Page 160 - La Guerre Sainte par John Bunyan
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Dieu; et bien que tu nous fasses une guerre cruelle, nous harcelant
sans relâche, jamais nous ne nous rendrons; jamais nous ne dépo-
serons les armes pour devenir les esclaves d'un tyran aussi impla-
cable que toi. La mort plutôt ! D'ailleurs, nous espérons toujours
que le Roi viendra à notre secours. »
Diabolus se retira à nouveau, plein de fureur, et résolut de faire une
nouvelle attaque, mais cette fois une attaque de nuit, qui, dans sa
pensée, devait être décisive. Hélas ! elle devait l'être partiellement.
La porte choisie par lui pour y porter l'effort de ses armes, celle des
Émotions, n'était plus très résistante; à l'intérieur, les principaux
chefs étaient blessés; elle céda et l'ennemi pénétra dans la ville. Ce
fut un épouvantable massacre; la cruauté des Diaboloniens se don-
na libre cours et les habitants furent torturés, brûlés, écrasés. Le
Maire et le Seigneur Conscience eurent très particulièrement à souf-
frir des vainqueurs. Si Shaddaï ne les avait soutenus, certainement
ils fussent morts l'un et l'autre. Quant au seigneur Volonté, il avait
eu le temps de gagner le Château, en même temps que les Chefs et
l'Armée du Prince, et de s'y enfermer avec eux. S'il avait été pris, il
eût été taillé en pièces, Diabolus ayant donné un ordre à cet effet à
son sujet. Les Capitaines et l'Armée d'Emmanuel s'étaient enfermés
dans la Citadelle pour leur propre sécurité, 2° pour sauver la Ville
de l'Âme, qui ne pouvait être asservie aussi longtemps que tenait le
Coeur de la Cité, 3° pour conserver à Emmanuel ses prérogatives
royales sur l'Âme.
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