LA CHRONOLOGIE DE LA BIBLE

« J’ai considéré les jours d’autrefois, les années des temps anciens » (Psaume 77 :4).
La Bible contient les éléments nécessaires à un système chronologique complet ; et le but de ce volume est de présenter ce système et de suivre la chronologie qui traverse toute la Bible, en tenant compte des personnages, des événements et des leçons qu'elle nous transmet.
CHAPITRE I
Aperçu de la chronologie biblique
Fondements du présent ouvrage — Caractéristiques et défauts des chronologies telles qu'elles sont habituellement compilées — Différences remarquables entre la Bible et les histoires humaines en ce qui concerne les dates.
CHAPITRE II
La chronologie reçue, comment elle a été établie — Le « canon » de Ptolémée — Les travaux d’Usshur, Lloyd, Lightfoot, Clinton, Anstey et autres chronologistes — Le seul sujet précis de la chronologie biblique, le « lien infaillible » entre la chronologie sacrée et la chronologie profane.
CHAPITRE III
Les patriarches avant le Déluge
La chronologie commence avec Adam — Genèse v est un tableau chronologique parfait, soigneusement protégé contre les erreurs — « Ce qui est spirituel n’est pas premier » — Le lien entre Noé et Sem — Tableau I.
CHAPITRE IV
Le lien Terah-Abraham - Le caractère historique précis des annales hébraïques - Tableau II.
CHAPITRE V
De la naissance d'Abram à la mort de Joseph — Le départ de Jacob de Canaan en Égypte — Tableaux III et IV.
CHAPITRE VI
L'Exode — Israël dans le désert — Tableaux V et VI.
CHAPITRE VII
Comment la rupture entre les deux périodes est réparée — Tableau VII.
CHAPITRE VIII
Saül, David et Salomon — Tableau VIII — La rupture — Particularités de la chronologie des deux royaumes —
CHAPITRE IX
De Roboam et Jéroboam à Jéhu — Tableau IX — Les liens de Josaphat avec Achab.
CHAPITRE X
Le royaume divisé jusqu'à la chute de Samarie
Caractéristiques distinctives de cette période de l'histoire — Tableau X.
CHAPITRE XI
L'échec de sept rois importants de Juda
Salomon, Asa, Josaphat, Joas, Amatsia. Ozias, Ézéchias.
CHAPITRE XII
De la chute de Samarie à la captivité
Tableau XI.
CHAPITRE XIII
Tableau XII — L'ère chrétienne. Quelle détermination.
CHAPITRE XIV
Quand commencent-ils et quand finissent-ils ? — Le commandement de restaurer et de rebâtir Jérusalem.
CHAPITRE XV
« La plénitude des temps »
***
Nous avons intitulé ce volume « La chronologie de la Bible », car notre but est de présenter à nos lecteurs non pas une, mais la chronologie des Saintes Écritures. Notre titre vise donc à indiquer, premièrement, que la Bible possède sa propre chronologie, et deuxièmement, que le présent volume a pour objet de la présenter . Il s'agit d'une démarche bien différente de l'élaboration d'une chronologie à partir de sources diverses, appliquée ensuite à la Bible. Nous tenons particulièrement à souligner que notre Bible renferme, parmi d'autres trésors, une chronologie complète et cohérente, dont le point de départ est précis (la création de l'homme) et le déroulement, la menant à un but précis : la mort et la résurrection de Jésus-Christ, le Fils de Dieu incarné.
Le système chronologique biblique possède donc un fondement , un plan et une finalité qui lui sont propres. Il est autosuffisant et complet. Non seulement il est inutile de compléter les informations chronologiques de la Bible par d'autres sources, mais cela est même impossible. Car si la Bible peut vérifier et corriger la chronologie profane, cette dernière ne saurait servir de norme pour vérifier et corriger la chronologie sacrée, qui relève autant de l'inspiration divine que toute autre partie des Écritures.
Ceux qui reçoivent la Bible comme Parole de Dieu n'envisageraient pas de se référer à d'autres livres ou documents pour corriger ou modifier les révélations ou les affirmations doctrinales qu'elle contient ; et nous devons accorder la même importance à ses énoncés chronologiques. Par conséquent, les lecteurs de ce volume peuvent s'attendre à y trouver précisément le système chronologique qui figure dans le texte hébreu de l'Ancien Testament, ni plus, ni moins.
Mais la chronologie biblique n'est pas un simple système d'événements datés, s'étendant sur les siècles qui ont précédé la venue du Christ. Son déroulement nous conduit, lorsque nous la suivons, à des révélations de vérités essentielles concernant les desseins éternels de Dieu dans la Rédemption, et à des leçons spirituelles d'une valeur inestimable. C'est principalement pour ces révélations et ces leçons que les pages qui suivent ont été écrites. Dans sa sagesse, Dieu a daigné nous révéler sa pensée et son plan, à nous qui y sommes profondément concernés, à travers une suite d'événements historiques, agencés chronologiquement. C'est ce qui confère à la chronologie biblique sa valeur incomparable et en fait un sujet d'un intérêt capital pour tous ceux qui se réjouissent de ses œuvres et de ses voies merveilleuses.
Mais un autre objectif de ces pages est de fournir, sous une forme pratique et accessible à tous, un tableau complet des événements bibliques datés. À notre connaissance, rien de tel n'existe jusqu'à présent. Les ouvrages de chronologie sont généralement si volumineux, si coûteux et si alourdis par des considérations techniques qu'ils sont inutilisables pour la grande majorité des lecteurs de la Bible.
Nous avons indiqué toutes les dates à la fois en termes d'An. Hom. (la création de l'Homme) et avant Jésus-Christ (av. J.-C.).
Ferme d'Hébron,
Framingham, Massachusetts
1er septembre 1922.
APERÇU DE LA CHRONOLOGIE INCARNÉE DANS LA BIBLE
La chronologie biblique est un sujet à la fois important et passionnant ; pourtant, en raison des difficultés qu'elle présente, son étude est presque entièrement négligée. Seuls quelques rares individus, dotés d'un don particulier pour les chiffres et d'un intérêt spécifique pour les dates et les époques bibliques, s'y intéressent. Mais nous sommes convaincus que les difficultés que nous avons évoquées peuvent être surmontées, et le sujet rendu clair et accessible. En effet, c'est la conviction que nous avons été incités à écrire ces pages : si la chronologie qui s'étend du début à la fin des Saintes Écritures, et qui en constitue une caractéristique marquante, pouvait être présentée de manière à être facilement comprise par le lecteur moyen, elle serait étudiée avec profit et plaisir par nombre de ceux qui la croient aujourd'hui hors de leur portée. De plus, une telle aide à la compréhension de la chronologie biblique devrait encourager l'étude de toutes les parties des Écritures.
Notre intérêt pour ce sujet a été éveillé par l'ouvrage majeur du Dr Martin Anstey, « The Romance of Bible Chronology », publié en 1913 par Marshall Bros. à Londres. Dans cet ouvrage en deux volumes, chaque énoncé chronologique contenu dans le texte hébreu de l'Ancien Testament est examiné, et tous les événements datés sont répertoriés et mis en tableau. À partir de ces données abondantes, le Dr Anstey a construit un système chronologique complet, de la création d'Adam à Christ. Ce système est unique et d'une valeur inestimable, car il repose exclusivement sur la Parole de Dieu.
On constate que la Bible contient non seulement une vaste quantité d' informations chronologiques, mais aussi un schéma chronologique complet, de sorte qu'il n'est pas nécessaire de chercher ailleurs des renseignements sur les événements bibliques. De plus, là où les chronologies profanes (toujours imparfaites et incertaines) se perdent dans les brumes impénétrables du passé, la chronologie des Écritures est des plus précises, complètes et parfaites dans leurs détails. En cela, comme à bien d'autres égards, la Bible offre un contraste saisissant avec les récits et chroniques humains du passé.
L'ouvrage du Dr Anstey, bien qu'inestimable pour ceux qui souhaitent étudier le sujet en détail, est trop volumineux et coûteux pour être accessible à la majorité des fidèles. Cependant, les informations les plus précieuses pour tous peuvent être présentées de manière relativement concise ; c'est ce que nous nous efforcerons de faire ici.
L'un des aspects les plus précieux et les plus louables de l'œuvre du Dr Anstey est que, se fondant entièrement sur les Écritures, ses conclusions peuvent être vérifiées par tous les lecteurs de la Bible. D'autres systèmes chronologiques sont dérivés, au moins en partie, de sources inaccessibles au lecteur ordinaire, qui, par conséquent, ne peut en vérifier les détails. Cette caractéristique de l'œuvre du Dr Anstey sera appréciée par ceux qui souhaitent « tout examiner » afin de « retenir ce qui est bon ».
Les systèmes chronologiques sont évidemment plus qu'inutiles s'ils ne sont pas exacts ; or, en l'état actuel des choses, la Bible est la seule source permettant d'établir une chronologie complète, ou d'obtenir des informations fiables sur les dates des événements historiques antérieurs à l'époque macédonienne (331 av. J.-C.). Si l'on considère que l'histoire de l'humanité a duré environ six mille ans (ou un peu moins), on constate que pour plus de la moitié de cette période (près des deux tiers en réalité), il n'existe aucun document permettant d'établir une chronologie, hormis les Écritures de l'Ancien Testament.
De plus, l'examen des vestiges anciens (fragments d'histoires, tablettes, inscriptions sur monuments, etc.) révèle que plus ils sont anciens, plus les informations chronologiques qu'ils contiennent sont vagues, incertaines et lacunaires. Apparemment, aucun des érudits de ces premières nations n'a songé à conserver des archives historiques cohérentes, année par année (à partir d'une ère précise), comme c'est la pratique courante dans les nations modernes. Or, dans la Bible, même si on la considère simplement comme les annales du peuple hébreu, on trouve une exception remarquable à la pratique des autres nations de l'Antiquité quant à la tenue de leurs archives nationales ; une exception si remarquable qu'il serait difficile, voire impossible, de l'expliquer sans la doctrine de l'inspiration divine des Écritures hébraïques. Nous évoquons ici le fait que, dans l'ensemble des Écritures saintes, une attention toute particulière est portée aux dates, aux intervalles de temps et aux époques qui débutent par une ère précise et sont marquées par la naissance d'individus choisis, au sein d'une lignée définie, de père en fils. Ces individus sont, depuis l'époque de Samuel, les rois successifs de Juda. Dès le commencement, celui qui a conçu et décrété le contenu de la Bible a accordé une grande importance à la chronologie. Le premier chapitre de la Genèse constitue une chronologie complète de six jours, relatant, jour après jour, les principales opérations par lesquelles la terre fut préparée pour l'homme, et incluant la création de l'homme, homme et femme. La création de l'homme marque le début de la première ère, et c'est à partir d'elle que commence la chronologie biblique. Le cinquième chapitre de la Genèse est une chronologie pure, et plus encore : il en est un parfait exemple par sa précision et son exhaustivité du début à la fin. Chaque affirmation s'enchaîne parfaitement avec la précédente. De plus, un simple calcul arithmétique garantit une exactitude absolue. L'auteur de cette remarquable table chronologique avait une raison (que nous pensons pouvoir discerner) de prendre des précautions particulières pour assurer une précision parfaite et éviter les erreurs lors de la reproduction de l'original. Cette table commence avec la première année d'Adam et s'étend jusqu'à la cinq centième année de Noé. Elle couvre toute l'époque, de la création de l'homme au déluge, soit 1 656 ans.
Ce tableau généalogique et chronologique complet est véritablement une merveille en soi, et plus encore lorsqu'on le compare aux fragments historiques qui nous sont parvenus depuis l'époque de Moïse, ou même à ceux datant d'un millier d'années plus proches de notre temps. On peut affirmer sans risque de se tromper que si le chapitre 5 de la Genèse n'était pas dans la Bible, et si une tablette était exhumée, par exemple en Assyrie ou en Égypte, portant les mêmes données statistiques concises, elle serait saluée comme la relique la plus précieuse et la plus merveilleuse de l'Antiquité. Qui plus est, nombreux sont ceux qui, accordant peu ou pas d'importance aux affirmations de la Bible, croiraient sans réserve à ces mêmes affirmations si elles étaient consignées par un Égyptien ou un Babylonien inconnu.
On retrouve une chronologie similaire dans Genèse 11. Celle-ci prend pour point de départ la centième année de Sem et s'étend jusqu'à la naissance d'Abram. Les chapitres suivants de la Genèse retracent la chronologie d'Abraham à Joseph, que les livres suivants de Moïse prolongent jusqu'à l'Exode et l'errance des Israélites dans le désert.
Dans les livres historiques (de Josué à 2 Chroniques), nous trouvons la chronologie de la nation d'Israël, depuis son entrée en terre de Canaan jusqu'à sa captivité à Babylone.
Enfin, grâce aux livres historiques plus tardifs d’Esdras et de Néhémie, et à la prophétie du neuvième chapitre de Daniel, nous obtenons la durée des années qui s’écoulent entre la captivité et la manifestation de Jésus-Christ en Israël (par le témoignage et le baptême de Jean, dont la venue avait été prédite dans le dernier livre de l’Ancien Testament).
Ainsi, les Écritures de l'Ancien Testament contiennent un décompte complet des années entre Adam et le Christ ; et ce n'est assurément pas l'une des moindres merveilles de notre Bible. De plus, l'Auteur de la Bible a jugé ce décompte si essentiel à son dessein que, bien que l'Ancien Testament s'achève quatre cents ans avant le Christ, une prophétie fut donnée avant sa clôture (celle apportée par Gabriel à Daniel) qui précisait le temps écoulé depuis la renaissance de la nation d'Israël, en vertu du décret de Cyrus le Grand (Esdras 1:1-4), « jusqu'au Messie » (Daniel 9:25). Cette prophétie complète donc le récit des années depuis le premier Adam, qui a péché et est mort, jusqu'au dernier Adam, mort au péché et ressuscité, et ce, jusqu'à l'événement suprême de tous les temps : la crucifixion et la résurrection du Divin Rédempteur (Daniel 9:26).
À première vue, les Écritures semblent présenter plusieurs ruptures dans la continuité du récit chronologique ; par exemple, l’âge de Noé à la naissance de Sem (Genèse 5:32), ni celui de Térah à la naissance d’Abram (Genèse 11:26), n’est pas précisé. Cependant, pour chacune de ces apparentes lacunes, d’autres passages des Écritures fournissent les informations nécessaires, même si, dans certains cas, elles n’ont pu être découvertes qu’après des recherches approfondies et des déductions rigoureuses. Il sera passionnant de mettre au jour les liens, parfois imperceptibles, entre les différentes époques de l’histoire biblique.
Nous constatons donc, dès le début de notre étude, que la Bible est l'unique source d'information au monde concernant la chronologie de l'humanité avant le VIIe siècle avant J.-C., date à laquelle apparaissent les premiers témoignages historiques, encore imprécis, de nations telles que la Grèce, Rome, la Chine, etc. Autrement dit, si l'on considère que l'humanité a vécu moins de six mille ans (et qu'il n'existe aucune preuve d'une existence humaine plus longue), on observe un fait remarquable : pendant près des trois cinquièmes de cette période, aucune information chronologique n'est disponible, si ce n'est dans la Bible. En revanche, durant cette même période (où les autres sources sont, du point de vue chronologique, totalement muettes), la chronologie biblique est des plus précises et complètes. Nous pouvons donc en déduire, entre autres, qu'il est inutile de chercher ailleurs que dans la Bible des informations sur sa chronologie.
De plus, nous constatons que, tandis que les histoires humaines des grandes nations du monde n'ont aucun commencement, mais émergent progressivement d'un brouillard parfait de mythes, de légendes et de fables (souvent absurdes et grotesques), la Bible a, dès son tout premier mot, un caractère historique défini, en contraste maximal avec tous les autres écrits anciens.
CHRONOLOGIE EN GÉNÉRALITÉS — LA CHRONOLOGIE REÇUE, COMMENT ELLE A ÉTÉ ÉTABLIE — LES TRAVAUX DE DIFFÉRENTS CHRONOLOGUES — PARTICULARITÉS DE LA CHRONOLOGIE BIBLIQUE
Nous avons vu que la Bible, dès son commencement, présente des informations chronologiques avec une précision et une clarté extrêmes, et qu'elle fait remonter l'ensemble de sa chronologie à la création du genre humain. À l'opposé, dans les rares et fragmentaires vestiges littéraires de l'Antiquité, hormis la Bible, les affirmations relatives à la chronologie sont vagues, confuses et, en pratique, sans valeur. Par exemple, Porphyre, opposant au christianisme, écrivant au IIIe siècle après J.-C., cite une histoire attribuée à Sanchroniathon, supposé contemporain de Gédéon. Seuls quelques fragments de ces écrits présumés ont été conservés ; et ces fragments ne font pas partie des originaux, mais ont été transmis uniquement par des citations d'autres auteurs (comme Eusèbe), et même s'ils étaient authentiques, ils sont inutiles pour établir la chronologie.
Il subsiste également des fragments des écrits de Bérose de Babylone (IVe siècle av. J.-C.) et de Manéthon, prêtre égyptien érudit (IIIe siècle av. J.-C.). Mais les textes originaux ont disparu ; les passages cités par des auteurs postérieurs sont, pour le moins, d’une valeur douteuse ; et les informations qu’ils contiennent, même si elles étaient fiables, sont très incomplètes. Cela contraste fortement avec les écrits de Moïse, dont nous possédons l’intégralité des fragments originaux. Ces derniers sont antérieurs à Bérose et à Manéthon de plusieurs siècles et présentent une chronologie extrêmement précise.
Ce n'est qu'avec Ptolémée, au IIe siècle après J.-C., que l'on trouve, en dehors de la Bible, un élément susceptible de servir de base à un système chronologique. Ptolémée (de son nom complet Claude Ptolémée) était un Égyptien d'une grande érudition et d'un génie remarquable. Il est célèbre pour son système astronomique, universellement accepté par les scientifiques jusqu'à son remplacement par le système de Copernic, élaboré au XVIe siècle et perfectionné plus tard par Isaac Newton.
Ptolémée a laissé un « canon », ou liste, des rois perses, de Cyrus à Alexandre le Grand de Macédoine. Tous les chronologistes modernes se sont appuyés sur ce « canon », faute d'autre source que la Bible. Or, Ptolémée n'est pas un historien contemporain, puisqu'il a vécu environ sept cents ans après le règne de Cyrus ; de plus, il ne cite aucun document historique de son époque pour étayer ses affirmations. Nous ne disposons que d'une simple liste des noms de rois perses supposés, avec le nombre d'années de leur règne présumé.
Non seulement les affirmations chronologiques de Ptolémée ne sont pas corroborées, mais elles sont contredites par les écrits de Flavius Josèphe, historien juif ayant vécu un siècle avant lui, ainsi que par les traditions perses rapportées par Fidusi et par les traditions nationales juives conservées dans le Sedar Olam. Flavius Josèphe était un homme très érudit. Il vécut bien plus près que Ptolémée de l'époque perse et du territoire perse ; il aurait donc très probablement eu connaissance de tout document authentique de cette période, s'il en existait à son époque.
Mais, plus important encore, le canon de Ptolémée est en contradiction avec la chronologie de l'Ancien Testament, à la lumière de laquelle il apparaît que Ptolémée allonge la durée de l'Empire perse de plus de quatre-vingts ans.
Il est important de noter que, si les écrits de Ptolémée n'avaient pas existé, il n'y aurait aucune chronologie profane digne d'intérêt avant Alexandre le Grand ; « Il aurait été impossible, affirme le Dr Anstey, de déterminer, à partir des écrits des Grecs ou de toute autre source, hormis les Écritures elles-mêmes, le lien véritable entre chronologie sacrée et chronologie profane, avant la chute de l'Empire perse la première année du règne d'Alexandre le Grand. Ptolémée n'avait aucun moyen d'établir la chronologie de cette période ; il a donc tiré le meilleur parti des sources à sa disposition et a élaboré une chronologie. Celle-ci est contredite (1) par les traditions nationales perses, (2) par les traditions nationales juives, (3) par le témoignage de Flavius Josèphe, (4) et par des preuves contradictoires d'événements avérés, ce qui rend la chronologie communément admise impossible. Mais l'esprit humain ne peut demeurer dans un doute perpétuel. Il existait ce système élaboré par Ptolémée. Il n'y en avait pas d'autre, si ce n'est celui donné dans les prophéties de Daniel. C'est pourquoi la chronologie ptolémaïque perdure encore aujourd'hui. Il n'y a qu'une seule alternative. « choisir entre l’astronome païen et le prophète hébreu » (pp. 19, 20).
Nous aurons l'occasion de revenir sur cet aspect important de notre sujet. Pour l'instant, notre propos est simplement de montrer combien, à tous égards, la Bible se compare favorablement à toutes les autres sources comme fondement d'une chronologie des siècles précédant Jésus-Christ. En effet, elle est tellement supérieure à toutes les autres sources réunies qu'il n'y a pas lieu de les comparer. La Bible est, comme nous l'avons vu, le seul écrit historique contemporain et le seul qui prétende fournir des informations chronologiques précises et définitives. De plus, pour le croyant, elle inspire une confiance absolue, car elle est la Parole inspirée de Dieu, qui a daigné donner un décompte complet des années depuis la création du premier Adam jusqu'à la disparition du dernier.
La connaissance chronologique de la plupart des lecteurs de la Bible ne dépasse pas les dates figurant en haut des colonnes marginales de certaines éditions coûteuses. Ils ignorent comment ces dates ont été déterminées et sont incapables de les vérifier. Elles ne commencent pas au commencement et ne s'échelonnent pas vers l'avant de manière classique, mais à l'ère chrétienne, en comptant à rebours, un certain nombre d'années avant Jésus-Christ (« av. J.-C. »). Cette méthode est très déroutante. L'auteur n'a jamais réussi, à ce jour, à s'habituer à ce calcul temporel contre nature. Mais le principal reproche que l'on peut faire à cette méthode est le suivant : les trois mille premières années de l'histoire biblique peuvent être calculées avec précision, car l'Écriture donne des informations complètes et claires sur le décompte des années ; et comme il n'existe aucune autre source d'information, il n'y a pas de conflit d'« autorités ». Concernant cette longue période, il faut soit accepter les informations chronologiques données par la Bible, soit s'en passer ; car il n'y en a pas d'autre. Si le décompte chronologique de nos Bibles commençait au commencement et se poursuivait jusqu'à l'époque d'Esdras et de Néhémie, nous serions certains de chaque date. Or, depuis cette époque jusqu'à la naissance du Christ, la confusion et l'incertitude se sont installées, du fait de l' adoption de la chronologie peu fiable de Ptolémée au détriment de celle de Daniel. Ce choix malheureux des chronologistes invalide non seulement la chronologie des 500 dernières années de l'Ancien Testament, mais aussi, par l'effet inévitable de ce procédé étrange consistant à compter les années de cette période à rebours, l' ensemble du système chronologique, rendant toutes les dates erronées.
L'œuvre chronologique de l'évêque Usshur
La chronologie communément admise doit son existence en grande partie, sinon principalement, aux travaux remarquables de James Usshur, archevêque d'Armagh, né à Dublin en 1581. Homme d'une intelligence exceptionnelle et érudit de grand talent, il a élaboré un système chronologique qui a conservé toute sa pertinence jusqu'à nos jours. Ce système a toutefois été révisé et amendé par d'autres, notamment par l'évêque Lloyd, qui publia en 1701 une édition de la Bible, la première à comporter des dates marginales.
Il semble qu'aucune amélioration de la chronologie de Lloyd n'ait été apportée avant 1850 environ, date à laquelle Henry Fynes Clinton s'y est intéressé. Selon Anstey, Clinton est « peut-être le plus compétent, le plus rigoureux, le plus complet et le plus satisfaisant de tous nos chronologues modernes ». Mais, à l'instar de ses prédécesseurs, il adopte les chiffres du canon de Ptolémée plutôt que ceux du Livre de Daniel.
Chronologie biblique comparée à celle d'autres littératures anciennes
La chronologie est, comme nous l'avons vu, une caractéristique importante du livre de la Genèse, en particulier de ses premiers chapitres, à propos desquels Anstey dit :
Plus on étudie attentivement ces chapitres, et plus on les compare aux récits mythiques et légendaires des origines de la race dans d'autres littératures, plus le contraste saisissant entre eux apparaît. On ne peut lire ces chapitres attentivement sans être frappé par la grandeur et la sublimité uniques de leur langage, et sans être rempli d'émerveillement et d'admiration devant la splendeur et la gloire de leur message et de leur contenu.
« Nul ne peut les comparer aux récits mythiques des autres religions sans être frappé par la distinction incomparable qui les élève au-dessus de tous les autres écrits et les proclame d’ une autre origine et d’ une autre nature. La seule différence palpable entre ces chapitres et toutes les autres formes de littérature religieuse réside dans leur caractère historique objectif. Les religions de la Grèce et de Rome, de l’Égypte et de la Perse, de l’Inde et de l’Orient, ne postulaient même pas de fondement historique. La période mythique des Grecs, bien que semblable dans sa forme, était distincte par sa nature de la période historique. La réalité objective des scènes et des événements décrits comme appartenant à chaque période n’était même pas conçue comme appartenant au même ordre ou comme étant de même nature. Il en va tout autrement de la religion de l’Ancien Testament. Là, la doctrine est indissociable des faits ; et, de plus, elle en est si dépendante que sans eux, elle est nulle et non avenue. S’il n’y a pas de premier Adam, il n’y a pas de second Adam. Les faits sont le substrat nécessaire des vérités ou doctrines de l’Ancien Testament, précisément comme ces vérités… » Les doctrines constituent le substrat nécessaire des devoirs qui en découlent. La chronologie de l'Ancien Testament contraste fortement avec celle de toutes les autres nations. De la création d'Adam à la mort de Joseph, elle est définie avec une précision extrême ; ce n'est que vers la fin du récit que surgissent les doutes, les difficultés et les incertitudes. Pour toutes les autres chronologies, c'est exactement l'inverse. Elles n'ont pas de commencement. Elles émergent de l'inconnu ; et leurs dates les plus anciennes sont les plus floues et les plus incertaines, au lieu d'être les plus claires et les plus sûres. Si l'on accepte la fiabilité des témoignages et les critères de crédibilité en l'occurrence, les premiers chapitres de la Genèse satisferont à tous les critères légitimes permettant de déterminer leur véritable nature historique.
La chronologie biblique est étroitement liée à un sujet précis.
Il est frappant de constater que le décompte des années, si soigneusement conservé dans la Bible, est étroitement lié à un sujet précis : la lignée par laquelle devait venir le Rédempteur promis. Les détails de cette particularité de la chronologie biblique, que nous nous proposons d’examiner plus loin, méritent toute notre attention, car ils confèrent au sujet un intérêt particulier. C’est comme si l’Auteur des Saintes Écritures voulait nous faire prendre conscience que, dans le long processus du déroulement des années, des siècles et des ères, une seule lignée de personnes et d’événements revêt une importance à ses yeux : celle qui devait mener à la venue au monde du Divin Rédempteur. Il faut bien comprendre que, partant d’Adam et suivant les cercles toujours plus larges, de génération en génération, de sa descendance grandissante, la lignée chronologique et généalogique choisie aurait pu prendre des millions de directions . Il est donc évident, de la part de Dieu, que la seule ligne à laquelle des dates sont systématiquement rattachées est celle qui a finalement conduit « au Messie, le Prince » (Dan. 9:25).
Il est important de s'attarder sur ce fait remarquable, car il constitue une preuve de l'inspiration de la Bible. Notons que la chronologie de Genèse 5 ne s'arrête pas au-delà du Déluge, que celle de Genèse 11 s'arrête à Abraham, et que ni dans la Genèse, ni dans aucun livre de Moïse, ni même dans l'Ancien Testament, il n'est fait mention de la raison pour laquelle Dieu a compté les années selon cet ordre précis. Rien n'indique non plus que cette suite d'événements datés devait se poursuivre, ni où elle devait mener. Le dessein de Dieu dans tout cela ne se révèle qu'avec l'ajout du Nouveau Testament, à la lumière duquel (notamment des généalogies de Matthieu 1 et Luc 3) il apparaît clairement. Nous avons donc là une preuve convaincante que Dieu lui-même est l'Auteur des livres de Moïse et de tous les livres ultérieurs de l'Ancien Testament, qui tissent cette remarquable chronologie. Car l'Ancien Testament ne traite, du début à la fin, que d' un seul sujet : l'ordonnancement des événements historiques et autres qui devaient conduire à la venue du Rédempteur. Tous les autres faits historiques qui y sont relatés sont, d'une manière ou d'une autre, liés à ce sujet principal. Ce dernier n'est jamais perdu de vue. Et il est remarquable que, bien que l'histoire inspirée du peuple juif se soit achevée quatre cents ans avant la naissance du Christ, Dieu ait veillé à ce que, avant même que le dernier des auteurs inspirés ne pose sa plume, une chronologie soit tracée pour l'avenir, au moyen de la parole prophétique, afin de combler ce vaste abîme de quatre siècles et d'atteindre le Messie. De plus, l’Ancien Testament laisse ses lecteurs dans l’attente de celui dont Jéhovah a dit : « Voici, j’enverrai mon messager devant ma face, et il préparera mon chemin devant moi. Voici, je vous enverrai Élie, le prophète, avant que vienne le jour du Seigneur, ce jour grand et redoutable ; il ramènera le cœur des pères vers leurs enfants, et le cœur des enfants vers leurs pères, de peur que je ne vienne frapper le pays d’anathème » (Mal 3:1 ; 4:5, 6).
Bien que la preuve présentée ci-dessus que la chronologie biblique remplit une fonction particulière soit convaincante, elle est encore renforcée par le fait que, lorsqu'on cite d'autres lignées généalogiques, aucune chronologie ne leur est associée. Ainsi, le tout premier tableau de descendance est celui de Caïn, fils aîné d'Adam (Genèse 4:17-24). Il ne comporte aucune indication de date. En revanche, dans le tableau de la lignée de Seth, au chapitre suivant, les années sont données avec une telle régularité et une telle précision qu'il est clair que la chronologie était primordiale pour l'Auteur. De même, bien que les descendants de Japhet et de Cham soient mentionnés dans la Genèse 10 (et cités avant ceux de Sem), aucun élément chronologique n'est établi en lien avec leurs noms. Mais lorsque, dès le chapitre suivant, la lignée choisie qui mène finalement au Christ est reprise (la lignée de Sem), nous lisons : « Voici la descendance de Sem : Sem avait cent ans ; deux ans après le déluge, il engendra Arphaxad . Après la naissance d’Arphaxad, Sem vécut cinq cents ans et engendra des fils et des filles. Arphaxad vécut trente-cinq ans et engendra Saladin. Après la naissance de Saladin, Arphaxad vécut quatre cent trois ans », et ainsi de suite jusqu’à Abraham, sans aucune omission dans le décompte des années.
Même dans la généalogie de personnages aussi importants que Moïse et Aaron (Exode 6:16-26), aucune chronologie n'est établie ; autrement dit, l'âge du père à la naissance du fils par lequel la lignée devait se perpétuer n'est pas précisé. Moïse savait d'une certaine manière que la chronologie de sa propre lignée (bien que son orgueil l'ait poussé à l'exalter) n'avait aucune importance dans les annales qu'il rédigeait.
Ainsi, nous arrivons à un fait remarquable : durant les deux premiers millénaires de l'histoire de l'humanité, c'est-à-dire d'Adam à Abraham, il existe un registre relatant une lignée ininterrompue, et une seule lignée dont la chronologie est précisément conservée grâce à un procédé simple : l'âge du père est indiqué, à chaque génération, à la naissance du fils par lequel la lignée devait se perpétuer. L'âge du père à la naissance des autres fils n'est jamais mentionné. Cette particularité est d'autant plus remarquable que, d'après ce qui semble, ce n'est jamais le fils aîné qui a été choisi. En effet, Seth n'était pas l'aîné d'Adam, ni Sem de Noé, ni Abram de Térah, ni Isaac d'Abraham, ni Jacob d'Isaac, ni Juda de Jacob, ni David de Jessé. Quant aux autres membres de la lignée du Christ, il n'est pas précisé s'ils étaient les aînés de leurs générations respectives. Il est clair, toutefois, que le droit d'aînesse n'entrait pas en ligne de compte. Ceci est très remarquable, surtout compte tenu de l'importance accordée par les Hébreux au premier-né (Gen. 49 :3).
