Naissance de la Bible King James d'entre les conflits sur la Version Jésuite.

 

Le temps était arrivé, du point de vue humain, que les conditions furent parfaites pour que Dieu occasionne une traduction de la Bible qui contiendrait le meilleur de tous les âges. Le Père céleste avait prévu l'occasion favorable pour donner sa pure Parole aux habitants de la terre par l'entremise de l'empire Britannique et ses colonies, particulièrement par la République Américaine, partout où la langue anglaise fut parlée. Non seulement qu'en l'an l611 l'Anglais fut dans une situation favorable qui ne se reproduira jamais, mais l'Hébreu et le Grec furent de même placés dans une position merveilleuse par l'accumulation de leurs documents précieux. Cette ère remarquable ne fut pas distraite par l'activité incessante des machines et de l'industrie. En plus, l'érudition linguistique était à son apogée. Des hommes d'un intellect supérieur, d'une santé physique excellente, possédèrent une connaissance parfaite des langues et de la littérature nécessaire pour une érudition biblique mature.

 

Pour 150 ans, l'imprimerie permit aux rabbins Juifs de placer à la disposition des savants, tous les trésors de la langue Hébreu accumulés pour au-dessus de 2,000 ans. Dans les paroles du professeur E.C. Bissell: "Il n'existe absolument aucun doute que, dans le texte que nous avons hérité des Massorètes et eux des Talmudistes... que nous avons le même texte du temps d'Esdras dont le canon fut scellé du sceau sacré, et que nous possédons une copie substantiellement correcte et intégrale des manuscrits originaux, dans laquelle nous pouvons avoir une confiance certaine".

 

Nous sommes dits que la reprise des études consacrées au Massorah fut le résultat de la grande connaissance et l'énergie de Buxtorf, de la ville de Bâle en Suisse. Il rendit les bénéfices de son travail dans l'Hébreu aux traducteurs de la King James. Nous avons la confirmation d'un Révisionniste, hautement recommandé par l'évêque Ellicott, qu'on ne peut accréditer à l'érudition chrétienne d'avoir négligé les recherches entreprises dans le Hébreu depuis les derniers 300 ans.

 

Ce qui est vrai de l’Hébreu l'est aussi pour le Grec. Le savant de l'Église Unitaire qui participa au Comité de Révision sur le Nouveau Testament anglais, reconnut ouvertement que le Nouveau Testament Grec d'Érasme (1516) fut d'une excellence analogue à n'importe quel autre. Il est important de remarquer ici que Robert Estienne (1550), Théodore de Bèze (1598), et les frères Elzévir (1524) publièrent tous des éditions similaires du même Nouveau Testament Grec qui, depuis ce temps, se nomme le Texte Reçu. Le Dr. AT. Robertson avait même dit du Nouveau Testament Grec Authentique: "Il doit être reconnu immédiatement que le Texte Reçu n'est pas un texte pervers, ni un texte hérétique. Il est en substance un texte fidèle". Le Dr. Robertson ajoute même: "Érasme ressentait qu'il avait publié le Nouveau Testament Grec original, tel qu'il fut écrit... La troisième édition d'Érasme (1522) devint la fondation du Texte Reçu de l'Angleterre depuis qu'elle fut reprise par Estienne. Il y avait même 3,300 copies des deux premières éditions d'Érasme qui circulèrent partout. Son œuvre extraordinaire devint le standard à suivre pour au-dessus de trois cents ans".

 

Ce texte a toujours été le plus reconnu et utilisé par l'érudition Protestante anglaise comme française. Il faut remarquer que ceux qui sont avides d'attaquer la King James, et de ce fait la Martin et l'Ostervald, ainsi que le Texte Grec qui les supporte, vont affirmer que leur propre Texte Grec Révisé est fidèle parce qu'il est proportionnel au Nouveau Testament Grec duquel la King James, la Martin et l'Ostervald furent traduites. Mais lorsqu'on ne leur fait point remarquer les difficultés de leur texte, ils s'amusent à discréditer le Texte Reçu et les savants chrétiens qui traduisirent la King James. On constate en effet, que les mêmes attaques qui sont lancées contre la King James, le sont aussi contre la Bible Martin et la Bible Ostervald.

