Page 155 - La Guerre Sainte par John Bunyan
P. 155

CHAPITRE VIII

               LE SIÈGE. - DIABOLUS SOMME LA VILLE DE SE RENDRE. - SILENCE

               DE LA VILLE, QUI REPOUSSE SOMMATIONS ET ASSAUTS. - LE SE-

               CRÉTAIRE ROYAL REFUSE SES CONSEILS. - LES CHEFS DE LA VILLE

               LAISSÉS A EUX-MÊMES. - LES PORTES DE LA VILLE FORCÉES PAR

               LES  DIABOLONIENS.  -  LE  CHÂTEAU-FORT RESTE IMPRENABLE.  -

               NOUVELLE TACTIQUE DES DIABOLONIENS. - GRANDE BATAILLE. -

               RETOUR  D'EMMANUEL  ET  VICTOIRE.  -  NOUVEL  ASSAUT  DES  DIA-


               BOLONIENS. - NOUVELLE VICTOIRE D'EMMANUEL.




               Effectivement, la Ville fut bientôt cernée par des forces redoutables,

               et l'Âme plongée dans la terreur. Diabolus, furieux de ne pas trou-

               ver  dans  la  ville  le  concours  sur  lequel  il  comptait,  dut  se  retirer,

               après avoir inutilement essayé de forcer la porte de l'Oreille.



               Alors,  il  se  retrancha,  fit  élever  des  terrasses  autour  de  la  Cité,  y

               plaça toutes les forces de l'enfer pour faire tomber la ville de l'Âme

               par la terreur. Mais l'armée du Prince laissée dans la ville combattit

               avec tant de vaillance que l'ennemi fut repoussé. Ensuite, Diabolus

               fit hisser un immense étendant  noir sur le mont qui portait son

               nom. En couleur feu, sur ce fond sombre, un brasier; et au milieu

               de la fournaise: l'Âme. Puis il envoya son Tambour, qui chaque nuit


               faisait un vacarme infernal, pour terrifier et lasser les assiégés et les

               forcer à capituler. Ces roulements de tambour étaient vraiment ef-

               froyables et faisaient trembler les  habitants, les plongeant dans la


                                                             153
   150   151   152   153   154   155   156   157   158   159   160