Durant le règne des rois d'Israël et de Juda, la succession au trône de père en fils s'est poursuivie à travers les rois successifs de Juda, de David à Jojakin. La chronologie est ainsi préservée grâce à la durée des règnes de chaque roi.
Dans Jérémie 25:1 se trouve une affirmation qui établit un lien parfait entre la chronologie sacrée et la chronologie profane : « La quatrième année de Jojakim, qui était la première année de Nabuchodonosor. » À ce moment-là, Dieu préparait l’avènement de l’ère de la domination des nations, « le temps des nations ». Car Nabuchodonosor était le premier des dirigeants du monde désignés par Dieu, « les autorités établies », « ordonnées par Dieu », jusqu’aux « jours de la voix du septième ange, lorsqu’il sonnera de la trompette », lorsque « les royaumes de ce monde deviendront les royaumes de notre Seigneur et de son Christ » (Apocalypse 10:7 ; 11:15). Il est donc très significatif que, lorsque le trône de David, en tant que chose terrestre, était sur le point d'être jeté à terre (Psaume 89:39), et que le sceptre de la domination terrestre était sur le point de passer aux Gentils, Dieu ait fait en sorte que la chronologie du peuple saint soit liée par un « lien infaillible » à la première année du premier souverain Gentil.
À propos de ce fait remarquable, Anstey déclare :
« Le seul lien infaillible entre la chronologie sacrée et la chronologie profane se trouve dans Jérémie 25:1 : « La quatrième année de Jojakim, qui était la première année de Nabuchodonosor. » Si les événements de l'histoire avaient été numérotés à partir de ce point jusqu'à la naissance du Christ, ou à rebours depuis le Christ jusqu'à elle, nous aurions une chronologie parfaitement complète et satisfaisante. »
Nous constatons donc que la Bible est avant tout un livre de chronologie, mais d'une chronologie tout à fait exceptionnelle. Elle ne se soucie guère de la chronologie en général, mais accorde une attention toute particulière à une ligne chronologique précise . Cette unique ligne chronologique constitue le thème central de toute l'Écriture. Tous les événements relatés dans la Bible s'y rattachent, car les récits sacrés ne concernent que les personnes et les événements plus ou moins liés à cette ligne. Compte tenu de tout cela, et surtout du fait capital que cette ligne mène au Christ et s'y arrête, l'étude de la chronologie biblique devrait revêtir un profond intérêt pour tout le peuple de Dieu.
LES PATRIARCHES AVANT LE DÉLUGE — LE LIEN ENTRE LA CHRONOLOGIE D'AVANT ET CELLE D'APRÈS LE DÉLUGE
Après avoir donné, dans les pages précédentes, un aperçu général de la chronologie que l'on trouve dans la Bible, et après en avoir indiqué les caractéristiques les plus importantes, nous allons maintenant examiner plus en détail le sujet.
La chronologie biblique ne commence pas avec la création du monde, mais avec la création de l' Homme. Il est important de le noter. L'Écriture reste muette quant à la date de la création de l'univers visible. La seule information dont nous disposons à ce sujet est celle qui figure au premier verset de la Bible : « Au commencement, Dieu créa le ciel et la terre. » Il n'y a donc aucune justification à l'expression « Anno Mundi » (année du monde). Anstey utilise à juste titre le terme « An. Hom. » (Anno Hominis, année de l'homme).
Nous n'aborderons pas ici la question controversée de savoir si de longues périodes (comme l'exigent les théories des géologues) se sont écoulées entre le premier et le troisième verset de la Genèse. D'une part, le mot hébreu traduit par « était » en Genèse 1:2 (« La terre était vide et déserte ») a sans aucun doute le sens de « devint » ; ce verset laisse donc amplement la place aux périodes géologiques les plus longues jamais imaginées. D'autre part, nous ne remettons pas en question la puissance de Dieu d'avoir créé en un instant les éléments constitutifs du ciel et de la terre, et d'avoir préparé la terre pour l'habitation de l'humanité en six jours de vingt-quatre heures chacun. Mais nous laissons cette question de côté, car notre sujet commence non pas avec la première année du monde, mais avec la première année d'Adam.
Quant à la période de l'année où le premier homme devint une âme vivante et fut placé dans le jardin d'Éden, tout porte à croire qu'il s'agissait de l'équinoxe d'automne. En effet, l'année hébraïque commençait à cette saison, bien qu'elle ait été modifiée par le commandement exprès de Dieu lors de l'Exode pour commencer à l'équinoxe de printemps (Exode 12:2). Nous savons que les premières plantes ne provenaient pas de graines ; car il est écrit que le Seigneur Dieu fit « toute plante des champs avant qu'elle fût en terre, et toute herbe des champs avant qu'elle ne croisse » (Genèse 2:4-5). Ainsi, les premières plantes étaient pleinement développées et matures. Elles ne poussèrent pas à partir de graines ou de pousses, pas plus que le premier homme et la première femme ne sont nés d'un garçon et d'une fille. Nous pouvons donc en déduire qu'un homme adulte fut placé dans un jardin rempli d'arbres et de plantes matures et fruitiers, à cette saison de l'année (fin d'été ou début d'automne) où la récolte des céréales et des fruits est mûre.
Le cinquième chapitre de la Genèse se présente sous la forme d'un registre familial, tenu avec le plus grand soin, mais sans se soucier des enfants, à l'exception d'un seul par génération, la sélection étant guidée par un dessein inconnu. Ce chapitre porte un titre descriptif : « Le Livre des Générations d'Adam ». Il contient les noms de dix hommes, un par génération, d'Adam à Noé inclus. La même structure est employée tout au long du chapitre : « Adam vécut cent trente ans, et engendra un fils, * * et l'appela Seth ; et les jours d'Adam, après la naissance de Seth, furent de huit cents ans ; et il engendra des fils et des filles. Et Adam vécut en tout neuf cent trente ans ; et il mourut. » En donnant ainsi la durée totale des deux périodes de la vie de chaque patriarche, on trouve un moyen de déceler immédiatement toute erreur dans les chiffres du tableau.
Voici le tableau :
TABLEAU I
| An. Hom. | av. J.-C. | |
| Adam créa | 0 | 4046 |
| L'âge d'Adam à la naissance de Seth | 130 | 3916 |
| Ajouter l'âge de Seth à la naissance d'Enos (105) | 235 | 3811 |
| Ajouter l'âge d'Enos à la naissance de Cainan (90) | 325 | 3721 |
| Ajouter l'âge de Cainan à la naissance de Mahalaleel (70 ans) | 395 | 3651 |
| Ajouter l'âge de Mahalaleel à la naissance de Jared (65 ans) | 460 | 3586 |
| Ajouter l'âge de Jared à la naissance d'Enoch (162) | 622 | 3424 |
| Ajouter l'âge d'Énoch à la naissance de Mathusalem (65 ans) | 687 | 3359 |
| Ajouter l'âge de Mathusalem à la naissance de Lamech (187) | 874 | 3172 |
| Ajouter l'âge de Lamech à la naissance de Noé (182) | 1056 | 2990 |
| Ajoutez l'âge de Noé au moment du déluge (600). | 1656 | 2390 |
Ainsi, si l'on accepte comme exactes les dates données dans le texte hébreu de l'Ancien Testament, on ne peut que conclure que la période allant de la création d'Adam au Déluge (qui anéantit toute sa descendance, à l'exception de la famille de Noé) est précisément de 1656 ans. Sur ce point, tous les chronologistes qui reconnaissent l'exactitude du texte hébreu de l'Ancien Testament s'accordent parfaitement.
« Ce n'est pas le premier qui est spirituel . »
Il convient de souligner ici une particularité frappante du choix opéré par Dieu des personnages et des généalogies qui allaient figurer dans l'Ancien Testament. Le livre de la Genèse est, entre autres caractéristiques marquantes, un livre de contrastes. À sa lecture, nous sommes amenés à contempler, de temps à autre, deux individus, deux lignées ou deux séries d'événements opposés. Ainsi, nous avons d'abord deux fils d'Adam, Caïn et Abel ; puis deux lignées issues d'Adam, celle de Caïn et celle de Seth ; puis le contraste entre Abraham et Lot ; puis celui entre Ismaël et Isaac ; puis celui entre Ésaü et Jacob ; puis celui entre Ruben et Joseph (qui reçut le droit d'aînesse) ; et enfin celui entre Manassé et Éphraïm.
Ce qui frappe le lecteur attentif dans la dualité du récit de la Genèse, c'est que, systématiquement , l'aîné (ou le premier à apparaître et à s'établir) est rejeté par Dieu, tandis que le cadet, ou le second, est choisi. Ainsi, Caïn est mis à l'écart par Dieu, et Abel est choisi. Seth, dont le nom signifie « substitué », prend la place d'Abel comme celui que Dieu a choisi pour accomplir ses desseins, conformément à la parole prophétique d'Ève qui, en le nommant, dit : « Car Dieu m'a donné un autre enfant à la place d'Abel, que Caïn a tué » (Genèse 4,25). Mais les descendants de Caïn s'établirent, fondèrent des arts et des industries, et se firent un nom dans le monde ; tandis que l'on ne trouve mention d'aucun accomplissement de la part de Seth et de ses descendants.
Puis, dans la relation entre Abraham et Lot (fils du frère aîné d'Abraham) , Lot se fraye un chemin et acquiert une place importante dans les villes florissantes de la plaine, tandis qu'Abraham reste un habitant de la tente sans enfant, un étranger et un pèlerin sur terre.
Puis nous voyons Ismaël se multiplier et prospérer, ses douze fils ayant leurs « villes », leurs « châteaux » et leurs « nations », et devenant très puissants (Gen. 25:12-18) ; tandis qu'Isaac mène une vie pastorale paisible, occupée principalement à creuser à nouveau les puits que son père Abraham avait creusés, que les Philistins avaient bouchés en les remplissant de terre (Gen. 26:15-18).
En poursuivant notre lecture, nous retrouvons le même contraste entre Ésaü et Jacob. Ésaü prend de l'avance et acquiert une place importante dans le pays, tandis que Jacob demeure mercenaire et attend son heure. Nous lisons au sujet des nombreux « ducs » (ou princes) descendants d'Ésaü (Genèse 36:9-43) ; et il est expressément déclaré : « Ce sont là les rois qui régnèrent au pays d'Édom, avant qu'aucun roi ne régna sur les enfants d'Israël » (v. 31).
Dans tous ces cas, on observe que l'histoire et la généalogie de l'aîné rejeté précèdent celles du cadet, choisi par Dieu. Ainsi, la généalogie de Caïn précède celle de Seth ; celle de Japhet (l'aîné rejeté) précède celle de Sem, dont la lignée fut choisie ; celle d'Ismaël précède celle d'Isaac ; et celle d'Ésaü précède celle de Jacob.
On peut voir en tout cela la préfiguration de la grande vérité biblique de l'échec et du rejet du premier homme, terrestre et charnel (1 Corinthiens 15:45-47), et l'avènement du second homme à sa place. Car « ce qui est spirituel n'est pas premier, mais ce qui est naturel ; ensuite vient ce qui est spirituel ». Cela nous montre aussi clairement que tandis que l'homme « naturel », qui vient en premier, poursuit de tout son cœur sa carrière terrestre, se consacrant corps et âme à l'acquisition de biens et de plaisirs terrestres, l'homme « spirituel », qui vient après, doit attendre, endurer les épreuves et les difficultés. Cependant, il est soutenu par la foi en ce que Dieu a dit au sujet des « choses qu'on ne voit pas encore », et il reconnaît volontiers qu'il est un étranger et un pèlerin sur la terre.
D'après ce qui est écrit sur le patriarche Jacob, on ne serait pas tenté de le considérer comme particulièrement « spirituel ». Or, la spiritualité est entièrement une grâce, accordée à ceux qui ont la foi. Jacob croyait en la valeur du droit d'aînesse ; et le fait qu'il ait porté son cœur sur ce qui était « invisible », mais dont Dieu avait parlé, constituait la différence (qui est primordiale aux yeux de Dieu) entre lui et son frère aîné, qui « méprisait son droit d'aînesse » et que Dieu considérait donc comme un « profane » (Hébreux 12:16).
Les faits que nous venons d'évoquer illustrent également ce passage de l'Écriture : « Il abolit le premier pour établir le second » (Hébreux 10.9). En effet, dans chacun des exemples précédents, le premier a été définitivement aboli, tandis que le second a été établi. Ainsi, la lignée de Caïn a été effacée, tandis que celle de Seth a été établie ; la lignée de Japhet, l'aîné (Genèse 10.21), a été abolie, et celle de Sem établie ; et il en va de même pour toutes les autres.
Ce principe se manifeste également plus tard. Ainsi, le premier roi d'Israël, Saül, est l'homme « naturel », un roi tel que les hommes naturels l'auraient choisi ; tandis que David était le roi « spirituel », l'homme selon le cœur de Dieu . C'est pourquoi David doit patienter, au milieu de multiples épreuves et afflictions, tandis que Saül accède au trône « en premier » et peut accomplir pleinement ses quarante années de règne. Mais finalement, la dynastie de Saül est anéantie, tandis que celle de David est établie, conformément à la promesse : « Je maintiendrai ta descendance pour toujours » (Psaume 89:4).
On retrouve le même ordre et la même leçon concernant la nation composée des descendants « naturels » d’Abraham, et qui apparut la première, par opposition à la « nation sainte » (1 Pierre 2:9) composée de la « semence » spirituelle d’Abraham, apparue seulement après que la première eut pleinement accompli sa mission dans le monde. Pourtant, les premiers sont mis de côté tandis que les seconds sont établis de manière permanente comme peuple acquis par Dieu.
Nous retrouvons ici la même vérité illustrée par les deux Alliances, dont la première était liée au sacerdoce temporaire d'Aaron, tandis que la seconde est liée au sacerdoce de Jésus-Christ, établi comme Souverain Prêtre pour toujours.
Le lien entre Noé et Sem
Revenons à la chronologie biblique : il a été démontré que la première série d’événements liés s’étend de la création d’Adam au déluge, la six centième année de Noé, soit une période totale de 1 656 ans. La série suivante commence ainsi : « Voici la descendance de Sem : Sem avait cent ans ; il engendra Arphaxad, deux ans après le déluge » (Genèse 11,10). Or, l’âge de Noé à la naissance de Sem n’est pas précisé, car le premier tableau se termine ainsi : « Noé avait cinq cents ans ; il engendra Sem, Cham et Japhet » (Genèse 5,32). Il existe donc une rupture apparente entre la descendance d’Adam et celle de Sem.
De plus, il existe d'autres ruptures ou interruptions similaires dans le déroulement de la chronologie, la continuité du récit étant apparemment interrompue à cinq endroits au total. Les quatre autres endroits sont les suivants :
1. Le second tableau chronologique, qui, comme le premier, comprend dix générations – de Sem à Abram – s’achève en nommant les trois fils de Térah, tout comme le premier s’achève en nommant les trois fils de Noé, sans préciser l’âge du père à la naissance du fils (en l’occurrence Abram) qui devait perpétuer la lignée des œuvres de Dieu. Là encore, il y a une rupture apparente dans la continuité du décompte des années. Mais le lien se trouve dans les Écritures ; il a été découvert et mis en évidence, comme nous le verrons.
2. Le livre de la Genèse s'achève avec la mort de Joseph, établissant ainsi la chronologie ; et le livre de l'Exode commence avec la naissance de Moïse. Cependant, le lien temporel entre l'histoire de Joseph et celle de Moïse n'est pas explicitement mentionné dans le récit et doit être recherché ailleurs dans les Écritures. Cette rupture apparente doit également être comblée.
3. Il y a de nouveau une rupture entre Josué (et les anciens qui lui ont survécu) et la période des Juges, dont la chronologie commence avec l'oppression des Israélites par Cushan-Rishathaim (Juges 3:8).
4. Enfin, il n'existe aucune mention directe du nombre d'années entre la mort d'Éli (qui marque la fin de l'époque des Juges) et le début du règne de Saül, qui marque le début de l'époque des Rois.
Mais les informations nécessaires pour combler ces cinq lacunes, et ainsi compléter la chronologie de la Bible du début à la fin, ont été trouvées grâce aux études de divers chronologistes ; et elles seront portées à l'attention de nos lecteurs dans ces pages.
La lacune qui nous intéresse immédiatement, celle entre Noé, avec qui s'achève la première table, et Sem, avec qui commence la seconde, se résout aisément. Sem n'était pas l'aîné des fils de Noé. Genèse 10:21 (traduction correcte dans la version autorisée) indique que Japhet était l'aîné. Genèse 5:32 ne précise pas l'âge de Noé à la naissance de Sem. Cependant, Genèse 7:6 nous apprend que Noé avait 600 ans « lorsque le déluge s'abattit sur la terre » ; et Genèse 11:10 nous apprend que Sem avait 100 ans deux ans après le déluge, l'année de la naissance d'Arphaxad. Il en découle que Noé avait 502 ans à la naissance de Sem. Car puisque Sem avait 100 ans deux ans après le déluge, il avait 98 ans au moment du déluge ; et Noé avait alors 600 ans (Genèse 7:6). En soustrayant 98 de 600, on obtient 502 ans , âge de Noé à la naissance de Sem. On observe ainsi une parfaite correspondance entre la chronologie des patriarches avant le Déluge et la chronologie correspondante (de Sem à Abram) après le Déluge.
Entre ces deux tableaux, le livre de la Genèse nous livre la chronologie détaillée du déluge. Il commença le 17e jour du 2e mois de la 600e année de la vie de Noé (Genèse 7:11). L'arche se posa le 17e jour du 7e mois de la même année (Genèse 8:4), cinq mois plus tard. C'est le mois d'Abib ou de Nisan, durant lequel la Pâque fut (plus tard) instituée et célébrée le 14e jour. La Pâque, en tant que préfiguration, fut accomplie par le sacrifice de Jésus-Christ, comme il est écrit : « Christ, notre Pâque, a été immolé pour nous » (1 Corinthiens 5:7). Le repos de l'arche, en tant que préfiguration prophétique, fut accompli par la résurrection de Jésus-Christ (1 Pierre 3:21). Ainsi, le type de la mort du Christ s'est produit le jour de sa crucifixion (le 14 Nisan) et le type de sa résurrection trois jours plus tard (le 17 Nisan), ce jour-là étant celui où l'arche s'est posée sur le mont Ararat.
Les cinq mois qui s'écoulèrent du début du déluge jusqu'à ce jour, pendant lesquels « les eaux recouvrirent la terre », sont définis comme une période de « cent cinquante jours » (Genèse 7:24), ce qui correspond à trente jours par mois. Puis les eaux se retirèrent ; et « au bout de cent cinquante jours, les eaux se retirèrent ; et l'arche se posa, le dix-septième jour du septième mois, sur les montagnes d'Ararat » (Genèse 8:1-4). Le retrait des eaux se poursuivit jusqu'à ce que, le premier jour du dixième mois, les sommets des montagnes apparaissent (verset 5). Puis, quarante jours plus tard (soit le onzième jour du onzième mois), Noé lâcha un corbeau et une colombe. Cette dernière revint et fut renvoyée sept jours plus tard (le 18), date à laquelle elle revint le soir avec une feuille d'olivier cueillie (v. 11). Sept jours s'écoulèrent encore, et le 25 du 11e mois, la colombe fut renvoyée une troisième fois, et ne revint plus.
Le premier jour de la 601e année de Noé, celui-ci retira la couverture de l'arche et constata que la terre était sèche (Genèse 8:13) ; le 27e jour du deuxième mois, la terre était sèche et Dieu ordonna à Noé de sortir de l'arche (Genèse 14-16). Le déluge dura ainsi un an et dix jours.
CHRONOLOGIE DU DÉLUGE À ABRAM — LE LIEN ENTRE LES GÉNÉRATIONS DE TERAH ET CELLES D'ABRAHAM
Ayant établi que Noé avait 502 ans à la naissance de Sem et que Sem avait 98 ans à la date du déluge, nous pouvons poursuivre le décompte des années depuis le déluge jusqu'à la naissance d'Abraham, tel qu'il est donné dans Genèse 11:10-26, comme suit :
TABLEAU II
| An. Hom. | av. J.-C. | |
| Le déluge | 1656 | 2390 |
| Ajoutez deux ans à la naissance d'Arphaxad | 1658 | 2388 |
| Ajouter l'âge d'Arphaxad à la naissance de Saladin (35) = | 1693 | 2353 |
| Ajouter l'âge de Salah à la naissance d'Eber (30) = | 1723 | 2323 |
| Ajouter l'âge d'Eber à la naissance de Peleg (34) = | 1757 | 2289 |
| Ajouter l'âge de Peleg à la naissance de Reu (30) = | 1787 | 2259 |
| Ajouter l'âge de Reu à la naissance de Serug (32) = | 1819 | 2227 |
| Ajouter l'âge de Serug à la naissance de Nahor (30) = | 1849 | 2197 |
| Ajouter l'âge de Nahor à la naissance de Terah (29) = | 1878 | 2168 |
Ceci nous amène à Genèse 11:26, où l'on lit : « Térah vécut soixante-dix ans et engendra Abram, Nahor et Haran. » Mais ce passage ne précise pas l'année de naissance d'Abram, information pourtant essentielle pour relier la lignée d'Abraham à ses ancêtres. Comment obtenir cette information ?
Comme dans le cas parallèle des fils de Noé, où Sem est nommé en premier, non pas parce qu'il est le fils aîné, mais parce que c'est celui que Dieu concerne directement, de même, pour les fils de Térah, Abram est mentionné en premier, bien qu'il ne soit pas le fils aîné.
D'après Genèse 11:32, Térah, le père d'Abram, mourut à Haran à l'âge de 205 ans. Le verset suivant (Genèse 12:1) doit être lu comme la suite de ce passage, sans le verbe « mourir », dont la présence n'est pas justifiée dans le texte original. En effet, il ressort du récit, ainsi que des paroles d'Étienne dans Actes 7:4, que Dieu adressa deux appels distincts à Abram. En réponse au premier, il se rendit seulement à Haran, où il demeura jusqu'à la mort de son père. Par conséquent, Genèse 11:32 et ce qui suit doivent être lus ainsi : « Les jours de Térah furent de deux cent cinq ans ; et Térah mourut à Haran. L’Éternel dit à Abram : Quitte ton pays, ta famille et la maison de ton père, pour le pays que je te montrerai. Abram partit donc, comme l’Éternel le lui avait dit, et Lot partit avec lui. Abram avait soixante-quinze ans lorsqu’il quitta Haran » (Genèse 11:32 ; 12:4).
Il ressort de ces informations que Térah mourut à l'âge de 205 ans et qu'à sa mort, Abram quitta Haran, âgé alors de 75 ans. Si Abram avait donc 75 ans à la mort de Térah, ce dernier avait 130 ans à la naissance d'Abram. Ceci nous permet de compléter le tableau des générations de Sem comme suit :
TABLEAU II (Complété)
| An. Hom. | av. J.-C. | |
| Terah est né | 1878 | 2168 |
| Ajouter l'âge de Terah à la naissance d'Abram | 130 | 130 |
| Abram né | 2008 | 2038 |
Anstey dit :
« La découverte de l’âge de Térah à la naissance d’Abram est à mettre au crédit de l’archevêque Ussher. C’est l’une des principales améliorations de son système, et elle témoigne de la finesse de son intelligence et de la justesse de sa compréhension de la chronologie des affirmations contenues dans le texte des Saintes Écritures. »
Anstey commente davantage ce point intéressant en disant :
La naissance tardive d'Abram dans la vie de son père explique qu'il n'ait que dix ans de plus que sa demi-nièce Sarah, ou Isca (Genèse 11:29), et qu'il soit donc en âge de l'épouser, bien qu'il appartînt à une génération antérieure. Sarah épousa le frère cadet de son père Haran ; de même, Milca, la sœur de Sarah, épousa Nahor, le frère de son père Haran. Abram était probablement le fils de Térah d'une seconde épouse. Si tel est le cas, cela expliquerait comment Abram a pu dire à Abimélec : « Elle est la fille (petite-fille) de mon père (Térah) mais pas de ma mère. »
La naissance tardive d'Abram dans la vie de son père expliquerait également comment, au moment des événements décrits dans la Genèse 18, Abram pouvait avoir un neveu (Lot) qui était assez âgé pour avoir des filles mariées (Gen. 19:14), et d'autres qui étaient en âge de se marier.
Il est intéressant de noter que l'appel d'Abram divise la chronologie biblique en deux périodes d'une durée presque égale. Autrement dit, les onze premiers chapitres de la Genèse couvrent une période historique d'une durée presque équivalente à celle couverte par le reste de la Bible.
Lorsque le récit de la Genèse s'attarde sur Abraham, il s'attarde longuement sur de nombreux détails de sa vie. Jusqu'ici, plusieurs siècles sont parfois couverts en quelques mots. Mais à présent, le récit s'attarde. La raison en est très clairement visible à la lumière du Nouveau Testament, où la relation d'Abraham avec les alliances, les promesses et le dessein universel de Dieu pour la Rédemption est clairement exposée, et où les épisodes particuliers de la vie d'Abraham, décrits dans la Genèse, se révèlent revêtir une signification particulière qui, à l'époque où Moïse écrivait, ne pouvait être connue que de Dieu lui-même. Ainsi, c'est uniquement par la révélation du Nouveau Testament que nous apprenons la profonde signification spirituelle d'événements tels que l'appel d'Abraham, son obéissance fondée sur la foi, la stérilité de Sara, la foi qu'Abraham avait en la promesse d'une descendance nombreuse, l'épisode de son mariage avec Agar, l'« allégorie » (Galates 4) de ses deux femmes et de ses deux fils, la naissance miraculeuse d'Isaac, l'enfant de « la promesse », le sacrifice d'Isaac et la recherche d'une épouse pour lui en Mésopotamie. Voici une preuve supplémentaire que la Bible est d'inspiration divine. Son premier livre est une histoire couvrant deux mille trois cent soixante-neuf (2369) ans, de la création d'Adam à la mort de Joseph ; pourtant, ce récit extrêmement condensé s'attarde sur des épisodes personnels de la vie d'Abraham, d'Isaac et de Jacob, dont la signification ne pouvait être perçue qu'après l'achèvement de l'œuvre de la Rédemption et sa pleine révélation par les Écritures du Nouveau Testament.
Ainsi, la chronologie de la Bible met en évidence le fait que le thème central de l'Ancien Testament est la Rédemption, vers laquelle tendait sans cesse l'œuvre de Dieu. Ce dessein est d'abord lié à une lignée d'individus, parmi lesquels les dix patriarches antédiluviens et les dix patriarches postdiluviens (dont la plupart sont mentionnés uniquement parce qu'ils s'inscrivent dans la lignée qui mène au Christ), ainsi qu'Abraham, Isaac et Jacob. Il est ensuite lié à une famille, les fils de Jacob. Enfin, il est lié à une nation composée des douze tribus d'Israël.
Tout ce qui se rapporte à cette lignée est jugé suffisamment important aux yeux de Dieu pour être daté. Les autres éléments, mentionnés uniquement parce qu'ils sont liés à cette lignée, ne sont pas datés, jusqu'au moment où Dieu placera son peuple rebelle sous la domination des Gentils. À ce moment-là, la chronologie biblique passe de la lignée des rois de Juda à la première année du règne du premier souverain mondial non- juif (Jér. 25:1). Ainsi, plus nous examinons attentivement la chronologie de la Bible, plus nous y discernerons clairement les signes du dessein de Celui qui connaît et planifie la fin dès le commencement.
Quant à la manière dont les faits chronologiques, si clairement établis par Moïse, lui furent révélés, nous l'ignorons. Dieu se peut qu'il lui ait communiqué directement cette connaissance, de même qu'il lui avait donné les instructions pour la construction du tabernacle et son service. Ou bien il se peut qu'il ait incité les patriarches qui le connaissaient à conserver les archives nécessaires. À ce propos, il est intéressant de noter qu'Adam fut contemporain de Mathusalem pendant 243 ans, que la vie de Mathusalem chevaucha celle de Sem pendant 98 ans, et que Sem fut contemporain d'Abraham pendant 150 ans. Ainsi, il n'y eut que deux personnes entre Adam et Abraham. On sait aujourd'hui que l'époque d'Abraham fut une période de civilisation avancée. Les hommes de son époque vivaient dans un monde foisonnant d'écoles, de bibliothèques et de livres. Il ne serait pas surprenant qu'Abraham, « l'ami de Dieu », à propos duquel il est dit : « Cacherai-je à Abraham ce que je fais, sachant qu'Abraham deviendra certainement une nation grande et puissante, et que toutes les nations de la terre seront bénies en lui ? » (Genèse 18:17, 18), ait reçu pour instruction de conserver les documents nécessaires aux fins des Écritures. Si tel est le cas, ces archives auraient naturellement été conservées dans le « cercueil » où furent déposées les restes de Joseph, lequel « cercueil » était une arche ou un coffre (voir Genèse 50:26 ; Exode 40:20 ; 2 Chroniques 24:11, où le même terme est employé). Joseph prêta serment à ce sujet devant les enfants d’Israël avant sa mort, et c’est le sujet du tout dernier verset de la Genèse. Assurément, tous les documents familiaux, conservés (selon la coutume de l’époque) avec le corps embaumé de Joseph, sortirent d’Égypte avec les enfants d’Israël et furent ainsi confiés à Moïse, qui écrivit le livre de la Genèse.
Nous citons à nouveau le Dr Anstey, qui déclare :
« Les écrits hébraïques de l’Ancien Testament possèdent, dès les temps les plus reculés, un caractère historique précis, qui contraste fortement avec ceux des autres nations. Les antiquités grecques regorgent de fictions poétiques. Ils n’ont rien écrit en prose avant la conquête de l’Asie par Cyrus… Ils ne possédaient aucune chronologie des temps antérieurs à l’Empire perse, si ce n’est celle qu’ils ont ensuite élaborée par déduction et conjecture. »
« Les antiquités de toutes les autres nations se perdent elles aussi dans la brume des légendes, mythes et fables antiques. Les systèmes religieux de la Grèce et de Rome, de l'Égypte et de l'Inde, de la Perse et d'autres nations d'Orient ne reposaient même pas sur un fondement historique. Plus on remonte dans le temps pour retracer leur histoire passée, plus elle devient obscure et incertaine. »
« Avec les annales hébraïques, c’est tout à fait différent. L’histoire de l’humanité commence par une époque très clairement définie ; et le récit des 2 369 premières années – la période couverte par le livre de la Genèse – est établi avec une telle précision que, pour ceux qui acceptent le texte hébreu, il n’existe aucune alternative à celui d’Ussher, tel qu’il apparaît en marge de la Bible du roi Jacques. De plus, le récit chronologique se poursuit avec exactitude et peut être suivi avec certitude à travers les siècles suivants. Ce n’est qu’avec les derniers livres d’Esdras et de Néhémie que les difficultés chronologiques deviennent vraiment importantes. »
Les annales de la nation hébraïque sont des récits authentiques d' auteurs contemporains. Le récit biblique est le témoignage de l'œuvre rédemptrice de Dieu. Ce récit est inscrit dans l'histoire humaine, mais il est de bout en bout une histoire miraculeuse (voir 1 Corinthiens 10:11). Il ne s'agit pas seulement d'une histoire des événements extérieurs de la vie des hommes. Dans son sens premier, il s'agit d'une histoire de Dieu et de son action au sein de l'histoire humaine. C'est pourquoi seuls des hommes inspirés par l'Esprit de Dieu pouvaient l'écrire ; et c'est seulement par la foi en la vérité de la Révélation que nous pouvons espérer la comprendre. L'essence de la Révélation est la Rédemption ; et la Rédemption est une œuvre de Dieu, accomplie, pour ainsi dire, dans l'ombre, et pourtant se manifestant à nous dans la Révélation qui nous est donnée dans les Saintes Écritures comme un mouvement divin dans l'histoire humaine.
