Le Testament des douze patriarches

Version française intégrale
Testament of the Twelves Patriarchs | Testamenta XII Patriarcharum | Geniza
Collection | Pamjatniki Otrechennoi Russhoi Literaturi | traduit de l’arménien
par Sargis Josepheanz, de l’araméen par Cowley et Pass, du russe par Tichonravov,
du grec par Charles, aussi en slave.
concernant les pensées
concernant l’envie
concernant l’arrogance du sacerdoce
sur l’amour de l’argent et la fornication
concernant la simplicité
concernant compassion et pitié
concernant la colère et le mensonge
concernant la bonté naturelle
sur la rancœur
sur les deux faces de vice et vertu
concernant la modération
sur la conscience pure
***
concernant les pensées
Transcription du testament de Réuben, des choses dont il chargea ses fils avant sa mort, à la 125e année de sa vie. Il tomba malade 2 ans après la mort de Joseph et ses fils et ses petits-fils s’étaient réunis pour le visiter, et il leur dit :
― Mes enfants, je vais mourir et partir vers mes pères.
Il vit Judah, Gad et Asher ses frères, et leur dit :
― Ma force est faible, mes frères ! Soulevez-moi que je vous dise, à mes enfants et vous mes frères, quelles choses j’ai cachées dans mon cœur.
Il se leva pour les embrasser et pleura.
― Écoutez mes frères ! Portez l’oreille à votre père Réuben sur les choses que je vous commande, car je prends aujourd’hui le Dieu des cieux à témoin contre vous si vous allez dans la fornication ! Car c’est dans la précipitation avide de ma jeunesse ignare que j’ai souillé le lit de mon père Jacob et j’ai été frappé pendant 7 mois d’une douloureuse peste aux reins. Et je vous le dis, si cela n’avait été de notre père Jacob qui pria pour moi, le Seigneur m’aurait sûrement détruit.
J’avais 30 ans quand je fis ce mal aux yeux du Seigneur, et je fus 7 mois malade à mourir. Il m’a fallu 7 années d’amendement pour placer mon âme en conformité avec le Seigneur – sans boire de vin ou boisson forte, sans avaler aucune viande ni d’aliment de goût agréable, seulement à regretter mon pêché, car il était grand et que cela ne se fasse plus en Isræl.
Maintenant mes enfants, écoutez ce que j’ai vu dans mon amendement au sujet
des 7 esprits d’erreur. Les 7 esprits que Béliar envoie contre l’homme sont en-tête
des actes de jeunesse, contre 7 esprits accordés dès sa création par lesquels
tous les travaux humains se font :
1. le 1e esprit de vie forme l’être des composantes humaines ;
2. le 2e esprit de voir porte au désir1 ;
3. le 3e esprit d’écoute porte à l’instruction ;
4. le 4e esprit d’odorat porte à inspirer et expirer l’air ;
5. le 5e esprit de parole porte à la connaissance ;
6. le 6e esprit de goût porte à manger et boire pour produire la force, car la
nourriture est la base de la force ;
7. le 7e est l’esprit de reproduction qui porte à pécher par penchant au plaisir,
le dernier dans l’ordre de la création mais premier dans la jeunesse pleine
d’ignorance, et mène l’aveugle à la fosse comme un animal dans un précipice.
8. À côté de tout ça, le 8e esprit de somnolence porte la nature dans une transe
au reflet de la mort.
À 7 ces esprits se confondent les 7 esprits d’erreur :
1. le 1e esprit de fornication se niche dans les sens et au tempérament ;
2. le 2e esprit d’avidité se niche dans l’estomac ;
3. le 3e esprit de querelle se niche dans le foie et la joue ;
4. le 4e ’esprit de flatterie trompeuse rend un homme équitable sous l’effet
d’une exaltation excessive ;
5. le 5e esprit de supériorité rend un homme hautain sous l’effet d’une vexation
;
6. le 6e esprit de mensonge cache ses paroles [affaires] à ses amis et à ses
parents même pour détruire et rivaliser ;
7. le 7e esprit d’injustice rend l’homme voleur et fraudeur sous l’effet de son
mauvais penchant, car l’injustice agit en accord avec les autres esprits pour
une rétribution.
8. À côté de tout ça, au 8e esprit de paresse se rallient l’erreur et le
fantasme.
Le jeune homme dont la conscience a obscurci la vérité périt faute de compréhension de la loi de Dieu et d’écoute envers les instructions de ses pères, comme il m’arriva dans ma jeunesse. Aimez la justice, car elle vous cautionnera mes enfants – écoutez les conseils de votre père Réuben.
Ne regardez pas une femme avec insistance et ne fréquentez pas une femme sous l’autorité d’un mari de manière personnelle, ne fouinez pas non plus dans les affaires féminines ; car je n’aurais pas vu Bilhah si elle s’était baignée dans un lieu couvert.
Je ne serais pas tombé dans ce grand délit si mon esprit n’avait pas été hanté par la nudité féminine au point de m’empêcher de dormir, jusqu’à passer à l’abominable quand notre père Jacob s’absenta pour son père Isaac. Nous étions à Gader, près d’Ephratha et Bethlehem, quand Bilhah devint ivre et tomba endormie nue dans sa chambre ; je suis entré et je vis sa nudité2 : je formais ce délit et partis, la laissant [profondément] endormie. Aussitôt un ange de Dieu annonça mon impiété à mon père qui ne la toucha plus et s’endeuilla pour moi.
Aussi, n’ayez aucune considération pour la beauté féminine et ne rêvassez à leurs manières mais marchez dans la crainte du Seigneur avec un cœur constant pour ne pas souffrir ce que j’ai souffert. Occupez-vous par votre travail et surveillez vos troupeaux jusqu’à ce que le Seigneur vous accorde la femme qu’il voudra.
Je n’avais pas la force de regarder de mon père ouvertement de face, jusqu’à sa mort même, ni parler à aucun de mes frères, à cause de mon grief, et aujourd’hui encore ma conscience m’afflige à cause de mon péché.
Mon père m’a réconforté en ayant prié le Seigneur pour moi, et que la colère du Seigneur s’écarte de moi, tout comme le Seigneur me montra : à partir de ce moment-là je ne péchais plus et je fus protégé.
Observez ces choses que je vous commande mes enfants pour ne pas pécher, car la formication sépare de Dieu et détruit l’âme à l’approche de l’idolâtrie ; elle trompe l’esprit d’entendement des jeunes hommes et les réduit au supplice avant leur temps. La fornication a dévasté de nombreux hommes d’âge ou de noblesse, car lorsqu’un blâme se produit en soi, on est sujet à la moquerie de Béliar et des fils des hommes. Joseph obtint faveur aux yeux des hommes et du Seigneur pour s’être préservé de femme et avoir purifié toute sa pensée de fornication devant l’égyptienne qui agit par différentes choses comme invoquer les magiciens et offrir des potions d’amour. Et puisque l’intention de son âme n’admettait aucun désir impur, le Dieu de mes pères le délivra de toute mort cachée invisible ; et si votre pensée n’est pas dominée par la fornication, Béliar ne pourra pas non plus vous dominer.
L’ange du Seigneur m’a dit et appris à ce sujet que les femmes sont vaincues par l’esprit de la fornication plus que les hommes, et que leur cœur prémédite contre les hommes aux moyens de leur ornements qui séduisent en premier leurs pensées ; elles font pénétrer le poison qui les rends captifs par leurs manières de cligner des yeux, puisqu’elles ne peuvent pas dominer un homme par la force.
Fuyez la fornication mes enfants et instruisez vos femmes et vos filles de ne pas orner ni leurs visages, ni leurs têtes, car les femmes qui séduisent par ces choses sont réservées au châtiment éternel comme celles qui séduisirent les vigiles avant le déluge : ceux-ci les regardaient sans cesse et tombèrent dans le désir de l’un et l’autre, leurs esprits conçurent l’acte en prenant l’apparence des hommes qui ressemblaient à leurs maris à elles et les femmes s’animèrent de désir en pensant à ces apparitions et donnèrent naissance à des géants ; car les vigiles leur paraissaient comme toucher les cieux.
Préservez-vous de la fornication dans votre pensée pure et gardez vos sens devant les femmes. Instruisez-les de ne pas se tenir en compagnie d’hommes pour qu’elles soient pures dans leurs pensées aussi. Car même si les intentions impures ne sont pas formées, les rencontres fréquentes sont une infection sans remède et un blâme éternel de Béliar contre nous.
La fornication n’a aucun entendement de la dévotion en soi et la jalousie cohabite avec le désir.
C’est par la jalousie que vous voudrez être plus exaltés que les fils de Lévi ; mais vous n’en serez pas capables. Dieu les vengera et vous mourrez d’une mauvaise mort, car le Seigneur a donné l’autorité à Lévi [avec] et Judah ; à Dan et Joseph de devenir gouverneurs, et moi avec eux.
Je vous commande d’écouter Lévi, car il a connaissance de la loi du Seigneur pour déclarer les jugements et les ordonnances des sacrifices pour tout Isræl jusqu’au temps fixé du oint|messie annoncé par le grand sacrificateur du Seigneur.
Je vous conjure par le Dieu du ciel d’agir avec vérité vis-à-vis de son prochain et que chacun de vous approche Lévi avec humilité de cœur pour recevoir une bénédiction de sa bouche ; car il bénira Isræl, et spécialement Judah que le Seigneur a choisi pour gouverner tous les peuples : honorez sa semence puisqu’il mourra dans des combats visibles et invisibles pour nous et sera parmi nous un roi éternel.
Réuben mourut après avoir instruit ses fils. Ils le mirent dans un coffre jusqu’à ce qu’ils le portent hors d’Égypte pour l’ensevelir dans la double cave où ses pères se trouvent à Hébron.

1 Séfer de Jésus c.116 : L’œil est à l'origine de tout péché charnel.
2 Lévitique 18:6 : Nul de vous ne s'approchera de sa parente, pour découvrir sa nudité. Je suis l'Éternel.
concernant l’envie
Transcription des paroles de Siméon, des choses qu’il dit à ses fils avant sa mort à l’âge de 120 ans, l’année où Joseph mourut. Ils vinrent le visiter quand qu’il fut malade. Il prit la force de s’asseoir, les embrassa et il dit :
― Écoutez votre père Siméon, écoutez les choses que j’ai dans mon cœur, mes enfants !
Je suis le 2e fils de mon père Jacob et Léah ma mère m’appela Siméon parce que le Seigneur avait exaucé sa prière.
Je devins très fort et ne reculais devant aucun exploit, car je n’avais peur de rien : mon cœur était solide, ma pensée inflexible, mes entrailles sans émotion, par le Très-haut donne du courage à l’homme dans son corps et aussi à son âme.
Notre père aimait Joseph et en ce temps-là j’en étais jaloux ; j’appliquais ma pensée à sa destruction et le prince d’erreur envoya contre moi l’esprit de jalousie qui aveugla ma pensée pour que je ne le vois pas comme un frère, et sans égard à mon père Jacob – mais son Dieu et le Dieu de ses pères envoya son ange le délivrer de mes mains et que notre frère Judah le vende aux ishmaélites pendant que j’étais à Shechem pour apporter de l’onguent aux troupeaux et que Réuben était à Dotham avec tous nos stocks et notre nécessaire.
Réuben revint accablé ; il avait espéré le ramener sain et sauf à son père tandis que j’étais en colère contre Judah pour l’avoir laissé vivant, et j’eus durant 5 mois de la rancœur contre lui. C’est alors que Dieu me restreint et me priva du travail de mes mains : ma main droite était devenue à moitié sèche pendant 7 jours et je savais que cela m’arrivait à cause de Joseph.
Mais je m’en repentis, mes enfants ; je m’en lamentais, suppliant le Seigneur de me purifier du mal de la folie d’envie et me redonner ma main, car je reconnus avoir conçu par mon envie un acte de mal contre Joseph devant le Seigneur et devant mon père Jacob. Prenez garde mes enfants au mauvais esprit d’envie, car l’envie arrive à contrôler la pensée d’un homme en le privant de manger, de boire, et faire du bien, jusqu’à le pousser à détruire l’envié ; et l’envieux dépérit mais l’envié fleurit.
Pendant 2 ans, jour pour jour, j’affligeais mon âme par le jeûne et la crainte de Dieu, car j’appris que la délivrance de l’envie vient par la crainte de Dieu ; et lorsqu’un homme accoure vers le Seigneur, l’esprit du mal fuit de lui et penser devient facile, jusqu’à sympathiser avec l’envié. Notre envie s’arrête en ne condamnant pas ceux qui nous aiment. Je me repentis plus qu’eux tous, car j’étais coupable de la vente de Joseph. Mon père me questionna en me voyant accablé, mais je lui dis que j’avais mal au foie.
Quand nous sommes descendus en Égypte et que Joseph nous traita d’espions, je ne me plains pas, car je savais que ma souffrance était justice. L’esprit de Dieu était avec lui, un bon homme plein de pitié et compatissant qui n’avait aucune malice contre moi, non ! Il m’aimait autant que le reste de ses frères.
Prenez garde mes enfants à la jalouse et l’envie. Marchez avec votre âme bien unie au cœur pour préserver l’esprit [des frères] de votre père, et qu’ainsi Dieu mette en vous sa grâce, en gloire et bénédiction sur vos têtes, comme j’ai vues en lui.
Tous ces jours, il nous fit aucun reproche à ce sujet mais il nous aimait comme sa propre âme, au milieu de ses propres fils ; il nous louangea et donna librement à tous des richesses, troupeaux et fruits.
Mes enfants, que chacun de vous aime son frère avec bon cœur. Retirez de vous l’esprit d’envie dont la pensée est sauvage et qui détruit le corps, les déviant dans l’agitation de la colère jusqu’à se battre au sang, et devenue enragée la pensée n’a ni distinction, ni tolérance, entre les hommes. L’esprit d’envie enlève le sommeil et engendre le tumulte d’âme et l’agitation du corps ; dans son sommeil même les mauvaises jalousies font dévier son âme grugée par de mauvais esprits dérangeant qui mettent l’agitation dans son corps jusqu’à ce que sa conscience soit dans la confusion totale, croyant avoir un esprit pervers et méchant, comme ceux qui apparaissent aux hommes.
Joseph avait ce comportement loyal et bon à voir où aucune méchanceté ne se trouvait. Mais un esprit détraqué se reflète au visage.
Mes enfants, efforcez-vous d’avoir bon cœur devant le Seigneur et de marcher droit devant les hommes pour trouver grâce devant les hommes et Dieu. Prenez garde de faire la fornication, la mère de toutes malfaisances, qui séparent de Dieu et rapprochent de Béliar.
J’ai vu dans les écritures de Hénoc1 que vos fils se livreront à la fornication et feront tort à Lévi par l’épée, mais ne prévaudront pas contre Lévi parce qu’il engagera la guerre du Seigneur et vaincra toutes vos légions jusqu’à ce qu’il n’en reste qu’un peu, divisés entre Lévi et Judah, et que plus aucun d’entre vous n’aie de souveraineté, comme Jacob mon père prophétisa par ses bénédictions.
Voici que je vous ai déclaré toutes choses pour affranchir vos âmes du péché.
Retirez maintenant toute envie de vous et toute la raideur de votre nuque. Ainsi mes os fleuriront comme une rose en Isræl et ma chair comme un lilas en Jacob ; ma senteur sera comme celle du Liban et de moi les saints êtres se multiplieront à jamais et s’étendront très loin comme les branches des cèdres.
La semence de Canaan2 périra et il ne restera plus trace d’Amalek ; tout le peuple d’Ellasar3 périra et les hittites seront tous complètement détruits, la terre de Ham tombera et toute personne périra ; la terre entière se reposera des troubles et le monde des guerres, sous le ciel.
Shem sera glorifié quand le Seigneur Dieu, le Puissant d’Isræl, apparaîtra sur terre comme un humain et Adam par lui sera sauvé. Tous les esprits d’erreur seront livrés à être foulés aux pieds et les hommes surmonteront les mauvais esprits. Je me lèverais de joie pour bénir le Très-haut de ses merveilleuses actions, car Dieu aura pris corps et mangé avec les hommes et les aura sauvés.
Dès maintenant mes enfants, obéissez à Lévi pour être rachetés en Judah. Ne vous rebellez pas contre ces 2 tribus, car pour vous le salut de Dieu se lèvera d’eux : le Seigneur se lèvera de Lévi comme un sacrificateur et de Judah comme un roi, humain et divin, pour sauver la race d’Isræl et tous les peuples. Enseignez à vos enfants toutes ces choses que je vous déclare pour les garder dans leurs générations.
Ayant fini l’instruction de ses fils, Siméon dormit avec ses pères à l’âge de 120 ans. Ils le déposèrent dans un coffre de bois incorruptible et portèrent ses os à Hébron durant un conflit des égyptiens. Ils les emportèrent en secret, car les égyptiens gardaient les os de Joseph dans la maison du trésor du palais ; les sorciers leur avaient dit qu’au départ des os de Joseph, il y aurait une très grande plaie sur les égyptiens et l’ombre de la noirceur sur toute l’Égypte au point qu’un homme ne reconnaîtra pas son frère même avec une lampe.
Les fils de Siméon pleurèrent leur père selon la loi du deuil. Ils furent en Égypte jusqu’au jour de leur départ d’Égypte, par la main de Moïse.

