Page 156 - La Guerre Sainte par John Bunyan
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terreur. Enfin, certain soir, le Tambour fit savoir qu'il avait un mes-
sage pour la ville; « Son maître offrait la vie sauve à quiconque se
rendrait. » Tous les habitants s'étaient déjà réfugiés dans la Cita-
delle, de sorte que personne ne lui répondit.
Alors, Diabolus envoya comme messager la nuit suivante le Sé-
pulcre. Il ordonnait qu'on lui ouvrît les portes de la ville; n'était-il
pas son véritable Maître ? Si la ville de l'Âme persistait dans sa ré-
bellion, elle serait exterminée.
La ville ne répondit pas un mot. Mais après une réunion générale où
assistaient quelques officiers, elle décida d'aller exposer toutes
choses au Secrétaire Royal. Peut-être pourrait-Il la tirer de cette si-
tuation extrême, ou l'aider à formuler une requête au Prince Emma-
nuel ? Mais après avoir examiné leur requête, le Secrétaire répondit
qu'ayant abandonné leur Prince et négligé les conseils du Consola-
teur, il était bon pour eux d'être laissés à leurs seules ressources.
Ils avaient la loi du Prince et pouvaient la consulter. Cette réponse
tomba sur le Cœur des habitants comme une meule de moulin. Ils
en furent quelque temps comme écrasés.
En quelle lamentable extrémité ils se trouvaient réduits: l'ennemi à
la porte et prêt à les exterminer, à l'intérieur le Consolateur refu-
sant de les guider ! Mais le Maire, M. Conscience, sans se laisser dé-
courager, étudia la réponse du Conseiller royal, puis, s'adressant au
peuple, il lui dit: « Les paroles du Conseiller royal signifient que
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