconnaître l'intention du législateur de rappeler encore au
peuple, trop oublieux de ses devoirs, la nécessité d'observer le jour solennel
du Créateur pour le sanctifier. Frappés par une loi de repos qui revenait de
diverses manières et qui se présentait sous diverses formes, les Hébreux
devaient y être rendus plus attentifs que si le sabbat leur eût été ordonné
seul, isolé, sans dispositions analogues dans les autres parties de la loi
générale du pays.
Cette dernière observation s'applique également à la
loi de l'année du jubilé; elle venait tous les cinquante ans, après sept années
de sabbat, et indiquait ainsi comme la clôture d'une semaine sabbatique,
Lévitique 25:8-10. Le mot de jubilé, auquel on a donné diverses étymologies,
vient probablement de Jobel qui signifie le son d'une trompette, parce que
c'était au son de cet instrument que le soir du jour des expiations on
annonçait l'approche de l'année jubilaire; quelques rabbins prétendent même que
chaque. Israélite était obligé de sonner la trompette par neuf fois. Dès le
moment où le bruit de l'airain sonore se répandait sur la surface du pays, les
dettes étaient remises, les esclaves hébreux recouvraient leur liberté, les
terres sorties des familles, par ventes ou par échanges, retournaient à leurs
anciens possesseurs ou à leurs héritiers. C'était l'année des privilèges et de
la liberté, l'année du pauvre et de l'esclave; c'était aussi par excellence
l'année de la nation juive, celle dans laquelle toutes choses rentraient dans
l'état normal primitif, et où les propriétés reprenaient le nom de leur premier
maître.
Plus étrange encore à nos mœurs que la précédente,
cette loi qui, sans doute, fut aussi moins religieusement observée, avait une
portée plus nationale encore et plus théocratique, en même temps qu'elle avait
pour but d'empêcher une trop grande inégalité des fortunes de s'introduire à la
longue au milieu des Hébreux. Nous avons indiqué déjà son rapport avec l'institution
du sabbat. Dieu lui-même avait donné aux Israélites la terre qu'ils habitaient,
et il ne pouvait pas permettre qu'ils l'oubliassent. «La terre est à moi»,
dit-il Lévitique 25:23, et les Hébreux n'étaient que ses fermiers; s'ils
eussent pu disposer à tout jamais des propriétés qui leur étaient confiées, ils
eussent pu s'en croire les maîtres, et c'est re que Dieu voulait empêcher. À
cet égard la loi du jubilé était donc une loi fondamentale, et reposait sur
cette idée, base de la constitution israélite, c'est que Dieu ne traitait son
peuple que comme des étrangers sur la terre, et qu'il leur refusait le droit de
posséder.
Mais que devenait l'Hébreu que la misère avait forcé
de vendre son champ?La modique somme qu'il en avait retirée devait être
insuffisante pour l'entretenir lui et sa famille pendant le temps où il en
était privé, et il était quelquefois obligé de se vendre lui-même, mesure
pénible qui n'imprimait cependant aucune flétrissure sur celui qui y était
réduit, et dont l'Éternel avait adouci l'amertume en lui donnant le droit de se
racheter en l'année sabbatique, s'il le désirait, et en l'affranchissant
nécessairement lorsque l'époque du jubilé venait lui rendre sa richesse
première, ses propriétés, et abolir ses dettes. Cet affranchissement, comme le
retour des propriétés à la famille de l'ancien possesseur, marquait encore la
puissance de Dieu, et la dépendance de la créature. Aucun homme ne peut en
posséder un autre, «car ils sont mes serviteurs», dit l'Éternel, Lévitique
25:42. Ils sont mes serviteurs, mes esclaves, et ne peuvent être possédés par
personne; ils peuvent se mettre au service d'autrui pour un temps, mais
personne ne peut réclamer sur eux des droits de propriété que moi seul je
possède, moi l'Éternel. Par là même, chaque Hébreu conservait, avec sa liberté,
le sentiment de sa dignité; la servitude n'avait rien de dégradant, parce
qu'elle n'était que temporaire et en quelque sorte volontaire: l'esclave
restait Hébreu, fils d'Abraham, et le maître, sachant que le terme n'était pas
éloigné où les fortunes redeviendraient égales, où son esclave redeviendrait
libre comme lui-même, n'était pas tenté d'abuser d'une autorité qu'il savait
n'être pas éternelle, et se rappelait que son serviteur était en même temps son
frère. La différence des rangs ne devait donc pas s'établir d'une manière
stable et permanente, et ne pouvait se trancher au-delà de certaines limites.
Cette loi empêchait encore une trop grande
disproportion des fortunes. Les terres, primitivement partagées par égales portions
entre les familles hébraïques, ne pouvaient en sortir que pour un temps, et
devaient, chaque année jubilaire, retourner à leur premier maître, ou aux
héritiers de ses droits et de son nom. C'était une entrave à la possibilité
d'acquérir de grandes richesses: tous les cinquante ans le niveau repassait sur
le pays. De plus, comme ces achats de terre n'étaient à proprement parler que
des baux à longs termes, la terre n'avait pas une aussi grande valeur que si la
vente en eût été réelle, effective; l'acheteur n'achetait pas grand chose, et
le vendeur ne retirait pas de sa propriété de quoi s'enrichir: il ne pouvait y
avoir grande spéculation ni chez l'un, ni chez l'autre.
Enfin, par cette institution, les terres des diverses
tribus leur étaient conservées; le cœur et le nom de chacun se rattachaient
constamment à cette glèbe héréditaire, qui pouvait servir aux Hébreux de titres
généalogiques; de sorte que la famille de Christ, comme celle de tout Juif,
étant intimement liée à la possession d'une propriété, il était facile d'en
suivre les traces et d'établir avec certitude la filiation de chacun jusqu'aux
générations les plus reculées. On sait combien les Juifs tenaient à leurs
généalogies, et l'on sait aussi pourquoi. La famille du Messie habitant à Nazareth,
avait ses titres et ses propriétés à Bethléhem: c'est là que la famille de
David dut se faire enregistrer lors du dénombrement de César-Auguste; Joseph et
Marie descendirent au lieu de leur naissance, et pendant ce voyage notre
Sauveur naquit au lieu même que les prophètes avaient annoncé.
L'année jubilaire est un type remarquable de la
rédemption procurée par Jésus-Christ, Ésaïe 61:1-2, et le Sauveur lui-même
établit cette analogie entre l'Évangile et le jubilé, Luc 4:19.
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ANTÉCHRIST, ou plutôt Anti-Christ
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(opposé à Christ, ennemi de Christ, et aussi, vicaire,
substitut de Christ), 1 Jean 2:18; 4:3. On désigne généralement sous ce nom un
monstre de puissance et de méchanceté qui doit s'élever dans les derniers temps
pour terminer la période des gentils, et hâter par sa chute la restauration
d'Israël et le second avènement du Seigneur. L'esprit de secte a souvent
dénaturé les caractères par lesquels l'Écriture désigne ce personnage, et l'on
y a vu, tour à tour et successivement, Mahomet et le pape, Luther et Napoléon,
le papisme et l'esprit révolutionnaire des temps modernes. On l'a considéré
dans le passé et non dans l'avenir, et on l'a assez généralement fait surgir de
la partie occidentale de l'ancien empire romain. On peut consulter, sur ces
divers points de vue, trois ouvrages à la portée de tout le monde, et qui se
recommandent d'autant plus que leurs points de vue ne sont pas les mêmes:
Vivien sur l'Apocalypse, Gaussen sur Daniel, et B. W. Newton, Pensées sur
l'Apocalypse.
— Aucun de ces points de vue ne saurait être accepté
d'une manière absolue; chacun a trop confondu l'anti-Christ avec les
anti-Christs (cf. 1 Jean 2:18), les types avec l'anti-type. Comme Christ a été
le résumé divin de tout ce qui avait été avant lui, de tout ce qui après lui
devait être né de Dieu, l'anti-Christ sera le résumé diabolique et infernal,
l'incarnation, la personnification de ce qui, dans tous les temps, aura
représenté le principe anti-chrétien, le principe du mal opposé au principe du
bien. Caïn, dans sa lutte contre Abel, Pharaon opprimant Israël, Hamalec,
Madian, Saül luttant contre David, Nébucadnetsar, et surtout Antiochus
Épiphanes (cf. Daniel 11), ont été de vrais anti-Christs, de vrais types de
l'anti-Christ; depuis les jours apostoliques, Judas Iscariot, Néron et
Domitien, Julien l'Apostat, Mahomet, le papisme, l'incrédulité voltairienne,
ont été de même, hommes ou systèmes, de vrais anti-Christs, et le nombre en est
considérable, mais seulement des types de l'anti-Christ qui doit venir à la fin
des temps et que les prophètes annoncent, tant dans l'Ancien que dans le
Nouveau Testament, comme une personnalité puissante et devant appartenir à
l'ancien empire romain. Toute espèce d'opposition à Christ est un
anti-christianisme; tout individu qui repousse ou nie Christ, est un
anti-Christ; et ce nom lui appartient, sinon à plus juste titre, du moins avec
plus d'apparence, à mesure que son influence est plus considérable. Mais ce ne
sont là que des hommes ou des systèmes animés de l'esprit de Satan;
l'anti-Christ en sera possédé; la plénitude de Satan habitera en lui, comme la
plénitude de la divinité a demeuré en Christ. Entre ces deux termes il y a
parallélisme et corrélation. L'arrivée de l'anti-Christ sera le signal du
dernier engagement, de la lutte définitive entre les deux principes qui se sont
toujours partagé le monde. Satan viendra lutter en personne contre le peuple de
Dieu, qui sera persécuté pendant quarante-deux mois, trop faible pour résister,
mais qui triomphera lorsque Christ en personne apparaîtra pour combattre son
adversaire. C'est cette dernière lutte qui fait presque tout le fond des
prophéties de l'Apocalypse, et a eu raison de dire, dans une série d'articles
sur ce sujet, que la Bête était la clef de la Révélation. (Kirchenzeitung,
janvier 1847)
Les chapitres qui jettent le plus grand jour sur
l'histoire de l'anti-Christ, sont Ésaïe 13:44, et 30; Daniel 2, 7, 8, et 11; 2
Thessaloniciens 2; 1 Jean 2; Apocalypse 14:13, et 17. Il est appelé roi de
Babylone, roi d'Assur, Lucifer (étoile du matin), la corne qui a des yeux
(symbole de force et d'intelligence), le roi pour lequel Tophet est préparée,
l'homme de péché, le méchant, l'anti-Christ et la Bête; c'est la onzième corne
de la bête.
— Son caractère est essentiellement impie, mais d'une
impiété orgueilleuse et surnaturelle. Il dira dans son cœur: Je suis semblable
au Souverain. Il résistera contre le Seigneur des seigneurs; il s'élèvera
pardessus tout Dieu, contre tout ce qui est nommé Dieu, voulant se faire passer
pour un Dieu; il niera le Père et le Fils, et sa bouche sera pleine de
blasphème contre Dieu; la Bête est pleine de noms de blasphèmes. On peut voir
également dans ces passages tout ce qui est dit de sa merveilleuse puissance,
appuyée de miracles, et accompagnée d'un enthousiasme si général que les dix
rois abdiqueront entre ses mains, et que tous ceux dont les noms ne sont pas
inscrits au livre de vie, l'adoreront: caractère que l'on ne peut encore attribuer
à aucune des puissances que l'on a voulu jusqu'à ce jour identifier avec
l'anti-Christ (Antichrist).
— Le lieu de son origine et de son séjour, et le
centre de son activité ne sont que très vaguement déterminés: il sera assis en
la montagne d'assignation aux extrémités de l'aquilon, entre les nues, sur la
noble montagne de la sainteté; il s'assiéra dans le temple de Dieu.
— et fera cesser le sacrifice continuel; la bête sort
de la mer (Méditerranée). La plupart de ces données, et spécialement celles qui
concernent l'activité de l'anti-Christ, semblent se rapporter assez clairement
à Jérusalem, et c'est à Jérusalem aussi que prophétiseront les deux témoins que
l'anti-Christ fera mettre à mort. Un caractère, plus important qu'il ne paraît
d'abord, c'est que la seule fois où la Bête apparaît avec un corps (partout
ailleurs on ne voit que son horrible coiffure), elle a un corps de léopard
(symbole de l'empire macédonien), des pieds d'ours (l'empire mède), et une
gueule de lion (l'empire babylonien), Apocalypse 13:2, comme si le prophète
voulait nous rappeler les visions de Daniel, et constater que l'empire de cette
Bête s'étendra sur tout ce qui est compris sous le nom général des quatre
monarchies. Ajoutons que si l'Occident a depuis quelques siècles joué un rôle
immense, bien plus important que l'Orient, l'Orient semble de nos jours se
réveiller et vouloir rentrer dans la carrière de gloire, de civilisation, de
puissance d'où son long assoupissement (le lion au cœur d'homme) l'a si
longtemps exclu.
Sans entrer dans les détails du commentaire, nous
résumerons en deux mots ce qui nous parait être la vérité sur cette redoutable
apparition. L'anti-Christ sera l'incarnation de l'enfer; il naîtra sur les
rives de la Méditerranée, cette grande mer des prophéties; il appartiendra
peut-être, par son origine, à deux ou à plusieurs des quatre monarchies, plus
spécialement à la monarchie macédonienne; il grandira dans une glorieuse
infériorité jusqu'à ce qu'il dépossède celui qu'il aura servi; il s'emparera
d'un ou de plusieurs trônes, et par ses qualités brillantes et chevaleresques,
par ses dons miraculeux, il attirera à lui tous ceux qui ne seront pas de
Christ (il séduirait même les élus s'il était possible); il régnera en Orient,
et fera de Jérusalem le centre de ses opérations; il y persécutera les Juifs
pieux (la femme), qui s'enfuiront dans le désert; il enverra après eux une
armée (le fleuve), qui sera détruite ou engloutie; il fera mettre à mort les
deux témoins, et c'est à ce moment, à l'apogée de sa puissance, que par
l'intervention directe de Christ son règne prendra fin. La pierre sera coupée
sans main, le Seigneur fera mourir le méchant par le souffle de ses lèvres, par
l'Esprit de sa bouche; la bête sera prise et jetée toute vive dans l'étang
ardent de feu et de soufre (Ésaïe 11:4; Daniel 8:25; 2 Thessaloniciens 2:8;
Apocalypse 19:15,20) La plaine de Jizréhel, q.v., sera probablement le champ de
cette dernière bataille.
Tout cela n’est que
spéculations, car nous savons que l’Antichrist n’est pas un homme mais une
doctrine qui élève l’homme au même niveau que Dieu. Il s’agit en effet de la
doctrine du libre-choix (hérésie en Grec) de l’Arminianisme, nommée aussi
doctrine du choix de la foi, que la Bible nomme aussi le mystère d’iniquité et
la marque de la bête.
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ANTILIBAN,
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chaîne orientale et intérieure du Liban, qui se
prolonge plus au midi que la chaîne occidentale. Son sommet principal, situé
près de son extrémité sud, appartient encore à la Palestine. Solitaire et
couvert de neiges éternelles, il dépasse de beaucoup les plus hautes sommités
du Liban, et domine majestueusement les rangs étages des montagnes inférieures.
Cette partie méridionale est appelée, dans la Bible, Hermon; c'est le Scénir
des Amorrhéens, Deutéronome 3:9; et le Scirion des Sidoniens, Psaumes 29:6;
elle porte aussi le nom de Sion, Deutéronome 4:48; Psaumes 133:3. La partie
septentrionale qui est beaucoup plus basse, porte le nom d'Amana q.v.
L'Antiliban est souvent compris sous la désignation générale de Liban; Cantique
7:4; Josué 13:5.
— Voir: Liban.
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ANTIMOINE.
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C'est par ce mot que nous croyons devoir traduire
l'hébreu Pouk, 2 Rois 9:30; Jérémie 4:30, etc., que nos traductions rendent par
fard. Les femmes se servaient, en effet, d'une composition d'antimoine et de
zinc dont elles se noircissaient le bord des paupières, pour donner plus de
relief au blanc de l'œil et ajouter ainsi à la beauté des yeux. Les propriétés
astringentes de l'antimoine contractant aussi les paupières, font paraître les
yeux plus larges, plus tendres et plus languissants, et les rendent semblables
à ceux de la gazelle, que l'on regarde en Orient comme de la plus grande
beauté. Pour appliquer ce fard, les femmes se servent d'une plume ou d'un
poinçon d'argent ou d'ivoire, bien poli et long d'environ deux pouces, dont
elles mouillent la pointe, et qu'elles plongent dans une boîte remplie d'une
poudre d'antimoine, de parfums et d'autres ingrédients; puis elles le font
glisser légèrement entre les paupières fermées: la poudre se dépose ainsi sur
toute la largeur de la paupière et sur les coins des yeux (— Voir: Hussel,
Hist. nat. d'Aleppo; Niebuhr, Descrip. de l'Arabie; Savary, 10e lettre sur
l'Égypte). Anciennement les femmes hébraïques pratiquaient aussi cette coutume.
C'est ainsi que Jézabel, pour se montrer à Jéhu, 2 Rois 9:30, farda ses yeux,
ou, plus littéralement, «mit ses yeux dans du fard.» Le prophète Ézéchiel,
23:40, représente Israël sous l'image d'une femme coquette qui se farde les
yeux. Et le nom d'une des tilles de Job (42:14), Kerem-Happuch, qui signifie
cornet à fard, prouve que cette coutume était déjà fort ancienne. Les momies de
femmes égyptiennes ont ordinairement près d'elles un flacon de fard
d'antimoine, et Xénophon (Cyrop. 1, 15), rapporte que le roi efféminé Astyage
avait aussi l'habitude de se farder les yeux. Clément d'Alexandrie, un des
Pères de l'Église (Pédag. 3, 2), mentionne également cette coutume, et
Tertullien (de cultu fœm.) se récrie contre les femmes de son temps qui
aimaient mieux se farder les yeux avec le fard du diable que de les oindre avec
le collyre de Christ.
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ANTIOCHE.
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Séleucus Nicator, le premier monarque syro-grec, fonda
seize villes de ce nom, en mémoire de son père Antiochus; mais l'Écriture ne
parle que de deux d'entre elles.
1. La
capitale de la Syrie. On pense qu'elle fut bâtie sur l'emplacement où se
trouvait la ville de Ribla, au pays de Hamath, 2 Rois 23:33; 25:6,20-21, où
Nébucadnetsar demeura pendant une partie du siège de Jérusalem, où il fit
mourir une partie des enfants de Sédécias, creva les yeux de ce prince
lui-même, et priva de la vie quelques-uns des principaux de Juda. Cette ville
était située sur les deux rives de l'Oronte, à environ 27 kilomètres de la mer
et d'Alep. Près de là se trouvait le fameux temple de Daphné, un des plus
célèbres lieux de refuge qu'il y eût à cette époque. La ville d'Antioche avait
environ 15 kilomètres de tour; elle servait de résidence aux successeurs
d'Alexandre dans cette partie de son vaste empire, et fut une des plus riches
et des plus florissantes villes du monde. On peut dire qu'elle était la
capitale de l'Orient romain. Les Juifs y obtinrent égalité de droits avec les
Grecs; Vespasien, Titus et d'autres empereurs la comblèrent d'honneurs et de
franchises.
— Ce fut là que Paul et Barnabas annoncèrent les
premiers l'Évangile, Actes 11:19-27; qu'Agabus prédit une grande famine, ibid,
verset 28; que Pierre essaya un instant de dissimuler ses vrais sentiments en
refusant de manger avec les païens, Galates 2:11-12, et que les disciples du
Rédempteur reçurent pour la première fois le nom de chrétiens, Actes 11:26.
Antioche devait être le premier centre des missions païennes; la seule vue
humaine pouvait déjà le faire présumer; ses rapports avec les Grecs et les
habitants de l'Asie Mineure étaient plus fréquents et plus naturels que ceux
d'une ville juive: des hommes considérés, tels qu'un Simon Niger, un Lucius de
Cyrène, un Manahem élevé à la cour, 13:1, y secondaient et pouvaient y
remplacer plus ou moins pendant leur absence les Apôtres missionnaires; et
l'Esprit de Dieu n'avait pas tardé à faire voir par des faits que telle était
aussi sa volonté.
L'Église d'Antioche demeura longtemps célèbre: un des
quatre patriarches de l'Orient y avait son siège, et l'illustre Chrysostôme y
prêchait à la fin du quatrième siècle, aux applaudissements de tous et avec
d'éclatants succès.
Cette ville fut, dans le quatrième siècle, presque
renversée à trois reprises par des tremblements de terre, et à peu près aussi
souvent dans le cinquième. L'an 548 de Jésus-Christ les Perses la brûlèrent et
en passèrent les habitants au fil de l'épée. L'empereur Justinien la rebâtit
plus belle qu'auparavant, mais bientôt les Perses la reprennent et en abattent
les murailles. L'an 588, soixante mille de ses habitants périssent par un
tremblement de terre; aussitôt rebâtie, elle est prise par les Sarrasins, l'an
637, et depuis ce moment le christianisme y est presque anéanti. L'an 966
l'empereur grec Nicéphore reprend Antioche, et peu de temps après elle tombe au
pouvoir des Turcs. En 1098, elle est délivrée par les croisés, puis 90 ans plus
tard elle redevient la proie des infidèles, qui la démolissent de fond en
comble. Ses ruines actuelles, connues sous le nom d'Antakieh, comptent encore
18,000 habitants, dont 3,000 professant le christianisme.
2. Antioche,
capitale de la Pisidie, sur le mont Taurus, à l'est d'Apollonie, n'est plus
maintenant qu'un bourg inconnu et nommé Akschehr, ou, selon d'autres,
Versatgeli. Paul et Barnabas y prêchèrent l'Évangile avec de grands succès
jusqu'au moment où les Juifs ayant excité le peuple contre eux, les
con-contraignirent de s'éloigner, Actes 13:14; sq., cf. 2 Timothée 3:11.
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ANTIPAS,
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1. fidèle
martyr et témoin de Jésus-Christ, fut mis à mort à Pergame, ville de Mysie. On
ne le connaît que par ce qui en est dit Apocalypse 2:13. Il paraît qu'il fut
tué vers l'an 90, dans une émeute soulevée par les prêtres d'Esculape. Ses
Actes portent qu'il fut évêque de Pergame et qu'il fut brûlé dans un taureau
d'airain. Jean-Baptiste, Marc 6:17, Étienne, Actes 7, et Jacques, Actes 12,
sont, avec Antipas, les seuls martyrs de leur fidélité dont les écrivains
sacrés nous aient conservé le récit.
2. Antipas,
fils d'Hérode le Grand;
— Voir: Hérode.
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ANTIPATRIS,
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ville de Canaan, située dans une vallée fertile et
bien arrosée, sur le chemin de Jérusalem à Césarée, à environ 30 kilomètres de
Joppe, 74 de Jérusalem, et 45 de Césarée. Elle se nommait primitivement
Capharsalma, aujourd'hui Saranas.
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APELLÉS,
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Romains 16:10, homme approuvé en Christ; complètement
inconnu.
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APHARSEKIENS, et Apharsatkiens,
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Esdras 5:6; et apharsatkiens, 4:9, deux peuplades du
royaume d'Assyrie, dont l'identité est incertaine; le plus probable est de les
prendre pour les Parætaceni d'Hérodote (1, 101), entre la Perse et la Médie.
Malgré la ressemblance du nom, il faut se garder de les confondre avec les
Apharsiens, Esdras 4:9, par lesquels il semble qu'on doive entendre les Perses
en général; c'est ainsi que Luther a traduit ce nom; les lettres radicales des
deux mots sont les mêmes p. r. s.
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APHEK.
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1. Ville
de la tribu de Juda, où campèrent les Philistins lorsque l'arche fut amenée de
Siloh et faite prisonnière, 1 Samuel 4:1. C'est probablement la même que Aphéka
Josué 15:53.
2. Ville
de la tribu d'Issachar, dans la vallée de Jizréhel, près des montagnes de
Guilboah, où Saül et ses fils turent défaits et tués. 1 Samuel 29:1. Il paraît
que c'est le roi de cette ville qui fut mis à mort par Josué. Josué 12:18.
3. Ville
de la tribu d'Aser, sur les frontières des Sidoniens, Josué 19:30; 13:4.
Peut-être la même que Aphik Juges 1:31, qui fut laissée en possession des
Cananéens. Peut-être encore la même que
4. Aphek,
ville de Syrie, et l'une des principales du royaume de Benhadad: elle était
située sur la route militaire de Damas en Palestine. C'est dans son voisinage
que les Syriens, conduits par Benhadad, furent battus au nombre de 100,000
hommes, par Achab, roi d'Israël; ils se retirèrent précipitamment dans Aphek,
dont les murailles s'écroulèrent sur eux et en écrasèrent 27,000. 1 Rois
20:26-34.
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APOCALYPSE, ou révélation,
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mot grec qui signifie révélation, et qui a été
conservé en français pour désigner le livre de l'Écriture dans lequel saint
Jean a consigné les merveilles qu'il lui avait été donné de voir dans l'avenir
touchant Christ et son Église. L'authenticité de cet ouvrage, accrédité
généralement pendant tout le second siècle, n'a commencé à être mise en
question que par un certain Caïus qui vivait au commencement du troisième, et
qui l'attribuait à l'hérétique Cérinthe. Après lui, Denys d'Alexandrie rapporte
le fait de l'opinion de Caïus; pour son propre compte il ne peut l'admettre, il
pense que l'Apocalypse a été écrite par un homme pieux, nommé Jean, mais il
n'ose affirmer que ce soit le même que l'apôtre frère de Jacques, fils de
Zébédée. Eusèbe épouse la même hypothèse qui lui paraît un bon juste milieu,
quoique dans ses premiers ouvrages (Démonstration évangélique) il eût admis
l'opinion générale que saint Jean le théologien était l'auteur de l'Apocalypse.
Avant Caïus quelques hérétiques, Marcion en tête, avaient nié l'authenticité de
ce livre; mais ce témoignage est plutôt une preuve en sa faveur, vu la qualité
des opposants. Quant à la Peshito, qui ne comprend plus l'Apocalypse, elle
serait le seul témoin de quelque autorité qu'on pût invoquer dans ce sens, s'il
était prouvé que cette lacune est aussi ancienne que la traduction elle-même:
or c'est le contraire qui paraît établi. Éphrem, au quatrième siècle, s'est
évidemment servi d'une traduction syriaque qui comprenait l'Apocalypse, (—
Voir: l'Einleitung de Hug. et Steiger, Introduction générale aux livres du
Nouveau Testament, p. 47 à 51)
Les témoignages en faveur de l'Apocalypse sont à la
fois plus anciens, plus nombreux et plus respectables; ce sont: Irénée, qui
rapporte les paroles de personnes qui avaient connu l'apôtre Jean; Polycarpe,
Papias de Hiérapolis, Mélithon de Sardes, Apollonius d'Éphèse, Justin martyr;
Théophile d'Antioche, Clément d'Alexandrie, Tertullien, l'Église du deuxième
siècle tout entière, les millénaires et les anti-millénaires, même les
montanistes, tous ont reconnu cette authenticité.
— Au troisième siècle, nous trouvons d'abord le
fragment de canon dit de Muratori; Cyprien, Hippolyte, Jacques d'Édesse et Ébed
Jesu, Origène, Méthodius, l'évêque Népos d'Égypte.
— Au quatrième, chez les Latins, Lactance, Victorinus
de Petanio, Commodien, Jérôme, le concile d'Hippone de 393, celui de Carthage
397, etc.: dès lors il n'y a plus de doutes dans l'Église latine; chez les
Grecs, Grégoire de Nysse, Grégoire de Naziance, Cyrille de Jérusalem, Basile le
Grand, Épiphane de Chypre, Athanase, Didyme d'Alexandrie, Cyrille d'Alexandrie,
etc., etc.
À l'époque de la réforme, où toutes les anciennes
traditions durent subir l'épreuve d'un examen à compte nouveau pour laisser la
vérité reprendre ses droits légitimes, l'authenticité de l'Apocalypse passa par
des crises difficiles, Luther la nia assez librement en 1522, avec plus de
modération en 1534; Zwingle partagea cette manière de voir; Théodore de Bèze,
au contraire, traita d'une manière solide les anciens témoignages qui
établissent que ce livre est de l'apôtre Jean, et Calvin paraît avoir partagé
cette opinion, quoiqu'il n'ait pas essayé d'ouvrir un système d'interprétation
sur le contenu de ce livre.
Dans le dix-huitième siècle où chacun se borna
presqu'exclusivement à douter et à nier, tantôt en vers, tantôt en prose, on
douta naturellement aussi de l'Apocalypse. D'Abauzit, de Genève, commença;
l'école moderne peut le revendiquer comme son maître. Après lui vinrent
successivement Michaélis qui doutait, Œder, Semler, Merkel, etc, qui ne doutaient
plus, mais qui affirmaient hardiment que Cérinthe était l'auteur de
l'Apocalypse. L'opinion contraire fut défendue par Twells, Wolff, Schmid,
Hartwig, etc., et surtout par Storr dont l'ouvrage est encore utile;
— Voir: aussi Bengel.
Nommons enfin dans notre siècle, parmi les
adversaires, Heinrichs, De Wette, Bretschneider, Ewald, Schott et Lücke; parmi
les défenseurs, Hug, Schulz, Hemsel, Winer, Guericke; l'ouvrage de Lücke a en
outre été réfuté dans la Gazette évangélique de Berlin par Hævernick, 1834,
numéros 88-91, et par Steiger, 1835, numéros 14, 15, 22, 23.
Il ressort, de ce qui précède, que les témoignages
historiques sont décidément en faveur de l'Apocalypse. Quant aux caractères
intérieurs, il est clair que ce livre, seul en son genre, seul prophétique
parmi ceux qui sont sortis du christianisme, ne saurait être jugé d'après
l'analogie des autres écrits du Nouveau Testament. Le style et le caractère
rhétorique des ouvrages d'un même auteur peut toujours varier, et même
considérablement, suivant le sujet et la matière traitée.
Saint Jean eut ces révélations pendant son exil à
Patmos, dans les dernières années du règne de Domitien, et il les mit par écrit
lorsqu'il fut de retour à Éphèse, vers l'an 96 ou 97. Néanmoins, le contexte
interne de l’Apocalypse indique plutôt une date antérieure vers la fin de l’an
60 juste avant la destruction de Jérusalem par les armées romaines en l’an 70.
Il n'entre pas dans notre plan d'examiner quel fut le
but de l'apôtre, quelle est la portée de ses révélations, le sens de ses
prophéties, la clef de tous ses mystères. Toutefois, il n'est pas hors de
propos de dire un mot de l'oubli dans lequel ce livre est tombé, et de
l'indifférence avec laquelle une partie considérable de la chrétienté le lit ou
le ferme. Beaucoup de personnes l'excluent de leur lecture habituelle; elles
reculent et préfèrent donner plus de temps à la méditation des autres portions
de la Bible qu'elles ont plus de chance de comprendre, et qu'elles peuvent plus
facilement s'approprier. L'Apocalypse les désoriente, les déconcerte; leur sens
chrétien ne trouve dans ce livre ni la nourriture, ni la clarté dont il a
besoin, et parmi les vérités révélées il choisit de préférence celles dont la
révélation est claire et complète, intelligible et point mystérieuse. On peut
comprendre sans peine cette manière de faire, et chacun peut-être l'a pratiquée
pour ce qui le concerne, à une époque ou à une autre de sa vie religieuse; mais
comprendre n'est pas excuser. Dès qu'on admet que l'inspiration divine a dicté
à l'apôtre ses magnifiques révélations, il faut admettre que la lecture de ce
livre doit être pour le chrétien une source de bénédictions qu'il ne lui est
pas permis de dédaigner, ou de trouver trop difficiles à exploiter. On oublie
trop d'ailleurs que l'Apocalypse est une révélation, dont le sens par
conséquent peut être trouvé, et doit être cherché; et, tout en avouant
l'obscurité qui enveloppe cette révélation des choses futures, encore
pénétrera-t-on mieux cette obscurité par le travail que par l'absence de
recherches. Si beaucoup d'opinions erronées ont été mises au jour, si des
essais infructueux ont été faits, si plusieurs théologiens ont fini par
déclarer qu'ils n'entrevoyaient aucune solution satisfaisante aux énigmes de la
prophétie, pourtant un grand pas est fait; leur ignorance consciencieuse et
savante est tout autre, moins pénible, plus honorable, plus éclairée que
l'ignorance volontaire et complète sur ces sujets; ils ont gagné cela tout au
moins de connaître les difficultés de l'interprétation, de savoir quelles sont
les questions débattues, et de pouvoir facilement rapporter aux choses qu'ils
savent ignorer, celles qu'ils découvrent à mesure; et c'est déjà beaucoup que
de connaître les questions auxquelles on ne peut pas répondre. À force de
chercher, d'ailleurs, on finit par trouver, et, selon la remarque de Newton, il
n'est pas un interprète qui n'ait fait faire un pas à cette science de la
prophétie.
Ajoutons que, s'il y a dans l'Apocalypse des
profondeurs insondables, il s'y trouve aussi des passages dont l'intelligence
est facile: «Un lecteur ordinaire, dit le docteur Lowth, peut trouver une
grande édification dans les hymnes magnifiques chantées à Dieu et à
Jésus-Christ; il peut découvrir dans ce livre plusieurs vérités importantes, telles
que l'adoration d'un Dieu suprême en opposition au culte des créatures, la foi
dans les mérites de Jésus-Christ pour obtenir uniquement de lui le pardon, la
sanctification et le salut; la patience et la vigilance avec laquelle nous
devons attendre l'avènement de Jésus-Christ et de son règne, en professant avec
fermeté la vraie foi, et en pratiquant la sainteté, quels que soient les
obstacles qu'il faille surmonter, etc., etc.» Un autre théologien, qui ne
saurait être accusé d'un grand enthousiasme pour l'Apocalypse, le docteur
Lücke, dans sa préface à cet ouvrage, s'exprime ainsi: «Le théologien qui admet
la canonicité de l'Apocalypse n'est plus libre de l'employer ou de ne pas
l'employer pour la construction systématique d'une dogmatique chrétienne, ou
pour l'édification populaire d'une paroisse. Si ce livre est reconnu canonique,
il est tout aussi nécessaire de le méditer dans le culte public que de
l'exposer dans des leçons ou dans des commentaires.»
La grande difficulté que l'on rencontre dans l'étude
de ce livre provient de ce que, depuis longtemps déjà, l'on a pris l'habitude
d'y chercher des prophéties relatives à l'histoire passée de l'Église, et par
conséquent d'en regarder une bonne partie du moins comme étant déjà accomplie;
on y a vu toutes les persécutions de l'Église: Néron, Julien, les mahométans,
les guerres des Sarrasins, la papauté, les Albigeois, le protestantisme, les
missions, Napoléon, etc. Il n'est dès lors pas surprenant que chacun se
contentant de vagues allusions, y trouve, comme dans les nuages, des
ressemblances avec l'objet qui le préoccupe. Si ces oracles étaient accomplis,
il n'y aurait sur leur signification ni doute, ni hésitation, ni divergence. Ce
qui importe donc, lorsqu'on lit ce livre, c'est d'y chercher les destinées futures,
finales de;l'Église, l'histoire de la grande lutte qui doit précéder
immédiatement la seconde venue du Sauveur. Il importe également de s'en tenir,
autant que faire se peut, au sens littéral (les emblèmes et les symboles ne
sauraient être assujettis à cette règle). La méthode symbolique ne provient que
du besoin de se donner plus d'aisance et de liberté dans l'interprétation des
prophètes afin de pouvoir les rapporter aux temps passés, au gré de ses
caprices et de son imagination; elle est fatale aux interprètes comme à la
vérité elle-même.
Au milieu de la foule de livres et d'opuscules qui ont
traité de l'Apocalypse, commentaires, brochures, etc., nous ne mentionnerons en
français que Basset, (3 vol.) diffus et peu sobre; Vivien, d'un usage facile,
mais un peu trop sûr de son fait; Barbey, faible exégète, plus scripturaire en
apparence qu'en réalité, consciencieux et quelquefois intéressant; les Pensées
de W, B. Newton sur l'Apocalypse (traduit de l'anglais), grave et sage, mais
trop absolu, et quelquefois exagéré quant à la notion d'Église; puis une
quantité de brochures sur des points spéciaux, publiées à Genève, chez
Kaufmann, et appartenant presque toutes à l'école de Plymouth; Digby, Burgh,
Hartley, Cumming, Elliott en anglais. En Allemagne, on a sur ce sujet peu
d'ouvrages de valeur; on annonce un commentaire de Hengstenberg.
Ce livre, dit Digby, se trouve en germe dans les
prophéties de Daniel, lesquelles renferment une histoire anticipée de l'Église
de Dieu dans son assujettissement aux puissances de ce monde, qui y sont
représentées par quatre bêtes. Cette histoire comprend tous les temps qui
devaient s'écouler depuis la fin de la théocratie juive jusqu'au jour glorieux
où le Fils de l'Homme viendra pour rétablir le royaume d'Israël.
La période de la domination funeste de ces bêtes forme
une grande semaine d'années prophétiques, dont les sept années (temps) de la
démence de Nébucadnetsar sont peut-être un symbole, laquelle commence avec la
chute de Samarie et la déportation des dix tribus par le roi d'Assyrie, et
s'étend jusqu'au commencement du son de la septième trompette de l'Apocalypse,
époque à laquelle les royaumes de ce monde seront remis, et où les saints
seront mis en possession du royaume. Cette période forme donc un grand calendrier
prophétique de 2,520 ans, ou sept fois 360 ans. Les 1260 jours prophétiques de
Daniel et de saint Jean, désignés aussi par trois ans et demi (d'années), en
forment la dernière moitié. Les trois premières bêtes, celles qui désignaient
les Babyloniens, les Perses et les Macédoniens, avaient déjà été englouties, du
temps de saint Jean, par la quatrième bête, qui représentait la puissance
romaine. Ainsi, les prophéties de l'Apocalypse ne concernent que cette
dernière, qui existait alors seule sur la terre. Le théâtre de l'Apocalypse,
c'est donc l'empire de Rome.
Les destinées de cet empire et de l'Église qu'il
renferme, sont écrites dans le livre mystérieux scellé de sept sceaux, 5:1; sq.
C'était un grand volume formé de sept volumes distincts, roulés l'un sur
l'autre à la manière des livres anciens. L'arrangement de toutes les prophéties
apocalyptiques est admirable: elles suivent un ordre chronologique. Le septième
volume, sept fois plus grand que les six premiers, renferme la vision des sept
trompettes, laquelle nous conduit jusqu'à la fin des temps, et pareillement, la
septième trompette, qui est la dernière, cf. 1 Corinthiens 15:52; 1
Thessaloniciens 4:16, comprend les sept coupes par lesquelles la colère de Dieu
est accomplie. Ainsi le septième volume, la septième trompette et la septième
coupe, se terminent tous ensemble avec la chute du dernier royaume terrestre et
rétablissement du règne visible de Jésus-Christ sur la terre.
À ce grand volume scellé, l'esprit de prophétie a
ajouté un codicille, ou une récapitulation prophétique: c'est le petit livre
ouvert qui commence par ces mots: «Il faut que tu prophétises derechef», etc.,
10:11. Ce livre ouvert concerne principalement les événements des 1260 jours
prophétiques de la révolte de l'Église de Rome, et nous en trouvons l'archétype
dans les visions du prophète Ézéchiel, contenues dans le petit livre qui lui
fut donné à manger, Ézéchiel 2:8.
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APOCRYPHES.
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C'est le nom qu'on donne à certains livres, reliés
quelque fois avec la Bible, entre l'Ancien et le Nouveau Testament, et qui
cependant ne font pas partie du volume inspiré. Quoique leur nom même ne se
trouve pas dans la Bible, nous avons cru pouvoir en dire quelques mots, soit
parce qu'une partie de la chrétienté les regarde comme divins, soit parce que
c'est par les apocryphes seuls qu'on peut juger du caractère et de l'histoire
des Juifs, 3 ou 400 ans avant Christ, soit enfin parce que le Nouveau Testament
semble y faire parfois des allusions indirectes.
Les anciens chrétiens les lisaient, si ce n'est en
entier, du moins en partie; mais ils n'en faisaient lecture que chez eux et
jamais dans leurs assemblées: ils ne les admettaient pas au nombre des écrits
canoniques. Aucun de ces livres ne fut reconnu comme inspiré par les Juifs,
«auxquels les oracles de Dieu avaient été confiés.» Philon qui les connaît,
leur emprunte quelquefois des phrases ou de belles expressions, mais il ne les
cite jamais comme ayant une autorité divine ou canonique, et Flavius Josèphe
(C. Ap. 1, 8) déclare expressément que, chez les Juifs, «les apocryphes étaient
d'un degré de crédibilité inférieur à celui des livres canoniques.» Au deuxième
siècle de l'ère chrétienne, Méliton dressa le catalogue des livres sacrés, et
les apocryphes n'y sont pas mentionnés; ni Origène au troisième siècle, ni au
quatrième Épiphane, Athanase, Cyrille, ne reconnaissent leur authenticité.
Jérôme et Ruffin nomment quelques livres apocryphes qu'ils déclarent
positivement n'être pas canoniques. Dès lors l'Église, se corrompant de jour en
jour davantage, en admit au fur et à mesure quelques-uns, jusqu'à ce qu'enfin
le concile de Trente, tenu en 1550, sous le pontificat de Pie IV, les déclara
tous d'autorité divine.
Il suffit d'un peu d'attention pour s'assurer que ces
livres ne procèdent pas du Saint-Esprit. Non seulement ils n'ont pas la
majestueuse simplicité des autres, mais encore ils renferment un grand nombre
de choses mauvaises, mensongères et opposées aux oracles de Dieu.
— On les divise ordinairement en livres historiques et
didactiques; mais cette division est peu tranchée, parce qu'il y en a qui sont
des contes moraux, ou prétendus tels, à la fois historiques et sentencieux.
Le Premier livre d'Esdras n'est guère qu'un extrait
mal rédigé des deux derniers chapitres des Chroniques, et du livre authentique
d'Esdras. La traduction en est libre et abrégée, les hébraïsmes sont évités;
l'auteur ajoute quelques idées et quelques faits, mais dont l'inexactitude
évidente montre un homme peu au fait de l'histoire. Il fait par exemple de
Zorobabel un jeune homme au temps de Darius Hystaspes, et il lui donne pour
fils Joachim, 5:2, tandis que celui-ci était fils du souverain sacrificateur
Jésuah, Néhémie 12:10. Il appelé Darius roi d'Assyrie, longtemps après que cet
empire eut été complètement détruit; et il rapporte comme ayant eu lieu sous ce
règne, des événements qui se sont passés sous Cyrus, cf. 4:43,57-58 avec Esdras
1; 3:1.
— Il est difficile de reconnaître un plan dans cet ouvrage,
d'autant plus qu'il n'est pas achevé, et que nous n'en possédons qu'un
fragment. Cependant, un auteur allemand, Berchthold, a émis l'opinion, assez
probable, que l'auteur a voulu donner une histoire du temple de Jérusalem
depuis la dernière époque du culte légal, sous Josias, jusqu'au rétablissement
de ce culte par la nouvelle colonie revenue de l'exil. Ce plan est exécuté
aussi bien qu'on pouvait l'attendre d'un Juif alexandrin, c'est-à-dire qu'il
est extrêmement peu important pour l'histoire elle-même.
Le Second livre d'Esdras qui n'a même jamais été vu en
grec, mais seulement en latin, est une collection de fables, de songes et de
visions, si pitoyable que le concile de Trente lui-même rougit de lui concéder
le titre de livre divin. Plusieurs passages de cet écrit laissent supposer
qu'il a été fabriqué depuis la prédication de l'Évangile.
L'histoire de Tobie, sa piété, ses épreuves, et le
secours qu'il trouve en Dieu, est une fiction poétique où l'auteur a voulu
montrer que la piété, les bonnes œuvres, les aumônes et la prière, sont
abondamment bénies, 12:13 sq. Un Juif de la Palestine paraît avoir pris son
sujet dans la tradition, pour y rattacher ses idées et celles qui se
répandaient parmi le peuple depuis l'exil. Il dit souvent: Les aumônes sauvent
de la mort, 4:7-11; 12:8-14. La doctrine des anges a un caractère persan, et le
Zend-Avesta nous parle comme Tobie 3:16; 12:12, de ces anges qui exaucent les
prières et qui les apportent devant Dieu. De même, le voluptueux démon Asmodée,
et le moyen de chasser ces êtres malfaisants par la fumée ou autres cérémonies,
se retrouvent dans les livres religieux du paganisme oriental.
— L'auteur doit avoir vécu assez tard, car il commet
des fautes dont plusieurs trahissent un moderne: on le place ordinairement un
siècle avant Jésus-Christ. On ignore si Tobie fut d'abord écrit en hébreu.
Saint Jérôme l'a traduit du caldéen, langue dans laquelle il semble le plus
probable qu'il a été composé. Les héllénismes que l'on trouve dans l'exemplaire
de Castellion, ou dans les exemplaires publiés par Munster et Fagius,
démontrent manifestement que ce ne sont là que des traductions du grec, et non
des productions originales. En tout cas, cette légende ou histoire, aussitôt
qu'elle eut paru, reçut des modifications de tous genres: aussi n'y a-t-il pas
une seule de ces versions qui ressemble à l'autre. L'imitation en vers,
d'Andrieux, n'est ni la moins poétique, ni la moins édifiante de toutes ces
éditions retouchées et augmentées.
Le Livre de Judith est un roman dont l'intrigue est
connue de tout le monde. Une femme s'introduit auprès d'Holopherne comme
courtisane, l'endort de vin et de propos caressants, lui coupe la tête, et
vient annoncer au peuple juif qu'il est délivré du général assyrien. Ce livre
paraît avoir été écrit en caldéen comme le précédent, et c'est de cette langue
que saint Jérôme l'a traduit en latin. On ne saurait à quelle époque de
l'histoire des Juifs placer l'action qui fait le sujet de ce livre. Ce devait
être après le retour de Babylone et la reconstruction du temple; mais depuis la
dix-huitième année de Nébucadnetsar, les Juifs ne furent en aucune manière
inquiétés pendant plus de quatre-vingts ans. (2:1; 4:3; 5:18-19; 16:20-23).
Comment concilier ces faits avec la vérité? Quelle improbabilité d'ailleurs que
Béthulie, petite ville, ait pu tenir contre une si puissante armée, et que la
mort d'un général ait suffi pour faire prendre la fuite à toutes ses troupes!
Quant à la géographie de l'ouvrage, elle dénote la plus incroyable ignorance,
et l'on croirait volontiers que l'auteur, après avoir fait sa petite histoire,
l'a parsemée au hasard, de tous les noms de villes ou de pays qui lui passaient
par la tête. On peut en dire autant de la chronologie.
Les Additions au livre d'Esther n'ont jamais paru en
hébreu. Contrairement à ce que rapporte l'histoire inspirée, l'auteur de cet
écrit prétend que ce fut dans la deuxième année de son règne qu'Assuérus
faillit être assassiné par un de ses eunuques; il dit que Mardochée fut
récompensé sur-le-champ pour avoir révélé le complot; qu'Haman avait été élevé
en dignité déjà avant cette circonstance, et que sa haine contre Mardochée
provint de la révélation qu'il avait faite; que cet Ha-man était un Macédonien
qui voulait s'emparer du trône des Perses au profit de son royaume. Les Juifs
s'y donnent le nom d'enfants du Dieu très-haut, et prétendent que leur Dieu a
ordonné aux païens mêmes d'observer la fête du Purim. Cela étant dit, nous
pouvons ajouter que ces additions renferment aussi quelques belles et bonnes
choses, dont Racine a su tirer parti dans sa belle tragédie de ce nom. Il n'est
pas sûr que le concile de Trente ait déclaré cet ouvrage canonique: quelques
docteurs romains prétendent que non.
Le Livre de la Sapience, dit de Salomon, n'a point été
écrit par Salomon, et jamais on ne l'a vu en hébreu. Celui qui l'a composé
avait lu Platon et les poètes grecs, ainsi qu'on le voit par plusieurs passages
de son livre. En quelques endroits, il copie presque les prophètes et quelques
écrits de l'Ancien Testament. Cet ouvrage se divise en trois parties générales:
1. 1-6:8;
2. 6:9-10;
3. 11-19.
Ces parties sont isolées et bien tranchées, mais non
pas tellement qu'elles fassent penser à trois ouvrages ou à trois auteurs
différents. L'auteur s'adresse d'abord aux rois en leur proposant la sagesse
comme but de leurs études et de leurs efforts; puis il fait l'histoire de la
sagesse, comment on peut l'obtenir et quels en sont les fruits: il montre les
peuples idolâtres éprouvant les rigueurs de l'Éternel, et les compare au bonheur
du peuple juif, qui reconnaît Jéhovah pour son roi. Il est possible que
l'auteur ait eu un but politique, mais son objet principal était bien
religieux.
— L'idée de saint Augustin que Sirach est l'auteur de
ce livre est assez heureuse; cependant on ne peut rien décider à cet égard, et
il faut se contenter de l'idée générale d'un auteur alexandrin et antérieur à
Philon, parce que la Sapience renferme une spéculation plus saine que celle de
ce Juif.
L'Ecclésiastique, ouvrage préférable au précédent. Un
certain Jésus, fils de Sirach, en lisant les Écritures et d'autres bons livres,
avait acquis de grandes connaissances morales. Il se mit à recueillir ça et là
diverses maximes, auxquelles il en ajouta de son propre fonds. C'est donc un
recueil de sentences et de proverbes dans le genre de ceux de Salomon; il
renferme des excursions plus ou moins étendues sur l'ordre moral du monde, dans
lesquelles l'auteur passe en revue les classes et les âges de l'homme. On ne
saurait y chercher de plan ni d'ensemble, et le livre ne se laisse pas diviser.
Primitivement écrit en hébreu ou en caldéen, l'Ecclésiastique fut traduit en
grec par un petit-fils de l'auteur, sous Ptolémée Évergète, roi d'Égypte,
probablement environ 240 ans avant J.-C. Du reste, la date se laisse difficilement
déterminer, car tout repose sur les indications de l'auteur lui-même, qui nous
dit avoir écrit sous le pontificat d'un Simon, pendant le règne d'un Évergète;
or il y a eu deux pontifes Simon qui ont vécu tous les deux sous le règne d'un
Évergète. L'auteur se donne si peu pour inspiré, qu'il s'excuse lui-même des
imperfections de son travail; il fait du Fils de Dieu, de la Parole, une simple
créature; il représente l'aumône et l'obéissance à père et mère comme un moyen
d'expier ses péchés; il prétend que Samuel prophétisa encore après sa mort;
enfin, selon lui, ce serait à Élie le Thisbite qu'il appartiendrait de faire
cesser la colère de Dieu: à ce dernier égard, cf. Malachie 4:5.
Baruch est un insigne roman qu'on dit avoir été écrit
par Baruch à Babylone. Or, selon toute probabilité, jamais Baruch ne fut à
Babylone. Il fut lu à Jéchonias, près d'une rivière qui n'a point existé; et
d'ailleurs, comme on sait, Jéchonias vivait en prison pendant son séjour à
Babylone, et n'avait pas le loisir d'aller se promener le long des eaux
courantes. On y parle d'une collecte qui aurait été faite parmi les Juifs de la
captivité, pour acheter des victimes, qu'on aurait envoyées au sacrificateur
Joachim avec les vases sacrés de Sédécias! Mais comment des esclaves, tout au
commencement de leur captivité, peuvent-ils avoir de l'argent à déposer dans
une collecte? Comment envoya-t-on ces victimes à un souverain sacrificateur qui
n'existait pas? Comment put-on renvoyer de Babylone des vases sacrés faits par
Sédécias, lorsqu'il est probable que Sédécias n'en a jamais fait faire? Il faut
remarquer, en outre, que l'auteur emprunte diverses expressions de Daniel, qui
cependant vécut après la mort de Baruch.
— Le chapitre 6 se donne pour une lettre de Jérémie
aux exilés de Babylone, et renferme des déclamations contre l'idolâtrie. Ce
morceau est séparé de ce qui précède par une inscription, et il se distingue
par un meilleur style: ce n'est que par accident qu'il se trouve lié à Baruch,
mais il ne porte pas davantage le cachet de l'authenticité; les soixante et dix
semaines de Daniel y sont ridiculement converties en sept générations. Il est
cité 2 Maccabées 2:2, et appartient sans doute aux Alexandrins, qui
traduisaient en général très librement les oracles de Jérémie, et parmi
lesquels s'étaient conservées un bon nombre de légendes sur ce prophète.
Le Cantique des trois jeunes Hébreux dans la fournaise
est une mauvaise imitation du Psaumes 148. Ces flammes de 49 coudées de
hauteur, et ce vent de rosée que faisait souffler l'ange du Seigneur au milieu
du feu, sont des détails qui portent tous les caractères de la fiction.
L'Histoire de Susanne, (formant quelquefois le 13e
chapitre de Daniel), est probablement une fable d'un bout à l'autre. Qu'elle
ait été primitivement écrite en grec, c'est ce que prouve l'espèce de jeu de
mots que fait le prétendu Daniel versets 55 et 59, et qui n'a de sens que dans
cette langue. Et puis, n'est-il pas absurde d'imaginer que tout au commencement
de la captivité, un Juif ait pu être aussi riche qu'on nous représente le mari
de Susanne? que le droit de vie et de mort ait été donné à des tribunaux juifs
en Caldée? que Daniel élevé à la cour ait pu assister à ce procès? et enfin,
que si jeune, on l'ait admis au nombre des juges, surtout après que la sentence
avait été prononcée?
Le livre de Bel et celui du Dragon sont encore plus
romanesques. En effet, quelle invraisemblance que Cyrus, roi de Perse, ait
adoré une idole babylonienne, et une idole qui fut mise en pièces lors de la
prise de la ville! Un homme de sa trempe pouvait-il croire qu'une statue
d'airain pût réellement boire et manger? Quel pitoyable moyen que celui
qu'imagine Daniel pour découvrir la supercherie des prêtres de l'idole! Comment
ceux-ci ne virent-ils pas les cendres semées sur le parquet? ou comment Daniel
put-il empêcher qu'ils ne fussent avertis par les serviteurs du roi? Puis,
quelle absurdité que de faire trembler Cyrus devant les Babyloniens jusque-là
qu'il leur sacrifie son cher Daniel de faire vivre Habacuc jusqu'à cette
époque, pour qu'il puisse porter de la nourriture au jeune prophète dans la
fosse des lions d'imaginer enfin que Cyrus ait pu rester six jours sans
s'informer de ce qu'était devenu son ami!
— Ces deux livres forment ce que, sans leur donner de
titre à part, les catholiques romains appellent le 14e chapitre du prophète
Daniel.
La Prière de Mariasse, qui ne se trouve pas dans le
texte hébreu, semble être l'ouvrage de quelque Pharisien. Il y est parlé des
justes, savoir d'Abraham, d'Isaac et de Jacob, comme de gens sans péché, et qui
n'ont pas eu besoin de repentance. Elle n'a été admise comme canonique que par
l'Église grecque.
Enfin les Livres des Maccabées renferment l'histoire
des Juifs sous le souverain sacrificateur Mattathias et ses descendants. Ils
sont d'une très grande utilité, surtout le premier. Il doit avoir été composé
en hébreu ou en caldéen: Origène l'a lu dans cette langue, et il paraît que
c'est aussi de là que Jérôme l'a traduit en latin. Toutefois ce livre ne
saurait être attribué à l'esprit de Dieu, et l'auteur lui-même fait
l'observation qu'il n'y avait point de prophètes en ces temps-là, 4:46; 9:27;
14:41. Il renferme d'ailleurs diverses méprises qui constatent son origine
humaine. On y voit qu'Alexandre le Grand partagea lui-même ses conquêtes entre
ses illustres généraux, tandis que ce partage ne se fit qu'après sa mort;
qu'Antiochus le Grand fut fait prisonnier par les Romains; que ces derniers
donnèrent à Eumènes, roi de Pergame, l'Inde et la Médie, États qui faisaient
partie de ceux d'Antiochus; que le sénat romain comptait 320 membres;
qu'Alexandre Balas était fils d'Antiochus Épiphanes, etc., etc., tout autant
d'assertions qui sont positivement contredites par l'histoire.
— Le second livre des Maccabées, contenant l'histoire
de quinze années, est de beaucoup inférieur au premier. C'est l'abrégé de
l'ouvrage d'un certain Jason de Cyrène. L'auteur termine en faisant des excuses
sur sa manière d'écrire l'histoire; et dans le fait il a bien des choses à se
faire pardonner. À l'en croire, Judas Maccabée aurait vécu jusqu'à la 188e
année des Séleucides, tandis qu'il mourut l'an 152; Antiochus Épiphane aurait
été tué dans le temple de Nanée, en Perse, et l'on sait qu'il finit ses jours
sur les frontières de la Babylonie. Néhémie aurait bâti le second temple et
l'autel, constructions qui se firent soixante ans avant que Néhémias revînt de
Perse; Jérémie aurait caché dans une grotte et le tabernacle, et l'arche, et
l'autel des parfums; Persépolis aurait encore été debout un siècle après qu'Alexandre
l'eut réduite en cendres; Judas aurait bien fait d'offrir des prières et des
sacrifices pour les morts, et Ragis serait aussi louable de s'être suicidé pour
échapper à la fureur des Syriens.
On peut juger, par tout ce qui précède, combien ces livres
apocryphes sont indignes d'occuper une place quelconque dans notre volume
sacré, même en en faisant une catégorie tout, à fait à part, ainsi que cela se
pratiquait encore il n'y a pas beaucoup d'années. Aussi les sociétés bibliques
se refusent-elles maintenant presque toutes à joindre ces livres aux versions
qu'elles distribuent, et elles ont bien fait de prendre ce parti, puisqu'elles
ne veulent et ne doivent répandre que la Bible.
Si quelques personnes désiraient étudier la question
des apocryphes, elles trouveraient, dans un ouvrage sur ce sujet de feu
l'excellent pasteur Moulinié de Genève, une apologie assez complète de ces
livres; mais elles verraient en même temps combien sont faibles les meilleures
raisons que l'on peut avancer en faveur de leur authenticité. Il n'a paru aucun
écrit français quelque peu détaillé qui traite de la non inspiration des
apocryphes; mais on peut lire avec intérêt quelques mots de M. Hævernick à ce
sujet, dans les Mél. de théol, réformée, par Hævernick et Steiger, p. 214-222.
Le Nouveau Testament a eu aussi ses Apocryphes; mais
les livres auxquels on a donné ce nom sont loin d'avoir acquis l'importance
historique des Apocryphes de l'Ancien Testament. Il ne paraît pas que l'Église
chrétienne ait jamais hésité sur la formation de son Canon. À aucune époque,
aucun écrit humain n'est venu s'adjoindre au recueil des écrits sacrés. À la
vérité, certaines sectes, assez mal connues d'ailleurs, ont essayé de modifier
la collection évangélique à leur point de vue, mais ces tentatives ont avorté
devant l'opinion générale, et il en reste à peine quelques traces, encore
sont-elles contestables et contestées.
On croit, par exemple, que les Évangiles des
Égyptiens, des Hébreux, de Marcion, n'étaient que des reproductions altérées
des Évangiles canoniques, et l'on suppose que chacun de nos quatre Évangiles a
dû être plus ou moins corrompu au profit des tendances diverses qui se
partageaient l'Église primitive, tendances dont les germes se trouvaient dans
les écrits sacrés eux-mêmes. La disparition prompte et presque totale de ces
altérations, atteste à la fois la rectitude du sens chrétien, l'autorité de la
tradition générale, et la pureté du Canon dans l'Église primitive.
À côté de ces écrits se placèrent d'autres livres. Les
uns avaient uniquement en vue l'édification, comme le célèbre Pasteur d'Hermas
qui est cité avec respect et entouré d'une sorte d'autorité morale. Les autres,
dictés par l'imagination, avaient pour but de suppléer aux lacunes du Nouveau
Testament sur la vie de Jésus, et de fournir une pâture à la curiosité avide
des âmes pieuses. Tels sont le Protévangile de Jacques, les Évangiles de Marie,
de l'enfance, de Thomas, de Nicodème, etc. M. Cellérier a fait entre ces
derniers écrits et les Évangiles inspirés un parallèle intéressant. (Origine du
Nouveau Testament p. 174-215) Une de ses remarques est assez importante pour
être rappelée ici. «Ces Apocryphes ne sont point l'ouvrage d'imposteurs
individuels, mais le résultat de l'imagination, des opinions, des préjugés du temps,
l'ouvrage successif et en quelque sorte national des compatriotes ou des
contemporains du Sauveur. On y voit, en d'autres termes, de quoi nos Évangiles
eussent été infailliblement remplis s'ils n'eussent été divins... Pour traduire
la chose en langue scientifique, ces écrits sont des mythes, et nos Évangiles,
s'ils se fussent formés de la même manière, ne leur seraient pas supérieurs.»
M. Cellérier avait à l'avance et en deux mots, réfuté le fameux système de
Strauss.
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APOLLONIE.
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Il y avait une ville de ce nom en Illyrie, et une
autre au nord du pays de Canaan; mais celle dont il est fait mention Actes
17:1, était une ville de Macédoine, fondée par-les Corinthiens, à 36 milles
romains (62 kilomètres), sud-ouest de Thessalonique, et qui n'est guère connue
que par la circonstance que César-Auguste y étudia la langue grecque;
(aujourd'hui Paleo-Chori).
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APOLLOS,
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Juif d'Alexandrie, qui arriva à Éphèse dans le temps
même où Paul entreprenait son troisième voyage à Jérusalem. C'était un homme
éloquent, et profondément versé dans les Écritures. Quoiqu'il ne connût encore
que le baptême de Jean, il enseignait avec chaleur les choses qui regardaient
le Seigneur Jésus. Aquilas et Priscille l'ayant entendu prêcher avec hardiesse
dans la synagogue, le prirent chez eux et l'instruisirent plus à fond de la
doctrine chrétienne. Il partit d'Éphèse pour l'Achaïe, muni de lettres de
recommandations, et il fut très utile aux nouveaux convertis en les
affermissant dans la foi. De Corinthe il se rendit dans l'île de Crète avec
Zénas; puis à Éphèse, où il était lorsque Paul écrivait sa première lettre aux
Corinthiens, Actes 18:24; 19:1; 1 Corinthiens 16:12; Tite 3:13.
— Quelques personnes pensent que la prédication
d'Apollos à Corinthe y avait occasionné le schisme dont saint Paul fait mention
dans sa première épître; mais d'autres, et cette opinion paraît plus vraisemblable,
croient que Paul emploie les noms d'Apollos et de Céphas par ménagement pour
les vrais auteurs du schisme, pour généraliser ses observations et pour rendre
ses raisonnements d'autant plus concluants, 1 Corinthiens 1:12; 3:4,6; 4:6.
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APOLLYON,
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— Voir: Abaddon.
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APOSTOLAT,
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mission, charge d'apôtre, 1 Corinthiens 9:1-2; 2
Corinthiens 12:12. Il paraîtrait, d'après ces passages, que pour être capables
d'exercer l'apostolat dans le sens spécial du mot, il fallait avoir vu notre
Seigneur Jésus-Christ, être autorisé par lui à rassembler en tous lieux son
Église, et se rendre recommandable par une grande patience, des signes, des
prodiges et des miracles: quelques-uns y ajoutent même l'infaillibilité
d'enseignement, et le don de communiquer le Saint-Esprit par l'imposition des
mains, Actes 8:17. Nous laissons à la dogmatique ce qui lui appartient, le
droit de discuter en détail et à fond les questions si graves qui se rapportent
à l'apostolat, à la manière dont il était transféré, aux caractères qui le
constituaient, aux signes auxquels on le reconnaissait, à son exclusisme et à
la possibilité ou l'impossibilité de voir cette charge se prolonger au-delà du
siècle dit apostolique. Nous nous bornerons à quelques observations. Le passage
Galates 2:14, semble prouver que l'infaillibilité n'était pas un des caractères
immuables de la charge d'apôtre, et l'on ne peut douter que lorsque Simon
Pierre «ne marchait pas de droit pied selon la vérité de l'Évangile», son
enseignement ne s'en ressentît d'une manière fâcheuse. En outre, il n'est point
dit 1 Corinthiens 9:1-2, qu'il fallût avoir vu le Seigneur pour être apôtre:
c'est en passant que saint Paul dit: «N'ai-je pas vu notre Seigneur
Jésus-Christ!» tout comme il dit au même verset: «Ne suis-je pas libre?» sans
que cela entraîne le moins du monde, pour l'apôtre, l'obligation d'être libre
ou de se démettre de sa charge s'il vient à perdre sa liberté. Le Nouveau
Testament ne nous donne aucune règle bien précise sur les conditions
d'admission dans le corps apostolique: nous y voyons entrer, outre les douze,
Matthias, Actes 1:26; saint Paul, 1 Corinthiens 9:1; Barnabas, Actes 14:14;
Andronique et Junias, Romains 16:7; Épaphrodite, Philippiens 2:25. (dans
l'original) et d'autres. Notre Sauveur lui-même est appelé dans l'Épître aux
Hébreux 3:1, l'apôtre et le souverain sacrificateur de notre profession. Ce qui
est sur, c'est que cette charge sacrée se manifestait d'une manière sensible,
de telle sorte que les chrétiens ne pussent s'y tromper; et pour exprimer cette
pensée encore plus clairement, il paraît qu'en général 2 Corinthiens 12:12, on
reconnaissait un apôtre à ses œuvres plutôt qu'au mode de sa nomination. C'est
du moins le principe duquel saint Paul semble partir toutes les fois qu'il
aborde ce genre de sujets.
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APÔTRE
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(f, l'art précédent) missionnaire, messager, envoyé.
On désigne spécialement sous ce nom les douze disciples que notre Seigneur
chargea d'une façon particulière de fonder son Église. Après sa résurrection,
il les envoya prêcher l'Évangile et baptiser; et non seulement il leur donna le
pouvoir de faire des miracles, mais encore il voulut qu'ils pussent conférer ce
pouvoir à d'autres. Leurs noms se trouvent Matthieu 10:2; Marc 3:16; Luc 6:14;
Actes 1:13. L'ordre dans lequel ils sont nommés paraît arbitraire. Quelques-uns
ont cru qu'ils étaient rangés suivant l'ordre dans lequel ils furent appelés;
mais il paraît d'après Jean 1:40, qu'André fut le premier qui reçut vocation,
tandis qu'il n'est nommé que le second dans Matthieu, le cinquième dans Marc.
D'autres ont cru y voir l'établissement d'une espèce de hiérarchie commençant
par Pierre et finissant par Judas lscariot; mais, s'il y a peut-être quelque
chose de vrai dans les extrêmes, il n'en est pas de même pour les
intermédiaires, et la preuve en est dans le fait que l'ordre n'est pas le même
dans les quatre catalogues qui nous en sont donnés. Quant à Judas lscariot, il
va sans dire qu'on ne pouvait lui donner d'autre place que la dernière; il n'y
a pas besoin de supposer une hiérarchie pour cela.
— Cinq d'entre eux nous ont laissé des écrits,
Matthieu, Jean, Pierre, Jacques le Mineur et Jude. Nous les retrouverons, du
reste, à leur article spécial.
Soulignons que le
ministère d’apôtre n’est plus en vigueur de nos jours, il était désigné
uniquement pour l’enfance de l’Église, une fois le but accompli il a cessé avec
tous les dons miraculeux qui lui étaient propre.
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APPEL.
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«J'en appelle à César», dit saint Paul, Actes 25:11.
Tout citoyen romain avait le droit d'en appeler des gouverneurs de province à
l'empereur lui-même. Pline, dans une de ses lettres à Trajan, dit qu'il avait
pour habitude et pour système d'envoyer à Rome les citoyens romains qu'on lui
déférait pour cause d'attachement au christianisme.
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APPIE ou Apphie.
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Philémon 2. Probablement la femme de Philémon; on
croit qu'elle souffrit le martyre avec son mari.
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APPIUS,
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consul romain (303 avant J.-C.) qui avait fait
construire la ville connue sous le nom de Marché d'Appius (— Voir: Forum). Il
avait aussi fait tracer une route qui porte son nom, la Voie Appienne.
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AQUILAS,
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Juif né dans le Pont et fabricant de tentes. Sa femme
(Prisca ou Priscilla) et lui furent de très bonne heure convertis au
christianisme; peut-être le furent-ils par le discours de Pierre à la
Pentecôte. Après avoir résidé quelque temps à Rome, occupés sans doute à faire
des tentes pour l'armée d'Italie, ils durent quitter la capitale, comme tous
les Juifs, bannis par l'édit de Claude, et vinrent se fixer à Corinthe, Actes 18:2.
Ils continuèrent d'y exercer leur industrie, et plus d'un Juif, plus d'un Grec,
plus d'un soldat romain, logèrent sous des tentes qu'un des ouvriers d'Aquilas,
un nommé Saul, apôtre des gentils, avait fabriquées de ses mains. Saint Paul
cependant quitta bientôt la maison d'Aquilas, et alla, peut-être pour complaire
aux chrétiens d'entre les gentils, peut-être pour être plus près du lieu des
réunions et parce que ses devoirs pastoraux se multipliaient, habiter auprès de
Juste, païen converti, dont la maison était voisine de la synagogue. Au bout de
quelque temps, lorsque Paul s'embarqua pour la Syrie, Aquilas et Priscille
partirent avec lui et l'accompagnèrent à Éphèse: c'est probablement là, dans
l'émeute de Démétrius, 19:24, qu'ils exposèrent leur vie pour lui, Romains
16:4; c'est encore là qu'ils instruisirent Apollos dans la voie du Sauveur et
dans le baptême de Jésus, lui qui ne connaissait encore que le baptême de Jean.
Plus tard, ils retournèrent à Rome, où il paraît que l'édit de Claude était
tombé en désuétude, et nous voyons leur maison servir d'église à quelques
fidèles de la ville. Ils sont en tête de ceux auxquels saint Paul adresse des
salutations dans sa lettre aux Romains. Enfin ils revinrent en Asie et se
fixèrent de nouveau à Éphèse ou dans les environs: c'est là que nous les
trouvons pour la dernière fois. L'amitié qui les unit au grand apôtre ne se
démentit jamais, et Paul pressentant son prochain supplice, les mentionne
encore les premiers dans sa lettre testamentaire, lorsqu'il charge Timothée de
saluer les frères qui l'entourent, 2 Timothée 4:19.
Quelques auteurs, poussés par des principes ou
scrupules dogmatiques, attribuent à Aquilas, et non à saint Paul, le vœu dont
il est question. Actes 18:18; mais le contexte de la phrase ne permet pas cette
interprétation. C'est de Paul, et non point d'Aquilas, qu'il s'agit; c'est Paul
qui fait le voyage, et ses amis ne sont nommés qu'en passant. D'ailleurs
l'ensemble des principes et de la conduite de Paul nous prouve que cet apôtre,
si large avec les païens, ne laissait pas d'être encore Juif pour les Juifs, et
qu'il avait conservé de l'ancien culte quelques rites, quelques cérémonies
pieuses auxquelles il était toujours attaché.
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ARABIE,
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vaste contrée de l'Asie, à l'est et principalement au
sud du pays de Canaan. Sa plus grande longueur d'orient en occident est
d'environ 3,000 kilomètres, et du nord au midi de 2,500. Dans sa partie
septentrionale, à l'est de Canaan, l'Arabie n'a pas, à beaucoup près, la moitié
de ces dimensions. On évalue sa surface à cinq ou six fois celle de la France;
elle est bornée au sud par l'Océan indien, à l'ouest par la mer Rouge et
l'isthme de Suez, au nord-ouest et au nord par le pays de Canaan et par la
Syrie, à l'est par les montagnes de la Caldée et le golfe Persique. On la
divise communément en trois parties:
1. L'Arabie
Pétrée ou rocheuse, au nord-ouest. C'est maintenant la province d'Hedjaz: on y
trouve au sud-ouest les villes fameuses de La Mecque et de Médine, lieux de
pèlerinages chers aux mahométans. Cette contrée se divisait autrefois en pays
d'Édom, désert de Paran, pays de Cusan, etc., et il semble qu'on lui ait donné
le nom d'Arabie soit parce qu'elle est à l'occident de l'Asie, soit à cause du
mélange, à cause de la variété des tribus qui l'habitaient, soit enfin à cause
de la stérilité du pays, le mot Arabie pouvant signifier ces trois choses.
— On y trouvait Guérar, Kadès-Barné, Lakis, Béersébah
et le mont Sinaï.
2. L'Arabie
Déserte, en partie au sud de l'Arabie rocheuse, en partie s'étendant à l'est de
Canaan, comprenait les pays de Hammon, de Moab, de Madian, la contrée des
Ituréens, celle des Hagaréniens, et probablement aussi le pays de Huz: c'est là
qu'on trouve surtout ces affreux déserts qui font avec leurs caravanes légères
la réputation de l'Arabie; des hordes sauvages et quelques bêtes féroces, moins
redoutables pour les voyageurs, en sont les seuls habitants.
3. L'Arabie
Heureuse, au sud des deux premières; contrée délicieuse et fertile, riche en
parfums de toutes espèces. Selon quelques auteurs, la reine de Séba, aurait
étendu sa domination jusque-là.
Toutefois, et malgré tout ce qu'il peut y avoir de
tranché dans les différences qui séparent ces trois grandes provinces, elles ne
forment effectivement qu'un seul tout, un même pays, avec de fortes nuances,
mais avec une unité plus forte encore, et des caractères communs qui ne
permettent pas de les séparer. Le climat en est sec et chaud, l'ardent Simoun y
souffle presque continuellement, les nuits y sont fraîches, les sources rares,
les rivières peu abondantes, les montagnes nombreuses mais sans végétation;
quelques eaux souterraines, conduites avec art, et conservées avec soin par les
Arabes, donnent une grande fertilité aux oasis clairsemées dans les déserts. On
pêche les plus belles perles sur les côtes méridionales du golfe Persique. Le
climat, généralement salubre, rend cependant les ophthalmies fréquentes et
dangereuses. Des lions, des chacals, des hyènes, des panthères, des léopards
sont la plaie des troupeaux; les sauterelles sont la plaie des lieux herbeux et
des oasis; l'autruche nourrit quelquefois de ses œufs les voyageurs ou les
Bédouins. Le millet et les dattes sont la principale ressource contre la faim.
Les caféiers, l'aloès, l'acacia-gommier, l'encens, la manne, la myrrhe et le
séné se trouvent en abondance au midi du désert et sur les côtes. Les moutons
que l'Arabe nomade fait paître dans les plaines du Nedjed près de l'Yémen et
jusqu'à l'Euphrate, donnent leur lait et leur viande à ceux qui ne vivent pas
de pillage. Les chevaux arabes sont célèbres par leur beauté et la rapidité de
leur course; ils ont leurs généalogies, leurs titres de noblesse, leur histoire
et leurs rivalités. Enfin le chameau, la merveille du désert, l'idole de ses
maîtres, et le chef-d'œuvre de la création pour ces peuples abandonnés, leur
tient lieu de vaisseau pour traverser les sables; son poil les habille, son
lait et sa chair les nourrit; sa compagnie les charme, il aime la musique, il
dresse la tête au son du fifre ou du tambour; chargé de masses pesantes il fuit
avec la rapidité de la flèche, et transporte, sans se fatiguer, des familles,
des marchandises, ou des guerriers, ne demandant qu'une poignée de farine
toutes les vingt-quatre heures, et une source tous les huit jours; sa fiente
même sert à l'Arabe, et remplace le bois si rare et si coûteux. Enfin, près de
périr de soif au milieu des sables et des rochers, le maître tue son serviteur
et trouve encore, dans ses quatre estomacs, une source qui le rend à
l'existence. C'est ainsi que, par sa sobriété, son courage et ses nombreux
services, le chameau se fait pardonner sa laideur, et l'Arabe l'aime à l'égal
de ses nobles coursiers.
L'Arabe est passionné de la liberté; son gouvernement
est patriarcal, jamais il n'en a voulu d'autre, on n'a pu l'asservir. Mais les
querelles des tribus sont quelquefois sanglantes. Brigands entre eux, et
barbares pour les étrangers, ils sont hospitaliers pour celui qui vient
réclamer leur tente et leur pain mal cuit: leur ennemi le plus cruel peut
dormir en paix si quelque circonstance fortuite l'a amené sous le toit de celui
qui le hait; mais la vengeance relève la tête aussitôt que l'hôte est sorti de
la maison.
L'Arabie heureuse doit avoir été peuplée
essentiellement par la nombreuse famille de Joktam, descendant de Sem; les deux
autres Arabies furent d'abord habitées par les Réphaïms, les Émims, les
Zamzummims, les Hamalécites, les Horites, et autres descendants de Cus, l'aîné
des fils de Cam. Les Cusites en furent insensiblement dépossédés par la
postérité de Nacor, Lot et Abraham. Ismaël s'établit d'abord dans l'Hedjaz, et
fonda les douze puissantes tribus des Nabathéens, des Kédaréens, etc., Genèse
25:13-15, qui s'étendirent peu à peu de manière à occuper tout au moins les
contrées septentrionales du pays: les restes des Uzites, des Buzites, des
Hammonites, des Moabites, des Madianites, etc., s'incorporèrent à eux plus
tard.
Les anciens Arabes étaient adonnés à une grossière
idolâtrie: ils adoraient le soleil, la lune, les étoiles, et un grand nombre
d'anges et d'hommes qui, selon eux, s'étaient illustrés; ils rendaient même un
culte à de grandes pierres qui, dans l'origine, ne marquaient autre chose que
les emplacements où leurs ancêtres avaient servi le vrai Dieu, Genèse 28:18.
Les Perses introduisirent parmi eux la religion des mages, et les Juifs qui
fuyaient la fureur des Romains, firent plus tard, chez les Arabes, grand nombre
de prosélytes. Paul prêcha l'Évangile en Arabie, Galates 1:17, et l'on assure
que dix tribus embrassèrent la foi chrétienne dans le siècle des apôtres ou
dans le suivant. Mais depuis Mahomet, c'est-à-dire depuis 630 environ, les
Arabes ont généralement adhéré à l'islamisme.
— Voir: Ismaël.
— Torrent des Arabes.
— Voir: Saules.
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ARAIGNÉE.
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La toile de cet animal sert à marquer, Job 8:14,
combien est vaine et fragile la confiance de celui qui oublie le Dieu fort.
Ésaïe lui compare aussi les œuvres du méchant, 59:5.
— Quelques versions traduisent à tort le mot teigne,
Job 27:18, par araignée; et dans le passage, Proverbes 30:28, il ne s'agit pas
de l'araignée non plus, ainsi que nos versions le portent, mais d'une espèce de
lézards, peut-être venimeux, qui se trouvent en abondance dans les maisons,
même dans les plus belles, et qui se nourrissent de mouches et d'autres
insectes.
— Voir: Bochart, Hiéroz. II, 491.
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ARAM.
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1. Genèse
10:22 Un des enfants de Sem. C'est le nom que la Bible donne ordinairement à la
Syrie, mais il prend quelquefois une signification plus étendue: les
descendants d'Aram occupèrent non seulement la Syrie, mais encore les contrées
qui sont à l'orient jusqu'au-delà de l'Euphrate, dans la Mésopotamie, que la
Bible appelle Aram-Naharajim, Genèse 24:10 (dans l'hébreu), ou Paddan Aram,
25:20, ou encore Paddan tout simplement, 48:7. Parmi les différentes peuplades
ou tribus du pays d'Aram, nous remarquons l'Aram de Damas, 2 Samuel 8:6,
Mahaca, 1 Chroniques 19:6, la Syrie de Tsoba, 2 Samuel 10:8, Guésur, 2 Samuel
15:8, la Syrie de Beth-Réhob, 2 Samuel 10:6. C'est probablement encore dans la
même contrée qu'il faut chercher Hul, Genèse 10:23. La Syrie de Tsoba fut, sous
Saül et David, le plus puissant des États araméens.
— Voir: Hadadéser: sous Salomon ce fut Damas.
q.v. Quelques autres villes semblent avoir été situées
en Syrie, sans cependant qu'elles soient nommées araméennes, telles que Hamath,
Helbon, Ribla, Bethéden, Thadmor, etc., qu'on trouvera en leur lieu et place.
— On peut remarquer qu'Homère, Hésiode et Strabon
donnent aux Syriens le nom d'Araméens.
2. Fils
de Cémuel, et petit-fils de Na-cor, frère d'Abraham, Genèse 22:21. C'est lui qui,
d'après quelques auteurs, aurait été le père des Syriens; mais cela paraît peu
probable, car, du vivant d'Abraham déjà, le nom d'Aram est le nom d'un peuple
nombreux, Genèse 24:10; 25:20, dont l'origine doit par conséquent remonter bien
plus haut. Il est possible cependant que la postérité de cet Aram se soit
confondue plus tard avec celle du fils de Sem, et qu'il ait donné son nom à
l'une des nombreuses peuplades de la Syrie.
3. Aram
ou Ram, Ruth, 4:19; 1 Chroniques 2:10, père d'Aminadab, et arrière-petit-fils
de Juda; un des ancêtres de notre Sauveur. Matthieu 1:3; Luc 3:33. Du reste,
inconnu.
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ARARAT,
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pays d'Asie, Ésaïe 37:38; 2 Rois 19:37; Jérémie 51:27,
probablement une province de l'Arménie, extrêmement fertile, située entre le
fleuve Araxès et les lacs Van et Ormias. C'est aussi le nom de la montagne sur
laquelle l'arche s'arrêta, Genèse 8:4. Elle se trouve à l'extrémité d'une vaste
plaine, à l'est d'Érivan, et ressemble à un pain de sucre; sa hauteur est de
plus de 4,000 mètres; le voyageur Parrot qui doit en avoir fait l'ascension en
1829, lui donne 16,200 pieds, environ 1,500 pieds de plus qu'au Mont-Blanc. Sa
hauteur est évaluée, par l'Edinburgh Gazelteer, à 9,500 pieds; par Stieler
(édition de 1839), à 16,100; par d'autres, à 10, 11, 12, et 12,700. Rien de
plus incertain. On y trouve les traces d'un volcan éteint. La montagne conserve
encore aujourd'hui le nom d'Ararat, et l'on rencontre partout des traditions de
la descente de l'arche. Les Perses l'appellent Kuhi Nuach, montagne de Noé; au
pied se trouve un village nommé Tamanim (les huit) chiffre qui rappelle la
famille de Noé sauvée dans l'arche, et selon El-Matzim (Hist. Saracenorum) ce
serait Noé lui-même qui l'aurait construit.
— L'Ararat est couvert de neiges et de glaces
éternelles; son sommet est ordinairement enveloppé de nuages.
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ARAUNA, ou Ornan,
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2 Samuel 24:16-25, ou Ornan, 1 Chroniques 21:15,
Jébusien; il possédait en Morijah une aire à battre le blé. Quand David eut vu
l'ange de l'Éternel qui volait au-dessus de Jérusalem pour en détruire les
habitants à cause du dénombrement qu'il avait fait faire dans son orgueil, il apprit
de Cad le prophète qu'il devait élever un autel et offrir un sacrifice à
l'Éternel dans l'aire d'Arauna, que Dieu lui-même avait désignée. Le pieux
Jébusien, qui se cachait avec ses fils de devant la colère de l'Éternel, n'eut
pas plutôt appris ce que David demandait, qu'il lui offrit en pur don, et
l'aire, et le bois nécessaire pour le sacrifice, et même des bœufs pour servir
de victimes. Non, dit le roi, je n'offrirai point à l'Éternel, mon Dieu, des
holocaustes qui ne me coûtent rien; et il refusa d'aller plus avant, aussi
longtemps que le prix ne serait pas déterminé. Arauna vendit donc l'aire à
David, qui, pour les bœufs, lui donna 50 sicles d'argent (165 fr., 50 c.) et
pour le fonds de terre où l'aire était située, environ 600 sicles d'or, 23,844
fr. David offrit son sacrifice, et la plaie s'arrêta.
— Voir: Jébusiens.
Quant à Arauna lui-même, il parait qu'il était entré
de cœur dans le sein de l'Église et de, la nation juive, quoique Cananéen
d'origine, et il se montre bien digne, par son désintéressement et sa
générosité, de l'honneur que Dieu lui fit en choisissant son .domaine pour en
faire le théâtre de sa miséricorde envers les Juifs.
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ARRAH,
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inconnu; probablement un des plus célèbres d'entre les
enfants de Hanak. Il fonda la ville qui porte son nom, Kiriath-Arbah, ville
d'Arbah, Josué 15:13, laquelle reçut plus tard le nom d'Hébron: c'est tout ce
que nous savons de lui.
— Voir: Hébron. Géants.
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ARBÉ,
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Lévitique 11:22.
— Voir: Sauterelles.
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ARBRE.
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Les principaux arbres dont l'Écriture fasse mention sont
le sittim (acacia), le cèdre, le châtaigner, le cyprès, l'algummim, le chêne,
le tilleul, le frêne, l'orme, le buis, le sapin, l'olivier, le pommier, le
grenadier, le figuier, le sycomore, le mûrier, l'amandier: nous les
retrouverons à leur lettre.
— Voir: encore l'article Plantes.
Le Paradis renfermait toutes sortes d'arbres agréables
et utiles, dont les plus remarquables était l'arbre de la connaissance du bien
et du mal, et l'arbre de Vie. Le premier était ainsi nommé parce qu'il était
destiné à éprouver l'obéissance d'Adam, et parce qu'en mangeant de son fruit,
l'homme devait apprendre à connaître la différence entre le bien et le mal. Les
fruits du second étaient peut-être le moyen naturel dont Dieu voulait se servir
pour conserver intactes les forces physiques d'Adam s'il fût demeuré dans
l'obéissance; on ne peut douter du moins qu'il ne fût le signe de l'alliance de
Dieu avec notre premier père, comme l'arc-en-ciel le fut pour Noé, la
circoncision pour Abraham, et le baptême poulies fidèles, Christ étant l'arbre
de vie pour ceux qui croient en lui. Mais après la chute, et l'homme étant
maudit, l'arbre de l'immortalité n'était plus qu'un malheur pour Adam, et le
gage de malédictions éternelles: aussi Dieu lui en interdit l'usage et
l'éloigna du Paradis. Dieu lui promit ainsi la mort, qui devait être la fin de
ses souffrances, en même temps qu'il lui annonça la bonne nouvelle d'un fils
qui naîtrait de sa femme, et qui triompherait du serpent.
Quant à la nature de ces deux arbres, il est
impossible de rien avancer de sûr; les hypothèses n'ont pas manqué, mais ce ne
sont que des hypothèses plus ou moins hasardées. Nous sommes ici vis-à-vis de
mystères, et toutes les questions sur le pourquoi et le comment ne serviront à
rien, et sont de trop. Ce que Dieu n'a pas voulu révéler, nous n'avons pas
besoin de le savoir.
L'agriculture devant être une des principales
occupations des Hébreux, les arbres fruitiers avaient été dans la loi l'objet
de divers dispositions (— Voir: fruits), dont une des plus remarquables était
la défense faite aux Israélites de gâter ou détruire les arbres fruitiers des
villes ennemies dont ils faisaient le siège. Deutéronome 20:19.
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ARC,
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instrument de guerre, bien connu. Il consiste en une
branche de corne, de bois ou d'acier, qui, fortement ployée au moyen d'une
corde attachée à ses deux extrémités, repousse avec force en reprenant sa
première position la flèche placée sur la corde tendue. C'est une des plus
anciennes armes dont on ait fait usage, et on la retrouve chez les peuples les
plus barbares. Ismaël était déjà grand tireur d'arc, Genèse 21:20. Cependant
c'est des Philistins que les Hébreux paraissent avoir appris l'usage de cette
arme pour la guerre, mais ils ne s'en servirent guère que jusqu'aux temps de
David; cf. Genèse 27:3; 1 Samuel 31:3; 1 Rois 22:34; 2 Rois 13:45, etc. Le roi
Hosias en avait rempli ses arsenaux, 2 Chroniques 26:14. On y joignait souvent
l'épée, Genèse 48:22; 1 Samuel 18:4.
— Le mot arc est pris quelquefois dans un sens plus
général, pour armes. Psaumes 44:7.
— Jérémie, pour annoncer que la puissance d'un peuple
sera anéantie, dit que Dieu brisera son arc, 49:35, cf. Osée 1:5; et le
prophète Osée compare à un arc qui trompe les Israélites qui, au lieu de
prendre l'Éternel pour leur but, s'en sont détournés pour se diriger ailleurs.
— Arc-en-ciel, phénomène de la décomposition des
rayons du soleil par les nuages qui jouent dans ce cas le même rôle que le
prisme. Il en est parlé pour la première fois, Genèse 9:13, lorsque Noé sortit
de l'arche. Il est inutile d'examiner si la pluie existait ou non avant le
déluge, et si par conséquent l'arc-en-ciel ne fut qu'un symbole, un signe
choisi parmi les choses existantes, ou s'il fut en quelque sorte une garantie
physique donnée à Noé, prouvant que l'organisation actuelle de l'atmosphère ne
permettra plus un déluge nouveau. Le chrétien ne peut regarder l'arc-en-ciel
sans un sentiment de gratitude envers Dieu, et sans se rappeler que Dieu lui
renouvelle l'assurance de sa grâce et de sa miséricorde aussi souvent qu'il
fait paraître dans les airs ce brillant phénomène. C'est nous qui connaissons
vraiment le message de la paix, et qui pouvons à plus juste titre que les
païens appeler l'arc-en-ciel Iris deorum nuntia.
— Arc de triomphe; c'est ainsi que la Vulgate entend
le passage, 1 Samuel 15:12, où il est dit que Saül après la défaite des
Hamalécites se lit ériger un monument. L'hébreu porte une main: ce fut
peut-être une colonne, peut-être un simple monceau de pierre; il ne saurait
être question d'un arc de triomphe.
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ARCHANGE.
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Ce mot ne se rencontre que deux fois dans l'Écriture,
1 Thessaloniciens 4:16. Jude 9, et il signifie proprement prince, chef des
anges. Il n'est jamais parlé que d'un seul archange; l'apôtre Jude le nomme
Michel, nom qui se trouve déjà dans Daniel 12:1. (Micaël), et deux fois dans
l'Apocalypse, et qui signifie image de l'Éternel. Quelques-uns supposent
l'existence de plusieurs archanges, Gabriel, Raphaël, Uriel (la tradition juive
en compte sept); mais ils ne s'appuient sur aucun fait ni passage. Il paraît
beaucoup plus probable qu'il n'y en a qu'un seul qui est Christ lui-même. On
dérive ordinairement le nom d'archange du livre de Daniel, où Micaël est appelé
grand chef, et les rationalistes prétendent que les Juifs ont reçu cette
croyance des Caldéens; mais, sans nier que les Juifs envisagés comme peuple,
aient hérité des Caldéens quelques erreurs et quelques superstitions, nous
devons rejeter cette hypothèse pour ce qui regarde les auteurs bibliques; et
quant au nom de grand chef que Daniel emploie, nous le trouvons déjà chez
Josué, qui pour sur ne le tenait pas des Caldéens, sous une forme encore plus
développée, 5:13-14; c'est l'ange de l'Éternel qui porte ce nom, et qui se dit
être le chef de l'armée de l'Éternel,
— Voir: Micaël.
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ARCHE,
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1. de
Noé: c'est le vaisseau qui sauva ce patriarche et sa famille des eaux du
déluge. Il porte en hébreu le même nom que celui qui est donné au coffret de
jonc dans lequel Moïse fut placé par sa mère, Exode 2:3. On croit généralement
que Noé mit cent-vingt ans à construire l'arche, et qu'il y employa beaucoup
d'ouvriers; cependant c'est une erreur qui provient sans doute de Genèse 6:3.
Noé avait six cents ans quand le déluge vint sur la terre 7:6. Cent ans
auparavant, à l'âge de cinq cents ans, il n'avait pas encore d'enfant, 5:32;
or, quand Dieu lui ordonna de construire l'arche, il avait déjà trois fils, et
tous les trois mariés, ce qui suppose déjà, pour le temps d'alors, un âge assez
avancé, soixante à quatre-vingts ans, ou même davantage. Il n'y mit donc qu'une
vingtaine d'années tout au plus, et peut-être deux ou trois seulement;
d'ailleurs il n'est pas nécessaire de supposer un si long espace de temps, et
Dieu fut le principal architecte de l'arche dont Noé ne fut que l'ouvrier en
chef.
La forme de ce bâtiment était un grand carré long,
avec un fond plat, et un toit légèrement incliné; il n'avait ni voiles ni
cordages, et ses deux extrémités n'étaient point taillées de manière à fendre
les eaux; l'arche n'était point faite pour voguer, mais pour flotter seulement,
et pour surnager, et sa disposition offrait la plus grande résistance possible
aux courants et à l'agitation des eaux; elle n'aurait pu que très difficilement
se voir entraînée dans les mers, il ne faut pas oublier que l'Éternel lui-même
s'était chargé d'en être le pilote.
L'arche avait 300 coudées de long, 50 de large, et 30
de haut, c'est-à-dire environ 162 mètres de long, 27 de large, et 16m,20 de
haut, soit plus de 70,000 m, cubes; en sorte qu'elle était calculée de manière
à pouvoir porter plus de 80,000 tonneaux, soit 80,000,000 kilogrammes.
Elle était divisée en trois étages, le fond de comble
non compris, chacun desquels, déduction faite des planchers, devait avoir 4 à 5
mètres de hauteur, et se distribuait sans doute en un grand nombre de loges et
de compartiments. Il est à présumer aussi que ce bâtiment était construit de
manière à recevoir du jour et de l'air par les côtés, et qu'il y avait
par-dessus le toit quelque grande couverture en peau, qui, s'abattant par
devant les croisées, empêchait l'entrée de la pluie; mais cette circonstance,
comme tant d'autres qui regardent le détail de la construction, peut avoir été
passée sous silence. Ce serait en écartant cette espèce de contrevent que Noé
aurait reconnu la fin du déluge, 8:13.
Le grand cheval de bataille des incrédules contre
cette histoire miraculeuse, c'est l'impossibilité prétendue de loger dans
l'arche un aussi grand nombre d'animaux. Pour rendre l'objection plus forte, il
n'y a qu'à faire l'arche aussi petite, et le nombre des animaux aussi grand que
possible; mais il y a des limites à tout, même à la valeur des objections.
L'arche était un édifice immense, et tel qu'il n'y a guère de grand temple en
Europe qui présente une masse à lui comparer. Quant aux animaux, il est sûr,
puisque Dieu se proposait simplement d'en conserver les espèces différentes,
qu'il n'aura pas fait entrer dans l'arche des subdivisions de ces espèces,
provenant de croisements successifs, mais seulement les espèces primitives et
principales. Or, si l'on porte à 130 ou 140 le nombre des espèces bien
tranchées de quadrupèdes qui vivent sur la terre, à 160 celui des oiseaux, et à
30 ou 40 celui des reptiles qui n'ont pu se réfugier sous le sol et y demeurer
dans un état d'engourdissement, comme cela peut avoir eu lieu pour les
serpents, l'arche se trouverait avoir été plus que suffisante pour contenir
tous les animaux qui durent y entrer, avec la nourriture nécessaire à tous
pendant une année. D'ailleurs, s'il y a de gros animaux, il ne sont pas tous
gros: on n'en connaît que six espèces plus grandes que le cheval; il y en a peu
qui soient aussi grandes, et il y en a un fort grand nombre qui sont au-dessous
de la brebis. Le premier étage à lui seul aurait reçu tous les quadrupèdes; au
second aurait été leur nourriture; et le troisième présente assez d'espace pour
loger les oiseaux et les reptiles, puis Noé et sa famille avec les provisions
nécessaires. Des calculs très détaillés et très exacts ont amené là-dessus les
résultats les plus satisfaisants, qu'il n'est pas difficile de vérifier. En
outre, la position particulière et tout exceptionnelle où se trouvaient les
animaux, aura influé sur leurs rapports entre eux (rapports du reste que nous
ne connaissons pas pour les temps antédiluviens), comme aussi sur leurs
rapports avec l'homme, de manière à faciliter beaucoup les soins qu'on était
obligé de leur donner. On objecte de même souvent, qu'à cette époque peu
avancée de l'industrie, il était presque impossible de construire un bâtiment
d'une telle grandeur, et de le mettre en état de résister aux vagues de l'Océan
universel. Mais l'antiquité tout entière, même la plus reculée, a pris soin de
répondre à cette objection. L'industrie s'est développée bien longtemps avant
le commerce, presque en même temps que l'agriculture, et nous possédons dans
les pyramides, et dans les ruines les plus anciennes des pays classiques, le
témoignage irréfutable d'un vaste esprit d'entreprises, et d'une connaissance
étonnante et profonde de la mécanique et des autres arts, chez les hommes des
siècles passés. Le grand temple de l'Inde percé dans une montagne, et le mur de
la Chine, sont d'ailleurs des travaux bien autrement gigantesques, et Dieu n'en
a pas été l'architecte et l'ordonnateur, comme il le fut de l'arche destinée à
faire surnager ses huit sur le chaos et les débris d'un monde qui allait cesser
d'être.
L'arche fut faite de bois de gopher (q.v.), et Noé
l'enduisit de bitume. Après qu'elle eut vogué pendant cinq mois environ, elle
s'arrêta sur le mont Ararat en Arménie.
— Voir: Déluge.
— Sermons de Rochat, etc.
2. Arche
de l'alliance. Le mot hébreu que nos traductions rendent par Arche, Exode 37:1,
et ailleurs, n'est pas le même que celui qui désigne le vaisseau de Noé.
L'arche de l'alliance était un coffret de bois de sittim, d'environ 1m,62 de
longueur, large de 1m,08, et profond d'autant. Il était garni de plaques d'or
pur en dehors et en dedans; il avait en dehors une corniche également d'or, et
il était recouvert d'une table en or massif appelé le couvercle ou le
propitiatoire, sur lequel se tenaient deux chérubins. Ils étaient l'un
vis-à-vis de l'autre, regardant le propitiatoire qu'ils couvraient de leurs
ailes; c'est du milieu d'eux que l'Éternel rendait ses oracles, Exode 25:22;
Nombres 7:89; cf. 2 Rois 19:15; Psaumes 80:1, et qu'il manifestait visiblement
sa gloire et sa présence. Dans l'arche se trouvaient la cruche d'or avec la
manne, la verge d'Aaron qui avait fleuri, et les tables de l'alliance, Hébreux
9:4. Elle était placée dans le lieu très saint, et au grand jour des expiations,
le souverain sacrificateur venait et répandait sur le propitiatoire le sang des
victimes immolées. Il est facile de voir que ce coffret mystérieux était un
type de notre Seigneur Jésus-Christ: c'est lui qui a réellement magnifié la loi
de Dieu, tout en faisant propitiation pour nos péchés; il est notre alliance
avec le Saint des saints, et c'est en lui qu'a brillé toute la gloire du Père.
Maintenant qu'est-elle devenue, cette arche de
l'alliance? On n'en sait rien et l'on n'a pas besoin de le savoir, puisque la
présence de notre Dieu n'est plus attachée à aucune chose périssable, mais que
nous pouvons le trouver partout où nous sommes avec un cœur pur et des mains
nettes. Toutefois, voici quelques mots sur les traditions relatives au sort
final de cet ustensile sacré qui fut si longtemps, pour les Juifs, l'objet de
leur juste vénération. D'après 2 Maccabées 2:4; et sq., Jérémie aurait caché
l'arche dans une caverne de la montagne où Moïse était monté peu avant sa mort
(Pisga), afin que personne ne la pût trouver jusqu'au jour où le Seigneur
rassemblerait de nouveau son peuple. Théophylacte, Épiphane et le rabbin Joseph
Ben-Gorion racontent la même histoire, mais sur la foi de ce même témoignage,
de sorte qu'il n'y a qu'une seule source pour cette tradition. Toutefois, en
l'absence d'autres données, celle-là pourrait avoir quelque poids. La Bible
n'en dit plus rien. Lorsque Cyrus rendit à Esdras, Esdras 1:7, les vases que
Nébucadnetsar avait emportés, nous n'y trouvons pas un mot sur l'arche; les
Juifs sont d'accord pour dire qu'elle ne se trouvait pas dans le second temple,
et lorsque Flavius Josèphe (Bell. jud.) énumère les objets qui ont été emmenés
par Titus triomphant, il nomme la table d'or, le candélabre et la loi; et sur
l'arc de Titus dont on admire encore les restes bien conservés, on no trouve
parmi les dépouilles du temple que le candélabre et la table. Tout cela prouve
assez clairement qu'au retour de la captivité, l'arche d'alliance n'existait
plus pour les Juifs. Quelques rabbins s'appuyant sur 2 Chroniques 36:10, ou sur
2 Rois 20:17; et 24:13, prétendent qu'elle fut détruite et emmenée à Babylone
avec les autres trésors du palais et du temple; cependant il est peu probable
qu'elle soit tombée entre les mains des Caldéens, car on ne saurait comprendre
pourquoi il n'est jamais parlé de ce monument précieux, ni dans le récit des
choses emmenées, ni dans la liste des effets rendus à Esdras.
Selon d'autres, elle aurait été détruite lors de la
ruine de Babylone, ou par accident, ou à dessein; car, d'après Ésaïe 37:19, les
Assyriens avaient coutume de jeter au feu les dieux des nations vaincues. Aucun
auteur juif n'admet cette supposition; les chrétiens au contraire l'ont presque
tous acceptée en se fondant sur Jérémie 3:16: dans ce passage le prophète
exprime en effet l'idée que, dans les temps à venir, l'arche ne sera plus
honorée comme le seul trône de l'Éternel; mais il parle par opposition à la
vénération superstitieuse que les Juifs de son temps, après la réformation de
Josias, avaient pour les objets visibles de leur culte, et il veut dire qu'un
temps viendra où le véritable temple de l'Éternel sera dans les cœurs de son
peuple: ce passage ne peut donc pas s'entendre à la lettre.
Il ne reste plus maintenant que la troisième
supposition, c'est que l'arche ait été cachée. C'est la supposition des Juifs:
ils sont, à peu d'exceptions près, d'accord sur ce point. Selon eux, Josias,
averti des maux qui allaient fondre sur le peuple de Dieu, 2 Chroniques 34:24,
cacha l'arche dans l'intérieur de la montagne, au-dessous du temple, dans une
retraite préparée déjà par Salomon pour cet effet. Ils allèguent 2 Chroniques
35:3, qui semblerait prouver le contraire de ce que les Juifs prétendent; mais
ils l'expliquent en disant que l'ordre même qui est donné de remettre l'arche à
sa place, indique qu'elle n'y avait pas été sous le règne de l'impie
prédécesseur de Josias, et qu'elle avait été probablement mise en lieu de
sûreté. Conséquents avec eux-mêmes, ils espèrent que le temps viendra où, par
une direction providentielle, l'arche sera retrouvée, et rendue au peuple de
retour dans la terre promise.
Quant à nous, ce qui nous paraît à la fois le plus
probable et le plus simple, c'est que les sacrificateurs, sachant que la
captivité ne devait durer que soixante et dix ans, auront mis de côté les
monuments les plus précieux de leur culte, et que Jérémie le prophète, en
réponse peut-être à une demande qui lui aura été adressée par le sacrificateur,
aura indiqué le moment précis où devait avoir lieu l'invasion: on l'aurait
ainsi prévenue en se hâtant d'enfouir quelques-uns des vases sacrés. Puis au
retour de l'exil, les Juifs, toujours entourés d'ennemis et de difficultés de
tout genre, auront voulu attendre des temps meilleurs et l'érection du second
temple, avant de sortir de leur retraite ces monuments ensevelis, et à force de
délais on aura perdu la connaissance exacte des détails et de l'emplacement; il
n'en sera plus resté qu'une tradition vague et peu solide, appuyée, comme
toujours, sur un fond de vérité, mais amplifiée et défigurée par de curieuses
conjectures rabbiniques, ou par l'imagination des poètes.
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ARCHÉLAUS,
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fils d'Hérode le Grand, par la samaritaine Malthace,
sa cinquième femme. Ce fut le plus cruel et le plus sanguinaire des fils
d'Hérode. Celui-ci, après avoir fait mourir ses fils Alexandre, Aristobule et
Antipater, et après avoir interdit à Hérode Antipas toutes prétentions au
trône, s'établit pour successeur Archélaüs, en réservant toutefois l'agrément
de l'empereur. Le peuple et l'armée parurent satisfaits du choix d'Hérode, et
prêtèrent à Archélaüs le serment de fidélité. Le nouveau monarque fit à son
père de magnifiques obsèques, solennisa un deuil de sept jours, et fit de
grandes réjouissances populaires. Ayant rassemblé la multitude dans les cours
du temple, il promit de gouverner avec douceur et de ne prendre le titre de roi
qu'après qu'il en aurait obtenu de Rome la permission. Peu de temps après, la
populace se réunit tumultueusement, demandant la mort d'un homme parles
conseils duquel Hérode avait, fait exécuter un Juif zélé, qui avait arraché des
portes du temple l'aigle d'or qu'on y avait placée. Le peuple demandait en
outre que Joazas fût dépouillé de la souveraine sacrificature, et il maudissait
la mémoire d'Hérode le Grand. Pour se venger de ces insultes, Archélaüs envoya
ses troupes contre la multitude, et massacra 3,000 hommes sur le lieu même du
rassemblement près du temple. Tout cela se passait l'année même de la naissance
de notre Sauveur.
Cependant Archélaüs ne tarda pas à partir pour Rome,
pour y solliciter la confirmation du testament de son père, tandis que de son
côté, Hérode Antipas demandait qu'un testament antérieur, qui le faisait
héritier, fût seul déclaré valide, comme ayant été écrit dans un moment où leur
père jouissait mieux de toutes ses facultés. Auguste, ayant entendu les
parties, ajourna la sentence. D'autre part, la nation juive pétitionnait auprès
de l'empereur pour que les prétentions de la famille d'Hérode tout entière,
fussent écartées, et que la Judée fut annexée à la Syrie comme province
romaine. Après un délai de quelques jours, l'empereur investit Archélaüs d'une
partie des domaines de son père, avec le titre d'Ethnarque ou chef du peuple,
lui promettant la couronne s'il la méritait par sa conduite. À son retour en
Judée, Archélaüs déposa Joazas de sa charge, sous prétexte qu'il avait excité
des séditions parmi le peuple, et le remplaça par Éléazar, frère de Joazas.
Mais, au bout de sept ans, les Juifs et les Samaritains, fatigués de ses
violences et de sa tyrannie, le dénoncèrent à l'empereur. Contraint de
comparaître, il se rendit à Rome, fut condamné à l'exil, et finit ses jours à
Vienne en Dauphiné.
— Ce fut le caractère cruel de ce prince qui détourna
Joseph et Marie de résider en Judée avec le petit enfant Jésus, Matthieu
2:22-23.
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ARCHERS,
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guerriers ou chasseurs se servant d'arcs. Avant
l'invention des armes à feu, l'usage de l'are était presque universel, et il
remonte à la plus haute antiquité, Genèse 21:20; Jérémie 51:3. Les archers qui
avaient donné beaucoup d'amertume à Joseph et qui avaient tiré contre lui,
Genèse 49:23, signifient ses ennemis, savoir ses frères et la femme de
Potiphar. Les archers de Dieu dont parle Job 16:13, étaient les afflictions et
les terreurs qui étaient venues fondre sur lui, et qui avaient produit sur son
âme des effets tels que feraient des flèches empoisonnées.
— Les Benjamites passaient pour excellents archers, 1
Chroniques 8:39-40; 2 Chroniques 14:8; 17:17, de même que les Philistins, 1
Samuel, 31:3, et les Hélamites, Ésaïe 22:6; Jérémie 49:35; Ézéchiel 32:24.
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ARCHIPPE,
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ministre du saint Évangile à Colosses. Les membres de
cette Église sont invités par Paul à exciter leur pasteur à la diligence et au
courage dans l'œuvre de son maître, Colossiens 4:17. Paul le salue dans sa
lettre à Philémon, verset 2.
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ARÉOPAGE,
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Actes 17:19. Tribunal suprême des Athéniens, célèbre
par la justice de ses sentences. Institué par Solon comme cour de judicature,
il fut dans la suite élevé au rang d'un conseil d'État, puis dépouillé de
nouveau d'une partie de ses attributions par Périclès, puis encore réintégré
dans ses droits après la chute des trente tyrans. Présidés par l'archonte, ils
jugeaient les causes de meurtre, de blessures graves, d'incendie,
d'empoisonnement, et toute atteinte au respect dû aux dieux de la patrie.
L'aréopage tirait son nom de la colline, ou du faubourg où il tenait ses
séances, lequel était consacré au dieu Mars (Ares), et qui s'élevait, dans Athènes,
à l'ouest de l'Acropolis, citadelle séparée de la ville basse par une muraille.
C'est du haut de cette colline (et non point devant des juges, mais devant le
peuple) que saint Paul adressa la parole aux philosophes épicuriens et
stoïciens qui avaient désiré de l'entendre.
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ARÉTAS
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(vertueux). Il y eut sous ce nom plusieurs petits rois
qui régnèrent à l'est de Canaan, vers les frontières de l'Arabie, sur le pays
de Ghassan. Mais l'Écriture ne parle que de celui qui succéda à Obodas, et qui
fut le beau-père d'Hérode Antipas. Son gendre, amoureux d'Hérodias, femme
d'Hérode son frère, et ayant poussé sa première femme à demander une
séparation, Arétas, père de l'épouse congédiée, résolut de la venger.
À ce grief vinrent encore s'ajouter quelques
contestations à propos des frontières des deux États; la guerre commença,
l'armée d'Hérode fut entièrement battue. Hérode s'en plaignit à Rome, et
Vitellius fut chargé de punir l'Arabe; mais ayant appris la mort de Tibère (37
après J.-C.), il fit rentrer ses troupes en quartier d'hiver. C'est vers cette
époque qu'Arétas doit avoir occupé Damas et y avoir placé l'ethnarque dont il
est question 2 Corinthiens 11:32; cf. Actes 9:24. Plus tard un intrigant, nommé
Syllæus, essaya de nouveau de perdre Arétas dans l'esprit de l'empereur, qui,
ayant démasqué le traître, confirma solennellement le roi de Ghassan dans son
autorité.
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ARGENT.
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Il ne paraît pas que ce métal ait été en usage avant
le déluge; du moins les seuls métaux mentionnés dans la Bible jusqu'à cette
époque sont le cuivre et le fer, Genèse 4:22. Mais dès le temps d'Abraham nous
le voyons employé pour le commerce et les arts: Joseph avait une coupe
d'argent, 44:2,8, et les Égyptiens avaient des vases et autres ustensiles du
même métal, Exode 12:35; Nombres 7:13; 10:2. Comme monnaie, les patriarches
s'en servaient déjà, Genèse 20:16; 23:16, il n'était pas frappé au coin, mais
on l'estimait au poids en morceaux ou lingots, selon qu'il était plus ou moins
pur. À l'époque même de la destruction de Jérusalem par les Babyloniens, nous
voyons le prophète Jérémie acheter le champ de son cousin Hanaméel, et lui peser
17 sicles d'argent (198 grammes) en échange, Jérémie 32:9. Plusieurs passages
nous autorisent à penser que l'exploitation de ce métal, et l'art de le
raffiner et de le travailler, étaient connus des Israélites; cf. Job 28:1;
Psaumes 12:7; 66:10; Proverbes 10:20; 17:3; 27:21; Ézéchiel 22:22; Zacharie
13:9; 1 Chroniques 29:4, et ailleurs. Les Phéniciens, ces rois du commerce
d'alors, tiraient surtout l'argent de l'Espagne, et l'apportaient en lingots,
Ézéchiel 27:12, ou en plaques, Jérémie 10:9.
Le nom hébreu de ce métal (kèseph) signifie pâle, et
dérive d'un verbe qui signifie être pâle, languir après quelque chose d'aimé.
C'est pour cela sans doute que chez eux l'argent a été regardé comme le symbole
de la charité.
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ARGOB.
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1. Contrée
de Basan, appartenant à la demi-tribu de Manassé; elle était extrêmement
fertile, surtout en oliviers, et contenait soixante villes fermées, que Jaïr,
fils de Makir, répara et qu'il appela de son nom bourgs de Jaïr. Cette contrée
se nommait sans doute Argob, du nom de sa capitale, ou de celui de quelque
Amorrhéen célèbre auquel elle aurait autrefois appartenu, Deutéronome 3:4,14; 1
Rois 4:13.
2. Argob
et Arié, inconnus. Leur nom ne se trouve que 2 Rois 15, 25, mentionné à propos
de la conspiration de Pékach, dont on ne sait pas s'ils furent les complices ou
les victimes: la phrase dans l'original, comme dans nos traductions, permet
l'une et l'autre interprétation, mais favoriserait davantage l'idée qu'ils
succombèrent dans la défense d'Hazaria leur roi.
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ARIÉ,
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— Voir: Argob.
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ARIEL,
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Ésaïe 29:1, mot composé qui peut signifier lion de
Dieu ou foyer de Dieu; cette dernière signification se justifie davantage par
la comparaison de Ézéchiel 43:15-16. (Hariel est mis par erreur), où le
prophète donne ce nom à l'autel des holocaustes. C'est un nom prophétique et
symbolique de la ville de Jérusalem, la ville forte et vaillante qui doit être
le foyer et l'autel de Jéhovah. Dans le premier sens, l'allusion porterait sur
la force de ses moyens de défense dans la guerre.
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ARIMATHÉE,
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ville de Judée, que quelques écrivains pensent être la
même que Ramathajim Tsophim, 1 Samuel 1:1, la patrie de Samuel le prophète,
dans le voisinage de Béthel. Suivant Clarke et Buckingham, Arimathée est sur la
route de Jérusalem à Joppe, à l'extrémité d'une vaste et fertile plaine, à 50
kilomètres environ nord-ouest de Jérusalem. C'est dans cette ville que
demeurait l'honorable conseiller juif qui demanda la permission d'ensevelir
Jésus dans un sépulcre neuf qui lui appartenait. Matthieu 27:57; Luc 23:50.
— Voir: Rama.
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ARIOC ou Arjoc.
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1. Roi
d'Ellasar, un des alliés de Kédor-Lahomer, Genèse 14,1. Du reste, inconnu.
2. Capitaine
des gardes de Nébucadnetsar qui reçut l'ordre de faire périr tous les sages de
Babylone. À la demande de Daniel, il suspendit l'exécution et introduisit ce
prophète devant le roi, pour lui révéler le songe qui l'inquiétait, et lui en
donner l'explication, Daniel 2:14.
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ARISTARQUE,
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natif de Thessalonique, un zélé chrétien qui
accompagna Paul à Éphèse, et faillit perdre la vie dans le tumulte qu'excita
l'orfèvre Démétrius. Il suivit Paul en Grèce, de là en Asie, puis à Jérusalem;
on dit qu'il fut mis à mort dans la capitale de l'Empire, en même temps que
l'Apôtre. Actes 19:29; 20:4; 27:2; Colossiens 4:10.
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ARISTOBULE
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passe pour avoir été frère de Barnabas et l'un des
soixante et dix disciples; on dit même qu'il prêcha l'Évangile en Angleterre
avec de grands succès. Mais en réalité l'on ne sait rien de positif sur son
compte; on ne sait pas même s'il fut chrétien, puisque ce n'est pas lui mais sa
famille ou ses serviteurs que saint Paul salue Romains 16:10.
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ARJOC,
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— Voir: Arioc.
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ARKÉVIENS,
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Esdras 4:9, peuplade issue probablement de Érec,
Genèse 10:10, q.v.
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ARKIEN, et Arkite,
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Josué 16:2,4, (et Arkite, 2 Samuel 15:32) Arki était
une ville de la tribu d'Éphraïm, près de Béthel: peut-être faut-il joindre à ce
nom celui de Hataroth qui suit, de sorte que ce serait le même endroit que
Hatroth-Addar au verset 5.
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ARMAGEDDON,
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Apocalypse 16:16. Ce mot semble dérivé de Méguiddo, la
plaine où Barac, avec 10,000 hommes découragés et presque sans armes, mit en
déroute la formidable armée des Cananéens, Juges 4 et 5, et où le pieux roi
Josias fut blessé à mort dans la bataille contre Néco, roi d'Égypte, 2
Chroniques 35:22. C'est le nom hébreu donné par saint Jean au lieu qui sera le
théâtre de la destruction des troupes ennemies sous la sixième fiole. Sera-ce
en Italie, en Judée, ou dans les deux contrées à la fois, ou ailleurs? C'est ce
qu'il n'est pas possible de déterminer; le sens littéral est préférable. Il s’agit plutôt ici d’une guerre
spirituelle entre la souveraineté de l’homme et la Souveraineté de Dieu, plus
particulièrement entre le salut par les œuvres et le salut par la grâce seule.
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ARMÉES.
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Les plus nombreuses armées dont il soit parlé dans la
Bible, sont celles de Zérah, forte d'un million d'hommes et plus, 2 Chroniques
14:9, celle de Jéroboam, de 800,000 hommes (ib. 13, 3), celle d'Abija, 400,000
hommes (ibid.), et enfin celle de Josaphat, qui se composait d'environ
1,200,000 combattants (17:14-18). Un nombre aussi considérable d'hommes, levés
sur un espace de terrain assez peu étendu, peut sembler étonnant; mais il faut
se rappeler que ces armées ne se composaient pas de troupes régulièrement
organisées, soudoyées et entretenues par leurs gouvernements: ce n'étaient que
des levées en masse dans lesquelles se rencontraient tous les Israélites en
état de porter les armes, vieillards ou jeunes gens, riches ou pauvres, hommes
de toutes classes, espèces d'armées semblables à celles que Xercès lança sur la
Grèce, semblables encore à celles du turc Bajazet, du tartare Tamerlan, ou aux
armées ecclésiastiques des croisés du moyen âge. Après la guerre, chacun de
ceux qui en revenaient reprenait son métier et le cours interrompu de ses
occupations. Il va d'ailleurs sans dire que les chiffres indiqués plus haut ne
sont, avec toute l'exactitude désirable, que des nombres ronds tels que nous
les marquerions nous-mêmes en pareils cas.
— Voir: Nombres.
Avant le règne de David, les Israélites ne
combattaient qu'à pied, et chaque soldat portait ses vivres avec lui. La
plupart de ses successeurs n'eurent que des gardes du corps, et toute leur
armée se composait de milices. Lorsque les Hébreux étaient à la veille d'une
bataille, il se faisait une proclamation par laquelle étaient invités à se
retirer tous ceux qui avaient nouvellement bâti une maison ou planté une vigne,
ceux qui étant fiancés n'étaient pas encore mariés, et tous ceux qui se
laissaient influencer par la peur, Deutéronome 20:5-8; puis les sacrificateurs
sonnaient de la trompette et exhortaient ceux qui étaient demeurés à se confier
dans l'assistance du Seigneur (ibid.).
Les Hébreux sont souvent représentés comme l'armée de
l'Éternel, ils marchaient sous ses ordres, lui-même étant leur prince et leur
général; quelquefois il désignait leurs chefs et traçaient leurs plans de
campagne; les ministres de ses autels étaient chargés de donner le signal du
combat, Josué 5:14. Daniel 8:10-11. Les anges, les ministres, les hommes zélés,
les astres, les sauterelles, les troupes romaines, et en général toutes les
créatures composent la grande armée du Seigneur; il s'en sert pour la défense
de son peuple et pour l'extermination de ses ennemis: toujours elles sont
prêtes à obéir à ses commandements, Psaumes 103:21; 68:12; Daniel 4:25; Joël
2:7,25; Matthieu 22:7. L'armée des cieux et toutes ces brillantes étoiles du
firmament appartiennent au suprême Créateur de toutes choses, qui est appelé
l'Éternel des armées, le Dieu des cieux et de la terre, parce que sa puissance
s'étend sur toutes choses: il commande, et ils obéissent. Le nom de l'Éternel
des armées, qui ne paraît jamais dans le Pentateuque ni dans les Juges, est
très fréquemment employé par Ésaïe, Jérémie, Zacharie et Malachie; on trouve
encore: Éternel, Dieu des armées, Psaumes 59:5, et le Seigneur, l'Éternel des
armées, Ésaïe 10:16. Les armées désignent dans cette locution les puissances
célestes et spirituelles, essentiellement les anges, par opposition aux choses
de la terre.
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ARMÉNIE,
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contrée d'Asie, bornée au nord par la Colchide et
l'Ibérie, à l'est par la Médie, au sud par la Mésopotamie, à l'ouest par la
Cappadoce, enfin au sud-ouest par l'Euphrate et par la Syrie. Elle fut conquise
par Astyage le Mède, qui lui laissa ses propres rois tout en se la rendant
tributaire. Sous Cyrus, elle devint une simple province de la Perse, dont elle
continua de faire partie jusqu'au moment de la conquête de l'empire par
Alexandre. Après lui, elle échut en partage aux rois de Syrie, qui la
possédèrent jusqu'à Antiochus le Grand, sous le règne duquel cette province se
révolta et se partagea en deux royaumes, la grande et la petite Arménie.
Environ cinquante ans avant Christ, elle tomba au pouvoir des Romains, auxquels
les Arabes ou Sarrasins l'enlevèrent du temps de Justin II, empereur d'Orient;
cinquante ans après, elle fut envahie par les Tartares; en 1472 elle fut
annexée derechef à l'empire perse, jusqu'à l'an 1522, où elle fut conquise par
les Turcs dont elle est encore, en majeure partie, la propriété.
Le christianisme pénétra de bonne heure dans cette
contrée, et il y est encore professé. Les Arméniens font un commerce très
étendu avec l'Inde, la Perse et la Turquie, où ils ont des établissements.
L'Arménie est un pays de montagnes; les hivers y sont
très froids; mais en été, et dans les vallées surtout, la température y est
extrêmement élevée.
Elle ne se trouve nulle part mentionnée dans la Bible
sous le nom même d'Arménie, mais on croit qu'elle est désignée en divers
passages par les mots de Ararat, Genèse 8:4, de Thogarma, 10:3, et de Minni,
Jérémie 51:27:
— Voir: ces articles.
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ARMES.
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On trouve, en général, employées chez les Hébreux les
mêmes armes que chez les autres nations d'alors, 1 Samuel 17:5; sq. 2
Chroniques 26:14; Néhémie 4:13,16; mais il est difficile de rien préciser ni
sur la forme de ces armes, ni sur les matières dont elles étaient faites. On
distinguait:
1. Parmi
les armes défensives,
a. le
bouclier;
b. le
casque, 2 Chroniques 26:14; Jérémie 46:4; cf. Éphésiens 6:17; d'airain, 1
Samuel 17:5,38;
c. la
cuirasse, qui recouvrait le ventre et la poitrine, 1 Samuel 17:38; Néhémie
4:16; 2 Chroniques 26:14, ordinairement d'airain, et souvent de lames d'airain
disposées en écailles. Pour blesser un guerrier cuirassé, il fallait
l'atteindre à l'endroit des jointures et de l'agencement des deux pièces
principales de la cuirasse, cf. 1 Rois 22:34.
d. Les
jambières: espèce de bottés destinées à couvrir l'os de la jambe, aussi
d'airain, 1 Samuel 17:6; elles étaient fréquemment employées par les guerriers
de l'antiquité, Iliade 7, 42. Énéide 11, 777.
e. Il
est encore parlé, Ésaïe 9:4, suivant quelques traductions, d'une espèce de
soulier militaire, ou bottine de cuir (lat. caliga) garnie de fortes pointes;
c'est le mot que nos versions rendent par tumulte.
2. Armes
offensives,
a. L'épée,
qu'on ceignait autour du corps avec une ceinture de cuir; les Juifs, comme
l'infanterie romaine, portaient l'épée du côté gauche: on a voulu prouver le
contraire par l'histoire d'Ehud, Juges 3:16,21, mais l'historien fait
précisément remarquer l'exception dans le fait de ce guerrier qui était
gaucher, verset 15. L'épée se mettait dans un fourreau, 1 Samuel 17:51; 1
Chroniques 21:27; souvent elle était à deux tranchants, Juges 3:16; Proverbes
5:4; cf. Hébreux 4:12.
b. La
lance, hallebarde ou javelot, dont, parfois, on se servait pour le combat corps
à corps, et qui, d'autres fois, se lançait contre l'ennemi: ce dernier cas
était le plus rare, 1 Samuel 19:10; 20:33. La hampe était ordinairement de bois
et se terminait par une pointe de fer ou d'airain, 1 Samuel 17:7; 2 Samuel
21:16,19. Nahum 2:3. (dans ce passage le mot traduit par sapin se rapporte à la
hampe de la lance, le contexte le prouve suffisamment),
c. L'arc
(q.v.) avec ses flèches.
d. La
fronde, e. On peut croire, enfin, qu'il s'agit encore d'une hache d'armes,
Psaumes 35:3 (au lieu de lance), et d'un marteau de guerre, Proverbes 25:18;
mais ce n'est pas très clair.
Quant à l'usage des anciens d'ensevelir avec un
guerrier les armes dont il se servait pendant sa vie, on peut en trouver une
trace Ézéchiel 32:27. On suspendait volontiers dans les temples, ou bien on
brûlait par morceaux, les armes prises sur l'ennemi, Ézéchiel 39:9. (Ésaïe
9:3?) Il parait que les rois d'Israël avaient des arsenaux; du moins, nous
voyons que David, Cantique 4:4, Salomon, 2 Chroniques 9:16; Roboam, 11:12,
Hosias, 26:14, et Ézéchias, Ésaïe 39:2, en avaient. Le temple lui-même servit à
ces dépôts, 1 Samuel 21:9; 2 Chroniques 23:9.
Les armes de Dieu sont, dans un certain sens, tous les
moyens que le Seigneur emploie pour défendre son peuple et le faire triompher
de ses ennemis; dans un autre sens, ces armes sont les secours mêmes qu'il
prête aux fidèles, pour combattre le bon combat de la foi contre le péché, le
monde et Satan. Psaumes 35:2; Éphésiens 6:11-20.
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ARMONI, et Méphiboseth,
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fils de Saül et de Ritspa, et Méphiboseth, son frère
(qu'il ne faut pas confondre avec le fils de Jonathan), furent livrés par
David, de même que cinq de leurs neveux, fils de Mical, aux Gabaonites, qui les
mirent à mort, pour expier les crimes de Saül à l'égard de cette peuplade, 2
Samuel 21:1,8; ils furent exposés en croix sur une colline.
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ARNON,
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rivière ou torrent dont il est fréquemment parlé dans
l'Écriture, Nombres 21:13; 22:36; Deutéronome 2:24,36; 3:8,12; 4:48; Josué
12:1-2; 13:15-16; Juges 11:18; Ésaïe 16:2; Jérémie 48:20. Il prend sa source
dans les plaines du plateau de Galaad, brise la chaîne des hauteurs qui
limitent le désert, coule au sud-ouest dans un étroit et sombre ravin, au
milieu de vastes et fertiles plaines, le long de la frontière de Moab, et se
jette dans la mer Morte. Bamoth-Arnon, Nombres 21:28, est le nom propre d'une
petite ville maintenant inconnue, ou bien il doit se traduire les hauteurs
d'Arnon, ce qui se rapporterait aux rives escarpées et rocheuses du fleuve.
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ARPACSAD ou Arphaxad,
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(qui guérit), Genèse 11:10-13; 10:22; 1 Chroniques
1:17; ou Arphaxad, Luc 3:36, fils de Sem, naquit deux ans après le déluge;
c'est de lui qu'Abraham descendait par Sélah, à la septième génération. Il
mourut l'an 1916 avant J.-C., âgé de quatre cent trente ans. Abraham était
alors déjà en Canaan, et séparé de Lot depuis une année environ.
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ARPAD,
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ville de Syrie, probablement voisine de celle de
Hamath avec laquelle elle est presque toujours nommée. Quelques-uns la
confondent avec Arvad en Phénicie, mais il est plus probable que c'est l'Arphas
de Flavius Josèphe, située au nord-est de Bassan. 2 Rois 18:34; 19:13; Ésaïe
10:9; 36:19.
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ARTAXERCÈS, ou plutôt Arthachschaschtha.
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signifie, en vieux persan, un grand roi. C'était un
nom générique, et en quelque sorte un titre donné aux rois de Perse. Plusieurs
rois de ce nom sont mentionnés dans l'Écriture, mais il règne beaucoup
d'incertitude sur l'identité de ces rois avec ceux dont nous parle l'histoire
profane. Ces noms, qui n'étaient souvent que les noms généraux des rois d'une
dynastie ou des titres honorifiques accordés à quelques-uns d'entre eux,
variaient en outre si facilement, soit par le changement des voyelles, soit par
le changement des consonnes, soit même par l'addition ou le retranchement d'une
ou de plusieurs syllabes, en passant d'une langue à l'autre, du persan au grec,
et du grec au latin, que parfois ils sont devenus entièrement méconnaissables.
Il arrive ainsi que souvent plusieurs rois portent un seul nom, comme aussi que
plusieurs noms très différents ne servent à désigner qu'un seul et même
personnage. De tout cela résulte une confusion que les recherches historiques
peuvent parvenir à débrouiller dans bien des cas, mais qui parfois déroute
aussi la critique. Le cas actuel en est un exemple: nous trouvons dans la Bible
trois Artaxercès différents; mais il n'est pas sûr que le deuxième et le
troisième ne soient pas le même, Artaxercès Longuemain; il est de même possible
que l'un des Artaxercès soit identique avec l'un des Assuérus, q.v.
1. Celui
qui est mentionné Esdras 4:7,8, est presque sans contestation le faux Smerdis,
surnommé par d'autres Mardus, par d'autres encore Speudata ou Oropaste.
Prétendu fils de Cyrus, et prétendu frère cadet de Cambyse, il fut porté au
trône des Perses par une révolution de prêtres (522 avant J.-C.); mais son
usurpation ne fut pas de longue durée: au bout de huit ans il fut renversé.
Cédant aux menées des Samaritains, et en suite d'un rapport de Réhum, Artaxercès
lit défendre aux Juifs de continuer les travaux commencés pour le
rétablissement du temple et de Jérusalem; il eut ainsi le temps, pendant son
règne si court, d'être trouvé taisant la guerre à Dieu. Ces travaux restèrent
interrompus l'espace d'environ soixante ans.
2. Esdras
7:1,11; 8:1. Peut-être le fameux Xercès, époux d'Ester, sous le nom d'Assuérus,
et successeur de Darius Hystaspe. La septième année de son règne tomberait sur
l'an 478 avant J.-C. Il est cependant possible, ainsi que nous l'avons dit, que
ce soit Artaxercès Longue-main. C'est l'opinion de Bossuet, c'est encore celle
de plusieurs historiens; c'est celle de Gesénius, mais ce n'est qu'une opinion;
les données manquent, et c'est parce que les dates sont incertaines et fixées
diversement, que les uns plaçant le retour des Juifs en 478, le mettent sous
Xercès; les autres, le renvoyant à 457, le placent sous le règne de
Longue-main. Tout cela importe peu. À la requête d'Esdras, cet Artaxercès
permit aux Juifs de reprendre la suite de leurs travaux et de pourvoir à la
reconstruction du temple. L'édit qu'il promulgua à cet effet est empreint d'un
esprit de générosité, de paix et d'amour pour le bien du peuple de Dieu; il
permet aux exilés de retourner dans leur patrie; il leur permet de faire des
collectes, de recueillir autour d'eux l'or et l'argent dont ils auront besoin,
et de l'employer comme il leur semblera bon; il leur rend les ustensiles et
vases sacrés destinés au service de l'Éternel, et les autorise, en outre, à
puiser dans les trésors royaux tout ce qui sera nécessaire pour les dépenses de
leur culte. Esdras est chargé d'établir des juges, des magistrats et des hommes
capables d'appliquer les lois de Dieu, et de les enseigner à ceux qui ne les
sauraient pas; enfin le roi exempte de toutes charges, impôts et tributs, les
sacrificateurs, lévites, chantres, portiers, porteurs d'eau, et autres employés
du nouveau temple.
3. Néhémie
2:1; 5:14; 13:6. C'est, sans contestation, l'Artaxercès qui reçut le surnom de
Longuemain. Le commencement de son règne ne se laisse pas préciser très
exactement; selon les uns ils commença 474 ans avant J.-C., selon d'autres, et
c'est plus probable, en 464; il régna jusqu'en 425. Ce roi, qui accepta les
services de Thémistocle exilé, avait pour échanson un vieillard vénérable, Juif
d'origine, et dont la tristesse un jour le frappa et l'irrita. «Que le roi vive
éternellement, lui répondit l'échanson; mais comment mon visage ne serait-il
pas abattu, puisque ma ville, qui est le Heu des sépulcres de mes pères,
demeure désolée? Si le roi le trouve bon, et si ton serviteur t'est agréable,
envoie-moi en Judée, vers la ville de mes pères, pour la rebâtir.» Le roi et sa
femme eurent égard à la prière du Juif qui, lui-même, nous a conservé ce récit;
c'est Néhémie. Il obtint une escorte et des passeports pour son voyage, avec
les pleins pouvoirs nécessaires pour se procurer tous les matériaux dont il
aurait besoin; il fut même fait gouverneur de Judée par Artaxercès. C'est de
cet édit en faveur des Juifs qu'il faut partir pour compter les soixante et dix
semaines de Daniel; Daniel 9:24-25. «Cette importante date, dit Bossuet, a de
solides fondements.»
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ARTÉMAS,
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Tite 3:12, était, selon toute apparence, un fidèle
ministre de l'Évangile. Paul avait l'intention de l'envoyer en Crète, lui ou
Tychique, sans doute pour y remplacer Tite pendant que celui-ci aurait été
visiter l'apôtre à Nicopolis.
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ARTSA,
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maître d'hôtel du roi Éla, et gouverneur de Tirtsa,
capitale du royaume des dix tribus. C'est dans sa maison et pendant un repas
qu'Artsa donnait à son maître qu'Éla fut assassiné par Simri. 1 Rois 16:9.
________________________________________
ARUMA,
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Juges 9:41, ville dans le voisinage de Sichem. Eusèbe
dit qu'elle prit plus tard le nom de Remphin, et qu'elle était située non loin
de Diospolis; mais,
— Voir: Rama.
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ARVADIENS,
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descendants de Canaan; Genèse 10:48; 1 Chroniques
1:16. Ils bâtirent, peu après le déluge, la ville d'Arvad ou Aradus, en
Phénicie, sur une petite île au sud de Tyr, à la distance d'environ 5
kilomètres du rivage, à l'embouchure du fleuve Éleuthère. En face de cette île,
et sur la terre ferme, se trouvait la ville d'Antaradus, au nord de Tripoli.
— Les Arvadiens s'étaient acquis la réputation
d'habiles marins, Ézéchiel 27:8,11, témoignage qui est confirmé par Strabon;
ils étaient gouvernés par leurs propres rois et avaient un commerce assez
étendu, surtout depuis que Tyr et Sidon eurent passé sous la domination
syrienne. Cette ville compta plus tard au nombre des alliés de Rome; 1
Maccabées 15:23. On possède encore des monnaies arades.
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ASA,
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troisième roi de Juda, fils et successeur d'Abija. (Il
régna quarante et un ans, 955-914 avant J.-C.) Il épousa Hazuba, fille de
Silhi, qui donna le jour au noble Josapbat. Animé des dispositions les plus
pieuses, dans les mesures qu'il prit contre l'idolâtrie, il n'épargna pas même
son aïeule Mahaca, la mère de son père, qui s'était fait une idole infâme. Il
fit la guerre à la débauche comme à l'idolâtrie, et renversa les autels des
faux dieux, dont il brisa les statues. Mais, ajoute l'historien sacré, les
hauts lieux ne furent point ôtés, 1 Rois 15:14; 2 Chroniques 15:17, observation
qui est immédiatement suivie de celle-ci: «et néanmoins le cœur d'Asa fut droit
devant l'Éternel tout le temps de sa vie.» Il paraît donc que c'est la
puissance, plutôt que la volonté, qui lui manqua pour achever entièrement
l'œuvre de réformation qu'il avait commencée; on voit de même qu'il ne put
exterminer du pays toutes les prostituées qui s'y trouvaient; 1 Rois 22:47.
— Il profita de la paix dont il jouit pendant les
quinze premières années, pour pourvoir à la sûreté extérieure de son royaume,
en construisant des forteresses et en donnant à son armée une organisation plus
régulière; 2 Chroniques 14:6; sq. La onzième année de son règne, il fut attaqué
par le roi d'Éthiopie Zéraph (probablement celui qui est nommé Sabacon par
Manetho, dans la chronique d'Eusèbe); les deux années étaient immenses; mais
celle de l'Éthiopien était deux fois plus forte que celle du roi juif. Elles se
rencontrèrent dans la vallée de Tséphat; Asa cria à l'Éternel: «Aide-nous, car
nous nous sommes appuyés sur toi», et la victoire se déclara en faveur de celui
qui avait prié. Dieu frappa les Éthiopiens; les guerriers de Juda en firent un
grand carnage et retournèrent à Jérusalem avec un riche butin, des brebis et
des chameaux. Fortifié par cette délivrance miraculeuse, et encouragé par le
prophète Hazaria, qui lui dit: «L'Éternel sera avec vous aussi longtemps que
vous resterez avec lui», Asa continua de détruire les idoles dans son royaume
et dans les villes qu'il avait prises, et rétablit la peine de mort contre
«tous ceux qui ne rechercheraient pas l'Éternel de tout leur cœur.» Il
rassembla son peuple à Jérusalem: un grand nombre d'Israélites fidèles du
royaume des dix tribus vinrent grossir cette foule pieuse, et ils offrirent un
sacrifice solennel au Dieu des délivrances, 700 bœufs et 7,000 brebis du butin
qu'ils avaient fait. Cette fête, où l'alliance fut renouvelée avec l'Éternel,
fut suivie d'une longue paix. Puis, en la trente-sixième année depuis la
séparation des deux royaumes, la seizième du règne d'Asa, Bahasa, roi d'Israël,
vint en Juda, s'empara de Rama, la fortifia, et s'en fit une position
importante; 1 Rois 15:16; 2 Chroniques 16:1. Asa, qui venait de faire une
expérience si remarquable du secours de Dieu, montra, par une triste chute,
combien sa foi était encore faible et mêlée de doutes, d'incrédulité, de
confiance humaine. Pour résister à son ennemi, il contracta alliance avec
Ben-Hadad, roi de Syrie, et acheta même son secours avec les trésors du temple,
qu'il avait consacrés d'abord à l'Éternel. Il obtint la victoire, força Bahasa d'abandonner
ses travaux, et se servit des matériaux que le roi d'Israël avait fait
transporter à Rama, pour fortifier à son tour Guébah et Mitspa, qu'il entoura
de fossés; cf. Jérémie 41:9. Mais il recueillit ce qu'il avait semé, et
moissonna les fruits du péché: sa démarche lui fut vivement reprochée par le
prophète Hanani, et occasionna même des troubles civils. Asa, irrité contre le
voyant, parce qu'il lui avait annoncé de nouvelles guerres comme châtiment de
son alliance avec les étrangers, le fit traîner en prison; mais cela ne lui
donna pas la paix. Dans ce même temps encore, et comme poussé par une
conscience malheureuse, il se laissa aller à opprimer quelques-uns de son
peuple, et ternit ainsi la fin d'un règne commencé sous de si heureux auspices.
Pendant sa dernière maladie, il montra aussi moins de confiance en Dieu que
dans l'art des médecins; il mourut, à ce qu'il paraît, de la goutte, après deux
ans de souffrances, et dans la quarante et unième année de son règne. On
l'ensevelit dans une sépulture qu'il s'était fait préparer à Jérusalem.
Quel que soit le jugement que nous soyons disposés à
porter sur la fin du règne d'Asa, ce règne fut, à tout prendre, un des plus
heureux qu'ait eu le royaume de Juda; la Bible même cite en diverses occasions
Asa comme un des rois dont la piété dut servir de modèle à leurs successeurs; 1
Rois 22:43; 2 Chroniques 20:32; 21:12. Et sa fidélité est d'autant plus digne
d'être remarquée, que pendant son long règne six rois se succédèrent sur le
trône d'Israël, qui tous furent coupables (Nadab, Bahasa, Éla, Zimri, Homri,
Achab), et dont l'exemple eût pu facilement entraîner au mal tout autre qu'un
monarque fidèle.
Pour concilier la chronologie des rois de Juda avec
celle des rois d'Israël, il faut nécessairement admettre que lorsqu'il est dit,
2 Chroniques 15:19; 16:1, qu'il n'y eut point de guerre jusqu'en la
trente-cinquième année, ce chiffre se rapporte, non point à l'avènement d'Asa,
mais à l'époque de la séparation des deux royaumes; car, d'après 1 Rois 15:33,
Bahasa commença de régner la troisième année d'Asa, et comme il ne régna que
vingt-quatre ans, il atteignit à peine la vingt-sixième année d'Asa, bien loin
d'avoir atteint sa trente-sixième année.
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ASAPH,
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1. descendant
de Lévi par Kéhath, fut un des trois principaux chantres établis par David pour
le service du sanctuaire; ses enfants, 1 Chroniques 25:2, formaient les classes
première, troisième, cinquième et septième des musiciens. Il paraît que leur
place, dans les cérémonies, était au côté méridional de l'autel d'airain. Le
Psaumes 50e et les onze depuis le 73e jusqu'au 83e, sont indiqués comme étant
d'Asaph, quoique l'on puisse traduire aussi Psaumes pour Asaph, destinés à être
chantés par lui, ou par les chœurs de ses enfants.
— Voir: Psaumes.
Quelques personnes pensent, à cause du contenu de ces
psaumes, qui ne paraissent pas convenir au temps d'Asaph, qu'il y eut plus tard
un autre prophète du même nom, qui les aurait composés; d'autres enfin
supposent, et c'est l'opinion du bénédictin Calmet, que quelques descendants
d'Asaph les auront écrits, et leur auront donné le nom de ce fameux chef de la
musique du temple; ils rapportent les Psaumes 50, 74, 79 et 80 à l'époque de la
captivité, le 78e au temps d'Asa, les autres au temps de Josaphat. Asaph est
appelé voyant ou prophète 2 Chroniques 29:30.
2. Le
père de Joach qui fut secrétaire du roi Ézéchias, 2 Rois 18:18.
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ASDOD, ou Azote,
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appelée Azote par les Grecs et les Romains, ville
forte sur la côte sud-est de la Méditerranée, sous la même latitude à peu près
que Jérusalem, à 55 ou 60 kilomètres ouest de cette ville, à 50 de Gaza, à 25
de Hékron. Cette ville devait appartenir à la tribu de Juda, mais elle demeura
aux Philistins qui surent la conserver ou la reprendre, Josué 15:47. C'est là
que se trouvait le fameux temple de Dagon; c'est là que fut conduite l'arche
captive, qu'elle mit en pièces l'idole du faux dieu, et qu'elle frappa de
plaies les Philistins, 1 Samuel 5:1-6. Hozias en démolit les fortifications, et
l'entoura de quelques forts pour la tenir en respect, 2 Chroniques 26:6.
Tartan, général assyrien, l'ayant prise de vive force, y plaça une garnison qui
tint ferme contre Psammétique, roi d'Égypte, Ésaïe 20:1. Prise et ravagée plus
tard par les troupes de Nébucadnetsar, elle fut de nouveau reprise par
Alexandre le Grand. Jonathan Maccabée la réduisit en cendres avec le temple de
Dagon, 1 Maccabées 5:68; 10:84; mais elle fut ensuite rebâtie. Dès les premiers
temps de l'établissement du christianisme, l'Évangile y fut prêché par
Philippe, Actes 8:40, et une église chrétienne s'y forma et s'y maintint, sans
doute jusqu'au temps de l'invasion des Sarrasins, cf. encore Sophonie 2:4;
Zacharie 9:6. Ce n'est plus maintenant qu'un misérable village qui a conservé
son ancien nom.
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ASÉNATH,
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fille de Potiphérah, et femme de Joseph; elle fut mère
d'Éphraïm et de Manassé. Genèse 41:45; 46:20. Quelques-uns pensent que
Potiphérah est le même que Potiphar, le premier maître de Joseph. Les fables,
les légendes, les traditions et les livres mystiques abondent sur l'histoire
des amours de Joseph et d'Asénath; les Orientaux ont voulu en faire une espèce
de Cantique des Cantiques.
— Voir: Calmet, Dict.
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ASER
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(bonheur, bénédiction), huitième fils de Jacob et
second fils de Zilpa, Genèse 30:13; il a donné son nom à l'une des douze tribus
des Hébreux. Il eut pour fils Jimna, Jisua, Jisui, Biriha, et pour fille Sérah,
Genèse 46:17; 1 Chroniques 7:30-40. Au sortir de la servitude d'Égypte, cette
tribu comptait 41,500 hommes en étal de porter les armes, sous la conduite de
Paghiel, fils de Hocran, Nombres 1:13,40. Celui d'entre eux qui alla épier le
pays de Canaan, s'appelait Séthur, Nombres 13:14, et leur chef, lors du partage
des terres, était Ahihud, fils de Sélomi, 34:27. À la sortie du désert leur
nombre était de 53,000 hommes au-dessus de vingt ans, 26:44-47. Le lot qui leur
échut en Canaan, Josué 49:24-31, était dans la partie nord-ouest du pays,
occupant la haute Galilée avec la plaine d'Acre, depuis le Carmel jusqu'au
Liban, contrée d'un sol très fertile et riche en fer et autres minéraux:
c'était l'accomplissement des prophéties de Jacob et de Moïse. «Le pain
excellent viendra d'Aser; il fournira les délices royales; il trempera ses
pieds dans l'huile; ses souliers (mal traduit verrous) seront de fer et
d'airain.» Genèse 49:20; Deutéronome 33:24-25. Il aurait pu s'avancer encore
davantage vers le nord, et la moitié inférieure de la vallée de Békaa lui
appartenait; mais les Asérites, par nonchalance et par lâcheté, laissèrent
entre les mains des Cananéens les villes de Sidon, d'Ahlab, d'Aczib, d'Helba,
d'Aphek et de Réhob, Juges 1:31-32. La tribu d'Aser était une des six qui,
placées sur le mont Hébal, devait répondre amen aux malédictions de la loi,
Deutéronome 27. Après s'être soumis sans résistance à la tyrannie de Jabin, roi
de Canaan, les descendants d'Aser assistèrent puissamment Gédéon contre les
Madianites, Juges 5:17; 7:23. Quarante mille d'entre eux, tous vaillants
guerriers, assistèrent au couronnement de David. Pahana, fils de Cusaï,
gouverna cette tribu sous le règne de Salomon. Enfin nous voyons qu'elle ne
demeura pas étrangère au réveil religieux qui eut lieu du temps d'Ézéchias, 1
Chroniques 12:36; 1 Rois 4:16; 2 Chroniques 30:11.
— Anne la prophétesse était Asérite. Luc 2:36.
— Voir: encore l'article Tribu.
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ASHUR,
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1 Chroniques 2:24; 4:5, fils de Hetsron et d'Abija, et
père de Tékoah; du reste, inconnu.
— Voir: Tékoah.
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ASIARQUES,
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Actes 19:31. C'était le nom que portaient, dans l'Asie
proconsulaire, certains magistrats annuels, chargés, comme les édiles, de faire
célébrer les jeux solennels en l'honneur des dieux et des empereurs romains.
Cette place était purement honorifique, et ceux qui l'acceptaient devaient être
riches et considérés, car les frais de ces fêtes religieuses étaient à la
charge des asiarques. Ils résidaient dans les principales villes de l'Asie
Mineure, à Smyrne, Éphèse, etc. Ces villes, à l'époque de l'équinoxe d'automne,
élisaient chacune un de leurs bourgeois, qui pouvait être pris dans les
familles sacerdotales, sans que ce fût cependant une condition exclusive; tous
même ne pouvaient pas appartenir à la caste des prêtres. Sur le nombre de ceux
qui avaient été élus, dix étaient choisis pour former une espèce de conseil
administratif, dont il paraît que le proconsul désignait lui-même le président;
c'était ordinairement l'asiarque de la métropole à qui ce titre était dévolu.
Un passage d'Eusèbe montre qu'on désignait l'année par le nom de ce président
(Hist. Ecclésiaste 4:15).
— Ceux de la ville d'Éphèse, par amitié et par
considération pour saint Paul, l'engagèrent, dans l'affaire de Démétrius
l'orfèvre, à ne point se présenter devant le peuple. On voit par là combien
devait être grand le crédit de l'apôtre chez les populations païennes au milieu
desquelles il demeurait.
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ASIE.
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Sous ce nom par lequel nous désignons maintenant l'une
des cinq grandes parties du monde, les anciens entendaient tour à tour, l'Asie
entière (— Voir: Hérodote), la partie de l'Asie soumise aux Romains jusqu'à
l'Indus, puis l'Asie Mineure, enfin l'Asie propre. Ces deux dernières sont les
seules qui soient expressément mentionnées dans l'Écriture Sainte.
1. L'Asie
Mineure, Natolie, ou le Levant, bornée au nord par l'Hellespont et le
Pont-Euxin, à l'occident et au midi par la Méditerranée, avait environ 1,000
kilomètres de long sur 830 de large, et renfermait les provinces de la Mysie,
la Lydie, la Carie, à l'ouest; la Bithynie, la Phrygie, la Pisidie, la
Pamphylie, et la Lycie à l'est des premières; plus à l'est encore, se
trouvaient la Paphlagonie, la Galatie et la Lycaonie; enfin à l'extrême
frontière orientale, le Pont et la Cappadoce.
2. L'Asie
propre, que le roi Attale laissa par testament aux Romains, comprenait la
Phrygie, la Mysie, la Carie et la Lydie. C'est là que se trouvaient les sept
églises dont il est parlé dans l'Apocalypse, 1:11. C'est de cette Asie qu'il
est question lorsqu'il est dit que le Saint-Esprit défendit à Paul de prêcher
l'Évangile en Asie, lors de son premier voyage dans le Nord, Actes 16:6. C'est
là que de faux apôtres parvinrent à détourner les âmes de l'affection et de la
confiance qu'elles devaient à saint Paul, pendant qu'il était prisonnier à
Rome, 2 Timothée 1:15; cf. encore Actes 2:9. Dans le Nouveau Testament, on doit
donc presque toujours entendre par le mot Asie, l'Asie propre.
L'Asie Mineure, à l'exception peut-être de la Lydie,
fut primitivement peuplée par les descendants de Japhet, qui se la partagèrent
en un très grand nombre de petites souverainetés. Les plus remarquables, avec
les États de la Grèce qui avaient une commune origine, furent la Troade, la
Lydie, le Pont et la Cappadoce. Il ne paraît pas que les Assyriens, ou
Caldéens, aient jamais étendu leurs conquêtes jusque-là. Mais il n'en fut pas
de même des armées perses: de là naquirent les guerres de ces derniers avec les
Grecs. Sous Alexandre le Grand, et environ 330 ans avant Christ, les Grecs
d'Europe s'emparèrent de l'Asie Mineure tout entière, après quoi elle tomba au
pouvoir des Romains, et leur demeura soumise, du moins en partie, jusqu'aux
invasions des Sarrasins; puis les Turcs en dépouillèrent les empereurs
d'Orient. Depuis plus de trois cents ans le farouche musulman opprime ces
magnifiques contrées, qu'il a presque réduites en désert.
Il n'est pas douteux que ce pays ne soit un de ceux
que les prophètes appellent les îles de la mer, Ésaïe 42:10; 49:1, etc. Le
christianisme y fut généralement connu et adopté dès les jours des apôtres.
Pendant longtemps un grand nombre d'Églises y fleurirent et brillèrent d'un vif
éclat; c'est là que se tinrent, entre autres, les fameux conciles de Nicée,
d'Éphèse et de Chalcédoine. Maintenant la plupart de ces Églises sont
détruites, et celles qui subsistent encore sont dans un état déplorable; les
sept Églises de l'Apocalypse en particulier, ont toutes subi le sort qui leur
fut annoncé par le Seigneur.
— Voir: les articles spéciaux, et Hartley, Voyage en
Grèce et aux sept Églises.
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ASIMA,
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2 Rois 17:30; c'est le nom de l'idole que se firent
les gens de Hamath. On ne sait rien sur sa forme; quelques-uns lui donnent la
figure d'un singe (cf. le latin Simia), d'autres celle d'un âne, d'un bœuf, du
soleil, d'un agneau, d'un bouc, d'un satyre, du dieu Pan, etc. Les mages enfin
pensent qu'Asima était l'ange de la mort, qui sépare les âmes des corps. Ce
sont tout autant de conjectures.
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ASKÉLON,
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capitale du pays des Philistins, sur la côte de la
Méditerranée, à 25 ou 30 kilomètres nord de Gaza sa rivale, à 15 kilomètres sud
d'Asdod, à 65 kilomètres ouest de Jérusalem, et à 50 de Jaffa. Cette ville fut
autrefois célèbre par son temple et son vivier poissonneux, l'un et l'autre
consacrés à la déesse Dercéto, par ses produits en épices, en vin et en fruits
excellents, et par ses oignons si fameux (d'où nos échalotes, coepe
ascalonicum). C'était la plus forte des villes appartenant aux Philistins, ce
qui n'empêcha pas qu'elle ne leur fût enlevée par la tribu de Juda, de même que
Gaza et Hékron; mais les Philistins la reconquirent plus tard, Juges 1:18;
14:19. Elle fut prise et saccagée par les Assyriens, détruite par les Caldéens,
puis rebâtie. Alexandre le Grand s'en empara; puis les Juifs s'en rendirent
maîtres de nouveau du temps des Maccabées. Amos 1:8; Jérémie 47:5-7; Zacharie
9:5. Une Église chrétienne y fut fondée peu après l'ascension de notre Sauveur,
et subsista durant plusieurs siècles, jusqu'à la funeste invasion des
Sarrasins, 1191. Maintenant c'est à peine s'il reste quelques vestiges de cette
ville ruinée, et quelques traces d'un port que le sable a comblé.
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ASKÉNAS.
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Genèse 10:3; Jérémie 51:27. Un des descendants de
Japhet. La contrée qu'il habita paraît avoir été proche du pays de Gomer son
père, et du royaume d'Ararat; mais c'est tout ce qu'on en sait de positif, et
les interprètes varient beaucoup sur le lieu où ils doivent fixer sa
descendance. Bochart fait observer que l'on rencontre ce nom dans plusieurs
endroits de la Phrygie; il y a une ville Ascania, un sinus Ascanius, un lacus
Ascanius, les insulæ Ascaniæ, etc. Quelques-uns supposent qu'Askénas, partant
de l'Asie Antérieure, aura traversé l'Asie Mineure, où il aura en quelque sorte
semé ces divers noms; puis, arrivés en Europe, ses descendants auraient pris
deux directions différentes; les uns, franchissant les Alpes et les Pyrénées,
auraient peuplé la Grèce, l'Italie et l'Espagne, leur langue nous serait
conservée dans la langue basque; l'autre branche aurait suivi les côtes de la
mer vers le nord, et aurait conservé le nom de son aïeul Gomer dans la
dénomination de Cimbri, les Cimbres (les mêmes peut-être que les Gaëls, les Celtes,
les Gaulois); leur langue nous aurait été conservée dans le dialecte du pays de
Galles (province de Wales), elle a beaucoup de rapports avec la langue basque.
Les Juifs, d'après leurs traditions, appellent l'Allemagne Askénas.
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ASPÉNAZ,
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Daniel 1:3; sq., capitaine des eunuques de
Nébucadnetsar; chargé de présenter à son maître quelques jeunes Hébreux, beaux
et bien faits, il lui présenta Daniel et ses trois compagnons, dont il changea
les noms afin de leur en donner d'autres plus en rapport avec ceux des idoles
babyloniennes. Les jeunes prisonniers lui demandèrent de n'être point
contraints à manger des viandes sacrifiées, et Dieu inclina le cœur de cet
officier, de telle sorte qu'il leur accorda un essai de dix jours, malgré les
dangers auxquels il s'exposait en n'exécutant pas en tous points la volonté du
monarque.
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ASPERSIONS,
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Baptêmes sous
l’Ancienne Alliance. Les rituels de purifications étaient nombreux et variés.
— Voir: Libations et Baptême.
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ASPHALTE ou Bitume,
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hébreu Hhémar. Cette matière résineuse, semblable à de
la poix fondue, sort de terre, soit comme une source, soit en filtrant à
travers les crevasses dont le sol est parsemé. L'asphalte se trouve tantôt dans
les montagnes, tantôt nageant à la surface des sources et des lacs de plusieurs
contrées de l'Orient; il Hotte surtout en abondance sur les eaux de la mer
Morte, dont les rives et le fond le vomissent en masses considérables, gras et
foncé. La mer Morte, comme on sait, occupe maintenant la place où existait
autrefois la vallée de Siddim, Genèse 14:10, qui était remplie de puits de
bitume, et le voyageur Mariti a trouvé sur la côte occidentale de ce lac de
petits cratères pleins de cette substance continuellement en fusion; elle se
solidifie dans les eaux lourdes et salées du lac auquel elle donne son nom, le
lac Asphaltite.
— Voir: Mer Morte.
Lors de la construction de la tour de Babel, Genèse
11:3, on se servit de bitume au lieu de mortier, et de tout temps les habitants
de la Babylonie l'ont employé pour le même objet. Le voyageur Balbi rapporte
que dans le désert de Bagdad, il y avait un lac tellement plein de bitume, que
si les habitants des contrées environnantes n'avaient pas été le recueillir
pour fabriquer des tuiles, ou construire des maisons, il y aurait eu bientôt
tout autour du lac des montagnes de bitume devenu solide. Dans l'île de Zante,
on trouve également de ces puits d'asphalte, et l'on a remarqué que ce bitume,
employé comme ciment, devient si tenace et si durable, lorsqu'il a été séché au
soleil, qu'il est plus facile de briser que de séparer les pierres qu'il sert à
lier. Pline le naturaliste, raconte que les Égyptiens se servaient d'asphalte
pour enduire leurs petites barques de papyrus, et pour empêcher les eaux du Nil
d'y pénétrer. Cette coutume parait être fort ancienne, car déjà nous lisons
dans la Bible que le petit vaisseau ou coffret de jonc (papyrus), dans lequel
l'enfant Moïse fut exposé sur le Nil, était enduit de poix et d'asphalte; et,
longtemps auparavant, l'arche de Noé avait été garantie des eaux du déluge par une
précaution semblable, Genèse 6:14; Exode 2:3.
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ASPIC.
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1. Ce
serpent (hébreu Pèthen) est mentionné six fois dans l'Ancien Testament; dans
cinq de ces passages, Deutéronome 32:33; Job 20:14,16; Psaumes 58:5; Ésaïe
11:8; Jérémie 8:17, les Septante le traduisent par aspic, et dans le 6e,
Psaumes 91:13, ils le rendent par basilic, sans avoir cependant aucune raison
pour faire cette différence. Une espèce de serpent qui, chez les Arabes, porte
encore le nom de Béten et que quelques savants croient être le Pèthen de la
Bible, a environ un pied de longueur, et une grosseur proportionnée; sa peau
est couverte de taches de diverses couleurs, de noires et de blanches; il est
ovipare, et si venimeux que sa morsure tue en très peu de temps, eu faisant
enfler le corps, et produisant une gangrène générale. Le célèbre voyageur
Hasselquist rapporte à peu près la même chose d'un autre serpent appelé aspic
par les Grecs de l'île de Chypre, et dont le venin, dit-il, est le plus violent
qui soit connu en Orient. Il est très possible que ce soit le même que le Béten
des arabes, ou du moins une espèce de la même famille. Les habitants de l'île
de Chypre le représentent comme privé de l'ouïe, et lui ont donné à cause de
cela le surnom de sourd, parce qu'aucun charme ne saurait dompter sa
méchanceté. Jérémie nous dit la même chose, 8:17, que ce serpent est le plus
malicieux et le plus dangereux de tous, qu'on ne peut ni l'apprivoiser, ni le
mettre hors d'état de nuire, comme on le fait avec d'autres espèces, et dans le
Psaumes 58:5-6, il est encore appelé sourd à la voix des enchanteurs et du
charmeur.
Les voyageurs qui ont visité l'Orient racontent des
traits étonnants de l'adresse et du pouvoir dont certaines personnes, hommes ou
femmes, font preuve pour dompter et presque apprivoiser les serpents. Cet art,
pratiqué dans l'antiquité par les Marses et les Psylles, qui habitaient la
portion de l'Afrique comprise entre la mer Rouge et la Méditerranée, est encore
connu, mais gardé secret, chez les Égyptiens, les Arabes, les Indous, et
d'autres peuples de ces contrées. Le fait est suffisamment constaté pour être
hors de doute; mais depuis deux mille ans, malgré toutes les recherches qu'on a
faites, rien n'a transpiré sur les mystérieux moyens employés pour obtenir
d'aussi singuliers résultats: c'est une espèce d'art et de gagne-pain que
certaines familles possèdent seules, et qu'elles transmettent à leurs
descendants comme elles l'ont reçu de leurs ancêtres. Tout ce qu'on a pu
observer, c'est que les charmeurs se nourrissent volontiers de serpents, crus
ou cuits, et qu'ils en font des soupes pour leur nourriture ordinaire; ils en
mangent surtout lorsqu'ils se proposent une de leurs exécutions, expéditions ou
représentations; et le sheik de leur tribu ou de leur village les bénit en
prononçant sur eux certaines formules accompagnées de cérémonies mystérieuses.
— Les charmeurs de serpents ne s'occupent jamais
d'apprivoiser d'autres animaux venimeux, tels que les lézards ou les scorpions;
il y a pour chacune de ces spécialités des personnes spéciales qui n'empiètent
pas sur les attributions les unes des autres.
2. Quant
à la plante d'aspic, Cantique 1:11; 4:13-14.
— Voir: Nard.
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ASSEMBLÉE.
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C'est ainsi que doivent se traduire les deux mois
d'origine grecque église et synagogue.
(Contrairement
à la notion populaire, le mot Église est un mot Grec composé de ek-klesis et
dont le sens réel est «appelé hors de». Il s’agit de l’appel de la grâce à
renaître en Christ et non d’un appel à s’assembler.)
— Voir: ces deux mots.
L'Ancien Testament parle fréquemment de l'assemblée de
l'Éternel, de l'assemblée des saints et des justes, des anciens de l'assemblée,
et de l'assemblée dans un sens absolu, comme le Nouveau Testament dit l'Église
de Dieu, l'Église des premiers-nés dont les noms sont écrits dans le ciel, les
anciens de l'Église, ou aussi l'Église dans un sens absolu, sans autre désignation;
cf. Nombres 27:17; Actes 20:28; Psaumes 89:5; 1:5; Hébreux 12:23; Lévitique
4:15; Jacques 5:14.
— Le terme hébreu qu'on a rendu par assemblée, aussi
bien que le terme grec dont on a fait celui d'Église, s'applique d'ailleurs à
une réunion d'hommes quelconque, soit religieuse, soit politique, soit autre,
Genèse 49:6; Psaumes 22:16; Actes 19:32; il veut dire simplement une multitude,
Genèse 28:3; 1 Samuel 17:47; Jérémie 6:11, ou bien le peuple d'Israël en masse.
Exode 16:3; Nombres 10:3; 20:6; Néhémie 5:7; Lévitique 4:21; 10:17; 16:33. Mais
son sens le plus habituel est celui que nous avons signalé d'abord.
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ASSIR,
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1 Chroniques 3:17.
— Voir: Salathiel.
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ASSOS,
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port de mer sur la côte nord-ouest de l'Asie Mineure,
au sud de Troas, et vis-à-vis de l'île de Lesbos. L'apôtre Paul y aborda lors
de son quatrième voyage à Jérusalem, Actes 20:13-14; mais il n'est pas question
d'une église chrétienne dans cette ville avant le huitième siècle.
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ASSUÉRUS,
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1. Daniel
9:1, doit être Astyage le Mède, fils du vaillant Cyaxare, qui concourut au
renversement de l'empire des Assyriens et à la destruction de Ninive; il fut
père de Darius le Mède et de Mandane, et grand-père de Cyrus. (601 avant J.-C.)
2. Esdras
4:6, c'est Cambyse, roi de Perse, 529 avant J.-C. Il succéda à son père Cyrus,
et régna sept ans et cinq mois. À peine fut-il monté sur le trône que les
Samaritains le sollicitèrent d'empêcher la reconstruction du temple de
Jérusalem, et quoiqu'il ne leur accordât pas officiellement leur demande en
publiant un décret formel de révocation, les travaux commencés restèrent
suspendus tout le temps de son règne. Ce prince, en général, ne fut célèbre que
par sa violence, sa folie et sa cruauté. Après avoir fait avec succès la guerre
d'Égypte, il perdit son armée dans les déserts de la Lybie par son obstination
à vouloir envahir l'Éthiopie. Dans sa rage il fit tomber la tête de ses
principaux officiers, celle de son frère, et même celle de sa sœur. Apprenant
que le mage Patizithes, auquel il avait confié le gouvernement en son absence, en
avait profité pour placer sur le trône son propre frère, mage comme lui,
Smerdis, qu'il donnait pour Smerdis le frère de Cambyse, celui-ci hâta son
retour dans son royaume. On dit qu'en traversant la Judée, il assouvit sur les
malheureux Juifs la fureur qui l'animait; mais près du mont Carme], il se
blessa lui-même de son épée, en descendant précipitamment de son cheval, et
comme il se sentait mourir, il réunit ses officiers, leur déclara qu'il avait
fait mourir lui-même son propre frère Smerdis, et que celui qui occupait
maintenant le trône n'était qu'un imposteur, et les engagea fortement à venger
et punir cette usurpation.
— Voir: Artaxercès #1.
— Que ce Cambyse soit l'Assuérus dont il est parlé
Esdras 4, et Smerdis le mage, l'Artaxercès mentionné immédiatement après, c'est
un point sur lequel il ne saurait y avoir de doute, puisqu'il n'y a eu que ces
deux rois entre Cyrus qui donna l'édit en faveur des Juifs, et Darius qui le
confirma.
3. Enfin,
l'Assuérus dont il est parlé dans le livre d'Ester et qui fut le mari de cette
belle et pieuse Juive. On a essayé de toutes sortes de conjectures, et l'on a
cherché un peu partout quel était le roi de Perse auquel pouvait le mieux se
rapporter, sous le point de vue historique, le peu que nous savons de cet Assuérus.
On en a fait tour à tour Cambyse, Smerdis, Darius fils d'Hystaspe, Darius
Nothus, Artaxercès Mnémon, et enfin le fameux Xercès, et Artaxercès Longuemain.
L'histoire profane ne nous donne aucune indication qui puisse nous mettre sur
la voie; nulle part il ne nous est parlé d'un roi perse, époux d'une Israélite
Ester; nulle part nous ne voyons un premier ministre Haman disgracié et
remplacé par un Juif Mardochée. Les Grecs et les Romains, qui seuls nous ont
conservé l'histoire de la Perse, ne font nulle part mention du massacre projeté
des Juifs de la dispersion; mais leur silence sur ce point ne prouve rien: il
tient à ce qu'ils avaient assez d'autres choses à nous raconter, quand ils
voyaient l'Orient se ruer sur l'Occident par millions d'hommes, et les
principes des gouvernements se discuter dans de sanglantes batailles. Ester
pâlissait devant Marathon peut-être, et Mardochée devant Salamine. Mais Ester a
été la première femme d'un roi perse, et Mardochée son premier ministre. Qui
est ce roi? La plupart des interprètes semblent, au milieu de toutes les
suppositions que nous venons d'énumérer, hésiter entre Xercès et Longue-main.
C'est donc très probablement de l'un de ces deux rois qu'il est question, et
les raisons que l'on met en avant pour Xercès paraissent l'emporter encore de
beaucoup sur celles qui prouvent en faveur d'Artaxercès Longuemain. En effet,
ce dernier (— Voir: notre article) a été contemporain de Néhémie; sa femme
parut s'intéresser à lui, Néhémie 2:1, et l'on ne comprendrait pas comment, si
cette femme était Ester, Néhémie ne l'aurait jamais nommée, ne fût-ce qu'en
passant ou pour lui donner un témoignage public de la reconnaissance de ses
compatriotes, dont elle avait protégé la vie contre les tentatives de leur
oppresseur. D'ailleurs, on ne saurait pas non plus où placer l'histoire d'Ester
sous le règne de cet Artaxercès: serait-ce pendant que Néhémie était à la cour?
mais comment Ester eût-elle souffert jusqu'alors cet asservissement des Juifs
dont se plaint l'échanson? serait-ce après la faveur accordée à Néhémie de
retourner à Jérusalem pour en rebâtir le temple et les murailles? mais cette
faveur même était une garantie qui devait rendre impossibles les machinations
d'Haman contre les Hébreux dispersés. Ces motifs, joints à la circonstance que
cette histoire tout entière cadre mieux avec l'histoire de Xercès et avec la
chronologie, nous paraissent décisifs autant qu'il peut y avoir quelque chose
de décisif en pareille matière. Le fameux Xercès aurait été l'époux de la
cousine de Mardochée (485-465 avant J.-C.). Le caractère cruel, capricieux,
voluptueux, bizarre, de ce prince est le même dans les livres d'Hérodote et
dans le livre d'Ester: là nous le voyons faisant frapper et emprisonner la mer
qui a détruit son pont de bateaux; ici, par une boutade sans motifs, nous
l'entendons livrer, donner le peuple juif tout entier à Haman pour qu'il en
fasse «comme il lui plaira» Esther 3:11. Là ce prince farouche se prend à
verser des larmes en contemplant son immense armée du haut d'une colline, à la
pensée que, dans un siècle, il n'existera plus un seul de ces innombrables
guerriers; ici de même, en apprenant les représailles sanglantes des Juifs
révoltés à Susan, Assuérus paraît ému et voudrait venger les familles en deuil
(cf. Esther 9:11-12; Hérodote 7, 33; 37; Justin 2, 12. Strabon 14, etc.). Pour
ce qui regarde la chronologie, on peut encore comparer Esther 1:3; 2:16; avec
Hérodote 7, 7.
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ASSUR,
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Genèse 10:11,22, fils de Sem, et père des Assyriens.
Moïse raconte l'origine de l'Assyrie à l'occasion du royaume de Nimrod. Assur,
probablement avec une colonie, ou avec une tribu mécontente, partit de Sinhar,
où Nimrod exerçait son pouvoir absolu, et s'en vint fonder les royaumes de
Ninive, etc. Il faut aussi quelquefois entendre sous ce nom le royaume même
d'Assyrie, comme Osée 14:3.
— Voir: l'article suivant, et Nimrod.
— Dans le passage cité de la Genèse, d'autres
commentateurs, et notamment Schrœder, traduisent: «Nimrod sortit vers Assur;»
c'est-à-dire qu'après avoir fondé le royaume de Babylone, son vaste génie fonda
un second royaume, celui d'Assyrie, dont Ninive fut la capitale. La question
est indécise.
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ASSYRIE,
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ancien royaume de l'Asie, borné au nord par les
montagnes de l'Arménie, à l'est par la Médie et la Perse, au sud par la
Suziane, province perse, et la Babylonie; à l'ouest enfin par le Tigre
(Hiddekel), dans lequel se jettent le Lycus, le Capros, le Gorgus et le Silla,
quatre rivières qui parcourent l'Arménie dans une direction sud-ouest. Les
villes les plus célèbres de ce royaume furent Ninive, Résen, Calah, Bessarah,
Ctésiphon, sur la rive orientale du Tigre, Arbèle et Artémita, encore plus à
l'orient. Ninive était le centre général du commerce entre l'Occident et
l'Orient. Cf. 2 Rois 17:24; 48:11; 2 Chroniques 33:11; Ésaïe 7:20; 10:8-9;
22:6. L'Assyrie est appelée le pays de Nimrod, Michée 5:6. Ses habitants
avaient une grande réputation de richesse, Ézéchiel 23:6,17,23; ils étaient
orgueilleux, Ésaïe 10:12; Zacharie 10:11, et redoutables, Nahum 2:11-12. Cette
contrée porte de nos jours le nom de Kourdistan; depuis deux cents ans ce n'est
plus guère qu'un vaste désert, par suite des luttes sanglantes qu'y ont
entretenues pendant de longues années tant et de si puissants peuples.
Après avoir dit que le royaume d'Assyrie fut fondé par
Nimrod, l'Écriture n'en reparle plus jusqu'au jour de la mission de Jonas le
prophète, 840 ans avant J.-C.; puis nous voyons un roi assyrien, nommé Pul
(Sardanapale II), attaquer le pays de Canaan, environ soixante-dix ans après
Jonas, vers 770, 2 Rois 15:19. Peu après, Tiglath-Piléser, 2 Rois 16:7; 2
Chroniques 28:16, autre roi d'Assyrie, envahit la portion de la Judée qui était
sur la rive gauche du Jourdain, ce qui n'empêcha pas Achaz de contracter une
alliance avec lui. Tiglath-Piléser eut pour successeur son fils Salmanassar,
qui s'empara de la Samarie et emmena captives les dix tribus d'Israël 722 avant
J.-C., 2 Rois 17:5; 18:9. Le royaume même de Juda lui fut rendu tributaire,
18:7; la Médie et la Perse lui furent également assujettis, 18:11. Sanchérib,
son fils, monta sur le trône à sa place 714 avant J.-C. Après une heureuse
expédition contre l'Égypte, il entreprit aussi, mais sans succès, la conquête
de Juda et le siège de Jérusalem sous Ézéchias, 2 Rois 18:13; 19:36; Ésaïe 37.
Mis à mort par ses deux aînés, il fut remplacé par son troisième fils
Ésar-Haddon, Ésaïe 37:38; 2 Rois 19:37, appelé Osnapar Esdras 4:10, et qui fit
prisonnier Manassé, roi de Juda. L'Écriture nomme encore Sargon, Ésaïe 20:1,
dont le règne assez court doit se placer probablement entre ceux de Salmanassar
et de Sanchérib.
— À l'exception de ce dernier (Hérodote 2, 141), aucun
de ces rois ne paraît dans les auteurs profanes.
Les derniers rois d'Assyrie ne sont pas nommés dans
l'Écriture. Le successeur d'Osnapar fut son fils Saosduchinus, qu'on suppose
être le Nabuchodonosor du livre de Judith: son règne fut d'environ vingt ans.
Après lui vint Chyniladanus, contemporain de Josias, roi de Juda. Ce prince
efféminé vit son empire démembré par Nabopolassar, un de ses généraux, qui se
déclara roi de Babylone, dont il était satrape; Babylone, depuis une
cinquantaine d'années, appartenait aux Assyriens. Nabopolassar, s'étant allié
avec Cyaxare, roi des Mèdes, attaqua le roi d'Assyrie, s'empara de Ninive,
trancha les jours de Chyniladanus, et mit ainsi fin à l'antique royaume de
Nimrod le chasseur.
— Voir: Ninive.
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ASTARTÉ,
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Deification de Sémiramis, femme de Nimrod. Connue
aussi chez les différents peuples comme Vénus, Isis, Diane, la Madone, etc..
— Voir: Bahal et Caldéens.
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ASTRES.
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Le soleil, la lune et les étoiles sont appelés, dans
l'Écriture, l'armée des cieux, l'armée de l'Éternel. C'est le plus magnifique
spectacle que Dieu ait donné à notre terre; il est digne de l'admiration des
hommes, et doit élever leurs cœurs vers l'Être suprême, créateur de ce vaste
univers. Mais comme la pauvre créature, pécheresse et corrompue depuis la
chute, ne saurait admirer sans être tentée d'adorer et de rendre un culte,
l'Esprit-Saint qui, dans les trois premiers chapitres de la Genèse, semble
avoir renfermé le plus sublime manuel de dogmatique, a pris soin de raconter la
création de ces divers luminaires auxquels Dieu n'a donné l'existence que pour
l'agrément et l'utilité de l'homme. Ces astres ne sont point des dieux, ce sont
des choses créées qui s'en iront et s'envieilliront; ces astres ne sont que des
serviteurs de Dieu, destinés à l'usage de l'homme; un jour ils passeront, mais
l'homme vivra éternellement. Les peuples, sans connaissance du vrai Dieu, sont
tous arrivés à une astrolâtrie, qui est bien la plus concevable et la plus
noble des idolâtries, mais qui n'est cependant qu'une idolâtrie. L'éclat, la
beauté de ces astres, leur influence réelle, mais éloignée, sur l'ordre du monde,
la fixité des uns, la régularité des autres dans leur cours, le retour des
saisons qui en dépend, les effets de la lune sur quelques maladies, en un mot,
tout ce qu'il y a en eux de grand et de mystérieux, leur a fait attribuer, par
différents peuples et dans presque tous les temps, une force, une connaissance,
une espèce de vie, une action, une influence magique sur les destinées de ce
monde, bonne ou mauvaise suivant la constellation sous laquelle tel homme est
né, suivant la conjonction d'étoiles dans laquelle telle entreprise se forme ou
s'exécute; de là l'astrologie si généralement crue des anciens, et même de
quelques modernes (Bodin, de Thou, Montaigne), et dont l'Écriture nous montre
des traces chez les Babyloniens, q.v. Ésaïe 47:13; Daniel 1:20. Les Juifs
semblent avoir puisé dans leur captivité de soixante et dix années, quelques
idées astrologiques; Philon fait à cet égard une profession de foi très
explicite, et les rabbins plus modernes ne se sont pas fait faute des mêmes
erreurs. Maïmonides en particulier, estime qu'entre les sages il ne peut pas y
avoir deux opinions pour ce qui regarde les astres: chaque herbe doit avoir son
étoile particulière, chaque homme de même, sans toutefois que sa liberté morale
en soit atteinte ni détruite; les astres n'ont d'influence que sur les choses
extérieures, sur le corps, la santé, la génération et la corruption des êtres.
On trouve à la vérité, dans l'Écriture, des passages où les astres sont traités
comme des créatures intelligentes, invitées à louer le Seigneur, capables de
recevoir des ordres et d'y obéir, exerçant même une espèce d'influence
particulière sur les produits du sol, Job 9:7; Psaumes 148:3; Deutéronome
33:14; Psaumes 104:19, etc. Mais tous ces passages sont pris dans un sens
poétique, et ne peuvent pas plus favoriser l'astrologie, que tant d'autres
passages où la terre, l'herbe, les eaux sont personnifiées, ne prouvent que ces
objets soient effectivement animés. Moïse se prononce très fortement contre le
penchant à l'astrolâtrie; il interdit au peuple de Dieu de se faire aucune
espèce d'image ou d'effigie «de peur, ajoute-t-il, qu'élevant tes yeux vers les
cieux, et qu'ayant vu le soleil, la lune et les étoiles, toute l'armée des
cieux, tu ne sois poussé à te prosterner devant elles, et que tu ne les serves,
vu que l'Éternel ton Dieu les a données en partage à tous les peuples qui sont
sous tous les cieux», Deutéronome 4:19. Et Job, parlant de la supposition où il
aurait pu se laisser aller à adorer le soleil qui brille et la lune qui marche noblement,
dit: «C'eût été une iniquité toute jugée, car j'eusse renié le Dieu d'en haut»,
31:26,28.
Quant à l'astronomie des Hébreux, elle ne paraît pas
avoir été fort avancée, non plus que celle des autres peuples de l'antiquité.
Elle reposait sur les observations que les pâtres pouvaient faire en gardant
leurs troupeaux dans de vastes steppes dont aucune montagne ne bornait
l'horizon: de là vient aussi que la plupart des noms que les constellations ont
reçus, sont empruntés à la vie champêtre de ces premiers astronomes, le Bélier,
le Taureau, etc. Les patriarches ont déjà senti leurs cœurs s'émouvoir à la
contemplation des beautés célestes, cf. Genèse 15:5; 37:9, et leur langue
emprunta plus d'une figure à la langue des cieux. Le soleil et la lune furent
distingués naturellement au milieu des autres habitants de l'espace, à cause de
leur grandeur et de leur éclat, cf. Genèse 1:16, et la lune amena la première
division du temps en mois et années (q.v.). On célébrait chaque nouvelle lune
par des fêtes solennelles; cf. Psaumes 81:4; 1 Samuel 20:5; etc. Les
principales étoiles ou constellations mentionnées dans la Bible, sont: l'étoile
du matin, Vénus, Ésaïe 14:12; cf. Apocalypse 2:28; 22:16, la Grande Ourse, ou
le Chariot, Job 9:9; Orion, ibid. 38, 31, et Amos 5:8, les Pléiades, ou la
Poussinière, Job 9:9; Amos 5:8; la Petite Ourse avec ses enfants (sans doute
les trois étoiles courbées en arc dont la dernière marque le pôle), l'hébreu de
Job 38:32; le Serpent traversant, 26:13, peut-être le Dragon entre la Grande et
la Petite Ourse; les Gémeaux, Castor et Pollux, Actes 28:11, Quant à une
division des astres en comètes, étoiles fixes et planètes, il n'en est parlé
nulle part dans l'Écriture, et le passage Jude 13 n'a qu'un sens tout à fait
figuré.
L’expression «astre
errant» signifie dans le Grec «planète». Cela nous amène à penser que le monde
de Nod où Caïn fut bani fut une planète, car Nod signifie «errant». Il s’agit
donc d’une terre errante, un corps céleste qui, selon certains, se trouvaient
entre Mars et Jupiter avant d’éclater dans une catastrophe cosmique, qui en
toute probabilité occasionna le Déluge sur notre Terre.
Les Égyptiens, les Caldéens, les Babyloniens, d'autres
peuples dont la configuration géographique et les vastes plaines étaient plus
favorables à l'observation des astres, et ceux qui, cherchant leur vie dans le
commerce et dans la navigation, devaient avoir l'astronomie pour alliée, ont à
cet égard laissé les Hébreux bien en arrière. C'est en Égypte que, d'après
Hérodote, on aurait découvert la véritable année solaire, et les habitants de
ce pays auraient, d'après Dion Cassais, trouvé la division en semaines de sept
jours dans le nombre des planètes. Cette dernière assertion cependant est plus
que douteuse, car il est très probable que la semaine était connue dès les
jours de la création, et qu'elle se sera conservée au moins comme tradition, et
comme division du temps, chez tous les descendants de Noé.
Mais quelque reculés qu'aient été les Hébreux dans la
science de l'astronomie, il est remarquable qu'aucun de leurs livres sacrés ne
renferme une seule erreur sur ce sujet; on y découvre au contraire, avec
étonnement, une science ou prescience de la véritable astronomie, qui montre à
l'évidence l'intervention de l'Esprit de vérité qui a conduit la plume des
historiens comme celle des prophètes. Tous les peuples ont compté le nombre des
étoiles, et les premiers télescopes ont bien servi cette opération; mais la
Bible nous dit qu'elles sont innombrables, et Herschel l'a prouvé. «Comme leur
nombre, dit-il, croît indéfiniment à mesure que les instruments se
perfectionnent, on peut dire, par expérience, que ce nombre est infini dans
toute l'étendue du sens qu'on voudra donner à ce mot.» Il estime qu'une
nébuleuse est un groupe qui ne renferme pas moins de vingt mille soleils.
Ailleurs la Bible nous parle de la terre comme d'un globe, Ésaïe 40:22; Job
26:10; Proverbes 8:27: ailleurs encore elle nous la montre suspendue dans le
vide, Job 26:7,: autant de notions inconnues des anciens, et qui eussent passé
pour hérétiques en cour de Rome, aussi bien que le mouvement de la terre de
Galilée. Le passage, Luc 17:31,34, où le glorieux avènement de notre Seigneur
est annoncé comme devant avoir lieu pour les uns de jour, pour les autres de
nuit, semble encore supposer la rotation de la terre et le mouvement diurne.
Nous n'insisterons pas davantage sur cette idée; un maître habile l'a
développée de manière à ne rien laisser désirer, M. Gaussen, dans sa
Théopneustie, pages 172 et suivantes.
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ASTROLÂTRIE, Astrologie, Astronomie,
________________________________________
— Voir: l'article précédent.
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ASYNCRITE,
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Romains 46:14, est inconnu. Les Grecs le font évêque
d'Hyrcanie.
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ATAD,
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Cananéen qui possédait une aire dans le lieu qui fut
appelé Abel-Mitsraïm (deuil d'Égypte), en suite du deuil que les fils de Jacob
et les Égyptiens menèrent sur ce patriarche, Genèse 50:11.
— Voir: Abel-Mitsraïm.
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ATHALIE
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(heure de l'Éternel). On devrait écrire Hathalie; mais
Racine a immortalisé une orthographe fautive, et peut-être plus harmonieuse;
c'est presque maintenant le seul nom connu de cette méchante reine. Elle était
petite fille de Homri, et fille d'Achab et de Jézabel; elle épousa Joram roi de
Juda, et sut entraînera l'idolâtrie son époux, et son fils Achazia, 2 Rois
8:18,26. (884 avant J.-C.). La révolution de Jéhu ayant fait périr la famille
entière d'Achab, et avec elle Achazia, qui se trouvait alors à Samarie, Athalie
s'empara du trône laissé vacant par la mort de son fils et, pour s'en assurer
la possession, elle extermina toute la race royale. Joas, son petit-fils,
encore à la mamelle, échappa seul au massacre, grâces aux soins d'une tante,
Jéhosébah, sœur de son père. Caché dans le temple, et secrètement élevé pendant
six ans par son oncle Jéhojadah, souverain sacrificateur, il est proclamé roi à
l'âge de sept ans. Les cris de vive le roi éveillent l'attention de la régente
usurpatrice; elle accourt, elle regarde, elle voit dans le temple un roi déjà
oint de l'huile sacrée et assis près de la colonne selon la coutume des rois;
les capitaines, les sacrificateurs et tout le peuple font entendre des cris de
joie qui se mêlent au bruit retentissant des trompettes. Elle s'écrie
conjuration! conjuration! elle déchire ses vêtements, elle voudrait recourir
aux quelques créatures qui lui sont restées fidèles; mais sa dernière heure a
sonné: seulement le souverain sacrificateur ne permettra pas qu'on mette à mort
cette profane dans la maison de l'Éternel; on la chasse du temple, et en
rentrant dans son palais, elle trouve le châtiment qu'elle a si justement
mérité, 2 Rois 11; 2 Chroniques 23.
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ATHÈNES,
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ville célèbre de la Grèce, située dans une plaine
délicieuse, à environ 40 kilomètres est de Corinthe. Elle passe pour avoir été
bâtie 1580 ans avant la naissance de Jésus, c'est-à-dire à peu près au temps du
séjour de Moïse en Égypte; mais il est probable que c'est placer cette origine
quelques siècles trop tôt. Athènes fut d'abord gouvernée par des rois de la
famille de Cécrops, égyptien, son fondateur. Au bout de 487 ans, à la mort de
Codrus, les Athéniens se donnèrent pour chefs les Archontes, espèce de
magistrats nommés d'abord à vie, puis pour dix ans seulement, puis enfin pour
un an, et dont le pouvoir ressemblait beaucoup à celui des rois. Ils finirent
par se constituer en démocratie pure, sous Solon, vers 588. Quatre siècles plus
tard, les Athéniens, qui étaient tombés sous la puissance des rois de Macédoine
successeurs d'Alexandre, subirent avec eux le joug des Romains; ils le
portaient encore aux jours de notre Seigneur.
Athènes brilla de bonne heure, au sein du monde
idolâtre, par ses succès dans les sciences et dans les arts. Peu de villes
donnèrent le jour à plus d'hommes illustres, et jouirent de plus de gloire. La
littérature et les beaux arts y survécurent à la ruine de sa puissance et de sa
liberté: Athènes demeura longtemps le centre des sciences, et de toutes parts
on allait à l'école de ses grands maîtres, puiser cet atticisme dont les
Romains eux-mêmes faisaient tant de cas. Ce fut aussi l'une des villes où le
paganisme prit le plus de développements, et où il se formula de la manière la
plus précise. Jaloux d'adorer tous les dieux, sans en excepter aucun, les
Athéniens avaient, par surcroît de précaution, élevé un autel au Dieu inconnu,
Actes 17:23, ou plutôt à un dieu inconnu. Peut-être même existait-il plusieurs
autels consacrés aux divinités étrangères et inconnues. Saint Paul, avec cette
habileté, cet à propos, cette argumentation ad hominem qui le caractérise à un
si haut degré comme orateur, rattache à ce fait qu'il a sous les yeux, et qui
est bien connu des Athéniens, tout ce qu'il veut dire à cette population légère
et distraite. Il ne veut pas leur annoncer quelque nouvelle étrange,
inattendue; mais ce Dieu inconnu dont les Athéniens semblent attendre qu'il se
manifeste, saint Paul le connaît et veut le leur faire connaître aussi. Ses
auditeurs, d'accord avec Paul sur le point de départ, et piqués par la
curiosité de savoir quelles conclusions il tirera de ses prémisses, l'écoutent
avec attention, et entendent l'Évangile; mais, comme toujours, peu d'entre eux
le reçurent, et lorsque l'apôtre vint à parler de la résurrection, ils se
dispersèrent en se moquant. Quelques-uns crurent la Parole, Denys l'aréopagite,
Damaris, et d'autres; la plupart la rejetèrent.
Athènes, au temps de Paul, était déjà à une époque de
décadence. Conquise par Sylla, elle avait vu détruire ses plus beaux édifices;
elle languit jusqu'aux temps d'Adrien qui s'efforça de lui rendre son premier
lustre. Sa chute graduelle a été ensuite l'effet des troubles du moyen âge. Ce
n'est plus maintenant qu'une ville de 14 à 18,000 âmes; mais sa population tend
à augmenter de nouveau. Résidence royale, elle a vu depuis quelques années
s'élever des édifices plus somptueux que les cabanes et les ruines qui
l'ornaient seules il y a peu d'années. Le peuple travaille courageusement à
sortir de sa misère, et le gouvernement le seconde de tout son pouvoir.
— On trouve dans la contrée peu de bêtes à cornes,
mais beaucoup d'ânes, de chevaux, de mulets, et quelques chameaux, (voir dans
le Morgenland de 1839, trois lettres écrites d'Athènes, par Woringer, p. 273,
300, 342, et les Voyages de Hartley en Grèce).
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ATTALIE,
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ville maritime de la Pamphylie, à l'embouchure du
fleuve Kattarrhactes, et résidence principale d'un préfet de Rome; elle portait
le nom d'Attale Philadelphe, roi de Pergame, son fondateur; elle subsiste
encore de nos jours sous le nom de Antali, et n'est pas sans importance. Paul
et Barnabas y passèrent en allant de Perge à Antioche, Actes 14:25; mais nous
ne savons rien de plus sur l'histoire religieuse de cette ville, sinon qu'au
cinquième et au sixième siècle, il s'y trouvait un évêque.
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ATTIRSATHA,
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Néhémie 8:9; 10:1, surnom de Néhémie, tiré de son
emploi; il signifie échanson du roi.
— Voir: Néhémie.
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AUGUSTE,
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Luc 2:1, d'abord appelé Caius Octavius, était
petit-fils de Julia, la sœur de Jules-César. Son grand oncle l'avait adopté
pour son fils, et le déclarait par son testament, son principal héritier. Le
jeune Octave, poussé par une ambition excessive qui le faisait aspirer à la
domination de sa patrie, prit une part active aux guerres qui déchiraient la
république romaine, et déploya tout ensemble beaucoup de hardiesse, de ruse et
de cruauté. Il sut se défaire de ses ennemis en les détruisant les uns par les
autres, jusqu'à ce qu'il ne lui resta plus qu'un seul adversaire, le consul
Marc-Antoine. Il le vainquit à la bataille d'Actium, et se fit dès lors adjuger
par le sénat de Rome, le pouvoir suprême avec le titre d'Imperator (général
victorieux), ceux de roi et de dictateur étant odieux au peuple romain, et
celui de consul ne suffisant pas à l'ambition d'Octave, parce qu'il ne
conférait cette dignité que pour un an, et qu'Octave entendait bien ne pas se
dessaisir du pouvoir. Il fut aussi nommé Auguste, et même Père de la patrie; il
prit en outre le nom de César qu'il légua à ses successeurs. Dans la suite il
fit sans doute semblant d'abdiquer, il offrit même sa démission au sénat; mais
il choisissait bien son temps, ce n'était qu'une comédie: il avait gagné le
sénat par des flatteries et des largesses, le peuple par sa modération et sa
douceur, l'armée par les succès de ses généraux. Son pouvoir fut ainsi trempé à
neuf et consolidé pour la vie; le sénat et le peuple ne furent plus qu'une
machine dont il tenait tous les fils, et qu'il conduisait comme il voulait. Il
conserva au gouvernement les anciens noms et les anciennes formes, sachant bien
que ces hochets (puisque hochets il y a), ont plus d'empire sur l'esprit des
peuples, que les constitutions elles-mêmes; il laissa au peuple le droit
d'élire les principaux magistrats, et au sénat la nomination des gouverneurs
des provinces, à l'exception de celles qui étaient exposées aux attaques de
l'ennemi, et dans lesquelles par conséquent les légions se trouvaient réunies:
c'était se faire la part du lion. Son plus grand soin était de rendre sa
domination insensible, afin de ne pas irriter un peuple qui avait répandu son
sang pour la république; il séduisit les Romains par ses manières et par sa
politique, et les laissa croire à la liberté lorsque déjà son gouvernement
n'était plus qu'une complète tyrannie.
Son siècle fut l'époque des plus beaux génies, soit
dans le domaine des lettres, soit dans l'art de l'administration et de la
guerre: les noms des Tite-Live, des Virgile, des Horace et des Mécènes dans la
littérature, des Agrippa, des Drusus, des Tibère dans la science des batailles,
répandent un éclat immortel sur ce règne despotique.
Auguste eut encore l'honneur et le bonheur de faire,
pour la troisième fois depuis la fondation de Rome, fermer le temple de Janus,
qui restait ouvert en temps de guerre; mais cette paix ne fut pas obtenue sans
de violents combats: il fallut en livrer en Afrique, en Asie, dans les Gaules
et en Espagne, où les légions eurent bien de la peine à soumettre les
Cantabres. Ses armes soumirent encore l'Aquitaine, la Pannonie, la Dalmatie,
l'Illyrie, et continrent les Daces, les Numides, les Éthiopiens. Il fit une
alliance avec les Parthes, qui cédèrent l'Arménie, et rendirent les drapeaux
enlevés à Crassus et à Antoine dont les armées avaient été taillées en pièces.
Cet hommage rendu à Auguste par les barbares, fut imputé à celui-ci par les
Romains comme un véritable triomphe. Il eut à combattre aussi les Germains sur
lesquels il remporta divers avantages, mais qui lui firent éprouver un échec
terrible par le massacre de l'armée commandée par Varus. Ce revers causa la
plus vive douleur à l'empereur, qui s'écria plus d'une fois: «Varus, Varus,
rends-moi mes légions!» Tibère effaça par ses triomphes la défaite de ce
général qu'il vengea cruellement.
Les jours de l'empereur furent deux fois menacés par
le fer des conspirateurs: la première fois, au commencement de son règne, la
deuxième vers la fin. Cinna, qu'Auguste avait comblé de ses bienfaits, était à
la tête de cette dernière conjuration. Auguste informé de la chose, fit venir
auprès de lui le coupable, lui pardonna généreusement en lui témoignant
beaucoup d'affection, et le fit même consul pour l'année suivante. Ce noble
procédé désarma tous les complices, et porta au plus haut degré l'amour et
l'admiration du peuple romain pour son chef. Dès lors il n'eut plus d'ennemis,
ni au dedans ni au dehors; sa douceur, sa clémence, son amour pour la justice
lui avaient gagné tous les cœurs. Nous avons vu sa conduite à l'égard
d'Archelaüs (— Voir: cet article); ce fut encore lui qui fit donner à Hérode,
par le sénat romain, la couronne de la Judée, et il y ajouta plus tard la
tétrarchie de Zénodonus: il voulut faire lui-même l'éducation d'Alexandre et
d'Aristobule, fils d'Hérode, et leur donna des appartements dans son propre
palais. On comprend, d'après cela, combien Auguste dut être affligé lorsque,
dans la suite, Hérode versa le sang de ces deux jeunes princes. «Il vaut mieux
être le porc d'Hérode que son fils!» s'écria-t-il dans son indignation.
Quand la paix fut rétablie dans son empire, il fit
faire un recensement général de tous ses sujets; il en ordonna même trois
presque consécutivement, et c'est pendant le second qui commença sept ans
environ avant Christ, et qui durait encore à cette époque, que Joseph et Marie
vinrent se faire enregistrer dans le lieu de leur bourgeoisie, Bethléhem, Luc
2:1-6. (Il faut ajouter cependant, que l'impôt qui fut établi par l'empereur en
suite de ce recensement, ne fut prélevé que quelques années plus tard.) Ce fut
dans la vingt-sixième année d'Auguste que naquit le Sauveur du monde; et le
même règne qui vit fermer les portes du temple de Janus, vit naître aussi le
prince de la paix, mais d'une paix meilleure et plus durable, de celle dont
l'Éternel a dit: «C'est moi qui la donne.» À côté du fondateur de la monarchie
impériale de Rome, s'élevait celui qui venait fonder le nouveau royaume
d'Israël, un empire universel, éternel, qui devait, quelque chétifs que fussent
ses commencements, envahir le monde entier, et dominer les ruines de l'empire
romain.
Auguste mourut à Nole en Campanie, l'an 14 avant
J.-C., au retour d'un voyage qu'il avait entrepris pour sa santé. Il avait
atteint sa soixante-treizième année, (selon d'autres sa soixante-dix-septième),
et avait régné quarante ans. Après sa mort, comme pendant sa vie, il fut
regardé comme un Dieu par le peuple romain qui lui éleva des temples, et lui
rendit un culte particulier.
— Son nom devint un titre pour les empereurs suivants,
et nous voyons, Actes 25:21, Néron désigné sous le nom d'Auguste.
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AULX,
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un des fruits de l'Égypte que les Israélites
regrettaient au milieu des privations du désert, Nombres 11:5. L'ail est trop
connu chez nous pour qu'il soit nécessaire de le décrire en détail: c'est
l'allium sativnm de Linné; sa tige plate et creuse se termine en ombrelle et
s'élève à un mètre environ. Il se trouvait en abondance en Égypte et en
Palestine; les Juifs le recherchaient à cause de sa douceur et de son goût
agréable; on s'en sert encore en Orient comme d'un plat favori. Les Grecs, au
contraire, et les Romains, l'avaient en horreur, soit à cause de son influence
pernicieuse sur la santé (Pline 20, 23), soit à cause de son odeur: ces
derniers avaient même appelé les Juifs fœtentes, à cause de leur haleine
habituellement forte et corrompue par l'ail.
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AUMÔNE.
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C'est ce que la charité donne aux pauvres, Matthieu
6:1,4. En hébreu, l'on exprimait cette idée par le mot de justice, parce que
l'aumône est une dette que l'on acquitte non pas envers le pauvre, mais envers
le Seigneur, cf. Psaumes 112:9; 2 Corinthiens 9:9-10. En grec, les mots qu'on a
rendus par aumône, signifient miséricorde et grâce, parce que c'est le
véritable amour, la véritable compassion qui doit en être le principe; c'est un
acte de bon vouloir et de fraternité religieuse envers le nécessiteux. Actes
10:2,4; 24:17; 2 Corinthiens 8:7.
La loi de Moïse prescrivait l'aumône proprement dite,
et semblait sanctionner ainsi cette fameuse charité légale, si redoutée de nos
économistes. Mais si l'on doit reconnaître qu'en effet chez nous les lois en
faveur des pauvres font les pauvres; si ce fait a atteint, en Angleterre
surtout, un degré effrayant de vérité, l'on peut croire aussi que la défectuosité
dans les résultats tient à un vice dans l'exécution, vice inhérent à l'état
actuel de la société, dont on ne saurait faire un reproche à cette société,
mais qui ne se trouvait pas le même dans l'organisation fraternelle,
théocratique et agricole de la société mosaïque. Aussi ne voyons-nous nulle
part jusqu'à l'avènement des rois et au luxe de la monarchie, mentionner des
mendiants dans l'histoire juive. La charité légale, au lieu de propager la
misère, l'adoucissait; et ce résultat, que partout l'on voudrait obtenir
maintenant, on doit lui assigner pour causes, directes ou indirectes: d'abord
l'esprit patriarcal et l'honneur de famille, plus forts alors que l'intérêt des
temps modernes; puis la fixité des héritages, les lois sur l'esclavage, le nombre
restreint et la qualité bien déterminée de ceux qui avaient le droit d'être
assistés; enfin la nature même des richesses et des occupations des Hébreux.
L'aumône ne consistait pas dans de petites pièces d'argent, négligente, commode
et dédaigneuse offrande jetée par le riche dans l'humble chapeau du pauvre:
c'étaient des prêts sans intérêt pour celui qui voulait travailler, des denrées
au moment de la récolte, un coin de champ à moissonner, quelques raisins à
grappiller; puis, au bout de sept ans, les fruits spontanés de l'année
sabbatique; autant d'aumônes qui obligeaient au travail, à l'ordre et à
l'économie, ceux qui voulaient y avoir part. Cette charité légale ne dispensait
donc pas du travail, elle n'encourageait pas l'oisiveté: elle faisait vivre les
vrais pauvres, sans offrir à d'autres la tentation de négliger leurs devoirs
pour venir se classer au nombre des assistés. Chacun, d'ailleurs, ne pouvait
pas indifféremment recourir à l'aumône publique, mais seulement la veuve,
l'étranger, le lévite et l'orphelin, qui n'ayant ni les uns ni les autres aucun
fonds de terre, aucun antécédent qu'ils eussent pu économiser, aucunes avances
faites, étaient véritablement, par leur infortune, dignes de la compassion des
Hébreux. Le vieillard même n'avait aucun droit à la charité, car il devait
avoir des fils travaillant pour lui, et, s'il avait vécu avec économie, il
pouvait avoir amassé de quoi se faire aider par des serviteurs (voir là dessus
Cellérier, Espr. de la législ. mos. II, 108, sq.).
Quant à la somme qui pouvait être exigée des
Israélites pour subvenir aux besoins des pauvres et du culte, quant aux
charités qui leur étaient prescrites et qu'ils devaient faire chaque année,
voici comment Saurin les résume dans son beau sermon sur l'Aumône, «calcul,
dit-il, qui peut nous convaincre de cette triste vérité, que si la religion
chrétienne l'emporte sur les autres, c'est dans les Évangiles, mais non dans la
conduite de ceux qui la professent.
1. Les
Juifs devaient s'abstenir de tous les fruits qui croissaient les trois
premières années, depuis qu'un arbre fruitier avait été planté. Ces premiers
fruits s'appelaient le prépuce: c'était un crime de se les approprier,
Lévitique 19:23.
2. Les
fruits de la quatrième année devaient être voués au Seigneur: c'était une chose
sainte à l'Éternel, Lévitique 19:24. Il fallait les envoyer à Jérusalem, du
moins il fallait en faire l'estimation et les racheter, en donnant au
sacrificateur une somme équivalente; en sorte que le peuple ne commençait à
recueillir ses revenus que dans la cinquième année.
3. Ils
étaient obligés d'offrir à Dieu, chaque année, les prémices de tous les revenus
de la terre, Deutéronome 26:2; les prémices, c'étaient les premiers fruits que
la terre produisait. Quand le père de famille se promenait dans son jardin, et
qu'il apercevait un arbre qui portait quelque fruit, il le marquait avec un
fil, afin de pouvoir le reconnaître lorsqu'il serait parvenu à une maturité
parfaite. Le père de famille mettait ce fruit dans une corbeille; on assemblait
ensuite tous ceux qui avaient été recueillis dans une ville; cette ville
envoyait des députés à Jérusalem: un bœuf couronné de fleurs était chargé de
cette offrande, et ceux qui avaient la permission de le convoyer allaient en
pompe à Jérusalem, en chantant ces paroles du Psaume 122:1: «Je me suis réjoui
à cause de ceux qui m'ont dit: nous monterons à la montagne de l'Éternel.»
Quand ils étaient arrivés à la ville, ils chantaient ces autres paroles: «Nos
pieds se sont arrêtés dans tes portes, ô Jérusalem!» (verset 2). Ensuite ils
allaient au temple, chacun ayant son offrande sur ses épaules, le roi même n'en
étant pas excepté, et ils chantaient encore: «Portes, élevez vos linteaux; huis
éternels, haussez-vous.» Psaumes 24.
4. Il
fallait qu'ils laissassent ce qui croissait dans l'extrémité de leurs champs,
et qu'ils le cédassent au pauvre, Lévitique 19:9. Et pour éviter les fraudes
qui auraient pu se mêler dans cette pratique, ils avaient déterminé un point
fixe à l'observation de cette loi, et ils laissaient la soixantième partie de
leur champ pour cet usage.
5. Les
épis qui tombaient pendant la moisson étaient employés à la même fin, Lévitique
19. Et si vous consultez Flavius Josèphe (Antiquités Judaïques 8, 4), il vous
dira que cet ordre de Dieu les obligeait non seule-ment de céder aux pauvres
ces épis qui étaient tombés comme par hasard, mais d'en laisser tomber même
volontairement et de propos délibéré, cf. Ruth 2:16.
6. Ils
étaient obligés de donner chaque année pour les sacrificateurs la quarantième
partie de leurs revenus; du moins c'est ainsi que le sanhédrin avait expliqué
la loi de Deutéronome 18:4.
7. Ils
en devaient une dixième pour l'entretien des Lévites, Nombres 18:21.
8. Les
revenus que portait la terre chaque septième année étaient pour les pauvres, du
moins le propriétaire n'y avait pas plus de droit que les étrangers, Lévitique
25:23. Et les Juifs ont eu une si grande idée de ce précepte, qu'ils prétendent
que c'est pour l'avoir violé, qu'ils ont été transportés à Babylone. C'est à
cela qu'ils rapportent ces paroles du Lévitique 26:34: «Alors la terre prendra
plaisir à ses sabbats tout le temps qu'elle sera désolée, et lorsque vous serez
au pays des ennemis, la terre se reposera et prendra plaisir à ses sabbats.»
Cf. 2 Chroniques 36:21.
9. Toutes
les dettes contractées parmi le peuple devaient être remises entièrement après
le terme de sept ans, Deutéronome 15:2. En sorte qu'un débiteur qui durant sept
années était hors d'état de s'acquitter, devait être parfaitement absous.
Ajoutez à toutes ces dépenses les occasions
extraordinaires, tant de sacrifices, tant d'oblations, tant de voyages à
Jérusalem; ajoutez-y le demi-sicle du sanctuaire, et vous verrez que Dieu avait
imposé à son peuple un tribut qui allait à près de la moitié de ses revenus.
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AUTEL,
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espèce de table destinée à recevoir les saintes
offrandes que l'on présentait à l'Éternel, et qui y étaient consumées en tout
ou en partie. Il ne paraît pas qu'avant le déluge on ait fait usage d'autels;
les sacrifices étaient offerts sur le sol même de la terre. Ceux qui furent
construits dès lors par Noé, Abraham, Jacob, Job, et d'autres encore avant
Moïse, ne se composaient guère que de pierres brutes ou de terre amoncelée. Lorsque
Salomon consacra le temple, il fit de tout le milieu de la cour ou du parvis,
comme un vaste autel où il immola et brûla ses nombreuses victimes. Depuis
l'érection du tabernacle, il y eut deux autels, celui des holocaustes et celui
des parfums. L'autel des holocaustes, tel que Moïse le construisit, était une
espèce de coffre en bois de sittim, surmonté de plaques d'airain pour le
préserver du feu. Il avait environ 5m,76 de longueur, autant de largeur, et
2m,16 de hauteur; à chaque angle il y avait une corne d'airain, où
s'attachaient les victimes. La plaque supérieure était en forme de gril; les
cendres tombaient dans un bassin à l'intérieur. Cet autel pouvait se
transporter; on l'enveloppait de couvertures, et les lévites le chargeaient sur
leurs épaules, au moyen de barres en bois de sittim recouvertes d'airain. Celui
que Salomon lit construire avait des dimensions beaucoup plus considérables;
mais on ignore s'il était d'airain massif, si l'intérieur était en maçonnerie,
ou même s'il n'était point creux en dedans. Il avait 15m,12 de long, autant de
large, et environ 7m,50 de haut; on y montait du côté de l'orient par un plan
incliné. Il paraît que l'autel qui fut reconstruit après la captivité avait
24m,12 à la base, et 18 au sommet. (— Voir: Exode 27:1-9; 2 Chroniques 4:1,
etc.).
L'autel des parfums était une petite table de bois de
sittim recouverte d'or, carrée, ayant 0m,72 de côté, et un peu moins de 1m,44
en hauteur. Une corniche d'or l'entourait; aux quatre angles était une corne
également d'or, et l'on pouvait le transporter au moyen de barres de bois de
sittim plaquées en or.
Ces deux autels furent solennellement consacrés par
aspersion de sang et par l'onction sainte; chaque année on en arrosait les
cornes avec le sang versé dans le grand jour des expiations. L'autel des
holocaustes était placé dans la cour extérieure, à peu de distance de la face
orientale du tabernacle ou du temple: c'est là qu'on offrait le sacrifice
perpétuel du matin et du soir, outre une multitude d'autres oblations; c'est là
que se réfugiaient, en certains cas, ceux qui s'étaient rendus coupables de
quelque crime. L'autel des parfums était placé dans le sanctuaire, devant le
second voile; on y brûlait soir et matin l'encens consacré, et l'on n'y pouvait
offrir quoi que ce fût d'autre. La loi ordonnait d'entretenir continuellement
le feu de l'autel auquel s'était mêlé le feu céleste descendu sur les premières
victimes d'Aaron. L'autel des holocaustes est une ligure de Christ, notre
parfaite expiation et notre refuge contre la colère à venir; l'autel des
parfums nous représente encore Jésus-Christ comme notre avocat et notre éternel
intercesseur. Exode 30; Hébreux 9.
Parmi les autres autels que les Juifs élevèrent comme
peuple béni de l'Éternel, nous mentionnerons encore celui du Jourdain, qui fut
surnommé Hed, c'est-à-dire témoin, et celui du mont Hébal, sur les pierres
brutes duquel la loi devait être gravée en caractères durables, Josué 22;
Deutéronome 27:1-8. Malheureusement ce peuple ingrat et dur ne dressa que trop
souvent d'autres autels, à l'instar de ceux des païens, et son histoire nous le
montre plantant des bocages autour de ces monuments, tandis que l'Éternel
n'avait pas voulu qu'on mît aucun arbre près de ses autels. Deutéronome 16:21.
Quant aux païens, ils avaient aussi, comme on sait,
leurs autels consacrés à leurs divinités, et le nombre en était considérable,
vu la facilité avec laquelle ils décrétaient de nouveaux dieux, jusque-là qu'il
n'a pas dépendu d'eux que deux apôtres chrétiens ne devinssent à Derbes deux
divinités païennes. Actes 14. Nous avons parlé, à l'article Athènes, de l'autel
à un dieu inconnu.
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AUTRUCHE,
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oiseau bien connu. L'espèce appelée par les
naturalistes struthio camelus, et qui est celle que l'on comprend ordinairement
sous le nom d'autruche, à la taille d'un chameau, de longues jambes, de courtes
ailes, des plumes extrêmement estimées comme ornements, et le cou assez fort,
d'environ un mètre de longueur. Elles ne volent pas, mais leur course est
extrêmement rapide et pareille à celle des meilleurs chevaux de Barbarie.
Xénophon raconte que l'armée de Cyrus le jeune trouva près de l'Euphrate un
grand nombre d'autruches, et qu'on leur donna la chasse avec les chevaux les
plus vigoureux, sans pouvoir les atteindre. Le mot hébreu que nous traduisons
par autruche est Bath-Yahanéh (fille de la voracité); mais les interprètes sont
peu d'accord sur le sens de ce mot; quelques-uns, comme Luther et Martin, le
traduisent par chat-huant; d'autres, comme Calmet, par cygne. La traduction que
nous avons adoptée se justifie par les considérations suivantes. D'abord elle a
pour elle presque tous les anciens (les Septante, saint Jérôme, Aquila,
Symmaque, etc.), et l'analogie de la langue arabe. En outre, tous les passages
de l'Écriture qui parlent de cet oiseau s'accordent parfaitement avec ce que
nous savons de l'autruche, Lévitique 11:16; Deutéronome 14:15. Il est mis au
nombre des animaux impurs, probablement à cause de l'indifférence avec laquelle
il avale tout ce qu'il rencontre, blé, vers, pièces de monnaie, pierres et
sable; son estomac est devenu proverbial à cet égard, quoiqu'on n'en soit plus
à l'idée qu'elle digère tout ce qui entre dans son corps. Les Arabes cependant,
les Éthiopiens, les Indiens et les Romains regardaient la viande de l'autruche
comme un mets délicat, bien qu'elle soit dure, sèche et difficile à cuire:
serait-ce peut-être sa rareté qui lui méritait cet honneur? ou si l'on n'en
mangeait que certaines parties naturellement plus fines, la langue, le foie ou
les ailes?
— Il est dit, Ésaïe 13:21; 34:13; 43:20; Jérémie
50:39; Lamentations 4:3, qu'elle habite en des lieux désolés, au milieu des
chardons et dans les déserts, détails qui vont encore à l'autruche, dont nous
savons qu'elle se tient de préférence au milieu des sables, vivant par troupes
et se nourrissant surtout de dattes; quelques naturalistes arabes prétendent
qu'elle ne boit jamais.
— Cet animal est représenté, Lamentations 4:3, comme
cruel envers ses petits, et tous les voyageurs racontent de l'autruche qu'elle
abandonne au soleil et dans le sable ses œufs après les avoir pondus, semblant
ne pas s'inquiéter de ce qui en adviendra: ce jugement ne doit cependant pas
être accepté dans son sens le plus défavorable, et s'il est vrai qu'elle ne
couve pas ses œufs comme les autres oiseaux, c'est que son poids immense les
écraserait, tandis qu'elle peut très bien se borner à les surveiller, en les
faisant éclore dans la chaleur du sable.
— Enfin, Job 30:29, et Michée 1:8, lui attribuent un
cri plaintif et lamentable, que le voyageur Shaw (Voyages, p. 390) a de même
mentionné en parlant de l'autruche; il raconte que souvent, au milieu de la
nuit, elle pousse une espèce de gémissement lugubre (— Voir: en général
Bochart, Hiéroz. II, 811 sq.).
Il est encore parlé, Job 39:16, d'un oiseau nommé en
hébreu Renanim, et que l'on pense également devoir être l'autruche, bien que
quelques auteurs (Luther entre autres) le traduisent par paon. La traduction de
nos Bibles «As-tu donné aux paons ce plumage qui est si brillant, ou à
l'autruche les ailes et les plumes?» doit être remplacée par celle-ci: «L'aile
de l'autruche ne s'agite-t-elle pas (dans sa course)? N'est-elle pas comme
l'aile et comme les grosses plumes de la cigogne?» Les versets suivants sont
mieux rendus, et leur ensemble montre évidemment que dans ce passage il s'agit
de l'autruche; le verset 20, qui accuse cet animal de manquer d'intelligence,
rappelle le proverbe arabe qui dit: «plus bête qu'une autruche;» et le verset
21 peut se rapporter, soit à la rapidité de sa course, soit à la grandeur de sa
taille: «Parfois même, lorsqu'elle se dresse (pour courir), elle se rit du
cheval et de celui qui le monte;» elle les devance, ou bien elle est plus haute
que l'un et l'autre à la fois: ces deux sens sont également vrais et justifiés
par les faits.
— Voir: Pline, H. N. 10, 1.
________________________________________
AVEN, ou Bethsémès, ou encore Héliopolis,
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1. Ézéchiel
30:17, ou Bethsémès, ou encore Héliopolis, entre la mer rouge et le Nil, en
Égypte; elle était située à une journée de la capitale de ce royaume. C'est la
même ville que On, au pays de Goscen;
— Voir: On.
2. Amos
1:5, vallée de la Syrie damascénienne, peut-être la vallée du Liban, Josué
11:17. (Bikhath signifie vallée.)
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AVOCAT,
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nom donné à Jésus-Christ, 1 Jean 2:1. Il intercède et
plaide pour les pécheurs, et nous pouvons nous faire une idée de cette
intercession par ce qu'on appelle sa prière sacerdotale, Jean 17. «J'ai prié
pour toi, dit-il à Pierre, afin que ta foi ne défaille point.»
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AZOR,
________________________________________
nommé dans la généalogie de Jésus-Christ, Matthieu
1:13, est inconnu.
________________________________________AZOTE,
________________________________________Actes 8:40,
— Voir: Asdod.
Dictionnaire de la
Bible J.-A. Bost 1849-B
________________________________________
________________________________________
BABEL
________________________________________
(confusion), Genèse 11. Un siècle environ après le
déluge, au temps de Péleg*, les hommes qui composaient la famille humaine
s'étant insensiblement éloignés du mont Ararat, arrivèrent dans les plaines de
Sinhar. Plusieurs des descendants de Cam voulant, à ce qu'il paraît, échapper
aux menaces divines dirigées surtout contre Canaan, cherchèrent à se procurer
un ascendant sur les autres membres de la famille. Abandonnant, en conséquence,
la droite voie, et refusant de se conformer aux pieux conseils de leur aïeul,
qui leur avait recommandé un attachement sincère au vrai Dieu, ils se mirent à
construire une ville avec une tour énorme. Leur vrai motif était l'orgueil,
l'ambition, le désir de régner; le moyen par lequel ils espéraient parvenir à
ce résultat était la concentration de l'humanité dans un même système politique
et hiérarchique, moyen infaillible pour éteindre à jamais la lumière divine, et
pour étouffer tout développement de l'Église du Seigneur. En général on peut
dire que c'est dans la famille de Cam que le gouvernement patriarcal a le
premier et le plus anciennement été remplacé par une organisation politique
sociale et monarchique; voyez les Égyptiens, les Indous, les Chinois.
* Péleg signifie
littéralement : diviser, partager, briser avec violence, fragmenter. Ce nom est
utilisé pour signaler une catastrophe cosmique et apocalyptique qui se
produisit dans cette période de l’histoire. Il indique que la Terre, qui était
encore d’un seul Continent après le Déluge, fut fragmentée en diverses parties,
donnant la forme géographique que nous connaissons de nos jours. Tout semble
indiquer que cette catastrophe fut occasionnée par un ou plusieurs astéroïdes
gigantesques qui frappèrent la Terre, possiblement des débris de la planète Nod
qui explosa lors du Déluge, formant la ceinture d’astéroïdes entre Mars et
Jupiter.
On suppose que c'est Nimrod qui conçut le premier
l'idée de cette entreprise. Comme ils ne connaissaient pas de carrières dans le
sol fertile où ils s'étaient établis, ils cuisirent des briques, et se
servirent de bitume en guise de mortier. La tradition porte que, pendant trois
ans, ils ne firent autre chose que de préparer leurs matériaux; et déjà, depuis
vingt-deux ans, ils s'occupaient de l'œuvre de leur construction, lorsque
l'Éternel, qui ne voulait pas cette agglomération du genre humain sur un seul
point de la terre, et qui voyait les sentiments d'orgueil, d'impiété, de
stupidité qui présidaient à l'érection de cette tour gigantesque, interrompit
les travaux brusquement, et, par sa toute-puissance, fit échouer le premier
essai d'une monarchie universelle, qui ne réussira jamais que sous l'économie
spirituelle du Sauveur du monde. La dispersion des peuples et la confusion des
langues furent le moyen dont Dieu se servit pour dissiper le conseil des
méchants; mais l'on se demande si cette confusion des langues fut elle-même la
conséquence naturelle de la dispersion des chefs, ou si, miraculeuse et subite,
ce fut elle qui obligea les travailleurs à se séparer. Les rationalistes et
quelques docteurs, même orthodoxes, ont admis la première hypothèse; mais il
faut avouer que le texte biblique favorise davantage la seconde. Quoi qu'il en
soit, il paraît que ceux dont l'esprit et la langue étaient le plus troublés
s'éloignèrent davantage de la Mésopotamie, et l'on peut croire que ceux qui
demeurèrent sur l'emplacement après la confusion sont aussi ceux dont la langue
a conservé le plus de rapports avec la langue primitive. La famille de Sem
n'ayant pas pris part au péché des Camites, n'aura pas non plus partagé leur
châtiment; et c'est chez eux, dans les langues sémitiques, et surtout dans
celle du pieux Héber (l'hébreu), que nous trouverons la langue dont doivent
s'être servis les hommes depuis la création jusqu'à Babel.
(Le mot tour ou
MIGDAL en Hébreu porte aussi la notion d'une Pyramide, ce qui entre pleinement
dans le contexte historique des anciennes nations, particulièrement dans la
période de l'ancienne Babylone et l'Égypte. Alexandre Hislop, dans son livre
remarquable «Les Deux Babylones», nous indique qu'elle a été construite par
Cush, le faux prophète, et son fils Nemrod, le Rebel et Grand Souverain des
nations de cette période. Il est intéressant de remarquer que le nom Cush en
Chaldéen signifie chaos et que traduit en Égyptien ce nom devient Chéop, ce qui
nous indique fortement que la Pyramide de Chéop serait nulle autre que
l'ancienne tour de Babel. Ceci nous indique aussi qu'il y a une différence
entre les noms Babel et Babylone, les deux ne seraient pas nécessairement
identiques. Babel était située dans le pays de Shinear (Gen. 11:2,3) et Hislop
nous dit que «Shinear» signifie «terre régénérée». Il ajoute que l'ancienne
Égypte, fondée par Mitsraïm, frère de Cush, était à ce temps un vaste marais et
qu'il détourna les eaux du Nil en construisant des digues pour faire sécher les
terres d'où son nom Mitsraïm qui signifie «constructeur de digues». De ce fait
le sol du pays de Mitsraïm ou Égypte devint très fertile, sa terre fut ainsi
régénérée. Les anciens Égyptiens pratiquaient un culte de régénération qui fut
associé à ce fait, déifiant le soleil qui assécha les terres. Cet ancien culte
du soleil avait deux aspects, un externe qui se rapportait aux symboles
physiques, et l'autre interne qui se rapportait au culte de l'intelligence, ce
dernier étant encore en vigueur de nos jours à tous les niveaux de la société,
particulièrement dans les nations dites démon-cratiques. Les Saintes-Écritures
nous indiquent clairement que la région de l'ancienne Égypte et ses environs
étaient sous le domaine de la famille de Cham, fils de Noé, et que ces gens
étaient de race noire. Nous sommes loin de la tour traditionnelle et du pays de
Babylone.
Concernant la
confusion des langues, nous avons l'indice dans les Deux Babylones d'Alexandre
Hislop, qu'il s'agit d'une catastrophe apocalyptique dans laquelle le Continent
Terre, car en ce temps la Terre fut d'un seul Continent, fut fragmenté
violemment pour former les cinq continents que nous connaissons de nos jours.
Il est ainsi
légitime de penser que la confusion des langues fut occasionnée par la
séparation des continents, la relation entre les pyramides du Mexique et de
l'Égypte en est une indication. D'ailleurs le Popol Vuh ou Bible des Mayas
indique que ce peuple vint d'Égypte et se rendit dans les terres du Mexique à
pied, démontrant que les Amériques étaient encore reliés à l'Afrique d'une
certaine façon avant la catastrophe qui transforma toute la géographie de la
Terre. Ce fut en ce temps que l'ancien Continent d'Atlantide des Caphtorims
«île en forme de couronne» (Gen. 10:14) fut submergé sous les eaux, lorsque les
colonnes d’Hercule ou Rocher du Gibraltar se fendit lors de l’éruption d’un
volcan qui causa un tremblement de terre, laissant pénétrer les eaux de
l’Atlantique dans les vallées de la Méditérannée.)
Le même Dieu qui, dans cette occasion, multiplia les
langues pour séparer les pécheurs et les empêcher de s'entendre, est venu plus
tard, aux jours de la Pentecôte, rendre toutes les langues communes à ceux qui
avaient reçu le Saint-Esprit, afin de recueillir le peuple de ses fidèles.
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BABYLONE, ou Babel,
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capitale de la Caldée. On la comptait au nombre des
sept merveilles du monde, et l'Écriture l'appelle la cité d'or, la gloire des
royaumes, la reine des royaumes, la beauté de l'excellence des Caldéens, le
marteau de toute la terre, la hache de bataille qui brise en pièce les nations,
Ésaïe 13:49; 14:4; Jérémie 50:23, etc. Les historiens profanes ne sont pas
moins positifs dans ce qu'ils nous racontent de cette ville; si Hérodote,
Xénophon, Strabon, Pline, Diodore de Sicile et Quinte-Curce ne sont pas
entièrement d'accord sur les détails, c'est que leurs descriptions se
rapportent à des époques différentes: mais ils s'accordent tous sur son
étonnante magnificence, qu'atteste encore aujourd'hui l'immense étendue de ses
ruines. Le témoignage d'Hérodote, en particulier, nous est d'autant plus
précieux qu'il visita lui-même Babylone, un siècle à peu près après la mort de
Belsatsar, et qu'il ne rapporte que ce qu'il a vu de ses yeux et bien examiné.
Située dans une vaste plaine, Babylone formait un
carré parfait dont chaque côté avait une étendue de 10 kilomètres; d'autres
disent 25. Le mur dont elle était entourée avait environ 126 mètres d'élévation
sur 32 d'épaisseur; il était surmonté de 250 tours (d'autres disent 316),
construites, aussi bien que la muraille, en grandes briques cimentées avec du
bitume. Entre le mur et la ville était un large fossé plein d'eau, dont les
berges étaient également revêtues de briques; c'est de là qu'on avait extrait
toute la terre qu'on avait, dû cuire pour la construction des murailles, en sorte
que ce canal devait être assez large et assez profond. Entre les maisons et la
muraille, il y avait un espace de 80 mètres environ. Cent portes d'airain
massif, vingt-cinq de chaque côté, s'ouvraient sur la campagne; du nord au sud
vingt-cinq rues, d'orient en occident vingt-cinq rues, larges de 54 mètres et
longues de 8 kilomètres, traversaient la ville dans toutes les directions, et
la partageait en 629 espèces d'îles carrées, dont l'intérieur était destiné aux
jardins et dépendances. L'Euphrate, qui traversait la ville du nord au sud,
était également resserrée entre des murailles aussi hautes que celles mêmes de
la ville; d'immenses escaliers, fermés par des portes d'airain, permettaient de
descendre jusqu'au fleuve. Les quais étaient magnifiques; leur plus bel
ornement consistait dans les jardins suspendus, établis sur des terrasses
voûtées qui s'élevaient jusqu'au niveau des murailles, immenses parterres du
sein desquels on voyait s'élancer des arbres de la plus haute dimension; puis,
sur la plate-forme la plus élevée, un vaste réservoir dans lequel le jeu d'une
puissante machine hydraulique amenait les eaux de l'Euphrate.
— On y remarquait encore le temple de Bélus (Bel, ou
Bahal), le palais de Nébucadnetsar, qu'environnait un triple mur de 10 kilomètres
de tour, d'autres disent qu'il avait deux lieues et demie de longueur; enfin le
fameux tunnel construit en briques et en bitume sous l'Euphrate, galerie qui
servait à lier les deux moitiés de la ville, et qui était un objet de luxe et
de magnificence, plutôt qu'il n'avait une utilité réelle, vu les ponts nombreux
qui facilitaient toutes les communications au-delà du fleuve.
Le temple consacré au dieu Bel était une tour
colossale, composée de huit tours, s'élevant les unes au-dessus des autres, en
diminuant de grandeur. Celle qui servait de base formait un carré régulier dont
chaque côté avait 216 mètres de long: l'ensemble offrait l'aspect d'une
pyramide grandiose; on y montait du dehors par un chemin en spirale. Au sommet
du temple était une chambre ou chapelle sans images, où il n'y avait pour tout
meuble qu'une table et un lit; une prêtresse y passait la nuit, parfois même on
y faisait des observations astronomiques. À l'étage inférieur de la tour était
une autre chambre ou chapelle, mais plus vaste et mieux décorée; l'image de Bel
s'y trouvait en or, derrière une table d'or. Heeren, d'accord avec les
traditions arabes et juives, pense que cette tour est l'ancien édifice
construit par Nimrod. Des huit étages trois se sont conservés jusqu'à présent; les
matériaux dont ils sont construits sont les mêmes que ceux qui sont indiqués
Genèse 11, et la qualité des décombres est de beaucoup supérieure aux autres
restes d'architecture que l'on trouve au même endroit, de même que la solidité
et le grandiose de cette composition gigantesque. Toutefois il paraît peu
probable que les habitants de cette contrée aient essayé de reconstruire un
temple de Bel au même endroit et sur les ruines de l'orgueilleuse tour, dont la
tradition portait qu'elle avait été renversée par Dieu lui-même. Le professeur
Schubert qui, dans son voyage en Orient, incline à croire que la tour de Babel
est effectivement celle qui porte encore le nom de Birs-Nimrod, à 12 ou 15
kilomètres ouest de l'Euphrate, pense qu'il faut voir le temple de Bel dans une
ruine située sur la rive orientale, et qui s'appelle maintenant la colline
d'Amran.
Néanmoins, le texte
de la Bible semble indiquer une différence entre «Babel» et «Babylone». Babel
était situé dans le pays de Schinear, terme qui signifie «terre régénérée des
eaux» et qui se rapporte à Mitsraïm, fils de Cham, qui dérouta les eaux du Nil
en construisant des digues afin de faire sècher les terres de l’ancienne
Égypte, qui à ce temps fut un vaste marais. Dans cette optique, le pays de
Mitsraïm, qui devint connu comme l’Égypte, avait originalement pour nom
«Babel», c'est-à-dire «la porte des dieux», car Cush, son frère et père de
Nimrod, fut déifié comme «le père des dieux» lors de la grande apostasie de ce
temps. Tandis que Babylone était située en Mésopotamie où se trouve
présentement l’Iraq moderne. Or Cush en Chaldéen signifie «Chaos» et ce dernier
se traduit «Chéop» en Égyptien. En d’autres mots, la pyramide de Chéop est
elle-même la Tour de Babel originale.
- Voir: Les Deux
Babylones, par Alexandre Hislop.
Le Birs-Nimrod présente dans la partie qui est encore
debout, des caractères qui semblent devoir remonter immédiatement à l'époque de
la tour de Babel, et qui excluent par là même la supposition qu'on ait essayé
de construire un autre édifice en cet emplacement: ce sont d'énormes fragments
de constructions en briques, qui ont été complètement fondus et vitrifiés; ils
sonnent comme du verre; et pour que la brique ait pu devenir sonore à un degré
pareil, il faut qu'elle ait été exposée à une chaleur égale à celle de la plus
ardente fournaise. Le feu du ciel a pu produire ce résultat, et l'on pourrait
voir dans le passage Genèse 11:5 (l'Éternel descendit) l'intervention sublime
d'un Dieu qui s'avance entouré des éléments, des flammes de feu ses ministres,
qui doivent le venger. L'historien Flavius Josèphe nous a conservé, à cet
égard, une vieille tradition qui dit positivement que la dispersion des hommes
et la confusion des langues a été accompagnée d'orages effrayants, et de grands
bouleversements dans la nature.
Bélus, le premier homme qui ait porté le titre de roi
de Babylone, et qu'on estime avoir été contemporain de Samgar, juge d'Israël,
Bélus et Sémiramis agrandirent considérablement la ville de Babylone, et
l'embellirent; mais ce fut surtout Nébucadnetsar, seul, ou de concert avec sa
belle-fille Nitocris, qui y mit la dernière main, et qui en fit une des
merveilles du monde. C'était alors le beau temps pour le prince de ce siècle et
pour les puissances de l'air; la grande cité, l'orgueil du monde, était le
jouet de Satan, qui se faisait adorer sous les figures différentes de Bel, de
Nébo, de Nergal, de Mérodach, de Succoth-Bénoth, etc., tour à tour, et tout à
la fois, séduisant les Babyloniens par la crédulité et par l'incrédulité, par
l'idolâtrie, par la superstition, par les plaisirs de la chair. Ils adoraient
le feu, et s'estimaient très habiles dans l'astrologie, la magie, et l'art de
la divination, Daniel 2:2; 4:7; 5:7; Ésaïe 47:12. C'est de chez eux que cette
prétendue science s'introduisit dans le pays de Canaan, Ésaïe 2:6, et peut-être
même en Égypte.
Puis Cyrus vint, et Babylone fut prise, 538 ans avant
J.-C. Plus tard Xercès pilla le temple et le détruisit. Alexandre le Grand, qui
voulut le rétablir, 320 ans avant J.-C., employa dix mille soldats à en
déblayer les ruines; mais il mourut au milieu de ses débauches sans avoir
achevé ses travaux. Enfin Séleucus, un de ses successeurs, voulant s'illustrer,
fonda, près de Babylone, une ville qui devait s'appeler Séleucie d'après son
nom; pour la peupler, il força cinq cent mille Babyloniens à se transporter
dans sa nouvelle capitale. C'est alors que fut consommée la ruine définitive de
cette cité.
— Voir: Ésaïe 13:19-22; Jérémie, 51, etc..
— Voir: Pierre h.
Nous parlerons, à l'article Caldée, de la religion des
habitants de la contrée dont Babylone était la capitale. Les prophéties
annonçant la chute complète et la dévastation d'une des merveilles du monde qui
semblait devoir durer toujours, se sont réalisées d'une manière étonnante; les
voyageurs les plus incrédules ne peuvent, lorsqu'ils ont visité ces ruines
fameuses, employer, dans leurs descriptions, d'autres mots ni d'autres phrases
que celles mêmes des prophètes.
— Voir: Keith, Accompliss, des Proph..
Le roi de Sésac dont il est parlé, Jérémie 25:26, ne
saurait être autre que celui de Babel ou Babylone, cf. 51:41; mais
l'explication étymologique de ce mot a longtemps embarrassé les interprètes.
L'opinion la plus probable est celle de saint Jérôme qui pense que, de peur
d'offenser les Caldéens, le prophète aura formé ce nom mystérieux du nom même
de la ville de Babel, en comptant les lettres depuis la fin de l'alphabet au
lieu de les prendre depuis le commencement (les voyelles ne comptent pas);
ainsi les deux B de Babel auront été remplacés par l'avant-dernière lettre S,
et la onzième depuis le commencement, L, aura été remplacée par la onzième
depuis la fin, K; Bbl aura fait Ssk, Sésak. Pour d'autres explications.
— Voir: Dahler, Commentaires sur Jérémie, sect. 18, t.
II, p. 201, 202.
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BABYLONIE,
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province d'Asie, bien connue, dont Babylone était la
capitale, mais qui ne doit pas être confondue avec la terre des Caldéens
Jérémie 24:5; 25:12; Ézéchiel 12:13. (Cette dernière, d'après Ptolémée, 5, 20,
ne comprenait que la partie méridionale de la Babylonie, tandis que la province
entière portait le nom de Sinhar.) Elle était bornée au nord par la
Mésopotamie, à l'orient par le Tigre, au midi par le golfe Persique, à l'ouest
par le désert de l'Arabie. Son territoire, situé sous un ciel pur et salubre,
n'était parcouru par aucune montagne un peu haute. La fertilité du sol était
fabuleuse et dépassait tous les prodiges de l'Égypte et du Nil; Pline, Hérodote
et Strabon en racontent des merveilles; Hérodote même commence par dire qu'il
n'ose en parler parce qu'on ne le croira pas, et qu'il faut avoir vu les
phénomènes de cette terre pour y croire; il ajoute qu'elle ne rapporte jamais
moins de 200 pour 1; et Strabon assure que la récolte atteint souvent le
chiffre de 300 pour 1, sans parler de la grosseur extraordinaire des grains.
C'était surtout en blé et en palmiers, que la Babylonie était riche; on y
trouvait peu de dicotylédones, et les arbres de nos climats, notamment le bois
de construction, y étaient rares. Cette exubérante fertilité provenait d'abord
de la bonté du sol et du climat, puis des irrigations produites par les crues
annuelles du Tigre et de l'Euphrate, irrigations que les habitants avaient
régularisées à grands frais, et mises à profit au moyen d'écluses et de canaux,
dont un grand nombre étaient même navigables, et qui s'étendaient sur toute la
surface du pays.
Les Babyloniens étaient célèbres par leur habileté
dans les arts, par la perfection de leurs tapis et autres objets de luxe. Ils
avaient accaparé une grande partie du commerce de l'Asie, et leur réputation
comme marchands et négociants était universelle, Ézéchiel 17:4. Tandis qu'ils
remplissaient par terre toutes les routes un peu fréquentées des caravanes,
Ésaïe 43:14, nous les montre faisant aussi le commerce des mers, mais à ce
qu'il paraît avec des vaisseaux étrangers, surtout phéniciens. Leurs richesses
devinrent immenses et ne furent surpassées que par leurs vices et leurs
débordements de tous genres.
Le christianisme s'y introduisit de bonne heure,
essentiellement, à ce qu'il paraît, au milieu des familles juives dispersées
qui s'y trouvaient depuis la captivité, et dont les ancêtres n'avaient pas
voulu jouir du privilège qui leur était accordé de pouvoir rentrer dans leur
patrie.
— Voir: 1 Pierre 5,13; cf. Psaumes 87:4.
L'apôtre Pierre écrivit de Babylone la première de ses
épîtres, et peut-être aussi la seconde. Ce fut aussi là que les Juifs
comptèrent leurs plus fameuses synagogues depuis la dernière destruction de
Jérusalem; et c'est d'elles que sortit cette vaste compilation rabbinique
connue sous le nom de Talmud.
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BACA,
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nom d'une vallée qui se trouvait sur le chemin de
Jérusalem. Ce mot signifie mûrier; il signifie aussi les pleurs, et c'est à
cette dernière étymologie qu'il est fait allusion Psaumes 84:6. «Passant dans
la vallée de Baca, ils la réduisent en fontaines (de réjouissances).» Il est possible
que cette vallée fût la même que celle de Réphaïm ou terre des géants.
— Voir: ce mot.
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BAGUE.
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Les Orientaux d'autrefois, comme ceux d'aujourd'hui,
aimaient à se parer d'un grand nombre de bagues. Les hommes n'en portaient
généralement qu'aux doigts; ces anneaux renfermaient en même temps leur cachet.
Les femmes, en revanche, et les enfants des deux sexes, en portaient à
profusion, aux doigts, au nez, aux oreilles, aux bras et aux pieds.
— Voir: articles Boucles, et Cachet.
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BAHAL,
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(seigneur ou mari.) Ce fut peut-être dans les premiers
temps le nom qu'on donnait au vrai Dieu. Du moins est-il sûr que c'était le nom
générique de tous les faux dieux de l'Orient, comme Hastaroth était celui de
leurs déesses. Les Moabites, les Phéniciens, les Assyriens, les Caldéens et
souvent les Hébreux, eurent leur Bahal, qui, suivant les circonstances, s'appelait
Bahal-Bérith, Bahal-Péhor, Bahal-Zébub, etc. De là aussi la terminaison Bal qui
caractérise beaucoup de noms d'origine phénicienne, tels que Annibal, Abibal,
Asdrubal, Adherbal; etc..
— Voir: encore Eth-Bahal, 1 Rois 16:31.
Ce mot de Banal entrait souvent dans la composition
des noms de personnes ou de villes, et alors les Hébreux pieux le changeaient
en béseth ou boseth qui signifie honte. Ainsi de Jérubbahal ils avaient fait
Jérubbéseth, Juges 6:32; 2 Samuel 11:21; d'Esbahal Is-Boseth, et de Merib-Bahal,
Méphiboseth, 1 Chroniques 8:33-34; 2 Samuel 2:12; 9:6.
— Banal est quelquefois féminin (p. ex. Romains 11:4;
dans le grec), de même que Hastaroth sert parfois à désigner un dieu. D'autres
fois on lit Bahalim, pluriel de Bahal, soit parce qu'il y avait plusieurs
divinités de ce nom, soit seulement parce qu'on le représentait sous diverses
images. Le culte de Bahal et de son épouse Hastaroth était accompagné de toutes
sortes d'abominations. On entretenait toujours un feu allumé dans leurs
temples, et on leur élevait des autels dans les bocages, sur les lieux élevés,
et même sur les toits des maisons. Jérémie 32:29; 2 Rois 17:16; 23:4-13; Juges
2:13.
Si ce fut Nimrod, ou Bélus, ou Hercule le Tyrien, qui
le premier reçut les honneurs divins, c'est ce qu'on ne peut établir
positivement; mais il paraît constaté que les Phéniciens adoraient sous ce nom
le soleil, et la lune sous celui de Hastaroth.
Les Moabites commencèrent avant le temps de Moïse à
rendre un culte à Bahal, et les Hébreux s'y livrèrent déjà du temps de ce
législateur et prophète, Nombres 22:41; Psaumes 106:28; ils retombèrent dans
cette idolâtrie après la mort de Josué et sous les juges Ehud, Gédéon et
Jephthé, Juges 2:13; 3:7; 6:25; 10:6. Samuel paraît l'avoir entièrement fait
disparaître pendant le temps de son administration, mais deux cents ans plus
tard, Achab et Jézabel la réintroduisirent avec toutes ses abominations: quatre
cent cinquante prêtres furent consacrés à Bahal, et presque autant à Hastaroth.
Couverts de honte par Élie sur le mont Carmel, et l'impuissance de leurs dieux
ayant été démontrée, ils furent saisis et mis à mort par l'ordre du prophète.
Joram, fils d'Achab, n'adora pas Bahal sans doute, mais le peuple continua de
demeurer dans l'idolâtrie. Après sa mort, Jéhu, feignant une grande vénération
pour l'idole, convoqua devant ses autels tous les prêtres de mensonge dévoués
au culte de Bahal, et il les fit passer tous au fil de l'épée. Peu de temps
après, le souverain sacrificateur Jéhojada, tuteur de Joas, supprima le culte
de Bahal dans le royaume de Juda, mais Achaz et Manassé l'y restaurèrent.
Josias l'abolit de nouveau, et de nouveau ses fils le rétablirent dans toute sa
force, 1 Rois 16:31; 18:18; 2 Rois 10:21; Jérémie 19:5.
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BAHALA et Bahalé,
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— Voir: Kiriath-Jéharim.
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BAHALATH,
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— Voir: Bahah-Gad.
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BAHAL-BÉRITH,
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nom de l'idole qu'on adorait à Sichem, et dont les
Israélites firent leur dieu après la mort de Gédéon, Juges 8:33. Peut-être
était-ce la Bérith ou Bore des Phéniciens, fille de leur Vénus et d'Adonis, ou
seulement Bahal envisagé comme garant des alliances (Bérith, alliance); ce
serait alors le Orkios des Grecs et le Jupiter Sponsor, ou Fidius-Ultor des
Romains.
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BAHAL-GAD,
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ville située au pied nord-ouest du mont Hermon, dans
la vallée du Liban, à l'extrême frontière nord-est de la terre promise;
peut-être aussi le nom d'une des sommités de l'Hermon, Josué 11:17; 12:7; 13:5.
Elle possédait un temple dédié au soleil ou à Bahal, dont la célébrité remonte
à des temps très anciens: de là son nom grec d'Héliopolis, ses noms hébreux de
Beth-Sémès, Josué 19:38; Juges 1:33, de Baal-Hammon, Cantique 8:11, de
Bahalath, 1 Rois 9:18, si toutefois ces divers noms désignent bien la même
ville dont les ruines étonnent encore les voyageurs par leurs proportions
gigantesques.
— Quelques-uns comparant 1 Rois 9:18; 2 Chroniques
8:6, et Josué 19:14, pensent qu'il faut chercher le Bahalath que fortifia
Salomon, dans le voisinage de Guézer et de Beth-Horon, par conséquent dans la
tribu de Dan: ces trois villes auraient été bâties et fortifiées pour prévenir
une irruption des Égyptiens; mais dans 1 Rois 9:17-18, on voit au contraire que
Guézer et Beth-Horon sont liées l'une à l'autre, tandis que Bahalath paraît l'être
davantage à Tadmor (Palmyre). Le nom moderne de Bahalath est Baalbeck, si,
comme nous le pensons, on doit la chercher sur les frontières de la Syrie; là,
dans un petit village à peine habité maintenant, l'on trouve comme monuments
d'une grandeur passée, les ruines du temple du Soleil, les blocs les plus
lourds qui aient été jamais remués par la main des hommes, des blocs de 23
mètres de longueur, larges de 4 et épais d'autant, présentant ainsi des masses
de plus de 350 mètres cubes; et cette ville, ajoute Bræm, est à peine
mentionnée dans l'histoire! Elle sert aujourd'hui de capitale aux Moutoualis,
montagnards farouches et pillards qui rôdent aux environs.
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BAHAL-HANAN
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(grâce de Bahal), fils de Hacbor, septième roi des
Édomites. Son nom donnerait lieu de croire que le culte de Bahal avait alors
prévalu chez les descendants d'Ésaü, comme chez ceux de Canaan. Genèse 36:38.
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BAHAL-HATSOR,
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ville près d'Éphraïm, à 15 kilomètres environ nord-est
de Jérusalem, entre Béthel et Jérico. Il y en a qui croient que c'est Hatsor de
la tribu de Juda, Josué 15:25. Mais alors il faudrait la placer plus au midi. C'est
là qu'Absalon lit le festin qu'il ensanglanta par le meurtre de son frère
Amnon. 2 Samuel 13:23.
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BAHAL-HERMON,
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Juges 3:3; 1 Chroniques 5:23. Une partie du mont
Hermon; peut-être la même que Bahal-Gad.
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BAHALIS,
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roi des Hammonites, qui envoya Ismaël, fils de
Néthania, pour assassiner Guédalia, commissaire de Nébucadnetsar auprès des
Juifs restés en Canaan, Jérémie 40:14. Cette mission ne pouvait avoir d'autre
motif que la haine enracinée des Hammonites contre les Juifs, et l'espoir de
profiter ensuite des troubles qui résulteraient de la mort du gouverneur: aussi
paraît-il bien que les Juifs regardèrent la mort de Guédalia comme une calamité
publique. Ismaël, de son côté, se prêta de fort bonne grâce à la mission de
meurtre dont il était chargé, poussé par la jalousie, parce qu'étant de sang
royal, il n'avait pas été nommé gouverneur.
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BAHAL-MÉHON,
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Nombres 32:38, Beth-Bahal-Méhon, Josué 13:47,
Beth-Méhon, Jérémie 48:23, Béhon, Nombres 32:3. Probablement ce n'était qu'une
même ville avec différents noms; elle appartenait à la tribu de Ruben. Les
Hébreux l'enlevèrent à Sihon, qui l'avait peut-être conquise lui-même sur les
Moabites: ceux-ci la reprirent, mais elle fut plus tard détruite par les
Caldéens, cf. Ézéchiel 25:9. Il paraît cependant qu'elle fut rebâtie de nouveau,
et qu'elle existait sous les Maccabées.
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BAHAL-PÉHOR,
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Nombres 25:3. Idole des Moabites et des Madianites;
quelques-uns pensent que c'était le Mitsraïm, ou l'Osiris des Égyptiens, ou le
Priape des Grecs: elle s'appelait Péhor du lieu où était son temple, comme
Jupiter fut appelé Olympien, du mont où il était adoré. Ce lieu a pris ensuite
le nom de Bahal-Péhor, et plus tard nous le retrouvons aussi sous celui de
Beth-Péhor, Deutéronome 4:46. Le changement de Bahal en Beth se retrouve
également dans quelques-uns des noms qui suivent.
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BAHAL-PÉRATSIM,
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endroit qui se trouvait dans la vallée des Réphaïm, où
David mit en déroute les Philistins, 2 Samuel 5:20; 1 Chroniques 14:11, cf.
Ésaïe 28:24. Il pouvait être à 5 kilomètres sud-ouest de Jérusalem.
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BAHALSALISA,
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2 Rois 4:42, ville ou village de la Palestine,
probablement dans le pays de Salisa, 1 Samuel 9:4, mais du reste, inconnu.
Eusèbe et Jérôme font mention d'un Beth-Salisa, ville à 25 ou 26 kilomètres au
nord de Diospolis: ce pourrait bien être la même.
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BAHAL-THAMAR
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(Baal des palmiers), Juges 20:33, lieu près de Guibha.
Peut-être que les Cananéens y adoraient Bahal dans un bocage planté de
palmiers. C'est là que la tribu de Benjamin fut presque entièrement détruite
par les autres tribus, à cause du crime des Benjamites contre la femme d'un
lévite d'Éphraïm.
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BAHAL-TSÉPHON
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(Bahal du Nord), Exode 14:2; Nombres 33:7. Était-ce
une idole placée à l'extrémité nord de la mer Rouge, comme pour garder l'entrée
de l'Égypte, ou bien une place fortifiée? c'est ce qu'on ne saurait décider:
cette dernière opinion est cependant la plus probable, mais elle peut se concilier
avec l'autre, en admettant que la ville avait pris son nom de l'idole même qui
s'y trouvait placée.
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BAHAL-ZÉBUB,
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(Bahal des mouches), 2 Rois 1:2-3, dieu de Hékron. Il paraît,
ou qu'on le représentait sous l'image d'une mouche, ou qu'on le regardait comme
appelé à garantir de la piqûre des mouches malfaisantes: peut-être était-ce le
même que le Hacor de Cyrène à qui l'on attribuait un semblable pouvoir, et que
le Jupiter chasse-mouche (apomuïos) des Grecs. Le culte de cette fausse
divinité était encore en usage au temps de notre Sauveur, puisque les Juifs
l'accusèrent de chasser les démons par Béelzébub le prince des démons,
c'est-à-dire par Satan, comme le montre la réponse de Jésus, Matthieu 12:24;
cf. 10:25; Marc 3:22; Luc 11:15,18; mais en passant dans la langue hébraïque,
le nom du Dieu païen fut défiguré de diverses manières, conformes au mépris que
les Hébreux professaient pour tout ce qui venait du dehors, en religion
surtout. Les uns l'appelèrent Béelzebul (ou Zéboul), dieu du fumier, surnom
dont le sens n'avait pas besoin d'explication sans doute, mais dont la
formation grammaticale n'était pas tout à fait conforme au génie de la langue
hébraïque, puisque fumier se dit Zébel, et non Zéboul; cependant chacun sait
que lorsqu'il s'agit d'un jeu de mots, l'on ne se montre pas trop exigeant
quant à l'exactitude et à la précision linguistique. D'autres, à ce qu'il
paraît, appelèrent ce faux dieu Banal ou Béelzébuth, soit qu'on veuille y voir
un pluriel abrégé de Bahal-Zébub pour Bahalzébuboth, soit que les habitants
d'Hékron aient eux-mêmes voulu donner, au nom de leur divinité, cette
terminologie qui la faisait ressembler un peu à celle de Bahalzébaoth,
l'Éternel des armées, des Hébreux, soit qu'ils aient cherché auprès des nations
étrangères à cacher ce qu'il y avait de puéril dans l'image et dans les
attributions de leur dieu, en déroutant par un simple changement de lettres,
les recherches qu'on eut pu faire à ce sujet; soit enfin que les Hébreux
eux-mêmes se tissent scrupule de nommer par son nom une divinité païenne. À
côté de ces diverses explications sur le nom de Béelzébuth, il en resterait
encore une, c'est que cette manière d'écrire ne serait autre chose qu'une faute
d'orthographe: on ne peut guère se prononcer d'une manière absolue, et chacun
peut choisir l'explication qui lui paraît le plus probable.
D’après Alexandre
Hislop dans son œuvre «Les Deux Babylones», le nom «Béelzébub» signifie
«seigneur de l’agitation» symbolisé sous l’image des mouches. Il s’agit en
effet d’un principe d’agitation contre Dieu, une rebellion de la nature humaine
qui s’oppose à la lumière de la vérité, souvent désigné comme «un esprit
troublé», c'est-à-dire «un dérèglement de conscience» que les anciens nommaient
«un démon». Les perturbations de l’âme sont nombreuses et variées, elles
affectent la vie physique et psychique d’un individu et se manifestent dans une
conduite anormale souvent obcessive qualifiée comme un état de possession par
les gens superstitieux et crédules.
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BAHANA et Récab,
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fils de Rimmon, Benjamites, officiers dans l'armée de
Saül. Désespérant, après la mort de leur maître, de voir réussir son parti et
celui de son fils leur nouveau roi Is-Boseth, ils se défirent de lui pendant
son sommeil, lui tranchèrent la tête, et s'en furent la porter au prétendant,
dans l'espoir d'en obtenir une riche récompense. Mais David, après leur avoir
reproché vivement l'horreur de leur trahison, ordonna qu'on les mît à mort,
qu'on leur coupât les mains et les pieds, et qu'on les suspendît au-dessus de
l'étang de Hébron, 2 Samuel 4, ce qui fut immédiatement exécuté.
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BAHASA,
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1 Rois 15:27; 2 Chroniques 16:1; etc., fils d'Ahija,
de la tribu d'Issacar, général en chef des armées de Nadab, conspira contre son
maître, le vainquit, le mit à mort, et monta sur le trône à sa place. Il fut
ainsi le troisième roi d'Israël, 953 avant J.-C. À peine établi sur le trône,
il fit égorger toute la famille de Jéroboam, selon l'usage des usurpateurs
d'exterminer les dynasties qu'ils veulent remplacer par la leur; il choisit
Tirtsa pour sa résidence, et voulut fortifier Rama, ville frontière située
entre ses États et ceux de Juda; mais Asa, roi de Juda, traita avec Ben-Hadad,
roi de Syrie, qui rompit son alliance avec Bahasa, et sortit contre lui; il
attira son ennemi vers le Nord et le vainquit. Bahasa fut de même en hostilités
constantes avec Asa, mais ne put rien entreprendre contre ce monarque aimé de
Dieu. Il régna vingt-quatre ans; sa longue administration montra sa prudence et
son habileté, comme son usurpation même avait prouvé son courage: mais ces
vertus toutes terrestres, si même le monde consent à les décorer de ce nom, ne
purent le préserver des châtiments d'en haut. Après avoir servi de verge à
l'Éternel pour punir la famille de Jéroboam, il entendit le prophète Jéhu
prononcer contre sa race les mêmes malédictions que le prophète Ahija avait
prononcées contre la maison de Jéroboam. Éla son fils lui succéda, mais deux
ans après sa dynastie n'existait plus; Zimri l'usurpateur avait assassiné le
fils d'un usurpateur impie, et mis à mort toute sa maison.
Le nom de Bahasa se retrouve 1 Rois 21:22; 2 Rois 9:9;
Jérémie 41:9.
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BAHURIM,
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ville de la tribu de Benjamin, à 2 kilomètres environ
nord-est de Jérusalem; 2 Samuel 3:16; 16:5; 17:18. On croit que c'est la même
que Halmon.
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BAILLIS,
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Daniel 3:2. Les différents noms donnés dans ce passage
aux officiers de la cour et du royaume de Nébucadnetsar, sont difficiles à
traduire, et n'expriment pas tous des idées qui puissent nous être claires,
parce que plusieurs des charges désignées ne nous sont pas connues, et que
d'autres se rapportent à des fonctions qui sont sans analogie parmi les peuples
de l'Occident, soit anciens, soit modernes? Nous en donnerons ici la traduction
aussi exacte que possible, et si nous avons quelque chose à ajouter sur
quelques-unes de ces fonctions, nous le ferons à leurs articles spéciaux.
«Nébucadnetsar fit convoquer les satrapes, les gouverneurs lieutenants (du
roi), les gouverneurs de provinces (militaires?), les juges supérieurs (au lieu
de baillis), les trésoriers, les juges, les hommes de loi, et tous les
fonctionnaires (sous-gouverneurs, ou employés) des provinces», etc.
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BAINS.
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Les bains sont en Orient plus nécessaires que partout
ailleurs à cause de l'ardeur du climat, soit sous le point de vue de la
propreté, soit sous le rapport sanitaire, comme mesure de précaution contre les
maladies de la peau si répandues dans les pays chauds, où la poussière, les
miasmes et la transpiration se réunissent pour les rendre redoutables. Aussi
les bains étaient-ils regardés chez les Hébreux comme un objet de première
nécessité, cf. Néhémie 4:23, et dans certains cas la loi même les prescrivait
en guise de purification pour ceux qui étaient entachés de quelque souillure,
cérémonielle ou légale, de telle sorte qu'ils étaient, à cet égard, en relation
intime avec la religion mosaïque. Des ablutions étaient ordonnées pour les
lépreux, Lévitique 14, pour celui qui avait mangé d'une bête morte de mort
naturelle 17:15-16, pour celui qui avaient touché un reptile 22:6; cf. encore
15:5; 13:58; Nombres 19:19; Deutéronome 23:11.
— On ne se baignait pas seulement dans les fleuves,
Lévitique 15:13; 2 Rois 5:10; il y avait aussi dans les maisons des grands, et
dans leur cour, des salles de bains 2 Samuel 11:2, et même, plus tard, les
Juifs eurent, comme les Grecs et les Romains, des bains publics dans leurs
principales villes. Hors de leur pays, et là où les populations juives et
païennes se trouvaient mélangées, les Juifs ne craignaient pas de se rencontrer
aux mêmes bains avec les gentils. Les femmes se servaient quelquefois de son en
guise de savon. Parmi les bains naturels que l'on trouvait en Palestine, et qui
étaient considérés comme ayant une influence favorable sur les maladies, il
faut remarquer ceux de Tibériade, de Gadara et de Béthesda.
— Voir: ces articles.
Flavius Josèphe mentionne encore celui de Kalirrhoon.
Les Arabes de nos jours, n'ayant pas toujours à leur portée des sources ou des
rivières pour accomplir les lustrations qui leur sont prescrites par le Coran,
remplacent parfois l'eau par du sable ou de la terre dont ils se frottent le
corps au lieu de se baigner; quelques interprètes ont essayé de voir une
allusion à cet usage dans le passage 2 Rois 5:17, où Naaman demande la
permission d'emporter de la terre sacrée la charge de deux mulets.
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BAISER.
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Outre le baiser d'amour, dont quelques rabbins ont
voulu faire abstraction complète, la Bible nous montre encore le baiser.
1. comme
marque d'amitié au moment de l'arrivée, Luc 7:45; 15:20; au moment du départ,
Ruth 1:14; Actes 20:37, ou dans une rencontre Matthieu 26:48; 2 Samuel 20:9. On
baisait le visage, Genèse 29:13; 33:4; Exode 4:27; 18:7; 1 Samuel 20:41; etc.,
ou bien la barbe, qu'on prenait avec la main droite, 2 Samuel 20:9. Dans
l'Église primitive le baiser fraternel était considéré comme signe de l'union
sainte qui liait les frères les uns aux autres, Romains 16:16; 1 Corinthiens
16:20; 2 Corinthiens 13:12; 1 Thessaloniciens 5:26. Les frères se le donnaient dans
les assemblées publiques, comme cela se pratique encore dans quelques-unes des
églises de nos jours qui aiment à conserver avec l'ancien amour les anciennes
formes par lesquelles il se manifestait. Ce baiser était aussi le signe de la
réconciliation entre des personnes ennemies jusqu'alors. Genèse 33:4.
2. C'était
une marque de vénération, d'hommage et de respect rendu d'abord
a. à
la Divinité, au Dieu d'Israël et des chrétiens, Psaumes 2:12. (baisez le Fils
de peur qu'il ne s'irrite), et aux divinités étrangères par leurs adhérents, 1
Rois 19:18; Osée 13:2. (qu'on baise les veaux); ces derniers baisaient les
statues de leurs dieux quand ils le pouvaient, et leur envoyaient des baisers
quand le dieu était trop loin, comme par exemple le soleil levant,
— Voir: Pline 28, 5; cf. Job 31:27;
b. puis
aux princes que l'on voulait honorer et se rendre favorables. Samuel baisa Saül
en l'oignant roi sur Israël, 1 Samuel 10:1. Dans l'Orient moderne on baise les
mains, les genoux ou les pieds des rois (comme du pape); tous ne sont pas même
admis à cet honneur insigne; cf. Ésaïe 49:23; Michée 7:17; Psaumes 72:9. Nous
voyons encore Ester (5:2) baiser le bout du sceptre que lui tend son royal
époux.
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BAJITH.
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Ésaïe 15:2. C'était, ou bien un simple temple, ou bien
une ville du pays de Moab, dans laquelle se trouvait un temple. C'est là que le
roi de Moab se rendit pour adressera son idole de vaines supplications contre
les Assyriens. Il serait possible que ce Bajith ne fût autre que Bahal-Méhon.
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BALAAM,
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fils de Béhor ou Bosor, fameux prophète ou devin de la
ville de Péthor sur l'Euphrate, espèce d'astrologue ou de mage, parfois même
prophète; car, livré à toutes les bassesses de l'avarice et à toutes les
souillures du paganisme, Balaam n'ignore pas les traditions des ancêtres, des
patriarches et du Dieu de Noé. Il appelle encore Jéhovah son Dieu, sans doute parce
qu'il appartenait à la postérité de Sem, dans la famille duquel la connaissance
et le culte du vrai Dieu s'étaient conservés avec le plus de pureté. Il paraît
même, d'après le conseil abominable que Balaam donna à Balac, qu'il se formait
une juste idée de la sainteté de l'Éternel. Le roi moabite, espérant de vaincre
Israël, avait essayé de le faire maudire par le Dieu même qui protégeait ce
peuple. Séduit par de riches présents, Balaam part malgré les avertissements
d'une voix intérieure, et malgré le sentiment qu'il a de l'œuvre inique dont il
se charge. Il selle son ânesse, il se met en route; mais déjà il doit
s'arrêter, la bête qui le porte refuse d'avancer; elle voit un ange que le
regard obscurci du cupide prophète n'aperçoit pas, et Balaam, sourd à la voix
de la conscience, doit entendre la voix d'une bête de somme qui l'humilie,
celle d'un messager céleste qui l'effraye. Ces graves reproches le font rentrer
en lui-même; mais sa repentance est hypocrite comme l'ont été ses prières et sa
désobéissance. Toutefois l'ange ne lui ordonne pas de retourner en arrière; il
lui annonce au contraire des prophéties du ciel: Tu ne diras que ce qui te sera
inspiré. Dieu va se créer un prophète dans la personne de Balaam, comme il a
fait de l'ânesse une prophétesse, et le peuple de Dieu se voit béni par la
bouche de celui-là même qui, séduit par l'or, venait pour le maudire. Balaam ne
prononce que des bénédictions; il annonce l'étoile qui doit venir, et ses
paroles mystérieuses touchant le Messie sont recueillies avec empressement par
les païens avides d'un Sauveur. Il annonce encore le bonheur et la prospérité
dont jouiront les enfants d'Israël dans la terre promise, comment ils se
soumettront toutes les nations environnantes, et celle même du roi que le faux
prophète voudrait servir; il dit aussi que les Juifs seront toujours un peuple
à part qui ne se confondra pas avec les autres peuples. Puis dans le sentiment
de son péché, mais sans repentance, le malheureux s'écrie: Que je meure de la
mort des justes, et que ma fin soit semblable à la leur. Nombres 23:10. Ce
désir ne fut pas exaucé, parce que Balaam demandait mal; et quand les douze
mille d'Israël se furent avancés contre Moab et contre les Madianites, cinq
rois furent tués et Balaam avec eux, Nombres 31:8. Le nom de ce faux prophète
est rappelé Néhémie 13:2; 2 Pierre 2:15; Jude 11; Apocalypse 2:14; et Michée
nous parle encore (6:5) d'un conseil que Balac avait pris contre Israël, et
d'une réponse remarquable que lui fit Balaam.
Cette histoire présente plusieurs difficultés dont
quelques-unes sont heureusement résolues par M. Grandpierre, dans son Essai sur
le Pentateuque, d'après l'ouvrage allemand de Hengstenberg sur Balaam. Comme on
trouve dans les paroles et la conduite du faux prophète un mélange d'erreur et
de vérité, il est probable qu'il y avait aussi dans son origine quelque chose
de louche; il est à la fois juif et païen. Nous sommes plutôt disposé à croire
qu'il était Hébreu de naissance, et que, toujours poussé par la cupidité et
l'ambition, il a préféré mettre ses dons et ses lumières au service du plus
offrant. La Caldée était pour lui un meilleur terrain que le désert du voyage,
et il ne risquait pas d'y rencontrer un Moïse. Comme les prophètes, il était
quelquefois maître de son inspiration; il ne le fut pas toujours: il dut obéir
quand Dieu ordonna. Le discours de l'ânesse a égayé bien des incrédules, mais
ce n'est pas une preuve; le fait n'est pas plus extraordinaire que bien
d'autres, et ne demande pas d'explications.
— Son histoire est racontée Nombres 22 à 24.
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BALAC,
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fils de Zippor, roi des Moabites. Effrayé de voir sur
ses frontières ces Israélites dont la réputation belliqueuse et conquérante
était parvenue à sa connaissance par la défaite de Sihon et de Hog, il sentit
la nécessité de s'appuyer sur un secours puissant et eut recours à Balaam.
C'est donc par des malédictions qu'il voulait préluder à cette guerre; mais le
refus de Balaam, et la prophétie solennelle qu'il prononça sous l'impulsion du
Saint-Esprit détournèrent Balac de son premier dessein. Les Moabites cependant,
comme les Hammonites, n'avaient rien à craindre de l'approche d'Israël,
Deutéronome 2:9; mais la terreur de ces peuples n'en était pas moins légitime,
puisqu'ils ne connaissaient rien, ni des plans de Dieu, ni des desseins des
Israélites.
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BALADAN,
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2 Rois 20:12; Ésaïe 39:1, père de Mérodac-Baladan,
q.v.
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BALATH-BÉER, ou Bahal,
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Josué 19:8; 1 Samuel 30:27, ou Bahal, 1 Chroniques
4:33, ville des Siméonites, située probablement vers les frontières sud-ouest
du territoire appartenant à cette tribu. Elle est encore appelée Rama du midi,
et peut-être aussi n'est-elle autre que cette Ramoth à laquelle David envoya
une partie des dépouilles enlevées sur les Hamalécites.
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BALEINE.
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Le nom de cet animal se trouve dans nos traductions,
Genèse 1:21; Job 7:12; Psaumes 74:13; Matthieu 12:40. La version anglaise l'a
encore Ézéchiel 32:2; la Bible de Luther l'a comme la version française. Le mot
hébreu est Than ou Thannin; les Septante l'ont traduit par Kétos, qui signifie
effectivement baleine, et notre traduction de Matthieu 12:40; est exacte; mais
l'hébreu doit-il se rendre par Kétos? signifie-t-il une baleine? C'est
extrêmement peu probable. On ne saurait croire que les écrivains sacrés aient
eu connaissance de cet animal, qui n'a jamais paru ni sur les côtes de la
Palestine, ni sur celles de l'Égypte, soit du côté de la Méditerranée, soit du
côté de la mer Rouge, et les rapports des voyageurs à cette époque n'avaient pas
encore atteint le Groenland, le Spitzberg, ou les mers qui sont le séjour des
baleines. Mais si l'on est d'accord à penser qu'il ne s'agit pas de ce gros
cétacé dans les passages cités, ni dans l'histoire de Jonas, les opinions
varient beaucoup lorsqu'il s'agit de déterminer d'une manière positive quel
était ce poisson; il paraît que le même mot doit se traduire diversement dans
les différents passages. On pense qu'il s'agit du crocodile dans le verset de
la Genèse.
(Harris,
Natural Hist. of the Bible. Hurdis, Critical Dissert, on the word wahle in
Genesus 1:24, etc.)
Quant au grand poisson de
Jonas, les uns ont prétendu que c'était l'orca de Pline, espèce de dauphin
(Hase, etc.); d'autres (Calmet, Bochart, Linnée, Winer) pensent, et c'est
l'opinion la plus probable, que c'est le chien marin (canis carcharias, ou
squamus carcharias, de Linnée), le requin, dont la mâchoire est armée de quatre
cents dents aiguës, rangées sur six rangs, et dont la gueule est si vaste
qu'elle peut, fort à son aise, engloutir un homme tout entier. Il n'est pas
rare de voir ce monstre avaler des hommes et même des chevaux, et l'on a trouvé
jusqu'à dix thons dans l'estomac d'un requin dont le poids s'élevait à peine à
quatre cents livres. On dit que lorsqu'un de ces poissons tiendrait la gueule
ouverte un moment, un chien pourrait descendre jusqu'au fond de son estomac
pour y chercher la nourriture qui s'y trouve.
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BALTHASAR,
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— Voir: Belsatsar.
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BAMOTH,
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Nombres 21:19. Ville située au-delà du Jourdain, sur
les frontières du pays de Moab; d'après Eusèbe, elle aurait été située sur
l'Arnon: c'est la même que Bamoth-Bahal, Josué 13:17.
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BANNISSEMENT.
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Le Nouveau Testament nous présente dans
l'interdiction, ou expulsion de la synagogue, une espèce de peine
ecclésiastique, et comme une excommunication juive; elle était prononcée, en
général, dans les cas d'hérésie, Luc 6:22; Jean 9:22; 12:42; 16:2. On faisait
couvrir de pierres, par jugement, le corps de celui qui mourait interdit.
Pendant tout le temps que durait la peine, le condamné ne pouvait se raser, ni
se couper les cheveux, et il ne pouvait entrer dans le temple que par une porte
faite exprès. La Gémara, du reste, et les rabbins parlent de deux espèces
d'excommunications différentes, la petite et la grande. Cette dernière,
accompagnée de malédictions, pouvait être plus ou moins longue; elle empêchait
toute espèce de rapports et de communications avec le dehors, et ne pouvait
être prononcée par moins de dix membres de la synagogue. L'autre, moins sévère,
pouvait être prononcé par un seul homme, le rabbin, par exemple; sa durée ne
pouvait excéder trente jours, et celui qui était ainsi exclu de la synagogue
continuait de vivre avec sa famille sans en être empêché, même il pouvait
traiter ou converser avec d'autres, moyennant qu'il y eût entre eux et lui la
distance de quatre coudées, un peu plus de deux mètres.
C'est de cette excommunication que fut puni
l'aveugle-né dont Jésus avait opéré la guérison, Jean 9:34.
Quelques rabbins parlent encore d'une troisième espèce
d'excommunication plus sévère que les deux autres, et qui aurait consisté à
livrer un homme à tous les maux, à le livrer à Satan, cf. 1 Corinthiens 5:5; 1
Timothée 1:20. On pourrait y joindre encore cette exécration de la part de
Christ, dont il est parlé Romains 9:3. Mais tout en admettant comme un fait
très naturel qu'il y ait eu divers degrés d'excommunication, il n'est rien
moins que prouvé que les expressions sus-mentionnées renferment des allusions à
quelques usages juifs, et l'on ne peut rien préciser au-delà de ce que nous
avons dit sur la grande et la petite excommunication.
Quant au bannissement comme peine politique, nous en
trouvons une trace dans le passage Esdras 10:8.
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BAPTÊME.
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Ce mot indique primitivement l'acte de plonger, de
tremper, mouiller, humecter, puis de laver et de nettoyer. Dans l'original du
passage Marc 7:8, il y a «le baptême des pots et des coupes.»
— Pris dans le sens religieux, ce mot n'implique pas
nécessairement, quoique certaines congrégations le prétendent, l'idée d'une
immersion totale. Tous les passages allégués en faveur de cette assertion
peuvent admettre une interprétation moins littérale, et indiquer seulement que
celui qui devait recevoir le baptême, et celui qui devait l'administrer,
entraient l'un et l'autre des pieds dans l'eau à une hauteur indéterminée, et
que ce dernier répandait peut-être avec la main de l'eau sur la tête du
néophyte.
Le contexte de la
loi et des prophètes indique que le baptême était un rituel de purification qui
se pratiquait par aspersion ou effusion. Dans ce sens le baptême porte la
notion de consécration et le mot doit se traduire ainsi. Toutefois dans le
contexte de la grâce le mot prend un sens plus intime et signifie «être engagé
ou introduit» dans l’Esprit de la Sainte Présence de Christ. Il s’agit ainsi
d’une assimilation au Corps de Christ dans lequel le fidèle est intégré par
l’attribution des mérites du sacrifice de la croix. Pour le chrétien réel, le
baptême d’eau n’a plus aucune valeur dans la dispensation de la grâce, car
iln’est plus sous la loi des rituels et des ordonnances qui furent abolis par
le sacrifice de Christ sur la croix, puisque Christ est la fin de la loi pour
tous ceux qui croient. Le baptême que Christ a ordonné est un engagement
spirituel et non un rituel de purification. Ni peut-il être conçu d’une manière
symbolique puisqu’une telle approche remettrait le fidèle sous loi et le
retrancherait de la grâce.
— Voir: Actes 8:38.
Le mot de l'Évangile, que Jean baptisait à Énon «parce
qu'il y avait là beaucoup d'eau», Jean 3:23, ne prouve pas davantage cette
immersion absolue (la bonne traduction de
ce passage indique plutôt «qu’il y avait plusieurs ruisseaux».) Dans ces
pays brûlants, les torrents, et jusqu'à un certain point les rivières, sont
sujets à se dessécher presque entièrement dans certaines saisons de l'année; on
vit un roi, Achab, et l'un de ses principaux officiers, se mettre
personnellement en chemin pour aller chercher des endroits un peu arrosés, 1 Rois
18:5-6.
— Voir: encore 2 Rois 3:9, etc.
Dans le passage de l'Évangile qu'on vient de citer le
mot beaucoup pourrait donc parfaitement signifier ce qu'ici, dans la zone
tempérée, nous appellerions un peu, d'autant plus que le mot eaux est dans le
grec au pluriel; ce qui semblerait indiquer, presque avec certitude, non pas
une eau profonde, mais une grande ramification du torrent, qui permettait
peut-être à Jean-Baptiste de faire baptiser simultanément en plusieurs
endroits.
— La raison la plus puissante peut-être pour repousser
l'idée des baptêmes par immersion totale, c'est l'obligation absolue où aurait
été la multitude qui venait se faire baptiser par Jean au désert, Marc 1:5,
d'apporter des vêtements de rechange et de se déshabiller ainsi complètement,
hommes et femmes. La chose semble inadmissible et impraticable. À combien plus
forte raison dans nos climats, et dans les profondeurs du Nord! On allègue que
le baptême chrétien devant être l'image d'un ensevelissement, et de la mort à
une vie précédente, à laquelle succède une résurrection, l'immersion totale
représente mieux la chose. Mais l'Évangile n'est pas si matériel qu'il
s'asservisse à représenter à ce point-là les idées qu'il veut figurer. Il donne
quelques signes, et celui qui a de l'intelligence comprend.
Nous venons de dire quel est le sens du baptême, du
moins du baptême chrétien; et pour nous borner à ce qui regarde l'Écriture
sainte, il nous semble que c'était même la signification de toutes les espèces
de baptêmes religieux dont nous parle la Bible; car elle en indique plusieurs à
différentes époques de la vie théocratique, et différents peut-être dans les
cérémonies qui en accompagnaient l'application. Jacob et sa famille se lavèrent
avant de s'approcher de Dieu à Béthel, Genèse 35:2. Les Hébreux en firent
autant avant d'entrer dans l'alliance de l'Éternel en Sinaï, Exode 19:14; 1
Corinthiens 10:2. Aaron et ses fils se lavèrent également lorsqu'ils furent
initiés à la sacrificature, Exode 29:4. Enfin, sous le ministère de saint Jean,
même avant le baptême chrétien proprement dit, le baptême devint le sceau de la
nouvelle alliance, ayant alors déjà la même signification qu'il eut plus tard,
bien qu'il n'annonçât pas aussi clairement la doctrine du Père, du Fils et du
Saint-Esprit, Actes 19:3.
— Dans ces différents cas, et quel que soit le sens
spécial que pourraient donner à la chose ceux qui étaient lavés, le baptême
était toujours un rite d'initiation.
Quant au baptême chrétien, la belle signification dont
nous venons de parler est positivement indiquée par saint Paul, Romains 6:3-11;
elle est pleine de grandeur et correspond exactement aux idées que se faisaient
déjà les esséniens, et que se sont faites, après eux, les moines catholiques
romains, du renoncement au monde qui doit caractériser toute âme vraiment
pieuse. Seulement les deux sectes que nous indiquons ici bornaient ce
renoncement à quelques individus dont elles faisaient une sorte d'élite, tandis
que Jésus et son Évangile imposent cette sainte et douce obligation à tout
fidèle. Dans ce sens-là, le baptême d'un homme qui embrasse la foi correspond
presque en tout point à ce qu'est la prise du voile chez une religieuse,
l'endossement de l'uniforme chez un militaire, la robe virile chez les Romains.
Ce n'est qu'un type, un symbole, mais un symbole parlant. Et c'est par ces
considérations qu'on doit expliquer ce qui est dit dans l'endroit de l'épître
aux Romains, indiqué plus haut, «que nous sommes ensevelis avec Christ par le
baptême:» c'est évidemment par la foi en Christ, et par le don que nous lui
faisons de nous-mêmes, que nous sommes ensevelis avec lui, et non par la
cérémonie même. Mais comme le symbole se liait étroitement, pour ceux à qui
Paul écrivait, à la foi dont il s'agit, l'apôtre argumente de l'un comme de
l'autre. Cela se lait tous les jours: il n'est pas un militaire à qui l'on ne
puisse dire: Tes épaulettes, ta cocarde, ton uniforme t'ont fait renoncer à ton
père et à ta mère, au foyer de ta famille, et à ses douceurs; tu es mort à la
vie civile, tu né vis plus que pour défendre ta patrie et pour obéir à tes
nouveaux supérieurs.
Sans doute cette signification symbolique du baptême
s'applique bien plus naturellement et plus réellement à ceux qui ont reçu le
baptême après avoir embrassé l'Évangile par conviction, qu'à ceux qui l'ont
reçu enfants. Mais, dans les deux cas, elle reste pourtant. Et peut-être, ce
qu'on peut dire de plus sage en faveur du baptême des enfants (la Bible
laissant cette question pour le moins indécise), c'est que la foi étant un
devoir aussi bien que le moyen du salut, l'enfant du chrétien peut être
consacré au Seigneur, même avant son consentement, comme on voit un enfant né
dans la troupe, porter dès ses plus jeunes années le costume de soldat, quitte
à lui de refuser plus tard, ou même de déserter. Ce n'est du reste pas ici le
lieu d'examiner la question difficile et délicate du baptême des enfants.
Puisque les enfants
étaient considérés comme faisant partis de l’Ancienne Alliance avec ses rites
de purifications baptismaux, il n’existe aucune raison pour les exclure de la
Nouvelle. L’exclusion des enfants dans le rituel du baptême est généralement la
position de ceux qui pratiquent l’immersion, la raison donnée étant qu’ils ne
sont pas encore assez mature pour avoir la foi, ce qui indique que pour eux la
foi est une facultée humaine et non un don de Dieu comme les Écritures
indiquent qu’elle l’est.
Un passage assez obscur, relatif à ce sujet, et qui
est, selon nous, généralement mal traduit, est celui où saint Pierre dit que le
baptême qui nous sauve n'est pas celui par lequel sont nettoyées les impuretés
de la chair, 1 Pierre 3:21. On ajoute ensuite: «Mais c'est la promesse faite à
Dieu d'une conscience pure» (ou quelque autre version semblable). Il faut
traduire: Mais c'est la recherche que fait de Dieu une conscience pure.»
Le baptême n'est qu'un symbole, mais ce serait se
tromper grandement que d'en conclure qu'il peut être négligé ou aboli, comme
chez les quakers, par exemple. Les symboles sont une des choses qui ont les
racines les plus profondes dans la nature humaine; le peuple est plein de cette
idée. Des barbares font un pacte, et ils élèvent une pierre sur le lieu de la
transaction, «afin qu'elle soit témoin de leurs promesses.» Un juge prononce
une sentence de mort, il brise un bâton en la prononçant; tous les assistants
frémissent. Un manœuvre revêt l'uniforme, c'est un homme nouveau. Un prêtre
romain élève son idole, et chacun peut apercevoir le frémissement qui parcourt
l'église au moment où la foule adore, sans s'en douter, le Numen..., Satan, qui
s'est mis sous le symbole à la place de Dieu!
Les symboles, la représentation des choses
spirituelles par des objets ou des actes matériels, se retrouvent dans
l'Écriture, comme ils se trouvent dans la nature. Ils sont un besoin, et souvent
un moyen, un secours, une obligation; ils sont aussi une profession, un acte
public, et c'est dans ce sens, mais dans ce sens seulement, que Jésus parlant à
Nicodème, Jean 3:3, met le baptême d'eau sur la même ligne que le baptême
d'esprit.
(Spécifions que le
discours de Jésus avec Nicodème ne mentionne aucunement le baptême d'eau, mais
la régénération d'en haut ou nouvelle naissance. Dans ces passages le mot eau
détient un sens figuratif et se rapporte à la Parole et à l'Esprit. Il faut
remarquer que les symboles étaient utilisés uniquement sous l'Ancienne Alliance
et ne sont plus d'utilité sous la Nouvelle Alliance de liberté du sang de
Christ versé sur la croix. Sous l'Ancienne Alliance les symboles faisaient
partie des ordonnances qui furent abolies par le sacrifice de Christ - Col.
2:14.)
La controverse relative au baptême des adultes,
toujours fort vive en Angleterre, aux États-Unis et aux Indes Orientales, n'a
jeté qu'une lueur fugitive sur le continent, où des questions malheureusement
bien plus graves, ont dû forcément accaparer et absorber l'attention des
chrétiens. C'est à Genève, en 1825, que cette question a été le plus chaudement
discutée (la Famille Baptiste, la Famille Baptisée, etc.); dès lors les
baptistes suisses, tout en conservant leurs principes, se sont fondus dans les
troupeaux déjà existants; quelques Églises pédobaptistes ont même pris des
mesures spéciales, destinées à faciliter aux baptistes leur admission sans
gêner en rien leur conscience. Parmi les rares ouvrages publiés en France en
faveur du baptême exclusif des adultes, nous citerons, comme complet et
curieux, le Catéchisme du Baptême d'après les saintes Écritures et un grand
nombre d'auteurs pédobaptistes (Douai 1843), Des rapports entre le Baptême et
la Cène (1849), Recherches sur le Baptême, par J.-B. Crétin.
Au reste, la question de fond ne peut sérieusement
souffrir de difficultés; le baptême des petits enfants est la conséquence
logique du système des Églises nationales; le baptême des adultes, des
adhérents, des professants, est la conséquence logique du système des Églises
de professants, quelque nom qu'on leur donne d'ailleurs, Églises indépendantes,
libres, dissidentes ou autres. L'Église primitive baptisait ceux qui croyaient,
parce qu'alors, l'accession à l'Église était un fait individuel et volontaire;
si l'on fait de l'Église, en dénaturant la notion, un établissement
d'évangélisation et d'appel, point de vue qui peut se soutenir par des raisons
spirituelles et morales plutôt que scripturaires et ecclésiastiques, le baptême
des enfants est justifié; les baptisés sont les appelés; mais si l'Église ne
comprend que les adhérents ou les élus, le baptême n'appartient plus qu'aux
adultes. L'honorable B. Noël, en quittant l'Église anglicane, s'est fait
rebaptiser; il a été plus logique dans sa conduite que ceux qui l'ont précédé
ou suivi en Suisse, en Écosse et en France; il n'a pas quitté un nationalisme
pour un autre.
(On dit qu’après sa
résurrection, Christ a institué le baptême d’eau. Les passages principaux
utilisés pour légitimer le rituel du baptême d’eau sont : Matt. 28 :19; Marc 16
:16. Il est dit que dans ces passages Jésus a chargé ses disciples de baptiser
d’eau ceux qui venaient à la foi. Mais, comme il fut démontré souvent
auparavant, on a beau regarder ces passages dans le Français, l’Anglais, le
Grec, et l’Araméen et on y trouve aucune goutte d’eau. Pour voir un baptême
d’eau dans ces passages il faut l’introduire dans le texte sous la base d’une
conjecture, en d’autres mots il faut faire dire à la Bible ce qu’elle ne dit
pas. A vrai dire, la théologie des diverses églises et dénominations est
remplie de telles conjectures. La subtilité de la légitimation du Baptême d’eau
se trouve dans l’affirmation de plusieurs qu’il remplace la circoncision sous
la loi (Col. 2 :11,12). Ici les embûches sont les mots «ensevelis» et
«baptême». Le mot «ensevelis», que nous retrouvons aussi dans Rom. 6 :4, en
porte plusieurs à la confusion et les prétentions sont nombreuses à ce niveau.
Dans le Grec, le mot «ensevelis» est «SUNTHAPTÖ» et signifie «être enveloppé,
caché en, unir avec, assimilé, être incorporé, être intégré, être absorbé, être
identifié». Ces passages n’indiquent pas que nous avons été ensevelis avec
Christ dans le tombeau, mais que nous avons été unis à Lui ou intégré en sa
mort et sa résurrection. Nous avons été «incorporé» dans la mort de Christ, et
Christ est mort sur la croix et non dans la tombe. Inverser cela serait
renverser l’Évangile, et c’est exactement cela que font ceux qui pratiquent le
baptême d’eau par immersion. Le gros du problème réside avec l’interprétation
du mot «baptême». Le fait aussi que le mot «baptême» est un mot translittéré et
non une traduction n’aide pas le cas. Nous avons tellement été conditionnés
depuis des siècles par différentes religions à tendances chrétiennes, que notre
esprit associe inconsciemment le mot baptême avec l’eau. Aussi, un des facteurs
importants dans ce contexte est l’indolence de ceux qui se disent chrétiens.
Ils veulent à tout prix éviter de se donner la peine de vérifier de tels
sujets, et préfèrent suivre aveuglement l’enseignement de leur église ou de
leur pasteur. Ils refusent de penser pour eux-mêmes de crainte d’offenser leurs
dirigeants spirituels avec la vérité, ou d’être exclus de leur église pour avoir
pris position contre leurs doctrines. Une telle indolence fait lever le cœur et
plusieurs seront vomis de la bouche du Seigneur à cause de cela (Apoc. 3 :16).
Or quand l’Écriture parle d’un baptême d’eau, elle ne manque pas de l’indiquer
clairement (Luc 3 :16). Ce qui veut dire que l’expression «baptiser» n’implique
pas toujours que de l’eau soit présente. Ce qui veut dire aussi que le mot
«baptiser» détient une autre signification que celle qui lui est généralement
attribuée. L’apôtre Pierre décrit clairement la signification du mot baptême
comme «l’engagement d’une bonne conscience» (1 Pierre 3 :21), et non point un
rituel de purification par l’eau. Comme nous voyons, les mots «baptême» et
«engagement» sont interchangeables. Dans le Grec, la racine du mot «baptême»
qui est «BAPTO» porte différentes nuances dont «ablution, blanchir, innocenter,
expier, consacrer, laver, mouiller, tremper, plonger, immerger, baigner, noyer,
abîmer, remplir, teindre». Mais dans le contexte de l’évidence que nous apporte
l’apôtre Pierre, nous obtenons la réalisation que le mot «BAPTO» est un mot
composé de «BA» et «APTO». Ce fut la pratique courante en utilisant des mots
composés d’enlever une voyelle si celle-ci était suivie immédiatement d’une
voyelle similaire. Ainsi «BA-APTO» devient «BAPTO», et il est intéressant de
voir que «BA» signifie littéralement «un appel» et que «APTO» signifie
«engager». Ce dernier porte aussi les nuances de «cri, allumer, enflammer,
nouer, attacher, fixer, accrocher, lier, prendre, s’emparer, saisir». Nous
entrons ainsi dans l’essence réelle du mot baptême, et nous voyons que le
Seigneur Jésus n’a pas chargé ses disciples de baptiser d’eau «les nations»
(Matt. 28 :19,20), ce qui serait un non-sens, mais de «les appeler à s’engager»
dans la foi en son sacrifice expiatoire vicarial et en sa résurrection. En
faisant ainsi, nous voyons que Marc 16 :16 dit : «Celui qui aura cru, et qui
aura été ENGAGÉ, sera sauvé…». La structure grammaticale de ce passage nous
indique que la foi est relié intrinsèquement à l’engagement, car c’est par la
foi que nous sommes ENGAGÉS dans les mérites du sacrifice de Christ; nous avons
été ENGAGÉS ou INTRODUIT dans sa mort et dans sa résurrection (Rom. 6 :3-5),
nous sommes LIÉS à Lui par le fait qu’il est notre substitut.
Puisque tel est le
cas, le baptême d’eau n’est plus d’aucune utilité, en fait, il n’a plus sa
place dans l’économie de la grâce, rituellement ou symboliquement. Pour faire
le point, il est important de remarquer que le baptême d’eau n’est pas un
nouvel élément dans le Nouveau Testament qui apparaît à l’improviste comme le
poil proverbial dans la soupe du Texte Sacré. Le fait que les pharisiens
reprochèrent à Jean le Baptiste de baptiser (Jean 1 :24-26) est l’évidence
qu’ils connaissaient déjà cette pratique. En plus, leur question, «Pourquoi
donc baptises-tu, si tu n’es point le Christ, ni Élie, ni le prophète?», est
l’indication que le baptême d’eau était déjà connu des prophètes de l’Ancien
Testament. En fait, le contexte de Jean 3 :23-26 indique clairement que le
baptême d’eau faisait partie des rituels de purification de la loi. La preuve
de ceci se trouve dans Héb. 9 :10 où nous voyons dans le Grec que le mot
«BAPTISMOÏS» ou «baptême» a été traduit par «ablutions», le terme étant au
pluriel pour indiquer qu’il y avait plusieurs différents baptêmes ou ablutions
sous la loi, comme l’indique aussi Héb. 6 :2. La forme ou mode d’application de
l’eau est aussi décrite dans l’Ancien Testament. Dans la prophétie d’Ézéchiel,
le mode est l’effusion (verser de l’eau), «je répandrai (verserai) sur vous des
eaux nettes» (Ézch. 36 :25); dans la loi, le mode est l’aspersion, «tu feras
aspersion sur eux de l’eau de purification» (Nom. 8 :5-7), les deux formes
étant valides sous l’Ancienne Alliance. Le baptême par immersion n'est pas
soutenu par les Saintes-Écritures, ceux qui disent que Jésus a été baptisé par
immersion font de lui un pécheur qui aurait brisé la loi et ainsi un faux
Messie. Le baptême d’eau détenait un caractère prophétique dont le but était
d’annoncer la manifestation du Messie à Israël, et c’est exactement cela que
Jean le Baptiste, le dernier des prophètes de l’Ancienne Alliance, déclare dans
Jean 1 :31. En d’autres mots, à la manifestation de Jésus, le baptême d’eau
avait accompli son but et n’était plus nécessaire. Que les premiers disciples
continuèrent pour un temps à utiliser cette pratique, est tout simplement du au
fait que la loi resta en vigueur du temps que le temple demeurait, jusqu’à sa
destruction finale en l’an 70. Pour une période transitoire de quarante ans
après la résurrection et l’ascension du Seigneur Jésus, la loi et la grâce
coexistèrent ensemble pour servir de signe aux Juifs que le Royaume de Dieu
traversait les frontières d’Israël pour être annoncé aux Gentils. Les Juifs qui
se convertissaient sous la grâce continuèrent quand même à observer la loi,
mais ils n’imposèrent point cette pratique aux Gentils qui n’avaient aucun
rapport avec la loi donnée à Moïse (Ac. 15 :4-29). Or, puisque Jésus a accompli
parfaitement la loi pour nous comme notre substitut, et qu’il a aboli toutes
ses ordonnances par son sacrifice sur la croix (Col. 2 :13-15), il est évident
que le baptême d’eau qui faisait parti des ordonnances fut aboli aussi. Que le
baptême d’eau continua d’être pratiqué après le départ des apôtres, fait parti
de l’avertissement de l’apôtre Paul contre les faux docteurs et les fausses
doctrines qu’il avait prévu (Ac. 20 :28-31). Paul déclare qu’il y a maintenant
«un seul baptême» (Éph. 4 :5), celui d’être ENGAGÉ dans la mort et la résurrection
de Christ (Rom. 6 :3-5; Col. 2 :11,12). Ainsi coule à pic le sacrement ou
ordonnance du baptême dans les eaux stagnantes de son inconsistance.
Considérant tout ce
qui vient d’être dit, il n’y a aucun doute que le baptême d’eau, tel que
pratiqué par les églises, les dénominations, et les groupes dissidents, sert à
remettre le croyant sous la loi après lui avoir annoncé la grâce. Dans ces
milieux, le baptême d’eau n’est pas un moyen de grâce mais un moyen
d’exploitation. Tout chrétien réel doit être conscient du danger qu’encours une
telle perversion de la foi (Gal. 1 :6,7; 2 :4; 3 :2,3; 5 :4). Mais il y a plus
à cette perversion que l’on puisse s’imaginer. Non seulement elle est une
attaque à l’union mystique du salut qui annule les mérites du sacrifice de la
croix, elle est marquée aussi par la déviation du cléricalisme qui dérobe le
croyant de sa liberté en Christ. Les Protestants, tout comme les Catholiques
Romains et plusieurs autres sectes, considèrent le baptême d’eau comme légitime
seulement lorsqu’il est administré par un ministre dûment accrédité, sauf dans
quelques exceptions rares. Non seulement une telle position ne se trouve nul
part dans la Bible, mais elle contredit catégoriquement le ministère spirituel
ou universel de tous les croyants «d’annoncer les vertus de Celui qui nous a
appelés des ténèbres à sa merveilleuse lumière» (1 Pierre 2 :9). Aussi, cela va
contraire à l’enseignement de Jésus qui dit : «Quiconque voudra être le premier
entre vous, qu’il soit votre serviteur» (Matt. 20 :27). Or, les ministres
accrédités ne sont pas des serviteurs mais des administrateurs. Leur autorité
administrative n’est donc point légitime mais usurpatrice. Les premiers
disciples n’avaient aucune accréditation d’une université ni d’un séminaire, et
pourtant ils baptisaient plusieurs personnes (Jean 4 :1,2). Nous ne disons
point ceci pour légitimer le baptême d’eau que nous savons aboli, mais pour
condamner ceux qui dominent sur la foi des fidèles (1 Pierre 5 :2,3). Nous ne
sommes point appelé à la servitude mais à la liberté, ne laissez donc personne
dominer sur votre foi par la ruse des accréditations, car le simple disciple
vaut plus que tous les administrateurs prétentieux qui s’établissent comme
médiateurs de la grâce de Dieu. Ils sont accrédités des hommes et non de Dieu,
mais «nous avons reçu l’onction de la Brillante Présence de Christ qui nous
enseigne toutes choses, et en laquelle il n’y a point de prétentions» (1 Jean 2
:27).)
Les baptistes compromettent souvent leur cause par
l'étroitesse et l'exclusisme avec lequel ils s'attachent, non seulement à leur
point de vue quant au baptême des adultes, mais encore au baptême par
immersion. Une forme n'est pas un dogme fondamental. À cet égard, ils subiront
aussi l'influence de l'alliance évangélique.
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BAPTISTE,
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surnom de Jean le précurseur, et parent du Messie»,
Jean, et Baptême.
-
secte Baptiste
fondée par le réprouvé John Smith au 17ie siècle, père des baptistes modernes.
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BARABBAS.
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Son histoire se lit en Matthieu 27:16; sq. Jean 18:40.
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BARAC,
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fils d'Abinoam, de Kédès, dans la tribu de Nephlhali,
général Israélite, fut chargé par Débora de lever une armée de 10,000 hommes
dans les tribus de Zabulon et de Nephthali, et d'attaquer Sisera. Il témoigna
d'abord quelque hésitation, craignant que les tribus ne refusassent de le
suivre si rien n'appuyait son appel aux armes. Débora consentit à
l'accompagner, mais le punit de son manque de foi en lui annonçant que le
général ennemi tomberait sous les coups d'une femme. Barac n'hésite plus, il
part, et campe sa petite armée sur les hauteurs du mont Thabor, inaccessibles
aux chariots et à la cavalerie du roi de Hatsor. L'Éternel combattit des cieux,
Israël remporta la victoire; mais lorsque Barac arriva, cherchant son ennemi
pour le mettre à mort, la prophétie de Débora était accomplie: une femme lui
avait ravi la dernière gloire du combat; Jahel courut à sa rencontre et lui
dit: Viens, et je te montrerai l'homme que tu cherches.
Saint Paul loue la foi de Barac, Hébreux 11:32, et
Débora le chante aussi dans son sublime cantique; d'ailleurs l'ensemble de la
vie de ce général (dont il ne faut pas faire un juge comme quelques personnes
estiment qu'il le fut), nous montre en lui un véritable Israélite, soumis à la
volonté de son Dieu. Il eut cependant, comme Aaron, comme Moïse, comme David,
comme Pierre, ses doutes et son incrédulité; les incrédules seuls, qui ne
savent pas ce que c'est que la foi, peuvent prétendre qu'il n'y eût chez lui ni
lâcheté ni défiance, et que sa désobéissance fût très légère. Il refusa de
croire à la prophétesse; ce péché ne paraît pas grand à ceux qui refusent de
croire aux prophètes, mais Dieu châtia Barac par où il avait péché, et lui
enleva l'honneur qu'il avait d'abord voulu lui accorder.
— Voir: Bedan.
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BARACHIE.
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«Afin que vienne sur vous, dit Jésus en pariant des
scribes et des pharisiens, tout le sang juste qui a été répandu sur la terre,
depuis le sang d'Abel le juste jusqu'au sang de Zacharie, fils de Barachie, que
vous avez tué entre le temple et l'autel.» Matthieu 23:25. Quel est ce
Barachie? c'est une question qui est toujours restée pendante depuis Origène et
les Pères, et qui l'est encore maintenant. Quelques-uns ont pensé à Jébérecja,
père de Zacharie, Ésaïe 8:2, d'autres à Barachie, père du prophète Zacharie,
Zacharie 1:1, d'autres au père de Zacharie, père de Jean-Baptiste; mais ce sont
de pures hypothèses qui ne reposent que sur une ressemblance de nom, sans que
l'histoire nous fournisse aucune preuve que ces différents Barachie soient
morts de mort violente. Il reste enfin deux suppositions qui, l'une et l'autre,
se rapportent au passage 2 Chroniques 24:20-23. Là nous lisons que Zacharie,
fils de Jéhojadah, ayant reproché au peuple leurs transgressions, fut assommé
de pierres par l'ordre du roi, au parvis de la maison de l'Éternel. Selon les
uns, Barachie serait un second nom de Jéhojadah, et c'est un moyen souvent
employé et souvent justifié de concilier d'apparentes contradictions; il
n'était pas rare, en effet, qu'un homme portât des noms différents. Selon
d'autres, Jéhojadah serait le père de Barachie, et l'aïeul de Zacharie; il y
aurait donc une génération omise dans le récit des chroniques, mais il arrivait
assez fréquemment que dans la généalogie d'un homme on ne comptât que ceux de
ses ancêtres qui étaient le plus connus. Cette dernière manière de voir paraît
plus vraisemblable, et peut s'appuyer encore sur le fait de la longue vie de
Jéhojadah qui atteignit l'âge de 130 ans, 2 Chroniques 24:15. Jésus, en
choisissant cet exemple au milieu de tant d'autres, aurait voulu faire sentir
aux pharisiens que l'Écriture sainte tout entière, d'un bout à l'autre, rend
témoignage à leur endurcissement; car l'exemple d'Abel est tiré de la Genèse,
et celui de Zacharie serait tiré du second livre des Chroniques qui, dans le
texte hébreu, est placé à la fin du volume sacré.
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BARBARE.
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On sait que les Grecs donnaient ce nom aux hommes de
toutes nations qui ne parlaient pas leur langue, les regardant par cela même
comme ignorants, et peu civilisés. Avec le temps cette expression devint donc
synonyme du mot étranger, et perdit tout ce que d'abord elle pouvait avoir
d'offensant: être barbare pour quelqu'un ne signifiait plus que lui être
étranger, parler une langue différente de la sienne, et qu'il ne comprend pas.
C'est dans ce sens que les apôtres ont pu se servir de ce mot, Actes 28:2,4;
Romains 1:14; 1 Corinthiens 14:11; Colossiens 3:11.
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BARBE.
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Les Hébreux se la laissaient croître, comme faisaient
et comme font encore presque tous les Orientaux (à l'exception cependant des
Égyptiens; car Joseph fut rasé pour être rendu digne de paraître en la présence
de Pharaon, Genèse 41:14). Parfois ils l'écourtaient, ou même la rasaient
entièrement en certaines places, suivant des formes régulières. Mais les coins
de la barbe (Lévitique 19:27, probablement les favoris) que les Arabes rasent
habituellement, ne devaient jamais tomber. Quelques-uns des Juifs modernes, par
principe, conservent encore un léger filet de barbe depuis l'oreille, et au
menton la barbe entière. Les Hébreux soignaient particulièrement cette partie
de leur figure qu'ils regardaient comme leur plus bel ornement, et ils
l'oignaient d'huiles odoriférantes, Psaumes 133:2; Daniel 10:3. Raser quelqu'un
malgré lui, c'était lui faire un affront sanglant, et 2 Samuel 10:4, nous
montre une guerre contre Hanun, résultant d'un traitement de ce genre fait aux
envoyés du roi David. Niebuhr et Tavernier rapportent des faits semblables; cf.
Ésaïe 7:20; 50:6, etc. Moïse prescrit une tonsure complète comme mesure de
santé, Lévitique 14:9; mais, à l'exception de ce seul cas, ce n'était jamais
que dans un deuil profond que les Israélites se rasaient ou s'arrachaient la
barbe, Ésaïe 15:2; Jérémie 41:5; 48:37; Esdras 9:3, ou négligeaient d'en
prendre soin, 2 Samuel 19:24. Néhémie, dans sa fureur contre ceux des Juifs qui
avaient contracté des alliances étrangères, en battit quelques-uns et leur
arracha les cheveux, Néhémie 13:25. Les esclaves n'avaient pas le droit de se
laisser croître la barbe, que les Orientaux considéraient et considèrent encore
comme l'apanage exclusif de l'homme libre et fort. On baisait la barbe de celui
qu'on voulait honorer ou se rendre favorable, 2 Samuel 20:9. Enfin cette
excroissance capillaire était si considérée, elle jouait un tel rôle, qu'on
mettait à part tous les poils qui tombaient sous le peigne, et qu'on les
conservait avec beaucoup de soin.
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BAR-JÉSUS.
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Bar signifie fils. C'était un homme juif d'origine,
qui s'adonnait à la magie, et qui avait pris un nom arabe en rapport avec ses
occupations ordinaires, le nom d'Élymas qui veut dire enchanteur. Il était
placé dans l'île de Chypre, à Paphos, auprès du proconsul Serge Paul, qui lui
accordait une grande confiance. Les apôtres Paul et Barnabas ayant été appelés
auprès de Serge qui désirait d'ouïr la parole de Dieu, Bar-Jésus qui craignait
de perdre son crédit si les deux étrangers réussissaient auprès du proconsul,
leur résistait ouvertement, cherchant à détourner Serge de la foi. Mais Paul le
frappa d'aveuglement, tellement qu'il ne put pas même voir le soleil, et
Bar-Jésus sortit, cherchant quelqu'un pour le conduire. Son châtiment ne devait
être que pour un temps, mais nous ignorons quand et comment il recouvra la vue.