1 Livre de Hénoc v.2, c.90 : Et voici que des agneaux naquirent de ces moutons blancs et se mirent à ouvrir leurs yeux et regarder vers les moutons en pleurant mais les moutons ne pleurèrent pas pour eux et n’écoutèrent pas ce qu’ils leur disaient ; ils furent excessivement sourds et leurs yeux furent excessivement forcés aveugles.
2 Les cananéens étaient alors tous des idolâtres.
3 Genèse 14:9
concernant l’arrogance du sacerdoce
Transcription des paroles de Lévi, des choses qu’il appointa à ses fils conformément à tout ce qu’ils doivent faire et les choses qui leur arriveront jusqu’au jour du jugement. Il les appela à lui quand il lui fut montré qu’il devait mourir, étant encore en bonne santé.
Quand ils furent réunis ensemble, il leur dit :
― Moi Lévi, je fus conçu et naquis à Haran, je partis ensuite avec mon père à Shechem. J’étais jeune de 20 ans environ quand Siméon et moi cherchions à venger notre sœur Dinah contre Hamor. Nous nourrissions nos troupeaux à Abel-Maul lorsqu’un esprit de discernement vint sur moi du Seigneur et je vis tous les hommes souiller leur voie : l’injustice se construisit des murs et sur les tours la malfaisance assise. Je me lamentais pour la race des hommes et priais le Seigneur d’être sauvé. Un sommeil tomba sur moi : je me tenais sur une haute montagne – la montagne Aspis en Abel-Maul, et voici que les cieux s’ouvrirent et un ange de Dieu me dit :
― Entre Lévi !
J’entrais du 1er au 2e ciel, et je vis là l’eau suspendue entre l’un et l’autre. Je vis un 3e ciel beaucoup plus lumineux que ces deux-là, car en lui était une hauteur sans limite. Et je demandai à l’ange :
― Pourquoi est-ce ainsi ?
― Ne t’émerveille pas de ceux-là, me dit l’ange, car tu verras 4 autres cieux sans comparaison, plus lumineux qu’eux, quand tu seras soulevé de ce côté-ci et que tu te tiendras près du Seigneur ; car tu seras son ministre pour révéler ses secrets aux hommes et annoncer celui qui rachètera Isræl. Le Seigneur se manifestera d’entre les hommes par toi et par Judah [pour sauver chaque race humaine]. Ta vie sera de la portion du Seigneur : il sera ton champ et vignoble, fruits, or et argent.
Écoute maintenant en ce qui concerne les cieux qui t’ont été montré :
Le plus bas est sombre et voit tous les actes injustes des humains.
Au 2esont tous les esprits de vengeance et rétributions du Seigneur contre les
sans-lois : feu, neige, et glace, préparés à l’ordre du jour du juste jugement
de Dieu.
Au 3e sont les chefs des armées qui font vengeance sur les esprits d’erreur de
Béliar à l’ordre du jour du jugement.
Et ceux du 4e et au-dessus sont saints.
Au plus haut de tous, la grande gloire habite dans le saint des saints au-delà
de toutes saintetés. En lui sont les anges de la présence du Seigneur pour
servir et faire des apaisements1 auprès du Seigneur pour tous les péchés
d’ignorance des justes – raisonnable parfum d’odeur douce et offrande sans sang
présentés devant le Seigneur ; ils sont aussi les messagers de l’Entête des
jours et louanges au Seigneur. En lui sont les anges qui portent les réponses
aux anges de la présence du Seigneur.
Dans le ciel suivant sont les trônes et les gouvernements qui adressent à Dieu de continuelles louanges.
Quand le Seigneur regarde vers nous, nous en sommes tous traumatisés : Oui, les cieux, la terre et les abysses sont ébranlés en présence de sa majesté lorsque les fils des hommes pèchent ; ils provoquent le Très-haut et n’ont aucune perception de ces choses. Apprenez ce que le jugement du Seigneur produit sur les fils des hommes : les rochers se fendent, le soleil se refroidit, les eaux s’assèchent, et le feu se rétracte – et lorsque toute la création est dérangée et que les esprits invisibles se dissipent suite aux incursions du Très-haut, le shéol en emporte les dépouilles. Les humains incrédules qui persistent à faire du mal seront jugés et châtiés à ce compte.
Le Très-haut a entendu ta prière de te séparer du mal et devenir un fils pour lui au service du ministère [service] de sa présence ! Tu allumeras la lumière de la connaissance en Jacob, tu seras comme le soleil pour toute la semence d’Isræl, en bénédiction pour toi et ta semence, jusqu’à ce que le Seigneur visite tous les peuples dans ses grâces tendres à jamais. À cet effet, le conseil [sagesse] et le discernement [intelligence] t’ont été accordés pour que tu instruises tes fils, car qui le bénit sera béni, qui le maudit périra.
L’ange m’ouvrit les portes du ciel. Je vis le temple sacré et le trône de gloire, d’où Très-haut me dit :
― Lévi, je t’ai accordé les bénédictions du sacerdoce, jusqu’à ce que je vienne séjourner au milieu d’Isræl !
L’ange qui me ramena à la terre me donna un bouclier avec une épée ; il me dit :
― Fais vengeance sur Shechem à cause de ta sœur Dinah. Le Seigneur m’a envoyé avec toi !
C’était maintenant le moment de détruire les fils de Hamor d’après ce qui est écrit aux tablettes célestes. Je lui dis :
― Je te prie de me dire ton nom seigneur pour t’appeler au temps des épreuves.
― Je suis l’ange qui intervient pour que la race d’Isræl ne soit pas entièrement anéantie par l’attaque de tout esprit, dit-il.
Après ces choses, je me réveillais et bénis le Très-haut, et l’ange qui intervient pour tous les justes de la race [racine] d’Isræl !
C’est en allant chez mon père que je trouvais un bouclier de laiton à la montagne nommée Aspis, près de Gébal2, du côté droit [sud]d’Abila, mais je gardais ces paroles dans mon cœur.

Je conseillais à mon père et à Réuben mon frère de proposer aux fils de Hamor de se faire circoncire, mais parce que j’étais zélé à cause de l’abomination qu’ils avaient faite à ma sœur, je tuais Shechemle premier et Siméon tua Hamor, puis nos frères vinrent et frappèrent la ville au tranchant de l’épée.
Notre père se lamenta, entendant qu’ils avaient reçu la circoncision et ensuite la mort ; il fut en colère et dispensa ses bénédictions différemment pour nous, car nous avions péché en agissant contre sa volonté : ce jour-là il eut du dégout mais je connaissais que Dieu avait décrété du mal sur Shechem, car ils avaient cherché à faire de notre sœur Dinah ce qu’ils auraient fait à Sarah si le Seigneur ne les en avait empêché. Ils avaient persécuté notre père Abraham parce qu’il était étranger ; ils avaient ravagé ses troupeaux qui s’étaient multipliés et maltraitèrent honteusement Jeblæ, son serviteur né dans sa maison. C’est ainsi qu’ils agissaient avec tous les étrangers, prenant de force leurs femmes, et les hommes partaient eux-mêmes en exil. Mais la colère de Dieu est tombé sur eux soudainement, jusqu’au dernier. Et je dis à mon père :
― N’aie pas de colère en toi, car le Seigneur réduira les canaanites à néant pour leur terre soit à toi et à ta semence après toi. Qu’à partir de maintenant Shechem s’appelle ville-de-ceux-qui-sont-fous3 ; car nous nous sommes moqués d’eux comme on se moque d’un fou parce qu’ils ont eu la folie de souiller notre sœur en Isræl.
Nous sommes partis en reprenant notre sœur et sommes allés à Béthel. Après y avoir passé 7 jours, je vis de nouveau une chose comme la précédente : je vis 7 hommes en vêtement blanc qui me dirent :
― Lève-toi, mets la robe du sacerdoce, la couronne de justice, le bustier de compréhension, le vêtement de vérité, le bandeau de la foi, la tiare du miracle et l’éphod de la prophétie !
Chacun d’eux apporta chaque chose et les mirent sur moi en disant :
― Deviens un sacrificateur du Seigneur, toi et ta semence, à compter d’aujourd’hui et à jamais !
Le 1er me oint d’huile sainte et me donna le bâton
du jugement.
Le 2e me lava d’eau pure et me nourrit de pain et de vin, les plus saintes
choses, et m’attribua une robe sainte et glorieuse.
Le 3e me vêtit d’une veste d’éphod en lin
Le 4e mit autour de moi une ceinture comme violet.
Le 5e me donna une généreuse branche d’olive.
Le 6e plaça sur ma tête une couronne.
Le 7e plaça sur ma tête un bandeau de sacrificateur et remplit mes mains
d’encens pour servir comme sacrificateur du Seigneur.
Et ils me dirent :
― La semence de Lévi sera séparée en 3 services comme signe de la gloire du
Seigneur à venir : Le 1e sera celui de la foi, et aucun lot ne sera plus grand
que le sien !
Le 2e sera du sacerdoce.
Le 3e sera appelé sous un nouveau nom lorsqu’un roi se lèvera dans Judah et
établira un nouveau sacerdoce pour tous les peuples.4 Sa présence sera comme
celle d’un prophète du Très-haut, de la semence de notre père Abraham.
Toutes choses désirables en Isræl seront pour toi et ta semence ; tu mangeras de
toutes choses agréables à regarder à la table du Seigneur en portion pour ta
semence ; certains d’entre eux seront chefs sacrificateurs, juges et scribes, et
par leur bouche la sainteté du lieu sera préservée !
Quand je me réveillais, je savais que cette chose était comme la précédente et je gardais aussi cela dans mon cœur sans rien dire à personne sur terre. Deux jours après Judah et moi partîmes avec notre père Jacob chez Isaac, le père de mon père ; mon grand-père me bénit conformément à toutes les paroles des visions que j’avais vues. Il ne vint pas avec nous à Béthel.
Arrivés à Béthel, mon père Jacob eut une vision que je serais pour eux le sacrificateur de Dieu et il se leva tôt en matinée et paya à travers moi les dîmes de tout au Seigneur. Puis nous sommes partis habiter à Hébron. Isaac m’appelait constamment pour me faire mémoriser les lois du Seigneur comme l’ange de Dieu me l’avait montré. Il m’apprit les lois du sacerdoce : sacrifices, offrandes par le feu, premiers-fruits, offrandes de bonne volonté et offrandes de remerciement. Il m’instruit chaque jour et s’occupait de moi devant le Seigneur, et me dit :
― Prends garde que l’esprit de fornication continue et que ta semence pollue
les choses saintes. Prends-toi dans ta jeunesse une femme non-infirme, ni
souillée, ni de la race des nations étrangères.
Baigne-toi avant d’entrer dans le
lieu sacré. Lave-toi avant et après avoir présenté le sacrifice.
Présente au Seigneur [le parfum] des 12 arbres ayant toujours du feuillage.
Présente au Seigneur un sacrifice de toute bête pure et oiseau pur comme Abraham
m’a fait.
Présente tous premiers-fruits et tous prémices de vin en offrande au Seigneur
Dieu.
Mets du sel à chaque sacrifice.
Appliquez tout ce que je vous commande mes enfants, toutes les choses que j’ai entendues de mes pères et que je vous déclare. Voici, je suis pur de toutes vos infidélités et transgressions que vous commettrez à la fin des âges contre le messie du monde en agissant avec infidélité pour égarer Isræl et soulever à son encontre de grands malheurs du Seigneur. Car avec Isræl, ensemble vous transigerez sans égard à la loi jusqu’à ce qu’il ne puisse plus endurer Jérusalem à cause de votre malfaisance. Le voile5 du temple se déchirera quand votre honte sera mise à découvert et vous serez dispersés et captifs parmi les nations : vous serez refoulés aux pieds avec reproche et malédiction. La maison que le Seigneur choisira sera appelée Ville de paix comme il est écrit dans le livre du juste Hénoc6.
Quand j’eus 28 ans je pris une femme du nom de Melcha ; elle conçut et porta un fils que je nommais Gershom parce que nous étions exilés de notre terre, car Gershom signifie exil, mais je vis à son sujet qu’il ne serait pas au premier rang.
À mes 35 ans, Kéhat naquit vers l’est et je vis en vision qu’il se tenait en haut, au milieu de toute l’assemblée ; aussi je le nommais Kéhat pour signifier le commencement d’instruction et de majesté.
Dans la 40e année de ma vie, elle me porta Mérari en 3e ; et comme elle le porta avec difficulté, elle le nomma Mérari, ce qui signifie mon amertume, et aussi parce qu’il allait mourir.
Iochebed naquit à mes 64 ans, alors que j’étais reconnu au milieu de mes frères en Égypte.
Gershom prit femme et elle lui porta Lomni et Semei.
Les fils de Kéhat sont Amram, Istar, Hébron et Ouziel.
Les fils de Mérari sont Mahli et Moushi.
À mes 94 ans, Amram prit ma fille Iochebed pour femme ; lui et ma fille sont nés le même jour.
J’avais 8 ans quand je suis entré au pays de Canaan, et 18 ans quand je tuais Shechem ;
à 19 ans je devins un sacrificateur ;
à 28 ans je pris femme ;
à 40 ans j’entrais en Égypte.
Et voici vous êtes mes enfants de la 3e génération.
Joseph mourut à mes 118 ans.
Et maintenant mes enfants, je vous commande de craindre notre Seigneur de tout votre cœur, et de marcher dans toutes ses lois avec simplicité. Apprenez à vos enfants les lettres pour qu’ils aient toute leur vie de la compréhension en lisant sans cesse la loi de Dieu ; car celui qui connait la loi de Dieu sera honoré et ne sera pas un étranger, n’importe où qu’il aille : oui il obtiendra plus d’amis que ses parents et beaucoup d’hommes voudront entendre la loi de sa bouche et le servir.
Agissez bien sur terre, mes enfants, afin que vous ayez un trésor au ciel.
Semez de bonnes choses en vos âmes pour les retrouver dans votre vie ; mais si
vous semez le mal, vous en récolterez l’agitation de la douleur.
Obtenez la
sagesse avec précaution par crainte de Dieu et méditez qu’il y aura une conduite
en captivité ; destruction des villes et des terres, plus d’or, ni d’argent, ni
possessions – mais que rien ne peut prendre la sagesse du sage.
Sauvez l’aveugle des impuretés, et le sauvage des péchés, car celui qui se garde
de ces mauvaises choses, la sagesse sera pour lui une gloire parmi ses ennemis
même et une patrie dans un pays étranger, et il se trouvera un ami au milieu
d’ennemis.
L’homme qui enseigne ces choses et les fait sera mis sur un trône avec les rois
comme le fut mon frère Joseph.
Mes enfants, j’ai appris dans les écritures de Hénoc que vous vous tournerez contre le Seigneur à la fin des âges, vous étendrez vos mains avec malveillance [contre lui] et vous serez méprisés de tous les peuples. Notre père Isræl est pur des péchés des chefs sacrificateurs [qui mettront leurs mains sur le messie du monde].
Soyez purs comme le ciel au-dessus la terre, vous mes enfants qui êtes les
lumières d’Isræl, comme le soleil et la lune. Mais que feront tous les idolâtres
si vous êtes sombres de péchés ? Oui, les malédictions viendront sur notre race
quand vous commencerez à enseigner vos règles contraires aux ordonnances de Dieu
et qui détruiront la lumière donnée par la loi pour éclairer, vous et tous les
hommes :
– vous volerez les offrandes du Seigneur ;
– vous volerez les parts de choix de sa portion et les mangerez avec dédain avec
des prostituées ;
– vous enseignerez les lois du Seigneur par convoitise7 ;
– vous souillerez les femmes mariées, [vous profanerez les vierges de
Jérusalem], et vous vous joindrez aux prostituées et adultères ;
– vous marierez les filles des idolâtres en les purifiant d’une purification
illicite et votre union sera comme Sodome et Gomorrhe ;
– vous vous gonflerez à cause du sacerdoce, vous élevant vous-mêmes contre les
hommes et contre les lois de Dieu aussi ;
– vous aurez du mépris pour les choses sacrées en vous moquant et riant.
Le temple de choix du Seigneur deviendra le dépotoir de vos impuretés. Vous
serez captifs chez toutes les nations ; vous serez pour eux en abomination et
recevrez le blâme de la honte éternelle par le juste jugement de Dieu : tous
ceux qui vous haïssent se réjouiront de votre destruction, et si vous ne
receviez pas miséricorde par nos pères Abraham, Isaac et Jacob, aucun de notre
semence ne serait laissé sur terre…
J’ai appris dans le livre de Hénoc8 que vous dévierez et profanerez le sacerdoce pendant 70 semaines, en polluant les sacrifices et annuler la loi pour réduire à néant les paroles des prophètes par perversité. Vous persécuterez les hommes droits et haïrez les croyants : les paroles de foi vous seront en horreur. [Vous traiterez d’imposteur l’homme qui rétablira la loi par le pouvoir du Très-haut ; vous vous hâterez de le tuer sans connaitre sa dignité et verserez le sang innocent sur vos propres têtes.] Vos lieux saints seront pollués jusqu’à terre et il n’y aura aucun lieu qui soit pur9. Dispersés, vous serez en malédiction chez les peuples jusqu’à ce qu’il vous visite et vous reçoive par pitié [par la foi et l’eau]. Et parce que vous avez entendu concernant les 70 semaines, écoutez aussi concernant le sacerdoce, car chaque jubilé a un sacerdoce :
Au 1e jubilé10, le 1e oint du sacerdoce sera grand et parlera à Dieu comme à un père. Son sacerdoce sera parfait auprès du Seigneur et il sera relevé au jour de joie par11 le salut du monde.
Au 2e jubilé, celui qui est oint sera conçu dans la peine des bienaimés ; son sacerdoce sera honoré et glorifié de tous.
Le 3e sacrificateur sera saisi par la douleur.
Le 4e sera dans la douleur, car l’injustice s’assemblera extrêmement contre lui, et tout Isræl haïra chacun son prochain.
Le 5e sera saisi par l’obscurité, le 6e et le 7e également aussi ; il y aura tellement d’impuretés au 7e que je suis incapable d’en parler devant les hommes, mais ils sauront qui fait ces choses, car ils seront pris en captivité [ils seront en proie] et leur terre et leurs avoirs détruits.
Dans la 5e semaine, ils retourneront dans leur pays ravagé pour renouveler la maison du Seigneur.
Dans la 7e semaine viendront les sacrificateurs idolâtres, adultères, amants de l’argent, orgueilleux, sans-lois, débauchés, abuseurs d’enfants et d’animaux.
Après que leur punition vienne de la part du Seigneur, le sacerdoce cessera. Le Seigneur élèvera alors un nouveau sacrificateur à qui toutes les paroles du Seigneur seront révélées pour exécuter un juste jugement sur la terre pendant une multitude de jours. Son étoile s’élèvera comme celle d’un roi dans le ciel pour éclairer comme le soleil de jour par la lumière de la connaissance ; il sera magnifié dans le monde [jusqu’à son ascension] : il sera aussi éclairant que le soleil de la terre et chassera toute obscurité sous le ciel, et il y aura paix dans toute la terre. Les cieux jubileront en ses jours, la terre sera heureuse et les nuages se réjouiront ; la connaissance du Seigneur se déversera sur la terre comme l’eau des mers et les anges de la présence de la gloire du Seigneur, satisfaits en lui, car les cieux s’ouvriront et la voix du Père, comme celle d’Abraham à Isaac, viendra dans la sainteté du temple de gloire sur lui. La gloire du Très-haut sera publiée par lui et l’esprit saint de compréhension restera sur lui [dans l’eau], car il donnera en vérité majesté au Seigneur auprès de ses fils à toujours et il n’y aura personne pour le succéder dans toutes les générations.
Dans son sacerdoce, la connaissance des peuples grandira sur la terre et éclairera par la grâce du Seigneur. Dans son sacerdoce, le péché viendra à sa fin et les sans-lois cesseront de faire le mal [le juste se reposera en lui]. Il ouvrira les portes du paradis [jardin] et retirera l’épée menaçant Adam ; il donnera [à ses] aux saints à manger de l’arbre de vie et l’esprit de sainteté sera sur eux. Par lui Béliar sera lié, et il donnera à ses enfants le pouvoir de piétiner les mauvais esprits. Le Seigneur se réjouira en ses enfants, le Seigneur sera bien heureux pour toujours en ses bienaimés, alors Abraham, Isaac et Jacob jubileront et je serais content, et tous les saints se revêtiront de joie.
Maintenant que vous avez tout entendu mes enfants, choisissez pour vous la lumière de la loi du Seigneur ou l’obscurité des méfaits de Béliar !
― Nous marcherons devant le Seigneur en accord avec ses lois ! avons-nous répondu à notre père.
― Le Seigneur est témoin, ses anges sont témoins, vous êtes témoins et je suis témoin de la parole de votre bouche ! dit notre père.
― Nous sommes témoins ! lui avons-nous dit.
Lévi cessa ainsi de donner charge à ses fils. Il étira ses pieds [sur le lit] et fut réuni à ses pères après avoir vécu 137 ans. Ils l’allongèrent dans un coffre et l’enterrèrent à Hébron avec Abraham, Isaac et Jacob.

