LES CULTES A MYSTÈRES

par Jean leDuc
Décembre 2025
Mise en pages par
Jean leDuc et Alexandre Cousinier
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LA RELIGION ET LE DÉBUT DU CHRISTIANISME
ÉVOLUTION DE LA RÉFLEXION CULTUELLE
FETES ET CÉRÉMONIES MYSTÉRIQUES
CARACTÉRISTIQUES DES CULTES A MYSTÈRES
LA POPULARITÉ DES CULTES CONNUS
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Les cultes à mystères étaient des sociétés religieuses secrètes de l'Antiquité gréco-romaine, caractérisées par des rites d'initiation et des cérémonies réservées à leurs membres. Ils offraient aux initiés une expérience de la divinité et des connaissances secrètes, souvent liées au cycle de la vie, de la mort et de la vie après la mort. Des exemples célèbres incluent les mystères d'Éleusis, d'Isis et de Mithra. Caractéristiques principales Accès restreint : L'appartenance se faisait par un rituel d'initiation, menant à un niveau de connaissance supérieur pour les membres. Expérience mystique : Ils proposaient des expériences religieuses et mystiques qui différaient de la religion officielle, souvent liées à la fertilité et aux cycles naturels. Secret : Les détails des rituels étaient gardés secrets, et leur divulgation était interdite. Divinités spécifiques : Chaque culte était centré sur une divinité particulière, comme Déméter et Perséphone pour les mystères d'Éleusis, ou Isis et Osiris, comme le raconte Plutarque dans son œuvre. Exemples notables Mystères d'Éleusis : L'un des plus anciens et des plus importants, centré sur le culte de Déméter et sa fille Perséphone. Mystères d'Isis : D'origine égyptienne, ce culte s'est répandu dans tout le monde gréco-romain, offrant une voie d'accès à la sagesse ancienne, comme l'explique le philosophe Plutarque. Mystères de Mithra : Un culte populaire, notamment auprès des soldats romains, qui impliquait des rituels liés au sacrifice du taureau, symbolisant la régénération et le rééquilibrage du monde.
Les anciens cultes à mystères détiennes, dans plusieurs de leurs pratiques, des relations étroites avec le christianisme contrefait ancien comme moderne: a) la structure de l'administration religieuse entre les mains d'élites et d'érudits; b) réception des néophites, et rituels d'initiation, baptême et repas communautaire avec les divinités adorées; c) contributions au maintient de la prêtrise ou pastorale et du temple; d) observation de coutumes et de fêtes religieuses.
Quelles différences existe-il donc entre les anciennes religions à et le culte dans les églises dites chrétiennes ? Aucune, on a simplement changé les noms pour donner une apparence chrétienne et biblique, et cela a suffit pour séduire les gens.
LA RELIGION ET LE DÉBUT DU CHRISTIANISME
Les religions à mystères ou cultes à mystères sont des cultes, rituels ou religions apparus dans la civilisation gréco-romaine à des dates variables, mais dont l'expansion la plus grande se situe aux premiers siècles de notre ère, coïncidant avec le développement du christianisme.
La diversité religieuse
dans l'Empire romain multiculturaliste durant l'antiquité tardive, mentionnant
des cultes à mystères, l'orphisme, le judaïsme et le christianisme.
Un phénomène diffus longtemps schématisé. L'importance de ces cultes est
soulignée par Ernest Renan lorsqu'il affirme que « si le christianisme eût été
arrêté dans sa croissance par quelque maladie mortelle, le monde eût été
mithriaste »[1], (tellement le culte de Mithra fut populaire. En fait son nom
fut changé subtilement par l'Empereur Constantin, qui adorait le fils du dieu
Soleil, pour devenir « Église Catholique Romaine », la grande prostituée de
l'Apocalypse (Apocalypse 17:3-7), et son Antichrist papal. On ne peut non plus
négliger ses enfants bâtards comme la secte Baptiste exécrable, les Darbystes
hérétiques, et les têtes écervelées du Pentecôtisme). De son côté, Franz Cumont
a développé le concept de « religions orientales », qu'il décrit à la fois comme
concurrentes et inspiratrices du christianisme[2], c'est-à-dire du christianisme
comme religion charnelle et mondaine. À la fin du XIXe siècle, époque de Renan,
ou au début du XXe siècle, à l'époque de Cumont, on aborde, sous l'influence
ancienne de Montesquieu[3] mais surtout d'Edward Gibbon[4], la question de
l'histoire des religions antiques à travers un prisme évolutionniste qui suppose
pour la civilisation antique gréco-latine un apogée (« âge d'or ») et une
décadence: les religions dites « orientales » étant vues comme des signes ou
comme des causes de la « décadence » de l'Empire romain[5].