Actes 13:6; et sq..
— Voir: Ananias.
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BAR-JONA,
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fils de Jona ou de Jonas, surnom syriaque de l'apôtre
Pierre dont le père s'appelait effectivement Jonas.
— Voir: Matthieu 16:17; Jean 1:42; 21:15-17.
Comme Jona signifie une colombe, quelques-uns ont cru
voir une allusion à ce sens dans les paroles de notre Sauveur, Jean 1:42: «Tu
es Simon, fils d'une colombe, tu seras appelé un rocher.» Mais s'il y a dans le
surnom donné à Pierre une allusion effective, elle ne se rapporte point au
caractère de Pierre lors de sa vocation, puisqu'il était plutôt bouillant que
ferme (et son reniement a bien montré qu'il n'était pas un rocher); mais à son
caractère futur, à ce qu'il devait être un jour. Du reste il n'est pas
nécessaire de voir une allusion dans le mot de Bar-Jona, puisqu'il désigne déjà
par lui seul un titre réel de Pierre, sa naissance, et que les anciens et les
Orientaux, lorsqu'ils font un appel solennel à quelqu'un, ont coutume de le
nommer par tous ses titres, et de lui donner tous ses noms. Les contes arabes
fourmillent d'exemples de ce genre.
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BARNABAS.
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Ses ancêtres, de la tribu de Lévi, s'étaient retirés
dans l'île de Chypre, peut-être lors de l'invasion de la Judée par les Syriens,
ou par les Romains. C'est dans cette île qu'il naquit; il y reçut le nom de
Joses, mais après sa conversion à la foi chrétienne, on l'appela Barnabas, ce
qui peut se traduire, ou fils de prophétie, à cause des dons éminents qu'il
avait reçus du Saint-Esprit, ou plutôt fils de consolation, à cause de
l'assistance qu'il prêta à l'Église par ses grands biens, et par son ministère.
On sait qu'il vendit le premier une possession dont il déposa le prix aux pieds
des apôtres; et, selon toute probabilité, ce fut la considération qui en
rejaillit sur lui qui engagea Ananias et Saphira au mensonge. Il demeurait à
Jérusalem, quand il fut amené à l'Évangile, Actes 4:36-37. Lorsque saint Paul
converti vint à Jérusalem après trois ans de séjour en Arabie, Barnabas fut le
premier à le reconnaître comme un frère, et il le présenta comme tel aux
fidèles de Jérusalem qui accueillaient avec méfiance leur ancien ennemi.
Vers l'an 41 de notre Seigneur, Barnabas fut député
par les frères de Jérusalem vers ceux d'Antioche: il partit de là pour Tarse,
d'où il ramena Paul avec lequel il prêcha l'Évangile à Antioche, durant toute
une année; puis, avec ce même apôtre, il porta aux fidèles de Judée le produit
de la collecte qu'on avait faite pour eux. Barnabas et Paul étant retournés à
Antioche, furent envoyés par les chrétiens de cette ville pour prêcher
l'Évangile aux gentils. Ce pouvait être vers l'an 45. Ils s'embarquèrent donc,
séjournèrent dans l'île de Chypre, lieu d'origine de Barnabas, y rencontrèrent
le magicien Bar-Jésus, et convertirent le proconsul romain Serge Paul. De là
ils se rendirent à Antioche de Pisidie où ils essuyèrent une persécution qui
les contraignit de se rendre à Iconie, puis à Lystre, où les païens prirent les
deux apôtres pour deux de leurs dieux revêtus d'une forme humaine, appelant
Barnabas Jupiter, et Paul Mercure. Un moment après, les apôtres faillirent être
lapidés, et s'enfuirent à Derbe; ils revinrent en Pisidie, allèrent en
Pamphylie, et se retrouvèrent enfin à Antioche, après une absence d'environ
quatre ans. C'est alors que s'éleva la grande question qui divisait l'Église
chrétienne naissante, à savoir si les païens qui venaient à se convertir,
devaient être circoncis, et en général astreints aux observances mosaïques.
Barnabas, par faiblesse peut-être, inclinait pour l'affirmative, tandis que
Paul, plus avancé dans la foi à la nouvelle alliance, était prononcé pour
l'opinion contraire. Il fut résolu qu'ils iraient l'un et l'autre en conférer
avec l'Église de Jérusalem. Après que cette affaire eut été terminée, ces deux
serviteurs de Dieu reprirent le chemin d'Antioche où ils rendirent compte aux
frères de ce qui avait été dit et décidé. Ils résolurent ensuite d'aller
visiter et encourager les Églises qu'ils avaient réunies dans leur précédent
voyage missionnaire; Barnabas aurait voulu que Jean surnommé Marc, et selon
toute apparence son neveu, les accompagnât dans cette tournée; mais Paul qui se
rappelait qu'une précédente fois déjà Marc, après s'être mis en route avec eux,
les avait abandonnés pour retourner chez lui, refusa de le prendre, et les deux
apôtres se séparèrent aigris l'un contre l'autre: Paul partit avec Silas, et
Barnabas prit une autre direction dans la compagnie de Marc. Ils se rendirent
en Chypre, et dès lors nous ne connaissons plus rien, du moins par la Bible, de
la vie et des travaux de cet homme auquel le Saint-Esprit a accordé le titre
d'apôtre. Cependant, environ huit ans après cette séparation, saint Paul,
écrivant aux Corinthiens, leur parle de son ancien collègue dans l'apostolat,
comme on parle d'un homme qui est encore vivant et dont on connaît bien la
situation.
— Voir: Actes 11:22; 18:37; Galates 2:1,9,13;
Colossiens 4:10; 1 Corinthiens 9:6, et les articles Paul et Marc.
— Voir: encore Cypre.
L'antiquité nous a conservé une lettre «lui porte le
nom de Barnabas; l'auteur y expose que le culte lévitique n'est pas essentiel
pour les chrétiens. Cette épître tient le milieu entre le christianisme
judaïque et les vues philosophiques de l'école d'Alexandrie. Il faut d'après
l'auteur qu'une gnôsis découvre le sens de l'Ancien Testament et convainque les
Juifs de leur erreur; il faut que les Juifs apprennent que les cérémonies ne
sont que des symboles. La tendance gnostique de cette lettre l'a fait attribuer
à un docteur d'Alexandrie; d'un autre côté, il s'y trouve beaucoup de traits
chrétiens qui montrent un homme qui a habité avec les apôtres. Néandre la
refuse à Barnabas, mais la plupart des anciens Pères la lui attribuent, et les
arguments semblent, en effet, pencher de ce côté.
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BARRABAS,
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(fils du père)
brigand fameux qui était avec ses complices en prison
à Jérusalem, pour crime de sédition et de meurtre, lorsque notre Seigneur y fut
jugé et condamné au supplice de la croix. Le peuple, invité à choisir entre
Jésus et Barrabas, à l'un desquels Pilate offrait de faire grâce suivant un
usage qui avait prévalu, demanda, à l'instigation des principaux sacrificateurs,
que Barrabas fût relâché et Jésus-Christ crucifié.
Cette petite histoire, si effroyable dans sa
simplicité, se présente comme une muette condamnation de l'humanité prononcée
par elle-même contre elle-même. Barrabas portait, lui aussi, le nom de Jésus,
et ce n'est que par un sentiment de convenance charnelle qu'on l'a fait
disparaître du texte sacré. Son nom même de Barrabas (Bar-Abba) signifie le
Fils du Père, et c'est entre ces deux Jésus, entre ces deux Fils du Père, que
le peuple ayant eu à se prononcer, a condamné le juste et relâché l'assassin.
Le professeur Tholuck a tiré un grand parti de ce rapprochement, et s'est
attaché, dans un de ses sermons académiques, à montrer combien il y a d'hommes,
de nos jours encore, qui, au lieu de s'attacher au Jésus Dieu, lui préfèrent un
Jésus homme et pécheur comme nous: ce sont les ariens et les sociniens, ceux
qui le sont par système, et ceux qui le sont par indifférence.
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BARSABAS.
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1. Joseph
Barsabas, surnommé le Juste, fut un des premiers disciples de Jésus-Christ, et
probablement un des soixante et dix qu'il envoya devant lui, Actes 1:21-23. Ce
fut entre lui et Matthias que les apôtres jetèrent le sort pour remplacer Judas
le traître, mais le sort ne le favorisa pas. Nous ne connaissons d'ailleurs
rien de particulier sur sa vie. La tradition porte qu'il mourut en Judée, après
avoir beaucoup souffert pour l'Évangile.
2. Judas
Barsabas, que l'Église de Jérusalem députa avec Paul, Barnabas et Silas, auprès
des autres Églises, pour leur faire connaître les résolutions qui venaient
d'être prises par le concile de la métropole judéo-chrétienne, sur la conduite
à tenir à l'égard des païens convertis, Actes 15:22; sq. Il était peut-être
parent du précédent, de Joseph Barsabas; en tout cas l'Église de Jérusalem le
comptait au nombre de ses membres les plus distingués, et il portait, avec
Silas, Agabus et d'autres, le titre de prophète, verset 32.
3. Le
seul fait de sa présentation montre de quelle estime il jouissait dans
l'Église.
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BARTHÉLEMI,
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Matthieu 10:3; un des douze apôtres du Seigneur. Jean,
dans son Évangile, ne fait jamais mention de Barthélemi; en revanche il compte
Nathanaël au nombre des douze, tandis que les autres évangélistes ne parlent
pas de Nathanaël, mais bien de Barthélemi. De plus, Jean parle de Philippe et
de Nathanaël dans l'ordre où les trois autres placent Philippe et Barthélemi. Nathanaël
ligure d'ailleurs au nombre des apôtres qui se rendirent vers la mer de
Tibériade, auprès de notre Sauveur ressuscité, et qui virent la réintégration
de saint Pierre. Enfin le nom même de Barthélemi n'est qu'un surnom signifiant
fils de Thalmaï, comme Bar-Jonas signifie fils de Jonas. Il résulte de ces
considérations que, selon toute apparence, Barthélemi l'apôtre est le même que
Nathanaël, q.v.
— D'après la tradition, Barthélemi aurait prêché
l'Évangile aux Indes (peut-être sur les côtes occidentales de l'Arabie); puis
il serait retourné dans les contrées occidentales et septentrionales de l'Asie,
où il aurait travaillé quelque temps avec Philippe. Il doit être mort en
Arménie, à Albanople, du supplice de la croix, en recommandant aux païens, jusqu'à
son dernier soupir, l'Évangile qu'il leur avait prêché.
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BARTIMÉE.
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Simple et touchante histoire d'un aveugle devenu
voyant! Il se tenait assis aux portes de Jérico, demandant l'aumône. Son nom
signifie fils de Timée; et comme on ne prenait guère le nom de son père que
lorsque celui-ci avait occupé un certain rang dans le inonde, il paraîtrait que
ce malheureux était né dans une position bien différente de celle où il se trouvait
alors; c'est peut-être à cause de cela que Marc ne fait mention que de lui,
bien qu'il y eût là deux aveugles en même temps.
Cette histoire nous est racontée par trois
évangélistes, Matthieu 20:29; Marc 10:46; Luc 18:35; sq., et par chacun avec
quelques détails différents. Quelques auteurs appellent ces divergences des
contradictions inconciliables; ils sont heureux d'y voir une preuve de
l'authenticité des livres saints, une preuve que les évangélistes ne sont pas
des faussaires qui se soient concertés. Ce raisonnement, s'il était juste, ne
serait certainement pas sans valeur au point de vue apologétique. Quant à nous,
pour la première fois que cette question se rencontre sur notre chemin, nous le
dirons franchement: à supposer qu'il y eût dans les livres saints quelques
erreurs de dates, d'histoire, de géographie, d'histoire naturelle, ou autre de
ce genre, cela ne nous émouvrait nullement, parce que ce que nous cherchons
dans la Parole de Dieu, c'est une parole de salut, et l'annonce d'une économie
de grâce: nous n'y cherchons pas autre chose. Dieu même, en nous donnant son
livre, n'a voulu que nous éclairer sur les grandes questions qui se rattachent
à notre Âme, à notre Sauveur, à l'Éternité. Toutefois, et quoiqu'il nous
importe fort peu, dans un sens, qu'il y ait ou non des erreurs matérielles dans
la Bible, nous avouons que nous n'en avons pas découvert une seule qui fût bien
constatée. On trouve sans doute ici et là quelques faits racontés sous des
points de vue différents, et avec d'autres détails; on trouve bien encore des
expressions employées dans un sens large et étendu: mais des contradictions, et
des contradictions inconciliables, non. Puisqu'on en voit de telles dans
l'histoire de Bartimée, examinons-les. Marc et Luc ne parlent que d'un aveugle,
tandis que Matthieu en mentionne deux. Marc et Matthieu placent le miracle au
moment où Jésus sortait, tandis que Luc semble le mettre au moment où il
s'approchait de Jérico. La difficulté n'est pas très grande quant au nombre des
aveugles; l'apôtre Matthieu qui a été témoin de la guérison, n'a pu se tromper;
Marc et Luc, qui n'y ont pas assisté, parlent de celui dont il a été le plus
question, qui paraît avoir porté la parole, et qui a le plus frappé; c'est
Bartimée. Quant à la seconde difficulté, elle est plus grande; mais rien
n'empêche d'admettre que Luc a réuni en une seule narration deux phases, ou
circonstances différentes, du même fait; il est en effet le seul qui fasse
mention de la première question de l'aveugle «il demanda ce que c'était.» Cette
question, Bartimée la fit avant l'entrée dans Jérico; ce qui arriva ensuite
dans cette ville, l'histoire de Zachée, etc, excita la confiance de cet aveugle
en Jésus: un autre aveugle s'étant joint à lui, ils s'adressèrent ensemble au
Maître, comme celui-ci quittait de nouveau la ville. Contre cette explication,
qui concilie tout, il n'y a pas de raison bien forte à faire valoir.
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BARUCH,
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1. prince
ou grand seigneur juif, fils de Nérija, frère de Séraja, l'un des courtisans de
Sédécias, Jérémie 32:12; 51:59; sq. Ami, et peut-être parent de Jérémie, il fut
pendant quelque temps son secrétaire ou scribe, 36:4, et écrivit sous sa dictée
les paroles que l'Éternel prononça contre Juda, la quatrième année du roi
Jéhojakim. Puis il fut chargé par son maître de les lire au peuple dans le
temple, en un jour de jeûne, qui avait été ordonné tout récemment en
commémoration, dit-on, de la prise de Jérusalem par Nébucadnetsar. D'après nos
versions, il semblerait que Baruch en fît la lecture par deux fois, ainsi que
le veulent Prideaux et Ussérius, mais il faut lire au verset neuvième: «Et cela
arriva», etc, et verset 10, «ce fut ce jour-là que Baruch lut» etc. Le texte,
en effet, ne parle que d'une seule lecture, et si le moment où furent rédigés
les discours du prophète, est éloigné de celui où ils furent lus au public,
c'est qu'il fallait un certain temps pour le travail même de la rédaction, et
qu'il importait, dans l'intérêt de la lecture, qu'on la fît en un jour solennel
où une foule de Juifs, de toutes les parties du royaume, rempliraient le
temple. Plus tard, Baruch fut encore appelé par devant les principaux officiers
du roi, qui lui demandèrent de leur relire ce même rouleau dont il avait donné
lecture au peuple. Effrayés des menaces qu'ils entendirent alors, et ayant
appris qu'elles avaient été prononcées par le prophète Jérémie, ils résolurent
d'en instruire le roi, et conseillèrent à Baruch de se cacher ainsi que son
maître; précaution qui ne leur fut pas inutile, car Jéhojakim ayant entendu la
lecture de ces oracles, les mit en pièces et les jeta dans le brasier qui
brûlait devant lui, puis il donna l'ordre qu'on recherchât ces deux hommes et
qu'on s'en rendît maître, mais «l'Éternel cacha Baruch et Jérémie.»
— Baruch fut chargé d'écrire, sous, la dictée de son
maître, un second rouleau semblable au premier qui avait été détruit, et sans
doute plus sévère encore. Mais ce fidèle serviteur, attaché à Jérémie par
l'harmonie des sentiments religieux et patriotiques, partageant avec lui les
persécutions et les peines qu'il avait à endurer, affligé des nouvelles menaces
qu'il devait écrire contre sa patrie, et craignant peut-être de voir encore
augmenter ses douleurs par cette publication, s'écria: «Malheur à moi! car
l'Éternel a ajouté la tristesse à ma douleur!» Pour le consoler, 45:1-5.
Jérémie lui annonça la protection divine durant toute sa vie, mais lui
représenta que si Dieu lui-même, qui voudrait voir ce peuple heureux, était obligé
de le punir, lui, Baruch, ne pouvait prétendre à recueillir la gloire et la
prospérité. Nous retrouvons Baruch dans la dixième année de Sédécias, pendant
le siège de Jérusalem, 32:12. Jérémie lui confie le contrat de l'acquisition
qu'il a faite du champ de Hanaméel, son parent. Plus tard encore, 43:3, dans
l'année qui suivit la prise de Jérusalem, nous le voyons injustement soupçonné
d'animer Jérémie contre les déplorables et impies débris de Juda; ses
accusateurs se saisissent de lui et l'entraînent de force en Égypte, ainsi que
Jérémie, comme s'ils voulaient encore, dans leur rébellion, conserver au milieu
d'eux les représentants de ce Dieu auquel ils ne craignaient pas de désobéir.
C'est à ce Baruch que la fable attribue le livre
apocryphe qui porte son nom; mais on peut voir à l'article Apocryphes ce que
nous en avons dit.
2. Baruch,
fils de Zaccaï, Néhémie 2:20, releva une partie des murs de Jérusalem, sous la
direction de Néhémie.
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BARZILLAÏ.
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1. Siméonite,
de Méholah, et père de Hadriel, 2 Samuel 21:8.
2. Galaadite,
riche propriétaire de Roguelim (2 Samuel 17:27; 49:31,39; 2 Rois 2:7), fournit
d'abondants secours de vivres à David et à sa petite armée fuyant devant Absalon.
La révolte apaisée, David voulut récompenser son bienfaiteur et l'emmener avec
lui à Jérusalem; mais le vieillard octogénaire refusa des jouissances qui
n'étaient plus de son âge. «Ton serviteur, dit-il, pourrait-il savourer ce
qu'il mangerait et boirait, ou entendre la voix des chanteurs et des
chanteuses? Et pourquoi serait-il à charge au roi, mon seigneur?» Il se borna
donc à accepter pour son fils (ou petit-fils) Kimham, la protection royale,
puis il retourna en son lieu. David mourant recommanda à Salomon les enfants de
celui qui l'avait secouru dans sa fuite, 1 Rois 2:7. Le nom de Barzillaï se
retrouve, Esdras 2:61; Néhémie 7:63, où l'on peut voir combien sa mémoire
s'était conservée en Israël, même après la captivité.
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BASAN,
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l'une des plus fertiles contrées du monde, à l'est du
Jourdain et de la mer de Tibériade, au nord du Jabbok, au sud du mont Hermon et
du Gessur. C'est un pays de collines et de gras pâturages; entre ses montagnes
calcaires sont d'étroites et fertiles vallées, et les cavernes qui s'y trouvent
répandues en abondance servent encore de nos jours à loger un grand nombre
d'habitants. La contrée de Basan était autrefois célèbre par son bétail, et surtout
par ses taureaux et ses béliers; il est aussi fait souvent mention de ses beaux
chênes, qui, maintenant encore, sont l'ornement de ses montagnes. On y
comptait, outre les villages, soixante villes fermées. Moïse prit ce territoire
sur Hog, et le donna à la tribu de Manassé.
— Voir: Nombres 21:33; Deutéronome 1:4; 3:1; 32:14;
Josué 12:4-5; Psaumes 22:12; 135:11; 136:20;
Ésaïe 2:13; 33:9; Ézéchiel 27:6; 39:18; Amos 4:1;
Nahum 1:4; Zacharie 11:2.
— Dans les temps postérieurs à l'exil, cette contrée
reçut le nom de Batanée, qui ne se trouve, du reste, nulle part dans le Nouveau
Testament; les limites n'en sont pas faciles à déterminer, mais il paraît
qu'elles s'étendaient moins au nord que celles du royaume de Basan.
— De nos jours on l'appelle El-Bottein.
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BASÉMATH,
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une des filles de Salomon, 1 Rois 4:15. Elle avait
épousé Ahimahats, un des principaux officiers de la cour de son père, alliance
qui n'était point une mésalliance dans l'antiquité, et dont tous les temps ont
offert des exemples chez les Orientaux. Basémath, Taphath sa sœur (4:11) et
Roboam sont, de tous les enfants de Salomon, les seuls dont l'Écriture sainte
nous ait conservé la mémoire.
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BASILIC
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(proprement basilisc). Ce serpent est mentionné dans
cinq passages de l'Ancien Testament, Proverbes 23:32; Ésaïe 11:8; 14:29; 59:5;
Jérémie 8:17, et plusieurs fois dans le Nouveau Testament, Matthieu 3:7; 12:34;
23:33; Luc 3:7; Actes 28:3.
— Selon les anciens, le basilic vit en Afrique; il est
de couleur jaune, ayant trois légères bosses et une tache blanche sur sa tête
effilée: c'est le plus venimeux de toute la race, tellement que les autres
serpents même s'enfuient à son approche. Sa morsure cause une inflammation
subite et générale, et tue en très peu de temps. Le corps d'un animal mordu par
le basilic exhale une odeur si infecte, que les animaux carnassiers n'osent
même y toucher. On croyait autrefois que la belette seule savait tuer le
basilic, et que les coqs lui inspiraient de la terreur. Dans les temps
postérieurs, on se représenta le basilic avec le corps d'un coq et la tête d'un
serpent, ou quelquefois seulement comme un serpent muni d'ailes, et l'on
croyait qu'il provenait de l'œuf qu'un vieux coq aurait pondu et couvé. Les
anciens croyaient aussi que son simple regard et son haleine étourdissaient et
tuaient les animaux.
— La science moderne n'a pas encore pu déterminer quel
serpent il faut entendre par le basilic des anciens.
— Proverbes 23:31-32, le vin est comparé au basilic, à
cause de ses propriétés destructives, parce qu'il peut étourdir l'homme, le
priver de sa raison, et à la longue, ou même en peu de temps, ruiner son corps
et son esprit.
Dans sa description d’un supposé millénium, Ésaïe (11:8) pour montrer la différence entre
l'économie des temps actuels et celle des temps futurs, dit qu'alors toute la
nature aura subi une régénération telle qu'il n'y aura plus de mal, ni rien de
nuisible sur la terre: le basilic même aura perdu ses qualités dangereuses.
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BATH,
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mesure de liquides, qui correspondait à l'épha, mesure
de capacité pour les matières sèches. C'était la dixième partie du homer, qui
était la plus grande des mesures. Le bath contenait environ 35 litres (432
coquilles d'oeuf, — Voir: Cab). Quelques-uns pensent qu'il y avait deux baths,
l'un vulgaire, et l'autre pour les usages sacrés: ce dernier étant d'un tiers
plus grand que le premier. On l'infère de ce que 1 Rois 7:26, il est dit que la
mer de Salomon contenait 2,000 baths, tandis que, d'après 2 Chroniques 4:5,
elle en aurait contenu 3,000. Cependant il est possible que le premier de ces
passages se rapporte à la contenance de la cuve seule, tandis que l'autre y
joindrait encore la capacité des soubassements et des dix cuviers plus petits
qu'ils supportaient.
— Voir: encore Esdras 7,22; Ézéchiel 45:11.
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BATHSÉBAH ou Bathsuah,
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fille d'Éliham ou Hammiel, 2 Samuel 11:3; cf. 23:34; 1
Chroniques 3:5, et probablement petite-fille d'Achitophel. Ce fut la femme
d'Urie le Héthien, que David fit enlever, et qu'il épousa après avoir fait
périr son mari, 2 Samuel 12. Elle donna à son nouvel époux cinq enfants, dont
l'aîné mourut peu après sa naissance; Salomon fut le plus célèbre de ceux qui
vécurent.
— Femme habile, ou peut-être simple instrument de
Tsadok, elle découvrit à David la conspiration d'Adonija, qui revendiquait son
droit d'aînesse au préjudice de Salomon. Le rebelle vaincu, ne laissa pas
d'aspirer encore au trône qu'il venait de perdre; mais au lieu d'employer la
force ouverte, il imagina la ruse et intercéda auprès de Bathsébah pour obtenir
la main d'Abisag, la jeune veuve du défunt roi. Bathsébah n'osa pas refuser;
elle dit à son fils la démarche ambitieuse d'Adonija, mais ce tut la sentence
de mort du jeune prince; Salomon le fit exécuter le même jour.
— Le nom de Bathsébah se retrouve Psaumes 51:1, où
David mène deuil sur son péché; elle est aussi rappelée Matthieu 1:6, parmi les
ancêtres de notre Seigneur.
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BATHSUAH,
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— Voir: l'article précédent.
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BAUME.
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Cette substance résineuse est nommée parmi les épices
que les marchands arabes, auxquels Joseph fut vendu, apportaient de Galaad en
Égypte, Genèse 37:25. Jacob en envoie comme présent à son fils, à la cour de
Pharaon, 43:11. Le prophète Ézéchiel, 27:17, nomme le baume parmi les
marchandises que les Juifs portaient au marché de Tyr, et Jérémie en parle
comme d'un remède apporté de Galaad, et dont on se servait pour la guérison des
blessures, 8:22; 46:11; 51:8. Les habitants de la Palestine emploient, en
effet, pour ce but l'huile extraite du fruit d'un certain olivier sauvage
(Elaeagnus angustifolia, Linnée), appelé Tsakkum par les Arabes. Cet arbre, qui
croît dans la vallée du Jourdain et dans l'Arabie Pétrée, abondait autrefois
dans la Palestine transjourdaine; il ressemble au prunier; il est muni de
grandes épines, et son bois est jaune comme le buis; son écorce est toujours
verte; ses feuilles, semblables à celles de l'olivier, sont plus minces et plus
allongées; il porte des fleurs blanches, et son fruit ressemble au gland: c'est
du noyau que les Arabes tirent une huile dont ils font grand cas pour la
guérison des blessures et qu'ils préfèrent même au baume de La Mecque. Ce baume
était anciennement connu sous le nom de baume de Galaad ou baume juif, parce
que les Juifs le préparaient presque seuls, et qu'ils en faisaient un commerce
très étendu. Plusieurs historiens grecs et romains, Pline, Diodore de Sicile,
etc., en parlent avec éloge. Bochart pense que ce baume de Galaad provenait de
la térébenthine.
Il y avait encore une autre sorte de baume, ou de
drogue aromatique, appelée Bosem ou Bosam en hébreu (le premier s'appelait
Tzeri), mentionné Exode 35:28; 1 Rois 10:10; Cantique 5:1,13; 6:2. On le tirait
d'un arbuste appelé encore aujourd'hui Basam par les Arabes, en taisant des
incisions dans son écorce pendant les plus grandes chaleurs de l'été; la sève
qui en découlait, après avoir été purifiée et préparée, donnait ce baume
excellent. Le voyageur Burckhardt croit avoir trouvé cet arbuste dans les
environs du lac de Tibériade, et il ajoute que ses fruits, semblables aux
cornichons, fournissent aussi du baume.
— Dans les environs de La Mecque et dans l'Arabie
Heureuse, il y a un autre arbrisseau qui fournit également un baume très
estimé.
— Ces trois espèces différentes de baumiers étaient
déjà connues des anciens.
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BDELLION.
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Ce mot (hébreu B'dôlach) ne se trouve que deux fois
dans la Bible, Genèse 2:12; Nombres 11:7. Dans le premier de ces passages, il
est nommé à côté de l'or et de la pierre précieuse de Shoham (— Voir: Onyx),
comme une production du pays de Havilah, qu'entourait ou traversait un des
fleuves du paradis; dans le second, la manne lui est comparée. Plusieurs
savants, des commentateurs juifs, Bochart et d'autres, pensent que le bdellion
désigne des perles, et cette explication s'accorderait bien avec la comparaison
établie entre cette substance et la manne qui était ronde, blanche et en petits
grains; de plus, d'après les mêmes interprètes, le sens étymologique du mot
B'dôlach doit signifier «une chose précieuse», sens qui s'appliquerait également
bien à la perle; enfin il faut convenir que le passage de la Genèse ne présente
aucun empêchement à cette explication. Il est à observer, néanmoins, qu'aucune
des anciennes versions ne traduit ce mot par perle; les Septante le rendent par
escarboucle ou rubis dans Genèse 2:12, et par cristal dans les Nombres; les
autres versions grecques anciennes le traduisent par bdellion, mot qui désigne
une résine transparente et odoriférante qui découle d'un certain palmier sur
les bords, du golfe Persique, en petits morceaux assez ronds, comme des larmes;
cette résine, d'une couleur foncée ou jaunâtre, et d'un goût amer, répand une
odeur très agréable lorsqu'on la brûle. Il est bien possible que ce soit en
effet là le B'dôlach mentionné dans les deux passages de la Bible, du moins
l'affinité du nom grec avec l'hébreu ne saurait être méconnue; et d'ailleurs il
faut observer que la langue hébraïque a un mot particulier pour désigner les
perles. La manne peut être comparée au bdellion en tant que c'est un jus
résineux épaissi en globules. Mais d'un autre côté, on ne conçoit pas pourquoi
cette résine, le bdellion, aurait été nommée dans la Genèse à coté de l'or et
d'une pierre précieuse, vu qu'elle n'était pas très estimée et peut-être pas
même connue des anciens.
D'autres savants, les plus anciens commentateurs juifs
et d'autres, pensent enfin qu'au lieu de lire B'dôlach, il faut lire B'rôlach,
changement de lettre qui a très facilement pu se faire en hébreu, et qui serait
appuyé du témoignage des Septante, qui, dans un des deux passages, ont rendu le
mot par cristal. B'rôlach désignerait alors le bérylle, sorte de cristal,
auquel la manne peut aussi être comparée. Exode 16:14,31.
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BEAUX-PORTS,
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Actes 27:8, ville de Crète, près de Lasée, deux villes
également peu connues. Beaux-Ports devait probablement son nom à l'agrément de
sa situation, qui offrait aux vaisseaux un mouillage assuré; il porte encore
aujourd'hui le nom grec de Limenes Kali, dont notre nom français n'est que la
traduction.
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BEDAN,
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juge d'Israël, dont le nom est cité 1 Samuel 12:11,
entre Gédéon et Jephté. Le livre des Juges n'en fait aucune mention;
quelques-uns croient que ce mot signifie Danite, de Dan, et que c'est un surnom
de Samson qui appartenait à cette tribu; d'autres lisent Barac; on suppose
encore que c'est le nom d'un juge inconnu, différent des autres; il est
possible, enfin, que Bedan ne soit qu'un autre nom de Jaïr: c'est même le plus
probable.
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BÉELZÉBUB,
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— Voir: Bahal-Zébub.
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BÉER
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(un puits).
1. Station
des Israélites au désert, sur les confins de la contrée de Moab, Nombres 21:16;
peut-être le même endroit que Béer-Élim, Ésaïe 15:8.
2. Ville
à 20 kilomètres nord de Jérusalem, sur la route de Sichem. C'est là que Jotham,
fils de Gédéon, se réfugia pour échapper à Abimélec. Juges 9:21.
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BÉÉRA,
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1 Chroniques 5:6, le principal chef des Rubénites, qui
fut transporté en Assyrie par Tiglath-Piléser, roi de cette contrée.
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BÉER-ÉLIM
________________________________________
(le puits des princes).
— Voir: Béer.
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BÉÉRI,
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père du prophète Osée, 1:1; du reste, complètement
inconnu.
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BÉER-LACHAÏ-ROÏ.
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C'est le nom hébreu du puits auprès duquel Agar en
fuite, eut la vision de l'ange qui la ramena auprès de Saraï sa maîtresse: il
se traduit «le puits du vivant qui me voit.» Genèse 16:14.
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BÉÉROTH
(les puits), villes des Gabaonites, donnée à la tribu
de Benjamin, Josué 9:17; Esdras 2:25; Néhémie 7:29. C'est là que naquirent
Récab et Bahana, les deux meurtriers d'Is-Boseth, 2 Samuel 4:2,5.
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BÉERSÉBAH, ou Sébah.
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1. Le
puits du serment, ou des sept, ainsi nommé de l'alliance qu'Abraham contracta
avec Abimélec roi de Guérar, laquelle fut confirmée par un serment et par le
don de sept jeunes brebis, Genèse 21:31-33. L'alliance fut renouvelée plus tard
par Isaac, qui donna aux puits les mêmes noms qu'ils avaient portés au temps de
son père, 26:18,33. Les deux patriarches habitèrent longtemps la contrée où se
trouvaient les puits qu'ils avaient eux-mêmes creusés. Béersébah était à 35
kilomètres sud d'Hébron, à l'extrême frontière méridionale du pays de Canaan,
de sorte que l'on disait: «de Dan à Béersébah», 2 Samuel 17:11; Juges 20:1; 1
Chroniques 21:2, pour exprimer la longueur de tout le pays, et «de Béersébah à
la montagne d'Éphraïm», pour désigner la longueur du royaume de Juda, 2
Chroniques 19:4.
— Dans le partage de la terre de Canaan, Béersébah fut
donnée à la tribu de Juda, Josué 15:28. C'est là que résidèrent les fils de
Samuel, Joël et Abija, lorsque leur père eut partagé avec eux ses fonctions, 1
Samuel 8:2. Au temps d'Hozias roi de Juda, l'ancienne demeure d'Abraham fut
souillée par le culte des idoles, Amos 5:5; 8:13-14.
— Après le retour de la captivité, Béersébah fut de
nouveau habitée par les Juifs, Néhémie 11:27,30.
2. Béersébah,
ou simplement Sébah, dans la tribu de Siméon, Josué 19:2. Peut-être qu'une
partie de Béersébah dépendait de Juda et l'autre de Siméon; peut-être aussi,
qu'il y avait deux endroits de ce nom.
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BÉHÉMOTH,
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Job 40:10; sq. Le mot hébreu Béhémoth est un mot
pluriel qui signifie littéralement «de grands animaux quadrupèdes; «mais tous
les savants de nos jours s'accordent à admettre que ce mot, dans le passage de
Job, désigne un animal qui, d'après la belle et poétique description de ce
chapitre, ne peut être autre que l'hippopotame. Son nom est d'origine
égyptienne et s'écrit proprement Péhémout, bœuf marin (P est l'article, Éhé
signifie bœuf, et moût eau); le mot grec hippopotame signifie cheval du fleuve.
Cet animal formidable se trouvait autrefois en très grand nombre jusqu'aux
bouches mêmes du Nil, mais il s'est retiré depuis vers le sud, et habite
surtout au-delà des cataractes de ce fleuve, et dans d'autres rivières de
l'Afrique. Son corps est une masse énorme, longue de 6 mètres environ, haute de
2 et 1/2, et d'une circonférence de 5. Sa tête difforme a 1 mètre et plus de
longueur, et renferme une bouche énorme, garnie de grosses dents et qui,
lorsqu'elle est ouverte, présente une ouverture de 70 centimètres à peu près.
Sa peau est noirâtre, presque sans poil, comme celle de l'éléphant; elle est si
dure et si épaisse, que ni coup de sabre ni coup de fusil ne saurait la
traverser; même au bas-ventre, où pourtant la peau est en général le moins
dure, elle est également impénétrable; elle ne peut être entamée que près des
oreilles, et à la jointure de la tête au corps. On en fait des boucliers qui
joignent à une grande légèreté une impénétrabilité parfaite. Sa queue est
comparativement très petite, ses jambes sont courtes et massives, et le pied
ressemble à un gros sabot garni de quatre orteils.
L'hippopotame se meut et nage dans l'eau avec une
grande facilité; il s'y tient la majeure partie du jour, ou se couche dans les
endroits marécageux du rivage; cependant il ne peut rester longtemps sous
l'eau, car le besoin de respirer le ramène bientôt à la surface. Heureusement
pour les habitants de ces pays chauds, sa nourriture ne consiste qu'en plantes
et herbages, autrement il serait un fléau trop redoutable; il affectionne
surtout les pois verts. Lorsqu'il sort la nuit de sa retraite, il parcourt les
campagnes pour aller à la recherche de sa nourriture; il n'est pas rare qu'il
détruise un champ de blé ou de trèfle tout entier, soit en le foulant de ses
larges pieds, soit en le broutant de sa large gueule. Il ne marche qu'avec
difficulté sur la terre ferme, et lorsqu'il appréhende quelque danger, il se
hâte de gagner l'eau dans laquelle il peut déployer sa gigantesque force.
Quoique paisible de son naturel, cet animal, quand il est irrité, ne craint et
n'épargne ni homme, ni animal quelconque. Sa force est extraordinaire, et
lorsqu'il se voit attaqué dans son élément, il arrive souvent qu'il renverse
les canots, et autres petits bateaux, et qu'il les met en pièces en les
saisissant et les broyant entre ses mâchoires, ou en les soulevant sur son dos.
Quand il élève hors du fleuve sa tête énorme, il repousse et fait jaillir l'eau
du souffle de ses narines et fait entendre en même temps un cri perçant et
fort, semblable au bruit du hennissement d'un cheval ou d'un mulet, ou au bruit
que fait une énorme porte qui tourne lourdement sur ses gonds rouilles. Les
indigènes cherchent à le prendre dans des fosses profondes, mais le prudent
animal est sur ses gardes, et devine fréquemment les pièges qu'on lui tend; et
alors même qu'il est pris, il se défend avec fureur, et ne se livre qu'après
avoir rudement combattu.
— Pour l'éloigner de leurs plantations, les indigènes
ne connaissent d'autre moyen que d'entretenir des feux de distance en distance,
et de battre le tambour. Plusieurs de ces traits aideront à l'intelligence de
la description que le livre de Job donne de l'hippopotame, et feront comprendre
pourquoi il est représenté comme une preuve remarquable de la sagesse et de la
puissance du Créateur.
— Pour plus de détails, — Voir: le Morgenland de
Preiswerk, 1838, p. 343 et suivant.
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BÉHESTÉRA,
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Josué 21:27, ville des lévites, dans la tribu de
Manassé au-delà du Jourdain. Quelques-uns l'ont, à cause de la ressemblance du
nom, confondue, mais à tort, avec Botsra.
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BÉHOR,
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nom que Moïse donne au père de Balaam, Nombres 22:5.
La traduction grecque l'a rendu par Bosor, ainsi que nous le trouvons dans le
Nouveau Testament, 2 Pierre 2:15.
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BEL,
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le Banal des Caldéens. Qu'adoraient-ils sous ce nom?
Était-ce Nimrod leur premier seigneur, ou Bahal, ou Pul roi d'Assyrie, ou quelque
autre monarque, ou le soleil, ou toutes ces choses à la fois? C'est ce qu'il
est impossible de déterminer. Ésaïe 46:1; Jérémie 50:2; 51:44.
— Voir: Bahal.
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BÉLAH.
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1. 1
Chroniques 5:8; sq. Nous ne connaissons de ce chef rubénite que ce qui en est
dit dans ces trois versets. Il habitait d'abord dans les limites de Galaad à
l'orient du Jourdain, depuis Haroher jusqu'à Néco; mais son bétail ayant fort
multiplié dans les gras pâturages de cette contrée, la famille de Bélah
s'avança vers l'orient jusqu'à l'Euphrate, se rappelant peut-être et
s'appliquant certaines prophéties de Moïse qui donnaient à la postérité
d'Abraham tout le pays situé entre le Nil et l'Euphrate, Genèse 15:18;
Deutéronome 1:7. Cette hardie expédition, conforme aux mœurs antiques, exigeait
dans tous les cas un certain degré de force et de puissance, et nous donne une
idée avantageuse de l'accroissement que devait avoir pris la tribu de Ruben.
2. Genèse
14:2, ville de Canaan, qui prit plus tard le nom mieux connu de Tsohar, q.v.
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BELETTE,
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Lévitique 11:29.
— Voir: Crocodile et Taupe.
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BÉLIAL, ou plutôt Béliar,
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2 Corinthiens 6:15,
nom donné à Satan, et qui signifie en hébreu: inutile, méchant, qui ne rapporte
aucun profit. Mais le terme signifie proprement «déchéance», indiquant la
nature rébelle du cœur de l’homme. Ce mot se
trouve aussi quelquefois dans l'Ancien Testament, précédé du mot fils,
Deutéronome 13:13; 1 Samuel 2:12:» Or les fils d'Héli étaient des fils de
Reliai», mais au lieu de traduire littéralement cette expression, on l'a
ordinairement rendue, d'après le sens, par «de méchants hommes.»
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BÉLIER.
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1. —
Voir: Brebis.
2. Machinerie
guerre bien connue; on ne la trouve mentionnée dans l'Écriture sainte que Ézéchiel
4:2; 21:27. (dans le premier de ces passages, nos traductions ont rendu ce mol
par «machines pour la battre»). Ézéchiel est probablement le plus ancien auteur
qui en parle.
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BELSATSAR,
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Daniel 7 et 8, roi de Babylone, est désigné par le
prophète comme le fils de Nébucadnetsar, quoiqu'il ne fût peut-être qu'un de
ses descendants; car, entre son règne et celui de Nébucadnetsar, il y eut trois
règnes, très courts à la vérité, ceux d'Évilmérodac, de Nériglissor et de
Laboroso-Achod, que Daniel ne mentionne pas; et l'on sait que dans l'Écriture,
comme dans presque tous les livres de l'Orient, le mot fils n'indique souvent
que la filiation, sans égard au nombre des anneaux intermédiaires. Ce misérable
prince portait encore les noms de Nabonédus et de Labynitus.
Babylone était alors assiégée par Cyrus, général en
chef des armées de son oncle Darius, roi des Mèdes, connu dans l'histoire
profane sous le nom de Cyaxare II. Belsatsar, à l'abri des remparts
fabuleusement énormes de sa capitale, se livrait à une vie de délices, de
débauches et de fêtes. Dans une de ses orgies, il se fit apporter les vaisseaux
d'or et d'argent que Nébucadnetsar avait enlevés du temple de Jérusalem, Daniel
5:2. Il y but lui-même, et poussa la profanation jusqu'à les présenter à ses
courtisans et à ses concubines, qui y burent aussi. Et tous ensemble chantèrent
leurs dieux de métal, de bois et de pierre. Mais tout à coup le roi vit sortir
de la muraille les doigts d'une main humaine, traçant des caractères
mystérieux: il fut bouleversé, il changea de visage, ses reins frissonnèrent,
ses genoux s'entrechoquèrent d'épouvante; il jeta un cri de terreur. Il fait
appeler aussitôt les sages du monde, les astrologues, les caldéens, les devins;
mais malgré les magnifiques promesses qui leur furent faites, aucun d'eux ne
put expliquer ou comprendre l'écriture divine. Belsatsar était dans le plus
grand trouble à ce sujet, lorsque la reine, veuve de Nébucadnetsar, et connue
dans l'histoire profane sous le nom de Nitocris, se présenta à lui. Elle lui
conseilla de consulter un homme «en qui reposait l'esprit des dieux saints» et
que Nébucadnetsar avait trouvé si plein de sagesse et de lumière, qu'il l'avait
établi chef des mages et des astrologues; c'était Daniel, le prophète des
Hébreux. Daniel parut et donna au roi l'interprétation qu'il demandait, non
sans lui avoir premièrement rappelé la conduite coupable et le, châtiment de
son prédécesseur, puis son propre orgueil à lui, Belsatsar, et l'acte sacrilège
qu'il venait de commettre. Les signes mystérieux étaient la condamnation du
roi, et la ruine du royaume: Mene, mene, thekel, upharsin, ce qui signifiait:
Pesé, tu as été trouvé léger, et ton royaume (sera) divisé et donné aux Mèdes
et aux Perses. Ce fut la réponse du prophète, et Belsatsar, soit ironie et
incrédulité, soit qu'il n'osât pas manquer de parole à un homme qui semblait
lui parler au nom de la Divinité, et qui lui annonçait sa tin prochaine,
accomplit envers Daniel les promesses qu'il lui avait faites solennellement, à
lui aussi bien qu'aux devins; il lui fit donner un vêtement écarlate et un
collier d'or, et le proclama le troisième du royaume.
La menace n'avait pas précédé de beaucoup l'exécution,
car, en cette même nuit, Cyrus, ayant détourné les eaux de l'Euphrate, faisait
entrer son armée dans la ville par le lit desséché du fleuve. Babylone fut
prise, ses habitants massacrés, et Belsatsar lui-même égorgé au milieu de son
orgie, l'an 538 avant J.-C.
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BELTÉSATSAR
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(qui amasse des trésors), surnom qui fut donné à
Daniel par l'officier du roi Nébucadnetsar, Daniel 1:7.
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BÉNAJA
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(fils de l'Éternel), fils de Jéhojadah, l'un des plus
vaillants guerriers de David, et le capitaine de ses gardes, 2 Samuel 23:20; 1
Chroniques 11:22. Célèbre par sa force et par son courage, il avait de sa
propre main tué un lion et combattu avec un bâton contre un Égyptien armé d'une
hallebarde. En un temps où la force physique jouait un si grand rôle, il était
assez ordinaire de voir ceux qui en étaient doués, avancer promptement dans les
grades et les honneurs, surtout militaires. Bénaja obtint à la cour les plus
grandes faveurs: au moment de la révolte d'Adonija, il fut chargé de protéger
le sacre de Salomon contre tout mouvement populaire en faveur du rebelle, 1
Rois 1:32. Puis, après la mort de David, le nouveau roi lui confia l'exécution
de trois sentences de mort, contre Adonija, contre Joab (qu'il remplaça dans le
commandement de l'armée), et contre Simhi, 1 Rois 2:25,29,46.
— Bénaja fut un des plus fidèles serviteurs de la
maison de David, qu'il servit de ses vœux, comme de son bras et de son épée.
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BEN-HADAD
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(fils du bruit). L'Écriture mentionne sous ce nom
trois rois différents:
1. le
fils de Tabrimon, que Asa, roi de Juda, gagna et fit marcher contre Bahasa, roi
d'Israël. Cette expédition fut fatale aux dix tribus, et notamment à celle de
Nephthali, dont plusieurs villes furent surprises et pillées, 1 Rois 15:18;
sq..
2. 1
Rois 20:1; Ben-Hadad, roi de Syrie, fils et successeur du précédent, marcha
contre Samarie, accompagné de trente-deux autres rois, et, suivi d'une
nombreuse armée, il fit le siège de cette ville. Puis il fit orgueilleusement
sommer Achab de se rendre à lui à discrétion, corps et biens. Mais Achab,
appuyé sur l'avis des anciens du pays, lui fit répondre: «Que celui qui endosse
le harnais ne se glorifie pas comme celui qui le quitte. «Le sens était clair:
Ben-Hadad comprit le défi; la bataille s'engagea, les Syriens furent mis en
déroute, et le roi lui-même s'enfuit avec toute sa cavalerie. Ben-Hadad,
cependant, ne se tint pas pour battu; il attribua sa défaite à la protection
des dieux d'Israël, et comme on avait combattu sur les montagnes, il s'imagina
que c'était là peut-être la résidence de ces dieux, et que dans la plaine ils
ne seraient plus d'aucun secours à leurs adorateurs. En conséquence, il se
remit de rechef en campagne, au bout d'une année, avec une armée formidable,
auprès de laquelle, dit l'écrivain sacré, les enfants d'Israël ne paraissaient
pas plus que «deux troupeaux de chèvres.'» Les deux armées demeurèrent sept
jours en présence dans les plaines de Jizréhel, après quoi elles en vinrent aux
mains, et les Israélites tuèrent cent mille hommes aux Syriens: le reste
s'enfuit dans la ville d'Aphek, dont la muraille s'écroula sur eux et les
écrasa au nombre de vingt-sept mille. Caché dans la ville, Ben-Hadad envoya
quelques-uns des siens auprès du vainqueur pour demander sa grâce. Il l'obtint;
il fut épargné, malgré l'ordre contraire qu'Achab avait reçu de l'Éternel, et
il fit alliance avec Achab, s'engageant à lui rendre les places conquises par
son père, et à lui livrer quelques villes frontières.
Après une paix de trois ans, 1 Rois 22:1, la guerre
fut reprise entre le roi de Syrie et les deux rois alliés d'Israël et de Juda,
qui voulaient s'emparer de la ville de Ramoth, que Ben-Hadad, contrairement à
la foi des traités, refusait de livrer. Ben-Hadad avait donné l'ordre à ses
capitaines de ne viser que sur Achab; et quoiqu'on ne pût le reconnaître, à
cause de son déguisement et de la lâcheté avec laquelle il avait voulu exposer
Josaphat seul aux traits de l'ennemi, il fut mortellement blessé par une flèche
tirée comme au hasard. L'armée israélite reçut l'ordre de battre en retraite;
la campagne était terminée.
Sous le règne de Joram on vit de nouveau Ben-Hadad
reparaître en Israël, 2 Rois 6:8; sq. Comme tous les plans et projets du Syrien
étaient connus de Joram avant même qu'ils fussent exécutés, Ben-Hadad fut fort
irrité, pensant qu'il avait un traître auprès de lui; mais ayant appris que
c'était le prophète Élisée qui déjouait ainsi sa lactique, il envoya des gens à
Dothan pour s'emparer de lui: mesure inutile, car l'Éternel sauva le prophète
en frappant d'éblouissement les messagers de Ben-Hadad.
Quelque temps après, le roi de Syrie ayant rassemblé
son armée, vint de nouveau mettre le siège devant Samarie. Comme le blocus se
prolongeait, il y eut une grande famine dans la ville, 2 Rois 7:4. Ben-Hadad
espérait les soumettre par ce moyeu; il était près de réussir, les assiégés, à
la dernière extrémité, commençaient à se livrer au désespoir, lorsque l'Éternel
les visita d'une délivrance miraculeuse. Les troupes syriennes entendirent
pendant la nuit un bruit de chariots et de chevaux, comme le bruit d'une grande
armée (sans doute celle qu'Élisée avait fait voir à son serviteur sur la
montagne, 6:17), et croyant que c'étaient les rois des Héthiens et des
Égyptiens, qui venaient au secours d'Israël, ils s'enfuirent précipitamment,
saisis d'épouvante, en laissant tout leur bagage et leurs vivres dans le camp.
De retour à Damas, Ben-Hadad tomba mal; de, et ayant
appris l'arrivée d'Élisée dans cette ville, il envoya auprès de lui avec de
riches présents Hazaël, un de ses officiers, pour lui demander s'il pourrait se
relever de cette maladie. Précédemment déjà, d'après le conseil d'une jeune
esclave israélite, il avait envoyé son serviteur Naaman, atteint de la lèpre,
auprès du roi d'Israël, en le priant de le faire guérir par Élisée, qui n'était
apparemment autre chose, pour lui, qu'un habile magicien dont le roi pouvait
disposer à sa guise.
— Voici la réponse que le prophète fit reporter à
Ben-Hadad: «Vas, et dis-lui: certainement tu en pourrais relever; toutefois
l'Éternel m'a montré que certainement il mourra.» En effet, bien que sa maladie
ne fût pas mortelle, Ben-Hadad fut le lendemain trouvé mort dans son lit:
Hazaël l'avait étouffé pour régner à sa place. (884 avant J.-C.)
Riche, puissant et fort, ce monarque ambitieux, trois
fois se leva contre Israël, et trois fois dut s'enfuir; c'est que le Dieu qui
protégeait les tribus n'était pas seulement le Dieu des montagnes, c'était
encore le Dieu des plaines. Le petit royaume d'Israël ne fut point redevable de
son salut à ses propres forces, mais à la présence et aux prières du prophète
Élisée. Dieu avait choisi les choses faibles de ce monde pour rendre confuses
les fortes «afin que nulle chair ne se glorifiât devant lui.» 1 Corinthiens
1:27,29.
3. Fils
de Hazaël le meurtrier du précédent. Il opprima les dix tribus sous Joachaz,
roi d'Israël, mais fut vaincu et chassé sous Joas, roi de Juda, 2 Rois 13. Il
reçut de son père, ou il prit lui-même le nom de Ben-Hadad, qui, étant commun à
un grand nombre de rois syriens, Jérémie 49:27; Amos 1:4, pouvait cacher son
usurpation et faire oublier la nouveauté de la dynastie parvenue.
________________________________________
BENHAJIL,
________________________________________
un des principaux gouverneurs du royaume de Juda sous
le bon roi Josaphat; il fut chargé par son maître de parcourir le pays avec
quatre autres chefs, sept lévites et deux sacrificateurs, pour instruire le
peuple et lui faire connaître le livre de la loi de l'Éternel qu'ils portaient
avec eux.
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BEN-HAMMI,
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un des fils de Lot., Genèse 19:38.
— Voir: Hammon.
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BENJAMIN,
________________________________________
fils de Jacob et de Rachel, le plus jeune de la
famille, né 1736 avant J.-C. Sa naissance coûta la vie à sa mère, qui voulut en
mourant l'appeler Benoni, fils de ma douleur; mais Jacob l'appela Benjamin,
fils de ma droite, (et aussi fils de bonheur, ou, selon d'autres, fils de ma
vieillesse), ou Jémini, ma droite. Il est superflu de répéter ici toute
l'histoire qui se rattache au nom de Benjamin: l'amour de son père pour cet
enfant, ce fils de Rachel expirée, le frère de Joseph exilé, les scènes de
l'Égypte, la coupe trouvée dans le sac, la dureté simulée du grand gouverneur
d'Égypte, enfin la reconnaissance des frères, sont connus de chacun, et ne
présentent aucune difficulté. Benjamin se maria fort jeune, car à peine
était-il âgé de trente-deux ans, qu'il avait déjà dix fils; cinq d'entre eux
moururent sans postérité. Genèse 33:16,18; 46:21.
Toutefois les prédictions de Jacob, Genèse 49:27, et
celles de Moïse, Deutéronome 33:12, touchant ce jeune homme et la tribu dont il
fut le père, sont de nature à lui ôter cette teinte de fraîche adolescence et
de virginité candide que semble respirer son histoire. «C'est un loup qui
déchirera; le matin il dévorera la proie, et le soir il partagera le butin; il
reposera entre de fortes épaules.» Ce n'est plus là le Benjamin du vieux Jacob
et du tendre Joseph; aussi devons-nous remarquer combien, dans sa première
histoire, le rôle de Benjamin est un rôle passif: on l'aime, on le trouve
charmant; mais qu'a-t-il fait? Rien; ce n'est que sa position seule qui nous
intéresse, qui nous émeut; il n'a rien fait, il a seulement été; il est né de
Rachel, il est né frère de Joseph, il est né le dernier, il est jeune: voilà sa
vie, voilà ses titres. Il est aimable pour nous parce qu'il est tant aimé, et,
sans le connaître, nous lui sommes attachés parce que nous voyons l'amour que
lui portèrent ceux qui vécurent avec lui. Mais s'il ne nous en est rien raconté
qui puisse le faire distinguer en bien, aucune tache non plus ne vient
déshonorer sa mémoire: il reste chaste et pur à côté de Ruben, sans violence à
côté de Siméon et de Lévi, et la bénédiction de l'Éternel est promise à sa
postérité. «Le bien-aimé de l'Éternel, dit Moïse, Deutéronome 33:12, habitera
sûrement avec lui; il le couvrira tout le jour, et il se tiendra entre ses
épaules.»
Il reçut son héritage entre de puissants voisins: il
eut au nord la tribu d'Éphraïm, à l'orient celle de Ruben dont il était séparé
par le Jourdain et la mer Morte, au midi celle de Juda, à l'occident celle de
Daniel Peu étendu, mais très fertile, son territoire subvenait amplement aux
besoins d'une population fort nombreuse. Placé au centre de la terre sainte, il
fut aussi comme le centre de, l'histoire juive, et Jérusalem lui appartenait,
de même que Jérico, Béthel, Mitspa, Micmas, Ramathajim et Gabaon. Ehud, le
second des juges, Saül, le premier des rois de Juda, Mardochée et l'apôtre
Paul, étaient Benjamites. Le caractère principal de cette portion de la famille
d'Israël fut un courage indomptable qui allait jusqu'à la férocité; il soutint
plusieurs guerres contre les Cananéens, Juges 3:15; 1 Samuel 4, et nombre de
batailles auxquelles il ne resta pas étranger, se livrèrent dans l'étendue de
son territoire. Il fut presque anéanti sous les juges, par les Israélites
indignés d'un crime odieux qui s'était commis dans une de ses villes, et dont
il avait refusé de livrer les auteurs.
— Sa destinée fut de partager avec Juda la gloire de
conserver plus fidèlement et plus longtemps la connaissance de l'Éternel, sous
la dynastie des descendants de David.
— Voir: Juda.
et c'est une chose digne d'être remarquée, que lors du
grand schisme des dix tribus, ce fut celle de Benjamin, celle qui avait été
dépouillée de la royauté, qui resta seule fidèle à la nouvelle dynastie que
Dieu avait donnée à son peuple dans la famille de David.
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BÉRACA.
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nom hébreu de la vallée qui est appelée 2 Chroniques
20:26, vallée de bénédiction; elle était située non loin de Hen-Guédi, dans le
désert de Tékoah. C'est là que se rassemblèrent, sous le règne de Josaphat,
tous les habitants de Juda, pour bénir l'Éternel de la victoire inattendue
qu'il leur avait fait remporter sur les enfants de Hammon et sur les Moabites.
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BÉRÉCIA,
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2 Chroniques 28:12.
— Voir: Hazaria #4.
________________________________________
BÉRED,
________________________________________
Genèse 16:14, ville du désert en Arabie, au sud de
Kadès-Barné, du côté de Sud, verset 7.
________________________________________
BÉRÉE,
________________________________________
ville de Macédoine, sur le chemin qui mène de
Thessalonique à Athènes, et non loin de la ville de Pella, où naquit Alexandre
le Grand. Ce fut à Bérée que saint Paul prêcha l'Évangile, après avoir été
chassé de Thessalonique par la persécution. Un assez grand nombre de personnes
y furent converties, entre autres un nommé Sopater, qui accompagna Paul lorsque
celui-ci dut retourner en Asie. Saint Luc loue les habitants de cette ville,
pour le zèle avec lequel ils se mirent à lire les Écritures, afin de savoir si
les choses qu'on leur annonçait étaient conformes à la Parole de Dieu, Actes
17:10; 20:4.
________________________________________
BÉRÉNICE ou Bernice,
________________________________________
fille aînée d'Hérode Agrippa dit le Grand, celle que
la poésie a si habilement transfigurée. Elle fut d'abord fiancée à Marc, fils
d'Alexandre, gouverneur des Juifs à Alexandrie; puis elle épousa Hérode, roi de
Chalcis, son propre oncle. Après la mort de celui-ci, elle se maria avec Polémon,
roi du Pont; mais elle ne demeura pas longtemps, avec lui: elle retourna auprès
de son frère Agrippa, avec lequel il paraît qu'elle entretenait des relations
criminelles. Ils étaient venus l'un et l'autre à Césarée, pour complimenter le
gouverneur Festus, lorsque celui-ci, pour leur complaire, lit comparaître
devant eux l'apôtre Paul. Actes 25:23.
— Plus lard, Bérénice fut encore la maîtresse de
Vespasien (Tacit. Hist. 2, 81), et celle de son fils Titus (Sueton., Tit., 7),
qui l'aurait épousée, dit-on, si elle n'eût été reine et étrangère, deux
qualités qui rendaient impossible toute union avec un Romain.
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BERGERS.
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Les patriarches et les premiers Hébreux furent nomades
et bergers; Abraham, Isaac, Jacob et ses douze fils voyagent conduisant après
eux de nombreux troupeaux de chèvres, de brebis, de bœufs, d'ânes et de
chameaux, qu'ils mènent paître dans les steppes solitaires de Canaan, de
l'Égypte ou de l'Arabie. Cette vie nomade cessa plus ou moins généralement,
lorsque les Israélites se furent emparés de la terre promise, et que la culture
du sol fut devenue leur principale richesse; mais on continua de trouver,
surtout chez les tribus transjordaniennes, bon nombre d'hommes qui
conservèrent, au milieu de leurs villes fortifiées, des habitudes plus en
rapport avec celles de leurs ancêtres; Nabal en est un exemple, 1 Samuel 25:2;
cf. 2 Rois 3:4. Ces riches propriétaires avaient sous leurs ordres des
centaines de serviteurs qu'ils pouvaient au besoin transformer en soldats, soit
pour des haines et des vengeances personnelles, Genèse 14:14, soit pour la
garde des troupeaux et des citernes, 13:7; 26:20. Bergers, nomades ou
sédentaires, ils habitaient sous des tentes. Cantique 1:7; 2 Chroniques 14:15;
Ésaïe 38:12; Jérémie 6:3. Ils étaient ordinairement munis d'un bâton recourbé
vers le bout, 1 Samuel 17:40; Michée 7:14, d'une poche ou bissac, et d'un
chien, pour repousser les bêtes féroces contre lesquelles ils luttaient
parfois, et souvent avec avantage, Amos 3:12; Ésaïe 31:4; 1 Samuel 17:34. Du
reste, ils avaient rarement des armes proprement dites, même des frondes. Ils
se construisaient des guérites ou de petits observatoires, au haut desquels ils
montaient pour découvrir les pièces de bétail égarées, ou pour prévenir de plus
loin les dangers dont ils pouvaient être menacés, Michée 4:8: c'est peut-être à
cette circonstance qu'ils doivent d'avoir été cités comme types de la
vigilance, Nahum 3:18.
— Voir: Luc 2:8.
Ils ne devaient rien négliger pour recouvrer un animal
perdu, Ézéchiel 34:12; Luc 15:5; ils portaient dans leurs bras ceux qui étaient
faibles et malades, Ésaïe 40:11, et prenaient garde de les échauffer ou de les
fatiguer par des marches forcées, Genèse 33:13. Leur principal vêtement était
un manteau dont ils s'enveloppaient tout le corps, Jérémie 43:12; ils se
nourrissaient de fruits sauvages, de figues, Amos 7:14, et, au besoin, de
carouges, Luc 15:16; ils ne recevaient point de gages en argent, mais ils
avaient une certaine part aux produits du troupeau, aux petits qui naissaient
pendant le temps de leur service, Genèse 30:32, et au lait dont ils pouvaient
faire leur nourriture, 1 Corinthiens 9:7. Il est évident, d'après 1 Samuel
16:17-18, que la musique était un délassement ordinaire des bergers hébreux,
comme elle l'est des gardeurs de troupeaux dans tous les pays. Sous les rois,
la charge d'inspecteur en chef des troupeaux était un emploi considérable, 1
Samuel 21:7: et l'on peut dire, en général, que la condition de berger était
fort considérée: les fils et les filles de riches propriétaires ne craignent
pas de s'occuper eux-mêmes de ces soins; les prophètes, les rois, et Dieu
lui-même, prennent et acceptent le titre honorable de pasteurs et bergers, cf.
Psaumes 23,1; Jean 10:1; Hébreux 13:20, titre qui joue comme symbole un grand
rôle dans les livres saints. Les récits des voyageurs modernes en Perse
reproduisent trait pour trait le tableau des soins pastoraux de Ésaïe 40:11; et
ailleurs.
Quant à la grotte des bergers dont parlent certains
voyageurs, amateurs de reliques à tout prix.
— Voir: l'article Bethléem.
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BÉRIHA et Sémah,
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1 Chroniques 8:13, descendants de Benjamin; ils furent
chefs de quelques familles qui habitèrent Ajalon; ils repoussèrent de Gath les
Philistins qui y demeuraient: ces deux faits par lesquels seuls nous
connaissons cette branche de la famille benjamite, doivent s'être passés à
l'époque de la conquête de Canaan, puisque d'après ce passage Ajalon devait se
trouver dans la tribu de Benjamin, tandis que plus tard, après le partage, il
appartint à celle de Dan.
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BÉRIL,
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Apocalypse 21:20; Ézéchiel 28:13, pierre transparente,
d'un vert bleuâtre; il y en a de très foncées, et d'autres qui sont très
claires; on en voit qui sont de la grosseur d'une fève; elle est d'ailleurs
presque aussi dure quelquefois que le grenat: on la trouve surtout dans les Indes
orientales, et près des mines d'or du Pérou. La Silésie en fournit également,
mais d'une qualité très inférieure.
— Le béril est le huitième fondement de la nouvelle
Jérusalem; c'était la onzième pierre du pectoral du souverain sacrificateur,
Exode 28:20.
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BÉRODAC,
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2 Rois 20:12.
— Voir: Mérodac.
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BÉROTHAÏ, ou Cun,
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2 Samuel 8:8, ou Cun, 1 Chroniques 18:8, ville de
Syrie, près des frontières septentrionales de la Palestine, qui fut conquise
par David; peut-être la même que l'ancienne et opulente Béryte qui vit encore
sous le nom de Bayrouth, cf. Ézéchiel 47:16.
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BÉSOR,
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ruisseau ou torrent du pays de Canaan, coulant de
l'est à l'ouest, non loin de la frontière méridionale, pour se jeter dans la
Méditerranée. C'est sur ses bords que 200 hommes de David s'arrêtèrent,
harassés de fatigue, tandis que 400 autres poursuivirent et taillèrent en
pièces les Hamalécites qui avaient brûlé Tsiklag. 1 Samuel 30:9.
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BÉTAH, ou Tibbath,
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2 Samuel 8:8, ou Tibbath, 1 Chroniques 18:8, ville que
David prit sur Hadarhéser, roi de Syrie, et qui partagea le sort de Bérothaï,
q.v. Sa position est complètement inconnue; quelques-uns la regardent comme
identique avec Béten.
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BÉTEN,
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de la tribu d'Aser, Josué 19:25.
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BÊTES sauvages,
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Ésaïe 13:22;
— Voir: Chacal, et Animaux.
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BÉTHABARA
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(maison de passage), dans la tribu de Ruben, sur la
rive orientale du Jourdain, près de l'endroit où les Israélites le passèrent
sous la conduite de Josué. Ce fut là que Jean, fils de Zacharie, baptisa une
multitude de Juifs, en signe de repentance, et pour les préparer à recevoir le
Messie, Jean 1:28. Dans ce dernier passage, la plupart des manuscrits portent
Béthanie, au lieu de Béthabara.
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BÉTHANIE
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(maison de chant, ou maison d'affliction, ou encore
maison de la grâce du Seigneur).
1. Village
considérable, au pied du mont des Oliviers, à 2 ou 3 kilomètres est de
Jérusalem, dans la tribu de Benjamin. C'est là que demeuraient Lazare et ses
sœurs, Jean 11:4-5,11; c'est là probablement que demeurait Jésus, lorsque les
fêtes saintes l'appelaient à Jérusalem, Matthieu 21:17; c'est enfin là qu'il se
fit voir pour la dernière fois à ses disciples, Luc 24:50; Jean 11:18. Il
s'éleva aux cieux dans le voisinage de cette bourgade qu'il aimait, Actes
1:1-12. Béthanie n'est plus maintenant qu'un chétif village de ruines et de
décombres; les maisons, où vivent quelques familles arabes, en sont si
misérables que nous ne voudrions pas y loger nos bestiaux. On montre encore les
débris supposés de la maison de Lazare, et son tombeau dans une grotte
profonde.
2. Béthanie,
endroit près duquel Jean baptisait, si en effet l'on doit accepter cette leçon,
Jean 1:28, au lieu de Béthabara q.v. Cet endroit était situé au-delà du
Jourdain dans la tribu de Ruben.
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BETH-AVEN
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(maison de vanité); dans la tribu de Benjamin. C'est,
ou Béthel ainsi nommée à cause de l'idole qu'on y adorait, Osée 4:15; 10:5, ou
plutôt quelque localité voisine, Josué 7:2. C'est près de là que l'armée de
Saül, victorieuse des Philistins par la bravoure de Jonathan, réussit à les
mettre en déroute, 1 Samuel 14:23.
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BETH-BARA,
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passage au gué du Jourdain, dont Gédéon donna l'ordre
aux Éphraïmites de s'emparer, pour arrêter dans leur fuite les chefs de Madian
et les mettre à mort, Juges 7:24. Beth-Bara était dans le voisinage de
Béthabara, ou Béthabara lui-même.
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BETHCAR
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(maison de science), 1 Samuel 7:11, ville de la tribu
de Dan, non loin de Milspa: ce fut jusque-là que Samuel poursuivit les
Philistins, et près de là qu'il érigea son Ében-Hézer.
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BETH-DIBLATHAJIM, ou simplement Diblathajim,
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ville des Moabites qui subsistait encore aux jours de
saint Jérôme, Nombres 33:46; Jérémie 48:22; probablement la même que Dibla,
Ézéchiel 6:14.
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BÉTHEL
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(maison de Dieu), d'abord appelé Luz: c'est là que
Jacob s'arrêta dans son voyage vers Padan-Aram, et il nomma ce lieu Béthel, à
cause de la vision qu'il y avait eue. Trente ans après environ, il y plaça ses
tentes, et y demeura un certain temps, Genèse 12:8; 13:3; 28:19. Ville
cananéenne d'abord, elle fut adjugée par Josué à la tribu de Benjamin, Josué
18:22; cf. 12:9, puis conquise par les Éphraïmites, Juges 1:22. Elle fut
quelque temps la résidence du tabernacle, Juges 20:18; 1 Samuel 10:3 (nos
versions traduisent le mot hébreu Béthel par «la maison du Dieu fort»), et
finit par être sous Jéroboam un des deux sièges principaux de l'idolâtrie, 1
Rois 12:29. Aussi les prophètes sont-ils remplis de menaces contre cette ville
si déchue, Amos 3:14; 7:10,13; Jérémie 48:13; et la prophétie d'Amos, que
Béthel serait réduite à rien, a si bien été accomplie, que maintenant on ne
peut plus en déterminer la place d'une manière positive. Elle était située à 15
ou 20 kilomètres nord-ouest de Jérusalem, non loin de la ville de Haï.
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BÉTHESDA
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(maison de miséricorde), bain public, situé dans la
partie orientale de Jérusalem, au nord du temple, près de la vallée de
Josaphat; les malades y venaient, d'après le texte de l'Évangile, chercher un
remède à leurs souffrances dans les eaux qu'un ange troublait à certaines
heures, Jean 5:2. On montre encore en cet endroit une espèce de carré long dont
la terre éboulée et les arbustes cachent la profondeur; les parois portent par
places des plaques d'enduit qui indiquent sa destination, mais il ne s'y trouve
plus d'eau.
— On a contesté l'authenticité du passage, Jean 5:2-4,
en partie sans doute pour échapper aux difficultés qu'offre son explication. Il
paraît que saint Jean cite sans la juger l'opinion populaire que la source
d'eau minérale de Béthesda guérissait presque toutes les maladies. Cette source
était intermittente, ou entrait en ébullition à de certains moments déterminés.
Quant à l'intervention d'un ange, d'abord il n'est point dit que cet ange fût
visible; puis, l'idée populaire qui le faisait intervenir, reposait, quoique
confuse, sur la connaissance certaine que la Parole de Dieu nous donne, que le
Seigneur appelle les anges à l'administration des choses d'ici-bas. Hébreux
1:7. 14.
Une analyse
contextuelle sur Béthesda indique qu’il ne s’agissait pas d’un bain public,
mais d’un réservoir d’eau dans lequel se versait le sang des sacrifices offerts
dans le temple. De temps en temps, un ministre (une des significations du mot
ange) descendait pour enlever l’eau du réservoir et le purifier. A ce moment,
le premier qui y entrait était guéri de quelque maladie qu’il fut atteint.
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BETH-GAMUL
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(maison du chameau), ville de la tribu de Ruben, qui
plus tard fut prise par les Moabites, et ravagée par les Caldéens, Jérémie
48:23.
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BETH-HARAM, et
Beth-Haran,
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Josué 13:27, et Beth-Haran, Nombres 32:36, ville forte
des Rubénites, au nord de la mer Morte; elle fut appelée plus tard Livias, en
l'honneur de l'épouse d'Auguste.
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BETH-HOGLA,
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ville de Benjamin, sur les frontières de Juda, à
moitié chemin environ du Jourdain à Jérico, Josué 18:21.
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BETH-HORON
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(maison de colère), ville de la tribu d'Éphraïm, qui
se divisait en deux portions, la basse ville, Josué 16:3; 18:13, sise dans la
vallée, et la ville haute située sur une colline assez élevée, 16:5; cf. 10:11.
Elle appartenait aux lévites, Josué 21:22. D'après 1 Chroniques 7:24, les deux
portions de cette ville auraient été construites par une fille d'Éphraïm,
Sééra.
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BETH-JÉSIMOTH,
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ville rubénite, à 15 kilomètres environ du Jourdain,
du côté de la mer Morte, Nombres 33:49; Josué 12:3; 13:20. Les Moabites s'en
emparèrent; elle fut plus tard détruite par les Caldéens, Ézéchiel 25:9.
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BETH-KÉREM
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(maison de vignes), située sur une montagne entre
Jérusalem et Tékoah: elle paraît avoir été renommée pour son vignoble, Néhémie
3:14; Jérémie 6:1.
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BETH-LÉBAOTH,
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Josué 19:6, appelée aussi simplement Lébaoth, 15:32,
ville de Siméon, situation inconnue. Quelques-uns (Reland) comparent ce nom
avec le Bethleptéphène de Flavius Josèphe et de Pline, au sud de, Jérusalem,
vers l'Idumée; mais c'est fort incertain, et la ressemblance des deux noms très
insuffisante pour établir une analogie.
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BETHLÉEM
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(maison du pain).
1. Ville
de la tribu de Juda, située sur le penchant d'un coteau, à environ 10
kilomètres sud de Jérusalem; on l'appelait aussi Éphrata, Michée 5:2, ou
Éphrath, la fructueuse, et ses habitants Éphratiens. Cette ville n'a été
considérable ni en étendue, ni en richesses, mais il est cependant peu de
contrées dans la terre sainte qui soient aussi pleines de souvenirs que celle
de Bethléem. Rachel y mourut en donnant le jour à Benjamin, et elle y fut
ensevelie, Genèse 35:16,19. Un lévite de Bethléem devint le premier
sacrificateur des Danites qui venaient de s'établir dans la vallée des sources
du Jourdain, Juges 17:18. Ce fut une femme de Bethléem qui fut la cause de
cette guerre sanglante dans laquelle la tribu de Benjami fut presque anéantie
(id. 19); Nahomi était de Bethléem, elle y revint avec Ruth la Moabite.
Bethléem eut enfin la gloire de voir naître Ibtsan, Élimélech, Booz, David, et
par-dessus tout Jésus, le Messie promis. Genèse 48:7; Ruth 1:2; Psaumes 132:6;
Michée 5:2; Juges 12:8; Matthieu 2:1.
Sur le même terrain existe encore aujourd'hui une
petite ville à laquelle on a conservé le nom de Bethléem, mais qui est devenue
le théâtre de bien des superstitions. Au fond d'une vallée assez triste, mais
dont le sol est excellent, s'élève un monticule sur lequel se trouve la
bourgade; elle est composée d'environ deux cents maisons, la plupart taillées
dans le roc, habitées par des chrétiens et des musulmans qui vivent en bonne
harmonie et qui jouissent d'une certaine indépendance. Non loin de la ville se
voit la fameuse église de la Nativité, et le couvent des Franciscains qui la
touche. Une chapelle souterraine de cette église passe pour avoir été l'étable
où notre Sauveur est né; du moins on la montre pour telle sous le nom de
chapelle de la Crèche, et madame de Lamartine, dans une note fournie au journal
du poète, après avoir parlé du «long labyrinthe de corridors souterrains qu'il
faut parcourir pour arriver à la grotte sacrée» ajoute: «En passant sous ces
voûtes et ces enfoncements dans le roc, l'on comprend sans peine qu'ils ont dû
servir d'étables aux troupeaux que les bergers gardaient dans la plaine.»
Heureux ceux qui peuvent s'abandonner à l'illusion; mais une étable dans le roc
vif, sous terre, ne peut guère obtenir de créance parmi nous, d'autant moins
que ces sortes de reliques vivantes ont été tellement multipliées au profit du
parti catholique romain, qu'on ne sait plus ce qu'il faut croire et rejeter. On
peut voir, à ce sujet, le Traité des reliques de Calvin, un des chefs-d'œuvre
littéraires du seizième siècle, après lequel il ne reste plus rien à dire.
— Quoi qu'il en soit de cette grotte, trente-deux
lampes y brûlent jour et nuit; des tableaux, un orgue, et deux autels la
décorent. Cette grotte naturelle a été revêtue de marbre afin d'en soustraire
les parois à l'indiscrète piété des pèlerins qui les déchiraient pour en
emporter des fragments.
Une autre chapelle souterraine est appelée l'Oratoire
de saint Jérôme: c'est là qu'on prétend qu'il a travaillé à sa traduction de la
Bible, et l'on y montre son tombeau.
Outre le monastère des Franciscains, il y a à Bethléem
un couvent arménien et un couvent grec.
Au nord-ouest de Bethléem est un tombeau qu'on assure
être celui de Rachel; et du côté de l'est, on montre une plaine peu
considérable, mais agréable et fertile, où les bergers, dit-on, paissaient
leurs troupeaux lorsque la naissance du Rédempteur leur fut annoncée par les
anges. Près de là se trouve la Grotte des Bergers, dans laquelle ils passaient
la nuit, puis les ruines d'une église bâtie en mémoire de cet événement, par
Hélène, femme du grand Constantin.
Au midi sont trois piscines ou réservoirs, qu'on pense
être ceux dont parle Salomon Ecclésiaste 2:6. Creusées dans le roc vif, et
suivant la pente de la montagne, ces citernes ont encore les parois aussi
nettes et les arêtes aussi vives que si elles venaient d'être terminées: de
grandeur inégale, elles varient entre 400 et 600 pieds (140-215 mètres) pour la
longueur, sur une largeur de 70 à 100 mètres, et une profondeur de 30. «Ces
beaux bassins, remplis d'une eau diaphane, sur le sommet d'une montagne aride,
étonnent et inspirent une haute idée de la puissance qui a conçu et exécuté un
si vaste, projet; aussi sont-ils attribués à Salomon.» Lamartine.
2. Ville
de la tribu de Zabulon; inconnue. Josué 19:15.
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BETH-MÉHON,
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— Voir: Bahal-Méhon.
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BETHPHAGÉ,
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petit village appartenant aux sacrificateurs, tout
près de Béthanie, sur la route qui conduit à Jérusalem. Il devait son nom (lieu
des ligues mal mûres), à sa position entre deux montagnes qui le privaient des
rayons du soleil, et qui empêchaient ainsi les figues d'y mûrir. C'est là que
Jésus, le, roi débonnaire, fit chercher l'âne sur lequel il voulait faire son
entrée dans la ville, Matthieu 21:1; Luc, 19:29.
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BETH-RÉHOB,
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2 Samuel 10:6.
— Voir: Aram et Réhob.
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BETHSAÏDA.
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1. Village
ou ville à l'est du Jourdain, au nord-est de la mer de Galilée, sur une petite
hauteur qui domine une plaine fertile et couverte d'aloès. Elle appartenait à
la tribu de Manassé. Jésus s'y retira plusieurs fois pour trouver du repos et
de la solitude. Un jour, en débarquant, il vit la foule déjà réunie pour
l'attendre, et il y rassasia 5,000 hommes, Matthieu 14:13; Marc 6:31; Luc
9:10,17; Jean 6:1. Philippe le tétrarque transforma ce bourg en ville et lui
donna le nom de Juliade, en l'honneur de Julia, tille de l'empereur Auguste.
2. Autre
endroit du même nom, au bord de la mer de Galilée, Matthieu 11:21-24; Luc
10:13; Jean, 1:44. Ce fut la patrie des apôtres Philippe, André et Pierre, qui
étaient pêcheurs. Bethsaïda signifie maison de la chasse, ou de la pêche, et ce
nom pouvait naturellement s'appliquer et se donner à plusieurs localités sur
les bords d'un lac poissonneux; il rappelle la Poissine du lac de Neuchâtel, et
le Fischhausen de Saint-Gali. La position de, Bethsaïda n'est pas bien connue;
on a trouvé, mais à une assez grande distance du lac, quoique encore dans la
plaine basse, un village nommé Baitsida, qui pourrait bien être le même.
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BETU-SÉAN, ou Bethsan,
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Josué 17:11; Juges 1:27, ou Bethsan, 1 Samuel 31:10,
ville de Manassé, à l'ouest du Jourdain.
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BETH-SÉMÈS
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(maison du soleil).
1. Bahalath.
2. Ville
de la tribu de Juda donnée aux Lévites, Josué 21:16. Elle était environ à 50
kilomètres sud-ouest de Jérusalem, près du pays des Philistins, et non loin de
la tribu de Dan, 15:10; 1 Samuel 6:12. L'arche sainte y fut déposée par les
Philistins, qui s'en étaient emparés comme d'un talisman, et qui s'en
débarrassèrent comme d'un fléau; les Bethsémites, à leur tour, frappés d'une
grande plaie pour avoir voulu regarder dans l'arche, la conduisirent à
Kiriath-Jéharim.
3. Ville
de Nephthali, Josué 19:38. Elle continua encore quelque temps d'être habitée
par les Cananéens, Juges 1:33.
4. Ville
d'Issacar, Josué 19:22.
5. Peut-être
Héliopolis en Égypte, Jérémie 43:13.
— Voir: On #2.
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BETH-SUR
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(maison du rocher), 2 Chroniques 11:7, ville de la
partie méridionale de Juda, près d'Hébron. C'est près de là, sur le plateau,
qu'une tradition fort ancienne place le lieu où Philippe baptisa l'eunuque de
la reine Candace, Actes 8:26; sq..
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BÉTHUEL ou Béthul
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1. (filiation
de Dieu), Josué 19:4; 1 Chroniques 4:30, ville de la tribu de Siméon, peut-être
la Béthulie de Judith, si tant est que cette ville ait jamais existé.
2. Béthuel,
fils de Nacor et de Milca, cousin, par conséquent, d'Abraham, dont le père,
Taré, était frère de Nacor; il fut père de Laban et de Rébecca. Lorsque
Élihézer fut venu, de la part d'Abraham, demander Rébecca pour Isaac, il
n'hésita pas à la laisser partir, et son exemple nous montre que si Abraham fut
choisi de Dieu, lui et sa descendance, pour être le dépositaire de ses oracles,
cependant la foi en Jéhovah n'était point entièrement perdue, quoique altérée,
dans les branches latérales.
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BETSALÉEL
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(sous l'ombre de Dieu), fils d'Uri, de la tribu de
Juda, et Aholiab (tabernacle du père), fils d'Ahisamac, danite, furent suscités
de Dieu et chargés de veiller à la construction du tabernacle; c'était dans le
désert, et Dieu avait commandé un travail magnifique, dont la confection eût
exigé, en des temps ordinaires, toutes les ressources d'une ville grande et
riche; mais quand Dieu commande, il donne aussi les moyens d'exécuter. Il
remplit d'intelligence Betsaléel et Aholiab, pour inventer toutes sortes
d'ouvrages de dessins, de broderie et de sculpture, et les matériaux ne
manquèrent point. Il est évident, d'après Exode 31:3, que, dans cette
circonstance, Dieu travailla lui-même avec ses chefs-ouvriers, en leur donnant
de son esprit une mesure plus forte d'intelligence et d'habileté; mais l'on sait
aussi qu'à cette époque déjà, l'Égypte avait atteint un haut degré de
perfection dans un grand nombre d'arts mécaniques et industriels, et l'on peut
supposer que ces deux hommes, venant d'Égypte, en avaient peut-être aussi
rapporté quelques connaissances effectives, quoique, du reste, les Israélites
n'y fussent guère initiés à d'autres mystères qu'à ceux de broyer la paille et
le mortier pour en faire des briques,
— Voir: encore Exode 35:30; 36:1; 37:1; 38:22; 1
Chroniques 2:20; 2 Chroniques 1:5.
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BETSER,
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— Voir: Botsra.
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BEURRE.
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On voit clairement par Proverbes 30:33, que chez les
Juifs le beurre était ce qu'il est chez nous, et non pas seulement de la crème,
comme c'était ordinairement le cas en Orient. Les Grecs d'alors étaient encore
bien éloignés de connaître la fabrication de cet utile aliment; jusqu'à
l'arrivée des Hollandais aux Indes orientales, le beurre y était pareillement
inconnu; mais dans le pays de Canaan, le miel et le beurre étaient des mets
fort communs, Ésaïe 7:15,22. Chez les Arabes, on les envisage comme des
raretés, propres seulement à la table des princes, et dont assurément les
enfants ne goûtent guère. Laver ses pas dans le beurre, Job 29:6, c'est jouir
d'une grande prospérité. Les paroles d'un flatteur, dit le Psalmiste, 55:22,
sont plus douces que le beurre.
— Voir: Bœuf.
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BÉZEK
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(éclair), ville de la tribu de Juda, sur le penchant
oriental d'une montagne, à 3 kilomètres de Bethsur. On suppose qu'Adoni-Bézek,
qui fut pris et mutilé par les enfants de Juda, Juges 1:4-7, était roi de
Bézek. C'est là que Saül, voulant marcher contre Jabès de Galaad, fit la revue
de son armée, qu'il trouva composée de 330,000 hommes, 1 Samuel 11:8.
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BIBLE.
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C'est le nom qu'on donne au livre des livres, au livre
par excellence, au volume sacré qui renferme l'unique règle de notre foi, de
nos mœurs, et de notre conduite. Les juifs l'appellent le Mikra ou la Leçon.
Les chrétiens la désignent par les noms suivants, à l'exemple des saints
auteurs:
1. L'Écriture,
2 Timothée 3:16; Actes 8:32; 2 Pierre 1:20; ou Les Écritures, Matthieu 22:29;
Actes 18:24;
2. Les
Saintes Écritures, Romains 1:2, ou les Saintes Lettres, 2 Timothée 3. 15;
3. La
Loi, pour tout l'Ancien Testament, Jean 10:34; 12:34; 1 Corinthiens 14:21;
4. L'Ancien
Testament, 2 Corinthiens 3:14.
La Bible a toujours été divisée en plusieurs livres,
mais la division par chapitres et versets est d'origine assez récente. Il
paraît, d'après Clément d'Alexandrie, Athanase, et quelques autres Pères, que
dans les premiers temps du christianisme, les saintes Écritures étaient
divisées en courts paragraphes, dits parasch's et haphtar's pour l'Ancien
Testament, stiques et péricopes pour le Nouveau (— Voir: Steiger. Introduction
au Nouveau Testament, p. 73 et suivant); la division actuelle en chapitres est
attribuée par les uns à Arlott, moine toscan, par d'autres, avec plus de
probabilité, au cardinal Hugo de Sainte Chair, qui vivait au treizième siècle;
par d'autres enfin à Étienne Longton, archevêque de Cantorbéry, vers l'an 1250.
Quant à la division par versets, elle ne fut peut-être fixée telle qu'elle est
maintenant que vers l'an 1450 pour l'Ancien Testament, et vers l'an 1551 pour
le Nouveau. C'est en 1450 que parut la Concordance hébraïque du Juif Mardochée
Nathan; et, en 1551, ce fut l'imprimeur genevois Robert Étienne qui divisa le
Nouveau Testament en 7956 versets; il modifia aussi la division de l'Ancien
Testament, qui compta 23,205 versets.
La Bible entière se compose de l'Ancien et du Nouveau
Testament; tous les livres du premier furent écrits avant l'incarnation de
notre Sauveur, ceux du second le furent tous après sa résurrection. Ceux de
l'Ancien Testament sont écrits en hébreu, sauf quelques chapitres d'Esdras et
de Daniel, et un verset de Jérémie, qui sont écrits en caldéen; ceux du Nouveau
Testament sont en grec, mais d'un grec fortement mêlé d'hébraïsmes. Il est à
remarquer d'ailleurs qu'ils lurent tous écrits, les uns comme les autres, dans
la langue au moyen de laquelle ils pouvaient le mieux être compris par l'Église
d'alors; ce qui montre aussi qu'à mesure que la Bible parvient à de nouveaux
peuples, il faut, par des traductions, mettre ce peuple en état de la lire et
de la comprendre; il faut qu'il y ait effectivement partout des traductions
vulgates, c'est-à-dire pour le vulgaire, pour le peuple; c'est ce que l'Église
romaine a très bien compris dans le temps Où on parlait latin. Depuis lors il y
a eu, à cet égard comme à tant d'autres, une variation dans sa manière de voir,
à tel point que les mandements de quelques évêques proscrivent maintenant la
Bible; quelques curés la brûlent; M. Joseph de Maistre a pu dire: «Sans notes
et sans explications l'Écriture sainte est un POISON» (Soirées de St.
Pétersbourg, T. 2, p. 343, fin du dernier entretien).
Vers le temps de notre Seigneur, les Juifs
partageaient leur Bible en vingt-deux livres, selon le nombre des lettres de
l'alphabet hébreu. C'étaient:
Les cinq livres de Moïse, dits la Loi.
Treize livres des Prophètes, savoir:
1. Josué;
2. Les
Juges et Ruth;
3. Les
deux livres de Samuel;
4. Les
Rois et les Chroniques;
5. Ésaïe;
6. Jérémie
et les Lamentations;
7. Ézéchiel;
8. Daniel;
9. Les
douze Petits Prophètes;
10. Job;
11. Esdras;
12. Néhémie;
13. Ester.
Enfin quatre livres, dits hagiographes ou écrits
saints: les Psaumes, les Proverbes, l'Ecclésiaste, et le Cantique des
Cantiques. Ce dernier recueil portait encore le nom général de Psaumes. Ainsi,
qui disait: «La loi, les prophètes et les psaumes» disait la Bible tout entière,
Luc 24:44.
Les Juifs modernes comptent vingt-quatre livres,
auxquels ils assignent une autorité inégale. Avant tous marchent les cinq
livres de Moïse; puis viennent les livres de Josué, des Juges, de Samuel, des
Rois, d'Ésaïe, de Jérémie, d'Ézéchiel et des douze petits prophètes; ils sont
inspirés aussi, mais d'une inspiration et d'une autorité inférieure à celle des
premiers. Quant aux autres, c'est à peine s'ils daignent admettre quelque
intervention surhumaine dans leur composition; Daniel est en complète défaveur
auprès d'eux: on conçoit que la clarté des soixante et dix semaines ne soit pas
de nature à les prédisposer à le reconnaître pour authentique.
La manière dont les chrétiens ont divisé les livres de
l'Ancien Testament est bien plus rationnelle. En tête se trouvent les livres
historiques, plus faciles à comprendre, et dont il est nécessaire de connaître
et d'avoir compris le contenu, pour l'intelligence des doctrines et des
prophéties; puis les livres sentencieux, de doctrine, ou d'instruction; enfin
les Prophètes. Si l'on voulait les ranger dans l'ordre des temps, le livre de
Job occuperait peut-être la première place; puis la Genèse, l'Exode, le
Lévitique, les Nombres, etc., jusqu'à 2 Samuel; puis les Psaumes, les
Proverbes, l'Ecclésiaste, le Cantique de Salomon, Jonas, Amos, Osée, Joël,
Nahum, Ésaïe, Michée, Sophonie, Habacuc, Jérémie, Lamentations, Abdias,
Ézéchiel, 1 et 2 Rois, Daniel, Aggée, Zacharie, Esdras, 1 et 2 Chroniques,
Ester, Néhémie et Malachie. Nous aurons du reste à revenir sur toutes ces
questions. à mesure que nous traiterons de chaque livre en détail.
Les livres du Nouveau Testament, comme ceux de
l'Ancien, se divisent en historiques, dogmatiques et prophétiques; ils disent
la fondation de l'Église, la foi de l'Église, et les destinées de l'Église;
l'amour de Christ, la pensée de Christ et les jugements de Christ. Les quatre
Évangiles et les Actes racontent l'histoire du salut et la fondation de
l'Église; les Épîtres, au'nombre de vingt-et-un, appartiennent à la seconde classe;
l'Apocalypse est le seul livre de la troisième, le seul essentiellement et
entièrement prophétique. Quant à leur classement chronologique, il règne à cet
égard une incertitude complète, et il n'y a pas deux auteurs d'accord sur ce
point.
Voici, en effet, l'ordre dans lequel les classe
Bickersteth (Considérations sur l'Écriture sainte): An 38, Évangile de saint
Matthieu; 52, 1 et 2 Thessaloniciens, Galates; 56, 1 Corinthiens; 57, 2
Corinthiens; 58, Romains; 61, Éphésiens, saint Jacques; 62, Philippiens, Colossiens,
Philémon; 63, saint Luc, Hébreux, Actes; 64, 1 Timothée, Tite, 1 Pierre; 65,
saint Marc, 2 Timothée; 66, 2 Pierre; 70, saint Jude; 90, 1, 2 et 3 Jean; 95,
Apocalypse; 97, Évangile de saint Jean.
Voici maintenant Horne (Introduction to the Study of
the Bible): An 37 ou 38 (ou 61), Matthieu; 52, 1 et 2 Thessaloniciens et
Galates; 56, 1 Corinthiens; 57, Romains; 58, 2 Corinthiens; entre 60 et 63,
saint Marc; 61, Éphésiens, et saint Jacques; 62. Philippiens, Colossiens,
Philémon; 63, Hébreux, saint Luc, Actes; 64, 1 Timothée, Tite, 1 Pierre; 65, 2
Timothée, 2 Pierre, Jude; 68 ou 69, 1, 2 et 3 Jean; 97. Apocalypse; 98, saint
Jean.
D'après Archibald Alexander, il faudrait les classer
de la manière suivante, les livres historiques n'étant pas comptés: 1 et 2
Thessaloniciens, Galates, 1 Corinthiens, 1 Timothée, Jacques, Romains, 2
Corinthiens, 1 et 2 Pierre, Éphésiens, Colossiens, Philémon, Philippiens,
Hébreux, Tite, 2 Timothée, Jude, 1, 2, 3 Jean, Apocalypse.
D'après Olshausen, pour quelques épîtres seulement: 1
et 2 Thessaloniciens, Galates, 4 et 2 Corinthiens, Romains, Éphésiens,
Colossiens, Philémon, Philippiens.
D'après A. Bost enfin: 1 Pierre, 1 et 2
Thessaloniciens, Galates, 1 et 2 Corinthiens, Romains, Jacques, Philémon,
Philippiens, Éphésiens, Colossiens, Hébreux, 1 Timothée, Tite, 2 Pierre, 2
Timothée, Jude, 1, 2, 3 Jean, Apocalypse.
Il n'y a pas besoin d'un plus grand nombre d'exemples
pour prouver que la solution exacte de cette question de chronologie est
impossible. Depuis Marcion, qui met l'épître aux Galates en tête, jusqu'à
Schrader qui la met en queue de toutes celles qui ont été écrites par saint
Paul, il y a ample marge pour les variantes, et elles n'ont pas manqué.
Plusieurs livres mentionnés dans l'Ancien Testament
sont perdus. Ce sont:
1. le
livre des guerres de l'Éternel, Nombres 21:14;
2. le
livre de Jahzer, ou du droiturier, Josué 10:13; 2 Samuel 1:18;
3. le
droit du royaume, 1 Samuel 10:25, ouvrage de Samuel sur la Constitution
hébraïque;
4. le
livre des faits de Salomon. 1 Rois 11:41;
5. un
livre des Chroniques des rois de Juda et d'Israël, 1 Rois 14:19,29; 15:7;
6. les
divers livres scientifiques et poétiques de Salomon, 1 Rois 4:31-33;
7. les
Chroniques du roi David, 1 Chroniques 27:24;
8. Vie
de David, écrite par Samuel, Gad et Nathan, 1 Chroniques 29:29;
9. Vie
de Salomon, par Nathan, Ahija et Jeddo, 2 Chroniques 9:29;
10. Vie
de Roboam, par Sémahia et Hiddo, 2 Chroniques 12:15;
11. Vie
d'Abija, par Hiddo, ib. 13, 22;
12. Vie
de Hozias, par Ésaïe, 2 Chroniques 26:22;
13. Vie
d'Ézéchias, par Ésaïe, 2 Chroniques 32:32;
14. une
Vie de Manassé, par Hosaï (ou par quelques prophètes), 2 Chroniques 33:18;
15. des
Lamentations, ou chants funèbres, sur Josias, 2 Chroniques 35:25;
16. les
Paroles anciennes, 1 Chroniques 4:22.
Est-ce un livre ou la tradition?
— Ajoutons qu'au temps de Salomon l'habitude d'écrire
était déjà si répandue, que le Sage a pu dire «qu’il n'y avait point de fin à
faire beaucoup de livres.» Ecclésiaste 12:14.
Il ne paraît du reste pas que ces livres, quelle que
soit l'autorité personnelle de leurs auteurs, aient jamais été regardés comme
inspirés et jouissant de l'autorité divine; cependant ils sont cités par les
écrivains sacrés comme utiles à consulter et dignes de confiance.
Quant au Nouveau Testament, si dans les premiers
siècles du christianisme divers hérétiques tentèrent d'introduire de faux
Évangiles, de faux Actes et de fausses Épîtres, la fraude fut bientôt
découverte et jugée par l'Église.
— Voir: Apocryphes.
Il paraît qu'avant le règne de Josias les saints
livres s'étaient presque entièrement perdus; ce qui explique à la fois la joie
et la surprise pleine de crainte qu'éprouvèrent ce pieux monarque et ses
courtisans lorsque Hilkija le sacrificateur eut trouvé dans la maison de
l'Éternel le livre de la Loi (quelques-uns pensent l'autographe de Moïse),
comme enseveli sous la poussière ou sous les ornements du temple, 2 Rois 22:8.
Jusqu'à cette époque, les livres saints avaient été déposés successivement
devant l'Éternel, près de l'arche de l'alliance, Deutéronome 17:18, 31:9,26;
Josué 24:20; 1 Samuel 10:25, usage que l'on retrouve chez presque tous les
anciens peuples de l'Orient, et notamment en Égypte et à Babylone. Dès lors ils
continuèrent d'être lus et conservés; mais au temps de la captivité des Juifs,
de leur retour et de la construction du second temple, des circonstances
nouvelles rendirent nécessaire un nouveau mode de conservation pour les livres
saints. C'est à Esdras que les Juifs attribuent l'honneur d'avoir, sous la
direction de l'Esprit d'en haut, recueilli et rédigé les livres du canon
actuel, ou les trois parties du code sacré, en retranchant les écrits
inauthentiques, en comparant les manuscrits les uns avec les autres, en
corrigeant les inexactitudes qui, avec le temps, avaient pu se glisser dans
l'une ou l'autre des copies. Il fut secondé dans ce travail par une réunion
d'hommes savants et pieux, Josué, Zorobabel, Aggée, Zacharie, Malachie,
Néhémie, Simon le juste, etc., qui, au nombre de cent-vingt, formèrent le grand
collège ou la grande synagogue. De là vient le profond respect et la vénération
que les Juifs ont pour Esdras; ils aiment à le comparer avec Moïse: «Moïse,
disent-ils, a donné la loi, mais Esdras l'a restaurée.» (— Voir: Hævernick,
Hist. du canon de l'Ancien Testament, Mél. de Théol. réf., 2e cahier, 1834).
Quant à la collection des livres du Nouveau Testament,
il est bien naturel de supposer que les Églises primitives, liées entre elles
par les liens d'une même foi et d'un même amour, se soient communiqué les unes
aux autres les ouvrages, lettres ou autres écrits, qu'elles possédaient et
qu'elles avaient reçus des apôtres et des évangélistes. Rien de plus naturel
encore que la supposition qu'on copiait souvent dans les Églises chrétiennes
des ouvrages d'une telle importance. De cette manière, les exemplaires se
répandirent promptement, et les collections se multiplièrent. Il s'en fit un
grand nombre, mais elles conservèrent un caractère privé, inofficiel, jusqu'à
ce qu'enfin, lors du concile de Nicée, la collection que nous possédons
actuellement reçut le caractère d'autorité et d'authenticité nécessaire pour la
constituer en canon inspiré. Il n'est pas nécessaire de supposer qu'il y ait eu
sur ce sujet des délibérations régulières, en forme, ni un arrêté exprès, et l'on
comprend que la réunion des évêques et des théologiens les plus distingués de
tous les pays de l'empire pouvait par elle-même conduire à ce résultat (— Voir:
pour plus de détails l'ouvrage de Steiger cité plus haut).
C'est ici que s'arrête notre tâche; elle a été ingrate
et sèche. Il en resterait une plus belle, mais qui n'appartient plus au plan de
notre Dictionnaire: ce serait de dire les beautés innombrables que renferme ce
livre dont nous n'avons touché que la forme matérielle. C'est avec regret que nous
devons abandonner à d'autres ce beau travail: à d'autres, le soin d'en montrer
la divinité; à d'autres, démontrer la richesse de l'ensemble et la richesse des
détails; à d'autres, de faire ressortir cette empreinte céleste et ce parfum
d'antique sainteté; à d'autres, d'en faire voir la majesté pleine d'onction, la
douceur sérieuse, la tendre sévérité, l'inépuisable profondeur et
l'éblouissante clarté. Disons seulement que ce livre, riche de faits et de
poésie, sublime de morale, le seul exact et vrai dans ses prophéties, présente
le phénomène remarquable d'un recueil dont les fragments, composés à plus de
mille ans d'intervalle, ne laissent en aucune manière apercevoir la différence
des dates, et consacrent par-out une seule et même doctrine: l'harmonie la plus
parfaite se rencontre depuis la Genèse jusqu'à Malachie, dans les dogmes, dans
l'élévation et dans la direction d'esprit de ces écrivains: c'est que le vrai
beau, le vrai bon, le vrai grand, est le même toujours comme chez tous les
peuples, car il ne peut venir directement que de Dieu.
Aussi la Bible a-t-elle eu toujours ses admirateurs en
dehors même du peuple des croyants, mais des admirateurs de divers genres. Tous
ont compris au moins une des faces du livre sacré, et l'ont mise en saillie, au
détriment peut-être de ce qui fait l'essence même de la Révélation. La morale
en a paru sublime à Jean-Jacques, et la poésie à Chateaubriand; l'un et l'autre
de ces deux grands écrivains ont cru rendre hommage à la vérité divine, mais
leur intelligence ne l'avait pas comprise, l'un admirait les résultats, l'autre
la forme extérieure; ils ont loué le christianisme et la révélation, en partant
du point de vue de l'homme, du bon humain, du beau humain, et c'est en le
comparant avec ces notions terrestres, avec les maximes, avec l'esthétique
humaine, qu'ils ont pu le trouver divin, mais d'une divinité relative, et non
point absolue Ce volume de la loi sainte n'a pas eu force de loi pour eux, leur
théologie et leur morale sont connues.
On ne doit pas s'étonner, toutefois, de voir les
hommages rendus à ce livre par ceux-là même qui lui refusent obéissance; il est
fait pour captiver, pour enchaîner les plus grands génies. Universel, à la
portée de chacun, simple parce qu'il est élevé, ce volume peut intéresser tout fils
et toute fille d'Adam, parce qu'il embrasse les intérêts de l'humanité toute
entière, dans ses rapports avec un avenir voilé à tous, éternel pour tous, et
dont il est la préparation. Est-il besoin de dire que c'est le livre que la
tendre enfance comprend et dévore avec le plus d'avidité? Joseph, Moïse,
Samuel, Samson, David, Daniel, le petit Jésus, n'est-ce pas là une littérature
pour l'enfance; et depuis Pascal jusqu'à Lamartine, ne vous ont-ils pas tous
raconté les impressions profondes qu'ils conservaient dans l'âge mûr, de ces
lectures faites sur les genoux de leur mère? N'est-ce pas encore le livre des
femmes, et l'histoire ne montre-t-elle pas à tous les moments de réveil
religieux, les femmes émues à la vue de ces pages tendres et solennelles? C'est
que la Bible leur dit l'origine de leurs douleurs, elle leur montre Ève, et
Rachel, et Ruth, et la mère de Moïse, et les femmes pieuses qui assistaient
notre Sauveur de leurs biens, et Dorcas la mère des pauvres. C'est aussi le
livre des serviteurs et des esclaves, un livre qui, en leur enjoignant
l'obéissance la plus rigoureuse, adoucit leur sort de bien des manières, et
parle au cœur de leurs maîtres pour les disposer à la bienveillance et au
support. Combien l'Ancien Testament n'a-t-il pas pris soin d'alléger la pénible
condition des esclaves, en leur offrant des garanties contre la violence et la
brutalité de leurs maîtres qui ne pouvaient plus s'en regarder comme les
propriétaires! C'est le livre des rois, comme celui des peuples, celui des
grands et des petits, celui des riches et des pauvres; à chacun il balance avec
tant d'équilibre les droits et les devoirs, que l'on ne peut rien imaginer de
plus parfait, de plus exact, de plus rationnel, de plus saint.
Mais par-dessus tous ses autres titres, la Bible est
le livre des âmes, un livre intime, intérieur, qui raconte l'histoire du cœur,
lui parle de malheur et de salut, dépeint les luttes du péché, les combats, les
tentations, les chutes, les maladies morales, et les remèdes du ciel. C'est
d'une autre vie qu'elle parle; elle donne à l'âme une individualité sensible,
capable d'éprouver des besoins; l'âme est un individu comme le corps, il faut
soigner la première, et soigner le second; mais pour le corps les moyens sont
connus, pour l'âme ils doivent être révélés; l'âme tend aux choses qui sont
invisibles, à celles qui sont éternelles, à celles qui sont spirituelles. C'est
vers un avenir de l'âme que la Bible nous mène, elle nous le montre, elle nous
le fait connaître, elle répond ainsi aux soupirs secrets et mystérieux, aux
désirs qui ne se prononcent pas; elle comble les vides, elle donne des forces,
de la joie, de la santé, de la vie; elle apprend un salut inimaginable que la
pensée de Dieu, pleine d'amour et de sagesse, a seule pu concevoir dès l'Éternité,
1 Corinthiens 2:19.
Les plus grands génies se sont tous humiliés devant la
croix et devant la Bible; Pascal et Descartes, en France, Newton en Angleterre,
Leibnitz en Allemagne, et si tous n'ont pas cru de cœur, tous ont vénéré ce
document merveilleux, jusqu'à ces deux grands écrivains dont nous parlions tout
à l'heure, le philosophe de Genève et le poète de Saint-Malo. Sans doute l'on
trouvera des noms qui se sont raidis contre le livre saint, mais s'ils l'ont
rejeté, c'est qu'ils affectaient de rejeter toute divinité; on a déjà nommé
Voltaire et les siens; mais la fin de cet homme reste comme un épouvantail pour
ceux qui seraient tentés de vivre de la même vie, de suivre le même chemin, de
se repaître de la même incrédulité.
Ce n'est plus le temps de défendre l'authenticité des
livres saints, et de prouver qu'ils ne sont point l'ouvrage de l'imposture.
Assez longtemps on l'a dit, on l'a crié; maintenant on ne le crie plus, on le
murmure, et peu de personnes osent encore avouer un système qui ne repose que
sur la corruption du cœur. Toutefois, à cause du grand bruit qu'ont fait les
adversaires, il peut être utile de rappeler quelques-uns des ouvrages qui leur
ont été répondus, et qui, sous diverses faces, ont abordé la même question, et
l'ont traitée soit avec les armes du sérieux, soit avec celles de l'ironie.
Nous citerons seulement: les Pensées de Pascal; l'ouvrage d'Abbadie, si
remarquable par la méthode et le raisonnement que des évêques l'ont recommandé,
mais, cela va sans dire, en négligeant d'ajouter qu'Abbadie était un ministre
protestant (— Voir: Bungener, Trois Sermons sous Louis XV, t. II, p. 95);
Lardney; le Tableau des preuves évidentes du Christianisme, de Paley;
Massillon, Sermon sur l'évidence de la loi de Dieu (Rien ne paraît clair, dit-il,
à ceux qui voudraient que rien ne le fut, comme tout parait droit à ceux qui
ont intérêt que tout le soit); Erskine, Addisson, Haldane, Chalmers; les
Lettres de quelques juifs portugais par Guénée, et enfin les Lettres
Helviennes, provinciales philosophiques du Jésuite Barruel, ouvrage admirable,
mais écrit parfois avec trop d'exagération, dans lequel on trouve tracé, de
main de maître, le tableau vivant et parlant de ces folies auxquelles on ne
croirait pas si elles n'étaient autant de faits.
Après la question d'authenticité vient celle de
l'inspiration des saints écrits: peu d'ouvrages ont paru en France sur cette
matière; nous ne saurions en indiquer de meilleur que la Théopneustie de M.
Gaussen, quoique nous ne puissions en accepter les conclusions, ni même en
admettre tous les raisonnements; c'est du moins un ouvrage complet,
intéressant, et qui respire et inspire le respect et l'amour de la Parole de
Dieu.
Parmi les livres les plus utiles pour faciliter la
lecture de la Bible nous signalerons, en finissant, l'ouvrage de Bickersteth,
déjà cité; l'Histoire sacrée de E. Bonnechose, le Morgenland de Preiswerk, dont
deux volumes sont traduits en français; l'abrégé des livres historiques de
l'Ancien Testament par Jérémie Risler; la Lucile d'Ad. Monod; plusieurs
ouvrages de Roussel, Oster, Malan; Boucher, sur le droit qu'a tout homme de
lire la Bible; le Commentaire de Gerlach sur le Nouveau Testament (traduction
par Bonnet et Baup); enfin et surtout l'importante Concordance de M. Mackenzie,
et le nouveau recueil de parallèles que nous annonce ce consciencieux et
infatigable écrivain. Quant aux travaux sur des parties spéciales de la Parole
de Dieu, nous les indiquerons au fur et à mesure que l'occasion s'en
présentera.
La langue française ne possède aucune traduction, pour
ainsi dire officielle, de la Bible; nos meilleures versions sont celles de
Martin et d'Ostervald, qui toutes les deux devraient être refaites en partie,
et celle de Genève, 1712, qui leur est préférable. Celle de 1805 ne vaut pas grand
chose. La nouvelle version des Hagiographes par M. Perret-Gentil de Neuchâtel,
est tout ensemble un beau monument de science théologique et une œuvre
littéraire remarquable. La traduction du Nouveau Testament qui a paru à Genève
en 1835, n'est pas toujours fidèle. Une traduction du Nouveau Testament faite
par une société de ministres vaudois, et publiée en 1839, se caractérise par
son exactitude et souvent par le bonheur avec lequel sont rendues les tournures
mêmes de l'original; quelquefois cependant elle est, obscure: la 2e édition qui
vient de paraître (Lyon, 1849) est accompagnée de parallèles.
Nous sommes
présentement en l’an 2014
et
nous devons signaler des fait quje l’auteur a négligé de mentionner. Le Bible
d’Olivétan, Bible Vaudoise qui est la première Bible française basée sur les
originaux Hébreu et Grec (1535-1537) fut reprise en 1540 par Jean Calvin qui en
fit une révision devenue connue comme la Bible de l’Épée à cause qu’un glaive
paraissait sur sa page titre. Son texte fut réimprimé et utilisé jusqu’à la
mort de Calvin en 1564. Révisé de nouveau par Théodore de Bèze et la Compagnie
des pasteurs de Genève, elle fut rééditée de nouveau sous le nom de Bible de
Genève. Révisé encore sur les originaux par David Martin, puis par J.F.
Ostervald qui en fit une révision dans le français seulement, elle fut la Bible
la plus utilisée par les chrétiens pour des centaines d’années. En 2013 son
texte fut révisé et réajusté sur les originaux Hébreu et Grec pour une dernière
fois. Cette révision est tellement extensive qu’elle est considérée comme une
nouvelle traduction. Elle porte le nom de Bible de Machaira (Bible de l’Épée),
et elle contient des références parallèles pour facilitter l’étude de son
texte. Jamais aucune Bible ne fut tellement détestée, sauf possiblement la
version de 1540 qui fut la cible de nombreuses attaques de la part du
catholicisme pour la détruire, car sa traduction ne convient pas aux sectes
évangéliques, pentecôtistes, et charismatiques du christianisme contrefait
moderne..
La langue anglaise possède une version authentique
excellente qui est une des meilleures qui existent, la King James; il en a été publié, en 1848, une édition avec
cartes, notes et parallèles, par la Tract Society de Londres, sous le nom de
Paragraphe Bible, parce que les strophes des livres poétiques y sont indiquées,
autant du moins qu'on peut les reconnaître dans l'original. Le docteur Conquest
a publié une version nouvelle avec vingt mille corrections; il y en a beaucoup
de superflues.
L'Allemagne a celle que lui a donné le fécond et
puissant génie du grand Luther, chef-d'œuvre de science, de travail et de
piété; celle de Meyer de Francfort, enrichie de notes précieuses, courtes et
complètes; enfin celle du professeur De Wette, qui jouit d'une réputation justement
méritée.
Aux éditions françaises du Nouveau Testament, nous
devons ajouter celle qui a été faite à Genève (imprimée à Bruxelles, 1843), à
l'usage des catholiques romains. Elle restera comme un monument de l'activité
des pasteurs de Genève, et du zèle avec lequel les dames de cette ville ont su
faire, pour la parole de Dieu, ce que leurs mères avaient déjà fait pour
conserver à leur patrie une précieuse collection d'histoire naturelle. Dans
cette édition, tous les chapitres et passages dont la lecture est plus
particulièrement recommandée, sont notés d'une raie bleue, parallèle à la
marge; les passages qui réfutent d'une manière directe les erreurs de l'Église
romaine, sont soulignés à l'encre rouge, et de nombreuses notes, toutes de
controverse, sont collées en regard des versets auxquels elles servent de
commentaires, ou dont elles sont destinées à faire ressortir le sens. Ce
travail, fait à la main, a dû exiger un temps considérable, et fait l'éloge de
ceux qui l'ont conçu et de celles qui l'ont exécuté. On peut regretter
cependant que les auteurs de ce commentaire d'un nouveau genre, n'aient pas
utilisé davantage les passages relatifs au salut par la foi.
Parmi les commentaires allemands, nous citerons encore
la Haus-Bibel de Richter. C'est par une méprise inexplicable que les
publications de MM. Bagster and Son ont été oubliées. Les travaux bibliques de
cette librairie, ses nombreuses et élégantes éditions, ses polyglottes, ses
commentaires, ses cartes, son atlas biblique, lui ont fait une réputation plus
qu'européenne, et placeront son nom dans l'histoire à coté de celui des Étienne
pour le zèle chrétien, des Elzévirs pour la perfection typographique.
— Notons aussi The Domestic Bible du révérend Ingram
Cobbin (Partridge et Oakey), avec commentaires, parallèles, plusieurs centaines
de gravures, etc.; et la nouvelle édition illustrée du commentaire de Matthieu
Henry, faite par les soins des révérends E. Bickersteth, docteur Steane, Brown,
Cobbin, Leifchild, Forsyth, et Bunting.
Les Septante* et la Vulgate sont les traductions les
plus célèbres, sinon par leur mérite, au moins par leur antiquité, et le rôle
qu'elles ont joué. Il y a diverses traditions sur l'origine des Septante, et
leur histoire, qui se perd dans la nuit qui sépara les derniers prophètes de
l'ancienne alliance et les jours apostoliques, présente plus d'une obscurité.
D'après Aristobule, le Pentateuque aurait déjà été traduit en grec avant
Ptolémée Philadelphe et Démétrius de Phalère; ce dernier aurait conçu le plan
de la traduction de tout l'Ancien Testament, il l'avait conseillée à Ptolémée
Lagus, et le successeur de celui-ci, Philadelphe, l'aurait exécuté. On connaît
l'ardeur avec laquelle les rois d'Égypte cherchaient à enrichir leur fameuse
bibliothèque d'Alexandrie, et l'on comprend facilement qu'ils aient désiré
avoir aussi un exemplaire du code sacré des Hébreux; les Juifs exilés se sont
empressés de procurer à l'Académie un exemplaire authentique et reconnu par le
sénat (sanhédrin) de Jérusalem, composé de soixante-dix, ou soixante-douze
membres (de là, peut-être, le nom de version des Septante?) Ce code, composé
dans une langue inconnue, fut traduit en grec. Le Pentateuque est peut-être le
seul morceau qu'on envoya au roi; il fut traduit avec plus d'intelligence et de
soin; cependant il prouve encore que les traducteurs n'étaient pas des docteurs
de la loi, connaissant le texte, sa lecture, son interprétation et la théologie
judaïque; c'étaient des Juifs, instruits peut-être dans l'érudition grecque de
ce temps, mais c'est la seule garantie qu'ils offrent, et elle n'est pas
considérable. Les Juifs de l'Égypte, cependant, qui avaient à peu près oublié
l'hébreu, se servirent de préférence de la traduction grecque qui venait de
leur être donnée, et l'on voit par un grand nombre de passages du Nouveau
Testament, que cette version était encore en usage au temps de notre Seigneur,
qui paraît l'avoir lue lui-même. Mais après Christ, les Juifs l'abandonnèrent,
soit à cause de ses défauts, soit par esprit de contradiction, parce que les chrétiens
en faisaient grand cas. Ils la remplacèrent par celle d'Aquila, et plus tard
ils renoncèrent même à toute traduction, bannirent de leur culte les langues
païennes, et reprirent en hébreu, mais non sans y mêler du caldéen et des
expressions rabbiniques, leurs lectures et leurs prières, comme ils font encore
aujourd'hui.
L’histoire de la
Septante est un mythe composé d’une légende qui se retrouve dans un apocryphe
de l’Ancien Testament. Il n’existe aucune preuve de l’existence d’une Bible
complète en Grec avant le troisième siècle. La Septante provient en effet de la
cinquième colonne de l’Hexaple d’Origène d’Alexandrie, nous la retrouvons dans
les Codex Vaticanus et Sinaïticus qui firent partis des 50 bibles oécuméniques
composés par Eusèbe de Césaré sous l’ordre de Constantin.
La version de la Vulgate fut commencée (385 après
J.-C.) par saint Jérôme, qui avait reconnu les fautes de la version latine
Itala, traduite sur le texte déjà défectueux des Septante; mais quoiqu'il eût
été encouragé dans son travail par quelques-uns de ses amis les plus
distingués, entre autres l'évêque Chromatius, sa traduction fut généralement
mal accueillie, et ne fut guère approuvée que des sémipélagiens.
Grégoire-le-Grand l'appuya plus tard, et au temps d'Isidore (VIIe siècle), elle
était reçue et estimée à l'égal de l'Itala.
Mentionnons que la
version de l’Itala ne provenait pas de la Septante mais des manuscrits
originaux d’Antioche. Sa traduction réalisée par l’église Italique ou église
Vaudoise, fut accomplie vers l’an 161. Il fut reconnu que Jérôme falsifia le
texte de l’Itala dans le but de l’accorder avec les textes corrompus d’Origène.
Alcuin, chargé par Charlemagne d'en faire la révision,
compara entre eux les nombreux manuscrits qu'il put se procurer, et les confronta
avec le texte hébreu. Au onzième siècle, une nouvelle révision fut jugée
nécessaire, et Lanfranc, archevêque de Cantorbéry, lui donna son nom. De même,
le cardinal Nicolas au douzième siècle. La Sorbonne fit faire ce travail par
ses élèves, mais les dominicains (1256) le firent interdire. Hugues de
Sainte-Chair fut plus heureux; mais tous ces essais presque individuels ne
firent qu'accroître la confusion. La découverte de l'imprimerie, dans la
seconde moitié du quinzième siècle, vint ranimer les espérances que l'on avait
conçues de conduire à fin l'énorme entreprise d'une traduction latine de la
Bible: la première édition parut à Mayence en 1462, et constata les nombreuses
corruptions du texte. En 1502, le cardinal Ximénès publia sa fameuse Bible d'Alcala,
et, en mettant la Vulgate entre le texte grec et le texte hébreu, il dit dans
sa préface «que c'est le Christ entre les deux larrons!» Gumelli (Paris 1504)
et Castellanus (Venise 1511) publièrent la traduction et ses variantes. Robert
Étienne en fit huit éditions successives, et corrigea la version latine d'après
l'hébreu. Jean Benoît (1541) et Isidore Clarius (1542) firent un travail
analogue, et ce dernier se plaignit assez librement des innombrables erreurs
dont fourmillait la traduction de Jérôme, amendée, corrigée, changée depuis des
siècles. Le concile de Trente arrive. Après bien des débats, il nomme une
commission d'examen qui ne fait rien. Vers la fin du concile, Pie IV nomma une
autre commission, mais à Rome, et sous ses yeux. Pie V la renouvelle et en
accélère les travaux. Douze ans après (1589), Sixte-Quint s'impatiente en
voyant l'œuvre à peine ébauchée. Il en fait son affaire, et la nouvelle Vulgate
s'imprime au Vatican, sous ses yeux (1590). Lui-même il revoit les épreuves:
Nostrâ nos ipsi manu correximus. Hélas! l’ouvrage du saint-père prêtait non
seulement à la critique, ce qui était grave, mais à la plaisanterie, ce qui
était pire. Hebrœi pour ebrii (Hébreux, pour ivres), pecoribus pour prioribus
(les bestiaux, pour les premiers), etc. D'autres méprises semblables firent
comprendre que le travail ne pouvait pas être ainsi lancé dans le monde; et
pour ne pas perdre l'édition, on se mit à raturer, on corrigea à la plume, et
l'on recouvrit un grand nombre de passages avec des bandelettes de papier sur
lesquelles on avait imprimé des corrections nouvelles. Ce travail, qui n'en fut
pas moins maintenu dans son privilège de version authentique, était à refaire.
Grégoire XIV, successeur de Sixte-Quint, se remet immédiatement à l'ouvrage, et
Clément VIII a le bonheur (1592) de publier enfin le texte qu'on ne corrigera
plus. Elle diffère par six mille détails, et par une centaine de corrections
importantes, de l'édition de Sixte-Quint, dont les papes cherchent à anéantir
les exemplaires, et Bellarmin, en mettant sur le compte de l'imprimeur les
fautes de l'édition sixtine, avoue encore dans sa préface, que les réviseurs de
la nouvelle édition ont laissé passer bien des choses qui auraient eu besoin
d'un examen plus rigoureux. La Vulgate existe enfin; elle a déjà près de deux
cent-soixante ans: son enfantement a été laborieux. Elle est née dans un temps
d'orage, elle a respiré dès lors un air trop vif, et tout porte en elle les
caractères de la décrépitude. De cinquante ans plus jeune que les chefs-d'œuvre
de la Réformation, elle a l'air d'avoir deux siècles de plus. (— Voir:
Cellérier, Introduction à l'Ancien Testament, Bungener, Concile de Trente, I,
128, sq., et surtout Hævernick, Einl. § 87, 88)
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BICHE,
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animal doux et paisible, Proverbes 5:19, auquel le
Sage compare la femme que l'on aime. David fait allusion à la course rapide de
cet animal, Psaumes 18:33, et Jacob, bénissant ses fils, dit de Nephthali:
«qu'il est comme une biche échappée; il donne des paroles qui ont de la grâce.»
La biche est très attachée à ses petits, et Jérémie, 14:5, pour peindre la
sécheresse et lu désolation de la terre, dit que la biche même, dans la
campagne, abandonne le faon dont elle s'est déchargée, pour courir après
l'herbe. Cf. encore Job 39:4, et Psaumes 29:9, où le prophète, parlant des
tempêtes qui sont la voix de l'Éternel, dit qu'elles facilitent le laborieux
enfantement des biches.
— Dans le passage des Proverbes 5:19, il est plus probable
qu'il s'agit de la femelle du chamois.
— Voir: Chamois.
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BIDKAR
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(dans la douleur), 2 Rois 9:25, capitaine de la suite
de Jéhu, qui avait entendu les menaces prononcées par Élie contre Achab,
lorsque celui-ci se fut emparé de la vigne et de la possession de Naboth. À la
mort de Joram Mis d'Achab, il fut chargé d'exécuter les vengeances divines, et
de jeter en quelque endroit du champ de Naboth le corps de Joram frappé d'une
flèche par Jéhu.
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BIÈRE.
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On ne s'en servait guère que pour la sépulture des
pauvres, et même le plus souvent on ne s'en servait pas; le mort était emporté
sur un brancard et couché dans la fosse, garnie et recouverte de grandes
pierres plates; les riches étaient portés en terre sur un lit, quelquefois très
splendide, et déposés dans un sépulcre de roc vif. Luc 7:14; 2 Samuel 3:31.
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BIGTHAN et Térés,
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(qui nourrit) et Térés (odoriférant), Esther 2:21-23,
eunuques d'Assuérus, conspirèrent contre Assuérus, et cherchèrent à mettre la
main sur lui. Mardochée ayant découvert leur complot, ils furent pendus à un
gibet.
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BILDAD
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(vieille amitié), descendant de Suah, fils d'Abraham
et de Kétura, l'un des quatre amis de Job qui le visitèrent dans son
affliction. Il commence d'abord par soutenir que Dieu ne punit sévèrement que
les grands coupables; Job s'était oublié, et Bildad crut devoir lui opposer la
justice divine et l'ordre moral que Dieu a établi dans le monde; il s'appuie de
l'autorité d'anciens sages; quoiqu'il attaque Job plus violemment que ses
autres amis, il espère cependant que pour lui aussi la justice de Dieu se
manifestera. Dans son dernier discours, il célèbre la grandeur et la sainteté
divines, Job 2:11; 8:1; sq. 18:1; sq. 25:1 sq..
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BILHA
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(vieille, fanée)
1. d'abord
simple servante de Rachel, puis concubine de Jacob, enfanta Dan et Nephthali.
Ce fut avec elle que Ruben entretint un commerce criminel. Genèse 29:29; 30:3;
35:22; 37:2; 46:25.
2. Bilha,
ville de Siméon. 1 Chroniques 4:29.
— Voir: Kiriath-Jéharim.
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BISLAM, Mithrédat et Tabéel,
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Esdras 4:7, Mithrédat et Tabéel, furent au nombre des
plus violents ennemis des Juifs sous Artaxercès; ils obtinrent par leurs
manœuvres astucieuses que les travaux de reconstruction fussent interrompus à
Jérusalem; on ne sait pas au juste quelle charge ils occupaient; ils formaient
apparemment un collège administratif, une espèce de chancellerie.
— Voir: Réhum.
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BITHRON,
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2 Samuel 2:29, passage ou district, à ce qu'il parait,
par lequel on se rendait à Mahanajim depuis le Jourdain.
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BITUYNIE,
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province au sud du Pont-Euxin, à l'ouest du Pont et de
la Galatie, au nord de l'Asie propre, et à l'est de la Propontide; ses villes
principales étaient Pruse, Nicée, Nicomédie, Chalcédoine, Libysse et Thermes.
Quand Paul voulut y aller prêcher l'Évangile pour la première fois, le
Saint-Esprit ne le lui permit pas, Actes 16:7; mais, plus tard, une église y
fut fondée, et bon nombre de païens y furent convertis, Pierre 1:1. On connaît
l'histoire de cette église jusqu'au dixième siècle; de nos jours encore on
trouve dans cette contrée quelques misérables restes de christianisme. Ce fut à
Nicée, plus anciennement appelée Antigonia, et maintenant Isnick, qu'eut lieu, en
325, le premier concile œcuménique; il déclara l'arianisme contraire à
l'Écriture. L'an 451 se tint à Chalcédoine le quatrième concile général, où
l'Eutychianisme fut condamné.
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BITUME,
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— Voir: Asphalte.
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BLASPHÈME,
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crime dont on se rend coupable envers Dieu lorsqu'on
attaque, nie, ou ridiculise ses perfections, sa parole, ou ses ordonnances, ou
qu'on lui attribue quelque volonté, ou quelque action basse ou mauvaise, 2
Samuel 12:14; Tite 2:5; Apocalypse 13:6. Quelquefois la même expression est
employée pour désigner l'insulte, la calomnie, ou la médisance entre les
hommes, 1 Rois 21:10; Romains 5:8 (dans l'original). Le blasphémateur était
puni de mort par la loi de Moïse, Lévitique 24:16. Quant au blasphème contre le
Saint-Esprit, quelques-uns pensent que c'est le crime des Pharisiens qui
attribuaient à Satan les miracles du Seigneur, Matthieu 12:31; mais en
considérant attentivement Hébreux 6:4-5; 10:26-30. (— Voir: encore 1 Jean
5:16), on se convainc qu'il faut entendre par là une incrédulité obstinée et
malicieuse, qui résiste jusqu'au bout aux convictions imprimées par le Saint
Esprit. «C'était, dit un prédicateur célèbre, renier la religion, la haïr, la
persécuter par un principe de malice, lorsqu'on était convaincu qu'elle était
émanée du ciel.» (Saurin, premier sermon sur le péché irrémissible.) Celui qui
connaît Dieu et lui résiste peut être pardonné, car la connaissance du Fils
modifiera peut-être ses sentiments. Celui qui connaît le Fils peut encore
blasphémer et être pardonné, parce qu'il n'a connu qu'imparfaitement; mais
celui qui connaît le Saint-Esprit, c'est-à-dire qui a reçu toutes les grâces
possibles, et toute la connaissance, celui-là, s'il blasphème, il le fait parce
qu'il est désespérément malin; il ne pourra pas être par donné, parce qu'aucune
connaissance nouvelle ne pourra changer ses dispositions et son hostilité. Son
péché est sans remède.
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BLASTE,
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chambellan du roi Hérode-Agrippa, Actes 12:20. Gagné
sans doute par les dons des Tyriens et des Sidoniens, il engagea son maître à
donner une audience aux ambassadeurs de cette nation, qui venaient lui demander
la paix, parce-que leur pays était nourri de celui du roi.
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BLÉ,
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— Voir: Froment.
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BOANERGÈS.
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(boan, forme galiléenne pour ben, fils; roguèz, de
ragaz, tremblement, ébranlement, tonnerre), (fils du tonnerre), surnom donné
par notre Seigneur à Jacques et à Jean, fils de Zébédée, Marc 3:17,
probablement à cause de la puissance de leur parole. Plusieurs commentateurs
pensent que ce surnom fut donné aux fils de Zébédée à cause de la scène dans
laquelle ils voulurent, à l'exemple d'Eue, faire descendre le feu du ciel sur
une bourgade des Samaritains qui avait refusé de recevoir le Sauveur, Luc 9:54;
sq. Jésus leur dit alors: Vous ne savez de quel esprit vous êtes animés;
paroles qui impliquent certainement un blâme et non un éloge comme le
prétendent quelques théologiens. Sous sa forme la plus adoucie, ce blâme
signifierait: Vous confondez les deux économies: sous l'ancienne, Élie a pu
frapper de la foudre ceux qui méconnaissaient sa mission; sous la nouvelle qui
est une alliance d'amour, il n'en est plus ainsi: le Fils de l'homme n'est pas venu
pour faire périr les âmes des hommes, mais pour les sauver. Les mots du verset
55. «censura fortement» excluent, dans tous les cas, l'idée d'une louange, et
si le nom de Boanergès a quelque rapport avec cette circonstance, ce ne serait
que comme un souvenir que Jésus leur rappelle: Fils du tonnerre, hommes de zèle
et de puissance, oubliez-vous de quel esprit vous devriez être animés?
Cependant, même avec cette modification dans le sens, le nom de Boanergès ne
paraît que difficilement pouvoir se placer ici. Olshausen, pour sa part, nie
toute espèce de corrélation entre le fait et le surnom. Il n'y a pas d'exemple,
dit-il, qu'un blâme ait jamais été formulé de telle manière que le souvenir en
fut rattaché comme surnom à celui qui avait commis une faute, et ce serait plus
étrange encore dans ce cas-ci, où la conduite des deux apôtres, blâmable au
point de vue chrétien, se justifiait cependant au point de vue juif, non
seulement en théorie et d'une manière générale, mais encore par l'exemple
d'Élie qu'invoquent les apôtres. Puis le fait que ce surnom n'est rappelé que
Marc 3:17, dans la liste des apôtres, parallèlement au surnom de Pierre donné à
Simon comme un des caractères de sa mission future, comme éloge, ne permet pas
de supposer qu'immédiatement après, en parlant de deux des apôtres les plus
distingués avec Pierre, un blâme soit enregistré d'une manière aussi éclatante.
Les Pères de l'Église l'ont ainsi pensé dès le commencement, et ils ont vu dans
les mots «fils du tonnerre» le portrait du caractère apostolique des fils de
Zébédée.
Nous modifierons ce jugement en rapportant le nom de
Boanergès à l'œuvre des apôtres plutôt qu'à leur caractère. Il rappellerait
l'ébranlement que l'Évangile devait occasionner dans le monde, Aggée 2:5-7; cf.
Hébreux 12:26; Jérémie 23:29. Jacques est trop peu connu pour qu'on puisse dire
jusqu'à quel point sa personnalité légitimait le surnom qu'il reçut, et quant à
Jean, la douceur de son caractère est si proverbiale qu'on a peine à se le
représenter comme un fils du tonnerre. Cependant, comme on a eu occasion de le
voir ailleurs, sa douceur n'a rien d'efféminé, sa fermeté était plus égale que
celle de plusieurs de ses collègues, et il se montre dans ses épîtres, dans la
première surtout, non seulement si zélé, mais encore si intrépide dans sa lutte
contre les erreurs et les fausses doctrines, que le nom de Boanergès n'aurait
rien d'étrange, même appliqué à sa personnalité. F, encore 2 Jean 10, et
l'Apocalypse.
Ces surnoms, comme ceux qui furent donnés à Simon, à
Abram, à Jacob, ont pour but de caractériser le nouvel homme; ils sont le
symbole de la nouvelle nature, de la nouvelle naissance; cf. Ésaïe 62:2; 65:15;
Apocalypse 2:17. Le Seigneur, en appelant ses serviteurs, leur donne de
nouveaux noms.
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BOAZ
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(force, fermeté). C'est le nom d'une des deux colonnes
d'airain qui étaient devant le temple; celle-ci était à main gauche; celle de
droite s'appelait Jakin (fermeté), 2 Chroniques 3:17. Elles avaient entre elles
deux 35 coudées de hauteur, soit environ 20 mètres (3:15): ailleurs la hauteur
de chacune est indiquée en nombres ronds de 18 coudées, soit 10 mètres, 1 Rois
7:15; Jérémie 52:21. Ces colonnes étaient creuses; l'épaisseur de l'airain était
de quatre doigts (1 décimètre); elles avaient une circonférence de 12 coudées
(6 1/2 mètres), un peu plus de 2 mètres de diamètre. Les chapiteaux avaient 5
coudées, ou 2 1/2 mètres, Jérémie 52:21-22; 1 Rois 7:16; en quelques passages
leur hauteur est calculée à 3 ou 4 coudées, différence qui provient de ce qu'on
ne compte pas toujours les ornements qui accompagnaient le chapiteau. Le corps
de celui-ci était de 3 coudées; les ornements entre le chapiteau et le fût de
la colonne occupaient une coudée; il y en avait encore une, consacrée aux
décorations de la partie supérieure.
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BOCAGES.
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Ce furent là les premiers temples dans lesquels on
adora la Divinité: les païens faisaient même de chaque forêt, grande ou petite,
la demeure de certains génies. La terreur secrète qu'inspire l'obscurité, le
silence qui règne dans les bois, peut-être aussi le sentiment de la solitude et
de l'isolement, élève l'âme et la dispose à un vague besoin d'adoration
religieuse; les hauts lieux qui se présentent comme des temples naturels, où
l'on est plus près du ciel, et d'où l'on domine davantage la terre,
partageaient avec les bocages l'honneur d'être choisis pour la résidence de
toutes les espèces de divinités imaginées et créées par l'esprit de l'homme.
Quoi qu'il puisse y avoir de naturel et même de vrai dans le recueillement
qu'on éprouve en ces lieux de retraite, ce n'est point là le véritable culte de
l'Éternel, c'est une religiosité de païens, une religiosité panthéiste, et
l'histoire prouve combien les peuples les plus dépravés, les plus impies, ont
pourtant su, eux aussi, avoir cette religion qui dispense de toute autre.
Moïse, afin de préserver son peuple des contagions païennes, lui ordonna de détruire
tous les autels qu'il trouverait sur les hauteurs, ou dans les bocages de
Canaan, Nombres 33:52; Deutéronome 7:5; 12:2-3. Mais l'attrait d'une religion
naturelle et commode, la passion du fruit défendu, l'exemple des Cananéens,
entraînèrent les Israélites vers le culte des bocages, et les prophètes
rattachèrent souvent à la violation de cette portion de la loi, les menaces
qu'ils annoncèrent de la part de Dieu, comme devant tomber sur Israël et sur
Juda, 1 Rois 14:23; Osée 4:13; Jérémie 2:20; 3:13, etc. Ésaïe 1:29; 65:3, etc.
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BŒUF.
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Le mot hébreu Bacar désigne le gros bétail en général,
comprenant les mâles et les femelles, les jeunes et les vieux, Lévitique 3:1.
Un seul individu de cette espèce est appelé Shor (cald. Thor. arab. thaur. d'où
peut-être le latin taurus, et le français taureau) ou Éleph, ou Alouph. Un
veau, mâle ou femelle, est appelé Éguèl ou Églah; ce dernier mot est employé
Genèse 15:9; Ésaïe 15:5, pour désigner une génisse de trois ans, et Osée 10:11,
pour une jeune vache employée à traîner la charrue ou à fouler le blé. Phar
désigne le taureau, surtout lorsqu'il est encore jeune, Juges 6:25, et Parah,
la jeune vache, 1 Samuel 6:7; Job 21:10, qui donne déjà du lait, ou qui a eu
des petits, Osée 4:16, et qui porte le joug. Abbir, qui signifie fort et
vigoureux, n'est proprement qu'une épithète donnée dans les livres poétiques,
Psaumes 22:13; Ésaïe 34:7, au taureau qui a atteint toute sa force. La langue hébraïque
n'a pas d'expression pour ce que nous appelons proprement bœuf dans le sens
restreint, parce qu'il était défendu aux Hébreux de mutiler aucun animal, ce
qui, sans doute, n'était pas non plus nécessaire chez eux; les Maures elles
Arabes de nos jours labourent encore leurs terres avec des taureaux. Ces
animaux sont en général plus petits et plus maigres en Orient que chez nous. En
Arabie, ils ont de petites cornes, et sur l'épaule une sorte de bosse de
graisse plus ou moins grande, selon que l'animal est plus ou moins bien nourri.
Le district de Basan et la plaine de Saron, sur la
côte de la Méditerranée, entre Joppe et Lydde, sont souvent mentionnés dans la
Bible comme possédant les meilleurs pâturages et les plus beaux troupeaux de
bœufs. Lors de la conquête de Canaan par les Israélites, les tribus de Gad et
de Ruben reçurent en partage, à cause de leurs nombreux troupeaux, Basan et
d'autres districts à l'est du Jourdain, propres à l'élève des bestiaux, Nombres
32:4. Les taureaux et les béliers de cette contrée, célèbres par leur vigueur
et leur beauté, Deutéronome 32:14, servent souvent à désigner des ennemis
puissants, Psaumes 22:13, et le prophète Amos 4:1, compare les femmes
voluptueuses de la Samarie à des génisses de Basan. Il paraîtrait que les
troupeaux de la maison royale étaient entretenus dans ces fertiles pacages, car
il est dit que David avait un inspecteur de bestiaux dans la plaine de Saron, 1
Chroniques 27:29.
Pour les Hébreux, le bœuf était le premier et le plus
utile des animaux domestiques, et une de leurs principales richesses; aussi
Job, dans la description qu'il fait du bien-être qui est ordinairement le
partage du méchant, dit que ses troupeaux de bœufs augmentent toujours, et que
ses vaches sont fécondes (21:10); le psalmiste voit dans cette abondance une
bénédiction de l'Éternel, 144:13-14; et partout où il est parlé d'un
accroissement de bonheur, l'augmentation des troupeaux de bœufs tait partie des
promesses. Deutéronome 7:13; 28:4; 18:31.
Les Israélites se servaient des bœufs pour labourer la
terre, et pour battre, ou plutôt pour fouler le grain. Il est souvent parlé
dans la Bible du labour des bœufs, 1 Rois 19:19; Job 1:14; Amos 6:12; Proverbes
14:4. Les bœufs servaient de plus pour le trait, Nombres 7:3; 7:8; 1 Samuel 6:7,
et même pour le transport, comme on le voit par 1 Chroniques 12:40, où il est
dit qu'on apporta à David des provisions sur des bœufs et sur d'autres bêtes de
somme. De nos jours encore, il n'est pas rare de voir les bœufs de l'Asie et de
l'Afrique être utilisés de cette manière par leurs maîtres.
La chair de bœuf a servi de tout temps à la nourriture
de l'homme et faisait un des principaux aliments des Israélites. La cour et la
maison royale de Salomon consommait journellement dix bœufs engraissés, et vingt
bœufs des pâturages, 1 Rois 4:23, et Néhémie, qui tenait table ouverte pour 150
d'entre les principaux des Juifs, avait obtenu à cet effet un bœuf gras chaque
jour, Néhémie 5:18. Cette viande se trouvait principalement sur la table des
riches, Proverbes 15:17; le veau était regardé comme une friandise que l'on
servait seulement aux personnes et aux convives que l'on voulait honorer d'une
façon tout à fait particulière, Genèse 18:7; 1 Samuel 28:24; Amos 6:4; Luc
15:23.
Il était naturel qu'un peuple riche en troupeaux,
comme les Israélites, se nourrît de laitage et qu'il en fit diverses sortes de
préparations. Deux espèces de lait sont mentionnées dans l'Ancien Testament, le
Halab ou lait doux, et le Hhémah, sorte de crème ou de lait caillé, Genèse
18:8; Juges 5:25; Job 29:6; 20:17 (où les ruisseaux de miel et de crème sont
pris pour image de l'abondance). Pour faire le Hhémah, les Orientaux mettent
encore aujourd'hui du lait ou de la crème, selon qu'ils veulent faire du
fromage ou du beurre, dans un sac ou vessie que l'on presse en le ballottant; à
mesure que l'eau s'en échappe paries pores ou par l'évaporation, on y remet du
lait nouveau jusqu'à ce qu'on ait la quantité voulue de beurre ou de lait
caillé. Ce dernier, dissous dans de l'eau, donne un breuvage rafraîchissant; on
peut aussi le manger avec du pain, sans l'avoir mélangé d'eau. Proverbes 30:33.
Les Orientaux, en général, aiment beaucoup le beurre, dont ils font un grand
usage.
— Les anciens Israélites s'entendaient aussi à
préparer du fromage proprement dit, 2 Samuel 17:29, appelé tranches de lait 1
Samuel 17:18, parce qu'on coupait la masse coagulée, appelée Guebinah, Job
10:10, pour la laisser sécher et durcir. Il y avait à Jérusalem une vallée des
faiseurs de fromage, qui devait son nom à l'exercice de cette industrie.
Les cornes de boeufs servaient à la confection de
coupes, de flacons, 1 Samuel 16:1,13; 1 Rois 1:39; d'instruments de musique,
etc., Psaumes 98:6; Josué 6:5; 1 Chroniques 15:28. Elles étaient l'emblème de
la force et du courage, Deutéronome 33:17; Jérémie 48:25; Michée 4:13; Psaumes
132:17. C'est pourquoi les rayons du soleil, à cause de leur ardeur et de
l'intensité de leur chaleur, sont appelés en hébreu les cornes du soleil: les
Grecs et les Romains se servaient de la même image; les premiers disaient d'un
homme vaillant qu'il avait des cornes (Proverbes de Diogénien. VII, 89), et
Horace, Ode 3, 21. 18, dit du vin qu'il donne des cornes (du courage) au
pauvre: cf. encore Ovid., Art d'aimer 1, 238: Tune sumit cornua pauper.
Ésaïe 15:5, compare les Moabites à une génisse de
trois ans; Jérémie 46:20; appelle l'Égypte une belle vache, et (50:11) Babylone
une vache qui bat le blé. Osée 10:11, appelle Juda une vache rebelle, cf.
Jérémie 31:18, probablement parce que la vache ayant atteint à l'âge de trois
ans sa force complète, était alors soumise, au joug et attelée.
Le bœuf, comme toute la race bovine, appartenait à la
classe des animaux purs, et servait aux sacrifices; de là l'expression de veau
des lèvres, Osée 14:2, signifiant le sacrifice des lèvres, ou les louanges.
Dans l'hiéroglyphique des anciens, le taureau était le
symbole des forces génératrices de la nature; comme tel il entrait dans la
composition des chérubins et comptait parmi les ornements du temple, Ézéchiel
1:10; 1 Rois 7:29. La vache était le symbole de la fécondité et de
l'agriculture, Genèse 41:2,26,29. De là l'adoration de ces animaux, si commune
dans les religions, primitivement toutes symboliques, des anciens temps: de là
aussi la tendance constante des Israélites à substituer au culte du Dieu
invisible, celui du veau, le veau d'or d'Aaron, et les veaux de Jéroboam, non
point qu'ils adorassent réellement ces figures, mais elles étaient pour eux la
représentation de Dieu, en tant qu'il se manifeste dans et par la nature.»,
encore Vache. Accouplements, etc.
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BOHAN,
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descendant de Ruben. Il n'est connu que par un
monument qui lui fut érigé, Josué 15:6, l'on ne sait pourquoi, à la frontière
nord de la tribu de Juda, sur les confins de Benjamin.
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BOIS,
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— Voir: Bocages, et Plantes.
— L'Orient, si riche sous tant de rapports, a toujours
été pauvre en bois dur proprement dit, bois de construction, ou même bois à
brûler; et l'on se servait ordinairement, pour alimenter le feu, d'herbe
séchée, Matthieu 6:30; Luc 12:28, de plantes, feuilles et tiges; de foin, de
paille brisée, Matthieu 3:12, et au besoin de fiente animale, Ézéchiel 4:12,15;
en Babylonie on employait même la résine. La Palestine cependant fait exception
à cette règle générale, et il paraît que si l'on se servait quelquefois
d'autres combustibles que le bois, c'était moins par nécessité que par fantaisie;
il paraît en particulier que dans certains districts riches en forêts, chacun
pouvait en liberté couper le bois nécessaire à son usage, du moins dans la
première période de l'établissement en Canaan, Lamentations 5:4. Nous voyons le
bois mis en œuvre, et servant aux travaux de la menuiserie, Exode 35:33; 25:10,
et du charronnage, Josué 11:6; 1 Samuel 6:7; 1 Rois 7:33; 10:29; Nahum 2:13,
etc.: l'on en faisait aussi des corbeilles, Nombres 6:15; Deutéronome 26:2,4;
Juges 6:19, et des dieux, Ésaïe 44:15.
— Voir: Idolâtrie.
On ne trouve du reste aucune trace de tonneaux faits
de bois, pas même dans le passage Jérémie 48:12, et l'on se servait presque
exclusivement pour cet usage d'outrés ou de cornes d'animaux.
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BOISSONS.
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Les boissons principales des Hébreux, étaient l'eau,
le vin, la cervoise et le vinaigre.
La Bible mentionne
aussi des boissons fortes sans indiquer de lesquelles il s’agissait, quoique
certains pensent qu’il s’agissait de boissons faites avec du chanvre
(cannabis), boissons qui étaient populaire parmi les autres nations et
utilisées souvent dans des cultes d’adoration à leurs divinités.
— Voir: ces différents articles.
On se servait, pour boire, de coupes et de gobelets,
quelquefois garnis d'un couvercle, dans lesquels on versait les liqueurs
contenues ou dans des cruches, on dans des urnes et amphores, ou dans des
coupes plus grandes, ou encore dans des cornes d'animaux travaillées.
Sauf pour des cas
particulier, la Bible n’interdit pas la consommation de boissons alcoolisées
pour les fidèles, elle donne plutôt une mise en garde contre l’abus. La
discipline est un fruit de l’Esprit, l’abstinence est purement mondaine, elle
est pour ceux qui sont faibles dans la chair.
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BOKIM
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(deuil, pleurs). Lieu où les Hébreux s'assemblèrent
quelque temps après la mort de Josué, et où l'ange de l'Éternel, après leur
avoir reproché leurs infidélités multipliées, leur annonça en même temps que
ces infidélités seraient punies. Ces menaces émurent les enfants d'Israël qui
pleurèrent en ce lieu, et l'appelèrent Bokim en souvenir de leurs larmes.
Quelques-uns pensent que Bokim était près de Silo, où ils se réunissaient, pour
leurs fêtes solennelles, mais le contexte rend plus probable l'opinion qui le
place dans le voisinage de Guilgal, Juges 2:1,5.
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BOOZ
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(force), Ruth 2:3; 1 Chroniques 2:11; Matthieu 1:5;
Luc 3:32, fils ou descendant de Salmon et de Rahab, de la ville de Bethléhem en
Juda. Il épousa Ruth, fut père d'Obed, et par conséquent bisaïeul de David. Son
histoire se lie presque tout entière à celle de Ruth, où nous en reparlerons.
— Booz est une des plus nobles figures de vieillard
qui nous soient présentées dans l'Écriture; sa bonté, sa générosité, son
aimable sensibilité, ses rapports avec les moissonneurs de ses domaines, la
délicatesse de sa conduite à l'égard du parent d'Élimélec; son respect pour la
jeune glaneuse, enfin la grandeur de caractère qu'il montre en ne prenant point
à honte d'épouser, lui riche propriétaire, une Moabite pauvre, veuve et
délaissée; tout en Booz nous touche, nous émeut et nous le fait aimer. Sa
vieillesse a conservé le charme et la fraîcheur d'un âge moins avancé; ses
boucles blanches sont la couronne du jeune époux, et l'on comprend que, pleins
de respect, tous fussent aussi pleins d'amour et de confiance en lui.
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BOSOR,
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— Voir: Béhor.
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BOTSKATH,
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ville ou village des plaines de Juda; l'aïeul de
Josias était de cet endroit. Josué 15:39; 2 Rois 22:1.
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BOTSRA ou Betser, ou Bostra,
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(vendanges) ou Betser,
1. dans
le désert, appartenait au Rubénites, et se trouvait dans une plaine vers la
frontière sud-est de la tribu, non loin des sources de l'Arnon, Josué 20:8;
21:36. Elle avait été destinée par Moïse pour être une ville de refuge à ceux
qui auraient commis un meurtre involontaire, Deutéronome 4:43. Quelques-uns
confondent à tort cette ville avec la suivante, en attribuant aux vicissitudes
de son histoire les divers changements de maîtres qu'elle a subis; Betser est
proprement le nom de cette première ville, et Botsra celui de la seconde.
2. Botsra,
appelée par les Grecs et par les Romains Bostra, était à 40 kilomètres
d'Édrehi. Il en est souvent parlé dans l'Ancien Testament comme de la capitale
de d'Idumée, Genèse 36:33; Ésaïe 34:6; 63:1; Amos 1:12; Jérémie 49:13,22.
Ailleurs Jérémie en fait une ville moabite, 48:24, d'où il résulte, selon toute
apparence, que les Moabites la conquirent sur les lduméens (qui eux-mêmes en
avaient dépossédé les Hammonites), ce qui est d'autant plus probable que cette
ville n'était pas située dans l'intérieur de l'ancienne Idumée, mais dans le
Hauran, au nord du pays des Hammonites. On perd les traces de l'histoire de
Botsra jusqu'au règne de Trajan; plus tard elle fut le siège d'un épiscopat, et
l'une des principales églises attachées au Nestorianisme. Bien qu'en très
grande partie ruinée, cette ville demeure encore une des plus considérables de
ces contrées.
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BOUC,
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— Voir: chèvre.
— Bouc émissaire.
— Voir: Hazazel.
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BOUCLES.
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Les Orientaux ont de tout temps aimé à se couvrir de
boucles, ils en mettaient aux bras, au cou, aux pieds, aux doigts, aux
oreilles, etc. Les hommes n'en portaient guère qu'aux doigts, et s'en servaient
comme de cachets; mais les femmes et les enfants en avaient partout. Les
boucles d'oreilles, Exode 32:2; Ézéchiel 16:12, sont encore d'usage
aujourd'hui, ailleurs même qu'en Orient. Les unes sont légères, petites, dignes
du bout de l'oreille; d'autres sont massives, lourdes, d'un diamètre de douze
centimètres; elles élargissent tellement le trou de l'oreille, que l'on peut
facilement y passer deux doigts de la main, si l'on en croit le voyageur
Harmar. Parfois même à force de luxe, les lemmes se font percer à l'oreille
autant de trous qu'il peut y avoir de place pour des boucles nouvelles; ces
boucles sont tantôt en bois, tantôt en corne, tantôt en métal; ordinairement
elles sont simples et rondes, mais on en trouve de toutes les formes,
quelques-unes mêmes ornées de petites clochettes, Ésaïe 3:18. C'est chez les
Romains qu'à l'époque de la grandeur de cet empire, ce genre de luxe avait
atteint son degré le plus excentrique, surtout parmi les femmes. Chez les
Grecs, il n'y avait guère que les enfants qui portassent des boucles
d'oreilles, et seulement du côté droit.
— D'après Genèse 35:4, il paraîtrait que cet ornement
était quelquefois regardé comme une espèce d'amulette.
Boucles pour le nez. Elles sont mentionnées Proverbes
11:22; Ézéchiel 16:12; Ésaïe 3:21, peut-être aussi Exode 35:22. C'était l'une
des parures les plus chères aux Orientales des temps anciens.
— Voir: Genèse 24:22,47.
Aujourd'hui encore elles en portent suspendues tantôt
à la narine droite, tantôt à la narine gauche, rarement à la cloison du nez.
Ces boucles sont d'or ou d'ivoire, incrustées de perles; elles ont 6 à 9
centimètres de diamètre, quelquefois davantage, et elles tombent jusque sur le
bas du visage. Tavernier raconte des femmes de Bagdad qu'elles se percent les
narines de bonne heure; quant aux Arabes, elles ne percent que la paroi
médiate, dans laquelle elles font passer une bague de l'épaisseur d'un tuyau de
plume, mais creuse intérieurement, soit pour économiser la matière, soit pour
les rendre plus légères; il y a de ces bagues si grosses que le poing d'un
homme y passe facilement. Ce même usage se retrouve également en Amérique, chez
les Indiens du Nord et chez les Péruviens. On passait aussi des anneaux dans
les narines d'animaux sauvages que l'on voulait apprivoiser ou dompter, ou de
gros poissons que l'on voulait conserver captifs dans leur élément (comme l'on
fait encore des buffles et des ours). Job 40:21; cf. 2 Rois 19:28; Ésaïe 37:29;
Ézéchiel 29:4; 38:4.
Quant à des anneaux pour les pieds, il n'en est parlé
dans l'Ancien Testament que Ésaïe 3:16 et suivant. On les portait au-dessus de
la cheville; ils étaient de bois, de corne ou de métal, et construits de
manière à faire entendre à chaque pas un clapotement plus ou moins harmonieux,
et coquet plutôt qu'agréable. De petites chaînettes retenaient l'un à l'autre
les anneaux des deux jambes, ce qui gênait la marche et accoutumait les femmes
à faire de petits pas gracieux, délicats et embarrassés.
Les bracelets ont été plus en usage encore que les
différentes boucles que nous venons de nommer, auprès des anciens Hébreux qui
paraissent en avoir tous porté, hommes et femmes.
— Voir: Genèse 24:22,30,47; Ésaïe 3:19; Ézéchiel
23:42; 1 Samuel 1:10; cf. Nombres 31:50.
Ils étaient souvent extrêmement larges, et Niebuhr dit
en avoir vu en Perse qui s'étendaient du poignet jusqu'au coude; selon Pline,
28:47, ils servaient quelquefois d'amulettes, de même que les boucles
d'oreilles.
Enfin les colliers, Proverbes 3:3,22; 25:12; Ézéchiel
16:11; Osée 2:13; Cantique 4:9. Ce n'étaient pas seulement des femmes, mais encore
quelquefois des hommes, et même des guerriers, surtout parmi les Perses et les
Mèdes, qui affectionnaient ce genre de parure: toutefois cette dernière classe
ne paraît pas chez les Israélites en avoir connu l'usage. Les colliers les plus
ordinaires, pour les riches, se composaient de grains ou de perles enfilées, et
descendaient souvent jusqu'à la ceinture; on en portait plusieurs à la fois
pour se distinguer: c'était une mode, comme maintenant c'en est une autre de
cacher quelques-uns de ses doigts sous des amas de bagues de toutes couleurs et
de tous les goûts. On suspendait, en outre, aux colliers diverses espèces
d'ornements étrangers, des demi-lunes ou petits croissants, Ésaïe 3:18 (comme
on faisait aux chameaux, Juges 8:21), des boîtes de senteur, Ésaïe 3:20,
peut-être de petits soleils et de petits serpents, en guise d'amulettes. On
peut croire aussi que les femmes portaient encore des colliers de métal, et
l'on se rappelle ce mot de Virgile:
lt pectore summo
Flexilis obtorti per collum circulus auri.
(Æneid. 5, 559)
C'était chez les Perses une marque de faveur toute
particulière, quand les rois accordaient un collier à quelqu'un de leurs
sujets, Daniel 5:7,16,29; cette distinction semble même avoir été accompagnée
d'une augmentation de pouvoir ou d'honneur. Le premier ministre en Égypte avait
un collier d'or au cou; c'était peut-être la décoration attachée à son rang et
à ses hautes fonctions.
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BOUCLIER,
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arme défensive qu'on portait au bras gauche, et dont
on se servait pour parer une flèche, ou un coup d'épée ou de lance. Les plus
ordinaires étaient faits d'une planche recouverte de cuir, mais il y en avait
d'or, d'airain et d'autres métaux. Dans l'Écriture, les grands et les princes
sont souvent appelés les boucliers des peuples: ainsi Saül, le bouclier des
forts, 2 Samuel 1:21: et Dieu lui-même se plaît à prendre ce nom, Genèse 15:1;
Psaumes 5:12. La foi doit être pour le chrétien un bouclier pour éteindre les
dards enflammés du malin. Éphésiens 6:16.
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BOUQUETIN,
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— Voir: Chamois.
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BOUTEILLE,
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— Voir: Outre.
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BRACELETS,
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— Voir: Boucles.
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BRAS.
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Comme c'est la partie de notre corps avec laquelle nous
exerçons le plus notre activité et déployons le plus souvent notre force, le
bras sert à désigner l'action du pouvoir de l'Éternel, qu'il crée ou qu'il
détruise, qu'il protège, qu'il convertisse, ou qu'il châtie. Exode 6:6; Psaumes
71:18; Jérémie 17:5; 32:17; Ésaïe 40:11; Zacharie 11:17.
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BREBIS.
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La langue hébraïque possède un mot, Tsôn, qui signifie
ce que nous appelons en général menu bétail, Genèse 27:9; Lévitique 10, mais
qui cependant désigne dans son acception ordinaire la brebis et son espèce,
Genèse 31:10; 1 Samuel 25:2. (Le menu bétail constituait, dans les anciens
temps, comme encore de nos jours, la richesse des peuples nomades.)
— Un seul animal de cette espèce, sans égard à l'âge
ni au sexe, s'appelle Zèh, Exode 22:1; Deutéronome 14:4. Talèh désigne l'agneau
qui boit encore le lait de sa mère, Kèbès l'agneau d'un an et au-dessus. Kar
l'agneau qui est assez fort pour aller paître seul. Mischnim, 1 Samuel 15:9, paraît
désigner les agneaux qui, après la première année, ont perdu les deux dents de
devant à la mâchoire inférieure, et commencent à devenir forts. Ayil désigne le
bélier, et Rahhel la brebis proprement dite, qui a des petits, Genèse 31:38;
32:14; cependant ce dernier mot, comme celui de brebis chez nous, se trouve
aussi employé dans un sens plus étendu, s'appliquant à toute l'espèce, Ésaïe
53:7; Cantique 6:6. On voit, par ces distinctions, que l'élève de ces animaux
était assez développée parmi les Hébreux. La couleur des brebis en général
était la même que dans nos contrées. Psaumes 147:16; Ésaïe 1:18; Daniel 7,9;
Genèse 30:32,35; 31:10,12.
Il y a en Orient deux espèces de brebis: les unes
semblables aux nôtres, mais plus grandes, plus hautes, plus maigres, et
couvertes d'une laine qui a plus de rapport avec le poil, ce qui est très
probablement l'effet du climat; les autres se distinguent par une queue large
et grande, assez grasse et quelque peu recourbée à l'extrémité. Cette queue est
une masse d'une substance qui tient le milieu entre la graisse et la moelle, et
ressemble, pour le goût, au beurre, qu'elle sert aussi à remplacer: elle pèse
de 5 à 15 kilogrammes On sait que les bergers, pour préserver la queue de ces
brebis, la placent sur un petit char auquel la brebis est attachée; cette
pratique est si ancienne, qu'Hérodote en parle déjà. Il paraît que les
Israélites possédaient aussi de ces brebis, car dans leurs sacrifices la queue
est toujours nommée parmi les graisses qu'il fallait brûler. Lévitique 3:9;
7:3; 8:25; 9:19.
Les contrées de la Palestine les plus favorables à la
bonne venue du menu bétail étaient la plaine de Saron, Ésaïe 65:10, le mont
Carmel, le pays de Galaad, Michée 7:14, et Basan, Deutéronome 32:14; Ézéchiel
39:18.
Les peuples voisins des Israélites s'adonnaient comme
eux à l'élève des brebis; les Moabites payaient à Joram en tribut annuel la
laine de cent mille agneaux et d'un nombre égal de béliers, 2 Rois 3:4, et plus
tard un tribut pareil aux rois de Juda, Ésaïe 16:1. De nos jours encore, les
plaines qu'habitèrent les Moabites sont riches en troupeaux de brebis.
— Les Édomites, Ésaïe 34:6, les tribus arabes de
Kédar, et les Nabatéens, Ésaïe 60:7, s'occupaient de nourrir et d'élever ces
animaux, et leurs contrées fertiles en herbes salées leur étaient tout à fait
favorables. L'artifice que Jacob employa pour augmenter son salaire en
favorisant la naissance de brebis marquées de certaines couleurs, Genèse
30:37-43, prouve les progrès qu'avait faits dans ce temps l'art de soigner les
troupeaux. Nous rappelons ici que le célèbre Buffon s'accorde avec l'Écriture
sainte à reconnaître que dans aucune race d'animaux, l'imagination de la mère
n'a autant d'influence sur sa progéniture, que dans celle des brebis.
La chair et le lait des brebis servaient à la
nourriture des Israélites, Deutéronome 32:13-14; Ésaïe 7:21-22; Ézéchiel 34:3;
1 Corinthiens 9:7: cette viande est encore pour les Arabes, les Perses, et les
Orientaux en général, une nourriture très estimée.
— Déjà dans les anciens temps, il se faisait un
commerce de laines très actif; les marchands de Damas en portaient aux marchés
de Tyr une grande quantité, soit blanche, soit brune, soit rougeâtre et
luisante. Quant à cette dernière espèce, le voyageur Tavernier rapporte que
dans les montagnes du Kerman en Perse, il y a une espèce de brebis qui jette sa
laine au printemps, au point de paraître tondue; que cette laine est d'un brun
léger et quelquefois grisâtre, et que les Guèbres qui habitent ces montagnes,
en fabriquent des étoffes, des habits, et autres travaux, dont ils font un
trafic considérable.
La coutume d'apprivoiser les brebis de manière à les
rendre aussi familières que des chiens, coutume à laquelle a fait allusion le
prophète Nathan, 2 Samuel 12:3, dans l'apologue par lequel il a convaincu David
de son péché, existe encore de nos jours chez les arabes. Les bergers donnaient
aussi quelquefois à leurs brebis des noms que ces dernières connaissaient si
bien qu'elles ne manquaient pas d'y répondre en accourant lorsqu'elles étaient
appelées (Théocrite, Idyl. V, 102, 103); c'est à cet usage que se rapportent
les paroles de notre Sauveur, Jean 10:3.
Comme le bélier marche presque toujours en tête du
troupeau, et lui sert en quelque sorte de guide, il a été pris pour le symbole
de la royauté, ou du souverain des peuples; et dans la fameuse vision de
Daniel, 8:3-4,20, le roi de Perse est représenté par cet animal. Les mots chef
(d'une nation), et bélier, sont même devenus complètement synonymes en hébreu,
cf. Ésaïe 14:9; Zacharie 10:3, dans l'original. Nous ajouterons que l'historien
Ammien Marcellin raconte que lorsque les rois de Perse se mettaient à la tête
de leurs troupes pour entrer en campagne, ils portaient en guise de diadème une
tête de bélier en or, et ornée de pierreries; de même sur les colonnes de
Persépolis le signe de la royauté est un bélier.
La brebis, le bélier et l'agneau servaient aux divers
sacrifices des Israélites: le bélier annonçait le conducteur du troupeau dont
le sang devait couler pour le rachat des siens, la brebis et l'agneau étaient
les symboles de l'humilité et de la soumission patiente, parce qu'ils sont d'un
caractère doux, patient, et lent à la colère; on assure cependant qu'une fois
irrités, ils le sont tellement qu'on ne peut plus les apaiser. Cela explique
pourquoi la Bible a pris cet animal pour le symbole de l'humilité et de la
patience en général, et de Christ en particulier, Jean 1:29; mais cela explique
aussi l'expression de la «colère de l'agneau», Apocalypse 6:16, cette haine de
Dieu contre le mal, et ce courroux lent à s'allumer, mais qui s'allumera devant
l'endurcissement prolongé, et qui ne cessera plus de consumer ses adversaires.
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BUFFLE,
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Deutéronome 14:5; 1 Rois 4:23.
— Voir: Gazelle.
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BUIS.
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Parmi les arbres du Liban dont le bois doit un jour
servir à la construction du nouveau sanctuaire, le prophète Ésaïe, 60:13, nomme
le Théaschur; et dans le chapitre 41:19, il est dit que ce même arbre croîtra
un jour dans les déserts avec le cèdre, le cyprès et l'acacia. Les
commentateurs juifs sont d'accord à penser que l'arbre, dont il est parlé dans
ces deux passages est le buis, et leur opinion s'accorde avec le contexte,
quoiqu'on ne puisse pas prouver que le mot hébreu théaschur ait effectivement
cette signification. Les versions arabes, et la version syriaque traduisent
théaschur par Cherbin qui est une espèce de cèdre ou de sapin-cèdre.
Dans sa description du commerce et du luxe des
Tyriens, le prophète Ézéchiel, 27:6, dit que les bancs de rameurs de leurs
vaisseaux étaient faits de aschur (c'est à peu près le même mot que théachur),
étaient faits de buis, apporté des îles de l'Occident, et garnis d'ivoire. Et
ce qui confirme le sens que nous donnons à ce mot, c'est que nous voyons par un
passage de Virgile (Æneid. 10, 137.... Quale per artem inclusum buxo lucet
ebur), qu'en effet les anciens avaient coutume de travailler de la sorte, et
d'incruster l'ivoire dans le buis.
— Voir: Orme.
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BUL,
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1 Rois 6:38, appelé depuis lors Marchesvan: c'était le
second mois de l'année civile, et le huitième de l'année ecclésiastique; il se
composait de vingt-neuf jours, et correspondait à notre fin d'octobre et
commencement de novembre. C'est dans ce mois que commençaient à diminuer les
chaleurs, que l'on semait l'orge et le froment, et qu'on récoltait les derniers
raisins; c'est aussi dans ce mois que fut terminée la construction du temple de
Salomon. Le nom de bul ne se trouve qu'une fois dans la Bible, au passage
indiqué.
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BUTIN.
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Ce qu'un soldat à la guerre avait enlevé de sa propre
main, demeurait en sa possession; mais les objets précieux, et ceux en
particulier qui avaient appartenu au roi vaincu, échéaient de droit au roi
d'Israël, 2 Samuel 8:11; 12:30. Quant à l'ensemble du butin, hommes et bétail,
il se divisait en deux moitiés, dont l'une appartenait aux soldats qui avaient
combattu, déduction faite de la cinq-centième partie qui était pour les
sacrificateurs; l'autre moitié, déduction faite d'un cinquantième pour les
lévites, revenait au peuple, Nombres 31:26, sq. Mais si la ville conquise avait
été mise à l'interdit, il était défendu d'y faire du butin; tout ce qui avait
vie devait être passé au (il de l'épée; on devait brûler tout ce qui pouvait
être brûlé; l'or et l'argent seuls, et les vases de fer ou d'autres métaux,
échappaient à la destruction et étaient placés dans le temple de l'Éternel,
peut-être comme trophées.
— Voir: Josué 6 et 7.
Même sans qu'il y eût d'interdit prononcé, c'était
assez l'usage de consacrer à l'Éternel les prémices des dépouilles, et la
portion la plus honorable du butin, 1 Chroniques 26:27.
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BUTOR.
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Ésaïe 14:23; 34:11; Sophonie 2:14. C'est par le mot de
butor que nos versions ont traduit l'hébreu kippod dans ces trois passages;
d'autres l'ont rendu par orfraie, chat-huant, tortue, castor, etc. C'est dire
assez que l'on ne connaît pas au juste la signification de ce mot. Les
lexicographes allemands, Gesenius et Winer en tête, le traduisent par hérisson
(— Voir: encore Bochart, Hiéroz. II): cette manière de voir est appuyée de
l'analogie des autres langues sémitiques. Le hérisson se trouve en abondance
dans la Syrie et la Mésopotamie, et choisit de préférence les lieux déserts
pour son habitation. Quant au butor, on le trouverait plutôt dans l'hébreu
yanschouph, Lévitique 11:17; Deutéronome 14:16; Ésaïe 34:11. Le butor est une
espèce de héron, mais moins haut sur jambes, et le corps plus charnu; il est si
sauvage et si stupide que son nom est devenu une espèce d'insulte. On le trouve
partout où il y a des marais solitaires, en Angleterre, en Danemark, en Suisse,
et dans les parages plus chauds de l'Italie et de l'Égypte.
— Voir: Chat-huant et Cormoran.
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BUZ,
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1. fils
par Milca, de Nachor frère d'Abraham, Genèse 22:21, fut apparemment l'un des
ancêtres d'Élihu l'ami de Job 32:2. Son nom se retrouve plus tard, Jérémie
25:25, où il est cité à côté de Dédan et de Téma, comme formant un petit état
monarchique sur les contins ou dans les limites de l'Arabie déserte. On ne
connaît aucune ville qui puisse maintenant nous mettre sur la voie de l'ancien
emplacement de cette cité.
2. Fils
de Habdiel, et père de Jahdo, de la tribu de Juda, 1 Chroniques 5:14, inconnu.
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BUZI,
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père du prophète Ézéchiel, Ézéchiel 1:3.
________________________________________
Dictionnaire de la
Bible J.-A. Bost 1849-C
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CAB ou Kab,
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2 Rois 6:25, mesure qui contenait la dix-huitième
partie de l'Épha, ou du Bath, la sixième partie d'un sat, ou environ 24
coquilles d'œuf (près de deux litres).
— Voir: Mesures.
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CABUL.
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1. Ville
sur les frontières de la tribu d'Aser, Josué 19:27.
2. Nom
que Hiram, roi de Tyr, donna dédaigneusement aux pays que Salomon lui offrit en
récompense des services qu'il lui avait rendus pendant la construction du
temple, en charrois, métaux et bois précieux, 1 Rois 9:13. Cabul signifie
déplaisant, aride. Il faut chercher ce district dans les parages rudes et peu
fertiles qui se trouvent au nord-ouest de la chaîne des montagnes galiléennes,
qui séparent la Phénicie de la Palestine.
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CACHET.
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Les Orientaux ont de tout temps regardé les cachets ou
sceaux munis d'un petit manche bien élégant, comme un des ornements les plus
agréables et les plus nécessaires pour l'homme. Les Hébreux n'ont point fait
exception à cette règle, Cantique 8:6; Aggée 2:23; Jérémie 22:24. Hérodote
raconte la même chose des Babyloniens. De nos jours encore les Persans portent
des cachets, ou à leurs doigts, ou suspendus à leur cou et retombant avec grâce
sur la poitrine. L'empreinte consiste ordinairement non dans une figure, mais
simplement dans le nom du propriétaire entouré d'une maxime de Mahomet, comme
d'une auréole favorable. On se sert pour cire d'une espèce d'encre de Chine
résineuse, ou de terre sigillée pour des objets un peu considérables, tels que
scellés sur les portes, etc. C'est en leur remettant le sceau ou l'anneau de
l'État, que les princes orientaux avaient coutume d'élever à quelque charge ou
dignité ceux de leurs sujets qu'ils croyaient devoir honorer de cette faveur.
Genèse 41:42; Esther 3:10; 8:2.
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CADAVRES.
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La manière dont les anciens Hébreux préparaient les
morts pour la sépulture, et dont ils les ensevelissaient, nous est à peu près
entièrement inconnue: tout ce que nous en savons, c'est que dans les temps
primitifs et de l'antique simplicité, c'étaient les plus proches parents, fils
et frères, qui pourvoyaient eux-mêmes directement à la sépulture de celui
qu'ils venaient de perdre, Genèse 25:9; 35:29; Juges 16:31. Plus tard, d'autres
restèrent chargés de ces soins funéraires, et Amos, 6:10, semble même compter
au nombre de ses menaces les plus redoutables, le fait que les morts n'auront
pour les porter au sépulcre, que leurs plus proches parents. La coutume de
fermer les yeux aux morts et de les embrasser, remonte à la plus haute
antiquité, Genèse 46:4; 50:1; cf. Iliad. 11, 452. Æneid. 9, 487; Pline 11, 55.
Dans les temps postérieurs nous voyons le cadavre lavé aussitôt après la mort,
Actes 9:37, puis enveloppé dans un grand linceul, Matthieu 27:59; Marc 15:46;
Luc 23:53, ou, plus ordinairement, tous les membres enveloppés de langes, Jean
11:44, et des aromates interposés entre le corps et ces tissus, Jean 19:39; cf.
12:1,7.
Aux funérailles des princes, ou des seigneurs juifs,
le mort était revêtu de ses habits les plus précieux, et l'on faisait autour de
lui des fumigations abondantes des parfums les plus exquis.
Le prompt ensevelissement des morts, que l'on trouve
avoir été en usage chez les Juifs d'un âge subséquent, Actes 5:6,10, se fondait
sur les idées de souillure et de pureté légales, exposées Nombres 19:11; les
patriarches et les Orientaux de cette époque ne se pressaient pas autant,
Genèse 23:2; sq. Le mort était ordinairement déposé dans une bière (peut-être
ouverte), et porté sur un brancard, suivi de ses parents et de ses amis, 1
Samuel 25:1; 2 Samuel 3:31; Luc 7:12,14; Actes 5:6,10. Avant le départ du
convoi la maison était remplie de cris de deuil, d'hymnes funèbres, et de
bruits d'instruments, Matthieu 9:23; Marc 5:38; cf. Jérémie 9:17; 2 Chroniques
35:25; quelquefois même, d'après la Mishna, les Juifs avaient, comme les Grecs
et les Romains, des femmes salariées pour pleurer.
— Après l'ensevelissement venaient les repas de deuil,
2 Samuel 3:35; Jérémie 16:5,7; Osée 9:4; Ézéchiel 24:17, et ces repas qui se faisaient
d'abord dans l'intimité, devinrent plus tard, chez les familles riches, des
repas d'apparat, auxquels était convié tout le public, à l'honneur du défunt.
— Les guerriers étaient ensevelis avec leurs armes.
Ézéchiel 32:27; cf. Virgile Æneid. 6, 233.
— Voir: encore Sépulture et Tombeau.
Nous avons dit un mot de la souillure légale
qu'entraînait le contact des cadavres d'hommes, Nombres 19, ou d'animaux,
Lévitique 11:24. Quel but le législateur a-t-il eu en vue en promulguant cette
disposition? D'accord avec l'ensemble de son œuvre législative, il a voulu
préserver les Hébreux de maux matériels, et leur donner des idées saines; les
préserver des maux matériels, en les engageant à ensevelir le plus tôt possible
ces cadavres d'animaux que les mœurs orientales jettent volontiers à la voirie,
les exposant à la voracité des chiens et des vautours, aux intempéries de
l'air, et à la putréfaction, coutume dont les conséquences ordinaires sont des
exhalaisons empoisonnées, des maladies contagieuses et la peste. Ainsi, par une
loi dont il ne comprenait pas toujours la portée, chacun se trouvait intéressé
à faire disparaître, en les cachant sous le sol, des corps sans vie, dont le
contact, même involontaire, eût entraîné pour lui toutes les obligations gênantes
d'une souillure légale. Ces considérations qui se rapportent surtout aux
cadavres des animaux, sont les mêmes encore pour ce qui regardait les corps des
suppliciés, qui longtemps, même chez des peuples plus civilisés que les
Orientaux, ont menacé la santé publique. Par là encore, et par l'horreur que
devait inspirer le contact des cadavres, cette loi servait à prévenir la
contagion de certaines maladies, et chacun sait combien le corps de l'homme,
son sang et ses os, renferment de germes destructeurs lorsque la vie, cette
force mystérieuse, n'est plus là pour en contrebalancer et en anéantir les
effets pernicieux.
— Puis, sous le rapport moral, le législateur avait su
prémunir son peuple, soit contre la profanation des débris humains, soit contre
une folle adoration, contre un culte insensé qu'heureusement on n'avait pas
encore imaginé de leur rendre, mais que l'homme animal est peut-être tenté de
rendre au corps animal, oubliant que ce qui est né de la chair est chair, et
doit retourner en la poudre de laquelle il a été tiré.
— Quant à la question spéciale du cadavre de Moïse,
Jude 9, nous en reparlerons à l'article de Moïse.
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CADRAN SOLAIRE.
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Qu'est-ce que le cadran d'Achas dont il est parlé
Ésaïe 38:8, et sur les degrés duquel le prophète fit reculer l'ombre du soleil?
Les Septante et Flavius Josèphe le prennent simplement pour un escalier
quelconque le long duquel l'ombre descendait par hasard; d'autres y voient
aussi un escalier, mais qui aurait été construit exprès dans le but de servir
de cadran solaire. Les interprètes juifs, cependant, sont en général d'accord à
voir dans ces degrés un véritable cadran solaire, un lapis horarum d'après le
Targum, un horologium d'après Symmachus et Jérôme. Il est probable, en effet,
que les Juifs connaissaient les cadrans; car nous savons que Achaz, amateur de
nouveautés et d'inventions, 2 Rois 16:10; sq., était en relation avec les
Assyriens, et c'est des Babyloniens, d'après Hérodote 2, 109, que les Grecs
eux-mêmes avaient appris l'art des cadrans et la division du jour en douze
parties.
Quant à la forme de ces cadrans, il y en avait de deux
espèces; les uns, selon le rabbin Élia Chomer, consistaient en une demi-sphère
creuse, au milieu de laquelle était une boule dont l'ombre indiquait les
heures, en tombant sur les lignes gravées dans l'intérieur de la sphère, au
nombre de 28; cette espèce de cadran fut inventée, selon Vitruve, par le
caldéen Bérosus, et était connue des Grecs sous le nom de
σκαφίς (vaisseau), ou d'hémisphère; les autres, et c'étaient
les plus connus de l'antiquité, consistaient en des obélisques placés au centre
d'une plaine circulaire plus ou moins grande, dont la circonférence était
divisée en parties égales; c'est ce que les Grecs nommaient un gnomon
indicateur.
Les interprètes, et surtout les rationalistes, ont
cherché une explication physique du miracle rapporté dans l'histoire
d'Ézéchias; le philosophe juif Spinosa voulait l'expliquer par un parhélie:
c'était se donner une peine inutile et compliquer le miracle en pure perte;
d'autres n'y ont vu qu'une illusion d'optique opérée par la réfraction des
rayons solaires dont les vapeurs de l'atmosphère auraient été la cause: pour
cela, ils reproduisent l'anecdote qui s'est passée à Metz, en Lorraine, le 27
mars 1703, où le prieur du couvent, le père Romuald, observa un changement, une
rétrogradation de plus dune heure et demie dans l'ombre du soleil. Gesenius dit
que cette anecdote ne prouve rien, et Winer convient que si l'on veut ajouter
foi au récit du prophète, il faut se contenter de la phrase banale des
orthodoxes, que «Dieu peut à sa volonté, et selon son bon plaisir, modifier ou
suspendre les lois de la nature.» Nous n'essaierons pas d'expliquer le miracle,
mais voici comment nous croyons que le texte expose qu'il s'est passé. Il ne
paraît pas qu'il y ait eu sur le corps même du soleil aucune espèce
d'altération; il ne paraît pas non plus que le miracle se soit fait sentir sur
une étendue quelconque du globe, ni même ailleurs que sur le cadran d'Achas; de
sorte qu'à cet égard on peut s'abstenir de parler, comme on le fait
quelquefois, d'un grand dérangement qui serait arrivé dans toute la nature pour
satisfaire à la simple et vaine curiosité d'un prince. Les choses ont suivi
leur cours naturel, et pour donner un signe à Ézéchias, Dieu a fait dévier
d'une manière extraordinaire l'ombre du cadran, sans que rien ait été changé
d'ailleurs.
Parmi tous les au très signes que le prophète aurait
pu donner au roi, il a choisi celui-ci, peut-être parce que les signes donnés
dans le ciel étaient regardés comme plus frappants et moins exposés à l'erreur
ou à l'influence des démons inférieurs; c'est pour la même raison que les
pharisiens demandaient au Seigneur un signe dans le ciel. Matthieu 16:1, et la
bête de l'Apocalypse, au milieu de ses épouvantables miracles, va jusqu'à faire
tomber le feu du ciel. Apocalypse 13:13.
Il est probable que le cadran d'Achas était placé de
telle sorte que le roi malade put aisément de son lit y fixer ses regards.
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CAILLES.
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Ce nom ne se rencontre qu'en Exode 16:13; Nombres
11:31; et Psaumes 105:40, et quoique les caractères indiqués dans ces passages
ne soient pas très significatifs, il ressort de la comparaison avec l'arabe,
que c'est bien par cailles que doit se traduire le mot hébreu Slav. Les
voyageurs et les auteurs anciens parlent tous de l'abondance de cailles que
l'on trouve dans les déserts de l'Arabie Pétrée et dans les contrées qui
avoisinent l'Égypte. Comme le vol de ces oiseaux est fort peu élevé, les
habitants peuvent les saisir à la main, ou les tuent en frappant au hasard
l'air avec leurs bâtons; ils en font, au dire d'Hérodote, un mets très recherché.
Cependant il paraît, d'après les observations qui ont été faites, que les
cailles qui furent envoyées dans le camp des Israélites ne sont point la caille
commune (tetrao coturnix), mais une espèce particulière que les Arabes
distinguent sous le nom de Kata, et qui a passé dans le système de Linnée sous
celui de tetrao Alchata (Israelitarum). Cette caille vit dans l'Arabie Pétrée,
en Judée, dans l'ancienne Idumée, en Moab, en Syrie, et jusqu'à Alep; elle est
de la grosseur d'une tourterelle; elle a le bec court, jaune, recourbé, et
marqué au bout d'une tache blanche; le cou et la tête gris-cendré, le ventre et
le dos gris-rouge tirant sur la souris, la queue en forme de coin et les jambes
garnies de plumes par devant; par tous ces caractères elle appartient à la
famille des perdrix. Quoique ferme et sèche, sa chair offre aux indigènes une
nourriture agréable, d'autant plus précieuse qu'elle n'est point rare, car cet
oiseau va par troupes nombreuses et se laisse facilement attraper.
Quant à la mort soudaine dont furent frappés un grand
nombre de ceux qui, dégoûtés de la manne, avaient demandé avec violence une
nourriture plus ordinaire et plus forte, Nombres 11:33, elle fut sans doute
dans la pensée divine, mais il n'est pas nécessaire d'invoquer ici l'intervention
d'un miracle; les anciens prétendent que les cailles se nourrissent quelquefois
d'ellébore et d'autres plantes vénéneuses, ce qui ne laisse pas de rendre leur
viande un aliment dangereux; en tout cas elle est indigeste, et l'excès de
cette nourriture, l'usage immodéré qu'en firent sans doute les plus impatiens
des Israélites, aura chargé leurs estomacs désaccoutumés depuis longtemps de
viandes et d'autres aliments solides; le brûlant climat du désert d'Arabie aura
rendu leur indigestion plus dangereuse, et l'on sait que dans ces zones
ardentes un excès dans le manger et le boire se trahit bien vite par des
symptômes dangereux, qui souvent mènent à la mort. Les Israélites furent punis
pour avoir obtenu de Dieu ce que Dieu avait déclaré ne pas vouloir leur
accorder; souvent Dieu cède à d'injustes prières, mais c'est dans sa colère; il
donna Saül aux Juifs pour les punir.
Quelques auteurs pensent qu'au lieu de cailles il faut
lire sauterelles, mais ils ne s'appuient que sur le simple fait qu'on lit
sécher ces animaux au soleil, Nombres 11:32, comme si l'on n'avait pas pu faire
sécher aussi les cailles.
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CAÏN
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(possession, usurpateur), le premier homme qui fut
conçu et qui eut un père et une mère pécheurs. Lorsque Ève l'eut mis au monde,
elle parut croire que c'était là l'homme de la promesse qui devait briser la
tête du serpent: c'est du moins le sens que plusieurs personnes donnent aux
paroles qu'elle prononça: J'ai acquis un homme de par l'Éternel, Genèse 4:1.
— Voir: Abel,
— Caïn étant devenu grand, se mit à cultiver la terre,
tandis que son frère Abel prenait soin des troupeaux; ils avaient d'ailleurs
une grande quantité de frères et de sœurs, nés, comme eux, d'Adam et d'Ève.
Au bout de quelques années, 4:3 (d'autres traduisent:
à la fin des jours, c'est-à-dire le septième de la semaine;
— Voir: Wilson.
Sept discours sur l'autorité divine du Seigneur; le
passage 1 Samuel 2:19, parle en faveur du sens que nous adoptons); au bout de
quelques années, en un jour de fête, Caïn offrit à l'Éternel des fruits de la
terre, et Abel des premier-nés de son troupeau. Abel, nous dit le Saint-Esprit,
Hébreux 11, était dans la foi, et ses œuvres étaient justes; mais celles de
Caïn étaient mauvaises, 1 Jean 3:12. C'est pourquoi son offrande ne fut pas
reçue comme le sacrifice d'Abel. Peut-être s'en aperçut-il en voyant la paix
que le Saint-Esprit avait versée dans le cœur de son frère, tandis que sa
conscience à lui, demeurait agitée; peut-être aussi qu'alors, comme en d'autres
occasions, Dieu lit tomber du ciel le feu sur les victimes d'Abel, tandis
qu'aucune manifestation de ce genre n'eut lieu en faveur des oblations de Caïn.
Celui-ci, instruit parle Seigneur de la raison pour laquelle son sacrifice
n'avait point été agréé, s'en prit à son frère au lieu de se corriger, et
l'ayant rencontré dans les champs, il le tua. Ainsi, devenu meurtrier par haine
et par jalousie, Caïn étouffe par les insolences de l'impiété le cri de sa
conscience, et repousse la voix du Seigneur qui voudrait l'amener à la
confession de son crime; la malédiction divine repose sur sa tête coupable; il
part et fuit dans le pays de Nod* avec sa femme, qui est en même temps la sœur
de sa victime et la sienne propre; et soit qu'il en eût déjà des enfants, soit
que, peut-être, ces scènes de meurtre se soient passées au commencement de son
mariage, il nous est dit que c'est là, dans le lieu de son exil, qu'elle lui
enfanta Hénoc, le père d'une postérité qui semble avoir marché sur les traces
impies de son aïeul. Ainsi, dès l'entrée du péché dans le monde, nous voyons la
famille humaine poussée par Satan aux plus grands crimes, et plongée dans la
plus affreuse misère. Adam, le premier transgresseur de la loi divine, se voit
frappé dans ses deux fils: le meilleur périt d'une mort violente, et l'autre
doit s'enfuir loin des lieux qu'habitent les malheureux auteurs de ses jours,
qui lui ont transmis le péché avec la vie!
* (L'Écriture nous
dit que le lieu de l'exil de Caïn et de sa descendance est un monde du nom de
Nod (Gen. 4:16). L'étymologie du nom nous indique la possibilité que le pays ou
le monde de Nod fut une planète perdue qui aurait existée à l'aube de
l'humanité. Ceci est indiqué dans l’Hébreu où nous voyons que Nod signifie
«errer», et que dans le Grec le mot «errer» est «planète» qui souvent est
traduit par «astre errant». L'existence d'une planète entre Mars et Jupiter,
détruite d'une manière mystérieuse, est confirmée par plusieurs scientifiques
de nos jours qui lui ont donné le nom de Héphaïstos ou Vulcain. Il est
intéressant de remarquer que le dieu Vulcain de la Mythologie antique porte les
mêmes traits ou caractéristiques que ceux de Caïn. La Mythologie nous dit que
Vulcain construisit des robots et des chars volants pour les dieux de l'Olympe.
Dans cette optique il est fascinant de voir que la science de la métallurgie
trouve sa source dans les descendants de Caïn (Gen. 4:22). L'ancien historien
Juif, Joseph Flavius, que nous avons déjà mentionné, a écrit que les premiers
hommes d'avant le déluge possédèrent des sciences prodigieuses dans
l'astronomie, la biologie, et plusieurs autres. Des anciens écrits comme la
Mahabarrata qui datent de plusieurs millénaires avant Jésus-Christ, mentionnent
qu'en ce temps là les hommes volaient dans les airs dans des vaisseaux lumineux
nommés des Vimanas. Considérant que les hommes de ce temps vivaient de huit à
neuf cent ans, on ne peut être surpris que cette ancienne civilisation était
avancée au niveau de la technologie au point que nous ne pouvons même pas nous
imaginer, et que le voyage interplanétaire était une réalité. Oserions-nous
penser que notre civilisation dite moderne serait la seule dans l'histoire à
posséder une telle connaissance qui est en voie de progression pour notre
destruction ? Si oui, nous serions surpris par la Parole de Dieu qui nous dit
dans l'Ecclésiaste: «Ce qui a été, c'est ce qui sera; ce qui s'est fait, c'est
ce qui se fera, et il n'y a rien de nouveau sous le soleil. Y a-t-il une chose
qu'on puisse dire: Voici ceci, c'est nouveau ? Elle a déjà été dans les siècles
qui furent avant nous» (Ecc. 1:9, 10). Le moyen par lequel Caïn se rendit sur
la planète Nod ou Vulcain nous est révélé dans la science du magnétisme
(anti-magnétisme selon certains), science qui est convoitée fortement par les
scientifiques de nos jours et qui fut utilisé par les Égyptiens pour construire
leurs pyramides en faisant flotter dans les airs d'énorme bloque de granite.
Même que l'attraction du champ magnétique de cette planète mystérieuse aurait
déterminé la stature des habitants sur notre monde, ce qui fait que le
gigantisme était l'état normal des choses sur la face de la terre en ce temps.
En fait, une version française du livre d'Énoch mentionne même que Noé et ses
fils étaient des géants, ce qui expliquerait très bien pourquoi il y avait
encore des géants après le déluge, comme nous voyons dans Énoch 105:13-16:
13- Alors, moi,
Énoch, je lui répondis : Le Seigneur est sur le point de faire une nouvelle
œuvre sur la terre. Je l’ai vu dans une vision. Je t’ai parlé du temps de mon
père Jared, de ceux qui, nés du ciel, avaient cependant transgressé la parole
du Seigneur. Voici: Ils commettent l’iniquité, et ils ont transgressé les
ordonnances, et habitaient avec les femmes des hommes, et engendraient avec
elles une postérité infâme.
14- Pour ce crime,
une grande catastrophe surviendra sur terre; un déluge l’inondera et la
dévastera pendant une année.
15- Cet enfant qui
vous est né survivra seul à ce grand cataclysme avec ses trois fils. Quand tout
le genre humain sera détruit, lui seul sera sauvé.
16 Et ses
descendants enfanteront sur la terre des géants, non pas nés de l’esprit, mais
de la chair. La terre sera donc châtiée, et toute corruption sera lavée. C’est
pourquoi, apprends à ton fils Lamech, que le fils qui lui est né est
véritablement son fils ; qu’il l’appelle du nom de Noah, parce qu’il vous sera
survivant. Lui et ses fils ne participeront point à la corruption, et se
garderont des péchés qui couvriront la face de la terre. Malheureusement, après
le déluge, l’iniquité sera encore plus grande qu’auparavant ; car je sais ce
qui doit arriver ; le Seigneur lui-même m’en a révélé tous les mystères, et
j’ai pu lire dans les tables du ciel.
Tout semble
indiquer que la destruction de la planète Nod ou Vulcain joua un rôle important
dans le déluge. Des calculs récents de certains scientifiques indiquent que
Mars aurait été une des lunes ou satellites de cette planète perdue. Mars
aurait même été habitée en cette période par la descendance de Caïn. Ce qui
semble être des ruines d'une ancienne civilisation à sa surface dans la région
de Cydonna, la cité des anges, et celle de la Cité des Étoiles, indiqueraient
la présence possible d'une race intelligente qui l'habita lorsqu'elle fut
couverte d'océans et d'un sol fertile.
Les circonstances
qui sont reliées à la destruction de Nod, se rapportent à une tentative
d'invasion et d'infiltration des Néphilims sur la terre, dont le but fut de
corrompre l'esprit des fils de Dieu et de semer la débauche. Que l'Écriture se
donne la peine de souligner le fait «qu'il y avait des Néphilims (disgraciés)
sur la terre en ce temps là» (Gen. 6:4) indique clairement qu'ils n'étaient
point sur la terre avant cela. Le livre d'Énoch mentionne que «les fils des
cieux» descendirent sur la terre sur le sommet du mont Hermon dans le temps de
Jéred. Ils étaient deux-cent qui descendirent et vinrent enseigner aux hommes
toutes sortes de sciences cachées comme l'art de la guerre, les complots, le
retentissement des sons, les plaisirs de la sensualité, et la propriété des
plantes, comme nous voyons aussi avec une traduction étymologique de Gen.
5:16-24:
16 Alors Caïn
renonça à la présence de l'Éternel, et habita dans l'astre errant de Nod
(errer, planète), et s'éleva contre la Grâce de Dieu.
17 Puis, en ce
lieu, Caïn réalisa son existence, qui conçut et engendra une initiation à une
nouvelle naissance; et il érigea une vengeance terrible contre Dieu, qu'il
appela Hénoc, du nom de sa condition de disgrâce
18 Puis Irad (la
séquestration) naquit à Hénoc, et Irad engendra Mehujaël (affligé de Dieu), et
Mehujaël engendra Methushaël (l'homme divinisé), et Methushaël engendra Lémec
(le renversement de l'être).
19 Et Lémec prit
deux femmes: le nom de l'une était Ada (plaisir), le nom de l'autre Tsilla
(protection).
20 Et Ada enfanta
Jabal (fastueux); il fut père de ceux qui demeurent dans des sanctuaires et
près des rachetés.
21 Et le nom de son
frère était Jubal (une source); il fut père de tous ceux qui manipulent le retentissement
(harpe) de la sensualité (chalumeau).
22 Et Tsilla, elle
aussi, enfanta Tubal-Caïn (le producteur), qui affinait (forgeait) tous les
complots et les enchantements qui se transpirent; et la sœur de Tubal-Caïn fut
Naama (séduisante).
23 Et Lémec dit à
ses femmes: Ada et Tsilla, écoutez ma voix; femmes de Lémec, prêtez l'oreille à
ma parole: Oui! j'ai tué un homme pour ma séparation d'avec Dieu, et un jeune
homme pour mon attachement à Cain.
24 Car si Caïn est
vengé sept fois contre Dieu, Lémec le sera soixante-dix-sept fois.
Or, Jéred (Gen.
5:15-20), signifie littéralement «la descente» ou «l'abaissement», car en ce
temps, les hommes de la lignée de Seth tombèrent dans l'abaissement moral.
C'est exactement cela que nous voyons dans Gen. 6:5 où il est dit «que la
malice des hommes était très-grande sur la terre, et que toute l'imagination
des pensées de leur cœur n'était que mal en tout temps». C'est la raison pour
laquelle Dieu décida d'exterminer la race des hommes de dessus la terre (Gen. 6:7).
Il est important de comprendre que pour les anciens, le mot «terre» détenait
souvent un sens cosmique plutôt que local. C'est à dire qu'il ne se rapporte
pas toujours à notre monde que nous nommons «la Terre», mais à tous corps de
matière solide dans notre système planétaire où il y avait de la vie, de l'eau,
et de la végétation. Si tel est le cas ici, et tout semble indiquer que ce
l'est, nous faisons face à une extermination universelle de la race humaine,
autant des hommes qui vivaient sur notre terre que ceux qui vivaient sur
d'autres corps célestes à l'intérieur de notre système planétaire. Le retour de
Caïn sur notre terre d'où il avait été banni, engendra ainsi une catastrophe
cosmique universelle. Selon plusieurs scientifiques, la planète Vulcain (ou
Nod) entra en collision avec un autre corps céleste qui en toute probabilité
fut une de ses lunes. L'explosion de la planète déstabilisa l'équilibre de
l'ordre dans les sphères célestes et détruisit le système écologique de tous
les mondes habités. Des fragments énormes frappèrent Mars et plusieurs autres
mondes, mais aussi notre Terre bouleversant son axe de positionnement spatial
et occasionnèrent le déluge. Tout ce qui avait souffle de vie dans la création
entière, incluant le Néphilims qui habitèrent Nod, fut exterminé. Mais Dieu se
garda huit personnes dans le but de restaurer la création et sauvegarder la
promesse du salut en Jésus-Christ.)
Il est possible que Caïn n'ait pas voulu tuer son
frère; il ne savait peut-être pas même bien ce que c'est que la mort. Il a
voulu le frapper, le blesser, le faire souffrir, lui faire autant de mal que
possible, mais sans penser que sa vie dût s'écouler par ses blessures et par
ses souffrances; la haine a causé la mort sans peut-être même la soupçonner, et
notre Sauveur l'a répété plus tard par la bouche d'un de ses apôtres: celui qui
hait son frère est un meurtrier, 1 Jean 3:15.
Quant au signe que Dieu mit sur Caïn afin qu'on ne le
tuât pas, nous ne le connaissons pas; ce pouvait être simplement l'air de son
visage; il est d'ailleurs beaucoup plus dans l'analogie de la langue hébraïque
de traduire «Dieu donna un signe à Caïn», lui garantissant sa protection contre
la vengeance des autres hommes. La crainte qu'éprouvait ce meurtrier nous est
une révélation bien remarquable de ce que devient un homme lorsque sa
conscience est troublée; il perd cette dignité qui est l'apanage du maître du
monde, il craint tous les êtres créés, parce que Dieu lui a ôté l'assurance
intime de sa protection. Les promesses que Dieu fait au fugitif nous montrent
aussi la longue patience de Dieu, qui garantit même au pécheur son existence,
et qui ne veut pas faire tomber tous ses jugements sur sa tête coupable, avant
d'avoir épuisé les trésors de sa miséricorde. On peut dire aussi, avec Schrœder,
que ces promesses de Dieu ne s'adressaient pas à Caïn lui-même; elles avaient
pour but d'empêcher le développement de l'esprit de vengeance humaine.
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CAÏNAN ou Kenan,
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fils d'Énos, naquit l'an du monde 325; à l'âge de 70
ans il eut Mahalaléel, ce qui ne veut pas dire que ce fut là son fils aîné, car
l'Écriture ne nomme que les patriarches desquels descendit Noé. Caïnan eut
encore beaucoup d'autres enfants, Genèse 5:13, puis il mourut, à l'âge de 910
ans, Genèse 5:9-14. Il est nommé dans la généalogie de Marie, Luc 3:37.
— Dans la même généalogie, au verset 36e, on retrouve
un autre Caïnan, évidemment distinct du premier; fils d'Arphaxad, est-il dit,
et père de Sala, le père d'Héber; mais dans toute la généalogie de l'Ancien
Testament, Arpacsad est nommé, sans intermédiaire, père de Sélah (ou Sala),
Genèse 10:24; 11:12; 1 Chroniques 1:24, sans que ce Caïnan soit même indiqué
dans aucune des anciennes versions, grecque, samaritaine, chaldaïque, syriaque,
ni dans Philon, ni dans Flavius Josèphe, ni dans Jérôme. On pourrait expliquer
ce fait en supposant, ce qui est possible aussi, que les anciennes généalogies
ont omis le nom de ce Caïnan comme elles omettaient fréquemment des générations
peu importantes; mais alors on devrait se demander pourquoi Luc l'a donné, et
surtout comment il se l'est procuré. L'explication la plus simple et la plus
vraisemblable, c'est que Helléniste lui-même, et écrivant son Évangile pour des
Grecs, saint Luc aura suivi la version grecque des Septante, qui ajoute le nom
de Caïnan dans la généalogie de Sem, Genèse 10:22; 11:13. On ne sait, du reste,
pas comment ce nom a pu se glisser ou s'introduire dans cette dernière
traduction.
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CAÏPHE,
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successeur de Simon fils de Camith, exerça la
souveraine sacrificature dès l'an 25 de l'ère chrétienne, pendant les dernières
années de notre Sauveur, et dans la première période de l'âge apostolique. Il
était redevable de la noble charge qu'il exerçait à un fonctionnaire païen, le
procurateur romain Valerius Gratus, et l'on peut dire qu'il l'exerça en païen,
dévoué au pouvoir qui l'avait élevé. Il était Sadducéen, Actes 5:17, et avait
épousé la fille de l'ancien sacrificateur Anne. Il fut l'un des plus ardents
ennemis du Christianisme, et lorsque les sacrificateurs et les pharisiens,
effrayés de l'effet que produisait la résurrection de Lazare, consultèrent
entre eux pour faire mourir Jésus, Caïphe prononça ce mot bien connu, qui
n'était dans son esprit que le fruit de sa politique toute romaine, mais qui,
dans la pensée du Seigneur, était une prophétie: Il est de notre intérêt qu'un
seul homme meure pour le peuple, Jean 11:49-50. Deux jours avant Pâques, nous
le retrouvons réunissant le sanhédrin dans sa maison, pour délibérer sur la
manière de se saisir de Jésus par finesse, car ils craignaient le peuple,
Matthieu 26:5; Marc 14:1; Luc 22:2. Puis, le matin de la nuit où notre Sauveur fut
arrêté, le même Caïphe, attendant peut-être la convocation du sanhédrin,
commence un interrogatoire privé de Jésus, et permet à ses valets de le
frapper; mais il ne peut rien trouver chez le roi de paix qui trahisse un
révolutionnaire, prêt à s'insurger contre Rome pour se faire couronner roi de
Juda, Matthieu 26:57; Marc 14:53; Luc 22:54; Jean 18:15. Le sanhédrin se
rassemble, Jésus comparaît, on remplace l'illégalité par des formes légales;
faute de témoins, l'on en suborne; à défaut de bons, l'on en prend de mauvais;
on transforme en blasphème contre le temple de Dieu quelques paroles que Jésus
a dites touchant le temple de son corps; et quand notre Seigneur dédaigne de
répondre à des questions inutiles, on s'irrite, on menace. Enfin, interrogé sur
sa divinité, notre Sauveur la proclame; et trop heureux d'une réponse qui lui
fournit un si spécieux prétexte, le vil Caïphe affecte de déchirer ses
vêtements à l'ouïe de ce qu'il estime être un blasphème, et la sentence de mort
coule sans peine de son cœur plein de fiel et d'envie, Matthieu 27:2; Jean
18:28.
Mais, comme le sang irrite encore la soif du tigre au
lieu de le désaltérer, Caïphe de même, non content de la mort du Juste,
insensible aux miracles qui l'accompagnent, insensible à sa résurrection, peu soucieux
de croire aux gloires de l'Ascension et de la Pentecôte, recommence à
persécuter les disciples, auxquels le Maître a communiqué ses vertus; Pierre et
Jean doivent comparaître devant lui pour la guérison d'un impotent, Actes 3;
4:6. Relâchés avec menaces, les apôtres continuent à dire les merveilles de la
croix, et ils doivent de rechef se présenter devant l'assemblée des iniques,
5:17; ils sont jetés eu prison, puis délivrés par un ange. 5:18-19; saisis de
nouveau, ils se justifient devant le sanhédrin: Caïphe et les siens, grinçant
des dents, consultent pour les faire mourir, 5:33; mais l'avis de l'honorable
Gamaliel prévaut, les apôtres sont sauvés, et Caïphe n'a pour toute consolation
que la ressource de les faire fouetter avant de les relâcher.
C'est ici que s'arrêtent pour nous les données de
l'Écriture Sainte sur la vie de Caïphe; peu après l'éloignement de Pilate,
Caïphe fut également déposé par le proconsul Vitellius, 36 après J.-C., et
remplacé par Jonathan, fils d'Ananus. Quelques membres de l'ancienne église le
confondent avec Flavius Josèphe l'historien, et ont cru, mais à tort, qu'il
s'était converti plus tard au christianisme.
Il est peu de ligures dans la Bible qui présentent à
un si haut degré la haine pour la vérité, la bassesse, la violence et la ruse;
Caïphe persécuta l'Évangile et resta sourd et aveugle en présence de tous les
faits qui pouvaient le rendre attentif à la divinité de celui qu'il
persécutait.
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CAÏUS,
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3 Jean 1.
— Voir: Gaïus.
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CALAH,
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ancienne ville d'Assyrie, fondée peu après le déluge
par Assur, Genèse 10:11-12, ou, comme d'autres le pensent, par Nimrod. On ne
sait rien de sa situation exacte; quelques-uns comparent Chalach, q.v.
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CALCOL,
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1 Rois 4:31; 1 Chroniques 2:6.
— Voir: Éthan.
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CALDÉE.
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Caldéens. On appelait Caldéens les habitants de la
Babylonie, et du royaume de Babylone, q.v. Daniel 9:1; 2 Rois 25:4; Ésaïe
13:19; 23:13; 48:14; Jérémie 21:4; 32:4; Ézéchiel 23:14; Habacuc 1:6; cf.
Genèse 11:28; Job 1:17. Ils n'étaient cependant point originaires de cette
contrée, et ne doivent pas être confondus avec ses anciens habitants; la langue
des Babyloniens était une sœur de celle des Hébreux, tandis que celle des
Caldéens en différait complètement, comme on le voit par les noms propres
Nabopolassar, Nébucadnetsar, Belsatsar, etc., qui n'ont aucun rapport avec la
langue hébraïque, et que l'on a essayé avec succès d'expliquer en les comparant
avec les restes de l'ancien persan. Les Caldéens paraissent avoir eu pour
berceau les montagnes Carduchi, qui séparent l'Arménie de l'Assyrie; Xénophon
(Cyrop. III, et dans plusieurs endroits de son Anabasis) parle d'eux comme d'un
peuple pauvre et barbare, courageux et jaloux de sa liberté, vivant de rapines,
et fournissant quelquefois des troupes mercenaires aux rois de la Médie et des
Indes: c'est ainsi que nous en rencontrons dans l'armée des Assyriens, Ésaïe
23:13. On peut supposer qu'un roi d'Assyrie avait accordé une portion de
territoire, dans la Babylonie, à une troupe de Caldéens qu'il avait à sa solde,
et que ceux-ci, peut-être sous la conduite de Nabopolassar leur chef, se sont
rendus maîtres de la province et maintenus indépendants. Depuis ce temps la
province de Babylonie, qui anciennement s'appelait Sinhar, a reçu le nom de
Caldée: mais une partie des Caldéens proprement dits, restèrent dans leur
montagneuse patrie, où ils furent visités par Xénophon; d'autres encore ont pu
s'établir dans d'autres pays. Ceux qui ont occupé la Babylonie y ont adopté la culture
et les mœurs des habitants, et ayant été amollis par le luxe, ils ont succombé
sous les Perses.
Le nom de Caldéens n'a pas seulement été étendu aux
Babyloniens leurs sujets, mais il a encore été employé dans une acception tout
à fait particulière, pour désigner les savants de Babylone, et plus tard
ceux-là seulement qui s'adonnaient à l'astrologie, à la magie et aux sciences
occultes, Daniel 2:2,10; 4:4; 5:7,11; Quint. Curt. 5, 1; 22. Hérodote 1, 181,
et ailleurs.
— Voir: plus bas.
Après Nimrod, Genèse 10:9-10; et Amraphel, roi de
Sinhar, dont il est parlé en passant, Genèse 14:1, le premier roi des Caldéens
que nous trouvons dans la Bible, est Mérodac, fils de Baladan, 2 Rois 20:12;
Ésaïe 39:1; il eut avec Ézéchias des rapports de bienveillance mutuelle, et
vécut vers l'an 713 avant J.-C. Cent ans plus tard environ, Nabopolassar occupe
le trône pendant vingt-et-un ans (626-604); les prophètes (Jérémie, Habacuc)
annoncent l'approche d'une armée envahissante, et l'on voit apparaître
Nébucadnetsar, que le livre d'Esdras appelle plus particulièrement le Caldéen,
5:12; 2 Rois 24; cf. Jérémie 39:5,8. Son fils Évilmérodac lui succède, 2 Rois
25:27; Jérémie 52:31. Il est tué par son beau-frère Nériglissar qui, après
quatre ans, perd la vie dans une bataille contre Cyrus, en 556.
Laboroso-Archod, mauvais roi et cruel tyran, ne règne que neuf mois; il est
assassiné, et a pour successeur Nabonedus qu'Hérodote appelle Labynetus, 1,
188, et que l'Écriture sainte nous fait connaître sous le nom de Belsatsar; il
clôt la série des rois caldéens qui régnèrent sur Babylone; l'empire fut
ensuite donné aux Perses, Daniel 5.
Disons maintenant quelques mots de la religion des
Caldéens. Comme l'origine de ce peuple semble se perdre dans une antiquité
voilée à nos regards, il en est à peu près de même de son système religieux:
nous avons cependant des raisons de croire que les connaissances religieuses
des Caldéens, dans le principe, n'étaient pas dépourvues de toute vérité; car
dans la prophétie remarquable de Daniel, 2, où les quatre monarchies du monde
sont placées selon leur valeur morale et religieuse, la puissance des
Assyriens, des Caldéens et des Babyloniens, est représentée sous l'image de la
tête d'or, tandis que les Perses ne sont que la poitrine d'argent, les Grecs et
les Romains, les hanches et les jambes d'airain et de fer.
Dans les temps postérieurs, la religion des Caldéens
fut un culte des astres, autant du moins que nous en pouvons juger; leur
théologie était devenue astrologie: au lieu du Dieu des cieux, ils adoraient
les cieux, comme d'autres plus tard ont rendu leur culte aux hommes sanctifiés,
plutôt qu'à celui qui les a sanctifiés. L'observation des astres avait toujours
été une de leurs principales occupations, et ils y avaient fait des progrès
remarquables. Callisthènes, philosophe et savant grec, trouva à Babylone,
lorsque la ville fut prise par Alexandre, un grand nombre de calculs
astronomiques, dont il donna connaissance à Aristote, calculs qui embrassaient
une période de 1933 ans, remontant jusqu'en 2233 avant J.-C., c'est-à-dire
jusqu'à 115 ans seulement après le déluge (2348), à peu près à l'époque de la
confusion des langues. En se perfectionnant, l'astrolâtrie en est venue à
accorder une attention spéciale aux sept corps suivants, le Soleil, la Lune,
Mercure, Vénus, Mars, Jupiter et Saturne, à ces cinq derniers surtout, dont on
regardait deux comme bienfaisants et favorables, Jupiter et Vénus, et deux
comme sinistres, d'une influence pernicieuse, Mars et Saturne: quant à Mercure,
il était considéré comme neutre, ou plutôt il pouvait être bon ou mauvais,
suivant les circonstances.
La planète de Jupiter était appelée Bel dans les
livres saints des Sabéens, et selon quelques auteurs (Gesenius) c'est cette
planète qui était adorée en Phénicie sous le nom de Bahal, à Babylone sous
celui de Bel: les classiques latins et grecs rapportent aussi que le dieu des
Babyloniens a porté ce nom; on connaît le Jupiter Belus, Pline Hist. Nat. 37,
10. Cicer. De Nat. Deor. 3, 16. Hérodote 1, 181, etc. C'est aussi d'après
quelques interprètes le dieu Gad mentionné, Ésaïe 65:11, dans le texte hébreu,
et que nos traductions ont rendu par «l'armée des cieux».
— Voir: Gad #3.
Vénus semble avoir été dans tout l'Orient l'objet du
même culte voluptueux; elle portait aussi le nom de Bahalt comme la déesse,
l'épouse, le complément féminin du Bahal: c'est probablement elle encore qu'il
faut chercher dans la Hastoreth, Hastaroth ou Astarté des Sidoniens, 1 Rois
11:5,33. Ce dernier nom qui fait de Vénus la reine des étoiles, renferme sous
le rapport étymologique les consonnes qui, dans la plupart des langues connues,
servent à désigner ces joyaux du firmament. Dans Astarté se trouve le grec
sider, le latin sidéra et astrum, le français astre, l'anglais star, l'allemand
stem, l'italien Stella, etc. Et l'un des Targummims, dans la paraphrase de
Esther 2:7, dit que Ester signifie de même étoile du matin.
— Les Arabes appelaient Vénus fortuna minor, comme ils
appelaient Jupiter fortuna major.
Mercure s'appelait Nebou chez les Sabéens; c'était la
planète divine, la messagère des dieux; elle n'est pas sans rapport avec le
Hermès des Grecs et le Mercure des Romains: son nom même de Nebou ressemble au
Nabi des Hébreux, qui signifie prophète. Beaucoup de noms propres assyriens et
babyloniens sont composés de ce mot, Nébucadnetsar, Naboned, Nabopolassar; et
le mont Nébo sur lequel Moïse est mort prenait son nom de cette même idole,
d'après Jérôme qui dit dans son commentaire sur Jérémie 48:7. «Sur le mont Nabo
se trouvait Kémos, idole consacrée qui est encore connue sous le nom de
Belphégor, ou Bahal-Péhor». Nombres 25:3,5.
— Voir: Kémos.
La planète de Saturne passait pour exercer une
mauvaise influence; les Arabes l'appelaient magnum infortunium, et les
classiques latins aussi bien que les Orientaux nous ont conservé comme
tradition la mauvaise renommée qu'elle avait. Propert. 4, 1; 84; Lucain 1, 650.
Pline, Hist. Nat. 2, 8. Les Sabéens rappelaient Kivan, et les Arabes Kirén,
deux noms qui correspondent tout à fait en hébreu, à celui de Kijun, divinité
qu'adorèrent, selon Amos 5:26, les Israélites dans le désert. Les Septante
l'ont expliqué par Remphan, cf. Actes 7:43, mot qui encore aujourd'hui dans la
langue copte, sert à désigner la planète Saturne. Le caldéen Kivan signifie
ferme, droit, juste; et l'on sait que les classiques nous représentent l'âge de
Saturne comme l'âge d'or, et qu'ils font l'éloge de la justice qui régnait
alors. Le nom de Saturne, qui dérive de l'hébreu, signifie l'éternité, car
Saturne est l'éternité personnifiée, en grec chronos, le temps infini.
— Le Moloch auquel on sacrifiait des enfants, en les
faisant passer par le feu, était encore le même, Amos 5:26. Diod. de Sicile 20,
14. Les anciens Arabes faisaient son culte le samedi dans un temple
sexangulaire noir, et habillés de noir; l'antiquité lui a consacré le septième
jour de la semaine, et le samedi porte encore son nom chez les Latins, saturni
dies, et chez les Anglais saturday. Les rabbins, pour désigner cette planète,
l'appellent la sabbatique, shabtaï.
Mars avait reçu des Arabes le nom d'infortunimm minus;
il était moins pernicieux que Saturne, quoique cependant malfaisant. Son temple
était rouge, ses vêtements étaient ronges, et ceux qui lui offraient des
sacrifices arrosaient leurs habits de sang. Comme il est appelé Nirig dans la
langue araméenne, Gesenius l'a comparé à Nergal, l'idole des Cuthéens, 2 Rois
47:30, qui entre aussi dans la composition de plusieurs noms propres assyriens,
Nériglissor dont parle Flavius Josèphe, Nergal-Saréetser, Jérémie 39:3, etc.
Mirrick est une autre forme de Nirig; Mirrick se prononçait aussi quelquefois
Mirdik, et de là est venu le nom de Mérodac, Jérémie 50:2; Ésaïe 39:1, qui
désigne le dieu Mars avec tout son entourage militaire et meurtrier; c'est
encore le même nom qui a passé dans les langues occidentales et modernes, avec
la finale de moins; en latin Mars, Martis; mors, Mortis; en allemand Mord; en
français mort, meurtre, etc. Et comme les noms de Bel et de Nébo entraient
souvent dans la composition des noms propres, celui du dieu Mérodac fait partie
du nom de Évil-Mérodac, 2 Rois 25:27, et de Mérodac-Baladan, Ésaïe 39:1.
Cette vénération des planètes chez les anciens
Caldéens, marchait de pair avec l'astronomie et l'astrologie. Quant à la
première de ces sciences, elle avait fait des progrès considérables. Ptolémée
nous a conservé des calculs d'éclipsés de lune qui ont eu lieu le 19 mars 721
avant J.-C., dans la nuit du 8 au 9 mai 720, le 22 avril 621, etc., et les
calculs de nos savants ne diffèrent que de quelques minutes de ces anciennes
données. Le temple de Bel, qui servait d'observatoire, avait ses quatre côtés
tournés vers les points cardinaux.
Leur astrologie se fondait sur la croyance que les
forces des astres et des planètes, dans leurs conjonctures, influaient
essentiellement sur les destinées des hommes; toutes leurs connaissances
astrologiques furent transmises de génération en génération, par tradition, au
sein des familles et des castes. Les membres de ces dernières portaient le
titre de Caldéens par excellence. Ils croyaient le monde composé d'atomes
impérissables, et tout ce qui arrivait dans la voûte céleste était, selon eux,
l'effet d'une résolution immuable de la destinée. Selon Diodore, ils ont prédit
à Alexandre qu'il mourrait à Babylone, et à Antigone qu'il succomberait dans la
guerre contre Séleucus-Nicator.
— Les astres dont les combinaisons étaient
essentielles pour faire un horoscope étaient les planètes avec leurs
différentes qualités, et les douze signes du zodiaque qui exerçaient aussi, à
ce que l'on croyait, une grande influence, selon la manière dont ils se
combinaient avec les planètes. Jusqu'à nos jours encore, on trouve dans
l'opinion vulgaire quelques restes de ces superstitions.
Avant de terminer, et quoique cela sorte un peu des
bornes de notre article, nous ajouterons quelques mots sur les erreurs
astrologiques et sur les superstitions qui se sont glissées à cet égard chez
les Hébreux, et dont nous trouvons des traces dans la sainte Écriture. Il est
parlé, 2 Rois 23:11, de chevaux consacrés au soleil à Jérusalem; d'encensements
aux signes du zodiaque, 2 Rois 23:5, (en français astres); d'un culte
astronomique à une reine des cieux, Jérémie 7:18; (cette dernière idolâtrie,
ainsi que l'adoration du soleil, est encore indiquée Job 31:26-27) Et le
Seigneur lui-même prend le nom de l'Éternel des armées (des cieux) pour
indiquer qu'il est au-dessus de toutes les autres divinités: il s'appelle aussi
celui qui habite au-dessus des chérubins, 2 Samuel 6:2, pour indiquer sa
puissance: les chérubins étaient probablement les symboles de la nature créée
dans ses diverses qualités.
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CALEB,
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1. fils
de Jéphunné, frère de Kénaz, et descendant de Juda, l'un des douze Israélites
envoyés pour l'exploration du pays de Canaan, fut le seul avec Josué, qui, au
retour, loin d'effrayer le peuple, chercha à lui inspirer cette confiance en
l'Éternel dont il était animé lui-même. Caleb, dont le nom signifie plein de
cœur, les encouragea fortement à ne pas craindre, et à croire aux paroles de
Celui qui ne leur avait jamais manqué, Nombres 14. Mais les Israélites
crièrent, versèrent des larmes, voulurent se choisir un guide pour retourner en
Égypte, et furent sur le point de lapider ceux qui parlaient de courage et de
conquête. L'Éternel alors, jura que tous ces hommes de col roide (cou raide)
périraient au désert, et Caleb seul, avec Josué, reçurent la promesse qu'ils
entreraient en Canaan. Plus tard, il fut désigné pour faire le partage du pays,
Nombres 34:19; il est probable que ce partage se fit au fur et à mesure que le
peuple avançait. Caleb obtint pour sa part la possession de Kiriath-Sepher ou
Hébron, que Dieu lui avait promise quarante-cinq ans auparavant; plein de
reconnaissance, il rendit grâces à l'Éternel pour toutes ses faveurs, en
particulier pour cette vigueur de corps et d'âme qu'il lui avait conservée,
quoique il eût alors quatre-vingt cinq ans. Il ne tarda pas à montrer, par le
fait, que ses forces n'avaient en rien diminué, car il repoussa les Hanakins
qui s'étaient emparés de la montagne de Hébron, et les déposséda. Son neveu
Hothniel, fils de son frère cadet Kénaz, le seconda puissamment dans cette
entreprise, et mérita par sa valeur la main de sa fille Hacsa, Juges 1:12,
qu'il avait promise au héros qui se distinguerait le plus; ce héros devint plus
tard le premier des Juges d'Israël.
— Voir: Nombres 26:65; 32:12; 34:19; Deutéronome 1:36;
Josué 14:6; 15:13; 21:12; 1 Chroniques 6:56.
2. Caleb,
1 Chroniques 2:9,18, épousa Éphrat, qui lui enfanta Hur; il était fils de
Hetsron, et portait encore le nom de Celubaï, verset 9.
3. Caleb,
1 Chroniques 2:50, fils de Hur, et petit-fils du précédent; il fut père de
Sobal, de Hareph, et de Salma père de Bethléhem.
4. Ville
ou district de la tribu de Juda, 1 Samuel 30:14. C'est dans ses environs que se
trouvait Hébron; mais l'on ne sait pas si c'est du fils de Jéphunné ou du fils
de Hetsron qu'elle avait pris son nom.
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CALNÉ,
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ville bâtie par Nimrod, au pays de Sinhar, Genèse
10:10; Amos 6:2; Calno, Ésaïe 10:9, peut-être aussi Canneh, Ézéchiel 27:23:
selon les Targums et saint Jérôme ce serait Ctésiphon sur la rive orientale du
Tigre, vis-à-vis de Séleucie; les anciens appelaient Chalonitis le pays qui
environnait cette ville; la contrée avait conservé l'ancien nom.
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CALVAIRE ou Golgotha, place du crâne,
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ainsi nommée ou de sa ressemblance avec le haut de la
tête d'un homme, ou de ce que c'était là qu'on exécutait les malfaiteurs, ou
enfin à cause de la tradition qui veut que le crâne du premier homme ait été
enterré dans cet endroit. Sem, dit-on, aurait reçu ce crâne de Noé, et, doué
d'un esprit prophétique, l'aurait enseveli à l'endroit même où il savait que le
sang du second Adam coulerait pour le salut de l'humanité.
(Il ne s’agit
aucunement du salut de l’humanité comme s’agissant de tous les hommes, mais du
salut d’un peuple particulier d’entre les hommes que la Bible nomme les élus ou
enfants de la promesse.)
C'était une petite colline ou une hauteur à l'ouest de
Jérusalem, et hors des murs, selon la loi de Moïse, Matthieu 27:33; Jean 19:17;
cf. Hébreux 13:12. C'est probablement dans la vallée de Guihon qu'il faut la
chercher, mais on n'en connaît pas la place exacte; les orientalistes, amateurs
et poètes, se contentent de la tradition qui met le Calvaire dans l'enceinte
même de Jérusalem; c'est plus commode pour les pèlerins sans doute, mais c'est
contraire aux données bibliques; et quoi que M. de Lamartine puisse nous dire
de ce grand dôme blanc, noyé dans un dédale de rues et d'édifices qui
l'environnent, nous trouvons, comme lui, «qu'il est difficile de se rendre compte
ainsi de l'emplacement du Calvaire.» On peut dire, il est vrai, que la ville,
rétrécie du côté de Sion, se sera agrandie du côté du nord, pour embrasser dans
son enceinte un site aussi grand de souvenirs; mais à tous égards cette
supposition est inacceptable; si le dôme qu'on montre aujourd'hui pour le
Calvaire l'était effectivement, le lieu d'exécution n'aurait été éloigné du
temple que d'un demi kilomètre, ce qui est peu probable; en outre cette colline
de Golgotha se serait trouvée dominer du dehors les retranchements de
Jérusalem, et les dominer de fort près, puisqu'ils devaient passer entre le
temple et le Calvaire; ce n'eût guère été habile, sous le point de vue
stratégique, c'eût été donner aux assiégeants une position militaire trop
précieuse, et le génie des Hébreux n'autorise pas la supposition d'une faute
semblable. Le Golgotha que l'on montre n'est donc pas le véritable; il faut le
chercher hors des murs de la ville, du côté du nord-ouest.
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CAM, Cham
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Le brûlé, le noir,
le fastidieux:
l'un des trois fils de Noé, et probablement le plus
jeune, échappa au déluge avec son père, mais ne fut sauvé des flots que pour
tomber d'une autre manière sous la pesante malédiction du péché: l'état
d'ivresse du patriarche était pour ses fils un spectacle nouveau; pour Cam ce
fut un sujet de plaisanterie; il découvrit la honte paternelle et voulut
associer ses frères à ses railleries. Il fut maudit, Genèse 9:25.
Quelques-uns ont trouvé le jugement trop sévère; et il
le serait peut-être si l'on ne considérait ce crime que comme un acte de
légèreté; mais il paraît que, dans cette occasion, se manifesta un esprit
d'impiété et d'impureté qui méritait complètement la punition que Noé annonçait
au nom de Dieu.
On se demande encore comment, au lieu de tomber sur
Cam ou sur tous ses fils, cette malédiction ne paraît avoir été adressée qu'au
seul Canaan. Mais il est permis de croire d'abord que Canaan a pris part au
péché de son père, qu'il a peut-être exprimé une joie maligne, une satisfaction
perverse du spectacle qui lui était offert, et que le mauvais trait du
caractère de son père se reproduisait en lui dans toute sa force.
— De plus, comme ces premières pages de nos saints
livres ont été écrites de manière à faire ressortir les traits qui concernent
plus particulièrement Israël et son histoire, il était important, pour le
peuple d'Israël, de connaître à l'avance le jugement de son Dieu contre les
Cananéens qu'il devait plus tard exterminer, tandis que c'était plutôt une
affaire de curiosité, et par conséquent moins utile, de connaître les oracles
de Dieu relativement aux habitants de l'intérieur de l'Afrique; il est donc
possible que l'historien sacré se soit borné à mentionner Canaan, sans nous
rien dire de la malédiction également prononcée contre les autres. Il faut, du
reste, ajouter que, selon toute apparence, quelques-uns des fils de Cam n'ont
pas été atteints de la même malédiction; car les descendants de Cus et de
Mitsraïm (les Éthiopiens et les Égyptiens) ont formé des nations puissantes et
florissantes, tandis que les fils de Canaan ont été exterminés, et que l'autre
branche, celle de Put (les Nègres), gémit sous le poids de sa condamnation
depuis plus de 4,000 ans.
(De toutes évidences
la race noire souffre d'une triple malédiction: 1- En provenance de Caïn (le
carbonisé) qui serait l'origine ou père de la race noire de par la marque que
Dieu mit sur lui pour sa rébellion (sa peau prit la couleur de son cœur
ténébreux); 2- En provenance de Cam (Cham) qui est une malédiction de servitude
aux autres races; 3- En provenance du péché, malédiction qui touche toutes les
races et tous les peuples sans exception. La race noire est marquée par les
excès de toutes sortes et surtout par sa rébellion, spirituelle et sociale.
L'état actuel des Africains est le résultat direct de la malédiction de Noé.
Plusieurs donnent une différente interprétation de ces textes car la vérité les
frustre au plus haut point, mais la Bible est claire sur ce sujet. Il est écrit
nulle part que la malédiction était limitée ou cessa après un certain point,
elle n'est pas seulement reliée au peuple mais aussi à la terre, car l'Afrique
à un certain point, au temps de Sodomme et Gomorhe, était comme un paradis,
tandis qu'aujourd'hui elle est presque entièrement un désert. Où se trouve le
Sahara il y avait de nombreuses rivières, des fleuves, des villes et des terres
fertiles, mais tout fut détruit dans une catastrophe apocalyptique au temps de
Péleg lorsque la terre (le Continent) fut divisée ou plutôt fragmentée (Gen.
10:25), formant ainsi les cinq continents que nous voyons de nos jours. Tant
qu'au peuple Africain, la malédiction demeurera toujours, ils ne pourront
jamais en échappé, mais cela ne veut pas dire qu'aucun d'eux ne peut être
sauvé, le Seigneur a des élus partout et dans tous les peuples. Toutefois les
élus sont très peu, comme nous le savons, surtout parmi les Africains qui sont
triplement maudits au niveau charnel, spirituel, et social. Que ce soit où ils
sont, dans les différentes nations qu'ils habitent et où ils ne devraient pas
être, en Orient comme en Occident, les noirs amènent avec eux leurs misères et
leur malédiction. Ce n'est pas pour rien que le crime est plus élevé dans des
villes où les noirs se trouvent. Dans les années 1950, plusieurs villes, en
Europe comme en Amérique du Nord, n'avaient pas de noirs qui y habitaient et
les gens vivaient relativement en paix avec leurs problèmes, mais depuis que
nos gouvernement crapuleux leurs ont ouvert les portes de l'immigration, ces
villes sont remplies de violence, de vols, de meurtres, de prostitution, de
drogues, etc. Les gouvernements n'ont pas respecté les bornes que Dieu a
établit pour tous les peuples, et nous en subissons tous les conséquences. Les noirs
appartiennent en Afrique et devraient y demeurer pour contribuer à la
construction et au développement de leur propre société, plutôt que de se
sauver dans d'autres nations lorsque des problèmes surgissent. Mais que ce soit
un peuple noir, jaune, blanc, bleu ou vert, tous sont sous la malédiction du
péché.)
— On a dit qu'il était indigne de Dieu de faire peser
son courroux sur des nations entières pendant une longue suite de siècles, sans
autre motif qu'un crime commis par un de leurs ancêtres. À cette objection, il
n'y a qu'une réponse à faire; elle ressort de l'objection elle-même. Le fait
existe. L'histoire entière rend témoignage de ce fait que les nègres ont été un
objet de commerce pour tous les pays qui les entouraient; ils se sont trouvés
sur tous les marchés de l'ancienne Asie, de l'austère Sparte, de la légère et
voluptueuse Athènes, comme ils se trouvent aujourd'hui dans les plantations des
États du sud de l'Amérique. Et si ce fait existe encore après quarante siècles,
la Parole de Dieu qui l'annonce, car c'est bien à elle qu'on en veut, n'en est
plus responsable; elle reste un livre de prophètes, un livre inspiré: Dieu seul
est en cause, lui qui a créé le fait. Le reproche qu'on essayait de diriger
contre la Parole a forcément dévié et viendrait frapper celui qui sait réduire
au silence les plus obstinés et les plus audacieux. Quant à la Parole, elle
reste debout, intacte; ses funestes prophéties se montrent toujours vraies
après un grand nombre de siècles; sa solidité n'est pas ébranlée par les
assauts de ses adversaires: le passé est un témoignage pour l'avenir.
Voici, d'après Genèse 10:6; et suivants, le tableau de
la postérité de Cam:
CAM
1. Cus 2. Mistraïm 3.
Put 4. Canaan
1. Seba 1.
Ludim 1. Sidoniens
2. Havila 2.
Hanamim 2. Héthiens
3. Sabtah 3.
Lehabim 3.
Jébusiens
4. Rahma 4.
Naphtuhim 4. Amorrhéens
a. Seba 5.
Pathrusim 5.
Guirgasiens
b. Dedan 6.
Chasluhim 6. Héviens
5. Sebteca a.
Philistins 7.
Harkiens
b.
Caphtorim 8. Siniens
6. Nimrod 9.
Arvadiens
10.
Tsemariens
11.
Hamathiens
Cam a plusieurs fois donné son nom à la terre de son
fils Mitsraïm, à l'Égypte; Psaumes 78:51; 105:23; 106:22.
D'après un auteur arabe, Cam, l'inventeur de la magie
et le fauteur des superstitions et de l'idolâtrie, ne serait rien moins que Zoroastre,
ou Adris le prophète. (Sur ce sujet intriguant, voir le livre d'Alexandre
Hislop «Les Deux Babylones».
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CAMÉLÉOPARD,
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— Voir: Chameaupard.
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CAMP.
________________________________________
Les tentes des Israélites dans le désert étaient
organisées comme le serait le camp d'une grande armée, Nombres 2. La tente de
Jéhovah, ou le Tabernacle, en occupait le centre, ayant à l'est, et tout près,
celles de Moïse, d'Aaron et de leurs familles; au sud les Kéhathites, à l'ouest
les Guersonites, au nord les Mérarites; de sorte que le tabernacle était de
tous côtés entouré des lévites qui devaient en faire le service. Devant le
tabernacle, vers l'orient, se trouvaient les 186,400 guerriers de Juda,
Issachar et Zabulon; au sud, la division de Ruben, Gad et Siméon, 151,400
hommes; à l'ouest, près du lieu très-saint, les enfants de Rachel, 108,100
hommes, propres à lai guerre; au nord, Dan, Aser, Nephthali,; 157,600 hommes.
On peut voir le tableau de ce camp dans mes Voyages des enfants d'Israël, p.
96.
— Les camps des Grecs, et surtout ceux des Romains,
ressemblaient beaucoup, dans leur ordonnance, au camp du désert: c'est du reste
le seul sur lequel la Bible nous donne quelques détails. D'après 1 Samuel 26:5,
il paraîtrait que les camps des Hébreux étaient formés en rond, comme ceux des
Arabes, des Bédouins et des anciens Grecs; ils étaient gardés par des
avant-postes, Juges 7:19; et pendant la bataille, une certaine garde restait
auprès des bagages, 1 Samuel 30:24.
—
Le camp des
saints mentionné dans Apocalypse 20 :9 détient une signification
particulière, il doit être interprété figurativement comme étant «la base de la
foi», de même que la cité bien-aimée signifie «la disposition bien-aimé ou
grandement appréciée du salut par grâce»; les deux étant environnés par les
fausses doctrines d’un christianisme contrefait moderne qui les déforme à sa
guise pour en détruire l’essence. L’Apocalypse est un livre d’images ou de
symboles qui demande d’être interprété figurativement, et cela est évident dans
le fait qu’il n’existe ni n’a jamais existé des dragons avec sept têtes et dix
cornes.
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CANA, ou Kana.
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1. Ville
de la tribu d'Aser, non loin de Sidon, Josué 19:28.
2. Ville
ou bourgade, à 2 lieues nord-est de Nazareth, tribu de Zabulon, où Jésus-Christ
fit son premier miracle, Jean 2:1, et où, à son retour de la Judée et de la
Samarie, il guérit le fils d'un employé royal qui habitait Capernaüm, Jean
4:46. Le village actuel, Kefer Kenna, est assis sur une pente douce, dans une
petite vallée qui débouche sur la haute plaine de Zabulon; il compte 300
habitants, est entouré de vergers et de plantations d'oliviers, et possède une
source abondante où a été probablement puisée l'eau que Jésus changea en vin.
Un voyageur moderne, M. De Laborde, a trouvé parmi les ruines de ce lieu de
grandes auges en pierre, creusées dans le sol des habitations.
3. Cana,
ou Kana, le principal ruisseau des plaines de Saron; il descend des montagnes
de Samarie et formait la limite entre Éphraïm et la demi-tribu de Manassé,
Josué 16:8; 17:9. Son nom hébreu signifie les roseaux; les Romains le nommaient
la rivière des Crocodiles, et l'on assure qu'il existe en effet des crocodiles
dans le lac ou marais qu'il forme près de son embouchure.
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CANAAN,
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le plus jeune des fils de Cam, petit-fils de Noé. Nous
avons dit à l'article de Cam, quelques mots sur la malédiction divine qui
frappa Canaan pour la faute de son père. Rien n'est plus hors de contestation
que la parfaite justice de Dieu, comme rien n'est plus évident que la punition
des pères sur les enfants. L'histoire des Cananéens vient à l'appui de cette
double vérité, et, en l'étudiant, nous ne pouvons pas oublier que Dieu est
juste quand il punit.
Il est probable que Canaan, descendu des hauteurs de
l'Ararat, vécut et mourut dans le pays qui porta son nom, et qui devait échoir
à l'une des branches de la postérité de Sera. Ses descendants furent en grand
nombre. Les Sidoniens, les Tyriens, les Héthiens, les Jébusiens, les
Amorrhéens, les Guirgasiens, les Héviens, les Harkiens, les Siniens, les
Arvadiens, les Tsemariens, les Hamathiens, les Phérésiens et les Cananéens
proprement dits, furent tout autant de tribus issues d'une même souche, Genèse
10:15; 1 Chroniques 1:15. Sept d'entre elles peuplèrent dans l'origine la terre
promise; les autres occupèrent la Phénicie et une portion de la Syrie. Selon la
coutume d'alors, elles formèrent une multitude de petits royaumes, chaque ville
ayant son monarque. Moïse en subjugua deux, Josué trente et un, et Adonibézek
soixante et dix; d'où il résulte que les Cananéens étaient divisés en plus de
cent royaumes. C'était une race impie et dépravée; les habitants de Sodome, de
Gomorrhe, d'Adama, de Tseboïm et de Tsohar en faisaient partie, et l'on sait à
quel degré d'immoralité ils en étaient venus. Kedor-Lahomer, roi d'Hélam, se
les rendit tributaires vers l'an 2078. Après douze années d'asservissement, ils
se révoltèrent, furent repoussés de nouveau par le roi d'Hélam et se virent à
deux doigts de leur ruine. Abraham les délivra en fondant sur les rois alliés
qui avaient emmené prisonnier son neveu Lot. Mais seize années s'étaient à
peine écoulées, que l'Éternel les frappa, eux et toute leur contrée, d'une
entière destruction: Tsohar seule fut épargnée, en considération de Lot. Genèse
9, 10, 14, 18, 19; Ézéchiel 16:49-50.
Environ l'an 2514, les Cananéens des frontières du
sud, assistés par les Hamalécites, firent dans le désert éprouver aux Hébreux,
révoltés contre l'Éternel, une terrible défaite en Hormah. Trente-huit ans
après, les royaumes florissants de Hog et de Sihon, sur la rive orientale du
Jourdain, ayant refusé le passage aux Israélites, furent complètement défaits
par Moïse, Nombres 21:21,31. À l'ouest du Jourdain, Josué en détruisit plus
tard trente et un, sans compter les Gabaonites, qui se soumirent; on peut voir
leurs noms Josué 12:9-24. Tout ce territoire fut alors partagé entre les tribus
d'Israël. Après la mort de Josué, les tribus de Juda et de Siméon achevèrent
d'expulser ou de réduire les Cananéens demeurés de reste dans leurs cantons;
celles d'Éphraïm et de Manassé en firent à peu près autant; mais dans la
plupart des autres tribus, les Cananéens restèrent en possession de plusieurs
villes considérables, d'où ils purent souvent diriger des attaques contre les
Israélites, en même temps que, par leur mélange avec eux, ils leur donnaient
l'exemple de l'idolâtrie et de l'immoralité. Après de pénibles luttes, la
plupart des tribus finirent cependant par se les assujettir tout à fait; mais
dans la partie septentrionale de la terre promise, un résidu de ces malheureux
Cananéens parvinrent à former un royaume puissant, celui de Hatsor, et vers
l'an 2720, leur roi Jabin sut tenir pendant vingt années les Hébreux dans la
sujétion. Débora et Barac délivrèrent leur patrie et portèrent à ce royaume
cananéen un tel coup, que l'on n'en entendit plus parler dans la suite.
Plus tard, deux cent quarante ans après environ, David
acheva presque la conquête du pays, et prit Jébus ou Jérusalem, une des fortes
places qui fussent demeurées entre les mains des Cananéens. Pharaon roi
d'Égypte, réduisit Guézer, et la donna à Salomon son gendre. Salomon employa
plus de 150,000 Cananéens à la construction du Temple, et frappa de lourds
impôts tous ceux qui restaient de cette race. Jamais, d'ailleurs, ce peuple ne
jouit d'aucune liberté parmi les Israélites, au milieu desquels il en subsista
toujours un très grand nombre, même après la captivité.
Les Guirgasiens, et peut-être encore quelques autres
tribus cananéennes, fuyant devant l'épée de Josué, se retirèrent dans le nord
de l'Afrique, et furent suivies par un grand nombre d'autres qui émigrèrent de
Tyr. Là, sous le nom de Carthaginois, ils jetèrent autour d'eux un certain
éclat, mais qui dura peu; dès lors, et pendant près de deux mille ans, ce pays
a été le théâtre des plus tristes événements, successivement réduit en
servitude et dévasté par les Romains, les Vandales, les Sarrasins et les Turcs.
Les Cananéens de Tyr, de Sidon, et autres lieux de la Phénicie, qui
s'établirent sur les rivages de la Méditerranée, n'ont pas eu un meilleur sort.
Ceux enfin qui échappèrent aux armes du roi David, les Héviens, etc.,
s'enfuirent dans la Béotie au sud de l'Europe, où ils ne purent échapper non
plus à la terrible malédiction de servitude qui pesait sur leurs têtes.
Cependant Canaan, cet enfant maudit, a donné son nom à
la portion la plus bénie de l'ancien monde. Canaan qui réveille dans le cœur la
pensée de la désolation, réveille aussi celle de la promesse; sur le même nom
se rencontrent la paix et l'extermination; d'abord l'idolâtrie et les
turpitudes du péché, puis le règne du Messie avec l'alliance de grâce. Il
fallait que la prophétie de Noé fût accomplie en tout point, que Canaan fût le
serviteur de ses frères, qu'après avoir baigné de ses sueurs une terre fertile,
il la livrât ainsi travaillée, à la postérité bénie de Sem, et qu'après l'avoir
défrichée comme un homme libre, il l'abandonnât comme un esclave; il fallait
que le nom du premier possesseur demeurât à cette terre, afin que ses nouveaux
habitants comprissent et se rappelassent toujours qu'elle avait appartenu
d'abord à une race maudite, et que cette malédiction seule, venant de
l'Éternel, les en avait rendus les maîtres.
Une description détaillée de la terre de Canaan ne
saurait être donnée ici: nous nous bornerons à indiquer les traits généraux;
quant aux détails, on peut voir les articles spéciaux.
— Voir: aussi la Palestine de Raumer, et en français
la Description de la Terre Sainte de Rougemont, et le Journal d'un Voyage au
Levant, t, m.
Canaan avait près de 400 kilomètres du nord au midi,
et près de 200 de l'est à l'ouest dans sa plus grande largeur; il présentait
une surface d'à peu près 30,000 kilomètres carrés; et comme le peuple hébreu
comptait 601,730 hommes de guerre lors de la conquête, il y avait pour chacun
d'eux environ 5 hectares. Ce pays est compris entre le 31e et le 34e degré de
latitude nord, et s'étend du 32e au 34e degré de longitude est (Paris). La mer
Méditerranée le borne à l'ouest, le Liban et la Syrie au nord; l'Arabie déserte,
Hammon, Moab et Madian à l'est, l'Idumée et le désert de Paran au sud, enfin
l'Égypte au sud-ouest.
C'était le pays dont la possession avait été promise
aux Hébreux, et dont il leur avait été ordonné de s'emparer, Nombres 34:1-12;
Josué 11:13-21; Juges 1; mais il faut y ajouter les contrées sur lesquelles ils
pouvaient dominer, qu'ils pouvaient avoir l'espérance de conquérir un jour,
celles dont la possession leur était permise plutôt qu'ordonnée, depuis
l'Euphrate au nord-est jusqu'au Nil vers le sud-est, Genèse 15:18-21; Exode
23:31; Deutéronome 11:24; Josué 1:3-4. Et, en effet, les tribus transjourdaines
chassent devant elles les peuplades arabes, et poussent jusqu'à l'Euphrate, 1
Chroniques 5:9,18-23. David, plus tard, soumet la Syrie, Damas, Hammon, Moab,
l'Idumée, 2 Samuel 8:2,6,12-13; 10; 12:26; sq. 1 Chroniques 18:6-13; 19:20.
Salomon fait bâtir Tadmor bien à l'orient de Damas, construit une flotte à
Hetsion-Guéber sur la mer Rouge, possède Thiphsak sur l'Euphrate, et Hamath sur
le versant septentrional du Liban, 1 Rois 4:24; 9:18,26; 2 Chroniques 8:3-4,17.
— Voir: Cellérier. Esp. de la Légis l, mos. II, p.
275.
Tout le territoire de Canaan proprement dit, est
actuellement sous la malédiction à cause de l'incrédulité de l'Israël moderne
qui est en réalité la nation d’un faux peuple Hébreu nommé les Khazars; il est
presque abandonné, sans culture, en sorte qu'on ne pourrait juger de ce qu'il
fut jadis, par ce qu'il est maintenant. Il n'en est pas moins vrai qu'il n'y
eut point anciennement de contrée plus riante et plus fertile. Le Jourdain,
coulant du nord au sud, forme sur son chemin les lacs de Mérom et de
Génézareth; une multitude de ruisseaux et de torrents viennent s'y jeter,
traversant le pays dans tous les sens. Des vallées et de charmants coteaux,
moins heureux aujourd'hui, embellissaient jadis et variaient le paysage. Des
pâturages nombreux et féconds produisaient en abondance de l'herbe pour les
troupeaux, des fleurs pour les abeilles; le lait et le miel y coulaient et
répondaient aux vœux de l'avide habitant des campagnes. D'après le témoignage
d'Hécatée, très ancien auteur; la terre labourable formait le tiers du
territoire, et donnait sur les coteaux de magnifiques moissons, des ligues, des
grenades, la vigne avec ses raisins, l'olivier avec son huile. Au sommet du
Liban, des cèdres magnifiques; dans le sein des montagnes, des mines
considérables de fer et de cuivre. On conçoit que lorsque l'Éternel y envoyait
des pluies et les saisons fertiles, ce pays cultivé par des mains laborieuses,
ait pu nourrir les millions d'habitants qui le peuplaient autrefois,
Deutéronome 11:11; 6:10; 8:7-9.
________________________________________
CANDACE,
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Actes 8:27, était, non point le nom propre seulement
de la reine dont il nous est parlé dans le Nouveau Testament, mais un nom
commun à toutes les reines d'Éthiopie; ce nom signifie chef des esclaves, et
rappelle celui de servorum princeps que les marchands orientaux donnent encore
au roi d'Abyssinie. On dit que cette reine fut amenée à la foi chrétienne par
celui de ses serviteurs que Philippe l'évangéliste avait baptisé sur le chemin
de Gaza (Irénée, Eusèbe); quant à ce serviteur lui-même, la tradition raconte
qu'il prêcha l'Évangile, et qu'il souffrit le martyre dans l'île de Ceylan.
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CANNE
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1. odoriférante,
Cantique 4:14.
— Voir: Roseau aromatique.
2. —
Voir: Mesures.
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CANNEH,
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Ézéchiel 27:23.
— Voir: Gainé.
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CANNELLE,
________________________________________
— Voir: Cinnamome.
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CANTIQUES.
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Il est dans la nature de l'homme de chanter les
impressions qu'il éprouve, ses joies et ses douleurs, et de célébrer par des
hymnes vifs ou funèbres les moments importants de sa vie. Les Hébreux n'ont pas
fait exception à la règle générale de l'humanité; nous voyons déjà, dans les
temps les plus reculés, Moïse et Marie la prophétesse, consacrer par un saint
cantique les merveilles du passage de la mer Rouge, Exode 15:1,20. Moïse en
indique d'autres encore qu'il marque par le premier vers, parce que le peuple
en savait la fin, Nombres 21:14,17-18,27, etc.; et, près de mourir, il célèbre
les bontés et les merveilles de Dieu, Deutéronome 32. À la mort de Saül et de
Jonathan, David compose un cantique funèbre, 2 Samuel 1:17; il en consacre un
autre à la mémoire d'Abner, 2 Samuel 3:33, et l'on peut croire que la douleur
qu'il éprouva à la mort d'Absalon se manifesta aussi par des chants plaintifs,
18:33. Barac et Débora nous offrent un hymne de victoire, Juges 5:1, etc.;
Anne, la mère de Samuel, un chant d'actions de grâces, 1 Samuel 2:1, etc. Le
psaume 45 et le cantique de Salomon sont peut-être des épithalames
prophétiques; Salomon avait fait cinq mille cantiques, 1 Rois 4:32. Les
lamentations de Jérémie sont un hymne funèbre sur la ruine de Jérusalem. L'Écriture
mentionne encore du même auteur un cantique sur la mort de Josias roi de Juda,
2 Chroniques 35:25; un cantique d'actions de grâces du roi Ézéchias, 2
Chroniques 30:18; enfin des chants de Marie la mère de Jésus, de Zacharie père
de Jean-Baptiste, et du vieux Siméon, Luc 1:46,68; 2:29.
Quel est le cantique dont il est dit que Jésus et les
siens le chantèrent après la cène et avant de se rendre à la montagne des
Oliviers, Matthieu 26:30, Marc 14:26? Le texte original porte simplement ayant
chanté; le plus probable c'est qu'ils chantèrent les psaumes dont les Juifs
faisaient la lecture ordinaire à la fin du repas de Pâques, et qui étaient
connus sous le nom commun du grand Hallél (Alléluia); c'étaient les psaumes
113:114,115-118,120-137.
— Voir: Pâques.
— Cantique des Cantiques. C'est le nom que les Hébreux
ont donné (shir hashirim) à un cantique de Salomon qu'ils regardaient comme le
plus excellent des cantiques. Quelques auteurs disent que Salomon le composa à
l'occasion de son mariage; suivant les uns, ce serait à l'occasion de son
premier mariage; suivant les autres, plus tard, lors de son mariage avec la
fille d'Égypte, en guise d'épithalame (Calmet). On regarde souvent le Cantique
comme le premier des trois ouvrages qui nous restent de Salomon, un ouvrage de
jeunesse, presque une chanson d'amour; les Proverbes seraient alors l'ouvrage
de l'âge mûr, et l'Ecclésiaste celui du vieillard dégoûté des vanités de la
vie. Il paraît cependant, et une lecture attentive de ce cantique sublime
confirme cette manière de voir, que lorsque Salomon le composa, il savait déjà
surabondamment ce que c'est que l'amour. L'opinion peu connue de Heidegger
(Enchiridion Bibl.) est à la fois pleine d'intérêt et de vérité: «L'on trouve,
dit-il, dans ce cantique un cœur de vieillard usé, cassé, blasé sur les
agitations, les troubles intérieurs et autres passions de l'âme; et c'est
probablement après s'être lassé de l'amour peu chaste des femmes qui l'avaient
fasciné, que son esprit s'est tourné vers la méditation plus pieuse de l'amour
spirituel du Christ et de ceux qui lui appartiennent.»
Comme on s'est beaucoup occupé de ce livre en diverses
manières, on l'a aussi diversement divisé en petits chants, couplets ou
chapitres. Calmet y trouve sept nuits ou sept jours marqués assez distinctement,
parce qu'on célébrait les noces pendant sept jours chez les Hébreux (— Voir:
Genèse 29:27). Nos Bibles, et Heidegger, ont divisé le Cantique en huit
parties; enfin le Docteur John Mason l'a partagé en douze couplets ou idylles,
à l'imitation de quelques poètes arabes. Voici quels seraient ces morceaux:
1. 1:1-8;
2. 1:9-2:7;
3. 2:8-17;
4. 3:1-5;
5. 3:6-4:7;
6. 4:8-5:1;
7. 5:2-6:10;
8. 6:11-13;
9. 7:1-9;
10. 7:10-8:4;
11. 8:5-7;
12. 8:8-14.
— «Ce poème, dit Ch. Nodier (Bibl. sacr.), est le modèle
et le désespoir à la fois de tous ceux qui seraient tentés de s'exercer dans le
même genre, si de pareilles inspirations pouvaient jamais se reproduire.»
Saint Jérôme nous apprend que les Hébreux avaient
interdit la lecture du Cantique aux hommes âgés de moins de trente ans; ils
craignaient les abus d'une interprétation particulière mal comprise; cependant
l'estime qu'ils avaient pour le Cantique était telle qu'ils en faisaient une
lecture publique à la fête de Pâques, et qu'ils le comprenaient, avec Ruth,
Ester, l'Ecclésiaste et les Lamentations, dans le recueil d'hagiographes appelé
les cinq volumes, dénomination empruntée des cinq livres de Moïse. De même que
la synagogue, l'Église chrétienne a toujours reçu ce livre dans le Canon;
Théodore de Mopsueste seul dans l'antiquité, et quelques auteurs modernes d'une
morale sévère, en ont nié la canonicité. Les raisons qu'on allègue pour le
faire rejeter, sont d'abord que le nom de Dieu ne s'y trouve pas, puis, que ce
livre n'est jamais cité par les auteurs sacrés du Nouveau Testament. À ce
double égard nous répondrons que le Cantique étant une allégorie, il n'était
pas nécessaire, il eût même été singulier de nommer par son nom celui qui était
représenté sous la figure d'un époux aimable et aimant, dans tout le cours de
ce petit poème; et s'il est vrai que les écrivains du Nouveau Testament ne
l'aient pas cité, il y a bien d'autres livres aussi, qu'ils n'ont pas nommés
expressément, et qui n'en sont pas moins reconnus comme inspirés; il y est fait
d'ailleurs plusieurs allusions qui, si elles ne sont pas directes, montrent au
moins que l'allégorie du Cantique a été reconnue et sanctionnée par le Sauveur
et par ses apôtres; on peut voir Matthieu 9:15; 22:2; 25:1-11; Jean 3:29; 2
Corinthiens 11:2; Éphésiens 5:23,27; Apocalypse 19:7,9; 21:2,9; 22:17, et
ailleurs, cf. encore Ésaïe 5:1-7; 52:7.
Il est impossible qu'un homme irrégénéré puisse lire
ce livre et en comprendre le sens spirituel; ceux-là seuls peuvent le lire avec
fruit qui disent de tout leur cœur de Jésus-Christ ce que l'épouse dit de son
fiancé: C'est ici mon bien-aimé; c'est ici mon ami, 5:16. Le Cantique est écrit
de telle sorte qu'il offre une espèce de sens à chacun: c'est comme une glace
polie, comme une eau pure et transparente qui monte ou descend, et qui reste
toujours au niveau de l'œil qui la contemple; à celui dont le cœur est impur,
elle apparaît impure aussi: elle est basse pour celui qui est bas, elle s'élève
à mesure que l'homme s'élève, et celui qui a compris le Christ, son amour et son
sacrifice, saura voir dans l'épouse une âme fidèle qui rend amour pour amour,
dévouement pour dévouement, et reconnaissance pour sacrifice.
Un beau commentaire dont je n'ai eu connaissance que
dernièrement, et que les théologiens ne sauraient dédaigner malgré sa forme, a
paru à Halle, de 1845 à 1847, sous le titre: Das Hohelied. In Liedern, von G.
Jahn. Il est divisé en trois parties, répondant à trois manifestations de la
grâce divine: l'œuvre dans la foi, Cantique 1:1-2:7; le travail dans l'amour,
2:8-3:11; la conservation dans la grâce, 4:1-8:4. L'épilogue, le oui de l'époux
et l'amen de l'épouse, 8:5-14, répond au prologue qui dédie ces poésies à
l'Allemagne souffrante, comme la lumière véritable qui doit faire ressortir les
ténèbres des lumières faussement ainsi nommées. Ce volume renferme
soixante-quatre délicieuses poésies, qui sont autant de développements
spirituels des versets qui en for ment le thème; il est difficile de préférer
l'une à l'autre, et plus difficile encore de les traduire en français. Voici,
par exemple, et en réservant les imperfections de la traduction, comment
l'auteur paraphrase le verset 4 du chapitre 1er: «0 filles de Jérusalem, je
suis brune, mais de bonne grâce, comme les tentes de Kédar, comme les courtines
de Salomon.» Ce morceau est intitulé Selbstbeschauung, Contemplation, Examen de
soi-même:
Du cabinet de mon roi,
Comme épouse de mon roi,
Je suis sortie Et me suis regardée,
Et me suis vue
Noir le visage, noires les mains.
C'est mon roi, mon soleil
Qui m'a ainsi brunie.
Car ma vie tout entière,
Aux rayons de ce soleil,
Ma volonté, mes désirs,
Tout parait noir.
Ce que je fais et touche,
C'est d'une main noircie.
Les traces de mes pas,
Je les vois noires aussi.
Vous, filles de ma mère.
Noire je suis tout entière,
Et pourtant l'épouse du roi,
(Mon bonheur est certain):
Belle et de bonne grâce,
Parée pour la noce.
Afin qu'en ma beauté
Se réjouisse mon époux.
Il m'a préparé
Un merveilleux vêtement,
Avec cris, avec larmes,
Dans une ardente lutte de mort.
C'est la robe du salut;
Je m'en enveloppe tout entière.
Elle m'étreint de tous les côtés,
Et me fait blanche et pure;
Car on ne voit plus rien
De ma peau brune et noire;
Et ainsi j'apparais belle
Comme l'épouse d'un roi.
Noire je suis de moi-même,
Et pauvre, et faible, et nue,
Pourtant aimable par la grâce.
Glorieuse, riche et grande;
Noire je suis de naissance,
Mais blanche par la grâce.
Blanche je ne suis devenue
Que lorsque noire je me suis reconnue.
Le noir est condamné de Dieu,
Car Dieu est vêtu de lumière.
Je puis me dire blanche,
Mon Seigneur ne me laisse pas noire.
Chaque soir je suis noircie
Des péchés de la journée.
De mon Seigneur la patience
M'a blanchie chaque matin.
C'est quand je me reconnais noire
Que je plais à mon ami.
Et plus je suis noire à mes yeux,
Plus je suis agréable aux siens.
Oui, plus ma peau est brune,
Plus ressort la blancheur de sa robe.
De la tête jusqu'aux pieds
La justice m'enveloppe.
Ο filles de ma mère!
Je suis brune, c'est vrai;
Mais néanmoins de bonne grâce,
Et l'épouse du roi éternel.
Ce petit morceau donnera peut-être une idée du genre
et de l'esprit du livre. On trouvera bien rarement un pareil mélange de la
grâce naturelle et de la grâce divine, de l'esprit humain et de l'esprit de
Dieu.
— «L'amour est le sujet du Cantique des Cantiques, que
la tradition attribue à Salomon, et qui suppose chez son auteur une âme
éminemment mystique, ou du moins susceptible des affections terrestres les plus
vives et les plus délicates. On peut y voir, soit une allégorie orientale et
une peinture figurée de l'amour de l'Église ou de l'âme individuelle pour son
Dieu, soit un tableau de l'amour de l'homme pour la femme, qui était alors
généralement traitée comme un être subalterne, et que cette affection profonde
remettait à sa vraie place en lui rendant sa dignité morale et sa liberté.
Mais, en tout cas, on ne peut nier que ces chants ne correspondent exactement à
ce que nous savons, soit de Salomon aimant l'Éternel, soit de Salomon aimant la
fille de Pharaon. Ils sont d'ailleurs un ouvrage de sa jeunesse, et des juges
impartiaux les ont déclarés le chef-d'œuvre de la poésie lyrique orientale»
(Rougemont.)
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CAPERNAÜM
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(ville agréable, ou beau village), une des principales
villes de la Galilée, qui, selon toute apparence, ne fut bâtie qu'après la
captivité de Babylone. Elle était située à 5 kilomètres environ de l'embouchure
du Jourdain, sur la rive occidentale (h la mer de Tibériade, aux confins de
Zabulon et de Nephthali. La plaine basse qui s'étend vers le sud, sur une
longueur de dix kilomètres, et une largeur de cinq, est d'une ravissante
beauté; c'est la partie la plus fertile de tout ce magnifique bassin, et elle
portait le nom de Gennésar, jardins de la richesse. Aujourd'hui encore sa
fécondité est proverbiale chez les peuples voisins. Flavius Josèphe parle d'une
source nommée Capernaüm, célèbre par son extraordinaire abondance, qui a
probablement donné son nom à cette ville. Riche des produits du sol, Capernaüm
l'était encore par la pêche et par le commerce; elle était sur la grande route
qui unit Damas à la Phénicie, et dans un défilé entre le lac et les montagnes;
aussi les Romains y avaient-ils établi un bureau de douanes et placé une
garnison, Matthieu 9:9-11; Luc 5:27-30.
— Ce fut là que Jésus descendit et qu'il passa
quelques jours, après avoir quitté Nazareth et ses arides montagnes; il en fit
longtemps son principal séjour, demeurant chez la belle-mère de Pierre, et
c'est de là qu'il partit pour son premier voyage à Jérusalem, Matthieu 4:13;
9:1; 8:14; 11; 17; Marc 1:2; Luc 4:10; Jean 2:4,6. Il reste de cette
florissante cité plusieurs ruines nommées Tel Hum.
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CAPHTOR,
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Jérémie 47:4, île dont il est dit que les Philistins
sont les restes,
— Voir: l'article suivant.
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CAPHTORIM,
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Genèse 10:14, les descendants de Caphtor, un des fils
de Mitsraïm. Selon les anciennes versions et selon Bochart, le pays auquel ils
donnèrent leur nom serait la Cappadoce; mais le passage de Jérémie 47:4,
indique assez clairement que Caphtor doit être une île, ou tout au moins un
pays maritime; Michaélis et Dahler ont, en conséquence, proposé d'y voir l'île
de Chypre, opinion qui avait déjà été émise, puis plus tard réfutée par Calmet;
Gesenius et Hævernick, d'accord avec les dernières dissertations de ce savant
catholique, admettent avec lui que l'île désignée sous le nom de Caphtor est celle
de Crète ou Candie. D'après Jérémie, l, c., et Amos 9:7, les Philistins
auraient passé en Palestine de l'île de Caphtor, et plusieurs fois ailleurs,
Deutéronome 2:23; etc., le nom de Caphtorim est mis pour désigner les
Philistins. Ces données ne s'accordent pas beaucoup avec le passage de la
Genèse qui fait descendre les Philistins des Chasluhim. La supposition la plus
probable, sans être forcée, c'est que les Philistins sont partis d'Égypte en se
détachant de la nation des Chasluhim, pour se rendre à l'île de Caphtor, et que
de là ils ont émigré plus tard et sont venus occuper les côtes sud de la
Palestine. On peut opposer sans doute à l'opinion de Calmet, que les habitants
de la Crète ont déjà un nom dans l'Ancien Testament, celui de Kérétiens, 1 Samuel
30:14; Ézéchiel 25:16; Sophonie 2:5, et qu'il est peu probable que la même
contrée ait eu deux noms si différents; mais de ce que ce n'est pas ordinaire,
cela ne prouve pas que cela n'ait pu arriver cependant; en outre, le premier
nom est beaucoup plus ancien que le second, et les caractères historiques ou
géographiques de la Crète sont tellement d'accord avec ce que l'Écriture nous
dit de Caphtor, qu'il est difficile de ne pas admettre l'identité de ces deux
contrées. La Crète était déjà très peuplée à l'époque de la guerre de Troie,
puisque Homère l'appelle l'île aux cent villes, et Hérodote reconnaît que ses
habitants, originairement barbares, ne venaient pas de la Grèce. Homère dit
qu'on parlait différentes langues en Crète, à cause de la diverse origine des
peuples qui s'y trouvaient, les uns Grecs, les autres vrais et anciens Crétois,
antiques habitants de la contrée et qui se prétendaient eux-mêmes nés du sol de
la Crète.
Caphtor signifie
«île en forme de couronne». Cette désignation rejoint celle de Platon dans son
Criteria où il parle de l’île ou Continent d’Atlantide qui se trouvait dans la
Méditéranée dans les environs de Santorini et de Crète. L’Atlantide fut fondée
par une race de géants qui avait pour roi Atlas, reconnu comme étant Nimrod par
Alexandre Hislop dans les Deux Babylones. Chez les grèques il était Zéus le
père des dieux, que les romains adoraient sous le nom de Jupiter.
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CAPPADOCE,
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contrée de l'Asie mineure qui, depuis Tibère, passa
exclusivement sous la domination romaine. Elle est séparée au sud par le Taurus
de la Cilicie et de la Syrie septentrionale; au nord, une chaîne parallèle au
Taurus la sépare du Pont; à l'occident, elle touche à la Phrygie et à la
Galatie; à l'orient, à la petite Arménie, mais sans frontières naturelles.
Quoique bien arrosée, elle est peu fertile; les montagnes sont nues, et les
plaines n'offrent que des pâturages. La Cappadoce s'étendait primitivement
jusqu'au Pont; mais sous Alexandre une satrapie s'établit en cette contrée, et
la Cappadoce rentra dans les limites indiquées ci-dessus. La langue des
Cappadociens n'offrait aucun rapport avec les langues sémitiques, et bien
qu'ils portent chez Hérodote le nom de Syriens (1, 72; 5, 49; 7, 72), on ne
peut leur chercher une origine sémitique.
— Voir: encore le commencement de l'article Caphtorim.
— Ils ne jouissaient pas, non plus que les habitants
de l'île de Crète, d'une excellente réputation; ils passaient en particulier
pour perfides et lâches, au point que l'expression cappadociser était devenue
proverbiale pour désigner ces vices de caractère. Un bon nombre de Juifs
étaient établis au milieu d'eux. Actes 2:9; 1 Pierre 1:1.
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CÂPRE.
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C'est ainsi qu'on appelle les fruits d'un arbrisseau,
le câprier épineux, qui se rencontre fréquemment en Asie, en Afrique et dans le
sud de l'Europe: les jeunes boutures de cet arbre et ses fleurs en bourgeons se
mangeaient, soit crues, soit assaisonnées de vinaigre, et avaient, dit-on, la
propriété d'aiguiser l'appétit et de pousser à la volupté. Le câprier atteint
dans les jardins la hauteur d'un petit arbre; ses rameaux sont armés d'épines,
et ses feuilles ovées, non dentelées, et presque sans pétiole. C'est au mois de
mai que la floraison est la plus forte; les fleurs, qui portent une soixantaine
d'étamines de couleur rouge, durent presque tout l'été, et donnent ensuite
naissance à une baie allongée, comme l'olive, munie d'une chair épaisse, et
renfermant une graine dure, en forme de rognons, et d'un goût fort et piquant.
Le câprier se cultivait en Palestine, et portait en hébreu, au dire des
rabbins, le nom Tsèleph ou Nitzbah; son fruit (hébreu Abiônah) n'est nommé que
Ecclésiaste 12:7, où nos versions ont traduit «quand l'appétit s'en ira;» et
Luther: «Wenn aile Lust vergeht;» remplaçant ainsi l'image par la chose
représentée. Le texte porte proprement: «quand la câpre se rompt, ou est rendue
nulle;» et le sens de cette figure est, ou bien: lorsque la câpre, malgré sa
saveur, n'a plus d'effet sur le vieillard; ou bien: quand le vieillard,
semblable à la câpre à la fin de l'été, se rompt parce qu'il est mûr, et perd
sa graine et sa force.
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CAPTIFS, Captives,
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— Voir: Esclaves.
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CAPTIVITÉ,
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— Voir: Exil.
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CARAN, ou Haran, ou Charran,
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ancienne ville de Mésopotamie, célèbre déjà comme la
première retraite d'Abraham, après qu'il eut quitté le pays des Caldéens,
Genèse 11:31. Le patriarche eut la douleur d'y voir mourir Taré, son père, et
il dut l'y ensevelir (verset 32). C'est à Caran que demeurait Laban, frère de
Rébecca, et lorsque le rusé Jacob se fut emparé de la bénédiction paternelle,
ce fut à Caran qu'il se réfugia, d'après le conseil de sa mère. 27:43; 28:10;
29:4. À l'époque d'Ézéchias, cette ville, ainsi que bien d'autres, était tombée
sous la domination assyrienne, 2 Rois 19:12; Ésaïe 37:12. Elle était (Haran?)
en rapports de commerce avec les Tyriens, Ézéchiel 27:23. C'est la même ville
sans doute qu'il faut voir dans le nom de Charræ, où Crassus, consul et général
de l'armée romaine, fut défait et mis à mort par les Parthes, 52 avant J.-C.
Elle était située entre l'Euphrate et le Chaboras, à deux journées environ de
la jonction de ces deux fleuves: d'après Basnage et le père Hardouin, il
faudrait au contraire la chercher en deçà de l'Euphrate et plus près de Canaan;
Hardouin même veut confondre Caran avec Palmyre, mais les conjectures de ces
deux savants ne sont pas appuyées de raisons suffisantes, et le texte de
l'Écriture, qui place Caran en Mésopotamie, est clair et positif.
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CARKÉMIS,
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ville fortifiée de la Mésopotamie, située sur la rive
orientale de l'Euphrate, à l'endroit où ce fleuve reçoit les eaux du Chaboras.
Les Assyriens s'en étaient emparés. Ésaïe 10:9. Néco roi d'Égypte, un Pharaon,
la conquit sur le roi d'Assyrie, 2 Chroniques 35:20; cf. 2 Rois 23:29; mais il
en fut dépossédé par Nébucadnetsar, en la quatrième année de Jéhojakim, fils de
Josias, roi de Juda, Jérémie 46:2. Carkémis était probablement le Cercusium,
Circesium, ou Circessum des Grecs, à mi-chemin d'Antioche à Séleucie,
aujourd'hui appelé Karkisia; selon d'autres (Paulus), ce serait la ville
appelée par les Syriens Pérath-Maïsan, ou Mésène, la capitale du gouvernement
de Bassora. Dioclétien en fit un des boulevards de l'empire romain.
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CARMEL.
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1. Chaîne
de montagnes entre Aser et Issacar, Josué 19:26, qui s'étend le long du rivage
sur une distance de 30 kilomètres, avant que de faire saillie dans la mer et
d'y former un promontoire; la beauté et la fertilité de ces montagnes leur ont
fait donner le nom de Carmel, qui signifie vigne de Dieu. Le Carmel est élevé
de 1000 mètres au-dessus de la mer; il est plus haut au nord-est qu'au
sud-ouest; les eaux y sont abondantes, l'air y est sain, toute espèce de
culture y prospère; les pâturages sont encore aujourd'hui couverts de fleurs
odoriférantes dont on fait une espèce de thé; dans la région supérieure
croissent des pins et des chênes, plus bas des oliviers et des lauriers. Ésaïe
35:2. Du sommet, on jouit d'une vue magnifique et fort étendue sur les côtes et
la Méditerranée; le pays environnant est frais et verdoyant; au pied de la
montagne coule vers le nord le torrent de Kison. Le côté occidental est
remarquable par un grand nombre de cavernes spacieuses, qui peut-être furent
habitées jadis par les Cananéens, et qui plus tard l'ont été par des solitaires;
elles servaient aussi de lieux de refuge et de places de sûreté. Amos 9:3. Le
séjour d'Élie sur le Carmel est bien connu; on se rappelle sa lutte avec le roi
Achab et avec les prêtres de Bahal, lorsque seul il put faire descendre le feu
du ciel sur les holocaustes qu'il avait préparés, 1 Rois 18; on se rappelle les
trois cinquantaines d'Achazia, dont les deux premières furent foudroyées pour
avoir parlé au prophète avec un ton inconvenant vis-à-vis d'un envoyé de
l'Éternel, 2 Rois 1. Élisée fit aussi du Carmel sa demeure, après que son
maître eut été enlevé au ciel, 2 Rois 2:25; 4:25. On montre encore la grotte où
Élie doit avoir enseigné les mystères de la prophétie; évidemment taillée de
main d'homme dans le roc le plus dur, c'est, dit Lamartine, une salle d'une
prodigieuse élévation; elle n'a d'autre vue que la mer sans bornes, et l'on n'y
entend d'autre bruit que celui des flots qui se brisent continuellement contre
l'arête du cap. Sur le sommet le plus aigu du cap du Carmel, se trouve
maintenant un beau monastère, tout construit à neuf, tout éblouissant de
blancheur, et bien plus confortable que les cavernes des prophètes.
— Ésaïe, 33:9,10; Amos, 1,2; Nahum, 1:4; et Jérémie,
50:19, annoncent la désolation de cette montagne et son rétablissement futur.
2. Le
Carmel de Juda, Josué 15:55, ville située sur une montagne calcaire du même
nom, riche en pâturages, au sud-ouest de la vallée d'Hébron; c'est là que
demeurait Nabal, mari d'Abigaïl, 1 Samuel 25:5, et que Saül, au retour de son
expédition contre Hamalec, érigea un arc de triomphe, 1 Samuel 15:12. Les
Romains y avaient une garnison du temps de saint Jérôme; les croisés trouvèrent
encore cette ville, et le voyageur Seetzeri raconte qu'on lui a montré, sur les
bords de la mer Morte, une montagne nommée El Carmel, sur ou près de laquelle
cette ville doit avoir existé.
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CARPUS ou Carpe,
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disciple de saint Paul, demeurant à Troas, dont les
Grecs ont fait l'un des soixante-et-dix disciples, évangéliste de leur pays, et
enfin évêque de Bérée. Paul, passant à Troas, avait laissé chez lui un manteau
de voyage, quelques livres et des parchemins, qu'il redemanda plus tard avec
instance, 2 Timothée 4:13. Le verset 21 nous montre que l'hiver était proche,
et que Timothée devait retourner à Rome avant cette époque; l'on comprend que
Paul en prison sentît le besoin d'avoir quelques vêtements plus chauds, et ce
détail prouve à la fois la pauvreté de Paul et son peu de prétentions à l'endroit
des macérations inutiles; il n'est pas négligent pour les choses extérieures de
la vie, et il ne vise pas à rendre sa situation plus pénible afin de pouvoir
s'en glorifier. Quant aux livres qu'il réclame, et surtout quant aux
parchemins, on se demande quels ils étaient: c'est sur parchemin qu'on écrivait
les livres importants, et l'on pense que c'était le Code de l'Ancien Testament;
cependant il serait au moins singulier que Paul eût laissé quelque part sa
Bible comme un bagage embarrassant; quelques auteurs ont en conséquence supposé
qu'il s'agissait de copies de lettres; d'autres enfin (Steiger), que c'étaient
des papiers importants dont l'apôtre avait besoin pour son procès.
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CARQUOIS,
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— Voir: Flèches.
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CARTES de géographie.
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La première trace que l'on trouve, soit dans
l'histoire profane, soit dans l'histoire sacrée, des cartes géographiques, est
dans ces mots de Josué 18:8-9: «Ces hommes-là donc s'en allèrent, et passèrent
par le pays, et en firent une ligure dans un livre (ou rouleau) selon les
villes, en sept parties.»
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CASIPHIA,
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Esdras 8:17, ville ou contrée du royaume de Perse,
dans laquelle se trouvaient, un assez grand nombre de lévites, d'autres exilés
juifs, et de Néthiniens. Il faut la chercher près des montagnes caspiennes, au
nord-est de la Médie.
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CASSE.
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La casse mentionnée, Exode 30:24; Psaumes 45:8;
Ézéchiel 27:19, porte en hébreu différents noms. C'est l'écorce d'une plante
aromatique que Moïse fait entrer dans la composition de l'huile sainte, et qui
devait servir à la consécration des vases du tabernacle. On en compte trois
espèces, qui croissent toutes en Orient sans culture, et qui ont quelques
rapports avec la cannelle, quoique plus foncées, moins odorantes, et d'un goût
moins agréable. Longtemps les naturalistes ont cru qu'il fallait chercher la
vraie casse dans le Laurus cassia de Linnée, qui croît aux Indes et au Malabar,
mais des travaux plus modernes ont démontré que cette espèce de Laurus cassia
n'était autre que l'espèce ou primitive, ou dégénérée, du Cinnamomurn
zeylanicum; d'où il résulterait que la casse ne serait autre chose en effet,
qu'une espèce de cannelle. Les anciens en faisaient grand usage; Pline,
Hérodote, Théophraste, Virgile, Perse, Diodore de Sicile, et d'autres auteurs
en parlent comme d'un parfum des Indes très estimé des Romains et des Grecs.
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CASTOR et POLLUX, ou les Dioscures,
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fils mythologiques de Jupiter et de Léda, s'étaient,
dit la fable, rendus si recommandables par leur valeur, et surtout par la
guerre d'extermination qu'ils firent aux écumeurs de mer et aux pirates, qu'ils
méritèrent les honneurs divins, et furent choisis par les navigateurs comme leurs
patrons et les protecteurs des vaisseaux. Ils eurent une place dans les Gémeaux
du firmament, et des autels sur les rivages des mers.
— Voir: Théocrite, 22, 17; Horace, Od. I. 3, 2. IV.
87, 31. Ovide, etc.
Les feux errants que les matelots apercevaient parfois
pendant la tempête, leur étaient comme des messagers de Castor et Pollux, et le
présage d'une prochaine délivrance; et jusqu'à nos jours la même superstition
s'est encore propagée, même jusque sur les vaisseaux chrétiens ou turcs de la
Méditerranée. Le vaisseau que saint Paul prit à Malte pour se rendre en Italie,
avait pour enseigne les Dioscures, soit que ces figures fussent peintes ou
gravées sur la proue, soit pour d'autres motifs à nous inconnus.
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CATHOLIQUE.
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Ce nom qui signifie universel, général, a été donné
aux épîtres de Jacques, Pierre, Jean et Jude, parce qu'elles étaient adressées,
non point à une certaine congrégation particulière, mais à un grand nombre de
congrégations, ayant des besoins généraux.
— Voir: les différents articles.
— De la signification du mot catholique, il faut
conclure que toute congrégation spécialement désignée ne mérite pas cette
épithète; l'épître aux Romains, par exemple, n'est pas catholique, par le fait
même qu'elle est particulière, et l'Église de cette ville n'eût pu prendre le
nom de catholique sans commettre la méprise la plus bizarre; aussi ne
l'a-t-elle pas fait. Il y a aujourd'hui une congrégation qui se donne le nom de
catholique-romaine, ce qui étant traduit signifie église
universelle-particulière: si c'est la moins grave et la plus innocente de ses
contradictions, c'est bien loin d'être la seule.
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CAVERNES.
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Les rochers des montagnes calcaires ou crayeuses de la
Palestine, principalement ceux du mont Carmel q.v., de la Trachonite, de la
Galilée, de la Batanée, et des contrées voisines de l'Idumée, renfermaient un
nombre considérable de cavernes, grandes, sèches et commodes, qui pouvaient
servir soit de retraite à l'ermite solitaire, soit de refuge à des populations
de brigands ou d'opprimés; cf. Juges 20:47. Tavernier en a vu une qui pouvait
contenir jusqu'à 3,000 chevaux, et Pococke, II, 61, une autre dans laquelle
30,000 hommes ont pu s'abriter.
— Voir: Hadullam.
Elles furent peut-être les premières habitations des
hommes; on y voit les Troglodytes renfermés par peuplades, et l'Ancien
Testament nous parle des Horiens comme habitant les cavernes; cf. Job 30:6.
Quant aux Hanakins et aux Réphaïms, on présume que c'était aussi là leur
demeure, mais l'on n'a rien de positif à ce sujet.
— Voir: ces articles.
À l'époque de la conquête, et plus tard, les cavernes
sont signalées comme des espèces d'abris ou de forteresses, Josué 10:16; Juges
6:2; 15:8; 20:47; 1 Samuel 13:6; 22:1; Ézéchiel 33:27; Ésaïe 42:22, comme
ermitages pour les anachorètes, comme auberges pour les voyageurs, comme
repaires pour les brigands, comme étables pour les agriculteurs et pour les
bergers des montagnes; (c'est ce qui explique pourquoi la tradition a voulu
faire une caverne de l'étable dans laquelle naquit notre Sauveur, Luc 2:7)
Elles servaient enfin de tombeaux q.v. Bien qu'elles fussent assez spacieuses,
on avait l'habitude d'en régulariser la forme afin de les rendre plus commodes,
lorsqu'on se proposait de s'y établir pour un certain temps; et plusieurs de
ces grottes que l'on trouve encore maintenant, ont évidemment été travaillées
par la main de l'homme, taillées dans le roc, agrandies et embellies pour son
usage.
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CÉCITÉ,
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maladie beaucoup plus commune dans l'Orient que chez
nous. Elle est produite soit par un sable très fin que l'ardente chaleur du
soleil pulvérise d'une manière extraordinaire, et que le vent chasse dans les
yeux, soit surtout par le contraste habituel et journalier de la température
brûlante du jour, avec le froid glacé des nuits, de la forte évaporation de la
journée, et de la rosée qui tombe au soir et vers le matin, sur ceux qui
viennent imprudemment pour jouir d'un peu d'air, se reposer la nuit sur les
toits de leurs habitations;
— Voir: Voyages de Volney 1, 186.
Ce voyageur assure que l'on peut compter 20 aveugles
sur 100 hommes; un autre a calculé qu'il se trouve au Caire plus de 4,000
aveugles. Ces cas sont plus rares en Syrie, à l'exception des côtes, et
cependant l'Écriture nous parle fréquemment d'hommes affligés de cette
infirmité, soit dans les Évangiles, Matthieu 9:27; 12:22; 20:30; 21:14, Jean
5:3, où nous les voyons presque toujours dans une position extérieure bien
malheureuse, soit dans la loi mosaïque, Lévitique 49:14. Deutéronome 27:18, où
Dieu, dans les préceptes qu'il donne à leur égard, se montre comme toujours, le
Dieu de l'infortune, la providence du malheur.
La cécité se développe le plus souvent à la suite de
maladies peu graves, mais qui ont été négligées dans le principe; ce n'est
d'abord qu'un mal, un picotement des yeux, que de simples applications d'eau
fraîche, commencées à temps, pourraient le plus souvent faire disparaître; mais
grâces à l'idée mahométane d'un fatalisme auquel rien ne peut échapper, ces
populations méprisent les précautions, et ne font rien pour détourner les fâcheuses
conséquences dont est menacée leur incurie; l'aveuglement de l'esprit produit
celui du corps, et la folle erreur se punit elle-même.
Cette maladie est souvent aussi le simple effet de la
vieillesse, 1 Samuel 4:15; cf. 3:2; 1 Rois 14:4; Genèse 27:1.
L'aveuglement soudain dont furent frappés les
Sodomites cherchant la porte de Lot pour en faire sortir les deux étrangers,
Genèse 19:11, peut s'entendre d'un simple éblouissement, de cette confusion
dans l'organe de la vue qui est bien souvent la suite et la peine du péché. Les
Syriens qui assiégeaient Samarie, et qui étaient descendus auprès d'Élisée,
furent également frappés d'éblouissement par le prophète, et conduits ainsi
jusque dans le camp d'Israël, 2 Rois 6:18-22; dans le même chapitre il est
parlé de cet aveuglement naturel à l'homme pécheur, et qui l'empêche de voir
autour de lui l'armée de l'Éternel, 6:17. Le Nouveau Testament nous mentionne
encore la cécité momentanée de saint Paul, Actes 9:9, et celle du mage
Bar-Jésus, 13:6. On ne peut dire avec certitude de quelle manière se manifesta
cet aveuglement; un miracle en fut certainement la cause, mais il est possible
que l'effet ait été naturel, et que cette cécité ait eu du rapport avec des cas
plus ordinaires, qui tiennent tantôt à l'obscurcissement de la cornée
transparente, tantôt à la paralysie de la rétine, tantôt encore à
l'épaississement du cristallin. On peut comparer aussi l'histoire de Tobie,
11:10, qui ayant perdu la vue par un épaississement de la cornée transparente,
fut guéri par une application de foie de poisson.
Les anciens attribuaient en effet au foie de poisson,
et surtout au foie du callionymus et du silurus, la propriété de guérir les
maladies des yeux, et même la cécité; maintenant encore, en quelques pays on se
sert du même remède comme d'une pommade excellente pour ce genre de maux. Notre
Seigneur s'est toujours borné à toucher de ses mains les yeux des aveugles
qu'on lui présentait; une seule fois il les a mouillés de boue faite avec la
salive, Marc 8:25; Jean 9:1; Matthieu 9:29; 20:34.
— Voir: Salive.
Il est parlé dans l'Écriture d'une autre espèce
d'aveuglement plus dangereux encore que celui du corps, celui du cœur.
L'endurcissement des Juifs leur est plus d'une fois reproché sous cette figure,
et le prophète Ésaïe avait même annoncé qu'en suite de son aveuglement
volontaire et prolongé, ce peuple malheureux deviendrait tellement la victime
de ses péchés, qu'alors même qu'il voudrait enfin ouvrir les yeux pour voir, il
ne le pourrait plus, Ésaïe 6:10, et ailleurs. C'est dans le même sens que les
prophètes prédisent aussi la guérison des aveugles, comme un des caractères
principaux et bénis qui accompagneront la venue du Christ sur la terre, Ésaïe
29:18; 35:5; 42:16; cf. Matthieu 11:5. C'est qu'en effet la lumière de la nouvelle
alliance, plus brillante que celle des prophètes, a pu ouvrir les yeux de ceux
qui ne comprenaient pas encore la splendeur divine de l'ancienne économie; les
nations et les gentils ont cru à salut.
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CÈDRE,
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le plus célèbre des arbres mentionnés dans l'Écriture
sainte, l'emblème de la beauté, de la force et de l'immortalité, Juges 9:15; 1
Rois 5-6; 2 Rois 14:9; Esdras 3:7; Psaumes 104:16; Ésaïe 14:8; Ézéchiel 27:5;
Zacharie 11:1, etc. Élégant dans ses grandioses proportions, il est svelte et
fort élevé, 1 Rois 4:33; Job 40:12; Ésaïe 2:13; Jérémie 22:23; Ézéchiel 17:22;
Amos 2:9; Psaumes 92:13. Le Liban était sa patrie, mais il paraîtrait, d'après
Pline, que l'on en trouvait aussi sur les monts du Taurus et de l'Amanus. Le
cèdre appartient à la famille des conifères; il porte de petites feuilles de 4
à 5 centimètres de longueur, raides, dures, persistantes, et vertes encore au
milieu de l'hiver; elles sortent par vingtaines environ, de petites gaines en
faisceaux, et contribuent ainsi à donner au cèdre beaucoup de ressemblance avec
le mélèze (larix) de la même famille: les étamines forment des espèces de
chatons jaunes, de la grosseur du petit doigt, et allongées; les fleurs femelles,
réunies en chatons ovoïdes, d'abord rouge pourpre, deviennent ensuite rouge
pâle, puis d'un vert sale, et enfin d'un jaune clair. Les pommes, assez
semblables à celles du pin, sont cependant plus délicates, plus unies et moins
ouvertes; longues de 15 centimètres, et larges de 12, elles sont solidement
attachées à l'écorce; leur couleur est un gris brun très brillant. Les branches
du cèdre lancées d'espace en espace, et presque perpendiculaires au tronc, sont
grandes et éloignées les unes des autres; elles diminuent toujours jusqu'au
haut, et forment comme une espèce de roue qui s'élève en pyramide. On en trouve
au Jardin des plantes de Paris un bel échantillon, qui pourrait être le roi des
végétaux connus en Europe, mais qui dans son ancienne et patriarcale famille,
n'est qu'un jeune et petit sujet, digne à peine de trois siècles. Le cèdre
croît lentement, et préfère les terrains gras, les lieux froids et les
montagnes; il ne porte guère de fruit avant l'âge de quarante-cinq ou cinquante
ans. Son bois est incorruptible, sauf à l'humidité; il est beau, solide, sans
nœuds, d'un brun rayé de rouge, et odoriférant comme toutes les portions de
l'arbre, Cantique 4:11; Osée 14:6; cf. Virgile Æneid. 7, 13. Par ces divers
avantages, il était extrêmement recherché comme bois de construction, 2 Samuel
7:2. Jérémie 22:14; on en faisait les balcons sur les terrasses, et toutes les
charpentes un peu délicates, 1 Rois 6:10; 7:2; Sophonie 2:14; Cantique 1:16;
3:9, de même que les lambris du temple, 1 Rois 6:9. 18; 7:7, ou des palais de
Jérusalem, 1 Rois 7; Esdras 3:7, etc. C'est à cause de ses matériaux que le
temple est appelé Liban, Zacharie 11:1, et le palais de Salomon maison du parc
du Liban, 1 Rois 7:2. Nous voyons encore de faux dieux et des mâts de vaisseaux
faits de ce bois précieux, Ésaïe 44:14; Ézéchiel 27:5.
Les cèdres tendent à diminuer de jour en jour sur le
mont Liban, et bien qu'il en reste encore au-dessus du village d'Éden, un
bouquet de quelques centaines, 360 environ d'après une correspondance du Morgenland,
ou 300 d'après le professeur Schubert, il n'en est qu'un fort petit nombre que
leur grosseur puisse permettre de croire contemporains du roi Salomon, 24
d'après Rauwolf, 16 d'après Maundrell, 15 d'après Pococke, 9 d'après le
voyageur suisse Mayer, 7 d'après Lamartine, enfin 5 d'après Schubert; on
conçoit qu'un pareil calcul ne soit pas facile à faire. Leurs vieux troncs sont
souvent déchirés en trois ou quatre divisions bien marquées, dont chacune est
égale à la circonférence de nos chênes les plus vénérables. Ils sont en outre
lacérés par les innombrables inscriptions des glorieux voyageurs, qui se
plaisent à y graver leurs noms en grosses majuscules sur l'écorce et même
jusqu'à l'aubier, et qui ne désirent pas avec moins d'ardeur d'en emporter quelques
fragments pour mémoire. Ibrahim Pacha, pour remédier à un abus si fâcheux,
avait donné l'ordre aux Maronites inspecteurs de ces montagnes, de veiller à
l'intègre conservation de la petite forêt qui subsiste encore, mais il ne
paraît pas que, les soins de ce ministre aient grande chance de succès, et l'un
des gardes forestiers s'est permis de détacher lui-même pour l'offrir à M.
Schubert, un rameau de ces jeunes cèdres.
Chaque année, au mois de juin, les populations de
Beschieraï, d'Éden, de Kanobin, et de tous les villages des vallées voisines,
montent aux cèdres, et font célébrer une messe à leurs pieds (Lamartine,
Schubert et le Morgenland de 1840).
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CÉDRON,
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torrent dont le nom hébreu rappelle ces «torrents qui
coulent noirs sans glace», Job 6:16. Quelque rapport qu'il ait avec le mot
français cèdre, et quoiqu'on ait voulu faire dériver son nom d'une certaine
quantité de cèdres qui auraient été plantés jadis sur son rivage, le rapport
n'est qu'accidentel, et le fait n'est pas prouvé. Le Cédron coule à l'est de
Jérusalem, entre la ville et le mont des Oliviers: son lit peu large, mais
profond, est creusé dans une vallée du même nom; après un cours tortueux de 30
à 40 kilomètres, il se jette dans la mer Morte. C'est en hiver et par les temps
d'orage que le Cédron coule avec le plus d'impétuosité; ses vagues vont alors
jusqu'à déborder; mais dans la saison sèche, il n'est pas rare de voir ses eaux
presque entièrement taries, et son lit servir de route aux voyageurs. Le roi
David et notre Sauveur l'ont traversé, tous les deux affligés, tous les deux
éprouvés, l'un fuyant la révolte de son fils, l'autre sous la colère et la
malédiction paternelle, l'un et l'autre injustement accusés, l'un et l'autre
accompagnés d'un petit nombre d'amis fidèles, et refusant de se défendre ou de
se venger, quoiqu'ils eussent pu d'un mot se créer des légions, l'un de
soldats, et l'autre d'anges, 2 Samuel 15:23; Jean 18:1.
— La vallée du Cédron était, surtout dans sa partie
méridionale, comme la voirie de Jérusalem; on y jetait les entrailles des
victimes égorgées dans le temple; et les rois Asa, Ézéchias et Josias y ont
brûlé les abominations et les idoles qui avaient servi au culte des Juifs prévaricateurs,
1 Rois 15:13; 2 Rois 23:4,6,12; 2 Chroniques 29:16. Les égouts de la ville s'y
déchargèrent dans les temps postérieurs.
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CEINTURE,
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l'une des parties du vêtement à laquelle les Hébreux,
et en général les Orientaux, attachaient la plus grande importance, soit comme
ornement, soit aussi pour son utilité. Jamais ils n'en portaient dans leurs
maisons, et ils ne s'en servaient, lorsqu'ils sortaient, que pour travailler ou
pour faire une course un peu longue, afin de retenir les pans de leur tunique
flottante, et de n'être point entravés dans leurs mouvements par les replis
mobiles de cette robe entr'ouverte: c'est ainsi que voulant laver les pieds de
ses disciples, notre Sauveur se ceignit d'un linge, Jean 13:4-5. Les soldats
aussi se ceignaient pour la bataille, et David s'écrie, Psaumes 18:39: «Tu m'as
ceint de force pour le combat», cf. Proverbes 31:47.
— En suite de leur valeur, les ceintures étaient
fréquemment offertes en présents, 2 Samuel 18:11, et jouaient un certain rôle
dans le commerce des objets de luxe et de toilette, Proverbes 31:24. Elles
étaient communes aux hommes et aux femmes, un peu plus fines pour ces
dernières, mais variaient beaucoup dans leur forme et dans leur tissu, suivant
la richesse et la condition des personnes: pour les pauvres elles étaient
simplement de cuir, et fort larges, de près d'un demi-pied, 2 Rois 1:8;
Matthieu 3:4; Marc 1:6; pour les riches, elles étaient de fin lin, Jérémie
13:1, de coton, Ézéchiel 16:10, et quelquefois de soie, larges seulement de
quatre doigts, et précieusement ornées d'or et de pierreries, Daniel 10:5,
surtout les ceintures de femmes, qui sont comptées au nombre des plus beaux
objets de la toilette féminine, Ésaïe 3:20,24. Les hommes portaient
ordinairement la ceinture à la hauteur des reins, 1 Rois 2:5; 18:46; Jérémie
13:11; Apocalypse 1:13; 15:6; les prêtres la portaient volontiers plus haut,
sur la poitrine, et les femmes un peu plus bas et moins serrée, sur les
hanches, comme cela se voit encore en Orient. La ceinture des prêtres avait un
nom particulier, et s'attachait par-devant de manière que ses deux extrémités
tombaient presque à terre.
C'est à la ceinture que les anciens attachaient, comme
on le fait encore de nos jours, leur épée, Juges 3:16; 2 Samuel 20:8; etc., en
sorte qu'une ceinture ferme et solide pouvait être regardée comme faisant
partie de l'équipement militaire, Ésaïe 5:27. On y portait encore les matériaux
nécessaires pour écrire, Ézéchiel 9:2, et de l'argent, Matthieu 10:9; Marc 6:8;
cf. 2 Samuel 18:11. Remettre à quelqu'un sa ceinture était à la fois une marque
de confiance et d'amitié, 1 Samuel 18:4; c'était aussi le symbole de l'entrée
en charge d'un fonctionnaire militaire ou civil, Ésaïe 22:21 (Sebna remplacé
par Éliakim).
Nos traductions françaises, dans plusieurs des
passages que nous avons cités, ont traduit le mot hébreu par baudrier au lieu
de ceinture, se conformant à l'usage de notre langue, et au sens de la phrase,
qui indiquait en effet un baudrier militaire; il faut observer seulement que ce
baudrier n'était autre chose qu'une ceinture, et qu'il s'attachait autour des
reins au lieu de pendre à l'épaule.
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CENCHRÉE,
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port de Corinthe, assez éloigné de cette ville, dont
il était comme un faubourg. C'est là que saint Paul, avant de s'embarquer pour
Jérusalem, se fit couper les cheveux à cause d'un vœu qu'il avait fait, Actes
18:18. La diaconesse Phœbé qui figure en tête des personnes que saint Paul fait
saluer à Rome, appartenait à l'église de cette petite ville, Romains 16:1.
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CENDRES.
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«Je ne suis que poussière et que cendres», dit
Abraham, Genèse 18:27, pour exprimer le sentiment qu'il a de son néant, cf. Job
34:15. S'asseoir sur la cendre était une marque de deuil et de repentance,
Jonas 3:6; 2 Samuel 13:19; Psaumes 102:9; Lamentations 3:16. Dieu menace de
faire tomber des cendres au lieu de pluie sur les terres d'Israël, si son
peuple est infidèle aux lois qu'il lui a données, Deutéronome 28:24. À côté de
ces diverses significations qui toutes ont un caractère de douleur et
d'affliction, la cendre avait encore une signification symbolique tirée des
propriétés purifiantes dont elle jouit; on composait une espèce d'eau lustrale
avec les cendres de la vache rousse qu'on immolait dans le grand jour des
expiations, Nombres 19:17; cf. Hébreux 9:13.
— Voir: Deuil et Purifications.
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CÈNE. Repas
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Repas institué par notre Sauveur, en souvenir de sa
mort; simple institution de Jésus, qui est devenue l'acte principal d'un culte
redescendu jusqu'à la plus flagrante des idolâtries! Pour revenir à son
établissement primitif, il faut recourir à l'Évangile de saint Jean 13:1; sq.
et à 1 Corinthiens 11:23. Le sujet a depuis trop longtemps perdu sa fraîcheur,
et avec elle sa simplicité, pour que nous puissions facilement invoquer ici
l'impression d'une première lecture. Et cependant c'est ce qu'il faudrait avant
tout.
Il serait même convenable d'user, ici comme en tant
d'autres questions, des termes les plus simples que comporte le sujet, et de
quitter des expressions tirées des langues étrangères, pour nous servir des
termes plus clairs de notre langue habituelle. Cène signifie souper, repas:
lisez l'institution elle-même, et vous y retrouverez un souper, un repas, celui
que tous les Juifs faisaient et avaient fait depuis des siècles pour célébrer
la Pâque,
— tandis que le mot de Cène, et bien plus encore celui
d'Eucharistie, réveillent des idées, ou vagues ou fausses, qui peuvent être
venues après coup, et qui permettent de parler de «mystères», et de «terribles
mystères», puis d'une sainteté extraordinaire des prêtres qui doivent les
célébrer, et de cent autres superstitions semblables.
Notre Sauveur, en instituant cette cérémonie qui n'est
nulle part, non plus que le baptême, appelée un sacrement, semble avoir usé de
cette largeur divine, de cette absence de précision, qui ne diffère de la
négligence qu'en ce qu'elle a été volontaire, et qu'elle paraît avoir eu pour
but de laisser, dans certaines bornes, les esprits divers envisager
l'institution sous diverses faces. C'est le caractère constant du langage et
l'action de Dieu dans les choses de ce genre. Cependant il doit y avoir dans
cette institution une vérité fondamentale, et selon nous la voici: Comme un
apôtre nous dit plus tard que, soit que nous mangions, soit que nous buvions,
nous devons tout faire à la gloire du Seigneur, 1 Corinthiens 10:31, ainsi,
depuis la mort expiatoire de Jésus, ses disciples ne devaient plus perdre de
vue ce grand sacrifice: tout devait le leur rappeler; et toutes les fois en
particulier qu'ils prendraient leur repas, qu'ils rompraient le pain, ou qu'ils
boiraient à la coupe comme ils le faisaient en ce moment, ils devaient se
souvenir de la mort que le Rédempteur avait subie, et l'annoncer jusqu'à ce
qu'il revînt, Luc 22:19. Sans doute la Cène prit, dès les premiers moments de
la pratique, une forme un peu différente, mais ce fait n'est point en
contradiction avec l'institution telle que nous venons de la définir. Les
développements ou les modifications que les apôtres ont pu apporter à une
institution du Christ, ont d'après les propres paroles du Seigneur, autant
d'autorité que les siennes mêmes. N'a-t-on pas vu déjà, sous l'ancienne
alliance, une foule de lois données par l'Éternel, subir au bout d'un temps
plus ou moins long, des modifications, quelques-unes assez importantes sans
doute provoquées par l'Esprit même de Dieu, mais qui ne se présentent que comme
des faits, ou comme les idées du peuple, d'un roi, ou d'un prophète, auxquelles
Dieu donne après coup son approbation et le sceau d'une institution divine? Il
y aurait une foule d'exemples à citer ici; nous n'alléguerons que les
modifications considérables que subirent nécessairement, soit le culte depuis
l'érection d'un temple, soit plusieurs lois civiles depuis l'établissement de
la royauté. Disons encore le fait singulier que, sous Moïse et en la présence
de Moïse, le peuple entier des Israélites reste 38 ans sans donner à ses
enfants cette circoncision qui lui était si positivement commandée Josué 8:5!
Or ne serait-il pas permis de penser que Jésus ayant
donné la règle générale et fondamentale, les apôtres chargés de l'application,
et les fidèles qui voulaient y participer, se sentirent pressés, dans le cas
dont il s'agit, de se réunir entre eux seuls, pour prendre en paix et sans
obstacles ce repas commémoratoire, et pour pouvoir célébrer sans trouble le
bienfait de leur rédemption? Le pouvaient-ils toujours dans leur repas
ordinaire? Un mari chrétien avec une femme païenne, ou l'inverse; des enfants
ou des parents, les uns convertis, les autres non, n'auraient-ils pas été mille
fois empêchés de prendre leur repas de la manière que Jésus avait indiqué,
c'est-à-dire de prendre le repas du Seigneur? Ils se réunirent donc à cet
effet; et différents endroits du livre des Actes nous le prouvent jusqu'à
l'évidence. Les apôtres allaient de maison en maison rompant le pain, tous les
jours, 2:46. Les Corinthiens de même faisaient un repas commun, et saint Paul
ne blâme point chez eux ce fait, mais uniquement la manière dont il se passait,
en leur disant que s'ils se réunissaient uniquement pour manger, ils pouvaient
le faire chez eux, tandis qu'ici c'était le repas du Seigneur,
— mais un repas, 1 Corinthiens 11:20-22. De là les
agapes ou repas de charité. Peut-être aussi la modification apostolique
eut-elle pour motif notre légèreté naturelle et ce besoin que l'homme, même le
plus pieux, éprouve d'être rappelé au sérieux par une cérémonie rare et
imposante.
Sans doute, la Cène modifiée de bonne heure par des
raisons du genre de celles qu'on vient d'indiquer, n'est plus qu'un semblant de
repas: mais cela suffit, l'idée est conservée. Seulement il faut que cette idée
primitive ne soit jamais perdue de vue, afin qu'on ne tombe pas dans les
diverses superstitions, parfois bien grossières, qu'a enfantées une
interprétation littérale, matérielle de l'institution du Sauveur. Ce principe
est le seul qui unisse, et qui sépare dûment le symbole et son objet. On a vu,
à l'article Baptême, combien les symboles étaient naturels et parlants; on a vu
en même temps qu'il ne fallait pas les confondre avec l'objet même qu'ils
représentent. La Cène n'a par elle-même aucune vertu intrinsèque: elle a une
profonde réalité à cause de la foi qu'elle nourrit et qu'elle ranime; par
contre elle peut aussi très bien produire des effets factices et trompeurs, à
cause des idées dont l'imagination ou la superstition l'ont entourée; voilà la
messe.
Les mots de Jean, 6:48-58, n'ont aucun rapport à cette
cérémonie. Jésus lui-même, après avoir parlé de manger sa chair, et de boire
son sang, ajoute que «ses paroles sont esprit et vie», et que «la chair ne sert
de rien».
6:63.