1 Apaisement : (latin) propitiare|propitius, gracier ; acte d’apaisement ou préparation de bonne disposition à l’occasion d’une faveur divine ou détourner un châtiment.
2 Près de Gebal ; aussi, près du pic (arabe, gebal).
3 Litt. ville-de-ceux-qui-sont-sans-compréhension.
4 Le texte ajoute, selon le mode des idolâtres
5 Il ne peut s’agir que du temple céleste.
6 Livre de Hénoc v.2 c.39 : J’eus la vision des palais des saints et les lieux de repos des justes. Mes yeux virent leurs demeures avec ses justes anges et leurs lieux de repos avec les saints, qui supplient en priant et intercèdent pour les enfants humains.
7 Séfer de Jésus c.45 : Je ne parle pas contre vous cohanim si vous servez Dieu parce que votre Créateur Dieu vous demande de Le servir et que vous le faites, mais si vous vous servez du privilège du temple pour vendre et acheter comme une place de marché, vous l’avez converti en caverne de voleurs sans égard que temple de Dieu est une maison de prière. Si vous faites tout pour plaire aux hommes et que vous mettez Dieu hors de votre esprit, je parle très haut contre vous que vous êtes les fils du démon et non d'Abraham qui a quitté la maison de son père et qui était résolu à sacrifier son propre fils par amour pour Dieu. Malheur à vous cohanim et docteurs si vous êtes ainsi, Dieu vous retirera le sacerdoce !
8 Hénoc v.2 c.89 parle de 70 bergers ; voir les 70 semaines annoncées dans Daniel 9:2, 9:24 et Jérémie 25:11, 31:31.
9 Le texte ajoute, à cause de lui. Le prophète Jérémie dit à Pashur : Vous comme vos pères avez combattu tous les jours contre la vérité, et vos fils après vous vont commettre des fautes encore plus méprisables que les vôtres : ils vendront celui qui n’a pas de prix, frapperont celui qui guérit la maladie, condamneront celui qui pardonne la faute, accepteront le mon tant estimé à 30 pièces d’argent pour sa vente par les enfants d’Isræl et donneront cet argent au champ du potier ; aussi le jugement destructeur viendra sur eux et leurs enfants après eux pour avoir versé le sang innocent dans leur jugement. Cf. Apocryph of Jeremiah ; (geez) Chrestomathia Aethiopica, p.viii, Dillmann ; (copte) Coptic Jeremiah Apocryphon.
10 1/ Fondation du 1er temple sous le règne de David. 2/ Construction du 1er temple sous le règne de Salomon. 3/ Sous Jéroboam. 4/ Règne d’Achaz et Jézabel (massa cre des prophètes du mont Carmel au temps d’Élijah). (5,6,7/ Temps entre les prophètes Ésaïe et Jérémie.) 5/ Temps des prophètes Daniel et Ézékiel. 7/ Temps des pharisiens, saducéens, et sacrificateurs débauchés.
11 Litt., pour.
sur l’amour de l’argent et la fornication
Transcription des paroles de Judah, des choses qu’il dit à ses fils avant de mourir. Ils étaient venus vers lui se réunirent ensemble et il leur dit :
― Je suis le 4e fils né de mon père et ma mère m’appela Judah, disant, Je remercie le Seigneur qui m’a donnée un 4e fils ! À ma jeunesse, j’étais rapide et énergique, obéissant à mon père en toutes choses ; je respectais ma mère et la sœur de ma mère. Quand je devins un homme et que mon père avait prié pour moi, il me dit :
― Tu seras un roi prospère en toutes choses.
Le Seigneur se montra favorable à tous mes travaux, à la fois aux champs et à la maison.
Quand je vis que je pouvais courir après une biche, je l’attrapais et j’apprêtais la viande pour mon père. Je saisissais les chevreuils à la course, je dépassais tous ceux qui étaient dans les plaines. Je dépassais une jument sauvage et l’attrapais pour la dompter. J’ai tué un lion pour retirer un petit de sa gueule. J’ai saisi un ours par sa patte et l’envoyais rouler contre une falaise, et si une bête se tournait contre moi je la déchirais comme un chien. Je rencontrais le sanglier sauvage en le dépassant à la course et je l’éventrais. À Hébron j’attrapais la queue du léopard qui avait sauté sur le chien, je le projetais au loin et il s’écrasa sur les côtes de Gaza1. Je pris les cornes d’un taureau sauvage qui mangeait le champ, je le fis tourner pour l’étourdir et je le projetais loin de moi et le tuais.
Lorsque 2 rois des canaanites, et beaucoup de gens avec eux, nous firent la guerre pour les troupeaux, je me suis précipité sur le roi Sur ; je l’attrapais et le frappais aux jambes, je le traînais en bas et le tuais, ainsi que Taphue, l’autre roi assis sur son cheval, et tous les gens se dispersèrent. Je tuais le roi Achor, un homme d’une taille géante,2 qui lançait des flèches par devant et derrière, assis à dos de cheval ; j’envoyais une pierre d’un poids de 27 kilos,3 la lançant sur son cheval, je le tuais puis je me suis battu pendant 2 heures avec Achor et le tuais ; je fendis son bouclier en deux et retranchais ses pieds, et lorsque je déchirais sa cuirasse, 8 de ses compagnons voulurent se battre contre moi, alors j’enroulais mon vêtement autour de ma main et je décochais des pierres sur eux, tuant 4 d’entre eux, et le reste s’enfuit. Mon père Jacob tua Beelisa, le roi de tous les rois, de la force d’un géant et d’une hauteur de 6 m4 ; la peur tomba sur eux et ils cessèrent de nous faire la guerre.
Depuis mon père ne faisait plus attention aux guerres quand j’étais parmi mes frères, car il avait eu une vision à mon sujet qu’un ange puissant me suivait partout pour que je ne sois pas vaincu.
Au sud, il tomba sur nous une plus grande guerre que celle de Shechem et je me joins au rang pour combattre avec mes frères ; j’ai poursuivi 1,000 d’hommes et en ai tués 200 hommes et 4 rois parmi eux ; allé contre eux je tuais 2 autres rois sur le mur ; ainsi nous libérâmes Hébron et reprîmes tous les captifs des rois.
Le jour suivant nous sommes partis à Areta, une ville forte, murée et inaccessible, menaçante à mort. Moi et Gad avons approchés le côté est de la ville, Réuben et Lévi l’ouest et le sud. Ceux qui se trouvaient sur le rempart pensèrent que nous étions seuls et nous attaquèrent en bas tandis que nos frères montaient secrètement de chaque côté du mur avec des échelles et entrèrent dans la ville sans que les hommes le sachent ; nous les avons frappés du tranchant de l’épée, et pour ceux qui s'étaient réfugiés dans la tour, nous y avons mis le feu et les attrapèrent tous.
Comme nous partions, les hommes de Thaffu tombèrent sur nos captifs, mais nous et nos fils les avons repris et nous sommes allés se battre contre eux jusqu’à Thaffu même ; nous les avons tués et brûlé leur ville, endommageant tout ce qui s’y trouvait.
Je me trouvais aux eaux de Chuzeba quand les hommes de Jobel vinrent nous combattre ; nous nous sommes battus contre eux et leurs alliés de Selom, les tuant sans leur donner aucun moyen de nous échapper, ni de revenir contre nous.
Au 5e jour, les hommes de Machir descendirent contre nous pour reprendre nos captifs ; nous les avons attaqué et les avons vaincu en fier combat ; ils étaient ensemble forts d’eux-mêmes mais nous les avons tué avant qu’ils montent la colline. Quand nous sommes arrivés à leur ville, leurs femmes firent rouler sur nous des pierres du pic de la colline où la ville se tenait ; nous nous sommes cachés derrière la ville, Siméon et moi, pour nous emparer des hauteurs et nous avons complètement détruit la ville.
Le jour suivant, on nous rapporta que les villes de 2 rois et une grande assemblée venaient contre nous, alors nous nous sommes déguisés en amorites, Dan et moi, et nous sommes allés dans leur ville comme des alliés. Nous avons ouvert les portes à nos frères qui vinrent dans la nuit profond et avons détruit tous les hommes et leur nécessaire, emportant en butin tout ce qui était à eux ; nous avons fait tomber leurs 3 murs et sommes partis vers Thamma qui était le refuge de tous les rois hostiles. J’étais en colère d’avoir été blessé et chargeais contre eux au pic de la colline mais ils me jetèrent des pierres et des flèches ; et s’il n’y avait eu mon frère Dan pour m’aider, ils auraient pu me tuer. Nous sommes montés en colère contre eux et tous s’enfuirent, mais passant par un autre chemin ils supplièrent mon père de faire la paix avec eux. Nous ne les avons donc pas frappés mais avons fait une trêve avec eux et leur avons rendu tous les captifs.
J’avais 20 ans, je construisais Thamna et mon père construisait Rhambael quand cette guerre arriva, et les canaanites me craignirent, moi et mes frères. J’avais un troupeau nombreux et le chef de mes bergers était Iran l’adullamite. Je me rendais vers lui quand je vis Barsan [Shua], roi d’Adullam. Il nous fit un festin et il me conjura de prendre sa fille Batshua pour femme. Elle me porta Er, Onan, et Shelah. Le Seigneur frappa 2 d’entre eux afin de mourir sans enfant mais Shelah vécut et ses enfants sont ici. Notre père et nous avons vécu 18 ans en paix avec Ésau son frère, et ses fils avec nous, après notre départ chez Laban en Mésopotamie.
Dans la 40e année de ma vie, après 18 ans complets, Ésau le frère de mon père vint contre nous avec un peuple nombreux et fort, mais il tomba sous l’arc de Jacob et aurait été tué même s’il serait allé plus loin qu’Iramna ; il fut porté mort jusqu’au mont Séir. Nous poursuivîmes les fils d’Ésaü, mais ils avaient une ville aux murs de fer et des portes de cuivre, et nous n’avons pas pu y entrer. Nous les avons mis en état de siège en campant autour, et après 20 jours qu’ils n’ouvraient pas je plaçais une échelle à la vue de tous, et avec mon bouclier au-dessus de ma tête je grimpais, étant assailli de pierres de 78 kg,5 et une fois en haut je tuais 4 puissants d’entre eux.
Le jour suivant Réuben et Gad entrèrent et en tuèrent 60 autres. Ils demandèrent nos conditions de paix connaissant le principe de notre père, et nous les acceptâmes comme tributaires ; ils nous donnèrent [200] 500 homers6 de blé, 500 bats7 d’huile et [1,500] 500 mesures de vin, ce jusqu’à notre départ en Égypte.
Après ces choses mon fils Er prit pour femme Tamar de Mésopotamie, une fille d’Aram. Mais Er fut mauvais et douta de Tamar parce qu’elle n’était pas de Canaan. Dans la nuit du 3e jour, un ange du Seigneur le frappa conformément à la méchante sorcellerie de sa mère. Il ne la connut pas, car il ne souhaitait pas avoir d’enfant avec elle.8 Aux jours de fête du mariage, je la mariais à Onan, et par méchanceté lui aussi ne la connut pas, même s’il demeura avec elle une année ; je le menaçais et il coucha avec elle suivant la recommandation de sa mère, et lui aussi mourut de sa méchanceté. J’espérais la donner aussi à Shelah mais Batshua ma femme ne le supporta pas, ayant une hargne contre Tamar parce qu’elle n’était pas des filles de Canaan comme elle l’était. Je sus alors que la race canaanite était mauvaise, mais les pensées de jeunesse aveuglaient mon cœur, et quand je la vis verser du vin, je fis l’erreur de tomber devant elle dans l’ivresse et tandis que j’étais absent elle alla prendre pour Shelah une femme de Canaan. Quand j’appris ce qu’elle avait fait, je la maudis dans l’angoisse de mon âme et elle mourut aussi de la méchanceté de ses fils.
Deux ans après ces choses, Tamar étant encore veuve, elle entendit que j’allais tondre mes moutons et se vêtit de façon nuptiale pour s’asseoir à la porte de la ville Énaim, suivant une règle des amorites que celle qui va se marier s’assit à la porte pendant 7 jours pour la fornication. Je m’étais enivré aux eaux de Chozeb [Kobeza] et ne l’ai pas reconnue à cause du vin ; et sa beauté me séduisit par le style de son habillement. Tournant de son côté, je dis que je voulais entrer en elle, et elle me dit, Que me donneras-tu ? Et je lui remis mon bâton, ma ceinture et mon bandeau royal pour coucher avec elle, et elle conçut.
Ne sachant pas ce qu’elle avait fait, je voulus la tuer, mais elle envoya secrètement mes gages et me mit dans la honte. Mais par crainte, me disant qu’elle ait agi par ruse d’avoir reçu le gage d’une autre femme, aussi je l’appelais et entendis les mots secrets que j’avais prononcés couché avec elle dans mon ivresse et je ne pus la tuer, car cela venait du Seigneur. Je ne vins jamais plus près d’elle jusqu’à ma mort, car j’avais fait cette abomination dans tout Isræl. De plus, ceux qui étaient dans la ville dirent qu’il n’y avait aucune fiancée dans la ville puisqu’elle venait d’une autre place ; elle s’était assise un instant à la porte sans que personne ne sache que j’avais été en elle. Après cela, partis à cause de la famine nous sommes vers Joseph en Égypte. J’étais âgé de 46 ans et j’y ai vécu 73 ans.
Écoutez maintenant votre père dans toutes choses que je vous commande mes enfants. Gardez toutes mes paroles en obéissance aux lois de Dieu et appliquez les ordres du Seigneur. Ne pas marchez pas suivant vos convoitises, ni vos pensées imaginaires dans l’arrogance de votre cœur. Ne vous glorifiez pas des actes de votre force de jeunesse, car cela est mauvais aux yeux du Seigneur, ainsi que je me glorifiais des guerres et que jamais visage de belle femme ne me tromperait. Je faisais des reproches à Réuben au sujet de Bilhah la femme de mon père, jusqu’à ce que les esprits d’envie de fornication disposent de moi et que je tombe devant Batshua la cananéenne et Tamar l’épouse de mes fils. J’avais dit à mon beau-père que je consulterais mon père avant de prendre sa fille ; mais lorsqu’il me montra une réserve d’or sans limite – car il était roi, pour couvrir sa fille d’or et de perles, j’incitais la fête à ce compte et de nous verser du vin de toute sa beauté féminine. Le vin mit mes yeux dans l’erreur et le plaisir aveugla mon cœur, car je l’aimais et la prise pour femme : je suis tombé dans le péché vis-à-vis des ordres de mes pères et du Seigneur, et le Seigneur me rétribua d’après la pensée de mon cœur, et je n’eus aucune joie dans les enfants.
Ne vous enivrez pas de vin mes enfants, car le vin détourne à penser en vérité et incite la convoitise des passions qui induisent l’erreur aux yeux. Le vin sert l’esprit de fornication et donne à penser aux plaisirs, et tous deux ôtent la force d’un homme. L’homme qui boit du vin jusqu’à l’ivresse dérange sa conscience avec des pensées perverses de fornication qui incitent son corps au charnel et faire le péché. Tel est le vin mes enfants et celui qui est ivre ne respecte aucun homme.
Ça m’a conduit à l’erreur, sans honte devant les gens de la ville et sous les yeux de tous quand je me suis tourné vers Tamar : je fis le grand péché de soulever le couvert de la honte9 de mes fils après avoir bu du vin. Je ne respectais l’ordre de Dieu non plus en prenant pour épouse une femme de Canaan. Aussi mes enfants, buvez du vin avec discrétion ! La discrétion est de boire aussi longtemps qu’un homme reste convenable, mais s’il dépasse cette limite l’esprit d’erreur entre dans sa pensée et change sa volonté ; il fait parler l’homme ivre avec perversité, le fait pécher sans honte jusqu’à s’exalter du déshonneur.
Judah n’avais pas réalisé que celui qui découvre la nudité, comme je mis à découvert, commet la fornication et tombe sous le pouvoir de la fornication pour en devenir esclave, au point que je donnais mon bâton d’appui de ma tribu, ma ceinture de mon pouvoir, et mon bandeau de la gloire de mon royaume. Je me repentis de ces choses et ne pris plus de vin, ni de viande, et n’avais aucune joie, jusqu’à mon vieil âge ; l’ange de Dieu me montra que les femmes dominent toujours, le roi pareillement au mendiant, elles retirent du roi sa gloire et du vaillant sa force, et du mendiant même le moindre appui qu’il lui reste dans sa pauvreté.
Soyez modérés au vin mes enfants sinon il y a 4 mauvais esprits : convoitise, colère, débauche, profit pervers.
Buvez du vin avec joie et retenue et dans la crainte de Dieu, et vous vivrez ! Mais si vous ne buvez pas avec retenue, la crainte de Dieu se retirera de vous : l’ivresse vient et dispose sans pudeur. Et si vous ne buvez pas du tout, prenez garde aussi de ne pas dire des paroles outrageuses ou querelleuses, ni de fausse accusation contre les lois de Dieu, car vous périrez avant votre temps. De plus le vin révèle aux étrangers les secrets des hommes et de Dieu à qui Dieu interdit de révéler, comme je révélais les lois de Dieu à Batshua la cananéenne ainsi que les secrets de mon père Jacob. Le vin est aussi cause de guerre et de confusion.
Je vous demande mes enfants de ne pas aimer l’argent, ni considérer la beauté des femmes, parce qu’au nom de l’argent et de la beauté je m’égarais avec Batshua la cananéenne. Je sais que pour ces 2 choses, vous qui êtes de ma lignée tomberez dans le mal, et même les hommes sages parmi mes fils dévieront : cela causera la diminution de la royauté de Judah que le Seigneur m’a accordé grâce à mon obéissance à mon père. Car jamais je ne désobéis à une parole de mon père Jacob et je fis toutes choses qu’il ordonna, quoi que ce soit. Abraham, le père de mon père, me bénit pour que je devienne roi en Isræl, et Isaac me bénit ainsi de la même façon : je sais que par moi la royauté sera établie.
Par les écrits du juste Hénoc, je sais le mal que vous ferez dans les
derniers jours. Écoutez Judah votre père, mes enfants, et prenez garde à la
fornication et à l’amour de l’argent qui nous séparent de la loi de Dieu, car :
– ils nous rendent sans compréhension en aveuglant l’âme ;
– ils empêchent toute compassion envers notre prochain et enseignent l’arrogance
;
– ils nous lient aux tâches du mal en retirant toute bonté d’âme ;
– ils dévorent notre chair et enlèvent le sommeil ;
– ils retiennent les offrandes à Dieu, et
– l’homme ne se souvient plus de la bénédiction ; il n’écoute plus quand un
prophète parle et il s’offusque à une parole de Dieu.
L’esclave de ces 2 passions aveugles éloigne son âme de la loi sans pouvoir obéir à Dieu : il marchera dans la noirceur en plein jour. Car l’amour de l’argent conduit à l’idolâtrie. C’est à cause de l’argent que les hommes sombrent dans le désordre et la déviance en appelant dieux ceux qui ne sont pas Dieu ; c’est à cause de [l’amour de] l’argent que je perdis mes enfants, et si mon âme ne se serait humiliée par la pénitence de ma chair et par les prières de mon père Jacob, je serais mort sans enfant. Le Dieu de mes pères eut pitié de moi parce que j’agis par ignorance lorsque le prince d’erreur m’aveugla : j’ignorais que les péchés souillaient ma chair autant que l’être et je compris ma propre faiblesse, me croyant alors invincible.
Comprenez mes enfants qu’il y a 2 esprits qui sous-tendent l’homme : l’esprit
véridique et l’esprit d’erreur.
[Et au milieu, l’esprit de compréhension permet à la pensée de se diriger
partout suivant sa volonté].
Les véritables actions et les fausses actions des hommes sont inscrites sur leur
poitrine ; le Seigneur connaît chacune d’elles et en aucun temps leurs actions
ne peuvent se soustraire de lui, car tout a été inscrit sur les os de la
poitrine devant le Seigneur et l’esprit de vérité en témoigne en dénonçant
toutes choses ; celui qui pèche brûle dans son propre cœur et ne pourra lever la
tête devant le juge.
Je vous commande d’aimer Lévi afin de pouvoir demeurer mes enfants, et ne pas vous glorifier contre lui sous peine d’être entièrement détruits : c’est à moi que le Seigneur a donné la royauté et à lui le sacerdoce, et il place la royauté sous le sacerdoce. À moi il a donné les choses sur la terre, à lui les choses aux cieux. Et comme le ciel est plus haut que la terre, le sacerdoce de Dieu est plus haut que la royauté sur la terre, [à moins de tomber dans le péché et se faire dominer par la royauté terrestre de la part du Seigneur].
L’ange du Seigneur m’a dit de lui :
― Le Seigneur l’a choisi par-dessus vous pour approcher de lui et manger à sa table [en lui présentant] les premiers-fruits des meilleures choses des fils d’Isræl [mais tu seras la royauté de Jacob]. Tu seras parmi eux comme la mer, car justes et injustes seront ballotés comme dans la mer ; certains seront pris captifs quand d’autres se seront enrichis, ainsi aussi sera toute race des hommes en toi : ceux qui seront [appauvris] en danger seront pris en captivité et les autres deviendront riches par pillage [des avoirs des autres]. Ceux [rois] qui dirigent seront comme des monstres marins qui avalent les hommes comme des poissons ; ils mettront en esclavage les fils et filles d’hommes libres, ils pilleront maisons, terres, troupeaux, argent ; et avec la chair de beaucoup ils nourriront à tort les corbeaux et les grues. Ils s’accroitront par le mal et s’élèveront par la convoitise ; il y aura de faux prophètes pour persécuter tels des tempêtes tous les justes.
Le Seigneur apportera l’un contre l’autre sur eux des divisions et il y aura continuellement des guerres en Isræl et mon royaume sera amené à sa fin par des hommes d’une autre race jusqu’à ce que le salut d’Isræl vienne, jusqu’à l’apparition du Dieu de justice et que Jacob et tous les peuples puissent se reposer en paix, car il gardera la puissance de mon royaume à jamais. Le Seigneur me l’a juré par un serment qu’il ne détruira pas le royaume de ma semence à jamais.
J’ai beaucoup de peine pour mes enfants à cause de vos prostitutions que vous ferez contre le royaume par la sorcellerie et l’idolâtrie à suivre ceux qui ont des esprits, devins d’erreurs des démons… Vous ferez de vos filles des chanteuses prostituées, vous vous mélangerez avec les souillures des idolâtres, et pour ces raisons le Seigneur amènera sur vous la famine, la maladie contagieuse, la mort par l’épée, les ennemis qui assiègent, les insultes d’amis, le pillage des avoirs, l’incendie du temple de Dieu et la terre laissée comme un dépotoir ; vous-mêmes serez pris esclaves chez les idolâtres qui feront certains de vous eunuques pour leurs femmes jusqu’à ce que vous retourniez au Seigneur avec un cœur parfaitement repentant et marchiez dans tous les lois de Dieu. Alors le Seigneur vous visitera avec miséricorde et vous sortira de la captivité des idolâtres.
Après ces choses, l’étoile de paix de Jacob se lèvera sur vous. Un homme de ma semence se lèvera comme le soleil de justice, marchant avec les fils d’hommes avec justice et simplicité, en qui aucun péché ne se trouve ! Les cieux seront ouverts au-dessus de lui pour verser l’esprit de sainte bénédiction du Père qui se répandra sur lui, qui répandra un esprit de grâce sur vous pour lui être de véritables fils et marcher dans ses lois, du premier au dernier. Cette branche [qui sortira de moi] est celle du Très-haut Dieu et cette fontaine donne vie à tout ! Le sceptre de mon royaume brillera, de votre racine s’élèvera une tige et de là poussera un bâton de justice des peuples pour juger et sauver tous ceux qui en appellent au Seigneur. Après ces choses, Abraham, Isaac, Jacob, et [les chefs des tribus d’Isræl] mes frères et moi se relèveront seront en vie : Lévi premier, moi deuxième, Joseph troisième, Benjamin quatrième, Siméon cinquième, Issachar sixième, et tous ainsi de suite.
En bénédiction :
- Lévi reçut le Seigneur
- moi, l’ange de la présence.
- Siméon, les pouvoirs de gloire
- Réuben, le ciel.
- Issachar, la terre
- Zebulon, la mer.
- Benjamin, le tabernacle
- Dan, les lumières du ciel.
- Gad le soleil
- Asher l’olivier [la lune].
- Joseph, les montagnes
- Naphtali la graisse de la terre.


