la paix et le repos. Dans ce sens, et quoique ce ne soit pas l'intention de Gesenius, les paroles de Jacob sont
encore une prophétie messianique.
3.
Tuch traduit librement: Le sceptre restera entre les mains de Juda jusqu'à ce que la conquête de
Canaan soit achevée et que le sanctuaire national soit élevé à Silo; littéralement, jusqu'à ce qu'on soit venu
à Silo. Shilôh n'est donc pour lui qu'un nom géographique. Mais le motif allégué ci-dessus contre la
simple allusion à Silo, reste le même quand l'allusion se change en affirmation directe; Juda n'a pas eu la
conduite du peuple jusqu'à ce moment; ni Moïse, ni Aaron, ni Josué n'appartenaient à cette tribu.
D'ailleurs, comme le fait remarquer Hengstenberg, Silo ne nous apparaît, Josué 16:6; 18:1, que comme un
lieu de campement et non comme une ville; ce n'est que peu à peu que Silo grandit et paraît dans
l'histoire; aux jours de Jacob, il n'était rien encore, et rien ne pouvait faire présager au patriarche que
l'arrivée de ses descendants en cet endroit serait pour eux une époque décisive. On peut même se
demander avec Hofman, si en effet Silo a jamais été pour Israël, et pour Juda en particulier, une époque
décisive, quand et comment?
4.
En laissant à Silo le sens de repos, Bengstenberg, Hævernick et Schrœder, qui varient pour les
détails, s'accordent à lui donner une signification appellative et personnelle; «jusqu'à ce que vienne le
repos, c'est-à-dire, celui qui donnera le repos, le pacificateur, le prince de paix.» L'abstrait est employé
pour le concret, ce qui est parfaitement autorisé par le génie de la langue hébraïque. On peut rapprocher
de ce passage, Ézéchiel 21:32, où des calamités sont annoncées jusqu'à ce que vienne celui à qui
appartient le gouvernement (le droit), c'est-à-dire, le Messie à qui appartient le droit de juger sur la terre,
le véritable réparateur et dispensateur de la justice dans le monde, Ésaïe 9:6; 42:1; Jérémie 23:5; Psaumes
72:11. Les idées de droit et de repos sont corrélatives; celui qui amène l'un, amène l'autre, et l'on est
d'autant plus fondé à croire qu'Ézéchiel a en vue le passage de la Genèse, qu'il fait de fréquentes allusions
à la prophétie de Jacob sur Juda, 19:2,10; 21:15. Cette analogie nous montre en outre comment Ézéchiel
expliquait le Silo; non-seulement il nous donne la plus ancienne explication de ce mot dans le sens
messianique, mais encore il nous y fait voir l'idée d'un Messie personnelle, et l'idée abstraite de repos
exprimée par Jacob est traduite par Ézéchiel en l'idée personnelle d'un individu ayant des droits et
exerçant le gouvernement. Le sceptre restera dans la tribu de Juda jusqu'à ce que soit venu le (prince du)
repos, issu de Juda, mais élevé au-dessus de toute tribu et de tout peuple; alors ce ne sera plus à Juda,
mais à son enfant comme souche d'un nouveau pouvoir, que sera due l'obéissance des peuples. Il n'y a
rien d'étonnant à ce qu'au moment de mourir, le patriarche ait jeté un regard prophétique sur l'avenir, et
qu'il ait entrevu l'objet des promesses faites à ses pères. II serait surprenant, au contraire, qu'un fait aussi
important que celui de la venue d'un réparateur, eût été omis au milieu des autres événements que Jacob
entrevoit. Abraham, en léguant à Isaac, Isaac à Jacob, le droit de primogéniture, avaient tracé la ligne de
leur postérité dans laquelle le Christ apparaîtrait; Jacob fait de même, il désigne Juda comme le premier-
né de droit, c'est à Juda qu'appartiendra l'autorité jusqu'au moment où la nation, cessant d'exister comme
théocratique, verra son sceptre devenir un pouvoir spirituel et passer entre les mains de celui qui donne
la paix en faisant régner le droit. La paix, qui est le triomphe du Messie, est aussi le triomphe de
l'humanité; le monde cessera d'être travaillé et tourmenté; il aura trouvé le repos.
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SILO,
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ville d'Éphraïm, située sur une hauteur au nord de Béthel, au sud de Libona, Juges 21:19, à 4 lieues de
Sichem, presque au centre du pays, ce qui lui valut d'être considérée sous Josué comme l'endroit le plus
favorable pour les con vocations du peuple, et en fit pendant trois siècles, depuis Josué jusqu'à Héli et
Samuel, le siège du tabernacle, Josué 18:1,9; 19:51; 21:2; 22:9,12; 1 Samuel 1:3, etc.; 2:14; 3:21; 4:3; 14:3; cf.
Psaumes 78:60; Jérémie 7:12. Silo apparaît encore aux jours de Jéroboam comme ville d'Israël, 1 Rois 11:29;
14:2,4, mais paraît avoir souffert lors de la destruction de ce royaume, Jérémie 7:12,14; 26:6,9. Elle
subsistait cependant encore pendant l'exil, Jérémie 41:5. Saint Jérôme y trouva les restes d'un autel, et de
nos jours encore Schubert croit en avoir vu les ruines.
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