La communion indigne, 1 Corinthiens 11:27,29, consiste
simplement à se rendre à cette cérémonie en oubliant le but, ou en y apportant
de mauvaises dispositions, de bravade ou d'hypocrisie. Celui qui y reçoit sa
condamnation serait déjà condamné sans cela.
Disons enfin que c'est bien à tort qu'on applique
généralement à la seule cène le commandement que Dieu nous donne de laisser là
noire offrande quand nous avons quelque chose contre notre frère, ou plutôt
«quand il a quelque chose contre nous», et que nous n'avons pas fait notre
possible pour l'apaiser, Matthieu 5:23-24. Il s'agit là de tout acte de culte
quelconque, lecture, prédication, chant, prière même et autres. La cène n'est
ni notre offrande, ni une offrande ou un sacrifice; elle en est simplement la
commémoration. «Non que Christ s'offre plusieurs fois lui-même; mais ayant été
offert une seule fois pour ôter les péchés», etc. Hébreux 9:25-28; cf. 10:10:
«l'oblation qui a été faite une seule fois du corps de Christ.»
Sous la loi, la
Pâque est liée avec l’élément central de l’agneau pascal. Le pain sans levain
était mangé avec des herbes amers et l’agneau, et fut consacré par son
caractère prophétique qui trouvait son accomplissement en Jésus-Christ qui est
«le pain du ciel» (Jean 6:32-35) et «l’Agneau de Dieu» (Jean 1:29). Toute la
cérémonie de la Pâque était une célébration qui anticipait la venue du Messie
pour le rachat des péchés de son peuple. En d’autres mots, la Pâque était une
cérémonie prophétique et vicariale, prophétique car elle annonçait la venue de
Christ, vicariale car Christ nous inclus en son sacrifice expiatoire sur la
croix où il est mort comme notre substitut. En ce sens, le pain rompu et le vin
(non du jus de raisin) représentaient le corps brisé du Seigneur et son sang
versé. Cette cérémonie pascale était désignée uniquement pour le temps de la
loi. En aucune façon elle anticipait une continuité sous la grâce pour se
reproduire dans un mémorial symbolique. Les représentations du corps et du sang
de Christ, même au moment où le Seigneur et ses disciples participèrent à la
Pâque, étaient uniquement des anticipations du drame de la croix qui était pour
se produire le lendemain de leur célébration prophétique. Jésus n’a jamais
ordonné l’observation d’un rituel de la loi à perpétuité comme mémorial de son
sacrifice. En fait cela irait à l’encontre de son œuvre achevée dans son
sacrifice parfait qui ne peut se répéter, et du fait qu’il a accompli la loi
dans sa totalité pour nous.
Le Repas du
Seigneur n’est pas un signe visible perpétuel de manger et de boire des
éléments symboliques, ni est-il un acte de profession de foi et d’obéissance de
la part de ceux qui y participent. Il n’est point un sceau attaché à la chose
signifiée, ni une garantie de la réalisation de celle-ci pour donner aux
croyants l’assurance qu’ils sont l’objet du grand amour de Christ dans son don
de soi. Mais le Repas du Seigneur est beaucoup plus que cela. Pour en pénétrer
le mystère, il suffit de savoir quelle est la signification des paroles de
Jésus «faites ceci en mémoire de moi» (Luc 22:19; 1 Corinthiens 11:23-26). Il
ne s’agit pas de s’arrêter sur les paroles «Prenez, mangez : ceci est mon
corps» et «ceci est mon sang», car comme nous avons vu, le pain et le vin
furent des éléments anticipatoires dans la Pâque depuis Moïse jusqu’à Jésus. En
faisant un rapprochement de sa personne avec les éléments du pain et du vin,
Jésus confirmait qu’il était le Messie longuement attendu, et qu’il était
l’Agneau de Dieu désigné à la boucherie du sacrifice expiatoire. Mais les
paroles «faites ceci en mémoire de moi» ont une portée plus vaste et un sens
plus profond de l’union mystique. Chose certaine, Jésus ne signifiait pas par
ces paroles de prendre littéralement un morceau de pain et un peu de vin en
mémoire de Lui. Le Seigneur connaît très bien nos faiblesses humaines et ne
mettrait point devant nous des éléments qui risqueraient de nous faire tomber
dans l’idolâtrie. Le sens de ces paroles se trouve dans Jean 13:15 dont les
évènements du contexte se déroulent dans la même célébration de la dernière
Pâque: «Car je vous ai donné un exemple, afin que, comme je vous ai fait, vous
fassiez de même». L’Écriture nous indique clairement que ces paroles furent
prononcées dans le contexte de la Pâque (Jean 13:1) «après le souper» (Jean
13:2). Dans son enseignement à ses disciples lors de la célébration de la
Pâque, Jésus confirme la signification de ses paroles «faites ceci en mémoire de
moi» en disant: «Nul n’a un plus grand amour que celui qui donne sa vie pour
ses amis» (Jean 15:13). Voici donc le sens réel de ses paroles, «faites ceci en
mémoire de moi», non un rituel de la loi dans lequel nous mangeons un morceau
de pain et buvons un peu de vin, mais «un exemple» que nous devons suivre et
appliquer premièrement envers Lui et deuxièmement envers les frères dans la
foi. Comme il a renoncé à tout pour nous, nous devons renoncer à tout pour Lui:
«Ainsi quiconque parmi vous ne renonce pas à tout ce qu’il a, ne peut être mon
disciple» (Luc 14:33). Ces paroles sont d’une intensité vaste et profonde qui
débordent par-dessus la coupe céleste qui les contient pour répandre sur les
frères les bénédictions de la grâce dans un exemple pratique. L’enseignement
central des paroles «faites ceci en mémoire de moi» est l’amour sacrificiel
dont le nom en Grec est «l’AGAPÉ». Comme nous devons renoncer à tout pour
Christ, nous devons renoncer à tout pour les frères en qui Christ demeure par
sa Sainte et Brillante Présence. Ceci est la seule ordonnance ou le seul
commandement que Jésus a donner à ses disciples lors de la Pâque: «C’est ici
mon commandement : Que vous vous aimiez l’un l’autre, comme je vous ai aimés»
(Jean 15:12). Ceci est l’exemple du témoignage vivant que nous devons porter
devant le monde: «En ceci tous connaîtront que vous êtes mes disciples, si vous
avez de l’amour l’un pour l’autre» (Jean 13:35). C’est ici le vrai Repas du
Seigneur et celui qui n’y participe pas ou qui rejette cet enseignement n’est
pas chrétien et n’a point la vie éternelle en lui (Jean 6:53,54).
Sous la Nouvelle
Alliance, il n’existe plus aucun signe matériel visible qui transmet la grâce
ou fortifie la foi, choses qui n’étaient que «l’ombre des biens à venir»
(Hébreux 10:1) et qui furent «abolies» (Hébreux 12:27). Tous les éléments
cultuels qui servaient de signes visibles sous l’Ancienne Alliance de la loi,
étaient d’un caractère prophétique comme des préfigurations qui indiquaient la
venue du Messie. Une fois le ministère vicarial de Christ accomplit, tous les
éléments de la loi n’étaient plus nécessaires, ayant réalisés leur but ils
furent abolis et remplacés par la liberté de la grâce qui détient uniquement un
caractère spirituel de la Sainte Présence de Christ en nous. Puisqu’il n’y a
aucune ordonnance de la loi qui est valide sous la grâce, nous réalisons que
Jésus n’a jamais institué aucun sacrement ou ordonnance comme le Baptême d’eau
et le Repas du Seigneur, et que ces choses ne sont que les fruits de l’imagination
maladive du raisonnement humain qui désire monopoliser la grâce dans le but de
remettre les croyants sous la servitude de la loi. Ils ne sont donc pas des
Moyens de Grâce mais des moyens d’exploitation qui servent aux dirigeants
spirituels des différentes religions dites chrétiennes, dans le but de
justifier leur existence inutile et de remplir les coffres et les poches de
ceux qui manipulent les gens et les circonstances en leur faveur.
Sachant ces choses,
nous pouvons maintenant procéder à regarder l’enseignement de l’apôtre Paul
concernant le Repas du Seigneur. Paul affirme que sous la grâce «nous ne
connaissons plus Christ selon la chair» (2 Corinthiens 5:16), c’est à dire
qu’il n’y a rien qui soit charnelle qui puisse prétendre donner une connaissance
de Christ qui soit valide. Précisons immédiatement que la Parole de Dieu ou la
Bible, quoique écrite et imprimée sur du papier matériel ou physique, ne peut
être considérée comme un élément charnel mais spirituel, car elle respire de la
Présence de Dieu même, et les mots qu’elle contient, c’est à dire la structure
grammaticale, sont des paroles vivantes et éternelles déterminées par Dieu de
toute éternité. Elle nous a été donnée dans le temps, elle sera présente au
jugement dernier, et elle sera pour toute l’éternité servant de témoignage à la
gloire de Dieu en Jésus-Christ qui en est l’Auteur par son Saint-Esprit qui
l’habite. Cela dit, selon l’enseignement de l’apôtre Paul dans 2 Corinthiens
5:16, les éléments de l’eau dans le Baptême, le pain et le vin dans le Repas du
Seigneur, utilisés par les religions, ne sont d’aucune utilité pour nous donner
une représentation de Christ, «car les choses anciennes sont passées et toutes
choses sont devenues nouvelles» (2 Corinthiens 5:17). Ces éléments nous donnent
plutôt une fausse représentation de Christ que l’apôtre Jean nomme de
l’idolâtrie (1 Jean 5:20,21). Dans un contexte où Paul nous parle de
l’idolâtrie pour nous aviser de la fuir, il souligne ce changement «des choses
anciennes qui sont devenues nouvelles» en disant: «La coupe de bénédiction,
laquelle nous bénissons, n’est-elle pas la communion du sang de Christ? Et le
pain que nous rompons, n’est-il pas la communion du corps de Christ?» (1
Corinthiens 10:16). Éloignons de nous le faux concept religieux de la communion
qui consiste à manger un morceau de pain et boire un peu de vin, car le mot
«communion» signifie «être associé, être uni dans une même foi». Par ces
paroles, Paul ne confirme pas ici l’institution d’un sacrement, il ne donne
aucune approbation à une ordonnance qui consisterait en des éléments matériels
ou physiques, il établit plutôt un parallèle ou une comparaison entre une chose
ancienne et une chose nouvelle. Même plus, il souligne fortement que les choses
anciennes de «l’Israël selon la chair» sont «des idoles» qui ont un rapport
avec «des démons», et il ne veut absolument pas qu’un chrétien sous la grâce
«participe à la Table du Seigneur et à la table des démons» (1 Corinthiens
10:18-21). Il avait souligné ce point du changement des choses anciennes à des
choses nouvelles, en disant: «Nettoyez donc le vieux levain, afin que vous
deveniez une nouvelle pâte, comme vous êtes sans levain; car Christ, notre
Pâque, a été immolé pour nous. C’est pourquoi, célébrons la fête, non avec le
vieux levain, ni avec un levain de malice et de méchanceté, mais avec les pains
sans levain de la sincérité et de la vérité» (1 Corinthiens 5:7,8). Dans
l’essence de son message du changement de toutes choses, Paul fait ressortir
deux aspects importants qui soulignent l’amour de Dieu ou l’Agapé: la communion
avec Christ, et la communion avec les frères dans l’amour sacrificiel de Dieu
qui est «le renoncement à soi-même». Il élabore ceci dans ses reproches aux
Corinthiens qui se réunissaient pour célébrer l’Agapé dans une attitude
d’hypocrisie qui ne manifestait point l’exemple du renoncement que Christ avait
ordonné (1 Corinthiens 11:17-34). Ils avaient remplacés les signes extérieurs
de la loi par la manifestation extérieure des dons miraculeux de l’Esprit,
laissant ainsi de côté l’amour sacrificiel de Dieu dans leurs agissements
envers l’un l’autre, et Paul devait corriger cette déviation atroce par rapport
à la foi. Il importe de souligner de nouveau que les dons miraculeux de
l’Esprit étaient seulement pour cette période transitoire dans laquelle la loi
et la grâce coexistèrent lors de l’enfance de l’Église, et que par après, ayant
accomplit leur but, ils cessèrent et furent remplacés par la révélation totale
de l’amour sacrificiel de Dieu dans l’achèvement parfaite des écrits du Nouveau
Testament (1 Corinthiens 13:8-10). Ce fait est souligné par la permanence de
l’amour sacrificiel qui est le plus grand don que nous puissions avoir (1
Corinthiens 13:13), car le renoncement à soi est la révélation de Christ en
nous et en sa Parole écrite. Les reproches de Paul sont justifiés, car chacun
se pressait de prendre son repas en particulier afin de ne pas partager avec
ceux qui n’avaient rien (1 Corinthiens 11:21,22). Le partage est la conséquence
directe et logique du renoncement, il est l’évidence de la Présence de Christ
en action, le témoignage de la mort et de la résurrection de Christ qui, par
son ascension, est venu habiter en nos cœurs par l’Esprit de sa Brillante
Présence. Le refus de partager porte des conséquences désastreuses et n’est
point acceptable dans le corps de Christ. En se référant à la Pâque que le
Seigneur célébra avec ses disciples, Paul souligna dans le chapitre 11 de 1
Corinthiens l’importance capitale du renoncement en montrant qu’il fut un
commandement direct du Seigneur (1 Corinthiens 11:23-25) qui avait renoncé à
toutes choses pour nous. C’est en effet par le renoncement que «nous annonçons
la mort du Seigneur», car le renoncement est une mort en soi-même, et le
partage en est l’évidence aux yeux du monde (1 Corinthiens 11:26; Jean 13:35).
«C’est pourquoi» celui qui participe au renoncement de Christ en offensant les
frères «est coupable envers le corps et le sang du Seigneur.» (1 Corinthiens 11
:27), car il «ne discerne point» que nous sommes «le corps du Seigneur» (1
Corinthiens 11:29) par la Sainte Présence de Christ en chacun de nous. Le refus
de partager dans l’église des Corinthiens fut la cause pour laquelle il y avait
«beaucoup d’infirmes et de malades, et qu’un grand nombre sont morts» (1 Corinthiens
11:30). «C’est pourquoi», lorsque les frères s’assemblent, ils doivent
s’attendre (1 Corinthiens 11:33), c’est à dire qu’ils doivent compter sur l’un
et l’autre dans l’entre aide mutuel pour donner l’évidence de l’union mystique
en chacun d’eux. Sans entre aide plusieurs frères et sœurs sont condamnés à la
misère, à la pauvreté, à la privation, à la détresse, et même périssent par
l’attitude abominable et scandaleuse de ceux qui refusent de partager. C’est
ici, en effet, que se trouve le vrai repas du Seigneur dans le renoncement à
soi pour Christ et le partage entre les frères. Celui qui n’y convient point ne
fait pas parti du corps de Christ, et ce n’est point en mangeant un morceau de
pain ou en buvant une coupe de vin que sa condamnation va être enlevée.
— Voir: encore articles Coupe, et Pâques.
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CENS ou Capitation,
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impôt d'un demi-sicle (1 fr. 65 c.) que chaque
Israélite devait payer en passant par le dénombrement. Exode 30:13.
Quelques-uns pensent que c'était un impôt annuel, d'autres que chaque Israélite
le payait une fois dans sa vie, pour «faire le rachat de leurs personnes;»
d'autres croient qu'on n'était tenu de le payer qu'aux époques de dénombrement,
et que ce fut pour y avoir manqué que David vit son peuple atteint de
mortalité; d'autres enfin croient que cet impôt fut ordonné à Moïse, par
extraordinaire, et qu'il devait être décrété de nouveau à des époques
indéterminées, sans avoir été jamais un impôt régulier. Le revenu de cet impôt
était affecté au service du temple.
— Au retour de la captivité, un impôt annuel d'un
tiers de sicle fut établi pour les frais du culte. Néhémie 10:32.
— Après la ruine du temple de Jérusalem, les Romains
obligèrent les Juifs à payer un demi-sicle par tête pour l'entretien du temple
de Jupiter Capitolinus.
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CÉPHAS,
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— Voir: Pierre.
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CERCUEIL.
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Les Égyptiens et les Hébreux s'en servaient même
lorsqu'ils embaumaient leurs morts. Les cercueils étaient proportionnés à la
taille du défunt, à sa qualité, et au prix que l'on voulait y mettre.
Quelquefois le dessus du cercueil indiquait le nom et les titres de la personne
qui y était renfermée, et si c'était un homme ou une femme, etc. Des figures,
des peintures ou d'autres ornements accompagnaient les couvercles du cercueil
des grands personnages.
— Voir: Sépulcres.
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CERF,
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animal que les Hébreux désignaient ordinairement sous
les noms de ayal, ayalah, ayèleth, sans en distinguer, comme nous, les
différentes espèces et familles; c'est ainsi que les antilopes et les gazelles
étaient probablement comprises sous le même nom général, quoique la gazelle,
q.v., eût aussi le nom particulier de Tsebi. Le cerf est très connu; il se
rencontre jusque dans les forêts de l'Asie méridionale. Les Hébreux le comptaient
au nombre des animaux purs, de même que le daim, Deutéronome 12:15; 14:5; 1
Rois 4:23. La course rapide de ce gracieux animal, Genèse 49:21, est souvent
célébrée par les poètes sacrés. Psaumes 18:34; 2 Samuel 22:34; Cantique 2:9,17;
8:14; Ésaïe 35:6, cf. Virgile Æneid. 6, 802.
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CERVOISE,
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boisson dont le nom se trouve toujours joint à celui
du vin. Lévitique 10:9; Nombres 6:3; Deutéronome 29:6; Juges 13:4; 1 Samuel
1:15; Proverbes 20:1; 31:4. Un des vœux du Nazaréat était l'abstinence de cette
boisson comme de toute autre boisson fermentée. On ne sait pas exactement ce
qu'était la cervoise, probablement une espèce de vin falsifié dont les anciens
fabriquaient diverses sortes; Pline parle (14:19) de vin d'orge, et d'un vin de
dattes que l'on préparait dans tout l'Orient, en laissant infuser quelque temps
des dattes dans une quantité d'eau suffisante, et en les pressant ensuite comme
des raisins dans la cuve; cette boisson ne paraît pas cependant avoir été très
saine; elle causait d'assez fréquents maux de tête. Les Talmudistes mentionnent
encore un vin de miel dont le mode de fabrication est inconnu. C'est entre le
vin d'orge et le vin de dattes qu'il faut probablement opter pour trouver la
cervoise. Saint Jérôme qui parle des diverses boissons que nous venons de
nommer, ne se prononce pour aucune, et définit en général la cervoise (sicera)
toute boisson enivrante. Le passage Ésaïe 5:22, doit se traduire: «Malheur à
ceux qui sont... vaillants à mêler la cervoise!» La question est de savoir si
le prophète a voulu dire mettre de l'eau dans la cervoise, ou l'assaisonner
d'épices fortes et savoureuses, de myrrhe, etc.; le contexte de la phrase
favoriserait cette dernière explication (Winer, Gesenius,); mais on sait aussi
que les orientaux avaient coutume de mêler d'eau leurs boissons fortes pour les
rendre plus douces, plus agréables, et plus appropriées à leurs besoins.
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CÉSAR,
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nom commun aux empereurs de Rome, et un de leurs
titres depuis Jules César jusqu'à la ruine de l'empire romain; c'est
probablement le même mot que le Czar des Russes, et le Kaiser des Allemands.
Quoique l'Écriture sainte mentionne quelquefois les empereurs sous leur propre
nom, elle les appelle plutôt et généralement Césars, parce que ce qu'elle en
dit se rapporte aux empereurs comme tels, plutôt qu'aux individus: ainsi dans
Matthieu 22:21, «Rendez à César ce qui est à César», il s'agit de Tibère; Actes
25:11, lorsque Paul en appela à César, il s'agit de Néron; les ordonnances de
César de Actes 17:7; se rapportent à Claude. Ce dernier empereur est nommé de
son nom Actes 11:28; Auguste, Luc, 2:1; et Tibère, Luc 3:1. Néron n'est jamais
nommé directement.
— Voir: ces différents articles.
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CÉSARÉE.
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Il y avait deux villes de ce nom en Palestine,
1. La
première, qu'on appelait simplement Césarée, ou aussi Césarée de Palestine,
était située au bord de la Méditerranée, non loin du promontoire du mont
Carmel. Primitivement connue sous le nom de Tour de Straton, elle fut nommée
Césarée par Hérode le Grand, qui retendit considérablement en l'honneur
d'Auguste, l'embellit, lui donna à grands frais un port sûr, et la fortifia
pour se» protéger contre les Juifs qu'il gouvernait. Un certain nombre de Juifs
s'y étaient établis, qui vivaient en dissensions continuelles avec les Grecs et
les Syriens qui s'y trouvaient. Les Romains en firent, avant la destruction de
Jérusalem, la résidence du gouverneur de la Palestine, qui montait à Jérusalem
lors des fêtes solennelles (ainsi qu'on le voit par la vie de Pilate); c'était
aussi le point central de leurs forces militaires dans ce pays, et le siège
principal de l'administration et de la justice. Cette ville n'est plus
maintenant, sous le nom de Kaisarié, qu'un grand amas de ruines inhabitées; ses
murailles, relevées par saint Louis pendant sa croisade, sont néanmoins intactes
et bien conservées; des sangliers et des chacals seuls en font leur repaire;
une source abondante qui se trouve au milieu de la ville, y attire encore
quelquefois les troupeaux voisins, qui viennent s'y abreuver d'une distance de
près de dix kilomètres.
Un des chefs de la garnison de Césarée, Corneille, fut
le premier des païens qui fut amené à la connaissance de l'Évangile, Actes 10
et 11. Ce fut aussi dans cette ville qu'Hérode Agrippa, petit-fils d'Hérode
1er, se rendit, après avoir fait mourir les gardes de la prison d'où Pierre
était sorti miraculeusement, et qu'il fut frappé de l'ange du Seigneur, pour
avoir souffert que les ambassadeurs des Tyriens et des Sidoniens l'appelassent
un Dieu, 12:19-23. Paul aussi vînt plusieurs fois à Césarée: poursuivi, peu de
temps après sa conversion, par les Juifs hellénistes, il fut conduit par les
frères à Césarée, d'où ils l'envoyèrent à Tarse, 9:29-30. Au retour de son
second voyage de mission, il débarqua à Césarée, se rendant à Jérusalem pour la
fête, 18:22. Enfin il v aborda encore au retour de son dernier voyage; à
Jérusalem, il n'échappa à la fureur des Juifs que par la protection divine, et
fut conduit par le tribun romain à Antipatris, puis à Césarée où il resta deux
ans, 23:33; 24:27; 27:1. Philippe, l'un des sept diacres, était de Césarée où
il était établi, 21:8.
2. Césarée
de Philippe, Matthieu 16:13; Marc 8:27, ville au pied du Liban, près de
l'Hermon, non loin des sources du Jourdain, à une journée de Sidon, et à une
journée et demie de Damas. Située près de la montagne du Panius, consacrée au
dieu Pan, elle portait anciennement le nom de Panéade, et reçut du tétrarque
Philippe, en l'honneur de l'empereur, le nom de Césarée, auquel on ajouta celui
de Philippe pour la distinguer de l'autre Césarée; elle ne tarda pas à
reprendre son ancien nom après la mort de celui qu'elle devait célébrer, et
l'on voit dans cette circonstance une preuve de plus que les écrivains sacrés
étaient contemporains de l'époque dont ils parlent: un auteur postérieur eût
ignoré ou oublié ce changement de nom. C'est là que le Seigneur, après avoir
admiré la foi de la Cananéenne, eût aussi la joie d'entendre Pierre lui
répondre ce que l'Esprit seul avait pu lui révéler: «Tu es le Christ, le Fils
du Dieu vivant», Matthieu 16, Marc 8, Luc 9. C'est peut-être encore sur une des
sommités de l'Hermon, et dans le voisinage de cette ville, qu'eut lieu la
transfiguration.
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CHABOR,
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est le nom d'une rivière, et c'est un fait remarquable
qu'une rivière, sortant des montagnes centrales de l'Assyrie, retient
invariablement ce même nom jusqu'à nos jours. Gesenius traduit ainsi le passage
de 2 Rois 17:6: «Il les fit habiter en Chalites (Halah), et sur le Thabor (Habor),
une rivière de Gozan, et dans les cités des Mèdes.» La version anglaise admet
le même sens, si l'on retranche seulement la particule by, (by a river of
Gozan) laquelle est imprimée en italiques pour montrer qu'elle n'existe pas
dans l'original. Habor, comme nous le voyons, est une rivière de Gozan. Le Zab
en est une aussi; et se trouvant la plus considérable, elle peut bien être
appelée par excellence la rivière de Gozan, q.v. (Grant.)
2 Rois 17:6; 18:11; 1 Chroniques 5:26. Contrée ou,
d'après une autre construction, fleuve du pays de Gozan. Dans le premier cas,
ce seraient peut-être les alentours des monts Chaboras, placés par Ptolémée (6,
1) entre la Médie et l'Assyrie; dans l'autre cas, le fleuve Chaboras qui
descend de ces monts et se jette dans le Tigre. Peut-être aussi faut-il
l'identifier avec le Kébar de Ézéchiel 1:3, qui se jette dans l'Euphrate,
— Voir: Kébar.
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CHACAL,
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nom turc et persan d'un animal qui tient une espèce de
milieu entre le renard et le loup; c'est le lupus aureus des Latins, et le loup
doré des Allemands. On le trouve en Perse, en Arménie, en Arabie, et jusqu'en
Syrie et en Palestine; sa longueur, la queue comprise, est de 1 mètre 25 c.; il
ressemble par sa forme et par son poil, au renard, avec lequel on le
confondrait aisément au premier coup-d'œil; sa tête cependant, fauve comme
celle du loup, se rapproche davantage de la tête du chien de berger; elle est
allongée, et compte jusqu'à 10 ou 12 centimètres. La queue est ronde, roide,
très-fournie, et noire à son extrémité. Les yeux sont grands. Le jour cet
animal se tient tranquille dans sa caverne, ou dans son bois; mais la nuit on
le voit courir au pillage, et souvent par bandes d'environ 200, jusque dans le
voisinage des villes. Il se nourrit de volaille, de charognes déterrées, et
attaque les enfants qui sont sans défense. On prétend que son hurlement
nocturne a beaucoup de rapport avec les cris d'un enfant.
Au milieu de toute l'obscurité qui règne sur
l'histoire naturelle des Hébreux, et sur la manière dont on doit traduire les
noms hébreux désignant des animaux sauvages et peu connus, les naturalistes et
les théologiens ont cru devoir entendre le chacal par le mot Yim des passages
Ésaïe 13:22; 34:14; Jérémie 50:39, que nos versions traduisent par «les bêtes
sauvages des îles ou des déserts.» L'animal appelé Thannim ou Thannin, Job
30:29; Michée 1:8; Ésaïe 43:20, et qui se traduit par dragons dans nos Bibles,
est peut-être aussi le chacal, mais c'est très incertain; quelques-uns le
rendent par chien sauvage, d'autres par loup, et l'analogie de l'arabe
favoriserait cette dernière traduction. Il y a cependant en Orient une autre
espèce de chien-loup appelé le chien de Syrie, qui ressemble encore plus au
renard que le chacal, mais avec le museau moins allongé, les pieds plus courts;
la peau brune, blanchâtre sur le cou; les oreilles courtes, presque blanches en
dedans; sa tête tient de celle du loup; son cri féroce et plaintif exprime la
joie et la volupté plus que la faim. Il serait possible que ce fût là l'animal
dont parlent les auteurs sacrés sous le nom de Thannim; c'est l'opinion d'un
savant allemand, Ehrenberg, devant laquelle Winer reste sans oser se décider.
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CHAIR.
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Le mot chair se prend dans l'Écriture sainte dans
différentes acceptions. Il signifie l'homme, les hommes, l'humanité, Josué
23:14; Genèse 6:12.
— les êtres vivants et les animaux, Genèse 7:15-16.
— des relations de parenté, Genèse 29:14; 37:27; 2
Samuel 5:1; 1 Chroniques 11:1. La chair est souvent opposée à l'esprit, Galates
5:16-17,19,24. Dans ces passages elle est représentée comme ayant des appétits
à elle, ses passions, ses voluptés; ses œuvres, ses fruits sont les impuretés,
l'orgueil et la haine. Ces questions de psychologie semblent résolues par la
Bible dans un sens presque matérialiste. Sans entrer à cet égard dans un examen
épineux, qui appartient d'ailleurs à la dogmatique plus qu'à notre travail,
nous nous bornerons à faire remarquer le passage Éphésiens 2:3, où saint Paul
distingue entre les désirs de la chair et ceux de l'esprit. Il semble qu'il y
ait, Job 19:22; 31:31; cf. Psaumes 27:2; Jérémie 19:9; Lamentations 2:20; 4:10;
Ézéchiel 5:10, une allusion à l'ancien cannibalisme, coutume barbare dont le
pieux affligé craint d'être la victime, et dont les prophètes annoncent que les
habitants de Jérusalem assiégés par leurs ennemis y seront réduits, au point
qu'ils dévoreront la chair de leurs propres enfants.
— La chair des impudiques est comparée à celle des
ânes, elle est dure comme celle des chevaux, Ézéchiel 23:20. Dans Proverbes
5:11, ce mot a peut-être une signification plus particulière; en parlant des
hommes qui commettent le péché d'impureté, le Sage dit que leur chair est
consumée par les maladies.
Quant à la chair des animaux, la loi de Moïse avait
sans doute, sous le double point de vue hygiénique et moral, déclaré certaines
viandes impures, et d'autres pures et propres à être mangées, Lévitique 11. Les
Hébreux se nourrissaient volontiers de brebis, Ésaïe 53:7; Amos 6:4; de veaux,
1 Samuel 28:24; Genèse 18:7; Amos 6:4; Luc 15:23; de bœufs, Ésaïe 22:13;
Proverbes 15:17; 1 Rois 4:23; Matthieu 22:4; de jeunes chèvres, 1 Samuel 16:20;
de gibier et de volaille, 1 Rois 4:23 (le mot hébreu barburim, employé dans ce
dernier passage, signifie selon les uns des chapons, selon d'autres des oies).
Cependant les riches seuls faisaient de la viande un usage habituel, 1 Rois
4:23; Néhémie 5:18. Les pauvres n'en mangeaient que les jours de fête, ou dans
des occasions solennelles, Luc 15:23, ainsi que font encore aujourd'hui les
Arabes. L'épaule était la partie la plus recherchée. Les Hébreux n'avaient pas
le droit de manger des viandes dans lesquelles se trouvait du sang, parce que,
dit le législateur, l'âme de la bête est dans son sang, Genèse 9:4; Lévitique
3:17; 7:26; 17:10; Deutéronome 12:27; cette défense semble avoir été reproduite
par les apôtres pour les membres de la nouvelle alliance, Actes 15:20,29. Ils
ne pouvaient pas toucher non plus à des viandes qui avaient été d'abord
sacrifiées à des idoles, et les judéo-chrétiens continuèrent d'observer cette
règle, mais ils en furent dispensés pour les cas où ces viandes leur seraient
présentées dans des repas ou à la boucherie, sans qu'ils en pussent connaître
l'histoire et l'origine; ils ne durent s'en abstenir que lorsque des frères
faibles leur feraient observer qu'elles avaient servi à des sacrifices, et cela
à cause de la conscience de leurs frères, qui pourrait en être blessée, 1
Corinthiens 8; 10:25. Dom Calmet fait observer à ce sujet qu'en effet «le
royaume de Dieu ne consiste pas dans la nourriture, ni dans le choix des
viandes et des boissons», Romains 14:17; 1 Corinthiens 8:8, et les chrétiens
savent qu'à cet égard aucune règle ne leur est imposée de la part de Dieu, mais
bien de la part de quelques hommes qui «se sont révoltés de la foi, s'adonnant
aux esprits séducteurs et aux doctrines des démons, enseignant des mensonges
par hypocrisie, et ayant une conscience cautérisée, défendant de se marier,
commandant de s'abstenir des viandes que Dieu a créées pour les fidèles.» 1
Timothée 4:1-3.
Le passage Jean 1:13, où il est dit de ceux qui
croient, «qu'ils ne sont point nés de sang, ni de la volonté de la chair, ni de
la volonté de l'homme (άνδρος), mais ils sont nés de Dieu», a beaucoup embarrassé
les interprètes. Les difficultés sont dans les détails. Ce passage est composé
de trois propositions qu'il est difficile d'accorder entre elles et de
coordonner. Si l'un des membres de cette trilogie manquait (la chair, comme
dans le manuscrit
Ε et dans trois autres, ou la volonté de l'homme, comme
dans B), la difficulté disparaîtrait, mais la critique les maintient tous les
trois, et l'on doit se demander quels sont les rapports de ces trois termes:
Le sang,
La volonté de la chair,
Et la volonté de l'homme.
Quelques-uns, comme Bleek, et même Tholuck, y voient
les trois phases de la génération naturelle: la concupiscence sans conscience
d'elle-même, la chair avec la conscience d'elle-même, et la volonté;
— Augustin: la semence, la femme (la chair, cf.
Matthieu 19:5; Éphésiens 5:29), et l'homme;
— Tholuck: la semence, l'appétit sensuel en général
(Éphésiens 2:3), et la passion de l'homme; il s'appuie sur d'autres passages
qui opposent également la chair à l'esprit, Jean 3:6, ou la semence de Dieu à
la vie du péché, 1 Jean 3:9.
D'autres introduisent dans leur explication des
allusions ou un sens figuré, qui s'écartent des idées relatives à la naissance
naturelle de l'homme. Origène: les sacrifices (le sang), la circoncision (la
chair), et le zèle pour la loi (la volonté de l'homme);
— Leclerc; ils ne sont point nés d'Abraham, ni
d'esclaves étrangères alliées au peuple de Dieu (Deutéronome 21:11), ni même de
prosélytes;
— Benzel: les ancêtres, les parents, le père. C'est
trop recherché.
D'autres enfin voient, dans les deux premiers termes,
deux périphrases de la génération humaine, et, dans le troisième, la volonté de
l'homme en général. Lampe: generatio secundum ordinem naturæ, libido lasciva (1
Jean 2:16; 2 Corinthiens 7:1; Éphésiens 2:3), adoptio (Genèse 17:12-13.;)
— Henry: une famille spéciale (opposée à 1 Pierre
1:23), la naissance naturelle, indiquant la filiation (Genèse 6:3), la volonté
humaine, Romains 9:16. Il est prouvé par Jacques 1:20, que le mot
άνηρ peut se prendre, même au singulier, dans le sens de
homme, sans l'idée du sexe. Et c'est à ce sens qu'il nous parait le plus simple
de s'attacher; il est indiqué dans la traduction paraphrastique de Beausobre:
«Ils ne tirent leur naissance ni du sang, ni du désir de la chair, ni de la
volonté humaine.» Ce passage est ainsi parallèle de 1 Pierre 1:23: «Vous avez
été régénérés, non par une semence corruptible, mais par une semence
incorruptible.» Ils sont nés, non de l'amour humain, mais de l'amour de Dieu,
cf. encore Éphésiens 2:3; 5:25; sq. 1 Jean 3:1; Jacques 1:18.
Gerlach l'entend à peu près de la même manière.
L'apôtre, dit-il, veut, par toutes ces expressions accumulées, exprimer
vivement et fortement cette pensée, qu'aucune origine charnelle, aucun effort
de la nature corrompue de l'homme, livrée à elle-même, ne peut engendrer des
enfants de Dieu. Il y a même une progression dans les termes: d'abord, en
général, ils ne sont pas nés du sang (grec: des sangs), c'est-à-dire des
familles, quelles qu'elles soient, contrairement à la fausse sécurité que les
Juifs fondaient sur leur origine (8:33); ils ne sont pas nés non plus «de la
volonté de la chair», c'est-à-dire de la nature humaine corrompue, infirme,
mortelle, portant en elle toutes les suites du péché; enfin, d'une manière plus
précise encore, ils ne sont pas nés de la volonté de l'homme (littéral, du
mari), mots qui marquent l'impossibilité absolue où est tout nomme de produire
des êtres qui, par naissance, méritent le titre d'enfants de Dieu.
— Les deux dernières expressions feraient peut-être
aussi penser à un sens spirituel, et indiqueraient que la volonté de la nature
humaine, ni celle d'aucun homme, ni l'emploi de toutes ses facultés, ne suffira
jamais pour régénérer l'homme et le rendre enfant de Dieu. Dans ce sens aussi
ce qui est né de la chair est (et reste) chair, 3:6. (Bonnet et Baup).
— Galates 5:17. Quand saint Paul dit que l'esprit
convoite contre la chair, il n'entend pas que l'âme bataille contre la chair,
ou la raison contre la sensualité; mais l'âme même, en tant qu'elle est
gouvernée par l'esprit de Dieu, combat contre-soi, en tant qu'elle est encore
vide de l'esprit de Dieu, et adonnée à ses cupidités. (Calvin).
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CHALACH,
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2 Rois 17:6; 18:11. Peut-être le même endroit que
Calah q.v.; mais l'un et l'autre sont peu connus. On compare la province de la
Calachène dont parlent Ptolémée et Strabon, qui était située entre les sources
du Lycus et du Tigre;
— ou encore la ville arabe de Cholwan, ancienne
résidence d'été des califes, à cinq journées de Bagdad, située d'après
d'Anville entre le 63° et 64° longitude et le 34° et 35° latitude. Il y a de la
marge pour choisir.
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CHALCÉDOINE,
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le troisième fondement de la nouvelle Jérusalem,
Apocalypse 21:19. C'est une pierre précieuse, à moitié transparente, bleu de
ciel, nuancée d'autres couleurs; elle correspond à l'agathe, Exode 28:19, et
l'on trouve une agathe-chalcédoine qui semble être une forte combinaison des
deux substances.
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CHAMBRE
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haute,
— Voir: Maisons.
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CHAMEAU.
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Cet animal, maigre sans finesse, élancé sans élégance,
léger sans grâce, est trop connu pour que nous ayons à parler de son gros dos,
de son cou sec et long, de sa petite tête, de ses courtes oreilles, de son poil
gris ou fauve. Il a de 2 mètres à 2 mètres 1/2 de hauteur. L'excroissance
grasse, glanduleuse et charnue qu'il porte sur le dos fournit aux Arabes une
nourriture succulente et recherchée, aux voyageurs un siège sûr et solide. Les
noms de dromadaire et de chameau n'indiquent pas deux espèces différentes, mais
seulement deux familles distinctes subsistant de temps immémorial dans l'espèce
du chameau. Le dromadaire n'a qu'une bosse, et se trouve en Syrie et en
Palestine sous le nom de chameau turcoman, chameau arabe: il ne porte que 3 à
400 kilogrammes Le chameau proprement dit, ou chameau à deux bosses, est plus
grand et plus fort; il porte jusqu'à 800 kilogrammes; on le distingue du
dromadaire par les noms de chameau bactrien ou chameau turc; mais il est plus
délicat, il craint davantage la chaleur, et l'on ne peut pas s'en servir dans
les mois les plus chauds de l'année. L'espèce du dromadaire est beaucoup plus
nombreuse et plus répandue que celle du chameau; mais l'une et l'autre sont circonscrites
entre la Chine et l'Arabie, sans s'élever plus au nord ni descendre jusqu'aux
Indes.
Si pendant sa vie le chameau peut remplacer à la fois,
et avantageusement, le cheval pour la course et le trait, la vache pour le
lait, l'âne par sa sobriété, la brebis par son poil qui tombe chaque année, et
enfin le bois par sa fiente, que les Arabes font sécher au soleil et qu'ils
font brûler ensuite, il sert encore après sa mort, et aucune partie de cet
utile animal ne se perd. Quand on le tue, sa chair nourrit les Arabes, ou bien
les caravanes altérées trouvent dans ses quatre estomacs de l'eau pour apaiser
la soif qui les dévore; souvent même, au milieu des déserts, on le tue tout
exprès pour boire cette eau, lorsque rien ne fait espérer qu'on en puisse trouver
ailleurs. Sa peau sert à faire des sandales ou des outres solides et d'une
grande capacité, dans lesquelles on conserve et transporte de l'eau, du beurre,
des grains et tels autres objets de commerce ou d'utilité particulière. On en
fait aussi des courroies et des cordelettes dont on se sert en attachant cinq
ou six les unes aux autres, pour puiser l'eau des citernes. Quelquefois encore,
on étend des peaux tout entières, dans lesquelles on recueille la rosée et la
pluie du ciel, et ces citernes artificielles servent à abreuver les troupeaux.
Les patriarches regardaient déjà le chameau comme une
de leurs principales richesses, Genèse 12:16; 24:10; 30:43; 31:17; 32:7. Job,
dans le temps de sa prospérité, possédait 3,000 chameaux; plus tard il en eut jusqu'à
6,000, Job 1:3; 42:12. Les Madianites, les Hamalécites et les peuplades
voisines des Hébreux possédaient des chameaux aussi nombreux que le sable qui
est au bord de la mer, Juges 6:5; 7:12; 1 Samuel 15:3; 27:9; Genèse 37:25;
Jérémie 49:32. Les Israélites des temps postérieurs ne firent pas moins de cas
de ces utiles animaux, 1 Chroniques 27:30; Esdras 2:67; cf. Tobie 9:1. Sa chair
leur était interdite comme impure, Lévitique 11:4; Deutéronome 14:7; mais il
paraît que son lait ne l'était pas. On se servait des chameaux pour le
transport des marchandises ou des bagages militaires, Genèse 37:25; Juges 6:5;
1 Rois 10:2; 2 Chroniques 9:1; 2 Rois 8:9; Ésaïe 21:7; 30:6; 60:6, à cause de
leur force, de leur sobriété, et de la sûreté de leur pas dans les sables ou
sur les montagnes; ils servaient aussi de montures, Genèse 24:64; 1 Samuel
30:17; les femmes s'asseyaient dans des espèces de corbeilles ou paniers,
solidement attachés des deux côtés de l'animal, couverts d'un dais et garnis de
tentures, souvent magnifiques; on en voit un exemple, Genèse 31:34; les hommes
cependant montaient plus ordinairement, comme cela se fait encore en Arabie,
sur des selles légères, ou sur le poil nu de l'animal, comme sur nos chevaux.
On employait aussi les chameaux dans les guerres; ils étaient ornés et équipés
somptueusement. Ceux qui parurent dans les guerres des Madianites portaient des
croissants autour du cou, comme si le croissant eût déjà dû par avance être le
signe symbolique des infidèles de l'Orient, Juges 8:21,26. Cyrus avait
également une cavalerie d'archers montés sur des chameaux, Ésaïe 21:7, et les
historiens Hérodote et Xénophon racontent que les chevaux de Crésus, effrayés à
la vue de ce spectacle inattendu, se ruèrent sur leurs cavaliers et donnèrent
ainsi la victoire à Cyrus. Les Arabes, de nos jours, montent des chameaux aussi
bien que des chevaux lorsqu'ils se mettent en campagne.
Ainsi qu'on vient de le dire, cet animal mue chaque
printemps, et perd en un ou deux jours tout son poil, qu'on recueille avec soin,
et dont on fait des couvertures, des tapis, des sacs, ou de grossiers
vêtements. L'apôtre de la solitude et de la repentance, Jean-Baptiste, dont
notre Sauveur a dit qu'il n'était point vêtu d'habits précieux. Matthieu 11:8,
était en effet couvert d'un manteau de poil de chameau, Matthieu 3:4.
Nous trouvons, Matthieu 19:24; Marc 10:25; Luc 18:25,
un proverbe cité par notre Seigneur, et qui n'est pas toujours bien compris:
«Je vous dis qu'il est plus aisé qu'un chameau passe par le trou d'une
aiguille, qu'il ne l'est qu'un riche entre dans le royaume de Dieu.» Cette
figure, peu en rapport avec celle que nous emploierions, a paru à quelques
interprètes si forcée, qu'ils ont cru devoir substituer au mot grec camélos le
mot camilos qui se prononce à peu près de même, et qui signifie une grosse
corde, un câble de vaisseau; rien n'empêche que cette variante ne soit admise,
rien, excepté cependant l'accord des manuscrits. Mais comme cette variante, qui
s'accommode assez avec nos usages, ne s'accommode pas avec ceux de l'Orient, il
faut s'en tenir au texte ordinaire; c'était une habitude orientale, pour
exprimer la difficulté d'une chose, de dire qu'il serait plus facile de faire
passer un chameau, ou un éléphant, par le trou d'une aiguille.
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CHAMEAUPARD, ou Caméléopard,
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hébreu Zémèr, animal dont Moïse permet l'usage aux
Hébreux. Les uns font du chameaupard le produit d'une panthère et d'un chameau,
ou plutôt d'une chamelle et d'une panthère mâle; mais outre que ce produit
serait un animal fabuleux, on ne peut admettre que Moïse ait donné comme une
viande pure, celle d'une bête issue de deux bêtes impures. D'autres pensent que
par chameaupard ou Zémèr, il faut entendre la girafe (Ostervald, Sacy); mais il
est peu probable que Moïse ait donné une place dans la loi sur les viandes à
cet animal qui appartient exclusivement aux régions brûlantes de l'Inde au-delà
du Gange. Luther enfin traduit Zémèr par élan; cette espèce de cerf n'appartient
point non plus aux latitudes de l'Asie mineure, il habite les pays froids, et
rien ne vient à l'appui de cette interprétation (Bochart, Gesenius, Winer,
Rosenmuller). L'opinion moderne est que le Zémèr doit signifier une espèce
particulière de gazelle ou d'antilope, sans que l'on puisse préciser laquelle.
— Ce nom ne se trouve que Deutéronome 14:5, version de
Martin.
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CHAMOIS,
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Deutéronome 14:5; Job 39:4; Psaumes 104:18; 1 Samuel
24:3. D'après ces divers passages, l'animal hébreu Ackô ou Yahel habite les
rochers et les hautes montagnes; on le trouvait en abondance dans les environs
de Hen-Guédi; sa chair était pure, et il appartenait à la famille des
ruminants, avec l'ongle séparé et le pied fourchu. Ce sont les seuls caractères
auxquels nous puissions essayer de le reconnaître; nos versions françaises ont
traduit par chamois les deux noms hébreux; Luther a fait une différence en
traduisant Ackô, Deutéronome 14:5, par bouquetin, et Yahel dans les autres
passages par chamois. Il est évident par le contexte, comme par ce qui nous en
est dit, que c'est dans ces familles de chèvres sauvages que nous devons
chercher l'animal dont il s'agit, mais il est difficile d'en préciser l'espèce;
l'analogie de l'arabe favorise davantage l'opinion qui traduit Yahel par
bouquetin, et le plus simple serait d'admettre peut-être que le nom de Yahel se
rapportait à l'espèce tout entière, et que le féminin Yahaleh désignerait le
chamois, que l'on aurait regardé comme la femelle du bouquetin (Gesenius). On
trouve maintenant encore des bouquetins dans les montagnes du Liban et de
l'Antiliban, même aussi dans l'Arabie Pétrée, et des chamois sur le mont
Carmel.
— Le proverbe arabe «plus beau qu'un bouquetin»,
s'appliquerait mieux au gracieux chamois qu'à cet animal grand-cornu; il
rappelle aussi la comparaison de Salomon, Proverbes 5:19, où il est question de
la femelle du chamois plutôt que de celle du cerf. On trouve encore, sur le
mont Sinaï, une troisième espèce de chèvre de montagne, que les Arabes
appellent Bedden, et qui paraît particulière à cette contrée.
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CHANDELIER, lampadaire.
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Le chandelier est plus proprement un lampadaire, car
on ne verse pas de l’huile dans un chandelier mais dans un lampadaire. Le
chandelier sacré, entièrement d'or, Exode 25:31-40, était placé dans le lieu
saint; il était continuellement allumé, et nulle autre lumière n'éclairait le
tabernacle; on peut ajuste titre le considérer comme un symbole de la Parole de
Dieu, sans laquelle l'Église demeurerait dans les ténèbres, cf. Psaumes
119:105; 2 Pierre 1:21. Il était formé d'un piédestal surmonté d'une lampe, et
duquel partaient six autres bras, trois de chaque côté, qui portaient six
lampes semblables à la première, toutes ornées de fleurs, de calices
d'amandiers et de pommes. Son apparence avait donc quelque rapport avec la
forme d'un arbre, et nous voyons aussi les effets de la Parole de Dieu comparés
au développement d'une plante, Jacques 1:21; Psaumes 1:2-3. Les fleurs
représenteraient alors la sainte joie produite par la Parole divine, les pommes
ses qualités vivifiantes. Proverbes 25:11; Cantique 2:5, et l'amandier son
prompt accomplissement, Jérémie 1:11-12; (— Voir: Amandier), Nombres 17:8-10.
Dans le temple de Salomon, au lieu d'un seul
candélabre, il y en avait dix, également d'or pur, et de forme semblable, cinq
au nord et cinq au midi, 1 Rois 7:49; 2 Chroniques 4:7, qui furent tous transportés
en Caldée, Jérémie 52:19.
Il paraît que, dans le temple de Zorobabel, il n'y en
avait de nouveau qu'un seul, 1 Maccabées 1:23, de même que plus tard dans le
temple d'Hérode, Flavius Josèphe, Bell. jud. 7, 5. Ce chandelier, ainsi que la
table sainte, fut mis, après la destruction de Jérusalem, dans le temple que
Vespasien fit bâtir à la paix; sur l'arc de triomphe de cet empereur, au mont
Palatin, l'on voit encore parmi les monuments de sa gloire, le chandelier des
Juifs.
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CHANGEURS,
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Matthieu 21:12; Jean 2:15; L'impôt du temple, Exode
30:13, qui devait se payer annuellement pour les frais de culte et d'entretien,
se percevait chaque année à époque fixe. D'après un ouvrage talmudique, on
annonçait publiquement le 1er Adar (15 à 20 février) que le moment du payement
était venu; le 15 Adar, les changeurs ouvraient leurs bureaux dans les villes
du pays, et se transportaient pour le 25 du même mois à Jérusalem. Il fallait
que les Juifs soumis à l'impôt eussent occasion de se procurer l'ancienne
monnaie dans laquelle ils étaient obligés de s'acquitter, et les changeurs
n'avaient guère autre chose à faire qu'à la leur fournir contre une espèce
d'agio. Ce métier chez les Juifs remonte à une haute antiquité.
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CHANTRES.
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Ce fut sous les règnes de David et de Salomon que des
chantres furent établis pour le service de l'autel et du temple, 1 Chroniques
25:1; sq.; ils furent choisis parmi les Lévites qui, étant devenus fort
nombreux et n'ayant plus à s'occuper du désassemblement du tabernacle,
pouvaient s'adonner à la musique avec d'autant plus de facilité qu'ils
n'avaient pas à s'inquiéter de leur subsistance. Il y eut dès le commencement
4000 chantres, conduits et dirigés par Asaph, Héman et Jéduthun, chefs de la
musique. Les vingt-quatre fils de ces trois Lévites étaient à la tête de
vingt-quatre compagnies de chanteurs, et chacun d'eux avait encore sous sa
direction onze maîtres d'un rang inférieur, sans doute pour conduire les chœurs
et faire des répétitions partielles: il n'y avait pas de femmes au milieu d'eux
(— Voir: cependant 1 Chroniques 25:5) Dans les cérémonies solennelles, les
Kéhathites occupaient le milieu du temple, les Mérarites la gauche, et les
Guersonites la droite. Ils ne portaient pas ordinairement de costume
particulier; cependant lors de la translation de l'arche dans le temple de
Salomon, ils parurent vêtus de tuniques de fin lin, 2 Chroniques 5:12.
— Le maître-chantre (Menazéach) auquel un grand nombre
de Psaumes sont consacrés ou dédiés, n'était probablement pas ce que nous
appelons chez nous un chantre, celui qui donne le ton et qui conduit le chant,
mais un chef de musique, chargé de faire répéter et exécuter les morceaux qui
lui étaient confiés; et cette inscription semble désigner les psaumes qui
étaient plus particulièrement destinés à être chantés, et qui avaient un
caractère public.
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CHARS, Chariots.
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Nous trouvons déjà dans l'ancienne histoire d'Israël
les chariots employés comme moyens de transport pour les vases du tabernacle,
Nombres 7:3, pour l'arche, 1 Samuel 6:7-8; 2 Samuel 6:3, pour fouler le grain,
Amos 2:13, ou pour conduire des princes et des rois: dans ce dernier cas,
c'étaient plutôt des équipages d'apparat, 1 Samuel 8:11; 2 Samuel 15:1, que des
voitures de voyage; on en trouve cependant, Genèse 45:19; 1 Rois 12:18; 22:35;
2 Rois 9:27; Actes 8:28. La Palestine étant peu propre, à cause de ses
montagnes, à la circulation des chars, les Israélites préféraient les montures
aux attelages, et se servaient ordinairement d'ânes, de chevaux et de mulets -,
les chariots n'apparaissent que rarement dans leur histoire, et presque
toujours dans des occasions solennelles ou dans des moments extraordinaires;
ils formaient presque un apanage des riches.
Les chariots dont l'Écriture parle le plus souvent
sont les chariots de guerre; ils étaient de deux sortes, ceux qui servaient aux
princes et aux généraux, et ceux que l'on envoyait, armés de fer, pour briser
les rangs des ennemis, et ravager leurs armées; on trouve même, 2 Maccabées
13:2, des chariots armés de faux, que le roi de Syrie amenait contre la Judée.
Les auteurs profanes, Diodore de Sicile, Quinte-Curce, Xénophon, racontent
combien étaient effroyables dans leurs effets, ces machines roulantes,
hérissées de piques et de lances de tous les cotés; au timon, des piques avec
des pointes de fer qui regardaient en avant; au joug des chevaux, deux pointes
longues de trois coudées; et partout des crocs de fer. Quelquefois on mettait
encore sur ces chariots plusieurs hommes bien armés, qui combattaient à coups
de dards et de flèches. L'essieu était plus long que celui des chars
ordinaires, et les roues plus larges et plus fortes, pour pouvoir résister à
l'effort du mouvement, et afin que le chariot fût moins sujet à verser, au
milieu des heurts et des chocs que sa forme irrégulière pouvait lui faire rencontrer.
Le siège du cocher était une espèce de petite tour de bois bien solide, à
hauteur d'appui, et le cocher s'y tenait, armé de toutes pièces et couvert de
fer.
Les plus anciens chariots de guerre dont on ait
connaissance sont ceux de Pharaon, qui furent submergés dans la mer Rouge. Nous
en voyons encore dans l'armée des Cananéens, Josué 11:4, dans celle des
habitants de la vallée que la tribu de Juda ne put déposséder, Juges 1:19, dans
celle de Siséra, Juges 4:3, chez les Philistins qui, dans leur guerre contre
Saül, ne comptèrent pas moins de 30,000 chariots attelés et 6,000 chevaux de
cavalerie, 1 Samuel 13:5, et, enfin, dans l'armée de Hadarhéser, à qui David
prit mille chariots, dont il conserva cent pour son usage; mais il ne paraît
pas que ni lui, ni aucun autre roi hébreu, se soient jamais servis de chariots
pour la guerre, et nous ne voyons aucune expédition dans laquelle Salomon ait
employé un seul des 1,400 chariots et des 12,000 chevaux qu'il possédait, 1
Rois 10:26; aussi l'inégalité du terrain en eût-elle rendu l'usage fort inutile
et fort embarrassant.
Quant aux chars que montaient les rois et les généraux
dans les batailles, on n'en connaît pas bien la forme; mais on peut croire qu'à
l'exception des accessoires meurtriers, elle se rapprochait assez de celle des
autres chariots de guerre par la longueur de l'essieu et le peu de hauteur des
roues; ils étaient ordinairement suivis d'un autre chariot vide, afin que s'il
arrivait un accident au premier, la course et les travaux du roi ne fussent pas
interrompus, 2 Chroniques 35:24; cf., Genèse 41:43.
C'est dans un chariot de feu que le prophète Élie fut
enlevé de la terre, 2 Rois 2:11, et le prophète Élisée, voulant fortifier la
foi de son serviteur (ce n'était plus Guéhasi) contre les entreprises du roi de
Syrie, lui fit voir la montagne pleine de chevaux et de chariots de feu,
l'armée de l'Éternel, qui entouraient Élisée. Soit que l'Écriture ait voulu
descendre aux formes humaines pour expliquer la présence et la force divines,
soit que les choses du ciel ne diffèrent des choses humaines que par leur
perfection et par leur sainteté consumante, soit enfin que, dans un moment
donné, l'armée céleste ait revêtu l'apparence des armées terrestres, mais pour
se montrer en même temps une armée foudroyante, nous devons admettre les faits
tels qu'ils nous sont racontés, sans nous arrêter à des considérations ou à des
hypothèses plus ou moins légères ou frivoles, sur la nature de ces chariots, ou
plutôt sur la question de savoir s'ils ont été réels ou s'ils n'ont été
qu'apparents. Il y a des chariots de feu dans l'armée qui veille autour des
rachetés de Jésus. Et le paganisme qui, souvent, n'est qu'une grossière
défiguration de la vérité, avait aussi consacré à ses divinités des chars et
des chevaux; Hérodote, Xénophon et Quinte-Curce parlent des chariots blancs,
traînés par de magnifiques chevaux de la même couleur et couronnés de
guirlandes, que les Perses consacraient au soleil dans leurs cérémonies
solennelles. Le roi Josias fit brûler des chariots que ses prédécesseurs
avaient voué au culte de cet astre, 2 Rois 23:11.
L'Écriture parle encore d'une autre espèce de
chariots, ceux des aires, dont on se servait pour briser la paille ou pour
séparer le grain de l'épi,
— Voir: Ésaïe 25:10; 28:27; 41:15; Amos 1:3; 2:13.
Ils étaient portés sur des roues fort basses, garnies
de fer, qu'on roulait sur la paille; d'autres fois même c'étaient de simples
rouleaux de bois armés de crocs, des espèces de herses, 2 Samuel 12:31, que
l'on faisait passer sur les gerbes; cf. Virgile; Géorg. 1, 163; 164. (Dans ce
passage de Virgile trahea est un chariot sans roues, et tribula une espèce de
chariot armé de dents de toutes parts). Ces chariots champêtres ont une fois,
et à la honte d'un grand roi, été employés à broyer des ennemis vaincus: David
s'étant emparé de Rabba, ville de Hammon, en prit les habitants et les mit sous
des scies et sous des herses de fer, etc., 2 Samuel 12:31. Ces scies n'étaient
probablement pas autre chose que les chariots à roues, appelés scies par les Septante
et par saint Jérôme (plaustrum habens rostra serrantia), et les herses étaient
les traîneaux sans roues, l'autre espèce de char à battre le blé. Amos, 1:3,
dit que les Israélites de Galaad ont éprouvé un traitement semblable de la part
du roi de Damas, et l'on sait que les anciens Germains, les Carthaginois et les
Romains avaient imaginé de faire mourir les hommes sous des claies chargées de
pierres.
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CHASLUHIM.
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descendants de Mïtsraïm, Genèse 10:14, et par
conséquent peuplade émigrée d'Égypte. Les uns veulent y voir les
Pentapolitains, habitants de la Cyrénaïque; d'autres l'entendent des habitants
de Pentaschœnos, dans la Basse-Égypte; d'autres cherchent les Chasluhims dans
la Thébaïde; d'autres comparent encore la province de Casiotis entre Pelusium
et Gaza; Dom Calmet suppose qu'ils se seront établis sur la côte occidentale de
la mer Rouge, vis-à-vis de la ville de Coloca. Dans ce conflit d'opinions
contradictoires, celle de Bochart paraît encore la plus probable, c'est qu'il
s'agit de la Colchide, sur les bords orientaux de la mer Noire; Hérodote,
Diodore, Amm. Marcellin affirment que ces Colchiens étaient des émigrés
d'Égypte, et les deux noms Colchi, Chaslchim, sont à peu près les mêmes, à
l'exception de l'S.
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CHASSE, chasseur.
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L'exercice de la chasse, dit Buffon, doit succéder aux
travaux de la guerre, il doit même les précéder; c'est l'école agréable d'un
art nécessaire.» (Article du Cerf.) Lorsque l'Écriture parle du premier
chasseur, elle nous le montre aussi comme un puissant conquérant, Genèse 10:9.
La chasse, dans les premiers temps du monde, n'était pas un amusement, elle
était un mérite, une occupation: c'était subir des dangers pour le bien de la
société; aussi, dans toute l'antiquité et en Asie surtout, les chasseurs
étaient-ils très respectés.
La chasse était déjà connue des Hébreux à l'époque de
leur vie patriarcale et nomade, quoique peut-être elle ne fut pratiquée que par
les branches moins bénies des familles sémitiques, Genèse 25:28; 27:3. Plus
tard elle devint une habitude, Lévitique 17:13; Proverbes 12:27, destinée soit
à la prise du gibier, soit à la destruction des animaux malfaisants et
dangereux qui n'étaient point rares en Canaan. Les armes des chasseurs étaient
l'arc, Genèse 27:3, la lance, le javelot, les filets (même pour de gros animaux
comme la gazelle (ou bœuf sauvage), Ésaïe 51:20, et le lion, Ézéchiel 19:8; cf.
Ecclésiaste 9:12; Psaumes 91:3), et des fosses dans lesquelles on attirait par
surprise les animaux dont on voulait s'emparer, surtout les lions, cf. Ézéchiel
19:4; 2 Samuel 23:20. Il ne paraît pas que les Israélites se servissent de
chiens, ni de faucons dressés, quoique ces auxiliaires aient été et soient
encore fort en usage en Orient; le gibier qu'auraient abattu ces animaux eût
été souillé pour les observateurs de la loi mosaïque, Lévitique 17:15, à moins
cependant qu'on ne les eût dressés à saisir seulement la proie sans la tuer.
(A remarquer que le mot «chasseur» porte
aussi la signification «d'agresseur», ainsi nous voyons dans une traduction
étymologique de Gen. 10:8, 9: «Et Cush (Chaos, Cheops) engendra Nimrod (le
Rebelle), qui commença à être le grand Souverain de la terre. Il fut un
puissant agresseur contre YEHOVAH. C'est pour cela qu'on dit: Comme Nimrod,
puissant agresseur contre YEHOVAH.)
— Nous voyons, Juges 14:6; 1 Samuel 17:35, quelques
exemples d'hommes vaillants qui, sans le secours d'aucune arme, ont su faire
leur chasse et tuer de redoutables bêtes féroces.
Les prophètes représentent quelquefois la guerre sous
l'emblème de la chasse. Jérémie 16:16, annonce les veneurs (ou chasseurs) qui
viendront contre Israël, sans doute les Caldéens et les Perses, cf. Ézéchiel
32:3; 13:20; Lamentations 3:52; Psaumes 91:3; Michée 7:2.
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CHAT-HUANT.
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Les deux premiers animaux indiqués Lévitique 11:16;
Deutéronome 14:15, et traduits par nos versions «le chat-huant et la hulotte»,
doivent se traduire plutôt par «l'autruche femelle et l'autruche mâle.» C'est
le même mot, B'noth-Yaaneh, que nos versions ont partout traduit par chat-huant
(sauf Job 30:29, hibous), et qui doit partout aussi se traduire par autruche,
Ésaïe 13:21; 34:13; Michée 1:8. Les animaux mentionnés dans l'Écriture sainte
et qui, d'après quelques versions, appartiendraient à la famille des
chats-huants sont les suivants:
Le Tin'chimeth, oiseau impur, Lévitique 11:18;
Deutéronome 14:16. Bochart, d'après Onkélos, le traduit par noctua; les
Septante par porphyrio, espèce de mouette ou poule d'eau; la Vulgate et nos
versions par cygne; cette dernière traduction serait favorisée par le contexte.
Le Yanschouph, Lévitique 11:17; Deutéronome 14:16;
Ésaïe 34:11. Luther et nos versions le traduisent par hibou, de même que
Bochart. Les Septante et la Vulgate ont Ibis. Gesenius, s'appuyant sur
l'étymologie de ce nom, qui vient de naschaph (souffler), pense à une espèce de
héron, le butor, qui pousse un bruit éclatant comme celui d'un instrument à
vent. Il est difficile de rien prononcer.
Le shahaph, Lévitique 11:16, traduit hibou cornu par
Œdmann; coucou par nos versions; mouette par les Septante et la Vulgate, et en
partie par Bochart; ce dernier sens est peu probable, à cause du contexte, qui
ne parle que d'oiseaux de terre; on ne peut rien décider.
Le Kôs, Lévitique 11:17; Deutéronome 14:16; Psaumes
102:7, Martin et Ostervald le traduisent par chouette, de même que Luther; la
plupart des traducteurs le rendent par hibou. L'accord des interprètes et des
talmudistes, ainsi que le passage du psaume indiqué, qui nous montre le Kôs
habitant au milieu des ruines, vient à l'appui de cette traduction. Bochart
veut au contraire y voir le pélican, par des motifs étymologiques.
Le Tachmass, Lévitique 11:16; Deutéronome 14:15. Les
Septante, Onkelos et la Vulgate traduisent chat-huant; cette version peut être
soutenue mieux que celle de nos Bibles qui lisent hulotte; mais la plupart des
commentateurs se sont prononcés d'après une étymologie un peu vague (chamass,
être violent) pour la traduction autruche mâle.
Quant au chat-huant proprement dit, il n'en est pas
question dans la Bible.
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CHATAIGNIER.
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Le mot Harmon que nos versions et Luther ont traduit
par châtaignier, Genèse 30:37; Ézéchiel 31:8, indique plutôt une espèce
d'érable ou de platane, le platanus orientalis, très commun en Orient, mais qui
croît aussi naturellement chez nous dans les terrains humides: son tronc est
droit et élevé, son écorce grise et fine tombe chaque année, le bois est d'un
très beau blanc, et sert en Asie à la construction des vaisseaux; ses rameaux
et ses branches s'étendent assez loin et donnent beaucoup d'ombrage, ses
feuilles ressemblent à celles de la vigne, laineuses et sises sur un long
pétiole, ses fleurs sont réunies en de petites touffes rondes et verdâtres,
elles commencent à paraître avant les feuilles. C'est à la fin de l'automne que
mûrit sa semence, renfermée dans de petites loges garnies d'une espèce de
laine.
— Les arbres nommés, Genèse 30:37, sont donc le
peuplier (ou storax), l'amandier et le platane.
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CHÂTIMENTS.
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Tout le système pénal de la législation mosaïque
reposait sur l'idée du talion, idée ancienne, Genèse 4:14; 9:5, simple et
naturelle; expression exacte et vraie de la justice. En l'introduisant dans sa
loi, Moïse n'a fait que la conserver, en la restreignant et la réglant par une
foule de dispositions de nature à lui ôter le caractère de la haine et de la
vengeance.
— Voir: Talion.
Les peines capitales, q, v., jouaient un grand rôle
dans cette législation, soit comme châtiments, soit comme moyens
d'intimidation, Deutéronome 17:13. Puis venaient les peines corporelles, le
fouet et la prison, q.v.; enfin des amendes, fixées dans certains cas par la
loi, Deutéronome 22:19,29, dans d'autres abandonnées à la discrétion de l'offensé,
Exode 21:22, ou destinées à remplacer pour le coupable les peines corporelles
auxquelles il était condamné, Exode 21:29. La restitution était, en tout cas,
la première peine du dommage causé, si tant est qu'on puisse l'appeler une
peine, mais cette restitution, simple dans le cas de dommage involontaire,
Exode 21:33-34, montait jusqu'au quintuple dans le cas d'un dommage fait avec
intention, ou pour une chose volée, 22:1; sq..
— L'exil, l'augmentation de la peine en cas de
récidive, et les supplices étaient inconnus à la législation mosaïque; plus
tard ils furent introduits dans les mœurs et dans les traditions rabbiniques:
l'ancienne coutume de l'imputation, par laquelle on enveloppait toute une
famille dans la peine d'un coupable, n'est point sanctionnée dans la loi; elle
y est même interdite, Deutéronome 24:16; cf. 2 Rois 14:6; Dieu s'était réservé
de juger des cas dans lesquels elle devrait être pratiquée, Josué 7:15,24,
parce que seul il peut juger de la participation morale d'une famille au crime
d'un de ses membres.
— L'ensemble des peines marquées dans la loi mosaïque,
comme toutes les autres dispositions de cette loi, est empreint d'un caractère
de douceur bien rare dans les temps anciens, et chez les nations policées, ou
sauvages, de cette époque reculée. Les châtiments sont proportionnés aux
délits, la faute est punie, l'offensé est satisfait, et l'injustice évitée
autant que possible; toutes les précautions sont prises pour abriter
l'innocent, et dans plusieurs cas où la perspicacité humaine n'aurait pu se
prononcer avec certitude, le jugement de Dieu intervient, Nombres 5:11, etc.
Mais, douces dans la répression des délits contre la société et contre des
citoyens, les peines sont d'une sévérité frappante pour les délits religieux,
et pour de légères infractions aux lois sur la police, ou sur la pureté légale.
Ce contraste est du même genre à peu près que celui que nous trouvons dans le
fait que deux chapitres seuls sont consacrés à l'immense récit de la création,
tandis qu'il y en a plus de vingt pour la description des différentes pièces du
tabernacle. Même contraste encore entre les neuf chapitres consacrés à
l'histoire des premiers patriarches, et les trente et un qui nous racontent
l'histoire de la seule famille d'Abraham jusqu'à Joseph. C'est que la partie
intellectuelle, spirituelle, vivante de l'homme considéré comme individu, est
de beaucoup plus réelle et sérieuse que son existence matérielle, ou même que
la vie de l'humanité tout entière. Ce qui est le plus important, Dieu le raconte
avec le plus de détails, il développe ce qui doit être développé, et laisse
dans l'ombre ce qu'il n'est pas nécessaire de connaître; ainsi le chef de la
théocratie a dû faire ressortir avec une force toute particulière, et frapper
de peines extraordinaires, les plus petites infractions à la loi divine, les
moindres manquements à la sainteté, les déviations même extérieures, même
cérémonielles, même physiques, de la loi sainte, juste et pure, qui devait
régir le peuple théocratique. Il fallait avant tout que les Hébreux eussent en
horreur le mal, la souillure; et pour que cette nation peu intelligente comprit
la nature de la sainteté, il fallait que des châtiments sévères servissent, par
leur influence menaçante, à préserver les Israélites des moindres impuretés
légales, des choses qui n'étaient même impures que typiquement et parce que le
législateur les avait déclarées telles. Il fallait, pour ainsi dire, demander
le plus pour avoir le moins; comme on interdit à un enfant l'entrée d'un
jardin, lorsqu'on veut seulement l'éloigner des fruits qu'il renferme.
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CHAUVE.
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Les têtes chauves pour lesquelles le monde moderne
professe une espèce de respect facile à comprendre, à cause des idées de
méditations profondes, ou de grands et intéressants malheurs dont elles
semblent être le symbole, ne jouissaient pas du même privilège chez les
anciens. César se trouvait trop heureux de pouvoir dissimuler à force de
lauriers, son front chauve et nu; et les Juifs, en particulier, voyaient
quelquefois dans cette infirmité un avant-coureur de la lèpre, rien moins que
cela, cf. Lévitique 13:40 et suivant; 21:5; à tel point qu'un homme chauve
était regardé comme incapable de remplir les fonctions de prêtre. Le prophète
Élisée fut insulté par une troupe d'enfants, parce que sa tête était nue, 2
Rois 2:23; et Ésaïe, parmi les humiliations dont il menace les filles de Sion,
annonce que l'Éternel découvrira le sommet de leur tête, 3:17,24, cf. Jérémie 47:5;
Amos 8:10.
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CHAUVE-SOURIS
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(hébreu Hatalleph). Animal impur, nommé Lévitique
11:19; Deutéronome 14:18; Ésaïe 2:20. Quelques auteurs, d'après les rabbins,
ont voulu y voir l'hirondelle, et Luther l'a ainsi traduit dans les deux
premiers des passages indiqués, quoique, dans celui d'Ésaïe, il ait mis
chauve-souris. Cet animal, souris par son corps, et presque oiseau par ses
ailes, cependant sans plumes, appartient à la classe des mammifères: c'est une
des familles les plus variées qui existent; on en compte plus de trois cents
espèces différentes qui se distinguent par leur grosseur, la grandeur,
l'étendue, la finesse de leurs membranes, par le nombre de leurs oreilles, etc.
On en trouve en Orient, et jusqu'en Chine et sur les côtes du Malabar, qui sont
beaucoup plus grosses que les nôtres, que l'on engraisse, que l'on sale, et
dont on fait un mets, à ce que l'on assure, fort délicat.
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CHEMIN d'un sabbat.
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La montagne des Oliviers, dit saint Luc, est près de
Jérusalem le chemin d'un sabbat, Actes 1:12. Il est évident que par cette
expression l'on doit entendre la portion de chemin qu'il était permis aux
Israélites de faire le jour du sabbat hors de leurs demeures. La loi de Moïse,
Exode 16:29, défend aux voyageurs du désert de sortir au sabbat pour aller
recueillir la manne; et les Juifs postérieurs, si attachés à la lettre de la
loi, avaient conclu de ce passage que la plus grande course qu'ils pussent
faire dans le jour du Seigneur, devait être calculée d'après la distance qui se
trouvait entre le tabernacle et les rangs les plus éloignés du camp d'Israël au
désert, distance qu'ils avaient calculée être de 2000 coudées environ; ils
avaient donc établi pour règle que personne ne pourrait s'éloigner des murs de
la ville, ou des frontières de son territoire, de plus de 2000 coudées.
Il est assez remarquable que cette défense, relative
au chemin d'un sabbat, ne se trouve nulle part ailleurs que dans le verset
indiqué, lequel même n'est pas très direct; mais tout l'ensemble des autres
lois sabbatiques était tel, que les Juifs en avaient dû conclure qu'il leur
était défendu de voyager, ou de se fatiguer par de trop longues promenades dans
le jour du Seigneur: et nous pouvons penser que, sans autre détermination plus
précise ou plus minutieuse, ce qu'on appelait chemin d'un sabbat n'était pour
les Juifs pieux et fidèles, qu'une promenade hors de l'enceinte de leur
endroit, plus ou moins longue, selon les forces et l'âge de chacun, de nature à
reposer le corps plus qu'à le fatiguer, et toujours en harmonie avec la
sainteté divine de ce jour.
Le traité talmudique Érubin donne quelques détails sur
les limites imaginées par les rabbins, et sur les cas où il pouvait être permis
d'outrepasser ces limites; il se range à l'opinion des 2000 coudées. D'autres
rabbins parlent de trois distances différentes, permises suivant les personnes
et leurs circonstances; la grande distance, de 2800 coudées (1440 mètres,
probablement Actes 1:12); la distance moyenne ou sacrée, de 2000 coudées (1050
mètres), et la petite ou le chemin naturel d'un sabbat, 1800 coudées (900
mètres). Les Grecs estimaient à six stades le chemin d'un sabbat, et si l'on
compte le stade à 400 au degré (— Voir: Stade), le chemin d'un sabbat
équivaudrait à un bon quart de lieue (1292 mètres); c'est en effet la distance
que les voyageurs comptent entre Jérusalem et le mont des Oliviers;
quelques-uns comptent une demi-lieue; mais on sait combien les distances sont
en général sujette à des évaluations différentes, et d'ailleurs ces derniers
paraissent avoir compté la distance jusqu'au sommet de la colline, tandis que
dans le passage des Actes il s'agit plutôt du pied.
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CHEMISE,
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— Voir: vêtements.
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CHÊNE.
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C'est par ce mot que nos versions traduisent le plus
souvent les noms hébreux Eil, Élah, Allah, Élan et Allôn, bien qu'elles rendent
aussi quelquefois les trois premiers par le mot Térébinthe q.v. Sous le point
de vue étymologique, ces différents noms indiquent tous en général un arbre
fort, dur et solide, quoique probablement, dans les usages de la langue, ils
eussent chacun leur signification spéciale, et l'on ne se trompera guère en
admettant que par Élon et Mon il faille entendre le chêne.
Cet arbre se trouvait en abondance en Palestine, et
particulièrement dans les forêts du territoire de Basan, Ésaïe 2:13; Ézéchiel
27:6; Zacharie 11:2; les Tyriens s'en servaient pour faire les rames de leurs
vaisseaux. Il y en avait aussi sur la rive occidentale du Jourdain, Juges
9:6,37, et ils étaient l'objet d'un certain culte d'affection: sous l'un de ces
arbres fut ensevelie Débora, la nourrice de Rébecca, Genèse 35:8, sous un
autre, plus tard, Saül et ses fils, 1 Samuel 31:13; 1 Chroniques 10:12; on y
sacrifiait aux dieux païens, Osée 4:13, et des forêts de chênes servirent de
lieux de réunion à des assemblées nationales, Juges 1, c. La longue vie de ces
arbres les rendait propres à servir de désignations topographiques, 1 Samuel
10:3, et souvent ils prenaient le nom des lieux où ils étaient plantés, Genèse
13:18; Deutéronome 11:30; (mal traduit plaines). On en faisait aussi des
idoles, Ésaïe 44:14. L'espèce de chêne mentionnée dans ce dernier passage, et
appelée en hébreu Thirzèh, est beaucoup plus dure encore que le chêne
ordinaire; ses feuilles sont indivises, obovées, dentées et couvertes de petits
poils à la partie inférieure; son nom même, en arabe, signifie très dur.
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CHENIX
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(grec
χοίνιξ), Apocalypse 6:6, mesure de capacité pour les choses
sèches; il contenait deux setiers, le quart d'un batli, d'après Hésychius (9
litres); selon Boeckh, la quantité de froment nécessaire à la nourriture d'un
homme pour un jour; ce serait bien vague, et la mesure serait susceptible de
varier beaucoup.
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CHÉRUBINS.
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Lit. des Voyant de
la gloire de Dieu.
Ils sont nommés dans plusieurs passages de la Bible;
déjà dans la Genèse 3:24, comme gardiens du chemin qui conduit à l'arbre de la
vie; puis ils sont représentés en or massif sur le propitiatoire, Exode 25:18,
en broderie sur les couvertures et les voiles du tabernacle. Exode 26:1;
36:8,35, en relief sur les lambris du temple de Salomon, 1 Rois 6:32,35, et sur
la cuve d'airain, 1 Rois 7:29. Les prophètes les voient dans leurs visions,
entourant le trône de Dieu, Ézéchiel 1:5; 10:1; Apocalypse 4:6.
Quant à la figure de ces êtres mystérieux, les
premiers livres nous apprennent qu'ils avaient à la fois des mains d'hommes,
Genèse 3:24, et des ailes, Exode 25:20; 1 Rois 6:24; mais des passages
d'Ézéchiel et de l'Apocalypse, nous pouvons conclure qu'ils réunissaient en eux
la figure de l'homme, du lion, du laureau et de l'aigle. Partant de ces
données, on pourrait, avec Bœhr (Symbolik des mos. Cul tus), considérer les
chérubins comme les représentants les plus élevés de la création, réunissant en
leur personne quatre perfections principales de Dieu en tant qu'elles se
reflètent dans les créatures, savoir: la sagesse, représentée par l'homme; la
force productrice, représentée par le taureau; la majesté, par le lion, et la
toute science, par l'aigle. Comme les représentants les plus parfaits de la
création, des forces divines, il est naturel que nous les trouvions placés
aussi près que possible du trône de Dieu, et que leurs images se retrouvent
dans le tabernacle, et ailleurs, comme une prédication silencieuse de la gloire
de Dieu. D'après Rind, ils seraient les emblèmes de l'Église. Rien n'oblige à
douter qu'ils ne soient des êtres réellement existants.
(Il n'y a aucun
doute que le terme «Chérubins» invoque des mystères difficiles à résoudre et à
comprendre. Le point de vue que nous présentons ici n'est qu'une tentative de
résoudre ce mystère, nous l'avançons non comme un dogme mais comme une
hypothèse d'un sujet très mystérieux. L'énigme de ces créatures fantastiques
est une vérité de la foi inaccessible à la seule raison humaine et, du fait
qu'ils sont enrobés d'un symbolisme qui réagit contre le réalisme naturaliste
s'attachant à l'essence spirituelle des choses et des êtres, ils ne peuvent
être connus que par une révélation divine. Dans l'Écriture, les Chérubins sont
généralement accompagnés du terme descriptif «d'animaux» (Ézch. 1:5; 10:14,
15). Or, il est évident ici qu'il ne s'agit point d'animaux naturels tels que
nous les connaissons. La révélation se trouve donc dans l'étymologie du mot
animaux qui, dans le Hébreu signifie littéralement «êtres vivants», terme qui
s'applique aussi bien aux animaux qu'aux hommes, mais avec cette distinction
que les Chérubins ont la capacité de raisonner et de s'exprimer. Il importe
aussi de remarquer que les Chérubins apparaissent pour la première fois dans le
Texte Sacré au début de l'histoire de la race humaine dans Gen. 3:24. Nous
voyons ainsi que les Chérubins se trouvent dans le jardin d'Éden avec le
premier homme et la première femme. Mais où dans le texte trouvons-nous leur
origine ? En regardant attentivement Gen. 2:19, 20, nous voyons que le terme
«animal» est utilisé pour décrire «les bêtes des champs, les oiseaux des cieux,
et tout le bétail». Aurions-nous ici un indice de l'origine des Chérubins ? Le
fait que les animaux naturels ont été créés avant l'homme dans Gen. 1:20, 21 et
non après comme l'indique Gen. 2:19, 20, nous donne l'impression qu'il y a plus
dans ces passages énigmatiques que l'on puisse s'imaginer. En fait, le mot
«animal» qui s'y trouve signifie précisément «êtres vivants». Puisqu'il n'y a
aucune contradiction dans la Parole de Dieu, l’auteur n’utiliserait-il ici un
style imagé pour nous présenter une vérité spirituelle qui a échappé longtemps
à la raison humaine ? L'ancien historien Juif, Joseph Flavius, semble le penser
car il affirme qu'à partir de Gen. 2:4, Moïse commença à s'exprimer d'une
manière figurative. Ceci semble être supporté dans ce passage par l'inversion
de l'expression «des cieux et de la terre» à celle «la terre et les cieux»,
nous indiquant que l'auteur passe d'une description littérale à une description
figurative ou spirituelle. Cela devient encore plus évident lorsque nous
considérons l'étymologie des mots. En utilisant cette approche on voit par
analogie que l'arbre de la connaissance du bien et du mal dans le Jardin d'Éden
serait nul autre que le cerveau humain. Dans cette optique étymologique, nous
trouvons dans les passages de Gen. 2:19, 20, la révélation que Dieu créa une
race «d'êtres vivants» à l'image d'Adam qui en fut le roi. L'existence d'une
telle race de Chérubins nommés les Vigilants ou les Perceptifs semble
indéniable dans ces passages.
Mais qui sont les
Chérubins, comment pouvons-nous les décrire, où résident-ils, et quelle est
leur fonction ? Éloignons immédiatement le concept populaire que Lucifer aurait
été un Chérubin, concept que nous savons être faux de par ses exagérations
d'une théologie chimérique qui a introduit dans le Texte Sacré entre Gen. 1:1
et Gen. 1:2 la création d'un monde pré-Adamique peuplé d'anges. Nous savons
d'ailleurs que Satan, une des désignations de Lucifer qui signifie «celui qui
brille» est simplement un terme translitéré qui signifie «l'esprit de la
chair», c'est à dire l'intellect ou le raisonnement. Gardons-nous aussi de
l'hypothèse que les Chérubins seraient des entités éthérées que la théologie
traditionnelle nomme des anges. Si on peut les caractériser par le mot «anges»,
c'est seulement dans le sens que ce mot signifie «messagers». Le fait qu'un
homme soit le messager d'un autre ne signifie pas qu'il est une créature
spirituelle incorporelle. Les anges de la cours céleste ne sont pas des
créatures, mais des émanations individuelles des différentes caractéristiques
de l'Esprit de Dieu. Mais les Chérubins sont tout autre, ils sont une race
complètement à part. Quoique cela puisse être surprenant pour la grande
majorité des savants bibliques et du commun des chrétiens, les Chérubins sont
des êtres humains, une race qui brille des révélations de la connaissance de
Dieu. Ils sont des êtres de sang créés à l'image d'Adam, et comme tels ils sont
des reproductions du modèle primaire. Ils sont reliés à Adam par l'esprit et
non par la chair. En d'autres mots, comme des entités individuels
hermaphrodites, dont le nombre est fixe, ils sont l'expansion de la conscience
d'Adam dans les diverses sphères de l'existence de la révélation de la gloire
de Dieu. Plus précisément, ils sont le rassemblement de ses forces ou énergies
qui transforment et soulèvent sa perception au-delà du voile de la matière et
du temps. Ainsi le mot «Chérubins» peut se traduire légitimement aussi par «les
Voyants» ou «les Perceptifs». Pour utiliser un style imagé, nous pouvons dire
qu'ils sont les yeux de Dieu et de l'homme fait à l'image de Dieu avant que le
péché fasse son entrée dans le monde. Ils sont des êtres incandescents qui
brillent de la gloire de Dieu, ce qui leur donne une apparence lumineuse. Ils
ont la capacité de se changer ou de se transformer par leur perception
exceptionnelle de l'essence des choses, et de cela ils ont une porte ouverte à
tout l'univers et à tous les mystères de Dieu. Le fait qu'ils sont souvent
représentés avec des ailes, indique simplement la rapidité de se projeter dans
l'enthousiasme qu'ils ont pour accomplir la volonté de Dieu aux quatre coins de
l'univers. Leur quatre faces (Ézch. 1:10) représentent les quatre caractéristiques
essentiels à leur existence, c'est à dire les quatre facultés de la conscience
du cœur de l'homme avant le péché: 1) la face d'homme, c'est à dire la
réalisation ou l'exécution de la révélation de Dieu; 2) la face de lion, c'est
à dire l'accumulation ou le rassemblement des perceptions de la révélation de
Dieu; 3) la face de bœuf, c'est à dire l'orientation des perceptions de la
révélation de Dieu; 4) la face d'aigle, c'est à dire l'investigation ou la
précision des perceptions de la révélation de Dieu.
Cette race
distincte d'êtres humains, douée d'une grande intelligence, fut donnée par
Adam, leur roi, la surveillance de la création entière duquel il avait été fait
le maître (Gen. 1:26-28). Leur attention aux moindres détails et leur soumission
parfaite à leur souverain, fit qu'ils furent nommés les Vigilants, ceux qui
gardent le silence respectueux devant leur roi. Bref, les Chérubins sont ceux
qui voient au-delà des perceptions du voile de la conscience, qui percent la
façade de la réalité pour entrer dans la réalisation de son essence.
Des spéculations
sans nombre ont été montées sur le Chariot des Chérubins, le Merkabah, avec
lequel ils volent à travers les différentes dimensions de l'existence. Ce
Chariot est mentionné à plusieurs reprises dans l'Écriture (2 Sam. 22:11; 1
Chr. 28:18; Ézch. 1:15-21). Toutefois, il faut dire que le Chariot des
Chérubins dans Ézéchiel est une vision spirituelle de la gloire de Dieu qui
réside au-delà du voile de la conscience charnelle, et non un vaisseau spatial
pour voyager dans l'espace sidérale. Le mot «Merkabah» traduit par le terme
«chariot» est un mot composé qui provient de «MAR» dont les significations sont
«grand, élevé, immense, excellent, illustre, splendide, beauté, et merveille»;
et de «KABÔWD» qui signifie «gloire, éloge, honneur, immortalité, splendeur,
rayonnement, et louange». Le mot au complet est souvent traduit par «siège,
trône, couvert, couverture, vêtu, vêtir, caché, et nuageux». Nous obtenons
ainsi que le Chariot des Chérubins est un style imagé qui représente «la grande
gloire de Dieu duquel le Seigneur Jésus est revêtu, les nuées de son
rayonnement glorieux qui couvrent sa Présence derrière le voile de la
conscience charnelle, la maison de Dieu et la demeure éternelle des élus qui se
nomme la Jérusalem céleste. Le mot «chariot» est aussi merveilleusement relié à
celui de «roues» dont la signification est «réflexion», c'est à dire la
réflexion de la foi par laquelle nous sommes introduits dans tous les mystères
de Dieu. Quoique nous savons que les hommes d'avant le déluge avaient de
grandes connaissances au niveau de diverses sciences, le Chariot des Chérubins
n'a aucun rapport avec la science technologique que possédèrent les Néphilims
de ce temps.
En ce qui concerne
la demeure des Chérubins, le livre de l'Exode nous les montre brodés sur le
voile du Tabernacle qui sépare le lieu saint du lieu très-saint. Or il est très
significatif que le Tabernacle fut divisé en trois parties: 1) la cours
extérieur; 2) le lieu saint; 3) le lieu très-saint. Ces trois parties
correspondent exactement au corps humain, à savoir: 1) la chair; 2) l'âme; 3)
l'esprit. Dans cette optique nous voyons que les Chérubins ou les Voyants,
résident entre l'âme et l'esprit, une dimension intermédiaire entre le temps et
l'éternité qui ne peut être perçue de l'œil humain. Ceci se voit davantage dans
l'étymologie du mot «voile» qui signifie «dimension, immensité, extension,
imperceptible, invisible, et incompréhensible». Le fait que le mot voile est
relié à celui de «voler» qui signifie «être exalté» ou «être transporté
d'extase» nous indique que la demeure des Chérubins est «un état d'être» et non
une localité concrète. L'état d'être des Chérubins nous révèle leur fonction
par rapport aux hommes qui descendent du sang d'Adam, fonction qui est celle de
bloquer l'accès à la révélation du salut en la présence de Dieu à cause du
péché. Le péché est donc la cause principale pour laquelle les Chérubins ne
peuvent plus être vu de l'homme. Nous pouvons seulement les voir lorsque Dieu
ouvre la perception de notre conscience à leur présence. C'est pourquoi ils
manifestent leur présence de nos jours uniquement dans des songes et des
visions accordés seulement aux élus, car en Christ le voile est enlevé et le
chemin est ouvert à la révélation de la grâce de Dieu. Il importe donc aux élus
de pénétrer par la foi au-delà du voile de la conscience de leur existence
charnelle, et de percevoir l'essence de la réalité de toutes choses manifesté
dans la gloire et la majesté de Jésus-Christ qui est le Dieu Tout-Puissant,
notre Sauveur et notre Roi. En Christ nous recevons donc un don particulier que
l'on peut nommer «la voyance de la gloire» (Héb. 11:13-16; 12:18, 22-24).
Puisque telle est
la condition des Chérubins, il est légitime de se demander comment se fait-il
qu'ils ne furent point affecté par le péché lors de la chute d'Adam ? Or, ayant
été créés à part de l'homme comme des créations distinctes, des créatures
hermaphrodites qui ne peuvent se reproduire, les Chérubins ne pouvaient être responsable
des actions de leur chef qui s'écarta de la direction du commandement de Dieu.
Le péché d'Adam ne pouvait les affecter car ils n'avaient pas été créés de son
sang. Leur état de pureté demeura donc intact lors de la chute de l'homme. En
fait, nous voyons qu'ils furent utilisés de Dieu pour barrer le chemin à
l'arbre de la vie, lorsque l'homme fut chassé de la présence édénique de Dieu
pour avoir déclaré son indépendance (Gen. 3:24). En d'autres mots, les
Chérubins sont les protecteurs de la révélation de Dieu en Jésus-Christ pour le
salut des élus.)
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CHEVAL.
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Cet animal était bien connu de l'ancienne Égypte, où
il se faisait déjà remarquer par ces belles proportions, cette vivacité, cette
force et cette légèreté qui caractérisent encore aujourd'hui, suivant les
rapports de Sonnini et des autres Æneid.
— Voir: voyageurs,
les chevaux de cette contrée.
— Voir: Genèse 47:17; 50:9; Exode 9:3.
On s'en servait pour la guerre, Exode 14:9,23.
— Les Cananéens, qui demeuraient en Palestine, avaient
aussi une cavalerie, et ils l'employèrent contre les Israélites; qui venaient
chez eux pour les déposséder, Josué 11:4; Juges 4:3,7,13; 3:22,28.
Il en fut de même, plus tard, des Syriens 2 Samuel
8:4, qui laissèrent 1,700 hommes de cavalerie au pouvoir de David, lorsqu'ils
se furent levés pour aller recouvrer leurs frontières vers l'Euphrate.
Les Israélites, au contraire, ne connurent que tard
l'usage du cheval: au milieu de leurs plaines, les patriarches nomades ne
virent jamais paître que des animaux humbles et débonnaires, et le coursier qui
semble provoquer aux combats n'y frappa jamais la terre de son pied, ni l'air
de son hennissement. Puis la loi de Moïse, qui constituait Israël en
république, interdit positivement les «amas de chevaux», défense nécessaire
après le séjour d'Égypte, où les Hébreux avaient appris à connaître et sans
doute à admirer ce noble animal, mais défense qui devait tomber d'elle-même,
aussitôt que les Israélites, par leur incrédulité et leur ambition, auraient
amené un changement dans leur constitution, établi la royauté, et ouvert la
voie des conquêtes que la loi mosaïque avait elle-même prévue. Aussi
voyons-nous déjà le second des rois, David, se monter une cavalerie, modeste
encore, avec les dépouilles syriennes; et Salomon, par son alliance avec
l'Égypte, multiplier d'une manière inouïe, et en bien peu de temps, l'usage du
cheval dans ses états: il eut bientôt 4,000 étables pour ses chevaux de trait,
12,000 hommes de cavalerie et 1,400 chariots, 1 Rois 4:26; 10:26. Ce commerce
était l'un des revenus royaux les plus considérables, car Salomon percevait sur
chaque attelage un droit d'entrée de 600 pièces d'argent (prés de 2,000 fr., si
l'on doit entendre par pièces d'argent des sicles, ce qui serait exorbitant;
mais c'est peu probable: quelques auteurs pensent qu'il s'agit du prix de
l'attelage), et sur chaque cheval 150 pièces; aussi faisait-il de ses
innombrables chevaux, plus une affaire de richesse, de luxe et de pompe, qu'une
affaire de guerre, et nous ne voyons pas qu'il les ait employés dans aucune de
ses expéditions militaires. Les cours voisines et les seigneurs des royaumes
étrangers, qui voulaient cultiver son amitié, lui envoyaient aussi chaque année,
à côté de beaucoup d'autres présents, des mulets et des chevaux; les rois qui
lui succédèrent continuèrent d'avoir leurs équipages et leur cavalerie: Achab,
1 Rois 22:35; 2 Rois 9:25; Joram, 2 Rois 3:7; Jéhu, 2 Rois 9:16, etc, cf. 2
Rois 14:16; Jérémie 17:25. Il y avait même à Jérusalem une porte qu'on appelait
la porte des Chevaux. Il ressort des passages 1 Rois 18:5; Amos 4:10; Ésaïe
30:16, que non seulement les rois, mais aussi les particuliers possédaient des
chevaux, lesquels on employait même à fouler le blé, Ésaïe 28:28. On les
nourrissait d'orge et de paille, 1 Rois 4:28.
Les conquérants de l'Asie orientale s'avancèrent
souvent contre Israël avec de nombreuses troupes de cavalerie bien montées,
Ésaïe 5:28. Et lorsque les prophètes parlent de l'armée des Caldéens en
particulier, ils ne négligent jamais de mentionner les chevaux de combat qui
devaient en faire la force, Jérémie 6:23; 8:16; 50:37; 51:21; Ézéchiel 26:7,10.
À ces armées les Israélites, peu confiants dans leur chef céleste, voulurent en
opposer d'autres du même genre, et se cherchèrent des auxiliaires dans la
cavalerie renommée de l'Égypte, Ésaïe 31:1; 36:9; Jérémie 4:13; Habacuc 1:8;
Ézéchiel 17:15; cf. Jérémie 46:4; 47:3: ils oublièrent que l'Éternel avait dit:
«Maudit soit l'homme qui se confie en l'homme, et qui fait de la chair son
bras», Jérémie 17:5. Et ils furent emmenés en captivité, malgré les roseaux du
Nil dont ils avaient espéré se faire une arme et un bouclier.
L'Arménie et la Médie étaient célèbres pour la bonté
de leurs chevaux; quant à l'Arabie, elle ne promettait rien encore de tout ce
qu'elle a tenu depuis à cet égard.
On ne ferrait pas les pieds des chevaux comme on le
fait de nos jours, mais on cherchait à rendre leur corne aussi dure que
possible, Ésaïe 5:28; ou bien on l'entourait quelquefois de semelle sou de
sandales, comme celle des chameaux. L'équipement des chevaux se composait d'un
mors, Psaumes 32:9, d'une housse ou d'une selle, Proverbes 30:31, quelquefois
d'une sonnette, Zacharie 14:20. On se servait de fouets pour les presser,
Proverbes 26:3. Les chevaux blancs étaient regardés comme les plus magnifiques;
on les donnait aux généraux victorieux, cf. Apocalypse 6:2; 19:11,14. Virgile
Æneid. 3, 537. Des chevaux d'autres couleurs sont mentionnés, Apocalypse 6;
Zacharie 1:8; 6:2-3,6-7.
— La scène de Haman, conduisant Mardochée sur le
cheval du roi et le promenant en triomphe par la ville de Susan, rappelle les
honneurs dont Pharaon combla Joseph, lorsqu'il le fit conduire sur un chariot
royal, en l'établissant le second personnage de toute l'Égypte, Genèse 41:43.
Quant aux chevaux du soleil, et aux chevaux de feu qui
enlevèrent Élie dans le ciel.
— Voir: l'article Chariots.
On ne peut terminer cet article sans rappeler au moins
la sublime et poétique description que l'on trouve de cet animal dans le
discours de l'Éternel, Job 39:22-28.
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CHEVELURE, cheveux.
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Une longue et forte chevelure passait chez les Hébreux
pour un des plus beaux ornements de l'homme, Juges 16:22; cf. Ézéchiel 8:3;
mais il paraît que les jeunes gens seuls avaient coutume de la laisser flotter,
2 Samuel 14:26, tandis que les hommes plus âgés la rasaient davantage et la
coupaient avec des rasoirs, à l'exception des Nazaréens qui ne la coupaient
pas, et des sacrificateurs qui se servaient de ciseaux, cf. Ézéchiel 44:20.
Plus tard on regarda les longs cheveux chez un homme comme l'indice d'un
caractère efféminé, 1 Corinthiens 11:14, et il fut défendu aux prêtres de les
laisser croître sans les couper fréquemment. Ce ne fut plus qu'en suite d'un
vœu que les hommes purent, et seulement momentanément, laisser s'allonger leur
chevelure, Actes 18:18. Les femmes, en revanche, y attachaient un grand prix, 1
Corinthiens 11. Elles les arrangeaient en tresses, Cantique 4:1; 1 Timothée
2:9; ou les frisaient, Ésaïe 3:24; 1 Pierre 3:3, et souvent les ornaient de
pierreries ou d'autres joyaux précieux. Les femmes qui se respectaient ne
sortaient guère avec des cheveux flottants, que lorsqu'elles étaient dans le
deuil ou dans une grande affliction, Luc 7:38. Les cheveux noirs passaient pour
les plus beaux, Cantique 5:11.
Dieu avait aussi défendu aux prêtres de se couper les
cheveux en rond, Lévitique 19:27, défense qui se rapporte sans doute à quelque
usage païen que nous ne connaissons plus.
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CHÈVRE.
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Les chèvres, comprises avec les moutons sous le nom
général de Tsôn, formaient le menu bétail en opposition avec le gros bétail,
Bakhar, ouïes bœufs. Les patriarches en possédaient, comme de nos jours encore
les Bédouins, de nombreux troupeaux, Genèse 15:9; 32:14; 37:31, et les
Israélites postérieurs firent également consister une grande partie de leur fortune
dans le nombre de ces animaux, 1 Samuel 25:2; Cantique 6:5; Proverbes 27:26. La
chèvre était un animal pur; on s'en servait pour les repas et pour les
sacrifices, Deutéronome 14:4, et l'on choisissait de préférence, comme encore
maintenant, les jeunes chevreaux, Genèse 27:9; 38:20; Juges 6:19; 13:15; cf. 1
Samuel 16:20. On en estimait beaucoup le lait, Proverbes 27:27, que l'on
regardait comme plus sain que celui de la brebis. Les prophètes, les
prédicateurs de la repentance, et en général les hommes à principes sévères,
ainsi que les nécessiteux, se couvraient ordinairement de peaux de chèvres: on
se servait encore du poil de ces animaux pour en faire des couvertures de
tentes, Exode 26:7; 35:6; 36:14, peut-être aussi des matelas. Les chèvres des
Bédouins sont communément noires; dans la Syrie et la Basse-Égypte elles sont
plus grosses que les nôtres, d'un rouge clair, et les oreilles pendantes. Il ne
paraît pas que la chèvre angora soit jamais désignée dans la Bible.
La défense de cuire le chevreau dans le lait de sa
mère, Exode 23:19; 34:26, c'est-à-dire dans du beurre, pouvait avoir pour but
de favoriser l'agriculture par l'obligation de se servir d'huile pour
l'assaisonnement des viandes: le législateur, qui voulait fixer au sol la
nation juive, devait multiplier les occasions qui en rendissent les produits
nécessaires. Mais il est difficile de n'y pas voir aussi, ne fût-ce que dans
l'expression, une de ces prescriptions touchantes qui, en inspirant la pitié et
la sympathie pour les animaux, devaient adoucir le cœur de l'homme.
L'empire macédonien est représenté, Daniel 8:5, sous
l'emblème d'un «bouc sortant d'entre les chèvres», et l'on remarque que la
Macédoine, dans les premiers temps de son histoire, possédait une telle
multitude de chèvres, que plusieurs villes prirent ces animaux pour leurs
symboles, et les frappèrent sur leurs monnaies: les habitants même prirent le
nom d'Égéens (chevriers), qui s'est conservé jusqu'à nos jours dans le nom de
la mer Égée.
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CHEVREUIL,
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— Voir: Gazelle.
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CHIEN,
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animal déclaré impur par la loi juive, et méprisé de
tout l'Orient. Les anciens ne s'en servaient guère que pour la garde des
maisons, des champs ou des troupeaux, Job 30:1; il ne paraît pas qu'on s'en
servît pour la chasse.
— Voir: cet article.
On trouve cependant dans l'histoire de Tobie, 5:23;
11:3; et Matthieu 15:27, une preuve que les chiens dits d'agrément, n'étaient
pas tout à fait inconnus aux Hébreux. L'Ancien Testament nous montre parfois
les chiens comme on les voit encore de nos jours dans les pays chauds, courant
par bandes, sans maîtres, altérés et avides, 1 Rois 14:11; 16:4; 24:19,23; 2
Rois 9:36; cf. Psaumes 59:14; Luc 16:2, se nourrissait même de cadavres, 1 Rois
21:23; 22:38; Jérémie 15:3. Sauvages et presque féroces, on les a vus
quelquefois, pressés par la faim, se jeter sur les hommes; et la mesure
commandée, Exode 22:31, semble se justifier autant comme affaire de prudence
(une nourriture assurée aux chiens), que comme précepte de pureté légale. Comme
la vigilance et le cri d'avertissement sont le caractère qui les distinguait le
plus chez les Hébreux, Ésaïe a pu appeler des chiens muets, 56:10, les faux
prophètes qui, dormant eux-mêmes, laissent les peuples s'endormir dans leurs
fautes et dans leurs péchés.
On a vu en quelle basse estime ces animaux étaient
auprès des Juifs, et l'on ne s'étonnera pas que le nom de chien ait été
l'injure la plus humiliante qu'ils aient su inventer. Job se plaint de se voir
insulter par des jeunes gens dont il n'aurait pas voulu admettre les pères
parmi les chiens de ses troupeaux, Job 30:1. David s'abaissant devant Saül et
voulant lui faire sentir que son injuste persécution ne peut en aucune manière
l'honorer, lui dit: «Qui poursuis-tu, roi d'Israël? un chien mort, une puce!» 1
Samuel 24:15; la même expression se retrouve plus d'une fois dans l'histoire de
David, 1 Samuel 17:43; 2 Samuel 9:8; 16:9; cf. 2 Rois 8:13. Le nom de chien,
comme le ternie correspondant «cynique», venu du grec, se prend souvent aussi
pour désigner des hommes sans pudeur et sans retenue; et c'est dans ce sens que
plusieurs interprètes entendent les mots «le prix d'un chien» qui se trouvent,
Deutéronome 23:18, dans un contexte qui vient à l'appui de cette opinion.
L'apôtre saint Paul, en disant prenez garde aux chiens, Philippiens 3:2, semble
vouloir indiquer à la fois de faux docteurs et des hommes immoraux, comme il
s'en trouve souvent parmi ceux qui falsifient la doctrine de Christ, cf.
Matthieu 7:6. Notre Sauveur, en excluant de sa maison les chiens, les
empoisonneurs, les impudiques, etc., Apocalypse 22:15, a pris ce mot dans le
même sens. Saint Pierre, et déjà Salomon, comparent les pécheurs dans leurs
rechutes, aux chiens qui retournent à ce qu'ils ont vomi. 2 Pierre 2:22; cf.
Proverbes 26:11. Enfin David représente comme des chiens dévorants les ennemis
qui ne cessent de le persécuter, Psaumes 22:16,20; et si l'on prend ce psaume
dans son sens prophétique, on retrouvera cette idée que les plus grands ennemis
de Christ et du christianisme, sont les chiens spirituels, l'incrédulité et
l'immoralité.
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CHIFFRES,
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— Voir: Nombres.
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CHINE,
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— Voir: Sinim.
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CHIOS,
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Actes 20:15, île de l'Archipel, très fertile, située
entre Samos et Lesbos, et dépendante de l'Ionie dans l'Asie mineure; maintenant
Scio, appelée par les Turcs Saki-Adassi, ou île du Mastic. Ses principales
productions sont le mastic et le vin. La ville principale, qui porte le même
nom que l'île, a un bon port; il a joui d'une certaine importance; au temps des
Romains elle comptait encore comme ville libre.
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CHLOÉ,
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1 Corinthiens 1:11, femme de Corinthe, disciple du
Sauveur. Ce fut sa famille qui avertit saint Paul des désordres qui régnaient à
Corinthe, et des rivalités qui existaient entre les disciples d'Apollos, de
Céphas et de Paul. Quelques-uns pensent qu'elle fit écrire elle-même, et
qu'elle employa pour cela Stéphanas, Fortunat et Achaïque, «les prémices de
l'Achaïe.» C'est à cette lettre que paraît répondre l'apôtre dans les six
premiers chapitres de son Épître; il en avait reçu une autre des Corinthiens
eux-mêmes qui le consultaient sur des objets moins importants que l'union
fraternelle, et ce n'est qu'après leur avoir adressé les sévères avertissements
qu'exigeait la lettre de Chloé, qu'il passe enfin, 7:1, à la réponse directe
aux Corinthiens. Quant à la personne même de Chloé, elle est tout à fait
inconnue, au point que quelques-uns ont cru pouvoir en faire un nom d'homme.
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CHONJA,
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Jérémie 22:24,28; 37:1, un des noms de Jéchonias, q.v.
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CHORAZIN,
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village ou bourg, nommé deux fois à côté de Bethsaïda.
Matthieu 11:21; Luc 10:13, et probablement situé, comme cette ville, dans la
Galilée et sur la rive occidentale de la mer de Tibériade, mais du reste
inconnu. Saint Jérôme le met à 2000 pas de Capernaüm, et Eusèbe, mais
certainement par erreur, à 12,000. Quelques-uns comparent le «Haroseth des
nations», Juges 4:2, d'autres le nom hébreu Choraschim (lieux escarpés, 2
Chroniques 27:4, inexactement traduit forêts); d'autres lisent en deux mots
Chora Zin, la contrée de Zin; quelques voyageurs modernes enfin (Seetzen, etc.)
comparent des ruines qu'ils ont trouvées sur la rive orientale du lac de
Génésareth, sous le nom de Kalathel-Hœrsa, ou, d'après Burkhardt, Kalat el
Hossn; mais outre que ce rapprochement de noms est bien vague, bien
insignifiant, la donnée elle-même est en contradiction avec le peu que saint
Jérôme nous en a laissé. Il faut donc s'en tenir à cette simple indication que
Chorazin était dans le voisinage de Bethsaïda. Cette malheureuse ville n'existe
plus; elle a vu s'accomplir les menaces du Seigneur, qui l'avait honorée de sa
présence, de ses discours et de ses miracles, qui n'y a recueilli aucun fruit
de ses travaux, et qui lui a déclaré avec douleur et indignation que si les
villes païennes de Tyr et de Sidon eussent vu ses œuvres et entendu ses
paroles, elles se seraient depuis longtemps repenties avec le sac et la cendre.
Le sort de ces sièges du paganisme sera moins cruel au dernier jour, que celui
des villes juives qui ont été illuminées et sont restées impies.
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CHOUETTE,
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Lévitique 11:17;
— Voir: Chat-huant.
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CHRONIQUES.
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Le nom actuel de ces livres leur a été donné par saint
Jérôme; les Juifs les nommaient Diberé hayamim, journaux, paroles des jours; et
les Grecs leur avaient donné le nom que les Latins leur conservent encore, de
Paralipomènes ou choses omises , qui correspond à ce que dans notre langue nous
appellerions un supplément. Les neuf premiers chapitres contiennent des tables
généalogiques, documents auxquels les Israélites devaient attacher beaucoup d'importance,
soit à cause de l'attente du Messie, soit parce que toutes les propriétés
foncières étaient inséparablement liées à l'existence de la famille. Le reste
du premier livre et les neuf premiers chapitres du second, contiennent
l'histoire de David et de Salomon; et la tin du deuxième livre, l'histoire du
royaume de Juda depuis le schisme jusqu'à l'exil. Les livres des chroniques ne
sont cependant pas une simple répétition des livres de Samuel et des Rois. On
remarquera facilement des différences notables dans la manière dont les faits
sont présentés dans les Rois et dans les Chroniques, même des contradictions
apparentes. Les livres des Chroniques donnent beaucoup plus de détails sur tout
ce qui tient au culte, (par exemple lorsqu'il s'agit des préparatifs que lit
David pour la construction du temple, 1 Chroniques 22, 28, 29) sur
l'organisation des classes sacerdotales, 1 Chroniques 23, 24, 26, sur la
musique sacrée, ibid. 26. Ce caractère pour ainsi dire ecclésiastique des
livres des Chroniques, s'explique facilement, si l'on réfléchit qu'à l'époque
où ils furent selon toute probabilité composés (après le retour de l'exil),
tout ce qui tenait à la religion était l'objet d'un intérêt beaucoup plus vif.
Les rapports qui se trouvent entre les livres des Chroniques et les livres des
Rois, s'expliquent par le fait que les deux auteurs ont consulté les mêmes
sources, savoir les annales des rois de Juda et celles des rois d'Israël;
seulement il paraît que l'auteur des Chroniques avait sous les yeux un recueil contenant
ces deux ouvrages réunis, et il le nomme tantôt avec le titre complet: Livre
des rois de Juda et d'Israël, 2 Chroniques 25:26, tantôt en abrégeant, Livre
des Rois, 2 Chroniques 24:27, ou Livre des rois d'Israël, 2 Chroniques 20:34,
ou Actions des rois d'Israël, 2 Chroniques 33:18. Quant aux différences, elles
proviennent de ce que l'auteur des Chroniques a consulté, outre ces documents
généraux, quelques monographies particulières composées par des prophètes, et
dont les annales des royaumes ne contenaient que des extraits fort courts;
ainsi, par exemple pour le règne de Roboam, les monographies des prophètes
Semahia et Hiddo, 2 Chroniques 12:15; pour l'histoire d'Hozias, la monographie
d'Ésaïe, 2 Chroniques 26:22, etc.
On a tout lieu de penser que les livres des Chroniques
furent composés du temps d'Esdras, après le retour de la captivité (ainsi 1
Chroniques 9:17, nous voyons nommés les mêmes personnages que Néhémie
12:25-26), et même d'admettre avec la tradition qu'ils le furent par Esdras
lui-même. Il y a un rapport très intime entre la tin du livre des Chroniques et
le commencement du livre d'Esdras, comme si le deuxième de ces ouvrages était
destiné à être une continuation du premier.
Pour se débarrasser de la preuve très forte que les
livres des Chroniques fournissent en faveur de l'authenticité du Pentateuque,
on a attaqué, comme tant d'autres, la crédibilité de cette partie de l'Ancien
Testament. L'attaque, faite principalement par De Wette et Berthold, a été
repoussée avec habileté par les ouvrages de Keil (Berlin, 1833), et de Movers
(Bonn, 1834) Le principal reproche que l'on dirige contre l'auteur du livre des
Chroniques, c'est sa prétendue partialité pour le culte mosaïque, et pour la
tribu de Lévi; mais on a vu déjà que son but était simplement de combler les
lacunes des autres livres historiques sur ce sujet, et l'on ne peut pas prouver
que ce point de vue l'ait jamais entraîné à sacrifier la vérité. Si on remarque
des différences entre les livres des Rois et ceux des Chroniques, sous le
rapport des nombres et des noms, il faut observer que comme les nombres se
représentaient par des lettres, quelque erreur pouvait facilement se glisser
dans les copies.
— Voir: Nombres.
et quant aux noms de lieux et de personnes, on a vu
ailleurs combien chez les Orientaux les noms étaient sujets à des changements,
et combien souvent aussi ils étaient doubles.
— La crédibilité du livre des Chroniques est
suffisamment attestée, soit par les morceaux parallèles dans le livre des Rois,
soit, pour les morceaux qui appartiennent spécialement au premier de ces
ouvrages, par les autres livres du Canon. Nous n'en citerons que deux exemples:
on a beaucoup attaqué le récit qui est donné, 2 Chroniques 20, de la victoire
de Josaphat sur les rois alliés; mais si on lit attentivement le psaume 48, on
voit que c'est un cantique d'actions de grâce qui ne peut se rapporter à aucun
autre événement. Le récit du grand deuil occasionné par la mort du roi Josias
dans la vallée de Méguiddo, 2 Chroniques 35:22-24, est également confirmé par
Zacharie 12:11. — (Rochat, Sermons, t. V)
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CHRYSOLITHE,
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pierre précieuse, qui occupait la dixième place dans
le pectoral du grand-prêtre, et sur laquelle se trouvait gravé le nom de
Zabulon, Exode 28:20; 39:13. Elle est aussi indiquée comme le septième
fondement de la nouvelle Jérusalem, Apocalypse 21:20; cf. Ézéchiel 1:16; Daniel
10:6. La chrysolithe, ou pierre d'or, car c'est là ce que son nom signifie, est
ordinairement cristallisée, d'un vert pâle, et transparente, semée de quelques
veines. Les anciens paraissent l'avoir confondue quelquefois avec la topaze,
les rabbins avec le béryl, quelques-uns avec l'ambre. D'après Pline, la
chrysolithe était de couleur d'or, d'une très belle eau, et se tirait
principalement d'Éthiopie.
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CHRYSOPRASE,
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le dixième fondement de la nouvelle Jérusalem,
Apocalypse 21:20, pierre précieuse d'un vert pâle et brunâtre. Pline la
comptait au nombre des béryls dont la meilleure espèce était, selon lui,
couleur vert d'eau; puis venait le chrysobéryl, plus pâle et tirant sur le
jaune or; enfin la chrysoprase plus pâle encore, et tirant, dit Calmet, sur la
couleur du poireau.
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CHUZAS,
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intendant de la maison d'Hérode Antipas, et mari de
Jeanne, l'une des femmes pieuses qui assistaient notre Seigneur de leurs biens;
mais du reste inconnu, Luc 8:3. Quelques-uns pensent qu'il était déjà mort à
l'époque où il nous en est parlé; mais cette opinion que rien ne nécessite, ne
paraît même pas probable d'après le texte du verset indiqué.
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CHYPRE,
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— Voir: Cypre.
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CIDRE,
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— Voir: Cervoise.
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CIEL, Cieux.
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Dans la Bible, comme dans le langage ordinaire, ce mot
a plusieurs significations entièrement distinctes. C'est ainsi qu'il signifie:
1. L'étendue,
Genèse 1:8; cf. 2 Pierre 3:12-13; les cieux des cieux, Deutéronome 10:14; 1
Rois 8:27; Néhémie 9:6, ne sont qu'un développement de la même idée, une façon
de parler pour désigner l'univers jusque dans ses limites les plus reculées.
2. L'atmosphère
qui entoure notre planète, Deutéronome 28:23; Jacques 5:18; Aggée 1:10;
Lévitique 26:19; Psaumes 68:8; Marc 1:10.
3. L'espace
en tant que séjour des puissances spirituelles, Juges 5:20; Actes 4:12;
Philippiens 2:10. (l'air est opposé aux cieux lorsqu'il est question des
puissances des ténèbres, Éphésiens 2:2; 6:12).
4. La
demeure de l'Éternel; c'est là qu'il habite, c'est de là qu'il répand sur tous
les hommes ses grâces, ses faveurs; c'est là que fut préparé et que s'achève le
mystère de la Rédemption; là que s'enregistrent les noms des bienheureux, les
fautes et les vertus des hommes, leurs aumônes, Psaumes 73:25; 103:19; 139:8;
Matthieu 6:20; 18:18; Luc 24:51; Jean 6:41; Hébreux 4:14, etc., etc.
Dans le Grec, le
mot ciel signifie littéralement «le très-haut», ce qui a de plus élevé,
désignant ainsi «la divinité». Que Jésus soit descendu du ciel indique qu’il
s’est abaissé de la divinité pour prendre sur lui la forme d’un homme, un
serviteur. En d’autres mots, au niveau spirituel, le ciel n’est pas une
localité mais un état d’être.
5. Le
séjour futur des rachetés, Matthieu 19:21; 2 Corinthiens 5:1; 1 Pierre 1:4.
C'est même le sens dans lequel s'emploie le plus habituellement le mot ciel. Le
paradis dont parlent Jésus, Luc 23:43, saint Paul, 2 Corinthiens 12:4, et saint
Jean, Apocalypse 2:7; la vie, Marc 9:43,45; la gloire à venir, Romains 8:18;
Hébreux 2:10; la vie éternelle, Jean 3:15, etc. Actes 13:48; Matthieu 25:46; le
royaume de Dieu, Marc 9:47, d'autres expressions encore, sont synonymes du
ciel, et expriment la même idée sous d'autres formes, ou plutôt donnent une
forme à une idée qui n'exprime que l'espace. L'Écriture ne nous donne, du
reste, aucune indication sur ce que sera la vie éternelle bienheureuse; les
épithètes qui la caractérisent ne peuvent aider à l'imagination. Ce sera une
gloire souverainement excellente, un bonheur sans mélange, mais de quelle nature?
On ne saurait le dire.
De ce vague, de cette ombre qui entoure l'avenir, de
ce mystère qui l'environne, et qui, s'interpose comme un nuage entre nous et le
bonheur, on a bien vue conclu au vague du bonheur lui-même, et l'on a fait du
ciel quelque chose de vaporeux, d'éthéré, de vague. On en est venu,
involontairement, à identifier le ciel des rachetés avec le ciel des astres et
avec celui de l'atmosphère: les âmes nageront ou voleront dans l'immensité. Le
nuage qui nous sépare du ciel est devenu le ciel lui-même; le vague qui
l'environne est presque devenu la réalité. On a paru oublier la résurrection de
la chair, du corps. Élie et Jésus s'élevant dans les airs et montant aux deux,
2 Rois 2:11; Marc 16:19, Étienne voyant les cieux ouverts. Actes 7:55, les
fidèles enlevés au-devant du Seigneur en l'air, 1 Thessaloniciens 4:17, on a
été conduit naturellement à placer le ciel en l'air, et l'on a oublié d'abord,
quant au langage, et vu les conditions actuelles de l'existence de notre globe,
qu'il était difficile de parler autrement; puis, et surtout, que la vie à venir
ne commencera que lorsque la terre et les cieux auront été détruits et
renouvelés. Il va sans dire que nous n'avons pas la prétention d'aborder ici un
sujet trop fécond en hypothèses de tout genre; mais il peut être utile de
protester contre un point de vue qui ne tend à rien moins qu'à dissoudre
complètement l'homme et la vie éternelle à force de les spiritualiser. Ce ne
sont évidemment pas là les idées que nous donnent les saints livres, ni saint
Paul quand il parle de la résurrection de la chair, ni saint Pierre quand il
parle des nouveaux cieux et de la nouvelle terre, ni saint Jean, dans les deux
derniers chapitres de l'Apocalypse, lorsqu'il décrit le séjour dés bienheureux
dans la vie future. Que l'espace puisse servir de demeure aux âmes en attendant
la résurrection, c'est possible, nous ne pouvons rien en savoir; mais qu'après
la résurrection, lorsque les âmes auront revêtu de nouveaux corps, il continue
d'en être de même, c'est ce qui ne paraît pas sérieux. Il est à remarquer que
si le paradis, le jardin d'Éden, n'est jamais appelé ciel, le ciel, en
revanche, est trois fois appelé paradis dans le Nouveau Testament,
— Voir: plus haut, et cf. surtout 2 Corinthiens
12:2,4; (où le troisième ciel est appelé paradis).
Et, si quelque chose nous paraît probable, c'est que
la terre renouvelée sera le séjour de l'homme renouvelé, comme la terre
primitive a été le séjour de l'homme primitif, et la terre maudite celui de
l'homme maudit. Cette terre renouvelée (un autre astre si l'on veut, une autre
planète, mais pas d'air, pas de nuages), sera appropriée aux besoins de l'homme
dans lequel l'image de Dieu aura été restaurée; cette terre renouvelée sera ce
qu'on appelle ordinairement le ciel, et les nouveaux cieux se rapporteraient à
l'espace, à l'atmosphère, ou aux rapports nouveaux dans lesquels cette terre
bénie se trouvera avec les astres du nouveau firmament. La mer n'existe plus,
Apocalypse 21:1; avec un peu de géologie, on comprend combien ce seul fait
changera tout le mode de vivre actuel; une pareille terre mérite bien le nom de
nouvelle terre. Le soleil et la lune ne luisent plus sur la terre, 21:23; 22:3,
il n'y aura plus là de nuit, voilà les nouveaux cieux. La sainte Jérusalem
descend du ciel, de devers Dieu, sur cette nouvelle terre, qui nous est ainsi
dépeinte comme le futur séjour de l'homme, et la clarté de Dieu l'éclairé,
l'Agneau est son flambeau. La main de Dieu qui a lancé la terre actuelle dans
l'orbite qu'elle parcourt aujourd'hui, peut-être au troisième jour de la
création, peut-être après la chute, et qui, par deux fois déjà, au déluge, et
lors de la victoire de Josué, a modifié son cours, saura bien, quand
l'accomplissement des temps sera venu, l'arrêter de nouveau dans sa course, et
d'un mot la placer ailleurs, et faire toutes choses nouvelles.
C'est à cette vision de la gloire éternelle qu'il faut
rapporter ce que dit saint Paul, Romains 8:17-22, cf. aussi Matthieu 19:28;
Actes 3:21. Quant à ceux qui n'y verraient qu'une description de la splendeur
du millénium, ils pourront s'édifier sur ce sujet en lisant dans l'Essai de
Vivien sur l'Apocalypse les pages 142 et suivant.
Le mot royaume des cieux (littéralement: souveraineté de la divinité) est employé dans le
Nouveau Testament dans deux sens différents; quelquefois il désigne la
prédication de l'Évangile et son résultat mélangé dans ce monde, c'est-à-dire
l'Église extérieure, l'amalgame de bons et de méchants qui professent la foi en
Christ; d'autres fois, il ne s'applique qu'au règne de Dieu considéré dans sa
gloire future, ou dans sa pureté et sa spiritualité; de sorte que, dans ce
dernier sens, il ne comprend que les enfants de Dieu, et présente un tout autre
assemblage que dans la première acception de ce mot.
— Voir: A. Bost, Recherches, p. 51 et suivant:
«Matthieu est le seul des écrivains du Nouveau Testament qui emploie
l'expression de royaume des deux; les autres disent toujours royaume de Dieu.
Les deux expressions reviennent au même; mais il semble que celle de Matthieu a
quelque chose de plus doux, et que Dieu ait voulu que le livre de la nouvelle
alliance s'ouvrît par cette manière si attrayante de représenter le but divin
de l'Évangile dans ce monde, et répandit ainsi sur le début de cette économie
comme une teinte d'aurore qui contraste admirablement avec l'économie sévère de
la loi, qui pesait encore sur le genre humain».
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CIGOGNE,
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hébreu Hhasidah (pieuse, miséricordieuse). Oiseau impur
nommé à côté du héron, Lévitique 11:19; Deutéronome 14:18, renommé pour la
beauté de ses plumes, Job 39:16; (— Voir: Autruche), pour la rapidité de son
vol, Zacharie 5:9, et pour son intelligence à connaître les saisons, Jérémie
8:7. Il se loge sur les hautes branches des sapins, Psaumes 104:17. Ces
caractères se rapportent très bien à ce que l'on sait de la cigogne, et le nom
même de cet oiseau rappelle en hébreu l'épithète de avis pia, sous laquelle les
latins aimaient à le désigner, l'oiseau connu pour sa piété filiale, pour les
soins qu'il donne à sa progéniture comme à ses parents, les nourrissant et les
défendant jusqu'à la mort. (Les noms allemands et anglais storch et stork ne
viendraient-ils pas du grec
στόργη, affection?)
— Quelques auteurs, cependant pensent qu'au lieu de la
cigogne il faut entendre le héron (Dahler Winer, etc.).
La cigogne est un oiseau de passage assez commun dans
nos climats, et même à des latitudes plus élevées; on sait qu'elle aime à
construire son nid sur les toits près des cheminées, ou sur les églises, et que
les habitants des campagnes, en Allemagne et en Hollande, se regardent comme
honorés et protégés par la présence de cet animal à moite sauvage, à moitié
domestique. Dans l'Orient où les maisons sont plates, et où les toits sont
souvent habités, les cigognes font plus de difficultés pour s'y établir, et
gîtent plus volontiers sur des arbres hauts et élevés, les pins, les sapins,
les cyprès. Le prophète Jérémie en appelle à l'instinct de cet animal, peu doué
sous le rapport de l'intelligence, et qui cependant sait distinguer les saisons
et leur retour, pour reprocher aux Juifs l'endurcissement de leur cœur, et leur
peu d'intelligence pour les choses divines, Jérémie 1, c, cf. Ésaïe 4:3.
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CILICIE,
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Actes 15:23,41; 27:5; Galates 1:21, province sud-est
de l'Asie Mineure, séparée de la Syrie par les monts Amanus, mais souvent
nommée à côté de cette dernière, avec laquelle elle se trouvait en fréquents
rapports de voisinage; elle était entourée à l'ouest et au nord par le mont
Taurus comme d'une ceinture, et communiquait par des défilés avec l'Isaurie, la
Pisidie, et la Paphlagonie. La partie orientale de cette province, se composait
de plaines fertiles et riches en vignobles; à l'ouest, au contraire, le terrain
était plus montagneux, et les belles chèvres de la Cilicie, déjà distinguées
par Aristote, y trouvaient de féconds pâturages. Les premiers habitants de
cette contrée furent des Syriens et des Phéniciens, mais au temps d'Alexandre,
il s'y établit des colonies grecques et macédoniennes. D'abord sous le joug des
Séleucides, la Cilicie passa au pouvoir de l'Arménie, et finit par devenir sous
Pompée une province romaine; mais les habitants des montagnes restèrent
toujours indépendants, et ne relevant que de leurs chefs particuliers. Il se
trouvait aussi des Juifs établis dans cette contrée, Actes 6:9. La ville
principale était Tarse, bien connue comme patrie de saint Paul.
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CIMETIÈRE.
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Institution longtemps inconnue aux Orientaux, et qui
paraît l'avoir été toujours aux Hébreux.
— Voir: Sépulture, Tombeaux, etc.
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CINNAMOME,
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Exode 30:23; Cantique 4:14, substance dont Dieu
ordonne de la joindre avec d'autres aromates, et d'en faire une huile sainte
pour le service du tabernacle. Selon toute apparence, c'est une espèce de
cannelle. Quelques auteurs veulent faire de la casse, du cinnamome et de la
cannelle, trois plantes ou arbrisseaux différents; mais le plus probable est
que les Hébreux désignaient par ces différents noms trois nuances ou familles
différentes d'une même espèce d'arbre, dont le cinnamome aurait été la plus
rare et la plus précieuse, et la casse, la moins fine et la moins estimée. Le
cannelier, ou laurus cinnamomum de Linnée (monogynie, 9e classe) est un
arbrisseau qui, près des côtes, atteint déjà une hauteur de 8 à 9 mètres, avec
une circonférence de 1 mètre environ, mais qui dans les forêts et dans un
terrain favorable s'élève beaucoup plus haut, et prend plus de consistance. Ses
nombreux rameaux sont ornés de feuilles semblables à celles du laurier, longues
de 12 à 18 centimètres, d'un vert clair; de jolies fleurs blanches, mais peu
odoriférantes, se forment au mois d'avril, en baies à noyaux, dans le genre des
grains de genièvre. Le tronc, et les branches âgées de trois ans au moins, sont
également recouverts d'une double écorce dont la plus extérieure, grisâtre, est
presque sans odeur, tandis que l'autre, longue, mince, roulée et d'un rouge
brun, nous donne, après avoir été séparée de l'aubier et séchée au soleil,
cette cannelle que nous connaissons tous, d'un goût piquant, aromatique, et si
agréable. Les marchands orientaux en faisaient un grand commerce, Apocalypse
18:13, et les hommes riches qui s'en servaient soit pour l'assaisonnement, soit
en guise de parfums, allaient jusqu'à en bassiner leurs divans et leurs lits de
repos, Proverbes 7:17.
Le cinnamome dont il est parlé dans les livres saints
se tirait probablement de l'Arabie ou de l'Éthiopie; on en trouvait aussi dans
l'île de Ceylan une espèce très estimée,
— Voir: Casse.
Outre ces différentes espèces, on connaît encore la
cannelle giroflée de Madagascar, la cannelle blanche qui croît en Amérique, à
la Jamaïque et à Saint-Domingue, enfin l'écorce d'un arbre nommé katoukarva sur
les côtes du Malabar.
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CIRCONCISION.
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Cérémonie religieuse qui consistait à couper le
prépuce à tous les enfants mâles. Dieu lui-même ordonna à Abraham de faire
subir cette opération à tous les mâles de sa famille; il en fit même une loi
pour tous ses descendants, et la circoncision devint la marque distinctive du
peuple de Dieu, le signe de l'alliance, le symbole des rapports intérieurs et
extérieurs établis entre Dieu et les Juifs. Le nom de circoncis ou de
circoncision fut dès lors employé pour désigner le peuple de Dieu, la nation
sainte, tandis que les Juifs appliquèrent aux infidèles le nom d'incirconcis,
pour rappeler qu'ils ne portaient point en leur corps le signe glorieux de
l'adoption divine qui était le privilège de leur nation seule.
Quelque respect que l'on doive avoir pour le
témoignage d'Hérodote, et quelque haute antiquité que l'on puisse accorder,
d'après cet historien, à la pratique de cette cérémonie chez les Syriens, chez
les Phéniciens, chez les Éthiopiens, et surtout chez les Égyptiens; quel que
puisse être en outre l'accord d'un certain nombre de théologiens (Celse, Julien
l'Apostat, Michaélis, Bauer, Winer, Cellérier fils), et tout en admettant, avec
Hævernick (Einleitung, p. 320), que les Égyptiens, surtout dans la caste
sacerdotale, connurent de bonne heure la circoncision, il nous est impossible
d'admettre non seulement ce que prétend Winer, qu'Abraham et Moïse aient
emprunté cette coutume aux Égyptiens (!), mais même ce qu'affirme Cellérier,
que la circoncision fût déjà connue sur la terre à l'époque où l'Éternel
l'imposa à son peuple, comme marque particulière et distinctive. «L'Écriture,
dit Calmet, nous parle de l'institution de la circoncision d'Abraham comme
d'une chose toute nouvelle. Elle nous dit que c'est le sceau de l'alliance que
Dieu fait avec ce patriarche.» Et comment la circoncision aurait-elle été un
caractère qui distinguât Abraham et sa race du reste des peuples, si elle eût
été commune aux Égyptiens et aux Éthiopiens, aux Phéniciens et à tant d'autres
peuples qui l'ont pratiquée autrefois?
— On comprend que les Arabes, les Sarrasins, les
Ismaélites, tous issus d'Abraham et jaloux sans doute de la prospérité qui
semblait s'attacher à la branche d'Isaac, aient adopté par esprit d'imitation,
par une fausse dévotion, ou par un faux calcul d'intérêt, une cérémonie
matérielle qui ne leur devait apporter aucune des bénédictions divines dont
elle était le garant, mais qui a pu non seulement ne pas leur nuire, mais même
avoir pour eux quelqu'un de ces avantages charnels qui la font encore estimer
en Orient, et qui furent probablement aussi présents à l'esprit du divin
Législateur qui l'établit. Les Samaritains s'y soumirent en acceptant le joug
de la loi mosaïque, et c'est d'eux sans doute que veut parler Hérodote
lorsqu'il mentionne les Phéniciens comme se faisant circoncire, car cette
dernière petite nation que l'on pouvait facile confondre avec quelqu'une de
celles qui l'entouraient, ne paraît pas avoir jamais connu cet usage. Les
Édomites, quoique descendants d'Abraham, ne reçurent la circoncision que
lorsque vaincus par Jean Hyrcan, ils reçurent en même temps la loi de Moïse.
Quant aux Égyptiens, nous l'avons dit déjà, la circoncision leur fut connue de
bonne heure, mais elle ne fut jamais chez eux d'un usage général et indispensable;
les prêtres seuls y étaient obligés. Quelques-uns (Cellérier) répugnent à
croire que les Égyptiens aient emprunté une cérémonie aussi importante au
peuple pauvre et méprisé qui lui construisait ses pyramides, ses palais et ses
temples; mais l'on sait que souvent le vainqueur emprunte au vaincu ses
mystères comme sa langue; et d'ailleurs, si l'on ne veut pas admettre cette
supposition, rien n'empêche de penser avec Bochart que c'est des Arabes que les
Égyptiens ont reçu la circoncision.
— De nos jours encore cette coutume est généralement
répandue dans presque tous les pays chauds, et sans faire une longue
énumération des rapports des voyageurs modernes, nous nous bornerons à
mentionner les divers faits suivants auxquels on pourrait aisément en joindre beaucoup
d'autres. La circoncision est en usage dans tous les pays musulmans. Les nègres
mahométans de l'intérieur de la Guinée la pratiquent vers l'âge de quatorze ou
quinze ans, dans un jour solennel où sont appelés comme à une revue tous les
jeunes gens qui doivent la subir. Chez les Galles, voisins de l'Abyssinie, on
ne circoncit que les hommes faits. À Madagascar, la solennité de la
circoncision est (ou était) la plus grande fête de toute l'île, accompagnée de
sacrifices, d'abstinences, de jeux, de combats, déjeunes et de processions. À
Socotora, un natif que l'on aurait trouvé incirconcis eût été condamné à avoir
les doigts coupés. Les Abyssins, bien qu'ils soient depuis des siècles passés à
un christianisme qui depuis longtemps n'existe plus guère qu'à l'état de mort,
ont conservé la circoncision, soit comme ancienne coutume, soit comme
précaution hygiénique. Les filles sont en diverses contrées circoncises comme
les hommes, en Abyssinie, dans le royaume de Bénin, en Guinée, dans le Pégu,
au-delà du Gange, chez les Cophtes et chez les Hottentots. Il serait trop long
de raconter en détail, ou même en abrégé, tout ce que font encore tant d'autres
peuples païens, blancs, rouges ou noirs, habitants des Philippines ou du
Mexique, sauvages ou demi-civilisés; se disant sages ils sont devenus fous, et
l'on aurait peine à croire en combien de façons ils ont modifié l'institution
primitive donnée aux Hébreux; la contrefaçon des choses saintes n'est jamais
chose sainte.
C'est le huitième jour après leur naissance que
devaient être circoncis les descendants d'Abraham, Genèse 21:4; Lévitique 12:3;
Luc 1:59; 2:21; toutefois Moïse lui-même semble présenter à ce fait une
première exception dans l'histoire de son propre fils, Exode 4:25; cf. 2:22, et
nous en trouvons une seconde bien plus frappante dans le peuple du désert, dont
aucun de ceux qui naquirent pendant le voyage ne furent circoncis que
lorsqu'ils eurent pris possession de la terre promise, Josué 5:2,5. D'autres
que les Juifs pouvaient être soumis à la circoncision, et ils étaient par le
fait même incorporés au peuple de Dieu; c'étaient les prosélytes de la justice
qui désiraient obtenir le sceau de l'alliance, Exode 12:48, et les esclaves,
achetés, faits prisonniers, ou nés dans la maison, auxquels leurs maîtres
devaient faire subir cette opération, afin de les mettre par là, même malgré
eux, sous la juridiction théocratique, Genèse 17:12. Cette opération n'était
point considérée comme un travail, et pouvait se faire le jour du sabbat, Jean
7:22; c'était même un proverbe reçu que la circoncision chasse le sabbat. Un
Israélite quelconque, ordinairement le chef de la famille, Genèse 17:23, était
chargé de l'exécution, cf. Exode 4:24; les païens seuls ne pouvaient
naturellement pas s'en mêler; pour les adultes, on requérait cependant
volontiers l'assistance d'un médecin: l'on se servait d'un couteau tranchant
d'acier, ou plus ordinairement de pierre, estimant que cette dernière sorte
était moins douloureuse, moins dangereuse, et causait moins d'inflammation.
Exode 4:25; Josué 5:2. L'enfant peut se guérir de la plaie en vingt-quatre
heures; pour les adultes, il paraît, d'après Genèse 34:25, qu'au troisième jour
la douleur est encore vive et la fièvre assez ardente. C'est au moment de la
circoncision, comme chez nous au moment du baptême, que le nom était imposé à
l'enfant,
— Voir: Nom, et cf. Luc 1:59; 2:21.
Nous avons indiqué déjà l'une des raisons qui
concoururent à faire introduire la circoncision chez les Hébreux. La première
et la plus importante fut sans doute le choix de Dieu, libre, simple, spontané,
sans que nous ayons à sonder ses desseins; ce fut le sceau sanglant de son
alliance avec Abraham et Moïse, comme l'arc-en-ciel fut le sceau de son
alliance avec Noé, comme la croix de Christ l'est de son alliance avec nous.
Mais si l'on peut découvrir, à côté de ce grand motif, quelques autres traits
accessoires, et les avantages extérieurs qui devaient en résulter pour le
peuple de l'alliance, nous essaierons de les indiquer par un mot. Comme le
symbole du baptême représente l'homme perdu pour le monde et enseveli aux
vanités et aux péchés de cette terre, la circoncision était le signe le mieux
choisi pour marquer la pureté, le renoncement à toute souillure, qui devait
être le grand caractère et le point dominant de toute la loi judaïque. Le jeune
enfant était censé rejeter loin de lui toute chose impure, et semblait
accomplir par avance le commandement de notre Sauveur: «Si tel ou tel de tes
membres te fait broncher, coupe-le;» Matthieu 5:29; 18:8-9. La circoncision,
par son étrangeté même, était en outre destinée à séparer toujours plus les
Hébreux des peuples voisins, en leur inspirant les uns pour les autres un
mépris réciproque. Enfin, sous le point de vue de la santé, il paraît que cette
opération était de nature à prévenir un grand nombre de maladies qui se
développent particulièrement dans les pays chauds, et que l'on trouve plus
fréquemment chez les peuples qui de nos jours ne pratiquent pas la
circoncision, que chez les autres.
On a vu déjà que chez les Hébreux le terme
d'incirconcis ou prépuce, 1 Samuel 17:26, était une des plus grandes insultes
qu'on pût adresser à un homme; à Rome, au contraire, c'était le nom de
circoncis, ou de verpus, qui tenait lieu d'injure. À l'époque d'Antiochus
Épiphanes, qui voulut ramener tous ses sujets au paganisme par le ridicule et
la persécution, plusieurs Israélites prirent tellement à honte leur
circoncision, qu'ils cherchèrent à en faire disparaître les traces par des
moyens extérieurs, des remèdes et de nouvelles opérations, 1 Maccabées 1:16.
Sur l'horreur des Juifs pour l'incirconcision, cf. encore Juges 14:3; 15:18; 1
Samuel 14:6; 2 Samuel 1:20; Ésaïe 52:1; Ézéchiel 28:10; 31:18.
Saul, voulant se défaire de David, lui fit demander
comme douaire, pour obtenir la main de sa fille, cent prépuces de Philistins, 1
Samuel 18:25. David en apporta deux cents. On se rappelle l'usage des Turcs et
d'autres peuples orientaux, de compter les morts de leurs ennemis par les
têtes, les nez ou les oreilles qu'on en apporte; mais comme souvent les
serviteurs de ces despotes asiatiques, pour mieux mériter de leurs chefs, vont
jusqu'à faire subir ces tristes opérations aux morts mêmes de leur parti, afin
d'avoir plus d'organes à présenter, les calculs sont sujets à de bien graves
erreurs. Saül n'avait rien de pareil à craindre, et ce qu'il demandait ne
pouvait se trouver que chez les ennemis de son peuple.
La circoncision du cœur, dont parle l'apôtre saint
Paul aux Romains, 2:29, n'était point quelque chose de nouveau; ce n'était
point une spiritualité de la nouvelle alliance, comparée au matérialisme de
l'ancienne; l'ancienne aussi était spirituelle, comme elle était sainte, pure,
salutaire; c'était déjà l'ancienne qui pressentait l'inutilité de la
circoncision faite de main en la chair; c'était déjà l'ancienne, et Moïse
lui-même, qui de la part de l'Éternel appelait les Hébreux à la véritable
sainteté, lorsqu'il leur dit: «Circoncisez donc le prépuce de votre cœur.
Deutéronome 10:16.
Après la mort de Jésus, et dès les premiers temps de
l'établissement de son Église sur la terre, des disputes s'élevèrent entre ses
disciples sur la nécessité d'assujettir ou non à cette cérémonie les païens qui
passaient au christianisme: nous aurons à en reparler ailleurs; rappelons
seulement ici que saint Paul déclara d'une manière générale et positive «que
celui qui se circoncit reste sous l'obligation d'accomplir toute la loi»,
Galates 5:3, et que le concile de Jérusalem délivra officiellement les fidèles
d'entre les païens de toutes les cérémonies mosaïques, et en particulier de
celle de la circoncision. Actes 15:24,28-29.
Reste enfin le cas de Timothée, Actes 16:3, la
circoncision que saint Paul donna à ce disciple, et qui paraît contradictoire
avec la conduite qu'il tint plus tard avec Tite, Galates 2:3. Il n'y a aucune
contradiction dans la manière dont les deux récits nous sont présentés; dans
les Galates, il est dit qu'on n'obligea point Tite, et dans les Actes rien ne
semble indiquer que Timothée ait manifesté quelque répugnance à se soumettre à
cette cérémonie: s'il y était volontairement disposé, il n'y avait rien dans le
système de Paul qui pût l'empêcher d'y consentir; cet apôtre disposé à se faire
tout à tous, et Juif aux Juifs, 1 Corinthiens 9:20, devait plutôt saisir avec
joie l'occasion qui lui était offerte de faire aux hébraïsants une légère
concession pour leur prouver son peu d'entêtement, son laisser-aller dans les
choses secondaires, sa tolérance et son amour pour la paix, qui le faisait
céder lorsqu'il ne s'agissait que de vues personnelles, particulières, sur des
points peu importants, mais qui ne l'amenait cependant à aucune concession sur
les articles mêmes de la foi.
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CITERNES.
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Comme les pluies ne tombent que deux fois l'an en
Palestine, que les sources y sont rares, et que les villes sont presque toutes
bâties sur des hauteurs, il faut par divers moyens obvier au manque d'eau qui
se fait si généralement sentir. Les citernes sont des réservoirs destinés à recueillir
les eaux du ciel. Les Orientaux, et les Hébreux en particulier, en avaient
creusé un grand nombre dans les plaines et sur les montagnes, et l'on montre
encore dans les environs de Nablus (Sichem) la fontaine de Jacob, Jean 4:6, au
bord de laquelle s'assit notre Sauveur parlant avec la Samaritaine. Ces
citernes prenaient en général le nom de la ville la plus voisine, ou le nom de
leurs propriétaires, comme, Deutéronome 10:6, les citernes (Bééroth) des fils
de Jaliakan. Assez étroites à leur ouverture, elles s'élargissaient
ordinairement à mesure qu'elles étaient plus profondes, et cette forme, qui les
rendait peu propres à recueillir en abondance l'eau du ciel, empêchait du moins
l'évaporation trop abondante des eaux renfermées dans le réservoir. On les
fermait au moyen d'une pierre, Genèse 29:2, pour les abriter contre le sable
mouvant du désert, ou contre la soif des étrangers et de leurs troupeaux; et
les Bédouins savent si bien encore fermer l'ouverture de leurs citernes, qu'il
est presque impossible de les découvrir, cf. 2 Samuel 17:19. À l'approche d'un
ennemi, ou pour se venger de quelqu'un, l'on comblait les puits et les
citernes, pour essayer de faire périr par la soif, ou du moins pour faire
souffrir cruellement ceux qui auraient compté s'y désaltérer, Genèse 26:15; 2
Rois 3:25; 2 Chroniques 32:3; Ésaïe 15:6. Les nomades regardent la propriété de
ces puits comme un bien précieux dont on ne cède pas facilement l'usage à
d'autres tribus, ainsi qu'il paraît d'après Nombres 21:22. Il résulte, de là
que ces citernes devaient être des occasions de rixes et de combats fréquents,
soit entre tribus, soit entre particuliers, Genèse 21:25; 26:15.
Dans la saison chaude de l'année, et en général quand
les citernes sont vides, elles servent de prisons; Joseph, et Jérémie y furent
enfermés, Genèse 37:22; Jérémie 38:6, et les prophètes emploient des images de
cette nature pour exprimer les angoisses de leur âme ou les maux qui les
oppressent, Psaumes 55:24; 69:15; 88:7. L'ne citerne est mentionnée en passant,
2 Samuel 17:18, comme ayant servi de cachette et de lieu d'abri.
Il y avait ordinairement dans les villes des citernes
publiques et banales, de la grandeur moyenne desquelles on peut juger par le
fait qui nous est rapporté, Jérémie 41:6-8, de soixante et dix hommes dont
Ismaël fit jeter les cadavres dans la citerne (Martin, mal traduit, une fosse).
Elles étaient tantôt carrées, tantôt cylindriques, et solidement enduites de
mortier et de chaux, afin d'empêcher l'eau de fuir et de se perdre;
quelques-unes cependant n'étaient que creusées dans la terre, et présentaient,
lorsqu'elles venaient à être à sec, un fond de vase et de boue, Jérémie 38:6.
On les couvrait d'une pierre, Exode 21:33, ou bien on les entourait d'une
barrière, soit comme garde-fou, pour prévenir des accidents, soit surtout pour
les préserver elles-mêmes. Les particuliers opulents avaient dans la cour de
leurs maisons des citernes pour leur usage particulier, 2 Samuel 17:18, et ce
n'était pas pour eux un médiocre sujet de satisfaction intérieure.
De nos jours encore on trouve bon nombre de puits ou
citernes dans les plaines et dans les villes à moitié désertes de l'ancienne
Canaan; c'est là qu'à la tête de leurs troupeaux, et montés sur quelqu'une de
leurs bêtes, on voit s'avancer vers le soir les bergers, les chevriers, les
âniers ou les chameliers, qui seuls entre eux, ou avec leurs bergères, font,
pendant que leurs bestiaux s'abreuvent, bourdonner les airs d'un murmure de
conversations vives, piquantes, animées, relatives sans doute aux anecdotes
qu'ils ont pu recueillir pendant le jour, ou aux besoins des animaux dont la
garde leur est confiée; c'est alors une ville bruyante et gaie, puis au bout de
deux heures, lorsque le bruit des sonnettes s'est éteint peu à peu, ce n'est
plus qu'un désert, c'est un cimetière; on y vit au milieu des morts, et les
souvenirs d'un passé, bien passé, animent seuls pour le voyageur la citerne,
les palmiers et les blocs de marbre qui se trouvent sur ce théâtre abandonné.
Alors on se transporte à l'époque des patriarches, et l'on voit, dans ces jours
où les pasteurs jouissaient d'une estime si générale, la scène d'Élihéser et de
Rébecca, Genèse 24:11,13, celle de la première rencontre de Jacob et de Rachel,
et leurs pleurs au bord de la citerne, 29:3-11, et la scène, moins naïve mais
plus sérieuse, du premier roi d'Israël qui, la veille de son sacre, prie les
jeunes filles rassemblées autour de la fontaine de vouloir bien lui indiquer la
demeure du prophète Samuel, 1 Samuel 9:11.
C'est volontiers auprès des sources que les guerriers
et les voyageurs aimaient à s'établir pour y passer la nuit, 1 Samuel 29:1; 2
Samuel 2:13; et la preuve qu'un grand nombre de villes s'établissaient dans le
voisinage des sources, se trouverait au besoin dans le fait même de la composition
de leurs noms.
— Voir: toutes celles qui commencent par Béer, etc.;
cf. les noms allemands Geisselbronn, Niederbronn,
Heilbronn, Brunnen, Lauterbrunnen; et en français, Aubonne, Bordeaux,
Fontainebleau, etc.
Il y avait d'autres puits qui n'étaient point de
simples citernes ou réservoirs, mais qui, élevés sur des sources d'eaux vives,
avaient une eau toujours nouvelle, fraîche et pure: ils étaient plus
recherchés, mais aussi bien plus rares, Lévitique 14:5; 15:13; Nombres 19:17.
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CLAUDE, et Clauda.
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1. César,
Actes 11:28; 17:7; 18:2, le quatrième empereur de Rome, et le premier que les
gardes placèrent sur le trône: il ne demandait pas la puissance; caché derrière
une porte pendant le tumulte qui suivit l'assassinat de Caïus, il y fut
découvert par un soldat et proclamé empereur. Claude consterné, dit
Chateaubriand, ne demandait que la vie, on y ajoutait l'empire, et il pleurait
du présent. S'il fût resté dans une condition privée, il eût été sans doute un
honnête citoyen, car il était généreux par nature, et savait ce que c'est que
la justice; mais empereur,1 il se laissa entraîner à beaucoup de crimes, par
ses femmes et ses favoris. Le principal fait militaire de son règne fut une
descente victorieuse en Bretagne, qui lui valut les honneurs d'un triomphe et
le surnom de Britannicus, qu'il légua à son fils. Ayant fait assassiner sa
femme Messaline, qui le couvrait do honte par sa conduite scandaleuse, il
épousa sa nièce Agrippine: celle-ci exerça sur lui la plus funeste influence,
et en particulier lui fit adopter le jeune Domitius (Néron), qu'elle avait eu
d'un premier mariage, et qui fut ainsi préféré à Britannicus, le propre fils de
l'empereur. Cette méchante impératrice finit par faire empoisonner son mari,
pour éviter elle-même le sort de Messaline. Claude mourut le 13 octobre 54
après J.-C., âgé de soixante-quatre ans, après en avoir régné près de quatorze.
De même que tous les empereurs romains, il fut après sa mort mis au nombre des
dieux. Parmi les travaux considérables qu'il fit exécuter pendant sa vie, il
faut remarquer l'agrandissement de la circonférence de Rome, la construction
d'un port à l'embouchure du Tibre, et l'achèvement d'un magnifique aqueduc
commencé par son prédécesseur Caligula. La Judée fut réduite par lui en
province romaine. C'est sous lui qu'eurent lieu la famine annoncée par le
prophète juif Agabus, la persécution dont l'apôtre saint Paul faillit être
victime à Thessalonique, et l'expulsion des juifs de la ville de Rome. C'est
encore sous son règne que Chateaubriand et d'autres poètes placent la fiction
de saint Pierre arrivant à Rome en 42, «le bâton pastoral à la main; prince
d'une nouvelle espèce, dont les successeurs sont destinés à monter un jour sur
le trône des Césars.»
2. Claude
Lysias.
— Voir: Lysias.
3. Surnom
que Flavius Josèphe donne à Félix, gouverneur de la Judée, Actes 23:26;
— Voir: Félix.
4. Clauda,
Actes 27:16, très petite île près de la pointe sud-ouest de la Crète,
maintenant appelée Gozzo, et habitée seulement par une trentaine de familles.
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CLAUDIA,
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2 Timothée 4:21, chrétienne de Rome, apparemment
convertie par saint Paul, niais du reste inconnue. On a voulu la faire, à cause
d'une épigramme de Martial qui réunit ces deux noms, la femme de Pudens, dont
le nom précède le sien; mais outre que la preuve n'est pas forte, le nom de
Linus, intercalé par saint Paul entre ceux de Pudens et de Claudia, n'appuierait
pas cette conjecture. D'autres ont voulu la faire Anglaise de nation; d'autres
enfin Gauloise, et veuve chrétienne de Pilate. Toutes ces suppositions reposent
sur le désir de deviner des énigmes. Claudia est inconnue.
________________________________________
CLÉMENT,
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Philippiens 4:3, compagnon d'œuvre de saint Paul à
Philippes, que Grotius et Steiger supposent avoir été l'un des anciens de cette
ville; quoiqu'il soit inconnu, et que l'on ne puisse rien affirmer de positif
sur son compte, l'ancienne église paraît avoir regardé ce Clément comme
identique avec le Clément de Rome, connu par ses deux lettres aux Corinthiens,
et par la tradition qui en fait Je troisième pape, successeur supposé de Linus
et de Pierre, évêques supposés d'une ville qui n'était rien dans le monde
religieux d'alors. Ou peut accepter cette identité, tout en se rappelant qu'il
est arrivé bien des fois que l'on a attribué à un personnage connu, divers
faits et gestes qui appartenaient à un personnage plus obscur, mais du même
nom.
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CLÉOPAS ou Clopas,
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(toute gloire) ou Clopas, Jean 19:25, époux de Marie,
sœur de la mère de Jésus; cette Marie, dans le passage parallèle, Marc 15:40,
est appelée mère de Jacques le mineur, lequel Jacques est ainsi nommé pour le
distinguer du fils de Zébédée. Ce Jacques le mineur est donc fils d'Alphée, et
comme il est aussi fils de Marie, femme de Cléopas, il en résulte que Alphée et
Cléopas ne sont qu'un seul et même nom, comme le prouve; d'ailleurs leur
presque identité de forme et de signification dans les langues originales
(Alphée signifie instruit, chef.). Cléopas est encore le nom de l'un des deux
disciples que notre Sauveur rencontra sur la route d'Emmaüs, Luc 24:18; est-ce
le même que l'époux de Marie? rien ne le prouve; et comme il y a dans ] les
deux noms une légère différence (le premier est proprement Clôpas), il est plus
probable qu'il faut les distinguer; cette seule différence d'une lettre est
d'ailleurs plus importante qu'il ne le semble d'abord, et, comme Winer le fait
observer, Cléopas est davantage un nom grec et la contraction de Cléopatros, de
même que Antipas est la contraction d'Antipatros, tandis que Clôpas est plutôt
le nom d'Alphée passé à la forme grecque. Toutefois Tholuk et Olshausen ne
voient dans ces deux passages qu'un même individu.
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CLIMAT,
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— Voir: Température.
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CLOCHETTE,
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— Voir: Sonnette.
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CLOUS.
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Outre le clou de Jahel, Juges 4:21, et le passage
prophétique Psaumes 22:17, il n'est guère parlé de clous dans l'histoire Sainte
que lors de la crucifixion de notre Sauveur, Luc 24:39; Jean 20:25. On se
demande si les deux pieds ont été percés du même clou comme le disent les
Latins, ou si chaque pied a été percé à part comme le veulent les Grecs et
Grégoire de Tours; on n'en sait rien, et cela ne fait rien non plus.
— Quant à l'histoire de ces trois ou quatre clous,
voici ce qu'on en dit: l'un fut mis à la couronne de Constantin, deux autres
servirent à faire le mors de son cheval, un quatrième fut jeté par
l'impératrice Hélène dans la mer Adriatique pour en calmer les agitations. On
en montre maintenant quatorze autres, tous avec des certificats d'origine; deux
à Rome, un à Milan, autant à Carpentras, à Sienne, à Venise, à Cologne, à
Trêves, deux à Paris, un à Saint-Denis, à Bourges, à Draguignan, etc., etc.
— Fraudes pieuses!
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COCHON,
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— Voir: Porc.
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COLLIER,
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— Voir: Boucles.
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COLOMBE,
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oiseau trop connu pour qu'il soit nécessaire de le
décrire; nous nous bornerons aux observations que nous fournissent sur cet
animal les données bibliques.
— La colombe qui est répandue dans tout l'Orient, où
elle niche dans de vieux murs, sur des rochers ou dans le creux des arbres,
s'appelle en hébreu, Iona, nom qui ne dérive point, ainsi que le veut Bochart,
de l'Ionie, mais d'un mot arabe qui indique la douceur, la grâce. C'est à
l'aube du nouveau monde et sur les flots du déluge, qu'elle apparaît pour la
première fois dans l'Écriture, Genèse 8:8-12, comme si cet animal, dont
l'apparition précéda celle de l'arc-en-ciel, devait déjà nous annoncer par
avance que la terre serait gouvernée par des lois plus douces, et sauvée par la
bonté du Créateur, malgré les péchés des hommes; la branche d'olivier qu'elle
rapporte semble renfermer la même pensée et dire aux hommes que «Dieu ne
frappera plus toute chose vivante comme il l'a fait» (8:21), et qu'il attendra
le jugement final avant d'accabler de son juste courroux les pécheurs
impénitents.
Elle joue le même rôle encore dans la loi mosaïque où,
déclarée animal pur, elle se trouve mêlée à tous les sacrifices, et sert à
remplacer, pour les pauvres, les victimes plus considérables exigées en
holocaustes pour le péché, Luc 2:24; cf. Lévitique 1:14; 5:8; 12:8; Nombres
6:10. À cause de la grande consommation de colombes qui devait se faire pour le
service du temple, et comme il n'était pas toujours facile à ceux qui devaient
en offrir, de se les procurer et surtout de les apporter à Jérusalem s'ils en
étaient éloignés, les prêtres avaient permis qu'on vendît de ces oiseaux dans
les parvis du temple; c'est à cause des abus et des illégalités de ce trafic
que notre Sauveur chassa un jour ceux qui faisaient ce commerce d'une manière
indigne, ne voulant pas qu'on fit de la maison de son père une caverne de voleurs,
Matthieu 21:12. Le nom de la fille aînée de Job, 42:14, Jémima, vient
probablement d'un mot arabe qui signifie colombe. En Orient, on donne ce nom
aux femmes de la plus grande beauté. Sémiramis fut appelée Sémir Jemamah, la
colombe brune, ou, selon Hésychius, la colombe de la montagne, et les
Babyloniens portaient une colombe sur leurs enseignes en l'honneur de cette
princesse.
Quant aux retraites choisies par ces oiseaux, on peut
voir Ézéchiel 7:16; Jérémie 48:28; Cantique 2:14; Psaumes 11:1.
Le vol de la colombe est quelquefois considéré par les
poètes comme l'image de la rapidité, Psaumes 55:7; Osée 11:11; Ésaïe 60:8 (cf.
Sophocle, Œdip. à Colon. 1081); la colombe, en effet, dépasse au vol tous les
animaux de sa taille et de sa grandeur, et c'est ainsi que, sans défense, elle
peut échapper fort souvent à ses persécuteurs. Salomon, dans le Cantique 1:14;
4:1; 5:12, compare à des colombes les yeux innocents et tendres de celle qu'il
aime: «ils sont comme des colombes sur les ruisseaux d'eaux, baignées dans du
lait, se reposant au milieu de la plénitude de la beauté.» Chacun sent tout ce
qu'il y a de gracieux dans cette image, qui s'attache cependant de si près à la
réalité, en nous montrant les prunelles nageant dans le blanc de l'œil comme
dans des flots de lait, et si fraîchement entourées d'un cadre de visage au
milieu duquel elles reposent comme dans le sein de la beauté. Nos versions ont
mal à propos, dans ces trois passages, mis «tes yeux sont comme ceux des
colombes:» ceux n'est pas dans le texte, et ne fait que nuire à l'idée.
Le roucoulement de la colombe est dans presque toutes
les langues appelé un gémissement (en latin, gemere, en grec,
στένειν, etc.), et les prophètes hébreux ont exprimé la même
pensée, Ésaïe 38:14; 59:11; Nahum 2:7; cf. Ézéchiel 7:16. On se rappelle le
vers de Virgile, Églog. 1:59:
Nec gemere aeria cessabit turtur ab ulmo.
Cet animal est le symbole de la candeur et de la
simplicité, Matthieu 10:16, quelquefois aussi du peu d'intelligence, Osée
7:11-12.
Il reste encore quatre passages qui ont besoin d'une
explication particulière, et qui, ordinairement mal traduits, plus souvent
encore mal compris par certains interprètes, ont donné lieu à diverses
méprises.
— Psaumes 68:14.
— Martin: Quand vous auriez couché entre les chenets
arrangés, vous seriez comme les ailes d'un pigeon couvert d'argent, et dont les
ailes sont comme la couleur jaune du lin or.
— Luther: Quand vous êtes aux champs, cela resplendit
comme les ailes des pigeons qui brillent comme l'argent et l'or.
— Anglais: Quoique vous ayez été au milieu des pots
(en Égypte, cf. Psaumes 81:6), cependant vous serez comme les ailes des
colombes, recouvertes d'argent, etc.
— Enfin Calvin: Quand bien vous seriez entre les pots
aux cendres, si (cependant) serez-vous comme les ailes de la colombe couverte
d'argent, et laquelle par derrière est comme le fin or bien jaune.
Quelque différentes que puissent paraître ces traductions,
elles se réduisent pourtant, une fois qu'on peut les comprendre, à une même
signification générale que voici: «Quand vous seriez couchés entre des chenets
(marmites, objets qui ont senti la suie), vous n'en sortiriez pas moins blancs
comme les plumes argentées d'une colombe, comme leurs ailes dorées.» Quelles
que soient vos afflictions, quelles que soient les ténèbres dans lesquelles
vous gisez, vous ne cesserez jamais de reluire, de briller, d'être heureux: la
délivrance dissipera toujours les taches que vous aurez contractées dans
l'adversité. Celui qui gouverne l'Église la tirera de tous les dangers auxquels
elle sera exposée. On peut citer comme parallèle à ce passage le verset d'Ésaïe
1:18: «Quand vos péchés seraient rouges comme le cramoisi, ils seront blanchis
comme la neige.»
— 2 Rois 6:25. Il est dit que lors de la famine de
Samarie, le quart d'un cab de fiente de pigeon se vendait cinq pièces d'argent.
Le savant Bochart, qui a consacré dix-sept pages à l'examen de cette question,
pense qu'il faut entendre par les mots fiente de pigeon une espèce de légume,
de pois chiches, qui porte encore un nom semblable en arabe; mais il paraît que
Bochart a fait une confusion de mots, et que ses conclusions d'analogie doivent
être abandonnées. D'autres, surtout des interprètes anglais, ont essayé de
paraphraser, en disant que l'on vendait pour cinq pièces d'argent un cab de
balayures, de rebuts, d'ordures, de débris réservés aux pigeons, etc.; mais
c'est forcé, et l'on doit conserver la version ordinaire, qui est appuyée par
toutes les traditions juives, et par le fait bien connu, qu'en maint et maint
cas de siège, les habitants au désespoir ont été réduits à se nourrir de fiente
d'animaux.
— Jérémie 23:38; 46:16; 50:16. On lit dans le premier
de ces passages, en parlant des ravages que Nébucadnetsar fera dans la Judée,
que la terre sera dévastée «à cause de l'ardeur de la fourrageuse;» les deux
autres versets indiqués finissent par «l'épée de l'oppresseur.» Dans ces trois
passages, on peut traduire par colombe les mots marqués en italiques: c'est
ainsi qu'a fait la Vulgate, et ceux qui adoptent cette manière de voir,
l'expliquent en rappelant que les Assyriens et les Babyloniens avaient sur
leurs drapeaux une colombe en souvenir de Sémiramis, et qu'ils sont fréquemment
désignés sous l'emblème de cet animal. On peut comparer encore les passages du
Nouveau Testament qui parlent de la colère de l'agneau, et penser que le
prophète annonce aux Hébreux, que le Seigneur, doux comme une colombe, finira
par s'embraser dans sa colère contre eux. Cependant, quoiqu'à la rigueur cette
traduction et ces interprétations soient possibles, elles ne sont pas
probables, et les auteurs catholiques eux-mêmes traduisent par oppresseur,
ravageur, ou four-rageur, laissant au masculin ce dernier nom que Martin a mis
au féminin sans trop de raison. On comprend comment l'épithète de ravageur
pouvait bien se rapporter à l'ennemi de la Judée, Nébucadnetsar.
— Matthieu 3:16; Marc 1:10; Jean 1:32. Au baptême de
Jésus-Christ il est dit que le Saint-Esprit descendit sur lui comme une
colombe, et saint Luc 3:22, nous dit plus positivement encore: «Le Saint-Esprit
descendit sur lui sous une forme corporelle, comme celle d'une colombe.» On
peut admettre que le Saint-Esprit qui, dans d'autres occasions, se présentait
sous d'autres formes, cf. Actes 2:3, ait, cette fois peut-être, pris en effet
la forme matérielle d'une colombe; et les rabbins, dans leurs explications de
Genèse 1:2; Cantique 2:12, ont toujours représenté l'Esprit de Dieu sous cette
image: le symbolique Orient devait représenter le Saint-Esprit sous la figure
d'un oiseau, comme descendant du ciel, et la colombe devait être choisie
naturellement à cause de son innocence et de sa pureté. Cependant la plupart
des interprètes modernes, surtout les protestants, repoussent cette idée comme
trop matérialiste, et ne considèrent dans l'image que l'image seule,
c'est-à-dire la vitesse, la douceur et la grâce. Pour pouvoir obtenir un
résultat quelconque, une solution quelconque aux questions que soulève cette
descente du Saint-Esprit, il faut remarquer que non seulement Jésus, mais
Jean-Baptiste lui-même (au moins lui), a vu descendre le Saint-Esprit, que, par
conséquent, le Saint-Esprit a dû revêtir une forme: on ne saurait admettre une
vision, une vue, sans que l'objet vu ait des contours, un dessin, une forme:
quelque vague qu'on veuille se le représenter, quelque nuageux, quelque
vaporeux qu'on veuille supposer le Saint-Esprit dans cette occasion, encore
faut-il qu'il ait eu une forme; et l'on doit se demander maintenant s'il a une
forme ordinaire, habituelle, constante, ou si, son essence étant invisible, il
prend quelquefois, pour se manifester, des apparences terrestres: il nous
semble que la première hypothèse est bien plus matérialiste que la seconde, et
nous croyons beaucoup plus naturel, comme aussi beaucoup plus d'accord avec le
texte sacré, d'admettre que le Saint-Esprit, impalpable sans doute, mais
visible, a revêtu ostensiblement l'apparence de la colombe. (Il s'agit ici plutôt d'une forme
d'expression figurative qui représente l'Esprit d'humilité en Jésus-Christ qui
s'abaissa comme une colombe dans l'acceptation de son ministère de Souverain
Sacrificateur qui débuta par le baptême de Jean et se termina par son sacrifice
expiatoire et substitutif sur la croix.)
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COLONIE.
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Actes 16:12;
— Voir: Philippes #5.
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COLONNE.
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Il est souvent parlé, Exode 13:21; 14:24; Nombres
14:14; Néhémie 9:12,19, de la colonne de nuée et de la colonne de feu qui
accompagnaient les Israélites dans le désert, leur montrant la route et leur
servant de fil directeur, l'une les éclairant la nuit, l'autre leur donnant de
l'ombre pendant le jour et servant de retraite à l'Éternel qui y habitait.
Quoiqu'il ne soit pas dit en quel endroit elle commença, et en quel endroit
elle cessa d'accompagner les Israélites, on peut croire que le passage de la
mer Rouge et le passage du Jourdain furent les termes extrêmes de son voyage.
Elle se tenait ordinairement à la tête du peuple; une seule fois elle vint se
placer entre eux et les Égyptiens qui les poursuivaient. Exode 14:19-20, de
manière à les séparer pendant toute la nuit. C'est du sein de la même nuée que
le Seigneur apparut aux Hébreux en Sinaï, quand il leur donna sa loi.
— Mais qu'était-ce matériellement que cette nuée
miraculeuse? C'est ce que nous ne savons pas. Quelques rationalistes, avec
l'esprit qui les caractérise, ont imaginé que c'était un tas de bois que l'on
faisait brûler à l'entrée du camp par manière de signal; on en voyait la fumée
le jour, et la flamme la nuit; mais il faut avouer
1. que,
pendant quarante ans, cela aura fait une consommation de bois prodigieuse;
2. que
dans le désert on aurait eu un peu de peine à s'en procurer autant, et
3. que
ce devait être bien mal commode de charrier, devant soi, jour et nuit, ce foyer
ambulant.
— D'autres ont imaginé que c'étaient deux immenses
drapeaux, sur l'un desquels était peint un nuage, et sur l'autre une flamme. Il
n'est pas nécessaire de faire remarquer au chrétien qui lit la Bible avec un
cœur honnête et pur, combien toutes ces divagations sont impies et ridicules.
Cf. Psaumes 78:14; 105:39.
— Les colonnes de la terre, Job 9:6, les piliers du
pays, Psaumes 75:3, et les colonnes des deux, Job 26:11, sont des expressions
métaphoriques qui représentent le ciel et la terre comme des édifices bâtis
parla main de l'Éternel, comme des temples du Dieu vivant, taillés à la
ressemblance des ouvrages de l'homme, et soutenus comme ces derniers par des
colonnes, cf. Job 38:4-6.
L'Éternel, en envoyant Jérémie prêcher aux Gentils,
lui annonce qu'il lui a donné les forces et la consistance d'une colonne de
fer, Jérémie 1:18; dans le Nouveau Testament, Jacques, Céphas et Jean sont
appelés les colonnes de l'Église, Galates 2:9; et Apocalypse 3:12, l'Esprit dit
encore: «Celui qui vaincra, je le ferai être une colonne dans le temple de mon
Dieu.» Le sens est le même dans ces trois passages; la colonne désigne des
hommes forts, qui sont les fermes soutiens de l'œuvre du Christ, la force et
l'ornement de la maison de Dieu. Enfin l'Église elle-même est nommée de ce nom
par saint Paul, 1 Timothée 3:15, parce qu'elle est le gardien extérieur des
vérités divines et des oracles de Dieu.
Quant aux colonnes du temple,
— Voir: Temple.
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COLOQUINTE.
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2 Rois 4:39. Élisée étant venu à Guilgal à l'époque
d'une grande famine, voulut faire préparer un repas pour les prophètes de
l'endroit, mais ils furent presque empoisonnés avec un plat de coloquintes
sauvages que quelqu'un avait cueillies et mises dans la chaudière sans savoir
ce que c'était. L'homme de Dieu prit un peu de farine, la jeta dans le potage
et le rendit mangeable et sain.
— Les coloquintes sont une espèce de courge ou de
concombre sauvage, dont la tige jette autour d'elle des sarments et des
feuilles semblables à celles des concombres de nos jardins, ou à celles de la
vigne: le fruit, dont l'enveloppe charnue est d'un jaune-vert, est de la
grosseur d'une orange, mais allongé comme le concombre, et si amer qu'on l'a
surnommé le fiel de la terre; lorsqu'il est mûr, il éclate à la moindre pression.
La ressemblance de la coloquinte avec le concombre a facilement pu faire
cueillir l'une pour l'autre, d'autant plus qu'en temps de famine on n'y regarde
pas toujours de très près. Quant au moyen employé par le prophète pour assainir
ce mets affreux, on n'y peut voir qu'un miracle; cependant on sait que certains
légumes, d'un goût amer, perdent cette amertume quand on y mêle de la farine.
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COLOSSES.
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Située sur le Lycus, à 8 parasanges (environ 50
kilomètres) du Méandre, et à 35 kilomètres de Laodicée, cette ville était une
des plus considérables de la Phrygie au temps d'Hérodote. Xéno-phon encore
l'appelle une cité peuplée, prospère et grande. Au temps de Strabon ce n'était
plus qu'une ville médiocre, un bourg, quoique Pline ait pu la classer encore au
nombre des villes célèbres de l'Asie-Mineure. Elle fut renversée par un
tremblement de terre la septième année de Néron, 60-61, mais reconstruite
immédiatement. Au onzième siècle, et déjà du temps de Théophylacte, on
l'appelait Chônaï (fentes, fissures), peut-être à cause de la nature de son sol
limoneux, qui sèche en été et se crevasse au point que, près de Colosses, le
Lycus disparaît sous terre comme englouti. Au douzième siècle elle avait
recouvré quelques traces de sa première grandeur. Elle fut longtemps une
résidence épiscopale. Maintenant ce n'est plus qu'un gros village qui porte
encore le nom de Chonus, avec un château-fort dans le voisinage. On a varié sur
l'orthographe de ce nom, les uns voulant l'écrire Colasses; mais les meilleurs
manuscrits, de même qu'un grand nombre de médailles, l'écrivent comme nous
faisons, et leur autorité l'emporte. Pour la géographie de cette contrée, il
faut consulter surtout le commentaire de Steiger sur l'épître aux Colossiens,
p. 13 et 368.
Il ne paraît pas, ni d'après les Actes des apôtres, ni
d'après l'épître aux Colossiens, que Paul ait lui-même visité ces contrées, ou
qu'il y ait fondé des Églises; mais pendant le séjour prolongé de Paul à
Éphèse, et à cause des communications faciles du Méandre et du Lycus, on peut
croire que des disciples de cet apôtre, ou d'autres fidèles portèrent
l'Évangile dans l'intérieur du pays, et y établirent quelques assemblées
chrétiennes. On croit même, d'après l'épître à Philémon, et par plusieurs
passages de celle aux Colossiens 4:7,10,14. 15,47, que Paul connaissait
diverses personnes de cette contrée, et que ces Églises connaissaient plusieurs
des compagnons de Paul. Du reste la plupart des noms d'origine grecque,
Nymphas, Archippe, Philémon, Appia, Épaphras, Onésime, etc., rendent probable
l'opinion que les troupeaux de cette vallée étaient composés en très grande
partie, sinon exclusivement, de païens convertis, et non de judéo-chrétiens.
Quant à l'Épître aux Colossiens, il est évident non
seulement qu'elle a été écrite en vue de certains faux docteurs, mais encore
que ces docteurs avaient une doctrine d'un caractère particulier et même
systématique: les uns ont voulu y voir des pharisiens, d'autres des philosophes
platoniciens, ou même pythagoriciens, d'autres des disciples de Jean-Baptiste.
Avant tout il faut remarquer, d'abord, que ces faux docteurs étaient des Juifs
d'origine, des docteurs de la loi, recommandant les cérémonies, les sabbats, les
jeûnes, etc.; ensuite que ce n'étaient pas des Juifs ordinaires, se bornant à
conserver la loi et à la répandre au sein des Églises, mais des Juifs qui
philosophaient d'une manière ou de l'autre sur les objets de la loi. Ces deux
caractères sont si frappants que quelques commentateurs ont pensé que Paul
s'adressait alternativement, dans cette épître, à deux classes de docteurs;
mais Calvin et d'autres ont établi qu'il ne s'agissait ici que d'une seule
classe joignant à l'attachement à la loi l'amour d'une certaine philosophie. On
peut supposer, ou que ces docteurs juifs avaient fait profession de
christianisme, ou qu'ils ne l'avaient pas fait; mais cette dernière supposition
est peu vraisemblable: on admettra difficilement que des Juifs non baptisés
aient trouvé accès auprès des membres d'une Église surtout composée en majorité
de chrétiens d'entre les gentils, et que saint Paul ne les ait pas combattus
d'une manière franche et directe. L'opinion la plus probable est donc celle du
critique anglais Hammond qui, avec sa malheureuse habitude de voir partout des
gnostiques, s'est trouvé cette fois avoir rencontré juste. Ce n'étaient point
les écoles gnostiques qui furent fondées plus tard, mais c'était la même
direction d'esprit, la même philosophie presque traditionnelle, la philosophie
orientale appliquée par les Juifs à leur croyance paternelle, puis au
christianisme, lorsqu'ils se faisaient baptiser. Leur philosophie, ou plutôt
leur théosophie, leur théurgie s'était humanisée, pour ainsi dire, en se
fondant avec les idées grecques, et surtout en empruntant à l'esprit grec une
certaine volubilité des idées, et l'apparence d'une philosophie didactique. Ces
théosophes, également attirés par le christianisme, étaient assez impartiaux
pour reconnaître que l'intelligence des choses célestes était supérieure à
leurs propres idées; désirant d'y prendre part, ils entrèrent dans l'Église,
mais n'ayant pas été convertis de cœur, l'amour de la sagesse charnelle
prévalut bientôt; ils donnèrent au christianisme et à Christ une place dans
leur système, mais n'abandonnèrent pas leurs erreurs. D'autres hommes qui
s'étaient faits chrétiens, entraînés par un besoin du cœur plutôt que par
curiosité, retournant plus tard à des idées de propre justice, s'efforcèrent
d'accorder le christianisme qu'ils aimaient, avec la loi qu'ils aimaient
également, et pour les cimenter ils se servirent de l'ancienne philosophie. On
peut consulter avec fruit sur ce sujet l'excellent commentaire de Steiger sur
les Colossiens (Erlangen 1836), ainsi que ceux de Bæhr (1833) et de Mélanchthon
(1577). Le peu que nous avons dit suffira peut-être pour faciliter
l'intelligence de l'épître si difficile dont nous parlons. «Après avoir réfuté
ces fausses doctrines, ajoute Calmet, l'apôtre débite aux Colossiens la plus
belle et la plus sublime morale.»
— On se demande si cette épître a été écrite pendant
la captivité de Rome, ou pendant celle de Césarée: il est probable qu'elle fut
datée de Rome, et écrite peu de temps avant celle aux Éphésiens avec laquelle
elle a beaucoup de rapports, et dont elle semble même n'être guère qu'un
extrait destiné spécialement à l'Église de Colosses, tandis que l'épître aux
Éphésiens serait une circulaire pour toutes les églises environnantes; elles
s'expliquent l'une l'autre, et peuvent avec avantage être lues ensemble. Voici
quelques-uns des parallèles du 1er chapitre de l'épître aux Colossiens.
Colossiens.
1:2
1:3
1:13
1:14
1:16
1:20
1:21
1:24
1:26
etc.
Éphésiens.
1:1-2
1:15-16
1:6
1:7
1:22; 3:10-11
1:10; 2:13
2:1
3:1
3:3
etc.
Les chapitres suivants présentent un parallèle
également remarquable que le lecteur attentif trouvera seul, sans qu'il soit
nécessaire de prolonger ces citations.
________________________________________
COMMERCE.
________________________________________
On comprend que le commerce soit une chose aussi
vieille que le monde, et que les échanges aient commencé dès les premiers temps
entre les bergers, les laboureurs, et les fabricants. Aux jours des patriarches
ce mode d'échange subsistait encore; mais il avait déjà pris un caractère plus
mercantile que lorsque l'humanité ne formait qu'une famille, dont les divers
membres travaillaient les uns pour les autres, se communiquant mutuellement,
sans les mesurer, les produits de leur travail ou de leur industrie; on voit
déjà des marchands proprement dits; mais comme l'argent monnayé n'existe pas,
on donne des denrées pour d'autres denrées, chacune ayant une valeur
déterminée; les caravanes ismaélites traversent Canaan pour se rendre en
Égypte, leurs chameaux portent des drogues, du baume, de la myrrhe; elles
achètent un homme esclave, et le payent vingt pièces d'argent, Genèse 37:25,28,
car l'argent aussi était une marchandise qui se pesait, et que l'on estimait
selon son plus ou moins grand degré de pureté. Ce sont probablement encore des
caravanes marchandes que nous trouvons Job 6:19.
Puis, pendant la servitude d'Égypte, les Hébreux,
quoique simples ouvriers esclaves, se trouvèrent plus ou moins mêlés au
commerce actif de cette riche contrée; mais ce goût qui n'eut pas de peine à se
développer chez eux, fut comprimé par la législation mosaïque, soit
directement, soit indirectement par la nature peu maritime, quoique littorale,
du pays qui leur avait été donné, par l'obligation qui leur était imposée de
diverses manières, de cultiver le sol afin d'en consacrer les produits à
l'Éternel, par les avantages mêmes qu'ils retiraient de la culture de ce sol,
enfin, par les barrières que la loi établissait entre le peuple saint et les
peuples environnants. Il paraît toutefois que les habitants du nord du pays ne
laissèrent pas que de faire un petit commerce avec les Phéniciens leurs
voisins, Genèse 49:13; Deutéronome 33:18. Sous les rois, le commerce s'agrandit
et devient royal. Salomon lui-même est à la tête des plus grandes entreprises;
il fait le commerce des chevaux entre l'Égypte et la Syrie, 1 Rois 10:26; 2
Chroniques 1:16-17; il s'associe au roi de Tyr pour l'exploitation des mers, 1
Rois 9:26. Après lui, les expéditions maritimes cessent de faire partie des
revenus royaux, et même, sauf quelques essais tentés par Josaphat, 1 Rois
22:49, le commerce par mer est interrompu, les ports d'Élath et de
Hetsjon-Guéber conquis par David, étant tombés de rechef entre les mains des
Édomites. Mais le commerce par terre avec Tyr continue de fleurir. Ézéchiel
27:17; Néhémie 13:16. Les Hébreux achètent aux Phéniciens de magnifiques bois
de construction, 1 Chroniques 14:1; 1 Rois 5:10, du poisson, Néhémie 13:16;
(cf. Ézéchiel 26:5,14), divers objets de luxe, des étoffes brodées de diverses
couleurs, des parfums, de l'encens, de la pourpre, et d'autres marchandises
tirées pour la plupart de l'Arabie, de la Babylonie, ou des Indes; ils
fournissent en échange du blé, de l'huile (cf. 1 Rois 5:11; Actes 12:20) du
miel, des dattes, du baume, Osée 12:2, des objets de toilette brodés par les
mains de leurs laborieuses épouses, Proverbes 31:24, enfin quelques espèces de
fines pâtisseries.
On ne voit nulle part que, malgré les guerres
nombreuses qu'eurent à soutenir les deux royaumes, les revenus de l'État en
aient souffert d'une manière notable: on trouve même au milieu de leurs revers
des périodes, Ésaïe 2:7, ou des tribus, Osée 12:9, qui se font remarquer par
leurs richesses et l'abondance de toutes sortes de biens.
L'exil étendit naturellement beaucoup la sphère du
commerce hébreu; les exilés ne voulant se fixer nulle part, et restant partout
étrangers, n'avaient de ressource que dans le commerce, mais ils surent en
profiter; ils se dispersèrent dans les différentes villes de la Babylonie, puis
ailleurs, dans les provinces de l'Asie mineure, en Égypte, et jusqu'en Europe.
Cependant toujours un peu gênés par leur loi, les Juifs de la Palestine
hésitèrent à se vouer au commerce, et laissèrent occuper par des étrangers les
ports de Joppe et de Césarée que leurs rois leur avaient donnés; puis, sous la
domination romaine, plusieurs objets de commerce ou d'industrie, passèrent à
l'état de régie, et furent enlevés à l'activité individuelle.
Quant au petit commerce, pour lequel on trouve des
préceptes particuliers, Lévitique 19:36; Deutéronome 25:13; cf. Osée 12:8, les
grandes fêtes lui étaient surtout favorables; les marchands étalaient alors
leurs marchandises sur les places près des portes, et les Tyriens mêmes
savaient encore dresser leurs bancs sur les marchés de Jérusalem, cf. Néhémie
13:16. On trouvait en outre dans les parvis du temple des changeurs et des
vendeurs d'animaux pour les sacrifices. C'étaient des objets de première
nécessité; les Juifs étant forcés d'acheter, le commerce des vendeurs tourna au
vol: ils justifièrent les doubles attributions que le paganisme donnait à
Mercure, et ils furent chassés par notre Sauveur, Jean 2:14; Matthieu 21:12.
Nous retrouvons une
forme particulière de commerce dans Apocalypse 13 :17 qui doit s’interprétée
figurativement comme signifiant un principe de marchandage avec Dieu par lequel
un faux peuple de Dieu cherche à s’approprier illégitimement de la grâce du
salut par le moyen de la justification par les œuvres, nommé aussi la
justification par le choix de croire d’une décision personnelle. Principe
insidieux qui déforme la vérité de la révélation sur la grâce inconditionnelle
et qui marque ses adhérents comme étant des réprouvés destinés à la perdition
éternelle.
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CONCOMBRES,
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seulement Nombres 11:5; (cf. Ésaïe 1:8, un champ de
concombres.), plante et fruit bien connu dans nos jardins et sur nos marchés.
Tourne-fort en compte six espèces, dont la blanche et la verte sont le«plus
estimées. C'est en Orient, et surtout en Égypte, qu'ils acquièrent leur plus
grande beauté. On assure que le concombre, dans ces pays méridionaux, forme
avec le melon et l'oignon une des nourritures les plus délicates du peuple, et
qu'il est à la fois plus agréable au goût et moins indigeste que le concombre
européen.
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CONCUBINES.
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Il y avait chez les Hébreux divers ordres d'épouses,
toutes considérées comme telles, mais occupant une place plus ou moins élevée
dans la famille, et jouissant de privilèges plus ou moins grands. Michaëlis
(Mos. Recht) en compte trois degrés: d'abord les femmes libres et légitimes,
épousées et non achetées, comme Sara femme d'Abraham; ensuite les épouses
légitimes, mais achetées, comme Léa et Rachel, Genèse 29:18,27; enfin les
concubines, femmes esclaves, qui, sans être légitimes, étaient cependant unies
à l'époux d'une manière légale et régularisée, sans que leur état les avilit,
et sans qu'elles fussent coupables de mauvaise conduite. À côté d'une, et même
de plusieurs femmes légitimes, un homme pouvait avoir plusieurs concubines,
surtout s'il n'avait point d'enfants de sa première épouse, Genèse 16:3; 30:3.
C'était ordinairement parmi ses esclaves, ou parmi celles de la femme et du
consentement de celle-ci, qu'il choisissait celle qu'il voulait élever à ce
rang secondaire, qui était plutôt un privilège qu'une honte.
Dans cette coutume si contraire à l'institution
primitive du mariage, il faut reconnaître une déviation de la droite voie,
moins coupable peut-être chez les hommes qui avaient à la fois beaucoup de
besoins et peu de lumières, mais coupable cependant, et qui ne fut jamais en
bénédiction à ceux qui s'y livrèrent. Le grand Abraham, polygame, fut obligé de
la part de Dieu à répudier la femme qu'il avait prise pour en avoir des enfants
en dehors de la promesse; Jacob fut malheureux dans l'intérieur de sa famille,
il vit ses quatre femmes se quereller, et l'une d'elles se livrer à Ruben, l'aîné
de ses fils; David s'en trouva mal, et Salomon s'égara loin de Dieu au milieu
des voluptés de son sérail.
Quoi qu'il en soit, ce fut une coutume qui commença de
bonne heure à se répandre, que les hommes les plus fidèles acceptèrent, qui
passa presque à l'état de règle, et qui semble sanctionnée par un détail de la
loi mosaïque, Exode 21:8; cf. Genèse 22:24; 36:12; Juges 8:31; 2 Samuel 3:7; 1
Chroniques 1:32. Les enfants issus de pareilles unions n'étaient point
considérés comme fils légitimes; et quoiqu'ils pussent habiter avec leurs
frères légitimes, ils n'avaient aucun droit à l'héritage du père de famille;
celui-ci pourvoyait par des dons volontaires et de son vivant à leur assurer
une condition avantageuse, Genèse 25:6; 21:10; 24:36.
Une esclave, par le fait de son alliance avec son
maître, ne pouvait plus disposer d'elle-même pour appartenir à un autre, Juges
19:2; 2 Samuel 3:7; elle était sa femme, quoique moins honorée, et ses
infidélités devenaient adultères, mais passibles des peines ecclésiastiques
seulement, et non point des peines criminelles, Lévitique 19:20. Moïse présente
le servage et les rapports de maître à esclave-femme sous un point de vue assez
particulier, lorsque, Exode 21:7-11, il maintient la servitude de la jeune
esclave dans l'année sabbatique, contrairement aux dispositions qui rendaient
cette année la liberté à ceux qui l'avaient perdue d'une manière ou de l'autre.
Il part de la supposition qu'une esclave n'est jamais achetée qu'à titre de
concubine; il la considère donc comme telle, et regarderait son
affranchissement comme une espèce de divorce. Mais comme il arrivait
fréquemment qu'une esclave n'était pas concubine, elle était alors en droit ou
d'être rachetée, ou d'être affranchie, ou de passer à un autre maître, afin de n'être
pas vouée à un triste et honteux célibat par l'indifférence de son maître.
Quelquefois un père achetait une jeune fille pour la donner à son fils, jugeant
convenable de prévenir ainsi de plus grands désordres; et quand ce fils venait
à prendre une épouse légitime, l'esclave était en droit d'exiger de son jeune
maître les mêmes traitements qu'avant son mariage.
Ce régime de relâchement répugne à tout ce que nous
pouvons avoir d'idées sévères, et sur la sainteté du mariage, et sur la
sainteté de l'individu, et sur la dignité de la femme, et sur la grandeur et la
pureté des exigences mosaïques. Il faut admettre que Dieu a voulu faire des
concessions à l'endurcissement du coeur, aux passions qui l'agitent et à la
violence de ses désirs: ne voulant pas exterminer son peuple, et sachant que
les peines les plus sévères n'empêcheraient point des transgressions
constantes, il a mieux aimé régulariser le cours des passions, les limiter par
des lois, leur accorder quelque chose, et punir d'autant plus sévèrement les
infractions aux lois subsistantes, que ces lois elles-mêmes avaient été
adoucies, autant qu'il était possible de le faire. Et si l'idée de ces
concessions est rejetée de quelques théologiens, si on y voit le germe ou
l'indice d'une morale relâchée, nous répondrons en citant ces paroles de notre
Sauveur, Matthieu 19:8, qui prouvent évidemment un système de concession dans
la législation de Moïse: «C'est à cause de la dureté de vos cœurs que Moïse
vous a permis de répudier vos femmes; mais au commencement il n'en était pas
ainsi.» Nous demanderons encore si le fait même de ces lois sur les esclaves
concubines n'était pas une concession; s'il y aurait une autre manière de
l'expliquer; ce que l'on aurait pu substituer à ces lois: nous demanderons si
même maintenant Dieu n'accorde rien à la faiblesse de notre nature, si le
mariage lui-même ne nous sera peut-être pas dans l'Éternité représenté comme
une condescendance divine, cf. 1 Corinthiens 7:2; et enfin si, le mariage une
fois admis, Dieu ne peut pas, lorsqu'il le juge convenable, permettre à un
homme deux femmes aussi bien qu'une, et un plus grand nombre aussi bien que
deux? Il est évident que nous n'avons point à résoudre ici ces questions, ni à
examiner les raisons d'économie morale, civile ou politique, qui appuient en
général l'établissement de la monogamie primitive.
Ajoutons encore que la polygamie prit un développement
effrayant sous quelques-uns des rois de Juda: David avait sept femmes et dix
concubines, 2 Samuel 3:2-5; 20:3. Salomon eut jusqu'à sept cents femmes ayant
train de reines, et trois cents concubines, 1 Rois 11:3; (elles firent égarer
son cœur, ajoute l'historien sacré); et Roboam, son fils, dix-huit femmes et
soixante concubines, 2 Chroniques 11:21.
La venue du Christ a ramené le mariage a sa première
institution, et a condamné l'usage des concubines «quoique, ajoute Calmet, on y
ait toléré assez longtemps les mariages clandestins, dans lesquels on appelait
assez souvent la femme du nom de concubine;» phrase mystérieuse dont nous
laissons à chacun de débrouiller le sens.
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CONJURER LES MORTS,
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— Voir: Python.
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CONSEIL DES ANCIENS,
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— Voir: Sanhédrin.
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COOS,
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Actes 21:1, petite île de la mer Égée, à 16 kilomètres
des côtes de l'Asie Mineure, près de Cnide et d'Halicarnasse. Ses vignes sont
célébrées dans Pline, 15, 18, etc, et ses tissus magnifiques le sont par
Horace, Od. 4, 13; 7, et par Tibulle. Le chef-lieu de l'île, du même nom, avait
un temple d'Esculape très fameux, et un autre de Vénus. Hippocrate et Apelles y
étaient nés.
— Son nom actuel est Stanchio.
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COQ,
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— Voir: Poule.
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CORAIL, coraux.
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Production marine, dure, solide, et s'élevant du fond
de la mer comme un arbre aux gracieux rameaux. On trouve du corail noir, du
blanc, et du rouge. Cette dernière sorte est celle qui porte par excellence le
nom de corail. à cause de sa plus grande valeur et de l'usage qu'on en fait
pour la parure des dames, soit en l'incrustant dans des métaux, soit en en
formant des colliers. Quoique ce ne soit pas une pierre précieuse, l'auteur du
livre de Job, 28:18, le nomme à côté de l'onyx et du saphir. Il faisait partie
des objets du commerce syrien, Ézéchiel 27:16. Cette substance est connue
depuis les temps les plus anciens. Pline nous apprend qu'elle était très
estimée, d'abord à cause de sa beauté, puis à cause des idées superstitieuses
que l'on y rattachait: on croyait que celui qui portait un morceau de corail
sur lui ne pouvait jamais courir aucun danger Naguère encore, dans la même
contrée, un collier de corail rouge se vendait aussi cher qu'un collier de
perles. Le nom hébreu que l'on a traduit par corail est Ramoth. D'autres ont
voulu voir le corail dans l'Almughim, q.v. On se demande enfin si le mot
Peninim, Proverbes 3:15; 8:11; 20:15; 31:10; Job 28:18; Lamentations 4:7, ne
désigne pas la même substance; nos versions portent quelquefois pierres
précieuses, quelquefois perles, ce qui est peu probable, soit à cause du
passage des Lamentations qui donne au Peninim la couleur rouge ou vermeille,
soit à cause de l'analogie de l'arabe. Il est bien possible qu'un objet de luxe
aussi recherché ait eu chez les Hébreux deux noms différents; mais l'on ne peut
rien décider.
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CORBAN,
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Marc 7:11; (cf. Matthieu 15:5) Ce mot hébreu signifie,
ainsi que cela est indiqué dans le texte même, un don, une offrande; il est
employé dans l'Ancien Testament, Lévitique 2:1; 4:12; 10:17, et ailleurs, pour
désigner de simples offrandes, celles pour le péché. Les Juifs juraient
quelquefois par ces dons offerts sur l'autel, Matthieu 23:18.
— Dans le passage de Marc, notre Sauveur reproche aux
prêtres leur fausseté intéressée, aux Juifs leur dureté envers leurs parents.
Pour accroître le trésor du temple, et par là leurs richesses particulières,
les prêtres disaient aux enfants d'Israël que tout don (ou corban) fait au
temple, les dispensait de soutenir leurs parents et les personnes de leur
famille (cf. 1 Timothée 5:4). Et il paraît que cet abus impie était devenu
assez général à l'époque où parlait notre Sauveur, et qu'un grand nombre de
Juifs se croyaient déliés de leurs devoirs domestiques au moyen des offrandes
qu'ils avaient faites pour le service du sanctuaire. Cependant, pour comprendre
une pareille aberration de l'esprit filial, il faut supposer que l'intérêt se
joignait chez les enfants à l'adoption de cette maxime cléricale, et que les
prêtres, ou bien exigeaient pour le temple une portion moins forte que celle
qui aurait du revenir aux parents, ou bien qu'ils séduisaient les Juifs par
certaines promesses illusoires, en leur représentants les offrandes faites au
temple comme plus méritoires, et comme entraînant des bénédictions et des
avantages particuliers.
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CORBEAU.
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Oiseau appelé en hébreu horeb, et en syriaque croac;
de même croak dans le vieux anglais. Il était déclaré impur par la loi de
Moïse, Lévitique 11:15; Deutéronome 14:14. Il habite les lieux solitaires,
sauvages et désolés, Ésaïe 34:11. Salomon, dans le Cantique 5:11, compare les
boucles noires de l'épouse au plumage brillant et noir de cet oiseau.
Le corbeau apparaît pour la première fois dans
l'Écriture, Genèse 8:7. Les eaux du déluge commençant à baisser, et le sommet
des montagnes à sortir de l'Océan, l'homme de l'ancien et du nouveau monde
envoie sur la terre, ou plutôt sur les flots, cet oiseau dont il risque la vie
pour un essai d'exploration,-et qui prend ainsi le premier possession de la
terre sauvée; mais l'animal va et vient ne trouvant pas à se poser, puis il
quitte l'arche pour n'y plus revenir, et va sans doute sur les montagnes se
nourrir des victimes dont le déluge avait parsemé l'univers. C'est après le
départ définitif de l'aventureux oiseau que Noé laisse échapper une colombe;
mais plus timide, elle rentre dans l'arche d'abord, puis ressort huit jours
après et rentre une dernière fois, apportant dans son bec l'emblème de la paix
et du salut, une branche d'olivier.
— Nos versions portent, conformément au texte hébreu,
au caldéen, à l'arabe et au samaritain, que «le corbeau sortit allant et
revenant, jusqu'à ce que les eaux se fussent desséchées sur la terre», tandis
que les Septante, le syriaque et la Vulgate, ainsi que bon nombre de Pères et
de commentateurs, portent que «le corbeau sortit et ne revint point.» De fortes
raisons parlent sans doute en faveur de cette dernière leçon: on se demande
pourquoi, si le corbeau était rentré, Noé ne l'aurait pas lâché de nouveau,
ainsi qu'il fit plus tard avec le pigeon, et pourquoi il crut nécessaire de
lâcher le pigeon lorsque l'absence prolongée du corbeau devait lui indiquer
suffisamment que cet animal avait su trouver un abri et de la nourriture sur la
terre. Mais, outre que les pourquoi ne sont guère une autorité, il est bien
difficile d'accepter des variantes au texte hébreu, et de s'éloigner ainsi de
l'original.
Le corbeau joue encore un rôle dans l'histoire d'Élie.
Ce prophète s'étant retiré par l'ordre de Dieu sur les bords du Kérith, 1 Rois
17:3-5, il y fut nourri par des corbeaux «qui lui apportaient du pain et de la
chair le matin, du pain et de la chair le soir, et il buvait du torrent.» Mais
toutes sortes d'explications, toutes plus singulières les unes que les autres,
et plus singulières que le fait même qu'elles voulaient expliquer, ont été
mises en avant pour ôter à cette histoire ce qu'elle a de surnaturel.
Quelques-uns, comparant le rocher de Horeb, Juges 7:25; Ésaïe 10:26, qui se
trouvait dans la contrée de Bethsan à l'ouest du Jourdain, et non loin du
Kérith, ont supposé que les corbeaux (Horebim) d'Élie, n'étaient autres que les
habitants d'une ville de Horeb qui aurait existé près du rocher de ce nom, et
que c'était à ces habitants que Dieu aurait donné l'ordre de nourrir son
prophète. D'autres, lisant Arabim au lieu de Horebim, pensent que ce sont des
Arabes du voisinage, qui, ignorant les persécutions d'Achab,'ou les bravant,
auraient apporté deux fois par jour au prophète, la nourriture dont il avait
besoin. D'autres encore traduisent Horebin «des marchands», des passants, des
étrangers, qui irrégulièrement, et à mesure qu'ils arrivaient, auraient fourni
quelques vivres au vénérable et pieux solitaire. Toutes ces explications sont
réfutées par ce seul fait, qui semble mentionné tout exprès, que le prophète
n'avait pour se désaltérer que l'eau du torrent, et que lorsque le torrent fut
à sec, le prophète dut se rendre ailleurs, chez une pauvre veuve païenne, pour
s'y mettre à la fois à l'abri des persécutions et à l'abri de la soif; si
c'eussent été des hommes qui eussent fourni à Élie le pain et la viande, ils
auraient pu tout aussi bien, et sans plus de peine, lui apporter de l'eau; des
corbeaux ne le pouvaient pas.
On en doit donc rester à la traduction toute simple et
tout ordinaire de nos versions, et l'on peut de deux manières comprendre que
des corbeaux aient été en effet les pourvoyeurs de l'homme de Dieu. Supposons
que l'asile du prophète fût un lieu de rochers, de montagnes et de solitudes:
c'est là que les oiseaux de proie font leurs nids, et qu'ils élèvent leur
couvée, qu'ils nourrissent leurs petits; le prophète aura pu sans peine
s'emparer pendant leur absence, des provisions qu'ils apportaient deux fois par
jour à leur nichée, et Dieu aura employé un moyen naturel pour fournir à Élie
une nourriture abondante et régulière. L'histoire profane présente des exemples
du même genre;
— Voir: Tite-Live 1, 4; Diod. de Sicile 2, 4; Justin
1, 4, et ailleurs.
Mais si l'on se rappelle que le Dieu du ciel est aussi
le Dieu de la terre, de la nature, de l'homme et de tous les êtres vivants,
qu'il fait des vents ses anges et des flammes de feu ses ministres, qu'il tient
dans sa main les instincts et les volontés de tous les animaux, qu'il les
dirige comme il le veut, et les fait agir en maître, qu'il les conduisit dans
l'arche, qu'il envoya un bélier pour remplacer Isaac, un lion pour déchirer le
vieux prophète, des ours pour venger Élisée, une baleine pour sauver Jonas, un
poisson pour payer le tribut, un âne pour l'entrée dans Jérusalem, on ne pourra
méconnaître que l'approvisionnement miraculeux d'Élie n'appartienne à cette
classe de miracles.
Nous lisons, Job 39:3: «Qui est-ce qui apprête la
nourriture au corbeau, quand ses petits crient au Dieu fort, et qu'ils vont
errants, parce qu'ils n'ont point de quoi manger?» et Psaumes 147:9. «Dieu
donne la pâture au bétail, et aux petits du corbeau qui crient vers lui.»
Quelques auteurs ont pensé que ces deux passages étaient une allusion à ce que
l'on dit que le corbeau, lorsqu'il voit ses petits nouvellement, éclos, et
couverts d'un poil blanc, les prend en dégoût, les abandonne, et ne retourne à
eux que lorsque ce premier duvet étant tombé, ils commencent à se revêtir d'un
plumage noir. La mue et le changement de couleur sont un fait, mais quant à
cette aversion c'est une fable. «Dans les premiers jours, dit Buffon, la mère
semble un peu négliger ses petits; elle ne leur donne à manger que lorsqu'ils
commencent à avoir des plumes; et l'on n'a pas manqué de dire qu'elle ne
commençait que de ce moment à les reconnaître à leur plumage naissant, et à les
traiter véritablement comme siens. Pour moi, je ne vois dans cette diète des
premiers jours que ce que l'on voit plus ou moins dans presque tous les
animaux, et dans l'homme lui-même: tous ont besoin d'un peu de temps pour
s'habituer à un nouvel élément, à une nouvelle existence, etc.» Les deux
passages dont nous parlons ont fait naître beaucoup d'autres conjectures: on a
supposé que les corbeaux abandonnaient quelquefois leurs petits, ne pouvant
suffire à leur extrême voracité; on a dit que quelquefois ils les oubliaient,
sans y mettre de malveillance; d'autres encore, s'appuyant de l'autorité d'Aristote,
de Pline, etc., ont avancé que les corbeaux chassent leurs petits de très bonne
heure, et les obligent ainsi de chercher fort jeunes leur pâture; et c'est
ainsi que l'on a voulu s'expliquer l'intervention directe de Dieu que Job et le
prophète paraissent admettre dans l'alimentation des petits corbeaux. Mais la
paraphrase la plus vraie de ces deux passages nous paraît être dans ces beaux
vers de Racine:
Aux petits des oiseaux il donne la pâture,
Et sa bonté s'étend sur toute la nature.
C'est ce que dit Calmet, en d'autres termes: «Il y en
a qui, sans y chercher plus de finesse, tiennent que la Providence s'étend sur
les animaux à quatre pieds, et sur les oiseaux, qui crient à lui à leur
manière, et que les corbeaux sont mis dans les endroits que nous avons cités,
au lieu des oiseaux en général.» Jésus rappelle la même chose lorsqu'il dit:
Considérez les corbeaux, ils ne sèment, ni ne moissonnent, et cependant Dieu
les nourrit, Luc 12:24. Dans le passage parallèle, Matthieu 6:26, il y a l'idée
générale, au lieu de l'exemple particulier: Considérez les oiseaux du ciel.
Agur, dans le 30e chapitre du livre des Proverbes,
verset 17, dit que les corbeaux du torrent crèveront les yeux du mauvais fils
qui se moque de son père et qui méprise l'enseignement de sa mère, voulant
annoncer peut-être qu'il sera privé de sépulture, jeté aux champs, et livré à
la voracité des corbeaux qui, dit-on, commencent toujours par crever les yeux
des cadavres qu'ils dévorent.
Les Septante et la Vulgate, dans Sophonie 2:14, au
lieu de désolation, lisent: «Le corbeau sera au seuil», par où les uns
entendent qu'on nourrissait des corbeaux dans la maison, et d'autres, avec plus
de raison, que Ninive sera tellement désolée que ses ruines serviront de
retraites aux corbeaux; mais cette traduction ne peut être admise.
________________________________________
CORE,
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— Voir: Homer.
________________________________________
CORÉ.
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1. Un
des descendants d'Ésaü, Genèse 36:16, nommé Korah dans nos versions, quoique
son nom s'écrive dans le texte hébreu de la même manière que celui de Coré le
lévite.
2. Coré,
fils de Jitshar, fils de Kéath, fils de Lévi, Exode 6:21, cousin de Moïse, dont
le père, Hamram, était frère de Jitshar, verset 18, nous est connu par son
ambition, ses intrigues, sa révolte et sa mort. Lévite, et jaloux d'Aaron le
souverain pontife, et de Moïse le chef du peuple, il se joignit à d'autres,
Dathan, Abiram et On, de la tribu de Ruben, qui voyaient avec peine que le
gouvernement d'Israël ne fût pas en entier dans les mains de la postérité du
premier-né de Jacob. À cette jalousie de tribu se joignait l'ambition
personnelle, et nul doute qu'ils n'aspirassent, l'un à la souveraine
sacrificature, les autres au pouvoir civil et militaire.
Ils firent donc une entreprise, est-il dit, Nombres
16:1, et suivant, et s'élevèrent contre leurs chefs, leur reprochant de prendre
une trop grande part au gouvernement du peuple. Moïse s'étant prosterné devant
l'Éternel, le visage contre terre, se releva, fit observer à Coré que chacun
avait sa tâche et ses droits; que lui, Coré, avait reçu de l'Éternel une charge
honorable, puisqu'il était employé au service de l'Éternel, quoiqu'il n'exerçât
pas la sacrificature; que si, cependant, il voulait une nouvelle manifestation
de l'Éternel, il n'avait qu'à apporter le lendemain, lui et ses deux cent
cinquante complices, des encensoirs et de l'encens pour l'offrir sur l'autel,
qu'Aaron de son côté ferait la même chose, et que celui que l'Éternel
choisirait serait le saint. Un temps leur était offert pour la repentance; ils
en profitèrent pour chercher à soulever le peuple. Le lendemain, les rebelles
se rendirent à l'entrée du tabernacle d'assignation, suivis d'une portion du peuple
qui les soutenait. Mais la gloire de l'Éternel apparut et fut sur le point de
les consumer tous. Les deux frères intercédèrent, pensant que cette première et
menaçante manifestation suffirait; ils se rendirent auprès de la foule
assemblée, et cherchèrent à l'éloigner de ce lieu qui bientôt devait n'être
plus qu'un gouffre dévorant: plusieurs crurent et obéirent; les plus mutins,
quelques familles rubénites, Dathan, Abiram et les leurs persistèrent: ils
restèrent debout à l'entrée de leurs tentes, comme pour continuer de braver
l'Éternel; mais la menace s'accomplit, la terre ouvrit sa bouche sur eux, les
engloutit corps et biens, et se referma sur ces cadavres vivants. En même temps
le feu du ciel descendit sur les lévites rebelles qui offraient le sacrifice de
Gain, et les dévora, tandis qu'Aaron, qui se trouvait avec eux, fut conservé
comme le saint qui devait seul apporter l'encens à l'autel.
Quoique nous n'ayons aucune date, ni indication
précise sur le lieu où se passa cet événement, il paraît qu'on doit le placer à
Kadès-Barné ou à Rithma, peu après la rentrée des Israélites dans le désert, (—
Voir: Voyage des Enfants d'Israël, p. 117-122).
Les familles rubénites périrent avec leurs chefs;
celle de Coré ne périt point, et nous trouvons parmi les descendants de cet
ambitieux, des employés au service du temple, chargés de garder les vaisseaux
du tabernacle, 1 Chroniques 9:19, des portiers, 26:1, et des chantres, 2
Chroniques 20:19; Psaumes 88:1. Les Psaumes 42, 44, 45, 46, 47, 48, 49, 84, 85
et 87, sont indiqués comme ayant été composés par quelques-uns de ces Corites;
cependant l'on n'est pas d'accord sur ce point, et plusieurs auteurs pensent
que, composés par David ou par d'autres prophètes, ils ont été simplement remis
aux chantres de la maison de Coré pour être chantés par eux;
— Voir: Psaumes.
La punition de ces chefs, rappelée Psaumes 106:17; et
Jude 11, trouve des parallèles dans l'histoire de Nadab et Abihu, Nombres 3:4,
dans celle des capitaines d'Achazia qui sommaient Élie de descendre du Carmel,
2 Rois 1:9,11, et dans celle d'Ananias et de Saphira, Actes 5:1. On peut
rappeler ici l'idée ancienne, que lorsqu'un homme de bien prononçait une
malédiction, elle ne manquait pas d'avoir son accomplissement, cf. Luc 9:54.
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CORIANDRE.
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Plante annuelle que l'on trouve abondamment en Égypte;
tige cylindrique et élancée; feuilles à large pédicule, dont les inférieures
sont dentées et ne présentent qu'une seule division, tandis que les
supérieures, dentées également et plus petites, offrent deux divisions. Les
fleurs sont blanches, en ombelles, et donnent une graine jaunâtre, creuse et
très odorante, dont on se sert comme assaisonnement. C'est à cette graine
qu'est comparée la manne pour sa forme, Exode 16:31; Nombres 11:7. Quant à la
couleur, la manne était blanche comme le bdellion.
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CORINTHE
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(Éphyra chez les poètes, Ovid. Met. 2, 240, Virgile,
Géorg. 2, 464) Une des villes les plus peuplées, les plus commerçantes et les
plus riches de l'ancienne Grèce, et capitale de l'Achaïe propre sous la
domination romaine. Elle était située entre la mer d'Ionie et la mer Égée (de
là le surnom de bimaris, Hor. Od. 1, 7. 2) et au pied d'un rocher qui portait
la citadelle d'Acro-Corinthe. Elle avait 40 stades (8 à 9 kilomètres) de tour,
et trois ports; celui de Lechæon sur la mer d'Ionie, à 12 stades (2 ou 3
kilomètres) de la ville; celui de Cenchrée sur la mer Égée, et celui de
Schænos: non loin de là se trouvait le bois de Cranion. La position de
Corinthe, entre les deux Grèces comme entre les deux mers, lui procurait des
avantages commerciaux dont elle sut profiter, et qui ne contribuèrent pas peu à
l'enrichir. Les arts et les sciences y fleurirent également, et Corinthe jouit
ainsi d'une double réputation dans le monde intellectuel et dans le monde
commerçant. Mais avec les richesses le luxe se développa, et avec lui les plus
grands débordements et la plus hideuse corruption, au point que les païens
eux-mêmes en étaient frappés, et que l'un d'eux inventa le verbe corinthiser,
comme synonyme de vivre dans la débauche. Après que Mummius s'en fut emparé,
147 avant J.-C., et qu'il l'eut dévastée, Jules-César la rétablit, 43 avant
J.-C.; elle ne tarda pas à recouvrer son importance et sa grandeur première,
tellement qu'à l'époque de saint Paul, nous la retrouvons de nouveau résidence
du proconsul romain en Achaïe, Actes 18:12. Saint Paul y passa dix-huit mois, environ
l'an 52. La philosophie et l'impureté furent les grands ennemis que l'apôtre
eut à combattre; l'impureté surtout y était tellement honorée, et presque
consacrée par le culte de Vénus et par les prostitutions publiques des infâmes
prêtresses de cette divinité, que l'inceste même y était toléré, et qu'un
chrétien fut trouvé entretenant avec la femme de son père un commerce criminel.
Saint Paul logeait chez les époux Aquila et Priscille,
Actes 18:1; sq., faiseurs de tentes, au travail desquels il s'associa pour
n'être à charge à personne; il prêchait tous les jours de sabbat dans la
synagogue; il fit d'abord quelques prosélytes parmi les Juifs; mais bientôt
voyant que la plupart d'entre eux, au lieu de recevoir ses instructions, se
détournaient de lui avec des paroles de blasphème, il secoua contre eux ses
vêtements, et leur dit: «Que votre sang soit sur votre tête, j'en suis net!» et
il se tourna vers les gentils. Il alla loger chez un païen converti, Juste,
surnommé Tite, et un grand nombre de païens crurent à sa parole et embrassèrent
la foi. C'est de cette ville que Paul, rejoint par Silas et par Timothée,
écrivit successivement les deux lettres aux Thessaloniciens.
Après une longue mission, l'apôtre quitta Corinthe;
mais il y revint plus tard, Actes 20:2; 1 Corinthiens 16:3, et écrivit de là à
d'autres églises, à Rome, etc. Apollos le remplaça, Actes 19:1. 1 Corinthiens
1:2; Aquilas et Sosthènes, fidèles et puissants ministres de la parole, y
annoncèrent aussi l'Évangile, Actes 18; 1 Corinthiens 1:1; 16:19).
Épîtres aux Corinthiens. Paul écrivit trois lettres à
cette église; la première mentionnée 1 Corinthiens 5:9,11, est perdue, et
semble avoir été dirigée principalement contre les habitudes d'impureté
auxquelles plusieurs membres de l'église se livraient. La seconde est la
première de celles que nous possédons. L'apôtre était à Éphèse, 1 Corinthiens
16:8, vers l'an 56; c'est là qu'ayant appris par les gens de la maison de Chloé
les querelles de partis qui divisaient l'Église, il écrivit aux Corinthiens
pour essayer de ramener la paix parmi eux, en les réunissant autour du seul
chef qui a été crucifié pour les siens, et au nom duquel ils avaient été
baptisés, 1 Corinthiens 1:13. Il cherche ensuite à les mettre en garde contre
ces philosophes à pompeuse parole, qui veulent tout embrouiller pour tout
éclairer, et qui veulent faire dépendre la foi de la sagesse des hommes; puis
il se plaint des désordres qui existent dans leurs repas de charité, de leur
tolérance pour le vice et le péché. Dans les chapitres 7 à 15, il répond à
diverses questions que les Corinthiens lui avaient faites sur le mariage, sur
les choses consacrées aux idoles, sur la cène, sur la vraie charité, sur la
résurrection de la chair, sur les dons spirituels.
Il paraît, en effet, que peu d'églises avaient été
favorisées autant que celle de Corinthe, par des dons miraculeux; mais ces dons
même étant devenus une occasion d'orgueil et de chute, cette église se
corrompit plus que toutes les autres. Apprenons de là, dit Bickersteth, la
différence qu'il y a entre les dons et la grâce, et ne soyons pas abattus si
les premiers nous manquent, pourvu que nous ayons celle-ci, qui est infiniment
plus nécessaire et plus précieuse. L'apôtre, chapitre 16, leur rappelle les
collectes qui se font pour les saints, leur annonce sa prochaine visite, et
termine par des salutations.
Signalons que les
dons miraculeux étaient temporaires, ils étaient désignés comme signes du
ministère apostolique pour la fondation de l’Église, et cessèrent lorsque la
révélation de l’amour de Dieu dans le sacrifice de Christ fut achevée d’être
mise par écrit dans les livres du Nouveau Testament. Désormais cette perfection
divine de la révélation de Dieu était tout ce qui était nécessaire pour
dévoiler la voie du salut en Jésus-Christ. La reprise des dons miraculeux dans
notre êre moderne sont des contrefaçons qui séduisent ceux qui ont été destinés
à la perdition éternelle. Il s’agit en effet de la grande apostasie des
derniers temps, marques évidentes d’un faux peuple de Dieu qui proclame un faux
évangile et un faux Jésus.
— Cette lettre eut tout le succès que l'apôtre en
pouvait désirer; elle produisit une tristesse salutaire, une plus grande
crainte de Dieu et une sainte vigilance contre les désordres qu'il avait
signalés.
Seconde épître. Peu de temps après le départ de la
première lettre survint l'émeute de Démétrius, qui obligea Paul à quitter
Éphèse. Il se rendit en Macédoine, Actes 19:20, espérant apprendre là quels
étaient les résultats que sa lettre avait obtenus à Corinthe; il avait envoyé
Timothée dans cette ville, 1 Corinthiens 4:17; mais soit que Timothée fut déjà
parti à l'arrivée de la lettre, soit autre motif, il n'apprit rien par ce
disciple, et envoya Tite, pendant que lui-même s'occupait encore à évangéliser
autour de lui en Macédoine. C'est après le retour de ce dernier qu'il rédigea
sa seconde lettre (qui est la troisième), pour les féliciter du succès de sa
première, et pour les mettre toujours plus dans la disposition d'esprit dans
laquelle il désirait les trouver lorsqu'il arriverait, 2 Corinthiens 7:7.
— Tite et deux frères qui ne sont point nommés,
8:16,18,22, furent chargés de porter cette lettre; il est probable que Luc
était l'un des deux, versets 18 et 19, soit parce que ce qui en est dit se
rapporte parfaitement à lui, soit parce qu'il est nommé dans une apostille à
cette épître, addition inauthentique sans doute, mais fort ancienne; soit enfin
parce que saint Luc qui, dans les Actes a jusque là parlé à la première
personne, se met subitement à parler de saint Paul à la troisième, Actes 20:1,
comme n'étant plus lui-même compagnon de voyage de l'apôtre: et comme c'est à
cet endroit des Actes que l'on doit placer la deuxième aux Corinthiens, on peut
supposer que Luc fut un de ceux qui la portèrent à sa destination. Elle fut
écrite un an environ après la première, et, à ce que l'on croit, de Philippes.
L'apôtre commence par remercier les Corinthiens de la
consolation que leurs prières lui ont fait éprouver dans ses maux; puis
satisfait de leur conduite sévère à l'égard de l'incestueux, il les engage à le
recevoir de nouveau et à le consoler. Passant à ses rapports personnels avec
les Corinthiens, il est amené à parler de la différence du ministère dans les
deux économies, et à glorifier l'alliance nouvelle du christianisme. Ce sont
les trois premiers chapitres.
— Dans la seconde partie (chapitres 4-9), appelé à
défendre son caractère et sa mission, il se montre comme ambassadeur de la
réconciliation, comme affligé souvent, mais se consolant par la certitude qu'il
a de la résurrection de la chair; il engage les Corinthiens à se fortifier par
la même foi pour renoncer au monde et à ses convoitises; il leur rappelle de
nouveau les collectes qui se font pour les saints, et se réjouit de la
libéralité qu'ils ont toujours montrée à cet égard.
— Il termine en se tournant de rechef contre les faux
docteurs, et en particulier contre ceux qui veulent accaparer seuls le titre de
chrétiens, et nuire à l'autorité de saint Paul; il se défend contre eux et
prouve qu'il a plus qu'eux tous des titres à la confiance générale, par sa
naissance, par sa conversion, par ses travaux, par ses souffrances, par les
révélations qu'il a obtenues; il ajoute cependant que s'il a de quoi se
glorifier, il se glorifiera plutôt dans sa faiblesse et dans son infirmité. Ses
dernières paroles sont des exhortations à la repentance, à la paix et à l'amour
fraternel.
— Commentaire de Heidenreich (1825-1828), Pott (1826),
Flatt (1827), Billroth (1833), et Olshausen.
Il existe encore aujourd'hui deux lettres, l'une des
Corinthiens à saint Paul, l'autre de saint Paul aux Corinthiens, toutes deux en
langue arménienne; mais leur authenticité ne saurait être prouvée, bien qu'on
ait voulu les faire passer pour ces lettres perdues dont on a parlé plus haut.
Celle que l'on attribue à saint Paul a paru pour la première fois en français
dans l'Histoire critique de la république des lettres, Amsterd., t. X, puis en
arménien, à Venise, en 1819.
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CORMORAN.
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C'est ainsi que nos versions traduisent l'hébreu
Kaath, Lévitique 11:18; Deutéronome 14:17; Psaumes 102:6; Ésaïe 34:11; Sophonie
2:14; mais les Septante et la Vulgate lisent pélican, et cette version doit
être préférée, si l'on peut préférer quelque chose dans ce dédale d'animaux
inconnus dont le nom revient si rarement, et chaque fois avec des caractères si
généraux, qu'ils peuvent s'appliquer à un grand nombre d'espèces différentes.
Le pélican, déclaré impur par la loi de Moïse, habite les contrées chaudes et
maritimes; c'est un oiseau de la grosseur du cygne, assez lourd dans sa forme
et dans sa démarche, mais remarquablement léger quand il étend ses grandes
ailes pour prendre son vol; sa couleur est d'un blanc grisâtre parsemé de petites
plumes rose-tendre; la queue et les grosses plumes des ailes sont noires. Ce
qui le distingue surtout, c'est la grande poche qu'il porte sous le bec, et
dont il se sert pour pêcher et pour faire des provisions; elle peut contenir,
dit-on, une dizaine de litres (Adanson dit 22 pintes, Voyage au Sénégal, p.
136); son nom hébreu vient du verbe kô, qui signifie vomir, et se rapporte sans
doute à l'habitude qu'a cet oiseau soit de rejeter devant ses petits, pour les
nourrir, le revenu de sa pêche, soit de rejeter pour son propre compte les
moules et les huîtres qu'il a avalées et réchauffées dans son estomac, afin
d'en manger la chair lorsqu'ils se sont entr'ouverts. Il pèse jusqu'à 12 et 15
kilogrammes; sa voix rappelle, dit-on (Buffon), le cri de l'âne, selon d'autres
le cri d'un homme dans l'angoisse et la douleur, cf. Psaumes 102:6. Le nid du
pélican se trouve communément au bord des eaux, à plate terre et plutôt dans
des endroits déserts et isolés, Ésaïe 34:11; Sophonie 2:14.
Quant au cormoran proprement dit, s'il en est parlé
dans la Bible, c'est sous le nom de Shalak, Lévitique 11:17; Deutéronome 14:17,
que nos versions ont traduit par plongeon. (Au chapitre 11 du Lévitique, au
lieu de: 17. «La chouette, le plongeon, le hibou, 18, le cygne, le cormoran, le
pélican;» nous traduirions conformément aux travaux des savants modernes: «17.
La chouette, le plongeon, le butor (?), 18. le cygne, le pélican, le vautour
(percnoptère?).»)
— Le nom du cormoran ne se trouverait donc pas dans la
Bible, à moins que l'on ne veuille entendre par plongeon le cormoran lui-même,
et notamment cette espèce qui est connue en grec par le nom de cataractes qui
désignerait (comme fait aussi le nom hébreu) l'impétuosité avec laquelle cet
animal fond sur sa proie: on peut d'autant mieux adopter cette manière de voir
que le plongeon appartient plutôt aux régions tempérées ou froides, tandis que
le cormoran habite les pays plus chauds et plus méridionaux; et les traducteurs
n'ont guère pensé au nom de plongeon que parce qu'il leur était présenté par le
sens même étymologique du nom hébreu shalak. Le cormoran a, comme le pélican,
les quatre doigts assujettis par une membrane d'une seule pièce; il a de même
le bec garni en dessous d'une peau d'une belle couleur orangée, qui s'étend sous
la gorge de quelques lignes, et s'enfle à volonté, mais sans acquérir la
capacité de celle du pélican. Le cormoran, quoique bon plongeur et bon nageur,
reste moins dans l'eau que plusieurs autres oiseaux aquatiques; il prend
fréquemment son essor et se perche sur les arbres ou sur des rochers, d'où il
guette sa proie et s'élance avec la rapidité de l'éclair aussitôt qu'il
l'aperçoit: il est d'une telle adresse et d'une telle voracité, que lorsqu'il
se jette sur un étang, il y fait seul plus de dégât, dit Buffon, qu'une troupe
entière d'autres oiseaux pêcheurs.
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CORNE.
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On se servait de cornes, principalement de cornes de
bœuf, comme de verres pour boire, ou plus fréquemment encore, comme de vases
pour conserver les liquides, le fard, l'huile, etc., 1 Samuel 16:1,13; 1 Rois
1:39. Une des filles de Job est appelée Kéren-Happouk, corne d'antimoine 42:14.
On les employait aussi, dans l'antiquité, comme instruments à vent, ainsi que le
font encore les bergers des Alpes, quoique les instruments de cuivre, ou
d'autre métal, fussent aussi déjà fort anciennement connus, cf. Josué 6:5;
Juges 7:16.
L'autel des holocaustes avait à ses quatre coins des
cornes de bois recouvertes d'airain, Exode 27:2. L'autel des parfums avait
aussi quatre cornes, mais recouvertes d'or, Exode 30:2; cf. Jérémie 17:1; Amos
3:14. Dans le second temple elles étaient, de pierre, et avaient une coudée de
longueur. On n'en connaît pas exactement la destination; peut-être, d'après
Psaumes 118:27, servaient-elles à retenir les victimes. Le souverain pontife
les arrosait du sang des sacrifices, Exode 29:12; Lévitique 4:7-18; cf. 8:15;
9:9; 16:18; Ézéchiel 43:20. Chez les Juifs comme chez les païens, les criminels
se réfugiaient auprès des autels dont ils empoignaient les cornes, et qu'ils
regardaient comme des asiles sacrés, 1 Rois 1:50; 2:28.
La corne est souvent prise pour le symbole de la
force, en allusion à la force du taureau qui réside dans son front. Ainsi dans
l'original de Jérémie 48:25, on lit: la corne de Moab a été rompue: de même,
Lamentations 2:3, la corne d'Israël. Tu. élèveras ma corne comme celle d'une
licorne, dit le Psalmiste, 92:10. Et la corne du juste sera élevée en gloire,
112:9. L'Éternel fera germer la corne de la maison d'Israël, Ézéchiel 29:21.
— Quoique les dignitaires de l'Orient aient encore
aujourd'hui l'habitude d'orner leur coiffure d'une espèce de corne avancée, ce
serait aller trop loin que d'y chercher l'origine de cette manière de parler;
le rapprochement indiqué plus haut est à la fois plus clair et plus simple. Les
Latins avaient la même expression; ainsi nous trouvons dans Horace, Od. 3; 21
(15), 18: Et addis cornua pauperi; les Arabes appelaient Alexandre le Cornu,
pour indiquer sa puissance; et une superstition chrétienne s'est plu à donner
des cornes à Moïse (on les montre encore à Gènes). David appelle Dieu la corne
de son salut, Psaumes 18:2. Enfin les puissances des Perses, des Grecs, de la
Syrie et de l'Égypte, sont représentées dans le livre de Daniel (7 et 8) comme
autant de cornes; Daniel et Alexandre sont un bouc et un bélier qui se heurtent
violemment de leurs cornes, l'anti-Christ est la petite corne.
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CORNEILLE
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(Actes 10:1 et sq.), centenier d'une cohorte de la
légion appelée italique, habitait à Césarée sur les bords de la Méditerranée.
C'était un homme dévot et craignant Dieu, ainsi que toute sa famille, faisant
beaucoup d'aumônes, et priant Dieu continuellement; mais il était païen de
naissance, et jusqu'alors il ne paraît pas qu'il eût eu connaissance de la
vérité. Quelques-uns veulent qu'il ait été prosélyte de la porte, mais dans ce
cas saint Pierre ne l'eût pas regardé comme un étranger impur (10:28), et les
frères de la Judée n'eussent pas été non plus scandalisés que Pierre fût entré
chez cet incirconcis (11:3). Corneille était donc bien disposé pour le royaume
des cieux, mais il n'était que cela, quand un jour, vers les neuf heures, à
l'heure du culte lévitique, il vit clairement un ange de Dieu qui vint à lui et
qui l'appela par son nom. Effrayé de la vision céleste, le pauvre centenier
tenait les yeux arrêtés sur l'ange, et il s'écria: Qu'y a-t-il, Seigneur? Des
paroles de paix lui furent annoncées: «Tes prières et tes aumônes sont montées
en mémoire devant Dieu; et après lui avoir ordonné de faire venir l'apôtre
Pierre dont il lui indiqua la demeure, l'ange se retira d'auprès de lui.
Corneille aussitôt appelle deux de ses serviteurs, et un soldat craignant Dieu,
qu'il charge d'aller trouver saint Pierre à Joppe, chez Simon le corroyeur. Ce
que durent être, pendant deux jours d'attente, les sentiments intérieurs du
pieux mais ignorant capitaine, on ne saurait le dire: mais l'apparition de
l'ange semblait lui indiquer que la visite de Pierre serait aussi quelque chose
de surnaturel, de divin; il attendait cet homme miraculeux qui devait lui
indiquer le chemin du salut, et il l'attendait avec une sorte de vénération,
bien légitime à quelques égards, puisque lui, païen, n'était que ténèbres en
comparaison du messager de lumière, mais vénération qui devait se rapporter à
la lumière elle-même et point à l'humble et timide porteur du flambeau sacré.
Aussi lorsqu'arriva l'apôtre que Dieu lui-même, par une vision correspondante,
avait préparé à descendre sans hésiter chez le centenier de Césarée, il trouva
la salle remplie des parents et des amis de Corneille, et celui-ci venant
au-devant de Pierre, se jeta à ses pieds et l'adora. L'apôtre, dont les
soi-disant successeurs exigent pour eux-mêmes l'adoration des fidèles (voir
l'ouvrage catholique de M. Magnin, sur la Papauté, p. 434, 435), releva
Corneille en lui disant: Lève-toi, et moi aussi je suis homme. Puis s'étant
informé du motif pour lequel ils l'avaient fait venir, saint Pierre ayant
confessé ses répugnances particulières, et la crainte qu'il avait eue de mal
faire en descendant auprès d'eux, mais la manifestation divine qui l'y avait
décidé, leur raconta en peu de mots l'histoire pour eux inconnue, du Christ qui
était venu sur la terre, naître, vivre, souffrir et mourir pour réconcilier
avec Dieu son père les pécheurs condamnés, pour les sauver par son sang, et
pour être au dernier jour le juge des vivants et des morts. Pendant que l'apôtre
parlait, les païens qui l'écoutaient reçurent la foi; ils crurent aux
merveilles de la miséricorde divine, ils acceptèrent le salut gratuit que Jésus
leur avait mérité sur la croix; le Saint-Esprit descendit alors sur eux; ils
parlèrent diverses langues et glorifièrent Dieu. Les chrétiens d'entre les
Juifs qui avaient accompagné Pierre à Césarée, furent étonnés de voir les
grâces divines être accordées à ces étrangers en la même mesure qu'elles
l'étaient aux chrétiens de l'ancien peuple; mais Pierre comprit que la paroi
mitoyenne était rompue, que dès ce moment la circoncision ou l'incirconcision
n'était plus rien; il ne se fit donc aucun scrupule de les baptiser, et de
demeurer avec eux plusieurs jours. Ce fut la première église d'entre les
païens, le premier pas du Christianisme en dehors du cercle judaïque, en dehors
des limites du peuple extérieur dont Dieu, pendant quelques siècles, avait fait
le dépositaire de ses oracles, et l'objet visible de ses soins et de son amour;
ce fut un moment solennel que celui où le vase de l'ancienne sacrificature
déborda pour la première fois, pour se répandre en torrents de bénédictions sur
les peuples qui n'étaient point appelés du nom de l'Éternel; et certes les
anges du ciel s'en réjouirent.
Quant à Corneille lui-même, l'histoire sainte n'en
reparle plus, et les traditions qui le font évêque, les unes de Césarée, les
autres d'Ilion, les autres de Scepsis, ne nous apprennent rien, non plus que
celles qui le font martyr.
(De toutes
évidences, Corneille, qui était «d'une cohorte de la légion appelée italique»,
retourna chez-eux dans le territoire nommé Italique, qui en ce temps était un
territoire situé au Nord-Ouest du pays moderne de l’Italie, et fonda l'Église
Italique d'où sont sortit les Vaudois. L'Épitre aux Hébreux semble avoir été
écrite par Timothée dans le district de l'Italie, lorsque l'apôtre Paul s'y
rendit lors de son voyage vers l'Espagne et la Grande Bretagne. Le manuscrit de
Sonnini du chapitre 29 du livre des Actes, récemment découvert, indique que Paul
fut capturé par les Romains lors de son retour de Grande Bretagne et amené à
Rome pour être exécuté. Il y a aussi la forte possibilité que l'Église Italique
était impliquée directement vers l'an 160 dans la traduction en Latin des
textes originaux Grec d'Antioche dans ce qui est devenu l'ancienne version
latine dite Vestus Itala, dont le texte fut corrompu partiellement par après
par Jérôme dans sa Vulgate Latine avec des lectures en provenances des Codex
d'Alexandrie des œuvres d'Origène dans son Hexaples ou Bible à six colonnes.)
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CORROYEUR,
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Actes 9:43; 10:6,32. Le travail du cuir était un
métier généralement peu estimé des Juifs, en grande partie à cause de l'odeur
qu'exhale la matière travaillée; ceux qui s'y vouaient se logeaient
ordinairement en dehors des villes, près des rivières, ou sur les bords de la
mer. Ce fut chez l'un de ces humbles ouvriers que saint Pierre passa plusieurs
jours, et que l'Esprit lui annonça qu'il ne devait plus regarder comme impur ce
que Dieu lui-même avait purifié.
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COSAM,
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fils d'Elmodam, et l'un des ancêtres de notre Sauveur
par Marie, Luc 3:28. Du reste inconnu.
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COSBI,
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fille de Tsur, l'un des principaux d'entre les
Madianites. Balaam n'ayant pu maudire les enfants d'Israël, avait voulu les
faire maudire de Dieu même, en les entraînant dans le mal. Sur son conseil, les
Madianites avaient invité les Israélites à une grande fête païenne des plus
dissolues; ceux qui se rendirent à cet appel et qui participèrent aux impurs
divertissements des païens furent frappés d'une fort grande plaie, et 24,000
d'entre eux succombèrent. Moïse menaça de mort ceux qui continueraient à
pécher, et la sentence fut exécutée par Phi-nées, qui frappa de sa lance le
juif Zimri et cette Cosbi, qui, joignant l'impudence à l'impureté, s'étaient
présentés publiquement, en compagnie l'un de l'autre, devant Moïse et devant
l'assemblée des enfants d'Israël, comme ils pleuraient à la porte du
tabernacle. L'infâme machination de Balaam échoua donc contre la fermeté des
chefs d'Israël, et les Madianites apprirent par leur expérience que le crime
est un mauvais allié: Dieu qui avait ordonné à Israël de les épargner,
Deutéronome 2:9, leur retira cette protection et commanda à Moïse de les
exterminer, Nombres 31:2-3.
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COTON,
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produit d'un arbre ou d'un arbrisseau qui se trouve
principalement aux Indes, en Égypte et en Chypre, mais qui peut aussi croître
et être cultivé en Syrie et en Palestine, Ézéchiel 27:16; 1 Chroniques 4:21. On
distingue souvent l'arbre et l'arbuste (le gossypium arboreum et le gossypium
herbaceum), mais les deux espèces n'en font cependant qu'une seule. L'arbuste à
coton, qui croît spontanément dans les contrées de l'Asie antérieure, est une
plante annuelle qui s'élève à 1 mètre environ, et même jusqu'à 2, quand elle
est cultivée et soignée: la tige est rougeâtre dans sa partie inférieure; les
rameaux sont courts, couverts de poils et semés de taches noires; les feuilles
grandes, molles, vert foncé, et à cinq lobes: les fleurs prennent naissance à
l'origine des feuilles; elles sont en forme de cloches, jaune pâle et couleur
pourpre vers le bas; le fruit est une capsule, d'abord de la grosseur d'une
noisette; il devient bientôt aussi gros qu'une noix et s'ouvre de lui-même en octobre;
le peloton de laine végétale qu'il renferme se développe à la chaleur et n'est
pas moins grand qu'une pomme; il contient sept petites graines grisâtres ou
brunes, cotonneuses et ovées, dont le noyau donne une huile qui n'est pas sans
utilité.
— L'arbre à coton est plus méridional; c'est aux Indes
surtout qu'on le trouve; il atteint deux hauteurs d'homme et ne diffère guère
de l'arbuste que par la taille. Quant à la connaissance que les Juifs avaient
du coton, et à l'usage qu'ils en faisaient,
— Voir: Lin.
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COUDÉE,
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mesure naturelle, usitée chez tous les anciens
peuples, comme le pied l'a été chez les peuples modernes. La coudée est la
longueur comprise entre le coude replié et l'extrémité du doigt du milieu,
Deutéronome 3:11. Selon notre manière de compter, ce serait 0m,54 (1 pied, 7
pouces, 10 lignes et demie). D'après Origène et saint Augustin, la coudée dont
Noé se servit pour la construction de l'arche était six fois aussi grande que
la coudée ordinaire; mais ce système est inadmissible. Une hypothèse du même
genre est celle de Louis Capelle et de quelques autres, qui prétendent que chez
les Hébreux il y avait, à côté de la coudée ordinaire, la coudée sacrée, qui était
double de la première. Ils s'appuient sur ce que, Nombres 35:4, les faubourgs
des villes lévitiques ont, au premier verset, 1,000 coudées de longueur, et au
verset suivant, 2,000; et sur ce que, 1 Rois 7:15, les deux colonnes de bronze
du temple de Salomon ont 18 coudées de hauteur, tandis que 2 Chroniques 3:15,
elles en ont 35, à peu près le double.
— D'autres encore, admettant la même distinction, ne
donnent à la coudée sacrée qu'une palme de plus qu'à la coudée ordinaire, se
fondant sur Ézéchiel 40:5; 43:13; mais, dans ces deux passages, il est question
de la coudée hébraïque, comparée à la coudée de Babylone (0m,45), à laquelle
les Juifs s'étaient accoutumés pendant la captivité, et le prophète a bien soin
d'indiquer que la coudée dont il parle est la vraie, l'ancienne coudée, plus
grande d'une palme que la coudée à laquelle ces Hébreux modernes étaient
habitués. Il ne paraît donc pas qu'il faille admettre que les Hébreux aient eu
pour leur usage ordinaire, en Palestine, deux coudées différentes; aussi, rien
ne nécessite cette supposition, bien que les uns trouvent l'arche trop petite
avec ses 300 coudées de longueur, et que d'autres ne trouvent pas non plus
Goliath assez grand avec ses six coudées et une paume de hauteur.
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COUDRIER.
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C'est ainsi que nos versions traduisent l'hébreu Louz,
Genèse 30:37; il doit se rendre plutôt par amandier, q.v.
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COULEURS.
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Le blanc, le noir, le jaune et quelques autres
couleurs sont mentionnées dans l'Écriture, Cantique 5:11; Psaumes 68:13;
Zacharie 6:2-3; Apocalypse 6:2,4-5,8, etc.; les principales sont le pourpre,
l'écarlate et le cramoisi, dont nous parlerons en leur place.
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COULEUVRE,
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Genèse 49:17. Shephiphon, probablement la couleuvre
dite cornue, ou céraste: elle se trouve en Égypte et en Palestine; elle a un
peu plus de 2 centimètres de largeur sur une longueur de 0m,40 environ. La
couleur de son dos et de ses flancs est brune; elle est blanche sous le ventre:
sur sa tête sont deux espèces d'antennes ou de cornes sensibles, en forme de
nœuds. Elle se cache ordinairement dans le sable où sa couleur la rend assez
difficile à apercevoir: au moindre mouvement, au moindre bruit qui se fait
autour d'elle, elle s'élance de sa retraite avec impétuosité, et fond sur sa
proie, attaquant également les hommes, les chevaux, et d'autres grands animaux.
En comparant les Danites à la couleuvre, le patriarche voulait donc annoncer
que cette tribu s'agrandirait et ferait des conquêtes sur ses ennemis par la
ruse, plus que par la force et la valeur.
— Voir: Serpents.
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COUPE.
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La coupe de Joseph, dont il est parlé Genèse 44:5;
sq., a passablement ému les interprètes, à cause des paroles de Joseph qui
charge son maître d'hôtel de poursuivre les onze frères accusés de vol: mais
l'on n'est pas même d'accord sur la traduction exacte de ces paroles; nos
versions lisent: «N'est-ce pas là la coupe dans laquelle mon seigneur boit, et
par laquelle très assurément il devinera?» D'autres (Luther, Vulgate, etc.)
traduisent ces derniers mots par ceux-ci: «dont il se sert pour prédire
l'avenir», pour deviner avec certitude. La première traduction est plus simple,
et chacun la comprend; elle a même le défaut d'être trop simple: en
s'apercevant que vous lui avez pris sa coupe, mon seigneur devinera que vous la
lui avez volée; c'est trop clair: on doit suppléer quelques mots pour lui
donner un sens passable, et l'on dit, par exemple: Est-ce que par cette
iniquité mon maître ne devinera pas les autres? Cette paraphrase pouvait
signifier quelque chose pour Joseph, elle ne signifiait rien pour le maître
d'hôtel; mais il est possible que Joseph, en lui ordonnant de tenir ce langage,
voulût parler à la conscience de ses frères, et certes ceux-ci étaient à même
de comprendre. Toutefois paraphraser n'est pas traduire, et l'on doit ici
ajouter tout un sens pour en trouver un.
— En admettant la seconde version, l'on se demande si
Joseph se serait en effet servi de sa coupe pour prédire l'avenir, ou si ses
gens le croyaient ainsi, ou si le maître d'hôtel ne tient ce langage que pour
s'accommoder à la croyance commune des Égyptiens qui regardaient Joseph comme
un très habile magicien, ou enfin s'il veut seulement intimider les frères de
Joseph, en leur faisant croire que celui-ci est très versé dans l'art de la
divination. Il y a des défenseurs pour chacune de ses opinions, et l'on doit se
rappeler que les anciens reconnaissaient une sorte de divination par la coupe;
ils prétendaient, entre autres, qu'Alexandre-le-Grand avait une coupe au moyen
de laquelle il voyait dans l'avenir des choses naturelles et surnaturelles (et
plusieurs traits de sa vie prouvent qu'en effet il trouvait quelquefois la
double vision au fond de sa coupe). On devinait, soit en jetant dans l'eau de
la coupe des lames de métal sur lesquelles étaient gravés certains caractères
mystérieux, soit en y laissant tomber des gouttes de cire fondue, qui, d'après
la manière dont elles se groupaient, donnaient la réponse aux questions
présentées. Nous savons jusqu'à quel point l'on peut accorder créance à toutes
ces ressources de la science magique ancienne; mais, quoi qu'il en soit, il est
évident que si Dieu avait accordé à Joseph le don d'interpréter les songes, il
n'était pas un mage ou un devin oriental livré à la merci de son verre. On peut
supposer, si l'on veut, que les Égyptiens, ignorants et païens, ne sachant à
quoi attribuer les vertus et la science surnaturelle de leur gouverneur, les
aient attribuées à quelqu'un des meubles dont il se servait, et à sa coupe en
particulier. Mais l'on peut adopter aussi l'une des deux traductions suivantes,
autorisées par l'original: N'est-ce pas la coupe... que mon seigneur cherche
avec beaucoup de soin; ou... par laquelle il a voulu vous éprouver?
La coupe (nos versions ont breuvage) est employée quelquefois
dans l'Écriture pour signifier le partage, le lot, l'héritage de quelqu'un:
c'est ainsi que David s'écrie: L'Éternel est la part de mon héritage et de mon
breuvage, Psaumes 16:5; soit qu'il veuille dire: Il me suffit, et je ne veux
point de part aux festins des méchants; soit qu'il fasse allusion à ces mêmes
festins où l'on remplissait les coupes aussi souvent que les conviés le
désiraient.
Le même psalmiste s'écrie encore: Je prendrai la coupe
des délivrances, et j'invoquerai le nom de l'Éternel, Psaumes 116:13, cérémonie
qui paraît avoir été pratiquée réellement chez les Juifs, et dont on retrouve
un exemple dans un livre de beaucoup plus moderne, et tout-à-fait apocryphe, le
troisième des Maccabées, 6:27, où l'on voit les Juifs d'Égypte offrir à
l'Éternel des coupes dans les festins qu'ils firent pour leur délivrance.
Quelques interprètes croient cependant qu'il faut entendre par là le vin que
l'on répandait sur les victimes d'action de grâce, Exode 29:40; Nombres 15:5;
28:7,14.
La coupe est encore mentionnée dans le dernier repas
que Jésus fit avec ses disciples, et dans la solennelle institution de la Cène,
Luc 22:20; 1 Corinthiens 41:25, de même que dans ces paroles de notre Sauveur
aux fils de Zébédée: «Pouvez-vous boire la coupe que je dois boire?»
— Cf. encore la coupe d'étourdissement, Ésaïe 51:22,
et Psaumes 75:8: «Il y a une coupe en la main de l'Éternel, tous les méchants
en suceront et en boiront les lies.»
On sait comment l'Église romaine s'est permis de
retrancher la coupe aux fidèles, de son autorité privée, il y a quatre ou cinq
cents ans; nous n'avons point à remontrer ici toute l'impiété de cette
innovation, non plus que ce qu'elle a de diamétralement opposé à l'institution
de la Cène par notre Sauveur, qui dit lui-même, en parlant du vin: «Buvez-en
tous.» Sans doute avec les idées magiques que l'ont veut rattacher à ces
simples symboles, et par suite des doctrines mystérieuses qui furent échangées
pendant l'époque de ténèbres qui précéda la réformation, l'on vint à dire: Puisque
le corps de Christ est tout entier et matériellement compris sous chacune des
deux espèces, il n'est pas nécessaire de le donner à double aux simples
fidèles, comme si notre Sauveur, en donnant ce commandement, n'avait pas su ce
qu'il faisait: d'ailleurs, ajoutent les ennemis de la coupe, on pourrait, par
accident, laisser tomber à terre quelques gouttes du sang sacré, en le donnant
soit aux malades, soit aux enfants, soit même à tous les autres fidèles; on
dirait que notre Sauveur n'ait pas prévu ce cas, et que les prêtres du moyen
âge aient dû, sous la conduite de celui qui demeure à Rome, réparer cette
inadvertance.
— Mais nous n'avons point à régler ce compte ici;
d'autres l'ont déjà fait et bien fait.
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COUR.
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Les riches maisons de l'Orient avaient ordinairement
une espèce d'avant-cour, porche, ou portique servant de vestibule, Jérémie
32:2; Marc 14:68; Jean 18:16. On passait de là dans les appartements supérieurs
par un escalier construit en dehors de la maison, conduisant jusqu'au toit et
souvent fait de bois très-précieux, 2 Chroniques 9:11; 1 Rois 6:8. Cette
avant-cour conduisait aussi dans la cour proprement dite qui communiquait avec
les étages inférieurs et le rez-de-chaussée. La cour était en général nue, et
les riches, pour tout meuble, ne savaient y établir autre chose qu'une citerne,
qui était un grand objet de luxe.
— Voir: Maisons.
Cour de justice,
— Voir: Juges, Jugements.
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COURGE.
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Quelques-uns ont pensé que le kikajon de Jonas 4:6,
était une courge; mais,
— Voir: Kikajon.
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COURONNE.
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L'usage des couronnes était fort commun chez les
Hébreux, comme chez les Orientaux en général; presque chaque livre de la Bible
en parle. La plus ancienne dont nous ayons connaissance est celle du souverain
sacrificateur, qui se composait d'une lame d'or pur, s'attachant par derrière
avec un ruban bleu-céleste, et sur laquelle étaient gravés les mots: «La
sainteté à l'Éternel;» elle se plaçait sur la tiare du pontife, Exode 28:36-37.
Il semble, d'après Ézéchiel 24:17,23, que les simples prêtres portaient aussi
des espèces de couronnes, puisque dans ces passages Dieu défend au prophète
d'ôter sa couronne ou de mener deuil en aucune façon, afin de montrer aux
Israélites qu'eux aussi, dans la captivité, ne pourront mener deuil, ni
s'abandonner à leur douleur, même quand leurs plus proches parents seront
passés au fil de l'épée: peut-être aussi s'agit-il simplement de bonnets ou de
turbans que chacun portait comme couverture de tête, sans y rattacher du reste
aucune autre idée. Mais lorsque Moïse ordonne aux Juifs, Deutéronome 6:8, de
porter les paroles de la loi comme une couronne sur leur tête, et comme un
bracelet à leurs bras (c'est le sens du texte), il insinue assez clairement que
les couronnes et les bracelets étaient fort en usage chez eux.
Une couronne était la parure nuptiale de la vierge et
de son époux, Ésaïe 61:10; Cantique 3:11; c'est ainsi que l'Éternel, regardant
la nation juive comme son épouse, lui met une couronne d'or sur la tête,
Ézéchiel 46:12; cf. 23:42.
— Le diadème était encore l'ornement des rois et des
princes, comme la marque principale de leur dignité, soit chez les Hébreux,
soit chez les païens; et quand David se fut emparé de Rabbath-Hammon, il prit
la couronne de leur roi qui pesait un talent (35 kilogrammes), et qui était
toute garnie de pierres précieuses. La couronne de Saul est mentionnée 2 Samuel
1:10; parmi les objets que l'Hamalécite, qui se vantait de l'avoir tué, apporta
à David; le diadème de Salomon, que sa mère Bathsébah lui avait brodé pour le
jour de ses noces, est nommé Cantique 3:11; celui de Josias, 2 Chroniques
23:11. Les rois qui possédaient plusieurs royaumes ceignaient autant de
diadèmes, comme on peut le voir par Apocalypse 12:3; 13:1; et le roi des rois,
qui domine sur l'univers entier et sur les peuples de toutes langues, a sur sa
tête plusieurs diadèmes, nous dit le même apôtre, 19:12.
Les reines de Perse portaient une couronne que le roi
leur accordait quand il voulait les honorer. Vasti jouissait de ce privilège,
Esther 1:11, lorsqu'ayant eu le malheur de déplaire à son époux Assuérus, elle
vit la couronne royale passer sur la tête de la Juive, parente de Mardochée,
2:17. Haman, racontant comment il pense que le roi doit traiter la personne
qu'il veut honorer, n'oublie pas la couronne royale, 6:8. Mardochée en fut effectivement
revêtu, dans la course triomphale qu'il fit au travers de la ville de Susan,
8:15.
Mais la couronne biblique dont le souvenir est le plus
cher aux chrétiens, parce qu'elle a ceint la tête du Prince de paix, c'est la
couronne d'épines, bel emblème de la royauté qu'il devait trouver dans ses
souffrances, mais triste anneau qui doit s'ajouter à la chaîne des perversités
humaines. On s'est demandé, par curiosité, de quelles épines était composée
cette couronne; les uns ont répondu d'aubépine, les autres d'acacia, les autres
de groseillier, les autres de jonc marin, les autres d'épine-vinette, etc. L'on
n'en sait évidemment rien. Ce qu'il y a de plus curieux dans cette discussion,
c'est que ceux qui se tourmentent ainsi après ces épines, devraient être mieux
à même que personne de répondre d'une manière satisfaisante. N'ont-ils pas en
effet conservé cette couronne? N'ont-ils pas en effet conservé ces épines? N'y
en a-t-il pas un tiers en la Sainte-Chapelle de Paris? à peu près autant à
Notre-Dame? puis à Rome six épines partagées entre les églises de Sainte-Croix
et de Saint-Eustache; à Sienne quelques-unes; à Bourges cinq; à Bezançon trois;
à Vienne une; à Mont-Royal trois; à Alby trois; à Toulouse, à Mâcon, à Alby, à
Noyons, etc., etc., etc.? sans parler de toutes les autres épines qui sont dans
le monde. «Par quoi il est aisé de conclure, ajoute Calvin, que la première
plante a commencé à jeter longtemps après la passion de notre Seigneur
Jésus-Christ.» La conclusion est juste; elle donne en même temps la clé des
divisions qui existent entre les papistes sur l'espèce d'épines dont il s'agit:
on n'a pas pu vérifier sur la sainte couronne qui se conserve à la
Sainte-Chapelle de Paris, parce qu'elle n'a plus d'épines, dit Calmet, depuis
qu'on en a arraché la dernière du temps de Louis XIII. Le même bénédictin
ajoute: «L'histoire ancienne ne nous a rien appris sur la manière dont la
sainte couronne s'est conservée et est venue jusqu'à nous. Il est même assez
difficile de croire que toutes les épines et toutes les parties de la sainte
couronne que l'on montre en différents endroits, ne viennent que de la seule
couronne du Sauveur.»
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COURRIER.
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L'institution des courriers faisant le service de
poste est très ancienne, et paraît avoir pris naissance en Perse. Ce furent
d'abord des sentinelles qui, placées de distance en distance, se criaient l'une
à l'autre les nouvelles publiques, et les faisaient ainsi parvenir avec une
très-grande rapidité de toutes les parties du royaume à la capitale. Puis
Cyrus, autant pour accélérer le service que pour tenir secrètes les nouvelles
qu'il ne voulait pas voir proclamées par les sentinelles, établit des courriers
à cheval sur toutes les grandes routes, de telle sorte que les paquets et les
lettres changeaient à la fois de cheval et de courrier à chaque nouvelle
station, sans que ni la nuit, ni le mauvais temps pussent jamais arrêter les
porteurs. Hérodote dit qu'en fait de voyage par terre on ne connaît rien de
plus rapide, et Xénophon assure que ces courriers allaient plus vite que le vol
des grues. Xercès, dans sa fameuse expédition contre les Grecs, avait établi ce
moyen de communication entre lui et Suse, la capitale de ses états. Ces
courriers sont nommés dans l'histoire d'Ester; c'est par eux qu'Haman fit
porter l'ordre de mettre à mort tous les Juifs du royaume, 3:13; c'est par eux
aussi, et par des courriers extraordinaires et plus nombreux, que le
contre-ordre fut expédié, sur l'intervention d'Ester et de Mardochée, 8:10.
Les Grecs adoptèrent le même système à l'imitation des
Perses, mais en y joignant la corvée, c'est-à-dire l'obligation pour les villes
de fournir à l'État des chevaux et des hommes pour faire ce service. On pense
que les paroles de notre Sauveur, Matthieu 5:41, renferment une allusion à
cette charge, lorsqu'il dit: «Si quelqu'un veut te contraindre de faire avec
lui une station, fais-en deux.»
Parmi les Romains, ce fut Auguste qui institua les
postes réglées. Adrien les perfectionna, mais elles tombèrent avec l'empire;
elles se relevèrent un instant sous Charlemagne, et ne s'établirent
définitivement dans l'Europe moderne que sous Louis XI, roi de France.
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COUTEAUX.
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Les couteaux des anciens Hébreux étaient de pierre,
comme ils le sont maintenant encore chez tous les peuples sauvages, et dans
plusieurs parties de l'Orient, là où l'on a besoin d'instruments tranchants, et
où l'on ne connaît pas l'art de travailler le fer. On ne s'en servait point à
table, puisque les viandes arrivaient toutes découpées, et que le pain, en
forme de gâteau très mince, pouvait facilement se rompre avec les doigts, Marc
6:41; et ailleurs. Les mêmes usages, ou la même absence d'usage, comme on
dirait chez nous, se pratiquent encore en Orient jusque dans les festins des
princes et des rois. Les couteaux étaient employés principalement dans les
sacrifices, et dans les boucheries, Genèse 22:6,10, etc.; ils servaient aussi
pour la circoncision, Exode 4:25; Josué 5:2; ceux de pierre étant regardés
comme moins dangereux et causant moins d'inflammation que ceux de métal.
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OUVERTURES
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du tabernacle,
— Voir: Tabernacle.
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CRAMOISI,
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hébreu Karmil, 2 Chroniques 2:7,14; 3:14. Selon
Bochart, le cochlea purpurata, pourpre tirée d'une espèce de crustacé des
environs du mont Carmel. Selon quelques auteurs, ce Karmil serait un mot de la
langue postérieure, équivalant à Tholahat que nous traduisons par écarlate,
q.v.
— Parmi les différentes espèces de rouge indiquées
dans la Bible, il est un peu difficile de déterminer la nuance exacte des mots
employés; voici, cependant, comment nous croyons pouvoir essayer de les
traduire.
Karmil, cramoisi, ou écarlate.
Tholahat, Shani, Shanim, écarlate, Ésaïe 1:18;
Argaman, pourpre rouge, Exode 25-27.
Thekéleth, pourpre violet, tirant sur le bleu,
Ézéchiel 23:6.
Shasher, rouge cinabre ou garance, Jérémie 22:14.
Chamoutz, rouge brillant, écarlate, Ésaïe 63:1.
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CRÉATION.
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Acte du Dieu éternel et tout puissant, par lequel il
appelle à l'existence des choses visibles et invisibles, matérielles ou
spirituelles, Apocalypse 4:11; Psaumes 148:5, sq. Ce mot s'entend aussi, par
extension, de l'univers, de l'ensemble des choses créées; mais nous n'avons à
le considérer ici que dans le premier de ces deux sens, c'est-à-dire comme acte
créatif. L'homme, être borné et déchu, ne peut pénétrer les conseils mystérieux
de l'Éternel, et découvrir par lui-même la date, le mode, ni les raisons de la
formation de l'univers; Job 11:7-8. Et si quelque téméraire se permet dans son
orgueil de disserter sur ces choses d'une manière contraire à la Bible, ou
cherche à découvrir ce qu'il a plu à Dieu de nous cacher, l'Éternel lui-même
confond son audace et le fait rentrer dans la poussière, Job 38.
Mais si par nous-mêmes nous ne pouvons découvrir les
choses cachées de Dieu, nous pouvons et devons chercher à connaître ce qu'il
lui a plu de nous en révéler. Pour cela nous avons deux sources d'instruction à
étudier: la Bible et la nature. «Les œuvres de Dieu et la parole de Dieu sont
les deux portes du temple de la vérité; comme elles proviennent d'un même
auteur souverainement sage et tout-puissant, il est impossible qu'il y ait
entre elles aucune contradiction; mais elles doivent, pour ceux qui les
comprennent dans leur vrai sens, s'expliquer et se confirmer réciproquement,
quoique d'une manière et par des voies différentes.» (Gaede, prof. d'hist. nat.
à Liège.) Et de même que les œuvres visibles de la création de Dieu nous sont
données pour nous apprendre à connaître ses perfections invisibles, Romains
1:20, ainsi, c'est en prenant la Bible pour guide que nous devons étudier cette
création visible et les œuvres merveilleuses de l'Éternel; sans cela nous
sommes exposés à tomber dans les systèmes les plus faux et les plus absurdes,
comme il est déjà arrivé à plusieurs savants, auxquels on peut bien appliquer
le reproche que Jésus adressait aux Juifs: «Vous êtes dans l'erreur parce que
vous n'entendez pas les Écritures ni quelle est la puissance de Dieu», Matthieu
22:29. Il est une science en particulier, qui résume à elle seule presque
toutes les sciences naturelles, et qui, quoiqu'elle n'existe que depuis peu
d'années, remonte par ses découvertes jusqu'aux premiers âges du monde; une
science remplie d'attrait pour ceux qui en ont fait l'objet de leurs études, et
qui plus que toute autre peut-être, a conduit à des résultats erronés et
anti-scripturaires, ceux qui n'étaient pas soutenus par une foi ferme à la
parole de Dieu. Nous voulons parler de la géologie, dont l'incrédulité a si
souvent essayé de se faire une arme contre la Bible. Mais à mesure qu'elle a
été mieux étudiée, et que les faits et les monuments qu'elle présente ont été
examinés de plus près, l'on a reconnu que loin d'ébranler en aucune manière
l'autorité de la Bible, elle n'a fait que confirmer le récit de Moïse d'une
manière frappante et inattendue. C'est ainsi que les calculs remarquables du
célèbre Cuvier pour connaître l'âge du monde et l'époque du déluge, ont offert
un résultat qui coïncide exactement avec la Genèse (Discours sur les
révolutions de la surface du globe).
— Mais cette science est encore dans son enfance, et
s'il nous est permis de donner un conseil, nous voudrions engager ceux de nos
lecteurs qui auraient à s'en occuper, premièrement à n'étudier la géologie
qu'avec humilité et respect, en pensant que la nature est comme la Bible, mais
pas plus que la Bible, le livre de Dieu; ensuite à ne pas s'effrayer, ni se
laisser ébranler dans leur foi, par des découvertes futures qui sembleraient en
contradiction avec la révélation écrite, ou avec des systèmes cosmogoniques
proposés même par des hommes pieux. Il ne peut, nous le répétons, y avoir
contradiction réelle, et l'on trouvera toujours que lorsqu'il y en aurait une
apparente, cela vient de ce que nous n'avons pas compris l'un ou l'autre de ces
livres; mais la vérité est une, et le Dieu fort est vérité, Deutéronome 32:4.
Après ces remarques préliminaires, l'on nous
comprendra lorsque nous dirons que ce n'est qu'avec crainte et tremblement que
nous osons hasarder quelques explications sur l'œuvre de la création, telle
qu'elle est rapportée dans le premier chapitre de la Genèse, car ce sont là les
choses difficiles et mystérieuses de l'Éternel, et connaissant à peine «les
bords de ses voies», Job 26:14, nous craignons, nous aussi, «d'obscurcir son
conseil par des paroles sans science.»
«Dieu créa au commencement le ciel et la terre»,
Genèse 1:1.
— La signification propre du mot créer est: tirer du
néant, faire une chose de rien; c'est pourquoi les traducteurs de la Bible s'en
sont servis pour rendre le mot hébreu bara qui n'a pas tout à fait la même
portée; mais la langue hébraïque n'en possédant point d'autre qui pût indiquer
exactement l'acte par lequel Dieu produit une chose, sans la former d'une
substance déjà existante, les écrivains sacrés ont dû employer ce mot bara, qui
signifie proprement former, mettre en ordre (Calmet), mais dont la racine
primitive semble plutôt contenir le sens de séparer, (Simonis, Lexique Hébreu)
C'est peut-être à cette idée que correspond l'expression française: Dieu
débrouilla chaos. En effet, nous voyons que l'œuvre des trois premiers jours,
dans le récit de Moïse, est en grande partie une œuvre de séparation: Dieu
sépare la lumière d'avec les ténèbres, il sépare les eaux supérieures des eaux
inférieures, il sépare la terre sèche d'avec la mer, il sépare le jour d'avec
la nuit. Et lorsque Moïse emploie le mot créer, cela ne signifie point toujours
tirer une chose du néant, mais souvent tirer une chose d'une autre substance
pour lui donner une forme nouvelle; ainsi, par exemple, Dieu crée l'homme à son
image, Genèse 1:27, et cependant il le tire de la poudre de la terre, 2:7.
Malgré cette double interprétation dont le mot bara est susceptible, nous savons
positivement que la matière n'a pas toujours existé, qu'elle a eu une origine,
car l'Esprit-Saint nous le déclare, soit, Genèse 1:1, en nous disant que les
cieux et la terre ont eu un commencement, cf. 2:4, soit dans le commentaire qui
nous en est donné ailleurs par le même Esprit, Hébreux 11:3; Psaumes 33:9. Et
la sagesse de Dieu qui est, la même chose que sa parole éternelle, le verbe
incréé «qui était au commencement avec Dieu et qui était Dieu», nous parle d'un
temps antérieur à l'existence de notre globe, où elle était ses délices
«lorsqu'il agençait les cieux et qu'il traçait le cercle au-dessus des abîmes,
lorsqu'il n'avait point encore fait la terre, ni le commencement de la
poussière du monde», Proverbes 8:22-30.
«C'est donc le contexte», dit un savant professeur
anglais, le docteur Pusey, (— Voir: Buckland Bridgewater Treatise, vol. I, p.
22) «qui doit décider du sens du mot bara, et nous indiquer s'il faut le
traduire par: tirer du néant, ou par: donner une nouvelle forme à une substance
qui existait déjà.
«Quoique Moïse se serve, en parlant des œuvres de
Dieu, tantôt du mot bara, tantôt du mot hazah (il fit), il paraît cependant que
la première de ces expressions a une énergie particulière, et ne peut
s'employer que pour décrire l'action de Dieu, tandis que la seconde peut
s'appliquer aussi à l'action des hommes.
«Après avoir soigneusement comparé un grand nombre de
passages (Ésaïe 43:1,15; Nombres 16:30; Psaumes 104:30; sq.), et avoir fait une
étude attentive de ce sujet, je suis arrivé à cette conclusion, que les mots
créer et faire, employés en parlant de Dieu, sont synonymes, avec cette
différence que la première de ces expressions est la plus forte des deux,
quoique Moïse semble quelquefois les employer indifféremment: Ainsi, Genèse 1:21.
Dieu créa les grands poissons; verset 25, Dieu fit les bêles de la terre;
verset 26, faisons l'homme à notre image; verset 27, Dieu créa donc l'homme.
M. de Rougemont (Fragments d'une Histoire de la terre,
p. 113) voit quelque chose de plus dans la manière dont Moïse se sert de ces
mots; il dit que «créer signifie former un type nouveau, tandis que faire est
restreint au développement d'un type déjà existant: ainsi, dit-il, Dieu crée
l'animal, l'homme, 1:20-27; mais une fois les animaux aquatiques existants, il
ne crée pas les animaux terrestres, il les fait.»
Nous ne prétendons pas décider quelle peut être la
valeur de cette observation, mais nous croyons devoir ajouter en développement
de l'idée de cet auteur, que les eaux et les airs contenant parmi leurs
habitants des créatures qui appartiennent aux quatre grands embranchements du
règne animal, les types existaient tous avant la formation des animaux
terrestres, qui n'étaient pour ainsi dire qu'un développement de ceux qui
avaient été créés le cinquième jour; tandis que l'homme étant non seulement un
animal plus parfait que les autres par les organes dont il était doué, mais
encore le seul habitant de la terre auquel Dieu eût donné une âme de la même
nature que l'Essence divine, pouvait bien être considéré, quant à son corps,
comme un développement d'un type antérieur, mais quant à cette âme vivante,
faite à l'image de Dieu, c'était bien réellement comme une création nouvelle;
ce qui expliquerait pourquoi la Genèse se sert des deux expressions faire et créer,
quand il s'agit de l'homme.
«Ce qui est bien plus important pour l'interprétation
du premier chapitre de la Genèse, c'est de savoir si les deux premiers versets
contiennent une espèce d'introduction, un simple résumé de ce qui va être dit
plus en détail dans le reste du chapitre, ou s'ils sont l'expression d'un acte
de création distinct de ceux dont il est parlé dans les versets suivants.
«Cette dernière interprétation paraît être la
véritable comme la plus naturelle. En effet, nous n'avons dans la Bible aucun
autre récit d'une création primitive, et de plus il semble que le deuxième
verset soit une description de la matière créée, avant l'arrangement qui en
allait être fait en six jours; ainsi la création du commencement doit être
distinguée de la création des six jours; d'autant plus que le récit de ce qui
s'est passé dans chacun de ces jours est précédé de la déclaration que «Dieu
dit», ou voulut l'événement qui suit immédiatement; par conséquent il semble
que la création du premier jour doit avoir commencé lorsque ces mots: «Et Dieu
dit», sont employés pour la première fois, c'est-à-dire pour la création de la
lumière. De même, si c'est bien là le commencement de l'œuvre des six jours, il
est clair que cette création ne fait que donner une nouvelle forme, un nouvel
arrangement, et pour ainsi dire, meubler d'une manière nouvelle un monde qui
existait déjà, car nulle part dans le récit des six jours il ne nous est dit
que Dieu fit, ou créa l'eau, ni la terre, ni les ténèbres, choses déjà
existantes (résultat d'une création précédente), les quelles il ne fait, dans
les premiers jours, que séparer les unes des autres et les mettre dans un ordre
nouveau.» (Buckland's I, 22).
Nous croyons donc que le verset 1 nous parle d'une
création primitive des choses matérielles, sans en indiquer l'époque qu'il ne
nous importe probablement pas de savoir. Ceci n'est point une opinion nouvelle;
c'est celle de plusieurs pères de l'Église (— Voir: Pétavius, Dogm. Theol.,
tom. III. De opificio sex Dierum, Lib. 1. Cap. 1, § 8, et cap. 11, § 1-8). Les
uns voyaient dans les deux premiers versets de la Genèse le récit de la
création d'un monde primitif; d'autres, comme saint Augustin, Théodoret, y
voyaient la première formation de la matière; d'autres, celle des éléments; d'autres
croient que les cieux dont il est question au verset 1 sont, non le ciel
atmosphérique de notre terre qui ne fut créé que le deuxième jour, mais ce qui
est appelé ailleurs les cieux des cieux.
Nous voyons, en effet, que quoique la Genèse emploie
le même mot Shamayim pour désigner ces deux choses, la Bible les distingue
ailleurs, comme Néhémie 9:6.
La racine du mot hébreu qui signifie ciel, étant le
prétérit inusité shamah, être élevé, le mot shamayim signifierait les hauteurs,
ou les espaces élevés, et shemé hasshamayim (les cieux des cieux), seraient les
espaces infiniment élevés, ou l'immensité avec tout ce qu'elle contient, et par
conséquent cette multitude innombrable d'étoiles ou de mondes, qui feraient
ainsi partie de la première création, indiquée Genèse 1:1, et que le verset 16
ne fait que rappeler en passant, en parlant du moment où le soleil devint
lumineux pour la terre.
Le fameux passage de saint Pierre, 3:5-13, qui résume
en quelques mots les destinées de notre planète, autorise la différente
interprétation du mot cieux dans les versets 1 et 8, et montre que le ciel du
deuxième jour, c'est-à-dire l'atmosphère, suit le sort de notre globe et de ses
révolutions. Il est évident, en effet, que les cieux antédiluviens qui ont été
détruits, ne comprenaient pas les astres, car alors le soleil, la lune, et les
étoiles qui existaient avant le déluge auraient aussi péri; la future
destruction par le feu, des cieux et de la terre d'à présent, n'est donc point
non plus une catastrophe qui doive envelopper tout l'univers, mais seulement
une grande révolution qui doit changer l'état et l'apparence de notre globe; un
feu purifiant qui le nettoiera de sa souillure comme l'or fondu dans le creuset
est dégagé par le feu des matières impures qui le ternissent; révolution après
laquelle le monde et ses habitants seront rétablis dans l'état de pureté et
d'innocence, d'où le péché d'Adam les avait fait déchoir.
L'interprétation que nous venons de donner du verset 1
semble confirmée aussi par l'expression remarquable qui termine le verset 3 du
deuxième chapitre: «Dieu se reposa de toute l'œuvre qu'il avait créée pour être
faite.»
— Ne semble-t-il pas que ce passage est un de ceux
dans lesquels le Tout-Puissant soulève à nos yeux un coin du voile qui nous
cache la profondeur de ses conseils? Ne semble-t-il pas nous dire qu'il avait
de longue main préparé une demeure aux hommes, qu'il avait créé cette terre
dans les jours d'autrefois pour être faite, c'est-à-dire pour être façonnée
plus tard, de manière à ce qu'elle pût être habitée par des créatures dans
lesquelles il voulait mettre son plaisir? Proverbes 8:31.
Il fit toutes ces choses par degrés, ajoutant une
bonne chose à une autre bonne chose, jusqu'à ce qu'il jugeât que tout était
très bon, Genèse 1:31, afin d'y rendre heureux des êtres formés à son image, à
qui il voulait remettre la domination sur toutes les merveilles qu'il venait
d'appeler à l'existence.
Quand il ne nous resterait d'autre partie de la
révélation que les premiers chapitres de la Genèse, n'aurions-nous pas là une
preuve éclatante de la bonté infinie de notre Créateur et du soin paternel que
sa Providence prend des hommes? Oui, cet Être tout puissant qui s'occupait de
notre bonheur, tant de siècles avant l'existence de notre race, ne peut pas nous
avoir délaissés, et si le mal est entré dans le monde, et a gâté cette terre
très bonne où Dieu avait placé Adam, soyons sûrs que celui qui a mis tant de
soin à nous former pour le bonheur, aura aussi mis à notre portée un remède à
nos maux, un moyen de relèvement après notre chute, un sauveur enfin assez
puissant pour empêcher que cette terre et ses habitants qui étaient sortis très
bons de la main de Dieu, ne continuent à être entraînés à jamais dans le chemin
du mal.
Mais pour cela, il faut qu'une création nouvelle
s'opère en nous, et que cette parole divine par qui et pour qui toutes choses
ont été faites, renouvelle en nous l'image de Dieu que le péché a détruite, 1
Corinthiens 45:47,49; 2 Corinthiens 5:17; Éphésiens 4:24;
verset 2. «Et la terre était sans forme et vide; les
ténèbres étaient sur la face de l'abîme, et l'Esprit de Dieu se mouvait sur les
eaux.»
— (Le mot abîme semble être synonyme des eaux sur
lesquelles se mouvait l'Esprit de Dieu; — Voir: Job 38:30; Psaumes 42:8; 104:6;
Jonas 2:6; sq.)
Si le verset 1 se rapporte à la première création de
toutes choses, dont rien ne peut nous faire même deviner l'époque, il se peut
que des millions d'années se soient écoulées entre ce moment et la création de
la lumière sur notre terre. (Dans la Bible de Luther, imprimée à Wittenberg, en
1557, on trouve le chiffre 1, marqué en tête du verset 3, comme étant le
commencement de l'histoire de la création. Dans d'anciennes éditions anglaises
où la division en versets n'était pas encore adoptée, il y a un double
interligne entre les versets 2 et 3. Pusey.)
Le verset 2, décrit l'état du globe immédiatement
avant le commencement du premier des six jours, c'est-à-dire sur le soir du
premier jour; car, suivant la computation mosaïque, chaque jour commence avec
le soir, et dure jusqu'au soir du jour suivant. Le premier jour serait donc la
fin de la période indéfinie de la première existence du monde. Dans ce verset
2, il est fait une mention spéciale de la terre et des eaux comme existant
déjà, mais enveloppées de ténèbres. Les mots thohou vabohou décrivent cet état
de confusion et de vacuité que les Grecs représentent par le mot Chaos. Ils
sont encore employés dans le même sens, Ésaïe 34:11; Psaumes 107:40.
Le mot vide, de nos traductions françaises, ne rend pas
très bien la signification, car il donne l'idée d'un corps creux, tandis qu'ici
il faudrait exprimer un vide extérieur: la terre était vide d'habitants, vide
de parure, aride et dépouillée. D'où provenait cet état chaotique? Était-ce
ainsi que la terre était sortie des mains du Créateur? Étaient-ce les ruines
d'un monde antérieur? Nous l'ignorons; peut-être Dieu avait-il dit d'un ordre
de choses plus ancien ce qu'il dit plus tard du monde moderne, par la bouche de
son prophète, Jérémie 4:23; sq.: «La terre sera dans le deuil, les cieux seront
noirs au-dessus;... j'ai regardé la terre, et voici, elle est sans forme et
vide, etc.»
(Les mots thohou
vabohou signifie plutôt «fluide et sans forme», indiquant l'état de la matière
primordiale avec laquelle Dieu (Élohim) forma les cieux et la terre.
L'hypothèse d'un monde pré-adamique antérieur n'est pas soutenable dans le
contexte général des Saintes-Écritures. Comprenons aussi que le mot «terre»
signifie «fixe, stable», ce qui nous indique que la Terre n’est pas en motion,
elle ne tourne pas sur elle-même ni tourne-t-elle autour du soleil comme les
astres errants ou planètes. Elle est le centre même de l’univers, le
marche-pied de Dieu)
Ne semble-t-il pas que l'Esprit saint ait voulu nous
représenter par ces paroles une effrayante révolution de notre globe dont le
chaos aurait été le résultat? S'il était permis de traduire en langage non
inspiré les paroles de l'écrivain sacré, nous croirions pouvoir paraphraser
ainsi les premiers versets de la Genèse: «Toutes les choses que nous voyons et
dont nous pouvons connaître l'existence, soit sur la terre que nous habitons,
soit au-delà, doivent leur être à un Dieu souverainement bon, sage et puissant,
qui a fait sortir la matière du néant, dans des temps infiniment reculés et
dont la date nous est inconnue. Ce Dieu tout bon jugea à propos de créer une
race d'êtres intelligents auxquels il donna le nom d'hommes, et voulant leur
préparer une demeure, il choisit pour cela un de ces globes qu'il avait faits
pour se mouvoir dans l'espace, et qui était alors inculte et désert, recouvert
de liquide et d'obscurité. Le moment où l'Esprit de Dieu s'en rapprocha et
plana, pour ainsi dire, à sa surface, pour y faire pénétrer l'ordre et la vie,
fut pour le globe le commencement d'une création nouvelle qui devait avoir six
degrés, ou se faire en six époques de progrès successifs.
«Tout était prêt pour cette nouvelle création, la
matière à laquelle une autre forme devait être donnée, l'Esprit divin qui
devait la vivifier; il ne fallait plus que la parole du commandement pour
appeler à l'existence ce monde nouveau; et Dieu dit... que la lumière soit, et
l'ordre naquit au milieu de la confusion.»
Ainsi, nous voyons apparaître dès la fondation du
monde cette Trinité spéculative dans
l'unité de Dieu: «Le Père qui habite une lumière inaccessible et que nul œil
n'a vu ni ne peut voir», 1 Timothée 6:16; cf. Apocalypse 15:3; Psaumes 18:29;
36:10; «le Fils, qui est la véritable lumière qui a resplendi dans les ténèbres
et qui éclaire tout homme en venant au monde», Jean 1:9; cf. verset 2.
Colossiens 1:16; Éphésiens 3:9; «enfin l'Esprit de Dieu planant sur la face des
eaux, pénétrant le globe d'une force vitale, et qui nous est représenté comme
présidant à la création et y prenant la part la plus directe», Psaumes 33:6;
cf. Genèse 2:1; Psaumes 104:29-30; Jean 20:22; Genèse 2:7; cf. Job 33:4 La
Bible de Genève, édition de 1805, ainsi que celle qui a été publiée plus
récemment par les pasteurs et professeurs de cette ville, traduit au verset 2:
«Et Dieu fit souffler un vent qui agita la surface de l'eau.» Mais si le mot
rouach peut, en effet, signifier esprit ou vent, selon la place où il est
employé, comme le grec
πνεύμα et le latin spiritus, est-il raisonnable de le
traduire par vent, lorsque Dieu n'avait pas encore créé l'air? Autant vaudrait,
par exemple, remplacer Esprit par courant d'air dans des passages tels que
celui-ci: «Caches-tu ta face, elles (les créatures) sont troublées; retires-tu
leur souffle, elles défaillent et retournent en leur poudre. Mais si tu
renvoyés ton courant d'air (Esprit), elles sont créées de nouveau!» Psaumes
104:29-30; cf. enc. Job 26:13) Et afin de montrer évidemment que ces trois
personnes ne sont pas trois Dieux, mais un seul Dieu, manifesté de trois
manières, l'écrivain sacré qui se sert pour désigner le Créateur du mot Élohim,
Seigneurs, fait suivre cette désignation plurielle d'un temps de verbe au
singulier, comme s'il y avait Dieux dit que la lumière soit; Dieux vit que cela
était bon. Puis, après nous avoir montré les personnes divines conférant
ensemble (— Voir: 26, faisons l'homme à notre image), il lui donne (2:4) le nom
incommunicable et singulier de Jéhovah, joint à celui d'Élohim, Seigneurs, qui
est, qui était et qui sera, ou Seigneurs Éternel.
Il ne faut pas
regarder le vent de l’Esprit comme un courant d’air, mais comme le mouvement de
la Présence de Dieu dans son œuvre de création.
Durée des jours de la création. Pendant longtemps,
personne dans les pays où le christianisme était professé, ne mit en doute que
les jours de la création ne dussent s'entendre à la lettre d'espaces de
vingt-quatre heures, mais à mesure que l'on étudia plus attentivement les
sciences naturelles, on trouva des preuves de l'existence d'un ordre de choses
antérieur à la création de l'homme, ordre de choses qui avait dû continuer
pendant des temps fort longs; l'on se hâta de rejeter alors le récit de Moïse
et ses six jours, comme une chose absurde et contraire aux lois de la nature.
Puis vinrent d'autres naturalistes plus religieux, qui comprirent que l'homme
ne pouvait ainsi limiter la puissance de Dieu, et Que celui qui avait fait le
temps pouvait créer un monde non seulement en six mille ans, mais en six ans,
en six jours, en six minutes, en un clin d'œil, s'il l'eût voulu; il leur parut
que sans nier les découvertes des sciences naturelles, l'on pouvait fort bien
les concilier avec le récit mosaïque, en supposant que toutes les plantes et
animaux fossiles étaient les restes d'un monde antérieur au verset 3, de la
Genèse, détruit nous ne savons à quelle époque, ni pour quelle cause, et que
Dieu établit réellement l'ordre de choses actuel en six jours de vingt-quatre
heures. Mais cette hypothèse, quelque plausible qu'elle paraisse au premier
abord, n'explique point suffisamment comment il se fait, par exemple, que
l'ordre des animaux fossiles, selon leurs couches, se rapporte si bien à ce que
nous enseigne la Genèse sur l'ordre de leur formation; l'examen de leurs yeux,
même de ceux des plus anciens, comme, par exemple, des Trilobites, dans les
terrains de transition (Buckland's vol. I, p. 396), prouve que ces animaux ont
vécu dans une lumière semblable à celle qui nous sert à distinguer les objets,
une lumière solaire en un mot, et qu'ils ont été créés après que Dieu avait
établi cet astre pour éclairer notre globe, ainsi qu'il est dit aux versets 14
à 18. On reconnut aussi que la Bible elle-même donne aux mots qui désignent les
divisions du temps, comme jour, semaine, des sens divers et plus ou moins
étendus, (— Voir: Ésaïe 34:8; Ézéchiel 4:6; Daniel 9:24; 1 Corinthiens 3:13;
5:5; 2 Pierre 3:10, etc.), et l'on en vint à traduire les six jours de la
création par six époques. C'est à cette opinion que se sont arrêtés presque
tous les théologiens et les géologues les plus distingués de notre temps; pour
eux les jours de la création ne sont pas des jours solaires comme ceux
d'à-présent, mais des époques cosmogoniques d'une longue durée, des temps de
progression et de formation alternant avec des temps de trouble et de
révolutions telluriques. Sans énoncer une opinion positive sur ce sujet, nous
devons convenir que les probabilités sont en faveur de l'opinion qu'il s'agit
non d'espaces de vingt-quatre heures, mais de périodes considérables, de mille
ans peut-être; en effet, il est remarquable que dans les deux passages de la
Bible où il est dit qu'aux yeux de Dieu, mille ans sont comme un jour, et un
jour comme mille ans, cette déclaration de l'Esprit saint se trouve placée en
relation directe avec les événements de la Création, et avec ce jour du
Seigneur qui, comme le dit saint Jean, doit durer mille ans, cf. Psaumes
90:2,4; avec 2 Pierre 3:5-10; et Apocalypse 20.
Les plus anciens livres des nations prennent aussi,
comme la Bible, dans des sens plus ou moins étendus les mots qui désignent les
divisions du temps.
Plutarque dit que les Égyptiens, voulant prétendre à
une plus haute antiquité que les autres peuples de la terre, comptaient dans
leur chronologie chaque mois pour une année. Les calculs des Indiens et des
Chinois ont des bases tout à fait semblables; (— Voir: Doct. Nares, Man
considered theologically and geologically, p. 192)
Zoroastre, en parlant de la création, dit qu'elle se
fit en six époques ou temps inégaux, distribués de la manière suivante: Le
premier temps fut employé à créer le ciel, ce qui prit 45 jours; dans le
deuxième temps, qui dura 60 jours, Dieu créa les eaux; la terre fut créée dans
le troisième, qui fut de 75 jours; le quatrième, de 30 jours, vit éclore les
plantes; le cinquième, de 80 jours, tous les animaux; et le sixième, de 75
jours, fut consacré à la création de l'homme. La somme de ces nombres est 365
jours ou une année, (Hyde. De religione veterum Persarum, Cap. 9). On reconnaît
dans cette narration le récit de la Genèse défiguré, et combiné avec l'idée traditionnelle
de la longueur considérable des jours de la création, tradition qui existait
déjà, à ce que l'on prétend, chez les Juifs, et aussi chez les Étrusques (F. de
Rougemont, Fragments, etc.)
Quelques auteurs ont cru en trouver une preuve
implicite dans le langage même du texte, et de même que la forme participiale
du verbe qui exprime l'action de la force créatrice, l'esprit de Dieu, se
mouvant sur la surface de l'abîme, indique non un acte subit et momentané, mais
une force s'exerçant d'une manière continue (Doct. Wiseman, Lectures on Science
and revealed Religion, vol. I, p. 295), ainsi l'on a cru reconnaître dans ces
six jours non seulement une suite de perfectionnements, mais aussi des
intervalles de révolutions et de bouleversements dont l'idée serait renfermée
dans la signification la plus étendue du mot Éreb, soir. Le premier chapitre de
l'Ecclésiaste et le Psaumes 104 (en particulier les versets 29 et 30) avaient
fait pressentir la possibilité d'une semblable progression dont diverses
traditions fort anciennes contiennent des traces remarquables.
— La cosmogonie indienne qui se rapproche beaucoup de
la Bible, parle «d'un grand nombre de créations et de destructions de mondes,
provenant de la volonté d'un Être suprême qui ne le fait que dans le but de
rendre ses créatures heureuses.» (Institues of Hindu Law. London, 1825,
chapitre 1) Nous ne pouvons nous empêcher de transcrire ici deux passages très
remarquables de ce livre, cités par Lyell, Principles of Geology, vol. 1
chapitre 2, avec l'indication des textes bibliques correspondants: «L'Être dont
la puissance est incompréhensible, m'ayant créé, moi (Menou) et tout cet
univers, fut de nouveau absorbé dans l'Être suprême, faisant succéder au temps
de l'énergie l'heure du repos.» Cf. Hébreux 1:3,10; 4:4; Jean 17:5.
— Et plus loin: «Quand cette puissance agit, alors ce
monde reçoit son plein développement; quand il sommeille, tout le système
déchoit. Car pendant qu'il se repose, ou cesse d'agir, les esprits revêtus de
formes matérielles, et doués de principes d'action, se détournent peu à peu de
leur tâche, et l'intelligence elle-même devient inerte.» (Cf. Psaumes
104:27-30)
Telle est aussi la tradition des Birmans, et celle des
anciens Égyptiens; on la retrouva même dans les ouvrages de quelques Pères de
l'Église, saint Augustin, Orat. II, saint Basile Hexaëmeron, hom. 2.
Les découvertes récentes de la géologie sont venues,
bien des siècles après, éclaircir cette hypothèse, et la confirmer à ce qu'il
semble. Cuvier, dans son Discours sur les révolutions de la surface du globe,
établit par des preuves irrécusables, que ces révolutions ont été nombreuses,
subites, antérieures à l'apparition de l'homme sur la terre, et même qu'il y en
a eu d'antérieures à l'existence d'êtres vivants quelconques.
«L'histoire des six jours, ainsi que celle de
l'humanité, a ses puits cosmogoniques, dont la première est le chaos, et dont
le caractère est la mort, le désordre, les ténèbres; par une concordance
imprévue et inexplicable, les géologues d'une part, Moïse de l'autre, admettent
un développement ou une création de la terre tout à fait extraordinaire, qui
s'opère par une alternative de temps d'ordre et de création, de temps de
désordre et de destruction.
«La géologie ne fait ici que préciser, expliquer,
commenter le texte biblique, qui accepte en plein tous ces résultats de la
science.
«Les soirs (Éreb) sont donc les temps de désordre; le
premier soir n'est autre chose que le chaos lui-même; les suivants sont des
invasions du chaos au milieu de l'œuvre lumineuse de Dieu. Les matins sont des
temps d'ordre, de vie, de création. L'œuvre de Dieu pendant les six jours
consiste à former la terre dévastée, et la dégager du chaos, de l'abîme et des
ténèbres qui disparaissent successivement.
«Ainsi les eaux de l'abîme, 1:2, qui recouvraient au
deuxième jour encore la terre entière, en partagent au troisième la surface
avec les continents, et elles n'existeront plus sur la terre nouvelle,
Apocalypse 21:1. Ainsi les ténèbres, éclairées dès le premier jour par la
lumière, sont transformées en soirs cosmogoniques, et au quatrième jour en
nuits de douze heures. Les soirs cosmogoniques précèdent chacun des six jours,
et cessent avant la création de l'homme, aucun ne s'interpose entre le sixième
jour et celui du repos, et la dernière des grandes époques de désordre est
celle qui sépare le cinquième jour du sixième. L'alternative des jours et des
nuits de vingt-quatre heures cessera à la fin des temps, et la terre sera
éclairée par une lumière continue, Zacharie 14:7; Apocalypse 21:23. C'est ainsi
que les complètes ténèbres du chaos se transforment peu à peu en complète
lumière.
«Le premier chapitre de la Genèse est une vision des
temps antérieurs à l'homme, et doit s'expliquer d'après les mêmes principes que
les prophéties.
«En comparant l'œuvre de Dieu dans la réorganisation
du chaos et dans la création du monde, à celle de Dieu dans le cœur des fidèles
et dans l'Église, selon l'indication que nous en donne saint Paul, 2
Corinthiens 4:6, on remarque bientôt que les six jours cosmogoniques sont une
espèce de prophétie de l'histoire de l'humanité, ou, en d'autres termes, que
les faits physiques de l'histoire de la terre ont un sens analogue aux faits
moraux de l'histoire de l'homme. Ainsi les ténèbres du chaos se reproduisent
dans les ténèbres morales de l'âme déchue et pécheresse; les nuits
cosmogoniques dans les époques historiques de corruption et de ruines; les
jours cosmogoniques, dans celles de paix, d'ordre et de vie religieuse; la
formation du soleil au quatrième jour, dans l'apparition du soleil de justice
vers l'an 4,000, etc.» (Rougemont, Fragments, etc., p. 8)
Avant de nous occuper spécialement de l'œuvre de
chacun des six jours de la création, nous devons indiquer une autre partie de
l'Écriture qui nous en donne un commentaire remarquable: nous voulons parler
des chapitres 38 à 41 du livre de Job. Ce n'est pas ici le lieu d'examiner en
détail cette portion sublime et mystérieuse de la Parole, nous nous bornerons à
quelques versets du chapitre 38. En interrogeant Job sur les merveilles de
l'univers, l'Éternel condescend jusqu'à raisonner avec sa créature; il lui
montre que la souveraine sagesse qui a présidé à l'arrangement de la terre, des
cieux et de tout ce qui s'y trouve, préside également aux événements de la vie
des hommes, et que par sa direction, toutes choses concourent ensemble au bien
de ceux qui aiment Dieu, Romains 8:28. Mais, outre ce but principal
d'instruction, nous trouvons encore des allusions à l'histoire de la création,
qui peuvent éclaircir pour nous quelques passages du 1er chapitre de la Genèse.
En effet, nous croyons voir, dans le verset 4, une
indication de cette création primitive qui eut lieu au commencement, Genèse
1:1; puis au verset 7, nous voyons les intelligences célestes se réjouissant de
l'ordre et de l'arrangement que Dieu venait d'y établir, versets 5 et 6, et
chantant en triomphe à cause de cette nouvelle manifestation de la puissance de
Dieu, verset 7. Mais une au moins de ces étoiles du matin (Lucifer), était déjà
tombée, peut-être même plusieurs, et le mal vint bientôt gâter l'œuvre du
Créateur. Il semble qu'une irruption des eaux troubla l'ordre nouvellement
établi, verset 8, et ce fut alors que Dieu donna à l'abîme la nuée pour
couverture et l'obscurité pour ses langes, verset 9; peut-être les ténèbres
furent elles ordonnées alors comme punition et comme demeure des anges déchus,
par opposition à la lumière éternelle, qui est représentée comme l'habitation
de Dieu, Jean 3:19-21; Éphésiens 6:12. C'est à ce moment-là que semble se
rapporter le premier soir de la création; c'est là le chaos décrit au deuxième
verset de la Genèse, et dont Dieu va tirer la terre par six époques de
progression, six jours. Le verset 10 semble indiquer l'action de Dieu par
laquelle il opère la séparation des eaux inférieures et supérieures, et le
verset 11 correspondrait au verset 9 de la Genèse où Dieu fixe à la mer la
place qu'elle doit occuper. Les versets 8-11 pourraient, il est vrai, se
rapporter à quelques égards au déluge du temps de Noé; mais ce qui nous fait
préférer l'autre interprétation, c'est que le verset 9 semble nous indiquer que
le cataclysme dont il est parlé au verset 8 doit avoir été antérieur au chaos,
et que l'obscurité et le désordre du chaos en auraient été le résultat.
— Au verset 12 nous voyons paraître la lumière, mais
non comme lumière solaire: c'est l'aube du jour, le point du jour, ou la
lumière éclairant simultanément tous les points de la terre, verset 13, et
faisant fuir de partout les ténèbres et les esprits de ténèbres. Puis plus tard,
verset 14, cette lumière prend une nouvelle forme et se concentre pour ainsi
dire dans une apparence ou un moule matériel, le soleil. (Le verset 14 n'est
pas bien rendu dans Ostervald: il a ajouté les mots la terre, qui ne se
trouvent ni dans l'hébreu, ni dans plusieurs autres versions. Le verbe
thitehapphek qui commence le verset 14, se rapporte d'ailleurs mieux au
substantif masculin shachar, l'aube du jour, verset 12, qu'au substantif
commun, mais ordinairement féminin érèts, la terre.
Premier jour. Nous avons déjà remarqué que dans le
calcul de chaque jour cosmogonique le soir précède le matin: le soir du premier
jour fut donc l'obscurité qui le précéda, c'est-à-dire le chaos. «Dans ce
moment là», dit Buckland, «une nouvelle ère allait commencer pour le monde, et
la terre allait être tirée des ténèbres dans lesquelles elle n'avait peut-être
été enveloppée que temporairement: car les mots, «que la lumière soit», ne
signifient point implicitement qu'elle n'eût jamais existé précédemment.
Il était étranger au plan de Moïse de rechercher si la
lumière avait déjà lui sur cette terre, ou si elle existait dans d'autres
parties de l'univers; la narration ne s'occupe que de notre planète, et la
prend dans un moment où elle était plongée dans l'obscurité.
Le premier effet de l'action de l'Esprit sur le chaos
fut donc l'éveil de la lumière, qui brilla dans le sein même de la masse
informe dont elle fut séparée, Psaumes 104:5-6; Job 36:30. «Dans toutes les
cosmogonies païennes qui parlent d'un chaos, dit M. de Rougemont, les ténèbres,
la nuit, sont l'état primitif, la lumière apparaît ensuite, et plus tard les
astres. Moïse, sans aucun doute, n'entendait pas que la lumière provînt du
soleil déjà créé, mais encore voilé à la terre par les nuages; de concert avec toute
l'antiquité, il faisait la lumière plus ancienne que les astres.»
— En effet, il n'y avait point alors de nuages,
puisque les eaux supérieures n'avaient point encore été séparées des eaux
inférieures. Asaph en parle de même, lorsqu'il dit, Psaumes 74:16: «Tu as
établi la lumière et le soleil.» Dans plusieurs autres endroits de la Bible,
elle est également représentée comme existant avant le monde, et comme étant la
demeure de l'Éternel, l'image même de son essence, 1 Timothée 6:16; 2
Corinthiens 4:6; Psaumes 104:2; Ésaïe 60:19; Habacuc 3:4; Jean 1:4,9; 8:9;
12:36,46; 1 Jean 1:5, etc.
Les philosophes incrédules du siècle dernier, voulant
attaquer l'inspiration du récit sacré, ont tourné Moïse en ridicule pour avoir
parlé de la lumière comme existant avant le soleil: les découvertes modernes de
l'optique dont Moïse n'a pu avoir aucune connaissance, sont venues justifier
l'inspiration de l'écrivain sacré, en prouvant que la lumière est un fluide qui
pénètre d'autres corps, et qui existe indépendamment des corps lumineux.
Ceux-ci ne la rayonnent ou ne l'émettent pas par une sorte d'émanation, comme
on l'a cru longtemps: ils ne font que la mettre en mouvement par ondulations,
en telle sorte qu'elle frappe les organes de la vue de la même manière que les
vibrations de l'air communiquent le son à ceux de l'ouïe. Par conséquent, il
n'y a rien de contraire aux lois physiques de la nature dans l'assertion de
Moïse, qui nous représente la lumière comme créée avant tel ou tel corps
lumineux.
L'œuvre du premier jour fut, comme nous l'avons
remarqué, une œuvre de séparation. Dieu sépara la lumière d'avec les ténèbres,
et Dieu vit que la lumière était bonne; elle fut donnée non seulement pour
éclairer les hommes d'une manière physique, mais aussi pour leur être un type de
la sagesse, de la connaissance et des perfections invisibles de Dieu. Nous
voyons en effet qu'elle fut ainsi considérée par les Juifs, et que même chez
tous les peuples, et surtout en Orient, elle a toujours été l'emblème de la
divinité, de la vertu et de toutes les bénédictions temporelles.
Second jour. Au second jour Dieu fit l'étendue
(rakiah), non point une voûte ferme et solide, firmamentum, comme le traduit
saint Jérôme. (Il dit aussi dans sa traduction de Job 37:18: Tu forsitan cum eo
fabricatus es cœlos qui solidissimi quasi aère fusi sunt?); mais l'air, le ciel
des oiseaux, des tempêtes, des puissances de l'air et des malices spirituelles,
Psaumes 148:4; Matthieu 6:26; Éphésiens 2:2; 6:12; l'atmosphère dans laquelle
et au haut de laquelle devaient planer les nuages; l'élément enfin qui devait
soutenir un nombre immense de créatures que Dieu allait placer sur la terre, et
dans lesquelles il mettrait une respiration de vie. «Quand l'Écriture sainte
parle de l'air, dont la pesanteur était méconnue avant Galilée, elle nous dit
qu'à la création Dieu donna à l'air son poids et aux eaux leur juste mesure,
Job 28:25. Quand elle parle de notre atmosphère et des eaux supérieures, elle
leur donne une importance que la science des modernes a seule pu constater,
puisque d'après leurs calculs la force employée annuellement par la nature pour
la formation des nuages, est égal à un travail que l'espèce humaine tout
entière ne pourrait faire qu'en deux cent mille années. Quand elle sépare les
eaux supérieures des inférieures, c'est par une étendue et non par une sphère
solide, comme voulaient le faire ses traducteurs.» (Gaussen, Théopneustie, 176,
183)
Troisième jour. Au troisième jour la création se
développe, pour ainsi dire; dans les deux premiers, il y avait eu
principalement création de séparation ou de distinction: dans celui-ci il y a
deux actes créatifs, l'un de séparation, l'autre de formation. Dans la première
partie de cette période, Dieu tire de l'eau la terre qui subsistait parmi
l'eau. Il fait surgir les continents et les îles; il forme la terre habitable
et tout ce qu'elle contient, Néhémie 9:6. Le Dieu qui a formé la terre et qui
l'a faite, ne l'a point créée pour être une chose vaine (le même mot thohou
rendu par sans forme dans nos versions, Genèse 1:2), mais il l'a créée afin
qu'elle fût habitée, Ésaïe 45:18.
Le neuvième verset de la Genèse indique l'existence
antérieure de cette ancienne mer et de cette ancienne terre, en disant
simplement, non qu'elles furent créées alors, mais que le sec parut, et cette
terre qui, avant de paraître, subsistait déjà parmi l'eau, est la même dont la
création avait été racontée au verset 1. La mer aussi ne fit que changer de
place par le rassemblement en un même bassin des eaux déjà existantes.
La terre au troisième jour n'est point encore éclairée
par le soleil; elle a sa lumière propre dont nous ne connaissons pas bien la
nature, mais qui établit une distinction essentielle entre la terre
photosphérique des trois premiers jours et la terre planétaire des trois derniers.
C'est sous l'action de cette lumière propre que parurent les végétaux pendant
la deuxième partie du troisième jour: alors la terre produisit d'elle-même
premièrement l'herbe, ensuite l'épi, puis le grain tout formé dans l'épi, Marc
4:28. Nous ne savons si ce serait par un souvenir traditionnel de la plus
grande activité créatrice déployée au troisième jour, que les livres zends lui
donnent une durée beaucoup plus longue qu'aux deux premiers.
Jusqu'à une époque très récente, la géologie n'avait
pas découvert de traces des plantes qui furent créées au troisième jour; tous
les végétaux fossiles connus se trouvaient dans des couches placées au-dessus
des terrains de transition où sont incrustés d'innombrables animaux aquatiques,
les premiers êtres vivants qui habitèrent notre terre. (Le système carbonifère
qui comprend les bancs de houille, et dans lequel on trouve des fougères, des
palmiers, des conifères, est placé par-dessus la grauwacke ou système silurien,
qui contient un nombre immense de zoophytes, et de mollusques, des articulés et
des poissons.) M. de Rougemont, surpris de ce manque apparent de coïncidence
entre le livre de la révélation et le livre de la nature, supposa que la nuit
cosmogonique qui avait séparé le troisième du quatrième jour, ou le quatrième
du cinquième, pourrait avoir été accompagnée d'une conflagration de notre globe
qui aurait détruit la végétation primitive dans le temps où la terre devenait
planète. Cette hypothèse, qui coïncide assez bien avec celle qui fait des soirs
cosmogoniques des époques de bouleversement, semblait confirmée par les
découvertes géologiques sur la nature des roches primitives; les granits et les
gneiss qui forment la couche inférieure de la croûte de notre globe, ne sont
pas, comme les schistes et les calcaires, le résultat d'un sédiment boueux
déposé par les eaux, puis durci peu à peu par la pression, la chaleur et
l'évaporation: ils paraissent, au contraire, avoir été formés par le feu dont
ils portent les traces, ou en avoir subi l'action. «Une telle conflagration de
la terre photosphérique pendant que le système solaire était organisé, a
naturellement dû faire disparaître toutes les plantes du troisième jour. Mais
la Genèse ne fait pas mention de cette révolution par le feu, parce que le
point capital de l'œuvre du quatrième jour était la formation du système
solaire. «Toutefois, ajoute notre auteur, je suis le premier a reconnaître
combien sont hypothétiques tous les rapprochements de détail entre la Bible et
la géologie, relatifs aux époques antérieures à l'homme.» (Fragments, p. 111).