Il n’y aura plus d’esprit d’erreur de Béliar parce qu’il sera jeté pour
toujours dans le feu. Il n’y aura qu’un peuple et une langue du Seigneur :
- ceux qui sont morts en peine se lèveront de joie ;
- ceux qui s’étaient appauvris pour la cause du Seigneur deviendront riches ;
- ceux qui étaient dans le besoin seront comblés ;
- ceux qui se sont affaiblis deviendront forts ;
- ceux qui ont été mis à mort pour la cause du Seigneur se réveilleront en vie ;
les cerfs de Jacob courront avec joie, les aigles d’Isræl voleront avec bonheur,
et tous les peuples glorifieront le Seigneur à jamais, mais tous les infidèles
se lamenteront et les pécheurs pleureront ! Gardez les ordres du Seigneur, mes
enfants, car il y a de l’espoir pour tous ceux qui s’accrochent à sa voie.
Puis il leur dit :
― Je meurs devant vos yeux en ce jour âgé de 119 ans : que personne ne m’enterre dans un habit coûteux comme font les rois, qu’aucune larme n’ouvre mes entrailles, portez-moi à Hébron avec vous.
Après avoir dit ces choses, Judah tomba endormi. Ses fils firent tout ce qu’il leur avait commandé ; ils l’enterrèrent avec ses pères à Hébron.

1 60 km : distance en Hébron et Gaza.
2 Le prophète Amos (2:9) dit que les amorites avaient la stature d’un cèdre et étaient forts comme le chêne.
3 60 livres dans le texte. 4 12 coudées dans le texte.
5 3 talents dans le texte ; 1 talent = 26 kg
6 1 homer = 220 litres (200 homers, ou 44,000 litres)
7 1 bat = 22 litres (500 bats, ou 11,000 litres)
8 Combat d’Adam et Ève c.44 : Judah maria son fils premier-né à une femme nommée Tamar, fille de Kadesh Lévi. Er resta une longue période avec elle, se comportant se lon les usages des hommes de Sodome et Gomorrhe, mais Dieu vit ses actions infâmes et le tua. Judah remaria Tamar à son fils Onan, disant, Tu devras donner une semence à ton frère. Mais Dieu le tua lui aussi à cause de ses actions infâmes, sujet de malédiction de Jacob qu’aucune semence cananéenne ne se mélange à la sienne. Ainsi Dieu ne voulut qu’aucune d’elle se mélange à celle de Jacob le juste.
9 Lévitique 18:15 : Tu ne découvriras pas la nudité de ta belle-fille, c'est la femme de ton fils : ne découvre pas sa nudité.
concernant la simplicité
Transcription des paroles d’Issachar. Il appela ses fils et leur dit :
― Écoutez votre père Issachar, prêtez oreille à mes paroles, vous mes ¦ enfants. Je suis le 5e fils né de Jacob par louage des mandragores que Réuben rapporta du champ et que Rachel prit quand elle le rencontra. Réuben avait pleuré et ma mère Léah avait accouru à sa voix. Ces mandragores étaient des pommes de douce saveur que la terre d’Aram produisait en hauteur, en deçà d’un précipice d’eau.
― Je ne te les rendrais pas, dit Rachel, car elles sont pour à moi à la place des enfants.
Or il y avait deux pommes. Léah répondit :
― Ça ne te suffit pas d’avoir pris le mari de ma virginité que tu prennes aussi ça !
― Voici, dit-elle, laissons Jacob avec toi ce soir à la place des mandragores de ton fils…
― Ne te vante pas et prétendre par toi-même, lui dit Léah, Jacob est mien et je suis la femme de sa jeunesse.
― Comment cela ? dit Rachel. Il est pour moi le premier époux, et il servit notre père 14 ans pour ma cause. Qu’est-ce que je peux y faire pour toi si l’habile ruse des hommes augmente et que la ruse prospère sur la terre ! Si cela n’avait pas été ainsi, tu ne verrais pas aujourd’hui le visage de Jacob, car tu n’es pas sa femme mais tu fus amenée vers lui à ma place par la ruse et mon père m’enleva dans la nuit pour me tromper et ne me laissa pas le voir. Car si je n’avais pas été là, cela ne serait pas arrivé ! Prends une mandragore et loue-le de moi une nuit pour l’autre !
Jacob connut Léah qui conçut et me porta, et je fus appelé Issachar à cause du louage. Un ange du Seigneur apparut à Jacob et dit :
― Rachel portera 2 enfants car elle a refusé la compagnie de son mari et choisi l’abstinence !
Si Léah ma mère n’avait cédée les 2 pommes pour la cause de sa compagnie elle aurait enfantée [8] fils mais elle en porta 6 et Rachel 2 pour la raison que le Seigneur la visita au compte des mandragores et il sut qu’elle ne désirait pas la compagnie de Jacob par convoitise du plaisir mais pour la cause des enfants. Elle alla plus loin le lendemain et donna Jacob pour avoir l’autre mandragore. Alors le Seigneur entendit Rachel à cause des mandragores, car autant elle les désirait, autant elle ne les mangea pas, mais les apporta au sacrificateur du Très-haut en ce temps-là pour les offrir à la maison du Seigneur.
Depuis je grandis et marchais avec un cœur droit, je devins un compagnon pour mes parents et mes frères, j’apportais des fruits des champs selon leur saison. Mon père me bénit, car il vit que je marchais dans la simplicité, que je n’étais pas querelleur par mes actions, ni malin ou insultant pour mon entourage. Je n’ai jamais parlé contre quelqu’un, ni critiqué la vie d’un homme, mais je marchais par la simplicité de mes yeux. J’avais 30 ans quand je pris pour moi une femme. Le labeur prenait ma force et je n’avais jamais pensé au plaisir avec une femme, car mon sommeil suffisait à mon labeur et mon père se réjouissait toujours de ma simplicité. De tout ce que je produisais, tout mon produit et mes premiers-fruits, je les offrais en premier au Seigneur aux mains des sacrificateurs, ensuite à mon père, puis je prenais pour moi. Le Seigneur doubla ses bénéfices par mes mains et Jacob sut que Dieu aidait ma simplicité. Pour chaque homme pauvre et toute personne en détresse j’accordais les bonnes choses de la terre en toute simplicité de cœur.
Maintenant écoutez-moi mes enfants et marchez dans la simplicité de cœur, car j’ai vu que cela est plaisant au Seigneur en tout. Le simple ne convoite pas l’or, ni ne fraude son prochain, il ne languit pas après plusieurs friandises, ne prends pas plaisir à des vêtements variés, ne se voit pas vivre une vie longue mais attend seulement la volonté de Dieu. Les esprits d’erreur n’ont pas de pouvoir sur lui, car il ne peut permettre en son esprit la pensée d’une beauté féminine qui polluerait sa pensée de corruption. Aucune envie ne peut entrer dans ses pensées, ni jalousie se mélanger à son âme, il ne couve pas son gain d’envie insatiable mais marche droit dans la vie et détient toutes choses avec simplicité, n’admettant pas à ses yeux la malice erronée du monde, ni voir aucune perversion dans les lois du Seigneur.
Gardez ainsi la loi de Dieu mes enfants à marcher sans ruse avec simplicité. N’enquérez pas par trop de curiosité dans les affaires de votre prochain, ni dans les lois de Dieu1 mais
aimez votre prochain et le Seigneur ;
ayez compassion pour le pauvre faible ;
courbez votre dos à cultiver la terre et travaillez au sillage du sol en toute matière d’agriculture,
et faites des offrandes de remerciement au Seigneur, car le Seigneur me bénit par les premiers-fruits de la terre comme il bénit tous les saints, d’Abel jusqu’à maintenant.
Aucune autre portion ne vous sera donnée que la graisse de la terre dont les fruits sont produits du labeur ; car notre père Jacob me bénit par les bénédictions de la terre et des premiers-fruits. 2
Parmi les fils de Jacob, Lévi et Judah furent glorifiés par le Seigneur qui les choisit et donna à l’un le sacerdoce et à l’autre la royauté, depuis ils obéissent et marchent dans la simplicité de votre père, et à Gad a été donné de détruire les tentations qui viendront sur Isræl.
Mes enfants, je sais que dans les derniers temps vos fils abandonneront la simplicité et fendront d’avarice, laissant la ruse pencher vers le mal et déviant les ordres du Seigneur pour pencher vers Béliar en délaissant la culture de la terre pour suivre leurs mauvais desseins.3 Ils seront dispersés chez les idolâtres au service de leurs ennemis.
Aussi, commandez ces choses à vos enfants que s’ils pèchent, ils puissent le plus rapidement possible retourner au Seigneur, car il a pitié et les délivrera pour les ramener dans leur terre même.
Je suis âgé de 122 ans, et ne connais en moi aucun péché mortel :
– je n’ai connu aucune autre femme excepté ma femme ;
– je n’ai jamais commis de fornication avec mes yeux ;
– je n’ai pas bu de vin au point de dévier ;
– je n’ai convoité aucune chose désirable qui est à mon prochain ;
– jamais tromperie n’est entré dans mon cœur ;
– jamais mensonge ne passa sur mes lèvres ;
– si un homme s’affligeait, je pleurais avec lui ;
– je partageais mon pain avec le pauvre et jamais je ne mangeais seul ;
– je n’ai déplacé aucune borne ;
– j’agissais avec foi et vérité tous mes jours ;
– j’aimais de toute ma force le Seigneur,
– et j’aimais tous les hommes comme mes propres enfants.
Vous aussi mes enfants, faites ces choses pour que tout esprit de Béliar fuie de vous, sans possibilité que la malice humaine domine sur vous. Soumettez toute bête sauvage et ayez le Dieu du ciel pour vous en marchant avec les hommes avec simplicité de cœur.
Puis il leur commanda de le porter à Hébron pour l’ensevelir dans la cave avec ses pères.
Le 5e fils de Jacob étendit ses pieds et mourut à un âge avancé. Il s’endormit du sommeil éternel, ayant chaque membre intact et avec la même vigueur.

1 Séfer de Jésus c.90 : Quand tu sais que Dieu a dit une chose, qui es-tu humain pour dire, pourquoi dis-tu ou fais-tu ça, o Dieu… Est-ce que peut-être un pot de terre dit à son fabriquant, pourquoi me fais-tu pour contenir de l'eau et non du balsamier ? Je vous dis en vérité fortifiez-vous contre toute tentation par ces mots : Dieu dit ainsi, Dieu fait ainsi, ainsi veut Dieu ! En faisant ainsi tu vivras sûrement.
2 Livre de Hénoc v.2 c. 3 (slv) : Bénissez le Seigneur avec les premiers-nés de vos troupeaux et les premiers-nés de vos enfants.
3 Livre de Hénoc v.2 c. 36 (slv) : Je laisserais un homme juste de ta race, avec toute sa maison, qui agira conformément à mon vouloir. Après quelques temps de leur semence j’élèverais une génération nombreuse mais parmi eux beaucoup seront très insatiables. À l’extinction de cette famille alors je leur montrerai les livres de tes écrits et de leurs pères, et leurs gardiens sur terre leur montreront les hommes qui sont véritables et qui me plaisent, qui ne prennent pas mon nom en vain. Et ils raconteront à l’autre génération, et ceux qui les auront lus seront glorifiés à la fin plus qu’avant.
concernant compassion et pitié
Transcription du témoignage que Zebulon transmis à ses fils à l’âge de 114 ans, 32 ans après la mort de Joseph. Il leur dit :
― Écoutez-moi fils de Zebulon, venez entendre les paroles de votre père ! Je suis Zebulon, un bon don à mes parents, car lorsque je suis né notre père augmenta très considérablement autant en troupeaux qu’en bergers quand il eut sa part par les tiges triées.
Mes enfants, je ne sais pas avoir péché tous mes jours excepté par la pensée.
Je ne me souviens pas d’avoir fait du tort excepté le péché d’ignorance envers
Joseph.
Car je couvrais mes frères pour ne pas dire à mon père ce qui avait été fait et
je pleurais amèrement en secret ; je craignais mes frères qui s’étaient tous mis
d’accord que celui qui révèlerait le secret serait frappé par l’épée. Quand ils
ont voulu le tuer, je les conjurais en larmes de ne pas commettre cette faute
grave. Et lorsque Siméon et Gad allèrent tuer Joseph, Joseph tomba sur sa face
et leur dit :
― Pitié mes frères, ayez pitié pour les entrailles de votre père Jacob ! Ne posez pas vos mains sur moi pour faire couler le sang innocent, car je n’ai pas péché contre vous. Et si vraiment j’ai péché, corrigez-moi d’un châtiment,1 mais ne posez pas votre main sur moi pour la cause de Jacob votre père !
Lorsqu’il dit ces mots [gémissant comme il faisait, je fus incapable de supporter ses larmes] et commençais à gémir ; mon cœur [foie] fut renversé et toute substance dans mes entrailles se relâchèrent. Je pleurais avec Joseph et les battements de mon cœur se firent entendre, les jointures de mon corps tremblèrent et je n’étais pas capable de me tenir debout. Me voyant gémir avec lui quand ils venaient le frapper, [Joseph] se mit derrière moi pour les supplier et Réuben se leva et dit :
― [Allons] mes frères ! Ne le tuons pas, jetons-le dans un de ces puits secs que nos pères ont creusés sans trouver d’eau.
C’est pour cette cause que le Seigneur avait interdit que l’eau les remplisse afin que Joseph soit préservé. Et ils firent ainsi jusqu’à ce qu’ils le vendent aux ishmaélites. Je ne pris aucune part à ce prix, mes enfants, mais Siméon, Gad, et 6 autres de nos frères prirent le prix de Joseph et s’achetèrent des sandales pour eux, pour leurs femmes et leurs enfants, en disant, Nous n’en mangerons pas car c’est le prix du sang de notre frère, mais foulons-le sous nos pieds car il a dit qu’il deviendrait roi sur nous. Voyons voir maintenant si ses rêves arriveront !
Ainsi qu’il est inscrit dans les écrits de Hénoc que celui qui ne relève pas la semence de son frère aura sa sandale relâchée et ils cracheront sur son visage. Mais le Seigneur relâcha la sandale portée contre leur frère Joseph en ne voulant pas qu’il vive, car lorsqu’ils furent arrivés en Égypte, ils furent relâchés devant la porte par les serviteurs de Joseph, en soumission à Joseph à la manière du pharaon : non seulement lui furent-ils soumis en tombant aussitôt devant lui, mais ils se firent crachés et mis en honte quand les égyptiens entendirent tout le mal qu’ils avaient fait à Joseph.
Et après ces choses, [après l’avoir jeté dans le puits], mes frères apportèrent de la nourriture et [s’assirent manger et boire]. Mais par pitié pour Joseph je restais sans manger pendant 2 jours et 2 nuits. Judah ne mangea pas avec eux mais surveillait le puits pour que Siméon et Gad n’y retournent pour le tuer. Voyant que je ne mangeais pas non plus ils me placèrent pour le surveiller jusqu’à ce qu’il soit vendu. Il passa dans le puits 3 jours et 3 nuits et fut vendu affamé. Quand Réuben revint et entendit que Joseph avait été vendu pendant qu’il était au loin, il déchira ses vêtements et se lamenta, disant :
― Comment pourrais-je regarder en face mon père Jacob ! 2
Il prit l’argent et courut, mais il ne trouva personne, car les marchands avaient quitté la route principale et prirent un raccourci en marchant à travers les grottes.3 Réuben ne mangea pas de nourriture ce jour-là [car il était accablé] aussi Dan4 vint vers lui et dit :
― Ne pleure pas, ni ne te lamente, j’ai trouvé ce que nous allons dire à notre père Jacob. Tuons un petit des chèvres et trempons-y le manteau de Joseph et nous l’apporterons à Jacob, disant ‘Regarde si ce manteau est celui de ton fils’ ?
[Ils firent ainsi.] Ils avaient dévêtu Joseph de son manteau avant de le vendre et mis sur lui le vêtement d’un esclave. Siméon avait pris le manteau, et ne voulait pas le rendre ; il désirait le déchirer de son épée, car il était en colère que Joseph vive et qu’il ne l’avait pas tué. Nous nous sommes donc tous levés pour lui dire :
― Nous dirons [à notre père] que toi seul as fait ce mal en Isræl si tu ne rends pas le manteau !
Il le rendit et ils firent comme Dan dit. Maintenant je vous commande de garder les lois du Seigneur, mes enfants, de montrer de la miséricorde envers votre prochain et de la compassion pour tous, pas seulement aux hommes, mais aussi envers les animaux. C’est pour cette cause que le Seigneur me bénit, car j’échappais à toute maladie quand tous mes frères furent malades. Le Seigneur connait les desseins de chacun.
Ayez de la compassion en vous mes enfants. Comme un homme agit envers son prochain, le Seigneur agit ainsi envers lui ! Les fils de mes frères étaient souffrants à mourir pour le compte de Joseph, car ils n’avaient montré aucune pitié dans leurs cœurs ; mais mes fils furent préservés de la maladie comme vous savez… J’étais sur la côte des terres de Canaan quand je fis une pêche de poissons pour mon père Jacob alors que beaucoup étaient bloqués en mer et que je continuais indemne !
Je fus le premier à faire un bateau après que le Seigneur m’ait donné la sagesse et l’entendement pour voguer en mer : je mis un gouvernail en bas à l’arrière et j’étirais une voile au milieu sur une pièce de bois droite ; ainsi je naviguais le long des côtes, attrapant du poisson pour la maison de mon père jusqu’à ce que nous partions en Égypte.
Je partageais ma pêche par compassion avec tout étranger ; si un homme était âgé, malade ou étranger, je faisais bouillir les poissons pour bien les préparer et les offrais aux hommes, chacun suivant son besoin, et me désolais avec eux en ayant compassion d’eux. Ainsi le Seigneur permit que je prenne beaucoup de poissons, car qui partage avec son entourage reçoit plusieurs fois plus du Seigneur. J’attrapais du poisson pendant 5 ans et j’en donnais à tout homme que je voyais, apportant suffisamment pour toute la maison de mon père.
En été j’attrapais du poisson et en hiver je gardais le troupeau avec mes frères. Voici ce que j’ai fait par compassion quand j’ai vu en hiver un homme dénudé : j’ai secrètement pris un vêtement de ma maison et lui aie donné, car il était dans le besoin.
Vous aussi mes enfants, faites avec ce que Dieu vous a imparti ! Ayez pitié et compassion à tous les hommes également et donnez à tous avec un bon cœur. Et si vous n’avez pas sur le moment de quoi donner à qui en a besoin, ayez pitié pour lui avec compassion dans vos entrailles. Quand que ma main ne trouvait pas à donner à celui qui a besoin, je marchais avec lui plus de 1400 mètres5 en pleurant, les entrailles accablés de compassion pour lui.
Vous aussi mes enfants, ayez pitié et compassion envers tout homme afin que le Seigneur ait aussi compassion de vous et vous ait en pitié, car dans les derniers jours Dieu enverra sa compassion sur terre et cohabitera avec quiconque en qui il trouvera pitié dans les entrailles. Autant un homme aura compassion de ses proches, autant le Seigneur en aura pour lui. Quand nous sommes descendus en Égypte, Joseph ne porta aucune malice envers nous, et il fut plein de compassion quand il me vit.
Tournez-vous vers lui, vous aussi mes enfants, et approchez-vous sans malice pour vous aimer les uns les autres. Ne méditez aucune malveillance, chacun envers son frère ; celui qui porte le mal n’a pas de pitié aux entrailles, car le mal brise l’unité, divise la bienveillance et agite l’âme.
Observez comme les eaux coulent ensemble et tanguent le long des pierres, du sable et des arbres, mais elles sont d’aucun avantage quand elles se divisent en plusieurs courants parce que la terre les aspire ; ainsi serez-vous si vous êtes divisés. Tout ce que le Seigneur a fait n’a qu’une seule tête ; il donna par deux les épaules, les mains et les pieds mais tous les membres sont soumis à la tête seule.6 Ne vous divisez pas en deux têtes !
J’ai appris dans l’écriture de mes pères que dans les derniers jours vous vous éloignerez du Seigneur et serez divisés en Isræl ; vous suivrez deux rois et vous ferez toutes les abominations d’idolâtrie. Vos ennemis vous amèneront en captivité et vous resterez dans les douleurs des infirmités avec angoisse de l’âme chez les idolâtres. Après ces choses, vous vous rappellerez de Dieu et vous vous repentirez ; étant compatissant et plein de pitié, il vous ramènera en arrière, car il n’impute pas le mal aux fils des hommes qui ne sont que chair que les esprits d’erreur égarent dans toutes leurs actions.
Après ces choses, le Seigneur se lèvera lui-même pour vous : lumière de la droiture, guérison et compassion seront sur ses ailes. Il rachètera de Béliar tous les captifs des fils des hommes, et tous les esprits d’erreur seront foulés aux pieds. Il apportera à lui le zèle chez tous les peuples et vous verrez Dieu sous la forme d’un homme choisi par le Seigneur dont le nom est Jérusalem. Mais vous provoquerez encore sa colère par vos méchantes paroles et vous serez rejetés jusqu’au temps même de consommation. 7
Ne vous affligez pas à me voir mourir, ne vous troublez pas que je vous quitte mes enfants. Je me lèverais une fois de plus au milieu de vous comme un gouverneur au milieu de ses fils pour me réjouir au sein de ma tribu, aussi nombreuse que ceux qui auront gardé la loi du Seigneur et les instructions de Zebulon leur père. Car le Seigneur apportera le feu éternel sur les infidèles et les détruira dans toutes les générations.
Comme pour mes pères, mon repos m’emporte au loin. Ayez crainte de votre Dieu de toute votre force tous les jours de votre vie.
Quand il eut dit ces choses, Zebulon tomba calmement endormi. Ses fils l’allongèrent dans un coffre et le portèrent ensuite à Hébron pour l’étendre avec ses pères.