Néanmoins, les idées de Cumont sont, depuis au moins les années 1990, en « plein réexamen »[6] et la notion même de « culte à mystères » ou de « religion orientale » pose aux chercheurs de sérieux problèmes de méthodologie et de classement, tant les réalités sont diverses dans le temps et dans l'espace. En outre, ces réalités sont mouvantes: ainsi au Ve siècle av. J.-C., Dionysos (qui n'est pas un dieu olympien) possède un caractère oriental donc « barbare » prononcé dans l'esprit d'un Athénien assistant au spectacle des Bacchantes d'Euripide mais, pour un Romain du début de l'empire, par le jeu de l'assimilation à Bacchus ou à Liber, il est une divinité complètement autochtone, surtout face à un Mithra ou à une Isis. Enfin, « l'interpretatio romana », qui consistait à réinterpréter les dieux étrangers comme des retranscriptions des dieux « autochtones », a certainement facilité la cohabitation entre cultes autochtones et cultes plus ou moins étrangers: il est probable que la barrière entre dieux nationaux et dieux étrangers soit plus une fiction d'historiens modernes qu'une réalité de l'Antiquité.
ÉVOLUTION DE LA RÉFLEXION CULTUELLE
L'approche du XXIe siècle cherche à nuancer les théories des siècles précédents. Par exemple, l'œuvre de Robert Turcan, « Les Cultes orientaux dans le monde romain », est significative de l'évolution de la réflexion, qui se donne un objet plus concret (on va parler de « cultes » plutôt que de « religions ») et plus précisément délimité dans le temps[7].
Étymologie
Le terme « mystère » dérive du latin mysterium, lui-même dérivant du grec
μυστήριον / mustḗrion (généralement au pluriel: μυστήρια /
mustḗria), « mystère, cérémonie religieuse secrète »[8], qui a des
implications mystiques et surnaturelles. Les « mystères » désignent en
particulier dans l'Athènes classique l'antique culte semi-officiel des «
mystères d'Éleusis ». Un individu adepte de ces mystères est un « myste
», du grec μύστης / mústēs, « initié aux mystères », vient du verbe μύω /
múo « être fermé, rester la bouche close »[9], ne rien dire, qui détient
des élément confidenciels ou énigmatiques comme la supposée présence de
Christ dans les éléments du Baptême et de la Cène (les philologues
considèrent comme probable l'origine onomatopéique du verbe : mmm
représentant la « non-parole »[10]), ce qui souligne le caractère non-public de
ce culte, un caractère « initiatique » au sens antique: le myste ne
devait pas parler pendant l'initiation aux mystères sacrés ou sacrements qui
identifient le néophite avec sa divinité. N'est-ce pas cela qu'est le
christianisme contrefait des églisiens trinitarés idolâtres christophobiens !
Nous répondons un OUI retentissant.
FETES ET CÉRÉMONIES MYSTÉRIQUES
Or le grec utilise aussi au moins trois autres familles de mots pour désigner les pratiques religieuses mystériques: ἑορτή / heorté, « fête », qui s'applique aux cérémonies publiques (par exemple les Grandes Dionysies à Athènes ou les processions isiaques); τελετή / teleté, « cérémonie d'initiation », mais aussi simple « cérémonie »; ou encore le nom ὄργιον / órgion au pluriel ὄργια / órgia, qui n'indique pas une débauche sexuelle mais une possession par le dieu (c'est l'« en-thou-siasme », le « dieu-dans-soi »). Ces mots ou leurs dérivés — par exemple ὀργιασμός / orgiasmós, dérivé de ὄργια / órgia — peuvent aussi bien désigner des cultes à initiation que des cultes sans initiation. La richesse du vocabulaire grec sur ce terme marque bien la complexité et la diversité des objets à étudier. Néanmoins, au courrant de l'histoire, le terme orgiasmos fut éventuellement associé à la débauche sexuelle, du possiblement à sa définition de: État d'exaltation de l'esprit, d'ébranlement profond de la sensibilité de celui qui se trouve possédé par la Divinité dont il reçoit l'inspiration, le don de prophétie ou de divination, et particulièrement si la Divinité est la déesse de l'amour et de la beauté, Aphrodite; et de son rapprochement avec le mot orgasme. Il est très reconnu que les grèques avaient des temples dédiés à la prostitution et où la pornographie était un art hautement respecté, comme en témoignent les nombreuses statues qui honorent la forme du corps humain.
CARACTÉRISTIQUES DES CULTES A MYSTÈRES
Une légende mentionnée
par Diodore de Sicile attribue à Orphée, prêtre légendaire d'Apollon,
l'introduction en Grèce de « mystères » apportés d'Égypte, mais selon les
spécialistes[11] l'orphisme lui-même n'est pas un culte à proprement parler.
Quant à l'origine « égyptienne » des inventions (comme le mythe platonicien de
Thot inventant l'écriture) ou encore au retour d'Asie du dieu ou du héros, ce
sont là de véritables topoi culturels dans l'empire gréco-latin: ils sont
généralement à lire comme des mythes, plutôt que comme des réalités factuelles.
Dans le même ordre d'idées, des sources secondaires font remonter les « mystères
» à l'Inde antique et attribuent parfois cette idée à Hérodote, mais en fait
elle ne figure pas dans ses Histoires. Quoi qu'il en soit, ces cultes se sont
répandus dans tout l'Empire, tant en Orient qu'en Occident. En Gaule, les traces
les plus connues de cultes à mystères se situent à Alésia et Bibracte (Autun).