Malgré le profond respect que nous éprouvons pour les
lumières et la piété de cet écrivain, nous nous permettons de différer un peu
de ses vues sur ce point; son hypothèse d'une conflagration ne nous paraît pas
nécessaire pour expliquer la disparition de la flore primitive. Nous avons, en
effet, remarqué que dans la création et dans l'histoire de la terre, depuis le
commencement jusqu'au moment où Jésus remettra le royaume à Dieu le Père, 1
Corinthiens 15:24, il y a progrès et développement successif; depuis la terre
entièrement couverte d'eau pendant le chaos, jusqu'à l'entière destruction de
la mer, Apocalypse 21:1, le globe passe par un état intermédiaire, sa surface
étant composée en partie d'eau, en partie de terres sèches. Si donc nous
admettons une marche progressive, interrompue par une succession de
bouleversements (les soirs cosmogoniques), il n'y a rien de contraire à
l'analogie des lois de la création, à supposer que les premiers continents
auront été beaucoup moins étendus que ceux qui existent actuellement: par
conséquent la flore primitive qui a végété sur ces premiers continents,
n'aurait occupé qu'un espace proportionnellement très petit de la surface du
globe, et pourrait se retrouver dans des terrains actuellement submergés. Mais
il y a plus: les géologues n'ont examiné jusqu'à ce jour qu'une bien faible
portion de la superficie de la croûte solide du globe, et de ce qu'on n'a pas
trouvé jusqu'à présent en Europe (la seule partie du monde où l'on ait pu faire
sur les fossiles des recherches un peu générales) des restes des premiers
végétaux, il ne s'ensuit pas qu'on ne puisse le découvrir un jour ailleurs. Il
paraît même qu'on commence à en retrouver les traces, et que les immenses
végétaux fossiles récemment découverts dans le Canada et la baie de Baffin,
doivent avoir crû sous des conditions de chaleur, d'humidité et de lumière, qui
n'étaient point celles où vivent actuellement nos plantes. L'état de la terre,
sortant à peine de l'eau et environnée de sa lumière propre, tel qu'il est
décrit Genèse 1:9-12, explique la croissance de ces plantes d'une manière bien
plus satisfaisante que toutes les autres hypothèses.
Il n'est pas nécessaire non plus de recourir à une
conflagration pour expliquer la formation des roches primitives. Presque tous
les chimistes, les physiciens, les géologues et les géographes modernes,
reconnaissent que la terre doit être composée d'un noyau de métaux et de
métalloïdes en incandescence, entouré d'une croûte des mêmes substances à l'état
d'oxydes diversement combinés entre eux. Le savant Fourier a déterminé les lois
du refroidissement graduel du globe et de sa couche extérieure, et les
expériences nombreuses et intéressantes de M. Cordier (Essai sur la température
de l'intérieur de la terre, dans le Mémoire du Muséum d'histoire naturelle,
1827) sont venues pleinement confirmer la justesse des observations de Fourier
sur l'existence d'un feu ou d'une source de chaleur centrale. Ce système qui
explique et la forme sphéroïdale de la terre, et l'action des volcans, et la
chaleur des eaux thermales, et bien d'autres phénomènes encore, explique aussi
comment la première croûte solide de notre globe (les roches primitives) doit
porter des marques de l'action du feu, comment une température jadis beaucoup
plus élevée, peut avoir donné à la terre une force végétative bien plus
considérable que celle que nous lui connaissons maintenant, et comment enfin
Dieu peut s'être servi des forces naturelles de l'eau réduite à l'état de
vapeur, pour soulever en divers endroits de sa surface une portion de sa croûte
solide sous la forme d'îles et de continents, et les laisser retomber ensuite
au-dessous du niveau des eaux.
Quatrième jour. Ici, comme le remarque M. de
Rougemont, la progression dans la création n'est plus la même; il y a un saut,
une interruption. «De même qu'à la fin du quatrième jour de l'humanité la
lumière divine qui éclairait dès l'origine tous les hommes, se concentra en un
individu, Jésus-Christ, communiqua à l'humanité des forces inconnues, et par la
création de l'Église fit toutes choses nouvelles, ainsi, au quatrième Jour
cosmogonique la lumière diffuse du premier jour se concentra dans le soleil,
dont la chaleur pénétra et transforma la terre devenue planète, et la prépara à
devenir la demeure d'animaux, d'âmes vivantes. Ce fut alors que le système
solaire fut achevé, et que notre terre, en devenant planète, reçut aussi son
satellite.» Il semble, en effet, que les grands luminaires des cieux dont il
est parlé versets 14-18, ne sont nommés que dans leurs nouveaux rapports avec
notre planète. Le texte ne dit point que la substance du soleil et de la lune
ait été créée le quatrième jour; mais il donne à entendre que ces corps
célestes furent alors chargés de remplir à l'égard de notre globe des fonctions
importantes pour ses futurs habitants, de luire sur la terre, pour dominer sur
le jour et sur la nuit, etc. Le fait de leur création était déjà implicitement
contenu dans le verset 1. Il est aussi fait ici mention des étoiles, 1:16, mais
en deux mots seulement: Veeth haccochabim, presque en façon de parenthèse, et
comme pour indiquer qu'elles avaient été formées par la même toute-puissance
qui avait ordonné au soleil et à la lune de luire sur notre terre. En passant
si légèrement sur la création de ces innombrables corps célestes qui brillent
dans l'espace, et dont la plupart sont probablement des soleils, centres
d'autres systèmes planétaires, tandis qu'il place la lune, ce petit satellite
de notre terre, comme tenant le second rang après la soleil, l'écrivain sacré
nous montre clairement qu'il n'a point voulu nous donner une leçon
d'astronomie, et qu'il ne parle ici des astres que dans leurs rapports
immédiats avec notre terre et ses habitants, et non point eu égard à leur
importance relative dans le vaste système de l'univers. Il semble impossible de
comprendre les étoiles dans le nombre des luminaires que Dieu plaça dans les
cieux pour luire sur la terre, 1:17, et pour dominer sur le jour et la nuit;
car la plus grande partie des étoiles fixes n'est visible qu'à l'aide d'un
télescope, et celles que nous pouvons discerner à l'œil nu ne donnent qu'une
bien faible lumière en proportion de leur grosseur et de leur multitude
(Buckland's I, p. 27). Il nous paraît donc que le sens des versets 17 et 18
doit être restreint aux deux corps célestes, qui sont en réalité les grands
luminaires de la terre. Leur office, en tant que servant à nous éclairer et à
mesurer pour nous les temps et les saisons, doit durer autant que notre terre,
Genèse 8:22; et de même que l'arc-en-ciel fut donné à Noé comme un signe de
l'alliance que Dieu traita avec lui et avec toute chair, avec promesse de ne
plus envoyer de déluge sur la terre, et de ne plus faire périr par les eaux
tout ce qui a en soi respiration de vie, ainsi les grands luminaires des cieux
sont proposés aux fidèles comme signes de l'alliance que Dieu a traitée avec
David, en promettant que de sa postérité sortirait le soleil de justice, le
Messie qui sauverait de la mort seconde les âmes de tous ceux qui croiraient en
lui; cf. Jérémie 33:20-21. Cela ne signifie pas cependant qu'ils doivent durer
à toujours, car lorsque le Messie, fils de David, viendra s'asseoir sur son
trône et régner sur son peuple, la chose promise étant donnée, ce qui lui
servait de type et de signe sera aboli. La loi s'accomplira jusqu'à ce que le
ciel et la terre passent, Matthieu 5:18; mais lorsque viendra le jour du
courroux de l'Éternel, il fera crouler les cieux, et la terre sera ébranlée de
sa place (peut-être transportée hors de la place qu'elle occupe actuellement
dans le système solaire), Ésaïe 13:13; cf. encore Aggée 2:6; 2 Pierre 3:10;
Apocalypse 6:12-14,21, passim 22:5; Ésaïe 60:19; sq. 65:17; 66:22.
Ces passages remarquables, considérés non dans leur
but moral et prophétique quant à l'humanité et à l'Église en particulier, mais
simplement dans leur rapport avec l'histoire de notre terre, semblent autoriser
la supposition que notre globe, transporté au quatrième jour dans le système
solaire, doit lui être enlevé à la fin de l'économie actuelle, sortir de son
orbite, être soustrait à l'action du soleil et de la lune, et subir alors une
nouvelle révolution par laquelle il atteindra un degré de perfection et de
lumière dont nous ne pouvons nous faire maintenant aucune idée, mais qui sera
en rapport avec les corps glorieux et incorruptibles dont nous serons revêtus à
la résurrection.
La manière dont se suivent les passages relatifs à la
catastrophe qui doit détruire l'ordre actuel, et ceux qui se rapportent à la
destruction finale du globe, ne contribue pas peu à jeter de l'obscurité sur ce
sujet; mais on peut remédier en partie à cette obscurité en faisant attention
aux considérations suivantes.
Dans les prophéties de l'Ancien Testament qui
annoncent la venue du Messie, on voit entremêlées celles qui parlent de ses
types, avec celles qui l'annoncent lui-même paraissant dans l'abaissement et
l'humiliation, et celles qui décrivent le second et glorieux avènement du
Messie, roi d'Israël, entouré de ses milliers d'anges et de tout l'éclat de sa
puissance. Ces prophéties ne sont point rangées chronologiquement, mais elles
se pénètrent et s'entrelacent comme feraient les dessins de plusieurs tableaux
transparents, placés les uns derrière les autres. De même, dans les parties de
l'Écriture qui annoncent le sort futur de notre terre et les révolutions
qu'elle devra subir, on voit aussi entremêlées, sans égard à l'ordre des temps,
des choses qui se rapportent aux événements plus rapprochés, et d'autres qui
parlent de catastrophes plus éloignées; des prédictions relatives au jugement
des nations immédiatement avant la période millénaire, et celles qui se
rapportent au jugement dernier, lors de la consommation de toutes choses; des
prophéties qui décrivent la transformation que subira le globe lors du
millénium, lorsque le bien régnera sur la terre, et celles qui se rapportent à
la destruction finale, à l'annihilation du globe, annoncée Apocalypse 20:11. Si
l'on imite les disciples qui demandaient dans la même phrase les signes de
trois événements bien différents qu'ils paraissaient confondre (la ruine de
Jérusalem, la seconde venue du Christ, et la fin du monde), Matthieu 24:3, l'on
n'obtiendra de la Parole de Dieu qu'une réponse aussi peu intelligible que le
fut alors pour les Apôtres ce que leur dit le Seigneur qui leur parle, dans la
même prophétie, de choses qui se rapportaient à ces trois époques distinctes.
Ainsi, pour interpréter ce qui nous est prophétisé sur les destinées de notre
globe, nous devons aussi distinguer avec soin les divers chefs sous lesquels
nous devons les ranger, et apprendre à reconnaître dans une même prophétie les
parties qui doivent avoir un plus prochain accomplissement et celles qui ont
une portée plus éloignée.
Cinquième jour. C'est en ce jour que les premières
créatures vivantes apparurent sur la terre, et c'est aussi à cette époque de la
création seulement que l'on trouve des faits géologiques nombreux et détaillés,
qui concordent avec l'interprétation proposée des jours cosmogoniques de la
Genèse.
Nous ferons remarquer que la division biblique des
animaux, lors de la création, est très différente de la classification des
sciences modernes. Dans la Genèse, les animaux sont distingués d'après les
milieux dans lesquels ils vivent, ou plutôt d'après les substances sur
lesquelles doivent s'exercer leurs forces locomotrices, en aquatiques,
atmosphériques, et terrestres. Les aquatiques comprennent les types des quatre
grands embranchements, et la géologie retrouve aussi des vertébrés, des
mollusques, des articulés et des zoophytes existant simultanément dans les
couches fossilifères les plus anciennes. Plusieurs cosmogonies païennes qui
entreprennent de raconter l'ordre de la création, font naître les oiseaux et
les poissons dans deux jours différents; mais les naturalistes, après avoir
pendant longtemps partagé cette opinion, ont enfin constaté entre ces deux
classes d'animaux des rapports intimes que rien n'indique à l'œil, mais qui se
révèlent dans leur anatomie, et jusque dans la forme microscopique dos globules
de leur sang. Il y a peu d'années encore que les plus anciens oiseaux ne
remontaient qu'aux terrains tertiaires, et les géologues faisaient observer
combien il était rationnel que les oiseaux à sang chaud apparussent en même
temps que les mammifères à sang chaud. La géologie contredisait alors la Bible,
qui place les oiseaux, non au sixième jour avec les quadrupèdes, mais au
cinquième avec les poissons.
La contradiction était palpable, insoluble; mais
depuis lors, on a retrouvé des races d'oiseaux, des empreintes de pattes
d'échassiers, dans le grès bigarré, près de ces terrains de transition où la
vie commence par des êtres aquatiques. Ainsi les oiseaux à sang chaud ont été
créés à une époque ou les géologues a priori ne les auraient jamais fait
remonter; à une époque où il n'y avait pas trace de mammifères terrestres, et
où les animaux aquatiques prédominaient encore en plein. Or, comment Moïse
a-t-il encore ici deviné si juste? — (Rougemont, Fragments, p. 114).
Sixième jour. Ce jour contient aussi deux parties comme
le troisième et le cinquième; les quadrupèdes et les animaux terrestres
apparurent sur les continents et les îles qui étaient sortis de dessous l'eau
au troisième; «et de même que la seconde création du troisième jour (les
végétaux) avait été la plus parfaite de la terre photosphérique, ainsi la
seconde création du sixième jour (l'homme) fut la plus parfaite de la terre
planétaire.»
Il est probable que Dieu ne créa alors comme pour le
cinquième jour que les types ou genres (nommés espèces dans la Bible), et que
ce que nous appelons maintenant sous-genres, espèces, variétés dans les
animaux, se sont manifestés plus tard par l'action de causes naturelles
subséquentes, ou de dispositions chez des individus qui se sont développées
ensuite et propagées dans la postérité de ces mêmes individus. (On trouvera des
exemples remarquables de l'action de ces causes dans l'ouvrage de M. Laurence,
Lectures on Physiology, Zoology and the natural History of Man, en particulier,
p. 448 à 451, sur la propagation d'une race d'hommes porcs-épics. — Voir: aussi
Lectures on the connexion between science and revealed Religion, by Dr Wiseman.
Lect. III et IV). Il n'est pas dit si Dieu fit simultanément plusieurs animaux
ou paires d'animaux de chaque espèce, mais comme une seule famille humaine
devait suffire pour peupler toute la terre, ainsi une seule paire de chaque
espèce d'animaux peut bien avoir aussi suffi pour remplir les bois, les
campagnes, et tous les espaces habitables, dans les eaux et sous les cieux. Il
n'y a donc rien de difficile à comprendre dans la revue que fit Adam de tous
les animaux, lorsqu'il leur donna leurs noms; et lors même qu'il y aurait eu un
grand nombre de paires de chaque espèce, il n'est point dit que Dieu les fit
toutes comparaître devant le premier homme; tel ne paraît pas du moins devoir
être le sens du mot tout animal, Genèse 2:19.
Un caractère remarquable de cette époque, c'est
l'absence de férocité; les animaux étaient herbivores, au moins ceux qui
vivaient sur la terre et dans les airs, car il n'est point parlé des
aquatiques, 1:30, et cela a fait supposer que les eaux seules, et peut-être
leurs rivages étaient habités en partie par des carnivores. L'expérience a
prouvé qu'il est possible, même de nos jours, de nourrir de végétaux les animaux
les plus carnassiers de leur nature, comme par exemple le lion; par conséquent
ce fait peut avoir eu lieu d'une manière beaucoup plus générale lors de la
création. C'est en vain qu'on objecterait le peu de probabilité que des animaux
carnassiers se soient contentés avant la chute de l'homme de manger de l'herbe
et des fruits; c'est en vain qu'on prouverait par la conformation des
mâchoires, des dents, des griffes, de tous les muscles et de toute la charpente
osseuse, qu'ils étaient faits pour saisir une proie et pour la déchirer de
leurs dents ou de leurs becs crochus: si tels étaient leurs appétits naturels,
il n'était cependant pas plus difficile au Créateur de les restreindre en Éden,
que d'empêcher à Babylone les lions affamés de Nébucadnetsar de suivre leurs
féroces penchants, de mettre en pièces Daniel et de le dévorer. La géologie
d'ailleurs nous montre dans les terrains de l'époque myo-cène, un nombre
proportionnellement très grand des pachydermes et des ruminants; c'est
probablement pendant cette époque géologique que fut créé le premier homme
(Rougemont, Fragments, etc.).
Ici vient une pause dans le récit de l'historien
sacré. Après avoir décrit la manière dont Dieu a peu à peu préparé cette terre,
après l'avoir montrée graduellement revêtue d'un tapis de verdure et de fleurs,
couverte de riches ombrages et d'arbres chargés de fruits, animée par les
chants des oiseaux qui célèbrent dans les airs la gloire de leur Créateur;
après avoir décrit ces milliers de créatures vivantes, se mouvant dans les eaux
et sur la terre, jouissant de leur nouvelle existence et de la lumière du
soleil, il nous dit que le Créateur de toutes ces merveilles s'arrêta pour
contempler son ouvrage et pour le bénir: et Dieu vit que tout cela était bon.
L'œuvre de la création n'était cependant pas encore complète; mais avant de
placer dans cette magnifique demeure celui qui devait en avoir la souveraineté,
le Tout-Puissant semble se consulter lui-même, comme pour une chose plus
importante, et pour une création d'un ordre plus relevé que toutes les autres
choses qu'il avait créées pour être faites. Puis Dieu dit: Faisons l'homme à
notre image et à notre ressemblance, et qu'il domine sur les poissons de la
mer, sur les oiseaux des cieux, sur les animaux domestiques et sur toute la terre,
et sur tout reptile qui rampe sur la terre.
— Jusqu'à présent, le texte hébreu a toujours désigné
la terre par le mot érets; mais dans le verset 25, où il est parlé des reptiles
de la terre, Moïse se sert du mot adamah, qui signifie terre, en tant que sol,
et surtout sol rouge, quoiqu'il soit aussi pris dans une signification plus
étendue; et c'est dans le verset suivant qu'il dit: Faisons Adam (l'homme) à
notre image, Adam étant mis ici comme nom générique de l'espèce humaine; on
dirait que, par ce changement d'expression, l'auteur sacré cherche à faire
mieux ressortir l'origine à la fois terrestre et céleste de cette nouvelle
créature, rattachant à ce nom symbolique l'idée de sa faiblesse naturelle et de
sa haute vocation, cf. 2 Corinthiens 4:7.
Ajoutons encore ici que ce nom d'Adam semble indiquer
que la couleur primitive de la race humaine aurait été le rouge, comme on le
retrouve encore chez les races indigènes de l'Amérique; la tradition des Juifs,
des Américains et des habitants des îles de la mer du Sud a conservé le même
souvenir.
L'homme n'ayant
trouvé parmi les êtres vivants aucun être qui lui fût semblable, Dieu lit
tomber sur lui un profond sommeil, prit une de ses côtes, en forma une femme,
et la présenta à Adam à son réveil, 2:18-22. Ce récit doit être comprit
figurativement comme étant le réveil de l’homme à la conscience de sa nature
humaine faible et fragile qui devait dépendre entièrement de Dieu pour son
existence. Cette prise de conscience l’agita et l’irrita au point qu’il se
rebella contre Dieu et fut chassé de la grâce divine de laquelle il fut déchu.
On a quelquefois prétendu que les ressemblances
frappantes qui se rencontrent dans les cosmogonies des différents peuples,
ainsi que dans celles de leurs traditions qui se rapportent à l'origine du
genre humain, ne pouvaient provenir que de la similarité de l'esprit humain
dans tous les pays, similarité qui, à l'égard de certaines choses, devait
nécessairement conduire partout à un même résultat. Cette théorie est assez
vraie pour tout ce qui est du ressort de la réflexion et de la méditation; mais
quand les traditions ne peuvent s'expliquer, ni par le raisonnement, ni par
l'expérience, il est clair qu'elles doivent provenir d'une même source, et
qu'elles nous indiquent une commune origine pour les peuples chez qui elles
sont nationales. Qu'y a-t-il, par exemple, dans la forme de la femme, qui ait
jamais pu donner l'idée qu'elle ait été primitivement tirée de l'homme et
formée d'un de ses os? Or, cette tradition se retrouve chez les peuples les
plus éloignés et sans communication les uns avec les autres. En Chine, la femme
du premier homme est «la fille de la côte d'Occident», et son nom signifie «la
grande aïeule qui entraîne au mal.» Les Groënlandais disent que la première
femme fut formée du pouce de l'homme. Les Indiens de l'Essequebo prétendent
qu'après que le Grand-Esprit eut créé tous les animaux, il finit par former un
homme qui tomba bientôt dans un profond sommeil; le Grand-Esprit l'ayant
touché, il se réveilla et vit à ses côtés une femme. Chez les Indiens, Il est
question d'un premier homme, Viradj, créé sans femme; puis regardant autour de
lui, se voyant seul, il se plaint de sa solitude, il se divise lui-même en mâle
et femelle et donne naissance à toute la race humaine. Chez les habitants de la
Nouvelle Zélande, le mot Iwi (Ève) signifie os, et la première femme a été
formée, selon eux, du corps de l'homme et dune de ses côtes. À Tahiti, le Dieu
créateur, après avoir fait le monde, forma l'homme avec de la terre rouge: un jour
il plongea l'homme dans un profond sommeil et en tira un os (Ivi, ioui) dont il
fit la femme (Rougemont, p. 56).
Mais si les païens eux-mêmes ont conservé d'une
manière si admirable, à travers cinquante-huit siècles, l'histoire de ce
sommeil mystérieux d'Adam, ce n'est qu'à l'Église chrétienne que le sens moral
et symbolique de cet événement a été révélé.
Dans ce premier Adam encore sans péché, nous voyons le
type de ce deuxième Adam qui a été fait semblable à nous en toutes choses, sans
péché (grec), Hébreux 2:17; 4:15. Ce sommeil, ce côté entr'ouvert, cette épouse
qui en est Urée, nous sont des emblèmes de la mort de Christ et de son côté
percé, de cette mort qui donne naissance à son Église, de cette «Église qu'il
s'est acquise par son sang» pour en faire son épouse bien-aimée, Actes 20:28.
Ce n'est qu'après la mort de Jésus, que les disciples commencèrent à se
rassembler en son nom sans lui, mais la nouvelle Église fut cachée et n'exista
pour ainsi dire qu'en germe et sans développement, jusqu'à la Pentecôte,
— Voir: encore 1 Corinthiens 11:8-9; Éphésiens
5:23-32. Si, confondus par la force de ces images, nous avons peine à croire à
une telle condescendance de notre Dieu; si, considérant nos faiblesses et nos
misères, il nous semble impossible que l'Église puisse être l'objet d'un tel
amour, et que nous soyons portés à demander, comme Nicodème: Comment cela
peut-il se faire? Dieu nous répond par ces glorieuses promesses: «Christ s'est
livré pour son Église, afin qu'il la sanctifiât après l'avoir nettoyée en la
lavant d'eau et par sa parole, pour la faire paraître devant lui une église
glorieuse, n'ayant ni tache, ni ride, ni rien de semblable, mais étant sainte
et irrépréhensible», Éphésiens 5:25-27; Colossiens 1:18,22; cf. 1 Corinthiens
1:30.
Après que l'homme eut été formé, la création fut
terminée; le temps naturel commença, et les secousses, ou nuits cosmogoniques,
cessèrent; aussi ne voyons-nous pas que la Bible en fasse plus mention; il
n'est plus dit «ainsi fut le soir, ainsi fut le matin, ce fut le septième
jour», parce qu'entre le sixième et le septième il n'y eut qu'une nuit
naturelle de douze heures, et c'est probablement pendant cette nuit et le
sommeil d'Adam, sur la dernière heure du sixième jour, qu'Ève fut formée, car
il est dit, 2:2: que «Dieu eut achevé au septième jour toute l'œuvre qu'il
avait faite.»
Septième jour. Ce fut au septième jour que Dieu se
reposa de toute l'œuvre qu'il avait créée pour être faite; il semble donc que
nous devrions terminer ici le récit de la création, mais comme ce premier
sabbat appartient encore à l'histoire de la première semaine du monde, nous
croyons devoir ajouter encore quelques réflexions, sans lesquelles l'histoire
de cette semaine de création serait incomplète.
Nous avons vu que les six jours précédents étaient,
non des espaces de temps de vingt-quatre heures, mais de longues époques; le
septième aurait donc dû leur être proportionné. Lorsqu'il commença, Dieu
n'avait point dit: «Tu travailleras six jours; tu mangeras ton pain à la sueur
de ton visage, tu retourneras en la terre d'où tu as été tiré.» L'homme avait
été placé dans le jardin d'Éden pour le soigner et le garder: non pour bêcher
péniblement la terre et lui faire produire à force de sueurs les céréales et
les autres graines dont il fut condamné à faire sa nourriture après la chute,
3:18-19; cf. 1:29-30, mais pour se nourrir sans peine des fruits de «tout arbre
désirable à la vue et bon à manger» que l'Éternel avait fait germer dans le
jardin. C'était là le repos sans oisiveté des enfants de Dieu sur cette terre,
et il est probable qu'il aurait duré un temps plus ou moins long, mille ans
peut-être, après lequel ils auraient été recueillis auprès de Dieu, comme
Hénoc, sans passer par la mort, sans que leur corps fut obligé de retourner
dans la poudre.
La durée de la vie humaine avant le déluge était de
près de mille ans, et nous avons lieu de croire que c'est à cause du péché
qu'elle fut abrégée. Selon la tradition juive, égyptienne, persane, assyrienne
et indienne, qui fait des jours de la création des espaces de mille ans, nous
aurions du nous attendre à voir le jour de l'homme créé à l'image de Dieu, le
septième jour, durer aussi mille ans, et se terminer par sa translation dans le
ciel; mais de même que les soirs cosmogoniques avaient bouleversé l'ordre
établi par Dieu dans la création matérielle, ainsi le péché vint renverser
l'ordre moral et physique dans cette nouvelle créature de Dieu, et par suite
dans le reste de la création. La terre, de très bonne qu'elle était, devint
maudite à cause de l'homme, 3:17. Le jour du repos, au lieu de durer mille ans,
fut changé en un temps de peine et de fatigue, où il ne resta plus que des
sabbats hebdomadaires de vingt-quatre heures, monument remarquable et aussi
ancien que la race humaine, conservé pour lui rappeler sa destination
primitive, et le but auquel elle doit tendre, sa chute et la miséricorde de
Dieu, qui ne l'a point entièrement rejetée; moyen de grâce pour les générations
futures, et image, pour ceux qui ont appris à en faire leurs délices, du
bonheur saint et pur que l'Éternel réserve à ses enfants. Ce sabbat primitif se
trouvant ainsi réduit à vingt-quatre heures, devint pour le monde le
commencement d'une nouvelle semaine millénaire; suivant les traditions
mentionnées plus haut, il devrait aussi s'écouler six mille ans depuis Adam
jusqu'à la fin de l'économie actuelle. Le sabbat de cette nouvelle semaine
serait alors l'époque glorieuse du millénium, de quelque manière qu'on
l'entende; puis, au lieu de la mort naturelle de l'homme, fruit de la chute et
du péché, viendrait au bout d'un peu de temps, Apocalypse 20:3,7, la
destruction de la mort elle-même, ce dernier ennemi de l'homme, 1 Corinthiens
15:26; Apocalypse 21:4.
Ceci n'est, à la vérité, qu'une hypothèse; cependant
nous croyons pouvoir en trouver une confirmation, Hébreux 3, et 4; en
commentant le sens du Psaumes 95:11, l'apôtre nous montre que la menace de Dieu
aux Israélites, de les exclure de son repos, menace oui avait trait à la Canaan
terrestre, se rapportait aussi, et dans un sens plus élevé, à la Canaan
céleste, après laquelle doivent soupirer les enfants de Dieu; puis il rattache
cette même idée au premier sabbat, 4:3-4, et montre, verset 6, que ceux à qui
ce premier sabbat avait été «premièrement annoncé» n'y purent entrer «à cause
de leur incrédulité», Adam et Ève ayant ajouté foi aux paroles du serpent dans leur conscience plutôt qu'à l'ordre
positif de Dieu. Ce premier sabbat tel que Dieu le leur destinait n'exista donc
pas pour eux, ils n'y entrèrent pas. C'est pourquoi Dieu «détermine de nouveau
un certain jour de repos», versets 7 et 9. Le premier sabbat millénaire ayant
été abrégé, Dieu en prépare un autre pour son peuple, lorsque l'Éternel régnera
en Sion et que le Roi de paix entrera dans son royaume, Ésaïe 32:17-18.
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CRÈCHE.
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L'humble et premier berceau du Fils de Dieu qui s'est
fait fils de l'homme, Luc 2:7. Si l'étable dans laquelle naquit notre Sauveur,
était en effet pratiquée dans le roc, ainsi que le disent la plupart des
anciens pères, il est possible que la crèche ait aussi été taillée dans les
flancs de la caverne, mais on peut croire qu'une auge de bois la garnissait
intérieurement, et que c'est dans cette auge que Jésus fut placé. D'autres
prétendent que cette crèche était de terre, et qu'elle fut remplacée par une
crèche d'argent. Même observation ici que sur la couronne d'épines, il suffit
d'aller voir sur les lieux; cette crèche miraculeuse se trouve à Rome dans
l'église Santa-Maria Maggiora; elle est de bois. Est-elle authentique, c'est
une autre question: on ne risque rien de la mettre avec les saints langes que
l'on montre à Saint Paul, quoiqu'il y en ait aussi quelques fragments en
Espagne; avec le saint berceau et la sainte chemise que l'on montre en la même
ville de Rome, tous menus fatras dont les pères ne disent mot. Bien sûr est-il
que si ces objets étaient à Jérusalem lorsque cette ville fut détruite, ils
furent détruits avec elle; que s'ils n'y étaient plus, et qu'ils fussent déjà à
Rome, il n'en est toutefois point encore question du temps de saint Grégoire, à
la fin du sixième siècle, et dès lors cette ville a été mainte et mainte fois
prise, pillée et saccagée. «Il n'y a nul de si petit jugement qui ne voie la
folie.» Calvin.
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CRESCENS,
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2 Timothée 4:10. Disciple inconnu, qui quitta Paul
vers la fin de sa dernière captivité pour se rendre en Galatie, tandis que Tite
passait en Dalmatie. Les traditions le font les unes évêque de Mayence, les
autres évêques de Vienne en Dauphiné; plusieurs s'accordent à dire qu'il a
évangélisé les Gaules, mais rien n'est plus incertain que tout cela. Les uns en
font encore un affranchi de Néron, d'autres un des septante disciples; la
première supposition serait plus probable à cause du nom latin de ces
évangélistes.
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CRÈTE.
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Menteur, mensonge…
personne portée à l’exagération…
Cette île mentionnée dans l'Ancien Testament sous le
nom de Caphtorim, est désignée plusieurs fois dans le Nouveau sous le nom de
Crète. Homère l'appelle l'île aux cent villes, ce qui peut nous donner une idée
de sa prodigieuse population dans cette époque reculée: Horace et Virgile en
parlent dans le même sens. Elle est au sud de l'Archipel, dans la mer
Méditerranée; sa longueur est d'environ 265 kilomètres, sa plus grande largeur
de 57. C'est, après la Sicile, la plus belle des îles de la Méditerranée; elle
est traversée par une chaîne de montagnes, dont la cime la plus élevée, le
Psiloriti, l'Ida des anciens, a plus de 2,000 mètres de hauteur. Quoique
montueuse, elle est fertile, surtout en vins excellents, en miel, en huile et
en blé.
(La Crète, civilisation
fondée par les Caphtorims (Gen. 10:14), un peuple de géants, fut l'endroit de
l'ancien Continent d'Atlantide. Nous avons certains indices d'un ancien empire
d'une race de géants qui était situé sur un vaste continent qui existait dans
la Méditerranée en ce temps. Selon Paul Ulrich (Les Grands Énigmes des Trésors
Perdus), cet ancien empire fut fondé par une déesse dont le nom égyptien est
Neith, mais en Grec Athéna. Celle-ci devint connue en Égypte comme Isis, la
femme d'Osiris; et en Inde comme Sati, la femme de Shiva. Or selon les
recherches minutieuses de Hislop, les noms de Athéna, Sati, et Isis, se
rapportent directement à Séminaris, la femme de Nemrod. C'est ici que nous
trouvons l'ancien continent légendaire de l'Atlantide. Ceci est confirmé d'avantage
par le nom du premier roi d'Atlantide qui fut Atlas, et qui selon Hislop fut
nul autre que Nemrod. Ce continent perdu avait pour capitale la ville de
Poséidon qui fut une matérialisation terrestre du Jardin d'Éden. Dans les
dialogues de Platon, "le Timée et le Critias", la race qui occupait
ce continent fut considéré la meilleure et la plus belle parmi les hommes. Il
nous est dit que Poséidon, le dieu de la mer ou Nemrod, fortifia l'île et
l'isola en cercle. Ainsi Nemrod fut déifié comme Melkart, roi de la cité
fortifié, et devint le dieu des Tyriens. Il embellit l'île d'Atlantide et fit
jaillir d'elle deux sources d'eaux, l'une chaude et l'autre froide; et fit
pousser sur la terre des plantes nourricières de toute sorte. Il engendra et
éleva cinq générations d'enfants mâles et jumeaux et divisa l'île d'Atlantide
en dix parties. Platon nous dit que les rois avaient des richesses en telle
abondance que jamais sans doute avant eux nulle maison royale n'en posséda de
semblables et que nulle n'en possédera aisément de telles à l'avenir. Mais
après la splendeur, la décadence, nous dit Ulrich, citant 'Platon: «Pendant de
nombreuses générations, les rois écoutèrent les lois et demeurèrent attachés au
principe divin auquel ils étaient apparentés... mais quand l'élément divin vint
à diminuer en eux... ils tombèrent dans l'indécence» et l'Atlantide sombra sous
les eaux du jugement de Dieu.)
— Voir: Actes 27:12-13,21.
Le promontoire de Salmone, Actes 27:7, était à
l'orient, vis à vis de Gnide. Les villes principales étaient Gnossus
(aujourd'hui Énadieh), où se trouvait le fameux labyrinthe: elle avait 30
stades de tour; puis Lasée, Actes 27:8, qui n'est nulle part citée par les
anciens géographes; Phénix, port au sud-ouest, Actes 27:12; Beaux-Ports, qui
porte maintenant encore le nom de Limenes-Kali.
Les Crétois, bons archers du reste, avaient une
réputation incontestée de mensonge, de perfidie, d'égoïsme, d'avarice et de
sensualité, de telle sorte que le verbe crétiser s'appliquait presque également
à tous ces vices différents. Polybe, Tite-Live, Pausanias, Ovide, Xénophon,
tous les auteurs de toutes les époques sont d'accord là-dessus, et saint Paul
cite ce vers d'un de leurs propres poètes (prophètes, Tit. 1, 12): «Les Crétois
sont toujours menteurs, de mauvaises bêtes, des ventres paresseux.» Ce poète,
au dire de saint Jérôme, est Épiménide, qui vivait 600 ans avant l'ère
chrétienne. Selon Chrysostôme et d'autres, ce serait Callimaque, qui dit, en
effet: «Les Crétois sont toujours menteurs.»; mais la citation d'Épiménide est
plus complète et plus ancienne.
Saint Paul qui avait eu l'occasion de visiter la Crète
et d'y annoncer l'Évangile, y laissa Tite son compagnon de voyage, Tite 1:5,
afin qu'il achevât de régler les affaires de l'Église, et qu'il établît des anciens
de ville en ville. L'épître de Paul à cet apôtre est un document intéressant
pour l'histoire de ce pays.
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CRISPE.
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Principal de la synagogue de Corinthe, Actes 18:8. Il
fut converti avec toute sa famille, presque seul entre les Juifs de cette
ville, et fut lui-même l'instrument d'un grand nombre de conversions. Son
histoire nous est du reste inconnue; on dit qu'il fut plus tard évêque de l'île
d'Égine près d'Athènes.
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CRISTAL,
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substance transparente et bien connue, appartenant à
la même famille que le quartz. Le mot grec de cristal, et le nom hébreu de
Kérach, Ézéchiel 1:22, indiquent l'un et l'autre, par leur composition,
l'analogie que les anciens trouvaient entre cette pierre des montagnes et la
glace, à la fois froide, polie et transparente. Le cristal est mentionné dans
l'Écriture en divers passages, où il peut se traduire également par glace,
ainsi que l'ont fait nos versions, Psaumes 147:17; cf. encore Apocalypse 4:6;
22:1.
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CROCODILE.
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L'animal mentionné Lévitique 11:30, entre le hérisson
et le lézard, porte en hébreu le nom de koach. Ce n'est pas le crocodile
véritable, mais peut-être une espèce de grand lézard (un dinosaure), appelé par les Septante crocodile de terre; il vit
également dans l'eau et sur la terre; ses quatre jambes sont courtes et menues,
ainsi que sa queue; ses brillantes écailles, dorées sur le dos, brunes sur les
flancs, argentées sous le ventre, sont petites et bien arrangées; il se nourrit
des plus odorantes fleurs qu'il puisse trouver, ce qui fait estimer extrêmement
sa chair et même ses intestins. On le trouve dans les parages de l'Égypte et
aux Indes.
— D'autres interprètes pensent que c'est le mot hébreu
choled, Lévitique 11:29, qui signifie crocodile de terre: nos versions le
traduisent par belette.
— Quant au crocodile proprement dit, la Bible
l'appelle Léviathan.
Mais cette
interprétation est purement spéculative, le crocodile ne crache pas du feu,
seulement une créature comme le dragon légendaire détient une telle capacité.
Passons-nous de la légende à la réalité, nul ne le sait car évidemment il
s’agit ici d’une créature non connue de l’homme moderne.
— Voir: cet article.
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CROIX, crucifixion.
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Le supplice de la croix fut chez les Romains, jusque sous
le règne de Constantin, l'infamante et cruelle peine des condamnés à mort, des
esclaves, des criminels, des brigands, des émeutiers. Il fut établi en Judée à
l'époque de la domination romaine, et, bien que Flavius Josèphe en cite un
exemple antérieur, il n'y fut légalisé comme peine que dès ce moment. Après
avoir été d'abord fouettés d'étrivières, Matthieu 27:26, ce que l'on
considérait comme plus dur et plus infamant que les verges, les condamnés
devaient porter jusqu'au lieu du supplice la croix à laquelle ils allaient être
attachés, Matthieu 27:32; Jean 19:17. Ce lieu était ordinairement situé hors de
la ville, et près d'une route fréquentée: là on les dépouillait de leurs
vêtements, Matthieu 27:28; Jean 19:23-24, et après leur avoir donné un breuvage
enivrant, cf. Matthieu 27:34, on les élevait sur la croix où des bourreaux
armés de marteaux et de clous leur perçaient les mains, et les attachaient: on
leur clouait aussi quelquefois les pieds, quoique ce ne fût pas général, et
tantôt ensemble, tantôt séparément. Quelques auteurs pensent que pour empêcher
le corps de s'affaisser sous sa pesanteur, on plaçait une espèce de marche-pied
sous les pieds du patient, mais l'on ne voit aucune trace de cet usage dans les
descriptions que les plus anciens auteurs nous ont données de la croix; en
revanche, ils nous parlent d'une sorte de chevalet ou grosse cheville fichée au
milieu de la croix et sur laquelle le malheureux se tenait comme à cheval.
— Cet affreux supplice était aussi long qu'il était
cruel; aucun organe important n'était attaqué; le sang ne coulait pas avec
abondance, et la douleur partant des extrémités ne devait parvenir au centre
que lentement, par degrés, mais toujours en augmentant. On peut croire que la
posture peu naturelle et toujours la même du crucifié n'était pas un de ses
moindres supplices; un sang enflammé se portant à la tête et à la poitrine, et
produisant de vives douleurs et de vives angoisses, l'excitation des muscles et
des nerfs, puis peu à peu le tétanos, voilà ce que l'on peut supposer et dire
sur un supplice que l'on ne connaît plus maintenant que par ouï-dire; mais en
décrire l'horreur comme on la sent, c'est impossible. Ce n'était ordinairement
qu'au troisième jour que le malheureux expirait, et même on en a vu, doués
d'une forte constitution, surmonter les douleurs de la croix, et ne mourir que
de faim sur l'instrument de leur supplice. Chez les Juifs cependant, le
supplice était abrégé par les lois toujours humanisantes de cette législation:
le crucifié devait être enseveli le soir même du jour où il avait été pendu au
bois, Deutéronome 21:23; c'est à cause de cela, et pour hâter la mort des
condamnés, qu'on leur brisait les os avant le coucher du soleil, Jean 19:31-32,
cf. Josué 8:29. Les anciens laissaient les cadavres sur la croix, exposés aux
appétits des oiseaux de proie, et à toutes les intempéries d'un climat qui ne
tardait pas à les décomposer et à en infecter l'air. Il n'y a guère qu'un
demi-siècle que le même usage subsistait encore en Angleterre et dans quelques
parties de l'Allemagne, et même afin que les parents ne vinssent pas enlever
les corps de leurs proches, on plaçait des gardes autour de la croix. Les
Juifs, au contraire, soit dans un intérêt hygiénique, soit surtout par respect
pour la dignité humaine, ensevelissaient immédiatement leurs condamnés,
Matthieu 27:60, mais ils ne leur accordaient le privilège de reposer dans les
sépulcres de leurs familles, que lorsque leurs chairs avaient été déjà
consumées dans les sépulcres publics; c'est pour épargner à Jésus ce dernier
déshonneur que Joseph d'Arimathée demanda la permission de l'ensevelir dans un
sépulcre neuf de sa possession.
La crucifixion était un supplice bien connu des
anciens; on en trouve des traces chez les Égyptiens, Genèse 40:19, chez les
Perses, Esther 7:10; Esdras 6:11, et chez les Juifs, Nombres 25:4; Josué 8:29;
2 Samuel 21:6. Les Grecs, les Carthaginois et les Romains nous en fournissent
aussi des exemples nombreux. Flavius Josèphe raconte qu'Alexandre roi des
Juifs, ayant fait crucifier huit cents de ses sujets rebelles, ordonna, par
surcroît de cruauté, que l'on mît à mort au pied de leur croix, sous leurs
yeux, et pendant qu'ils respiraient encore, leurs femmes et leurs enfants.
Il y avait des croix de différentes formes: c'étaient
toujours deux pièces de bois croisées l'une sur l'autre, mais quelquefois comme
un X, quelquefois comme un T, le plus fréquemment dans la forme la plus connue,
celle que l'on donne aux crucifix et que l'on trouve sur presque toutes les
gravures †. C'est cette dernière forme que les anciens monuments et les
médailles du temps de Constantin donnent à la croix sur laquelle fut glorifié
le Sauveur des hommes. Saint Jérôme la compare à un oiseau qui vole, à un homme
qui nage ou qui prie ayant les mains étendues horizontalement. Outre le tronc
et les bras, elle avait donc une pièce qui était le prolongement du tronc, et
qui s'élevait derrière la tête du crucifié; c'est à cette pièce que fut attaché
l'écriteau de Pilate: «Jésus, de Nazareth, roi des Juifs.» La croix avait,
dit-on, 15 pieds de hauteur, et 7 ou 8 d'envergure; mais l'on n'en sait rien.
Voici maintenant quelques petites fables qui ont été
inventées par une partie de l'église romaine, et qui sont désavouées par
l'autre. Seth, le troisième fils d'Adam, ayant obtenu de l'ange qui gardait le
paradis terrestre trois graines de l'arbre de vie, les planta sur le tombeau de
son père; il en sortit trois petites verges qui se joignirent, s'élevèrent en
arbre, survécurent au déluge, furent abattues sous le règne de Salomon, et
firent une poutre dans la maison du Liban. La reine de Séba y étant entrée,
remarqua cette poutre, et annonça qu'elle servirait au supplice d'un homme qui
détruirait le royaume d'Israël. Pour détourner l'oracle, Salomon fit enterrer
cette poutre à l'endroit du lavoir de Béthesda (au lieu de la brûler!) Elle y
fut découverte, quelque temps avant la passion du Sauveur, et servit à faire la
croix.
Autre fable. On dit qu'elle était faite de quatre bois
différents, de cyprès, de cèdre, d'olivier et de buis; selon saint Bernard, les
bras en étaient de palmier, le cyprès en formait la base, le cèdre la hauteur,
et l'olivier le chapiteau.
— D'autres disent tout simplement qu'elle était de
chêne.
Autres fables et fraudes pieuses. On dit que sainte
Hélène, mère de Constantin, trouva la vraie croix et en envoya une partie en
présent à son fils, qui la mit à Constantinople sur une colonne de porphyre;
l'autre partie, elle la renferma dans un étui d'argent, et la donna en garde à
l'évêque de Jérusalem. «Or, avisons d'autre part, ajoute Calvin, combien il y
en a de pièces par tout le monde. Si je voulais réciter seulement ce que j'en
pourrais dire, il y aurait un rôle pour remplir un livre entier. Il n'y a si
petite ville où il n'y en ait, non seulement en église cathédrale, mais en
quelques paroisses. Pareillement il n'y a si méchante abbaye où l'on n'en
montre. Et en quelques lieux, il y en a de bien gros éclats: comme à la Sainte
Chapelle de Paris, et à Poitiers et à Rome, où il y a un crucifix assez grand
qui en est fait, comme l'on dit. Bref, si on voulait ramasser tout ce qui s'en
est trouvé, il y en aurait la charge d'un bon gros bateau. L'Évangile testifie
que la croix pouvait être portée d'un homme; quelle audace donc a-ce été de
remplir la terre de pièces de bois en telle quantité, que trois cents hommes ne
les sauraient porter! Et de fait, ils ont forgé cette excuse que, quelque chose
qu'on en coupe, jamais elle n'en décroît. Mais c'est une bourde si sotte et
lourde, que même les superstitieux la connaissent.»
— Quant à l'écriteau, on le montre à Rome et à
Toulouse.
Tout chrétien doit être affligé de voir ainsi profaner
le sang de l'alliance, et faire un pareil trafic de choses saintes. On a tout
voulu convertir en musée, en curiosités, en marchandises, et devant la croix on
fait oublier aux pécheurs le salut de la croix; la lettre tue l'esprit, et l'on
ensevelit la pensée sous la forme. Nous ne blâmerons point ici la profusion des
croix que l'on trouve dans les pays catholiques à tous les embranchements de
routes, sur tant de maisons, dans tant de chambres: nous nous rappelons même
avec émotion l'effet que produisit sur nous, il y a quelques années, la vue
d'une croix que nous trouvâmes au bord d'un chemin, dans le voisinage
d'Orléans, et sur laquelle étaient écrites ces paroles, pauvres de poésie, mais
riches de sens et de piété:
Passant, devant la croix de ton Sauveur,
Pense qu'il est mort pour toi, pécheur.
Nous reconnaissons que plus d'une fois, assistant à de
malheureuses messes et à de malheureux prônes, gémissant sur l'idolâtrie des
prêtres aveugles que nous entendions, et des brebis égarées qui
s'agenouillaient à certains signaux, nous nous consolions en regardant une
croix qui s'élevait sur l'autel, et qui semblait protester contre tout cet
appareil de superstitions et de séductions. C'est avec une double sympathie,
mais avec les mêmes restrictions, que nous nous associons à ces paroles d'un
théologien de la langue française: «Aussi longtemps que nous ne pouvons,
chrétiens plus éclairés, pénétrer jusque dans le dernier hameau et dans la
dernière chaumière des contrées qui professent la foi, pour y prêcher
l'Évangile en esprit et en vérité, bénissons Dieu de ce qu'il s'y trouve encore
quelques hommes qui appliquent sur la bouche de chaque mourant un crucifix...
Si, pour plusieurs, des cérémonies de ce genre ne sont que des amulettes,
également ces peuples en auraient eu d'autres, et d'autres plus mauvaises; et
pour plusieurs, aussi, ce sera la prédication de la vie.» (A. Bost, Recherches
sur la constitution, et sur les formes de l'Église chrétienne, p. 85)
— Mais il n'en reste pas moins vrai que ces croix
sont, avec les autres symboles et reliques de l'Église de Rome, le pis dans le
bien; que partout où l'on peut avoir mieux elles sont un piège et un mal;
qu'elles tendent à ramener Christ sur la terre, et à ôter à la vérité sa vie et
son esprit; qu'elles matérialisent la religion pure de la nouvelle alliance;
qu'elles paralysent les efforts vers la sainteté; qu'elles entravent les
progrès de l'Esprit; qu'elles retiennent les fidèles dans l'enfance, et que
souvent elles les repoussent dans les ténèbres de l'ignorance et de la
superstition.
Comme le chrétien doit suivre sur la terre les traces
de son divin modèle, Jésus dit souvent que celui qui veut être son disciple
doit porter sa croix après lui, Matthieu 10:38; paroles qui sont expliquées
ailleurs par celles-ci, que tous ceux qui voudront vivre selon la piété
souffriront persécution, 2 Timothée 3:12. Saint Paul nous dit encore qu'il est
crucifié avec Christ, Galates 2:20; qu'il ne se glorifie qu'en la croix du
Seigneur, par laquelle le monde lui est crucifié, et lui au monde, 6:14; que
ceux qui sont au Christ ont crucifié la chair avec ses affections et ses
convoitises, 5:24; que le vieil homme a été crucifié avec Christ, afin que le
corps du péché soit détruit, Romains 6:6.
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CUB,
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Ézéchiel 30:5, contrée méridionale, nommée à côté de
l'Égypte et du pays de Cus; c'est peut-être la ville de Coba dans la
Mauritanie, ou Cobie dans la Maréotide, ou Cobé en Éthiopie, à moins que l'on
ne veuille lire Nub, auquel cas ce serait la Nubie (favorisé par la traduction
arabe), ou Lud, qui serait la Lydie (une supposition de Hitzig.)
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CUISINE,
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La cuisine orientale, quelque bizarre qu'elle nous
paraisse quelquefois, n'est pas essentiellement différente de la nôtre. Nous en
reparlerons aux articles de détail. Quant à la manière de cuire les mets, voici
pourtant quelques traits particuliers: au lieu de poêle et de fourneaux, on se
contente le plus souvent d'un simple trou pratiqué dans la terre, que l'on
remplit de bois et de fumier sec et très combustible,
— Voir: Chameau.
Au lieu de beurre ou de graisse, on se servait d'huile
chez les Hébreux, en vertu de cette loi générale qui tendait à naturaliser
l'agriculture et à en rendre les produits nécessaires aux habitants de la
Palestine. On peut remarquer aussi l'usage, passablement oriental, de faire
cuire le lait et autres substances liquides, en jetant simplement dans le vase
une pierre rougie au feu. Parmi les ustensiles employés, on remarque le
chaudron ou chaudière, Ézéchiel 11:3,7; Ecclésiaste 7:6 (traduit «potées de
chair» Exode 16:3); le pot, Juges 6:19; une autre espèce de chaudière, Ézéchiel
24:6, plus ronde et plus vaste; une autre encore, Michée 3:3; la marmite, 1
Samuel 2:14, et la fourchette (ibid) pour servir la viande.
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CUISSE.
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On trouve dans la Genèse, 24:2; 47:29, le serment des
anciens patriarches exprimé sous une forme qui doit nous paraître d'autant plus
singulière, que dès lors on n'a plus d'exemples d'une semblable cérémonie.
C'est Abraham qui, envoyant le plus ancien de ses serviteurs chercher une femme
pour son fils, lui dit: Mets ta main sous ma cuisse, et jure-moi, par
l'Éternel, que tu ne prendras point de femme pour mon fils d'entre les filles
des Cananéens, etc.; puis Jacob, à son lit de mort, demande à Joseph, avec le
même serment, de ne point permettre que ses os reposent en Égypte, mais de le
transporter dans les sépulcres de ses pères. On ignore la signification de cet
acte; les uns y voient une allusion à la circoncision, les autres croient
qu'Abraham et Jacob ont voulu faire jurer par le Messie qui devait, selon le
langage des Juifs, sortir de la cuisse des patriarches; peut-être était-ce un
symbole destiné à rappeler la qualité de père au fils qui plaçait sa main sous
la hanche dont il était sorti. L'historien Flavius Josèphe dit que cette
pratique se faisait encore de son temps.
Les Juifs portaient l'épée sur la cuisse, Psaumes
45:3; Cantique 3:8, et du côté gauche, comme on le voit par l'exception mentionnée
Juges 3:16.
Frapper sur la cuisse, était le signe naturel de
l'étonnement ou de la douleur, Jérémie 31:19; Ézéchiel 21:17. Dans le livre des
Juges, 15:8, il est dit que Samson battit les Philistins «la jambe sur la
cuisse», expression proverbiale que nos versions ont rendue par «entièrement»:
le sens littéral est peut-être qu'il les mit en pièces tellement, qu'on
trouvait tous leurs membres pêle-mêle; mais l'idée du proverbe est la même que
celle de l'expression française «il leur coupa bras et jambes», soit que l'on
doive entendre le carnage qu'en fit le vengeur d'Israël, soit que ces mots
signifient seulement que les Philistins furent épouvantés, surpris, et comme
interdits de la violence et de la force prodigieuse de leur vainqueur.
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CUIVRE,
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— Voir: Airain.
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CULTE.
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Le culte qui dans son expression la plus simple est
l'adoration que l'homme rend à la Divinité, prend une acception plus large et
plus étendue à mesure que l'homme s'élève lui-même davantage; et depuis la
religion naturelle jusqu'à la religion chrétienne, en passant par le
monothéisme juif, on peut voir se développer l'idée du culte au point que ce
mot finit par désigner presque tous les rapports de l'homme avec Dieu, son
adoration, ses prières, la constitution extérieure de son Église, et jusqu'à la
foi qu'il professe, jusqu'à la manière dont il conçoit des vérités révélées.
Il n'est que deux cultes successivement reconnus par
l'Écriture sainte, le culte préparatoire du judaïsme, et le culte spirituel du
chef de l'Église: le premier était ordonné dans tous ses détails, le second
abandonné à l'âme pieuse du fidèle converti, et guidé par les directions de
l'Écriture et du Saint-Esprit; dans le premier la forme dominait, dans le
second l'idée et l'amour; le premier était un pédagogue pour l'homme
irrégénéré, le second est la conversation du chrétien avec Dieu: dans l'un et
dans l'autre on voit le même homme et le même Dieu, mais dans le culte ancien
l'homme est séparé de Dieu, dans l'alliance nouvelle Dieu et l'homme sont
réconciliés. Ces deux cultes sont divins dans leur institution, et l'Écriture
appelle tout autre culte un culte étranger, sous quelque forme que se présente
l'idolâtrie, et quels que soient les objets auxquels elle se rapporte.
Le chef de l'ancienne Alliance, Abraham, fut choisi de
Dieu pour être le dépositaire privilégié des vérités éternelles: c'est en lui
que fut incarnée, pour ainsi dire, la doctrine de l'unité de Dieu, du
monothéisme; une portion seulement de sa famille et de sa descendance fut
appelée à jouir des mêmes grâces, tandis que nous voyons clairement l'idolâtrie
régner dans les autres branches, Genèse 31:19,30; 35:2; Josué 24:2,14. Le culte
des patriarches était aussi simple que possible, et consistait presque
exclusivement dans la prière, Genèse 24:63, et dans les sacrifices. Il n'y
avait pas de lieu spécialement destiné au culte, et le croyant pouvait prier et
offrir ses victimes partout où il se sentait disposé à le faire, quoique l'on
choisît préférablement, soit des hauteurs solitaires où l'on pensait pouvoir
communiquer plus directement avec Dieu, Genèse 22:2; 31:54, soit des lieux où
la Divinité s'était manifestée visiblement à quelqu'un des membres de la
famille; on y élevait alors un autel hâtivement et simplement travaillé, Genèse
12:7-8; 13:4; 26:25; 46:1, ou même une simple pierre que l'on consacrait par
des libations d'huile, 28:18; 35:14. Quelquefois c'était un bosquet, ou la
réunion de quelques arbres, qui servait de temple à ces premiers croyants,
Genèse 13:18; 21:33: nous voyons même Isaac sortir et se rendre dans les champs
pour prier, 24:63. Il ne paraît nulle part que ni l'une ni l'autre de ces deux
formes du culte eussent été prescrites aux patriarches: la prière sortait de
leur cœur comme un besoin bien naturel, ou comme l'expression de leur
reconnaissance; les sacrifices étaient comme une prophétie intérieure, comme le
pressentiment, vague mais réel, du sacrifice qui devait un jour les réconcilier
entièrement avec Dieu; il y avait plus de foi que d'intelligence dans la
pratique de cette cérémonie, et si les patriarches ne s'avouaient pas à
eux-mêmes les idées de condamnation et d'expiation, c'est qu'ils étaient encore
des enfants dans la foi, peu formés, peu susceptibles de recevoir et de
supporter des doctrines plus avancées, plus profondes, plus mystérieuses; mais
comme des enfants ils aimaient leur Père céleste et lui offraient les dons que
leur cœur leur inspirait. C'est là ce que l'apôtre entend quand il dit en
parlant des anciens, Hébreux 11:13: «Ils ont vu ces choses de loin, ils les ont
crues, ils les ont saluées.» À cette époque il n'y avait point encore de
clergé; le chef de la famille en était aussi le pontife: la seule exception qui
semble contredire ce fait, c'est l'exemple de Melchisédec, q.v.
Puis, par une suite de dispensations célestes, et qui
avaient sans doute pour but de préparer les enfants d'Abraham, d'Isaac et de Jacob,
à porter plus facilement le joug de l'Éternel, nous voyons cette famille toute
entière transportée en Égypte, et subissant là le pesant et cruel joug des
Pharaons: c'est bien la postérité d'Abraham, mais on cherche la religion
d'Abraham, et sauf de rares exceptions l'on n'en trouve plus les traces: les
esclaves sont livrés à la sensualité; ce qu'ils aiment avant tout ce sont leurs
concombres, leurs aulx, leurs oignons, leurs marmites de viande: ce qu'ils
adorent c'est la nature, ce sont les dieux de leurs maîtres, un veau d'or et
d'autres divinités diaboliques, Exode 32, Lévitique 17:7; Nombres 25:2; Amos
5:25-26. Ils ont changé la gloire de Dieu, dit le Psalmiste, 106:20, en la
figure d'un bœuf qui foule le grain.
— Mais cette idolâtrie ne pouvait durer plus
longtemps, Dieu ne pouvait oublier ses promesses: après le retour des ténèbres
devait venir le retour de la lumière: le culte spirituel et libre des
patriarches n'ayant pas suffi aux Israélites charnels, un culte de cérémonies
et de formes allait succéder, revêtu d'une majesté foudroyante; des menaces
allaient se joindre aux promesses; le premier anneau de cette alliance allait
être pour les Israélites la délivrance de la servitude; en échange de cette
délivrance ils promettraient de se soumettre à la loi divine. Toutefois, pour
le peuple de Dieu, ce changement extérieur de culte devait amener une
constitution plus sévère, au lieu de l'ange de l'Éternel, c'était Moïse, qui
serait le chef du peuple, et comme l'intermédiaire entre eux et le ciel.
Ce nouvel ordre de choses a pour base le monothéisme
et le culte de Jéhovah, seul légal, et ordonné par la Loi. Des cérémonies
nombreuses sont établies; elles enlacent le peuple dans un long réseau de
symboles qui s'emparent de tous les détails de sa vie publique et particulière,
et l'instruisent malgré lui en lui communiquant et en le forçant à recevoir des
idées et des impressions nouvelles. Leur Dieu est en même temps leur roi; c'est
le même qui leur donne à la fois des lois spirituelles et des lois matérielles,
les lois du culte et les lois de la vie civile, les lois saintes et les lois
sanitaires, les lois pour le ciel et les lois pour la terre: il n'y a pas deux
consciences, pas deux morales, pas deux règles de conduite: il n'y pas les
péchés connus de Dieu seul, et ceux qui ne relèvent que de la justice humaine.
Tout ce qui est délit sera découvert et puni. Des directions positives, et
négatives, des vœux, des offrandes, des sacrifices, des ablutions, des jeunes,
des fêtes, entrent dans la composition du nouveau culte, et doivent, tout
ensemble, humilier et sanctifier les Israélites: une pureté légale est établie,
exigée, sans laquelle aucun acte du culte ne saurait être admis; la
circoncision appartient à l'ensemble de ces règles, et les domine; elle signifie
le retranchement du mal, et rappelle aux Juifs la sainteté de leur vocation.
Les solennités religieuses sont en même temps des fêtes nationales, servant à
fondre toujours plus en un seul peuple les douze familles. Une caste de prêtres
appartenant à la famille de Lévi sert d'intermédiaire entre le peuple et Dieu.
Un seul sanctuaire est établi au centre du pays, Deutéronome 12:5, pour
proclamer l'unité divine et protester contre le polythéisme païen; c'est là
seulement qu'on pouvait adorer et sacrifier: les besoins religieux ne pouvaient
pas être facilement satisfaits; c'était une lacune, semble-t-il, et d'autant
plus grande que le culte intérieur était dépassé par le culte extérieur, et
comme assujetti à des formes matérielles: mais cette unité, cette centralisation,
outre son importance pour le dogme, avait encore l'avantage d'exciter les
besoins religieux, et de rendre les impressions de l'âme plus profondes et plus
durables, lorsque trois fois par année les Israélites se rendaient
régulièrement à la ville sainte pour y jouir de la présence invisible de leur
Dieu. D'ailleurs la spiritualité de ce culte, celle surtout de ce Dieu qui ne
devait résider nulle part corporellement, dont il était défendu de faire des
représentations matérielles, peintes ou taillées, que d'ailleurs il était
impossible de faire, son invisibilité qui semblait consacrer sa toute-présence,
étaient de réelles compensations pour les âmes fidèles qui auraient pu
regretter l'institution d'un seul autel, d'un seul tabernacle, d'un seul temple.
Ceux qui cherchaient Dieu sincèrement savaient qu'ils pouvaient le trouver
partout, et rien à cet égard ne pouvait plus leur manquer. Pour les autres, le
centre religieux était un appel, une prédication.
Les frais du culte, le grand nombre des victimes, et
l'entretien d'une nombreuse catégorie de prêtres et de lévites, n'étaient point
aussi onéreux qu'on pourrait le croire au premier abord: il faut réfléchir en
effet, et se transporter dans ce pays agricole, à cette époque, chez ce peuple.
Sauf une très légère contribution en argent, Exode 30:13, tout l'ensemble des
offrandes se composait des produits de la terre ou des troupeaux, et l'on sait
que ce genre d'impôt est celui qui se perçoit le plus facilement chez tous les
peuples. On pourrait presque dire des Lévites qu'ils ne recevaient point de
traitement fixe, mais qu'ils étaient nourris par les personnes qu'ils
visitaient, et à la table desquelles ils s'asseyaient comme des amis de la
maison: ce n'était évidemment pas une charge publique, chacun s'estimait
heureux et honoré de recevoir ces messagers bénis, personne n'eût voulu
spéculer sous ce rapport, ni refuser d'échanger une faible partie de ses
aliments journaliers contre les bienfaits religieux que ces hommes apportaient.
On ne voit nulle part de plaintes à cet égard. Quant aux offrandes du temple,
on peut dire à peu près la même chose: quelques victimes succombaient chaque
jour, mais réparties sur un peuple riche en troupeaux, elles n'étaient guère
remarquées, guère senties: et si parfois, bien rarement, nous voyons ce nombre
devenir considérable, p. ex. 2 Chroniques 35:7-9, c'étaient des exceptions
motivées, et qui par là même permettaient d'exiger du peuple des sacrifices
plus grands qu'à l'ordinaire.
On est indécis sur la question de savoir s'il y avait
dans le culte juif une partie correspondante à ce que nous appelons la
prédication; aucun texte bien précis ne le dit positivement; d'un autre côté
les visites journalières de lévites, et les réunions des Israélites pour les
solennités, semblent indiquer assez qu'il y avait des exhortations et des
instructions, soit particulières, soit générales: et les derniers chapitres du
Deutéronome ne sont pas autre chose qu'une puissante et magnifique prédication.
Mais une lacune que l'on remarque avec étonnement dans
toute l'institution du culte mosaïque, c'est l'absence de préceptes relatifs à
la prière (— Voir: cet article). Nulle part elle n'est prescrite, lorsque tant
d'autres formes sont si minutieuse-détaillées; il n'en est pas dit un mot, pas
une allusion n'y ramène. C'est que précisément la prière n'est pas une forme;
et sans doute que dans cette économie toute préparatoire, matérielle, et l'on
peut dire presque mécanique, Dieu ne voulait pas risquer de confondre dans
l'esprit des Israélites ce qu'il y a de plus intérieur et de plus sacré avec ce
qui n'est qu'observances légales. Le réformateur Mahomet a pu faire cela; au
milieu de toutes les cérémonies et prescriptions de son culte, il a pu dire
aussi: vous prierez trois fois le jour en vous tournant du côté de la Mecque;
ce n'était pour lui qu'un anneau dans la chaîne qu'il imposait à ses
sectateurs. Jéhova ne l'a pas fait; les prières eussent été un piège pour ceux
qui n'en auraient pas compris la nature; pour les autres il était superflu de
les ordonner; de l'abondance du cœur la bouche parle, et nous voyons par un
grand nombre d'exemples que les fidèles savaient à qui s'adresser, et comment
ils devaient le faire dans le besoin, dans la détresse, dans la reconnaissance.
Du reste, il faut le dire, le culte tel qu'il fut
institué par Moise, ne fut presque jamais observé dans son intégrité:
l'histoire juive nous montre dans chaque période de nombreuses déviations, plus
ou moins grandes, mais provenant toutes de l'immoralité, de la sensualité, qui semble
avoir distingué particulièrement le peuple juif, et qui trouvait encore à
s'alimenter dans le voisinage de certaines peuplades environnantes, ou par le
contact avec le reste de ces nations que les Hébreux avaient épargnées, malgré
l'ordre positif de leur Dieu. Cette immoralité même était peut-être, chez
plusieurs, entretenue par le culte mosaïque, où le cérémonial semblait
l'emporter sur le fond de la religion, et les observances remplacer la
moralité, expier les désordres de la vie. Les prophètes combattirent toujours
ce penchant à la fois incrédule et pervers. Après l'exil, différentes sectes se
formèrent. Pendant que la grande masse du peuple s'attachait de plus en plus à
la lettre, inventant chaque jour de nouvelles minuties, et qu'une certaine classe
d'hommes, soi-disant éclairés ou esprits forts, cherchaient à allier la
philosophie à la religion, en retranchant de la religion tout ce qui ne pouvait
être compris de leur pauvre intelligence, un petit nombre d'hommes vraiment
pieux cherchaient à maintenir l'esprit du véritable culte divin, s'adonnant à
la pratique des bonnes œuvres, de la pureté et de l'humilité; on les nommait
Esséens. Quelques siècles après que ces sectes eurent pris naissance dans le
sein du peuple qui devait être un dans son culte, on vit naître dans un petit
village de Juda, celui qui devait ramener l'unité sur la terre, mais une unité
de cœur et d'esprit, reposant non plus sur le même culte ou sur les mêmes
cérémonies, mais sur la même, foi, sur des espérances communes.
C'est aussi pour le culte une ère entièrement
nouvelle, parce que le culte est le reflet de la doctrine et des dispositions
intérieures; mais on ne peut plus le décrire comme on a décrit le culte ancien;
c'est quelque chose de moins tranché dans les formes, de plus vague, de plus
libre. Le jeûne est maintenu comme bon, la confession mutuelle des péchés est
introduite, le dévouement au règne de Dieu, les visites des malades, des
pauvres, des prisonniers, sont recommandées; le chant, la conférence des
Écritures, la prière sont appelés à jouer un rôle plus capital et plus régulier
dans le service divin; mais l'observation des jours et des nouvelles lunes, les
pratiques extérieures sont abolies: à la circoncision le baptême est substitué,
mais avec une idée plus large et plus spirituelle; à la Pâque succède un repas
fraternel également commémoratif, mais rappelant un salut plus cher, plus
grand, éternel. Il n'y a plus de castes sacerdotales; tout fidèle est prêtre,
chacun appartient à la sacrificature royale: plus de centralisation dans le
lieu du culte; les pères ont adoré à Jérusalem, le moment est venu où les vrais
adorateurs adoreront le Père en esprit et en vérité, partout où ils se
rencontreront: il n'y a plus d'Église visible, mais une Église invisible, et
des réunions visibles dans lesquelles le bon et le mauvais grain seront plus ou
moins mélangés: à cette Église aucune forme n'est imposée, aux Églises de
détail aucune forme non plus. Partout éclate la vie, et la vie seule a droit de
régner désormais sur les hommes: on ne leur imposera plus de lourds fardeaux,
et si des séducteurs sont venus ordonner le célibat et l'abstinence des
viandes, l'Esprit les appelle expressément des révoltés de la foi, adonnés aux
doctrines des démons, 1 Timothée 4:1.
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CUMIN,
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sorte de plante ombellifère, qui a quelque analogie
avec le fenouil, mais un peu plus petite; sa graine a une saveur et une odeur
très forte et passablement amère; les anciens s'en servaient en guise d'épices
pour assaisonner leurs mets. On trouve le cumin en Syrie, dans l'Asie mineure
et en Égypte. Ésaïe 28:25,27, dit qu'on le sème dans un terrain bien nivelé, et
que lorsqu'il est mûr on ne se sert pas de la herse ou de la roue du chariot
pour en recueillir la graine, mais qu'on emploie des moyens plus doux et qu'on
l'abat avec le bâton: le Seigneur de même réserve aux plus grands pécheurs les
plus grands châtiments, et ne brise point le roseau cassé.
— Le sens de Matthieu 23:23, est facile à comprendre:
«Malheur à vous, Pharisiens hypocrites, vous observez scrupuleusement les
ordonnances dont l'exécution ne vous coûte que peu de chose, vous payez la dîme
de ces petites plantes qui croissent dans vos jardins et dans vos prairies, et
vous négligez les choses plus importantes de la loi.»
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CUN.
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1 Chroniques 18:8, ville phénicienne, appelée Berothaï
dans le passage parallèle, 2 Samuel 8:8.
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CUS,
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1. Genèse
10:6-8, fils aîné de Cam et père de Nimrod. Il a donné son nom à une contrée
qui est citée fréquemment dans l'Écriture, même avec quelques détails assez
précis, et sur la situation exacte de laquelle il règne cependant encore, chez
les interprètes, bien des incertitudes. L'Écriture semble donner à ce nom une
signification tantôt plus étendue, tantôt plus restreinte, mais toujours avec
l'idée générale que les Cusites sont des peuples de couleur, habitant vers le
Sud. La traduction ordinaire est l'Éthiopie: elle est exacte si l'on veut
donner au mot Éthiopie le même sens que lui donnaient déjà les anciens. Un
Éthiopien signifie, dans son étymologie grecque, un homme brûlé par le soleil.
Avant que le nom grec eût prévalu, et même longtemps après, au temps de Flavius
Josèphe, les Éthiopiens portaient le nom de Cuséens, nom que l'on retrouve
encore chez quelques auteurs syriens du cinquième siècle. Dans son sens le plus
restreint, le pays de Cus comprenait donc ce qu'on pourrait appeler l'ancienne
Éthiopie, savoir toute la contrée située entre la haute Égypte, depuis Syène
jusqu'à l'entrée de la mer Rouge dans l'Océan indien, la Nubie, l'Abyssinie et
le royaume d'Adel. C'est le sens qu'il faut donner au mot Cus, Ésaïe 18:1:
«Malheur au pays qui fait ombre des deux côtés (entre les tropiques), qui est
au-delà des fleuves de Cus!» De même, 2 Rois 19:9, le royaume de Tirhaca ne
peut être Cus que dans le sens moins étendu, cf. encore Daniel 11:43. Ézéchiel
29:10. Dans son acception plus générale Cus, ou l'Éthiopie, comprend toute la
partie sud et sud-est de l'ancien monde, et a pu s'appliquer à plusieurs de ces
contrées en particulier, Genèse 2:13; Nombres 12:1; Psaumes 87:4; 2 Chroniques
14:9; Jérémie 13:23. Cus est appelé Cusan, Habacuc 3:7. Dans le passage de la
Genèse, nous voyons un des quatre fleuves du paradis tournoyer par tout le pays
de Cus; évidemment ce ne peut être en Afrique; nous verrons ailleurs quel était
ce fleuve, et comment le nom de Cus se rapporte aux contrées situées au sud-est
de la mer Caspienne et de l'Asie.
Cus (Cush) était
reconnu comme étant l’interprète des dieux et fut adoré sous les noms de Hermes
et de Mercure. En Chaldéen son nom est Chaos et traduit en Égyptien il devient
Chéop, la pyramide du même nom étant en toute probabilité l’ancienne Tour de
Babel, car Cush et Nimrod sont ceux qui la construisirent.
— Nombres 12:1. Séphora, la femme de Moïse, originaire
de Madian en Arabie, est appelée Cusite ou Éthiopienne par Moïse lui-même, cf.
Habacuc 3:7. En suivant la marche de la postérité de Cus, on la verra se
répandre en rayonnant depuis l'Indu-Cus sur toutes les vallées et les hauteurs
de la Chine, sur les deux presqu'îles de l'Inde, et jusqu'aux îles de l'Océan pacifique.
— Il est à remarquer que les auteurs profanes ont,
aussi bien que la Bible, distingué deux classes de Cusites ou d'Éthiopiens:
«Ils demeurent séparément, dit Homère (Odys. 1, 23), aux frontières les plus
éloignées, les uns au couchant, les autres à l'orient.»
— Voir: encore Hérodote 1, 201; 4, 11.
— Si donc nous voulions établir cette grande famille
sur une carte géographique, nous lui donnerions toutes les contrées comprises
entre l'Abyssinie, l'Arabie, la Perse méridionale, les monts Thibet, l'Himalaya,
et le Yantsé-Kiang pour frontière nord, et l'Océan pour frontière sud, en
laissant ici et là quelques districts plus ou moins grands, qui furent occupés
par d'autres branches des descendants de Noé. (— Voir: les articles spéciaux,
et en particulier Éthiopie).
2. On
trouve encore dans l'épigraphe du Psaumes 7; le nom d'un homme appelé Cus, et
qui a donné beaucoup à faire aux interprètes. Qui est ce Cus, benjamite, ce
violent persécuteur du roi David, ce fléau dont il demande d'être délivré? Les
uns ont pensé à Simhi, 2 Samuel 19:16, qui est appelé, 16:11, fils de Jémini,
en hébreu benyemini, et dont on a cru qu'il était Benjamite à cause de cela.
D'autres ont pensé à Saül, mais on ne sait pas pourquoi il serait appelé Cus;
d'autres enfin, rapportant également ce psaume à l'époque des persécutions de
Saül, entendent par Cus un individu inconnu, peut-être un parent de Saül.
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CUSAÏ,
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2 Samuel 15:32, éphraïmite, de la ville d'Arki, dont
l'histoire offre un épisode politique bien rafraîchissant au milieu des guerres
civiles qui ensanglantèrent une partie du règne de David. Fidèle sujet de son
roi, Cusaï vint pendant les troubles de la conjuration d'Absalon, se prosterner
devant David, en lui exprimant la vive douleur que lui causait la révolte de
son fils, la désertion de ses braves, l'abandon du lâche et ambitieux, mais
habile Achithophel: en même temps, il fait à son roi ses offres de service, et
se déclare prêt à le suivre partout. Mais David qui redoute plus encore les
perfides conseils d'Achithophel que ses troupes désertées, renvoie Cusaï à
Jérusalem, lui enjoint d'affecter un grand attachement à la cause d'Absalon,
d'offrir à ce rebelle ses services, de chercher à gagner sa confiance pour
obtenir une part dans ses conseils, et d'user ensuite de son influence, soit
pour déjouer les plans d'Achithophel, soit pour faire connaître à David, par le
moyen des sacrificateurs Tsadok et Abiathar, les résolutions auxquelles on se serait
arrêté.
— Cusaï qui ne craint pas de se mesurer avec le vieux
conseiller, obéit; il se rend à Jérusalem et crie vive Absalon! Le jeune
rebelle qui connaît l'affection de Cusaï pour son père, s'étonne d'abord; mais
les succès qu'il a déjà obtenus l'aveuglent, et le disposent à croire à de
nouveaux succès, à de nouvelles conquêtes; chaque jour, il voit grossir les
rangs de son armée, et Cusaï n'a pas de peine à le persuader que lui aussi se
range à la bonne cause, acceptant pour maître celui que Dieu a désigné, que le
peuple a choisi, et qui d'ailleurs appartient à la famille royale, à la
dynastie reconnue. Un premier conseil d'Achithophel relativement aux femmes de
David, passe sans contestation, soit que Cusaï n'ait pas été consulté, soit
qu'il ait cru devoir, dans l'intérêt même de son roi, se joindre à une mesure
dont le résultat était de rendre toute réconciliation impossible. Achithophel
propose ensuite à Absalon, de fondre immédiatement avec 12,000 hommes sur la
petite troupe de David, encore faible en nombre, fatiguée, et sans doute facile
à intimider. Mais un autre conseil intervient: c'est Cusaï qui parle: «Le
conseil qu'Achithophel t'a donné maintenant, dit-il, n'est pas bon. Tu connais
ton père et ses gens, que ce sont des gens forts, et qui ont le cœur outré,
comme une ourse des champs à qui l'on a pris ses petits: et ton père est un
homme de guerre, qui ne passera point la nuit avec le peuple. Voici il est
maintenant caché dans quelque fosse ou dans quelque autre lieu; s'il arrive
qu'au commencement on soit battu par eux, quiconque en entendra parler, l'ayant
su, dira: Le peuple qui suit Absalon a été défait. Alors le plus vaillant,
celui-là même qui avait le cœur comme un lion, se fondra;... mais je suis
d'avis qu'en diligence on assemble vers toi tout Israël depuis Dan jusqu'à
Béer-Sébah, lequel sera en grand nombre comme le sable qui est sur le bord de
la mer, et que toi même en personne marches en bataille. Alors nous viendrons à
lui en quelque lieu que nous le trouvions, et nous nous jetterons sur lui,
comme la rosée tombe sur la terre, et il ne lui restera aucun de tous les
hommes qui sont avec lui. Que s'il se retire en quelque ville, tout Israël
portera des cordes vers cette ville-là, et nous la traînerons jusque dans le
torrent, en sorte qu'il ne s'en trouvera plus même une petite pierre.»
— Cet avis prévalut; Absalon et les siens le
préférèrent à celui du vieux ministre. David fut averti par les sacrificateurs.
Le conseil de Cusaï amena et devait amener la défaite d'Absalon. Une insurrection
ne peut triompher que par l'audace et la promptitude. Laisser aux esprits
troublés le temps de réfléchir, à un roi comme David le loisir de rassembler
les adhérents nombreux que son règne lui avait faits, c'était tout perdre.
Cusaï était digne de lutter contre Achithophel; il perdit son rival, se montra
son maître en diplomatie, et sauva le roi.
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CUSAN,
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Habacuc 3:7. Même pays que Cus, q.v.
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CUSAN-RISCHATHAJIM,
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Juges 3:8,10, roi de Mésopotamie, fut, après la
captivité d'Égypte, le premier oppresseur des Israélites établis dans le pays
de Canaan. Il les tint assujettis pendant huit ans, jusqu'à ce qu'enfin
Hothniel, le premier des juges, se leva et les délivra.
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CUSI, ou Cusci,
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2 Samuel 18:21,32,
1. l'un
des messagers qui apportèrent à David la nouvelle de la mort d'Absalon; on
craignait de faire connaître à David cet événement qui, en le réjouissant comme
roi, devait l'affliger comme homme et comme père: e premier des messagers,
Ahimahats, n'avait pas osé révéler cette mort, et l'avait fait pressentir:
«J'ai vu un grand tumulte, mais je ne sais pas exactement ce que c'était:» Cusi
n'osa pas davantage dire «Il est mort, «mais à la question de David, il
répondit: «Que les ennemis du roi mon Seigneur, et tous ceux qui se sont élevés
contre toi pour te faire du mal, deviennent comme ce jeune homme!»
2. Cusi
ou Cusci, Jérémie 36:14, père de Sélemja; inconnu.
3. Sophonie
1:1, père de Sophonie, et arrière petit-fils d'Ézéchias.
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CUTH,
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2 Rois 17:24,30, district de l'Asie, et la principale
d'entre les peuplades dont Salmanéser, roi d'Assyrie, envoya les habitants
peupler la contrée dévastée de la Samarie. Du mélange de ces colons avec les
Juifs demeurés de reste dans le pays, naquirent les Samaritains, que les
Talmudistes continuèrent d'appeler Cuthéens. On ne sais pas exactement dans
quelle partie de l'Asie il faut chercher ce district ou cette ville. Les uns,
s'appuyant sur la ressemblance de ce nom avec celui de Cus, ressemblance
beaucoup plus frappante encore lorsque l'on connaît les langues sémitiques,
pensent au pays de Cus, dans les environs de l'Araxe: d'autres, avec
l'historien Flavius Josèphe, le placent dans la Perse méridionale ou centrale,
d'autres près du Tigre, d'autres enfin (Michaëlis) mais contre toute
vraisemblance, dans le voisinage de Sidon en Syrie. L'opinion la plus probable,
c'est que les Cuthéens sont les mêmes que les Cosséens dans la Susiane en
Babylonie; les deux noms sont presque identiques en Caldéen.
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CUVE d'airain.
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Il y avait dans le parvis du tabernacle une cuve
d'airain ou mer de fonte, destinée aux ablutions des prêtres, Exode 30:28. Il
n'est rien dit de bien positif quanta sa forme; cependant, par l'analogie de
celle qui fut placée plus tard dans le parvis du temple de Salomon, 1 Rois
7:23, l'on peut supposer qu'elle était ronde. Les ablutions des mains et des
pieds, auxquelles elle était destinée, étaient un symbole de la pureté que le
Dieu saint exige de ceux qui s'approchent de lui.
Dans le portique du temple de Salomon, il y avait, au
lieu de cette cuve unique, une grande cuve appelée mer d'airain,
particulièrement destinée aux ablutions des sacrificateurs, et dix cuviers plus
petits, destinés à laver les victimes pour les holocaustes, 2 Chroniques 4:6.
La mer d'airain est spécialement décrite 1 Rois 7:23-26; 2 Chroniques 4:2-5; et
par Flavius Josèphe (Antiquités Judaïques 8, 3, 5); elle avait cinq coudées de
hauteur (2m720), et environ dix de diamètre; elle reposait sur douze taureaux
également d'airain; ses côtés et ses bords étaient ornés de fleurs sculptées.
Lors de la prise de Jérusalem par les Babyloniens, la
mer d'airain fut brisée par les Caldéens et ses débris emportés à Babylone
ainsi que les soubassements des dix cuviers 2 Rois 25:13-16; Jérémie 52:17.
D'après les rabbins, le temple de Zorobabel ne contenait plus qu'un seul
cuvier, et Flavius Josèphe, dans sa description du temple d'Hérode, n'en
mentionne aucun (Bell. Jud. 5, 5).
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CYGNE.
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C'est ainsi que la Vulgate et nos versions traduisent
l'hébreu Tinchimeth, Lévitique 11:18; Deutéronome 14:16, et, comme nous l'avons
dit à l'article Chat-huant, cette traduction non seulement n'a rien contre
elle, mais est encore favorisée par le contexte. Luther a traduit par cygne,
Lévitique 11:17, le mot shalak, que nos versions ont rendu par plongeon; mais,
— Voir: Cormoran.
Calmet veut aussi rendre par cygne l'hébreu Bath
Yaaneh, que nous traduisons par autruche. Mais il n'y a que deux passages qui
puissent à la rigueur se rapporter au cygne, et encore n'est-ce qu'en procédant
par voie d'hypothèse. Ce bel animal, si connu dans nos pays et dans des climats
plus chauds, est mis par Moïse au nombre des animaux impurs. Les païens
l'avaient consacré à leur Apollon, sans doute à cause des sons harmonieux et
poétiques qu'il rend, dit-on, lorsqu'il va mourir; Horace l'attelle au char de
Vénus.
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CYMBALES.
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2 Samuel 6:5; 1 Chroniques 13:8; 16:5,42; Esdras 3:10;
Psaumes 150:5; 1 Corinthiens 13:1. L'un des plus anciens instruments connus,
fort aimé des Orientaux en général, et employé par les Hébreux soit dans leurs
réjouissances publiques, soit dans la musique du temple. Il y en avait, comme
de nos jours encore, de deux espèces différentes; les unes plus petites, en
bois, en ivoire, quelquefois en métal, que l'on prenait entre le pouce, l'index
et le doigt du milieu, et que l'on frappait en mesure, comme les castagnettes
espagnoles ou arabes; les autres, plus grandes et tout à fait semblables aux
nôtres; cette distinction est marquée Psaumes 150:5, Hébreux Tseltselim ou
Metsillayim.
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CYPRE
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(aujourd'hui Chypre), une des îles de la Méditerranée,
située au sud de l'Asie mineure et non loin des côtes de la Syrie. Grande,
riche et fertile, elle donnait en abondance de l'orge, de l'huile, des
grenades, des figues et du vin; ses montagnes recelaient des pierres précieuses
et des métaux recherchés, et c'est de cette île que le cuivre (æs cyprium) a
reçu son nom. La position de Cypre était une des plus avantageuses pour le
commerce, et toutes ses villes s'enrichissaient par ce moyen, Salamis, Paphos,
Citium, Amathus, Arsinoé, Soli, etc. Les Juifs n'avaient pas été des derniers à
s'y établir pour y faire des spéculations, et ils s'y trouvaient en grand
nombre lors du passage de saint Paul. Les Cypriens avaient une réputation bien
établie de mollesse, de volupté, de luxe et de débauche: l'extrême douceur du
climat favorisait chez eux tous ces penchants, et c'était à Vénus qu'ils
rendaient leurs hommages. Les voyageurs modernes parlent encore avec
enthousiasme de ce petit paradis terrestre, et c'est là, si nous ne nous
trompons, que M. Lamartine aurait voulu finir ses jours, si la patrie ne
l'avait pas réclamé.
Jusqu'au règne d'Alexandre, l'île fut divisée en neuf
petites principautés, d'abord sous la domination perse, puis sous celle des
Macédoniens. Sous les Maccabées elle devint l'apanage de Ptolémée; Caton
l'Ancien la soumit à Rome; Auguste en fit d'abord une province de son vaste
empire, gouvernée par un préteur, puis il finit par l'émanciper, et nous la
voyons, Actes 13:7, gouvernée par un proconsul cyprien.
Paul, Marc et Barnabas y arrivèrent de Séleucie,
prêchèrent à Salamis, dans les synagogues, et se répandirent de là dans toute
l'île pour annoncer l'Évangile aux païens. Ils trouvèrent à Paphos, résidence
du proconsul Serge Paul, un enchanteur ou faux prophète juif nommé Bar-Jésus,
qui voulut s'opposer à la doctrine chrétienne, et tâchait de détourner Serge de
la foi; mais saint Paul frappa ce malheureux d'un aveuglement momentané, ce que
le proconsul ayant vu, il crut et fut rempli d'admiration pour la doctrine du
Seigneur.
Plus tard, Barnahas retourna en Cypre avec Marc, Actes
15:39; la tradition porte même qu'après avoir été évêque de cette île, il y
trouva le martyre, qu'il fut lapidé par les Juifs de Salamis, et que son corps
fut retrouvé sous le règne de l'empereur Zénon, ayant sur la poitrine un
Évangile de saint Matthieu, qu'il avait copié lui-même de sa propre main.
Conquise par les Arabes, reprise par Richard-Cœur-de-Lion,
Cypre fut, pendant plusieurs siècles, gouvernée par des rois de la famille des
Lusignan, jusqu'en 1489; elle fut ensuite vendue aux Vénitiens, et appartient
aux Turcs depuis 1571; ils l'ont réduite à l'état le plus déplorable.
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CYPRE,
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— Voir: Troëne.
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CYPRÈS,
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arbre toujours vert, massif, élancé, aux feuilles
foncées, étroites, pointues, et dont le bois, sans être lourd, n'est jamais
pourri ni vermoulu, résiste aux vers et à l'action de l'eau. On distingue le
cyprès mâle aux branches horizontales, et le cyprès femelle dont les branches
s'élèvent obliques ou droites; c'est de ce dernier que l'on se sert le plus
ordinairement pour les travaux de charpente et de menuiserie. Il ne vient que
difficilement, dit Pline; son fruit est inutile, ses feuilles sont amères, son
odeur est trop forte, son ombre même est dangereuse; superbe et triste à la
fois, il était regardé par les Romains comme un arbre de deuil, qu'on ne
pouvait employer qu'aux funérailles, ou dans d'autres solennités lugubres.
C'est du cyprès qu'il s'agit, selon quelques-uns, dans les passages, Genèse
6:14; Exode 2:3, où il est parlé de la construction de l'arche, et du berceau
de Moïse. Le nom hébreu est Gopher, et l'analogie de ce nom avec le nom latin
cupressus, appuierait cette traduction; le cyprès était d'ailleurs tout à fait
bien choisi pour la construction de ces objets, destinés à subsister dans l'eau
pendant un temps plus ou moins long; il vaut cependant mieux, dans ces deux
passages, s'en tenir à l'idée générale d'arbre résineux, car gopher s'applique
à d'autres objets qui ne sont pas le cyprès; il signifie poix; gopherith
signifie soufre, et le mot allemand Kiefer signifie un pin sauvage.
— La Vulgate traduit encore par cyprès le mot Beroth,
Cantique 1:16, que Luther et Martin ont rendu mal à propos par sapin (Tanne).
Il est bien probable, en effet, que ce mot Beroth ou sa forme plus ordinaire
Berosch, Ésaïe 37:24; 55:13; 60:13, désigne le cyprès; le cyprès seul pouvait
être mis en parallèle avec le cèdre, Ésaïe 14:8; Zacharie 11:2; le sapin ne le
pouvait guère; cf. surtout l'emploi qui est fait de ce bois, soit pour les
lambris du temple, 1 Rois 5:8; 6:15,34, soit pour des mâts de vaisseaux,
Ézéchiel 27:5, soit pour la confection de lances, Nahum 2:3 (il s'agit
évidemment d'une arme dans ce verset); soit enfin pour des instruments de
musique, 2 Samuel 6:5: il ne peut être question du sapin dans ces passages, non
plus que Cantique 1:16; il faut penser à quelque bois noble, solide et beau,
qui puisse rivaliser avec le cèdre; la plupart des arbres ont déjà un nom en
hébreu; le cyprès seul ne serait nommé nulle part, s'il ne l'était dans ces
passages, et l'on ne comprendrait guère qu'un arbre aussi remarquable ne fût
pas mentionné dans la Bible, quoiqu'il fût très abondant en Palestine, et
particulièrement sur le mont Hermon.
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CYRÈNE,
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ville importante de la Libye supérieure ou
Pentapolitaine, située à 16 kilomètres de la mer, sur une plage africaine,
presque en face des trois promontoires du Péloponèse, à 320 kilomètres environ
de la capitale de l'Égypte. Ses ruines subsistent encore sous le nom de
Caïroan, et ne comptent qu'un fort petit nombre d'habitants. Sous les
Ptolémées, les Juifs formaient le quart de la population de Cyrène, et
jouissaient des mêmes droits que les Cyréniens eux-mêmes. C'est là qu'était né
Simon, le père d'Alexandre et de Rufus, qui eut le bonheur de soulager le
Christ dans sa marche vers Golgotha, Matthieu 27:32; Marc 15:21; Luc 23:26.
Plusieurs de ces Juifs de la Cyrénaïque embrassèrent la foi chrétienne, Actes 11:20;
13:1, mais un grand nombre aussi furent comptés dans les rangs des adversaires
de l'Évangile, et saint Luc les cite parmi les plus violents de ceux qui
s'élevèrent contre Étienne, Actes 6:9.
— Après la destruction de Jérusalem par Titus, les
Juifs de Cyrène se soulevèrent contre Catulle, gouverneur de cette province;
mais il furent facilement réduits et écrasés.
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CYRÉNIUS,
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forme grecque du nom de Publius Sulpicius Quirinus,
sénateur romain, que l'histoire profane nous apprend avoir été consul l'an 742
de Rome, puis 758, cinq ans au moins après la naissance de Jésus, gouverneur de
la Syrie, et de la Judée qui y était annexée. Après l'exil d'Archélaüs, il fut
chargé de faire un recensement ou dénombrement du peuple. Jésus était peut-être
alors âgé de dix ans. Ces données semblent en contradiction avec ce qui est
dit, Luc 2:2, que le premier dénombrement (celui pendant lequel naquit notre
Sauveur) fut fait lorsque Cyrénius avait le gouvernement de Syrie. Il y aurait,
en effet, une faute de chronologie à rectifier,
1. si
l'on ne pouvait pas traduire: ce dénombrement se lit avant celui qui arriva
lorsque Cyrénius avait le gouvernement de la Syrie; ou encore: ce dénombrement
se fit avant que Cyrénius, etc.;
2. si
l'on ne pouvait pas admettre que Cyrénius, alors gouverneur de la Cilicie, ait
été envoyé en Syrie avec mission extraordinaire, pour présider à un
dénombrement de la Syrie et de la Judée (Pétau, Grotius, Ussérius), pendant que
Sentius Saturninus était gouverneur de la Syrie (Tertullien);
3. si
enfin il n'y avait pas des doutes sur l'authenticité de ce verset (Théodore de
Bèze dans ses trois premières éditions, Olshausen, et d'autres commentateurs).
Ce ne sont pas même là toutes les explications que
l'on peut donner, et la première seule suffirait; on en trouvera d'autres
encore à l'article Quirinus, dans Winer, qui du reste ne les admet ni les unes
ni les autres, et conclut simplement pour son compte à un lapsus memoriœ chez
saint Luc: il y avait plus de soixante et dix ans que les choses s'étaient
passées, et rien n'était plus facile que de confondre deux recensements si
rapprochés, et dont la distinction ne pouvait pas avoir un bien grand intérêt
pour l'histoire sacrée et pour l'édification des fidèles.
De ces deux dénombrements, le premier fut plus
général, et pour tout l'empire; le second ne regardait que la Judée: c'est à ce
dernier que Gamaliel fait allusion, Actes 5:37.
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CYRUS,
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fils de Cambyse, roi de Perse, et de Mandane, fille
d'Astyage, roi des Mèdes. Il existe une demi-douzaine d'histoires et de
biographies, toutes différentes de ce prince fameux, par Hérodote, Xénophon,
Ctésias, Justin, Valère Maxime, Diodore de Sicile, etc., sans parler de toutes
les fables et traditions orientales auxquelles sa prodigieuse carrière a donné
naissance. Nous nous en tiendrons pour le moment aux données de Xénophon
(Cyrop. 1, 107; sq.). D'après cet historien, Cyrus vécut jusqu'à sa douzième
année à la cour de son aïeul maternel, fut mis, à l'âge de seize ans, à la tête
d'une armée envoyée contre le roi d'Assyrie qui avait fait une irruption dans
les états d'Astyage, et remporta la victoire après une suite de brillants
succès. Rappelé par son père, il rentra en Perse et devint général en chef des
troupes de Cambyse; il fit la guerre tantôt pour son compte, tantôt pour celui
de son oncle Cyaxare II, fils et successeur d'Astyage, qui venait de mourir; il
vainquit successivement le roi de Babylone et ses nombreux alliés, puis Crésus,
roi de Lydie, ce malheureux qui s'estimait le plus fortuné des mortels, et qui
sur le bûcher fatal s'écria par trois fois: Solon! Solon! Solon! se rappelant
que ce sage Athénien lui avait dit un jour qu'on ne pouvait se prononcer sur le
bonheur de personne avant que sa carrière fût entièrement terminée. Cyrus ayant
appris ce fait rendit à l'illustre captif la vie avec la liberté, et se fit un
ami d'un ennemi. Après avoir porté ses armes triomphantes dans presque toute
l'Asie Mineure, il repasse l'Euphrate, marche contre l'Assyrie et vient
assiéger Babylone. Cette ville est imprenable, ses murailles n'ont rien à
redouter, ses habitants ont des provisions pour plus de vingt années, le siège
est inutile; Cyrus alors conçoit le projet gigantesque de détourner le cours du
fleuve: les eaux vont se perdre dans les marais et les plaines voisines, et
pendant que Nabonned (Belsatsar) s'abandonne avec tout l'orgueil de la sécurité
aux débauches orientales, Cyrus s'avançant par le lit de l'Euphrate pénètre
dans la ville (538 avant J.-C.) et brise à jamais la puissance babylonienne, la
monarchie des Caldéens, la tête d'or qui va être remplacée dans l'empire
universel par la poitrine et les bras d'argent, Daniel 2:32; 38:39. Il fait en
même temps préparer un palais pour son oncle Cyaxare, et reçoit de lui en
récompense de ses longs et nombreux services la main de sa fille unique (sa
cousine germaine), et avec elle le droit de succession à l'empire. Cambyse
meurt, Cyaxare meurt, et Cyrus, le puissant bélier à deux cornes, Daniel
8:3,20, monte sur leurs deux trônes, et règne à la fois sur la Perse et sur les
États médo-babyloniens, 536 avant J.-C.
— À peine investi de l'empire, l'un des premiers usages
qu'il fait de son autorité, c'est de publier un édit par lequel il permet aux
Juifs de retourner dans leur patrie, Esdras 1:1; 5:13; 6:3; 2 Chroniques 36:22;
cf. Daniel 1:21; il dit à Jérusalem: Sois rebâtie! et au temple: Sois refondé!
Ésaïe 44:28.
Il entreprit encore diverses guerres en Syrie et du
côté de la mer Rouge, et mourut enfin en 530, à l'âge de soixante et dix ans,
selon les uns de vieillesse, selon les autres dans un combat contre les
Scythes; leur reine Thomiris l'ayant attiré dans une embuscade, lui aurait fait
trancher la tête. D'autres disent qu'il fut attaché à une potence, d'autres
enfin qu'il mourut d'une blessure reçue à la bataille.
L'histoire sainte nous donne naturellement beaucoup
moins de détails sur Cyrus que l'histoire profane, mais ce sont des détails
bien autrement grands et solennels. Déjà 240 ans avant la naissance de ce
puissant monarque, elle l'appelle par son nom, elle annonce la grande œuvre de
restauration dont il sera le ministre; il est dit de lui qu'il accomplira tout
le bon plaisir de l'Éternel; Dieu dit: Il est mon berger: Dieu l'appelle son
oint, Ésaïe 44:28; 45:1, l'assimilant ainsi aux rois d'Israël (1 Samuel
24:7,11; 2 Samuel 1:14, etc.), soit pour indiquer qu'il avait lui-même consacré
Cyrus à la royauté, soit parce que Cyrus devait être chargé de ramener le
peuple de Dieu dans son pays. Et lorsqu'après une longue attente, cet oint du
Seigneur, ce Cyrus de la délivrance fut venu au monde, et qu'il eut accompli
une partie de sa destinée, il semble avoir reconnu lui-même ce Dieu qui l'avait
nommé et surnommé (désigné) lorsqu'il n'existait pas encore: son langage,
Esdras 1:2, ne permet pas de douter qu'il n'ait reconnu le Dieu d'Israël pour
le vrai Dieu. L'Éternel, le Dieu des cieux, dit-il, m'a donné tous les royaumes
de la terre, et lui-même m'a ordonné de lui bâtir une maison à Jérusalem.
D'après le livre apocryphe du Dragon, 1:40, il aurait dit comme Darius (#1,
q.v.): Que tous les habitants de la terre craignent le Dieu de Daniel, parce
que c'est le Dieu sauveur, qui fait des prodiges et des merveilles sur la
terre, et que c'est lui qui a garanti Daniel de la gueule des lions. Suivant le
livre de Bel 1, Cyrus aurait toujours eu pour Daniel une estime et une
affection toute particulière, cf. Daniel 6:28; quoique ces détails ne nous
soient connus que par des livres apocryphes, rien ne les contredit, et les
déclarations de la parole de Dieu rendent fort probables des rapports de cette
nature entre ces deux hommes. Il paraît d'ailleurs, par Flavius Josèphe (Antiquités
Judaïques 11, 1), que Cyrus a eu connaissance des prophéties d'Ésaïe, et que le
passage qui le concernait a été un des moyens dont Dieu s'est servi pour
l'amener à sa connaissance.
Dans le passage Ésaïe 21:7,9, qui se rapporte à Cyrus,
et où il est question d'un attelage mixte d'ânes et de chameaux, quelques-uns
ont voulu voir la réunion des troupes de la Médie et de la Perse; d'autres
interprètes ont mis en avant l'opinion suivante, que nous ne citons que pour
son originalité, sans qu'il puisse être question de lui accorder aucune valeur:
c'est que le conquérant dont il est parlé devait être une espèce de métis, issu
de deux animaux différents, ainsi que Cyrus en effet naquit de deux sangs
différents, du sang des Perses par son père, du sang des Mèdes par sa mère. À
l'appui de ce sens, l'on cite deux exemples où le nom de mulet est donné à
Cyrus: Craignez, dit un oracle à Crésus, lorsqu'un mulet commandera aux Mèdes;
et Eusèbe (Prépar. 9, 41) rapporte, d'après un ancien auteur, que
Nébucadnetsar, quelque temps avant sa mort, rempli de l'esprit prophétique, dit
aux Babyloniens: Je vous annonce un malheur qu'aucune de vos divinités ne
pourra détourner; il viendra contre vous un mulet persan qui, aidé du secours
de vos dieux, vous réduira en servitude. Ce sont des jeux de mots, et le texte
cité d'Ésaïe ne s'y prête pas même dans le cas actuel.
Admirons cette bonté divine qui, dans l'exil de son
peuple, et par cet exil même, s'est rendu captive l'âme du grand Cyrus. Après
l'avoir connu guerrier et héros dès nos premières études classiques, nous le
trouvons maintenant roi théocratique, et nous le verrons un jour simple fidèle
dans le royaume des cieux, avec bien d'autres encore auxquels nous sommes
peut-être loin de penser.
Dictionnaire de la
Bible J.-A. Bost 1849-D
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DABBÉSETH,
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Josué 19:11, ville inconnue, de la tribu de Zabulon.
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DABRATH,
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ville située sur la frontière des tribus d'Issacar et
de Zabulon, Josué 19:12, et qui fut donnée aux lévites, Josué 21:28; 1
Chroniques 6:72. Elle est quelquefois appelée Dobrath. Reland la place, avec
assez de vraisemblance, au pied méridional du mont Thabor, où Burckhardt a
trouvé un village nommé Dabury: on pense que c'est le Dabeïra d'Eusèbe.
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DAGON,
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divinité nationale des Philistins d'Asdod et de Gaza,
non sans rapports avec Hastaroth et Derceto, Juges 16:23; 1 Samuel 5:1,4; sq.
De ce dernier passage on peut conclure qu'elle avait une tête, des bras et des
mains d'hommes; d'un autre côté, l'étymologie de ce nom (dag, poisson) permet
de croire que la partie postérieure de son corps se terminait en poisson, comme
les tritons et les syrènes des autres païens. Pour la plupart de ces peuples,
voisins de la mer, les poissons étaient un objet de culte (Hérodote 2, 72.
Xénophon Anab. 1:4,9; etc.); et les Babyloniens eux-mêmes avaient une divinité
toute semblable, Odakon, mi-homme, mi-poisson, l'un des quatre bienfaiteurs de
l'humanité connus sous le nom d'Oannès, et qui remontaient jusqu'aux temps du
déluge (Creuzer's Symb. II, 74; 78).
— D'après un système tout différent, Philon de Byblos
fait dériver le nom de Dagon de l'hébreu dagan, qui signifie froment, blé; il
en ferait une espèce de Dieu des récoltes et des moissons. Cette opinion,
partagée entre autres par Bochart, n'a guère d'autre appui que l'étymologie;
mais sous ce rapport la première se justifie également, et de plus elle a pour
elle des raisons historiques d'un grand poids. Le temple de Dagon, mentionné
Juges 16, et qui fut renversé par Samson, devait être construit dans le genre
des kiosques de la Turquie; c'était une vaste place entourée de colonnes, et
couverte d'un toit plat sur lequel un grand nombre de personnes pouvaient se
réunir dans des circonstances solennelles et pour des réjouissances communes.
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DAIM,
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Proverbes 6:5;
— Voir: Gazelle.
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DALMANUTHA,
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Marc 8:10. La comparaison de ce passage avec Matthieu
15:39, montre que cette bourgade devait être située dans le voisinage de
Magdala; mais c'est tout ce que l'on en sait. D'autres (Calmet, etc.), lisent
au lieu de Magdala Magedan, et comparent la ville de Médan près du lac Phiala
et des sources du Jourdain, où les Arabes tiennent chaque année une grande
foire (medan en arabe), qui a donné son nom à l'endroit: c'est à la fois faux
et forcé.
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DALMATIE.
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La province de ce nom, indiquée dans la Bible, 2
Timothée 4:10, comme ayant été évangélisée par Tite, était, selon Pline III,
28, située dans l'ancienne Illyrie, au bord de la mer Adriatique, entre les
fleuves Titius et Drinus.
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DAMARIS.
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Actes 17:34. Cette femme que l'on peut supposer avoir
été d'un rang élevé, et que quelques-uns font femme de Denys l'aréopagite, fut
du petit nombre de personnes qui se convertirent à Athènes par suite de la
prédication de saint Paul.
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DAMAS.
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1. Au
milieu d'une vaste plaine de la Syrie qui s'étend vers le nord jusqu'aux
chaînes de l'Antiliban, et dont le Chrysorrhoas qui la traverse, se divisant en
plusieurs bras, fait une des contrées de la terre les plus fertiles et les plus
riantes, s'élève de nos jours encore l'antique et célèbre ville de Damas; le
fleuve la sépare en deux parties. Sa position comme point central entre l'Asie
Mineure et l'Asie intérieure, lui donna, dès les temps les plus reculés, une
grande importance sous le rapport commercial et politique. Maintes fois
détruite par des tremblements de terre ou par les chances des combats, elle a
toujours été rebâtie, grâce à la beauté de sa position, à la douceur de son
climat, à la variété de ses productions en tous genres; ses habitants y voient
le paradis terrestre. Maintenant elle est encore le chef-lieu d'un pachalik
turc et ne compte pas moins de 200,000 âmes, dont 25,000 chrétiens.
Elle est déjà nommée comme existant à l'époque
d'Abraham, et quelques auteurs font de ce patriarche le premier roi de Damas,
après que son fondateur Dammésec eut été détrôné par lui. Élihézer, l'intendant
de la maison d'Abraham, était Damascénien, Genèse 15:2; Abraham poursuivit
Kédor-Lahomer et les cinq rois alliés jusqu'à Hobar qui est plus au nord et à
la gauche de Damas (14:15). Depuis ce moment il n'en est plus reparlé jusqu'au
temps de David qui s'en empara, 2 Samuel 8:5-6. Elle fut reprise déjà sous
Salomon, par Rézon fils d'Eljadab, 1 Rois 11:24. Parmi les rois qui la
gouvernèrent depuis cette époque, nous remarquerons surtout les suivants, dont
l'histoire fut plus ou moins liée à celle du peuple d'Israël:
Ben-Hadad I, fils de Tabrimon, fils de Hezjon; il fit
alliance avec Asa roi de Juda, contre Bahasa roi d'Israël, et remporta sur ce
dernier une importante victoire, 1 Rois 15:18.
Ben-Hadad II, fils du précédent; il marcha contre
Achab roi d'Israël, et fit le siège de Samarie, aidé de trente-deux rois, mais
il fut obligé de quitter la place. L'année suivante il fut de nouveau battu par
Achab, et comprit que le Dieu d'Israël était un Dieu de la plaine comme un Dieu
des montagnes; il dut faire la paix, et rendre les villes que ses ancêtres
avaient prises sur Israël, 1 Rois 20. Il se releva cependant contre Joram, fils
d'Achab.
Hazael, un de ses officiers, lui succéda après l'avoir
étouffé dans son lit; il fut dans la main de Dieu un instrument pour châtier à
la fois son prédécesseur qui avait combattu contre le peuple de l'alliance, et
ce royaume des dix tribus qui avait abandonné le culte du vrai Dieu: il ravagea
en particulier les provinces situées à l'est du Jourdain, et s'avança jusque
sous les murs de Jérusalem, 1 Rois 19:14-15; 2 Rois 8:28; 10:32; 12:17.
Ben-Hadad III, fils de l'usurpateur se para du nom de
l'ancienne dynastie. Trois fois il fut battu par le roi d'Israël Joas, et
finalement fut obligé de rendre toutes les conquêtes de son père, 2 Rois 13:25;
on peut même conclure de 2 Rois 14:28, qu'il perdit momentanément sa capitale.
Retsin. Ce qui causa la ruine du petit royaume de
Damas, c'est que ce malheureux prince s'étant ligué avec Pékach roi d'Israël,
contre Achaz roi de Juda, celui-ci se vit obligé de solliciter l'alliance et
l'intervention de Tiglath-Piléser. L'Assyrien, pour faire une diversion utile à
son allié, entra sur les terres de Retsin, prit Damas, tua Retsin lui-même,
emmena une partie de ses sujets en captivité, et réunit ce territoire à
l'empire d'Assyrie, 2 Rois 16:9; Ésaïe 17.
Damas continua cependant de subsister, mais soumise;
elle passa successivement sous la domination des Babyloniens, des Perses, des
Séleucides, et enfin depuis Pompée sous celle des Romains, (cf. Ésaïe 7:4,8;
8:4; 10:9; 17:1; Amos 1:3,5; Ézéchiel 27:18; Jérémie 25:9; 49:23-24; Zacharie
9:1). Elle compta toujours parmi ses habitants, surtout sous les Séleucides, un
grand nombre de Juifs (Flavius Josèphe, Guerre des Juifs I, 2, 25; II, 20, 2;
Actes 9:2). Elle marqua encore, dans l'histoire du christianisme, comme le lieu
de la conversion et de la première prédication de saint Paul, Actes 9:3,19;
Galates 1:17.
On montre encore, à cinq cents pas de Damas, l'endroit
ou Paul fut renversé par la voix du ciel, et dans la ville, la rue et la maison
où Ananias le baptisa. Cette maison fut d'abord changée en église, les Turcs en
ont fait une mosquée. C'est également avec les mêmes garanties qu'on montre
dans les environs de Damas le tombeau d'Abel, long d'environ 14 mètres, eu
égard à la grandeur des premiers hommes. Quelques écrivains, traduisant le nom
de Damas (Dammésec) un sac de sang, pensent que ce fut dans ses environs que se
commit le premier meurtre.
2. La
Syrie de Damas, ou Aram Damas, est le nom qu'on donnait à la partie de la Syrie
qui formait le territoire de la ville de Damas, au nord-est de la Palestine, 2
Samuel 8:6; cf. Ésaïe 7:8; 17:3; Amos 1:5.
________________________________________
DAN
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était fils de Jacob et de Bilha, Genèse 30:3. On avait
assigné à la tribu qui porta son nom un territoire entre les tribus de Juda, de
Benjamin et d'Éphraïm, Josué 19:40; mais, outre que ces limites étaient
passablement restreintes, il paraît qu'il se passa un temps assez long avant
qu'elle pût en chasser les Cananéens et en prendre entièrement possession:
c'est ainsi qu'il faut entendre les passages, Juges 1:34; 18:2. Ce fut là sans
doute la cause de l'expédition contre la ville de Laïs, qui eut lieu déjà du
temps de Josué, Josué 19:47, mais que nous ne trouvons racontée avec détails
que Juges 18. La nouvelle ville qui fut construite sur l'emplacement de Laïs,
reçut aussi le nom de Daniel Ils possédèrent ainsi tout le cours supérieur du
Jourdain, et la partie septentrionale du pays, de sorte que pour dire d'une
extrémité à l'autre de Canaan, on finit par dire proverbialement de Dan à
Béersébah, 1 Samuel 3:20; etc.
— Voir: Béersébah.
Quant à l'ancien territoire de la tribu, il avait pour
voisins et pour ennemis les Philistins, sous l'oppression desquels les Danites
gémirent pendant quarante ans, jusqu'à ce qu'enfin un homme de cette tribu,
Samson, les en eut délivrés, Juges 13:1-2. Les Danites avaient des vaisseaux,
Juges 5:17, et l'on croit qu'ils possédaient la ville de Joppe au bord de la
mer.
Jacob, à son lit de mort, annonce que Dan jugera son
peuple, aussi bien qu'une autre des tribus d'Israël (Samson); qu'il sera un
serpent sur le chemin, et une couleuvre dans le sentier, mordant les cornes du
cheval, et celui qui le monte tombe à la renverse», ce qui signifie que ses
conquêtes et ses victoires seront dues à la ruse plutôt qu'à la force (Genèse
49:16-17). Moïse au contraire dit de cette tribu: «Dan est comme un jeune
lion», montrant ainsi que, si la ruse est son partage, la force cependant ne
lui manquera pas.
Quant aux raisons pour lesquelles cette tribu ne se
trouve pas mentionnée avec les autres Apocalypse 7:5-8, les commentateurs sont
partagés: on pourrait penser que c'est parce qu'elle fut dès le commencement le
principal siège de l'idolâtrie, Juges 18; 1 Rois 12:30;
— Voir: Tribus.
________________________________________
DANIEL.
________________________________________
1. Troisième
fils de David, par Abigaïl, 1 Chroniques 3:1.
2. Descendant
d'Ithamar, nommé parmi ceux qui revinrent de la captivité de Babylone, Esdras
8:2.
3. Prophète
hébreu.
Daniel le prophète était d'une naissance illustre, et
même, selon Flavius Josèphe (Antiquités Judaïques 10, 10), il appartenait à la
famille royale et descendait directement d'Ézéchias; cf. 2 Rois 20:18. Fort
jeune encore, âgé peut-être de 12 à 15 ans, il fut emmené captif en Caldée,
après la prise de Jérusalem par Nébucadnetsar, la quatrième année de Jéhojakim
(avant J.-C. 606). Il fut élevé avec trois autres de ses compatriotes et
compagnons d'âge pour le service de la cour, et reçut le nom de Beltesatsar,
Daniel 1:7; 2:26. Il se distingua par ses abstinences et sa fidélité, refusa de
se souiller en goûtant des mets qui lui étaient défendus par la loi de Moïse,
et commença, au bout de trois années de préparation, son service auprès du
monarque. Les quatre jeunes gens ne tardèrent pas à gagner la confiance de leur
maître par leur sagesse et leur science admirables; Daniel, en particulier,
ayant su rappeler au roi un songe remarquable que celui-ci avait fait et qu'il
avait entièrement oublié, et lui en ayant en même temps donné l'interprétation,
devint l'objet d'une haute considération et fut élevé à la dignité d'inspecteur
de la caste des mages, 2:46, charge qu'il paraît avoir perdue cependant sous
l'un des successeurs de Nébucadnetsar, et qu'il n'exerçait plus sous Belsatsar,
5:10-16. C'est revêtu de ce titre nouveau qu'il fut appelé auprès du roi pour
lui expliquer un second songe, mais personnel à Nébucadnetsar, et plus terrible
que le premier; il lui annonça qu'il serait, pendant un certain nombre
d'années, réduit à l'état de bête sauvage. Puis, pendant deux ou trois règnes,
ceux d'Évil-Mérodac, de Nériglissor et de Laboroso-Archod, Daniel disparaît de
la scène: les armes de Cyrus remplissent déjà l'Asie, sa renommée est portée sur
toutes les bouches, ici la crainte, là l'espérance. Daniel, qui sait la
succession des monarchies et le renversement de Babylone par la puissance
médo-perse, Daniel qui sait que la fin de la captivité, que le terme des
soixante et dix années approche, Daniel enfin qui se rappelle que c'est un
guerrier du nom de Cyrus qui doit présider au retour des Juifs dans leur pays,
dire à Jérusalem: sois rebâtie, et à son temple: sois refondé, Daniel attend
dans le silence le développement et l'accomplissement de ces faits dont aucun
autre peut-être n'a la clef. Puis, une nuit, pendant que Belsatsar est dans la
salle du festin, Cyrus marche dans le lit du fleuve mis à sec, et l'ange écrit
sur la muraille du festin des mots mystérieux et redoutables. Après avoir
inutilement consulté les mages et les devins, Belsatsar mande le prophète
hébreu. Daniel apparaît: ses paroles sont sévères; il parle à un roi puissant,
mais qui n'a plus que peu d'heures à vivre; il lui reproche ses crimes et lui
déclare que le moment de la vengeance est arrivé: bien loin de profiter de
l'expérience de ses pères, il a résisté au vrai Dieu, il s'en est détourné, il
a foulé aux pieds les choses saintes; les coupes et les vases sacrés du temple
de Jérusalem sont encore là, sur la table, pleins de vin, destinés à passer par
les lèvres des courtisans et des concubines royales. Frappé de terreur, et
voulant essayer peut-être de parer le coup fatal en s'amendant à la hâte,
Belsatsar fait revêtir Daniel d'écarlate, lui met un collier d'or au cou, et le
déclare le troisième du royaume. C'était trop tard. Darius le Mède, grand oncle
de Belsatsar, et pour qui Cyrus avait fait cette conquête, s'empara du royaume
à l'âge d'environ soixante et douze ans; il continua d'avoir pour Daniel le
même respect et la même considération que lui avaient témoignée ses
prédécesseurs; il établit cent vingt satrapes dans le pays, au-dessus d'eux
trois gouverneurs, et Daniel comme leur chef. Darius fut le sixième roi que
Daniel fut appelé à servir d'une manière ou de l'autre dans l'administration;
il servit encore plus tard sous Cyrus, Daniel 6:28. Cependant l'envie et la
malveillance ne dormaient pas; la religion fut le moyen que l'on mit en avant
pour perdre Daniel; on arracha à Darius un édit par lequel tout homme qui,
pendant trente jours, adresserait des prières à une autre divinité qu'au roi
lui-même, serait jeté aux lions. Daniel, qui n'a jamais fait étalage de piété,
ne craint point non plus de montrer sa foi; il doit l'exemple à ses
coreligionnaires, il doit les soutenir dans ce combat entre les dieux de Darius
et Jéhova: sa position l'y oblige; s'il cède, tous céderont; s;il persévère
dans le bien, tous y persévéreront. Aussi, trois fois le jour il ouvre sa
fenêtre du côté de Jérusalem, se met à genoux, prie et célèbre son Dieu comme
il faisait auparavant. Découvert, accusé, condamné malgré le roi que sa parole
engage, on le descend dans la fosse aux lions; mais ces animaux affamés
respectent l'oint de l'Éternel, et quand, au jour suivant, Darius, qui croit au
Dieu de Daniel, s'approche avec une vague et faible espérance de trouver son
ami vivant, Daniel lui répond: O roi, vis éternellement. Mon Dieu a envoyé son
ange, et a fermé la gueule des lions, tellement qu'ils ne m'ont fait aucun mal,
parce que j'ai été trouvé innocent devant lui; et même à ton égard, ô roi, je
n'ai commis aucune faute. Daniel sort du tombeau triomphant; ses ennemis, qu'on
y jette avec leurs femmes et leurs enfants, sont dévorés «avant même qu'ils
soient parvenus au bas de la fosse.» Le prophète reprend dans l'empire son rang
et son autorité, Daniel 6:11; c'est en grande partie à son influence qu'il faut
attribuer la permission donnée aux Juifs de retourner dans leur patrie.
Lui-même resta à la cour, surveillant jusqu'à sa mort les intérêts du règne de
son divin maître, et mourut, à ce que l'on peut croire, âgé d'au moins
quatre-vingt-dix ans, quelques années après l'avènement de Cyrus.
Dieu n'avait envoyé Daniel à Babylone, et ne l'avait
revêtu du ministère public qu'en vue du peuple d'Israël, dont la régénération
morale devait s'opérer pendant l'exil. Or, quoi de plus propre à atteindre ce
but que la mission de Daniel? Tous les Israélites pouvaient attacher leurs
regards sur lui comme sur un modèle de fidélité: ils voyaient se déployer en
lui, même au milieu des idoles, toute la puissance du vrai Dieu; jeune, il les
encourage par sa fermeté; plus tard, il les soutient de son crédit et par les
révélations de sa sagesse surhumaine; vieillard, il affronte les lions, et, par
sa haute position, s'expose aux premiers coups, aux premiers châtiments, comme
le sapin de la montagne qui détourne la foudre des arbustes qui l'environnent,
en l'attirant sur lui-même. Enfin ses prophéties consolantes devaient relever
leur courage abattu, et leur montrer dans un avenir peu éloigné le moment que
les fidèles appelaient de leurs vœux les plus chers.
Deux passages d'Ézéchiel, 14:14; 28:3, nous montrent
que sa destinée providentielle fut comprise au moins par quelques-uns de ses
compatriotes; ils nous font voir en même temps combien Daniel devait être un
homme de prière, puisque de son vivant, un de ses contemporains, mû par
l'esprit de Dieu, ne craint pas de le citer avec Job et Noé, comme un des
hommes dont l'intercession eût pu avoir le plus de succès auprès du trône des miséricordes
et de la justice. Sa sagesse y est également exaltée.
On s'est étonné quelquefois que Daniel n'ait pas été
enveloppé dans une même condamnation avec ses trois amis qui furent jetés dans
la fournaise ardente pour avoir refusé d'adorer la statue de Nébucadnetsar,
Daniel 3; mais outre que Daniel pouvait se trouver accidentellement éloigné, il
faut remarquer que la fête de cette dédicace se fit dans la province de
Babylone où les trois autres jeunes gens étaient établis, tandis que Daniel qui
avait un autre poste dans la ville même de Babylone, à la porte du roi, 2:49,
était peut-être retenu par sa charge même, loin d'une scène d'idolâtrie dans
laquelle il aurait certainement participé à la conduite, au supplice et à la
délivrance de ses amis, s'il eût été appelé à y assister.
Quoique le prophète ait été un homme pécheur comme
nous, et qu'il le reconnaisse avec tant d'humilité dans la belle prière du
chapitre neuvième, on a fait la remarque que sa vie telle qu'elle est racontée
ne présente aucune espèce de taches, de même que celle de Joseph en Égypte: ce
sont deux figures qui nous offrent la plus grande pureté de caractère, nobles,
droits, fidèles dans tout ce que nous en connaissons.
Livre de Daniel. Les six premiers chapitres se
rapportent à la biographie du prophète; les six autres contiennent les
prophéties proprement dites, qui ont essentiellement pour objet l'histoire des
principaux peuples aux destinées desquels le peuple de Dieu fut mêlé et
enchaîné. Ce devait être pour les Israélites pieux une grande consolation de
pouvoir ainsi discerner clairement, au milieu des révolutions politiques, la
main de celui qui fait concourir toutes choses au bien de ceux qui l'aiment. Le
sujet du chapitre 7e est le même que celui du songe expliqué au chapitre 2e, la
succession des quatre monarchies, chaldéenne, médo-perse, macédonienne et
romaine. Le chapitre 8e annonce avec plus de détail l'histoire de la deuxième
et troisième de ces monarchies. Le 9e détermine de la manière la plus
remarquable et la plus précise l'époque des bénédictions messianiques, il
renferme le passage des septante semaines. Les chapitres 10e et 11e prédisent
les destinées du peuple Juif sous la domination égyptienne et sous la
domination syrienne. Enfin, le 12e s'étend de nouveau jusqu'aux temps du
Messie. Ces douze premiers chapitres sont écrits partie en caldéen, partie en
hébreu; les catholiques en ajoutent deux autres écrits en grec, et renfermant
les histoires de Susanne, de Bel et du Dragon; on les compte ordinairement à
part.
— Voir: Apocryphes.
Le livre de Daniel contient des vérités tellement
précises, les miracles qu'il rapporte sont si inexplicables, qu'il devait être
une pierre d'achoppement pour tous les ennemis de la révélation: aussi les
voyons-nous se liguer dans leurs attaques contre son authenticité, depuis le
païen Porphyre jusqu'aux rationalistes modernes inclusivement. Cette
authenticité, cependant, repose sur des preuves assez solides et assez
nombreuses pour que sous ce rapport Daniel puisse se mesurer avec tout autre
livre de l'antiquité hébraïque. Il existait déjà en collection du temps des
Maccabées, 1 Maccabées 2:59-60, et Flavius Josèphe nous apprend, Antiquités
Judaïques 11, 85, qu'il fut présenté à Alexandre-le-Grand, fait dont nous
n'avons aucune raison de douter. L'auteur montre aussi une connaissance si
approfondie des mœurs et des événements de l'époque dont il parle, qu'il serait
difficile d'admettre que ce livre ait été écrit à une époque postérieure. Enfin
et surtout, nous avons en faveur de son authenticité le témoignage solennel de
notre Sauveur, qui ajoute: que celui qui lit ce prophète y fasse attention,
Matthieu 24:15.
Pour l'étude de ce livre difficile nous indiquerons
parmi les meilleurs ouvrages à consulter, le Commentaire de Calvin,
l'Apologétique de Sack, Hengstenberg's Beitræge zur Einl. in das Alte Test., le
commentaire de Hævernick, en anglais Tregelles, et en français les Leçons sur
le prophète Daniel, données dans une école du dimanche, par M. Gaussen.
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DANNA,
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Josué 15:49, ville de Juda située dans les montagnes.
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DANSE.
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De tout temps les Hébreux paraissent avoir été grands
amateurs de la danse, Proverbes 26:7; Ecclésiaste 3:4. C'étaient principalement
les femmes et les jeunes filles qui s'adonnaient à cet exercice, Jérémie 31:4;
Juges 21:21, et les enfants les imitaient dans leurs jeux au milieu des rues,
Matthieu 11:17; Luc 7:32; plus ordinairement, les danses se composaient de
chœurs et de groupes; on voit cependant aussi quelques exemples de solos de
danse, 2 Samuel 6:14,16; Matthieu 14:6. Elles faisaient partie des
réjouissances particulières, Luc 15:25; on les trouve aussi pratiquées dans les
réjouissances publiques, accompagnant les récoltes, Juges 9:27, les fêtes
politiques, 1 Samuel 18:6; 21:11; 30:16, et même les fêtes religieuses, Exode
15:20; Juges 21:19-21; 2 Samuel 6:5,14. Les femmes s'accompagnaient du
tambourin, Jérémie 31:4, quelquefois on y joignait le chant, 1 Samuel 18:7;
21:11, et des instruments de musique, cymbales et autres, 2 Samuel 6:5. Ces
danses, en général d'un caractère religieux, se justifiaient par le besoin
naturel à l'homme d'exprimer sa joie, sa reconnaissance pour son Dieu, aussi
bien par les mouvements de ses membres, que par les sons de sa voix; mais elles
n'avaient aucun rapport avec les dissipations et les danses toutes charnelles,
habituellement voluptueuses, des bals et ballets modernes. On peut conjecturer
d'ailleurs qu'elles ressemblaient à quelques égards aux danses à la fois
énergiques et gracieuses de l'Orient actuel.
— Plus tard seulement on vit paraître dans le
voisinage de la Palestine, et peut-être en Palestine même, des danseuses étrangères,
prostituées et musiciennes, vraies bayadères, parcourant les villes, et les
amusant de leurs chants et de leurs danses, Ésaïe 23:16.
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DARDAH,
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1 Rois 4:31,
— Voir: Éthan.
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DARIUS.
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Trois rois de ce nom sont mentionnés dans l'Écriture,
et le nom même de Darius qui signifie en persan un roi, semble indiquer que
c'était une espèce de titre dynastique commun à tous les rois de ce pays, mais
plus particulièrement porté par quelques-uns.
1. Le
premier dont la Bible nous parle est Darius le Mède fils d'Assuérus (Astyage)
et connu dans les historiens grecs sous le nom de Cyaxare II (Flavius Josèphe,
Antiquités Judaïques X, 11, 1), d'Astyage dans l'apocryphe Daniel 14:1. Ce fut
lui qui avec le secours de Cyrus son neveu réunit à ses états l'empire
babylonien (538 avant J.-C.), et commença la seconde monarchie annoncée par
Daniel. Sur la fin de son règne, il se livra à la mollesse et aux plaisirs, et
abandonna l'exercice de l'autorité royale à Cyrus dont il avait fait son
gendre, et qui bientôt fut son successeur dans les empires réunis. Le trait
principal de son règne est, à côté de son affection et de son estime pour
Daniel, la faiblesse avec laquelle il signa le fol édit qui défendait à tous
ses sujets d'adresser des vœux à un autre qu'à lui pendant l'espace de trente
jours; cette impie mesure qui flattait son orgueil, et qu'il n'avait pas
examinée davantage, eut pour conséquence (comme elle avait eu pour motif chez
les ambitieux ennemis du prophète) l'arrestation de Daniel et sa condamnation.
Darius, esclave de sa parole et le jouet de ses courtisans, crut devoir livrer
celui qu'il avait établi naguère gouverneur de toutes les satrapies du royaume,
et le fidèle fut jeté aux lions. Au milieu de ces bêtes féroces et affamées, le
vieillard passa une nuit plus tranquille que le malheureux monarque dans son
palais et sur sa couche royale. Darius avait cependant quelque faible
espérance; un miracle ne lui paraissait pas impossible: Ton Dieu, lequel tu
sers incessamment, sera celui qui te délivrera, avait-il dit à Daniel; mais
avec cette faible foi de païen, chargé d'ailleurs, dans sa conscience, d'un
meurtre qu'il se reprochait à lui-même, parce qu'il eût pu le prévenir et
l'empêcher, fatigué peut-être aussi de se voir la victime de ses insolents
serviteurs, Darius ne put fermer l'oeil de toute la nuit; il se rendit à l'aube
du jour, et en grande hâte, vers la fosse des lions, pour voir si Dieu avait,
dans sa bonté, réparé le mal que lui, dans sa folie, avait ordonné ou laissé
faire. Daniel était sauvé; on ne trouva en lui aucune blessure, parce qu'il
avait cru en son Dieu. Alors Darius, comme tous les esprits faibles qui passent
promptement d'un extrême à l'autre, fit jeter aux lions les accusateurs du
prophète et leurs familles, pensant, par sa cruauté, racheter sa faute et
expier sa faiblesse. Il réintégra Daniel dans ses fonctions, et publia un édit
remarquable qui semble prouver que la délivrance miraculeuse de son ministre
favori avait produit une profonde impression sur son âme, Daniel 6.
2. Darius
fils d'Hystaspe, qui, à l'aide du hennissement frauduleusement obtenu de son
cheval, monta sur le trône après le mage Smerdis, vers l'an 522 avant J.-C. La
2e année de son règne, et à la parole d'Aggée et de Zacharie, il confirma,
malgré les nombreux ennemis des Juifs, la permission que Cyrus avait donnée de
reconstruire le temple de Jérusalem, et qui avait été momentanément retirée
sous le règne d'Artaxercès, Esdras 6:1-15; cf. 4:5,24; 6:1; Aggée 1:1; 2:1;
Zacharie 1:1. Son royaume s'agrandit par plusieurs conquêtes: ce fut sous lui
que se révolta Babylone, désireuse de retrouver son indépendance première, mais
après un siège et des horreurs sans pareilles, et à la tête de toutes ses
troupes, il fit rentrer cette ville dans la soumission, ayant accompli, sans le
savoir, les prophéties juives d'Ésaïe 47:1; 48:14, et de Jérémie 50:8-9;
51:1,6,9,43, cf. Zacharie 2:7. On peut remarquer aussi que dans ces passages
Dieu donna aux Juifs renfermés dans Babylone, le conseil pressant de quitter
cette ville avant le siège redoutable dont elle est menacée.
— Bossuet croît reconnaître en lui l'Assuérus du livre
d'Ester; mais,
— Voir: cet article.
3. Darius
de Perse. Le roi ainsi nommé, Néhémie 12:22, est très probablement Darius
Nothus fils d'Artaxercès Longuemain, dont le règne très agité dura dix-neuf
ans, et qui mourut vers l'an 406 avant J.-C. Flavius Josèphe, Grotius et
Leclerc ont cru qu'il s'agissait plutôt du règne de Darius Codoman, parce que
le souverain sacrificateur Jadduah, qui semble indiqué dans ce verset comme
contemporain de Darius, était à Jérusalem lorsque Alexandre le Grand s'approcha
de cette ville, et l'on connaît le rôle qu'il joua dans cette circonstance.
Mais on peut très bien admettre que son père Johanan ait seul été contemporain
de Darius, et Néhémie peut avoir encore vu, avant de mourir, le jeune Jadduah
commencer à exercer la charge de sacrificateur.
________________________________________
DATHAN,
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frère d'Abiram, q.v.
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DATTES.
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Le dattier, maintenant assez rare en Palestine, y
était autrefois très abondant, surtout dans les environs de Jéricho, de
Hen-Guédi, et du lac de Génézareth. C'est l'arbre que nos versions ont traduit
par palme ou palmier, indiquant le genre sans désigner l'espèce, Juges 4:5;
Joël 1:12, cf. Flavius Josèphe, Antiquités Judaïques 15, 4; 2. Pline 13, 6. On
retrouve le dattier sur des monnaies romaines comme symbole de la Palestine, et
la ville de Jéricho avait reçu le nom de ville des dattes, à cause de la
quantité de ces arbres qui se trouvaient dans son voisinage. Il y en avait
aussi en Égypte, en Perse et en Arabie, Exode 15:27, et ils étaient regardés
dans ces contrées comme des arbres utiles et des plus précieux. Le dattier
recherche les terrains chauds et sablonneux, mais sans craindre l'humidité. Il s'élève
souvent jusqu'à la hauteur de 30 mètres, et atteint l'âge de deux siècles. Son
tronc droit et élancé porte à son sommet un bouquet de branches feuillées,
élégamment recourbées vers la terre, assez longues d'abord, mais se
raccourcissant de beaucoup vers le haut de l'arbre. Ses fruits sont ramassés en
grappes nombreuses; ils ont la forme de glands, mais sont plus grands et
recouverts d'une peau rougeâtre: ils offrent un manger délicat, très goûté en
Orient, soit frais et tels qu'ils sont cueillis sur l'arbre, soit pressés en
petits gâteaux. On en fait aussi une espèce de liqueur connue sous le nom de
vin de dattes, et fort estimée;
— Voir: Cervoise.
Après que le premier jus a été exprimé, on verse de
l'eau sur les dattes qu'on laisse ainsi macérer quelques jours, et l'on en fait
une nouvelle liqueur, un petit vin peu agréable, mais dont on se sert
volontiers comme rafraîchissement. Avec les branches de l'arbre, on fabrique
des paniers, avec leurs fibres des cordes, avec les feuilles des nattes, et le
tronc même, quoique assez mou intérieurement, comme celui des monocotylédones
en général, est assez solide au dehors pour qu'on puisse l'employer comme bois
de charpente (Xénophon Cyrop. 7, 5; 11)
— Genèse 43:11,
— Voir: Pistaches.
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DAVID,
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fils d'Isaï, de la tribu de Juda, comptait parmi ses
ancêtres Ruth la Moabite, Rachab l'hôtelière de Jéricho, et Tamar la
Cananéenne. Il fut le chef de la dynastie des rois de Juda, et le Christ, qu'il
avait préfiguré dans sa royauté, est sorti de sa race, et a porté, comme
l'héritier de son trône, le nom caractéristique de fils de David. David naquit
à Bethléhem, 1085 ans avant J.-C. Samuel avait alors cinquante-quatre ans.
L'heureuse influence du dernier des juges répandait la piété et la prospérité
chez les Israélites. Le septième et dernier fils d'Isaï, occupé dans sa
jeunesse à paître les troupeaux, avait dix-neuf ans lorsqu'il fut désigné, par
l'onction sainte répandue sur sa tête, pour succéder, sur le trône d'Israël, à
Saül, désobéissant et rejeté. Néanmoins sa destinée ne devait se dérouler que
successivement, et Dieu, pour le préparer au trône, le lit passer à travers
bien des vicissitudes et des dangers. Peu après son sacre, il fut appelé auprès
de Saül pour distraire, par le charme de la musique, la mélancolie du roi que
possédait un mauvais esprit. Rentré chez son père, après le succès de ses
soins, il ne tarda pas à se faire connaître de nouveau du roi et du peuple par
sa victoire sur Goliath, le géant Philistin. Il est beau de voir un jeune homme
de vingt-trois ans, soutenu par sa foi, s'avancer avec une fronde et cinq
pierres du torrent, contre un ennemi colossal armé de toutes pièces. Il
remporta la victoire parce que Goliath s'était confié dans sa force et avait
défié le Dieu d'Israël, au nom duquel David se présentait pour le combattre.
Dès ce moment, David entra définitivement au service du roi, qu'il ne quitta
plus. Mais la jalousie de Saül, excitée par les louanges du peuple, s'alluma
bientôt contre David et, sauf quelques intermittences, ne cessa de le
poursuivre avec un acharnement toujours croissant. La protection divine, qui
reposait sur David, fit tourner à sa gloire, à sa popularité, à
l'affermissement de son royal avenir, les missions périlleuses confiées à sa
jeunesse par le mauvais vouloir de Saül, et consacrées par l'enthousiasme et la
confiance de l'armée. Saül, après avoir, dans le mariage de sa fille aînée,
manqué à la promesse qu'il avait faite au vainqueur du Philistin, voulut faire
servir à l'assouvissement de sa haine l'amour que Mical, sa seconde fille,
éprouvait pour le jeune capitaine. La prudence et la vaillance de David
déjouèrent ces perfides manoeuvres; Saül dut l'accepter pour gendre, et
sensible aux remontrances de Jonathan son fils, l'ami de David, il imposa pour
un moment silence à son injuste animosité. Cène fut qu'une trêve. Les succès du
héros d'Israël, dans la guerre qui venait de recommencer contre les Philistins,
rallumèrent les flambeaux de la jalousie et de la haine dans le cœur de son
puissant ennemi. Deux fois, lorsque la harpe de David cherchait à soulager les
souffrances morales de Saül, souffrances d'envie et de rage qui s'irritaient
peut-être de leur injustice même, deux fois, joignant l'ingratitude à h folie,
Saül avait cherché à clouer contre la paroi, d'un coup de javeline, son chantre
fidèle et dévoué. Parvenue à son comble, la fureur de Saül force David à
s'enfuir. Délivré une première fois par la puissance de l'esprit de Dieu qui, en
se répandant sur les émissaires de Saül, et en gagnant Saül lui-même, les
contraint d'oublier, aux pieds de Samuel, leurs mauvais desseins, et de
glorifier le Seigneur, David est bientôt contraint de fuir de nouveau. Il est
secouru par Ahimélec et l'enveloppe dans sa disgrâce. Puis, après avoir tenté
de se réfugier auprès d'Akis, roi de Gath, et après avoir placé son père et sa
mère en lieu de sûreté, il se met à parcourir le pays à la tête de gens
malheureux comme lui, vivant dans les lieux écartés et mettant sa troupe, forte
d'environ 400 hommes, au service de ses concitoyens, pour les protéger contre
les incursions des peuples environnants. Dans les montagnes, trahi par ceux-là
même qu'il avait aidés et délivrés, il n'échappe à la mort que grâce aux merveilles
réitérées de la protection divine, et, par deux fois, il épargne Saül qu'il
avait l'occasion de frapper à coup sûr. L'ingratitude et la persévérance de son
ennemi lassent enfin sa constance et sa foi, il se retire chez les Philistins,
et reçoit Tsiklag pour refuge et habitation. Cette faute grave fut punie par la
position fausse et difficile où il se trouva placé chez les ennemis de son
peuple, obligé de vivre pendant deux ans environ dans la dissimulation, le
mensonge et la cruauté. À la bataille de Guilboah, conduit par Akis dans les
rangs des Philistins, il se trouve dans l'alternative inévitable ou de faire la
guerre à son peuple, ou de tirer perfidement l'épée contre un bienfaiteur trop
confiant, dont il avait accepté l'hospitalité. La méfiance des Philistins, en
le faisant renvoyer, lui épargna un crime; la prise de Tsiklag, qu'il trouva
brûlée et pillée par les Hamalécites, paraît avoir été le châtiment dont Dieu
se servit pour le faire rentrer en lui-même. Près de périr par la main des siens,
que l'enlèvement de leurs femmes, de leurs enfants et de leurs biens avait
exaspérés, il se fortifia en son Dieu, apaisa ses gens, poursuivit et atteignit
les pillards, reprit tout ce qu'il avait perdu, et fit en outre un immense
butin. C'est ce butin qui lui servit à regagner, par des présents faits à
propos, la bienveillance des principaux Israélites.
Sur ces entrefaites, la mort de Saül lui ouvrit les
avenues du trône, et la tribu de Juda le reconnut pour son roi. Il avait trente
ans alors; il choisit pour résidence l'antique ville d'Hébron. Is-Boseth, fils
de Saül, fut mis à la tête d'Israël par les légitimistes de l'époque, et une
longue guerre s'en suivit. La défection et la mort d'Abner, la trahison de
Bahana et de Récab, qui assassinèrent Is-Boseth, y mirent un terme. David, en
punissant de mort les meurtriers de Saül d'abord, puis les lâches assassins du
fils de Saül, se montra juste et récompensa dignement les traîtres. On regrette
qu'il n'ait pas montré la même fermeté envers Joab, son neveu, meurtrier
d'Abner. Le crédit et l'influence de ce vaillant homme de guerre auprès de
l'armée le sauvèrent; David n'osa pas en le punissant compromettre une autorité
faible encore et précaire.
Maître de tout Israël, à l'âge d'environ quarante ans,
David prend Jérusalem sur les Jébusiens, et y fixe sa résidence. Il abaisse et
humilie les Philistins, ces ennemis constants du peuple de Dieu. L'arche, qui
depuis la mort d'Héli, était restée séparée du sanctuaire, est conduite avec
pompe et aux acclamations unanimes du peuple, dans un tabernacle dressé pour
elle en Sion. David projette la construction du temple; Dieu réserve cette
gloire à Salomon, mais prononce dans cette occasion solennelle l'oracle qui
fixe dans la famille de David la succession de la royauté qui devait aboutir au
Messie. La prospérité de David parvient à son comble, ses ennemis sont
subjugués tout alentour, leurs insultes et leurs efforts ne servent qu'à
étendre la domination d'Israël, et les limites annoncées par Moïse sont
atteintes pour la première fois.
Cette prospérité, le succès de ses armes et la gloire
de son règne exercèrent sur l'âme de David une funeste influence. Ses mœurs
s'amollirent; son âme s'endormit dans les délices. Pendant qu'il savourait à
Jérusalem les douceurs et le luxe d'une royauté orientale, et que son armée,
sous la conduite de Joab, faisait le siège de Rabbath-Hammon, David se laissait
séduire par la beauté de Bath-Séba, femme d'Urie, et tombait dans l'adultère;
après avoir échoué dans les odieuses intrigues qu'il tenta pour cacher les
traces de son crime, il fut conduit de péché en péché, à faire périr, par la
main des Hammonites, Urie et plusieurs de ses plus vaillants et de ses plus
fidèles serviteurs. Enfin réveillé de son sommeil de péché, et rappelé à
lui-même par la voix fidèle de Nathan, David montra, par sa sincère et profonde
repentance, les dispositions saintes qui l'animaient et qui, après une funeste
et trop longue interruption, avaient repris possession de son âme. Il avait
alors 52 ans.
Mais, dès ce moment, la prospérité qui lui avait été
si fatale se retira de lui, et depuis cette époque jusqu'à la fin de son règne,
son âme fut maintenue dans l'humilité, la défiance d'elle-même et la soumission
au Seigneur, par une suite de calamités publiques ou particulières. Les
désordres domestiques qui souillèrent et ensanglantèrent sa maison, la violence
exercée par Amnon contre sa sœur Tamar, la vengeance sanglante qu'Absalon tira
de cette offense, l'exil de ce fils bien-aimé qui en fut la suite, le retour
toléré d'abord, puis la grâce complète de ce jeune homme dont le crime n'était
pas sans excuse, l'ingratitude de celui-ci, ses menées, la guerre civile qu'il
alluma pour enlever à son père le royaume et la vie, révolte qui fut bien près
d'être couronnée par la victoire; tous ces événements trouvèrent David, souvent
faible peut-être dans le gouvernement de sa famille, mais humble, mais fort,
mais grand dans sa foi et dans sa piété, sous la puissante main du Dieu qui le
châtiait dans son amour. Le succès presque complet de la tentative d'Absalon
semblerait indiquer que, depuis son crime, David, soit influence de l'âge, soit
surtout conscience de son humiliation, et souvenir de ses fautes, avait perdu
cette force de volonté, cette présence d'esprit et cette fermeté de décision
qui l'avaient porté, de vicissitudes en vicissitudes, jusque sur le trône de
Juda et d'Israël. Toutefois la fidélité et le dévouement de ceux qui
entourèrent et sauvèrent David dans cette circonstance, montrent que, s'il
avait perdu sous quelques rapports, il était cependant toujours le vrai roi de
ce peuple un moment égaré, mais qui n'avait pas cessé d'avoir pour lui
confiance et affection: c'est ce que prouvent encore l'insuccès de la révolte
de Scéba, fils de Bicri, qui succéda à celle d'Absalon, et la fin sanglante de
ce rebelle.
À peine le fléau de la guerre civile eut-il fini de
troubler le pays, qu'une autre calamité, la famine, se fit sentir en Israël.
C'était un châtiment du massacre des Gabaonites, que Saül avait fait mourir, au
mépris de la foi jurée. Ce crime avait été inspiré à Saül par un faux semblant
de zèle, et par le besoin de conserver ou d'augmenter sa popularité. Si le
châtiment tomba sur le peuple, c'est que celui qui sonde les cœurs avait
découvert dans l'esprit du peuple le germe et la vraie source de cette
iniquité. De même la vengeance qui, à la demande des Gabaonites, tomba sur la
famille de Saül, se justifie aux yeux de quiconque connaît l'unité d'esprit
qui, à ce degré de civilisation, caractérise les grandes familles, ou, pour
employer un mot de nos langues modernes, les clans: chacun de leurs membres
adopte comme siennes les intentions du chef; il s'y associe de cœur, et les
exécute de point en point avec l'apparence, au moins, de la plus entière
spontanéité. On peut donc dire que le crime de Saül était celui de sa famille,
et que le châtiment qui frappa ses enfants atteignit certainement des
coupables. La famine fut pour les Israélites une leçon haute et importante. Ils
apprirent par là que le Dieu d'Israël, bien que leur protecteur suprême, ne
faisait aucune acception des personnes; Dieu recherchait sur son peuple, même
en faveur de profanes Cananéens, les iniquités commises contre ceux-ci; le
châtiment leur rappelait que le seul titre personnel à la faveur divine se trouve
dans la justice et dans l'obéissance.
Les dernières années de David furent consacrées aux
immenses préparatifs de la construction du temple, réservée à Salomon, mais que
David eut toujours devant les yeux. Moins agitées que les précédentes, elles
furent cependant troublées par le péché du dénombrement, et par la conspiration
d'Adonija. L'orgueil présida au dénombrement du peuple. Il fallait que ce péché
fut bien évident, puisque Joab même, le sanguinaire et mondain Joab, reprit
David à ce sujet. Toutefois le cœur du roi se montre encore dans sa piété
généreuse, dans sa confiance pleine et entière en son Dieu, lorsque, appelé à
faire le choix douloureux d'un châtiment, il préfère tomber dans les mains de
celui dont les compassions sont en grand nombre. La mortalité qui punit
l'orgueil de David et décima son peuple, est une preuve de plus que le droit de
Dieu sur les hommes pécheurs est de les faire périr quand et comme il le veut,
et en même temps, que le dernier mot de sa justice distributive est réservé pour
une autre dispensation. À cet événement se rattache le choix de l'emplacement
du temple; ce choix, marqué par un sacrifice en dehors du rite lévitique, et
par une expiation efficace, puisque c'est là que l'ange apparut et que la plaie
s'arrêta, avait ainsi une valeur typique, et recevait d'en haut une
consécration indispensable sous l'économie mosaïque.
Comme un flambeau consumé jette un dernier éclat avant
de s'éteindre, nous retrouvons la fermeté, la décision, l'humilité, la piété,
tous les beaux traits du caractère de David, dans sa conduite au sujet de la
tentative d'Adonija. Et comme le soleil couchant, avant de disparaître, se
dégage des nuages pour embraser la terre et les cieux de l'éclat de ses
derniers rayons, ainsi les derniers actes publics de David, relatifs à la
construction du temple, ont une grandeur et une beauté de foi toute
particulière, et couronnent dignement la vie de ce grand serviteur de Dieu. Il
mourut âgé de 71 ans, en laissant, suivant une dispensation divine, le trône à
un fils de Bath-Séba.
Le testament de David, les ordres qu'il donna à
Salomon, concernant Joab et Simhi, se justifient clairement aux yeux de
quiconque les examine avec foi et avec impartialité. David, par diverses
causes, au font desquelles se trouvait une coupable faiblesse, avait laissé
vivre ce neveu qui, chéri de l'armée, était «trop puissant pour lui.» Joab
avait d'ailleurs mis le comble à ses crimes, en participant à l'entreprise
d'Adonija. David ordonne à Salomon de faire justice.
— David, comme homme, avait pardonné à Simhi, et
l'avait laissé vivre en paix tout le temps que lui-même avait vécu; maintenant
qu'il va mourir, qu'il n'a plus rien à faire avec les passions de la terre,
qu'il a entièrement et jusque au bout donné la preuve de la sincérité de son
cœur en pardonnant, il peut laisser venir le tour de la justice, et faire
châtier par le roi son fils un crime contre la royauté. Sa conduite envers les
meurtriers de Saül et d'Is-Boseth montre la droiture de son caractère dans les
affaires de ce genre, et prouve que son unique préoccupation était le châtiment
d'un sujet rebelle, sans qu'il s'y mêlât aucun sentiment de rancune
personnelle.
Le rôle de David, dans l'histoire du peuple d'Israël,
a été capital. Il est le fondateur de la royauté théocratique. Il a été ce que
Saül aurait pu, mais n'a pas voulu être. La fondation de la royauté était une
déviation du principe de la théocratie; cette déviation devait trouver son
correctif dans le caractère personnel du roi et dans l'esprit de la royauté.
Saül, demandé par le peuple, s'est trop souvenu de l'origine de sa puissance;
il a tout sacrifié à la popularité. Ce fut la source de ses désobéissances et
la cause de sa réjection. David a été l'homme selon le cœur de Dieu; il a été
roi de la part de Dieu, pour diriger le peuple dans les voies divines, non pour
complaire au peuple, et par une fatale complaisance l'égarer loin de Dieu.
C'est là le trait saillant qui distingue les deux rois et les deux royautés.
Celle de Saül (q.v.) a été mondaine, celle de David a été sainte. À ce titre il
a été type du Messie, et il a eu l'honneur d'être le dernier des patriarches,
ancêtres désignés du Sauveur.
L'œuvre de David, comme prophète, n'a pas été moins
importante. Sans parler des prédictions nombreuses et détaillées relatives au
Christ, qui sont répandues dans les psaumes; sans parler de cet admirable
recueil auquel son nom se rattache, et dont il a écrit la plus grande partie (—
Voir: Psaumes), il fut l'auteur d'une révolution importante dans le culte
mosaïque, révolution correspondante à la construction du temple qui a été son
œuvre, autant et plus peut-être que celle de Salomon. Depuis la mort d'Héli,
l'arche ne se trouvait plus dans le sanctuaire, et le culte n'était plus
qu'imparfaitement célébré. Il n'a même pu l'être de nouveau d'une manière
complète que dans le temple où il a été restauré avec une splendeur inconnue
jusqu'alors: David a d'avance organisé le service et les fonctions des lévites,
qui, n'étant plus chargés du transport d'un tabernacle longtemps errant,
désormais fixé, devenaient disponibles pour d'autres fonctions. Celles de
gardiens et de chantres leur furent dévolues. Cette fonction de chantres qui
coïncide avec la première formation du Psautier signale l'introduction de
l'élément de l'édification directe, qui d'abord se mêle au culte typique, pour
le remplacer presque entièrement plus tard. Le symbole, à peu près la seule
forme du culte sous Moïse, fut aux différents âges de l'église judaïque,
successivement mélangé avec la parole qui, sous le christianisme, occupe le
culte presque entier, et n'a laissé au symbole qu'une place, éminente il est
vrai, mais restreinte dans ce qu'on appelle d'ordinaire les sacrements.
Tel a été David, homme d'une haute intelligence, d'un
noble caractère, d'un cœur chaud et dévoué. Sur tous les trônes et dans tous
les temps, il eût été un monarque distingué, le héros de son peuple. L'histoire
profane, étrangère à l'austère simplicité du style biblique, n'eût pas manqué
d'exalter ses rares vertus, sa gloire et ses triomphes; elle eût caché ou
pallié ses chutes. Il ne pouvait en être de même dans le récit inspiré, car
c'est à Dieu seul qu'appartient la gloire; la Bible a été écrite pour nous
donner des exemples à suivre et non des hommes à idolâtrer. Mais, pour qui sait
apprécier les choses, pour qui accompagne David d'un œil clairvoyant au milieu
des vicissitudes si diverses d'une carrière longue et remplie, pour qui lit
dans les mouvements de cette âme si droite, si chaleureuse, souvent si grande
dans ses premiers élans, si habituellement dirigée par la pensée et l'amour du
Seigneur, l'éloge biblique si remarquable qui lui a été décerné à tant de
reprises, malgré les côtés sombres de sa conduite, n'aura rien qui étonne, et
l'on répétera avec une conviction croissante, que c'était bien là «l'homme
selon le cœur de Dieu.»
L'histoire de David embrasse le premier livre de
Samuel, depuis le chapitre 16; tout le second livre de Samuel, et 1 Rois 1-2.
Elle est reproduite avec plus ou moins de détails, 1 Chroniques 11-29. Son nom,
qui signifie bien aimé, reparaît continuellement dans l'Ancien Testament, et
une quarantaine de fois dans le Nouveau.
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DÉBIR.
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Deux villes de ce nom.
1. Une
dans la tribu de Gad, Josué 13:26.
2. Une
autre qui paraît avoir été située dans le voisinage d'Hébron, Josué 10:38; elle
s'appelait auparavant Kiriath-Sépher, Josué 15:15; lors de la conquête les
enfants d'Israël l'enlevèrent aux Cananéens, Josué 10:38. Elle fut d'abord incorporée
à la tribu de Juda, 15:49, puis plus tard cédée aux sacrificateurs, 21:15; 1
Chroniques 6:58.
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DÉBORA.
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1. Nourrice
de Rébecca: elle accompagna en Canaan la jeune fiancée d'Isaac, et paraît avoir
été dès lors traitée avec beaucoup d'affection et de respect par la famille du
patriarche, Genèse 24:59; 35:8. Elle fut ensevelie au-dessous de Béthel, sous
un chêne.
2. Femme
pleine de foi et douée de dons prophétiques, le quatrième des juges d'Israël,
qui fut dans la main de Dieu un instrument pour délivrer le peuple d'Israël,
opprimé depuis longtemps par le roi cananéen Jabin, Juges 4:4; 5:1-31. Nous
avons donné dans nos Juges d'Israël à côté de l'histoire de cette femme remarquable,
une traduction nouvelle et annotée de l'hymne sublime qu'elle composa pour
bénir Dieu de la victoire qu'il avait accordée à son peuple (p. 39-48).
— Voir: aussi Herder, De la poésie des Hébreux.
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DÉCAPOLIS, ou la Décapote
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(les dix villes), nom d'un district situé au nord-est
de la Palestine, touchant à la frontière de Syrie. Il était ainsi nommé à cause
des dix villes principales qui se trouvaient sur son territoire, mais on ne
peut plus en déterminer les noms avec certitude, les différents auteurs qui
nous en parlent n'étant pas d'accord entre eux; Pline cite les suivantes:
Damas, Philadelphie, Raphana, Scythopolis, Gadara, Hippon, Dion, Pella, Galasa
et Canatha; elles étaient presque toutes habitées par des païens; Jésus y
prêcha souvent, Matthieu 4:25; Marc 5:20; 7:31.
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DÉDAN.
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Il y avait deux peuplades de ce nom.
1. Celle
qui descendait d'Abraham par Kétura, Genèse 25:3, et qui habitait la partie
septentrionale de l'Arabie, près de l'Idumée, Jérémie 25:23; 49:8; Ézéchiel
25:13.
2. Celle
qui descendait de Cus, Genèse 10:7, et qui habitait la partie orientale de
l'Arabie, près du golfe persique. C'était une peuplade fort commerçante, Ésaïe
21:13; Ézéchiel 27:15,20; 23:13. Il y a encore dans le golfe persique une île
de ce nom, Daden.
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DÉDICACE
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(fête de la), Jean 10:22. Fête qui fut établie par
Judas Maccabée (1 Maccabées 4:56; 2 Maccabées 10:6), et qui se célébrait en
hiver pendant huit jours à dater du 25 kisleu (décembre), par une riche
illumination des maisons à Jérusalem, et dans les autres villes. Cette
illumination était le symbole de la joie, comme aussi de l'espérance. La fête
fut instituée après le retour de la captivité, en souvenir de la purification
du temple qui avait été souillé et profané par Antiochus Épiphanes.
D'autres dédicaces solennelles sont encore mentionnées
dans l'Ancien Testament, celle du temple de Salomon, 1 Rois 8, celle des
nouveaux murs de Jérusalem après l'exil, Néhémie 12:27, celle du nouveau
temple, Esdras 6:16;
— Voir: encore Exode 40, Nombres 7.
C'était aussi une coutume des Hébreux, coutume bien
naturelle et commune à bien des peuples, de dédier à Dieu leurs maisons
nouvellement construites, Deutéronome 20:5: cette dédicace n'était dans les cas
ordinaires qu'une simple bénédiction prononcée, et l'inscription de quelques passages
de la Loi au-dessus de la porte.
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DÉHAVIENS.
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Cette peuplade mentionnée Esdras 4:9, comme une de
celles d'où des colons furent transportés à Samarie, est sans doute la même que
celle dont les auteurs profanes nous parlent sous le nom de Dahi ou Dahæ, et
qui se trouvait à l'est de la mer Caspienne, soumise à la domination persane,
(Hérodote 1, 125. Strabon 11, 508; 511)
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DÉLAÏA,
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fils de Sémahia et officier de Jéhojakim, fut un de
ceux qui, ayant entendu par Michée que Baruc avait lu des prophéties sévères de
Jérémie contre leur roi, prièrent Baruc de leur en faire une lecture
particulière. Effrayés des menaces contenues dans cet écrit, ils résolurent
d'en donner connaissance à Jéhojakim, après avoir pourvu d'abord à la sûreté
des deux prophètes. Le roi irrité à la lecture à peine commencée de ces lignes,
ayant déchiré le rouleau et voulant le jeter dans le feu, Délaïa et les autres
officiers s'opposèrent, mais en vain, à cette impie résolution.
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DÉLILA,
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courtisane de la vallée de Sorek, probablement,
philistine, sut par ses charmes séduire Samson, juge d'Israël, s'en fit aimer
sans l'aimer, profita de son amour pour le trahir, et spécula sur la confiance
du héros. Gagnée par les Philistins, elle fatigua Samson de ses importunités
pour lui arracher le secret de sa force; trois fois il lui répondit d'une
manière évasive, s'approchant plus ou moins de la vérité, trois fois elle
revint à la charge, et Samson que Dieu abandonnait en punition de son impure
passion, finit par s'abandonner lui-même, et se livra à cette femme qui le
livra aux ennemis d'Israël, Juges 16.
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DÉLUGE,
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inondation extraordinaire et universelle arrivée l'an
du monde 1656 (2348 avant J.-C.), par laquelle Dieu détruisit entièrement
toutes les créatures vivantes qui se trouvaient sur la terre ferme, à
l'exception de celles qui furent enfermées dans l'arche. Les eaux qui, au
commencement de la création, couvraient toute la surface du globe, et qui
s'étaient retirées partiellement au troisième jour, couvrirent encore une fois
la terre; puis elle se retirèrent à l'ordre du Tout-Puissant, le sec parut, la
terre poussa son jet comme au troisième jour, et fut de nouveau peuplée
d'hommes et d'animaux.
— Voir: Création,
On peut lire, Genèse 6:12-21; 7:11-24, la narration à
la fois concise et riche en détails que fait l'historien sacré de la première
partie de ce cataclysme.
Basnage (Antiquités Judaïques II, p. 309) donne un
calendrier de cette triste année; Calmet l'a copié; mais comme ce calendrier ne
nous paraît pas s'accorder toujours avec le texte, nous essaierons de le
rectifier. On doit placer le commencement de l'année diluvienne à la même
époque que celui de l'année civile des Juifs, c'est-à-dire vers l'équinoxe
d'automne, au mois de Tisri; car l'année ecclésiastique n'ayant été introduite
qu'en vue des fêtes religieuses des Juifs, il n'est pas probable que Moïse y
ait voulu rattacher la chronologie du déluge. La computation des années de
douze mois ordinaires du calendrier juif ne pouvant suffire aux périodes
d'accroissement, de décroissement et de séjour des eaux, nous avons été
conduits à supposer que l'année du déluge doit avoir été une de celles où se
trouvait le mois intercalaire de Beadar. Voici ce calendrier:
AN DU MONDE 1656. — 601e DE NOÉ.
1er mois, Tisri, de 30 jours.
Méthusélah meurt, âgé de 969 ans; son fils, le pieux
patriarche Lémec, père de Noé, l'avait précédé de cinq ans dans la tombe,
Genèse 5:27; cf. Ésaïe 57:1.
2e mois, Marchesvan, de 29 jours.
10e jour.
— Dieu ordonne à Noé d'entrer dans l'arche avec sa
famille et les animaux, Genèse 7:1,4.
17e jour.
— Noé entre dans l'arche un jour de sabbat, et
immédiatement la pluie de 40 jours commence, 7:13; 4:10-12.
3e mois, Kisleu, de 30 jours.
28e jour.
— La pluie s'arrête. Il paraît en effet, d'après les
versets 17 et 12 comparés entre eux, et avec les versets 11 et 13, que les 40
jours doivent se compter de celui où Noé entra dans l'arche.
4e mois, Tébeth, de 29 jours.
Les eaux se renforcent sur la terre; l'arche flotte à
leur surface, verset 18.
5e mois, Sébat, de 30 jours.
Les eaux se renforcent prodigieusement, et couvrent
les montagnes les plus élevées, «sous tous les cieux», verset 19, c'est-à-dire,
évidemment, sur toute la terre, ce qui donne le démenti le plus formel à ceux
qui ne veulent voir dans le déluge qu'une inondation locale et partielle.
6e mois, Adar, de 29 jours.
Les eaux s'élèvent de 15 coudées au-dessus des plus
hautes montagnes, verset 20. Il n'est cependant pas possible de déterminer le
temps qui s'est écoulé entre les divers degrés ou étages de cette effrayante
progression; le texte sacré nous dit seulement que les eaux du déluge furent
sur la terre 150 jours, versets 10 et 24, avant de décroître.
Mois intercalaire, Beadar, de 29 jours.
20e jour.
— Dernier jour de la permanence des hautes eaux, et
fin des 150 jours.
21e jour.
— Les eaux commencent à diminuer. Les sources de
l'abîme et les bondes des cieux sont fermées, et le vent souffle. Peut-être
est-ce ce vent qui poussa l'arche jusque sur le lieu où elle devait s'arrêter,
8:1-3. Il semble aussi que 7:18, indique un mouvement dans les eaux, comme
celui d'un courant qui aurait déjà pu déplacer l'arche, diriger son inertie
flottante, et la pousser loin du lieu où elle avait été bâtie. La traduction
littérale est: «L'arche allait sur les eaux.»
7e mois, Nisan, de 30 jours.
Les eaux se retirent de plus en plus, 8:3.
17e jour.
— L'arche s'arrête sur les montagnes d'Ararat, verset
4.
8e mois, Ziph, de 29 jours.
Les eaux continuent à baisser, 8:5.
9e mois, Sivan, de 30 jours.
Les eaux décroissent encore jusqu'à la fin du mois.
Ainsi, depuis le 20e jour de Beadar, que commence la
baisse, jusqu'à ce que l'arche s'arrête, il s'écoule 26 jours: depuis que
l'arche s'arrête jusqu'à ce que le sommet des montagnes soit découvert, 72
jours; et depuis ce moment jusqu'à l'entière retraite des eaux, 88 jours; ce
qui ferait donc 26 + 72 + 88 = 186 jours pour la décroissance du déluge.
10e mois, Thammuz, de 29 jours.
1er jour.
— Le sommet des montagnes paraît au dessus de l'eau,
8:5. Noé attend encore 40 jours, verset 6.
11e mois, Ab, de 30 jours.
12e jour.
— Noé lâche un corbeau qui va et vient, 8:6-7, se
nourrissant probablement des poissons morts que les eaux en se retirant
pouvaient avoir laissés autour de l'arche sur les rochers qui la soutenaient,
et revenant se poser sur l'arche lorsqu'il était fatigué, car il n'est point
dit qu'il y soit rentré, et il n'est pas probable qu'il ait trouvé plus de
facilité à se percher sur des arbres que la colombe qui sortit après lui.
19e jour.
— Noé lâche une colombe, verset 8. Quelques
interprètes croient qu'elle sortit en même temps que le corbeau, mais au verset
10 nous voyons qu'avant de la lâcher une seconde fois, Noé attendit «encore
sept autres jours», ce qui indique évidemment qu'il s'était écoulé une semaine
entre la sortie du corbeau et la première sortie de la colombe.
26e jour.
— La colombe sort une seconde fois et rapporte dans
son bec une branche d'olivier, verset 11.
12e mois, Élut, de 29 jours.
2e jour.
— Noé lâche la colombe pour la troisième fois, et elle
ne revient plus, verset 12. Il attend quatre semaines.
AN DU MONDE 1657. — 602e DE NOÉ.
1er mois, Tisri, de 30 jours.
1er jour.
— Noé lève la couverture de l'arche et regarde la
terre qui se sèche, verset 13.
2e mois, Marchesvan, de 29 jours.
27e jour.
— La terre étant suffisamment desséchée pour être
habitable, Dieu commande à Noé de sortir de l'arche avec sa famille, versets
14, 16, 18. Ils sortent.
Voici maintenant les raisons pour lesquelles
l'addition du mois intercalaire nous a paru nécessaire. Le chapitre 8, versets
1 et 2, nous dit que ce ne fut que le 450e jour que les eaux s'arrêtèrent, puis
qu'elles diminuèrent pendant quelque temps; ce n'est qu'après qu'il a été dit,
verset 3, que les eaux se retiraient de plus en plus de dessus la terre, que le
verset 4 nous parle du jour où l'arche s'arrêta. Si l'on suppose l'année
composée de 12 mois ordinaires des Juifs, qui sont alternativement de 29 et de
30 jours, la fin des 150 jours de la croissance des eaux, comptée depuis le 17e
jour du 2e mois, porterait au 20e jour du 7e mois. Selon ce calcul, l'arrêt de
l'arche n'aurait guère pu avoir lieu que tout à la fin du 7e mois ou au
commencement du 8e. Mais il est dit que cet événement se passa le 17e jour du
7e mois, ce qui, dans la supposition de l'année de 12 mois, bien loin de
laisser l'espace de temps indiqué par le verset 3 pour la diminution préalable
des eaux, ne donnerait même que 147 jours à leur croissance, au lieu des 150
indiqués dans le texte.
Jusque vers la fin du dix-septième siècle, personne
n'avait mis en doute la vérité de l'histoire du déluge; mais depuis Isaac
Vossius, qui attaqua alors son universalité, jusqu'aux savants de la fin du
siècle dernier, qui en vinrent à le nier entièrement, et à Voltaire qui chercha
à le tourner en ridicule, un grand nombre d'opinions diverses ont été
proposées, soit pour l'expliquer par des causes naturelles, soit pour redresser
ou réfuter telle ou telle partie du récit de Moïse. Mais la Bible et la nature
sont deux monuments impérissables de la vérité divine contre lesquels viendra
toujours se briser la malice des incrédules; ils subsisteront lorsque toutes
ces folles théories et les noms de leurs auteurs seront depuis longtemps
ensevelis dans l'oubli; et, plus on les étudiera, plus aussi l'on y
reconnaîtra, dans les plus petits détails, l'entière concordance de tous les
faits géologiques qui se rattachent au déluge, avec la description de cette
catastrophe telle qu'elle a été conservée dans la Genèse. Les faits nouveaux
expliqueront des passages encore obscurs pour nous, et réciproquement, la foi à
la vérité, de ces passages conduira à des découvertes nouvelles sur la
constitution de notre globe.
Parmi les difficultés qui se présentent, et que nous
n'éluderons pas plus que nous ne les nierons, la première est celle-ci: Comment
l'eau répandue sur la surface du globe a-t-elle pu suffire à l'inonder? Cette
question nous conduit à examiner les causes du déluge.
La cause première, origine de toutes les autres, doit
sans doute être cherchée dans le conseil de Dieu, dans la volonté arrêtée du
Tout-Puissant, dont la souveraine sagesse a voulu ou permis cet événement. Les
causes secondes sont de deux natures: les unes morales, les autres physiques.
Les causes morales sont indiquées, Genèse 6:5-13; ce sont les péchés des
hommes, leurs extorsions, leur violence, leur mépris de Dieu et de ses
commandements. Les causes physiques peuvent se découvrir, Genèse 1:6-7,9; et
7:11-12. Avant le déluge, les eaux appartenant à notre planète n'étaient pas
distribuées comme elles le sont à présent: sur la terre antédiluvienne il ne
pleuvait pas, 2:5; l'atmosphère de notre globe était entourée d'une couche
liquide, comme d'une sphère aqueuse, désignée dans la Bible par le nom d'eaux
supérieures, 1:7, «qui sont au-dessus de l'étendue» ou des cieux. C'est
probablement la rupture de l'équilibre de ces eaux que l'Écriture désigne en
disant que, lors du déluge, «les bondes des cieux furent ouvertes», 7:11.
D'un autre côté la Bible, par l'expression «abîmes»,
semble indiquer des amas d'eaux souterraines dont l'importance nous est
inconnue; ce sont les eaux sur lesquelles la terre est fondée et étendue,
Psaumes 24:2; 136:6, et qui ont été rassemblées comme en un amas dans les lieux
cachés de l'intérieur de la terre, Psaumes 33:7. L'eau que recelaient les
entrailles du globe se mit à jaillir à sa surface par torrents, comme cela
arrive encore de nos jours dans certains tremblements de terre très violents;
elle grossit en même temps les mers, qui s'accrurent, s'élevèrent et
débordèrent, selon l'énergique expression d'Éliphaz, «comme un fleuve qui a
emporté anciennement le fondement des injustes, lesquels ont été retranchés
avant leur temps», c'est-à-dire avant la fin naturelle de leur longue vie, Job
22:16.
Le texte ne dit pas quelle est la cause qui a expulsé
les eaux souterraines du sein de la terre, et les a fait jaillir à sa surface;
mais une tradition rabbinique donnera peut-être la clé de ce phénomène. Les
rabbins prétendent, en effet, que les eaux du déluge étaient chaudes; s'il en
est ainsi, l'on pourrait chercher la cause de leur soulèvement dans une action
extraordinaire de la chaleur interne (Rougemont, Fragments, etc, p. 23).
Enfin la pluie, phénomène atmosphérique tout nouveau
pour le monde antédiluvien, et qui dura quarante jours et quarante nuits, fut
la troisième, et probablement la moins importante des causes qui amenèrent le
déluge. On pourrait croire que la nouveauté de ce phénomène parut alors si
extraordinaire, que les mots «les fontaines de l'abîme et les bondes des cieux»
ne se trouvent là que par amplification, comme par une figure de rhétorique;
mais si l'on fait attention au texte, l'on verra que la pluie ne tombe que
pendant quarante jours, 7:17, tandis que les eaux continuent à croître par
trois degrés bien marqués, après qu'elle a cessé de tomber, versets 18, 19, 20,
croissance qui ne pouvait plus être attribuée à la précipitation de l'humidité
contenue dans l'atmosphère.
En considérant comme des effets ces trois déplacements
des substances liquides de notre planète, diverses causes ont été proposées
pour en expliquer l'origine. Nous ne répéterons pas ici les théories
fantastiques de Woodward, Whiston, Scheuchzer, Demaillet, Lamarck, Rodig,
Patrin et autres; mais il en est une, celle de Burnet, qui mérite d'être citée
comme plus conforme à certains passages de la Bible et à certains phénomènes
naturels.
En 1680, l'évêque
Burnet publia un livre intitulé; «The sacred Theoiy of the Earth, containing an
account of the Original of the Earth, and of all the general changes which it
hath already undergone, or is to undergo, till the consummation of all things.»
Quoique ce titre soit passablement ambitieux,
l'ouvrage le justifie du moins à un certain degré, car en prenant l'Écriture
sainte pour guide, le génie de Burnet a deviné pour ainsi dire plusieurs faits
relatifs aux révolutions de la surface du globe, que les découvertes de la
science, un siècle après sa mort, ont confirmés, ou rendu de plus en plus
probables. Il attribue à la terre antédiluvienne une température plus égale que
celle d'aujourd'hui, et semblable à un printemps perpétuel; il fait sortir les
eaux du déluge des lieux profonds et cachés de la terre; il parle de la
conflagration qui attend notre globe, et des nouveaux cieux et de la nouvelle
terre qui paraîtront après cet embrasement. Tout cela est, à la vérité, mélangé
de diverses erreurs, provenant de l'ignorance où l'on était alors de la plupart
des lois de la physique; mais ces erreurs ne doivent pas nous faire rejeter ce
qu'il y a de vrai dans l'ensemble de ses idées.
— L'un des principaux traits de ce système, c'est sa
théorie du changement de l'axe de la terre, opinion déjà proposée par un
Italien (Alessandro degli Alessandri), au commencement du seizième siècle;
cette idée fut combattue par Newton et, plus tard, par Laplace qui cherchèrent
à démontrer son improbabilité, ainsi que par Butler qui tourna le système de
Burnet en ridicule. Cependant, si l'on suppose que ce changement d'axe n'a eu
lieu que par rapport au soleil, et non par rapport aux pôles actuels du globe,
l'improbabilité diminue de beaucoup. En faveur d'un véritable changement d'axe,
l'on a cité des faits dans le genre de la découverte du mammouth de Pallas, et
l'on a dit que de tels animaux, originaires des pays chauds et trouvés près du
pôle, indiquaient que ces contrées avaient joui autrefois d'une température
bien plus élevée que celle qui y règne de nos jours, et comme l'habitation
actuelle des rhinocéros et des mastodontes, ou plutôt de leurs représentants
modernes, les éléphants, se trouve près des tropiques, l'on en avait conclu que
la zone torride avait autrefois passé par les pôles. En admettant la justesse
de ces observations, nous devons cependant nous opposer à la conclusion que
l'on en tire; nous ferons remarquer:
1. que
toutes les découvertes géologiques confirment pleinement le système qui
attribue à la terre antédiluvienne une température générale beaucoup plus
élevée et beaucoup, plus égale que celle dont elle jouit maintenant,
circonstance qui explique suffisamment la présence des cadavres de mammouths au
nord de la Sibérie; et
2. que
la forme sphéroïdale de la terre et son aplatissement aux deux pôles, montre
assez que son axe de rotation n'a pas changé depuis que la figure de notre
globe a été déterminée par la main toute puissante qui lui a fixé sa route dans
l'espace. Mais cet aplatissement ne prouve point que l'axe, restant d'ailleurs
le même, son inclinaison par rapport au plan de l'orbite, n'ait pu varier. On pourrait
alors admettre avec Burnet qu'avant le déluge, l'axe était perpendiculaire à
l'écliptique, en sorte que cette ligne n'en formait qu'une avec l'équateur, ce
qui établissait dans chaque zone une grande égalité de température. On comprend
que le changement subit de la position de notre globe, malgré la continuation
de la révolution diurne et de la révolution annuelle, ait pu rompre l'équilibre
des eaux et causer un déluge (c'est peut-être alors que commença le mouvement
de nutation de l'axe de la terre, qui serait ainsi comme un reste ou une trace
de l'ébranlement que subit alors notre globe; ce mouvement s'accomplit en
dix-neuf ans environ); mais cette secousse, cette position nouvelle ne pouvait
provenir que de celui qui avait anciennement créé la terre et les cieux. On ne
doit point voir dans la théorie de Burnet l'intention d'expliquer par des
causes secondes et naturelles, ce qu'il y eut de miraculeux dans le cataclysme
par lequel l'Éternel jugea à propos de détruire l'ancien monde, mais seulement le
désir de rechercher par quels moyens il plut à Dieu d'amener le châtiment de
ses créatures coupables.
Nous venons de remarquer que la position de l'axe
perpendiculaire à l'écliptique, établissait pour chaque zone un climat à peu
près invariable (nous disons à peu près, car, même dans cette supposition, la
forme elliptique de l'orbite et la circonstance que le soleil en occupe, non le
centre mais un des foyers, pourrait avoir occasionné quelque légère différence
de température aux diverses époques de l'année); il s'en suit naturellement que
le changement survenu dans la position de cet axe doit avoir introduit un
changement correspondant dans les climats, et avoir fait que les zones
tempérées, par exemple, connussent des élévations et des diminutions alternatives
de températures qu'elles ne connaissaient pas auparavant. Or, que nous dit à
cet égard la Bible?
— Nous remarquerons que le mot moh'adim, Genèse 1:14,
que nos traductions rendent dans ce verset par saisons, ne se trouve nulle part
employé pour signifier les variations de la température; il est toujours
traduit par lieu, signe, temps, ou temps marqué pour des solennités (tempus
constitutum); dans d'autres endroits il signifie année, comme Daniel 12:7, etc.
— Il ne signifie saisons que d'une manière
métaphorique, comme lorsque nous disons qu'une chose ou expression «n'est plus
de saison»; ainsi, Exode 13:10. Les saisons proprement dites sont indiquées
pour la première fois, mais sans être nommées, Genèse 8:22, lorsque Dieu promet
à Noé qu'il n'enverra plus de déluge sur la terre pour la faire périr: «Tant
que la terre durera, dit-il, les semailles et les moissons, le froid et le
chaud, l'été et l'hiver, le jour et la nuit, ne cesseront point.» Le jour et la
nuit existaient depuis le quatrième jour de la création, mais les six autres
termes de cette promesse, expressions correspondantes aux six saisons des
Juifs, semblent indiquer qu'il était survenu, pendant le déluge ou en
conséquence de ce cataclysme, de grands changements atmosphériques ou géologiques,
et que l'uniformité de la température des zones ayant été rompue, elle serait
remplacée par les saisons et leurs variations régulières.
Mais, dira-t-on peut-être, ces explications des causes
du déluge, ces eaux souterraines, ces eaux supérieures que vous dites avoir
existé autrefois et dont vous cherchez à établir l'existence par quelques
passages difficiles à entendre, sont bien problématiques, et s'il est vrai par
exemple que les eaux supérieures se soient versées sur la terre, que sont-elles
devenues maintenant? Sont-elles encore confondues avec les océans et les mers?
Y a-t-il actuellement assez d'eau sur le globe pour qu'elle ait jamais pu
couvrir toute la terre habitable?
Les considérations suivantes nous semblent répondre
d'une manière satisfaisante à cette question. Ajoutons que plusieurs sont
textuellement empruntées au Manuel de géologie de De la Bêche, livre écrit
uniquement en vue de la science et sans prétentions théologiques ou
religieuses. Elles auront donc d'autant plus de poids qu'elles se recommandent
par leur parfaite impartialité.
«La proportion actuelle de la surface aqueuse du globe
à la surface sèche est environ de trois à un; l'on peut donc dire que près des
trois quarts de notre globe sont couverts d'eau; la superficie de l'Océan
Pacifique surpasse même à elle seule l'ensemble de toutes les terres connues.
Quoique d'après l'idée que nous nous en formons ordinairement, nous disions que
certaines parties de la terre sont fort élevées au-dessus du niveau de la mer,
cette élévation se réduit en réalité à fort peu de chose, si on la considère
par rapport au diamètre du globe.» L'épaisseur du globe à l'équateur est de
12,753,702 mètres, soit 2,866 lieues géographiques (de 25 au degré ou de 4,450
mètres); le plus haut pic connu, le Chamalari, n'atteint qu'à 8,518 mètres; les
plus hautes cimes des Alpes ne s'élèvent guère à plus de 4,500 mètres; le
Mont-Blanc seul à 4,810 mètres environ, et la moyenne d'élévation de la partie
de la croûte terrestre qui est au-dessus de l'eau, en y comprenant toutes les
montagnes, plateaux, plaines et dépressions, ne dépasse probablement pas 600
mètres, ce qui ferait, seulement 1/21,000e de l'épaisseur du globe.
Les aspérités de la surface du globe sont donc,
relativement à son volume, infiniment plus petites que celles de la peau d'une
orange ne le sont relativement à la grosseur de l'orange. Et si l'on suppose un
globe terrestre de 1m,50 de diamètre, on ne pourra y indiquer le plus haut pic
dont on connaisse l'élévation, (le Chamalari) que par une légère protubérance
d'un millimètre; le Mont-Blanc aurait un demi-millimètre; le Jura et les
montagnes plus basses ne pourraient se distinguer des plateaux et des plaines.
Quant à la profondeur de la mer, autant qu'on peut en
juger, la moyenne est de 4 à 5,000 mètres. Pour faciliter les calculs, et pour
ajouter à leur évidence, exagérons dans les deux sens, c'est-à-dire donnons une
plus grande hauteur moyenne aux terres, et une moins grande profondeur moyenne
aux mers; en d'autres termes, supposons plus de terres élevées, et moins d'eau
pour les couvrir qu'il n'y en a réellement dans le sein des mers; il en restera
encore pour submerger la terre et tout ce qu'elle contient. Supposant donc que
la hauteur moyenne des continents et des îles soit de 2,225 mètres, et que la
profondeur de la mer soit de 4,000 mètres, puisque les continents n'occupent
qu'un quart de la surface du globe, «il est très facile de se représenter telle
position relative de la terre et des eaux, que la terre ferme se trouve de fait
occuper le fond des mers, et que de toutes parts la surface de notre globe ne
présente à l'extérieur qu'une couche d'eau.» Dans cette supposition, la couche
de terre étendue au fond des mers aurait une épaisseur de 1,668m,75, et les
eaux qui la recouvriraient en auraient le double, c'est-à-dire 3,337m,50. «Nous
ne devons considérer les terres ou continents, que comme une certaine partie de
la surface inégale du globe qui se trouve temporairement élevée au-dessus du
niveau des mers, sous lesquelles elle pourrait de nouveau disparaître, comme
cela est déjà plusieurs fois arrivé.» (La Bêche) Ainsi, en ne tenant compte que
des eaux actuellement connues, on voit qu'il y aurait amplement de quoi inonder
toute la terre.
M. Élie de Beaumont croit que l'élévation des hautes
chaînes de montagnes, comme celle des Andes, par exemple, produite par un
soulèvement du terrain, aurait été suffisante pour occasionner un déluge de
l'autre côté du globe; cette idée adoptée par de savants géologues, Buckland,
Sedgwick, de La Bêche, est combattue, presque tournée en ridicule par un autre
savant, Lyell, et au milieu des opinions et des systèmes les plus divers sur
les moyens dont il a plu à Dieu de se servir pour effectuer le déluge, il est
difficile de distinguer où est la vérité. Jusqu'à présent il nous a paru que
l'hypothèse de De Luc, déjà proposée par Hooke en 1688, était encore celle qui
concordait le mieux avec la Bible; et bien qu'elle soit rejetée par des savants
modernes pour les lumières desquels nous avons une haute estime, c'est à elle
que nous croyons devoir nous arrêter jusqu'à ce qu'on nous en fasse connaître
une qui se justifie davantage. Voici comment elle est présentée par Cuvier: «Je
pense donc, avec MM. Deluc et Dolomieu, que s'il y a quelque chose de constaté
en géologie, c'est que la surface de notre globe a été victime d'une grande et
subite révolution dont la date ne peut remonter beaucoup au-delà de 5 ou 6,000
ans; que cette révolution a enfoncé et fait disparaître les pays qu'habitaient
autrefois les hommes et les espèces d'animaux aujourd'hui les plus connues;
qu'elle a, au contraire, mis à sec le fond de la dernière mer, et en a formé
les pays aujourd'hui habités; que c'est depuis cette révolution que le petit
nombre des individus épargnés par elle se sont répandus et propagés sur les
terrains nouvellement mis à sec. Mais ces terrains avaient déjà été habités
auparavant, sinon par des hommes, du moins par des animaux terrestres; par
conséquent une révolution précédente les avait mis sous les eaux, et si l'on
peut en juger par les différents ordres d'animaux dont on y trouve les
dépouilles, ils avaient peut-être subi jusqu'à deux ou trois irruptions de la
mer.» (Cuvier, Discours sur les révolutions de la surface du globe, 3e édition,
p. 283)
Comparons maintenant ce résultat de la science avec ce
que nous dit la Bible, et nous y trouverons un accord remarquable. En parlant
des hommes antédiluviens, Dieu dit: «Je les détruirai, et la terre avec eux»,
6:13. Soutenir que «toutes choses demeurent dans le même état qu'au commencement
de la création, c'est ignorer volontairement ceci: c'est que les deux et la
terre furent autrefois créés par la parole de Dieu;» cette terre «qui fut tirée
de l'eau, et qui subsistait parmi l'eau, périt par ces choses mêmes;» «le monde
d'alors périt étant submergé par les eaux du déluge», 2 Pierre 3:4-6. Or, ces
expressions si fortes: «je détruirai la terre des méchants», — «le monde
d'alors périt par les eaux», peuvent-elles s'entendre d'une submersion
momentanée d'un pays? Supposons que l'Angleterre, par un affaissement des
couches souterraines, par une élévation de l'Océan, ou par toute autre cause,
vienne à être inondée pendant quelques mois; puis qu'elle ressorte des eaux et
se couvre comme auparavant de végétation; qu'un petit nombre d'Anglais échappent
à l'inondation dans un vaisseau, avec des animaux, puis qu'un an après, lorsque
les eaux se sont écoulées, ils débarquent sur ce même pays, qu'ils l'habitent
de nouveau et le cultivent comme auparavant, pourra-t-on dire que l'Angleterre
a été détruite? qu'elle a péri avec tout ce qu'elle contenait? Non, ces
expressions indiquent une destruction plus complète, telle, par exemple, que
celle qui aurait été la conséquence naturelle de l'affaissement des anciens
continents et de leur submersion permanente. Ceci explique aussi pourquoi l'on
ne trouve point sur la terre actuelle de fossiles humains; tous les habitants
de l'ancien monde, tant hommes qu'animaux terrestres, ont dû être entraînés au
fond de l'Océan, où, mêlés avec le limon qui y a été déposé dans la suite des
siècles, ils contribueraient maintenant à la formation des roches sub-marines
(comme les animaux victimes des révolutions antérieures), si le, jour ne
s'approchait pas où la mer sera forcée de «rendre les morts qui sont en elle»,
Apocalypse 20:13.
À cette théorie l'on a objecté que la Bible en nous
donnant, Genèse 2, la description d'une partie du monde antédiluvien, emploie
les noms de lieux actuellement existants, nous parle du Gihon, de l'Euphrate,
du pays de Havila, du pays de Cus, de l'Assyrie; c'est donc en ces lieux,
a-t-on dit, et autour de ces lieux, qu'ont habité les premiers hommes; les
anciens continents sont donc aussi les mêmes que ceux que nous connaissons
aujourd'hui. Mais si l'on insiste sur la similarité des noms, on oublie les
rapports de position relative qui nous sont indiqués dans ce chapitre, rapports
qui ne se retrouvent nullement dans les localités actuellement existantes. En
effet, que lisons-nous? «Un fleuve sortait d'Éden pour arroser le jardin, et de
là il se divisait en quatre fleuves.» Les savants et les commentateurs de la
Bible se sont donné une peine infinie pour expliquer ce passage; on a voulu
voir dans les fleuves du paradis quatre rivières existantes de nos jours. Quant
à l'Euphrate, dit-on, il ne peut y avoir aucun doute, c'est le fleuve connu
aujourd'hui sous ce même nom; le Tigre est clairement désigné dans la Bible
sous le nom de Hiddekel; le Phasis est le Pison, et l'Araxe le Guihon: ces
quatre fleuves sortent tous de l'Arménie; c'est là donc qu'était le paradis
terrestre. Mais il est évident que quoique ces rivières prennent leur source
dans des contrées peu éloignées les unes des autres, elles n'ont jamais pu
former un seul fleuve divisé en quatre bras. L'Euphrate a deux sources; celle
qui est la plus voisine de L'origine du Tigre en est encore distante de 400
kilomètres. La source de l'Araxe (qui se jette dans la mer Caspienne) est, il
est vrai, à quelques lieues d'une des sources de l'Euphrate, près d'Erzeroum,
mais elle en est séparée par une chaîne de montagnes; le Phasis enfin, que l'on
suppose être le Pison, prend sa source à près de 320 kilomètres au nord de
celle de l'Euphrate. On ne peut donc rattacher les fleuves paradisiaques à
l'Euphrate actuel.
Les raisons qui ont été proposées en faveur de cette
hypothèse pourraient tout aussi facilement s'appliquer au Djihoun (l'Oxus), qui
prend sa source à 2,000 kilomètres d'Erzeroum, dans les monts du Belour, et se
jette dans la mer d'Aral. Il serait facile de chercher dans le Sinon ou
Jaxartes, et dans deux autres grandes rivières dont les sources sont peu
éloignées de celles du Guihon, le Hiddekel, le Pison et l'Euphrate.
Si les noms des fleuves sont un guide incertain pour
trouver le site d'Éden, et par conséquent l'emplacement des anciens continents,
les noms des pays le sont tout autant. Où est le pays de Havila? Deux
descendants de Noé ont porté ce nom, l'un fils de Cus, l'autre fils de Joktan,
Genèse 10:7,29, et cela lors de la dispersion; duquel des deux s'agit-il, et où
leur portion leur a-t-elle été assignée? Qu'est-ce aussi que ce pays de Cus? Ce
nom est donné dans la Bible tantôt à l'Arabie Pétrée, tantôt à la Bactriane,
tantôt à l'Assyrie, tantôt à l'Éthiopie ou la Nubie. Après toutes ces
incertitudes, qui nous garantit que le pays nommé Assur, Genèse 2:14, soit bien
le même qui fut plus tard l'Assyrie P.
Nous ne rappellerons pas ici les diverses hypothèses
qui ont été faites pour concilier la description du jardin d'Éden avec un
endroit quelconque de la terre; il est facile de les réfuter. L'on n'a pu
découvrir jusqu'à présent la véritable position du paradis terrestre, et on ne
Je pourra jamais, s'il est vrai, comme nous le croyons, qu'il ait été englouti
au fond des mers par le déluge avec les anciens continents; mais l'explication
qui nous paraît la plus naturelle et la plus simple est celle-ci: de même que
les colons européens qui se sont établis en Amérique, ont donné aux localités
nouvelles pour eux des noms de leur ancienne patrie qui leur étaient chers,
comme Nouvelle-Espagne, Nouvelle-Angleterre, New-York, Nouvelle-Orléans, ou
même des noms européens sans y ajouter l'épithète de nouveau, comme Boston,
Vevey, Paris, Francfort, etc.; ainsi les Noachides, à leur sortie de l'arche,
donnèrent probablement aux montagnes, aux vallées, aux rivières qu'ils
découvrirent, les noms qui leur avaient été familiers avant le déluge; cela
explique comment on trouve de grandes rivières comme le Guihon, le Hiddekel (ou
Tigre), et l'Euphrate, portant des noms antédiluviens, quoique dans une
position géographique relative très différente de leurs prototypes.
Autre difficulté: le mont Ararat, sur lequel l'arche
de Noé s'arrêta, est aujourd'hui couvert de neiges qui ne se fondent jamais;
comment Noé et sa famille ont-ils pu vivre dans une température si froide et
dans un air si raréfié?
— Réponse: à mesure que les eaux s'élevaient, les
couches atmosphériques s'élevaient avec elles, de telle façon que l'air qui
environnait l'arche au moment même de la plus haute crue des eaux, n'était ni
plus froid, ni plus raréfié que celui qu'on respirerait de nos jours au niveau
de la mer à la même latitude. Ceci est d'autant plus important à remarquer que
nous verrons tout à l'heure que l'arche s'est probablement arrêtée dans des
régions bien autrement élevées, relativement aux basses terres actuelles, que
ne le sont les montagnes de l'Arménie.
Pour n'avoir pas voulu recevoir purement et simplement
le récit de Moïse, on s'est aussi créé bien des difficultés relativement à
l'arche. Nous ne les rappellerons pas ici, puisqu'elles sont traitées et
aplanies dans une autre partie de cet ouvrage (— Voir: Arche); nous ajouterons
seulement que, si comme on a tout lieu de le croire, la température de la terre
était avant le déluge plus chaude et plus uniforme qu'elle ne l'est de nos jours;
si de plus, comme M. de Rougemont l'a établi, le nombre des espèces d'animaux
était moindre avant qu'après le déluge, il n'y a rien que de très facile à
comprendre dans tout ce récit. Avant le déluge, les hommes ne formaient qu'un
peuple; les animaux habitaient probablement ensemble les mêmes climats, les
mêmes contrées; par conséquent ils n'eurent pas de longs voyages à faire pour
se rendre dans l'arche, ainsi qu'on a voulu le supposer.
Nous ne pouvons nous empêcher de faire ici un
rapprochement qui offre quelque intérêt. En 1839, un ouragan effroyable avait
soulevé les flots du golfe de Bengale avec tant de violence que la mer se porta
avec une force extraordinaire sur les terres, remontant à quelques lieues dans
l'intérieur par le Delta du Gange; les îles qui se forment à l'embouchure du
fleuve par l'accumulation du limon, et qui dans ce climat chaud et humide se
couvrent promptement de végétation et d'animaux, furent en partie entraînées
par les eaux, ce fut en particulier le sort de la grande île de Saint-Edmond
qui était cultivée et habitée par une population assez nombreuse. On vit alors
hommes et quadrupèdes, oiseaux et reptiles chercher le même abri contre la
fureur des eaux; dans un jardin dont les murs avaient résisté au courant, se
réfugièrent pêle-mêle et sans penser à se nuire réciproquement, des Européens,
des Malais, des Indous, des animaux domestiques, des serpents, des cerfs et
deux tigres sauvages, tout autre instinct ou disposition de timidité ou de
férocité naturelle cédant au besoin de pourvoir à la sûreté individuelle, et
disparaissant devant l'effroi qu'inspirait le combat des éléments déchaînés.
Sans doute les animaux furent dirigés vers l'arche par
une intervention spéciale de la Providence, comme celle qui fit prendre aux
deux génisses des Philistins le chemin de Bethsémès, 1 Samuel 6:9-12. Mais il
est bien possible que l'effroi que devait leur causer des phénomènes aussi
effrayants et aussi inaccoutumés que la rupture des sources du grand abîme et
des cataractes des deux, ait été un moyen de dompter temporairement leur
férocité naturelle, et de les assujettir au très petit nombre d'hommes qui se
trouvaient enfermés avec eux.
Au cent cinquantième jour, est-il dit dans le texte,
l'arche s'arrêta sur les montagnes d'Ararat; les eaux environnantes
continuèrent à décroître, et ce ne fut que dix semaines plus tard que l'on
aperçut le sommet des montagnes; il fallait donc que celui de l'Ararat fut
excessivement élevé en proportion des autres, et cela ne s'accorde pas avec ce
qui nous est connu des centrées de l'Arménie où existe de nos jours le volcan
de ce nom. L'on peut concilier de plusieurs manières cette contradiction
apparente. En effet, il est bien possible que la Genèse, en disant, 8:4, que
l'arche s'arrêta sur les montagnes d'Ararat, veuille dire simplement au-dessus,
mais sans les toucher; s'il en est ainsi, l'on comprend qu'il se soit écoulé
soixante et douze jours entre le moment où l'arche s'arrêta, et celui où les
premiers sommets des montagnes parurent; car, pour ne pas parler des hautes
cimes des monts Yunnan en Chine, qui n'ont pas encore été mesurées, le plus
haut pic dont on connaisse l'élévation en nombres, celui du Chamalari dans
l'Himalaya, a 26,266 pieds, (environ 9000 mètres); ce qui, en y ajoutant 15
coudées, soit 22 pieds, donnerait pour le maximum de la crue des eaux
diluviennes une hauteur totale de 26,288 pieds. Lors donc que le sommet du
Chamalari parut à fleur d'eau, il y avait encore au-dessus de l'Ararat une
couche de liquide de 14,288 pieds d'épaisseur, puisque celui-ci n'a que 12,000
pieds d'élévation; ou, ce qui revient au même, le Chamalari devait déjà être de
14,260 pieds hors de l'eau quand le sommet de l'Ararat parut. Si l'on veut
entendre par le mot sur, Genèse 8:4, que l'arche toucha effectivement les
rochers de l'Ararat, on peut faire remarquer que le verset 5 du chapitre 8, ne
parle pas (comme 7:19) de toutes les plus hautes montagnes qui étaient sous
tous les cieux, mais simplement des montagnes, et cela après avoir fixé la
position de l'arche; l'on pourrait donc l'entendre des montagnes de la contrée
environnante; effectivement elles sont bien plus basses que l'Ararat, dont le
double pic, toujours couvert de neiges éblouissantes, s'élève comme un géant au
milieu d'une vaste plaine et domine toutes les hauteurs qui l'entourent. Mais
voici une troisième solution qui nous paraît être la véritable.
Si au lieu de chercher l'Ararat dans le système des
monts appartenant au Caucase occidental, on le cherche dans le Caucase indien,
l'Immaüs des anciens, qui comprenait l'Himalaya et le Hindou-Koush, nous
arriverons à des résultats plus satisfaisants et qui concorderont mieux avec le
récit biblique, et avec les traditions des plus anciens peuples. Cette idée,
proposée il y a plus de deux siècles et demi par sir Walther Raleigh, adoptée
et soutenue depuis lors par Shuckford, Kirby et quelques autres savants, est
aussi celle qui paraît la plus naturelle. Nous ne connaissons pas, il est vrai,
de pic ou de cime appartenant à ces chaînes qui porte le nom d'Ararat, mais si
nous remarquons, d'une part, que ces pays sont encore fort peu connus des
Européens et, de l'autre, que les noms des lieux ont souvent changé, nous ne
nous étonnerons pas que celui de la montagne sur laquelle descendit l'arche,
ait pu se perdre dans les siècles suivants. Ce qu'il y a de certain, c'est
qu'après le déluge, les premiers hommes descendirent bientôt des montagnes dans
les régions plus basses, étant chassés par le froid qui augmentait sur les
terres élevées à mesure que les eaux s'abaissaient ou que les continents
surgissaient du sein des mers; et qu'après avoir cheminé, pendant plusieurs
années, d'orient en occident, ils arrivèrent dans le pays de Sinhar où ils
bâtirent Babel. Or, s'ils étaient venus de l'Arménie, ils auraient cheminé du nord
au sud, ou même au sud-sud-ouest, ce qui est tout à fait contraire à
l'expression mikkedem, employée Genèse 11:2.
La direction de l'émigration des premiers hommes,
indiquée dans le passage que nous venons de citer, s'accorde d'une manière
remarquable avec la tradition du Zend Avesta sur les premiers établissements
des nations sur la terre. Dans le 1er Fargard du Vendidat, Ormuzd raconte à
Zoroastre qu'il avait créé un lieu de délices, nommé Eerieene-Veedjo
(confondant l'habitation d'Adam avant la chute, avec celle de Noé après le
déluge): là dessus Ahriman, l'esprit du mal, crée l'hiver qui chasse les
premiers hommes, et les contraint à former d'autres établissements; Balkh,
Nesa, et Meru en Khorassan, al Soghd, Caboul, Hérat sont nommés successivement,
et toutes ces villes sont aux environs de la haute chaîne de montagnes qui lie
le système de l'Himalaya avec les chaînes de l'Asie centrale. (Heeren, Id. ub.
die Politik, etc.)
Les traditions indiennes et chinoises placent aussi
dans cette partie de l'Asie le berceau de l'espèce humaine (Rougemont,
Fragments, etc. Kirby, Bridgewater Treatise, I, p. 45. 46, etc.). Un fragment
de poésie sanscrite, traduit il y a quatre années dans le Quarterly-Review,
nous représente Menou (le Noé indien) et les sept personnes qui avaient avec
lui échappé au déluge, comme seuls dans le monde sur un grand vaisseau conduit
par un poisson. Après avoir vogué ainsi pendant des années, ils atteignent le
plus haut pic du Himavan (Himalaya) qui paraissait au-dessus des eaux; le poisson
dit à Menou d'y attacher son navire, et de nos jours encore, dit l'auteur
sanscrit, ce pic porte le nom de Naubandhana. Les Afghans croient que l'arche
s'arrêta sur le Suffid-Koh, entre Caboul et Peshawur, montagnes couvertes de
neiges éternelles; mais il est probable que ce n'est pas encore là le véritable
Ararat.
La grande chaîne de l'Himalaya, qui forme la frontière
septentrionale de l'Inde, depuis l'Assam au Punjab, perd son nom après avoir
passé l'Indus au nord-est de Cachemire, et prend celui de Hindou-Koush; quoique
le nom soit donné par extension à toute la chaîne qui s'étend de Gilget à
Hérat, ce n'est à proprement parler que celui d'un pic immense qui s'élève à
une hauteur si considérable au-dessus des monts environnants, que le voyageur
Burnes dit qu'il les fait paraître comme des collines insignifiantes (A.
Burnes, gênerai and geographical Memoir on part of central Asia, et, Travels
into Bokhara). Et cependant une de ces collines, le Koh-i-Baba, mesuré par
Burnes, a 18,000 pieds d'élévation, et le col ou passage de Kalou sur la route
de Caboul à Barnian est déjà à 13,000 pieds. Dans ces montagnes, cette dernière
mesure est bien au-dessous de la limite des neiges dites éternelles; à 10,000
pieds au-dessus de la mer on y voit des champs labourés que l'on ensemence à la
fin de mai pour les moissonner en octobre, tandis que sur les Alpes on trouve
déjà la neige perpétuelle entre 8 et 9 mille pieds (D'après Humboldt, la limite
des neiges sur les Cordillières de Quito (sous l'équateur) est de 14,760 pieds
de roi: sur les Cordillières de Bolivia, elle est même à plus de 16,000 pieds).
— Quant au grand pic auquel appartient proprement le
nom de Hindou-Koush, il n'a jamais été mesuré; mais à en juger par la longueur
de son manteau de neige et l'extrême rareté de l'air sur le col qui est à sa
base, il doit être probablement la montagne la plus haute du monde; les hommes
les plus robustes des environs, quoiqu'accoutumés à respirer les couches d'air
raréfié qui se trouvent à 10 ou 12 mille pieds au-dessus de la mer, ont la plus
grande peine à traverser ce col; la respiration devient très difficile, l'on
éprouve des vertiges et des vomissements, la plupart des bêtes de somme qui
tentent ce passage y périssent, et même les oiseaux, ne pouvant se soutenir en l'air,
sont contraints de marcher et meurent presque tous sur les neiges. Ce fait est
attesté par des historiens anciens aussi bien que par les voyageurs modernes.
Ceux qui se hasardent dans ce périlleux passage évitent toute espèce de bruit,
de crainte, disent-ils, que l'ébranlement ne détermine la chute des avalanches.
Puisque les symptômes éprouvés au passage du
Hindou-Koush sont les mêmes que ceux qu'on éprouve au sommet du Mont-Blanc; que
la ligne des neiges sur le revers septentrional de l'Himalaya est, d'après
Maltebrun, à environ 15,600 pieds, tandis que sur les Alpes elle est à 8,220;
puisque d'autre part la cime du Mont-Blanc atteint 14,600 pieds, c'est-à-dire
6,380 pieds au-dessus des neiges éternelles, ce n'est pas trop que de supposer
la même différence sur le Hindou-Koush, entre la limite des neiges et le haut
du col, ce qui donnerait à ce dernier près de 22,000 pieds d'élévation; la
pyramide du Hindou-Koush, qui s'élève au-dessus du col, pourrait donc avoir une
hauteur totale, égale ou supérieure aux plus hautes cimes de l'Himalaya, et
l'arche aurait pu s'arrêter sur cet Ararat indien, alors même que l'eau
dépassait de beaucoup la hauteur des plus hautes montagnes qui sont sous tous
les cieux.
C'est ce géant entre les montagnes que nous croyons être
le véritable Ararat, et si l'on admet cette supposition, elle explique et la
longueur de l'espace de temps qui s'est écoulé entre le moment où l'arche s'y
serait arrêtée, et celui de l'apparition des sommets des montagnes voisines, et
le voyage des Noachides qui venait de l'Orient lorsqu'ils arrivèrent au pays de
Scinhar; et la tradition du Vendidat sur les premiers établissements des
hommes; et bien d'autres circonstances encore, entre autres l'application des
noms des rivières paradisiaques à des fleuves post-diluviens, et l'ordre de
cette application. En effet, supposant que Noé et ses enfants eussent abordé
sur le Hindou-Koush, les premiers hommes se seront naturellement répandus sur
le haut pays environnant; puis la difficulté d'y voyager les aura engagés à
descendre dans des parties plus accessibles, la diminution de la chaleur leur
faisant en même temps rechercher les plaines. Il n'est point extraordinaire
qu'ils aient donné aux grands fleuves qu'ils trouvaient sur leur chemin, des
noms qui leur étaient déjà connus; ils auront nommé le premier Pison; peut-être
était-ce le Caboul ou l'Indus; après avoir exploré une partie des contrées au
sud de l'Hindou-Koush jusqu'à l'une de ces deux rivières, trouvant le pays trop
montueux, ils se seront peut-être tournés vers le nord, puis ils auront donné à
l'Oxus le nom de Guihon ou Djihoun, qu'il porte encore de nos jours. De là,
continuant leur chemin d'Orient en Occident, presqu'en ligne droite, de Balkh
(ou Bactres) à Babylone, le troisième grand fleuve qui se trouvait sur leur
route est le Tigre, qu'ils auront appelé Hiddékel; le quatrième est l'Euphrate;
c'est le même ordre dans lequel ils sont énumérés dans la Genèse.
Une difficulté reste encore à examiner: d'où provenait
la branche d'olivier que la colombe rapporta à Noé? Les commentateurs qui ont
fait aborder l'arche en Arménie ont été embarrassés de trouver que l'olivier ne
croissait point dans ce pays; mais d'autres ont prouvé qu'il y croissait
anciennement, lorsque la température de la terre était plus chaude qu'elle ne
l'est de nos jours (Richter, Hausbibel); d'autres aussi ont démontré que les
oliviers peuvent pousser des feuilles sous l'eau. Mais, d'un autre côté, les
géologues pensent que la force dissolvante et corrosive des eaux du déluge,
dont on voit de nos jours tant de traces, de ces eaux qui avaient enlevé les
rochers des plus hautes cimes, creusé des vallées, rompu en quelques lieux des
digues naturelles, élevé ailleurs des amas de débris, de boue et de cailloux,
laissé après leur passage des lacs et des méditerranées;
— ils pensent, disons-nous, que des eaux agissant avec
une telle force, doivent avoir détruit toute la végétation, enlevant dans leur
cours les couches de terre végétale, et tout ce qui y croissait. Comment alors
l'olivier aurait-il résisté? Pour nous qui croyons, avec Cuvier et d'autres,
que les anciens continents ont été détruits, nous ne pouvons admettre qu'aucun
arbre antédiluvien se trouvât dans le voisinage de l'arche, croissant au lieu
qui l'avait vu naître avant le cataclysme; il n'aurait pu s'y trouver, à la
rigueur, que quelques plantes marines. Nous pensons que lors qu'après les 150
jours Dieu lit sortir la terre du sein de l'eau, ce qui se passa fut une
répétition du 3e jour de la création; Dieu dit: «Que les eaux qui sont
au-dessous des cieux soient rassemblées en un lieu et que le sec paraisse, et
ainsi fut.» Et la terre après cette crise, ou soir cosmogonique, obéissant aux
lois qui lui avaient été données au 3e jour, poussa son jet et produisit de
l'herbe portant sa semence selon son espèce, et des arbres qui avaient leur
semence en eux-mêmes. De même que pendant les trois derniers jours de la
création, et après les soirs cosmogoniques qui les avaient précédés en
bouleversant tout ce qui se trouvait sur la surface du globe, la végétation
s'était chaque fois reproduite, ainsi, après le déluge, la terre nouvelle qui
venait de sortir des eaux se couvrit de plantes et d'arbres utiles à ses
nouveaux habitants; les conditions de chaleur et d'extrême humidité qui furent alors
si défavorables à la longueur de la vie des hommes, durent, au contraire,
pénétrer les plantes, comme sous les régions humides des tropiques, d'une
vigueur végétative extraordinaire, et leur procurer une prompte croissance;
ainsi, lorsque la colombe sortit pour la première fois, les plantes ne
faisaient que de commencer à germer sur la partie de la terre que les eaux
avaient laissée à découvert; une semaine après elle trouva déjà des rameaux et
des feuilles, mais pas de branche assez forte pour qu'elle pût s'y percher;
lorsqu'elle sortit pour la troisième fois, le bois commençait déjà à pouvoir la
porter. La température de ces hautes contrées étant alors celle des plus basses
régions de l'air, il n'est pas étonnant qu'il put y croître des oliviers dans ce
temps-là, tandis qu'aujourd'hui l'on ne trouve à leur place que des neiges qui
ne fondent jamais.
Nous devons faire observer ici que l'histoire du
déluge nous donne une preuve remarquable de la manière de compter le temps; il
était évidemment divisé en semaines, 7:4,10; 8:9-10,12, ou espaces de sept
jours; et il n'est pas probable que le pieux patriarche Noé, cet homme juste et
plein d'intégrité, qui marchait avec Dieu, négligeât ses commandements et
oubliât de sanctifier le septième jour établi pour être un jour de repos dès la
création du monde.
Il paraît que longtemps encore après le déluge il
continua de s'opérer dans le monde des changements remarquables; la vie des
hommes fut abrégée, les langues et les nations se formèrent, et prirent d'une
manière permanente les caractères nationaux qui forment leur cachet distinctif.
Les variétés produites chez les animaux par la différence des climats, de la
nourriture et du genre de vie, donnèrent naissance aux espèces. Dans la nature
inanimée il s'opérait des changements correspondants: les contrées volcaniques
qui forment l'archipel indien, celui du Japon, les Kouriles, les Aléoutes, les
Antilles, après avoir été assez longtemps élevées au-dessus des mers pour que
les isthmes qui les joignaient eussent pu servir de passage aux hommes qui
allèrent s'y établir, s'enfoncèrent probablement dans l'eau à peu près au point
où nous les voyons aujourd'hui, de manière à ne laisser au-dessus de la surface
que les parties les plus élevées de ce vaste continent sous la forme d'îles et
d'îlots. Si l'on trouve cette hypothèse trop hardie, l'on n'a qu'à examiner ce
qui se passe actuellement dans ces mêmes régions, et l'on sera convaincu que si
de nos jours encore des îles et des montagnes surgissent de l'Océan, tandis que
d'autres contrées sont englouties par la mer, de semblables changements ont
bien pu avoir lieu il y a 4,000 ans. Dans les îles Aléoutes, par exemple, en
1806, une île sortit de la mer, qui avait 4 milles géographiques de tour; une
autre fut formée en 1814, sur laquelle était un pic de 3,000 pieds de haut. En
1737, par suite de tremblements de terre et d'irruptions volcaniques, la côte
du Kamtchatka subit, de grands changements: des lieues entières de côtes
s'enfoncèrent dans la mer, des plaines furent soulevées et devinrent des
plateaux, de nouvelles baies et de nouveaux lacs furent formés. Le 4 février
1797, une étendue de pays de 40 lieues de long et 20 de large, près de Quito,
reçut une forte impulsion d'ondulation qui dura quatre minutes et renversa de
fond en comble toutes les villes et villages; ce mouvement se fit sentir plus
ou moins sur une longueur de 170 lieues du nord au sud, et de 40 de l'est à
l'ouest; au pied du volcan de Tunguragua la terre s'entrouvrit et donna passage
à des torrents d'eau et d'une boue fétide, qui dans des vallées de 1,000 pieds
de largeur atteignirent à la hauteur de 600 pieds, laissant sur leur passage
des dépôts de limon qui interceptèrent une rivière et amenèrent la formation de
lacs, jusqu'à ce que l'eau accumulée pendant 80 jours, eut acquis une masse
suffisante pour rompre et entraîner ces digues (Lyell, Principles of Geology,
vol. l, p. 470; 510; 472).
Il serait facile de multiplier à l'infini les
exemples, mais nous croyons en avoir dit assez pour démontrer la possibilité de
la rupture des isthmes qui unissaient au nord l'Asie avec l'Amérique, au sud
l'Asie avec la Nouvelle-Hollande et toutes les îles intermédiaires, isthmes qui
n'étaient plus nécessaires après avoir contribué à l'exécution de l'ordre de
Dieu, Genèse 8:17; 9:1, en fournissant aux hommes et aux animaux un chemin pour
se répandre sur la plus grande partie de la terre et la peupler.
— Nous ne prétendons pas cependant par là, que toutes
les îles, et tous les pays aient été habités dès le temps de la dispersion; au
contraire, il est notoire que plusieurs lieux sont restés inhabités pendant des
siècles, jusqu'à ce que les progrès de la navigation y aient fait aborder des
hommes, soit par suite de voyages, de découvertes et de conquêtes, soit qu'ils
y aient été jetés contre leur gré par des tempêtes et des naufrages. Pour ne
citer que l'exemple le plus rapproché de nos pays, l'Islande n'a été découverte
que dans le huitième siècle, et la première colonie s'y établit l'an 874; ce ne
fut qu'un siècle plus tard, qu'un seigneur, Torwald, découvrit le Groenland et
s'y établit; il en est sans doute de même d'un grand nombre d'îles de la mer du
Sud. À ce propos nous ferons remarquer que les pays dont nous venons de parler,
offrent une nouvelle preuve du refroidissement graduel de la chaleur du globe,
car l'Islande et le Groenland jouissaient il y a mille ans d'un climat doux et
tempéré; il y croissait beaucoup d'arbres, les côtes étaient couvertes de
verdure, la mer très poissonneuse et les forêts pleines de gibier, (Mallet,
Introduction à l'histoire du Danemark). À la même époque la vigne et le
grenadier croissaient en Angleterre.
On peut reconnaître dans cette interruption des
communications, une direction particulière de la sagesse éternelle, qui voulait
qu'après trente-sept siècles de séparation, les hommes, en se retrouvant,
retrouvassent aussi chez presque tous les peuples ces traditions si
remarquables sur la création, la chute des premiers hommes, le meurtre d'Abel
et surtout ce déluge duquel date la formation de toutes les races actuelles, ce
déluge qu'on voit représenté dans la langue hiéroglyphique des Chinois, comme
sur les monuments mexicains et sur la médaille d'Apamea Kibotos; événement dont
le souvenir se retrouve non seulement chez toutes les nations instruites de
l'antiquité européenne et asiatique, mais encore aux îles Sandwich, chez les
tribus errantes de l'Amérique du nord, comme chez les Péruviens et les Mozcas
dans la Péninsule méridionale.
— Il serait trop long de donner ici un résumé de ces
traditions; ceux de nos lecteurs qui désireraient examiner ce sujet, trouveront
des détails intéressants dans les Fragment de l'histoire de la terre, de M. F.
de Rougemont, que nous avons souvent eu l'occasion de citer; dans l'ouvrage du
docteur Wiseman, intitulé Lectures on the connexion between science and
revealed Religion, I, 133; 328-371, II, 127-152; dans le Dictionnaire des
cultes religieux, article Déluge;
— Voir: aussi le Discours sur les Révolutions de la
surface du globe, par Cuvier, p. 165-179; l'Histoire des Incas, de Garcilasso
de la Vega; la Conquête du Pérou, par don Augustin de Zarate; l'Analyse des
traditions religieuses des peuples de l'Amérique, par Kastner, et en général
toutes les mythologies.
Quelques auteurs croient que les traditions diluviennes
qui portent le nom de Yao en Chine, d'Ogygès et de Deucalion dans l'occident,
ne sont pas des traces défigurées du déluge universel seulement, mais se
rattachent à des inondations postérieures qui auront eu lieu par la rupture de
lacs, et divers changements volcaniques ou autres survenus depuis Noé sur la
surface du globe; nous ne prétendons pas décider cette question, mais ce qui
nous paraît certain, c'est qu'à toutes ces traditions se trouve mêlée l'idée du
repeuplement de la terre par une seule paire d'êtres humains, idée qui est
évidemment la même que celle qui nous est donnée sous sa véritable forme dans
le récit de Moïse.
Nous ne pouvons quitter cet intéressant sujet, qui
mériterait d'être traité bien plus longuement qu'on ne peut le faire dans un
ouvrage de cette nature, sans faire encore quelques rapprochements.
L'histoire du déluge a été inscrite dans nos livres
sacrés par la direction du Saint-Esprit, non comme un simple document
historique qui, seul entre tous les livres que possèdent les hommes, raconte
leur véritable origine et donne la clé de la formation des langues et des
nations, et des traces de bouleversement que l'on remarque sur notre globe,
mais surtout pour nous donner une grande et effrayante leçon, qui enseigne aux
hommes à fuir le péché et à s'attacher à l'Éternel comme au rocher des siècles,
qui seul subsiste, lorsque les grandes eaux des tribulations engloutissent tous
les rochers terrestres sur lesquels nous cherchons trop souvent notre appui. Le
déluge est un emblème du châtiment éternel qui atteindra un jour les méchants,
et l'arche est celui du seul moyen de salut qui nous est offert; il ne servit
de rien aux hommes de se tenir près de Noé et de nager à côté de l'arche en
suivant la même direction; c'est dans l'arche qu'il fallait être: ainsi l'on
aurait beau être près de la vérité, tout près de la foi, si l'on n'est qu'à peu
près chrétiens à l'heure où l'abîme du tombeau viendra réclamer sa proie, si
l'on n'a pas contracté alliance avec Dieu par Christ le seul médiateur, cela ne
servira de rien; les flots du déluge arriveront mugissants, non pas ceux du
grand abîme seulement, mais les flots de «l'étang ardent de feu et de souffre,
ce feu éternel qui est préparé au diable et à ses anges.» (Apocalypse 19:20;
Jude 6:7; — Matthieu 23:41)
— Si au contraire, comme Noé, nous avons trouvé grâce
devant Dieu par la foi au sang de Christ, et que comme lui nous marchions avec
Dieu, Genèse 6:8-9, nous n'aurons rien à craindre: quand nous passerons par les
eaux, Dieu sera avec nous, et elles ne nous noieront point, Ésaïe 43:2.
Qu'est-ce qui a perdu l'ancien monde? Les mauvaises pensées et leurs fruits,
savoir: la désobéissance, l'impiété, la malice, la corruption, l'extorsion,
Genèse 6:5,11-12; 1 Pierre 3:20; 2 Pierre 2:5; 3:7, l'incrédulité en un mot,
car Noé était à l'ancien monde un prédicateur de justice pendant qu'il
bâtissait l'arche et que la patience de Dieu attendait pour la dernière fois.
Mais ils ne crurent point à sa parole, ils ne l'écoutèrent point, ils ne se
repentirent point, comme le firent les Ninivites à la prédication de Jonas; ils
ne changèrent rien à leur conduite ni à leur genre de vie, «on mangeait, on
buvait, on prenait et on donnait en mariage, et le déluge vint qui les fit tous
périr;» mais Noé crut, comme Abraham, et cela lui fut imputé à justice, «car
c'est par la foi que Noé ayant été divinement averti des choses qu'on ne voyait
point encore, craignit, et bâtit l'arche pour sauver sa famille; par là il
condamna le monde et fut fait héritier de la justice qui est par la foi»
Hébreux 11:7;
— Voir: les Sermons de Rochat, t. VI.
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DÉMAS.
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Un des membres de l'église primitive; il se trouvait à
Rome pendant la première captivité de saint Paul, et lui témoignait alors de
l'attachement, Colossiens 4:14; Philémon 24; plus tard il l'abandonna par
faiblesse, par crainte de la persécution peut-être, et par amour du monde, 2
Timothée 4:10, nous laissant un triste exemple de l'inconstance et de l'infidélité
produite par l'attachement à ce présent siècle et par les soucis de la vie.
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DÉMÉTRIUS,
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1. Actes
49, orfèvre d'Éphèse dont le principal revenu consistait dans la fabrication de
petits temples en argent, représentant le fameux temple de Diane qui se
trouvait à Éphèse, et que l'on considérait comme l'une des sept merveilles du
monde. La prédication de saint Paul ayant détourné un grand nombre de personnes
du culte de cette déesse, fit baisser considérablement le prix de la
marchandise, ce que Démétrius et les siens prirent en mauvaise part: Démétrius
en particulier qui retirait le plus grand profit de cette vente, et qui paraît
avoir été habile et rusé, réunit ses ouvriers et les gens de son métier, s'arma
des grands noms de la religion, de la divinité, du culte en danger; échauffa
toutes les têtes, et fit si bien qu'après qu'il eut parlé, tous sortirent en
criant pendant plusieurs heures: Grande, grande est la Diane des Éphésiens!
toute la ville fut dans la confusion; on courut au théâtre, Paul même voulut
s'y rendre et n'en fut empêché que par ses amis; Alexandre ne put se faire
entendre parce qu'il était juif, et ce n'est que tard que le secrétaire, l'un
des magistrats de la ville, réussit à apaiser la sédition en faisant craindre
au peuple que les magistrats supérieurs, les proconsuls, n'élevassent contre
eux tous une accusation d'émeute, et ne les fissent condamner.
2. Démétrius,
3 Jean 12; chrétien fidèle auquel l'apôtre rend un excellent témoignage,
ajoutant que la vérité aussi le lui rend; quelques-uns supposent que c'est le
même que le précédent; il aurait été converti plus tard; rien n'appuie comme
rien ne combat cette Supposition, cependant peu probable; on croit qu'il était
pasteur.
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DÉMON,
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Selon la mythologie chrétienne, les démons seraient
des anges déchus, notion qui vient des mythes de l’ancienne Babylone, de la
Perse, et du livre d’Énoch.
(viens du Hébreu «ombre» dont les synonymes sont:
apparence, chimère, contrariété, doute, illusion, inquiétude, malaise,
mélancolie, obscurcissement, préoccupation, prétexte, semblant, sombreur, et
soupçon; dans le Grec ce terme peut se traduire comme: désobéissance
récalcitrante, insoumission entêtée, insubordination de la rébellion
(indomptable, tenace); n'a aucun rapport avec la théologie fictive d'une chute
des anges chimérique, mais se rapporte plutôt à des caractéristiques de la
nature humaine déchue dont celle d'un esprit de rébellion contre la loi de Dieu
et la grâce de la nouvelle alliance. Terme non traduit mais translittéré dont
l'étymologie donne différentes significations, représente généralement un
esprit ou attitude néfaste face à la loi de Dieu ou à sa grâce, une rébellion
contre son autorité ou contre l'autorité patriarcale que Dieu a établit,
pouvant se traduire par: «conscience déréglée». Caractéristique de l'esprit de
la chair qui est en l'homme et qui règle son existence. Trouble de conscience
ou esprit de contrariété humaine (le Diable) causé généralement par un
sentiment de culpabilité intense pour avoir brisé la loi.)
— Voir: Diable.
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DENIER.
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Monnaie romaine qui s'introduisit en Judée, Matthieu
18:28; Marc 14:5; Luc 7:41. Au temps de Jésus-Christ, elle avait pour empreinte
un portrait de l'empereur, et c'est à l'occasion d'une tentative des Hérodiens
et des Pharisiens contre Jésus, que celui-ci leur répondit: «Rendez donc à
César ce qui est à César, et à Dieu ce qui est à Dieu», Matthieu 22:19; Marc
12:16. Le denier équivalait à la drachme attique, Pline 21, 109. (environ 83
centimes). C'était l'impôt par tête que les Juifs étaient obligés de payer aux
Romains.
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DÉNOMBREMENT, ou Description,
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Actes 5:37, ou Description, Luc 2:2,
— Voir: ce que nous avons dit à l'article Cyrénius.
Ces deux dénombrements furent ordonnés par des païens,
maîtres d'Israël. Un dénombrement plus célèbre dans l'histoire de ce pays est
celui qui fut fait par David et puni d'une mortalité qui emporta 70,000 hommes.
L'ambition, sans doute, et peut-être cette inquiétude vague qui accompagne dans
la paix et l'oisiveté celui qui a vécu jusque-là dans l'activité la plus
prodigieuse, au milieu des combats et des guerres, ce besoin de faire quelque
chose quand on n'a rien à faire, ce besoin que l'on éprouve dans le moment de
la transition entre une activité extérieure et une activité intérieure,
lorsqu'on est assez calmé pour renoncer à l'agitation et pas assez pour se
livrer à des travaux tranquilles, tout cela contribua à pousser à cette mesure
le malheureux roi qui oubliait que jamais jus-alors, aucun dénombrement n'avait
été fait que sur l'ordre exprès du grand et vrai Roi d'Israël. On trouva dans
les deux royaumes 1,300,000 hommes de guerre, sans compter les infirmes, les
femmes et les enfants. Ce péché d'orgueil fut puni: un ange vint de la part de
l'Éternel annoncer à David la destruction d'une partie de ce peuple dont il
était fier, et lui donna le choix entre sept années de famine, trois mois de
défaites à la guerre, ou trois jours de mortalité: ce dernier moyen fut celui
que David préféra, aimant mieux tomber entre les mains de l'Éternel qu'entre
les mains des hommes, 2 Samuel 24; 1 Chroniques 21.
D'autres dénombrements eurent lieu, à la sortie
d'Égypte, pendant le voyage du désert, lors de l'établissement d'Israël en
Canaan, et après le retour de la captivité, Exode 12:37; 30:12; 38:26; 2
Chroniques 17:14; Esdras 2; Néhémie 7.
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DENYS,
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Actes 17:34. Un des membres de l'Aréopage, qui fut
converti par la prédication de saint Paul à Athènes: nous ne savons que cela de
lui, mais l'on a ajouté beaucoup de détails à son histoire; on l'a fait mari de
Damaris qui fut convertie en même temps que lui; on l'a fait premier évêque
d'Athènes et martyr; on, l'a fait enfin premier évêque de Paris, en le
confondant avec celui qui plus tard, en effet, devint évêque de cette ville.
Les écrits qui nous restent sous son nom ne sont certainement pas authentiques.
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DÉPOTS.
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Les conventions écrites n'étant guère en usage aux
temps anciens, la loi avait dû s'occuper d'une manière spéciale de garantir les
dépôts à leurs propriétaires, contre la négligence et surtout contre la
mauvaise foi des dépositaires. Suivant les cas, le serment intervenait comme
garantie de la véracité des parties intéressées, Exode 22:7-13; le dépositaire
n'était tenu qu'à la restitution du dépôt si c'était lui-même qui l'avait
détourné; si un larron l'avait dérobé de chez lui sans sa complicité, le
propriétaire devait se contenter du serment; c'était lui qui était volé et qui
perdait.
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DERBE,
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petite ville de Lycaonie près des monts Isauriens, au
sud d'Iconie, au sud-est de Lystre. C'est à Derbe que Paul et Barnabas se
retirèrent après avoir été chassés d'Iconie, Actes 14:6. Gaïus, l'ami de saint
Paul était derbien, 20:4. La tradition porte que Timothée était aussi natif de
cette ville.
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DÉSERT.
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Ce nom, qui dans notre esprit, revêt ordinairement des
images d'horreur ou de majesté, qui ne marche qu'avec les épithètes de sauvage
ou de terrible, qui rappelle des sables, des tourbillons et des tombeaux, ce
nom cependant (midbar en hébreu) doit se prendre dans une
signification'beaucoup plus étendue, s'appliquant non seulement à ces mers de
sable que l'on trouve en Orient et particulièrement en Arabie, mais encore et
surtout à ces paisibles solitudes qui forment comme la banlieue des villes de
bergers, solitudes de plaines et de montagnes, quelquefois rocheuses, rarement
boisées, presque toujours riches en pâturages abondants, et fréquemment
baignées par les eaux d'un torrent. Ésaïe, Jérémie, Joël, et presque tous les
prophètes, nous parlent en quelques endroits de déserts inhabitables, sauvages
asiles des bêtes féroces, lieux de deuil et de cris lugubres; mais ailleurs, et
dans la plupart des cas, il ne s'agit que de pacages solitaires que parcourent
les troupeaux, et où l'on rencontre encore les ambulantes cabanes des bergers
qui font ressortir la solitude en voulant rappeler les hommes, Psaumes 65:12;
Jérémie 9:2,10; Joël 1:20; Luc 15:4. Les villes de la Judée avaient presque
toutes, et suivant leur grandeur, des steppes fertiles pour l'alimentation de
leurs troupeaux; et c'est ainsi que nous devons nous représenter les déserts
nombreux dont il est parlé dans l'Écriture. Nous n'en indiquerons que les
principaux. Le désert de Juda, Josué 15:20,61. Juges 1:16, ou désert de la
Judée, Matthieu 3:1; cf. 11:7; district rocailleux dans la partie orientale de
la tribu de ce nom, et s'étendant de la rive droite du Cédron, jusque vers la
ville de Hen-Guédi, et le long des bords de la mer Morte. De nos jours encore
on remarque, près du couvent de Sabas, un désert nu, plein de cavernes, de
crevasses et de rochers, et dont le caractère sauvage augmente en avançant vers
le Nord.
— Au sud-ouest du désert de Juda, mais y attenant, le
désert de Tékoah, 2 Chroniques 20:20, au sud-est le désert de Hen-Guédi, 1
Samuel 24:2, le désert de Ziph, 23:14, celui de Mahon, 23:25, et au sud celui
de Béer-Sébah, Genèse 21:14. C'est dans le désert de Juda que Jean Baptiste
prêcha la repentance, et vit accourir à ses paroles sévères tant d'âmes
pieuses, et tant de curieux indifférents; si la tradition nous montre encore à
deux lieues de Bethléhem un endroit connu sous le nom de désert de saint Jean,
ce ne peut être la solitude qui fut le théâtre de son activité, et s'il y a
quelque fondement à la tradition on doit admettre plutôt que c'est le désert
dans lequel il se prépara, par le jeûne et la prière, à la vie publique à
laquelle il allait être appelé.
Le désert de Jéricho, Josué 16:1, se trouvait compris
entre la ville de Jéricho et la montagne des Oliviers ou le village de
Béthanie, à 8 kilomètres de Jérusalem, dans une contrée aride et crevassée, où
la tradition place la scène du Samaritain miséricordieux Luc 10:30. Cet endroit
porte encore le nom de Kan du Samaritain. Après une rapide descente, on arrive
dans les plaines de Jéricho, et l'on voit vers le nord s'élever une montagne
calcaire fort escarpée, la Quarantania, dans les cavernes et les solitudes de
laquelle on veut que Jésus ait passé les quarante jours de son jeûne, Matthieu
4.
Au nord de Jérusalem, le désert de Gabaon, 2 Samuel
2:24.
Près de là, sur la frontière nord-ouest de la tribu de
Benjamin, et adossé à la tribu d'Éphraïm, le désert de Beth-Aven, Josué 18:12.
Celui des Rubénites, dans le plat pays, Deutéronome
4:43. C'est là que se trouvait Betser, la ville de refuge.
Le désert de Bethsaïda, Luc 9:10.
En dehors des limites de la terre promise, plusieurs
autres solitudes sont encore mentionnées dans l'Écriture.
Le désert de Sur dans lequel s'enfuit Agar, chassée de
la maison d'Abraham, Genèse 16:7, et qui fut une des premières stations des
Israélites dans le désert, Exode 15:22. On l'appelait aussi désert d'Étham,
13:20.
Celui de Paran dans l'Arabie Pétrée, près de
Kadès-Barné; Ismaël y demeura, Genèse 21:21. Les Hébreux y voyagèrent et y
passèrent quelque temps, Nombres 10:12; 13:1. On l'appelait aussi désert de
Tsin, 20:1.
Le désert de Sin (différent de Tsin), entre Élim et le
mont Sinaï, Exode 16:1.
Le désert de Sinaï, dans le voisinage de la montagne
de ce nom, Exode 19:2, célèbre par la promulgation de la loi.
Celui de l'Arnon, Nombres 21:13, sur les frontières de
Galaad et de l'Arabie déserte, une des dernières stations des Israélites avant
la traversée du Jourdain.
Celui d'Édom, 2 Rois 3:8, dont on ne peut déterminer
exactement l'étendue et la position.
Celui de Tadmor ou Palmyre, 2 Chroniques 8:4, entre
l'Euphrate, l'Oronte et le Chrysorrhoas.
Le désert de Diblathajim, Nombres 33:46, dans le pays
de Moab, Ézéchiel 6:14; Jérémie 48:22.
Enfin le désert d'Égypte, Ézéchiel 20:36, autrement
dit encore le désert d'Arabie, ou le grand désert, le lieu hideux, Deutéronome
32:10, qui comprend sous un nom général la plupart des solitudes que nous
venons de nommer, celles que traversèrent les Israélites pour se rendre
d'Égypte en Canaan, et qui firent donner à cette longue marche le nom de Voyage
du désert. On trouvera la suite et le narré de ce voyage, Exode 14-19, 32,
depuis la sortie d'Égypte jusqu'à la promulgation de la loi; et Nombres 10,
11-22:1, jusqu'à l'arrivée d'Israël aux bords du Jourdain vis à vis de Jéricho.
La partie du voyage comprise entre le mont Horeb (Sinaï) et l'arrivée des
Israélites dans le pays des Amorrhéens, est racontée Deutéronome 1:2,19; 2:1;
10:6; et suivant. Enfin le 33e chapitre des Nombres, 5-50, offre la liste des
stations parcourues depuis Rahmésès jusque près du Jourdain de Jéricho; il
nomme entre Hatséroth et le désert de Paran (Nombres 11:35; 12:45; 13:1)
dix-huit stations ou campements dont il n'est pas parlé dans le récit plus
détaillé de l'Exode et des Nombres; en revanche on n'y trouve pas les endroits
mentionnés Nombres 11:1; 21:16,49. On peut remarquer encore d'autres petites
variantes, cf. Nombres 33:30; avec Deutéronome 10:6; et Nombres 20:22; mais ces
différences s'expliquent tout naturellement par le fait que le chapitre 33e des
Nombres est, en quelque sorte, une carte routière, une liste de route qui
indique la marche générale, tandis que les autres chapitres ne mentionnent que
les faits remarquables, sans rien dire, par conséquent, des lieux où il n'y
avait rien à dire, où aucun événement digne d'être raconté n'a eu lieu. Il
n'est pas besoin de prendre des ciseaux pour concilier ces divergences, en
retranchant ici et là des passages ou des noms propres, à la façon de certains
rationalistes.
Quant à l'exacte position de la plupart de ces
campements, on peut désespérer de la connaître jamais: posés sur le sable, un
coup de vent a dû les faire disparaître du jour au lendemain. Là où aucun signe
particulier ne peut faire reconnaître la place, on a beau lui donner un nom,
elle se perd; cependant on a retrouvé plusieurs de ces stations, que les
sources ou les montagnes voisines ont préservées de l'oubli; les voyages
modernes, et particulièrement celui du professeur Schubert, ont jeté une
nouvelle lumière sur plusieurs de ces noms. La carte de ce voyage peut se
dresser avec passablement d'exactitude quant aux traits généraux, avec aucune
pour les détails, (Voyage des enfants d'Israël; — Voir: la carte.)
Quarante années furent consacrées à cette expédition,
pour laquelle quarante jours auraient suffi. Nombres 14:33; 33:38; Deutéronome
8:2; Deutéronome 2:14. L'Écriture nous en donne la raison, Nombres 14:23,30,
cf. 26:65; après de longues rebellions, de longues incrédulités, le peuple de
la promesse, arrivé à Kadès-Barné, à la vue du pays promis, avait refusé encore
de croire à la parole de son Dieu: douze espions envoyés n'avaient pu, malgré
le tableau brillant qu'ils avaient fait de cette contrée, vaincre la résistance
du peuple. Dieu, ennuyé de cette génération, avait juré dans sa colère qu'ils
n'entreraient jamais dans son repos, Psaumes 95:10; Nombres 14:23,30,34; 26:65.
Ils durent errer de nouveau dans cet affreux désert pendant quarante années,
jusqu'à ce que tous les hommes âgés de plus de vingt ans y eussent laissé
tomber leurs corps en poussière. On pourrait facilement, sans l'intervention
divine, comprendre encore ces longs errements: il ne s'agissait, après tout,
que de mener une vie nomade, et les Israélites ne voulant ni essayer la
conquête de la Palestine, ni rentrer en Égypte, n'avaient de ressource que dans
les pâturages du désert; ils allaient d'une station à l'autre, s'étendant sur
un assez long espace de pays, et donnant à leur campement le nom de l'endroit
où se trouvait le tabernacle de l'Éternel. On pourrait croire aussi que le chef
terrestre de ce peuple, désespérant de réussir avec la génération vivante, eût
résolu de la laisser s'éteindre, et d'attendre une race neuve, qui n'eût goûté
ni la servitude, ni les concombres de l'Égypte, et qui, plus forte, plus dure
et moins efféminée, devait lui promettre davantage l'obéissance et le courage
nécessaires au succès de son entreprise.
— Pour ceux des théologiens modernes qui sont aussi
incrédules que l'étaient les Juifs d'alors, il reste une difficulté insoluble,
c'est de savoir comment les Hébreux ont pu être nourris pendant quarante ans,
au nombre d'environ trois millions d'âmes: ceux-là ne comprennent pas non plus
que notre Sauveur ait pu nourrir cinq mille hommes avec cinq pains et deux
poissons; il faut naturellement regarder toutes ces histoires comme des fables,
ou croire que Dieu voulut user de sa puissance créatrice: le chrétien le croit,
il accepte le miracle; l'incrédule ne le croit pas; il dit en son cœur: Il n'y
a point de Dieu; la manne et le rocher d'eau vive ne lui suffisent pas.
Mentionnons encore comme une dernière acception du mot
désert, celle dans laquelle ce mot est pris Exode 23:31; cf. Deutéronome 11:24;
Josué 1:4. Dieu promet aux Israélites d'étendre leurs frontières depuis le
désert jusqu'au fleuve (l'Euphrate); le désert comprend alors toutes les
contrées situées entre le Jourdain, les montagnes de Galaad et l'Euphrate.
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DETTE.
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Les lois juives sur les dettes étaient, comme presque
toutes les autres, favorables au pauvre, au malheureux, au débiteur. La loi du
jubilé s'opposait à ce que, parmi les Hébreux, les uns devinssent trop riches
et les autres trop pauvres; cependant une pauvreté momentanée pouvait tomber
sur l'agriculteur; ses champs pouvaient être sans moisson, sa vigne sans
vendange; les accidents ou les maladies pouvaient lui détruire son bétail, sa
demeure pouvait avoir besoin de réparations; il était dans la gène et il lui
fallait de l'argent. Moïse, pour le soulager, avait deux choses à faire: lui
procurer d'abord cet argent nécessaire, puis empêcher que ce prêt ne lui devînt
onéreux; ce dernier but fut atteint par la simple défense que le législateur
fit aux riches de recevoir aucun intérêt sous aucune forme, Exode 22:25;
Lévitique 25:35-38; Deutéronome 23:19-20 (excepté des étrangers commerçants,
Deutéronome 23:20). D'un autre côté, puisque le riche ne trouvait aucun intérêt
à prêter son argent, et qu'il eût pu ne pas le faire, le législateur l'y
engage, le lui commande, au nom de la fraternité universelle, de la conscience
et de Dieu lui-même, Lévitique 25:35. Deutéronome 15:7-8,14. Maintenant un
juste équilibre entre les droits du prêteur et ceux de l'emprunteur, le riche
pourra demander un gage, mais le pauvre choisira ce qu'il lui conviendra de
donner, Deutéronome 24:6,10-12,17. Si enfin l'emprunteur se trouvait décidément
hors d'état de payer, le capital n'était pas perdu pour celui qui avait prêté:
il était hypothéqué sur le champ du débiteur, sur ses meubles, sur sa personne
même qui entrait en servage; mais en l'année bénie du jubilé, l'égalité des
fortunes venait effacer de nouveau la créance du riche et la dette du pauvre.
— De prisons pour dettes, il n'en est jamais question.
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DEUIL.
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Les Hébreux, comme en général les Orientaux,
exprimaient leur douleur d'une manière plus vive, plus bruyante, plus extérieure,
que, ne font les peuples de l'Occident: quel que fût le sujet de leur
affliction, que ce fût le déshonneur, la misère, l'exil, ou la mort d'un proche
et d'un ami, ils criaient et gesticulaient avec violence jusqu'à ce que le
premier paroxysme de leur peine fût passé: Ils mettaient la main sur la tête, 2
Samuel 13:19; ils se frappaient la poitrine ou les reins, Nahum 2:7; Luc 18:13;
Jérémie 31:19 (cf. Virgile Æneid. 4, 673); ils s'arrachaient ou se rasaient les
cheveux de la tête et le poil de la barbe, Esdras 9:3; Job 1:20 (cf. Æneid. 12,
870); ils se versaient des cendres sur la tête, 1 Samuel 4:12; 2 Samuel 1:2;
13:19; 15:32; Néhémie 9:1; Ézéchiel 27:30; Lamentations 2:10; Job 2:12; ou
s'asseyaient et se roulaient dans la cendre et dans la poussière, Ézéchiel
27:30; 2 Samuel 12:16; 13:31; Ésaïe 47:1; Néhémie 1:4; Job 2:8; 16:15; Matthieu
11:21; ils déchiraient leurs vêtements sur la poitrine, Genèse 37:29; 44:13;
Juges 11:35; 1 Samuel 4:12; 2 Samuel 1:2,11; 13:31; 3:31 (ordonnance royale
pour honorer la mémoire et le convoi d'Abner: ce passage prouve combien cette
pratique était en usage), 1 Rois 21:27; 2 Rois 5:8; 6:30; 11:14; 19:1;
22:11,19; Esdras 9:3; Esther 4:1; ils se faisaient des incisions ou des
égratignures au visage et sur le corps, Jérémie 16:6; 41:5; 47:5; et 48:37,
quoique cet usage païen (Æneid. 4, 673; 12, 871) fût expressément défendu par
la loi de Moïse, Lévitique 19:28; Deutéronome 14:1, comme il l'était aussi par
la Loi des douze tables (Cicer. De Legib. 2, 23). Ils jeûnaient (— Voir: Jeûne)
lorsqu'ils menaient deuil sur un mort, revêtaient certains habits de deuil (—
Voir: Sac), négligeaient leurs vêtements et les soins même de la propreté, ne
se lavaient point, n'oignaient pas leurs corps, 2 Samuel 12:20; 14:2; 19:24;
cf. Matthieu 6:17; ils dépouillaient tous leurs ornements en bijoux et en
broderies, Ézéchiel 26:16, et, comme on l'a dit, ils se coupaient la barbe
qu'ils ne regardaient pas comme un de leurs moindres ornements; ils se
couvraient le bas du visage, Ézéchiel 24:17,22; Michée 3:7; ou même la tête
toute entière, 2 Samuel 15:30; 19:4; Esther 7:8; Jérémie 14:3; ils se tenaient
courbés et marchaient lentement, 1 Rois 21:27; enfin ils montaient sur les
plates-formes de leurs maisons pour y pleurer, Ésaïe 15:3; 22:1.
Le temps du deuil pour les morts était en général de
sept jours, 1 Samuel 31:13; 1 Chroniques 10:12; dans des cas extraordinaires,
il était plus long: Aaron et Moïse furent, chacun, pleures pendant trente
jours, Nombres 20:29. Deutéronome 34:8, et Jacob pendant soixante et dix jours
par les Égyptiens, pendant sept autres jours par Joseph, Genèse 50:3,10.
Pendant le deuil, leurs amis venaient les visiter,
soit pour les consoler, soit pour leur apprêter de la nourriture, Proverbes
31:6; mais tout ce qu'ils mangeaient était souillé, Osée 9:4.
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DEUTÉRONOME.
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Ce nom du cinquième livre de Moïse signifie en grec
seconde loi, ou répétition, récapitulation de la loi. Le Deutéronome est ce
qu'indique son titre, mais il est une récapitulation générale et non
minutieuse, d'idées et non de paroles, d'histoire et non de détails: il est
grand, noble, sérieux, tendre, plein d'onction, plein d'une sublime poésie;
c'est presque un chant épique. Moïse avait cent vingt ans lorsqu'il le composa;
c'était la dernière année de sa vie; il était dans les plaines de Moab (1:5;
cf. 34:1): vieillard deux fois aussi âgé que tous ceux qui l'entourent (sauf
Caleb et Josué), il a bien des conseils de sage expérience à donner;
législateur envoyé de Dieu, il doit à sa mission de lui rendre témoignage
encore avant de mourir, il maintiendra jusqu'à la fin les lois qu'il a données,
les vérités qu'il a prêchées, et il les maintiendra comme justes et saintes,
comme imposées de Dieu, comme étant par là même la seule source de bonheur pour
les Israélites qui voudront y obéir; il les sanctionnera de son dernier
souffle.
La période comprise dans le livre du Deutéronome est
de deux mois environ; elle s'étend depuis le premier jour du onzième mois de la
40e (Deutéronome 1:3, plusieurs éditions portent par erreur 4e) année de la
sortie d'Égypte jusqu'au onzième jour du douzième mois de la même année.
On peut diviser ce livre en quatre parties
principales:
1. Récapitulation
de l'histoire des Hébreux contenue dans les livres précédents, chapitres 1-4;
2. répétition
des lois morales, cérémonielles et judiciaires, 5-26;
3. confirmation
de la loi, 27-30;
4. derniers
jours de Moïse; il annonce au peuple que Josué lui succédera dans le gouvernement
général et dans l'autorité; puis il écrit les choses qu'il vient de dire,
confie aux lévites et aux anciens le livre qui contient ses paroles, et ordonne
que lecture en soit faite tous les sept ans dans l'assemblée générale, à la
fête des Tabernacles: il termine par un cantique de bénédictions, mais il
annonce en même temps aux Hébreux leurs infidélités futures, et veut que ses
dernières paroles soient copiées et méditées de tous; il monte enfin sur le
mont Nébo, où Dieu recueille son esprit et rend à son corps les derniers
devoirs.
Quelques auteurs ont pensé que le Deutéronome n'était
pas de Moïse, puisqu'il allait jusqu'à la mort de ce législateur; mais rien ne
justifie une pareille supposition; et l'on peut en détacher le dernier chapitre
seulement, que l'on croit avoir été, dans l'origine, le commencement du livre
de Josué.
— Voir: Pentateuque; cf. aussi le commentaire de
Calvin, et Hævernick, Einl. in das Ancien Testament
________________________________________
DEVIN,
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— Voir: Divination.
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DIABLE.
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L’image
traditionnelle du Diable et de Satan provient de la mythologie chrétienne, de
la légende d’une chute des anges hypothétique qui n’est aucunement supportée
par les Saintes-Écritures.
Ce nom qui signifie en grec accusateur, calomniateur,
est celui que le Nouveau Testament donne au prince des ténèbres, à l'esprit du
mal, au tentateur, Matthieu 4:1,5,8,11; Apocalypse 12:9; 20:2; 1 Jean 3:8. Le
plus grand des anges déchus, grandeur sublime tombée, il s'est séparé de Dieu
par un premier essai d'indépendance, qui a été d'autant plus efficace que sa
nature était plus relevée; il ne pouvait être médiocre en s'isolant, mais par
là même il s'est perdu: dans sa chute il a cherché et réussi à en entraîner un
grand nombre d'autres, qui l'ont suivi dans son péché et dans sa ruine; il a de
même séduit et assujetti à la condamnation les hommes que Dieu avait d'abord
créés droits.
(Terme non traduit
qui signifie «jeter sur ou à travers, contredire, séduire, envoyer».
Généralement traduit par "calomniateur"; signifie littéralement un
esprit ou attitude de «contrariété humaine», portant aussi les notions de
«concurrence séductrice, enchanteur, contradiction complaisante»; pensées
contraires à la volonté de Dieu; attitude de rébellion, être obstiné contre la
grâce de la délivrance en Christ»; se rapporte à l'esprit de la chair (Satan)
qui est le contradicteur, le concurrent ou le rival de l'Esprit de Dieu. Le mot
Diable n’implique pas le péché, il désigne l’influence de la nature humaine qui
engendre des actions déterminées, généralement un esprit ou raisonnement qui
porte à la tentation. La tentation elle-même n’est pas péché du temps que l’action
n’est pas commise.)
— Différents noms lui sont donnés: Satan, Job 2:1;
Bahal Zébub, 2 Rois 1:2, ou Béelzébut, Matthieu 12:24; tentateur, Matthieu 4:3;
anti-Christ, 1 Jean 2:18,22; 2 Jean 7; démon, Jean 10:20; serpent ancien et
dragon, Apocalypse 12:9; 20:2; meurtrier et menteur dès le commencement, Jean
8:44; enfin dans les livres apocryphes, Asmodée, Tobie 3:8; 6:15, démon
voluptueux qui tuait les maris dont il était jaloux.
Le nom de démon était une épithète générale qui, chez
les païens, se prenait dans un sens favorable, signifiant un génie, une
divinité: dans l'Écriture, il se prend toujours en mauvaise part, tantôt en
parlant des esprits infernaux, tantôt pour désigner les esprits des morts, bons
ou mauvais, réels ou imaginaires, Matthieu 9:32; Luc 11:14; 13:16; 1 Chroniques
24:1; 1 Rois 22:21; Éphésiens 6:16; 1 Pierre 5:8.
Mille questions surgissent autour de cet effroyable
ennemi du genre humain; l'on se demande comment il est fait, où il habite,
quelle est son action sur l'humanité, quels sont ses moyens de séduction, quels
sont ses rapports avec Dieu, quel sera son sort final: on s'est demandé enfin
si même il existait! Plusieurs de ces questions sont permises, mais on ne peut
y répondre: d'autres proviennent de mauvaise curiosité, l'on ne doit pas y
répondre: la dernière est faite par l'incrédulité.
Il faut convenir que de tous les moyens de séduction,
puisque nous en avons dit un mot, le plus habile que puisse employer le malin
esprit, c'est d'empêcher les gens de croire à son existence: avec personne il
ne revêtira sa forme naturelle et repoussante; aux âmes pieuses il se
présentera déguisé en ange de lumière; à ceux que son existence pourrait gêner,
il tâchera de faire croire qu'il n'est qu'une chimère, qu'il n'existe
réellement pas, qu'il n'est pas question de lui dans la Bible, que les anciens
pères et les anciens orthodoxes n'étaient que des rêveurs, que depuis qu'on ne
croit plus aux revenants on ne doit plus croire au diable non plus. Cette
croyance, ou plutôt cette absence de croyance, est évidemment de nature à
soulager beaucoup celui qui désire être débarrassé d'un frein aussi redoutable:
si les uns vous disent que le diable est le père du péché, quelle chaîne pour
vous que celle qui vous unit à lui; mais si le diable peut vous persuader que
la parole de Dieu n'est qu'un mauvais songe, quel allégement! Oui, quel
allégement! mais qu'il durera peu! car après la mort il n'y a plus d'illusion
possible, et celui qui le premier vous ôtera le bandeau, c'est celui qui vous
l'avait mis; c'est le prince de la terre venant s'emparer des victimes qu'il
aura séduites. Ceux qu'il ne peut convaincre théologiquement qu'il n'existe
pas, il Le leur persuade pratiquement, il s'en fait oublier, il se met pour eux
sur l'arrière-plan; sur le premier, ses séductions, ses jouissances, ses faux
appâts, de l'or, des places, des parures, des danses, tout ce que la terre peut
offrir, et il se place derrière tout cela, jusqu'à ce qu'avec le temps tout
cela ayant disparu, il ne reste plus que lui.
— Quel allégement! Mais quel allégement plus grand,
plus doux, plus réel, plus sûr, de se remettre entre les mains de celui qui a
brisé la tête du serpent, et qui triomphe et nous fera triompher au dernier
jour. Il n'y a pas une vérité qui ne vaille toutes les erreurs possibles.
Les raisons qu'on allègue pour essayer de soutenir
cette thèse moderne qui tue d'un même coup et le péché qui n'a plus d'origine,
et l'enfer qui n'a plus ni prince ni but; ces raisons, si l'on peut les appeler
ainsi, reviennent toutes à de simples assertions. On commence par dire qu'il
n'est pas parlé du diable dans l'Ancien Testament, et par tourner en poésie les
passages les plus historiques où il en est fait mention, Genèse 3; Job 2:1; 1
Chroniques 21:1; Zacharie 3:1, etc. Puis l'on applique au Nouveau Testament le
même système d'interprétation, en le modifiant au moyen de la méthode
d'accommodation que notre Seigneur était censé employer lorsqu'il parlait aux
Juifs, adoptant leurs idées afin de leur mieux inculquer les siennes; de cette
manière, les passages Matthieu 4:1; Luc 4:1; Jean 13:2; 1 Jean 3:8; 1 Pierre
5:8; Apocalypse 12:9; 20:2, et cent autres ne prouvent, en effet, absolument
rien; mais avant d'admettre ce système, nous attendrons qu'il soit lui-même
prouvé, et l'on peut poser en fait qu'il n'est pas un lecteur sérieux de la
Bible qui ne voie l'existence du diable clairement établie par nos saints
livres.
Quant à la forme de cet être malfaisant, il est clair
que l'on n'en peut rien savoir, mais de toutes les imaginations de l'homme, la
plus belle conception est sans contredit celle de ce peintre hardi, habile et
plein de génie, dont le pinceau a tracé une figure qui de loin, par le jeu des
couleurs, paraît pleine de grâce, de fraîcheur, de beauté, mais qui, lorsqu'on
s'en approche, est pâle, maigre, décharnée, ne respirant que la malice et le
fiel, et rongeant une chaîne: c'est le séducteur; il charme de loin, de près il
repousse.
Le pieux Bunyan, l'auteur du Voyage du Chrétien, a
publié, en anglais, un second ouvrage du même genre que le premier, intitulé
Diabolos ou la Sainte Guerre, dans lequel il représente l'histoire de l'âme et
l'histoire de l'humanité, sous la parabole d'une guerre entre Satan et
l'Éternel, guerre qui se termine par la victoire du fils Emmanuel. Cet ouvrage,
dont il vient de paraître une traduction française, peut, à bien des égards,
être une lecture utile, non seulement pour la jeunesse, à laquelle il est plus
particulièrement destiné, mais encore pour un âge plus avancé.
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DIACRE
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(serviteur), ministre de l'Église chrétienne, dont les
fondions rappelaient à certains égards celles des officiants de la synagogue,
dont il est parlé Luc 4:20; Jean 7:32, espèces de sergents, d'huissiers, de ministres,
d'administrateurs. Le diaconat fut institué par les apôtres, et l'on se
rappelle en quelle occasion. Actes 6. Le nombre des disciples s'accroissant
chaque jour, les chrétiens d'entre les Grecs se plaignirent hautement de ce que
leurs veuves étaient négligées dans les distributions ordinaires, tandis que
les veuves des Hébreux recevaient des soins plus réguliers et des secours plus
abondants. Là dessus, les apôtres qui ne pouvaient s'occuper de tous les
détails, et qui devaient s'occuper avant tout de la prédication, consultèrent
l'assemblée et proposèrent que l'on choisît sept hommes ayant un bon
témoignage, pleins du saint Esprit et de sagesse, à qui l'on confierait le
service des tables, le soin des pauvres et la distribution de la cène. Leur avis
fut goûté de l'assemblée, qui élut à ces fonctions importantes Étienne,
Philippe, Prochore, Nicanor, Timon, Parménas, et Nicolas; ces sept diacres
furent installés dans leur charge par la prière et l'imposition des mains. Des
femmes furent aussi appelées aux mêmes fonctions, sous le titre de servantes ou
diaconesses, Romains 16:1. Les devoirs des diacres sont exposés 1 Timothée
3:8-13: ils pouvaient se marier aussi bien que les pasteurs. Longtemps leur
nombre fut réduit à sept par église, et Rome même n'en avait pas davantage.
Voici comment l'abbé Fleury parle de leurs fonctions: «Ils étaient chargés de
recevoir tout ce qui était offert pour les besoins communs de l'église, de le
mettre en réserve, de le garder sûrement, et de le distribuer suivant les ordres
de l'évêque, qui en ordonnait sur le rapport qu'ils lui faisaient des
nécessités particulières. Il était donc de leur devoir de s'informer de ces
nécessités, d'avoir des listes exactes, tant des clercs que des vierges, des
veuves et des autres pauvres que l'Église nourrissait. C'était à eux d'examiner
ceux qui se présentaient de nouveau, et à veiller sur la conduite de ceux qui
étaient déjà reçus, pour voir s'ils étaient dignes d'être assistés. C'était à
eux de pourvoir au logement des étrangers, et de savoir par qui et comment ils
seraient défrayés... Ainsi leur vie était fort active. Il fallait aller et
venir souvent par la ville, et quelquefois même faire des voyages au dehors.»
— Ajoutons qu'ils avaient encore quelquefois des
fonctions ecclésiastiques proprement dites, celles de donner la communion aux
fidèles, de lire l'Écriture, soit en particulier, soit en public, et de
l'expliquer en l'absence des pasteurs; même en bien des lieux, des paroisses
trop petites pour avoir un pasteur, leur étaient confiées, et les diaconats
sont restés une charge importante. On trouve des diacres-pasteurs en plusieurs
pays, et Rome compte ses 18 diacres par excellence, qui ne peuvent être pris
que d'entre les cardinaux.
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DIAMANT
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(hébreu shamir). Le péché de Juda est écrit avec une
pointe de diamant, dit Jérémie, 17:1. J'ai renforcé ta face contre tes ennemis,
dit l'Éternel, et j'ai rendu ton front semblable à un diamant, Ézéchiel 3:9.
Ils ont rendu leur cœur dur comme le diamant, pour ne point écouter la loi,
Zacharie 7:12. Le diamant, cette pierre si précieuse, si belle, et si dure,
n'est considérée dans la Bible que sous ce dernier rapport: on sait que le
diamant ne peut être travaillé que par lui-même; on l'emploie non seulement
comme parure, mais comme instrument tranchant, comme poinçon pour couper le
verre ou pour graver. Quelques auteurs ont pensé qu'il s'agissait plutôt de
l'émeri, substance composée de terre sigillée et de chaux de fer, dont le nom
grec smyris a de l'analogie avec l'hébreu shamir; mais ces analogies
accidentelles sont si fréquentes (par exemple, en hébreu péshah, péché;
soumphonia, symphonie, etc.), que l'on ne peut les regarder comme preuves, et
la traduction des Septante, adoptée par la Vulgate, est une autorité plus
forte.
— On a voulu traduire encore par diamant le mot
yahalom, Exode 28:18; 39:11. Ézéchiel 28:13, que nos versions ont rendu par
jaspe, q.v.
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DIANE,
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divinité célèbre du paganisme, que les poètes font
tille de Jupiter et de Latone, et qu'ils comptent au nombre des douze grands
dieux. On l'adorait sous trois formes, et son caractère variait selon ces
différents points de vue. Comme déesse des forêts, elle était chaste, mais
fière, hautaine et vindicative; comme déesse des enfers, et sous le nom
d'Hécate, elle est cruelle, sanguinaire, impitoyable; comme déesse de la lune
et des cieux, elle est quinteuse, capricieuse, amoureuse: c'est Phœbé.
L'aventure d'Actéon appartient donc à la Diane des bois; ses amours avec
Endymion, à la lune. Quelques poètes la font encore présider aux accouchements,
sous le nom de Lutine. Le plus célèbre de tous ses temples était celui
d'Éphèse, bâti sur les dessins du fameux architecte Ctésiphon, et qui passait
pour l'une des sept merveilles du monde. Il avait 425 pieds de long (153m) et
237 de large; l'extérieur était décoré de tout ce que la nature et l'art
offrent de plus précieux; l'or, l'argent, les pierreries, les tableaux, les
statues, y étaient prodigués: on y comptait, entre autres, 127 colonnes, dont
chacune avait été érigée par un roi, qui s'était efforcé de l'embellir et de la
rendre digne de cet auguste lieu. Un fanatique, possédé du désir de
s'immortaliser, y mit le feu: c'était un moyen comme un autre; de nos jours, on
tire sur les rois ou sur les reines. Le temple de Diane fut détruit la même
nuit dans laquelle naquit Alexandre le Grand. La mémoire de la déesse ne périt
point dans la grande ville dont elle était la patronne, et nous voyons, Actes
19:24; suivant, un orfèvre faire son principal travail de la fabrication de
petits temples d'argent, ou de médailles représentant, aussi bien que la
tradition en avait conservé le souvenir, l'effigie de ce monument illustre de
l'architecture ancienne et du paganisme. Le passage Jérémie 7:18 (cf. 11:13;
44:17-18; Ézéchiel 16:15) se rapporte probablement au culte de Diane.
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DIBLA,
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— Voir: Beth-Diblathajim.
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DIBON
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(intelligence),
1. ville
située dans une plaine au nord de l'Arnon. Lors de la conquête du pays de
Canaan, nous la voyons d'abord entre les mains des Gadites, Nombres 32:34, d'où
elle prit le nom de Dibon-Gad, que Moïse lui donne quand il l'indique comme un
des campements des Israélites dans le désert, Nombres 33:45. Plus tard, elle
fut assignée à la tribu de Ruben, Josué 13:17. Du temps d'Ésaïe, elle était
tombée entre les mains des Moabites, Ésaïe 15:2; Jérémie 48:22. C'est
probablement la même ville qui est appelée Dimon, Ésaïe 15:9, et saint Jérôme
dit que de son temps encore on l'appelait indifféremment Dimon ou Dibon, à cause
de la ressemblance des lettres.
— On trouve aujourd'hui dans cette localité des ruines
qui portent le nom de Diban.
2. Ville
de Juda, Josué 15:22; Néhémie 11:25; elle subsistait encore du temps d'Eusèbe;
elle est appelée Dibon dans le dernier des passages cités, et Dimona dans le
premier.
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DIDRACHME,
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Matthieu 17:24, monnaie grecque valant 2 drachmes, et
équivalant à peu près à un demi sicle hébraïque, (1 fr. 66 c.)
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DIDYME,
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Jean 11:16; 20:24, nom grec de l'apôtre Thomas, ces
deux mots signifiant l'un et l'autre jumeau. Ces noms devaient rappeler sans
doute la naissance de l'apôtre, et la tradition lui donne effectivement une
sœur jumelle nommée Lysia (Patres apostol. Ed. Coteler. I, p. 272, cf. p. 501).
D'après Eusèbe, 1, 13, Thomas aurait été le même que Judas, frère de Jésus;
c'est ainsi que le veulent également les Actes de saint Thomas (— Voir:
Coteler.), et cette parenté donnait au surnom de Didyme une signification tout
à fait grande et honorable; mais rien dans l'Écriture n'appuie cette tradition,
et il est plus qu'évident que notre Sauveur n'a pas eu de frère jumeau,
— Voir: Thomas.
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DIKLA,
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Genèse 10:27, nom d'une peuplade sémitique qui
habitait l'Arabie, mais dont il est difficile de fixer exactement le
territoire. On ne peut faire à cet égard que des conjectures; Bochart (Phaleg
2, 22) pense que c'est la même peuplade qui porta plus tard le nom de Minéens,
parce que les Minéens habitaient une contrée riche en palmiers, arbre qui se
nomme en syriaque dikla. C'est assez vraisemblable.
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DILHAN,
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ville de la tribu de Juda. Josué 15:38.
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DIMANCHE,
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jour du Seigneur, Apocalypse 1:10. Les chrétiens ont
dès le commencement honoré d'une façon particulière le jour de la résurrection
du Sauveur, qui arriva le lendemain du sabbat, et les apôtres semblent avoir
transporté sur ce jour les obligations morales que la loi juive avait attachées
au sabbat. «Il n'y a doute, dit Calvin, que ce qui estoit cérémonial en ce
précepte, n'ait esté aboli par l'aduénement du Christ... Néanmoins... combien
que le sabbat soit abrogé, cela ne laisse point d'auoir lieu entre nous, que
nous ayons certains iours pour nous assembler à ouir les prédications, à faire
les oraisons publiques, et célébrer les sacrements: secondement pour donner
quelque relâche aux seruiteurs et gens mécaniques.» Quelle que soit la manière
de voir des chrétiens sur l'obligation de la sanctification du dimanche, il est
de fait que l'observation de ce jour, non seulement accompagne les réveils
religieux, mais encore les prépare, les amène et les fortifie; il est de fait
aussi que les personnes pieuses sanctifient le dimanche, et que celles qui ne
sont pas converties ne le sanctifient pas. Ces deux faits étant reconnus, il
sera facile à chacun de voir en quelle manière il peut se croire libéré de
l'observance judaïque, et astreint à l'observance chrétienne.
Un grand nombre d'ouvrages ont paru sur ce sujet dans
les derniers temps; celui de Liebetrut, en allemand, et les sermons de Wilson,
en anglais, doivent être cités en première ligne. En français, on possède un
certain nombre de brochures publiées par la Société de Vevey pour la
sanctification du dimanche, et la traduction de Pearl of days, ce remarquable
ouvrage d'une servante anglaise, auquel a donné naissance, en 1848, la
fondation du prix de M. Henderson. Le mouvement qui s'est produit à cette
occasion en Angleterre et en Écosse offre un caractère véritablement historique
dont les journaux religieux français ne donnent qu'une faible idée (— Voir:
Archives 1848, p. 278; 1849, p. 8), et qu'il faut lire dans les journaux de
Londres et de Glascow;
— Voir: spécialement le Christian Times, depuis le
mois de septembre 1848.
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DÎME,
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(dixième ou décime). De tout temps, et presque chez
tous les peuples, on a vu les dîmes établies comme coutumes, ou comme lois. Les
Grecs et les Romains offraient à leurs dieux des dîmes soit temporaires, soit
ordinaires, soit extraordinaires, et Plutarque raconte que c'était la coutume
des Romains d'offrir à Hercule la dixième partie des dépouilles qu'ils avaient
conquises sur l'ennemi. Xénophon rapporte la même chose des Perses, et Justin
des Carthaginois. Les marchands arabes, qui faisaient le commerce d'encens,
n'en osaient vendre avant d'en avoir payé la dîme à leur dieu Sabis: les
Scythes envoyaient des dîmes à Apollon; les Carthaginois avaient coutume encore
d'envoyer à la ville de Tyr, dont ils étaient une colonie, la dîme de tous
leurs biens; le vaisseau qui transportait ce tribut ordinaire, arriva à Tyr peu
de temps avant qu'Alexandre en fit le siège. Pisistrate, écrivant à Solon pour
l'engager à revenir à Athènes, lui dit que chacun y paie la dîme de ses biens
pour offrir des sacrifices aux dieux. Les Pélasges qui s'étaient établis en
Italie, reçurent commandement de l'oracle d'envoyer leurs dîmes à Apollon de
Delphes, etc., etc.
L'Écriture sainte, qui nous transporte dans une
antiquité beaucoup plus reculée que l'histoire profane, nous montre aussi les
dîmes existant au moins de fait, longtemps avant la promulgation de la loi
mosaïque. Le plus ancien exemple que nous en connaissions, est celui d'Abraham
revenant de son expédition contre les cinq rois alliés, et payant à
Melchisédec, roi de Salem, la dîme de tout ce qu'il avait pris sur l'ennemi,
Genèse 14:20; Hébreux 7:2. Jacob voua de même à l'Éternel la dîme de tout ce
qu'il pourrait acquérir en Mésopotamie, Genèse 28:22. Enfin Moïse ordonne et
régularise le paiement des dîmes, Lévitique 27:30-33; Nombres 18:21-24;
Deutéronome 12:6; 14:22. Chaque Israélite, considéré comme fermier de Jéhovah,
devait payer chaque année à son seigneur et maître la dixième partie des
produits de ses champs et de ses troupeaux, «les dîmes du froment, du vin et de
l'huile», Néhémie 13:5,12. Ce revenu sacré était affecté par la loi à
l'entretien des Lévites, Néhémie 10:37, à l'étranger, à l'orphelin et à la
veuve, Deutéronome 26:13. On pouvait cependant racheter les dîmes (des fruits)
en en déposant la valeur, plus le cinquième du prix. Les passages, Deutéronome
12:17-18; 14:22-23, mentionnent un repas général qui devait se faire tous les
trois ans avec les produits des dîmes (cf. 26:12), espèce de festin qui n'était
pas sans quelque rapport avec les agapes des premiers chrétiens.
— Les Lévites devaient mettre à part, pour les
prêtres, la dîme de leurs dîmes, Nombres 18:26; Néhémie 10:38. Des percepteurs
particuliers furent établis plus tard pour le prélèvement de cet impôt, ils
eurent leurs commis, et formèrent comme des bureaux de contributions, 2
Chroniques 31:12; Néhémie 12:14; 13:10; Malachie 3:10. Tous ces impôts furent
exclusivement religieux; il est cependant parlé, 1 Samuel 8:15, d'une dîme
temporelle que les rois devaient imposera leurs sujets: nous ne voyons pas
qu'elle ait en effet existé sous la royauté, mais la manière dont parle Samuel
indique assez clairement qu'elle était en usage dans les royaumes de l'Orient, et
d'ailleurs une imposition de ce genre (puisqu'il faut des impôts en tout cas)
devait bien être des moins onéreuses dans un pays agricole; c'était un impôt à
la fois proportionnel à la quotité du revenu, facile à payer, et fixe dans sa
proportion, autant de qualités qui devaient le rendre plus supportable que tels
autres modes qu'on aurait pu imaginer.
Le système théocratique des dîmes, quoique simple en
apparence et dans la théorie, ne l'était point dans l'application; la
comparaison des dispositions du Deutéronome entre elles et avec celles des
Nombres peut la prouver, et les interprètes juifs et chrétiens, anciens et
modernes, sont peu d'accord dans son exposition et dans l'interprétation des
passages de la Loi. On se demande, par exemple, si chaque année il y avait une
double dîme sur les troupeaux, s'il n'y avait une double dîme que tous les
trois ans, ou si tons les trois ans la dîme des Lévites était remplacée par une
dîme des pauvres, autant de questions qui ne sont pas susceptibles d'une
solution bien claire d'après les livres sacrés.
Sous l’Alliance de
la grâce, la dîme est devenue le moyen d’exploitation par excellence pour
dérober les fidèles de leur argent et de leurs biens.
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DIMON,
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Ésaïe 15:9, et Dimona, Josué 15:22;
— Voir: Dibon.
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DINA
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(jugement), fille de Jacob et de Léa, Genèse 30:21,
probablement la fille unique du patriarche. Son nom rappelle un événement qui
fut pour la famille patriarcale un grand malheur. Par une légèreté coupable,
elle se laissa entraîner à former des relations avec les jeunes filles
cananéennes qui habitaient Sichem, puis elle fut séduite et enlevée par le fils
du prince de cette ville. Les frères de Dina ne crurent pouvoir venger cet
affront que dans le sang des Sichémites; dans ce carnage ils égorgèrent celui
qui devait être l'époux de leur sœur; cette action perfide et cruelle fut pour
leur père un continuel sujet d'inquiétudes et d'affliction, Genèse 34. On
ignore ce que devint Dina; mais elle continua de vivre, et accompagna plus tard
son père en Égypte, Genèse 46:15.
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DINHABA,
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ville de l'Idumée, Genèse 36:32; 1 Chroniques 1:43. Il
est possible que ce soit celle qu'Eusèbe indique sous le nom de bourg de
Dannéa, et Jérôme sous celui de Damnaba, comme ayant été située à 8 milles
d'Aréopolis, du côté de l'Arnon.
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DIOTRÈPHES,
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pasteur ou diacre d'une Église inconnue, 3 Jean 9. On
ne sait de lui que ce qu'en dit l'apôtre, c'est qu'il était jaloux d'être le
premier, orgueilleux, médisant et inhospitalier. Quelques-uns en font un
hérétique (Œcumenius, Beda); d'autres le font judaïsant, d'autres enfin
prétendent au contraire qu'il ne voulait recevoir que les chrétiens convertis
d'entre les gentils. Il appartenait à la même Église que Gaïus (v. 1), probablement
à l'une des sept Églises de l'Apocalypse. Son intolérance envers les bons, et
son amour de la prééminence n'ont eu que trop d'imitateurs dans l'Église
chrétienne.
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DISPERSION.
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L'épître de saint Jacques, et la 1re de saint Pierre
sont adressées aux juifs de la dispersion, c'est-à-dire aux tribus qui sont
dispersées dans les pays voisins de la Palestine, dans le Pont, en Galatie, en
Gappadoce, en Asie, en Bithynie, etc. On doit entendre par le mot général de
dispersion, tout l'ensemble des juifs qui demeuraient en dehors des limites de
leur pays, parmi les nations étrangères. Il n'y avait, au temps de Jésus, aucun
pays de l'ancien monde dans lequel ne se trouvassent des juifs expatriés,
volontairement, ou par le fait de circonstances indépendantes de leur volonté.
On peut grouper en cinq classes les juifs appartenant à la dispersion.
D'abord ceux de l'Assyrie, de la Médie, de la
Babylonie et de la Mésopotamie, demeurant au-delà de l'Euphrate, descendants
des juifs emmenés en captivité et qui avaient refusé, lors de l'édit de Cyrus,
de rentrer dans leur patrie. Ils se comptaient par milliers et vivaient dans le
bien-être, continuant d'entretenir avec Jérusalem des relations religieuses, et
fidèles à payer annuellement les tributs, les prémices et les dîmes.
En second lieu, les Juifs d'Égypte. Alexandre le Grand
les établit en grand nombre dans la ville à laquelle il avait donné son nom, et
leur accorda les mêmes droits qu'aux Grecs. Ptolémée Lagus en envoya une
colonie à Cyrène, et fortifia la colonie égyptienne par de nouvelles
émigrations de la Judée, 320 avant J.-C. Ptolémée Philadelphe fit traduire en
grec, à grands frais, le code sacré des Hébreux, 284 avant J.-C. Puis vint le
cruel Ptolémée Philopator qui persécuta, par des mesures cruelles, ceux que ses
prédécesseurs avaient favorisés. Sous Ptolémée Philométor (180 avant J.-C.),
les juifs d'Égypte sont de nouveau en grande faveur; ils remplissent des
charges à la cour, et sont revêtus des principales dignités militaires; sous la
domination romaine et sous les premiers empereurs, ils jouissent d'une paix
entière, et Auguste les protège à Cyrène contre la malveillance des populations
grecques. Ils ont de magnifiques synagogues, et occupent à eux seuls presque
les trois cinquièmes d'Alexandrie; leurs rapports avec la métropole juive ne
sont pas interrompus quoiqu'ils aient à Jérusalem un culte à part, de même que
les Cyrénéens, Actes 6:9; ils continuent de payer le tribut pour le temple.
Leur chef temporel et le juge de leurs différends est un ethnarque, assisté
d'un conseil, espèce de sanhédrin.
En troisième lieu viennent les Juifs de la Syrie: ils
avaient émigré sous Séleucus Nicator, et par lui, avaient obtenu à Antioche et
ailleurs des privilèges égaux à ceux des Macédoniens. Les rois suivants, à
l'exception d'Antiochus Épiphanes, leur furent également favorables, et les
Juifs furent libres jusque dans le prosélytisme: cependant le peuple les
haïssait, et cette haine longtemps comprimée éclata sous Néron, et plus encore
sous Vespasien. Titus leur rendit le repos. C'est de Syrie qu'ils prirent le
chemin de l'Asie Mineure, 1 Pierre 1:1; ils obtinrent la bourgeoisie en Ionie.
Quatrièmement, la dispersion parmi les Grecs, Jean
7:35. De l'Asie Mineure, un grand nombre de Juifs se rendirent en Grèce et en
Macédoine, où ils eurent la permission d'établir, dans les principales villes
et dans les ports les plus commerçants, des synagogues et des maisons de
prières, Actes 16-20.
Cinquièmement, enfin, les Juifs de Rome et d'Italie;
plusieurs étaient esclaves, d'autres étaient venus s'y établir librement et en
vue de spéculations commerciales; ils étaient généralement riches, et
occupaient tout un quartier au-delà du Tibre: leur prosélytisme n'avait pas été
sans fruit. Ils furent chassés de Rome sous Tibère et sous Claude César. Rome
leur fut longtemps fatale, et les murailles du Goïto ne sont tombées que sous
le souffle du dix-neuvième siècle.
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DIVINATION, Devins.
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Désireux de connaître, ambitieux d'avenir, supportant
avec impatience un corps qui le retient à la terre et au moment présent, qui le
gêne, qui le rapetisse, l'homme qui par sa nature se précipite vers les choses
qui étaient le privilège de celui qui n'avait pas péché, a dans tous les temps
cherché à se soustraire à la matière, à s'émanciper du corps, à sonder
l'avenir, à voir dans les ténèbres, à marcher sûrement dans l'incertitude, à
découvrir ce qui lui est caché. De là, ces efforts inouïs, gigantesques; ces
recherches de tous les temps, cet amour du merveilleux, cette croyance à la
divination, à la magie; travaux de jongleurs, travaux de chimistes, travaux de
rêveurs; imposteurs, mystiques, oracles, prophètes, charmes, enchanteurs et
devins: de là cette passion des hommes pour ce qui paraît les faire avancer
dans les sciences occultes, espèce de succès chez les uns, complaisance à
croire chez les autres.
Sans s'arrêter à la question dogmatique de savoir si
l'homme peut, en dehors de l'adresse, de la physique et de la chimie, obtenir
des résultats merveilleux; sans entrer dans un examen quelconque relatif aux
moyens par lesquels l'homme peut arriver au surnaturel, s'il le peut par
lui-même, ou par des forces latentes qu'il développe, ou enfin par
l'intervention des esprits qui sont dans l'air, bons ou mauvais; sans même
approfondir tout ce qu'il peut y avoir de vrai dans certains faits que rapporte
l'histoire, ou que l'expérience vient chaque jour démontrer de nouveau contre
l'esprit fort moderne, on doit cependant convenir de certains faits que nous
nous bornons à enregistrer, et qui sont de nature à jeter du jour en les
simplifiant, sur les questions passablement graves, malgré qu'on en ait, qui
viennent d'être posées.
On avoue généralement que toutes les croyances
populaires, quelles qu'elles soient, exagérées ou dénaturées, reposent sur un
fondement vrai: en les dépouillant de leur entourage, de leurs adjonctions, de
leur écorce, on arrive à un noyau substantiel, solide, historique; or, de
toutes les croyances populaires, la plus invétérée, la plus entêtée, c'est la
foi aux sorciers, à la magie, à la divination: ne serait-ce absolument qu'une
chimère?
Chacun croit aux pressentiments; chacun en a, chacun
s'y fie, même sans le vouloir: c'est là une espèce de divination, générale sans
doute, mais sûre.
Niera-t-on que les songes ne soient un degré de
pressentiment plus avancé que le pressentiment de la veille? «Le Dieu Fort, dit
Élihu à Job (33:14-15), parle par des songes, par des visions de nuit, quand un
profond sommeil tombe sur les hommes et lorsqu'ils dorment dans leur lit; alors
il ouvre l'oreille aux hommes, et scelle leur instruction.
Le magnétisme avec ses merveilles, si longtemps réfuté
par de l'esprit et des plaisanteries, n'en est pas moins acquis maintenant à la
science comme un fait; ceux qui en doutent appartiennent à la classe la moins
éclairée, et ceux qui s'en sont occupés ont vu et vérifié des prodiges que tout
l'art et le génie de l'homme ne sauraient accomplir; ces prodiges touchent par
plusieurs points à la divination.
Enfin, une considération tout à fait générale, mais
qui ne laisse pas d'avoir son application dans le cas particulier, c'est qu'une
réaction va toujours beaucoup plus loin qu'elle ne doit et qu'elle ne veut
aller, comme celui qui veut éviter le précipice tombe sur le rocher de la
montagne; c'est plus sûr, mais ce n'est pas toujours sans quelques
inconvénients. Longtemps on a trop cru aux merveilles des arts occultes et de
la divination; pour un fait effectif, le charlatanisme en a forgé des milliers
de faux, de mensongers, de stupides, et, pour le dire en passant, les clergés
de toutes les sectes n'y ont pas mal nui dans le moyen âge, jusqu'à l'illustre
siècle de Léon X: quand une fois on a voulu rompre avec ces fables, on a tout
rejeté, le bon et le mauvais, le vrai et le faux, parce qu'on se souciait peu
de la chance, même infiniment petite, d'être abusé de nouveau. Le pays où les
réactions se font toujours le moins vivement ressentir, l'Allemagne a su se
tenir beaucoup plus que d'autres peuples dans un sage milieu, quoiqu'on y
trouve aussi l'un et l'autre extrême représentés, notamment celui de
l'imagination.
Ces choses étant dites, il ne sera pas nécessaire de
les rappeler à propos de chaque cas spécial, et nous raconterons les croyances
de l'Orient sans penser devoir les critiquer à chaque fois, sans les donner
pour vraies, sans les rejeter toujours absolument comme fausses. Chez les
Israélites, d'ailleurs, il faudra toujours distinguer les révélations divines,
et les moyens illicites par lesquels ils pouvaient essayer de satisfaire leur
curiosité ou leur intérêt particulier.
Les Israélites paraissaient en effet avoir eu plus que
d'autres peuples le besoin intérieur de connaître l'avenir; peut-être
l'avaient-ils apporté d'Égypte, peut-être aussi les prophéties anciennes et
glorieuses qu'ils n'ignoraient pas, mais dont ils n'avaient pas non plus une
intelligence bien claire, leur faisaient-elles désirer d'en connaître
davantage, et de pénétrer plus avant dans un mystère pour eux plein
d'espérances et de charmes. Quoi qu'il en soit, le mal existait: Moïse, en leur
donnant la loi qui devait en faire un peuple à part, leur annonça d'un côté que
l'esprit de prophétie ne sortirait pas du milieu d'eux (— Voir: Urim et
Thummim), mais il leur défendit de l'autre sous des peines extrêmement sévères
d'user de divination, de pronostiquer le temps, de rechercher ceux qui ont
l'esprit de Python, les devins, les sorciers, les enchanteurs, ceux qui disent
la bonne aventure et ceux qui consultent les morts, Lévitique 19:26,31; 20:6;
Deutéronome 18:10. Ces lois étaient si rigoureuses que les malheureux animés de
l'esprit de Python, ou qui faisaient seulement profession de l'être, étaient
condamnés à mort, et lapidés vifs. Lévitique 20:27.
Malgré ces lois, ou plutôt parce qu'une loi qui
contrarie un penchant l'excite au lieu de le réprimer (cf. Romains 5:20), les
Israélites se montrèrent dans toutes les périodes de leur histoire, et surtout
sous les rois idolâtres, adonnés aux mages, aux sortilèges et aux superstitions
de toutes espèces, cf. 1 Samuel 28:3,9; 2 Rois 21:6; 23:24; Ésaïe 8:19; Jérémie
29:8; Michée 3:11; Zacharie 10:2: ils allèrent même consulter les oracles des
païens, 2 Rois 1:2. Le culte de Bahal avait son cortège de prophètes
divinateurs, 1 Rois 18:19, les Philistins fournissaient leur contingent, 1
Samuel 6:2, et les Juifs eux-mêmes virent dans leur propre sein surgir de ces
industriels auxquels le peuple, comme partout, s'empressait d'apporter de
l'argent, Michée 3:11; cf. Actes 16:16.
Il y avait diverses sortes de divinations et de
devins; les uns se bornaient à l'examen de certaines circonstances, ou
accidents naturels, c'est ce qu'on a appelé magie naturelle; d'autres
empruntaient tout simplement le secours de l'art, c'était la magie
artificielle; d'autres consultaient les morts ou les mauvais esprits (magie
noire ou diabolique); d'autres enfin devinaient d'inspiration, de
pressentiment, de seconde vue. À la première classe appartenaient, parmi les
exemples qui nous sont conservés dans l'Écriture:
a. L'interprétation
des songes, q.v.
b. l'examen
des mouvements des serpents: c'est même cette espèce de divination que semble
indiquer le terme hébreu, Lévitique 19:26; Deutéronome 18:10; 2 Rois 17:17;
21:6. (nichesh deviner, nachash serpent). Bochart a recueilli quelques faits à
l'appui de cette idée; les Égyptiens avaient des serpents qu'ils appelaient de
bons génies, et dont ils aimaient à placer la figure sur leurs abraxas ou
talismans: beaucoup de peuplades orientales ont encore leurs serpents sacrés
que consultent les jongleurs, et l'on se rappelle les serpents de Pallas
(Virgile Æneid. 2). Les mots grecs et latins par lesquels les Septante et la
Vulgate ont traduit l'hébreu, font entrer dans leur composition les oiseaux
(augures), au lieu de serpents; mais il est clair que, soit dans le texte, soit
dans les traductions, il convient de s'en tenir à l'idée générale de
divination, sans égard aux moyens employés.
c. Les
baguettes, ou bâtons divinatoires; on croit en trouver la trace, Ézéchiel 21:26
(il a secoué les flèches), et Osée 4:12 (mon peuple demande avis à son bois, et
son bâton lui répond). Le premier de ces passages contiendrait une allusion à
l'ancien usage des Caldéens, d'écrire sur des flèches ou sur des baguettes le
nom des villes où ils voulaient se rendre, ou des choses qu'ils voulaient
entreprendre, de mêler ensuite ces baguettes dans un carquois, de tirer au
hasard et de se décider suivant celle qui sortait la première. La plupart des
peuples ont connu ce moyen de deviner, qui est peu malin, et que les enfants
remplacent chez nous par le jeu d'épingle. Cette interprétation est possible;
le prophète dirait alors que le roi de Babylone, incertain par quel ennemi
commencer, a jeté sur les villes le sort des flèches, et qu'il marchera d'abord
contre Jérusalem: on peut le comprendre cependant autrement encore. Quant au
passage d'Osée, il supporte également cette explication, mais d'autres aussi
sont permises; ou bien: il consulte ses idoles de bois, et elles lui répondent
(par le moyen de leurs prêtres); ou bien: ce peuple aveugle, qui ne peut se
diriger par la lumière, se dirige au moyen de son bâton, en tâtonnant. «Il me
semble, dit Calvin, que le plus simple est d'y voir une condamnation contre les
Israélites, qui se sont adressés à des idoles mortes au lieu de s'adresser au
Dieu vivant.» (ad Hos. 4, 12).
d. L'examen
des entrailles sacrifiées était chez les peuples païens un grand moyen de
divination; si les entrailles étaient sèches, dures ou lâches, s'était un
présage fâcheux: si au contraire elles étaient saines et rouges, c'était un bon
signe: on peut croire que le passage, Ézéchiel 21:26 (il a regardé au foie), se
rapporte à la divination par les intestins; mais c'est la seule trace qu'on en
trouve dans l'Écriture.
e. La
divination, d'après le cours des nuages, Deutéronome 18:10 (pronostiqueurs de
temps) 2 Rois 21:6, ou d'après les signes des cieux, Jérémie 10:2, c'est
l'hébreu meonen;
— Voir: cependant l'article Enchanteur.
f. Enfin,
par l'eau ou par la coupe;
— Voir: Coupe.
Quant à la divination par inspiration, qui se
distingue des précédentes par l'absence d'art, «quod arte careret», dit
Cicéron, voici comment ce même auteur païen la caractérise, Divin 1:18. «Carent
autem arte, qui non ratione aut conjectura, observatis ac notatis signis, sed
concitatione quâdam animi aut soluto liberoque motu futura præsentiunt, quod et
somniantibus sæpe contingit et non nunquam vaticinantibus per furorem», etc. Souvent
chez les païens (et les oracles reposaient presque tous sur cette théorie), on
cherchait à produire une excitation factice et purement physique sur les nerfs
des pauvres prêtres et prêtresses, qui faisaient de gré ou de force, le triste
métier d'annoncer les choses futures; cette excitation se traduisait en gestes
violents et en convulsions que l'on donnait pour les signes de la présence de
la divinité, (cf. Æneid. 6, 46; et suivant): on recueillait les paroles de leur
délire, et quelques habiles arrangeaient ces paroles à leur guise, et leur
donnaient telle forme obscure et ridicule qu'ils jugeaient convenable. C'était
là ce qu'on appelait insanire, être fou; il y avait folie en effet, et chez le
malheureux patient, et chez ce prêtre qui, avec une gravité majestueuse,
cherchait tant bien que mal la raison dans la déraison, la clarté de l'avenir
dans l'obscurité du présent. Cependant il y avait aussi une inspiration plus
calme, plus naturelle, soit dans le sommeil soit dans la veille; elle se
trouvait dans un état nerveux habituel que l'on peut rattacher à un
développement considérable du système ganglionnaire, et qui produisait chez
ceux qui étaient atteints de cette infirmité, un penchant très fort au sommeil
magnétique, au somnambulisme, et à la seconde vue. Il faut peut-être du courage
pour mettre en avant de telles idées, quand on ne peut ni les développer, ni
les expliquer, ni les appuyer; mais tout cela trouvera sa place ailleurs, et
nous ne pouvons entrer ici dans des détails psychologiques qui demanderaient,
pour être traités convenablement, un ouvrage tout spécial. Du reste, dans cette
ligne d'idées ce qui est le plus singulier, ce n'est pas tant l'explication du
fait, que le fait lui-même; et comme tous les efforts pour nier les faits ont
toujours été inutiles, et qu'il faut bien finir par les accepter, la seule
chose à faire c'est de tâcher de les comprendre, autant du moins qu'ils peuvent
être compris. Le passage, Actes 16:16; sq. cf. 19:13; sq., paraît expliquer
cette vertu divinatoire par la possession d'un démon.
— Voir: encore articles Enchanteur, Possession,
Python, etc.
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DIVORCE.
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La dissolubilité des liens du mariage, le divorce,
toujours en honneur partout où le mariage ne l'est pas, où la femme est
méprisée, cette coutume des peuples païens, et que les patriarches eux-mêmes
ont connue, Genèse 21:14, fut régularisée par la loi de Moïse; il fut permis,
sauf les deux cas où l'homme aurait, avant son mariage, déshonoré une jeune
fille par des paroles flétrissantes ou par une conduite brutale, Deutéronome
22:19,29. Il fut permis, et voici comment Moïse s'exprime à cet égard,
Deutéronome 24:1-4: «Quand quelqu'un aura pris une femme et se sera marié avec
elle, s'il arrive qu'elle ne trouve pas grâce devant ses yeux, à cause qu'il
aura trouvé en elle quelque chose de malhonnête, il lui donnera par écrit la
lettre de divorce, et la lui ayant mise entre les mains, il la renverra hors de
sa maison.» La femme divorcée et remariée ne pouvait plus retourner auprès de
son premier mari, même après la mort du second. Quelque étendue que paraisse au
premier abord cette facilité d'obtenir le divorce, elle est limitée par deux
restrictions ou difficultés, l'une intérieure, l'autre extérieure; il fallait
donner à la femme, par écrit, une lettre de divorce; cette gène, petite en
apparence, était pourtant une gêne à cette époque où l'art d'écrire était si
peu répandu; et quelquefois des obligations de ce genre amenant des longueurs peuvent
aussi donner le temps de réfléchir. L'autre condition du divorce, beaucoup plus
législative et morale, c'est que pour l'obtenir il fallait plus qu'un caprice,
il fallait un motif suffisant, il fallait que le mari eût trouvé en sa femme
quelque chose de malhonnête. Les termes sont bien vagues, il est vrai, et
pouvaient étendre par leur élasticité ce que la loi avait voulu restreindre;
les deux célèbres écoles juives de Hillel et de Schamaï se disputaient à
l'époque de notre Sauveur sur l'interprétation qu'on pouvait donner à ces
paroles; la première pensait qu'un homme pouvait répudier sa femme pour les
plus légers motifs, par exemple si elle faisait mal la cuisine, s'il trouvait
une autre femme qui lui convînt davantage, ou enfin, s'il découvrait en elle
quelque légère difformité. Schamaï soutenait au contraire que la loi ne donnait
à l'homme le droit de répudiation, que lorsqu'il avait en effet trouvé dans sa
femme des inclinations ou des actions réellement déshonnêtes et honteuses.
Jésus dont la doctrine était l'accomplissement de la loi, distingue
positivement sa doctrine de celle de Moïse; il déclare que le divorce a été
permis à cause de la dureté du cœur naturel, mais lui ne le permet que pour le
cas d'adultère, puisqu'alors les liens du mariage sont déjà dissous de fait: en
appuyant ainsi de son autorité les enseignements de Schamaï comme plus saints,
il semble indiquer que l'interprétation de Hillel était en effet celle qu'on
devait donner à la loi de Moïse. Toutefois, malgré cette facilité du divorce,
il est à remarquer que l'Ancien Testament ne cite pas un seul exemple de ce
cas, depuis la promulgation de la loi: on voit même David garder jusqu'à sa
mort les femmes qu'Absalon son fils avait déshonorées; il les enferme, mais ne
les répudie pas; et les rabbins écrivent que l'on ne permit pas à David de
répudier aucune de ses femmes pour épouser Abisag, et qu'il dut se contenter de
la prendre à titre de concubine parce qu'il avait déjà le nombre de dix-huit
femmes permis par les coutumes. Plusieurs passages prouvent cependant que les
Juifs n'usaient que trop souvent de la facilité que la loi leur accordait à cet
égard;
— Voir: Juges 15:2; 19:2-3; Proverbes 2:16-17; Michée
2:9; Malachie 2:15; Esdras 10:2-3; Néhémie 13:23-30.
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DIZAHAB,
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Deutéronome 1:1, ville ou bourg dans le désert
d'Arabie, bâtie peut-être dans une localité riche en palmiers, que Burkhardt a
retrouvée sur les bords du golfe arabique, sous le nom de Dahab.
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DOBERATH,
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nom que porte dans quelques mss, la ville de Dabrath,
q.v.
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DODANIM
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(amours). Cette peuplade japhétique étant nommée,
Genèse 10:4, avec d'autres qui ont habité la Grèce, on a rapproché avec assez
de vraisemblance son nom de celui de Dodone en Épire. Bochart cite un Targum
qui rend Dodanim par Dardanim; on sait que ce nom se trouve dans les anciennes
fables des Grecs: selon eux Dardanus émigra en Asie Mineure où il fonda la
ville de Troie. Dans le passage parallèle, 1 Chroniques 1:7, de même que dans
le Pentateuque samaritain et dans les Septante, nous trouvons Bodanim qui
signifierait selon les uns l'île de Rhodes, selon les autres même le Rhône,
Rhodanus; mais c'est aller un peu loin; d'ailleurs il y a tout lieu de croire
que la leçon conservée dans la Genèse est la primitive; le copiste du livre des
Chroniques pouvait facilement confondre les deux initiales, qui en hébreu ont
en effet la plus grande ressemblance.
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DOEG
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(soucieux); iduméen qui était l'inspecteur en chef des
troupeaux de Saül; il était à Nob lorsque David y vint auprès d'Ahimélech lui
demander des vivres et des armes. David qui l'aperçut et qui sans doute le
connaissait, craignit une trahison et s'enfuit sans avoir dit à Ahimélech quels
étaient ses rapports avec le roi; il feignit même d'être en course pour une
mission spéciale, et fut bien éloigné de vouloir l'entraîner dans une révolte
ou dans un complot. Mais Doëg, sur les instances de Saül qui cherchait partout
des témoins contre David, raconta en la dénaturant la conversation qui avait eu
lieu à Nob, et chercha à la représenter comme une conjuration politique. Saül
qui ne pouvait atteindre David voulut se venger au moins sur les
sacrificateurs; il lit comparaître Ahimélech avec toute sa famille, les
condamna à mort sans forme ni procès, et chargea ses archers d'exécuter la
sentence: sur leur refus il donna le même ordre à Doëg, qui de délateur devint
sans peine bourreau, et s'acquitta de sa commission avec cruauté; il mit à mort
quatre-vingt-cinq sacrificateurs, et passa au fil de l'épée tous les habitants
de Nob, 1 Samuel 21:7; 22:9-23. David a rappelé cette trahison Psaumes 52:1.
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DOIGT.
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Il est parlé plusieurs fois dans l'Écriture du doigt
de Dieu pour désigner sa puissance, Exode 8:19; 31:18; Psaumes 8:3; Ésaïe 58:9;
Luc 11:20.
— Le mot doigt exprime souvent aussi une mesure
naturelle prise de l'homme comme la coudée, et équivalant à un peu moins de 3/4
de pouce, Jérémie 52:21.
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DONS, ou présents.
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Les dons ont, dès les temps les plus anciens, été
considérés comme une marque d'honneur, et comme un témoignage d'estime ou
d'amitié, Genèse 32. Ils consistaient soit en argent, 2 Samuel 18:11, soit en
armes ou vêtements précieux, 1 Rois 10:23, soit enfin en fruits, fourrage, ou
provisions de toutes espèce, 1 Rois 10:25; 14:3; Genèse 24:53; 32:13; 43:11; 1
Samuel 9:7; 16:20; 2 Chroniques 17:11; mais comme ils étaient toujours proportionnés
à la fortune des donateurs, ils se trouvaient être parfois de très peu de
valeur, 1 Samuel 9:8; 16:20. Des amis se faisaient des présents lorsqu'ils se
visitaient ou à certains jours de fêtes, Esther 9:19, les inférieurs quand ils
recevaient leurs supérieurs, 1 Samuel 9:7; Genèse 43:11; Matthieu 2:11, surtout
les sujets à leur souverain, 1 Rois 4:21; 10:25; 2 Chroniques 17:5; ce dernier
cas paraît même être devenu une coutume obligatoire, tellement que ceux qui à
l'avènement d'un roi ne lui apportaient pas de présents, pouvaient être
regardés comme de méchants hommes, 1 Samuel 10:27. Les Hébreux appelèrent aussi
présents les tributs qu'ils devaient payer à des monarques étrangers, pour
déguiser sans doute par la douceur de l'expression ce que la chose avait de
pénible pour tout véritable Israélite, Juges 3:15,17; 2 Samuel 8:2; 2 Rois
17:3-4; 2 Chroniques 17:11; 26:8; Psaumes 45:13; 68:30; 72:10, etc. Les rois
faisaient de même quelquefois des présents à leurs favoris, 2 Samuel 11:8, à
des étrangers, à des ambassadeurs, ou à leurs propres employés civils et
militaires, Esther 2:17; ces cadeaux consistaient ordinairement en vêtements
précieux, 2 Rois 5:22; Esther 6:8; 8:15; Daniel 5:16; 29; cf. 1 Samuel 18:4.
Dans les jours de fêtes on faisait au peuple des distributions de vivres, 2
Samuel 6:19. Les rois s'envoyaient mutuellement des cadeaux lorsqu'ils
voulaient contracter des alliances, 1 Rois 15:19; 2 Rois 16:8; 20:12; Ésaïe
39:1.
C'est dans tout l'Orient une espèce de cérémonie que
le fait même de la présentation des cadeaux, et elle se fait toujours avec une
pompe proportionnée à la grandeur des présents: on va jusqu'à prendre un grand
nombre de bêtes de somme pour porter un présent qu'un seul homme eût pu
présenter: quelquefois on les fait porter par des esclaves, et aucun des
porteurs ne doit être chargé de manière à en être gêné.
Il était défendu de faire des présents aux juges et
aux témoins: cette honteuse corruption, flétrie Exode 23:8; Deutéronome 16:19;
27:25; cf. 1 Samuel 12:3; Psaumes 15:5; Proverbes 15:27; Ésaïe 33:15, n'en a
pas moins été souvent mise en usage, et l'on trouve bien des magistrats qui y
ont été accessibles, 1 Samuel 8:3: aussi les livres sacrés sont-ils remplis de
plaintes et de reproches à cet égard, Job 15:34; Psaumes 26:10; Proverbes
17:23; 18:16; Ésaïe 1:23; 5:23; Ézéchiel 22:12; Michée 3:11. Cadeaux de noces,
— Voir: Mariage.
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DOPHKA.
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L'un des campements des Israélites dans le désert,
Nombres 33:12. Inconnu.
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DOR
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(demeure). Ville cananéenne située au bord de la
Méditerranée, non loin du Carmel; lors de la conquête, elle fut donnée à la
tribu de Manassé, Josué 11:2; 12:23; 17:11; 1 Rois 4:11; 1 Chroniques 7:29. On
trouve de nos jours, dans cet endroit, une bourgade sous le nom de Tortura ou
Tantura.
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DORCAS ou Tabitha
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(chevreuil, en grec et en syriaque), femme demeurant à
Joppé, disciple, pleine de bonnes œuvres et d'aumônes qu'elle faisait, Actes
9:36. Étant morte après une courte maladie, on lava son corps et on le déposa
dans une chambre haute; puis pendant que les malheureux menaient deuil auprès
d'elle en pleurant, les disciples ayant su que Pierre était à Lydde, où il
venait de guérir un homme paralysé depuis plusieurs années, espérèrent que,
peut-être, il pourrait rendre à la vie celle qu'ils aimaient comme leur
bienfaitrice, et envoyèrent auprès de lui deux hommes pour le prier de venir
sans délai. Pierre étant arrivé, monta dans la chambre haute, où il vit le beau
spectacle de ces veuves et de ces pauvres qui, pour toute oraison funèbre,
montraient les robes et les vêtements que Dorcas avait travaillés pour eux.
Alors, les ayant fait sortir à l'exemple de son maître, Matthieu 9:25; Marc
5:40, et sans doute pour mieux pouvoir se recueillir, l'apôtre se mit à genoux
auprès du lit funéraire, et pria; puis, se tournant vers le corps, il dit:
Tabitha, lève-toi! Et elle ouvrit les yeux, et voyant Pierre elle s'assit. Et
lui ayant donné la main, il la leva et la présenta aux saints et aux veuves qui
se trouvaient là. Ce miracle fut connu de toute la ville de Joppe, et un grand
nombre de personnes crurent à la prédication de l'Évangile qui opérait des
choses si merveilleuses.
Il n'y a aucune difficulté dans cette histoire, à
moins qu'on ne veuille en trouver une dans la résurrection même de Dorcas;
quelques-uns, en effet, la nient et prétendent que Dorcas était seulement en
léthargie; la voix de Pierre à son oreille aurait suffi pour la réveiller. Si
l'on ne peut résoudre la difficulté que par la puissance de Dieu, on ne peut
comprendre l'objection que par la puissance des ténèbres.
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DOTHAIN, ou Dothan,
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Genèse 37:17, ou Dothan, 2 Rois 6:13, ville de
Palestine qui se trouvait dans une gorge de montagnes, non loin de Jizréhel,
sur la route que les caravanes prenaient pour se rendre d'Égypte en Galaad.
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DRACHME,
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monnaie grecque qui passa en Palestine après l'exil, 1
Chroniques 29:7; Esdras 2:69; 8:27; Néhémie 7:72, et qui était surtout en usage
à l'époque de Christ, Luc 15:8-9. Il y en avait plusieurs espèces, qui valaient
de 45 à 83 centimes.
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DRAGON, ou Serpent ancien,
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D’après
l’étymologie, le mot «dragon» se rapporte au souverain d’une nation, un
illuminé, une élite de la société qui domine sur les masses d’un peuple
crédule. Dans l’Apocalypse ce terme désigne la souveraineté de la loi sous la
dynastie des rois Hérode, puis par après sous la domination des empereurs
romains.