« Nous retraçons l'histoire de manière ininterrompue, de la création d'Adam à la crucifixion du Christ. La chronologie biblique est une science exacte. Elle ne repose pas sur des hypothèses et des conjectures. Elle s'appuie en définitive sur des preuves ou des témoignages ; mais elle requiert parfois le recours à la méthode de l'induction historique scientifique . »
En comparant les deux listes de patriarches, celle d'avant le Déluge et celle d'après, on constate une certaine similitude. Chacune est précédée d'une lignée généalogique non datée, qui s'étend sur une certaine distance avant de s'interrompre. Chaque liste comprend dix générations (en incluant Abram dans la seconde). Chacune nous conduit à un individu (Noé dans un cas, Abram dans l'autre) chez qui le plan divin prend une dimension particulière.
En Noé, nous avons un élu de Dieu parmi toutes les familles de la terre, destiné à traverser le déluge et à instaurer un ordre nouveau. En Abram également, nous avons un élu de Dieu parmi tous les peuples et nations d'un monde voué à l'idolâtrie, destiné à instaurer un ordre nouveau et par qui, finalement, toutes les nations de la terre seront bénies (Genèse 12:1-3).
Avec Noé, Dieu établit son alliance, promettant la continuité des semailles et des moissons, du froid et de la chaleur, de l'été et de l'hiver, du jour et de la nuit ; et promettant aussi qu'il ne détruirait plus jamais toute chair par un déluge (Genèse 8.21-22 ; 9.9-17). Dieu donna l'arc-en-ciel comme signe de cette alliance. De même, avec Abram, Dieu établit son alliance éternelle, promettant de faire de lui le père d'une multitude de nations ; et il donna la circoncision comme signe de cette alliance. Tous les habitants de la terre ont un intérêt dans ces deux alliances et en reçoivent, dans une certaine mesure, des bienfaits ; mais ceux qui ont la foi de Noé et d'Abraham en reçoivent les bienfaits pleins et éternels.
LES PÈRES D'ISRAËL — DE LA NAISSANCE D'ABRAM À LA MORT DE JOSEPH
Nos tableaux précédents ont retracé la chronologie sacrée depuis la création d'Adam jusqu'à la naissance d'Abram, qui eut lieu en 2008. Nous abordons maintenant la période intéressante et importante des pères d'Israël, une période si riche en enseignements pour la famille de la foi.
Nous avons constaté que les onze premiers chapitres de la Bible couvrent une vaste période, presque identique à celle couverte par le reste de la Bible. L'histoire que Dieu nous a donnée des deux mille premières années de l'humanité se compose principalement de deux éléments : la généalogie et la chronologie. Mais à présent, avec l'appel d'Abram à sortir des idolâtries dans lesquelles toute l'humanité était tombée, l'accomplissement du dessein éternel de Dieu, révélé en Jésus-Christ notre Seigneur, entre dans une nouvelle phase. Dès lors, ce dessein doit s'identifier à cet homme que Dieu a ainsi appelé et mis à part pour lui-même. S'exprimant par le prophète Isaïe au sujet de cet appel d'Abraham, Dieu a dit : « Car c'est lui seul que j'ai appelé » (Isaïe 51,2). Et afin que l'œuvre nouvelle qui devait s'accomplir par Abraham et sa descendance soit manifestement l'œuvre de Dieu, il est permis à ce patriarche d'atteindre un âge avancé sans enfant, jusqu'à ce que lui et sa femme soient « comme morts ». Ainsi, en Abraham, nous avons en quelque sorte un nouveau commencement ; non pas la création d'une race humaine à partir de la poussière de la terre, mais la naissance d'un peuple à partir d'un homme pratiquement mort. Cette œuvre nouvelle de Dieu proclame, par une figure ou une préfiguration, la grande vérité de l'Évangile : la Résurrection. Dieu se procurerait un peuple par la résurrection des morts. Nous comprenons donc la grande importance de la période dans laquelle nous entrons.
Il n'y a pas de personnage biblique plus important qu'Abraham. Il est le modèle de l'homme de foi, dont il est écrit : « Abraham crut en Dieu, et cela lui fut imputé à justice » (Romains 4.3). Ainsi, tous ceux qui sont « de foi », Juifs ou non-Juifs, sont considérés comme la descendance spirituelle d'Abraham et deviennent les héritiers de toutes les promesses, comme il est écrit : « Sachez donc que ceux qui ont la foi sont les enfants d'Abraham » (Galates 3.7) ; et encore : « Et si vous êtes à Christ, vous êtes donc la descendance d'Abraham, héritiers selon la promesse » (Galates 3.29).
Il est manifeste que rien n'est plus important à savoir pour les descendants d'Adam, voués à la perdition, que ce qui est énoncé dans les Écritures précédentes ; car les promesses de « bénédiction » sont expressément réservées à « Abraham et à sa descendance ». Ainsi, le salut est uniquement destiné aux enfants d'Abraham ; et cela étant vrai, il est primordial que chacun sache que tous ceux qui croient en Jésus-Christ, Juifs ou non-Juifs , sont les « enfants » d'Abraham. C'est pourquoi nous citons également ce passage clair de la Parole de Dieu : « Car elle (la promesse) est une promesse de foi, afin qu'elle soit par grâce, pour que la promesse soit assurée à toute la descendance, non seulement à celle qui est de la loi, mais aussi à celle qui est de la foi d' Abraham, qui est le père de nous tous » (Romains 4:16).
La qualité de la foi d'Abraham se manifestait en ce qu'il croyait en Dieu « qui donne la vie aux morts » (Romains 4.17). Ainsi, la foi salvatrice est la foi en Christ ressuscité, comme il est écrit : « Or, ce n'est pas pour lui seul qu'il est écrit que la justice lui a été imputée, mais aussi pour nous, à qui elle sera imputée, si nous croyons en celui qui a ressuscité d'entre les morts Jésus notre Seigneur, qui a été livré pour nos offenses et qui est ressuscité pour notre justification » (Romains 4.23-25). Et nous lisons encore au sujet de la « Parole de la foi », à savoir : « Si tu confesses de ta bouche le Seigneur Jésus et si tu crois dans ton cœur que Dieu l'a ressuscité des morts, tu seras sauvé » (Romains 10.8-9).
Dans le présent volume, nous devons nécessairement nous limiter à de brèves références à la vie des pères, Abraham, Isaac, Jacob et Joseph, auxquels sont consacrés les chapitres restants de la Genèse ; mais nous nous efforcerons de mentionner tous les événements datés et d'établir la chronologie qui en découle jusqu'à la mort de Joseph.
Abram avait 75 ans lorsqu'il quitta Haran pour entrer en Canaan (Genèse 11:32 ; 12:4). En ajoutant 75 à l'année de sa naissance, 2008, on obtient l'année 2083 comme date de son entrée en terre de Canaan.
L'événement suivant, daté, est le mariage d'Abram avec Agar, à l'instigation de Sarah. Cela se passait « après qu'Abram eut habité dix ans au pays de Canaan » (Genèse 16:1-3). Nous étions donc en l'an 2093. Ils avaient attendu dix ans, et rien ne laissait encore entrevoir l'accomplissement de la promesse divine de rendre la descendance d'Abram aussi nombreuse que les étoiles du ciel. Aussi Abram, comme Adam, « écouta la voix de sa femme ». Mais le temps de Dieu n'était pas encore venu ; et ce n'était pas ainsi que Dieu accomplissait sa promesse. Il en résulta « Ismaël » – l' homme à la force herculéenne, représentant ce qui « n'est pas soumis à la loi de Dieu, et ne peut même pas l'être » (Romains 8:7).
Abram avait 86 ans à la naissance d'Ismaël (Genèse 16:16), en l'an 2094 ; « Et lorsqu'Abram eut 99 ans » (an 2107), Dieu fit avec Abram l'« alliance éternelle » (Genèse 17:1-21) ; désigna la circoncision comme signe de cette alliance ; changea son nom en Abraham ; et lui promit un fils par Sarah, par lequel l'« alliance éternelle » devait être accomplie.
Entre cette promesse (que Sarah enfanterait un fils) et le récit de son accomplissement (Genèse 21:1-3), on trouve le récit de la destruction de Sodome et Gomorrhe (Genèse 19) et celui du voyage d'Abraham au pays des Philistins, où Sarah fut exposée au danger. Ces événements se déroulèrent vraisemblablement en 2107 ou 2108, cette dernière année étant celle de la naissance d'Isaac, Abraham ayant alors cent ans (Genèse 21:5).
Isaac et Jacob
Jusqu'ici, tout a été clair et simple. Mais nous abordons maintenant des événements de la vie d'Isaac et de Jacob, dont les dates ne peuvent être établies qu'au prix de calculs et de déductions minutieux à partir de certains passages des Écritures, auxquels Ussher et les chronologistes postérieurs se sont intéressés.
Un passage important à cet égard se trouve dans Exode 12:40, 41 : « Le séjour des enfants d’Israël en Égypte dura quatre cent trente ans. Au bout de ces quatre cent trente ans, ce même jour, toutes les armées de l’Éternel sortirent du pays d’Égypte. »
Cette période de « séjour » du peuple de Dieu est calculée à partir de l’entrée d’Abraham en Canaan, car alors, Abram et Sarah, les fondateurs de la famille, devinrent étrangers et voyageurs (Hébreux 11.8-13). Ceci est confirmé par Galates 3.17, où il est fait mention de cette même période de 430 ans : « L’alliance que Dieu avait auparavant confirmée en Christ, la loi, promulguée 430 ans plus tard, ne pouvait l’annuler. » On constate ainsi que ces 430 années ont commencé avec la promesse faite par Dieu à Abram lors de son entrée en Canaan à l’âge de 75 ans (Genèse 12.1-4), et se sont terminées avec la promulgation de la loi, la même année que l’Exode.
Nous situons donc l'Exode comme suit :
| An. Hom. | av. J.-C. | |
| Abram entra en Canaan à l'âge de 75 ans en l'an | 2083 | 1963 |
| Ajoutez 430 ans, ce qui donne, comme année de l'Exode | 2513 | 1533 |
Mais outre cette période de 430 ans, il y en a une autre de 400 ans, qui s'est également achevée avec l'Exode. Ainsi, dans Genèse 15:13, nous lisons la parole de Dieu à Abraham : « Sache bien que ta descendance sera étrangère dans un pays qui n'est pas le sien ; elle y sera asservie et opprimée pendant quatre cents ans. » Et de même, dans Actes 7:6, nous lisons les paroles d'Étienne : « Dieu dit ainsi : “Voici ce que Dieu dit à sa descendance : qu'elle séjournera dans un pays étranger, qu'on la réduira en esclavage et qu'on la maltraitera pendant quatre cents ans.” »
La période de 430 ans inclut le séjour d'Abram et de Sarah. Celle de 400 ans, en revanche, commence avec l'expérience de la « semence » d'Abram. Il s'agit, bien sûr, d'Isaac en premier lieu ; car en Isaac, la « semence » promise devait être « appelée ». Mais cette époque n'est pas celle de la naissance d'Isaac, mais celle où il fut reconnu comme « semence » et « héritier » par l'expulsion d'Agar et d'Ismaël. Cela se produisit lors de la « grande fête » qu'Abraham organisa le jour du sevrage d'Isaac (Genèse 21:8-10). C'est un événement important dans les annales du peuple de Dieu, en raison de sa profonde signification spirituelle, comme le montre la référence à cet événement dans Galates 4:29-30.
D'après les passages précédents des Écritures, nous pouvons déterminer la date du sevrage d'Isaac et de l'exil d'Ismaël (faisant d'Isaac la « semence » et l'« héritier » reconnus). Il y a en effet trente ans d'écart entre ces deux périodes. Or, nous avons déjà établi que vingt-cinq ans se sont écoulés entre l'appel d'Abraham (et l'« alliance » conclue par Dieu avec lui) et la naissance d'Isaac. Par conséquent, en soustrayant 25 de 30, nous obtenons 5 ans, soit l'âge d'Isaac au moment de l'exil d'Ismaël.
Il n'est pas nécessaire de s'étendre sur les preuves concernant les périodes de 400 et 430 ans, car tous les chronologistes reconnus, d'Ussher à nos jours, s'accordent sur leur signification chronologique. De l'avis de tous, la date de l'Exode est celle mentionnée dans An. Hom. 2513.
Grâce aux explications précédentes, nous pouvons maintenant établir un tableau retraçant la vie d'Abraham et d'Isaac jusqu'à la mort d'Abraham et le mariage d'Ésaü.
TABLEAU III
| An. Hom. | av. J.-C. | |
| Naissance d'Abram (voir tableau précédent) | 2008 | 2038 |
| L'entrée d'Abram en Canaan (à 75 ans) | 2083 | 1963 |
| Le mariage d'Abram avec Agar (Genèse 16:3) | 2093 | 1953 |
| Naissance d'Ismaël (Genèse 16:16) | 2094 | 1952 |
| Isaac fit la
promesse, l'alliance éternelle fut donnée, la circoncision
instituée, le nom d'Abram changé en Abraham (Genèse 17) ; Sodome fut
détruite (Genèse 19). |
2107 | 1939 |
| Isaac naît (Genèse 21:1-3) | 2108 | 1938 |
| Isaac fut sevré. Ismaël fut chassé. | 2113 | 1933 |
Mort de Sarah
(Gen. 23:1).
|
2145 | 1901 |
|
||
| Isaac s'est marié (à 40 ans : donc 2108 + 40 = ) | 2148 | 1898 |
| Naissance d'Ésaü et de Jacob (Gen. 25:26) | 2168 | 1878 |
| La mort d'Abraham (Gen. 25:7, à l'âge de 175 ans, donc 2008, la date de sa naissance + 175 =) | 2183 | 1863 |
| Le mariage d'Ésaü (à 40 ans, Gen. 26:34) | 2208 | 1838 |
Il nous faut
interrompre le tableau à ce stade afin d'effectuer les recherches et les calculs
nécessaires pour déterminer la date du départ de Jacob pour Paddan-Aram, ainsi
que celle de son mariage. Ces dates ne sont pas mentionnées dans l'Écriture,
mais elles peuvent être déduites des chapitres suivants de la Genèse. Ainsi,
nous apprenons que Joseph avait 30 ans lorsqu'il se présenta devant Pharaon
(Genèse 41:46). Par conséquent, à la fin des sept années d'abondance, il avait
37 ans, et après deux années de famine, alors que Jacob lui-même avait 130 ans
(Genèse 47:9), Joseph avait 39 ans. Ainsi, puisque Joseph avait 39 ans lorsque
son père Jacob en avait 130, ce dernier avait 91 ans à la naissance de Joseph.
Or, Jacob était au service de Laban depuis 14 ans à la naissance de Joseph
(Genèse 30:25). Par conséquent, Jacob avait 77 ans (91 - 14) lorsqu'il arriva à
Paddan-Aram et entra au service de Laban.
Grâce à ces informations, nous pouvons maintenant poursuivre avec notre tableau.
TABLEAU IV
| An. Hom. | av. J.-C. | |
| Le mariage d'Ésaü | 2208 | 1838 |
| Jacob s'en va à Padan Aram, à l'âge de 77 ans. | 2245 | 1801 |
| Jacob épouse
les deux filles de Laban. (Il a travaillé sept ans avant le mariage pour Léa, puis sept ans après pour Rachel ; il avait 84 ans au moment de son mariage.) |
2252 | 1794 |
| Joseph né sept ans plus tard | 2259 | 1787 |
| Jacob retourna
à Canaan 6 ans plus tard (Genèse 31:41 ), à l'âge de 97 ans. |
2265 | 1781 |
| Joseph se
présente devant Pharaon 24 ans plus tard, à l'âge de 30 ans (Gen. 41:46). |
2289 | 1757 |
| Ajoute 7 années d'abondance, Joseph 37 | 2296 | 1750 |
| Deux ans plus
tard, Jacob descend en Égypte, âgé de 130 ans (Gen. 45:6, 47:9). |
2298 | 1748 |
| Mort de Jacob 17 ans plus tard (Gen. 47:28) | 2315 | 1731 |
| Mort de Joseph
(il avait 39 ans lorsque Jacob en avait 130. d'où 39 + 17 — 56, lorsque Jacob est mort, et avait 110 ans au moment de sa propre mort, Gen. 50:26. D'où ajouter 54 à 2315 et nous avons la date de la mort de Joseph = ) |
2369 | 1677 |
Ceci achève la chronologie du livre de la Genèse, qui présente un système de dates cohérent et parfait, de la création d'Adam à la mort de Joseph. Elle commence avec Adam, âme vivante dans le jardin d'Éden, et se termine avec les ossements de Joseph dans un cercueil en Égypte.
La famille de Jacob en Égypte
Concernant le nombre de personnes venues en Égypte avec Jacob, il existe trois témoignages distincts, chacun donnant un nombre différent.
1. Dans Genèse 46:26, on lit : « Tous ceux qui étaient venus avec Jacob en Égypte, issus de ses reins, outre les femmes de ses fils, il y en avait soixante-six » (66 personnes). Ce nombre exclut Jacob lui-même, ses femmes et les femmes de ses fils. Il exclut également Joseph et ses deux fils, qui se trouvaient déjà en Égypte. Il ne mentionne que ceux qui étaient venus avec Jacob et qui étaient issus de ses reins.
2. Au verset suivant (Genèse 46:27), nous lisons : « Toutes les personnes de la maison de Jacob qui vinrent en Égypte étaient soixante-dix » (70 personnes). Il est évident que cette différence de quatre personnes est compensée par l’ajout aux 66 du verset 26 de Jacob, Joseph, Manassé et Éphraïm. Cela concorde avec ce que Moïse a dit dans Deutéronome 10:22 : « Tes pères descendirent en Égypte au nombre de soixante-dix. »
3. Dans Actes 7:14, Étienne dit : « Alors il envoya Joseph appeler Jacob et toute sa famille, soixante-quinze personnes » (75 personnes). Les apôtres et les autres Juifs de leur époque utilisaient la version de la Septante, que Étienne citait manifestement, car cette version ajoute deux fils de Manassé et trois fils d'Éphraïm (voir Nombres 26:28-37 et 1 Chroniques 7:20) qui ne figurent pas dans le texte hébreu. L'expression employée par Étienne, « et toute sa famille », est suffisamment large pour inclure ces cinq personnes supplémentaires.
ISRAËL AU TEMPS DE MOÏSE
La chronologie des pères d'Israël s'achève avec la mort de Joseph. Son âge à la naissance de Manassé ou d'Éphraïm n'est pas précisé. Cela n'a rien d'étonnant, puisque la lignée du Christ ne passe pas par Joseph, mais par Juda. Les derniers chapitres de la Genèse sont consacrés à Joseph car, premièrement, il obtint le droit d'aînesse après la destitution de Ruben pour son crime contre son père (1 Chroniques 5:1) ; deuxièmement, Joseph apparaît comme une figure particulièrement marquante du Christ ; l'Écriture le présente en effet comme celui qui, victime de la haine et de la trahison de ses frères, fut livré aux païens, jeté en prison sur la base d'une fausse accusation, et dont le châtiment fut associé à celui de deux malfaiteurs, dont l'un fut sauvé et l'autre perdu. Après trois ans, il fut élevé au rang de prince et de sauveur, afin d'accomplir « une grande délivrance » (Genèse 45:7) pour ses frères et pour le monde entier. Il est tout à fait approprié que la Genèse, qui contient en résumé toute la vérité et la doctrine de la Bible, se termine ainsi par une image merveilleusement lumineuse et claire du Sauveur des hommes.
Mais la généalogie (qui détermine la chronologie) ne fut pas transmise à Joseph avec le droit d'aînesse. Considérons le passage de 1 Chroniques 5:1-2 : « Or, les fils de Ruben, premier-né d'Israël (car il était l'aîné, mais comme il avait souillé le lit de son père, son droit d'aînesse fut donné aux fils de Joseph, fils d'Israël ; et la généalogie ne se calcule pas selon le droit d'aînesse, car Juda l'emporta sur ses frères, et c'est de lui que sortit le chef ; mais le droit d'aînesse était à Joseph) ». Ainsi, bien que Joseph, premier-né de Rachel, ait reçu la double portion (deux tribus d'Israël) à la place de Ruben, premier-né de Léa, la généalogie ne fut pas transmise avec le droit d'aînesse, mais pas à Juda, conformément à la prophétie de Jacob sur son lit de mort (Genèse 49:10).
Ainsi, conformément à la structure de la Bible dans son ensemble, la chronologie doit être ramenée à la lignée de Juda ; et de David à Jojakin, elle suit effectivement cette lignée. Mais durant la période intermédiaire de Moïse, Josué et des Juges, elle emprunte un chemin quelque peu sinueux. Néanmoins, le décompte des années n’est jamais perdu.
La chronologie des événements de l'Exode commence avec Moïse. Cependant, le livre ne précise pas la durée entre la mort de Joseph et la naissance de Moïse. Cette information essentielle peut néanmoins être déduite des périodes de 430 et 400 ans déjà mentionnées. Puisque ces deux périodes s'achèvent avec l'Exode, et puisque l'âge de Moïse à cette date est indiqué (80 ans, voir Exode 7:7), nous disposons de toutes les informations nécessaires pour relier la chronologie de l'Exode à celle de la Genèse. L'Exode et la promulgation de la Loi ayant eu lieu 430 ans après l'appel d'Abram, on obtient 2083 + 430, soit 2513 comme année de l'Exode. Et puisque Moïse avait alors 80 ans, on obtient 2513 – 80 = 2433 comme année de naissance de Moïse. Et puisque Joseph est mort en l'an 2369, l'intervalle entre la mort de Joseph et la naissance de Moïse était de 64 ans.
En compilant ces résultats, nous obtenons ce qui suit :
TABLEAU V
| An. Hom. | av. J.-C. | |
| Mort de Joseph (voir tableau précédent) | 2369 | 1677 |
| Naissance de Moïse (ajouter 64 ans) | 2433 | 1613 |
| La fuite de Moïse d'Égypte (Ex. 2:11-15) | 2473 | 1573 |
| Naissance de Caleb (voir Chap. VII) | 2474 | 1572 |
| Le retour de Moïse ; l'Exode des enfants d'Israël hors d'Égypte | 2513 | 1533 |
Israël dans le désert
Le périple des Israélites dans le désert dura quarante ans. Pour certains événements importants de cette période, nous connaissons non seulement les années, mais aussi les mois et les jours. Ainsi, le sacrifice de l'agneau pascal avait lieu le quatorzième jour de ce qui devint, dès lors, le premier mois de l'année (voir Exode 12:2) ; et cette nuit-là, qui serait le quinzième jour, « toutes les armées de l'Éternel sortirent du pays d'Égypte. C'est une nuit que l'Éternel doit célébrer avec respect, car c'est la nuit qu'il a fait sortir d'Égypte ; c'est la nuit de l'Éternel que tous les Israélites célébreront de génération en génération » (Exode 12:41-42). Ceci est confirmé par Nombres 33:3, où il est écrit : « Ils partirent de Ramsès (en Égypte) le quinzième jour du premier mois ; le lendemain de la Pâque, les enfants d’Israël sortirent la main haute, aux yeux de tous les Égyptiens. »
De l’Exode au désert de Sin, il ne s’écoula qu’un mois ; car « l’assemblée des enfants d’Israël arriva au désert de Sin, qui est entre Elim et le Sinaï, le quinzième jour du deuxième mois après leur sortie du pays d’Égypte ». Par conséquent, les événements de Mara et d’Elim (Exode 15:23-27) se déroulèrent au cours du premier mois de leur voyage dans le désert.
Le deuxième mois fut également riche en événements ; il fut marqué par la première distribution de la manne (Exode 16) et par le coup porté au rocher pour faire jaillir l’eau (Exode 17) ; ainsi que par le refus de Jéthro, beau-père de Moïse, d’accompagner les Israélites et son retour dans son pays (Exode 18). Que ces événements se soient produits au cours du deuxième mois de la première année de l’Exode ressort du passage d’Exode 19:1 : « Le troisième mois, les enfants d’Israël étant sortis du pays d’Égypte, ils arrivèrent ce même jour au désert du Sinaï. »
John Lightfoot relève un fait intéressant et instructif : le don de la loi préfigure la Pentecôte, tout comme la Pâque préfigure le Calvaire. L’intervalle de temps est sensiblement le même ; mais la correspondance réside dans le fait que, bien que la loi soit descendue du ciel, elle ne pouvait à elle seule rendre les hommes soumis et obéissants à Dieu. C’est pourquoi le Saint-Esprit est descendu du ciel pour inscrire la loi dans le cœur du peuple de la nouvelle alliance, afin que « la justice de la loi soit accomplie en nous qui ne marchons pas selon la chair, mais selon l’Esprit » (Romains 5.5 ; 8.4). La correspondance s’établit donc entre la loi descendue du ciel au début de l’ère de la loi et le Saint-Esprit descendu du ciel au début de l’ère de la grâce. La loi de Dieu était l’équipement de son peuple d’autrefois pour son service et son témoignage ; l’Esprit de Dieu est l’équipement de son peuple aujourd’hui.
Le don de la loi, les Dix Commandements, qui eut lieu le troisième jour après la première ascension de Moïse vers Dieu (Exode 19:3, 11), se produisit au cours du troisième mois suivant l'Exode. Les Israélites restèrent au pied du mont Sinaï pendant neuf mois et demi, soit jusqu'au premier jour du premier mois de la deuxième année (voir Exode 40:17). Les principaux événements de ces neuf mois et demi furent le don des « statuts » et des « jugements » à Moïse, ainsi que des tables de pierre, durant les quarante premiers jours qu'il passa sur la montagne (Exode 21-31) ; la fabrication du veau d'or par le peuple (Exode 31:1-6) ; la destruction des tables de pierre par Moïse (Exode 32:19) ; et l'exécution du jugement sur Israël par les fils de Lévi, en récompense de laquelle les Lévites obtinrent par la suite la prêtrise (Exode 32:26-28). Les quarante jours suivants que Moïse passa sur la montagne, lorsqu'il reçut les secondes tables de la Loi (Exode 34), et la construction du Tabernacle (Exode 35-40) témoignent de cette période. On constate ainsi que certains des événements les plus marquants de l'histoire du peuple d'Israël, riches d'enseignements spirituels, se déroulèrent l'année de l'Exode.
La période couverte par le livre de l'Exode est de 144 ans et 11 mois et demi, une durée très courte comparée aux 2 369 ans du livre de la Genèse. Sur les quelque 145 années que couvre l'Exode, environ 144 sont relatées dans les chapitres 1 et 2, les événements de l'année restante occupant le reste du livre.
Les dates dans le Lévitique
La chronologie du Lévitique est en effet très brève, ne couvrant qu'un seul mois ; les événements qu'elle décrit se sont déroulés entre le premier jour du premier mois de la deuxième année (Exode 40:17) et le premier jour du deuxième mois de cette même année (Nombres 1:1). Les événements historiques relatés dans le Lévitique sont la consécration d'Aaron et de ses fils au sacerdoce (chapitre 8) ; et l'offrande de feu étranger faite par Nadab et Abihu, suivie de leur mort par le feu de l'Éternel (chapitre 10).
Dates en chiffres
Le livre des Nombres commence par une date : le premier jour du deuxième mois de la deuxième année de l’Exode. Ce jour-là, l’Éternel ordonna le recensement des Israélites selon leurs tribus (Nombres 1:1-2). Ce recensement dura vingt jours, car il est écrit : « Le vingtième jour du deuxième mois de la deuxième année, la nuée s’éleva de la tente du témoignage, et les Israélites partirent du désert du Sinaï » (Nombres 10:11-12). Ainsi, le séjour des Israélites au Sinaï dura presque un an. Le verset cité en dernier (Nombres 10:12) poursuit : « Et la nuée se posa dans le désert de Paran. » Entre le Sinaï et Paran eurent lieu les plaintes des Israélites à cause de leur insatisfaction concernant la manne (ch. 11), et la lèpre de Miriam (ch. 12).
Du désert de Paran, dont Kadès-Barnéa se situe à la frontière nord-est, non loin de la Palestine, Moïse envoya les douze espions explorer le pays (Nombres 13:3). Il est écrit dans Deutéronome 1:3 qu'il n'y a que « onze jours de marche depuis Horeb, en passant par le mont Séir, jusqu'à Kadès-Barnéa ». Ainsi, Dieu était prêt et capable de faire entrer son peuple dans l'héritage promis sans délai après lui avoir donné la loi, les ordonnances et les jugements qu'il devait observer dans le pays. C'est « à cause de leur incrédulité » (Hébreux 3:19) qu'ils « ne purent y entrer ». Ils restèrent un an dans le désert, selon la volonté de Dieu, et 39 ans de leur propre choix. Car, en entendant le mauvais rapport des espions, ils dirent : « Plût à Dieu que nous soyons morts dans ce désert ! » (Nombres 14:2). Et Dieu les prit au mot, disant : « Comme vous avez parlé à mes oreilles, ainsi je vous traiterai ; vos cadavres tomberont dans ce désert » (Nombres 14:28, 29).
Nous observons désormais un long intervalle, 37 ans et 11 mois, sans aucun événement daté. Il semblerait que, par là, Dieu ait souligné sa désapprobation envers cette génération perverse qui l'a provoqué et qui a méprisé le pays de délices. Car il a pratiquement ignoré l'histoire de ces années.
La date suivante se trouve dans Nombres 20:1 : « Les enfants d’Israël, toute l’assemblée, arrivèrent au désert de Tsin, au premier mois ; le peuple séjourna à Kadès ; Miriam mourut là et y fut enterrée. » D’après le chapitre 33:36-38, nous apprenons que ce « premier mois » était le premier mois de l’ an 401/1 de l’époque de l’Exode. Ainsi, 38 ans se sont écoulés depuis le dernier événement daté.
Les seuls événements relatés de ces 38 années que les Israélites passèrent volontairement dans le désert sont la lapidation de celui qui violait le sabbat (Nombres 15:32-36) et la rébellion de Coré, Dathan et Abiram (Nombres 16). Ces épisodes sont révélateurs du caractère de cette génération et illustrent les paroles de Paul à la synagogue d'Antioche de Pisidie : « Pendant environ quarante ans, il supporta leur conduite dans le désert » (Actes 13:18).
Le premier jour du cinquième mois de cette quarantième année de l'Exode, Aaron mourut au sommet du mont Hor (Nombres 20: 23-29 ; 33:38).
Entre la mort d'Aaron, le premier jour du cinquième mois, et le début du dernier discours de Moïse aux enfants d'Israël, il ne s'écoula que six mois ; car on lit dans Deutéronome 1:3 : « La quarantième année, le onzième mois, le premier jour du mois, Moïse parla aux enfants d'Israël, conformément à tout ce que l'Éternel lui avait ordonné. »
La dernière année des quarante passées dans le désert fut, comme la première, une période d'événements importants. Ceux-ci ont été consignés pour notre instruction et sont riches d'enseignements pour la famille de la foi.
Dans le livre des Nombres, au chapitre 20, entre la mort de Miriam et celle d'Aaron, trois mois plus tard, se trouve l'épisode du rocher frappé (ici, le mot hébreu désigne un rocher élevé ou surélevé, et non un rocher enfoncé comme dans Exode 17:6), lorsque Dieu avait ordonné à Moïse et à Aaron de parler au rocher (Nombres 20:8). Il semblerait qu'Aaron ait été complice de Moïse dans cet acte d'insubjectivité, et dans l'emploi du terme injurieux « rebelles » pour désigner le peuple du Seigneur (voir Matthieu 5:22), car le Seigneur leur dit à tous deux : « Parce que vous n'avez pas cru en moi pour me sanctifier aux yeux des enfants d'Israël, vous ne ferez pas entrer cette assemblée dans le pays que je leur ai donné » (Nombres 20:12).
Après la mort d'Aaron, l'épisode profondément instructif du serpent d'airain élevé devant ceux qui avaient été mordus par les serpents venimeux, envoyés par le Seigneur au milieu du peuple en guise de châtiment pour avoir blasphémé contre Dieu et contre Moïse (Nombres 21:5-9), se produit. C'est sur cet épisode que le Seigneur Jésus fonda son enseignement à Nicodème concernant le Royaume de Dieu, en réponse à sa question : « Comment un homme peut-il naître quand il est vieux ? » (Jean 3:1-18).
