Page 966 - Dictionnaire de la Bible J.A. Bost

Version HTML de base

Matthieu 23:37; Luc 13:34. Cependant la Mishna Baba Kama, 7:7, parle d'une exception à cet égard, et dit
que les habitants de Jérusalem, non plus que les prêtres, n'avaient pas le droit de nourrir des poules, et les
interprètes qui ont cru à cette exception, ou qui admettent qu'elle existait déjà du temps de Jésus, ont
appliqué ce qui est dit du chant du coq lors du reniement de saint Pierre, soit au cri du guet, soit au cri du
héraut chargé de convoquer le peuple pour le jugement, soit à l'appel des gardiens du temple qui
devaient, chaque matin, réveiller les prêtres en frappant à la porte de Beth-Moked; d'autres encore ont
pensé que la maison de Caïphe était près des murs de la ville, et que de là, pendant le silence de la nuit,
on pouvait facilement entendre le cri du coq dans la campagne. Mais ces suppositions, d'ailleurs si peu
vraisemblables, ne sont même pas nécessaires; Reland avait émis déjà l'opinion que cette exception
talmudique était postérieure à l'ère chrétienne, et Schulz a prouvé qu'elle n'avait même probablement
jamais existé.
________________________________________
POURCEAU,
________________________________________
— Voir: Porc.
________________________________________
POURPRE,
________________________________________
belle couleur de teinture que la plus haute antiquité paraît avoir déjà connue, et dont la légende raconte
qu'elle fut découverte par Hercule Tyrien, dont le chien, ayant mangé d'un poisson à écailles, revint
auprès de son maître les lèvres teintes de pourpre. Mais ici l'histoire remonte plus haut encore que la
légende, et la pourpre fut employée par les Israélites avant d'avoir été connue des Tyriens. On distingue
principalement deux espèces de pourpre, la rouge et la violette, l'une et l'autre se subdivisant en plusieurs
nuances et qualités différentes. La première, hébreu argaman, se tire du coquillage à pourpre proprement
dit, le πόρφυρος ou άροργή des Grecs, le purpura des Latins, qui se prend dans la mer au moyen
d'amorces. La seconde, hébreu thekèleth, est le produit d'une espèce d'escargot qui s'attache aux rochers,
et qui portait chez les Romains le nom de buccinum, murex, ou conchylium. L'un et l'autre coquillage est
tordu en spirale, mais le premier se termine en pointe; le second est arrondi en trompette ou en forme de
cor. Les naturalistes modernes, et notamment Lamark dans son Histoire naturelle des animaux sans
vertèbres, ont observé et décrit plusieurs coquillages à pourpre, chez lesquels la sécrétion colorante,
située dans une espèce de sac ou de réservoir, près de l'estomac, est d'abord jaune, puis verte, et ne
devient rouge que lorsqu'elle a été exposée à l'air et au soleil, circonstance qui ne s'accorderait pas tout à
fait avec les observations des anciens. Mais les classifications des différentes espèces de coquillages dans
les systèmes modernes, chez Lamark et chez Cuvier, varient tellement, qu'on ne peut encore déterminer
exactement quel était le coquillage dont les anciens tiraient leurs belles couleurs. C'est principalement sur
les côtes de la Phénicie, du Péloponèse et de l'Afrique septentrionale, qu'on faisait la pêche de la pourpre,
et, comme chaque coquillage ne fournissait que quelques gouttes de couleur, la pêche ne pouvait jamais
être fort abondante; aussi la pourpre se vendait-elle fort cher, à l'égal des métaux les plus précieux, et ce
n'étaient, en thèse générale, que les princes et les statues des dieux qui pouvaient porter des vêtements de
cette couleur, Jérémie 10:9; Ézéchiel 23:6; Cantique 7:5; Jonas 3:6, comme aussi, chez les Hébreux, il entrait
beaucoup de pourpre dans les tapisseries du tabernacle et dans les ornements du grand-prêtre, Exode 25,
sq. Les rois donnaient des vêtements de pourpre comme la récompense de services signalés, Daniel
5:7,16,29, ou comme preuve d'une bienveillance particulière, 1 Maccabées 10:20,62,64, cf. 11:58. À Rome,
une loi impériale restreignait à certaines classes le droit de porter de semblables vêtements, Suéton. Ces.
43. Néron 32.
— On teignait de pourpre les étoffes de laine, quelquefois aussi du lin et du coton, et c'étaient les
Phéniciens qui faisaient ce travail avec le plus de perfection, Ézéchiel 27:16, et qui possédaient les
établissements de teinture les plus importants. Les Lydiens, Actes 16:14, avaient aussi acquis dans ce
genre de travail une réputation méritée.
964