Ésaïe 43:20,
— Voir: Chacal.
— Dragon, ou Serpent ancien, Apocalypse 12 et 13,
— Voir: Serpent.
— Fontaine du Dragon, Néhémie 2:13,
— Voir: Siloé.
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DROGUES,
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L’utulisation de drogues était courante à ces époques,
particulièrement l’opium, le cannabis, et le hashish. On la mélangeait souvent
avec du vin et des boissons, et on s’en servait aussi à des fins médicales.
Genèse 37:25,
— Voir: Stacte.
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DROITURIER,
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Josué 10:13,
— Voir: Jasar.
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DRUSILLE.
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Féconde en maris, cette femme qui est nommée, Actes
24:24, comme l'épouse du procurateur romain Félix,était fille d'Hérode Agrippa
le Grand, Actes 12:23, et sœur d'Agrippa le Jeune: elle avait été fiancée
d'abord à Antiochus Épiphane; mais comme celui-ci n'avait pas voulu embrasser
le judaïsme, elle épousa Azizus, prince d'Émessa, puis finit par se laisser
séduire par Félix, dont elle eut un fils, Agrippa qui périt plus tard, comme
elle, par une éruption du Vésuve.
Ces deux époux, curieux d'entendre le prisonnier
chrétien, le firent comparaître; mais comme il leur parlait de justice, de
chasteté, de jugement à venir, Félix tout effrayé le renvoya en lui disant:
Pour le moment va-t-en, et quand j'en aurai la commodité je te rappellerai.
— Drusille passait pour la plus belle femme de son
temps, mais non pour la plus chaste.
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DUCS,
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Lit. un prince.
Daniel 3:2-3, le même mot qui est ordinairement
traduit par gouverneurs, Esther 3:12; Esdras 5:3. C'était une charge d'administration,
inférieure à celle des satrapes;
— Voir: Baillis.
Le mot traduit par
ducs, Genèse 36:15; sq., signifie plutôt chefs (de famille ou de tribus); un
Don, administrateur d’un domaine; un gardien.
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DUMA
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(silence),
1. ville
de la tribu de Juda, Josué 15:52;
2. peuplade
arabe descendant d'Ismaël, Genèse 25:14; Ésaïe 21:11. Le territoire qu'elle
occupait est peut-être indiqué aujourd'hui par une ville située dans la
province de Nedschend, sur la frontière de l'Arabie et du désert de Syrie, et
qui porte le nom de Dumath-Aldschandel.
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DURA.
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Nom d'une plaine de la Babylonie, probablement même
celle où la ville de Babylone était bâtie, Daniel 3:1. Hérodote 1, 178.
Dictionnaire de la
Bible J.-A. Bost 1849-E
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EAU.
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L'eau a dans l'Écriture diverses acceptions figurées.
Elle se prend d'abord pour toute espèce de boisson en général, Deutéronome
23:4; 1 Samuel 25:11; 1 Rois 13:18. Elle indique la famille, ascendante ou
descendante, les ancêtres ou la postérité, Ésaïe 48:1 (cf. Psaumes 68:26),
Nombres 24:7; Proverbes 5:15-16: ce dernier verset doit se traduire par le
futur; le bonheur d'une femme fidèle y est représenté sous l'image d'une
fontaine abondante dont les eaux se répandent richement au dehors et dans les
rues. Ailleurs, les eaux marquent des peuples nombreux, Apocalypse 17:15. Elles
signifient aussi des malheurs, Lamentations 3:54; Psaumes 69:1; 124:4-5, ou les
larmes, Psaumes 119:136; Jérémie 9:1, et la sueur, Ézéchiel 21:12; 7:17. Dieu
compare son culte à des eaux vives, Jérémie 2:13; Jean 4:10, et le culte des
idoles, comme celui des femmes débauchées, à des eaux dérobées et étrangères,
Proverbes 9:17.
— Dans le passage Jérémie 15:1,18, les «eaux qui
trompent» sont une allusion au phénomène du mirage, alors que le voyageur
altéré croit voir dans le lointain un lac au milieu des sables, et hâte sa
marche sans pouvoir approcher de cette eau qui n'en est pas une; des eaux plus
fidèles sont mentionnées Ésaïe 33:16, et pour le chrétien ce sont les mêmes que
celles de Jean 4:10.
Il est parlé fréquemment des eaux supérieures et des
eaux inférieures, de celles d'en haut et de celles d'en bas, des eaux de
l'abîme, du grand abîme, etc., Genèse 1:6-7; 7:11; Exode 15:5; Deutéronome 8:7;
33:13; Ésaïe 51:10. C'est à l'époque de la création que les eaux de la terre et
celles du ciel furent séparées; au moment du déluge elles se réunirent pour
noyer et détruire l'ancien monde;
— Voir: ces deux articles.
Les eaux de la contestation de Kadès sont le nom
historique d'un lieu qui fut pour Aaron et Moïse une occasion de chute; ce nom
fut donné à l'endroit pour perpétuer le souvenir du péché de ces deux grands
hommes de Dieu. Elles s'appellent en hébreu Mé-Méribah-Kadès, Deutéronome
32:51, et sont diversement traduites dans nos versions;
— Voir: Méribah, Mara, Mérom, etc.
On trouve au chapitre cinquième des Nombres, versets
12-31, l'institution des eaux amères ou eaux de jalousie, destinées à faire
reconnaître au mari soupçonneux la faute ou l'innocence de sa femme (— Voir:
Adultère). Cette épreuve était une espèce de jugement de Dieu, mais différait
des épreuves du moyen âge en ce que par sa nature elle était inoffensive et
qu'il fallait un miracle pour punir, tandis que ces dernières étaient toujours
dangereuses par elles-mêmes et que le miracle était nécessaire pour sauver; la
loi divine, comme toujours, était davantage protectrice, l'épreuve des hommes
était plus cruelle.
— L'intervention constante de l'Éternel était dans
cette épreuve, plus peut-être que dans toutes les autres, une nécessité, parce
que si la femme coupable ne succombait point, elle et son complice pouvaient
dès ce moment regarder tout le système de Moïse comme une dérision, et tourner
sans crainte en ridicule toutes les superstitions d'une religion faussement
ainsi nommée, impuissante à découvrir le mal, impuissante à se faire obéir:
tout tombait à la première épreuve manquée. La longueur de ces opérations était
d'ailleurs destinée à obtenir des aveux, et nous ne voyons nulle part d'exemple
où l'épreuve ait été exécutée (— Voir: Cellérier, Législ. mos. H).
— Quant à l'eau de séparation,
— Voir: Vache rousse.
— Nos versions ont rendu par le mot propre, Ésaïe
36:12, ce que les Hébreux, par euphémisme, appelaient l'eau des pieds.
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ÉBÈNE.
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L'ébène n'est nommé que Ézéchiel 27:15, où il est mis,
avec l'ivoire, au nombre des principaux objets de commerce de la ville de Tyr.
C'était un des bois les plus recherchés, à cause de sa beauté, de sa rareté, et
de sa dureté qui le rend susceptible du plus beau poli. Solalndia nigrum fert
ebenum, dit Virgile (Georg. 2, 117), et c'est de l'Inde, en effet, qu'on l'a
fait venir pendant longtemps; il se trouve aussi à l'Île de France, de même
qu'en Éthiopie (Hérodote 3, 114. Pline 12, 8). L'ébénier a environ o mètres de
hauteur, l'écorce blanche, les feuilles grandes, longues et fortes, blanchâtres
du côté inférieur, les fleurs petites, réunies en bouquet et d'une agréable
odeur, le fruit ressemblant à la nèfle; l'aubier est blanc; le bois proprement
dit, qui seul est noir et forme l'ébène, n'occupe que le tiers intérieur de
l'arbre, de telle sorte que, sur un diamètre de six pouces, un tronc n'offre
que deux pouces d'ébène. Les anciens estimaient extrêmement ce bois; ils en
faisaient des incrustations dans l'ivoire, et quelquefois de petites déesses,
des espèces de vierges éthiopiennes.
— Le nom hébreu hob'nim est au pluriel (comme ceux de
sittim, almuggim, etc.), non point parce qu'il y a deux espèces d'ébène,
l'ebenus cretica de Linnée, et le Diospyros ebenus, mais parce que ces bois
précieux se vendaient par pièces qui chacune portaient, comme marchandises, le
nom même de l'arbre d'où elles étaient tirées; on disait un, deux, trois
Ébènes, de la même manière qu'on dit un Gobelin, un Sedan, un Rubens, pour dire
un ouvrage de ces manufactures, ou un chef-d'œuvre de ce grand maître.
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ÉBETS,
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Josué 19:20, ville de la tribu d'Issacar.
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ÉCARLATE,
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Genèse 38:28; Exode 25:4, et ailleurs; quelquefois
confondu avec le pourpre, cf. Marc 15:17, Jean 19:2; avec Matthieu 27:28. Le
mot hébreu que l'on a traduit ainsi est tholahat ou sheni tholahat, qui
signifie ver en général, puis spécialement ver du coccus. On s'est demandé
longtemps, et l'on se demande encore si, par tholahat, il faut entendre
l'écarlate ou le cramoisi. Gesenius et Winer penchent pour ce dernier; Harris,
au contraire, et Tyschen (d'après les Septante et la Vulgate), traduisent
écarlate; les uns et les autres produisent des arguments passables. Voici ce
que dit Harris: «Le cramoisi proprement dit est d'un rouge foncé, et se
fabrique avec la cochenille, qui était complètement inconnue aux anciens;
l'écarlate est d'un rouge plus vif et plus clair, tirant sur le feu; son nom
même explique son origine; elle est faite avec les petits vers du coccus:
cependant les anciens ne savaient pas la travailler aussi bien qu'on le fait
aujourd'hui, et cette couleur était moins éclatante que ce que nous appelons
maintenant écarlate.»
— Le nom hébreu rappelle, sous le rapport
étymologique, notre vermillon, quoique nous appliquions à une substance
minérale ce dernier mot qui, d'après son origine (vermiculus), appartiendrait
plutôt au règne animal. L'écarlate se tire, comme on sait, d'un insecte qui se
trouve en abondance en Palestine et dans l'île de Crète, sur une espèce de
petit chêne, haut de 1 mètre environ, dont les feuilles sont épineuses et
chargées de grains de la grosseur d'un petit pois: ces grains sont pleins de
vers rouges (coccus), gros comme une lentille: on détache ces grains des
feuilles, les petits vers en sortent par un trou du côté par lequel ils tenaient
à la feuille; on les sépare avec soin de toute matière étrangère, et après les
avoir légèrement écrasés, on en fait des boules de la grosseur d'un œuf.
L'écarlate était fort estimée des anciens, et c'est
probablement en Égypte que les Hébreux avaient appris à la connaître; on en
teignait des rideaux, des draperies et des tapis de luxe que les riches seuls
pouvaient se procurer, 2 Samuel 1:24; Proverbes 31:21; Jérémie 4:30;
Lamentations 4:5 (Jérémie 22:14; se rapporte aux boiseries, qui souvent étaient
enduites de riches couleurs, et peintes en écarlate). Chez les Romains les
rois, les princes et les généraux revêtaient des manteaux de cette couleur,
Matthieu 27:28. Plusieurs pièces du tabernacle et des vêtements sacerdotaux
étaient issues de fils écarlates, Exode 25:4; 28:5; 36:8; 38:18; 39:1; Nombres
4:8; Josué 2:18; peut-être aussi le voile du temple de Salomon, 2 Chroniques
3:14.
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ECBATANE,
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ville de Médie, que quelques interprètes croient être
désignée, Esdras 6:2, par le nom caldéen Achmetha, que nos versions ont traduit
par «dans un coffre;» cette traduction est possible, comme aussi l'opinion de
ceux qui rendent Achmetha par Ecbatane. Cette ville est plusieurs fois rappelée
dans les Apocryphes. Elle fut fondée par Déjocès, roi des Mèdes (705 avant
J.-C.), et entourée de sept murailles, qui s'élevaient par étages du dehors an
dedans de la ville, et dont les créneaux, au dire d'Hérodote (1, 98), étaient
de sept couleurs différentes, blancs, noirs, rouges, bleus, rouge foncé,
argentés et dorés: le mur extérieur avait près de 38 kilomètres de tour, 178
stades. Depuis Cyrus elle fut pendant deux mois d'été la résidence des rois de
Perse, qu'y attirait la fraîcheur de son climat. Elle renfermait un palais
magnifique, un vaste temple et de riches aqueducs. C'est là qu'Antiochus
Épiphanes apprit la déroute des armées qu'il avait envoyées en Palestine, 2
Maccabées 9:3. Plusieurs voyageurs assurent qu'on en voit encore quelques chétives
ruines dans le voisinage de Hamadan, sous les 34° 53' de latitude et 65° 24' de
longitude (Morier, Voyage en Perse).
— Hérodote et Pline mentionnent une autre Ecbatane en
Phénicie, non loin du mont Carmel, du côté de Ptolémaïs, où Cambyse mourut, s'étant
blessé à la cuisse avec son cimeterre, comme il montait à cheval; auj. Caïffa.
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ECCLÉSIASTE.
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C'est ainsi que s'appelle l'auteur d'un des livres
sentencieux de l'Ancien Testament. Son recueil de pensées est intitulé:
«Paroles de l'Ecclésiaste, fils de David, roi de Jérusalem;» c'est un des
livres qui ont donné le plus de travail aux interprètes. Que signifie d'abord
le nom même d'Ecclésiaste, ou plutôt le nom hébreu de Kohéleth? La traduction
la plus simple en apparence, et le plus généralement admise, est celle de
Prédicateur (Luther: Prediger); Horne l'applique soit à la personne chargée de
convoquer le peuple, soit à celle qui doit le haranguer. La racine kahal est employée,
1 Rois 8:1, pour dire que Salomon assembla les anciens; c'est aussi là sa
signification particulière, correspondante à celle du mot grec
ίκκλησία, d'où nous avons fait les mots Ecclésiaste et Église.
D'autres traduisent un rassembleur ou collecteur, et l'entendent de celui ou de
ceux qui auraient rassemblé et rédigé des paroles prononcées par le fils de
David: l'Ecclésiaste serait alors, non pas l'auteur, mais le rédacteur du
livre. La forme du mot Kohéleth est féminine (proprement la prédicatrice), mais
on l'emploie fréquemment en hébreu, même en parlant d'hommes, lorsqu'on veut
désigner plus particulièrement une charge, une dignité, un office. Eu égard à
cette forme féminine, quelques docteurs distingués, Carthwight, Heidegger,
etc., ont cependant présenté une interprétation différente;ils voient dans
Kohéleth la forme hébraïque du Pohel, et traduisent ce mot par «une âme
rassemblée»; selon eux Salomon, après avoir été rejeté de l'Église, chassé de
la synagogue à cause de ses désordres, y serait rentré par sa repentance,
serait redevenu membre de cette assemblée, et lui aurait été agrégé de nouveau:
le féminin marquerait la profondeur de sa conversion, ce ne serait pas un
homme, un roi, Salomon, son corps qui aurait été rassemblé, mais son âme;
quelques rabbins appuient cette manière de voir en expliquant Kohéleth par un
homme doué d'une âme réintégrée. Entre ces deux explications principales, dont
l'une fait de l'auteur un maître qui enseigne, et de l'autre un fidèle qui se
repent et s'humilie, on peut choisir; la seconde a peut-être quelque chose de
plus séduisant; la première réclame en sa faveur un plus grand nombre
d'autorités et l'analogie de la langue.
Quant à la personne désignée par le nom d'Ecclésiaste,
il est difficile de s'y méprendre, et il faut beaucoup de bonne volonté pour y
voir autre chose que Salomon. Ceux mêmes qui veulent, comme Luther, n'y voir
qu'une collection, reconnaissent que les paroles sont des sentences prononcées
par ce sage monarque, quoique recueillies par d'autres; rien ne justifie, du
reste, ce système. Au premier verset, l'Ecclésiaste se donne comme roi de
Jérusalem et fils de David; ailleurs (2:4; sq. 1:46; cf. 1 Rois 4,), il parle
de ses richesses immenses, de ses maisons, de ses campagnes, de ses vignes, des
aqueducs qu'il a fait bâtir, de ses viviers, de ses esclaves, de ses trésors en
or et en joyaux, de sa grandeur, qui a été plus élevée que celle de tous ceux
qui ont été à Jérusalem avant lui, de sa sagesse divine; il parle encore des
sentences et des proverbes qu'il a mis en ordre, Ecclésiaste 12:11-12; cf. 1
Rois 4:32, etc.; il n'y a qu'un type qui réponde à tous ces caractères.
Toutefois, nous devons mentionner pour mémoire l'opinion des Talmudistes, qui
attribuent cet ouvrage au roi Ézéchias; celle de Grotius, qui l'attribué à
Zorobabel; celle de Kimchi, qui l'attribue à Ésaïe.
Au dire des rabbins, confirmé par saint Jérôme,
quelques-uns de ceux qui recueillirent les livres saints après la captivité,
furent d'avis de ne pas insérer l'Ecclésiaste dans le Canon, de peur que des
esprits faibles ne fussent scandalisés de certains passages obscurs qui s'y
trouvent, et qu'ils pourraient mal interpréter, par exemple, 3:18-22; 4:1-3;
9:2, etc. Effectivement, ces versets trahissent un matérialisme et un athéisme
révoltants; ils rappellent dans leur genre ce passage des Romains 6:1:
«Péchons, afin que la grâce abonde»; et ces paroles du même apôtre, 1 Corinthiens
15:32: «Mangeons et buvons, car demain nous mourrons»; si les unes et les
autres de ces paroles impies se trouvent dans l'Écriture, celles du Nouveau
Testament pourront nous expliquer celles de l'Ancien; dans l'un et l'autre cas,
ce„ sont les raisonnements du pécheur reproduits par l'Esprit saint pour être
combattus. Le but de l'auteur a été de démontrer la vanité des choses de la
terre comme telles, et l'excellence de la sagesse et de la vraie religion; son
ouvrage présente une espèce de dialogue dont les rôles sont quelquefois assez
difficiles à distinguer, parce que les interlocuteurs se rencontrent en
plusieurs points, et que celui qui relève la grandeur divine s'accorde avec
l'autre à dire que tout n'est que vanité. On peut supposer avec Grotius un homme
de bien discutant avec un impie ou un Sadducéen; c'était une forme
qu'affectionnaient volontiers les anciens, Platon, Xénophon, etc.; cependant le
dialogue n'est pas aussi marqué que dans les ouvrages de ces philosophes. Il
paraîtrait plutôt que Salomon discute avec lui-même, soit qu'il reproduise les
arguments sadducéens que sa profonde science lui avait certainement fait
connaître, soit aussi que le roi pénitent raconte ses erreurs passées, et le
matérialisme insensé qui avait été pour lui le fruit de ses débauches et de son
idolâtrie. Quoi qu'il en soit, on voit dans ce livre des opinions contraires
mises en présence; il y a donc deux hommes qui parlent, fictifs peut-être, et
les doutes de l'un ne sauraient pas plus être comptés au nombre des paroles sacrées,
que les discours des rois impies, des faux prophètes, et de Satan lui-même, qui
sont reproduits en maint endroit par l'Esprit saint.
On a souvent remarqué la solennité avec laquelle
s'ouvre le chapitre 5e; l'impie, dégoûté, mais non désabusé, a critiqué tout ce
qui se fait sur la terre; il s'est plaint de voir prospérer le méchant, le
faible tomber sans consolateur; le Sage lui répond: «Quand tu entreras dans la
maison de Dieu, prends garde à ton pied; ne te précipite pas à parler; Dieu est
au ciel et toi sur la terre; c'est pourquoi use de peu de paroles.» Homme
chétif! tu veux critiquer cet univers, qui marche, conduit par la puissante
main de Dieu; tu veux aborder le temple mystérieux de la Providence; tu veux
sonder la profonde sagesse; eh bien, sois au moins prudent, ne te hâte pas de
juger, et regarde.
Il est difficile de donner une idée exacte du plan de
cet ouvrage; on peut le diviser en trois parties:
1. la
thèse 1:1-3;
2. le
développement, 1:4-12:8;
3. la
conclusion 12:8-16.
Le développement lui-même comprend deux parties
principales: l'une négative, sur la vanité des choses de la terre; elle va
jusqu'à 6:9; l'autre, positive, sur la nature, l'excellence et les effets
bienfaisants de la révélation divine, jusqu'à 12:7. Quanta l'ordre des idées,
on ne peut pas le déterminer, et malgré tous les efforts qu'on a faits, on n'a
pas réussi à exposer l'enchaînement méthodique des arguments, soit que l'âme
trop pleine du prophète ait débordé de tous les côtés, versant à la fois le
désespoir et l'espérance, les plaintes et le repentir, les vieilles erreurs et
la nouvelle intelligence; soit, comme le dit naïvement Heidegger, soit que nos
humbles esprits ne soient pas capables de suivre la logique subtile et déliée
d'un si grand roi.
— Le dernier chapitre présente à un haut degré ce
caractère d'autorité que les païens remarquaient dans les discours de Jésus; le
sage ne discute plus, il affirme; il ne raisonne plus, il impose: «Jeune homme,
marche comme ton cœur te mène, mais sache que pour toutes ces choses Dieu
t'amènera en jugement.
— Crains Dieu, et garde ses commandements, car c'est
là le tout de l'homme; parce que Dieu amènera toute œuvre en jugement, touchant
tout ce qui est caché, soit bien, soit mal.»
Personne n'était mieux qualifié que Salomon pour dire:
Vanité des vanités, tout est vanité! Il avait joui de tout, abusé de tout!
Richesses, amour, sagesse, il avait vu une fin à toutes ces choses, et
plusieurs l'avaient trompé. D'autres témoignages que le sien eussent été moins
forts.
Quant à l'époque de la composition de ce livre, ceux
qui supposent un autre auteur que Salomon, la fixent naturellement de très
diverses manières, suivant l'auteur qu'ils donnent à l'Ecclésiaste; nous
n'avons pas à nous en occuper. Pour les autres, ils sont divisés selon qu'ils
admettent ou non que Salomon s'est relevé de sa chute et de son idolâtrie; il a
composé l'ouvrage avant sa chute, s'il est mort impénitent; il l'a écrit après,
s'il s'est repenti, et cette dernière opinion qui semble ressortir de la
lecture même de l'ouvrage, nous paraît de beaucoup la plus probable; c'est
presque une œuvre de pénitence, et l'on ne peut guère supposer que celui qui
l'a écrite, ait pu faire plus tard une chute éternelle. Qui voudrait admettre
que nous eussions dans l'Écriture l'ouvrage d'un apostat, d'un réprouvé!
L'inspiration n'y perdrait rien, si l'on veut, mais bien le lecteur. D'ailleurs
il est difficile de croire qu'un homme aussi privilégié de Dieu, en ait été
dans la suite complètement abandonné (v. Salomon).
On lit dans Calmet: «Luther a dit avec sa liberté, ou
plutôt son insolence ordinaire, que l'Ecclésiaste lui paraissait un auteur
plat, qui marchait sans bottes ni éperons, ce sont ses termes; qu'il
ressemblait au Talmud et était un ramas de plusieurs ouvrages; que l'on avait
recueilli les maximes de table que Salomon prononçait dans la débauche et dans
la bonne chère, et qu'on les avait écrites dans ce livre.»
L'opinion de Luther a été si souvent citée, que nous
croyons ne pouvoir faire mieux que de laisser parler Luther lui-même. Entre son
jugement authentique et l'autorité plus que douteuse de ses Propos de table, on
ne peut hésiter: «Je puis dire en toute vérité, écrit-il en tête de son
Commentaire, que j'eus une grande joie lorsque, pour la première fois, je saisis
et découvris quelque peu le sens de l'original; car j'ai, pendant ma vie
entière, essayé mes forces sur ce livre, à plusieurs reprises et avec grand
travail et grande application; mais je n'ai pu tirer aucun profit de tous les
commentaires et ouvrages des anciens, jusqu'à ce que j'aie en quelque sorte
conquis l'intelligence du texte hébreu. Tout ce livre avait été interprété
faussement, contre le texte et contre la doctrine chrétienne, et gâté de fond
en comble (au temps de la Réforme, les docteurs catholiques appliquaient d'une
voix unanime à la société même, telle que Dieu l'a réglée, au mariage, aux
diverses vocations de l'homme, aux biens terrestres, ce que Salomon dit des
abus par lesquels l'homme pécheur et insensé altère l'ordre divin des choses et
les dons de la Providence, et ils déclaraient vanité l'œuvre de Dieu aussi bien
que l'humaine folie. Rougemont)... Je recommande cet écrit, continue Luther, à
tous les chrétiens pieux... L'Ecclésiaste est un livre tout particulièrement
utile aux rois, princes et seigneurs, à leurs conseillers et à tous ceux qui
sont dans le gouvernement, ainsi qu'à ceux qui ont femme et enfants à élever...
On pourrait encore nommer ce livre l'écrit de Salomon sur les Églises et les
écoles, etc.»
M. de Rougemont, dans son Explication de
l'Ecclésiaste, a fait un rapprochement très remarquable entre ce livre et les
écrivains profanes. Nous en reproduirons ici la première partie (la seconde est
une analyse du poème de Pétrarque intitulé les Triomphes):
«L'Ecclésiaste, dans sa triple recherche du bonheur
terrestre, passe par les états de l'âme les plus divers, et il expose ainsi les
bases de tous les systèmes principaux de morale.
Il commence et finit, comme Héraclite, par considérer
toutes choses sous le jour le plus sombre. Mais dans le cours de ses recherches
il lui vient plusieurs fois à l'esprit que la vraie sagesse pourrait bien être
d'être toujours gai et joyeux, 9:7-9; 3:22; sq..
On a dit avec raison que Faust et Don Juan résumaient
l'humanité pécheresse et inconvertie. Le premier se perd par les jouissances
intellectuelles, le second par les plaisirs des sens. L'Ecclésiaste a dit avec
Faust: «J'appliquerai mon cœur à savoir;» et avec Don Juan:
«Allons, mon cœur, que je t'éprouve par la joie, et
jouis du bien», 1:16-18; 2:1-2. Six siècles avant Aristippe et Épicure,
l'Ecclésiaste, fils de David, érigeait en système et mettait en pratique la
morale du plaisir allié à la vertu, chapitre 3. Mais bientôt le voilà qui
s'écrie, à la vue du sage qui meurt comme l'insensé: C'est pourquoi j'ai haï la
vie j'ai haï tout mon travail... j'ai désespéré de tout; et ces accents d'une
insondable tristesse traversent tous les siècles sans être répétés par un seul
écrivain, jusqu'au jour où le plus grand poète de la France actuelle dit à son
tour:
Mais quand ces biens que l'on envie
Déborderaient dans un seul cœur,
La mort, au terme de la vie,
Fait un supplice du bonheur.
Voilà pourquoi mon âme est lasse
Du vide affreux qui la remplit
(LAMARTINE, Harm., III, 9)
À peine l'Ecclésiaste a-t-il fait taire sur ses lèvres
le murmure du désespoir, à peine a-t-il entrevu un éclair de bonheur, 2:24,
qu'il se transforme sous nos regards en un dur stoïcien qui ne demande la joie
qu'à la vertu, et qui baisse, en résistant, la tête sous le joug d'une immuable
et insensible fatalité, qui lui distribue la souffrance et le plaisir sans lui
permettre même de la fléchir par la prière, 3:14.
Mais bientôt il tombe plus bas encore; la vue des
désordres de la société lui inspire la plus ancienne profession de scepticisme
qui se lise dans les fastes de l'histoire, et, jusqu'aux encyclopédistes du
siècle passé, personne ne niera l'immortalité de l'âme en termes aussi rudes et
durs, 3:18-22. (Notons toutefois que l'Ecclésiaste ne met nulle part en doute
l'existence de Dieu. La démence seule peut dire: Il n'y a point de Dieu,
Psaumes 53:1, et le sage n'aurait plus mérité ce nom s'il eût mis en doute la
plus incontestable de toutes les réalités.)
Cependant il se relève de cet abîme, il prêche la
crainte de Dieu et le contentement d'esprit, et déjà, s'élevant vers les
sublimes hauteurs de l'Évangile, il proclame le néant de tous les biens
terrestres, 6:7, et la béatitude de la souffrance, 6:12, 7:1-7.
Mais il ne se soutient que peu d'instants à ces
hauteurs, et il s'abat sur l'humble colline qu'Aristote choisira plus tard pour
sa demeure: La vertu, dit-il, est le milieu entre deux extrêmes, 7:11-22.
Son cœur, sa conscience, l'avertit de son erreur, et
le voilà, comme Diogène le cynique, cherchant partout un homme et ne le
trouvant pas, 7:28.
L'impunité du crime, l'adversité des gens de bien, la
parfaite indifférence avec laquelle Dieu traite les justes et les injustes,
font de lui un déiste qui se persuade que Dieu ne peut qu'approuver tout ce que
font les hommes, et que la pensée de l'immortalité ne doit influer en rien sur
notre conduite et ne troubler aucune de nos joies, chapitre 8 et 9.
Enfin, après bien des doutes encore et des
hésitations, il croit que la sagesse est préférable à tout, parce qu'elle
contient les plus grandes chances de bonheur, et il anticipe de vingt-sept
siècles sur l'utilitarisme moderne, chapitre 10 et 11.
Cependant les accents qui dominent dans le discours
philosophique de l'Ecclésiaste, sont ceux de l'eudémonisme. Aussi cet écrit
n'offre-t-il que fort peu de points de comparaison avec les autres livres
inspirés (tandis que sa conclusion est le résumé de tout l'Ancien Testament),
et ses vrais parallèles se trouvent dans les ouvrages des philosophes païens,
et en particulier chez les Épicuriens et chez Horace.
L'Ecclésiaste et Horace recommandent constamment de
modérer et restreindre ses désirs, et l'un comme l'autre fait l'éloge de la vie
des champs, et décrit toutes les inquiétudes des grandes richesses, cf.
Ecclésiaste 4:4,8; 5:9-12, Épodes 2, Sat. 2, 6; Odes 2, 18; 16; 3:1; 16.
Pour être heureux, dit l'Ecclésiaste, il faut saisir
la joie quand elle se présente et ne pas regimber contre l'adversité, 2:24;
5:18; 7:14, etc. Horace parle de même: «Le seul mortel heureux est celui qui,
maître de soi, peut dire chaque jour: J'ai vécu.» Odes 3, 29; puis 1, 9; 11.
Tu quameumque Deus tibi fortunaverit horam,
Gratâ sume manu, nec dulcia differ in annom.
Quod petis, hic est,
Est Ulubris, animus si te non déficit œquus.
(Epist. 1, 11)
Omnem crede diem tibi diluxisse supremum:
Grata superveniet, quæ non sperabitur, hora.
(Epist. 1, 4)
L'Ecclésiaste dit: «Ne sois ni trop sage ni trop
méchant», 7:16-17. Prends le juste milieu: Inter utrumque tene; ne quid nimis;
ou avec Horace:
Insani sapiens nomen ferat, æquus iniqui,
Ultra quam satis est virtutem si petat ipsam.
Virtus est médium vitiorum et utrimque reductum.
(Epist. 1, 6)
Horace veut des vêtements blancs aux jours de fête,
Sat. 2, 2, et l'Ecclésiaste en tout temps, 9:8. L'Ecclésiaste sait que l'argent
répond a tous nos désirs, 10:19, et Horace paraphrase ainsi cette pensée,
Éphésiens 1:6:
Scilicet uxorem cum dote fidemque et amicos
Et genus et formam regina pecunia donat.
Mais l'un et l'autre n'ignorent point que l'âme n'est
pas rassasiée par les biens de la terre, 6,7, et
Crescunt divitiæ, tamen
Curtæ nescio quid semper abest rei.
L'Ecclésiaste revient constamment sur cette mort qui
pèse sur les bons comme sur les méchants, à laquelle nul ne peut se soustraire,
qui empoisonne toutes les joies et qui jette l'homme dans le sépulcre ténébreux
on il n'y a ni œuvre, ni discours, ni science, 2:14; 3:18; 6:2; 8:8-14; 9:1-12;
11:8. Et c'est là encore une des pensées qui préoccupent le plus habituellement
Horace, Odes 1, 28; 2, 3; 3, 1:
Eheu fugaces, Posthume, Posthume,
Labuntur anni...
(Odes 2, 14)
Nos ubi decidimus
Quo pius Æneas, quo Tullus dives, et Ancus,
Pulvis et umbra sumus.
(Odes 4, 7)
Horace aussi songe souvent avec chagrin à ces
héritiers auxquels passeront ses biens, Ecclésiaste 2:18-26; 4:8. Horace, Odes
4, 7; 2, 3. Ep. 1, 4; etc.
Il se plaint avec l'Ecclésiaste, 7:10, des temps
présents, qui sont pires que les jours passés.
Au-dessus des grands est le roi, dit l'Ecclésiaste, et
au-dessus d'eux tous est Dieu, 5:8.»
Et Horace, Odes 3, 4:
Regum timendorum in
proprios greges,
Reges in ipsos
imperium est Jovis.
Ces parallèles, auxquels on pourrait en ajouter bien
d'autres, prouveraient à eux seuls que le livre de l'Ecclésiaste ne peut
contenir dans tous ces passages la pensée définitive d'un sage inspiré. Mais
quand bien même on voudrait ne voir en lui que le prédicateur de la joie
mondaine, encore diffère-t-il totalement d'Horace en ce qu'il connaît une
jouissance des biens terrestres qu'accompagne, purifie, accroît la pensée et la
crainte de Dieu. D'ailleurs ce n'est que pendant de courts instants qu'il parle
comme Horace a fait toute sa vie, et l'Hébreu qui s'abaisse de temps en temps
jusqu'à donner la main à l'épicurien du siècle d'Auguste, a l'âme assez grande
pour embrasser tous les contraires, assez haute et noble pour ne voir que
vanités dans toutes les joies de la terre, assez forte, assez passionnée pour
haïr la vie telle que le péché l'a faite, assez sérieuse pouf préférer le deuil
aux rires, et c'est enfin lui qui, sur les ruines de tout espoir de bonheur,
plante le céleste étendard de la crainte de Dieu.»
On possède en français une bonne traduction de
l'Ecclésiaste, par M. Vivien, et un commentaire explicatif, simple, profond et
précieux, de M. F. de Rougemont.
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ÉCOLES.
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Quelques rabbins parlent d'écoles antédiluviennes,
dirigées successivement par Adam, Énos et Noé; puis par Melchisédec à
Kiriathsépher; il ajoutent qu'Abraham donnait des leçons d'arithmétique et d'astronomie
en Caldée; qu'il en donna plus tard en Égypte, et que Jacob lui succéda dans
l'art d'enseigner. Fis ne disent pas à quelles sources ils ont puisé ces
traditions, plus qu'incertaines. Les écoles proprement dites, destinées à la
culture intellectuelle du peuple, ne furent pas plus connues des Israélites
avant l'exil, qu'elles ne le furent des premiers Romains, ce qui n'a rien qui
doive surprendre puisque l'antiquité n'avait pas un cercle de connaissances
élémentaires bien étendu, la lecture, et surtout l'écriture étant l'apanage
presque exclusif des riches. On ne saurait douter que les enfants ne reçussent
une instruction religieuse, mais les parents seuls en étaient chargés,
Proverbes 6:20; déjà Moïse avait ordonné aux Hébreux d'élever leurs enfants
dans la connaissance de leur loi et de leur histoire, Deutéronome 6:7,20;
11:19. Peut-être les rois avaient-ils pour leurs fils des gouverneurs
particuliers. Mais ce ne sont pas là des écoles; il n'en faut pas voir
davantage dans les enseignements que Moïse, Aaron et les anciens d'Israël
donnaient au peuple dans le désert. Après l'exil même nous voyons encore les
mères soigner l'instruction de leurs enfants, Susan. 3, 2 Timothée 3:15; la
religion forme toujours la partie la plus importante de cette éducation, parce
que la religion est intimement liée à l'état civil, et qu'elle est aussi
indispensable au citoyen qu'au fidèle. étant à la fois politique et
théocratique. Cependant c'est à cette époque à peu près, que prirent naissance
les premières écoles juives, qui ne furent dans le principe qu'une espèce de
dépendance des synagogues. Les jeunes garçons destinés à la carrière des
saintes lettres recevaient sans doute une instruction préparatoire, avant
d'être confiés au scribe qui devait les former. On n'enseignait que rarement
les langues étrangères dans les écoles de la Palestine; cependant, d'après le
Talmud, ce n'est que de la dernière guerre des Juifs que date la défense
positive d'enseigner le grec aux enfants.
Écoles de prophètes. Il y en avait dans différents
endroits du pays, notamment à Rama, 1 Samuel 19:19-20, à Jéricho, 2 Rois 2:5, à
Béthel et à Guilgal, 2 Rois 2:3; 4:38. Quelques-uns prétendent qu'Élie avait
aussi une école de ce genre dans les grottes du Carmel. Les jeunes gens qui
faisaient partie de ces assemblées étaient appelés fils des prophètes; ils
n'étaient pas nécessairement jeunes, et pouvaient être mariés, 2 Rois 4:1; ils
vivaient ensemble, quelquefois en nombre fort considérable, 2 Rois 2:16; 6:1,
(peut-être aussi 1 Rois 18:4,13) et prenaient leurs repas en commun, 2 Rois
4:38. La musique et le chant jouaient un grand rôle dans leurs exercices
religieux, comme on peut le voir par 1 Samuel 10:5, mais l'Écriture ne nous
donne aucun détail sur l'ensemble de leurs travaux et sur l'objet même de
l'institution: la prophétie, comme don miraculeux, ne pouvait pas se
communiquer par l'enseignement; d'un autre côté, lorsqu'on voit Saül se joindre
tout-à-coup aux jeunes gens qui prophétisent, 1 Samuel 10:10, on est presque
obligé d'admettre qu'une grande puissance de l'Esprit se manifestait au milieu
d'eux. Le plus naturel est, ce nous semble, de voir dans ces écoles des
associations de jeunes gens pieux, réunis autour d'un prophète pour s'instruire
et s'édifier, et saintement électrisés par la parole noble et divine de leur
maître, qui les élevait dans une sphère plus haute de la vie religieuse, et
leur communiquait ainsi des dons qui étaient refusés aux âmes moins pieuses,
moins constamment sous l'influence d'en-haut. Il paraît, d'ailleurs, que les prophètes
avaient en effet des réunions régulières d'instruction qu'ils tenaient les
jours de sabbat, les jours de nouvelle lune, et à d'autres moments déterminés;
on peut le conclure de 2 Rois 4:23.
Ces réunions subsistèrent jusqu'à la captivité de
Babylone; on en trouve peut-être encore quelques traces, Ézéchiel 14:1; 20:1;
8:1; etc., puis elles furent remplacées par les synagogues, dont le nombre se
multiplia tellement au retour de l'exil, que dans la seule ville de Jérusalem
on en compta jusqu'à 394 ou 400: chaque corps de métier avait la sienne, les
étrangers même en possédaient plusieurs.
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ÉCRITURE.
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L'écriture fut de bonne heure connue des Hébreux;
cependant l'on n'est pas d'accord sur l'époque où elle fut introduite d'une
manière générale, et deux opinions passablement tranchées sont encore en
présence aujourd'hui. Hengstenberg et Hævernick réclament déjà pour les
patriarches la connaissance de l'art d'écrire; Winer ne la fait remonter qu'aux
jours de Moïse; Hartmann et Bohlen veulent même ne lui donner qu'une origine
beaucoup plus récente. Nous ne dirons rien de cette dernière opinion qui n'a
pour elle qu'une volonté et des préoccupations dogmatiques, non plus que de celle
qui attribue à Adam l'invention de l'écriture et la composition d'un livre;
quant aux prophéties d'Énoch, dont il est parlé Jude 14.
— Voir: Énoch.
En faveur de la première opinion, Hævernick (Einleit,
in die BB. des Ancien Testament, p. 269 sq.) a réuni un grand nombre de
passages et de présomptions diverses, qui ne sont pas tous également probants,
mais dont l'ensemble milite avec beaucoup de force à l'appui de sa thèse. Les
rapports fréquents des Hébreux avec les Phéniciens, les richesses et la prospérité
de Sidon, ses vaisseaux bien connus des patriarches, Genèse 49:13, les
relations du Mord avec le Sud, les marchands madianites venant de Galaad pour
se rendre en Égypte, Deutéronome 3:12; Genèse 37:25, les ornements et autres
articles de luxe, mentionnés dans l'histoire des patriarches, Genèse 43:11;
24:22; 37:3, les échanges, et l'emploi de l'argent comme valeur déterminée,
20:16, tout indique un degré de civilisation tellement avancé, qu'il est
difficile de croire que la culture intellectuelle n'ait pas marché de pair avec
un pareil développement, et que l'écriture ne soit pas devenue une nécessité.
— L'histoire de Juda et Thamar, Genèse 38:18, nous
présente une autre trace qui semble indiquer la connaissance de l'écriture; il
y est parlé d'un cachet (cf. Hérodote I, 195); or un cachet suppose l'art de
graver, qui suppose à son tour l'écriture.
— Le mot hébreu employé Genèse 41:8; pour magicien,
est un composé du mot hhéret, Ésaïe 8:1, qui signifie un burin à graver (une
touche de fer, Job 19:24); nouvel indice.
— Enfin le mot shoterim, traduit par commissaires,
Exode 5:6, et ailleurs, et qui se rencontre fréquemment dans le Deutéronome,
même en parlant de temps antérieurs à Moïse, signifie proprement écrivains,
inscripteurs; c'étaient peut-être des espèces de commis teneurs de livres,
comme il y en eut plus tard, surtout parmi les Lévites, un grand nombre,
chargés des registres généalogiques et des dénombrements.
À ces traces antémosaïques on objecte, que les
patriarches sont représentés dans la Genèse comme se faisant des monuments
naturels, des autels, des monceaux de pierres, des arbres, pour suppléer à
l'absence de l'écriture et pour seconder la mémoire. On voit en effet plusieurs
mémoriaux de ce genre; mais d'abord nous ignorons s'ils ne portaient pas
quelques inscriptions, et ensuite il est peu probable que leur simple existence
secondât suffisamment la mémoire, si du reste aucun signe caractéristique ne
venait rappeler l'événement: ces monuments d'ailleurs se retrouvent même après
les temps mosaïques, et même de nos jours, sans qu'on puisse nier l'art
d'écrire.
À l'époque de Moïse on ne peut plus douter que
l'écriture ne soit bien connue; Moïse écrit la loi, la fait lire par le Lévite,
copier pour l'usage des rois, Deutéronome 31:9,11; 17:18; les anciens d'Israël
sont convoqués par écrit, Nombres 11:24,26; les imprécations prononcées contre
la femme soupçonnée d'adultère, au cas qu'elle soit coupable, sont écrites dans
un livre, Nombres 5:23, les pierres sont sculptées, même on y grave des noms,
Exode 35:33; 28:36; Deutéronome 27:8; en lettres tantôt fines, tantôt fort
grandes; des passages écrits doivent servir de fronteaux aux Israélites au lieu
des amulettes égyptiennes, Exode 13:16; Deutéronome 6:8; 11:18; les poteaux des
maisons sont recouverts d'inscriptions pareilles, 6:9; enfin l'époux qui veut
répudier sa femme doit lui donner une lettre de divorce, Deutéronome 24:1-4.
— On peut voir ensuite, pour l'époque qui suivit
Moïse, Josué 24:26; 8:32,34,35; 18:4,6,9; Juges 5:14; 8:14; Jérémie 52:25;
etc., Ézéchiel 9:2.
— Dans les premiers temps, et pour les actes d'une
certaine importance, des masses solides, des rochers, sont les matériaux dont
on se sert, Exode 24:12; 31:18; 34:1; Deutéronome 10:1; 27:8; de lourds et
puissants burins de fer sont les plumes des écrivains, Job 19:24; Jérémie 17:1.
Des plaques de métal, et quelquefois de bois, servent cependant aussi à
recevoir les caractères, Exode 28:36; Nombres 17:2; on trouve encore mentionnés
parmi les objets en usage l'encre, Jérémie 36:18; cf. 2 Jean 12; 3 Jean 13; 2
Corinthiens 3:3; un canif, Jérémie 36:23; une pointe de diamant pour graver,
Jérémie 17:1; cf. Ésaïe 8:1; des plumes, Jérémie 8:8; cf. 3 Jean 13. Du papier
égyptien semble mentionné 2 Jean 12, et des feuilles de parchemin 2 Timothée
4:13. On se servait aussi de tablettes légères pour l'usage journalier, Luc
1:63. Les ouvrages un peu volumineux étaient écrits sur des feuilles réunies en
rouleaux, Jérémie 36:14; Ézéchiel 2:9; Zacharie 5:1; Psaumes 40:8; cf. Luc
4:17; 2 Rois 19:14; Apocalypse 6:14, et divisées en colonnes, Jérémie 36:23.
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ÉDEN, ou Héden.
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(Contrairement à
l'opinion simpliste populaire, le Jardin d'Éden n'était pas un jardin littéral
mais un état d'être, celui d'être d'un cœur innocent sous la grâce de Dieu dans
un état d'existence qui ne connaissait pas encore le péché. L'expression
«Jardin d'Éden» porte un sens figuratif et peut se traduire par «Enclos de la
Grâce», nous indiquant que la grâce de Dieu est limitée à ceux qu'il a choisi
pour le salut avant la fondation du monde. En fait, tout le récit du Jardin
d'Éden et de la chute doit être interprété d'une manière spirituelle, même que
le grand historien juif, Joseph Flavius, dit qu'à partir de Gen. 2:4, Moïse
commença à s'exprimer figurativement. Dans cette optique, l'étymologie et
l'analogie viennent à notre secours pour nous donner le sens réel de
l'enseignement qui nous y est donné. Par analogie, nous voyons que le Jardin
d'Éden ou Enclos de la Grâce, correspond à l'Église spirituelle qui est le
Corps de Christ dans lequel tous les élus sont membres. Une des choses
particulièrement intéressante est que le mot «arbre» ou «ETS» en Hébreu, porte
le sens «d'être fermé», c'est à dire «d'être assuré» nous indiquant le décret
divin de l'assurance de la grâce pour les élus, et celui de l'assurance de la
condamnation pour les réprouvés.)
1. Genèse
2:8.
— Voir: Paradis.
2. Amos
1:5, ou Beth-Éden, maison de plaisance des rois de Damas, située sur le Liban.
Selon Gesenius, une ville de ce nom existerait encore à la même place.
3. Les
enfants d'Éden ou Héden, 2 Rois 19:12; Ésaïe 37:12, habitaient le pays de
Télasar, q.v. D'après Ézéchiel 27:23, ils faisaient le commerce avec Tyr, et
comme ce nom est lié avec Haran dans tous ces passages, on voit que c'est dans
la direction est ou nord-est, sur les bords de l'Euphrate ou du Tigre, qu'il
faut l'aller chercher.
— Le mot Éden ou Héden, qui rappelle le grec
ήδονή, signifie plaisir, délices.
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ÉDOM. Édomites ou Iduméens,
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peuplade issue d'Ésaü, q.v. Ils s'établirent dans les
montagnes de Séhir, après en avoir exterminé ou subjugué les anciens habitants,
Deutéronome 2:12; ils étaient divisés par tribus et gouvernés par des chefs,
Genèse 36:15; sq. (mal traduit ducs). Moïse demanda au roi d'Édom la permission
de traverser son pays pour entrer en Canaan, mais Édom refusa, Nombres 20:14,
et les Israélites se détournèrent de leur chemin, parce que Dieu leur avait
défendu de traiter hostilement cette peuplade, Deutéronome 2:4. Ils demeurèrent
indépendants jusqu'au temps de David qui les assujettit et accomplit la
prophétie d'Isaac, que Jacob asservirait Ésaü. Les Édomites ne supportèrent
qu'impatiemment le joug des rois de Judée, et dès la fin du règne de Salomon.
Hadad, iduméen, beau-frère de Pharaon, qui avait été transporté en Égypte fort
jeune, revint dans son pays et fut proclamé roi, 1 Rois 11:17-22; sa domination
ne s'étendit probablement que sur l'Idumée orientale, car les autres Iduméens
qui étaient au midi de la Judée demeurèrent dans l'obéissance des rois de Juda
jusqu'au règne de Joram, fils de Josaphat; ils essayèrent alors de secouer le
joug, et réussirent pour un temps, 2 Chroniques 21. Amatsia, fils de Joas les
soumit de nouveau, se rendit maître de Pétra, et précipita dix mille d'entre
eux du haut d'une roche dans la mer, 2 Chroniques 25. Hozias (Hazaria) prit sur
eux la ville d'Élath sur la mer Rouge, 2 Rois 14; mais Retsin la reprit, 16:6,
et ces conquêtes n'eurent pas de suite. Les prophètes reprochent fréquemment
aux Édomites leur jalousie et leur haine contre Israël, Joël 3:19; Amos 1:11;
Psaumes 137:7; Lamentations 4:21; Ézéchiel 25:12; 35:15. Cette inimitié se
manifesta surtout lors du siège de Jérusalem par Nébucadnetsar, quoiqu'ils
n'aient pas pris alors une pari active aux combats. Abdias leur annonça que
leur joie maligne serait punie, et cinq années après la prise de Jérusalem,
Nébucadnetsar, jaloux, et se méfiant d'un peuple qu'il connaissait perfide,
tomba sur Édom et le ravagea; ainsi font les alliés de ce monde. Pendant
l'exil, un grand nombre d'entre eux vinrent habiter la partie méridionale de
Juda qui était déserte (cf. Ézéchiel 35:10; 36:5); expulsés de nouveau de ce
pays, ils méditèrent d'y rentrer, Malachie 1:4, mais sans succès. Plus tard,
Judas Maccabée les attaqua et les battit à plusieurs reprises; Jean Hyrcan les
subjugua de même; il leur imposa l'obligation de se faire circoncire, et de se
soumettre aux autres lois de Moïse. Dès lors ils furent en quelque sorte
incorporés à la nation juive; ils restèrent soumis aux derniers rois de Judée,
et vinrent défendre Jérusalem contre les Romains; mais bientôt ils quittèrent
la ville, et repartirent pour l'Idumée chargés de butin.
— Hérode le Grand était Iduméen, et l'empereur
Philippe, dit l'Arabe, l'était pareillement, étant né à Botsra.
Les Édomites étaient adonnés an commerce par mer et
par terre, à l'agriculture et à l'élève des bestiaux, Nombres 20:17. Quant à
leur religion, elle est peu connue; nulle part l'Écriture ne leur reproche
l'idolâtrie ou ne mentionne leurs idoles; il est à croire que la connaissance
du vrai Dieu se conserva parmi eux pendant les premières générations depuis
Ésaü; une tradition porte même qu'ils adoraient Moïse (Épiphane), et ce qui
fortifierait cette opinion, c'est que Flavius Josèphe appelle Kosé, ou Chosé
l'une de leurs divinités. Ce nom qui signifie en hébreu un voyant, un prophète,
s'applique parfaitement au législateur des Hébreux. En tout cas, leur religion
n'était pas identique avec celle des Juifs, puisque Hyrcan ne put les v amener
que par la force.
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ÉDUCATION.
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1. —
Voir: Écoles.
2. L'éducation
ou élève des bestiaux a toujours été en Orient, surtout dans l'antiquité, une
occupation importante et très respectée; les Hébreux, en particulier, faisaient
remonter jusqu'à Abel le Juste la généalogie des bergers. Pareils aux Bédouins
d'aujourd'hui, les patriarches et les Israélites voyageaient en hordes nomades,
cherchant des pâturages vastes et fertiles dans les plaines méridionales de
Canaan, de l'Arabie Pétrée, et des contrées qui avoisinent l'Égypte, Genèse
12:10; 13:9; ils y passaient ainsi des années sous des lentes, vêtus et nourris
du produit de leurs troupeaux, faisant venir leur blé d'Égypte, Genèse 42, et
achetant parfois aux caravanes en passage quelques-unes de leurs marchandises
précieuses, 37:25. Ils avaient des troupeaux de bœufs, de chèvres, et de
moutons, puis des ânes et des chameaux pour le transport, 12:16; des esclaves
des deux sexes étaient chargés des soins matériels du troupeau, et pouvaient,
en cas de danger, former de petites armées, 14:14.
— Après que les Hébreux se furent établis dans des
villes fortifiées, ils continuèrent encore de s'occuper de leurs troupeaux, et
plusieurs des lois de Moïse sont dirigées dans ce sens, celles sur les viandes
défendues ou permises, celles en faveur des animaux, Exode 23; Deutéronome 25,
etc. On comptait en Palestine de fort riches propriétaires de bestiaux, 1
Samuel 25:2, principalement dans les tribus transjourdaines qui, libres de
s'étendre avec leurs troupeaux jusque sur les bords de l'Euphrate, retiraient
le plus grand profit de cette vie nomade, Nombres 32; Jérémie 50:19; Michée
7:14. Les tribus cisjourdaines s'étendaient aussi quelquefois vers le sud
au-delà des limites de Canaan, et conduisaient leurs troupeaux dans ces forêts
et ces plaines inhabitées qui portaient le nom de déserts (— Voir: cet
article). Des rois eux-mêmes eurent des troupeaux considérables, 1 Chroniques
27:29.
Le bétail passait tout l'été en plein air, et se
rassemblait la nuit dans des parcs, comme chez nous; il pouvait, en
conséquence, facilement arriver que quelques pièces de ces nombreux troupeaux
s'égarassent, 1 Samuel 9:3; Matthieu 18:12. Lorsqu'approchait la saison des
pluies, c'est-à-dire au commencement du mois de marchesvan (novembre), les
troupeaux rentraient dans leurs écuries où ils restaient jusqu'à Pâques.
Voyez encore ce qui a été dit aux articles Berger,
Bœuf, Brebis, etc., de même que l'observation que nous avons faite sur le
fumier de ces animaux, dont on se servait comme combustible, après l'avoir
séché an soleil.
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ÉGLAJIM, ou Églayim
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(les veaux), Ésaïe 13:8, ville peu connue; on trouve
Ézéchiel 47:10, Henéglajim, ville des Moabites, qui, d'après saint Jérôme,
aurait été située à l'embouchure du Jourdain, au nord de la mer Morte; il n'est
pas probable, quoique possible cependant, que l'une et l'autre soient la même.
Eusèbe nomme une ville, Agalléim, et Flavius Josèphe, Agalla, à 8 milles (14
kilomètres) sud d'Aréopolis, qui peut être Églayim, mais serait trop loin de la
mer Morte pour être Henéglajim; les villes d'Ésaïe 13; et Ézéchiel 47, seraient
alors différentes. Douteux.
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ÉGLISE.
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On s'accorde de plus en plus en nos jours, à
reconnaître que la parole de Dieu n'a mis aucune précision dans ses ordres
relatifs aux formes extérieures et à l'administration de l'Église. Si la Parole
de Dieu n’a donnée aucune précision pour ces choses, c’est qu’il n’en a aucune
à donner puisque l’Église n’est pas une institution ou organisation, mais un
état d’être. Son nom composé de ek-klesis indique qu’elle est plutôt l’appel
irrésistible de la grâce à renaître.
— Voir: Baptême et Cène.
C'est ce que nous retrouvons lorsque nous cherchons la
définition même de ce qu'est cette Église. La Bible n'est positive que sur deux
grands sens généraux de ce mot. Il désigne primitivement, et en droit,
l'ensemble ou l'assemblée de tous les vrais fidèles, et d'eux seuls, Éphésiens
5:25-32; puis, dans la pratique ou en fait, comme il est impossible de
distinguer ici-bas les vrais fidèles d'avec ceux qui ne font qu'une profession
extérieure, et les vierges folles d'avec les sages, il désigne tout ce qui
porte ou prend le nom de chrétien, et par conséquent les deux extrêmes de
l'idée dont il s'agit, c'est-à-dire ou l'Église, pure, abstraite et parfaite,
ou l'assemblée telle quelle, de tout ceux qui professent être de Christ, tant
profond que puisse être d'ailleurs leur égarement ou leur décadence. C'est
ainsi que, d'un côté, le passage aux Éphésiens cité plus haut, nous représente
l'Église comme sans tache, tandis qu'ailleurs il est dit, en parlant de
l'Église, que dans une grande maison il n'y a pas seulement des vases à honneur,
mais d'autres à déshonneur, 2 Timothée 2:20. La preuve que les vases à
déshonneur désignent ici des hommes étrangers à la vraie Église, se trouve dans
les versets qui précèdent, comme dans ceux qui suivent immédiatement. C'est
encore dans ce dernier sens qu'il est dit de l'Église de Sardes, que ce
n'étaient qu'un petit nombre de ses membres qui étaient vivants, Apocalypse
3:4, etc. Par conséquent, toute congrégation qui s'établit entre ces deux
extrêmes, et qui se donne pour un fragment de la vraie Église, de l'Église
normale, est par cela même dans l'erreur: elle est trop pure pour être composée
selon les règles de la vraie Église visible, qui admet tout; elle n'est pas
assez pure pour être composée comme l'Église parfaite, puisqu'elle renferme
encore beaucoup de péché, et qu'elle est toujours sujette à receler des
hypocrites. Mais comme professant le christianisme, elle appartient néanmoins
au grand ensemble et à cette Église générale qu'elle méprise.
(Que le mot
«Église» signifie «assemblée» ou «congrégation» et tous les termes connexes qui
s'y apparentent, est une pure conjecture, un sophisme artificieusement monté
par une théologie putride et stagnante qui se veut dominatrice sur la foi des
gens. La signification d'un mot est toujours établie par sa racine, et dans le
cas du mot «Église», terme non traduit mais translitéré du Grec dans notre
langue, ce terme est un mot composé de EK et de Klesia dont la signification
littérale est «appelé hors de». Il est clair que le mot Église signifie «un
appel» et non «une assemblée», et qu'il s'agit ici de l'appel de la grâce
irrésistible «à sortir» de notre état de pécheur à un état de délivrance en
Christ, délivrance occasionnée par notre régénération d'en haut par la
puissance de Dieu ou nouvelle naissance selon le décret d'élection divin. En ce
sens le mot «Église» se traduit justement par «l'appel à renaître» et dans un
contexte collectif il peut aussi se traduire par «Convocation», représentant
«les convoqués à renaître. Nous sommes loin d'une institution ou organisation
conventionnelle avec ses ministres, ses disciplines, ses ordonnances, et ses
bâtiments. L'Église de Christ est spirituelle et elle le demeurera toujours.
Elle se rapporte à l'élu individuel comme à la collectivité des élus qui
forment le Corps de Christ. En ce sens très réel, l'Église visible est l'élu
même et l'Église invisible est Christ en lui, de même pour l'ensemble de tous
les élus qui est la Cité du Dieu Vivant, la Jérusalem céleste - Héb. 12:22.)
Nous n'avons point à répéter ici des réflexions qui se
trouvent ailleurs, et qui repoussent au rang des absurdités ces prétentions
d'une portion quelconque de l'Église universelle à former seule l'Église
visible de Christ. Cette observation s'applique par excellence à la secte
catholique romaine qui, par son idolâtrie et ses nombreuses impiétés, ainsi que
par le caractère charnel de sa puissance, constitue plutôt l'un des éléments
les plus prononcés du règne de Satan dans le inonde. Cependant, elle aussi,
elle appartient à l'Église générale, puisqu'elle professe le christianisme.
Notre Seigneur n'a établi aucun pouvoir central sur
l'Église extérieure: les apôtres, lorsqu'ils furent appelés à décider pour la
première fois une grande question de foi et de discipline, s'adjoignirent les
membres les plus âgés de l'Église de Jérusalem (ce qu'on a appelé les prêtres),
et même la masse des fidèles, Actes 15:22-23. Tout le Nouveau Testament nous
annonce l'égalité des fidèles entre eux, quoique dans les choses
d'administration, et comme principe d'ordre, ils doivent une déférence
particulière à leurs conducteurs spirituels. Quant au pouvoir proprement dit de
l'Église, il ne réside absolument que dans l'ensemble des fidèles, comme les
termes seuls suffiraient pour l'indiquer, puisque le dernier de ces mots n'est
que la traduction du premier.
— La vieille folie d'une principauté de saint Pierre
n'existe plus qu'à l'état de fiction, comme la pierre angulaire d'une société
vermoulue qu'on voudrait renouveler et qu'on craint de démolir; ce n'est plus
une affaire religieuse, c'est une affaire politique et presque sociale, où
l'Église n'a rien a démêler.
On a tenté dernièrement (version suisse du Nouveau
Testament) de traduire le mot Église par le mot correspondant français que nous
avons employé nous-même, assemblée; cette traduction est fort utile et fort
importante lorsqu'il s'agit des églises particulières, mais le mot ne va plus
dans la plupart des cas, lorsqu'on l'applique à l'Église en général; on éprouve
alors une espèce de repoussement instinctif qui indique assez que le mot ne
correspond plus à l'idée; et de fait, quoi qu'il en soit de l'étymologie, le
mot Église a pris dès l'origine, et a acquis dans le cours des siècles, une
signification plus ample, plus large et aussi plus spéciale, plus religieuse,
que le sens qu'on donne au mot assemblée. L'usage étant «le maître souverain
des langues», il n'est pas toujours permis d'innover, et l'on ne peut changer
le sens de certains mots une fois qu'il est admis et déterminé depuis
longtemps.
L'Église de Jésus a reçu la promesse que les portes de
l'enfer ne prévaudront point contre elle, Matthieu 16:18; cette promesse ne se
rapporte qu'à elle et non à aucune église particulière, toujours frappée au
coin de l'homme, et par là même incomplète et périssable. L'Église romaine
renouvelle de nos jours de grands efforts pour rétablir son règne qui s'en va;
elle sait braver à la fois le ridicule et l'indignation publique: le
protestantisme lui-même est dans un état de crise qui l'affaiblit sous quelques
rapports, et présidera peut-être à sa régénération; l'Église ne subsiste que
par la vérité, la victoire restera à la fraction de l'Église qui sera le plus
près de la vérité. Des douleurs attendent ce petit troupeau, mais il triomphera
par son chef, et régnera éternellement.
Les diverses questions soulevées par l'idée d'Église,
sur les rapports des fidèles entre eux, des fidèles avec leurs pasteurs, des
pasteurs entre eux-, de l'Église avec l'État, etc., ont été examinées avec soin
et sous différents points de vue ces dernières années. Quelques livres et de
nombreuses brochures ont été publiés; outre les travaux de MM. Bauty,
Grandpierre, Burnier, Rochat, Guers, F. Olivier, Panchaud, Moulinié, Monsell,
Darby, van Muyden, etc., nous citerons spécialement la Théorie de l'Église, du
docteur Schérer, traitée au point de vue scientifique; les Recherches de A.
Bost, relatives à l'organisation de l'Église, ouvrage qui renfermait en germe
la formation de l'Alliance évangélique; l'Essai de Vinet, où le plus puissant
talent vient en aide à la conviction la plus arrêtée quant à la nécessité de
maintenir l'autonomie de l'Église, en la séparant de l'État; enfin la Réponse
de M. de Rougemont au livre de M. Vinet, la plus solide des nombreuses
réfutations que ce travail a fait surgir, et l'une des meilleures sous le
rapport de J'esprit chrétien.
Les questions d'Église ne peuvent avoir de gravité
qu'autant qu'elles impliquent des questions de foi, de fidélité et de liberté;
en dehors de là tout est volontaire, parce que les Églises sont des associations
librement consenties qui doivent travailler, chacune pour sa part et suivant
les circonstances dans lesquelles elle se trouve, au plein développement de la
vie spirituelle de leurs membres. Il ne peut pas plus y avoir un moule pour les
Églises, qu'il n'y en a pour l'individualité humaine. À tout être vivant sa
forme et son élément, mais à tous la vie.
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ÉGYPTE,
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en hébreu Mitzrayim (le second fils de Cam, Genèse
10:6), et dans la langue poétique Matsor, Ésaïe 19:6; 37:25 (mal traduit digues
ou forteresses), Michée 7:12 (mal traduit villes fortes), quelquefois terre de
Cam, Psaumes 78:51; 105:23, ou Rahab, Ésaïe 30:7; 51:9; Psaumes 87:4. L'Égypte
porte encore de nos jours le nom de Misr.
Le nom Mitzrayim signifie «constructeur de digues» du
fait que Mitzrayim est reconnu pour avoir détourné les eaux du Nil afin de
faire sècher les terres, car à cette période l’Égypte était un vaste marais,
puis il fit construire la ville de Memphis. Plus tard Nimrod y fit construire
la Tour de Babel, car tel était un des noms de l’Égypte au début.
Cette contrée, célèbre par le rôle merveilleux et
presque énigmatique qu'elle a joué dans l'histoire du développement de
l'humanité, est située entre les 24° et 31° 30' de latitude nord, et les 22° et
33° 21' de longitude est. Elle est bornée au nord par la Méditerranée; à
l'orient, par l'Arabie et la mer Rouge; au sud, par la Nubie; à l'occident, par
les déserts de Barca et de Lybie. La vallée du Nil est longue d'environ 900
kilomètres, et large de 15 à 20, entre les collines arides de la chaîne lybique
à l'ouest, et la chaîne arabique à l'est; des montagnes granitiques s'étendent
le long de la mer Rouge, et renferment des carrières de porphyres. On l'a
toujours divisée en trois parties principales, la Haute-Égypte ou Thébaïde (—
Voir: Pathros); la Moyenne-Égypte, ou Heptanomis, dans laquelle se trouvaient
les lacs de Mœris et de Menis, et la Basse-Égypte, qui renfermait les bouches
du Nil ou Delta. Par les inondations périodiques du grand fleuve, que l'on sut
de fort bonne heure utiliser au moyen de canaux, Ésaïe 7:18; Ézéchiel 30:12;
32:14, et de machines, Deutéronome 11:10, et dont on conduisait ainsi le limon
dans des districts qui fussent restés stériles sans ces irrigations factices,
l'Égypte est devenue une des contrées les plus fertiles de la terre, et une
source inépuisable d'approvisionnements pour l'Europe et l'Asie, Genèse 12:10;
41:57; Exode 16:3. Tacit. Hist. 3, 8; 3;
— Voir: Fleuve.
Outre le blé qui était son principal revenu, l'on y
trouvait encore en abondance des oignons, des aulx, des haricots, des courges,
des concombres, des melons, des poireaux, du lin, du coton, du vin, le palmier,
le figuier, le sycomore et l'acacia, cf. Nombres 11:5; Exode 9:31, et les
auteurs profanes; le bois cependant y était rare, soit bois de construction,
soit combustible. Le Nil produisait encore le papyrus, et nourrissait toutes
sortes de poissons. Nombres 11:5; Ésaïe 19:8; sur ses bords habitaient
l'hippopotame et le crocodile. Les volailles y étaient prodigieusement
nombreuses; le bétail, et principalement les bêtes à cornes, étaient fort
estimées; les chevaux y abondaient, forts, souples et bien faits, 1 Rois 10:28;
Ésaïe 31:1; 36:9; Jérémie 46:4; Ézéchiel 17:15. Le pays était riche en pierres
de construction, granit, grès et calcaire; on y trouvait même des mines d'or
dans la partie supérieure.
L'Égypte, dit Hérodote, est un don du Nil; c'est à lui
qu'elle doit son existence. Et Napoléon, dans ses Mémoires, présente sur ces
inondations les observations suivantes: «Elles sont régulières et productives;
régulières, parce que ce sont les pluies du tropique qui les causent;
productives, parce que ces pluies, tombant par torrents sur les montagnes de
l'Abyssinie, couvertes de bois, entraînent avec elles un limon fécondant que le
Nil dépose sur les terres. Les vents du nord règnent pendant la crue de ce
fleuve, et par une circonstance favorable à la fertilité, en retiennent les
eaux... Le Nil commence à s'élever au solstice d'été; l'inondation croit
jusqu'à l'équinoxe, après quoi elle diminue progressivement. C'est donc entre
septembre et mars que se font tous les travaux de la campagne. Le paysage est
alors ravissant: c'est le temps de la floraison et celui de la moisson. Après
le mois de mars, la terre se gerce si profondément, qu'il est dangereux de
traverser les plaines à cheval, et qu'on ne peut le faire à pied qu'avec une
extrême fatigue. Un soleil ardent, qui n'est jamais tempéré ni par des nuages,
ni par de la pluie, brûle toutes les herbes et les plantes, hormis celles qu'on
peut arroser. C'est à cela qu'on attribue la salubrité des eaux stagnantes qui
se conservent en ce pays dans les bas-fonds. En Europe, de pareils marais
donneraient la mort par leurs exhalaisons; en Égypte, ils ne causent pas même
des fièvres.»
— Le même auteur ajoute plus loin: «L'Égypte a, de
tout temps, excité la jalousie des peuples qui ont dominé l'univers.»
À ce jugement d'un grand juge, nous ajouterons
quelques paroles d'un de ses contemporains, roi comme lui, dans un autre
domaine, M. de Chateaubriand. «C'est dans ce pays dont tout amant des lettres
ne doit prononcer le nom qu'avec respect, que nous trouvons les premières
bibliothèques. Comme si la nature avait destiné cette contrée à devenir la
source des lumières, elle y avait fait croître exprès le papyrus pour y fixer
les découvertes fugitives du génie. C'est de ce coin du monde que l'aurore des
sciences commença à poindre sur notre horizon, et l'on vit bientôt les lumières
s'avancer de l'Égypte vers l'Occident, comme l'astre radieux qui nous vient des
mêmes rivages.»
Une forte rosée remplace le bienfait des pluies du
ciel.
— Le chamsin, vent brûlant qui souffle du sud à
l'équinoxe du printemps; les moustiques, Ex: 8:21; cf. Ésaïe 7:18; les
sauterelles, Exode 10, les grenouilles, Exode 8:6; Psaumes 78:45; enfin la
peste, la lèpre, des pustules et l'éléphantiasis, sont les plaies principales
qui affligent l'Égypte, et qui tempèrent les autres avantages que Dieu lui a
accordés.
Les Égyptiens, qui atteignent en général un âge
avancé, n'ont jamais passé pour beaux: leurs pieds, en particulier, sont
quelquefois difformes; leur peau est brune, leur front plat, leurs pommettes
saillantes, leur bouche large, leurs lèvres épaisses; les hommes avaient la
réputation d'être grands, Ézéchiel 16:26, et leur crâne était extrêmement dur.
Les femmes étaient et sont encore d'une fécondité remarquable.
Nous trouvons l'Égypte déjà peuplée dans les temps les
plus reculés auxquels nous ramènent les documents des nations. Diodore de
Sicile nous y montre des enfants de l'Éthiopie (3:3), Heeren une colonie de
prêtres, partout des cultivateurs. Dans l'Ancien Testament (cf. surtout Jérémie
44:1; Ézéchiel 30:13), plusieurs grandes villes égyptiennes sont mentionnées,
On ou Héliopolis, Rahmésès, Pithom, Tsoan ou Tanis, Noph (Memphis), Bubaste,
Sin (Pelusium), Daphné, Noammon (Thèbes), et quelques autres,
— Voir: ces articles.
Les arts et les sciences y fleurirent bientôt,
quoiqu'on ne puisse admettre pour ces dernières, qui ne furent pas d'abord un
privilège de la caste sacerdotale, toutes les merveilles que les Grecs en ont
rapportées, soit quant à leur degré de perfectionnement, soit quant à leur
nombre: il paraît que la physique et les mathématiques furent plus
particulièrement étudiées, et avec le plus de succès; peut-être aussi la
médecine, q.v. Les ruines de ses temples, les obélisques, les canaux, les
impérissables pyramides, sépulcres de tant de rois, et en général tous les
produits artistiques qui nous ont été conservés de ce peuple, témoignent que le
zèle et la persévérance jouèrent un plus grand rôle dans ses arts que le goût.
Le fameux zodiaque du temple de Dendérah, transporté en France en 1821, et déjà
signalé en 1806 par le ridicule mémoire de Du-puis, ne ferait pas, s'il était
authentique, l'éloge de l'astronomie égyptienne. Il représente l'état du ciel à
une époque où le point équinoxial coïncidait avec le signe de la Vierge, et qui
remonte à 15 ou 16 mille ans. S'il avait été fait de visu, d'après nature,
l'astronomie égyptienne serait plus vieille que le globe. On a reconnu depuis
qu'il était de fabrique romaine, fait sous Néron ou sous Domitien; selon
d'autres, il remonterait au temps des Ptolémées.
La caste des prêtres tirait, à ce qu'on croit, son
origine de quelque tribu plus civilisée venue des contrées méridionales,
peut-être aux beaux jours des Pharaons; elle se divisait elle-même en plusieurs
classes, auxquelles appartenaient les sages et les magiciens nommés dans l'Écriture,
Genèse 41:8; Exode 7:11; 8:18; 9:11. Les autres castes indiquées par Hérodote
(plus subdivisées que dans Diodore et Strabon), sont celles des soldats, des
bergers, des gardeurs de pourceaux, des merciers, des interprètes et des
bateliers (sur le Nil). C'est de la caste des guerriers, placée sous la
dépendance des prêtres, que sortaient ordinairement les rois dans les
changements de dynastie. Les prêtres et les guerriers seuls pouvaient être
propriétaires du sol. Le métier des pères passait aux enfants, sans que
personne pût changer de profession; l'artiste ne pouvait cultiver qu'une
spécialité, le médecin qu'une branche de son article. La classe des artisans
était fort nombreuse; outre la culture du sol, elle s'occupait encore de
broderies, de tissage, de diverses fabrications, et faisait un commerce étendu
que les eaux faciles du fleuve contribuaient beaucoup à favoriser, Proverbes
7:16; Ésaïe 19:9; Ézéchiel 27:7. C'est surtout avec les Indes que l'Égypte
faisait de nombreux échanges: ses vaisseaux allaient par les mers de l'Arabie
et de la Perse chercher les épices, l'ivoire et les soies de ces régions
lointaines. Ils s'avançaient jusqu'à la Taprobane, la Ceylan des modernes. Sur
cette côte, les Chinois et les nations situées au-delà du cap Comorin apportaient
les marchandises à l'époque du retour périodique des flottes égyptiennes, et
recevaient en échange l'or de l'Occident.
Quant à la religion, Exode 12:12, c'était une espèce
de culte symbolique de la nature, qui n'était pas le même non plus dans toutes
les parties du pays; l'astrolâtrie dominait; Osiris, Ammon, Isis, et d'autres
divinités du ciel étaient adorées; à côté d'elles on trouvait des veaux, des
bœufs, des crocodiles, d'autres animaux encore que la zoolâtrie avait divinisés
comme représentants des forces de la nature. Des temples grandioses et
magnifiques leur étaient élevés dans les principales villes, Jérémie 43:12;
Ézéchiel 30:13; Thèbes renfermait un oracle célèbre du dieu des sables, Jupiter
Ammon, Jérémie 46:25; cf. Ésaïe 19:1.
La langue égyptienne n'avait pas de point de contact
avec les langues sémitiques; elle s'est peu à peu ramifiée et fondue dans trois
dialectes coptes, et maintenant elle est entièrement perdue, depuis près de
deux siècles. Les noms propres de l'Égypte, et quelques noms communs, nous sont
conservés par la Bible dans leur langue originale, le Nil, Yeôr, Pharaon, etc.
Le copte actuel est un mélange du grec avec l'ancien égyptien. La classe des
lettrés comptait deux espèces d'écritures, l'une commune, pour le peuple et
pour le commerce de la vie; l'autre hiéroglyphique, sainte, indéchiffrable,
dont M. Champollion a le premier retrouvé la clef depuis longtemps perdue;
— Voir: Quatremère, Recherches sur la langue et la
littérature de l'Égypte, Paris 1808.
L'histoire ancienne de cette contrée se perd dans les
nuages de la poésie et de l'imagination des peuples enfants. Quelques hordes
venues de l'Orient, quelques Arabes dirigés par des chefs nommés Hyksos,
passèrent l'isthme de Suez, et chassèrent devant eux les premiers occupants,
qui s'arrêtèrent dans la Thébaïde, et y demeurèrent près de deux siècles,
battus, mais insoumis, jusqu'au moment où leurs tribus diverses s'étant réunies
sous l'influence de Diospolis, la plus puissante d'entre elles, et guidées par
Thoutmosis III ou Mœris, elles purent secouer le joug des rois pasteurs. C'est
donc avant l'invasion des Hyksos, qu'Abraham, Isaac, Jacob et Joseph auraient
visité cette contrée.
— Mais ce n'est guère que depuis Sésostris (1491 avant
J.-C.), que l'histoire d'Égypte perd ce qu'elle a de fabuleux et d'incertain;
elle commence dès lors à se mêler au mythe, la vérité au roman; c'est l'époque
des constructions gigantesques et des révolutions. Le pouvoir de Sésostris
offusque le parti prêtre qui, humilié de n'occuper que le second rang dans la
nation, prépare ses mesures, laisse passer avec calme quelques générations,
puis enfin, secondé par les Éthiopiens de Méroë, s'élance sur le trône dans la
personne de Séthos, et en précipite le dernier roi de la caste guerrière, Sabakon.
Le prêtre-roi gouverne avec habileté, mais les guerriers qu'il a refoulés au
second rang l'abandonnent, et son autorité s'éteint avec lui. À cet usurpateur
succède l'anarchie, puis la dodécarchie, et Psamméticus après avoir supplanté
par la ruse et la force ses onze collègues, devient, en 650, maître de toute
l'Égypte; sa famille occupe le trône encore trois générations, Nécho, Psammis
et Apriès, (c'est apparemment pendant le règne de l'un d'entre eux que
Nébucadnetsar fait la conquête de l'Égypte annoncée par les menaces des
prophètes, Jérémie 43:12; 46:13; Ézéchiel 29:19; 30:4): Apriès est tué dans une
émeute populaire, et un homme nouveau, Amasis, est revêtu de la royauté par la
volonté nationale; son règne fut le dernier moment de l'indépendance de l'Égypte;
son fils Psamménite (526) n'hérita pas de ses talents, et laissa tomber sa
couronne entre les mains de Cambyse, roi des Perses (521). L'histoire nomme
encore les rois Inarus, Achoris, Tuchos, Nectanebus qui fut dépouillé par
Artaxercès Ochus (346). Dix neuf ans après c'est Alexandre le Grand qui vient y
planter ses armes (327), et qui la livre pendant trois siècles aux Ptolémées,
descendants d'un de ses généraux: Soter, Philadelphe, Évergète, Philopator,
Épiphanes, Philométor, Évergète II ou Physcon, Lathure, Cléopâtre 1er, sa
fille, femme d'Alexandre 1er, neveu de Lathure, Alexandre II, Ptol. Nothus ou
Aulétés, Ptol. Dénys ou Bacchus, Cléopâtre II sa sœur. La bataille d'Actium met
(in à cette dynastie. À l'exception des Pharaons pasteurs dont il est parlé
dans la Genèse et l'Exode, l'Écriture sainte ne nous a conservé les noms
propres que de quatre de ces rois d'Égypte, savoir Sisak, 1 Rois 11:40;
(Sesonchis ?), Nécho, 2 Chroniques 35:20; Jérémie 46:2; So, 2 Rois 17:4; et
Hophra, Jérémie 44:30.
— Voir: ces différents articles.
Les dates égyptiennes sont le labyrinthe de la
chronologie; Manéthon, Hérodote, Diodore de Sicile varient dans leurs données
et ne s'accordent que rarement sur les chiffres, ce qui semble indiquer déjà
que le calendrier égyptien était jugé diversement chez les divers peuples;
d'ailleurs le nombre prodigieux d'années du règne de certains rois, et même de
plusieurs suites de rois, milite passablement en faveur de l'opinion que les
années de l'Égypte n'étaient point les mêmes que les nôtres; enfin, nous avons
le témoignage de Diodore de Sicile qui dit que de son temps déjà l'on se
méfiait de ces années, et que quelques-uns les réduisaient à un mois suivant le
cours de la lune; les années des Égyptiens auraient subi diverses modifications:
d'un mois d'abord, elles auraient été ensuite de deux mois, puis de quatre.
C'est dire qu'il n'y a pas moyen de s'en tirer, car l'embarras serait, en
admettant même ces suppositions, de fixer quelles années auront été d'un mois,
ou de deux, ou de quatre. Le plus sûr est par conséquent de s'en tenir pour la
chronologie égyptienne à quelques dates générales, et notamment aux
synchronismes qui sont indiqués dans la Bible: ainsi la contemporanéité de
Nécho et de Josias et Jéhojakim, 2 Rois 23:29 (cf. Ézéchiel 19), celle de
Sédécias et de Apriès (Hophra), Jérémie 44:30, celle de l'éthiopien Tirhaca et
d'Ézéchias, 2 Rois 19:9; Ésaïe 36:6, celle de So et de Hozée, roi d'Israël, 2
Rois 17:4, celle de Sisak et de Salomon et Jéroboam, 1 Rois 11:40, puis en remontant
encore plus loin, celle de David et des Pharaons, 1 Rois 3:1; 7:8; 9:16; 11:18;
enfin celle des Hyksos et de Moïse; Joseph aurait alors vécu en Égypte avant
l'invasion des peuplades orientales.
Il ne paraît pas que depuis Moïse jusqu'à Salomon les
Israélites aient eu aucune relation avec les Égyptiens; c'est à ce dernier
monarque qu'était réservé le déshonneur de former une alliance avec les ennemis
de son Dieu, et cette alliance ne fut préjudiciable ni à son trésor, ni à sa
sensualité, 1 Rois 3. Cependant il en fut puni, 1 Rois 11:40, comme ses
descendants après lui; il dut comprendre déjà que l'Égypte est un roseau qui se
brise entre les mains de celui qui veut s'en faire un appui, et qui lui perce
l'épaule, Ézéchiel 29:6; cf. Ésaïe 36:6. L'Égypte continua de rester l'ennemie
du peuple qui s'était soustrait à son joug quelques siècles auparavant, et qui
avait voulu ensuite traiter avec elle d'égal à égal; et nous la voyons, Joël
3:19, se liguer avec Édom contre Israël au huitième siècle. Plus tard, sous
Ézéchias, l'Égypte menacée par les armes assyriennes recherche l'alliance des
Hébreux; les prophètes la déconseillent, la repoussent, mais les politiques la
désirent et la font accepter, Ésaïe 30:2; 31:1; 36:6; cf. 18:2; cette démarche,
dangereuse parce qu'elle est impie, porte un coup fatal au peuple de Dieu qui
se trouve à deux doigts de sa perle, 2 Rois 18:19. Sous Josias, nouvelle lutte
entre l'Égypte et Juda, 2 Rois 23:29. Juda succombe et reste sous la domination
de cet ennemi, 2 Rois 23:33, jusqu'à ce qu'il passe sous celle de la Caldée.
Une nouvelle alliance du dernier roi de Juda avec l'Égypte, porte à ce
malheureux monarque le coup fatal, et Juda a cessé d'exister, Jérémie 44:30;
Ézéchiel 17:15. Un grand nombre de Juifs s'enfuient en Égypte, Jérémie 41:17,
où ils trouvent un nombre également considérable d'Israélites, Zacharie 10:10.
Hosée, roi d'Israël, trouve sa ruine dans la même alliance, 2 Rois 17:4; Osée
5:13; 7:11. Après l'exil, les Ptolémées sont seigneurs de la Palestine, (301 à
180 avant J.-C.); les livres apocryphes nomment Philopator, 3 Maccabées,
Philométor, 1 Maccabées 10:57; 11:3,8; 2 Maccabées 4:21, et Physcon ou
Évergète, 1 Maccabées 15:16. Sous leur gouvernement les Juifs domiciliés en
Égypte obtiennent des franchises, et peuvent se construire à Léontopolis un
temple suivant le modèle de celui de Jérusalem, dans lequel ils sont libres de
célébrer leur culte selon les rites de la loi; les Juifs persécutés en
Palestine sont heureux de pouvoir se réfugier dans un pays si tolérant, et
Joseph, le père putatif de Jésus, s'y réfugie avec l'enfant et sa mère pour
échapper aux fureurs d'Hérode, Matthieu 2:13.
L'Égypte a été le sujet d'un grand nombre de
prophéties qui ont reçu maintenant leur accomplissement (— Voir: Keith, Évid.
des prophéties), et l'on peut comparer avec Ézéchiel 29:14-15; 30:7,12-13;
32:15, ce que dit Volney dans son voyage en Syrie, t. I, chapitre 6: «Enlevée
depuis 23 siècles à ses propriétaires naturels, elle a vu s'établir
successivement dans son sein des Perses, des Macédoniens, des Romains, des
Grecs, des Arabes, des Géorgiens, et enfin cette race de Tartares connus sous
le nom de Turcs ottomans.»
Son histoire moderne, comme théâtre d'agitations, et
de bouleversements ne le cède en rien à son histoire ancienne, et le dernier
mot n'est pas encore prononcé.
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ÉHUD
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(louant).
1. Le
second des juges d'Israël (1325 avant J.-C.), Juges 3:15, de la tribu, de
Benjamin. Habile et fort quoique gaucher, il résolut de délivrer son peuple
asservi depuis dix-huit ans à Héglon, roi de Moab; il obtint par la ruse un
entretien particulier avec cet oppresseur et le frappe de son poignard; puis il
retourne vers les siens, se place à leur tête, et met en pièces les Moabites
qui n'ont pas eu le temps de se reconnaître et de se donner un chef.
Quatre-vingts ans de repos sont le résultat de cet exploit. L'action d'Ehud, à
notre point de vue, est un meurtre politique; tout peut le justifier ou
l'expliquer, mais non l'excuser: c'est Guillaume Tell tuant Gessler. Au point
de vue théocratique, il se comprend mieux. L'Écriture ne le blâme ni ne
l'approuve,
— Voir: Juges d'Israël, p. 34-37.
2. Éhud,
1 Chroniques 7:10; 8:6, arrière-petit-fils de Benjamin, se transporta,
peut-être par défaut de place, de Guéba à Manahath dans la tribu de Juda, avec
quelques autres familles de sa tribu. On l'a confondu quelquefois avec le
précédent, mais leur identité n'est rien moins que prouvée.
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ÉLA
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(chêne).
1. Successeur
d'Aholibama dans le gouvernement de l'Idumée, Genèse 36:41. Du reste inconnu.
2. Fils
et successeur de Bahasa sur le trône d'Israël, 930 avant J.-C., régna deux ans
à Tirtsa, et fut tué par Zimri, l'un de ses capitaines, pendant un repas que
lui donnait Artsa, son maître-d'hôtel. Hosée son fils tua Pékach l'usurpateur,
2 Rois 15:30.
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ÉLAM, Élamites,
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— Voir: Hélam.
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ÉLATH ou Éloth
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(force) ou Éloth, 2 Chroniques 8:47, chez saint Jérôme
Aliath, chez les Grecs et les Romains Élana, maintenant Akabael-Mesrim, ville
édomite avec un port sur le golfe élanitique ou sinus oriental de la mer Rouge;
d'après Eusèbe, à 10 milles est de Pétra, d'après Pline, à 150 milles rom, de
Gaza, d'après Albufeda, au 55° longitude 29° latitude, d'après des calculs plus
exacts entre le 57° 19' longitude et 28° 45' latitude. David se la soumit, 2
Samuel 8:14, et Salomon y construisit une flotte destinée à faire le commerce
avec le pays d'Ophir, 1 Rois 9:26; 2 Chroniques 8:17. Son cinquième successeur,
Joram, perdit cette place importante, avec le reste de ses possessions en Édom,
2 Rois 8:20; mais Hozias la rebâtit et la réunit de nouveau à son royaume, 2
Rois 14:22; enfin Retsin roi de Syrie s'en empara, 2 Rois 16:6, et y établit
une colonie syrienne. Plus tard, elle passa au pouvoir des Romains, qui y mirent
une forte garnison, et l'agrégèrent à la Palestine devenue aussi leur province.
Après l'apparition du christianisme, elle devint une résidence épiscopale, et
plusieurs de ses évêques figurèrent dans les premiers conciles. Ce n'est plus
aujourd'hui qu'une tour flanquée de quelques maisons, et dans le voisinage de
laquelle se trouve une forêt de palmiers. Ruppel croit avoir trouvé les ruines
de l'ancienne Élath sous le nom de Gelena.
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ELDAD
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(aimé de Dieu) et Medad (mesurant), Nombres 11:26,
deux des anciens d'Israël, qui furent choisis par Moïse dans le désert pour
l'assister avec soixante-huit autres dans la conduite si difficile de ce peuple
toujours sourd à la voix de l'Éternel, aveugle à ses miracles. Ils ne se
trouvaient pas avec leurs collègues, lorsque Moïse les réunit autour du
tabernacle pour qu'ils reçussent le Saint-Esprit, mais retenus au camp par
d'autres soins, ils n'en eurent pas moins part aux bénédictions qui furent
implorées et répandues sur les soixante-dix, et ils se mirent à prophétiser. Un
jeune garçon vint en hâte le dire à Moïse; Josué qui était encore assez jeune
alors, fougueux, inexpérimenté, et qui ne comprenait pas, sans doute, ce qu'il
y avait de spirituel et de céleste dans leur mission, craignant que ce qu'il
regardait comme une illégalité, ne portât préjudice à la gloire de Moïse, pria
celui-ci d'y mettre ordre et de les empêcher de continuer. Mais Moïse, animé du
vrai zèle pour la maison de Dieu, et faisant toujours abnégation de lui-même à
l'honneur de son divin maître, lui répondit: Es-tu jaloux pour moi? Plut à Dieu
que tout le peuple de l'Éternel fût prophète, et que l'Éternel mît son esprit
sur eux! Touchant exemple d'humilité, et bonne leçon pour les ministres du
Très-Haut, qui trop souvent voient avec peine d'autres ouvriers travailler dans
leur champ, et semer la Parole avec plus de succès qu'ils ne le font eux-mêmes.
C'est la même leçon que nous donne encore saint Paul, Philippiens 1:14-18.
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ÉLÉAZAR
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(secours de Dieu).
1. Troisième
fils d'Aaron et d'Élisébah. Exode 6:23; 28:1; Nombres 3:2; 26:60; 1 Chroniques
6:3; 24:1; il fut appelé au sacerdoce en même temps que son père, et ses trois
frères. Par la mort de ses deux aînés, Lévitique 10, il se trouva le premier
successeur désigné de son père, et forma la branche aînée. Le jour même de leur
mort, encore affligé et troublé, il négligea, ainsi qu'Ithamar son frère, de
manger la viande du sacrifice. Aaron les excusa sur la violence de leur
douleur, et Moïse qui leur avait fait à ce sujet d'amers reproches, comprit
leur motif et s'apaisa. Éléazar, le chef des chefs des Lévites, fut mis à la
tête de ceux qui devaient avoir la charge du sanctuaire et de ses ustensiles,
huile du luminaire, parfum des drogues, gâteau continuel, huile de l'onction,
etc., Nombres 3:32; 4:16. Il dut relever du feu les encensoirs d'airain qui
avaient servi à Coré et à ses complices, et il en fit des plaques pour en
recouvrir l'autel, Nombres 16:39. Ce fut lui qui le premier offrit le sacrifice
de la vache rousse, Nombres 19:3.
— À la mort de son père, il lui succéda, ayant été
revêtu de la robe sacerdotale sur la montagne de Hor, où il laissa les cendres
du premier grand prêtre, Nombres 20:25; sq. Deutéronome 10:6. Nous le voyons
ensuite présider au second dénombrement, 26:1, ordonner avec Moïse la
destruction des Madianites et la purification par le feu ou par l'eau, des
dépouilles de ce peuple, 31:12-51, arrêter les conditions entre les tribus
transjourdaines et cisjourdaines, lorsque les premières (Ruben, Gad et
Demi-Manassé) eurent résolu de s'établir sur la rive gauche du fleuve, 32:2.
Puis il passe le Jourdain, fait avec Josué le partage de la terre promise,
Nombres 34:17; Josué 14:1; 17:4; 19:51; 21:1, et meurt peu après dans la
montagne d'Éphraïm, Josué 24:33.
— Le sacerdoce resta dans sa maison jusqu'aux jours
d'Héli qui était de la maison d'Ithamar; on ignore comment la sacrificature
passa de la branche aînée dans la branche cadette.
2. Éléazar,
fils d'Abinadab, 1 Samuel 7:1. C'est à lui que fut confiée la garde de l'arche
sainte lorsqu'elle eut été renvoyée par les Philistins. Il est dit qu'il fut
consacré à cette charge, soit qu'il faille l'entendre d'une simple destination,
soit qu'il ait effectivement reçu l'onction sainte, ce qui semble plus probable
à raison de l'importance du dépôt qui lui était remis.
3. Éléazar,
fils de Dodo, fils d'Ahohi, l'un des trois braves de David qui passèrent au
travers du camp des Philistins pour aller puiser de l'eau à leur maître au
puits qui est à l'entrée de Bethléem: il est raconté de lui qu'un jour il
battit les Philistins et en fit un tel carnage que son épée demeura collée à sa
main, 2 Samuel 23:9,16; 1 Chroniques 11:12-14.
4. Un
des ancêtres de Jésus, fils d'Éliud, Matthieu 1:15. Du reste inconnu.
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ÉLHALÉ
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(holocauste de Dieu), bourg assigné à la tribu de
Ruben et situé sur une colline, Nombres 32:3,37; Ésaïe 15:4; 16:9; Jérémie
48:34. Il est toujours cité avec Hesbon, dont il n'était éloigné que d'une
lieue romaine, ou d'une demi-lieue suivant Seetzen. Ses ruines portent encore
aujourd'hui le nom de El'Haal, d'après Burkhardt.
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ÉLHANAN
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(grâce de Dieu), fils de Dodo, 1 Chroniques 11:26, ou
de Jahir, 20:5; 2 Samuel 23:24, de la troisième classe des officiers de David,
qui comptait trente guerriers. Il se distingua dans un fait d'armes qui nous
est raconté 2 Samuel 21:19, en ces mots: «Élhanan fils de Jaharé Oréguim,
bethléhémite, frappa Goliath Guittien, etc.» Le texte de ce passage est altéré,
et nos versions ont dû lire: «le frère de Goliath» pour ne pas mettre ce
passage en désaccord avec l'histoire du géant vaincu par David. L'auteur du
livre des Chroniques, 1 Chroniques 20:5, qui avait sans doute connaissance du
texte original, a rétabli le fait en rapportant que Élhanan, fils de Jahir,
frappa Lahmi, frère de Goliath, etc.
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ÉLHASA
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(que Dieu a fait), fils de Saphan, et Guémaria (achevé
par l'Éternel), fils de Hilkija, furent chargés par Sédécias, roi de Juda, de
porter aux Juifs de Babylone des lettres de Jérémie, Jérémie 29:3. Élhasa n'est
connu que par cette ambassade; mais son père peut être pris pour le même qui
avait été secrétaire du roi Josias, 2 Rois 22:3. Quant à Guémaria, il est
inconnu, et ne doit pas être confondu avec un autre du même nom, fils de
Saphan, et probablement frère d'Élhasa, Jérémie 36:10.
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ÉLIAB
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(mon Dieu est un père).
1. Fils
de Hélon et chef de la tribu de Zabulon, Nombres 1:9.
2. Fils
de Pallu, rubénite, et père de Dathan et Abiram, Nombres 26:8-9; 16:1.
3. Fils
d'Isaï et frère aîné de David, 1 Samuel 16:6; 1 Chroniques 2:13. Samuel sachant
que c'était dans la famille d'Isaï qu'il devait choisir le successeur de Saül
sur le trône d'Israël, et frappé du visage et de la grandeur de la taille
d'Éliab, pensa d'abord que ce jeune homme était l'oint de l'Éternel: c'est
alors que Dieu prononça ces solennelles paroles: «L'Éternel n'a point égard à
ce à quoi l'homme a égard, car l'homme a égard à ce qui est devant les yeux,
mais l'Éternel regarde au cœur.» La royauté fut donnée au plus jeune, et
l'aîné, resté subalterne, montra par sa jalousie contre son frère que son cœur
n'était point fait pour le rendre digne d'occuper le trône théocratique; il
s'enflamma contre David de ce que celui-ci, descendu pour porter des vivres à
ses frères, s'enquérait des récompenses promises à celui qui frapperait
Goliath, 1 Samuel 17:28.
— Une de ses descendantes, Abihaïl, devint l'épouse de
Roboam, 2 Chroniques 11:18.
4. 1
Chroniques 6:27, inconnu.
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ÉLIAKIM.
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1. Fils
de Hilkija, maître d'hôtel de la maison d'Ézéchias, fut envoyé avec Sebna et
Joah vers Rabsaké, général de Sanchérib, pour entendre les propositions de ce
roi d'Assyrie. Accablés de douleur à l'ouïe des insolentes paroles du païen,
ils déchirèrent leurs vêtements, et vinrent rapporter à Ézéchias ce qu'ils
avaient entendu; ils se rendirent ensuite auprès d'Ésaïe et le supplièrent
d'aider Ézéchias de ses conseils et de ses prières. Ils revinrent consolés et
fortifiés. Ésaïe 36:3; 37:2; 2 Rois 18:18; sq. Est-ce le même que celui qui est
indiqué Ésaïe 22:20? On ne saurait ni l'affirmer ni le nier, mais l'identité
est probable, et, dans ce cas, Éliakim aurait succédé à Sebna dans la charge de
maître du palais.
2. Éliakim,
— Voir: Jéhojakim;
dix-huitième roi de Juda. Les deux noms ont en hébreu
la même signification: «celui que Dieu établit;» l'un composé du mot Jéhovah,
l'autre du mot Élohim, ou Éli.
3. et
#4...
4. Deux
Éliakim sont nommés dans la généalogie de notre Sauveur, l'un fils d'Abiud,
Matthieu 1:13, l'autre fils de Melca, tous deux inconnus.
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ÉLIASAPH,
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fils de Dénuël, chef de la tribu de Gad, Nombres 1:14.
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ÉLIASIB,
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fils de Jojakim, et souverain sacrificateur de la race
d'Éléazar: il succéda à son père sous Xercès, d'après, Flavius Josèphe. Il
commença la reconstruction de Jérusalem après l'exil, et sanctifia les travaux
qui furent faits, Néhémie 12:10; 3:1. Plus tard, et pendant l'absence de
Néhémie, peu encouragé par ses grossiers et charnels compatriotes, il se
relâcha, contracta alliance avec l'ammonite Tobija et lui fit même préparer
dans le temple une vaste chambre, espèce de trésorerie où l'on mettait
auparavant les dîmes des lévites, des chantres, des portiers et des
sacrificateurs. Néhémie, de retour, mit fin à cette profanation, et jeta les
meubles du païen hors de la maison.
— Quelques-uns ont douté, mais sans motif suffisant,
que cet Éliasib fût le même que le souverain sacrificateur.
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ÉLIE
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(hébreu Éliyahou, mon Dieu l'Éternel), prophète
israélite, que Dieu appela à exercer son ministère sous le règne de l'impie
Achab, dans un temps où, sans une intervention divine, le peuple tout entier
semblait près de tomber dans l'idolâtrie. La Bible ne nous dit rien sur sa
famille, si sur la première partie de sa vie. Nous savons seulement qu'il était
originaire de Thisbé, en Galilée, 1 Rois 17:1; cf. Jean 7:52. Dieu l'ayant
chargé d'un message qui devait lui attirer la colère d'Achab, la prédiction
d'une grande sécheresse, lui ordonna ensuite de se retirer dans une partie
reculée du pays, au bord du Kérith, où il fut nourri d'une manière miraculeuse,
par des corbeaux, parce que le lieu de sa retraite devait être ignoré.
Cependant, au bout d'un an, le Kérith ayant été mis à sec par cette sécheresse
qui ravageait le pays, Élie reçut l'ordre de se rendre à Sarepta en Phénicie,
où une veuve devait pourvoir à son entretien; il fallait de la foi certainement
pour se hasarder ainsi à entrer dans le pays de Jésabel, mais la foi d'Élie
avait été affermie par les expériences qu'il venait de faire auprès du torrent,
et son espérance ne fut point trompée: non seulement il trouva un sûr asile
dans la maison de cette femme, mais il devint pour elle un instrument de
bénédiction; il la sauva de la famine, rendit la vie à son fils et lui fit
connaître le Dieu d'Israël, 1 Rois 17:2; sq. cf. Luc 4:25. Vers la fin de la
quatrième année depuis le commencement de la famine, Élie se rendit auprès du
roi, et lui offrit de lui prouver par une épreuve solennelle que ce malheur
devait être considéré comme un juste châtiment de l'idolâtrie. Plusieurs
centaines de prêtres de Bahal furent rassemblés sur le promontoire de Carmel,
en présence du roi et de sa cour, et là le prophète commença par représenter au
peuple l'inconséquence dont il se rendait coupable en cherchant à allier le
service de Banal avec celui du vrai Dieu, et la nécessité de prendre parti pour
l'un ou pour l'autre. L'événement devait déterminer ce choix. Les faux prêtres
prient, crient, sacrifient, et se font des incisions dans la chair; mais aucun
dieu n'est là pour répondre. Élie supplie l'Éternel de se manifester, et sa
prière est exaucée; le feu du ciel, que les prêtres idolâtres n'ont pu obtenir
par toutes leurs processions et leurs macérations, descend sur l'autel, et le
peuple entier tombe à genoux en s'écriant: «C'est l'Éternel qui est Dieu, c'est
l'Éternel qui est Dieu», 1 Rois 18. Ce chapitre peut être appelé l'Histoire de
la Réformation d'Israël; on y trouve chez les idolâtres et chez le prophète les
caractères qu'on a remarqués dans le mouvement du seizième siècle. Cependant
Élie ne devait pas s'enorgueillir de ce triomphe; le Seigneur le fit bientôt après
passer de nouveau par de grandes tentations qui devaient le maintenir dans
l'humilité; c'est ainsi qu'il agit toujours avec ses plus illustres serviteurs.
Forcé de fuir devant une nouvelle persécution de Jésabel, Élie se rend dans le
désert de Sinaï, où il est saisi d'un profond découragement; mais le Seigneur
le relève par une action symbolique, et lui ordonne d'oindre Hazaël pour roi de
Syrie, Jéhu pour roi d'Israël, et de choisir Élisée pour son successeur dans
l'office prophétique; ces ordres impliquaient la promesse que ces trois
personnages seraient les instruments de la miséricorde comme de la justice
divine envers son peuple, 1 Rois 19:1; sq. Un peu plus tard, nous trouvons
encore le prophète chargé de la pénible tâche d'annoncer à l'impénitent Achab
les châtiments nouveaux qu'il s'est attiré par le meurtre de Naboth; il s'en
acquitte avec une entière fidélité, 1 Rois 21:17; sq. Sous le règne d'Achazia,
il sort de la retraite qu'il s'était choisie, et fait annoncer au monarque
malade et à moitié idolâtre, l'issue fatale de la maladie dont il est atteint:
c'est dans cette occasion qu'à sa prière le feu du ciel consuma les gens de
guerre envoyés pour le saisir, 2 Rois 1:3; sq. Élie agit en cela comme
exécuteur de la justice divine; agent d'une théocratie, il frappe de peines
ecclésiastiques sévères ceux qui l'outragent, comme fit plus tard Élisée; c'est
l'esprit de la loi; les paroles de Jésus, Luc 9:55, ne font rejaillir aucun
blâme sur Élie, elles déclarent seulement ces peines, ce zèle, ce mode d'agir
incompatible avec l'esprit de la nouvelle économie. Peu après la mort
d'Achazia, Élie fut aussi appelé à quitter ce monde; mais Dieu, voulant
ratifier et glorifier de nouveau son ministère, le retira à lui avec des
circonstances surnaturelles, et sans le faire passer par la mort. Élisée, son
disciple et son successeur, fut cependant le seul témoin de son enlèvement, 2
Rois 2:1; sq..
Cette ascension était le chant de l'immortalité. Neuf
siècles plus tard, ce même homme glorifié, le représentant de la prophétie,
s'entretenait avec son Sauveur sur le mont Thabor, de même que Moïse le
représentant de la loi: ils parlaient de la Rédemption,
— Voir: Sermon de Krummacher.
L'Ancien et le Nouveau Testament sont pleins de la
gloire d'Élie: celui qui devait annoncer aux hommes la venue prochaine du
Messie, Jean Baptiste, porte par avance le nom du grand prophète, Malachie 4:5;
— Voir: encore Jean 1:21; Luc 1:17, etc. Romains 11:2;
Jacques 5:17; et ailleurs.
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ÉLIHAM,
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père de Bathsébah, la femme d'Urie, 2 Samuel 11:3, et
fils d'Achitophel, 23:34. Il porte le nom de Hammiel, 1 Chroniques 3:5, où la
mère de Salomon est appelée Bathsuah.
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ÉLIHÉZER
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(secours de Dieu).
1. Le
serviteur d'Abraham, bien connu par la touchante et noble simplicité de son
histoire, quoiqu'il ne soit nommé qu'une fois, Genèse 15:2. II était de Damas,
et fort attaché à son maître, dont il était l'héritier naturel avant la
naissance d'Isaac. C'est lui sans doute qui fut chargé par Abraham d'aller en
Mésopotamie chercher une épouse au fils de la promesse: plein de confiance dans
le plus ancien serviteur de sa maison, Abraham lui remet le soin de régler seul
cette affaire importante, de choisir l'épouse et de fixer les conditions du
mariage; Élihézer part accompagné des vœux de la famille patriarcale, et se
rend en Caldée, auprès de Na-cor, parent d'Abraham. On sait quelle fut sa
conduite, ses prières, le signe qu'il demanda à Dieu, et la manière dont il fut
exaucé; on se rappelle qu'avant de rien faire il prie, qu'avant de prendre
aucun aliment il veut s'acquitter de son message, et qu'il se jette à genoux
pour rendre grâce à Dieu du succès qu'il vient d'accorder à ses recherches. Il
suffit, pour être ému, de lire le récit qui nous est fait de ces pourparlers
entre Élihézer et la jeune fille, entre Élihézer et les parents de Rébecca,
pourparlers dans lesquels le serviteur représente le maître avec le zèle le
plus dévoué et le plus éclairé, et mène à bonne fin, en un seul jour, une
transaction pour laquelle on demande maintenant des mois. Quelle confiance et
quelle simplicité!
2. Fils
de Moïse et de Séphora, Exode 18:4;
— Voir: Guersom.
3. Fils
de Dodava, 2 Chroniques 20:37, n'est connu que par une prophétie menaçante
contre Josaphat, à qui il annonça la destruction de sa flotte sur la mer Rouge,
à cause de son alliance avec l'impie Achazia, qui ne s'employait qu'à faire du
mal. La prédiction fut bientôt accomplie.
4. Plusieurs
autres personnages de ce nom sont encore nommés, 1 Chroniques 15:24; 27:16;
Esdras 10:23; Luc 3:29.
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ÉLIHU,
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Job 32:2, fils de Barakéel, descendant de Buz, second
fils de Nacor frère d'Abraham, Genèse 22:21, le plus jeune et le plus sage des
amis de Job; il prend le dernier la parole. Son caractère est celui de la
jeunesse, vif, ardent; mais il est en même temps profond, et considère la position
de Job sous le point de vue dogmatique. Il insiste sur la nécessité d'être
humble en toute circonstance, à cause du péché qui est en l'homme. Le chapitre
32 est à la fois une introduction à ce qu'il va dire, et son excuse de ce qu'il
ose parler après les hommes sages et expérimentés dont il vient d'entendre les
discours. Puis il s'adresse à Job comme à un adversaire vaillant, dont il tâche
de gagner la confiance en l'assurant de la sincérité de son affection: il est
homme comme Job, et lui parle par expérience et en ami. Quelquefois obscur, son
discours est admirable par la beauté, la grandeur et la profondeur des idées;
il est évident que c'est l'auteur lui-même qui exprime par la bouche d'Élihu
son opinion sur ce qu'il croit être la vérité. Le discours de Dieu qui suit
celui d'Élihu n'est que le développement plus grandiose et divin de ce que
vient de dire le sage jeune homme.
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ÉLIM,
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septième campement des Israélites dans le désert; ils
y trouvèrent douze sources et soixante et dix palmiers, Exode 15:27. Élim est
probablement le El Tor actuel.
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ÉLIMÉLEC
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de Bethléem, mari de Nahomi, Ruth, 1:2. Chassé de Juda
par la famine, il se rendit dans le pays de Moab avec sa femme et ses deux
fils, Maillon et Kiljon, dont l'un, probablement le dernier, épousa Ruth la
Moabite (Calmet fait Mahlon mari de Ruth, et Ruth femme de Kiljon, puis Kiljon,
à l'article de Horpa, est encore mari de cette dernière. Voilà ce que c'est que
les conjectures! La Bible dit seulement que Mahlon et Kiljon épousèrent Horpa
et Ruth). Élimélec mourut sur la terre étrangère, à une date incertaine.
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ÉLIPHAZ.
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1. Fils
d'Ésaü, par Hada fille d'Élon, Héthien, Genèse 36:2,4.
2. Le
premier des amis de Job qui prit la parole, Job 2:11; 4:1. Il était de Théman,
une des principales villes de l'Idumée, Amos 1:12, et descendait peut-être du
précédent Éliphaz. C'est le plus modéré des trois premiers interlocuteurs,
quoiqu'il ait pu être appelé aussi un consolateur fâcheux. Il se distingue par
sa profondeur et son éloquence; il exprime son étonnement de voir au désespoir
un homme si pieux, et lui conseille d'avoir recours à sa piété pour y puiser
des consolations. Dans ses trois discours, chapitres 4 et 5, chapitre 15,
chapitre 22, on remarque facilement une progression. Bien disposé d'abord, il
s'irrite peu à peu de voir Job rester sourd aux conseils et persister dans sa
propre justice; mais il exagère à son tour les reproches, et il doit entendre
avec ses deux compagnons les paroles sévères que l'Éternel leur adresse à cause
de leur dureté, 42:7. Un sacrifice d'holocauste leur est ordonné en expiation.
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ÉLISA,
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nommé avec Tarsis, Kittim, et Dodanim, parmi les
enfants de Javan, le quatrième fils de Japhet, Genèse 10:4. Flavius Josèphe
cherche les descendants d'Élisa en Éolie, le Targum caldéen en Italie, et
Schulthess à Carthage, dont, d'après les anciens, une Élisa fut la fondatrice
et la patronne (Élisa était un surnom de Didon, Æneid. 4, 335). Ces trois
explications, la dernière surtout, sont inacceptables. Il est beaucoup plus
naturel de voir dans Élisa le père des anciens habitants de la Grèce, et
Bochart compare le nom d'Élis ou Élide, une ancienne partie du Péloponèse; on
peut aussi rappeler le nom de l'Éolie, mais dans un sens plus large que ne fait
Flavius Josèphe, le nom d'Hellas, et enfin celui des champs Élysées. On sait
que les Orientaux et les Grecs regardaient comme le plus grand bonheur d'être
recueilli avec ses pères, et c'est là où étaient les pères qu'était pour eux le
paradis; pour les Grecs descendants d'Élisa, le lieu de repos devait ainsi
s'appeler l'Élysée.
— Les îles (ou côtes, contrées maritimes) d'Élisa sont
renommées, Ézéchiel 27:7, pour leur pourpre bleue et rouge; et les anciens
auteurs, Pline 9, 40; Hor. Od. 2, 48; 7, et autres, parlent également de la
grande richesse de moules et coquilles de pourpre que l'on trouvait sur les
côtes du Péloponèse.
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ÉLISABETH,
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1. ou
en hébreu Élisébah (serinent de Dieu), femme d'Aaron, Exode 6:23.
2. Élisabeth,
de la famille d'Aaron, femme du sacrificateur Zacharie, et mère de
Jean-Baptiste, Luc 1:5. Stérile et vieille, elle enfanta le précurseur du
Messie, selon la promesse qui en fut faite par l'ange à son époux, dans le
temple. Ayant reçu la visite de sa cousine Marie, elle pressentit en elle la
mère du Sauveur, et s'écria, dans son cantique (1:42): «Tu es bénie entre les
femmes», la saluant des mêmes paroles qui furent également dites de Jahel, Juges
5:24, de Judith, Judith 13:23, et surtout, mais dans une plus grande mesure,
d'Abraham, Genèse 22:18, salutation dont Rome a voulu faire une adoration;
passe encore s'il y avait: Tu es bénie entre les anges! Mais pour la femme du
pontife, la fiancée de l'artisan n'était qu'une femme plus privilégiée qu'une
autre, et qui n'avait pas cessé d'être femme.
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ÉLISAMAH,
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Jérémie 41:1, de la race royale, un des principaux de
chez le roi; peut-être le même que le secrétaire de Jéhojakim, que nous voyons,
36:12, assistant à la lecture du livre contenant l'oracle de Jérémie.
Quelques-uns, rendus sérieux, s'opposèrent à ce que le roi déchirât le rouleau,
mais Élisamah ne fut pas du nombre, et paraît avoir été dévoué à son maître
jusque dans le mal: triste dévouement qui nuit à l'un sans jamais servir à
l'autre.
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ÉLISAMATH.
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fils de Hammiud, chef de la tribu d'Éphraïm, Nombres
1:10.
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ÉLISÉBAH,
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Exode 6:23;
— Voir: Élisabeth.
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ÉLISÉE
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(Dieu qui sauve), prophète israélite, qui exerça son
ministère dans le royaume des dix tribus, sous les règnes de Joram, Jéhu,
Joachaz et Joas. Il était originaire d'Abel-Méholah, 1 Rois 19:16, où il
cultivait ses terres au moment où Élie vint le chercher et l'appeler aux fonctions
de prophète, 903 avant J.-C. Il fut témoin de la glorieuse ascension de son
maître, et demanda deux fois l'esprit d'Élie. Les eaux du Jourdain s'arrêtant
et se divisant à sa voix, furent en quelque sorte le premier encouragement
qu'il reçut, le premier gage de la puissance qui agissait en lui. Il se fait
reconnaître ouvertement à Jéricho, en assainissant par un prodige les eaux de
la ville. L'école des prophètes reconnaît en lui le successeur d'Élie. À
Béthel, des enfants impies insultent à son infirmité: le front dégarni du
prophète est l'objet de leurs moqueries; deux ours lui servent de vengeurs, 2
Rois 2:23; sq. Les rois alliés d'Israël et de Juda étant venus à manquer d'eau
dans leur expédition contre les Moabites, le prophète, en faisant creuser la
vallée, leur fournit de quoi désaltérer leurs armées, et leur assure en outre
une victoire éclatante, 3:9; sq. Peu après, il multiplie l'huile de la veuve
d'un prophète, et il rend la vie au fils de l'hospitalière sunamite, 4:1; sq.
Il vient encore au secours de l'école des prophètes de Guilgal, dans une
famine, et remédie par un procédé simple et miraculeusement béni, à l'accident
causé par une plante vénéneuse;
— Voir: Coloquinte.
Bientôt après on le voit nourrir cent personnes avec
une vingtaine de pains, miracle que l'on peut considérer comme le type de la
multiplication des pains opérée par notre Sauveur.
Cependant les Israélites ne devaient pas être les
seuls objets des bienfaits divins dont il était le dispensateur et
l'instrument. Naaman, général syrien, atteint de la lèpre, recourt à ce qu'il
croit être son art ou ses talents. Le prophète s'efface; il ne veut pas agir:
c'est Dieu seul qui guérit; l'eau du fleuve suffira; elle suffit, en effet,
malgré l'humeur et l'incrédulité du général,
— Voir: Naaman.
Élisée qui n'a pas voulu s'attribuer l'honneur du
miracle, en refuse également la récompense: son désintéressement devait égaler
son humilité aux yeux des idolâtres. Il doit donc punir sévèrement l'avare
cupidité de son serviteur Guéhazi: ce châtiment exemplaire était indispensable
pour effacer dans l'esprit du prosélyte Naaman le scandale qu'avait dû lui
causer cette conduite d'un Israélite.
Ses pouvoirs miraculeux se déployèrent encore à
l'occasion des nouvelles constructions que nécessita l'accroissement de l'école
des prophètes, et le fer de la hache surnagea, 6:1; sq. Il fut une seconde fois
appelé à rendre des services signalés à son roi pendant une invasion des
Syriens, dont l'esprit prophétique lui révélait les plans; et ceux-ci ayant
voulu assouvir leur ressentiment sur sa personne, il les frappa
d'éblouissement, au moment où ils s'approchaient de Dothan pour le saisir.
Lorsque Ben-Hadad vint mettre le siège devant Samarie, Élisée releva le courage
des assiégeants, déjà en proie aux horreurs de la famine, par la promesse d'une
prochaine délivrance. Effectivement, les Syriens saisis d'une terreur panique,
levèrent subitement le siège (Serra, de Croll). Le calme admirable que le
prophète montra dans ces deux circonstances, ne pouvait être le fruit que d'une
foi bien vivante, 2 Rois 6, et 7.
Peu de temps après, il dut se rendre à Damas, pour
exécuter l'ordre donné à son maître d'oindre comme roi de Syrie cet Hazaël qui
devait être contre le peuple élu un si puissant instrument de la justice
divine. Nous le voyons également, continuateur de l'œuvre d'Élie, faire oindre
Jéhu roi d'Israël, et lui confier l'exécution de la sentence de mort prononcée
contre l'impie famille d'Achab. Sur son lit de mort il reçoit la visite du roi
d'Israël Joas, et par une action symbolique, lui promet la victoire sur les
Syriens qui faisaient alors beaucoup souffrir le royaume. Dieu continua de
glorifier ce grand et fidèle serviteur, même après sa mort, en lui donnant le
pouvoir de ressusciter un mort dont on venait de jeter le cadavre dans le
sépulcre où il reposait, 2 Rois 13.
— Voir: Sermon de Krummacher.
Son nom ne se retrouve que Luc 4:27.
Si Élie, son maître, rappelle la foi, l'énergie,
l'activité de Paul, Élisée rappelle davantage la douceur et la sainteté de
Jean.
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ÉLITSUR,
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fils de Sedéur, chef de Ruben, Nombres 1:5;
— Voir: Tribu.
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ÉLIUD,
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Matthieu 1:14, fils d'Achim, un des ancêtres de notre
Sauveur; inconnu.
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ELJADAH,
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— Voir: Rézon.
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ELKANA, ou Elcana,
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1. lévite,
fils de Jéroham, demeurant à Rama, 1 Samuel 1:1. Époux d'Anne et de Péninna; il
était surtout attaché à la première, quoiqu'elle ne lui eût pas donné
d'enfants; il cherchait à la consoler dans sa douleur, la protégeait contre
l'aigreur de sa féconde rivale: «Ne te vaux-je pas mieux que dix fils», lui
disait-il. Cet homme pieux devint le père de Samuel, qu'il eut de la femme
honorable qu'il aimait.
2. Elcana,
2 Chroniques 28:7, homme inconnu, qui tenait le second rang après le roi à la
cour d'Achaz, ami, favori, confident ou ministre.
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ELKOS.
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Il est dit, Nahum 1:1, que Nahum était Elkosien, ce
que quelques-uns ont traduit par fils d'Elkos; mais il vaut mieux entendre
Elkos d'une localité; ce serait ou bien Elkesei, petit bourg sur la rive
occidentale du Jourdain, en Galilée; ou bien, ce qui est moins probable,
Alkush, en Assyrie, sur la rive occidentale du Tigre; on y montre encore le
tombeau prétendu du prophète. Si Elkos est le même que Elkesei, Nahum le
Galiléen dément, comme Élie et Jonas, la grossière ignorance, ou l'impudente
fourbe des pharisiens de Jérusalem, Jean 7:47,52.
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ELLASAR,
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Genèse 14:1,9, contrée dont Arioc, l'allié de
Kédor-Lahomer, était roi. Il faut la chercher probablement du côté d'Élam et de
Sinhar, auxquels son nom se trouve lié, et en tout cas dans les environs et
vers le sud de la mer Caspienne; la version arabe traduit Ellasar par Arménie.
C'est peut-être la même contrée que Thélasar, Ésaïe 37:42; 2 Rois 19:12, et le
Targum de Jonathan ad Gènes, appuie cette opinion.
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ELMODAM,
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Luc 3:28, fils d'Er, un des ancêtres de Jésus par
Marie; inconnu.
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ELNATHAN,
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fils de Hacbor, Jérémie 26:22, peut-être le beau-père
de Jéhojakim et le grand-père de Jéhojakim, 2 Rois 24:6,8. Sur l'ordre du roi
son gendre, il poursuivit en Égypte le prophète Urie, et le livra pour être mis
à mort; puis, dans une autre circonstance, il résista au monarque et voulut
l'empêcher de détruire les prophéties de Jérémie. Après avoir causé la mort
d'un homme de Dieu, il voulut respecter des paroles: serait-ce une simple
contradiction du cœur humain? serait-ce que repentant d'avoir persécuté, il se
soit plus tard converti? ou enfin que les menaces prophétiques eussent trouvé
le chemin de son cœur agité?
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ÉLON.
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1. Beau-père
d'Ésaü, Genèse 26:34, où sa fille s'appelle Basmath; elle s'appelle Hada,
Genèse 36:2, et Basmath est fille de Tsibhon; cette différence s'explique ou
par une différence dans la tradition, ou par un double nom.
2. Fils
de Zabulon, Genèse 46:14.
3. Ville
danite, Josué 19:43.
4. Zabulonite,
onzième juge d'Israël, gouverna le pays pendant dix ans, Juges 12:11.
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ELTSAPHAN,
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cousin de Moïse, Nombres 3:30;
— Voir: Misael.
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ÉLUL,
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Néhémie 6:15, dernier mois de l'année civile des
Hébreux, sixième de l'année sainte; il n'a que 29 jours et correspond à une
partie du mois d'août. Ce fut le 25 de ce mois que fut achevée la muraille de
la nouvelle Jérusalem; les Juifs maintenant encore en célèbrent le 26 la
dédicace, suivant ce qui est raconté Néhémie 12:27.
— Le 7 ou le 9 du mois, les Juifs jeûnent en mémoire
des châtiments annoncés contre la génération du désert, après l'exploration de
Canaan, Nombres 13 et 14. Le 22 est la fête de la Xylophorie, en laquelle on
portait le bois au temple.
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ÉLYMAS,
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— Voir: Bar-Jésus.
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EMBAUMER.
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On voit par Genèse 50:2, et par d'autres passages, que
c'était la coutume des Égyptiens d'embaumer les morts. Quelques auteurs
prétendent même que c'est une chose nécessaire, vu l'impossibilité d'ensevelir
les morts dans toute la longueur de la vallée du Nil, puisque si l'on enterrait
quelque corps dans les terres, l'inondation qui survient ne tarderait pas à
l'en faire sortir comme plus léger que le sable.
Il y avait trois espèces d'embaumement, suivant le
prix: le plus cher coûtait un talent (3,794 fr.); le second, vingt mines, et le
troisième tort peu de chose.
— Un dessinateur venait d'abord marquer la place et la
longueur de l'incision, un disséqueur l'exécutait ensuite avec une pierre
d'Éthiopie, et s'enfuyait aussitôt en toute hâte de devant les parents qui
l'auraient poursuivi et lapidé comme impie; après ces deux opérations, les
embaumeurs, qui appartenaient à la classe lettrée et que l'on considérait comme
des personnes sacrées, entraient pour faire leur office: ils tirent d'abord par
le nez, avec un fer recourbé fait exprès, tout le cerveau du mort, et le
remplacent par des drogues astringentes; ils sortent par l'ouverture faite au
côté tous les viscères, à l'exception du cœur et des reins, et les lavent avec
soin dans du vin de palmier, ou dans d'autres liqueurs également astringentes;
puis on oint tout le corps d'huile de cèdre, de myrrhe, de cinnamome et
d'essences pareilles pendant environ trente jours. L'embaumement étant ainsi
terminé quant a ce qui regarde les parfums, on dépose encore le corps pendant
quarante jours dans du sel de nitre. On le retire alors, on le lave, on
l'enveloppe de bandelettes de lin trempées dans la myrrhe, et on le frotte
d'une espèce de gomme odorante.
— On trouve de nos jours encore des momies qui
paraissent avoir été embaumées d'après ce procédé.
Un mode d'embaumement plus simple consistait à
injecter dans les intestins une liqueur tirée du cèdre, puis à laisser reposer
le cadavre dans le nitre. Au bout d'un certain temps, les intestins étant
rongés et complètement desséchés, on les retirait par le même canal, et comme
le nitre avait fortement agi sur les chairs, il ne restait plus au mort que la
peau sur les os.
Enfin, ceux qui devaient se contenter à meilleur
marché, injectaient dans l'intérieur une liqueur qui le lavait, puis déposaient
le corps dans le nitre pendant soixante-dix jours pour le dessécher.
Jacob fut évidemment embaumé d'après le premier
procédé; il est dit qu'on mit quarante jours à cette opération, soit qu'on
n'ait compté que l'embaumement proprement dit, sans parler du séjour dans le nitre,
soit au contraire qu'on n ait parlé que de ce séjour, sans parler du temps que
prirent les opérations préliminaires. Moïse, du reste, marque bien que l'on fut
soixante-dix jours à faire son deuil entier, Genèse 50:3.
L'Écriture mentionne encore l'embaumement de Joseph,
Genèse 50:26, celui d'Asa, 2 Chroniques 16:14, qui peut-être fut brûlé, et
celui de Jésus, qui fut enseveli au milieu des aromates, sans qu'on ait eu le
temps de l'embaumer intérieurement, Jean 19:40.
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ÉMERAUDE,
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pierre précieuse mentionnée, Exode 39:10-11. Ézéchiel
28:13, à ce que l'on suppose; mais les interprètes ne sont pas d'accord sur le
mot qu'il faut traduire ainsi; quelques-uns voient l'émeraude dans nophek, les
autres dans barèketh, ce qui est plus probable, et appuyé des Septante, de
Flavius Josèphe et de la Vulgate: nophek serait alors l'escarboucle. L'émeraude
(barèketh) est nommée encore, où-trêves passages cités, Exode 28:17, et
Apocalypse 4:3; 21:19. C'est une des pierres précieuses les plus admirables par
sa fraîcheur et son brillant; Pline (H. N. 37, 5) en fait un pompeux éloge.
«Aucune couleur, dit-il, ne charme autant la vue que le vert; nous ne reposons
nulle part nos yeux avec autant de jouissance que sur la verdure des prairies
et des forêts; mais de toutes les espèces de vert, aucune n'égale la beauté de
l'émeraude.»
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ÉMINS,
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peuple fort et nombreux d'une haute stature, habitants
primitifs du pays qui fut plus tard habité par les Moabites. Deutéronome 2:10.
Il paraît dans l'histoire aux premiers jours d'Abraham, Genèse 14:5; il subit
une défaite, et dès lors il disparaît et se fond dans quelque autre peuplade.
Leur nom signifie les épouvantables, les effrayants, et le caldéen l'a traduit
par des hommes courageux;
— Voir: Géants.
— Ils appartenaient à la grande famille cananéenne des
Réphaïms, qui paraît ainsi, dit Schrœder, avoir occupé primitivement la presque
totalité du pays situé à l'orient du Jourdain, depuis l'Arnon jusqu'au-delà des
montagnes de Galaad.
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EMMANUEL,
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Ésaïe 7:14; 8:8; Matthieu 1:23, Dieu avec nous; nom
bien significatif du médiateur de la nouvelle alliance, annoncé déjà par un
prophète, et compris de tous ceux qui l'ont adopté pour leur maître; Jésus est
doublement Emmanuel, d'abord comme notre ami, étant descendu jusqu'à nous; puis
dans un autre sens, parce qu'il est dans sa nature, la réunion de la divinité à
l'humanité.
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EMMAÜS,
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ville ou bourgade à 60 stades (13 kilomètres) de
Jérusalem vers le nord; quelques voyageurs veulent en trouver les restes dans
le village actuel de Cubeïbi au nord-ouest de la ville. Ce bourg est célèbre
par la rencontre que fit Jésus de deux de ses disciples le jour de sa
résurrection, l'un desquels s'appelait Cléopas, Luc 24:13, l'autre Emmaüs, au dire
de saint Ambroise. II s'y trouvait des eaux thermales. Vespasien y laissa en
demeure huit cents hommes de ses troupes, lorsqu'il quitta la Judée; et plus
tard, on construisit une église sur l'emplacement même de la maison de Cléopas.
Deux autres endroits de ce nom sont encore nommés:
l'un dans la plaine de la Judée où Judas Maccabée battit le général syrien
Gorgias, 1 Maccabées 3:40,57, riche en sources d'eau chaude, à 22 milles de
Jérusalem, et qui porta plus tard le nom de Nicopolis; l'autre près de la mer
de Tibériade, également avec des eaux minérales, Flavius Josèphe, Guerre des
Juifs, 4:1,3.
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EMMOR,
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Actes 7:16;
— Voir: Hémor.
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ENCENSOIR,
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vase dans lequel s'allumait le parfum sacré. Il est
mentionné Lévitique 16:12; 2 Chroniques 26:19; Ézéchiel 8:11, mais n'est pas
décrit en détail, comme les autres objets appartenant au culte. Il y a quelque
difficulté à concilier Hébreux 9:4; avec Lévitique 16:12; cependant les
expressions de l'auteur de l'Épître n'obligent pas d'admettre que l'encensoir
se trouvât habituellement dans le lieu très-saint; on pourrait restreindre à la
durée de la cérémonie expiatoire les expressions qui lui assignent sa place
derrière le voile dans le Saint des saints;
— Voir: Fumigations.
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ENCHANTEURS.
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Les devins, les magiciens, les Caldéens et les
enchanteurs avaient beaucoup de caractères communs; tous ils s'adonnaient aux
sciences occultes, tous ils ne craignaient pas d'user d'artifices pour suppléer
à la faiblesse de leur art, tous enfin conduisaient à l'idolâtrie, et ils
étaient tous en conséquence sévèrement proscrits par Moïse. Nous les voyons de
bonne heure mentionnés dans l'Écriture; la première fois que nous les voyons
paraître, c'est dans l'histoire des magiciens d'Égypte, Exode 7 et 8, (dont
deux sont nommés Jannès et Jambrès, 2 Timothée 3:8), qui imitèrent les miracles
de Moïse, jetèrent leurs verges qui devinrent des dragons, changèrent les eaux
en sang, firent monter des grenouilles sur le pays, et ne reconnurent enfin le
doigt de Dieu que lorsqu'ils y furent contraints par leur impuissance à imiter
la création des poux. Quelques théologiens nous expliquent comment les
enchanteurs s'y sont pris pour contrefaire les miracles de Moïse et d'Aaron.
Nous ne prétendons pas à la même sagacité. Tout ce que nous savons, c'est que
l'Écriture prend les enchanteurs au sérieux. Le Pentateuque déjà renferme des
directions positives contre ceux qui pourraient s'adonner aux arts occultes, ou
les rechercher dans autrui, Exode 22:18; Lévitique 20:27; Deutéronome 18:10-11.
Les termes employés pour désigner les diverses nuances du métier, sont ceux de
devin, pronostiqueur, augure, sorcier et sorcière, enchanteur, homme qui
consulte Python, homme qui consulte les morts, diseur de bonne aventure, etc.
Cette funeste industrie, comme on le voit, avait déjà tous ses degrés et ses
subdivisions. Les noms par lesquels sont caractérisés les enchanteurs de toutes
espèces, sont, outre ceux que nous avons déjà marqués à l'article Divination:
1. Mecasheph,
Exode 7:11; Deutéronome 18:10; Daniel 2:2, ou Cashaph, Jérémie 27:9; cf. 2
Chroniques 33:6; Matthieu 3:5; Exode 22:18; 2 Rois 9:22; Michée 5:12; Nahum
3:4; Ésaïe 47:12. Quelques-uns entendent par là ceux qui sont habiles dans
l'art de calculer les éclipses, et qui les annoncent pour certaines époques
comme des effets de leur propre volonté (Virgile Æneid. 4, 489). Il est plus
probable cependant qu'il faut avec Rosenmuller prendre ce mot dans une
acception tout à fait générale, et le dériver du mot syriaque correspondant qui
signifie prier à voix basse, rendre un culte; puis, adorer, et être idolâtre:
l'enchanteur aurait reçu ce nom soit à cause de sa relation avec l'idolâtrie,
soit parce qu'il murmure des formules au moyen des quelles il donne ou enlève
les charmes.
2. Hhober
hhabarim, Psaumes 58:6; Deutéronome 18:11; Ésaïe 47:13 (?) et Ashaph, Daniel
1:20; 2:2,10; 4:6 (?) On l'entend ordinairement des charmeurs de serpents (le
verbe Hhabar signifie lier, associer, réunir), qui rendent doux et sociables
des animaux en général farouches et sauvages;
— Voir: Aspic.
D'autres donnent à Hhabar la signification (arabe) de
partager, couper, trancher, et l'entendent des astrologues qui, divisant le
ciel en zones, vont chercher leurs horoscopes dans les positions relatives des
astres dans ces différentes bandes. Les ashaph (mot parent de cashaph, — Voir:
plus haut) étaient essentiellement des conjureurs d'animaux, scorpions,
serpents, etc.
3. Les
Oboth, ou conjureurs de morts, Ésaïe 8:19, nécromanciens qui interrogent les
tombeaux;
— Voir: Python.
4. Latim
est le nom que donne Moïse aux enchantements dont se servirent les magiciens
hébreux pour contrefaire ses miracles, Exode 7:11,22; 8:7,18. Ce mot signifie
secret, mystérieux, occulte, et se rapporte parfaitement aux procédés secrets
par lesquels ils réussissaient à forcer la nature.
5. Les
Onenim, Ésaïe 2:6; 57:3, ou Meonenim, Lévitique 19:26; Deutéronome 18:10; 2
Rois 21:6. Les Talmudistes font dériver ce mot, de On, ou plutôt Eyn, qui
signifie œil, et ils le traduisent par: ceux qui enchantent avec l'œil; on
compare alors le mauvais œil si célèbre chez tous les peuples, cet œil qui
jette des sorts fâcheux, que les Grecs redoutaient, et que presque toutes nos
populations redoutent encore (Calmet, Winer). D'autres comparent le mot anan,
nuage, et pensent à ces magiciens qui vont chercher dans le cours des nuages
l'histoire des hommes et des événements.
— La forêt de chênes dont il est parlé Juges 9:37,
appartenait à des devins de cette catégorie.
Répétons encore, après ces énumérations, ce qu'on aura
déjà pu voir a leur simple lecture, qu'il règne beaucoup d'incertitude sur
l'exacte définition de plusieurs de ces artifices; il est même évident que plus
d'une fois un terme est employé pour un autre, et dans une acception
tout-à-fait générale.
La règle que l'Écriture nous donne, pour distinguer
les vrais miracles des faux, est la même que pour distinguer la saine de la
fausse doctrine, à savoir les bonnes œuvres, Deutéronome 13:1-2; Jean 7:17.
Il est souvent parlé des charmeurs de serpents, soit
dans la Bible, Psaumes 58:5; Job 40:24; Ecclésiaste 10:11; Jérémie 8:17, soit
dans les auteurs profanes. Saint Augustin va même plus loin, bien loin, quand
il raconte les métamorphoses orientales d'hommes changés en ânes, en chameaux,
etc.
La musique a été employée quelquefois comme charme
contre les maladies de l'esprit, et son influence n'est point douteuse, comme
elle n'a rien non plus qui doive surprendre, 1 Samuel 16:14,15; Gallien (De
sanitate tuendà, 1, 8) met en avant son autorité, qu'il appuie de celle encore
plus grande d'Esculape.
Il paraît que le serpent d'airain, longtemps conservé
en Israël, servit à favoriser le penchant du peuple juif pour le merveilleux,
et le roi Ézéchias dut le mettre en pièces pour faire cesser l'abus, 2 Rois
18:4.
À l'époque de notre Sauveur, la magie couvrait une
partie de l'Orient; enchanteurs vrais et faux spéculaient sur le peuple; païens
et juifs couraient cette carrière, et ces derniers prétendaient tenir leurs
secrets des révélations du roi Salomon (Flavius Josèphe, Antiquités Judaïques
8, 2, 5); Simon le mage et Bar-Jésus, Actes 8:9; 13:6,8, appartenaient à cette
classe. Dans l'Asie mineure, Éphèse était le centre des enchantements et de la
magie, Actes 19:19; on ne peut douter que les livres que les nouveaux convertis
de cette ville brûlèrent en si grande abondance, ne fussent des livres traitant
des sciences occultes.
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ENCRE,
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Jérémie 36:18; 2 Corinthiens 3:3; 2 Jean 12; 3 Jean
13. Nous ne savons rien sur la préparation particulière de cette liqueur, qui
paraît cependant avoir été noire, chez les Juifs comme chez les Romains, et
assez persistante; l'étymologie du mot hébreu permet de supposer que pour les
manuscrits de luxe l'encre était quelquefois dorée, surtout dans les premiers
temps, et Flavius Josèphe semble le confirmer, Antiquités Judaïques 12, 2; 10.
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ÉNÉE,
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homme peut-être Grec d'origine, paralytique depuis
huit ans, et demeurant à Lydde, où il fut guéri par saint Pierre, Actes 9:33.
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ENFANTS.
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À l'époque où la vie des hommes était dix fois ce
qu'elle est à présent, et plus tard encore lorsque, moins longue, elle n'était
pourtant pas encore réduite aux étroites limites que lui assigne Moïse, Psaumes
90:10, le nom d'enfants se donnait à des personnes que maintenant nous
appellerions des jeunes gens ou des hommes faits. Joseph a seize ans, Isaac en
a vingt, Benjamin en a plus de trente lorsqu'ils sont désignés de ce nom,
Genèse 22:5; 37:2-4; 44:20.
— Les Hébreux donnaient aussi, comme les Grecs et les
Romains, ce nom à leurs serviteurs de tout âge. Et dans plusieurs passages,
Psaumes 33:13; Ésaïe 2:6; 65:20, des hommes, même le centenaire, sont appelés
enfants, sans doute par rapport à l'éternité du Créateur et Père des hommes. Le
mot enfants se prend souvent dans une acception tout-à-fait générale, pour
désigner la nature, l'origine ou la destination dernière de quelques hommes:
enfants d'iniquité, enfants du malin, enfants de perdition. Les juges et les
magistrats sont appelés enfants du souverain, Psaumes 82:6, comme les prêtres,
Psaumes 29:1. Enfin l'expression enfants de Dieu, qui se trouve fréquemment
dans le Nouveau Testament, 1 Jean 3:1-2; Romains 8:14; Galates 3:26, s'applique
aux rachetés que Jésus n'a point pris à honte d'appeler ses frères, et auxquels
Dieu, dans sa grande charité, a bien voulu donner le droit de s'appeler ses
enfants, privilège malheureusement inapprécié comme il est inappréciable, et
dont l'habitude ne paraît que trop souvent avoir émoussé le charme excellent.
Un pauvre sauvage converti nous a donné une leçon à cet égard lorsque, à la
lecture du passage 1 Jean 3:1-2, il s'écria en se tournant vers le
missionnaire: «Non, non, ce n'est pas possible! mais il veut bien permettre que
nous lui baisions les pieds!»
Les anges sont appelés enfants de Dieu, Job 1:6; 2:1;
Psaumes 89:7, de même que les juifs opposés aux gentils, Osée 1:10; cf. Jean
11:52. Que les anges soient appelés enfants de Dieu est une notion mythique.
Dans l’Hébreu les deux termes sont différents et ne portent pas à la confusion.
Le passage Genèse 6:2; où les fils de Dieu sont
opposés aux filles des hommes, a donné naissance à bien des interprétations;
nous en relevons ici les trois principales, laissant au lecteur le soin de se
décider:
1. Les
fils de Dieu seraient les mêmes que Job 1:6; 2:1, c'est-à-dire les anges. C'est
l'opinion de Rabbi-Éliézer et des premiers pères de l'Église, développée dans
Lactance II, 4. L'idée que les géants étaient le produit d'une alliance entre
les anges et les femmes, se retrouve dans toutes les traditions de l'antiquité,
et joue encore un rôle important dans le système des Indous. Les grands
docteurs de l'Église chrétienne ne tardèrent pas à s'élever contre cette
opinion, Augustin, Chrysostôme, Cyrille d'Alexandrie, et Théodore. Calvin
prétend qu'elle se réfute d'elle-même, et s'étonne que des hommes savants aient
pu être éblouis par des radotages si grossiers et si monstrueux;
2. les
fils de Dieu seraient les hommes nobles, fils de magistrats et de princes,
opposés aux hommes d'une condition inférieure; c'est l'opinion des Juifs
Onkelos, Jarchi, Aben-Ezra. On peut combiner cette explication avec la
suivante;
3. les
fidèles, les enfants de Dieu, la famille de Seth, opposée à celle de Caïn. Le
contexte, et l'usage de la langue favorisent cette dernière opinion; tout
indique d'ailleurs que l'Église commençait à déchoir: quant à la difficulté qui
résulte des géants issus de ces unions,
— Voir: Géants.
4. On
verra aux articles fils, fille, mariage, etc., ce qui concerne les enfants des
Hébreux et leurs rapports avec leurs parents. Disons seulement que les enfants
illégitimes étaient flétris jusqu'à la dixième génération, Deutéronome 23:2,
mesure bien propre à combattre l'impureté et la prostitution, et que
nécessitait d'ailleurs la constitution théocratique du peuple juif.
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ENFER,
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littéralement lieux inférieurs, Luc 16:23, est le nom
qui est donné au lieu où les méchants subiront les peines qu'ils ont méritées,
et dont ils n'ont pas voulu être exemptés par la foi en Jésus le Sauveur des
pécheurs,
— Voir: Peines.
Ce mot ne se trouve que sept fois dans l'Écriture, et
il n'a jamais le sens que lui a donné la théologie du moyen âge. Job 14:8.
Ostervald a rendu par enfers le mot sheôl (Martin, abîmes), qu'il traduit
ailleurs par sépulcre, Ésaïe 5:14. Dans le Nouveau Testament, ce mot se trouve
Matthieu 11:23; 16:18; Luc 10:15; 16:23; Apocalypse 1:18; 6:8. Le grec porte
Αδης ou
άίδης qui signifie littéralement lieu invisible; c'est ainsi que l'a partout
traduit la version de Lausanne. Mais une traduction est plus facile qu'un
commentaire, et le lieu invisible, sans autre détermination, ne dit absolument
rien à l'esprit. Le mot enfer (inférieur) avait été préféré, parce qu'il
renfermait une idée, peut-être fausse. En tout cas, il est toujours pris dans
un mauvais sens, comme puissance ennemie de l'Église, comme lieu du séjour des
réprouvés, comme compagnon de la mort, et l'idée de lieu inférieur ressort de
Matthieu 11:23: «Tu seras abaissé jusque dans le lieu invisible», cf. Ésaïe
14:13-15; Psaumes 139:8. Ce lieu invisible est généralement considéré comme le
lieu ou les âmes attendent le grand jour du jugement de l'Éternel, et si les
âmes ne dorment point, il est dans l'analogie de la foi de croire que l'état
d'attente est pour elles la continuation de la vie présente et le commencement
de la vie à venir. De là les limbes et le purgatoire de l'Église romaine, avec
cette différence que, d'après cette Église, on peut sortir du purgatoire pour
de l'argent, tandis que, d'après la Bible, «il y a un grand abîme», tellement
que ceux qui veulent passer de l'un à l'autre, du lieu invisible au sein
d'Abraham, ne le peuvent, Luc 16:26.
L'enfer, dans le sens théologique du mot, est appelé
dans la Bible le feu éternel, la géhenne du feu, Matthieu 18:8-9; la géhenne,
le feu inextinguible, où le ver ne meurt point et où le feu ne s'éteint point,
Marc 9:43; sq. (d'après Ésaïe 66:24, à qui déjà les apocryphes ont emprunté
cette expression, Ecclésiastique 7:17; Judith 16:21); la mort, 1 Corinthiens
15:55-56; 1 Jean 5:16; la punition éternelle, Matthieu 25:46; le jugement ou la
ruine éternelle, Marc 3:29; 2 Thessaloniciens 1:9; l'étang ardent de feu et de
soufre, Apocalypse 19:20; la mort seconde, Apocalypse 20:14; des liens
éternels, Jude 6; les ténèbres du dehors, où seront les pleurs et les
grincements de dents, Matthieu 8:12; un opprobre et une infamie éternelles,
Daniel 12:2, etc.
Il est évident que ces expressions sont, sous la plume
des écrivains inspirés, des figures, des images humaines, dont le sens général
est que l'enfer sera un séjour affreux. Mais est-ce que sous la figure on doit
voir aussi la réalité, le ver, le feu, les ténèbres, le soufre, les liens? Il
serait certainement aussi téméraire de le nier que de l'affirmer, et nous
n'oserions aller jusque-là; mais il n'est pas sans intérêt de remarquer que
plus on a spiritualisé le ciel, plus on a matérialisé l'enfer. Serait-ce que l'homme
comprend mieux la douleur que le bonheur? Serait-ce que dans son état actuel,
déchu, l'homme puisse mieux se représenter le malheur que la joie infinie? Il
en résulterait alors qu'il faudrait prendre le contre-pied de l'imagination des
hommes, et spiritualiser le mal, comme nous avons vu (article Ciel) que le bien
avait été trop idéalisé.
(Le mot enfer porte
la notion de solitude et d'éloignement. Il désigne plus précisément une
attitude de mépris qui dévore comme un feu rugissant celui qui porte seule la
culpabilité de ses péchés dans une isolation éternelle. Tel est le lot de tous
les réprouvés que Dieu a déterminé de juger et de condamner dans sa justice
selon son décret de Prétérition.)
«Ubi est infernus? Quales futuri sunt cruciatus isti?»
dit Hutterus. Où est l'enfer? Quels en seront les tourments? Et après avoir
posé cette double question, il refuse d'y répondre. L'Écriture ne nous en dit
rien, sinon que notre intelligence ne les saurait concevoir ni aucune langue
les décrire.
La rage aux yeux hagards, le délire effréné,
Le vertige troublant l'esprit désordonné,
La colique tordant les entrailles souffrantes,
Les ulcères rongeurs, les pierres déchirantes,
Et la triste insomnie au teint pâle, à l'œil creux,
Et la mélancolie au regard langoureux,
La toux, l'asthme essoufflé, dont la fréquente haleine
Par élans redoublés entre et sort avec peine;
Et l'enflure hydropique, et l'étique maigreur,
Et des accès fiévreux la bouillante fureur;
L'évanouissement, la langueur défaillante,
Et la goutte épanchant son âcreté brûlante,
Et du catarrhe affreux les funestes dépôts,
Et la peste qui, seule, égale tous ces maux.
Est-ce l'enfer dont Milton offre ici le désolant
tableau? (Paradis perdu, XI, traduction Delille.) Non, il ne s'agit que de la
vie présente, d'une partie seulement des maux physiques de l'humanité. Que sera
donc l'enfer! et comment le décrire, lorsqu'on peut à peine décrire tout ce que
notre monde recèle de douleurs et d'angoisses?...
Les deux premiers chants de Milton, bien dignes de ce
vaste et noble génie, suffisent cependant à prouver l'insuffisance même du
génie et de l'imagination la plus colorée pour dire les horreurs de l'existence
infernale.
Aucun auteur moderne, à ma connaissance, n'a touché ce
sujet, au moins directement. Je n'ai pas de système, ni même de vues générales,
à présenter sur une matière où l'Écriture, en empruntant aux hommes leur
langage, semble par là même refuser de les initier aux secrets de l'avenir.
Mais quand l'enfer ne serait qu'une peine négative, la privation de la vue du
Seigneur, avec la conscience d'avoir mérité cette peine, l'enfer justifierait
déjà l'horreur que son nom seul inspire. Les réprouvés seront comme oubliés de
Dieu; leur nom ne passera plus par ses lèvres, Psaumes 16:4. Il est lumière,
ils seront dans les ténèbres. Il est la source de la vie, il ne sera plus rien
pour eux. Ils ont refusé de porter son joug, son joug ne pèsera plus sur eux;
celui qui était souillé se souillera toujours davantage; ils iront en empirant,
creusant toujours plus l'abîme qui les sépare de celui sans qui ils ne
sauraient vivre; et s'en-fonçant toujours plus dans la fange de l'étang
bourbeux où ils sont plongés, progressant dans la mort comme les rachetés dans
la vie, ils se seront vus privés par leur faute des biens que Dieu leur avait
offerts, et souffriront de cette décadence morale et intellectuelle que
l'Écriture appelle la seconde mort. Sera-ce l'anéantissement?
Quelques personnes, qui attachent à la doctrine de
l'éternité des peines, comme dogme, une grande importance (et elles ont
raison), trouveront peut-être hardi, peut-être hérétique, le simple doute de la
possibilité d'un anéantissement. Il ne nous paraît positivement contredit par
aucun passage, mais comme ce n'est qu'un doute, il y aurait mauvaise grâce à y
insister, et nous nous rapprocherons de la doctrine reçue en disant: sera-ce
l'abrutissement? la dégradation de l'être tout entier poussée à sa dernière
limite?
Nous ferons encore un pas, et laissant subsister
l'être moral, nous demanderons: Sera-t-il simplement privé de la conscience de
soi-même? de l'idée de temps? de l'idée d'éternité?
Doutes et questions qui nous paraissent légitimes, et
dont nous hésitons d'autant moins à nous occuper que la doctrine des peines
éternelles nous paraît plus clairement, plus positivement établie par la lettre
de l'Écriture. Il n'y a pas d'exégèse, en effet, ni d'interprétation qui puisse
ôter à des passages tels que Ésaïe 66:24; Daniel 12:2; Matthieu 3:12; 12:32;
18:8; 25:41,46; 26:24; Marc 9:43; sq. Jean 3:36; 2 Thessaloniciens 1:9;
Apocalypse 9:6; 20:10 (Jude 6:7), le sens simple et naturel que l'église
chrétienne de tous les temps leur a toujours reconnu. C'est une chose hors de
question; la réjection des réprouvés sera éternelle. Nous n'épiloguerons pas
sur les mots, quoique ce soit ici que se posent les questions: que signifie le
mot éternel? quelle sera la nature de la réprobation? Les partisans de la
doctrine du rétablissement final, peuvent aspirer à la restauration harmonique
de toutes choses; ils peuvent en trouver une preuve morale dans l'idée, juste
d'ailleurs, qu'ils se font de la bonté de Dieu; une preuve philosophique dans
l'instinctive répulsion qu'on éprouve pour un bonheur éternel fondé sur des
débris toujours palpitants et souffrants, pour l'idée d'une paix éternelle en
présence d'un dualisme toujours subsistant, d'une lutte noyée dans la victoire,
mais se montrant encore dans les imprécations des vaincus, et dans cette fumée
qui s'élève de l'étang ardent où ils maudissent encore et toujours le
vainqueur; on l'établira avec plus ou moins de sagesse sur l'apparente
disproportion qui se trouverait entre l'offense et la peine (argument que les
éternitaires ont toujours éludé ou faiblement combattu); on en trouvera
d'autres preuves enfin, dans une interprétation équivoque de quelques passages
douteux, Ésaïe 45:23; Romains 14:11; Philippiens 2:10; Actes 3:21; 1 Pierre
3:18, et surtout: Romains 5:12-21... «Par une seule justice justifiante, le don
est venu sur tous les hommes», etc.; 1 Timothée 4:10: «Le Dieu vivant, qui est
le sauveur de tous les hommes, et principalement des fidèles», etc.; 1
Corinthiens 15:28 «Après que toutes choses lui auront été assujetties, alors
aussi, le Fils lui-même sera assujetti à celui qui lui a assujetti toutes
choses, afin que Dieu soit tout en tous.»
Quelle que soit la valeur de ces preuves, elles ne
peuvent détruire ni l'évidente clarté des passages indiqués plus haut, ni cet
autre sentiment instinctif que corrobore l'expérience, que celui qui est plongé
dans le mal, s'y enfonce toujours plus, à moins du secours d'en haut, qu'il s'y
dégrade sans retour, et que son abrutissement ne saurait avoir d'autre ternie
que sa vie.
Mais c'est précisément à cause de l'évidence de cette
doctrine, et parce que le rétablissement final des réprouvés nous paraît
impossible à établir par l'Écriture, que nous croyons pouvoir, soit à cause de
la bonté de Dieu, soit à cause de l'impérieux besoin d'harmonie qu'on éprouve,
quoiqu'on en veuille, à la pensée du bonheur à venir, laisser une porte ouverte
au doute sur la nature même de la peine. L'anéantissement n'exclut pas
l'éternité, et c'est une chose au moins remarquable, non seulement que la
condition des réprouvés soit appelée la mort seconde, ainsi qu'on l'a vu, mais
qu'elle soit encore appelée la mort par opposition à la vie, Romains 6:21-23,
et que la condamnation de ceux qui désobéissent au Fils soit prononcée en ces
mois: «Ils ne verront point la vie», Jean 3:36.
Si Dieu nous a tracé la ligne des pensées et des
paroles dont nous devons nous servir en parlant du jugement, des pécheurs, il
est évident aussi qu'il ne nous a pas tout dit, et que la clef de ces
effrayants mystères est encore entre ses mains.
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ÉNIGMES.
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Les Hébreux, comme tous les peuples orientaux,
aimaient les jeux d'esprit, et se plaisaient à assaisonner leurs repas et leurs
festins de quelque piquante question dont la solution était demandée aux
assistants. C'était même parfois un jeu de prince, comme on le voit par les
rapports de Salomon avec la reine de Séba, 1 Rois 10:1. Les principales énigmes
dont le souvenir nous ait été conservé par l'Écriture sont celles de Samson,
Juges 14:14, celles d'Agur, Proverbes 30:12; sq., celle d'Ézéchiel, 17:2; sq..
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ÉNOCH ou Hénoc, et Hanoc,
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1. le
septième homme après Adam, descendant de ce patriarche à la sixième génération,
fils de Jéred, père de Méthusélah, vit ses jours abrégés sur la terre, et ne
compta que trois cent soixante-cinq années, pendant lesquelles il marcha avec
Dieu, puis il disparut, «parce que Dieu le prit», Genèse 5:21-24. Un voile est
jeté sur la nature de l'intime communion de cet homme pieux avec son père
céleste; le chrétien seul peut comprendre ce que c'est que vivre avec Dieu, et
il n'y a qu'un bien grand développement de la vie nouvelle, un développement
extraordinaire, qui puisse en donner une idée exacte; c'est la perfection dans
la sainteté qui seule peut faire jouir de la communion parfaite. Un voile est
également jeté sur sa disparition. L'auteur sacré ne dit que juste ce qu'il
faut pour nous apprendre qu'Énoch n'a point passé par la mort, cf. Hébreux
11:5. Il ne se trouva plus, de la même manière que, Genèse 37:30, Joseph ne se
trouva plus dans la fosse lorsque Ruben voulut l'en retirer: les mêmes
expressions sont employées pour la disparition d'Énoch et pour l'enlèvement
d'Élie, 2 Rois 2:3. C'est tout ce que l'Écriture nous dit sur la vie sainte et
l'enlèvement glorieux de ce témoin de la vérité. Le Nouveau Testament le ramène
sur la terre, Jude 14 et 45, pour faire entendre de lui quelques solennels
avertissements aux fils des hommes, sur les jugements que l'Éternel prononcera
contre les impies. On se demande où saint Jude a puisé cette citation, et quel
degré d'authenticité elle peut avoir. La réponse n'est pas facile. De fait, il
existait dans les premiers siècles de l'Église chrétienne un livre ou recueil
de prophéties, attribué à Énoch, tissu de fables et d'absurdités dont quelques
pères, Justin, Athénagore, Irénée, Clément d'Alexandrie, Lactance, Tertullien,
faisaient assez de cas, mais auquel Origène, Jérôme et Augustin n'accordaient
aucune autorité. On l'a cru perdu fort longtemps, et le seul fragment qu'on en possédât
avait été publié par Scaliger (mort en 1609), d'après l'ancienne chronographie
de George Syncellus. L'original devait avoir été écrit en hébreu ou en caldéen,
puis traduit en grec; mais l'on n'en trouvait plus aucun exemplaire, lorsqu'on
apprit au dix-septième siècle qu'il en existait une traduction éthiopienne, et
que cet ouvrage était lu et fort estimé des Églises de l'Abyssinie. Longtemps
les essais que l'on fit pour se le procurer échouèrent, lorsqu'enfin, en 1773,
le voyageur Bruce réussit à s'en procurer trois exemplaires, qui furent
promptement traduits en anglais et publiés. En 1834, l'allemand Ruppel en
rapporta également d'Éthiopie un exemplaire dans son pays, et une traduction
allemande a paru en 1838, peu différente d'une autre publiée en 1833, d'après
l'anglais. On a tout lieu de croire que l'ouvrage éthiopien est le même que
celui dont parlent les pères de l'Église, et le passage cité par Jude s'y
trouve presque littéralement, quoiqu'un peu abrégé, au commencement du second
chapitre: «Voici, il vient avec des myriades de ses saints pour juger le monde,
pour détruire les méchants et pour punir toute chair, à cause de tout ce que
les pécheurs et les impies auront fait et commis contre lui.»
Mais, malgré cette identité, et quoique plusieurs raisons
militent en faveur de l'opinion (Calmet, etc.) qui pense que Jude a transcrit
sa citation du livre indiqué, bien qu'on puisse admettre encore que cet ouvrage
apocryphe contienne des vérités dont saint Jude, éclairé d'une lumière
surnaturelle, a pu faire usage pour l'édification des fidèles; bien qu'une
citation de cet ouvrage n'ait rien qui doive surprendre plus que les citations
d'Épiménide et de Ménandre, faites par saint Paul, nous ne saurions souscrire à
cette manière de voir. Le témoignage de saint Jude, exprimé comme il l'est dans
son Épître, serait en effet non seulement une garantie de la vérité des paroles
citées, mais encore, comme le fait remarquer saint Jérôme, un témoignage rendu
à l'authenticité du livre lui-même. Il nous paraît beaucoup plus naturel et
plus vrai d'admettre que l'auteur du faux livre d'Énoch, et Jude, auront l'un
et l'autre puisé à une source commune, maintenant perdue, source qui pourrait
n'être autre que la tradition; et si l'on réfléchit que le fils d'Énoch,
Méthusélah, après avoir vécu trois cents ans avec son père, est venu toucher
ensuite à l'année même du déluge, il n'est point difficile de comprendre que
les paroles d'un si grand prophète, à qui la communion de Dieu devait avoir
révélé sans doute bien des choses à venir sur la corruption des hommes et les
châtiments qui les attendaient (peut-être le déluge sur le premier plan de sa
perspective prophétique, et le jugement final sur le dernier plan), que ses
paroles, disons-nous, aient été religieusement conservées parmi les Juifs
pendant une longue suite de générations,
— Voir: sur ce livre, et pour plus de détails,
Preiswerk, Morgenland, IV, 271.
2. Hénoc,
fils aîné de Caïn, donna le nom à une ville que son père bâtit, Genèse 4:17.
Dans les anciens temps la grandeur ne faisait pas la ville; on appelait de ce
nom tout enclos entouré de murailles. C'est dans la famille de Caïn que
commença à se développer le goût d'une vie aisée et artificielle, avec les
craintes, l'inquiétude, et le besoin de s'abriter, qui en sont toujours la
suite. Si les traces de cette ville n'ont pas entièrement disparu sous les
flots du déluge, elles se retrouvent peut-être dans le nom de Chanogé, ancienne
et célèbre ville de commerce, au nord des Indes, déjà chantée dans les plus
anciens poèmes épiques des Indous; Huet voit les débris de la ville d'Énoch
dans Anuchtha, ville de l'ancienne Perse, citée par Ptolémée; le tha ne serait
alors qu'une terminaison araméenne. D'autres enfin comparent la peuplade
caucasienne des Heniochiens. Mais comme le mot hanak, qui est la racine de tous
ces autres noms, signifie lui-même commencer, on comprend qu'un grand nombre de
familles et de villes ont pu porter un nom semblable, puisque chaque homme
pouvait appeler ainsi son fils aîné, ou la première ville d'une contrée.
3. Énoch
est encore le nom du fils aîné de Ruben, Genèse 46:9.
4. Enfin,
Énoch, ou plutôt Hanoc, Genèse 25:4, fils de Madian, petit-fils d'Abraham par
Kétura.
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ÉNON,
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près de Salim, Jean 3:23, lieu où Jean baptisait parce
qu'il y avait là beaucoup d'eau (plusieurs ruisseaux). Le nom même d'Énon
indique une source abondante; mais il est difficile de rien préciser sur
l'endroit où cette source existait. D'après Eusèbe et saint Jérôme, c'aurait
été à huit milles de Scythopolis, entre Salim et le Jourdain.
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ÉNOS,
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Lit. mortel.
petit-fils d'Adam par Seth, naquit l'an du monde 235
et mourut en 1140, âgé de neuf cent cinq ans; Adam, Seth et Énoch moururent
avant lui; il fut contemporain de Méthusélah et même de Noé, avec qui il vécut
encore quatre-vingt-quatre ans. C'est depuis Énos qu'on commença «d'appeler du
nom de l'Éternel», ce qui signifie, en comparant Ésaïe 12:4; 44:5, «se réclamer
publiquement du nom du Dieu fort», c'est-à-dire, soit prendre le nom d'enfants
de Dieu par opposition aux enfants du monde, soit rendre un culte public à
Jéhovah.
— cf. Genèse 4:26; 5:6; 1 Chroniques 1:1; Luc 3:38.
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ENSEIGNES.
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Dans le voyage du désert chaque troisième tribu avait
une enseigne ou drapeau, Nombres 1:52; 2:2; 10:4; l'Écriture ne nous donne
aucun détail sur la forme, la couleur, la grandeur et les inscriptions de ces
enseignes. Les rabbins, en revanche, se sont chargés de combler la lacune au
moyen de leur imagination; ils ont mis un jeune lion sur le drapeau de Juda
(Issachar et Zabulon), cf. Genèse 49:9; un homme sur celui de Ruben (Siméon et
Gad); d'après Jonathan, un cerf au lieu du bœuf, Genèse 49:6, qui aurait trop
rappelé l'idolâtrie du veau d'or; sur celui d'Éphraïm (Manassé, Benjamin), un
taureau; d'après Jonathan, un garçon; sur celui de Dan (Aser et Nephthali), un
aigle; d'après Jonathan, une couleuvre, Genèse 49:17.
— De plus petites bannières servaient à distinguer les
familles, mais on n'en connaît pas non plus la forme.
— Le mot rendu par enseignes, Ésaïe 5:26; 11:12; 13:2;
18:3; 62:10; Jérémie 4:6, etc., serait plus exactement traduit par «signaux»;
le mot hébreu qui y est employé est nés, différent de déguel, grand drapeau, et
de othoth, petit drapeau: ces signaux étaient élevés sur de hautes montagnes
dans des circonstances extraordinaires, lorsqu'il s'agissait, par exemple,
d'appeler sous les armes les hommes en état de servir; les uns se représentent
ces signaux comme des feux allumés, d'autres comme d'immenses drapeaux plantés
en terre.
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ENSUBLE.
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Cette partie d'un métier est nommée en hébreu menor
orguim, et se trouve employée, 1 Samuel 17:7; 2 Samuel 21:19, comme terme de
comparaison pour désigner la grosseur de la hampe de la hallebarde de deux
géants. Le mot masseket, Juges 16:13-14, traduit par ensuble, signifie des fils
tissés, une tresse, la chaîne,
— Voir: Tisserand.
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ÉPAINÈTE,
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Romains 16:5, n'est connu que par ce passage. Saint
Paul l'appelle son disciple bien aimé, et les prémices de son œuvre en Asie (le
mot Achaïe qui est dans nos versions ne se trouve pas dans les meilleurs
manuscrits, et serait en contradiction avec 1 Corinthiens 16:15, où Stéphanas
est appelé les prémices de l'apôtre en Achaïe); par Asie il faut entendre
naturellement l'Asie proconsulaire.
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ÉPAPHRAS,
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Colossiens 1:7; 4:12. Philémon 23, fidèle de Colosses,
que saint Paul recommande à l'église de cette ville comme son compagnon de
service, comme son compagnon de captivité, et surtout comme un fidèle ministre,
digne de remplacer l'apôtre absent. Épaphras paraît avoir été le fondateur de
l'église de Colosses; il ne doit pas être confondu avec Épaphrodite, comme font
Grotius et Winer; Olshausen et Steiger ont parfaitement démontré la non
identité.
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ÉPAPHRODITE,
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Philippiens 2:25; 4:18. Saint Paul nous le montre
comme un membre de l'église de Philippes, collaborateur de l'apôtre dans le bon
combat, député auprès de lui par les Philippiens pour subvenir à ses besoins et
lui porter le produit d'une collecte dans la grande ville où il était
prisonnier. Épaphrodite fut longtemps le compagnon du captif; mais ayant fait
une grave maladie, suite peut-être de ses soins dévoués, et affligé de savoir
que l'église de Philippes, dont il était apparemment le pasteur, était inquiète
à son sujet, partagé entre l'apôtre et l'église, qui, l'un et l'autre, avaient
besoin de sa présence, il ne put cacher à Paul son déchirement intérieur, et
celui-ci n'hésita pas à le renvoyer auprès de son église, à la grande joie de
tous, lui remettant en même temps pour les Philippiens une lettre dont il fut
le porteur.
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ÉPAULE,
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expression qui se trouve plusieurs fois dans
l'Écriture au propre et au figuré; trois mots hébreux sont rendus en français
par épaule, quoiqu'ils aient des nuances de signification différentes: shokh,
quelquefois la cuisse, quelquefois la jambe, aussi le péroné, en parlant des
hommes et des animaux, Ésaïe 47:2; Cantique 5:15; Lévitique 7:34; katheph,
l'épaule proprement dite, Nombres 7:9; Ésaïe 46:7; shekem, l'arrière-partie de
l'épaule, la nuque: ces deux derniers termes sont employés Job 31:22, au
commencement du verset, qui doit être traduit par «Que mon épaule se détache de
ma nuque», etc. Le shekem sert à désigner:
a. la
partie du corps qui porte, Genèse 9:23; Ésaïe 9:5; 22:22; Job 31:36; Sophonie
3:9 (servir l'Éternel d'un même esprit; en hébreu, le servir d'une même épaule,
allusion au joug);
b. la
partie sur laquelle on fouettait les criminels, les omoplates et le dos jusqu'à
la ceinture, Ésaïe; 9:3;
c. enfin
il s'emploie dans la phrase tourner le dos, fuir, abandonner, 1 Samuel 10:9; et
l's. 21:12, où au lieu de «Tu les mettras en butte», il faut lire: «Tu les
mettras en dos, en épaule», c'est-à-dire, tu leur feras tourner le dos.
C'est le mot shokh qui est employé en parlant de
l'épaule d'élévation, Lévitique 7:34; Nombres 6:20; 18:18; l'épaule droite des
victimes revenait de droit aux prêtres dans les sacrifices d'action de grâce et
de prospérités, et ne pouvait être mangée que dans un lieu pur et saint,
Lévitique 10:14. Quant aux cérémonies de l'élévation et du tournoiement,
— Voir: Lever et Offrande.
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ÉPEAUTRE,
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Exode 9:32; Ésaïe 28:25; Ézéchiel 4:9, hébreu
cussèmeth, dérive peut-être de casam être tondu, désigne en tout cas une espèce
de céréales sans barbe; il y a de l'incertitude sur la traduction exacte de ce
mot, mais on est en général d'accord à l'entendre de l'épeautre, le triticum
spelta de Linnée.
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ÉPÉE,
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Du Grec «Machaira». La Parole de Dieu est comparée à
une épée à deux tranchants.
Désigne aussi la Bible de Machaira, traduction
nouvelle non stéréotypée basée sur les textes originaux: le Texte Massorétique
Hébreu pour l’Ancien Testament, et le Texte Reçu Grec pour le Nouveau
Testament.
— Voir: Armes.
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ÉPERVIER.
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Le mot hébreu netz, Lévitique 11:16; Deutéronome
14:15; Job 39:29, désigne comme son étymologie et comme le passage de Job
l'indiquent, un oiseau de proie au vol rapide; il appartient aux animaux
impurs: la Vulgate et Luther traduisent comme nos versions par épervier,
d'autres (Winer) par autour. Le passage de Job a trait à l'instinct de cet
oiseau qui le pousse à l'approche de l'hiver vers les climats plus chauds.
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ÉPHA.
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1. Ésaïe
60:6; Genèse 25:4;
— Voir: Hépha.
2. Mesure
des Hébreux pour les choses sèches, équivalente au bath qu'on employait pour
les liquides (environ 35 litres), Ézéchiel 45:11; Exode 16:36; Juges 6:19; Ruth
2:17; Zacharie 5:6-7. Dans ce dernier passage, une femme (l'impiété) est enfermée
dans un épha, et transportée au pays de Sinhar, qui doit être le terme extrême
de la manifestation du mal dans les derniers temps.
________________________________________
ÉPHÈSE,
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ville importante de l'Ionie et, sous les Romains, de
l'Asie proconsulaire, sur les bords du Cayster, non loin de la mer d'Icarie,
entre Milet et Smyrne, à 320 stades (70 kilomètres) de cette dernière ville.
Grâce à sa position elle faisait un commerce de transit fort considérable; mais
ce qui lui assurait le plus une haute célébrité, c'était son temple de Diane.
Détruit par un fou, ce bâtiment que deux siècles avaient à peine suffi à
construire, périt dans une seule nuit, mais il fut rebâti plus somptueux
encore, et conservait toute sa magnificence au temps de saint Paul, Actes
19:24.
— Voir: Diane.
Lorsque l'apôtre y arriva pour la première fois, il y
trouva un certain nombre de Juifs qui reçurent l'évangile, Actes 18:19,20; il
n'y fit d'abord qu'un court séjour, et pendant son absence le juif Apollos le
remplaça avec beaucoup de succès. Puis Paul revint, et continua d'accomplir
pendant trois ans, 20:31, son œuvre d'évangélisation, parmi les Juifs d'abord,
puis parmi les païens, chez qui il trouva des amis, même d'entre les Asiarques,
19:31, de sorte que son église fut un mélange de Juifs et de Grecs, 20:21.
C'est de là qu'il écrivit son épître aux Galates et la 1re aux Corinthiens. Il
dut quitter la ville en suite de l'émeute de Démétrius, et au retour de son
voyage en Macédoine, passant par Milet, il fit appeler auprès de lui les
pasteurs d'Éphèse, auxquels il donna de vive voix de nouvelles instructions,
20:17; il ne paraît pas qu'il y soit retourné depuis, 20:38, quoiqu'on ait
voulu le conclure d'une certaine interprétation de 1 Timothée 1:3. À son départ
il établit et consacra Timothée pasteur d'Éphèse; plus tard la tradition nous
montre aussi l'évangéliste saint Jean pasteur de la même ville: Jean doit y
être mort, ainsi que Marie, la mère de Jésus, dont ce disciple bien-aimé s'était
chargé, et Marie Madeleine. L'épître écrite à l'ange de cette église,
Apocalypse 2:1-7, nous la montre dans un état spirituel en général assez
prospère, quoiqu'il lui soit reproché en même temps d'avoir abandonné sa
première charité; il ne paraît pas que saint Jean ni Timothée s'y trouvassent
encore à cette époque: Timothée y avait souffert le martyre peut-être quelque
temps auparavant, et Jean était exilé.
— La ville d'Éphèse était l'un des plus grands sièges
de la magie orientale; cf. Actes 19:13-20; là aussi nous la voyons succomber
devant les témoins de la vérité; son développement, puis sa chute éclatante et
rapide, rappellent les succès et la confusion des magiciens de l'Égypte.
Épître aux Éphésiens. Elle fut écrite de Rome, et
probablement à la même époque que celle aux Colossiens, puisque l'une et
l'autre furent envoyées par Tychique, qui avait ordre de donner en même temps
de vive voix aux églises des nouvelles de l'apôtre. Cette épître ne renferme de
polémique contre aucune erreur déterminée; elle ne contient presque rien que
l'expression des sentiments de l'apôtre, des exhortations pratiques, et un
exposé de la doctrine évangélique, tel qu'on pouvait le présenter à tous les
païens nouvellement convertis. La seule partie spéculative est formée par
l'exhortation à l'union entre les chrétiens-païens et les judéo-chrétiens,
exhortation fondée sur la doctrine de l'économie divine. L'apôtre ne parle
nullement à ses lecteurs comme à des personnes qu'il connaisse personnellement,
puisqu'au contraire il leur fait connaître sa vocation, 3:2-4. Il les salue
d'une manière générale, et il est remarquable qu'il ne les salué pas au nom
d'un seul de ses nombreux compagnons, pas même de Timothée. Il est donc évident
que cette épître ne peut avoir été adressée à l'église que Paul avait fondée
lui-même à Éphèse; Grotius a cru pouvoir en conclure, conformément à quelques
manuscrits, qu'elle fut écrite aux Laodicéens, cf. Colossiens 4:16, mais la
grande majorité des manuscrits s'oppose à cette manière de voir, et l'opinion
d'Usserius, appuyée par Hug, Olshausen, Harless, Steiger, nous paraît beaucoup
plus probable, savoir que c'était une lettre encyclique adressée entre autres
aux Éphésiens, aux Laodicéens et aux églises environnantes; arrivée à
destination et copiée, il a pu facilement arriver que dans quelques exemplaires
on ait mis le nom de Laodicée au lieu de celui d'Éphèse, et le caractère
général de la lettre s'explique.
— Comment. Harless. Erlangen 1834; Passavant, Stier.
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ÉPHOD,
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large ceinture magnifiquement brodée que les
sacrificateurs portaient autour de leur robe, Exode 28. Elle consistait en deux
rubans d'une matière précieuse qui, prenant sur le cou et descendant de dessus
les épaules, venaient se croiser sur la poitrine, puis retournant en arrière
servaient à ceindre la robe, absolument comme une écharpe. L'or et les plus
riches couleurs distinguaient l'éphod du souverain sacrificateur de celui des
simples prêtres qui n'était fait que de lin. Par devant, à l'endroit où les
rubans se croisaient, était le pectoral, q.v. L'éphod était regardé comme
l'accompagnement indispensable du culte, faux ou vrai. Gédéon, vainqueur des
idolâtres de Madian, se fit un éphod de leurs dépouilles, voulant élever un
monument au vrai Dieu et sanctionnant par le fait une nouvelle idolâtrie, Juges
8:27.
Mica donne également un éphod à l'idole de son culte,
Juges 17:5;
— Voir: encore Osée 3:4.
Quoique l'éphod fût l'apanage des prêtres, on le voit
quelquefois aussi porté par des laïcs ou des lévites, par Samuel encore enfant,
1 Samuel 2:18, par David, 2 Samuel 6:14; etc.
— Le mot hébreu éphod a été pris par quelques
interprètes comme signifiant idole dans les passages d'Osée et des Juges.
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ÉPHRAÏM,
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1. Genèse
41:52; 46:20; 48:1; 1 Chroniques 5:1, le second fils de Joseph et d'Asénath,
reçut par la bénédiction de Jacob le droit et les avantages de la
primogéniture, au détriment de son frère aîné Manassé. Plusieurs de ses fils
ayant fait pendant son séjour en Égypte, une sortie contre ceux de Gad ou Gath,
pour leur enlever leur bétail, furent mis à mort; il mena deuil sur eux pendant
longtemps, et ses frères vinrent pour le consoler, 1 Chroniques 7:22. Cependant
sa famille bénie s'accrut considérablement, et comptait au sortir de l'Égypte
40,500 hommes en état de porter les armes, Nombres 2:18,49, qui tous se
réclamaient, comme tribu, du nom de leur père Éphraïm.
Lors de la division du pays de Canaan, Josué, qui
était de cette tribu, lui donna en partage une contrée vaste et fertile, Osée
9:13; elle occupait toute la largeur du pays depuis le Jourdain jusqu'à la
Méditerranée, entre les tribus de Dan, de Benjamin et la demi de Manassé, et
fut pendant longtemps le siège du tabernacle (à Silo), Josué 16:8; 17:10. On
trouvait même encore des Éphraïmites en dehors des limites marquées, Juges
19:16. Ainsi furent accomplie sur ce fils de Joseph, les bénédictions du vieux
Jacob, qui lui annonçait de la part du Tout-Puissant qu'il serait fait aussi le
pasteur et la pierre d'Israël, Genèse 49:24, et qu'il contrebalancerait le
pouvoir de Juda, 1 Chroniques 5:1; 2, cf. encore Deutéronome 33:13, et les
riches promesses de Moïse.
— À la mort de Saül cette tribu, par esprit de
rivalité contre Juda, se ligua en faveur d'Is-Boseth avec les dix autres
tribus, 2 Samuel 2:9, mais après la défaite de son prétendant elle suivit le
parti du vainqueur et se soumit à David 5:1. Ce ne fut pas pour longtemps;
bientôt, fidèle à sa jalousie, elle releva la tête après Salomon et fut la
principale cause de la division du royaume en deux moitiés, dont la plus
grande, qui prit mal à propos le nom d'Israël q.v., eut sans interruption sa
résidence principale dans cette tribu, et fut au commencement gouvernée par une
dynastie éphraïmite, 2 Samuel 19:41; sq. Aussi, bien souvent les prophètes
donnent-ils à ce royaume des dix tribus le nom plus exact d'Éphraïm, Ésaïe 7:2;
Osée 4:17; 5:9; 6:4; 12:1. Elle fut emmenée en captivité avec les autres tribus
d'Israël par Salmanassar.
— Le nom d'Éphrat, Psaumes 132:6, et celui
d'Éphratien, 1 Samuel 1:1; 1 Rois 11:26, signifient probablement Éphraïm,
Éphraïmite.
2. Montagnes
d'Éphraïm; région montagneuse au centre de la Palestine, au sud de celles de
Guilboa, formant la principale partie du territoire qui prit plus tard le nom
de Samarie. Elle touche aux montagnes de Juda. Ses sommets détachés de la masse
y sont nombreux et presque tous égaux (mais d'une élévation peu considérable),
ce qui donne à cette contrée le caractère d'un vrai pays de montagnes. Elle
était extrêmement fertile comme elle paraît l'être encore de nos jours. Au sud
se trouve Guérizim, la montagne des bénédictions, le point le plus élevé de la
contrée; puis le mont Hébal (800 pieds), Deutéronome 11:29, le Tsalmon, Juges
9:48, le Gahas, Josué 24:30, le Tsémarajim, 2 Chroniques 13:4, et beaucoup
d'autres montagnes, de même que le champ et le puits de Jacob, Jean 4:5-6;
Genèse 33:18-20. On connaît du reste fort peu cette contrée, qu'aucune roule ne
traverse et qui est passablement infestée de brigands à l'affût des voyageurs
qui se rendent de Sichem à Jérusalem, de sorte qu'il n'est pas possible de
déterminer l'emplacement exact des différents lieux indiqués.
— Cette même contrée porte quelquefois aussi le nom de
montagnes d'Israël.
3. La
forêt d'Éphraïm, qui fut le théâtre de la victoire de David sur son fils
rebelle, et de la mort de ce dernier embarrassé dans les branches d'un arbre,
est, soit une contrée inconnue de Galaad, peut-être celle où Jephthé avait
battu les Éphraïmites, Juges 12, soit plutôt la partie des montagnes d'Éphraïm
qui est vis-à-vis de Galaad, et qu'on appelait déjà auparavant la forêt, à
cause de ses bois épais, Josué 17:15-18.
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ÉPHRAT ou Éphrata.
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1. Femme
de Caleb ou Célubaï, 1 Chroniques 2:9,19,50,51; 4:4, donna son nom au village
de Bethléem, où s'établirent son fils Hor, et son arrière petit-fils Salmo.
2. Éphrat
est le village nommé ailleurs Bethléem, Genèse 35:19; Ruth 4:11, et dont le nom
complet se trouve Michée 5:2, de sorte que Éphratien est synonyme de
Bethléhémite, Ruth 1:2; 1 Samuel 17:12.
3. Éphrat,
nom d'Éphraïm, Psaumes 132:6, et Éphratien, synonyme d'Éphraïmite, 1 Samuel
1:1; 1 Rois 11:26.
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ÉPICURIENS,
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Actes 17:18. Secte philosophique bien connue, et dont
la sensualité avait pris pour règles les quatre canons suivants:
1. Recherchez
la volupté qui n'est accompagnée d'aucun déplaisir;
2. fuyez
tout déplaisir qui n'est accompagné d'aucune jouissance;
3. fuyez
toute volupté qui en empêche une plus grande, ou qui engendre un plus grand
déplaisir;
4. recherchez
tout déplaisir qui en évite un plus grand, ou qui engendre une plus grande
volupté.
— Épicure, du reste, n'attachait au mot volupté que le
sens général de repos, et quelquefois même il y joignait celui de devoir
accompli. Son Dieu, car Épicure en avait pris un pour se soustraire à
l'accusation d'athéisme, n'était pas une providence: c'était un être d'une
félicité, d'un repos, d'une insouciance, d'une inutilité sans bornes, et
complètement incapable de gêner qui que ce fût. L'âme de l'homme était
corporelle pour ces philosophes, et cessait d'exister en même temps que le
corps.
— Cette doctrine, qui changea peu, et à laquelle on
ajouta peu, car elle était parfaite une fois le genre admis et le principe
accepté, se répandit dans tout le monde, gagna des sectateurs, et se trouvait
solidement établie à Athènes et à Rome, comme ailleurs, lors de la venue de
Jésus-Christ.
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ÉPINES.
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Les plantes ou buissons épineux, et les épines de
divers genres sont si nombreux en Orient, que l'hébreu ne comptait pas moins de
seize mots pour les désigner, plus ou moins synonymes, mais exprimant sans
doute aussi diverses nuances du genre, quoiqu'il ne nous soit guère possible
maintenant de les déterminer d'une manière exacte,
— Voir: Winer, Realw., et les dictionnaires.
L'agriculture avait de la peine à lutter contre la
multitude et la ténacité de ces plantes inhospitalières, Genèse 3:18; Jérémie
42:13; Job 31:40; Matthieu 13:7; Hébreux 6:8, et souvent on prenait le parti
d'y mettre le feu avant le labour, soit pour les exterminer d'une manière plus
expéditive, soit pour fournir à la terre un engrais, Ésaïe 10:17; mais la
racine restait toujours dans le sol.
— Quant aux épines de la couronne de Jésus,
— Voir: Couronne.
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ÉPOUX, épouse.
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Les rapports conjugaux ont toujours été chez le peuple
de Dieu, avant et après Moïse, bien différents de ce qu'ils étaient chez les
autres peuples de l'Orient. Si la polygamie existait sans être formellement
défendue, elle ne constituait pas cependant une vie de harem, ni l'esclavage
pour les femmes. Le mari avait les garanties qu'il pouvait désirer quant à leur
fidélité; mais les femmes avaient les leurs pour elles et pour leurs enfants.
Elles ne pouvaient être répudiées si, avant le mariage, leur époux avait déjà
habité avec elles, ou si, après, il les avait calomniées, Deutéronome 22:19,29;
il est assez probable aussi qu'elles ne pouvaient être renvoyées étant
enceintes. Quelquefois, en Orient, les préférences entre les femmes en
amenaient entre leurs enfants; la loi de Moïse ne le permettait pas; elle
rendait inamovible le droit de primogéniture, et ne permettait pas qu'un père
élevât le fils d'une mère préférée au détriment de l'aîné, Deutéronome
21:15-17.
— Voir: Femmes, Mariage, etc.
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ÉPREUVES judiciaires.
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Ces moyens, imaginés par l'ignorance et la
superstition pour découvrir la vérité dans les cas douteux, ont joué un grand
rôle chez les peuples et dans les siècles barbares. On les appelait jugements
de Dieu, et toujours ils étaient ordonnés de manière à ce qu'un miracle fût
nécessaire pour sauver l'innocent, car le prévenu était censé coupable
jusqu'après l'épreuve. L'eau froide, l'eau bouillante, le fer rouge, certaines
boissons, des sauts dangereux, étaient les moyens le plus ordinairement
employés; quelques-uns étaient connus déjà de l'antiquité la plus reculée
(Sophocle, Antig. 264). Les Juifs n'avaient de cérémonie pareille que pour un
seul cas, et encore l'épreuve était-elle en elle-même innocente, redoutable
seulement pour la femme adultère,
— Voir: Eau de jalousie.
— On peut trouver dans le Dictionnaire historique des
cultes, des détails curieux sur les épreuves admises chez les différents
peuples.
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ER,
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un des ancêtres de Marie, Luc 3:28. Inconnu.
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ÉRASTE,
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disciple que saint Paul envoya d'Éphèse en Macédoine,
avec Timothée, Actes 19:22, pour préparer les aumônes des fidèles. On peut
supposer qu'il accompagna longtemps l'apôtre dans ses voyages, et c'est le même
sans doute que l'on retrouve, 2 Timothée 4:20, demeurant à Corinthe, éloigné de
Paul qui le regrette. Il était ou avait été trésorier, Romains 16:23 (si
toutefois ce ne sont pas deux personnages différents, comme Winer le suppose),
et aurait donné sa démission de sa charge en se décidant à suivre l'apôtre. Il
était apparemment de Corinthe, ainsi que l'indiquent et le passage de Timothée,
et celui des Romains, «le procureur de la ville» celle d'où écrivait saint
Paul, et qui était selon toute probabilité Corinthe.
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ÉREC,
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Genèse 10:10. Une des villes bâties par Nimrod; il y a
deux opinions:
1. Bochart
pense que c'est Arecca, dont parlent Ptolémée et Ammien Marcellin, située sur
les bords du Tigre, entre la Susiane et Babylone, opinion que Winer (Realw.)
trouve plus probable à cause de la place qu'occupent les Arkéviens, Esdras 4:9.
2. Ce
serait Édesse, d'après le témoignage positif de Jérôme, d'Éphrem et de quelques
rabbins.
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ÉSAÏE.
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1. Lévite,
Esdras 8:19;
— Voir: Sérébia.
2. Prophète
hébreu, fils d'Amots. On n'a que fort peu de notices positives sur sa vie et
sur sa personne. Son nom signifie aide de Dieu. D'après un» tradition, son père
aurait été frère du roi Amatsia, et lui-même aurait été de la famille royale.
Plusieurs circonstances nous font croire qu'il avait reçu, dans sa jeunesse,
une éducation distinguée; son style orné et majestueux, qui décèle une grande
étendue de connaissances, et ses relations avec la cour viennent à l'appui de
la tradition. Il commença les fonctions de prophète vers la fin du règne
d'Hosias, probablement la dernière année de ce roi, si, comme on peut le
croire, le chapitre 6 indique la consécration d'Ésaïe; et il les poursuivit
sous les règnes de Jotham, d'Achaz et d'Ézéchias. Il paraît même, d'après 2
Chroniques 32:32, qu'il a survécu à ce dernier, et, selon une tradition des
Juifs et de l'ancienne Église chrétienne, if aurait vécu jusqu'à l'époque de
Manassé, qui l'aurait fait mettre à mort. Il aurait donc fourni une carrière
prophétique de plus de soixante ans (mort d'Hosias 759, avènement de Manassé
698 ou 97), et aurait atteint un âge fort avancé, au moins quatre-vingt-dix
ans; la tradition même lui en donne cent vingt, et porte qu'il aurait été scié
en deux par les ordres de Manassé; le passage Hébreux 11:37; semble se
rapporter à cette tradition et la confirmer. Ésaïe demeura toujours à Jérusalem,
où il était marié, et où il avait au moins deux enfants, Ésaïe 7:3; 8:3-4.Il
est encore nommé comme auteur de deux ouvrages historiques, l'un sur Hozias,
l'autre sur Ézéchias, 2 Chroniques 26:22; 32:32.
La mission de ce prophète s'explique par l'histoire
des règnes sous lesquels il vécut. Il devait surtout combattre le formalisme et
l'hypocrisie, insister sur le sens spirituel de la loi, annoncer les terribles
jugements que le peuple s'attirerait par son impénitence; mais aussi consoler
et encourager le résidu fidèle par les promesses d'un meilleur avenir, et tout
particulièrement diriger leurs regards vers le Sauveur qu'il annonce à la fois
comme docteur, comme victime expiatoire, et comme roi. Ses prédictions
messianiques ont une si grande clarté qu'on a nommé quelquefois ce livre un
cinquième Évangile; le Nouveau Testament l'appelle le prophète par excellence
(à δ
προφήτης), et le cite très souvent. Et déjà chez les Juifs il
jouissait d'un grand crédit; les prophètes suivants, en particulier Jérémie, s'appuient
constamment sur lui.
Voici un sommaire de son contenu:
Ch. 1-12; prophéties contre Juda.
Ch. 13-23; prophéties contre des peu-pies étrangers, à
l'exception du chapitre 22.
Ch. 24-35; prophéties contre Juda (promulguées
probablement du temps d'Ézéchias).
Ch. 36-39; narration des principaux événements du
règne d'Ézéchias, presque identique avec 2 Rois 18-20.
Ch. 40-66. Cette seconde partie du livre a été
probablement composée vers la fin de la carrière d'Ésaïe, sous le règne de
Manassé. Le prophète se transporte par la pensée jusqu'aux temps de l'exil; et
sur ce terrain idéal il annonce la délivrance de la captivité de Babylone, et
désigne même deux siècles d'avance, par son nom, le prince qui en sera
l'instrument. Mais en même temps il porte ses regards sur une délivrance bien
plus importante encore, sur la rédemption spirituelle, sur lé Messie; et, par
cela même qu'ils sont très analogues, ces deux sujets apparaissent tour à tour
sur le premier plan, ou semblent quelquefois se confondre l'un avec l'autre.
L'authenticité de cette dernière partie a été
fortement attaquée par les rationalistes, qui sentaient combien des prophéties
aussi claires, aussi détaillées, pouvaient fournir d'armes contre eux. Ils ont
présenté leurs doutes sous différentes formes. L'hypothèse qui paraît réunir le
plus d'opinions est celle de De Wette et de Gesenius, qui pensent que ces
vingt-sept derniers chapitres ont été composés du temps de l'exil. Mais ce
système a été abondamment réfuté par Jahn, Mœller Kleinert, Hengstenberg
(Christologie), Hævernick, etc.
Contre l'authenticité on allègue:
1. que
l'auteur semble avoir vécu dans le temps de la captivité, puisqu'il la suppose
constamment; pour lui Jérusalem est détruite, la Judée désolée, le peuple de
Dieu rejeté. Mais il est très ordinaire que les prophètes se transportent dans
l'avenir et le décrivent comme s'ils l'avaient sous les yeux. C'est ce que font
Moïse, Deutéronome 32, Joël 1:2:15, et Ésaïe lui-même plus d'une fois dans la
partie du recueil qu'on ne lui conteste pas, par exemple à l'égard de Tyr,
chapitre 23,
2. On
dit qu'avant d'annoncer le retour de l'exil, il aurait dû annoncer l'exil
lui-même; mais c'est ce qu'il a fait, 5:6,11; sq., et surtout au chapitre 39,
avec lequel toute la dernière partie est intimement liée.
3. On
fait remarquer que le style de ces derniers chapitres est assez différent de
celui des trente-neuf premiers, plus ample, plus diffus. Mais ces nuances
s'expliquent facilement par l'âge plus avancé de l'auteur, par la différence
des sujets, etc.
4. On
a prétendu encore relever un certain nombre de chaldaïsmes. Cet argument a été
réfuté par les plus habiles connaisseurs de la langue hébraïque, Ewald par
exemple, qui ne saurait être suspect en pareille matière.
5. On
a même soutenu que la désignation de Cyrus par son nom est un fait sans
analogie chez les prophètes. Mais cette assertion est facile à réfuter; nous ne
citerons que 1 Rois 13:2, où le roi Josias est annoncé par son nom trois
siècles à l'avance.
Remarquons encore en terminant, que c'est précisément
de ces vingt-sept derniers chapitres contestés par une science incrédule, que
le Nouveau Testament cite le plus grand nombre de passages, en les attribuant
clairement à Ésaïe.
Les commentaires les plus utiles à consulter pour
l'étude de ce prophète sont celui de Calvin, celui de Gesenius qu'il ne faut
lire qu'avec précaution, ceux d'Umbreit et de Hitzig, et la Christologie de
Hengstenberg.
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ÉSAR-HADDON,
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roi d'Assyrie, fils et successeur de Sennachérib,
Ésaïe 37:38; 2 Rois 19:37; Esdras 4:2, indiqué encore, sans être nommé, 2 Rois
47:24, que Calmet et d'autres veulent voir aussi désigné sous le nom de Sargon,
Ésaïe 20:1, mais à tort. Il commença de régner l'an 681 avant J.-C., et occupa
le trône pendant vingt-neuf ans. Il lit transporter dans les contrées désolées
de la Samarie, privée de ses habitants en exil, des colonies de gens de Babel,
de Cuth, et d'autres villes babyloniennes; ces colonies ayant beaucoup à lutter
dans leurs premiers travaux d'établissement contre les bêtes féroces, qui
s'étaient d'abord emparées de ces lieux, crurent que les dieux de ces localités
ne leur étaient pas favorables parce qu'elles ne connaissaient pas la manière
de les adorer, et sur leur demande, Ésar-Haddon leur envoya un des
sacrificateurs exilés; mais cette expédition ecclésiastique fut sans résultat
réel, et le prêtre en fut pour ses leçons de religion: les colons apprirent
bien la foi juive, mais ils n'en continuèrent pas moins de se faire leurs
dieux, qui Nergal, qui Asima, qui Tartac; ce fut le commencement de la religion
des Samaritains, q.v.
— C'est probablement encore Ésar-Haddon qui fit la
guerre à Manassé et l'emmena captif à Babylone, chargé de doubles chaînes, 2
Chroniques 33:11-12.
— Quelques-uns pensent que c'est lui qui est connu
dans l'histoire profane sous le nom de Sardanapale; mais,
— Voir: Pul.
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ÉSAÜ ou Édom,
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premier-né d'Isaac et de Rébecca, Genèse 25:25, fut un
homme des champs, s'adonnant au labourage et aux travaux de la chasse. Au
retour d'une de ses violentes excursions, accablé de fatigue et dévoré par la
faim, il parla légèrement de ses lèvres, et céda son droit d'aînesse pour un
plat de lentilles, tombant par son impétuosité dans les filets d'une mère et
d'un frère dont il eût dû se méfier. Il oublia bientôt cette imprudence; il en
fit une autre en épousant deux Cananéennes (Héthiennes), Genèse 26:34; 36:1,
— Voir: Élon.
et se compromit lui-même gravement par cette
infidélité, compromettant en même temps la paix de la famille patriarcale. Puis
son père étant devenu vieux, et voulant donner sa bénédiction au fils aîné qu
il chérissait, Genèse 27:1, Jacob l'enfant de la ruse le supplanta par un
habile déguisement, et accomplit par un péché les plans éternels de la
Providence: Ésaü ne reçut que les restes de la bénédiction paternelle, la
promesse d'une nombreuse postérité, puissante, belliqueuse et riche, mais
parfois soumise à celle de l'aîné béni. Justement indigné, Ésaü croyait pouvoir
se faire justice à lui-même, et ne cachait pas son intention de tuer son frère
après la mort d'Isaac; mais Jacob ayant disparu d'après les conseils de sa
mère, Ésaü, espérant de rentrer dans la faveur paternelle, et peut-être dans
celle de Dieu, par une alliance avec la famille d'Abraham, épousa une fille
d'Ismaël; ce fut en vain; lorsque le cœur n'est pas sain, l'esprit ne peut
l'être non plus. La famille d'Ismaël n'appartenait pas à la promesse, et ne fit
venir aucune bénédiction sur celui que l'Éternel avait rejeté hors du peuple
qui devait être le dépositaire de la vérité, Malachie 1:2; Hébreux 12:16. Les
années s'écoulèrent, la haine s'éteignit dans le cœur d'Ésaü, et lorsque Jacob
revint de la Caldée, dans l'entrevue qui eut lieu entre l'usurpateur et la
victime, Genèse 32, Ésaü se montra bien au-dessus de son frère par la chaleur
de son affection, la noblesse de sa conduite, et son oubli du passé; car,
évidemment, tout ce que Jacob pouvait lui offrir n'était rien en comparaison de
la bénédiction dont il l'avait dépouillé. Les deux frères se revirent encore
une fois à la mort de leur père, Genèse 35:29. Ésaü continua d'habiter au pays
de Séhir, dont Dieu avait assuré la possession à sa postérité, Deutéronome 2:5.
On ne sait rien sur sa mort.
Le nom d'Ésaü signifie velu (comme un manteau de
poil), Genèse 25:25, et lui fut donné à sa naissance; celui d'Édom signifie
roux, et lui fut donné peut-être aussi à sa naissance, à cause de la couleur de
son poil, mais plus probablement à cause du plat de lentilles, Genèse 23:30.
Ces deux noms sont employés l'un et l'autre pour désigner les tribus iduméennes
et la contrée qu'habitèrent les descendants d'Ésaü, mais ce dernier s'emploie
surtout dans les livres prophétiques, Jérémie 49:8,10; Abdias 6,8,9,19.
Pour les trois femmes d'Ésaü,
— Voir: Genèse 26:34; 28:9; cf. 36:2; sq.
Il existe une tradition assez singulière sur la
descendance d'Ésaü, et qui excite fortement l'indignation du père Calmet, c'est
qu'Ésaü aurait eu un fils nommé Roum, duquel serait descendu Romulus et les
rois de Rome; voici du reste ce qu'il dit: «C'est une tradition commune à
toutes les nations du Levant qui ont quelque connaissance des livres sacrés,
que du temps d'Habdon, juge des Hébreux, une colonie d'Iduméens passa en Italie
où elle s'établit, que Latinus régna parmi eux, et que Romulus fondateur de
Rome tirait d'eux son origine. Tout cela est une fable mal inventée par les
Juifs pour faire tomber contre les chrétiens (de Rome) tout ce qui est dit dans
l'Écriture contre l'Idumée, et les Iduméens. Les plus fameux rabbins
soutiennent opiniâtrement cette impertinente tradition. Le Talmud appelle
l'Italie et Rome «le cruel empire d'Édom;» Édom signifie roux; les empereurs romains
étaient vêtus de rouge; les cardinaux portent encore la même couleur. Les
belles raisons!»
— Nous comprenons l'indignation de Calmet, toutefois
il ne nous paraît pas que l'interprétation de toute les nations du Levant,
appuyée de celle de tous les interprètes juifs et d'un fort grand nombre
d'interprètes chrétiens, doive être rejetée entièrement. Les Édomites sont dans
leur origine, comme dans leur histoire, un type frappant des nations
anti-chrétiennes qui touchent au peuple de Dieu, qui sont à même de connaître
la vérité, qui sont placées, pour ainsi dire, sur les frontières de la terre
sainte, et qui cependant n'emploient les avantages spirituels qui leur sont
accordés, que d'une manière égoïste et perverse, se mettant en opposition
directe avec le vrai peuple de Dieu. Le passage, Ésaïe 63:1-2, n'a certainement
pas été indifférent à la tradition qui s'est formée; la solennité des menaces
contenues Ésaïe 34, et la grandeur des promesses Ésaïe 35, montrent qu'il
s'agit de bien autre chose que de la simple chute d'Édom, et l'Apocalypse, en
parlant de Babylone et de la bête, emprunte les images employées par Ésaü
parlant d'Édom, 34 et 63,. Saint Jean paraît même avoir en vue le nom et la
signification d'Édom en donnant la description de la Rome anti-chrétienne: le
dragon est rouge, Apocalypse 12:3; la femme est ivre du sang des saints,
habillée de rouge, assise sur une bête rouge, 17:3-4,6; cf. 14:20; Ésaïe 34:3;
63:1.
— Apocalypse 19:3; Ésaïe 34:10; Apocalypse 19:13,15;
Ésaïe 63:1-2; Apocalypse 19:18; Ésaïe 34:6-7; L'ancienne tradition nous paraît
ainsi fondée en elle-même, c'est-à-dire que les passages relatifs aux iniquités
commises par la postérité d'Ésaü, et les menaces prononcées contre ce pays, se
rapportent en première ligne à Édom, mais d'une manière beaucoup plus générale
aux peuples anti-chrétiens qui, portant le nom du Père des croyants, retiennent
la vérité captive sous le boisseau, et aiment à s'enivrer de sang.
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ESBAHAL,
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1 Chroniques 8:33; 9:39, le même que Is-Boseth, q.v.
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ESCARBOUCLE
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(nophek), Exode 28:18; 39:11; Ézéchiel 28:13; 27:16.
Les anciens désignaient sous ce nom plusieurs pierres précieuses d'un rouge
extrêmement vif comme des charbons ardents, le grenat et le rubis, surtout le
rubis des Indes; l'escarboucle est moins dure que le saphir et supporte comme
lui la gravure. Le mot même d'escarboucle (carbunculus) indique la vivacité de
son éclat. Elle occupait la quatrième place sur le pectoral, c'est-à-dire la
première du second rang. En voyant ce que nous avons dit à l'article Émeraude
on se convaincra de l'impossibilité où sont les savants d'arriver à quelque
chose de bien clair sur plusieurs parties de l'histoire naturelle, puisque les
uns font rouge ce que les autres font vert, et vice versa.
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ESCARGOT, ou limaçon,
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Psaumes 58:9. «Puisse-t-il s'en aller comme un
escargot qui se fond», manière de parler reposant sur l'opinion populaire que
la trace que l'escargot laisse après lui et qui doit lui faciliter la marche,
le ruine et le consume.
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ESCLAVE.
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Il y avait chez les Hébreux deux classes d'esclaves,
les indigènes et les étrangers; mais les uns et les autres étaient soumis à un
régime bien plus doux que les esclaves des Orientaux et des modernes en
général; on peut même dire que l'esclavage n'était qu'une espèce de domesticité
à long bail, et Moïse dans sa législation paraît avoir eu en vue une
transaction entre l'esclavage et le principe de la liberté individuelle; s'il
reconnaît, d'un côté, que l'esclave appartient au maître, «car c'est son
argent» Exode 21:21, de l'autre, il limite par de nombreuses restrictions les
droits du maître, et donne à l'esclave ses droits et ses garanties.
L'esclave étranger, fait prisonnier de guerre, acheté
à prix d'argent, ou né dans la maison, Nombres 31:26; Genèse 17:23; Lévitique
25:44, devait être naturalisé et circoncis; il était tenu à toutes les
ordonnances cérémonielles: enlevé à sa patrie sans espoir de retour, il devait
adopter en entier l'esprit et les affections, comme les obligations de sa
nouvelle patrie. La captive que les chances de la guerre avaient mise au
pouvoir d'un Hébreu, pouvait devenir son épouse ou celle de son fils; mais un
mois lui était donné pour pleurer son père et sa mère, Deutéronome 21:10-13. Si
son jeune maître venait à se marier, elle ne devait rien perdre de ses
avantages, en aliments, vêtements et cohabitation; si même elle cessait de
plaire, et que son maître n'eût plus d'égards pour elle, elle devenait libre
aussitôt, et sortait sans rançon. Les femmes esclaves ne pouvaient jamais être
renvoyées étant enceintes,
— Voir: Concubines.
Les Hébreux pouvaient devenir esclaves de diverses
manières:
1. en
cas d'extrême misère, ils pouvaient aliéner leur liberté, Lévitique 25:39;
2. les
enfants pouvaient être vendus par leurs parents, Exode 21:7;
3. les
débiteurs insolvables étaient vendus à leurs créanciers, 2 Rois 4:1; Ésaïe
50:1; Néhémie 5:5; Matthieu 18:25;
4. les
voleurs, en cas de non restitution, devenaient la propriété de celui qu'ils
avaient volé, Exode 22:3;
5. quelquefois
ils devenaient prisonniers à la suite de guerres intérieures;
6. ou
bien ils étaient volés et vendus comme le fut Joseph;
7. enfin,
rachetés d'un païen par un Hébreu, ils pouvaient être revendus par celui-ci à
un autre Hébreu.
Dans tous les cas, la loi leur accordait une telle
protection, qu'après six ans de service au plus, ils recouvraient leur liberté
dans l'année sabbatique, et ils ne devaient point être renvoyés à vide,
Deutéronome 15:13-14. Mais si l'esclave, incapable de profiter de sa liberté,
ou satisfait de son maître, refusait son affranchissement, son maître le
conduisait devant les juges, et lui perçait l'oreille avec une alêne, Exode
21:6; Deutéronome 15:17; dès lors son affranchissement définitif ne pouvait
plus avoir lieu qu'en l'année du jubilé, Lévitique 25:41; Jérémie 34:8. Le
droit d'affranchissement n'emportait pas pour l'esclave le droit d'emmener avec
lui sa femme, s'il l'avait épousée parmi les esclaves de son maître, ni les
enfants qu'il pouvait en avoir eus. Pendant toute la durée de la servitude les
esclaves avaient droit, comme leurs maîtres, au repos du septième jour. Exode
20:10.
L'esclave pouvait être puni et même battu pour
négligence ou désobéissance; mais des limites étaient posées pour le protéger
contre la brutalité d'un maître violent ou barbare. Si l'esclave périssait sous
les coups, ou qu'il mourût dans la journée, le maître était puni comme
meurtrier (on ne sait de quelle peine, et si c'était la mort); si l'esclave
était estropié, qu'il perdît un de ses membres, ne fût-ce qu'une dent, il
obtenait la liberté, qui était une peine pour son maître, une compensation pour
lui. Mais s'il ne mourait que quelques jours après les mauvais traitements de
son maître, la loi ne sévissait plus, et le maître était regardé comme
suffisamment puni par la perte même de son esclave, Exode 21:20-27, qui
équivalait, par la valeur de celui-ci, à une amende de trente sicles d'argent
en moyenne, Exode 21:32; cf. Lévitique 27:3; Matthieu 26:15.
Quelques faits prouveront encore combien la position
de l'esclave était douce sous la loi de Moïse:
1. il
avait le droit de faire des économies, et jouissait des fruits de la terre en
l'année sabbatique, comme il avait sa place marquée aux festins d'actions de
grâce, Exode 20:10; Lévitique 25:6; Deutéronome 12:18; 16:11; il était libre au
point de pouvoir lui-même avoir des esclaves, 2 Samuel 9:10;
2. il
travaillait avec ses maîtres, il avait même avec eux des rapports de peine et
de fatigue qui devaient disposer ceux-ci à le traiter en ami plutôt qu'en
mercenaire, en homme plutôt qu'en objet;
3. il
travaillait un sol destiné à produire des objets de première nécessité qui
devaient servir à la consommation, et non point au commerce; or, il est facile
de comprendre comment ils devaient être mieux traités et mieux nourris que
s'ils eussent été de simples instruments producteurs, à l'alimentation desquels
le maître eût du pourvoir par des dépenses effectives, par l'achat de rations.
On peut consulter sur cette partie si compliquée de la
législation des Hébreux, et sur l'esprit de concessions qui y a présidé,
Cellérier, Lég. Mos. 1, 284; 2, 147, et ailleurs.
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ESCOL.
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1. Un
des alliés d'Abraham dans son expédition contre Kédor Lahomer, Genèse 14:13.
— Voir: Mamré;
2. vallée
d'Escol (du raisin), d'où les espions israélites emportèrent un sarment avec sa
grappe, qu'ils étaient deux à porter, Nombres 13:24; 32:9; Deutéronome 1:24. Le
torrent qui la traversait était, selon les uns, le Sorek, selon d'autres une
rivière distincte qui se jette dans la mer près d'Askélon: Winer pense que le
torrent d'Escol ne pouvait se jeter que dans la mer Morte.
— Saint Jérôme parle d'une ville de ce nom.
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ESDRAS
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(secours), scribe, 7:6,11, qui en sa qualité de
descendant du sacrificateur Séraja, 7:1, dont il est parlé 2 Rois 25:18, était
aussi sacrificateur, se trouvait à la tête de la seconde colonie qui revint en
Judée, la septième année du règne d'Artaxercès, roi de Perse, 7:8. Par zèle
pour la gloire de Dieu et par amour pour son peuple, il travailla pendant de
longues années à la restauration temporelle et spirituelle du peuple et de la
nationalité juive, d'abord seul, puis conjointement avec Néhémie. C'est lui qui
est l'auteur du livre qui se trouve sous son nom dans l'Ancien Testament; mais
les 3e et 4e livres d'Esdras qui sont parmi les Apocryphes, sont d'une époque
de beaucoup postérieure. Il paraît aussi à peu près certain que c'est lui qui a
formé la collection définitive des livres sacrés, et ainsi fixé le canon de
l'Ancien Testament (— Voir: Hævernick, Mél. de Théol. réf., 174-185). La Bible
ne nous apprend rien sur le temps et le lieu de sa mort, mais Flavius Josèphe
nous dit (Antiquités Judaïques 11, 5, 5) qu'il atteignit un âge fort avancé, et
qu'il fut enseveli à Jérusalem. Son livre se compose de douze parties
principales. Les six premiers chapitres contiennent le récit d'événements qui
s'étaient passés avant son retour en Judée, pendant un espace d'environ vingt
ans, depuis le commencement du règne de Cyrus, jusqu'à la sixième année de
celui de Darius, fils d'Hystaspe; parmi ces événements, le retour de la
première colonie sous Zorobabel, et la construction du nouveau temple, occupent
la principale place. Une partie considérable de ce morceau (4:8—6:18) est
écrite en caldéen, probablement parce que Esdras a rédigé sa narration en
Caldée, et d'après des documents écrits par quelque témoin oculaire. Dans les
quatre derniers chapitres il raconte les événements postérieurs à son retour.
Mais entre les deux parties il y a une lacune de quarante-sept ans, dont trente
appartiennent au règne de Darius, onze à celui de Xercès, et six à celui d'Artaxercès.
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ESPAGNE.
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L'antiquité comprenait sous ce nom la péninsule des
Pyrénées toute entière, qui renferme maintenant l'Espagne et le Portugal. Au
temps de saint Paul elle était province romaine, et comptait un grand nombre de
Juifs parmi ses habitants, ce qui avait donné à l'apôtre la pensée d'y aller
faire un voyage missionnaire: il paraît peu probable qu'il ait exécuté ce
projet, du moins aucun des auteurs des trois premiers siècles n'en fait-il
mention. Toutefois, un ancien texte du
12ie siècle, les Annales de Baronius, mentionne que Paul s’est rendu en Espagne
par la voie romaine qui traversait les Alpes au nord-ouest de l’Italie, puis se
rendit en Grande Bretagne. Revenant à Rome, il fut capturé de nouveau et
exécuté. On ne peut savoir l’exactitude de ce récit mais tout porte à penser
qu’il détient une grande probabilité.
— Voir: Paul.
— Des mines de fer, de plomb, d'or et d'argent
constituaient la plus grande richesse de cette presqu'île.
— Voir: Sépharad et Tarsis.
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ESROM,
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Matthieu 1:3; Luc 3:33, fils de Phares et petit-fils
de Juda, né, par conséquent, pendant le séjour en Égypte. Il est appelé
Hetsron, Ruth 4:18; 1 Chroniques 2:5-9. Du reste inconnu.
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ESTAOL,
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Josué 13:33; 19:41, ville de la tribu de Dan non loin
de laquelle Samson, fort jeune encore, eut la première impression de la mission
à laquelle il était appelé; c'est aussi près de là qu'il fut enseveli, Juges
13:25; 16:31. Les Estaoliens sont encore nommés 1 Chroniques 2:53.
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ESTER,
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jeune fille israélite de la tribu de Benjamin, fut,
dans la main de la providence, un instrument pour sauver d'une complète
destruction une grande partie de ceux de ses compatriotes qui, au lieu de
retourner en Judée après la captivité de Babylone, étaient restés en Perse. Sa
beauté fit tomber sur elle le choix du roi Assuérus, q.v. Elle devint son
épouse, et lorsque les Juifs du royaume furent sur le point d'être sacrifiés à
la vengeance de l'orgueilleux Haman, elle s'exposa pour eux de la manière la
plus généreuse: elle profita de sa haute position pour intercéder en leur
faveur, quoiqu'elle sût bien que sa démarche pouvait lui coûter le trône et
même la vie. La conduite d'Ester, en cette circonstance, est un beau
commentaire de 1 Jean 3:16.
— C'est le récit de cette délivrance remarquable qui
forme le sujet du livre de l'Ancien Testament qui porte le nom de l'héroïne, et
le souvenir en fut consacré chez les Israélites par la fête de Purim, q.v.
Les détails que nous trouvons dans le livre d'Ester
sur les mœurs, les lois, la constitution du royaume de Perse, sont confirmés
par les historiens profanes; ainsi nous lisons, 2:18, qu'Assuérus diminua les
impôts à l'occasion de son mariage, et Hérodote (3:66) nous apprend que
c'était, on effet, un usage des rois de Perse en de semblables occasions. Nous
voyons, 4:11; 5:2, que toute personne qui paraissait devant le roi sans y être
appelée, était punie de mort, à moins que le roi n'étendît vers elle son
sceptre d'or en signe de pardon, et Hérodote confirme ce fait, 1, 99, etc.
L'ouvrage de Brisson, De regio Persarum principatu, fournit matière à beaucoup
de rapprochements semblables; et le grand historien Heeren a été tellement
frappé du caractère de vérité empreint sur les pages du livre d'Ester, qu'il le
considère comme l'une des principales sources pour l'histoire de ce temps
(Ideen I, p. 65). La fête de Purim, qui est mentionnée 2 Maccabées 15:37, est
encore un témoignage vivant de la crédibilité de ce récit; car il fallait de
bien puissants motifs pour engager les Juifs à ajouter une nouvelle fête
nationale à celles qui étaient instituées par le Pentateuque.
Quelques auteurs, et même des chrétiens, ont remarqué
avec étonnement l'absence complète du nom de Dieu dans ce livre; mais cette
circonstance s'explique si, comme cela est très probable, l'ouvrage a été
composé d'après des matériaux tirés des annales du royaume de Perse.
D'ailleurs, si le nom de Dieu n'y paraît pas, l'action de la providence y est
tellement sensible d'un bout à l'autre, on y voit avec tant d'évidence que tous
les événements sont disposés par la souveraine sagesse, et que ce que les
hommes appelleraient hasard, circonstance fortuite, sont les moyens que Dieu a
choisis, qu'on pourrait dire que ce livre lui-même est un nom perpétuel de
Dieu; c'est le livre de la justice distributive par excellence; on pourrait lui
donner pour épigraphe, 2 Pierre 2:9: «Le Seigneur sait délivrer de la tentation
ceux qui l'honorent, et réserver les injustes pour être punis au jour du
jugement.»
— L'auteur est inconnu, mais l'on a supposé avec
beaucoup de vraisemblance que ce pouvait être Mardochée lui-même, le parent et
tuteur d'Ester.
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ÉTAIN
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(b'dil), Nombres 31:22; Ésaïe 1:25; Ézéchiel 22:18,20;
27:12, métal bien connu, plus dur que le plomb. Son alliage avec d'autres
métaux plus précieux leur est préjudiciable, non seulement sous le rapport de
la beauté, mais surtout pour la solidité, et les rend excessivement cassants.
L'argent paraît souffrir particulièrement de cet alliage, et c'est dans ce sens
que l'on peut comprendre le passage cité d'Ésaïe; au verset 22, le peuple juif
est comparé à de l'argent, au verset 25 il est dit: «Je t'ôterai tout ton
étain», ce qui signifie: je te délivrerai de tout ce qui t'est nuisible.
D'autres ont entendu ce verset différemment, et traduisent étain par matières
impures, alliage, sans la nuance que nous avons indiquée: les deux sens
reviennent au même, mais le premier présente une figure plus riche, comme il
est aussi plus conforme à la langue: il se paraphraserait: «Je purifierai
d'entre les Juifs tous ceux qui pourront être purifiés, je détruirai les
incorrigibles dont la présence pourrait t'être en scandale.»
— D'après Ézéchiel 27:12. Tarsis faisait un grand
commerce d'étain; Pline, Diodore de Sicile et d'autres auteurs disent la même
chose de l'ancienne Espagne, où il faut, selon Bochart, chercher la Tarsis de
la Bible.
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ÉTANGS, ou réservoirs
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ou réservoirs destinés à recevoir et à conserver l'eau
de pluie ou de source. Il y en avait dans le voisinage de plusieurs villes
Israélites, et l'on trouve encore les restes de plusieurs de ces bassins, avec
leurs murs et leurs degrés, à Hesbon, Hébron, Samarie, 2 Samuel 4:12; 1 Rois
22:38; Cantique 7:4; et ailleurs. Il est parlé encore de l'étang de Gabaon, 2
Samuel 2:13. La ville de Jérusalem en possédait seule un assez grand nombre,
soit dans l'intérieur de ses murailles, soit en dehors:
1. Le
lavoir de Béthesda, q.v.
2. L'étang
du roi Ézéchias, 2 Rois 20:20, grand bassin destiné à alimenter un aqueduc qui
arrivait jusque dans la ville; il recevait peut-être lui-même les eaux du
Guihon, 2 Chroniques 32:30; 33:14, qu'Ézéchias détourna de leur cours primitif
pour les diriger vers l'occident, et selon quelques-uns par un canal
souterrain. La tradition en montre encore les restes au nord-ouest du mont de
Sion et de l'ancienne ville supérieure.
3. L'étang
du roi, prés de la porte de la fontaine, au sud-ouest, Néhémie 2:14, et le
réservoir de Siloé, paraissent avoir servi à arroser les jardins royaux,
— Voir: Siloé.
4. L'étang
d'en haut, et l'étang d'en bas. L'étang supérieur était non loin du chemin qui
conduisait au champ du Foulon, Ésaïe 7:3; 36:2; 2 Rois 18:17; l'on pense
généralement que c'est le même qui porte, Ésaïe 22:11, le nom de vieux étang,
et qui est opposé à l'étang d'en bas, verset 9; si c'est le même en effet, sa
place sera à peu près déterminée par ce qui est dit, verset 11, de sa position
entre les deux murailles; elles se trouvaient d'après 2 Rois 25:4; Jérémie
39:4, près des jardins du roi; et ceux-ci, d'après Néhémie 3:15, au pied
occidental de la montagne de Sion, vers les degrés qui descendent de la cité de
David.
— Hitzig combat cette opinion; il cherche l'étang
supérieur au nord de la ville, qui était plus exposé aux attaques de l'ennemi,
et qui n'était pas fort éloigné du champ du Foulon, q.v., deux circonstances
qui concordent bien avec ce que dit Ésaïe; on en aurait la trace dans un bassin
encore existant, de 150 pieds de longueur et large de 40, au nord de Jérusalem;
mais la démonstration du commentateur est un peu trop laborieuse, et repose sur
trop d'hypothèses pour qu'on puisse l'adopter. Il vaut mieux regarder l'étang
du roi comme identique avec l'étang supérieur et avec l'étang de Salomon dont
parle Flavius Josèphe.
— Cet historien nomme encore l'étang des moineaux,
vis-à-vis la tour d'Antoine, celui des amandes, à l'est, et celui des serpents,
au nord ou nord-ouest.
— Jérico avait aussi des réservoirs, au service de ses
palais.
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ÉTERNEL, éternité.
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1. Le
nom hébreu par lequel l'Éternel est si souvent désigné dans l'Ancien Testament,
est Jéhovah, Yehovah, celui qui est; une fois Eheyèh, celui qui suis, Exode
3:12,14; cf. Jean 8:58. Mais ce nom de Jéhovah n'est en quelque sorte qu'un nom
de convention, les véritables voyelles qui doivent en accompagner les consonnes
ayant été perdues de bonne heure, à ce que disent les Juifs, et les prêtres les
ayant remplacées par les voyelles du nom de Adonaï, Seigneur. Les quatre
lettres subsistent seules incontestées, IHVH, et encore la première et la
troisième sont-elles, en hébreu, beaucoup plus vagues que chez nous, le I ni le
V ne pouvant être prononcés sans une voyelle. C'est le
ίερον
τετραγράμματον les saintes quatre lettres du nom essentiel et
incommunicable de Dieu. Les Juifs disent, que comme il est impossible de «voir
Dieu et vivre», celui qui réussirait à prononcer le vrai nom de l'Éternel,
mourrait sur le champ, et que ce nom ne sera révélé que lorsque l'Éternel
lui-même se manifestera au monde, à la dernière crise.
— Quant à la signification de ce nom et à ses rapports
avec le nom plus personnel d'Élohim,
— Voir: ce qui a été dit à l'article Genèse.
2. Le
mot éternité, et l'adjectif éternel (en hébreu holam, en grec
αίών ou
αίώνιος), représentent une idée absolue dans le passé comme
dans l'avenir (æternitas a parte ante, et æternitas a parte post). Les termes
grecs et hébreux ne sont cependant pas toujours pris dans un sens aussi absolu
qu'ils le sont dans notre langue; ils peuvent signifier, et dans certains
passages ils signifient positivement un espace de temps considérable, mais
limité. La Bible ne connaît pas les termes abstraits, métaphysiques; il en est
une foule que la théologie a pu, peut-être dû, inventer ou accepter. Il est
nécessaire de se le rappeler pour ne pas abuser du mot éternel dans tous les
passages où il est employé, mais on se tromperait si l'on croyait pouvoir tirer
de cette réserve des inductions relatives à la non éternité des peines: les
passages sur lesquels se fonde cette doctrine (— Voir: Enfer) ne renferment pas
tous ce mot, et il ne constitue pas la force de ceux dans lesquels on le
trouve. D'un autre côté, tout ce qui touche à l'infini échappe à notre
conception s'il n'échappe pas à nos définitions, et c'est là peut-être que nous
devons prendre la plus grande leçon de prudence. On pourra définir l'éternité,
c'est même très facile, mais on ne pourra la concevoir; l'imagination peut
accumuler les années, entasser les siècles, mettre à la suite les uns des
autres autant de chiffres qu'elle voudra, elle n'atteindra que le fini, le
temps, une portion infiniment petite de cette éternité que trop souvent elle
aspire à comprendre, et dont elle croit disposer. La meilleure preuve de
l'impossibilité où l'on est de se rendre compte de l'idée d'éternité, et de la
facilité avec laquelle le relatif peut à cet égard remplacer l'absolu, c'est
l'usage qu'on fait tous les jours dans la conversation ordinaire, des roots
éternels, éternité: il y a une éternité qu'on ne vous a vu; c'est un éternel
causeur. Si donc on a pu traduire
αίών par siècle, Matthieu 12:32, et ailleurs, on peut
traduire le mot par séculaire, aussi bien que par éternel, Matthieu 25:46, et
ailleurs. L'expression même «à la fin des siècles»
τά
τέλη
τών
αίώνων, qui paraîtrait avoir une portée plus grande que le
seul mot «les siècles», est employée, 1 Corinthiens 10:11, en parlant de
l'époque apostolique, ou, dans un sens plus général, de l'économie évangélique.
Le mot «éternité» implique une existence hors du
temps, car le temps n’existe pas dans l’éternité. Celui ou ceux qui s’y
trouvent sont au commencement et à la fin des temps au même moment.
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ÉTHAM, ou Hétham.
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1. Troisième
station des Israélites après leur sortie d'Égypte, maintenant Etti, Exode
13:20; Nombres 33:6.
2. Hétham,
rocher où se retira Samson après avoir brûlé les moissons des Philistins, Juges
15:8.
3. 2
Chroniques 11:6; 1 Chroniques 4:3,32, ville de la tribu de Juda, célèbre par
ses belles eaux et ses beaux jardins, à 60 stades de Jérusalem, vers le midi,
dans une contrée riante et fertile. Roboam la fortifia.
— On trouve encore, à 20 ou 25 kilomètres de
Jérusalem, de belles eaux avec les ruines d'un aqueduc qui les conduisait dans
cette ville: on pense que c'est le même que Pilate fit construire (Flavius
Josèphe, Guerre des Juifs 2, 13).
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ÉTHAN, Héman, Calcol et Dardah,
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1. 1
Rois 4:31; 1 Chroniques 2:6, quatre frères, fils de Zara et de Mahol,
petits-fils de Juda, jouissaient d'une telle réputation de sagesse que Salomon
leur est comparé. Ils eurent un cinquième frère, Zizim selon les chroniques,
Zabdi selon Josué 7:1, qui n'est pas nommé dans les Rois, sans doute parce
qu'il n'était pas aussi célèbre que les quatre autres.
2. Éthan,
Ezrahite, Psaumes 89:1, ne doit pas être confondu avec Éthan, fils de Zara, qui
est aussi nommé Ezrahite; c'est probablement le même que le fils de Kisi,
Mérarite, nommé 1 Chroniques 6:44. On voit par Psaumes 89:39-40, qu'il a vécu
longtemps après David, quoique avant la captivité; ce Psaume paraît se
rapporter aux derniers temps du royaume de Juda. On a voulu à tort le confondre
avec Jéduthun.
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ÉTHANIM
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(mois des fleuves abondants). Avant l'exil, les mois
étaient souvent désignés par de simples chiffres, avant d'avoir reçu des noms
définitifs; quelquefois, cependant, on les appelait du nom de leurs attributs.
Ethanim en est un exemple. C'est dans ce mois qu'eut lieu la dédicace du temple
de Salomon, 1 Rois 8:2. Plus tard il reçut le nom de Tisri.
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ETHBAHAL,
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1 Rois 16:31, roi des Sidoniens, beau-père d'Achab roi
d'Israël (918-897 avant J.-C.). D'après Flavius Josèphe, il aurait été d'abord
prêtre d'Astarté, et serait monté sur le trône de Tyr et de Sidon par le
meurtre de Phéles (Sidon était alors tributaire de Tyr). Il régna trente-deux
ans, et mourut âgé de soixante-huit ans.
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ÉTHIOPIE,
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Actes 8:27, contrée africaine qui dans les temps les
plus anciens portait le nom de Cus, q.v., et qui comprend ce que nous appelons
maintenant ï'Abyssinie, avec une partie assez considérable de la Nubie. Elle
était bornée à l'est par l'Arabie et la mer des Indes, au sud par les contrées
intérieures et presque inconnues de l'Afrique, à l'ouest par les déserts et la
Lybie, au nord par les hauteurs de l'Égypte, depuis Syène environ. Pour la
géographie de ce pays, on peut consulter le journal du missionnaire Gobât
pendant son séjour en Abyssinie, source récente et sûre, pleine d'intérêt à
tous égards. D'arides chaînes de montagnes, et des côtes sablonneuses, sont
coupées par des contrées plus fertiles et arrosées de fleuves nombreux, Ésaïe
18:1, Sophonie 3:10. Le Nil y prend sa source, ainsi que l'Astaboras
(maintenant Tacazza) qui s'y jette, et forme avant sa jonction une île
considérable, qui était déjà peuplée fort anciennement par des hommes ayant un
gouvernement à part.
— Voir: Séba.
— L'Éthiopie était, quant à sa population, le centre
de peuples de mœurs et d'usages très divers, parmi lesquels se trouvaient
plusieurs colonies égyptiennes: les côtes étaient habitées comme les montagnes
par des chasseurs et des bergers; le Nil avait la pêche et le commerce, et
Méroé expédiait en Égypte et en Arabie les produits du sol éthiopien, l'ébène,
l'ivoire, l'encens, l'or, et grand nombre de pierres précieuses qui faisaient
de ce pays un symbole personnifié de la richesse, Ésaïe 43:3; 45:14. Le
commerce unit bientôt étroitement l'Égypte et l'Éthiopie, et les descendants de
Cus, s'avançant vers le nord, peuplèrent une partie de la Haute Égypte, la
cultivèrent en hommes libres, et finirent par changer de patrie en devenant
tributaires et presque indigènes du pays où ils avaient émigré. C'est ainsi
qu'on les voit, 2 Chroniques 12:2-3, marcher sous les ordres de Sisak, roi
d'Égypte, sans doute le fameux Sésonchis de la vingt-deuxième dynastie.
Ailleurs, c'est l'Égypte qui obéit à l'Éthiopie, sous les rois Sabacon, So et
Tirhaca, pendant une quarantaine d'années, jusqu'à l'avènement de Psamméticus.
C'est pendant cette période qu'eut lieu la conquête de Thèbes, Nahum 3:8.
— Voir: No.
Puis une partie de la caste des guerriers, mécontente,
émigra d'Égypte en Éthiopie, s'y établit, et finit par devenir dominante.
— Pour 2 Chroniques 14:9,
— Voir: Zéraph.
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ETHNARQUE,
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2 Corinthiens 11:32, ou gouverneur, préfet militaire
du roi arabe Arétas. Ce mot, qui signifie chef d'une nation, s'emploie toujours
en parlant d'un employé supérieur, qui n'a de compte à rendre qu'au roi
lui-même, auquel il est assujetti. C'est le nom que porte le grand prêtre
Simon, prince vassal de la Syrie, 1 Maccabées 14:47; de même encore Archélaüs,
fils d'Hérode le Grand, obtint d'Auguste, après la mort de son père, le titre
d'ethnarque de l'Idumée, de la Judée et de la Samarie, en attendant qu'il pût
recevoir le titre de roi, Flavius Josèphe, Antiquités Judaïques 17, 11; 4.
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ÉTIENNE,
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Actes 6:5; 7:1-60, premier martyr de l'Église
chrétienne, probablement grec d'origine, si l'on en juge par son nom, et le
premier des sept diacres nommés pour aider les apôtres dans le service des
tables et des pauvres. Plein de foi et de puissance, il faisait des miracles et
des prodiges parmi le peuple, ayant reçu l'imposition des mains. Son activité
allait plus loin que sa charge, telle du moins qu'on l'entend à présent, et son
amour pour son maître lui mérita l'inimitié du monde; quelques habitués de la
synagogue, irrités de voir leurs lieux de culte toujours moins fréquentés et
même abandonnés par un grand nombre de sacrificateurs, irrités surtout de ne
pouvoir résister à la sagesse et à l'esprit par lequel il parlait, soulevèrent
contre le disciple, comme on avait fait contre le maître, de faux témoins,
subornés à prix d'argent, pour l'accuser de blasphème. Le peuple fut soulevé,
une instruction judiciaire commença, le saint dut comparaître, et le chapitre 7
des Actes nous donne la première partie du discours qu'il prononça pour sa
défense. Dans ce discours l'homme de Dieu, plus jaloux des intérêts de son
maître qu'attentif à la conservation de sa vie, au risque de déplaire aux
émeutiers qui l'entourent, cherche à montrer à ses juges et à ses auditeurs que
la religion chrétienne n'est que le développement du mosaïsme qu'ils aiment, et
l'accomplissement des prophéties contenues dans les saints écrits qu'ils
vénèrent; mais en même temps il leur montre que, dans tous les temps, sous les
patriarches, aux jours de Moïse, dans le désert, et toujours, les Juifs se sont
montrés incrédules aux manifestations divines, rebelles au salut, durs de cœur
à croire, et charnels: cédant alors à l'émotion comme à l'indignation qui le
remplit, craignant de ne pouvoir achever de développer sa pensée, voyant
peut-être l'agitation du peuple et l'irritation de ceux qui l'écoutent, il
éclate et s'écrie: «Gens de col roide, et incirconcis de cœur et d'oreille,
vous vous obstinez toujours contre le Saint-Esprit, vous faites comme vos pères
ont fait. Lequel des prophètes vos pères n'ont-ils pas persécuté? Ils ont même
tué ceux qui ont prédit l'avènement du Juste, duquel maintenant vous avez été
les traîtres et les meurtriers, vous qui avez reçu la loi par la disposition
des anges, et qui ne l'avez pas gardée». Conclusion foudroyante qui achève
d'irriter la populace et cause la mort du prophète; on se met à crier, on se
bouche les oreilles, on fond sur le prophète qui voit avec ravissement les
cieux ouverts pour le recevoir, et qui se livre à eux sans résistance; il
s'endort au milieu des pierres qui l'accablent, et sa dernière pensée est une
intercession pour ses assassins.
Le sang des martyrs est la semence de l'Église, a dit
un père (Tertullien); celui qui jaillit des membres meurtris du diacre vint
tomber sur un jeune homme qui gardait les habits de ses meurtriers; cette
plante amère devint plus tard un arbre de vie, et Saul fut le grand apôtre des
Gentils.
Le discours d'Étienne ne nous est évidemment rapporté qu'en
partie, et cette partie même est abrégée; le fil n'est pas toujours facile à
suivre, comme aussi personne ne pouvait rapporter d'une manière exacte les
paroles mêmes qui avaient été prononcées; d'ailleurs, interrompu brusquement,
il ne laisse que pressentir la marche de son discours; plusieurs auteurs ont
essayé de diverses manières de suppléer ce qui manque: il nous semble que ce
que nous avons dit est ce qui cadre le mieux soit avec la position du diacre
accusé, soit avec la partie connue de son discours. Il faut y voir une
prédication plutôt qu'une défense, une accusation plus qu'une justification; et
le visage du martyr resplendit d'une joie sainte, comme le visage d'un ange,
quand il se vit appelé à rendre publiquement témoignage de son amour et de sa
foi.
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ÉTOILES,
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— Voir: Astres, Kijun, Remphan, Zodiaque, etc.
Étoile des mages. Il est bien difficile de trouver une
explication quelconque, un peu naturelle, du miracle qui annonça aux mages
d'Orient la naissance du roi de Bethléhem, Matthieu 2:2-12. La plus ancienne
hypothèse, qui se trouve déjà chez les pères grecs, c'est que cette étoile
n'était qu'un simple phénomène lumineux dans l'atmosphère, lequel, n'étant pas
soumis aux mouvements qui règlent le cours des étoiles, pouvait avoir sa marche
à lui, s'avancer, reculer, s'arrêter et s'éteindre: un évangile apocryphe
raconte même que cette lumière entra dans retable avec les mages, et se posa
sur la crèche.
— Une seconde opinion (Ideler, Handb. d. Chron. 2,
410) ne voit dans ce phénomène ni une étoile, ni une simple lumière
atmosphérique, mais une conjonction de planètes, la même qui fut observée en
1827; cette hypothèse n'explique rien, et pour l'admettre il faudrait supposer
que la marche toute entière de cette étoile a été mal comprise, et qu'elle est
mal présentée dans l'Évangile; d'ailleurs un phénomène astronomique est vu de
tout le monde, et celui-ci ne l'a pas été, verset 7. Il faut donc renoncer à
toute hypothèse de ce genre, et par conséquent à une troisième, celle de
Michaëlis, qui voit dans l'étoile une comète, dont les mages auraient pu
calculer d'une manière sûre la marche non point apparente, mais réelle, et le
moment où elle se serait arrêtée, arrivée à son périhélie. C'est ingénieux,
mais cette explication partage avec la précédente le défaut de faire du miracle
un fait naturel, tandis que le phénomène nous est donné comme merveilleux.
Quant à la première hypothèse, elle est mesquine dès qu'on reconnaît le
miracle, car il était aussi facile à Dieu de créer ou conduire une étoile que
de faire marcher un feu errant; et il paraît beaucoup plus digne et de Dieu et
de l'occasion, de supposer que la naissance du Messie fut annoncée par une
étoile, que par un corps brûlant dans l'air avec du gaz enflammé. Toute la
difficulté est dans le verset 9. Mais l'idée principale est la station de
l'étoile plus que la désignation du lieu où elle s'arrêta; or il est facile de
se représenter les mages sortant de Jérusalem vers la nuit; ils voient une
étoile qui suit une marche différente de la marche apparente des étoiles fixes;
elle est à leur zénith quand ils arrivent à Bethléhem, et les mages, instruits,
comprennent et s'arrêtent.
— Nous n'avons pas besoin d'ajouter que, dans un
pareil domaine, tout ne peut être que supposition, quant aux détails, mais il
faut se rappeler aussi que Dieu fait des flammes de feu ses ministres, Psaumes
104:4.
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ÉTRANGERS.
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La loi de Moïse, en prenant toutes les précautions
possibles pour préserver les Israélites de l'influence des étrangers, se
montrait cependant favorable à ceux-ci partout où elle le pouvait; elle les
recommandait à la bienveillance des Hébreux, Exode 22:21; 23:9; Lévitique
19:33-34; Deutéronome 10:18; cf. Jérémie 7:6; Malachie 3:5; elle leur accordait
plusieurs des prérogatives dont jouissaient les pauvres, notamment une part aux
repas des dîmes et des fêtes, Deutéronome 14:29; 16:10,14; 26:11, et aux
récoltes de l'année jubilaire, Lévitique 25:6, préceptes fondés sur les devoirs
généraux d'humanité, et sur la fraternité des fils d'Adam. Ils avaient devant
la loi les mêmes droits que les habitants du pays, Exode 12:49; Lévitique
24:22; Nombres 15:15; Deutéronome 1:16; 24:17; cf. Nombres 35:15, mais ils
avaient les mêmes devoirs en matière de culte, du moins les mêmes devoirs
négatifs, et devaient s'abstenir de tout ce qui était défendu aux Hébreux,
Exode 20:10; Lévitique 17:10; 18:26; 20:2; 24:16; Deutéronome 5:14; Ézéchiel
14:7, avec la seule exception mentionnée Deutéronome 14:21. Il était permis de
leur prêter à intérêt (à usure?), ce qui n'était pas permis pour les Israélites
eux-mêmes, Deutéronome 23:20. Ils pouvaient être naturalisés à certaines conditions
et obtenir les droits de bourgeoisie en Israël, à condition toutefois qu'ils se
fissent circoncire; les Égyptiens et les Édomites acquéraient ces droits à la
troisième génération, Deutéronome 23:7-8; cf. 1 Samuel 21:7; pour les autres
peuples un plus long séjour était exigé. Les Hammonites seuls et les Moabites,
de même que les eunuques et les descendants de femmes de mauvaise vie, étaient
complètement exclus du bénéfice de la naturalisation, Deutéronome 23:3; cf.
Néhémie 13:1. Cette défense, tombée en désuétude à une époque de relâchement,
fut remise en vigueur lorsque la vie rentra en Israël, Néhémie 13:3.
— On voit par ces dispositions que l'intention de
Moïse n'avait pas été d'isoler hermétiquement Israël des autres nations; un
dénombrement fait par Salomon, 2 Chroniques 2:17, constata la présence de
153,600 étrangers en Palestine. Aussi, quelque graves que fussent sous le point
de vue théocratique les motifs d'exclusion contre les étrangers, l'on peut dire
que ces derniers étaient traités chez les Hébreux d'une manière plus noble et
plus conforme à la dignité humaine, que chez les peuples de l'antiquité, les
Romains et les Grecs y compris, avec leur fin vernis de philanthropie et de
civilisation.
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EUBULUS,
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disciple inconnu dont saint Paul envoie les
salutations à Timothée, 2 Timothée 4:21.
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EUNICE,
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fille de Lois et mère de Timothée, 2 Timothée 1:5;
juive d'origine, elle s'était de bonne heure convertie au christianisme: son
époux était un prosélyte d'entre les Grecs, Actes 16:1. On ne sait par qui elle
avait été amenée à la connaissance de l'Évangile, mais lorsque Paul la vit pour
la première fois à Lystra, elle avait déjà le témoignage d'être une femme
croyante, mère d'un fils également dans la foi.
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EUNUQUE,
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signifie littéralement un homme qui a la garde du lit,
et cette expression qui marque un homme mutilé, soit naturellement, soit par la
main des hommes, se prend aussi dans un sens beaucoup plus général pour
désigner un officier de cour quelconque, servant dans l'intérieur du palais,
comme Potiphar, eunuque de Pharaon, qui avait femme et enfants, Genèse 39:17.
C'est dans ce sens qu'il faut entendre (à moins qu'ils ne fussent étrangers)
les eunuques nombreux que les rois d'Israël et de Juda avaient à leur cour, 1
Samuel 8:11; 1 Rois 22:9; 2 Rois 9:32; 24:12,15; 1 Chroniques 28:1, car la loi
de Moïse avait défendu expressément à son peuple de faire des eunuques, et même
de mutiler des animaux, Lévitique 22:24; Deutéronome 23:1; ceux qui étaient
ainsi mutilés étaient exclus de l'assemblée du Seigneur. Cette défense avait
d'abord un grand but d'humanité, elle maintenait à chaque homme le droit d'être
ce qu'il est, et ne de point devoir se dire: Voici, je suis un arbre sec, Ésaïe
56:3. Elle tendait ensuite à entraver la polygamie, à la rendre de fait plus difficile,
à empêcher l'établissement des sérails par l'impossibilité de se procurer des
hommes sûrs.
— C'est dans le même sens encore qu'il faut entendre
l'eunuque de la cour de Candace, seigneur commis sur les richesses de la reine
d'Éthiopie, prosélyte juif qui fut converti au christianisme par Philippe q.v.,
Actes 8:27.
— Le passage Matthieu 19:12, se rapporte aux ascètes
qui se faisaient eunuques pour gagner le ciel, exemple qui fut suivi par
Origène dans une intention moins prétentieuse, et pour se délivrer seulement
des tentations charnelles; on peut aussi prendre ce verset comme indiquant le
simple renoncement au mariage et aux plaisirs de la chair, sans opération
corporelle; ce serait le cas de Paul, et les promesses de Apocalypse 14:4;
seraient faites pour eux.
Mat. 19:12 - Car il y en a, qui stériles, sont nés
ainsi du ventre de leur mère; il y en a, qui émasculés, ont été castrés par les
hommes; et il y en a, qui infertiles, se sont privés eux-mêmes dans l'intérêt
de la souveraineté suprême. Que celui qui peut distinguer ceci, le comprenne.
(Bible de Machaira)
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EUTHRATE,
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hébreu Ph'rath, Genèse 2:14; 15:18; Josué 1:4;
Apocalypse 9:14, appelé simplement le fleuve, Exode 23:31; Ésaïe 8:7; 7:20;
Jérémie 2:18; Michée 7:12, ou le grand fleuve, Deutéronome 1:7. De tous les
noms géographiques, l'Euphrate est certainement le plus ancien, puisqu'il est
le seul qui nous ramène aux jours du paradis terrestre. Ce fleuve, un des plus
considérables de l'Asie, prend sa source au plateau de l'Arménie, et sort de la
chaîne de montagnes dont l'Ararat est le sommet le plus élevé. À trois journées
d'Erzeroum, les deux premiers affluents du fleuve se rencontrent, l'un, le
Frat, plus court et venant de l'ouest;l'autre, le Mourad-Tchaï, venant
d'orient, plus long et prenant naissance au pied des monts Alma-Dagh, dans les
environs de la ville de Rayazad. À leur jonction, les deux rivières réunies
prennent le nom de Mourad-Sou, ou Euphrate, et présentent une masse d'eau
pareille à celle de nos fleuves les moins considérables, tels que la Moselle.
L'Euphrate coule d'abord vers le sud et sépare l'Arménie de la Cappadoce, puis
bientôt chassé par les racines du Taurus, il tourne à l'ouest et descend par
d'étroits passages et de nombreuses chutes, jusqu'à ce qu'il arrive dans la
plaine non loin de Samosate, où sa course se ralentit et continue d'abord au
sud, puis à l'est et au sud-est, ayant à sa droite la Syrie et l'Arabie
déserte, à gauche la Mésopotamie. À la latitude de Bagdad il se rapproche du
Tigre, dont il n'est plus éloigné que de 200 stades à Séleucie, et de nombreux
canaux permettent une communication libre et facile entre les deux fleuves. Il
s'éloigne de nouveau du Tigre, passe devant Babylone, envoie une partie de ses
eaux se perdre dans les marais sablonneux de l'Arabie, puis revient en
serpentant vers l'est, et se perd à Kornah dans le Tigre; là les deux fleuves,
sous le nom de Schat-al-Arab (fleuve des Arabes), traversent encore 32 lieues
d'un pays noyé, et se jettent finalement dans le golfe Persique par plusieurs
embouchures.
Le cours de l'Euphrate est d'environ 1850 kilomètres;
il est accessible à de petits bateaux pendant la première partie de son cours
jusqu'à son arrivée dans les chaînes du Taurus, puis il cesse de l'être jusqu'à
quelques lieues au-dessus de Samosate, où sa course longtemps accidentée
redevient plus douce et plus unie; la vallée s'élargit et les pentes
s'affaiblissent; la largeur du fleuve est de 800 pieds; mais sa profondeur
varie encore et ne dépasse jamais dans les eaux basses 10 à 12 pieds, quoique
dans la saison des pluies elle s'élève jusqu'à 24. La navigation n'y est jamais
sûre, et tous les essais qui ont été faits jusqu'à ce jour ont échoué contre
les caprices du fleuve indompté, cf. Ésaïe 8:7. Les bateaux à vapeur, le
Nitocris et le Nimrod, dans leur navigation du mois de mars 1841, n'ont fait
que constater les difficultés qui restent encore à lever pour la navigation
régulière de ce fleuve.
— Son eau est presque toujours trouble, mais ne laisse
pas que d'être saine et d'un goût agréable quand elle est clarifiée. Les Arabes
l'estiment extrêmement.
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EUROCLYDON,
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Actes 27:14, vent du sud-est, irrégulier et
tourbillonnant.
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EUTYCHE,
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Actes 20:9, jeune homme de Troas, qui, s'étant endormi
sur l'embrasure d'une fenêtre pendant un discours de saint Paul, tomba dans la
rue et fut relevé mort; mais l'apôtre s'étant approché se pencha sur lui,
l'embrassa, et annonça aux assistants que le jeune homme était revenu à la vie.
La réunion ne fut ainsi interrompue qu'un instant, puis les frères
s'assemblèrent de nouveau en attendant le départ de Paul, prirent la cène, et
s'entretinrent jusqu'au jour.
— On a révoqué en doute le miracle, par conséquent la
mort et la résurrection d'Eutyche, et l'on s'appuie sur le peu de cérémonies
que fait l'apôtre, qui ne prie pas même; on dit encore que le jeune homme,
n'ayant éprouvé qu'une violente secousse, a bien eu besoin du reste de la nuit
pour se remettre, ce qui explique pourquoi au lieu de remonter immédiatement
dans la salle, il ne reparut qu'après le départ de Paul. Nous répondons: le
verset 9 est positif; même s'il n'y a eu que secousse violente on ne se remet
pas en quelques heures d'une chute de trois étages; les paroles du verset 10
ont le même sens que celles de Matthieu 9:24; saint Paul s'est penché sur le
jeune homme comme le firent Élie et Élisée en pareille occasion, 1 Rois 17:21;
2 Rois 4:34. «Enfin, ajoute M. Coquerel, s'il n'y a point ici de miracle,
l'accident était trop peu important pour être rapporté par saint Luc Depuis
Éphèse jusqu'à Milet, Actes 20:1,15, le récit ne s'arrête point et n'offre
aucun intérêt; l'historien aurait-il interrompu la rapidité de son narré pour
raconter seulement qu'un dormeur était tombé par une fenêtre sans se tuer.
Saint Luc, présent à toute cette scène, était médecin; s'il s'agit d'un
évanouissement et non d'une résurrection, c'est de son aide et non de celle de
Paul que l'on avait besoin, et en se rappelant que le récit est d'un homme de
l'art, il est impossible de ne pas y voir un prodige divin et non un accident
vulgaire.»
Il est intéressant de voir avec quelle bonté et quelle
compassion saint Luc rapporte le fait de ce jeune homme qui s'endort pendant
que le grand apôtre parle aux âmes; Eutyche ne cède qu'à un profond sommeil, il
faisait une chaleur étouffante, et la fumée des lampes nombreuses y ajoutait
son influence engourdissant; c'était extrêmement tard, minuit; enfin Paul avait
fait un long discours, de l'aveu même de saint Luc: toutes les circonstances se
réunissaient pour faire succomber la chair, et là où bien des formalistes se
seraient indignés, le Saint-Esprit n'exprime pas un seul mot de blâme. Chacun
sait que ce n'est pas bien de dormir au culte, et l'on peut même dire qu'une
âme pieuse n'en éprouvera jamais le besoin. Voilà la règle, puis vient
l'exception, c'est que la chair est toujours chair avec une faiblesse
insurmontable, inhérente à sa nature; s'il y a des cas où la faiblesse est
péché, il y en a d'autres où la faiblesse n'est qu'un malheur et doit être
pardonnée, et le tact chrétien joint à la charité pure saura toujours faire
distinguer les uns des autres.
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ÉVANGILE, Évangélistes.
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L'Évangile, cette clef de voûte d'une économie
nouvelle où le mystère est remplacé par l'amour, l'Évangile, mot sacramentel
que les anges proclamèrent du haut des cieux, Luc 2:10, en annonçant aux hommes
un grand sujet de joie, l'Évangile, cette épigraphe de la religion chrétienne
et d'elle seule, ce résumé des gratuités divines, ce nom que chacun réclame
dans l'Europe chrétienne et qui s'avance en conquérant dans toutes les parties
du monde, sur les côtes de l'Amérique, dans les déserts de l'Afrique, au bord
des fleuves de l'Asie, et dans les îles de l'Océanie, jusqu'à ce qu'il ait
gagné des hommes de toute tribu, langue, peuple et nation, l'Évangile n'est
dans son origine comme dans sa signification littérale, ni un système de
philosophie, ni un système de devoirs, ni une prédication de morale, mais la
publication simple d'un fait, d'une nouvelle, d'une «bonne nouvelle», ainsi que
le marque son nom même, dérivé des deux mots grecs
Εύ,
άγγέλιον, qui ont cette signification. (Le mot Évangile
signifie proprement: le message de la grâce, bonne nouvelle pour les élus,
méchante nouvelle pour les réprouvés.)
Ce fait, c'est que Jésus est venu chercher et sauver
ce qui était perdu, Matthieu 18:11; c'est qu'il n'y a point sous le ciel
d'autre nom qui soit donné aux hommes par lequel il nous faille être sauvés,
Actes 4:12; c'est que Dieu a tant aimé le monde, qu'il a donné son fils au
monde, afin que quiconque croirait en lui ne pérît pas, mais qu'il eût la vie
éternelle, Jean 3:16.
Fait historique, il repose sur un fait moral qu'il
suppose, celui de la corruption entière du cœur humain, corruption telle qu'il
ne peut plus être question pour l'homme d'un simple changement, d'une
amélioration, d'un mieux-aller, mais d'une métamorphose totale, d'une
transformation, d'une conversion, d'une rétrogradation complète et sans
restriction aucune. Cette base posée, cette corruption reconnue, dont les
conséquences naturelles sont une éternelle condamnation, Dieu a opposé comme
remède la mort de son fils éternel dont le sang doit à la fois expier et
purifier. Ce plan, conçu dès avant la fondation du monde a été dévoilé à
l'homme aussitôt après la chute; et dès lors, développé de plus en plus
clairement par les sacrifices, par le mosaïsme, par les prophéties, et par la
foi des Juifs craignant Dieu, il a pris place dans l'histoire de l'humanité il
y a 1849 ans, le Verbe s'étant incarné, ayant souffert, étant mort, étant
ressuscité, s'étant montré publiquement, ayant été vu, entendu et touché
pendant plusieurs années, ayant prêché dans les plaines et sur les montagnes,
dans les villes et dans les déserts. Puis son œuvre étant accomplie, il est
retourné dans le sein de son Père.
Tous ces faits avaient pour but unique le salut des
hommes, et c'est leur ensemble qui constitué l'Évangile, la bonne nouvelle.
Il importe donc extrêmement pour ce mot comme pour
tous les autres, et plus encore, d'en conserver présente à la pensée la
signification historique et salutaire, afin de ne se pas fourvoyer comme on le
fait souvent, dans des phrases creuses et sonores qui n'ont aucun sens;
pratiquer l'Évangile, la loi de l'Évangile, les menaces, les foudres de
l'Évangile, autant de formules qui dénotent chez ceux qui les emploient
l'ignorance la plus triste et la plus déplorable de ce qui fait le fondement de
la religion chrétienne.
— Nous ne pouvons développer, ni même indiquer ici
toutes les idées également importantes, qu'entraîne après elle, et comme
conséquence, la bonne nouvelle annoncée aux hommes: l'inutilité d'œuvres
supplémentaires à la mort de Christ qui a pleinement accompli le salut, en même
temps que la nécessité des œuvres produites par une foi opérante dans la
charité, ou plutôt la production même de ces œuvres qui sont la conséquence
naturelle de la véritable foi, du véritable amour pour le Dieu-Sauveur. (A.
Bost, Qu'est-ce que l'Évangile? 4e édition.)
On a étendu plus tard, ou restreint, le nom d'Évangile
aux livres inspirés qui nous racontent l'histoire de cette bonne nouvelle, et
dont nous reparlerons aux articles de ceux qui les ont écrits, et qui sont
appelés évangélistes. Ce dernier nom se donne encore dans l'Écriture aux hommes
chargés de faire connaître la mort et la résurrection bénie du fils de Dieu; ils
sont distingués, Éphésiens 4:11, des apôtres, des prophètes, et des pasteurs et
docteurs, parce que leur mission était plus spécialement la prédication, plutôt
que la cure d'âmes ou l'enseignement proprement dit. C'étaient des
missionnaires chrétiens, comme paraissent l'avoir été Philippe, Actes 8:5;
21:8, Timothée, 2 Timothée 4:5, etc., sans doute aussi tous les autres apôtres,
quoiqu'ils ne soient pas désignés sous ce nom. Cette charge, la plus grande et
la plus belle de celles qui se trouvent sous le ciel, ne prend vie dans
l'Église que lorsque l'Église elle-même a de la vie. Aujourd'hui un grand
nombre de ces saints messagers parcourent la France, envoyés par des sociétés
fondées dans ce but à Genève, à Paris, à Lyon, à Bordeaux, et dans un grand
nombre de villes. Les chrétiens ne peuvent faire mieux que de les assister de
leurs dons et les soutenir de leurs prières: c'est l'œuvre directe du Seigneur.
On donne plus ordinairement le nom de missionnaires aux évangélistes envoyés
chez les peuples non chrétiens, quoiqu'au berceau du christianisme cette
distinction n'existât point, et ne pût même pas exister. Cette œuvre de
l'évangélisation qui a fait des prodiges, excite naturellement les cruelles
antipathies de ceux pour qui la bonne nouvelle n'est qu'un système entre
plusieurs autres, une théorie bonne entre plusieurs autres, et Jésus-Christ un
saint et un ange, mais point l'incarnation de la divinité: tous ceux qui
n'auront connu véritablement, ni Jésus, ni le Père, feront souffrir persécution
à ceux qui voudront vivre selon la fidélité, et les ténèbres seront toujours
ennemies de la lumière.
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ÈVE,
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Genèse 3:20; 1:27; 2:18; 3:1; etc. 2 Corinthiens 11:3;
1 Timothée 2:13, la première femme et la première pécheresse. L'homme ayant par
la chute perdu l'immortalité, donna à sa femme le nom de vie,
Ζωή, (Sept.), hébreu Hhivvah, puisque son existence
devait se continuer infiniment par sa descendance; cette espèce d'immortalité
remplaça pour lui l'immortalité corporelle qu'il avait perdue; il devait encore
trouver dans la postérité de sa femme une immortalité plus précieuse et plus
glorieuse, mais il ne put la comprendre qu'en partie lorsqu'elle lui fut
annoncée. L'histoire de la chute et de la peine prononcée contre la femme est
trop connue pour qu'il y ait lieu à la répéter, on peut se borner à quelques
observations. La femme fut créée pour l'homme, mais tirée de l'homme; ce double
fait établit de la manière la plus claire les rapports qui doivent exister
entre eux, rapports que les peuples non éclairés de la lumière d'en haut ont
vainement cherché à déterminer, les uns ayant fait de la femme la reine de la
société, les autres l'ayant ravalée au niveau de la brute. Dieu ayant destiné
l'homme et la femme à vivre ensemble, a dû les faire dissemblables et inégaux
en force afin d'empêcher les luttes et les frottements; il a fait l'homme le
chef pour commander, et il lui a donné une aide formée après lui et pour lui, 1
Corinthiens 11:8-9, mais à son image et à sa ressemblance, afin d'effacer ainsi
ou de diminuer la distance qui les eût séparés autrement. Ils sont de même
essence et de même nature, ils sont égaux; mais la femme est venue après, elle
est plus faible, elle doit obéir. Cette inégalité de forces a si bien été
reconnue déjà dès le commencement, que c'est à elle que le tentateur s'adresse
en premier lieu, c'est contre elle qu'il dresse ses premières embûches, et il
la séduit en flattant sa sensualité, son orgueil, et son amour pour ce qui est
beau à voir.
— La peine imposée à la femme a paru grande à ceux qui
regardaient sa faute comme petite, mais il n'est aucune femme chrétienne qui ne
comprenne cette parole du livre de Job, que Dieu exige de nous beaucoup moins
que notre iniquité ne mérite (11:6). Saint Paul, dans un passage bien connu et
souvent mal compris, envisage comme moyen de salut ce que Dieu infligea à la
femme comme peine, lorsqu'il dit: «Elle sera néanmoins sauvée en mettant des
enfants au monde», ou plutôt, «par l'enfantement», 1 Timothée 2:15. Pour
l'intelligence de ce passage, il faut reconnaître que l'apôtre qui a parlé
d'Ève en passant, généralise cependant ce qu'il a à dire de son sexe: l'idée
qu'il développe, c'est que la femme ne doit pas enseigner; elle est par nature
plus susceptible pour les impressions qui viennent du dehors; Adam ne fut pas
tenté par le serpent, il le fut par Ève qu'une séduction extérieure fit tomber;
la femme donc doit s'abstenir d'enseigner; cependant elle sera sauvée, mais le
salut qui lui a été promis après la chute ne détruit pas sa position
inférieure, ni même les douleurs de l'enfantement qui lui furent imposées comme
peine naturelle extérieure. Dans l'idée de l'apôtre la femme chrétienne ne peut
pas dire; «Il est vrai que c'est la femme qui est tombée la première, et que
c'est elle qui est en général la partie la plus faible, mais il n'y a pas de
différence dans le règne de la grâce.» C'est aux paroles de Genèse 3:15-16, que
se rapportent les exhortations de saint Paul, et les douleurs de l'enfantement
peuvent être considérées comme un exercice de la foi. On peut ajouter comme une
idée secondaire peut-être et cachée dans l'arrière-plan, le salut qui devait
sortir pour la femme comme pour l'homme de la malédiction elle-même reposant
dans l'enfantement, c'est que de la semence de la femme devait naître Celui qui
briserait la tête du serpent, et rendrait à l'humanité le bonheur éternel qu'il
avait perdu par la chute. Mais il faut repousser toute une série
d'interprétations sensuelles, qui sont contraires à l'analogie de la foi comme
au sens naturel du passage, celle qui met le salut de la femme dans la vie de
famille, et dans l'éducation de ses enfants, celle qui prend le texte à la
lettre (et quelle lettre!), à savoir que la femme sera sauvée en faisant des
enfants, excluant de, fait celles qui restent vierges ou qui sont stériles,
l'idée qu'elle sera sauvée malgré l'enfantement, celle que les douleurs de
l'enfantement ne seront pas mortelles pour elle et qu'elle y résistera (Benson
et quelques Anglais), etc.
Toutefois, à l'interprétation que nous avons donnée,
il ne faut pas oublier de joindre les réserves mises par Paul lui-même à la fin
du verset: «Pourvu qu'elle persévère dans la foi, dans la charité, et dans la
sanctification avec modestie.»
Une nouvelle
traduction nous éclaire davantage sur ce sujet : 1 Timothée 2 :13-15: - 13
Car les êtres humains ont été formés en premier, et la vie ensuite. 14 Et ce
n'est pas les êtres humains qui ont été séduit; c'est leur réalisation de la
vie qui, séduite, occasionna la transgression. 15 Toutefois elle fut délivrée
en sa procréation du GERME, persévérant avec modestie dans la foi, la charité
et la sainteté. (Bible de Machaira)
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ÉVÊQUE,
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en grec
έπισκοπος, surveillant, inspecteur. Employés ecclésiastiques,
institués, à une époque et d'une manière inconnue, mais déjà du vivant des
apôtres; ils portaient encore le nom de
πρεσβύτεροι (prebtres, prêtres), ainsi qu'on le voit dans
plusieurs passages où les deux mots sont employés l'un pour l'autre; Paul étant
à Milet fait venir les prêtres (ou anciens) de la ville, et leur dit: «Prenez
garde à vous-mêmes, et à tout le troupeau sur lequel le Saint-Esprit vous a
établis évêques.» Actes 20:17,28;
— cf. encore Tite 1:5 et 7, où l'apôtre, en engageant
Tite à ne choisir pour anciens que des hommes recommandâmes, ajoute: «car il
faut que l'évêque soit irrépréhensible, etc. «Cela ressort également du nombre
d'évêques qui se trouvaient à Philippes, Philippiens 1:1, où saint Paul en
salue plusieurs, avec les diacres. Depuis qu'on a établi une hiérarchie il faut
plusieurs villes pour un évêque; aux jours apostoliques il y avait plusieurs
évêques pour une ville. On le prouve encore par le fait que lorsque les
employés de l'Église sont classés et énumérés, comme 1 Timothée 3:1,8.
Philippiens 1:1, les évêques seuls sont nommés à côté des diacres, sans aucun
dignitaire intermédiaire. Les pères de l'Église sont d'ailleurs tellement
d'accord sur ce point, Clément Romain, Irénée, Théodoret et Jérôme (olim idem
erat presbyter, qui et episcopus), que les catholiques-romains, au moins
plusieurs d'entre eux, reconnaissent ce fait, et Calmet le dit positivement
dans son Commentaire sur Philippiens 1:1. «Anciennement le nom d'évêque et
celui de prêtre étaient communs et réciproques.» Il paraît que le titre
d'évêque n'était pas extrêmement en usage dans les temps primitifs, et qu'on
distinguait ces ouvriers par les fonctions plus extérieures de leur activité,
par les noms de pasteurs et docteurs, Éphésiens 4:11, de présidents d'église, 1
Thessaloniciens 5:12, etc., quoiqu'il y eût aussi des anciens (ou évêques) non
enseignants, 1 Timothée 5:17. Il n'y a rien, du reste, dans les qualités
exigées des évêques, qui les distingue des autres saints sous le rapport
religieux, 1 Timothée 3:1-11. Tite 1:5-9; et ces derniers conservaient le droit
d'accuser leurs évêques dont les fautes bien constatées devaient être reprises
publiquement, 1 Timothée 5:19-20. Les évêques étaient établis par les apôtres
et les autres anciens, Actes 14:23; 1 Timothée 5:22; Tite 1:5, de la part du
Saint-Esprit, Actes 20:28, mais rien n'indique comment leurs pouvoirs devaient
se transmettre, ni même quelle était l'étendue de ces pouvoirs: ce qui est sûr,
c'est qu'ils n'étaient accordés qu'à ceux qui avaient des dons particuliers
pour remplir dignement les nouvelles fonctions auxquelles ils étaient appelés.
Reste à savoir comment cette humble charge a pu
grandir jusqu'à envahir des palais, de riches vêtements et de considérables
honoraires, souvent peu honorables. Cette marche progressive a été lente; on a
commencé par vouloir introduire les formes de la hiérarchie juive dans une
économie où tous ceux qui croient sont égaux; puis le besoin de l'unité a
rassemblé quelquefois les pasteurs d'une même contrée, et comme pour se réunir
il faut un centre, on a choisi tout naturellement le centre politique existant,
la ville la plus importante des environs et, dans cette ville peut-être la
demeure du pasteur; puis, à cause de l'importance de fait donnée à ce pasteur,
et à cause de son poste et de ses charges plus considérables, on s'est mis à
choisir, pour remplir les fonctions ecclésiastiques dans un chef-lieu ou dans
une capitale, l'un des plus anciens, des mieux doués, des plus pieux; on lui a
accordé peut-être un subside pour subvenir aux dépenses plus considérables
auxquelles il était appelé. Jusque-là tout était naturel, tout était bien; puis
la vie ayant disparu, et les postes étant devenus dignes d'envie, on les a
accordés à l'intrigue, à la vanité, aux protections: on les a toujours plus
embellis, on a renchéri encore, et par dessus les évêques on a entassé des
archevêques, sur lesquels on a mis des cardinaux, et pour finir dignement, on a
essayé de couronner le tout avec un pape implanté en Italie; mais cela n'a
réussi qu'à moitié, et la plus grande partie de la chrétienté s'est refusée à
porter ce joug pyramidal, lourde imitation des monuments de l'Égypte. Voilà où
l'on est arrivé au bout de mille ans, pour s'être écarté de la ligne pure et
jalouse de la vérité; des inspecteurs de paroisses ont voulu devenir les
dominateurs du monde entier; ils en recueillent aujourd'hui les fruits amers.
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ÉVIL-MÉRODAC,
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2 Rois 25:27; Jérémie 52:31, roi de Babylone, fils et
successeur de Nébucadnetsar, 561 avant J.-C., succomba après un règne de deux
ans, sous les coups de son beau-frère Nériglissar; selon Flavius Josèphe, il
aurait régné dix-huit ans; dans ce chiffre seraient alors comprises les années
qu'il aurait régné avec son père et pendant sa folie, ou bien la vice-royauté
de quelque province. Dès la première année de son règne il tira de prison
Jéhojachin, qui y languissait depuis trente-sept ans, le traita avec douceur,
l'admit à sa table, et lui accorda une pension jusqu'à la fin de sa vie. L'histoire
profane qui a conservé le nom de ce monarque, n'en parle pas d'une manière
toujours fort honorable, et raconte qu'il livra aux corbeaux les restes de son
père, pour l'empêcher de ressusciter du tombeau, comme il était ressuscité de
son délire.
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ÉVODIE et Syntiche,
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Philippiens 4:2, deux femmes, peut-être diaconesses,
de l'église de Philippes, que saint Paul exhorte à vivre dans l'union
chrétienne, soit qu'il veuille les encourager à y persévérer, soit plutôt
qu'elles aient été divisées sur quelques points particuliers de la doctrine
évangélique. Elles avaient combattu avec Paul, pour l'avancement du règne de
Dieu, comme on voit que d'autres femmes chrétiennes l'avaient fait, Priscille,
Phébé, Lydie, Marie de Rome, Junie, Tryphène, Tryphose, Perside, et les quatre
filles de l'évangéliste Philippe (— Voir: Rilliet, sur Philippiens 4:2).
— Le compagnon d'œuvre que Paul invite à les aider,
verset 3, nous est inconnu; peut-être était-ce un de leurs parents.
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EXCOMMUNICATION,
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— Voir: Bannissement et Interdit.
Mettre en dehors de
l’église celui ou celle qui a le courage de s’opposer à ses doctrines
particulières afin de ne pas être exposé comme des imposteurs.
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EXIL et Captivité.
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Outre la servitude de l'Égypte, et les asservissements
successifs des Hébreux à l'époque des Juges, on compte ordinairement deux
captivités plus connues sous ce nom et sous celui d'exil.
1. Israël.
Déjà, sous le règne de Pékach, 741 avant J.-C., une partie des habitants de la
Galilée et des tribus transjourdaines furent emmenés, par Tiglath-Pilézer, en
Assyrie, 2 Rois 15:29. Après la destruction de Samarie et de tout le royaume
d'Israël par Salmanéser, 722 avant J.-C., sous le règne d'Hosée, le reste des
dix tribus fut également transporté, 2 Rois 17:6; 18:9-10. On leur donna, pour
s'y établir, le territoire du fleuve Chabor ou Chaboras, et quelques villes des
Mèdes, ainsi que d'autres petites provinces dans lesquelles ils furent
disséminés.
2. Judo.
Les habitants de ce royaume se virent à différentes reprises et successivement
emmenés en captivité.
a. Sous
Jéhojakim d'abord (606), Jérusalem fut prise par Nébucadnetsar, qui se contenta
d'emmener des otages, parmi lesquels se trouvait Daniel, Daniel 1:1,6.
b. La
ville fut prise de rechef sous Jéhojachim (598), et Nébucadnetsar emmena une
partie considérable de ses habitants, au nombre de dix mille au moins, hommes
de guerre et artisans, 2 Rois 24:14, probablement sans compter leurs femmes et
leurs enfants.
c. Sous
Sédécias (587), la ville révoltée fut de nouveau reprise par le vainqueur, qui
la livra aux flammes, emmena le reste de ses habitants, et n'y laissa que les
plus pauvres, ouvriers, vignerons et laboureurs, pour entretenir le pays, 2
Rois 25:12. D'après Jérémie 52:29, il n'y aurait eu que 832 Juifs emmenés, sans
doute leurs femmes et leurs enfants non compris. Le livre des Rois ne parle pas
d'autres déportations que de ces deux dernières; le livre des Chroniques, 2
Chroniques 36:10,20, qui raconte la prise de la ville sous Jéhojachin et sous
Sédécias, ne mentionne de déportation que celle qui eut lieu sous ce dernier
roi. En revanche, le prophète Jérémie, 52:28-30, parle d'une troisième
déportation, la première que nous avons mentionnée n'étant point regardée comme
telle.
d. Jérémie
52:30, cinq ans plus tard (582), Nébucadnetsar aurait fait transporter de
nouveau 745 personnes des Juifs.
Il y a, du reste, plusieurs difficultés chronologiques
à résoudre ou à accepter dans cette histoire de l'exil. L'historien
(probablement Esdras) qui a écrit le 52e chapitre de Jérémie, appelle l'année
où Sédécias fut emmené, à la fois la dix-neuvième et la dix huitième du règne
de Nébucadnetsar, versets 12 et 29. De même l'année où commença la captivité de
Jéchonias, et que le livre des Rois nomme la huitième, 2 Rois 24:12, est
appelée la septième, Jérémie 52:28, différences qui tiennent à une différence
dans le principe du calcul, l'habitude générale des historiens sacrés étant de
prendre pour point de départ le commencement naturel de l'année, et l'auteur de
Jérémie 52, ayant dérogé à cette règle, et comptant depuis l'avènement de
Nébucadnetsar au trône.
L'exil partiel aurait donc commencé pour Juda en 598,
et il aurait été à peu près total en 587.
La position des exilés n'était, du reste, pas aussi
défavorable qu'on le pense quelquefois; ils purent s'établir à leur aise sur la
terre étrangère, bâtir, planter, se marier, ainsi qu'on le voit Jérémie 29:5;
le livre de Tobie nous le montre jouissant d'une certaine aisance, même de
quelque prospérité; l'histoire de Susanne, et les passages Ézéchiel 14:1; 20:4,
nous font voir qu'ils avaient des anciens de leur nation et une juridiction
indépendante. Plusieurs d'entre eux étaient revêtus de fonctions très
honorables, Daniel et Néhémie étaient employés à la cour au service du roi.
Toutefois plusieurs psaumes montrent combien les cœurs pieux étaient déchirés
par le poids du malheur, et le désir d'une restauration (— Voir: en particulier
Psaumes 137). Un pieux écrivain fait au sujet de la captivité les intéressantes
observations que voici: «Les divers lieux où ils se trouvaient exilés,
Babylone, les plaines de la Mésopotamie et d'Égypte étaient précisément les
lieux où avaient séjourné Abraham et les enfants d'Abraham; Dieu avait comme
replacé la famille du patriarche dans la condition d'où il l'avait tirée, dans
le pays de ténèbres où elle avait pris naissance. Mais aussi la vue de ces
mêmes pays, en lui rappelant ce que Dieu avait jadis fait pour elle, lui disait
ce qu'il pouvait faire encore, et était pour elle un gage de l'accomplissement
de ses promesses. Ajoutons qu'en dispersant ainsi ce qu'il y avait de Juifs les
plus influents et les meilleurs, et avec eux tous ses prophètes, Dieu répandait
dans le monde des semences de vérité, et le préparait de loin pour les temps de
l'Évangile.» (G. Monod, Essai d'une Hist. univ., p. 148).
L'histoire du retour est également hérissée de
difficultés chronologiques dès qu'on entre dans les détails; mais les traits
généraux peuvent être déterminés. Cyrus monta sur le trône d'Assyrie en 537, et
la première mesure de son gouvernement fut la permission donnée aux Juifs de
retourner dans leur patrie. Selon Flavius Josèphe, Arch. 11, 1; 32, ce fut la
lecture du prophète Ésaïe, et l'impression qu'il en reçut qui détermina Cyrus à
publier l'édit de délivrance. Les soixante-dix années prédites par Jérémie
s'étaient précisément écoulées, et quoiqu'on ne puisse pas dire à la lettre que
Juda eût été captif pendant soixante-dix ans, ni surtout que Jérusalem eût été
en ruines aussi longtemps, on peut faire dater le commencement de la captivité
de la première prise de Jérusalem par Nébucadnetsar, en laquelle Daniel fut
emmené comme otage ou captif (606), et les soixante-dix années se trouvent
accomplies à la lin de la première année de Cyrus, en 536. Environ 50,000
Juifs, hommes et femmes, Esdras 1:1, composèrent la première caravane
d'émigrants; à leur tête se trouvait, comme chef politique, Zorobabel, fils de
Salathiel, fils de Jéojachin, l'avant-dernier roi de Juda, Esdras 3:2; 1
Chroniques 3:17; Matthieu 1:12. Le pontife qui les accompagnait était Jésuah,
fils de Jotsadak, de la souche d'Aaron et d'Éléazar, 1 Chroniques 6:14. Esdras
3:2. Les peines et les dépenses de premier établissement furent facilitées par
les ordres du roi, qui assigna aux émigrants un secours sur les fonds publics, en
invitant en même temps ses sujets à les assister par des dons volontaires.
Beaucoup de Juifs préférèrent des établissements avantageux formés à Babylone,
en Mésopotamie et en Perse, à une patrie qu'ils n'avaient jamais vue, et qui ne
leur offrait pas alors beaucoup de ressources; d'autres purent être retenus par
des obstacles réels et insurmontables; Daniel lui-même, quoiqu'il fût l'âme de
tout ce qui se faisait pour la restauration de sa patrie, resta à Babylone,
retenu peut-être par son grand âge (plus de quatre-vingts ans), peut-être par
la pensée que sa présence à la cour, auprès de Cyrus, serait plus utile à ses
frères; peut-être enfin par le désir de ne pas laisser sans prophètes les Juifs
restés en arrière.
— Sous les successeurs de Cyrus, l'empire de Perse
était rempli de Juifs, et nous en trouvons encore un grand nombre à Babylone,
au temps des apôtres.
À leur retour dans leur patrie, les Juifs y
trouvèrent, outre ceux de leurs frères qui n'avaient pas quitté la Judée, une
population païenne, reste des Cananéens, et mélange de Babyloniens qui s'y
étaient établis pendant la dévastation du pays, Esdras 6:21; 9:1; Néhémie
1:4,13. Réunis à leurs concitoyens, les Juifs revenus de Babylone parvinrent
sans peine, à ce qu'il semble, à rentrer dans leurs droits de propriétaires,
Esdras 2:70. Chacun d'eux, à peu d'exceptions près, avait des pièces qui
constataient le nom de l'ancienne famille à laquelle il appartenait, ou au
moins celui du lieu d'origine de ses aïeux, Esdras 2:59, ce qui pouvait l'aider
à faire reconnaître ses titres légitimes. Chacun d'eux se fixa dans la même
ville ou dans le même village que ses ancêtres, Esdras 2:70; 1 Chroniques 9:14.
— Cf. encore articles Juda, Israël, Temple, etc.; et,
pour cette période en général, le Comment, de Hævernick sur Daniel.
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EXODE.
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Le second livre de Moïse et de la Bible, appelé en
hébreu Ellé schemolh (voici les noms), des deux premiers mots par lesquels il
commence, porte en français le nom d'Exode, tiré de la version des Septante, et
signifiant la sortie, espèce de résumé de son contenu. Il contient la
persécution des Israélites en Égypte sous un roi qui n'avait pas connu Joseph,
la merveilleuse délivrance qu'ils obtinrent par Moïse, et le commencement de
leur voyage dans le désert, la traversée de la mer Rouge, la victoire remportée
sur les Hamalécites, la manne descendue du ciel, l'institution de chefs
judiciaires ou magistrats, l'arrivée au pied du Sinaï, la Loi promulguée, enfin
diverses ordonnances relatives au culte et à l'érection du tabernacle. Il
renferme une période de 145 années (Ussérius), soit depuis l'an du monde 2369,
date de la mort de Joseph, jusqu'à la sortie d'Égypte, 2513, plus la première
année du séjour dans le désert jusqu'au départ de Sinaï, 2514, et à l'érection
du tabernacle. L'Exode se divise, d'après son contenu, en trois parties
principales:
a. La
servitude et les préparatifs du départ, 1-12:37.
b. La
délivrance et le voyage jusqu'au pied du Sinaï, 12:38-19.
c. La
loi et les ordonnances, 20-40. Cette dernière partie renferme en outre, 32-34,
l'idolâtrie du veau d'or et les tables rompues.
On ne sait à quelle époque de sa vie Moïse écrivit
l'Exode, mais on peut croire que ce ne fut qu'après l'érection du tabernacle,
et dans l'un ou l'autre des campements tranquilles où, pendant 38 ans, les
Israélites attendirent leur mort.
Le Nouveau Testament fait de fréquentes allusions aux
faits rapportés dans l'Exode; Étienne les résume, Actes 7:17-45, et saint Paul
les rappelle, en développant le sens typique et prophétique, dans l'Épître aux
Hébreux 11:23-30; cf. Galates 3:19; 1 Corinthiens 10, et ailleurs. Le but du
livre de l'Exode est de montrer l'accomplissement des promesses faites à
Abraham, que sa postérité posséderait la terre de Canaan; il montre la fidélité
de Dieu envers les ennemis de son peuple, sa bonté envers les fidèles; il
montre le gouvernement de l'Église et le salut par la foi en Christ, par le
ministère de la loi qui a été donnée aux hommes comme pédagogue, Galates 3:24,
pour les amènera Christ qui est justice à tout croyant, Romains 10:4; il montre
la faiblesse de la chair à faire la volonté de Dieu, même après avoir été
comblée de biens par lui; il dit enfin à l'Église: Sois fidèle, supporte
patiemment les épreuves et les tribulations, obéis à ton maître dans les plus
petites choses, et tu verras le salut luire sur toi, tes ennemis s'évanouir, et
l'Éternel te couvrir de sa gloire et de sa bonté.
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EXORCISTES,
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proprement conjureurs, nom qui était donné à ceux
d'entre les Juifs (ou des autres nations) qui avaient le don de chasser les
démons hors des possédés, soit d'une manière naturelle, par des médicaments et
des parfums, soit par des formules ou par la puissance qui était en eux,
Matthieu 12:27; Marc 9:38; Actes 19:13. Ils étaient extrêmement considérés chez
les Juifs, et plusieurs parcouraient le pays ou les contrées environnantes pour
exorciser; ils faisaient remonter à Salomon leurs livres magiques,
— Voir: Enchanteurs et Possessions.
Les exorcistes
modernes sont des extracteurs de chimères qui prétendent à un ministère de
délivrance de démons ou délires de consciences déréglées. Ils impressionnent
les crédules et les cancres avec leurs fabulations et s’enrichissent sur le dos
des ignorants.
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EXPIATIONS
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(Fête des). Quand on voit la place importante que
l'idée d'expiation tenait dans le culte israélitique et comment toutes ses
parties tendaient à réconcilier l'homme pécheur avec la sainteté de Dieu, on
comprend que la fête des expiations dût en être en quelque sorte le centre, le
cœur; c'était alors que se faisait une expiation générale, pour le peuple, pour
le sacerdoce, et pour le sanctuaire; c'était ainsi la plus solennelle de toutes
les fêtes de l'année, la fête israélitique par excellence; on l'appelait le
jour des expiations, ou même simplement le jour. C'était le seul jour de
l'année où le jeûne fût de rigueur, la mortification de la chair devant
accompagner la pénitence; et tous les travaux étaient interrompus, comme au
jour du sabbat. Elle se célébrait dans le septième mois, le dixième jour de ce
mois, et ce choix était certainement en rapport avec la valeur des nombres 7 et
10, symboles, l'un de l'alliance, l'autre de la perfection. C'était
essentiellement le souverain sacrificateur qui officiait, et il se dépouillait
pour cela de ses vêtements pontificaux pour ne se vêtir que d'une simple
tunique blanche. Il commençait par offrir un veau pour ses propres péchés,
conformément à Lévitique 4:3; avec le sang de ce veau il entrait dans le lieu
très saint, ce qu'il n'avait le droit de faire que ce seul jour-là, et faisait
aspersion par sept fois (encore ici le nombre de l'alliance) sur le
propitiatoire, comme étant tout particulièrement le siège de la sainteté
divine. Puis un bouc ayant été égorgé pour les péchés du peuple, la même
cérémonie se répétait avec son sang, et cette expiation s'appliquait alors au
tabernacle même et à ses ustensiles, qui étaient censés souillés aussi par le
contact des pécheurs. Ensuite avait lieu une autre cérémonie qui a donné
beaucoup à faire aux interprètes. Un bouc tout semblable à celui qu'on avait
immolé, était amené au souverain sacrificateur, qui, posant ses mains sur sa
tête, confessait les péchés du peuple, puis le bouc était emmené au désert. Il
est évident que par l'acte symbolique de l'imposition des mains, le bouc vivant
était censé chargé des péchés du peuple, mais la difficulté gît dans les
versets 8,9,10 et 26; de Lévitique 16, et dans l'interprétation du mot Hazazel.
Plusieurs commentateurs ont cru pouvoir conclure de l'opposition qui existe
entre les deux parties du verset 8, que le mot Hazazel devait désigner un être
personnel (comme Dieu), et pouvait s'appliquer au malin esprit, au Diable;
alors il ne s'agirait pas sans doute d'un sacrifice fait à Satan (idée
complètement anti-biblique), mais le sens serait que, tandis que l'un des boucs
était offert en sacrifice expiatoire à Dieu, l'envoi du bouc vivant, chargé des
péchés dans le désert, représentait que les péchés étaient renvoyés au démon,
leur auteur, car on sait que les déserts étaient censés être l'habitation des
mauvais esprits, (— Voir: Christologie de Hengstenberg, I. 1, 36). Mais quoique
la doctrine de Satan entrât bien certainement dans le cercle des croyances
israélites, elle n'y était cependant pas assez prononcée pour être reproduite
dans le culte; c'est pourquoi il paraît préférable de se joindre à ceux qui
(comme Ewald. Tholuck, Bsæhr), prennent le mot Hazazel, non comme un nom
propre, mais comme la forme Pealpel (avec valeur intensive) du verbe hazal,
éloigner; ils traduisent alors Le Hazeazel pour le complet éloignement,
c'est-à-dire des péchés. Les péchés étaient ainsi censés tout à fait soustraits
aux yeux du Dieu saint, voués à l'oubli, et cette seconde cérémonie était le
complément de l'expiation déjà opérée par le premier bouc; ce qui confirme
cette interprétation, c'est que le sort devait être jeté entre les deux
animaux; ils étaient ainsi censés ne former qu'un seul tout, seulement il en
fallait nécessairement deux pour représenter les deux parties de l'idée: de
même pour les deux passereaux, Lévitique 14. Il faut en outre bien remarquer
que ce qui constituait essentiellement la fête, c'était l'entrée du souverain
sacrificateur dans le lieu très saint avec le sang expiatoire, et c'est sous ce
rapport que l'auteur de l'Épître aux Hébreux, chapitre 9, nous enseigne à la
considérer comme un type de l'œuvre expiatoire de Christ.
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ÉZÉCHIAS
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(la force de Jéhovah),
1. fils
et successeur d'Achaz, régna vingt-neuf ans sur le royaume de Juda (725-696).
Les livres des Bois et des Chroniques et les chapitres qui le concernent dans
le livre d'Ésaïe, nous le présentent comme un prince très pieux et zélé pour la
gloire de Dieu, quoique peut-être un peu enclin à l'orgueil et à la
présomption, et qui s'efforça d'abolir l'idolâtrie dans toute l'étendue de son
royaume, et d'y rétablir le culte du vrai Dieu; mais ce qu'il ne put déraciner
entièrement, c'était l'esprit d'incrédulité, d'immoralité, de propre justice,
qui s'était emparé surtout des classes supérieures. Le succès couronna ses
armes et ses négociations politiques: il humilia les Philistins, 2 Rois 18:8,
et par une alliance avec l'Égypte parvint à s'affranchir de la dépendance dans
laquelle son prédécesseur avait vécu à l'égard de l'Assyrie, 2 Rois 18:7,24.
Mais cette alliance lui fut reprochée par le prophète Ésaïe comme un signe de
défiance envers l'Éternel, Ésaïe 30:1; sq. 36:6, et il en fut bien cruellement
puni, lorsque le roi d'Assyrie Sanchérib, commença par employer une armée qu'il
envoyait en Égypte, à prendre les principales forteresses de la Judée, et lui
imposa un nouveau tribut, pour le paiement duquel Ézéchias dut avoir recours
aux trésors du temple, 2 Rois 18:13; sq. Sanchérib ne fut même pas apaisé par
sa soumission; il est probable qu'il avait au fond l'intention de détruire
entièrement la puissance des rois de Juda, qui pouvaient devenir pour lui des
rivaux dangereux, 2 Rois 18:32, et il vint avec une nombreuse armée mettre le
siège devant la capitale. Ézéchias et son peuple se trouvaient dans le plus
grand danger, mais ils en furent délivrés par une intervention miraculeuse due
aux prières du prophète: un ange destructeur vint exterminer la plus grande
partie de l'armée assyrienne et forcer ainsi Sanchérib à la retraite, 2 Rois
19:35; 2 Chroniques 32:21; Ésaïe 37:36. Il est à remarquer que cette grande
défaite de Sanchérib est aussi mentionnée par Hérodote (2, 141).
2. —
Quelque temps après, Ézéchias fut atteint d'une maladie qui d'abord parut
mortelle, mais dont il fut guéri, Dieu exauçant ses ferventes prières. Pendant
cette maladie, le prophète Ésaïe exerça son ministère auprès de lui. Comme
signe et gage de la guérison qui lui fut promise, l'Éternel permit que l'ombre
de son cadran solaire rétrogradât de dix degrés, 2 Rois 20; Ésaïe 38,;
— Voir: Cadran.
À l'occasion de sa guérison, il reçut les
félicitations des ambassadeurs de Mérodac-Baladan, roi de Babylone; Ésaïe lui
fit comprendre que dans l'empressement avec lequel il fit voir à ces étrangers
ses trésors et les magnificences de son palais, il y avait autant d'orgueil que
d'imprudence,
— Voir: Rochat, Médit, sur Ézéchias.
3. 2
Chroniques 28:12;
— Voir: Hazaria.
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ÉZÉCHIEL
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(la force de Dieu), prophète hébreu, fils du prêtre
Busi. Il fut emmené en exil lors de la première déportation, avec le roi
Jéhojachin et plusieurs autres Juifs de race illustre, et se fixa près du
fleuve Chaboras. Son ministère prophétique commença sept ans avant la destruction
de Jérusalem, et avait surtout pour but, d'un côté, de combattre les fausses
espérances des captifs, en leur enseignant à ne pas s'appuyer sur des secours
humains, de l'autre, de les préserver du désespoir en leur promettant le
secours de Dieu. Suivant la tradition, il périt assassiné par un de ses
compatriotes, et dans le moyen âge on montrait encore son tombeau à quelque
distance de Bagdad, Son livre peut se diviser en trois parties principales:
1. Les
vingt-quatre premiers chapitres contiennent des prophéties contre le royaume de
Juda, promulguées avant la destruction de Jérusalem, et accompagnées d'appels à
la repentance.
2. Les
chapitres 25 à 32 sont des prophéties contre des peuples étrangers.
3. Depuis
le chapitre 33, nous avons de nouveau des prophéties qui ont pour objet le
peuple juif, mais promulguées depuis la destruction de Jérusalem, et dans
lesquelles l'espérance et la consolation dominent. Les neuf derniers chapitres
(40-48) paraissent annoncer, sous l'emblème d'un temple magnifique, décrit dans
tous ses détails, la restauration et l'état glorieux du royaume de Dieu, qui a
commencé après le retour de l'exil, qui s'est davantage encore développé par la
venue du Messie, mais dont le plein accomplissement est sans doute réservé à
l'avenir. En général, ce livre se distingue par une grande abondance d'images,
par un style énergique et fortement coloré, par des expressions hardies, et
souvent extraordinaires, qui le rendent assez difficile à comprendre pour nous,
mais qui étaient bien appropriées au génie des Orientaux et aux circonstances
du temps. Il a des visions plus que des inspirations; il voit la ruine de
Jérusalem, il voit la restauration du temple. Le caractère éminemment poétique
de ces prophéties a fait dire à Herder qu'Ézéchiel était le Shakespeare des
Hébreux. Lamartine l'appelle le poète des vengeances. Il est à remarquer encore
qu'Ézéchiel, dans ses prophéties, s'appuie souvent sur celles que Jérémie
adressait de son côté aux Juifs restés en Judée (Comment, de Hævernick).
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Dictionnaire de la
Bible J.-A. Bost 1849-F
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FARD,
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— Voir: Antimoine.
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FÉLIX,
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Actes 23:24; et 24, onzième gouverneur de la Judée,
reçut ce poste par l'entremise du grand prêtre Jonathan. Il était frère de
Pallas, le favori de l'empereur. Il portait aussi les noms de Claude et
d'Antoine, parce qu'il était affranchi de l'empereur Claude et de sa mère
Antonia. Son gouvernement fut cruel et tyrannique, et lui-même se livra à tous
les vices. Il séduisit Drusille, q.v., fille du roi Hérode-Agrippa, l'épousa du
vivant d'Azizus, son mari, et lui donna un fils. Il eut presque continuellement
à lutter, d'abord contre des brigands, puis contre des assassins de profession,
qu'il ne craignait cependant pas de soudoyer dans l'occasion pour se défaire de
ceux qui lui portaient ombrage; puis contre de faux messies; il dut chercher à
concilier des querelles entre les Syriens et les Juifs, entre les prêtres et
les grands. Sa vie fut agitée, et l'occasion ne lui manqua pas pour trouver la
paix, mais il eût mieux aimé de l'argent. L'apôtre Paul lui avait été envoyé
par le tribun Lysias, et quoique la cause fut très simple à entendre, de l'aveu
même de Lysias qui, dans toutes les accusations élevées, n'en voyait aucune qui
pût entraîner la mort, ni même un emprisonnement, Félix, occupé de ses débauches,
le retint deux ans en prison pour l'amener à se racheter par des présents; il
voulut même que l'apôtre fût traité avec douceur, et qu'on n'empêchât aucun de
ses amis de le servir et de le visiter, sans doute pour que ceux-ci
l'encourageassent à obtenir sa liberté et l'aidassent par leurs dons. Aucun
vice ne manqua à cet homme, cruel, tyrannique, avare, adultère, assassin: mais
telle est aussi la force de l'étincelle divine qui reste dans la conscience,
que même dans une âme comme la sienne le ravage des passions ne pût pas
l'étouffer entièrement, et quand Paul lui parla de jugement et de chasteté,
Félix, effrayé, troublé, refusa de prolonger la conversation et l'ajourna
indéfiniment. Deux ans après, Félix reçut son congé; de retour à Rome, il fut accusé
par les Juifs de Césarée pour crime de concussion, mais absous par Néron, sur
l'intercession de Pallas.
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FEMME.
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La femme fut créée pour être la compagne de l'homme,
Figurativement, la
création de la femme est le réveil de l’homme à la vie de sa nature humaine.
— Voir: Adam,
— Voir: Ève,
quoiqu'avec une infériorité légale et de fait. Les
patriarches pieux la respectèrent plus que ne firent, et que ne font encore
tous les Orientaux, quoiqu'ils se considérassent bien comme les chefs de la
famille. Les femmes avaient chez eux un appartement séparé dans leurs tentes
nomades, Genèse 24:67; 31:33, mais étaient à la tête des travaux domestiques,
et pouvaient ainsi être vues et abordées par les étrangers, Genèse 20:2; cf.
Juges 4:17; les jeunes tilles gardaient les troupeaux, Genèse 29:9; Exode 2:16;
1 Samuel 9:11. Les femmes d'un rang moins élevé ne furent même pas longtemps
officiellement séparées de la compagnie des hommes, 1 Samuel 9:11; Exode 21:22;
Deutéronome 25:11; Ruth 2:5; 2 Samuel 19:5; 20:16; Matthieu 9:20; 12:46; 26:7;
Luc 10:38; Jean 4:7. Il paraît même, d'après Deutéronome 21:11, qu'elles
suivaient quelquefois à la guerre leurs parents ou leurs maris. Cependant la règle
générale resta toujours la convenance pour les femmes mariées ou non mariées,
de rester chez elles autant que possible, et les nombreuses femmes de Salomon
formèrent certainement un harem bien gardé, comme celles de Jéhojachin, dont la
surveillance avait été confiée à des eunuques, 1 Rois 11:3; 2 Rois 24:15; cf.
Esther 2:3,11. Mais on les voit aussi paraître en public, 1 Rois 14:4; 2 Samuel
6:20; elles prennent part aux fêtes nationales, 1 Samuel 18:6; Juges 16:27, et
à certaines réjouissances de famille, alors même qu'il s'y trouve des
étrangers, Matthieu 14:6.
Leurs occupations principales étaient dans l'intérieur
de la maison; elles travaillaient à la couture, à la broderie, et même à la
pâtisserie, 1 Samuel 2:19; 2 Samuel 13:8; Proverbes 31:13; elles s'occupaient
quelquefois aussi de commerce, Proverbes 31:24.
Leurs devoirs, dans la législation mosaïque, se
réduisaient à la plus entière obéissance à leurs maris; elles en dépendaient au
point que si l'une faisait un vœu, de quelque nature qu'il fût, elle ne pouvait
être tenue de le remplir si son mari s'y opposait le même jour. On peut voir, 1
Corinthiens 7, les devoirs que l'apôtre leur impose à l'égard de leurs maris;
elles doivent leur être soumises comme à Christ, Éphésiens 5:22. Il leur est
défendu de parler ou d'enseigner dans l'église, et d'y paraître sans voile et
la tête découverte, 1 Corinthiens 11:5; 14:34. Enfin la modestie leur est
recommandée, et l'éloignement des frisures, des ornements superflus, et des
habits somptueux, Tite 2:4-5; 1 Pierre 3:1,3.
— Pour le passage 1 Timothée 2:15.
— Voir: Ève.
— (La Femme, serm. par Ad. Monod).
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FENÊTRES.
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Elles ne fermaient pas avec des vitres chez les
Hébreux, ni chez les Orientaux en général, à cause de la chaleur du climat,
mais avec de simples treillis ou jalousies, Cantique 2:9; Ézéchiel 41:16, que
l'on pouvait ouvrir en partie et même entièrement. Elles garantissaient des
rayons du soleil et laissaient pénétrer l'air du dehors, mais aussi les
insectes, Joël 2:9. On pouvait voir parfaitement tout ce qui se passait à la
rue, Juges 5:28; 2 Samuel 6:16; Proverbes 7:6; 2 Rois 9:30. Les fenêtres des
maisons orientales s'ouvrent maintenant presque toutes sur la cour pour éviter
la poussière, ce qui donne aux rues un aspect en général assez triste. Les
fenêtres, fort grandes, descendaient jusqu'au plancher, et c'est p?r une
fenêtre de ce genre, ouverte, qu'Eutyche se précipita dans la rue, Actes 20:9,
comme probablement aussi le roi Achazia, 2 Rois 1:2, cf. encore Josué 2:15; 1
Samuel 19:12.
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FER,
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métal bien connu, et mentionné fréquemment dans
l'Écriture depuis Genèse 4:22, où il apparaît pour la première fois, et d'où
l'on doit conclure que sa mise en œuvre était connue fort anciennement. Moïse
cependant ne s'en servit ni dans la construction du tabernacle au désert, ni
dans l'érection de l'autel de pierres, Deutéronome 27:5, et Salomon n'en mit
dans aucune partie du temple de Jérusalem. Moïse parle du fer comme étant déjà
connu en Égypte de son temps, il vante la grande dureté de ce métal, Lévitique
26:19; Deutéronome 28:23,48, parle de mines de fer, Deutéronome 8:9, et du lit
de fer du roi Hog de Basan, 3:11. L'Égypte est dite, 4:20, avoir été un
fourneau de fer pour les Israélites pendant leur servitude. Ce métal était
employé à la confection d'épées, Nombres 33:16, de couteaux, de haches,
Deutéronome 19:5, et d'instruments à tailler la pierre, 27:5; même à la
construction des chariots, q.v.
Un joug de fer, Deutéronome 28:48, un ciel de fer,
Lévitique 26:19, un sceptre de fer, Psaumes 2:9, Apocalypse 2:27; 12:5, un nerf
de fer, Ésaïe 48:4, un homme solide comme une colonne de fer, Jérémie 1:18,
sont des images qui se comprennent parfaitement, et le faux prophète Tsidkija
se fit des cornes de fer, comme emblème de la victoire qu'Achab devait, selon
lui, remporter sur les Syriens.
Le fer du Nord dont il est parlé, Jérémie 15:12, à
côté de l'acier, est probablement le fer célèbre qui venait des forges des
Chalybes, sur les bords du Pont-Euxin, au nord de la Palestine.
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FESTINS.
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Ils étaient en général associés au culte, et comme
l'accompagnement obligé des sacrifices volontaires par lesquels les solennités
religieuses étaient célébrées: les pauvres, les esclaves elles étrangers
étaient invités à y prendre part, Deutéronome 12:12; 16:11; 1 Samuel 9:13;
16:3; 1 Rois 1,9; 3:15; Sophonie 1:7. On en faisait aussi pour solenniser les
alliances, les réjouissances de famille, noces, jours de naissance, etc.,
Genèse 31:54; 21:8; 29:22; 40:20; Juges 14:10; Jean 2:1; Job 1:4; Matthieu
14:6; Osée 7:5, au départ et au retour de personnes aimées ou honorées, Genèse
26:30; 31:27; 2 Samuel 3:20; 2 Rois 6:23; Luc 5:29; 15:23, et en beaucoup
d'autres circonstances, lorsque la joie ou tout autre sentiment un peu vif
remplissait le cœur, 2 Samuel 13:23; 1 Samuel 25:2,36; 2 Samuel 3:35; Juges
9:27; Osée 9:4,
— Voir: Repas.
Ils avaient lieu généralement le soir. On faisait
inviter et quelquefois chercher les conviés par un esclave, Proverbes 9:3;
Matthieu 22:3, on les embrassait à leur arrivée et on leur lavait les pieds,
Luc 7:44-45, on leur oignait les cheveux et la barbe, quelquefois les habits et
les pieds avec une huile odoriférante, Luc 7:38; Jean 12:3; Psaumes 23:5; Amos
6:6, et on ornait leur tête de guirlandes, Ésaïe 28:1. Des places leur étaient
désignées conformément à leur rang, 1 Samuel 9:22; Luc 14:8; Marc 12:39. Ils
recevaient ordinairement des portions égales qui leur étaient servies par le
maître de la maison, 1 Samuel 1:4; 2 Samuel 6:19; 1 Chroniques 16:3, et qui
étaient certainement suffisantes, ce qui rendait absolument honorifique la
distinction qui accordait à certaines personnes des portions doubles, triples,
et même quintuples, Genèse 43:34; 1 Samuel 9:24. L'architrichlin ou ordonnateur
du repas, Jean 2:8, était presque toujours un ami de la maison. Un festin
pouvait se distinguer, soit par le nombre des personnes invitées, Genèse 29:22;
1 Samuel 9:22; 1 Rois 1:9,25; Luc 14:16; 5:29, soit par la richesse de la
vaisselle, Esther 1:7, soit par le grand nombre et la qualité des mets, Genèse
27:9; Ésaïe 25:6; Psaumes 23:5; Job 36:16; Amos 6:4. Les anciens festins
duraient beaucoup plus que les nôtres, on s'y occupait d'affaires sérieuses, et
un édit royal fut conclu à la table d'un roi de Perse, Esther 1:15; 7:9. La
musique, la danse, les jeux de mots et des énigmes, animaient le cœur et
l'esprit des convives, Ésaïe 5:12; Amos 6:5; Psaumes 69:13; Matthieu 14:6;
Juges 14:12. On brûlait des parfums au moment du départ.
— Les femmes des grands avaient leurs festins dans des
appartements séparés, et n'assistaient pas à ceux de leurs maris lorsqu'il s'y
trouvait beaucoup d'étrangers réunis, Esther 1:9; mais dans les maisons
bourgeoises des Juifs cette différence n'existait pas.
Il était interdit aux Israélites d'assister aux repas
des païens offerts à la suite de leurs sacrifices, Exode 34:15, soit parce
qu'on eût pu considérer leur présence comme une participation à l'idolâtrie,
soit parce qu'ils eussent été dans le cas de manger, sans le savoir peut-être,
des viandes sacrifiées aux idoles, cf. 1 Corinthiens 10:28.
Des repas plus libres, vraies débauches dans le manger
et le boire, et par le flux de paroles vaines et déshonnêtes, avaient lieu du
temps des apôtres, entre les jeunes gens des villes païennes, et sont interdits
aux chrétiens, Romains 13:13; Galates 5:21; 1 Pierre 4:3; ils étaient suivis de
courses folles au travers des rues, et de tapage nocturne. Les chrétiens les
avaient remplacés par des agapes ou repas de charité, dans lesquels les frères
se réunissaient sous les yeux de leur Maître et Sauveur, pour célébrer ensemble
son amour, et les sentiments d'une amitié pure et sans hypocrisie qui devaient
les animer les uns à l'égard des autres, Jude 12; 1 Corinthiens 11:21, etc.
— Festins des sacrifices. Toute l'antiquité païenne a
connu l'usage d'offrir, à l'issue de certains sacrifices, un festin composé des
viandes qui n'avaient point été consumées sur l'autel. Cette coutume, fondée
sur la nature même de quelques-uns de ces sacrifices destinés à célébrer la
joie et la reconnaissance, était favorisée ou facilitée par les nombreux restes
des victimes: et peut-être que Moïse, en consacrant et en réglant cette
coutume, a été dirigé, comme pour tant d'autres détails de la constitution
hébraïque, par le double désir d'associer l'idée de joie à l'idée d'obéissance,
et de faire participer les pauvres aux libéralités du riche; Deutéronome 12:6;
cf. 1 Samuel 9:19; 16:3,8; 2 Samuel 6:19 (Tobie 1:12). Chez les Hébreux, ce
n'étaient que les sacrifices individuels qui pouvaient être suivis de festins
religieux, parce qu'alors, sauf la poitrine et l'épaule droite qui revenaient
de droit au prêtre officiant, toute la viande de la victime était rendue à
celui qui l'avait offerte, Deutéronome 27:7; mais il fallait qu'elle fût
entièrement consommée le jour même et le jour suivant, Lévitique 7:17; de là
aussi l'obligation d'inviter, surtout s'il s'agissait d'une grosse pièce de
bétail, tous les membres de la famille, et souvent encore quelques convives de
plus; les lévites sont particulièrement recommandés, Deutéronome 12:12, ainsi
que les étrangers, les veuves, et les orphelins, Deutéronome 16:11. Les
domestiques, comme faisant partie intégrante de la famille ancienne, ne sont
pas mentionnés à part.
Des repas avaient encore lieu à l'époque de certaines
fêtes publiques, Deutéronome 16:11; sq., et notamment le festin des dîmes, q.v.