1Séfer de Jésus c.207 : Si j’avais péché, pourquoi ne pas me reprendre comme un frère au lieu de me haïr comme un ennemi ?
2 Livre du Juste|Séfer Yaschar (c.Douleur de Réuben et de Jacob)| Legends of the Jews vol.2 p.4 : Dans son affliction Réuben déchira son vêtement, car il disait : cet enfant est per du ; que répondrais-je à mon père s’il est mort ? Car c’est à moi l’ainé que notre père le redemandera.
3 Litt., troglodytes.
4 Issachar dans le Séfer Yaschar.
5 Sept furlongs dans le texte ; un furlong = 201,17 m.
6 Séfer de Jésus c.207 : En vérité les membres d'un corps s’aident l'un l'autre quand ils sont unis avec la tête, mais lorsqu’ils sont séparés de la tête, ils ne se donnent aucun soutien. Les mains d'un corps ne ressentent pas la souffrance des pieds d'un autre corps, mais du corps auquel ils sont unis. Comme Dieu vit & en présence duquel se tient mon âme, ceux qui aiment et craignent leur Créateur Dieu ont la sensation de miséricorde en eux lorsque Dieu, sa tête, a miséricorde. Et vu que Dieu ne veut pas la mort du pécheur, mais attend que chacun se repente, si vous étiez de ce corps auquel je suis incorporé, comme Dieu vit vous m'aideriez à agir en accord avec ma tête.
7 Livre de Hénoc c. 35 (slv) : Car je connais la malveillance des hommes qui ne veulent pas porter le joug que j’ai mis sur eux, ni semer les semences que je leur ai données. Ils se détournent de mon joug et de ma loi et élèvent des races indignes qui ne me craignent, ni ne me vénèrent, mais acceptent un autre joug, sèment des semences de vanité & penchent vers des dieux de vanité et me renient, moi le seul Dieu. Ils rempliront toute la terre de méchanceté & d’iniquité et se souilleront l’un l’autre d’impuretés, sodomie et toutes autres pratiques impures dont il est salissant d’en parler, agissements injustes, prostitutions serviles aux idoles et service démoniaque.
concernant la colère et le mensonge
Transcription des paroles que Dan dit à ses fils dans ses derniers jours, à la 125e année de sa vie. Il convoqua sa famille tous ensemble et dit :
― Écoutez mes paroles, vous fils de Dan, prêtez attention aux paroles de la bouche de votre père ! Toute ma vie j’ai eu la preuve dans mon cœur que pratiquer la juste vérité est bon et plaisant à Dieu, et que le mensonge et la colère apprennent à l’homme la cruauté de faire le mal.
Mes enfants, aujourd’hui je vous confesse que mon cœur s’est réjoui pour la mort de Joseph, un homme véritable et bon. J’étais heureux que Joseph soit vendu parce que son père l’aimait plus que nous et que les esprits de jalouse vanité me disaient, Toi aussi tu es son fils ! Je fus trompé par un des esprits de Béliar qui me dit :
― Prends son épée et frappe Joseph par elle, et ton père t’aimera s’il est tué. 1
C’est l’esprit de colère qui m’a persuadé de broyer Joseph comme un léopard broie un petit. Mais le Dieu de notre père Jacob ne permit pas qu’il tombe dans mes mains, que je le trouve seul et le tue, et causer la destruction d’une 2e tribu en Isræl.
Maintenant que je suis mourant, mes enfants, je vous dis cette vérité : qu’à moins d’aimer la vérité avec endurance et de vous garder contre l’esprit du mensonge, vous périrez ! La colère aveugle et ne supporte pas de regarder la vérité en face de quiconque : s’il s’agit de père ou mère il se comporte envers eux comme des ennemis ; s’il s’agit d’un frère il ne le reconnaît pas ; s’il s’agit d’un prophète du Seigneur, il lui désobéit ; s’il s’agit d’un homme juste, il ne le regarde pas. Les filets de la colère l’enroulent dans la tromperie qui aveugle ses yeux, et sa pensée s’obscurcit à la vue que le mensonge lui montre. Et avec quoi couvre-t-il ses yeux ? En étant envieux de son frère avec un cœur haineux.
La colère est une chose démoniaque qui détraque l’âme : elle prend possession du corps de l’homme colérique pour prendre contrôle de son âme et soumettre le corps au pouvoir de faire le mal. [Et quand il fait ces choses], l’âme voit faux et justifie ce qui est fait. Si un homme fort est en colère, sa colère va tripler sa force : un, par la force d’aide de ses serviteurs [démons] ; deux, par sa colère qui le convainc à tord de triompher ; trois, par sa propre force physique de faire le mal. Et si un homme faible est en colère, sa colère va doubler la nature de sa force. Et parce que la colère consent toujours au crime, l’esprit travaille dans le mensonge continuel à la main droite de satan pour tromper et produire des actes de cruauté.
Observez comment la colère prend force dans la vanité : d’abord par des mots qui provoquent, puis par des moyens qui renforcent la colère, et des troubles de fortes pertes de mémoire, jusqu’à ce que son âme dévie de [grande] colère.
Ne soyez pas en colère quand quelqu’un parle contre vous. Ne vous élevez pas quand quelqu’un vous louange en saint ; ne réagissez ni de plaisir ou de dégout. Ce qui fait plaisir au début à entendre fait une brèche dans l’esprit qui perçoit de la provocation répétée et s’enrage, pensant que sa colère est justifiée.
Si vous tombez dans la privation ou ruine, ne vous affligez pas de cet esprit qui fait désirer le périssable, en vous accablant de rage. Ne vous vexez pas d’une perte volontaire [ou involontaire] jusqu’à en souffrir, car la vexation engendre la colère et le mensonge, un double tort, qui dérangent la raison, et quand l’âme est continuellement dérangée, le Seigneur se sépare d’elle et Béliar va la dominer.
Appliquez-vous aux ordres du Seigneur et gardez sa loi mes enfants. Laissez la colère et le mensonge pour que le Seigneur demeure en vous, et que Béliar fuie de vous !
Parlez en vérité, chacun avec son prochain, et vous ne tomberez pas avec confusion dans la colère, mais vous serez en paix d’avoir le Dieu de paix et aucune guerre ne prévaudra ainsi contre vous. Aimez le Seigneur toute votre vie et les uns les autres d’un cœur véritable.
Je sais qu’aux derniers jours vous ignorerez le Seigneur, vous pousserez Lévi à la colère et combattrez contre Judah, mais vous ne prévaudrez pas contre eux, car un ange du Seigneur les guidera tous les deux et Isræl tiendra par eux. Chaque fois que vous délaisserez le Seigneur, vous marcherez dans le mal et ferez les abominations des idolâtres, allant jusqu’à vous prostituer avec des femmes de criminels parce que les esprits du mal travailleront au mal à l’intérieur de vous. J’ai lu dans le livre du juste Hénoc que votre prince est satan : tous les esprits du mal et de vanité seront soumis à Lévi, mais ils conspireront dans l’attente permanente de faire fauter les fils de Lévi devant le Seigneur.
Mes fils approcheront Lévi pour pécher dans toutes choses avec eux, et les fils de Judah seront avides de convoitise, pillant les avoirs d’autrui comme des lions. Vous serez aussi emportés avec eux en captivité pour y recevoir toutes les plaies d’Égypte, tous les maux des idolâtres.
Vous reviendrez au Seigneur et obtiendrez miséricorde ; il vous amènera dans son sanctuaire et vous donnera la paix ; et là, de la tribu de Judah et de Lévi, le salut du Seigneur se lèvera à nos côtés pour faire une guerre victorieuse contre Béliar et exécuter une vengeance [éternelle contre nos ennemis]. Il libèrera les âmes des saints de la captivité de Béliar ; il convertira les cœurs désobéissants au Seigneur ; il donnera à ceux qui font appel à lui la paix éternelle : les saints se reposeront en Éden, les justes se réjouiront dans la nouvelle Jérusalem et ce sera pour la gloire de Dieu à jamais. Plus jamais Isræl ne sera conduit en captivité, ni Jérusalem souffrir de dévastation, car le Seigneur sera au milieu d’elle, habitant parmi les hommes. Le saint d’Isræl règnera sur eux [elle] dans le dénuement et l’humilité, et celui qui croira en lui règnera par la vérité dans les cieux [sur les hommes].
Mes enfants, craignez le Seigneur et prenez garde aux esprits de satan ! Approchez Dieu et l’ange médiateur qui intercède pour vous, entre Dieu et les hommes, se lèvera contre le royaume ennemi pour la paix d’Isræl. C’est pourquoi l’ennemi s’efforce de détruire tous ceux qui en appellent au Seigneur : il sait que le jour qu’Isræl croira [se repentira] le royaume ennemi prendra fin ! Le même ange de paix raffermira Isræl pour l’empêcher de tomber dans l’extrême à cause du mal ; ce sera au temps des idolâtres d’Isræl que le Seigneur les quittera pour [transformer un peuple] aller vers ceux qui feront sa volonté, et pour aucun des anges il n’en sera comme de lui ; son nom sauveur2 sera dans tout lieu d’Isræl et parmi les peuples.
Mes enfants, gardez-vous de faire le mal, rejetez la colère et tous mensonges pour aimer la vérité avec persévérance. Transmettez à vos enfants les choses que vous avez entendues de votre père pour que le sauveur des peuples vous reçoive ; car il est véridique et persévérant, humble et doux, et enseigne la loi de Dieu par ses actes. Éloignez de vous l’injustice et penchez pour la loi de Dieu juste [et votre race sera pour toujours sauvée] ! Et enterrez-moi près de mes pères.
Après avoir dit ces choses, il les embrassa et dormit du long sommeil [à un âge avancé]. Ses fils l’ensevelirent et ils portèrent ensuite ses os [pour les placer] à côté d’Abraham, d’Isaac et de Jacob.
Dan leur prophétisa qu’ils allaient oublier la loi de leur Dieu et seraient privés de la terre de leur héritage de la race d’Isræl et de leur descendance familiale.

1 Combat d’Adam et Ève c.1-76 : Satan vint dans la nuit se montrer à Caïn l’endurci de cœur et lui dit : Depuis qu’Adam et Ève aiment plus ton frère que toi, ils veulent l’unir en mariage à ta sœur si belle parce qu’ils l’aiment, tandis qu’ils veulent t’unir en mariage avec sa sœur si disgracieuse parce qu’ils te haïssent ; voilà pourquoi je te conseille de tuer ton frère quand ils feront cela, alors ta sœur te restera et sa sœur sera chassée. Quand satan le quitta, la méchanceté resta dans le cœur de Caïn qui cher cha plusieurs occasions de tuer son frère.
2 Ézéchiel a prophétisé (44:1, 9:2) au sujet des apôtres et du fils, il a dit : Il est entré et sorti par la porte alors qu'elle se trouvait fermée (la porte est la vierge Marie).| J’ai vu six (sept) hommes avec une arme (hache) qui venaient du nord et sept (de) leurs compagnons qui venaient de l'orient. Tous avec une hache à la main. C'est l'explication des douze apôtres ; la hache est la parole du Seigneur comme dit l’évangile, la hache est posée au tronc des arbres (c’est-à-dire les hommes). C'est pourquoi Ézéchiel (9:4-6) a dit : Retranchez tous ceux qui n'ont pas le signe (au front des hommes qui soupirent et gémissent, c’est-à-dire prier et supplier, à cause de tous les péchés commis au milieu de Jérusalem, c’est-à-dire le temple) : commencez par mes saints (c’est-dire les chefs sacrificateur). Patrologia Orientalis tome 6, p.400 [142].
concernant la bonté naturelle
Transcription du testament de Naphtali, des choses qu’il ordonna au moment de sa mort, la 132e année de sa vie. Ses fils se réunirent le 4e jour du 7e mois, lorsqu’il était encore en bonne santé et bien disposé. Il leur fit un festin, et en matinée, à son réveil, il leur dit :
― Je vais mourir.
Ils ne le crurent pas. Il bénit le Seigneur et déclara qu’après de la fête d’hier, il devait mourir. Et il commença à dire à ses fils :
― Écoutez-moi mes enfants, écoutez les paroles de votre père, fils de Naphtali ! Je suis né de Bilhah lorsque Rachel usa d’astuce et donna Bilhah à sa place à Jacob qui m’accoucha sur le genou de Rachel, ce pourquoi j’ai été appelé Naphtali.1 Rachel m’aima parce que j’étais né sur son genou. Lorsque j’étais jeune et encore tendre, elle avait l’habitude de dire en m’embrassant :
― Que ne pourrais-je avoir de mon propre ventre un frère pour toi qui te ressemble ?
De là que Joseph était comme moi en toutes choses conformément aux prières de Rachel ; mais ma mère était Bilhah, fille de Rotheus, le frère de Déborah, la nourrice de Rebecca.2 Elle est née dans le même jour que Rachel. Rotheus, de la famille d’Abraham, était un chaldéen craignant Dieu, né libre et noble, qui avait été pris captif et racheté par Laban qui lui donna sa servante Aena pour femme ; elle porta une fille qu’elle appela Zilpah d’après le nom du village dans lequel il a été pris captif ; puis elle porta Bilhah en disant :
― Ma fille est avide pour ce qui est nouveau, car aussitôt à sa naissance elle était avide pour le sein.
Jusqu’à maintenant je suis agile comme un cerf sur mes pieds et mon père
Jacob me choisit pour les courses et les messages : il me donna sa bénédiction
comme cerf. Comme le potier connaît le vase, son poids d’argile et ce qu’il
contient, ainsi en est-il du Seigneur Très-haut qui régit toutes créatures et a
fait le corps en accord avec l’esprit : il implante l’esprit suivant la capacité
du corps, l’un n’étant pas moindre que l’autre en poids et en mesure d’un tiers
de cheveu. Et comme le potier sait ce qui suffit à l’utile de chaque pot, le
Seigneur sait combien le corps est capable de bonté, ou quand il entreprend le
mal ; car il n’y a aucune pensée, ni aucune chose créée, que le Seigneur ne
connaisse pas puisqu’il créa chaque homme suivant sa propre ressemblance :
-- son travail suivant sa force ;
-- son savoir [travail] suivant son esprit ;
-- son action suivant son but ;
-- sa bouche suivant son cœur ;
-- son sommeil suivant son œil ;
-- sa parole suivant son âme dans la loi du Seigneur ou la loi de Béliar.
Comme il y a une séparation entre lumière et noirceur & entre voir et
entendre, il y a aussi une séparation entre homme et homme & entre femme et
femme. On ne peut pas dire qu’il y a supériorité en quoi que ce soit sur le
visage ou autres choses semblables, car Dieu fit toutes choses bonnes qu’il
joint suivant un ordre :
-- les 5 sens à la tête ;
-- [il a rattaché] le cou à la tête ;
-- la beauté à la chevelure ;
-- la compréhension au cœur ;
-- la répartition de l’estomac au ventre ;
-- la croissance au calamus [trachée] ;
-- la colère au foie ;
-- l’amertume à la bile ;
-- le rire à la rate ;
-- l’astuce aux reins ;
-- le pouvoir au bassin ;
-- la retenue [les poumons] à la poitrine [côtes] ;
-- la force au dos [les hanches] et ainsi de suite.
Ainsi mes enfants, faites [que votre existence soit en accord] au bon ordre des choses dans la crainte de Dieu. Ne faites rien par désordre [arrogance], par négligence, ou en temps inapproprié. Ne demandez pas à l’œil, qui ne peut, d’entendre, [vous serez inaptes d’accomplir des œuvres de lumière si vous êtes dans les ténèbres]. Ne faites pas d’effort pour gâter vos actions [par l’avarice] ou tromper vos âmes par des paroles creuses, mais gardez le silence avec pureté de cœur pour entendre ce que Dieu veut et mettre de côté ce que le mal [Béliar] veut. Le soleil, la lune, et les étoiles n’altèrent pas leur ordre ; ainsi n’altèrerez pas l’ordre établi par Dieu par le désordre de vos actions.
En déviant l’ordre, et se détournant du Seigneur, les idolâtres dévots des morceaux de pierre et bois divaguèrent en se modelant sur les esprits d’erreur [errants]. Ne soyez pas comme eux, vous mes enfants, mais discernez ce que le Seigneur a créé dans tous ses travaux sur terre, en mer et jusqu’au firmament, et ne pas devenir comme les sodomites qui trahirent l’ordre de nature.3 Les vigiles aussi trahirent l’ordre de nature, et le Seigneur les maudit au déluge, car par leurs desseins ils avaient dévasté la terre au point qu’elle était désertique et sans fruit.4 Je dis ces choses mes enfants parce que j’ai lu dans l’écrit sacré de Hénoc que vous vous détournerez du Seigneur pour suivre la malveillance des idolâtres et agir d’après les péchés de Sodome. Le Seigneur amènera sur vous la captivité et vous serez esclaves de vos ennemis : vous serez assaillis de douleurs éprouvantes jusqu’à ce que le Seigneur vous ravage tous. Après avoir été décimés et réduits à un petit nombre, vous reviendrez et reconnaîtrez que le Seigneur est votre Dieu, car il vous fera revenir sur votre propre sol suivant son abondante pitié. Mais après être entrés dans la terre de leurs pères, ils oublieront encore le Seigneur pour faire le mal. Et le Seigneur les dispersera sur la face de toute la terre jusqu’à ce que vienne la compassion du Seigneur par un homme qui exercera la justice et montrera miséricorde à tous, proches et éloignés.
Dans la 40e année de ma vie, j’eus la vision du soleil et la lune immobilisés sur le mont des Oliviers, à l’est de Jérusalem, et voici Isaac, le père de mon père, nous dit :
― Courrez vite les prendre, chacun suivant sa force, et à celui qui les attrapera, à lui le soleil et la lune !
Nous avons tous couru. Lévi prit le soleil, Judah surpassa les autres et attrapa la lune, et tous deux furent soulevés avec eux [au-dessus des autres]. Lévi devint comme le soleil et plusieurs jeunes lui donnèrent 12 branches de palme [dattier]. Judah devint aussi lumineux que la lune et sous ses pieds étaient 12 rayons. Puis Lévi et Judah coururent [vers les autres et les saisirent] l’un l’autre. Et voici un taureau sur la terre, avec deux grandes cornes et sur son dos des ailes d’aigle ; nous avons essayé de le prendre et n’avons pas pu, mais Joseph nous surpassa ; il le prit et monta avec lui dans les hauteurs. Comme j’étais là, je vis un écrit sacré qui nous apparut, disant : Assyriens, mèdes, perses, élamites, gelachéens, chaldéens, syriens obtiendrons [en partie] les 12 tribus d’Isræl en captivité. Après 7 mois, je vis notre père Jacob de nouveau, debout sur la mer de Jamnia, et nous, ses fils, étions avec lui ; voici que s’avança sur mer, sans marin, ni pilote, un bateau plein de [poissons] chair séchée où était écrit ‘Bateau de Jacob’. Et notre père nous dit :
― Entrons dans notre bateau !
Une fois à bord, une violente tempête se leva dans une grande tornade et notre père qui gardait la barre s’enfuit [fut pris] de nous qui étions coincés dans la tempête ; le bateau se remplit d’eau et fut frappé par une immense vague qui le cassa en morceaux ; nous fûmes emportés dans la mer. Joseph s’échappa sur une petite barque et nous nous sommes dispersés sur 12 [10] planches – Lévi et Judah ensemble, et nous fûmes dispersés au loin. Lévi se noua d’un sac de deuil et pria le Seigneur pour nous tous 5: la tempête cessa alors, le bateau rejoint soudainement la terre, comme en paix et voici que Jacob notre père approcha et nous nous sommes tous réjouis d’un seul accord.