Durant la même période (entre la mort d'Aaron et le dernier discours de Moïse dans les plaines de Moab), eurent lieu la défaite de Sihon, roi des Amorites (Nombres 21:21-25), et d'Og, roi de Bashan (Nombres 21:33-35) ; ainsi que l'épisode intéressant de Balaam et Balak (Nombres 22, 23, 24) ; l'apostasie de Baal-Péor et la plaie qu'elle entraîna sur le peuple (Nombres 25) ; le second recensement du peuple, la nouvelle génération, au sujet duquel il est écrit : « Mais parmi eux, il n'y eut pas un seul homme que Moïse et Aaron, le prêtre, dénombrèrent, lorsqu'ils dénombrèrent les enfants d'Israël dans le désert du Sinaï, * * excepté Caleb, fils de Jephunné, et Josué, fils de Nun » (Nombres 26:64, 65). l'appel des filles de Tselophad pour une part de l'héritage (Nombres 27) ; et la guerre de vengeance contre les Madianites (Nombres 31).
En compilant les informations que nous avons recueillies concernant les 40 années passées dans la nature sauvage, nous obtenons ce qui suit :
TABLEAU VI
| An. Hom. | av. J.-C. | Mois | Jour | |
| L'Exode | 2513 | 1533 | 1 | 15 |
| Arrivée au désert du péché. | " | " | 2 | 15 |
| Distribution de la manne et destruction du rocher | " | " | 2 | 1794 |
| Arrivée au Sinaï et remise des Dix Commandements | " | " | 3 | 15 |
| Le séjour au Sinaï ; les lois et les jugements donnés ; le veau d’or ; les tables de pierre brisées et renouvelées ; et le Tabernacle construit — tout cela occupa neuf mois et demi et nous amena à | 2514 | 1532 | 1 | 1 |
| Les événements du Lévitique nous amènent au dénombrement d'Israël | " | " | 2 | 1 |
| Numérotation terminée, espions envoyés | " | " | 2 | 20 |
| Intervalle de 38 ans (moins un mois) pendant lequel les Israélites errèrent dans le désert, aucun événement n'étant daté jusqu'à la mort de Miriam | 2552 | 1494 | 1 | |
| Mort d'Aaron | " | " | 5 | 1 |
|
Au cours des six mois suivants eurent lieu l'enlèvement du serpent
d'airain, la défaite de Sihon et d'Og, l'épisode de Balaam et Balak,
l'apostasie de Baal-Peor et le recensement de la nouvelle génération
d'Israélites. Ceci nous amène à |
" | " | 11 | 1 |
| Mais il ne reste plus qu'un seul homme (à l'exception des deux qui devaient entrer en Terre promise) de tous les hommes de plus de vingt ans sortis d'Égypte : Moïse, qui est mort. | " | " | 12 | ... |
Moïse dut mourir au début du douzième mois de l'an 2552, car on observa trente jours de deuil en son honneur dans les plaines de Moab (Deutéronome 34:8) ; suivit la traversée du Jourdain « trois jours plus tard » (Josué 3:2, période durant laquelle les espions entrèrent à Jéricho) ; « et les enfants d'Israël campèrent à Guilgal et célébrèrent la Pâque le quatorzième jour du mois » (Josué 5:10). Cela correspondrait au quatorzième jour du premier mois de l'an 2553.
L'affirmation de Deutéronome 34:7 selon laquelle Moïse mourut à l'âge de 120 ans (soit dans sa 120e année) nous permet de vérifier nos résultats. Moïse étant né en 2433 (voir tableau 5), il aurait donc atteint l'âge de 120 ans au dernier mois de l'année 2552.
LA CHRONOLOGIE DE JOSUÉ ET DES JUGES — COMMENT LA RUPTURE ENTRE LES DEUX PÉRIODES EST RÉPARÉE
La première partie du livre de Josué décrit les différentes guerres, à commencer par le siège de Jéricho (chapitre 6), qui aboutit à la soumission du pays. Cependant, aucune date n'est mentionnée et aucune information directe ne permet de déterminer la durée de cette période. Josué mourut à l'âge de 110 ans (chapitre 24, verset 29), mais cela ne nous avance pas, car la date de sa naissance est inconnue.
Mais le lien chronologique nécessaire est fourni par Caleb, fils de Jephunné, de la tribu de Juda. Nous avons vu que les espions furent envoyés la deuxième année après l'Exode, au début de l'automne (« au temps des premières vendanges », Nombres 13:20). C'était l'an 2514, au deuxième mois (voir tableau 6). Caleb avait alors 40 ans ; car il dit : « J'avais 40 ans lorsque Moïse, serviteur de l'Éternel, m'envoya de Kadès-Barnéa pour explorer le pays » (Josué 14:7). Caleb naquit donc en l'an 2474 (2514 – 40). Au moment du partage du pays par Josué, à la fin des guerres de conquête, Caleb avait 85 ans. Car il dit alors : « Et maintenant, voici, l’Éternel m’a gardé en vie, comme il l’avait dit, pendant ces quarante-cinq années ; et maintenant, voici, j’ai aujourd’hui quatre-vingt-cinq ans » (Josué 14:10). En ajoutant 85 à 2474, on obtient 2559, année du partage du pays après les guerres de conquête. La durée de ces guerres fut donc de six ans (2553 à 2559). La chronologie du livre de Josué s’arrête là. La prochaine indication temporelle se trouve dans Juges 3:8, où il est écrit que « les enfants d’Israël furent soumis à Cushan-Rishathaim pendant huit ans ». La question qui se pose est donc : combien d’années se sont écoulées entre le partage du pays par Josué (An Hom. 2559) et l’oppression de Cushan-Rishathaim ? Ce problème s’est avéré très difficile à résoudre. La question est examinée en détail dans l'ouvrage du Dr Anstey, mais nous nous intéressons davantage à la réponse à cette question qu'aux calculs arithmétiques qui ont permis d'y parvenir.
En résumé, la réponse se déduit des paroles de Jephté qui dit au roi d’Ammon qu’Israël occupait Hesbon et ses villes depuis trois cents ans (Juges 11:26).
La conquête de Hesbon eut lieu l'année précédant l'entrée des Israélites en Canaan, soit en 2552. Par conséquent, les 300 ans nous amènent à 2852. Or, l'Écriture détaille les différentes périodes qui composent ces 300 ans, à l'exception de l'intervalle qui nous intéresse. Ainsi, en soustrayant de 300 la somme des périodes connues, nous obtenons la durée de cet intervalle. Ces périodes sont les suivantes : 1 an dans le désert, 6 ans jusqu'au partage du pays, 8 ans de servitude sous Cushan (Juges 3:8), 40 ans de repos sous Othniel (Juges 3:11), 18 ans de servitude sous Eglon (Juges 3:14), 80 ans de repos sous Ehud (Juges 3:30), 20 ans de servitude sous Jabin (Juges 4:3), 40 ans de repos sous Barak (Juges 5:31), 7 ans de servitude sous Madian (Juges 6:11), 40 ans de repos sous Gédéon (Juges 8:28), 3 ans d'usurpation d'Abimélech (Juges 9:22), 23 ans de jugement sous Tola (Juges 10:2). Ces 286 années au total, en les soustrayant de 300, donnent 14 ans comme intervalle entre le partage du pays par Josué et la servitude sous Cushan-rishathaim.
Nous devons renvoyer nos lecteurs à l'ouvrage de M. Anstey pour les détails de ce calcul, et en particulier pour la preuve que le jugement de Shamgar (Juges 3:31) est concomitant avec la servitude sous Jab, et que le jugement de Jaïr (Juges 10:3) et la servitude sous Ammon (Juges 10:8) ne sont pas inclus dans les 300 ans de Jephté.
Nous fixons la durée des guerres de conquête de Josué à six ans, au lieu de sept comme l'indique Anstey. En effet, il semblerait qu'il ait par inadvertance considéré la « deuxième année » après l'Exode comme étant deux ans plus tard (soit la troisième année), alors qu'il s'agissait clairement de l' année suivante. Il a donc surestimé la durée d'un an. Toutefois, cette légère erreur est automatiquement corrigée en allongeant d'un an l'intervalle entre le partage du pays et l'oppression de Cushan (14 ans au lieu de 13 selon Anstey), de sorte que le nombre total d'années reste inchangé.
Nous pouvons maintenant établir un tableau de la période de Josué à Juges.
TABLEAU VII
| An. Hom. | av. J.-C. | |
| Entrée d'Israël
en Canaan (14e jour du 1er mois) |
2553 | 1493 |
| Ajoutez 6 ans
au partage du pays par Josué (Jos. 13:7-10) = |
2559 | 1487 |
| Ajoutez 14 ans à l'oppression de Cushan (Juges 3:8) = | 2573 | 1473 |
| Ajoutez 8 ans
de servitude sous Cushan au repos accordé par Othniel (Juges 3:8, 11) = |
2581 | 1465 |
| Ajouter 40 ans
à la servitude sous Eglon (Juges 3:11, 14) = |
2621 | 1425 |
| Ajoutez 18 ans au repos selon Ehud (Juges 3:14,30) = | 2639 | 1407 |
| Ajoutez 80 ans
à la servitude sous Jabin (Juges 3:30) = |
2719 | 1327 |
| Ajoutez 20 ans
(qui comprennent le mandat de juge de Shamgar (Juges 3:31 ; 4:3)) au repos de Barak = |
2739 | 1307 |
| Ajouter 40 ans
de repos par Barak à la servitude sous Madian (Juges 5:31) = |
2779 | 1267 |
| Ajouter 7 ans
de servitude au repos selon Gédéon (Juges 6:1 ; 8:28) = |
2786 | 1260 |
| Ajoutez 40 ans
de repos à l'usurpation d'Abimélech (Juges 8:28 ; 9:22) = |
2826 | 1220 |
| Ajouter 3 ans d'usurpation (Juges 9:22) à la magistrature de Tola (Juges 10:2) = | 2829 | 1217 |
| Ajouter 23 ans de Tola au mandat de juge de Jaïr (Juges 10:2, 3) = | 2852 | 1194 |
| Ajouter 22 ans (Juges 10:3) à la servitude sous Ammon (Juges 10:8) = | 2874 | 1172 |
| Ajoutez 18 ans d'oppression (Juges 10:8) au mandat de juge de Jephté = | 2892 | 1154 |
| Ajoutez 6 ans à Ibzan (Juges 12:7) = | 2898 | 1148 |
| Ajoutez 7 ans à Elon (Juges 12:8, 11) = | 2905 | 1141 |
| Ajoutez 10 ans à Abdon (Juges 12:11, 14) = | 2915 | 1131 |
| Ajouter 8 ans à la servitude sous les Philistins (Juges 12:14) = | 2923 | 1123 |
| Ajoutez 40 ans
de servitude (Juges 13:1), dont les 20 ans de la charge de juge de Samson (Juges 16:31 ), à Éli = |
2963 | 1083 |
| Ajoutez 40 ans
de jugement d'Éli (1 Sam. 4:18) à Samuel = |
3003 | 1043 |
| Ajoutez 20 ans de jugement de Samuel (1 Sam. 7:2) à Saül = | 3023 | 1023 |
Les 450 ans de Paul (Actes 13 :20)
Concernant la période que nous étudions, il convient de s'attarder sur les propos de l'apôtre Paul, s'adressant aux fidèles réunis à la synagogue d'Antioche de Pisidie (Asie Mineure) : « Pendant environ quarante ans, il supporta leur conduite dans le désert. Après avoir exterminé sept nations au pays de Canaan, il leur partagea leurs terres par le sort. Puis, il leur donna des juges pendant environ quatre cent cinquante ans, jusqu'au prophète Samuel » (Actes 13:18-20).
Cette période de 450 ans, celle des Juges, semble se composer de la manière suivante. L'examen détaillé du tableau 7 révèle que la somme des différentes périodes, depuis les huit années de servitude sous Cushan jusqu'aux vingt années de jugement de Samuel, totalise précisément 450 ans. Il est donc raisonnable d'en déduire qu'il s'agit bien de la période évoquée par l'apôtre ; et, par ailleurs, il est raisonnable de considérer sa déclaration comme une confirmation des conclusions énoncées précédemment et résumées dans le tableau 7, conformément à l'interprétation d'Anstey.
Les 480 ans de 1 Rois 6:1
La déclaration de 1 Rois 6 :1, qui affirme que le début de la construction du temple la 4e année du règne du roi Salomon se situe « la quatre cent quatre-vingtième année après que les enfants d’Israël furent sortis du pays d’Égypte ».
Le total des années calculées en détail, de l'Exode à la quatrième année du règne de Salomon, est de 594, soit 114 ans de plus que ce qu'indique 1 Rois 6:1. Ceci soulève l'un des problèmes chronologiques les plus complexes de la Bible. Certains chronologistes, comme Jackson, Clinton et Hales, rejettent l'affirmation de 1 Rois 6:1, la considérant comme une interpolation, car manifestement contredite par la chronologie détaillée des Écritures. Mais l'évêque Ussher (dont les dates figurent en marge de certaines éditions de la Bible) l'adopte sans réserve, ramenant la durée de la période en question à 480 ans, au lieu de 594. Pour parvenir à ce résultat, il raccourcit la période allant de l'entrée en Terre promise au règne de Saül, en retranchant des années ici et là. Par exemple, il modifie le reste du temps donné par Ehud, passant de « quatre-vingts ans » (Juges 3:30) à 20, et ainsi de suite. Cela affecte manifestement, sur une période de 114 ans, toutes les dates antérieures exprimées en termes « av. J.-C. » et toutes les dates postérieures exprimées en termes « an. ho. » ou « a. m. ».
Le Dr Anstey souligne toutefois un fait frappant : l’écart de 114 ans correspond précisément à la durée des six servitudes et de l’usurpation qui interrompent le règne de Dieu sur son peuple à travers le livre des Juges. Il suggère que les 480 ans correspondent à la durée de la théocratie (le pouvoir de Dieu sur son peuple) et que les années où Dieu a remis le pouvoir à ses ennemis ne sont pas prises en compte dans le passage de 1 Rois 6:1. Nous acceptons cette explication comme la plus plausible. Quoi qu’il en soit, il convient de maintenir la chronologie détaillée, établie en rassemblant les différents passages des Écritures.
La période couverte par le tableau VII est marquée par une grande confusion en Israël et par un éloignement des lois et des jugements que Dieu avait donnés à son peuple. « Il n’y avait point de roi en Israël » à cette époque, et par conséquent « chacun faisait ce qui lui semblait bon » (Juges 17:6 ; 18:1, etc.). Il semblerait, de ce fait, qu’il soit particulièrement difficile de retracer l’action de Dieu dans les affaires de son peuple, et que la chronologie soit, par conséquent, relativement obscure. Aucun autre passage de la Bible ne suscite une telle divergence d’opinions parmi les chronologistes reconnus.
LE ROYAUME — LE ROI SAUL
Les annales du règne de Saül sont presque dépourvues d'informations chronologiques. En fait, il est douteux que la durée du règne de Saül puisse être déterminée sans la déclaration de l'apôtre Paul dans les Actes 13:21 : « Après cela, ils demandèrent un roi ; et Dieu leur donna Saül, fils de Cis, homme de la tribu de Benjamin, pour une durée de quarante ans. »
Le seul passage de l'Ancien Testament mentionnant un ordre chronologique concernant Saül est si remarquable qu'il a longtemps intrigué les chronologistes. On le trouve dans 1 Samuel 13:1-2. La version autorisée (AV) le traduit ainsi : « Saül régna un an ; et lorsqu'il eut régné deux ans sur Israël, Saül choisit deux mille hommes d'Israël », etc. La note marginale précise que l'expression « régna un an » se lit en hébreu original « le fils d'un an de règne ». Il existe cependant une divergence d'interprétation : certaines versions traduisent ainsi : « Saül avait — ans lorsqu'il commença à régner, et lorsqu'il eut régné deux ans », etc. Nous écartons donc ce passage, car il nous suffit de savoir, d'après Actes 13:21, que le règne de Saül dura quarante ans.
David et Salomon
David et Salomon régnèrent chacun quarante ans. On peut considérer qu'il s'agit de la durée normale du règne d'un souverain, car quarante semble être le nombre biblique correspondant à une période complète d'épreuve ou de probation, comme les quarante années des Israélites dans le désert, les quarante jours de l'épreuve du Seigneur dans le désert, etc. Il est significatif que chacun des trois premiers rois d'Israël, les trois seuls à avoir régné sur un royaume unifié , ait régné quarante ans. Au sujet de David, il est écrit : « David avait trente ans lorsqu'il commença à régner, et il régna quarante ans. À Hébron, il régna sept ans et six mois sur Juda ; et à Jérusalem, il régna trente-trois ans sur tout Israël et Juda » (2 Samuel 5:4-5). Pendant que David régnait uniquement sur Juda, Ishbosheth, fils de Saül, régna deux ans sur Israël (2 Samuel 2:10). Ces deux périodes totalisent quarante ans et demi. mais ramenés à l'année civile , ils arrivent à un chiffre de 40 ans.
La durée du règne de Salomon est mentionnée dans 2 Chroniques 9:30 : « Salomon régna à Jérusalem sur tout Israël pendant quarante ans. »
Ces règnes étaient typiques. En Saül, nous voyons l'épreuve de l' homme naturel ; et bien que son incapacité à gouverner se soit rapidement manifestée, Dieu lui permit d'achever son mandat. Cela témoigne de la grande patience et de la longanimité de Dieu envers l'homme naturel, lui donnant pleinement l'occasion de prouver sa valeur en tout. Quant au « gouverneur » idéal, nous ne saurions trouver meilleure description que celle donnée dans les dernières paroles de David : « Celui qui gouverne les hommes doit être juste et gouverner dans la crainte de Dieu » (2 Samuel 23:3). L'homme naturel ne peut satisfaire à cette exigence. En vérité, nul ne peut y parvenir pleinement, si ce n'est le Seigneur Jésus-Christ lui-même.
David et Salomon sont tous deux des figures emblématiques du Christ en tant que Roi. Le premier préfigure le Christ dans son rejet et ses conflits ; le second préfigure le règne millénaire de paix et de gloire. Dieu a accordé à chacun un temps suffisant. D'où la pertinence, à travers le symbole d'un règne de quarante ans, pour chacun de ces rois.
Sous le règne de David, les matériaux nécessaires à la construction du temple furent préparés. Sous celui de Salomon, le temple fut achevé dans toute sa splendeur et sa magnificence. Cela suggère qu'aujourd'hui, en ces temps de lutte contre les ennemis de Dieu, les matériaux pour l'Église sont rassemblés et préparés ; et qu'au jour du millénium à venir, elle sera manifestée avec le Christ dans la gloire.
Les événements datés du règne de Salomon sont le début du temple dans sa quatrième année (2 Chr. 3:2) ; son achèvement dans la onzième année (1 R. 6:38, « il lui fallut donc sept ans pour le construire ») ; le début de sa propre maison dans la onzième année et son achèvement dans la 24e année (1 R. 7:1 ; 9:10).
Cela nous donne, pour la période où Israël a existé en tant que royaume unifié, ce qui suit :
TABLEAU VIII
| An. Hom. | av. J.-C. | |
| Début du règne de Saül (voir tableau 7) | 3023 | 1023 |
| Début du règne de David | 3063 | 983 |
| Début du règne de Salomon | 3103 | 943 |
| Mort de Salomon | 3143 | 903 |
Le royaume divisé
Nous abordons maintenant une partie des Écritures, les Livres des Rois et des Chroniques, où les difficultés abondent et où la plus grande rigueur, patience et perspicacité sont nécessaires pour élucider les faits relatifs à la chronologie. Mais ce sujet a été soigneusement exploré et les preuves examinées avec soin par des hommes compétents du passé ; notre tâche est donc relativement aisée, puisqu’il s’agit de présenter, de la manière la plus simple possible, les résultats de leurs travaux fructueux. Le Dr Anstey, parlant de la période des rois d’Israël et de Juda, déclare : « Il n’y a pas une seule difficulté soulevée qui ne puisse trouver une solution simple et aisée, sans dénaturer le texte ; il n’y a pas une seule difficulté qui n’ait été résolue de manière satisfaisante dans les ouvrages de référence par d’éminents chronologues, depuis La Chronique des événements de l’Ancien Testament, du Dr John Lightfoot, au XVIIe siècle, jusqu’à nos jours. »
Le docteur John Lightfoot, auquel Anstey fait référence, fait quelques observations originales qui donnent une bonne idée des difficultés en question, ainsi que de l'esprit dans lequel lui et d'autres hommes de Dieu ont entrepris de les résoudre.
« Pour établir la durée des royaumes collatéraux », dit-il, « la seule méthode consiste à les disposer en deux colonnes, parallèles l'une à l'autre, et à les compter par années, comme le texte l'indique. Mais il faut ici faire preuve de finesse – non pas pour constater l'étrangeté du calcul, parfois inclusif, parfois non (vous le remarquerez aisément), mais pour comprendre la raison de ce calcul. Les années de Roboam sont comptées entières ; celles d'Abijam, courantes. Alors qu'il est dit que Jéroboam a régné 22 ans et son fils Nadab 2 ans, ce calcul montre que les 2 ans de Nadab sont inclus dans la somme des 22 ans de son père. Cela peut paraître étrange, mais la solution est simple et se trouve dans 2 Chroniques 13:20. L'Éternel frappa Jéroboam d'une maladie, l'empêchant d'administrer le royaume, et il fut donc contraint de le remplacer par Nadab de son vivant. Et la même année, les deux pères et son fils meurt.
Le passage auquel Lightfoot fait référence comme apportant la solution simple à cette apparente contradiction se lit comme suit : « Jéroboam ne recouvra pas non plus ses forces au temps d’Abija ; et le Seigneur le frappa, et il mourut. »
Il y a eu d'autres cas, comme cela s'est souvent produit depuis, où un fils est monté sur le trône du vivant de son père. Dans ces cas-là, les années de leurs règnes conjoints étaient comptabilisées dans le règne de chacun. C'est un point que les chronologistes doivent constamment surveiller ; mais sa connaissance permet de résoudre bien des difficultés.
Le Dr Lightfoot poursuit en déclarant :
« Vous trouverez divers passages de ce genre dans cette histoire des Rois. Achazia, deux ans plus âgé que son père (2 Chroniques 22:2) ; Baasha combattant neuf ans après sa mort (2 Chroniques 16:1) ; Jotham régnant quatre ans après son enterrement (2 Rois 15:30) ; Joram couronné roi la 17e année de Josaphat (selon 2 Rois 1:17 et 1 Rois 22:51), et la 22e année de Josaphat (selon 2 Rois 8:16), et après la mort de Josaphat (2 Chroniques 21:1). »
« Pour résoudre ces ambiguïtés, le texte le fera, s’il est bien étudié. Cette voie, une fois atteinte, vous guidera pour repérer ce qui semble être des contradictions dans le texte, ou des égarements du Saint-Esprit, en quoi réside toujours une sagesse admirable. »
Il est admirable de voir comment le Saint-Esprit de Dieu, au milieu des discordes, a fait jaillir une douce harmonie. Mais peu y prêtent attention, car rares sont ceux qui abordent la lecture des Écritures avec justesse. Aussi, lorsqu'on leur présente des contradictions flagrantes (car, de fait, elles sont nombreuses et irréconciliables), ils sont stupéfaits et prêts à renier leur Bible. Un peu d'effort, bien investi, suffira bientôt à corriger ces hésitations et à affermir les hommes sur le Roc, sur lequel ils pourront bâtir avec certitude.
Le Dr Anstey fait référence à un article de Willis J. Beecher intitulé « Les rois d’Israël et de Juda », paru dans l’ American Presbyterian Review d’avril 1880, qui, selon lui, apporte « la clé de la solution à toutes ces difficultés ». Nous citons ici quelques-unes des règles énoncées par M. Beecher, qui, d’après Anstey, « sont scrupuleusement respectées pour toutes les dates de la période considérée ».
« Règle 1. Toutes les années mentionnées sont des années en cours d'un système consécutif. La première année d'un roi n'est pas une année commençant le jour et le mois de son accession au trône, mais une année commençant (1) le jour de l'An précédent, ou (2) le jour de l'An suivant — c'est-à-dire la nouvelle lune avant la Pâque, le 1er Nisan. »
"Règle 2. Lorsqu'un règne se termine et qu'un autre commence au cours d'une année, cette année est comptée jusqu'au règne précédent (mode judaïte).
« Règle 3. Régulièrement dans le cas des premiers rois d’Israël, et occasionnellement dans d’autres cas, l’année interrompue est comptée jusqu’au règne suivant, ainsi qu’au règne précédent (mode israélite). »
Le Dr Anstey déclare :
Le texte hébreu relatant l'histoire de cette période est cohérent et autonome. Toutes les données nécessaires à la résolution des difficultés qui pourraient survenir s'y trouvent . Il n'est pas nécessaire de se référer à Josèphe. Il est encore moins nécessaire d'introduire les expédients d'harmonisation de la Septante, ni les « amendements », « restaurations » et « corrections » du texte par les critiques modernes, qui nous présentent une version de l'histoire qu'ils estiment devoir être , et non une version fidèle de l'histoire .
De même, l'utilisation des « cycles sothiques », le calcul des éclipses et autres méthodes et expédients astronomiques pour dater les textes bibliques sont tous inadmissibles. Ils sont sujets, premièrement, à des erreurs d' observation de la part de l'observateur initial ; deuxièmement, à des erreurs de calcul de la part de l'astronome moderne ; et par conséquent, troisièmement, à des erreurs d' identification entre l'éclipse observée et consignée et celle obtenue par le calcul. Ces méthodes servent principalement à étayer des hypothèses et des présuppositions déjà formulées par conjecture. Elles peuvent être vraies ou fausses. Mais en tout cas, elles ne sauraient servir de norme pour corriger les données du texte hébreu. Les égyptologues modernes accordent une grande importance aux données astronomiques. Chaque partisan considère sa propre méthode comme ayant la certitude d'un calcul mathématique. Or, il existe de nombreuses méthodes de ce type, qui diffèrent les unes des autres par plus d'un siècle. Comme le dit Willis J. Beecher : « Chaque chaîne a des maillons de l'acier solide des calculs astronomiques, mais ils sont liés ensemble par la ficelle pourrie des conjectures.
« Les dates quasi infaillibles établies par les chercheurs modernes sont érigées en norme pour corriger les dates du texte hébreu de l'Ancien Testament. Or, c'est corriger une monnaie courante au moyen de contrefaçons. Car les documents authentiques de l'Ancien Testament hébreu sont à la fois précis, complets et autonomes. Les faits et les événements, les dates et les périodes qui y sont relatés sont aussi exacts et dignes de confiance que les autres affirmations sur lesquelles nous fondons notre confiance en la bonté de Dieu et notre espérance du salut éternel. »
CHRONOLOGIE DU ROYAUME DIVISÉ JUSQU'À L'AVÈNEMENT DE JÉHU
Nous présentons ci-dessous un tableau illustrant les règnes contemporains des rois de Juda et d'Israël, ainsi que les événements bibliques datés, depuis la mort de Salomon (An. Hom. 3143), où s'achevait notre tableau précédent, jusqu'à la mort d'Achazia de Juda et de Joram d'Israël, tous deux tués par Jéhu la même année (An. Hom. 3232). L'année de la mort de Salomon coïncide avec l'accession de Roboam au trône de Juda et celle de Jéroboam au trône d'Israël. Ce tableau sera suivi d'explications, le cas échéant, des passages bibliques d'où sont tirés les faits chronologiques.
TABLEAU IX
Les royaumes contemporains de Juda et d'Israël, de la mort de Salomon à celle d'Achazia de Juda
Lorsque le nom d'un roi apparaît pour la première fois, il s'agit de l'année de son accession au trône.
| Événements | Juda | Israël | An. Hom. | av. J.-C. |
|
Mort de Salomon. Désintégration du royaume. Dix tribus se révoltent et établissent un royaume indépendant sous Jéroboam (1 Rois 12:19-20). Roboam règne 17 ans (1 Rois 14:21). Durant les trois premières années, il suit les voies de David (2 Chroniques 11:17). |
Roboam | Jéroboam | 3143 | 903 |
|
La 5e année de son règne, Shishak, roi d'Égypte, pilla le Temple (1 Rois 14:25). |
3147 | 899 | ||
| Roboam mourut. | 3159 | 887 | ||
| Abijam régna la dix-huitième année du règne de Jéroboam, soit trois ans (1 Rois 15:1-2). Abijam mourut et Asa lui succéda (1 Rois 15:9). |
Abijam Asa |
3160 3162 |
886 884 |
|
| Nadab régna sur Israël la deuxième année du règne d'Asa (1 Rois 15:25). Baasha régna la troisième année du règne d'Asa (1 Rois 15:28, 33). |
Nadab Baasha |
3164 3165 |
882 881 |
|
| Grand renouveau religieux sous le règne d'Asa, sous la prophétie d'Azariah et d'Oded (2 Chr. 15:1-10) la 15e année d'Asa. | 3177 | 869 | ||
| Baasha envahit Juda (2 Chr. 16: 1 ; voir explication ci-dessous). | 3178 | 868 | ||
| Éla, fils de Baasha, régna la 26e année d'Asa, 2 ans (1 Rois 16:8). | Elah | 3188 | 858 | |
| Zimri tua Elah, en accomplissement de la Parole du Seigneur (1 Rois 16: 3, 9, 10), et fut à son tour tué par Omri la même année, Omri et Tibni régnant simultanément comme rois rivaux. |
Zimri Omri Tibni |
3189 | 857 | |
| Tibni mourut. Omri continua de régner la 31e année d'Asa (1 Rois 16: 22, 23). | 3193 | 853 | ||
| Omri acheta la colline de Samarie, y construisit une ville et en fit la capitale de son royaume (1 Rois 16: 23, 24). | 3194 | 852 | ||
| Achab succède à Omri dans la 38e année d'Asa (1 Rois 16:29). | Achab | 3200 | 846 | |
| Asa avait une maladie aux pieds (2 Chr. 16:12). | 3201 | 845 | ||
| Asa meurt, Josaphat lui succède (2 Chr. 16:13; 1 R. 22:41, 42). | Josaphat | 3203 | 843 | |
|
Josaphat, dans sa troisième année, envoya des princes et des prêtres pour enseigner le Livre de la Loi dans les villes de Juda (2 Chr. 17:7-9). |
3206 | 840 | ||
|
Achab tué au combat contre les Syriens, Achazia, son fils, lui succède (1 Rois 22:37-40; 51), la 17e année de Josaphat, et règne deux ans. |
Achazia | 3220 | 826 | |
|
Joram règne pour Josaphat (voir 2 Rois 1:17 avec 3:1). |
Jehoram (pro-Rex) | 3220 | 826 | |
|
Élie fait descendre le feu du ciel et anéantit deux capitaines et leurs compagnies (2 Rois 1:9-12). Achazia d'Israël meurt et Joram lui succède, la deuxième année du règne de Joram de Juda (2 Rois 1:17 ; 3:1). |
Joram | 3221 | 825 | |
|
Joram de Juda règne avec Josaphat comme co-roi (2 Rois 8:16, 17). |
Jehoram comme co-roi | 3225 | 821 | |
|
Josaphat mourut et Joram régna (désormais comme seul roi, 1 Rois 22:50). |
Joram comme seul roi |
3228 3229 |
818 817 |
|
|
Achazia commence à régner (conjointement avec son père) la 11e année de Joram d'Israël (2 Rois 9:29). |
Ahaziah co-Rex | 3231 | 815 | |
|
Achazia un an comme seul roi (2 Rois 8:25, 26). |
Achazia comme seul roi | 3232 | 814 | |
|
Achazia de Juda et Joram d'Israël furent tous deux tués par Jéhu. Le premier fut remplacé par la reine Athalie, le second par Jéhu (2 Rois 9:13-33 ; 10:36 ; 2 Rois 11:1-4). |
3232 | 814 |
Quelques explications sont nécessaires pour clarifier le tableau ci-dessus.
L'invasion de Juda par Baasha,
Dans 2 Chroniques 16:1-3, il est dit que « la trente-sixième année du règne d'Asa, Baasha, roi d'Israël, monta contre Juda ». Or, la trente-sixième année du règne d'Asa correspond à neuf ans après la mort de Baasha, ce à quoi Lightfoot faisait référence lorsqu'il évoquait « Baasha combattant neuf ans après sa mort ». Cependant, le texte hébreu précise non pas qu'il s'agissait de la trente-sixième année du règne d'Asa, comme dans notre version autorisée, mais de la trente-sixième année du royaume d'Asa. Il est donc évident que le décompte se fait ici à partir du début du royaume distinct de Juda. Par conséquent, l'invasion de Juda par Baasha aurait eu lieu la seizième année du règne d'Asa, et la treizième de son propre règne, comme indiqué précédemment.
