Page 159 - La Guerre Sainte par John Bunyan
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et des morts. Mais les avantages étaient pour la ville, qui reprenait
chaque jour plus de vigueur et de courage. On entendait dans ses
murs le chant des psaumes et des cantiques, et celui des requêtes.
Forts de leur victoire, ils décidèrent de faire une sortie contre l'en-
nemi, mais ils commirent l'erreur de choisir la nuit pour cette opéra-
tion, au lieu de l'accomplir le jour. Or, la nuit est l'heure propice par
excellence pour Diabolus. Qu'arriva-t-il ? Quand les assiégés sorti-
rent, ils furent immédiatement assaillis; il semblait que l'ennemi eût
été averti et que les Diaboloniens les attendissent, tout prêts au
combat. L'affaire fut chaude. Il y eut beaucoup de blessés et de
morts de part et d'autre. Voyant qu'ils n'obtiendraient point d'avan-
tages sérieux, ceux de la ville se retirèrent en emmenant leurs bles-
sés. Pendant cette rencontre, les Diaboloniens qui se cachaient dans
Âme d'Homme sortirent de leurs retraites, pensant tuer les indi-
gènes, puisque l'armée était sortie. Mais le seigneur Volonté tomba
sur eux à l'improviste, et il en fit un grand carnage.
Cet engagement nocturne avait encouragé Diabolus qui, le jour sui-
vant, s'avança avec hardiesse sous les murs de la ville, demandant
l'ouverture des portes. « Tu n'auras rien que ce que tu prendras de
force, répondit le Seigneur Maire. Aussi longtemps que le Prince vi-
vra, la ville n'appartiendra à personne d'autre qu'à lui. » Et le Sei-
gneur Volonté fit aussi une réponse dont nous donnons ci-après une
partie: « Quand nous ne te connaissions pas, tu as pu nous prendre
comme des oiseaux au piège; mais maintenant nous sommes pas-
sés des ténèbres à la lumière, de la puissance de Satan à celle de
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