Jamnai : ville côtière de Palestine, cf. 1Maccabées 4:15, aussi appelée Jabnia, cf. 2Chroniques 26:6
Je racontais ces deux rêves à mon père qui me dit :
― Ces choses doivent se réaliser en leur temps, après qu’Isræl ait enduré de nombreuses choses.
Et mon père dit :
― Je crois que Joseph est vivant, car je vois continuellement que le Seigneur l’inclut avec vous dans le nombre. Joseph mon fils ! dit-il en gémissant, tu vis et je ne te vois pas ; tu ne vois pas non plus Jacob qui t’a porté...
Par ses paroles il nous faisait tous pleurer, et dans mon cœur je brûlais de lui dire [par compassion] qu’il avait été vendu mais j’avais peur de mes frères.
Voici mes enfants, je vous ai montré les derniers temps et tout ce qui arrivera en Isræl. Vous aussi ordonnez à vos enfants d’être unis à Lévi et à Judah, parce que le salut se lèvera en Isræl par Judah et en lui Jacob sera béni. C’est par sa tribu que Dieu se verra demeurer parmi les hommes sur terre pour sauver la race d’Isræl, car il rassemblera les justes et les peuples ensemble. Si vous faites ce qui est bien, mes enfants, les anges et les hommes vous béniront, et par vous Dieu sera glorifié parmi les peuples ; le démon fuira de vous et les bêtes sauvages vous craindront parce que les anges se tiendront près de vous. Si un homme élève bien un enfant, il en aura bonne mémoire ; ainsi Dieu a bonne mémoire d’un bon travail ; mais celui qui ne fait pas le bien, les anges et les hommes le maudiront, par lui Dieu sera déshonoré parmi les peuples et le démon le fait sien comme un instrument particulier et toute bête sauvage le dominera parce que le Seigneur le haïra.
Les commandements de la loi sont doubles et doivent être accomplis avec prudence. Comme il y a une saison pour un homme d’étreindre sa femme et une saison de s’en abstenir pour sa prière, ainsi aussi il y a deux commandements ; car si on ne les exécute pas en ordre, ils portent au pêché. C’est ainsi pour les autres commandements aussi. Soyez sages et prudents envers Dieu pour comprendre la disposition des commandements et les lois de chaque action pour que le Seigneur vous aime.
Après les avoir chargé de plusieurs paroles semblables, il les instruit de placer ses os à Hébron, car ils devaient l’ensevelir avec ses pères. Et après avoir mangé et bu avec un cœur joyeux, il couvrit sa face et mourut. Ses fils agirent conformément à toutes choses que leur père Naphtali les avait chargés.

1 Genèse 30:8 : C'est une lutte de Dieu que j'ai entreprise contre ma sœur et dont je triomphe ! Et Rachel le nomma Naphtali.
2 Genèse 35:8 : Déborah, la nourrice de Rebecca, mourut et fut enterrée au-dessous de Béthel sous le chêne auquel on a donné le nom de Chêne-des-pleurs.
3 Jubilés c.16 : Le Seigneur exerça ses jugements contre Sodome, Gomorrah, Zeboim, et toute la région du Jourdain ; il les brûla de feu et de souffre et les détruit jusqu’à ce jour même. Je t’ai déclaré toutes leurs actions, combien ils sont extrêmement cruels et pécheurs et qu’ils se souillent et commettent la fornication dans leur chair et agissent avec impureté sur la terre. Dieu exécutera jugement de la même manière dans les endroits où ils agissent suivant l’impureté de Sodome.
4 Hénoc v.2 c.7 : Les vigiles se prirent des femmes, chacun [s’en choisit] une, et ils commencèrent à aller vers elles et se mêlèrent à elles et leur apprirent les charmes et les enchantements. Les femmes tombèrent enceintes des vigiles et engendrèrent des géants d’une hauteur de 3000 aunes qui consommèrent toutes les provisions des hommes jusqu’à ce que les humains ne puissent plus les sustenter. Les géants se tournèrent contre les humains et complotèrent pour les tuer et les consumer ; ils commencèrent à pécher contre tous, contre les oiseaux, les bêtes, les reptiles et les poissons, à dévorer chair après chair et boire du sang. Et la terre se plaignit des injustes. Azazel apprit aux humains à faire des épées, couteaux, boucliers et cottes de maille ; il s’éleva une très grande incroyance, car ils péchèrent par de nombreuses fornications et toutes leurs voies devinrent corrompues.
5 Séfer de Jésus c.50 : Comment les bienfaisants étaient près de leur ruine par leur faux jugement est signifié par les frères de Joseph pour l’avoir vendu aux égyptiens.
sur la rancœur
Transcription du testament de Gad, des choses qu’il dit à ses fils à la 127e année de sa vie.
― Je suis le 7e fils né de Jacob, j’étais vaillant à garder les troupeaux. Quand je gardais le troupeau la nuit et qu’une bête sauvage venait contre le troupeau, que ce soit lion, loup, léopard ou ours, je les pourchassais et saisissais leur patte par la main, les faisais tourner en rond pour les étourdir, puis je les projetais à 2 furlongs1 (400 m) et les tuais.
Après 30 jours, alors que Joseph nourrissait le troupeau avec nous, il tomba malade à cause de la chaleur, comme il était délicat, et dut retourner à Hébron vers son père qui le fit s’étendre auprès de lui parce qu’il l’aimait. Joseph rapporta à notre père que les fils de Zilpah et de Bilhah avaient tué les meilleures bêtes et les mangèrent sans que Judah et Réuben le sachent : il m’avait vu sauver un agneau de la gueule d’un ours que j’avais tué, mais je tuais aussi l’agneau tant j’étais affligé pour lui, car il ne pouvait pas vivre ; nous le mangeâmes et Joseph le dit à notre père.
Et pour cette raison, j’étais contre lui par colère le jour où il fut vendu en Égypte, car l’esprit de rancune [haine] était en moi et que je ne désirais pas le voir, ni l’entendre depuis qu’il reprocha devant nos faces d’avoir mangé du troupeau sans Judah ; et quoi qu’il dise à notre père, il le croyait.
Mes enfants, je confesse maintenant mon péché que j’ai souvent désiré le tuer, car que je le haïssais à mort [du fond de mon âme], car je n’avais aucune sagesse, ni pitié pour lui dans mes entrailles. Je l’ai encore plus haï pour ses rêves et l’aurais englouti dans la terre des vivants comme un veau dévore l’herbe du sol ; voilà pourquoi Judah et moi l’avons vendu aux ishmaélites pour 30 pièces d’or ; nous en avons caché 10 et montré 20 à nos frères. Ma convoitise me prédisposait totalement à sa destruction, mais le Dieu de mes pères le délivra de mes mains [pour que je n’agisse pas injustement en Isræl].
Écoutez maintenant mes enfants les paroles de vérité, pour agir avec justice dans la loi du Très-haut et ne pas vous écarter dans l’esprit de rancune [haine] et faire le mal par les actions humaines ; car quoiqu’un homme fasse, le rancunier le déteste et ne louange pas le bien qu’il fait par la loi du Seigneur ; il ne l’aimera pas et dénigrera la vérité même si celui-ci craint le Seigneur et prend plaisir à ce qui est droit, car il est envieux de celui dont la voie est droite, se réjouit à dire du mal, et affectionne l’arrogance. La rancœur aveugle son âme de la même façon que je voyais Joseph.
Oui mes enfants, méfiez-vous du rancunier [haineux] par son action injuste, contre le Seigneur même ; il n’entend pas les paroles prescrites sur l’amour de son prochain et pèche contre Dieu. Si un frère trébuche, il voudra aussitôt le dire à tous, empressé qu’il en soit jugé, puni, et exécuté. Et si c’est un serviteur, il l’accusera auprès de son maître ou inventera sur lui toutes sortes de problèmes pour le faire exécuter. La rancœur agit avec jalousie jusqu’à devenir malade de jalousie envers ceux qui prospèrent à bien faire, quand vu et entendu. Comme l’amour [veut] rendre la vie aux morts au point d’affranchir ceux qui sont condamnés à mort, la rancœur massacre la vie au point de ne pas endurer la vie de ceux qui la vexent pour la moindre chose.
L’esprit de rancune agit en accord avec satan par un esprit empressé de mort d’homme en toutes circonstances, tandis que l’esprit d’amour agit en accord avec la loi de Dieu pour la délivrance des hommes avec persistance. La rancœur est mauvaise parce qu’elle parle contre la vérité et se maintient en permanence dans le mensonge ; elle grossit les petites choses, considère l’obscurité comme lumière, appelle doux l’amer et enseigne calomnie, guerre, violence et tout excès de mal : elle remplit le cœur d’un malfaisant poison.
Je vous dis ces choses par expérience pour que vous fuyiez la rancœur, mes enfants, et incliniez dans la droiture et l’amour du Seigneur pour repousser la rancœur. L’humilité la détruit, et celui qui est humble et juste a honte d’agir de travers, car son propre cœur le réprouve, non autrui, et son intention est vue le Seigneur. Il ne parlera pas contre un homme par crainte du Très-haut et maitrisera la rancœur par peur d’offenser le Seigneur ; il ne fera aucun mal à personne, pas même en pensée.
Ces choses je les ai apprises en dernier, après m’être repenti au sujet de Joseph à la suite d’une pieuse pénitence. La vraie repentance détruit l’incertitude et chasse la noirceur, elle éclaire les yeux de l’âme et porte à la connaissance qui guide l’esprit au salut. J’ai appris ces choses par la repentance, je ne les ai pas apprises des hommes. Dieu avait envoyé sur moi une maladie du cœur, et s’il n’y avait eu l’intervention des prières de mon père Jacob, aurait-il à peine échoué, mon esprit aurait quitté. Un homme est puni par les mêmes choses qu’il a transgressées en ce que mon cœur était sans merci pour Joseph, ainsi mon cœur souffrit sans merci pendant 11 mois où je fus jugé aussi loin que j’étais jaloux de Joseph à quand il fut vendu. Malgré que je parlais tranquillement avec Joseph en présence de notre père, dès que je tournais le dos, l’esprit de rancune obscurcissait mon esprit et dirigeait mon esprit à le tuer.
Aimez chacun votre frère, mes enfants, repoussez la rancœur de vos cœurs en vous aimant fermement les uns les autres par la parole et par pensée d’âme. Aimez-vous les uns les autres de tout votre cœur ! Si un homme pèche contre vous, parlez-lui en aimablement2 et sortez le poison de la rancune ; n’encouragez pas la tromperie dans votre âme. S’il confesse et se repent, pardonnez-lui ; et s’il le nie, ne vous acharnez pas avec lui de crainte qu’il jure et que vous péchiez du double. Dans votre démarche ne laissez pas un étranger entendre vos secrets de crainte qu’il vous haïsse, il deviendrait votre ennemi et accomplirait de grand péché contre vous.
Le plus souvent le rancunier parlera avec vous avec malice ou il vous contestera méchamment en prélevant en lui son poison. Cependant, s’il nie et garde silence, il se condamne lui-même en se mettant dans la honte : ne le relancez pas, car celui qui nie se repent pour ne plus vous faire du tord, oui ! Il vous respectera avec crainte et sera en paix avec vous. Mais s’il est sans honte et reste dans sa mauvaise foi, pardonnez-lui quand même dans votre cœur et donnez la vengeance à Dieu !
Ne soyez pas affligés si un homme prospère mieux que vous, mais priez aussi pour qu’il ait une prospérité irréprochable, car cela est convenable pour vous aussi. Ne soyez pas jaloux s’il est plus exalté mais souvenez-vous que toute chair meure et rendez gloire à Dieu qui donne des choses bonnes et profitables à tous les hommes. Recherchez les jugements du Seigneur et qu’ainsi votre esprit repose dans la paix. Pensez que même si un homme devient riche par de mauvais moyens comme Ésau le frère de mon père, ne soyez pas jaloux mais attendez pour la fin du Seigneur qui s’emparera des bénéfices du méchant ou les laissera au repentant, ou encore, réservera au non-repentant le châtiment à jamais.
L’homme pauvre libéré de jalousie adresse des remerciements au Seigneur en toutes choses,3 car riche est celui qui parmi les hommes n’a pas la jalousie malsaine des hommes. Pour vos âmes, mettez la haine de côté et aimez-vous les uns les autres avec un cœur droit. Dites ces choses, vous aussi, à vos enfants, et qu’ils honorent Judah et Lévi, car de eux le Seigneur élèvera un sauveur pour Isræl ; mais je sais qu’à la fin vos enfants se sépareront d’eux et marcheront dans le mal, en tromperie et corruption, devant le Seigneur.
Et après qu’il se soit reposé un court instant, il leur dit encore :
― Obéissez à votre père, mes enfants, et enterrez-moi auprès de mes pères.
Il étira ses pieds et tomba paisiblement endormi. Et après 5 années ils le portèrent et le couchèrent à Hébron avec ses pères.