Contradictions apparentes concernant Joram
Il existe une nouvelle divergence, voire une contradiction, concernant le début du règne de Joram, fils de Josaphat, roi de Juda. Selon 1 Rois 22:41, Josaphat régna 25 ans et fut remplacé par Joram. Le règne de ce dernier débuterait donc en 3228. Cependant, selon 2 Rois 1:17, Joram de Juda régnait déjà depuis un an lorsque Joram d'Israël succéda à son père Achab, soit en 3221. Par ailleurs, 1 Rois 3:1 indique que Joram, fils d'Achab, « commença à régner sur Israël la dix-huitième année du règne de Josaphat, roi de Juda ». Ainsi, Joram d'Israël commença à régner la dix-huitième année du règne de Josaphat et la deuxième année du règne de son fils Joram. Il est donc clair que Joram régnait alors à la place de son père, Josaphat, soit en raison d'une incapacité, soit pour une autre raison non précisée. De tels événements se sont fréquemment produits. En marge de la Bible de Cambridge figure la note suivante concernant 2 Rois 1:17, qui explique la situation : « La deuxième année du règne de Joram , et la dix-huitième année de celui de Josaphat : ch. 3:1. »
On retrouve ce passage dans 2 Rois 8:16 : « La cinquième année du règne de Joram, fils d’Achab, roi d’Israël, Josaphat étant alors roi de Juda, Joram, fils de Josaphat, roi de Juda, commença à régner. » Il est clairement indiqué que Joram régnait en même temps que son père Josaphat. Son nom apparaît donc comme co-roi. L’expression « commença à régner » devrait être simplement « régna » (voir la note en marge). En réalité, comme nous l’avons vu, Joram avait commencé à régner cinq ans auparavant.
Finalement, le règne de Joram en tant que seul roi commença à la mort de son père, après que ce dernier eut régné 25 ans (1 Rois 22:41, 50).
Ainsi, la contradiction apparente concernant les trois débuts du règne de Joram s'explique pleinement. Ceux qui souhaitent une explication plus complète et détaillée la trouveront dans l'ouvrage du Dr Anstey.
Comment l'exactitude des enregistrements est assurée
Concernant cette période de l'histoire biblique et la manière dont la succession des différents rois est relatée, nous citons quelques observations pertinentes du Dr Anstey :
« Les règnes des rois des deux premières périodes sont si étroitement liés et imbriqués qu’il est impossible qu’une erreur se soit glissée dans la chronologie entre l’année du bouleversement et l’année de la chute de Samarie. »
« L’exactitude de la chronologie du royaume de Juda, depuis la chute de Samarie jusqu’à la captivité, est également garantie, étant vérifiée par les longs nombres qui mesurent les intervalles entre deux événements éloignés, par exemple la période allant du 13e jour de Josias, lorsque le ministère de Jérémie a commencé, à la 4e année de Jojakim, qui est donnée comme une période de 23 ans (Jér. 25:1-3). »
Un autre point essentiel à retenir pour comprendre les détails de la chronologie est que la même année est souvent comptée deux fois, attribuée à la fois au règne du roi défunt et à celui de son successeur. C'est la pratique courante pour calculer la succession des rois d'Israël, mais pas celle des rois de Juda. Nous donnons également l'explication de ce point selon les propos du Dr Anstey :
La chronologie biblique ne prend en compte que les années entières. Elle compte une année incomplète tantôt comme une année entière, qu'elle attribue au roi sortant, tantôt comme deux années entières, dont une est attribuée au roi sortant et l'autre au roi entrant, l'année étant ainsi comptée deux fois. Il s'ensuit que la chronologie de la période ne peut être établie par simple addition des durées de règne des différents rois. Cela se démontre aisément.
« Durant la première période, la somme des règnes des six rois de Juda, de Roboam à Achazia, est de 95 ans. La somme des règnes des neuf rois d'Israël, de Jéroboam à Joram, est de 98 ans. Or, la chronologie exacte de cette période est de 90 ans. Cette différence s'explique par le fait que, dans les chiffres de 95 et 98, certaines années ont été comptabilisées deux fois. »
« Au cours de la seconde période, la somme des règnes des six rois et de la reine de Juda, d'Athalie à la sixième année d'Ézéchias, incluant l'interrègne de onze ans, est de 176 ans. La somme des règnes des dix rois d'Israël, de Jéhu à Osée, incluant les interrègnes respectifs de 22 et 8 ans, est de 175 ans, en comptant une année complète pour Zacharie et Shallum. La véritable durée de cette période est cependant de 174 ans, et l'explication de cet écart reste la même. »
« Au cours de la troisième période, la somme des règnes des six rois de Juda, de la sixième année d'Ézéchias à la troisième année de Jojakim, est de 114 ans. La chronologie exacte de cette période est également de 114 ans. »
Josaphat et ses liens avec Achab
Josaphat fut l'un des bons rois de Juda ; il est en effet écrit à son sujet que « l'Éternel était avec Josaphat, parce qu'il suivait les premières voies de son père David » (2 Chroniques 17:3) ; et de plus, que, la troisième année de son règne, il envoya des princes, des prêtres et des Lévites dans toutes les villes de Juda, avec le Livre de la Loi, pour enseigner au peuple. Par conséquent, durant cette période de son règne, la crainte de l'Éternel régnait sur tous les royaumes voisins de Juda, de sorte qu'ils ne firent pas la guerre à Josaphat (2 Chroniques 17:7-10). Mais, après quelques années, il « s'allia à Achab », qui fut le pire de tous les mauvais rois d'Israël (voir 1 Rois 16:30-34) ; et, dès lors, le récit de son règne est principalement fait de guerres et d'autres troubles. L'histoire de Josaphat semble donc avoir été écrite dans le but précis de montrer les conséquences néfastes qui peuvent découler de l'alliance, chez le peuple de Dieu, avec les impies, c'est-à-dire de l'établissement de relations intimes ou d'une cause commune avec eux. Il suffit de consulter le tableau chronologique (tableau 9) pour constater les conséquences de cette erreur du roi Josaphat. Au lieu d'une nette séparation d'avec le roi impie d'Israël et sa reine perverse Jézabel, on observe des signes manifestes d'intimité : les mêmes noms, Achazia et Joram, apparaissent dans les deux familles royales. Apparemment, Josaphat donna à un fils le nom d'Achazia, premier-né d'Achab, et Achab fit de même avec un fils, Joram, premier-né de Josaphat. De plus, Joram (de Juda) « prit pour femme la fille d’Achab » (2 Chroniques 21:6), et il en résulta qu’il surpassa en méchanceté tous les rois de Juda ; car il fit tuer tous ses frères, érigea des hauts lieux dans les montagnes de Juda et suivit les voies de la maison d’Achab, introduisant le culte licencieux de Baal et contraignant même le peuple de Juda à la fornication (2 Chroniques 21:4-13). C’est pourquoi l’Éternel frappa le peuple d’une grande plaie ; et Joram lui-même fut frappé d’une maladie abominable dont il souffrit pendant deux ans, jusqu’à ce que ses entrailles se défaillent à cause de sa maladie, et il mourut de cette maladie.
Il est évident qu'Achazia, fils de Joram de Juda, commença à régner conjointement avec son père durant les deux dernières années du règne de ce dernier, sans doute en raison de sa grave maladie. En effet, il est dit dans 2 Rois 9:29 que « la onzième année du règne de Joram, fils d'Achab, Achazia commença à régner sur Juda ». Cela correspondrait à l'année 3231, comme indiqué dans le tableau 9. Or, nous lisons dans 2 Rois 8:25-26 qu'Achazia commença à régner la douzième année du règne de Joram et régna pendant un an. Il s'agit donc manifestement du début de son règne en tant que roi unique , après la mort de son père, Joram, qui est mentionné ici. Cette même année, il rendit visite à son oncle Joram d'Israël (le frère de sa mère) alors que ce dernier était malade des suites de blessures reçues lors d'une bataille contre les Syriens (2 Rois 8:28-29).
Cet Achazia de Juda est le roi dont l'âge, tel qu'indiqué dans 2 Chroniques 22:2, le fait paraître plus âgé que son propre père. (Voir les remarques du Dr John Lightfoot, citées plus haut.) Pourtant, comme le disait Lightfoot, il y a une « sagesse admirable » dans ces apparentes « erreurs du Saint-Esprit » ; et une « douce musique » pour l'oreille ointe, là où d'autres trouveraient des « discordes ». Car à première vue, les deux passages présentent une contradiction flagrante. Dans 2 Rois 8:26, il est écrit : « Achazia avait vingt-deux ans lorsqu'il commença à régner » ; tandis que dans 2 Chroniques 22:2, on lit : « Achazia avait quarante-deux ans lorsqu'il commença à régner ».
Le Dr Anstey propose deux règles pour résoudre ce type de difficultés : « Premièrement, se référer au texte hébreu original ; deuxièmement, lire attentivement le contexte. » Il donne ici la traduction littérale de 2 Chroniques 22:2 : « Achazia avait 42 ans lorsqu’il commença à régner. » Que pouvons-nous tirer de l’expression particulière « un fils de 42 ans » ? La première année du règne d’Achazia fut 3231 (voir tableau 9). En remontant 42 ans, on arrive à 3186, année où (voir à nouveau le tableau 9) l’arrière-grand-père d’Omri Azaria, du côté maternel (Athalie, fille d’Achab), fonda la nouvelle dynastie dont Azaria de Juda était issu. « Ainsi, pour citer Anstey, de même que l’auteur sacré compte les années du royaume d’Asa à partir de la véritable origine du royaume séparé de Juda (2 Chr. 16:1), de même ici il compte les années d’Achazia à partir de l’accession de la dynastie d’Omri. »
Pourquoi ce mode de calcul inhabituel ? Pour répondre à cette question, nous suivons la deuxième règle énoncée ci-dessus et nous nous référons au contexte. Voici la traduction complète de 2 Chroniques 22:2-9, telle que donnée par Anstey :
« Achazia avait quarante-deux ans lorsqu'il commença à régner ; il régna un an à Jérusalem. Sa mère s'appelait Athalie, fille d'Omri. Il suivit les voies de la maison d'Achab et fit le mal comme eux. La destruction d'Achazia fut la volonté de Dieu, car il s'était rendu auprès de Joram. Il était sorti avec Joram contre Jéhu, que l'Éternel avait oint pour exterminer la maison d'Achab. Lorsque Jéhu exerça le jugement contre la maison d'Achab et trouva les princes de Juda et les fils des frères d'Achazia, il les tua. Il rechercha Achazia, qui s'était caché à Samarie. Après l'avoir tué, on l'enterra, car on disait : « C'est le fils de Josaphat, qui a cherché l'Éternel de tout son cœur. » »
On peut donc en déduire que, dans la composition du Livre des Chroniques, qui a une finalité différente de celle des Rois, puisqu'il relate l'histoire de la maison de David en lien avec la construction et l'entretien du Temple, Achazia n'est pas du tout compté comme un fils de David. « Il l'est », comme le dit Anstey,
« Fils d’ Athalie, fille d’ Achab et de Jézabel, il n’est pas de la lignée de David. Né d’Achab, il est un fils de la maison d’Omri, et à ce titre, il est « fils de quarante-deux ans », car la dynastie d’Omri dura précisément quarante-deux ans. Ce n’est pas ainsi que l’on écrit l’histoire aujourd’hui, mais c’est ainsi que les auteurs de l’Ancien Testament l’écrivaient ; et si nous voulons comprendre leurs écrits, nous devons nous mettre à leur place et ne pas imposer notre propre interprétation à leurs paroles. »
« Cette interprétation est confirmée par saint Matthieu, qui affirme que… Josaphat engendra Joram, mais non que Joram engendra Achazia, ni Joas, ni Amazias — mais seulement le quatrième dans la lignée, « Joram engendra Ozias », son arrière-arrière-petit-fils. « Que la postérité des méchants soit retranchée, et que leur nom soit effacé à la génération suivante » (Psaume 109:13). »
Élie et Élisée
Le règne d'Achab fut marqué par le ministère des grands prophètes Élie et Élisée. En eux se manifestèrent la fidélité et la grâce de Dieu. La méchanceté était à son comble en Israël. Mais lorsque l'ennemi déferle comme un torrent, l'Esprit du Seigneur dresse un étendard contre lui (Ésaïe 59:19). Plusieurs milliers d'Israélites n'étaient pas disposés à suivre les voies d'Achab ; c'est pourquoi le Seigneur suscita ces deux grands prophètes pour témoigner de son Nom en ces temps de corruption et d'apostasie quasi totales.
Vengeance exécutée par Jéhu
Cette période sombre prit fin dans un bain de sang, sous l'effet d'un ministère de jugement exécuté par Jéhu. Il accomplit sa tâche avec une extrême brutalité, faisant périr Joram (Joram) et sa mère Jézabel (2 Rois 9:21-37), ainsi que les soixante-dix fils d'Achab (10:1-7), et « tout ce qui restait de la maison d'Achab à Jizreel, tous ses grands, ses parents et ses prêtres ; il n'en laissa aucun en état » (10:11). De plus, « lorsqu'il arriva à Samarie, il fit périr tous ceux qui restaient à Achab à Samarie, jusqu'à ce qu'il l'eût exterminé, selon la parole que l'Éternel avait adressée à Élie » (10:17). Enfin, il exécuta la vengeance de Dieu sur les prêtres et les adorateurs de Baal (10:19-27). De plus, en raison des liens étroits qui unissaient Achazia, roi de Juda, et la maison d'Achab, le premier fut également impliqué dans l'extermination de la seconde, car Achazia fut tué en même temps que son oncle, Joram d'Israël (2 Rois 9:27). Dans 2 Chroniques 22:7-9, il est rapporté que « la destruction d'Achazia était la volonté de Dieu , qui vint trouver Joram. Arrivé sur place, il sortit avec Joram contre Jéhu, fils de Nimshi, que l'Éternel avait oint pour exterminer la maison d'Achab. Or, lorsque Jéhu exécuta le jugement contre la maison d'Achab et trouva les princes de Juda et les fils des frères d'Achazia, il les tua. Il rechercha ensuite Achazia, qui s'était caché à Samarie et fut capturé et amené à Jéhu. Après l'avoir tué, ils l'enterrèrent. »
Cette exécution de la colère divine par Jéhu marque une étape décisive dans l'histoire des deux royaumes concomitamment représentés de Juda et d'Israël, car les deux trônes devinrent vacants simultanément, suite à la même exécution du juste jugement de Dieu. Jéhu accéda au trône d'Israël, mais Juda connut de nouvelles épreuves et humiliations. Car « lorsqu'Athalie, mère d'Achazia, vit que son fils était mort, elle se leva et fit périr toute la descendance royale de la maison de Juda ». Ainsi, l'extermination de la maison de David aurait été aussi totale que celle de la maison d'Achab ; mais Josabath, fille du roi, enleva Joas, le nourrisson d'Achazia, et le cacha à Athalie, qui ne le tua pas (2 Chroniques 22:11-12).
Ainsi commence la seconde période avec le roi Jéhu, féroce et impétueux, sur le trône d'Israël, et une femme, fille de la maison d'Achab, à la tête de Juda. Telle fut la conséquence de l'intimité de Josaphat avec le roi impie d'Israël.
LE ROYAUME DIVISÉ : SECONDE PÉRIODE, JUSQU'À LA CHUTE DE LA SAMARIE
La seconde période du royaume divisé s'étend jusqu'à la chute de Samarie (la fin du royaume du Nord), qui eut lieu la sixième année du règne d'Ézéchias, roi de Juda. Les principaux événements datés de cette période figurent dans le tableau suivant :
TABLEAU X
| Événements | Juda | Israël | An. Hom. | av. J.-C. |
| L'accession d'Athalie et de Jéhu (voir tableau précédent). | Athalie | Jéhu | 3232 | 814 |
| Athalie régna 6 ans et, la septième année, elle fut tuée et fut remplacée par Joas (appelé Joas dans 2 Rois 12:1 ; 2 Rois 11:4-16). | Joash | 3239 | 807 | |
| Jéhu régna 28 ans (2 Rois 10:36) et fut remplacé par son fils, Joachaz, la 23e année de Joas (2 Rois 13:1). | Joachaz | 3261 | 785 | |
| La même année, Joas incita les prêtres à réparer le Temple (2 Rois 12:6,7). | " | " | ||
| La 37e année de Joas, Joas commença à régner sur Israël (en tant que co-roi avec Joachaz ; 2 Rois 13: 9,10). | Joas (co-Rex) | 3275 | 771 | |
| La 40e année de Joas, Joachaz, roi d'Israël, mourut et Joas régna comme seul roi (2 Rois 13: 9,10). | Joas (roi unique) | 3278 | 768 | |
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Amazias succéda à son père Joas comme roi de Juda la deuxième année du règne de Joas d'Israël (2 Rois 12:21 ; 14:1, 2). |
Amaziah | 3279 | 767 | |
| La quinzième année du règne d'Amazias, Jéroboam II régna comme roi d'Israël (2 Rois 14:16, 23). Il régna 41 ans. | Jéroboam II | 3293 | 753 | |
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Amazias, roi de Juda, vécut quinze ans après la mort de Joas, roi d'Israël (2 Rois 14:17), et mourut |
3308 | 738 | ||
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Amazias n'eut pas de successeur immédiat, car Ozias n'accéda au trône que la 27e année du règne de Jéroboam II. Il y eut donc un interrègne de onze ans. |
Interrègne | 3308 | 738 | |
| Ozias (Azariah) commence à régner la 27ème année de Jéroboam II (2 Rois 14 : 21 ; 15 : 1,2). | Ozias (d'Azaria) | 3319 | 727 | |
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Après la 41e année de Jéroboam II, le trône d'Israël est manifestement resté vacant pendant 22 ans, car Zacharie n'est monté sur le trône que la 38e année d'Ozias (2 Rois 14:29 ; 15:8). |
Interrègne | 3334 | 712 | |
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Zacharie règne 6 mois en Israël. |
Zacharie | 3356 | 690 | |
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Shallum règne 1 mois, et Menahem lui succède (2 Rois 15:10-17) et règne 10 ans. |
Shallum Menahem |
3357 | 689 | |
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Jotham est nommé souverain durant les dernières années d'Ozias (2 Rois 15:5 ; 2 Chroniques 26:21). |
Jotham (en tant que juge) | 3367 | 679 | |
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Pékahiah règne la cinquantième année du règne d'Ozias (2 Rois 15:22-23). Pékah conspire contre Pékahiah, le tue et règne à sa place (2 Rois 15:25-27). |
Pekahiah Pekah |
3368 3370 |
678 676 |
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La grande vision d'Isaïe (Is. 6:1). La mort d'Ozias. |
3371 | 675 | ||
| Jotham succède à Ozias la 2ème année de Péka (2 Rois 15:32, 33). | Jotham (en tant que roi) | 3371 | 675 | |
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Achaz succède à Jotham la 17e année de Pékah (2 Rois 15: 38 ; 16:1,2). |
Ahaz | 3386 | 660 | |
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La prophétie d'Isaïe, Éphraïm sera brisé dans 65 ans (Is. 7:8). |
3387 | 659 | ||
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Osée tua Pékah la 20e année de Jotham, mais ne fut fait roi que la 12e année d'Achaz (voir explication ci-dessous) (2 Rois 15:30 ; 17:1). |
Interrègne | 3390 | 656 | |
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Osée devient roi d'Israël. |
Osée | 3398 | 648 | |
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L'accession d'Ézéchias comme co-roi avec Achaz, la 3e année d'Osée (2 Rois 16:20 ; 18:1,2). |
Ézéchias | 3401 | 645 | |
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Mort d'Achaz. La prophétie d'Isaïe contre les Philistins (Isaïe 14:28). |
3402 | 644 | ||
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Ézéchias comme seul roi. |
3403 | 643 | ||
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Salmanazar assiège Samarie (2 Rois 18:9). |
3404 | 642 | ||
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Samarie prise. Fin du royaume d'Israël (2 Rois 18:10). |
3406 | 640 |
Le tableau ci-dessus couvre une période de 174 ans. Il débute avec l'avènement d'une nouvelle dynastie en Israël, celle de Jéhu, qui renversa et extermina la maison d'Omri et éradiqua le culte de Baal. En récompense de ce service, l'Éternel promit à Jéhu que ses descendants de la quatrième génération siégeraient sur le trône d'Israël (2 Rois 10:30). Ce tableau montre que cette promesse fut accomplie, car quatre rois descendirent de Jéhu : Joachaz, Joas, Jéroboam II et Zacharie.
Mais il est écrit que « Jéhu ne prit aucun soin de suivre de tout son cœur la loi de l’Éternel, le Dieu d’Israël ; car il ne se détourna pas des péchés de Jéroboam qui avaient entraîné Israël dans le péché » (2 Rois 10:31). C’est pourquoi « en ces jours-là, l’Éternel commença à exterminer les extrémités d’Israël ; et Hazaël les frappa sur tout le territoire d’Israël, depuis le Jourdain à l’orient, dans tout le pays de Galaad, chez les Gadites et chez les Rubénites » (2 Rois 10:32-33).
Cette seconde période commence en Juda avec une reine usurpatrice, fille de la maison d'Achab, sur le trône, et sans aucun descendant royal de la maison de David, si ce n'est un nourrisson d'un an. Pourtant, Dieu ne permit pas que cette lignée s'interrompe, mais préserva la fragile vie dont elle dépendait.
La septième année du règne d'Athalie, le prêtre Jehoïada instaura une grande révolution politique. Le jeune Joas, alors âgé de sept ans, fut proclamé roi et Athalie fut mise à mort (2 Rois 11:1-16). Parallèlement, Jehoïada suscita un grand renouveau religieux : il conclut une alliance entre l'Éternel, le roi et le peuple, affirmant qu'ils seraient le peuple de l'Éternel. Il fit démolir le temple de Baal, ses autels et ses idoles, et tua Mattan, le prêtre de Baal (2 Rois 11:17-18). Il fut également le mentor du jeune roi, car « Joas fit ce qui est droit aux yeux de l'Éternel, tous les jours où Jehoïada l'instruisit » (2 Rois 12:2). Jehoïada vécut jusqu'à l'âge de 130 ans et fut enterré avec les honneurs royaux parmi les rois dans la cité de David, « parce qu'il avait fait du bien en Israël, tant envers Dieu qu'envers sa maison » (2 Chr. 24:16).
Après la mort de Jehoïada, Joas se détourna complètement de l'Éternel. Car lui et tous les princes de Juda abandonnèrent le temple et se livrèrent au culte des idoles et des bosquets sacrés ; c'est pourquoi « la colère s'abattit sur Juda et Jérusalem à cause de leur transgression » (2 Chroniques 24:17-18). De plus, lorsque l'Éternel leur envoya des prophètes pour les ramener à lui, ils refusèrent de les écouter. Zacharie, fils de Jehoïada, les réprimanda, et ils complotèrent contre lui, le lapidant dans la cour du temple. C'est pourquoi le roi de Syrie vint et fit exterminer tous les princes du peuple. Ils exécutèrent ainsi le jugement contre Joas. Après leur départ (car ils l'avaient laissé souffrant d'une grave maladie), ses propres serviteurs complotèrent contre lui pour venger la mort des fils du prêtre Jehoïada et le tuèrent sur son lit (2 Chroniques 24:19-25). Ainsi, les effets néfastes de « l’affinité » de Josaphat avec Achab s’étendirent jusqu’à la quatrième génération.
Joas eut pour successeur son fils Amazias, qui fit également du bon travail dans la première partie de son règne de 29 ans, mais vers la fin, il introduisit le culte des dieux des Édomites, c'est pourquoi Dieu permit qu'il soit vaincu par Joas, roi d'Israël, après quoi une conspiration fut faite contre lui, et il fut tué (2 Chr. 25).
L'Interrègne
D'après les passages du texte (2 Rois 14:17 et 2 Rois 15:1), le trône de Juda est resté vacant pendant onze ans, entre la mort d'Amazias et l'accession au trône de son fils Ozias (ou Azaria, comme il est appelé dans le Deuxième Livre des Rois). Ceci est corroboré par le fait qu'« Amazias vécut quinze ans après la mort de Joas, roi d'Israël » (2 Rois 14:17). Cette année correspond à An. Hom. 3308 (voir Tableau 10). Ozias n'accéda au trône que la vingt-septième année du règne de Jéroboam II (2 Rois 15:1). La mort de Joas eut lieu en 3293. En ajoutant vingt-sept ans, on obtient l'année 3319 (selon le calendrier israélite inclusif) comme année de l'accession au trône d'Ozias. Ainsi, entre 3308 et 3319, le trône de Juda resta vacant pendant onze ans. Si Ozias ne fut pas couronné roi plus tôt, c'est parce qu'il n'avait que seize ans lorsqu'il accéda au trône, ce qui signifie qu'il n'avait que cinq ans à la mort de son père, Amazias.
Il y eut également un interrègne en Israël entre le règne de Jéroboam II et celui de Zacharie ; car la 41e année de Jéroboam, qui fut sa dernière, coïncida avec la 15e année d'Ozias, roi de Juda, et Zacharie ne succéda que la 38e année d'Ozias (2 Rois 14:29 ; 15:8), ce qui représente un intervalle de 22 ans.
C’est sous le règne de Jéroboam II que Jonas, fils d’Aniittaï, de Gath-Hépher, prophétisa (2 Rois 14:25). C’étaient des jours de grande affliction en Israël (v. 26). C’était l’époque du tremblement de terre, deux ans avant lequel Amos, le berger de Tekoa, avait prophétisé (Amos 1:1).
La « vingtième » année de Jotham
Dans 2 Rois 15:30, on trouve une affirmation qui soulève ce qu'Anstey appelle « l'une des énigmes les plus intéressantes, et en même temps les plus éclairantes, de la chronologie de cette période ». Il est dit qu'Osée a conspiré contre Pékah, l'a tué et a régné à sa place, « la vingtième année du règne de Jotham, fils d'Ozias ». Or, Jotham n'a régné que seize ans ; il semblerait donc, comme l'a dit Lightfoot, que « Jotham ait régné quatre ans après son enterrement ». Pourtant, cette affirmation est parfaitement chronologiquement correcte, car la mort de Pékah a bien eu lieu la vingtième année après l'accession au trône de Jotham. Dès lors, la question se pose : pourquoi cet événement est-il daté du début du règne de Jotham, et non de celui d'Achaz, qui régnait déjà depuis quatre ans ? Pourquoi l'auteur du Deuxième Livre des Rois a-t-il ignoré l'accession au trône d'Achaz ? La raison en est l'extrême perversité du roi Achaz, à cause de laquelle « l'Éternel abaissa Juda ». Car Achaz « mit Juda à nu et pécha gravement contre l'Éternel ». « Il offrit des sacrifices aux dieux de Damas », ce qui « causa sa ruine et celle de tout Israël ». Il « ferma les portes du temple de l'Éternel et lui dressa des autels à tous les coins de Jérusalem. Dans chaque ville de Juda, il érigea des hauts lieux pour brûler de l'encens à d'autres dieux et provoquer la colère de l'Éternel, le Dieu de ses pères » (2 Chroniques 28:19-25). Ceci explique pourquoi l'accession au trône d'Achaz est ignorée dans 2 Rois 15:30. Comme le dit John Lightfoot : « Le Saint-Esprit préfère se fier au saint Jotham dans sa tombe plutôt qu'au méchant Achaz vivant. »
Le règne d'Achaz
Le roi Achaz, père d'Ézéchias, régna seize ans et fit le mal du début à la fin. « Car il suivit les voies des rois d'Israël et fit des idoles de métal fondu pour Baal. De plus, il brûla de l'encens dans la vallée de Ben-Hinnom et fit brûler ses enfants par le feu, selon les abominations des nations » (2 Chroniques 28:1-4). « C'est pourquoi l'Éternel, son Dieu, le livra entre les mains du roi de Syrie ; et ceux-ci le frappèrent, emmenèrent captifs un grand nombre d'entre eux et les conduisirent à Damas. Il fut aussi livré entre les mains du roi d'Israël, qui le frappa d'une grande hécatombe. Car Pékah, fils de Remalia, fit tuer en Juda cent vingt mille hommes en un seul jour, tous des hommes vaillants, parce qu'ils avaient abandonné l'Éternel, le Dieu de leurs pères » (2 Chroniques 28:5-6).
Isaïe avait prophétisé, durant les hostilités entre Juda et Retsin, roi de Syrie, et Pékah, roi d'Israël, que leur tentative de prendre Jérusalem échouerait. Il transmit également un message à Achaz par le nom symbolique de son fils, Shear jashub, qui signifie « le reste reviendra » (Isaïe 7:1-8). Apparemment, l'accomplissement immédiat de cette prophétie fut la libération, par les hommes de Pékah (rencontrés par le prophète Oded, par qui le Seigneur leur avait transmis un message), des 200 000 captifs (femmes et enfants compris) qu'ils avaient emmenés hors de Juda (2 Chroniques 28:8-15).
C’est à cette époque que Dieu, par la bouche d’Isaïe, chercha à ramener le roi Achaz à lui et à l’amener à lui faire confiance, en lui demandant de solliciter un signe du Seigneur, soit dans les profondeurs, soit dans les hauteurs. Mais Achaz était si endurci qu’il refusa même de mettre Dieu à l’épreuve de cette manière. Ceci provoqua la prophétie de la naissance virginale du Christ, que Dieu adressa non pas à Achaz personnellement, mais à « la maison de David », dont Achaz était le représentant, en disant : « Écoutez, maison de David ! Est-ce peu de chose pour vous de fatiguer les hommes, ou bien fatiguerez-vous aussi mon Dieu ? C’est pourquoi le Seigneur lui-même vous donnera un signe : Voici, la vierge concevra et enfantera un fils, et on lui donnera le nom d’Emmanuel » (Isaïe 7.10-14). Il s’agit de la première prophétie citée dans le Nouveau Testament (Hébreux 1.20-23), et elle est, bien entendu, d’une importance fondamentale. Ce texte prédit le grand événement vers lequel la chronologie biblique menait : la venue du Christ. Il déclare en outre que le Fils qui devait naître d’une vierge de la lignée de David était Dieu lui-même, venu à l’image des hommes pour leur salut. Mais, et c’est ce qui nous intéresse le plus, il affirme que même si les hommes de la lignée de David étaient tous aussi inaptes à régner que le roi Achaz, Dieu susciterait néanmoins un sauveur dans la lignée de son serviteur David, en permettant à une vierge de concevoir et de donner naissance à un Fils qui sauverait son peuple de ses péchés.
Il est écrit : « À cette époque, le roi Achaz envoya des messagers aux rois d’Assyrie pour leur demander de l’aide. Car l’Éternel avait abaissé Juda à cause d’Achaz. » Cependant, le roi d’Assyrie « le frappa, mais ne le fortifia pas. Et au temps de sa détresse, il pécha encore davantage contre l’Éternel : c’est ce roi Achaz » (2 Chroniques 28:16-22). La vie d’Achaz fut si mauvaise qu’on ne l’enterra pas dans les sépulcres des rois.
La période couverte par ce chapitre (de l'accession de Jéhu au trône d'Israël à la disparition du royaume du Nord) est marquée par les prophètes – Isaïe, Joël, Osée et d'autres – par lesquels Dieu, dans sa fidélité, adressa à son peuple des avertissements pressants et solennels, « se levant de bon matin et les envoyant », cherchant ainsi à les détourner de leurs voies perverses qui les menaient rapidement à leur perte, et à les ramener à lui. Mais la situation générale se dégradait, et elle atteignit son paroxysme sous le règne du roi Achaz. Le redressement sous le règne d'Ézéchias fut éphémère ; et même le jugement qui s'abattit sur le royaume d'Israël ne parvint pas à endiguer la vague d'apostasie en Juda.
Si le peuple avait obéi à la loi, il n'aurait pas été nécessaire de lui envoyer des prophètes. Leur envoi était donc le signe d'un état de perversité au sein du peuple. Leurs messages véhiculaient tous une réprimande pour les péchés du peuple, des avertissements sur les conséquences de la persistance dans le mal et des appels pressants à la repentance et au retour au Seigneur.