 

 

 

Origine de la Version King-James:

Après la guerre contre l'Espagne et contre la Bible Jésuite de 1582, le Protestantisme victorieux évalua sa situation et s'organisa pour faire face à une nouvelle ère. Il nous est dit que 1,000 ministres envoyèrent une pétition au roi Jacques (King James), qui se nomma "la Pétition Millénaire". Elle est ainsi décrite par un auteur: "Cette pétition demandait une réforme des abus dans le culte d'adoration, dans les ministères, les revenus et la discipline dans l'Église nationale... D'entre toutes les requêtes, la plus importante fut proposée par le Dr. Reynolds, celle d'entreprendre une nouvelle traduction de la Bible, sans notes ou commentaires".

 

L'élément le plus strict du Protestantisme, les Puritains, tous de théologie calviniste, furent derrière cette requête pour une nouvelle traduction fidèle, et leur influence fut très grande au sein du comité.

 

Le langage de la Bible Jésuite avait provoqué la sensibilité de l'érudition Protestante anglaise. La préface de ce livre diabolique critiquait et discréditait la Bible des Protestants. Les Puritains réalisèrent que cette version corrompue de Reims répandait son poison parmi le peuple. Rome avait fait de même auparavant, lorsqu'elle interdit la Bible à un peuple assoiffé de la vérité, et introduisit ses superstitions.

 

L'érudition supérieure des Réformateurs:

La Réforme produisit une grande variété de savants qui ne furent jamais dépassés depuis ce temps glorieux. Mélanchthon, associé de Luther, fut tellement instruit qu'Érasme exprima de l'admiration pour ses compétences. Par son organisation de l'instruction et ses précieux manuels, il exerça une plus grande influence que tous les professeurs de ce temps. Hallam affirma que Mélanchthon fut le fondateur de l'instruction générale à travers l'Europe. Sa grammaire latine fut presque adoptée universellement durant deux cents ans, même dans les écoles Catholiques Saxonnes. Nous pouvons ajouter ici les noms d'autres grands savants, tel que Bèze, Calvin, Bucer, Cartwright, les Réformateurs Suisse et Vaudois, ainsi qu'un grand nombre d'autres qui se distinguèrent par leur grand savoir.

 

Il fut dit de Cartwright, un des traducteurs de la King James, "qu'il fut tellement habile dans tous les langages, principalement ceux d'Orient, que s'il avait été présent à la confusion des langues au temps de la tour de Babel, il aurait pu servir d'interprète". Considérant la grande masse de matériel disponible pour vérifier la certitude de la Bible au temps de la Réforme, et les travaux prodigieux qu'y firent les Réformateurs pour des siècles, il serait faux de penser que ce matériel ne fut pas examiné soigneusement vers l'an 1611.

 

C'est un principe exagéré et abondamment exploité par ceux qui attaquent le Texte Reçu, que nous avons présentement de meilleures et plus précieuses sources d'information que possédèrent les traducteurs de la King James. Des milliers de manuscrits furent découverts depuis ce temps, mais nous devons spécifier que la grande majorité de ceux-ci s'accordent substantiellement avec le Texte Traditionnel qui est à la base de la Bible des Réformateurs des versions Martin et Ostervald, et celle de la King James. Les Réformateurs eux-mêmes considéraient que leurs sources d'information étaient impeccables et exhaustives. Le Dr. Fulke nous dit sur ce sujet: "En ce qui concerne les textes Hébreu et Grec que nous avons maintenant, il est facile de prouver qu'ils sont les mêmes depuis toujours. Il n'existe aucune diversité dans la phraséologie; toutefois, certaines copies contiennent des divergences sur certaines lettres et syllabes, ainsi que sur quelques mots".

 

Nous ne pouvons reprocher aux Réformateurs de considérer leurs sources d'information suffisantes et entièrement authentiques, pour déterminer dans leur esprit l'inspiration infaillible des Saintes Écritures; puisque nous avons aujourd'hui un savant renommé qui a évalué leur matériel au même niveau que celui que nous possédons de nos jours. Le Dr. Jacobus nous indique ainsi la valeur relative de l'information qui fut disponible à Jérôme, aux traducteurs de la King-James, et aux Réviseurs de 1900: "Dans son ensemble, les différences dans la matière des sources disponibles en l'an 390, 1590 et 1890 ne sont pas tellement importantes".

 

Jean leDuc

Mars 2026

 

 

À Christ seul soit la Gloire