1 2 furlongs = 400 m approx.
2 Séfer de Jésus c.88 : Va corriger ton frère qui faute contre toi et réjouis-toi s'il se repent parce que tu auras gagné ton frère. S’il ne se repent pas, va appeler 2 témoins pour le corriger encore. Comment le corriger ? dit Céphas. De la même façon que tu voudrais être corrigé, supporte les autres comme tu voudrais être supporté. Crois-moi Céphas, je te dis en vérité chaque fois que tu corriges ton frère avec clémence, tu recevras miséricorde de Dieu et tes paroles porteront fruit, mais si tu le fais avec rigueur, tu seras rigoureusement puni par la justice de Dieu et ne porteras pas de fruit.
3 Séfer de Jésus c.24 : Voyez combien est béni l’homme pauvre qui patiente pour l’indispensable avec dédain matériel (parabole du riche glouton et du pauvre Élazar).
sur les deux faces de vice et vertu
Transcription du témoignage d’Asher, des choses qu’il dit à ses fils à la 120e année de sa vie. Il était encore en santé quand il leur dit :
― Vous enfants d’Asher, écoutez votre père et je vous dirais tout ce qui est juste en regard de Dieu, concernant les 2 voies que Dieu donna aux fils des hommes : les 2 pensées pour 2 actions, les 2 places pour 2 fins. Et par conséquent, toutes choses vont par 2, l’une correspondante à l’autre.
Il y a 2 voies par lesquelles 2 pensées vont dans nos poitrines pour différencier le bien et le mal.
Si l’âme prend plaisir au bien alors toutes ses actions seront droites, et penser qu’elle pèche elle se repent aussitôt : ayant placé son esprit dans la droiture et excluant la malice, elle renverse aussitôt le mal et déracine le péché.
Si sa pensée est disposée au mal, toutes ses actions seront mauvaises ; elle se détourne du bien et détient le mal en elle, car Béliar la domine : elle dénaturera en mal ce qu’elle fait de bien, et chaque fois qu’elle commence à faire bien, elle amène la fin de son action à faire mal en vue de remplir le trésor du mal par du poison de l’esprit du mal.
De l’âme qui dit du bien de quelqu’un qui cause du mal : la fin de son action conduit à la tromperie.
De l’homme qui n’a aucune pitié et rend le mal pour le mal : cela a 2 aspects mais le tout est mauvais.
De l’homme qui aime quelqu’un qui fait le mal, qui cohabite [s’implique] avec le mal et choisirait de mourir pour sa cause, même pour une mauvaise raison ; en cela il y a 2 aspects mais le tout est mauvais, car bien qu’il y ait de l’amour, ce n’est que méchanceté qui cache le mal ; cela semble être bon mais la fin de l’action apporte le mal.
D’un autre qui vole et agit injustement, pille et fraude mais que néanmoins il a pitié envers le pauvre ; cela a un double aspect mais le tout est mauvais : à frauder son prochain il provoque Dieu et jure faussement contre le Très-haut, même s’il s’apitoie sur le pauvre. Le Seigneur qui a édicté la loi le situe au néant pour provoquer et se moquer du pauvre dont il souille l’âme et rend le corps joyeux ; il tue beaucoup et a pitié de peu.
D’un autre qui commet l’adultère et la fornication mais s’abstient de viandes : il fait le mal dans son jeûne et pervertit certains par son pouvoir et sa richesse, même si en dehors de son excessive malfaisance, il pratique le commandement ; cela a un double aspect mais le tout est mauvais : de tels hommes sont à moitié purs comme le porc ou le lièvre, mais pour Dieu sont vraiment impurs comme il est déclaré aux tablettes célestes.
Par conséquent mes enfants, ne portez pas comme eux une double face, bienveillante et malveillante ! Inclinez seulement dans la bonté puisque Dieu repose dans la bonté et que les hommes veulent cela.
Fuyez la malveillance et détruisez le mal par des bienfaits ! Les doubles faces ne servent pas Dieu mais seulement leurs propres convoitises et ne plaisent qu’à Béliar et aux hommes comme eux. Les hommes de bien, d’entre ceux qui ont une seule face, s’inclinent seulement devant Dieu malgré que les doubles faces les considèrent comme étant dans l’erreur.
De ceux qui tuent les méchants font 2 actions, une mauvaise et une bonne, mais le tout est bon : en déracinant ce qui est mauvais, ils le détruisent. 1
D’un homme qui haït l’homme injuste qui a miséricorde et celui qui fait l’adultère et jeûne, cela est d’un aspect double mais le tout est bon : il suit l’exemple du Seigneur en ce qu’il n’accepte pas ce qui ressemble au bien avec ce qui est vraiment mal.
D’un autre qui ne fait pas bon accueil aux débauchés pour ne pas souiller sa bouche et polluer son âme, cela aussi est d’un aspect double mais le tout est bon : de tels hommes sont comme les cerfs et les biches en condition sauvage qui semblent impurs alors qu’ils sont tous purs ; ceux qui marchent dans le zèle de Dieu s’abstiennent de ce que Dieu haït et interdit par ses lois ; ils préviennent le mal du bien.
Voyez maintenant mes enfants combien ils sont 2 dans toutes choses, l’un vis-à-vis de l’autre, l’un caché par l’autre. La mort succède la vie, le déshonneur la gloire, la nuit du jour et l’obscurité la lumière ; toutes choses sont mises à jour et celles qui sont justes maintiennent la vie. Pour cette raison, la vie éternelle est dans l’attente de la mort. Non qu’on puisse dire que la vérité est un mensonge, ni vrai faux, car toute vérité est sous la lumière, comme toutes choses sont dessous Dieu.
J’ai éprouvé toutes ces choses durant ma vie sans m’écarter de la vérité du Seigneur ; j’ai recherché les ordres du Très-haut en avançant de toute ma force avec un visage unique, et suivant ce qui est bon. Prenez garde aux ordres du Seigneur pour suivre la vérité avec une face unique mes enfants, car ceux qui sont doubles faces reçoivent double sanction.
Méprisez tous les esprits d’erreur qui s’acharnent sur les hommes qui gardent la loi du Seigneur, sans donner autant d’importance au mal qu’au bien, mais observez toutes choses qui sont vraiment bonnes et gardez-les avec toutes les lois du Seigneur en y adhérant comme chemin de vie pour y trouver le repos. Car les buts auxquels les hommes aspirent démontrent qu’ils sont droits et se font connaitre aux anges du Seigneur et aux anges du mal [Béliar]. [Lorsque la mauvaise âme quitte, elle est harassée par le mauvais esprit qu’elle engageait par ses mauvais désirs et actions. Mais si quelqu’un est en paix dans la joie, il vient à connaitre l’ange de paix et entre dans la vie éternelle.] L’âme agitée est tourmentée d’un esprit mauvais qui sert autant sa convoitise que ses mauvaises actions. L’âme dans le calme et la joie reconnait l’ange de la paix qui la rassure de vie.
Mes enfants, ne devenez pas comme les sodomites qui ne reconnurent pas les anges du Seigneur et périrent pour toujours. Je sais que vous pècherez et que vous serez livrés aux mains de vos ennemis ; la terre sera alors déserte et vous serez dispersés aux 4 coins de la terre ; vous serez réduits à néant, comme une eau inutile, par la dispersion jusqu’à ce que le Très-haut visite la terre et vienne comme un homme ; il mangera et boira avec les hommes de paix et brisera la tête du dragon par l’eau. Il sauvera Isræl et toutes les nations : Dieu parlera en la personne d’un homme. Et pour cette raison, dites ces choses à vos enfants pour qu’ils ne lui désobéissent pas ! Car j’ai lu dans les tablettes célestes qu’ils lui désobéiront vraiment et agiront déloyalement contre lui en ne donnant pas d’attention à la loi de Dieu mais aux lois des hommes. Et pour cette raison vous serez dispersés comme mes frères Gad et Dan qui ne reconnurent pas leurs propres terres, tribu et langue. C’est le Seigneur qui vous réunira ensemble dans la foi, par l’espérance de sa tendre pitié, pour la cause d’Abraham, d’Isaac et de Jacob.
Et quand il leur dit ces choses, il ajouta :
― Enterrez-moi à Hébron.
Asher tomba alors dans un sommeil paisible et mourut. Ses fils firent ensuite comme il leur dit, ils l’emportèrent pour le placer avec ses pères.

1 Séfer de Jésus c.159 : Dites-moi si c’est un péché de tuer des hommes dans les 2 cas de Moshé et d’Achab ? Sûrement pas. Moshé a tué des hommes pour garder intact le véritable culte de Dieu en détruisant l'idolâtrie mais Achab au contraire a tué des hommes pour garder l'idolâtrie en détruisant le véritable culte de Dieu. Pour Moshé, la tuerie d’hommes est convertie en sacrifice, mais pour Achab en sacrilège, au point qu’un seul et même acte produit 2 effets contraires.
concernant la modération
Transcription du testament de Joseph. Il était sur le point de mourir quand il appela ses enfants avec ses frères ensemble et leur dit :
― Mes enfants et frères, écoutez Joseph, bienaimé d’Isræl. Mes fils portez
l’oreille à votre père ! De ma vie je n’ai pas dévié de la vérité du Seigneur
malgré avoir vu la jalousie et la mort :
– le Seigneur m’aima mais mes frères, eux, me détestèrent ;
– ils voulurent me tuer mais le Dieu de mes pères me protégea ;
– ils me laissèrent au fond d’un puits mais le Très-haut me remonta en haut ;
– je fus vendu comme un esclave mais le Seigneur me rendit libre ;
– je fus pris en captivité mais sa main forte m’aida ;
– j’étais gardé affamé mais le Seigneur lui-même me nourrit ;
– j’étais seul mais Dieu me réconforta ;
– j’étais malade mais le Très-haut me visita ;
– j’étais prisonnier mais le sauveur montra faveur envers moi ;
– je fus enchainé, il me relâcha ;
– face aux calomnies, il plaida ma cause ;
– face aux paroles amères des égyptiens, il me secourut ;
– face à la jalousie et tromperie, il m’exalta.
Quand Potiphar, le chef-cuisinier de pharaon, me confia sa maison, j’affrontais une honteuse femme qui me pressait de pécher avec elle, mais le Dieu d’Isræl mon père me protégea contre la brûlure du feu, Je fus mis en prison et je fus frappé et ridiculisé, mais le Seigneur m’accorda la grâce de trouver faveur aux yeux du gardien de prison, car il n’abandonne en rien ceux qui le craignent, que ce soit dans les ténèbres, dans les chaînes, dans les agitations, dans les nécessités. Dieu n’a pas honte comme l’humain, il n’a pas peur comme le fils d’humain, il n’est pas faible comme celui qui nait de la terre, ni ne peut être mis de côté ; mais dans tous lieux il est proche et réconforte de diverses manières, ne s’éloignant qu’un peu pour tester la motivation de l’âme.
Il me montra son approbation dans les 10 tentations, et j’endurais chacune d’elles ; car l’endurance est un puissant contrôle et la patience apporte de nombreuses bonnes choses.
Combien de fois l’égyptienne ne m’a-t-elle pas menacé de mort, combien de fois ne m’a-t-elle pas puni parce que je ne voulais pas sa compagnie ? Et elle m’appelait encore pour me menacer, disant :
― Tu seras seigneur sur moi et sur tout ce qui est mien ; si tu te donnes à moi tu seras comme notre maitre.
Alors je me souvenais des paroles des pères de mon père Jacob et j’entrais dans ma chambre prier le Seigneur. J’ai jeuné pendant 7 années. Pour mon maitre, je passais comme quelqu’un qui vit délicatement [luxueusement], car ceux qui jeûnent pour la cause de Dieu reçoivent une gracieuse figure : je ne buvais pas de vin qui m’était donné [en l’absence du maitre], et ne prenais pas de nourriture [à 3 jours d’intervalle], la donnant aux pauvres et aux malades. 1
Je me levais de bonne heure pour prier et pleurer Dieu pour l’égyptienne de Memphis qui me dérangeait sans cesse. La nuit elle venait vers moi sous prétexte de visite, au début parce qu’elle n’avait pas d’enfant mâle et feignait me prendre comme son fils. Je priais le Seigneur et elle porta un enfant mâle. Pour un temps elle m’embrassait comme un fils, ne sachant pas qu’en toute fin elle cherchait à me faire tomber dans la fornication ; et lorsque je m’en aperçus, j’en fus peiné à mourir : je revins à moi quand elle partit et je me lamentais pour elle plusieurs jours de voir sa tromperie et son mensonge. Je lui déclarais les paroles du Très-haut si par hasard elle se détournerait de sa mauvaise convoitise.
Combien de fois m’a-t-elle flatté de mots d’homme saint sous la ruse de son discours, louant ma chasteté devant son mari tandis qu’elle souhaitait me détruire quand nous étions seuls. Elle me louangeait ouvertement de chaste, me disant en secret :
― Ne crains pas mon mari qui est persuadé de ta chasteté ; personne ne pourra lui parler de nous, car il ne le croirait pas.
À cause de ces choses je me couchais sur le sol dans un sac de toile à supplier le Seigneur Dieu de me délivrer de l’égyptienne. Et parce qu’elle ne prévalait nullement, elle revenait vers moi sous l’argument d’instruction de connaitre la parole du Seigneur et me dit :
― Si tu voulais que je laisse mes idoles, sois persuasif envers moi et je convaincrais mon mari de quitter ses idoles et nous marcherons dans la loi de ton Seigneur.
― Le Seigneur ne veut pas de ceux qui le vénèrent dans l’impureté, et ceux qui font l’adultère ne lui plaisent pas ! lui dis-je.
Elle gardait son calme, languissant de réaliser son mauvais désir, et je me livrais encore au jeûne et à la prière pour que le Seigneur me délivre d’elle. Une autre fois elle me dit :
― Si tu ne fais pas l’adultère, je tuerais mon mari et te prendrais légalement comme mari.
Entendant ça je déchirais mon vêtement et dis :
― Respecte le Seigneur femme ! Ne fais pas cette méchanceté de crainte de ta totale destruction, car je déclarerais cette trahison à tout le monde.
Elle prit peur et elle me supplia de n’en parler à personne et partait m’apaiser avec des présents en m’envo-yant tous délices des fils d’homme. Lorsqu’elle m’envoya de la nourriture imbibée d’artifices, je regardais l’eunuque entrer l’apporter et j’eus la vision d’un homme terrifiant porter une épée sur un plateau et compris que son plan était de tromper mon âme. Lorsqu’il sortit, je pleurais, ne goutant à rien de sa nourriture ; le lendemain, elle vint voir la nourriture et me dit :
― Qu’est cela de n’avoir pas mangé la nourriture ?
― C’est parce que tu l’as remplie de mort ! Comment peux-tu dire, Je n’approche pas des idoles mais du Seigneur seul ? Apprends que le mal de l’infidèle n’a aucun pouvoir sur ceux qui révèrent Dieu dans la chasteté. Un ange du Dieu de mon père m’a révélé ta tromperie que j’ai gardée pour te convaincre, si encore tu peux voir et te repentir.
Je pris la nourriture devant elle et dis :
― Le Dieu de mes pères par l’ange d’Abraham est avec moi !
Elle tomba face à terre à mes pieds et pleura ; je l’ai relevée et la disputais, et elle promit de ne plus faire cette faute. Mais parce que son cœur était déviant vis-à-vis de moi à faire l’immoralité qu’elle aspirait, sa contenance s’affaissa. Son mari le vit et lui dit :
― Pourquoi ta mine est-elle basse ?
― J’ai mal au cœur et mon esprit m’oppresse de plaintes, dit-elle.
Et il la réconforta, elle qui n’était pas malade. Dès que son mari s’absenta elle courut encore vers moi :
― Si tu ne consens à moi, je me pendrais ou me jetterais dans un puits ou par-dessus un ravin, dit-elle.
Voyant que l’esprit de Béliar l’agitait, je priais le Seigneur. Et je lui dis :
― Pourquoi t’agites-tu ainsi aveuglément perturbée aux péchés ? Pense que si tu te tues, ta rivale Sethon, la concubine de ton mari, va frapper tes enfants et supprimer ton souvenir de la terre.
― Comme tu m’aimes ! dit-elle. Il me suffit que tu tiennes à ma vie et à mes enfants : j’ai espoir de satisfaire mon désir.
Elle ne comprit pas que je parlais ainsi à cause de Dieu, non à cause d’elle, car un homme qui tombe dans la passion d’un mauvais désir en devient l’esclave, comme elle l’était, et à entendre une bonne chose de la passion dont il est dominé, il comprend suivant son mauvais penchant. Mes enfants, je vous déclare qu’à la 6e heure quand elle me quitta, je restais à genou devant le Seigneur toute le jour et continuais toute la nuit, jusqu’au crépuscule ; je restais éveillé, priant avec larmes, pour la relâche de l’égyptienne.
Et à la fin, quand elle saisit mes vêtements pour m’attirer à elle de force et retenait mes vêtements pour forcer au contact, je vis sa folie et m’enfuis dévêtu. Elle m’accusa faussement devant son mari égyptien, et il me jeta de sa maison à la prison. L’égyptien me fouetta le lendemain et je fus envoyé enchainé dans la prison de sa maison. La femme égyptienne tomba malade de vexation.
Je chantais des louanges au Seigneur dans la noirceur de la pièce. D’une voix joyeuse je glorifiais mon Dieu, car j’avais échappé à l’égyptienne grâce à un prétexte.
Combien de fois a-t-elle envoyé dire, Accepte de satisfaire mon désir et je te relâcherais de tes chaines et te sortirais de la noirceur. Je ne suis tombé vers elle pas même en pensée. Dieu aime mieux celui qui [a l’autorité de la foi] se tient avec chasteté dans la noirceur d’une cave [citerne] plutôt que celui qui vit d’excès de gourmandises dans des chambres secrètes [royales]. Quiconque vit de chasteté aspire à la gloire et le Très-haut sait si cela lui convient de lui accorder, ainsi comme pour moi. Combien de fois parce qu’elle était malade, est-elle descendue vers moi à des moments inattendus pour écouter ma voix lorsque je priais ; j’entendais ses gémissements et gardais mon calme. Quand j’étais dans sa maison, elle avait l’habitude de découvrir ses bras, ses seins, et ses jambes pour que je tombe devant elle, car elle était très belle, magnifiquement ornée pour me tromper, mais le Seigneur me protégea de ses charmes.
Voyez maintenant mes enfants que la patience à prier à jeûne fait de grandes choses. Choisissez la retenue, vous aussi, par la pureté et la patience et par humilité de cœur et le Seigneur habitera en vous,2 car il aime la retenue ! Et où le Très-haut demeure, même quand un homme subit la jalousie, l’esclavage ou la calomnie, non seulement le Seigneur demeure en lui à cause de sa retenue mais il le délivrera du mal, il l’exaltera et le glorifiera aussi comme pour moi ; l’homme sera protégé en toute circonstance, que ce soit en intention, en parole ou en pensée. Mes frères savaient comment mon père m’aimait et que mon cœur ne s’enflait pas. Même enfant, j’avais la crainte de Dieu par mes pensées ; je savais que toutes choses finissent et je me tenais dans les restrictions.3 Ayez [devant vos yeux] la crainte de Dieu dans vos actions vous aussi et du respect pour vos frères, car toute personne qui applique la loi du Seigneur sera aimé de lui ! Je respectais mes frères, et de crainte pour eux je gardais mon calme lorsque je fus vendu et ne révélais pas aux ishmaélites que j’étais fils de Jacob, homme grand et puissant.
Quand j’arrivais à l’indocolpitae4 avec les ishmaélites, ils me demandèrent ma famille et je dis que j’étais un esclave de leur maison, pour ne pas mettre mes frères dans la honte, et le plus vieux d’entre eux me dit :
― Tu n’es pas un esclave car ton apparence en témoigne !
Et même s’ils m’ont menacé de mort, je dis que j’étais leur esclave. Quand nous sommes arrivés en Égypte, ils se sont disputés à mon sujet, à savoir lequel d’entre eux me prendrait en m’achetant. Il s’avéra bon pour tous que je reste en Égypte avec un marchand de leur commerce jusqu’à ce qu’ils reviennent de porter la marchandise ; et le Seigneur me donna faveur aux yeux du marchant qui me confia sa maison. Le Seigneur le bénit par mes moyens et le renforça en argent et or ; j’ai été 3 mois et 5 jours avec lui.
C’est dans ce temps que la femme de Potiphar de Memphis passa en grande pompe et jeta ses yeux sur moi parce que ses eunuques avaient parlé à mon sujet ; elle raconta à son mari que le marchand était devenu riche aux moyens d’un jeune hébreu que des hommes avaient volé de Canaan. Et elle dit :
― Exécute dès maintenant ton jugement sur le jeune pour le prendre comme ton intendant, que le Dieu des hébreux te bénisse, car la grâce du ciel est sur lui.
Potiphar fut convaincu par ses paroles. Il commanda au marchand de m’apporter et lui dit :
― Qu’est-ce que j’entends, tu voles des âmes de la terre des hébreux pour les vendre comme esclaves ?
Le marchand tomba sur sa face et lui dit :
― Je te supplie mon-seigneur, je ne sais rien de ce que tu dis !
― Depuis quand cet hébreu est ton serviteur ? dit-il.
― Les ishmaélites me l’ont confié jusqu’à ce qu’ils reviennent.
Il ne le crut pas et commanda qu’il soit déshabillé et frappé. Et comme il persistait, Potiphar dit :
― Amenez le jeune !
Quand je fus amené, j’obéis au chef de 3e rang des eunuques de pharaon et chef de tous les eunuques, ayant femmes, enfants et concubines. Il me prit à part et me dit :
― Es-tu un esclave ou libre ?
― Un esclave, dis-je.
― De qui es-tu esclave ? me demanda-t-il.
― Des ishmaélites, dis-je.
― Comment es-tu devenu leur esclave ?
― Ils m’ont acheté de Canaan, dis-je.
Il ne me crut pas et dit :
― Tu mens !
Il commanda que je sois déshabillé et frappé. La femme de Memphis regardait par une fenêtre quand on me frappait et elle envoya dire à son mari :
― Ton jugement est injuste, car tu punis comme un brigand un homme libre qui a été volé.
Et comme je ne donnais aucune réponse même frappé, il commanda qu’on me garde en surveillance, jusqu’à ce que les propriétaires du garçon reviennent, dit-il. Et sa femme dit :
― Pourquoi mettre en prison ce noble enfant qui attend après toi d’être plutôt remis en liberté ?
Elle espérait me voir dans le désir des choses du péché que j’ignorais encore. Et il dit à sa femme :
― Ce n’est pas l’usage des égyptiens de prendre ce qui appartient aux autres avant qu’une preuve soit donnée.
Il parlait à propos du marchand ; et me concernant, je devais être emprisonné. Vingt-quatre jours après, les ishmaélites revinrent et avaient entendu que Jacob mon père se lamentait à cause de moi. Ils me dirent :
― Comment se fait-il que tu dises être un esclave, alors que voici, nous avons appris que tu es le fils d’un grand homme de la terre de Canaan et que ton père s’afflige dans un sac de toile à cause de toi.
J’allais encore pleurer mais je me retins pour ne pas mettre mes frères dans la honte. Et je dis :
― Je ne sais pas, je suis un esclave.
Ils furent d’avis de me vendre afin que je ne sois pas trouvé entre leurs mains, car ils craignaient que Jacob fasse venir sur eux une vengeance mortelle, car on avait entendu qu’il était puissant avec le Seigneur et avec les hommes. Le marchand leur dit de me relâcher du jugement de Potiphar et ils allèrent me réclamer, disant :
― Nous l’avons acheté contre de l’argent.
Alors il nous renvoya. La femme de Memphis me pointa à son mari pour qu’il m’achète et dit :
― J’ai entendu qu’ils le revendent.
Elle envoya un eunuque demander aux ishmaélites de me vendre mais [l’eunuque ne voulut pas m’acheter et repartit après les avoir testés] il ne voulait pas faire affaire à eux ; l’eunuque fit savoir à sa maitresse qu’ils demandaient un gros prix pour leur esclave, et elle envoya un autre eunuque en disant :
― Même s’ils demandent 2 mines d’or, fait attention de ne pas gaspiller l’or, achète seulement le garçon et apporte-le vite.
Il leur remit 80 pièces d’or et dit à sa maitresse que 100 avait été donné contre moi. Je vis ça et gardais mon calme pour que l’eunuque ne soit pas puni.
Voyez mes enfants quelles grandes choses j’endurais pour que je ne mettre pas mes frères dans la honte. Vous aussi aimez-vous les uns les autres de grande endurance, et cachant les fautes les uns des autres, car Dieu se plait dans l’unité des frères et la disposition d’un cœur résolu à l’amour. Car lorsque mes frères arrivèrent en Égypte, je leur remis leur argent sans rien leur reprocher, et même que je les réconfortais.
Je les aimais plus encore après la mort de Jacob. Et pour toutes les choses qu’il commanda, j’en faisais plus encore, et ils s’émerveillèrent. Je ne pouvais pas supporter qu’ils s’affligent pour la moindre chose et leur donnais tout ce que j’avais sous ma main.
Leurs enfants étaient mes enfants, et mes enfants étaient comme leurs serviteurs ; leur vie était ma vie, toutes leurs souffrances étaient ma souffrance, et chacune de leur maladie était mon infirmité. Ma terre était leur terre, mon conseil leur conseil. Je ne m’enflais pas d’arrogance parmi eux à cause de ma gloire terrestre mais j’étais parmi eux comme l’un des derniers.
Marchez dans les préceptes du Seigneur, mes enfants, car il vous exaltera en vous bénissant des bonnes choses pour toujours et à jamais ! Et si quelqu’un cherche à vous faire du mal, faites pour lui de bonne volonté une prière pour qu’il soit déchargé par le Seigneur de tout mal. Et voici, voyez par la persistance comment je pris pour femme la fille de mon maitre, et avec elle, 100 talents d’or me furent donnés, car le Seigneur fit en sorte qu’ils me soient utiles. Il me donna aussi la beauté comme une fleur par-delà les plus belles d’Isræl, et il me conserva force et beauté en âge avancé, car j’étais comme Jacob en toutes choses.
Et aussi mes enfants entendez les visions que je vis : Il y avait 12 cerfs qui se nourrissaient ; 9 étaient séparés et les 3 autres dispersés sur la terre. Je vis qu’une vierge portant un vêtement de lin était née à Judah, et d’elle naquit un agneau sans tâche, à sa main gauche, il y avait comme un lion. Toutes les bêtes se précipitèrent contre lui mais l’agneau les maitrisa ; il les détruit et les foula au pied ; les anges se réjouirent ainsi que les hommes et toute la terre grâce à lui. Ces choses prendront place en leur saison dans les derniers jours.
Appliquez vous aussi, mes enfants, les préceptes du Seigneur. Respectez Judah et Lévi, car d’eux se lèvera pour vous l’agneau de Dieu qui sauvera dans sa miséricorde tous les idolâtres et Isræl. Son royaume qui est un royaume éternel ne sera pas ébranlé, non comme mon royaume qui viendra parmi vous à sa fin comme un hamac de surveillant disparait en fin d’été. Car je sais que les égyptiens vous affligeront après ma mort, mais Dieu défendra votre cause et vous conduira vers ce qu’il a promis à vos pères.
Emportez aussi mes os avec vous, car lorsque mes os seront pris, le Seigneur sera pour vous lumière et Béliar l’obscurité des égyptiens. Rapportez votre mère Zilpah pour la placer près de Rachel vers la piste.
Et quand il dit ces choses, il étendit ses pieds et dormit du long sommeil. Tout Isræl et toute l’Égypte le pleurèrent d’une grande plainte, car il avait été avec les égyptiens comme avec ses proches membres et leur avait montré de la bienveillance, les ayant aidé dans tout travail, conseil, et affaire.