L'ÉCHEC DE SEPT ROIS DE JUDA IMPORTANTS
Les rois d'Israël étaient, sans exception, des hommes pervers et impies, entièrement adonnés à l'idolâtrie et à la débauche. Leurs méfaits et leurs actes sont relatés dans les Écritures, sans aucune tentative de dissimulation ni d'atténuation. Jamais les annales d'un royaume n'ont été écrites ainsi par un chroniqueur humain ; ce qui constitue, dans cet aspect remarquable de l'histoire biblique, une preuve supplémentaire de l'inspiration divine des Saintes Écritures.
L'histoire de la lignée des rois de Juda se caractérise par une vérité sans fard, bien qu'il y ait eu, humainement parlant, une incitation à glorifier la maison de David en dissimulant les fautes et en exaltant les vertus de ses descendants. De certains rois de Juda, il est affirmé sans ambages qu'ils étaient des hommes pervers ; et d'autres, qui ont suivi le Seigneur, leurs échecs et leurs égarements sont relatés avec autant d'impartialité que leurs vertus.
En survolant rapidement la carrière des rois les plus éminents de la lignée de David, nous pouvons en tirer de précieux enseignements et des avertissements salutaires et impressionnants.
Dans ses « dernières paroles » (2 Samuel 23:1-7), David avait déclaré, inspiré par Dieu, ce qu'il exigeait de ceux qui gouvernent les hommes : « Le Dieu d'Israël a dit, le Rocher d'Israël m'a parlé : Celui qui gouverne les hommes doit être juste, et gouverner dans la crainte de Dieu. » Prophète, David avait pressenti et prédit l'échec de sa propre lignée, car il poursuivit : « Même si ma maison n'est pas ainsi devant Dieu, il a néanmoins fait avec moi une alliance éternelle, ordonnée et sûre en toutes choses. »
L'histoire ultérieure de la lignée de David confirme pleinement cette prophétie, démontrant clairement que sa maison n'était pas « aussi bien vue de Dieu ». À maintes reprises, nous lisons l'histoire d'un roi qui, après avoir bien commencé, a continué pendant un temps plus ou moins long à suivre « les premières voies de son père David », c'est-à-dire dans la crainte de Dieu et selon sa loi, mais qui, par la suite, s'en est éloigné, certains d'une manière, d'autres d'une autre. Passons brièvement en revue les exemples les plus marquants.
1. Salomon, aimé de Dieu, commença son règne avec succès ; Dieu le combla de richesses et d'honneurs, si bien que son royaume fut renommé plus que tous les autres royaumes du monde pour sa gloire et sa magnificence. Car « le roi Salomon surpassait tous les rois de la terre en richesses et en sagesse ». « Le roi fit que l'argent abonde à Jérusalem, comme les pierres, et que le cèdre y pousse en abondance, comme les sycomores de la vallée » (1 Rois 10:23, 27). « Tous les vases à boire du roi Salomon étaient d'or, et tous les ustensiles de la maison de la forêt du Liban étaient d'or pur ; il n'y avait point d'argent, car cela n'avait aucune valeur au temps de Salomon » (1 Rois 10:21).
Mais Salomon manqua à l'essentiel : obéir à la loi de l'Éternel. Moïse avait expressément dit, concernant celui qui serait choisi comme roi : « Il ne possédera pas un grand nombre de chevaux , et il ne fera pas descendre le peuple en Égypte pour en acquérir davantage. Il ne possédera pas non plus un grand nombre de femmes , de peur que son cœur ne se détourne ; il n'accumulera pas non plus en grande quantité l'argent et l'or. Lorsqu'il sera assis sur le trône de son royaume, il se fera écrire une copie de cette loi dans un livre, d'après celle qui est devant les prêtres, les Lévites ; ce livre sera avec lui, et il le lira tous les jours de sa vie, afin d'apprendre à craindre l'Éternel, son Dieu, et à observer et mettre en pratique toutes les paroles et les ordonnances de cette loi. » (Deutéronome 17:14-20).
Salomon a violé la loi de la manière la plus flagrante, en omettant les trois points expressément mentionnés dans le passage biblique cité précédemment. Nous avons déjà cité les passages qui relatent comment il amassa une fortune considérable en argent et en or ; et nous lisons également que « Salomon aima de nombreuses femmes étrangères (avec la fille de Pharaon) * * Il eut sept cents épouses, princesses, et trois cents concubines ; et ses femmes détournèrent son cœur. Car, lorsque Salomon fut vieux, ses femmes détournèrent son cœur vers d’autres dieux » (1 Rois 11:1-8). De plus, il est écrit que « Salomon avait quarante mille écuries pour ses chevaux et douze mille cavaliers » (1 Rois 4:26). « Salomon rassembla des chars et des cavaliers ; il avait mille quatre cents chars et douze mille cavaliers, qu’il distribua dans les villes comme conducteurs de chars et auprès du roi à Jérusalem. Un char montait d’Égypte pour six cents sicles d’argent et un cheval pour cent cinquante » (1 Rois 10:26-29). À cause de cette désobéissance flagrante, le Seigneur sépara les dix tribus du royaume de David.
2. Le roi Asa commença lui aussi bien son règne. Il « fit ce qui est droit aux yeux de l’Éternel, comme David son père. Il chassa du pays les homosexuels et fit disparaître toutes les idoles que ses pères avaient fabriquées » (1 Rois 15:11-15). De plus, il « ordonna à Juda de rechercher l’Éternel, le Dieu de leurs pères, et d’observer la loi et les commandements. Il fit aussi disparaître de toutes les villes de Juda les hauts lieux et les idoles ; et le royaume fut en paix devant lui » (2 Chroniques 14:3-5). « Il apporta dans la maison de Dieu les objets que son père avait consacrés, et qu’il avait lui-même consacrés : de l’argent, de l’or et des vases » (2 Chroniques 15:18). Ainsi, Asa évita le péché d’accumuler l’or et l’argent et consacra ces biens précieux à l’Éternel. C’est pourquoi l’Éternel le combla de prospérité et lui accorda la paix de tous côtés. De plus, lorsque les Éthiopiens et les Loubains l'attaquèrent avec une immense armée, et qu'Asa implora l'Éternel de l'aider, celui-ci frappa ses ennemis devant lui, si bien qu'ils furent anéantis devant les hommes de Juda ; et ils emportèrent un butin considérable (2 Chroniques 14:7-15). Cependant, plus tard, lorsque Baasha marcha contre Asa avec une armée relativement réduite, Asa sortit l'argent et l'or du trésor de l'Éternel afin d'obtenir l'aide du roi de Syrie, se tournant ainsi non seulement vers un homme, mais troquant en réalité les biens précieux de l'Éternel pour se les procurer. Qui plus est, lorsque Dieu envoya un prophète pour le réprimander, il entra dans une grande colère et le fit jeter en prison. Enfin, lorsque Dieu le châtia en l'affligeant d'une maladie, Asa, malade, ne s'adressa pas à l'Éternel, mais aux médecins (2 Chroniques 16:1-14). Ainsi, en Asa, nous avons l’exemple de quelqu’un qui connaissait le Seigneur et qui, « pourtant », dans la difficulté et la maladie, s’est tourné vers l’homme pour obtenir de l’aide, déshonorant ainsi le Seigneur.
3. Josaphat, encore une fois, nous retrouvons un roi qui commença bien et régna bien pendant un certain temps. Nous avons déjà dressé un tableau suffisamment complet de la carrière de ce bon roi. Aussi, pour notre propos, il nous suffit de souligner que l'erreur de Josaphat était de nature différente de celle de ses ancêtres, Asa et Salomon. Elle consista à s'allier avec Achab, le roi d'Israël, profondément corrompu, allant jusqu'à lui dire : « Je suis comme toi, mon peuple comme ton peuple, et nous serons avec toi à la guerre » (2 Chroniques 18:1-3). Cette amitié avec son voisin impie causa bien plus de tort à la maison de David et au peuple de Juda que les pires souffrances qu'Achab aurait pu leur infliger en leur menant une guerre incessante. Ainsi, la carrière de Josaphat nous enseigne l'importance capitale, pour le peuple de Dieu, de se séparer du monde. Car « l’amitié du monde est inimitié contre Dieu » (Jacques 4:4). Josaphat, contrairement à Salomon, n’a pas multiplié les épouses, les chevaux, l’argent et l’or. Il n’a pas non plus, comme Asa, négligé de chercher l’Éternel dans le besoin (voir 2 Chroniques 18:4). Mais il s’est « mis sous un joug inégal avec des incrédules » ; il a fait alliance avec l’injustice et s’est joint à la cause des hommes de Bélial (2 Corinthiens 6:14-17) ; et par là, il a attiré le malheur sur lui-même et sur sa descendance pendant quatre générations (Exode 20:4).
4. Joas était un roi qui, dès son enfance, bénéficia de la piété et de l'instruction qu'il reçut sous la tutelle du prêtre Jehoïada. Il est ainsi écrit : « Joas fit ce qui est droit aux yeux de l’Éternel, pendant tout le temps où le prêtre Jehoïada était en fonction » (2 Chroniques 24:2). Mais il semble que les actions louables de Joas fussent dues à la forte influence de Jehoïada. Rien n'indique que le cœur de Joas ait jamais changé. Car, « après la mort de Jehoïada, les princes de Juda vinrent se prosterner devant le roi. Le roi les écouta ; et ils abandonnèrent la maison de l’Éternel, le Dieu de leurs pères, et servirent les bosquets sacrés et les idoles ; et la colère s’abattit sur Juda et sur Jérusalem à cause de leur transgression » (2 Chroniques 24:17-18). De plus, le peuple de Joas lapida le prophète que Dieu avait envoyé pour les reprendre. Joas fit preuve d'une ingratitude extrême envers la maison de son bienfaiteur, Jehoïada, en tuant son fils. Il fut alors affligé de « graves maladies », et « ses propres serviteurs, par vengeance contre lui, le tuèrent sur son lit, et il mourut. On l'enterra dans la cité de David, mais non dans les sépulcres des rois » (2 Chroniques 24:20-25). L'histoire de Joas nous enseigne qu'une bonne éducation et les saines influences morales, bien qu'essentielles, n'ont qu'une action extérieure et restent vaines sans l' œuvre intérieure du « bain de la régénération et du renouvellement du Saint-Esprit » (Tite 3:5). Sans cela, cela arrivera sûrement « selon le vrai proverbe : Le chien retourne à son vomissement, et la truie lavée se vautre dans la boue » (2 Pierre 2:22).
5. Amatsia, fils de Joas, était de ceux qui « firent ce qui était droit aux yeux de l’Éternel, mais sans un cœur parfait » (2 Chroniques 25:2). Il obéit à la voix du prophète en renvoyant l’armée d’Israël qu’il avait engagée pour le secourir ; Dieu lui accorda alors la victoire sur les Édomites. Pourtant, à son retour de la victoire, il ramena leurs dieux avec lui, « les dressa comme ses dieux, se prosterna devant eux et leur offrit de l’encens. C’est pourquoi la colère de l’Éternel s’enflamma contre Amatsia, et il lui envoya un prophète qui lui dit : Pourquoi as-tu recherché les dieux d’un peuple qui n’a pas pu délivrer son propre peuple de ta main ? » (2 Chroniques 25:6-15). Amatsia refusa cependant d’entendre ce reproche et fit taire le messager de Dieu ; et lorsqu’il tenta de faire la guerre au roi d’Israël, il fut vaincu. La fin de son règne est relatée ainsi : « Après qu’Amazias se fut détourné de l’Éternel, on complota contre lui à Jérusalem ; il s’enfuit à Lakish, mais on envoya des hommes à sa poursuite à Lakish, et là on le tua » (2 Chroniques 25:27). L’histoire de ce roi nous révèle la propension naturelle de l’homme à se tourner vers les idoles et à placer sa confiance en toute créature plutôt qu’en le Dieu vivant. La folie de se fier aux dieux d’une nation incapable de la sauver est manifeste. Or, tels furent les dieux que ce descendant du roi David fit siens. Rappelons-nous les derniers mots de la première épître de Jean, qui, parlant du Seigneur Jésus-Christ, dit : « Voici le vrai Dieu et la vie éternelle. Petits enfants, gardez-vous des idoles » (1 Jean 5:20-21).
6. Le règne d'Ozias fut le deuxième plus long de tous les rois, cinquante-deux ans (Manassé régna cinquante-cinq ans). « Il fit ce qui est droit aux yeux de l'Éternel, comme avait fait Amasias, son père. Il rechercha Dieu au temps de Zacharie, qui avait la connaissance des visions de Dieu ; et tant qu'il rechercha l'Éternel, Dieu le fit prospérer » (2 Chroniques 26:4-5). « Mais lorsqu'il fut devenu puissant, son cœur s'enorgueillit, ce qui causa sa perte ; car il se rebella contre l'Éternel et entra dans le temple de l'Éternel pour brûler de l'encens sur l'autel des parfums » (verset 16). Ce fut le péché d' orgueil et de présomption. Car Ozias ne se contenta pas des honneurs du trône, mais convoita aussi ceux du sacerdoce. Or, « nul ne s'arroge cet honneur, sinon celui qui est appelé de Dieu, comme Aaron » (Hébreux 5:4). Dieu a strictement séparé les fonctions de roi et de prêtre. Ce n'est qu'en Jésus-Christ qu'elles sont unies. Ainsi, parmi tous les personnages de l'Ancien Testament, aucun n'était à la fois roi et prêtre, excepté Melchisédek, en qui les deux fonctions n'étaient réunies que pour qu'il préfigure le Christ dans son sacerdoce royal et éternel (Hébreux 7:1-3). C'est pourquoi Ozias fut frappé de lèpre pour son orgueil et dut vivre à l'écart, « dans une maison séparée », jusqu'à sa mort (2 Chroniques 26:17-21). Ainsi, Ozias nous sert d'avertissement contre l'orgueil pécheur du cœur humain. L'homme est pécheur, et la lèpre est une figure du péché. Il peut habilement dissimuler la corruption de son cœur à ses semblables, mais « Dieu regarde au cœur », et tout est nu et découvert aux yeux de celui à qui nous devons rendre des comptes. Nul ne peut s'approcher de la présence d'un Dieu saint, si ce n'est ceux qui sont appelés et rendus dignes de sa présence par l'Expiation qu'il a accomplie. Lorsqu'Ozias transgressa cette règle, qui protège la sainteté de la présence de Dieu, ce qui était dans son cœur fut révélé à tous ; et alors « lui-même se hâta de sortir » (v. 21). Si les autres pouvaient voir ce qui est dans nos cœurs, nous fuirions la lumière du jour.
7. Enfin, en Ézéchias, nous avons sans doute le meilleur de tous les rois de la lignée de David, après David lui-même ; car il est écrit qu’« il fit ce qui est droit aux yeux de l’Éternel, conformément à tout ce qu’avait fait David, son père » (2 Chroniques 29:2). « Il se confia en l’Éternel, le Dieu d’Israël ; de sorte qu’après lui, il n’y eut point de roi semblable à lui parmi tous les rois de Juda, ni aucun qui lui ait été antérieur. Car il s’attacha à l’Éternel, et ne s’écarta point de sa volonté, mais garda ses commandements, que l’Éternel avait donnés à Moïse. L’Éternel était avec lui, et il réussissait partout où il allait » (2 Rois 18:5-7). Nous aborderons plus tard les principaux événements de son règne. Pour l’instant, nous nous contenterons de mentionner sa conduite lors de l’épisode des ambassadeurs de Babylone, venus féliciter leur roi après la guérison d’Ézéchias d’une maladie mortelle, grâce à l’action directe de Dieu en réponse à leurs prières. Cet épisode est relaté à trois reprises (2 Rois 20:1219 ; 2 Chroniques 32:24-31 ; Isaïe 39:1-8). Dans le récit de 2 Chroniques 32, il est dit qu'Ézéchias, après sa guérison miraculeuse alors qu'il était malade à l'article de la mort, « ne rendit pas grâce pour le bienfait qu'il avait reçu ; car son cœur s'était enorgueilli, et la colère d'Ézéchias s'abattit sur Juda et Jérusalem » (v. 25). Son ingratitude et son manquement résidaient dans le fait que, lorsque ces ambassadeurs païens de haut rang vinrent lui rendre hommage, il ne glorifia pas le Seigneur qui l'avait guéri, mais exhiba ce qui contribuait à sa propre gloire. Car « il leur montra toute la maison de ses objets précieux, l’argent et l’or, les aromates et l’huile précieuse, toute la maison de ses armes et tout ce qui se trouvait dans ses trésors ; il n’y avait rien dans sa maison ni dans tout son empire qu’Ézéchias ne leur ait montré » (2 Rois 20:13). En tout cela, pas un mot ne loua ni ne glorifia Dieu. Dans 2 Chroniques 32:31, on trouve ce commentaire : « Toutefois, au sujet des ambassadeurs des princes de Babylone, envoyés auprès de lui pour s’enquérir du prodige qui s’était accompli dans le pays, Dieu le laissa pour l’éprouver, afin de connaître ce qui était dans son cœur. » Le péché d’ingratitude était déjà « dans son cœur », mais il n’en avait pas conscience. Un tel péché est pourtant très grave chez celui que Dieu a comblé des richesses de sa grâce et de sa miséricorde. C’est pourquoi Dieu « l’abandonna », afin que ce qui était dans son cœur puisse sortir, comme ce fut le cas pour Ozias. Avec combien d’insistance devons-nous donc prier sans cesse : « Ne nous soumets pas à la tentation ! »
Nous avons ici sous les yeux un ensemble complet de sept rois typiques de Juda, illustrant les diverses manières dont celui qui « progressait bien » peut faiblir, trébucher ou s’égarer. Nous ne pouvons formuler de commentaire plus pertinent ni plus juste sur ces récits inspirés, écrits pour notre instruction, que celui de l’apôtre Paul qui, parlant des leçons que recèlent les figures de l’Ancien Testament, a dit : « Ainsi donc, que celui qui croit être debout prenne garde de tomber » (1 Corinthiens 10:12).
Pour tous ces rois, c'est la prospérité et le confort qui ont causé leur chute. On peut donc les comparer au cas de leur père David, dont la vie fut marquée par les épreuves, les persécutions et les afflictions sous le règne de Saül, puis par les conflits et les troubles familiaux après son accession au trône. Mais en toutes circonstances, il demeura humble, modeste, compatissant, soumis à la volonté de Dieu et toujours rempli de reconnaissance et de louanges envers le Rocher de son salut. C'est ainsi que David connut une belle fin ; car « il mourut dans une vieillesse heureuse, comblé de jours, de richesses et d'honneur » (1 Chroniques 29:28). Que ceux d'entre nous qui sont d'un âge avancé recherchent sans cesse la grâce afin de bien finir leur vie ; et que notre ambition soit celle de l'apôtre qui disait : « Je ne tiens pas à ma vie, pourvu que j'achève ma course dans la joie » (Actes 20:24).
LE ROYAUME DE JUDA, DE LA CHUTE DE SAMARIE À LA CAPTIVITÉ
De la chute de Samarie, la sixième année du règne d'Ézéchias, à la prise et à la destruction de Jérusalem par Nabuchodonosor, la onzième (et dernière) année du règne de Sédécias, s'étend une période de 131 ans. Le tableau suivant présente les principaux événements de cette période.
TABLEAU XI
| Événements | Rois de Juda | An. Hom. | av. J.-C. |
| Chute de Samarie la 6e année d'Ézéchias (2 Rois 18:10). | Ézéchias | 3406 | 640 |
| La quatorzième année du règne d'Ézéchias, Juda fut envahi par les Assyriens de Sennachérib ; les villes fortifiées furent prises (2 Rois 18,13) et Jérusalem assiégée. Mais l'armée assyrienne fut vaincue par l'ange du Seigneur (2 Rois 18,17-19,36). | 3415 | 631 | |
| La même année eut lieu la maladie d'Ézéchias et sa guérison, ainsi que la visite des ambassadeurs de Mérodach Baladan, roi de Babylone (2 Rois 20, 1-20). Sargon envoya Tartan à Ashdod et s'en empara (Ésaïe 20, 1 ; 2 Rois 18, 17). Tout cela se passa la quatorzième année du règne d'Ézéchias. | " | " | |
| Dieu, en réponse à la prière, ajouta 15 ans à la vie d'Ézéchias, qui mourut et fut remplacé par Manassé (2 Rois 20:21) après avoir régné 29 ans. | Manassé | 3429 | 617 |
| Isaïe avait prophétisé (Isaïe 7:8) au temps d'Achaz qu'en soixante-cinq ans, Éphraïm serait brisé et ne serait plus un peuple. Soixante-cinq ans après l'accession au trône d'Achaz, nous arrivons au temps d'Ésar-Haddon, et il est rapporté dans Esdras 4:2 que les « adversaires » avaient été transportés en Palestine par Ésar-Haddon. Soixante-cinq ans après la première année d'Achaz, | 3452 | 594 | |
| Manassé régna 55 ans et fut remplacé par son fils Amon (2 Rois 21:1,18). | Amon | 3484 | 562 |
| Amon régna 2 ans, et fut tué par des serviteurs qui conspirèrent contre lui, et fut remplacé par Josias (3 Rois 21:23-26). | Josias | 3486 | 560 |
| Josias, dans la 8e année de son règne, « alors qu’il était encore jeune » (16 ans), « commença à rechercher le Dieu de David, son père » (2 Chr. 34:3). | 3494 | 552 | |
| La douzième année de son règne, il commença à purifier Juda et Jérusalem des lieux de culte idolâtre. | 3498 | 548 | |
| Le prophète Jérémie commença à prophétiser la treizième année du règne de Josias. Il prophétisa pendant vingt-trois ans, jusqu'à la quatrième année du règne de Sédécias (Jér. 1:2 ; 25:3). Ceci établit la chronologie de cette période : le début de la prophétie de Jérémie. | 3499 | 547 | |
| La purification de Juda et de Jérusalem (qui dura 6 ans) fut achevée. | 3504 | 542 | |
| La même année (la 18e du règne de Josias), la restauration du Temple commença. Le Livre de la Loi fut retrouvé et lu à Josias, dont la conscience fut profondément troublée par les paroles de la Loi, en raison de l'abandon de celle-ci par le peuple. Josias interrogea alors l'Éternel à ce sujet (2 Chroniques 34:8-21). | 3504 | 542 | |
| La même année (la 18e de Josias) fut célébrée la grande Pâque, au sujet de laquelle il est écrit : « Il n’y avait pas eu de Pâque semblable à celle célébrée en Israël, depuis l’époque de Samuel, le prophète ; et tous les rois d’Israël n’avaient pas célébré une Pâque telle que celle que Josias célébra » (2 Chr. 35:18,19). | " | " | |
| Josias, après avoir régné 31 ans, fut tué au combat par le pharaon Nécho, roi d'Égypte, et son fils Joachaz lui succéda (2 Chroniques 36:1), qui régna trois mois. | Joachaz | 3517 | 529 |
| Joachaz fut emmené captif en Égypte, son frère Éliaqim fut placé sur le trône par le pharaon Nécho, et son nom fut changé en Jojakim (2 Chr.36:2-4). | Joiaqim | 3517 | 529 |
| La troisième année du règne de Jojakim, Nabuchodonosor commença à régner comme co-roi (Daniel 1:1). Ce fut l'année de la captivité de Daniel et de ses trois compagnons, point de départ des soixante-dix ans de captivité prédits par Jérémie (Jérémie 25:11, 12 ; Daniel 9:2). | 3520 | 526 | |
|
Nabuchodonosor commença à régner seul la quatrième année du règne de Jojakim (Jér. 25:1-3). Cette même année, Jérémie prophétisa que toutes les nations seraient asservies au roi de Babylone pendant soixante-dix ans, après quoi il serait puni (Jér. 25:11-12). Ceci situe la chute de Babylone par Darius et Cyrus. D'autres prophéties de Jérémie de cette même année se trouvent dans Jér. 25:1-38 ; 27:6-7 ; 36:1-2 ; 45:1-5 ; 46:2. |
3521 | 525 | |
| La cinquième année du règne de Jojakim (la deuxième de Nabuchodonosor comme seul roi), Daniel interpréta le rêve de Nabuchodonosor concernant la Grande Image d'Or, d'Argent, de Bronze, de Fer et d'Argile. | 3522 | 524 | |
| La même année, Jojakim se rebella contre Nabuchodonosor, après l'avoir servi pendant 3 ans (2 Rois 24:1). | " | " | |
| La même année, Jojakim coupa le rouleau du livre avec un canif et le brûla au feu (Jér. 36:22, 23). | " | " | |
| La 7e année de Nabuchodonosor, il fit prisonniers 3023 Juifs (Jér. 52:28). | 3527 | 519 | |
| La huitième année du règne de Nabuchodonosor, Jojakim mourut et fut remplacé par Jojakin, qui ne régna que trois mois. Nabuchodonosor assiégea Jérusalem, emmena Jojakin à Babylone avec d'autres captifs et le butin du Temple (2 Rois 24:8-16). Il nomma Mattaniah (l'oncle de Jojakin) à sa place et changea son nom en Sédécias (2 Rois 24:17). |
Jehoiachin
(Jeconiah-Coniah)
Sédécias |
3528
" |
518
" |
| Ézéchiel fut emmené avec Jojakin et date ses prophéties de l'année de la captivité de Jojakin (voir Ézéchiel 1:2 ; 40:1). | 3528 | 518 | |
| Mardochée fut également emmené en captivité (Esth. 2:5, 6). | " | " | |
| Ézéchiel commence à prophétiser la cinquième année de la captivité de Jojakin (Ézéchiel 1:2). | 3532 | 514 | |
| La même année (qui était la quatrième de Sédécias), Hanania prononça sa fausse prophétie et mourut sous la main de Dieu (Jér. 28:1-17). | " | " | |
| La vision d'Ézéchiel du départ de la Gloire de Dieu du Temple (Ézéchiel 8:1). | 3533 | 513 | |
| Dieu refuse d'être interrogé (Ézéchiel 20:1-3). | 3534 | 512 | |
| Nabuchodonosor assiégea Jérusalem le 10 du mois de Sédécias, le 9e jour (2 Rois 25:1; Jér. 39:1; 52:4). | 3537 | 509 | |
| Jérémie achète le champ de son oncle pendant que Nabuchodonosor assiège Jérusalem. Jérémie est emprisonné par Sédécias (Jér. 32:1-13). | 3538 | 508 | |
| La fin des prophéties de Jérémie (les 40 ans d'Ézéchiel — Ézéchiel 4:5, 6). | " | " | |
| Ézéchiel prophétise cette même année contre Tyr (26:1); contre Pharaon (30:21); et contre l'Égypte (31:1). | " | " | |
| La onzième année du règne de Sédécias, la famine ravagea Jérusalem, et la ville fut dévastée (2 Rois 25:1-4 ; Jérémie 39:2). La même année, Nebuzarada incendia le Temple et en détruisit les murailles ; les habitants de Jérusalem furent emmenés en captivité (Jérémie 1:3). Quelqu'un vint trouver Ézéchiel et lui annonça : « La ville est frappée » (Ézéchiel 33:21) ; Ézéchiel déplora le sort du Pharaon et de l'Égypte (Ézéchiel 32:1 ; 32:17). | 3539 | 507 | |
| FIN DU ROYAUME DE JUDA, 11e année de Sédécias (2 Rois 24:18). | 3539 | 507 |
Nous commenterons brièvement certains événements de la période couverte par le tableau précédent :
Le début du règne d'Ézéchias contrastait fortement avec celui de son père Achaz. Dès la première année de son règne, il ouvrit les portes du temple et ordonna aux prêtres et aux Lévites de se sanctifier et de purifier le temple. Cela fut fait en huit jours. Ézéchias rassembla alors les chefs, se rendit au temple et y offrit de nombreux sacrifices et offrandes. Il chargea également les Lévites de louer l'Éternel avec les instruments de David et les prêtres de le louer avec les trompettes (2 Chroniques 29). De plus, Ézéchias envoya des messagers à tout le reste d'Israël qui n'avait pas été déporté ; il écrivit notamment à Éphraïm et à Manassé, leur demandant de venir au temple de Jérusalem pour y célébrer la Pâque en l'honneur de l'Éternel, le Dieu d'Israël. Mais bien qu’« ils se moquèrent d’eux (les messagers d’Ézéchias) et les raillèrent, des hommes d’Aser, de Manassé et de Zabulon s’humilièrent et vinrent à Jérusalem » (2 Chroniques 30:1-11). C’est pourquoi Dieu eut pitié de Juda à cette époque et lui épargna le sort qui avait frappé le royaume du Nord aux mains des Assyriens la sixième année du règne d’Ézéchias.
À ce propos, il convient de s'intéresser au message d'Osée, qui prophétisa également sous les règnes d'Ozias, de Jotham, d'Achaz et d'Ézéchias, rois de Juda, et de Jéroboam II, roi d'Israël. Osée eut trois enfants, chacun portant un nom prophétique. Le premier, Jezréel, signifie « la moisson de Dieu », symbolisant le jugement absolu de Dieu sur la maison de Jéhu (Osée 1:4 ; accompli en 2 Rois 15:10). Le second, Lo-Ruhama, signifie « Je n'aurai pas pitié ». Cela signifiait que Dieu n'aurait plus pitié de la maison d'Israël et l'anéantirait complètement (Osée 1:6). « Mais, dit Dieu, j'aurai pitié de la maison de Juda et je la sauverai par l'Éternel, son Dieu ; je ne la sauverai ni par l'arc, ni par l'épée, ni par la guerre, ni par les chevaux, ni par les cavaliers » (Osée 1:6-7).
Cette prophétie remarquable s'est accomplie avec la défaite des armées de Sennachérib, qui avaient encerclé les murs de Jérusalem et dont les généraux envoyèrent des messages provocateurs et insultants à Ézéchias. Ce dernier les répandit.
Devant l'Éternel, le roi et le prophète Isaïe « prièrent et crièrent vers le ciel. L'Éternel envoya un ange qui extermina tous les vaillants guerriers, les chefs et les capitaines du camp du roi d'Assyrie ; celui-ci retourna, honteux, dans son pays » (2 Chroniques 32:1-21). Cet événement important est relaté plus en détail dans Isaïe, chapitres 36 et 37. On y trouve également la réponse de Dieu à la prière d'Ézéchias, à qui Dieu dit : « Car je protégerai cette ville pour la sauver, à cause de moi-même et à cause de mon serviteur David. Alors l'ange de l'Éternel sortit et frappa dans le camp des Assyriens cent quatre-vingt-cinq mille hommes » (Isaïe 37:35-36). C'était la quatorzième année du règne d'Ézéchias (Isaïe 36:1). La destruction de l'armée de Sennachérib par un ange, « un puissant », avait été prédite par Isaïe (Ch. 10:34).
Cette même année survint la maladie d'Ézéchias, qui le menaça de mort. Dieu le guérit en réponse à ses prières. On connaît cette date car Ézéchias régna 29 ans (2 Chroniques 29:1), et puisque Dieu ajouta 15 ans à sa vie (2 Rois 20:6), il s'ensuit que la maladie eut lieu durant sa 14e année de règne. S'ensuivit le malheureux épisode des ambassadeurs babyloniens, que nous avons déjà évoqué.
Manassé, fils et successeur d'Ézéchias, naquit trois ans après la guérison de son père, car il avait douze ans lorsqu'il commença à régner (2 Rois 21:1).
La troisième campagne de Sennachérib
Parmi les tablettes récemment exhumées en Assyrie figure un cylindre hexagonal contenant des récits des campagnes militaires de Sennachérib. À la lumière de la Bible, on peut constater que ces récits sont authentiques et exacts, bien qu'écrits, bien entendu, de manière à glorifier au maximum ce monarque orgueilleux et à rehausser le prestige de son règne. Le récit de sa troisième campagne mérite d'être cité afin de le comparer au récit biblique inspiré.