Chez les païens, c'était tantôt dans les temples,
tantôt dans des maisons particulières, que se célébraient les festins des
sacrifices, 1 Corinthiens 8:10. Nous en trouvons un exemple, Nombres 25:2. Y
participer était regardé de la part des Israélites comme une participation à
l'idolâtrie, Psaumes 106:28 (Tobie 1:12); 1 Corinthiens 10:20; Apocalypse 2:14,
et les apôtres les avaient sévèrement interdits aux chrétiens, Actes 15:29;
21:25; 1 Corinthiens 8:1. Cependant ils n'y attachaient pas l'idée d'une
souillure se communiquant d'une manière sacramentelle, ex opere operato; ce
n'étaient pas les viandes qui souillaient, mais la sympathie ou l'adhésion
tacite à des cérémonies païennes: aussi, lorsque des victimes avaient été
offertes aux idoles, il arrivait souvent que les pauvres (et les avares,
Théophr. Caract 10) en revendaient une partie au boucher pour s'indemniser de
leurs frais, ou diminuer la grandeur de leur sacrifice. Dans ce cas, ces
viandes rentraient en quelque sorte dans le droit commun, et saint Paul permet
aux chrétiens d'en acheter et d'en manger, sans s'en inquiéter pour la
conscience, 1 Corinthiens 10:25. Ce n'était plus de la viande des sacrifices,
c'était de la viande de boucherie.
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FESTUS,
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(Festus Porcius, le
porc infesté), affranchi, douzième
procurateur de la Judée, succéda à Félix, Actes 24:27, dans la première année
de Néron (61 ou 62 avant J.-C.). Comme son prédécesseur, il voulut plaire aux
Juifs, et ne sut rien faire mieux que de persécuter l'Évangile en laissant Paul
en prison. Trois jours après son arrivée à Césarée, cet affranchi monta à
Jérusalem, et donna audience au souverain sacrificateur et aux premiers d'entre
les Juifs, qui lui demandèrent de laisser venir Paul à Jérusalem, car ils se
proposaient de le faire assassiner en chemin. Festus refusa de pousser la
condescendance jusque-là, et de retour chez lui, il se fit présenter l'apôtre
pour l'interroger, mais sans résultat. Quelques jours après, Agrippa II et
Bérénice sa sœur et concubine, étant venus le voir, il profita de l'occasion
pour interroger Paul une seconde fois et le faire voir et entendre à ses
augustes visiteurs. L'apôtre se défendit lui-même et témoigna plus de déférence
au roi qu'au procurateur, qui l'interrompit avec toute la froideur d'un homme
d'État en lui disant: «Ton grand savoir te met hors de sens», parce qu'il avait
parlé des glorieuses souffrances de Christ et de sa résurrection. La séance fut
bientôt levée, et Paul eût apparemment été relâché s'il n'en eût appelé à
l'empereur. Festus eut, comme son prédécesseur, à lutter contre les voleurs et
les brigands, et contre un certain magicien qui attirait le peuple dans le
désert. II mourut bientôt après, laissant une réputation d'injustice et de
nullité, et fut remplacé par Albinus, l'an 62 ou 63.
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FÊTES.
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Les Israélites avaient quatre fêles principales,
énumérées Lévitique 23: celles de Pâques, de la Pentecôte, des Expiations et
des Tabernacles,
— Voir: les art, spéciaux.
Ces fêtes qui réunissaient tous les Israélites mâles
auprès du tabernacle, Exode 23:17, devaient contribuer à resserrer leurs liens,
et à vivifier l'amour de la patrie; mais ce serait une grande erreur de ne voir
dans leur institution qu'un but politique; elles avaient au contraire un
caractère essentiellement religieux, comme nous pourrions déjà le conclure en
voyant que le nombre 7, symbole de l'alliance, leur servait de base et de
régulateur. Il est à remarquer qu'elles se rattachaient à la fois à des faits
historiques et aux principales récoltes de l'année, et comme telles elles
étaient un hommage rendu par les Israélites au Dieu qui les conservait et les
bénissait, tant par les bienfaits de la nature que par les dispensations de sa
Providence; elles devaient être, en conséquence, des temps de reconnaissance et
de joie; de là leur nom général, en hébreu chaggim, qui signifie réjouissances,
et la presque synonymie, même en français, des mots de fête et de
réjouissances. Chacune de ces fêtes consistait essentiellement en sacrifices
dont le rite était exactement prescrit; certains jours de la fête étaient même
comme le sabbat, distingués par une complète cessation des travaux de la vie
ordinaire.
— Aux solennités instituées par Moïse les Juifs
ajoutèrent, après l'exil, les fêtes de Purim et de la Dédicace.
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FEU.
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Il était défendu aux Israélites d'allumer aucun feu
dans leurs maisons le jour du sabbat, Exode 35:3, pour aucun des besoins du
ménage, four, cuisine, etc, quoiqu'il soit permis de croire que la même défense
ne s'étendît pas jusqu'au besoin de se préserver du froid dans la saison plus
rigoureuse.
— Un feu éternel devait brûler sur l'autel des
holocaustes, Lévitique 6:13, institution symbolique destinée à rappeler le feu
dont doivent brûler pour le service du Très-Haut les cœurs de ses vrais
adorateurs, destiné à rappeler aussi le sacrifice perpétuel qui devait être
offert en expiation jusqu'au jour où la grande Victime aurait été offerte une
fois pour toutes. L'antiquité païenne a connu ce symbole; on se rappelle le feu
de Vesta, et l'église romaine l'a conservé dans ses lampes éternelles.
— Si quelqu'un, dans un but ou dans un autre, avait
allumé du feu dans un champ, peut-être pour le purifier, en brûlant les
mauvaises herbes, et que le feu s'étendît hors du champ et eût consumé le blé
d'un champ voisin, celui qui avait fait le feu était responsable du dommage,
Exode 22:6.
— Outre ces détails qui nous sont fournis par la loi
mosaïque, il est question du feu dans un certain nombre de passages, soit en
parlant de Dieu qui est appelé un feu consumant, Deutéronome 4:24, soit en
parlant des messagers de Dieu qui sont comparés à des flammes de feu, Psaumes
104:4, soit enfin en parlant des peines de l'enfer, Matthieu 25:41.
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FÈVES
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(fava rotunda oblonga), légume bien connu, qui, étant
frais et rôti convenablement, était une nourriture assez recherchée, surtout
des pauvres, et qui était cultivé avec succès en Palestine, 2 Samuel 17:28. On
en faisait même du pain en mêlant la farine au froment et à d'autres céréales,
Ézéchiel 4,9. Pline, 18:30, élève la fève au-dessus de tous les autres légumes
à cause de cette propriété. L'usage de la fève portant au sommeil, il était
défendu au souverain sacrificateur d'en manger le jour de la fête des Expiations,
au dire de quelques rabbins.
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FIANÇAILLES,
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— Voir: Mariage.
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FIEL.
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Le fiel, puissant digestif, mélangé avec le vin
passait pour activer l'action de celui-ci, et pour le rendre très
particulièrement enivrant, de sorte qu'il exposait promptement à la risée
générale celui qui avait bu de ce mélange, en même temps qu'il amortissait chez
lui le sentiment de la douleur. C'est dans ce dernier sens qu'on peut
comprendre l'usage qui fut fait du fiel dans la boisson présentée à notre
Seigneur sur la croix, Matthieu 27:34; cf. Psaumes 69:21; Jérémie 8:14; 9:15;
Lamentations 3:19. Dans la plupart des cas, c'est par ce mot qu'on a traduit
l'hébreu rosch qui signifie poison en général,
— Voir: Poison;
le fiel serait plutôt désigné par le mot merérah, Job
16:13; ou merorah, 20:14,25.
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FIENTE
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de pigeon, 2 Rois 6:25,
— Voir: Colombe.
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FIÈVRE,
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— Voir: Maladies.
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FIGUIER,
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hébreu teénah, Genèse 3:7, et ailleurs, Matthieu 7:16,
etc. Arbre et fruit fort commun en Palestine, et suffisamment connu chez nous;
le ficus carica de Linnée. Les Hébreux l'estimaient comme une des plus riches
productions de leur sol, Proverbes 27:18; Cantique 2:13; Nombres 13:24;
Deutéronome 8:8; Jérémie 5:17; 8:13; Osée 2:12; Joël 1:12; Aggée 2:19; Zacharie
3:10; Jean 1:48,50, etc. Son tronc fort et noueux, ses branches qui s'étendent
au large, ses feuilles à cinq lobes, d'un vert foncé à la face supérieure, vert
clair et soyeux à la face inférieure, donnent un ombrage agréable et
rafraîchissant sous lequel on aime à se reposer, 1 Rois 4:25, et dont les
prophètes ont souvent tiré l'image du repos éternel promis aux saints de
Jéhovah, comme la promesse d'une prospérité temporelle, Michée 4:4. Zacharie
3:10. Ses fleurs sont recouvertes d'une enveloppe charnue, ce qui a fait douter
les anciens de la floraison de cet arbre; elles paraissent avant les feuilles,
et mûrissent avant elles, en Palestine vers la mi-mars. C'est ainsi qu'on doit
s'expliquer peut-être l'étonnement de Jésus de ne pas trouver de figues sur un
figuier déjà couvert de feuilles, Matthieu 21:19; mais,
— Voir: plus bas.
Les fleurs ne sont cependant pas toutes
hermaphrodites, et il n'y a que les fleurs femelles qui portent des fruits,
lorsqu'elles ont été comme fécondées par un moucheron (cynips psenes) qui,
après avoir déposé ses œufs dans les fleurs mâles du figuier sauvage
(caprificus), s'envole, lui ou les moucherons nouvellement éclos, et se dirige
couvert de pollen vers les fleurs femelles qu'il féconde par ses piqûres et
amène à maturité, fructification artificielle connue sous le nom de
caprification; des jardiniers habiles favorisent le travail de ces jardiniers
moucherons, et s'occupent à les diriger dans leurs opérations. Les figuiers
croissent avantageusement au bord des chemins et des grandes routes, dont la
poussière paraît hâter leur maturité et augmenter leur fertilité.
Les figues étaient un aliment sain et fort abondant, 1
Samuel 25:18; 30:12; Jérémie 24:2; les anciens en connaissaient trois espèces:
1. Les
figues hâtives, Jérémie 24:2; cf. Ésaïe 28:4; Osée 9:10 (bikkourah), mûrissant
après un hiver peu rigoureux vers la fin de juin, et à Jérusalem peut-être plus
tôt; elles passaient pour très rafraîchissantes.
2. Les
figues d'été, mois d'août: on les séchait ordinairement pour les conserver ou
pour les mettre dans le commerce et en faire des envois; c'est par masses
compactes ayant la forme de gâteaux qu'on les apprêtait pour les expéditions, 1
Samuel 25:18; 30:12; 2 Rois 20:7; Ésaïe 38:2).
3. Les
figues d'hiver qui mûrissent tard, lorsque les feuilles sont déjà tombées, et
persistent sur l'arbre jusqu'au printemps, lorsque l'hiver est doux; elles sont
plus longues que les figues d'été, et ont une couleur foncée tirant sur le
violet.
— On voit par là que le figuier porte des fruits
pendant une grande partie de l'année, surtout dans les climats tempérés,
cependant il demande beaucoup de soins pour réussir convenablement, Proverbes
27:18; cf. Luc 13:7.
Les vertus médicinales de la figue étaient connues
fort anciennement, surtout pour la guérison des abcès, des ulcères, et de
quelques maladies de la gorge, esquinancies, etc., 2 Rois 20:7; Ésaïe 38:21.
Amos 7:14, il est dit que le prophète, simple homme
des champs, s'occupait à piquer (non pas à cueillir) des figues sauvages
(shikemim);
— Voir: Sycomore.
Genèse 3:7. Les feuilles de figuier dont Adam et Ève
se firent des ceintures en les cousant ensemble, étaient, à ce qu'on pense, des
feuilles du figuier appelé par Linnée musa paradisiaca, beaucoup plus larges,
et d'une longueur prodigieuse: on s'en sert encore dans quelques pays pour des
usages semblables, et il y a des sauvages qui couvrent leurs huttes de ces
feuilles, s'en font à eux-mêmes des couvertures, ou en enveloppent leurs
cadavres.
— D'autres ont voulu y voir le bananier.
Matthieu 21:19; Marc 11:13. Histoire du figuier
stérile. Pourquoi est-ce que Jésus le maudit, puisque ce n'était pas la saison
des figues? Pour tout autre arbre que celui dont il s'agit, la réponse serait
difficile; mais pour le figuier qui doit porter, comme nous l'avons dit, des
fruits presque toute l'année, soit hâtives, soit tardives, on comprend que
Jésus ait dû s'étonner de n'en trouver aucune, lorsque du reste l'arbre, bien
garni de feuilles, paraissait fort et vigoureux. Il eût pu arriver cependant
que l'arbre eût été dépouillé de ses fruits, si c'eût été la saison en laquelle
on les cueille ordinairement, mais ce n'était pas le cas: le Seigneur considère
donc cet arbre comme jetant toute sa sève et sa force dans un extérieur
inutile, et il le retranche, voulant signifier par là qu'il en ferait de même
de tous ceux chez qui, cherchant les fruits de la vraie repentance, il ne les
trouverait pas.
— En tout cas, le passage offre quelques difficultés
qu'on ne peut lever entièrement. -
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FILS, Filles.
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Dans l’Hébreu, le
mot fils ou «ben» peut se traduire aussi par «constructeur». Lorsque la Bible
parle des fils de Dieu ou «bena ellohiym», l’expression signifie ainsi «les
constructeurs puissants», ce qui donne une réponse aux mégalythes que nous
retrouvons un peu partout sur la terre.
C'était un honneur aux femmes hébraïques, comme aux
Orientales, d'avoir des enfants, Genèse 24:60; Psaumes 113:9; 128:3,6; la
stérilité était considérée comme un malheur et comme une dure punition du ciel,
1 Samuel 1:6; Genèse 16:2; 30:1,23; Ésaïe 47:9; 49:21; Luc 1:23; les femmes
stériles étaient même un objet d'opprobre, Job 24:21. Partout, en Orientales
enfants étaient une richesse (cf. Esther 5:11), et une postérité nombreuse,
surtout des fils capables de continuer et la race et le nom, étaient considérés
comme une bénédiction d'en haut, Psaumes 127 et 128, Ecclésiaste 6:3. Aussitôt
après leur naissance (à laquelle avait présidé une sage-femme, Genèse 38:28.
Exode 1:15, quoique pas toujours, verset 19), les enfants des Hébreux étaient
baignés dans de l'eau, Ézéchiel 16:4, puis frottés de sel et entourés de
langes, cf. Job 38:9. Au bout de huit jours ils étaient circoncis, et on leur
donnait un nom, ordinairement en rapport avec une des circonstances qui avaient
accompagné ou précédé leur naissance. L'allaitement était l'affaire de la mère,
1 Samuel 1:23; 1 Rois 3:21; comme chez les Grecs, les femmes du plus haut rang
n'avaient garde de négliger ce devoir de nature (Iliad. 22, 83), et ce n'était
que dans les palais des rois, ou bien lorsque la santé de la mère ne le
permettait pas, que des nourrices entraient dans la famille, où elles
jouissaient, dès ce moment, d'une grande considération, Genèse 24:59; 35:8 (cf.
Virgile Æneid. 7:1. Odyss. 1, 428). Le sevrage avait lieu ordinairement vers
l'âge de trois ans, 2 Maccabées 7:27; Genèse 21:8; Exode 2:9-10; on
l'accompagnait d'une offrande, 1 Samuel 1:24, et d'un repas de réjouissances,
Genèse 21:8. Pendant les premières années, les fils et les filles recevaient
une éducation commune sous les yeux de leur mère, cf. Proverbes 31:1; mais
lorsque les premiers avaient atteint un certain âge, ils étaient remis, surtout
dans les familles un peu aisées, à des précepteurs, 2 Rois 10:1,5
(nourriciers), Esther 2:7; 1 Chroniques 27:32, qui étaient ordinairement des
esclaves instruits, mais sur les fonctions desquels nous n'avons pas de plus
amples détails;
— Voir: Enseignement.
Dans les familles moins riches, ou peut-être moins
occupées, le père faisait lui-même l'éducation de ses enfants, Proverbes 1:8;
4:3-4; cf. Deutéronome 6:7; 11:19; Psaumes 78:5.
— Les filles restaient jusqu'à leur mariage sous les
yeux de leur mère et vivaient en général assez retirées. L'autorité des parents
sur leurs enfants, principalement celle des pères, était presque illimitée;
cependant elle ne s'étendait pas au droit de vie et de mort, et lorsqu'un père,
désespérant de corriger un enfant vicieux voulait le faire périr, il devait
suivre une action juridique, le faire accuser par sa mère, obtenir une sentence
du tribunal, et trouver des voisins qui consentissent à servir de bourreaux,
Deutéronome 21:18-21, autant de formalités qui restreignaient de fait les
droits du père à cet égard, et prévenaient de terribles infanticides.
Les enfants n'étaient pas enveloppés dans les
sentences prononcées contre leurs parents, Deutéronome 24:16; cf. 2 Rois 14:6,
à l'exception des condamnations pour dettes qui pouvaient entraîner pour eux la
perte de la liberté au profit du créancier, chez les Juifs comme chez les Grecs
et les Romains, 2 Rois 4:1; Ésaïe 50:1; Néhémie 5:5; Matthieu 18:25. Lorsqu'une
fille avait été vendue comme esclave, c'était sans retour, elle ne pouvait
recouvrer sa liberté, Exode 21:7, parce que sans doute le législateur pensait
qu'elle ne tarderait pas à devenir l'épouse ou la concubine de son maître ou de
son fils;
— Voir: Esclaves.
Les fils héritaient à l'exclusion des Ailes, ce qui
doit toujours avoir lieu dans une législation qui autorise la polygamie, mais,
lorsqu'il n'y avait pas de fils, les filles étaient admises à hériter, à
condition qu'elles se mariassent dans leur tribu pour ne pas y rendre des
étrangers propriétaires du sol, Nombres 26, et 36. Le fils premier-né avait une
double portion, et était probablement chargé d'entretenir et de protéger ses
sœurs: en tout cas, il paraît que son consentement était nécessaire à leur
mariage, même du vivant du père, Genèse 24:50; cf. 34:13-17.
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FLÈCHE,
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— Voir: Arc et Divination.
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FLEUVE.
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Ce nom se donne quelquefois sans autre désignation à
l'Euphrate, q.v., au Jourdain, au Nil, et même à la mer, Jonas 2:4; Habacuc
3:8-9; cf. Psaumes 24:2; 74:15; Hérodote 1, 7. Le Jourdain, l'Arnon, le Jabbok,
le Kérith, le Sorek, le Kison, le Bézor, le Cédron, sont les principaux
fleuves, rivières ou torrents mentionnés dans l'Écriture; il en sera parlé aux
articles spéciaux, comme de plusieurs autres qui, presque tous, ont pris le nom
de la ville voisine la plus importante. Quelques interprètes ont voulu voir
dans Ésaïe 57:6, une trace d'un culte des fleuves qui aurait existé parmi des
Juifs idolâtres, mais le vrai sens du passage est: «Les parties désertes, nues
et rocailleuses des vallées sont ton lot.»
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FLÛTE,
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— Voir: Musique.
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FOIN.
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Les passages. Proverbes 27:25; Amos 7:1, montrent que
les anciens Hébreux n'employaient pas seulement pour fourrage l'herbe verte et
sur pied, mais encore l'herbe séchée: le foin servait aussi de combustible,
Matthieu 6:30; Luc 12:28.
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FONTAINES.
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Il y en avait de deux espèces chez les Hébreux: les
puits ou réservoirs dont nous avons parlé à l'article Citerne, q.v., et les
sources proprement dites. Ces dernières étaient naturellement bien plus
estimées, Jérémie 2:13; Lévitique 14:5; 15:13; Nombres 19:17. Les plus célèbres
sont celles de Siloé, de Guihon, de Roguel, de Hen-Guédi; on trouve encore
nommées celles de Hen-Sémès, Hen-Guaddim, Hen-Héglajim, etc. (Hen signifie
source).
— La fontaine d'eaux vives mentionnée (apparemment
comme figure), Cantique 4:15, se trouverait encore, et fort abondante, au dire
de quelques voyageurs, à une lieue de Tyr, dans la plaine. Elle est bâtie en
forme de tour carrée, dit Calmet, et haute de 15 coudées; les eaux en sortent
par quelques ouvertures avec tant d'impétuosité qu'elles font tourner, en
sortant de là, un moulin à cinq meules.
— La pureté et la chasteté de l'épouse est comparée à
une source close, à une fontaine cachetée, Cantique 4:12, et l'on a voulu
s'évertuer à savoir où était située cette fontaine; on l'a mise à une lieue de
Bethléhem. C'est pousser le positivisme un peu loin.
— Enfin l'on montre encore dans la tribu de Dan, près
du lieu nommé Lechi, la source qui jaillit d'une des dents de la mâchoire
trouvée par Samson.
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FORÊTS.
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Les plus remarquables et les plus fameuses étaient
celtes du Liban, 1 Rois 5:14, d'Éphraïm, Josué 17:15; 1 Samuel 14:25; 2 Samuel
18:6, de Hérets dans la tribu de Juda, 1 Samuel 22:5, touchant à la partie sud
de la précédente; de B?san, composée de chênes, Zacharie 11:2, de Béthel, qui
faisait peut-être partie de celle d'Éphraïm, 2 Rois 2:24; cf. verset 23, de
Tsahanajim, Juges 4:11. Les sommets du Carmel et du Thabor, de même que les
rives du Jourdain, dans toute leur étendue, étaient également riches en arbres
de diverses espèces. Toutefois, si les forêts de la Palestine étaient
considérables lorsque les Hébreux vinrent s'y établir, elles ne tardèrent pas à
diminuer, soit à cause de la nombreuse population qui venait y puiser
constamment, soit à cause des défrichements que nécessita la culture des
terres: le fumier et le foin remplacèrent en partie le bois comme combustible.
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FORTIFICATIONS, Forteresses.
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Dans l'antiquité, comme en général chez tous les
peuples peu ou point civilisés, chaque ville était une espèce de forteresse,
ville close, enclos muré, abri contre les coups de main des brigands, ou de
peuplades ennemies. La même chose avait lieu chez les Hébreux, à l'époque
première de leur établissement en Canaan. Cependant ils ne tardèrent pas à
comprendre la nécessité de se retrancher d'une manière peut-être moins
générale, mais plus solide et plus régulière; aussi eurent-ils leurs villes
fortes déjà avant l'exil, situées dans des positions avantageuses,
particulièrement sur les frontières de leur pays, Rama, Guebah, Mitspa,
Beth-Horon, Tadmor et d'autres, 1 Rois 15:17,22; 2 Chroniques 8:4-5; 14:6, etc.
Puis au retour de l'exil, les villes fortes acquirent une plus grande
importance encore, et furent distinguées avec soin des villages ou des villes
non fortifiées,
— Voir: 1 Maccabées 4:61; 12:35, etc.
Les fortifications étaient elles mêmes entourées de
fort près d'une ou deux murailles, 2 Chroniques 32:5, quelquefois fort
épaisses, garnies de créneaux, de parapets et de tours, et fermées par des
portes très solides (doublées de fer à Babylone, Ésaïe 45:2), retenues par des
verrous énormes également de fer, 1 Rois 4:13.
— Sophonie 1:16; Ésaïe 54:12; Jérémie 51, 58:12;
Ézéchiel 26:2; 27:11; 2 Chroniques 26:15; 14:7; 32:5. Au-dessus des portes se
trouvait une petite tour avec une chambre d'observation, 2 Samuel 13:34;
18:24,33; 2 Rois 9:17; 2 Chroniques 26:9; cf. 14:7. (C'est dans une de ces
chambres que le roi David, ayant appris la mort d'Absalon, monta pour pleurer
ce fils dont la lin l'affligeait autant qu'avait fait sa vie). Autour de cette
muraille était un petit mur (hhel) ou selon d'autres, mais moins probablement,
un fossé, 2 Samuel 20:15; 1 Rois 21:23; Ésaïe 26:1; Nahum 3:8.
— Il y avait encore en rase campagne de petits forts,
et des guérites d'observation, 2 Rois 18:8; 2 Rois 25:4, et des citadelles dans
les villes comme dernier refuge, Juges 9:51. La place la plus forte de la
Palestine de tout temps a été Jérusalem.
Avant de mettre le siège devant une ville, les Hébreux
devaient lui offrir de capituler, Deutéronome 20:10; cf. 2 Rois 18:17; puis ils
disposaient leurs lignes de circon-vallation, Ecclésiaste 9:14; 2 Rois 25:1;
Jérémie 52:4; Ézéchiel 4:2; 17:17, et s'occupaient de dresser une terrasse
d'attaque, 2 Samuel 20:15; 2 Rois 19:32; Ésaïe 37:33; Jérémie 6:6; Ézéchiel
4:2; 17:17; 26:8. On mettait alors en œuvre les instruments de siège, béliers
et autres machines, avec lesquels on battait en brèche la muraille ennemie.
Ézéchiel 26:9; 21:27. Le travail des mines souterraines ne fut connu que plus
tard, Les assiégés ne se bornaient pas seulement, pour leur défense, à tirer
des flèches du haut de leurs murailles, 2 Samuel 11:24, mais ils jetaient
encore des pierres, des meules et tout ce qui leur tombait sous la main,
versets 20 et 21, même de l'huile bouillante, d'après Flavius Josèphe. Ce n'est
que plus tard qu'apparaissent les catapultes, machines de l'invention d'un ingénieur,
dit l'historien sacré, 2 Chroniques 26:15. On cherchait aussi, par des sorties
habilement préparées, à repousser les assiégeants en les affaiblissant, 1
Maccabées 6:31. Quelquefois les sièges duraient fort longtemps, et pouvaient
affamer les villes les mieux approvisionnées, au point de les obliger de
recourir, pour ne pas mourir de faim, aux aliments les plus dégoûtants et les
plus inaccoutumés, 2 Rois 6:25,29; 18:27; Lamentations 4:10; 1 Maccabées 6:53;
13:21. Les villes prises d'assaut étaient ordinairement rasées et toutes les
maisons détruites, la charrue nivelait le sol, dû sel y était semé, les
habitants égorgés ou conduits en esclavage, Juges 1:25; 9:45; 1 Maccabées
5:50-51. On sévissait moins cruellement contre les villes qui se rendaient.
— La loi défendait aux Israélites de nuire aux arbres
fruitiers dès villes qu'ils assiégeaient, Deutéronome 20:19; cependant, cf. 2
Rois 3:25.
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FORTUNAT,
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1 Corinthiens 16:17, Romain d'origine comme l'indique
son nom, vint de Corinthe à Éphèse visiter Paul, et retourna avec Stéphanas et
Achaïque, porter aux Corinthiens la première épître de cet apôtre, dans
laquelle il reçoit lui-même un beau témoignage, et est recommandé à la considération
des fidèles. Il est du reste inconnu.
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FORUM d'Appius, ou marché d'Appius,
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Actes 28:15 (ou marché d'Appius), petite ville
d'Italie, à 43 milles (55 kilomètres) au sud de Rome, près de la voie Appienne
qui, allant de Rome (porta Capena) à Brindes, était en cet endroit interrompue
parles marais Pontins (Horat. Sat. 1, 5; 3). Les voyageurs de distinction ne
s'y arrêtaient guère, soit à cause de la mauvaise qualité de l'eau, soit
surtout à cause de la mauvaise réputation que donnait à cette petite ville la
conduite de ses habitants, dont un grand nombre étaient matelots.
— À 10 milles de là, sur la route de Rome, était la
ville des Trois-Boutiques (auj. Cisterna) également nommée, Actes 28:15; il s'y
trouvait un hôtel ou auberge (taberna diversoria), peut-être trois, que les
voyageurs préféraient en général à celle du marché d'Appius. Lett, de Cicéron à
Atticus, 2, 11 et 13. Les restes de ces deux villes comptent encore quelques
habitants.
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FOUET.
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De tout temps la peine du fouet a été la plus usitée
chez les Hébreux, et la loi la sanctionne, Deutéronome 25:2, pour les délits
civils. Le patient, couché, et en présence du juge, recevait les coups, mais
jamais plus de quarante, qui lui étaient administrés avec des verges: les
écourgées ou étrivières dont il est parlé, 1 Rois 12:11,14; 2 Chroniques
10:11,14, fouets de cuir avec des nœuds ou des pointes, n'étaient pas permises
par la loi.
Les coups devaient être appliqués sur le dos, entre
les deux épaules et la ceinture, jamais sur la plante des pieds comme dans
quelques barbares contrées de l'Orient. Les étrivières vinrent plus tard, et
les coups furent appliqués par un valet de justice, qui reçut l'ordre de ne
jamais compter plus loin de trente-neuf, afin de ne pas risquer de dépasser les
quarante s'il lui arrivait parfois de mal compter; cela explique la manière de
parler de saint Paul, 2 Corinthiens 11:24. La flagellation avait lieu, outre
les délits civils, dans tous les cas qui entraînaient la mort. Il y avait aussi
des délits à la répression desquels la synagogue elle-même pourvoyait en
faisant fouetter les coupables; mais cette peine, légale et particulière,
n'était pas ignominieuse (— Voir: Synagogue), tandis que la peine ordinaire du
fouet était un supplice à la fois infamant et douloureux. Notre Sauveur parlant
des douleurs de sa passion, met presque toujours la flagellation en premier lieu,
Matthieu 20:19; Marc 10:34; Luc 18:33; il subit une peine civile, condamnation
romaine, la même qu'éprouvèrent les apôtres, Actes 16:22, mais qui ne pouvait
être prononcée contre des citoyens romains, Actes 22:25; le nombre des coups
n'était pas limité. Saint Paul parlant des maux qu'il a soufferts, 2
Corinthiens 11:24-25, distingue les coups qu'il a reçus des Juifs, de ceux
qu'il a reçus ailleurs.
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FOULON
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(hébreu kobés, et peut-être aussi roguel). Ce métier
consistait soit à donner aux toiles et aux tissus nouvellement faits la
solidité et la fermeté nécessaires, soit à nettoyer et laver les étoffes de
laine, manteaux, etc., déjà portées. Une même opération servait à faire l'une
et l'autre chose, cependant le nettoyage et le blanchissage était l'occupation
la plus ordinaire des foulons. Les vêtements qui devaient être lavés étaient
d'abord trempés dans l'eau, puis foulés aux pieds ou broyés d'une autre
manière; on employait encore pour le dégraissage des substances âpres, fortes,
acides ou piquantes, de la vapeur de soufre, des sels alcalins, Malachie 3:2,
des terres argileuses ou marneuses, et même de l'urine, Pline 28, 26; 35, 57.
La plupart des habits donnés au foulon étaient blancs, Marc 9:3. Cependant il y
en avait aussi de foncés; ces derniers se blanchissaient ordinairement d'un
jour, tandis que les premiers exigeaient trois jours de lessivage. Un champ de
foulon mentionné 2 Rois 18:17; Ésaïe 7:3; 36:2, était situé près de l'étang
supérieur, ainsi à l'ouest de la ville; on en a conclu que les métiers qui
avaient un plus grand besoin d'eau, et notamment les foulons, possédaient un
district en dehors des murs d'enceinte: les foulons romains étaient également
établis hors de la ville, à cause des exhalaisons insalubres produites par la
nature de leurs travaux.
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FOURMI,
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insecte fort connu, que Salomon cite comme un exemple
de vie intelligente et laborieuse, Proverbes 6:6; 30:25, et auquel les poètes
et les moralistes de tous les temps ont reconnu avec justice les mêmes
qualités, qui brillent dans sa conduite, et particulière et administrative.
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FRELONS.
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Le plus redoutable des insectes de la famille des
guêpes; il a jusqu'à 3 centimètres et plus de longueur; un petit nombre
suffisent pour tuer un homme ou un cheval. Dans les trois passages de
l'Écriture où les frelons sont nommés, Exode 23:28; Deutéronome 7:20; Josué
24:1 (cf. Sapience 12, 8), ils apparaissent comme aides des Israélites dans
l'extermination des peuplades cananéennes. Quelques auteurs ont voulu n'y voir
qu'une métaphore, mais Bochart a prouvé par plusieurs exemples, que rien
n'empêche que ces passages ne soient pris à la lettre; plusieurs peuples ont,
en divers temps, été dépossédés par l'apparition d'insectes innombrables et
dangereux; Élien, 11, 28, rapporte que les Phasélites, qui demeuraient sur les
montagnes de Solyma, avaient été chassés de leur pays par des guêpes, et comme
ces Phasélites étaient des Phéniciens ou des Cananéens, il est évident que cet
auteur parle du même fait que celui qui est rapporté dans Josué.
On comprend facilement la déroute qu'un essaim de ces
animaux peut mettre dans une armée: on n'a ni armes, ni boucliers qui puissent
garantir de leurs attaques; on ne sait comment les éviter; c'est une mort qui
voltige autour des oreilles en bourdonnant, et qui provoque à la fuite la plus
prompte ceux qu'elle menace.
— En les envoyant au secours de son peuple. Dieu
voulait à la fois montrer qu'il protège les siens, et les empêcher de se
reposer sur eux-mêmes en s'attribuant la victoire.
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FRÊNE.
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Ésaïe 44:14. On a traduit par frêne l'hébreu oren, à
cause de son analogie avec le latin ornus, analogie qui pourrait n'être
qu'accidentelle, mais qui semble avoir bien dirigé dans cette occasion, pourvu
que parmi les différentes espèces d'ormes on s'en tienne au fraxinus ornus de
Linnée (Rosenmuller, Gesenius, Winer). En tout cas, le frêne répond aux
caractères qu'Ésaïe donne à l'oren.
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FROMAGE,
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— Voir: Bœuf.
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FROMENT.
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Hébreux bar ou shébèr, expression générale qui
comprend toutes les graines connues des Israélites, le blé, l'épeautre et
l'orge, peut-être encore le riz, Ésaïe 28:25; mais il n'est parlé d'avoine ou
de seigle nulle part. De toutes ces espèces de froment, le blé était la plus
importante en Palestine, Ésaïe 28:25; Ézéchiel 4:9. On le cultivait, comme
l'orge, dans toutes les parties du pays, Deutéronome 8:8; Juges 6:11; 1 Samuel
6:13; 2 Samuel 4:6; 17:28, et la terre en produisait plus qu'il n'était
nécessaire à la consommation des habitants. Salomon en envoyait chaque année en
présenta Hiram, roi de Tyr, 1 Rois 5:11, et plus tard les Israélites en
expédiaient aux Tyriens des convois considérables, comme objet de commerce,
Ézéchiel 27:17. Quelques médailles représentent même la Palestine sous le
symbole d'épis.
— Les semailles se faisaient au mois de marches-van
(octobre); la moisson commençait vers la fin de nisan, et finissait à
Pentecôte, Exode 34:22; Juges 15:1. Maintenant encore on moissonne en avril
dans quelques contrées du pays, en mai dans la Galilée. Au cinquantième jour
depuis Pâques, les Israélites offraient en offrande tournoyée deux pains de
fine farine, pétris avec du levain, comme prémices de la moisson, Lévitique
23:17. On ne réduisait pas toujours le blé en farine pour le pétrir et en faire
du pain, mais quelquefois on grillait au feu les épis avant qu'ils fussent
mûrs, et on les mangeait sans autre accommodement, Josué 5:11; Ruth 2:14; 1
Samuel 17:17; 2 Samuel 17:28, ainsi que cela se pratique maintenant encore en
Palestine. On les broyait aussi d'une manière plus grossière, comme le gruau,
Lévitique 2:14; 23:14; 2 Rois 4:42.
— En général le blé a toujours été cultivé en
abondance dans les contrées de l'Asie Mineure et dans le nord de l'Afrique,
notamment en Égypte.
Le grain pilé dont il est parlé, 2 Samuel 17:19;
Proverbes 27:22 (hébreu riphoth), et que plusieurs interprètes ont diversement
compris, est probablement du gruau: il est de même question de grain rôti et
moulu, 2 Samuel 17:28.
— Voir: encore les articles particuliers, Orge, etc.
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FRONDE,
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arme de guerre inventée par les habitants des îles
Baléares, ou plutôt par les Phéniciens; elle consistait, comme on sait, en une
petite plaque de cuir fixée au milieu d'une cordelette, ou en une tresse de
laine, de crins, de joncs, ou de cordes à boyaux, renflée vers le milieu, sur
la partie large de laquelle on plaçait une pierre: les deux extrémités de la
fronde sont dans la main de celui qui s'en sert, et après avoir fait tourner
avec violence l'instrument deux ou trois fois autour de sa tête, il lâche une
des extrémités, et la pierre s'élance de toute la force centrifuge qu'elle a
acquise, force suffisante souvent pour percer de part en part un casque ou un
bouclier. Les Hébreux s'en servaient beaucoup, surtout pour les troupes
légères, et les Benjamites en particulier passaient pour fort habiles dans ce
genre d'exercice, tellement qu'ils atteignaient leur but, «à un cheveu près,
sans le manquer», Juges 20:16. David frappa au front le géant qui faisait la
terreur d'Israël, 1 Samuel 17:49. Fugitif à Tsiklag, il vit arriver à son
secours une troupe d'hommes habiles à manier la fronde de la main droite et de
la main gauche, 1 Chroniques 12:2. Enfin, Hosias comptait parmi les armes de
ses arsenaux un grand nombre d'arcs et de frondes, 2 Chroniques 26:14. Cf.
encore 2 Rois 3:25.
— Les bergers se servaient aussi de la fronde pour
éloigner de leurs troupeaux les bêtes des champs et des forêts, 1 Samuel 17:40.
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FRONTEAUX,
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bandelettes de peau recouvertes de parchemin, que les
Juifs de la dernière époque portaient sur le front en guise d'amulettes;
— Voir: Phylactères.
C'était, pour ces malheureux formalistes, avoir ces
commandements pour fronteau entre leurs yeux; mais par le même principe ils
eussent dû les écrire aussi sur leurs mains et sur leurs fronts. Sous ombre
d'obéir à la parole de Dieu, ils ne faisaient que se conformer aux
superstitions orientales, et faisaient de ces petits morceaux de parchemin des
amulettes contre les maladies et les accidents, marchant de la manière la plus
opposée au but que s'était proposé le saint législateur.
— On avait su même en faire un petit article de luxe,
que les dames portaient avec coquetterie, habiles à faire ressortir la
blancheur de leur front sans cacher la grandeur ou la forme de leurs yeux.
Cette pratique des fronteaux ne fut, au reste, connue que fort tard.
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FRUITS,
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— Voir: Jardins.
D'après la loi de Moïse, les fruits d'un arbre
nouvellement planté étaient pendant les trois premières années réputés impurs
et appelés prépuces, Lévitique 19:23; on ne pouvait en manger. Le produit de la
quatrième année était offert en prémices à l'Éternel, et le Juif ne pouvait
jouir du revenu de son arbre qu'à partir de la cinquième année. Ces
prescriptions étaient si religieusement observées chez les Juifs, qu'au dire de
quelques rabbins, on ne se serait pas seulement permis d'employer pour la
teinture ou le chauffage les écorces des noix et des grenades pendant les
années défendues.
— On a voulu voir dans cette loi une simple mesure
d'agriculture, et Michaélis rappelle qu'en effet les jardiniers ont coutume de
ne pas laisser porter de fruits aux arbres fruitiers pendant leurs premières
années, et d'abattre tous les bourgeons, afin de rendre l'arbre d'autant plus
vigoureux et plus riche; comme on coupe les cheveux des jeunes filles pour
qu'ils croissent dans la suite plus forts et plus beaux. Mais sans méconnaître
entièrement la vérité de ce point de vue, il faut cependant voir plus haut. Le
but de l'Éternel était d'habituer son peuple à lui rapporter toutes choses, à
se considérer comme simple fermier de la terre, et il exigeait de lui les
prémices de toute récolte et de tout produit; ce n'eût pas été lui rendre
hommage que de lui offrir les fruits débiles des premières années, et l'Hébreu
devait lui présenter du meilleur de son crû, attendre ainsi que la quatrième
année fût arrivée, et renoncer lui-même aux premières récoltes.
— On a rappelé ailleurs la défense faite aux
Israélites d'endommager en cas de guerre les arbres fruitiers de leurs ennemis.
Deutéronome 20:19.
Dans le langage de l'Écriture, le fruit marque
quelquefois la récompense, Psaumes 58:11; Proverbes 1:31, ou le résultat, les
conséquences, Galates 5:22; Philippiens 1:11; Jacques 3:18; Romains 7:5. Les
affections déréglées fructifient à la mort.
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FUITE
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de Jésus en Égypte, Matthieu 2:13-14. On pense que
Joseph, Marie et l'enfant se retirèrent à Matarée, dans le voisinage du temple
d'Onias, près de Léontopolis, où se trouvaient un grand nombre de Juifs. Cette
fuite serait une date importante pour la chronologie, puisqu'on sait en quelle
année mourut Hérode, et quand commença le gouvernement d'Archélaüs, si l'on
savait quel était l'âge de Jésus lors de sa fuite et lors de son retour.
— Eusèbe, Athanase et d'autres Pères, ont raconté qu'à
l'arrivée de Jésus toutes les idoles de l'Égypte furent renversées. On a voulu
appliquer à cet événement les passages Ésaïe 19:1; Jérémie 43:13.
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FUMIGATIONS.
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Il paraît que la forte, et souvent désagréable
transpiration du corps humain sous le chaud soleil de l'Orient, a fait sentir
de bonne heure la nécessité d'y remédier par des fumigations fréquentes et de
bonne senteur. De là cet usage immémorial de parfumer non seulement les
chambres, les vêtements et grand nombre d'ustensiles, mais même les hôtes à
leur arrivée ou à leur départ, leur tête, leur barbe, leurs pieds. On portait
des encensoirs devant les princes, et quand ils entraient dans une ville, ils
trouvaient de distance en distance, dans les rues, des parfums qu'on brûlait en
leur honneur (Q. Curt. 8, 9). De pareilles offrandes et marques de respect
furent bientôt présentées à la divinité, que l'on supposait accessible aux
jouissances naturelles, ou comme un simple emblème de culte et d'adoration,
Deutéronome 33:10; on chassait, au contraire, les démons par des fumigations
désagréables, Tobie 6:7; 8:2. C'est surtout chez les païens que l'encens était
offert en profusion sur les autels des dieux, 1 Rois 11:8; 18:33; 2 Rois 22:17;
23:5; Jérémie 1:16; 7:9; 44:3; Osée 2:13; Ésaïe 65:3.
— La loi de Moïse prescrivait également l'usage de
parfums pour le culte de l'Éternel, dans l'offrande du gâteau, Lévitique 2:1,
dans l'offrande pour le péché, 16:6,12, et chaque jour, matin et soir, lorsque
le souverain sacrificateur allumait les lampes, Exode 30:7-8, cf. Luc 1:9. Si
ces fumigations avaient l'avantage de purifier l'air renfermé du sanctuaire,
souvent exposé à se corrompre par l'odeur des victimes sacrifiées, il est
évident que le but était essentiellement religieux. Jean vit dans sa
prophétique vision l'autel chargé de parfums montant au ciel avec les prières
des saints, Apocalypse 8:3-5.
— Les ingrédients qui entraient dans la composition du
parfum du sanctuaire, et qu'il était défendu, sous peine de mort, d'employer à
des usages profanes, étaient le stacte, l'onyx, le galbanum et l'encens pur, le
tout à doses égales, et préparé avec du sel, Exode 30:34,38. Les rabbins y
ajoutent encore la myrrhe, la casse, le nard, le safran, la cannelle, et
d'autres épices également fortes et odorantes.
— L'un des encensements les plus solennels était celui
que le souverain sacrificateur offrait au grand jour des expiations, dans le
saint des saints, devant le couvercle de l'arche de l'alliance, Lévitique
16:12, sq. Le soin d'offrir le parfum, soit journalier, soit annuel, était
chaque fois déterminé par le sort, comme les autres fonctions des prêtres, 1
Samuel 2:28; Luc 1:9. Mais d'après deux passages du Talmud, celui qui avait une
fois offert l'encens était exclu des tirages suivants, parce que cette fonction
étant considérée comme une bénédiction spéciale, il convenait que tous pussent
y prendre part successivement, Deutéronome 33:10. Pendant qu'on offrait le
parfum, le peuple se tenait en prière dans le parvis, Luc 1:10, où le prêtre,
après avoir achevé son office, venait lui donner la bénédiction du Seigneur.
Offrir des encensements sur des hauts lieux, ou partout ailleurs que dans le
sanctuaire national, était considéré, au temps de David, comme un acte de culte
idolâtrique et illégal, 1 Rois 3:3; 22:44; 2 Rois 12:3; 15:4; 16:4; cf. 2
Chroniques 32:12; 1 Maccabées 1:58.
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Dictionnaire de la
Bible J.-A. Bost 1849-G
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GABAON,
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en hébreu Gulb'hon, dérivé de guib'hah, colline. Il
est naturel, à cause de son étymologie, qu'il y ait eu plusieurs villes ou
bourgs en Palestine qui aient porté un nom semblable, Guibhah, Guébah,
Guibbethon, etc.
— Gabaon était située sur une hauteur, à 40 ou 50
stades au nord de Jérusalem (8 ou 10 kilomètres), à 4 milles romains de Béthel;
c'était la principale ville de ces Gabaonites, Héviens d'origine, républicains
à ce qu'il paraît, qui surprirent la bonne foi et la religion de Josué et des
anciens d'Israël, en se donnant pour venus d'un pays éloigné, et en demandant
d'être admis dans l'alliance du peuple de Dieu, Josué 9:3-16. Leurs autres
villes étaient Képhira, Bééroth et Kirjath-Jéharim; cette dernière fut donnée
en partage à la tribu de Juda, les trois autres à Benjamin. Trois jours après
l'alliance conclue (sans que l'Éternel eût été consulté) les autres Cananéens,
jaloux et irrités, montèrent contre Gabaon pour l'assiéger, Josué 10:3; sq.;
cinq rois prirent part à cette expédition; les Gabaonites s'adressèrent à
Josué, qui étant devenu leur allié, et engagé par sa parole, quoique par ruse,
dut courir à leur secours; il marcha toute la nuit avec l'élite de ses troupes,
attaqua les cinq rois de grand matin, et les mit en fuite; il les poursuivit
jusqu'au soir: Dieu lui-même combattit des cieux, une grêle de pierres écrasa
un grand nombre de Cananéens, le soleil s'arrêta vis-à-vis de Gabaon, la lune
sur la vallée d'Ajalon; les ennemis succombèrent, les cinq rois furent pris et
enfermés dans une caverne, puis à l'arrivée de Josué on les égorgea et on les
pendit à des poteaux.
— Les Gabaonites ne gagnèrent du reste que la vie dans
leur alliance avec Israël, car ils furent assujettis aux plus humbles travaux,
9:21; mais ils furent toujours fidèles et soumis aux dures conditions qui leur
furent imposées. Saül qui avalait le chameau, voulut couler le moucheron, se
montrer plus que fidèle là où rien ne l'y obligeait: il persécuta les
Gabaonites et en fit périr un grand nombre. Cette cruauté de luxe fut punie
sous le règne de David, par trois ans de famine; Israël dut expier cette faute.
Les Gabaonites demandèrent qu'on leur livrât sept fils de Saül, cinq de Mical
et deux de Ritspa, et les ayant reçus, ils les crucifièrent «devant l'Éternel»,
2 Samuel 21:1-14. Dès ce moment les Gabaonites ne paraissent plus dans
l'histoire, au moins sous ce nom; mais on les retrouve probablement plus tard
sous celui de Néthiniens (les donnés), occupés au service du temple, Esdras
2:70; 8:17; Néhémie 7:73; 3:26; 11:21; 1 Chroniques 9:2. Parmi ces Néthiniens
doivent être rangés sans doute ceux des Cananéens qui furent assujettis par
David et Salomon, et épargnés, 1 Rois 9:20-21; Esdras 8:20.
Gabaon, qui appartenait à la tribu de Benjamin, Josué
18:25, fut donnée à la famille d'Aaron avec ses faubourgs, 21:17. Dans les
premières années du règne de Salomon elle fut le siège principal du culte, 1
Rois 3:4; 2 Chroniques 1:3. Près de là se trouvait un étang considérable, 2 Samuel
2:13; Jérémie 41:12.
— Il existe encore un petit bourg ou village, Geb ou
Dschib, qui, par sa position, pourrait bien être un débris de l'ancienne
Gabaon; sa position et sa distance de Jérusalem permettent de le croire.
La comparaison de 2 Chroniques 1:13; avec 2 Rois 23:8
prouve que Guébah était aussi un autre nom de Gabaon, la signification comme
l'assonance étant la même.
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GABBATHA
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(hébreu hauteur, élévation), peut-être une terrasse,
une galerie, un balcon: c'est de là que Pilate, après quelque hésitation, livra
Jésus à ses ennemis. Le mot grec, traduit par pavé, signifierait plutôt une
espèce de mosaïque, qui servait de plancher au siège judicial, Jean 19:13.
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GABRIEL,
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Mot signifiant «la
force de Dieu» démontrant que les anges sont les émanations de caractéristiques
divines de l’Esprit Éternel qui agissent comme messagers de sa présence.
un des principaux messagers célestes chargés de
protéger les hommes, et de faire parvenir leurs prières au pied du trône de la
grâce; on en comptait sept d'après Tobie 12:15, mais les noms de Micaël, de
Gabriel et de Raphaël sont les seuls qui nous soient connus, encore ce dernier
ne l'est-il que par les Apocryphes, Tobie 3:17; 12:15. Gabriel, dont le nom
signifie force de Dieu, ou homme de Dieu (mais dont on a voulu faire à tort
l'homme-Dieu), représente la vertu créatrice de Jéhovah; il fut envoyé à Daniel
pour lui expliquer la vision du bélier et du bouc, et le mystère des
soixante-dix semaines, Daniel 8:16; 9:21; à Zacharie pour lui annoncer la
naissance de Jean-Baptiste, Luc 1:11,19; à Marie pour lui dire qu'elle serait
la mère du Sauveur, et qu'elle avait trouvé grâce devant Dieu, Luc 1:26,30-31.
On peut croire que c'est le même ange qui apparut trois fois à Joseph, pour
l'empêcher de répudier sa femme, pour lui recommander de fuir en Égypte, et
pour lui annoncer que les ennemis de l'enfant étaient morts, Matthieu 1:20;
2:13,19. Quant au nom de ces anges, il ne faut pas s'étonner, dit Olshausen,
que ce soient des noms hébreux; car le nom en lui-même ne doit être autre chose
que l'expression de la nature et des qualités de celui qui le porte, le nom doit
être significatif dès qu'il désigne un individu revêtu d'une certaine charge ou
d'un certain caractère, et il pourra varier suivant les langues dans lesquelles
il devra se manifester; l'ange dut aux Hébreux se nommer en hébreu: chez
d'autres peuples son nom, toujours le même quant au sens, eût été différent
quant à la forme; grec aux Grecs, et latin aux Romains. On peut s'expliquer en
même temps par là comment il se fait que des noms d'anges n'apparaissent que
tard dans l'histoire israélitique; c'est qu'il est beaucoup plus facile de se
faire du règne supérieur une idée vague et générale, que d'en individualiser
les habitants et de leur donner des caractères précis et positifs; ce n'est que
lorsque, avec une plus grande lumière, les Juifs eurent fait ce dernier pas,
que le trône de Dieu leur parut entouré d'anges, et le ciel peuplé d'individus
saints, et capables de se manifester au-dehors par leurs bienfaits et la
grandeur de leur intelligence.
(Selon l'étymologie du nom Gabriel qui signifie «la
force de Dieu», nous voyons que les anges ne sont pas des créatures, mais des
émanations des différentes caractéristiques ou attributs de Dieu.)
— Voir: les Commentaires.
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GAD
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(bonheur).
1. Premier
fils de Jacob par sa concubine Zilpa, Genèse 30:11. Il eut sept fils, nommés
Genèse 46:16, mais qui sont du reste inconnus. La tribu de ses descendants
comptait, lors de la sortie d'Égypte, 45,650 hommes en état de porter les
armes; après la débauche de Sittim elle n'en comptait plus que 40,500, Nombres
1:25; 26:18. Gad, recevant la bénédiction paternelle de Jacob mourant, put lire
une partie de sa destinée dans ces brèves paroles: «Des troupes viendront le
ravager, niais il ravagera à la fin», Genèse 49:19, et Moïse dit de lui: «Il
habite comme un vieux lion et déchire bras et tête. Il a pris pour lui-même
l'entrée du pays, parce que c'était là qu'était cachée la portion (les restes)
du législateur: Il est venu avec les principaux de son peuple, il a exécuté les
jugements de Dieu avec Israël», Deutéronome 33:20-21. Enfin nous trouvons 1
Chroniques 12:8, ce jugement porté sur les Gadites: «Leurs visages étaient
comme des faces de lions, et ils semblaient des daims tant ils couraient
légèrement.» La fable du testament des douze patriarches donne sur Gad une
indication du même genre, en lui attribuant une force corporelle
extraordinaire. On voit par l'histoire de l'Ancien Testament comment furent
accomplies ces différentes prophéties. Les Gadites, avec les tribus de Ruben et
de Manassé, riches en bétail, ayant vu combien les contrées de Jahzer et de
Galaad possédaient d'excellents pâturages, désirèrent de s'y établir, et en
obtinrent de Moïse la permission, à condition, toutefois, qu'ils aideraient les
autres tribus à conquérir la terre promise, ce qu'ils firent de fort bonne
grâce et en marchant à la tête des autres tribus, Josué 4:12. Puis craignant
que plus tard on ne vînt à leur refuser le titre de fils d'Israël, les tribus
transjourdaines élevèrent un autel de grande apparence sur les bords du
Jourdain; accusées de vouloir se faire un culte à part, elles se justifièrent
devant les tribus, qui se réjouirent et bénirent Dieu de ce qu'une même foi
continuait de les réunir autour du même trône, Josué 22,
— Voir: Hed.
Quoiqu'elles eussent été autorisées par Moïse à
s'établir en dehors des limites du pays de Canaan, ces tribus ne furent pas
bénies, et se virent les premières emmenées en captivité, 2 Rois 15:29.
— Le pays de Gad, Josué 13:24-28, était situé au nord
de Ruben, en Galaad, Nombres 32:26,29,34, borné à l'est par le ruisseau
d'Hammon, au nord par le Jabbok, à l'ouest par le Jourdain depuis la mer Morte
jusqu'au lac de Génézareth: la prophétie Genèse 49:19, fut accomplie dans la
lutte entre les Hammonites et Galaad, Juges 10 et 11, qui se termina à
l'avantage du peuple de Dieu.
— Torrent de Gad, 2 Samuel 24:5;
— Voir: Haroher.
2. Gad,
prophète qui était le voyant de David, 2 Samuel 24:11, resta toujours fermement
attaché à son maître, et le suivit dans ses disgrâces sous Saül: il lui
conseilla de quitter le pays de Moab où il s'était retiré, et de revenir en
Juda où il pourrait réunir quelques partisans,
1 Samuel 22:5; sq. Ce fut encore Gad qui vint trouver
David après que celui-ci eut ordonné le dénombrement de son peuple; et il lui
offrit, de la part de Dieu, le choix entre trois fléaux, la famine pendant sept
ans, la fuite pendant trois mois, ou la peste pendant trois jours. David
choisit la peste; Dieu abrégea encore le châtiment, mais envoya de nouveau Gad
auprès de David, pour lui ordonner de dresser un autel dans l'aire d'Arauna,
2 Samuel 24:11,18; 1 Chroniques 21:9,18. Gad fut,
ainsi que Nathan, chargé de faire connaître à son roi les ordres divins sur le
culte des lévites dans la maison de l'Éternel, 2 Chroniques 29:25. On ne sait
rien de plus sur l'activité de ce prophète, on ne connaît rien de sa personne,
ni de son caractère, mais il paraît d'après 1 Chroniques 29:29, qu'il
appartenait à la classe lettrée; on y voit du moins qu'il écrivit une vie de
David: on présume qu'il appartenait à l'école de Samuel.
3. Le
passage, Ésaïe 65:11, dont la fin doit se traduire: «Qui dressez une table à
Gad, et qui versez des libations à Meni», mentionne deux divinités sur le rôle
desquelles on n'est pas d'accord. Les Israélites leur rendaient un culte de
lectisternia (tables dressées devant les idoles). Comme ces deux noms ne se
trouvent que dans ce seul passage, il est très difficile de rien préciser sur
les idoles qu'elles désignent, si même il s'agit d'idoles proprement dites.
Gesenius et Winer prétendent que Gad, qui signifie fortune, bonheur, est ici la
planète de Jupiter, Bel, ou l'astre de la fortune dans les religions
astrolâtres de l'Asie antérieure (Rabbi Mose et tous les autres rabbins après
lui); ce serait la fortuna major,
— Voir: Caldée:
d'après les mêmes auteurs, Meni (de manah, compter,
ranger, ordonner) serait la planète de Vénus, fortuna minor: d'autres pensent
qu'il s'agit peut-être du zodiaque, d'autres du système planétaire en entier;
Calmet, enfin, traduit Gad par le soleil et Meni par la lune. Peut-être ne
faut-il pas chercher un objet général et déterminé pour ces deux divinités; le
culte auquel le prophète fait allusion pouvait être un simple culte domestique,
un hommage rendu au génie de la maison et de la famille; Gad, chez les Juifs
postérieurs, exprime ce que nous appellerions un génie, tandis que la planète
de Jupiter a un nom particulier, Tsèdek; on trouve mentionnée dans le Lexic,
talmudic, de Buxtorf, f° 387, une habitude qui semble avoir tiré son origine de
la même cérémonie contre laquelle le prophète adresse aux Juifs ces reproches:
«Ils avaient anciennement, dit-il, dans leurs maisons, un lit splendide (pour
se mettre à table), qui ne servait absolument à personne qu'au chef de la
maison, ou à la constellation de la fortune, pour se la rendre favorable; on
l'appelait en conséquence lit de la bonne fortune».
— Dans ces deux chapitres d'Ésaïe, 65 et 66, le culte
illicite reproché aux Juifs ne paraît pas être l'idolâtrie proprement dite,
mais un culte extérieur de Jéhova, 66:1,3, entremêlé de cérémonies païennes, et
un commerce avec les démons, défendu par la loi, 65:3-4; 66:17; mais aucun de
ces passages ne parle explicitement de fausses divinités ou idoles. D'après
l'étymologie de Gad et de Meni, il paraîtrait donc que la meilleure traduction
de ces deux mots serait la fortune et le destin.
— L'opinion de Calvin, du reste, est bonne à
enregistrer comme toujours: traduisant Gad par troupes, cf. Genèse 30:11 (dans
Martin), il lit: Vous dressez la table à une multitude (de divinités), vous
offrez des libations à un grand nombre; c'est-à-dire, vos superstitions n'ont
pas de fin, ceux qui abandonnent le vrai Dieu ne savent plus où s'arrêter. On
voit la même chose chez les papistes, ajoute le réformateur.
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GADARA,
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ville fortifiée, et d'après Flavius Josèphe, chef-lieu
de la Pérée, située sur une montagne, à 60 stades de la mer de Galilée; il s'y
trouvait des bains chauds, et dix sources d'eau chaude entre elle et le lac.
Pline dit qu'elle était située sur le fleuve Hiéromax, mais elle était plus au
midi. Détruite par quelques rois juifs, elle fut rétablie par Pompée, en
considération de son affranchi Démétrius, qui en était originaire. Auguste la
donna à Hérode, et après la mort de ce dernier, elle échut à la Syrie, selon
quelques-uns à la Cœlésyrie, selon d'autres à la Décapole. Seetzen et Burkhardt
croient en avoir trouvé les restes dans le village d'Omkeis.
— C'est dans cette contrée que, d'après Marc 5:1; Luc
8:26, notre Seigneur arriva après avoir passé la mer de Tibériade, et qu'il
guérit un possédé dont il envoya les démons dans un troupeau de pourceaux. Il s’agit ici d’un homme (deux dans un
autre texte) qui avait un esprit troublé par une disposition de culpabilité, et
non de démons mythiques imaginaires. Jésus lui permit de se défouler parmi les
pourceaux, un animal considéré impur selon la loi, et le troupeau se précipita
violemment d'une falaise dans la mer. D'après Matthieu 8:28, ce n'est pas
dans le pays des Gadaréniens, mais dans celui des Gergéséniens qu'il arriva; et
une troisième variante porte dans celui des Géraséniens. Gergésa était située,
selon Origène, sur le bord de la mer de Tibériade, près d'un précipice, mais
c'est le seul auteur qui en fasse mention, et elle est complètement inconnue.
Gérasa était encore plus au sud-ouest du lac que Gadara, entre la Pérée et
l'Arabie, entre Gadara et Rabbath-Hammon (ou Philadelphie); d'après Ritter le
géographe, elle porterait aujourd'hui le nom de Dscherasch.
— Origène préféra la leçon Gergésa, parce que, selon
lui, Gérasa et Gadara étaient trop éloignées; il avoue cependant que Gérasa
était de son temps la leçon la plus répandue pour le passage de Matthieu, et
c'est la même qui se trouve encore dans nos manuscrits occidentaux; quant à la
leçon Gadaréniens, elle se trouve dans les manuscrits B, C, M, les meilleurs
instruments, et dans les versions syriaques, et doit être préférée, soit pour
le sens, puisque Gergésa est inconnu et que Gérasa est trop loin, soit à cause
de l'importance des autorités.
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GAGES.
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Le pauvre qui empruntait devait donner un gage à son
créancier (— Voir: Dettes), mais il était libre de choisir dans sa maison ce
qu'il voulait offrir, et le prêteur ne pouvait pas même entrer pour voir ce que
possédait l'emprunteur; si le pauvre avait donné en gage un vêtement, le riche
devait le lui rendre pour la nuit, et personne ne pouvait accepter le vêtement
d'une veuve, ou l'une des meules qui servaient à moudre le blé, car c'est sa
vie, dit Moïse, Exode 22:25-26; Deutéronome 24:6,10-12,17. C'est toujours
l'intérêt du malheureux que le législateur veut protéger.
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GAHAL,
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Juges 9:26, chef de famille riche et puissant, hâbleur
maladroit et ambitieux, se mit à la tête des seigneurs de Sichem, révoltés
contre Abimélec: on mange, on boit dans un temple de Sichem, on s'encourage
mutuellement à faire bonne résistance, et Gahal, entre deux vins, promet monts
et merveilles. Mais quand au lever du soleil, Abimélec, averti par un traître,
s'avance avec ses bandes, Gahal se laisse battre et disparaît.
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GAHAZ,
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montagne de la Palestine, appartenant au plateau
d'Éphraïm, non loin de Timnath-Sérah, où fut enseveli Josué, Josué 24:30; Juges
2:9. Des vallées du même nom sont mentionnées 2 Samuel 23:30; 1 Chroniques
11:32.
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GAÏUS ou Caïus,
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1. disciple
de saint Paul, macédonien d'origine, derbien de naissance, Actes 19:29; 20:4.
Compagnon de voyage de l'apôtre, il fut enlevé par la foule, lors du tumulte
d'Éphèse: quelques mois plus tard il suivit Paul en Asie avec Aristarque,
Timothée et d'autres.
2. Disciple
de Corinthe, un de ceux qui avaient été baptisés par Paul lui-même, 1 Corinthiens
1:14; c'est dans sa maison que se tenaient les assemblées religieuses, et Paul
logeait chez lui, ainsi qu'on le voit par Romains 16:23 (l'Épître aux Romains
fut écrite de Corinthe). D'après Origène, ce serait le même qui fut dans la
suite pasteur de Thessalonique.
3. Disciple
bien-aimé de l'apôtre Jean, 3 Jean 1; une tradition porte qu'il logea chez lui
à Éphèse, et qu'il fut chargé de donner le style à son Évangile, et de le faire
connaître aux églises: ce dernier détail serait moins invraisemblable que le
précédent. Quelques-uns le confondent, mais à tort, avec le Gaïus de Corinthe.
— D'après Winer, il y aurait:
a. un
Gaïus de Derbe, Actes 20:4, le même que 3 Jean 1;
b. Gaïus
de Macédoine, Actes 19:29;
c. Gaïus
de Corinthe, 1 Corinthiens 1:14; Romains 16:23: ces distinctions nous
paraissent un peu forcées.
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GALAAD,
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1. fils
de Makir, le premier né de Manassé, naquit pendant l'esclavage d'Égypte,
Nombres 26:29; Josué 17:1; 1 Chroniques 2:21; 7:14. Ses enfants s'emparèrent
d'une contrée à l'est du Jourdain, habitée par des Amorrhéens qu'ils
dépossédèrent, et déjà nommée par Jacob Gal-Hed, monceau du témoignage; ils
l'appelèrent Galaad, du nom de leur père, Nombres 32:39; Genèse 31:47.
2. Contrée
de Galaad. Ce nom est employé par anticipation dans l'histoire des patriarches,
Genèse 31:21,23,26; il s'applique tantôt à la contrée elle-même, tantôt à la
chaîne de montagnes qui s'y trouvait. Le pays de Galaad, au sud de la vallée de
Jabbok, et par conséquent au sud du pays de Basan et à l'est du Jourdain, est
ordinairement distingué du pays de Basan, auquel il était du reste uni par une
assez grande conformité de nature, Deutéronome 3:10,13; Josué 12:5; 13:11;
17:1; 2 Rois 10:33; 1 Chroniques 5:16; Michée 7:14. Il semble désigner le pays
de Gad, Juges 5:17, et en être distingué, 1 Samuel 13:7. Cependant, d'après la
plupart des données que nous possédons, il paraît que Galaad comprenait le
territoire des tribus de Gad et de Ruben, et la partie méridionale de Manassé,
Nombres 32:26,40; Deutéronome 3:12-13; Josué 17:1,6; cf. 12:2; 1 Chroniques
6:80. Ses villes principales étaient Ramoth, Jahzer et Jabès, qui sont presque
toujours suivies de la désignation de Galaad (cependant — Voir: Nombres 32:1).
Sa surface forme une espèce de triangle de 8 à 10 lieues de côté: au nord, où
il est le plus large, il possède de belles forêts, un air pur et sain, des
plaines fertiles et de gras pâturages où paissent des troupeaux très estimés de
bêtes à corne et à laine; vers le sud, au contraire, la contrée se change en
une campagne sans arbres, mais très fertile, sur laquelle s'élèvent un grand
nombre de collines crétacées, isolées et de forme arrondie. Toute cette région
est si riche, les pâturages, en particulier, y sont si bons, que de nos jours
encore les Bédouins ont coutume de dire: Tu ne saurais trouver un pays comme le
Belka (nom moderne de Galaad). Le baume et les plantes aromatiques de Galaad
étaient renommés, Jérémie 8:22; 46:41.
— Le nom de Galaad paraît désigner aussi quelquefois
tout le pays au-delà du Jourdain, Deutéronome 34:1; cf. 2 Rois 10:33; Juges
20:1. Après l'exil le même nom continua d'exister, mais il ne se donna plus
qu'à la partie la plus méridionale de l'ancien pays, aux frontières de
l'Arabie: le nom de Pérée le remplaça, et comprit une plus grande étendue de
pays, quoiqu'il ne désignât pas non plus toute la contrée au-delà du Jourdain.
La ville principale était Gadara.
Les montagnes de Galaad, occupant le nord du pays,
étaient couvertes de riches prairies et de gras pâturages, Deutéronome 3:12;
Abdias 19; Cantique 4:1; 6:5; Jérémie 50:19. Elles s'étendaient au travers des
tribus de Gad et Ruben, et s'avançaient même jusque dans celle de Manassé:
c'était une contrée montagneuse comme les montagnes d'Éphraïm, sans être
exclusivement une chaîne de montagnes. Les sommets les plus élevés sont au
nord-est; ils ont vue d'un côté sur la plaine d'Hauran jusqu'à l'Hermon, de
l'autre sur les montagnes de Sichem: c'est cette partie qui fut donnée à la
moitié de la tribu de Manassé; elle est située vis-à-vis des montagnes occupées
par l'autre moitié de la même tribu, Nombres 32:39-40; Deutéronome 3:15; Josué
17:1; Juges 5:17. Le pays jusqu'au Jabbok est d'une telle beauté, dit Bræm, que
l'Europe méridionale possède bien peu de contrées qui puissent lui être
comparées. Le climat y est excellent, les collines sont couvertes de vignes, et
les montagnes des plus belles forêts; des chênes toujours verts croissent sur
leurs flancs, et diverses espèces de pins en couronnent les cimes. En hiver, il
y tombe beaucoup de neige. Dès l'antiquité la plus reculée, les gommes
odoriférantes de ces forêts de montagnes étaient bien connues, et on les
recherchait aussi pour leurs propriétés médicinales; des caravanes arabes les
transportaient de Galaad par la plaine de Jizréhel, et le long des côtes de la
Méditerranée, en Égypte, où elles les échangeaient contre du blé. D'après
Eusèbe, le mont de Galaad s'étendait depuis le Liban au nord, jusqu'au pays de
Sihon roi des Amorrhéens, ce qui donnerait à la chaîne une longueur de 60 à 70
lieues.
— Quelques-uns ont cru, à cause de Juges 7:3, que les
montagnes de Galaad s'étendaient aussi"sur la rive droite, occidentale, du
fleuve; mais la traduction est fautive, il faut lire: quiconque a peur, qu'il
s'en aille dès le matin «de la montagne de Galaad», qu'il s'en éloigne: c'est
de ce côté qu'étaient venus les Madianites, c'est vers ce côté qu'ils devaient
être repoussés, et ceux qui avaient peur n'avaient qu'à s'éloigner de ce but.
Il est vrai que de nos jours on trouve encore à l'occident du Jourdain une
chaîne de montagnes appelée Dschabl Dschelaad, ou Dscheland, mais l'identité
n'est rien moins que démontrée.
On a voulu conclure de Juges 12:7; Jérémie 22:6, et
surtout Osée 6:8, qu'il y avait aussi une ville de Galaad; mais les deux
premiers passages ne peuvent rien prouver, et celui d'Osée peut se traduire
«Galaad est comme une ville d'ouvriers d'iniquité.» Le prophète le compare à
une ville plutôt qu'à un pays, parce qu'une ville représente davantage un
rassemblement d'hommes; les traces que l'on trouve encore de bourgs ou village
nommés Dschelaad, sont insuffisantes.
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GALATIE,
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province montueuse et fertile de l'Asie-Mineure,
bornée au nord par la Bithynie et la Paphlagonie, à l'orient par le Pont et la
Cappadoce, au midi par la Phrygie et la Cappadoce, à l'occident par la Phrygie
et la Bithynie: le beau fleuve Halys la séparait du Pont et de la Cappadoce, et
répandait une grande fertilité sur ses rives. Les villes principales étaient
Ancyre, dont Auguste lit la métropole, Gordium, Tavium et Pessinonte, villes
commerçantes.
Quelques tribus gauloises, envahies par les Cimbres
(Kymry) et les Bolg, émigrèrent, 594 avant J.-C., sous les deux frères jumeaux,
Sigovèse et Bellovèse, et se dirigèrent vers l'Italie sous les ordres du
premier, en Bohème et en Silésie sous le second. Alors, pendant trois siècles,
eurent lieu des émigrations périodiques des Galls, des Kymrys, des Bolgs et des
Germains vers l'Orient leur primitive patrie. Ils touchent le Danube près de la
Macédoine, et s'allient à Alexandre, puis à sa mort fondent sur la Grèce et
l'Asie; recrutés de 300,000 hommes et dirigés par un de leurs brenns (ou chefs,
mot dont on a fait Brennus), ils s'étendent en Grèce, mais sont repousses à
Delphes et refoulés vers le Danube et les Gaules: trois hordes galliques
s'enfoncent dans V Asie-Mineure, où Nicomède roi de Bithynie les appelle contre
Zypoélas son frère, 279, et leur donne des terres; Attale 1er les défait et les
repousse dans les limites du pays qui prend le nom de Galatie, des Galls ou
Gaulois ses nouveaux habitants, 240 avant J.-C. Ils sont de nouveau défaits par
Eumène II, roi de Pergame, puis en 189, par le consul Manlius Vulso, qui leur
laisse leur gouvernement particulier sous les yeux d'un tétrarque romain. L'an
26, la domination romaine se fait sentir davantage et donne un procurateur à la
Galatie; Amyntas, favori d'Antoine puis d'Auguste, réunit à la Galatie
proprement dite, la Pisidie, la Pamphylie et la Lycaonie: après sa mort, la
Galatie n'est plus qu'une province romaine.
Les habitants continuèrent de parler longtemps la
langue de leurs ancêtres, et saint Jérôme trouve à leur dialecte beaucoup de
rapports avec l'allemand des environs de Trêves; ils apprirent cependant aussi
le grec, et furent à cause de ce mélange, comme à cause de leurs mariages avec
des habitants de la Grèce, appelés Gallo-grecs. Leur caractère gaulois se modifia
par le contact d'éléments plus civilisés, ils élevèrent des temples, et leurs
mœurs s'adoucirent. Outre les indigènes et les Galates, on trouvait encore dans
cette province beaucoup de Juifs qui y étaient attirés par le commerce; Auguste
y favorisa leur établissement, et même le provoqua par des mesures tout à fait
avantageuses.
Les premiers missionnaires n'oublièrent pas ces
contrées parmi celles qu'ils évangélisèrent, 1 Corinthiens 16:1; 1 Pierre 1:1;
plusieurs églises prirent naissance, et Paul en fut le premier fondateur,
Galates 4:13,19; Actes 16:6. Crescens lui succéda, 2 Timothée 4:10. Quant à
l'époque de la fondation, les commentateurs ne sont pas d'accord; Koppe et
d'autres voient un premier voyage de l'apôtre en Galatie dans Actes 14:6, où il
n'est parlé que des villes de la Lycaonie, Derbe et Lystre; Pline donne en
effet ces villes à la Galatie, de même que Dion Cassius; mais Luc les en sépare
positivement, d'abord dans le passage indiqué, puis 16:1,6. Les deux autres
voyages seraient indiqués 16:6, et 18:23. Mais la plupart des interprètes,
notamment Hug, De Wette, et Neander n'admettent que ces deux derniers voyages,
et rapportent en conséquence la fondation des églises de Galatie à Actes 16:6;
on voit qu'il y eut alors déjà des conversions obtenues, puisqu'à son retour,
18:23, Paul s'occupa de fortifier les disciples. La plupart d'entre eux étaient
des païens convertis, Galates 4:8,10; 5:4; cependant il y en avait aussi
d'entre les Juifs, 5:2; 6:12-13. Saint Paul nous les montre comme heureux,
zélés, instruits par l'évangélisation, et ayant reçu Dieu, 4:13-15,18; 5:7;
6:1; 1:13-14; 6:9, etc.
Épître. Elle fut provoquée comme l'indique son
contenu, par la conduite des Judaïsants qui ayant été battus en 52 à Jérusalem,
irrités contre Paul, allèrent partout sur ses traces le calomniant; Paul ayant
appris à Éphèse les menées de ses ennemis, écrivit aux Galates troublés pour
les avertir et les raffermir: on voit par 1:6, qu'il venait à peine de les
quitter après sa seconde visite, et c'est pendant son séjour de deux ans à
Éphèse, Actes 19:1, après son quatrième voyage à Jérusalem, qu'il faut placer
l'envoi de cette lettre, Actes 19:1, vers l'an 56 environ (la subscription qui
se trouve à la fin de l'épître doit être effacée comme fausse, et comme l'ouvrage
postérieur d'un ignorant, quoiqu'elle soit appuyée de saint Jérôme et de
Théodoret). Saint Paul voulant répondre aux calomnies de ses adversaires,
commence par l'exposé historique de sa vocation (1 et 2), et prouve qu'il n'a
pas été appelé par les hommes, ni de la part d'aucun homme, mais par Dieu
directement; il s'humilie, mais relève sa mission, il raconte comment lui-même,
quoique le plus jeune dans l'apostolat, bien loin de se laisser instruire par
les autres, a été à même de les instruire et de les reprendre, et comment il a
dû censurer Pierre qui ne marchait pas de droit pied et qui en entraînait
d'autres dans son hypocrisie; la grandeur de sa charge étant clairement établie
en réponse aux accusations des Judaïsants, il passe à l'édification directe; il
expose le dogme de la justification par la foi (3 et 4), il dit la valeur
secondaire, temporaire de la loi, son harmonie avec les promesses, l'actualité
de la foi, sa puissance, la finalité et la liberté de l'Église chrétienne. La
partie morale comprend enfin les deux derniers chapitres (5 et 6), où Paul
montre la toute puissance de la liberté chrétienne et de la foi, la différence
entre la vie selon la chair et la vie selon l'esprit. Le but de sa lettre est
le rapport de la loi à l'Évangile, traité polémiquement.
L'authenticité de cette épître n'a jamais été révoquée
en doute d'une manière un peu sérieuse. Un grand nombre de commentateurs l'ont
expliquée; outre Calvin et Olshausen, nous ne citerons que Schott, Usteri, et
en français Sardinoux.
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GALBANUM,
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(hébreu Hhelbna), Exode 30:34. On le fait quelquefois
dériver de hheleb et laban, lait blanc, jus blanc, gomme blanche, comme on sait
que dans plusieurs langues le mot lait s'applique également au suc des plantes.
(Lamina mollis adhuc tenero est in lacté, quod intra est. Ovid.) Le galbanum
est le suc épaissi d'une ombellifère, appelée metopion, qui croît sur le mont
Amanus en Syrie, de même que dans quelques parties de l'Afrique et en Perse:
elle a une tige ligneuse qui s'élève à environ 3 mètres de hauteur, et qui est
garnie de feuilles à chaque articulation. Le sommet de la tige est garni d'une
ombelle à fleurs jaunes, lesquelles sont remplacées lorsqu'elle tombent, par
des graines oblongues et cannelées, garnies de petites membranes très fines sur
leurs côtés. À quelque endroit que l'on coupe ou brise cette plante, on voit
sortir de la bnessure un suc d'un très beau blanc laiteux; pour se le procurer
en plus grande abondance, on entame le tronc au-dessus de la racine à l'époque
de la sève montante, et l'on recueille cette gomme, que l'on conserve dans des
vases faits exprès. Elle est d'une saveur acre et peu agréable, surtout quand
elle est pure; mais on peut la mêler avantageusement avec d'autres parfums.
Elle entrait dans la composition de l'encens sacré qui devait être brûlé sur
l'autel d'or dans le lieu très saint.
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GALILÉE.
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1. Ce
nom se trouve déjà dans l'Ancien Testament avant les temps de l'exil, Josué
20:7; 21:32; 1 Rois 9:14; 2 Rois 15:29. C'est proprement un nom appellatif; il
signifie cercle, district, quartier, et Ésaïe 8:23, parlant de la Galilée des
Gentils, désigne cette portion du pays, non seulement qui était le plus
rapprochée du territoire païen, mais de laquelle les peuplades païennes
n'avaient jamais été expulsées entièrement, c'est-à-dire le nord de la
Palestine, la portion de la tribu de Nephthali la plus rapprochée du territoire
phénicien, celle dont Salomon donna vingt villes à Hiram, 1 Rois 9:41, celle où
se trouvaient Kédès et Haroseth des Gentils, Josué 21:32; Juges 4:2; 1
Chroniques 6:76. La Galilée d'alors n'était donc point ce qu'elle fut plus
tard, elle n'était qu'un cercle sans autre nom propre que celui des païens qui
l'habitaient.
2. Après
l'exil, le nom de Galilée fut donné à l'une des quatre grandes divisions de la
terre des Juifs, la partie septentrionale, comprise entre le Jourdain et la
Méditerranée, s'étendant au sud-ouest jusqu'au promontoire de Carmel
exclusivement, au sud-est jusqu'à Scythopolis, au nord jusqu'à Tyr et à la
Pérée. On la divisait en haute et basse Galilée: la Haute Galilée, qui
renfermait le territoire de l'ancienne Galilée ou Galilée des Gentils, était
habitée par des Phéniciens, des Syriens, des Arabes, et même des Grecs; cf.
Matthieu 4:15; elle se divisait en partie septentrionale, large chaîne de
montagnes en Nephthali, Josué 20:7; Juges 4:6, haute d'environ 1,000 mètres,
calcaire avec quelque peu de basalte, et partie méridionale, plus basse, ornée
de riches campagnes et de collines verdoyantes; c'est là que se trouve la haute
plaine de Zabulon qu'entoure une ceinture de collines; la végétation y est
pleine de force, les prairies sont semées de fleurs, surtout de cactus qui y
atteignent une grosseur extraordinaire; le sol en est maintenant jonché de
ruines inconnues, et les prairies sont désertes. La Basse Galilée comprenait
les tribus d'Aser, de Zabulon, de Nephthali et une portion d'Issachar, depuis
Tibériade jusqu'à Ptolémaïs, depuis la plaine de Jizréhel jusqu'à Béersébah. Le
chemin de la mer, Matthieu 4:15, traversait le milieu du pays.
À l'époque où Jésus parut, la Galilée comptait un
nombre presque incroyable de villes et de bourgs; au dire de Flavius Josèphe
deux-cent-quatre villes et villages, dont le moins considérable avait 15,000
habitants, ce qui faisait une population d'au moins 3 millions d'habitants.
Les Phéniciens en avaient toujours occupé les côtes et
quelques hautes vallées du Liban; ils purent librement s'établir dans les
villes données à Hiram, et arrivèrent sans doute en plus grand nombre encore
lorsque Tiglath-Piléser eut conduit les légitimes possesseurs du pays en
captivité, 2 Rois 15:29. On y trouve maintenant quelques rares habitants,
mélange de Juifs, de Druses, de Maronites, de Motualis, d'Arabes et de
Turcomans, qui adorent pêle-mêle Astaroth, Mahomet, et les prophètes hébreux.
Par suite de leur position qui les mettait en contact
fréquent avec les païens, le langage des Galiléens s'était altéré, ils
parlaient un dialecte rude et lourd qui les faisaient facilement reconnaître
des habitants de la Judée, Matthieu 26:73; ils changeaient par exemple Alfaï en
Chlofa, Alphée en Cléopas. Leur état religieux et moral laissait beaucoup à
désirer; corrompus par le voisinage des Phéniciens, ils étaient trop éloignés
du centre théocratique pour pouvoir y trouver un contre-poids suffisant, et
plusieurs passages du Nouveau Testament prouvent assez combien ils étaient méprisés,
Matthieu 26:69; Jean 1:46; Actes 2:7-8, au point que les pharisiens en étaient
venus à vouloir cacher ou faire oublier l'origine galiléen-ne de quelques
prophètes: Élie, Jonas, Nahum (?). Cependant notre Sauveur a honoré cette
contrée en prenant le nom de Jésus de Nazareth, en y habitant, tantôt dans une
ville, tantôt dans une autre, à Capernaüm surtout, et en y choisissant la
plupart de ses disciples; les anges appelèrent aussi de ce nom, hommes
galiléens, les apôtres qui cherchaient à suivre dans les cieux le maître qui
leur était enlevé, Actes 1:11. Ce fut pour les habitants de la Galilée
l'accomplissement littéral de Ésaïe 9:1-6; ils virent se lever les premiers la
lumière du monde, parce que leurs ténèbres étant plus épaisses, ils arrivèrent
aussi plus vite au sentiment de leur éloignement de Dieu. Ils servirent en même
temps d'intermédiaire entre les Juifs et les païens, et préparèrent la grande
idée de l'unité religieuse et spirituelle, que le christianisme a créée entre
tous les enfants d'Adam; ils accomplirent la prophétie de Moïse, Deutéronome
33:18-19. Les Galiléens passaient pour courageux, inquiets, turbulents, Luc
13:1; c'est chez eux que prit naissance sous les auspices de Judas le Galiléen,
Actes 5:37, la secte des Zélotes à laquelle avait appartenu d'abord un des
disciples de Jésus, Luc 6:15, et qui se caractérisait par un inébranlable amour
d'indépendance, n'ayant de dévouement que pour la patrie, ne reconnaissant que
Dieu pour chef et pour maître. Judas prétendait que la taxe établie par les
Romains et réglée par Quirinius à l'occasion du dénombrement, Luc 2:1; Actes
5:37, était un nouvel esclavage, une servitude manifeste, à laquelle les
Israélites devaient s'opposer de toutes leurs forces; le peuple approuva ces
discours, on prit les armes, et cette petite guerre domestique grandit bientôt
et ne se termina qu'avec là ruine de Jérusalem et du temple: les habitants de
la Galilée furent les plus fermes soutiens de cette révolte commencée par un
des leurs; d'après Flavius Josèphe ils étaient en tous points d'accord avec les
pharisiens, et n'en différaient que par leurs principes relativement à
l'autorité de Dieu seul sur les hommes et surtout sur les Juifs. Calmet pense
que les Hérodiens sont les mêmes que ces Zélotes ou Galiléens;
— Voir: Hérodiens.
Quelques auteurs, Calmet, Ligthfoot, Cellarius,
combattus par Reland, Winer, etc., estiment que la Galilée s'étendait encore à
l'orient du Jourdain; mais leurs preuves nous paraissent peu solides et
reposent plutôt sur des présomptions, et quelquefois sur des inexactitudes de
traduction; les Septante, disent-ils, traduisent Basan par Galilée, Ésaïe
33:9,; Eusèbe, in Es. 9, dit clairement que la Galilée était au-delà du
Jourdain; Bethsaïda, ville galiléenne, était de même à l'orient; enfin Judas le
Galiléen était de Gaulon, d'après Flavius Josèphe, c'est-à-dire encore
d'au-delà le Jourdain. Il vaut cependant la peine de peser ces arguments.
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GALLIM,
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1 Samuel 25:44, village qui paraît avoir appartenu à
la tribu de Benjamin, Ésaïe 10:30. Eusèbe parle encore d'un bourg de ce nom
près d'Hékron.
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GALLION,
________________________________________
frère du philosophe L. An. Sénèque, s'appelait d'abord
Marcus Annæus Novatus, mais ayant été adopté par la famille du rhéteur L.
Junius Gallio, il prit le nom de sa nouvelle famille. Claude César le fit
proconsul d'Achaïe, et Néron le maintint dans sa dignité. Son frère lui dédia
son traité sur la Colère, lui rendant en même temps ce beau témoignage qu'il
était le plus pacifique et le plus doux des hommes. Les Juifs de Corinthe
voulurent faire comparaître Paul devant son siège judicial, mais comme l'apôtre
ouvrait la bouche pour se défendre, Gallion ayant su qu'il ne s'agissait que
d'une question juive, refusa d'entendre la cause, et les laissa s'arranger
entre eux. Les Grecs qui étaient présents, irrités contre ces importuns
accusateurs, s'emparèrent du principal, d'entre eux, Sosthènes, chef de la
synagogue, et le frappèrent de coups, sans que Gallion s'en mît en peine.
Quelques années après, Gallion partagea la disgrâce de ses frères, et fut mis à
mort avec eux par ordre, de Néron.
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GAMALIEL
________________________________________
(récompense de Dieu),
1. Nombres
1:10; 2:20; 7:54, chef de la tribu de Manassé, dans le désert.
2. Pharisien
célèbre, que l'on croit avoir été fils du rabbin Siméon, et petit-fils de
Hillel. Il présida le sanhédrin sous Tibère, Caïus et Claude, mais pas Actes
5:34, et doit être mort dix-huit ans après la destruction de Jérusalem. Saul
s'honore devant les Juifs d'avoir été l'élève de ce grand maître, Actes 22:3,
mais il le devança dans la vérité, et se déclara pour l'Évangile, lorsque
Gamaliel se contentait d'accorder aux chrétiens et aux apôtres une protection
de prudence et de politique. Les apôtres ayant été appelés à paraître devant le
conseil, comme les pharisiens grinçaient des dents, et ne s'occupaient qu'à
chercher un moyen de les faire mourir, Gamaliel, honteux pour le corps dont il
faisait partie, d'en voir les membres se montrer ainsi pleins de passion devant
les prévenus, demanda le huis-clos, et se prononça pour le laisser-faire: il
s'appuya sur l'histoire, et proposa à ses collègues ce dilemme: Si c'est
l'œuvre de Dieu, vous ne la pourrez détruire, et prenez garde même que vous ne
soyez trouvés faire la guerre à Dieu; si c'est une œuvre d'hommes, au
contraire, elle se détruira d'elle-même, elle ne mérite pas de votre part une
si grande haine, et ne doit pas vous préoccuper si vivement. On se contenta
donc de les faire fouetter.
— Ce discours était-il celui d'un homme qui s'achemine
vers le christianisme, sans oser se prononcer encore, ou celui d'un homme qui
cherche sa réputation dans la prudence, la sagesse et la modération? Cette
dernière opinion se prouverait, selon quelques auteurs, parle fait que Gamaliel
a laissé persécuter l'Évangile par son disciple Saul, et n'a rien fait pour
l'en empêcher; mais ce n'est qu'une assertion: l'autre opinion nous paraîtrait
pouvoir se justifier par la solennité des paroles qu'il prononce: «Prenez garde
que vous ne soyez trouvés faire la guerre à Dieu. «On ne doute pas, dit Calmet,
que Gamaliel n'ait embrassé la foi de Jésus-Christ, mais on ne sait en quel
temps il se convertit, ni par qui il fut baptisé.
— Une vie de saint Étienne donnerait à cette tradition
quelque vraisemblance.
________________________________________
GANGRÈNE,
________________________________________
2 Timothée 2:17;
— Voir: Maladies.
________________________________________
GARIZIM,
________________________________________
— Voir: Guérizim.
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GASMU,
________________________________________
Néhémie 6:6, le même que Guésem, 2:19; 6:1-2, Arabe,
ou peut-être Samaritain, se montra l'un des plus lâches ennemis des Juifs au
retour de l'exil, joignit l'ironie à la calomnie contre ce peuple malheureux,
et entra dans un complot contre la vie de Néhémie.
________________________________________
GÂTEAU.
________________________________________
Outre les pains qui avaient assez ordinairement la
forme de gâteaux, les Israélites avaient diverses espèces de gâteaux proprement
dits, dont nous n'énumérerons pas les noms hébreux, et dont les nuances ne sont
pas toujours bien connues,
a. Genèse
18:6; 19:3; 1 Rois 17:13; Ézéchiel 4:12, il s'agit de gâteaux cuits sous la
cendre, ou entre deux pierres brûlantes; ils étaient faits quelquefois de fleur
de farine, quelquefois d'orge.
b. Des
gâteaux à l'huile cuits sur le gril, Lévitique 2:7.
c. Une
espèce de pouding ou beignets, cuits dans la poêle, 2 Samuel 13:6-8.
d. Des
gâteaux cuits au four, arrosés d'huile, et offerts d'ordinaire en sacrifices, 2
Samuel 6:19; Exode 29:2; Lévitique 2:4; 7:12; 8:26; Nombres 6:15.
e. Des
beignets ou gâteaux très minces, rissolés, faits de fine farine et oints
d'huile, Exode 29:2; Lévitique 8:26; 1 Chroniques 23:29.
f. Des
gâteaux de miel, Exode 16:31, encore maintenant en usage; ce sont peut-être des
gâteaux de cette espèce qu'il faut voir dans les passages mal traduits, 2
Samuel 6:19; 1 Chroniques 16:3; Cantique 2:5; Osée 3:1, au lieu de flacons de
vin; ce seraient des gâteaux de raisins,
g. Jérémie
7:18; 44:19, gâteaux offerts à la reine des cieux, et dont on ignore la
composition.
La plupart de ces gâteaux étaient destinés à être
offerts dans les temples, ils appartenaient aux offrandes non sanglantes, ou
minhha, et remplaçaient pour les pauvres des sacrifices d'une plus grande
valeur, du moins pour ce qui regarde les offrandes volontaires, car pour les
sacrifices d'obligation la loi ne permettait que l'échange d'un animal contre
un autre, cf. Lévitique 14:21. Les gâteaux devaient toujours être salés et sans
levain, cuits au four et arrosés d'huile, Lévitique 2:4-5; le prêtre en prenait
ce qui devait être brûlé sur l'autel et gardait le reste pour lui.
— Voir: Libations.
— Le gâteau des jalousies que le prêtre devait offrir
pour la femme soupçonnée d'adultère, Nombres 5:15, devait être fait avec la
dixième partie d'un épha de farine d'orge, sans huile ni encens; le prêtre
devait le tournoyer et en offrir une poignée sur l'autel, versets 25 et 26.
L'orge, au lieu de fine farine, marquait l'humiliation de la femme soupçonnée.
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GATH
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1. (pressoir).
Une des cinq grandes villes des Philistins, Josué 13:3; 1 Samuel 6:17; 21:10;
27:2; 2 Samuel 1:20, célèbre comme lieu de naissance et principale habitation
de Goliath, 1 Samuel 17:4. Elle fut conquise par David au commencement de son
règne, 2 Samuel 8:1; 1 Chroniques 18:1, et fortifiée par Roboam, 2 Chroniques
11:8. Le roi de Gath, Akis, qui vivait sous Salomon, 1 Rois 2:39, était
probablement tributaire du monarque hébreu, cf. 4:24. Cette ville tomba sous
Joachaz entre les mains des Syriens, 2 Rois 12:17. Joas en fit de nouveau la
conquête, 2 Rois 13:25; puis encore Hozias, 2 Chroniques 26:6, après qu'elle se
fut un moment émancipée, Amos 6:2. Elle recouvra de rechef sa liberté, Michée 1:10;
mais Ézéchias se la soumit encore, et il paraît qu'elle fut dès lors pour
longtemps assujettie.
— Elle n'est pas comprise dans la distribution des
villes que Josué donna aux tribus d'Israël, mais, d'après Flavius Josèphe, elle
appartenait au territoire de Daniel Gath étant la plus méridionale des villes
des Philistins, comme Hékron en était le plus septentrionale, on disait de Gath
à Hékron pour dire d'un Bout du pays à l'autre, 1 Samuel 7:14; 17:52. Au temps
d'Eusèbe, c'était un gros bourg à 5 milles d'Éleuthéropolis, sur la route de
Diospolis; les voyageurs modernes n'en font pas mention.
2. Gathépher
(qui creuse le pressoir), 2 Rois 14:25, ou Guitta Hépher, Josué 19:13, dans la
tribu de Zabulon, lieu de naissance de Jonas, à 2 milles de Sepphoris, sur le
chemin de Tibériade en Galilée.
3. Gath
Rimmon; il y avait plusieurs villes de ce nom:
a. Josué
19:45; 21:24, dans la tribu de Dan; elle fut donnée aux Kéhathites;
b. Josué
21:25, tribu de Manassé, donnée aux Kéhathites;
c. 1
Chroniques 6:69, tribu d'Éphraïm, donnée aux Kéhathites. Quelques auteurs
pensent toutefois que c'est une seule et même ville, et regardent l'indication
c) comme insuffisante, celle de b) comme faute de copiste. La ville étant peu
connue, il est difficile de prononcer.
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GAZA
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(fort), une des cinq principales villes des
Philistins, Josué 15:47, à la frontière méridionale de Canaan, Genèse 10:19,
située sur une hauteur entre Raphia et Askélon, à 20 stades environ (4
kilomètres) de la Méditerranée, à 5 stades d'Askélon, à 600 milles de Pétra en
Arabie (52° 24' longitude 31° 37' latitude), et jouissant d'un port distant
seulement de 7 stades. Sa situation avantageuse a été pour elle la cause de
destinées bien variées et de diverses révolutions: elle passa successivement
des Philistins aux Hébreux, et des Hébreux aux Philistins. Josué la conquit et
la donna à la tribu de Juda, Josué 15:47; Juges 1:18, elle recouvra sa liberté,
à ce qu'il paraît, sous le règne de Jotham ou d'Achaz, peut-être encore plus
tôt, Juges 3:3; 46:1; 1 Samuel 6:17; 2 Rois 18:8; Amos 1:6:7; Sophonie 2:4;
Zacharie 9:5, puis fut reprise par Ézéchias, 2 Rois 18. Elle obéit encore aux
Caldéens vainqueurs de la Syrie, et aux Perses, puis tomba au pouvoir
d'Alexandre le Grand après une résistance de cinq mois. Elle ne fut détruite
que sous le roi juif Alexandre Jannæus, 96 ans avant J.-C., après un siège d'un
an: Gabinius, général romain, la releva, Auguste la donna à Hérode; après la
mort de celui-ci, elle fut agrégée à la Syrie. D'après Méla, Eusèbe et saint
Jérôme, c'était encore une ville très considérable et bien fortifiée au temps
de l'empereur Claude. Maintenant elle est sans muraille, et ne compte que 2,000
habitants.
À l'époque dont il est parlé, Actes 8:26, Gaza n'était
point déserte, quoiqu'un grand nombre de ses habitants l'eussent abandonnée:
plusieurs essais ont été faits pour expliquer ce qui paraît être une
inexactitude de l'historien; on a dit que ces mots sont une addition de lui,
une détermination qu'il ajoute aux discours de l'auge, et qui se trouvait être
vraie au moment où Luc écrivait, tandis qu'elle ne l'était pas à l'époque où la
scène se passa; ou a voulu distinguer encore deux Gaza (Calmet), la petite,
Majuma, qui était fort peuplée, et la grande, qui l'était moins; d'autres ont
dit que déserte doit s'entendre dans le sens de démantelée, ayant perdu ses
murs; c'est aller chercher bien loin ce qu'on a sous la main; d'après le texte,
le mot désert peut s'appliquer à la route aussi bien qu'à la ville, et, d'après
le sens, il le doit; une route nouvelle pouvait avoir été construite, laissant
l'autre moins fréquentée; c'est cette dernière que suivait l'eunuque
d'Éthiopie, et l'apôtre devait l'y aller rejoindre.
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GAZELLE,
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gentil animal qui est nommé plusieurs fois dans la
Bible comme symbole de la grâce, Cantique 2:9,17; 4:5, quelquefois de la
légèreté à la course, 2 Samuel 2:18; 1 Chroniques 12:8, ou de la fuite rapide,
Proverbes 6:5; Ésaïe 13:14. L'adjuration au nom de la gazelle ou du chevreuil
est fréquente en Orient, Cantique 2:7; 3:5. La gazelle proprement dite (hébreu
tsebi, que nos versions traduisent ordinairement par daim), est l'antilope
dorcas de Linnée; c'est la plus commune; elle a un peu moins de 1 mètre de
hauteur; ses cornes ont près de 30 centimètres de long, elles portent des
anneaux entiers à leur base, et ensuite des demi-anneaux jusqu'à une petite
distance de leur extrémité, qui est lisse et pointue; ces anneaux, dont on
compte douze ou treize, marquent les années de l'accroissement, les cornes sont
en outre sillonnées longitudinalement par de petites stries (Buffon); elles
sont permanentes; ces caractères appartiennent en propre aux gazelles: elles en
ont d'autres en commun avec le chevreuil, et surtout avec la chèvre, dont la
gazelle est une variété: le poil est brun clair, tirant sur le blanc vers le
ventre, aux pieds et sur le haut des cuisses; les oreilles, d'un gris cendré,
sont longues de 18 centimètres; les yeux, d'un noir brillant, sont grands et
pleins de feu; la queue, de 30 centimètres de long à peu près, est redressée;
les jambes sont fortes et solides, capables de faire des bonds de 2 à 3 mètres,
et d'une vitesse incroyable. Cet animal se trouve en Syrie, en Mésopotamie et
dans les autres provinces du Levant, aussi bien qu'en Barbarie et dans les
parties septentrionales de l'Afrique; il vit par troupeaux de centaines et de
milliers. Les Orientaux et principalement les poètes, l'ont pris en grande
affection, et ne manquent jamais de lui donner une place dans leurs vers, quand
ils célèbrent les belles et l'amour. La chair de la gazelle est d'un goût
agréable; la loi de Moïse en avait autorisé l'usage comme viande pure,
Deutéronome 12:15,22; 14:5; 1 Rois 4:23.
Le nombre des espèces de gazelles est fort
considérable, Buffon en comptait déjà treize: outre la tsebi, l'Écriture parle
encore de plusieurs autres, qu'il n'est pas possible de déterminer; le dischon,
Deutéronome 14:5, que nos versions rendent par chevreuil (Septante et Vulgate,
pygargue), le même probablement que le strepsicore et l'addace des anciens, et
que le lidmée des Africains. Le nom de pygargue signifie cul-blanc, et l'animal
indiqué serait remarquable par ce signe, comme aussi par des taches cendrées
sur les côtes. D'après Buffon, ce serait l'algazel ou pasan, dit la gazelle
d'Égypte, que les traducteurs des Septante étaient en effet bien à même de
connaître: elle est beaucoup plus grande que la précédente et a le col rouge.
Le tho ou theo, Deutéronome 14:5; Ésaïe 51:20, traduit
par bœuf sauvage: quelques-uns l'entendent du buffalo; mais Aben Ezra assure
qu'aucune espèce de bœuf sauvage ne se trouve en Palestine. Il parait plus
probable qu'il faut l'entendre, avec saint Jérôme, de l'oryx des Grecs, ou
chèvre sauvage (le bekkar el wash du Dr Schaw); l'oryx habite les solitudes de
l'Afrique et les confins de l'Égypte, et l'on peut comprendre aisément qu'il se
soit jeté quelquefois dans les déserts qui entourent Canaan; d'ailleurs les
Israélites auront pu apprendre à le connaître pendant leur séjour en Égypte.
Quant au zémer,
— Voir: Chameaupard;
pour acko et yael,
— Voir: Chamois et Cerf.
Le yachmour, Deutéronome 14:5; 1 Rois 4:23, traduit
par buffle, par bubalus, dans les Septante et la Vulgate, est peut-être
l'antilope bubalis, animal au poil roux, du genre de la gazelle, qui se trouve
en Syrie et sur les bords de l'Euphrate; on ne peut du reste pas le déterminer;
quelques-uns pensent au daim, et s'appuient sur l'analogie de l'arabe, qui est
assez concluante en effet: leur bois solide et plein tombe chaque année.
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GÉANTS.
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Tous les peuples tiennent à honneur d'avoir eu leurs
géants, et rendent témoignage par leur accord à l'existence d'hommes d'une
taille considérablement au-dessus de la taille ordinaire actuelle. Depuis les
géants d'Homère, Othus, Éphialte, les Cyclopes et les Titans, jusqu'aux héros
du Mexique et du Pérou, aux genoux desquels atteignaient à peine la plupart des
hommes de leur temps, il y a large place pour bien d'autres géants encore, et
l'on en connaît de toutes les mesures, depuis 10 pieds jusqu'à 60, 100, et même
au-delà: l'Inde en connaît même qui avaient plusieurs lieues de hauteur. Quoi
qu'il en soit, de tous les contes qui ont été recueillis, et qui se trouvent
soigneusement consignés dans Calmet, y compris une dent de 15 livres et un
crâne qui contenait 15 boisseaux de blé, il est incontestable non seulement
qu'il y a eu des géants, mais même qu'il a existé des races, des familles de
géants, et qu'en général les hommes des premiers siècles de notre monde étaient
bien plus grands qu'ils ne le sont aujourd'hui, sans toutefois qu'on puisse
établir pour la taille le même rapport qui existe entre l'ancienne et la
nouvelle longévité. Certains restes colossaux d'animaux qu'on trouve à la
surface de la terre autorisent à croire qu'il existait une race d'hommes
proportionnée; et plusieurs monuments d'architecture sauvage, qu'on retrouve
dans différents pays, sont évidemment l'ouvrage d'hommes d'une taille et d'une
force prodigieuse.
Il est parlé de géants avant le déluge, Genèse 6:4;
mais on peut croire que l'idée fondamentale qui s'attache à ce mot dans ce passage
n'est pas celle de la grandeur corporelle, et qu'il faut, comme ordinairement
en hébreu, s'attacher au sens moral: la traduction littérale du mot nephilim,
rendu par géants, est «les déchus» (selon la tradition rabbinique les géants
étaient tombés du ciel), «les réprouvés»; d'après Schrœder, «les assaillants»
(ceux qui tombent sur), c'est-à-dire «les disgraciés». La manière dont il est
parlé de ces géants dans le contexte semble indiquer qu'ils étaient issus des
fils de Dieu et des filles des hommes (— Voir: Enfants); du moins on peut
l'entendre ainsi, comme on peut également ne voir dans l'indication de Moïse
qu'une parenthèse: si les géants sont identiques avec les puissants hommes de
renom, il y a plus d'unité dans la phrase, mais il serait singulier que le
mariage des fils de Dieu avec les filles des hommes n'eût produit que des
géants, et l'on serait presque forcé, par cette supposition, d'admettre chez
les fils de Dieu quelque chose de surnaturel, de les regarder comme des êtres
différents des hommes. Le plus simple nous paraît, en conséquence, de regarder
comme incidente la mention des géants, de ne voir dans les fils de Dieu que des
membres de la famille de Seth, se détournant de la vérité et du culte du vrai
Dieu pour suivre les idoles et s'abandonner aux passions de la chair, et les
hommes célèbres et puissants seraient les fils de ces mariages, qui auraient eu
une influence d'autant plus considérable qu'ils appartenaient à des familles
différentes, à la race de Seth par leurs pères, à celle de Caïn par leurs
mères. Suivant Schrœder, le fait significatif de ce passage serait, non point
l'existence de géants (il y en avait déjà), mais leur production, leur
naissance dans la famille de Seth.
(Dans Gen. 6:4, le
mot nephilim signifie proprement «les disgraciés» et se rapporte à la lignée de
Caïn qui avait été bannie de la terre pour aller habiter dans le monde de Nod.
Ils revinrent se mélanger avec les habitants de la Terre et prirent des femmes
pour engendrer des enfants dans une tentative de déjouer le plan de Dieu et
forcer son bras à les sauver. Tout semble indiquer que le gigantisme était
l'état normal des choses à cette période, des plantes, des animaux, et de
l'homme. Que des géants se retrouvent après le déluge nous indique la forte
probabilité que Noé et ses fils étaient eux-mêmes des géants. Le gigantisme
déclina rapidement après le déluge du fait que sa cause primaire n’existait
plus pour altérer la physionnomie de la nature, le champ d’attraction entre les
corps célestes avait changé subitement lors de la destruction d’une planète qui
se trouvait entre Mars et Jupiter. Mais il fut plus tenace dans les descendants
de Cham, le dernier géant à être détruit semblerait être le célèbre Goliath qui
fut tué par David.)
L'Écriture mentionne encore comme races géantes les
Réphaïms et les Hanakins. Les Réphaïms (q.v.) habitaient, avant l'arrivée des
Israélites, les contrées transjourdaines de la Palestine; Hog, roi de Basan,
était un dernier reste de cette famille; il fut vaincu par Israël, Deutéronome
3:3,11; cf. Josué 12:4; 13:12: les Émins, qui partageaient avec les Réphaïms
une commune origine, habitaient le pays qui fut plus tard celui de Moab,
Deutéronome 2:10, et les Zamzummins, le pays de Hammon, 2:20. Les Hanakins, ou
fils de Hanak, Nombres 13:33; Deutéronome 9:2, étaient si grands, que les
espions d'Israël déclarèrent qu'ils n'étaient que des sauterelles auprès d'eux
(on peut croire que la peur entrait pour quelque chose dans l'hyperbole): leur
stature était devenue proverbiale, et servait de mesure de comparaison,
Deutéronome 2:10-11,21. Ils occupaient au temps de Moïse tout le pays depuis
Hébron jusqu'aux montagnes de Juda et d'Israël, Josué 11:21. Quoique vaincus et
chassés, plusieurs d'entre eux reparurent plus tard dans l'histoire des Hébreux,
— Voir: Goliath, 1 Samuel 17:4; 1 Chroniques 20:4,6,8;
mais ils se maintinrent toujours dans les quartiers
des Philistins, à Gaza, Gath, Azot, etc. Josué 11:22.
On peut voir, par la comparaison de l'Écriture sainte
avec les ouvrages profanes, combien la première se distingue par sa sobriété et
toute absence d'exagération dans ce qu'elle rapporte des géants; elle se
distingue encore en ce qu'elle signale comme une monstruosité, une
dégénérescence, un fruit du péché (l'union des Séthites et des Caïnites), ce
que les païens regardaient comme une gloire; cf. Odyss. 10, 119, suivant,
Ænied. 12, 900. Juvénal 15, 69. Pline 7, 16. Augustin., De Civit. 15, 9, etc.
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GÉDÉON ou Jérubbahal,
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(destructeur), Juges 6-8; ou Jérubbahal, le cinquième
des Juges d'Israël (1245 avant J.-C.), délivra son peuple de l'oppression des
Madianites. Ce chef, de la tribu de Manassé, battait le grain à Hophra avec son
père, lorsque l'ange de l'Éternel lui apparut et lui annonça que Dieu l'avait
choisi pour juge. Il dut commencer par détruire dans sa propre maison toutes
les traces de l'idolâtrie qui avait envahi le pays. Les tribus de Manassé, de
Zabulon, d'Aser et de Nephthali, se réunissent sous ses ordres au nombre de
32,000 hommes contre une armée innombrable; mais l'armée d'Israël est trop
nombreuse encore, et sur une proclamation de Jéhovah qui permet à tous ceux qui
sont timides de s'en retourner, cf. Deutéronome 20:1-8, 22,000 quittent les
rangs et s'en vont; 10,000 hommes restaient; c'était peu, pour Dieu c'était
trop encore; une nouvelle épreuve fut ordonnée, et la petite armée fui réduite
à 300 hommes seulement: Gédéon les divisa en trois bandes, et ne leur donna
d'autres armes qu'une trompette et un flambeau; puis, au milieu de la nuit, ils
fondent sur le camp des Madianites qui s'enfuient et s'entre-tuent; ils passent
le fleuve, où plusieurs périssent sous les coups des Éphraïmites; Gédéon
poursuit jusqu'à Hobah les 15,000 hommes qui restent, les défait entièrement,
et venge sur les deux chefs Zébah et Tsalmunah ses frères égorgés par ces
princes. Les Israélites lui offrent, à lui et à ses enfants après lui, la
couronne royale, mais il la refuse et se borne à répondre: Que l'Éternel règne
sur vous. Un nuage ternit la gloire de sa victoire: des dépouilles ennemies qui
s'élevaient à 1,500 livres d'or, il fait une image qu'il recouvre de l'éphod;
il veut rappeler au peuple les gratuités de l'Éternel, et il sanctionne par son
action même l'idolâtrie qu'il veut condamner: le nom de Jérubbéseth qu'il reçut
plus tard, 2 Samuel 11:21, et qui signifie «il a combattu pour la honte» se
rapporte peut-être à cette faute. Le reste de sa vie fut paisible, il eut
soixante-dix fils, et mourut dans un âge fort avancé.
— Voir: pour les détails mes Juges d'Israël, p. 49-60.
L'histoire profane semble avoir conservé le nom de
Gédéon. Sanchoniathon, qui vivait à la même époque à peu près, doit s'être
servi pour la composition de son histoire, de documents qui lui auraient été
fournis par Jérombal (Jérubbahal), prêtre de Jao (Jéhovah).
— Serin, de Gaussen.
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GÉHENNE,
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— Voir: Hinnom.
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GÉNÉALOGIES,
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— Voir: Jésus et Tribu.
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GÉNÉSARETH,
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lac de Génésareth, Luc 5:1; mer de Tibériade, Jean
21:1; appelée aussi mer de Galilée, Jean 6:1, et dans l'Ancien Testament mer de
Kinnéreth, Josué 13:27; Nombres 34:11, ou de Kinnaroth, Josué 11:2; 12:3. Cette
belle nappe d'eau que Ritter et Tholuck comparent au lac de Genève pour la
pureté de ses eaux et la richesse de ses bords, que d'autres comparent à la
partie septentrionale du lac Majeur, à cause de sa majesté sauvage jointe aux
beautés d'une nature douce et riante, est située dans un profond bassin entre
deux plateaux de montagnes; de forme à peu près ovale, allongé du nord au midi,
il a environ 140 stades de longueur sur 40 de largeur d'après Flavius Josèphe,
30 kilomètres sur 8 ou 9; les estimations modernes lui donnent a peu près la
même étendue. Ses eaux bleues, profondes, douces et transparentes, sont
constamment renouvelées par les flots du Jourdain qui le traversent dans sa
longueur; elles ne sont troublées que lorsque des ouragans sortant subitement
des gorges des montagnes, menacent les navigateurs. Il était jadis sillonné par
un grand nombre de bateaux, et comme il est très poissonneux, la pêche était
une occupation importante pour les habitants de ses bords, Matthieu 4:18; Luc
5:4; Jean 1:44; 21:3. La contrée est d'une merveilleuse beauté; le climat de ce
bassin profond dont la chaleur est tempérée par la fraîcheur des eaux, y
produisait une végétation aussi abondante que variée; les fruits de divers
climats y croissaient non loin les uns des autres, les dattiers des tropiques
près des arbres d'une zone plus tempérée: on y trouvait réunis la vigne, le
citronnier, l'oranger, et le figuier, qui mûrissaient sans interruption,
pendant six mois de l'année. Aussi les mahométans en faisaient-ils avec Damas,
Samarcande, et une contrée voisine de Ragdad, un de leurs paradis terrestres. À
l'est s'élèvent hors du lac des rochers basaltiques, et de sombres montagnes
qui se terminent en sommets arrondis; à l'ouest le terrain s'élève par des
gradins ou des vallées étagées jusqu'à la hauteur du plateau; cette côte
occidentale était jadis couverte d'un grand nombre de villes et de bourgades
populeuses: aujourd'hui ses rives sont presque désertes, et l'on n'y trouve pas
même un bateau.
Le voyageur Russegger (1838) regarde sa course au lac
de Génésareth comme une des plus intéressantes qu'il ait faites en Palestine;
et trouva, dit-il, dans la magnificence de cette vue une compensation plus que
suffisante aux fatigues de cette excursion ajoutée à tant d'autres. Il a
calculé, par l'emploi du baromètre, que la surface de ce lac devait être de 625
pieds (203 mètres) au-dessous du niveau de la Méditerranée; Schubert n'avait
compté qu'une différence de 535 pieds (162 mètres) entre les deux niveaux.
L'Ancien Testament fait mention de ce lac comme d'une
frontière, Nombres 34:11., etc. Les faits qui s'y sont passés au temps de notre
Seigneur, le rendent particulièrement cher aux chrétiens;
— Voir: Matthieu 4:18-22; 8:23-27; 11:20-24; 14:24-33;
Marc 4:36-41; 6:31,56; Luc 5:1-11,8:23-25. Jean 6:18-21; 21, etc.
Quant à la ville de Kinnéreth qui appartenait à la
tribu de Nephthali, Josué 19:33, on pense que c'est la même que Tibériade, q.v.
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GENÈSE,
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le premier livre de la Bible en général, et du
Pentateuque en particulier; il s'appelle en hébreu Bereshith (au commencement),
selon les mots par lesquels il commence, et en grec Genesis (origine,
naissance), nom tiré de son contenu. L'auteur en est Moïse selon l'ancienne
tradition, et d'après les traces qui se trouvent dans le Pentateuque lui-même.
Le but du livre est d'exposer l'origine du peuple de Dieu, en la rattachant à
l'origine du monde. La Genèse est une introduction, une tête nécessaire à
l'intelligence des autres livres de la Bible, qui, sans elle, seraient un
acéphale.
— Après nous avoir donné sur la création quelques
idées claires, précises et succinctes (— Voir: cet article), la Genèse nous dit
le commencement de la vie sur la terre, le premier homme et le premier péché,
la première famille et la première dispersion, la première chute et la première
promesse. Elle pose les jalons de l'histoire du genre humain pendant les vingt
premiers siècles (Genèse 1-11,) en nous faisant suivre les traces des idées
théocratiques et des révélations divines, jusqu'au moment où elle vient à
s'occuper d'une manière plus particulière de la famille d'Héber et de son
illustre descendant Abraham (11-50). Elle raconte alors l'histoire des trois
grands patriarches Abraham, Isaac, Jacob; elle est plus circonstanciée sur la
vie de Joseph, et sur ses destinées qui sont d'une grande importance pour
l'histoire de la théocratie. Elle finit en rapportant les paroles de
bénédiction adressées par Jacob mourant à ses fils, l'ensevelissement de ce
patriarche et la mort de Joseph.
— Quant à la langue, c'est l'hébreu le plus pur et le
plus uni, avec quelques archaïsmes témoins de l'antiquité du livre; il peut
être regardé comme la base et le modèle de la formation de cette langue sainte,
dans tous les autres livres du code sacré.
La Genèse avait joui dans tous les siècles de ce
respect qu'exigent les livres de Dieu, et que l'on accorde généralement à ces
vieux monuments d'une ère qui n'est plus, lorsque dans la moitié du siècle
passé un médecin hollandais nommé Astruc, sans doute malheureux dans l'exercice
de son art, eut l'idée de consacrer ses loisirs à démolir ce qui était sacré en
théologie, et tomba sur la Genèse, dont il révoqua en doute l'authenticité et
l'intégrité (Bruxelles, 1753). Son livre, intitulé: «Conjectures sur les
mémoires originaux dont il paraît que Moïse se servit pour composer le livre de
la Genèse», réussit auprès de certains théologiens qui en adoptèrent et en
développèrent les idées, Eichhorn, Ilgen (1798), puis Vater (1801-1805), De
Wette, Gramberg (1828). Même l'idée se développa et s'étendit sous le marteau;
selon ces auteurs d'hypothèses, non seulement le contenu de la Genèse serait
tiré de deux anciens documents, mais dans sa forme actuelle ce livre ne serait
pas même le travail d'un rédacteur unique qui aurait composé son ouvrage
suivant un plan prémédité; ce serait un recueil de morceaux, d'anciennes
traditions mal arrangées et augmentées par la fantaisie des narrateurs. Il
n'appartient pas à notre plan d'entrer dans des détails sur cette controverse,
mais nous devons au moins en indiquer les éléments.
L'hypothèse du morcellement repose:
a. sur
ce qu'il y a dans la Genèse plusieurs relations d'un seul fait, par exemple
12:10-20; 20:1; sq. 26:6-12; mais il ressort du texte même que ce sont des
faits tout différents;
b. sur
ce que l'origine d'un même nom est racontée de différentes manières, le nom d'Isaac,
17:17,19; 18:12-15; 21:3,6, celui de Béersébah, 21:30-31; 26:33, de Béthel,
28:19; 35:15; mais de ce qu'un même nom a pu se trouver vrai dans plusieurs
sens, il n'en résulte pas la nécessité de penser à deux récits dont l'un
exclurait l'autre;
c. sur
ce qu'il y a de fréquentes répétitions; niais c'est dans le style oriental, et
d'ailleurs l'objection n'aurait de force que si les mêmes faits étaient
racontés chaque fois sans des détails nouveaux, dans la même connexion, tandis
que c'est le contraire qui a lieu; la répétition se justifie d'elle-même par le
but du narrateur, et elle ne porte que sur des faits importants.
d. Il
y a des morceaux isolés et décousus; mais dans un récit aussi succinct les
transitions seraient souvent des hors-d'œuvre, l'antiquité du livre et son
caractère oriental ne les auraient pas supportées,
e. On
s'appuie enfin sur la présence de certains titres comme indiquant le
commencement de nouvelles péricopes; ainsi 5:4; 6:9; 10:1; sq. 25:12; etc. Mais
ces titres, qui sont en quelque sorte des sommaires de chapitres, indiqueraient
plutôt le contraire; ils servent de transitions naturelles, et indiquent le
plan de l'auteur et le soin avec lequel il coordonne ses généalogies.
L'hypothèse des deux documents repose sur la manière
dont les noms de Dieu et de l'Éternel sont employés (Élohim et Jéhovah); les
inventeurs de l'idée pensent que le rédacteur s'est servi de deux sources ou
documents, dont l'un aurait tout rapporté à Dieu, l'autre tout à l'Éternel. Si
l'on y fait attention, l'on trouvera qu'en effet il y a des chapitres, ou
fragments de chapitres, dans lesquels l'un des deux noms est employé à
l'exclusion de l'autre, quelquefois aussi les deux noms concurremment.
Remarquons d'abord que si l'on veut conclure quelque chose, il faudra appliquer
la même conclusion à l'Ancien Testament presque tout entier, où les noms de
Dieu et de l'Éternel sont alternativement employés: qu'on lise par exemple le
prophète Jonas, on y trouvera la même observation justifiée, et cependant
personne n'osera ou n'a osé faire de ce petit livre une mosaïque composée de
divers documents. Mais une explication très simple et tirée de l'observation
donnera la clé de l'emploi de ces deux noms, dans la Genèse comme ailleurs:
c'est que le nom de Dieu, Élohim, s'applique presque partout au Créateur, juge
de l'univers, maître de la race humaine, dans ses rapports avec le monde;
l'Éternel, Jéhovah, au contraire, est le Dieu de son peuple, le père de ses
enfants, le Sauveur qui se manifeste. On peut lire, en prenant garde à cette
distinction, l'histoire du sacrifice d'Isaac, 22:1, celle du déluge, 6-9, et
surtout celle de la création, 1-3, qui semble prêter le plus à l'hypothèse et
même lui avoir donné naissance: elle se divise en deux parties, 1-2:3; et
2:4-3:1. La première est le récit général: l'auteur nous fait connaître
l'origine du monde, il énumère les créatures, il nomme le créateur, c'est
Élohim; dans la seconde, l'auteur reprend son sujet, mais sous le point de vue
spécial de l'homme considéré comme être moral: c'est là qu'il est question du
péché, de la loi, du jugement, de l'Évangile qui sauve: c'est alors Jéhovah qui
paraît, c'est l'Éternel; le nom de Dieu lui est joint pour bien montrer qu'il
ne s'agit pas d'un autre Dieu, mais du même considéré sous un autre point de
vue, précaution bien nécessaire dans un temps où l'on pouvait être porté à
croire à une pluralité de dieux.
— Voilà tout le secret de l'emploi alternatif de ces
deux noms, non pas seulement dans des morceaux différents, mais aussi dans un
même morceau, et c'est faute d'avoir compris leur grandeur et leur
signification qu'on en est venu à la supposition de deux documents primitifs.
Cette hypothèse, déjà bien ébranlée, tombera comme est tombée celle d'un
Évangile primitif qu'on défendait il y a quelques années encore avec tant de
suffisance.
— Voir: Umbreit, Theol. Stud, und Kritik, 1831, p.
412, Ranke, Recherches sur le Pentateuque, Hævernick, Introduction à l'Ancien
Testament, et l'excellent Commentaire de F. W. J. Schrœder (Das erste Buch
Moses, ausgelegt, Berlin 1486), dont on annonce une traduction française par M.
le pasteur Bastie; cet ouvrage a démontré, selon nous d'une manière évidente,
l'unité du livre et du narrateur.
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GENÊT, genièvre, genévrier.
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1. Le
mot hébreu rothem se trouve 1 Rois 49:4-5; Job 30:4; Psaumes 120:4, et les
Septante l'ont traduit de quatre manières différentes, ce qui prouve qu'ils
n'avaient pas une connaissance bien claire et précise de l'arbre indiqué:
Flavius Josèphe lui-même, en parlant de l'arbre sous lequel s'assit Élie dans
le désert, 1 Rois 19, se borne à dire: «sous un certain arbre.» Jérôme, d'après
Aquila, l'a traduit par genévrier, le syriaque par térébinthe, et le caldéen
par genêt: nos versions ont conservé genêt dans le passage des Rois et ont mis
genévrier dans les deux autres; il est très difficile de décider; Calmet pense
qu'il faut l'entendre d'une manière générale de tout arbuste sauvage; Winer
penche pour le genêt d'après l'analogie de l'arabe ratam (cf. l'espagnol
rétama, venu des Maures). Le genêt, genista rœtem, est un arbuste peu
considérable des plaines de l'Arabie, avec des rameaux petits, cannelés,
opposés, feuilles simples, fleurs blanches, fruit en cosse, allongé, avec deux
rangs de graines. La racine est extraordinairement amère et ne peut servir de
nourriture qu'en cas d'extrême besoin; la fin de Job 30:4, peut se traduire, ou
bien comme nos Bibles l'ont rendu «pour se chauffer», ou bien «la racine des
genêts pour leur pain (nourriture);» cette dernière traduction est favorisée
par le contexte. Le genêt servait aussi comme moyen de chauffage; il donnait
des charbons très ardents et d'une combustion lente et durable; la langue du
méchant leur est comparée pour ses effets désastreux, difficiles à réparer,
Psaumes 120:4. Grêle et sec, cet arbuste donne peu d'ombre, toutefois on sait
encore l'apprécier sous ce rapport dans les landes de sa patrie, et le prophète
fuyant les fureurs de Jésabel, recherche dans le désert son ombrage protecteur,
1 Rois 19:4.
2. Genêt,
employé dans le sens de coursier par quelques-unes de nos versions, 1 Rois
4:28, est un vieux mot français que Martin a trouvé bon pour éviter de répéter
deux fois dans un verset le mot cheval.
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GÉOGRAPHIE.
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Les Hébreux n'avaient des idées ni bien claires, ni
bien étendues sur la configuration de la terre et sur les pays dont elle était
couverte. Ils étaient cependant bien plus avancés que tous les peuples de
l'antiquité sur la grandeur et sur la forme de notre globe. Gesenius a voulu
conclure de Ésaïe 11:12, qu'ils se figuraient la terre carrée, mais il n'est
pas nécessaire d'une supposition semblable pour comprendre une expression que
nous pourrions employer nous-mêmes. On peut comparer d'ailleurs les passages
tels que Ézéchiel 5:5; Proverbes 8:27; Job 26:7,10; Ésaïe 40:31, pour se
convaincre combien étaient exactes, justes et conformes aux vérités découvertes
seulement plus tard, les doctrines des prophètes juifs sur ce point. Quant à la
géographie même, les Hébreux ne connurent d'abord que les pays qui les
entouraient de plus près ou avec lesquels ils avaient des rapports réguliers,
la Syrie, l'Égypte, l'Arabie, la Phénicie: peu à peu, naturellement, ce cercle
s'agrandit par les relations d'Israël avec l'Assyrie, la Médie et la Babylonie;
ils connurent, par ouï-dire sans doute, peut-être par les Phéniciens,
l'existence de contrées et d'îles plus éloignées à l'est, et même au nord de
l'Asie, Gog et Magog, cf. Ézéchiel 27, Jérémie 51:27. La dispersion augmenta
leurs connaissances, et l'on peut croire qu'ils connurent tout l'ancien monde,
tel du moins que le connaissaient les anciens eux-mêmes, surtout la Grèce et
l'Italie. Ils regardaient Jérusalem comme le centre du monde connu, Ézéchiel
5:5; 38:12.
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GERBOISE,
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— Voir: Saphan.
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GERGÉSÉNIENS,
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— Voir: Gadara.
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GETHSÉMANÉ,
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village ou jardin sur le penchant occidental du mont
des Oliviers: c'est là que notre Sauveur lutta pour nous contre la mort, Matthieu
26:36-50; Marc 14:32-52; il avait l'habitude de s'y rendre, Jean 18:2, et Judas
Iscariot, qui connaissait cette sainte retraite, y conduisit la troupe qui
devait s'emparer de son maître. Jésus suait des grumeaux de sang en attendant
l'heure fatale, et un ange vint des cieux pour le fortifier, Luc 22:39-53. Un
mur élevé désigne et entoure ce lieu, où sont encore huit oliviers d'une
extrême vieillesse, et qui portent le nom de Dschesmanije. Géthsémané signifie
pressoir à olives (selon quelques-uns champ d'olives, selon d'autres encore,
pressoir des signaux?).
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GIRAFE,
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— Voir: Chameaupard.
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GOB,
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ville ou plaine dans laquelle les Israélites eurent
deux combats à soutenir contre les Philistins, 2 Samuel 21:18-19. Elle est
appelée Guéser dans le passage parallèle, 1 Chroniques 20:4, peut-être par
erreur.
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GOG,
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roi de Magog, q.v., Ézéchiel 38:2; 39:1.
L’histoire de Gog
et Magog semble être reliés à l’ancien empire des Khazars en Ciscaucasie aux
abords de la mer Caspienne. La Khazarie s’effronda en 965 lorsque le prince
russe Sviatoslav Ier prit la forteresse de Sarkel : dans les années qui
suivirent, la Russie naissante porta un coup fatal à l’empire des Khazars. Un
État indépendant subsista encore durant quelques décennies jusqu'au début du
XIe siècle. Certains Khazars rejoignirent alors les communautés juives
byzantines, d'autres la Hongrie.
La caste royale des
Khazars se proclama descendante de Kozar, un des fils de Togarma, petit-fils de
Japhet, fils de Noé, selon la Table des nations des premiers chapitres du Livre
de la Genèse. Les Khazars sont notamment connus pour avoir adopté le judaïsme
comme religion officielle, sous le règne du bek Bulan en 838, peut-être au
contact des Juifs persécutés par les empereurs byzantins. Cette conversion
nominale fit qu’ils furent nommés «les faux juifs». Initialement tengristes,
les souverains et les nobles khazars seraient d'abord entrés en contact avec le
judaïsme, et s'y seraient convertis, par le biais des populations de Crimée. On
pense que ce choix fut éminemment stratégique, dû pour une part à la nécessité
d'avoir une religion monothéiste pour se faire accepter des populations
tributaires et d'autre part, à la nécessité d'opposer une religion originale à
la pression qu'exerçaient à la fois l'occident chrétien (l’Empire byzantin) et
l'Orient musulman. Les conversions massives à l'époque grecque et romaine
enlèvent au judaïsme toute signification ethnologique, et coupent tout lien
physique (mais non pas spirituel) avec la Palestine. La plupart des Juifs de
Gaule ou d'Italie, sont le produit de ces fausses conversions. Quant aux Juifs
du bassin du Danube, ou du Sud de la Russie, ils descendent sans doute des
Khazars. Ces régions contiennent de nombreuses populations juives qui
probablement n'ont rien à voir, du point de vue ethnologique, avec les Juifs
d'origine.
Plusieurs de leurs
dirigeants furent des illuminés (Illuminati) ou Sages de Sion, qui formèrent le
mouvement Sioniste pour fonder un nouvel empire en Palestine à laquelle on
donna le nom d’Israel, mais qui est en réalité la nouvelle Khazarie. Ainsi fut
accomplies ces paroles prophétiques dans Apocalypse 17 : 8 «La
malignité (la bête) que tu as vue, a été
(Israël) et n'est plus; elle doit surgir de la confusion politique, et
s'en aller en perdition; et les habitants de la terre, dont les noms ne sont
pas écrits dans le livre de vie, dès la création du monde, s'étonneront en
voyant la malignité (la bête), car elle était, et elle n'est plus, bien qu'elle
reparaîtra (14 mai, 1948)». Ce faux Israel a séduit un grand nombre de
sois-disants chrétiens qui voient encore dans cette contrefaçon diabolique le
peuple élu de Dieu.
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GOJIM ou Goyim.
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Ce nom signifie en hébreu les peuples, les nations,
par conséquent, pour les Juifs, les païens. C'est encore de ce nom qu'ils
appellent aujourd'hui tous les peuples de la terre qui ne descendent pas
d'Abraham par Isaac et Jacob. Une des peuplades païennes chassées par les
Israélites portait ce nom, et son roi demeurait à Guilgal, q.v., Josué 12:23.
C'est peut-être la même qui est indiquée Genèse 14:1, et qui était gouvernée
par Tidhal, roi des nations ou des Goyim.
(Goyim est le terme
utilisé par les Judéens (les Juifs) pour décrire ceux des nations étrangères à la
leur. Il est généralement utilisé d'une façon péjorative pour insulter ceux
qu'ils considèrent comme des chiens et non des hommes, et se réfère surtout à
ceux qu’ils pensent être chrétiens.)
— Voir: aussi Galilée.
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GOLAN,
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ville libre et sacerdotale, située en Basan, dans la
demi-tribu de Manassé, Deutéronome 4:43; Josué 20:8; 21:27; 1 Chroniques 6:71.
Elle était encore assez considérable à l'époque d'Eusèbe, et avait donné
naissance à ce Judas le Galiléen, dont il est parlé Actes 5:37. Son exacte
position n'est pas connue: on appelait Golanite ou Gaulonite la contrée qui
l'entourait depuis la Pérée jusqu'au Liban.
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GOLGOTHA, ou Golgatha, ou plutôt Golgoltha,
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de l'hébreu gulgoleth, qui signifie crâne, et qui est
employé dans ce sens, 2 Rois 9:35.
— Voir: ce que nous en avons dit à l'article Calvaire,
qui est la traduction latine du mot hébreu.
Les Syriens et les Arabes appellent encore cette
colline Cranion, à cause du crâne d'Adam qu'ils y croient enseveli; c'est aussi
la tradition de tout l'Orient, et les mahométans eux-mêmes ont un livre dans
lequel se trouve un dialogue entre Jésus-Christ et le crâne du premier homme.
D'Herbelot, Bibl. orient., Cranion, p. 278.
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GOLIATH,
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1 Samuel 17:4; sq., géant de la race des Philistins,
de la ville de Gath, défia pendant quarante jours les guerriers israélites à un
combat singulier, qui devait décider du sort des deux armées, selon l'usage de
quelques peuples anciens dont nous trouvons un exemple dans la lutte des
Horaces et des Curiaces. À la fin, un jeune homme se présenta; il portait des
vivres à ses frères, et quelques fromages en cadeau à leur capitaine; mais
ayant appris l'insulte faite au peuple du vrai Dieu, il posa son bagage et
courut au combat. Le géant méprisa la jeunesse de son adversaire, car il
ignorait combien est fort celui qui vient au nom de l'Éternel, mais la victoire
ne resta pas un instant indécise, et un caillou lancé par une fronde habile
renversa le géant, frappé au front. Le vainqueur lui trancha la tête comme les
anciens faisaient à leurs ennemis vaincus, Hérodote 4, 6. Xénophon, Anab. 5, 4.
17.
— On a vu, à l'article Géants, que de pareilles races
n'étaient point rares dans les anciens temps, et que si la fable a un peu
exagéré, le fait n'en reste pas moins vrai: quant à la stature de Goliath,
cependant, nous ne pouvons rien préciser; elle était de six coudées et une
paume, est-il dit; et entre les différentes coudées qui étaient connues des
Hébreux, il convient de choisir la moindre; car nous voyons que David put se
servir aisément de l'épée du géant, non seulement lorsqu'il lui trancha la
tête, mais encore dans sa fuite, 1 Samuel 21:9; 22:10, ce qu'il n'eût pas fait
si elle eût été proportionnée à la taille que certains calculs donnent à
Goliath. En prenant donc la dimension la plus petite de la paume et de la
coudée, Goliath aurait eu 3m,30 de hauteur; (selon un autre calcul, — Voir:
Coudée, Goliath aurait eu 4m,40) Le poids de ses armes doit être calculé dans
la même proportion. Quant à 2 Samuel 21:19,
— Voir: l'article Élhanan.
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GOMER.
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1. Fils
de Japhet et père d'Askénaz, de Riphath et de Thogarma, Genèse 10:2-3.
— Voir: encore Ézéchiel 38:6.
Son nom se retrouve dans les Cimmerii des anciens qui
habitaient la Crimée et les bords du Don, du Niéper et du Danube inférieur,
dans les Cimbres qui ont attaqué l'empire romain deux siècles avant Christ, et
dans Kymr, ancien nom d'une tribu celtique. Les Arabes donnent aux peuples qui
habitent le territoire des anciens Cimmerii le nom de Kirim, avec une légère
transposition des lettres, et dans ce nom de Kirim on trouve la Crimée et les
Germains. D'après des traditions orientales, Gomer habitait sur les bords du
Volga. Bochart cherche Gomer en Phrygie, parce que Ce dernier pays est
quelquefois appelé terre brûlée, et que l'une des significations de Gomer peut
aussi rappeler cette idée; mais c'est faible et forcé.
— Les Bretons français, qui sont Kimris, comme on
sait, et dont la langue est la même que le kimraig ou celle des Gallois
d'Angleterre, disent «qu'ils viennent de Gomer.» (Gomr, Komr, Kimr, Cimr, sont,
étymologiquement, les formes diverses d'un même mot primitif.) C'est là, en
Bretagne, une tradition tout à fait du peuple et non point de savants et de
lettrés: les paysans, les bergers qui l'ont conservée, ne savent pas même si
Gomer est un homme, une contrée, ou une ville. On trouvera certainement bien
remarquable la concordance de cette tradition, encore vivante aujourd'hui, avec
l'indication première de la Genèse sur Gomer et ses descendants, entre lesquels
«furent divisées les îles des nations», ou l'ancien monde occidental. Nous
devons la connaissance de ce fait à l'homme le mieux capable de le bien
constater, à M. Émile Souvestre; Breton lui-même, comprenant et parlant le
dialecte celtique de ses compatriotes, il a longuement étudié leurs mœurs,
leurs souvenirs populaires, et a recueilli de leur bouche ce trait singulier,
que nous avons tenu à enregistrer.
2. Fille
de Diblajim, et femme débauchée, celle dont le prophète Osée s'approcha pour
obéir au commandement de l'Éternel, et pour faire comprendre à Israël son
idolâtrie: les enfants qu'il en eut reçurent des noms symboliques destinés à
marquer les châtiments qui sont le gage et le fruit d'un culte adultère, Osée 1:3;
sq. On a, pour des raisons faciles à comprendre, voulu ne voir ici qu'une
allégorie, mais cette explication est plus difficile à comprendre encore que le
texte.
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GOMORRHE,
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une des cinq villes de la Pentapole, et probablement
la plus septentrionale; elle était située dans la belle et fertile vallée de
Siddim, Genèse 13:10, et avait un roi particulier, Genèse 14:2-3,10. On sait
comment ses mœurs hideuses et corrompues attirèrent sur elle le feu du ciel,
19:24. Son histoire, ses crimes et sa destruction sont fréquemment rappelés
dans l'Écriture, Ésaïe 1:10; 13:19; Jérémie 23:14; Matthieu 10:15; Marc 6:11.
— Voir: Sodome.
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GOPHER
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(bois de),
— Voir: Cyprès.
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GOSCEN,
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1. province
d'Égypte que Pharaon, sur la demande de Joseph, donna à Jacob et à ses fils
pour y demeurer avec leurs troupeaux, Genèse 45:10; 46:28; 47:27; 50:8. Elle
fut habitée quatre cent trente ans par la postérité du patriarche. On ne peut
pas déterminer sa situation d'une manière exacte, et l'historien sacré se
bornant à quelques indications générales, laisse, pour le reste, le champ
ouvert aux conjectures. Il est évident que Goscen était à l'orient du Nil,
puisqu'il n'est question nulle part que cette grande famille ait jamais
traversé ce fleuve; on voit de plus, par Exode 13:17; 1 Chroniques 7:21, que cette
contrée était limitrophe de l'Arabie et de la Palestine, et enfin l'histoire du
voyage dans le désert prouve qu'elle n'était pas fort éloignée de la mer Rouge.
C'est donc dans la Basse-Égypte qu'il faut la placer, à l'est du bras le plus
oriental du Nil, et dans les environs d'Héroopolis: on y trouve encore quelques
traces probables du séjour des Israélites dans ce pays, entre autres un monceau
de ruines à une lieue nord-est du Caire, que les Arabes appellent Tell el Jhud
(colline des Juifs) ou Turbet el Jhud (tombeaux des Juifs). Il paraît, dans
tous les cas, que cette contrée était une des plus fertiles de toute l'Égypte,
peut-être à cause du voisinage de la Méditerranée.
2. Le
pays et la ville de Goscen, contrée montagneuse, donnée par Josué à la tribu de
Juda, ne peut être confondue avec la province de l'Égypte, comme le veut
Calmet, Josué 10:41; 11:16; 15:51.
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GOUSSES.
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Les gousses dont il est parlé Luc 15:16, sont le fruit
du caroubier, arbre qui se rencontre assez communément en Orient, en Palestine,
et surtout aux environs de Bethléem: c'est le ceratonia siliqua de Linnée. On
le trouve aussi en Barbarie, en Grèce, en Italie et en Provence. Ces cosses
sont séchées et se mangent sans leurs fèves; elles forment dans leur saison la
nourriture des pauvres et des porcs, Hor. Ep. 2, 1. 123. Juvén. 11, 58. Pers.
3, 55. Colum. R. R. 7, 9. Luc 15:16. Les riches en font un mets de luxe qu'ils
mangent avec mesure. Ces cosses, en forme de croissant, longues de 30 cent., et
larges de 3, renferment une liqueur épaisse, et douce comme du miel, qu'on
emploie quelquefois au lieu de sucre: les fèves ou graines sont d'un brun
brillant et d'une pesanteur tellement uniforme, qu'on a pu les prendre comme
mesure de la plus petite unité de poids, le guérah, qui est traduit par oboles,
Exode 30:13; Lévitique 27:25; Nombres 3:47.
— Le caroubier a le tronc épais, l'écorce gris cendré,
et des rameaux arrondis, qui s'étendent au loin: ses feuilles, toujours vertes,
sont divisées et se composent de deux à quatre paires de folioles unies et
ovées; les fleurs, en forme de grappes, naissent avant les feuilles et sortent
immédiatement du bois; elles sont rouge pourpre, et leur calice est garni à
l'intérieur de légers filaments.
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GOUVERNEMENT.
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Les Israélites eurent, comme on sait, bien des formes
de gouvernement: après l'autorité des patriarches vint le joug de l'Égypte,
puis le gouvernement théocratique, Moïse gouvernant au nom de Dieu; puis
l'autorité dictatoriale et provisoire des Juges, enfin, après la république, la
monarchie;
— Voir: les différents articles.
Disons seulement, quant au pouvoir royal, qu'il était
absolu, tel qu'il se trouve encore aujourd'hui dans les cours orientales: les
rois n'étaient pas le centre et les représentants du pouvoir, ils étaient le
pouvoir lui-même, les propriétaires, en quelque sorte, de la puissance et du
royaume. Ce n'est que depuis l'établissement de la royauté qu'Use forma, en
Israël, une machine politique régulière, avec ses rouages et ses employés
ordinaires. Le roi, qui régnait et gouvernait tout ensemble, était secondé,
dans son travail administratif, par des conseillers de cour qui n'avaient que
voix consultative, sans pouvoir, par un vote, s'opposer à la volonté royale, 2
Samuel 15:12; 1 Rois 12:6; 1 Chroniques 27:32. À leur tête, se trouvait le
chancelier qui était, à ce que l'on peut croire, plus qu'un simple
historiographe, et qui remplissait véritablement le rôle de premier ministre, 2
Rois 18:18,37; puis le secrétaire, 2 Samuel 8:17,20,25; 2 Rois 18:18; 19:2;
22:3,10; Jérémie 36:10, ou les secrétaires, car il y en avait quelquefois
plusieurs ensemble, 1 Rois 4:3, dans un même bureau, Jérémie 36:12. L'intendant
de la maison royale, maire du palais, était aussi quelquefois appelé à
s'occuper des affaires publiques, 1 Rois 18:3; 2 Rois 18:18, et pouvait
acquérir une grande influence, Ésaïe 22:15. Heureux les rois quand, parmi leurs
conseillers, se trouvaient des hommes pieux et des prophètes tels que Nathan,
l'ami de David, et Ésaïe, l'ami d'Ézéchias. Ces conseillers ou ministres
étaient préposés, en général, à l'administration extérieure et financière du
pays; le droit de rendre la justice était dévolu aux prêtres et aux lévites,
Deutéronome 17:9;
— Voir: Justice;
mais lé roi lui-même prononçait en dernière instance,
ou même il jugeait seul lorsqu'il s'agissait de causes importantes. Il y avait
dans chaque province des pourvoyeurs de la cuisine royale, et des receveurs
généraux; Salomon comptait jusqu'à douze de ces derniers: toutes les parties de
l'administration, du reste, avaient leurs chefs spéciaux, 1 Chroniques 27:25,
et nous voyons parmi les officiers de la cour de Salomon, 550 employés, au
nombre desquels il faut sans doute compter les subalternes d'un certain rang, 1
Rois 9:23. Les valets des provinces qui apparaissent pour la première fois sous
Achab, 1 Rois 20:14, étaient apparemment des prévôts élevés au-dessus des municipalités
de provinces, et qui transmettaient à ces dernières les ordres du roi, 1 Rois
22:9; 2 Rois 10:1. On peut voir encore à l'article Tribu, la part qu'avaient
dans le gouvernement d'Israël les chefs de ces tribus.
Plus tard, pendant la captivité de Babylone, Guédalia,
d'origine juive, fut établi comme Sar ou chef (cf. César, Czar) sur la contrée
désolée, 2 Rois 25:22, pendant que les satrapes des provinces persanes,
assistés d'une chancellerie composée d'un secrétaire et de ses assesseurs,
servaient d'intermédiaires entre la cour de Perse et la colonie israélite,
Esdras 4:8-9; 8:36; Néhémie 2:9; cf. encore Esdras 5:6; 6:6,7; Néhémie 5:14,18;
Aggée 1:1,14; 2:2,21, etc.
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GOUVERNEUR.
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C'est par ce mot, assez vague peut-être, que nos
versions ont traduit:
a. l'hébreu
péchah qui désignait en général un chef de province dans la Babylonie et la
Perse, mais différent des satrapes, Daniel 3:2; Esther 3:12; 8:9. Zorobabel et
Néhémie reçurent aussi le même nom, Esdras 5:14; 6:7; Néhémie 5:14; 12:26,
comme gouverneurs de la Judée. Sur les honoraires de ces chefs,
— Voir: Néhémie 5:14,18.
b. Dans
le Nouveau Testament, il désigne soit le gouverneur romain de la Syrie, soit
les procurateurs de la Judée; cf. Actes 25:12;
— Voir: Procurateurs.
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GOZAN,
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2 Rois 19:12; Ésaïe 37:12; contrée située dans le nord
de la Mésopotamie, et traversée par le fleuve Chaboras, 2 Rois 17:6; 18:11.
Ptolémée, 5, 18, l'appelle Gauzanite, et, de nos jours encore, elle porte le
nom de Kauschan.
Gozan selon Truden, Holden et d'autres, signifie
pâturages. En consultant le lexicon hébreu de Gesenius, on voit que le g et le
z varient souvent entre eux, tandis que les mots dans lesquels ces lettres sont
employées, conservent la même signification après que la mutation a eu lieu.
Ainsi, Gozan peut se changer en Zozan sans altérer le sens. Zozan est le nom
donné par les Nestoriens à tous les plateaux élevés de l'Assyrie, qui leur
offrent des pâturages pour leurs nombreux troupeaux. La région dans laquelle le
Chabor et le Zab prennent leur source, et celle qu'ils arrosent ensuite, a
particulièrement ce caractère. En considérant la similitude de ces noms et
l'identité de Gozan et Zozan, on ne peut douter qu'il ne s'agisse ici du Gozan
des Écritures, d'autant plus qu'il se trouve en Assyrie et dans le voisinage de
la rivière Chabor. Si nous lisons dans le deuxième livre des Rois, 19:12, et dans
Ésaïe, 37:12, la manière orgueilleuse dont Sennachérib exalte les conquêtes de
ses pères, il semble que les rois d'Assyrie avaient détruit les habitants de
Gozan avant que les Israélites y fussent transportés, en sorte qu'ils se
trouvaient les maîtres du pays. «Les dieux des nations que mes ancêtres ont
détruits, Gozan, Haran, les ont-ils délivrés?» Ce fut sans doute un grand
exploit de détruire les barbares habitants de cette contrée sauvage et mon
tueuse; il est donc très naturel que les rois d'Assyrie aient désiré les
remplacer par une population industrieuse, telle que celle des captifs
Israélites, et formée comme eux aux habitudes de la vie pastorale. Nous
ignorons si en d'autres localités ils furent appelés à s'établir au milieu de
la race indigène; mais, comme les natifs de Gozan et de Haran ou Hara (car les
mots ont le même sens) n'existaient plus alors, il est naturel de supposer que
les dix tribus prirent possession entière de cette région, et que leur grande
force leur permit de conserver une position complètement distincte des nations
païennes qui les entouraient. (Grant.)
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GRÈCE.
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Ce pays est désigné dans la table des peuples et
ailleurs, Genèse 10:2; Ésaïe 66:19; Ézéchiel 27:13; Joël 3:6, sous le nom de
Javan, q.v.; c'est proprement l'Ionie. Plus tard, dans les livres apocryphes et
dans le Nouveau Testament, les Grecs sont appelés du nom d'Hellènes, 1
Maccabées 8:18; Actes 19:10; 20:21; 21:28; Romains 2:9; 1 Corinthiens 1:24;
12:13; Galates 3:28; Colossiens 3:11, quelquefois de Barbares, Romains 1:14;
Colossiens 3:11. Les Juifs, depuis Alexandre le Grand, donnèrent le nom de
Grecs à tous les peuples païens en général, soumis à l'empire des Grecs, et ce
nom devint, dans le style du Nouveau Testament, synonyme de Gentils.
La langue grecque, si glorieusement immortalisée par
Homère, Sophocle et Platon, est tombée aux jours d'Alexandre le Grand; elle
avait fait son effort, et ne fut plus, pour ainsi dire, qu'une langue de la
conversation, un amalgame de dialectes jusqu'alors distincts. Elle prit une
teinte plus judaïsante, plus orientale, dans la traduction mythique des Septante et dans les livres apocryphes; la plume des
Israélites lui donna un coloris nouveau, et la langue profane succéda à la
langue sainte pour dire aux hommes que le voile était déchiré, que la paroi
mitoyenne était rompue. Il ne paraît pas que les Juifs de la Palestine s'en
servissent régulièrement; cependant on voit par Marc 7:24,26; Jean 7:35; 12:20,
et ailleurs, que Jésus la connaissait et pouvait même enseigner dans cette
langue, mais ceci n’est qu’une
supposition sans fondement réel généralement utilisée pour donner quelques
crédibilités à l’existence d’une Septante pré-chrétienne lorsque celle-ci est l’œuvre d’Origène d’Alexandrie
au 3ie siècle.
— Voir: sur le grec du Nouveau Testament la grammaire
allemande de Winer.
On annonce depuis longtemps une traduction française
de cet important ouvrage.
Quant aux Grecs, Actes 6:1; 9:29,
— Voir: Hellénistes.
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GRENADE, Grenadier.
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Hébreux rimmon. Nombres 13:24; 20:3; 1 Samuel 14:2, et
ailleurs. On distingue le grenadier sauvage et le grenadier domestique; ce
dernier, haut d'environ trois mètres, a des rameaux menus, anguleux, armés de
quelques épines, et revêtus d'une écorce rougeâtre; ses feuilles, semblables à
celles du myrte, sont moins pointues, et d'un vert tirant sur le rouge; la
fleur est grande, belle, rouge pourpre et d'une forme élégante; le calice est
dur, oblong, et en forme de cloche; le fruit est une espèce de pomme couverte
d'une écorce rougeâtre en dehors, et rouge en dedans, il s'ouvre en long, et
ses neuf ou dix loges renferment des grains pleins de pépins et d'une espèce de
jus rouge comme du vin. La grenade participe à toutes les qualités des fruits
d'été, elle rafraîchit, et apaise la soif; le moût de grenadier, Cantique 8:2,
désigne ou un véritable vin fait de ce fruit, ou plutôt un vin acidulé avec du
jus de grenade, selon l'usage que l'on trouve maintenant encore en Orient.
Le grenadier sauvage est plus rude et plus épineux que
le précédent, ses fleurs sont astringentes, et sont employées utilement dans
les pharmacies. On le trouve en Palestine, en Syrie, en Arabie, et dans la
plupart des contrées du midi; c'est l'arbor punica de Pline, le punica granatum
de Linnée.
Les espions du désert, en rapportant de Canaan des
grenades avec des figues et des raisins, prouvent combien ce fruit était
estimé, Nombres 13:24; 20:5, et expliquent les regrets des Hébreux au souvenir
de l'Égypte, où ce fruit se trouvait en abondance. Moïse lui-même, dans
l'énumération qu'il fait des richesses de Canaan, mentionne expressément la
grenade à côté du blé, de l'orge, de l'olive et des autres produits de la
terre, Deutéronome 8:8. La forme et la beauté de la grenade l'ont fait mettre
comme frange à la robe du souverain sacrificateur, avec des clochettes d'or,
les clochettes alternant avec les grenades brodées des couleurs les plus éclatantes,
bordure qui signifiait peut-être que le ministre du Seigneur doit, en marchant,
porter des fruits excellents et faire retentir le message dont son maître l'a
chargé, Exode 28:34; cf. Ecclésiastique 45:9; 1 Rois 7:18,20,42; 2 Rois 25:17,
où l'on voit que des grenades étaient l'un des principaux ornements des
colonnes du temple de Salomon. Une tranche de grenade est employée, dans le
style oriental et poétique, comme le plus bel emblème d'une joue rose et
fraîche, Cantique 4:3.
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GRENOUILLES,
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Exode 8:2-14; Psaumes 78:45; 105:30; Apocalypse 16:13.
Quelques auteurs (— Voir: Aben-Ezra) ont cru que l'hébreu tsephardeah, dans ces
passages, devait être entendu du crocodile; mais on est généralement d'accord
maintenant à regarder la traduction de grenouille comme seule vraie et bien
prouvée. Cet animal si peu redoutable devait devenir une plaie pour l'Égypte.
Dieu eut pu envoyer des tigrés, des lions, ou seulement des chacals, pour punir
le rebelle Pharaon; mais en de si grandes calamités on eût sans doute oublié la
cause première, pour ne penser qu'à ces bêtes féroces: on eût organisé des
parties de chasse pour les repousser; les chefs du peuple auraient moins
souffert que le peuple lui-même, et se seraient aventurés peut-être à chercher
un divertissement dans le malheur public. Dieu envoya les grenouilles, race
toute inoffensive, mais qui, par sa prodigieuse multiplication, devait être une
plaie importune et dégoûtante. Il n'est pas nécessaire de penser à une création
surnaturelle de grenouilles; ces animaux, assez nombreux sur les bords du Nil,
y déposent chaque année des milliards d'œufs, dont un grand nombre périssent,
et les autres viennent éclore dans les marais fangeux que le fleuve laisse
chaque fois derrière lui après ses inondations périodiques; il suffit donc de
penser qu'en cette année aucun des embryons ne périrent, et qu'ils servirent
tous à endurcir le cœur de Pharaon et à préparer l'affranchissement des
Israélites.
— Les magiciens imitèrent le miracle comme ils purent,
et sur une toute petite échelle; ils se fussent montrés plus habiles et plus
puissants s'ils avaient détruit l'œuvre de Moïse et rendu la paix au pays: ils
ne le purent, et Pharaon, qui comprit la vanité de cette science mondaine, dut
recourir à celui qui avait fait venir le mal sur le pays.
— La circonstance que les grenouilles purent pénétrer
partout, dans les maisons, dans les chambres à coucher, dans les fours et dans
les huches, s'explique par la construction même des maisons orientales, q.v.
(Bochart a consacré soixante-dix pages à la grenouille et aux différentes
questions que soulève son histoire, et le rôle qu'elle jouait en Égypte.
Hieroz. III, p. 563)
Un auteur anglais, M. Bryant, a cru pouvoir conclure
de ce qui est dit Apocalypse 16:13, que la grenouille était anciennement le
type hiéroglyphique des magiciens et des prêtres égyptiens.
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GRÉSIL,
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Exode 16:14; Psaumes 147:16; Job 38:29, phénomène
assez commun chez nous dans les froides matinées du printemps et de l'automne.
Il est plus remarquable dans les climats du Midi, où des nuits plus fraîches
succèdent à des jours plus chauds: la manne du ciel est comparée à ces perles
argentées.
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GRUAU,
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— Voir: Froment.
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GRUE,
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Ésaïe 38:14; Jérémie 8:7; c'est l'hébreu hagour, que
nos versions ont rendu par hirondelle, q.v.
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GUÉBAH,
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— Voir: Gabaon.
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GUÉBAL
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(la fin), Psaumes 83:7; Ézéchiel 27:9, district nommé
avec Hammon, Hamalek, et le pays des Philistins; il se trouve probablement sur
les confins de l'Arabie Pétrée; de nos jours encore un canton séparé du
district de Kérek par la vallée de El Ahsa, porte le nom de Dschebal. La ville
de ce nom, appelée Byblos chez les Grecs, Josué 13:5, faisait partie de la
terre promise; ses habitants étaient connus comme de bons marins et d'habiles
architectes; elle était célèbre par son temple et était le siège du culte
d'Adonis: on y trouve encore de nombreuses ruines de tours remarquables, des
colonnes, etc.
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GUÉBIM
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(sauterelles), Ésaïe 10:31, ville inconnue-de la
Palestine, située, à ce qu'il paraît, dans les environs de Jérusalem.
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GUÉDALIA
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(la grandeur de l'Éternel),
1. fils
d'Ahikam, et gouverneur de la Judée au nom du royaume de Babylone, après la
destruction de Jérusalem, 2 Rois 25:22; Jérémie 40:3. Il demeurait à Mitspa, où
se trouvait une petite garnison babylonienne, 2 Rois 25:25; Jérémie 40:6,8. Il
eut des relations d'amitié avec le prophète Jérémie, selon l'exemple de son
père, et fut chargé, par Nébucadnetsar, de veiller à sa sûreté. Il rappela un
grand nombre de Juifs qui s'étaient enfuis dans les contrées d'Hammon et de
Moab, favorisa de nouveau leur établissement, leur assura une vie tranquille et
paisible, mit ses efforts à les rendre heureux, tout en leur conseillant la
soumission, et leur procura même les moyens d'élever un autel sur les ruines du
temple: c'est du moins ce qui paraît résulter de Jérémie 41:5. Il fit donner
des champs et des vignes aux pauvres qui étaient demeurés de reste dans le
pays, et l'on pouvait espérer que sous cet humble mais digne successeur des
rois d'Israël, le pays ne tarderait pas à recouvrer quelque prospérité. Un
meurtre empêcha la réalisation de ces espérances. Prévenu, par le fidèle
Johannan, des coupables projets d'Ismaël, Guédalia refusa d'y croire, défendit
à Johannan de prévenir le coup fatal, et fut assassiné, victime de sa trop
généreuse confiance, deux mois à peine après la ruine de Jérusalem (Flavius
Josèphe, Antiquités Judaïques 10, 9; 3. Jérémie 40:14) Ce fut le dernier coup
porté aux espérances des Juifs. Un jeûne solennel fut institué en mémoire de
cet événement, Zacharie 8:19, et beaucoup de Juifs, effrayés, émigrèrent pour
l'Égypte, Jérémie 42 et 43,.
2. Guédalia,
fils de Pashur, Jérémie 38:1, et officier de Sédécias, exerçait avec Séphatia,
Jucal et Pashur, une grande et fâcheuse influence sur l'esprit du roi: ils
incitèrent, à différentes reprises, le faible monarque contre le prophète
Jérémie, qui conseillait à la ville de se rendre, et obtinrent la permission de
le transférer de sa prison dans une fosse profonde et boueuse, où il eût péri
si Dieu n'eût envoyé à son secours Hébed Mélec. Guédaliah, dans ses
persécutions, ne fit qu'imiter la haine de son père. Cf. 1 Chroniques 9.
3. Grand'père
du prophète Sophonie, Sophonie 1:1.
4. Lévite,
1 Chroniques 25:3.
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GUÉHAZI
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(vallée de vision), 2 Rois 4:12, serviteur d'Élisée,
suivit son maître chez la Sunamite, jouit de la confiance de l'un et de
l'autre, et obtint du prophète, pour son hôtesse, la promesse qu'un fils lui
serait donné; mais bientôt ce fils fut enlevé à l'amour maternel, et la pieuse
femme, pleine de foi, comprit que celui qui le lui avait donné et qui le lui avait
ôté, pourrait aussi le lui rendre: elle courut vers Élisée, et celui-ci envoya
Guéhazi; mais, soit manque de foi chez ce serviteur, soit que la mère elle-même
ne vît qu'avec défiance le départ de ce messager bien indigne de son maître,
Guéhazi posa en vain le bâton du prophète sur le visage de l'enfant, l'enfant
ne revint pas à la vie; Guéhazi avait plus de foi en son maître qu'en Dieu, et
son incrédulité ne pouvait opérer des miracles.
— Plus tard, Naaman ayant été guéri de sa lèpre par le
prophète hébreu qu'il était venu consulter, Guéhazi courut après le général
syrien pour lui demander la récompense qu'avait refusée son maître; il mentit
pour l'avoir, mentit pour cacher son mensonge, puis mentit au prophète en
disant: Ton serviteur n'a été nulle part. Mais la lèpre de Naaman s'attacha à
lui avec ses richesses, et lui fut donnée en souvenir éternel de son avarice et
de sa fausseté, 2 Rois 5. Nous retrouvons encore Guéhazi, mais on ne sait en
quelle occasion, racontant à Joram les grandes choses qu'avait faites Élisée, 2
Rois 8:4; la Sunamite étant survenue pour présenter une requête au roi, le
serviteur la reconnut, raconta son histoire, et intéressa tellement le monarque
en sa faveur, qu'il lui fit rendre ses champs et tout ce qui lui avait appartenu.
Il est évident que Joram, pendant tout cet entretien, observa les prescriptions
cérémonielles exigées à l'égard des lépreux: d'autres pensent que les faits
sont intervertis, et que cette conversation eut lieu avant la guérison de
Naaman; d'autres, enfin, supposent, mais sans fondement, que Guéhazi repentant
aurait reçu du prophète son pardon et sa guérison, et que c'est lui déjà que
l'on voit, 2 Rois 6:15, à côté de son maître à Dothan.
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GUÉ-HINNOM,
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— Voir: Hinnom.
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GUÉMARIA
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(achevé par l'Éternel), fils de Saphan, secrétaire du
temple sous Jéhojakim, Jérémie 36:10. C'est dans sa chambre, près de la porte
du temple, que Baruch fit d'abord lecture des paroles de Jérémie contre le roi;
Guémaria fut également présent à la lecture qui en fut faite à Jéhojakim, et
joignit ses efforts à ceux d'Elnathan et de Delaïa pour obtenir que le roi
respectât le précieux rouleau.
— Il ne faut pas le confondre avec celui dont il est
parlé Jérémie 29:3;
— Voir: Élhasa.
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GUÊPES.
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Ésaïe 7:18;
— Voir: Frelons.
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GUÉRAR
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(pèlerinage), Genèse 10:19, ville des Philistins,
située près de Béersébah dans une fertile plaine basse; elle servit de refuge à
Abraham et à Isaac pendant une famine, et fut pour l'un et l'autre un lieu
d'humiliations et d'épreuves, Genèse 20 et 26; elle était entre les déserts de
Kadès et de Sur, à trois journées de Jérusalem. Elle marqua plus tard le terme
des poursuites triomphales d'Asa, vainqueur de l'armée d'Éthiopie commandée par
Zérah, 2 Chroniques 14:13.
— Des sources d'eau se trouvaient dans son voisinage,
Genèse 26:17, et sont mentionnées par Sozomène, 6:32; 9:17.
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GUÉRIZIM.
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Le mont Garizim ou Guérizim et le mont Hébal, sont
deux sommets des montagnes d'Éphraïm, situés vis-à-vis l'un de l'autre en
demi-cercle, et formant l'étroite vallée au fond de laquelle se trouve la ville
de Sichem ou Naplouse. Le mont Hébal, le plus septentrional, est un rocher désert
et aride, d'un aspect triste et sévère; aucune herbe ne croît sur ses flancs
désolés, et les sombres cavernes y abondent. Le Guérizim, qui s'élève au midi,
est au contraire fertile, d'un aspect riant, riche en verdure, émaillé de
fleurs et abondant en fruits de toute espèce. Ces deux montagnes avaient été
choisies par le législateur mourant pour y célébrer la fête sérieuse et
solennelle de l'alliance de l'Ancien Testament, Deutéronome 11:29; 27:12. Sur
le mont Hébal, dont le front portait déjà l'empreinte sinistre de la ruine, six
tribus durent répondre: Amen! aux malédictions qui devaient être prononcées
contre les transgresseurs de la loi; ce fut aussi là qu'on érigea l'autel et
qu'on offrit les holocaustes et les sacrifices, sur la même montagne où le
péché devait être montré et représenté avec ses terribles conséquences; le
remède devait se trouver à côté du mal et les promesses à côté de la
transgression, à côté de grandes malédictions un grand sacrifice. Une scène
bien différente se passait au même moment sur le mont Guérizim dont déjà la
nature avait fait un emblème de bénédiction; là, les six autres tribus
répondaient: Amen! aux promesses de bénédiction faites à ceux qui auraient
accompli les exigences de la loi divine. L'ordonnance de la solennisation de
cette grande fête était comme le sommaire de la législation mosaïque, le point
dans lequel se trouvait concentrée et le plus fortement prononcée la profonde
signification de cette ancienne économie, le cadre, le miroir dans lequel se
reflétait par avance le but de tout ce système préparatoire.
Il y a entre le texte hébreu et le texte samaritain,
au sujet de la célébration de cette fête nationale, une différence de version
sur laquelle on a beaucoup écrit et beaucoup discuté. Dans le samaritain de Deutéronome
27:4, on lit Garizim, tandis que l'hébreu, appuyé de toutes les anciennes
versions, porte Hébal. Mais les Samaritains sont à juste titre suspects d'avoir
altéré sciemment le texte sacré pour le mettre d'accord avec leurs coutumes; en
effet, après le retour de l'exil, ils bâtirent sur le mont Guérizim un temple
qui fut détruit deux siècles plus tard par Jean Hyrcan: cet endroit n'en
continue pas moins d'être regardé par eux comme sacré et béni; et le petit
reste de Samaritains qui sont encore actuellement à Naplouse, l'appellent
toujours le mont sacré, et y tournent leur visage quand ils font leur prière.
Il y a plusieurs autres traditions sur ce sujet: quelques-uns disent que les
Samaritains, outre le vrai Dieu, adoraient des idoles qu'ils tenaient cachées
sur cette montagne, cf. 2 Rois 17:33. Les Samaritains prétendent aussi que
Jacob construisit des autels sur le Guérizim, et que c'est là qu'Abraham se
rendit pour sacrifier Isaac; mais,
— Voir: Morija.
Eusèbe et saint Jérôme placent ces deux montagnes
beaucoup plus loin, à l'orient de Jérico et de Guilgal; et Épiphane va jusqu'à
les mettre au-delà du Jourdain; ces opinions ne sont pas soutenables; Guérizim
était si près de Sichem que Joatham, fils de Gédéon, parla du haut de la
montagne aux Sichémites assemblés dans la vallée. Juges 9:7.
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GUERRE.
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C'est les armes à la main que les Israélites
commencèrent leur existence comme peuple; c'est dans une guerre de conquête qu'ils
entreprirent pour la première fois de faire connaître qu'ils n'étaient plus
seulement une famille, mais une nation. Lorsqu'ils quittèrent l'Égypte, ils
étaient sans patrie, mais leurs ancêtres avaient habité la terre qu'occupaient
maintenant les tribus cananéennes, et ils résolurent, sous la conduite de
Moïse, d'aller s'y établir et d'en chasser les propriétaires légitimes et
naturels; d'esclaves ils se firent soldats; Dieu légitimait pour eux cette
conquête, qui eût été sans cela aussi odieuse que le sont toujours les
expropriations des peuples. Devenus maîtres du pays, les Israélites durent
encore, pendant plusieurs siècles, rester sur la défensive, continuellement
exposés aux attaques de leurs ennemis vaincus mais non anéantis; ce fut la
période des juges. Les guerres n'étaient alors que des successions de petits
combats sans ordre ni plan; chaque roitelet s'insurgeait dès qu'il avait
quelques soldats disponibles, sans chercher à s'entendre avec ses voisins.
L'art de la guerre ne fit des progrès que sous les rois, sous Saül d'abord,
puis surtout sous David, et les Israélites furent bientôt en mesure d'opposer à
leurs ennemis des troupes aussi régulières et aussi bien disciplinées que
pouvaient l'être celles de ces ennemis eux-mêmes.
Avant d'ouvrir une campagne, ce qui avait lieu
ordinairement au printemps, 2 Samuel 11:1, on commençait par consulter l'Urim
et le Thummim, Juges 20:27; 1 Samuel 14:37; 23:2; 28:6; 30:8, ou quelqu'un des
prophètes, 1 Rois 22:6; 2 Rois 19:2; 2 Chroniques 18:4. Puis venait la
proclamation faite par les officiers du camp aux hommes timides, aux
nouveau-propriétaires, aux nouveau-mariés, etc., qu'ils eussent à se retirer.
Suivait la déclaration de guerre: on s'approchait de la ville ou du camp
ennemi, et l'on demandait la paix, une explication, ou la réparation des torts
suivant les cas: la paix entraînait nécessairement pour le peuple ennemi son
assujettissement à Israël; si la paix n'était pas acceptée la guerre
commençait, guerre d'extermination dans laquelle les deux combattants
cherchaient mutuellement à s'anéantir, Deutéronome 20. On voit des exemples de
déclarations de guerre, Juges 11:12; 1 Rois 20:2; 2 Rois 14:8. Une fois en
présence de l'ennemi, un sacrifice était offert pour l'heureux succès de
l'entreprise, et un prêtre ou le général en chef lui-même adressait aux soldats
une allocution militaire de nature à stimuler leur courage et leurs forces; 1
Samuel 7:9; 13:8; Deutéronome 20:2; 2 Chroniques 20:20. Les trompettes
donnaient le signal de l'attaque, et ce signal était chez les Hébreux comme
chez tous les peuples de l'antiquité, et même chez quelques peuples modernes,
suivi d'un cri effroyable poussé par l'armée entière, 1 Samuel 17:20; Ésaïe
42:13; Sophonie 1:14; Jérémie 50:42; Ézéchiel 21:22 (cf. Iliad. 3, 3; 4, 452;
2, 144; 394. Tite-Live 5, 39. Tacit. Germ. 3. — Voir: encore la plupart des
anciennes batailles de la Suisse, Morgarten, Sempach, etc.)
— L'ordre de bataille était tout à fait simple, et la
tactique n'avait guère d'autre complication que la division de l'armée en trois
corps ou ailes, Juges 7:16,19; 1 Samuel 11:11; 2 Samuel 18:2 (cf. Ésaïe 8:8; et
Job 1:17), quelque fois quatre, 2 Maccabées 8:21. Après quelques flèches
tirées, le combat commençait corps à corps, les guerriers retroussaient leurs
vêtements et mettaient leurs bras à découvert, Ézéchiel 4:7; Ésaïe 52:10.
On voit une fois deux guerriers décider en combat
singulier du sort des armées dont ils sont les représentants, David et Goliath,
1 Samuel 17; cf. encore 2 Samuel 2:14. Les ruses de guerre sont peu nombreuses
et peu variées dans l'histoire juive; on remarque l'attaque subite de Gédéon,
Juges 7:16, les embûches, Josué 8:2,12; Juges 20:36; 1 Samuel 15:5, les
surprises, 2 Samuel 5:23, enfin l'espionnage, Josué 6:22; Juges 7:10; 1 Samuel
26:4; etc. (cf. 2 Rois 7:12). Les Hébreux avaient de plus l'habitude, pour
assurer le succès de leurs armes, de porter avec eux l'arche de leur alliance,
1 Samuel 4:4; cf. 1 Samuel 5:11.
L'antiquité tout entière s'est montrée barbare à
l'égard des vaincus, les Hébreux n'ont pas fait exception à cette règle; on
tranchait la tête au général ennemi, Juges 7:25; 1 Samuel 17:54; 31:9, on
pillait et saccageait tout ce que l'on pouvait atteindre, 1 Samuel 31:8, les
prisonniers étaient, ou emmenés en esclavage, Deutéronome 20,14; ou mis à mort,
Juges 9:45, et quelquefois d'une manière cruelle, 2 Samuel 12:31; 2 Chroniques
25:12; cf. Juges 8:7, ou enfin mutilés, Juges 1:6; 1 Samuel 11:2. On exerçait
les mêmes rigueurs contre les femmes et contre les enfants, même contre les
tout petits enfants, que l'on écrasait et broyait sur des rochers ou au coin
des maisons, 2 Rois 15:16; cf. 8:12; Ésaïe 13:16; Amos 1:13; Osée 10:14; 13:16;
Nahum 3:10. On coupait les jarrets des chevaux, 2 Samuel 8:4. Les villes
étaient brûlées ou détruites, Juges 9:45, et les temples des dieux étrangers
anéantis, 1 Maccabées 5:68; même les champs et les campagnes étaient ravagés, 1
Chroniques 20:1; 2 Rois 3:19,25. Puis on célébrait la victoire par des cris de
joie, des chants de triomphe et des danses, Juges 5; 1 Samuel 18:6; 2 Samuel
22:1; Juges 16:24, et l'on dressait quelque monument commémoratif, 1 Samuel
15:12; 2 Samuel 8:11. Il paraît même que l'on déposait dans le temple en guise
de trophées, et comme mémorial de l'assistance du Très-Haut, les armes enlevées
à l'ennemi, 1 Samuel 21:9; cf. 13:10; 2 Rois 11:10; 1 Chroniques 10:10; cf.
Virgile Æneid. 7, 183. Tacit. Ann. I, 59, 2. Des récompenses étaient accordées
à ceux qui s'étaient distingués par des faits d'armes, Josué 15:16; 1 Samuel
17:25; 18:17; 1 Chroniques 11:6; cf. 2 Samuel 18:11. La garde de David paraît
avoir été un poste d'honneur accordé aux plus vaillants, 2 Samuel 23:8. L'armée
honora de bonne heure par un deuil officiel, ses chefs tombés dans la bataille,
2 Samuel 3:31, on les ensevelissait avec leurs armes (Ézéchiel 32:27); en
général c'était aux soldats survivants de donner la sépulture à ceux de leurs
camarades qui avaient succombé, 1 Rois 11:15.
— Voir: encore Armée, Armes, Camp, Forteresse.
Nombres, Sabbat, etc.
Il y a quelque chose de choquant pour la piété, dans
le nombre et le caractère des guerres des Israélites. On peut les expliquer, on
peut même les justifier, puisque la plupart de ces guerres ont été commandées
de Dieu même; elles avaient un caractère théocratique; c'était le règne du
Seigneur que les Israélites établissaient, en défendant leur territoire, et en
détruisant leurs ennemis; ils se battaient, à leur point de vue, pour la bonne
cause. Mais quoi qu'on dise et qu'on fasse, la guerre, ce meurtre en grand, ce
meurtre organisé, la guerre qui représente en morale la haine, et en justice le
droit du plus fort, la guerre n'a pu être, même pour Israël, qu'une concession
divine, aux circonstances peut-être, ou à l'endurcissement et au matérialisme
d'un peuple charnel et peu développé. La religion qui a pu en être le prétexte,
n'a été que cela. Et pour tout dire en un mot, si Dieu a permis la guerre aux
Juifs, c'est parce qu'ils étaient Juifs, et non chrétiens. Ils représentaient
un peuple, et non l'humanité, la secte, et non l'Église; secte, ils devaient
être intolérants, et l'on sait combien peu la religion a de part, même dans les
guerres dites de religion. Le christianisme, d'accord avec la logique, le bon
sens, et l'instinct de l'humanité, flétrit l'idée qui préside à la guerre; le
chrétien ne peut être rendu complice des haines ou des ambitions de ce monde,
et la loi de Dieu reste supérieure à la loi des hommes, en ce point comme en
tout autre. Le travail de M. Rochat ne nous a pas convaincu que le chrétien
puisse rejeter sur l'État la responsabilité de son service militaire.
Dans le
christianisme authentique la guerre est plutôt spirituelle que charnelle. Au
niveau temporel la guerre demande de nombreuses préparations, c'est-à-dire «des
œuvres»; mais au niveau spirituel le soldat combat en se reposant sur des faits
déjà accomplis à la croix d’où il a la victoire.
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GUERSOM ou Guerson, et Élihézer,
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fils de Moïse et de Séphorah, Exode 2:22; 18:3; 1
Chroniques 23:15. Ils sont peu connus, et paraissent être restés toute leur vie
d'humbles et simples lévites, pendant que leurs cousins, fils d'Aaron,
brillaient au sommet de la hiérarchie pontificale. C'est probablement de
Guerson, fils de Moïse qu'il est parlé Juges 18:30, quoique le texte porte fils
de Manassé; la différence n'est que d'une N dans l'original (Mshé, Mnshé), et
cette N aura été ajoutée par les copistes pour éviter de compter dans la
postérité du législateur, et à la seconde génération déjà, le premier prêtre
idolâtre, Jonathan.
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GUERSON
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fils aîné de Lévi, Genèse 46:11, a donné son nom à
l'une des grandes familles des Lévites. Les Guersonites comptaient 7,500 hommes
au moins après la sortie de l'Egypte, Nombres 3:21. Ils étaient chargés de
soigner et de porter les voiles et les draperies du pavillon, et avaient dans
le camp leur place à l'occident du tabernacle. Nombres 3:23,25; cf. Exode 6:16;
1 Chroniques 6:1.
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GUÉRUTH,
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Jérémie 41:17;
— Voir: Kimham.
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GUÉSUR ou Gessur,
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(pont) ou Gessur.
1. District
au-delà du Jourdain dans la demi-tribu de Manassé, Deutéronome 3:14; Josué
12:5; 13:13, et dans le voisinage de Mahacath et de la Syrie, ce qui explique
comment cette contrée peut être appelée Guésur de Syrie, 2 Samuel 15:8 (quoique
quelques auteurs, Jahn et Gesenius, aient voulu voir là un autre Guésur que
celui dont il est parlé dans le Deutéronome). Guésur, à l'époque de Salomon,
formait encore un petit État monarchique indépendant, dont le roi était
beau-père de David et grand-père d'Absalon, 2 Samuel 3:3; 13:37; 14:23; 15:8;
— Voir: encore 1 Chroniques 2:23.
Les Gessuriens, dit Bræm, sont, à ce qu'on suppose,
des Ismaélites qui, par des circonstances inconnues, se seraient établis dans
les montagnes qui forment le bras sud-est de l'Hermon. Ce sont les Ituréens,
que les auteurs grecs et romains disent être un peuple de brigands, la plus
barbare de toutes les nations. Manassé ne les a pas soumis sans de grands
efforts, et Rome dans toute sa puissance leur a fait longtemps la guerre avant
de les dompter. On les croit ancêtres des Druses, peuple belliqueux et
passionné de sa liberté, dont la religion est un mélange de l'idolâtrie
syrienne et du mahométisme.
2. Une
autre peuplade de ce nom est mentionnée, 1 Samuel 27:8, comme habitant le sud
de la Palestine avec les Guirziens et les Hamalécites; ils étaient sans doute
voisins des Philistins, tirant du côté de l'Égypte, mais on ne peut déterminer
au juste leur territoire, d'autant moins que l'historien des livres de Samuel
semble indiquer que de son temps déjà les Guésuriens avaient changé de demeure.
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GUÉTHER,
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Genèse 10:23, peuplade araméenne complètement
inconnue. Saint Jérôme a pensé aux Cariens, Flavius Josèphe aux Bactriens,
Saadias à une peuplade qui du temps de Mahomet occupait la contrée de Mosul;
Bochart a regardé vers le fleuve Centrites qui séparait les Carduchiens des
Arméniens; Leclerc, enfin, songe à la ville de Carthara sur le Tigre, dont il
est parlé dans Ptolémée 5, 18.
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GUÉZEM,
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— Voir: Gasmu.
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GUÉZER,
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ville royale des Cananéens, Josué 10:33; 12:12; 16:3,10;
21:21, située entre Beth-Horon et la mer Méditerranée, plus tard frontière
occidentale de la tribu d'Éphraïm, et ville lévitique; elle continua cependant
toujours d'être habitée par les Cananéens, Juges 1:29; 1 Rois 9:16, et nous la
trouvons, aux jours de David, entre les mains des Philistins, 2 Samuel 5:25; 1
Chroniques 20:4. Pharaon l'ayant prise sur ces derniers, la donna à Salomon en
présent de noces, et Salomon la fortifia, 1 Rois 9:16-17. On ignore pourquoi
Pharaon la fit réduire en cendres, puisqu'il voulait l'offrir au roi d'Israël;
peut-être avait-elle été incendiée par un de ses prédécesseurs; peut-être aussi
n'y a-t-il eu là qu'une vengeance à l'orientale. Elle porta plus tard le nom de
Gazara ou Gazera, Gazer chez Eusèbe, et Gadaris chez Strabon.
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GUIBHA, ou Guibhath-Saül,
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1. ou
Guibhath-Saül, ville de la tribu de Benjamin. La première fois qu'elle apparaît
dans l'histoire, c'est comme le théâtre d'un grand crime commis dans ses murs,
et par ses habitants, sur la personne d'une femme qui tomba morte à la suite de
leurs outrages, Juges 19:14. Les chapitres 20 et 21 renferment la guerre des
tribus contre Benjamin, qui refusa de punir ses ressortissants, et la presque
complète extermination de la tribu tout entière. Le nom de Guibha, qui signifie
colline, étant fort répandu, cette ville se distinguait des autres villes du
même nom par l'addition du nom de la tribu à laquelle elle appartenait, 1
Samuel 13:2; 14:16; 2 Samuel 23:29. Guibha ne tarda pas à être rebâtie; mais
elle resta toujours un petit bourg. Elle donna le jour à Saül, dont elle prit
le nom, et fut la résidence ordinaire de ce premier roi, 1 Samuel 10:26; 11:4;
15:34; 23:19; 26:1; Ésaïe 10:29.
— Elle était située à 20 ou 30 stades (5 ou 6
kilomètres) au nord de Jérusalem, près de Rama.
2. Ville
de Juda, Josué 15:57.
3. Guibhath
de Phinées, dans la montagne d'Éphraïm. Éléazar, fils d'Aaron, y avait son
tombeau, Josué 24:33 (au lieu de coteau il faut lire Guibhath). Quelques-uns la
confondent avec la première. D'après Eusèbe, elle était à 12 milles
d'Éleuthéropolis, et renfermait le tombeau du prophète Habacuc.
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GUIBBÉTHON,
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ville des Philistins, située sur le territoire de Dan,
Josué 19:44. Elle fut donnée à la tribu de Lévi, Josué 21:23, mais les
Philistins continuèrent d'en demeurer les maîtres, malgré les efforts des
Israélites, qui cherchèrent à s'en emparer comme d'une ville frontière,
importante parce qu'elle était fortifiée, 1 Rois 15:27; 16:15.
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GUIDHOM,
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Juges 20:45, ville inconnue.
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GUIHON,
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1. Genèse
2:13, un des quatre fleuves du paradis, celui qui coule en tournoyant par tout
le pays de Cus. Quel est-il maintenant? Les uns en ont voulu faire le Nil (!),
d'autres l'Oxus, d'autres l'Oronte, d'autres l'Araxe. La première de ces
suppositions est inacceptable, et l'on ne comprend pas comment les Pères de
l'Église, Flavius Josèphe, les mahométans, et de nos jours encore Gesenius, ont
pu penser à faire du Nil un des fleuves du paradis, en lui donnant une source commune
avec l'Euphrate: une interprétation trop étroite du nom de Cus, q.v., aura
amené ce résultat bizarre. Quant aux autres fleuves que l'on a voulu entendre
par le Guihon, nous avons vu, à l'article Déluge, combien ce grand
bouleversement avait dû changer l'état de choses indiqué par Moïse. L'Oxus
porte en effet, encore de nos jours, le nom de Guihoun ou Djihoun, mais cela ne
suffit pas à établir une preuve; car la racine de ce mot, giah, signifiant
jaillir avec impétuosité, bondir (c'est le terme employé en parlant du cheval,
Job 39:23), et conservant cette signification dans presque tous les dialectes
sémitiques, il est clair que ce nom, ou un nom semblable, a dû être donné à
beaucoup de fleuves en Asie; ainsi, le Volga s'appelle en perse Gihun Atel, le
Gange Gihun Kank, l'Araxe Gihun Elras, l'Oxus Gihun, et la fontaine de Siloé
Guihon, à cause de l'abondance de ses eaux, 1 Rois 1:33,38. Le Guihon ne
pouvant ainsi se retrouver ni par son étymologie, ni par les anciennes
autorités, ni par l'usage de la langue de nos temps, nous sommes réduits à des
conjectures. Dans le système que nous avons exposé (— Voir: Déluge), la
difficulté n'en est pas une; si, au contraire, on se rattache à l'opinion qui
place le paradis dans le voisinage de l'Ararat actuel, si l'on croit que les
fleuves du paradis puissent encore se retrouver, quoique bouleversés, sur un
même plateau, l'Araxe est celui dont l'identité se justifierait le mieux.
C'est, entre autres, l'opinion de Winer et de Preiswerk. Ajoutons que les
Arabes, en appelant l'Araxe Gihun Elras (Erras ou Arras), ont réuni le nom
ancien et le nom moderne, ont ajouté au nom hébreu sa traduction grecque,
puisque le grec
άράσσω a la même signification que l'hébreu giah,
circonstance qui semblerait prouver qu'originairement l'Araxe a porté de
préférence le nom de impétueux, de Guihon.
2. Montagne
au dos large et rocailleux, du haut de laquelle on domine Jérusalem.
3. Vallée
à l'ouest de Jérusalem; elle va du nord au sud, entre le mont Guihon et le
promontoire de la ville; son inclinaison est considérable, et sa profondeur
augmente rapidement; elle contient plusieurs étangs; vers le sud sa largeur
s'accroît jusqu'à 2,700 pieds, et elle débouche dans la vallée de Josaphat.
— Voir: Topheth, Hinnom, Haceldama, etc.
— Ce nom s'applique d'une manière spéciale à la partie
septentrionale de la vallée de Hinnom; c'est là que fut proclamé Salomon, 1
Rois 1:33,38,45; cf. 2 Chroniques 32:30.
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GUILBOAH,
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montagne de la tribu d'Issacar, à l'extrémité sud-est
de la plaine de Jizréhel, selon Jérôme et Eusèbe, à 6 milles de Bethsan
(Scythopolis). C'est sur cette montagne que Saül et Jonathan perdirent la vie,
en combattant contre les Philistins, 1 Samuel 28:4; 31:1; David, dans l'hymne
funèbre qu'il composa sur cet événement, semble indiquer que cette montagne
était fertile, 2 Samuel 1:6,21; il la maudit pour avoir été le théâtre d'une
scène de deuil si affligeante, et de nos jours elle est sèche et stérile (Keith,
Juifs d'Eur. etc., p. 267). Au temps d'Eusèbe, on y voyait encore un gros bourg
nommé Gelbos, et près delà la source Tubania.
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GUILGAL,
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1. Josué
12:23. Quelques-uns pensent que cette ville est la même que celle qui est
indiquée Josué 4:19, et dont nous allons parler; d'autres confondent Guilgal
des Gentils avec la Galilée des Gentils, Ésaïe 9:1, en supposant une erreur de
copistes. Il paraît plus probable que c'était une ville à part, à 6 milles au
nord d'Antipatris, appelée Galgule par Eusèbe.
2. Guilgal,
la première station des Israélites après la traversée du Jourdain, Josué 4:19.
Elle était située entre le fleuve et Jérico, à 10 stades (2 kilomètres) sud-est
de cette ville: elle se trouvait ainsi probablement sur le territoire de
Benjamin. Une ville y fut bâtie, et prit le nom de Guilgal, à cause de la
circoncision que le peuple reçut en cet endroit, parce qu'après cette opération
le Seigneur dit: J'ai roulé (enlevé) de dessus vous l'opprobre d'Égypte (de
galal, rouler) Josué 5:1-9. Il n'existe plus aucune trace de cette ville, et
cependant elle a été célèbre dans l'histoire juive: c'est de là que les
Israélites firent la conquête de Canaan, 9:6; 10:6; sq. Samuel en fit le siège
du tabernacle jusqu'au temps où on le transporta à Silo, et lui-même s'y fixa
pour y rendre la justice, 1 Samuel 7:16; 10:8; 11:14; 15:21,33. Les Israélites
y avaient célébré leur première Pâque en Canaan, et le blé du pays y remplaça
la manne, du désert, Josué 5:11. Sous la domination des Moabites, elle devint
un siège de l'idolâtrie, Juges 3:19 (il faut lire idoles au lieu de carrières,
dans ce passage; c'est du moins le sens ordinaire du mot phesil, employé, par
exemple, Deutéronome 7:25; Jérémie 8:19); le culte du vrai Dieu y est rétabli
sous Samuel, Saül y est sacré roi, 1 Samuel 13:7-9. Puis, sous Hozias, Jotham
et Achaz, elle redevient pour la seconde fois le centre de l'idolâtrie, et les
prophètes montent à la brèche pour combattre l'erreur, Osée 4:15; 9:15; 12:12;
Amos 4:4; 5:5.
— Guilgal devait son importance, dit Brœm, à sa
situation près de la porte sud-est du pays occidental (Bethséan en est la porte
nord-est, Acre la clef nord-ouest, Joppe la clef sud-ouest); elle a remplacé
Jérico détruite par Josué, et elle disparaît à mesure que la nouvelle Jérico se
relève, s'accroît et reprend une place dans l'histoire; «elle a été entièrement
transportée», Amos 5:5. Au temps d'Eusèbe, on en trouvait encore quelques
ruines, et les Arabes, de nos jours, donnent le nom de Galgala à une colline
qui est près des bords du Jourdain, et qui est couverte de pierres; mais
Guilgal devait être plus éloigné de ce fleuve, au moins à 50 stades (10 ou 11
kilomètres).
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GUIRGAZIENS ou Gergésiens,
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peuplade cananéenne, Genèse 10:16; 15:21; Deutéronome
7:1; cf. Josué 24:11, qui paraît avoir habité la partie nord-est du lac de
Génésareth, si du moins on en croit ce que dit Origène d'une ville de Gergésa
située sur les bords de ce lac;
— Voir: Gadara.
Du reste, complètement inconnue. On suppose qu'ils
émigrèrent en masse à l'approche des Israélites.
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GUIRZIENS,
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1 Samuel 27:8, peuplade au sud de la Palestine. Le
Keri (notes en marge) lit Guizériens, ce qui ferait penser à des colons de la
ville de Guéser; mais c'est incertain.
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GUITTITH.
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Ce mot, qui se trouve en tête des psaumes 8:81 et 84,
a été interprété de diverses manières, ou comme le nom d'un instrument de
musique, ou comme l'indication de l'air sur lequel le psaume devait se chanter,
ou comme sommaire du psaume. Ces deux dernières suppositions s'appuient sur la
signification de gath, pressoir, et l'on a eu l'idée que c'étaient des psaumes
à chanter en automne, lorsqu'on fait la vendange; mais rien, ni dans le contenu
de ces psaumes, ni dans l'analogie de la langue, ne justifie cette hypothèse.
Ceux qui veulent y voir le nom d'un instrument pensent, les uns, que cet
instrument avait quelque ressemblance dans sa forme avec celle d'un pressoir,
les autres, qu'il s'agit d'un instrument de musique dont la fabrique était à
Gath; faute de mieux, il convient peut-être de s'arrêter à cette dernière
manière de voir, qui est celle des interprètes juifs, de De Wette et de Stier.
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GUR-BAHAL,
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2 Chroniques 26:7, ville ou district inconnu de
l'Arabie Pétrée, sur les limites méridionales de la Palestine.
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Dictionnaire de la
Bible J.-A. Bost 1849-H
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HABACUC
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(lutteur). On ne sait rien de particulier sur la
personne de ce prophète; il paraît seulement, par le contenu de son livre,
qu'il vécut avant la ruine du royaume de Juda, et l'on peut, avec assez de probabilité,
le placer dans les derniers temps de la vie d'Ézéchias; d'autres le mettent
sous Manassé, Jéhojakim ou Sédécias.
Les quatre premiers versets du 1er chapitre de ses
prophéties renferment des plaintes sur la corruption du peuple; le prophète
annonce que ces péchés seront châtiés par l'invasion des Caldéens, 5-11; puis,
à la fin du chapitre, il demande à Dieu d'adoucir la rigueur de ses châtiments.
Le chapitre 2 contient la réponse de l'Éternel, et l'assurance que les Caldéens
seront à leur tour l'objet des jugements célestes. Le livre se termine par un
sublime cantique d'actions de grâces au sujet de la révélation consolante que
le prophète vient de recevoir. On remarque les parallèles suivants:
— 1:5; Actes 13:40,44.;
— 2:3-4; Romains 1:17;
— 2:12; Michée 3:10;
— 2:14; Ésaïe 11:9;
— 3:19; Psaumes 18:34.
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HABDON
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(serviteur de jugement).
1. Éphraïmite,
fils de Hillel, successeur d'Élon dans la judicature d'Israël, jugea les
Israélites pendant huit ans, et fut enseveli à Pirhathon, dans le pays
d'Éphraïm, où il avait demeuré. Il laissa quarante fils et trente petits-fils,
qui montaient sur des ânes, à la manière des hommes illustres de ce temps,
Juges 12:13.
2. Fils
de Mica, l'un des messagers que Josias envoya consulter Hulda la prophétesse, 2
Chroniques 34:20.
3. Ville
de la tribu d'Aser, qui fut donnée en partage aux lévites de la famille de
Guerson, Josué 21:30; 1 Chroniques 6:74.
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HABED-NÉGO,
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Littérallement «
père des nègres », designation qui se rapporte à Caïn (le carbonisé), puis à
Nimrod, constructeur de la Tour de Babel.
— Voir: Abed-Négo.
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HABRONA,
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campement des Israélites dans le désert, sur les bords
de la mer Rouge, et non loin de Hetsjon-Guéber, Nombres 33:34. Inconnu.
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HACAN, ou Hacar,
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(perturbateur) ou Hacar, 1 Chroniques 2:7, fils de
Carmi de la tribu de Juda, tristement célèbre pour avoir, par son avide
transgression, attiré la colère de Dieu sur Israël, et compromis les conquêtes
de ce peuple, qui devait être victorieux aussi longtemps qu'il serait saint et
sans interdit, Josué 7. Il mit la main sur des dépouilles qui devaient être
entièrement détruites; il prit un riche manteau, 200 sicles d'argent, un lingot
d'or du poids de 50 livres, et cacha le tout dans sa tente. Le crime ne fut pas
découvert par lui-même, ou par quelque inhabileté dans l'exécution: il fut
trahi par ses conséquences. Peu de jours après, 3,000 hommes d'Israël furent
battus devant Haï, et l'on comprit que Dieu n'était plus avec l'armée. «Hélas!
s'écria Josué, que dirai-je, puisqu'Israël a tourné le dos devant ses ennemis!»
Dieu ordonna qu'on tirât au sort par tribus, par familles, par individus,
— Voir: Sort, et Urim.
Hacan, désigné, n'hésita plus à confesser son larcin.
«Pourquoi nous as-tu troublés, lui dit Josué? L'Éternel te troublera
aujourd'hui.» Puis le peuple entraîna le coupable dans la vallée de Hacor, le
lapida, et le brûla au feu, selon l'oracle 7:15, avec tout ce qui lui
appartenait. On se demande si sa famille périt avec lui, comme paraît
l'indiquer le verset 24; on peut croire qu'elle avait eu connaissance du délit,
et qu'elle en était en quelque sorte responsable en ne le dévoilant pas: d'un
autre côté, la loi était expresse en défendant de punir les enfants avec leurs
pères, Deutéronome 24:16; et Dieu ne parait pas avoir fait d'exception dans ce
cas particulier; le verset 15 ne condamne à la mort que le coupable. Il vaut
mieux peut-être croire que la famille ne fut conduite avec son chef, dans la
vallée de Hacor, que pour être témoin de son supplice, comme elle avait été
témoin de son crime.
La peine de Hacan peut paraître grande et peu
proportionnée à sa faute; mais il faut se rappeler que son crime n'était pas
une simple indiscipline de soldat, c'était le sacrilège d'un membre du peuple
théocratique: il n'a pas désobéi au capitaine Josué, c'est au roi souverain
d'Israël qu'il a manqué en portant la main sur ce qui était déclaré interdit.
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HACCO,
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Juges 1:31, ville de la tribu d'Aser, que les
Israélites ne paraissent pas cependant avoir jamais possédée, et qui fut
toujours habitée par des païens grecs ou phéniciens, 1 Maccabées 5:15. Elle
portait, chez les Grecs et les Latins, le nom de Aké, plus ordinairement encore
celui de Ptolémaïs, Actes 21:7. C'était aux jours de Strabon une grande ville
avec un bon port sur la Méditerranée, entourée de trois côtés par un
demi-cercle de montagnes, dont l'une était le Carmel vers le sud, non loin de
l'embouchure du Bélus. Après l'exil on y trouvait une colonie juive, Flavius
Josèphe, Guerre des Juifs, 2, 18, 5. L'empereur Claude lui accorda les droits
de bourgeoisie romaine, et elle prit le nom de colonie de Claude César, Pline
5, 17; 36, 65. Elle s'appelle maintenant Saint-Jean-d'Acre, mais les Arabes lui
ont conservé son ancien nom de Hacco: c'est le meilleur port de la côte
syrienne, la clef de la Galilée, le débouché de la route de Damas à la mer;
elle est dans une plaine fertile où prospèrent les grains, la soie et le coton,
dont on fait des exportations considérables.
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HACELDAMA.
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Dans la vallée de Gui-hou, sur les flancs de la
montagne méridionale, au sud de Sihon, se trouvaient la plupart des grottes
funéraires de l'ancienne Jérusalem, et entre autres, le cimetière des étrangers
et des pèlerins, qui reçut le nom de Haceldama, ou champ du sang, Matthieu
27:7-8; Actes 1:19, parce qu'il avait été acheté avec l'argent qui avait payé le
sang de Jésus. C'était auparavant le champ d'un potier, qui s'en défit sans
doute parce qu'il en avait épuisé, ou à peu près, la partie argileuse. On voit
maintenant encore une place de 30 mètres de long sur 15 de large, comprise
entre les rochers et une muraille; la moitié en est occupée par un ossuaire
voûté, de 10 mètres de haut, dans lequel on introduit les cadavres par cinq
ouvertures.
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HACOR,
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profonde vallée de la Palestine, au nord de Jéricho,
Josué 7:26; 15:7; Osée 2:15; Ésaïe 65:10. Ce nom était encore en usage au temps
d'Eusèbe et de saint Jérôme.
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HACSA.
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Josué 15:16; Juges 1:12; 1 Chroniques 2:49, fille de
Caleb, l'ami de Josué, et femme de Hothniel, son cousin, le premier des juges.
Sa main fut le prix de la valeur; peu contente de sa dot, elle ne se gêna pas
de prier son père d'ajouter quelques sources aux terres qu'il lui avait données;
il paraît même qu'elle mit quelque vivacité dans sa demande, sans que cependant
il y ait rien qui soit de nature à flétrir son caractère, ou à la faire passer
pour particulièrement avide.
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HADAD,
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1. fils
de Bédad, fut chef ou roi d'Idumée, et succéda à Husam, 1 Chroniques 1:46;
Genèse 36:35. De tous les rois d'Idumée nommés par Moïse, il est le seul dont
on connaisse un exploit; il défit les Madianites sur le territoire de Moab.
2. Édomite
de race royale, qui, lors de l'invasion d'Israël en Idumée, sous David, 2
Samuel 8:14, fort jeune encore, s'enfuit d'abord en Madian, puis en Égypte,
avec quelques serviteurs; il y trouva une princesse à épouser, la sœur de
Tachpénès, femme du roi régnant, 1 Rois 11:14, et vécut en prince, préparé de
Dieu à devenir l'ennemi de Salomon. Après la mort de David, il essaya de
reconquérir en effet le territoire que son père avait perdu, mais l'Écriture,
dans son rapide récit, ne nous apprend pas quelle fut la fin de cette
tentative, 1 Rois 11:22; il paraît cependant qu'elle échoua, puisque Salomon
continua de rester possesseur des ports de l'Idumée. D'après Flavius Josèphe,
Antiquités Judaïques 8, 7; 6, Hadad aurait fait alliance avec Rézon, roi de
Syrie, se serait joint à lui pour inquiéter Israël, et lui aurait finalement
succédé sur le trône de Syrie.
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HADADHÉSER ou Hadarhéser,
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fils de Réhob, roi de Syrie, demeurant à Tsobah, q.v.
Sa domination s'étendait de la Syrie de Damas à l'Euphrate; plusieurs petites
provinces marchaient sous ses ordres; seul entre tous les rois voisins de
Canaan, il pouvait espérer de lutter contre David avec quelque chance de
succès; trois fois il s'éleva contre le royaume d'Israël, mais les trois fois
il fut vaincu et repoussé avec perte. La première fois, 2 Samuel 8:3-4, il
laissa à l'ennemi 1,700 cavaliers, 20,000 hommes et 100 chariots. La seconde
fois, dans l'alliance de Hanun, deux villes de Syrie, Tsobah et Beth-Réhob
envoyèrent de rechef 20,000 hommes qui furent encore battus, 10:6-14. La
troisième fois, les Syriens de tout le pays, espérant de relever l'honneur de
leurs armes en s'unissant les uns aux autres, se rassemblèrent sous les ordres
d'Hadarhéser, 10:16-19, et de Sobac, son général en chef, niais David lui-même
sortit contre cet intrépide et redoutable adversaire, l'attaqua à Hélam en
bataille rangée, lui prit ou tua 40,000 cavaliers et 700 chariots, et mit à
mort son général Sobac lui-même.
— Voir: 1 Chroniques 18:3; 19:6.
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HADAD-RIMMON,
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Zacharie 12:11, ville de la vallée de Jizréhel, non
loin de Méguiddo. C'est lu que le roi Josias perdit la vie dans un combat, 2
Rois 23:29; 2 Chroniques 35:20; le deuil dont il est parlé dans le passage de
Zacharie est une allusion à cette circonstance.
— Saint Jérôme appelle encore cette ville Adadremmon,
mais il y joint le nom de Maximianopolis, qu'elle reçut plus tard en l'honneur
de l'empereur Maximien: elle était à 17 milles de Césarée de Palestine.
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HADARHÉSER,
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— Voir: Hadadhéser.
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HADASSA
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(myrte), un des noms d'Ester, q.v. Esther 2:7.
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HADATTA,
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Josué 15:25, ville située au midi de la tribu de Juda,
non loin des frontières iduméennes.
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HADID,
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Néhémie 11:34, ville habitée par des Benjamites et
située dans le voisinage de Lod et d'Ono, Esdras 2:33; Néhémie 7:37. II ne
paraît pas qu'elle ait appartenu primitivement a Benjamin, et l'on peut croire
qu'elle ne lui fut cédée qu'après la captivité,
— Voir: Hadithajim.
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HADINO,
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— Voir: Jasobham.
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HADITHAJIM,
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Josué 15:36, et Hédasa, 15:37, villes inconnues.
Eusèbe connaît deux villes de ce nom, l'une vers Gaza, l'autre vers Lydde. Il
est encore parlé d'une Adida, 1 Maccabées 12:38. Flavius Josèphe, Antiquités
Judaïques 13, 15, 2. II est possible que ce soit l'une de ces deux, peut-être
aussi Hadid.
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HADORAM
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(leur beauté),
1. Genèse
10:27; 1 Chroniques 1:21, descendant de Héber par Joktan, père d'une peuplade
dont nous ne savons absolument rien. Bochart pense aux Dirmates ou Drimates,
sur le golfe Persique; Schulthess aux Adramites.
2. —
Voir: Joram.
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HADRAC,
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Zacharie 9:1, district, probablement voisin de la
Palestine, contre lequel Zacharie a prononcé tout un de ses oracles. Le rabbin
Jose de Damas connaissait cette ville; il la place à l'est de Damas, et dit
qu'elle était assez considérable. On peut voir aussi dans Ugolini l'opinion
d'un certain Alphen, qui trouve dans Hadrac le nom de la divinité Atergatis ou
Derceto.
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HADULLAM
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(leur témoignage), ville fort ancienne, Genèse
38:1,12,20, dans la plaine basse de la tribu de Juda, Josué 15:35. Elle avait
été d'abord la résidence royale d'un des petits rois de Canaan, 12:15. Elle
était probablement sur la lisière des montagnes et du bas pays, dans la contrée
que traverse la route de Jaffa à Jérusalem. Roboam la fit fortifier, 2
Chroniques 11:7; cf. Michée 1:15, et elle subsistait encore après l'exil de
Babylone, Néhémie 11:30. En entrant dans les montagnes on trouve une contrée
rocailleuse et une multitude de grandes cavernes qui servent aujourd'hui de
repaires aux brigands arabes. Une de ces cavernes est mentionnée dans
l'histoire de David, 1 Samuel 22:1; 2 Samuel 23:13; 1 Chroniques 11:15. Ce
monarque s'y était réfugié pendant que l'armée des Philistins occupait la
vallée des Réphaïms.
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HAGARÉNIENS,
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descendants d'Agar et d'Ismaël, par conséquent membres
de la grande famille des Ismaélites, auxquels on donne aussi le nom d'Arabes,
et surtout de Sarrasins (de sarak, voler?). Ils étaient fixés au-delà du
Jourdain, 1 Chroniques 5:10,19,20; Psaumes 83:7. Le livre des Psaumes compte
les Hagaréniens au nombre des nations voisines et ennemies d'Israël; il les
joint aux Moabites; et l'on voit dans les Chroniques que la tribu de Ruben, au
temps de Saül, fit la guerre à cette peuplade, se rendit maîtresse du pays et
la chassa devant elle, ce qui indique la direction vers le sud ou sud-est. On
pense que c'est la même tribu que celle des Agréens, qui sont rangés dans
Strabon, 16, 767, avec les Nabathéens et les Chaulotes parmi les habitants de
l'Arabie septentrionale: ce nom se retrouve encore (Hachar, Hagar) sur le golfe
Persique; et les habitants de cette peuplade, grands bédouins, conduisent
chaque année en Syrie des milliers de chameaux pour les vendre. Il est possible
que ce soit la même tribu; elle aurait émigré vers le sud, comme émigrent
toutes les tribus nomades.
— D'autres pensent à une ville de ce nom dans l'Arabie
Pétrée.
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HAÏ, ou Haïa, ou Haïath,
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Josué 7:2, ou Haïa, Néhémie 11:31, ou Haïath, Ésaïe
10:28, ville fort ancienne, déjà nommée Genèse 12:8; 13:3, et appartenant aux
Cananéens, était située sur une montagne près de Bethaven, à l'est de Béthel,
et au sud d'une vallée qui descend du côté du Jourdain. Après une première
défaite que les Israélites essuyèrent dans son voisinage, par suite du péché de
Hacan, ils s'emparèrent de cette ville sous Josué et la détruisirent, Josué
7:2; 8:1; mais ils la rebâtirent plus tard, comme il ressort de Ésaïe 10:28, et
les Benjamites l'habitèrent après l'exil, Esdras 2:28; Néhémie 7:32. Il n'en
restait plus que des ruines insignifiantes au temps d'Eusèbe et de Jérôme; une
vallée du même nom était au nord de la ville, Josué 8:14.
Le passage Jérémie 49:3, dans nos versions, parle
d'une ville de Haï, mais elle ne peut être confondue avec la précédente; il
faudrait plutôt admettre qu'il y a eu dans le pays de Hammon une ville de ce
nom, dont rien ailleurs ne prouve l'existence. Peut-être, cependant, vaut-il
mieux traduire avec Dahler le mot hébreu Haï, ou plutôt Hi, qui signifie
monceau de ruines: le sens du passage serait alors «Hurle, ô Hesbon, car elle
est dévastée, un monceau de ruines», en le rapportant à la ville de Rabba,
mentionnée au verset précédent.
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HAJIN,
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1. ville
de la Palestine, qui appartint d'abord à la tribu de Juda, Josué 15:32, puis à
celle de Siméon, 19:7; 1 Chroniques 4:32, et fut enfin donnée aux Lévites,
Josué 21:16. Peut-être est-ce la même que Hen-Rimmon de la tribu de Juda,
Néhémie 11:29. D'après Eusèbe, ce serait Béthanie (Beth Henajin), à 4 milles de
Hébron.
2. Une
autre Hajin est indiquée Nombres 34:11, comme située à la frontière nord-est de
la Palestine. Ce nom signifiant source, plusieurs interprètes, au lieu d'une
ville, y ont vu la source même du Jourdain, mais c'est peu probable.
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HAKRABBIM
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(les scorpions). C'était le nom d'une hauteur faisant
partie de la chaîne de montagnes qui forme la frontière sud de la Palestine,
Nombres 34:4; Josué 15:3; Juges 1:36. Elle était ainsi nommée à cause des
nombreux scorpions qui s'y trouvaient, et qui s'y trouvent encore,
— Voir: Volney.
Un district de l'Idumée est appelé Acrabattine, 1
Maccabées 5:3, et devait se trouver dans le voisinage de la montée des
scorpions. Flavius Josèphe, Antiquités Judaïques 12, 8; 1.
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HALAMOTH,
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Psaumes 46:1; 1 Chroniques 15:20, probablement
indication d'une mesure, ou d'un ton musical,
— Voir: Psaumes.
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HALMON,
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ville lévitique de la tribu de Benjamin, Josué 21:18.
Dans le passage parallèle, 1 Chroniques 6:60, il y a Halemeth. Un autre Halmon
est indiqué Nombres 33:46, parmi les stations d'Israël.
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HAMALEC.
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Il est nommé pour la première fois Genèse 36:12 (1
Chroniques 1:36); on ne sait rien de lui, sinon qu'il était petit-fils d'Ésaü
par Éliphaz et Timnath. Mais les Hamalécites eux-mêmes sont nommés déjà à
l'époque d'Abraham, à côté des Amorrhéens, Genèse 14:7, d'où l'on voit
clairement qu'ils ne descendaient point de l'arrière-petit-fils d'Abraham,
comme le disent quelques auteurs. Balaam aussi les appelle le commencement des
nations, c'est-à-dire une nation fort ancienne, Nombres 24:20. Leur vie nomade
ne permet pas qu'on assigne des limites bien déterminées au pays qu'ils
habitèrent; nous les trouvons occupant d'une manière générale les contrées au
sud de la Palestine, Nombres 13:30; c'est dans les déserts de l'Arabie Pétrée
qu'ils viennent fondre sur le camp voyageur d'Israël, Exode 17:8. Ils sont
alliés avec les Hammonites, Juges 3:13, avec les Madianites, 6:3; 7:12, avec
les Kéniens, 1 Samuel 15:6; on les trouve dans le voisinage des Philistins,
27:8, et des monts de Séhir, 1 Chroniques 4:43, comme près de la ville de Sur
en Égypte (Pelusium), 1 Samuel 45:7. C'est donc entre l'Égypte, le désert de
Sinaï, Édom, et les possessions des Philistins, qu'il faut les placer.
Cependant on les trouve aussi établis au milieu de la Palestine avec quelques
familles cananéennes, et ils paraissent s'y être longtemps maintenus, Juges
12:15; 5:14; du moins on ne sait guère comment expliquer autrement le nom de
Hamalécite donné à une partie de la montagne d'Éphraïm.
Les Hamalécites en vinrent fréquemment aux mains avec
les Israélites; d'abord dans le désert, où ils attaquèrent le peuple fugitif et
pauvre, sans qu'on en sache le motif ou l'occasion, Exode 17:8; ils furent
défaits parce que, pendant que Josué combattait dans la plaine, Moïse priait
sur la montagne (cf. Deutéronome 25:17; 1 Samuel 15:2). Les Hamalécites
remportèrent une légère victoire, Nombres 14:40, sur quelques chefs israélites
qui voulurent se mettre en campagne malgré les ordres de Moïse; ce fut une
leçon pour Israël sans être un triomphe pour Hamalec. Puis ce peuple ennemi fut
de nouveau battu, longtemps après, par Saül, 1 Samuel 14, et 15, par David, 1
Samuel 27:8; 30:1; 2 Samuel 8:12, et enfin, sous Ézéchias, par les hommes de la
tribu de Siméon, qui paraissent en avoir presque exterminé les derniers restes,
1 Chroniques 4:43, accomplissant la prophétie de Balaam, Nombres 24:20.
— Les rois Hamalécites portaient, à ce qu'on croit, le
nom général de Hagag, Nombres 24:7; 1 Samuel 15:8; 20:32.
Il est parlé, 1 Samuel 15:5, de la ville principale
d'Hamalec, mais le nom n'en est pas indiqué.
D'après des traditions arabes, les Hamalécites
auraient été de race camite, de vrais Arabes, et se seraient établis dans les
lieux qu'habitèrent plus tard les Ismaélites et les Joktanides; ils auraient
été parents d'Ismaël, par conséquent aussi d'Ésaü et d'Hamalec son petit-fils,
et les descendants de celui-ci se seraient mélangés et confondus avec les
anciens Hamalécites.
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HAMAN,
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Esther 3:1; etc. On pourrait donner pour épigraphe à
l'histoire de cet homme, ces paroles du sage: «L'orgueil marche devant
l'écrasement.» Proverbes 16:18. Il était fils d'Hammédatha, et surnommé
Agagien, ce qui a fait croire à quelques-uns qu'il était Hamalécite, descendant
des rois Agag; cette épithète n'a cependant pas une signification aussi
absolue, et pourrait n'indiquer qu'un lieu de naissance, une simple parenté ou même
une fonction. La tradition qui fait Haman macédonien ne peut être ni prouvée ni
démentie. Ce favori parvenu, qui ne devait peut-être son élévation qu'à un
caprice de son maître, occupait le premier rang à la cour de Perse; il était le
premier de tous les seigneurs, et n'avait au-dessus de lui que le roi. La foule
se prosternait devant lui, les seigneurs lui vendaient hommage, son
amour-propre était satisfait; mais un homme, un seul, refusait de lui accorder
les marques d'honneur auxquelles il avait droit de par le roi, et cet homme
c'était un étranger, un Hébreu, Mardochée. On ne pouvait répandre trop de sang
pour venger une pareille injure; sacrifier Mardochée n'eût pas valu la peine,
il fallait la ruine de la nation tout entière à laquelle appartenait le
coupable; Haman jeta les sorts et trouva que le douzième mois était celui
auquel il conviendrait de faire le carnage. Il parla de la chose au roi, qui
n'y entendait rien; il lui représenta que ce peuple d'esclaves dispersés dans
ses états était un peuple de rebelles, vivant sous des lois particulières, et
soumis de cœur à un autre roi: il fit surtout résonner à ses oreilles dix mille
talents d'argent qu'il remettrait dans les caisses du royaume s'il était
autorisé à publier le décret d'extermination. Dix mille talents! le roi se hâta
de les gagner, il n'eut pour cela qu'à ôter sa bague et la remettre au
bourreau. Mais le Juif avait eu connaissance de cette Saint-Barthélemy que les
païens voulaient donner à son peuple; il en avertit la reine sa parente, et celle-ci
résolut, avec l'aide de Dieu, d'anéantir ce projet en anéantissant celui qui
l'avait formé. Haman fut invité à un festin par Ester, et cette invitation fut
suivie d'une seconde pour le jour suivant. Son cœur bondissait d'orgueil au
sortir du palais, quand la vue de Mardochée vint lui rappeler que, seul dans
tout le royaume, ce malheureux refusait de faire son bonheur, en lui refusant
ses hommages: il se fit violence pour cacher son humeur, et s'en fut raconter à
sa femme et à ses amis les joies et les honneurs de sa journée. Tout cela,
disait-il, ne me sert de rien pendant que je vois Mardochée, ce Juif, assis à
la porte du roi. La femme et les amis du favori pensèrent qu'un gibet de 50
coudées (25 mètres) satisferait à ce qu'Haman pouvait regretter, et l'on décida
que la mort de Mardochée préluderait à la destruction de sa race. Le lendemain
Haman devança l'heure du festin pour aller au palais demander la permission de
faire pendre son superbe ennemi, mais le roi le prévint: «Que faudrait-il faire
à un homme, dit-il, que le roi prend plaisir d'honorer?» Haman, ne doutant pas
que ce ne fût une nouvelle galanterie que le roi lui préparait, et sur laquelle
il le consultait d'une manière indirecte et délicate, ne se contraignit point
dans l'expression de ses désirs; il imagina pompe sur pompe; cheval royal,
vêtements royaux, couronne du roi, rien ne pouvait être trop beau, et le plus
grand des seigneurs de la cour devait accompagner dans les rues de la ville la
marche triomphale de ce sujet bienheureux. «Eh bien! lui dit le roi, hâte-toi,
et fais ainsi à Mardochée, le Juif.» Quelle que fût la fortune et la grandeur
d'Haman, il n'était qu'un esclave auprès du roi et ne put qu'obéir: il dut
lui-même honorer celui dont il venait quelques minutes auparavant demander la
mort, il dut crier devant lui dans les rues: «C'est ainsi qu'on doit faire à
l'homme que le roi prend plaisir d'honorer.» Une nuit d'insomnie avait tout
fait; le roi avait pris connaissance d'une conjuration qui avait été découverte
sous son règne par Mardochée, et, s'étonnant que Mardochée n'eût pas reçu de
récompense pour un si grand service, il avait résolu de réparer cette ancienne
faute, et de la réparer d'une manière éclatante. Après sa fatale promenade,
Haman rentra chez lui tout affligé, et ayant la tête couverte; il se hâta de
donner à sa femme et à ses amis la clef de cette énigme inconcevable, et de
leur expliquer comment, allant demander la mort de Mardochée, il avait dû
servir lui-même à son élévation: alors ces sages comprirent que ce ne serait
pas un fait isolé, et que l'ancien favori tomberait devant le nouveau, Haman
devant le Juif. En même temps les officiers du roi vinrent chercher Haman pour
le conduire au festin de la reine: on peut se représenter qu'il y triompha
moins que la veille. Sur la fin du repas, Ester ayant été invitée par le roi à
lui demander tout ce qu'elle voudrait, jusqu'à la moitié de son royaume,
demanda la vie pour elle et pour son peuple, découvrit qu'elle était Juive
elle-même, et par là enveloppée dans le décret de proscription, représenta au
roi combien cette mesure était contraire à ses intérêts, et lui fit voir que
les dix mille talents offerts par l'oppresseur ne compenseraient pas le dommage
que le roi en recevrait. Il paraît que le roi n'avait plus présente à l'esprit
la permission qu'il avait accordée à son favori, soit qu'il l'eût donnée dans
un moment de distraction, soit qu'au milieu de tous ses autres intérêts la
chose lui parût peu importante, puisqu'il ne s'agissait que de quelques
esclaves étrangers et rebelles. Ester dut nommer le coupable, et Haman voyant
bien à l'expression du roi qu'il était perdu, profita d'une absence de celui-ci
pour se jeter aux pieds de la reine et lui demander la vie. Mais le roi qui
rentrait, ayant vu ce mouvement, l'interpréta mal comme on fait toujours dans
la colère, et n'en fut que plus irrité, la sentence fut prononcée, et, sur
l'observation qu'un gibet dressé par Haman pour Mardochée s'élevait près de là,
le favori disgracié y fut conduit et pendu.
Il n'y a rien dans cette prompte chute, et dans ce
passage subit des plus hautes distinctions au supplice le plus infâme, qui
puisse étonner quand on connaît la justice expéditive et sommaire de l'Asie.
Rien ne peut étonner non plus dans la permission donnée par le roi à un de ses
serviteurs d'exterminer une partie des hommes qui habitent son territoire,
hommes qui n'ont point d'histoire pour lui, et qu'il ne connaît que par les
renseignements incomplets et tronqués que lui donne un homme puissant, qui veut
s'en défaire, parce qu'un d'entre eux l'offusque. Ce que les voyageurs modernes
nous disent de l'Asie, depuis Constantinople ou Alexandrie jusqu'à Pékin, n'est
que trop d'accord avec cette brutalité de l'autocrate et bouillant Xercès; ces
monarques n'ordonnent que par caprice, et peuvent envoyer à la mort des
populations entières, aussi bien que leurs femmes ou leurs favoris; il suffit
que celui qui veut obtenir le décret sache bien choisir son moment. Dans la
lutte entre Ester et Haman, la victoire ne fut à la reine que parce que le roi
se trouvait bien disposé, Est, 4:11; 5:2, et Dieu travailla avec la pieuse
Juive parce que celle-ci, de son côté, exposait sa vie pour sauver son peuple.
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HAMASA.
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1. 1
Chroniques 2:17; 2 Samuel 17:25, fils de Jéther ou Jithra, et d'Abigal, fut
nommé par Absalon chef d'armée, en remplacement de Joab son cousin qui préféra
le service du roi. Hamasa survécut à la bataille dans laquelle Absalon fut
vaincu et tué; et David, soit par politique et pour se l'attacher, soit par
répugnance pour Joab le meurtrier de son fils, le maintint à la tête des
troupes, 2 Samuel 19:13. Joab irrité et jaloux, voyant d'ailleurs le peu de
zèle que Hamasa témoignait pour le service du roi contre les rebelles, 20:5-7,
et impatient de se venger, surprit son rival près de Gabaon, et le frappa en
feignant de l'embrasser; après cette lâche action, Joab marcha sur l'ennemi, et
défit Sébah contre qui Hamasa avait été envoyé. Le corps de Hamasa resta
quelque temps au milieu de la route, et un serviteur de Joab se tenait là pour
engager ceux qui passaient à se joindre à Joab et à le reconnaître comme
général de l'armée de David; mais comme on s'arrêtait à ce triste spectacle,
l'officier poussa le cadavre hors du chemin dans un champ, et jeta un vêtement
sur lui pour le cacher.
— Hamasa paraît avoir été ambitieux et politique; il
sert le rebelle contre son père, puis après que le royaume est pacifié, il se
met au service du père, mais craint de se compromettre en marchant contre ceux
dont il fut autrefois le chef, et qui résistent encore à son nouveau maître.
2. —
Voir: Hazaria #4.
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HAMASAÏ,
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un des hommes de Juda et Benjamin, qui vinrent à David
avec beaucoup d'autres, lorsqu'il était enfermé dans la forteresse de Tsiklag à
cause de Saül. David n'accueillit qu'avec défiance des libérateurs qui lui
venaient de la tribu de Saül, et craignit une trahison, mais Hamasaï, revêtu de
l'esprit, lui dit: «Que la paix soit avec toi, ô David, fils d'Isaï! paix soit
à ceux qui t'aident, puisque ton Dieu t'aide!» David, dont ces paroles
israélitiques vainquirent la défiance, les reçut au nombre de ses capitaines.
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HAMASIA,
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2 Chroniques 17:16, fils de Zicri. «Il s'était
volontairement offert à l'Éternel», et servait sous Josaphat: ces paroles
indiquent-elles un vœu particulier, ou bien un service volontaire, ou enfin que
ce chef aurait abandonné l'armée des dix tribus, pour se ranger dans celle de
Juda? c'est ce que l'on ne saurait déterminer.
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HAMATH, Hamathiens.
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C'était la principale ville d'Aram Tsoba q.v., 2
Chroniques 8:3; 1 Chroniques 18:3. Elle fut fondée par des Cananéens, Genèse
10:18, et remonte ainsi à la plus haute antiquité, de même que Damas et Sidon.
Elle faisait partie de la terre promise, dont elle formait la limite
septentrionale, Nombres 13:22; 34:8; Ézéchiel 47:16; Josué 13:5; 1 Rois 8:65; 2
Rois 14:25, du côté de Damas, Zacharie 9:2; Jérémie 49:23. L'entrée de Hamath
dont il est parlé plusieurs fois, Josué 13:5; Juges 3:3, était le défilé qui
conduisait de Canaan en Syrie par la vallée qui est entre le Liban et
l'Anti-Liban. Josué assigna cette ville à la tribu de Nephlhali, 19:35. Elle
eut cependant toujours sa banlieue ou son territoire particulier, 2 Rois 23:33;
25:21, et se gouverna par ses propres rois, l'un desquels vécut avec David en
bonne harmonie et en respectant sa supériorité, 2 Samuel 8:9; 1 Chroniques
18:9. La ville resta ainsi indépendante, sauf une courte interruption, 2 Rois
14:28, jusqu'au moment où les Assyriens s'en emparèrent sous Ézéchias, Ésaïe
10:9; 36:19. Amos lui donne le nom de grande, 6:2, et aujourd'hui encore, sous
le même nom de Hama, elle compte 100,000 habitants; elle doit son importance à
sa position sur une grande route de commerce. Elle est située sur les deux
rives de l'Oronte, dans une vallée étroite dont les flancs sont des parois de
rochers au milieu de jardins et de vergers. Sous la domination macédonienne en
Syrie, elle porta le nom d'Épiphanie; Théodoret, Jérôme et Cyrille comptent
deux Hamath, mais ne s'entendent guère sur la position de ces villes; il est
bien possible cependant que la ville de Hammath nommée Josué 19:35, soit
différente de Hamath la grande, Amos 6:2, celle dont il a été question ici.
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HAMINADAB, ou Aminadab,
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(mon noble peuple)
1. Aminadab;
2. Cantique
6:12. Si ce verset était bien rendu dans nos versions, Haminadab aurait été un
cocher ou un écuyer célèbre par la vitesse de ses chevaux. Mais il y a
hami-nadib, qui signifie princesse de mon peuple, et qui paraît devoir être
traduit, au lieu d'être pris comme nom propre. Le verset aurait alors ce sens
dans la bouche de l'épouse: «Je suis descendue au verger des noyers, etc.,
pourvoir la nature et la végétation, et je ne pensais pas, mon âme (ou en
moi-même), être mise sur le char de triomphe comme princesse de mon peuple»,
3. 1
Chroniques 6:22, fils de Kéhath, frère de Coré.
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HAMMIEL,
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— Voir: Éliham.
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HAMMON, ou Ben-Hammi,
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père des Hammonites, Genèse 19:38, fils de Lot par la
plus jeune de ses filles. C'était une population sœur des Moabites, et
apparentée avec les Israélites, puisque Lot était fils d'un frère d'Abraham;
aussi Dieu défendit à Moïse et à son peuple de les traiter en ennemis,
Deutéronome 2:9; 19. Nombres 31, cf. chapitre 22-25. Vainqueurs des Zamzummims,
les Hammonites demeurèrent primitivement entre l'Arnon, le Jourdain et le
Jabbok; les Amorrhéens leur enlevèrent une partie de leur territoire; puis,
quand les Israélites ayant vaincu Sihon, roi des Amorrhéens, vinrent s'établir
en Galaad, Nombres 21:21, les Hammonites voulurent faire valoir de nouveau
leurs prétentions sur ce pays qu'ils avaient anciennement possédé; mais ils
furent repoussés par les Israélites, sous la conduite de Jephthé, Juges 11. De
temps à autre, la guerre éclatait entre ces deux peuples, qui auraient dû vivre
en paix. Saül remporta une victoire sur eux, 1 Samuel 11:47, David assiégea et
prit leur capitale Rabbath-Hammon, 2 Samuel 10:1-14, 11:1; sq. Plus tard,
s'étant unis aux Moabites et aux Iduméens, ils vinrent attaquer Josaphat; mais
la discorde se mit dans leurs rangs, et les alliés se détruisirent les uns les
autres, 2 Chroniques 20. Ils furent encore vaincus par Jotham, 2 Chroniques
27:5. Après que les tribus transjourdaines eurent été les premières emmenées en
captivité par les Assyriens, les Hammonites s'emparèrent de leur pays, ce qui
leur est reproché, Jérémie 49:1-6. Après la bataille de Carkémis, où
Nébucadnetsar défit les Égyptiens, il paraît qu'ils devinrent tributaires de ce
prince, et ils joignirent leurs troupes à celles des Caldéens, qui firent la
guerre au roi Jéhojakim, 2 Rois 24:2; mais dans la suite leurs ambassadeurs se
réunirent à Jérusalem, avec ceux des autres peuples qui voulaient secouer le
joug de Babylone.
Les prophètes leur reprochent leur haine invétérée et
leurs constantes hostilités contre Israël, Amos 1:13; Sophonie 2:8; Ézéchiel
25:3, et ils leur annoncent la dévastation de leur pays, Jérémie 49:1; sq.,
prophétie dont les voyageurs modernes ont démontré le parfait accomplissement
(Seetzen, Buckingham, Burkhardt), bien qu'ils aient été momentanément rétablis,
selon l'oracle de Jérémie, et qu'on les retrouve opposant à Israël des troupes
nombreuses, 1 Maccabées 5:6. Justin martyr dit aussi que de son temps encore
ils formaient une peuplade considérable. Mais dès lors ils ont été confondus
sous le nom d'Arabes, et la prophétie a été accomplie qui dit: «On ne se
souviendra plus des enfants d'Hammon parmi les nations», Ézéchiel 25:10. Il
n'en reste plus maintenant aucune trace: le sol qu'ils occupèrent est foulé par
d'autres peuplades, qui viennent tour à tour passer quelques saisons sur les
nombreuses ruines de cette contrée, qui est un monceau de désolation. Jérémie
49:2-3.
C'est chez les Hammonites qu'on trouvait l'affreuse
idole de Moloch.
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HAMRAM,
________________________________________
fils de Kéhath et petit-fils de Lévi. Il épousa
Jokébed, sa tante, dont il eut Aaron, Moïse et Marie. II mourut en Égypte, à
l'âge de cent trente-sept ans, Exode 6:20; Nombres 3:19; 26:58; 1 Chroniques
6:2; 23:12. Des raisons chronologiques portent quelques auteurs à croire qu'il
ne fut pas le père de Moïse, mais un de ses ancêtres: c'est lorsqu'on admet un
séjour d'environ quatre siècles en Égypte, Genèse 15:13,16; Exode 12:40. Si, au
contraire, on ne donne à ce séjour que deux cent quinze ans, comme on peut le
conclure de Galates 3:17, il faut admettre que Hamram fut réellement le père de
Moïse.
________________________________________
HANA,
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l'un des chefs de l'Idumée, avant que les descendants
d'Ésaü s'y fussent établis, Genèse 36:24; 1 Chroniques 1:40. La mention qui en
est faite est accompagnée des mots: Cet Hana est celui qui trouva les mulets au
désert quand il paissait les ânes de Tsibha son père. Le mot jemim, qui est
traduit par mulets dans l'arabe, ne se trouve que dans ce seul passage: le
texte samaritain l'entend de la race géante des Émims, q.v.; mais la plupart
des interprètes sont maintenant d'accord à penser qu'il faut lire «des sources
thermales»; on en trouve encore plusieurs dans la contrée.
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HANAB,
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Josué 11:21; 15:50, ville des montagnes de Juda, à 4
milles est de Diospolis (Lydde), selon d'autres à 8 milles, mais c'est moins
probable.
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HANAK, Hanakins.
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On ne sait à quelle époque ranger Hanak, fils d'Arbah.
Il fut le père d'une race de géants que les espions israélites découvrirent
dans leur voyage d'exploration en Canaan, Nombres 13:23,29,34. Les Hanakins se
divisaient en trois branches ou tribus, celles de Sésaï, de Ahiman et de
Talmaï; ils demeuraient au midi du pays, dans les montagnes de Juda, et
principalement dans les villes philistines de Gaza, Gath et Asdod; mais Josué,
Caleb, et les tribus d'Israël, les dépossédèrent entièrement, et en firent
presque disparaître la race tout entière, Deutéronome 9:2; Josué 11:21-22;
14:15; Juges 1:20;
— Voir: Géants.
L'opinion de Michaélis, que les Hanakins étaient une
race de Troglodytes, n'est pas dépourvue de raison,
— Voir: Josué 11:21;
d'autres comparent aussi le nom d'Inachus, un des
hommes de l'âge héroïque de la Grèce.
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HANAMÉEL
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(la miséricorde de Dieu), fils de Sallum et parent de
Jérémie, vendit au prophète, peu avant la prise de Jérusalem, un champ qu'il
possédait près de Hanathoth, Jérémie 32:7. On ignore si c'était une propriété
lévitique ou un domaine héréditaire qu'il pouvait avoir reçu d'une aïeule: à
cet égard la loi de Moïse est explicite en ôtant aux lévites le droit de
posséder, Nombres 18:20; Deutéronome 10:9, sauf dans les villes et banlieues
consacrées Nombres 35. Mais la coutume peut avoir introduit d'autres droits que
ceux qui étaient établis par la loi de Moïse, et l'on ne peut que difficilement
décider sur des questions pareilles. Cette vente, qui ne fut qu'une vente pour
Hanaméel, fut pour Jérémie un symbole, et un signe donné au peuple que lorsque
les menacés proférées par le prophète auraient été accomplies, la paix
renaîtrait au pays, et que l'on continuerait d'acheter et de vendre.
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HANAMMÉLEC,
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— Voir: Adrammélec.
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HANAN,
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père de Jigdalia, q.v.
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HANANI,
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1. père
du prophète Jéhu, et prophète lui-même, vécut sous le règne d'Asa, et reprocha
à ce prince son alliance avec Benhadad, et son manque de foi envers l'Éternel,
«dont les yeux regardent çà et là par toute la terre, afin qu'il se montre
puissant en faveur de ceux qui sont d'un cœur intègre envers lui.» Il lui dit que
certainement il aurait été délivré des Syriens comme il l'avait été déjà des
Éthiopiens et des Lybiens, mais que son manque de foi serait puni. Le voyant
fut mis en prison à cause de ces paroles, et persécuté de même que plusieurs
autres hommes du peuple, 2 Chroniques 16:7; 19:2; 20:34; 1 Rois 16:1-2.
2. Hanani,
un des frères de Néhémie, Néhémie 1:2, vint le rejoindre de Jérusalem à Susan,
peut-être envoyé par Esdras, et l'informa du sort des Juifs restés en
Palestine, ou revenus de la captivité. Il accompagna sans doute Néhémie
(chapitre 2) à son retour en Judée, et fut chargé par lui de veiller à l'exacte
ouverture et fermeture des portes, conjointement avec le fidèle et pieux
Hanania, capitaine de la forteresse, 7:2-3; c'était un poste de confiance, important
et difficile, dans les circonstances où se trouvait alors Jérusalem.
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HANANIA.
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1. Cet
officier de Néhémie dont on vient de parler,
— Voir: Hanani #2;
on ne sait rien de plus sur sa personne.
2. Gabaonite,
fils de Hazur, et faux prophète qui vivait à la cour de Sédécias au
commencement de son règne. On voit par Jérémie 28, qu'il se distinguait des
autres faux prophètes par l'assurance et la hardiesse avec laquelle il débitait
ses oracles, ce qui prouve en même temps qu'il appartenait au parti alors
dominant: il exprime les plus folles espérances et les vues de la faction, qui
étaient plus faites pour plaire au peuple et aux sacrificateurs, que les
menaces de Jérémie; et comme l'envoyé de l'Éternel lui donne un démenti clair,
positif et public, au milieu du temple où tout le peuple est réuni, Hanania
prend de dessus le cou du prophète le joug de bois que celui-ci porte comme
symbole de l'asservissement du peuple, et le brise, répondant à un emblème par
un autre; mais Jérémie lui répond de la part de Dieu: Tu as rompu les jougs qui
étaient de bois, mais au lieu de ceux-là, a dit l'Éternel, fais-en qui soient
en fer. En même temps il lui annonce qu'il mourra dans l'année en punition de
sa révolte et de ses mensonges, et deux mois après la prophétie s'accomplit.
Aucun des faux prophètes, pas même Tsidkija, ne peut être comparé à Hanania
pour la hardiesse de l'imposture et la persistance dans le mal: son
endurcissement n'a pu être vaincu que par la mort.
3. Nom
hébreu de Sadrac, q.v.
4. II
y avait dans la tribu de Benjamin une ville de ce nom, Néhémie 11:32.
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HANATHOTH,
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ville lévitique de la tribu de Benjamin, sur la grande
route qui mène du nord à Jérusalem, 1 Rois 2:26; Josué 21:18; 1 Chroniques
6:60; Néhémie 11:32; Ésaïe 10:30. Elle donna le jour au prophète Jérémie 1:1;
29:27; cf. 32:7, mais eut le malheur de repousser son ministère et alla jusqu'à
vouloir le faire mourir, 11:21. D'après Eusèbe et Jérôme elle était située à 3
mille romains au nord de Jérusalem, d'après Flavius Josèphe elle en était un
peu moins loin, à 20 stades. Elle est maintenant entièrement ruinée, et ne doit
pas être confondue, comme quelques-uns le font, avec Saint-Jérémie, qui est
trop éloigné de Jérusalem.
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HANER.
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1. Un
des alliés d'Abraham contre Kédor-Lahomer, Genèse 14:13.
— Voir: Mamré.
2. Ville
lévitique de la tribu de Manassé, 1 Chroniques 6:70.
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HANÈS,
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ville d'Égypte nommée Ésaïe 30:4, peut-être l'Ehnès
actuelle dans l'Égypte moyenne, et l'Anusis d'Hérodote 2, 137, cf. l'Égypte de
Champollion, 1, 309. C'est déjà l'opinion de Vitringa, adoptée par Michaélis,
Rosenmuller, Gesenius et Winer. Saint Jérôme ne connaissait pas cet endroit, et
le caldéen le rend par Daphné, près de Pélusium.
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HANIM,
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ville des montagnes de Juda, Josué 15:50. Eusèbe la
nomme Anaïa, et la met à 9 milles environ au sud de Hébron; elle est du reste
inconnue.
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HANNETONS,
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Joël 1:4; etc.
— Voir: Sauterelles; Deutéronome 28:42,
— Voir: Mouches.
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HANUN,
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2 Samuel 10:1; 1 Chroniques 19:2; sq., fils et
successeur de Nahas, roi de Hammon. David ayant envoyé des ambassadeurs pour
lui exprimer sa sympathie au sujet de la mort de son père, et le féliciter de
son avènement au trône, Hanun, jeune et sans expérience, plus enclin à croire
le mal que le bien, à ce qu'il paraît, accueillit trop avidement les soupçons
de ses courtisans, traita les envoyés du roi d'Israël comme des espions, leur
fit raser la moitié de la barbe, couper les vêtements jusqu'aux hanches, et les
renvoya ainsi déshonorés et comme des esclaves. Les sentiments bienveillants de
David se changèrent en une irritation violente; ce fut une déclaration de
guerre, et Hanun, malgré le secours que lui porta Hadadhéser, roi de Syrie, vit
d'abord son armée en déroute, puis sa capitale assiégée tomber entre les mains
de l'ennemi; les habitants de Rab-bath furent massacrés, et Hanun lui-même
périt, à ce que l'on croit, dans cette guerre où l'avait jeté une fougue
imprudente et mal conseillée.
— Sermon de Gaussen.
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HAPHARAJIM,
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dans la tribu d'Issacar, Josué 19:19. C'était encore
un bourg au temps d'Eusèbe.
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HAPHRA,
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ou plutôt en hébreu, Beth-le-Haphra, Michée 1:10,
ville inconnue du royaume de Juda.
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HAR,
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Nombres 21:15; Deutéronome 2:9, appelée encore
Har-Moab, Nombres 21:28; Ésaïe 15:1; Josué 13:25, ou Rabba, était la capitale
des Moabites, située au sud de l'Arnon. Les Grecs l'appelaient Aréopolis; elle
fut détruite au temps de saint Jérôme par un tremblement de terre. Quelques
voyageurs modernes, Burkhardt, Seetzen, en ont retrouvé les ruines, encore
assez considérables, d'une demi-lieue de circonférence, sur une colline qui
domine toute la plaine, à l'extrémité méridionale d'un ancien chemin pavé.
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HARA,
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district de l'Assyrie dans lequel furent transportés
quelques colons israélites, 1 Chroniques 5:26. D'après Bochart, ce serait
l'Aria de Ptolémée et de Strabon, entre les Parthes et l'Indus. Rosenmuller y
voit la grande Médie ou l'Irak de nos jours, contrée montagneuse comme l'indiquerait
déjà son nom (har, montagne); et cette opinion se recommande par le fait que
les noms de Chalach et de Gozan, qui sont joints à celui de Hara, désignent des
districts en effet plus occidentaux que l'Aria de Bochart.
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HARABA,
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Josué 18:22, dans la tribu de Benjamin,
— Voir: Bethabara.
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HARAD,
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ville cananéenne du midi de la Palestine, et résidence
d'un petit roi, Nombres 21:1; 33:40. Elle était au nord-ouest du désert de
Juda, et fut donnée à cette tribu, Juges 1:16; Josué 12:14. Eusèbe la met à 20
milles de Hébron, et à 4 de Malatha dans le voisinage du désert de Kadès, ce
qui concorderait assez bien avec la donnée de Nombres 21:1.
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HARAN,
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père de Lot, frère, peut-être cadet, d'Abraham, et
fils de Taré. L'historien sacré ajoute qu'il mourut sous les yeux de son père,
détail qui méritait bien d'être noté à une époque où la vie était longue, calme
et sans grands accidents; il laissa Lot orphelin de bonne heure, et mourut
ayant probablement moins de soixante-dix ans; car, 12:4, Abraham part âgé de
soixante-quinze ans, et Lot avait sans doute déjà perdu son père à cette
époque, puisqu'il accompagna l'aîné de ses oncles, comme son tuteur naturel.
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HARBONA,
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le troisième des sept eunuques qui se tenaient devant
Assuérus, et qui reçurent l'ordre d'amener la reine Vasti devant les seigneurs
attablés, Esther 1:10. Il assista plus tard à la disgrâce d'Haman, et c'est lui
qui fit remarquer au roi et à la reine que le gibet qu'Haman avait fait dresser
pour le fidèle Mardochée était tout prêt, 7:10. Il hâta ainsi peut-être la mort
du favori dont on peut croire qu'il était l'ennemi personnel, et sut se mettre
dans les bonnes grâces d'Ester, en rappelant habilement devant elle le service
important que son parent avait rendu au roi.
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HAREPH,
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père, ou chef de Bethgader, ville inconnue de la tribu
de Juda, 1 Chroniques 2:51.
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HARGOL,
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Lévitique 11:22.
— Voir: Sauterelles.
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HARIEL,
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Ézéchiel 43:15-16, est mal écrit avec une h.;
— Voir: Ariel.
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HARKIENS,
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Genèse 10:17; 1 Chroniques 1:15, peuplade cananéenne.
On retrouve ce nom dans la ville d'Arka dont parlent Pline et Ptolémée, au pied
nord-ouest du Liban; sous les empereurs romains elle portait le nom de Cæsarea
Libani, mais chez les auteurs arabes du moyen âge elle a conservé son ancien
nom. Elle fut prise par les croisés, et l'on en voit encore les ruines; une
colline sur laquelle se trouvait, ou la citadelle de la ville, ou un temple, s'appelle
Tel-Arka.
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HAROD,
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source, et peut-être aussi ville non loin de la
montagne de Guilboah et près de Jizréhel; Gédéon y campa avec ses 32,000 hommes
la première nuit de son expédition contre Madian, Juges 7:1; cf. 2 Samuel
23:25.
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HAROHER.
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Trois villes de ce nom:
1. dans
la tribu de Juda, 1 Samuel 30:28;
2. ville
aux bords de l'Arnon sur les frontières de Moab, Deutéronome 2:36; 3:12; Josué
12:2; Jérémie 48:19. Elle fut donnée à la tribu de Ruben, Josué 13:16.
Burkhardt a retrouvé sur la rive septentrionale de l'Arnon des ruines qui
portent encore le nom de d'Araayr près d'une paroi de rochers.
3. Une
troisième dans la tribu de Gad, voisine du Jabbok et de Rabbath-Ammon, Josué
13:25; Juges 11:33. Le torrent qui partage la ville en deux parties, 2 Samuel
24:5, était peut-être un des bras, ou un affluent du Jabbok. Quelques auteurs
confondent ces deux dernières villes en une seule, mais cf. Josué 13:16 et 25.
Quant au passage Ésaïe 17:2, les villes de Haroher
signifient sans doute les villes voisines de Haroher, et l'on peut, comme le
font quelques auteurs, penser à la ville de ce nom dans la tribu de Gad
(Gesenius, Hitzig), mais c'est forcé, puisqu'il s'agit d'une prophétie contre
Damas. Une seconde explication part de la signification même du mot Haroher,
genévrier (tamarisc ou bruyère), Jérémie 48:6; comme ces arbustes étaient très
communs, on peut croire que le nom l'était aussi, et qu'il aura pu se trouver
plusieurs villes de ce nom (comme Genève); on admettrait donc une ville
d'Haroher dans les environs de Damas; Ptolémée nomme en effet une ville de
Syrie Auéïra. Une troisième explication indiquée par Calvin est peut-être plus
sûre et plus simple; il considère Haroher comme un nom purement appellatif,
dérivé du verbe harar, être nu, dépouillé, isolé, de sorte que le sens serait:
«Les villes mises à nu seront abandonnées», quoique pour la forme Haroher doive
rester nom propre, la personnification d'un état de choses.
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HAROSETH des Gentils,
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ville du nord de la Palestine, située dans le district
de la Galilée, q.v. C'était la résidence du général Siséra, Juges 4:2; 13:16;
— Voir: Chorazin.
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HARPE.
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Instrument que l'on a lieu de croire désigné par
l'hébreu nébel; les langues occidentales ont emprunté le même mot pour désigner
la même chose, nabla chez Athénée, nablium chez Ovide; d'après Flavius Josèphe
elle avait douze cordes et se jouait avec la main; saint Jérôme avec plusieurs
autres auteurs lui donnent la forme d'un delta renversé v, ce qui s'accorde
encore passablement, si l'on veut, avec la signification appellative du mot
(nebel, outre, cruche). Le nombre des cordes a du reste varié, et chez les
Hébreux, il y avait des harpes à dix cordes seulement. Psaumes 33:2; 144:9.
— L'Écriture Sainte parle encore de la harpe, Psaumes
57:9; 81:3; 92:4; 108:3; Ésaïe 5:12; Amos 5:23; 6:5; cf. aussi Psaumes 71:22; 1
Chroniques 16:5; où nebel est traduit par musette, de même que 1 Rois 10:12; 2
Samuel 6:5.
Une autre opinion voit dans le nebel la lyre, et la
harpe à dix cordes dans kinnor, que nos versions ont malheureusement traduit
par violon, Genèse 4:21; 2 Samuel 6:5; 1 Rois 10:12, et ailleurs. Le kinnor
était l'instrument dont jouait le roi David, et on se le représente plus
volontiers avec une harpe qu'avec un violon à quatre cordes et un archet,
d'autant plus qu'il jouait avec la main sans autre secours pour faire résonner
les cordes de son instrument, 1 Samuel 16:16,23; 18:10; 19:9. Le nom de kinnor
vient du verbe canar qui indique le bruissement de l'air frôlé par les cordes
ou par toute autre résistance à la fois dure et élastique; on pourrait lui
donner comme proches parents bien des mots en différentes langues, en grec
κινύρα, en latin canere, et gingritus qui se dit du cri ou
du sifflement de l'oie. Les mots français canard et canari rappellent
accidentellement par leur assonance une étymologie avec laquelle ils n'ont
aucun rapport. Quoi qu'il en soit, le kinnor désigne comme le nebel un
instrument à cordes qui est mentionné encore Psaumes 33:2; 43:4; 49:5; 71:22;
Job 30:31; Ésaïe 5:12, et qui est peu facile à déterminer. Le kithros de Daniel
3:5, est probablement l'un ou l'autre des instruments; nos versions l'ont traduit
par harpe.
— Voir: Musique.
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HASABIA,
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— Voir: Sérébia.
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HASAËL,
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— Voir: Hazaël.
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HASAN ou Gor Hasan,
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1 Samuel 30:30, ville lévitique de la tribu de Siméon,
1 Chroniques 5:32; 6:59; Josué 19:7, à 15 ou 16 milles à l'ouest de Jérusalem.
________________________________________
HASMAL,
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— Voir: Airain.
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HASTAROTH ou
Hastoreth,
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1. (ou
Hastoreth).
— Voir: Caldéens et Bahal.
2. Ville
du royaume de Basan, Deutéronome 1:4, qui fut donnée à la demi tribu de
Manassé, Josué 13:31, puis aux lévites de la famille de Guersom, 1 Chroniques
6:71. Elle était primitivement la capitale d'un des deux royaumes fondés par
les Amorrhéens dans le haut pays oriental; elle était située au nord du Jabbok,
et portait aussi le nom de Hasteroth de Carnaïm, Genèse 14:5; il s'y trouvait
une race de géants qui fut battue par Kédor-Lahomer et ses alliés. D'après
Eusèbe, elle était à 6 milles d'Édréhi et à 25 de Bostra.
— L'addition de Carnaïm (cornes) n'indique pas qu'elle
fût située entre deux pics ou dents de montagnes, mais elle se rapporte plutôt
au culte d'Astarté qui était, au dire de Sanchoniathon, représentée sous
l'image d'un taureau à longues cornes. Le Carnaïm dont il est question, 1
Maccabées 5:43, est le même lieu incontestablement. Un village nommé Mézaraïb
occupe aujourd'hui la place de Hastaroth.
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HATALIE,
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— Voir: Athalie.
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HATAROTH,
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1. ville
de Gad, Nombres 32:3,34, propre à tenir du bétail, ce qui fut cause de la
demande que firent les Gadites de pouvoir s'établir dans la partie
transjourdaine du pays.
2. Ville
frontière de la tribu de Benjamin, Josué 16:7; c'est la même que Hatroth-Addar,
Josué 16:5; 18:13.
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HATHAC,
________________________________________
1. Esther
4:4-10, un des eunuques d'Assuérus, qui servit d'intermédiaire entre Ester et
Mardochée, et dut être, par conséquent, dans la confidence de cette reine
juive, épouse d'un païen; il se montra serviteur fidèle et dévoué.
2. Ville
de Juda, 1 Samuel 30:30.
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HATROTH,
________________________________________
1. ville
de Gad, Nombres 32:35.;
2. de
Juda, 1 Chroniques 2:54.
________________________________________
HATSATSON-THAMAR
________________________________________
(multitude des palmiers), nom primitif de Henguédi,
q.v. cf. 2 Chroniques 20:2, et Genèse 14:7.
________________________________________
HATSOR,
________________________________________
1. ville
de la tribu de Juda, Josué 15:23; au verset 25 se trouve encore Hatsor
surnommée Haditha, c'est-à-dire, la nouvelle (Hadatta n'est pas le nom d'une
ville à part, comme l'indiquent nos versions). Eusèbe mentionne l'une et
l'autre.
2. Dans
la tribu de Nephthali, Josué 19:36. Elle fut d'abord la résidence d'un roi
cananéen, et le resta jusqu'aux jours de Débora, Josué 11:10; Juges 4:2.
Salomon la fit plus tard fortifier, 1 Rois 9:15, ce qui n'empêcha pas le roi
d'Assyrie Tiglath-Piléser de s'en emparer, 2 Rois 15:29. D'après Flavius
Josèphe, elle était située au-dessus du lac Mérom.
3. Dans
Benjamin, Néhémie 11:33.
4. Petit
royaume dont il est parlé, Jérémie 49:28, probablement un district de l'Arabie,
voisin de celui de Kédar. Le nom hébreu hatsor pris appellativement, signifie
une maison rustique, ou, collectivement, un assemblage de maisons rustiques, un
village dont les habitants pourraient être en conséquence opposés à ceux qui
vivent nomades sous des tentes, c'est-à-dire, aux habitants de Kédar. Les deux
pays seraient ainsi désignés par le caractère de leur genre de vie.
________________________________________
HAUVIENS,
________________________________________
peuplade cananéenne qui avait dressé ses tentes sur
les rivages de la Méditerranée dans la partie méridionale de la Palestine, vers
la contrée de Gaza, mais que déjà, avant l'entrée des Israélites en Canaan, les
Caphtorim (Philistins) avaient dépossédée, repoussée et presque entièrement
détruite, Deutéronome 2:23. La contrée qu'elle occupait primitivement, ou
peut-être celle où s'étaient réfugiés les derniers débris de cette petite
nation, est rappelée parmi celles dont Josué devait encore faire la conquête,
Josué 13:3.
________________________________________
HAVA, ou Hiwa,
________________________________________
2 Rois 17:24, ou Hiwa, 2 Rois 18:34; 19:13; Ésaïe
37:13, capitale d'un petit état monarchique dont les Assyriens s'emparèrent, et
dont Salmanasar envoya des habitants comme colons en Samarie. Il n'en reste
aucune trace ni dans les anciens auteurs ni dans les ouvrages modernes de
topographie orientale. Quelques-uns ont pensé au fleuve Ahava, Esdras 8:21,
d'autres à la ville phénicienne d'Avatha, ou à celle d'Abeje entre Béryte et
Sidon, qui était la résidence d'un chef des Druses; mais tout cela est plus
qu'incertain.
________________________________________
HAVILA.
________________________________________
1. Contrée
mentionnée Genèse 2:11. Elle est traversée par le Pison et il s'y trouve de
l'or. Bohlen voit dans ce pays l'Arabie méridionale, Gesenius l'Inde, Bochart
la Nubie; chacun s'est fait son système, mais on n'a pas assez considéré le contexte,
et remarqué que le pays de Havila doit être traversé par un des quatre fleuves
qui sortent du Paradis. Si l'on s'écarte du système que nous avons développé à
l'article Déluge, le Havila ne peut guère être autre chose que la Colchide des
anciens. Voici les observations par lesquelles on justifie ordinairement cette
manière de voir (Reland, Winer).
a. L'affinité
étymologique entre ces deux mots. Havila s'écrit en hébreu Chavilah, et sans
les voyelles, Chvlh ou Cholh, c'est-à-dire Colchide moins la terminaison,
b. Les
anciens, et notamment Strabon, 15, racontent que l'on trouvait beaucoup d'or
dans cette contrée; le Phasis qui la traverse en charriait passablement, et les
habitants du pays, pour s'en procurer, faisaient passer les eaux du fleuve sur des
peaux de mouton: de là la fameuse fable de la toison d'or dont s'emparèrent les
Argonautes,
c. La
mer Caspienne, qui baigne l'ancienne Colchide, s'appelle encore actuellement
chez les Russes Chwalinskoje More, nom qui dérive d'un ancien peuple sur lequel
Müller, dans le Magasin géographique de Büsching dit: «Il n'y a que les auteurs
russes qui nous parlent du peuple des Chwalissi, lequel a la même origine que
les Slaves, et encore n'en disent-ils pas grand'chose; ils racontent que ce
peuple a habité sur les bords du Volga près de la mer Caspienne. Ce nom dérive
de Chwala qui a la même origine que Slawa.
2. Petit-fils
de Cam par Cus. Genèse 10:7.
3. Descendant
de Sem par Héber et Joktan, Genèse 10:29. Ce sont deux peuplades inconnues; le
nom de Havila se retrouve en plusieurs endroits de l'Asie antérieure et du
nord-est de l'Afrique. Strabon, 16:4, parle d'une peuplade arabe nommée
Chaulotiens, ou Chaulotes; et Ptolémée, 4:7, mentionne une ville de commerce,
Avalite, et un golfe du même nom sur la côte d'Afrique, 12e lat, nord. On
trouve aujourd'hui encore, en Arabie, une ville de ce nom (— Voir: Niebuhr), et
deux peuplades appelées Chaoulan, dans la contrée d'Iémen.
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HAVITH,
________________________________________
Ville iduméenne, Genèse 36:33; 1 Chroniques 1:46.
________________________________________
HAVRAN,
________________________________________
Ézéchiel 47:16,18, district au nord-ouest de la
Palestine, l'un des trois grands bassins du haut pays oriental, celui qui
primitivement portait le nom de Basan. On s'élève par des pentes peu sensibles
vers la grande plaine (ou plateau) basaltique de l'Hauran; le sol en est
fertile, les terres sont noires, légères et sans pierres; il y croît le
meilleur blé de Syrie: dans les pâturages, les herbes sont si abondantes et si
hautes que les chevaux s'y frayent avec peine un chemin, mais l'on ne rencontre
nulle part ni arbres ni buissons; l'Hauran est le séjour des Arabes bédouins. À
l'est s'élèvent les montagnes du même nom qui forment la barrière entre le
désert et les pays cultivés; cette chaîne a dix lieues de longueur, et l'on
trouve encore à son extrémité méridionale les vastes ruines grecques et
romaines de Bostra; Édréhi était également située sur son territoire. L'Hauran
était divisé en cinq provinces, la Gaulanite ou le Golan, l'Iturée ou Gessur
(Luc 3:1), l'Auranite ou la plaine du centre, la Batanée ou les montagnes, et
la Trachonite au nord de la précédente. De nos jours encore les géographes
arabes appellent Hauran un grand district au sud de Damas (Bræm).
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HAZAËL.
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1. Fils
de Tséruïa, la sœur de David, et par conséquent neveu de ce monarque et frère
de Joab, 1 Chroniques 2:16; 2 Samuel 2:18. Il était «léger du pied comme un
chevreuil qui est par les champs;» l'Écriture relève cette circonstance, comme
font tous les poètes et même les historiens de l'antiquité, parce que dans ces
combats à l'arme blanche la légèreté à la course était un grand avantage, soit
pour la fuite, soit pour la facilité des mouvements (Achille aux pieds légers,
Diomède, Ajax, Dolon). Hazaël prit le parti de son roi contre Abner qui voulait
appeler au trône le fils de Saül; Abner ayant été défait, Hazaël le poursuivit,
et l'atteignit; Abner reconnaissant en lui le neveu de David, soit mépris, soit
ménagement, soit pitié, refusa de se battre avec lui, et l'engagea à s'adresser
à quelque autre ennemi moins habile et moins redoutable; mais Hazaël refusa de
se détourner à droite ou à gauche, et Abner finit par le frapper de sa
hallebarde, presqu'à regret, semble-t-il, et retendit raide mort à ses pieds
non loin de Gabaon. La mort de ce jeune et présomptueux héros fut vengée par
son frère le général, qui frappa le meurtrier à la cinquième côte, comme
celui-ci avait frappé sa victime, 2 Samuel 3:27.
— Hazaël se trouve dans les deux listes qui nous sont
conservées des héros de l'armée de David, 2 Samuel 23:24; 1 Chroniques 11:26;
il y est nommé comme le chef des 30 guerriers qui formaient le troisième ordre.
2. Officier
de Ben-Hadad roi de Syrie. Il fut désigné de Dieu pour succéder à son maître,
en même temps que Jéhu pour régner sur Israël, et Élisée pour remplacer Élie, 1
Rois 19:15; mais le prophète Élie à qui fut d'abord révélée l'usurpation
d'Hazaël, et qui fut même chargé de l'oindre pour roi, ne paraît pas avoir pu
exécuter cet ordre. Plus tard Élisée étant à Damas reçut la visite d'Hazaël,
qui vint accompagné de quarante chameaux chargés du tout ce qu'il y avait de plus
précieux, le consulter de la part du roi qui était malade. Élisée lui annonça
la mort de son maître, puis il fondit en larmes en voyant dans l'avenir
d'Hazaël tous les maux qu'il ferait souffrir au peuple de Dieu, et lui déclara
en pleurant qu'il serait un jour roi de Syrie; Hazaël, effrayé de la peinture
hideuse que le prophète lui faisait de sa future domination, s'écria: «Qui est
ton serviteur, qui n'est qu'un chien, pour faire de si grandes choses?» Mais au
lieu de rentrer en lui-même, il vit dans les paroles du prophète une
consécration de son crime, comme si l'annonce d'un fait en était la
justification, et le lendemain il étouffa son maître sous le poids d'une
épaisse couverture trempée d'eau, 2 Rois 8. À peine fut-il monté sur le trône
qu'il déclara la guerre à Joram roi d'Israël, à cause de la ville de Ramoth de
Galaad qui était toujours dans la possession des Syriens, mais sur laquelle les
rois d'Israël ne cessaient d'élever des prétentions: Joram, quoique secondé par
Achazia roi de Juda, fut vaincu et lui-même grièvement blessé, 2 Rois 8:28;
9:15 (883 ou 884 avant J.-C.). Hazaël se tourna ensuite sous Joas contre Juda,
menaça Jérusalem, et lui imposa un fort tribut, 12:17. Il fut plus heureux
encore dans ses entreprises contre le gouvernement de l'usurpateur Jéhu; il
inonda de ses troupes les contrées transjourdaines, et se distingua par ses
cruautés comme par ses victoires, 2 Rois 10:32; 13:7; cf. Amos 1:3-4,
accomplissant ainsi les prophéties d'Élisée, et faisant des choses dont il ne
se serait pas cru capable avant son premier crime. Il asservit également Israël
sous Joachaz, successeur de Jéhu, 2 Rois 13:3. Sa mort seule mit un terme à ses
succès et à ses barbaries, 13:25.
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HAZAR ou Hatsar.
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Ce mot signifiant en hébreu cour, parvis, localité,
village, et pouvant même s'appliquer aux campements nomades, il se trouve en
tête d'un grand nombre de noms propres; ainsi:
Hazar-Addar, à la frontière sud de la Palestine, dans
la tribu de Juda, Nombres 34:4, aussi nommé Addar, Josué 15:3.
Hazar-Gadda, Josué 15:27, dans la tribu de Juda.
Hazar-Hénan, Nombres 34:10. Ézéchiel 48:1, ou
Hazar-Hénon, Ézéchiel 47:17, à la frontière septentrionale de la Palestine
(cour de la source).
Hazar-Sual, au midi de la tribu de Juda, Josué 15:28;
Néhémie 11:27; 1 Chroniques 4:28 (cour du renard).
Hazar-Susa ou Susim, dans la tribu de Siméon, Josué
19:5; 1 Chroniques 4:31 (cour des chevaux).
Hazar-Hatticon (bourgs d'entre-deux), Ézéchiel 47:16,
ville sur les frontières de l'Hauran.
Hazar-Maveth (parvis de la mort), peuplade arabe,
descendant des Joktanides, Genèse 10:26. Elle porte maintenant encore cet
ancien nom peu modifié, celui d'Hadramaut, et Niebuhr en fait une description
magnifique: l'encens et la myrrhe s'y trouvent en abondance. C'est l'Adramite
des Grecs et des Romains,
— Voir: Hadoram.
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HAZARIA.
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Il y a eu sous ce nom un prophète, deux rois de Juda,
quatre grands prêtres, deux chefs de tribu, un officier de Nébucadnetsar, et
plusieurs autres personnages.
1. Prophète,
fils de Hoded, et portant peut-être aussi lui-même le nom de Hoded, 2
Chroniques 15:1; cf. 8. Il se rendit à la rencontre d'Asa qui revenait après
une victoire signalée sur les Éthiopiens, et, s'adressant à lui et à ses
troupes, il leur parla des bénédictions qui accompagnent ceux qui marchent avec
l'Éternel. «Si vous le cherchez, dit-il, vous le trouverez; mais si vous
l'abandonnez, il vous abandonnera.» Il leur rappela les malheurs du pays
lorsque le culte du vrai Dieu était négligé, sa prospérité croissante avec le
retour de la piété, et finit par cette parole si remarquable: «Il y a une
récompense pour vos œuvres.» cf. Galates 6:7. Asa reprit en effet un nouveau
courage, et extermina tous les restes d'idolâtrie qui se trouvaient encore dans
ses états.
2. Dixième
roi de Juda, 2 Rois 14:21.
— Voir: Hosias.
3. 2
Chroniques 22:6.
— Voir: Achazia.
4. Successeur
d'Ahimahats.
— Voir: Prêtres.
5. Fils
de Johannan, grand prêtre sous le règne d'Hosias. Il résista courageusement à
ce monarque qui, enorgueilli de ses succès comme roi, voulait empiéter sur les
droits des prêtres et mettre la main aux choses saintes. Il pouvait payer de sa
tête sa résistance, mais Dieu récompensa sa fidélité en frappant de lèpre le
coupable, 2 Chroniques 26:17. Sa sacrificature semble relevée avec honneur 1
Chroniques 6:10, et le seul fait que nous connaissions suffit en effet à la
distinguer. Hazaria n'a fait que ce qu'il devait, mais il l'a fait.
6. Hazaria,
Bérécia, Ézéchias et Hamasa, Éphraïmites, remplissaient dans le royaume des dix
tribus des fonctions qui ne sont pas très clairement déterminées par le nom de
chefs qui leur est donné; elles étaient importantes comme ce nom l'indique, et
leur conduite prouve également qu'ils jouissaient d'un grand crédit. Ayant
entendu les paroles du prophète Hoded, ils se rendirent au devant de leur roi
Pékach qui revenait avec son armée, amenant captive une grande multitude d'hommes
et de femmes du royaume de Juda (sous le règne d'Achaz), et s'adressant à
l'armée, ils demandèrent qu'on rendît immédiatement la liberté aux prisonniers,
sans aucune distinction, et qu'Israël n'ajoutât pas à tous ses autres crimes
celui de réduire à l'esclavage ses frères de Juda. L'armée entière répondit à
ces paroles généreuses; on se hâta de délivrer les prisonniers, on leur rendit
le butin qu'on avait fait sur eux. Et pour ne pas laisser incomplète leur œuvre
d'excellente charité, Hazaria et ses trois amis pourvurent à ce que rien ne
manquât à ceux qu'ils venaient de délivrer; ils leur fournirent des vêtements
et de la nourriture, et les accompagnèrent eux-mêmes avec des ânes jusqu'à
Jéricho, chez leurs frères, 2 Chroniques 28:12.
— Ce trait, peut-être unique dans l'histoire ancienne,
montre combien les inspirations du Dieu d'Israël étaient plus nobles, plus
humaines, que celles des religions ou de la politique de l'antiquité.
7. Hazaria,
principal sacrificateur, de la famille de Tsadoc, aida Ézéchias dans les
travaux qu'il fit pour rétablir extérieurement et spirituellement le culte du
vrai Dieu. Les dîmes entre autres ayant été rétablies, le peuple montra tant
d'empressement à apporter ses offrandes, qu'il y en eut abondamment de reste,
même après que les prêtres eurent prélevé la portion ordinaire de leur
entretien; on mit ces dîmes par monceaux, et le roi s'étant informé de ce que
c'était et ayant appris par Hazaria que c'étaient les dîmes consacrées qui
n'avaient pu trouver place dans la maison de l'Éternel, il y lit préparer de
nouvelles chambres, et même de nouveaux intendants pour en prendre soin.
— Hazaria est appelé gouverneur et conducteur de la
maison de Dieu, 1 Chroniques 9:11; 2 Chroniques 31:13.
8. Hazaria,
fils de Hosahja, Jérémie 43:2, appelé aussi Jézania, 42:1; 40:8, de Mahaca. Il
fut un de ceux qui restèrent en Palestine pendant l'exil du peuple: soumis à
Guédalia, il se montra prêt avec Johanan à frapper Ismaël l'ennemi de leur
chef; mais ce zèle pour un homme qu'il aimait n'était pas le zèle de la vérité,
et Hazaria fut un de ceux qui appuyèrent le plus violemment la proposition de
Johanan et de ses amis de quitter la Judée pour l'Égypte. Il accusa Jérémie de
s'être laissé gagner par les ennemis du peuple pour proférer des mensonges, et
finit par exécuter ce plan d'émigration.
9. Daniel
1:6,
— Voir: Abed-Négo.
10. et
#11...
11. Deux
officiers de ce nom sont indiqués 2 Chroniques 23:1, comme ayant secondé le
souverain sacrificateur Jéhojadah pour assurer la vie et la royauté de Joas
fils d'Achazia contre les cruautés d'Athalie.
12. et
#13...
13. Deux
fils de Josaphat roi de Juda, 2 Chroniques 21:2.
14. —
Voir: Prêtres.
Ce nom se retrouve encore plusieurs fois, mais sans
que nous sachions rien sur ceux qui le portaient; d'après Tobie 5:15, l'ange
Raphaël prit ce nom, qui signifie secours de Dieu, lorsqu'il s'offrit pour
conduire le jeune Tobie dans son voyage.
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HAZAZEL,
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— Voir: Expiations.
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HAZÉKA,
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Josué 15:35, ville de la tribu de Juda, située au pied
du plateau, dans la plaine de Séphélah, 1 Samuel 17:1; Josué 10:10; Jérémie
34:7; Néhémie 11:30. C'est près de là, du côté de Soco, qu'étaient campés les
Philistins dans l'armée desquels se trouvait Goliath. Nébucadnetsar l'assiégea
et la prit, mais après le retour de la captivité les Juifs s'y établirent de
nouveau.
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HÉBAL,
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— Voir: Guérizim.
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HÉBED-MÉLEC
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(serviteur du roi), Jérémie 38:7, eunuque éthiopien,
sans doute prosélyte, et officier à la cour de Sédécias.
Ayant appris les mauvais traitements dont Jérémie
était la victime, il se rendit auprès du roi, intercéda pour le prophète, et
reçut l'ordre de le délivrer; aussitôt il court à la fosse au fond de laquelle
Jérémie est comme enseveli dans la boue, lui jette des cordes et des haillons
qu'il passe sous ses bras, et le rend à la liberté et à la vie. Cet étranger,
en luttant contre le parti si puissant de Guédalia, avait exposé ses jours; son
courage et sa générosité furent récompensés; Jérémie annonça à Hébed-Mélec, 39,
17, qu'il serait le tranquille témoin de la prise et de la destruction de
Jérusalem, et qu'il ne lui arriverait aucun mal.
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HÉBER,
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1. Genèse
10:24; 11:14 (1 Chroniques 1:25; Luc 3:35), arrière-petit-fils de Sem, fils de
Sélah et ancêtre d'Abraham par six générations. Il devint père de Péleg, à
l'âge de cent trente-quatre ans, et mourut âgé de quatre cent soixante-quatre
ans (1817 ans avant J.-C.), vingt-neuf ans après Sem, quatre ans après Abraham,
ayant ainsi enseveli six générations, et voyant Jacob qui formait la huitième,
âgé de dix-neuf ans. Il avait vécu deux cent quatre-vingt-trois ans avec Noé.
Héber est le dernier des patriarches à longue vie, et, comme on vient de le
dire, il survit à ses fils, petits-fils et arrière-petits-fils, jusqu'à la
sixième génération; la vie du plus âgé d'entre eux va jusqu'à deux cent trente
ans, et Nacor meurt à cent quarante-huit.
C'est de ce patriarche que les Hébreux ont pris leur
nom, et l'on ne sera pas étonné que parmi tous ses ancêtres Abraham ait choisi
celui-ci pour en faire plus spécialement le chef de sa postérité, si l'on
réfléchit à ce qui a été dit sur la longévité proportionnellement si grande de
Héber, si on se le représente à travers les siècles présidant toujours à de
nouvelles naissances et à de nouvelles morts; si l'on se rappelle que jusqu'à
Héber aucun des ancêtres d'Abraham n'a été proprement un chef de famille,
puisqu'Héher était toujours au-dessus d'eux; si l'on se rappelle enfin que
c'est au temps d'Héber qu'eut lieu la dispersion des peuples révoltés, et que
la famille hébérienne ayant soigneusement conservé le bon dépôt de la vérité,
il importait à Abraham de se rattacher à elle par un même nom, comme il lui
était uni déjà par une même foi.
— Peut-être aussi la signification du nom d'Héber (de
l'autre côté, au-delà), est-elle entrée pour beaucoup dans le choix qu'Abraham
a fait de ce nom. «C'est en Abraham que le nom d'Héber trouve son
accomplissement littéral; car les descendants d'Héber par Péleg s'établirent
au-delà de l'Euphrate, tandis que les autres ne franchirent pas ce fleuve.»
Schrœder. C'est aussi l'explication de Jarchi et de Maïmonides. Nombres 24:24,
Héber est mis pour les Hébreux, comme ailleurs Israël pour les Israélites.
2. Héber,
descendant de Hobab le beau-frère de Moïse. Sa famille, sans doute prosélyte,
s'attacha d'abord à la tribu de Juda, et s'établit à Jérico; puis elle
descendit vers le sud, et dressa ses tentes dans les déserts de Juda, près de
Harad, ou même plus au sud encore, sur le territoire d'Hamalec, 1 Samuel 15:6.
Il paraît que Héber se sépara de sa famille lors de la guerre de Jabin, car on
le trouve à cette époque établi avec Jahel, sa femme, auprès d'une forêt de
chênes vers Kédès, où ses tentes sont dressées, Juges 1:16. 4:11; 5:24. Il
était Kénien d'origine, et compta dans sa postérité Réchab et Jonadab, 2 Rois
10:15.
3. Héber,
1 Chroniques 4:18; Josué 15:35, père de Soco, ville de Juda.
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HÉBREUX
________________________________________
Pour éviter des répétitions inutiles, et pour ne pas
renfermer sous ce titre tous les articles du Dictionnaire, car il serait facile
de grouper en un seul article tout ce qui concerne la vie nationale des
Hébreux, leur législation, leurs coutumes, leur religion, leur histoire, la
géographie de leur pays, etc., nous devons renvoyer aux articles spéciaux, et
nous borner ici à quelques considérations générales sur leur langue et sur leur
histoire.
La langue hébraïque est appelée, dans l'Ancien
Testament, langue de Canaan, Ésaïe 19:18, et langue judaïque, 2 Rois 18:26;
Néhémie 13:24. Les Juifs, dans leurs Targums, l'appellent volontiers langue
sainte, et le Nouveau Testament l'appelle langue ou dialecte hébraïque.
L'hébreu appartient à la catégorie de langues qu'on a longtemps appelées
orientales d'après saint Jérôme, et que l'on a commencé depuis quelques années
à appeler sémitiques, dénomination plus précise, quoiqu'elle laisse encore
quelque chose à désirer. L'hébreu est une langue pauvre en mots; il n'en
possède que 5,642, d'après le savant Leusden, et à peine 500 racines; mais il
est riche par l'ingénieux développement de son organisme grammatical, la
flexibilité de ses verbes, et le grand nombre de nuances synonymiques qu'il
possède, principalement pour exprimer des idées abstraites: ainsi l'on a compté
18 mots pour l'idée de briser, broyer; 14 pour la confiance en Dieu; 25 pour
l'observation de la loi, etc.
— Voir: sur ce sujet, qui n'intéresse directement
qu'un petit nombre de personnes, l'excellente grammaire de M. le professeur
Preiswerk (Genève 1838), et, en allemand, celles de Gesenius, de Freytag,
d'Ewald et de Stier (1re partie).
Nous n'indiquons que celles-là, quoiqu'il y en ait
d'autres en latin, en allemand, en anglais, et même en français (Cellérier);
mais elles sont, les unes abandonnées, les autres discréditées, faibles ou
mauvaises, et les cinq ci-dessus nommées, surtout le Lehrgebaüde de Gesenius,
et celui de Stier, suffisent amplement pour une étude approfondie du texte
sacré, comme la grammaire française de Preiswerk suffit à celui qui veut
seulement se mettre à même d'étudier dans l'original le sens de la parole
divine: l'introduction à ce dernier ouvrage renferme l'histoire de la langue
hébraïque, et des considérations générales sur la structure de l'hébreu, qui ne
seront pas sans intérêt même pour des lecteurs étrangers à cette étude.
L'histoire des Hébreux appartient à la partie la plus
admirable et la plus sûre de l'histoire ancienne, et quoiqu'elle se présente
rarement unie à celle des autres nations, quoiqu'elle ne soit guère entrée dans
le concert politique de ces temps reculés, elle n'en mérite pas moins, comme
elle l'a toujours obtenue, l'attention des sages, des savants et des
historiens. L'Écriture sainte est la seule source authentique qui nous ait
transmis les faits et gestes des Hébreux; es qu'en racontent les auteurs
profanes est empreint de l'ignorance dans laquelle ils étaient sur une nation
qui leur fermait en quelque sorte ses portes par son isolement, et l'on trouve
chez eux les fables les plus ridicules et les accusations les plus étranges;
Flavius Josèphe qui a puisé aux sources inspirées, peut être accusé d'avoir
quelquefois embelli par patriotisme, et aux dépens de l'exacte vérité, les
faits dont il avait connaissance; mais son histoire n'en est pas moins utile à
consulter,
— Voir: encore en français Prideaux et G. Monod
(Essai, etc.).
On divise ordinairement en quatre, périodes l'histoire
des Hébreux jusqu'à l'exil:
1. D'Abraham
à Moïse, environ 600 ans;
2. de
Moïse à l'établissement de la royauté, 500 ans;
3. de
Saül à Salomon, 120 ans;
4. depuis
le schisme des deux royaumes jusqu'à l'exil, 387 ans (de 975 à 588 avant
J.-C.).
Dans la première période, la postérité d'Abraham se
multiplie et devient peuple; dans la seconde, elle reçoit et accepte une
constitution théocratique dont Dieu est le roi: c'est une époque de miracles,
l'intervention divine dans le gouvernement direct; dans la troisième,
changement de constitution: le roi est faillible, et le sort du peuple dépend
de la fidélité de son roi; dans la quatrième, rivalités, schismes, usurpations,
guerres civiles, meurtres, idolâtrie et châtiments. Avec Juda, Jérusalem tombe
en ruines, 587 avant J.-C. Le chef-lieu politique et le sanctuaire religieux
sont renversés; le peuple est emmené captif, il n'y a plus de Juifs, mais
seulement des colons, et les Hébreux eussent perdu à tout jamais leur
nationalité, s'ils eussent pu la perdre.
Épître aux Hébreux. Elle a été écrite pour des Juifs,
comme son titre l'indique, ou pour des chrétiens convertis du judaïsme; il
paraît en outre, par divers détails, qu'elle était adressée à une congrégation
particulière; cela se voit par la salutation que l'auteur adresse à ses lecteurs
de la part des fidèles d'Italie, et par la promesse qu'il leur fait de se
rendre bientôt auprès d'eux avec Timothée. Storr a pensé aux Juifs de la
Galatie, Bengel à ceux de l'Asie Mineure (Pont, Cappadoce, Galatie et
Bithynie); Semler à ceux de la Macédoine, d'autres à ceux de Home, d'autres à
ceux d'Espagne, Ziegler et Bœhme à ceux d'Antioche, Hase à ceux d'une portion
peu visitée de la Palestine, que notre Sauveur n'avait pas évangélisée, et qui
était livrée aux influences des Nazaréens et des Ébionites. On voit que les
hypothèses ont fait le tour de l'empire romain; on a cherché les Hébreux
partout ailleurs que dans leur siège naturel, la Palestine, et Jérusalem en
particulier; c'est là cependant qu'il faut, selon toute apparence, les
chercher; les lecteurs de cette épître se présentent en effet d'une manière
bien différente des Juifs ou des judaïsants, ordinairement combattus par saint
Paul; on voit en eux des hommes qui ont conservé un grand attachement pour le
régime lévitique du temple, ainsi que pour la hiérarchie sacerdotale,
dispositions qui se comprennent mieux chez des habitants du centre théocratique
que chez des exilés. L'épître, d'ailleurs, ne trahit aucun indice de la
présence ou du voisinage de chrétiens d'origine païenne, ou de démêlés entre
les uns et les autres, et des allusions à ce fait n'eussent pas manqué, si les
Juifs s'étaient trouvés hors de leur patrie religieuse. Nous n'hésitons pas à
nous ranger sur ce point à l'opinion des Pères, Clément d'Alexandrie, Eusèbe,
Chrysostôme (?), Jérôme et Théodoret.
Le but de l'auteur est de détacher les chrétiens
judaïsants des formes extérieures auxquelles ils continuent d'accorder encore
trop d'importance. Quoique les Juifs convertis crussent bien à la doctrine
fondamentale, du christianisme, savoir que Jésus de Nazareth était le Messie
promis, cependant plusieurs d'entre eux ne comprenaient pas bien que son règne
différât en plusieurs points de l'économie de Moïse, et surtout ils ne
pouvaient pas se faire à l'idée que, pour accomplir cette loi en esprit, le
Messie l'abolirait dans ses formes. La loi de Moïse avait été virtuellement
abolie par la mort de la grande victime expiatoire, mais par tolérance, par
égard pour la faiblesse de conscience de quelques Juifs convertis, on leur
avait accordé encore la permission d'observer les cérémonies particulières de
cette loi, pourvu qu'ils ne les imposassent pas comme un joug aux gentils, et
qu'ils n'y cherchassent pas pour eux-mêmes leur justification, ou un degré plus
élevé de sanctification. Mais, malgré ces réserves, l'expérience montra que
cette indulgence temporaire n'avait pas été heureuse, car au lieu de croître
clans la connaissance de Christ comme fin de la loi et source de la justice,
ils continuaient à être zélés pour la loi cérémonielle, Actes 15, et 21, et à
se confier plus ou moins en leurs oeuvres comme moyen de salut, ce qui les
retardait dans la connaissance de l'Évangile, Hébreux 5:12-14. C'est à ce sujet
que l'apôtre crut devoir leur écrire pour les détourner de ce dangereux
formalisme; il s'applique essentiellement à établir cette grande vérité
générale, que l'économie mosaïque n'était qu'une économie inférieure, d'attente
et de figures, qui devait être et qui est remplacée par l'économie supérieure
des réalités, les prêtres et la loi ancienne étant infiniment inférieurs au
Grand Prêtre et à la loi de la nouvelle alliance, et ne leur ayant servi que de
types, comme cette loi elle-même en rendait témoignage. L'Épître aux Hébreux
est une lettre, et non point un traité, comme pourraient le faire croire ce
plan méthodique et régulier que l'on y trouve, ce style calme et travaillé,
cette marche soutenue et cette pensée logique qui en font aimer la lecture à
chacun. Les allusions à des faits de détail, et les salutations prouvent que
c'était une lettre. On peut cependant la considérer aussi comme un traité sur
les rapports de l'ancienne et de la nouvelle alliance, et cette question
n'importe pas. Une question plus grave a été soulevée, déjà fort anciennement,
sur l'auteur de cette épître: mais disons-le de suite, ce n'est pas une
question d'authenticité ou d'inspiration, c'est simplement une question
d'auteur. Des théologiens pieux peuvent admettre, et il y en a qui le font,
notamment Luther et Calvin, que l'épître aux Hébreux n'a pas été écrite par
Paul comme on le croit généralement, et il faut avouer qu'aucun témoignage
inspiré n'appuie la paulinité de cette épître, et qu'elle-même ne porte aucun
nom d'auteur (le nom de Paul n'a été ajouté au titre que beaucoup plus tard).
Ces théologiens acceptent comme inspirés tous les livres du Canon, et c'est
pour eux quelque chose de peu essentiel que tel ou tel livre ait été écrit par
tel ou tel disciple, apôtre ou prophète. C'est le seul point de vue à la fois
raisonnable et conforme au respect que l'on doit à la parole de Dieu: quelques
orthodoxes à vues étroites, ont oublié quelquefois que ce n'est pas la
paulinité qui importe, mais la divinité, et ils ont appelé rationalisme
l'opinion qui attribue cette épître à Apollos, Barnabas, Clément Romain, ou Luc:
c'est compromettre en pure perte et par une mesquine obstination, l'inspiration
même des saints écrits.
Mais cela étant dit, si nous en venons à la question
de fait, il nous paraît que la paulinité doit être maintenue. Les arguments
historiques sont faibles de part et d'autre, mais faibles surtout chez ceux qui
nient la paulinité, ce que plusieurs font par des raisons essentiellement
intérieures et dogmatiques. Saint Paul n'ayant pas mis son nom en tête de sa
lettre, sans doute pour ne pas effaroucher des lecteurs très prévenus contre
lui à cause de son radicalisme en religion, il n'est pas étonnant que les
auteurs nombreux qui ont cité cette épître, aient eux-mêmes négligé d'en nommer
l'auteur, et l'on ne peut rien inférer de ce silence. La recherche et l'examen
des témoignages historiques n'appartient pas au travail actuel, et cette
question si compliquée ne saurait être résolue que dans une dissertation
spéciale. Ajoutons seulement que si l'on n'adopte pas l'opinion de Bèze sur la
paulinité, l'opinion la plus raisonnable serait celle de Hug, qui veut que Luc
ait été le secrétaire de Paul en cette occasion; peut-être aussi celle
d'Olshausen qui pense que l'épître n'a pas été écrite au nom d'un individu,
mais au nom d'une Église où Paul se trouvait présent; l'apôtre l'aurait lue et
approuvée et y aurait ajouté une apostille de sa main.
Il est clair que la personne de l'auteur n'étant pas
connue d'une manière sûre, on a moins de données encore sur le lieu d'où
l'épître fut écrite, et sur sa date. On la fait ordinairement partir de Rome,
et en 63; A. Bost, Makenzie, etc. Parmi les nombreux ouvrages, dissertations,
et commentaires qui ont paru sur cette épître depuis quelques années, nous ne
citerons que les suivants: en allemand, Bleek et Tholuck; en anglais, Mac
Knight, Mac Lean, Mac Neil, Mandeville, et Moses Stewart; en français, une
excellente thèse du professeur Henri Laharpe, et l'Épître aux Hébreux
(brochure), avec notes et marginales, publiée à Genève.
L’épître aux Hébreux fut écrite de l’Itala, territoire
situé au nord-ouest de l’Italie où se trouvait l’église Italique ou Vaudoise
fondée par Corneille et ceux de sa maison (Actes 10:1; Hébreux 13:24),
lorsqu’ils retournèrent dans leur pays natal avec l’Évangile. L’apôtre Paul se
rendit en Espagne par une voie romaine située dans cette région.
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HÉBRON,
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ville de la tribu de Juda, et plus tard ville des
Lévites et ville de refuge, Josué 21:11,13; elle portait aussi le nom de Kiriath-Arbah,
ville d'Arbah, du nom de son fondateur, le père de Hanak, Josué 14:15; 15:13.
C'est une des plus anciennes villes du monde; elle fut bâtie sept ans avant
Tsohan d'Égypte, Nombres 13:23, et on la trouve déjà dans l'histoire des
patriarches: Abraham y dressa ses tentes, et plus tard il en fit son sépulcre,
celui de Sara et celui d'Isaac, Genèse 13:18; 14:13; 23:2; 37:14. L'Éternel
l'avait promise à son serviteur Caleb, et après que Josué en eut fait la
conquête et en eut tué le roi Horam, Josué 10:3; 23:39. Caleb, avec ses frères
de Juda, vint la réclamer, 14:6-13; 15:13. Josué lui accorda le droit de s'en
emparer et d'en chasser les Hanakins, ce qu'il fit avec le concours du vaillant
Hothniel, Juges 1:12-13, son neveu et gendre. Après la mort de Saül, David en
fit sa résidence, comme roi de Juda, pendant sept ans et demi, 2 Samuel 2:1;
5:3. Absalon y commença sa révolte, 2 Samuel 15:7, et Roboam la fit fortifier
en l'entourant de murailles, 2 Chroniques 11:10. Pendant la captivité de
Babylone, les Édomites s'étant jetés dans la partie méridionale de Juda,
s'emparèrent d'Hébron, mais après le retour de l'exil, nous la retrouvons dans
la possession de la tribu de Juda, Néhémie 11:25. Plus lard, pendant l'époque
des Maccabées, il paraît qu'elle retomba au pouvoir de l'Idumée, 1 Maccabées
5:65. Flavius Josèphe, Antiquités Judaïques 12, 8; 6. Enfin, dans la dernière
guerre des Juifs, elle fut prise parles Romains et brûlée, Flavius Josèphe,
Guerre des Juifs 4, 9; 9.
Hébron était située dans une contrée montagneuse,
fertile en gras pâturages, à 20 milles romains de Jérusalem, à l'ouest de la
belle vallée de Sittim, qui devint plus tard la mer Morte. On peut consulter,
pour la géographie comme pour l'histoire de cette ville, les voyages de
Schubert et de Robinson, et le Voyage au Levant, t. III. Elle est encore
aujourd'hui, sous le nom d'El Khalil, l'endroit le plus considérable de toute
la contrée sud; une verrerie et le commerce des raisins secs lui donnent une
certaine importance, et les Arabes des contrées environnantes y viennent
échanger leurs produits contre les objets qui leur manquent. On y compte 5 à
600 Juifs.
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HED
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(témoin), Josué 22:34. C'est le nom que les tribus transjourdaines
donnèrent à l'autel, ou monceau de pierres, qu'elles élevèrent sur les bords du
Jourdain pour rappeler leur parenté avec les dix autres tribus, et s'assurer
ainsi à elles et à leurs descendants une part aux bénédictions de l'Éternel.
Les dix tribus ayant cru y voir un commencement d'idolâtrie et la formation
d'un cuite à part, montèrent pour s'en expliquer avec leurs frères, mais ayant
entendu les explications qu'elles désiraient, elles se réjouirent fort; l'autel
fut maintenu, et on lui donna le nom de Hed, «car, dirent les deux tribus, il
est témoin entre nous que l'Éternel est Dieu.»
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HÉDEN,
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— Voir: Éden.
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HÉGAÏ,
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un des eunuques d'Assuérus, celui qui avait la charge
du sérail. Ester lui ayant été présentée, elle lui plut entre toutes les
autres; il crut pressentir le choix de son maître et eut pour sa future reine
des attentions qui devaient d'avance lui concilier sa faveur, Esther
2:3,8-9,15. Son nom a été conservé par un des historiens grecs du règne de
Xercès. Il s'écrit plutôt Régné.
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HÉGLON,
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1. ville
de la tribu de Juda, non loin d'Hadullam, Josué 15:39, et précédemment
résidence d'un roi cananéen, Josué 10:3.
2. Roi
de Moab qui, s'étant allié avec les Hammonites et les Hamalécites, frappa
Israël et l'asservit pendant dix-huit ans. Il fut mis à mort par Ehud, Juges
3:12-26.
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HÉKRON,
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la plus septentrionale des cinq grandes villes des
Philistins, Josué 13:3. Elle fut d'abord donnée en partage à la tribu de Juda,
puis à celle de Dan, 15:45; 19:43, mais elle continua de rester de fait entre
les mains des Philistins, 13:3; 15:11; 19:43. Ceux-ci y transportèrent l'arche
de l'Éternel, qu'ils avaient fait prisonnière, et dont la présence à Asdod
avait été si fatale aux Asdodiens, 1 Samuel 5 et 6. Le dieu d'Hékron était
Bahal-Zébub, nom qui fut donné au prince des mauvais anges lorsque cette ville
eut été habitée par un grand nombre de Juifs, 2 Rois 1:2; sq. cf. Matthieu
12:24.
— Au temps d'Eusèbe cette ville, sous le nom d'Accaron,
était encore un gros bourg assez peuplé, entre Asdod et Jamnia.
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HEL et Lahda,
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petits-fils de Juda par Séla; ils se distinguèrent par
leurs fabriques de toilerie et de fin lin, établies à Asbéath en Égypte, à une
époque où les Hébreux étaient encore estimés en Égypte, et par conséquent dans
les premiers temps de leur séjour, 1 Chroniques 4:21.
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HÉLAM,
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peuplade asiatique, déjà nommée Genèse 10:22, et qui
se trouve liée tantôt avec la Babylonie, Genèse 14:1, tantôt avec la Médie,
Ésaïe 21:2; Jérémie 25:25, tantôt encore avec l'Assyrie, Ésaïe 22:6, et qui est
comptée, Esdras 4:9, comme une province de la Perse. Le même mot désigne tantôt
le peuple et tantôt le pays; c'est la province d'Élymaïs, au sud de la Médie, à
l'orient de la Babylonie, à l'occident de la Perse et au nord du golfe
Persique. Depuis Cyrus, Hélam fut le centre de la monarchie des Perses; delà
vient que dans les livres postérieurs on trouve Hélam pour la Perse. Il y a, du
reste, toujours quelque chose d'un peu vague dans l'emploi qui est fait de ce
nom, car les Hélamites primitifs s'étaient insensiblement répandus jusque sur les
bords mêmes de l'Oronte et dans les environs de la mer Caspienne. D'après
Daniel 8:2, Suse était la capitale d'Hélam, et c'est de la Susiane que
venaient, à ce qu'on pense, les Hélamites mentionnés Actes 2:9.
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HELBA,
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ville de la tribu d'Aser, Juges 1:31. Calmet pense que
c'est la même que Helbon.
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HELBON.
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Le vin de Helbon est indiqué Ézéchiel 27:18; parmi les
objets principaux du commerce de Tyr. (La Vulgate et le caldéen s'appuyant sur
la signification de Heleb, ont traduit par méprise, vin gras, ou vinum dulce
coctum.) On est en général d'accord à penser que ce Helbon est l'ancienne
Chalybon de Syrie, ville principale de la province que Ptolémée appelle
Chalybonite, sur le terroir de laquelle croissait un vin fort estimé des rois
de Perse: on croit aussi que c'est la même que notre Alep actuelle (Haleb),
peuplée encore de 80 à 90,000 habitants, et dont les vins sont très renommés.
Michaélis veut au contraire voir Chalybon dans le bourg de Kennesrin, et les
écrivains bysantins cherchent Alep dans l'ancienne Bérée, Questions peu sûres,
mais heureusement aussi, peu importantes.
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HELDAÏ ou Hélem,
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Zacharie 6:10,14, Tobija, Jédahia, et Josias ou Hen,
quatre Juifs auprès desquels, à leur retour de la captivité, Zacharie se rendit
de la part de Dieu pour prendre de leur or et de leur argent et en faire des
couronnes destinées à Jéhosuah, le souverain sacrificateur. Cet emblème devait
signifier l'union de la sacrificature et de la royauté sous les Asmonéens, mais
surtout l'union de ces deux honorables fonctions dans la personne de
Jésus-Christ, qui devait revêtir l'un et l'autre office pour le salut de
l'humanité et pour la gloire de son Père. Les couronnes furent ensuite déposées
dans le temple, en souvenir des donateurs, comme pour les récompenser de leur
offrande, ou pour inviter les Juifs absents à les imiter, soit dans leur
générosité, soit dans leur retour.
— Heldaï et Josias portent deux noms; Tobija et
Jédahiah sont peut-être les mêmes que Esdras 2:60; Néhémie 7:39.
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HÉLEM,
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— Voir: Heldaï.
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HÉLI.
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1. le
quatorzième des juges, successeur immédiat de Samson, et souverain pontife; il
descendait d'Ithamar, second fils d'Aaron, qui était entré en possession du
sacerdoce au détriment de la branche aînée d'Éléazar. 1 Samuel 1:3 (1137 avant
J.-C.). Il était âgé de cinquante-huit ans lorsqu'il devint juge du pays, et
mourut âgé de quatre-vingt-dix-huit ans, 4:15,18, à Silo, où le tabernacle
était dressé depuis les jours de Josué, Josué 18:1. On sait la dure apostrophe
qu'il adressa à la pieuse Anne, et comment il répara son tort en lui promettant
un fils: on se rappelle comment ce vieux pontife, trop lâche dans le saint exercice
de ses devoirs de père, de pontife et déjuge, fut averti d'abord par un homme
de Dieu, 1 Samuel 2:27, puis par les révélations arrivées au jeune Samuel, des
malheurs qui allaient fondre sur lui. On sait enfin comment tous ces tristes
événements se réalisèrent, lorsque l'arche ayant été emmenée du tabernacle, les
Israélites eurent été défaits, 30,000 d'entre eux mis à mort, les fils d'Héli
tués, et l'arche même faite prisonnière. Le vieux pontife ayant appris ce
dernier malheur, tomba à la renverse, et se rompit la nuque.
Héli, trop faible pour être admiré, n'en doit pas
moins être regardé comme un homme de Dieu, humble et résigné sous la main de
l'Éternel, et jaloux de la gloire et des intérêts de son maître, quoique peu
propre à les servir; il s'honora en se montrant plus sensible à la perte de
l'arche qu'à la mort de ses fils. C'est à tort qu'on verrait une expression de
stérile faiblesse dans cette belle réponse à la nouvelle des châtiments qui
allaient frapper sa maison: C'est l'Éternel, qu'il fasse ce qui lui semblera
bon!
2. Luc
3:25; inconnu.
3. Luc
3:23, fils de Matthat et père de Joseph, ou plutôt père de Marie et beau-père
de Joseph, car les anciennes généalogies, surtout celles des Juifs,
substituaient souvent le nom des hommes à celui de leurs femmes; d'anciens
documents portent, d'ailleurs, que le père de Marie s'appelait en effet Héli.
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HELKATH,
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1. ville
d'Aser, Josué 21:31.
2. Helkath-Hatsurim,
lieu près de Gabaon, dans lequel une escarmouche se livra entre douze hommes du
parti de David et douze du parti d'Is-Boseth, fils de Saül, 2 Samuel 2:16.
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HELLADE,
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— Voir: Grèce.
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HELLÉNISTES.
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Ce nom fut de bonne heure employé dans l'Église par
opposition à celui de judéo-chrétiens: on voit déjà, Actes 6:1, une dissension
entre les chrétiens des deux partis. Dans ce passage il faut entendre par
Hébreux les anciens habitants de la Palestine, convertis au christianisme,
tandis que les Hellénistes seraient, ou bien des chrétiens convertis d'entre
les Juifs établis à l'étranger, lesquels parlaient grec pour la plupart, ou
bien des convertis d'entre les Grecs proprement dits. Parmi les sept diacres
qui furent élus à cette occasion, un seul, Nicolas, est nommé positivement
comme prosélyte converti du paganisme, et les six autres, quoique portant des
noms grecs, étaient peut-être des Juifs, mais de ceux qui avaient eu longtemps
leur résidence en dehors de la Judée. Le nom d'Hellénistes servait donc à
distinguer les Juifs parlant grec des Juifs palestiniens parlant syro-caldéen,
indépendamment de leurs rapports avec le christianisme; c'est ainsi que les
Grecs de Actes 9:29. étaient, à ce que l'on croit, des Juifs étrangers. Mais au
chapitre 11:20, il s'agit de Grecs proprement dits, c'est-à-dire de païens,
comme l'indiquent à la fois le parallélisme et quelques manuscrits.
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HÉMAN.
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1. —
Voir: Éthan.
2. L'auteur
du Psaumes 88; il est nommé Ezrahite, ou fils de Sara, 1 Chroniques 2:6, du
reste entièrement inconnu. Quelques-uns le confondent avec le précédent, mais à
tort.
3. Héman
le chantre, lévite de la famille des Kéhathites, 1 Chroniques 6:33, et fils de
Joël, 15:17. Il était avec Asaph et Jéduthun à la tête des chantres, q.v.,
établis par David, 25:1. Héman est appelé le voyant du roi (ou le prophète), 1
Chroniques 25:5.
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HÉMOR,
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père de Sichem le ravisseur de la fille de Jacob,
était roi des Héviens, Josué 24:32. Désireux d'expier le crime de son fils, il
demanda à Jacob de donner Dina pour femme à Sichem. Jacob n'y put consentir
qu'à la condition que les Héviens se feraient circoncire; et comme l'alliance
du patriarche promettait d'être pour la peuplade cananéenne une source de
bénédictions temporelles, les Héviens se soumirent à cette formalité. Mais au
troisième jour, lorsque la douleur était le plus forte, Lévi et Siméon, par un
acte de lâche et maudite perfidie, se jetèrent avec leurs hommes sur la ville
incapable de se défendre, et en passèrent au fil de l'épée tous les habitants,
y compris Hémor, et son fils l'époux de leur sœur.
Jacob avait déjà eu quelques relations avec Hémor, et
il en avait acheté un champ pour la valeur de cent pièces d'argent, Genèse
33:19. C'est à ce fait probablement que nous trouvons une allusion dans le
discours d'Étienne, Actes 7:16, quoique le nom d'Abraham soit mis au lieu de
celui de Jacob. Pour faire disparaître cette contradiction de nom, les uns
lisent Jacob, les autres notre père, au lieu d'Abraham; d'autres enfin supposent
qu'il s'agit d'un fait qui ne nous est pas rapporté dans l'Ancien Testament;
mais ce sont des suppositions et des conjectures forcées: il vaut mieux dire,
comme Calvin et Olshausen, qu'Étienne s'est trompé de nom, ce qui ne tire pas à
conséquence, le nom n'important pas dans cette affaire, ou qu'il a confondu ce
fait avec celui qui est rapporté Genèse 23:16; Gerlach (Bonnet et Baup) met la
faute sur le compte d'un copiste ignorant.
— Voir: encore Juges 9:28.
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HÉMORRHOÏDES,
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— Voir: Maladies et Philistins.
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HÉMORRHOÏSSE.
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La femme dont il est parlé dans l'Évangile, Matthieu
9:20; Marc 5:25, souffrait d'une perte de sang qui, en se prolongeant, pouvait
devenir mortelle. Son histoire est connue, sa guérison est inexplicable:
quelques-uns ont pensé que l'effroi dont elle fut frappée lorsque Jésus se
retourna vers elle, la saisit tellement que son sang cessa de couler (on
reconnaît l'école); d'autres pensent à une espèce de magnétisme animal, et
s'appuient sur ce que dit Jésus: «Une vertu est sortie de moi.» Sans insister
sur l'idée de magnétisme plus qu'il n'est juste, c'est cependant bien dans cet
ordre d'idées qu'il vaut le mieux chercher la solution, en se rappelant que
celui qui guérit l'hémorrhoïsse est en même temps le maître de toutes les
forces de la nature.
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HEN,
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— Voir: Heldaï.
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HÉNAH,
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2 Rois 18:34; 19:13; Ésaïe 37:13. On pense que c'est
la même ville que celle dont parlent Abulféda et les géographes arabes; elle
était située en Mésopotamie, sur une des îles de l'Euphrate, et s'étend
maintenant sur les deux rives de ce fleuve. Aujourd'hui Anah?
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HENDOR,
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petite ville de la tribu de Manassé, dans la plaine de
Jizréhel, et dans le voisinage de Scythopolis, Josué 17:11. Elle était le
séjour de la pythonisse que Saül alla consulter peu de jours avant la bataille
de Guilboah, 1 Samuel 28:7. Eusèbe la place à 4 milles au sud du mont Thabor.
On montre encore, au pied du petit Hermon, un chétif village nommé Endur; mais
les ruines de l'ancien Hendor sont plus loin, dans le voisinage de Denuni, à 2
1/2 stades sud-ouest de Nazareth.
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HEN-GANNIM.
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1. Ville
des plaines de Juda, non loin de Béthel, Josué 15:34.
2. Ville
lévitique, située dans la tribu d'Issacar, Josué, 19:21; 21:29.
— Eusèbe cite encore un troisième endroit du même nom,
qu'il place au-delà du Jourdain, près de Gérasa.
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HEN-GUÉDI
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(source des chamois), ville du sud de la Palestine, de
la tribu de Juda, située près des bords de la mer Morte, dans une contrée semée
de cavernes et de rochers, Josué 15:62; Ézéchiel 47:10; 1 Samuel 24:1-2. Son
nom primitif était Hatsatson-Thamar (multitude des palmiers) 2 Chroniques 20:2;
Genèse 14:7, et elle le devait à la richesse et à la fécondité de sa
végétation, à ses dattiers, ses palmiers, ses bananiers. Hen-Guédi formait une
petite oasis au milieu des déserts; la délicieuse vallée qui l'entourait était
traversée par un ruisseau qui descendait de la contrée d'Hébron pour se jeter
dans la mer Morte. Salomon célébra sa beauté et ses riches vignobles, Cantique
1:14, et Chateaubriand, dans son voyage en Palestine, a rendu le même
témoignage. Flavius Josèphe dit que Hen-Guédi est éloigné de Jérusalem de 300
stades (64 kilomètres). D'après cette donnée, Reland et d'autres auteurs le
placent au nord de la mer Morte, près de l'embouchure du Jourdain; saint Jérôme
au contraire le place à l'extrémité méridionale de cette mer; enfin Seetzen, et
Grimm d'après lui, le mettent entre les deux extrémités, là où se trouve
maintenant Ayn-Djiddi. Dans cette incertitude, l'opinion de saint Jérôme, qui
est très précise, nous paraît devoir être préférée, d'autant plus que
Hen-Guédi, d'après Ézéchiel 47:10, doit faire l'une des extrémités de la mer
Morte, dont Henhéglajim serait l'autre; or ce dernier endroit était au nord.