Détail de la mégalographie de la « villa des mystères » (Pompéi, Italie). Les cultes à mystères se différencient des cultes traditionnels (cultes autochtones du ou des dieux de la cité) sur différents points: ils sont enseignés par des « initiés » et ne concernent pas une ethnie ou une cité particulière. Ils ont un côté secret: pour se mettre à l'abri de tout dévoiement et profanation, ces cultes sont souvent accomplis à l'abri des regards (mais certains aspects sont publics : ainsi les processions d'Isis, déesse de la lune, très bien décrites par Apulée[12]). À l'instar des philosophies en vogue dans les premiers siècles de notre ère – en particulier le stoïcisme et le platonisme –, ces religions s'articulent souvent sur des idées d'universalisme, de conversion des mœurs, de purification, de salvation, ainsi que sur un discours concernant l'au-delà. L'initié doit montrer sa force morale, son courage, sa droiture et pratiquer les vertus. Certains thaumaturges célèbres des premiers siècles de notre ère (Apollonius de Tyane, Jamblique) semblent devoir être mis en relation avec les cultes à mystères. Mais la divulgation des mystères peut aussi se produire et être la source d'un scandale public (on connaît bien le cas d'Alcibiade à Athènes, accusé d'avoir parodié les mystères d'Éleusis, ou celui de Clodius qui se déguise en femme pour assister au culte de Bona Dea à Rome).
Les participants de certains cultes subissent des initiations successives, apprenant graduellement ce qui est présenté comme des secrets de la nature, ou de la divinité; ils progressent éventuellement dans des grades (l'exemple le plus connu est le culte de Mithra qui comporte sept grades). Dans son parcours, l'initié doit souvent jurer. Ce serment est une preuve de son statut d'homme libre (l'esclave ne peut le faire). Néanmoins, les cultes à mystères tendront de plus en plus à admettre les non-citoyens, c'est-à-dire les femmes et les esclaves.
Ces cultes apportent, contrairement aux cultes traditionnels, une vision nouvelle de l'après-vie, plus encourageante que la simple éternité dans les Champs Élysées des Enfers réservés aux plus méritants, les héros.
En général, ces cultes proviennent de l'Orient (à l'instar du Dionysos de la tradition) mais aussi de pays barbares au nord de la Grèce (Orphée est thrace).
LA POPULARITÉ DES CULTES CONNUS
Les religions à mystères les plus connues sont:
-- Les Mystères
d'Éleusis, honorant la triade Déméter, Perséphone et Hadès,
-- Le culte de Mithra qui date du temps de Zoroastre ou Nemrod, d'origine perse
ou iranienne du Mazdéisme, célébrant Mithra, le guerrier et fils du dieu Soleil
qui devint Christ dans le catholicisme romain. Mithra dit aussi le dieu du
rocher fut né dans une caverne et fut visité par trois rois mages qui suivaient
une étoile. Dans sa vie il fit des miracles, fut crucifié et monta au ciel vers
son père Helios. Étrangement il avait son temple à Rome sur la colinne du
Vatican. Son grand-prêtre, le Hiérophante (Cush, le père de Nemrod) était
l'interprète des dieux.
-- Le culte d'Isis, femme d'Osiris (Nemrod) venant d'Égypte (la divinité du
culte à mystères n'a toutefois plus grand-chose à voir avec l'Isis
traditionnelle ou Sémiramis, mère et femme de Nemrod), la reine du ciel et
prostituée babylonienne qui avait pour symbole la colombe.
-- Le culte de Cybèle et de la Grande Mère de Pessine, honorant Cybèle, la mère
des dieux, ainsi que celui d'Attis, fils et amant de Cybèle (culte de Sémiramis
et de Nemrod, source de toutes les religions à mystères).
-- Le culte des Cabires, lié aux divinités chtoniennes et aux Mystères de
Samothrace.
-- Les Mystères dionysiaques célébrant aussi son avatar orphique Zagreus.
-- Le culte romain de Bona Dea (qui n'est toutefois pas oriental, mais
probablement autochtone).
Mais on peut aussi mentionner les cultes suivants, qui peuvent comporter un aspect de culte à mystères:
-- Le culte
principalement alexandrin de Sérapis, le dieu chtonien calatophore et, dans une
moindre mesure, Osiris (mais Sérapis n'a semble-t-il pas connu de culte à
mystère).
-- Le culte du Baal d'Émèse.
-- Le culte de Glycon, l'oracle-serpent d'Abonuteichos.
-- Le culte d'Harpocrate, avatar d'Horus, fils d'Osiris et de Isis, la trinité
égyptienne: le père, le fils, et la mère.
-- Jupiter Dolichène, originaire d'Anatolie.
-- Le culte de Sabazios.
-- Le culte des Telchines, divinités magiciennes de Rhodes.
-- Culte de Trophonios.
-- Culte de Zalmoxis.
-- Le culte de Despina (si δέσποινα /
déspoina n'est pas le prête-nom d'une déesse connue).
A Christ seul soit la Gloire