Quant à Ézéchias de Juda, qui n'avait pas cédé à mon joug, j'ai assiégé et pris quarante-six de ses villes fortes, ainsi que d'innombrables forteresses et bourgades qui en dépendaient, en renversant leurs murailles et en les attaquant de front, à l'aide de machines de guerre et de béliers. J'en ai fait sortir et j'ai compté comme butin deux cent cent cent cinquante personnes, grands et petits, hommes et femmes, sans compter les mules, les ânes, les chameaux, les bœufs et les moutons. Ézéchias lui-même, je l'ai enfermé comme un oiseau en cage à Jérusalem, sa ville royale. J'ai construit une ligne de fortifications contre lui et je l'ai empêché de sortir par la grande porte de sa ville. J'ai arraché à son territoire les villes que j'avais pillées et je les ai données à Mentinti, roi d'Ashdod ; à Padi, roi d'Ekron ; et à Zil-Baal, roi de Gaza ; et j'ai réduit son pays à néant. À leur tribut et à leurs offrandes annuelles, j'ai ajouté Je leur imposa d'autres tributs et l'hommage dû à ma majesté. La crainte de la grandeur de ma majesté submergea Ézéchias, et il envoya à ma suite, à Ninive, ma ville royale, en guise de présent et de tribut, les Arabes et sa garde – qu'il avait amenés pour la défense de sa ville royale, Jérusalem, et qu'il avait pourvus d'une solde, ainsi que de 30 talents d'or, 800 talents d'argent pur, des escarboucles et autres pierres précieuses, un lit d'ivoire, des trônes d'ivoire, une peau d'éléphant, une défense d'éléphant, des bois précieux de toutes sortes, un immense trésor, ainsi que les eunuques de son palais, et des danseurs et danseuses. Il envoya également son ambassadeur pour rendre hommage et se soumettre.
Il est vrai, comme indiqué dans 2 Rois 18:13-16, qu'Ézéchias se soumit d'abord à Sennachérib ; car on lit qu'il « attribua à Ézéchias, roi de Juda, trois cents talents d'argent et trente talents d'or ; et Ézéchias lui donna tout l'argent qui se trouvait dans la maison de l'Éternel et dans les trésors du palais royal. À cette époque, Ézéchias fit enlever l'or des portes du temple de l'Éternel et des colonnes qu'il avait fait recouvrir, et le donna au roi d'Assyrie. »
Il est aisé, cependant, de déduire, entre les lignes de l'inscription citée plus haut, que Jérusalem ne fut pas prise. Mais l'inscription reste étrangement muette quant à la raison pour laquelle Sennachérib leva le siège de Jérusalem et retourna dans son pays. L'interprétation de cette inscription est particulièrement intéressante à la lumière de 2 Chroniques 32 et d'Isaïe 36, 37.
Ces inscriptions assyriennes ne sont pas datées.
Manassé et Amon
Le règne de Manassé, bien que le plus long de tous les rois (55 ans, 3429-3484), mérite peu d'attention. Il commença à régner à l'âge de douze ans, « mais il fit ce qui est mal aux yeux de l'Éternel, semblable aux abominations des nations ». Car il rebâtit les hauts lieux qu'Ézéchias avait détruits ; il fit passer ses enfants par le feu ; il eut recours à la magie et à la sorcellerie, consulta un esprit et des devins ; et il installa dans la maison de Dieu une idole qu'il avait fait sculpter. L'Éternel parla à Manassé et à son peuple, mais ils n'écoutèrent pas (ibid., 3-10). C'est pourquoi l'Éternel envoya contre eux l'armée des Assyriens, qui capturèrent Manassé et l'emmenèrent enchaîné à Babylone. Cependant, dans sa détresse, il s'humilia profondément et implora l'Éternel, qui le retint et le ramena à Jérusalem. « Alors Manassé reconnut que l’Éternel est Dieu » ; et ensuite il retira l’idole de la maison de l’Éternel et fit d’autres réformes (id. 11-19).
Son fils Amon régna seulement deux ans (3484-3486), durant lesquels il fit ce qui était mal aux yeux de l’Éternel ; et, de plus, « il ne s’humilia point devant l’Éternel, comme son père Manassé s’était humilié ; mais Amon pécha de plus en plus » (2 Chroniques 33:21-23). C’est pourquoi ses serviteurs conspirèrent contre lui et le tuèrent dans sa propre maison (v. 24).
Règne de Josias
Il est rapporté que, la huitième année de son règne, alors qu'il était encore jeune (à seize ans), Josias commença à rechercher l'Éternel (2 Chroniques 34:3) et purifia Juda et Jérusalem de l'idolâtrie. La dix-huitième année de son règne, il fit restaurer le temple de l'Éternel. Pendant ces travaux, le prêtre Hilkiah découvrit un exemplaire du Livre de la Loi. De toute évidence, durant les soixante-quinze années écoulées depuis la mort d'Ézéchias, la Parole de Dieu avait été oubliée du roi, des prêtres et du peuple. Cependant, lorsque Josias entendit les paroles du Livre, il s'humilia profondément et envoya consulter l'Éternel pour ceux qui restaient d'Israël et de Juda. « Car, dit-il, grande est la colère de l’Éternel qui s’est déversée sur nous, parce que nos pères n’ont pas gardé la parole de l’Éternel, en faisant tout ce qui est écrit dans ce livre » (2 Chroniques 34:121). La réponse qui lui parvint par l’intermédiaire de la prophétesse Houlda, consultée par ses serviteurs, lui fit comprendre que l’Éternel ferait certainement s’abattre sur ce pays et sur ses habitants toutes les malédictions écrites dans le livre ; mais, comme le cœur de Josias était sensible et qu’il s’humiliait en entendant les paroles de l’Éternel, le malheur fut différé jusqu’à sa mort.
De plus, Josias monta à Béthel, où Jéroboam avait institué le culte du veau d'or, et y accomplit une prophétie prononcée environ 350 ans auparavant par l'homme de Dieu venu de Juda pour s'élever contre l'autel, et qui avait dit (1 Rois 13:10) : « Autel, autel ! Ainsi parle le Seigneur : Voici, un enfant naîtra à la maison de David, nommé Josias ; sur toi, il offrira en sacrifice les prêtres des hauts lieux qui brûlent de l'encens, et sur toi, on brûlera des ossements humains. » (Pour l'accomplissement, voir 2 Rois 23:15-18).
La dix-huitième année de son règne (3505), Josias célébra une Pâque des plus solennelles « selon la parole de l’Éternel transmise par Moïse » (2 Chroniques 35:6). Il est rapporté à ce sujet qu’« il n’y avait pas eu de Pâque semblable à celle-ci en Israël, depuis l’époque du prophète Samuel ; aucun roi d’Israël n’avait célébré une Pâque pareille à celle de Josias, ni les prêtres, ni les Lévites, ni tout Juda et Israël présents, ni les habitants de Jérusalem. Cette Pâque fut célébrée la dix-huitième année du règne de Josias » (ibid., 18-19).
Joachaz, Jojakim, Jehoichin, Sédécias
À peine Josias mort (3517), le royaume de Juda commença à décliner. Joachaz (également appelé Shallum), qui succéda à son père, ne régna que trois mois avant d'être déposé par le pharaon Nécho, roi d'Égypte, qui plaça son frère Éliakim sur le trône et changea son nom en Jojakim. Nécho emmena Joachaz captif en Égypte.
Jojakim régna onze ans. Son caractère pervers et ses actes sont décrits dans la prophétie de Jérémie. Son attitude envers la parole de Dieu était rebelle et provocatrice, à l'opposé de celle de son père Josias. Cette attitude se manifesta particulièrement lors de l'épisode relaté en Jérémie 36:9-32. Lorsque Jehudi lut à Jojakim les paroles de Dieu transmises par Jérémie et inscrites sur un rouleau, le roi, avec son canif, découpa les feuilles au fur et à mesure de la lecture et les jeta dans le feu devant lequel il se trouvait dans sa demeure d'hiver. C'était la cinquième année de son règne (v. 9), l'année même où Jojakim se rebella contre Nabuchodonosor après l'avoir servi pendant trois ans (2 Rois 24:1).
Les prophéties de Jérémie prononcées sous le règne de Jojakim sont trop longues pour être citées ici, ni même décrites ; il convient toutefois de les lire dans le cadre de l’étude de cette partie de la chronologie biblique. Nous évoquerons brièvement l’importante prophétie de Jérémie 22, où Dieu parle directement des trois rois : Joachaz, Jojakim et Jojakin.
Au sujet de Shallum (Joachaz), il a dit :
« Ne pleurez pas les morts » — c’est-à-dire Josias, qui venait de mourir — « mais pleurez amèrement sur celui qui s’en va ( c’est-à-dire Joachaz) ; car il ne reviendra plus et ne reverra plus son pays natal. Car ainsi parle l’Éternel au sujet de Shallum, fils de Josias, roi de Juda, qui régna à la place de Josias son père, et qui quitta ce lieu : il n’y retournera plus ; mais il mourra au lieu où on l’a emmené captif ( c’est-à-dire en Égypte) et ne reverra plus ce pays » (Jér. 22:10-12).
Nous savons ainsi que Joachaz mourut captif en Égypte. Son caractère injuste et cupide est décrit dans les versets 13 à 17, par opposition à celui de son père, Josias.
Au sujet de Jojakim, son frère et successeur, ces paroles furent prononcées :
« C’est pourquoi, ainsi parle l’Éternel au sujet de Jojakim, fils de Josias, roi de Juda : On ne le pleurera pas en disant : Ah ! mon frère ! ou Ah ! ma sœur ! On ne le pleurera pas en disant : Ah ! Seigneur ! ou Ah ! sa gloire ! Il sera enterré comme on enterre un âne, traîné et jeté hors des portes de Jérusalem » (Jér 22:18, 19).
Au sujet de Jehoiakin (également appelé Jekonia et Conia), ces paroles furent prononcées :
« Aussi vrai que je suis vivant, déclare le Seigneur, même si Coniah, fils de Jojakim, roi de Juda, était le sceau sur ma main droite, je t’en arracherais. Je te livrerai entre les mains de ceux qui en veulent à ta vie, entre les mains de ceux dont tu crains la face, entre les mains de Nabuchodonosor, roi de Babylone, et entre les mains des Chaldéens. Je te chasserai, toi et ta mère qui t’a enfanté, dans un autre pays où vous n’êtes pas nés, et là vous mourrez. Quant au pays où ils désirent retourner, ils n’y retourneront pas. »
Cet homme, Coniah, est-il une idole brisée et méprisée ? Est-il un vase sans intérêt ? Pourquoi sont-ils chassés, lui et sa descendance, et exilés dans un pays inconnu ? Ô terre, terre, terre ! Écoutez la parole du Seigneur : Ainsi parle le Seigneur : Inscrivez cet homme comme sans descendance, un homme qui ne prospérera pas de son vivant ; car aucun de ses descendants ne prospérera en siégeant sur le trône de David, et en régnant plus sur Juda. (Jér. 22:24-30)
Il s'agit d'une prophétie très importante, à laquelle il convient d'accorder une attention particulière. Jojakin fut le dernier descendant direct de David à occuper le trône ; car Mattania, que Nabuchodonosor plaça sur le trône comme son vassal et rebaptisa Sédécias, était le frère du père de Jojakin (2 Rois 24:17) ; or, Sédécias ne figure pas dans la généalogie de Matthieu 1. Ainsi, la lignée de David s'éteint, en tant que lignée régnante, par la parole solennelle et le serment du Seigneur qu'aucun descendant du dernier occupant ne puisse siéger sur le trône de David ni régner plus jamais sur Juda. Mais, compte tenu de cela, on peut se demander ce qu'il advient alors du serment que Dieu a fait à David, disant : « Je l'ai juré à David, mon serviteur : j'établirai ta descendance pour toujours, et j'affermirai ton trône de génération en génération » (Psaume 89:3, 4, 35, 36) ? Et encore : « L'Éternel l'a juré à David en toute vérité : il ne s'en détournera pas ; je ferai asseoir sur ton trône un fruit de tes entrailles » (Psaume 132:11) ? Et encore, après que Jojakin eut été emmené à Babylone, le Seigneur dit :
« David ne manquera jamais d’un homme pour siéger sur le trône de la maison d’Israël ; […] Ainsi parle le Seigneur : Si vous pouvez rompre mon alliance du jour et mon alliance de la nuit, et faire qu’il n’y ait plus ni jour ni nuit en leur temps, alors mon alliance avec David, mon serviteur, sera aussi rompue, afin qu’il n’ait pas de fils pour régner sur son trône » (Jér. 33:17-21).
Il est d'un intérêt capital de retracer l'accomplissement complet de ces deux lignes prophétiques concernant David et sa maison, qui semblent à première vue se contredire.
La généalogie de la lignée royale fut soigneusement préservée et est relatée dans Matthieu 1, depuis Abraham et David (les deux piliers de l'Évangile selon l'Ancien Testament) jusqu'à Joseph, fiancé de Marie, de qui naquit le Christ. Cette lignée passe par Jehoïachin (Jéconias), mais, selon la Parole de Dieu dans Jérémie 22:30, aucun de ses descendants ne devait siéger sur le trône de David ni régner davantage en Juda. Cette parole, cependant, n'exclut pas Jésus-Christ, car il n'était pas « de la lignée » de Jekonia, étant né d'une vierge, la descendance de la femme. Mais il naquit sous le toit de Joseph, fils de Jekonia, héritier du trône et de celle que Joseph avait fiancée. Par conséquent, selon la loi d'Israël, il avait droit au trône.
L'autre prophétie, qui promettait le trône à la descendance de David pour toujours, s'accomplit également en ce que Marie, la mère de Jésus-Christ, était de la maison de David, mais sa descendance (donnée dans Luc 3) ne vient pas de Jekonia et des autres rois de Juda, mais de Nathan, fils de David, frère cadet de Salomon, Nathan étant également fils de Bethsabée (1 Chroniques 3:5).
La parole sévère de Dieu concernant Coniah, selon laquelle, bien qu'il fût un sceau sur sa main, il l'enlèverait (Jér. 22:24), doit être comparée à sa parole gracieuse envers le petit-fils de Coniah, Zorobabel (pour la relation, voir Mat. 1:12), qui reconstruisit le Temple, et à qui Dieu dit : « En ce jour-là, je te prendrai, Zorobabel, fils de Shealtiel, dit l'Éternel, et je ferai de toi un sceau, car je t'ai choisi, dit l'Éternel » (Aggée 2:23).
De nombreux événements importants se sont produits durant les onze années du règne de Sédécias ; mais ils sont suffisamment détaillés dans le tableau ; nous n’y reviendrons donc pas. Nous évoquerons seulement une prophétie (celle d’Ézéchiel 21) d’une importance exceptionnelle, car elle annonçait la ruine d’Israël par Nabuchodonosor et la chute de Sédécias. On y trouve ces mots :
« J’ai dressé la pointe de l’épée contre toutes leurs portes, afin que leur cœur défaille et que leurs ruines se multiplient. Ah ! elle est affûtée, elle est aiguisée (marg.) pour le carnage. »
« Et toi, prince impie et impie d’Israël (Sédécias), dont le jour est venu, où l’iniquité prendra fin, ainsi parle le Seigneur Dieu : ôte le diadème, et ôte la couronne ; rien ne sera plus comme avant. Exalte celui qui est humble, et abaisse celui qui est élevé. Je renverserai, renverserai, renverserai tout ; et rien n’existera plus, jusqu’à ce que vienne celui à qui appartient le droit ; et je le lui donnerai. »
Il fut donc décrété que la couronne serait ôtée, le trône de David renversé, et qu'aucun membre de sa lignée ne porterait la couronne jusqu'à ce que Jésus-Christ, issu de la descendance de David, soit ressuscité des morts et couronné au ciel, Roi du Royaume des cieux, « le Roi éternel, immortel, invisible, le seul Dieu sage, à qui soient l'honneur et la gloire aux siècles des siècles. Amen » (1 Timothée 1:17).
Le psaume 89 est une prophétie concernant David et sa maison. On pourrait l'intituler à juste titre « Les bienfaits assurés de David », car il contient une promesse septuple de la perpétuité de la miséricorde divine envers l'élu.
Mais, à partir du verset 30, Dieu déclare clairement : « Si ses enfants abandonnent ma loi et ne suivent pas mes ordonnances, s’ils transgressent mes statuts et n’observent pas mes commandements, alors je punirai leur transgression par la verge et leur iniquité par les coups. » Cette prophétie s’est accomplie à maintes reprises dans l’histoire des rois de Juda. Mais un châtiment encore plus sévère était nécessaire ; et dans les versets 38 à 47 du Psaume, nous trouvons une merveilleuse prophétie de la longue période (plus de cinq cents ans) durant laquelle la maison de David fut humiliée. Avec une profonde douleur, le prophète dit : « Mais tu as rejeté et abhorré ton oint, tu t’es irrité contre lui. Tu as annulé l’alliance de ton serviteur. […] Tu as fait cesser sa gloire et tu as renversé son trône à terre. »
Néanmoins, Dieu n’a jamais oublié qu’il avait conclu avec David « une alliance éternelle, ordonnée en toutes choses et sûre » (2 Sam. 23:5).
LA CAPTIVITÉ ET LE RETOUR « VERS LE MESSIE »
Le véritable début de la captivité remonte à l'an 3520, lorsque Daniel et d'autres furent emmenés captifs à Babylone, la troisième année du règne de Jojakim (Daniel 1:1). Anstey situe les soixante-dix ans mentionnés en Jérémie 25:11-12 et Daniel 9:2 à partir de cette date (voir tableau 11). Dès lors, nous devons considérer deux périodes dont les mesures nous sont données prophétiquement, et non historiquement. La première est une période de soixante-dix ans, annoncée en Jérémie 25:11-12 et Daniel 9:2 ; la seconde, une période de soixante- dix semaines d'années, annoncée par l'ange Gabriel en Daniel 9:24-27. La période la plus longue commence là où la plus courte s'achève, c'est-à-dire avec le décret important de Cyrus (Esdras 1:1-4), qui mit fin à la captivité des Juifs et marqua le début de leur existence en tant que nation. Les soixante-dix-sept (« semaines ») d’années constituent la mesure de cette seconde période de l’histoire juive jusqu’à la crucifixion et la résurrection du « Messie » incluses.
Dans notre tableau précédent (11), nous avons présenté la chronologie jusqu'à la fin du règne de Sédécias, afin de compléter l'histoire des rois de Juda. Nous commençons donc notre prochain et dernier tableau à ce point.
TABLEAU XII
|
Événements |
An. Hom. | av. J.-C. |
| Sédécias emmené en captivité | 3539 | 507 |
|
La vision d'Ézéchiel de la nouvelle terre, de la ville et du temple (14e année après la destruction de la ville) voir Ézéchiel 40:1. |
3552 | 494 |
| Le méchant Merodach, roi de Babylone (successeur de Nabuchodonosor), fit sortir de prison Jojakin et plaça son trône au-dessus des trônes des rois qui étaient avec lui à Babylone (2 Rois 25:27 ; Jérémie 52:31). | 3564 | 482 |
| La première année de Balthazar (qui succéda au méchant Merodach), Daniel reçut la vision des quatre bêtes (Dan. 7:1). | 3584 | 462 |
| La troisième année de Balthazar, la vision du bélier et du bouc fut donnée à Daniel (Dan. 8:1). | 3586 | 460 |
| Le royaume fut conquis par Darius le Mède, et la ville de Babylone par Cyrus (Daniel 5:26-31), comme l'avait prédit Isaïe (Isaïe 45:1-4). Darius et Cyrus régnèrent conjointement. La vision des soixante-dix semaines fut donnée à Daniel (Daniel 9:1). | 3587 | 459 |
| Cyrus devient roi unique. Dès sa première année de règne, il proclame la libération des Juifs captifs et leur donne la permission de « monter et de rebâtir le temple » (Esdras 1:1-4). Cette année marque la fin des soixante-dix ans de captivité et le début des soixante- dix périodes de sept ans « décrétées » pour le peuple de Daniel et sa ville sainte, afin de mettre fin à la transgression, etc. (Daniel 9:24). | 3589 | 457 |
| Au cours du septième mois de l'année mentionnée précédemment (le 1er janvier de Cyrus, An. Hom. 3589), le peuple se rassembla à Jérusalem comme un seul homme. Mais ce n'est que « la deuxième année après leur arrivée à la maison de Dieu à Jérusalem, au deuxième mois », qu'ils commencèrent « à mettre en œuvre les travaux de la maison de l'Éternel » (Esdras 3:1-8). (Ces sept mois furent sans doute nécessaires à la construction de leurs habitations.) Ainsi, nous connaissons la date du début de la construction du second Temple. | 3590 | 456 |
| La troisième année du règne de Cyrus (Daniel 10:1), Daniel eut la vision relatée dans les chapitres 10 à 12 de sa prophétie. Il y apprit que trois rois de Perse se lèveraient après Cyrus et que le quatrième serait bien plus riche que tous les autres (Daniel 11:2). Ce quatrième roi était le monarque Xerxès, d'une richesse fabuleuse, qui « souleva tous les peuples contre le royaume de Grèce ». Le « puissant roi » qui lui succéda, et dont le royaume fut brisé et dispersé aux quatre vents du ciel, mais non laissé à sa descendance, était Alexandre le Grand, dont le royaume fut partagé entre ses quatre généraux. Cette vision eut lieu la troisième année du règne de Cyrus. | 3591 | 455 |
| À compter du décret de Cyrus, la première année de son règne, il devait s'écouler « sept semaines, puis soixante-deux semaines jusqu'à l'avènement du Messie, le Prince » (Daniel 9:25). Ces « sept semaines » (49 ans) correspondent apparemment à la durée des « temps difficiles » durant lesquels la rue et les remparts de la ville devaient être construits. Ceci nous amène, (en incluant l'année de la promulgation du décret) à l'année | 3637 | 409 |
| De la première année de Cyrus « jusqu'au Christ », c'est-à-dire (comme on le verra plus loin) jusqu'à son baptême, il s'est écoulé 483 ans, ce qui nous amène à l'année 4071 ; et puisque le Seigneur commençait alors à avoir 30 ans, nous avons pour l'année de sa naissance (4071 - 30 =). | 4041 | 5 |
| Ajoutez 30 ans à son baptême (15e année du règne de Tibère César) = | 4071 |
26 ap. J.-C. |
| Ajoutez 3 ans et demi à sa crucifixion, sa résurrection et son ascension, ainsi qu'à la venue du Saint-Esprit, ce qui nous donne, comme année de ces grands événements, = | 4075 | 30 |
La datation de la crucifixion en l'an 30 après J.-C. est, selon Clinton, et selon la quasi-totalité des chronologistes modernes qui attribuent 3 ans et demi à son ministère, basée sur ce qui apparaît dans l'Évangile de Jean.
John Lightfoot déclare à ce sujet :
« Des quatre évangélistes, Jean est le plus ponctuel. Mieux encore, il est ponctuel uniquement pour relater les fêtes qui se sont déroulées entre l'entrée du Christ dans son ministère public lors de son baptême et le moment de sa mort, cette période renommée et significative d'une demi-semaine d'années, comme on les appelle dans Daniel 9:27, soit trois ans et demi, pendant laquelle le Christ a accompli son ministère et réalisé la Rédemption. »
La fin et le but de la chronologie
Ainsi s'achève la chronologie biblique. Le Messie est venu à la plénitude des temps. Il est venu chez les siens, et les siens ne l'ont pas reçu. Ils l'ont rejeté, l'ont trahi et, par des mains impies (celles des païens), l'ont crucifié et mis à mort. « Mais Dieu l'a ressuscité des morts. » Avec sa résurrection a commencé la Nouvelle Création.
Le décompte des années de l'histoire d'Adam, l'homme par qui le péché est entré dans le monde, et la mort par le péché, est achevé. Car la ligne de la chronologie sacrée nous a conduits à l'Homme qui est venu, à la fin des temps, abolir le péché par le sacrifice de lui-même, qui a révélé la vie et l'immortalité, et dont le royaume est sans fin, car il est « sans fin ».
John Lightfoot fait ce commentaire éclairant sur la chronologie de la Bible, montrant pourquoi elle va si loin (et avec un soin si méticuleux) et pas plus loin :
« Le Saint-Esprit établit une chronique des temps, de la Création à la Rédemption ; du commencement des temps à leur plénitude , c’est-à-dire du début du monde à la mort et à la résurrection du Christ, et à ce qui en a résulté, la Pentecôte, cinquante jours plus tard. La raison en est que, par des liens temporels successifs, Dieu voulait amener les hommes à observer comment Il comptait les années jusqu’à ce grand temps de promesse et d’espérance, et à constater aussi (une fois ce grand événement accompli) combien Dieu avait été fidèle, à travers tous les changements et les vicissitudes des temps, à tenir cette grande promesse. C’est pourquoi il a plu à Dieu, à l’époque précédant cette grande œuvre de Rédemption, de rassurer son peuple, souvent lorsqu’il tombait dans la misère, voire même avant qu’il n’y tombe, sur la durée de son affliction et de son oppression, afin qu’il continue d’espérer la délivrance, et que, par cette délivrance, il garde les yeux fixés sur la promesse et soit affermi dans la promesse de délivrance par le Christ. »
Mais maintenant que l’œuvre de la Rédemption est accomplie et que le salut est pleinement offert à tous les hommes, il n’y a plus lieu de compter les années jusqu’à un grand événement à venir. Le Rédempteur est entré dans son repos et sa gloire, après avoir par lui-même purifié nos péchés. Ce qui soutient désormais son peuple sur terre, ce n’est pas la promesse d’une délivrance à un moment précis, mais la grâce qui le fortifie dans toutes les épreuves, avec le commandement d’attendre sans cesse son retour, car il ignore à quelle heure son Seigneur viendra (Matthieu 24:42). Maintenant que la rédemption éternelle est accomplie, il n’est plus nécessaire de compter les années ni de fixer des limites temporelles. Le règne de la grâce est sans temps ni saisons.
L'ère chrétienne
L'ère chrétienne devrait logiquement commencer avec l'année de la naissance du Christ ; et, lors de sa conception, l'intention était bien de la faire débuter cette année-là. Par « ère chrétienne », on entend le système sur lequel reposent les calendriers et grâce auquel les événements historiques sont datés aujourd'hui dans la quasi-totalité du monde civilisé. Or, l'initiateur de ce système a commis une erreur de calcul quant à l'année (dans le calendrier alors en vigueur) de la naissance du Christ, ce qui a eu pour conséquence de fixer l'an 1 après J.-C. quatre ans trop tard. Autrement dit, le Seigneur Jésus avait quatre ans en l'an 1 après J.-C.
L'erreur s'est produite de la manière suivante : l'ère chrétienne (c'est -à-dire le système de datation commençant en 1 apr. J.-C.) n'a été inventée qu'en 532 apr. J.-C. Son inventeur était un moine nommé Denys le Petit. À cette époque, le système de datation couramment utilisé débutait sous l'empereur Dioclétien, en 284 apr. J.-C. Denys le Petit ne souhaitait pas associer son système de datation au nom de ce tyran et persécuteur tristement célèbre. Il conçut donc l'idée de lier son système à l'Incarnation de Jésus-Christ et de dater tous ses événements à partir de cet événement. Il souhaitait le faire, comme il l'écrivit à l'évêque Pétrone, « afin que le commencement de notre espérance nous soit mieux connu et que la cause du rétablissement de l'homme, à savoir la passion de notre Rédempteur, apparaisse avec une évidence plus claire ».
Pour la réalisation de cet excellent projet, il était nécessaire de fixer la date de l'Incarnation selon les systèmes chronologiques alors en vigueur. Les Romains faisaient débuter leur histoire à partir de la date supposée de la fondation de la ville (ah urbe condita ou AUC , abrégé en latin). Denys le Petit calcula que l' année de naissance de notre Seigneur était l' an 753 de ... On découvrit plus tard que Tibère avait commencé à régner comme collègue d'Auguste quatre ans avant la mort de ce dernier. Par conséquent, la quinzième année mentionnée par Luc était antérieure de quatre ans à celle supposée par Denys l'Ancien, et la naissance du Christ, de ce fait, était antérieure d'autant d'années à la date retenue par Exiguus, date qui a été suivie depuis. Il faut en tenir compte dans tout calcul de dates impliquant des événements antérieurs à la naissance du Christ.
Nous avons établi, selon nos calculs, que le Christ est né en l'an 4041 du calendrier grégorien. Par conséquent, sa crucifixion, survenue alors qu'il était âgé de 34 ans, se situerait en 4041 + 34 = 4075. Cela correspond à l'an 30 de notre ère. Pour obtenir la durée exacte de tout événement de notre époque à partir de l'Incarnation, il est nécessaire d'ajouter quatre ans à sa date admise. Ainsi, l'année actuelle (1922) correspond à 1926 ans après l'Incarnation. Selon nos calculs, elle serait l'an 5967 du calendrier grégorien.
Pour obtenir la date correspondante en avant J.-C. pour n'importe quel événement de l'histoire de l'Ancien Testament, il suffit de soustraire les années An. Hom. de 4046. Pour la naissance du Christ en 4041 An. Hom. et l'ère chrétienne quatre ans plus tard, alors 1 avant J.-C. serait équivalent à 4045, soit 4046 - 1.
Nous avons indiqué les dates "avant J.-C." dans nos tableaux, dans une colonne parallèle aux dates An. Hom. correspondantes.
LES « SOIXANTE-DIX SEMAINES » DE DANIEL IX — QUAND COMMENCENT-ELLES ET QUAND SE TERMINENT-ELLES ?
Des questions d'une importance capitale se posent concernant la période couverte par notre dernier tableau chronologique ; il s'agit toutefois de questions d'interprétation des Écritures, et non de questions de chronologie. Tous les exégètes s'accordent (à notre connaissance) à dire que le message apporté par Gabriel à Daniel situe la période entre le décret de restauration et de reconstruction de Jérusalem et l'avènement du Messie, le Prince, en soixante-neuf périodes de sept ans, soit 483 ans. Cependant, les avis divergent quant à deux points : d'une part, le décret qui marque le début de ce laps de temps ; d'autre part, l'événement survenu durant la vie de notre Seigneur qui marque la fin de ces 483 ans. Il est évident que, sans une détermination précise de ces deux points (le début et la fin des 483 ans), nous ne pourrons poursuivre notre chronologie jusqu'à la Croix et la Résurrection du Christ, et la chronologie si soigneusement établie pendant 3 500 ans ne pourra atteindre son but. Mais, après une étude approfondie de la question, nous sommes convaincus que les Écritures ne nous laissent aucun doute quant aux faits essentiels, mais qu'au contraire, les deux événements sont marqués et datés avec une précision remarquable. De plus, il nous apparaît clairement que les divergences d'opinions que nous avons évoquées proviennent entièrement du fait que certains de nos chronologistes et exégètes les plus éminents ont adopté les estimations erronées de Ptolémée comme fondement de leurs systèmes de datation, au lieu de se baser sur la chronologie biblique. S'étant engagés dans un schéma chronologique qui allonge l'ère de l'Empire perse d'environ 80 ans, ils ont été contraints d'interpréter les Écritures de manière à les faire concorder avec ce schéma. Puisque la période de 483 ans à partir de la première année du règne de Cyrus, si l'on accepte le tableau de Ptolémée, serait bien trop courte pour couvrir tout événement survenu durant la vie du Christ, il faut soit abandonner ce tableau, soit rechercher un décret d'un roi perse, bien plus proche de Jésus, qui servirait de point de départ aux Soixante-dix Semaines de Daniel. Le problème ne réside donc pas dans une quelconque incertitude des Écritures, mais dans le fait que les exégètes se sont détournés des Écritures et ont adopté, pour les 500 années précédant immédiatement la venue du Christ, une chronologie imparfaite fondée sur des traditions païennes.
Nous avons déjà longuement abordé* les nombreuses questions intéressantes soulevées par la prophétie des soixante-dix semaines ; nous n’y reviendrons donc pas ici. Il convient toutefois de présenter en détail les principaux arguments qui ont motivé nos conclusions, afin que les lecteurs de ce livre puissent les examiner à la lumière des Écritures.
*Voir Les Soixante-dix Semaines et la Grande Tribulation.
Nos principales conclusions sont les suivantes :
Premièrement, que le canon de Ptolémée n'est pas fiable comme base d'un système de chronologie, ses affirmations n'étant authentifiées d'aucune manière ; et que, par conséquent, il doit être rejeté comme indigne de notre confiance, même s'il n'entre pas en conflit avec les affirmations de l'Écriture ;
Deuxièmement, ce « commandement de restaurer et de rebâtir Jérusalem », à partir duquel la période prophétique des soixante-dix semaines a commencé à courir (Dan. 9:25), était le décret de Cyrus le Grand, mentionné dans Ezra 1:1-4 ;
Troisièmement, la période de 483 ans de Daniel 9 :25, qui s’étend jusqu’au Messie, le Prince, s’est terminée au baptême de notre Seigneur, la quinzième année du règne de Tibère César, alors qu’il avait trente ans.
