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fois terrifié et fasciné par le vide d’où le danger
accru de la chute fatale ! Or, dans le vertige
métaphysique de la tentation, c’est le vide du
possible qui nous fascine et terrifie à la fois.
Kierkegaard a parfaitement relevé que la
tentation était la mise à l’épreuve de notre
liberté, car la tentation nous place toujours dans
l’alternative de céder ou de résister au désir
qu’elle amplifie. Ce «ou bien…ou bien…» pour
reprendre le célèbre titre du livre de Kierkegaard
est source d’angoisse, car rien ne justifie
vraiment un choix au détriment de l’autre. Dans
le cas de la tentation sexuelle, l’option de céder
appartient à la sphère de l’esthétique tandis que
celle de résister appartient à la sphère de
l’éthique. Mais pour Kierkegaard, la tentation
n’est pas démoniaque en tant que telle, car la vie
esthétique n’est pas le Mal par opposition à
l’éthique qui serait le Bien. Ce serait même au
contraire l’absence de tentation qui serait
démoniaque pour le philosophe danois, car une
telle absence serait le signe de la perte de la
liberté. Ce qui est proprement démoniaque pour
Kierkegaard, c’est le désespoir. Le désespéré est