Les montagnes voisines forment le désert d'Hen-Guédi,
appelé aussi les rochers de Guédi ou des chamois, 1 Samuel 24:1,3. L'eau qui
tombe du ciel y disparaît immédiatement dans un sol calcaire et crevassé; il
n'y croît quelques plantes que dans la saison des pluies. Parmi les nombreuses
cavernes de ces montagnes qui sont aujourd'hui les uniques habitations des
bergers de la contrée, on en distingue une dit Bræm, dans une vallée, au
sud-est de Tékoah, dans laquelle 30,000 hommes doivent avoir trouvé un asile,
et qui est peut-être celle où David a épargné son persécuteur Saül, l'oint du
Seigneur. Deux ouvertures dans des rochers perpendiculaires conduisent par
d'étroits passages dans une première salle spacieuse dont le toit, en forme de
voûte, est soutenu par des piliers: et, de là, de longues et étroites allées
mènent plus avant dans le sein de la montagne, où l'on trouve plusieurs autres
salles.
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HEN-HAKKOREH,
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— Voir: Léhi.
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HENHÉGLAJIM,
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Ézéchiel 47:10;
— Voir: Églagim.
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HÉNOC,
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— Voir: Énoch.
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HENSÉMÈS,
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Josué 15:7 (fontaine du soleil). Elle était située sur
les frontières de Juda et de Benjamin, mais on ignore si c'était une ville ou
seulement une fontaine, On prétend montrer encore la fontaine, au-delà de
Béthanie du côté du Jourdain, mais l'identité n'est pas prouvée.
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HÉPHA,
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Ésaïe 60:6, tribu inconnue. Hépha était fils de
Madian, Genèse 25:4.
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HÉPHER,
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1. 1
Rois 4:10, contrée inconnue, peuplée sans doute par les descendants de Hépher
fils de Madian, Genèse 25:4.
2. Descendant
de Manassé par Galaad, Nombres 26:32-33; 27:1; il était père de Tsélophcad.
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HÉPHRON,
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Genèse 23:8, fils de Tsohar, chef héthien. C'est de
lui qu'Abraham acheta le champ où se trouvait la caverne de Macpélah dont il
voulait faire un sépulcre pour sa femme et toute sa famille. Héphron, après lui
en avoir fait connaître la valeur qu'il évaluait à 400 sicles d'argent, pria
Abraham de l'accepter en présent d'amitié et de bon voisinage, montrant à la
fois la générosité de son cœur et l'estime qu'il faisait du patriarche; Abraham
lui paya son bien selon le prix qu'il avait indiqué, 25:9; 49:29; 50:13.
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HER,
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Genèse 38:3,7; 1 Chroniques 2:3, fils de Juda et de
Suah. Il était méchant, dit l'auteur sacré, et l'Éternel le lit mourir. Sa
veuve Tamar fut donnée à Onan son frère, et finit par se livrer elle-même à
Juda. On voit par les paroles de l'Écriture que Her mourut d'une mort
extraordinaire, mais on ne sait pas comment, ni quel fut son crime;
quelques-uns pensent qu'il refusait de vivre avec sa femme.
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HÉRETS,
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1 Samuel 22:5,
— Voir: Forêts.
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HÉRISSON.
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C'est ainsi qu'on doit probablement traduire l'hébreu
kippod, Ésaïe 14:23; 34:11; Sophonie 2:14;
— Voir: Butor, et Lézard.
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HÉRITAGES.
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Les fils, q.v., héritaient à l'exclusion des filles,
et les enfants légitimes, à l'exclusion de ceux qui étaient nés de concubines,
Genèse 21:10; 24:36; 25:5; 31:14. Par suite des dispositions de la loi sur les
propriétés, les testaments étaient inconnus, les Juifs mouraient intestat. Il
paraît cependant que plus tard l'usage des testaments s'introduisit par
l'exemple des Grecs et des Romains, et cet usage est supposé Galates 3:15;
Hébreux 9:17. Quelquefois les parents donnaient de leur vivant encore une
légitime à leurs enfants, Luc 15:12. L'expression disposer sa maison, 2 Samuel
17:23; 2 Rois 20:1; Ésaïe 38:1, qui semble emporter l'idée de disposition
testamentaire, signifie seulement donner ses derniers ordres, arranger ses
affaires.
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HERMAS,
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Romains 16:14; inconnu. Selon plusieurs Pères et
interprètes, ce serait le même que l'auteur du fameux Pastor Hermœ, un des
apocryphes du Nouveau Testament, mais c'est douteux. Cet ouvrage est aussi
attribué à un autre Hermas frère de Pie I, pasteur de Rome vers l'an 156, mais
le Pastor jouissait déjà d'une trop grande considération à l'époque d'Irénée et
de Clément d'Alexandrie pour qu'on puisse lui donner une date aussi récente. Le
Pastor est divisé en trois parties, les visions, les préceptes, et les
comparaisons ou paraboles. Il prend son titre d'un ange qui paraît dans le
second livre sous l'image d'un berger. L'ouvrage est faible et contient même
des doctrines fausses (par exemple que chaque homme a un bon et un mauvais
sentiment); il s'y trouve cependant aussi de bonnes choses.
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HERMÈS,
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Romains 16:14, disciple de Rome, également inconnu.
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HERMOGÈNE et Phygelle,
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2 Timothée 1:15, deux disciples de Paul, qui, après
l'avoir accompagné à Rome, l'abandonnèrent, ne voulant pas courir avec lui les
dangers de la captivité et peut-être de la mort, et retournèrent en Asie
Mineure. Leur défection devait être déjà connue de Timothée qui se trouvait en
Asie, soit par le retour même de ces personnes, soit par le blâme public; mais
Paul le lui fait savoir formellement, afin qu'il ne soit plus obligé de s'en
rapporter à des bruits vagues, et qu'il sache positivement à quoi s'en tenir.
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HERMON.
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Cette montagne appartient à la chaîne du Liban, au nord-est
de la Palestine, et forme la frontière extérieure du haut pays occidental,
Deutéronome 3:8; 4:48; Josué 11:17; 12:1; 13:5; 1 Chroniques 5:23. À son pied
septentrional, était Bahal-Gad. L'Hermon s'appelait encore Sion, Deutéronome
4:48, Sirjon chez les Sidoniens, Sénir chez les Amorrhéens, 3:9, quoique Sénir
soit ailleurs distingué d'Hermon, 1 Chroniques 5:23; Cantique 4:8. D'après
d'anciens géographes l'Hermon, comme une partie de l'Anti-Liban, était couvert
de neiges éternelles; les versions caldéenne et samaritaine favorisent cette
opinion. On a voulu conclure de Psaumes 89:12; 42:6. (les Hermons), qu'à côté
de la montagne principale, il s'en trouvait d'autres plus petites qui portaient
le même nom, et qu'il y en avait jusque dans le voisinage du Tabor; mais dans
le premier de ces passages, l'Hermon n'est pas plus voisin du Tabor, que
l'aquilon du midi, et dans le second il est parlé du petit Hermon, qui était
situé au midi du Tabor dans la tribu d'Issacar, isolé, plus basque le Tabor, et
s'étendant de l'est à l'ouest sur un espace de 2 lieues. Le nom d'Hermon, du
reste, s'applique aussi d'une manière générale à toute la partie méridionale de
la chaîne de l'Anti-Liban, et les auteurs ne sont pas même d'accord sur la
sommité qui portait plus spécialement ce nom; on pense que c'était la montagne
qui s'appelle aujourd'hui Djebl Heish (Seetzen, Burkhardt). Ces différentes
cimes dominaient de loin le lac de Génésareth, et en formaient une des
principales beautés, en imprimant à toute la contrée un cachet de grandeur et
de majesté.
— Voir: encore Psaumes 133:3.
La rosée de l'Hermon (supérieur) descend vers les
montagnes plus basses (le mont de Sion), et les fertilise.
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HÉRODE.
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1. Hérode
dit le Grand, Luc 1:5; Matthieu 2:1; Actes 23:35. Ce roi des Juifs était
Iduméen de naissance, et fils d'Antipater; il reçut sa royauté des mains de
Marc Antoine et du sénat de Rome; elle lui fut de nouveau confirmée par
Auguste, et il exerça son cruel pouvoir l'espace de trente-trois ans, depuis
l'an 37 jusqu'à l'an 4 avant J.-C. (environ 750 de Rome), c'est-à-dire jusqu'en
l'année de la naissance du Sauveur. II épousa plus de huit femmes les unes
après les autres. Outre Pallas, Phèdre et Elpide, qui ne laissèrent qu'une
postérité insignifiante, il faut nommer:
a. Doris,
dont il eut Antipater.
b. Mariamne
I, dernier rejeton de la famille des Maccabées par Jean Hyrcan; elle lui donna
Aristobule et Alexandre; Aristobule fut le père d'Hérode l'époux de Bérénice,
d'Hérode Agrippa I, et d'Hérodias.
c. Mariamne
II, fille d'un prêtre Simon; elle lui donna Hérode-Philippe, premier époux de
sa nièce Hérodias.
d. Malthace,
Samaritaine, mère d'Archélaüs, et d'Hérode Antipas le second époux d'Hérodias.
e. Cléopâtre,
dont il eut Philippe, époux de Salomé fille d'Hérodias.
Ce roi barbare n'a été grand que par ses cruautés
dénaturées; il fut le bourreau de sa famille et de son peuple: après avoir fait
massacrer presque toute la famille de sa seconde femme, Hyrcan son grand-père,
Alexandre son père, Antigone son oncle, Aristobule son frère, Alexandra sa
mère, il finit par la faire assassiner elle-même après deux tentatives
manquées, 29 avant J.-C. Les remords les plus terribles l'assaillirent, il
tomba malade. Il se trouvait à la fois au comble du bonheur matériel et du
malheur moral; pour se distraire et pour donner le change aux Juifs alarmés, il
fit construire de superbes édifices, des bains, des théâtres, des gymnases; un
château magnifique s'éleva sur le mont de Sion; Samarie, dévastée par Jean
Hyrcan, fut rétablie et reçut le nom de Sébaste. Il bâtit Césarée au sud du
mont Carmel, et an temple en l'honneur d'Auguste près des sources du Jourdain.
Voyant le peuple et les pharisiens inquiets au sujet des mœurs étrangères et
païennes dont il favorisait l'introduction, il entreprit, en 17, la réparation
du temple, et avec tant de luxe, que ce fut plutôt un temple nouveau qu'il fit
construire. On y travaillait depuis quarante-six ans lorsque notre Sauveur
prononça les paroles Jean 2:19.
— Enfin, Jésus naquit, et la seule part que prit
Hérode à cet événement fut le massacre des enfants de Bethléhem, massacre d'une
douzaine d'enfants peut-être, qui ne valut pas la peine d'être relevé au milieu
des autres crimes de ce féroce Iduméen. Peu de temps après, malade comme
Antiochus Épiphanes, Hérode alla chercher du soulagement aux thermes de
Callirhoé sur les bords orientaux de la mer Morte, au pied des anciennes
montagnes de Moab, mais ce fut en vain; il se retira à Jérico, sans espérance
et découragé; et prévoyant les événements qui auraient lieu après sa mort, il
essaya, mais inutilement, de se percer de son glaive. Cependant la maladie
faisant des progrès, Hérode fit encore exécuter son fils Antipater avant de
mourir: ce fut le dernier acte de sa vie. Cinq jours après il expirait âgé de
soixante-dix ans, ayant donné l'ordre à sa sœur Salomé de faire massacrer
immédiatement après sa mort tous les notables des Juifs qui se trouvaient alors
assemblés à Jérico; car, dit-il, les Juifs se réjouiraient de ma mort, et je
veux les forcer à mener deuil: mais cet ordre ne fut pas exécuté. Il partageait
le royaume par son testament entre ses trois fils Archélaüs, Antipas et
Philippe; l'empereur Auguste confirma cette disposition.
2. Hérode
Antipas, Luc 3:1; 8:3; Actes 13:1, fils du précédent par Malthace. Il succéda à
son père l'an 1 du Christ, et partageant la Palestine avec ses deux frères, il
reçut la Galilée et la Pérée avec le titre de tétrarque et 200 talents par
année. Jésus de Nazareth ressortissait ainsi à sa juridiction, Luc 23:7. Hérode
résidait à Séphoris non loin du mont Thabor; il agrandit beaucoup cette ville
et l'appela Dio-Cæsarea (elle n'est pas mentionnée dans la Bible); il bâtit
aussi Tibériade, qui a donné son nom au lac de Génésareth. Après avoir épousé
en premières noces la fille du roi arabe Arétas, il épousa sa nièce et
belle-sœur Hérodias, la tille d'Aristobule, fils de Mariamne I, première épouse
de son frère Philippe encore vivant. Ce crime en amena un plus grand encore,
l'adultère appela le meurtre, et Jean-Baptiste fut mis à mort sur la demande
d'Hérodias, Luc 3:19; Matthieu 14:1. La répudiation, l'inceste et le meurtre
furent punis par le roi d'Arabie, qui, brûlant de venger sa fille déshonorée,
déclara la guerre à Hérode et le battit. Le peuple y vit le juste châtiment des
crimes de son maître. Hérode Agrippa, frère d'Hérodias et neveu en même temps
que beau-frère d'Hérode Antipas, ayant obtenu le titre de roi, Hérodias,
jalouse, poussa son mari à faire des démarches auprès de Caligula pour obtenir
la même dignité. Ils se rendirent à Rome (an 39), quoique Antipas fit les
choses malgré lui, aimant mieux le repos que l'honneur; mais là, sur les
plaintes du peuple, jointes à celles d'Agrippa, son beau-frère, Antipas fut
déclaré déchu de tous ses droits en Palestine: Caligula l'exila, d'abord à Lyon
dans les Gaules où Hérodias le suivit, puis en Espagne où il mourut.
C'est cet Hérode que nous voyons dans l'Évangile
pendant toute la vie de notre Sauveur. Flavius Josèphe ne le traite pas d'une
manière très défavorable et ne raconte pas de lui ces innombrables iniquités
qu'il reproche au grand Hérode; mais au fond le fils ne valait pas mieux que le
père. Luc 3:19, parle de tous les maux, ou plutôt de toutes les méchancetés
qu'il a faites; on le voit d'ailleurs adonné à toutes les passions de la chair,
Matthieu 14, Flavius Josèphe, Antiquités Judaïques 18, 4; 5; curieux et frivole
dans son impiété lorsqu'il désire de voir Jésus, Marc 6:14; sadducéen de
croyance et n'ayant pas même foi dans son incrédulité, puisqu'il penche à
admettre la résurrection de Jean-Baptiste, Luc 9:7; lâche dans ses craintes
lorsqu'il fait donner à Jésus le conseil de s'enfuir; il redoute son voisinage
et n'ose pas s'en défaire à cause du peuple, Luc 13:31; lâche encore dans ses
serments de débauche, lorsqu'une femme l'oblige à tenir une promesse de meurtre
contre un homme qu'il respectait malgré lui-même et dont il recherchait les
pieux conseils, Matthieu 14:1; lâche dans le procès de Jésus, puisqu'il ne
prolonge l'interrogatoire que pour entendre cet homme dont il était si curieux,
et puisque le reconnaissant innocent, Luc 23:11,15, il consent à sa mort et
trouve dans cette ignominieuse condescendance le moyen de se réconcilier avec
Pilate dont un abus de pouvoir l'avait éloigné, Luc 23:7; Actes 4,27. Dans
cette entrevue depuis si longtemps désirée et qui n'a lieu qu'au dernier jour
du Sauveur, Hérode, voyant une figure qui n'est pas celle de Jean-Baptiste,
renaît à la confiance; il ne craint plus qu'un revenant lui reproche sa
lâcheté, et se livrant sans réserve à sa curiosité, il interroge à son aise le
prisonnier et se flatte de lui voir faire un miracle, mais il n'en reçoit pas
de réponse: Hérode se venge du mépris du Saint par le mépris de cour, se moque
de Jésus, le déguise en roi terrestre et le renvoie à Pilate.
— C'est ce même Hérode que Jésus appelle un renard,
Luc 13:32; c'est de lui qu'il s'agit encore lorsque Jésus recommande à ses
disciples de se garder du levain d'Hérode, Marc 8:15, c'est-à-dire, des fâcheux
exemples de ce prince édomite et des doctrines sadducéennes qu'il avait
embrassées, Matthieu 16:6,12.
3. Hérode
Philippe,
— Voir: Philippe #2.
4. Hérode
Agrippa I, petit-fils d'Hérode le Grand par Mariamne, et fils d'Aristobule par
une Bérénice fille de Salomé; il n'apparaît dans l'histoire sainte que Actes
12. Après la mort de Tibère (37), il reçut en 38 la tétrarchie de Philippe son
oncle, qui était mort en 35 et dont la province avait été jointe à la Syrie.
Frère d'Hérodias et beau-frère d'Hérode Antipas, il avait dissipé tous ses
biens et ne devait son avènement au trône (car le titre de roi lui fut donné)
qu'à la manière insinuante avec laquelle il sut se glisser dans la faveur de
Caïus Caligula. Son caractère n'était pas précisément méchant, il avait de la
bonhomie et plus de respect pour la religion que les autres princes de la
maison d'Hérode; mais ce même respect qu'il professait pour le judaïsme le
porta à faire périr Jacques, frère de Jean, et à comploter la même chose contre
l'apôtre Pierre. Sa tentative ayant échoué, il s'en dédommagea en envoyant au
supplice les soldats auxquels avait été confiée la garde de l'apôtre. Après ces
exécutions qui accompagnèrent pour lui la célébration de la Pâque, il se rendit
à Césarée, où il séjourna. Cette ville, bâtie par son grand-père, souffrait
dans ses intérêts commerciaux du voisinage de Tyr et de Sidon; une rivalité
existait entre ces villes, et Hérode en était irrité sans qu'il fût cependant
en son pouvoir de déclarer la guerre aux Tyriens et aux Sidoniens, alliés de
Rome. Tyr et Sidon d'ailleurs, souffrant également de cette concurrence, et ne
voulant pas se fermer le territoire de la Judée qui leur était un utile et
important débouché, envoyèrent des ambassadeurs auprès d'Hérode pour prendre
des arrangements amiables qui fissent cesser l'aigreur réciproque des habitants
des deux États; la paix fut conclue. Mais Dieu n'oubliait pas la mort de ses
serviteurs, et la même année encore (44) Hérode fut frappé de mort. Comme il
était à Césarée et qu'il assistait à des jeux en l'honneur de Claude, il voulut
haranguer le peuple et s'assit sur le trône; mais à peine eut-il commencé à
parler que le peuple s'écria: Voix d'un Dieu et non pas d'un homme! Ce furent
sans doute les païens qui poussèrent ce cri; les Juifs ne l'auraient osé faire.
Hérode, sans doute, prit plaisir à cette apothéose, au lieu de la repousser;
mais dans le même moment un ange du ciel le frappa, et il mourut rongé par les
vers, à l'âge de cinquante-quatre ans. Flavius Josèphe parle d'un hibou qui,
pendant le discours d'Hérode, se posa sur une corde au-dessus du théâtre, et
dont la présence effraya singulièrement l'orgueilleux orateur. La maladie qui
l'emporta, peut être la même que celle dont avait été frappé Antiochus le persécuteur
des Maccabées, est à la fois naturelle en ce que les médecins ont vu quelques
cas analogues, et surnaturelle en ce qu'on n'en connaît pas la cause et qu'elle
frappe d'une manière inattendue ceux qu'elle atteint,
— Voir: Ver.
5. Hérode
Agrippa II, fils du précédent, Actes 25 et 26. Le Nouveau Testament ne lui
donne que le nom d'Agrippa, q.v.
— Il y a eu beaucoup d'autres Hérodes, mais ils
n'appartiennent pas à l'histoire biblique, et nous n'avons pas à nous en
occuper.
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HÉRODIAS,
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petite-fille d'Hérode le Grand, fille d'Aristobule et
de Bérénice; elle épousa d'abord son oncle Philippe, tétrarque de la Batanée,
dont elle eut Salomé la danseuse; puis elle le quitta pour épouser un autre
oncle, Hérode Antipas frère du premier, tétrarque de la Galilée. Jean-Baptiste
s'étant opposé à cette union adultère et incestueuse, elle le poursuivit jusque
dans la prison où son mari l'avait fait reléguer, et profita d'un serment imprudent
que celui-ci fit à sa fille, pour demander dans un plat la tête de l'homme de
Dieu, Matthieu 14:3; Marc; 6:17; Luc 3:19 (Deux sermons d'Ad. Monod.) Le
meurtre consommé, elle joua avec la tête de Jean, et s'amusa, si l'on en croit
saint Jérôme et Nicéphore, à lui percer la langue d'une aiguille, comme la
femme d'Antoine la tête de Cicéron. Elle accompagna dans les Gaules son second
mari: l'empereur, ayant su qu'elle était sœur d'Hérode Agrippa, voulait lui
faire grâce, mais elle ne voulut rien devoir à l'influence de son frère dont
elle était jalouse, et préféra l'exil.
Quant à sa fille, Nicéphore et Métaphraste rapportent
qu'elle accompagna sa mère dans les Gaules, et qu'elle voulut même la suivre en
Espagne, mais que, traversant une rivière qui était gelée, elle en rompit la
glace et tomba dans l'eau jusqu'au cou, que la glace se resserra sur elle, et
qu'elle subit ainsi le supplice qu'elle avait demandé contre Jean-Baptiste.
C'est la légende. Quant à l'histoire, Flavius Josèphe dit qu'elle épousa d'abord
Philippe le tétrarque, fils d'Hérode le Grand par Cléopâtre, à la fois son
oncle et son grand-oncle, et en secondes noces son cousin Aristobule, fils
d'Hérode, roi de Chalcide, dont elle eut plusieurs enfants. Elle vécut ainsi
plus de trente ans après l'exil de ses parents.
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HÉRODIENS.
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Cette secte est seulement nommée dans l'Évangile sans
que rien la définisse, Matthieu 22:16; Marc 3:6; 12:13. Flavius Josèphe même et
Philon n'en parlent pas. Calmet les confond avec les Zélotes, disciples de
Judas gaulonite, qui auraient reçu, dit-il, le nom d'hérodiens parce que Gaulon
appartenait au territoire d'Hérode Antipas; mais c'est forcé. Le plus probable
c'est que c'étaient des Juifs qui, pour une raison ou pour une autre, tenaient
le parti d'Hérode, et par conséquent des Romains dont il était le vassal,
contre le reste du peuple juif qui supportait impatiemment le joug de
l'étranger, et n'aspirait qu'à le secouer. Les hérodiens formaient donc un
parti politique, peut-être sans organisation extérieure, mais réel, et puissant
par l'appui du gouvernement. Ils s'unirent aux pharisiens pour tendre un piège
à Jésus, et lui demandèrent s'il fallait payer le tribut à César ou non: s'il
répondait non, les hérodiens l'auraient appelé un séditieux; s'il répondait
affirmativement, les pharisiens triomphaient, ils en appelaient au peuple, et
lui représentaient Jésus comme un ennemi de la nationalité juive. Notre Sauveur
les rendit confus par sa divine sagesse, et leur montra que, aussi longtemps
qu'ils acceptaient les avantages de la domination romaine, ils devaient en
supporter les charges, qu'ils ne pouvaient pas refuser l'impôt s'ils
acceptaient l'argent.
On compte huit ou neuf opinions particulières sur
l'origine des hérodiens; outre l'opinion de Calmet, il faut noter encore celle
qui veut que les hérodiens aient tenu Hérode pour leur messie (mais quel
Hérode?), celle du père Hardouin, que c'étaient des platoniciens qu'Hérode
avait essayé de mettre en vogue; selon d'autres, c'étaient les sujets païens du
territoire d'Antipas, ou bien simplement des gens de la maison d'Hérode qui
voulurent sonder Jésus par curiosité, etc.
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HÉRODION,
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Romains 16:11, disciple de Rome, parent de saint Paul;
du reste, inconnu.
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HÉRON,
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Lévitique 11:19; Deutéronome 14:18. C'est le mot par
lequel nos versions ont traduit l'hébreu anaphah. Il y a de l'incertitude sur
le sens de ce mot: les uns l'ont traduit par cigogne, q.v., les autres par
poule sauvage, d'autres par perroquet, Bochart par faucon des montagnes; il
compare le grec d'Homère, Odyss. 1, 320, qui rappelle en effet l'hébreu
anaphah. La racine anaph signifie aspirer fortement par les naseaux, comme cela
se fait dans la colère; il signifie de là se mettre en colère, comme Psaumes
2:12, et d'après Harris cette étymologie convient parfaitement au héron qui est
d'un naturel très irritable. On ne peut rien décider, mais la traduction de nos
Bibles a au moins autant de chances que les autres, et même un peu plus.
— Le héron est, comme on sait, un animal aquatique et
sauvage, distingué par ses longues jambes, et son long bec emmanché d'un long
cou; il vole très haut et s'abat le long des marais, des rivières et des lacs
pour y pêcher le poisson dont il fait sa principale nourriture. Il y a
plusieurs espèces de hérons, le blanc, le gris-cendré (petit et grand), le
châtain, le crête, l'étoile, le noir, qui tous diffèrent par quelques points de
grosseur ou de couleur, mais se ressemblent par les caractères généraux; ils
nichent dans les bois de haute futaie.
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HERSE,
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— Voir: Chars.
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HESBON,
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ville du pays oriental, située au-delà du Jourdain, au
nord de l'Arnon, presque vis-à-vis de Jérico. D'abord résidence d'un roi
moabite, elle passa ensuite à Sihon roi des Amorrhéens, Nombres 21:26; cf.
Deutéronome 2:9. Plus tard elle fut donnée à la tribu de Ruben, Josué 13:17.
Nombres 32:37, puis à celle de Gad, Josué 13:26; 1 Chroniques 6:81, et devint
ville lévitique, Josué 21:39; 1 Chroniques 6:81. On la retrouve moabite,
Jérémie 48:2; Ésaïe 15:4, mais elle redevint juive sous Alexandre, Flavius
Josèphe, Antiquités Judaïques 13, 15; 4. Eusèbe et Jérôme l'appellent Esbous,
et la mettent à 20 milles du Jourdain: un évêque y résida dans les premiers
siècles du christianisme. Il en reste encore des ruines assez considérables,
qui portent le même nom d'Hesbon. «Cette ville, dit Burkhardt, est située sur
une colline, au sud d'El Haal; on y voit encore un grand nombre de puits
taillés dans le roc et un grand bassin d'eau;» sans doute les viviers de
Cantique 7:4.
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HÉSEK,
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Genèse 26:20. Une des fontaines que les bergers de
Guérar disputèrent à ceux d'Isaac qui l'avaient creusée: ce nom signifie
querelle, violence.
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HESMON,
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ville située dans la partie méridionale de la tribu de
Juda, Josué 15:27.
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HÉTHER,
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d'abord dans la tribu de Juda, puis dans celle de
Siméon, Josué 15:42; 19:7. Saint Jérôme l'a retrouvée près de Malatha, dans le
district de Daromas, mais Eusèbe croit que ce n'est pas le même endroit.
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HÉTHIENS,
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peuplade cananéenne que les Israélites trouvèrent en
Palestine et qu'ils dépossédèrent, Genèse 15:20; Exode 3:8; 23:23. Ils
descendaient de Canaan par Heth, son second fils, et habitèrent d'abord la
contrée de Hébron, avec et parmi les Amorrhéens, Genèse 23:7,3; Nombres 13:30.
Plus tard on les retrouve au nord de Béthel, Juges 1:24, et même ils paraissent
s'être maintenus dans certains districts du pays sous quelques-uns des rois
israélites, 2 Samuel 11:3,6; 23:39. Salomon asservit et rendit tributaires les
restes des Héthiens, 1 Rois 9:20; ce pendant une partie d'entre eux
apparaissent encore indépendants et régis par leurs propres rois sous Joram, roi
d'Israël, 2 Rois 7:6; 1 Rois 10:29. Cette peuplade est encore mentionnée après
l'exil, Esdras 9:1.
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HETHLON,
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ville de la Syrie occidentale, nommée Ézéchiel 47:15;
48:1, comme formant la limite septentrionale de la terre promise. Elle était
sur la Méditerranée, entre Posidium et Laodicée.
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HETSJON-GUÉBER,
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près d'Élath (il ne faut pas confondre ces deux villes
comme le fait Brœm), ville iduméenne, sur le bras élanitique du golfe d'Arabie,
Nombres 33:35; Deutéronome 2:8. Elle avait un port célèbre, duquel Salomon
faisait partir ses vaisseaux pour Ophir, 1 Rois 9:26; 22:49; 2 Chroniques 8:17.
Son nom peut signifier grottes des rochers (des récifs), et d'après Büsching,
le port de cette ville aurait été en effet dominé par une quantité de rochers
très élevés et remplis de cavernes; mais Büsching parle du port de Scherm, qui
est trop éloigné de l'endroit où devait être celui d'Hetsjon-Guéber, et il vaut
mieux chercher le port de Salomon dans la populeuse ville d'Assyun, près
d'Aïla, dont parle Burkhardt. La flotte de Josaphat y périt, 2 Chroniques
20:37, ce qui semblerait confirmer la signification du nom de ce port.
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HETZRON,
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1 Chroniques 2:5,
— Voir: Esrom.
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HEURES,
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— Voir: Jours, et Montres.
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HÉVIENS,
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peuplade cananéenne, établie en Palestine avant
l'arrivée des Hébreux, Genèse 10:17; Exode 3:8,17; 23:23; Josué 3:10. Une
partie d'entre eux habitaient le sud du pays dont ils furent expulsés parles
Philistins, Deutéronome 2:23. Josué 12:8; d'autres étaient fixés au centre, à
Sichem et à Gabaon, Josué 14:19; Genèse 34:2; la plus grande partie cependant
demeuraient au pied de l'Hermon et dans les environs de l'Anti-Liban, Josué
11:3, et même il paraît par Juges 3:3, qu'ils furent repoussés encore plus au
nord-ouest. Au temps de David, on les voit établis dans la contrée du Liban, 2
Samuel 24:7; cf. 1 Rois 9:20. Après Salomon ils disparaissent et leur nom ne se
retrouve plus.
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HÉZER,
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1. 1
Chroniques 4:4, père de Husa, fonda peut-être une ville de ce nom, cf. 2 Samuel
21:18.
2. Le
plus vaillant des guerriers de David, Gadite de naissance, vint au secours de
son roi, lorsqu'il était enfermé à Tsiklag à cause de Saül; il passa le
Jourdain avec ses compagnons, au premier mois, lorsque les eaux de ce fleuve,
grossies par la fonte des neiges, débordent de toutes parts, et ils réussirent
à chasser des vallées environnantes tous les ennemis de David. C'étaient, dit
l'auteur sacré, des hommes forts et vaillants, experts à la guerre, maniant le
bouclier et la lance; leurs visages étaient comme des faces de lion, et ils
semblaient des daims sur les montagnes, tant ils couraient légèrement. On ne
trouve de tels hommes que dans des pays de montagnes, et ils étaient d'autant
plus précieux au pays de Gad, que les tribus transjourdaines étaient, par leur
position, plus exposées aux attaques des ennemis, et moins protégées par leurs
alliées, 1 Chroniques 12:8.
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HEZJON,
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1 Rois 15:18, roi de Syrie, inconnu du reste, que l'on
a confondu, peut-être à tort, avec Rézon, dont il aurait été le successeur.
Après lui vint Tabrimon, son fils, puis Ben-Hadad 1er.
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HIBOU,
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— Voir: Chat-huant.
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HIDDÉKEL,
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Daniel 10:4. C'est le Tigre, de l'aveu de tous les
interprètes; il s'appelle en caldéen Diglath, en syriaque Deklath, en arabe
Diglah. Ce nom s'explique par les langues asiatiques (indo-germaniques): dans
la langue zend le mot Tagur, et en sanscrit le mot Tigra signifient vite,
prompt, rapide; chez les anciens Perses et Mèdes le mot Tigris signifiait
flèche; tedjerem dans la langue zend, et tedjera dans la langue pehlvi,
signifient fleuve. Ces différentes étymologies ou explications conviennent
toutes au Tigre, qui est fort rapide. C'est aussi le nom que Moïse donne à l'un
des quatre fleuves du paradis, Genèse 2:14. Le texte porte qu'il coule à
l'orient de (non pas vers) l'Assyrie, et cette observation cadre avec ce que
nous avons dit à l'article Déluge, q.v. Ceux qui pensent au contraire qu'il
s'agit réellement du Tigre dans le récit de Moïse, expliquent ce verset en
disant que, quoiqu'une partie du territoire de l'ancienne Assyrie se soit
trouvée sur les bords orientaux du Tigre, la plus grande partie de ce royaume
dans le temps de sa prospérité, sous Salmanasar et Sanchérib, s'étendait vers
l'occident.
Le Tigre jaillit de plusieurs sources différentes qui
ne se réunissent qu'à Hasn Keifa, au sud de Diarbek; il devient navigable à
Mossoul, tombe à 12 kilomètres de cette ville en une cataracte de 40 mètres de
haut, puis se dirige vers le sud jusqu'à Bagdad où il commence à porter de
grands navires et des bateaux à vapeur. Il reçoit plusieurs affluents, se
rapproche lentement de l'Euphrate, et le reçoit enfin dans ses eaux près de
Korné, où il prend le nom de Schat-el-Arab. Son cours total est de 1240
kilomètres Les anciens le regardaient déjà comme un des plus beaux fleuves de
l'Asie, en même temps que comme un des plus rapides; il n'est pas rare, surtout
à l'époque de la fonte des neiges, de le voir déborder. Sa largeur à Mossoul
est de 100 mètres, à Bagdad de plus de 200; à Bassora sa profondeur est telle
qu'il peut porter des vaisseaux de 40 canons et de 500 tonneaux. Ses eaux sont
blanches et peu estimées; elles purgent légèrement ceux qui n'en ont pas
l'habitude.
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HIDDO,
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1. 2
Chroniques 12:15; 13:22, prophète; il a écrit, avec Sémahia, des mémoires sur
les guerres de Roboam et de Jéroboam et sur le règne d'Abija. Si c'est le même
que Jeddo (9:29), comme le pensent quelques auteurs, il aurait encore écrit
quelque chose sur le règne de Salomon.
2. Père
de Barachie, et grand-père du prophète Zacharie, Zacharie 1:1. Il est noté,
Esdras 5:1; 6:14, comme père de Zacharie, par l'habitude des généalogistes de
ne compter que les personnes les plus connues de chaque famille, en omettant
les chaînons intermédiaires moins importants: on peut conclure de là que Hiddo était
plus connu que son fils, et le passage d'Esdras 5:1; laisse incertain s'il n'a
pas été prophète lui-même.
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HIEL.
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Un verset raconte toute son histoire. «En son temps
(sous Achab), Hiel de Béthel bâtit Jérico, laquelle il fonda sur Abiram son
premier-né, et posa ses portes sur Ségub son puîné, selon la parole que
l'Éternel avait proférée par le moyen de Josué, fils de Nun.» 1 Rois 16:34; cf.
Josué 6:26.
— C'est court et solennel. Un impie hébreu qui ne
pouvait pas ignorer la prophétie de Josué, veut, en dépit des menaces de
l'Éternel, essayer de reconstruire une ville maudite; il réussit, mais la
prophétie cinq fois séculaire le frappe, son fils aîné meurt pendant qu'on jette
les fondements, le second meurt quand les travaux sont à peu près achevés, et
qu'on pose les portes de la ville rétablie. Peu importe le genre de maux dont
ils furent frappés, une maladie ou un accident; nous ne le savons pas: on peut
croire qu'ils périrent de mort violente, en suite même des travaux qui se
faisaient, que le gage du péché fut la mort, et qu'ils trouvèrent leurs
tombeaux sous des décombres et des éboulements.
— Voir: Jérico.
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HIÉRAPOLIS,
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Colossiens 4:13, ville de la grande Phrygie, à l'est
de Colosses, et à 6 milles nord de Laodicée; elle était célèbre par ses
nombreuses sources minérales et par une grotte d'où s'exhalaient des vapeurs
fétides, dans laquelle, dit-on, les prêtres seuls de la magna mater pouvaient
entrer sans danger, Pline 2, 95. Épaphras, de Colosses, a porté l'Évangile
jusque dans cette ville, et Paul lui rend un beau témoignage à cet égard.
Hiérapolis s'appelle maintenant Pampuk Kulasi (château de coton); elle est
bâtie sur un sol blanc et rocailleux.
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HIJON,
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ville forte de Nephthali, 1 Rois 15:20; 2 Chroniques
16:4. Elle fut prise par Ben-Hadad sur Bahasa, roi d'Israël.
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HILEN,
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ville lévitique de la tribu de Juda, 1 Chroniques
6:58.
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HILKIJA,
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1. père
d'Éliakim, Ésaïe 36:3.
2. Hilkija,
souverain sacrificateur sous Josias, 1 Chroniques 6:13; 2 Rois 22:4; 2
Chroniques 34:9, fut chargé, par ce pieux monarque, de veiller au recouvrement
des impôts du culte et des offrandes du peuple, et d'administrer la somme
recueillie, en la distribuant à ceux qui travaillaient aux réparations du
temple. Cette réformation, à laquelle travaillaient de concert le chef
politique de la nation et le chef du culte, fut bénie d'en haut, et l'Éternel
fit trouver à Hilkija, au milieu des objets sacrés que l'on sortait d'une
longue poussière, le saint livre de la loi (623 avant J.-C.). C'était, sans
aucun doute, le Pentateuque tout entier (cf. Deutéronome 17:18; 31:9,26) que
Moïse avait fait placer à côté de l'arche de l'alliance pour y être conservé,
et qu'un prêtre fidèle aura enlevé dans des temps de persécution, sous Athalie,
Achaz ou Manassé, pour le préserver d'une destruction sacrilège; on peut croire
même que c'était l'autographe de Moïse, car il sérail étonnant qu'il n'y eût eu
à la connaissance de Josias aucun exemplaire du saint livre dans tous ses
États, et que la simple découverte d'une copie eût produit sur lui une telle
impression qu'il déchirât ses vêtements dans sa douleur: il connaissait la loi
de Dieu, mais la vue de l'exemplaire primitif auquel se rattachaient tant de
souvenirs, lui rappela sans doute, avec une nouvelle force, les égarements
d'Israël et les outrages faits à la sainteté divine. Josias envoya aussitôt
Hilkija avec quelques autres consulter Hulda la prophétesse, qui répondit en
annonçant un règne prospère au pieux Josias, mais des calamités prochaines à
ses successeurs. Hilkija, soutenu par la parole de Dieu, continua son œuvre
réformatrice et acheva de purifier le temple, et de détruire les hauts lieux.
Bientôt la Pâque fut célébrée, «et certainement jamais Pâque ne fut célébrée ni
dans le temps des juges, qui avaient jugé en Israël, ni dans tout le temps des
rois d'Israël et des rois de Juda, comme cette Pâque qui fut célébrée en
l'honneur de l'Éternel dans Jérusalem, la dix-huitième année du roi de Josias»,
2 Rois 23:22; 2 Chroniques 35:8. Hilkija, qui y présida, se distingua par une
riche offrande; il donna, avec Zacharie et Jéhiel, 300 bœufs et 2,600 agneaux
ou chevreaux. Quelques années plus tard, l'impiété releva la tête, et ne la
baissa plus qu'en traversant le Jourdain pour se rendre dans l'exil, où elle
s'éteignit.
— Fils de Sallum, ou peut-être son petit-fils, et fils
d'Hazaria, Hilkija devait être fort âgé, puisque son père avait servi sous Ézéchias,
et qu'il avait dû traverser dès lors les cinquante-cinq années de Manassé, les
deux d'Amon, et les douze premières de Josias.
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HIN,
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mesure creuse des Hébreux pour les liquides, la
sixième partie du bath, un peu plus de quatre pintes d'après Calmet (litres, 5,
83).
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HINNOM, ou Gué-Hinnom,
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1. inconnu,
peut-être propriétaire d'une possession dans la vallée à laquelle il a donné
son nom.
2. Vallée
de Hinnom, ou Gué-Hinnom, Josué 15:8, Gué-Ben-Hinnom, 2 Rois 23:10, vallée
délicieuse au sud-sud-est de Jérusalem, servant de limite entre les tribus de
Juda et de Benjamin, Josué 18:16. Elle touchait à l'occident à la vallée de
Guihon, et à l'orient à celle de Josaphat. Agréable et fertile, elle était
couverte d'arbres verdoyants, et l'on y trouvait les jardins des rois. Plus
tard, Jérusalem idolâtre et parjure y sacrifia sous ses ombrages, et entendit
les cris des enfants brûlés dans les bras de Moloc, 2 Rois 23:10; Ésaïe 30:33.
Josias le réformateur mit fin aux abominations qui s'y commettaient: il profana
cette vallée, dit l'auteur sacré, et on ne la nomma plus qu'avec horreur
(Topheth), cf. Jérémie 19:13. Elle devint une place maudite, un lieu
d'exécution pour les criminels, et la grande voirie de Jérusalem. Son nom de
Gué-Hinnom, ou en grec géhenne, servit à désigner les malheurs temporels et
éternels les plus grands, Matthieu 5:22; Marc 9:43; Luc 12:5; Jacques 3:6.
— Voir: encore Néhémie 11:30; Jérémie 7:31; 19:2;
32:35.
On peut lire sur ce sujet (Topheth), une courte mais
intéressante note de M. Stapfer, dans l'Histoire de la Révolution d'Angleterre
de M. Guizot.
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HIR
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(ville),
1. Hir-Hammélach,
ville du désert de Juda, Josué 15:62. Nos versions l'ont traduit d'après sa
signification littérale, la ville du sel.
2. Hir-Nahas,
ville de Juda, fondée par Téhinna, 1 Chroniques 4:12.
3. Hir-Sémès
(ville du soleil), Josué 19:41, ville de la tribu de Dan, peut-être la même que
Beth-Sémès.
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HIRA
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de Hadullam, intime ami de Juda, fut l'entremetteur de
son mariage d'abord, puis de ses débauches, Genèse 38:1,12,20. Triste amitié!
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HIRAM, ou Hirom ou Huram,
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1. roi
de Tyr, contemporain de David, fit féliciter ce monarque lors de son avènement
au trône, et lui fournit, en ouvriers et en bois de cèdre, tout ce qui lui
était nécessaire pour la construction de son magnifique palais; on ne sait s'il
était allié ou tributaire de David. Quelques-uns (Calmet, Winer) l'ont confondu
avec le suivant, et le font ainsi vivre pendant les quarante années du règne de
David, et pendant une grande partie de celui de Salomon, ce qui ne concorde
guère avec les autres données que nous possédons.
2. Hiram,
Hirom, ou Huram, petit-fils du précédent et fils d'Abibal, 1 Rois 5:1; 9:11,27;
10:11; 2 Chroniques 2:3; 8:2,18; 9:10, fut contemporain de David et se trouvait
sur le trône de Tyr lorsque Salomon monta sur celui d'Israël. Il le lit
féliciter lors de son avènement, et vécut avec lui dans la plus étroite amitié,
sans qu'on sache s'il a été son vassal ou son allié. Lorsque Salomon entreprit
de construire le temple, Hiram lui fournit du bois de cèdre et du sapin en
abondance, et reçut en échange du vin, du froment et de l'huile; il lui fournit
encore 120 talents d'or, en payement desquels Salomon lui donna vingt villes ou
villages de la Galilée, situées probablement en dehors des limites du pays, et
que Hiram refusa; car, après les avoir visitées, il trouva que c'était un don
peu généreux, et les appela, par dérision, Cabul (q.v.). C'étaient des villes à
moitié désertes et des terres difficiles à cultiver; il les rendit à Salomon.
Mais il ne paraît pas que leur amitié ait souffert de cet épisode: car, au dire
de Flavius Josèphe, ils continuèrent une correspondance d'énigmes à résoudre,
se payant des amendes l'un à l'autre lorsqu'ils ne pouvaient en deviner le mot.
Ces deux princes firent encore ensemble le commerce du pays d'Ophir, les
Hébreux plus riches, les Tyriens plus habiles dans le maniement des vaisseaux:
ils s'aidèrent mutuellement dans ces lointaines entreprises, et mirent en
commun leurs différents avantages. Hiram mourut après trente-trois années d'un
règne heureux et paisible, ayant embelli sa capitale et fait prospérer son
royaume; il avait cinquante-trois ans. Son nom se retrouve dans les auteurs
profanes qui ont écrit l'histoire des rois de Tyr avant Flavius Josèphe.
3. Hiram
ou Huram, fils d'une veuve de la tribu de Nephthali ou de Dan, 2 Chroniques
2:14, et d'un père tyrien; il était fort expert en toutes sortes de travaux
d'airain, et Hiram, roi de Tyr, l'envoya à Salomon pour l'aider dans les
principaux et les plus délicats ouvrages de l'intérieur du temple, les
colonnes, les pommes de grenade, la grande mer portée par douze bœufs, etc., 2
Chroniques 4:11; 1 Rois 7:13. Il est surnommé Abi (mon père), soit que ce fût
un nom propre, soit que le roi de Tyr lui eût donné ce titre d'honneur pour le
recommander d'autant plus à Salomon.
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HIRONDELLES.
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Ce nom a servi chez différents interprètes pour la
traduction de quatre mots hébreux:
a. Hatalleph
(Luther), qu'il faut rendre par chauve-souris, q.v.
b. Deror.
Psaumes 84:3; Proverbes 26:2 (les rabbins, nos versions, Gesenius, De Wette,
Umbreit). D'autres le traduisent par colombe; d'autres par tourterelle sauvage;
d'autres enfin (Forskal, Harris, etc.) entendent par là un oiseau de passage
connu en Égypte sous le nom de dururi, qui quitte la Haute Égypte vers la fin
d'octobre, pour se rendre à Alexandrie, où il passe l'hiver.
c. Hagour,
Ésaïe 38:14; Jérémie 8:7 (nos versions, Gesenius). La comparaison des deux
passages montre qu'il s'agit non seulement d'un oiseau de passage, mais encore
d'un oiseau au cri lugubre et triste, caractère que ne présente pas
l'hirondelle: il vaut donc mieux peut-être suivre l'opinion de Bochart (Harris,
Winer) qui entend par hagour la grue, de même que le targum caldéen et la
version arabe. Bochart allègue plusieurs passages des anciens qui prouvent que
dans l'antiquité on attribuait à cet oiseau un cri lugubre.
d. Sous
ou sis, Ésaïe 38:14; Jérémie 8:7. Calvin, Luther, nos versions, et l'anglais,
le rendent par grue; mais il est préférable de le traduire par hirondelle avec
les Septante, la Vulgate, Jérôme, Théodotion, Bochart, Lowth, Gesenius et
Harris. Ce dernier auteur rappelle que les Italiens des environs de Venise
nomment l'hirondelle zizalla, et son cri zizallare, et il cite ces deux vers
latins:
Regulus, atque Merops, et rubro pectore Progne
Coutimili modulo ziuzulare sciuat.
D'après ces observations on pourrait, dans nos
traductions, laisser subsister le nom d'hirondelle, Psaumes 84:3; Proverbes
26:2, et il faudrait intervertir l'ordre des mots, c'est-à-dire mettre «comme
l'hirondelle et comme la grue.» Ésaïe 38:14; Jérémie 8:7, en réservant
toutefois l'incertitude ordinaire sur ces noms d'histoire naturelle.
Ajoutons que le nom de sous sert aussi à désigner le
cheval; la racine (inusitée) de ce mot signifie se réjouir, s'ébattre,
s'élancer, et peut s'appliquer au galop joyeux et libre du coursier, comme au
vol rapide et gai de l'agile hirondelle. Hagour, de hagar, tourner, aller et
venir, se rapporte soit aux migrations régulières des oiseaux de passage, soit
au vol de la grue qui s'élève et s'abaisse tournant toujours en spirale. Deror,
de darar, tourner rapidement, voler en décrivant un cercle, peut s'appliquer,
de même que hagour, au vol de l'hirondelle et d'autres oiseaux rapides et
gracieux.
Moïse n'a rien dit sur la pureté légale de la chair de
l'hirondelle, d'où l'on conclut qu'elle n'était pas interdite.
— Jérémie, l, c., se sert de l'instinct bien connu des
oiseaux émigrants pour humilier le peuple qui se dit sage, en lui montrant
qu'il ne reconnaît pas le droit de l'Éternel, qu'à cet égard il est sans
intelligence et par conséquent au-dessous des animaux qui, dans leur petite
sphère, savent cependant s'orienter et se diriger, choisir le bien et prévenir
le mal; cf. Ésaïe 1:3.
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HISTOIRE.
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Outre les traditions de famille, qui étaient pour les
Hébreux la principale source de leur histoire, ils avaient des monuments qui
étaient contemporains d'âges antérieurs, auxquels certains souvenirs avaient été
plus particulièrement rattachés; quelquefois c'étaient des pierres brutes,
qu'un homme dressait en mémoire d'un fait remarquable dont il avait été le
témoin, Genèse 28:18; 31:45; Josué 4:9; 1 Samuel 7:12 (comme, de nos jours
encore, les intrépides voyageurs qui réussissent pour la première fois à
atteindre le sommet de montagnes encore vierges, l'Ararat, la Jungfrau, etc., y
plantent une croix ou telle autre signe de prise de possession); d'autres fois
c'étaient des arbres qui, par leur force de vie, promettaient d'occuper
longtemps la place, des chênes ou des térébinthes (les Suisses avaient leur
tilleul d'Altorf, et chaque nation compte quelques mémoriaux de cette espèce).
Quelquefois encore les Hébreux avaient leurs chants historiques, Exode 15; Nombres
21:14; Juges 5, cf. Josué 10:13; 2 Samuel 1:18, ou bien des sentences
proverbiales, 1 Samuel 10:12; 19:24; 2 Samuel 5:8, des noms significatifs, des
fêtes solennelles, Exode 12:25; Juges 11:40, etc.
On ne peut préciser comment, ni à quelle époque, ils commencèrent
à écrire l'histoire; peut-être débutèrent-ils par des chants historiques,
peut-être même par les généalogies, qui étaient en quelque sorte le fond, le
cadre de leur histoire, et que les Orientaux de nos jours estiment encore à une
si grande valeur, Genèse 5:10:25, etc.
— Sous les successeurs de David, on voit déjà quelques
annalistes; ils appartiennent pour la plupart soit aux officiers de la cour,
soit surtout à l'école des prophètes, 1 Rois 4:3; 2 Rois 18:18,37; 2 Chroniques
34:8; Ésaïe 36:3,22. Les cours orientales avaient également leurs
historiographes, cf. Esther 10:2; Esdras 4:15; 6:2.
— C'est par des prophètes qu'ont été écrits les livres
historiques de l'Ancien Testament; ils citent eux-mêmes les biographies dont
ils se sont servis, et qu'ils se sont parfois bornés à extraire.
On peut remarquer, pour l'ensemble des ouvrages
historiques de l'Ancien Testament, qu'il s'y trouve une complète absence de
préoccupation chronologique: comparés les uns avec les autres, ils présentent
des contradictions inconciliables, dont on peut mettre les unes sur le compte
des copistes, les autres sur ce que, peu sou cieux de la chronologie, un
historien comptait à double certaines années, celles, par exemple, pendant
lesquelles un fils avait été associé à son père sur le trône; compte exact
aussi longtemps peut-être qu'il ne s'agit que de la vie d'un seul homme, mais
inexact lorsqu'on résume l'histoire de la nation par celle de ses rois. On
trouvera dans des considérations de ce genre la clef de presque toutes ces
inexactitudes dont on a tant parlé: un mot répond à tant d'attaques, c'est que
le but de l'historien sacré n'était pas de fournir aux chronologistes modernes
des dates et des jalons pour leurs époques, mais de donner aux enfants de Dieu
la nourriture dont ils avaient besoin, les leçons d'un peuple riche en
expériences de tous genres. Il est remarquable de voir aussi la manière dont
l'histoire est racontée dans ces livres de Dieu; ce ne sont pas les rois qui
gagnent les batailles, ni les peuples qui se délivrent à main forte et à bras
étendu, ni les conseils qui délibèrent, mais partout intervient l'action
providentielle, la main suprême, le conseil de Dieu. Si l'histoire des autres
peuples et des autres temps avait été écrite par le même Esprit, combien elle
ressemblerait peut-être à celle des Juifs, combien d'instructions on y
trouverait encore! Qu'on se représente l'histoire de France, les croisades, la
réformation, les guerres de la ligue, les massacres des protestants, écrits
comme les livres de Samuel ou des Rois!
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HIWAH,
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— Voir: Hava.
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HOBAB,
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Nombres 10:29. Quelques auteurs confondent Hobab avec
Jéthro son père, le beau-père de Moïse, appliquant le nom de beau-père, dans le
passage indiqué, à Hobab et non à Réhuel comme il faut le faire; Réhuel n'est
qu'un surnom de Jéthro, et Hobab est ainsi le beau-frère de Moïse. On pense
que, lorsque Jéthro retourna dans son pays, il laissa auprès de Moïse Hobab son
fils qui, après avoir d'abord refusé, finit, sur les instances et les promesses
de Moïse, par consentir à servir de guide aux Israélites. Il paraît que dès
lors il resta avec le peuple dont son parent était le chef, et on voit ses
enfants sous les juges, à l'époque de Débora, habitant quelques déserts
d'Israël, près de Kédès, Juges 4:11.
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HOBAH,
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Genèse 14:15 (Beaucoup d'éditions, et même la
Concordance de Mackenzie, portent Hobar; c'est une faute d'impression.) C'était
une ville, ou un bourg, dans la plaine fertile de Damas, à gauche, par
conséquent au nord de cette ville. Abraham, à la tête de ses serviteurs,
poursuivit jusque-là les rois qui avaient dépouillé Lot son neveu, Genèse
14:14-16. Calmet pense que c'est Abila, dans la vallée entre le Liban et
l'Anti-Liban; Schrœder mentionne un village de ce nom qui subsisterait encore
dans cette contrée.
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HOBAL, ou Hébal,
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Genèse 10:28, ou Hébal, 1 Chroniques 1:22, peuplade
arabe de la race des Joktanides. Bochart pense aux Avalites, petite tribu
troglodyte qui habitait les côtes orientales de l'Afrique près du détroit de
Babel-Mandeb; d'autres ont comparé la peuplade iduméenne des Gobolites, mais
c'est déjà moins probable: on ne peut rien affirmer.
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HOBED-ÉDOM,
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Lévite de Gath-Rimmon dans la tribu de Dan, 2 Samuel
6:10; 1 Chroniques 13:13. L'arche était depuis soixante-dix ans dans la maison
d'Aminadab, lorsque David, peu après son avènement au trône, résolut de la
transporter à Jérusalem. Effrayé peut-être par la mort de Huza, il n'osa pas
accomplir son dessein et se borna à la déposer dans la maison d'Hobed-Édom, qui
se trouvait près delà et, à ce que l'on peut croire, sur le bord du chemin.
Hobed-Édom ne craignit pas de recevoir chez lui ce dépôt sacré, et la présence
de l'Éternel fut en bénédiction à sa famille tout entière. Hobed-Édom eut huit
fils et soixante-deux petits-fils, «car Dieu l'avait béni», et sa postérité fut
attachée au service du temple, les uns comme portiers à la porte du midi, les
autres comme trésoriers, 1 Chroniques 26:4,8,15; 2 Chroniques 25:24.
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HODED.
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1. Père
du prophète Hazaria, q.v.
2. Hazaria
lui-même, 2 Chroniques 15:8.
3. Autre
prophète, qui provoqua la démarche généreuse de Hazaria (#5.) et de ses amis
auprès de l'armée triomphante de Pékach, roi d'Israël, et qui fit mettre en
liberté les prisonniers de Juda. 2 Chroniques 28:9.
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HOG,
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roi de Basan, guerrier fort et vaillant, le dernier
descendant des Réphaïms, Deutéronome 3:11; Nombres 21:33; 32:33; Deutéronome
1:4; 3:1; 29:7; 31:4. Il possédait soixante forteresses ou villes fortifiées,
non compris les villes et les villages. Après que Sinon eut été défait par
Moïse, Hog, craignant les progrès d'un pareil adversaire, résolut de le
prévenir; il rassembla son peuple et s'avança jusqu'à Édréhi contre l'armée des
Hébreux, mais il fut taillé en pièces et perdit la vie avec la bataille.
— Pour nous donner une idée de sa taille gigantesque,
Moïse dit que son lit avait neuf coudées de longueur, et quatre de largeur, ce
qui suppose toujours une taille extraordinaire en admettant même un peu de luxe
dans les dimensions. On retrouva plus tard, à Rabbath-Hammon, un lit de fer de
la grandeur indiquée, que la tradition disait être le même que celui de Hog,
mais ce n'est pas prouvé.
— Le nom de Hog est plusieurs fois rappelé dans
l'Écriture, Josué 2:10; 9:10; 12:4; 13:12; Psaumes 135:11; 136:20; Néhémie
9:22, etc., comme une preuve de la miséricorde et de la fidélité divines.
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HOLOCAUSTE,
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sacrifice qui se distinguait de tous les autres en ce
que la victime était entièrement consumée, sauf la peau, qui devenait la
propriété du sacrificateur, Lévitique 1:6; 7:8, C'était donc dans l'holocauste
que l'idée fondamentale du sacrifice se trouvait le plus complètement réalisée;
aussi voyons-nous que ces sacrifices ont commencé les premiers; ils datent du
déluge, peut-être de la création, Genèse 8:20; 4:4; ce sont aussi les
holocaustes qu'on offrait le plus fréquemment, tous les jours pour le peuple,
Nombres 28:3; Exode 29:18, dans les grandes fêtes solennelles, Lévitique 23:37,
pour les différentes purifications, Lévitique 12:6; 14:19; 15:15, et en général
avec presque tous les autres sacrifices, q.v., Nombres 15:8; 2 Rois 16:13,15.
________________________________________
HOLON,
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1. ville
lévitique des montagnes de Juda, et ville de refuge pour les meurtriers
involontaires, Josué 15:51; 21:15.
2. Ville
moabite, située probablement dans la partie de Moab appelée la plaine, Jérémie
48:21, mais du reste inconnue. Winer pense à Horonajim.
________________________________________
HOMER, ou Chomer, ou ghomer,
________________________________________
1. ou
Chomer, mesure creuse des Hébreux pour les choses sèches: elle contenait 10
baths (350 litres), Ézéchiel 45:11,14. C'est la même mesure que le core,
Ézéchiel 45:14. Nombres 11:32.
2. Le
homer ou ghomer, Exode 16:16,36; Osée 3:2, était la dixième partie de l'épha,
et contenait ainsi cent fois moins que le précédent (3 litres,50): c'est de
cette mesure que se servaient les Israélites pour recueillir la manne du
désert.
________________________________________
HOMRI,
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sixième roi d'Israël, 1 Rois 16:16. Général en chef
des armées d'Éla, il assiégeait pour son maître la ville de Guibbethon, lorsqu'il
apprit qu'Éla avait été assassiné par Zimri, et qu'à son cri me le meurtrier
avait ajouté celui de l'usurpation. Zimri n'avait pas pour lui la sanction
populaire; l'armée se pressa au tour d'Homri, le nomma roi et partit avec lui
pour aller assiéger dans Tirtsa, la capitale d'Israël, celui qui lui disputait
la couronne. Au bout de huit jours la ville fut prise; Zimri, plutôt que de se
rendre, mit le feu au palais, et périt dans les flammes, 929 avant J.-C.
Cependant un parti de mécontents suscita au nouveau roi un second rival dans la
personne de Tibni; les armées étaient à peu près égales, la guerre civile
recommença, on se battit pendant quatre ans. Homri unit par triompher, et dès
lors il régna en paix sur les dix tribus réunies. Après être demeuré deux ans à
Tirtsa, dont le palais royal était détruit, il acheta pour deux talents
d'argent la montagne de Samarie, où il bâtit la ville de ce nom, et y
transporta le siège de son royaume, l'an 924. Il mourut en 918, après un règne
de onze ou douze ans, ayant surpassé en iniquités tous ses prédécesseurs. Il
fut le chef de la dynastie qui donna à Israël Achab et Hatalie; il paraît
n'avoir pas été dépourvu de talents administratifs et politiques, et travailla,
par le mariage de son fils Achab avec une princesse phénicienne, à consolider
sa ramille sur le trône,
— Voir: 2 Rois 8:26; 2 Chroniques 22:2; Michée 6:16.
Les versets 15, 23 et 29; de 1 Rois 16, offrent
quelques difficultés chronologiques: d'après le verset 15, Zimri, et par
conséquent Homri, commence à régner la vingt-septième année d'Asa. Dans la
trente et unième année d'Asa, verset 23, Homri a déjà régné six ans, et doit en
régner encore six; enfin, verset 29, Homri meurt et Achab lui succède dans la
trente-huitième année du même roi de Juda. Les douze années d'Homri sont donc
comprises entre la vingt-septième et la trente-huitième d'Asa; elles doivent
ainsi se réduire à onze années et une fraction; de plus, les deux moitiés du
règne d'Homri sont marquées par la trente et unième d'Asa, ce qui ferait exactement
quatre ans pour la première moitié et sept pour la seconde. Partant delà
vingt-septième année d'Asa, et admettant qu'Homri n'a pas régné douze années
pleines, on arrive bien à placer sa mort dans la trente-huitième d'Asa, entre
918 et 919. Quant au détail du verset 23, il marque le commencement de la
partie paisible du règne d'Homri, sans appuyer sur la parfaite égalité des deux
moitiés, la première, comprenant cinq années (27-31), la seconde, six et une
fraction (31 ou 32-38).
________________________________________
HOPHEL,
________________________________________
1. 2
Chroniques 27:3; 33:14, un des quartiers de Jérusalem, situé à l'orient, sur
une éminence voisine du temple et du torrent de Cédron, et occupée depuis le
retour de l'exil par les Néthiniens attachés au service du temple rebâti,
Néhémie 3:26; 11:21 .
— Michée 4:8, le mot Hophel désigne appellativement le
temple et la ville de Jérusalem tout entière; c'est une prophétie que Michée
rapporte lui-même, verset 10, au retour de la captivité, et dont Néhémie
3:26-27, est le littéral accomplissement.
2. 2
Rois 5:24, au lieu de lieu secret, il faut lire Hophel, endroit inconnu du
centre de la Palestine.
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HOPHNI, et Phinées,
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1. ville
de Benjamin, Josué 18:24.
2. Hophni
et Phinées, fils d'Héli, 1 Samuel 1:3; 4:4,11,17. Ces deux malheureux jeunes
prêtres furent pendant plusieurs années le scandale du peuple juif; abusant de
leur position pour s'enrichir, ils extorquaient à force de menaces et de
violences une part des offrandes consacrées, et, joignant la débauche à la
cupidité, s'abandonnaient ouvertement à la corruption la plus grossière,
jusqu'à séduire les femmes qui se rassemblaient par troupes à la porte du tabernacle
d'assignation. Ils ne se laissèrent pas arrêter dans leurs débordements par les
sages, mais trop faibles conseils de leur père, et achevèrent de déshonorer
leur charge en méprisant les avis du souverain sacrificateur. Des hostilités
ayant éclaté entre les Israélites et les Philistins, Hophni et Phinées
touchèrent à l'arche sainte pour se donner la victoire, et l'emmenèrent de Silo
dans le camp, malgré l'expresse défense de l'Éternel. Au lieu de la résidence
du Dieu fort, cette arche ne fut pour eux qu'un talisman humain, et après
l'avoir vu tomber entre les mains de l'ennemi, ils succombèrent eux-mêmes dans
la bataille, 1117 avant J.-C., 1 Samuel 4.
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HOPHRA,
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1. un
des Pharaons, roi d'Égypte, et selon toute probabilité le même qui est connu
dans l'histoire profane sous le nom d'Apriès ou Vaphrès, fils et successeur de
Psammuthis, et huitième roi de la vingt-sixième dynastie. Après une heureuse
guerre contre les Cypriens et les Phéniciens, il fit contre les Cyrénéens une
campagne dans laquelle il fut défait; en même temps son peuple se révoltait
contre lui, sous la conduite d'Amasis, et Nébucadnetsar attaquait son royaume.
Pressé par ces deux ennemis, et n'ayant plus autour de lui qu'une faible armée,
il tomba entre les mains d'Amasis, qui le fit périr et lui succéda.
— Sédécias avait recherché l'alliance d'Hophra contre
Nébucadnetsar, Ézéchiel 17:15, et cette alliance lui avait été de quelque
secours lors du dernier siège de Jérusalem, Jérémie 37:5,7 (586 avant J.-C.),
mais elle devait présider à la perte de l'un et de l'autre royaume. Lorsque
plus tard quelques Juifs menés par Hazaria et Johannan voulurent profiter,
malgré les menaces de Jérémie, de la liberté d'établissement que Hophra leur
accordait en Égypte, Jérémie leur annonça la triste fin de ce royaume d'Égypte
et son renversement, Jérémie 43:9; 44:30; 46:25.
Les prophéties d'Ézéchiel, chapitre 29 et suivant,
contre Pharaon, devaient s'accomplir sous Hophra, le dernier roi de sa
dynastie, mais elles ne se rapportaient à ce roi que comme roi et non comme
individu.
2. Hophra,
ville de la tribu de Benjamin dans la partie nord-est, située d'après Eusèbe, à
cinq milles est de Béthel, 1 Samuel 13:17. Quelques-uns pensent que c'est la
même que Haphra, Michée 1:10.
3. Patrie
et demeure de Gédéon dans la tribu de Manassé, Juges 6:11,24; 8:27. Le récit
n'indique pas clairement si elle était au-delà ou en deçà du Jourdain; il me
paraît cependant probable, contre l'opinion la plus répandue, qu'elle était en
deçà, du même côté que fut livrée la bataille entre Gédéon et les Madianites.
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HOR,
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1. nom
d'une montagne au sud-est de la Palestine, aux confins de l'Idumée, à l'est
d'El-Araba, qui fait partie du désert de Tsin: c'est là que mourut Aaron,
Nombres 33:38; cf. 20:22; l'on y montre encore son tombeau. Elle porte le nom
de Dshebel-Nabi-Harun (montagne du prophète Aaron), ou de Sidna-Harun.
2. Il
y avait encore une autre montagne du même nom au nord de la Palestine, dont
elle formait la frontière septentrionale. Nombres 34:7-8.
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HOREB et Zéeb.
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1. Horeb
et Zéeb, deux chefs madianites que les Éphraïmites firent prisonniers au
passage du Jourdain, lorsqu'ils fuyaient devant Gédéon; le premier fut mis à
mort auprès d'un rocher auquel il donna son nom; l'autre dans un pressoir qu'il
s'était choisi pour refuge, ou dont on lui avait fait une prison.
— Voir: encore Psaumes 83:12; Ésaïe 10:26.
2. Horeb
est le nom que l'on trouve Deutéronome 1:6; 4:10; etc., pour désigner la
montagne sur laquelle fut donnée la loi, et qui est appelée Sinaï dans les
autres livres du Pentateuque;
— Voir: aussi Malachie 4:4.
C'était le nom particulier d'une des sommités du
Sinaï, probablement de la pointe inférieure, de celle par laquelle on passe
pour arriver au Sinaï proprement dit, q.v.
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HORIENS,
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peuplade des frontières méridionales de la Palestine,
habitant les montagnes de Séhir, dont elle fut plus tard repoussée par les
Édomites, Genèse 14:6; Deutéronome 2:12,22. Elle était divisée en plusieurs
tribus, Genèse 36:20, et vivait, ainsi que son nom l'indique (hor, trou) dans
ces cavernes et ces fentes de rochers si abondantes dans les montagnes de
l'Idumée. D'après Michaélis, ils auraient été d'origine cananéenne. Calmet
suppose que les Grecs auront emprunté leur mot héros,
ήρως, à l'hébreu horim, qui est pris quelquefois dans le
sens appellatif de grands, puissants, comme ils ont pris leur mot
άναξ à l'hébreu Hanak, le père des Hanakins.
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HORMA
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(interdit), d'abord appelée Tsephath, ville
cananéenne, et résidence royale, Josué 12:14; Nombres 14:45; 21:3. Elle fut
détruite par les tribus de Juda et de Siméon, et successivement donnée en
partage à la première, puis à la seconde des tribus, Josué 15:30; 19:4; 1
Chroniques 4:30;
— Voir: encore 1 Samuel 30:30.
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HORONAJIM,
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ville moabite, Ésaïe 15:5; Jérémie 48:3,5,34,
probablement située sur une colline. Elle a donné naissance à Samballat
gouverneur perse en Palestine, Néhémie 2:10,19. Plus tard elle fut jointe au
territoire de la Judée, Flavius Josèphe, Antiquités Judaïques 14, 15; 4.
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HORPA,
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Moabite, belle-fille de Nahomi, épouse de Mahlon (?),
et belle-sœur de Ruth. Elle essaya de suivre sa belle-mère lorsque celle-ci,
pressée par la famine, quitta Moab pour Israël; mais Nahomi lui ayant
représenté le peu de chances de bonheur qu'il y avait pour elle, et l'ayant
engagée dans son intérêt à ne pas l'accompagner jusqu'au terme de son voyage,
Horpa, moins forte et moins dévouée que Ruth, se laissa ébranler, pleura et
repartit.
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HOSA,
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ville sur les frontières de la tribu d'Aser, Josué
19:29.
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HOSÉE.
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1. Dix-neuvième
et dernier roi d'Israël, fils d'Éla, 2 Rois 15:30; 17:1. Il succéda à Pékach
contre qui il avait conspiré, et qu'il fit mettre à mort, mais il ne put monter
sur le trône qu'après neuf ou dix ans d'une affreuse anarchie. Moins coupable
que ses prédécesseurs, il ne suivit cependant pas la bonne voie; éminemment
faible, il laissa subsister l'idolâtrie dans ses états, mais sans s'opposer aux
prophètes et aux saints messagers de la repentance et de la loi. Salmanéser roi
d'Assyrie, fils de Tiglath-Piléser, marcha contre lui, l'asservit et lui imposa
un tribut; mais quelque temps après, ayant fait alliance avec le roi d'Égypte,
Hosée crut pouvoir secouer le joug, et refusa de payer le tribut: ce fut le
dernier acte de la politique .d'Israël. Salmanéser revint, assiégea Samarie, la
prit, égorgea une partie de ses habitants, et emmena en exil le roi et l'élite
de la nation.
Ainsi
furent accomplies les prophéties d'Ésaïe, 5:7,13-19,22-30, et d'Osée 8:5,7;
9:7, etc.
D'après 2 Rois 15:30, Hosée commença à régner la
vingtième année de Jotham (739 avant J.-C.), et d'après 2 Rois 17:1, ce ne fut
que la douzième année d'Achaz (729); le même historien aurait donc, dans le
même livre et dans deux passages presque successifs, établi une différence de
dix ans entre deux données sur le commencement d'un règne qui a dû être
célèbre; il est évident qu'il ne saurait y avoir là de contradiction;
l'inspiration même n'est pas en cause, mais le simple tact, le bon sens, la
réflexion de l'historien. Le premier passage fixe l'année de la mort du
précédent roi, celle où Hosée commence à se mettre à la tête des affaires, et à
lutter pour se faire reconnaître; le second passage indique le moment où, après
de longs combats, il commence à régner sans conteste (Desvignoles, Bengel,
Winer, etc.).
C'est dans la troisième année du règne d'Hosée que le
pieux Ézéchias étant monté sur le trône de Juda, fit convoquer à Jérusalem les
fidèles des dix tribus pour une pâque solennelle qu'il se proposait de
célébrer; mais les peuples s'en moquèrent: quelques hommes seulement d'Aser, de
Manassé, et de Zabulon se rendirent à cet appel. Ce royaume était vermoulu et
mûr pour sa ruine.
Avec Hosée tomba le royaume d'Israël, près d'un siècle
et demi avant celui de Juda, laissant à celui-ci un avertissement solennel des
conséquences de l'idolâtrie; on peut remarquer qu'aussitôt après avoir raconté
la chute d'Israël, l'historien sacré ajoute la liste des péchés dont cette
chute était le châtiment.
2. Prophète,
— Voir: Osée.
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HOSPITALITÉ.
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Cette touchante et noble vertu qui ramène les hommes à
la fraternité primitive, en établissant pour quelques jours la communauté des
biens, a toujours été répandue en Orient; elle est encore aujourd'hui dans les
mœurs de ces populations. Elle est recommandée aux chrétiens, Romains 12:13;
Hébreux 13:2; 1 Timothée 5:10, comme elle l'était aux Hébreux, qui, du reste,
la pratiquaient presque d'eux-mêmes comme les autres peuples orientaux.
L'étranger, quel qu'il fût, était invité à entrer dans la maison, Genèse 19:2;
Exode 2:20. Juges 13:15; 19:21, on lui lavait les pieds suivant l'usage du
pays, Genèse 18:4; 19:2; cf. 1 Timothée 5:10, et on lui fournissait pour lui et
pour ceux qui étaient avec lui, hommes, chevaux, chameaux, tout ce dont ils
pouvaient avoir besoin, nourriture et logement, Genèse 18:5; 19:3; 24:25,32;
Exode 2:20; Juges 19:20, soins de toute espèce et protection, Josué 2:1; etc. À
son départ il était accompagné honorablement par son hôte et par sa famille;
chez les Arabes encore il se borne pour tout remerciement à dire à ceux qui
l'ont hébergé: «Que Dieu vous garde!»
— Refuser l'hospitalité à un voyageur était l'indice
de la plus sordide et de la plus dure avarice; l'insulter ou troubler son repos
était une grossièreté sans nom, Genèse 19:4. Après l'exil, l'hospitalité entre
Juifs et Samaritains ne fut plus qu'une vertu nominale: castes distinctes, ces
deux peuples se haïssaient avec la fureur ordinaire des castes; les Juifs
aimaient mieux faire un détour que de s'exposer à demander l'hospitalité à des
Samaritains, et ces derniers, peut-être moins obstinés dans leur haine, Luc
10:33, repoussaient cependant de leurs maisons les Juifs qui se rendaient à
Jérusalem, surtout lorsqu'ils paraissaient s'y rendre pour les fêtes
religieuses, Luc 9:53. Notre Sauveur, dans la parabole du bon Samaritain,
montre combien l'idée de prochain doit rester indépendante de toutes
considérations personnelles ou religieuses, lorsqu'il s'agit de la charité dont
l'essence est d'être universelle.
D'après Homère, l'hospitalité des païens aurait été
fondée sur la croyance que les dieux, déguisés en simples mortels, se promènent
quelquefois sur la terre pour éprouver les hommes, les récompenser de leur
hospitalité, ou les punir de leur dureté: cette idée sublime a été rappelée par
notre Sauveur, et bien peu modifiée, lorsqu'il dit à ses disciples: «Celui qui
vous reçoit me reçoit, «Matthieu 10:40-41; cf. 25:34-43. «Par elle, dit encore
un apôtre, quelques-uns ont logé des anges, n'en sachant rien», Hébreux 13:2.
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HÔTELLERIE.
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À la place de nos auberges et de nos hôtels, on trouve
en Orient des caravansérails, appelés aussi khans, ou mensils, espèces de
grands bâtiments ou hangars, propres à offrir au voyageur et à ses bêtes un
abri gratuit pour la nuit, et quelquefois aussi, mais rarement, des vivres et
du fourrage à un prix modéré. Il y en a dans les villes, dans les villages,
parfois même au bord des grandes routes; et c'est probablement de pareilles hôtelleries
qu'il est parlé Luc 10:34; Jérémie 41:17, peut-être aussi Luc 2:7, quoiqu'on
pense généralement que la maison dans laquelle est né notre Sauveur fût une
maison particulière, mise au service de quelques voyageurs à cause des
circonstances dans lesquelles le pays se trouvait par suite de ledit
d'enregistrement. Les anciens Hébreux ne connaissaient pas les caravansérails,
cf. 2 Rois 4:8; Genèse 28:11. Dans les passages Genèse 42:27; Exode 4:24; 2
Rois 10:12; Jérémie 9:2, il s'agit probablement d'une espèce de bivouac où l'on
passait la nuit, dans des tentes ou dans des cavernes, comme les Orientaux de
nos jours savent encore s'abriter partout où ils se trouvent lorsqu'ils n'ont
pas de caravansérail à leur disposition. Quelques versions voient aussi une hôtellerie
Josué 2:1, mais la traduction de nos Bibles doit être maintenue. L'habitude de
l'hospitalité rendait presque inutile l'établissement d'hôtelleries; à l'époque
même de notre Sauveur, l'hospitalité était plus généralement en vogue que
l'usage des hôtelleries, qui, d'ailleurs, ne se trouvaient guère que dans les
contrées désertes, comme celle de Jérico, et sur le bord des grands chemins.
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HOTHNIEL
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(1405 avant J.-C.), Juges 3, fils de Kénas et neveu de
Caleb, obtint en mariage Hacsa, la fille de ce dernier, laquelle avait été
promise en récompense à celui qui ferait la conquête de Kiriath-Sépher, Juges
1:13. Il fut le premier des juges d'Israël, et délivra son peuple du joug de
Cusan-Rischatajim, roi de Mésopotamie, qui l'opprimait depuis huit ans. Il se
mit à la tête des Hébreux, les rangea en bataille, et vainquit: une paix de
quarante ans fut le fruit de sa victoire, et il exerça pendant tout ce temps
les fonctions de juge.
— On l'a confondu, mais sans raison, avec le pieux
Jahbets, 1 Chroniques 4:9-10.
— Hothniel est, depuis la mort de Josué, le premier
chef du peuple qui soit mentionné dans l'Écriture; on ne sait pas quelle espèce
de gouvernement remplit l'intervalle de vingt ans qui sépare le grand capitaine
du premier juge; il est probable même qu'il n'y eut pas de gouvernement
régulier, et que chacun fit ce qui lui plut, chaque tribu, chaque famille,
chaque individu. C'est dans cette période que se place la petite guerre contre
Adoni-Bézec.
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HOZIAS,
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dixième roi de Juda, nommé Hazaria dans le second
livre des Rois (sauf 15, 30; 32), fils d'Amatsia et de Jecolia. Après le
meurtre de son père, le peuple l'appela au trône de Juda; il était à peine âgé
de seize ans, 2 Rois 14:21. Il régna cinquante-deux ans dans l'esprit du Dieu
de Moïse (809-758); il s'opposa aux progrès de l'idolâtrie sans cependant
réussir en tous lieux, 2 Rois 15:3, écouta les avis du pieux pontife Zacharie,
et fit fleurir son royaume au dehors. Il reconquit Élath, que les Iduméens
avaient prise sous Joram; il mit sur pied 300,000 hommes avec lesquels il
abattit les Philistins, dont il rasa les forteresses; il repoussa les tribus
arabes et rendit les Hammonites tributaires, 2 Rois 14:22; sq. 15:1; 2
Chroniques 26:1. Il construisit des arsenaux. Les laboureurs et les bergers
vécurent en paix sous sa protection; il leur éleva des forteresses au désert,
et les montagnes de Juda regorgèrent des biens de la terre. Heureux comme
administrateur et comme capitaine, ce grand roi voulut être aussi
sacrificateur. Ébloui par tant de succès, son coeur se gonfla, et il dut
apprendre que l'orgueil marche devant l'écrasement. Il oublia ou méprisa les
lois du Seigneur sur le culte; il oublia que les fonctions sacerdotales avaient
été confiées à la famille d'Aaron seule, Nombres 3:10, et que la malédiction
frapperait les rois qui empiéteraient sur les prérogatives des pontifes. Un
jour il entre dans le temple et se saisit de l'encensoir pour offrir le parfum
sur l'autel; mais le pontife Hazaria est là avec quatre-vingt prêtres du
Seigneur; ils s'opposent au sacrilège et Hazaria, le roi du culte, dit à
Hazaria, le roi du pays: «Il ne t'est pas permis d'offrir de l'encens devant le
Seigneur, sors du sanctuaire». Hozias, irrité de cette courageuse résistance,
croit vaincre les prêtres de Dieu comme il a vaincu les Philistins; l'encensoir
à la main, il les menace; mais au même instant la lèpre paraît sur son front,
il est impur et les prêtres le chassent parce que sa présence souille le
temple: lui-même ne résiste plus; il est épouvanté, car il sent que la main de
l'Éternel a vengé l'outrage fait au lieu saint. Le vieux roi s'était perdu par
son obstination. Hosias demeura ainsi lépreux jusqu'à sa mort; il fut retranché
du peuple et confiné dans une maison écartée, tant était grande l'horreur des
Juifs pour la plaie impure qui le rongeait. Jotham, son fils, gouverna en son
nom quelques années, et à sa mort, Hozias ne fut pas même enseveli dans les
sépulcres des rois ses pères; on le relégua dans un champ qui les entourait.
Il fut contemporain des rois d'Israël Jéroboam II,
Zacharie, Sallum, Ménahem, Pékachia et Pékach, et des prophètes Amos, Osée et Ésaïe,
peut-être encore de Joël. On voit par Amos 1:1; cf. Zacharie 14:5, qu'un
tremblement de terre marqua le règne de ce monarque, mais on ne sait à quelle
époque il faut le placer. Il est marqué, Matthieu 1:8, comme fils de Joram,
mais trois générations sont omises,
— Voir: Jésus.
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HUILE.
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L'Orient ancien, comme l'Orient moderne, faisait un
très grand usage de l'huile et de toutes les graisses végétales, soit parce
qu'étant fraîches, elles sont plus fines que la graisse animale, soit aussi
parce qu'elles se conservent mieux et plus longtemps. Les Hébreux ne faisaient
pas exception à cette règle; la loi même leur prescrivait en plusieurs
circonstances l'emploi de l'huile au lieu de graisse: le législateur voulait
peut-être, pour attacher les Hébreux à leur sol, favoriser ainsi les travaux de
l'agriculture et les obliger d'une manière indirecte à multiplier leurs
plantations. Ils se servaient d'huile:
a. pour
leurs repas et pour l'assaisonnement des viandes, de la farine, des légumes et
de presque tous les mets pour lesquels on emploie le beurre dans nos cuisines,
Ézéchiel 16:13. C'est une graisse plus pure que les substances animales et qui
paraît devoir donner un goût plus délicat aux aliments ainsi préparés.
b. Les
gâteaux de sacrifices, et toutes les offrandes, étaient oints ou accompagnés
d'huile fine, Lévitique 2:1,15; 5:11; 14:10; Nombres 5:15; 8:8, etc. Il y avait
même des aspersions d'huile sur les sacrifices, Lévitique 14:12, et ailleurs:
cf. Michée 6:7.
c. On
s'en servait: pour oindre le corps, les cheveux, la barbe, les pieds, etc.,
surtout lorsqu'on donnait un festin ou lorsqu'on recevait des hôtes qu'on
voulait honorer, Deutéronome 28:40; 2 Samuel 14:2; Psaumes 23:5; 92:11; 104:15;
133:2; Michée 6:15; Luc 7:46; sous ce rapport, l'huile était devenue un objet
de luxe, Proverbes 24:17,
— Voir: Onction;
d. comme
combustible pour l'alimentation des lampes dans le temple, Exode 25:6; 27:20;
35:8; cf. Esdras 6:9, et chez les particuliers, Matthieu 25:3.;
e. enfin,
comme remède: les Juifs oignaient la tête d'huile pour chasser un mal de tête,
et appliquaient cette même substance presque dans tous les cas de maladie, soit
qu'il y eût souffrance intérieure, soit qu'il y eût lésion extérieure, Ésaïe
1:6; Luc 10:34. Il y avait aussi des bains à l'huile, Flavius Josèphe,
Antiquités Judaïques 17, 6; 5. Deux passages se rapportent à l'emploi de
l'huile comme remède, Marc 6:13. Jacques 5:14. Les disciples oignaient d'huile
les malades. Il faut se rappeler que les disciples n'étaient pas médecins, et
que ce n'est pas comme tels que Jésus les avait envoyés; le premier des deux
passages a son commentaire dans ces paroles du second: «Et la prière faite avec
foi sauvera le malade.»
On voit par ce qui précède que l'abondance d'huile
était un sûr indice de prospérité; elle appartenait en quelque sorte aux objets
de première nécessité, cf. Jérémie 31:12; un présent d'huile était toujours
bien venu, Osée 2:5; 1 Chroniques 12:40, et dans les promesses de bonheur et
d'abondance qui sont faites au peuple, l'huile n'est jamais oubliée, non plus
que la vigne et le figuier, Joël 2:19; cf. Deutéronome 28:40. Sur les prémices
et les dîmes de l'huile,
— Voir: Deutéronome 12:17; 18:4; 2 Chroniques 31:5;
Néhémie 10:37,39; 13:12.
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HUL,
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le second des fils d'Aram, Genèse 10:23. Ce nom est
peu connu. Flavius Josèphe et saint Jérôme ont cherché sa postérité dans
l'Arménie, mais sans fondement ni vraisemblance. Rosenmuller et Gesenius
comparent le nom arabe d'une vallée ou d'un bassin situé au pied du mont
Hermon, entre le Dshebel-Safat et le Dshebel-Heisch, qui porte maintenant le
nom de Érets Alhullah (— Voir: Seetzen et Burkhardt): c'est le bassin dans
lequel le Jourdain prend sa source: au midi se trouve le lac Mérom, qui
s'appelle aujourd'hui El Houleh. Cette opinion, qui est la plus probable, se
rapproche de celle de Michaélis, qui cherche Hul dans la Cœlésyrie, entre le Liban
et l'Anti-Liban jusqu'à Alep.
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HULDA
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(623 avant J.-C.), prophétesse, épouse ou veuve de
Sallum, l'intendant de la garde-robe royale, 2 Rois 22:14-15; 2 Chroniques
34:22. Elle demeurait à Jérusalem, «au collège;» l'hébreu porte bamishneh, que
l'on trouve aussi Sophonie 1:10, et qui signifie littéralement dans la seconde
partie de la ville, cf. Néhémie 11:9. Quelques-uns l'entendent d'un séminaire
ou d'une école de prophètes. Hulda n'est connue que par un seul oracle. Hilkija
venait de retrouver dans le temple la loi de l'Éternel, avec ses menaces contre
l'idolâtrie. Ému à la vue du livre sacré, le roi Josias comprit qu'il fallait
rentrer en plein dans la voie de la sainteté et de la fidélité, et il députa
quelques hommes auprès de la prophétesse (Jérémie vivait déjà, mais on peut
supposer qu'il était absent, puisque le roi s'adresse à une femme). Hulda
déclara aux envoyés du roi que lui, Josias, vivrait et mourrait en paix, parce
que son cœur s'était amolli et qu'il s'était humilié devant Dieu, mais que
toutes les menaces de la loi divine s'accompliraient à la rigueur contre ce
peuple qui avait aimé de faux dieux et leur avait offert des encensements. «Ma
colère, dit Jéhovah par la bouche de sa servante, a fondu sur ce lieu-ci, et
elle ne sera pas éteinte.»
— L'exil fut le sceau de cette prophétie.
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HULOTTE,
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hébreu thachmass, Lévitique 41:16; Deutéronome 14:15,
est rendu dans nos versions par hulotte;
— Voir: Chat-huant.
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HUPPE,
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Lévitique 14:19. Deutéronome 14:18, hébreu doukiphat.
La traduction de nos Bibles est appuyée par l'arabe, les Septante, saint Jérôme
et Luther, et il n'y a rien qui soit de nature à l'invalider. La huppe (upupa
epops L.) est un oiseau bien connu en Orient; il est de la grosseur d'une
grive, assez beau, mais sans voix; les ailes et la queue sont noires avec des
raies blanches, le cou et la poitrine tirent sur le roux; sur la tête une
petite aigrette de plusieurs couleurs s'élève et s'abaisse à volonté: il est
très peu délicat sur le choix de sa nourriture, mange de tout ce qu'il
rencontre, et méritait bien d'être rangé par Moïse au nombre des animaux
impurs. Les huppes de l'Égypte sont extrêmement recherchées pour leur
excellente graisse et leur chair succulente,
— Voir: Sonnini, Russel, et Bochart, Hieroz. III, 107.
________________________________________
HUR.
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1. Fils
de Caleb et d'Éphrata, né pendant le séjour en Égypte, 1 Chroniques 2:19.
2. Ami
de Moïse, et, d'après Flavius Josèphe, époux de Marie, là sœur de Moïse; selon
d'autres, fils de Marie. On ne sait que peu de choses sur son compte, mais on
voit qu'il était fort considéré du législateur. Lorsque Josué marcha au-devant
d'Hamalec dans le désert, Moïse monta sur la montagne avec Hur et Aaron, qui
soutinrent ses bras fatigués, Exode 17:10. Hur fut encore, dans une autre
circonstance, associé à Aaron pour exercer, en l'absence du législateur, la
vigilance et l'autorité souveraine. Il mourut dans le désert.
3. Roi
de Madian, tué dans un combat que lui livra Phinées, Nombres 31:8.
4. Genèse
11:31, ville des Caldéens.
— Voir: Ur.
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HURAÏ,
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natif des vallées de Gahas, l'un des braves de David,
1 Chroniques 11:32, nommé Hiddaï 2 Samuel 23:30.
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HURAM.
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1. —
Voir: Hiram.
2. Benjamite,
1 Chroniques 8:5.
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HURBEC,
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— Voir: Sauterelles.
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HUS ou Buts,
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Genèse 10:23; 36:28; Job 1:1. Ce nom désigne en arabe
un pays doux et fertile; il a donné lieu à des hypothèses bien différentes.
Quelques-uns l'ont pris pour Édom, mais le nom déjà rend la chose peu
vraisemblable, car l'Idumée est plus ou moins aride et stérile. On se fonde
pour appuyer cette idée sur ce qui est dit Lamentations 4:21: «Réjouis-toi,
fille d'Édom, qui demeure au pays de Huts;» mais ce passage prouve seulement
que les Édomites avaient pu faire quelques conquêtes dans ce pays, et
d'ailleurs Jérémie, 25:20-21, distingue Huts et Édom. Les anciennes généalogies
fournissent, l'une un Huts fils aîné d'Aram, l'autre un Huts descendant d'Édom.
Les fils d'Aram sembleraient devoir diriger les recherches vers le nord (—
Voir: Hul), si l'on était obligé de croire que les quatre ont suivi la même
direction; la postérité d'Ésaü a son territoire assez connu, et quant à ces
deux Huts d'origine différente ils ont pu, ou bien se confondre par des alliances,
ou bien s'établir à part, et le fils d'Aram aurait été le plus connu comme chef
d'une plus grande et plus ancienne famille. La comparaison des passages de Job
et de Jérémie peut nous mettre sur la voie: c'est au nord de l'Arabie qu'il
faut chercher Huts, car Job appartient aux fils de l'Orient (1:3), nom qui est
ordinairement donné aux Arabes; il devait être de plus dans le voisinage des
Caldéens et des Sabéens, puisque ces peuples font de chez eux des invasions sur
la terre de Huts (1:15,17); il ne devait pas être éloigné de l'Idumée d'après
le passage des Lamentations, et Jérémie nomme les rois de ce pays entre ceux de
l'Égypte et des Philistins. On peut donc placer Buts dans la partie
septentrionale de l'Arabie Pétrée, vers l'Euphrate et la Mésopotamie; son nom
même concorde avec cette opinion. C'est là que se passèrent les scènes du livre
de Job.
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HUZA,
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2 Samuel 6:3; 1 Chroniques 13:7 (1045 avant J.-C.),
lévite, fils d'Abinadab et frère d'Ahjo. L'arche, rendue par les Philistins,
était restée Oubliée dans la maison d'Abinadab jusqu'à la fin de la guerre que
David avait entreprise contre les ennemis de son peuple; mais une fois
victorieux, David put réaliser le dessein qu'il avait de transporter à
Jérusalem le gage sacré de la présence de l'Éternel: tout le peuple
accompagnait le saint convoi; 30,000 hommes d'élite, choisis dans l'armée, le
suivaient. Arrivés près de l'aire de Nacon, sur un terrain foulé, sec et
glissant, les bœufs bronchèrent, l'arche fut ébranlée, et Huza qui se tenait
auprès, la voyant chanceler, porta sa main pour la retenir, et fut frappé de
mort. «La colère de l'Éternel s'enflamma contre lui, et Dieu le frappa de mort
à cause de son indiscrétion.» cf. Exode 33:20; Nombres 4:15; 18:3.
— Il n'est pas nécessaire d'exagérer le crime de Huza
pour en comprendre le châtiment: c'est une faute que tout autre Israélite eût
probablement commise comme lui, une faute presque involontaire et machinale, en
même temps une faute à intention respectable. Mais c'était une transgression de
la loi, et la loi des Juifs ne souffrait ni interprétations, ni exceptions.
Huza avait manqué au sanctuaire, à l'arche sacrée; ses mains d'homme s'étaient
approchées du saint vase que l'Éternel avait choisi pour en faire au milieu de
son peuple le domicile arrêté de sa demeure, et si Huza avait pu le toucher
impunément, l'arche sainte était déconsidérée, et n'était plus qu'une arche
sans prestige, sans rayons et sans gloire. Qu'on se rappelle, d'ailleurs, que
dans l'économie théocratique le gage du péché c'est la mort, et que les fruits
de la transgression suivent la transgression comme une conséquence naturelle;
Dieu n'a pas puni Huza, mais Huza a été puni par où il avait péché, l'arche
meurtrière l'a tué, parce qu'on ne pouvait pas la toucher sans périr, comme un
poison empoisonnera toujours ceux qui le prendront, qu'ils le fassent
machinalement, involontairement, à bonne intention, ou de toute autre manière.
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HYACINTHE,
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le onzième fondement de la céleste Jérusalem,
Apocalypse 21:20. On connaît sous ce nom une pierre précieuse, une couleur et
une fleur; cette dernière n'est jamais mentionnée dans l'Écriture; la couleur,
quelques-uns la trouvent dans l'hébreu thekéleth, Exode 25:4, mais sans raisons
suffisantes,
— Voir: Cramoisi.
La pierre de ce nom, hébreu leshem, n'est rappelée que
deux fois dans l'Ancien Testament, Exode 28:19; 39:12, où nos versions l'ont
traduite ligure, en lui conservant son nom grec; la Septante Mythique de
Flavius Josèphe et de Jérôme appuie suffisamment cette traduction. L'hyacinthe
est une pierre dont on trouve différentes espèces: les anciens en comptaient
quatre, celle qui tire sur la couleur du rubis, l'hyacinthe jaune doré,
l'hyacinthe citron, et une quatrième de la couleur du grenat. Elle est dure et
transparente, et perd sa couleur au feu.
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HYÈNE,
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Jérémie 12:9. Les Septante ont rendu le commencement
de ce verset par «mon héritage est-il une tanière de hyène?» traduction qui
vaut mieux sans doute que l'oiseau peint de nos versions. Dahler traduit,
«Oiseaux de proie, inondez de sang mon héritage!» mais il n'est arrivé là que
par un léger changement de texte, et l'adjonction du mot sang. On a essayé
encore de plusieurs autres versions, mais sans succès. Je ne comprends pas
pourquoi plusieurs auteurs ont tenu à repousser la traduction des Septante; elle
est parfaitement justifiée par le parallélisme, cf. — Voir: 8 et 11;
La Septante est une
Bible mythique dont l’existence provient d’une légende dans un livre apocryphe.
Sa source réelle est la cinquième colone de l’Hexaple d’Origène d’Alexandrie
vers la moitié du 3ie siècle.
- Voir: Septante.
on peut supposer que les Septante étaient assez bien
placés pour connaître et le sens de l'hébreu, et l'histoire naturelle de la
Palestine; enfin l'hébreu tsabouah, par son étymologie, confirme encore cette
traduction. (Tsabah signifie plonger, rayer, bigarrer; il signifie aussi
piller, butiner; deux sens qui conviennent très bien à la hyène, soit qu'on
regarde à sa voracité, ou à son poil rayé de diverses couleurs.) Cet animal,
d'ailleurs, était connu en Palestine comme en Égypte, et il porte encore un nom
semblable dans plusieurs contrées voisines, sur les bords du Tigre zibee, en
Arabie tsabehon ou dsuba, en syriaque tsabu, de même encore en divers dialectes
dubba, dsabuon, sheeb, etc. Cette traduction est appuyée, outre les Septante,
par Aquila, Symmachus, Théodotion, Bochart, Ludolf, Gesenius, Winer, Harris, et
la plupart des voyageurs en Orient.
— Théodotion a en outre traduit, 1 Samuel 13:18, la
vallée de Tséboïm par vallée des hyènes (cf. aussi Néhémie 11:34); le Targum
caldéen, lisant Tséphoïm, l'a rendu par vallée des vipères.
Calmet et quelques autres voient la hyène dans
l'hébreu bath-yaaneh, Lévitique 11:19, mais,
— Voir: Autruche.
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HYMÉNÉE et Philète,
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1 Timothée 1:20; 2 Timothée 2:17, chrétiens apostats
de l'Église d'Éphèse, qui voulurent faire du rationalisme, et s'y prirent un
peu tôt pour prêcher les vérités modernes; ils annonçaient que la résurrection
était déjà arrivée symboliquement, et par conséquent la niaient en la
confondant avec la régénération; leur parole rongea comme une gangrène, ils
séduisirent la foi de plusieurs, et Paul livra Hyménée à Satan.
— Mosheim voulait entendre deux Hyménée différents
dans ces deux passages, mais il ne l'a pas prouvé.
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HYSOPE,
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plante de la famille des gymnospermes, de la classe
des didynamia. Son calice à cinq feuilles est cylindrique, et soudé par le bas;
les pétales sont séparés, les étamines droites et distinctes; la fleur, d'un
bleu céleste, sort de la tige comme un épi; les feuilles un peu allongées en
forme de lance sont dures, odorantes et un peu amères; la tige a 0m,50 de haut
dans nos climats; une racine unique, dure comme du bois, pousse force surgeons.
On trouve l'hysope en Suisse, en Allemagne et en France, sur les ruines et sur
les vieux murs; elle fleurit entre les mois de juin et d'août, et donne
beaucoup de miel aux abeilles. En Palestine elle acquiert une hauteur plus
considérable que chez nous, et les soldats qui assistèrent à la mort de Jésus,
ayant pris une éponge, la mirent au bout d'un bâton d'hysope, Jean 19:29.
L'ésob de l'Ancien Testament est sans contestation l'hysope; la ressemblance du
nom l'indique, et rien ne contredit cette identité, cf. surtout Hébreux 9:19.
On se servait ordinairement d'hysope comme d'aspersoir dans les purifications;
quand les Israélites sortirent d'Égypte, Dieu leur ordonna de tremper dans le
sang de l'agneau pascal un bouquet d'hysope, et d'en arroser le linteau et les
deux poteaux des portes, Exode 12:22. Dans la purification des lépreux, on y
joignait quelques branches de cèdre et un peu de laine écarlate, Lévitique
14:4,6; en général cette plante paraissait avoir une réputation de sainteté et
de pureté lustrale qui la rendait l'emblème de la purification intérieure,
Psaumes 51:9.
— Il est dit, 1 Rois 4:33, que Salomon avait composé
un traité de botanique qui renfermait les plantes depuis le cèdre du Liban
jusqu'à l'hysope qui sort de la muraille, et plusieurs auteurs (Mishna
Pésachim, Fabricius, Morhoff, etc.) parlent de cet ouvrage comme s'ils
l'avaient vu. Scheuchzer dit: «Ce qui me paraît très sur, c'est que ce livre
existe; il doit contenir un ample commentaire sur les plantes et les animaux de
l'Écriture, et toute la doctrine de la philosophie orientale.»
Dictionnaire de la
Bible J.-A. Bost 1849-I
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IBTSAN,
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le dixième des Juges d'Israël, 1182 avant J.-C., Juges
12:8. Il était de Bethléhem en Zabulon, et jugea le pays pendant sept années;
il maria ses trente fils et ses trente filles, et mourut en paix dans sa ville
natale. On l'a pris, mais sans preuve, pour le même que Booz.
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ICHABOD,
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(sans gloire, ou bien, où est la gloire?) pauvre
enfant dont toute l'histoire est dans sa naissance. Petit-fils d'Héli, et fils
de l'impie et débauché Phinées, il était encore dans le sein de sa mère lorsque
la nouvelle des malheurs d'Israël la surprit: l'arche sainte venait de tomber
entre les mains des Philistins, l'armée était défaite, son père et son oncle étaient
morts sur le champ de bataille, son grand-père et tuteur naturel venait de
mourir à l'ouïe de tant de désastres; il ne restait à l'enfant que sa mère,
elle mourut en lui donnant le jour. Surprise par les douleurs, elle ne trouva
pas de consolations ni de soulagement dans la naissance d'un fils; elle n'eut
que le temps de le nommer Ichabod en ajoutant: «car la gloire de l'Éternel est
transportée d'Israël», et elle expira, 1 Samuel 4:49. Ichabod entra dans la vie
n'ayant qu'un frère pour toute parenté, 14:3, mais il ne devait pas être
abandonné de celui qui s'est appelé le Père des orphelins.
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ICONIE,
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antique, célèbre et populeuse ville de l'Asie Mineure;
elle appartint à la Phrygie pendant le règne des Perses, plus tard elle passa à
la Lycaonie dont elle devint la capitale. Elle était située dans une fertile
plaine au pied du mont Taurus, et comptait un certain nombre de Juifs parmi ses
habitants, Actes 14:1,19. Abulfeda la nomme Kunijah; aujourd'hui Conie, 30,000
habitants.
— Paul y convertit des juifs et des gentils, mais
quelques Juifs incrédules ayant soulevé les païens contre Paul et Barnabas, les
apôtres durent se retirer. Paul y repassa plus tard, mais l'Écriture ne donne
aucun détail sur ce second voyage, Actes 13:51; 16:2; 2 Timothée 3:11.
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IDDO,
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Esdras 8:17 (467 avant J.-C.), chef des Juifs établis
à Casiphia pendant l'exil; on ne sait pas bien jusqu'où pouvait aller sa
compétence et son pouvoir, niais on voit qu'il avait tout au moins une
intendance administrative sur la communauté de sa nation. La fin du verset
indiquerait presque qu'il était Néthinien, ce qui se concilierait mal avec le
titre qu'Esdras lui donne. Esdras lui ayant fait demander quelques Néthiniens
et quelques lévites pour accompagner à Jérusalem ceux qui voulaient profiter de
la permission accordée par Cyrus, Iddo lui envoya Sérébia.
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IDOLÂTRIE.
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Parlons d'abord de celle des Hébreux: c'était la plus
déplorable, parce que lorsqu'ils tombaient, ils tombaient de haut, et qu'ils
n'avaient pas l'excuse de l'ignorance. L'idolâtrie se manifestait chez eux sous
deux formes différentes:
1. L'adoration
de dieux autres que Jéhova, c'est-à-dire de créatures divinisées. Ces fausses
divinités que l'on confondait le plus souvent avec leurs images mêmes,
Deutéronome 4:28; Psaumes 115:4; 135:15; cf. 1 Samuel 31:9; Osée 4:17, sont
appelées dans la langue sainte des idoles, Lévitique 19:4; 26:1; Habacuc 2:18,
— des vanités, Jérémie 2:5; 8:19; 10:15,
— des vanités fausses, Jonas 2:9,
— des choses vaines, Actes 14:15,
— des abominations, 1 Rois 11:5; 2 Rois 23:13,
— des dieux de fiente, Ézéchiel 6:13,
— des scandales d'iniquité, Ézéchiel 14:4,7. Enfin
l'ensemble de l'idolâtrie est appelé un adultère, cf. Osée 1 et 2.
— L'Éternel, par opposition à ces images, est appelé
le Dieu de vérité, le Dieu vivant, Jérémie 10:10; Daniel 6:20,26 (cf. les
sacrifices des morts, Psaumes 106:28), Actes 14:15; 2 Corinthiens 6:16, et le
Dieu du ciel, cf. Jérémie 10:11.
La loi de Moïse avait défendu l'idolâtrie sous les
peines les plus sévères; c'était par sa nature le plus grand des crimes dans
une législation dont Dieu était le centre et le but; la lapidation était
prononcée contre le transgresseur. Et non seulement les Hébreux devaient
extirper dans leur intérieur, comme peuple, toute trace d'idolâtrie, mais ils
devaient encore, dans toutes leurs guerres, détruire chez leurs ennemis les
bocages, les hauts lieux, les idoles, et toute marque d'un culte païen. Quant
aux païens, les Hébreux ne pouvaient leur accorder le séjour dans le pays qu'à
titre d'étrangers et sous certaines conditions particulières; on devait les
tolérer et exercer à leur égard les devoirs de l'hospitalité, mais toute
alliance proprement dite, soit par mariage, soit autrement, était expressément
interdite; les alliances politiques devaient causer la ruine du pays, comme les
alliances privées la mort des individus. Dieu devait être la tête du culte et
de l'État: l'abandonner comme Dieu, c'était l'abandonner comme roi; les
alliances politiques devaient entraîner une fusion des cultes, et toute fusion
est une idolâtrie. Malgré ces menaces cependant, l'idolâtrie s'établit de
toutes manières en Israël, et sous toutes les formes; elle ose lever la tête
sous Moïse, Nombres 25:2; Deutéronome 13:13, elle se montre sous Josué, elle se
remontre sous les juges, elle s'assied sur le trône des rois; chaque fois après
quelques années d'idolâtrie les châtiments tombent sur le pays, on pleure, on
crie, le peuple est délivré, puis il retombe; sa piété est comme; une nuée du
matin qui se dissipe (Sermon de Saurin). Les servitudes des juges, suivies
d'autant de délivrances et d'autant de rechutes, en sont une preuve. Samuel
réorganise le culte de Jéhovah, mais après lui, le mal regagne du terrain;
David de nouveau lutte contre l'idolâtrie, mais Salomon, après avoir aimé la
sagesse, prend des centaines de femmes païennes et adore avec elles leurs
idoles; les réformateurs succèdent aux idolâtres, les idolâtres aux
réformateurs, et l'exil vient enfin réveiller ce peuple prévaricateur pour
lequel ces soixante et dix années furent un sérieux avertissement, car dès lors
il est resté juif théocratique sans le plus petit penchant pour l'idolâtrie,
sauf l'exception, contemporaine de l'exil, rapportée Jérémie 44:8, où des Juifs
se jettent entre les bras des divinités égyptiennes; mais alors le châtiment
n'avait pas encore porté ses fruits.
Le passage Juges 3:19. (cf. 2:19) est cité comme
preuve que Guilgal fut sous les juges le principal siège de l'idolâtrie; cette
citation ne s'explique pas avec la traduction ordinaire de nos Bibles; au lieu
de carrières, il faut, en effet, lire idoles,
— Voir: Guilgal.
Sous quelques rois, ce furent Dan et Béer-Sébah. Les
idoles principales qui furent reçues en Israël sont Bahal, Astarté, Moloc,
Kémos, Thammuz, etc., q.v. L'idolâtrie qui pénétra dans le pays à l'époque de
Salomon, et par le moyen de son sérail, ne fut jamais complètement déracinée;
on y avait pris goût, et les rois qui suivirent, trop faibles peut-être, ou
sans volonté, la laissèrent prévaloir. Asa la réprima d'une manière énergique,
mais déjà sous Joram elle reparut à la suite d'une alliance entre la dynastie
de Juda et la maison d'Israël: ce fut l'idolâtrie cananéenne, 2 Rois 8:18,27;
ailleurs, c'est celle des Ammonites, 16:3, ailleurs encore, c'est celle de la
Phénicie et la Syrie, 21:3. La réforme de Josias même, quoique large et
vigoureuse, ne dura pas; le roi réformateur avait entrepris plus qu'il ne
pouvait faire, et l'on voit par quelques passages des prophètes, qu'à la fin de
son règne, le culte païen avait repris la place du vrai culte, Sophonie 1:4.
Jérémie 2:20; 3:6; 5:7, etc.; Ézéchiel 7:20; 16:15. Avec l'idolâtrie marchaient
les sciences occultes, la magie, les enchantements, 2 Rois 23:24; et les faux
prophètes, luttant contre les messagers de l'Éternel, soutenaient avec quelque
succès les impostures et les superstitions du paganisme, Jérémie 29:8; Osée
9:7; Michée 5:12. Le culte de Bahal, amené en Israël par une princesse
sidonienne, s'y organisa pareillement et dura plusieurs générations, 1 Rois
16:31, etc., 2 Rois 10:25.
Le culte rendu à ces divinités étrangères consistait
en des vœux, des encensements, des offrandes sanglantes et non sanglantes,
peut-être même des sacrifices humains, 1 Rois 11:8; 2 Rois 22:17; Jérémie 1:16;
7:9. Les hauts lieux et les bocages étaient plus particulièrement affectés à ce
culte; cependant on l'exerçait aussi sur les toits, sous des arbres touffus,
dans les jardins et dans les vallées, Jérémie 19:13; 1 Rois 14:23; Jérémie
2:23; Ésaïe 65:3; 1:29. L'impureté et des débauches effrénées présidaient à la
plupart de ces impies cérémonies, et ne contribuaient pas peu à concilier à ces
cultes étrangers les voluptueux et charnels Hébreux, cf. encore. Ésaïe 65:4;
66:17. Les prêtres étaient en général nombreux, et se soignaient bien, 1 Rois
18:22; 2 Rois 10:21; Osée 10:5.
2. À
côté du culte des faux dieux, les Hébreux pouvaient être exposés à la tentation
d'adorer Jéhovah, le vrai Dieu, sous une forme matérielle, celle d'images
peintes ou sculptées. Dieu, qui avait tant accordé à la faiblesse humaine, ne
voulut cependant pas accorder les images à son peuple, précisément parce
qu'elles sont tout à fait humaines, et que bien loin d'élever la piété, et de
faciliter l'intelligence des choses saintes, elles dénaturent le culte,
l'abaissent, matérialisent la Divinité et arrêtent les regards au lieu de les
diriger. Et cette défense, non seulement d'adorer, mais même de se faire des
images était si sévère, si expresse, qu'elle est répétée à plusieurs reprises
dans la loi, et qu'elle a même sa place dans le décalogue, Exode 20:4;
Deutéronome 4:16; 5:8; 27:15. Les Hébreux ne s'en laissèrent pas moins
entraîner à suivre le penchant naturel de leurs cœurs et l'exemple des autres
nations. Ils avaient vu les Égyptiens adorer des dieux visibles, animaux ou
végétaux, ou tout au moins des représentations de la Divinité, et ce culte
extérieur leur paraissait plus séduisant et plus commode que le saint et
solennel Jéhovisme, si l'on peut s'exprimer ainsi; ce n'est qu'avec peine
qu'ils supportaient un Dieu-esprit, même avec toutes les manifestations
extérieures et les cérémonies qui accompagnaient la célébration de son culte.
Ce Dieu s'étant manifesté d'une manière visible en Sinaï, les Hébreux en furent
épouvantés, mais cela dura peu: on cesse bien vite de craindre celui qu'on ne
voit plus, et quelques semaines s'étaient à peine écoulées qu'ils dansaient
autour d'une image. Aaron lui-même donna les mains à cet acte incroyable
d'idolâtrie, Exode 32. Le serpent d'airain dont l'élévation fut ordonnée de
Dieu pour un temps, ne peut être rangé au nombre des actes de l'idolâtrie des
Hébreux, Nombres 21, cf. Jean 3:14, mais il prouve combien l'usage de ces
signes matériels était dangereux, puisque pendant des siècles ce morceau
d'airain fut conservé pour être en scandale et en pierre d'achoppement aux
faibles qui s'en firent une relique, 2 Rois 18:4. Sous les juges, on voit de
même plusieurs fois ce besoin d'images. Juges 17:4; 18:17, besoin d'autant plus
facile à comprendre que dans ce temps il ne paraît pas qu'il y ait eu aucun
service public organisé. David et Salomon, rois théocratiques, ne permirent pas
cette infraction à la loi divine; mais aussitôt après le schisme, le premier
roi d'Israël qui sent le besoin d'affermir par de nombreuses concessions sa
nouvelle dynastie et son nouveau royaume, établit le culte des images; des
veaux d'or sont placés aux frontières du pays, à Dan et à Béthel; ces deux
sièges de l'idolâtrie résistent à tous les efforts des rois pieux qui plus tard
veulent restaurer le culte de Jéhovah, et qui réussissent par tout ailleurs à
détruire les autels et à arracher les bocages, 1 Rois 12:28; 2 Rois 10:25,29;
17:2; Amos 8:14. De là ces menaces fréquentes prononcées contre Béthel qui
était le plus rapproché de Juda, et où les rois idolâtres paraissent avoir eu
l'habitude de se rendre, 1 Rois 13:1; Amos 3:14; Osée 10:15; Jérémie 48:13.
Même après la ruine d'Israël, Béthel continua de subsister comme siège de
l'idolâtrie, jusqu'à ce que le roi Josias en eût extirpé les emblèmes impies, 2
Rois 17:28; 23:15.
Depuis la captivité, les Hébreux ont renoncé aux
images comme aux dieux étrangers, et il est surprenant qu'une grande secte de
l'Église chrétienne ait cru devoir recueillir ce déplorable héritage. L'Église
occidentale, ou du moins une partie de cette Église, essaya, vers le septième
siècle, d'introduire les tableaux et les statues dans les églises; c'était du
paganisme réchauffé. Sérénus de Marseille combattit cette innovation; l'Orient
la combattit; Léon III l'Isaurien (717) s'opposa aux iconolâtres; on connaît
les suites de la lutte entre Rome et Constantinople sur ce sujet, le schisme
affreux qui en résulta, et la ruine de l'Église d'Orient que l'on peut
attribuer à la division de l'Église en deux camps ennemis, et notamment à
l'infidélité de la secte, païenne de la veille, chrétienne du lendemain,
toujours romaine et réactionnaire, qui n'embrassa l'Évangile que pour mieux
l'étouffer.
On pourrait essayer d'excuser cette idolâtrie, on
pourrait la représenter comme un enfantillage qui doit être pardonné, comme un
culte peu intelligent du beau, comme une concession peu sage à la faiblesse
humaine, mais faite à bonne intention; on pourrait dire comme Grégoire le Grand
(591), que ces images ne sont que pour l'ornement des églises, et pour la
conservation de la mémoire des grandes actions. Peut-être un chrétien
pourrait-il céder à tous ces petits arguments de théorie, s'il ne se rappelait
qu'en pratique il en est tout autrement, et que le peuple n'a jamais tardé à
abuser de ces dessins ou de ces sculptures pour les adorer; s'il ne se
rappelait surtout, avec une sainte horreur, que pour faire place aux images,
l'Église idolâtre a dû ôter de la Bible et du décalogue un commandement spécial
qui les condamne.
Quant au culte des peuples païens,
— Voir: Astres, Caldée, etc.
Les prophètes y font de fréquentes allusions, et
décrivent avec véhémence l'impiété de ces cérémonies; leur vanité, leur
impuissance, la fabrication des petits dieux, etc., 1 Rois 18:27; Ésaïe 2:8,20;
44:10; 48:5; Jérémie 10:14; Osée 13:2; Psaumes 115:4-5; Habacuc 2:18;
Deutéronome 4:28; 28:36. Ces idoles étaient tantôt fondues, tantôt taillées; on
les assujettissait avec des chaînettes pour qu'elles ne tombassent pas, et
qu'on ne pût pas les dérober, et les aller revendre ailleurs; Ésaïe 41:7;
Jérémie 10:4. Les plus belles étaient plaquées d'or ou d'argent, et couvertes
de riches vêtements, Ésaïe 2:20; 30:22; 31:7; Jérémie 10:4; Osée 8:4. On les
menait à la guerre, 2 Samuel 5:21, et les vainqueurs faisaient prisonniers les
dieux des nations vaincues, en gage de la fidélité de celles-ci, Ésaïe 46:1;
Jérémie 48:7; 49:3; Osée 10:5; Daniel 11:8. Les temples d'idoles étaient ornés
des trophées et des armes qu'on avait enlevées aux nations voisines, 1 Samuel
31:10.
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IDUMÉE,
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— Voir: Édom.
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IMMORTALITÉ.
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Ce mot, et l'adjectif immortel, qui se rencontrent six
fois dans le Nouveau Testament (Romains 2:7; 1 Corinthiens 15:53-54; 1 Timothée
1:17; 6:16; 2 Timothée 1:10), ne se trouvent nulle part dans l'Ancien
Testament. Est-ce à dire que l'idée n'y soit pas? Plusieurs, à commencer par
les sadducéens, l'ont prétendu. Les sadducéens (— Voir: cet article) qui
reconnaissaient certainement, non seulement le Pentateuque, ainsi qu'on
l'affirme souvent, mais encore l'Ancien Testament tout entier, niaient
l'immortalité de l'âme et la résurrection; s'appuyaient-ils réellement sur
l'Écriture inspirée pour défendre leur matérialisme et leur incrédulité?
Peut-être, mais le rationalisme de leur interprétation pouvait les aveugler, et
notre Seigneur a fait justice de leurs théories, Matthieu 22:23. Il faut
reconnaître cependant que l'Ancien Testament, que les livres de Moïse en particulier,
sont très peu explicites sur la doctrine de l'immortalité, de la vie future. Ce
dogme, comme tant d'autres, ne pouvait mûrir que lentement dans la pensée de
l'humanité. On a connu le mouvement bien avant d'en formuler l'existence, et il
est une foule de faits ou d'idées dont on ne parle pas, qu'on ne raisonne,
qu'on ne discute pas, bien qu'on en ait la conscience. La révélation, qui suit
une marche presque uniformément progressive, et dont la lumière va croissant
(cf. 2 Pierre 1:19), ne proclame jamais l'erreur, mais n'établit la vérité que
d'une manière lente et graduée, en attendant que la suite des siècles et le
développement moral et intellectuel des Hébreux appelle un développement
ultérieur plus complet de la vérité comme doctrine et système. Dans le
Pentateuque, on peut dire que la vie humaine est en général restreinte et
limitée à cette terre, entre les limites de la naissance et de la mort
physiques, et que le bonheur suprême est placé dans le fait d'une longue vie;
cf. Genèse 47:9; Exode 20:12; Deutéronome 4:40; 6:2; 11:9 (Éphésiens 6:2-3): on
n'y trouve aucune allusion claire et positive à une existence quelconque de
l'âme après la mort. Pourquoi? Deux opinions contraires, et cependant toutes
les deux justes, cherchent à expliquer ce matérialisme de la révélation
mosaïque.
«Ainsi, dit M. de Rougemont, tandis que les Égyptiens
et les Grecs, les Perses et les Indiens, et tous les peuples païens et
polythéistes de l'antiquité admettaient, non seulement la vague possibilité
d'une existence des âmes après la mort, mais un lieu de châtiments et de
souffrances, et un lieu de récompenses et de bonheur qu'ils décrivaient comme
d'incontestables réalités, les Hébreux, la seule nation monothéiste, la seule
qui rapportait au Dieu vivant toutes ses actions et toutes ses pensées,
auraient cru qu'il en est de l'homme comme de la bête, et que tout finit pour
lui avec cette terre. Nous confessons ici l'absolue incapacité où nous sommes,
de concevoir l'état d'une âme qui se saurait mortelle et qui croirait néanmoins
fermement en Dieu; et Moïse, écrivant le commandement sublime d'aimer Dieu de
tout son cœur, et ne croyant pas à une vie après la mort, nous paraît un bien
autre miracle que tous ceux qu'il a faits. La foi à l'immortalité est une
partie intégrante de notre être, nous pouvons aussi peu nous en séparer que de
notre volonté ou de nos sens; elle se retrouve jusque chez les peuples les plus
sauvages, même chez les habitants abrutis de la Nouvelle Hollande; il n'est pas
un tombeau qui ne la proclame, car sans elle nous devrions jeter à la voirie
les corps de nos femmes et de nos enfants avec ceux de nos bœufs et de nos
chiens. L'immortalité n'a jamais été révélée aux Hébreux, parce que nul d'entre
eux ne la mettait en doute, et si leurs législateurs ainsi que les prophètes
ont cherché à diriger leur attention sur la venue du Messie plutôt que sur la
vie future, c'est que l'homme pécheur est un naufragé qui va périr, à qui l'on
ne parle du ciel que sur le rivage et après l'avoir sauvé d'une mort
imminente.» (Explication de l'Ecclésiaste, p. 22, sq.).
Olshausen pense au contraire que l'idée de
l'immortalité manquait en effet, non point sans doute chez Moïse ni chez les
hommes les plus spirituels et les plus développés de la nation, mais chez ceux
qui formaient la masse du peuple, et que Moïse a dû ainsi rattacher toute ses
idées de peines et de récompenses à la vie présente, qui seule apparaissait
comme réelle à leurs intelligences encore charnelles et grossières.
L'un et l'autre de ces points de vue peut se justifier
et se défendre; mais il est évident aussi que si la notion de l'immortalité de
l'âme n'est point enseignée explicitement dans les écrits de Moïse, elle s'y
trouve d'une manière implicite et latente. Ainsi, lorsqu'il est dit Genèse
5:24, qu'Énoch ne parut plus parce que Dieu le prit; ainsi, l'expression «être
recueilli vers ses peuples, ou vers ses pères», Genèse 15:15; 25:8; 49:29-33;
cf. 37:35; Nombres 20:24; Deutéronome 31:16; 32:50. (qui, d'après Gesenius
lui-même, n'implique pas seulement l'idée de sépulture, mais encore celle de
réunion); ainsi, le mot sheôl, Genèse 37:35; 42:38; 44:29; Nombres 16:30, qui
emporte l'idée d'un état quelconque des âmes après la mort, et suffirait à
prouver que les Juifs du temps de Moïse avaient déjà la conscience ou la
conviction que l'âme ne mourait point avec le corps, mais continuait de vivre
d'une vie indépendante; ainsi le vœu de Balaam, Nombres 23:10, qui n'aurait
guère de sens s'il n'avait connu que la mort physique; ainsi les promesses
d'avenir faites à la nation, Deutéronome 26:19; 28:1; sq., etc., qui semblent
supposer une vie s'étendant au-delà des limites d'une génération, et une âme
capable de jouir après la dissolution du corps; ainsi encore, la confiance avec
laquelle Abraham offre son Isaac en sacrifice, Genèse 22, ayant estimé que Dieu
le pouvait même ressusciter d'entre les morts, Hébreux 11:19. (Le chapitre 11
de l'Épître aux Hébreux, qu'on ne cite ici que comme renseignement et non comme
argument, renferme d'ailleurs, même sous ce dernier rapport, la preuve que, en
dehors de la foi à l'immortalité, la plupart des actes des patriarches ne
sauraient être compris, le sacrifice d'Abel, etc.) Enfin notre Seigneur
lui-même, dans une de ses luttes avec les sadducéens, va chercher dans le
Pentateuque un des arguments les plus puissants en faveur de la doctrine de
l'immortalité de l'âme, Matthieu 22:31-32; cf. Exode 3:6.
«Quant à la résurrection des morts, dit-il,
n'avez-vous pas lu ce que Dieu vous a déclaré en disant: Je suis le Dieu
d'Abraham, et le Dieu d'Isaac, et le Dieu de Jacob. Dieu n'est pas le Dieu des
morts, mais des vivants.» Il est facile de voir que, dans ce passage, le nom de
Dieu n'emporte pas seulement l'idée de Providence, dans le sens général du mot;
Dieu n'est pas appelé le Dieu d'Adam, ni le Dieu de Moïse, ni, dans le Nouveau
Testament, le Dieu de Pierre ou de Paul, comme aussi nous ne pourrions pas dire
dans un sens spécial le Dieu de Luther et de Calvin; il est à remarquer que,
dans le Nouveau Testament, Dieu est appelé le Dieu (et père) de Jésus-Christ,
Romains 15:6; Éphésiens 1:3, et que, dans l'Ancien, cette expression n'est
employée qu'en parlant de Sem, Genèse 9:26. Si Dieu est le Dieu de tous les
hommes, comme leur Créateur et Providence, il ne l'est plus, dans un sens
particulier, que de ceux qui lui appartiennent par le lien de la vie nouvelle,
il eût pu être appelé Dieu de Noé, puisque Noé était le prédicateur de la
justice, mais Noé représentait plus l'humanité tout entière, bonne et mauvaise,
que la portion sainte de l'humanité, et Sem son fils, comme chef de la branche
bénie, a seul pu voir son nom uni à celui de Dieu. Cette locution renferme donc
l'idée de rapports plus intimes, et, en se proclamant le Dieu d'Abraham et
celui de sa postérité par Isaac et Jacob, le Dieu de l'Ancien Testament
établissait une alliance entre lui et le chef de l'Israël selon la chair,
alliance éternelle qui devait survivre à Abraham lui-même, et qui, en
conservant son nom, même après sa mort, aux jours de Moïse, devait rappeler
qu'Abraham n'était point tout entier descendu dans la tombe, car Dieu n'est pas
le Dieu des morts. C'est ainsi beaucoup plus l'idée de l'immortalité des
rachetés, que celle de l'immortalité en général, qui est relevée dans ces
passages; mais cela suffisait à l'argumentation du Sauveur, qui voulait
seulement établir vis-à-vis des sadducéens, que l'immortalité qu'ils niaient
était déjà annoncée dans les livres de leur loi. Le peuple était frappé de sa
doctrine, non que cette doctrine fût quelque chose de nouveau, mais parce que le
sens que Jésus donnait à ce passage de Moïse, la présentait sous une forme
nouvelle à laquelle la sèche scolastique des pharisiens n'avait pas habitué ses
auditeurs.
En dehors du Pentateuque, il est facile de multiplier
des citations de passages, qui établissent combien Je dogme de l'éternité de
l'âme était, sinon familier aux Hébreux, du moins inhérent à leur théologie et
à leur morale. Déjà l'antique livre de Job, contemporain de Moïse, si même il
n'est son ouvrage, renferme cette célèbre parole: «Je sais que mon vengeur est
vivant, et qu'il viendra enfin sur la terre. Et après ma peau, quand ceci (ma
chair) aura été rongé, je verrai Dieu de ma chair (la résurrection du corps).
Je le verrai moi-même, et mes yeux le verront, et non comme un adversaire. Mes
reins se consument (tant je soupire après ce bonheur). Car alors vous direz:
Pourquoi», etc. Job 19:25-27 (mal traduit dans nos versions).
Dans les Psaumes: 12:7. Toi, Éternel, garde-les, et
préserve à jamais chacun d'eux;
— 16:10. Tu n'abandonneras point mon âme au sépulcre;
— 17:15. Je serai rassasié de ta ressemblance, quand
je serai réveillé;
— 23:6. Mon habitation sera dans la maison de
l'Éternel pour longtemps;
— 30:12. Je te célébrerai à toujours;
— 49:15, sq. Dieu rachètera mon âme de la puissance du
sépulcre quand il me prendra à soi;
— 73:24, sq. Tu me recevras dans la gloire. Quel autre
ai-je au ciel?... Dieu est mon partage à toujours, etc., etc. Cf. 2 Samuel
12:23.
L'histoire de la pythonisse et de l'ombre de Samuel, 1
Samuel 28:41; sq., montre que la croyance à l'immortalité était générale, même
aux plus mauvais temps du règne de Saül, et l'ascension d'Élie au ciel, 2 Rois
2:11; sq., en fut plus tard une vivante démonstration.
Il importe de noter encore les passages suivants:
Ecclésiaste 12:1-16. «Sache que, pour toutes ces choses, Dieu t'amènera en
jugement... Dieu amènera toute œuvre en jugement, touchant tout ce qui est
caché, soit bien, soit mal.» (cf. verset 9).
— Ésaïe 26:19; 66:24. «Tes morts vivront, même mon
corps mort; ils se relèveront, etc.:... leur ver ne mourra point, et leur feu
ne sera point éteint.»
— Toute la vision des os secs, d'Ézéchiel 37;
— Daniel 12:2. «Plusieurs de ceux qui dorment dans la
poussière de la terre se réveilleront, les uns pour la vie éternelle, et les
autres pour les opprobres et pour l'infamie éternelle;»
— Malachie 4:5. «Voici, je vais vous envoyer Élie le
prophète, avant que le jour grand et terrible de l'Éternel vienne», etc.
Ces passages suffisent à prouver que la foi à
l'immortalité existait chez les anciens Hébreux; mais ils ne parlent guère de
leurs espérances, et la vie future ne se présentait chez eux que sous des
couleurs plus ou moins lugubres. Le Sheôl était une puissance béante qui ne
disait jamais: C'est assez! Proverbes 30:16; une espèce de règne des ombres,
douloureux, sombre et silencieux, Genèse 37:35; 42:38; 44:29; Nombres 16:30;
Deutéronome 32:50; Job 3:13-14 (ces versets, le repos dans la mort, sont d'une
ironie sublime, qui rappelle l'ordre politique régnant dans l'écrasement des
peuples vaincus), 10:21; sq. 30:23; Psaumes 6:5; 18:4; sq. Ésaïe 14:9; sq. etc.
Ce n'est point là le point de vue de l'Évangile, Jean 11:25-26; Philippiens
1:21; sq.; mais cette différence tient à la nature même des deux économies.
Jésus, en effet, la véritable lumière, était annoncé aux Juifs; mais il n'était
pas encore venu briller dans les ténèbres, et éclairer les sombres profondeurs
de la mort. Qu'il y ait eu, ou non, une victoire immédiate de Jésus sur
l'enfer, sur le sépulcre; que sa mort ait été, ou non, immédiatement suivie
d'un changement, d'un bouleversement dans l'ordre infernal; qu'elle ait été un
signal de délivrance pour les âmes des justes, et comme la réalisation des
anciennes promesses non encore accomplies (et nous croyons qu'il en a été
ainsi); que le lieu obscur ait tressailli, ou que toutes choses soient restées
comme elles étaient auparavant, le point de vue a, dans tous les cas, dû
changer pour ceux qui, vivants, ont pu connaître que la mort et le sépulcre
avaient été vaincus, et cette connaissance aura exercé sur leur foi une toute
autre influence que les simples pressentiments, à bien des égards obscurs, de
ceux qui se bornaient à attendre. Avant Christ, l'Israël selon la chair
représentait l'Église sous tutelle et encore mineure, presque dans l'enfance,
et par conséquent ignorante de bien des choses: la mort ne pouvait pas lui
paraître désirable, et le Saint-Esprit envoyé par Jésus a seul pu illuminer la
dissolution du corps et l'émancipation de l'âme comme le seul moyen de réunir
la créature à son Créateur, le pécheur à son Sauveur, et de préparer en même
temps la restauration complète de l'homme tombé, mais régénéré. Pour les
Israélites, l'âme seule continuait de vivre après la mort, et cet état,
nécessairement incomplet, ne pouvait leur apparaître que comme une immortalité
tronquée, et nous-mêmes ne saurions davantage comprendre cette existence
incorporelle que comme un état de transition, relativement heureux peut-être,
mais qui ne saurait être définitif.
Les sadducéens niaient la résurrection et
l'immortalité. Les esséens croyaient à l'immortalité sans résurrection. Les
pharisiens admettaient l'une et l'autre. On peut voir, à ce sujet, l'ouvrage
posthume de Hævernick sur la théologie de l'Ancien Testament; Olshausen, Antiquiss,
eccl, patrum de immortalitate animæ sententiæ; en français, un travail spécial
de feu M. Combe d'Ounous, de Montauban, et le traité de Calvin (la condition et
la vie des âmes après la vie présente). Calvin, après avoir combattu avec plus
de rudesse que de force l'opinion de «messieurs les dormeurs», qui estiment que
les âmes dorment en attendant le jour de la résurrection, conclut ainsi sur
cette question spéciale: «L'esprit est l'image de Dieu, à la similitude duquel
il a vigueur et intelligence, et est éternel; et, tandis qu'il est en ce corps,
il montre ses vertus, et, quand il sort de cette prison, il s'en va à Dieu, du
sentiment duquel il jouit, cependant qu'il repose en l'espérance de la
résurrection bienheureuse, et ce repos lui est un paradis. Mais, quant à
l'esprit de l'homme réprouvé, cependant qu'il attend le terrible jugement sur
soi, il est tourmenté de cette attente, laquelle l'apôtre, pour cette cause,
appelle redoutable. S'enquérir plus outre, c'est se plonger dedans l'abîme des
secrets de Dieu, vu que c'est assez d'apprendre ce que le Saint-Esprit, qui est
un très bon maître, s'est contenté d'enseigner, lequel dit ainsi: «Écoutez-moi,
et votre âme vivra!»
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IMPÔTS.
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On a vu ailleurs que les impositions de tous genres
qui pesaient sur les Hébreux faisaient annuellement un total assez
considérable, qui dépassait de beaucoup le tiers des revenus; cependant les
Hébreux ne pensaient pas à s'en plaindre, et n'hésitaient pas à payer; ils le
faisaient même de bon cœur, soit à cause de la répartition habile, naturelle,
et fractionnée, de ces diverses obligations, soit parce qu'elles leur étaient
demandées sous la forme d'offrandes volontaires, soit enfin parce qu'une partie
de ces dons étaient destinée à des festins ou à des réjouissances auxquelles
tous avaient part. Les impôts étaient de deux sortes, religieux, et civils.
Impôts religieux. Le principal était le demi-sicle du sanctuaire, que chaque
Israélite, âgé de vingt ans et au-dessus, devait apporter en tribut pour le
tabernacle du témoignage. Exode 30:13; 2 Chroniques 24:6;
— Voir: Cens.
Cette obligation continua de subsister après le retour
de l'exil, Matthieu 17:24 (selon d'autres elle ne commença qu'alors), et pesait
sur tous les Juifs de la Palestine et de la dispersion. Après la destruction de
Jérusalem, Vespasien ordonna que la même somme serait perçue annuellement pour
le temple de Jupiter Capitolin. On ignore si, dans le passage Néhémie 10:32-33,
le tiers de sicle qui fut imposé aux Israélites fut une contribution
supplémentaire, motivée par la pauvreté du tabernacle, ou une réduction de
l'impôt ordinaire d'un demi-sicle, fondée sur la pauvreté des fidèles: Winer
pense successivement l'un et l'autre dans ses deux articles Abgaben et Tempel,
et chaque fois il motive son opinion, ce qui prouve tout au moins que le texte
n'est pas positif.
— Voir: Aumône, Culte, et Offrandes.
Impôts civils. Ils étaient complètement inconnus avant
l'établissement de la royauté, et quand le peuple avait contribué pour le
culte, il avait tout fait; avec les rois cela changea, Samuel l'avait prédit:
il y eut non seulement des corvées et des travaux publics, 1 Samuel 8:12,16,
mais encore des impôts en nature, et même dans les cas extraordinaires des
impositions personnelles, 1 Samuel 8:15; 17:25; 2 Rois 3:4; 15:20; 23:35; Ésaïe
16:1; Amos 7:1. Les rois s'arrangèrent en outre pour obtenir des présents
volontaires de la part de leurs sujets, 1 Samuel 10:27; 16:20; 1 Rois 10:25; 2
Chroniques 17:5, ce qui se voit encore de nos jours. Ils paraissent aussi avoir
eu des apanages, une liste civile, 1 Rois 4:27; des droits de transit
paraissent indiqués 1 Rois 10:15, et l'on voit une régie 1 Rois 10:28; cf.
9:26; 22:49. Les rois étrangers qui assujettirent le peuple juif se gênèrent
encore moins, et les Perses firent peser sur les colonies exilées des taxes,
des gabelles et des péages, Esdras 4:13,20; 7:24. Il paraît même que les
gouverneurs particuliers se permirent maintes et maintes concussions, qui
finirent par devenir pour le peuple de véritables charges fort onéreuses,
Néhémie 5:15; 9:37. Les prêtres et les lévites cependant restèrent francs de
toute imposition sous le règne de Xercès, Esdras 7:24.
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INCESTE,
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— Voir: Parents.
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INDES,
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Esther 1:1; 8:9 (hébreu Hoddou pour Hondou); sans
doute la même contrée que nous connaissons encore sous ce nom, et dont les
limites touchent aux frontières méridionales de la Perse. Les Juifs ne
commencèrent à connaître les Indes d'une manière positive que depuis l'exil,
quoiqu'ils en connussent et même qu'ils en exploitassent les produits longtemps
auparavant, cf. Exode 30:23; 1 Rois 10:22;
— Voir: aussi Cus, et Ophir.
On sait quelles sont les richesses naturelles de ce
pays, et comment elles ont toujours excité la cupidité des peuples commerçants.
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INSCRIPTIONS.
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1. —
Voir: Dénombrement.
2. C'était
une habitude des anciens de mettre au-dessus de la tête des condamnés à mort un
écriteau portant la cause de la condamnation et le crime du coupable: on voulut
suivre à l'égard de Jésus la même coutume, et l'on écrivit au-dessus de sa tête
en grec, en latin et en hébreu (syriaque ou caldéen): «Jésus Nazarien, roi des
Juifs.» Socrate parle de cet écriteau, mais sans dire ce qu'il est devenu;
faites à la hâte et sans être destinées à servir de reliques, la plupart de ces
inscriptions étaient bientôt détruites, soit par le bourreau, soit par le temps
ou par accident. Les catholiques n'en ont pas moins su conserver l'original,
sans qu'on puisse dire comment ils se le sont procuré; ils prétendent même en
avoir deux exemplaires, l'un à Toulouse, l'autre à Rome en l'église de
Sainte-Croix; nous laissons ces deux originaux débattre entre eux la question
d'authenticité,
— Voir: Calvin.
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INSECTES.
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Ces malheureux petits animaux, l'un des tourments de
la vie humaine, semblent être (comme les poisons) le fruit de la malédiction
prononcée centre la terre après la chute, Genèse 3:17; la théorie longtemps
admise de leur génération spontanée, attribuait également leur naissance à la
matière inanimée, à la terre elle-même. Ils se développent particulièrement
dans les climats chauds, et se multiplient par myriades innombrables sous le
soleil ardent du Midi: la Palestine n'a pas été plus privilégiée que tous les
pays situés sous la même latitude, elle a eu ses frelons et ses sauterelles de
toutes espèces, dont nous traiterons aux articles spéciaux.
In-sectes : Expression
péjorative qui désigne les membres d’une secte, généralement de la trempe
évangélique du christianisme contrefait moderne.
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INTERDIT, ou anathème.
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Ces deux mots signifient, le premier (hébreu chérem)
perdre, détruire, vouer à l'extermination, le second, en grec, ce qui est mis à
part, séparé, dévoué. L'un et l'autre s'emploient pour indiquer un
retranchement quelconque, physique ou moral, et particulièrement le
retranchement d'un homme, repoussé soit de la société par la mort, soit de
l'Église par l'excommunication. Des animaux, des villes, des peuplades,
pouvaient être vouées à l'interdit, et cette peine emportait toujours dans le
style de l'Ancien Testament la mort des personnes; quant aux animaux et autres
objets de valeur, ils étaient quelquefois également détruits, d'autres fois ils
devenaient l'apanage du sacerdoce, cf. Lévitique 27:28-29. Nombres 18:14; 1
Samuel 14:44; Ézéchiel 44:29. L'interdit était considéré comme la propriété de
l'Éternel, comme un don irrévocable offert en hommage au roi du peuple, et il
est appelé à cause de cela une chose sainte, Lévitique 27:21. Ces sortes de
vœux étaient prononcés par la libre volonté du peuple qui voulait se rendre
Dieu favorable dans une entreprise importante. Quelquefois, cependant, un vœu
était imposé à l'armée par son chef, qui le croyait nécessaire au succès de son
expédition, Nombres 21:2; 1 Samuel 14:24; mais souvent aussi l'interdit perdait
son caractère de vœu pour prendre celui de châtiment théocratique, cf. Esdras 10:8,
et comme tel il rentrait dans l'ensemble des lois pénales d'Israël: ainsi, dans
les cas d'idolâtrie, l'Israélite qui s'était laissé entraîner au culte des faux
dieux, était voué à la mort, Exode 22:20; les villes même qui s'étaient laissé
séduire n'étaient pas épargnées, le feu et l'épée en faisaient justice,
Deutéronome 13:13-16. L'apostasie était punie comme une rébellion politique, et
c'en était une dans le principe de la loi. C'est par le même principe sans
doute, quoiqu'il s'y joignît encore d'autres considérations, que la conquête de
Canaan dut être accompagnée de l'extermination de ses habitants; les Israélites
devaient s'habituer à l'idée de voir en Dieu le roi des rois et le maître de la
terre, en même temps que le chef de tout culte, de toute religion, de toute
morale; pour les Israélites la mort devait être la conséquence naturelle et
nécessaire de l'abandon du vrai Dieu, et l'extermination des Cananéens devait
dire aux nouveaux possesseurs du pays qu'un sort pareil serait la récompense
d'une idolâtrie pareille, cf. Deutéronome 2:34; 3:6; Josué 6:17;
10:28,35,37,40; 11:11. L'interdit emportait la destruction de tout se qui se
trouvait dans ces villes coupables; les hommes et le bétail étaient misa mort,
brûlés, lapidés ou passés au fil de l'épée, les maisons étaient rasées et les
murs démolis, mais l'or et l'argent, ainsi que les vaisseaux d'airain et de
fer, étaient mis à part pour le trésor de la maison de l'Éternel, Josué
6:21,24. Quelquefois, cependant, l'interdit n'était prononcé que contre les
habitants de la ville, tandis que le bétail était épargné, et se distribuait
avec le reste du butin entre les soldats du parti vainqueur, Josué 8:26-27.
Deutéronome 2:34; 3:6.
— Celui qui violait un interdit était lui-même mis à
l'interdit, Josué 6:18; Hacan fut assommé de pierres et brûlé, 7:25, et Saül
fut rejeté de Dieu pour avoir épargné Agag, roi des Hamalécites, 1 Samuel
15:23; cf. Deutéronome 13:17.
Après le retour de l'exil, Esdras excommunia tous les
Israélites qui, ayant pris des femmes étrangères, ne voudraient pas les
renvoyer, et leurs biens furent mis à l'interdit, Esdras 10:8, ce qui paraît
avoir été la conséquence ordinaire de l'excommunication: l'on ignore si cet
interdit amenait la destruction des biens, ou leur simple confiscation au profit
du sanctuaire; le premier cas paraîtrait plus probable, d'après Deutéronome
13:16.
L'excommunication était un interdit purement
ecclésiastique, elle est utilisée dans le
christianisme nominatif pour exclure ceux qui ont le courage de s’opposer à ses
nombreuses fausses doctrines afin de ne pas être exposé comme des imposteurs.
— Voir: Bannissement.
________________________________________
IONIE,
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— Voir: Javan.
________________________________________
ISAAC,
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Genèse 17:19; 21:3; 22:2 (1896 avant J.-C.), fils
d'Abraham et de Sara; il fut pour son père le fils de la promesse et de la foi.
Son nom indique le rire, et lui fut donné, soit parce que Sara avait souri
d'incrédulité lorsque la naissance d'un fils lui avait été annoncée, soit à
cause de la joie que lui causa la naissance de ce fils si longtemps désiré,
18:13; 21:6,
— Voir: encore 17:17.
Il fut circoncis au huitième jour, et passa ses
premières années sous le toit paternel. Au dire des Hébreux, son éducation
aurait été commencée par les patriarches Sem et Héber, dont il fut
contemporain, du premier pendant cinquante ans (1896-1846), du second pendant
soixante-dix-neuf ans (1896-1817), du moins d'après la chronologie reçue, Sa
naissance augmenta les dissensions qui existaient entre les deux épouses, et
Ismaël dut s'éloigner avec Agar sa mère. Quelques années après, lorsque Isaac
eut atteint, à ce que l'on croit, sa vingt-deuxième ou vingt-cinquième année,
il accompagna son père sur le mont Morija. Familier avec l'idée des sacrifices,
il vit sans étonnement le bois et le feu destinés au bûcher, mais il ignorait
quelle devait être la victime; il l'apprit et se résigna sans murmurer, parce
que la même foi qui consolait son père, le fortifiait lui-même et le soumettait
captif à la volonté de Dieu. Vrai type de notre Sauveur immolé par son père,
«il a été mené à la boucherie comme un agneau et comme une brebis muette devant
celui qui la tond, et il n'a point ouvert sa bouche.» Mais Isaac devait
survivre à l'épreuve, et le sanglant sacrifice ne s'accomplit point; un bélier
remplaça sur l'autel le fils d'Abraham, et des bénédictions temporelles
nombreuses furent la récompense de la foi. Isaac vécut nomade comme son père;
il parcourut les plaines et les vallées de Canaan et de la Philistie, où Dieu
le bénit abondamment, surtout dans la culture de la terre, 26:12. À l'âge de
quarante ans il épousa sa parente Rébecca, qu'Élihézer avait été chercher pour
lui en Caldée. Au bout de vingt ans de mariage, elle lui donna deux enfants,
Ésaü et Jacob, qui naquirent quinze ans seulement avant la mort d'Abraham, et
qui se partagèrent diversement l'affection de leurs parents, le tranquille
Jacob étant le bien-aimé de sa mère, Ésaü, le fougueux chasseur, faisant les
délices de son père, parce que celui-ci aimait fort la venaison. Bientôt une
famine força Isaac de quitter les lieux où il habitait; il projeta d'abord de
se rendre en Égypte, mais Dieu l'en détourna. L'on peut remarquer que c'est à
peu près à cette époque qu'eut lieu l'invasion de l'Égypte par les rois
pasteurs. Isaac se rendit à Guérar, où régnait Abimélec, 26:1, et tomba par la
même tentation dans le même mensonge qu'Abraham avait déjà fait à un autre roi
du même nom. Pour sauver sa vie, il risqua de compromettre l'honneur de son
épouse; mais Dieu veillait sur la mère de Jacob, et Isaac, convaincu de
mensonge, avoua ses craintes et son incrédulité. Dieu continua de le bénir dans
ses champs, et il recueillit dans une seule année le centuple de ce qu'il avait
semé. Cependant les Philistins, voyant la multitude des serviteurs et des
troupeaux d'Isaac, devinrent jaloux de cette fortune toujours croissante: ils
comblèrent les citernes qu'avait creusées Abraham, et Abimélec lui-même, entraîné
par son peuple, conseilla ou ordonna à Isaac de se retirer. Isaac obéit et se
rendit d'abord dans la vallée de Guérar, non loin des plaines de ce nom; il
nettoya et rouvrit les puits que ses ennemis avaient comblés, et leur conserva
les noms qu'Abraham leur avait donnés; il en creusa de nouveaux et trouva des
eaux vives pour ses troupeaux. Mais ces puits furent une source intarissable de
querelles, et, après bien des contestations, Isaac prit le parti de s'éloigner
encore davantage et se rendit dans les plaines de Béer-Sébah. Là Dieu lui
apparut, la nuit même de son arrivée, et lui confirma les promesses qu'il avait
faites à son père; un autel fut élevé, le nom de l'Éternel fut invoqué et les
bénédictions abondèrent. Abimélec s'empressa de revenir auprès d'Isaac, avec
son plus intime conseiller et son général d'armée, et comme Isaac se montrait
surpris de les voir le rechercher, Abimélec lui répondit: Nous avons vu
clairement que l'Éternel est avec toi, et nous avens dit: «Qu'il y ait
maintenant un serment solennel entre nous, et traitons alliance avec toi.»
Isaac reçut avec joie cette proposition, il offrit un festin à ses nouveaux
alliés, et le lendemain ils se séparèrent en paix.
Isaac étant devenu vieux, Genèse 27:1, et ses yeux
s'étant fermés tellement qu'il ne pouvait plus voir, il sentit qu'il devait
s'attendre à une mort prochaine, et ne voulut pas différer davantage de donner
sa bénédiction à l'aîné de ses fils. Ignorant la cession du droit d'aînesse
faite par Ésaü à Jacob, ignorant aussi, et peut-être par un manque de foi, que
Dieu avait aimé Jacob et haï Ésaü, il allait bénir l'enfant qu'il préférait, et
voulut d'abord se procurer encore une fois cette sensuelle jouissance qui
influençait peut-être chez lui l'affection paternelle: il fit venir Ésaü et lui
commanda d'aller à la chasse chercher quelque pièce de gibier. «Apprête-moi des
viandes d'appétit, comme je les aime, et apporte-les-moi afin que j'en mange.»
Mais Dieu avait réservé à Jacob les droits de primogéniture. Jacob se les était
acquis en abusant de la fatigue et de l'impétuosité de son frère: ces droits
étaient à lui, mais au lieu de s'en remettre à celui qui est fidèle, au lieu de
laisser Dieu agir, il voulut intervenir, et sa mère, plus rusée encore, hâta,
par un mensonge sans excuse, l'exécution du plan divin. Jacob, âgé de
soixante-dix-sept ans, se moqua d'un vieux père aveugle et lui soutira par son
déguisement la grande bénédiction qu'Isaac voulait donner à Ésaü. Isaac, trop
confiant, soupçonna une ruse, et se laissa néanmoins convaincre: il entendait
la voix de Jacob et touchait la barbe du velu chasseur; mais les plats étaient
là, et pendant qu'Ésaü courait après le gibier, son frère cadet, dont le nom en
hébreu signifie supplantent, recevait les bénédictions paternelles. Grande fut
la douleur du père en découvrant qu'il avait été trompé, mais il ne pouvait
retirer sa bénédiction: «J'ai béni ton frère, dit-il, et aussi il sera béni.»
— «Et ne m'as-tu point réservé de bénédiction? s'écria
Ésaü, plein de désespoir et d'amertume: n'as-tu qu'une bénédiction, mon père?
Bénis-moi aussi, bénis-moi, mon père!» Dieu permit qu'Isaac pût encore donner à
son fils bien-aimé quelques promesses de consolation:» Ton habitation sera en
la graisse de la terre, lui dit-il, et en la rosée des deux d'en haut: tu
vivras par ton épée, et tu seras asservi à ton frère; mais il arrivera qu'étant
devenu maître, tu briseras son joug de dessus ton cou.»
Isaac comprit cependant qu'il n'avait été que
l'instrument de la volonté du Dieu des cieux; il se soumit à cette dispensation
providentielle, et conserva toute son amitié à Jacob. La colère d'Ésaü était à
craindre pour le frère supplanteur, et Isaac, soit pour ce motif, soit pour
éviter que Jacob épousât des païennes et amenât dans la maison des germes de querelles,
comme avait fait Ésaü «26:35, engagea le fils béni à se rendre en Mésopotamie
auprès des parents de Rébecca. Cette absence dura plus de vingt ans; mais Isaac
eut encore avant de mourir la joie de revoir ce fils qui était devenu pour lui
un successeur théocratique, et le chef de sa postérité; il mourut entre ses
bras à l'âge de cent quatre-vingts ans, et fut recueilli avec ses peuples. Ésaü
et Jacob l'ensevelirent dans la grotte de Macpéla, 35:27-28; 49:31.
Abraham, Isaac et Jacob sont trois figures d'élection
qui sont fréquemment rappelées ensemble dans l'Écriture: celle d'Abraham est la
plus belle, celle de Jacob ne peut être comprise que par la foi, par le sens
chrétien; celle d'Isaac est davantage passive. Ce qu'il y a de grand en lui,
c'est sa naissance miraculeuse, c'est aussi l'ordre donné à Abraham de le
sacrifier sur Morija; c'est enfin, si l'on ose le dire, sa bénédiction surprise
et déplacée. Dans ces trois faits il est passif, dans tout le reste de sa vie
il paraît nul. Dieu veut que les colonnes de son édifice visible n'aient pas
d'autre gloire, pas d'autre action que la sienne; et comme la force des fidèles
est de se tenir tranquilles pendant que l'Éternel combat pour eux, leur gloire
est aussi de disparaître derrière l'image de celui dont ils ne doivent que
refléter les vertus et la splendeur. La passivité d'Isaac fut de celles que
chacun doit envier; partout ce patriarche se montre humble, simple, tranquille
et calme; jamais il ne résiste, il se laisse immoler par son père, marier par Élihézer,
chasser par Abimélec, vexer par des bergers, tromper par sa femme, tromper par
son fils, inquiéter par ses belles-filles; une seule fois il pèche par
timidité: partout ailleurs il se fait admirer par sa douceur et sa résignation,
partout il accepte l'Éternel comme Providence, et reconnaît la sagesse de celui
qui mène les hommes et les choses. Il a une vie de famille toute particulière,
aimant sa Rébecca malgré ses torts, et n'ayant qu'elle pour épouse; il vit avec
elle et avec ses deux fils, sans paraître rechercher beaucoup des relations
extérieures; ses goûts sont dans la maison, casaniers et parfois un peu
sensuels, comme ceux des hommes doux et sans ambition. Sa piété paraît avoir
été plus juive que chrétienne, il a moins de confiance et plus de crainte
qu'Abraham, et Jacob jure par la frayeur d'Isaac, 31:42, qui est le
commencement de la sagesse. Il est le symbole de la douceur et de l'amour.
Son nom se retrouve fréquemment dans les livres
saints, 1 Chroniques 1:28; Matthieu 1:2; Luc 3:34; Romains 9:7; Galates 4:28;
Hébreux 11:18:20, et ailleurs.
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ISAÏ ou Jessé,
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Ruth 4:17; 1 Chroniques 2:12; Matthieu 1:5; Luc 3:32;
Actes 13:22; 1 Samuel 17:12,17, Bethléémite, fils d'Obed et petit-fils de Booz
et de Ruth; il fut père de huit fils et de deux filles (— Voir: ce pendant 1
Chroniques 2:15); le plus jeune était David. Après la réjection de Saül, Samuel
apprit de Dieu qu'un des fils d'Isaï était désigné pour le remplacer sur le
trône; aussitôt il convie à Bethléem toute cette famille pour sacrifier à
l'Éternel: les sept fils aînés d'Isaï passent successivement devant le
prophète, tous jeunes, grands, forts et beaux; mais Dieu dit à Samuel: «L'homme
a égard à ce qui est devant les yeux, mais l'Éternel regarde au cœur.» Isaï dut
faire chercher encore le plus jeune qui était aux champs, gardant les brebis,
et il le vit avec joie et surprise proclamer roi d'Israël par le prophète, qui
l'oignit d'huile au milieu de ses frères. Peu de temps après, Saül ayant
demandé un joueur d'instruments, et ayant appelé à sa cour David qui était
habile musicien, Isaï le lui envoya en le chargeant de présents pour ce roi
dont il devait bientôt hériter, 1 Samuel 16:19. Isaï cependant continua de voir
son fils, et le retint même fréquemment auprès de lui, lorsque le service de
Saül n'exigeait pas sa présence, (cf. 1 Samuel 17:17); il l'envoya une fois
visiter ses frères qui avaient suivi Saül dans son expédition contre les
Philistins. Plus tard, pendant les rivalités de Saül et de David, ce dernier
obtint du roi de Moab un asile pour son père, 22:3; c'est la dernière trace de
l'histoire d'Isaï.
Le nom de fils d'Isaï servit quelquefois comme terme
de mépris pour désigner David, ainsi que Jésus était dédaigneusement appelé le
fils de Joseph, le fils du charpentier, 1 Samuel 20:27; 22:7; 25:10; 2 Samuel
20:1; 1 Rois 12:16; 2 Chroniques 10:16; mais lorsque David fut devenu un roi de
gloire, le nom de son père ne fut plus qu'un jalon généalogique, destiné à
rappeler aussi la race de laquelle devait naître le Sauveur, Ésaïe 11:1;
Romains 15:12.
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ISBI-BÉNOB, ou Jisbi,
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Un des Réphaïms, géant d'entre les Philistins. Il
avait résolu, dans une guerre contre David, de, frapper ce chef lui-même: armé
tout à neuf, et portant une lance d'un poids énorme, il fondit, en effet, sur
David qui, vivement pressé par ce puissant ennemi, ne dut son salut qu'au
secours que lui apporta son cousin Abisaï. Les amis et les guerriers de David
jurèrent alors: «Tu ne sortiras plus avec nous en bataille, de peur que lu
n'éteignes la lumière d'Israël», paroles qui feraient supposer que cet
événement eut lieu dans la dernière guerre où David combattit en personne, 2
Samuel 21:16.
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IS-BOSETH, ou Esbahal,
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fils cadet de Saül et d'Ahinoham, 1 Chroniques 8:33;
9:39; 2 Samuel 2:8, etc. Son vrai nom était Esbahal ou Isbahal, mais les Hébreux,
à cause de l'horreur que leur inspiraient les dieux étrangers, et pour éviter
de prononcer le nom de Bahal, le surnommèrent Is-Boseth, homme de honte ou de
confusion. Son père et ses frères ayant succombé dans la bataille de Guilboah,
il se trouva, avec son neveu Méphiboseth, seul héritier du nom de Saül et de sa
couronne, mais l'un et l'autre successeur étaient incapables par eux-mêmes de
rien oser pour reconquérir un trône qui leur avait échappé. Abner osa seul;
mais pour couvrir d'un voile de légitimisme ses desseins ambitieux, il ne
voulut régner que sous un nom reconnu, et Is-Boseth, âgé de quarante ans, fut
la poupée qui porta la couronne. Reconnu roi des dix tribus, il régna sept ans
à Mahanajim, luttant avec désavantage contre les troupes de David, et
s'affaiblissant de jour en jour. La conduite d'Abner à l'égard d'une des femmes
de Saül donna de l'ombrage à Is-Boseth, soit qu'il y vît une injure à la
mémoire de son père, soit qu'il crût y trouver l'indice de vues ambitieuses,
soit enfin que, las d'avoir un maître, il s'estimât heureux de trouver un
prétexte pour montrer à son tour qu'il avait de la volonté et du caractère.
Blessé des reproches d'Is-Boseth, Abner l'abandonna, et résolut d'appuyer la
nouvelle dynastie. En même temps, David fit demander à Is-Boseth Mical son
épouse, et comme Is-Boseth voyait ses affaires s'embrouiller toujours
davantage, il ne voulut pas les compliquer encore par un nouveau refus, et
accorda à David ce qu'il désirait. Il ignorait les négociations du perfide
Abner, et lorsque ce traître eut été mis à mort par Joab, ses mains devinrent
lâches; Is-Boseth crut avoir perdu le meilleur de ses capitaines, et dans son
bonheur il se désespéra. Ce fut sa dernière faiblesse; bientôt deux de ses
officiers, Récab et Bahama, l'assassinèrent dans son palais pendant qu'il
dormait; sa tête sanglante fut portée en hommage à David qui n'apprécia jamais
la lâcheté, et récompensa les meurtriers par le dernier supplice.
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ISMAËL,
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1. fils
d'Abraham et d'Agar, Genèse 16:15; 17:23; 21:14; 1 Chroniques 1:28. Ce n'était
pas l'enfant de la promesse, mais Dieu ne lui en prédit pas moins de grandes
destinées et d'abondantes bénédictions temporelles: «Voici, je l'ai béni,
dit-il, et je le ferai devenir une grande nation.» Fort jeune encore, Ismaël se
montra ce qu'il devait être plus tard, bruyant, gai, fier et violent, grand par
lui-même, comme son frère Isaac était grand par la grandeur de Jéhovah. Vers sa
dix-septième ou dix-huitième année, à ce que l'on pense, à l'époque du sevrage
d'Isaac, Ismaël dut quitter la maison paternelle avec sa mère, Genèse 21:9,
parce que celui qui était né selon la chair persécutait celui qui était né
selon l'esprit, Galates 4:29. Dieu protégea dans sa fuite Ismaël, et continua
de le bénir dans le désert de Paran, où il habita. Le jeune homme devint fort,
vaillant, habile chasseur, et sa mère lui donna pour épouse une de ses
compatriotes, Égyptienne comme elle. Il eut quatorze enfants, dont douze fils,
qui furent autant de princes et chefs de tribus, selon les promesses faites à
Abraham, et deux filles, dont l'une épousa Ésaü, son cousin. Ismaël rendit avec
Isaac les derniers devoirs à son père, et mourut âgé de cent trente-sept ans.
Genèse 25:17; 28:9; 36:3.
Les douze fils d'Ismaël furent, sous le nom
d'Ismaélites, les pères de douze tribus arabes qui subsistent encore
aujourd'hui, mais que l'on distingue cependant avec soin des Arabes primitifs
et authentiques, les Joktanides; quelques auteurs arabes appellent même les
Ismaélites des Arabes fabriqués. Plusieurs de ces tribus sont bien connues et
auront leurs articles spéciaux: ainsi les Nabathéens, les Kédaréniens, etc.
Saint Jérôme dit que de son temps les douze noms subsistaient encore. Le
territoire d'Ismaël s'étendait depuis Havila, à l'orient, jusqu'à Sur, en
Égypte. Vers le septième siècle, la plupart des Ismaélites embrassèrent
l'islamisme, et sont encore maintenant plongés dans les ténèbres de cette
dégoûtante morale, et de ce monothéisme sec et absurde. C'est ce que M.
Coquerel appelle «le milieu entre l'erreur et la vérité», comme si ce milieu
n'était pas l'erreur elle-même.
2. Ismaël,
fils de Néthania, descendant de David, fut du nombre de ceux qui restèrent en
Judée après que Nébucadnetsar eut emmené captifs la plus grande partie des
habitants de ce pays. Poussé par la jalousie, à ce qu'il paraît, parce qu'étant
du sang royal il n'avait pas été nommé gouverneur du pays, il refusa d'obéir à
Guédalia, et se ligua contre lui avec Bahalis, roi de Hammon; puis, abusant
d'une confiance qu'il avait acquise par la dissimulation, il se jette sur
Guédalia, au milieu d'un festin, et le tue; il égorge ensuite ceux des
adhérents de Guédalia qu'il rencontre, et les Caldéens qui sont en garnison à
Mitspa. Quelques hommes de Sichem, de Silo, de Samarie, en tout quatre-vingts,
allaient ayant la barbe rasée et les vêtements déchirés, offrir de l'encens et
des dons en la maison de l'Éternel. Ismaël en est instruit; il comprend que ces
pieux Israélites seront les amis de Tordre, et, par conséquent, ses ennemis à
lui-même; il les attire par ruse à Mitspa, où il les fait égorger et précipiter
dans une fosse. Dix d'entre eux s'échappent seuls, en promettant de livrer à
Ismaël ce qu'ils possèdent de provisions en froment, orge, huile et miel,
cachées au milieu des champs. Il emmène ensuite captifs avec lui une partie des
habitants de Mitspa, et les filles du roi qui avaient été confiées à Guédalia,
et prend le chemin du pays de Hammon, où il espère être suffisamment protégé
contre la vengeance probable de Nébucadnetsar. Mais Johannan et d'autres
capitaines des villes de Judée, ayant appris les crimes d'Ismaël, mettent sur
pied leurs gens de guerre, le poursuivent et l'atteignent près des grosses eaux
de Gabaon. Les prisonniers reprennent courage et s'enfuient auprès de Johannan,
qui vient à leur aide, et Ismaël, avec huit hommes qui lui restent, gagne au
plus vite les terres de Bahalis, affligé sans doute que tant de crimes aient
été inutiles. On ignore où et comment il mourut, 2 Rois 25:23; Jérémie 40, et
41.
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ISRAËL.
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Ce nom, qui signifie vainqueur de Dieu, fut d'abord
donné en surnom à Jacob par Dieu lui-même, lors de la rencontre du Jabbok et de
la lutte de Jacob avec l'Éternel, parce que, dit l'ange, tu as été le maître en
luttant avec Dieu et avec les hommes, et tu as été le plus fort, Genèse 32:28;
35:10. Le nom d'Israël devint ensuite celui de la postérité bénie, et les douze
tribus le portèrent en commun. Lors de la première division du royaume, après
la mort de Saul, sous David et Is-Boseth, les onze tribus qui marchaient sous
les armes de ce dernier, conservèrent le nom d'Israël, qui était celui de la
nation tout entière, dont elles formaient la plus grande partie, tandis que la
douzième tribu, celle de Juda, qui marchait avec David, resta tout ensemble
tribu et royaume de Juda, 2 Samuel 2:9-10; cf. 19:40. Ces deux noms de Juda et
d'Israël servirent donc à désigner en quelque sorte, dans les temps de trouble,
la minorité et la majorité du royaume, et après la mort de Salomon, lorsque le
pays tout entier se partagea (975 avant J.-C.), les tribus de Juda et de
Benjamin gardèrent le nom de royaume de Juda, tandis que les dix autres prirent
le nom de royaume d'Israël, qu'elles méritaient moins que les deux premières,
puisqu'elles s'éloignaient de la branche théocratique, abandonnant le roi que
le Dieu d'Israël leur avait donné. Ces dix tribus sont Éphraïm, Dan, Siméon,
Manassé, Issacar, Zabulon, Aser, Nephthali, Gad et Ruben, auxquelles il faut
joindre la partie tributaire de Moab et les autres peuplades et terres qui
avaient été conquises par Salomon. La capitale de ce royaume fut d'abord
Sichem, 1 Rois 12:25, puis Tirtsa, 1 Rois 14:17; 15:21, et enfin, depuis Homri,
Samarie. La puissante et toujours jalouse tribu d'Éphraïm (cf. 1 Chroniques
5:1; Genèse 48:17; Juges 8:1; 12:1) fut sans doute à la tête de ce mouvement de
séparation; elle se glorifiait d'avoir donné le jour à Josué, et Jéroboam, qui
sépara le royaume, était Éphraïmite: aussi le nom de royaume d'Éphraïm
serait-il beaucoup plus justifié que celui de royaume d'Israël, et les auteurs
sacrés l'emploient-ils quelquefois, Psaumes 78:9,67-68; Osée 6:4; Ésaïe 11:13.
Neuf révolutions successives, toujours accompagnées de leurs calamités
ordinaires, amenèrent sur le trône neuf dynasties différentes qui ne comptèrent
pas plus de dix-huit rois, et ne durèrent ensemble que 240 ans à peu près
(975-729), ce qui donne pour chaque roi une moyenne de 13 ans, et pour chaque
dynastie une moyenne de 26 ans et demi.
1re dynastie Jéroboam règne de 22 ans
Nadab règne de 2 ans
2e dynastie Bahasa règne de 24 ans
Élah règne de 2 ans
3e dynastie Simri règne de 7 jours
4e dynastie Homri règne de 12 ans
Achab règne de 22 ans
Achazia règne de 2 ans
Joram règne de 12 ans
5e dynastie Jéhu règne de 28 ans
Joachaz règne de 17 ans
Joas règne de 16 ans
Jéroboam
II règne de 41 ans
Zacharie règne de 6 mois
6e dynastie Sallum règne de 1 mois
7e dynastie Manahem règne de 10 ans
Pékachia règne de 2 ans
8e dynastie Pékach règne de 20 ans
9e dynastie Hosée règne de 9 ans
Total 241 ans, 7 mois, 7 jours.
Les années étant exprimées en nombres ronds, on ne
doit pas s'étonner que dans les détails, les fractions négligées amènent une
différence de quelques années en plus, et le synchronisme des rois de Juda
compte, pour le même espace de temps, 260 années. Sans entrer dans des
discussions chronologiques qui pourraient nous mener loin sans nous mener nulle
part, nous nous bornerons pour le moment aux observations suivantes:
1. On
doit admettre que les années sont indiquées d'une manière générale, sans égard
aux fractions, et le récit sacré l'indique lui-même en plusieurs endroits,
comme on peut s'en convaincre par la comparaison des passages suivants, 1 Rois
15:9; et 25; 15:25 et 33; 2 Rois 14:1; cf. 14:17; 13:1; et ailleurs.
2. Quelquefois
un fils a commencé à régner pendant les dernières années de son père, et les
années de cette association sont quelquefois attribuées à l'un et à l'autre
tout ensemble, et par conséquent doublées.
3. Il
y a eu des interrègnes qui, n'étant pas comptés dans la chronologie des rois,
diminuent d'autant les années de cette époque, et doivent y être ajoutées pour
les compléter; c'est ce qu'a fait Des Vignoles dans sa chronologie de
l'histoire sainte. Ajoutons encore que, lorsqu'il y a désaccord, il faut donner
la préférence aux dates du royaume de Juda, parce que l'histoire de ces deux
tribus est plus simple, mieux suivie, moins compliquée d'anarchie,
d'interrègnes et de révolutions, et par conséquent moins sujette à erreurs.
— Les suites de la scission furent, pour Israël, sa
décadence comme nation, l'abaissement de sa puissance politique,
l'anéantissement de son commerce et de sa prospérité intérieure, la
démoralisation du peuple par les guerres intestines. Le principe de la
révolution porta ses fruits, et huit usurpations successives furent autorisées
par l'usurpation de Jéroboam. En religion ce fut pire encore, cf. 1 Rois 15:34;
16:2; 22:53; 2 Rois 3:3; 10:29; 13:2; 14:24; 15:9; 17:22; le culte du veau d'or
ayant été établi par Jéroboam, et celui de Bahal par la maison d'Achab, les
prêtres, les lévites, et tous les hommes pieux et zélés pour le culte du vrai
Dieu abandonnèrent Israël et se réfugièrent en Juda, 2 Chroniques 11:13-46. Les
prophètes de l'Éternel cependant ne manquèrent jamais en Israël, même dans les
périodes de la plus sombre idolâtrie et des plus profondes ténèbres, et il se
rencontra toujours, même à la cour des rois, quelques hommes qui ne fléchirent
point le genou devant un autre que Jéhovah, 1 Rois 18:4. Dans les premiers
temps de son existence, Israël fut quelquefois inquiété par Juda, mais sans
succès; les entreprises des Philistins furent également passagères et
n'amenèrent pas de résultat, 1 Rois 16:15. Bientôt la séparation des deux
royaumes fut si bien reconnue que les deux cours rivales, se regardant comme
indépendantes, en vinrent à contracter des alliances, soit politiques, 1 Rois
22:2; 2 Rois 3:7; 8:28, soit même domestiques, 2 Rois 8:18,27. Mais Israël
trouva un ennemi opiniâtre et puissant dans les rois de la Syrie de Damas, qui,
à diverses reprises, passèrent les frontières, 1 Rois 20:34; 22:3, et
réduisirent Éphraïm à la dernière extrémité, 2 Rois 13:7; cependant, sous
Jéroboam II, grâce à la puissance assyrienne qui s'élevait, et qui
affaiblissait ainsi par son voisinage le royaume de Syrie, les Israélites
redressèrent la tête, repoussèrent vigoureusement le Syrien, s'emparèrent d'une
portion de son territoire, et s'élevèrent à une hauteur de prospérité que
jusqu'alors ils ne connaissaient point. Cela dura peu; le bien-être engendra le
luxe, la volupté, le relâchement: ce furent les délices de Capoue; les
querelles de parti se renouvelèrent, une fausse politique commença à
prédominer. Osée 5:13, et Israël, devenu tributaire d'Assyrie, 2 Rois 15:19,
vit bientôt une partie de ses habitants conduits en captivité, 2 Rois 15:29;
cf. Ésaïe 8, et 9. Dès lors il n'y eut plus rien que de précaire dans l'existence
de ce pauvre pays, sa ruine parut inévitable, et la malheureuse alliance d'Osée
avec le roi d'Égypte fut le dernier acte politique de ce royaume; Israël tout
entier fut déporté et mené en exil, 2 Rois 18:9, environ 131 ans avant la chute
du royaume de Juda. Aussitôt après avoir raconté cette catastrophe, l'historien
sacré énumère les causes qui l'ont amenée, et met en première ligne l'idolâtrie
intellectuelle et morale de ce peuple. Les Israélites qui demeurèrent dans le
pays se mêlèrent peu à peu avec les colons qui y furent envoyés d'Assyrie pour
le cultiver et le défendre; ils retournèrent cependant au culte de l'Éternel,
et plusieurs d'entre eux se réunirent à Juda pour l'exercice de ce culte, 2
Rois 23:15,19; 2 Chroniques 34:33; 35:19.
— Voir: Exil.
Il importe de spécifier que la nation modern d’Israel
n’a rien avec l’ancienne sauf le nom. L’Israel moderne est une duperie
politique, elle correspond à «la bête qui sort de la terre» des nations (Apoc.
13 :11). Elle a été formée de l’ancien empire des Khazars qui s’était converti
au Judaïsme. En d’autres mots l’Israel moderne n’est pas le peuple de Dieu,
mais le peuple dieu, c'est-à-dire de Satan. Le Sionisme actuel n’est plus une
théocratie, mais une autocratie basée sur l’idéologie d’une domination mondiale.
Sa philosophie demeure toutefois celle du salut par les œuvres et rejoint celle
du libre-arbitre d’un salut par le choix du Vatican, les deux se rejoignant
dans une utopie spirituelle qui se nomme l’Antichrist.
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ISSACAR,
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neuvième fils de Jacob, cinquième de Léa, Genèse
30:18. Son nom signifie prix ou récompense, et Léa le lui donna, «car,
dit-elle, Dieu m'a récompensée parce que j'ai donné ma servante à mon mari.» Il
naquit 1749 ans avant J.-C., et eut quatre fils: Tolah, Puva, Job et Simron,
46:13. Sa vie est peu connue, et ne parait pas avoir rien présenté de saillant.
La bénédiction de Jacob mourant lui prédit un avenir matériel et peu honorable:
«Issacar, dit-il, est un âne essu, couché entre les barres des étables; il a vu
que le repos était bon et que le pays était beau, et il a baissé son épaule
pour porter, et s'est assujetti au tribut.» Moïse annonce qu'il vivra paisible
dans ses tentes, qu'il partagera avec Zabulon l'abondance de la mer et les
richesses du commerce, Genèse 49:14-15. Deutéronome 33:18-19. Lors du
dénombrement d'Israël dans le désert, Issacar comptait 54,400 hommes en état de
porter les armes. Cette tribu est louée dans le cantique de Débora pour son
zèle à prendre les armes. Juges 5:15. Elle a donné naissance au juge Tolah, qui
gouverna le pays pendant vingt-trois ans, sans autre gloire que celle de la
paix, Juges 10:1-2.
La tribu d'Issacar reçut en partage, lors de la
division du pays, les meilleurs endroits de la terre, la belle et riche plaine
de Jizréhel, s'étendant depuis la chaîne du Carmel jusqu'au lac de Génésareth,
ayant au midi la demi-tribu de Manassé, au nord celle de Zabulon, à l'occident
la Méditerranée, à l'orient le Jourdain et l'extrémité de la mer de Tibériade.
Elle occupait avec Zabulon le grand pays de passage de Canaan, et les habitants
de ces deux tribus comptèrent, à l'époque de Jésus-Christ, parmi les plus
civilisés des Galiléens; la plupart des apôtres appartenaient à l'une ou à
l'autre de ces tribus, et par le message de l'Évangile ils accomplirent
entièrement la prophétie de Moïse: «Ils appelleront les peuples en la montagne,
ils offriront là des sacrifices de justice.» Deutéronome 33:19.
L'auteur du livre des Chroniques dit des Issacariens
qu'ils étaient «fort intelligents dans la connaissance des temps pour savoir ce
que devait faire Israël», éloge qui ne se rapporte probablement ni à des
connaissances astronomiques, ni à la science des saisons par rapport à
l'agriculture, mais à une certaine habileté pratique ou politique, qui du reste
ne peut être précisée davantage par l'histoire.
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ITHAMAR.
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quatrième fils d'Aaron et d'Élisébah (1490 avant J.-C.)
Exode 6:23. Il fut consacré avec ses fils, Nombres 3:2, mais il n'exerça jamais
la souveraine sacrificature, qui, après la mort de Nadab et d'Abihu, fut donnée
à la famille d'Éléazar. Lui-même fut chargé dans le désert de surveiller les
travaux du tabernacle et de diriger les Guersonites et les Mérarites dans le
transport de l'arche de l'alliance. Exode 38:21. La souveraine sacrificature
entra, l'on ne sait comment, dans sa famille par Héli, juge d'Israël, et en
sortit de nouveau par la déposition d'Abiathar, après avoir fourni, outre ces
deux pontifes, Ahitub, Ahija, et Ahimélec, q.v.
— cf. 1 Chroniques 6:3; 24:1; Nombres 4:28; 26:60.
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ITHIEL et Ucal,
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inconnus. C'est à eux qu'Agur adressa les maximes
contenues dans le 30e chapitre des Proverbes; on peut supposer qu'ils étaient
fils, amis ou disciples de ce sage.
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ITTAÏ,
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1. guerrier
benjamite de Guibha, l'un des trente-sept hommes vaillants de David, 2 Samuel
23:29; 1 Chroniques 11:31.
2. Ittaï,
Philistin de Gath, peut-être prosélyte, avait mis à la disposition de David 600
hommes de ses compatriotes dont il était le chef. Après la révolte d'Absalon,
David ne voulant astreindre personne à partager sa mauvaise fortune, offrit à
Ittaï de lui rendre sa parole, mais ce généreux guerrier refusa de la reprendre
et jura par le nom de l'Éternel: «En quelque lieu où le roi mon seigneur sera,
soit à la mort, soit à la vie, son serviteur y sera aussi.» David ne résista
pas à tant de dévouement; Ittaï se donna à lui sans réserve et le servit avec
ses troupes et sa famille; il commandait un tiers de l'armée à la bataille qui
fut si funeste à Absalon, 2 Samuel 15:19; 18:2.
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ITURÉE,
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contrée au nord-ouest de la Palestine. Luc 3:1, dit
que Philippe était tétrarque dans la contrée de l'Iturée et de la Trachonite,
et comme Flavius Josèphe donne à Philippe la Trachonite, la Batanée et
l'Auranite, on a cru que ces deux dernières provinces portaient ensemble le nom
d'Iturée. Cette conclusion n'est pas nécessaire, car saint Luc a parfaitement
bien pu ne pas indiquer les possessions moins importantes de Philippe, et
omettre l'un ou l'autre de ces districts, comme dans le même passage il ne
donne à Hérode Antipas que la Galilée quoiqu'il possédât aussi la Pérée.
Strabon et Pline placent l'Iturée en Cœlésyrie, et Strabon ajoute qu'elle était
à l'ouest de Damas, tirant vers le sud du côté de l'Arabie Déserte. C'était, au
dire du même auteur, une contrée crevassée et riche en cavernes, dont les
habitants, favorisés par les accidents du terrain, se livraient en masse au
brigandage et rendaient dangereuse et redoutée la grande route de Damas.
Virgile (Georg. 2, 448) vante l'habileté des Ituréens dans le maniement de
l'arc et des flèches.
Aristobule, environ un siècle avant Christ, conquit et
réunit à la Judée une partie considérable de l'Iturée, dont il contraignit les
habitants à se faire circoncire sous peine d'exil; mais bientôt les Ituréens
passèrent en Phénicie et se soumirent à Rome sous Pompée, tout en conservant
des princes choisis du milieu d'eux. Claude réunit plus tard l'Iturée à la Syrie.
L'Iturée tirait probablement son nom de Jétur, le
dixième fils d'Ismaël, Genèse 25:15; 1 Chroniques 1:31; cf. 5:19; et la
position de ce pays sur les confins de l'Arabie justifie ce sentiment. Il
paraîtrait alors que les Ituréens auraient abandonné la pratique de la
circoncision, puisque Aristobule dut la leur imposer de nouveau, à moins qu'on
n'entende qu'Aristobule les obligea à circoncire les enfants le huitième jour,
tandis que les Ismaélites ne le faisaient que dans la douzième ou quinzième année.
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IVOIRE.
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Les défenses d'éléphant, que les anciens prenaient
pour des cornes, ont été connues en Europe et dans l'Asie occidentale bien
longtemps avant l'éléphant lui-même. L'ivoire est pour la première fois nommé
dans le Cantique des Cantiques, ou au Psaumes 45, suivant l'époque que l'on
assigne à la composition de ce psaume. Il est probable que Salomon, qui faisait
le commerce des Indes, fut aussi le premier qui fit connaître à la Judée
l'ivoire et l'animal qui le donne, cf. 1 Rois 10:22; 2 Chroniques 9:21. Son
troue était d'ivoire incrusté d'or, 1 Rois 10:18; et l'on voit Achab, 22:39,
employer l'ivoire à beaucoup d'autres usages et ne l'épargner ni dans ses
meubles ni dans ses appartements, cf. Apocalypse 18:12, et Amos 6:4. Les
marchands de Tyr poussèrent le luxe jusqu'à plaquer d'ivoire les bancs de leurs
vaisseaux, si même ils n'employèrent pas de l'ivoire massif. Ézéchiel 27:6; cf.
15. Dans ce dernier passage, le prophète appelle les défenses de l'éléphant des
cornes de dents, unissant ainsi l'apparence à la réalité.
— Voir: dans Harris,
plusieurs citations des auteurs profanes qui montrent
combien cette substance a été connue et appréciée des Grecs et des Romains, et comment
on la travaillait.
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IVRAIE,
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le lolium temulentum de Linnée, herbe vénéneuse qui
croît souvent en Orient au milieu des champs de blé, d'orge ou d'avoine,
Matthieu 13:25. Virgile l'appelle infelix lolium, Georg. 1, 153. Elle ressemble
beaucoup à l'orge, surtout quand elle est jeune. Ses grains sont cependant plus
foncés, parfois jaunâtres, allongés, plus épais à une extrémité et couverts de
bourre. Mêlée avec du pain, l'ivraie est dangereuse pour la santé, elle gâte
l'estomac et porte à la tête; elle enivre, et c'est même de là que lui vient
son nom, comme peut-être en allemand celui de Tollkorn. Il n'en arrive pas
moins que, vu la difficulté du triage, on pétrit quelquefois l'ivraie avec le
blé, lorsque la proportion du mauvais grain n'est pas considérable. Selon
quelques auteurs, l'ivraie ne serait qu'un blé dégénéré, susceptible même de
redevenir froment, si elle est semée en bonne terre.
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IZÉBEL,
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— Voir: Jésabel.
Dictionnaire de la
Bible J.-A. Bost 1849-J
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JAAZANJA,
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1. fils
d'un Jérémie inconnu (695 avant J.-C.), et l'un des chefs de la maison des
Réchabites, Jérémie 35:3. Jérémie le prophète le fit appeler, lui et les siens,
et voulut les contraindre à boire du vin contre les ordonnances de leur aïeul
Jéhonadab; ils refusèrent tous, et Jérémie, qui l'avait bien prévu, se servit
de ce fait pour reprocher aux Juifs leur rébellion contre la loi de Dieu,
tandis que la voix d'un homme était encore obéie dans la famille de Réchab.
2. Fils
de Saphan, Ézéchiel 8:11 (594 avant J.-C.). À la tête de soixante et dix des
anciens d'Israël, il se tenait dans une des salles du parvis du temple, ornée
de toutes sortes de figures de reptiles et de bêtes tout à l'entour, et il leur
offrait de l'encens. Ézéchiel était en Caldée, quand l'Éternel lui montra en
vision toutes ces abominations et beaucoup d'autres qui se commettaient à
Jérusalem; il annonça alors aux Juifs qui étaient avec lui les châtiments qui
devaient fondre sur ces impies idolâtres; mais on n'ajouta point foi à ses
paroles.
3. Jaazanja,
fils de Hazur, inconnu, Ézéchiel 11:1. On suppose qu'il était un des membres du
sénat sous le règne de Sédécias; sa parole perfide et pleine d'iniquité
séduisait le peuple par de mauvais conseils.
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JABAL,
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descendant de Caïn par Lémec et Hada, Genèse 4:20,
«fut père de ceux qui habitent dans les tentes, et des pasteurs.» La vie nomade
est ainsi séparée de la vie pastorale. On peut dire que l'un et l'autre de ces
genres de vie existaient déjà de fait avant lui, car Abel était berger, et les
patriarches étaient nomades par cela même qu'ils n'étaient pas organisés en
société, qu'il n'y avait point de ville, et que chacun se transportait où il
voulait avec le modeste bien dont il était possesseur. La gloire de Jabal fut
probablement d'avoir régularisé la vie nomade en apprenant aux hommes à se
servir de tentes, à les dresser, et à les plier au besoin pour se remettre en
course, Genèse 4:20.
(Selon
l'étymologie, Jabal signifie «fastueux», une des caractéristiques prédominante
de la race noire. Il fut l'origine ou le père de ceux qui demeurent dans des
sanctuaires et près des rachetés dans le but de les séduire.)
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JABBOK.
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Ce torrent, maintenant Zerka, se forme de ruisseaux
qui viennent de l'est et du nord, et d'un ruisseau qui arrive du sud et coule
près de Rabbath-Hammon. La source principale descend de la partie de la haute
plaine qui touche au grand désert. Le Jabbok coule vers l'ouest, dans une
vallée assez large dont le fond se maintient à une certaine élévation; plus bas
il rencontre comme une fente profonde dans le plateau, et se fraye sa route
dans une gorge étroite entre des parois de rochers de 500 pieds de hauteur,
déchirure singulière qu'on aperçoit seulement en arrivant sur ses bords, du
haut desquels on entend bouillonner dans l'abîme les eaux de la rivière
(Rougemont). L'endroit où le Jabbok sort de ce défilé et du plateau est peut-être
le gué de Péniel, Genèse 32:22; sq., que d'autres voyageurs croient avoir
retrouvé plus à l'est sur le plateau. Le Jabbok se jette dans le Jourdain, à 6
kilomètres de l'endroit où il sort des montagnes, et à peu près à égale
distance du lac de Tibériade et de la mer Morte. La partie supérieure de son
cours, appelée aussi le ruisseau de Rabbath-Hammon, était la frontière qui
séparait les Hammonites à l'est, des Amorrhéens, et plus tard de Gad à l'ouest.
La partie inférieure était la limite nord des Amorrhéens sous leur roi Sihon,
et la limite sud du royaume de Basan; plus tard elle sépara Gad de Manassé,
Nombres 21:24; Deutéronome 2:37; 3:16; Josué 12:2; Juges 11:13,22.
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JABÈS,
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ville de la demi-tribu transjourdaine de Manassé,
ordinairement appelée Jabès de Galaad. Elle était située au-dessus d'une vallée
ou d'un wady qui porte encore son nom, sur le sommet d'une montagne d'où elle
avait vue sur les collines de Basan, et qui fait partie de la chaîne la plus
septentrionale des monts de Galaad. Elle fut saccagée par les Israélites pour
avoir refusé de prendre part à la guerre d'extermination contre Benjamin, Juges
21:8,10. Plus tard, Nahas, roi de Hammon, l'ayant réduite à la dernière
extrémité, elle allait se rendre aux conditions les plus dures, quand Saül vint
et la délivra, 1 Samuel 11. Les habitants conservèrent toujours la plus vive
reconnaissance pour leur libérateur, et pour sa maison; et quand Saül et ses
fils eurent été tués en Guilboah, dans la bataille contre les Philistins, ceux
de Jabès vinrent de nuit, enlevèrent les corps qui avaient été pendus aux
murailles de Bethsan, et les ensevelirent honorablement sous un chêne, près de
leur ville, 1 Samuel 31:11-12.
— Eusèbe la met à 6 milles de Pella, vers Gérasa.
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JABIN,
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1. roi
de Hatsor à l'époque de Josué, Josué 11:1 (1450 avant J.-C.). C'était un des
rois les plus puissants de Canaan; il demeurait au-dessus du lac de Séméchon,
dans la Galilée, et dominait presque tout le nord du pays. Il résolut d'écraser
Josué, et se ligua avec quelques rois voisins ses tributaires, tellement qu'ils
étaient un grand peuple comme le sable qui est au bord de la mer; mais ils ne
se réunirent que pour être détruits plus facilement, et Josué les chargea avec
tant de vigueur que personne n'échappa, ni hommes, ni chevaux; la ville même
fut brûlée et Jabin mis à mort.
2. Hatsor
reconstruite, eut, cent soixante-cinq ans après, 1285 avant J.-C., un autre roi
du même nom, peut-être descendant du premier. Ce Jabin était devenu si
puissant, que l'Écriture lui donne le nom de roi de Canaan, Juges 4:2. Se
rappelant les vieilles injures de son peuple, et désireux de les venger, il
avait accablé Israël de toutes ses forces, et entretenait une grande armée, et
900 chariots armés de faux, dont il avait confié le gouvernement à son général
en chef Siséra. Cette oppression, qui fut la troisième servitude, dura vingt
années, et se termina par les victoires et le cantique de Débora.
— Voir: Psaumes 83:10.
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JABNÉ,
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ville des Philistins, située entre Joppe et Asdod;
Hozias s'en empara, 2 Chroniques 26:6. Plus tard, elle fut appelée Jamnie, et
Flavius Josèphe dit qu'elle était très populeuse, habitée par beaucoup de Juifs
mêlés avec quelques païens; elle possédait un bon port. Pompée la prit sur les
Juifs et la donna à la Syrie. Elle était à 240 stades de Jérusalem et à 12
milles de Diospolis. Après la ruine de Jérusalem, elle fut pendant quelque
temps le siège du sanhédrin et d'une école juive assez distinguée.
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JACOB,
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1. Genèse
25:26, sq. (1836 avant J.-C.), fils d'Isaac et de Rébecca, plus aimé de sa mère
à cause de son naturel paisible et facile à mener, le troisième des grands
patriarches théocratiques, Exode 19:3; Psaumes 22:24; 105:6; Ésaïe 45:19;
Ézéchiel 20:5. Il lutta par la ruse contre l'infériorité de sa naissance, et
réussit à se procurer le droit d'aînesse pour le prix d'un plat de lentilles; à
ce droit d'aînesse il fallait joindre la bénédiction paternelle, sans laquelle
il restait stérile, et Jacob, par un artifice honteux et grossier, vint, à
l'âge de soixante-dix-sept ans, se jouer d'un père aveugle pour lui soutirer
cette bénédiction que le vieillard se proposait de donner à l'aîné, que Dieu
avait dessein de transférer sur la tête du second, et qu'il eût effectivement
transférée sans le concours de moyens déshonnêtes, comme il le fit bien voir
plus tard à Jacob lui-même, en inclinant son cœur à bénir de la main droite
Éphraïm plutôt que Manassé. La ruse réussit, mais Jacob dut recueillir les
fruits de son péché avant de jouir des bénédictions que Dieu lui avait
assurées: il lui fallut quitter son père et sa mère pour fuir le ressentiment
d'un frère justement irrité, et il partit pour la Mésopotamie, où une épouse
lui était réservée dans la maison de Laban, frère de sa mère. Il avait alors
soixante-dix-sept ans, chiffre qui surprend d'abord, mais qui se justifie par
les considérations suivantes: Joseph avait trente ans quand il fut présenté à
Pharaon, Genèse 41:46; lorsque son père et ses frères vinrent le rejoindre,
c'est-à-dire en la deuxième année de la famine, il en avait par conséquent
trente-neuf (45:6). À cette époque Jacob en a cent trente (47:9); Joseph est
donc né dans la quatre-vingt-onzième année de Jacob. Or Joseph est né vers la
fin des quatorze premières années que Jacob passa chez Laban (30:22,25), après
avoir quitté la maison d'Isaac, ce qui donne l'âge de soixante-dix-sept ans
pour l'époque de son entrée en Mésopotamie.
Ce voyage fut pour Jacob la fin de l'enfance et le
commencement de la vie: sa mère n'était plus là pour le mener, il devait se
sentir à la fois libre et responsable, et le remords dut se faire sentira son
cœur. Sans doute il emportait la bénédiction de son père, mais Dieu lui
accorderait-il la sienne? Accablé de fatigue et peut-être aussi de pensées
décourageantes, il s'endormit un soir près de Luz, et Dieu qui avait fait de
lui un vase d'élection, voulut le rassurer, et lui envoya cette grande et belle
vision de l'échelle qui, partant de la terre pour se perdre dans les cieux,
servait d'intermédiaire entre l'homme et l'Éternel par le moyen des anges, qui
montaient et qui descendaient, saints et brillants messagers du Dieu d'Abraham,
d'Israël et de Jacob. Saintement effrayé, le voyageur s'écria: «C'est ici la
maison de Dieu, c'est ici la porte des cieux.» Il oignit d'huile la pierre qui
lui avait servi de chevet, et changea le nom de Luz en celui de Béthel, qui
signifie maison de Dieu. Cependant, il ne comprit pas toute la grandeur des
promesses qui lui étaient faites, et il se borna à quelques vœux pour l'heureux
achèvement de son voyage et pour son heureux retour auprès d'Isaac. Bientôt il
arrive en Mésopotamie, où Rachel accueille avec joie son cousin presque
octogénaire. Le cupide Laban met à de rudes épreuves la patience et l'amour de
Jacob; après sept ans de service il lui donne Léa, sa fille aînée, au lieu de
Rachel qu'il aimait et qu'il avait demandée. Jacob se plaint de cette
substitution, et obtient qu'on lui accorde aussi Rachel, pour laquelle il offre
de servir sept nouvelles années. Les deux épouses rivales divisent la maison du
patriarche; Rachel est la préférée, mais Léa est féconde et s'élève au-dessus
de sa sœur qui ne l'est pas, Genèse 30. Pour complaire à celle qu'il aime,
Jacob donne le titre de concubine à Bilha, la servante de Rachel, et Léa lui
demande la même faveur pour Zilpa, sa servante. La famille de Jacob s'accroît
ainsi considérablement, mais il n'est encore que le serviteur de son oncle et
beau-père; il exprime le désir de retourner auprès de sa famille et demande à
Laban, avec son congé, la récompense de ses travaux. Ces deux hommes rivalisent
de ruse pour se tromper l'un l'autre, et Jacob est le plus fort; il demande à
Laban de lui donner toutes les bêtes picotées de son troupeau et s'engage à le
servir quelques années encore. Laban accepte et consent; mais d'abord il
éloigne du troupeau, pour les confier à ses fils, toutes les bêtes déjà
picotées, afin de diminuer d'autant la chance qu'il en naisse de nouvelles.
Jacob, de son côté, s'éloigne avec les chèvres et les brebis blanches. Il
devait savoir que Dieu ferait tourner ce contrat en sa faveur (31:11); il
voulut, comme toujours, forcer la fortune et accomplir par des ruses la volonté
divine; il plaça donc devant les auges et les abreuvoirs de jeunes branches
dont il avait pelé et mis à blanc quelques parties, de sorte que les troupeaux
ne pouvaient boire sans arrêter les yeux sur ces diverses couleurs et sans en
être frappés. Jacob pensait que de cette manière les brebis, quoique blanches,
donneraient des agneaux de couleur; et le résultat répondit à ses espérances,
soit que Dieu intervint directement, soit aussi que le stratagème employé par
Jacob fût réellement efficace, ainsi que paraissent l'établir certains faits.
En tout cas, Jacob s'enrichit en fort peu d'années, et ses grands biens ne
tardèrent pas à exciter la jalousie de Laban et de ses fils. Jacob s'en
aperçut, et averti par une vision divine, il résolut de s'enfuir sans délai.
Ses femmes sont d'accord avec lui. Il part donc «à la dérobée», emmenant sa
famille, ses serviteurs et ses troupeaux, et après avoir traversé les gués de
l'Euphrate et les campagnes de la Syrie, il arrive sans accident sur les
limites de la terre promise, au pied des montagnes de Galaad; mais là il est
rejoint par Laban qui s'est mis à sa poursuite, et il doit lui expliquer les
motifs de sa fuite secrète et précipitée. «Je craignais, dit-il, que tu ne me
ravisses tes filles.» Mais Laban réclame encore de petits dieux qu'il dit lui
avoir été enlevés, et comme ils ne se retrouvent pas, Jacob lui reproche avec
beaucoup d'amertume et d'éloquence toutes les injustices de sa vie passée et
ses soupçons présents que rien ne semble justifier; car Jacob ignorait que
Rachel eût dérobé ces dieux. Après de longues contestations dans lesquelles
l'avantage reste à Jacob, les deux parents qui vont se séparer pour toujours se
réconcilient; une alliance est conclue, un monument s'élève, qui prend le nom
de Gal-Hed, un sacrifice est offert, et un repas donné par Jacob achève de
cimenter la paix et l'oubli du passé. Laban s'en retourne et Jacob s'apprête à
pénétrer dans ce pays où il espère de retrouver son père, où il craint de
rencontrer le frère qu'il a dépouillé. Comme il est agité de diverses pensées,
de souvenirs pénibles, d'incertitudes et d'angoisses, une première vision le
rassure, les anges de Dieu viennent au-devant de lui comme pour le saluer, et
il nomme ce lieu, en souvenir de cet événement, Mahanajim, c'est-à-dire le camp
de Dieu. Mais il apprend l'approche d'Ésaü, suivi de 400 hommes; méfiant et
rancunier, il suppose au généreux Ésaü plus de rancune que celui-ci n'est
capable d'en conserver; il prend ses précautions; il partage ses troupeaux en
deux bandes qu'il envoie en deux directions différentes, afin que si l'une
pérît, l'autre puisse être sauvée; puis, pour essayer de les mettre à l'abri
l'une et l'autre, il met à part pour son frère un présent considérable de
chèvres, de brebis, de chameaux, de vaches et d'ânesses, et confie ces cinq
troupeaux à cinq de ses serviteurs qu'il espace de manière qu'Ésaü ne les
rencontre que successivement, et soit peu à peu disposé d'une manière favorable
à lui pardonner. Cette combinaison étant achevée, Jacob envoie au-delà du
Jabbok tout ce qui l'accompagnait, famille et troupeaux, et il reste seul sur
la rive de l'exil, pour faire peut-être le compte de ses voies, et réfléchir
aux diverses dispensations providentielles dont il avait été l'objet pendant
une vie de près d'un siècle (98 ans). Sa vie avait été une lutte continuelle
contre Dieu et les hommes; il avait lutté dès le sein de sa mère pour
supplanter son frère, et il avait fini par être le maître. Pendant qu'il était
là, plongé dans ces pensées dont ceux qui ont quelque peu vécu sont bien à même
de comprendre la nature et peut-être la tristesse, un homme lutta avec lui
toute la nuit, jusqu'au lever du soleil, lutte miraculeuse, mystérieuse,
unique. On voudrait pouvoir croire à une lutte toute morale et spirituelle,
tant l'idée d'un combat corps à corps d'un homme avec Dieu répugne à notre intelligence;
mais le récit de l'historien sacré est si exact, si complet, si précis, qu'on
est obligé de reconnaître qu'il y a eu lutte matérielle et physique entre ces
deux personnes, quoiqu'il s'y joignît aussi en même temps une lutte morale qui
devait aboutir à un triomphe plus élevé. La hanche démise fut pour Jacob une
défaite et une humiliation; il avait été vaincu et devait se le rappeler à
toujours: mais ce trophée de défaite était en même temps pour lui un trophée de
victoire, et lui rappelait que ce qu'il avait recherché dans la lutte il
l'avait obtenu, la bénédiction de son adversaire. Il pleura et il demanda
grâce, dit Osée 12:5, et il fut le plus fort en luttant avec Dieu, car cet
adversaire était en effet l'Éternel lui-même. Jacob reçut alors le nom d'Israël
qui consacrait son triomphe, et il nomma ce lieu Péniel, parce que, dit-il,
j'ai vu Dieu face à face. Il aurait voulu connaître le nom de son adversaire,
mais ce sont là de ces choses qui n'ont point de nom au terrestre séjour.
L'homme ne peut nommer que les êtres qui ont quelque rapport avec lui, qui sont
finis en gloire, en durée, en étendue. Ce moyen de reconnaître ce qui
appartient à la terre et qui fut donné à l'homme dès la création ne peut
s'appliquer au}; êtres infinis; le Dieu de Moïse est celui qui est, le Dieu de
Manoah est l'admirable, mais il ne se nomme pas. L'idolâtrie d'ailleurs aime à
rendre son culte à ce qui a un nom, et Jéhovah ne voulait pas être assimilé à
Bahal; le paganisme seul a des noms pour ses milliers de dieux et de saints.
Au matin Jacob passe le gué et rejoint sa famille;
mais déjà Ésaü s'approche, et Jacob, par un surcroît de précautions, divise les
enfants en trois bandes, en tête les deux servantes avec leurs enfants, puis
Léa avec les siens, et enfin Rachel avec Joseph. Mais toutes ces mesures
stratégiques devaient être inutiles; la prudence n'est bonne que contre des
adversaires, et Ésaü s'avançait en frère, en ami; tout était oublié, excepté
l'affection fraternelle, et dès qu'il voit Jacob il se jette à son cou et
l'embrasse en fondant en larmes, pendant que Jacob voulait se prosterner devant
lui. Ésaü fait la connaissance de ses belles-sœurs et de ses neveux, et
n'accepte que sur les instantes prières de Jacob les présents que celui-ci lui
a destinés; puis les deux frères se séparent après que Jacob eut promis à Ésaü
de l'aller voir dans ses montagnes de Séhir, promesse sur l'exécution de
laquelle nous ne voyons rien dans l'Écriture, quoiqu'il soit fort possible que
Jacob ait fait ce voyage, soit pendant son séjour à Succoth même, soit pendant
son séjour à Sichem, soit plus tard encore; peut-être aussi cette promesse
n'était-elle qu'une ruse de plus pour se débarrasser plus facilement et plus
vite de la présence d'un frère qui le gênait et le troublait.
Après s'être d'abord établi pendant quelque temps à
Succoth sur la rive orientale du Jourdain, Jacob passe à Sichem; puis, après
l'enlèvement de Dina et la vengeance de Siméon et de Lévi, il quitte cette
contrée et se rend à Béthel, ayant enseveli d'abord les idoles héviennes dont
le culte s'était introduit dans sa famille; il s'établit ensuite successivement
à Éphrat, à Migdal-Héder et enfin à Hébron dans les plaines de Mamré, où il
retrouve son père, le vieillard Isaac qui ne tarde pas à rendre le dernier soupir
entre les bras de ses deux fils réunis pour l'accompagner au sépulcre. Mais les
souffrances du triste pèlerinage de Jacob ne sont pas à leur terme; les
chagrins qu'il a causés à son père, ses fils doivent les lui rendre avec usure.
Le vieillard aime Joseph l'enfant de Rachel, et ses frères jaloux le font
disparaître et remettent à leur père une robe magnifique, teinte de sang, que
Jacob ne peut hésiter à reconnaître pour celle qu'il a donnée à Joseph. Jacob
déchire ses vêtements, met un sac sur ses reins et repousse toute consolation:
Certainement, dit-il, je descendrai en menant deuil au sépulcre vers mon fils!
C'est ainsi qu'il le pleurait, c'est ainsi que s'écoulèrent vingt années.
Benjamin avait succédé à Joseph sans le remplacer dans le cœur de Jacob, et le
dernier enfant de Rachel rappelait à Jacob tout ensemble et Rachel et Joseph,
deux objets qu'il avait tant aimés. Les sept années de famine se firent sentir
en Canaan comme en Égypte, et Jacob envoya ses dix fils dans ce dernier pays
pour y acheter du blé, mais il retint auprès de lui Benjamin. Des dix fils qui
étaient partis il n'en revint que neuf: Siméon avait été retenu prisonnier par
celui qui dominait en Égypte, et ce dur gouverneur qui avait maltraité les dix
frères les prenant pour des espions, leur avait défendu de reparaître en sa
présence sans amener avec eux le dernier de la famille, Benjamin. Jacob écoule
avec étonnement le rapport de ses fils, et l'étonnement de tous redouble quand,
à l'ouverture des sacs, ils retrouvent l'argent qu'ils avaient cependant déposé
en mains propres lorsqu'ils avaient acheté le blé. Bientôt un second voyage
devint nécessaire, mais Jacob refusait d'y consentir; car, disait-il, vous
m'avez privé d'enfants: Joseph n'est plus, et Siméon n'est plus, et vous prendriez
Benjamin! Toutes ces choses sont contre moi! Il ignorait encore que toutes
choses contribuent ensemble au bien de ceux qui aiment Dieu, mais il l'apprit
bientôt par une douce expérience. Contraint de laisser partir Benjamin, il
s'écriait avec résignation: «S'il faut que je sois privé de ces deux fils, que
j'en sois privé!» et peu de temps après, non seulement Siméon était de retour,
non seulement Benjamin lui était rendu, mais il entendit de la bouche de ses
fils ces paroles qui étaient la résurrection de sa vieillesse: «Joseph vit! et
même il commande sur tout le pays d'Égypte.» Jacob alors part avec toute sa
famille, Exode 1:1; 1 Samuel 12:8; Actes 7:14, et Dieu, sans la permission de
qui il n'eût pu sortir, l'y autorise par une vision à Béer-Sébah, lui réitérant
les promesses qu'il lui a déjà faites pour sa postérité, et lui annonçant
qu'après s'être beaucoup accrus en Égypte, ses descendants en sortiraient pour
venir habiter de nouveau Canaan. Bientôt il arrive à Goscen, Joseph accourt à
sa rencontre: le père et le fils se jettent dans les bras l'un de l'autre en
fondant en larmes, et Jacob attend la mort avec joie; car, dit-il, j'ai vu ton
visage, et que tu vis encore. (1706 avant J.-C.) Présenté à Pharaon, Jacob
parle comme un sage qui n'est plus de ce monde, il bénit le roi qui
l'accueillit avec honneur comme le vénérable père de son premier ministre, et
il résume sa vie en ces mots: Les jours de mon pèlerinage ont été courts et
mauvais. Dès lors, il vécut encore quelques années en Goscen, heureux et fier
de son Joseph qu'il avait retrouvé; puis il s'éteignit doucement à l'Âge de
cent quarante-sept ans (1689 avant J.-C.), ayant recommandé à Joseph et à ses
fils de ne point laisser reposer ses os sur la terre étrangère, mais de les
transporter auprès de ceux de ses pères dans la caverne de Macpéla. Peu de
temps avant sa mort, il avait adopté comme siens les enfants de Joseph, léguant
à celui-ci, comme au plus puissant de la famille et au plus propre à le
conserver, le territoire de Sichem qu'il avait acheté des Amorrhéens (Héviens),
et qu'il peut dire avoir conquis par son arc, en pensant à la violence dont
deux de ses fils ont usé à l'égard des Sichémites. Les bénédictions
prophétiques qu'il prononça sur ses enfants sont pleines de grâce, de force et
de profondeur; s'il est sévère, c'est qu'il ne parle plus comme père, mais
comme prophète; il déclare ce qui doit arriver. Joseph conduisit lui-même en
Canaan le corps de son père, qui fut enseveli avec grande pompe et au milieu
d'un concours immense de personnes venues d'Égypte pour y assister.
Le nom de Jacob se retrouve Ézéchiel 28:25; 37:23;
Osée 12:13; Malachie 1:2; Romains 9:13; Hébreux 11:9,21, et ailleurs.
Ce patriarche qui vécut quinze ans avec Abraham, se
présente avec un caractère bien différent de celui de son père et de son aïeul;
on peut dire qu'il est sans grandeur naturelle, à la fois ardent et efféminé,
faible et passionné, rusé, trompeur, peu scrupuleux sur les moyens; il ne
grandit que par de rudes expériences et par l'adversité: mais ces épreuves lui
sont utiles, il profite à une dure école, et mûrit forcément. Les vingt années
qu'il passe à pleurer Joseph abrègent sa vie et sont à la fois pour lui la
dernière et la plus douloureuse des épreuves; toutes ses souffrances se
montrent dans cette parole qu'il adresse au roi d'Égypte: «Mes jours n'ont pas
atteint les jours des années de la vie de mes pères au temps de leurs
pèlerinages.» Sa noble vieillesse fait oublier les péchés de sa jeunesse et de
sa maturité, et Jacob est un exemple de plus qui prouve que Dieu choisit
librement ceux dont il veut faire des vases à honneur, et qu'il les façonne
d'entre ceux-là même qui sont le moins honorables. Jacob est le symbole de
l'espérance (Schrœder); il a passé sa vie à attendre plus qu'à jouir, à espérer
plus qu'à posséder.
La Fontaine de Jacob dont il est parlé Jean 4:6, et
près de laquelle eut lieu l'entretien de Christ avec la Samaritaine, était
située près de Sichem sur la route qui conduit à Jérusalem: elle tirait son nom
du patriarche qui l'avait, dit-on, fait creuser. Quelques voyageurs disent
l'avoir retrouvée à quelque distance de Naplouse, dans un creux de rocher
profond de trente-cinq mètres, mais contenant peu d'eau, situé dans un petit
vallon qui court du nord au sud et qui est fort riche en sources; d'autres
pensent que la fontaine de Jacob est une source située dans la ville même de
Sichem et qui porte encore le nom du patriarche.
2. Jacob,
père de Joseph le charpentier, Matthieu 1:16, inconnu.
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JACQUES.
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Outre le frère de Jésus, Matthieu 13:55, le Nouveau
Testament nous fait connaître, au sein de l'Église apostolique, trois hommes de
ce nom, savoir: Jacques frère de Jean et fils de Zébédée, bientôt décapité,
Actes 12:2; Jacques, fils d'Alphée, sur la vie duquel nous n'avons aucun
détail; et Jacques, frère du Seigneur, Galates 1:19, le conducteur de l'Église
de Jérusalem, et le chef de la portion encore judaïsante de cette Église.
Plusieurs théologiens regardent ces deux derniers comme identiques, d'autres
les distinguent (Sardinoux); d'autres regardent le Jacques frère du Seigneur,
comme son cousin, et par conséquent distinct encore du Jacques de Matthieu
13:53. Sans entrer dans un examen approfondi de cette question, que j'ai fini
par trouver insoluble à force de l'avoir examinée, il convient de dire au moins
quelles sont les raisons qui paraissent établir plutôt leur identité. Saint
Luc, dans son Évangile et dans les Actes, distingue toujours Jacques fils d'Alphée,
de Jacques fils de Zébédée, jusqu'à la mort de ce dernier; mais depuis lors,
Actes 12:2, il ne se sert plus que de la simple dénomination de Jacques, verset
17.
Il paraît donc que depuis la mort du fils de Zébédée
il ne resta plus dans l'Église qu'un seul Jacques assez distingué, et il est
peu probable que ce seul Jacques ait été le troisième, le frère du Seigneur,
car on ne saurait alors ce que serait devenu Jacques fils d'Alphée; on se
verrait obligé de construire un édifice d'hypothèses comme De Wette qui fait
mourir le fils d'Alphée subitement, et sans que les auteurs sacrés en disent
rien, et qui élève rapidement au plus haut degré d'estime dans l'Église
apostolique, le frère du Seigneur jusqu'alors inconnu. Saint Luc n'est pas le
seul non plus qui, depuis la mort du fils de Zébédée, semble ne reconnaître
qu'un seul Jacques dans l'Église,
— Voir: 1 Corinthiens 15:7; Galates 2:9,12; Jude 1.
Le passage Galates 1:19, semble contredire cette
manière de voir, et établir l'existence d'un troisième Jacques, différent du
fils d'Alphée et de celui de Zébédée, d'un Jacques frère germain de Jésus. Mais
ce seul passage ne saurait suffire, et il s'explique assez facilement sans
cela. Paul parle d'un temps où le fils de Zébédée était encore en vie; en nommant
Jacques il était donc obligé de dire duquel il voulait parler, et il donne au
fils d'Alphée le nom de frère du Seigneur, parce que sa relation avec Jésus
était alors une marque plus caractéristique et plus connue, d'autant plus
qu'Alphée était un homme obscur (c'est pour la même raison que le fils de
Zébédée est quelquefois appelé le frère de Jean). Reste à savoir pourquoi
Jacques est appelé le frère du Seigneur s'il n'était que son cousin; et ici la
difficulté est réelle; car, quoiqu'on puisse dire et même prouver que le mot
frère s'employait quelquefois pour désigner une parenté collatérale plus
éloignée (— Voir: Xen. Cyrop. 1, 5; § 4. Tite-Live 35, 10. Cicer. ad Attic. 1,
5. Genèse 13:8; 29:15), cependant la chose n'était point passée en loi, ni même
en usage, et dans le cas particulier, comme il est constant que Jésus avait non
seulement des cousins, mais des frères de mère, cf. Matthieu 13:55, Jacques
était peut-être l'un d'entre eux, et il serait possible que celui qui est
mentionné, Galates 1:19, comme une des colonnes de l'Église, et qui par
conséquent se retrouve partout comme seul Jacques depuis la mort du fils de
Zébédée, fût le même que Matthieu 13:55; la chose est possible en elle-même,
mais elle n'est que cela, et il faudrait prouver qu'elle est sûre, il faudrait
lever l'invraisemblance qu'il y a dans l'apparition subite d'un nouveau
Jacques, accompagnée de la disparition également subite du fils d'Alphée.
Ajoutons que dans ce passage, Galates 1:19; cf. Actes 9:27, Jacques est appelé
apôtre, et que nous ne voyons nulle part qu'un Jacques, frère de Jésus, ait été
élevé à cette dignité, jusqu'à être mis au même rang que Pierre. Nous nous en
tenons donc à l'opinion généralement reçue qui pense qu'il n'y a eu que deux
Jacques, en renvoyant pour un plus ample examen de la question au Comment, de
Winer sur Galates 1:19. à Néander, Apost. Kirche, II, 421, aux Beitræge de
Schneckenburger, et à un article de Steiger dans l'Evangelischse K. Z, de
Hengstenberg, 1834, #95 et suivant.
1. Jacques,
fils de Zébédée et de Salomé, surnommé le Majeur, frère de Jean l'évangéliste,
raccommodait ses filets sur les bords du lac de Génésareth, lorsqu'il entendit
l'appel de Jésus, auquel il obéit sans hésitation, Matthieu 4:21; 10:2; Marc
1:19; 3:17; Luc 5:9; 6:14. Il fut toujours un des trois plus intimes confidents
du Seigneur, malgré l'orgueil et l'intolérance qui signalèrent par deux fois
ses premiers pas dans la carrière évangélique, Matthieu 20:20; Luc 9:54. On le
trouve auprès de son maître à la guérison de la belle-mère de Pierre, dans la
maison de Jaïrus, sur le mont Thabor, sur la colline où Jésus annonce la ruine
de Jérusalem et les signes des derniers temps, en Gethsémané, lors de la
réintégration de saint Pierre, et enfin à Jérusalem après l'ascension, Marc 1:29;
5:37; 9:2; 10:35; 13:3; 14:33; Jean 21:2; Actes 1:13. Décapité par l'ordre
d'Hérode Agrippa (44 ans avant J.-C.), il mourut à Jérusalem, après avoir porté
la prédication de l'Évangile, si l'on en croit une tradition peu probable, en
Espagne et jusqu'en Angleterre.
— Jésus l'avait surnommé Boanergès, q.v.
2. Jacques
le Mineur, fils d'Alphée et de Marie sœur de la mère de Jésus, succéda au
précédent comme conducteur de l'Église de Jérusalem, Matthieu 10:3; 13:55;
27:56. Les évangélistes ne donnent sur sa personne et sur son caractère aucun
détail particulier. Ses rapports de parenté avec Jésus, ses convictions
religieuses qui conservèrent autant que possible les formes du judaïsme, qui
établirent le christianisme sur des bases qui n'étaient point hostiles ou
directement opposées au précédent ordre de choses, enfin son caractère
personnel et ses principes ascétiques, tout contribua à le rendre propre au
rang élevé qu'il occupait dans Jérusalem et dans l'Église. Le chapitre 15 des
Actes est celui qui nous fait le mieux connaître et comprendre son influence et
son autorité; cf. aussi 21:18, et la manière honorable dont en parle saint
Paul, Galates 1:19; 2:9,12. Il parait avoir été un homme non seulement ferme
dans ta foi, mais aussi irrépréhensible dans sa conduite à l'égard des Juifs
incrédules. Selon Hégésippe, sa vie était celle d'un vrai Nazaréen; il
jouissait du privilège d'entrer à toute heure dans le temple, et il y passa
beaucoup de temps en prières ferventes; on l'avait surnommé le Juste, et le
rempart de son peuple. Il vécut jusqu'à la ruine de la nation et de l'Église
juive. Peu d'années avant que la guerre fatale éclatât, le souverain
sacrificateur Ananus, sadducéen, profita de l'intervalle qui s'écoula entre la
mort du gouverneur Festus et l'arrivée de son successeur Albinus, pour faire
lapider l'apôtre. La majorité du peuple protesta contre cet acte de violence;
Albinus étant arrivé écrivit à Ananus une lettre de reproches et de menaces, et
Agrippa le destitua de son pontificat. D'après Hégésippe, les pharisiens
auraient aussi pris part à la mort du juste; il raconte qu'on le précipita du
haut du temple, que Jacques n'ayant pas été tué par la chute, on se mit à le
lapider, et que pendant qu'il priait pour ses persécuteurs, un tanneur lui
asséna sur la tête un coup qui mit fin à ses jours et à ses souffrances.
C'était vers l'an 64. Eusèbe raconte sa mort d'une manière un peu différente.
— Beaucoup de Juifs, après le siège et la destruction
de Jérusalem, attribuèrent cette catastrophe à la malédiction divine que le
peuple avait attirée sur lui par le supplice de cet homme si saint et si
respecté.
C'est probablement à ce Jacques, fils d'Alphée, que se
rapporte le passage 1 Corinthiens 15:7; où il est fait allusion à un fait que
les évangélistes ne nous ont pas conservé.
Jacques, un des frères de Jésus, Matthieu 13:55,
complètement inconnu; il s'est joint à l'Église après l'Ascension.
Épître de saint Jacques. Elle fut probablement écrite
de Jérusalem, par Jacques fils d'Alphée, vers l'année 61; elle est adressée à
des judéo-chrétiens qui pouvaient être tentés de se laisser tomber dans le
relâchement et dans le mépris des œuvres et de la loi: on n'y trouve pas un
plan proprement dit, mais une suite d'exhortations telles que les circonstances
les demandaient, et telles que l'Esprit les lui inspirait. Le chapitre 1er est
dirigé contre la faiblesse de foi, l'irrésolution en doctrine, la
pusillanimité; depuis le verset 19 l'apôtre relève la nécessité d'une vie
chrétienne.
— Chapitre 2. Après s'être élevé contre les privilèges
que le cœur humain est trop facilement porté a accorder aux riches, Jacques
reprend ce qu'il a déjà dit sur la nécessité de montrer sa foi par ses œuvres.
— Chapitre 3. Exhortations relatives à la tempérance
de la langue.
— Chapitre 4. Contre la frivolité, la légèreté,
l'esprit mondain, etc.
— Chapitre 5. Condamnation des richesses iniques,
avertissements aux riches; diverses autres exhortations.
Les sujets que traite cette épître sont importants à
méditer, particulièrement en certaines époques. On peut dire, je crois, que
saint Jacques ne suscitera jamais un réveil religieux, mais c'est surtout dans
un temps de réveil religieux qu'il pourra exercer une grande et salutaire
influence, parce que la foi étant le grand et vrai levier de tout réveil, comme
elle est aussi le seul moyen de salut, on risque, à force de relever
l'importance de la croyance, de la doctrine, d'oublier que la croyance seule
n'est pas la foi, et que pour mériter ce nom elle doit être accompagnée de ce
qui en constitue la réalité, c'est-à-dire des bonnes œuvres. Saint Jacques ne
diffère point de saint Paul sur ce point, ni saint Paul de saint Jacques; l'un
veut la foi et les œuvres, l'autre veut les œuvres et la foi, et chacun insiste
sur celui des points de vue qui lui paraît le plus négligé dans les
circonstances où il écrit, et le plus important à mettre en saillie. On peut
voir sur ce sujet la dissertation du Dr Néander, dans ses Kleine
Gelegenheitsschriften; elle a été traduite en français dans le Narrateur
religieux, 1837.
Quant à l'authenticité de l'épître, elle a été
attaquée par des hommes de couleurs bien différentes; cependant De Wette
lui-même, qui avait d'abord émis quelques doutes, les a complètement rétractés
dans la deuxième édition de son Einleitung etc., p. 316 et suivant. Clément de
Rome et Hermas, l'auteur du Berger, connaissaient déjà cette épître, et Irénée
a fait une allusion à 2:23, en se servant d'expressions empruntées presque
littéralement à cette épître; Origène, Denys d'Alexandrie et Eusèbe la mentionnent
également et l'attribuent à saint Jacques; enfin une circonstance très
favorable à l'authenticité de cette épître, c'est qu'elle se trouve déjà dans
la Peschito, ce qui prouve que l'Église syrienne au deuxième siècle la
connaissait et l'avait acceptée. Pour plus de détails,
— Voir: Guerike, Beitræge zur Einleitung, § 3; etc.,
Comment, de Stier.
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JADDUAH,
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Néhémie 12:11,22, souverain sacrificateur, le dernier
qui soit nommé dans l'Ancien Testament. Il vivait à l'époque de Darius de Perse
et d'Alexandre le Grand, 336 avant J.-C. C'est probablement le même que ce
Jaddus dont Flavius Josèphe raconte la courageuse résistance à Alexandre.
Occupé au siège de Tyr, l'empereur de Macédoine envoya demander du secours et
des vivres à Jadduah en exigeant de lui qu'il le reconnût pour maître au lieu
de Darius; mais Jadduah, fidèle à celui qu'il reconnaissait pour son souverain,
refusa. Alexandre, irrité, dissimula jusqu'après la réduction de Tyr, puis il
marcha contre Jérusalem. Jadduah, rassuré par une vision divine, ouvre les
portes de la ville et va au-devant d'Alexandre, revêtu des ornements
pontificaux, accompagné des prêtres et suivi du peuple en vêtements blancs. À
cette vue, Alexandre, qui venait pour se venger, se prosterne devant Jadduah
pour l'adorer, et comme Parménion s'en étonne, il lui répond que dans le temps
où il délibérait s'il passerait en Asie, Dieu lui était apparu sous la forme de
ce grand prêtre et l'avait encouragé à ne rien craindre et à exécuter hardiment
son dessein. Puis il entre dans la ville, offre des sacrifices, accorde aux
Juifs la liberté de conscience et des privilèges relatifs à l'impôt.
— Jaddus eut pour successeur Onias 1er, son fils. Un
de ses frères, Manassé, gendre du Samaritain Samballat, se retira auprès de son
beau-père et obtint d'Alexandre la permission de bâtir sur Guérizim un temple
dont il fut le premier grand prêtre.
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JAHATS,
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Nombres 21:23; Deutéronome 2:32; Ésaïe 15:4, ou
Jathsa, Jérémie 48:21, ville située au-delà du Jourdain, non loin de l'Arnon;
elle fut donnée d'abord à la tribu de Ruben, Josué 13:18, et devint ensuite
ville lévitique, 1 Chroniques 6:78. Elle paraît avoir appartenu plus tard aux
Moabites.
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JAHAZIEL,
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lévite d'entre les enfants d'Asaph, n'est connu que
par un seul oracle, 2 Chroniques 20:14; il annonce à Josaphat et au royaume de
Juda une prompte et complète victoire sur les Moabites et les Hammonites,
prophétie qui ne tarda pas à s'accomplir en effet (897 avant J.-C.).
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JAHBETS.
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1. Un
des descendants de Juda par Pharez; il vivait apparemment du temps des juges, 1
Chroniques 4:9. Il n'est connu que par une prière qu'il adressa à Dieu; mais
elle est sublime par l'abondance de foi dont elle est l'expression: «O, si tu
me bénissais abondamment, et que tu étendisses mes limites, et que ta main fut
avec moi, et que tu me garantisses tellement du mal que je fusse sans douleur!»
Il demandait beaucoup, et Dieu lui accorda ce qu'il avait demandé. Il fut
distingué entre ses frères. Quelques-uns ont cru que c'était le même que
Hothniel, le premier des juges, opinion qui ne peut être ni soutenue ni
réfutée. Il s'établit probablement dans la contrée de ce nom.
2. Jahbets,
1 Chroniques 2:55, ville de la Palestine, située, à ce que l'on croit, dans la
tribu de Juda.
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JAHEL,
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Juges 4:17 (1285 avant J.-C.), femme d'Héber,
assassina par surprise le général Siséra, qui lui avait demandé un asile,
fuyant Barac; elle lui donna du lait, lui promit l'hospitalité, le cacha sous
une couverture, et profita de son sommeil pour lui enfoncer dans la tempe un
des clous qui servaient à retenir en terre les toiles de la tente; action que
nous serions disposés à juger tout autrement que ne fait Débora, Juges 5:6,24,
et qui dans la vie ordinaire ne serait qu une infâme et lâche trahison.
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JAHZER,
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ville de Galaad, 2 Samuel 24:5; Nombres 32:1; 1
Chroniques 26:31. Après avoir appartenu d'abord aux Moabites, elle fut donnée à
la tribu de Gad, puis aux Lévites, Josué 21:39. Elle redevint plus tard ville
moabite, Ésaïe 16:8; Jérémie 48:32, et hammonite depuis l'exil, 1 Maccabées
5:8. D'après Eusèbe, elle était située à 8 ou 10 milles ouest-nord-ouest de
Philadelphie (Rabbath-Hammon), et Seetzen a trouvé dans cette direction les
ruines de deux villes, Szér et Szâr, sur un petit fleuve.
Qu'est-ce que la mer ou le lac de Jahzer dont il est
parlé Jérémie 48:32? Les géographes, comme d'Anville, placent dans leurs
cartes, près de Jahzer, un lac d'où sort une petite rivière qui va se décharger
dans le Jourdain, mais ils le font peut-être uniquement à cause du passage
cité; or ce passage est emprunté presque littéralement à Ésaïe 16:8, sauf la
mention du lac, et quelques interprètes supposent qu'il y a dans Jérémie une
faute de copiste (ad iam au lieu de adei), conjecture que Dahler trouve
ingénieuse, mais qui a le malheur de n'être appuyée par aucune espèce d'autorité.
Il n'y a rien d'ailleurs qui empêche qu'un lac, maintenant disparu, ait existé
dans cette contrée, et Seetzen dit: «J'arrivai près des sources de Nahar-Szir,
que je prends pour Jahzer. Personne ne savait rien de l'existence d'un lac dans
le voisinage, mais j'y trouvai quelques étangs.» Ces étangs peuvent fort bien
être les restes d'un lac lentement desséché, et cette supposition, tout à fait
naturelle, est beaucoup plus admissible que l'altération du texte sacré, si
révéré des Juifs. C'est aussi l'opinion de Winer.
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JAÏR.
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1. Fils
de Ségub; il descendait de Juda par son père, et par sa mère de Manassé, dont
il était l'arrière-petit-fils par Makir et sa fille, 1 Chroniques 2:21; cf.
Nombres 32:41; Deutéronome 3:14; Josué 13:30. Il s'empara de toute la contrée
d'Argob à l'est du Jourdain, et donna son nom aux vingt-trois bourgs nomades
dont il lit la conquête et qu'il laissa subsister; selon d'autres passages, le
nombre des villes conquises s'élevait à soixante, et l'on ne concilie pas
facilement ces deux données, quoiqu'on puisse supposer que le chiffre moindre
n'ait égard qu'aux endroits plus considérables, et que le plus élevé comprenne
les petits villages aussi bien que les villes plus étendues. C'est dans la
dernière année de Moïse qu'on doit sans doute placer cette expédition, 1451
avant J.-C.
2. Jaïr,
Juges 10:3, Galaadite, de la tribu de Manassé, le huitième des juges d'Israël,
descendait probablement du précédent. Il jugea le pays pendant vingt-deux ans,
et s'enrichit pendant son administration: il eut trente fils, qui avaient
trente villes, toutes nommées du nom de leur père, villes de Jaïr, peut-être,
en grande partie du moins, celles qu'avait conquises leur aïeul, et auxquelles
de nouvelles possessions auraient été ajoutées. Cette même contrée conservait
encore le nom de Jaïr sous Salomon, 1 Rois 4:13.
3. Père
de Mardochée, Esther 2:5.
4. Les
villes ou bourgs de Jaïr.
— Voir: plus haut.
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JAÏRUS,
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chef ou président d'une synagogue de Capernaüm; il
n'est connu que par l'histoire de la résurrection de sa fille, Matthieu 9:18;
Marc 5:22; Luc 8:41. La foi du père fut le salut de sa fille, et trouva dans
cette résurrection un redoublement de force et d'assurance: il croyait, comme
le centenier, et il fut aidé dans son incrédulité.
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JAKÉ,
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Proverbes 30:1, père d'Agur; inconnu.
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JAKIM,
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Matthieu 1:11, probablement un autre nom ou un nom
abrégé de Jéhojakim; mais il doit être rayé de la liste généalogique de Joseph,
parce qu'il ne se trouve pas dans le plus grand nombre des meilleurs
manuscrits; en le conservant, on trouverait d'ailleurs quinze générations au
lieu de quatorze dans la troisième classe. La comparaison de 1 Chroniques
3:15-16, justifierait sans doute l'authenticité du texte reçu, si l'omission de
chaînons intermédiaires n'était pas facile et même ordinaire dans les
généalogies orientales,
— Voir: Jésus.
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JAKIN et Boas,
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— Voir: Boaz.
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JAMBRÈS et Jannès,
________________________________________
2 Timothée 3:8, deux des magiciens qui résistèrent à
Moïse et à Aaron, Exode 7:11, en imitant leurs miracles. Leurs noms ne sont pas
rapportés dans l'Ancien Testament, mais il est probable que saint Paul les a
puisés dans la tradition orale: selon quelques rabbins, ces enchanteurs
auraient été les fils du faux prophète Balaam. D'après Origène, il existait
fort anciennement déjà un livre apocryphe intitulé Jamnès et Mambrès, auquel on
supposait que l'apôtre avait emprunté le nom de ces imposteurs, ce qui aurait
donné à quelques-uns l'occasion d'attaquer mal à propos l'authenticité de cette
seconde épître à Timothée. Ces mêmes noms se trouvent dans les apocryphes, chez
les rabbins, dans quelques ouvrages mahométans (Abulfaradsch), et même chez les
auteurs païens, notamment chez le pythagoricien Numénius, et chez Pline, qui,
énumérant les différentes sectes ou partis de magiciens, semble mettre Moïse et
Jamnès sur le même rang.
— C'est Théodoret qui suppose que Paul a puisé dans la
tradition non écrite, et cela n'aurait rien d'étonnant, d'autres faits ayant
été également empruntés à la tradition,
— Voir: Actes 7:22.
On possède encore une histoire qui doit avoir été
racontée par saint Macaire, fort ancien moine de l'Égypte; il affirme en
particulier avoir vu leurs tombeaux.
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JANNA,
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Luc 3:24, fils de Joseph; inconnu.
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JANNÈS,
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— Voir: Jambrès.
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JANOAH.
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ville située sur les frontières des tribus d'Éphraïm
et de Manassé, Josué 16:6; ses habitants furent transportés en Assyrie par
Tiglath-Piléser, 2 Rois 15:29. Eusèbe nomme un bourg Janô situé à 12 milles est
de Sichem, et que l'on croit être le même que Janoah.
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JAPHET,
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Père de la race
blanche…
l'aîné des trois fils de Noé comme il paraît d'après
Genèse 10:21. La bénédiction que son père prononça sur lui est tirée de la
signification même de son nom, 9:27. Martin a traduit «Que Dieu attire en
douceur Japhet», mais le mot hébreu emporte à la fois l'idée de l'extension et
de la liberté, et le sens de cette bénédiction serait plutôt «Que Dieu permette
à Japhet de s'étendre librement», par opposition à Cam qui sera restreint dans
ses limites et dans sa liberté; par opposition aussi à Sem dont le sceptre sera
plus spirituel, dans la famille duquel sera choisie la race théocratique, et
dont l'empire dans ce monde sera moins étendu comme pouvoir temporel. Voici le
tableau de sa descendance, tel qu'il se trouve indiqué Genèse 10:1-5.
JAPHET
1. Gomer (Askénas, Riphath, Thogarma).
2. Magog.
3. Madaï.
4. Javan (Élisa, Tarsis, Kittim,
Dodanim).
5. Tubal.
6. Mésech.
7. Tiras.
Pour les détails,
— Voir:, les articles spéciaux.
II y aura bien ci et là des choses peu sures et reposant
en grande partie sur des conjectures plus ou moins vraisemblables; mais ce qui
est évident, c'est que la race de Japhet est celle que les naturalistes
appellent race du Caucase: la plupart de ces peuples ont en effet franchi le
Caucase pour peupler le Nord, et leur famille a fini par occuper tout le nord
de l'Asie, l'Europe, et probablement encore l'Amérique et la Polynésie. Quant à
cette partie de la prophétie «que Japhet loge dans les tentes de Sera», elle
n'annonce à Japhet ni des conquêtes, ni l'esclavage, mais simplement la
participation aux bienfaits de la révélation divine dont Dieu avait fait la
descendance de Sem dépositaire. On y doit peut-être aussi joindre l'idée de la
supériorité intellectuelle généralement reconnue de la race caucasienne sur les
autres, et de l'usage que les descendants de Japhet sauront faire des
inventions et des idées de leurs frères sémites.
Le nom de Japhet s'est conservé dans le titan des
Grecs Japet, et les traditions indiennes donnent à leur Noé (Manu Satja, c'est-à-dire
le juste), trois fils, Scharmæ (Sem), Charma et Jyapeti; la malédiction de Cam
y est aussi rapportée et pour des motifs semblables à ceux dont parle la
Genèse.
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JAPHIA,
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ville de Zabulon, Josué 19:12, peut-être la même que
Sycamine sur la Méditerranée, non loin du Carmel, entre Ptolémaïs et Césarée, à
20 milles de cette dernière; peut-être aussi la même que celle que Pline
appelle Jebba (5, 17), et qu'il distingue de Sycamine, mais dont il ne reste
plus aucune trace.
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JARDINS,
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— Voir: Gethsémané, Paradis, etc.
Les passages Ésaïe 1:29; 65:3; 66:17, qui parlent de
sacrifices et de purifications faites au milieu des jardins, sont une allusion
à l'usage idolâtre des Perses, qui accomplissaient leurs lustrations et autres
cérémonies sacrées dans les jardins et hors des villes; nous ne pouvons plus
déchiffrer maintenant le détail de ces mystères nocturnes, auxquels étaient
censés présider Adonis et Vénus; les Juifs, idolâtres par la chair comme par le
cœur, avaient accepté en grand nombre ce culte impur, et le prophète leur
annonce, avec les châtiments du ciel le terme de leurs cérémonies étrangères,
— Voir: Gad.
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JAREB,
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Osée 5:13; 10:6, surnom ou épithète donnée
probablement à Tiglath-Piléser, et qui signifie adversaire, vengeur ou
médiateur; selon d'autres, le roi Jareb signifierait un roi grand et puissant,
titre que prenaient assez volontiers les rois d'Assyrie, cf. 2 Rois 18:19.
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JARED, ou Jéred,
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fils de Mahalaléel, vécut neuf cent soixante-deux ans
(de 3544 à 2582 avant J.-C.). Il devint père, à l'âge de cent soixante-deux
ans, d'Hénoc, à qui il survécut quatre cent trente-cinq ans; il est, après son
petit-Bis Méthusélah, celui des patriarches qui a atteint le plus long âge,
Genèse 5:16; 1 Chroniques 1:2; Luc 3:37.
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JARHAH,
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serviteur égyptien de Sésan, probablement affranchi et
prosélyte, épousa une des filles de son maître, 1 Chroniques 2:34, seul fait de
ce genre qui soit rapporté dans l'Écriture; il se place à l'époque du séjour en
Égypte.
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JARMUTH,
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1. ville
des plaines de Juda, Josué 15:35; Néhémie 11:29, ancienne résidence d'un roi
cananéen, Josué 10:3; 12:11; 15:35. Saint Jérôme la place à 4 milles
d'Éleuthéropolis, ailleurs à 10 milles de la même ville, ce qui est
probablement une erreur.
2. Ville
lévitique de la tribu d'Issacar, Josué 21:29, la même qui est appelée Remeth
dans le passage parallèle, 19:21.
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JASAR,
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2 Samuel 1:18, auteur inconnu d'un recueil historique
et poétique, si l'on admet la version de nos Bibles. Mais il vaut mieux
traduire ce nom qui signifie le juste, le droit, et y voir le titre du même
livre du Droiturier déjà nommé Josué 10:13, ainsi que probablement Nombres
21:14, dans une note du texte hébreu. On a cru, il y a quelques années, avoir
retrouvé, dans une bibliothèque de l'Orient, ce livre si longtemps perdu.
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JASOBHAM ou Joseb-Basébeth, ou Hadino,
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1 Chroniques 11:11, appelé Joseb-Basébeth dans le
passage parallèle 2 Samuel 23:8, où il porte aussi le nom ou surnom de Hadino,
à moins qu'en admettant une corruption du texte, on ne doive, avec Gesenius,
traduire ce mot et le suivant, et rendre ainsi la fin du verset: «c'est lui
qui, brandissant sa lance, eut le dessus sur 800 hommes, etc.», traduction qui
est autorisée par la comparaison de 1 Chroniques 11:11. Le nom de
Joseb-Basébeth signifie celui qui habite dans la paix. Jasobham, fils de
Hacmoni, était le chef des trois principaux guerriers de David, et par
conséquent le premier de ses hommes d'élite après Joab, qui était établi sur
tous, 2 Samuel 23:8-9. Il n'est connu que par l'exploit mentionné dans ce
passage, et comme l'un des trois chefs qui exposèrent leur vie pour procurer un
peu d'eau à leur roi.
— Voir: Abisaï.
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JASON,
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parent de saint Paul, Romains 16:21, et son hôte à
Thessalonique, Actes 17:5. Il dut comparaître devant les gouverneurs de la
ville, en l'absence de Paul, que les Juifs, ses ennemis, n'avaient pu
retrouver. Accusés de sédition et de complots politiques, Jason et ses amis ne
purent être convaincus, et furent relâchés sous caution. On pense que Jason
accompagna l'apôtre à Corinthe. Les Grecs le font évêque de Tarse en Cilicie.
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JASPE,
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Exode 28:18; 39:11; Ézéchiel 28:13; Apocalypse 21:19.
Pierre précieuse qui, dans presque toutes les langues connues, porte le même
nom dérivé de l'hébreu yashpèh, de sorte que l'identité n'est pas difficile à
établir. C'est plutôt un marbre qu'une pierre précieuse proprement dite; il
n'est pas transparent et approche de la nature de l'agate. Le plus beau jaspe
est vert, avec des veines blanches et des taches jaunes ou rouges; on estime
aussi le jaspe incarnat, le pourpre et le rose. Les anciens faisaient grand cas
d'ornements et de bijoux de jaspe, et Pline dit que si cette pierre est
surpassée en beauté par plusieurs, elle conserve toujours le prestige que lui
donne sa priorité et l'usage qu'on en a fait de tout temps.
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JATBA
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(et non Jotba, comme le portent nos versions), lieu de
naissance de Messullémet, mère du roi Amon, 2 Rois 21:19, antique ville de la
Judée, dit saint Jérôme.
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JATHSA,
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— Voir: Jahats.
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JATTIR,
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ville lévitique des montagnes de Juda, Josué 15:48;
21:14; cf. 1 Samuel 30:27; 1 Chroniques 6:57. Eusèbe la nomme Jétheïra, et la
place à 20 milles d'Éleuthéropolis, non loin de Malatha, dans le district de
Daromas, qui était tout entier peuplé de chrétiens.
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JAVAN,
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quatrième fils de Japhet, et père d'Élisa, Tarsis,
Kittim et Dodanim, Genèse 10:2,4. Son nom se retrouve encore Ézéchiel 27:19;
Zacharie 9:13, et ailleurs. On est d'accord à penser qu'il désigne la Grèce,
l'Ionie, q.v.; son nom hébreu n'est même pas autre chose que Jon, et dans
l'Iliade, 13, 685, les Ioniens sont appelés Jaoniens. Plus tard, les Grecs
prirent le nom d'Hellènes, et celui d'Ioniens fut réservé à quelques-uns
d'entre eux seulement, qui passèrent dans l'Asie Mineure, dont ils peuplèrent
une partie des côtes.
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JEAN.
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L'Écriture mentionne quatre personnages de ce nom, le
Baptiste, le fils de Zébédée, un juge de la race sacerdotale, et le disciple
plus ordinairement appelé Marc. Ce nom, en hébreu Jochannan, signifie accordé
par la grâce de Dieu, et correspond ainsi, pour le sens, aux noms de Samuel,
Nathanaël, Nathanja, Matthieu, Théodore, Diodati, Dorothée, Adéodat, etc.
1. Jean-Baptiste,
fils de Zacharie et d'Élisabeth, Lévite et de la race sacerdotale, Luc 1:13,
fut le dernier prophète de l'ancienne économie, Élie ressuscité, le précurseur
immédiat du Messie. Sa naissance fut miraculeuse comme celles d'Isaac, de
Samson, de Samuel, et l'ange qui l'annonça dans le temple lui imposa aussi le
nom qu'il devait porter. Il naquit six mois avant Jésus, dans les montagnes de
Juda, peut-être à Hébron ou à Jutta (Josué 21:16), et resta dans ces solitudes jusqu'au
commencement de sa vie publique, environ l'an 15 de Tibère. Il apparut au monde
avec toute l'austérité dévie des anciens prophètes, Nazaréen dans la sobriété
de sa nourriture et la simplicité de ses vêtements. Il demeurait non loin de la
mer Morte, et c'est là qu'il exhorta le peuple à la repentance et à un complet
changement de vie, l'engageant à fuir la colère à venir, et lui administrant le
signe symbolique du baptême pour marquer que toutes choses devaient être faites
nouvelles. Le peuple accourait à lui de toutes parts; riches et pauvres,
pharisiens et sadducéens, tous s'empressaient auprès du prophète qui venait,
après plusieurs siècles de silence, faire entendre de nouveau les
avertissements et les oracles de l'Éternel; tous espéraient trouver dans les
eaux du Jourdain l'expiation de leurs péchés. Ils paraissaient voir dans le
baptême de Jean une magique vertu d'ablution qui devait les dispenser de la
pureté intérieure, et cette superstition, si répandue encore chez quelques
sectes chrétiennes, leur faisait espérer l'impunité dans le mal. Mais Jean ne
leur cacha point la vérité; il les repoussa sévèrement, leur montrant dans la
purification du cœur le vrai remède, le seul moyen d'échapper aux justes
jugements de Dieu. Surpris de tant d'autorité, admirant la sainteté du
prophète, le peuple se demandait si cet homme n'était peut-être pas le Messie;
mais Jean ne les laissa pas dans cette fatale erreur: il baptisait d'eau, le
Messie devait baptiser du Saint-Esprit; il prêchait la repentance, le Messie
devait prêcher le salut et le pardon; entre l'un et l'autre il y avait toute la
différence qu'il y a entre l'Ancien et le Nouveau Testament, et Jean n'hésita
pas à le leur dire: Je suis la voix qui crie au désert: aplanissez le chemin du
Seigneur; mais il en vient un après moi, plus puissant, dont je suis indigne de
délier la courroie des souliers.
— Parmi ceux qui venaient pour se faire baptiser, Jean
vit un jour un de ses parents, Jésus de Nazareth: on ne peut douter qu'il ne le
connût, il le regardait même comme un prophète plus grand que lui, plus saint
que lui. Peut-être tous les mystères de la naissance et de la vie de Jésus lui
étaient-ils encore inconnus, et Jean ignorait-il officiellement que son cousin
fût le Messie promis; mais il pouvait le soupçonner, puisque déjà il
s'humiliait devant lui. Il refusa d'abord de le baptiser, et ne céda que
lorsque Jésus lui eut fait sentir qu'il était venu pour accomplir toute
justice. Dès lors, Jean-Baptiste se borna à rendre témoignage au Messie, qu'il
avait fini par reconnaître; il le montra à la foule, il le montra aux disciples
André et Jean, et comme le peuple cessa d'accourir auprès de lui pour se faire
baptiser, et qu'il s'attacha à Jésus, les disciples de Jean, peines de cet
abandon, le firent remarquer à leur maître; mais il leur répondit simplement en
parlant du Seigneur: Il faut qu'il croisse et que je diminue.
Hérode Antipas ayant ouï parler de Jean-Baptiste,
l'attira auprès de lui, plein de respect pour une sainteté qu'il ne se sentait
capable ni d'imiter ni de contraindre; il lui demanda ses conseils et
l'écoutait volontiers, faisant même le, bien que Jean lui disait de faire (Marc
6:20), toutefois sans préjudice à ses honteuses passions, et lorsque Jean eut
condamné le mariage adultère qui l'unissait à sa belle-sœur, il fut mis en
prison, et bientôt après décapité, sur la demande de cette femme impure et
cruelle.
C'est dans la forteresse de Machærus ou Machéronte que
se passa, au dire de Flavius Josèphe, ce drame inique et sanglant. Cette tour,
bâtie avec magnificence par Hérode, était située à une grande hauteur sur le
penchant de la montagne de Nébo, dont les parois de rochers descendent dans la
mer Morte. Des ravins escarpés l'entourent au nord et au midi.
Il n'est pas douteux que Jean-Baptiste n'ait exercé
une grande influence et joui d'une grande considération à l'époque où il vécut.
Ses prétentions eussent suffi pour diriger sur lui bien des regards; sa
sainteté et l'austérité de ses mœurs appuyaient d'une manière puissante les
titres qu'il revendiquait, et l'on voit combien le nombre de ses adhérents
était considérable et combien ces disciples étaient jaloux pour sa doctrine et
pour sa gloire, Matthieu 3:5; 9:14; Jean 10:41. Le grand sanhédrin lui-même
s'était ému et avait député auprès du précurseur quelques-uns de ses membres,
pharisiens et sacrificateurs, pour l'interroger sur sa mission, Jean 1:19,24.
Enfin Hérode le courtise, et quand il voit plus tard Jésus faire des merveilles
de puissance, il se demande si ce n'est pas le Baptiste ressuscité, Matthieu
14:2. Jean n'a pas été seulement précurseur, i) a été aussi docteur; il devait
préparer la voie au Messie, et pour cela, il ne suffisait pas de l'annoncer, il
fallait encore disposer les cœurs à le recevoir; il a donc prêché la repentance,
la contrition intérieure sans laquelle personne n'acceptera e salut, parce que
personne ri en sentir le besoin. Il a été chef d'une école, et cette école a
compté des disciples en dehors de la Judée, dans l'Asie Mineure, en Grèce,
peut-être même à Alexandrie, Actes 18:25; 19:3. On voit par Luc 11:1, qu'il
avait été jusqu'à leur donner un modèle de prière, ce qui indique à la fois une
grande spiritualité dans sa manière de comprendre le royaume de Dieu, une
grande étendue dans la portée de ses enseignements, et une grande autorité sur
l'esprit de ses adeptes. Mais on se demande avec quelque surprise comment il se
fait qu'il y ait eu une si longue rivalité entre ses disciples et ceux du
Messie, Matthieu 9:14; Luc 5:33; 11:1, rivalité qui se produit soit à propos du
jeûne, soit à propos de la prière, soit à propos du baptême et des succès
croissants de l'œuvre de Jésus? On se demande pourquoi, si Jean a reconnu son
parent pour «celui qui devait venir», il ne s'est pas joint à lui avec tous ses
disciples, pourquoi il a continué d'exercer son activité d'une manière si
indépendante, au lieu de se subordonner au Messie et de devenir l'un de ses
agents? Pourquoi, puisqu'il ne se considérait que comme le précurseur, n'a-t-il
pas envoyé ses disciples à celui qu'il regardait comme le chemin, la vérité et
la vie? Pourquoi n'a-t-il pas déclaré sa tâche accomplie dès le moment où le
Saint-Esprit fut descendu sur Jésus aux bords du Jourdain? Il faut peut-être,
pour le comprendre, admettre que le Baptiste a partagé jusqu'à un certain point
le préjugé d'un règne temporel du Messie et les espérances qu'une
interprétation trop littérale de l'Ancien Testament avait fait naître chez les
Juifs même les plus pieux. Il se regardait comme l'avant-coureur officiel du
roi du monde, et pensait peut-être que son œuvre ne devait s'arrêter que
lorsque le Messie lui-même se serait officiellement déclaré comme tel. Or,
aussi longtemps qu'il voyait Jésus faire des miracles, prêcher, gagner les âmes
à lui, mais vivre dans l'obscurité, dans le renoncement à lui-même, ne faire
que des conquêtes spirituelles, et souffrir, ce qui, pour les disciples même du
Messie, était encore une énigme impénétrable, il pouvait croire que sa mission
de préparateur n'était pas achevée, et refuser de licencier ses disciples pour
les adresser à un chef qui ne se présentait pas avec un caractère public. À sa
mort, ses disciples continuèrent d'attendre le Messie, mais ils restèrent en
l'état où Jean les avait laissés; ils n'avancèrent pas en lumière, et leur
secte, devenue stationnaire, ne fit pas un pas vers Jésus; privés d'un maître
qu'ils avaient grandement honoré, ils eussent cru se montrer infidèles à sa
mémoire s'ils se fussent tournés vers celui dont leur chef n'avait été que le
précurseur; ils annoncèrent encore le Messie, mais ils ne le virent pas, ils ne
le reçurent pas, ils ne le reconnurent pas malgré toutes les manifestations de
sa gloire, et de nos jours encore, on trouve en Orient une secte qui porte le
nom des disciples de saint Jean (les Mandéens, Nazaréens, ou Sabéens), et dont
les livres saints sont empreints du gnosticisme le plus complet (Il en est de
même aussi avec la secte Baptiste moderne avec ses fausses doctrines et sa
Bible fantôme).
On peut donc regarder comme une tache dans la vie du
Baptiste, comme le fruit d'une trop prudente irrésolution, la prolongation de
son ministère de précurseur. C'est aussi peut-être à un affaiblissement
momentané de sa foi que l'on doit attribuer l'étonnante question qu'il lit
faire à Jésus par deux de ses disciples: Es-tu celui qui devait venir, ou si
nous devons en attendre un autre? Matthieu 11:2; Luc 7:19. Quelques auteurs
pensent que Jean n'envoya des disciples à Jésus que pour fortifier leur foi
incertaine et les affermir dans la vérité; mais il serait étrange que des
hommes aussi dévoués à leur maître n'eussent pas reçu son témoignage sur ce qui
faisait la partie la plus essentielle de son œuvre, et que Jean eût, dû les
persuader en les envoyant auprès de celui dont ils étaient jaloux et en qui
même ils ne croyaient pas. D'autres théologiens pensent que sous la forme d'une
question, le prophète qui était dans les fers, voulait engager le Seigneur à
hâter sa manifestation, à accélérer l'exécution de ses plans de miséricorde et
de royauté, à venir le délivrer lui-même de la prison dans laquelle il
languissait, n'ayant d'espérance que dans le Messie, et voyant la réalisation
de ces espérances indéfiniment ajournée. Cette dernière explication se
rapproche davantage de ce qui nous paraît être la vérité; mais il faut en retrancher
l'espèce de conseil que Jean aurait l'intention de donner à Jésus. La manière
même dont la question est posée prouve qu'en la faisant, Jean pensait plus à
lui qu'à Jésus, plus à sa position personnelle qu'à la mission de Christ; et
c'est dans l'âme du prisonnier plus que dans son esprit que le doute qu'il
présente a dû prendre naissance. L'expérience intérieure, dit Olshausen, peut
seule nous faire comprendre la pensée de Jean-Baptiste. II y a dans la vie de
chaque fidèle des moments où les convictions les plus fortes et les mieux
assises viennent à être ébranlées; les ténèbres succèdent à la lumière, et l'on
est comme abandonné du Saint-Esprit; or il est à croire que Jean a eu ses
moments de faiblesse et de doute comme nous tous. On s'habitue trop en général
à considérer les caractères bibliques comme étant tout d'une pièce, fermes et
inébranlables; on les divinise trop, et en les élevant trop au-dessus de
l'humanité on leur fait perdre ce qu'il y a pour nous d'instructif dans leur
foi triomphant de leurs doutes; en tout cas, on sort de la vérité. Un seul a
vécu sans passer alternativement du bien au mal et du mal au bien; un seul a
vécu immuable dans sa force, parce qu'il était lui-même le Fort, le Puissant;
tous les autres ont dû lutter contre les ténèbres intérieures, et tous ont pu
succomber, pour tous il a pu y avoir des jours d'obscurcissement. Et si l'on se
représente le précurseur dans son cachot, on ne sera pas surpris qu'il ait eu
ses heures d'angoisses, qu'en de pareils moments la tranquille et lente
activité de Jésus lui ait paru peu divine, suspecte peut-être, et qu'il ait
oublié toutes ses expériences précédentes pour se laisser aborder par des
doutes. Mais dans ces doutes encore, que de confiance dans cette incrédulité,
que de foi! C'est à Jésus lui-même qu'il s'adresse dans son incertitude, et sa
question n'est autre que cette prière: «Je crois, Seigneur, aide-moi dans mon
incrédulité!» Il ne s'interroge pas lui-même, il ne va pas auprès des docteurs
et des pharisiens, il va droit à Jésus. Et certes, celui qui demande à Dieu
s'il est Dieu, et au Sauveur s'il est Sauveur, celui-là n'est pas en dehors de
la foi; un seul rayon du ciel dissipera l'obscur nuage qui pèse sur son âme.
Aussi ne voyons-nous aucune contradiction dans les doutes de Jean, et le
témoignage que Jésus lui rend immédiatement après avoir répondu aux deux
messagers; c'est bien par rapport à Jean que Jésus dit: Bienheureux celui qui
n'aura pas été scandalisé en moi; mais ces paroles sont tout ensemble un
encouragement et un avertissement. Le Sauveur est bref parce que ces combats
intérieurs doivent être livrés intérieurement, et que le secours même ne peut
venir du dehors; il voyait d'ailleurs que, pour Jean, la victoire était proche.
Puis, quand les messagers sont partis, il s'adresse à la foule et leur demande:
Qu'êtes-vous allés voir au désert? Vous n'y êtes certainement pas allés pour
voir seulement des roseaux ou d'autres objets de ce genre: vous avez voulu voir
un prophète, et vous l'avez vu; c'est même plus qu'un prophète, c'est l'Élie
qui devait venir. Peut-être aussi le roseau et l'homme vêtu de vêtements se
rapportaient-ils directement à Jean et étaient-ils une allusion à la fermeté de
la foi et à la sévérité de sa vie. Quoi qu'il en soit, Jésus reproche à la
foule d'avoir été seulement pour voir cet homme admirable, pour voir un
prophète, comme s'il y avait là quelque chose à voir, et de n'avoir pas compris
qu'il fallait surtout entendre, écouter ses exhortations, les mettre en
pratique, et forcer le royaume des deux. Jean a été appelé par Jésus le plus
grand des prophètes, et c'est lui aussi qui termine la longue liste des
prophètes de l'ancienne alliance, en même temps qu'il sert de point de départ
au ministère de la nouvelle économie, Malachie 4:5; Luc 1:17; Actes 1:22;
10:37; Matthieu 11:11,13, etc. Ésaïe l'avait annoncé (40:3), de même que
Malachie 3:1, et ce dernier prophète (4:5) l'avait fait l'égal du plus grand
des prophètes, Élie, le contemporain d'Achab. Jean-Baptiste a eu sur Élie
l'avantage d'avoir vu sa mission couronnée d'un grand succès, et si le premier
Élie a fui dans les déserts pour y désespérer, le second a vécu dans les mêmes
solitudes, mais pour accomplir son œuvre, prêcher et baptiser.
— Heureux ceux qui croient, car le plus petit sous la
nouvelle économie est plus grand encore que Jean-Baptiste, et les doutes du
précurseur ne sont plus permis à ceux qui savent que le Christ est mort et
qu'il est véritablement ressuscité.
Les reliques de ce prophète sont malheureusement
nombreuses. Son visage se trouve à Amiens et à Saint-Jean-d'Angély, son front
en Espagne et à Malte, sa mâchoire à Besançon et à Paris. Sa tête est, en
outre, tout entière à Rome, sans parler d'une masse «(Je lopins» qu'on en
montre encore à Lucques, à Saint-Flour, à Noyon; il y en a pour la grosseur de
la tête d'un bœuf, dit Calvin. Et, quant au doigt dont il montra l'agneau de
Dieu, il est à Besançon, à Toulouse, à Lyon, à Bourges, à Florence, et dans un
village près de Mâcon.
2. Jean,
l'apôtre, d'abord pêcheur de poissons, puis pêcheur d'hommes, était fils de
Salomé et de Zébédée, cf. Matthieu 27:56; Marc 15:40. Ses parents paraissent
avoir été du nombre de ceux qui attendaient la consolation d'Israël; aussi
voyons-nous Zébédée laisser aller son fils au moment où Jésus l'appelle, et
consentir aux sacrifices nombreux que Salomé fait pour Jésus. Ils étaient de
Bethsaïda, ce que l'on conclut de leur association pour la pêche avec les
familles de Pierre, d'André et de Philippe, qui appartenaient à ce village, cf.
Matthieu 4:18,21; Jean 1:44; 21:3-7; peut-être étaient-ils comme eux domiciliés
à Capernaüm, Luc 4:31; 38; Marc 1:21,29. Quoi qu'il en soit, ils demeuraient au
bord du lac de Génésareth, sur les rives duquel une école de prophètes avait
écouté les enseignements d'un grand maître sous l'ancienne alliance; la
première école de la nouvelle économie devait partir des mêmes rivages.
Quelques anciens auteurs ont cru que la famille de l'apôtre était pauvre: c'est
l'opinion de Chrysostôme, qui le conclut de ce que Zébédée élevait ses fils
dans son propre métier, de ce qu'il raccommode lui-même ses filets, de ce
qu'ils pèchent non point dans la mer mais dans un petit lac, enfin de ce que
les pêcheurs sont ordinairement misérables. Cette dernière raison n'en est pas
une: quant aux autres, elles sont bien faibles, et l'on peut supposer au
contraire que Zébédée jouissait d'une honnête médiocrité, car le lac de
Génésareth était fort poissonneux et fournissait à ses riverains une grande
ressource commerciale. Zébédée a des ouvriers, Marc 1:20, ce qui prouve tout au
moins une certaine extension dans l'ensemble de ses travaux; Salomé assiste
Jésus de ses biens et achète de l'encens pour l'embaumer après sa mort; enfin
Jean paraît avoir possédé une demeure à lui, Jean 19:27: tout cela marque suffisamment
qu'il y avait plutôt de l'aisance dans cette famille, quoiqu'elle ne fût point
riche. Quant aux rapports de Jean avec Caïphe, Jean 18:15, ils prouvent peu de
chose sur cette terre où le riche et le pauvre se rencontrent.
Si Jean était un homme sans lettres, Actes 4:13, on ne
peut douter qu'il n'ait été élevé dans la crainte de Dieu et dans l'attente du
Messie; il entendit les enseignements du précurseur, et fut baptisé par lui
dans les eaux du Jourdain. Puis, lorsqu'il eut vu Jésus, ce disciple, avide de
lumière, se tourna entièrement vers lui, l'accepta pour son maître, et fut si
captivé par une première conversation qu'il resta avec lui depuis quatre heures
du soir jusqu'à la nuit, Jean 1:39. Néanmoins la sagesse de Jésus ne donnant
jamais aux esprits au-delà de ce qu'ils peuvent porter, il se borna pour cette
première fois à jeter la semence dans l'âme du disciple, et il l'y laissa
germer; ce ne fut que quelque temps après, que Jésus, sur les bords de la mer
de Galilée, appela le jeune homme, qui le suivit aussitôt. Il jouit dès lors
non seulement de ses enseignements, mais de son amitié toute spéciale, et
Jésus, après lui avoir accordé la faveur d'assister à la guérison de la
belle-mère de Pierre, Marc 1:29, à la résurrection de la fille de Jaïrus, 5:37,
à la transfiguration sur le Thabor, 9:2, et à l'agonie de Gethsémané, 14:33,
lui légua encore sa mère en quittant la vie, Jean 19:26. Il a pu être appelé
celui que Jésus aimait, comme Abraham avait été nommé l'ami de Dieu; et dans
les scènes du Calvaire, il lui fut seul fidèle. Sans doute il s'enfuit avec les
autres au premier moment de l'arrestation, mais il revint plus tard (l'anecdote
racontée Marc 14:51-52, se rapporte plus probablement à Marc lui-même qu'à
Jean, quoique cette dernière opinion ait ses défenseurs), il entre dans la cour
du palais de justice, il se montre au pied de la croix, lui seul entre les
douze, il recueille l'héritage de son ami, il le voit expirer, il voit l'eau et
le sang jaillir d'une blessure qui lui est faite d'un coup de lance, et il peut
sceller le témoignage qu'il rend, de ces paroles: Celui qui le témoigne l'a vu,
Jean 19:35. Au troisième jour il arrive le premier au sépulcre, et il croit le
premier à la résurrection de son maître, Jean 20. Pendant les quarante jours
qui s'écoulent entre la résurrection et l'ascension, il demeure avec les autres
apôtres, il fait avec eux le voyage de la Galilée, et lorsque Jésus se fait
voir sur les rives du lac, c'est encore lui qui le reconnaît le premier. Le
même jour a lieu la réintégration de Pierre dans l'apostolat, et Jean, qui
avait été le témoin du reniement, fut aussi le témoin du pardon. Après
l'ascension de Jésus et l'effusion du Saint-Esprit, il demeura à Jérusalem,
probablement encore quelques années; on le voit surtout avec Pierre, Actes 3:1;
4:13; 8:14. Ensemble ils guérissent un impotent; ensemble ils sont accusés,
détenus et relâchés; ensemble ils vont bénir la Samarie et faire descendre le
Saint-Esprit sur ces bourgades sur lesquelles Jean, dans le premier zèle de son
ignorance, avait voulu faire tomber le feu du ciel, Luc 9:54. Paul, lors de son
premier voyage à Jérusalem, avant l'an 40, n'y trouve point Jean, Galates
1:18-19, mais à son second ou troisième voyage, il l'y trouve fixé et établi,
et l'appelle une des colonnes de l'Église, Galates 2:9. Dès lors le Nouveau
Testament garde le silence sur la vie de cet apôtre, dont il ne mentionne plus
que l'exil à Patmos. II paraît qu'il resta à Jérusalem jusqu'à la mort de
Marie, dont la date est incertaine, et que pendant quelques années il vécut
missionnaire, évangélisant, à ce que l'on croit, le sud-est de la Palestine;
mais il est probable que plus tard il alla vivre au milieu des Églises de
l'Asie Mineure, et qu'il fixa sa résidence à Éphèse (60-66). Il devint doublement
nécessaire dans cette grande ville quand Paul, et après lui Timothée, eurent
abandonné ce champ de travail si important, qui se trouvait placé comme un
point central entre l'Asie et l'Europe. On comprend qu'il ait exercé une
suprématie de fait sur toutes les Églises environnantes. C'est à Éphèse qu'une
maison de bains a dû s'écrouler sur Cérinthe, et que Jean a dû ressusciter un
mort, deux miracles qui n'ont rien de surprenant si l'on se rappelle que
l'antiquité lui en attribue un grand nombre, et que la vertu des miracles
résidait abondamment dans la personne des apôtres, si bien que leur ombre même
guérissait les malades. On peut reléguer sans risque au nombre des légendes
l'histoire de la coupe de ciguë qui lui fut donnée à boire; cette anecdote ne repose
sur aucune preuve authentique, et nous ne la rappelons que parce que saint Jean
est quelquefois représenté, dans les statues qu'on lui élève, tenant à la main
une coupe au fond de laquelle se trouve un serpent.
Une violente persécution ayant éclaté en 95, sous le
règne de Domitien, plusieurs Églises furent privées de leurs chefs, et Jean fut
envoyé en exil à Patmos, l'une des Sporades, non loin d'Éphèse (96). Cet exil
est un fait constant et avéré; il n'est sans doute pas en opposition directe
avec la translation de Jean à Rome sous Domitien, et son supplice dans l'huile
bouillante, mais si Tertullien et Jérôme racontent ce dernier fait, le silence
d'Eusèbe et d'Irénée semble le démentir. C'est pendant son séjour à Patmos que
l'apôtre fut honoré de ces magnifiques révélations qu'il écrivit plus tard pour
l'édification et l'instruction des fidèles,
— Voir: Apocalypse.
À son retour à Éphèse, Jean trouva l'Église en
désordre et ses membres dispersés. C'est là que prend place l'histoire bien
connue, racontée par Eusèbe, Chrysostôme et Clément d'Alexandrie, du jeune
homme qui s'est joint à une bande de voleurs et que Jean, déjà vieux, poursuit
jusque dans les montagnes. À supposer qu'en passant de mains en mains, cette
anecdote se soit revêtue d'ornements étrangers, comme tout ce qui passe par les
mains de Rome, le fait lui-même n'en parait pas moins avoir eu lieu, et
plusieurs témoignages respectables le confirment. Enfin, Jérôme nous a conservé
un dernier trait qui clôt dignement la sainte carrière de l'ami de Jésus. Vers
la fin de sa vie il était trop faible pour se rendre à pied aux assemblées des
frères, il était trop faible même pour parler aux jeunes gens; mais il répétait
cependant toujours: Mes petits enfants, aimez-vous les uns les autres; et quand
on lui demandait pourquoi il insistait sur ce devoir, il répondait: «C'est que
c'est le commandement du Seigneur.» Les anciens sont unanimes à lui donner un
grand âge; il a vu, selon Irénée, l'avènement de Trajan, en 98, et il est mort
à Éphèse, où l'on a longtemps montré son tombeau; quoiqu'on l'ait appelé
martyr, il ne paraît pas que sa mort ait été violente. Un malentendu sur les
paroles de Christ, Jean 21:22-23, a accrédité parmi les anciens le bruit que
Jean n'était pas mort, et qu'il ne mourrait pas jusqu'à la fin du monde, tandis
que Jésus n'avait parlé que de la destruction de Jérusalem; on l'a en
conséquence cherché longtemps sur la terre, tout en oubliant qu'il parle et
qu'il vit encore dans ses écrits. Son grand âge est pour nous un précieux gage de
la canonicité des écrits du Nouveau Testament, et l'on ne peut douter que ce
témoin, qui a vu l'Église se former, n'ait aussi eu l'influence d'un témoin sur
les livres qu'on admettait comme authentiques, et dont on faisait usage dans
l'Église, et que le témoignage qu'il a rendu à la vérité des autres Évangiles
n'ait contribué à confirmer aux yeux de tous leur authenticité.
Quant au caractère de Jean, c'est un mélange admirable
de force et de douceur; une espèce de charme l'entoure, c'est le charme des dons
de l'esprit, la paix de Jésus, l'humilité, la charité, l'amour, la piété la
plus profonde; c'est le charme d'un grand zèle et d'un grand sérieux, mêlé de
douceur et de bonté. Si la paix est le trait saillant de son cœur et de son
activité, ce n'est pas qu'il ait manqué d'énergie, au contraire; mais ses
vertus douces nous font oublier ses vertus fortes, parce qu'il n'est pas dans
notre nature de comprendre à la fois deux extrêmes, et les hommes sont rares
qui, renommés pour leur douceur, eussent écrit ces paroles de 2 Jean 10: «Si
quelqu'un vient à vous et qu'il n'apporte point cette doctrine, ne le recevez
point dans votre maison, et ne le saluez point.» Plusieurs traits semblent
montrer aussi que, dans sa jeunesse, et avant d'avoir eu la pleine connaissance
de la vérité, Jean avait un caractère plus vif, plus impétueux, plus ardent
qu'on ne se le figure d'ordinaire: cela se voit par son opposition au disciple
qui faisait des miracles sans suivre Jésus, Marc 9:38, par la demande qu'il
fait à son maître d'appeler le feu du ciel sur une bourgade des Samaritains,
qui avait refusé de les recevoir, Luc 9:54, par la requête orgueilleuse de
Salomé en sa faveur et en faveur de Jacques, son frère, Matthieu 20:20, enfin
par le nom de Boanergès, q.v., qui fut donné à ces deux frères.
Évangile.
Ce n'est pas une histoire proprement dite du ministère
de notre Sauveur; on pourrait l'appeler plutôt ses mémoires ou ses pensées. Il
paraît supposer la connaissance des trois autres Évangiles, et passe sous
silence plusieurs faits rapportés dans ces derniers, la naissance du
précurseur, celle du Messie, son baptême, sa tentation, l'appel définitif de
plusieurs des apôtres, le nom qu'il leur donne, leur mission, l'envoi des
septante, un grand nombre de miracles et de paraboles, plusieurs des
instructions de Jésus, et en particulier le sermon sur la montagne, la
transfiguration, l'institution de la cène, les angoisses de Gethsémané,
l'ascension; il omet ou se borne à rappeler ce qui est connu, et se montre
original dans toute son étendue. La plupart des faits qu'il rapporte ont eu
lieu à Jérusalem ou dans les environs, et il désigne avec plus d'exactitude que
les trois autres évangélistes (synoptiques) le lieu, le temps, les personnes,
les circonstances, les usages. Les miracles qu'il raconte sont principalement
ceux qui sont liés aux enseignements du Sauveur, ou qui ont fait quelque
sensation publique. On ne peut nier qu'il n'y ait une grande différence, entre
cet Évangile et les autres, mais encore ne faut-il pas exagérer cette différence,
comme le fait très bien remarquer Tholuck; et si l'image qu'il nous donne des
discours, de la vie, de la personne de Christ, est plus grande, elle n'est
cependant pas autre, et De Wette lui-même, qui cherche plutôt les différences
que les ressemblances, avoue que dans ce cas particulier les différences sont
dans la forme plutôt que dans le fond, et qu'elles se comprennent facilement.
Notre plan ne comporte pas un examen détaillé des rapports qui se trouvent
entre Jean et les synoptiques: on les retrouvera dans les ouvrages spéciaux,
parmi lesquels nous recommandons surtout Sander, traduit en français, avec une
excellente préface de M. de Rougemont sur le même sujet (Neuchâtel).
— Jean a écrit son Évangile à Éphèse, quoique
plusieurs auteurs prétendent qu'il l'a composé pendant les loisirs de Patmos.
Irénée et Jérôme sont positifs dans leur témoignage, tandis qu'un écrit
apocryphe (les douze apôtres) est la première source connue de la tradition en
faveur de Patmos. Quant au temps, les uns (Basnage, Lampe, Wegscheider) veulent
que Jérusalem subsistât encore lorsque Jean a fait son travail, et ils mettent
la composition de cet Évangile environ vers l'an 67, opinion qui ne peut guère
se soutenir. D'autres pensent que Jean l'a écrit avant l'exil de Patmos, et par
conséquent avant l'Apocalypse; ils s'appuient sur ce que, Apocalypse 1:5,9,
Jean dit qu'il a rendu témoignage à Jésus, paroles qu'ils estiment se rapporter
nécessairement à son Évangile; mais cette preuve prouve peu. Reste enfin la
troisième opinion, qui place la rédaction de l'Évangile après celle de
l'Apocalypse; elle est appuyée par Irénée, Jérôme, Épiphane et Eusèbe; le style
de l'Évangile a aussi quelque chose de plus soigné, de plus mûri, comme celui
d'un homme plus habitué à écrire et plus versé dans le maniement de la langue
grecque.
On comprend qu'un écrit aussi beau et aussi important
ait trouvé de nombreux commentateurs; nous n'indiquerons, parmi ceux de la
Réforme, que Zwingle, Luther, Mélanchthon, Calvin et Bèze; puis, au siècle dernier,
en 1724, Lampe d'Utrecht, plein d'érudition, de sagacité et de chaleur
chrétienne. Parmi les auteurs plus récents, nommons Paulus dont la réputation
comme orthodoxe moderne est faite et perdue depuis longtemps; Kuinœl, bon
répertoire; Lücke; Clarke; Olshausen (traduction en français); enfin Tholuck:
ces deux derniers sont les plus connus, et peut-être aussi les plus dignes de
l'être. Olshausen paraît avoir mieux senti, Tholuck avoir mieux compris saint
Jean; mais tous les deux l'ont commenté en chrétiens, et leur travaux
resteront. Tholuck réunit à la brièveté le mérite de fournir tous les moyens
exégétiques de lire avec fruit cet Évangile, comme en général les autres écrits
du Nouveau Testament qu'il a commentés.
— En anglais, Leçons explicatives de Bird Summer.
Épîtres de saint Jean. Elles sont au nombre de trois,
et quoiqu'elles ne portent point de nom d'auteur, non plus que l'Évangile,
elles ont été attribuées à cet apôtre, presque sans contestation, les
témoignages anciens ne laissant aucun doute à ce sujet. La première porte le
nom de catholique, parce qu'elle a été adressée à un ensemble de congrégations,
et l'on pense généralement que saint Jean l'envoya de Patmos aux Églises de
l'Asie Mineure et à celle d'Éphèse en particulier, malgré certains témoignages
apocryphes d'après lesquels l'apôtre l'aurait destinée aux Parthes ou aux Juifs
convertis d'entre ceux qui étaient exilés parmi les Parthes, au-delà de
l'Euphrate. Jean y combat les mêmes erreurs que dans son Évangile; on y
retrouve le même plan, le même style, le même vocabulaire peu riche, et dont le
verbe aimer semble faire le fond. L'Homme-Dieu y est annoncé d'une manière
éclatante; la manière claire et précise dont y est présentée la doctrine de
Dieu a fait donner à Jean le nom de théologien par excellence; il expose que la
Parole était au commencement, qu'elle était avec Dieu, qu'elle était Dieu
lui-même; il appelle anti-Christs, menteurs et faux prophètes ceux qui le
nient, et comme ces séducteurs ennemis de la croix commençaient à mettre en
avant leurs doctrines déjà vers la fin du premier siècle, saint Jean, le
dernier des écrivains du Nouveau Testament, a élevé ce boulevard inébranlable
contre lequel se meurtrissent les faux théologues de nos jours.
— La seconde et la troisième épître sont adressées à
des particuliers; on a voulu leur donner pour auteur un autre Jean, mais le
témoignage d'Irénée repousse cette supposition, et le style, comme aussi la
pensée intime, affectueuse et dogmatique, rappelle la manière de saint Jean
l'apôtre, celle de l'Évangile, celle de la première épître.
On a voulu entendre, par la dame élue, une Église
particulière; d'autres même (comme Hammond) l'ont entendu de l'Église
chrétienne tout entière. Ce sont des jeux d'esprit. Le plus simple est de
prendre les mots pour ce qu'ils sont, et de voir dans cette dame une dame, et
dans ses enfants des enfants; l'épithète élue se rapporte soit à quelque
distinction terrestre, soit plutôt à l'élection du Sauveur. L'époque de la
rédaction est incertaine, mais elle se place dans la vieillesse de l'apôtre.
La troisième épître enfin est adressée à un certain
Gaïus, qui paraît avoir été converti par l'apôtre, verset 4, et qui est aussi
différent du Gaïus dont il est parlé Romains 16:23; 1 Corinthiens 1:14, lequel
était un enfant spirituel de Paul. Date incertaine; probablement contemporaine
de la seconde. Jean loue Gaïus de l'accueil bienveillant et hospitalier qu'il
accorde aux frères missionnaires, et il blâme la conduite d'un certain
Diotrèphe, orateur, s'évaporant en mauvais discours, inhospitalier pour son
compte, et cherchant à propager sa présomptueuse intolérance, parce qu'il aime
à être le premier.
Puis finalement l’Apocalypse,
composé avant l’an 70, et dont le nom propre est Révélation du fait que
l’apôtre Jean reçoit la révélation de Jésus-Christ à travers sept différentes
phases historiques.
— Voir: cet article.
3. Jean,
Actes 4:6, sacrificateur, peut-être le fils d'Anne, dont Flavius Josèphe parle
à plusieurs reprises. Il est nommé parmi ceux qui assistèrent à la comparution
de Pierre et Jean devant le conseil, après la guérison de l'impotent.
4. Jean.
— Voir: Marc.
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JEANNE,
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Luc 8:3, épouse de Chuzas et l'une des pieuses femmes
qui ont consacré, pendant plus de trois années, une partie de leur fortune à
l'entretien du Christ et des douze missionnaires qui voyageaient avec lui.
Fidèle au Sauveur jusqu'à sa mort, elle vint lui faire une visite au sépulcre
avec Marie Madeleine et les autres amies de Jésus, et ne l'ayant point trouvé,
elles allèrent raconter ensemble aux apôtres l'apparition des anges, les
paroles qu'ils leur avaient dites, et la résurrection de leur maître, Luc
24:10.
A travers
l’histoire du christianisme, nous voyons aussi une papesse Jeanne qui se
déguisa en homme pour règner comme pape, histoire cachée et inadmise par
l’église romaine afin de ne pas perdre face devant tous les adorateurs du dieu
galette sous la forme d’un petit soleil. Les papistes en général sont inconscients
de ce fait historique et ceux qui le sont préfèrent ne jamais en parler de la
honte qu’ils en ont.
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JÉBUS, Jébusiens,
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Genèse 10:16, peuplade de la famille des Cananéens.
Lors de l'entrée des Israélites en Palestine, ils occupaient, avec les Héthiens
et les autres tribus de la même race, les montagnes situées entre le Jourdain
et la Méditerranée, Nombres 13:30; Josué 9:1; 11:3, lisse gouvernaient
monarchiquement, Josué 10:1,23. Ils s'allièrent à Jabin, roi de Hatsor, pour
faire la guerre à Israël, mais Josué les défit après plusieurs batailles, et
les mit pour plusieurs années hors d'état de recommencer, Josué 11, cf. 24:11.
Quant à Jébus, leur ville principale, celle qui porta plus tard le nom de
Jérusalem (q.v.), il ne paraît pas que Josué ait entrepris de la réduire, et
dans tous les cas elle resta au pouvoir des Jébusiens jusqu'aux jours de David,
qui en fit la capitale de son royaume, Josué 15:8,63; 18:28; 2 Samuel 5:6; 1
Chroniques 11:4. Sous les juges, les Jébusiens apparaissent comme la plus forte
des tribus cananéennes, Juges 19:11; un petit nombre d'Israélites seulement
réussissent à s'établir dans leur ville, Juges 1:21; cf. 3:5; même lorsque
Jébus est conquise, les Jébusiens ne peuvent en être entièrement chassés, 2
Samuel 24:16,18, et Salomon doit encore lutter avec eux pour achever de les
soumettre au tribut, 1 Rois 9:20. On retrouve des Jébusiens jusqu'après l'exil,
Esdras 9:1.
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JÉCHONIAS
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(que l'Éternel établit), fils de Jéhojakim et
petit-fils de Josias, portait aussi les noms de Chonja et de Jéhojachin, 1
Chroniques 3:16; Matthieu 1:12; 2 Rois 24:6; 2 Chroniques 36:8. Il fut, dès
l'âge de huit ans, associé au trône de son père, avec qui il régna dix ans,
puis il lui succéda, mais seulement pour trois mois et dix jours. Il fit le mal
comme son père et fut puni comme lui. Jérémie lui fil révéler par deux fois les
malheurs qui devaient fondre sur lui (13:18; 22:24); bientôt ces oracles
s'accomplirent: Jéchonias fut assiégé par Nébucadnetsar, pris avec sa famille
et les principaux d'entre les Juifs, et conduit à Babylone, où il demeura
trente-six ans dans une dure captivité, jus qu'à ce qu'à la mort de
Nébucadnetsar Évilmérodac le sortit de sa prison, le traita avec honneur, et le
mit au-dessus des autres rois qui étaient comme lui captifs à Babylone, 2 Rois
25:27; Jérémie 52:31. On peut croire, par l'heureux changement qu'il éprouva
dans son extérieur, que l'épreuve lui avait été salutaire, et qu'il s'est
tourné vers Dieu en se repentant de ses fautes. Son nom se trouve encore
Ézéchiel 1:2; Esther 2:6; Jérémie 24:1; 28:4; 29:2; 37:1;
— Voir: Jésus et Salathiel.
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JÉDAHIA,
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— Voir: Heldaï.
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JEDDO,
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— Voir: Hiddo.
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JEDIDJA,
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2 Samuel 12:25, un des noms de Salomon, q.v. Il
signifie aimé de Dieu.
— Voir: verset 24.
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JÉDUTHUN,
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— Voir: Asaph.
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JÉHIEL,
________________________________________
1. Rubénite,
1 Chroniques 5:7.
2. Benjamite
et fondateur de Gabaon. 1 Chroniques 9:35; 8:29. Peut-être ne fut-il que le
chef des Benjamites qui s'établirent dans cet endroit.
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JÉHOACHAZ ou Sallum, ou Joachaz,
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(que l'Éternel possède),
1. —
Voir: Achazia.
2. Jéhoachaz
ou Sallum, 1 Rois 23:30; 2 Chroniques 36:1; cf. 1 Chroniques 3:15; Jérémie
22:11, fils de Josias (probablement le second, mais en tout cas ni l'aîné ni le
plus jeune), et son successeur au trône de Juda, fut le dix-septième roi de ce
pays (611 avant J.-C.). Il fut appelé par le peuple à porter une couronne que
sa naissance ne lui donnait pas; il fut sacré à Jérusalem, mais il suivit les
égarements de ses ancêtres, et rétablit les idoles que son père avait
renversées. Son règne fut court; au bout de trois mois il fut fait prisonnier,
emprisonné d'abord à Ribla, en Syrie, puis emmené en Égypte par Pharaon Néco.
Sophonie, contemporain de Jéhoachaz, fait de l'état moral de Juda un tableau
qui laisse facilement comprendre comment, après les mesures pieuses et
réformatrices de Josias, l'idolâtrie et l'impiété purent cependant éclater de
nouveau avec tant de force dans ce malheureux pays.
— C'est peut-être de Jéhoachaz qu'Ézéchiel a voulu
parler, 19:3, sous l'emblème d'un lionceau.
3. Jéhoachaz,
2 Chroniques 25:17, ou plus ordinairement Joachaz, onzième roi d'Israël, fils
et successeur de Jéhu. Il régna dix-sept ans (856-839), 2 Rois 13:1, et paraît,
d'après le verset 10, avoir admis son fils à la régence dans les dernières
années de sa vie. Le royaume eut beaucoup à souffrir des invasions des Syriens
(Hazaël et Benhadad), et Joachaz fut réduit à la dernière extrémité; il comprit
alors qu'il s'était attiré ces malheurs par ses fautes, et parce qu'il avait
suivi en toutes choses les traces de son père; il s'humilia, il implora le
pardon de l'Éternel, et quoique sa conversion fût bien imparfaite, Dieu daigna
y avoir égard, et lui accorda quelque repos. Son fils Joas lui succéda et
rétablit la prospérité du pays, cf. 2 Rois 14:1; 2 Chroniques 25:17.
________________________________________
JÉHOJACHIN,
________________________________________
— Voir: Jéchonias.
________________________________________
JÉHOJADAH ou Joad, ou Jojadah,
________________________________________
(que l'Éternel connaît), ou Joad, 2 Rois 11:4; 2
Chroniques 23:1, etc.
1. souverain
sacrificateur, successeur de Hazaria, époux de Jéhosébah, et père de Zacharie.
Il vécut aux jours d'Achazia et d'Hatalie, et put soustraire à leur fureur le
jeune Joas, neveu de son épouse et dernier rejeton de la race royale de David.
L'enfant, encore à la mamelle, fut caché dans le temple avec sa nourrice (884 avant
J.-C.), et ce n'est que dans la septième année que Jéhojadah crut pouvoir le
révéler à sa nation, et renverser ainsi du même coup l'usurpatrice et les
idoles. La conjuration théocratique réussit, et le peuple retrouva son Dieu
avec son roi. Le temple de Bahal fut démoli; Jéhojadah rappela l'alliance de
l'Éternel avec le roi et le peuple, et aussi longtemps qu'il vécut le royaume
prospéra, parce que le peuple fut fidèle à son Dieu. Il résolut de faire au
temple des réparations devenues nécessaires, par suite d'un long abandon, et il
lit amasser pour cela des sommes considérables dans toutes les villes de Juda;
mais ce projet ne se réalisa entièrement que lorsque le roi, devenu majeur, put
joindre son autorité à celle du souverain pontife, et presser les lévites trop
indolents. La régence de Jéhojadah est justifiée et louée par ce qui est dit de
Joas, qu'il fit ce qui est droit, devant l'Éternel pendant tout le temps que
Jéhojadah le sacrificateur l'enseigna: l'élève a fait l'éloge du maître, et
rien dans toute la conduite de Jéhojadah ne vient ternir la pureté de son
désintéressement. Il mourut à l'âge de cent trente ans (834 avant J.-C.), et
fut enseveli dans les tombeaux des rois à Jérusalem, «parce qu'il avait fait du
bien en Israël envers Dieu et envers sa maison», 2 Chroniques 24:16.
— Son nom ne se retrouve que Jérémie 29:26.
2. Jéhojadah
ou Jojadah, Néhémie 12:10, grand sacrificateur, successeur d'Éliasib,
contemporain de Néhémie. La date précise de son pontificat est inconnue comme
l'année de sa mort.
________________________________________
JÉHOJAKIM ou Éliakim
________________________________________
(que l'Éternel établit, ou ordonne), 1 Chroniques
3:15; 2 Rois 23:34; 2 Chroniques 36:4, fils aîné de Josias et de Zébudda, ne
monta sur le trône qu'après que son frère Jéhoachaz en eut été renversé. Il
régna onze ans (610-599) et fut d'abord tributaire du roi d'Égypte, Nécho, qui
lui avait fait obtenir la couronne. Il marcha dans les voies de l'iniquité,
comme faisait alors la nation toute entière. Au commencement de son règne il
fit poursuivre le prophète Urie en Égypte où il s'était réfugié, il le fit
périr par l'épée et refusa à son cadavre les honneurs de la sépulture, Jérémie
26:1,21; 2 Rois 24:1. Plus tard, Jérémie remplit auprès de ce malheureux
monarque les fonctions d'un fidèle interprète de la volonté divine, et
n'échappa qu'avec peine et par la protection du Seigneur aux ordres donnés de
l'arrêter, lui et Baruc, persécutions qui ne manquent jamais aux témoins de la
vérité vis-à-vis d'une génération corrompue. Jéhojakim jette même au feu, après
l'avoir déchiré avec un canif, le recueil des oracles célestes, comme
l'autruche qui pense échapper aux coups du chasseur en cachant sa tête dans le
buisson, comme aussi les hommes irrégénérés qui refusent de penser à la mort
parce qu'elle leur fait peur.
— En 606, Nébucadnetsar, corégent de son père
Nabopolassar, bat les Égyptiens à Circésium à l'embouchure du Chaboras dans
l'Euphrate, Jérémie 46:2; il s'avance jusque près de la Méditerranée, menace
Jéhojakim de l'emmener captif à Babylone, et finit par lui laisser son trône
moyennant un fort tribut; il emporte en même temps les vases du temple, et
prend en otages Daniel et ses amis. Trois ans après, en 603, Jéhojakim se
révolte contre Nébucadnetsar, qui, trop occupé des guerres importantes qu'il
livre en Orient, ne peut songer que plus tard (599) à punir la défection de son
vassal. Jérusalem est prise, et son roi périt. On a, sur la mort de Jéhojakim,
les quatre données suivantes, 2 Rois 24:6; 2 Chroniques 36:8; Jérémie 22:19;
36:30; les deux dernières semblent contredire les premières; Prideaux, Jahn et
Hævernick cherchent à concilier ces notices différentes, en supposant que
Jéhojakim a péri pendant le siège dans une sortie dont il n'est pas parlé dans
les livres historiques; on peut cependant se passer de cette hypothèse,
admettre que Jéhojakim est mort de mort naturelle à Jérusalem, et que
Nébucadnetsar, à son arrivée trois mois après, irrité de ne plus pouvoir le
punir vivant, l'aurait fait arracher à son tombeau et jeter hors de la ville.
Le cadavre de ce roi portait la marque des incisions qu'il s'était fait en
l'honneur des faux dieux; on put lire sur son corps le sort des idolâtres.
— Quant au caractère de Jéhojakim, voici le portrait
qu'en fait Jérémie, 22:13-18. «Il bâtit sa maison par l'injustice, et ses
étages sans droiture; il se sert pour rien de son prochain et ne lui donne
point le salaire de son travail: tes yeux et ton cœur ne sont adonnés qu'à ton
gain déshonnête, qu'à répandre le sang innocent, qu'à faire tort et qu'à
opprimer.»
— Son nom se trouve encore, mais comme simple
indication de date, ou accompagné du nom de son fils, Jérémie 1:3; 52:2; 25:1;
27:1; 24:1,3 5:1; 28:4. C'est aussi lui qui est nommé Jakim, Matthieu 1:11,
dans la seconde division de la liste généalogique du Sauveur; l'existence de ce
nom dans les premiers manuscrits n'est pas prouvée; il est probable qu'il a été
ajouté plus tard et qu'on doit le supprimer.
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JÉHONADAB,
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— Voir: Jonadab.
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JÉHONATHAN,
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Jérémie 37:15; 38:26, peut-être le même que Jonathan
fils de Karéah, 40:8, un des secrétaires de Sédécias; il laissa changer sa
maison en prison pour y retenir dans les fers Jérémie qu'il haïssait. Le
prophète maltraité supplia le roi de lui donner un autre logement, soit que la
prison fût malsaine, soit que Jérémie eût à se plaindre du geôlier; en tout cas
il dit que s'il devait y rester ce serait pour y mourir.
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JÉHOSÉBAH,
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femme de Jéhojadah le souverain sacrificateur, q.v.,
et tante du roi Joas; fille de Joram, probablement par une autre femme que
Hathalie, et sœur d'Achazia. On ignore l'époque de sa mort.
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JÉHOSUAH,
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— Voir: Jésuah.
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JÉHOTSADAK ou Jotsadak,
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Lévite et membre de la famille sacerdotale, suivit à
Ribla son père Séraja, le dernier des souverains sacrificateurs avant l'exil de
Juda; il ne paraît pas avoir lui-même exercé ces fonctions, à cause du malheur
des temps où il vécut; mais Jésuah, son fils, qui survécut à la captivité,
reprit avec ses droits l'exercice de ses devoirs, 1 Chroniques 6:15; Esdras
3:2; 5:2; Néhémie 12:26; Aggée 1:1; Zacharie 6:11.
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JÉHU.
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1. Prophète,
et fils de Hanani le prophète (953 avant J.-C.). On ne sait autre chose de lui
sinon qu'il exerça son ministère au temps de Bahasa, roi d'Israël, 1 Rois
16:1,7,12, et que Dieu l'employa encore un demi-siècle plus tard pour porter au
roi de Juda, Josaphat, un message à la fois de reproche et de pardon, 2
Chroniques 19:2. Il est aussi nommé 2 Chroniques 20:34, comme auteur d'un
ouvrage historique. Enfin, selon quelques personnes, il faudrait lire Jéhu au
lieu d'Élie dans le passage 2 Chroniques 21:12, parce que Élie était déjà monté
au ciel avant le règne de Joram.
2. Jéhu,
dixième roi d'Israël, occupa le trône pendant vingt-huit ans (884-856). D'abord
simple officier de l'armée de Joram, il avait été désigné comme successeur de
ce roi par l'onction sainte que le prophète Élisée lui avait administrée de la
part de l'Éternel, 1 Rois 19:16. Mais une impatience charnelle, et le manque de
foi, le portèrent à presser l'exécution du décret divin qui le destinait à
fonder une nouvelle dynastie, et il se fraya le chemin du trône par
l'assassinat. Il exécuta l'extirpation de la famille d'Achab et de tous les
serviteurs de Bahal avec une énergie foudroyante; il fut dans la main de Dieu
un instrument de destruction, mais lui-même était loin d'être droit dans ses
voies. Il abolit le cuite extérieur de Bahal, mais l'idolâtrie resta dans les
cœurs, et lui-même adora les veaux d'or, comme firent aussi ses successeurs.
Dieu donna en conséquence de mauvais jours à Israël, et pour déraciner
l'idolâtrie par les tribulations et les calamités, il permit que les Syriens,
conduits par Hazaël, inquiétassent les dernières années de ce règne,
vainquissent les Israélites, et s'emparassent de tout le pays situé au-delà du
Jourdain. Quant aux détails de l'usurpation de Jéhu et à la manière dont elle
s'accomplit, il faut lire 2 Rois 9 et 10,; aucun récit ne saurait être plus
concis, plus énergique, plus rapide, que le récit de l'historien sacré. Le nom
de Jéhu se retrouve 2 Rois 12:1; 13:1; 14:8; 2 Chroniques 25:17; Osée 1:4.
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JÉHUCAL ou Jucal,
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Jérémie 37:3 (587 ans avant J.-C.), un des officiers
de Sédécias, fut envoyé par son maître auprès de Jérémie pour lui demander ses
prières; le prophète lui fit annoncer le retour des Caldéens et la prise de
Jérusalem. Jucal se joignit alors à ceux qui demandèrent au roi la mort de
Jérémie, parce que ses oracles tendaient à décourager le peuple, 38:1,4.
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JÉHUDI,
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Jérémie 36:14,21, un des officiers de Jéhojakim, fut
chargé par le roi d'aller demander à Baruch le terrible rouleau; ce fut lui qui
en commença la lecture, mais lorsque le roi osa porter sur le saint livre une
main sacrilège, Jéhudi n'osa pas s'y opposer, il laissa faire.
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JÉKABTSÉEL,
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Néhémie 11:25, ou simplement Kabtséel, Josué 15:21; 2
Samuel 23:20, ville de la tribu de Juda sur les frontières de l'Idumée,
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JÉKUTHIEL,
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1 Chroniques 4:18; Josué 15:34, de la tribu de Auda,
chef de Zanoah; du reste, inconnu.
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JÉMIMA, Ketsiha et Kéren-Happuch,
________________________________________
Job 42:14, noms ou surnoms des trois filles de Job; le
premier signifie belle comme le jour, le second, la casse, q.v., et le
troisième, corne de parfums,
— Voir: Antimoine.
Ces noms, tout à fait dans le goût oriental, indiquent
la grande beauté des jeunes filles. Il est dit qu'elles eurent une part dans
l'héritage de leur père, ce qui n'avait lieu que lorsque le père de famille
était très riche. On remarque aussi avec surprise que les filles seules sont
nommées, tandis que les fils de Job ne le sont pas; il est difficile de se
rendre compte de cette anomalie, dans l'archéologie du livre de Job.
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JÉMINI,
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— Voir: Benjamin.
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JEPHTHÉ,
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Juges 11:1 (1188 avant J.-C.). Ce neuvième juge
d'Israël était l'enfant illégitime de Galaad et d'une de ses concubines.
Repoussé de la famille par la flétrissure de sa naissance, il vécut longtemps
en aventurier dans les solitudes de Tob en Syrie; mais son pays eut besoin de
lui, les Hammonites s'étaient avancés contre Galaad, et Jephthé consentit à les
repousser, à condition que le pouvoir lui restât, s'il était vainqueur: il le
fut; le guerrier devint juge du pays, mais le père dut offrir en sacrifice sa
fille qu'il avait vouée aux dieux païens. Après cette victoire, si tristement
couronnée, Jephthé fut appelé à une victoire également triste sur ses frères
d'Éphraïm, qui s'élevèrent contre lui, redoutant sa supériorité; les
négociations qu'il entama avec eux, et les explications qu'il leur donna
n'ayant amené aucun résultat, il dut prendre les armes, et les vainquit; 42,000
hommes périrent dans cette guerre. Dès lors Jephthé jugea en paix Israël
pendant six ans, puis il mourut et fut enseveli en Galaad. Son nom est rappelé
dans un discours de Samuel, 1 Samuel 12:11, et dans l'épître aux Hébreux,
11:32. Les diverses questions que soulève l'histoire de ce chef célèbre sont
examinées dans mes Juges d'Israël, p. 86-95. On y trouvera aussi une poésie de
M. le pasteur Fréd. Chavannes, le Dernier Chant de la fille de Jephthé.
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JÉRAH,
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Genèse 10:26, Joktanide nommé entre Hatsarmaveth et
Hadoram; inconnu. Jérah signifie, en hébreu, la lune, et se retrouve également
dans le nom de Jérico, d'où quelques targums ont voulu induire que Jérah avait
été le fondateur de cette ville, mais c'est une explication qui ne peut se
soutenir. Michaélis, avec plus de raison, quoique l'on ne puisse rien décider,
pense à la côte et à la montagne de la Lune, en Arabie, près la mer des Indes.
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JÉRAHMÉEL.
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1. Fils
de Kis, 1 Chroniques 24:29.
2. Fils
aîné de Hetsron, frère de Ram et de Célubaï, de la tribu de Juda, 1 Chroniques
2:9,25-27.
3. District
de la partie méridionale de Juda; il fut occupé sans doute par les descendants
du fils de Hetsron, 1 Samuel 27:10; 30:29.
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JÉRED,
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1. —
Voir: Jared.
2. Jéred,
père de Guédor, de même que Pénuël, 1 Chroniques 4:18,4. Ils étaient de la tribu
de Juda, et paraissent avoir été fondateurs ou princes de la ville de Guédor,
mais on ignore l'époque à laquelle ils vécurent.
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JÉRÉMIE.
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1. Prophète
hébreu, fils de Hilkija, de la race sacerdotale, natif de Hanathoth, dans la
tribu de Benjamin, Jérémie 1:1; 32:8. Sa vocation était déjà annoncée avant sa
naissance, et fort jeune encore, âgé de quatorze ans à peine, il commença
l'exercice de son ministère dans la treizième année du roi Josias (628-627
avant J.-C.). Il demeura jusque près de sa fin à Jérusalem, seul, sans famille
(16:2), presque sans amis, annonçant le malheur à ses concitoyens, qui ne s'en
effrayaient point; le bonheur, et ils refusaient d'y croire. Presque toujours
menaçant dans ses prophéties, il vit presque toujours les hommes répondre à ses
oracles par des menaces ou de mauvais traitements; il dut pleurer sur lui-même
en pleurant sur les autres, mais il ne sut jamais faiblir ni déguiser la
vérité, quelles que fussent les prières ou les menaces. Il ne se laissa point
décourager par l'opiniâtre résistance, ni aigrir par la malveillante fureur de
ses ennemis; il les aimait, il les plaignait, et ne cessa de les conjurer de
chercher leur bonheur dans l'accomplissement de la volonté divine; dévoué à son
pays, à cette Judée qui le persécutait, il resta le témoin infatigable de la
vérité, l'ennemi, toujours ferme dans sa modération, de l'erreur, de
l'incrédulité, de l'obstination; il remplit dignement sa mission d'ambassadeur
des cieux, et fut en Juda comme un homme d'un autre monde ou d'un autre temps.
Sa vie a été remplie d'événements, et n'en est pas moins monotone, parce que
ces événements se ressemblent tous, ils se passent tous dans la sphère de la
fidélité d'une part, de la persécution de l'autre. Il commença sous le règne de
Josias et continua sous Jéhoachaz, Jéhojakim, Jéchonias et Sédécias. Après
avoir prophétisé d'abord à Hanathoth, il se rendit à Jérusalem, 11:21,22; cf.
12:5-6, et l'on ne connaît aucun détail de son histoire jusqu'en la quatrième
année de Jéhojakim, où il faillit périr pour avoir annoncé la destruction de
Jérusalem et du temple, Jérémie 26. Sous Jéchonias il prophétise encore, 2
Chroniques 36:12, mais son ministère n'est interrompu, ni signalé par aucun
événement. Enfin, sous Sédécias, à l'approche des grands malheurs de Jérusalem,
il parle avec plus de force encore, avec plus de clarté, ses oracles sont plus
effrayants, et les persécutions redoublent, Jérémie 11 et 12. Ceux de Hanathoth
même, sa ville natale, s'élèvent contre lui, 11:21; plus tard il est renfermé
dans la maison de Jéhonathan, 37 et 38, parce qu'il a voulu quitter Jérusalem
qui s'est rebellée contre le roi de Babylone, malgré les conseils et les
oracles du prophète. Conduit devant Sédécias, il lui réitère l'annonce des
mêmes malheurs, et obtient une autre prison moins dure, un geôlier moins
sévère, 37:17. Ses ennemis, irrités du changement qui s'est opéré dans sa
position, demandent sa mort à Sédécias; le prophète est jeté dans une fosse
boueuse où il eût péri si Dieu n'eût veillé sur ses jours, et ne l'eût sauvé
par le moyen d'Hébed-Melec, 39:15. Enfin Jérusalem est prise, et Jérémie trouve
dans le malheur public son entière liberté; le roi païen le sauve quand les
rois juifs l'ont persécuté; et si Jérémie est un instant, par mégarde, chargé
de chaînes et conduit à Rama, il est bientôt remis en liberté par ordre de
Nébuzaradan, et préfère rester dans sa patrie que de suivre les vainqueurs à
Babylone, où de grands honneurs lui sont promis. Un parti était resté en Judée,
celui de Johannan, qui projetait d'aller chercher en Égypte une patrie
nouvelle, un asile contre de nouvelles invasions; ils s'adressent à Jérémie
pour faire légitimer leur résolution par un oracle, mais le prophète cherche à
les en dissuader, chapitre 42 et 43. La foule se tourne également vers
l'Égypte, on émigré en masse, et plutôt que d'abandonner ces malheureux, le
prophète les accompagne et cherche, mais en vain, à les préserver de
l'idolâtrie et surtout du culte des astres. Ici s'arrête son histoire; le lieu
et l'époque de sa mort sont inconnus. Il est probable qu'il est mort à Taphnès;
d'autres montrent son tombeau au Caire; quelques-uns pensent qu'il est revenu
en Judée; quelques pères enfin, s'appuyant sur Matthieu 16:14, pensent qu'il
n'est pas mort, mais qu'il a été enlevé au ciel comme Élie.
Prophéties.
Les oracles de Jérémie sont en général écrits dans un
style large et abondant, moins obscur que celui de la plupart des autres
prophètes. Les emblèmes y abondent, mais s'expliquent facilement: celui du
potier qui, d'un vase brisé, en reforme un autre, annonce aux Juifs que Dieu
peut détruire leur race perverse pour se faire un autre peuple obéissant et
fidèle, 18:2; ailleurs c'est un pot de terre que le prophète met lui-même en
pièces dans la vallée de Hinnom, 19:1; ailleurs, un joug chargé de liens, qu'il
porte sur son cou, 27 et 28; ou bien, l'achat d'une propriété, 32:7; ou encore,
une ceinture de lin qu'il cache dans une des cavernes de l'Euphrate, 13:1.
C'est également comme symbole qu'il fait appeler devant lui les Récabites,
35:1. Les oracles de Jérémie ont été réunis sans égard à la chronologie, et il
règne dans leur arrangement un pêle-mêle qu'il est plus facile d'apercevoir que
de débrouiller. Abarbanel a dit que c'était un livre qu'il fallait lire sens
devant derrière (priùs posteriùs et posteriùs priùs). On a fait beaucoup de
travaux pour essayer de rétablir ces oracles dans l'ordre dans lequel ils ont
été prononcés; le commentaire français de Dahler est à cet égard un des
meilleurs, comme il est en général utile à consulter sur toutes les difficultés
relatives aux temps et aux prophéties de Jérémie. En anglais, un des meilleurs
ouvrages est celui du docteur Blayney. Voici comment il fixe la suite des
chapitres:
1. les
prophéties qui ont été prononcées sous le règne de Josias 1-12;
2. celles
qui ont été prononcées sous Jéhojakim 13-20; 22; 23; 35; 36; 45-48; 49:1-33;
3. sous
Sédécias, 21; 24; 27-34; 37-39; 49:34-39; 50; 51;
celles qui furent prononcées pendant le gouvernement
de Guédalia, depuis la prise de Jérusalem jusqu'au départ du peuple pour
l'Égypte, 40-44.
On doit remarquer comme plus particulièrement
messianiques les passages 23:5-6, où Christ est appelé l'Éternel notre Justice;
et 31:31-36; 33:8, qui annoncent l'efficace de l'expiation faite par la mort de
Jésus, le caractère spirituel de la nouvelle alliance, et l'influence profonde
et intérieure de l'Évangile, cf. Hébreux 8:8-13; 10:16.