I. Le Canon de Ptolémée
Au chapitre II de cet ouvrage, nous avons souligné que Ptolémée n'était pas un historien contemporain des événements de l'Empire perse dont il s'efforce d'établir la chronologie, mais qu'il a vécu plus de six siècles après le début de cet empire. Par conséquent, il ne peut être considéré comme une autorité en la matière. De plus, il ne prétend pas avoir eu accès à des documents contemporains de ces événements. Nous avons également souligné que non seulement les affirmations chronologiques de Ptolémée ne sont étayées par aucun élément, mais qu'elles sont contredites par des autorités tout aussi dignes de confiance, voire plus. Ainsi, tandis que Ptolémée estime qu'il y eut dix rois perses au total, Flavius Josèphe, un auteur antérieur et un homme très bien informé, n'en compte que six. Cela concorde bien mieux avec la déclaration de l'ange à Daniel, la troisième année du règne de Cyrus, selon laquelle il restait encore quatre rois de Perse à régner, le quatrième étant clairement identifié comme le grand et riche Xerxès, dont l'expédition contre « le royaume de Grèce » s'acheva de façon désastreuse. Ceux qui acceptent le canon de Ptolémée doivent admettre qu'il y eut huit rois entre Cyrus et Xerxès, le dernier des rois perses, et accepter la durée que Ptolémée attribue à leurs règnes respectifs, soit un total de 205 ans. En contradiction directe avec Ptolémée, les traditions juive et perse situent la durée de l'Empire perse à 52 ans (Anstey, p. 232). Nous n'acceptons pas plus les estimations de Josèphe que celles de Ptolémée, et n'avons nul besoin des unes ni des autres ; mais les affirmations du premier démontrent que celles du second ne sont pas fiables.
Anstey ajoute :
Il n'existe aucun document chronologique contemporain permettant de fixer les dates des monarques perses postérieurs à Darius Hystaspe. Les tablettes d'argile de Babylone établissent la chronologie des règnes de Cyrus, Cambyse, Pseudo-Smerdis et Darius Hystaspe, mais elles ne permettent pas de déterminer la date des règnes des rois perses suivants. Les dates qui nous sont parvenues et qui sont aujourd'hui généralement considérées comme historiques sont une compilation tardive, réalisée au IIe siècle de notre ère et figurant dans le canon de Ptolémée. Elles reposent sur les calculs ou conjectures d'Ératosthène et sur certaines traditions vagues et fluctuantes, selon lesquelles la durée de l'empire perse a été estimée à 205 ans.
Tenter de compléter la chronologie par l'étude des éclipses et les calculs astronomiques est une entreprise vaine. Il est certes aisé pour les astronomes d'établir une carte parfaite de toutes les éclipses solaires et lunaires et d'en déterminer avec une grande précision la date. Mais cela ne change rien au problème : lorsqu'on découvre un fragment historique mentionnant une éclipse, il est impossible de déterminer, parmi les éclipses répertoriées, à laquelle, à un siècle près, il s'agit. Et même si l'on y parvenait, cela ne permettrait de fixer que la date d' un seul événement.
Il est important de rappeler que la chronologie ne se limite pas aux intervalles de temps. Elle concerne avant tout les événements historiques, leur succession et le nombre d'années séparant deux événements connus. Certes, les astronomes peuvent nous fournir l'ordre précis et les dates de toutes les éclipses survenues entre l'époque de Cyrus et celle d'Alexandre le Grand, ou pour toute autre période. Mais les éclipses sont des phénomènes célestes, tandis que la chronologie se rapporte aux événements terrestres. Les astronomes ne peuvent pas nous indiquer la succession des rois perses ni la durée de leurs règnes respectifs. Or, ce sont ces informations qui sont nécessaires à l'établissement d'une chronologie ; sans elles, une carte parfaite de toutes les éclipses n'a pas plus de valeur qu'une carte lunaire.
Par conséquent, en ce qui concerne les événements de l'histoire sacrée antérieurs à la conquête de l'Asie par Alexandre le Grand, il n'existe aucune source d'information, hormis la Bible elle-même, permettant d'en établir la chronologie. Mais aucune source supplémentaire n'est nécessaire, car la chronologie biblique est complète en elle-même. De toute évidence, il n'était pas plus dans le plan de révélation de Dieu que nous dépendions de sources humaines pour compléter la chronologie sacrée, pas plus que nous ne devions dépendre de telles sources pour compléter une quelconque vérité ou doctrine essentielle.
II. Le commandement de restaurer et de rebâtir Jérusalem.
Daniel 9:25
La proclamation du commandement (littéralement « parole ») de restaurer et de rebâtir Jérusalem constitue l'un des jalons chronologiques les plus importants des Écritures ; car à partir de là s'étend la période de 483 ans « jusqu'au Messie, le Prince ». C'est un point que l'ange a expressément chargé de « savoir » et de « comprendre ». Sans connaître la date de la proclamation de cette parole , et sans comprendre son lien avec la chronologie biblique , la période donnée par Dieu sera totalement inutile. Nous croyons cependant, et nous allons le démontrer, que les Écritures donnent, avec une clarté irréprochable, à la fois le décret en question et la date de sa « proclamation ». En effet, il est peu probable qu'il y aurait jamais eu de question à ce sujet, si certains hommes capables et érudits ne s'étaient pas rendus à la Bible avec une chronologie toute faite, basée sur les erreurs de calcul de Ptolémée, et n'avaient pas cherché à faire concorder les déclarations de l'Écriture avec celle-ci, au lieu de trouver dans la Bible les événements monumentaux qui marquent respectivement le début et la fin de la période prophétique, et de laisser l'Écriture leur indiquer le nombre d'années (483) entre ces événements.
Il est important de noter que le délai fixé par l'ange ne devait pas commencer avec la restauration et la reconstruction de la ville, mais avec la proclamation de l'ordre, ou décret, de restaurer et de reconstruire. Cet ordre fut proclamé « la première année de Cyrus, roi de Perse », et, de plus, sa proclamation avait pour but exprès « que s'accomplisse la parole de l'Éternel prononcée par Jérémie » (Esdras 1:1). À cette fin, l'Éternel lui-même « incita Cyrus, roi de Perse, à faire proclamer un message dans tout son royaume ». Il s'agissait assurément d'un ordre royal, ou d'une proclamation . Son but était de libérer les captifs de Juda afin qu'ils « montent à Jérusalem, qui est en Juda, et qu'ils rebâtissent la maison de l'Éternel, Dieu d'Israël (Il est le Dieu), qui est à Jérusalem » (Esdras 1:2-3).
L'effet immédiat de cette parole fut qu'un grand nombre d'Israélites (42 370, auxquels s'ajoutaient 7 337 serviteurs et servantes) « remontèrent de la captivité et revinrent à Jérusalem et en Juda » (Esdras 2:1, 64, 65) ; d'autres groupes les rejoignirent plus tard. C'était, sans aucun doute, ce que Daniel attendait et pour quoi il priait. C'était la fin de la captivité de son peuple et le début d'une ère nouvelle pour la nation et la ville. Il avait prié : « Ô mon Dieu, prête l'oreille et écoute ; ouvre les yeux et vois nos désolations, et la ville qui porte ton nom ; ne tarde pas, ô mon Dieu, car ta ville et ton peuple portent ton nom » (Daniel 9:19).
Dans tous les passages de l'Ancien Testament, le verbe « rétablir » signifie « retourner », et donc remplacer ce qui avait été enlevé. En l'occurrence, il s'agissait clairement de ramener le peuple dans la ville et, par conséquent, de la reconstituer. Que tel ait été le sens et l'effet immédiat du décret de Cyrus ne fait aucun doute ; car il est écrit que les captifs libérés par ce décret « retournèrent à Jérusalem et en Juda, chacun dans sa ville » (Esdras 2,1) ; et encore qu'ils « habitèrent dans leurs villes, et tout Israël dans ses villes » (2,70). Cela inclut, bien sûr, et de façon prépondérante, la principale ville, Jérusalem.
Dans le livre d'Esdras, le sujet qui nous intéresse est exposé de manière historique et avec toute la clarté nécessaire. Mais, pour lever tout doute et montrer, de surcroît, l'importance capitale de cet acte officiel du roi Cyrus aux yeux de Dieu et dans le dessein divin, il convient de souligner un fait remarquable : Dieu l'avait également annoncé prophétiquement par son prophète Isaïe, plus de 150 ans auparavant, nommant même le roi qui devait accomplir sa volonté. Car Isaïe avait prophétisé au sujet de Cyrus, disant : « Ainsi parle le Seigneur * * qui confirme la parole de son serviteur et accomplit le conseil de ses messagers ; qui dit à Jérusalem : Tu seras habitée ; et aux villes de Juda : Vous serez rebâties, et je relèverai leurs ruines, * * qui dit de Cyrus : Il est mon berger, et il accomplira toute ma volonté ; disant à Jérusalem : Tu seras rebâtie ; et au temple : Tes fondations seront posées » (Isaïe 44: 24-28).
Nous avons donc la parole même de Dieu qui l'affirme : Cyrus, et nul autre, devait prononcer la « parole » pour restaurer et rebâtir Jérusalem, disant même : « Tu seras rebâtie. »
De plus, Cyrus fut mis au courant de cette prophétie d'Isaïe, sans doute par Daniel ; car dans son décret, il dit : « Le Dieu du ciel m'a ordonné de lui bâtir une maison à Jérusalem » (Esdras 1:2) ; et l'on remarquera que cette même « ordonnance » comprenait à la fois la construction du temple et la construction de la ville (Isaïe 44:28).
De plus, au chapitre suivant (Ésaïe 45:13), Dieu parle de Cyrus en disant : « Il rebâtira ma ville, et il libérera mes captifs, sans espoir ni récompense, dit l’Éternel des armées. » Ici, la libération, ou le retour, des captifs est lié à la reconstruction de la ville.
Nous nous efforçons de démontrer clairement que c'est de Cyrus que provenait l'ordre de restaurer et de rebâtir la ville, car ceux qui souhaitent faire concorder les Écritures avec la chronologie erronée de Ptolémée soulignent que la reconstruction de la ville n'est pas explicitement mentionnée dans Esdras 1:1-4. Esdras ne cite certes pas l'intégralité du décret, et la ville n'est pas spécifiquement mentionnée dans le passage cité. Mais il indique parfaitement qu'il s'agissait de l'« ordre de restaurer et de rebâtir Jérusalem » ; car Jérusalem était l'objectif du décret ; ses anciens habitants furent autorisés, voire sommés, d'y retourner, et ils y retournèrent ; et cet ordre, associé à celui de « rebâtir la maison du Seigneur », impliquait nécessairement la construction de logements pour les habitants de la ville.
De plus, il est rapporté qu'au septième mois (de la première année du règne de Cyrus), « le peuple se rassembla comme un seul homme à Jérusalem » (Esdras 2:1). Leur première nécessité était bien sûr de se construire des maisons ; c'est pourquoi ce n'est que « la deuxième année après leur arrivée à la maison de Dieu à Jérusalem, au deuxième mois », que Zorobabel et Josué, et « tous ceux qui étaient revenus de la captivité à Jérusalem », commencèrent « à entreprendre les travaux de la maison de l'Éternel » (Esdras 3:8). Cet intervalle de sept mois était nécessaire pour bâtir des maisons pour le peuple et des fortifications pour la ville.
Dès lors, dans les livres historiques d'Esdras et de Néhémie, ainsi que dans la prophétie de Zacharie, Jérusalem est mentionnée comme une ville existante. Le temple fut achevé « la sixième année du règne du roi Darius » (Ézéchiel 6:15) ; et les Israélites, revenus de captivité, célébrèrent la fête des Pains sans levain pendant sept jours (Ézéchiel 6:21-22). Cela laisse supposer que la ville pouvait accueillir une population importante.
Dans les chapitres 7 et 8 d'Esdras, nous lisons la venue d'Esdras lui-même, avec un groupe de personnes, y compris des femmes et des enfants, à Jérusalem (8:32).
Au chapitre 9, Ezra prie Dieu et vante sa bonté en leur accordant sa faveur aux yeux des rois de Perse « pour reconstruire la maison de notre Dieu, pour réparer ses désolations et pour nous donner une muraille en Juda et à Jérusalem » (Ez. 9:9).
Au chapitre 10, il est rapporté qu'Esdras et les chefs « proclamèrent dans tout Juda et à Jérusalem à tous les enfants de la captivité qu'ils devaient se rassembler à Jérusalem » (v. 7), ce qu'ils firent. Pourtant, certains voudraient nous faire croire que non seulement la ville n'avait pas été reconstruite jusque-là, mais que l' ordre de sa restauration et de sa reconstruction n'a été donné que la vingtième année du règne d'Artaxerxès, mentionnée au chapitre 2 de Néhémie.
L'œuvre de Néhémie
Certains, qui acceptent comme exacte la chronologie de Ptolémée, fondée sur les estimations d'Ératosthène, datent la promulgation de l'ordre de restaurer et de rebâtir Jérusalem de la vingtième année du règne d'Artaxerxès. Ils fondent leur conclusion sur le livre de Néhémie, chapitre 2, et notamment sur la requête de Néhémie au roi : « Donne-moi la permission d'aller à la ville des sépulcres de mes pères, afin que je la rebâtisse » (Néhémie 2,5). Ils en déduisent qu'à cette date, la ville n'avait pas été reconstruite et qu'aucun ordre préalable de la reconstruire n'avait été donné. Ceux qui exigent une date tardive pour le décret de Daniel 9:25 supposent que cet « Artaxerxès » est Longimanus, dont la 20e année serait près de 80 ans après l'accession au trône de Cyrus. Durant tout ce temps, on suppose (pour étayer cette théorie) qu'aucune autorisation n'avait été donnée pour construire la ville, bien que l'autorisation de reconstruire le temple ait été accordée et mise en œuvre, et bien que les habitants de Jérusalem aient reçu l'ordre d'y retourner.
Mais une lecture attentive de Néhémie 1 montrera clairement que des nouvelles furent apportées à Néhémie par Hanani et certains hommes de Juda concernant les Juifs qui étaient revenus de captivité, et concernant Jérusalem (Néh. 1 :2). Ces frères avaient rapporté que les captifs de retour étaient couverts d'opprobre et que « les murailles de Jérusalem sont en ruines et ses portes sont incendiées » (v. 3). Il s'agissait manifestement d'un dégât récent, infligé par les « adversaires » des Juifs aux murailles et aux portes de la ville reconstruite . Néhémie en fut bouleversé ; il se mit à pleurer, à se lamenter, à jeûner et à prier (v. 4). Dès lors, il est impossible de supposer que les dégâts rapportés par les messagers, tout juste arrivés de Juda, fussent ceux perpétrés par Nabuchodonosor plus d'un siècle auparavant. Néhémie n'avait jamais manifesté de tristesse en présence du roi, mais à présent, son chagrin était incontrôlable (2:1, 2). Cela montre qu'un malheur nouveau et inattendu s'était abattu sur la ville bien-aimée. Et cela concorde parfaitement avec la requête de Néhémie de pouvoir retourner sur place et « rebâtir » la ville ; car ce terme a une portée considérable. Le terme « réparer » a une signification particulière, dont l'un des sens courants est « réparer » (voir le cône de Strong). C'est son sens ici, comme le montre le récit détaillé des travaux au chapitre 3, où il n'est question que de la réparation des murs et des portes, précisément les parties endommagées selon Hanani. Le mot « réparer » est employé plus de trente fois dans ce chapitre, et est utilisé comme synonyme de « construire ». De plus, l'existence de maisons est mentionnée incidemment dans ce chapitre (vv. 10, 16, 20, etc.). Le fait que les travaux aient été relativement modestes est attesté par leur achèvement en seulement 52 jours (6:15).
Mais il nous faut aussi expliquer l'affirmation du chapitre 7, verset 4 : « Or la ville était grande et vaste (large en espaces, voir note marginale), et les maisons n'étaient pas encore construites. » Cela s'explique aisément. Tout d'abord, ce passage décrit une situation postérieure à l'achèvement des travaux de Néhémie ; par conséquent, il ne saurait en aucun cas signifier que la ville n'avait pas été reconstruite. Il est clair que le sens est qu'il existait encore de vastes espaces inoccupés où les maisons n'avaient pas été érigées.
Il convient de rappeler ici que les soixante-dix semaines devaient commencer non pas avec la construction de la ville (et encore moins avec son achèvement), mais avec la proclamation de l'ordre de la restaurer et de la rebâtir. Dans Esdras 1:1-4, nous trouvons le récit de cette parole , qui accomplissait parfaitement les prophéties d'Isaïe et de Jérémie, répondait parfaitement à la prière de Daniel et correspondait parfaitement aux paroles de Gabriel. De plus, l'Écriture accorde une grande importance à ce décret de Cyrus, dont la date est mentionnée dans deux passages (2 Chroniques 36:22 et Esdras 1:1).
En revanche, dans Néhémie 2, il n'y a rien qui corresponde aux paroles de l'ange, aucun commandement ni décret n'est donné ; mais seulement des lettres données à Néhémie lui accordant un sauf-conduit jusqu'à Jérusalem (v. 7) ; et au gardien de la forêt du roi, lui demandant de fournir du bois pour les portes, pour le mur de la ville et pour la maison dans laquelle Néhémie devait entrer.
Enfin, le décret historique de Cyrus s'inscrit dans la chronologie biblique, puisqu'il intervient soixante-dix ans après le début de la captivité. La vingtième année du règne d'Artaxerxès, mentionnée dans Néhémie 2, demeure incertaine. Le nom « Artaxerxès » est un titre (signifiant chef-roi) donné à tous les rois perses. Certains pensent que le cavalier mentionné dans Néhémie est Darius (Hystaspe), et le même qu'Assuérus dans le livre d'Esther. D'autres pensent qu'il s'agit de Longimanus, qui succéda à Xerxès et à Artaban. En l'état actuel des connaissances, cette question reste sans réponse. Mais concernant Cyrus, il n'y a aucune incertitude.
Il existe d'autres points d'intérêt liés au décret de Cyrus, mais pour en discuter, nous devons renvoyer nos lecteurs à l'ouvrage mentionné ci-dessus, LES SOIXANTE-DIX SEMAINES ET LA GRANDE TRIBULATION.
III. « Au Messie »
Les mots « jusqu’au Messie, le Prince » indiquent le but vers lequel la longue chronologie de la Bible avait progressé sans relâche. À l’époque de Daniel, la voix de la prophétie était sur le point de se taire et l’histoire inspirée du peuple ancien de Dieu allait s’achever. Mais avant que le récit sacré ne soit clos, la dernière étape de la chronologie de l’Ancien Testament fut révélée à « Daniel le Prophète », et par lui, elle fut consignée dans « les Écritures de Vérité ». De la promulgation du décret de Cyrus jusqu’au Libérateur suprême, dont Cyrus était une figure remarquable, s’étendaient soixante-neuf périodes de sept ans.
Les mots « au Messie » nous indiquent avec toute la clarté et la certitude requises à quel moment précis de la vie de Jésus-Christ correspond la période de 69 semaines (483 ans). Le mot Messie (équivalent du grec Christos) signifie « l’oint ». Dès lors, nous nous demandons : à quel moment de la vie terrestre de notre Seigneur a-t-il été oint et présenté à Israël ? La réponse se trouve clairement dans les Évangiles et les Actes des Apôtres. Ce fut lors de son baptême dans le Jourdain ; car c’est alors que le Saint-Esprit descendit sur lui sous la forme corporelle d’une colombe ; et c’est alors que Jean-Baptiste témoigna de lui comme Fils de Dieu et Agneau de Dieu. Comme l’apôtre Pierre l’a déclaré : « Dieu a oint du Saint-Esprit et de puissance Jésus de Nazareth » (Actes 10,38) ; et dès lors, il se consacra à son ministère messianique public comme « ministre de la circoncision ».
À ce sujet important, nous avons aussi le témoignage du Seigneur lui-même. Car, après son retour en Galilée, rempli de la puissance de l'Esprit, où, selon Isaïe 9.1-2, la « Grande Lumière » devait se lever (voir aussi Matthieu 3.12-16), il se rendit un jour de sabbat à la synagogue de Nazareth et lut du prophète Isaïe ces paroles mémorables : « L' Esprit du Seigneur est sur moi, parce qu'il m'a oint pour annoncer la bonne nouvelle aux pauvres ». Puis, s'étant assis, et tous les regards étant fixés sur lui, il dit : « Aujourd'hui, cette parole de l'Écriture est accomplie, vous l'avez entendue » (Luc 4.16-21). Ainsi, le Seigneur se déclara à ce moment-là « l'Oint », c'est-à-dire le Messie.
Jean-Baptiste fut envoyé pour « rendre témoignage » au Christ et « pour qu’il soit manifesté à Israël » (Jean 1:6, 7, 31). Il accomplit ce ministère particulier lors du baptême du Christ. Ainsi, lorsque le Seigneur Jésus fut « oint » du Saint-Esprit et « manifesté à Israël » par le témoignage de Jean, les paroles de la prophétie « à l’Oint » s’accomplirent pleinement . De cet événement grand et merveilleux jusqu’à sa mort, il demeura constamment présent devant le peuple d’Israël en sa qualité messianique et se consacra sans cesse à l’accomplissement de son service messianique, en faisant le bien, en manifestant le Nom du Père, en accomplissant les œuvres du Père, en proclamant les paroles du Père, en guérissant les malades, en rendant la vue aux aveugles, en purifiant les lépreux, en ressuscitant les morts et en annonçant la bonne nouvelle du Royaume de Dieu.
En effet, avant même de se présenter à la synagogue de Nazareth comme le Messie, il avait clairement déclaré à la Samaritaine (lorsqu'elle parlait du Messie, celui qu'on appelle Christ) : « C'est moi qui te parle » (Jean 4, 25-26). De plus, aux Samaritains venus à sa rencontre après avoir entendu le récit de la femme et sa question : « N'est-ce pas le Messie ? », il se révéla si pleinement qu'ils furent contraints de le confesser, disant : « Nous l'avons entendu nous-mêmes, et nous savons que c'est bien le Christ , le Sauveur du monde » (v. 42).
Là encore, le but et l'effet du ministère du témoignage public de Jean-Baptiste à Christ sont clairement révélés par les paroles de ceux qui, après avoir entendu ce témoignage, l'ont suivi. On lit : « L'un des deux qui avaient entendu Jean parler et l'avaient suivi (Jésus), c'était André, le frère de Simon-Pierre. Il alla d'abord trouver son frère et lui dit : Nous avons trouvé le Messie, ce qui signifie Christ » (Jean 1, 40-41).
Dans ces Écritures, le Saint-Esprit a permis que ce fait essentiel, à savoir que Jésus était le Messie, soit affirmé tant en hébreu qu’en grec, afin que sa signification ne soit pas perdue. Affirmer que « ce Jésus est le Christ » est le point fondamental du témoignage apostolique (Actes 17.3) ; c’est le fondement même de notre foi, car « quiconque croit que Jésus est le Christ est né de Dieu » (1 Jean 5.1, 4, 5). C’est aussi le roc sur lequel il bâtit son Église (Matthieu 16.18 ; 1 Corinthiens 3.11).
Ainsi, l'Esprit de Dieu a daigné nous apporter preuve sur preuve que, depuis le baptême de notre Seigneur et sa manifestation à Israël, il était, au sens le plus plein du terme, le Messie , l'Oint de Dieu. De toute évidence, aucun événement antérieur de la vie terrestre de notre Seigneur ne pouvait correspondre aux paroles de Gabriel. Et il est tout aussi clair qu'aucun événement ultérieur ne pouvait être considéré comme l'accomplissement de ces paroles. Car il n'y a eu, et il ne saurait y avoir, d'occasion ultérieure où le Seigneur ait été davantage « l'Oint » que lors de la descente de l'Esprit sur lui à son baptême. Ainsi, les Écritures nous en tiennent absolument au baptême du Seigneur, comme à l'occasion de son onction et de sa présentation à Israël dans sa charge messianique. Son baptême marqua alors la fin des soixante-neuf semaines de Daniel 9:25 et le début de la soixante-dixième semaine à partir du point de départ de cette prophétie.
Mais, par-dessus tout ce qui précède, la preuve suprême réside dans le fait que cette époque (son baptême), et elle seule, est formellement datée dans les Écritures (et de la manière la plus explicite), et que son âge à ce moment-là est précisé. En effet, dans Luc 3,1-3, l'époque de la prédication et du baptême de Jean est donnée avec une précision extraordinaire, ce qui nous assure que cette période occupe une place particulière dans la chronologie de l'Écriture dans son ensemble. Il est remarquable que le décret de Cyrus et le baptême de Jean — c'est-à-dire le début et la fin des soixante-neuf semaines — soient tous deux exposés avec une grande précision, et qu'ils soient donnés en référence aux règnes de souverains païens. L'un des événements est daté de la « première année du règne de Cyrus, roi de Perse », et l'autre de la « quinzième année du règne de Tibère César ». Ceci indique que les événements qui devaient s'accomplir dans le délai de soixante-dix semaines ne concernaient pas uniquement les Juifs, mais revêtaient un intérêt universel , touchant au salut des Gentils comme des Juifs. Jusqu'alors, les agissements de Dieu relevaient de l'histoire juive ; mais désormais, avec la voix de celui qui criait dans le désert : « Préparez le chemin du Seigneur ! », une ère nouvelle commençait, une ère où les agissements de Dieu allaient devenir des événements de l'histoire du monde . Il est donc logique, à ce stade, de passer d'une chronologie juive à une chronologie non juive.
CONCLUSION — LA SEMAINE — LA PLÉNITUDE DU TEMPS
Nous avons vu que 69 des 70 semaines prophétiques se sont accomplies lors du baptême de notre Seigneur et de sa manifestation à Israël par le témoignage de Jean-Baptiste. Il ne reste donc plus qu'« une semaine » (Daniel 9:27) de la période prophétique. Cette semaine est, dans la prophétie, mise à part des 69 autres, et nous en comprenons clairement la raison : c'est durant cette « semaine » que se sont produits les événements les plus extraordinaires de tous les temps et de toute la création. Car c'est durant cette période que Dieu s'est manifesté en chair et en os, servant ses créatures pécheuses, qu'il a accompli l'expiation des péchés de son peuple, que le Saint-Esprit est descendu du ciel et que le Royaume des cieux a été ouvert à tous les croyants.
Nous n'aborderons pas ici l'opinion, défendue par certains, selon laquelle la soixante-dixième semaine de la prophétie de Daniel 9 serait indépendante des soixante-neuf autres et se situerait dans le futur, tandis que Daniel 9:27 concernerait l'Antéchrist et non le Christ. Nous avons en effet examiné cette thèse en détail dans nos articles sur les soixante-dix semaines et la grande tribulation. L'expression « soixante-dix semaines », en tant que mesure du temps, ne peut désigner que des semaines continues ou consécutives . De plus, si cette mesure était interrompue à la fin de la soixante-neuvième semaine, les événements majeurs dont parle la prophétie – la « retranchement » du Messie (mettant ainsi fin à la transgression, abolissant le péché et accomplissant la réconciliation pour l'iniquité, etc.) – seraient totalement exclus de ces soixante-dix semaines. Il suffit donc, pour nos besoins actuels, de dire que l'opinion évoquée nous semble totalement dépourvue de fondement dans les Écritures et contraire aux termes de la prophétie elle-même. Il convient toutefois de souligner que les mots « pendant une semaine » dans Daniel 9:27 (version autorisée) ne rendent pas le sens du texte original, car le texte ne contient ni « pendant », ni aucun élément qui puisse l'impliquer. Le sens du passage, tel qu'il apparaît dans la version de la Septante, que notre Seigneur cite dans Matthieu 24:15, est que cette « semaine » (la dernière des 70, dont 69 avaient déjà été comptabilisées) verrait la confirmation de la nouvelle alliance avec un grand nombre (voir Matthieu 26:28, en notant les mots « alliance » et « grand nombre »), par laquelle les sacrifices et les offrandes de l'ancienne alliance cesseraient (voir Hébreux 10:9), et les choses prédites au verset 24 s'accompliraient. C’est « au milieu de la semaine », comme l’indique Daniel 9:27, que le Christ fut crucifié ; car son ministère dura entre trois et quatre ans, comme le montrent l’Évangile de Jean et comme le reconnaissent généralement les chronologistes. Le dernier verset est assurément approprié, voire nécessaire, pour compléter la prophétie concernant le Christ ; l’attribuer à l’Antéchrist, en revanche, revient à y introduire un élément totalement étranger, qui en détruit l’unité. Cela anéantit également la portée de l’accomplissement merveilleux de cette prophétie par la Croix et la Résurrection de Jésus.
Nous croyons que la première annonce du Christ, rapportée en détail dans Marc 1.14-15, faisait référence à ce temps merveilleux, la soixante-dixième semaine de la prophétie. En effet, il n'y a pas lieu d'en douter, car c'est précisément au début de cette soixante-dixième semaine qu'il « vint en Galilée, prêchant la bonne nouvelle du royaume de Dieu et disant : Le temps est accompli, et le royaume de Dieu est proche ; repentez-vous et croyez à la bonne nouvelle. » La soixante-dixième semaine était alors arrivée, car la soixante-neuvième nous avait seulement conduits « au Messie ». Cette semaine est la seule période dont la durée avait été déterminée dans les Écritures prophétiques non encore accomplies. C'était le temps des temps, le temps d'Emmanuel, où le Fils de Dieu incarné est venu prêcher, guérir, bénir, mourir pour les péchés de ses créatures, ressusciter et entrer dans son ministère de grand prêtre au ciel, le temps où le Saint-Esprit est descendu pour demeurer avec les hommes et où le Royaume des cieux a commencé avec la prédication de l'Évangile de Dieu.
Nous avons vu que la naissance du Christ eut lieu en l'an 4041 du calendrier julien, soit l'an 5 avant J.-C. Par conséquent, la trentième année du Seigneur, correspondant à la quinzième année du règne de Tibère, serait l'an 26 après J.-C., et sa mort, sa résurrection, son ascension et la venue du Saint-Esprit auraient eu lieu en l'an 30 après J.-C. Sur la croix, le Christ pria pour ses bourreaux : « Père, pardonne-leur. » La réponse se manifeste dans le fait que Dieu retint son jugement – la destruction de Jérusalem, prédite par Daniel et par le Seigneur (Matthieu 24 ; Luc 21) – pendant quarante ans seulement. Jérusalem fut en effet détruite par les armées de Titus, « le peuple du prince qui doit venir », en l'an 70 après J.-C. Durant cette période, l'Évangile de la grâce de Dieu fut prêché avec diligence « d'abord aux Juifs », et des dizaines de milliers de personnes furent sauvées.
Ainsi, l'histoire des enfants d'Israël commença et s'acheva par une période de quarante ans. La première période de quarante ans d'épreuve débuta avec le sacrifice de l'agneau pascal en Égypte ; la seconde commença avec l'antitype, le sacrifice de Jésus-Christ, le véritable Agneau pascal. À la fin de la première période, Dieu conduisit le peuple d'Israël vers la terre qu'il avait promise à leurs pères. À la fin de la seconde, il les chassa de cette terre et les dispersa parmi toutes les nations du monde ; mais à la fin des temps des nations (que nous considérons comme très proches), il les rassemblera et les ramènera sur cette terre, et ils contempleront celui qu'ils ont transpercé et le reconnaîtront comme leur Christ et Seigneur.
Car le « temps » où Dieu rétablira le Royaume d’Israël dépend des « temps et des moments que le Père a fixés de sa propre autorité » (Actes 1.7). Mais nous savons que l’Évangile doit d’abord être prêché en témoignage à toutes les nations, et alors seulement viendra la fin (Matthieu 24.14 ; Marc 13.10).
En conclusion, nous souhaitons à nouveau souligner un fait remarquable : la Bible présente une chronologie unique et continue d’événements datés, s’étendant de la création d’Adam à la résurrection du Christ. En suivant cette chronologie à travers les livres et les époques successives, nous découvrons les personnages, les événements et les doctrines majeurs des Saintes Écritures. Dès lors, la chronologie biblique figure sans conteste parmi ses plus grandes merveilles.