Page 977 - Dictionnaire de la Bible de J.A. Bost 1849 - 2014

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la divinité, n'est ni commandée, ni même, chose presque étrange, recommandée par Moïse, le législateur
des Hébreux, qui a cependant prescrit de la manière la plus minutieuse et la plus scrupuleuse, jusqu'aux
plus petits détails du culte, public ou particulier. Un seul acte de ce genre parait indiqué, Deutéronome
26:13, comme souvenir d'actions de grâces pour les récoltes, mais ce n'est qu'en passant, et l'on peut y voir
une profession de foi, une reconnaissance des droits de Dieu comme propriétaire du sol, aussi bien
qu'une prière. Cette grave lacune dans l'organisation du culte juif, cet oubli de Moïse serait étrange, si par
son étrangeté même il ne laissait pas entrevoir une intention bien marquée, bien positive et réfléchie. On
sent que Moïse n'a pu oublier la prière, et il n'est pas difficile de se rendre compte des motifs qui l'ont
empêché de la prescrire au peuple. C'est précisément parce qu'il savait ce que c'est que la prière, qu'il n'a
pu songer à en faire l'objet d'ordonnances spéciales. La prière ne se commande pas, et le Juif pieux devait
puiser dans son cœur des actions de grâces pour le Dieu qui l'avait tiré d'Égypte, et cette confiance en lui
qui porte à la prière: la prière ne pouvait être que naturelle chez lui; elle ne pouvait au contraire exister
pour celui qui n'avait ni reconnaissance, ni amour, ni foi, et la lui imposer, comme on imposait à tous des
purifications, des ablutions, ou des sacrifices, c'eût été n'en faire plus qu'une formalité, une cérémonie, un
opus operatum. Moïse laissa à la prière son caractère de spontanéité pour le culte particulier comme pour
le culte public, et ne régla rien de ce qui la concernait, parce qu'il n'y avait rien à régler. Les Israélites
récitèrent peut-être moins de prières, mais ils prièrent davantage. Au dire de quelques rabbins, les
sacrifices journaliers qui se faisaient matin et soir dans le temple, auraient été, même avant l'exil,
accompagnés de prières, et quoiqu'on ne puisse guère regarder cet usage comme fort ancien, l'on trouve
cependant en effet quelques traces de son existence, 1 Chroniques 23:30; cf. Néhémie 11:17. Après l'exil,
l'usage semble en être devenu plus ordinaire; Esdras a composé, dit-on, dix-huit prières, auxquelles
Gamaliel en a joint une dix-neuvième, et toutes célèbrent Dieu, en le glorifiant et le suppliant: quoi qu'il
en soit de l'authenticité de ces prières plus que douteuses, plusieurs sont belles, et elles firent partie de la
liturgie publique après le retour de la captivité. Le peuple restait dehors en prière pendant le sacrifice,
Luc 1:10, soit en gardant le silence du recueillement, soit en se joignant aux prières du sacrificateur. Le
plus bel exemple que l'Ancien Testament ait conservé d'une prière officielle, est celle que prononça le roi
Salomon lors de la dédicace du temple, 1 Rois 8:22; plusieurs des psaumes de David sont également des
prières, et ils étaient destinés au culte public.
L'Ancien Testament, et surtout l'histoire des anciens temps de la nation juive, ne nous fournit pas
beaucoup d'exemples de prières particulières, et c'est assez facile à comprendre; la vie particulière de
chacun appartient peu à l'histoire. Il résulte cependant de Ésaïe 1:15 (et cela résulterait déjà de la nature
des choses), que la prière était un des actes ordinaires du culte individuel;
— Voir: aussi 1 Rois 18:42.
Plus tard, vers les temps de l'exil, depuis l'exil, et aux jours de Jésus-Christ, à mesure que l'histoire des
temps et des hommes prend un caractère plus biographique, et détaillé, on trouve des mentions plus
fréquentes de la prière individuelle; Néhémie en est un exemple frappant, ainsi que Daniel, David déjà
dans plusieurs de ses psaumes, et d'autres encore. La prière et le jeûne étaient devenus deux des
caractères les plus saillants de la vie religieuse de chacun, Tobie 12:8; Judith 4:12. On invoquait le secours
de Dieu avant de se mettre en voyage, avant une déclaration de guerre, avant une bataille, en général
avant de commencer une entreprise quelconque un peu importante, 1 Maccabées 5:33; 11:71; 2 Maccabées
15:26; cf. 8:29; Judith 13:7; Actes 9:40. D'ordinaire on se recueillait trois fois le jour pour adresser à Dieu
une prière spéciale, indépendamment de la prière continuelle d'un cœur pieux, Daniel 6:10; Psaumes
55:17. Les heures fixées étaient: le moment du sacrifice du matin dans le temple, la troisième heure du
jour, 9 heures d'après notre manière de calculer le temps; la sixième, ou midi, le milieu du jour; et la
neuvième, ou 3 heures de l'après-midi, lorsqu'on offrait le sacrifice du soir, Actes 2:15; 3:1; 10:9,30. On
prononçait aussi avant et après chaque repas une prière d'actions de grâces, Matthieu 15:36; Jean 6:11;
Actes 27:35. Les pharisiens et les esséens tenaient beaucoup à la prière, mais les premiers s'y livraient avec
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