Page 484 - Dictionnaire de la Bible J.A. Bost

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2 Rois 19:12; Ésaïe 37:12; contrée située dans le nord de la Mésopotamie, et traversée par le fleuve
Chaboras, 2 Rois 17:6; 18:11. Ptolémée, 5, 18, l'appelle Gauzanite, et, de nos jours encore, elle porte le nom
de Kauschan.
Gozan selon Truden, Holden et d'autres, signifie pâturages. En consultant le lexicon hébreu de Gesenius,
on voit que le g et le z varient souvent entre eux, tandis que les mots dans lesquels ces lettres sont
employées, conservent la même signification après que la mutation a eu lieu. Ainsi, Gozan peut se
changer en Zozan sans altérer le sens. Zozan est le nom donné par les Nestoriens à tous les plateaux
élevés de l'Assyrie, qui leur offrent des pâturages pour leurs nombreux troupeaux. La région dans
laquelle le Chabor et le Zab prennent leur source, et celle qu'ils arrosent ensuite, a particulièrement ce
caractère. En considérant la similitude de ces noms et l'identité de Gozan et Zozan, on ne peut douter
qu'il ne s'agisse ici du Gozan des Écritures, d'autant plus qu'il se trouve en Assyrie et dans le voisinage de
la rivière Chabor. Si nous lisons dans le deuxième livre des Rois, 19:12, et dans Ésaïe, 37:12, la manière
orgueilleuse dont Sennachérib exalte les conquêtes de ses pères, il semble que les rois d'Assyrie avaient
détruit les habitants de Gozan avant que les Israélites y fussent transportés, en sorte qu'ils se trouvaient
les maîtres du pays. «Les dieux des nations que mes ancêtres ont détruits, Gozan, Haran, les ont-ils
délivrés?» Ce fut sans doute un grand exploit de détruire les barbares habitants de cette contrée sauvage
et mon tueuse; il est donc très naturel que les rois d'Assyrie aient désiré les remplacer par une population
industrieuse, telle que celle des captifs Israélites, et formée comme eux aux habitudes de la vie pastorale.
Nous ignorons si en d'autres localités ils furent appelés à s'établir au milieu de la race indigène; mais,
comme les natifs de Gozan et de Haran ou Hara (car les mots ont le même sens) n'existaient plus alors, il
est naturel de supposer que les dix tribus prirent possession entière de cette région, et que leur grande
force leur permit de conserver une position complètement distincte des nations païennes qui les
entouraient. (Grant.)
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GRÈCE.
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Ce pays est désigné dans la table des peuples et ailleurs, Genèse 10:2; Ésaïe 66:19; Ézéchiel 27:13; Joël 3:6,
sous le nom de Javan, q.v.; c'est proprement l'Ionie. Plus tard, dans les livres apocryphes et dans le
Nouveau Testament, les Grecs sont appelés du nom d'Hellènes, 1 Maccabées 8:18; Actes 19:10; 20:21;
21:28; Romains 2:9; 1 Corinthiens 1:24; 12:13; Galates 3:28; Colossiens 3:11, quelquefois de Barbares,
Romains 1:14; Colossiens 3:11. Les Juifs, depuis Alexandre le Grand, donnèrent le nom de Grecs à tous les
peuples païens en général, soumis à l'empire des Grecs, et ce nom devint, dans le style du Nouveau
Testament, synonyme de Gentils.
La langue grecque, si glorieusement immortalisée par Homère, Sophocle et Platon, est tombée aux jours
d'Alexandre le Grand; elle avait fait son effort, et ne fut plus, pour ainsi dire, qu'une langue de la
conversation, un amalgame de dialectes jusqu'alors distincts. Elle prit une teinte plus judaïsante, plus
orientale, dans la traduction
mythique
des Septante et dans les livres apocryphes; la plume des Israélites
lui donna un coloris nouveau, et la langue profane succéda à la langue sainte pour dire aux hommes que
le voile était déchiré, que la paroi mitoyenne était rompue. Il ne paraît pas que les Juifs de la Palestine s'en
servissent régulièrement; cependant on voit par Marc 7:24,26; Jean 7:35; 12:20, et ailleurs, que Jésus la
connaissait et pouvait même enseigner dans cette langue,
mais ceci n’est qu’une supposition sans fondement
réel généralement utilisée pour donner quelques crédibilités à l’existence d’une Septante pré-chrétienne
lorsque
celle-ci est l’œuvre d’Origène d’Alexandrie au 3ie siècle.
— Voir: sur le grec du Nouveau Testament la grammaire allemande de Winer.
On annonce depuis longtemps une traduction française de cet important ouvrage.
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