— Le prophète Jérémie est cité, Matthieu 27:9, au lieu
de Zacharie, 11:12, soit que Jérémie, étant l'un des plus importants des
prophètes, eût donné son nom comme titre général au recueil de toutes les
prophéties, soit qu'il y ait eu une faute ou une addition de copiste, ou un
manque de mémoire chez saint Matthieu, soit enfin par une confusion (appelée
synchyse) de deux passages en un seul, cf. le passage cité de Zacharie avec
Jérémie 32, qui n'est pas sans analogie matérielle avec Matthieu 27. On peut
opter entre ces divers moyens de conciliation; il y en a encore treize autres à
ma connaissance.
Lamentations. Recueil de cinq chapitres, contenant
autant de chants ou élégies dans lesquels le prophète déplore les diverses
calamités qui ont affligé sa patrie; le cinquième est un épilogue ajouté aux
quatre premiers chants. Jérémie est auprès de Dieu l'interprète du peuple qui
demande le pardon de ses péchés et la restauration d'Israël. Quelques anciens
auteurs pensent que c'est des Lamentations qu'il est parlé 2 Chroniques 35:25
(Flavius Josèphe, saint Jérôme, Œcolampade), mais il paraît évident que le
chant funèbre prononcé sur la mort de Josias, est un autre ouvrage de Jérémie
qui ne doit pas être confondu avec les Lamentations, et Calvin appelle ce
sentiment une grossière erreur (crassum; — Voir: aussi Bullinger). Jarchi veut
encore que les Lamentations soient le livre qui a été écrit par Baruc, sous la
dictée de Jérémie, après que Jéhojakim dans sa stupide fureur en eut jeté au
feu le premier rouleau; mais le contenu des Lamentations n'est pas en accord avec
ce qui est dit, Jérémie 36:2, des choses renfermées dans le livre dicté à
Baruc; peut-être y a-t-il une allusion à ce livre à la fin de 36:32, mais on
n'en sait rien. L'époque de la rédaction est inconnue; les Septante et la
version arabe disent que Jérémie l'écrivit pendant la captivité et sur les
ruines de Jérusalem abandonnée. Les quatre premiers chapitres sont composés de
strophes acrostiches suivant l'ordre alphabétique; au chapitre 3 les strophes
sont de trois versets: ce même genre de poésie se retrouve d'ans quelques
psaumes et dans quelques chapitres des Proverbes; l'auteur sacré, en y ayant
égard, a consulté peut-être le goût de son temps, peut-être aussi la mémoire de
ceux à qui s'adressaient ses chants. Pour un autre ordre on ne saurait en chercher;
le prophète s'abandonne à ses sentiments douloureux plus qu'il ne s'attache à
leur donner une forme, et ses plaintes ne sont pas un discours; l'espérance qui
le soutient au milieu de ses peines, c'est la pensée que lors même que la terre
est déserte et le temple détruit, Dieu règne encore et peut contracter avec son
peuple une alliance nouvelle, pleine de grâce, pourvu que le peuple retourne à
Dieu par un repentir sincère et véritable.
2. Le
nom et les prophéties de Jérémie sont rappelés, 2 Chroniques 36:21; Esdras 1,1;
Daniel 9:2; cf. Jérémie 25:12; 29:10.
L'Écriture sainte mentionne encore d'autres hommes de
ce nom: le père de Hamutal, épouse de Josias, 2 Rois 24:18; un vaillant chef de
la tribu de Manassé, 1 Chroniques 5:24; enfin deux héros de l'armée de David, 1
Chroniques 12:4,10,13.
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JÉRICO ou Jéricho,
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ville de la tribu de Benjamin sur les frontières
d'Éphraïm, à 8 kilomètres du Jourdain, et à 28 de Jérusalem, dont elle était
séparée par une contrée rocheuse et déserte, Josué 16:7; 18:21. C'est peut-être
à cause de cette circonstance que Jésus a placé entre ces deux villes la scène
du Samaritain miséricordieux, Luc 10:30. Les environs de Jérico, véritable oasis
au milieu des sablés de la solitude, bornés à l'ouest comme en amphithéâtre par
des montagnes calcaires, hautes et sans verdure, étaient fécondés par de riants
cours d'eau, et extrêmement fertiles. Ils produisaient surtout des palmiers,
dont la ville a pris son nom, Deutéronome 34:3; Juges 1:16; 3:13. On y trouvait
également des rosiers et du baume odoriférant; (le nom de Jérico peut se
dériver à cause de cela de l'hébreu riach, sentir, en allemand riechen;
d'autres le dérivent de yérach, — Voir: Jérah; ce serait ville de la lune): le
miel y abondait et le climat était délicieux; tout était réuni pour en faire un
paradis terrestre, excepté les serpents venimeux qui y foisonnaient. Jérico,
déjà construite et fortifiée lors de l'entrée des Israélites en Canaan, fut
leur première conquête; ils la détruisirent, et Josué la voua à l'interdit,
défendit de la rebâtir, et annonça que celui qui braverait sur ce point les
menaces divines, y perdrait successivement l'aîné et le second de ses fils;
Hiel fut assez malheureux, 537 ans plus tard, pour oser s'exposer à cette
terrible épreuve, et il y succomba, 1 Rois 16:34. Entre ces deux époques
cependant, le nom de Jérico n'est pas perdu: cette ville est nommée comme
existant, Josué 18:21. Héglon, roi de Moab, y possède un palais, Juges 3:20, et
les ambassadeurs de David, outragés par Hanun, s'y retirent pour laisser
croître leur barbe, 2 Samuel 10:5; 1 Chroniques 19:5. On peut croire que dans
le premier de ces passages, il ne s'agit que du territoire de la ville; dans
les autres, il s'agit plutôt d'un hameau reconstruit non loin de l'emplacement
de la précédente Jérico, hameau qu'un roi païen aura pris comme un lieu de
plaisance, où il se sera établi avec quelques sujets, et qu'on ne saurait
confondre avec la ville proprement dite, dont le rétablissement avait été
défendu aux Israélites seulement. Flavius Josèphe distingue clairement les deux
villes (Guerre des Juifs, 5, 4). Depuis Hiel, l'ancienne Jérico rentra dans le
domaine public, et personne ne craignit plus d'y demeurer; Achab la fit
fortifier; une école de prophètes s'y établit, 2 Rois 2:4, et on la revoit
encore après l'exil, Esdras 2:34; Néhémie 7:36. Elle fut embellie par Hérode,
qui y fit construire un magnifique palais, et l'éleva au-dessus des plus belles
villes de son royaume; il y fit noyer son beau-père le sacrificateur
Aristobule, et lui-même y mourut. Notre Sauveur à fait quelques miracles à
Jérico, et il y visita Zachée qui était à la tête des péages que les Romains
avaient établis sur le commerce du baume, Luc 19:1. On trouve encore sous le
nom de Richa les ruines de cette ancienne ville, mais ce n'est plus qu'un
méchant village; au douzième siècle déjà, Phocas dit qu'il en restait à peine
quelques traces.
— Quant à l'assainissement des eaux de Jérico, 2 Rois
2:19, on ne peut y voir qu'un miracle. Ces eaux étaient rendues amères, salées,
peut-être par le voisinage de la mer Morte, et le prophète les rendit saines et
potables en jetant du sel sur la source, et en annonçant de la part de Dieu
qu'elles cesseraient d'être insalubres, bénédiction que Dieu seul pouvait
donner, secret que les hommes n'ont jamais connu.
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JÉROBOAM
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(dont le peuple est nombreux).
1. Jéroboam
I, fondateur du royaume des dix tribus, sur lequel il régna vingt-deux ans,
975-954. Fils de Nébat et de Tséruha, il appartenait par sa naissance à la
grosse et jalouse tribu d'Éphraïm; il remplit sous Salomon, les fonctions
d'inspecteur des travaux publics dans la tribu de Joseph, (Éphraïm et Manassé);
nul doute que pendant ce temps, et grâce à sa position, il n'ait eu souvent
l'occasion de prêter l'oreille aux mécontents et de leur servir d'appui et de
centre de ralliement. Dieu qui avait annoncé à Salomon la division de son
royaume comme châtiment de ses péchés, et qui voulait se servir de Jéroboam
pour accomplir cette révolution, lui fit révéler par le prophète Ahija les
hautes dignités qui lui étaient réservées. Jéroboam, pressé de jouir du trône,
conspire, mais ses complots sont découverts, et pour éviter le ressentiment du
roi, il doit s'enfuir en Égypte à la cour de Sisak; après la mort de Salomon il
ne tarde pas à être rappelé par son parti, et comme Roboam refuse de supprimer
ou de diminuer les impôts, et d'alléger les charges du peuple, Jéroboam est
proclamé roi des dix tribus, et le schisme s'opère. Jéroboam choisit pour
capitale de son royaume Sichem d'abord, puis Tirtsa; pour consolider sa
puissance il commence par faire fortifier plusieurs villes, Sichem et Pénuel,
et craignant l'influence des souvenirs religieux, il change par politique la
religion de son peuple, brise les liens religieux si forts qui unissent encore
ses nouveaux sujets à Jérusalem la capitale du royaume rival: les grandes fêtes
les y appelaient trois fois l'an, ces voyages eussent pu tôt ou tard les
rattacher à la dynastie légitime, il faut à tout prix les prévenir. C'est à
quoi il parvint en établissant aux deux extrémités de son royaume, à Dan et à
Béthel, le culte du veau d'or, prodigieux acheminement à l'idolâtrie, et en
faisant desservir ce nouveau culte par des personnes qui n'appartenaient point
à la tribu de Lévi; il maintint ces mesures impies, ces innovations
anti-théocratiques, malgré les avertissements des prophètes, malgré leurs miracles,
1 Rois 13, et ne se laissa pas même toucher par la mort prématurée de son fils
Abija, bien qu'à cette occasion il eût paru vouloir se rapprocher un instant du
vrai Dieu, 14:1. Enfin, comme il était assez naturel de s'y attendre, il ne
donna pas la paix à son pays, et fut, pendant tout le temps de son règne, en
guerre avec Roboam, roi de Juda, et avec son successeur, 1 Rois 11-15; 2
Chroniques 10-13. Son histoire à été écrite par le prophète Jiddo, 2 Chroniques
9:29,12,15.
2. Jéroboam
II, treizième roi d'Israël, fils de Joas, régna sur Israël pendant cinquante et
un ans, 825-784. Par ses richesses et de nouvelles conquêtes qu'il fit sur les
Syriens, auxquels il reprit Damas et Hamath, il éleva au plus haut degré de
puissance et de splendeur le royaume que son père avait déjà laissé dans la
plus florissante prospérité; il lui rendit ses anciennes limites orientales, et
parut béni de Dieu. Mais en même temps le luxe et la corruption des mœurs
firent de nouveaux progrès, et le culte du veau d'or fut maintenu comme sous le
premier Jéroboam, ainsi qu'on peut le voir par la lecture des prophètes
contemporains Amos et Osée. Après lui, Israël ne fit que décliner, 2 Rois
13:13-14:23-29.
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JÉRUBBAHAL et Jérubbéseth,
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— Voir: Gédéon.
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JÉRUSALEM.
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Cette ville célèbre a porté différents noms, d'abord
Jébus, Juges 19:10; 1 Chroniques 11:4, puis, poétiquement, Salem, Psaumes 76:2,
et dans le sens religieux ville sainte, ville de Dieu (Hiéropolis), Néhémie
11:1,18; Matthieu 4:5, ou ville de justice (Sédec), et enfin Jérusalem, qui est
son nom le plus ordinaire, celui qu'elle porta depuis que David en eut fait la
capitale de son royaume. Elle était située à 8 milles de Joppe et à 5 du
Jourdain, sur un plateau assez élevé au-dessus du reste du pays, ce qui
explique la locution monter à Jérusalem, employée par les Juifs de toutes les
tribus. Son sol était pierreux et calcaire, mais très fertile.
Primitivement, et lorsqu'elle appartenait encore aux
rois de Canaan, Josué 10:1,23, elle n'occupait que la colline de Sion, et se
composait de la citadelle très forte de ce nom, 2 Samuel 5:7, et de la ville
proprement dite. Cette dernière avait déjà été prise et habitée, concurremment
avec les Jébusiens, par les hommes de Juda et de Benjamin, à l'époque des
Juges, Josué 15:63; Juges 1:21; cf. 1 Samuel 17:54; mais la forteresse opposa
toujours aux Israélites, jusqu'aux jours de David, la plus vigoureuse
résistance. David réussit enfin à s'en emparer, 2 Samuel 5:6; il y fixa sa
résidence, et la nomma de son nom, cité de David, 2 Samuel 5:7,9; 6:12,16; 1
Rois 3:1; 8:1; 2 Rois 9:28; 14:20; cf. Néhémie 12:37. Dès lors Jérusalem fut le
centre politique et religieux du royaume; elle prit un accroissement
considérable. Salomon la fortifia, 1 Rois 3:1; 9:15; il y fit élever le temple
sur la colline de Morija, 1 Rois 6, et se construisit à lui-même un palais
magnifique, 1 Rois 3:1; 9:15. Hosias, Jotham, Ézéchias et Manassé l'agrandirent
encore et continuèrent de la fortifier, 2 Chroniques 26:9; 27:3; 32:5; 33:14.
Elle n'en succomba pas moins dans plusieurs sièges, 1 Rois 14:26; 2 Rois 14:13,
et finit par tomber entre les mains des Caldéens, qui la démolirent, 2 Rois
24:25 (588 avant J.-C.). La Bible ne donne pas beaucoup de détails sur le genre
d'architecture et le mode de construction des maisons de Jérusalem: on voit
seulement que les murailles étaient garnies de tours et de créneaux, 2
Chroniques 26:9,15; 32:5; l'une de ces tours est spécialement désignée, Jérémie
31:38; Zacharie 14:10. Hophel et Millo paraissent avoir été comme deux forts
détachés, 2 Samuel 5:9; 1 Rois 9:24; 11:27; 2 Chroniques 32:5; 27:3; 33:14. Il
est parlé des portes de la ville Jérémie 39:4; 2 Chroniques 32:6, et les
auteurs sacrés nomment la porte des poissons, 2 Chroniques 33:14; celle du
coin, 2 Rois 14:13; Zacharie 14:10; celle de Benjamin, Jérémie 37:13; 38:7;
Zacharie 14:10; celle d'Éphraïm, 2 Rois 14:13; la première porte, Zacharie
14:10; celle de la vallée, 2 Chroniques 26:9; celle des chevaux, Jérémie 31:39;
celle du potier, vers la vallée de Hinnom, Jérémie 19:2; enfin la porte du
milieu, Jérémie 39:3. Quant à leur position présumée,
— Voir: plus bas.
— La haute porte de Ézéchiel 9:2 était, selon toute
apparence, une des portes du temple. Comme places publiques, on remarque celle
de la porte et celle des boulangers, 2 Chroniques 32:6; Jérémie 37:21. Autour
de la ville étaient deux étangs provenant de la source de Siloé, Ésaïe 7:3;
36:2, et les jardins royaux qui étaient arrosés et fécondés par ces étangs,
Jérémie 39:4; 52:7; Néhémie 2:14.
Une question qui ne peut se résoudre complètement est
celle de savoir à laquelle des deux tribus de Juda ou de Benjamin a appartenu
Jérusalem avant le temps de l'exil. D'après Josué 18:28; cf. 15:8, elle a été
donnée en partage aux Benjamites, et bien qu'ils soient mêlés aux Jébusiens,
c'est eux que l'on y voit demeurer, Juges 1:21; le passage Jérémie 6:1,
confirme la même opinion. D'un autre côté, d'après Juges 1:8, ce sont ceux de
Juda qui s'emparent de la ville; ce sont eux encore qui s'y mêlent aux
Jébusiens, Josué 15:63, et le Psaumes 78:68, semble donner Jérusalem à cette
tribu. On peut concilier ces deux versions en admettant que si les hommes de
Juda ont en effet occupé la plus grande partie de Jérusalem, la ville cependant
et son territoire appartenait réellement aux Benjamites, et qu'elle était
située en dedans des frontières de cette tribu.
Après l'exil, et dans les premiers temps de la
reconstruction de Jérusalem (536 avant J.-C.), on trouve d'autres détails,
Néhémie 3, et 8. On mit sans doute à profit, pour ce nouveau travail, ce qui
subsistait encore des anciens fondements et des anciennes fortifications, et l'on
rebâtit les murs et les portes autant que possible sur leur emplacement
primitif, cependant avec des différences amenées soit par des besoins
d'agrandissement, soit par les corrections jugées bonnes, soit par la
disparition des premiers tracés. Le nom des portes fut changé, et l'on en
trouve douze nouvelles, mentionnées Néhémie 3 et 8,: celle des eaux, des
chevaux, du bercail, des poissons (Sophonie 1:10); la porte vieille
(probablement la même que la première porte, Zacharie 14:10); celle d'Éphraïm, Néhémie
8:16; celle de la vallée, Néhémie 2:13,15; celle de la fiente, Néhémie 2:13;
celle de la fontaine, Néhémie 2:14; la porte orientale, celle de Miphkad (du
conseil), et celle de la prison. Il n'est plus parlé de celles du coin, du
potier et de Benjamin. (Quant aux portes mentionnées Ézéchiel 48:31, elles
appartiennent à une vision, et sont prophétiques). On ne peut guère préciser la
position de ces différentes portes; le chapitre 12 de Néhémie ne donne même à
cet égard que de vagues indications. Au nord-ouest, la porte du coin et celle
d'Éphraïm (qui était peut-être la même que celle de Benjamin, 2 Rois 14:13; cf.
Zacharie 14:10); du nord-ouest au sud-est, la vieille porte, celle des poissons
et celle du bercail, Néhémie 3:1-6; 12:39; entre elles étaient celle des
chevaux, et celle de l'eau; celle d'Éphraïm et la vieille porte étaient
voisines, sans qu'il y en eût aucune autre entre elles, Néhémie 12:39; du
sud-ouest au nord-ouest, la porte de la fontaine (Siloé); celle de la fiente et
celle de la vallée (Guihon); la porte du potier était peut-être la même que
celle de la fontaine; quant à la porte du milieu, on ne la connaît pas; s'il y
a eu avant l'exil une ville inférieure, on peut croire que c'est la porte qui
joignait les deux villes. Les portes nommées 2 Rois 11:6; 15:35; 1 Chroniques
11:18; 26:16; 2 Chroniques 23:5; Jérémie 36:10; cf. 26:10, appartenaient au
temple ou à des villes voisines.
Il n'est parlé que de deux tours sur les murailles de
la ville, celle de Hananéel, et celle de Méah, Néhémie 3:1; 12:39; Zacharie
14:10, toutes les deux proche de la porte du bercail, du côté de celle des
poissons, vers l'est.
— On ne trouve dans cette période le nom d'aucune
place et d'aucune rue. La partie la plus forte de Jérusalem parait avoir été
alors la cité de Sion, nommée aussi ville de David, qui avait été fortifiée par
les Syriens, et que l'on regardait comme imprenable, 1 Maccabées 1:35; 3:45;
4:2; 9:52; 10:6, jusqu'au moment où le prince Simon réussit à s'en emparer, 1
Maccabées 14:37.
La troisième époque est celle de Jésus et des apôtres
jusqu'à Flavius Josèphe: cet historien lui-même est une source précieuse de
renseignements de tous genres sur la topographie de Jérusalem aux temps qui
précédèrent la conquête des Romains, et par conséquent aux temps de Jésus,
puisque la ville resta à peu près la même jusqu'à sa destruction, sauf
l'achèvement et la mise en état de défense de la nouvelle ville. D'après
Flavius Josèphe, Jérusalem était bâtie sur quatre collines, quoique spirituellement il est dit qu’elle
est construite sur les sept collines de la sagesse, et se composait de
trois parties principales: la ville d'en haut, située vers le midi sur la
colline de Sion, la plus élevée de toutes; la ville d'en bas, sur la colline
d'Acra, au nord de Sion et de Morija; la nouvelle ville, au nord, sur une
colline qui était primitivement plus basse, et qui fut élevée par des travaux
et des terrassements subséquents: c'est cette ville neuve que Hérode Agrippa
chercha à réunir à la vieille ville. Entre la haute et la basse ville passait
du nord-ouest au sud-est, jusqu'à la source de Siloé, la vallée des faiseurs de
fromage (Tyropéens), devenue peu à peu une rue par les nombreuses constructions
qui y furent faites. Au sud-est s'élevait le temple sur la montagne de Morija,
qui touchait au nord-ouest, par la forteresse Antonia, à la ville inférieure,
et communiquait par des ponts avec la ville d'en haut: cette dernière était
fortifiée par une muraille garnie de soixante tours ou tourelles, dont les
trois plus importantes (Hippique, Phasaël, et Marianne) avaient été élevées par
Hérode le Grand, et qui formaient comme une couronne autour de la colline; la
ville d'en bas, qui touchait au sud à la ville d'en haut, était garnie d'une
muraille avec quatorze tours à sa partie septentrionale; enfin la muraille de
la nouvelle ville était la plus forte et la plus solide de toutes, ayant 20
coudées (11 mètres) de haut, ou 23 (11m,50) en comptant les créneaux et les
parapets, et construite probablement en zigzag, puisque Flavius Josèphe lui
donne quatre-vingt-dix tours, dont la principale, au nord-ouest, avait 70
coudées de haut. Vers le nord, Jérusalem avait trois rangs de murailles; le sud
(Sion et Morija) n'en avait qu'un seul, ces collines étant suffisamment
protégées, à l'est, au sud, et au sud-ouest, par les rapides vallées qui
étaient à leur pied. On voit que Jérusalem pouvait à juste titre passer pour
une forte citadelle. Flavius Josèphe lui donne une lieue et demie de tour (33
stades) Hécatée lui donne 50 stades, et une population de 120,000 âmes, chiffre
bien peu élevé en comparaison de l'évaluation de Flavius Josèphe, qui porte à
2,700,000 le nombre des hommes qui se trouvaient dans la sainte cité les jours
des fêtes solennelles.
Outre le temple, dont nous reparlerons en son lieu, il
faut nommer parmi les édifices les plus remarquables de Jérusalem:
a. La
citadelle Antonia, bâtie par Jean Hyrcan, qui lui donna d'abord le nom de
Baris, puis fortifiée et embellie par Hérode en l'honneur de Marc Antoine. Elle
était située sur un rocher escarpé de 50 coudées de hauteur, au nord-ouest du
temple, avec lequel elle communiquait par des passages dérobés; elle présentait
dans son intérieur toute l'apparence d'une ville, des places, des allées, des
statues, et un grand nombre de bâtiments. Aux quatre coins étaient des tours,
dont celle du sud-ouest, qui était la plus rapprochée du temple, avait 70
coudées de haut; elle dominait ainsi non seulement le temple, mais la ville
toute entière, et les Romains y entretinrent longtemps une garnison; c'est là
que Paul fut conduit et détenu, Actes 21:34,37; 22:24; 23:10.
b. Le
palais d'Hérode, magnifique bâtiment de marbre, entouré de murs de 30 coudées
de hauteur, non loin des trois tours septentrionales de la ville supérieure.
c. le
Xyste, grande place publique entourée d'allées et de galeries vers la partie
est-nord-est de la ville d'en haut, communiquant par un pont avec le temple.
d. La
tour d'Ophel, q.v., vers la muraille orientale de la ville supérieure.
e. Le
prétoire,
— Voir: cet article et Procurateurs.
Hérode Agrippa II semble avoir le premier imaginé le
pavage des rues.
Les environs de la ville, surtout vers le nord,
étaient riches en jardins et en maisons de plaisance, 2 Rois 25:4; Jérémie
39:4; Néhémie 3:15: on y trouvait aussi quelques lieux de sépulture; quant aux
étangs et rivières,
— Voir: Roguel et Siloé.
Depuis l'exil, Jérusalem a été la proie des nations;
son histoire est celle de tout Israël.
Elle fut prise successivement, en 320 (ou 323), par le
roi d'Égypte Ptolémée Lagus; en 161, par Antiochus Épiphanes de Syrie; en 36
(l'an 717 de Rome), par Hérode le Grand, devenu roi des Juifs; enfin, l'an 70
avant J.-C., par Titus, fils de Vespasien: massacre effroyable dans lequel
périrent plus d'un million de Juifs, et dans lequel la plus belle des villes
devint en peu de jours la plus mémorable des ruines. Titus laissa subsister les
trois tours du nord, la muraille occidentale et quelques maisons; mais ces
débris eux-mêmes furent démolis en 136, quand Adrien eut résolu de faire
construire sur l'emplacement de l'ancienne Jérusalem, une nouvelle ville sous
le nom de Ælia Capitolina, et à la place du temple de Jéhovah un temple de
Jupiter; mais cette colonie militaire n'occupa jamais tout l'emplacement
qu'embrassait le centre de l'israélitisme. Aujourd'hui Jérusalem n'est plus
rien, c'est une ville de 4630 pas de tour, un évêché anglo-prussien, le
rendez-vous de 25,000 habitants de toutes les nations et de tous les cultes;
seuls ses anciens maîtres, les Juifs, y marchent en courbant la tête, honteux
de s'y trouver, triste monument de la vérité des prophéties et de la ferme
exécution des menaces divines.
Nommons parmi les ouvrages bons à lire pour compléter
les secs et incomplets détails qui précèdent, Schubert, Chateaubriand,
Lamartine, Ackermann, Keith (les Juifs d'Eur. et de Palest.), le Journ, d'un
Voyage au Levant, t. III; en allemand, une intéressante monographie de Joh.
Bail, Strauss (Sinaï und Golgatha); et la thèse de M. A. Coquerel fils, qui se
recommande à plus d'un titre. Il serait facile d'en ajouter d'autres, peut-être
de meilleurs, mais ceux-là suffisent, et touchent, par leur diversité de but et
de plan, aux divers points qui peuvent intéresser le géographe et le chrétien
biblique.
Que sera la nouvelle Jérusalem de l'Apocalypse 21:2?
Cette question ne peut se traiter ici; mais comme on ne la traite presque nulle
part, il importe de la rappeler: Jérusalem sera restaurée, et deviendra de
nouveau le centre du peuple de Dieu, la capitale du monde, et la résidence de
celui qui aura vaincu l'Anti-christ.
Considérons toutefois
que la Jérusalem actuelle de nos temps modernes n’est plus la cité du Dieu
Vivant, mais l’autorité ou image de la bête (Apoc. 13 :14,15). La Jérusalem
terrestre doit disparaître pour qu'apparaisse la Jérusalem céleste. La
Jérusalem restaurée au mois de Juillet 1967, n'est pas le centre du peuple de
Dieu mais du peuple de Satan. Sa restauration correspond au numéro 666 dans
l'Apocalypse. Elle est le symbole, avec le Vatican, du poison de l'Arminianisme
qui se répand sur toute la face de la terre pour former le christianisme
contrefait des derniers jours.
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JÉSABEL ou Izébel.
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1. La
plus méchante peut-être de toutes les femmes qui ont jamais occupé un trône.
Païenne de naissance, fille d'Ethbahal, roi de Tyr et de Sidon, elle était la
sœur de Badezorin, le grand-père de Pygmalion et de Didon. Toujours adoratrice
des dieux païens, dont le patronage favorisait ses voluptés et ses cruautés, elle
épousa sans crainte un Juif de nom, Achab, qui lui apportait un trône et une
grande tolérance pour le crime: elle sut rendre son époux plus idolâtre et plus
sanguinaire encore (918 avant J.-C.). Elle jura l'extermination d'un culte qui
ne pouvait être exterminé, et la mort d'un prophète, Élie, qui ne devait point
mourir. Élie réussit mieux avec Naboth, qu'elle fit tuer pour avoir sa vigne;
mais ce crime envers un homme du commun peuple ne fut pas moins enregistré
devant Dieu, et Élie lui annonça que les chiens dévoreraient son corps. Achab
mourut, et Jésabel vit le règne de ses deux fils, Achazia et Joram; puis vint
Jéhu, l'exterminateur de sa dynastie. Le palais d'Achab était probablement près
des murs de la ville, non loin du champ de Naboth: Jésabel, voyant arriver
l'usurpateur, se montra tout ornée à l'une des fenêtres du palais, peut-être
pour voir Jéhu, peut-être pour le braver, le séduire ou le menacer; mais Jéhu
parla, et cette odieuse femme fut précipitée dans la rue, où les chiens la
dévorèrent et la firent disparaître en peu d'heures. 1 Rois 16:31; 18:4; 19:1;
21:5; 2 Rois 3:2; 9:7.
— Son nom signifie, selon les uns, l'insulaire; selon
les autres, intacte, pure, une Agnès: on l'a conservé dans l'Isabelle moderne.
2. Femme
de l'église de Thyatire, qui n'est connue que par la mention de l'Apocalypse
2:20. L'Esprit lui reproche ses impudicités et ses doctrines idolâtres; le nom
qui lui est donné n'est probablement qu'une épithète, un souvenir de l'ancienne
Jésabel, qu'elle rappelait par sa scandaleuse conduite. On pense que c'est une
femme de haut rang, que Jean n'a pas voulu nommer.
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JESSÉ,
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— Voir: Isaï.
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JÉSUAH, ou Jéhosuah,
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Esdras 2:2; 3:2; 4:3; 5:2. Néhémie 7:7; 12:1 (536
avant J.-C.), fils de Jéhotsadak, exerça, sous Zorobabel, les fonctions de
souverain sacrificateur, auxquelles il avait droit quoique son père n'eût pu
les exercer; il se montra digne de sa tâche, combattit les machinations des
Samaritains, et travailla sans relâche à la reconstruction de Jérusalem et du
temple. Son nom se retrouve Aggée 1:1; 2:2. Zacharie 3:1; 6:11. Dans ces deux
derniers passages, il est nommé comme emblème du peuple, d'abord opprimé puis
restauré, et il rappelle, par sa lutte avec Satan, que le véritable empire et
la véritable sacrificature d'Israël ne trouveront leur réalité qu'en Christ.
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JÉSUS.
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1. Jésus-Christ,
— Voir: l'article suivant.
2. —
Voir: Juste.
3. Jésus,
fils de Sirach, auteur du livre de l'Ecclésiastique ou la Sapience; il a vécu
sous Ptolémée Évergète, et on ne le rappelle ici que pour mémoire.
— Jésus est la forme grecque de l'hébreu Josué ou
Yéhôshuah; il signifie sauveur, et fait du premier Josué qui a introduit la
race élue dans la Canaan terrestre, un vrai type de celui qui a ouvert la
Canaan céleste à ceux qui croiront en lui.
________________________________________
JÉSUS-CHRIST.
________________________________________
Devant ce nom, qui est à la fois celui d'un homme et
celui de Dieu manifesté en chair; ce nom, le seul qui ait été donné aux hommes
par lequel nous puissions être sauvés; ce nom à l'ouïe duquel tout genou se
ploie, dans le ciel et sur la terre; devant ce nom la raison s'humilie dans le
sentiment profond de son impuissance, et la foi, posant son doigt divin sur nos
lèvres, nous invite à adorer en silence ces choses que l'œil n'a point vues,
que l'oreille n'a point entendues, qui ne sont point montées au cœur de
l'homme, et dans lesquelles les anges eux-mêmes désirent de regarder jusqu'au
fond.
La nature de Christ et les caractères de sa mission,
sa présence et son oeuvre, son apparition dans l'histoire et son rôle en dehors
du temps, tout est pour la pensée une source de questions pleines d'intérêt
sans doute, mais aussi pleines d'obscurité. Comment concevoir et définir la
personnalité du Fils, ses rapports avec le Père et le Saint-Esprit, l'union de
la divinité et de l'humanité dans sa personne; son œuvre de roi, de
sacrificateur et de prophète; son origine, sa naissance, sa vie, sa mort, sa
résurrection, son action dans l'Église et auprès du Père; son second avènement,
son règne futur?
Que peuvent dire et la physiologie et la psychologie
pour expliquer son corps et son âme?
— ce corps formé tout à la fois et par l'influence du
Saint-Esprit et dans le sein de la chair, cette âme douée de toutes les
facultés, accessible à toutes les émotions humaines, et empreinte de toutes les
perfections, de toute la majesté divine;
— ce corps qui, en forme de chair de péché, naît
débile, croît, se développe, ressent la fatigue et la souffrance, subit la
mort, mais ne peut être retenu par elle, sort du sépulcre, encore susceptible
d'accomplir les fonctions animales, et pourtant échappe aux lois de la matière,
et s'élève d'une manière visible vers ce royaume où la chair et le sang ne
peuvent entrer;
— Cette âme qui, elle aussi, se développe, croît en
sagesse, souffre, se réjouit, s'attache, ressent la tentation, s'abat dans la
tristesse, puis se relève triomphante au milieu de toutes les faiblesses, pure
de toute souillure, et ferme, sereine, sainte, radieuse, révèle au monde
l'idéal d'une grandeur humaine qui se confond avec la grandeur même de Dieu.
— Tous ces problèmes peuvent à peine être indiqués
ici. Nous ne saurions songer, nous ne disons pas à les résoudre, la science de
l'homme n'y suffirait pas, mais même à les examiner dans leurs détails. Ils
sont d'ailleurs du ressort de la dogmatique, de la psychologie et de la
philosophie, et ne sauraient être abordés dans ce travail.
Nous n'avons pas davantage la prétention d'écrire une
biographie de Jésus. Par des motifs de convenance, plusieurs auteurs ont cru
bien faire que de supprimer l'article entier; une telle vie est trop haute,
disaient-ils, et trop riche, pour qu'une plume purement humaine réussisse à en
tracer un tableau satisfaisant: la main des évangélistes, guidée par l'esprit
même de Christ, a pu seule se charger de ce soin. Nous comprenons ce scrupule,
mais sans le partager entièrement, et ce qui nous arrête, c'est moins cette
pensée, que la considération même de l'étendue du sujet, et les développements
considérables qu'il exige pour être traité d'une manière convenable. Tout
l'Évangile, d'ailleurs, se résume en Jésus; en lui se résume aussi l'histoire
de ceux qui l'ont vu, annoncé, accompagné et prêché; sa vie se rattache à une
foule d'hommes et de faits qui trouvent déjà leur place ailleurs, et qui, se
reproduisant ici, feraient nécessairement double emploi.
Nous nous bornons donc à donner quelques explications
sur les points suivants.
1. Le
nom de Jésus signifie Sauveur; le nom de Christ signifie oint: ce sont à la
fois des noms propres et des noms d'attributs. Le dernier est la traduction
grecque de l'hébreu Messie ou Mashiach. Jésus s'appelle encore Emmanuel, q.v.,
le dernier Adam, Scilo, David, Osée 3:5; Jérémie 30:9, germe, Jérémie 23:5;
Zacharie 3:8, Micaël, Daniel 12:1, roi, prophète, avocat, Nazarien, roi des
rois, pâque, défenseur, souverain sacrificateur, etc. La Concordance de M.
Mackenzie, p. 734, sq., compte près de deux cents noms et titres donnés à
Jésus, dans l'Écriture.
2. La
venue de Jésus est supposée d'un bout à l'autre de l'Ancien Testament, depuis
l'instant de la chute, Genèse 3:15. Les cérémonies du culte lévitique, le
mosaïsme tout entier, le sacerdoce et les prophètes l'annoncent et lui rendent
d'avance témoignage; Jésus a mis le sceau à leurs visions, cf. Daniel 9:24. Les
types et les prophéties messianiques abondent; il faut se tenir en garde
toutefois contre l'imagination qui pourrait en faire voir partout. Girard des
Bergeries a peut-être exagéré les types, Hengstenberg, dans sa Christologie, a
été préoccupé outre mesure de son sujet, et a multiplié le nombre des oracles
relatifs au Messie. Ces deux ouvrages n'en ont pas moins une grande valeur, et
méritent d'être étudiés. Les faits principaux de la vie de Jésus sont annoncés
clairement: l'époque de sa naissance, Daniel 9:25; le lieu, Michée 5:2; sa
naissance d'une vierge, Ésaïe 7:14; son nom, ibid.; son surnom (Nazarien,
rejeton) Ésaïe 11:1; son retour d'Égypte, Osée 11:1; le massacre des innocents,
Jérémie 31:15; l'œuvre du précurseur, Ésaïe 40:3; Malachie 3:1; 4:5; la mission
de Christ, Ésaïe 53; son entrée dans Jérusalem, Zacharie 9:9; son humiliation,
ses souffrances, sa mort expiatoire, le prix auquel il serait livré, les
méchants qui seraient mis à mort avec lui, sa glorieuse sépulture, sa
résurrection, Psaumes 22, Ésaïe 52:13-53:12; Zacharie 11:13; cf. Jérémie 18:1;
sq.; l'Église enfin qui naîtrait de son travail, de sa doctrine, et de son
sang, Zacharie 6:12, etc. Il est beaucoup d'autres prophéties immédiatement et
exclusivement applicables à Christ; nous avons indiqué les principales. On peut
voir encore Aggée 2:6-9; Zacharie 12:10; Daniel 2:44; 7:13; Psaumes 2, 45, 102,
110, etc.
3. L'année
de la naissance de Jésus ne peut pas être déterminée d'une manière exacte; mais
ce qui paraît prouvé, et assez généralement admis, c'est qu'elle est de
quelques années antérieures à l'an 1 de l'ère chrétienne. On voit, en effet,
par Matthieu 2:1-6, que Jésus est né du vivant d'Hérode le Grand, mais peu de
temps avant sa mort. Or Hérode mourut l'an 750 de Rome, un peu avant Pâque
(Flavius Josèphe, Antiquités Judaïques 17, 8, 1-14; 14, 5-17, 9, 3). Si, de
cette date, nous défalquons les jours de la purification, le temps de la visite
des mages, le voyage en Égypte, le séjour dans ce pays jusqu'au moment de la
mort d'Hérode (et six mois ne seront pas un chiffre exagéré), il en résulte que
le Christ est né au plus tôt dans l'automne de l'an 749 de Rome, quatre ans
avant notre ère.
— Une seconde donnée historique nous apprend, Luc
3:1-2, que Jean-Baptiste commença son ministère en la 15e année de Tibère;
Jésus au moment de son baptême avait trente ans, Luc 3:23. L'un et l'autre
étaient sans doute entrés en fonctions au même âge, conformément à l'usage
lévitique, Nombres 4:3,35, sq. Si nous reculons de trente ans en arrière, nous
arriverons à connaître l'année de la naissance des deux cousins. Auguste était
mort le 29 août 767; il fut immédiatement remplacé par Tibère, qui était déjà
son associé sur le trône depuis deux ou trois ans. Ces années de corégence
comptent habituellement dans la vie des rois: Tibère serait donc monté sur le
trône en 765 ou même en 764; sa 15e année tomberait sur l'an 773, d'où il
suivrait que Jean, né trente ans auparavant, serait né en 748, et notre
Seigneur en 749. (Si cependant on ne date les années du règne de Tibère que
depuis la mort d'Auguste, la naissance du Seigneur tombe sur l'an 752, résultat
sensiblement différent de celui que donne Matthieu).
— On trouve un troisième indice, mais également sujet
à incertitude, dans Jean 2:20, «On a été quarante-six ans à bâtir ce temple.»
Flavius Josèphe dit qu'Hérode a commencé la restauration de cet édifice la 18e
année de son règne, mais ailleurs il nomme la 15e (Antiquités Judaïques 15, 11,
1. Guerre des Juifs 1, 21, 1), comme il donne aussi tantôt trente-sept, tantôt
trente-quatre ans au règne de ce monarque, suivant qu'il le fait commencer à la
mort d'Antigone, ou à sa confirmation par les Romains. Ce n'est qu'en 714 qu'il
fut proclamé roi; la 18e année de son règne tomberait donc sur l'an 732, et la
première Pâque de notre Sauveur, dans la 47e année du temple restauré, sur l'an
779. Jésus avait alors trente ans et quelques mois, et sa naissance remonterait
à l'automne 748. Certains donnent la date de naissance de Jésus comme étant le
22 Septembre.
— Notons enfin une tradition conservée par les pères
latins (Tertullien, Lactance, Augustin), portant que la mort de notre Seigneur
eut lieu sous le consulat de Rubellius et de Fuflus, c'est-à-dire l'an de Rome
782. Si, comme on le suppose ordinairement, la vie de Jésus a été de
trente-trois ans et demi, sa naissance tomberait encore sur l'an 748; mais
c'est une question à part.
— Quelques écrivains modernes se fondant sur Matthieu
2:16, et prolongeant le séjour d'Égypte, pensent que Jésus avait déjà deux ou trois
ans à la mort d'Hérode, et le font naître par conséquent déjà en 747 (Münter,
etc.). C'est la même année que fixent également ceux qui, avec Keppler et
Ideler, voient dans l'étoile des mages la conjonction de Jupiter et de Saturne
qui eut lieu cette année-là.
— Il résulte de ce qui précède que Jésus a dû naître
quatre à cinq ans au moins avant l'ère vulgaire, et qu'il a pu naître quelques
années plus tôt encore. L'ère vulgaire a été fixée au vie siècle, par l'abbé
Denys (Dionysius) Exiguus qui lui a donné son nom; elle a été employée par Bède
le Vénérable (première partie du VIIIe siècle) dans ses ouvrages historiques,
et bientôt après dans des actes publics, par les rois francs Pépin et
Charlemagne.
— L'époque de l'année en laquelle Jésus naquit est
plus difficile encore à déterminer; ce qu'il y a de sur, c'est que ce ne fut
pas en hiver, puisque les bergers gardaient les brebis dans les champs. Selon
Lardner, ce serait entre la mi-août et la mi-novembre; selon l'archevêque
Newcome qui prend la moyenne, ce serait le 1er octobre; Winer donne une marge
plus grande, et n'exclut que la saison froide. En fait, il n'y a aucune donnée
positive; le 25 décembre commença à prévaloir au IVe siècle, comme jour de la
nativité, et si l'on en croit Léon le Grand, qui mourut en 461, il y avait bon
nombre de gens à Rome qui célébraient ce jour bien moins à cause de la
naissance du Sauveur qu'en l'honneur du soleil renaissant (Sermon XXI, chapitre
6).
4. Les
généalogies. Matthieu 1:1-16; et Luc 3:23-38, donnent l'un et l'autre la
généalogie de Jésus; l'un, écrivant pour les Juifs, prend Abraham pour point de
départ; le second, écrivant pour les nations, remonte jusqu'au chef de
l'humanité, Adam, et jusqu'à Dieu. Matthieu divise ses générations en trois
groupes de quatorze membres chacun; le premier groupe, période de la promesse,
va d'Abraham à David; il y manque plusieurs anneaux, notamment entre Salmon et
Jessé.
— David, qui est le dernier terme de la première
division, compte aussi comme le premier de la seconde; il est deux fois compris
dans les quatorze; cette seconde période, celle des types rois, s'étend
jusqu'aux jours de la transportation; au verset 8, entre Joram et Hozias, il
manque trois anneaux, Achazia, Joas, Amatsia; au verset 11, les meilleures
autorités portent simplement: «Et Josias engendra Jéchonias, etc.», en omettant
la mention de Jakim, qui n'est qu'une glose, mais la glose bien naturelle d'un
copiste qui avait remarqué une lacune, et qui voulait la combler; seulement
elle a été maladroitement comblée. Historiquement, Josias engendra Jéhojakim et
ses frères; Jéhojakim n'engendra que Jéchonias, et peut-être un Sédécias mort
bientôt, 2 Rois 23:34; 2 Chroniques 36:4; cf. 1 Chroniques 3:15-16. Les frères
de Jéhojakim sont donc les oncles de Jéchonias, et le verset 11 doit se
traduire, quant au sens du moins: «Josias engendra (fut le père ou grand-père
de) Jéchonias, et ses oncles.» II manque donc à cette division quatre noms au
moins, et au lieu de quatorze on en devrait compter dix-huit, ce qui a fait supposer
à quelques commentateurs que le verset 17, n'était qu'une note qu'un copiste
aurait plus tard fait passer dans le texte; mais l'accord des manuscrits s'y
oppose. Il est plus probable que ces quatre noms étaient habituellement omis
dans les tables généalogiques, sans qu'il y ait pour cela de motif à nous
appréciable (on peut voir une omission semblable dans la généalogie d'Esdras,
7:1-5; cf. 1 Chroniques 6:3-15). Dans le troisième groupe (abolition de la
royauté et des types rois), Salathiel est noté comme père de Zorobabel
(Matthieu et Luc), tandis que, d'après 1 Chroniques 3:19, Zorobabel était fils
de Pédaja, son frère; il faut donc supposer, avec Hug (II, 269), que Zorobabel
était le fils aîné de Pédaja et de la veuve de Salathiel, qui était mort sans
enfants, et que pour cela il fut inscrit sur les registres de Salathiel,
conformément à la loi du lévirat, Deutéronome 25:6. Au verset 13, Abiud, et Luc
3:27, Résa, sont nommés comme fils de Zorobabel; leurs noms ne se trouvent pas
1 Chroniques 3:19, mais cela n'a guère d'importance. Enfin, verset 16, nous
voyons en quelque sorte l'esprit de cette généalogie; elle est légale: Jésus
descend de David légalement, par Joseph, le mari de Marie; la formule
«engendra» disparaît entre Joseph et Jésus; après avoir suivi la filiation
officielle de Joseph, Matthieu constate que, si Jésus appartient à la famille
de Joseph, il ne lui appartient que légalement, civilement, et non selon la
chair. Jésus était l'héritier naturel, légitime, de Joseph, puisque Joseph, qui
avait d'abord voulu renvoyer Marie, l'avait, sur l'ordre de Dieu, épousée avant
la naissance de Jésus, verset 18; ses droits au trône de David passaient ainsi
à celui qui légalement était son fils aîné; en même temps il doit rester établi
pour les lecteurs que Joseph n'était point le père de Jésus, mais seulement le
mari de sa mère.
En comparant les deux généalogies, nous trouvons dans
chacune une partie qui commence à David et se termine à Salathiel, mais par
deux filiations différentes:
Matthieu 1 David Luc 3
|
________________________________________
Salomon
|
Jéchonias Nathan
|
Néri
________________________________________|
Salathiel
Zorobabel, etc.
5. Ainsi,
Matthieu désigne Salathiel comme fils ou descendant de Jéchonias et de Salomon,
tandis que Luc le désigne comme fils de Néri et de Nathan. L'hypothèse de
Paulus qui, pour écarter la difficulté, suppose deux Salathiel, est trop
hardie. On peut voir ailleurs l'explication que nous avons donnée de cette
espèce de divergence; Salathiel est fils d'Assir, de fait et de droit, et
petit-fils de Néri selon la chair, de Jéchonias selon la loi.
— Voir: Salathiel.
On est assez généralement d'accord à supposer, quoique
rien ne le dise positivement, que Luc a donné la généalogie de Marie; les
rapports de Joseph à Héli, verset 23, seraient ceux de gendre à beau-père,
relation légale d'ascendance et de descendance, que le texte ne contredit
point, puisque les relations de parenté ne sont indiquées que par la
juxtaposition des noms dont l'un régit l'autre, sans indication du degré; le
génitif peut sous-entendre père, fils, etc.; le texte porte littéralement:
«Fils, comme on l'estimait, de Joseph d'Héli», ces deux noms n'étant point unis
par le mol fils. Il serait étonnant, d'ailleurs, que la descendance directe de
Joseph fut indiquée dans la branche de Nathan, lorsqu'on pouvait le rattacher
directement à la branche beaucoup plus glorieuse de Salomon. S'il s'agissait,
en effet, de la généalogie de Marie, fille d'Héli, Luc l'aurait donnée pour
établir que Jésus descendait de David, non seulement selon la loi, mais aussi
selon la chair. Marie était réellement de la famille royale, ce qui nous paraît
ressortir de Luc 1:27. («qui était de la maison de David», se rapporte à «une
vierge»); de 2:5, où l'enregistrement de Joseph et de Marie dans le même
endroit suppose une même origine et une proche parenté; enfin et surtout de
Romains 1:3 (Hébreux 7:14), où Jésus est appelé fils de David selon la chair,
— Voir: Orig. cont. Celse, et S. Basnage, Ann. I, 88.
— Ceux qui pensent que Luc donne, comme Matthieu, la
filiation de Joseph, font d'Héli et de Jacob deux frères, dont l'un serait mort
sans enfants; Joseph, le fils aîné du survivant, serait légalement attribué au
défunt.
— Sur l'ensemble de cet article, dont nous n'avons pu
qu'effleurer les difficultés,
— Voir: les commentaires, et spécialement en anglais
Robinson.
6. Parents
de Jésus,
a. Marie,
sœur de la mère de Jésus, Jean 19:25, femme de Cléopas ou Alphée.
b. Élisabeth,
cousine de Marie, Luc 1:36.
c. Jacques,
Joses, Simon et Judas, frères de Jésus, Jean 7:3,5,10; 1 Corinthiens 9:5;
Matthieu 12:46; 13:55; Marc 3:32; Luc 8:19; Jean 2:12; Actes 1:14. On a voulu
donner au mot
άδελφοί le sens de cousins, pour concilier ces nombreux
passages avec la soi-disant virginité perpétuelle de Marie; ce sens est
possible, mais il est forcé: on ne comprend pas, en effet, l'affectation avec
laquelle les évangélistes emploieraient continuellement le mot frères dans un
sens qui n'est pas ordinaire, pour éviter le mot propre, qui ne se prête à
aucune équivoque. Plus la chose était importante, plus il importait aussi de la
dire de manière à éviter tout malentendu;les apôtres ont employé une expression
qui laisse des doutes sur le degré de cette parenté, et il en résulte au moins
ceci, qu'ils n'attachaient aucune importance au fait, en effet bien
indifférent, de la virginité de Marie. Mais si, à cette régulière répétition du
même mot, qui finit par signifier quelque chose, qui n'est plus un accident,
mais une intention, nous ajoutons le nom de premier-né donné à Jésus, Matthieu
1:25, dans un passage où il est parlé des relations de Joseph et de Marie (cf.
aussi verset 18, avant qu'ils fussent ensemble), on doit convenir que la
probabilité prend un caractère plus déterminé, plus positif. Le fait que ces
frères et sœurs sont constamment avec la mère de Jésus, est également
caractéristique: ce cortège s'explique s'il s'agit d'enfants, il ne s'explique pas
s'il s'agit de neveux et de nièces. On l'a si bien compris, que plusieurs
auteurs ont fini par reconnaître qu'il s'agissait là des frères de Jésus, mais
frères selon la loi, fils de Joseph, et non de Marie: cette explication lève
quelques difficultés, mais elle en laisse subsister d'autres, notamment
Matthieu 1:18,25. Le passage Jean 19:26, qu'on a parfois invoqué pour prouver
que Marie n'avait pas d'enfants, prouve seulement que Jean était plus digne de
recueillir la vieillesse de Marie, alors presque sexagénaire, que des frères
qui n'avaient pas cru en lui, et qui même une fois avaient voulu faire arrêter
Jésus comme aliéné, Marc 3:21; il paraît qu'ils furent convertis par la
résurrection du Seigneur, Actes 1:14, et que ce fait merveilleux les décida de
se joindre à l'Église. Les sœurs de Jésus sont mentionnées Matthieu 13:56; cf.
Marc 6:3.
d. La
tradition fait de Salomé, femme de Zébédée, la sœur de Joseph, père de Jésus;
mais le Nouveau Testament se tait sur cette parenté.
7. Jésus
fut élevé à Nazareth, et l'on conclut de Jean 7:15, qu'il ne fréquenta pas
l'école publique (rabbinique) de la ville. Il apprit l'état de son père,
suivant l'usage de ce temps, et l'on croit qu'il continua, même pendant sa
carrière évangélique, d'y chercher, comme les rabbins, une partie de sa
subsistance. Une variante assez recommandable de Marc 6:3, appuierait cette
opinion. Ses amis et disciples pourvoyaient du reste à tout ce qui pouvait lui
manquer, Luc 8:3; Marc 15:41, et dans ses voyages il trouvait une hospitalité distinguée,
et des soins qu'il devait aux mœurs de l'Orient, et à la notoriété de ses
miracles, Jean 4:45; 12:2. Le collège apostolique avait un petit fonds commun,
destiné aux besoins les plus urgents, Matthieu 14:17; Luc 9:13; Jean 12:6;
13:29. Si Jésus n'était pas riche, Luc 2:24; Matthieu 8:20; 2 Corinthiens 8:9;
cf. Lévitique 12:8, on ne saurait non plus se le représenter comme pauvre et
misérable, cf. Jean 19:23. Ce serait même contraire à l'analogie de la foi, cf.
Psaumes 37:25.
On a fait de nombreuses tentatives pour réunir en une
seule biographie tous les détails que les Évangélistes donnent sur la vie de
Jésus, mais ces Harmonies ont l'inconvénient d'être fort arbitraires, car il
n'y a pas de fil directeur pour guider dans un travail de ce genre. Les
Évangiles sont de simples recueils de faits, qui ne tiennent que peu ou point
de compte de l'ordre chronologique. Il en résulte que tous les essais qui ont
été faits dans ce sens, et celui de Calvin est certainement le plus
remarquable, ne peuvent être considérés que comme des présomptions. L'Évangile
de Jean donne seul quelques dates, mais peu de faits; et c'est à ces dates
qu'il faut rattacher les faits racontés dans les synoptiques.
Jésus demeurait habituellement à Capernaüm; il fit son
premier miracle à Cana. De là, par Nazareth et Capernaüm, il va célébrer à
Jérusalem sa première Pâque, Jean 2:13. C'est après cela qu'il appelle ses
apôtres sur les rives du lac de Génésareth, Luc 5; il visite Gadara et retourne
à Capernaüm; appel de Lévi; fille de Jaïrus; sermon sur la montagne; serviteur
du centenier; envoi des douze apôtres; retour à Jérusalem par Béthanie. Seconde
ou troisième Pâque. Lavoir de Béthesda, retour à Capernaüm, multiplication des
pains; voyage à Tyr et Sidon, Matthieu 15; à Jérusalem par la Pérée; retour en
Galilée; voyage à Césarée de Philippe, et peut-être au mont Hermon où eut lieu
la transfiguration (et non sur le Tabor?) Matthieu 16 et 17, Marc 9, Luc 9;
retour à Capernaüm, en Pérée, à Béthanie, Luc 9 et 10, Matthieu 19; il passe le
Jourdain et revient à Béthanie, Jean 10 et 11; en Éphraïm, à Béthel et Bethsan:
à Jérico, Luc 19; entrée à Jérusalem; dernière Pâque.
— Celui qui voudra se donner la peine d'essayer pour
son compte une harmonie des quatre Évangiles, en comprendra tout ensemble les
difficultés et l'utilité. L'esquisse que nous en donnons fera comprendre l'une,
le travail seul fera comprendre l'autre. On trouvera un plan approximatif des
voyages de Jésus, dans le Bibel-Atlas de Weiland et Ackermann; c'est une carte
qui manque au Scripture-Atlas de Bagster.
La liste complète des miracles, et celle des paraboles
du Sauveur, se trouve dans Bickersteth, Considérations sur l'Écriture sainte,
p. 98 et 108.
8. La
durée de son ministère ne peut être déterminée d'une manière exacte et sûre. Néanmoins selon le prophète Daniel le
ministère de Christ est de 3 ans et demi. On trouverait les éléments de
cette recherche dans le nombre des Pâques que Jésus a célébrées, mais les trois
premiers évangélistes ne mentionnent que la dernière, et Jean qui parle de cinq
fêtes juives que Jésus aurait faites à Jérusalem, outre une Pâque qu'il a
passée en Galilée, ne les détermine pas assez nettement pour qu’on n’en puisse
rien conclure à coup sûr. Trois Pâques au moins sont cependant indiquées: la première,
Jean 2:13, peu après le baptême de Jésus, ainsi presque au commencement de son
ministère; la seconde, Jean 6:4, Jésus est en Galilée; la troisième et dans
tous les cas la dernière, Jean 12 et 13. Le ministère de Jésus aurait ainsi
duré un peu plus de deux ans. Mais si la fête des Juifs, Jean 5:1, doit être
entendue de la Pâque, ce serait une année de plus qu'il faudrait ajouter à la
durée de sa carrière publique. Sans entrer dans des détails qui sont du ressort
des commentaires, on peut dire que le mot fête, même sans article, désigne
souvent la Pâque, Matthieu 27:15; Marc 15:6; Luc 23:17; cf. Jean 18:39; que
Jean, qui a l'habitude de mesurer le temps par les fêtes, n'a pas voulu dire
simplement qu'il y avait une fête, mais la fête, ce qui semble se rapporter
plus spécialement à la Pâque; qu'il ne peut guère être question ici, ni de la
fête de Pentecôte, ni de celle des Tabernacles, ni de celle de Purim, quoique
ce soit l'opinion de Keppler, proposée pour la première fois en 1615, et
adoptée aujourd'hui par Hug, Neander, Olshausen, Tholuck, Meyer, Wieseler; que
la plupart des auteurs anciens et modernes se prononcent pour la Pâque; ainsi
Irénée: «Et posthac iterum secundâ vice adscendit (Jésus) in diem Paschæ in
Hierusalem, quando paralyticum, qui juxta natatoriam jacebat XXXVIII annos,
curavit, etc.;» c'est l'opinion d'Eusèbe et de Théodoret, de Luther, Scaliger,
Grotius, Lightfoot, Leclerc, Lampe, Hengstenberg, Greswell, etc. Cyrille et
Chrysostome, Érasme, Calvin, Bèze et Bengel, pensent qu'il s'agit de la
Pentecôte. Lücke et De Wette laissent la question indécise.
On voit que les limites de la vie publique de Jésus
sont entre deux ans et demi et trois ans et demi. D'après ce que nous avons dit
de l'époque de sa naissance, et en se rappelant qu'il commença son ministère à
l'âge d'environ trente ans, il serait mort à l'âge de trente-deux ou
trente-trois ans, et vers l'an 28 ou 29 de 1ère chrétienne; les termes extrêmes
sont l'an 781 et l'an 783 de Rome, quoique plusieurs pères de l'Église le
fassent mourir à un âge beaucoup plus avancé, quarante ou cinquante ans, et ne
lui donnent en outre qu'une carrière publique de huit à dix mois, d'un an au
plus. Selon la prophétie des 70 semaines du prophète Daniel, le ministère de
Jésus semble avoir été de trois ans et demi, puisque Christ est retranché dans
la moitié de la dernière semaine lorsqu’il fait cesser le sacrifice du temple
par le sien, établissant ainsi la Nouvelle Alliance en son sang versé sur la
croix (Dan. 9:26,27).
— Voir: Winer, Realw.
9. Calme
et tranquille dans la pacifique révolution qu'il apporte au monde, Jésus ne
veut pas démolir le judaïsme avant d'avoir établi le christianisme. Il continue
d'observer lui-même les prescriptions de la loi, et s'il les maintient dans
toute leur sévérité, en opposition à la lâche tolérance des prêtres d'alors,
c'est peut-être pour constater une dernière fois qu'il est impossible à l'homme
d'être sauvé par les œuvres. En observant la loi il en détermine l'esprit. Il
fait du bien à tous, aux païens comme aux Juifs, au centenier de Capernaüm, à
la syrophénicienne, comme à Jaïrus, le chef de la synagogue; il supporte les
intolérants Samaritains, et les protège contre l'intolérance de ses disciples;
il ne craint pas de s'entretenir publiquement avec une femme de cette nation
détestée des Juifs; peu soucieux de l'opinion publique, et la bravant, il
s'établit en Galilée, et choisit ses amis et ses disciples parmi les humbles et
méprisés Galiléens, protestant ainsi de diverses manières contre les préjugés
de l'orgueil humain, de l'orgueil national, de l'orgueil hiérarchique, et de
l'orgueil personnel. Il pardonne aux pécheurs, il est l'ami des pauvres, des
péagers, des gens de mauvaise vie; il habite avec eux, et les reprend avec
douceur, les relevant au lieu de les abaisser; il semble n'avoir de paroles
sévères que pour les grands de ce monde et les dignitaires du temple; Hérode
est un renard, les prêtres et tout ce qui est à leur dévotion, une race de
vipères. On le voit pleurer avec ceux qui pleurent, avec la veuve de Naïn, avec
la famille de Lazare; l'amour est le fond de son caractère; il embrasse tout,
il supporte tout; il aime tout ce qui a un cœur d'homme, il aime surtout les
faibles et les chétifs; c'est aux pauvres que l'Évangile est annoncé; il
représente l'humanité dans le sens le plus large; il prêche la fraternité
universelle. On ne doit donc pas s'étonner de voir son nom devenir si
populaire, de son vivant encore, et servir aux générations de dix-huit siècles,
comme un symbole de ce qu'il y a de plus divin dans l'humanité; là même où
l'Église l'a méconnu, le peuple l'a reconnu et revendiqué, souvent mal à propos
et dans l'ignorance, mais cette ignorance est la faute de ceux qui ne l'ont pas
compris eux-mêmes, lorsqu'ils étaient chargés de l'expliquer. Aux jours de
Jésus le peuple attendait le libérateur d'Israël, mais un libérateur terrestre;
et dans tous les temps Jésus a été considéré par les peuples comme le
représentant d'un libéralisme politique; c'est une erreur qu'il faut imputer
avant tout à ceux qui ont voulu faire du christianisme un moyen de régner, et
qui n'ont pas voulu comprendre que son règne n'est pas de ce monde.
— Voir: Bastie, Démocratie et Religion, p. 29.
10. Les
ouvrages les plus importants à consulter sont, outre les commentaires: la Vie de
Jésus par Hess, écrite surtout en vue de l'édification; la Vie de Jésus, par
Néander, écrite davantage au point de vue scientifique et dogmatique; divers
fragments de Herder dans ses Œuvres mêlées, et la plupart des voyages en
Palestine. En français nous n'avons presque rien; aucune vie de Jésus
proprement dite; quelques travaux spéciaux seulement, et limités dans leur but;
quelques traductions de l'allemand, Sander, Olshausen; puis, sur l'Oraison
dominicale, Bonnet, les Discours du pasteur Bridel, de Lausanne, et les
Conférences de J. Martin, de Genève; la Famille de Béthanie, par Bonnet;
quelques travaux dogmatiques de Malan, Gaussen, Roussel; sur son Procès,
l'ouvrage de M. Dupin; sur sa Passion, un grand nombre de discours (Saurin, Ad.
Monod, H. Monod, Grand-pierre), et de recueils, parmi lesquels nous citerons
Francillon, Galland, Dardier, les Homélies du R. P. Innocent, traduction du
russe par A, de Stourdza, les Conférences de J. Martin, etc. Nous rappelons
aussi pour mémoire l'ouvrage fabuleux du docteur Strauss, et les nombreuses
réfutations dont il a été l'objet.
11. On
ne possède aucune donnée authentique sur la figure et la taille du Christ; les
représentations et portraits les plus anciens qu'on en a faits, n'ont aucune
valeur historique: ainsi, la statue d'airain que lui érigea, dit-on, à Panéas
(Césarée), l'hémorrhoïsse qu'il avait guérie, monument qui fut détruit par
ordre de l'empereur Julien; ainsi, le portrait que Jésus aurait lui-même envoyé
à Abgare, roi d'Édesse; ainsi, le saint mouchoir qui aurait servi à essuyer sa
sueur, et aurait reçu miraculeusement l'empreinte de sa ligure (le même qui a
dernièrement pâli à Rome, et dont les yeux ont lancé des éclairs d'indignation
à propos de la ruine commencée de la papauté); ainsi, les portraits que Luc
aurait faits de Jésus, de Marie et de plusieurs apôtres; ainsi encore, la
description qu'en a donnée un employé romain, Publius Lentulus, et dont les
textes varient considérablement:
«Capillos verò circinos et crispos,... barbam habens
copiosam et rubram,... bifurcatam, etc.» Ce que l'on peut dire, c'est que,
selon toute probabilité, Jésus n'avait pas de défauts corporels, qu'il n'avait
rien non plus de bien saillant dans son extérieur, puisque Marie l'a pu prendre
d'abord pour le jardinier, que les disciples d'Emmaüs, et une autre fois les
apôtres, au bord du lac de Tibériade, sont restés quelques moments avant de le
reconnaître. Sa physionomie devait refléter la grandeur de son âme, et cet
amour de l'humanité qui était le fond de son caractère et le mobile de sa
mission; il devait enfin porter l'empreinte de la souffrance. Son regard et sa
voix paraissent avoir eu quelque chose de particulièrement puissant. Quelques
pères, Clément d'Alexandrie, Origène, ont cru, mais à tort, pouvoir conclure de
Ésaïe 53:2, que l'extérieur du Seigneur était méprisable et repoussant, mais
cela se rapporte plutôt à sa mission et à sa condition qu'à son corps et à sa
figure. Néanmoins, par analogie, le Cantique des cantiques semble en donner une
description anticipatoire assez juste (Can. 5 :10-16).
— On peut voir dans Calvin quelques détails de plus
sur ce sujet, et la nomenclature des reliques nombreuses qu'on prétend avoir
conservées de Jésus, depuis le jour de sa naissance et de sa circoncision
jusqu'au jour de son ascension.
Comme essai d'une harmonie des Évangiles, et en
réservant ce que nous avons dit sur la difficulté et l'incertitude d'un travail
de ce genre (I, p. 496) nous présentons ici le tableau synoptique du professeur
Edward Robinson, de New-York, en suivant ses divisions et subdivisions, qui
diffèrent à quelques égards de celles de la Concordance.
PREMIÈRE PARTIE.
Événements relatifs à la naissance et à la jeunesse du
Seigneur.
(Comprenant l'espace d'environ treize ans et demi.)
5 ou 6 avant J.-C.
— (Introduction à l'Évangile de saint Luc.)
— L'ange Gabriel apparaît à Zacharie, et lui annonce
la naissance de Jean-Baptiste.
— Jérusalem; dans le temple. (Luc 1:1-25)
5 avant J.-C.
— Six mois après, le même ange annonce à Marie la
conception miraculeuse, et la naissance de Jésus-Christ. Nazareth.
— Visite de Marie à Élisabeth. Jutta? Hébron?
— Naissance de Jean-Baptiste. Jutta?
— Vision de Joseph; l'ange lui explique la grossesse
de Marie. Nazareth. (Luc 1:26-80; Matthieu 1:18-24)
4 avant J.-C.
— Naissance de Jésus. Bethléem.
— Un ange des cieux apparaît aux bergers. Environs de
Bethléem.
— Circoncision de Jésus, et sa présentation dans le
temple. Bethléem, Jérusalem.
— Les mages. Ibid.
— Fuite en Égypte. Cruautés d'Hérode. Retour de Jésus.
Bethléem, Nazareth.
— Les généalogies. (Matthieu 1:25; 2:1-23; 4:1-17; Luc
2:11-40; 3:23-38)
8 après J.-C.
— Jésus, âgé de douze ans, se rend à Jérusalem pour la
pâque; il enseigne dans le temple. (Luc 2:41-52)
DEUXIÈME PARTIE.
Le précurseur. Commencements du ministère public du
Seigneur.
(Comprenant environ une année.)
An 27 de l'ère vulgaire.
— Ministère de Jean-Baptiste.
— Le désert. Le Jourdain.
— Baptême de Jésus. Jourdain.
— Scènes de la tentation. Désert de Juda (la
Quarantania?).
— Introduction à l'Évangile de saint Jean. Divinité,
humanité, mission de Jésus.
— Témoignage rendu à Jésus par Jean-Baptiste.
Béthabara.
— Jésus reçoit ses premiers disciples, André, Simon,
Philippe. Son entrevue avec Nathanaël. Jourdain. Galilée.
— Noces de Cana. (Matthieu 3:1-4:11; Marc 1:1-13; Luc
3:1-4:13; Jean 1:1-2:12)
TROISIÈME PARTIE.
De la première à la seconde pâque.
(Une année.)
An 27-28 de l'ère vulgaire.
— Jésus chasse les marchands du temple. Jérusalem.
— Son entretien avec Nicodème; ibid.
— Il quitte Jérusalem, continue de visiter la Judée,
et baptise. Nouveau témoignage que lui rend Jean-Baptiste. Énon. (Jean
2:13-3:36)
Après l'emprisonnement de Jean-Baptiste, Jésus quitte
la Judée pour se rendre en Galilée; il traverse la Samarie. Son entretien avec
la femme samaritaine. Beaucoup de Samaritains croient en lui. Sychar (Sichem).
Il enseigne publiquement en Galilée, et prêche dans les synagogues. Nouveau
miracle à Cana de Galilée; il guérit, sans y aller, le fils d'un seigneur de la
cour, malade à Capernaüm.
— Jésus à Nazareth; rejeté des habitants, il se retire
à Capernaüm et y poursuit son œuvre. Pêche miraculeuse; vocation définitive de
Pierre, André, Jacques et Jean; Bords du lac de Génésareth, près de Capernaüm.
Le sabbat suivant, il guérit un démoniaque dans la synagogue de Capernaüm.
Guérison de la belle-mère de Pierre et de plusieurs autres malades; ibid.
Tournée dans les villes de la Galilée; guérison d'un lépreux.
— Guérison d'un paralytique; vocation de Matthieu.
Capernaüm. (Matthieu 4:12-25; 14:3-5; 8:2-4,14-47; 9:2-9; Marc 1:14-45; 2:1-14;
6:17-20; Luc 3:19-20; Luc 4:14-44; 5:12-28; Jean 4)
QUATRIÈME PARTIE.
De la seconde à la troisième pâque.
(Une année.)
An 28-29 de l'ère vulgaire.
— Lavoir de Béthesda; guérison d'un impotent. Discours
et défense de Jésus devant le sanhédrin. Jérusalem, (Jean 5)
Ses disciples cueillent des épis un jour de sabbat,
pendant le retour en Galilée. Il guérit un homme qui avait la main sèche.
Galilée (Capernaüm?). Il se retire vers le lac de Tibériade, où il est suivi
par la multitude. Après avoir passé la nuit en prières, il choisit les douze,
et fait plusieurs miracles. Près de Capernaüm. (Matthieu 12:1-21; 10:2-4; Marc
2:23-28; 3:1-19; Luc 6:1-19)
Sermon sur la montagne, près de Capernaüm. (Matthieu
5:1-8:1; Luc 6:20-49)
Descendu de la montagne, il guérit le serviteur du
centenier (Capernaüm); ressuscite le fils de la veuve (Naïn); répond aux
questions des disciples de Jean qui est toujours en prison (Capernaüm); il en
appelle à ses œuvres. Invité à dîner chez un pharisien, il pardonne à la
pécheresse qui lui oint les pieds (Capernaüm). (Matthieu 8:5-13; 11:2-30; Luc
7)
Nouveau voyage en Galilée avec les douze. Il guérit un
démoniaque; les scribes et les pharisiens blasphèment; il leur répond par la
parabole du démoniaque relaps, et les avertit du péché qui ne sera point
pardonné. Ils demandent un miracle; réponse et réflexions du Seigneur. Les
vrais disciples de Christ sont ses plus proches parents. À la table d'un
pharisien, Jésus dénonce les malheurs qui attendent les scribes et les
pharisiens hypocrites. Discours à ses disciples et à la multitude. Massacre des
Galiléens; parabole du figuier stérile. Galilée. (Matthieu 12:22-50; Marc
3:19-35; Luc 8:1-3; 19-21; 11:14-54; 12; 13:1-9)
Paraboles du royaume, sur les bords du lac de
Génésareth. Près de Capernaüm. (Matthieu 13:1-53; Marc 4:1-34; Luc 8:4-18)
Jésus s'embarque pour le bord oriental du lac;
incidents; il apaise la tempête. Démoniaques de Gadara. Côte sud-est de la mer
de Galilée. Les Gadaréniens le prient de s'en aller; il traverse de nouveau le
lac. Repas dans la maison de Matthieu; discours sur le jeûne; il justifie ses
rapports avec les péagers et les pécheurs. Résurrection de la fille de Jaïrus;
guérison de l'hémorroïde, de deux aveugles, et d'un démoniaque; Capernaüm. Il
retourne à Nazareth, enseigne dans la synagogue, mais est de nouveau rejeté.
(Matthieu 8:18-34; 9:1,10-34; 13:54-58; Marc 4:35-41; 5; 2:15-22; 6:1-6; Luc
8:22-56; 5:29-39)
Troisième voyage en Galilée; Jésus envoie les douze pour
prêcher l'Évangile, avec pouvoir de guérir les malades et de chasser les
démons. Hérode-Antipas croit que Jésus n'est autre que Jean-Baptiste
ressuscité. Retour des douze; Jésus se retire avec eux au désert de Bethsaïda
de Juliade; une multitude d'hommes accourent de toutes parts; Jésus guérit
leurs malades, et nourrit 5,000 hommes avec cinq pains. Capernaüm; cote nord de
la mer de Galilée. Il envoie ses disciples par eau à Capernaüm; la nuit il les
rejoint pendant l'orage en marchant sur les eaux qu'il apaise. Contrée de
Génésareth. Discours à la multitude dans la synagogue de Capernaüm; il se
déclare le vrai pain de vie; plusieurs, scandalisés de ses discours,
l'abandonnent; Pierre confesse que le Christ est le Fils de Dieu. (Matthieu
9:35-38; 10:1; 5-42; 11:1; 14:1-2,6-36; Marc 6:6-16; 21-56; Luc 9:1-17; Jean
6:1-7:1.)
CINQUIÈME PARTIE.
Depuis la troisième pâque du ministère de notre
Seigneur,
jusqu'à son départ de la Galilée pour la célébration
de la fête des Tabernacles.
(Espace de six mois.)
An 29 de l'ère vulgaire.
— Les pharisiens accusent les disciples parce qu'ils
mangent sans se laver les mains; Jésus les défend contre le formalisme.
Traditions pharisaïques. Capernaüm.
— Voyage dans la contrée de Tyr et de Sidon; guérison
de la fille de la syrophénicienne. Retour par la Décapole; guérison d'un
sourd-muet; nombreuses guérisons sur une montagne aux environs du lac: 4,000
hommes nourris miraculeusement. Les pharisiens et les sadducéens demandent un
miracle. Près de Magdala. Pendant la traversée, Jésus met ses disciples en
garde contre le levain des pharisiens, etc. Côte nord-est de la mer de Galilée.
Guérison d'un aveugle à Bethsaïda. (Matthieu 15; 16:1-12; Marc 7; 8:1-26)
Aux environs de Césarée de Philippes, Pierre confesse
de nouveau la foi de l'Église, et Jésus lui donne un témoignage éclatant de son
approbation. Jésus annonce ses souffrances, sa mort et sa résurrection; Pierre
le reprend et Jésus le repousse comme tentateur.
— La transfiguration. Entretien de Jésus avec ses
trois disciples touchant Eue. Guérison d'un démoniaque que les apôtres n'ont pu
guérir. Retour en Galilée. Jésus annonce de nouveau sa mort et sa résurrection.
Miracle pour payer le demi-sicle d'impôt; Capernaüm. Dispute entre les apôtres
sur la supériorité: Jésus les exhorte à l'humilité, au support, et à l'amour
fraternel, (Matthieu 16:13-28; 17; 18; Marc 8:27-38; 9; Luc 9:18-50) Départ
pour Jérusalem. Il traverse la Samarie. Envoi des soixante-dix disciples. Dix
lépreux nettoyés. (Luc 9:51-62; 10:1-16; 17:11-19; Jean 7:2-10)
— C'est ici que l'harmonie des Évangiles présente le
plus de difficultés, et que les interprètes varient le plus dans leurs essais
de coordination.
SIXIÈME PARTIE.
Depuis la fête des Tabernacles,
jusqu'à l'arrivée de notre Seigneur à Béthanie,
six jours avant la pâque.
(Six mois, moins une semaine.)
An 29-30 de l'ère vulgaire.
— Jésus monte secrètement à Jérusalem, à la fête des
Tabernacles; il se montre vers le milieu de la fête. Discussion avec les Juifs
sur sa mission divine; il offre à tous ceux qui en ont soif les grâces de son
Saint-Esprit.
— La femme surprise en adultère.
— Il condamne les prétentions des Juifs, et échappe
miraculeusement à ceux qui voulaient le lapider (Jean 7:11-53; 8;). Réponse au
docteur qui demande à Jésus ce qu'il faut faire pour avoir la vie éternelle.
Définition de l'amour du prochain. Parabole du bon Samaritain. Aux environs de
Jérusalem. Jésus chez Marthe et Marie, à Béthanie. Il apprend à ses disciples
comment il faut prier avec persévérance (environs de Jérusalem); retour des
soixante-dix disciples; le Sauveur guérit un aveugle-né, en un jour de sabbat;
discours et discussions touchant cet événement. Jérusalem. Jésus à Jérusalem
pour la fête de la dédicace. Il se retire au-delà du Jourdain, à Béthabara.
Résurrection de Lazare. Béthanie. Prophétie de Caïphe; les principaux des Juifs
décrètent la mort de Jésus. Jésus quitte Jérusalem et se retire à Éphraïm. (Luc
10:17-42; 11:1-13; Jean 9; 10; 11:1-54)
Des multitudes suivent Jésus au-delà du Jourdain;
guérison (un jour de sabbat) d'une femme malade depuis dix-huit ans. Vallée du
Jourdain, Pérée. Notre Seigneur s'avance de nouveau vers Jérusalem à petites
journées, enseignant et guérissant les malades; on l'avertit de prendre garde à
Hérode. Il dîne un jour de sabbat chez un des principaux d'entre les
pharisiens; il guérit un hydropique; par plusieurs paraboles il prépare ses
disciples à une vie de renoncement et de sacrifices. Paraboles de la brebis
perdue, de l'enfant prodigue, de l'économe infidèle, du mauvais riche, et de
Lazare.
— Exhortations à une vie irréprochable, au pardon et à
l'humilité. Il annonce que son règne viendra soudainement et sans éclat, et
prédit la ruine de Jérusalem. Paraboles du juge inique, du pharisien et du
péager; préceptes relatifs au divorce; Jésus reçoit et bénit de petits enfants;
le jeune homme qui avait de grands biens; parabole des ouvriers. Jésus annonce
pour la troisième fois sa mort et sa résurrection. Ambitieuses prétentions des
fils de Zébédée. Pérée.
— Guérison de deux aveugles aux environs de Jérico.
— Visite à Zachée; parabole des dix mines; ibid. Jésus
arrive à Béthanie, six jours avant la pâque. (Matthieu 19; 20; Marc 10; Luc
13:10-35; 14; 15; 16; 17; 18; 19:1-28; Jean 11:55-57; 12:1,9-11)
SEPTIÈME PARTIE.
Depuis l'entrée publique de Jésus dans Jérusalem
jusqu'à sa quatrième pâque.
(Cinq jours.)
An 30 de l'ère vulgaire.
— Jésus porté sur un ânon fait son entrée triomphale
dans Jérusalem. Il pleure sur la ville. Le figuier stérile, il chasse de
nouveau les marchands du temple. Béthanie.
Jérusalem. Le figuier stérile est séché. Christ,
interrogé sur l'origine de son autorité, confond les membres du sanhédrin, et
les reprend par la parabole des deux fils. Paraboles des méchants vignerons, et
du festin des noces. Question insidieuse des pharisiens et des hérodiens
touchant le tribut; réponse de Jésus. Questions des sadducéens sur la
résurrection, et des pharisiens sur le plus grand commandement. Comment Christ
est le fils de David? Jésus exhorte les troupes à se tenir en garde contre les
scribes et les pharisiens. Il pleure sur Jérusalem. La pite de la veuve. Il
passe la nuit sur la montagne des Oliviers (?). (Matthieu 21-23; Marc 11 et 12;
Luc 19:29-48; 20; 21:1-4; Jean 12:12-19)
Quelques Grecs désirent de voir Jésus. Réflexions sur
l'incrédulité des Juifs. Jésus, en quittant le temple, annonce sa prochaine
destruction et les persécutions qu'auront à souffrir ses disciples. Mont des
Oliviers. Signes précurseurs de la destruction de Jérusalem; Christ est la fin
de l'économie juive. Il passe de là, par une transition naturelle, aux grands
événements qui précéderont et accompagneront la fin du monde et le jugement
dernier. Exhortations à la vigilance. Paraboles des dix vierges, des cinq
talents, etc. Ibid. Scènes du jugement dernier.
— Les chefs conspirent. Le souper de Béthanie.
Trahison de Judas. (Matthieu 24; 25; 26:1-16; Marc 13; 14:1-11; Luc 21:5-36;
22:1-6; Jean 12:2-8)
HUITIÈME PARTIE.
Quatrième pâque. La passion, jusqu'à la fin du sabbat
juif.
(Deux jours.)
Préparation de la pâque. Béthanie. Jérusalem.
La pâque. Nouvelle dispute des apôtres quant à leur
supériorité. Jésus leur donne l'exemple de l'humilité en leur lavant les pieds.
Pendant le repas Jésus désigne le traître, et Judas se retire. Jésus annonce la
dispersion des douze et le reniement de Pierre. Jérusalem. (Matthieu
26:17-25,31-35; Marc 44:12-21,27-31; Luc 22:7-18,21-38; Jean 13;)
À la fin du repas Jésus institue la sainte cène
(Matthieu 26:26-29; Marc 14:22-25; Luc 22:19-20; cf. 1 Corinthiens 11:23-25)
Jérusalem.
Jésus exhorte et console ses disciples au sujet de son
départ; il leur promet le Saint-Esprit. Discours de Jésus; il se représente
comme le vrai cep. Ses disciples seront haïs du monde et doivent se préparer à
souffrir persécution; il leur annonce de nouveau les dons du Saint-Esprit, les
exhorte à prier, et leur promet sa protection et celle de son père. Prière
sacerdotale (Jean 14 à 17). Jérusalem.
L'agonie en Gethsémané; Jésus trahi et emmené
prisonnier. Mont des Oliviers. Jésus devant Caïphe. Jérusalem. Pierre le renie
trois fois. Jésus devant Caïphe et le sanhédrin; il déclare qu'il est le
Christ; il est fouetté et moqué. Le sanhédrin le renvoie à Pilate, Pilate à
Hérode. Pilate cherche à délivrer Jésus; les Juifs demandent Barabbas. Jésus,
condamné à mort, est frappé de verges et insulté.
Après de nouvelles tentatives pour le délivrer, Pilate
livre enfin Jésus aux bourreaux. Repentir de Judas, son suicide. (Matthieu
26:26-75; 27:1-30; Marc 14:26-72; 15:1-19; Luc 22:39-71; 23:1-25; Jean
18:1-19:16; Actes 1:18-19)
Jésus est conduit au lieu du supplice. Simon de
Cyrène. Crucifixion. Les sept paroles. Ténèbres. Jésus expire, le voile du
temple est déchiré; le centenier reconnaît Christ pour le Fils de Dieu. Les
femmes au pied de la croix. La descente de la croix. Sépulture. Gardiens du
sépulcre. Jérusalem. (Matthieu 27:31-66; Marc 15:20-47; Luc 23:26-56; Jean
19:16-42)
NEUVIÈME PARTIE.
Depuis la résurrection jusqu'à l'ascension.
(Quarante jours.)
Le matin de la résurrection.
La visite des femmes au sépulcre; Marie Magdeleine
retourne à Jérusalem. Les anges au sépulcre. Jésus se montre aux femmes sur le
chemin de Jérusalem. Pierre et Jean courent au sépulcre. Le Seigneur et Marie
Magdeleine. Rapport des gardes. Jésus apparaît à Pierre, puis aux deux disciples,
sur le chemin d'Emmaüs. À Jérusalem il apparaît au milieu des apôtres, Thomas
n'étant pas avec eux. Huit jours après il se montre à eux, Thomas étant au
milieu d'eux. Jérusalem.
— Les apôtres retournent en Galilée; Jésus se montre à
neuf d'entre eux sur les bords du lac de Tibériade: il se fait voir aux apôtres
et à cinq cents frères sur une montagne de la Galilée.
— Il se montre à Jacques, puis à tous les apôtres.
Jérusalem.
— Son ascension; Béthanie.
— Conclusion de l'Évangile de Jean. (Matthieu 28; Marc
16; Luc 24; Jean 20, et 21; Actes 1:1-12; 1 Corinthiens 15:5-7)
— Les paraboles de Jésus, qui renferment toutes ou le
germe de sa doctrine, ou le germe de sa morale, ont fixé dans tous les temps
l'attention des commentateurs. Elles ont été dernièrement expliquées ou
méditées par un grand nombre de théologiens ou de prédicateurs français,
spécialement au point de vue de leurs indications sur la nature de l'Église
chrétienne (A. Bost, Recherches; A. Saintes, le Royaume des cieux sur la terre,
etc.); et dans un point de vue plus général, E. Buisson, les Paraboles.
— On trouve bien peu de choses dans les commentaires
sur les circonstances qui ont accompagné la mort de Jésus. L'Écriture nous dit
qu'il y eut des ténèbres sur tout le pays (la Judée, ou la Palestine), depuis
la sixième heure jusqu'à la neuvième (de midi jusqu'à 3 heures), ainsi pendant
toute la durée de la crucifixion,
— et qu'à la mort du Sauveur le voile du temple se
déchira en deux, depuis le haut jusqu'au bas, et la terre trembla, et les
rochers se fendirent, et les sépulcres s'ouvrirent, et plusieurs corps des
saints qui étaient morts ressuscitèrent, et étant sortis de leurs sépulcres,
après sa résurrection, ils entrèrent dans la sainte cité, et ils apparurent à
plusieurs personnes, Matthieu 27:45,51; sq..
— On a voulu expliquer par une éclipse de soleil les
ténèbres qui accompagnèrent la crucifixion, et cela a pu paraître d'autant plus
naturel que saint Luc ajoute, 23:45: «Le soleil s'obscurcit.» Mais une
considération péremptoire s'y oppose, c'est que le mois de nisan commençait
avec la nouvelle lune, et que la pâque avait lieu le 15 nisan, par conséquent
pendant la pleine lune. Tous les commentateurs sont d'accord à repousser une
explication naturelle tirée de cet ordre d'idées; mais ils ne le sont plus
quant à ce qui doit lui être substitué. Luc cause physique quelconque (on ne
saurait la déterminer davantage) a pu produire ce phénomène, et quand on se
rappelle non seulement l'éternelle prescience de Dieu qui exclut toute idée de
hasard, mais encore l'importance immense, unique, de la mort du Sauveur pour
celui qui dispose à son gré de toutes les forces de la nature, on ne peut
méconnaître que celui qui a salué la naissance de Jésus par un concert des
anges dans les cieux, a dû aussi consacrer le moment de sa mort par un
bouleversement dans les lois naturelles. D'ailleurs, ce n'est point le soleil
seulement qui s'obscurcit; la terre s'émeut, et l'économie du mont Sinaï est
déchirée dans ce voile mystérieux qui fermait l'entrée du lieu très saint; le
sépulcre et la mort se reconnaissent vaincus, et les pierres même crient; les
rochers parlent, là où un impie clergé avait réussi a imposer le silence aux
lâches et charnels enfants d'Abraham. «Tous les miraculeux phénomènes ici
rapportés, dit Gerlach (traduction Bonnet et Baup), sont symboliques et
renferment de profondes leçons. Dieu voulait montrer d'abord qu'il retirait de
dessus ce peuple sa lumière, sa présence protectrice et consolante, et que
toutes les puissances des ténèbres réunissaient leurs efforts contre le Sauveur
du monde, comme il venait de le déclarer lui-même, Luc 22:53. Dieu voulut
aussi, lors de cet événement, le plus extraordinaire de l'histoire de
l'humanité, montrer, par un miracle qui glorifiât Jésus-Christ, l'unité qui
existe entre le monde invisible et le règne de la nature: le soleil de justice
s'éteint dans les douleurs du Calvaire, et le soleil de la nature se voile de
ténèbres.
— Chacun de ces prodiges, outre le but général de
réveiller l'attention et la crainte d'un peuple stupide et endurci, renferme un
enseignement particulier. Le voile du temple, cf. Exode 30:10; Lévitique 16:2;
sq., indiquait que la demeure du Dieu vivant et saint était inaccessible à
l'homme pécheur, et même au peuple de l'alliance, jusqu'à l'accomplissement des
temps. Ce voile, déchiré au moment où se consommait sur la croix le vrai
sacrifice d'expiation pour le péché, proclamait d'une manière frappante aux
yeux de tout le peuple assemblé dans le temple pour l'ablution du soir (trois heures),
que désormais l'accès du trône de la grâce (figuré par l'arche de l'alliance
dans le lieu très saint) était ouvert, et que l'homme pécheur, banni du ciel,
pouvait tourner ses regards et ses espérances vers les demeures éternelles de
la maison du Père, cf. Hébreux 10:20.
— La terre, théâtre du péché, tremble sous le jugement
de Dieu qui lui annonce à la fois sa destruction et sa rénovation future.
— Les rochers, moins insensibles que l'homme aux
souffrances du Fils de Dieu et aux coups de la justice divine (— Voir: Sermon
d'Ad. Monod), se fendent et accomplissent littéralement cette parole de Jésus à
l'égard de ses disciples maintenant dispersés: «Si ceux-ci se taisent, les
pierres mêmes crieront», Luc 19:40.
— Par la rupture de ces rochers, plusieurs sépulcres
qui y étaient taillés, selon l'usage d'alors, s'ouvrirent; les corps de
quelques élus de Dieu, endormis dans la foi au grand sacrifice qui venait de
s'accomplir, pénétrés de la vie nouvelle dont le Sauveur ouvrait les sources et
qui se communiquait à leur âme, se ranimèrent, et, après que la résurrection de
Jésus-Christ eut remporté la dernière victoire sur le péché et sur la mort, ils
sortirent de leurs tombeaux; prémices de la résurrection du dernier jour, ils
entrèrent dans «la cité sainte», expression choisie à dessein pour figurer la
Jérusalem céleste, où entreront tous les rachetés de Christ tirés un jour de
leurs sépulcres; et enfin ils apparurent à plusieurs fidèles, pour leur faire
connaître ce merveilleux événement et sa signification prophétique.»
En général, on n'a pas assez remarqué combien toutes
les circonstances importantes de l'humanité sont intimement mises en rapport
avec des faits correspondants dans l'ordre physique et naturel, combien
l'esprit et la matière semblent unis par une même vie. Quelquefois on a exagéré
ce point de vue; le plus souvent on l'a méconnu. Il y a peut-être plus d'esprit
que de vérité dans ce parallèle qu'Olshausen établit entre l'histoire de la
chute et celle de la Passion: «L'arbre de la science a amené la chute de
l'homme, l'arbre de la croix son relèvement; c'est dans le jardin d'Éden que le
premier a succombé en mangeant du fruit défendu, c'est dans le jardin de
Gethsémané que le second Adam a triomphé, dans le jardin encore qu'il a goûté
au sépulcre le repos du sabbat; le premier homme a trouvé la mort dans le fruit
d'Éden, c'est dans le fruit du vrai cep (symbole de la communion) que les
croyants goûtent la vie éternelle. Le péché a fait croître les épines qui ont
formé la couronne du Fils de Dieu, martyr, vainqueur et roi.» Mais, quoi qu'il
en soit de ces détails, l'Écriture nous appelle à considérer la terre comme le
corps de l'humanité; elles sont unies comme le corps et l'âme; l'une n'est que
matière, l'autre est esprit; mais l'esprit réagit sur la matière. Il semble que
ce soit une loi de la nature créée. À l'homme parfait une terre parfaite; au
racheté qui soupire en attendant l'adoption, une création qui soupire et qui
est en travail, Romains 8:21-22; à l'homme nouveau une nouvelle terre. L'alliance
de Dieu avec Israël, sur le Sinaï, est scellée par l'ébranlement des puissances
de l'air. La naissance du Sauveur est célébrée dans les cieux. À sa mort, la
lumière pénètre jusque dans le lieu invisible. Des tremblements de terre
annonceront les derniers temps; la résurrection des deux témoins, Apocalypse M,
sera accompagnée de signes semblables, et la Révélation nous montre à plusieurs
reprises le soleil noir comme un sac de poil et la lune comme du sang, jusqu'au
jour où la terre, elle-même renouvelée par un baptême de feu, rentrera en grâce
et sera rendue à l'homme pour qui elle avait été créée.
On a cherché, naturellement, à expliquer d'une manière
purement symbolique, mythique, les bouleversements qui ont accompagné la mort
du Sauveur. Mais les historiens sacrés, parlant à leurs contemporains de faits
récents, ne pouvaient guère espérer de les tromper sur des détails de cette
importance; et quant à l'opinion qui veut que ces faits se soient passés dans
l'ordre moral, dans le cœur des disciples, ou dans la conscience agitée de
Pilate et des prêtres, elle est combattue par cette circonstance, que le
centenier païen et ses soldats, qui gardaient Jésus, furent fort effrayés et
tellement frappés de ce tremblement de terre, qu'ils s'écrièrent: «Véritablement
cet homme était le Fils de Dieu.» (Il importe de remarquer que les Écritures
disent que Jésus est le Fils de Dieu et non Dieu le Fils. L'inversion fait
toute une différence et est utilisé par les déformateurs de la vérité pour
élaborer toutes sortes de fausses doctrines. En fait, la bonne traduction de
l’expression «Jésus est le Fils de Dieu» est, selon le Grec original, «Jésus
est le Fils, le Dieu unique» ou encore «Jésus est le Fils, Dieu même.)
________________________________________
JÉTHER,
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1. Juges
8:20 (1245 avant J.-C.), fils aîné de Gédéon, refusa de mettre à mort Zébah et
Tsalmunah chefs de Madian, parce qu'il était trop jeune.
2. Israélite
d'après 2 Samuel 17:25, Ismaélite d'après 1 Chroniques 2:17. (Ce dernier est le
plus probable, mais en tout cas il était prosélyte). Il épousa Abigaïl sœur de
David, et fut père d'Hamasa, 1 Rois 2:5; il portait aussi le nom de Jithra.
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JÉTHRO, ou Réhuel,
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Exode 2:18 (1531 avant J.-C.), prince et sacrificateur
de Madian, devait ces titres peut-être à ses richesses ou à sa grande sagesse;
il donna une de ses filles en mariage à Moïse, qui les avait protégées contre
les attaques de bergers avides et paresseux, et retint son gendre auprès de
lui, lui confiant la garde de ses troupeaux. Ils durent cependant bientôt se
séparer, et Jéthro ne revit Moïse que lorsque celui-ci était à la tête de toute
la multitude d'Israël, dans le désert au pied du Sinaï. Jéthro, par ses
conseils, compléta ce qui pouvait manquer encore à la paix et au bonheur
matériel du peuple et de Moïse, en suggérant à ce dernier l'idée de se faire
soulager dans ses fonctions de juge, par des juges inférieurs établis sur
cinquante, sur cent, sur mille Israélites, et qui ne feraient remonter jusqu'à
lui que les causes difficiles. Lorsque Jéthro retourna dans son pays, il laissa
auprès de Moïse Hobab, son fils, qui l'avait accompagné, et qui devait servir
de guide aux Israélites dans les solitudes qu'ils traversaient. Exode 3:1;
18:1.
Jéthro descendait d'Abraham par Kéturah; quoique placé
en dehors du peuple béni, il avait conservé quelque connaissance du vrai Dieu,
sa foi avait pu être éclairée et fortifiée par ce qu'il avait vu et entendu
précédemment; elle le fut davantage encore par les récits de Moïse, et par
l'ouïe de toutes les délivrances merveilleuses que Dieu avait accordées à son
peuple, et il n'hésita pas à se joindre à Moïse et aux anciens pour offrir un
sacrifice en l'honneur de l'Éternel, grand pardessus tous les dieux.
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JÉTUR, Naphis et Nodab,
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1 Chroniques 5:19, Hagaréniens, chefs de tribus
ismaélites; les deux premiers descendaient d'Ismaël, Genèse 25:15, mais Nodab
était d'une autre famille, à moins qu'il ne soit le même que Kedma ou tel autre
des fils d'Ismaël nommés dans ce passage.
________________________________________
JEUNE,
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exercice d'abstinence qui a été dans tous les temps et
dans tous les pays une marque de deuil et d'affliction, parce qu'il en est la
manifestation naturelle. En Orient surtout, et les mahométans ont encore leur
ramadan, ou jeûne d'un mois, le jeune a joué un grand rôle dans les cérémonies
religieuses, et l'on peut dire qu'il est plus qu'une cérémonie; c'est un acte,
mais individuel, recommandé même par l'exemple et par les préceptes de Jésus et
de ses apôtres. On peut le considérer comme acte de pénitence, eu comme préparation
de fait à une vie moins charnelle, moins terrestre, plus pure. Les anciens le
considéraient davantage sous le premier point de vue, les chrétiens doivent
s'attacher davantage au second. Chez les Juifs comme chez tous les Orientaux,
le jeûne était l'expiation des fautes passées, le moyeu de prévenir les
châtiments divins, cf. Jonas 3:5, une espèce de sacrifice, surtout le sacrifice
des pauvres. Pour le chrétien ce doit être un préservatif contre les passions,
un moyen presque naturel de les amortir et de les mater, une sorte de
crucifixion de la chair, un protecteur, trop négligé des chrétiens, contre
l'influence d'un corps de péché qui devrait être dompté et soumis à l'esprit.
La loi de Moïse était du reste bien sobre en préceptes
relatifs au jeûne; une seule fois dans tout le cours de l'année, dans le jour
solennel des expiations, le jeûne le plus sévère était ordonné aux Hébreux,
Lévitique 16:29; 23:27; cf. Actes 27:9; ils devaient alors s'abstenir non
seulement du manger et du boire, mais encore de toutes les autres jouissances
matérielles qui les auraient éloignés des préoccupations sérieuses auxquelles
ils devaient, se livrer. D'autres jeûnes, mais spéciaux, individuels ou
facultatifs, sont mentionnés dans l'histoire sacrée, celui de Josué, 7:6, celui
des onze tribus, Juges 20:26, celui des Juifs en Mitspa, 1 Samuel 7:6, celui de
David, 2 Samuel 12:16;
— Voir: encore Jonas 3:5; Joël 2:12; Jérémie 36:9; 1
Rois 21:12; 2 Chroniques 20:3; 1 Samuel 31:13.
— Après l'exil, des jeûnes furent établis régulièrement:
en mémoire de la ruine de Jérusalem et du temple au cinquième mois, Zacharie
7:5; cf. 2 Rois 25:8; Jérémie 52:12; de la mort de Guédalia et des Juifs qui
étaient avec lui, 2 Rois 25:25; Jérémie 41:1; de la première invasion des
Caldéens à Jérusalem, au quatrième mois, Jérémie 52:6; du commencement du siège
au dixième mois, 2 Rois 25:1; Zacharie 8:19, et d'autres événements plus ou
moins affligeants de l'histoire nationale juive; et la passion des jeûnes vint
au point qu'ils en établirent un au huitième jour du quatrième mois contre la
traduction des Septante. Le sanhédrin en prescrivait aussi quelquefois
d'extraordinaires, lorsque la terre était menacée de sécheresse, ou dans
l'attente de toute autre calamité publique; alors les animaux eux-mêmes pouvaient
être obligés de jeûner, Jonas 3:5,7, et Virgile fait dire à un berger déplorant
la mort de César, que les animaux eux-mêmes jeûnèrent en cette occasion:
Non ulli pastos illis egere diebus
Frigida, Daphoi, boves ad flumina; nulla neque amnem
Libavit quadrupes, nec graminis attigit herbam.
(Églog. 5, 24)
On voit des jeûnes de famille (dans les mêmes
circonstances où nous les trouverions chez nous, si cette coutume avait su
s'établir dans nos mœurs faibles et sensuelles), 1 Samuel 4:7; 20:34; 31:13; 2
Samuel 1:12; 1 Rois 22:27; Esdras 10:6; Néhémie 1:4, et quelquefois dans
l'attente d'un malheur prochain, et pour le détourner, 2 Samuel 12:16; Esther
4:16; Tobie 1:12.
Au temps de Christ, le jeûne avait atteint en
importance des proportions un peu trop colossales: à défaut de piété on avait
cherché la religion dans les pratiques et dans le jeûne; les personnes pieuses
savaient jeûner et se réjouir dans l'attente d'un Sauveur, Luc 2:37; les autres
ne savaient que jeûner; pour eux jeûner c'était tout; les disciples de
Jean-Baptiste, qui n'étaient pas encore entrés dans la vive lumière de
l'Évangile, partageaient les préjugés des mérites du jeûne, Matthieu 9:14; les
pharisiens étaient dévoués à cette idée, et ils se montraient jeûnant deux fois
par semaine, Matthieu 9:14; Luc 18:12, le cinquième jour de la semaine auquel
Moïse monta sur le Sinaï, et le second auquel il en descendit. Les esséens et
les thérapeutes jeûnaient aussi beaucoup, et si plusieurs d'entre eux étaient
animés de sentiments pieux et vraiment israélitiques, plusieurs aussi ne
voyaient non plus dans leur jeûne qu'un mérite dont ils s'enorgueillissaient.
On voit que Daniel se préparait par le jeûne aux
révélations divines, 10:3; 9:3. C'est aussi par le jeûne que se préparait
l'exorcisme de ceux qui étaient possédés de mauvais esprits, Matthieu 17:21, et
les apôtres n'imposaient les mains aux anciens qu'après avoir jeûné avec
prières, Actes 13:3; 14:23, toujours afin de diminuer les forces de la chair et
de dégager l'esprit de son enveloppe.
Les Israélites jeûnaient ordinairement d'un soir à
l'autre, mais jamais aux jours de sabbat ou de fête, et cette longue abstinence
leur était plus facile qu'à nous à cause de l'ardeur de leur climat.
Quelquefois le jeûne se prolongeait de plusieurs jours, et alors l'abstinence
ne portait que sur les aliments les plus substantiels, Daniel 10:3. On voit
cependant, Esther 4:16, l'exemple d'un jeûne entier de trois jours. Quant aux
deux jeûnes de quarante jours, celui de Moïse et celui de Jésus, ils sortent de
la règle et des moyens ordinaires, et on ne peut pas mieux les expliquer que
les nier, Exode 24:18; Deutéronome 9:9,18; Matthieu 4:2.
Jésus ne prescrivit aucun jeûne à ses apôtres,
Matthieu 9:14, cependant ils continuèrent longtemps d'observer les jeûnes
judaïques, Actes 13:2; 14:23; 2 Corinthiens 11:27, et les premiers chrétiens
jeûnaient, soit seuls, soit ensemble, mais volontairement.
Voici quelques paroles de l'abbé Fleury sur le jeûne;
il regrette les anciens temps, et après avoir cité pour modèles les Juifs, les
apôtres et les premiers chrétiens, il ajoute: «Je sais que l'on est aujourd'hui
peu touché de ces exemples. On croit que ces anciennes austérités ne sont plus
praticables. La nature, dit-on, est affaiblie depuis tant de siècles. On ne vit
plus si longtemps. Les corps ne sont plus si robustes. Mais je demanderais
volontiers des preuves de ce changement; car il n'est point ici question des
temps héroïques de la Grèce, ni de la vie des patriarches ou des hommes avant
le déluge: il s'agit du temps des premiers empereurs romains, et des auteurs
grecs et latins les plus connus. Que l'on y cherche tant que l'on voudra, on ne
trouvera point que la vie des hommes soit accourcie depuis seize cents ans. Dès
lors, et longtemps devant, elle était bornée à soixante-dix ou quatre-vingts
ans. Dans les premiers siècles du christianisme, quoiqu'il y eût encore
quelques Grecs et quelques Romains qui pratiquassent les exercices de la
gymnastique pour se faire de bons corps, il y en avait encore plus qui s'affaiblissaient
par les débauches, particulièrement par celles qui minent le plus la santé, et
qui font qu'aujourd'hui plusieurs d'entre les Levantins (Orientaux)
vieillissent de bonne heure. Cependant de ces débauchés d'Égypte et de Syrie
sont venus les plus grands jeûneurs, et ces grands jeûneurs ont vécu plus
longtemps que les autres hommes.»
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JEUX.
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Les Hébreux n'étaient riches en divertissements
d'aucun genre; leur caractère était trop sérieux, leur éducation trop sévère,
leur religion trop pure, même dans son formalisme. Les vers de Racine le font
admirablement sentir:
Quels sont donc vos plaisirs? — Quelquefois à l'autel
Je présente au grand prêtre ou l'encens ou le sel:
J'entends chanter de Dieu les grandeurs infinies;
Je vois l'ordre pompeux de ses cérémonies.
Sans doute, les enfants s'amusaient quelquefois; on
les voit jouer dans les rues, Zacharie 8:5; Matthieu 11:16; Job 40:24; semble
indiquer qu'ils aimaient à apprivoiser des oiseaux, et Zacharie, 12:3; qu'ils
connaissaient le jeu du disque ou un exercice gymnastique de ce genre, comme le
jet de la pierre des montagnards suisses. Ce sont les seules traces qui nous
soient laissées de divertissements quelconques; et du reste, on ne trouve chez
eux aucune sorte de jeux particuliers, pas même le jeu de dés si usité chez les
anciens, ni jeux de hasard, ni jeux de représentations, ni théâtres, ni courses
de chevaux, ni combats d'hommes ou d'animaux. Et Salomon, qui avoue qu'il ne
s'est refusé aucun plaisir, ne parle de rien de semblable (Calmet); il ne parle
que de beaux bâtiments, de jardins, de vignes, de vergers, de réservoirs d'eau,
de bonne chère, d'amas d'or et d'argent, de musiciens et de musiciennes. Dans
le passage 2 Samuel 2:14, il n'est pas question d'un jeu, mais d'un véritable
combat. La musique, Lamentations 5:14, le chant et la conversation aux portes
de la ville étaient les seuls délassements des Hébreux, leurs seules
distractions. Plus tard, après l'exil, lorsqu'ils se corrompirent par le
contact des Grecs, ils acceptèrent leurs jeux, et les pontifes eux-mêmes
introduisirent dans les écoles publiques et dans les gymnases la lutte, la
course, le palet, 2 Maccabées 4:12; cf. 1 Maccabées 1:15; puis quand à la
domination grecque eut succédé la domination romaine, les Hérodes firent
construire des théâtres et des amphithéâtres en plusieurs villes de la
Palestine, et y firent représenter des pièces et des jeux de tous genres,
divertissement fort honnête, fort innocent en lui-même, qui tendait seulement à
faire aimer les choses visibles au détriment des choses invisibles, et qui ne
prépara pas les cœurs à recevoir le roi humble et débonnaire qui allait venir.
— Saint Paul fait quelques allusions aux jeux et aux
combats des Grecs: 1 Corinthiens 9:24,27; 2 Timothée 2:4,5; peut-être aussi 1
Corinthiens 15:32; cf. 4:9, quoiqu'il ne soit pas très sûr (Rückert) que les
bêtes féroces dont il est parlé dans ce passage, soient de celles auxquelles on
livrait quelquefois les malfaiteurs pour satisfaire la curiosité théâtrale du
public; une des principales objections, c'est que Paul était citoyen romain, et
que cette qualité devait le soustraire au supplice, mais son titre n'a pas
toujours été connu ou respecté, cf. Actes 16, et dans un mouvement de cruauté
populaire l'on aura pu n'y pas avoir égard et le méconnaître.
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JÉZANIA,
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— Voir: Hazaria #7.
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JIBLÉHAM,
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ville de la tribu de Manassé en deçà du Jourdain,
Josué 17:11; 2 Rois 9:27. Elle fut longtemps habitée par les Cananéens, Juges
1:27. C'est la même que Bilham, 1 Chroniques 6:70.
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JIGDALIA,
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fils de Hanan, Jérémie 35:4, homme de Dieu ou
prophète, entièrement inconnu.
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JIRÉIJA,
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Jérémie 37:13 (587 avant J.-C.), officier de Sédécias;
il arrêta, à la porte de Benjamin, le prophète Jérémie qui voulait quitter
Jérusalem, dont il attendait la destruction, et se retirer en Benjamin. Tu vas
te rendre aux Caldéens, lui dit-il, et il le conduisit devant les chefs ses
ennemis, qui le firent battre de verges et jeter en prison.
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JISBAH,
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fils de Méred et père ou chef d'Estemoah, ville de
Juda, 1 Chroniques 4:17; Josué 15:50 (?).
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JISCA,
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Genèse 11:29, fille de Haran le frère d'Abraham, et
par conséquent nièce de ce dernier; elle était sœur de Milca, qui épousa son
oncle Nacor, aussi frère d'Abraham. Quelques-uns pensent que c'est la même qui
prit plus tard le nom de Saraï et devint épouse d'Abraham; cependant cela est
peu probable à cause de Genèse 20:12.
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JITHNAN,
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ville de Juda sur la frontière de l'Idumée, Josué
15:23, à 6 milles d'Éleuthéropolis du côté d'Hébron, d'après Eusèbe.
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JITHRA,
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— Voir: Jéther #2.
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JIZRABIA,
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1 Chroniques 7:3, arrière-petit-fils d'Issacar, eut
quatre enfants, et sa postérité sous David comptait déjà 36,000 hommes en état
de porter les armes; l'historien sacré explique par la polygamie ce prodigieux
accroissement.
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JIZRÉHEL, Jesréel, ou Esdraelon,
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1. était
une ville de la tribu d'Issacar, Josué 19:18; elle fut longtemps la résidence
du roi Achab, 1 Rois 18:45; 21:1, et après lui de sa veuve Jésabel, 2 Rois
9:30, qui l'a rendue célèbre par l'histoire de la vigne de Naboth, 1 Rois 21:1;
2 Rois 9:10. D'après Eusèbe, elle était située entre Scythopolis et Légion, à
12 milles de la première selon Jérôme, et à 10 de la dernière, non loin de
Dothaïn, Judith, 3:11. La source qui se trouve dans son voisinage, 1 Samuel
29:1, porta plus tard le nom de Tubania, et allait jeter ses eaux dans le
Jourdain du côté de Scythopolis. La plaine de Jizréhel, Josué 17:16; Juges
6:33; Osée 1:5, s'étendait de tous les côtés à l'entour de la ville, depuis le
Carmel jusqu'au Jourdain à la sortie du lac de Génésareth; elle touchait, au
nord, aux montagnes de la Galilée, vers le pied du mont Thabor, au sud aux
montagnes d'Éphraïm; le Kison la traversait dans presque toute son étendue, et
lui donnait une richesse de fertilité qui n'est pas perdue de nos jours,
quoiqu'elle ait considérablement diminué. Un grand nombre de batailles s'y sont
livrées, car la plaine de Jizréhel était bien faite pour séduire ceux qui
aiment à étendre de longues colonnes d'armées: outre les combats rapportés dans
l'Écriture, Juges 4:13; 6:33; 1 Samuel 29:1; 31:1; 1 Rois 20:26; 2 Rois 23:29;
1 Maccabées 12:49, il faut compter encore la sanglante bataille des Juifs
contre Vespasien, la rencontre des croisés et de Sa-ladin, la défaite des Turcs
par Bonaparte en 1799, et un combat plus sanglant, plus acharne, définitif, que
l'Écriture semble annoncer comme devant se livrer dans cette célèbre plaine à
la fin des temps.
C'est par la plaine de Jizréhel que passait la grande
route de Samarie à Jérusalem. Les voyageurs qui l'ont parcourue ne sont pas
d'accord sur son étendue, et varient entre 10 et 20 milles de longueur et 7 à
12 de largeur.
2. Ville
de Juda, Josué 15:56.
3. Un
fils de Hétham, de la tribu de Juda, 1 Chroniques 4:3.
4. Fils
d'Osée et de Gomer la femme débauchée, Osée 1:4.
________________________________________
JOAB,
________________________________________
1. 1
Chroniques 4:14, fils de Séraja, fonda une colonie d'ouvriers à Ono, dans une
vallée de Benjamin voisine du Jourdain, cf. Néhémie 11:35. Il était petit-fils
de Kénaz et neveu de Hothniel, le premier des juges, Juges 1:13. À cette
époque, qui n'était pas fort éloignée du séjour de l'Égypte, les Israélites
avaient, comme on voit, conservé la connaissance des arts et métiers que leurs
pères avaient appris pendant la servitude, et qu'ils avaient eu l'occasion
d'exercer encore pendant le voyage du désert.
2. Joab,
neveu de David par Tséruïa fille d'Isaï, 1 Samuel 26:6; 2 Samuel 8:16; 17:25;
23:18; 1 Chroniques 2:16; 18:15; 27:7 (1053 avant J.-C.). Il devint général en
chef des troupes de son oncle, et fut redevable de son avancement aussi bien à
ses grands talents militaires qu'à ses liens de parenté avec le roi. Il commanda,
avec ses frères Hazaël et Abisaï, les troupes de David contre Abner, lorsque
David n'avait encore pour lui que la tribu de Juda; vainqueur, il vengea la
mort d'Hazaël en tuant Abner dans un guet-apens. Puis lorsque David eut été
reconnu roi de tout le pays et qu'il eut transporté sa résidence de Hébron à
Jérusalem, Joab ayant enlevé aux Jébusiens la colline de Sion qu'ils occupaient
encore, il fut nommé chef suprême de l'armée, 2 Samuel 10:7; 11:1; 1 Rois
11:15, et on ne le voit qu'une seule fois à la tête d'une division sous les
ordres de David, 2 Samuel 18:2. Il fit ensuite la guerre d'Idumée, Psaumes
60:1, et le siège de Rabbath-Hammon où périt Urie, qu'il exposa lui-même sur
l'ordre de David.
Pendant l'exil d'Absalon, Joab le servit auprès de son
père et réussit à opérer un rapprochement momentané, qu'il ne voulut ou n'osa
pas même solliciter complet; cependant Absalon ayant fait incendier les champs
de Joab, celui-ci, fatigué des importunes instances d'Absalon, finit par
intercéder pour lui auprès du roi, et obtint qu'il pût rentrer à la cour. Mais,
soit qu'il en voulût à Absalon pour le procédé dont il s'était servi, soit qu'à
tout prendre il préférât le roi légitime à un usurpateur dont il était
peut-être jaloux, il ne s'associa pointa la conjuration, resta fidèle à David,
battit Absalon à la bataille d'Éphraïm et le tua malgré les ordres exprès du
roi, 2 Samuel 18. Ce meurtre resta impuni devant la loi, mais David remplaça
Joab par Hamasa, et le favori disgracié ne put reprendre sa place que par un nouveau
meurtre, celui de son rival, 2 Samuel 20:7. Il continue alors le siège d'Abel,
où s'était réfugié Sébah, et ne se retire qu'après la mort du rebelle. De
retour auprès de David, il entreprend malgré lui le dénombrement du peuple,
qu'il déconseille, 1 Chroniques 21; puis, ne pouvant oublier l'affront qu'il a
reçu, toujours irrité contre David, voyant ce roi devenir vieux, il cherche à
se mettre dans la faveur d'Adonija, qui aspire à la couronne; mais, au milieu
d'un banquet des conjurés, arrive le bruit du sacre de Salomon et des mesures
royales qui sont prises pour prévenir la réussite du complot. Joab s'enfuit à
Gabaon, le sort d'Abiathar l'effraye, celui d'Adonija, frère de Salomon,
l'effraye plus encore; il se cramponne à l'autel, mais Bénaja se jette sur lui,
et, malgré la sainteté du lieu, le met à mort sur l'ordre réitéré de Salomon, à
qui David avait laissé l'ordre de ne point l'épargner, 1 Rois 2:5; sq..
Ainsi mourut ce grand et sanguinaire capitaine,
expiant à la fois quatre grands crimes qui, tous les quatre, avaient eu leurs
excuses (quel crime n'en a pas!), le meurtre d'Abner qui avait tué Hazaël, le
meurtre d'Absalon qui avait été rebelle, celui d'Hamasa qui avait aussi
commencé par la révolte, enfin la conjuration d'Adonija, qui se présentait
comme l'aîné des fils et le prétendant légitime. Ambitieux, mais sage et
prudent, il a su toute sa vie détruire ou ménager, selon que cela lui était
avantageux. Il a attendu la vieillesse pour commettre une imprudence, et elle
lui a coûté cher; il tenait à la vie et n'a pu la sauver, malgré sa passive
résistance. Son nom est rappelé, 1 Chroniques 26:28, parmi ceux qui
consacrèrent à Dieu les dépouilles des vaincus.
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JOACHAZ,
________________________________________
— Voir: Jéhoachaz #3.
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JOAD,
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— Voir: Jéhojadah.
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JOAS.
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1. Père
de Gédéon, de la tribu de Manassé (1245 avant J.-C.), Juges 6:11; 7:14; 8:13.
Longtemps idolâtre, il avait chez lui un autel de Bahal, et un bocage près de
sa demeure, mais lorsque son fils eut porté la main sur ces tristes objets d'un
faux culte, il comprit lui-même la grandeur de son péché, et n'hésita pas à se
joindre à Gédéon contre ceux qui venaient lui demander raison de sa conduite;
il eut le bonheur d'être plus ferme dans le bien qu'il ne l'avait été dans le
mal.
2. Joas,
1 Rois 22:26; 2 Chroniques 18:25, appelé fils du roi (d'Achab, peut-être, par
une femme de second rang), ou fils d'Hammélec (inconnu). C'est à lui que fut
confiée la garde du prophète Michée pendant l'expédition d'Achab contre le roi
de Syrie.
3. Joas,
huitième roi de Juda, occupa le trône pendant quarante ans (878-838). Il était
le seul des fils d'Achazia qui eut échappé à la cruauté de sa grand'mère,
l'usurpatrice Hathalie. Élevé sur le trône à l'âge de sept ans, par les soins
du souverain sacrificateur Jéhojadah, qui lui avait conservé la vie et la couronne,
il marcha dans les voies de la piété aussi longtemps qu'il fut sous la
direction de ce cher et vénérable parent, et son royaume prospéra; il s'occupa
entre autres, avec beaucoup de zèle, de la restauration du temple. Mais après
la mort de Jéhojadah, il paraît qu'il tomba sous l'influence des grands du
royaume, qui, enclins au vice et à l'idolâtrie, supportaient avec impatience le
joug de la religion, et qui l'entraînèrent même à faire mourir le prophète
Zacharie, fils de son bienfaiteur Jéhojadah, dont les reproches irritaient
leurs consciences. Dès lors son histoire ne présente plus qu'une suite de
malheurs. Sa noire et honteuse ingratitude envers son frère adoptif fut punie,
et ceux qui la lui avaient suggérée n'échappèrent pas au malheur commun; il se vit
menacé d'une invasion des Syriens, ses armées furent défaites par des ennemis
bien moins nombreux, et il dut racheter sa couronne et son indépendance au prix
des trésors du temple; enfin il se forma une conjuration contre lui, et il
périt sous le fer des assassins, 2 Rois 11 et 12:2 Chroniques 23 et 24. Il fit
le bien ou le mal, suivant qu'il fut bien ou mal conseillé; il ne manqua pas
d'énergie, mais de volonté, et ce qu'on lui lit vouloir, il sut l'exécuter avec
résolution; triste résolution qui a imprimé à sa mémoire une tache ineffaçable.
S'il devait mal finir il eût mieux valu pour lui qu'il n'eût pas bien commencé.
4. Joas,
fils et successeur de Joachaz, fut le douzième roi d'Israël, et régna seize ans
(840-825). Ce que l'histoire sacrée nous dit de lui nous donne l'idée d'un
caractère assez mélangé. D'un côté l'on voit chez lui un certain courage, un
certain degré de foi, quelque confiance, et beaucoup d'estime pour le prophète
Élisée; de l'autre, il paraît avoir suivi les égarements de ses prédécesseurs,
et être resté fidèle au culte du veau d'or. Il pleura quand il apprit que le
prophète était près de sa fin; il vint le voir et frappa trois fois la terre de
ses flèches; c'était un oracle, et Élisée lui dit qu'au lieu d'exterminer les
Syriens il ne les frapperait qu'en trois rencontres; il réussit en effet à
reprendre aux Syriens quelques villes situées sur la rive droite du Jourdain,
que son père avait perdues, mais il ne poussa pas plus loin ses avantages. Il
fut également heureux contre Amatsia, roi de Juda. Malgré ses efforts pour
maintenir la paix, il dut prendre les armes et pénétra jusque dans Jérusalem,
qu'il rançonna, et qu'il laissa ainsi appauvrie et ruinée à son roi naturel,
dédaignant de le détrôner, 2 Rois 13:9-25; 14:1-18; 2 Chroniques 25.
— À tout prendre, pour un roi d'Israël, il n'a pas été
un mauvais roi, et sa mémoire ne doit pas être sans estime. Son nom est rappelé
Osée 1:1; Amos 1:1.
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JOB.
________________________________________
L'idée principale de tout le livre qui porte le nom de
Job, revient à cette question dont plusieurs autres documents de la littérature
hébraïque se sont aussi occupés, l'Ecclésiaste par exemple: Pour quoi l'homme
le plus pieux est-il souvent le plus souffrant, tandis que les plus méchants
peuvent se réjouir dans l'abondance du bonheur? L'auteur répond à cette
question, non par le raisonnement, mais par une résignation pieuse; il n'en
sait rien: c'est une hardiesse coupable de se permettre des jugements sur les intentions
cachées de Dieu, parce que l'expérience montre toujours que si Dieu impose des
souffrances aux hommes pieux, ces souffrances servent à leur véritable bien, et
seront pour eux la source de joies d'autant plus grandes, d'autant plus
excellentes; il y aurait, par conséquent, de l'injustice à tirer du bonheur ou
du malheur d'un homme des conclusions à l'égard de ses dispositions morales.
Cette idée n'est pas développée seulement par une
théorie, elle est mise en action et présentée d'une manière visible, sous une
forme d'histoire. La Providence, dans ses conseils, choisit un fils de cette
terre pour réaliser par ses épreuves la vérité de sa sagesse et de sa bonté.
Cette personne est empruntée à l'antiquité la plus reculée; les charmes qu'ont
pour lui les lieux où ont vécu ses ancêtres l'entourent; Job, le riche
patriarche, l'heureux père, l'émir de l'Arabie, devient le plus malheureux des
mortels; sa piété grandit avec son malheur; au milieu des maux qui l'accablent
il ne murmure pas, il reste un modèle de patience jusqu'au moment où l'on vient
attaquer sa droiture et sa piété elle-même.
Les trois amis de Job représentent les jugements du
monde: ils répètent sans cesse, et sous différentes formes, que Dieu fait du
bien aux bons et du mal aux méchants. Cette pensée peut être vraie en
elle-même, elle peut être juste, elle est fausse dans certaines limites, dans
l'application qu'ils en font; ils méconnaissent la piété de Job parce qu'ils
ont des idées fausses sur ce qu'est la vraie piété, et Job remporte la victoire
sur eux sans avoir cependant entièrement raison lui-même. La vérité est entre
les deux. Élihu survient alors, il entre en scène et fait des reproches aux
deux partis; il montre à Job ses torts, c'est qu'il s'est cru innocent, et
s'est regardé comme Dieu; Job a discuté avec sa propre justice, aussi bien que
ses amis. Élihu est donc destiné à humilier Job; il prépare ainsi l'apparition
de Dieu lui-même, qui, dans une brillante théophanie et dans un discours plein
de majesté, déclare qu'il est le seul souverain, montre à Job les miracles de
la nature et les merveilles de la création, et lui reproche d'avoir osé entrer
en lutte avec lui. Mais Job obtient sa grâce, Dieu lui pardonne, lui accorde la
grâce de ses amis, et lui rend au double tout ce qu'il a perdu. Le livre se
compose de trois parties:
1. le
prologue, chapitre 1 et 2;
2. le
corps du livre, discours et action, la partie poétique, 3-41;
3. dénouement
et épilogue, chapitre 42.
Il y a beaucoup de rapports entre l'idée dominante du
livre de Job, et celle qui règne dans la plupart des tragédies grecques. Le
contraste du bien et du mal; l'inégalité de la récompense; les luttes de
l'existence humaine dans toute sa fragilité, avec les coups du sort, voilà le
but sublime de l'ancienne tragédie: c'est également celui de Job, mais avec
cette différence que les Grecs, suivant la nature de leur religion, nous
montrent l'idéal de l'humanité (Sophocle lui-même nous indique l'idéal de la
tragédie quand il dit qu'il a décrit les hommes tels qu'ils devraient être, et
qu'Euripide les a décrits tels qu'ils sont), tandis que dans Job l'homme est
dépeint avec ses misères, n'occupant qu'un rang inférieur; Dieu et ses
perfections sont mis au premier rang, et forment l'objet principal de tout le
livre; toute la gloire revient à Dieu et à lui seul. Du reste, ressemblance
dans la forme, même choix des objets, même caractère dramatique des personnes;
le fait présenté n'est plus un fait individuel, c'est une affaire publique, la
propriété de la nation: même distinction exacte des personnes, et partant même
intérêt, parce que ce ne sont plus des caractères ordinaires, mais les
représentants d'un certain nombre d'hommes et d'idées. Enfin, même beauté de
langage, de poésie, dont les beautés varient comme dans les drames grecs, et
même profondeur des idées.
Le contenu du livre est-il une fable ou une histoire?
Cette question a souvent été décidée d'une manière trop exclusive; les uns ont
voulu tout nier, les autres ont voulu regarder jusqu'aux moindres détails comme
des faits, et les moindres paroles comme ayant été réellement prononcées. Les
uns et les autres ont mis en avant de bonnes raisons. On peut faire valoir
contre la vérité historique,
1. le
caractère poétique du livre, qui indique une fiction: on ne peut pas imaginer
que les amis de Job aient improvisé des réponses en vers aussi bien faits, et
dans un ordre aussi admirable. Ce que Schultens dit du caractère national des
Arabes et de leur facilité à improviser en vers, n'est pas suffisant pour
expliquer la richesse de la poésie des discours de ce livre. Dans la bouche de
Job, ces improvisations sont encore moins probables.
2. Le
prologue même, et l'épilogue, qui sont en prose, ne peuvent pas être pris à la
lettre; la scène dans les cieux, et le conseil de Dieu, sont une fiction. Les
chiffres sont ronds: après son rétablissement, Job retrouve le double de ce
qu'il a perdu; cette précision est également le fait du narrateur! Enfin la
manière égale et calme dont tout est raconté ne convient pas à l'histoire, et
l'on voit que celui qui raconte tient moins à l'exactitude historique qu'à
l'impression générale.
3. Le
nom de Job est symbolique; soit qu'on le fasse dériver de l'arabe, il signifie
se repentir, soit qu'on le dérive de l'hébreu, il signifie un homme qui est
attaqué, comme Job, de toutes sortes de maux.
— Voici, d'un autre côté, les arguments qu'on invoque
pour prouver que l'histoire de Job n'est pas un conte fait à plaisir, mais un
fait réellement arrivé:
1. Quelques
circonstances, quelques notices historiques, la généalogie d'Élihu, 32:2, la
patrie désignée de Job et de ses amis, 1:1; 2:11.;
2. le
témoignage d'Ézéchiel, chapitre 14:14,16,20; cf. Jacques 5:11, où Job est cité
comme un personnage historique;
3. la
tradition; ainsi les Septante et la Peschito racontent toute sa généalogie en
voyant Job dans le Jobab de Genèse 36:33. (cependant les Septante ayant copié
la Peschito, ne font pas un témoignage à part).
4. On
montre encore en Orient le sépulcre de Job, mais malheureusement en cinq
endroits différents, à Neva ou Nava, sur la route de Damas, non loin de
Jérusalem; à Hems (Hamath), en Syrie; à Hellé, sur l'Euphrate; dans l'Arabie
Heureuse, à 2 ou 3 lieues de Sanaa; et sur la route d'Ispahan à Schiras; enfin,
d'après Eusèbe, la tradition montrait encore la maison de Job à
Hastaroth-Karnajim.
— En résumé, il paraît évident que l'auteur a, comme
les poètes, puisé son sujet dans l'histoire, qu'il l'a développé poétiquement,
et qu'il a approprié l'histoire à son but; dans tous les cas, il serait hardi
de vouloir déterminer ce qui appartient absolument à l'histoire et ce qui est
absolument fiction.
Quant à l'époque de la composition de ce livre,
plusieurs pensent qu'il a été rédigé pendant la captivité (le Talmud, Gesenius,
De Wette); mais il y a eu une foule d'autres idées émises sur ce sujet, et
toutes aussi probables ou improbables que celle-là. Cette première idée
s'appuie de présomptions plutôt que d'arguments. On dit, par exemple,
a. que
l'idée de Satan assistant au conseil de Dieu est venue aux Hébreux par les
Caldéens; on suppose alors que la Genèse a aussi été écrite dans ce temps;
quand on en vient là, on n'a plus d'opinions, mais des préjugés, des
préoccupations dogmatiques.
b. On
trouve dans la doctrine des anges un coloris caldéen, 4:18; 5:1; 15:15; 21:22;
33:23,24; 38:7. Il est vrai que la doctrine des anges, dans Job, a quelque
chose de particulier, d'étrange, mais ce doit être expliqué en grande partie
par le caractère des personnes qui parlent; les détails que Daniel nous donne
sur les Caldéens ne s'appliquent pas ici, et la foi de l'Orient a toujours été
qu'il y a dans les cieux des saints qui sont les serviteurs de Dieu; rien
n'empêche d'accorder à cette doctrine une haute antiquité,
c. On
a voulu voir des allusions aux tristes événements de l'exil dans 9:24; 3:14;
12:17-25; 15:28; 16:7; 30:14,15; mais il faut pour cela une imagination à la
fois vive et pauvre, et on ne peut le faire à toute rigueur qu'en détachant ces
passages de leur contexte; c'est, au reste, le même principe en vertu duquel
quelques théologiens modernes (De Wette) veulent donner à des psaumes un
caractère exclusivement national,
d. On
se fonde enfin sur le coloris araméen du langage; mais cette objection ne
repose que sur un examen très superficiel de la langue, car c'est un coloris
tout à fait particulier que celui de la langue de Job. Que l'on compare ce
livre avec ceux qui ont été composés au temps de l'exil, et l'on verra que
l'influence de l'araméen dans Job a été tout à fait originale, comme celle
d'une langue beaucoup plus rapprochée de l'hébreu qu'elle ne l'était lors de la
captivité. Une autre influence, d'ailleurs, se fait sentir, que l'on oublie
entièrement, c'est celle de l'arabe; il y a dans Job des formes et des
constructions qu'on ne peut expliquer que par l'arabe, et si quelques auteurs
ont été un peu trop loin en voulant voir des arabismes là où il n'y en avait
pas (Schullens), cependant on en trouve qui ne peuvent nullement s'expliquer si
l'on place la rédaction du livre au temps de la captivité.
D'autres théologiens ont fixé l'âge de Salomon comme
celui de la composition de Job; oh a voulu même donner à ce livre Salomon pour
auteur (Grégoire de Naziance, Luther, Dœderlin, Richter, Rosenmuller). Cette
opinion ne repose que sur l'analogie que l'on trouve entre quelques phrases de
Job et des Proverbes, preuve qui ne prouve pas beaucoup; car rien n'est plus
naturel que cette analogie, parce que Job parle souvent en forme de sentences,
construction peu susceptible d'une grande diversité. En général la poésie de
Job est telle qu'elle a dû fréquemment servir de modèle aux auteurs
postérieurs.
Enfin, une troisième opinion très-répandue regarde
Moïse comme auteur de ce livre (quelques talmudistes, plusieurs Pères, Jacques
d'Édesse, Éphrem Syrus, Eusèbe, Jahn, Michaélis). Ce qui plaide en faveur de
cette hypothèse, c'est que Job renferme des allusions assez fréquentes à
l'Égypte, et que la description du crocodile en particulier suppose une
certaine connaissance de ce pays; on ajoute que le séjour de Moïse dans les
déserts de l'Arabie peu après sa fuite d'Égypte, a été un temps très favorable
à la composition d'un livre où l'auteur expose que la prospérité n'est pas une
preuve de justice, ni le malheur une preuve de péché. On remarque enfin
l'analogie qu'il y a entre Job et le Pentateuque pour le style. Ces
circonstances prouvent seulement que l'époque de Moïse, fort ancienne, doit
avoir été celle de la composition de cet ouvrage; mais, dit Eichhorn, le style
des livres de Moïse et celui de Job sont trop différents pour que leur composition
puisse être attribuée au même auteur.
— L'archevêque Magee a émis une opinion partagée par
Horne, et qui rentre dans celle qui précède, c'est que Job aurait écrit
lui-même l'ouvrage primitif, et que Moïse l'aurait transcrit en l'appropriant
aux besoins des Juifs, et en le sanctionnant de son autorité.
Pour parvenir à un résultat sur cette question, fixons
quelques points comme jalons directeurs.
1. On
voit d'abord que l'auteur du livre connaît l'histoire la plus ancienne du genre
humain; il renferme des allusions à la création et à la chute de l'homme,
9:8,9; 10:9; 12:7-10; 15:7; 20:4; 26:6-13; 27:2; 31:33; 38:4; sq. cf. Genèse
1-3. Il connaît aussi le nom de Jéhovah, ce qui prouve qu'il était Hébreu et au
courant des plus anciennes traditions des Hébreux. On pourrait donc croire
qu'il a vécu en Palestine, après Moïse.
2. Mais
il ne parait connaître ni la loi, ni la constitution politique d'Israël. Le
grand nom de la Thorah (la loi), si solennel pour les Juifs, n'est pris, 22:22,
que dans le sens d'instructions, de préceptes; et, quant à des allusions,
celles que l'on a voulu chercher et trouver, prouvent plutôt le contraire, par
exemple 24:3. Il y a même dans Job des usages contraires à la législation
mosaïque, cf. 42:15; et Nombres 27:8. Job est prêtre lui-même et sacrifie des
victimes à l'Éternel; ailleurs, 12:20, les prêtres sont regardés comme les
chefs et les princes de la nation, ce qui rappelle les temps d'Abram à Mamré,
Genèse 13:18. Nous sommes conduits de là à fixer notre attention sur un temps
antérieur à la théocratie.
3. Tout
est patriarcal dans ce livre; Job est un prince, un émir; nomade comme un
arabe; les vieillards sont l'autorité dont la sagesse est prise pour arbitre,
5:13,22; 8:8; 12:12,20; 15:10,18; 32:6; lui-même atteint un âge qui appartient
plus aux jours d'Abraham qu'à ceux de Moïse. Il distingue, avec la simplicité
d'un Arabe bédouin, le pays, c'est-à-dire sa patrie, et le dehors, l'étranger,
18:17. Le jugement est dans les mains du patriarche, 31:13. Les bêtes sauvages du
désert, les lions, les onagres, sont fréquemment employées comme images, 4:10;
11:12; 24:5; de même les caravanes qui traversent le désert, les fleuves, les
brigands, 6:5,19; 14:11; 30:3. Il a vécu sous le ciel, il a observé les étoiles
comme un Arabe, et montre des connaissances remarquables en astronomie (— Voir:
Ideler, Recherches sur l'origine et la signification du nom des étoiles dans
Job, Berlin 1809).
4. D'autres
circonstances encore montrent évidemment la haute antiquité du livre. Il est
question, dans Job, des Caldéens, que Moïse connaît aussi, mais qui ne
reparaissent dans l'histoire qu'au temps d'Ésaïe, et alors comme un peuple
beaucoup plus civilisé. L'usage des Romains, de déposer un enfant nouveau-né
aux pieds de son père, qui était libre ou de le laisser, de l'abandonner, ou de
le relever (de là élever un enfant) et de le prendre sur ses genoux en signe
d'adoption; cet usage contraire à la loi hébraïque, et dont on trouve des
traces dans la Genèse, 50:23; 30:3, se montre aussi dans le livre de Job, 3:12.
Nommons encore la description du cheval, qu'un Hébreu n'eût pas faite avec
autant de complaisance, 39:22-28, et l'on se convaincra facilement que la
patrie de l'auteur n'était pas la Palestine, et que la scène même se passait en
Arabie.
5. Enfin,
c'est avec cette opinion seulement qu'on peut se rendre compte de plusieurs
particularités que présente le style de cet ouvrage; on y trouve des formes
tout à fait antiques, un seul genre pour le pronom personnel, 31:10; etc.: des
expressions caldéennes et l'influence de l'arabe nous renvoient à un temps où
les dialectes étaient séparés d'une manière moins tranchée, comme les dialectes
grecs au temps d'Homère.
Ce que l'on oppose à cette opinion est assez
insignifiant; on a voulu voir dans les ruines, les tombeaux, les mausolées dont
il est fait mention, les traces d'une époque plus moderne; mais Bertholdt a
montré (Anmerkungen) qu'avec une connaissance plus approfondie de l'antiquité
toutes ces difficultés disparaissent.
Il n'y a donc que deux dates principales entre
lesquelles il faille opter: ou le livre de Job est fort ancien, ou il est tout
à fait moderne; et alors le choix n'est nullement douteux. Quanta des
hypothèses de détail sur le temps et la personne de Fauteur, il serait absurde
d'en faire; on ne peut rien décider que négativement.
Quelques Allemands modernes, par un esprit
d'hyper-critique, ont imaginé de nier l'authenticité de quelques portions de
Job; ils ont rejeté le prologue, l'épilogue, et le discours d'Élihu;
(Bærenstein, De Wette, Ewald). Ils trouvent en particulier qu'Élihu, en
répondant à Job, montre qu'il ne l'a pas compris; «mais, dit Hævernick, toute
la question consiste à savoir, puisque ces théologiens ne comprennent pas Job
de la même manière qu'Élihu, si c'est Élihu, ou si ce ne sont pas eux qui ont
mal compris. Il leur paraît encore singulier que Job ne réponde rien à ce
discours: c'est probablement que le point de vue de Job est qu'il ne faut pas
répondre quand on se reconnaît battu, tandis que ces disputeurs voudraient qu'on
discutât éternellement.»
En fait de commentaires on n'en a pas beaucoup sur
Job; en français, on peut se procurer celui de Bridel de Lausanne; en allemand,
l'un des meilleurs et des plus modernes est celui d'Umbreit, deuxième édition,
bon à étudier pour la langue et pour l'esprit.
Quant à la maladie de Job, c. Lèpre.
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JOBAB.
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1. Genèse
10:29, peuplade arabe nommée avec Ophir et Havila, mais du reste inconnue.
Bochart compare les Jobarites de Ptolémée, tribu qui habitait la côte orientale
de l'Arabie; il suppose avec Saumaise qu'il faut lire Jobabites, et Michaélis
s'est joint à cette idée, mais elle ne tient qu'à un fil.
2. Jobab,
fils de Pérah de Botsra, 1 Chroniques 1:44, ou de Zérah, Genèse 36:33, un des
chefs de l'Idumée. C'est sans aucune raison que quelques auteurs ont voulu
l'identifier avec Job.
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JOËL
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(Dieu l'Éternel, ou celui dont l'Éternel est le Dieu).
1. Fils
de Samuel.
— Voir: Abija #1.
2. Joël,
fils de Péthuel, le second des petits prophètes. On ne sait rien de particulier
sur sa famille et sur son histoire. Ce qu'il y a de sûr, c'est que c'est dans
le royaume de Juda, et pour ce royaume, qu'il exerça son ministère prophétique.
L'examen de ses prophéties, dans lesquelles on peut reconnaître plusieurs
rapports avec celles d'Amos,
— Voir: p. ex. Joël 3:4; Amos 1:9; et Joël 3:16; Amos
1:2,
a engagé la plupart des critiques à le placer sous le
règne d'Hozias, en 758, (Abarbanel, Vitringa, Rosenmuller, De Wette,
Preiswerk). Les circonstances dans lesquelles il prophétisa sont donc celles
qui sont décrites 2 Chroniques 26.
— Le contenu de son livre est assez général, et ce
serait mal l'interpréter que de considérer ses prophéties comme épuisées par
tel ou tel événement particulier. Elles annoncent d'abord, sous l'image d'un
fléau de sauterelles, les châtiments que l'Éternel se propose d'envoyer à Juda
par le moyen des peuples étrangers; puis, un retour de la bénédiction divine
provoqué par la repentance, l'humiliation sincère du peuple, et comme le point
le plus élevé de cette bénédiction, l'effusion du Saint-Esprit; enfin, comme un
autre côté du tableau, le châtiment des ennemis du royaume de Dieu. La période
messianique est dépeinte par le prophète, et même avec beaucoup de clarté, de
vigueur et de magnificence, mais il s'attache plutôt aux caractères de l'œuvre
du Messie qu'à sa personne. Le langage de Joël est élevé et pur; son style est
des plus beaux; il se montre poète distingué, son ouvrage semble avoir été bien
médité, et présente un plan net et bien arrangé. Cet écrit est, précisément à
cause de sa généralité, une riche source d'édification pour tous les temps; il
est rappelé par saint Pierre, Actes 2:16.
________________________________________
JOGBÉHA,
________________________________________
ville de la tribu de Gad, Nombres 32:35; Juges 8:11.
________________________________________
JOHANAN
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(don de l'Éternel),
1. fils
aîné de Josias; son nom, qui se trouve dans la généalogie de 1 Chroniques 3:15,
n'est mentionné nulle part ailleurs, ni pendant, ni après le règne de Josias,
ce qui fait supposer avec raison qu'il est mort jeune et avant son père.
2. Johanan,
fils de Karéah, 2 Rois 25:23; Jérémie 40:8 (588 avant J.-C.). Il fut l'un des
premiers qui reconnurent l'autorité du sage et pieux Guédalia, et celui qui
travailla le plus À la lui conserver; il l'avertit des complots formés contre sa
vie par Ismaël, et lui offrit d'en prévenir l'exécution par la mort de son
ennemi; ses services n'ayant pas été acceptés, et Guédalia étant mort victime
de sa confiance, Johanan, qui n'avait pu le sauver, le vengea, délivra les
prisonniers qu'avait faits Ismaël, continua sa marche vers Bethléem, et là,
incertain dans une route sans issue, craignant que Nébucadnetsar ne vengeât sur
toute la Judée la mort du gouverneur qu'il y avait placé, il résolut avec ses
partisans de se rendre en Égypte. Jérémie, consulté, n'ayant pas répondu d'une
manière conforme à leurs projets et à leurs désirs, ils s'emportèrent contre
lui, l'accusèrent d'être à la solde de Baruc pour travailler à leur perte ou à
leur servitude, et refusèrent de l'écouter. Johanan, et surtout Hazaria,
étaient à la tête des mécontents; ils résolurent de donner suite à leur idée,
et ne voulant pas laisser Jérémie en arrière comme un remords, ils
l'entraînèrent de force avec eux; mais le prophète qui n'avait pu les détourner
de l'Égypte, ne put non plus, lorsqu'ils furent arrivés à Tapîmes, les
détourner de l'idolâtrie, et sa seule mission fut dès lors de leur prédire les
châtiments qui devaient leur arriver.
— On ne peut s'expliquer que par la peur et
l'incrédulité la chute de ce Johanan qui avait si bien commencé et qui finit si
mal; ses intentions étaient bonnes, mais il n'a pas su ce qui était bien; il
est tombé parce qu'il a refusé de voir la lumière.
________________________________________
JOHANNA,
________________________________________
fils de Rhésa, un des ancêtres de Marie, Luc 3:27,
inconnu.
________________________________________
JOJADAH,
________________________________________
— Voir: Jéhojadah #2.
________________________________________
JOKDEHAM,
________________________________________
ville des montagnes de Juda, Josué 15:56.
________________________________________
JOKÉBED ou Jokbed,
________________________________________
fille ou descendante de Lévi, née en Égypte, et mère
ou ancêtre de Moïse, Nombres 26:59; Exode 6:20. Elle épousa Hamram son neveu.
Si elle a été la fille de Lévi elle n'a pu être la mère de Moïse, et
réciproquement, à cause du long espace de temps qui s'est écoulé entre l'un et
l'autre; le plus probable, c'est qu'elle a été effectivement la mère de Marie,
d'Aaron et de Moïse, et qu'elle descendait de Lévi. On sait les soins qu'elle
prit pour la conservation de son fils cadet, et comment après avoir été obligée
de l'exposer, elle eut le bonheur d'être choisie par la fille de Pharaon pour
le nourrir. Paul rend à sa foi et à celle de Hamram un beau témoignage; ils ne
craignirent pas l'édit du roi; et ce serait chercher bien loin l'explication de
leur foi que de la faire reposer sur des promesses directes qui leur auraient
été faites de la part de Dieu, touchant la vie et les hautes destinées de leur
fils.
________________________________________
JOKIM,
________________________________________
1 Chroniques 4:22,23, fils de Séla et petit-fils de
Juda, chef d'une famille qui primitivement s'était emparée d'une grande autorité
en Moab, et dont une branche, à l'époque où les Israélites étaient encore
libres en Égypte, travaillait à des fabriques de poterie et de porcelaine dans
les domaines et pour le compte du roi, tandis qu'une autre branche faisait le
commerce d'ouvrages de fin lin,
— Voir: Hel.
________________________________________
JOKMHÉAM,
________________________________________
ville d'Éphraïm, 1 Rois 4:12, qui fut plus tard donnée
en partage aux Lévites de la famille de Kéhath, 1 Chroniques 6:68.
________________________________________
JOKNÉHAM,
________________________________________
ancienne résidence royale d'une peuplade cananéenne,
au pied du mont Carmel, Josué 12:22. Elle était comprise dans le territoire de
Zabulon, mais fut donnée aux Lévites, 21:34.
________________________________________
JOKTAN,
________________________________________
Sémite, fils de Héber, et père de plusieurs peuplades
de l'Arabie Heureuse, Genèse 10:25-30. Les Arabes le nomment Kachtan, et sont
d'accord à dire que tous les vrais Arabes, habitants de l'Yémen, lui doivent
leur origine. Joktan eut treize fils; les Arabes ne lui en donnent qu'un seul,
nommé Jaarab, dont l'arrière-petit-fils Sébah est la souche de tout l'Yémen; on
montre encore son tombeau dans la contrée de Keshin, et Niebuhr parle d'une
ville nommée Kachtan à trois journées de Nedcheran; Edrisi nomme également une
ville Baischat-Jaktan dans l'Yémen. Ces données ne contredisent en rien les
notices bibliques, et l'on ne risque pas de se tromper en les admettant.
________________________________________
JOKTHÉEL.
________________________________________
1. Ville
de Juda, Josué 15:38.
2. Ville
principale de l'Arabie Pétrée, primitivement nommée Sélah, et qui reçut son
nouveau nom de Amatsia qui la conquit, 2 Rois 14:7; 2 Chroniques 25:11. Eusèbe
pense avec raison que c'est la même que Pétra;
— Voir: Sélah.
________________________________________
JONA,
________________________________________
dont le nom signifie colombe, était père de Pierre et
André, Matthieu 16:17; Jean 1:42; 21:15; il est du reste complètement inconnu.
On pense qu'il était pêcheur comme ses fils sur les bords du lac de Génésareth,
et que probablement il était mort lors de la vocation des deux apôtres,
puisqu'il n'est mentionné nulle part.
________________________________________
JONADAB, ou Jéhonadab,
________________________________________
1. fils
de Samma ou Simha, et neveu de David, 2 Samuel 13:3; 1 Samuel 16:9, est dépeint
comme un homme très rusé. Il seconda les vues incestueuses d'Amnon son cousin,
et ne lui donna pas de regrets à sa mort; il parut plutôt vouloir justifier
Absalon,à qui la mort d'Amnon donnait les droits à la couronne; après avoir
cherché la faveur du fils aîné, il chercha celle du second; il n'aima ni l'un
ni l'autre, et se montra vil et obséquieux pour leur plaire à tous deux, hideux
dans le service qu'il rendit au premier, calme et froid dans la manière dont il
excusa le second aux yeux de David.
2. Jonadab
ou Jéhonadab, Kénien, fils de Récab, 2 Rois 10:15; 1 Chroniques 2:55 (884 ans
avant J.-C.), salua le premier Jéhu l'usurpateur à son entrée à Samarie, monta
sur son char, et fut témoin de l'exécution des prêtres de Bahal. Il est plus
connu par ce que Jérémie nous dit de sa sagesse et de sa piété, Jérémie 35:6:
chef d'une grande famille, il voulut l'unir, elle et ses descendants, par des
formes obligées et des vœux sévères, qui devaient assurer à la fois leur
indépendance et leur fidélité au vrai Dieu. En leur interdisant le vin, en leur
défendant de semer et de planter, il leur défendait de posséder des champs; ils
les détournait ainsi de la vie agricole vers la vie pastorale, il les forçait
ainsi de loger dans des tentes, et de voyager à la suite de leurs troupeaux; et
la défense qui leur est faite de posséder des maisons, était presque devenue
inutile par l'impossibilité où ils eussent été de s'en servir. Ce genre de vie
leur rendait ainsi plus facile le pèlerinage de Jérusalem, et leurs pas se
portaient sans peine vers les montagnes de Juda et vers le mont de Sion pour
adorer. Les Récabites formaient ainsi un ordre, mais libre, et cette
institution resta toujours fidèle à la loi de Moïse, toujours fidèle aussi aux
vœux de son fondateur, jusqu'au moment où elle disparaît à l'époque de la ruine
de Jérusalem. Quant aux rapports de Jonadab avec Jéhu, ils s'expliquent par
l'intérêt qu'il y avait pour ce dernier à s'attacher un homme influent et bien
connu par sa piété, pour Jonadab de concilier à sa nombreuse famille Je chef de
la nouvelle dynastie.
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JONAN,
________________________________________
fils d'Éliakim, un des ancêtres de Jésus par Marie,
Luc 3:30; inconnu.
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JONAS.
________________________________________
Le cinquième des petits prophètes, le même qui est
nommé sous Jéroboam II, roi d'Israël, comme ayant annoncé les victoires de ce
monarque et l'extension de son royaume, 2 Rois 14:25; car, Jonas 1:1, il est
également indiqué comme fils d'Amittaï. On ne connaît, du reste, autre chose de
son histoire que l'épisode qui nous en a été conservé dans le livre qui porte
son nom. Ce livre renferme le récit de la mission du prophète auprès de la
ville de Ninive, alors capitale du puissant empire d'Assyrie, et développe
d'une manière pleine d'intérêt les différentes scènes de ce drame, les efforts
de Jonas pour se soustraire à cette mission, la tempête à laquelle est exposé
le vaisseau qui le porte, la conservation miraculeuse du prophète dans le
ventre d'un grand poisson, q.v., sa prédication à Ninive, enfin ses résultats,
ses heureux succès, et les tristes sentiments de dépit qu'ils lui inspirent.
Bien des questions ont surgi à propos de ces quatre
chapitres. On a commencé par ne rien en croire du tout, et ensuite on s'est
demandé si le poisson dans lequel Jonas a passé trois jours et trois nuits est
un véritable poisson, si ce ne serait pas plutôt le cachot du vaisseau, qui
avait pour enseigne un grand poisson; d'autres supposent qu'il a quitté le
navire et qu'il a été obligé, par indisposition, de passer trois fois
vingt-quatre heures à l'hôtel du Grand Poisson qui se trouvait au bord du
rivage; d'autres, et en particulier M. Coquerel, pensent que le grand poisson
est une caverne ou un enfoncement de rochers au bord de la mer, dans lequel
Jonas se sera sauvé à la nage. Ces théologiens sont ainsi d'accord à ne voir
dans l'histoire de Jonas qu'une allégorie, un mythe emprunté à une tradition
païenne qui rattache à la ville de Joppe le séjour d'Hercule dans le sein d'un
monstre marin.
Mais pour ceux qui admettent l'autorité du Nouveau
Testament la question est tranchée, puisque évidemment le Seigneur a présenté
ce récit comme une histoire véritable, et cela dans tous ses détails, par deux
fois, Matthieu 12:39; 16:4; Luc 11:29-32; et il est bien plus naturel et plus
logique de faire dériver la tradition païenne de la tradition biblique, que de
procéder à l'inverse. Le fait lui-même a une grande importance, d'abord en ce
qu'il est une prophétie de la vocation des Gentils, par opposition aux fausses
idées du particularisme juif et d'une manière charnelle de comprendre
l'élection, erreur dont Jonas était le représentant; ensuite, parce que
l'Esprit saint nous autorise et nous invite même, dans les passages cités, à
considérer la conservation du prophète dans le ventre du poisson pendant trois
jours et trois nuits, par la puissance divine, comme un type de la résurrection
du Christ.
— On peut lire sur ce livre les articles qui ont paru
dans la Gazette Évangélique de Berlin 1834, #27-29; et en français les Sermons
de E. Guers sur Jonas.
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JONATHAN
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(don de l'Éternel),
1. jeune
lévite, fils de Guerson et petit-fils de Moïse, Juges 47:7; 18:30. Résolu de
chercher fortune hors de Bethléem, sa première demeure, il arriva dans les
montagnes d'Éphraïm, où il consentit, moyennant une honnête rétribution, à
servir de prêtre aux faux dieux de Mica; mais bientôt les Danites s'étant
emparés de ces petites idoles, et Jonathan ayant voulu s'opposer à ce vol, ils
le séduisirent lui-même par l'appât d'une plus forte récompense, et
l'emmenèrent avec eux à Laïs, où il consentit à servir les mêmes idoles chez
ces nouveaux propriétaires. Ses enfants lui succédèrent comme sacrificateurs au
milieu de cette petite colonie danite, et l'idolâtrie subsista jusqu'au jour où
ils quittèrent le pays, et tout le temps que l'arche demeura à Silo,
c'est-à-dire jusqu'au temps où l'arche ayant été prise, les Philistins
obtinrent une suite de succès sur les Hébreux. Il a vécu entre Josué et
Hothniel.
2. Jonathan,
fils de Saül et d'Ahinoham, l'intime ami de David, 1 Samuel 14:49; 13:2; 1
Chroniques 8:33; 9:39 (1095 avant J.-C.). Il se distingua dans la guerre et
dans la paix, débuta dans la vie militaire par un brillant fait d'armes qu'il
accomplit à la tête de mille hommes, en chassant les Philistins du coteau de
Kiriath-Jéharim, puis, seul avec son écuyer, il réussit à s'emparer d'un
avant-poste ennemi. C'est après cette expédition qu'il faillit devenir victime
d'un vœu imprudent que son père avait fait; accablé de fatigue et de besoin, il
avait goûté de quelques rayons de miel sauvage, et Saül avait juré la mort de
quiconque prendrait quelque nourriture avant la nuit; Jonathan, prêt à mourir,
ne dut sa conservation qu'aux regrets unanimes du peuple. Ce héros aima un
autre héros; il aima le vainqueur de Goliath, il l'aima comme son âme, et,
fidèle à son père comme à son ami, il évita de se prononcer dans les longues
querelles qui divisèrent le roi tombé et le roi futur; il chercha à les réunir,
à les réconcilier; il y réussit une fois; mais le plus souvent sa sollicitude
dut se borner à avertir son ami des pièges que son père lui dressait. Déjà
David a cessé de venir à la cour, Saül s'en irrite, Jonathan veut l'excuser, et
ce père, aveuglé par sa rage, cherche à le frapper de sa hallebarde, mais le
manque. À cette haine, Jonathan comprit ce dont il ne s'était peut-être pas
encore douté, que David était le successeur désigné de Saül, celui qui
arracherait à la famille du premier roi le trône et la couronne d'Israël. Privé
de son avenir, parce que Dieu l'avait ainsi résolu, Jonathan ne voulut pas
perdre encore un ami: il se rendit auprès de David, dans les déserts de Ziph,
et lui demanda d'être le second dans son royaume, et de garder sa place auprès
de lui: «Tu régneras sur Israël, et je serai le second après toi, et Saül, mon
père, le sait bien.» Les deux amis ne se revirent plus, et Jonathan mourut sur
la montagne de Guilboah, en combattant avec son père contre les Philistins, 1
Samuel 31:2; 2 Samuel 1:4; 1 Chroniques 10:2. Son nom se retrouve 2 Samuel
1:17; 4:4; 9:7; 21:14. C'est une des figures les plus pures de l'Ancien
Testament; il reste sans tache, guerrier intrépide, tendre ami, fils
respectueux; il est appelé à tous les sacrifices, et consent à tous sans
murmure, donnant sa vie à son père et la couronne à son ami, ne pensant qu'à
ses devoirs et jamais à ses droits, ne pensant qu'au bonheur des autres et
jamais à lui-même.
3. Jonathan,
2 Samuel 15:27; 17:17, fils du grand prêtre Abiathar, fut le premier qui vint
avertir les complices d'Adonija que leurs projets étaient découverts. On ne
sait pas s'il était du nombre des conjurés, ou si, par l'avis qu'il donna, il
voulut sauver seulement la vie de son père, en l'engageant à fuir pendant qu'il
en était temps encore. Lors de la révolte d'Absalon, il était resté fidèle à
David et avait même rempli pour lui une mission difficile, mais une première
fidélité n'en garantit pas une seconde, et l'exemple seul de son père Abiathar suffit
à le prouver.
4. Oncle
de David, scribe et conseiller de ce prince, 1 Chroniques 27:32, renommé pour
sa sagesse.
5. Neveu
de David, et fils de Simha, 1 Samuel 16:9; 1 Chroniques 20:7; 2 Samuel 21:21.
Il tua un géant philistin de Gath, de la race de Rapha, qui avait six doigts à
chaque main et à chaque pied, et qui était venu défier Israël.
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JOPPE,
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très ancienne ville des Philistins, sur les frontières
de la tribu de Dan, Josué 19:46, et sur les bords de la Méditerranée, avec un
port assez connu, quoique peu sûr à cause des rochers qui s'avancent dans la
mer, 2 Chroniques 2:16; Jonas 1:3; Esdras 3:7. Joppe était située dans une
belle plaine, à six milles ouest de Rama, ayant Jamnia au midi et Césarée de
Palestine au nord, à l'extrémité occidentale de la route des montagnes qui
joint Jérusalem et la mer. Elle appartenait à la Syrie aux jours des apôtres;
Tabitha y demeurait, et c'est dans cette ville que Pierre reçut la vision qui
lui annonçait que la distinction entre les Juifs et les Gentils devait cesser,
Actes 9:36; 10:5; 11:5,13. Plus tard elle fut détruite par le général romain
Cestius; ayant été rétablie et étant devenue un repaire de pirates, elle fut de
nouveau rasée par Vespasien, qui fit construire sur ses ruines un château-fort,
et bientôt une jeune ville reparut tout à l'entour. Elle est nommée Jaffa dans
les auteurs du moyen-âge (déjà chez Anne Comnène), et ce nom lui est resté
jusqu'à nos jours; elle compte maintenant 7,000 habitants. Au temps de Jérôme,
on montrait encore le rocher et les marques de la chaîne à laquelle Andromède
avait été attachée, lorsqu'on l'exposa au monstre marin qui devait venir la
dévorer. Ce mythe grec bien connu a sans doute été forgé sur l'histoire de
Jonas, comme d'autres traditions mythologiques qui reposent sur un fondement
historique, et souvent sur des faits de l'histoire sainte.
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JORAM ou Hadoram.
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1. Joram,
ou Hadoram, fils de Tohi, roi d'Hamath en Syrie, 2 Samuel 8:10; 1 Chroniques
18:10, fut envoyé par son père pour féliciter David de la victoire qu'il venait
de remporter sur Hadad-Héser son ennemi (1040 avant J.-C.)
2. Joram,
cinquième roi de Juda, fils aîné de Josaphat, régna huit ans (891-883). Mais
pour concilier les passages 1 Rois 22:24; 2 Rois 1:17; 3:1; 8:17, il faut
admettre que déjà pendant cinq années il avait été associé au trône de son père
comme corégent. Son alliance avec la famille d'Achab par Hathalie, la fille de
Jésabel, l'entraîna dans le péché et l'idolâtrie, et fut une source de maux
pour son royaume, qui eut beaucoup à souffrir par les invasions successives des
Édomites, des Arabes et des Philistins; lui-même fut affligé d'une terrible
maladie, qui dura deux ans et termina ses jours. Il mourut sans être regretté,
et ne fut pas enseveli dans les sépulcres des rois, 2 Rois 8:16-24; 2
Chroniques 21. Quant à la lettre du prophète Élie qui lui fut remise, et dans
laquelle ces châtiments se trouvaient annoncés, 2 Chroniques 21:12-15, il n'est
pas nécessaire de supposer qu'Élie l'eût préparée par une prévision prophétique
avant de quitter la terre, car il vécut certainement pendant une partie du
règne de Joram, comme on peut le conclure de 1 Rois 22:51; cf. 2 Rois 2:11;
1:16-17.
— Quelques auteurs pensent qu'au lieu d'Élie il faut
lire Jéhu.
3. Joram,
neuvième roi d'Israël, second fils d'Achab et de Jézabel, monta sur le trône à
la mort de son frère Achazia, et régna douze ans (896-884). Il n'imita pas
entièrement les égarements de son père, mais n'alla jamais jusqu'à une réforme
véritable de ses mœurs et de celles de son royaume. Il renonça au culte de
Bahal, mais conserva celui des veaux d'or, qui paraît avoir été comme le
fondement de la politique d'Israël, sa base à défaut de la base théocratique.
Les Moabites s'étaient révoltés contre Israël peu de temps après la mort
d'Achab; grâce au secours de Josaphat, roi de Juda, et surtout à celui du
prophète Élisée, dont les divins avertissements le mirent longtemps à même de
déjouer les plans et les projets de ses ennemis, Joram réussit à ramener les
Moabites à l'obéissance. Élisée lui rendit de plus grands services encore dans
ses guerres contre les Syriens, qui envahissaient continuellement ses états,
qui finirent même par assiéger sa capitale Samarie, et lui firent souffrir
toutes les horreurs de la famine (Sermon de Gaussen). Il reçut une grande
blessure dans une de ces campagnes, se retira à Jizréhel pour s'y faire
soigner, laissant son armée sous les ordres de Jéhu, et bientôt après fut
assassiné par ce même Jéhu, que, sur l'ordre de Dieu, Élisée avait oint roi
d'Israël, 2 Rois 3-9. C'est sous le règne de ce prince qu'eut lieu la guérison
miraculeuse de Naaman; d'autres miracles encore, également admirables, ont été
faits sous ses yeux; le ministère et les soins d'Élisée semblaient appeler ce
fils d'Achab à se repentir et à se soustraire ainsi, lui et ses descendants,
aux coups d'un Dieu si puissant, et si terrible quand on l'irrite; mais ces
appels furent vains, Joram ferma les yeux, et sa dynastie, la quatrième
d'Israël, fut vouée à la destruction.
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JORIM,
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fils de Matthat, un des ancêtres de Jésus par Marie,
Luc 3:29, du reste inconnu.
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JOSAPHAT
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(jugement de l'Éternel),
1. le
quatrième roi de Juda, fils et successeur d'Asa, régna vingt-cinq ans
(914-889), et fut certainement l'un des meilleurs princes que ce royaume ait
possédé. Son histoire nous est rapportée avec beaucoup de détails dans le livre
des Chroniques, 2 Chroniques 17-20, dont l'auteur s'est plu à conserver le
souvenir de tout ce que Josaphat fit pour bannir l'idolâtrie et restaurer le
culte du vrai Dieu. Il s'occupa avec zèle d'une bonne organisation de la
justice; il construisit des forteresses, établit des greniers publics, créa des
magasins de blé; en même temps il se rappela l'essentiel, il n'oublia pas de pourvoir
au bien-être spirituel de son peuple, en chargeant des lévites de répandre
partout l'instruction religieuse. Sa piété, sa confiance entière dans le
secours du Dieu de ses pères, se manifesta d'une manière particulière, lorsque,
menacé par une peuplade arabe, il convoqua tout son peuple à un grand jeûne
national, 2 Chroniques 20, qui fut de navire à laisser dans l'âme de tous une
profonde impression. Le succès justifia sa confiance, et il eut le bonheur de
voir triompher ses armes contre les Syriens. Mais, d'un autre côté, l'alliance
et les relations trop intimes qu'il forma avec l'impie Achab, roi d'Israël,
furent de sa part un acte de faiblesse qui ne lui attira que des revers, en
particulier lorsqu'ils entreprirent d'équiper une flotte à frais communs. La
flotte des deux rois réunis fut brisée par une tempête dans le port
d'Hetsjon-Gué-ber, et Josaphat, comprenant cette leçon, refusa, malgré les
instances d'Achab, de renouveler cette entreprise. C'est ainsi que l'on peut
très bien concilier les passages en apparence contradictoires de 1 Rois 22:50;
2 Chroniques 20:35. L'alliance qu'il forma plus tard avec Joram fut plus
heureuse; la campagne qu'ils firent ensemble pour soumettre les Moabites
révoltés fut couronnée de succès, mais Dieu lui montra par des miracles que
c'était à sa faveur seulement, et non point aux forces de son allié, qu'il
était redevable de ses victoires, 1 Rois 22:41; 2 Rois 3:14; 2 Chroniques
17:10. Sa mémoire est restée bénie et respectée, 2 Chroniques 22:9, et l'on
peut dire qu'il fut à la fois homme de bien et homme de talent, vaillant à la
guerre, sage pendant la paix. Juda n'a peut-être joui sous aucun de ses rois
d'autant de bonheur que sous Josaphat.
2. La
vallée de Josaphat, Joël 3:2,12, n'était, dans l'intention du prophète, qu'un
nom allégorique; on a voulu l'expliquer par 2 Chroniques 20:26. Quoi qu'il en
soit de cette explication, la tradition s'est emparée du nom et l'a donné à
cette étroite et rapide vallée qui sépare le temple de Jérusalem de la montagne
des Oliviers, se dirige au sud-est du côté de la mer Morte, et est traversée
par le Cédron qui lui dispute son nom.
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JOSÉ,
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fils d'Éliézer, nommé parmi les ancêtres de Christ et
de Marie, Luc 3:29, est inconnu.
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JOSEB-BASÉBETH,
________________________________________
— Voir: Jasobham.
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JOSEPH
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(accroissement).
1. Le
onzième fils de Jacob, l'aîné de Rachel, Genèse 30:24; 33:2; 37:2; 46:49; 1
Chroniques 2:2; 5:1 (1745 avant J.-C.). Son histoire est de celles qu'il est le
moins nécessaire de raconter, son parce qu'elles sont trop connues, soit parce
qu'elles perdent plus que d'autres à être racontées dans des termes différents
de ceux de la Bible. On se rappelle sa jeunesse, ses dix-sept ans et
l'affection de son père, la jalousie de ses frères, ses rêves singuliers, sa
tunique bigarrée, son arrivée auprès de ses frères à Dothaïm, comment il fut
vendu à des Israélites et revendu à Putiphar, et comment là, après une longue
prospérité, il vit s'ouvrir pour lui les portes de la prison parce qu'il avait
su respecter l'honneur de sa maîtresse, et son honneur à lui-même. Cet honorable
prisonnier devint bientôt comme le geôlier de ses compagnons, et deux officiers
disgraciés de Pharaon apprirent de sa bouche, l'un sa mort, l'autre son
prochain retour en grâce; trois jours après, l'heureux échanson rentrait à la
cour; mais ingrat dans la bonne fortune, il oublia son compagnon de prison, et
deux années s'écoulèrent sans apporter à Joseph aucun changement. Alors Pharaon
songea, ses songes le troublèrent, tous les sages furent consultés inutilement,
et l'échanson se rappela Joseph. «C'est Dieu, et non pas moi, qui expliquera ce
qui concerne a prospérité de Pharaon», répondit le fils de Jacob, que l'on
consultait comme un devin; et avec une sagesse qui lui était donnée d'en haut,
il annonça les sept années d'abondance qui devaient être suivies de sept années
de famine, et invita le roi à se précautionner dans les premières contre les
dernières. Pharaon ne crut pouvoir mieux profiter de révélations aussi
importantes qu'en chargeant Joseph lui-même de l'administration des affaires
publiques, et il le fit son premier ministre (1715 avant J.-C.), en changeant
son nom en celui de Tsaphenath-Pahanéah, qui, dans le haut style de la
chancellerie égyptienne, signifiait le salut du siècle, ou selon saint Jérôme,
le sauveur du monde. Joseph avait alors trente ans; il épousa Asenath, fille de
Potiphérah, qui lui donna deux fils, Éphraïm et Manassé.
Les années de famine avaient commencé, et de toutes
parts on venait acheter du blé en Égypte, lorsqu'un épisode d'une grande
importance vint rendre Joseph à sa famille. Parmi les nombreux marchands
étrangers qui venaient se prosterner aux pieds du sage ministre de l'Égypte,
Joseph, un jour, crut reconnaître ses frères; il ne se trompait pas, un de ses
songes d'enfance venait de s'accomplir. Il ne pouvait penser à se venger d'eux,
il était trop grand de caractère et de position; mais il crut devoir les
éprouver avant de se faire connaître: il leur parla brutalement, les traita en
espions, retint Siméon auprès de lui, exigea la promesse qu'à un prochain
voyage ils amèneraient Benjamin avec eux, et fit remettre l'argent dans leurs
sacs. Après un assez long espace de temps, que les hésitations de Jacob avaient
encore prolongé, Joseph vit revenir auprès de lui ses frères et Benjamin; son
ton fut affectueux et doux, ses paroles furent aimables, il leur rendit Siméon,
et fit préparer pour eux un repas dans sa maison; l'émotion parfois était plus
forte que lui, il eût voulu se jeter au cou de Benjamin; cependant il se
contint, les fils de Jacob avaient encore une épreuve à subir, celle de la
coupe; ils s'en tirèrent à leur honneur, Joseph eut la certitude que le remords
était entré dans le cœur de ces méchants frères, et lorsque Juda se fut offert
en sacrifice à la place de Benjamin, Joseph, hors de lui d'émotion, fit sortir
tout le monde, et s'écria: «Je suis votre frère, je suis Joseph; mon père
vit-il encore?» C'est une scène qu'on ne peut décrire; il semble que chacun y
assiste, que chacun partage l'émotion de Joseph et celle de ses frères,
surpris, heureux et troublés. Des ordres furent aussitôt donnés pour que Jacob
put venir en bonne vieillesse achever ses jours en Égypte, et Pharaon lui-même
s'intéressa à la famille de son premier ministre. Le vieux père ne se fit pas
longtemps attendre, et Joseph, après l'avoir présenté à Pharaon, lui assigna
pour demeure la fertile contrée de Goscen en Rahmésès.
Cependant Joseph ne négligeait pas ses devoirs envers
l'Égypte; il se souvenait qu'il était administrateur et politique, et sa
politique n'étant guère autre que l'autocratie orientale, il mit tous ses soins
à obtenir des Égyptiens, en échange de son blé, leur argent, leurs terres et
leur liberté, pour pouvoir ensuite les administrer comme des fermiers, les
parquer selon que l'intérêt du pays le voulait, et les imposer au profit de la
couronne: la population fut dès lors et pendant longtemps astreinte à
abandonner au roi le cinquième des récoltes, le clergé seul étant exempté, et
le pays fut dans la main du roi.
La fin de Jacob approchait; le patriarche fit
promettre à Joseph que ses os seraient transportés en Palestine et ensevelis
dans le sépulcre d'Abraham; puis Joseph amena auprès du vieillard mourant
Éphraïm et Manassé, vit avec surprise la plus grande bénédiction retomber sur
la tête du plus jeune, entendit le testament prophétique du patriarche à ses
fils, et recueillit son dernier soupir. Après l'avoir fait embaumer, Joseph,
fidèle à sa promesse, conduisit en Canaan, accompagné d'un immense cortège, la
dépouille paternelle, et la déposa dans la grotte de Macpélah près des restes
de ses ancêtres. De retour en Égypte, il dut rassurer ses frères qui
craignaient que ses vengeances, comprimées par la vie de Jacob, n'éclatassent
après sa mort; il pleura avec eux, et leur promit de nouveau tout l'appui de
son crédit en cour et de son affection fraternelle. Sa vie dès lors fut
tranquille et calme, il vit encore ses arrière-petits-fils, et s'endormit à
l'âge de cent-dix ans, après avoir exprimé le vœu d'être ramené dans la terre
promise pour y être enseveli avec ses pères lorsque la postérité de Jacob
quitterait l'Égypte. Moïse se rappela ce vœu de Joseph et Josué fut chargé de
l'exécuter, Exode 13:19; Josué 24:32.
Il est impossible de trouver nulle part, dans tout ce
qui s'est écrit depuis le commencement du monde, un récit plus attachant, plus
émouvant que celui de la vie de Joseph; sans doute, les scènes de la rédemption
sont plus sublimes et plus déchirantes, et bien des enfants, bien des pauvres
sauvages, bien des chrétiens aussi ne peuvent les lire sans pleurer (qu'ils
sont heureux!); mais elles sont trop pures, trop célestes, trop surhumaines
pour que chacun consente à les comprendre; on peut s'y refuser: mais pour les
scènes de Joseph, elles sont tellement à la portée de chacun, si simples, si
naturelles dans leur grandeur, si humaines, que les plus grands ennemis de la
révélation sont contraints d'avouer que tout leur paganisme, et le paganisme
encore plus noble des anciens, n'a rien produit qui puisse être comparé à cet
admirable récit. Aussi, bien des auteurs ont-ils voulu rattacher leur nom à une
imitation de Joseph; la poésie s'en est emparée, et l'art dramatique lui doit
une de ses créations les plus sérieuses et les plus admirables, dont la
musique, peu française de caractère quoique française d'origine, semble
rappeler l'âge théocratique, l'âge des patriarches, l'israélitisme des premiers
temps.
Une chose peut surprendre dans l'histoire de Joseph,
c'est qu'il soit resté vingt-deux ans sans s'enquérir de sa famille, surtout
lorsque sa position le mettait à même de le faire facilement. Il est difficile
de se l'expliquer; on ne peut douter qu'il n'ait souvent désiré de revoir son
père et ses frères, et surtout de rendre à son père le bonheur qu'il avait
perdu; mais à cette époque les relations étaient rares entre les deux pays,
longtemps Joseph fut hors d'état de communiquer avec le dehors; quand il
redevint libre et maître, les soins du gouvernement durent l'absorber; il se
consolait peut-être par la foi qu'il puisait dans les songes de sa jeunesse, et
croyait ne pas devoir hâter un moment que Dieu avait lui-même fixé dans sa
providence; peut-être craignait-il de troubler la paix de sa famille en
révélant après treize ans d'absence le crime de ses frères; et si au contraire
il fit pour retrouver son père des recherches dont il ne nous est pas parlé,
peut-être les voyageurs eurent-ils de la peine à trouver une famille nomade et
sans nom, dont le siège pouvait varier considérablement d'année en année;
peut-être enfin put-il se tenir lui-même au courant de ce qui se passait chez Jacob,
sans vouloir cependant, et sans croire pouvoir lui faire connaître qu'il vivait
encore. Il faut le dire aussi, les sentiments de tous genres n'étaient pas
aussi tendres et efféminés chez ces anciens patriarches que chez nous, et si
les affections de famille sont une des plus douces jouissances qu'il soit
accordé à l'homme de goûter sur la terre, encore doit-on savoir au besoin être
plus fort que ces affections, les dominer au lieu de s'en laisser dominer, et
penser là comme ailleurs au but de la vie et non point à ses jouissances. La
séparation d'Abraham et de Lot, celle d'Abraham et de Nacor, celle d'Isaac et
de Jacob surtout, présentent le même caractère; on voit Jacob avoir été séparé
de son père pendant vingt ans au moins, de 77 à 97 ans, s'être marié, avoir eu
onze ou douze enfants et avoir fait fortune, sans qu'il paraisse s'être
inquiété en aucune façon du sort de sa famille: doit-on l'attribuera un vice
d'organisation, à un manque de développement des sentiments de famille et
d'affection, ou bien à certaine force de caractère qu'on ne peut plus
comprendre de nos jours, qui paraît tout au moins exagérée, et qui est en tout
cas le contre-pied de la sensibilité moderne? Mais comme la Bible ne nous
raconte pas tous les détails de la vie des personnages, nous pouvons croire
aussi qu'il y a eu, entre les absents et leurs familles, des rapports dont il
n'est point parlé, d'autant plus que l'on voit Jacob revenir de chez Laban avec
la nourrice de sa mère.
Le nom de Joseph se retrouve Exode 1:5; Psaumes 105:17;
Jean 4:5; Actes 7:9; Hébreux 11:22. Il sert aussi à désigner quelquefois les
tribus, soit d'Éphraïm, Apocalypse 7:8, soit de Manassé, Nombres 13:12, soit
toutes les deux à la fois, Deutéronome 33:13.
— Voir: Tribu.
2. #3,
et #4...
3. et
#4. Trois hommes du nom de Joseph sont nommés parmi les ancêtres de Jésus et de
Marie, Luc 3:24,26,30; ils sont les uns et les autres inconnus.
4. Joseph,
fils de Jacob, Matthieu 1:16; Luc 1:27; 3:23. Il descendait de la famille de
David, et se fiança avec une jeune parente d'une origine royale comme la
sienne, mais devenue modeste aussi par suite de l'abolition de la royauté.
Divinement averti des choses merveilleuses qui étaient arrivées à Marie, il
renonça à une séparation qu'il avait d'abord cru nécessaire; il continua de
vivre à Nazareth de son métier de charpentier, et se rendit à Bethléem à
l'époque du dénombrement; là il vit les mages adorer Jésus et Siméon saluer
l'enfant de ses bénédictions prophétiques; mais sa surprise s'accrut-quand, au
lieu de la grandeur qu'il pouvait attendre, il se vit obligé, par une vision
divine de s'enfuir, d'abord en Égypte (pendant deux ans?), puis en Galilée,
pour échapper aux cruelles persécutions d'Hérode et de son fils et successeur
Archélaüs. Israélite pieux, Joseph faisait chaque année le pèlerinage de
Jérusalem; c'est dans une de ces courses que Jésus, âgé de douze ans, resta en
arrière dans le temple, et Joseph partagea à son égard les inquiétudes de sa
mère. Dès lors, cet homme qui paraît avoir été humble et doux, disparaît de
l'histoire; on sait qu'il eut de Marie quatre fils et deux filles, Marc 6:3,
mais comme il n'est plus reparlé de lui, tandis qu'il est souvent question de
la mère, des frères et des sœurs de Jésus, on conjecture avec raison qu'il
était mort lorsque son fils adoptif entra dans la carrière publique, et les
paroles de Jésus, Jean 19:27, prouvent qu'au moins à l'époque de la crucifixion
Marie était veuve. Le nom de Joseph se trouve dans les généalogies rapportées
par saint Luc et saint Matthieu; on est généralement d'accord à penser que
celle de Matthieu renferme seule la descendance de Joseph, tandis que celle de
saint Luc renferme celle de Marie; Joseph a été substitué à Marie dans cette
dernière, d'après l'ancien usage de l'Orient et des Hébreux de ne comprendre
dans leurs listes que les hommes, et de nommer le mari comme fils et
descendant, alors même qu'il n'était entré dans la famille que par une
alliance. Il fallait que le Christ fût fils de David, selon la chair par Marie,
et selon la loi par Joseph, son père putatif, en quelque sorte son beau-père
(en anglais, l'expression father in law exprime parfaitement les rapports de
Joseph et du Christ).
5. Joseph
d'Arimathée, Matthieu 27:57; Marc 15:43; Luc 23:50; Jean 19:38, membre du
sanhédrin et ami caché de Jésus, refusa de consentir par son vote à la mort de
Jésus et ne fut point écouté. L'épreuve le manifesta; prudent lorsque rien
n'était à craindre, il ne craignit pas de se compromettre quand il y eut du
danger à le faire, et il demanda à Pilate le droit de rendre les derniers
devoirs à celui dont il avait reconnu, sans la comprendre encore, la mission
divine.
6. Joseph
— Voir: Barsabas.
________________________________________
JOSES,
________________________________________
frère de Jacques, de Simon et de Jude, fils de Marie,
Matthieu 13:55; 27:56; Marc 6:3; 15:40. Ses trois frères devinrent apôtres, et
lui seul ne le devint pas, circonstance remarquable, soit qu'on les regarde
comme fils de Cléopas ou comme fils de Joseph le charpentier, comme les cousins
de Jésus ou comme ses frères. Dans l'un et l'autre cas, les quatre paraissent
avoir été de ceux qui prirent Jésus pour un fou et voulurent s'emparer de lui,
Marc 3:21; on pourrait croire que l'exclusion de Joses tient à ce qu'il s'est
montré, dans cette circonstance, plus violent et plus obstiné que ses frères.
Plus tard cependant, il fut gagné à la vérité comme les autres, et prit part
aux réunions des fidèles après l'ascension, Actes 1:14. On ignore d'ailleurs
s'il y a eu deux Joses, l'un frère, l'autre cousin de Jésus; il arrive souvent
que dans des familles parentes, les enfants portent les mêmes noms. La parenté
de Joses offre sous ce rapport les mêmes difficultés que celles de Jésus et de
Jacques, q.v.
________________________________________
JOSIAS
________________________________________
(le feu de l'Éternel),
1. seizième
roi de Juda, fils et successeur d'Amon, régna trente-et-un ans (642-611), 2
Rois 22 et 23; 2 Chroniques 34 et 35. Il ne suivit point la mauvaise voie de
ses ancêtres, il fit au contraire tous ses efforts pour combattre l'idolâtrie
et réveiller la foi dans son royaume; il fit une guerre acharnée aux autels,
aux hauts lieux, aux bocages, aux idoles de tout genre, détruisant,
démolissant, profanant partout où il les rencontrait les moindres vestiges de
ce culte impie et adultère, ne se contentant pas de demi-mesures, mais résolu
d'exterminer impitoyablement jusqu'à la racine tous ces débris d'importations
étrangères et païennes. Mais s'il fut implacable envers les idées, il fut charitable
envers les hommes, et pourvut à la subsistance de tous ces prêtres auxquels il
enlevait, avec leurs autels, le produit des autels, 2 Rois 23:9. Il ne fit
mettre à mort que les sacrificateurs de Béthel, et peut-être ceux de Samarie,
mais on peut conclure de toute sa conduite que cette exception particulière fut
justifiée aussi par des circonstances particulières, peut-être par une
tentative de soulèvement de leur part. Josias ne borna pas son œuvre
réformatrice à son royaume seulement, il entreprit aussi la réformation
d'Israël et traversa les dix tribus en saint et vaillant triomphateur.
Cependant on voit par les plaintes d'un prophète contemporain, Jérémie 3:6,
qu'il ne réussit pas aussi bien que son cœur l'aurait désiré. Mais une
circonstance providentielle vint encore à son aide: la dix-huitième année de
son règne, les hommes occupés aux réparations du temple retrouvèrent un
exemplaire du Pentateuque, peut-être l'original écrit de la main même de Moïse,
qui avait été pendant longtemps égaré ou négligé, et dont la lecture fit une
grande impression. Les travaux de Josias qui, apparaissent, dit un auteur
allemand, comme un regard du soleil avant la nuit tombante à travers les nuages
d'un soir orageux, ces travaux, et le nom même du réformateur, avaient été déjà
annoncés trois siècles auparavant à Jéroboam, 1 Rois 13:2, et l'oracle accompli
était venu répondre à la longue attente du petit nombre de fidèles qui
n'avaient jamais cessé d'espérer.
Si le règne de Josias fut honorable, il ne fut
cependant qu'une trêve dans les malheurs comme dans les iniquités du peuple; la
prophétesse Hulda, consultée, lui rendit un oracle bien consolant pour
lui-même, bien terrible pour son royaume: des malheurs allaient fondre sur
Juda, et Josias ne devait avoir d'autre consolation que celle de mourir avant
qu'ils arrivassent. Aussi, quoique les jugements de Dieu sur son peuple fussent
bien près de s'exécuter, son règne fut en général heureux et paisible. Il
trouva la mort dans une bataille qu'il livra au roi d'Égypte Pharaon Néco, qui
voulait malgré Josias traverser la Syrie pour porter la guerre en Caldée: cette
bataille est mentionnée par Hérodote 2, 159. On peut s'étonner du rôle que
Josias joua dans cette occasion, et lui-même paraît presque ne pas avoir agi
avec pleine bonne conscience, car il se déguisa pour se mettre à la tête de ses
troupes; cependant on se l'explique par la supposition que ce roi prudent et
pieux était vassal de Nabopolassar, et qu'il dut agir comme sujet fidèle de la
Caldée, et non comme roi de Juda. Ce vasselage, qui comprenait probablement
aussi le royaume d'Israël, pouvait dater du temps de Manassé.
— Le nom de Josias se retrouve encore Sophonie, 1:1.
2. Josias,
contemporain d'Esdras;
— Voir: Heldaï.
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JOSUÉ
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1. (Dieu
est la délivrance), nommé d'abord Osée (délivrance), était fils de Nun, de la
tribu d'Éphraïm; il sortit d'Égypte, le pays de sa naissance, sous la conduite
de Moïse à qui il devait un jour succéder dans le commandement du peuple. Chef
des guerriers au désert, il se distingua d'abord par la défaite des
Hamalécites, Exode 17:9, accompagna Moïse sur le Sinaï, 24:13, fut chargé de la
garde du tabernacle d'assignation, 33:11, et, jaloux des privilèges de son
maître et ami, voulut empêcher des prophètes de prophétiser, Nombres 11:28. Il
fut un des douze espions envoyés en Canaan, Nombres 13:9, et c'est alors que
son nom fut changé pour lui rappeler, à lui et à ses compagnons, qu'il n'y a
qu'une seule délivrance efficace; mais seul avec Caleb, il montra par ses
œuvres la fermeté de sa foi, et seuls ils échappèrent à la sentence de mort
prononcée contre tout Israël (Éléazar et les lévites furent probablement aussi
exceptés). $on courage, ses talents et sa fidélité éprouvée, le firent sans
doute choisir par Moïse pour le remplacer dans la conduite des milliers
d'Israël, et il fut revêtu de l'autorité suprême en présence du peuple et
d'Éléazar le souverain sacrificateur, Nombres 27:18; Deutéronome 31:3. Il reçut
encore les ordres de son maître, Nombres 32:28, entendit avec joie son dernier
cantique de bénédictions, Deutéronome 32:44, et entra sans difficultés dans
l'exercice de ses nouvelles fonctions, Josué 1:1.
Son ministère est inauguré par une vision magnifique,
destinée à lui confirmer de la part de l'Éternel les promesses qui lui ont été
faites par Moïse, et à l'encourager à monter hardiment contre les nations
guerrières et puissantes qu'il a devant les yeux et dont la conquête lui est
assurée. Des espions sont envoyés; sur leur rapport, Josué donne trois jours à
l'armée pour se préparer, les eaux du Jourdain se partagent miraculeusement
pour donner au peuple élu un libre et franc passage dans la terre de la
promesse, un autel s'élève en souvenir de cette consécration solennelle de la
mission de Josué, semblable à celle qu'avait obtenue Moïse dans le lit de la
mer Rouge. Avant de procéder à la conquête de Jérico, les Israélites sont
circoncis; ils célèbrent la Pâque, qu'ils n'ont pas encore célébrée depuis le départ
de l'Égypte, et qu'ils ne devaient pas célébrer non plus, Exode 13:5; enfin la
manne cesse de tomber, et le peuple se nourrit de la nourriture de l'homme et
trouve du grain en abondance, Josué 5:11. Les ennemis d'Israël, quoique
vaillants et résolus à se défendre avec courage contre le petit peuple qui veut
les envahir, deviennent lâches, et leurs cœurs se fondent à l'ouïe des
merveilles que Dieu a faites pour Israël. Une première conquête achève
d'effrayer les anciens habitants de Canaan, et d'encourager les nouveaux; c'est
la prise de Jérico, la clef du pays, la ville forte, la ville aux solides
murailles. Elle tombe devant les cris de joie et d'espérance du peuple, devant
ses promenades solennelles et silencieuses que trouble seulement le bruit éclatant
des trompettes; les murailles s'écroulent, la ville est mise à sac, tout est
égorgé ou brûlé, Rahab seul est épargnée parce qu'elle avait épargné ses hôtes.
De là, sur le rapport de quelques espions, 3,000 hommes sont envoyés contre
Haï; mais Josué avait oublié de consulter l'Éternel, les 3,000 hommes sont
battus, et Dieu révèle à Josué les causes de cette défaite, le péché d'Hacan.
Après le châtiment du coupable, Israël, prêt à faire la volonté de l'Éternel,
peut marcher en avant, Haï est aisément subjuguée, et Dieu permet aux
vainqueurs de se partager les dépouilles au lieu de les mettre à l'interdit.
Cependant les rois de Canaan se réunissent pour combattre l'ennemi commun; les
Gabaonites seuls, usant de ruse, réussissent à se mettre sous la protection
d'Israël, et s'ils deviennent coupeurs de bois et puiseurs d'eau, ils ont au
moins le droit d'habiter en la maison de l'Éternel, et d'être protégés par
Israël dans la mauvaise fortune. Irrités de cette défection, les rois de Canaan
commencent les exploits de leur ligue par le siège de Gabaon, mais là déjà ils
éprouvent les coups de Josué, en même temps que les Gabaonites peuvent se
féliciter de l'alliance qu'ils ont faite: un grand carnage a lieu, les cinq
rois sont mis en fuite, le jour est trop court pour l'achèvement de la
victoire, Josué commande au soleil et à la lune de s'arrêter, et les cinq rois
sont mis à mort au fond de la caverne dans laquelle ils ont cherché leur
refuge. Profitant de ses avantages, Josué assiège plusieurs autres villes cananéennes,
Makkéda, Libna, Lakis, Héglon, Hébron, il saccage tout le pays depuis
Kadés-Barné jusqu'à Gaza, de Goscen jusqu'à Gabaon, et devenu maître de toute
la partie méridionale de Canaan, il rentre triomphant à Guilgal où le peuple
était campé. Une ligue du Nord succéda à la ligue du Midi, Jabin succéda à
Adonitsédec, et malgré leur multitude ils ne furent pas plus heureux, ils ne
s'assemblèrent que pour être détruits d'un seul coup. Josué les chargea à
l'improviste, et les battit tellement qu'il n'en laissa échapper aucun; il
revint de là à Hatsor, qu'il brûla ainsi que toutes les villes d'alentour, et
en fit mourir les enfants, les rois et les chevaux. Mais il fallut quelques
années pour réduire à l'obéissance tout le pays, car ces petits rois se
succédaient les uns aux autres à mesure que Josué en abattait quelques-uns, et
il fallut leur faire la guerre à tous, aucun ne s'étant rendu sans combat. Ce
ne fut donc que six ou sept ans après leur entrée en Canaan que les Israélites
purent commencer le partage des terres, étant maîtres alors de tout le pays, à
l'exception de quelques villes, Gaza, Gath et Asdod, qui étaient restées aux
Hanakins, et de quelques peuplades qui purent conserver longtemps encore leur
indépendance, n'ayant pas été exterminées lorsqu'elles pouvaient l'être, et
comme Dieu avait ordonné à Josué de le faire.
On suppose en général que le sacrifice du mont Hébal
(8:30-35) dont nous avons parlé en son lieu, ne fut célébré qu'alors, une fois
que le peuple put se reposer enfin de ses longues et pénibles guerres. C'est
dans le même temps à peu près que se passa la touchante scène d'une noble
querelle, de franches explications, et d'aimable réconciliation: ce furent des
jours de réveil qui peuvent compter parmi les plus beaux de toute l'histoire d'Israël;
Josué 22.
Deux tribus et demie demeuraient au-delà du Jourdain;
la terre promise devait être partagée entre les autres neuf et demie; ce
partage se fit peut-être au fur et à mesure que le peuple avançait dans le
pays, et proportionnellement à la force et à la population des tribus; les
villes de refuge furent désignées, et les Lévites se virent assigner les lieux
de leur héritage. Lorsque tout fut en règle à cet égard, que les tribus furent
entrées en possession de leur territoire, et que les parts furent faites, Josué
crut pouvoir à son tour se choisir un héritage avec le consentement du peuple,
et il prit Timnath-Sérah en la montagne d'Éphraïm. Servi le dernier, il dut se
contenter encore d'une petite ville peu importante, située dans une contrée moins
favorisée que d'autres, mais il était près de Silo, et le voisinage du saint
lieu ne fut sans doute pas sans influence sur son choix.
Josué avançait en âge, il touchait au terme de sa
carrière, il avait été une lumière ardente et vive; l'Écriture sainte nous
présente peu de caractères qui aient été aussi actifs au service de leur
maître, aussi fidèles dans leur profession, aussi inébranlables dans leur foi;
l'histoire tout entière ne présente aucun conquérant dont les guerres offrent
le même caractère de justice dans le but, et de dépréoccupation personnelle
dans l'exécution. Il mourut comme il avait vécu; sa dernière pensée fut pour la
gloire de son Dieu et pour le bonheur de son peuple. Âgé de cent dix ans, et
voyant approcher son heure, il fit convoquer toute l'assemblée d'Israël, ses
anciens, ses chefs, ses juges et ses officiers, et lui, seul survivant de tous
ceux qui avaient vu la captivité de l'Égypte, seul survivant de tous ceux qui
avaient vu les scènes du désert, gouverneur de vingt-cinq années et vrai
patriarche et roi du peuple, il ne parle à ceux qui l'entourent, ni de lois, ni
de conquêtes, ni d'administration; un mot suffit à ses victoires, et son
discours d'adieu ne suffit pas à leur dire tout ce qu'il voudrait sur les
dangers de l'idolâtrie, et l'importance pour eux tous de rester fidèles à ce
Dieu qui leur avait toujours été fidèle. Peu de temps après, il les rassemble
de nouveau en Sichem pour leur adresser une dernière fois des paroles
d'exhortation, il leur rappelle les merveilles que Dieu a faites en leur
faveur, et les presse de se décider d'une manière franche sur le Dieu qu'ils
veulent adorer: mais pour moi, leur dit-il, pour moi et ma maison, nous
servirons l'Éternel. Alors il traite alliance avec le peuple, lui propose des
ordonnances et des statuts, met par écrit tout ce qui vient de se passer, et
dresse pour monument une grande pierre sous un chêne: puis il s'endort âgé de
cent dix ans, et le peuple qui le pleure et qui n'a plus de chef, l'ensevelit à
Timnath-Sérah dans le lieu de son héritage.
Le nom de ce pieux conquérant se retrouve Juges 1:1;
Néhémie 8:17; Actes 7:45; Hébreux 4:8.
Josué paraît être l'auteur du dernier chapitre du
Deutéronome; quant au livre qui porte son nom, les Juifs le lui attribuent
assez ordinairement; cependant il ne paraît pas qu'il en soit l'auteur: les uns
y voient un extrait du livre de Jahzer ou du Droiturier, Josué 10:13; d'autres
pensent qu'il a été composé par Éléazar le souverain pontife, contemporain de
Josué; d'autres enfin supposent, avec vraisemblance, que Josué a écrit quelques
mémoires détachés, qui ont été plus tard réunis, complétés, et rédigés par un
prophète, Esdras par exemple,
— Voir: Hævernick's Einleitung.
La célèbre station du soleil et de la lune, qui a été
l'objet de tant de plaisanteries, d'explications, de doutes et d'hypothèses,
forme la principale difficulté de l'histoire de Josué, et l'une des plus
grandes de la révélation tout entière. On a essayé des traductions différentes
du texte, on a imputé à la poésie des paroles qui appartiennent à la prose, on
a fait de l'armée des cieux une armée terrestre, du soleil qui brille au
firmament l'étendard d'une des compagnies de Josué, de la reine des nuits le
drapeau d'un autre corps d'armée, des paroles prophétiques de Josué un ordre
stratégique donné à ces compagnies de se poster, l'une sur Gabaon, l'autre sur
les hauteurs qui dominent la vallée d'Ajalon. Ces diverses tentatives, toutes
plus ou moins hasardées, toutes forcées, car l'interprétation littérale est la
seule naturelle, doivent leur naissance aux nombreuses objections, aux
difficultés réelles que soulève le récit biblique dès qu'on le prend à la
lettre. Nous n'appellerons pas sérieuse l'objection tirée du langage même de
Josué, qui paraît supposer le mouvement du soleil, et non la rotation de la
terre. Josué parle comme tout le monde, comme les plus savants, comme
l'Annuaire du Bureau des longitudes; tout le monde dit: Le lever, et le coucher
du soleil. Et, comme Chaubard le fait remarquer, l'ordre de s'arrêter, donné simultanément
au soleil et à la lune, non seulement ferait supposer, mais prouve même que
Josué, ou celui qui lui dictait ses paroles, ne confondait point à cet égard
l'apparence avec la réalité. Mais on peut regarder comme sérieuses les trois
objections suivantes, auxquelles nous répondrons en peu de mots:
a. Si
la terre s'est réellement arrêtée, tout ce qui était alors debout,
principalement dans les zones torride et tempérées, arbres, maisons, hommes,
animaux, doit avoir été à l'instant même renversé et brisé par la violence du
choc de l'atmosphère.
— Oui, si l'atmosphère ne s'est point arrêtée avec la
terre; non, si au contraire l'atmosphère, qui fait en quelque sorte partie
intégrante du globe, s'est arrêtée avec lui; non, surtout, si l'arrêt, au lieu d'être
subit, a été graduel.
b. Il
répugne d'admettre comme historique un passage dont on s'est autorisé pour
condamner Galilée et le véritable système du monde.
— Sans doute; mais comme ce passage n'a été qu'un
prétexte mal compris, on aurait tort de conclure de l'abus contre l'usage,
c. Mais
la plus grave objection, c'est que, d'après le récit biblique, ce dérangement
du système de l'univers, ce bouleversement de toutes les lois du mouvement des
corps célestes, ce cataclysme général, n'aurait eu lieu que pour donner aux
Israélites le temps de consommer la déroute de leurs ennemis, lorsqu'il y
aurait eu une foule d'autres moyens moins effrayants, moins effroyables, pour
obtenir le même résultat.
— Les réponses à cette objection sont faibles, du
moins à notre point de vue. On peut dire que Dieu subordonnait la terre entière
aux succès de son peuple, comme il subordonne à notre globe le récit de la
création tout entière; que la prise de possession des Israélites devait être
marquée par des signes dans le ciel et sur la terre; que Dieu se proposait
peut-être de détruire une partie du monde d'alors par un déluge partiel (—
Voir: plus bas), et que les deux faits ont coïncidé; que dans la bouche de
Josué, inspiré de l'Esprit de Dieu, ces paroles sont moins un ordre qu'une
proclamation; qu'il se borne à annoncer le fait que Dieu lui a révélé; que,
dans tous les cas, les historiens juifs sont bien excusables d'avoir attribué à
une intervention de Dieu en leur faveur le prolongement de jour qui leur a
assuré la victoire, etc. Mais si ces réponses sont faibles, nous pouvons
demander aussi quelles conclusions l'on veut tirer de l'objection. En
conclura-t-on que la station du soleil et le double jour qui en est résulté
soient des faits imaginaires? Ici nous en appelons à la géologie, et nous
trouvons une fois de plus, que le plus ancien de tous les livres en est aussi
le plus vrai, à quelque point de vue qu'on le considère, et que la science ne
mérite son nom que lorsque ses progrès l'ont conduite jusqu'à rendre témoignage
à la révélation.
Si la terre s'est réellement arrêtée, que le temps
d'arrêt ait été de 40 secondes, ou de 18 minutes, peu importe (— Voir: Gaussen,
Théopneustie, p. 360, sq.), l'immensité des eaux de la mer a dû nécessairement
continuer le mouvement qui lui était commun avec le globe, et se déverser ainsi
sur les continents; et, en second lieu, le globe cessant d'être sollicité à
s'aplatir vers les pôles par la rotation, a dû tendre à reprendre sa forme,
sphérique originelle, se renfler vers les pôles, se rétrécir à l'équateur; de
là des convulsions, des tremblements de terre, des ruptures. Or, la géologie et
les traditions rendent témoignage de ce double phénomène. Les spécialistes négligent toutefois que la terre est stationnaire dans
l’espace, elle est fixe et stable, elle ne bouge pas comme le reste des corps
célestes ou planètes, elle ne tourne aucunement sur elle-même ni autour du
soleil. La Bible ne dit aucunement que la terre cessa sa rotation, mais que ce
fut plutôt le soleil qui entra dans cette phase temporaire due à une
intervention divine.
La tradition: en effet, le déluge de Deucalion, selon
la chronologie vulgaire, remonte à l'an du monde 2504 environ; Josué, né l'an
2460, aurait eu alors quarante-quatre ans (il était certainement plus âgé, mais
lorsqu'il s'agit de déluges, et dans des temps où l'art des dates n'était pas
très avancé, l'on doit se contenter de dates qui concordent à un demi-siècle
près); la coïncidence entre ces deux événements paraît prouvée; on peut en dire
autant du déluge d'Ogygès, appelé aussi Ogygus, et peut-être le même que
l'Augias des fables grecques, dont Hercule nettoya les étables par une
inondation. Platon, dans son Timée, fait intervenir des prêtres égyptiens, qui
reprochent aux Grecs de ne parler jamais que d'un seul déluge, alors qu'il y en
a eu plusieurs, «un déluge, entre autres, accompagné de tremblements de terre,
qui dura l'espace d'un jour et d'une nuit (24 heures),... et engouffra
l'Atlantide elle-même, qui disparut entièrement, abîmée sous les flots», etc.
Le long jour des Hébreux se retrouve encore sous le déguisement d'une double
nuit, dans les traditions des Latins et des Grecs, qui l'attribuèrent aux
voluptueux caprices de Jupiter (Ovid. Amor. 1, 13. Prop. 2, 22. Lucain, Phars.
6). La double nuit correspond au double jour si, comme on va le voir, la
station de la terre a eu lieu peu après le lever du soleil; alors il devait
encore faire nuit chez les Grecs, et la variante de la tradition prouve, mieux
que ne ferait son entier accord, la réalité même du fait.
La géologie, avons-nous dit, rend témoignage à
l'histoire. Au moins on a constaté une formation de terrains tertiaires de
transports dont on a été longtemps avant de reconnaître le caractère spécial,
et qu'on ne peut expliquer que par une inondation violente, subite, courte,
générale, mais partout partielle, dirigée de l'occident à l'orient, et parfois,
par suite de circonstances particulières, du nord-ouest au sud-est, beaucoup
plus forte vers l'équateur que vers les pôles, autant de caractères qui ne
s'expliquent que par une suspension momentanée du mouvement de rotation du
globe. Cette formation, confondue tantôt avec les terrains secondaires
supérieurs, tantôt avec les alluvions modernes qui se forment sous nos yeux,
comprend les grands dépôts de sable de l'Afrique occidentale (Sahara, etc.),
des côtes occidentales et boréales de l'Europe et de la Nouvelle-Hollande, les
dépôts arénacés de la Sibérie, avec les gros quadrupèdes qui y ont conservé
leurs poils et leur peau, les brèches coquillières ou falun, les brèches
osseuses du calcaire jurassique, les cavernes à ossements du même dépôt; les
coquillages bivalves qu'on y rencontre y sont entassés sans ordre, tandis que
dans les autres formations ils sont toujours dans leur position naturelle,
c'est-à-dire, leur valve supérieure en haut. Ce fait démontre la soudaineté et
la brièveté de la catastrophe. Les forêts souterraines qu'on trouve ensevelies
sous les sables de la Russie septentrionale sont dirigées du nord-ouest au
sud-est; enfin l'on voit en Auvergne des produits volcaniques et
pseudo-volcaniques, alternant avec les sables et graviers qui recouvrent les
formations secondaires les plus récentes de ces contrées, et l'on a reconnu
parmi les fossiles carbonisés, au-dessous d'un de ces amas volcaniques, une
planche travaillée par la main de l'homme (à Boutaresse), ce qui semble faire
remonter à une date comparativement peu ancienne l'amas de ces terres sableuses
et crétacées, et le gisement de cette formation.
Ces faits qui rendent plausible, probable, et même
nécessaire, l'interruption momentanée du mouvement de rotation de la terre, ces
faits dont le souvenir s'est conservé ailleurs que chez les Hébreux, et qui
semblent écrits sur les ruines qui couvrent la surface du globe, sont
développés dans les Éléments de géologie du modeste et savant Chaubard (1833),
de manière à ne laisser presque aucun doute dans l'esprit. Il nous a paru
convenable d'en reproduire les traits principaux, à cause de l'importance du
sujet, et de l'invraisemblance apparente du miracle. La station de la terre se
place donc, comme phénomène, sur le même rang que le phénomène de la création
et celui du déluge, et si sa cause nous paraît moins digne du but, nous
répondrons encore avec Chaubard: Quelles conclusions veut-on en tirer?
Ajoutons, d'après le même géologue:
d. que
Josué se trouvait vers la position de Beth-Horon-la-Basse au moment où le
soleil suspendit sa course;
e. que,
vu de là, le soleil avait en ce moment 24° 10' environ d'amplitude ortive nord;
f. que
ce jour est postérieur au 20 mars et antérieur au 24 juillet; Chaubard le fixe
au 5 juillet environ; la lune devait se trouver dans son troisième quartier;
g. enfin,
que le soleil n'était levé que depuis 26 ou 27 minutes lorsqu'il s'est arrêté.
Voir sur l'ensemble de cette question Chaubard, Élém.,
p. 267-334. La géologie renferme encore tant de mystères que l'on ne saurait
rien affirmer; chaque savant présente son système, et nous commande le doute
par son absolutisme même. Il suffit d'ouvrir un ouvrage quelconque pour s'en
convaincre. Le travail de Chaubard nous a paru ne pas répondre à tout d'une
manière satisfaisante, mais il a le grand mérite d'être simple, sans
prétentions, naturel, et de se rapprocher de la révélation plus que tous les
autres systèmes, ce qui est une garantie contre l'erreur, car c'est toujours là
qu'il faut en revenir. Ce qu'il dit des terrains de la dernière formation est
d'ailleurs plus fort et plus solide que les raisons qu'il allègue pour
expliquer les formations précédentes.
2. Josué
de Bethsémès, 1 Samuel 6:14. C'est au milieu de son champ que s'arrêtèrent les
jeunes vaches que les Philistins avaient attelées au char qui devait emmener du
milieu d'eux l'arche sainte. Les deux génisses furent offertes en holocauste à
l'endroit même où elles s'étaient arrêtées, mais l'indiscrète curiosité des
Betbsémites donna à ce lieu un renom de malheur, à cause de la plaie soudaine
qui fut leur châtiment.
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JOTBA,
________________________________________
— Voir: Jatba.
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JOTHAM,
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1. le
plus jeune des fils de Gédéon, et celui qui échappa seul au massacre de toute
la famille, ordonné par Abimélec, Juges 9:5. Il est connu par la fable qu'il
raconta aux gens de Sichem, la première fable que l'on découvre dans toute
l'antiquité, et qui prend place deux siècles au moins avant le grand fabuliste
de l'Orient: cette fable de l'égoïsme puni se distingue par son élégance, sa
poésie, et la justesse de son application. Jotham ne tira, du reste, pas
d'autre vengeance des Sichémites qui avaient abandonné la famille de son père,
et il s'enfuit en diligence à Béer entre Jérusalem et Béthel.
2. Jotham,
onzième roi de Juda, fils et successeur d'Hozias, occupa le trône pendant seize
ans (759-743). Il fit le bien devant l'Éternel, sans pouvoir cependant extirper
l'idolâtrie de Juda, 2 Rois 15:33; cf. 2 Chroniques 27:2. La nation seule fut
coupable du bien qu'elle empêcha le roi de faire, et Jotham eut un règne prospère
et florissant: il pourvut à la sûreté du royaume par la construction de places
fortes, et agrandit la porte principale du temple. Au dehors ses armes
triomphèrent des Hammonites, et il en reçut pendant trois années un riche
tribut en argent et en blé. Il mourut en paix, et fut enseveli dans les
sépulcres de ses pères. Son nom se retrouve Ésaïe 1:1; 7:1; Osée 1:1; Michée
1:1; 1 Chroniques 5:17; Matthieu 1:9. Son avènement au trône fut marqué par le
commencement du ministère d'Ésaïe, qui fut son contemporain, ainsi que Osée et
Michée.
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JOTSADAK,
________________________________________
— Voir: Jéhotsadak.
________________________________________
JOUR.
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Les Hébreux comptaient leurs jours d'un coucher de
soleil à l'autre, selon le commandement de Moïse, Lévitique 23:32. Les Romains
avaient deux sortes de jours avec des noms différents, le jour civil et le jour
naturel: le premier était le même que chez nous; le second, qui était celui de
la vie ordinaire, commençait à six heures du matin, et finissait à six heures
du soir. Le jour civil des Juifs variait en longueur, suivant les saisons de
l'année, mais était toujours partagé en douze parties ou heures, Jean 11:9, qui
devaient elles-mêmes varier considérablement, puisque les plus longs jours
allaient jusqu'à 14 heures 12 minutes, tandis que les plus courts ne comptaient
que 9 heures 48 minutes, et que la différence était ainsi de 4 heures 28
minutes. Il ne paraît pas du reste que les Hébreux, avant l'exil, aient connu
d'autres divisions du jour que la division naturelle du matin, du midi, Genèse
43:16. Deutéronome 28:29, et du soir; on peut y joindre encore l'aurore et le
crépuscule: c'est des Babyloniens qu'ils ont pris, comme les Grecs aussi,
d'après Hérodote 2, 109, la division du jour en 12 heures, Daniel 4:19; 5:5,
division qui fut dès lors généralement adoptée et qu'on retrouve dans le
Nouveau Testament. C'est à la même époque probablement que remonte aussi la
division du jour en quatre parties, et celle de la nuit en quatre veilles, q.v.
— Quant aux jours de fête,
— Voir: Fêtes.
C'est par journées de chemin que les premiers
patriarches, et même les Juifs postérieurs, jusqu'après les temps de l'exil,
appréciaient les distances, Genèse 30:36; 31:23; Exode 3:18; 5:3; Nombres
10:33; 33:8; Deutéronome 1:2; 1 Rois 19:4; 2 Rois 3:9; Jonas 3:3; cf. 1
Maccabées 5:24; 7:45; Tobie 6:1. La même expression se retrouve encore dans le
Nouveau Testament, Luc 2:44, et dans Flavius Josèphe. Dans les anciens temps
cette manière sommaire de mesurer l'éloignement de deux villes était la plus
ordinaire, peut-être la seule, comme elle est encore en usage de nos jours chez
les Arabes et les Perses; mais sous le point de vue géographique c'est une évaluation
sans valeur, les journées des caravanes variant aisément de 6 à 12 lieues; la
journée moyenne est évaluée à 7 lieues; Hérodote, 4, 101, qui a donnée à la
journée moyenne le chiffre le plus élevé, lui donne 200 stades ou 8 lieues.
________________________________________
JOURDAIN,
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le plus grand fleuve de la Palestine. Son nom (en
hébreu, Jarden ou Yarden) vient, selon les uns de yeor ou yôr, qui signifie
fleuve, et Den ou Dan, fleuve qui a sa source près de Dan; selon les autres, et
avec plus de probabilité, de yarad, descendre, couler avec impétuosité (comme
en allemand Rhein, le Rhin, vient de rinnen, couler). Il a plusieurs sources,
dont deux principales; l'une est l'Hasbény ou Hasbéya, ruisseau qui parcourt la
haute vallée de l'Hermon sur un sol noir, basaltique et poreux; l'autre est le
Banjas, qui sort d'une grotte profonde au pied des flancs boisés de l'Hermon,
dans une belle et pittoresque contrée; ce second ruisseau, dont les eaux
arrivent, dit-on, du lac de Thiala par des canaux souterrains, acquiert
immédiatement une largeur considérable. Le Banjas est le bras le plus
considérable du Jourdain: il se réunit, quelques lieues plus bas, à l'Hasbény
et à plusieurs autres ruisseaux qui descendent de tous les côtés, et forme le
lac Mérom, dont les rives sont marécageuses. Lorsque les eaux sont hautes, à
l'époque de la fonte des neiges, ce lac remplit la vallée presque entière, sur
une largeur de trois lieues; en d'autres temps, au contraire, il n'est plus qu'un
marais, ou parfois même il se dessèche et disparaît presque complètement
(Seetzen). Alors des roseaux, le papyrus et d'autres plantes aquatiques,
croissent sur son sol noir et gras, et des bêtes sauvages, des sangliers et des
serpents y cherchent leur demeure. De là la vallée se rétrécit extrêmement, et
le Jourdain parcourt 25 kilomètres environ, avec une très grande rapidité,
entre le bras est de l'Hermon et les montagnes de Nephthali. (À deux kilomètres
au-dessous du lac Mérom est un pont qu'une tradition inexacte a nommé pont de
Jacob). Après une quarantaine de kilomètres il entre dans le lac de Génésareth,
qu'il alimente et d'où il ressort 25 kilomètres plus bas. Son cours se
régularise alors, et l'espace de 100 kilomètres environ il marche du nord au
sud, presque parallèlement à la Méditerranée, dans une vallée chaude et
profonde appelée la grande vallée du Jourdain (arabe, El Ghor), très étroite
d'abord, mais qui s'élargit vers le midi. Les deux parois de montagnes qui
forment cette vallée ne présentent aucune interruption sensible, et, comme le
Jura du côté de la Suisse, elles semblent dans le lointain être de hautes
murailles d'un bleu à la fois mat et foncé. La chaîne orientale est la plus
élevée, la plus continue et la plus uniforme. La vallée du Ghor se divise en
trois parties: la supérieure, qui participe à la nature du lac de Tibériade; la
moyenne, dont la largeur est de 7 à 8 kilomètres, et qui présente de beaux
pâturages, quelques habitations et quelques ruines; enfin le Ghor inférieur, qui
participe à la nature de la mer Morte; sa largeur est de 20 kilomètres; il
comprend la campagne de Moab, sur la rive orientale, Nombres 22:1; 26:3,63;
33:48, et celle de Jérico, Josué 4:13; 5:10, sur la rive occidentale. La
largeur et la profondeur du Jourdain varient beaucoup, suivant les lieux et les
saisons de l'année. À son entrée dans le lac Mérom on évaluera largeur à 20
pas, à 80 lorsqu'il sort du lac de Génésareth, de 60-90 pieds près de Jérico,
de 2 à 300 à son embouchure dans la mer Morte; sa profondeur près de Jérico est
de 5 à 6 coudées; elle n'est que de 6 ou 7 pieds à 800 pas au sud de la mer de
Tibériade, et en été seulement de 3 pieds. (Ces diverses mesures sont prises
dans divers ouvrages; on craindrait, en les réduisant à l'unité, de commettre
des erreurs, les mots pieds, pas, coudées, etc., n'ayant pas toujours la même
valeur). Le Jourdain est poissonneux, ses rives sont couvertes d'arbres et de
roseaux, de joncs, de cannes et de saules; ses eaux sont troubles et jaunâtres,
plutôt tièdes que froides, mais potables et pouvant se conserver assez
facilement.
— L'Écriture sainte parle du Jourdain en près de deux
cents endroits: on sait les miracles dont ce fleuve a été le témoin, le partage
de ses eaux sous Josué, 3:13; comment Élie et Élisée le passèrent à sec, 2 Rois
2:8; comment le fer de la hache surnagea, 2 Rois 6:6-7, et la descente du saint
Esprit sur notre Sauveur lors de son baptême, Matthieu 3:16;
— Voir: encore Genèse 14:14-20; cf. Psaumes 110:4;
Hébreux 5:6,10; 7:1-4.
— Nombres 23:24-25; 31:12; cf. Apocalypse 2:14.
— Josué 1:2,14; Jérémie 12:5; 49:19; 50:44; Zacharie
11:3.
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JOZABAD et Jozacar ou Jéhozabad,
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et Jozacar ou Zabad, fils, le, premier d'une Moabite,
le second d'une Hammonite, tous deux prosélytes, assassinèrent Joas sur son
lit, pour venger la mort de Zacharie, et furent mis à mort eux-mêmes par
Amatsia, fils et successeur de Joas, 2 Rois 12:21; 14:5; 2 Chroniques 24:26;
25:3.
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JUBAL,
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Genèse 4:21, fils de Lémec et de Hada, et frère de
Jabal. Il inventa, disent nos versions, le violon et les orgues, ou, d'une
manière plus générale et sans pouvoir préciser davantage, les instruments à
cordes et les instruments à vent, peut-être une espèce de guitare et une sorte
d'harmonica. Chez tous les peuples, l'invention de ces instruments de musique
remonte à une haute antiquité, et l'on aime assez à l'attribuer à quelque personnage
important; c'est ainsi que les Grecs ont leur Apollon, dont le nom n'est pas
sans quelque rapport étymologique avec celui de Jubal. Remarquons encore
combien la découverte de cet art, si difficile en même temps qu'il est si
naturel, touche de près à l'époque où les premiers métiers utiles ont commencé
d'être inventés, combien l'agréable et l'utile ont aimé à marcher de front dans
l'histoire du développement de l'humanité.
Selon l'étymologie, le nom Jubal signifie «une
source», nous indiquant qu'il fut la source de ceux qui manipulent le
retentissement de la sensualité dans le but de séduire les enfants de Dieu.
— Voir: Musique.
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JUBILÉ,
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— Voir: Année du Jubilé.
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JUCAL,
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— Voir: Jéhucal.
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JUDA.
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1. Le
quatrième fils de Jacob et de Léa, Genèse 29:35; 35:23; 37:26; 1 Chroniques
2:1; Matthieu 1:2; Luc, 3:33 (1755 avant J.-C.). Ce fut lui qui sauva la vie de
Joseph, et qui conseilla de le vendre au lieu de le tuer. Après un si grand
crime, l'union ne pouvait plus exister parmi des frères aussi jalousement
haineux. Juda s'éloigna de sa famille, et vint demeurer à Hadullam. Il y fit la
connaissance d'une Cananéenne, nommée Suah, qu'il épousa, et dont il eut trois
fils. Il maria successivement les deux aînés à une jeune fille, Tamar, idolâtre
comme Suah, et, après leur mort, il la destina encore pour épouse à Séla, le
plus jeune de ses fils; mais il tardait à accomplir ce mariage, soit que Séla
fût trop jeune, soit plutôt que Juda craignît pour son cadet un sort semblable
à celui des deux aînés. En attendant, il devint veuf; quand les jours de son
deuil furent écoulés, il se rendit à Timnath, non loin d'Hadullam, et, ayant
rencontré une femme qu'il prit pour une prostituée, il vint vers elle, lui
promit un chevreau, et lui donna des gages. Bientôt après, on lui rapporta que
Tamar, sa belle-fille, était enceinte; qu'elle avait violé la foi promise à
Séla, qu'elle était adultère: le supplice du feu, en usage contre ce crime
parmi les anciens peuples (Juges 15:6), est impitoyablement prononcé par Juda
contre Tamar; mais il doit révoquer sa sentence lorsqu'elle lui prouve, en lui
montrant les gages qu'elle a reçus de lui, que c'est de lui-même que lui vient
son déshonneur. Cette honteuse histoire se lit au 38e chapitre de la Genèse,
triste épisode dans une vie qui a eu des moments sublimes à côté de beaucoup de
faiblesses et de lâchetés. On ignore à quelle époque on en doit placer le
commencement et la fin; il est probable que, lors de la vente de Joseph aux
Ismaélites, Juda était déjà marié; car, depuis ce moment jusqu'à la reconnaissance
de Joseph en Égypte, il ne se passa que vingt-deux ans, temps qui serait trop
court pour comprendre toute l'histoire de Suah et de Tamar, le mariage de Juda,
la naissance de trois fils, et le mariage possible de son cadet; or, lors du
voyage d'Égypte, tout cet épisode est terminé. Sur le mariage successif d'une
femme à trois frères, cf. Deutéronome 25:5. L'impression que ce récit laisse
dans le cœur est un dégoût profond, une sorte de mépris pour la licence
effrénée d'une époque pareille,
— Voir: Grandpierre, Essais sur le Pentateuque.
Nous ne voudrions pas avoir parmi nos ancêtres le fils
illégitime d'un beau-père et de sa belle-fille; mais Jésus ne l'a pas craint:
il est descendu en ligne directe de ce Phares, l'un des deux jumeaux de Juda et
de Tamar.
À l'époque de la famine, on trouve de nouveau Juda
réuni à son père et à ses frères, Genèse 43:3. C'est lui qui décide Jacob à
laisser venir avec eux Benjamin; c'est lui qui porte la parole devant Joseph,
quand il voit Benjamin sur le point d'être retenu comme esclave; c'est enfin
lui qui vient annoncer à Joseph l'arrivée de son père.
Juda, qui paraît avoir hérité du droit d'aînesse, en
suite de l'inceste de Ruben avec Bilha, et de la violence de Siméon et de Lévi
contre les Sichémites, est le chef de la plus grande des tribus d'Israël. On la
voit la plus nombreuse dès le temps de Moïse, Nombres 1:26-27, marchant dans le
désert à la tête des autres, Nombres 2:3; 10:14, et s'avançant la première au
combat. Juges 1:2; 20:18, comme elle figure aussi la première dans
l'énumération de 1 Chroniques 12:24. Son territoire s'étendait, à l'est,
jusqu'à la mer Morte; à l'ouest, jusqu'à la Méditerranée; au sud, il allait de
l'extrémité de la mer Morte au ruisseau d'Égypte; au nord, de l'autre extrémité
de la même mer jusqu'à Jamné, par la vallée du Cédron et par Kiriath-Jéharim.
Juda était donc, par sa position, le défenseur naturel des frontières
méridionales du pays contre les Philistins, les Hamalécites, les Édomites et
l'Égypte. Il reçut en partage 115 villes: dont 29 dans des contrées inconnues,
voisines d'Hamalek et d'Édom, dans le pays du midi; 42 dans la plaine, depuis
le pied des montagnes du plateau à la Méditerranée; 38 sur la montagne ou sur
le plateau, et 6 dans le désert qui est à l'ouest de la mer Morte. Quoiqu'il en
ait cédé plusieurs à Siméon, à Dan et à Benjamin, son territoire resta
cependant encore plus grand qu'aucun autre, à l'exception peut-être de celui de
Manassé. Il combattit longtemps contre les Cananéens de son territoire, contre
les Philistins, les Iduméens et les autres peuples voisins, avant que de les
soumettre entièrement. Ses ennemis étaient plus redoutables encore que ceux de
Manassé, et ses frontières plus importantes que celles de l'Hauran, mais il en
vint à bout; la prière de Moïse fut exaucée: «0 Éternel, écoute la voix de
Juda! que ses mains lui suffisent, et sois-lui en aide contre tous ses
ennemis!» (Deutéronome 33:7) Les prédictions du vieux Jacob s'accomplissaient
aussi: «Juda, est un faon de lion; il s'est couché comme un lion qui est en sa
force, comme un vieux lion; qui le réveillera?
— Sa main a été (sous David) sur le collet de ses
ennemis, et (depuis la royauté davidique), ses frères se sont prosternés devant
lui», Genèse 49:8. Juda habitait un pays de vignobles, et ses déserts même
étaient de bons pâturages, selon ce que Jacob avait annoncé (ibid. 11 et 12)
«Il attache à la vigne son ânon, et au cep excellent le petit de son ânesse; il
lave son vêtement dans le vin, et son manteau dans le sang des grappes; il a les
yeux vermeils de vin, et les dents blanches de lait.»
Après la mort de Saül, la tribu de Juda se sépara des
onze autres, et reconnut seule la royauté de David, alors âgé de trente ans,
pendant qu'Is-Boseth, fils de Saül, régnait sur tout le reste du pays. Juda
soutint son roi les armes à la main, et vit, au bout de sept ans et demi, son
parti victorieux et les tribus ennemies se réunir à lui: cette vaillante tribu
devint ainsi la première du royaume en influence; elle conserva ses avantages,
et David y fixa sa résidence. Mais celle d'Éphraïm ne put voir sans jalousie ce
triomphe qui assurait à une autre tribu la prépondérance à laquelle elle avait
toujours aspiré; et, profitant du mécontentement qui s'était manifesté chez
plusieurs tribus sous le règne de Salomon, et qu'elle s'était sans doute
appliquée à entretenir, elle se mit à leur tête à la mort de ce monarque, et,
ne pouvant réunir à elle le royaume tout entier, elle proclama la division du
Royaume en deux parties, dont l'une fut appelée, de son nom, royaume d'Éphraïm
(quelquefois, mais improprement, royaume d'Israël), et l'autre, royaume de
Juda.
Deux tribus seules, celles de Juda et de Benjamin,
composèrent le royaume de Juda; il faut y joindre cependant aussi quelques
villes de Dan et de Siméon, 2 Chroniques 11:10; 1 Rois 19:3. Mais si ce royaume
fut petit, il n'en resta pas moins le plus important des deux, non seulement
parce qu'il avait à sa tête la dynastie légitime, la royauté davidique, mais
encore parce qu'il renfermait la plus grande ville de toute la Palestine,
Jérusalem, et le temple et le tabernacle, seul sanctuaire vers lequel pussent
se tourner les Juifs pieux et fidèles du royaume des dix tribus; enfin, Juda
commandait à l'Idumée, dont les ports lui étaient assujettis, et pouvaient être
pour lui d'une grande utilité militaire ou commerciale; mais il ne sut pas
toujours profiter de ses avantages. La faiblesse numérique du royaume de Juda
ressort de ce qui est dit, 1 Rois 12:21, que Roboam, voulant attaquer Jéroboam,
ne put mettre sur pied que 180,000 hommes, chiffre bien peu considérable quand
on se rappelle ce que nous avons dit des armées de ces anciens temps; on voit
encore, par 2 Rois 14:9, l'immense différence que le roi d'Israël mettait entre
sa puissance et celle de Juda. Mais, dans l'esprit du peuple, la dynastie de
Juda fut toujours considérée comme la légitime, tandis que celle d'Israël était
sortie d'une révolution, et n'avait pas pour elle ce droit divin que, seule
parmi toutes les dynasties qui ont existé, celle de David a pu revendiquer à
juste titre; les prophètes n'ont pas manqué de relever toujours cette
légitimité du royaume de Juda. Sans doute, un prophète prédit à Jéroboam son
avènement au trône d'Israël, et lui annonça même qu'il serait béni s'il était
fidèle; mais une prédiction n'est pas une autorisation;
— Voir: d'ailleurs 1 Rois 14:14.
Jéhu même, nouvel usurpateur, fut également consacré
roi d'Israël par un prophète, 2 Rois 9:1, sq., et la dynastie de Jéroboam tomba
comme elle s'était élevée.
Le royaume de Juda était garanti, à l'orient, par de
puissantes frontières naturelles, contre ses ennemis extérieurs; mais, des
trois autres côtés, il était presque sans défense. Sa durée, jusqu'à sa
destruction par les Babyloniens, a été, d'après les calculs les plus exacts, de
387 ou 388 ans (Ézéchiel, 4:5, en nombres ronds dit 390), c'est-à-dire de
975-588 avant J.-C. Les chiffres indiqués dans les livres historiques pour le
règne de chaque roi porteraient la somme totale des années à 393 ans et six
mois; mais les années n'étant pas toujours complètes, il est bien facile de
réduire ce chiffre à celui de 387 sans altérer la justesse des calculs. Voici
la liste de ces vingt rois:
Roboam
Abijam
Asa
Josaphat
Joram
Achazia
Hathalie
Joas
Amatsia
Hosias
Jotham
Achaz
Ézéchias
Manassé
Amon
Josias
Joachaz
Jéhojakim
Jéhojachin
Sédécias régna
17 ans
régna 3 ans
régna 41 ans
régna 25 ans
régna 8 ans
régna 1 ans
régna 6 ans
régna 40 ans
régna 29 ans
régna 52 ans
régna 16 ans
régna 16 ans
régna 29 ans
régna 55 ans
régna 2 ans
régna 31 ans
régna 3 mois
régna 11 ans
régna 3 mois
régna 11 ans 1
Rois 14:21.
1 Rois 15:1.2.
1 Rois 22:42.
1 Rois 18:10.
2 Rois 8:17.
2 Rois 8:26.
2 Rois 11:3.
2 Rois 12:1.
2 Rois 15:33.
2 Rois 14:2.
2 Rois 18:2.
2 Rois 16:2.
2 Rois 18:2.
2 Rois 21:1.
2 Rois 21:19.
2 Rois 22:1.
2 Rois 23:31.
2 Rois 23:36.
2 Rois 24:8.
2 Rois 24:18.
2. Ce
fut, pendant toute l'existence du royaume, une seule et même dynastie; le fils
(et presque toujours l'aîné) monta sur le trône à la place de son père, et cet
ordre ne fut changé ni par l'usurpation momentanée d'Hathalie, ni par le
meurtre de Joas, ni par celui d'Amon, ni même par l'intervention étrangère qui
détrôna Joachaz et lui donna pour successeur Éliakim son frère (Jéhojakim), et
qui, plus tard encore, remplaça Jéhojachin par son oncle Mattania (Sédécias),
frère de Joachaz. 2 Rois 11:1; 12:20; 21:23; 23:34; 24:17. Malgré la solidité
du trône de Juda, presque aucun de ses règnes ne fut tranquille: dès le
commencement il dut lutter contre Israël, et acheta le secours des rois syriens;
puis l'anarchie du royaume schismatique lui donna la paix pour quelques années,
1 Rois 14-46. Lorsque Israël se fut raffermi, les deux cours rivales conclurent
une alliance, 1 Rois 22, bientôt suivie d'un mariage, 2 Rois 8:18, qui blessa
le royaume de Syrie, premier allié de Juda. Les suites de cette alliance furent
fâcheuses, sous le double point de vue politique et religieux, pour le royaume
de Juda qui n'eût point dû rechercher la faveur des tribus rebelles. Une
nouvelle révolution, dans le royaume des dix tribus mit fin à cette alliance,
et les Syriens irrités fondirent alors sur Juda, qui dut racheter sa faiblesse
par de grands sacrifices, 2 Rois 12:17, Un succès momentané rendit à Juda son
premier courage et remonta son ardeur: il réussit à ramener sous le joug les
Édomites qui l'avaient secoué naguère, 2 Rois 14:7, et enivré de cette
victoire, il déclara la guerre au royaume d'Israël, 2 Rois 14:8; mais Jérusalem
fut pillée, et la guerre cessa. L'anarchie ayant recommencé en Israël, Juda put
respirer un moment plus à l'aise et jouir en paix de ses conquêtes sur
l'Idumée, 2 Rois 14:22. Puis Israël, remis de ses troubles intérieurs,
renouvela ses attaques contre Juda, et s'allia aux rois de Syrie, qui
s'emparèrent à leur tour des ports d'Édom, 2 Rois 16:6. Juda, trop faible pour
résister seul, crut se fortifier par une nouvelle alliance avec une puissance
infidèle, et rechercha le secours de l'Assyrie, qui s'étendait déjà vers
l'Euphrate; mais au lieu d'être son allié, Juda fut bientôt son vassal tributaire,
2 Rois 18:7; il dut, comme le cheval de la fable, servir de monture à son
libérateur. Il essaya de secouer ce joug, se reposant sur l'appui qu'il
attendait de l'Égypte, 2 Rois 18:24; mais il est probable qu'il n'eût fait
qu'aggraver sa position, si un miracle de l'Éternel ne fût venu lui rappeler,
en dispersant l'armée d'Assyrie, qu'il vaut mieux se confier en Dieu que de se
reposer sur les grands, 2 Rois 19. Israël fut emmené captif, les armées de
l'Assyrien durent se tourner vers d'autres ennemis, et Juda eut un temps de
répit, dont il profita pour rallier sous son autorité religieuse ceux qui
étaient demeurés de reste en Israël; mais bientôt, jeté entre les armées
d'Égypte et d'Assyrie, il devint la proie de la première de ces puissances; la
dynastie cède à l'influence malfaisante de l'Égypte, contre laquelle les
prophètes avaient déjà de bonne heure essayé de la mettre en garde; d'un autre
côté Nébucadnetsar, le conquérant de Babylone, creuse la fosse où doit périr
l'indépendance et la royauté terrestre de ce petit royaume: il chasse vers
l'occident de l'Asie ses troupes innombrables, pille Jérusalem, conduit en
captivité la meilleure partie du peuple, et finit par bouleverser et détruire
entièrement capitale et royaume, sous le règne et par la fausse politique de
Sédécias, qui n'avait que l'ombre du pouvoir et qui ne la sut pas même
conserver, 2 Rois 24:20; Ézéchiel 17:15.
Le culte du vrai Dieu ne fut jamais entièrement
abandonné, alors même que l'idolâtrie avait pris possession du pays, et
plusieurs rois s'efforcèrent, comme Josias, de maintenir la pureté du culte et
de lui rendre l'éclat qu'il avait eu aux premiers temps de la royauté juive,
sous David et Salomon; cependant ce ne fut, le plus souvent, qu'une religion
extérieure et cérémonielle, Jérémie 6:20; 7:4. Les prêtres jouirent d'un grand
crédit à la cour de plusieurs rois, mais ne réussirent pas toujours à purifier
les mœurs, contre le relâchement desquelles les prophètes, et notamment Ésaïe,
s'élevèrent souvent et avec énergie.
— Dans la période qui s'écoula depuis Ézéchias jusqu'à
la fin, une lutte s'éleva entre la royauté et l'aristocratie, Ézéchiel 22:6, et
les grands essayèrent plus d'une fois de mettre les rois faibles dans une
honteuse dépendance; parfois ils réussirent, Jérémie 4:9; 36:12; 37:15; 38:25.
Comme mœurs publiques, l'Écriture fait ressortir: un
fort penchant à l'incrédulité, Ésaïe 5:19; 7:13; 28:9; 29:11; 30:9, et un
système de désobéissance à quelques-unes des prescriptions de la loi divine, la
violation du jour du Seigneur, Jérémie 17:21; 34:9; Ézéchiel 5:6, un luxe, une
mollesse effrénée, Ésaïe 3:16; 5:14, qui endurcissait de jour en jour le cœur
et aveuglait le peuple, Ésaïe 32:9; Ézéchiel 11:3; Jérémie 5:3,21; l'injustice
paraît avoir été à l'ordre du jour, et l'oppression des faibles, Ésaïe 5:20;
10:1; Jérémie 5:28; 22:3; le mensonge et la tromperie avaient chassé la
confiance mutuelle, Jérémie 9:3; enfin le peuple se livrait sans honte comme
sans crainte, au culte de dieux étrangers, Jérémie 10:3, et ailleurs, Ézéchiel 6:5,
et ailleurs; des prêtres même de Jéhovah se joignirent souvent à ces
profanations, soit ouvertement, soit en secret, Sophonie 3:4; Ézéchiel 44:10.
C'est ainsi que ce malheureux royaume mûrissait lentement pour sa ruine; il ne
dut qu'à des circonstances étrangères de survivre comme il le fit au royaume
d'Israël.
— Quant au sort du pays et de ses habitants pendant
l'exil,
— Voir: Guédalia.
3. Juda,
fils de Joseph;
4. fils
de Johanna, et
5. fils
de Joseph, Luc, 3:30,26: deux des ancêtres de Jésus par Marie; l'un et l'autre
inconnus.
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JUDAS.
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1. Le
dernier des douze apôtres, Matthieu 10:4; Marc 3:19; Luc 6:16; Jean 6:71. Il
était surnommé Iscariot, soit qu'il fût de la tribu d'Issacar, dont ce surnom
serait un abrégé, soit plutôt qu'il fut de Kérijoth, ce que son nom indiquerait
en hébreu. Compagnon de Jésus dans toutes ses courses, il était chargé de la
bourse et du maniement des aumônes, et son caractère, peut-être naturellement
avare, trouva dans cette circonstance un aliment de cupidité qui le perdit.
Pour l'avare, le simple plaisir de l'addition est déjà une sensualité; son
bonheur consiste à ajouter, sa douleur est de soustraire. Au souper de
Béthanie, on le vit regretter le parfum que Marie avait répandu sur la tête et
sur les pieds de Jésus, Jean 12:4; les autres disciples parurent croire aussi
que cette dépense était une prodigalité, et que le prix en eût été employé plus
utilement à soulager les pauvres, Matthieu 26:8; Marc 14:4. Mais les pauvres
n'étaient pour Judas qu'un prétexte; s'il était avare, il était aussi voleur:
l'un conduit à l'autre; et dans la société dont il faisait partie, société
fondée sur l'amour et sur la confiance, on n'examinait pas ses comptes, on le
laissait faire, et il en abusait. Irrité, soit de ce qu'une occasion si
favorable pour commettre un nouveau larcin lui eût été enlevée, soit des
reproches indirects que Jésus lui avait faits, et dont il était mieux à même
que les autres de comprendre la portée, il conçut à la première occasion (Jean
13:2) le projet de se procurer de l'argent d'une autre manière. Les marchands
étaient tout trouvés, la chose à vendre était également sous sa main; il vendit
son maître, argent comptant, aux sacrificateurs pour le prix ordinaire d'un
esclave, 30 pièces d'argent, cf. Exode 21:32. De ce moment les détails donnés
par les quatre évangélistes présentent quelque incertitude sur l'ordre des
événements. Judas paraît être retourné vers Jésus à Béthanie, Marc 14:17: il revient
avec lui à Jérusalem, le jeudi; il prend sa place au milieu des douze, dans la
maison où la dernière Pâque juive va être célébrée sous la forme d'un symbole,
près de celui qui va être immolé comme le véritable agneau pascal qui ôte les
péchés du monde; il entend Jésus déclarer qu'un traître est au milieu d'eux;
Jésus lui donne un morceau trempé, et le malheureux, qui voit Pierre et Jean
parler avec leur maître sur cette trahison qui les effraye tous, ose encore
demander: Maître, est-ce moi? Il sort alors, et, sachant que Jésus va passer la
nuit en Gethsémané, il va s'entendre avec les prêtres pendant que la cène
s'achève et que Jésus prie pour le monde et bénit ses disciples. Bientôt le
Sauveur a passé le Cédron, et le traître vient l'embrasser au lieu même qu'il
vient de tremper de ses larmes, de ses sueurs et de son sang. Le Fils de
l'Homme est saisi comme un brigand par les valets des prêtres; il quitte
Gethsémané pour la croix. Mais bientôt Juda apprend que son maître a été
condamné à mort; peut-être s'était-il flatté que Jésus échapperait à ses
ennemis cette fois, comme en d'autres rencontres; il avait supposé peut-être
que Jésus en serait quitte pour une réprimande, une interdiction, tout au plus
la prison. Il n'avait pas prévu, il ne pouvait pas prévoir une condamnation à
mort: le dernier des supplices n'était fait que pour le dernier des criminels,
et Judas, comme Pilate, ne voyait rien en Jésus qui fût digne de mort; il avait
compté sans la haine, sans la haine des prêtres. Aussi, quand il apprend la
terrible sentence, tourmenté de remords, il va rendre l'argent, mais on ne lui
rend pas la victime; il est plus facile d'ôter la vie à un homme que de la lui
rendre; et le fils de perdition, désespéré, va se pendre, nous dit saint
Matthieu, 27:5. Saint Pierre ajoute que son corps s'est crevé par Je milieu, la
corde s'étant peut-être rompue, et que ses entrailles ont été répandues à
terre, Actes 1:18.
Judas le traître a-t-il communié? Cette question,
débattue depuis des siècles, n'a pas été résolue, et ne le sera pas; elle
dépend de l'impossible solution des trois questions suivantes:
1. le
chapitre 13 de Jean parle-t-il du souper de la Pâque, ou bien d'un repas qui
eut lieu à Béthanie deux jours auparavant?
— Voir: Tholuck ad Joh., 13.
2. Si
ce chapitre parle du souper de la Pâque, Jésus a-t-il institué la cène avant ou
après le lavage des pieds? Si ce fut avant, Judas était là; si ce fut après, il
n'a pas communié puisqu'il est dit (verset 30) qu'il partit aussitôt après
avoir pris le morceau.
3. Le
morceau trempé que Jésus lui donna était-il un morceau de l'agneau pascal, le
pain même de la communion, ou bien encore un mets indifférent? Cette question,
au reste, est moins importante que quelques personnes n'ont voulu la faire, et
si même Judas a communié, il l'a fait, non comme traître, puisqu'il n'était pas
manifesté, mais comme disciple; à coup sûr, il n'aurait pas été admis à la cène
le lendemain, parce qu'alors il eût été reconnu comme impie et comme traître
déclaré; aucun des apôtres n'eût voulu manger avec lui. (— Voir: sur la cène de
Judas: Guers, Essai sur les Églises, 143-146; Bauty, Réponse, 81; F. Olivier,
Réponse, 102-105, etc.)
Jésus a fait de cet homme le plus malheureux de tous
les hommes, Matin, 26:24, et l'on a tout dit quand on a dit un Judas.
2. Judas
le Galiléen, Actes 5:37, appelé de même par Flavius Josèphe, qui lui donne
aussi le surnom du Gaulonite (Antiquités Judaïques 18, 4, 1; 20, 5, 2), était
de Gamala, ville fortifiée, au bord de la mer de Galilée, dans la basse
Gaulonite. D'accord avec un certain Tsadok, il chercha à exciter les Juifs à la
révolte, à propos d'un recensement ordonné par l'empereur Auguste, l'an 7 de
l'ère chrétienne, trente-sept ans après la bataille d'Actium, et les poussa à
refuser de payer à un monarque terrestre un impôt qu'ils ne devaient qu'au Roi
des rois. Il périt dans un engagement; la sédition fut apaisée, mais ses
adhérents n'en continuèrent pas moins leur œuvre de soulèvement, et, plus tard,
sous les ordres de Manahem, son fils, et d'Éléazar, ils reprirent les armes,
allumèrent dans toute la Judée le feu de la révolte, et furent cause de
l'arrivée des Romains et de la ruine de tout le pays. Gamaliel, en disant que
ce parti avait été dissipé, était mal informé, ou bien il a voulu parler
seulement d'une dispersion momentanée.
3. Judas,
propriétaire de la maison où logea Paul à Damas; inconnu. Actes 9:11.
4. Judas
Barsabas.
— Voir: Barsabas #2.
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JUDE, ou Lebbée, ou Thaddée,
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surnommé Lebbée (mon cœur), ou Thaddée (ma poitrine),
l'un des douze, était frère de Jacques, de Joses et de Simon, fils de Cléopas
et de Marie. Les Évangiles ne nous rapportent de lui qu'un seul fait, la
demande qu'il adressa au Sauveur pendant le dernier souper: «Seigneur, d'où
vient que tu te déclareras à nous, et non pas au monde P» Jean 14:22. Sa vie et
sa carrière apostolique sont peu connues; les traditions des différentes
Églises varient à son sujet. Selon les pères de l'Église grecque, il a prêché
l'Évangile dans l'Idumée, l'Arabie, la Syrie et la Mésopotamie, et il est mort
tranquillement à Édesse. Les auteurs syriens le font mourir martyr à Bayrouth,
en Syrie. Selon les écrivains de l'Église latine, il a pénétré en Perse, où il
a succombé aux fureurs des mages. Eusèbe raconte qu'un des soixante-dix
disciples, nommé Thaddée, a été envoyé par Thomas à Édesse, et la tradition
syriaque parle également d'un Addée ou Thaddée qui aurait évangélisé la
Mésopotamie, mais qui ne serait pas un des douze. Enfin, selon Hégésippe, les
petits-fils de Jude auraient été dénoncés à Domitien comme sectateurs de
Christ, prétendu roi d'Orient et descendant de David; mais l'empereur, voyant
leur pauvreté et leur profonde ignorance politique, les aurait fait relâcher aussitôt.
Épître de Jude. L'auteur lui-même se nomme Jude,
serviteur de Jésus-Christ, frère de Jacques. Plusieurs opinions ont été mises
en avant; cependant celle qui regarde Jude l'apôtre comme auteur de l'épître
l'emporte de beaucoup sur les autres, soit par l'unanimité de la tradition,
soit par l'autorité des théologiens nombreux qui l'ont adoptée, soit enfin, par
l'évidence des arguments qui militent en sa faveur.
1. De
Wette, et d'autres avec lui, voient l'auteur de l'épître dans Jude frère de
Jacques et fils d'Alphée, mais différent de celui qui est surnommé Lebbée ou
Thaddée, lequel Jude selon eux devrait être entendu comme fils et non frère de
Jacques, Luc 6:16; Actes 1:13. Jude Lebbée serait ainsi fils d'un Jacques
inconnu. Ils s'appuient, entre autres, sur ce que l'auteur de l'épître ne prend
pas le nom d'apôtre. Mais on peut répondre que l'auteur était libre de se
désigner comme il l'entendait, et qu'il a omis son titre d'apôtre comme Paul,
Philippiens 1:1. Il a préféré se faire connaître quant à son autorité par le
titre de serviteur de Christ, et quant à son individualité par celui de frère
de Jacques.
2. Welker
a pris Jude pour Judas Barsabas, et Schott, lisant Judas Bar-Zébed, ferait de
ce Jude un troisième fils de Zébédée, opinion qui n'a pas même besoin d'être
réfutée.
3. Grotius,
qui voudrait voir dans cette épître une allusion à la secte gnostique des
carpocratiens, l'attribue à un Jude évêque de Jérusalem sous Adrien, vers 130,
et retranche en conséquence les mots «frère de Jacques», contre l'autorité de
tous les manuscrits.
4. Enfin,
l'opinion à laquelle nous n'hésitons pas à nous ranger, attribue l'épître à
l'apôtre Jude surnommé Lebbée et Thaddée, frère de l'apôtre Jacques et fils
d'Alphée. Jacques, l'évêque de Jérusalem, si connu et si estimé dans
l'antiquité chrétienne, était le seul qui eût assez de célébrité pour que Jude
pût se servir de son nom comme d'une recommandation suffisante, et si Jude n'y
a pas ajouté le nom de son père, c'est qu'Alphée était peu connu et qu'il n'a
servi à distinguer les deux Jacques qu'aussi longtemps que le fils de Zébédée
était encore en vie.
On ne sait rien de positif sur l'époque de la
composition de cette épître, non plus que sur l'occasion qui lui a donné
naissance. Il y a un rapport intime entre cette lettre et la seconde de Pierre,
et nous en reparlerons à propos de cette dernière. Il est probable que c'est
aux mêmes lecteurs que l'une et l'autre ont été adressées; elles ont toutes
deux le même but, celui qui est indiqué versets 3 et 4. Un mal immense s'était
glissé dans les Églises, mal semé par les faux chrétiens qui poussèrent les
doctrines de l'Évangile, et notamment celles de Paul sur la lin de la loi et
sur la liberté, jusqu'à la licence dans la conduite, en propageant des idées
qui plus tard se développèrent dans le gnosticisme, et selon lesquelles le Dieu
des Juifs, organisateur de l'univers et objet du culte judaïque, aurait été un
esprit subordonné et même malin; c'était en un mot une satire faite sur la
doctrine de Paul. Pierre et Jude, qui habitèrent longtemps l'Orient, virent le
mal et s'y opposèrent. Jude commença, et Pierre vint plus tard le soutenir de
son autorité plus connue sinon plus réelle, en développant la lettre de Jude à
laquelle il a emprunté plusieurs détails.
— L'authenticité de cette épître n'a jamais été
sérieusement contestée; elle ne fut reçue dans le canon syrien qu'au quatrième
siècle, et Eusèbe raconte qu'elle était reçue par les uns et lue dans les
Églises, mais que d'autres ne la reconnaissaient point, non plus que celle de
Jacques et les deux dernières de Jean. On comprend facilement qu'une si petite
lettre, qui de plus n'était pas de la main de Paul, et qui fut adressée à des
Églises de l'Asie Mineure, ne soit pas entrée en circulation aussi vite que
d'autres. Jérôme nous apprend encore, une raison qui a pu retarder la
reconnaissance publique de cette épître; c'est une de ces raisons dogmatiques
que les pères ont souvent préférées aux raisons critiques, le fait de la
citation du livre d'Énoch; mais,
— Voir: cet article.
Au reste, les témoignages en faveur de l'authenticité
remontent assez haut, et sont assez nombreux pour l'établir d'une manière
complète. Clément d'Alexandrie, Origène et Tertullien la citent en propres
termes; un autre passage d'Origène est douteux.
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JUDÉE.
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Ce nom tout à fait général, et qui signifie proprement
terre des Juifs, fut employé d'abord pour désigner tout le territoire occupé
par la nation juive, la Palestine, la terre de Canaan. C'est surtout
immédiatement après le retour de l'exil que cette dénomination prévalut,
peut-être parce que la plupart de ceux qui revinrent appartenaient à l'ancien
royaume de Juda. Il désigna plus tard, d'une manière déjà plus spéciale, la
partie sud de la Palestine, les territoires de Juda et de Benjamin, avec une
portion de ceux de Dan et de Siméon. La division par tribus ayant disparu
depuis l'exil, cette contrée à laquelle fut ajoutée encore la partie
méridionale des montagnes d'Éphraïm, et peut-être la plaine entière de Saron,
ne fut plus connue que sous le nom de province de Judée, Matthieu 2:1; 3:1;
4:25; Luc 1:65; 2:4; Jean 3:22; Actes 2:9; Après la mort d'Hérode le Grand, la
Judée reprit une espèce d'existence politique; elle fut donnée en partage par
Auguste à Archélaüs, de même que la Samarie et l'Idumée, et la province
redevint royaume; mais cet état dura peu; Archélaüs ayant été banni, la Judée
fut annexée à la Syrie, et gouvernée par des procurateurs. Agrippa, petit-fils
d'Hérode, la ramena de nouveau sous son sceptre, mais à sa mort elle fut rendue
à la Syrie, à laquelle elle ne cessa plus d'appartenir jusqu'à ce qu'arriva la
catastrophe qui mit fin, pour un temps, à l'existence du peuple juif comme
peuple.
La Judée était une contrée presque tout entière
montagneuse par la réunion des montagnes d'Éphraïm et de Juda qui parcouraient
le pays du nord au midi, et qui ne s'abaissaient que vers l'ouest; mais ces
montagnes étaient pour la plupart d'une grande fertilité, et de riches vallées
portaient en diverses directions l'abondance de leurs productions et la
fraîcheur de leurs eaux.
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JUGE, jugement, justice.
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De même que dans chaque maison c'était le chef de la
famille qui exerçait l'autorité suprême à tous égards, et particulièrement pour
les différends qui pouvaient s'élever entre les membres de la famille, de même
dans les tribus, les villes et les bourgades, ce droit appartenait, en matière
de jugements civils et criminels ordinaires, à des juges laïques, les mêmes qui
sont nommés anciens, Deutéronome 21:2-4,6; 16:18; Exode 18:13-26. Les
sacrificateurs formaient une instance supérieure, sans cependant qu'on puisse
les comparer à une cour d'appel, puisque c'était aux juges et non point aux
parties de décider si l'affaire serait portée plus loin, Deutéronome 17:8;
19:17. C'était aux portes de la ville que les juges tenaient leurs audiences,
et comme les Israélites étaient tous laboureurs, sortant le matin pour se
rendre aux champs et revenant le soir, le lieu choisi pour rendre la justice
était ainsi le plus public qu'il put y avoir, et les passants pouvaient
s'arrêter, écouter ou déposer. Deutéronome 21:19; 22:15; 25:7; Ruth; 4:1;
Proverbes 22:22; Amos 5:15; Zacharie 8:16. Le plaignant et l'accusé
comparaissaient en personne; ce dernier était en habit de deuil et se tenait à
la gauche, Zacharie 3:1,3. Les débats étaient simples et oraux, les jugements
sommaires; l'accusé était de fait presque toujours jugé par ses pairs,
propriétaires et laboureurs comme lui, et le tribunal était un jury sans doute
peu versé dans la loi, mais bien instruit des faits. La justice paraît avoir
été entièrement gratuite. La preuve légale résultait du témoignage, mais il fallait
au moins deux témoins; cet ordre est trois fois répété dans le Pentateuque,
Nombres 35:30; Deutéronome 17:6; 19:15; à défaut de témoins suffisants, le
serment était déféré au prévenu, Exode 22:11; cf. Hébreux 6:16. Le sort paraît
avoir été introduit plus tard pour la décision de questions trop difficiles à
trancher, Proverbes 16:33; 18:18; mais la torture, cette invention du paganisme
inconnue aux Hébreux, ne pénétra dans leur vie publique que sous les Hérodes.
Dans les cas où la loi ne parlait pas assez clairement, on consultait
l'Éternel, Lévitique 24:12; Nombres 15:34-35. On voit par ces détails que les
formes étaient toutes en faveur de l'accusé.
À l'époque des juges, ce furent ces hauts magistrats
qui décidèrent des questions difficiles, Juges 4:5. Samuel paraît avoir établi
une espèce de jurisprudence plus régulière, faisant lui-même, et plus tard
faisant faire par ses fils le tour du pays pour l'administration de la justice,
1 Samuel 7:16; 8:1. Après lui, les rois furent juges, et non seulement en
dernière instance, mais encore juges ordinaires, et abordables à tous ceux de
leurs sujets qui venaient pour demander justice; on peut en voir des exemples 2
Samuel 15:2,6; cf. 2 Chroniques 19:4-5; 1 Rois 3:16; 2 Samuel 14:4; 2 Rois
15:5. Cependant on trouve sous David et sous Salomon rétablissement de
tribunaux spéciaux pour les différentes localités, cf. 1 Chroniques 23:4;
26:29. Lors de la réorganisation judiciaire qui fut faite par Josaphat, ces
tribunaux eurent à régler tout ensemble les cas de conscience et les procès
civils ou criminels; ils se composaient des sacrificateurs, ou d'un seul,
réunis au juge du lieu ou bien au chef du pays; dans ce dernier cas c'était la
cour suprême, 2 Chroniques 19:8,11.
Les prophètes et le livre des Proverbes montrent que
de nombreuses plaintes s'élevaient sur la partialité des juges, et l'on peut se
convaincre que, malgré les sévères défenses de la loi à cet égard, Deutéronome
1:17, la vénalité des juges était presque générale, comme aussi les faux
témoins étaient à l'ordre du jour, Ésaïe 1:23; 5:23; 10:1; Jérémie 22:3; Amos
4:1; 5:12; 6:12; Michée 3:11; 7:3; Zacharie 7:9; Proverbes 18:10; 24:23; 6:19;
12:17; 19:5; 21:28; cf. déjà 1 Samuel 8:3.
Les rois avaient le droit, principalement en matières
criminelles, de prononcer des sentences de leur chef; c'était une justice de
cabinet, comme on la rencontre encore de nos jours en Orient, 1 Samuel 22:16; 2
Samuel 4:9; 1 Rois 22:26; 2 Samuel 12:5; 2 Rois 21:16; Jérémie 36:26.
Selon l'usage oriental l'exécution suivait de près la
sentence; lorsque la peine de mort avait été prononcée et qu'il n'y avait pas
un vengeur du sang, c'étaient d'ordinaire les spectateurs qui remplissaient cet
office en lapidant la victime. Les témoins, plus solennellement responsables,
devaient jeter la première pierre. Deutéronome 17:7,5; 25:2; Jérémie 37:15.
Des contrats de vente se faisaient aussi assez souvent
en public, Jérémie 32:10,44, devant les juges ou simplement devant des témoins,
Jérémie 32:25; Ruth 4:9, et ce genre de notoriété pouvait remplacer pour eux
les preuves écrites.
Pendant l'exil et après le retour, un ordre semblable
de judicature continua de subsister, et Esdras institua des juges de chaque
ville pour la nouvelle colonie. Esdras 7:25; 10:14.
Sur tout ce sujet,
— Voir: Cellérier, Esprit de la Lég, mos. 1, 183, sq.
II, 80, sq..
________________________________________
JUGES.
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C'est le nom particulier que l'Écriture donne à ces
hommes extraordinaires qui furent suscités entre les jours de Josué et ceux de
l'établissement de la royauté, charge en dehors des autres, fonction passagère,
et toujours une manifestation spéciale de la bonté de l'Éternel. Le peuple
n'était pas encore maître du territoire, il n'en occupait aucune portion d'une
manière complète et définitive; partout les Cananéens étaient mêlés aux
Israélites qui, dans le commencement, avaient voulu, contre l'ordre de Dieu,
ménager leurs ennemis, et qui ne purent plus les déposséder entièrement
lorsqu'ils le voulurent. Ce premier désavantage politique était encore augmenté
par le penchant naturel de ce peuple au sensualisme religieux; et bien loin de
songer toujours à repousser les premiers habitants du pays, ceux d'Israël se
laissèrent entraîner plus d'une fois à partager leur idolâtrie: c'est ainsi
qu'avant la venue de Jephthé, nous les voyons adorer les uns après les autres,
ou tous à la fois, les dieux de Syrie, de Sidon, de Moab, des Hammonites et des
Philistins. N'ayant ainsi ni territoire assuré, ni principes religieux auxquels
ils s'attachassent d'une manière sûre et ferme, ils étaient sans force; et
l'histoire sainte nous montre, dans ces six différentes servitudes, autant de
châtiments pour autant de chutes religieuses. Ces servitudes consistaient
parfois en de simples tributs à payer, Juges 3:13; d'autres fois c'étaient une
série d'hostilités, des atteintes continuelles à la propriété, l'enlèvement des
moissons ou des troupeaux, Juges 6:3,11, avec quelques intervalles de repos.
Lorsque la détresse était arrivée à son comble, les Juifs idolâtres
retournaient à Jéhovah qui, seul, pouvait les délivrer; c'est alors que Dieu
leur envoyait des juges revêtus de toute puissance, qui chassaient l'ennemi et
ramenaient le peuple au sanctuaire. Quinze juges gouvernèrent ainsi le pays avec
des interrègnes plus ou moins longs; ce sont:
Hothniel
Ehud
Samgar
Débora
Gédéon
Abimélec
Tolah
Jaïr
Jephthé
Ibtsan
Élon
Habdon
Samson
Héli
Samuel 1405 av.
J.-C.
1325 av. J.-C.
1305 av. J.-C.
1283 av. J.-C.
1243 av. J.-C.
1236 av. J.-C.
1233 av. J.-C.
1210 av. J.-C.
1188 av. J.-C.
1182 av. J.-C.
1173 av. J.-C.
1163 av. J.-C.
1157 av. J.-C.
1137 av.
J.-C.
1116 av. J.-C. Juges
3:9
Juges 3:15
Juges 3:34
Juges 4:4
Juges 6:12
Juges 9:4
Juges 10:1
Juges 10:3
Juges 11:1
Juges 12:8
Juges 12:11
Juges 12:13
Juges 13:24
1 Samuel 1:9
1 Samuel 7:13
On peut voir chacun de ces articles en son lieu et
place, ainsi que mon Histoire des Juges. Quant à la chronologie, on ne peut la
déterminer; en additionnant toutes les dates qui se trouvent dans le livre des
Juges, on arrive pour cette seule période, au chiffre de 462 ans qui ne peut
s'accorder avec celui de 480 indiqué, 1 Rois 6:1, pour toute la période qui
s'est écoulée depuis la sortie d'Égypte jusqu'à la construction du temple. On a
donc été obligé de réduire ce chiffre, ce que l'on a essayé de faire, soit en
regardant comme simultanées des administrations qui semblent indiquées comme
successives (par exemple Samgar et Débora), soit en confondant la durée des
servitudes avec celle du gouvernement du juge qui a précédé ou suivi (par
exemple Ehud et l'oppression de Jabin; l'oppression des Philistins et les
judicatures de Jephthé, Ibtsan, Élon, Habdon et Samson). Ces calculs sont
arbitraires; plusieurs peuvent se justifier, tous ne le peuvent pas, et l'on ne
doit les regarder que comme des essais. Ussérius, au lieu de 462 ans, n'en
compte que 389, Bonne chose 389, Archinard 331, etc.
L'histoire des juges renferme une des périodes les
plus intéressantes de la vie du peuple d'Israël, une période qui se retrouve
également dans la vie de toutes les nations, sous les noms divers de temps
fabuleux, héroïques, chevaleresques ou féodaux. Plus que tout autre état
social, cet état d'enfance prête à l'imagination; ce ne sont plus ici les
grands miracles du voyage dans le désert, ce n'est plus la vie singulière des
Hébreux vivant sur la terre conduits par Dieu même et nourris de lui jour par
jour pendant quarante ans comme s'ils n'eussent pas été de la terre. Cette
phase-là, qui ne s'est présentée nulle part ailleurs, était exceptionnelle, et
n'appartient pas à l'histoire humaine de la théocratie; ce fut un long et
brillant éclair au milieu duquel les ombres terrestres du caractère hébreu
parurent plus ténébreuses sans doute et bien nombreuses, mais comme des ombres
seulement sur un fond céleste. Dieu était tout et en tous, à la fois
législateur, pourvoyeur, guide, prophète, juge et roi. Ce temps miraculeux
passa lorsque le peuple fut établi dans son pays et constitué comme nation;
bien des miracles se firent encore; mais l'organisation juive était devenue la
base de la vie israélitique, et l'intervention visible de Dieu ne fut plus, à
son tour, qu'une exception, quoique fréquente encore; des chefs, des prêtres,
des juges administraient le pays ou étaient censés l'administrer; les délivrances
venaient de la terre même, et ce furent des hommes suscités de Dieu, non plus
Dieu en personne, qui accomplirent pendant le cours des quatre siècles de cette
période, les grandes choses que l'Éternel voulut faire en faveur de la
postérité d'Abraham, d'Isaac et'de Jacob. Israël est plus indépendant, il jouit
de la protection divine; mais il vit comme peuple au milieu d'autres peuples,
étant chargé lui-même de sa défense et de son gouvernement. Des crimes atroces
et de grandes vertus se montrent dans cette histoire sans unité; des guerriers,
des héros paraissent, libres, agissant pour eux-mêmes, chefs de chevaliers
errants, tantôt poussés par l'esprit de Dieu pour le salut d'Israël, tantôt
sans autre mobile que leurs passions ou leur ambition. Cette histoire, si elle
eût été écrite par d'autres que par les saints hommes de Dieu, porterait
certainement le cachet de merveilleux et de mythologie que l'on retrouve chez
les poètes de l'antiquité ou chez les minnesænger du Nord.
Livre des Juges. L'auteur en est inconnu, mais comme
le livre tire toute son autorité du Dieu qui l'a fait écrire, et non de celui
qui l'a écrit, cela importe peu. Les Hébreux l'attribuent généralement à Samuel
sur la fin de sa vie, et c'est l'opinion la plus probable, celle qui peut le
mieux se soutenir en l'absence de preuves positives. Des passages tels que
Juges 17:6; 18:1; 21:25, montrent que la royauté existait déjà en Israël, et
que cependant le royaume n'était pas encore divisé. D'un autre côté, la brusque
interruption du livre au chapitre 16, après le récit des exploits et de la mort
de Samson, lorsque la vie d'Héli et de Samuel eussent dû le compléter, semble
indiquer que ces deux hommes vivaient encore, qu'ils appartenaient à l'histoire
contemporaine, et que l'auteur n'a pas jugé convenable, peut-être pas même
nécessaire, de raconter des faits connus de tous. Cette lacune surprend
d'autant plus que le commencement du livre, dont les deux premiers chapitres
sont l'introduction, annonce un plan suivi, l'histoire complète d'une époque;
or Héli, et surtout Samuel, ne pouvaient être passés sous silence dans un
travail de ce genre: un contemporain seul a pu n'en rien dire, ou faire sur ces
deux judicatures un travail à part, et les raisons intérieures sont toutes en
faveur de l'opinion que nous avons exprimée. D'autres ont attribué ce travail à
Esdras, d'autres enfin supposent que chaque juge a écrit l'histoire de son
administration, et qu'un compilateur quelconque en a fait le livre canonique
des Juges.
— Les trois premiers chapitres sont un exposé de
l'état du pays après la mort de Josué, de l'humiliation des Israélites d'abord,
puis de leur première idolâtrie; les chapitres 4-16 renferment l'histoire des
six oppressions et des six délivrances; c'est l'histoire des juges proprement dite;
les chapitres 17-21 contiennent enfin deux épisodes de la profonde immoralité
qui s'était introduite en Israël après la mort de Josué, et qui amena sur ce
malheureux pays tant de calamités, et la destruction presque totale de la tribu
de Benjamin.
Pour plus de détails,
— Voir: Hævernick, Einleit. II, p. 67-111, et le
commentaire de Studer, publié à Berne, 1835, rationaliste, mais bon comme
travail critique et philologique.
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JUIFS (Judéens).
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C'est le nom que prirent collectivement tous les
enfants d'Israël sans distinction de tribu après le retour de l'exil; il dérive
soit de Juda la première des tribus, soit du royaume de Juda, auquel la plupart
de ceux qui revinrent dans leur patrie avaient appartenu: des raisons
politiques contribuèrent peut-être aussi à ce que les membres des tribus
d'Israël se confondissent par un même nom avec ceux de Juda, parce que c'est à
ces derniers seuls que le texte de l'édit de Cyrus semblait rendre la liberté.
Le nom de Juifs ou Judéens a dès lors prévalu.
L'histoire des Juifs est ainsi, en quelque sorte, une
continuation de celle des Hébreux ou des Israélites, mais comme elle ne fait
pas partie de l'Écriture sainte, nous n'avons pas à nous en occuper, ici.
L'exil de Babylone fut le dernier châtiment des Juifs idolâtres; dès lors,
instruits par l'expérience, ils ne coururent plus après les dieux étrangers,
mais lorsque le Messie vint, ils le rejetèrent, ne voulant rien d'un roi
faible, méprisé, dont la gloire n'était pas de ce monde: ils le crucifièrent,
et le sang du Juste retomba sur eux; la ruine de Jérusalem, la dévastation du
pays, la dispersion du peuple vengèrent ce forfait inouï, et les païens sont
entrés dans l'alliance de grâce qu'avait rejetée la race élue, la nation
sainte. Quel est maintenant l'avenir de ce peuple longtemps si béni? Cet avenir
est sans doute plus brillant encore que son passé, car les dons et la vocation
de Dieu sont sans repentance; ils seront entés de nouveau; on peut prévoir leur
retour à Jérusalem, leur conversion, et par eux l'évangélisation et la
conversion du monde, «car si leur chute a été la richesse du monde, et leur
diminution la richesse des gentils, combien plus le sera leur abondance.»
— Les temps actuels sont significatifs à cet égard, et
sans entrer dans des développements que le travail actuel ne comporte pas, je
me borne à renvoyer au discours de M. Gaussen, «Les Juifs enfin évangélisés, et
bientôt rétablis», Genève, 1843, ainsi qu'au Voyage en Orient de MM. Keith,
Black, Bonar et Mac'Cheyne, ayant pour titre: «Les Juifs d'Europe et de
Palestine.»
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JULE,
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centenier de la cohorte appelée Auguste (l'empereur
avait donné son nom à une cohorte dans chaque légion). C'est à lui que Paul et
quelques autres prisonniers furent remis pour être conduits en Italie, Actes
27. Il témoigna toujours beaucoup de déférence pour l'apôtre, et lui permit
d'aller voir ses amis à Sidon. Plus tard, la navigation étant devenue
dangereuse, Paul conseilla au centenier de s'arrêter à Beaux-Ports, mais
celui-ci, plus confiant en l'expérience du pilote, crut pouvoir continuer sa
route. Cependant une forte tempête ne tarda pas à menacer le navire, la vie de
tous ceux qui le montaient fut exposée à un danger imminent, et les conseils de
Paul furent recherchés et suivis. Jule rendit alors à Paul service pour
service, et lui sauva la vie ainsi qu'à tous ses compagnons de captivité, que
les soldats voulaient mettre à mort pour les empêcher de s'évader; à Rome
enfin, il remit les prisonniers au préfet du prétoire, et paraît avoir obtenu
pour Paul un traitement plus doux que celui de la prison, et la liberté de
demeurer à part.
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JULIE,
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Romains 16:15, femme disciple de Rome, l'épouse de
Philologue selon Origène, du reste inconnue. Quelques-uns même pensent que
Julie ou plutôt Julias était un homme.
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JUNIAS,
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Romains 16:7, ou peut-être Junie, serait, dans ce
dernier cas, la sœur d'Andronique, ou sa femme: c'est le sentiment de
Chrysostôme, de Théophylacte, et d'autres; elle était parente de saint Paul. Le
nom d'apôtre que Junias partage avec Andronique a fait croire que c'était un
homme. Incertain.
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JUPITER,
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— Voir: Caldéens.
Cette divinité bien connue des Grecs et des Romains,
n'a été connue des Juifs sous ce nom qu'après l'exil quand Antiochus Épiphanes
voulut les contraindre d'adorer Jupiter Olympien à Jérusalem, et Jupiter
l'Hospitalier à Guérizim, 2 Maccabées 6:2. À l'époque des apôtres, Barnabas fut
pris pour Jupiter en même temps que Paul pour Mercure, et on voulut leur offrir
des sacrifices dans le temple de Jupiter qui était à Lystre, Actes 14:12-13.
Des taureaux couronnés sont désignés dans ce passage comme victimes, cf. Iliad.
2, 402. Æneid. 3, 21. 9, 627.
Jupiter fut un des
noms sous lequel Cush, le père de Nimrod fut déifié comme le père des dieux.
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JUSTE.
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1. —
Voir: Barsabas.
2. Juste,
chrétien d'entre les gentils, logea Paul à Corinthe lorsque celui-ci eut quitté
Aquila pour se tourner des Juifs vers les païens. D'anciens manuscrits portent
qu'il s'appelait Tite Juste, d'où Chrysostôme et Grotius ont cru que c'était le
même que Tite à qui Paul a écrit; mais c'est une opinion peu probable.
3. Jésus
appelé Juste, honorablement mentionné par saint Paul parmi le petit nombre de
ceux qui, Juifs de naissance, travaillaient activement avec l'apôtre à
l'évangélisation des Juifs, Colossiens 4:11. Du reste inconnu.
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JUSTICE,
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— Voir: Juge.
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JUTTA,
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ville sacerdotale de la tribu de Juda, située sur un
plateau à peu de distance d'Hébron, Josué 15:55; 21:16. Non loin de là se
trouvait une des sources du Bésor. Quelques-uns pensent que c'est la ville
indiquée Luc 1:39, et ils lisent la ville de Juda ou Jutta, au lieu de une
ville, trouvant cette dernière expression trop vague pour Luc qui aime à
préciser.
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Dictionnaire de la
Bible J.-A. Bost 1849-K
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KAB,
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— Voir: Cab.
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KABTSÉEL,
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— Voir: Jékabtséel.
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KADÈS,
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le même que Kadès-Barné, Nombres 20:14; cf. 32:8;
Josué 14:7, et peut-être aussi que Méribah-Kadès, quoique diverses
circonstances puissent faire douter de l'identité. C'était une ville entourée
d'un district du même nom, au sud-est de la Palestine, dans le désert de Tsin,
sur les frontières d'Édom, non loin de Guérar, Genèse 14:7; 16:14; 20:1;
Nombres 20:1; 27:14; 33:36; 34:4; Deutéronome 32:51; Josué 10:41. Plusieurs
souvenirs se rattachent à son nom: la mort de Marie, sœur de Moïse, Nombres 20,
l'envoi des douze espions, et les négociations avec le roi d'Édom, Nombres
20:14; Juges 11:17, la défaite d'un de ses rois par Josué, Josué 12:22, enfin
la défiance de Moïse et d'Aaron au sujet du rocher d'eau vive, et leur
condamnation, Nombres 20:2. Cette ville est donnée plus tard comme frontière
méridionale du pays, et notamment de la tribu de Juda, Nombres 34:4; Josué
15:3. Il est possible cependant que Méribah-Kadès soit différent de
Kadès-Barné; mais il en était, en tout cas, peu éloigné; quant à Méribah,
— Voir: cet article.
— On distingue encore un autre Kadès, ou plutôt Kédès,
q.v.
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KADMONIENS
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(les Orientaux), nom d'une peuplade cananéenne, Genèse
15:19, du reste inconnue, que l'on place au-delà du Jourdain, à l'orient de la
Phénicie, et non loin du Liban. Quelques-uns pensent que Cadmus avait appartenu
à cette tribu, et qu'Hermione, sa femme, avait reçu son nom du mont Hermon; ils
trouvent une analogie de plus: les Kadmoniens étaient Héviens, et la racine de
ce dernier nom signifie serpent; de là, disent-ils, la fable des dents de
dragon semées par Cadmus, et des hommes vaillants qui en naquirent.
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KAGAB,
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Lévitique 11:22.
— Voir: Sauterelles.
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KAMON,
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ville de Galaad, appartenant à la tribu de Manassé, et
dans laquelle fut enseveli Jaïr, Juges 10:5.
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KARKAA,
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ville située dans la partie méridionale de la tribu de
Juda, Josué 15:3.
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KARKOR,
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lieu au-delà du Jourdain, du côté de l'Arabie, Juges
8:10. Eusèbe et Jérôme pensent au château de Carcaïa ou Carcaria, à une journée
de Pétra, ce qui s'accorde assez bien avec le récit sacré, si Nobah, qui paraît
avoir été à l'est de Karkor, 8:11, est, en effet, comme l'a dit Eusèbe, à 8
milles sud d'Esbus.
— Voir: Nobah.
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KÉBAR ou Chaboras,
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fleuve de la Mésopotamie, qui prend sa source près de
Ras-el-Aïn, et qui coule d'abord à l'est, puis au sud, et à l'ouest, reçoit le
Mygdonius, et se jette dans l'Euphrate, près de Circesium. Une partie des dix
tribus avait été transportée sur les rives de ce fleuve, et c'est de là
qu'Ézéchiel a daté plusieurs de ses prophéties, Ézéchiel 1:3; 3:15,23;
10:15,22.
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KÉDAR et Kédaréniens,
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peuple descendant d'Ismaël, Genèse 25:13, horde
nombreuse vivant dans des tentes, toujours nomade, et dont on ne peut pas
indiquer, d'une manière précise, le territoire, puisqu'ils en changeaient
souvent. Ils erraient dans les déserts de l'Arabie, loin de la Palestine,
étaient riches en troupeaux, faisaient un grand commerce, et excellaient à
tirer de l'arc, Ésaïe 21:16; 42:11; 60:7; Cantique 1:5; Psaumes 120:5; Ézéchiel
27:21; Jérémie 2:10; 49:28. Ce sont probablement les Cédréens de Pline. La
langue de Kédar, chez les rabbins, désigne l'arabe.
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KÉDÉMOTH,
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ville de Ruben, appartenant aux Lévites, Josué 13:18;
21:37; 1 Chroniques 6:79. Près de là se trouvait un désert, Deutéronome 2:26.
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KÉDÈS ou Kadés.
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1. Ville
de Nephthali, lévitique, et l'un des six lieux de refuge d'Israël, d'abord
résidence d'un roi cananéen, Josué 12:22; 19:37; 20:7; 21:32; Juges 4:6. Elle
était fortifiée, 2 Rois 15:29; 1 Chroniques 6:76. Flavius Josèphe la met sur
les frontières de la Galilée et de la Phénicie, et lui donne les environs de
Tyr pour territoire.
2. Ville
au sud de Juda, Josué 15:23.;
3. d'Issacar,
1 Chroniques 6:72.
— Voir: Kison.
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KÉDOR-LAHOMER,
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Genèse 14:1 (1912 avant J.-C.), roi d'Hélam. Plus fort
que tous les autres petits chefs des contrées avoisinantes, il avait su,
pendant douze années, se rendre et se conserver tributaires les rois de Sodome,
de Gomorrhe et des autres villes de la plaine qui, enfin, lasses du joug, se
soulevèrent et refusèrent de payer le tribut. Au bout d'une année, pendant
laquelle Kédor, sans doute, avait pris ses mesures, il s'avança contre les
rebelles, accompagné de trois rois, ses voisins. Les princes des cinq villes
s'armèrent et vinrent au-devant de lui; mais déjà Kédor-Lahomer était
triomphant; il venait de conquérir toute la vallée orientale du Jourdain; il
avait pénétré jusque dans l'Idumée, et la défaite des cinq rois n'était plus
pour lui qu'un succès facile; il les rencontra dans la vallée de Siddim, pleine
de l'asphalte qui donna plus tard son nom à la mer qui engloutit les cinq
villes. Ce terrain de bitume et les crevasses qui le traversaient, gênèrent les
mouvements des rois de la plaine: ils furent battus; ceux de Sodome et de
Gomorrhe furent tués; tous s'enfuirent ou furent faits prisonniers; leurs
vivres et leurs richesses tombèrent au pouvoir de l'ennemi. Mais, parmi les
captifs, il s'en trouvait un qui craignait Jéhovah: c'était Lot; sa présence
devait être la délivrance de tous. Abraham, informé du malheur de son neveu,
part avec 318 de ses serviteurs, partage ses troupes en bandes, fond de nuit
sur le camp ennemi, met en fuite Kédor et ses alliés, et leur reprend, avec
leurs prisonniers, toutes les richesses qu'ils avaient injustement enlevées.
Kédor s'enfuit jusqu'à Hobar, près de Damas.
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KÉHATH,
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second fils de Lévi, Genèse 46:11; Nombres 3:17; 1
Chroniques 6:1, naquit en Canaan, et fut père de Hamram, et, par lui,
grand-père de Moïse et d'Aaron, Exode 6:16-20; il vécut cent trente-trois ans.
Ses descendants, l'une des trois branches lévitiques, furent chargés, dans le
désert, de porter l'arche et les ustensiles du tabernacle, Nombres 4:4. Ils
étaient au nombre de 2,750 personnes, de trente à cinquante ans, à la sortie
d'Égypte.
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KÉHILAH,
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ville des plaines de Juda, Josué 15:44; 1 Chroniques
4:19; Néhémie 3:17-18. Elle fut prise par les Philistins, et délivrée par
David, 1 Samuel 23. Elle était située à quelques lieues est d'Éleuthéropolis,
et une ancienne tradition y place le tombeau du prophète Habacuc.
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KÉMOS,
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divinité nationale des Moabites et des Hammonites,
Nombres 21:29; Juges 11:24; 2 Rois 23:13; cf. Jérémie 48:7, dont Salomon même
autorisa le culte en Israël, 1 Rois 11:7. Quelques-uns, sur l'autorité de
Jérôme, la confondent avec Bahal-Péhor; d'après l'étymologie, on pourrait la
croire identique avec Béelzébub; d'autres croient que c'était le dieu de la
guerre. Une tradition juive porte que Kémos avait pour emblème une étoile
noire. On en fait encore Saturne, ce que son rapprochement de Moloch, 1 Rois
11:7; 2 Rois 23:13, rend assez vraisemblable,
— Voir: Caldéens.
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KÉNAN,
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— Voir: Caïnan.
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KÉNATH,
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ville de Galaad, à laquelle Nobah donna plus tard son
nom, Nombres 32:42; Juges 8:11; 1 Chroniques 2:23. Eusèbe et Jérôme l'appellent
Kanatha et la placent en Arabie (Trachonite); Ptolémée et Flavius Josèphe la
mettent en Célésyrie et la comptent avec la Décapole.
— Burckhardt a trouvé des ruines assez considérables
portant le nom de Kanuat.
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KÉNAZ,
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Josué 15:17,
— Voir: Kéniziens.
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KÉNIENS ou Kiniens,
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1 Chroniques 2:55, peuplade dont le nom correspondrait
a celui des Troglodytes grecs; ils habitaient des montagnes et des rochers
inaccessibles, Nombres 24:21. C'était une des tribus cananéennes, Genèse 15:19;
leur demeure était au couchant de la mer Morte, vers le sud, et s'étendait
assez en avant, du côté de l'Arabie, sur le territoire des Hamalécites, puisque
Jéthro, le beau-père de Moïse, était Kénien, Juges 1:16, et que, du temps de
Saül, les Kéniens étaient mêlés avec les Hamalécites, 1 Samuel 15:6. Il paraît
que la parenté d'alliance qui existait entre Moïse et cette peuplade, fut pour
elle une branche de salut; car, quoique les Kéniens fussent du nombre de ces
Cananéens qui devaient être exterminés pour céder la place à Israël, on en
retrouve plusieurs vivant en diverses parties de la Palestine, principalement
dans le nord, Juges 4:11,17; 5:24; peut-être ceux qui se soumirent furent-ils
admis à jouir de ce privilège, comme sous Josué les Gabaonites; les autres se
retirèrent en Idumée. Leur territoire faisait partie de celui qui fut donné
plus tard à la tribu de Juda.
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KÉNIZIENS,
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peuplade cananéenne inconnue; elle n'est nommée que
Genèse 15:19. On croit qu'ils habitaient le midi de la Judée. Le nom de
Kénizien se retrouve Nombres 32:12; Josué 14:6,14; est-ce qu'il rappelle cette
tribu? Est-ce que Kénaz, Josué 15:17; Juges 1:13, aurait pris lui-même son nom
de la tribu à laquelle auraient appartenu ses ancêtres? Ou bien n'y a-t-il là
qu'un rapport accidentel, et le nom de Kénaz serait-il devenu, à son tour, un
nom patronymique? On ne peut décider, mais cette dernière supposition est la
plus probable.
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KÉPHIRAH.
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1. Ville
des Gabaonites qui fut ensuite cédée à la tribu de Benjamin, Josué 9:17; 18:26.
2. Fils
de Kiriath-Harim, Esdras 2:25.
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KÉREN-HAPPUCH,
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— Voir: Jémima.
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KÉRÉTIENS,
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1 Samuel 30:14; et ailleurs. Ce nom qui désignait sans
doute primitivement les habitants de l'île de Crète, fut conservé ensuite à
leur descendants les Philistins;
Au temps de la Tour de Babel, la Crète faisait partie
d’un vaste Continent dans la Méditéranée peuplé d’une race de géants nommés les
Caphtorim dont le nom signifie «île en forme de couronne», et que plusieurs
identifient comme étant l’Atlantide où Nimrod avait son trône. Alexandre
Hislop, dans son œuvre remarquable «Les Deux Babylones», indique clairement
qu’Atlas, le fondateur de l’Atlantide, était nul autre que Nimrod.
— Voir: Caphtorim.
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KÉRIJOTH.
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1. Ville
de Juda, Josué 15:25, probablement le lieu d'origine de Judas le traître, q.v.
2. Ville
moabite, Jérémie 48:24,41. Amos 2:2.
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KÉRITH,
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1 Rois 17:3-6, un des affluents du Jourdain, sur les
bords duquel Élie fut nourri par les corbeaux de l'air; il descend des
montagnes d'Éphraïm.
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KETSIHA,
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— Voir: Jémima.
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KÉTURA,
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Genèse 25:1; 1 Chroniques 1:32, seconde femme
d'Abraham, ou plutôt une simple concubine qu'il prit après la mort de Sara;
quelques-uns pensent qu'elle était cananéenne, d'autres croient que c'est Agar
qu'Abraham rappela auprès de lui, les motifs de son expulsion n'existant plus.
On n'en sait rien, mais ce dernier cas est peu probable. Elle donna au prophète
six fils, qu'il renvoya comme Ismaël après leur avoir fait des présents, ce qui
semble bien prouver qu'il ne voyait pas en eux sa postérité, et qu'il ne les
considérait pas comme légitimes.
— Quelques auteurs prétendent qu'Abraham avait déjà
épousé Kétura du vivant de Sara.
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KIDON,
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1 Chroniques 13:9,
— Voir: Nacon.
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KIJUN,
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Amos 5:26,
— Voir: Caldéens.
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KIKAJON,
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Jonas 4:6-10. Saint Jérôme, après avoir traduit
l'hébreu par lierre, avoue qu'il ne se contente de cette traduction inexacte
que parce que le mot propre manque en latin, et qu'il aime mieux cependant
mettre dans ce passage un mot bien connu que d'y laisser subsister le terme
hébreu, qui pourrait donner lieu à des malentendus plus fâcheux encore que
l'inexactitude. Il pense d'ailleurs comme Celse (et plus tard Bochart, Calmet,
Michaélis, Rosenmuller, Harris, Gesenius, Winer, etc.), que le kikajon est la
même plante que les Égyptiens appellent kiki, et les Arabes el kéroa, en
français le ricin ou la palme de Christ. «En Grèce, rapporte Hérodote (2, 94),
cette plante croît spontanément et sans culture; mais les Égyptiens la
soignent, ils la sèment sur les bords des rivières et des canaux, et lui font
produire en grande abondance des fruits d'une odeur très forte, qu'ils pressent
ensuite, et dont ils extraient une huile bien connue, qui a des qualités médicinales,
et qui brûle avec autant d'éclat et de facilité que l'huile d'olive. Les
Égyptiens appellent la plante sillicyprion, et l'huile kiki.»
— Niebuhr, dans sa description de l'Arabie, décrit
ainsi Tel kéroa: «Cette plante a la forme d'un arbre, quoique son tronc n'ait
pas la consistance du bois; chacune de ses branches est terminée par une seule
large feuille à six ou sept lobes; le sujet, que j'examinai était près d'un
ruisseau qui l'arrosait continuellement; en cinq mois il avait crû de 8 pieds
et portait alors des fleurs et des fruits, mûrs et non mûrs: les feuilles et
les fleurs que je détachai de la tige se flétrirent en fort peu de minutes,
comme font celles de tous les végétaux d'un rapide accroissement. On l'appelle
à Alep palma Christi. Les chrétiens et les juifs de Mosul (Ninive), disent que
ce n'est pas cette espèce dont il est parlé dans l'histoire de Jonas, mais une
autre aux feuilles plus nombreuses et plus larges, et d'un développement plus
prompt.»
— Le ricin (classe XXI, monadelphia de Linnée), est
une plante bisannuelle qui atteint en quelques jours la hauteur d'un arbre
pouvant cacher un homme sous l'ombrage de ses feuilles; sa tige, d'abord
herbacée, devient plus tard ligneuse, mais elle est creuse en dedans, pleine de
nœuds et d'articulations, et munie de grandes feuilles à longs pétioles, ayant
la forme de feuilles de vigne, plus lisses et plus noires que celles du plane,
dentelées en forme de scie: les fleurs sont jaunes, et dans les deux sexes,
sans corolles; leur fruit est une gousse ou silique triangulaire, munie de
poils durs et piquants, dont les grains donnent l'huile blanche ou jaunâtre
dont nous avons parlé. On trouve principalement cet arbuste en Ararabie, en
Égypte et en Syrie, et le rabbin Kimhi raconte que les Orientaux ont l'habitude
d'en planter devant leurs maisons et sur le devant de leurs boutiques pour se
procurer ainsi quelque ombrage.
Ces détails sont d'accord avec ce que le passage de
Jonas fait connaître du kikajon, pourvu toutefois qu'on ne presse pas outre mesure
les mots du récit: rien n'indique combien de temps cet arbuste à mis à croître,
quoiqu'il soit évident que son développement a été fort prompt; Dieu le
prépara, est-il dit, et les paroles du verset 10: «il est venu en une nuit»,
marquent simplement, ou bien en général la rapidité de son accroissement, ou
bien qu'en une nuit il a crû assez pour donner au prophète le bienfaisant
ombrage qu'il lui refusait la veille encore, quoiqu'il eût déjà une certaine
hauteur et des feuilles en germe. Le dessèchement de la plante s'explique de la
même manière; il a été rapide, comme sa venue: l'ardent soleil dont Jonas se
plaint aura nui à l'arbuste, et le ver qui le ronge peut être pris
littéralement, comme aussi l'on peut l'entendre d'une espèce de chenilles
noires, assez grandes, et fort nombreuses, qui pendant les jours les plus
chauds de l'année éclosent sur certains arbres, notamment sur le kikajon, et en
rongent en une seule nuit toutes les feuilles, sans qu'il reste plus de l'arbre
autre chose qu'un squelette. Mais si cette histoire tout entière peut
s'expliquer naturellement, elle n'en a pas moins été amenée par l'intervention
directe de l'Éternel-Dieu, et il est possible que la venue et la mort du
kikajon aient été plus rapides qu'elles ne le sont d'ordinaire.
À cet arbuste malheureux se rattache le souvenir du
grand égoïsme du prophète; Jonas voulait que Ninive pérît, mais il voulait
épargner le kikajon, parce que le salut de Ninive compromettait la vérité de sa
prophétie, et que la mort de l'arbrisseau était pour lui une cause de
souffrance physique; il recherchait son intérêt propre, et tenait peu compte de
la vie de 120,000 hommes.
Plus tard le même arbrisseau a été une source de
troubles dans une portion de l'Église chrétienne. Saint Augustin, s'appuyant de
l'autorité des Septante, du syriaque et de l'arabe, croyait que le kikajon
signifiait la citrouille; saint Jérôme, d'après Aquila, Symmaque et Théodotion,
avait traduit par lierre: de là, grande rumeur et grand scandale un jour dans
l'Église d'Assyrie; on parla d'hérésie, et la version de Jérôme dut être
positivement condamnée sur ce point, pour éviter un schisme à propos d'une
différence entre deux grands et pieux docteurs dont il est maintenant prouvé
que l'un et l'autre se trompaient.
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KIMHAM,
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2 Samuel 19:37, fils ou petit-fils de Barzillaï, cf. 1
Rois 2:7, remplaça ce vieillard auprès de David et suivit son maître à
Jérusalem. II paraît que parmi les présents qu'il reçut de David ou de Salomon,
se trouvait une grande métairie aux environs de Bethléem, dans laquelle
s'arrêtèrent, comme dans un hospice, Johanan et les Juifs qui, après la ruine
de Jérusalem, se rendaient en Égypte, Jérémie 41:17. Peut-être aussi était-ce
un hospice que Kimham avait fait bâtir en ce lieu pour servir de retraite aux
voyageurs, comme sont les caravansérails en Orient. Le nom de Guéruth, conservé
par nos versions dans ce passage, doit se traduire par hospice.
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KINNÉRETH,
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Josué 13:27;
— Voir: Génésareth.
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KIR ou Kira,
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1. (ou
Kira, Ésaïe 22:6), district du royaume d'Assyrie, dans lequel furent
transportés les habitants de Damas pris par Tiglath-Piléser, 2 Rois 16:9; Amos
1:5; 9:7; Ésaïe 22:6. C'est la contrée située auprès du fleuve Cyrus, qui,
réuni à l'Araxe, se jette dans la mer Caspienne, et a conservé jusqu'à nos
jours dans le pays le nom de Kura.
2. Très
forte ville du pays des Moabites, située sur un rocher de craie haut et
escarpé, qui domine tout le pays, et d'où l'on peut voir dans le lointain la
ville de Jérusalem: le paraphraste caldéen l'appelle Kéracca (c'est-à-dire
forteresse de) Moab, et les auteurs arabes la mentionnent dans l'histoire des
croisades, sous le nom de Karak ou Kérek. Outre les Turcs, elle renferme
trente-cinq familles de Juifs chrétiens, qui s'y sont réfugiés de Jérusalem ou
d'ailleurs; ils n'y sont point vexés et jouissent de la même liberté que les
Turcs; ils exercent une grande hospitalité, et sont plus pieux que bigots. Le
voyageur Burckhardt, qui y a séjourné trois semaines, a dû passer un jour dans
chaque maison. Il y a quelque chose d'admirable dans cet exercice de
l'hospitalité; mais les Bédouins en abusent: ils arrivent le soir avec leurs
chevaux, se font nourrir pour économiser leurs propres provisions, puis
repartent. Seetzen et Burckhardt parlent du château ruiné et des restes de
fortifications de cette ville, qui n'est plus qu'un gros bourg situé à trois
lieues sud d'Har-Moab; elle est encore le siège nominal d'un évêque grec qui
réside à Jérusalem.
— C'est probablement, selon Vitringa, la même que
Kir-Hères, Ésaïe 16:11; Jérémie 48:31,36, et que Kir-Haréseth, Ésaïe 16:7,11; 2
Rois 3:25.
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KIRIATH,
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ville de Benjamin, Josué 18:28, que quelques-uns
pensent être la même qui, sous le nom de Kiriath-Jéharim, aurait passé plus
tard à la tribu de Juda, dont elle était voisine.
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KIRIATHAJIM,
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1. ville
de Ruben, à l'est du Jourdain, à une journée de Palmyre, Nombres 32:37; Josué
13:19. Elle avait d'abord appartenu aux Émims, Genèse 14:5, puis aux Moabites
(cf. Deutéronome 2:9), qui s'en trouvèrent de nouveau en possession aux jours
de l'exil, Jérémie 48:1,23; Ézéchiel 25:9. Eusèbe et saint Jérôme la
mentionnent sous le nom de Korias ou de Corajatha, et la mettent à 10 milles
romains de Médéba. On n'est pas d'accord sur l'emplacement de ses ruines.
2. Ville
lévitique dans la tribu de Nephthali, 1 Chroniques 6:76, la même qui est
appelée Karthan, Josué 21:32.
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KIRIATH-ARBAH.
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— Voir: Hébron.
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KIRIATH-HUTSOTH,
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Nombres 22:39, ville des Moabites.
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KIRIATH-JÉHARIM ou Bahala
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(ville des forêts), aussi appelée Bahala, Josué 15:9,
Kiriath-Bahal, 15:60, et Bahalé de Juda, 2 Samuel 6:2, était une ville de Juda.
Juges 18:12, sur la frontière occidentale de la tribu de Benjamin, Josué 9:17;
18:15; 1 Chroniques 2:50. Elle fut pendant quelque temps le siège de l'arche de
l'alliance, 1 Samuel 7:1; 2 Samuel 6:2; 1 Chroniques 13:6;
— Voir: encore Jérémie 26:20; Esdras 2:25; Néhémie
7:29.
Eusèbe la met à 9 nulles de Jérusalem, au nord-ouest,
dans la direction de Lydda.
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KIRIATH-SETHER,
________________________________________
plus tard appelée Débir, Josué 10:38; cf. 15:15; Juges
1:11, ou Kiriath-Sannah, Josué 15:49, ville cananéenne, Josué 10:38, fut donnée
au territoire de Juda, Josué 15:49; Juges 1:11, puis déclarée ville lévitique,
Josué 21:15; 1 Chroniques 6:58. Elle paraît ne pas avoir été située loin
d'Hébron,
— Voir: Josué 10:36,38, etc.,
et les meilleures cartes portent, en effet, un bourg
Dabir à l'ouest de cette ville.
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KIS.
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1. Fils
d'Abigabaon et de Mahaca, 1 Chroniques 8:30.
2. Fils
de Ner et père de Saül, berger et guerrier, nous est dépeint comme un homme de
grand courage. Quelques ânesses de ses troupeaux s'étant égarées, il envoya son
fils Saül à leur recherche, 1 Samuel 9:3, mais bientôt inquiet de l'absence
prolongée du jeune homme, dont il paraît avoir ignoré les futures destinées, il
le fait chercher, et ne le revoit que roi d'Israël, 10:2,11. Son nom se
retrouve 2 Samuel 21:14; 1 Chroniques 12:1; 8:30; 9:39; 26:28; Actes 13:21.
3. Lévite,
fils d'Habdi, de la famille de Mérari, 2 Chroniques 29:12.
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KISJON,
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ville lévitique d'Issacar, Josué 19:20; 21:28, appelée
Kédès dans le passage parallèle 1 Chroniques 6:72.
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KISLOTH,
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Josué 19:12,
— Voir: Tabor.
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KISON,
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maintenant Mokata ou Mekatta, fleuve ou rivière de la
Palestine, qui formait la frontière naturelle de Zabulon vers le sud et
l'ouest, se jetant dans le golfe de Ptolémaïs, au nord-ouest de Kaïfa, après
avoir traversé la plaine de Jizréhel, Juges 4:7; 5:21; 1 Rois 18:40; Psaumes
83:9. Ses eaux sont abondantes en hiver, mais en été l'on peut le traverser à
gué sans difficultés. Il prend sa source au mont Tabor, dont il baigne le pied
méridional, cf. Juges 4:12-14; 5:19-21. Il coule au pied du Carmel, et partout
répand la fertilité sur ses rives. L'Anglais Shaw l'a confondu avec le
Raz-al-Kison, qui a sa naissance et coule à l'est du mont Tabor.
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KITRON,
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ville de Zabulon, mais longtemps habitée, et peut-être
toujours, par des Cananéens, Juges 1:30; peut-être la même que Kattath, Josué
19:15.
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KITTIM,
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peuplade nommée Genèse 10:4; parmi les descendants de
Javan, à côté d'Élisa, Tharsis et Dodanim. Dans le sens le plus restreint de ce
mot, il faut entendre l'île de Chypre, puis dans un sens plus éloigné, les
autres îles et les côtes septentrionales de la Méditerranée;
— Voir: Ézéchiel 27:6; Daniel 11:30; Nombres 24:24;
Jérémie 2:10; Ésaïe 23:1.
Aucun de ces passages ne contient des indications bien
précises, et les interprètes varient d'opinion sur la situation de Kittim; les
uns, comme Calmet, s'appuyant sur 1 Maccabées 1:1; 8:5, y ont vu la Macédoine;
d'autres, comme Bochart, ont entendu par là les Romains; l'opinion de Flavius
Josèphe enfin, celle qui se justifie le mieux, et que nous avons adoptée,
s'appuie d'abord sur ce que le nom de Kittim s'est conservé en Chypre dans la
ville de Cittium, puis sur ce que les habitants de cette île sont évidemment
d'origine phénicienne, et que le dieu Bahal y était adoré. L'île de Chypre
fournissait en abondance une espèce de bois de cèdre ou de pin dont les Tyriens
faisaient usage pour la construction de leurs vaisseaux.
Ce nom doit être pris figurément et d'une manière tout
à fait générale, Nombres 24, Jérémie 2, pour désigner des peuples occidentaux.
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KORAH,
________________________________________Genèse 36:10,
— Voir: Coré #1.
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Dictionnaire de la
Bible J.-A. Bost 1849-L
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LABAN,
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Genèse 25:20; 24:29 (1856 avant J.-C.), riche
propriétaire de troupeaux dans les plaines de la Mésopotamie, fils de Béthuel,
petit-fils de Nacor le frère d'Abraham, et ainsi petit-neveu de ce patriarche.
Il consentit avec empressement au mariage de sa sœur Rébecca avec le fils
unique du riche Abraham, avec Isaac, cousin germain de son père Béthuel. Plus
tard, c'est chez lui que le fils de sa sœur, Jacob, vient chercher un asile contre
la colère d'Ésaü qu'il redoute. Ces deux hommes rusés se font pendant une
vingtaine d'années une sourde guerre, qui préluda de la part de Laban, par la
substitution de Léa à Rachel dans le mariage de Jacob, Genèse 29. Le
missionnaire Hartley, dans son voyage en Grèce, rapporte un exemple analogue
d'un jeune Arménien à qui l'on donna, grâce au voile nuptial qui couvre presque
entièrement la personne, une sœur aînée au lieu de la cadette qu'il avait
demandée en mariage, et des faits de ce genre ne sont pas précisément rares en
Orient.
Après que Jacob eut gagné ses deux femmes par quatorze
années de travail, Laban s'arrangea avec lui de manière à ce que l'un et
l'autre trouvassent leur avantage à cet accord mutuel; mais Jacob, par des
subterfuges dont nous avons parlé à cet article, s'enrichissait chaque année au
détriment de son beau-père, ce qui mécontenta bientôt et les fils de Laban et
Laban lui-même. Les rapports des deux familles s'aigrissaient et
s'envenimaient; la confiance avait disparu, l'amitié avec elle, et dans cet
état de rivalité jalouse et de tension continuelle, Jacob Unit par comprendre
qu'il devait partir. Il profite, pour l'exécution de son dessein, d'une absence
de Laban, et celui-ci, à son retour, ne trouve plus ni son gendre, ni ses filles,
ni ses petits-fils; aussitôt il assemble ses parents et ses serviteurs, et
plein de colère, se met à la poursuite des fugitifs. Mais en chemin une vision
l'arrête: Dieu lui défend de nuire à Jacob qu'il protège, et lorsque, près des
montagnes de Galaad, les deux familles se rencontrent, la colère de Laban est
apaisée; il reproche seulement au patriarche son départ précipité et
l'enlèvement de ses dieux, et finit par lui proposer une solennelle alliance
d'amitié. Un simple monument de pierres fut élevé en souvenir de cette journée
qui se termina par un sacrifice et un festin offert par Jacob. Laban jura
l'alliance par les dieux d'Abraham, de Nacor et de Taré, Jacob par le Dieu
redoutable que craignait Isaac son père, et les deux familles se séparèrent; Laban
partit de grand matin et s'en retourna en son pays. Son histoire s'arrête-là.
Quelle était sa religion? Il reconnaissait l'Éternel
(24:50; 30:27) et jurait par les dieux de Nacor, 31:53, même il rendait un
culte à des théraphims. C'était un commencement de paganisme et d'idolâtrie.
Toujours membre de la grande famille des patriarches, et descendant d'Héber, il
n'était cependant pas descendant d'Abraham; sa foi s'était obscurcie, ou plutôt
sa foi était morte, et il n'avait conservé que le nom du vrai Dieu, tout comme un grand nombre de chrétiens de
nos jours ont conservés le nom de Christ. Homme de la terre, il lui fallait
un dieu de terre pour représenter le céleste qu'il ne pouvait voir; et bientôt
le dieu de terre était devenu son dieu unique, il l'avait multiplié pour
suppléer par le nombre à l'insignifiance. Le paganisme, chez Laban comme chez
tous ceux qui ont connu la vérité et qui en ont renié la force, a toujours
commencé par le cœur; et quand on jette les yeux sur ce qu'on appelle
maintenant la chrétienté, on ne trouvera que trop de chrétiens, ou plutôt de
païens comme Laban, qui ont leurs dieux et leurs déesses, à côté du grand Dieu
de la Loi et de l'Évangile. La doctrine des images et le culte des saints sont,
dans l'église romaine, un acheminement bien clair vers cette foi double et
bâtarde qui veut allier Dieu et le monde, la religion et l'idolâtrie, le
christianisme et le paganisme; et, sans qu'on s'en doute, la religion de Laban
a pour partisans tous ceux dont les œuvres ne correspondent pas à la profession
qu'ils font d'être chrétiens; Dieu est dans leur bouche, mais ils cherchent les
idoles du monde, et, comme Laban, ils ne les trouveront point.
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LAC,
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— Voir: Mer, et les articles spéciaux.
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LADHA,
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— Voir: Hel.
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LAHMAS,
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ville des plaines de Juda, Josué 15:40. Quelques
manuscrits portent Lahmam.
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LAHMI,
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1 Chroniques 20:5, frère de Goliath, et digne de lui:
la hampe de sa hallebarde était comme l'ensuble d'un tisserand. Il fut tué par
El-Hanan. Dans le passage parallèle, 2 Samuel 21:19, le texte est corrompu et
porte, au lieu de Lahmi, Bethhallahmi, que nos versions ont traduit par
bethléémite, et qu'elles ont dû joindre au nom du vainqueur, en sous-en-tendant
alors frère de devant le nom de Goliath.
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LAIS,
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ville de l'extrême frontière nord de la Palestine,
Juges 18:7; Jérémie 8:16; Deutéronome 34:1. D'abord colonie sidonienne qui
portait aussi le nom de Lésem, Josué 19:47, au pied du Liban, dans une contrée
fertile, près des sources du Jourdain, elle fut plus tard appelée Dan par les
Danites qui s'y établirent, et bâtirent une nouvelle ville sur les décombres de
l'ancienne qu'ils avaient détruite, Josué 19:47; Juges 18:29; ce dernier nom
lui est déjà donné par anticipation, Genèse 14:14. Laïs fut, sous tous ses
noms, un siège célèbre d'idolâtrie, et Jéroboam y institua le culte d'un veau
d'or, 1 Rois 12:29.
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LAIT,
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— Voir: Bœuf, et Nourriture.
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LAKIS,
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résidence d'un roi cananéen, ville située dans les plaines de Juda. Josué la conquit et la donna à la tribu de Juda, Josué 10:3,31; 15:39. Elle fut fortifiée par Roboam contre les Philistins, 2 Chroniques 11:9, assiégée plus tard par Sanchérib dans sa campagne contre l'Égypte, 2 Rois 18:14; Ésaïe 36:2; 37:8 (— Voir: en