1 Couronne des rois p.85 : Quand le prophète Joseph était assis sur le trône dans le pays d'Égypte et gouvernait en serviteur de Dieu, il était devenu maigre et sans force ; chaque jour sa faiblesse allait en augmentant et son teint jaunissait sans qu'aucune marque extérieure de maladie. Les ministres s'étonnaient de son état sans compréhension de la cause de cet affaiblissement. Un jour ils se réunirent et demandèrent audience : O prophète de Dieu, quelle est la maladie qui t’affaiblit à ce point ? Dis-le nous de grâce pour que les médecins puissent la combattre par des remèdes. Le prophète Joseph dit : O ministres, sachez que la maladie qui affaiblit mon corps c’est la faim, et l’unique remède est la nourriture. Depuis 17 ans que je suis revêtu de la dignité royale je n’ai mangé chaque jour que du pain d’orge et jamais à satiété. Voilà comment je suis devenu maigre et faible. Je crains de me rassasier quand je pense qu’il peut y avoir dans ce pays d’Égypte des hommes qui ont faim dont je ne connais pas l’état, dont j’ignore les souffrances et qui, au jour du jugement dernier, me diront : Pourquoi t’es-tu préoccupé si vivement de ta royauté et de tes plaisirs et n’as-tu montré nul souci de l’état des hommes qui avaient faim dans le pays d’Égypte ? Pourquoi n’as-tu pas porté une seule fois ton attention sur les souffrances de tes sujets que tu avais devoir de protéger ? Que répondrai-je alors en présence de Dieu le Très-haut qui connaît l’état de ses serviteurs.
2 Le petit livre d’Élyah (Séfer de Jésus c.145) : Faites ceci au service de Dieu avec la Torah que Dieu vous a confiée par Moshé et vous trouverez Dieu en tout temps et lieu, vous sentirez que vous êtes en Dieu et Dieu en vous.
3 Rachel, la mère de Joseph, est morte suite à l’accouchement de son frère Benjamin.
4 Il s’agit probablement des marécages du Nil par la racine du mot colpitis.
sur la conscience pure
Transcription des paroles que Benjamin prononça à la 120e année de sa vie. Il embrassa ses fils et dit :
― Je naquis dans sa 100e année de Jacob comme Isaac le fut d’Abraham. Rachel mourut à ma naissance et je tétais le lait de Bilhah sa servante. Après que Rachel ait donné naissance à Joseph, elle resta infertile 12 années ; elle pria le Seigneur par un jeûne de 12 jours puis elle conçut et me porta. Notre père aimait chèrement Rachel et pria pour avoir 2 fils d’elle. Je fus appelé Benjamin, qui est le ‘fils des jours’.
Quand mon frère Joseph me reconnut lorsque je suis arrivé en Égypte, il me dit :
― Qu’ont-ils dit à mon père pour m’avoir vendu ?
― Ils ont trempé ton manteau dans le sang et envoyèrent dire, Regarde si c’est le manteau de ton fils, dis-je.
― Même qu’aussi frère, me dit-il, quand les ishmaélites m’ont emporté, l’un d’eux m’enleva mon manteau et me donna de la ceinture, me fouettant pour me forcer à courir. Et quand il partit cacher mon vêtement, un lion le rencontra et le tua. Ses camarades eurent peur et me vendirent à leurs compagnons.
Mes enfants, aimez le Seigneur Dieu des cieux et gardez ses lois vous aussi ! Soyez disciples de Joseph de la bonté et la sainteté, plaçant votre conscience au bien comme vous me connaissez, car celui dont la conscience est bienveillante place toute chose correctement. Craignez le Seigneur pour aimer votre prochain, même si les esprits de Béliar vous tirent dans l’erreur de la méchanceté, mais ne laissez aucune méchanceté vous dévier pour avoir domination sur vous comme cela n’a pas eu le dessus sur mon frère Joseph. Combien de fois les hommes ont voulu le frapper et que Dieu fut son bouclier ! Celui qui craint Dieu et aime son prochain ne peut pas être giflé par l’esprit de l’air venant de Béliar, car il est sous le bouclier de la crainte de Dieu. Il ne peut être dominé par des moyens d’hommes ou de bêtes parce qu’il est soutenu par l’amour du Seigneur qu’il porte envers son prochain. Joseph même a imploré notre père Jacob de prier pour que le Seigneur n’impute pas nos frères le mal qu’ils ont conspiré contre lui.1 Et Jacob s’est écrié :
― Mon enfant Joseph, tu l’emportes sur les entrailles de ton père Jacob...
Il l’embrassa et le serra pendant 2 heures, et il dit :
― En toi-même se réalise la prophétie du ciel concernant le messie du monde, agneau de Dieu sans tâche qui sera livré sans défaut [péché] par les pécheurs et mis à mort pour le salut des hommes impies et idolâtres d’Isræl ; c’est par le sang de l’alliance2 qu’il détruira Béliar et ceux qui le servent.
Comprenez la fin de l’homme bon, soyez disciples de sa compassion de l’esprit de bonté, et vous porterez aussi les couronnes de gloire. L’homme bon n’a pas mauvais œil et démontre de la pitié envers tous les hommes qu’ils soient pécheurs ou inventent du mal à son sujet. Celui qui fait le bien surmonte le mal, car il est sous le bouclier de celui qui est bon et qui aime le juste comme sa propre âme. Il ne jalouse pas qui est glorifié, il n’envie pas qui s’enrichit, il louange qui est courageux ; il croit et respecte celui dont la conscience est modeste, il a pitié du pauvre, il est à l’écoute du faible par bonté, il chante des louanges à Dieu, il protège celui qui craint Dieu comme un bouclier, il aide celui qui aime Dieu, il réprimande celui qui rejette le Très-haut pour le redresser, et il aime comme sa propre âme celui qui a la grâce d’un bon esprit.
Si vous avez bonne conscience mes enfants, même les mauvais hommes seront en paix avec vous ; les débauchés vous donneront considération et redeviendront bons. Et non seulement les convoiteurs se retiendront de leur envie excessive mais ils remettront les fruits de leur convoitise à ceux qui sont affligés. En faisant le bien, les esprits impurs fuient de vous ; oui, les pires bêtes fuiront de terreur devant vous ! Quand la conscience prend de bonnes intentions avec considération, l’obscurité fuit.
Qui fait une injure à un homme pieux s’en repent ; l’homme pieux montre sa compassion envers celui qui l’insulte et garde [silence] son calme. Le juste prie pour celui qui trahit un juste. Et même si pendant un temps il est humilié, il paraitra plus illustre par la suite, comme il arriva à mon frère Joseph.
La conscience d’un homme bon n’est pas au pouvoir de l’esprit d’erreur de Béliar parce qu’un ange de paix guide son âme ; il ne considère pas les choses corruptibles avec passion et n’accumule pas les richesses par amour du plaisir ; il ne trouve aucun plaisir à plaire, ni se plaindre de son prochain, ni se remplir de gourmandise, ni s’égarer [dans l’excitation de la vue], car le Seigneur est son lot. La bonne conscience ne reçoit ni gloire, ni déshonneur des hommes, et ne connait aucune ruse, ni mensonge, ni conflit ou haine, car le Seigneur habite en lui et [éclaire] son âme qui se réjouit envers tous en son temps [approprié].
La bonne conscience n’a pas 2 langues, une pour bénir l’autre pour maudire, une pour insulter l’autre pour honorer, une pour pleurer l’autre pour s’égayer, une tranquille l’autre agitée, une hypocrite l’autre véritable, l’une pauvre l’autre prospère ; mais une seule disposition pure et sans corruption au compte de tous les hommes. Il n’a pas une vue double, ni oreille double ; dans tout ce qu’il fait, parle, et voit, il sait que le Seigneur veille sur son âme et il purifie sa conscience pour de ne pas être condamnable envers Dieu et les hommes.
Toutes les actions de Béliar sont doubles et n’ont pas d’unicité. Fuyez la malveillance de Béliar, mes enfants : il donne une épée à ceux qui lui obéissent ; c’est la mère des 7 maux que la conscience conçoit par Béliar : la jalousie, le désespoir, l’angoisse, la captivité, la nécessité, le harcèlement, la désolation.
Et pour cette raison, Caïn fut livré aux 7 vengeances de Dieu. Car chaque 100 ans le Seigneur fit venir une plaie sur lui : il a commencé à souffrir à 200 ans, et à 900 ans il fut [privé de la vie] pour la cause du juste Abel, son frère, [condamné en conséquence de tous ses méfaits] et amené en désolation par le déluge. Caïn fut puni pendant 700 ans et Lamech 7 fois 7 condamné [jusqu’à l’éternité] ; car ceux qui sont comme Caïn [moralement corrompus] dans la jalousie et la haine des frères seront puni du même sort.
Vous aussi mes enfants fuyez le mal de la [corruption] jalousie et haine des frères, et adhérez à l’amour avec bonté ! Celui qui a une conscience pure d’amour ne regarde pas une femme pour la fornication, car il n’a pas le cœur souillé et l’esprit de Dieu se repose en lui. Le soleil ne se souille pas à briller au-dessus de la boue et du compost mais plutôt les assèche et détourne la mauvaise odeur ; ainsi la conscience pure restreint plutôt les souillures de la terre et édifie, sans emporter en soi aucune souillure.
D’après les paroles de Hénoc le juste, vous ferez ce qui est immoral, fornication sur fornication, en suivant l’immoralité des sodomites, et à part quelques exceptions, vous allez tous périr ; vous multiplierez excessivement les convoitises avec les femmes et le royaume du Seigneur ne sera pas parmi vous, car il le retirera aussitôt.
Néanmoins c’est parmi vous, dans votre lot, que sera construit le temple de Dieu, [et le second surpassera de gloire le précédent], mais il le reprendra.
Les 12 tribus s’y réuniront ainsi que tous les nations jusqu’[au temps fixé] où le Très-haut enverra son salut au service de son unique engendrement [prophète] : il entrera [le premier] par la porte avant du temple et le seigneur y sera traité avec outrage ; il sera soulevé sur un arbre [bois] et le voile du temple se déchirera ; l’esprit de Dieu se déplacera comme un feu se déverse sur [toutes] les nations et il montera de son tombeau [du shéol,3 et passera de la terre au ciel]. Je sais combien il sera parfaitement humble sur la terre et combien glorieux [splendide] dans le ciel !
Lorsque Joseph était en Égypte, je languissais de voir son visage et l’aspect de sa contenance ; et grâce aux prières de Jacob, je le vis, éveillé comme en plein jour, exactement [comme il était], entièrement dans sa forme.
Maintenant mes enfants, sachez que je vais mourir. Que chacun de vous agisse avec justice et vérité envers son prochain, jugeant fidèlement les travaux à faire. Gardez la loi du Seigneur et ses ordres que je vous enseigne plutôt que tout autre héritage ; et vous aussi, donnez-les à vos enfants en possession éternelle, comme Abraham, Isaac et Jacob l’ont fait en nous donnant en héritage toutes ces choses et disaient :
― Gardez les ordres de Dieu jusqu’à ce que le Seigneur révèle son salut à toutes les nations.
Vous verrez [Seth], Hénoc, Noah, Shem, Abraham, Isaac et Jacob relever la main droite de bonheur ! Nous serons aussi relevés, chacun de nous pour sa tribu, pour nous prosterner devant le roi du ciel et nous réjouir avec lui et tous ceux qui ont cru en lui sur terre. [Tout sera changé]. Tous les hommes se relèveront, certains de gloire, certains de déshonneur. Le Seigneur jugera d’abord Isræl pour les tords qui ont été commis et le nombre de ceux qui ne le crurent pas quand le salut de Dieu en chair apparut sur terre comme un homme d’humilité ; puis il fera la même chose aux nations.
Il mettra Isræl à l’épreuve par les élus des peuples comme il mit Ésau à l’épreuve par les madianites qui trompèrent leurs frères pour qu’ils tombent dans la fornication et l’idolâtrie : ils furent écartés de Dieu et devinrent comme ceux qui sont sans enfant dans la part de rétribution de ceux qui craignent le Seigneur. Mes enfants, vivez avec sainteté [avec les lois] en présence du Seigneur et vous demeurerez en moi en sécurité et tout Isræl sera réuni au Seigneur et je ne serais plus appelé loup ravageur au compte de vos ravages, mais un travailleur du Seigneur qui fournit à manger à ceux qui travaillent au bien.
Dans les temps éloignés, un bienaimé de Dieu se lèvera de ma semence [de Judah et Lévi]4 qui entendra sa voix sur terre [et fera sa volonté et son bon plaisir] pour éclairer les nations d’une nouvelle connaissance : la lumière de la connaissance se lèvera sur Isræl et son salut les saisira comme un loup [venu sur eux en rassemblant les nations]. Il sera sur toutes les bouches des congrégations des nations et chez leurs dirigeants comme un accord de musique jusqu’à la consomption des âges ; ses travaux et ses paroles seront inscrits aux livres saints ; il sera l’être élu de Dieu et placé à jamais dans la considération parmi eux, comme mon père Jacob m’a dit :
― Il remplira ce qui manque à ta tribu.
Il finit ses déclarations, disant :
― Mes enfants, je vous charge de porter mes os hors d’Égypte et m’enterrer à Hébron près de mes pères.
Benjamin mourut à 125 ans à un âge avancé et ils le placèrent dans un coffre. Et dans la 91e année après la venue des fils d’Isræl en Égypte, eux et leurs frères emportèrent secrètement les os de leurs pères et les enterrèrent à Hébron, aux pieds de leurs pères. Ils repartirent de Canaan et habitèrent en Égypte jusqu’au jour du départ.

1 Séfer de Jésus c.63 : C'est sûrement le travail qui convient à l’un de mes disciples de prier Dieu pour ceux qui agissent mal : comme l’a fait Abel quand il fut assassiné par son frère Caïn puisque Dieu le maudit, comme a fait Abraham quand pharaon lui prit sa femme puisque l'ange de Dieu ne l’a pas tué mais frappé d'infirmité, comme a fait Zéchariah quand il fut assassiné dans le temple par ordre du roi impie, comme ont fait Iéremiah, Ésaiah, Iézékiel, Daniel, David et tous les saints prophètes amis de Dieu. Voudrez-vous tuer un frère atteint de délire, qui dit du mal et frappe ceux qui viennent près de lui dites-moi ? Vous ne le ferez sûrement pas mais vous vous forcerez plutôt de lui rendre la santé par des médecines qui conviennent à son infirmité.
2 Séfer de Jésus c.67/Ézéchiel 36:26|Jérémie 31:31 : Dieu fera une nouvelle alliance avec son peuple, non comme l'alliance qu’il a donnée à vos pères qui ne l'ont pas appliquée./ Je vous donnerais un cœur nouveau et je mettrais en vous un esprit nouveau ; j'ôterais de votre corps le cœur de pierre et je vous donnerai un cœur de chair. Je mettrais mon esprit en vous et je ferais en sorte que vous suiviez mes ordonnances pour observer et pratiquer mes lois.| Voici l'alliance que je ferais avec la maison d'Israël : je mettrais ma loi au-dedans d'eux, je l'écrirais dans leur cœur, car je serais leur Dieu et ils seront mon peuple.
3 Hadès, dans le texte.
4 Ce passage, en raison de l’origine des tribus provenant de deux différents manuscrits, réfère probablement à l’évangéliste Paul, étant de la tribu de Benjamin, mais sure ment de Jésus Christ.